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  • Quelle légalité en régime bourgeois ? Partie 1

    Quelle légalité en régime bourgeois ? Partie 1

    Quelle légalité en régime bourgeois ?

    Partie 1

    Cette brochure est une réponse à chaud à plusieurs événements qui ont défrayé l’actualité récente. Garde à vue de Nicolas Sarkozy, réforme de la SNCF et attaques contre les droits sociaux, mais également la mise sous tutelle de la faculté de Toulouse le Mirail et les agressions fascistes commises sous les ordres de la président de l’Université Montpellier III Paul Valéry contre les étudiants qui l’occupaient. Nous accordons notre solidarité à toutes celles et tous ceux qui subissent la répression de la bourgeoisie, des réactionnaires, des fascistes et des impérialistes partout dans le monde. Nous voulons également dire que cette répression est une norme du régime bourgeois, du capitalisme. Elle en est l’enfant naturel, un enfant à géométrie variable en fonction des classes sociales.

                    La bourgeoisie et les anticommunistes ne se sont jamais privés de se servir de la dictature du prolétariat comme d’un épouvantail pour dissuader les masses de rejoindre les organisations communistes. Insistant sur l’aspect « dictatorial », escamotant tout ce qui compose le caractère prolétarien des Etats socialistes, ces forces réactionnaires ont travesti et déformé le sens de cette forme nécessaire de pouvoir. Par effet de miroir, cela servait à légitimer leur ordre « démocratique » et légaliste. Et cela marche !

                    Par le truchement de l’Education Nationale, de ses programmes de propagande, ce sont des millions de jeunes qui ressortent chaque année avec une conviction ancrée dans leur esprit : la démocratie bourgeoise est le meilleur régime qui soit. L’acquisition de cette notion est le fil conducteur du programme d’Histoire du secondaire. Tout est mis en place pour y parvenir, depuis la légitimation de la république et de la démocratie -démocratie de propriétaires d’esclaves ! – dans l’Antiquité, jusqu’aux politiques de libéralisation des services publics, vus en terminale. Les régimes socialistes, fasciste et nazi sont traités dans le même chapitre, pour créer une impression de similitude et d’unité entre eux, renforçant la thèse de la gémellité entre eux, dans le but d’éloigner la jeunesse des idées communistes et de toute sympathie pour les expériences révolutionnaires. Tout est fait pour qu’un sentiment de positivisme émerge : l’Histoire va vers le mieux, vers le meilleur, et chaque année qui s’écoule nous rapproche d’une perfection idéaliste.

                    Il en ressort que même dans l’extrême-gauche, il réside un anticommunisme extrêmement fort, qui se traduit par le fait qu’il y a une sympathie pour les opposants aux régimes socialistes, furent-ils des fascistes comme Soljenitsyne, et qu’entre le socialisme et le régime bourgeois, nombre préfèrent ce dernier.

                    Pourtant, un regard un tant soit peu sérieux sur les arguments de la bourgeoisie permet de voir que ceux-ci ne tiennent pas la route, et que, ironiquement, ils justifient totalement la dictature du prolétariat. Le mensonge craque régulièrement, et l’Histoire ne peut être intégralement bâillonnée. Ainsi, les crimes coloniaux transparaissent dans les manuels scolaires, tout comme les guerres et les massacres commis par la France et les impérialistes. Progressivement, le voile se lève sur le passé, lorsqu’il est jugé qu’il est suffisamment éloigné pour ne pas faire de vagues.

                    Lorsqu’un regard un tant soit peu objectif pourra être posé sur l’époque que nous vivons, le mythe du positivisme s’effondrera immédiatement. Il ne fait nul doute que les générations futures ne pourront regarder l’époque que nous vivons, tant ici que dans le monde entier, que comme un âge de barbarie et d’injustice.

    Car l’injustice et la transgression de la légalité forment les bases du fonctionnement du régime bourgeois.

                    La maîtrise de l’appareil d’Etat et des instances décisionnelles a permis à la bourgeoisie, dès son arrivée au pouvoir avec la Révolution Française, d’édicter ses règles. Elle a maquillé cela derrière une idée d’égalité stricte aux yeux de la Loi, déclarant que l’application de celle-ci correspond à un hypothétique intérêt général. Or, quelle communauté d’intérêt peut résider entre celui qui exploite et celui qui est exploité ? La prétendue égalité devant la loi n’est nullement résolue par un traitement « égal » par la justice, elle est au contraire aggravée. Cela n’est d’ailleurs pas une erreur, mais un objectif pour la bourgeoisie.

                    Dans les faits, les lois et les forces de l’ordre ne sont que des satellites du pouvoir bourgeois. Les lois sont conçues pour assurer l’exploitation la plus pacifique et la plus efficace des forces des travailleurs et des travailleuses. C’est là où réside la notion d’ordre public. Celui-ci correspond à un idéal pour la bourgeoisie. Une société tournant à la perfection, permettant de maximiser le taux d’exploitation, sans heurts, sans conflits. L’ennui est que les contradictions propres au capitalisme jettent des poignées entière de sable dans les roulements de cette machinerie idéale. La concurrence au sein de la bourgeoisie elle-même, la baisse tendancielle du taux de profit, la paupérisation croissante des masses… tout ce qui créé une tendance à l’entropie tend à parasiter et à nuire au bon fonctionnement de la société capitaliste « parfaite. » Jetant le peuple dans la misère, semant la mort et le chaos au travers du monde, elles forment le ferment du conflit.

                    La bourgeoisie a donc conçu ses outils dans le but de réprimer et d’écraser les masses. Marx parlait, dans La guerre civile en France, des détachements armés spéciaux de la bourgeoisie : la police. Contrairement à ce que peuvent penser celles et ceux qui, comme Lutte Ouvrière, avaient fait le choix de soutenir les revendications des manifestants et manifestantes de la Police, les policiers ne sont pas des prolétaires sous l’uniforme. Ce sont des forces détachées des travailleurs, détachées des masses populaires, organisées dans le but stratégique principal de les réprimer. Fondamentalement, l’absence de condamnation des crimes et des meurtres commis par les policiers et policières contre les masses populaires, les Wissam ; les Adama ; les Théo… sont le reflet de cette conception. Ces agents n’ont pas, aux yeux de la justice, commis un crime, ils ont simplement exercé avec trop d’intensité leur mission.

                    La bourgeoisie n’est pas stupide. Loin de là. Elle a créé un canevas légal offrant des « libertés fondamentales » et des « libertés constitutionnelles », mais elle s’est également doté des moyens de réduire leur possibilité d’expression. L’utilisation pleine et entière des droits démocratiques concédés ou arrachés à la bourgeoisie se heurte à des obstacles, des pièges, des chausse-trappes. Si elles peuvent être suspendues, c’est qu’elles ne sont pas « fondamentales ». Nous préférons leur donner leur véritable nom, qui est de « droits formels. » Cela les renvoie à leur véritable nature, qui est celle de droits formellement accordés par la bourgeoisie, mais qui n’ont qu’une valeur tout aussi formelle. Combien de manifestations réprimées ? Combien d’arrestations arbitraires ? Combien de nasses ? Combien d’intimidations, combien d’injures ? Combien de réquisition des travailleurs et des travailleuses sous la contrainte ? L’usage du droit de grève, surtout dans les secteurs essentiels de l’économie, se heurte à l’intervention de la police ou de l’armée pour éviter tout désagrément trop important, pour ne pas nuire aux rendements des investissements de la bourgeoisie. Lorsque les propos dérangent, la censure n’est jamais loin, alors quid des actes ?

                    Un exemple dans le domaine universitaire illustre les limites des droits démocratiques. Les conseils d’administration sont censés être des instances décisionnelles et souveraines dans les décisions qu’elles prennent. Les élus, choisis au cours d’élections, sont théoriquement dépositaire d’un mandat donné par la communauté universitaire. Pourtant le jeu est truqué dès le début, puisque toute décision n’allant pas dans la droite ligne des directives de l’Etat peut entraîner la mise sous tutelle. En somme, si les choix « démocratiques » ne sont pas en accord avec des décisions prises par l’échelon supérieur, elles sont nulles et non avenues. Cette situation arrive à l’université du Mirail, où toutes les instances sont suspendues.

                    Mais lorsque l’arsenal légal ne suffit pas, la bourgeoisie et l’Etat n’hésitent pas à violer leur propre légalité, qui est celle qu’ils et elles ont imposée ! Parfois, l’application des lois et le respect de celles-ci deviennent une lutte. L’objectif derrière est toujours le même : maintenir ou accroitre son profit, sa rentabilité. Non par une méchanceté atavique, mais bien par un sens aigu de ses intérêts de classe et d’individu au sein de celle-ci. La bourgeoisie a toujours vu le Droit du Travail comme une entrave, comme un bridage, de sa possibilité d’exploiter au maximum le prolétariat. Régulièrement, celui-ci, tant qu’il existe, est transgressé, y compris même dans les institutions et dans les administrations dépendantes de l’Etat. CDD à la chaîne, heures supplémentaires non payées, contrats frauduleux, conditions de travail et de sécurité terrifiantes… etc. Les exemples ne manquent, hélas, pas. Le fait d’obtenir un respect de la loi est déjà un combat de chaque instant pour l’Inspection du Travail tout comme pour les Prud’hommes. Dans les néo-colonies, la situation est encore plus dramatique. Les grèves se sont succédées à Mayotte pour demander, l’an passé, l’application du Code. Dans les régions les plus écrasées par l’impérialisme français, il n’est pas question de droits, mais uniquement d’exploitation, de surexploitation.

                    En revanche, le népotisme, les arrangements entre amis, tout est bon pour offrir des coupe-files, des droits de passage et des exemptions pour les bourgeois et leurs clans. De nombreux articles sur les héritiers et héritières de places importantes ont montré que celles-ci et ceux-ci ne devaient leur place que grâce à ces arrangements. Leurs résultats scolaires étaient d’ailleurs exécrables. Ainsi, Jean Sarkozy a mis sept ans à réaliser sa Licence de Droit, en bénéficiant de dérogations exceptionnelles. Cela ne l’a pas empêché d’être pressenti pour diriger l’EPAD [Etablissement Public pour l’Aménagement de la région de la Défense] en 2009, fait évité in extremis par le tollé suscité.

                    Par ailleurs, la prétendue concurrence censée être au service des consommateurs est un mythe, car il est nettement plus intéressant financièrement d’obtenir des arrangements et des alignements que de se mener la guerre -jusqu’à un certain point, il est vrai. Les pratiques anticoncurrentielles sont très régulièrement évoquées et pointées du doigt par les commissions de surveillance, mais les amendes d’apparence lourde (plusieurs centaines de millions d’Euros) sont sans commune mesure avec les bénéfices, et ne forment qu’une somme forfaitaire à affranchir pour légaliser la tricherie. Les scandales des études truquées -sur l’obésité par la société Mars, mettant hors de cause le sucre dans les gains de poids ; ou sur la toxicité du diesel par Volkswagen- sont légion.

                    Pour les bourgeois et les bourgeoises, il est hors de question que l’argent extorqué par l’exploitation leur échappe. Cette classe sociale n’a toujours pas digéré l’idée d’un impôt progressif, pendant qu’elle applaudit à deux mains la Cotisation Solidaire Généralisée et la Taxe sur la Valeur Ajoutée. Pourquoi ? Parce que ces deux dernières ne la concernent quasiment pas. L’argent des bourgeois ne sert pas principalement à la consommation, mais à l’investissement. Ces impôts les effleurent sans jamais réellement les impacter. Pour le reste, les paradis fiscaux et l’optimisation fiscale sont là pour amortir les cotisations. Les arrangements existent, permettant d’exempter d’impôts certains et certaines, comme ce fut le cas pour Liliane Betancourt, alors première fortune de France. La bourgeoisie lorgne d’ailleurs sur les profits, mais n’apprécie guère les dépenses. L’idéal pour elle est de laisser les pertes et les dépenses aux frais des contribuables -auxquels elle ne participe pas !- pour en privatiser les profits. Ainsi, la privatisation de la SNCF laissera l’entretient des voies à l’Etat, mais l’exploitation et les profits seront captés par les investisseurs. A l’époque de Mitterrand, les nationalisations ont servi, de facto, de bouclier contre les mauvais jours, avant d’être remises entre les mains des capitalistes, une fois l’embellie revenue.

                    Gare à celle ou celui qui oserait protester ou se révolter ! La loi est déjà un couperet d’une dureté  terrible envers les faibles, tandis qu’elle est d’une douceur d’ange envers les puissants et les puissantes. La garde à vue de Nicolas Sarkozy est un exemple éclatant de traitement différencié des individus en fonction de leur catégorie sociale. « Du jamais vu » s’est exclamé l’avocat pénaliste Dupont-Moretti, devant le fait que Nicolas Sarkozy ait pu rentrer dormir chez lui et interrompre ainsi la garde à vue. Une ironie pour celui qui en faisait son sabre contre les révoltes populaires. Imaginerait-on une telle pusillanimité envers quelqu’un issu des milieux populaires ? Imaginerait-on une telle douceur, lorsque des affaires de viols en garde à vue sont légion, quant les blessures et les meurtres défraient régulièrement la chronique ? La bourgeoisie à tout les droits, même lorsqu’elle est accusée d’affaires de haute trahison, même lorsqu’on la soupçonne d’avoir eu sa campagne financée illégalement par Mouammar Kadhafi, même lorsqu’elle viole et est condamnée, comme un Roman Polanski, toujours libre et coulant des jours paisibles en France. Cette impunité, cette classe en use et abuse, par ailleurs, pour son divertissement, pour des affaires répugnantes. La bourgeoisie, cette classe pourrissante, se comporte en prédateur constant.

                    Lorsque la bourgeoisie passe devant la barre, les condamnations sont tellement ridicules qu’elles déshonorent définitivement ceux et celles qui les prononcent. Les crimes les plus graves ne se paient que de sursis ou de peines de prison jamais exécutées. Jérôme Cahuzac, ainsi, n’a pas passé une seule nuit en prison depuis sa condamnation. Et quant bien même ! La ségrégation sociale fait son œuvre en prison, où ces coqs en pâte bénéficient de quartiers privés, de visites, de droits exceptionnels, impensables pour les prisonniers et prisonnières de classe populaire, qui forment la très large majorité des condamnées.

                    Car, de l’autre côté de la barrière sociale, la transgression de la loi se paie chèrement, même lorsque la jurisprudence pourrait être favorable. Vouloir manger, vouloir échapper au froid, à la misère, peut se payer chèrement. Quelques pates volées pour nourrir une famille dans le dénuement peuvent valoir un séjour en prison. Pour peu que cela se conjugue avec une nationalité étrangère, cela peut se terminer tragiquement, car régulièrement la police transgresse les pouvoirs, déjà larges, qui lui sont accordés.

                    Les lois, qui écrasent déjà les masses populaires, dans leur contenu comme dans leur application, ne suffisent pas à la bourgeoisie pour écraser. Grâce à sa possession d’un grand nombre de médias, grâce au fait que ses relais ministériels conçoivent les programmes et la propagande scolaire, elle a un poids considérable idéologiquement parlant. Ce n’est pas pour rien que Marx écrivait que « les idées dominantes ne sont autre que les idées de la classe dominante. » Quand cela ne suffit pas, elle invente l’information, ment sans la moindre vergogne. Récemment, la manière dont a été traité la question du statut des cheminots est une illustration de l’absence totale de respect de la part des politiciens de la bourgeoisie pour les masses populaires. Cela se reflète dans l’absentéisme massif, qui illustre le rejet de la politique bourgeoise par le peuple.

                    Lors des conflits sociaux, généralement la police et l’armée suffisent très largement à écraser toute contestation. Mais parfois, les cadres légaux, bien que déjà largement en faveur des bourgeois et des bourgeoises, ne sont pas adaptés. Les exploiteurs se tournent alors vers des supplétifs pour faire le sale travail, hors des cadres légaux, hors-la-loi, mais dans un sentiment d’impunité total.

                    Les casseurs de grève, les agents provocateurs, les vigiles réactionnaires et les fascistes servent à cela. Ils et elles servent à compléter l’action répressive de la police, dans des cadres non-normés. Plusieurs usines en France ont eu la visite de ces gros bras, notamment Alibert en 2000 ; Yoplait en 2002 mais également PSA ou Faurecia…Au niveau universitaire, un exemple vient de défrayer la chronique, puisque très tard le 22 mars, à l’université Paul Valery de Montpellier, des supplétifs fascistes et des vigiles ont été envoyés par le doyen de la faculté de Droit pour briser l’occupation d’un amphithéâtre. Les brutes ont frappé les étudiants et les étudiantes à coup de lattes en bois, sous le regard goguenard des administratifs, avant de sortir devant une haie d’honneur faite par la police. Cela n’est pas sans rappeler la destruction des locaux syndicaux par la présidence de l’Université Lyon II en novembre 2007, ainsi que l’envoi de plusieurs syndicalistes devant un conseil de discipline digne des cours de Vichy. Ironie de l’histoire, l’action, mal préparée, s’est traduite par un retour de flamme terrible, contraignant le président à la démission. Ce ne sont que des exemples parmi d’autres.

                    L’Etat et la police eux mêmes cherchent, lorsque la situation leur paraît nécessaire, à provoquer les heurts qui permettent d’écraser un mouvement. Les scandaleuses action de « policiers-casseurs », maintes fois repérées et dénoncées, en sont l’illustration. L’usage, la aussi, des fascistes, mais également d’infiltrés et d’indics servent à créer les conditions qui permettent l’intervention des forces conventionnelles et permettent d’attaquer médiatiquement les mobilisations. L’Etat et le gouvernement ne sont absolument pas neutres par rapport à la question des mobilisations. Les institutions leur sont intégralement hostiles, car s’opposant à leur mission première : le maintient de l’exploitation maximale la plus pacifique possible.

                    Si les choses prennent une tournure réellement dangereuse pour les intérêts de la bourgeoisie, il ne fait aucun doute que celle-ci sera capable de faire passer la violence à un échelon supplémentaire. Pour le moment, les transgressions, même criminelles, restent une exception plus qu’une norme opérationnelle. Cependant, la frontière est très mince entre les deux. Contrairement à ce que pensent les réformistes-radicaux, les bourgeois et les bourgeoises ne lâcheront pas les moindres miettes, sauf sous la contrainte la plus terrible. Quant à laisser le pouvoir aux masses populaires… Lorsqu’une occupation d’amphithéâtre débouche sur un tabassage, que doit-on conclure sur la volonté de faire chuter de leur piédestal les exploiteurs ?

                    La bourgeoisie n’a jamais reculé devant les intimidations, les assassinats ou la mise en place de milices fascistes pour se défendre. Il s’agit par ailleurs de la raison d’être du fascisme. Ce n’est pas par hasard que Eugène Schueller, le père de Liliane Betancourt, fut un des fondateurs, avec Eugène Deloncle, de la Cagoule. L’un et l’autre voyaient dans cet outil un moyen d’écraser les luttes sociales, pour le bénéfice de la bourgeoisie. Contrairement à ce que pensent certains, la question du fascisme n’est pas strictement posée sous la forme de l’accession au pouvoir -de manière formelle- d’un parti fasciste. L’écrasement des mouvements révolutionnaires et des mouvements ouvriers n’a pas besoin du FN. Il n’a même pas besoin d’un régime raciste. Après tout les Frei Korps qui massacraient les révolutionnaires étaient le fruit d’un consensus allant de l’extrême-droite jusqu’au SPD -le Parti Socialiste Allemand.

                    Ce qui caractérise le fascisme, finalement, c’est la question du terrorisme érigé en moyen de maintenir l’exploitation. C’est cette transgression systématique de la légalité bourgeoise érigée en norme. Pour reprendre Dimitrov « Le fascisme au pouvoir est, comme l’a caractérisé avec raison la XIIIe Séance Plénière du Comité exécutif de l’Internationale Communiste, la dictature terroriste ouverte des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins, les plus impérialistes du capital financier. » (Dimitrov, Fascisme et classe ouvrière, 1935)

                    Déjà, dans les régions dominées par la France, l’ordre le plus abject règne. Assassinats à la sauvette d’orpailleurs en Guyane, meurtres d’opposants aux laquais de la France, viols et prostitution d’enfants… Et lorsque les langues se délient, ceux qui osent briser l’omerta sont saqués, tel Anders Kompass, qui avait révélé les crimes de la France au Centrafrique. De toute manière, il n’existe pas d’autorité internationale capable de pouvoir obtenir justice pour les victimes. Que peuvent les familles Rwandaises ou Libyennes contre l’Armée Française ?

                    Un jour ce traitement peut devenir aussi celui qui s’applique en métropole, avec l’accroissement de la misère, des tensions sociales, avec la casse violente de toutes les protections dont peuvent bénéficier les masses. La bourgeoisie, même à son corps défendant, sera contrainte d’utiliser cela pour conserver son pouvoir, conserver son ordre, conserver ses profits.

    La question de l’absence réelle légalité à laquelle se contraint la bourgeoisie pose des questions sous-jacentes importantes. Deux d’entre elles méritent d’être abordées : celles des normes et des privilèges.

  • FISC et lutte des classes – Partie 2 : IIIe République – Vichy, le choc des classes.

    FISC et lutte des classes – Partie 2 : IIIe République – Vichy, le choc des classes.

    De la troisième République à Vichy, le choc des classes.

    Pendant l’ensemble du XIXe siècle et jusqu’à la fin de la troisième République, les impôts se multiplient. Ces impôts sont une illustration du rapport de force entre bourgeoisie et prolétariat, car ils sont principalement assumés par les travailleurs et les travailleuses, pour financer les aides à la bourgeoisie. Ils sont une manière de prendre aux pauvres pour donner aux riches, dans un splendide Robin des Bois inversé.

    Dans les parlements, les sociaux démocrates proposent inlassablement la mise en place d’un impôt progressif. Cet impôt serait indexé sur le revenu, et variable en fonction de ceux-ci. Raymond Poincaré se serait écrié que celui-ci serait un « viol du secret de la richesse », un viol du secret des affaires. Les sociaux démocrates insistent, et celui-ci est soumis au vote. Par un extraordinaire hasard, la session est ajournée. La Première Guerre mondiale vient d’éclater. Pour les bourgeois et les marchands de canon, cette journée à certainement été un jour faste.

    Pour la bourgeoisie, cet impôt était déjà presque un casus belli. Un impôt sur le revenu échelonné ? Voilà qui est déjà pour elle du socialisme, du bolchevisme ! Elle dépeint cet impôt comme une mesure confiscatoire. Ce terme n’est pas anodin, il demeura dans les bouches des politiciens bourgeois durant la plus grande partie du XXe siècle.

    La bourgeoisie considérait qu’elle n’avait rien à déclarer à l’Etat. Ni ses possessions, ni ses avoirs, ni ses ressources. Pour elle, il y avait une séparation nette entre l’état de leurs affaires et les affaires de l’Etat. Mais, malgré la violence du débat, cet impôt fut adopté.

    Nulle apocalypse, nul chars rouges, nulle guerre civile et, hélas, encore moins de communisme en France. l’Ironie de l’Histoire veut que cet impôt ait été mis en place en 1920, par la chambre « Bleue Horizon », une des chambres les plus à droite de l’histoire de la République. Pourquoi ? Les raisons sont multiples.

    Premièrement, la France à supporté la plus grande part de l’effort de guerre, elle a été le terrain des affrontements en occident, et en a subit les conséquences. Celles-ci s’estiment en pertes humaines, mais aussi en destructions des infrastructures, en particulier dans les régions houillères et sidérurgiques. Un manque à gagner énorme. Elle a contracté d’immenses emprunts pour éponger les dettes de guerre, auprès du Royaume-Uni, tout d’abord, puis auprès des Etats-Unis d’Amérique, lesquels ont, in fine, hérité des créances anglaises. La France voulait, à la fin de la guerre, piller jusqu’au bout l’Allemagne pour compenser cela, exigeant d’astronomiques réparations de guerre.

    Cet espoir de se soigner par le pillage fut amèrement déçu. Les Allemands dévaluent leur monnaie, renâclent. Le sommet de la crise est atteint en 1923 avec l’occupation de la Ruhr. Stoppant les livraison de bois vers la France, l’Allemagne déclenche l’ire des français. Raymond Poincaré et Albert 1er -roi des Belges- lancent une invasion en janvier 1923. Celle-ci rencontre des ouvriers allemands répugnés par la présence de l’armée française. Grèves et actes de résistance passive se succèdent, rendant tout espoir d’obtenir des réparations en nature illusoire.

    En faisant intervenir les soldats pour se saisir des ressources de la région la plus industrielle de l’occident, la France a soudé les travailleurs allemands contre elle. Les troupes, souvent coloniales, employées pour cette opération vont nourrir la propagande nazie. Celle-ci, va instrumentaliser l’affaire, la présentant comme une tentative d’éradiquer la race allemande.

    Au final en 1925, les français se replient, sans réel gain, tout en acceptant le plan de réparation Dawes, qui vise à vacciner l’Allemagne contre la menace d’une révolution.

    Car, nous en venons au fait, la seconde raison de ce changement d’imposition est a relier à la force et la vigueur des mouvements révolutionnaires.

    A la suite de la Révolution Russe, à la suite de la Révolution en Allemagne -qui mirent fin à la guerre- les forces révolutionnaires sont un paramètre important. L’immédiat après-guerre est une période d’écrasement de ces mouvements, dans lequel les sociaux-démocrates révèleront que leur allégeance va à la bourgeoisie réactionnaire. En France, en 1920, naît la S.F.I.C. qui devint le Parti Communiste par la suite. La même année, une grève générale frappe la France. Elle est particulièrement dure, mais se termine par un échec.

    Pour ne pas mettre plus encore le feu aux poudres, tandis que la situation est précaire pour son pouvoir, la bourgeoisie française repousse provisoirement l’idée de faire intégralement assumer aux pauvres le coût de la guerre.

    C’est donc cette période qui voit l’apparition d’un impôt sur le revenu, progressif, avec des systèmes de tranches d’imposition croissantes. Cet impôt est le fruit d’un compromis important, et était une revendication centrale dans la lutte des classes.

    C’est là dessus que Macron attaque aujourd’hui. La bourgeoisie a la mémoire longue, elle n’a pas oublié cet affront, cet impôt confiscatoire, cet atroce sacrifice.

    Il n’est pas forcément, dans le cadre restreint de cette brochure, nécessaire de revenir sur le Front Populaire. En revanche, il est important de parler de Vichy. Vichy, fiscalement, reste dans la continuité des années 20-30. Il s’agit d’un des aspects, parmi d’autres, qui illustrent la continuité administrative et étatique entre la IIIème République et le Régime de Vichy.

    Certains, dont Jean-Luc Mélenchon, voudraient faire de Vichy une parenthèse dans laquelle « ce n’était pas la France », mais où le pouvoir était assumé par une Allemagne dominatrice -idée qu’il tente de plaquer sur la réalité d’aujourd’hui- et par une clique sans lien avec la République. Or, dans le fond, l’administration et les hauts fonctionnaires traversent sans heurts le Front Populaire -contre lequel ils pratiquèrent un certain sabotage- Vichy et la IVème République, à l’image de Papon. L’Allemagne n’aurait, de toute façon, aucune possibilité de se suppléer à cet outil, même s’ils l’avaient voulu.

    Vichy, il faut le marteler, c’est la même bourgeoisie, la même administration, le même Etat qui se poursuit.

    En revanche, fiscalement, un changement immense se produit après 1944 – 1945. La raison ? Un nouveau rapport de force s’instaure.

  • FISC et lutte des classes – Partie 1 : l’ascension de la bourgeoisie.

    FISC et lutte des classes – Partie 1 : l’ascension de la bourgeoisie.

    FISC et lutte des classes.

    « L’Etat opprime et la loi triche, l’impôt écrase le malheureux »

    La question fiscale est une question qui reste, bien malheureusement, sous traitée. Elle est pourtant fascinante à plus d’un titre, par rapport à ce qu’elle révèle quant à la lutte des classes, quant au rôle de la bourgeoisie et quant à la manière dont celle-ci fait assumer la grande majorité des dépenses de l’Etat par les exploités.

    La bourgeoisie et l’Etat sont intimement liés, et ce dernier, sous sa forme bourgeoise, est l’outil principal du maintien du prolétariat dans la domination. Mais tout travail demande salaire, et payer celui de la machine d’oppression déplaît aux bourgeois. Ils le font donc directement assumer par les travailleurs et travailleuses, qui, non seulement, nourrissent les parasites qui les exploitent, mais bien plus encore, financent l’Etat bourgeois qui les oppriment.

    L’évolution des questions relatives à l’imposition, sous la direction du bandit Macron, ne peut se faire dans un sens positif. Même floue, même environnée de fumées de camouflage, du brouillard de guerre, la direction qu’elle prendra peut d’ores et déjà être estimée : contre les travailleurs et les travailleuses, en faveur totale et intégrale de la bourgeoisie.

    L’Unité Communiste de Lyon a tenu une formation sur la question le 18 octobre 2017, dans le but de fournir une explication sur la question, de permettre de comprendre le lien qui unit fiscalité et lutte des classes, et comment elle s’intègre dans la lutte à venir.

    Deux axes sont abordés dans cette brochure basée sur la formation que nous avons tenu.

    Un premier axe qui fait un retour essentiel sur l’Histoire de la fiscalité et son lien avec la lutte des classes, un second sur ce que prépare l’Etat-major de la bourgeoisie.

    Une brève histoire des finances

    Cette partie a pour vocation d’être une mise en perspective historique, et d’illustrer une évolution générale qui amène, au final, au bout de la piste : la Loi Travail et les offensives concomitantes. Cette approche est une approche occultée dans les manuels d’Histoire du secondaire, qui mentionne une série d’événements et de luttes laissées de côté par la bourgeoisie, qui préfère de loin taire ses méfaits.

    Les conquêtes sociales ont été, et cela est bien souvent passé sous silence, abondamment arrosées de sang. La naissance des Prud’hommes, en 1848, est ainsi payée par de nombreux morts, dans des luttes tues par les historiens bourgeois. Le Code du Travail, lui aussi est issu de la grève générale de 1906, dans laquelle l’Etat use de l’armée, du choc et du feu pour réprimer les grévistes. Il ne s’agit pas d’une lutte pacifique, de largesses accordées par une bourgeoisie progressiste et philanthrope. Ce sont des luttes violentes, brutales, qui se paient en cadavres.

    Ces droits qui sont retirés avec une facilité déconcertante aujourd’hui ont couté la livre de chair aux exploités, pour parvenir à les obtenir. Il est important de garder cela à l’esprit quand on s’intéresse à la Loi Travail et à l’offensive choc de Macron et du MEDEF contre les droits des travailleurs et des travailleuses.

    L’impôt et la sécurité sociale que veulent la bourgeoisie et la prolétariat n’est pas le même.

    Fondamentalement, la question de l’impôt forme le cœur de la révolution bourgeoise. Cette question est, ainsi, l’un des points cruciaux de la Révolution Française et des révolutions bourgeoises en général.

    Avant la Révolution, l’impôt type ancien régime est payé par le tiers-état, dont fait partie la bourgeoisie, aux seigneurs et aux ecclésiastes. Il est présenté comme une contribution permettant aux nobles de pouvoir se consacrer à leur rôle social : la protection du tiers-état , mais également permettant à l’Eglise de se consacrer au salut des âmes. Il s’agit d’un système extrêmement inégal, faisant assumer l’intégralité des dépenses au bas peuple, mais également particulièrement contraignant pour la bourgeoisie, car le territoire est fragmenté et criblé de péages. Le commerce et les échanges sont difficiles, sont ponctionnés allégrement par les seigneurs, et brident le développement économique du pays.

    Le programme fiscal de la bourgeoisie est donc de créer un marché unique pour l’ensemble du royaume, sans droits de péage, sans taxes de seigneurs, permettant de lever les entraves sur le développement du commerce. La bourgeoisie exigeait une unification des impôts, hors des ordres. Au travers de cette question, une réflexion politique s’est mise en œuvre. Le conflit autour de la fiscalité va amener la bourgeoisie à hausser son niveau politique et à ne plus seulement se poser la question en terme de revendication économique, mais bien l’amener à se poser la question du pouvoir et de la forme de gouvernement.

    Sous louis XIV, le mode d’organisation dominant demeure toujours la féodalité, certes. Mais, d’une part par le développement économique, de l’autre par les conflits successifs avec les Grands du Royaume, de plus en plus de bourgeois se hissent à des postes importants. Les frondes successives, elles-même reliées à des affaires d’impôts, révèlent que la noblesse s’essouffle dans son rapport au pouvoir, d’autant que l’attrait de la cour la mue en animal de compagnie, éloigné de ses seigneuries. L’évolution des formes de combat, où les canons peuvent désormais avoir raison des châteaux forts féodaux rend caduc l’ancien deal territorial, qui justifiait la présence de ces lieux de pouvoir. En somme, la féodalité se meurt.

    Un nom unit forteresses et impôts : Vauban. Le concepteur des fortifications en étoiles est conscient que ses travaux vont exiger des sommes colossales. La situation financière de l’Etat est catastrophique, minées par les guerres que Louis XIV aime tant, les caisses de l’Etat sont vides. Pour assainir ce gouffre financier -qui, au final, fut l’un des éléments déclencheur de la Révolution Française, il propose une mesure révolutionnaire pour l’époque. Une mesure tellement révolutionnaire qu’elle lui coûte son poste de ministre : Un impôt simple, compréhensible, accessible à tous, payé par tous, représentant 20% des revenus. Ce système doit s’appliquer sur l’intégralité du royaume et permettre une unification du marché intérieur, condition sine qua none du développement économique du royaume.

    Ce système provoque une levée de boucliers de la part de la noblesse et du clergé. Elle arrive trop tôt, mais laisse une marque. L’idée n’est pas tombé dans l’oubli. Elle est reprise dans le programme politique de la bourgeoisie, qui désire un impôt simple et favorable aux affaires.

    Ce programme est réalisé par la Révolution Bourgeoise. Il est d’ailleurs tellement réalisé qu’il résiste à toutes les tentatives de restauration, Empire et Royaume inclus. Ce système d’impôt est la ligne rouge de la bourgeoisie, que les restaurateurs n’osent pas franchir.

    Il est et demeure l’impôt phare de la bourgeoisie de la période libérale, un système d’impôt d’un capitalisme en expansion, opposé à toute intervention de l’Etat. Mais les tendances inhérentes au capitalisme, notamment la baisse tendancielle du taux de profit, la tendance à la constitution de monopoles, la tendance à provoquer des crises le rendent instable. La loi d’entropie ne l’épargne pas, loin de là. Le capitalisme à besoin de l’intervention de l’Etat, quoiqu’il s’en défende.

    Cet impôt, déjà inégal, a donné naissance à un ensemble de rejetons, lesquels ne sont nés que pour servir un seul but : prendre aux pauvres pour financer les aides aux riches.

  • Macron et la bourgeoisie foutent le bordel.

    Macron et la bourgeoisie foutent le bordel.

    Macron et la bourgeoisie foutent le bordel.

    La communication de Macron s’envase. Chassez le mépris naturel du bourgeois et il revient au galop. En déclarant, en aparté certes, « il y en a certains, au lieu de foutre le bordel, il feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas » à propos des ouvriers de GM&S en lutte, le président Macron dérape de nouveau.

    Un dérapage qui le démasque. En campagne, les prises de parole de Macron furent soignées, lissées par un staff aux aguets. Mais dès lors que ses propres mots lui viennent à la bouche, le pauvret ne sait plus où donner de la tête, ne sais plus ce qui est convenable et ce qui ne l’est pas.

    Ce n’est pas sa première bourde.

    Le 17 septembre 2014, il déclarait : « Les salariées de l’abattoir sont pour beaucoup des illettrées. »

    En mai 2016, face à des militants de la CGT, « Vous n’allez me faire peur avec votre tee-shirt, la meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler. »

    Après son élection, il s’est de nouveau fendu de beautés du type : « Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent » , le 3 juin 2017, crachant au passage à la figure d’entre 7 000 et 10 000 morts noyés depuis 1995.

    Le 29 du même mois, il apportait une nouvelle pierre à son édifice : « Dans une gare, on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien. »

    Dernier exemple du florilège, le 20 septembre : « Je serai d’une détermination absolue et je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes. »

    Si ses soutiens se sont empressés de clamer que les polémiques autour de ces propos étaient infondées et construites de toutes pièces, il est difficile de tout mettre sur le dos de l’inexpérience du président, ou sur des volontés de nuire à son image.

    Macron ne reçoit que la juste rétribution de ce qu’il sème.

    Mais il réside une part de vrai dans ce qui est dit par ses zélotes. Effectivement, le président manque d’expérience. Il manque d’expérience pour cacher le mépris de sa classe de bourgeois pour celles des masses populaires.

    C’est là son tort, il ne parvient pas à camoufler habilement, à maquiller -malgré les frais engagés- le fait que, d’une part, il ne connaît pas le vécu des masses, et que, de l’autre, il les méprise au plus haut point.

    Car il est le digne fils de sa classe. Une classe plaquée d’or, la bourgeoisie. Il est le  digne fils de ces parasites sociaux, vampirisant les richesses produites par les travailleurs, les saignant à blanc au sens propre comme au figuré pour alimenter leurs comptes bancaires, leurs vies de luxe, leurs partage du monde.

    Les masses n’intéressent, in fine, la bourgeoisie que lorsqu’il s’agit de maintenir le vernis de démocratie qui fait tenir l’ensemble de cette pièce de théâtre. Leur politiciens, comme Macron, sont de professionnels de la prestidigitation, des professionnels de la démagogie.

    La bourgeoisie voit les masses, dans une certaine mesure, comme les colonisateurs voyaient les colonisés : des semi-humains, grouillants, répugnants, stupides, incapables de comprendre la beauté et la grandeur de la vie, incapable de quitter leur fange et de s’élever vers la transcendance. C’est ce qui pousse Macron à déclarer, alors ministre de l’économie : « Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires ». Car, la sociologie le démontre, l’ascenseur social est d’une équité et d’une justice sans pareille.

    Non seulement la bourgeoisie méprise les travailleurs et les travailleuses, mais elle vit dans une sphère intégralement différente, dans un autre monde, un autre univers. Un ouvrier d’Iran, du Nigeria ou de France partage un vécu commun, un fond commun : celui de l’exploitation, celui du travail de production, celui de la misère -plus ou moins acérée. Une culture commune, une culture de classe : une culture ouvrière et prolétarienne.

    Les bourgeoisies, elles-aussi, partagent un certain fond culturel de classe. Un immense gouffre les séparent des masses, indépendamment de l’appartenance à la même nation, malgré que la rhétorique nationaliste soit, bien souvent, un levier dont elles usent et abusent jusqu’à la nausée.

    Mais lorsqu’un Copé parlait de pains au chocolat, ou de chocolatines, à 0.15 €, cela prête à rire, mais cela dévoile une réalité certaine.

    Dans un article intitulé « comment compte la bourgeoisie », nous écrivions la chose suivante : « Cette situation est révélatrice d’un décalage complet entre la bourgeoisie et le reste de la population, même le reste du Monde. Madame Fillon et Monsieur Copé sont loin, très loin, d’être les seuls. Ils ne sont probablement pas les pires.

    La bêtise crasse de l’un, la rapacité de l’autre ne sont que des symptômes.

    Rappelons nous des pleurs de Guaino et de Gérard Collomb, quant à leurs indemnités de misère. Le pire, le plus affreux, est qu’ils sont probablement sincères dans leurs cris, horrifiés et terrorisés. Ils et elles se croient au bord de la misère et dans la précarité la plus totale. C’est cette peur qui les rend hargneux et haineux.

    Ces individus qui sont en lice pour le pouvoir ne sont nullement des hérauts du peuple. Ils n’ont rien en commun avec les travailleurs. Eux-mêmes, elles-mêmes, n’ont jamais travaillé, jamais produit, jamais apporté quoique ce soit comme richesse à l’humanité. Ils et elles ne sont que les gestionnaires des intérêts de la bourgeoisie.

    Ils et elles sont les agents zélés et corvéables des parasites néfastes qui grouillent et ponctionnent le sang, le travail des travailleurs et des travailleuses, que ce soit au sein de l’Etat Français comme des néo-colonies et des régions dominées.

    L’attitude de Mme Fillon, est typique de celle de la bourgeoisie. Celle-ci est dans la peau du mauvais joueur, tricheur invétéré. Bien qu’elle pose les règles elle-même, elle ne peut s’empêcher de transgresser ses lois. Sa gloutonnerie est sans limite et, lorsque quelque chose lui résiste, elle n’hésite pas à se remémorer la maxime de Otto von Bismarck « la force prime le droit », de même que celle de la Fontaine « Selon que vous serez puissant ou misérable, – Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » Lagarde, Cahuzac, Guéant et tant d’autres sont la preuve d’une justice qui ne condamne que d’une tape sur les mains ceux de sa classe. »

    La bourgeoisie ne connaît nullement la vie des masses. Chaque entrée dans le métro parisien est un safari exotique et dangereux. Chaque poignée de main avec un prolétaire est un moment de communication doublé d’un danger sanitaire.

    La bourgeoisie ne connaît nullement l’enfer des fins de mois qui ne se bouclent pas. Ne connaît pas la précarité, les emplois à mi-temps, sous payés, les jobs absurdes. Emmanuel Macron déclarant qu’ayant été étudiant avec 1000€ par mois, il connaissait les terreurs des étudiants précaires. Ont-ils, ont-elles jamais travaillé de manière productive, ces membres de la bourgeoisie, ces politiciens, ces politiciennes ? De gauche ou de droite, la plus grande majorité s’est incluse dans les réseaux de piston, dans l’appareil des organisations politiques ou syndicales. Rien n’est plus étranger que le fait de produire des richesses, de bâtir, de construire ou d’élever.

    Macron, en tant que chef du conseil d’administration de la bourgeoisie française, est une illustration pleine et entière des sourires de façade et des coups de poignards dans le dos.

    C’est ce qui fait qu’elle n’a aucune vergogne à faire abattre l’ISF. Ce qui fait qu’elle n’a pas de pitié à fracasser le code du travail, à broyer les conquêts sociales. Ce qui fait qu’elle agit avec un cynisme sans pareil, sans honte et sans bornes.

    Car elle méprise les masses, ignore leurs maux. Elle n’est axée qu’autour de l’accumulation du profit, qu’autour de la spoliation de la richesse. Mais jamais, au grand jamais elle ne cherche à répondre aux besoins de l’humanité. Tricher, mentir, empoisonner et assassiner -vite ou à petit feu- elle ne recule devant rien.

    Le bordel, qui le met, si ce n’est cette classe sans scrupule, toujours prête à broyer des vies, à détruire des richesses, à gaspiller, à instituer l’anarchie de la production. Qui met et maintient le chaos dans le monde, si ce n’est elle et son jeu ?

     La bourgeoisie connaît certes des angoisses, mais qui lui sont propres, qui sont ceux de sa classe. Ces angoisses sont celles de la concurrence qui règne entre les membres de celle-ci, de la baisse de sa plus-value, de ses rendements… mais également d’autres, plus cruciales. Peur des grèves, peur des syndicats, peur des mouvements politiques anticapitalistes, peur, surtout, du spectre qui hante toujours l’Europe : le communisme.

    Il y a cent ans, les masses se mettaient en mouvement, sous la direction du Parti Bolchevique, pour mettre fin à cette exploitation, à cette misère, à ces ténèbres. Le phare qui s’illumina alors doit toujours nous servir de guide : nous n’avons pas besoin de la bourgeoisie pour produire. Nous n’avons pas besoin de ses politiciens pour diriger la société.

    L’avenir de l’humanité n’est pas seulement sans la bourgeoisie, sans ce cadavre social putréfié, mais bien contre elle, contre son pouvoir, contre ses laquais !

  • Le souverain mépris de Macron.

    Le souverain mépris de Macron.

    Le souverain mépris de Macron.

    Qui sont les fainéants ? Qui sont les cyniques ? Qui sont les extrémistes ?

    Dans son discours à Athènes, le Président de la République s’est fendu d’une attaque brutale contre la mobilisation naissante. Accompagné du souriant social-traître Tsipras, de SYRIZA, le nouveau maître du pouvoir s’est ainsi exprimé sur les réformes : «Je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes.» Tout comme à Forbach, où il s’en est pris aux intellectuels et aux journalistes («Les journalistes ne m’intéressent pas (…) [Ils] ont un problème. Ils s’intéressent trop à eux-mêmes et pas assez au pays». «Des esprits tristes englués dans l’invective permanente»), le discours d’Athènes laisse un goût étrange en bouche.

    Voilà donc comment la bourgeoisie perçoit celles et ceux qui veulent lutter contre son pouvoir, contre ces réformes. Elle trépigne, s’énerve, ne comprend pas que les travailleurs, les travailleuses, ne veulent pas se saigner à blanc pour sauver « le pays ». Par « pays », il est bien évident que Macron veut dire « la bourgeoisie de l’Etat français. »

    Certains s’en sont emparés -on ne les blâmera pas de l’avoir fait. Ainsi, Mélenchon tweetait « Abrutis, cyniques, fainéants, tous dans la rue les 12 et 23 septembre ! » Montrant par là même un infléchissement dans sa tentative de faire cavalier seul.

    Certains se sont brodés, sur la base de ces insultes, un bel étendard, digne de la campagne de Coluche.

    Mais, derrière les slogans, derrière les mots, il est nécessaire d’aller un peu plus loin. Creusons quelque peu l’insulte, l’injure, lancée par le Président.

    Car nous ne sommes ni les fainéants, ni les cyniques, ni même les extrémistes de l’histoire.

    Qui, entre la bourgeoisie et les classes populaires, sont les fainéants ?

    Est-ce celui ou celle qui sème, qui produit, qui construit, qui soude, qui boulonne, qui pioche, qui soigne, qui éduque ?

    Est-ce celle ou celui qui, sur le travail des autres, sur leur sueur, sur leur sang, amassent des millions, des milliards ?

    La bourgeoisie, en particulier la grande bourgeoisie, ne produit aucune richesse, aucune marchandise, aucune nourriture, elle ne produit rien. Elle n’est qu’un exploiteur, un parasite -un fainéant au sens premier du terme : fait-néant.  Elle ne fait rien d’utile, rien de nécessaire. Elle est une nuisance, un frein au développement économique et social.

    Certes, la vie d’un bourgeois comporte du stress et de la tension. Elle n’est pas de tout repos. Mais non pour les raisons que connaît un travailleur. Pour la bourgeois, la vie est un stress car elle est un jeu -qui parfois se mue en guerre- entre membres de cette classe sociale. Tout comme un grand joueur de poker prend des risques et subit un stress. Tout comme le joueur de poker, cette douleur et ce stress est superflu, inutile, volontairement subi. Les bourgeois se tressent des couronnes d’épines et de douleur.

    Quand un bourgeois se targue de « prendre des risques », il s’agit pour lui de conquérir des marchés, de prendre à ses concurrents, de les écraser, de les ruiner. En rien, il ne s’agit de mieux répondre aux besoins des masses. En rien il ne s’agit de risques pris pour améliorer le sort de l’humanité. D’une manière général, les risques sont par ailleurs assumés aux plus bas échelons, par ceux qui réalisent ces commandes, menacés sans cesse par le chômage, la précarité, ou même les aventures militaires.

    Ces risques sont futiles, sont superflus, ne sont le fait que du jeu de concurrence des bourgeoisies entre-elles. Ils n’ont aucun raison d’être. Une production planifiée et organisée y mettrait fin.

    Quand un bourgeois ou un de ses laquais dit travailler dur, il ment. Il joue, il joue et parie sur la vie et le destin d’autrui.

    Car les bourgeois sont les fainéants.

    Qui sont les cyniques ?

    Dans la bouche du valet Macron, les cyniques sont ceux qui voudraient  capitaliser sur la grogne sociale pour avancer leurs positions.

    Certes, il en existe, il existe de vrais cyniques, de vrais opportunistes, de vrais gourous qui rêvent de chair fraiche dans les mouvements, de votes, de postes et de places. Ils ont régulièrement leur place dans nos colonnes.  Inutile de parler d’eux ici.

    Mais en revanche, Macron, n’attaque pas ces carriéristes. Il les applaudit même, car il sait, en bon requin, que leur soif de postes, de places, d’estrades les amèneront tôt ou tard à lui manger dans la main. En réalité, il s’en prend à la CGT, aux organisations combatives, aux syndicats de lutte, aux organisations politiques prônant l’antiparlementarisme et la révolution. Dans une rhétorique digne de l’ultra-gauche la plus infantile, il brocarde les salauds qui tenteraient d’organiser les travailleurs et des les mener au combat. Un jour, peut-être même s’exprimera t’il sur la nécessité d’auto-organiser la production contre les syndicats et contre les codes contraignants et liberticides.

    Mais qui sont, en vérité, les cyniques ? Dans une brochure intitulée Tout est marché, nous prenions certains exemples.

    Vendeurs de sang, vendeurs de chair, vendeurs d’organes, vendeurs de morts, promoteurs véreux, chefs d’entreprise sans scrupules, politiciens corrompus… Les voilà nos cyniques ! Tel Martin Shkreli, qui, pour ses profits personnels, multiplie le prix de vente d’un médicament contre le VIH par 3500%. Il n’est pas un cas isolé, il est le digne fils de sa classe.

    Tel François Fillon, des corrompus, des opportunistes, des profiteurs. Qu’importe si l’argent détourné aurait pu financer une école, un hopital.

    Seuls les profits les animent, seul la soif de rendements, la soif de taux d’exploitation, le goût du luxe, leur soif de niveau de vie plus élevée, d’écrasement des faibles et des exploités les animent.

    Les voilà, les vrais cyniques, ce sont les bourgeois !

    Qui sont les extrémistes ?

    Sommes-nous des extrémistes ? Dans l’échiquier politique, c’est un fait, nous sommes sur une des ailes. Dans l’Assemblée, nous n’avons aucune place, aucun espace. Nous sommes politiquement hors de clous.

    Pour Macron, ce terme revoit, pêle-mêle dans une seule nébuleuse, tout ce qui peut coller au vocable « extrémiste » : Fasciste, nazi, gauchiste, taliban, « féminazi », écolo-radical, autonome, maoïste…

    L’idée est d’associer un sentiment de répulsion à cela, un sentiment de dégoût, un sentiment d‘a-normal, d’hors de la norme.

    Si nous sommes, relativement au centre, à l’extrême-gauche, cette question est biaisée. Elle est liée à une difficulté de trouver un référentiel correct. Dans l’absolu, qui sont les extrémistes ?

    Est-ce extrémiste que de défendre le fait de vouloir mettre fin à l’oppression, à la domination, à l’exploitation, de vouloir liquider le sous-développement, l’inégalité d’accès à l’éducation, d’offrir des soins, des logements décents et en nombre suffisant, l’accès à la culture et aux loisirs ? Est-ce extrémiste ?

    L’entêtement de la bourgeoisie à s’accrocher à son mode périmé d’accaparation des ressources, à ses privilèges de classe, là réside l’extrémisme. Maintenir les masses la tête sous l’eau, dans l’exploitation, dans la misère, dans le sous développement, dans la mort par la faim, par la maladie, par la guerre, voilà leur moyen de dégager du profit. Là réside le crime.

    Certes, nous ne reculons pas devant des moyens durs pour la lutte, mais ils ne sont que le miroir de la résistance obsessionnelle de la bourgeoisie. Nazisme, fascisme, obscurantisme, violence policières, terrorisme d’Etat, guerre civile… elle utilise tous les moyens pour maintenir dans un carcan les exploités.

    Certes nous défendons le principe de la dictature du prolétariat, mais elle est le bouclier contre les méfaits des assassins, des bandits, des conspirateurs et des restaurateurs du pouvoir bourgeois.

    Nous agissons de manière logique, cohérente, sans débordement, sans soif de sang. Nous agissons avec des moyens à la mesure de la tâche que nous nous fixons :  celle de faire choir notre bourreau : la bourgeoisie et en premier lieu la bourgeoisie de l’Etat français, celle qu’incarne Macron.

    Car la bourgeoisie, voilà la véritable extrémiste.

    Voilà qui sont donc les fainéants, les cyniques, les extrémistes. Nous rejoignons alors Macron. Nous ne les laisserons pas se mettre en travers de notre route ni de celle de la lutte !

    Nous n’oublions pas les injures. Nous n’oublions pas le mépris. Nous n’oublions pas les crimes de la bourgeoisie.

  • Sur la dictature du prolétariat – VIII – La fin de la dictature et de l’Etat.

    Sur la dictature du prolétariat – VIII – La fin de la dictature et de l’Etat.

    La fin de la dictature et de l’Etat

     Le dictature du prolétariat demeure un pouvoir temporaire.

    Les communistes ne recherchent pas la dictature comme la bourgeoisie recherche le capital. Cette dictature est et demeure un mal nécessaire, comme le sont les purges, comme l’est la lutte contre la trahison, contre la restauration du capitalisme.

    Si la lutte des classes devient à chaque pas plus aiguë, plus forte, plus intense, au fur et à mesure que la bourgeoisie sent le sol se dérober sous ses pieds, si elle est tactiquement plus intense, elle tend stratégiquement à se conclure.

    Stratégiquement, car, à chaque pas, l’avancée du socialisme brise et broie les possibilités de restauration, broie la base sociale du capitalisme.

    La transformation des rapports de production ne se fait pas du jour au lendemain. Elle est le fruit d’une longue avancée, d’une concentration de la production, d’une élévation du niveau général de compétence technique des masses, d’une suppression progressive de la propriété privée pour la muer en propriété du peuple tout entier.

    Lorsque la lutte des classes aura été poussée jusqu’à son achèvement, l’Etat ne sera plus nécessaire. Lorsque l’Etat ne sera plus nécessaire, la dictature du prolétariat s’éteindra.

    Ainsi, Engels dans Anti-Dühring,  au sein de la partie Monsieur E. Dühring bouleverse la science, donne une explication de l’extinction de l’Etat de la manière suivante : « Le prolétariat s’empare du pouvoir d’Etat et transforme les moyens de production d’abord en propriété d’Etat. Mais par là, il se supprime lui-même en tant que prolétariat, il supprime toues les différences de classes et oppositions de classes et également en tant qu’Etat. La société antérieure, évoluant dans des oppositions de classes, avait besoin de l’Etat, c’est-a dire, dans chaque cas, d’une organisation de la classe exploiteuse pour maintenir ses conditions de production extérieures, donc surtout pour maintenir par la force la classe exploitée dans les conditions d’oppression données par le mode de production existant (esclavage, servage, salariat).

    L’Etat était le représentant officiel de toute la société, sa synthèse en un corps visible, mais cela, il ne l’était que dans la mesure où il était l’Etat de la classe qui, pour son temps, représentait elle-même toute la société: dans l’antiquité, Etat des citoyens propriétaires d’esclaves; au moyen âge, de la noblesse féodale; à notre époque, de la bourgeoisie. Quand il finit par devenir effectivement le représentant de toute la société, il se rend lui-même superflu.

    Dès qu’il n’y a plus de classe sociale à tenir dans l’oppression; dès que, avec la domination de classe et la lutte pour l’existence individuelle motivée par l’anarchie antérieure de la production, sont éliminés également les collisions et les excès qui en résultent, il n’y a plus rien à réprimer qui rende nécessaire un pouvoir de répression, un Etat.

    Le premier acte dans lequel l’Etat apparaît réellement comme représentant de toute la société,- la prise de possession des moyens de production au nom de la société,-est en même temps son dernier acte propre en tant qu’Etat. L’intervention d’un pouvoir d’Etat dans des rapports sociaux devient superflue dans un domaine après l’autre, et entre alors naturellement en sommeil. Le gouvernement des personnes fait place à l’administration des choses et à la direction des opérations de production. L’Etat n’est pas « aboli », il s’éteint. » (Engels 1878)

    Au plus le développement du socialisme avance, au plus les contradictions antagoniques sont résolues. Elles le sont par le fait de la dictature contre la bourgeoisie. Elles le sont aussi par la résolution des contradictions internes qui permettent l’apparition de la bourgeoisie : suppression de la petite production, collectivisation des terres et des moyens de production, mise entre les mains du peuple tout entier des usines, des mines, des sols.

    Résolution de la contradiction entre le travail intellectuel et le travail manuel, entre les villes et les campagnes, fin de la division genrée du travail…

    Ce n’est nullement pas un coup de baguette magique que ces contradictions seront résolues. Si des solutions miracle existaient, elles seraient d’ores et déjà appliquées.

    Dans notre brochure sur Les bases du communisme, nous indiquions l’objectif final suivant, le communisme :

    « Phase finale, supérieure, de la société humaine, le communisme ne peut arriver que dans un état de développement économique particulier.

    Le développement des forces productives, de manière supérieure aux besoins, rend l’argent inutile de facto.

    Tant que les besoins ne sont pas satisfaits, des écarts existent en fonction des postes, des salaires, en fonction des statuts. Cependant, avec la satisfaction complète des besoins, avec une productivité qui réponde à tous ces besoins, chacun donne de son travail en fonction de ses capacités, de ses talents, de ses compétences, et reçoit en fonction de ses besoins. Il n’est plus, donc, question de salaire, d’argent.

    L’intégration poussée de l’économie dans le secteur public supprime les échanges marchands.

    La hausse générale du niveau d’éducation, du niveau de maîtrise technique et culturelle, supprime la nécessité d’une séparation des tâches entrainant une séparation en classes.

    Les contradictions antagoniques ayant été supprimées, l’Etat n’a plus de raison d’être, en tant qu’outil d’oppression. La lutte des classe est exécutée jusqu’au bout. Désormais libérée du parasitisme, chaque avancée de la société est répercutée sur le niveau de vie, de culture, d’accès aux loisirs de l’ensemble de la société. » (UCL. 2017)

    S’il était possible de passer par un chemin qui soit plus doux, plus souriant, plus facile, cela serait fantastique. Les communistes ne choisissent pas la guerre par volonté. Dans nos rangs, nous ne tolérons pas les bouchers assoiffés de sang, les petits dictateurs d’opérette tout comme ceux qui ne luttent que pour satisfaire leurs ambitions personnelles. Si certains existent dans nos rangs, ils seront démasqués et chassés.

    Ce n’est pas par choix que nous annonçons ceci : la dictature du prolétariat est vitale et centrale. Ce n’est ni par choix, ni par joie.

    La bourgeoisie mène une guerre implacable contre les masses populaires. Elle ne recule devant aucun stratagème pour asseoir sa domination, son ordre, sa dictature. Elle prétend, dans de nombreux états, poser un cadre démocratique au sein duquel il est possible de s’exprimer. Ce cadre de démocratie bourgeoise paraît satisfaisant à certains, pourtant il n’en est rien. Il ne permet que de maquiller l’effroyable machine à broyer qui se camoufle derrière elle.

    Lors des élections de 2017, combien sont venus clamer que la victoire était à portée de main. Combien ont prétendu pouvoir placer des révolutionnaires au pouvoir, à l’Assemblée, à l’Elysée ? Combien ont pu clamer que leur candidat révolutionnaire allait tout changer ?

    Ceux-là ont axé toute leur stratégie sur ce saut périlleux en l’air. Qu’ont-ils gagné ? Rien si ce n’est l’humiliation devant les masses, lesquelles ont massivement boycotté les élections.

    S’ils présentaient une menace, ils auraient été broyés, balayés, écrasés par une bourgeoisie qui ne tolère pas la concurrence. S’ils avaient massivement gagné, ils auraient eu la guerre, larvée ou ouverte.

    Car la bourgeoisie ne tolère pas qu’on mette en danger son pouvoir.

    L’expérience entière de l’humanité illustre le besoin de révolution socialiste. Elle illustre le besoin d’une révolution qui brise le carcan de l’Etat bourgeois, qui le fracasse, pour que naisse l’Etat prolétarien.

    L’expérience entière de l’humanité appelle de ses vœux la dictature du prolétariat, pour mettre fin à l’exploitation, à l’aliénation, à la destruction des ressources naturelles.

    L’humanité d’aujourd’hui n’a qu’un seul désir, conscient ou non, celui du communisme.

    Un très long chemin de restauration idéologique, organisationnelle, politique reste à franchir.

    Une longue lutte pour défendre, revendiquer, partager cette conception essentielle qu’est la dualité insécable entre la dictature du prolétariat et la révolution. Une lutte contre les conceptions anarchistes, libérales, réformistes, lesquelles ou alors nient la nécessité révolutionnaire, ou alors refusent d’en tirer les conclusions qui s’imposent. Pourtant, un regard sincère sur l’Histoire amène à une conclusion sans appel : le besoin d’une organisation forte, puissante ; d’un cœur révolutionnaire organisé, centralisé, conçu pour la prise du pouvoir.

    D’un pouvoir qui lutte pied à pied contre la bourgeoisie, contre les exploiteurs et l’opportunisme. D’un pouvoir lié aux masses, à leurs besoins, qui est à leur écoute, mais qui ne sombre pas dans la démagogie et le démocratisme plat. Construire l’organisation du prolétariat ne peut se faire sur des mots d’ordres flous, sur des slogans creux, sur une analyse superficielle de la réalité et de l’idéologie.

    Les communistes, en cette période politique charnière, ne peuvent rester sur un libéralisme, sur une tendance à sous-estimer les obstacles qui seront rencontrés. Il nous faudra être exigeants envers nous même pour surmonter la crise de l’encadrement. Il nous faudra être courageux et efficaces pour rallier les masses, pour être capable de faire renaître le Parti des Communistes et des sans-partis, le parti du peuple, le parti de la révolution prolétarienne.

  • Sur la dictature du prolétariat – V – La seule solution : la voie révolutionnaire.

    Sur la dictature du prolétariat – V – La seule solution : la voie révolutionnaire.

    La seule solution : la voie révolutionnaire.

    Seule la révolution peut permettre de sortir de l’impasse.

    La lutte pour le pouvoir du prolétariat n’a rien d’un jeu divertissant et sans risques. Chaque faux-pas peut mettre en danger l’ensemble de la structure révolutionnaire, chaque erreur se mesurer en arrestations, en disparitions.

    Un grand nombre d’interlocuteurs, d’organisations réformistes radicales, posent la question sous la forme du pragmatisme. Il s’agit bien souvent d’un faux-semblant pour fuir les questions relatives à la prise du pouvoir.

    Le pragmatisme est souvent mis en avant comme l’émanation du sens pratique. Le problème est qu’il se pare d’un double aspect.

    Lorsque Staline, dans les principes du léninisme, évoque le « sens pratique américain », le porte aux nues, il évoque une forme de pragmatisme : le pragmatisme tactique. Ce pragmatisme tactique consiste à exploiter certaines situations spécifiques, certaines opportunités, pour faire avancer le mouvement révolutionnaire.

    Etre pragmatique et vouloir utiliser les possibilités offertes par la démocratie bourgeoise est juste. Un parti révolutionnaire peut fort bien, dans un cadre tactique, présenter des candidats, faire campagne pour les élections, conquérir des mairies et des sièges d’élus. Refuser en bloc -par principe- reviendrait à négliger certaines possibilités de gagner en influence, de gagner une tribune importante, de dénoncer le fonctionnement des institutions et du système électoral.

    Certaines organisations prennent prétexte de cela. Si elles se défendent de pratiquer une focalisations sur les échéances électorales, elles ne voient pour autant pas d’autres issue à leur situation que de gagner le pouvoir par les urnes.

    La stratégie dicte la forme d’organisation. Un parti électoraliste n’est pas conçu de la même manière qu’un parti révolutionnaire. L’un est conçu pour s’intégrer dans les jeux de la bourgeoisie, l’autre sous une forme d’organisation inspirée par l’efficacité militaire, ayant pour but de mener la lutte contre la bourgeoisie et de la battre.

    Or, ces organisations prétendant « utiliser » les élections n’ont rien de commun avec le parti de type nouveau, avec le parti de type léniniste. Elles ne sont purement et simplement pas architecturées de la même manière.

    Les oppositionnels du PCF peuvent ainsi hurler contre la direction. Cependant, jamais ils ne posent la question de l’organisation interne du PCF, du fait que cette structure est devenue profondément inadaptée aux tâches révolutionnaires, que ce parti est organisé et structuré comme un parti bourgeois.

    Pourquoi ne le voient-ils pas ? Car ils ne se posent pas la question de la révolution de manière rationnelle, de manière logique. Eux défendent un changement cosmétique, un changement de façade, de discours, mais nullement une refonte intégrale, correspondant réellement aux tâches de l’heure actuelle.

    En fait de pragmatisme tactique, ils font œuvre de pragmatisme stratégique, considérant que la stratégie actuelle est la réforme et que si elle échoue, la nouvelle stratégie pourra être la révolution. Il s’agit d’un tour de force énorme. D’un tour de force et d’une subordination complète au bon vouloir de la bourgeoisie, laquelle fait mine d’accepter le jeu démocratique, laquelle dorlote les élus du PCF, les corromps, les achète.

    Cette phase réformiste s’étend d’autant plus ad vidam eternam que les élus, les cadres, les membres de l’appareil ont formé une bourgeoisie interne. On ne mord par la main qui nourrit.

    La citation « plus rigide la stratégie, plus souple la tactique » prend tout son sens. La stratégie guide ne saurait être autre chose que la position révolutionnaire maximale. Ne serait-ce que sous un principe du « qui peut le plus peut le moins. »

    Un parti communiste révolutionnaire, architecturé pour la prise du pouvoir par les masses, n’a rien a redouter au fait de présenter des candidats, dans la mesure où ils sont traités comme des « fusils » et subordonnés au parti. Tant que le parti leur commande, y compris si l’ordre doit être de quitter leur mandat, le problème ne se pose pas. Le jour où ceux-ci commandent au parti, la tactique prend le pas sur la stratégie, et un risque se pose.

    Si la bourgeoisie cédait le pouvoir sans heurts, sans faire de difficultés, sans problème, la question ne se poserait pas.

    Mais il est improbable qu’elle le fasse.

    L’expérience historique démontre que la bourgeoisie ne cède pas, n’est pas fair-play.

    Il n’existe pas de révolution clé-en-mains, de modèle unique à partir duquel le succès est au rendez-vous à 100%. D’une part car les condition objectives dans lesquelles se déroulent les révolutions ne sont jamais exactement les mêmes, de l’autre car l’expérience transforme les deux camps.

    Ainsi, certaines erreurs commises pendant les tentatives de révolution, pendant les premières expériences de dictature du prolétariat, à l’exemple de la Commune de Paris, ne seront -espérons-le- par reproduites.

    Dans notre communiqué célébrant l’anniversaire de cette expérience fondatrice, nous avions mis en avant les éléments suivant : Comme nous l’avions développé plus haut, cette expérience fut une machine d’une dialectique impitoyable, laquelle écrasa bien des conceptions fausses. Ainsi, les thèses pourries de Proudhon, individualistes, artisanales, anti-socialistes, furent battues à plate couture par l’irruption terrible de la réalité. Au lieu d’être le début de la consécration, ce fut la défaite : c’est la socialisation du travail, les valeurs communistes, qui l’emportèrent sur l’individualisme anarchiste.

    Les blanquistes, conspirateurs, incapable de faire naitre une ligne de masse, persuadés que les révolutions de palais font tout, durent réviser leur doctrine.

    Elle commit des erreurs également : le respect sacré de la Banque de France, dont les fonds ne furent saisis. Ce qui aurait pu être une dévastation pour la bourgeoisie, un abominable otage, pu être récupéré dès la fin de la Commune.

    Le siège Versaillais ne pu être levé car la Commune resta confinée dans un espace étroit, uniquement urbain, uniquement local. Si des émules apparurent, dont à Lyon et à Vienne, le mouvement ne trouva pas la clé que trouvèrent les bolcheviks : l’alliance des ouvriers et des paysans, seule à même de pulvériser la bourgeoisie.

    Manqua également le Parti, capable de coordonner, de diriger cette alliance, de faire naître, d’une insurrection victorieuse, une guerre révolutionnaire balayant toute trace de la bourgeoisie. Ce sont ces conclusions que tirèrent les continuateurs, les observateurs, la analystes. Ces conclusion donnèrent le matériel pratique qui pu être étudie pour en tirer les conclusions politique, idéologique qui enrichirent l’idéologie communiste.

    De même, la bourgeoisie elle-même n’est plus la même qu’à l’orée du XXème siècle. Elle a tiré des enseignements précieux de sa propre vulnérabilité, et s’est doté d’outils permettant de conjurer -temporairement certes – son renversement.

    Son expérience en termes de propagande anticommuniste, en termes de corruption, en termes de défense passive ; mais également du côté de sa défense active, militaire : théorisation de la lutte anti-insurrectionnelle (COIN), guerre subversive…etc. D’un point de vue d’organisation du travail, elle s’est même inspirée des méthodes communistes, grâce à l’expertise de transfuges et de traitres. Les conceptions managériales ont ainsi pour vocation de liquider la conscience de classe, de favoriser l’atomisation des travailleurs et des travailleuses, d’individualiser leur rapport à leur propre exploitation. Toutes ses méthodes sont tout autant de fusibles dont la bourgeoisie s’est dotée pour se prémunir contre les dangers. Cependant, aucun de ces fusibles ne peut écarter totalement et définitivement le capitalisme de ses contradictions internes, lesquelles le poussent irrémédiablement dans la chute et l’effondrement.

    Certaines constantes existent cependant dans les conceptions révolutionnaires, et méritent d’être passées en revue pour mémoire. Dans notre brochure sur les bases du communisme nous définissions ces différentes théories de la manière suivante:

    « La théorie de la révolution a connu bien des écoles. Certains sont des partisans du Grand Soir, cette théorie pétrie d’idéalisme. Ils et elles imaginent qu’un beau jour les masses sortiront dans la rue, prendront l’Assemblée et déclareront la république bourgeoise abolie.

    Cette manière de voir les choses n’a jamais connu d’application concrète. Elle est un fantasme, rien de plus. Dans les faits, les masses sont spontanément réformistes. La révolution, la construction d’une nouvelle société, se heurte à l’idéologie bourgeoise, au poids des habitudes. Lorsque ces individus étudient le passé, ils ne voient pas, souvent par rejet de l’organisation, que les révolutions furent issues d’un travail en amont, mené par des organisations révolutionnaires.

    Bien souvent, dépités, déçus, les tenants de cette théorie rejettent leur idéologie révolutionnaire de pacotille et se tournent vers le réformisme.

    Plus ambitieuse encore, la Révolution Mondiale trotskiste. Elle est défaitiste par essence, car repousse au moment « parfait » le déclenchement de l’opération révolutionnaire. Par ce moyen, elle peut ainsi le remiser toujours au lendemain, et considérer que l’heure n’est pas propice. Cela permet de justifier l’activité fractionnelle au sein des organisations de la bourgeoisie, des partis sociaux démocrates. Pire encore, lorsqu’une révolution a lieu, ses tenants s’effraient et la considèrent condamnée, par son caractère local, national. Dès lors, ils n’ont de cesse de le décrier et de le saboter.

    « La révolution ne résoudrait les problèmes bourgeois qui se présentaient à elle en première ligne qu’en portant le prolétariat au pouvoir. Et lorsque celui-ci se serait emparé du pouvoir, il ne pourrait se limiter au cadre bourgeois de la révolution. Tout au contraire, et précisément pour assurer sa victoire définitive, l’avant-garde prolétarienne devrait, dès les premiers jours de sa domination, pénétrer profondément dans les domaines interdits de la propriété aussi bien bourgeoise que féodale. Cela devait l’amener à des collisions non seulement avec tous les groupes bourgeois qui l’auraient soutenue au début de sa lutte révolutionnaire, mais aussi avec les larges masses paysannes dont le concours l’aurait poussée vers le pouvoir. Les contradictions qui dominaient la situation d’un gouvernement ouvrier, dans un pays retardataire où l’immense majorité de la population se composait de paysans, ne pouvaient trouver leur solution que sur le plan international, sur l’arène d’une révolution prolétarienne mondiale. » Ce qui est souligné révèle la posture de Trotksy. Pour cet individu, la révolution ne trouvant pas son issue dans l’arène mondiale, doit renoncer et retourner à son stade bourgeois. C’est une capitulation totale. Sa révolution permanente, niant les étapes, niant l’alliance avec la paysannerie, est un aventurisme qui cache, là encore, une déviation de droite. « Si on ne peut être pur, n’essayons pas, » tel serait son crédo.

    Lénine présentait les choses d’une manière intégralement opposée, citée dans Les principes du léninisme: « Auparavant, on considérait que la victoire de la révolution dans un seul pays était impossible car, disait-on, pour vaincre la bourgeoisie, il faut l’action combinée des prolétaires de la totalité ou, tout au moins, de la majorité des pays avancés. Ce point de vue ne correspond plus à la réalité. Il faut maintenant partir de la possibilité de la victoire sur la bourgeoisie dans un seul pays, car le développement inégal, saccadé des pays capitalistes sous l’impérialisme, l’aggravation des contradictions internes de l’impérialisme, qui aboutissent fatalement à des guerres, la croissance du mouvement révolutionnaire dans tous les pays du globe entraînent non seulement la possibilité, mais la nécessité de la victoire du prolétariat dans des pays isolés. »

    Lénine est clair : Il est possible, il est nécessaire de saisir l’opportunité de frapper la bourgeoisie et d’être victorieux, même dans un seul pays. Il poursuit de même :

    « Mais renverser le pouvoir de la bourgeoisie et instaurer celui du prolétariat dans un seul pays, ce n’est pas encore assurer la victoire complète du socialisme. La tâche principale : l’organisation de la production socialiste, est encore à accomplir. Peut-on en venir à bout, peut-on obtenir le triomphe définitif du socialisme dans un pays sans les efforts combinés des prolétaires de plusieurs pays avancés ? Certes, non. Pour renverser la bourgeoisie, il suffit des efforts d’un seul pays : c’est ce que nous montre l’histoire de notre révolution. Pour le triomphe définitif du socialisme, l’organisation de la production socialiste, il ne suffit pas des efforts d’un seul pays, particulièrement d’un pays rural par excellence comme la Russie : il faut les efforts des prolétaires de plusieurs pays avancés. »

    Trotsky, dans ses trois fausses théories, Révolution Mondiale, Révolution permanente, Programme de Transition, réussit un triplé d’échecs. Le Programme de Transition, que les organisations trotskistes appliquent avec soin, est une illustration parfaite du Trotsky vieillissant de la fin des années 30, préfigurant le Trotskisme fascisant des années 1940.

    L’idée est simple : présenter un programme que le capitalisme ne peut satisfaire, mais qui -jamais au grand jamais- ne mentionne la révolution, sinon cosmétiquement. Cela va passer par des revendications d’interdiction des licenciements, d’interdiction des profits capitalistes, de mise sous contrôle populaire d’une partie de l’industrie et des monopoles capitalistes. En somme cela demande à l’Etat bourgeois de tirer contre son camp.

    La stratégie vise à démontrer aux masses le caractère hostile du capitalisme et, au final, à les amener à se révolter.

    Dans le fond, cela revient à leur cacher la vérité, c’est à dire que cela n’est pas possible. Cela revient à les lancer, sans être politiquement armés, à l’assaut de la bourgeoisie. Lorsque cela échoue, non seulement les masses sont déçues, dégoûtées, mais aucun progrès politique n’est fait.

    C’est ce qui est retrouvé dans des mots d’ordres tels que « insurrection citoyenne » ; « gouvernement ouvrier » ; « nationalisations démocratiques. » Ce sont des mots d’ordre qui nient la question du pouvoir, de la révolution.

    La théorie de l’insurrection, elle aussi, connaît ces vices. Elle consiste en une accumulation de forces censées à un instant T déboucher sur une éruption révolutionnaire. Ces accumulations en réserves stratégiques sont, sur le papier, positives, mais, bien souvent, elles se cantonnent à cela et tergiversent. Des insurrections ont réussi, notamment celles de Petrograd, il y a cent ans, mais baser la stratégie de l’organisation révolutionnaire sur cette seule option est un pari risqué, qui demande des conditions ultra-spécifiques pour déboucher sur un succès. Or, il est essentiel de créer ses propres succès. Il est donc possible de faire mieux.

    La théorie de la guerre populaire prolongée est une théorie qui synthétise les apports de la lutte révolutionnaire dans toute l’histoire. Elle est la somme la plus aboutie de la théorie militaro-politique de la révolution.

    Lorsqu’en 1917, les bolcheviks ont lancé la révolution, cela ne s’est pas fait en un tour de main. Une guerre civile fut nécessaire pour permettre l’instauration du pouvoir communiste. L’insurrection a formellement déclaré ce pouvoir, mais son exercice réel est l’enfant de la guerre.

    En 1949, lorsque Mao Zedong proclame la République Populaire de Chine, cela vient couronner la fin d’une guerre qui a permis aux communistes de créer un espace dans lequel ils assumaient la réalité du pouvoir.

    Dans les deux cas, dans chacun des cas, c’est la capacité à pouvoir exercer ce pouvoir réel qui prime sur la déclaration formelle. C’est cette capacité de remplacement du pouvoir bourgeois par celui du prolétariat qui est la clé. La déclaration formelle n’est que vent si elle ne s’accompagne pas de cela.

    Dans ce cadre, la Guerre Populaire Prolongée est une méthode dure stratégiquement : elle recherche la destruction de la capacité d’assurer la réalité du pouvoir par la bourgeoisie,  pour construire celle du prolétariat.

    Tactiquement, elle est très souple, elle permet d’utiliser l’ensemble des moyens, que ceux-ci soient légaux ou non, pour réaliser cet objectif. La tactique, cependant, doit rester étroitement subordonnée à la stratégie.

    Elle traverse, grossièrement, trois étapes:

    La défensive stratégique, étape de rassemblement des forces, de construction, de luttes défensives, syndicales, antifascistes. Elle est une période d’accumulation en vue du conflit et de début de conflit. Elle doit déboucher sur une politisation, une radicalisation politique des luttes. Elle doit déboucher aussi sur des embryons de soviets capables de prendre des décisions et de pouvoir en débuter l’application.

    La période d’équilibre stratégique correspond à un double-pouvoir. Elle correspond à une phase pendant laquelle chacun des deux camps dispose d’une influence certaine, dans certains secteurs -géographiques, sociaux …etc. Cependant, aucun des deux ne peut anéantir l’autre, directement, à ce stade. Il s’agit d’un moment où la lutte se double d’un caractère militaire fort, et où l’accumulation de forces se double de la nécessité de briser la machine adverse.

    L’offensive stratégique correspond au moment où la révolution prend le pas, impose sa légalité et sa légitimité sur un ordre pourrissant et s’effondrant. Les institutions de l’Etat bourgeois ne répondent plus. Sa capacité d’initiative est tarie, celle à assumer le pouvoir de manière concrète se disloque. L’offensive stratégique correspond à l’antichambre de la victoire. »

    La bourgeoisie dispose d’un appareil militaire qui doit être combattu. Ses forces spécialises, sa police, son armée, doivent être neutralisées pour qu’elles ne servent pas les noirs dessins de leurs maîtres. La bourgeoisie ne cédera pas sans tenter d’écraser les révolutionnaires.

    Face à l’organisation supérieure de la bourgeoisie -autour d’un Etat, d’une police, d’une armée, d’une justice au service de sa classe- les révolutionnaires ne peuvent se contenter d’être dispersés et de réagir au coup-par-coup. Au degré supérieur d’organisation de l’Etat-major de la bourgeoisie doit répondre une organisation au degré tout aussi supérieur : un Etat-major du prolétariat. Cela n’est en aucun cas, une nouvelle fois, par un amour atavique de la bureaucratie, de l’ordre et de la discipline, mais bel et bien car sans cela, toute tentative de changement profond de la société s’asphyxierait dans les débats sans fins, dans le crétinisme parlementaire, dans un flou constant qui in fine, profite systématiquement à la partie la plus à droite, la plus modérée, des organisations.

    C’est là l’une des découvertes de Marx et Engels, cette nécessité du Parti comme outil de la lutte, comme Etat-major, comme organisation révolutionnaire.

    Quant à la dictature du prolétariat, ce n’est pas non plus par amour de la violence et du carnage que les révolutionnaires ont le devoir de l’instaurer. Contrairement à ce que peuvent penser les libertaires ou les réformistes, ce n’est pas par désir d’autorité, par désir de pouvoir. Il s’agit d’une nécessité, dont Lénine disait à juste titre que la conscience de celle-ci était le premier pas vers la liberté.

    Bien souvent, la dictature du prolétariat est traitée par la caricature, avec des remarques digne du sophisme. Cependant, d’autres posent le doigt sur des aspects réellement problématiques de l’exercice du pouvoir révolutionnaire. Ce sont à ces différentes interrogations qu’il est important de répondre, pour expliquer le caractère paradoxal de cette dictature, laquelle signifie, in fine « démocratie pour le peuple, dictature pour les ennemis du peuple. »

  • Sur la dictature du prolétariat – III – L’impasse du réformisme.

    Sur la dictature du prolétariat – III – L’impasse du réformisme.

    L’impasse du réformisme.

    Campagne contre plus fort que soi.

    Est-il possible de blâmer les réformistes ou les utopistes ? Oui et non.

    Oui, le sens où l’histoire à illustré à maintes reprises que la révolution ne pouvait être qu’un acte de « violence, par lequel une classe en remplace une autre. » Oui, dans le sens où le rejet de « l’autoritarisme » fait le lit de l’inaction. Oui dans le sens où la collaboration de classe n’amène qu’au compromis. Le compromis à la compromission. La compromission à la trahison.

    Non, dans le sens où l’idéologie communiste est tellement affaiblie, a été tellement diminuée et mutilée qu’elle a pratiquement perdu l’intégralité de son influence sur la population. Adhérer à l’idée révolutionnaire se fait comme une question de principe, plus comme le fait de comprendre celle-ci comme une nécessité vitale. Les communistes, aujourd’hui, de nouveau, doivent faire la démonstration de la nécessité de cette révolution.

    Or, qu’arriverait-il si les réformistes étaient en mesure d’être à l’orée du pouvoir ?

    Admettons, dans cette brochure, un cadre imaginaire, dans un pays qui peut évoquer l’Etat français. Au sein de ce pays, un grand mouvement naît, soutenu par une fraction importante des masses populaires. Ce mouvement n’a pas même besoin de menacer directement les intérêts de la bourgeoisie. Il peut même, sur certains plans, accompagner les projets des impérialistes français, à l’image de la France Insoumise.

    Or, il lui suffit de les écorner un tantinet, de leur déplaire, de vouloir les contraindre et les contrarier.

    En l’occurrence, le cas de figure s’est observé, dans la campagne de pour les présidentielles, dans l’hostilité grandissante de la part d’une partie de la bourgeoisie à la candidature du social-chauvin Mélenchon. Celui-ci, pourtant, n’est pas une menace stratégique majeure. Il n’a rien en commun avec l’irruption d’une cohorte de bolcheviks. Fondamentalement, il est un pur produit des organisations nationales-trotskistes -les lambertistes. Il a longuement été un membre de l’appareil du Parti Socialiste, sous l’étiquette duquel il fut ministre de l’enseignement professionnel. Aujourd’hui son programme prône une réorganisation de l’impérialisme français, un nouveau jeu d’alliance, mais pas une rupture. En revanche, ce qui gène la bourgeoisie est le fait qu’il demande des miettes plus importantes pour l’aristocratie ouvrière et la petite bourgeoisie, lesquelles forment la base sociale de son électorat.

    Malgré cela, les unes des journaux de la bourgeoisie se firent agressives : le Figaro, ainsi, titrait que Jean-Luc Mélenchon ruinera la France, qu’il la mènera au bord de la rupture, de l’explosion.

    Déjà, la machine de propagande se raidit, se dresse, durcit le ton et la voix.

    Les débats publics entre candidats ont été globalement dominés par les candidats présents sur les ailes. Les cas de Nathalie Arthaud et de Philippe Poutou ont été ainsi illustratifs.

    Malgré leur score faible, ces deux candidats ont été dérangeants. Ils ont été dérangeants car ils mettaient en péril l’ordre normal des choses. Pourtant, à aucun moment ils ne brisèrent la scène du théâtre électoral, en en dénonçant sa vraie nature.

    Malgré cela, leur discours formait, déjà, un casus belli pour la bourgeoisie. Elle a donc mobilisé son appareil médiatique pour les combattre. Accusations et insinuation ont plu contre eux.

    Pourtant, imaginons, dans notre exemple fictif, un candidat crédible, sérieux, sur un programme qui soit offensif et résolument anticapitaliste et anti-impérialiste. Que pourrait-il faire au sein de cette scène ? Il se heurterait à un grand nombre d’obstacles, dont certains forment de véritables fortifications anti-vote populaires.

    La bourgeoisie à beau se targuer d’être démocratique, il n’en est rien. Elle dresse à chaque pas des obstacles immenses pour empêcher les masses de participer à la vie politique, pour la réserver à des bourgeois et des bourgeoises, à des professionnels. La politique dans la démocratie représentative bourgeoise, est une affaire de spécialiste, non l’affaire des masses.

    D’une part, pour lancer une campagne, il est nécessaire de disposer d’un sésame absolu: les 500 signatures.

    Ces 500 signatures, à quémander auprès d’élus, sont une barrière qui permet de faire un premier tri. D’une part cela signifie qu’un parti sans élus, sans soutiens de l’institution, ne peut se présenter. Même une organisation massive et influente peut être bloquée par ce barrage. Disposer d’une base électorale forte, mais sans élus pour appuyer les candidatures signifie être éjecté du système électoral.

    Les candidatures appuyées sur une base locales sont également rejetées. Un candidat comme Oscar Temaru, sur lequel l’Unité Communiste de Lyon s’est exprimé, ne peut, malgré la base dont il dispose en Polynésie, malgré le soutien des indépendantistes Corses, Basques, Bretons, se présenter. Car les 500 signatures se doublent de l’impératif d’être réparties sur l’ensemble du territoire de l’Etat Français. En somme elle réservent le pouvoir et son exercice aux organisations ayant une assise partout dans l’Etat français.

    La question de l’argent se pose : une campagne coûter cher. Une campagne demande souvent des finances importantes. Même si certains coûts peuvent être compensés par une mobilisation importante, ceux-ci existent. Quels mécènes offriraient à leur ennemi les moyens financiers de parler contre eux ? Quelles banques accepteraient de financer ceux qui veulent les supprimer ? De nouveau, l’obstacle technique se double d’une composante politique : La bourgeoisie n’est pas stupide. Elle ne prête pas pour respecter la démocratie, mais comme un investissement ; et bien fou serait celui qui investirait dans quelqu’un voué à éliminer le pouvoir bourgeois.

    Un parti fasciste comme le FN, lui-même, a connu des difficultés à trouver des finances. Le FN s’est ainsi tourné vers les créanciers russes, lesquels se sont fait une joie de fournir à l’extrême-droite française l’argent qui lui manquait. Non par sympathie, mais bien dans l’idée que ce groupe politique deviendrait son agent docile et dévoué, le représentant de ses intérêts en Europe occidentale. L’argent est le nerf de la guerre.

    D’autant que la bourgeoisie est mobilisée, sur le pied de guerre. Le prolétariat, quant à lui, n’est pas en ordre de bataille, subit l’influence de l’idéologie bourgeoise..etc. De plus, tous les prolétaires n’ont pas le droit de vote.

    L’une des bases sociales du prolétariat de l’Etat français est formée d’individus n’ayant pas la citoyenneté requise pour s’exprimer politiquement. Ils et elles sont privés du droit de vote, alors qu’ils et elles travaillent, vivent, paient des taxes et des impôts -plus que la bourgeoisie- au sein de l’Etat français. Mais le droit de vote Niet! Les expatriés, eux, elles, souvent droitiers, en disposent. Cela accroît tout autant le déséquilibre des forces.

    D’une manière générale, la bourgeoisie emploie tous les mécanismes possibles pour creuser l’écart.

    Supposons ces obstacles franchis, comment croire que la bourgeoisie laisserait s’exprimer aisément les candidats du peuple ? Comment croire qu’elle ne lui mettrait pas des bâtons dans les roues ? Comment croire que cette organisation pourrait tenir des meetings, pourrait avoir pignon sur rue ?

    La pluralité de points de vue, dans la presse des états de démocratie bourgeoise, est une chose très relative. Si un certain panel de vue peut exister, dans les faits, celui-ci est étroitement borné par les limites de la légalité bourgeoise.

    De plus, la presse indépendante est un mythe. La très grande majorité des journaux dispose d’un maître qui impose sa ligne éditoriale. Humainement, de nombreux journalistes sont du côté du progrès et de la justice. Ici, leurs qualités personnelles ne sont pas mises en question. Cependant, leur travail n’est pas libre, il est dirigé par une ligne éditoriale, laquelle est résolument hostile à la révolution et au socialisme.

    Les magazines d’histoire, les journaux, y compris irrévérencieux, font le coup de feu avec la réaction et la bourgeoisie. Dans chaque mensuel, dans chaque édition de revues d’histoire, l’anticommunisme trouve sa place. En temps normal, un « bruit de fond » anticommuniste demeure. En temps d’élection, en temps de menace -même minime- ce « bruit de fond » se muera en déchainement de harpies.

    Elle se heurterait à l’hostilité de la bourgeoisie. Celle-ci le taxerait d’illuminé, de fou, d’apprenti-sorcier, se moquerait de lui. Si le moquerie ne suffisait pas, elle passerait aux menaces, aux pressions, aux coups bas. Si les coups bas ne suffisent pas, la violence deviendrait un recours possible.

    Les « accidents » arrivent également.

    Voilà quel serait le destin d’un candidat marxiste-léniniste par exemple. L’intégralité du « système » se liguerait contre lui, contre sa voix, contre sa candidature.

    Or que peut la voix du peuple, sans les moyens de la presse bourgeoise, sans les moyens de ses médias, sans les moyens de ses relais, sans les finances considérables que peut aligner le grand capital pour sa défense ? Peu de choses. D’autant que la bourgeoisie, elle, dispose de moyens de propagande hors de proportion.

    Ainsi, lors des élections Italiennes de 1946 et de 1948, les USA ont dépensé une fortune pour convaincre la diaspora italienne d’influencer le vote au pays. Les slogans anticommunistes se sont affichés sur tous les murs, sur tous les panneaux publicitaires, en somme partout où il était possible d’influencer le jeu pour stopper la progression du front populaire organisé par le PCI. Un appel à la terreur systématique s’est imposé, dans le but d’effrayer la population, de la dissocier des candidats qui défendaient pourtant ses intérêts. En fin de compte, le front subit une cuisante défaite électorale, ne ramenant que 20 puis 30% des voix.

    Dans ces conditions, croire qu’il est possible de rallier à la cause du communisme -ou de l’anarchisme- une majorité, est illusoire. La bourgeoisie n’est pas neutre, n’est pas passive, elle est résolument hostile à une expression démocratique du peuple qui ne corresponde pas à ses désirs.

    Pourtant, le socialisme est à portée de main. La socialisation du travail, l’industrialisation poussée massive, la possibilité d’automatisation poussée des métiers pénibles, tout pousse vers le socialisme. Tout, sauf les mentalités, maintenues en arrière par le poids de l’idéologie bourgeoise. Le monde tarde à accoucher du socialisme.

    Les anarchistes pensent que le travail des révolutionnaires est d’accoucher les esprits, de faire naitre l’étincelle révolutionnaire dans les esprits de l’ensemble du prolétariat, ce qui, magiquement, donnera naissance au communisme. Plaçant cela comme préalable à toute offensive, ils se murent dans une attente tragique et stérile.

    La vérité est que la dialectique matérialiste joue contre les révolutionnaire. L’inertie des mentalités par rapport à la situation réelle fait qu’il est plus aisé de jouer une carte conservatrice que révolutionnaire. La force de l’habitude, le poids des idées réactionnaires, du réformisme, est fort, écrasant.

    Attendre que la majorité soit convaincue des idées révolutionnaire revient à attendre le retour du messie.

    En 1920, l’Internationale Communiste, alors naissante, mentionnait « Tant que le pouvoir gouvernemental n’est pas conquis par le prolétariat et tant que ce dernier n’a pas affermi, une fois pour toutes, sa domination et prévenu toute tentative de restauration bourgeoise, le Parti Communiste n’englobera dans ses rangs organisés qu’une minorité ouvrière. Jusqu’à la prise du pouvoir et dans l’époque de transition, le Parti Communiste peut, grâce à des circonstances favorables, exercer une influence idéologique et politique incontestable sur toutes les couches prolétariennes et à demi-prolétariennes de la population, mais il ne peut les réunir organisées, dans ses rangs. Ce n’est que lorsque la dictature prolétarienne aura privé la bourgeoisie de moyens d’action aussi puissants que la presse, l’école, le Parlement, l’Église, l’administration, etc., ce n’est que lorsque la défaite définitive du régime bourgeois sera devenue évidente aux yeux de tous, que tous les ouvriers, ou du moins la plupart, commenceront à entrer dans les rangs du Parti Communiste. » 

    Notre Etat est un état impérialiste. Cela lui permet, moyennent une pression plus importantes sur ses colonies et néocolonies, de disposer d’une certaine marge de manœuvre. La bourgeoisie impérialiste peut accorder quelques concessions, dans le but de corrompre une grande partie de la nébuleuse des classes moyennes.  Accorder des miettes plus importantes à ces classe vacillantes permet de les rallier. Dans une certaine mesure, les lois sociales, faites vers les classes populaires, sont également issues de la même idée : concéder temporairement pour anesthésier. Cela marche.

    Ces concessions ont été accordées du temps de l’URSS, du temps du Parti Communiste influent, dans le but d’entrainer une désescalade dans la lutte des classes. Ces concessions n’ayant plus de raison d’être, elles sont retirées. Si besoin est, elle peut revenir en arrière, donner de nouvelles miettes aux classes populaires de l’Etat français. Cela ne constitue pas la solution idéale pour elle, mais forme néanmoins un fusible.

    Le programme de Mélenchon aux présidentielles était par ailleurs d’exiger ces miettes de l’impérialisme, en échange d’un soutien aux politique d’agression et d’expansion. Ce n’est pas le programme des communistes, lesquelles ne veulent pas une modification de la redistribution d’une partie de la plus-value extorquée par les capitalistes, mais veulent abolir l’exploitation et détruire l’impérialisme.

    Toujours est-il que ces concessions serviront à détourner les voix des hypothétiques candidats léninistes, pour les ramener vers les magiciens de le redistribution : les sociaux démocrates et les sociaux chauvins.

    Si la bourgeoisie était sur le point de perdre les élections, dans notre hypothèse, elle les annulerait purement et simplement.

    Des situations de ce type ont eu lieu dans le passé, mais demeurent spécifiques à des cas précis. Elles ont eu lieu dans des situations où une bourgeoisie nationale s’opposait à une bourgeoisie compradore, cliente d’un impérialisme ou d’un colonisateur. Deux exemples : le Viêt-Nam, où les élections du sud furent remises aux calendes grecques ; la Corée, où les USA ont provoqué des élections séparées entre Nord et Sud pour acter la division, et permette aux partis issus de la colonisation de se présenter et d’avoir la majorité. Dans les deux cas, l’expression populaire s’est retrouvée bafouée de a à z.

    Pour se prémunir contre l’irruption de forces populaires, revendicatives, au niveau des assemblées bourgeoises, pour les museler, la bourgeoisie garde la haute main sur le découpage électoral, sur la forme que prennent les circonscriptions, pour permettre de se garantir une majorité stable, un pouvoir stable.

    Même le système bicaméral, avec son Sénat, avec son conseil constitutionnel, avec ses verrous et des chausse-trappes, est conçu comme un château-fort pour éviter tout basculement des institutions. Les institutions sont conçues avec leurs fusibles, leurs sécurités, leurs redondances.

    L’Etat est une excroissance de la bourgeoisie et de ses intérêts. Il n’est pas une institution neutre, quelque chose de flottant, volant au dessus de la société. L’Etat est architecturé pour correspondre à une mission : permettre l’exploitation la plus pacifique et la plus efficace possible des prolétaires et des semi-prolétaires par la bourgeoisie.

    L’Etat est là pour encadrer la société, pour réprimer les tentatives de renversement de la bourgeoisie par le prolétariat. Il est là également pour défendre et étendre les intérêts de la bourgeoisie, trompeusement nommés « intérêts nationaux », contre les menées des concurrents internationaux.

    Si on regarde l’Etat sous ce prisme là, sous celui de sa nature profonde, il devient nettement plus évident que celui-ci ne peut être conquis, puisque sa mission est intégralement contradictoire avec les intérêts du prolétariat.

    Cependant, cette brochure à l’esprit large et peut accepter quelques concessions avec la réalité, à des fins de démonstration.

    Admettons que celui-ci ; ou celle-ci, gagne. Pourrait-elle clamer victoire immédiatement, déclarer que le capitalisme est fini, que la bourgeoisie, dans le respect des institutions, pourrait donner le pouvoir et les moyens de production aux masses populaires ? Non. Même un accès au pouvoir formel ne signifie nullement une victoire.

  • Sur la dictature du prolétariat – II – les armes de la bourgeoisie.

    Sur la dictature du prolétariat – II – les armes de la bourgeoisie.

    Les armes de la bourgeoisie

    La lutte des classes est une donnée parfaitement intégrée par la bourgeoisie. Publiquement, ses sbires la nient, mais en interne, dans l’entre-soi de sa classe, elle ne peut que le reconnaître. Elle s’est également lancée dans l’étude de l’expérience socialiste, pour la combattre et la juguler.

    Ainsi, la bourgeoisie s’est dotée d’un plan de bataille. Elle a mis en œuvre diverses politiques pour parer l’éventualité d’une menace renouvelée. Elles ont pu se traduire par la cooptation des opposants, leur intégration dans l’establishment, leur corruption. Mao Zedong, ainsi, appelait ces politiques les « balles sucrées de la bourgeoisie. » Elles sont douces, mais tuent. Tuent les mouvements de lutte, tuent les mouvement révolutionnaires.

    Mais la corruption ne suffit pas, alors la bourgeoisie met d’autres moyens en branle. L’anticommunisme institutionnel en fait partie. Programmes scolaires, ouvrages « historiques », films de propagande camouflés, articles de presse… Tous les moyens sont mis en œuvre pour détourner les masses et la jeunesse des conceptions communistes. Les communistes et les progressistes sincères ont lutté avec ardeur pour que la vérité historique soit défendue le mieux possible. Cependant, l’affaiblissement de ce camp de la vérité a ouvert des brèches, dans lesquelles la bourgeoisie à pu s’engouffrer. 

     Ce n’est nullement un hasard si, en 2006, profitant de cet état de faiblesse, Göran Lindblad, membre suédois du groupe chrétien-démocrate du parlement européen, proposa la résolution 1481 dont les articles sont illustratifs :

    « Article 2 : Les régimes communistes totalitaires (…) ont été marqués sans exception par des violations massives des droits de l’homme. Ces violations (…) incluaient les assassinats et les exécutions (…), les décès dans les camps de concentration, la mort par la fin, les déportations, la torture, le travail forcé et d’autres formes de terreur physique collective.  

    Article 3 : Les crimes ont été justifiés au nom de la théorie de la lutte des classes et du principe de la dictature du prolétariat.

    Article 4 : « L’Assemblée reconnaît que malgré les crimes des régimes communistes totalitaires, certains partis communistes européens ont travaillé à la réalisation de la démocratie ».

    Article 6 : « Les partis communistes sont légaux et encore actifs dans certains pays alors qu’ils n’ont parfois même pas pris leurs distances par rapport aux crimes commis dans le passé par les régimes communistes totalitaires. »

    Dans le septième article, la phrase suivante figure :  « Le jugement moral et la condamnation des crimes commis jouent un rôle important dans l’éducation donnée aux jeunes générations. Une position claire de la communauté internationale sur ce passé pourrait leur servir de référence pour leur action future. »

    Ce principe revient, en catimini, à flatter les partis réformistes et à jeter l’opprobre sur les partis communistes révolutionnaires. Tant que les pseudo-partis communistes demeurent dans le cadre du respect de la légalité bourgeoise, tant qu’ils condamnent le communisme, ils ont, pour la bourgeoisie, leur place dans le jeu « démocratique. »

    A l’inverse, la bourgeoisie à l’intelligence de favoriser la « critique de gauche » du communisme. Ce communisme « pur », de « papier », qui n’aurait jamais été essayé. Par le passé, la ligne des bourgeois fut celle d’une critique « de droite. » Staline était, jusque dans les années 30, présenté comme l’héritier de Lénine, comme un communiste intégral, comme son fer de lance. Ce n’était pas Staline lui-même qui était visé par la bourgeoisie, mais le communisme. Les discours étaient donc axés autour d’argumentaires tels que « le communisme cause la misère, il cause la souffrance…Etc. »

    Le problème de cette ligne était qu’elle n’ouvrait qu’un unique front d’attaque. Celle-ci ne permettait pas de détacher les ouvriers, la jeunesse, de leur sympathie pour l’URSS et pour son équipe de direction. 

    L’opposition « de gauche » au sein de l’URSS, lorsqu’elle fut chassée, s’est très bien acoquinée avec la bourgeoisie la plus réactionnaire. L’une et l’autre partageaient la même haine contre l’Union Soviétique, contre le léninisme. L’une et l’autre ont fait longuement cause commune, y compris à travers les alliances les plus répugnantes.

    Surtout, elle offrait un nouvel angle d’attaque : désormais, le communisme n’était -à part dans la presse la plus réactionnaire- plus vraiment l’ennemi, il était devenu une cause louable, mais trahie. Le trotskisme est devenu, rejoint en cela par l’anarchisme, une division de l’offensive contre le communisme, attaquant par la gauche tandis que les réactionnaires attaquaient par la droite.

    Lénine et Trotski, d’opposés, sont devenus les meilleurs amis du monde dans les romans de la bourgeoisie. Les léninistes furent rebaptisés « staliniens. » Par ailleurs, les révisionnistes firent de même avec le maoïsme. Ces thèses se répandent toujours, s’aggravement même, les réformes des programmes scolaires présentant maintenant sur le même pied communisme et nazisme. L’extrême-gauche, les révisionnistes, la bourgeoisie et les fascistes applaudissent.

    Cette propagande donne naissance à d’intéressantes contorsions mentales. Nombre de militants et militantes des milieux alternatifs concèdent que la bourgeoisie use et abuse de propagande. Qu’elle déforme, mente et viole sa propre légalité, cela est une vérité bien acceptée. En revanche, il est hautement intéressant de voir que les mensonges sur l’URSS -mais également les racontars sur la Corée du Nord, Cuba, ou d’autres que, pourtant, nous ne soutenons pas de manière positive- sont acceptés sans broncher. Dire « Makhno était un pogromiste » entraine des hurlements sans fin ; clamer que Staline l’était n’entraine que des hochements de contentement et d’acceptation.

    Cette propagande entraine un reflexe de rejet pavlovien, que la fainéantise intellectuelle et la difficulté de trouver des documents fiables viennent parfaire. Les citations fausses, sans la moindre source d’origine, sont légion ; tandis que les textes, les sources directes ne sont pas disponibles. Quant elles le sont, elles ne sont pas lues. Quant elles sont lues, leurs apports tombent, hélas, régulièrement entre les mains de fétichistes de l’idéologie, d’idolâtres, et non de militants qui l’utilisent comme apport.

    Combien de membres du PCF déclarent ainsi soutenir Staline, défendre son héritage idéologique, tout en n’étant pas capable d’appliquer le léninisme dans leur grille n’analyse, tout en défendant avec force et vigueur le parti qui fut à la tête de l’assaut révisionniste ?

    Bien souvent, les exégètes forment la seule base idéologique sur laquelle les militants et militantes basent leur compréhension. Lénine n’est pas lu, ou peu, Staline, encore moins. Sont lus, par contre, les auteurs qui commentent, critiquent ces textes.

    La bataille idéologique se double d’une bataille historiographique. Un travail de titan reste à faire, consistant à réunir les sources, réunir les éléments fiables, tout ce qui peut permettre de faire éclater la vérité. Bien souvent, les militants et militantes communistes en sont réduits à instruire à charge et décharge les procès politiques qui leur sont faits. D’une certaine manière, c’est cette défense de l’héritage, cette confrontation aux assauts de la critique, qui durcit les militants communistes et les poussent à se tourner vers un approfondissement de leurs connaissances et de leur maîtrise idéologique.

    Malheureusement, leurs détracteurs n’ont pas toujours ce rapport à l’histoire et à la recherche. Croire à tel ou tel fait se réduit à un acte de foi, un acte aveugle d’adhésion. Or, c’est bien là une faiblesse terrifiante.

    Les textes idéologiques permettent de juger, idéologiquement, de la position défendue par tel ou tel acteur, par tel ou tel auteur. Elle permet d’en éprouver le contenu, la cohérence. Certains trotskistes prétendent que les textes de Lénine ont été falsifiés par les « staliniens. » Quand bien même, quelle importance ?

    Qu’importe, si les arguments qui sont développés dans ceux-ci sont justes, paraissent judicieux, quel intérêt, même, d’en faire une recherche en paternité ? La vérité d’un argument de dépend pas de sa parenté, mais bien de sa capacité à être cohérent et juste.

    De même, si certains critiquent les actions de Mao Zedong, d’Enver Hoxha, cela ne signifie pas que ces auteurs n’ont pas apporté des enrichissements qui peuvent, aujourd’hui former un socle idéologique, permettre d’avancer.

    C’est avec ces armes que les communistes combattent la propagande de la bourgeoisie et de ses alliés objectifs.

    Seulement la bourgeoisie en dispose d’autres.

    Lorsque ne suffit pas la propagande pour étouffer la révolte, étouffer la voix des communistes, elle use d’autres moyens de pression.

    Elle use de la menace, légale ou illégale, par le biais de ses organisations de défense.

    D’une part, par ses relais institutionnels, qui entravent l’action des organisations communistes, qui entravent ses possibilités de développement de ses activités, y compris lorsque celles-ci sont légales. Par l’action de la police, qui réprime, qui opprime, qui surveille, qui fiche. Par l’action d’une justice, dont les procureurs sont aux ordres directs des gardes de sceaux, dont ils exécutent fidèlement les directives, dans le domaine de la répression et de l’écrasement.

    Par la menace illégale, par les milices, ses mercenaires, ses fascistes -parfaits auxiliaires de répression- qui traquent, menacent et tuent.

    Par l’armée, enfin, qui, en dernier ressort, est l’outil suprême de l’écrasement de la révolte du peuple. Ce que la douceur, ce que les balles enrobées de sucre ne peuvent obtenir, la peur et la douleur le feront.

    Si jamais cela ne suffit pas, le feu et le choc prendront le relais. Nulle lois, même celles promulguées par la bourgeoisie elle-même, même les largesses des droits de l’Homme, ne protègent. A la base, dans la vie de tous les jours, cette classe sociale ne s’entrave pas de limites légales pour ses affaires, pour ses plaisirs. Elle ne s’en entrave certainement pas pour sa survie.

    Les libertés fondamentales -expression ; opinion ; circulation…- portent mal leur nom. Liberté signifierait un caractère inaliénable, fondamentales signifierait que sans elle, le fondement de la société disparaît. En vérité, elles sont des droits formels.

    Formellement, la bourgeoisie donne le droit à l’expression. Il peut être retiré. Formellement, elle accorde des droits démocratiques, mais ils peuvent très bien, sans préavis, être amoindris, supprimés, bafoués. Un exemple illustratif est celui de la constitution européenne proposée au vote, par un referendum, en 2005. Contre toute attente, elle fut refusée, à la grande ire de la bourgeoisie de l’Etat français. Malgré le fait que, en droit, un referendum soit la forme d’expression suprême, cela n’a pas empêché qu’elle soit ratifiée. Un revers aurait été terriblement embarrassant et aurait nuit aux projets de l’impérialisme français.

    Menacée, la bourgeoisie ne reste nullement cloitrée à des formes démocratiques d’opposition. Elle est prête à tout, quitte à invoquer des monstruosités. Le nazisme, le fascisme, n’ont jamais gagné le pouvoir par les urnes seules. Mussolini fut coopté par Victor-Emmanuel III, roi d’Italie, pour former le nouveau gouvernement et écraser les grèves d’Italie du Nord. Hitler fut promu chancelier par Paul von Hindenburg, avec le soutien de Krupp, Thyssen, Blohm & Voss ou Porsche. L’un et l’autre de ces créatures sont des purs produits, des pures émanations des intérêts de la bourgeoisie la plus réactionnaire. Ils sont des âme damnées invoquées pour assouvir leurs objectifs, que ceux-ci soient en termes de guerre d’agression comme de guerre contre-révolutionnaire.

    Ce ne sont, hélas, nullement des élucubrations d’esprits sinistres, de tristes sires, qui poussent à décrire cette situation. Ces constats sont le fruit d’un regard sur l’Histoire, au cours de laquelle chacun de ces moyens de défense a été -est toujours- utilisé.

    La cooptation, la propagande, la répression, le fascisme sont des politiques réelles, réellement utilisées par la bourgeoisie pour se défendre. Elles sont les obstacles face auquel tous les révolutionnaires doivent se préparer à faire face.

  • Comment compte la bourgeoisie ?

    Comment compte la bourgeoisie ?

    Comment compte la bourgeoisie ?

    Alors que nous aurions pu croire que la Révolution Française avait posé les bases d’une unification des poids, des mesures et de la monnaie, les dirigeants du parti « Les Républicains » nous montrent que nous nous trompions lourdement.

    Résultats de recherche d'images pour « penelope fillon »

    Avant la primaire, nous avions eu l’occasion de découvrir une nouvelle unité de mesure, le pain au chocolat « Copé » valant 0,15€.

    Avec Pénélope Fillon, nous découvrons que la valeur d’un caractère d’imprimerie équivaut à 27€, au vu du coût auquel ont été facturées les deux notes de lecture qu’elle a rédigé au sein de la Revue des Deux Mondes.

    En employant cette unité de mesure novatrice, nous pouvons faire des estimations fantastiques.

    Un tweet vaut 3780€, soit 25 200 pains au chocolat « Copé. » De quoi se remplir l’estomac largement jusqu’à la nausée.

    Ecrire « pain au chocolat », à lui seul, vaut 378€. « Pain au chocolat » vaut donc lui-même 2520 pains « Copé. »

    Notre ouvrage « Pour en terminer avec le mythe du PCF », quant à lui, fort de ses 169 615 caractères, atteindrait la coquette somme de 4 579 605€ soit 30 530 700 pains au chocolat « Copé »

    Selon le site internet Michel et Augustin, un pain au chocolat mesure 15cm de long. En alignant bout à bout ceux qui nous seraient possible d’acquérir grâce à notre ouvrage, cela permettrait de constituer une savoureuse barrière le long de la route reliant Lyon à Perm dans la fédération de Russie, en passant par Berlin, Varsovie, Minsk et Moscou.

    Au delà de la blague, cette situation est révélatrice d’un décalage complet entre la bourgeoisie et le reste de la population, même le reste du Monde. Madame Fillon et Monsieur Copé sont loin, très loin, d’être les seuls. Ils ne sont probablement pas les pires.

    La bêtise crasse de l’un, la rapacité de l’autre ne sont que des symptômes.

    Rappelons nous des pleurs de Guaino et de Gérard Collomb, quant à leurs indemnités de misère. Le pire, le plus affreux, est qu’ils sont probablement sincères dans leurs cris, horrifiés et terrorisés. Ils et elles se croient au bord de la misère et dans la précarité la plus totale. C’est cette peur qui les rend hargneux et haineux.

    Ces individus qui sont en lice pour le pouvoir ne sont nullement des hérauts du peuple. Ils n’ont rien en commun avec les travailleurs. Eux-mêmes, elles-mêmes, n’ont jamais travaillé, jamais produit, jamais apporté quoique ce soit comme richesse à l’humanité. Ils et elles ne sont que les gestionnaires des intérêts de la bourgeoisie.

    Ils et elles sont les agents zélés et corvéables des parasites néfastes qui grouillent et ponctionnent le sang, le travail des travailleurs et des travailleuses, que ce soit au sein de l’Etat Français comme des néo-colonies et des régions dominées.

    L’attitude de Mme Fillon, est typique de celle de la bourgeoisie. Celle-ci est dans la peau du mauvais joueur, tricheur invétéré. Bien qu’elle pose les règles elle-même, elle ne peut s’empêcher de transgresser ses lois. Sa gloutonnerie est sans limite et, lorsque quelque chose lui résiste, elle n’hésite pas à se remémorer la maxime de Otto von Bismarck « la force prime le droit », de même que celle de la Fontaine « Selon que vous serez puissant ou misérable, – Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » Lagarde, Cahuzac, Guéant et tant d’autres sont la preuve d’une justice qui ne condamne que d’une tape sur les mains ceux de sa classe.

    Aujourd’hui, il n’existe que deux catégories d’individus qui courent vers le pouvoir bourgeois. Les naïfs incorrigibles et les opportunistes sans foi ni loi. Que cela soit pour les élections présidentielles ou législatives, nous ne saurions croire qu’il puisse rester une once de naïveté en ceux qui se sont penchés sur la nature de l’Etat Bourgeois. Les illusionnistes et les prestidigitateurs du réformisme sont dans le même camp que la bourgeoisie crasse, les deux sont les ennemis objectifs de la libération des masses.

    Apprenons de l’Histoire, cent ans après 1917, que le pouvoir de la bourgeoisie ne se gagne pas. Il se détruit. Ceux qui plongent dans une stratégie parlementariste n’ont aucune excuse valable pour justifier leur ligne aberrante.

    La bourgeoisie ne se combat pas dans sa propre arène. Elle ne se combat pas par des bulletins de vote. Nous avons besoin, plus que jamais, d’un camp du peuple, hors des salons, des bureaux, des parlements.

    Nous avons besoin de notre arme, un réel Parti Communiste !

    PS: Ce texte étant d’une longueur de 3695 caractères, il aurait été facturé 72 795 €