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  • La bourgeoisie, l’écologie et l’Islam

    La bourgeoisie, l’écologie et l’Islam

    Comment la bourgeoisie instrumentalise les questions politiques.

    Nous sommes à la mi-mandat de LREM et de Macron. La pression progressive des échéances électorales commence à se faire sentir. Les municipales sont au printemps 2020, c’est-à-dire demain électoralement parlant.

    Macron et sa clique ont été employés par la grande bourgeoisie comme un missile à usage unique. Son travail est de liquider la totalité des conquêtes sociales, arrachées par la lutte et par le rapport de force. Seulement, deux facteurs entrent en ligne de compte.

    LREM a bouleversé les rapports de forces traditionnels, entre LR et PS. L’approche de la fin du mandat signifie donc une élection d’une très grande importance dans une configuration impossible à prévoir.

    De même, la clique de Macron a pris goût aux mandats, à la sinécure payée par l’État, aux bureaux et aux fauteuils confortables. D’ailleurs ce confort ne s’accompagne pas d’une contrepartie particulièrement exigeante. Rarement un gouvernement à autant mis en avant l’incompétence et la médiocrité, en même temps que le mépris le plus affiché. Pour ces deux raisons, LREM essaie de s’adapter et de survivre aux prochaines échéances. Comment inscrire dans la durée une organisation conçue pour un one shot ?

    Également, sur quel cheval va miser la bourgeoisie aux élections prochaines, si jamais son poulain est grillé aux yeux des masses ?

    Deux possibilités : Une branche de gauche et une branche de droite.

    La possibilité « de gauche » est de renaître en vampirisant les luttes écologistes et en les mariant avec l’écologie libérale.

    L’écologie libérale est un créneau particulièrement intéressant pour la bourgeoisie. Bien que se basant sur une lutte juste, sur des aspirations sincères, elle permet d’obtenir exactement la même chose, dans un sens, que de crier au loup sur l’Islam et l’immigration : obtenir des voix d’individus effrayés. Et, sur la base de cet effroi, de pouvoir maintenir et légitimer l’exploitation.

    Il faut faire des concessions, il faut accepter des contraintes supplémentaires, politiques, économiques, sociales, pour servir une cause transcendantale. Cette cause peut être la race, la nation, la liberté bourgeoise, ou la planète. Mais dans les faits, il s’agit simplement d’accepter la soumission aux intérêts de la bourgeoisie.

    L’ouverture du marché de l’électricité aux énergies vertes, par exemple, a été rendue possible par une hausse de 25 % du prix de l’électricité. L’aspect premier n’est pas écologiste, mais bien de pouvoir libéraliser et privatiser une partie de la production de celle-ci. De même quel sens cela a-t-il de manger des kiwis bio s’ils sont produits en Nouvelle-Zélande et arrivent sur-emballés ? De payer une taxe écologique sur les produits achetés, ce qui fait assumer directement de coût des déchets pas les consommateurs, alors que ce sont les grands capitalistes qui imposent ce que nous consommons ?

    La bourgeoisie est passée maître dans l’art de surfer sur les revendications populaires pour en faire des produits marketing. Elle s’empare donc du désir de manger mieux, d’avoir une atmosphère plus saine, de protéger la planète.. elle s’en sert comme argument de vente hypocrite, prétendant que ses produits sont éthiques et équitables, alors qu’en réalité ils aggravent les choses.

    Elle est également capable de pouvoir retourner contre les masses leurs propres revendication. Cela s’est vu par exemple dans « Le Grand débat », où Macron a tenté d’utiliser le désir démocratique des masses pour faire adouber ses propres projets. Dans le cas de l’écologie, cela permet d’extorquer plus d’argent, de faire monter les prix, de faire accepter des sacrifices aux masses, alors que les plus grands pollueurs sont les bourgeois.

    Par ailleurs, les fascistes se sont immiscés dans de débat. En revanche, ils ont tordu le bâton dans l’autre sens. Ils font leur beurre sur l’hypocrite injonction écologiste libérale. Mais ils le font en niant le problème, en mentant sur la réalité de la catastrophe qui vient, en déclarant que la question du climat est une manœuvre d’une sordide conspiration. Ils ont fait de Greta Thunberg une cible, en s’attaquant à elle sur par l’ad hominem, en se moquant de son physique, de son mental…etc. En somme, par pur opportunisme, ils se sont placés à l’autre bout de l’échiquier politique, en espérant tabler sur le ras-de-bol d’une partie des masses populaires face à l’hypocrisie officielle. Cependant, cela les maintient dans un rôle d’outsiders, allant à contre-courant, préservant ainsi un électorat, mais étant incapable de devenir une force hégémonique.

    La bourgeoisie peut donc compter sur cette possibilité. LREM peut très bien absorber une partie des revendications du mouvement écologiste, en insistant sur le fait qu’elle met en place une transition d’importance.

    Europe Écologie Les Verts pourrait, également, servir de nouveau porte drapeau à la bourgeoisie. Le mouvement a déjà partagé le pouvoir avec le Parti Socialiste. Il est composé d’un grand nombre d’opportunisme, dont l’exemple type est Jean-Vincent Placé. Cette expérience du pouvoir lui a permis de montrer qu’il n’avait aucune vergogne à appliquer un programme antisocial, réactionnaire, ou de justifier les interventions impérialistes, au nom de l’humanitaire. Pour la bourgeoisie, cela serait une sortie « par le haut » de la crise de régime qui vient.

    Seconde possibilité : la sortie par la droite.

    Cela fait maintenant plusieurs années que les questions relatives aux migrants et les questions relatives à l’Islam occupent le devant de la scène. Après la crise de 2008, elles ont pris une propension invraisemblable, aidée par le Débat sur l’Identité Nationale, initié en 2009 par le transfuge du PS Eric Besson.

    Aujourd’hui, cette question a contaminé l’intégralité des organisations politiques, avec des réactions variées. Quelles que soient les opinions sur ce sujet, chaque groupe politique est forcément polarisé par cette question. Elle a mené à des tensions internes importantes dans certains mouvements, allant jusqu’à une scission dans le cas de LFI. Plusieurs acteurs, sans la moindre vergogne, s’emparent de cette question comme un fonds de commerce, dans l’espoir de pouvoir gagner des voix sur la thématique.

    Il s’agit d’un calcul cynique qui ne tient absolument pas compte des réalités sociales, du vécu des individus, qui amalgame allégrement les Français et françaises issues d’une immigration d’il y a 50 ans et les migrants et migrantes. Qui amalgame dans un seul creuset la question de l’Islam et du terrorisme.

    Dernièrement, la campagne islamophobe s’est encore accrue. La convention de la droite, animée par Marion Maréchal Le Pen, réunissant le gratin de l’immonde, a ainsi donné naissance à des discours plus virulents les uns que les autres. Eric Zemmour, ainsi, est allé jusqu’à dire que nous vivons une campagne d’extermination de l’homme blanc hétérosexuel. En dépit d’un certain tollé autour de ces discours, bien peu l’ont réellement condamné sur le fond. Il faut dire qu’il trouve des relais puissants, y compris dans les déclarations de la présidence de la République. Macron a ainsi évoqué « l’hydre islamiste » et la nécessité de le combattre.

    La situation est suffisamment en plein dérapage pour que des phénomènes invraisemblables se produisent. Jean-Michel Apathie a ainsi été traité de collabo par Zineb El-Rhazoui. Il demandait que Eric Zemmour soit, comme Dieudonné pour son antisémitisme, censuré, puisque condamné pour incitation à la haine raciale. À ce genre de propos se rajoutent une campagne savamment orchestrée sur les réseaux sociaux, faisant feu de tout bois : rumeurs sur des réseaux « pédo-satanistes » ; légendes sur les incendies industriels ; mensonges sur des conspirations islamistes ; inversion des rapports de pouvoir entre les États impérialistes et les pétromonarchies…

    La division des masses populaires et la fragmentation par la peur est une méthode classique des réactionnaires et des bourgeois pour parvenir à leur fin. Qu’importent, finalement, les explications sur la radicalisation de nombreux individus. Manuel Valls, en 2015, déclarait que « expliquer, c’est justifier », refusant qu’on puisse chercher à comprendre pourquoi des individus sans histoire se tournent vers le terrorisme. Il s’agit d’employer les événements dramatiques à des fins électoralistes.

    La terreur et « l’alliance sacrée » contre le terrorisme permet de tout justifier, y compris des hausses du coût des assurances. Elle est moins avantageuse qu’une unité contre un adversaire abstrait, mais elle est tout à fait envisageable comme solution pour conjurer provisoirement la crise de régime. Il n’est absolument pas impossible que les partis sociaux-démocraties ou libéraux puissent intégrer, pour essayer de devenir les poulains de la bourgeoisie, des pans entiers du programme ultra-réactionnaire.

    Sauf que les voix, le plus souvent, se portent sur l’original plus que la copie. Les campagnes réactionnaires, même reprises par des sociaux-démocrates, nourrissent, en dernière instance les réactionnaires d’origine. Le PS, LR, LREM, en alimentant la paranoïa, ne font qu’adouber les discours fascistes.

    Il existe une écologie prolétarienne. Une écologie révolutionnaire. Celle-ci ne se contente pas de parler de normes de pollution (qui ne sont pas respectées), de simples logos, de discours creux. Elle pose la question d’une manière on-ne-peut-plus pragmatique : Puisque la source du mal n’est pas dans la consommation, mais dans la production, puisque cette production n’est pas compatible avec la survie de la planète, nous devons la contrôler.

    On ne vote pas sur les moyens de production. On ne vote pas sur l’extraction de l’uranium, sur le pétrole, sur les ressources stratégiques de l’État et des capitalistes monopolistiques. Il s’agit de sujets trop importants pour qu’il puisse être même envisagé de le discuter dans les chambres d’enregistrement que sont les Parlements. C’est cela que nous devons cibler : le contrôle populaire, un « absolutisme populaire » pour reprendre l’expression de Marc Ferro. Cela ne veut pas dire que les initiatives individuelles, le 0 déchet, l’écologie locale soit à dénigrer, comme certains le font. Non, ils sont des portes d’entrées vers une compréhension plus grande et plus profonde de la question écologiste. Nous les saluons.

    Nous n’avons pas d’opinion sur Extinction Rébellion, nous attendons de voir. Nous pensons cependant que ce mouvement contribue à poser publiquement la question de l’écologie. Mais la transformation de cette énergie en mouvement révolutionnaire ne dépend pas d’elle-même, elle ne dépend que des communistes.

    La seule et unique voie qui permet également de lutter contre le terrorisme et contre l’influence obscurantiste demande aussi des transformations. Dans les pays dominés, c’est l’occupation militaire et l’exploitation impérialiste qui forment la base du terrorisme. C’est également la guerre qui pousse à la fuite, au fait de rechercher l’asile dans des endroits plus sûrs, où pour sortir d’une misère sans fond. Nous sommes pour la liberté de circulation, de visite, d’installation. Cependant, cette « liberté » n’en est pas une pour ceux et celles qui fuient leur pays. Elle est une condition de survie. La plupart quittent leur terroir, leurs familles la mort dans l’âme.

    C’est l’exclusion sociale et la misère qui pousse aussi ceux qui désespèrent à se tourner vers des idéologies ou des courants religieux réactionnaires. Nous pensons que c’est la lutte contre l’exploitation, la fragmentation de la société, l’orientation vers une issue révolutionnaire positive, qui permet de saper les bases de recrutement de réseaux réactionnaires. Ce ne sont pas les interdictions, les brimades, les vexations ou les lois qui peuvent avoir une incidence.

    Les contradictions sur la question des croyances est une contradiction au sein du peuple. Elle se résout par le débat. Il ne nous importe pas que les individus croient en Dieu, n’importe lequel. Cela n’est pas la question. Ce qui est déterminant est la question des pratiques sous-jacentes. Nous pensons qu’il faut lutter sans la moindre relâche contre la stigmatisation et l’instrumentalisation raciste. Qu’il faut soutenir les tendances de gauche, progressistes, partout où elles se trouvent. Et l’expérience a démontré qu’elles existaient largement.

    Ne nous laissons pas abuser. Combattons contre l’instrumentalisation de l’écologie, luttons contre les discours réactionnaires et racistes, maquillés en « lutte contre l’obscurantisme ». Surtout, construisons l’unité qui permet d’avancer et de remporter les victoires : l’unité des communistes, des révolutionnaires !

  • Un peu de homard, beaucoup de mépris.

    Un peu de homard, beaucoup de mépris.

    De Rugy, ministre de l’Ecologie, s’est retrouvé pris dans une tourmente qui en dit long. En effet, celui-ci est accusé par Médiapart de plusieurs choses :

    • Des frais de
      bouche immenses, avec des homards et des grands crus.
    • Un délicat
      sèche-cheveux doré à la feuille d’or.
    • Des travaux au
      ministère de la transition écologique, notamment un dressing de 17
      000€.
    • Une absence
      d’impôts en 2015.
    • Une directrice
      de cabinet logée illégalement en HLM.

    Le transfuge de EELV, passé depuis à LREM, comme un certain nombre d’opportunistes de son espèce, est sous les feux des médias pour ses différentes affaires, qui n’en finissent pas de produire elles-mêmes des révélations. De Rugy n’en est pas moins le bénéficiaire d’un soutien total de la part de Macron, et est présent à la cérémonie du 14 juillet.

    L’attitude de De Rugy est celle du cafard pris en pleine lumière. Il fuit, oscille dans toutes les directions, essaie de semer ceux qui veulent l’écraser d’un coup de talon. Il s’empêtre dans ses mensonges, ne parvenant qu’a s’humilier, et, par voie de conséquence, à nous humilier de son impunité. De Rugy s’est donc mis à osciller, entre mensonge éhontés (je n’aime pas le champagne, je suis intolérant aux fruits de mers…) et le fait qu’il déclare froidement assumer ces dépenses, reliées d’une manière ou d’une autre au fonctionnement de son ministère. Ses écarts de langages sont ceux d’un enfant pris la main dans le sac, et qui ne sait pas réellement comment se sortir de ce mauvais pas. Ses interviews, les larmes aux yeux, chargé d’émouvoir, n’ont fait qu’attiser la détestation de ce personnage et ses confrères.

    D’autres se sont engouffrés à suite, ou pour mal le défendre, ou pour lui tenir la tête sous l’eau. Benjamin Griveaux, par exemple, a essayé de surfer sur l’affaire pour torpiller de Rugy, dans le but de se placer sur un créneau pour les municipales. Il a déclaré qu’il se contentait de « côte de bœuf », mal lui en a pris. Le journal Capital l’a démontré :

    Aux Boucheries Nivernaises, connues pour leur excellent rapport qualité prix, et où se fournit traditionnellement la classe politique parisienne, la côte de bœuf se vend actuellement 35,90 euros le kilo. Cela nous met la pièce de 1,2 kilo (poids conseillé pour trois personnes, car on ne mange ni l’os ni le gras) à 43,08 euros, soit très exactement 14,36 euros la portion individuelle. A la poissonnerie en ligne Paon, qui livre sur toute la France, le homard vivant de première qualité pêché au casier en Manche et Mers Celtiques est, lui, vendu 17,45 euros l’unité. Comme on en sert généralement une moitié par personne, cela met la portion individuelle à 8,72 euros, presque deux fois moins cher que la côte de bœuf de Benjamin Griveaux.

    Dommage.

    Il y a quelque chose d’intéressant dans la manière dont de Rugy a réagi. Notamment car certains médias ont hurlé contre cette dénonciation. La palme de l’approche la plus originale est néanmoins attribuée au journal Le Point, qui regrette rien moins que l’absence de style de ce scandale.

    C’est le revers de la scandinavisation de la vie publique. D’un côté, j’admire l’intransigeance de nos amis du Nord, la simplicité de mœurs de leurs élus, leur soin maniaque de documenter toute dépense, avec des facturettes et des preuves. Quelle grandeur dans cette rigueur, quel respect religieux pour les deniers publics  ! Comme disait Louis XVI, « rien n’est si beau que d’être avare du bien d’autrui ». En contrepartie, les scandales scandinaves n’ont aucune allure. Les ministres chutent là-bas pour des broutilles ridicules. 

    Dans un sens, on ne peut donner intégralement tort au Point. Il existe une distinction entre les scandales de l’ère Macron et les scandales d’avant, de Fillon, de Lagarde, d’autres… Ceux d’hier s’offusquaient qu’on les accuse, qu’on ose crier au scandale vis-à-vis de leurs pratiques. Elles étaient, à leurs yeux, des dus, des passe-droit liés à leur rang. Fillon, ainsi, n’était pas en rage contre ce dont on l’accusait, mais du fait qu’on ose le faire. L’allure dont parle Le Point est là, tant dans l’ampleur et dans l’envergure des affaires que de la réaction de ceux qui en étaient accusés. Ils méprisaient les masses aristocratiquement.

    De Rugy, Benalla, Castaner, quant à eux, sont des sous-fifres qui ont pris de la hauteur grâce à l’appel d’air créé par Macron. L’affaire Benalla, les agressions sexuelles de Darmanin, les diners aux chandelles de De Rugy, les mensonges pitoyables de Castaner sur les violences policières, les actes contre-productifs de Schiappa, le mépris de Macron… tout cet ensemble est d’autant plus insupportable à subir que ceux et celles qui le génèrent ne sont même pas entourés de cette aura d’ascendant social et aristocratique qui entourait les corrompus d’avant. Dans un sens, leurs affaires sont d’autant plus intolérables que le sentiment est d’être méprisé par de minables laquais au service des grands bourgeois.

    Mais dans l’absolu, même si parfois ils se taclent, tous les politiciens et les politiciennes qui pourraient assumer des postes de pouvoir sont pris dans les mêmes pratiques, et, de fait, dans un réseau de solidarité pour maintenir celles-ci et l’impunité qui les entoure. Et ce, de manière parfaitement indépendante de leur « couleur politique ».

    Cela dit, Fillon, Benalla, Rugy, Macron, Tapie, Lagarde… sont les mêmes symptômes d’un mal profond. Ce mal profond et l’imbrication entre la politique bourgeoise et la corruption. Ce mal est incurable du fait de la nature même de l’État et des fonctions des politiciens et des politiciennes.

    Dans le même ordre d’idée, les affaires autour des actes de la Police. Que ce soit dans les violences policières durant le mouvement des Gilets Jaunes ou suite à l’opération particulièrement brutale organisée à Nantes contre une free party, systématiquement les déclarations des responsables ont été sous le sceau du mensonge.

    La disparition de Steve, probablement tombé dans la Loire, chassé par la police, en fait partie. Le régime se tait, ment, contre-accuse, lance des versions aberrantes. Mais il n’assume jamais ses actes. Cet aspect des choses est probablement l’un des points les plus insupportables. Le fait d’être réprimé est une chose condamnable, contre lequel il faut résister pied à pied. Mais le fait d’être réprimé par des individus qui mentent, trichent et se pâment d’être des champions des droits de l’homme, en armure étincelante, cela est doublement intolérable.

    La police, en revanche, assume parfaitement de poser, le pied sur un sans-papier qui manifestait pour ses droits, d’humilier, d’éborgner, de frapper. Tant qu’elle ne commet pas l’erreur de s’en prendre à une personnalité, et encore, elle n’est jamais condamnée par l’IGPN ni par la justice. Il faut bien que le régime protège ses piliers.

    De scandales en scandales, d’attaques en attaques, de mépris en mépris, pourtant, le régime bourgeois sape sa propre légitimité. La trop grande confiance dans son impunité fait qu’il ne s’est guère embarrassé de camoufler ce qu’il pensait. Il est probable que les ténors d’autour savent, dans leur for intérieur, qu’ils perdront les élections et qu’ils seront réduits à néant après celles-ci. Ils et elles profitent donc de leur situation tant qu’ils le peuvent.

    Qui sait qui les remplacera, qui sait qui seront les nouveaux hérauts de la bourgeoisie. Une certaine partie des médias à la solde des grands cartels de la bourgeoisie sont en pâmoison devant Yannick Jadot, d’autres tendent des perches à une droite « élargie » ou « hors les murs ».

    De notre côté, nous ne pouvons que saluer le travail de Médiapart et des lanceurs et lanceuses d’alerte. Les frasques de l’intégralité des politiciens et des politiciennes méritent d’être étalées au grand jour. Surtout, il est fondamental de comprendre que ce ne sont pas les lobbies qui corrompent les politiciens, mais ce sont ces politiciens qui sont des agents des cartels. En étant principalement et avant tout des pions et des agents des intérêts de la bourgeoisie en général et de certaines de ses fractions en particulier, ces politiciens et politiciennes doivent justement être corrompus pour s’assurer qu’ils exécutent servilement les ordres de leurs commanditaires.

    Qui peut défendre un système sain et sans corruption ? L’extrême-droite a montré qu’elle battait des records dans la corruption et la crapulerie. Le PS est une coterie, tandis qu’une partie de la gauche de la gauche, elle aussi, se mouille et se vend aux affairistes. A leur échelle, même, les milieux militants sont également contaminés par ces pratiques. Les dérives mafieuses, les affaires crapuleuses ou les crimes y existent, y pullullent, et sont mêmes protégés au nom d’une sacro-sainte unité à protéger ou du rejet de pratiques « autoritaires ». Nous, nous regardons la corruption, les abus, ceux qui étendent leurs chefferies et leurs réseaux de clientèles comme des ennemis des intérêts populaires. Leur mépris et leur corruption, qui s’étale au grand jour, les démasquent comme n’étant pas « des nôtres ».

    Notre programme, en tant que communistes, est celui d’un État populaire dans lequel la plus grande sévérité est exercée contre ceux et celles qui tentent de constituer leurs chefferies, contre ceux et celles qui ne sont pas là pour servir le peuple, contre la corruption et l’économie parallèle.

    Cet état populaire ne peut être érigé aux côtés des intérêts des capitalistes, mais uniquement contre eux et contre leurs intérêts et au service de ceux des masses populaires.C’est uniquement ainsi que les de Rugy, les Fillon, les Lagarde, les Tapie, seront définitivement remisés là où est leur place : dans la déchetterie de l’histoire.

  • Un regard à chaud sur les élections européennes.

    Un regard à chaud sur les élections européennes.

    Les élections européennes viennent de se terminer. D’une manière générale, en Europe, elles ont été marquées par la progression de l’extrême-droite. Celle-ci s’octroie même la majorité absolue en Hongrie, ou le Fidesz a fait 52,3% des voix. Dans l’ensemble, entre 2014 et aujourd’hui, les partis de droite extrême passent de 155 à 172 sièges.

    La participation générale est à la hausse. Elle est à 50,95% pour l’UE. Elle s’étale de 22,74% en Slovaquie jusqu’à 89% en Belgique. Les résultats sont donc très variables en fonction des Etats, et nous aurons, aux côtés de nos camarades de l’ICOR Europe, l’occasion de commenter plus tard la situation dans l’UE. 


    En France, qu’en est-il ? 

    La participation est à peine au-dessus de la moyenne européenne (50,97%). Les électeurs et électrices se sont donc plus mobilisés pour celle-ci qu’en 2014, où elle était de 42,43%. Il semble que la période de mobilisation et de lutte intense se soit plus traduite par une mobilisation électorale que par le fait de bouder les urnes. Cependant, il est difficile de faire encore un tableau précis de la sociologie électorale. 
    Les sondages ont été remarquablement précis. Alors que certains pensaient que Macron s’effondrerait -nous l’avions-nous même cru un moment- les résultats révèlent que LREM dispose d’une base sociale stable. Elle s’est mobilisée : elle représente donc 22% des 50% de population. Ce sont les cadres supérieurs du privé et les CSP++. Ces 11% de la population en âge de voter paraissent énormes, hypertrophiés. Mais cette prévalence importante est logique : la France, en tant que pays impérialiste, concentre des fonctions supérieures et de commandement de sa sphère de domination. L’exploitation des pays dominés permet donc de redistribuer une partie du surplus aux agents de l’impérialisme, mais également à des fonctions parasitaires, comme les managers.

    L’électorat RN est socialement beaucoup plus complexe. Cependant, il est bien moins marqué par un caractère ouvrier que ce que les propagandistes méprisants expriment. Finalement, il s’agit d’un agrégat hétérogène, constitué d’individus partageant un même constat : l’implosion progressive du « système » (avec toutes les manières d’interpréter ce terme). Face à cela, le souhait des électeurs est de rétablir l’ordre, de revenir à un hypothétique « avant » meilleur. Les uns se dressent contre les immigrés, les autres contre « le mondialisme », les Juifs, les musulmans, ou, d’autres encore, contre les mouvements LGBT… En somme contre ceux et celles qu’ils considèrent responsable de la « perdition » de la France. Il n’y a donc pas un profil unique, mais celui-ci, en revanche, est stable électoralement. 

    Chez Les Républicains, cela a été un coup dur. « Tout est à reconstruire » selon Bellamy, tandis que Eric Woerth s’en prenait à Laurent Wauquiez « A sa place, je tirerais sans doute les conséquences de ça. […] C’est le pire score de notre histoire, alors que la droite est majoritaire en France ». Ce que cela révèle est surtout qu’il n’y a pas de place pour plus d’une liste d’extrême-droite. LR s’est placée sur le même créneau que le RN, pensant le vampiriser, avec, probablement, à termes, l’objectif de faire sauter les barrières qui les séparent. En réalité, faute d’espace, leur score est un pitoyable 8,5%. Ces 4,75% des individus en âge de voter sont donc des réactionnaires, comme le RN, mais avec du patrimoine, plus âgés, plus catholiques, mais aussi moins en rupture avec les institutions. La question du patrimoine est d’ailleurs ce qui sépare, in fine, de l’électeur RN.

    La stabilité joue aussi sur les échecs des listes réactionnaires : Dupont-Aignant, Asselineau ou Philippot, sans compter les quelques listes ultras, se partagent quelques miettes. Incapable de trouver un espace, ils n’apparaissent pas comme des alternatives. 

    Pourquoi ce score est-il stable ? Pourquoi n’y a-t-il pas d’immense victoire fasciste ?

    Malgré ses tentatives, l’extrême-droite n’est pas parvenue à se greffer sur le mouvement des Gilets Jaunes. Elle ne parvient pas à se faire l’écho de la colère sociale, du fait de ses ambiguïtés constantes, sur la police, sur la justice, sur l’économie. La démagogie n’est pas parvenue à absorber les légitimes revendications sociales des classes populaires. L’extrême-droite végète donc, la formule faisant son succès relatif étant également celle qui l’empêche d’être victorieuse.
    Les classes populaires demeurent toujours les premières en termes d’abstention, aucune force politique ne s’est faite leur porte-parole de leurs intérêts. Même les inconséquentes listes des « Gilets Jaunes » ont échoué. Leur tentative de surfer sur la vague ont fait long feu. 

    Le vide populaire se fait d’autant plus sentir lorsqu’on analyse ce qui s’est produit à gauche de l’échiquier politique. Seul 30% des suffrages sont allés de l’autre côté de LREM.

    Finalement, la force qui a le plus recueilli de suffrages est constituée par EELV. C’est le produit de la mobilisation de la petite bourgeoisie progressiste urbaine, laquelle s’est déplacée pour voter « à gauche ». La nature de cette mobilisation se ressent. L’ancienne coalition de Hollande (PS-EELV-Génération-s) récolte 20% des voix. Cette résurrection de la « gauche-qui-trahit » est plus que déplorable. Ces organisations sont durablement associées à la casse sociale, à la loi El-Khomri, à la naissance de Macron. Elles captent pourtant toujours assez de voix pour empêcher qu’une autre « gauche » apparaisse comme un pôle. 

    La petite bourgeoisie des centres urbains est retournée chez elle. Ce n’est pas étonnant. Le social-libéralisme, même maquillé en vert, bénéficie toujours d’un espace possible d’existence dans la puissance impérialiste qu’est la France. 20%, cependant, soit 10% des individus possédant le droit de vote, est une « victoire » précaire.

    La gauche non-Hollande, PCF, LFI, LO (soutenue par le NPA) n’ont pas plus mobilisé les classes populaires.Les groupes trotskistes, tout en se parant des oriflammes de la révolution et en portant un discours de syndicat, ont obtenu 0,7% des voix.Le PCF, rompant avec la stratégie du Front de Gauche, a tenté sa chance seul.La tentative est louable, mais ne pouvait que tomber à plat.Entre une image trop lisse pour attirer les parties les plus radicalisées de la population et l’anticommunisme atavique de la petite bourgeoisie, il est tombé dans un entre deux coûteux.L’abstention lui a ôté les voix qu’il voulait intégrer.Il est talonné par le « parti animaliste.» Nous avons une position sur le PCF qui fait que nous ne partageons ni le fond, ni la forme de ce que ce parti est devenu.Cependant, cette contre-performance ne nous réjouit pas.Elle contribue encore davantage à invisibiliser la place du communisme dans le débat politique et réduit l’espace idéologique ouvert aux idées marxistes.

    La France Insoumise, quant à elle, est en pleine décrue.Elle se retrouve même a égalité avec le Parti Socialiste, malgré tout ce que celui-ci a fait de néfaste.Elle n’est pas parvenue à rassembler autour d’un programme un minimum progressiste.Prise au piège de sa propre stratégie, tabler sur le populisme, elle se confronte aujourd’hui a ses limites.

    L’agressivité dont elle a pu faire preuve, notamment pour se placer par rapport au PCF et à la CGT, a donné un flot très fort, mais un reflux tout aussi puissant.En cause, notamment, les contours flous, les contradictions internes, les affaires Kotarac et Kuzmanovic.L’espace que laisse la décrue de LFI n’a pas été récupéré par le PCF, il a été vampirisé, finalement, par le PS-EELV, sur un programme libéral au possible.

    Les gauches réformistes ont échoué.Le concept, confronté à la crise du capitalisme, est à bout de souffle, même pour ceux et celles qui peuvent encore y croire. La gauche révolutionnaire, extra-parlementaire, a un boulevard devant elle.Elle a une opportunité qu’elle doit saisir.

    Elle est toujours émiettée, toujours fragmentée en groupuscules, en sectes, en petits clans.Elle n’est pas parvenue à une visibilité à l’échelle du pays, ni à jouer le rôle qu’elle doit jouer.Il ne tient en revanche qu’à elle de sortir de cette situation.

    C’est ce à quoi, avec d’autres, nous appelons et nous appellerons d’une manière beaucoup plus précis prochainement.

    La situation décatie que nous voyons aujourd’hui ne peut qu’évoquer ce qu’écrivait Gramsci : « le vieux monde se meurt, le nouveau tarde à naître, et dans ce clair-obscur surgissent des monstres »

  • Notre-Dame de Paris, une charité bien ordonnée.

    Notre-Dame de Paris, une charité bien ordonnée.

    La cathédrale de Notre-Dame a été ravagée par les flammes lundi 15 avril. Cet incendie, a ravagé les superstructures de la cathédrale, mais a permis de sauvegarder la majeure partie des murs. Il a profondément et sincèrement ému de nombreux individus et de nombreuses personnalités.

    L’importance symbolique du monument a dépassé son caractère purement historique, et, même, religieux. Cet incendie n’a pas été perçu comme ravageant un lieu de la chrétienté, mais comme détruisant quelque chose d’une importance transcendantale. Le bâtiment touché était vu comme une propriété nationale au sens populaire du terme, au delà de sa fonction première, au delà de son histoire.

    Il y eut des réactions sarcastiques et moqueuses, mais celles-ci sont restées extrêmement minoritaires. Nous les comprenons également, elles ont tenté de faire passer des messages politiques, parfois justes, mais d’une manière inadaptée, ce qui les ont rendus inaudibles.

    Emmanuel Macron devait, le soir même, intervenir pour présenter un bilan du Grand Débat, cette farce ridicule et sinistre. Il a renoncé à prendre la parole publiquement. Cependant, son intervention, enregistrée, a filtré vers les médias. Elle n’a rien révélé de surprenant. La politique gouvernementale conserve le même cap : liquidateur pour les droits sociaux et dans la veine d’une baisse des salaires. Cependant, il a, sans vergogne, tenté d’utiliser cet incendie pour annoncer la nécessite de « rallier la nation » et de faire « bloc autour de Notre-Dame ». Difficile d’être moins convainquant. Ses laquais ont également voulu mettre en avant que la moindre des choses serait que les Gilets Jaunes liquident leur mouvement, par « dignité ». Lorsque les arguments sont à sec, on use du sentiment.

    Dans le même ordre d’idées, l’extrême-droite a tenté de capitaliser sur cet évènement, comme à son habitude, pour essayer d’instiller des positions pogromistes dans la société, en cherchant la trace d’un attentat, d’un incendie volontaire. Elle a cherché une main imaginaire d’un islam radical, allant jusqu’à inventer des musulmans sautant de joie à l’annonce de l’incendie.

    Or, les réactions de la part des musulmans et des musulmanes de France ou d’ailleurs ont été, elles aussi, de la solidarité. Mais comme les prophéties de l’extrême-droite ne se réalisent pas, elle en est réduite à tordre la réalité et les faits.

    Macron incendie Notre-Dame.

    Les conspirationnistes sont allés jusqu’à dire que Macron a fait incendier volontairement Notre-Dame dans le but de pouvoir détourner l’attention et repousser sa prise de parole publique. Chacun est allé de sa théorie personnelle sur les raisons de cet incendie et les moyens par lesquels celui-ci s’est déclenché.

    Cela ramène à une chose importante à mentionner : nous sommes programmés, d’un point de vue du fonctionnement de notre cerveau, pour raisonner de manière associative et chercher des corrélation, même là où celles-ci sont absentes. Plus un événement nous paraît important, plus nous avons tendance à lui rechercher des causes à la hauteur de cette importance. Nous vous conseillons par ailleurs de lire cet article à ce sujet.

    Dans les faits, l’attitude des politiciens et des politiciennes pousse à confirmer ce biais de raisonnement, car, souvent, ils et elles exploitent des situations exceptionnelles pour faire avancer leurs agendas. Mais exploiter et générer ne sont pas des choses équivalentes ! Lorsqu’une personne utilise un malheur pour apitoyer sur son sort, il n’a pas généré son malheur à cette fin, il exploite -parfois cyniquement- une situation désavantageuse pour la tourner à son avantage. Les politiciens et politiciennes sont particulièrement adeptes de ceci.

    Macron n’a pas incendié Notre-Dame, mais, en revanche, il porte une part de responsabilité dans le fait que cet incendie se soit déroulé. Comment ?

    La politique menée depuis plus de dix ans envers les politiques publiques, condensée sous le nom de RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques), a étranglé le financement de très nombreuses officines publiques, administration, services… Dans le but de « rationaliser » l’usage de l’argent public, mais également dans le but d’ouvrir progressivement au privé ces marchés captifs -pour en constituer d’autres, mais entre les mains de la bourgeoisie!- l’Etat a peu à peu réduit les dotations. Ces baisses de budget se sont répercutées dans les services jugés les moins vitaux. Très souvent, ces baisses de budget ont impacté en priorité l’entretien et la maintenance. La suppression des dotations ne produit pas d’effet à court terme en termes d’activité, donc satisfait les donneurs d’ordre, mais, à long terme, produit des dégâts terrifiants.

    L’accident de train de Brétigny-sur-Orge, en 2011, illustre ceci : un matériel fatigué, non remplacé, usé et maintenu en service coûte que coûte, pour limiter les dépenses. Ces accidents se sont systématiquement multipliés dans les pays ayant adopté ce type de contraintes budgétaires.

    L’Incendie de Notre-Dame fait partie, aussi, de ces catastrophes qui naissent du fait de défauts d’entretien. Pourtant, dans le cadre d’une étude réalisée en 2016, le risque majeur d’incendie avait été pointé du doigt par Paolo Vannucci. Mais rien n’a été fait.

    Depuis, la question de la réfection de Notre-Dame dépend notamment des dons publics. Mais là encore, il existe des zones de trouble.

    Charité bien ordonnée.

    Les grandes fortunes de France ont ouvert leur bourse : près d’un milliard d’euros ont été promis pour reconstruire Notre-Dame. Des sommes colossales, inimaginables, lancées par les grands capitalistes. Même la ville de Paris, ville-monde, dont l’aire urbaine concentre près d’un cinquième des habitants et habitantes de France, n’a pu sortir qu’un dixième, un vingtième de ce qu’un individu seul a pu aligner.

    Cela révèle l’ampleur immense de la captation des richesses qui a été opérée par les capitalistes, et qui n’a fait que s’amplifier au cours des années. La très grande bourgeoisie concentre entre ses mains des sommes invraisemblables, digne de budgets d’Etats. Ces sommes prêtent d’autant plus à rêver qu’elles sont mises uniquement à contribution pour engranger d’autres profits, tout aussi colossaux. Nous pensons que ces dons dévoilent l’indécente opulence de cette classe sociale, parasitaire et spoliatrice.

    Cet argent sort, aujourd’hui, d’un coup de baguette magique, pour reconstruire Notre-Dame. Il est, d’une part, sorti avec une célérité empressée, montrant qu’il était disponible. D’autre part, il n’est pas sorti pour d’autres causes, ni pour la détresse réelle des plus pauvres, ni pour n’importe quelle autre cause. La philanthropie de ces fortunés n’est pas destinée à tous.

    Mais, au-delà de l’aspect symbolique important, du fait que ces donateurs soient peut-être empreints de sincérité, se trouve également des appétits qui se marient mal avec le monde du spirituel. « Charité bien ordonnée commence par soi-même », voilà qui pourrait être, en somme, le credo des généreux donateurs. Sans rentrer revenir sur le fait, pourtant fondamental, que ces richesses immenses et sans cesse grandissantes soient le fait de la captation et de la spoliation des travailleurs et des travailleuses, il est important de savoir comment ces dons généreux sont faits, en réalité, sans bourse délier.

    Si l’idée de faire une défiscalisation complète des dons a fait long feu, il ne faut pas, pour autant, croire que nos chers capitalistes nationaux se retrouvent, par le sacrifice de ces sommes, avec une couronne d’épines sur la tête. Certes, la grande bourgeoisie a sorti de ses caisses à peu près l’équivalent du PIB annuel des îles Samoa pour la reconstruction de Notre-Dame. Mais qu’en est il vraiment ?

    Premièrement, depuis la mise en place de la RGPP, le monde de la culture s’est retrouvé pauvre comme Job. Privés de financements publics, les musées -mais également les universités- dépendent de généreux mécènes. Cette dépendance permet un droit de regard de la part des fondations sur l’ensemble de l’activité, notamment au niveau des choix stratégiques comme des choix d’attributions de marché. Il s’agit d’une publicité et d’une image qui bénéficie à l’entreprise donatrice. Un investissement rentable.

    Deuxième aspect, la défiscalisation. Un don est défiscalisé à 60%. Les entreprises paient un impôt, donc, mais vers le secteur de leur choix. Et elles ne le paient qu’a 40%, le reste étant, donc, à la charge des contribuables. Cela fait donc que ces derniers paient pour les choix d’image de l’entreprise, à hauteur de 60%. Ainsi, en 2016, 369 millions d’euros ont été réellement versés par les entreprises, tandis que l’Etat a dû abonder de 990 millions d’euros. (selon les rapports de la Cour des comptes.) LVMH fait figure de grand pionnier, pompant à elle seule 61 600 000 € en 2018, loin devant les 8 suivantes, qui ne représentent que, cumulée, 21 000 000 €. Une manière de faire un bel effet levier sur les ambitions du peloton de tête des fortunes.

    Troisième aspect, le gonflement des dons en nature et le mécénat « de compétences ». Pour le premier, il s’agit de faire des dons qui sont défiscalisés, mais en ne prenant régulièrement pas comme base le prix de revient du produit donné, mais son prix de vente final, accompagné de la marge du distributeur. De plus, lorsque Auchan, Carrefour, Casino donnent des produits alimentaires, il arrive régulièrement que ceux-ci soient inexploitables (trop proches de la fin de la Date Limite d’Utilisation), et donc auraient été perdus. Il s’agit donc d’une manière de valoriser les pertes et de faire des dons qui peuvent même rapporter.

    Le mécénat de compétence, quant à lui, consiste à fournir de la main d’œuvre pour des travaux. Une manière d’ajuster l’activité de l’entreprise. En temps normal, la prestation est facturée uniquement du coût du salaire, mais des entreprises en profitent pour saler l’addition, sachant qu’elle est couverte par l’Etat. De plus, les « Établissements Administratifs Publics » peuvent offrir des prestations en nature à titre de dédommagement. Une nouvelle manière de rentrer dans les frais de l’entreprise.

    En dernière instance, la « charité très chrétienne » des donateurs ne leur octroie pas que des indulgences aux yeux des prélats, elle permet un magnifique retour sur investissement !

    Nous pensons que le patrimoine architectural, environnemental ou culturel mérite bien mieux que les sponsors de la bourgeoisie. Nous pensons qu’ils méritent d’être protégés, tout comme les trésors archéologiques que recèlent le sous-sol. Les capitalistes les voient comme des choses « rentables », ou en termes d’images, ou en termes de finance. Leur politique tend à les laisser pourrir sur pied, se dégrader, ou être transformés en supports publicitaires.

    Nous pensons que ces lieux, ces emplacements, ces paysages, appartiennent ou aux masses populaires, ou à la nature elle-même. Nous ne pouvons faire confiance dans des boutiquiers pour les protéger. Nous ne pouvons compter que sur les masses populaires elles-mêmes, et leur sincère attachement à ce patrimoine immense pour déterminer ce qu’il convient d’en faire.

    A la fois sur la sauvegarde de celui-ci, à la fois sur le mise en pièce de monuments et de symboles réactionnaires, furoncles imposées par un ordre injuste et oppressif.

    La chasse au profit est le brasier dévorant qui engloutit les monuments. Les fortunes dormantes dans les comptes en banque des bourgeois sont issues de notre sang, de notre sueur, de notre travail.

    Le patrimoine et les moyens de l’entretenir, les moyens de produire les richesses doivent nous revenir. Nous savons où ils sont. Il ne tient qu’a nous de nous organiser pour aller les chercher, les prendre et les protéger.

  • Italie, populisme et faillite de sa forme « de gauche » – partie 4

    Italie, populisme et faillite de sa forme « de gauche » – partie 4

    Italie, populisme et faillite de sa forme « de gauche »

    partie 4

    L’amour de la bourgeoisie pour le populisme.

    La bourgeoisie apprécie-t-elle le populisme ou non ? Il s’agit d’un d’une question qui mérite d’être creusée. Dans un sens, les revendications populistes sont contradictoires avec le libéralisme officiellement défendu par la bourgeoisie monopoliste. Le chauvinisme, l’antilibéralisme, la « partriotisme économique » s’opposent au libre-échangisme, au libéralisme, à la dérégulation. Dans les faits, la réalité est plus complexe. Au libéralisme triomphant du XIXe siècle a succédé rapidement la saturation et le monopole. Quelques soient les discours officiels, quelques soient les conférences internationales, les GATT, les OMC, le libéralisme « réel » est moribond. En fait de concurrence, ce sont les négociations entre trusts, en fait de libéralisme et d’indépendance entre les entreprises et l’Etat, voir même conflit entre les deux, il y a une véritable fusion entre Etat en grands trusts. Le capitalisme monopolistique est un capitalisme monopolistique d’Etat. Il en vit, il en use, il en dépend même ! Les commandes d’Etat et la politique d’Etat sont faits pour servir au mieux les intérêts des grands trusts. Les difficultés de ceux-ci sont une affaire d’Etat et leur survie peut faire appel aux deniers publics, dont à des prélèvements sur salaires pour maintenir ou augmenter les bénéfices des capitalistes. La géopolitique du pays est décidée par les intérêts de ces immenses conglomérats Malgré l’image d’une France de PME, la quasi intégralité du tissus industriel est relié d’une manière ou d’une autre à ces grandes entreprises dominantes. Combien de sous-traitants, combien d’exécutants ? Les branches les moins rentables sont externalisées, formant ainsi des petits groupes qui vivotent, des petits bourgeois qui vivent dans l’endettement et peinent à garder la tête hors de l’eau, mercenaires de grands groupes.

    Comprendre cela permet de se poser la question différemment. La grande bourgeoisie peut user sans le moindre problème de tactiques différentes, y compris en appliquant une partie du programme des populistes. Dans le fond, les réclamations de la part des certaines organisations, de droite ou de « gauche », peuvent très bien faire les affaires de la grande bourgeoisie. L’hostilité envers un autre impérialisme, jugé opposés aux intérêts du « peuple » français, est quelque chose qui est potentiellement exploitable. Le « produire français » porte ce relent douteux. Car il ne signifie par « produire « éthique » » contre la mondialisation, il signifie simplement « produire dans le cadre de l’espace économique dominé par l’impérialisme ». Admettons que le programme économique du FN ou de la FI soit appliqué, sans qu’il soit question de mettre l’un et l’autre sur un pied d’égalité, cela signifie-t-il une remise en cause du capitalisme ou de l’impérialisme français ? Non.

    Dans l’exemple actuel, et si on s’intéresse aux États qui ont opté pour un pouvoir populiste, on observe que la grande bourgeoisie s’est montrée plus que conciliante vis-à-vis d’organisations et de programmes censés aller contre ses intérêts. Ils ont une particularité, qui est d’être dans l’orbite Allemande, et d’avoir été les réceptacles d’investissements de la part de l’Allemagne. Investissements et prêts qui ont été particulièrement risqués, et qui se paient aujourd’hui. A l’heure actuelle, un risque de faillite de la Deutsch Bank n’est pas inenvisageable. Cette faillite aurait des répercutions terribles sur l’ensemble de l’Europe, jetant dans la misère un nombre considérable de prolétaires. Cette faillite est pour le moment contrée par une forte activité de la BCE, dans le but de tresser un coussin de plumes pour amortir le choc. De fait, la planche à billets tourne à grande vitesse, pour éponger les dettes. Cette planche à billet est d’ailleurs un phénomène fascinant sur la nature de l’euro, qui est une « fausse monnaie unique. » Les États peuvent produire des euros avec un contrôle relativement faible de la BCE, ce qui explique l’existence de casa de papel dans de les États membres de l’UE. Les grands capitalistes d’Allemagne sont d’ailleurs parmi les plus méfiants vis-à-vis de l’euro, du fait de la situation économique. Savoir, en revanche, quand cela tombera est du domaine de la prestidigitation tant les paramètres sont nombreux.

    Dans ce marasme économique, les partis populistes préparent les masses populaires à la misère et à la caporalisation de la société, parfois même contre leur volonté à l’origine. Du fait de leur base sociale, ils sont condamnés à jouer ce rôle. De fait, cette base est petite-bourgeoise. Dans les États dominés par l’impérialisme, par exemple le populisme sud-américain, cette petite-bourgeoisie, cette bourgeoisie nationale, s’est appuyée sur les masses pour, parfois, réaliser un pas en avant vers le progrès -chasser l’occupation étrangère, repousser les tentacules de l’impérialisme- sans pour autant pouvoir mener les choses à un autre terme qu’a la poursuite d’un système d’exploitation. Dans les pays impérialiste, le postulat de départ est d’ores et déjà réactionnaire. Au final, ils mobilisent les masses populaires dans l’intérêt de la bourgeoisie, et gouvernent pour celle-ci. Ils ne servent qu’à une chose, c’est d’interface pour la dictature bourgeoise, se parant des oriflammes du discours populaire, du discours sur la nation, du discours sur le peuple. Même si ce gouvernement peut donner l’impression de combattre la bourgeoisie, ce combat n’est rien d’autre que cosmétique. Les seuls reproches que font les populistes aux grands capitalistes sont sur leur gestion, sur leur morale, sur le fait qu’ils « ne servent pas bien les intérêts de la nation », mais jamais sur leur existence sociale, ou uniquement de manière invocatoire et idéaliste, de l’ordre de la moralisation de la bourgeoisie.

    Les partis populistes ne sont donc pas en mesure de mettre en place leur programme, ne sont que des charlatans. Ils ne sont absolument pas en mesure de pouvoir stopper la crise. En revanche, ils l’accompagnent et accompagnent le plongement dans la misère, en le détournant de sa voie de résolution finale, la révolution, pour l’entraîner sur une voie de garage : la soumission absolue aux franges les plus réactionnaires de la société. Les populistes, in fine, livrent à la bourgeoisie les masses, pieds et poings liés. Ils proposent comme sortie de crise, le parant de vertus, le fait de se sacrifier, de se serrer la ceinture, le fait, également, de se préparer et d’accepter un repartage du marché mondial, par le conflit, par la guerre.

  • 1er Mai Déclaration commune de l’UPML et de l’UCL

    1er Mai Déclaration commune de l’UPML et de l’UCL

    Pour un premier mai de lutte de classes, pour un 1er mai de solidarité,

    pour un premier mai révolutionnaire !

    Préface de l’Unité Communiste de Lyon.

    Partout dans le monde, les bourgeoisie, les impérialismes frappent.

    Partout dans le monde, l’exploitation s’accroît.

    Partout dans le monde, la police frappe.

    Partout dans le monde, le sang coule.

    Partout dans le monde, la misère, la famine, le fascisme gagnent du terrain.

    La bourgeoisie est l’ennemie de l’humanité !

    Ceux et celles qui organisent l’exploitation des richesses, l’exploitation des travailleurs et des travailleuses, la ruine de l’environnement, promettent un avenir sombre. Un avenir néfaste pour l’humanité entière.

    Détruire les protections sociales, réduire les salaires, presser jusqu’à la dernière goutte la sueur et le sang de ceux qui produisent toutes les richesses du monde. Voilà le programme des bourgeois et des bourgeoises.

    En concurrences les unes avec les autres, les bourgeoisies et les impérialismes embrigadent les masses pour les dresser les unes contre les autres. Les guerres de repartages menacent.

    Ce n’est pas une fatalité ! Ce n’est pas inéluctable !

    Partout sur le monde, les masses en colère se rebellent.

    Partout dans le monde, elles s’organisent pour lutter, pour combattre.

    Partout dans le monde, le drapeau de la révolution prolétarienne se dresse.

    Partout dans le monde, le spectre du communisme cause la terreur de la bourgeoisie.

    En Asie, en Afrique, aux Amériques, en Europe, en Océanie, partout sur la Terre, les organisations révolutionnaires défilent, aujourd’hui, jour international de la lutte des travailleurs et des travailleuses.

    Contre la terreur du régime d’Erdogan dans l’Etat Turc, contre le fascisme de Duterte aux Philippines, contre les réactionnaires Hindoux en Inde, les drapeaux rouges sont dressés. Contre les régimes réactionnaires partout dans le monde, le drapeaux des organisations révolutionnaires, sous la bannière de l’ICOR, défilent.

    Combattons l’exploitation partout dans le monde ! Combattons contre la bourgeoisie et ses Etats réactionnaires !

    Vive la premier mai de lutte internationale !

    Déclaration commune de l’Unité Communiste de Lyon et de l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste

     

    Le premier mai est la journée internationale de lutte de la classe ouvrière. Il est le jour du combat des travailleuses et des travailleurs du monde entier contre l’oppression organisée par les capitalistes, par la bourgeoisie, par les exploiteurs et les exploiteuses.

    L’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste et l’Unité Communiste de Lyon, sont toutes deux membres des Amis de la Coordination Internationale des Organisations Révolutionnaires (ICOR) en France. Nous clamons, d’une seule voix, la nécessité de faire de ce jour une date illustrant la combativité des masses populaires et leur solidarité internationale.

    Dans le monde, les impérialistes poussent à la guerre. Les USA, la France,  le Royaume-Uni, la Russie soufflent sur les braises ! Poussée par la concurrence exacerbée entre puissances impérialistes, celles-ci désirent partager le monde à nouveau. Le camp de la paix existe, mais reste fragile. Les Amis de l’ICOR et l’ICOR contribuent à travailler à le renforcer, à le solidifier, à lui donner corps.

    Dans notre État, la bourgeoisie monopoliste mène une charge, tambour battant, contre les droits des travailleurs et des travailleuses. Le gouvernement de La République en Marche, véritable missile de croisière du patronat, mène frappes sur frappes contre les conquêtes sociales.

    La bourgeoisie mène une stratégie ambitieuse. Son but n’est ni plus ni moins que de reprendre le terrain perdu durant un XXème siècle de lutte. Elle veut tout ; elle veut briser chaque droit :

    • Détruire le Code du Travail, opération dans laquelle les laquais sociaux-démocrates du gouvernement précédent ont ouvert largement la voie. Plus de conventions collectives, plus de lois contraignantes, plus de droit de grève –de facto. Les travailleurs et les travailleuses sont à la merci de leur patron ou de leur patronne.

    • Démanteler les protections sociales. La réforme de l’impôt, préparée par le gouvernement, vise à asphyxier l’intégralité des caisses fonctionnant par cotisation. Le chômage, l’Assurance Maladie, les retraites passent entre les mains de l’État. Désormais, elles sont à sa merci. Pourtant, la ponction repose toujours sur les masses populaires, au travers de la hausse de la CSG, que la bourgeoisie sait contourner par ses experts fiscaux, par ses évasions, par sa triche.

    • Pulvériser le service public. Macron et ses sbires ouvrent des marchés immenses aux investisseurs. Le rail, la santé, l’éducation, l’énergie sont en droite ligne de mire. Cela permet d’offrir de splendides cadeaux à la bourgeoisie, aux frais des masses. Qu’importe si la mort frappe les malades, qu’importe si les prix des transports sont exorbitants… tout est bon pour répondre à la commande de la bourgeoisie. D’autant que casser la reconnaissance des diplômes revient à attaquer en douce le code du travail.

    • Un changement dans le rapport de l’État bourgeois aux masses populaires. La suppression de la taxe d’habitation étrangle les collectivités locales, qui repassent, comme sous De Gaulle, entre les mains de l’État. Une commune se montre insolente ? Les vivres lui sont coupées. De plus, le mode de gouvernement restreint les débats à l’Assemblée, déjà peu démocratiques. Macron, finalement, agit comme un royaliste dans son style de direction.

    • Les lois répressives et les opérations de police sont là pour écraser toute résistance populaire. De manière croissante, les mouvements sociaux connaissent une répression sans bornes. Lorsque la police ne peut intervenir, ce sont les fascistes, qui la remplacent, agissant en toute impunité.

    • L’impérialisme français porte la mort et la guerre partout où ses intérêts sont présents. Bombes sur la Syrie, interventions en Libye, au Mali, en Centrafrique, Afghanistan,… néo-colonialisme en Afrique… Et ceux qui fuient la guerre et la misère sont refoulés, emprisonnés -mineurs comme adultes- ou meurent dans la neige des Alpes, dans les vagues de la mer.

    Le monde d’avant Macron était un monde d’inégalité, un monde d’exploitation. Mais le monde qui s’annonce est glaçant, rétrograde. Nul doute que ce qui attend les masses populaire sera une illustration de la tendance à la paupérisation, tant relative qu’absolue, prédite par Marx.

    Les communistes ont des tâches à remplir. La lutte économique seule ne suffit pas. Les grèves seules ne feront pas plier le gouvernement, et encore moins la bourgeoisie et son pouvoir d’État. Nous ne sommes pas de ceux ou de celles qui défendent des mots d’ordres creux de nationalisations « démocratiques ». La réponse ne saurait être un simple rejet de la politique gouvernementale ou la remise entre les mains de l’État des moyens de production. Non, la réponse est politique.

    Les croyances dans la possibilité d’une alternance politique par la voie des urnes sont des chimères. « Il n’est pas de sauveur suprême, ni dieu, ni césar, ni tribun », clame l’Internationale. A raison. Les politiciens et les politiciennes bourgeoises sont passées maîtresses dans l’art de tromper les masses populaires. Ils et elles ne voient la misère que comme un moyen d’accéder aux postes, aux sinécures, aux fauteuils du pouvoir.

    Le cadre de la démocratie bourgeoise est un cadre étriqué, trompeur, traître. Nous le rejetons. Pourtant, nous clamons le fait que nous sommes légitimes à représenter une opposition au gouvernement, aux programmes des bourgeois et des bourgeoises. Seulement cette opposition ne peut être que hors des pièges de la bourgeoisie, elle ne peut être qu’extra-parlementaire. La démocratie des masses, des assemblées générales d’usine, de lieu de travail ou d’étude, de lieu de vie ou de lutte. Une démocratie réelle, une démocratie populaire.

    Organisons-nous !

    Reconstruisons le camp du peuple, « celui de la fraternité et de la liberté » !

    Prenons part aux mobilisations des ouvriers, à la défense des services publics, des étudiants, des femmes, des écolos, du personnel aérien, contre tout licenciement…

    Assurons la victoire des cheminots qui mènent une lutte pour les générations à venir.

    Avec l’ICOR, renforçons la coopération des prolétaires à l’échelle internationale contre les capitalistes et les chauvins qui veulent nous dresser les uns contre les autres.

    L’Unité Communiste de Lyon et l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste veulent contribuer à construire un Parti Révolutionnaire. Un Parti Communiste réel, qui ne soit pas le croupion de la social-démocratie, le paravent de l’abandon. Un Parti, qui organise les exploités et exploitées, les opprimées et opprimés, ceux et celles qui subissent la dictature de la bourgeoisie.

    Nous voulons construire le Parti qui dirigera et qui mènera le prolétariat au pouvoir, par la révolution. Le Parti qui bâtira une société sans classes, ni État. Le Parti qui mettra fin à la misère, à la guerre, à la précarité, à la souffrance. Le Parti qui chassera du pouvoir les ennemis du peuple, qui les chassera de leurs palais, de leurs hôtels particuliers, de leurs forteresses.

    Pour un Parti qui mènera les masses à l’assaut du ciel !

    Le capitalisme a fait son temps – vive le communisme !

  • Quelle légalité en régime bourgeois ? Partie finale

    Quelle légalité en régime bourgeois ? Partie finale

    Leur légalité et la notre.

                    La bourgeoisie joue une jeu hypocrite. Elle se targue de présenter un modèle neutre, équitable, juste et démocratique. Elle se targue de mettre en avant des valeurs universelles, de traiter d’une manière égale en poids chaque individu. « Les faits sont têtus » écrivait Lénine. Et les faits illustrent chaque jour l’étendue de ce mensonge. La société capitaliste est une implacable machinerie à inégalité et à discrimination. Non seulement elle les reproduit, dans l’école « républicaine », mais elle les accentue. Elle creuse le fossé immense entre le prolétariat et la bourgeoisie, elle le rend insondable. La captation sans cesse croissante des richesse, la spoliation toujours plus forte, tout ceci contribue à concrétiser la tendance à la paupérisation, non seulement relative, mais également absolue. La bourgeoisie est toujours plus riche, tandis que le prolétariat est s’appauvri, en particulier dans les pays dominés par l’impérialisme.

                    La bourgeoisie dit que le jeu fonctionne ainsi, que les courageux et les courageuses, les entreprenants et entreprenantes, sont récompensés. Elle clame que chacun reçoit son dû, que les dés ne sont pas pipés. Elle clame également que le prolétariat, si il parvient à gagner les élections, pourra faire le monde comme il le souhaite. En somme, elle se prétend fair play. Pourtant rien n’est plus faux.

                    La bourgeoisie n’est pas stupide. Elle a conçu l’Etat bourgeois comme un outil au service de sa domination, au service de son ordre, au service de ses intérêts de classe. La loi est avec elle, la force est avec elle. Elle en détient le monopole, tout en prétendant que ce n’est pas le cas. Dans les faits, croire naïvement que la bourgeoisie peut se laisser retirer ses privilèges sans se lancer dans la guerre est une illusion terrible. La bourgeoisie se moque de la présomption d’innocence. Elle se moque de la rétroactivité des lois. Elle se moque des vices de procédure et des nullités. Elle applique intégralement l’adage du si vis pacem, para bellum pour défendre ses intérêts supérieurs de classe. L’Histoire illustre que le sang coule quand les masses se révoltent. Ceux et celles qui pensent que cet Etat se conquiert de l’intérieur, par la réforme, sont condamnés à échouer ou a trahir.

    Lénine écrivait : « Nous » disons donc à la bourgeoisie: Vous, exploiteurs et hypocrites, vous parlez de démocratie alors qu’à chaque pas vous dressez des milliers d’obstacles pour empêcher les classes opprimées de participer à la vie politique. Nous vous prenons au mot, et afin de préparer les masses à la révolution, pour vous renverser, vous autres exploiteurs, nous demandons, dans l’intérêt de ces masses, que votre démocratie bourgeoise soit élargie.

    Et si vous, exploiteurs, tentez de résister à notre révolution prolétarienne, nous vous réprimerons impitoyablement, nous vous enlèverons vos droits politiques; bien plus nous vous refuserons le pain, car dans notre république prolétarienne, les exploiteurs n’auront pas de droits, ils seront privés d’eau et de feu, car nous sommes des socialistes pour de bon. »

                    Nous ne sommes pas des hypocrites. Nous actons le fait que la lutte des classes est le moteur de l’histoire. Les institutions ne sont pas neutres, les lois, les systèmes de pouvoir non plus. Nous actons que l’Etat a un contenu de classe. Nous actons également que la bourgeoisie se rebellera, frappera, tuera. Notre légalité n’est pas une neutralité fausse, mais une légalité de lutte des classes aigüe. La légalité de la dictature du prolétariat est une légalité complexe. Elle n’est pas celle d’une forteresse coupée du monde, fonctionnant en autarcie complète, hors de tout danger, comme le présentent les « historiens » du Livre Noir. Elle est une légalité qui doit être adaptée à la situation de lutte des classes forte et accrue au sein de l’Etat prolétarien, mais également en situation de guerre avec l’impérialisme mondial et avec les bourgeoisies dans leur ensemble.

                    Les rapports ont parfois été pacifiques, parfois brutaux entre les Etats prolétariens et leurs bourgeoisies. Mais à chaque pas que franchit la construction et l’affirmation du socialisme, les différentes fractions de la bourgeoisie ont senti progressivement le sol se dérober sous leurs pieds. Leur rôle social, lié à leur maîtrise de certaines fonctions, de certaines expertises, de certains savoirs, s’est peu à peu effrité, avec l’élévation générale du degré de formation des masses. Contrairement à ce que pensaient une grande partie des marxistes, cela n’a pas contribué à assagir ces cliques, mais à les jeter, au contraire, dans la lutte à corps perdu.

                    L’histoire bourgeoise, là encore, triche. Elle représente les opposants au pouvoir socialiste comme des démocrates défendant les droits de l’Homme, comme de sympathiques individus ayant foi dans une voie meilleure, plus juste, plus humaine. Chez l’intégralité des forces anticommunistes, de « gauche », comme de droite, il réside un consensus sur cette question. Surfant sur la sympathie spontanée qu’il est possible d’avoir pour les opprimés, la bourgeoisie a réussi à faire passer des fascistes, des théocrates, des bourgeois pour des victimes innocentes. Il n’est pas rare de trouver des ouvrages d’extrême-droite sur l’URSS ou la Chine dans les librairies libertaires. Pourtant, c’est mal comprendre les buts que se fixaient ces opposants -restauration du tsarisme, du capitalisme, instauration du fascisme…- et les moyens qu’ils et qu’elles mettaient en œuvre :  assassinats et terrorisme.

                    Lorsque plusieurs personnages centraux de l’URSS étaient assassinés, empoisonnés, avaient des accidents étranges, quand des mines de charbon explosent ou que des barrages menacent de s’effondrer, quand les opposants font front avec les Japonais pour ravager la Chine, le temps n’est plus à la discussion.

                    Les Etats socialistes ont eu à faire face à cette véritable guerre secrète menée par la bourgeoisie et ses alliés et tout était à découvrir. Les partis communistes et les masses ont expérimenté différentes manières de faire, d’avancer pour résoudre ces conflits, pour mettre fin aux tentatives de restauration faites par les vieilles classes possédantes, tout comme en avançant pour saper les bases matérielles de l’apparition de nouvelles classes bourgeoises. Les « historiens » présentent cela comme une société en guerre ouverte et constante.

                    La vérité est que la bourgeoisie profite de chaque interstice pour pouvoir avancer ses pions et briser les tentatives du prolétariat pour se libérer de l’exploitation. Chaque relâchement, chaque ralentissement de la lutte a des conséquences terribles. Lorsque, en URSS, à l’approche de la guerre, le Parti Communiste a voulu tempérer la lutte des classes aigüe pour faire bloc contre la menaces fasciste, la bourgeoisie, les droitiers, les défaitistes, les liquidateurs ont saisi l’opportunité pour frapper. Djerzinski (1917-1926) et Menjinski (1926-1934) avaient, en tant que dirigeants de la sûreté, agi avec discernement et efficacité, leurs successeurs, choisis parmi les modérés, se sont avérés des dangers complets : Iadoga (1934-1936) et Iéjov (1936-1938) . Cette modération fut justement leur faiblesse la plus grande. Elle les a rendu vulnérables à deux maux terribles : la compromission et le traitement bureaucratique des questions. Les deux se sont rendus coupables de collusion avec certaines franges de la bourgeoisie, tandis que le dernier appliqua mécaniquement une répression imbécile, avec une politique de quotas. Ils le payèrent de leur vie l’un et l’autre.

                    A la suite de cette période, il y eu une oscillation dans l’autre sens, rendue nécessaire par l’intenable situation dans laquelle l’URSS s’était retrouvée, du fait des activités de ces agents doubles. Elle vit l’arrivée de Béria (1938-1953), lequel était un individu d’une fiabilité douteuse, mais étant l’opposé complet des précédents. Issu d’un milieu d’une pauvreté affreuse, aventurier détestant la bureaucratie -au début- il a été le fer de lance, avec Vychinski, d’une réponse radicale aux menaces intérieures. La militarisation progressive du NKVD, le commissariat du peuple aux affaires de l’intérieur, notamment avec la création du SMERSH sous la férule de Abakoumov, illustra une nouvelle dérive, laquelle joua un rôle dans l’arrivée au pouvoir de la droite du PC(b)US en 1956, devenant même un outil de répression contre les Léninistes.

                    Ayant observé cette situation, les proches de Mao ont essayé une voie autre, jouant principalement sur la mobilisation des masses contre les dérives et contre les abus qui pouvaient avoir lieu, se fiant à elles pour déceler et détruire les menaces intérieures. Cette voie a culminé avec la Grande Révolution Culturelle, laquelle devait balayer la poussière de l’ancien monde. Ce mouvement de masse représentait une autre expérimentation, avec des caractéristiques de démocratie jamais vues avant dans le traitement des questions politiques, avec une prise directe des masses populaires sur la question du pouvoir et de la direction politique. Seulement, cette expérimentation n’était pas parfaite non plus, et des faiblesses sont apparues : augmentation du pouvoir de l’armée, déstructuration du Parti Communiste Chinois, épuisement de l’énergie populaire sur le long terme… Si les jugements populaires et les Dazibaos ont été des avancées incontournable dans la démocratie au sein des masses, ils n’étaient pas parfaits non plus.

            Pourtant. Pourtant l’intégralité des systèmes socialistes ont misé sur le fait de réhabiliter, de réintégrer celles et ceux qui avaient pris le chemin de la lutte contre le socialisme. Hormis dans les moments de crise, où la justice d’exception s’est appliquée, le choix fut celui de laisser une possibilité de s’amender et de progresser, y compris aux vielles classes possédantes. Les régimes socialistes ne sont pas le régime nazi, où la seule porte de sortie est la mort. Nombre d’individus ayant commis des fautes ont purgé une peine, ont travaillé puis ont été libérés et ont réintégré la société. Le but de la répression est invariablement resté leur neutralisation, tandis que le but du système carcéral est resté invariablement la réhabilitation par un travail en commun, utile et productif. Mais pour la bourgeoisie, le fait de travailler de ses mains, d’être au service du peuple, de passer 6 mois dans une commune populaire, rien n’est plus insupportable.

                    Il n’existe pas de solution idéale. Nombre de courants politiques buttent sur cette question, préférant ne rien dire, ne rien faire, plutôt que de prendre le risque de faire quelque chose qui ne soit pas la perfection incarnée. Ils rejettent intégralement les expériences socialistes sur la base  de questions de principe, sans comprendre à quoi ils et elles seront confrontés lorsque la révolution sera autre chose qu’une idée.

                    Nous ne sommes pas aveuglés par les mensonges de la bourgeoisie. Sa démocratie est une démocratie confinée, qui maquille misérablement une dictature de classe, injuste, impitoyable, sanguinaire. Deux mondes se côtoient, l’un celui des exploiteurs, l’autre celui des exploités. Il n’existe nul consensus possible de l’un vers l’autre, nulle loi commune. Il n’existe que la lutte.

                    Gagner cette lutte passe par le fait d’acter que des justices d’exception, des justices de guerre sont inévitable. Mais que cette étape, ce chemin difficile, est la voie unique vers l’abolition des inégalités de classe, vers la réalisation d’une société dont la guerre aura été extirpée. Une société juste. Une société communiste.   

  • Pandémie d’Affluenza

    Pandémie d’Affluenza.

                    Affluenza est un mot-valise anglais, issu de la contraction de Affluence (richesse) et Influenza. (grippe) Ce terme a été forgé à la suite d’une affaire judiciaire américaine qui a défrayé la chronique. Pourtant, cette affaire est plus qu’éloquente sur le rapport entre la bourgeoisie et la justice, ainsi sur les discriminations sociales.

                    Ethan Couch, âgé alors de 16 ans en 2013, est déclaré coupable de meurtre. Fils d’une famille richissime, cet adolescent a été condamné pour, en état d’ébriété, avoir fauché plusieurs piétons, dont 4 sont morts. Seulement, il n’a été condamné qu’a 10 ans de mise à l’épreuve. 10 ans de mise à l’épreuve pour 4 morts, le terme de légèreté est quasiment un euphémisme.

                    La raison de cette candeur ? Les avocats de l’adolescent ont doctement expliqué qu’il n’était pas responsable de ses actes, du fait qu’il n’avait jamais connu de limites imposées dans sa vie. Il souffrirait donc d’affluenza, soit une rupture avec les réalités, avec la valeur de la vie humaine, qu’il serait dans l’incapacité d’appréhender. CNN a rapporté que les avocats d’Ethan Couch l’ont décrit comme un «gamin riche qui n’était pas coupable tout simplement parce que ses parents ne lui ont jamais donné de limite.»

                    Ethan a pourtant connu la prison. Alors qu’il était interdit de consommer de l’alcool, deux ans après, il est filmé en train de faire la fête et de consommer de l’alcool. Risquant la prison, il s’est enfui -avec sa mère- au Mexique. Ayant transgressé les limites imposées par sa période probatoire, il a été incarcéré pendant deux ans. Ce lundi, il est donc ressorti libre, sous la condition de ne plus boire d’alcool.

                    L’affaire a provoqué un tollé aux USA, qui traversent une crise en confiance envers les institutions. Deux ans de prison pour un quadruple meurtre du côté d’un gosse de riche, tandis que de l’autre côté, Stephon Clark, 22 ans, afro-américain, est abattu de 20 balles dans le jardin de sa grand-mère alors qu’il avait simplement un téléphone portable à la main.

                    L’inimaginable magnanimité avec laquelle la justice US a traité Ethan Couch est illustrative. L’affluezna, dans un système judiciaire où la jurisprudence est essentielle, créé un dangereux précédent. Elle signifie, en pratique, l’inaccessibilité de certaines catégories de la population à certaines peines, tout simplement parce qu’elles ne vivent pas dans un système de valeurs communes avec le reste de l’humanité.

                    Désormais, tout riche psychopathe US peut se retrancher derrière cet argument pour justifier ses méfaits, son mépris de la vie humaine, son cynisme et ses crimes. Pourtant comment ne pas avoir de gratitude envers ces avocats américains, qui viennent de donner un nom à cette pandémie qui concerne l’ensemble de la bourgeoise, cette pandémie d’affluenza.

                    La bourgeoisie, en particulier la haute-bourgeoisie, vit dans un monde qui est intégralement différent de celui des masses. Intégralement différent quant au niveau de vie ; quant à la culture ; quant aux pratiques ; quant à la langue même. Il s’agit d’une séparation si forte, si fondamentale, qu’elle brise toute idée d’une nation transcendante, telle que les réactionnaires et les fascistes la présentent. A cette culture distincte se rajoute un système de valeurs et de comportements tout aussi distinct.

                    Emmanuel Macron est une tragique victime de cet affluenza, ce qui transparait au travers de ses manières de s’exprimer : « Vous n’allez pas me faire peur avec votre Tee-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler. » à quelqu’un qui travaille depuis ses 16 ans ; « Pour qui cette réforme est-elle bonne ? Elle est bonne pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer dans les transports en commun parce que le train est trop cher. Donc quand on me dit, ‘les pauvres voyageront en autocar’, j’ai tendance à penser que c’est une caricature, mais les pauvres qui ne peuvent pas voyager voyageront plus facilement […] parce que l’autocar c’est 8 à 10 fois moins cher. » ; « Il y a dans cette société (Gad), une majorité de femmes, il y en a qui sont pour beaucoup illettrées, pour beaucoup on leur explique : ‘Vous n’avez plus d’avenir à Gad ou aux alentours. Allez travailler à 50 ou 60 kilomètres !’ Ces gens-là n’ont pas le permis de conduire, on va leur dire quoi ? » … En voilà des exemples parlants.

    « Bien souvent, la vie d’un entrepreneur est bien plus dure que celle d’un salarié, il ne faut pas l’oublier. Il peut tout perdre, lui, et il a moins de garanties. «  demeure la phrase la plus révélatrice. Elle est sincère. Emmanuel Macron, comme la bourgeoisie, le pensent réellement. Ils et elles sont intimement persuadés que sans leur action, il n’y aurait rien que la misère.

                    La bourgeoisie et une grande partie des politiciens vivent dans une apartheid social. Pour preuve, le ridicule dont ces derniers -et ces dernières- se couvrent lorsqu’est évoqué le quotidien des masses populaires.  Jacques Séguéla déclarant qu’un SDF peut mettre 1500€ de côté, Gérard Collomb au bord de la pauvreté avec 9 000€ par mois , pain au chocolat à 15 centime d’Euros ou ticket de métro à 4€… les exemples sont légion. L’incapacité de comprendre le vécu de la très large majorité de la population se double d’un souverain mépris pour celle-ci. Les chômeurs, les chômeuses ou ceux qui touchent le RSA rouleraient en BMW ; les SMICards et SMICardes saignent les patrons et les patronnes, les cheminots et cheminotes, tout comme la fonction publique, ne travaillent jamais… Ce mépris de la vie humaine se retrouve dans de nombreuses rapports : rapport consuméristes, rapports aux femmes, rapports aux autres. Les grandes écoles de la bourgeoisie sont des lieux où le bizutage, où les discriminations, ou les viols -érigés en traditions pour certains cas !- L’affaire Nicolas David, où cet étudiant en médecine à drogué et violé une autre étudiante, a connu une défense, faite par Maître Gilbert Collard, sous l’angle de « la tradition de l’apéritif carabin » mélangeant -à l’insu de la victime- drogues et alcool. Dans le même ordre d’idée, les affaires impliquant des individus exerçant une subordination sur leurs victimes, Weinstein, Allen, Polanski…etc, illustrent le fait que, pour ces individus, il n’existe que des proies. Hélas, cette manière de penser s’étend sur une très large partie de la société, au delà, bien au delà, des limites de la bourgeosie !

                    A ce mépris s’ajoute un détachement de la part des questions qui touchent la vie des masses.

                    La bourgeoisie est une classe sociale en concurrence avec elle-même, et en lutte constante avec elle même. C’est une classe en guerre constante, guerre contre les masses, guerre contre les autres fractions de la bourgeoisie, guerre contre les bourgeoisies étrangères. Dans cette situation, la bourgeoisie agit toujours comme si elle était aux abois, étranglée, menacée. Elle agit donc avec un mélange de brutalité et de cynisme constant.

                    Les désirs légitimes des masses ne suscitent qu’irritation et colère chez la bourgeoisie, qui ne voit en eux que des poux, des parasites, qui veulent rogner les marges, qui veulent gagner plus d’argent, qui ne sont pas capable de comprendre la terrible lutte contre la baisse tendancielle du taux de profit, la terrible lutte contre le concurrent, le danger qu’il y a à voir les investisseurs et investisseuses aller ailleurs, à les voir déserter. A leurs yeux, il faut être ferme, il est essentiel d’être dur, car sinon, la ruine guette.                Même la présence de l’Etat, l’immixtion dans le secret des affaires, l’immixtion dans les revenus des capitalistes est vécue comme une intrusion intolérable. L’impôt sur le revenu est encore présenté comme confiscatoire par la bourgeoisie, car il serait le fruit d’une injustice, d’une privation de richesse, que lui, le patron, le preneur de risque, génère.

                    D’imposer face à la concurrence, s’imposer sur des marchés, imposer la terreur dans l’entreprise, cela demande un état d’esprit particulier.  Une étude faite sur 261 patrons dans le secteur de la gestion de la chaîne logistique, par la psychologue Nathan Brookes et les chercheurs et chercheuses Katarina Fritzon (Université de Bond) et Simon Croom (Université de San Diego) ont démontré que 21% d’entre eux souffraient de psychopathie, tandis que la prévalence générale est de l’ordre de 1/4% dans le reste de la société. Incapable d’empathie, de remords et de comportements humains, ces patrons et patronnes, dont l’adulé -mais cynique- Steeve Jobs, sont de véritables chefs de guerre, capable d’aller installer des usines dans les pires endroits de la Terre, d’écraser les luttes sociales des ouvriers et ouvrières, et de se pavaner cependant, tout sourire, devant les caméras.

                    Alors, lorsque le prolétariat tente de mettre fin à l’exploitation, à la surexploitation, à la prédation, le serpent frappe. Les morsures de la bourgeoisie sont empoisonnées et implacables. Un taux de profit en baisse peut jeter à la rue les travailleurs et les travailleuses. Une grève, les conduire au black-listing. Trop de colère, à la prison. Une révolution, à l’échafaud. Ne l’oublions jamais.

                    Oui, une pandémie d’affluenza frappe le monde, semant les pires méfaits. La misère, le fascisme, la guerre, les génocides, sont les fils et les filles de la domination de la bourgeoisie sur le monde. D’une domination impitoyable, méprisante, cynique. Fondamentalement, le dialogue, la synthèse, entre les deux conceptions du monde : celle de l’exploiteur, celle de l’exploité, sont impossible. Cette épidémie d’affluenza peut pourtant connaître une fin.

                    Tout comme le disent les paroles de la chanson en l’honneur de Norman Béthune, médecin canadien communiste ayant lutté aux côtés de la Révolution Chinoise :

    « Norman Bethune, médecin du peuple

    Cherchait la cause de la maladie

    Il l’a trouvée, c’est le capitalisme !

    Bethune est devenu communiste ! »

    Il existe un remède à cette pandémie : la Révolution Prolétarienne. Il existe un sens à la phrase de Macron : « Une gare, c’est un lieu où vous croisez des gens qui réussissent et d’autres qui ne sont rien.  » La réponse est dans l’Internationale : « Nous ne sommes rien. Soyons tout ! »

  • Quelle légalité en régime bourgeois ? – partie 3

    Quelle légalité en régime bourgeois ? – partie 3

    Notre réponse : la démocratie prolétarienne et la dictature du prolétariat.

    La Dictature du Prolétariat, l’épée et le bouclier.

                    La dictature du prolétariat est un sujet important, crucial même. Aux yeux de l’Unité Communiste de Lyon elle est la ligne de démarcation de notre période de construction politique. Plusieurs documents ont été édités à ce sujet par l’Unité, principalement autour de la brochure dédiée à cette question –La Dictature du Prolétariat– mais également dans les textes du premier congrès tout comme au sein des brochures sur les bases du communisme et sur le socialisme. Le fait de défendre cette thèse comme n’étant pas une déformation de l’idéologie communiste, mais bien comme étant son noyau dur n’est pas le fruit d’une illumination subite ou d’un désir de pouvoir idéaliste. Les marxistes ne procèdent pas ainsi. Lorsque Marx et Engels ont théorisé cette conception particulière du pouvoir, ce n’était pas en fantasmant sur des fleuves de sang, mais bien en tirant des constats de l’expérience concrète de la lutte des exploités et des exploitées.

                    Pour les militants et militantes qui constituent la grande majorité des organisations communistes -au sens idéologique du terme- cela est également le fruit d’un cheminement et non d’un désir inné pour l’autoritarisme. Les individus qui sont sur cette tendance ne trouvent pas leur place dans les rangs des organisations de combat.

                    Comment ne pourrions-nous pas comprendre les réticences qui accompagnent l’évocation de cette question politique ? Elles sont nombreuses et sont parfois révélatrices de questions pertinentes. L’éducation bourgeoise, les idées dominantes -imposées par les classes également dominantes, l’historiographie anticommuniste, la charge constante et fulgurante contre les expériences socialistes… tout concourt à faire de la dictature du prolétariat un tabou total, un crime en puissance, une hérésie. Elle sert de repoussoir envers les progressistes, envers les masses.

                    Il est logique que la bourgeoisie cherche à faire ainsi. Qu’elle cherche à attaquer sans cesse les systèmes politiques qui la menacent.  Comme écrit en introduction, cela marche très bien. L’attachement atavique à la démocratie bourgeoise pousse certains, certaines, à préférer Thatcher à Staline, à choisir l’illusion démocratique bourgeoise à la construction du socialisme.

                    Certains positions sont logiques. Il existe une peur des cadres formels et contraignants, notamment chez les libertaires. La petite structure horizontale rassure, paraît porter en elle les valeurs de démocratie et de confiance. Cependant, nous l’affirmons : il n’existe aucune garantie structurelle contre la déviation. Aucune forme d’organisation ne prémunit contre les risque de dégénérescence. La seule chose qui peut former une défense contre ce risque est la lutte politique, la lutte de ligne au sein des organisations et des structures. Or, c’est là où le bât blesse. Les structures informelles, sans centralisme démocratique -le débat le plus démocratique dans les instances décisionnelles mais l’application la plus stricte des décisions une fois prises-, sans exercice rigoureux et contrôlé des mandats, sans application rigoureuse et contrôlée des décisions, est le théâtre idéal de la déviation droitière. Le flou, l’informel, le doute profite systématiquement aux tendances les plus modérées, aux partisans de la conciliation, aux éléments vacillants, aux portes d’entrées des tendances idéologiques bourgeoises.

                    Les tendances, les fractions, le libéralisme au sein des organisations politiques -et au sein des formes d’exercice du pouvoir- nuisent à l’efficacité, à l’unité d’action, à la possibilité de poser les débats et les questions concrètes. Elles sont une maladie au sein des organisations. Elles sont mortelles lorsque les enjeux sont importants et vitaux.

                    Contrairement à ce que peuvent clamer les libertaires, nous ne sommes pas partisans du centralisme démocratique par antidémocratisme, mais bien parce que celui-ci est bel et bien la forme de démocratie populaire la plus aboutie. Nous nie nions pas les luttes internes, les lignes qui peuvent s’affronter -expression de la lutte des classes dans les organisations- mais au contraire nous les actons pour pouvoir avoir une prise dessus. Les organisations que ne le font pas, qui entravent la reconnaissance de cet état de fait, se contentent en vérité d’un démocratisme de surface.

                    La dictature du prolétariat porte en elle deux exigences qui se doivent d’être obligatoirement respectées : la démocratie la plus large pour les masses ainsi que leur défense la plus efficace contre les menées de la bourgeoisie pour conserver ou reprendre le pouvoir. Le problème étant que l’interaction entre ces différentes exigences entraine fatalement des contradictions, des difficultés, des conflits parfois.

                    La démocratie prolétarienne n’est pas un vain mot. Contrairement à ce que peuvent prétendre les anticommunistes, la vie en URSS ou en Chine maoïste n’était pas une vie de caserne, une vie carcérale. La bourgeoisie essaie de fausser la vision qu’il est possible d’en avoir en niant toute la vie politique, la vie culturelle, la vie intellectuelle, tous les loisirs, tous progrès sociaux que peuvent avoir apporté le socialisme.

                    La suppression du gaspillage, le fait de passer progressivement d’une économie anarchique à une planification, sous la houlette du Gosplan, permet de progressivement répondre aux besoin de la société, tout en essayant, au travers du développement harmonieux, de respecter l’environnement. Les chiffres parlent d’eux même. Partie de très bas, l’URSS, en 1939, juste avant la déclaration de la guerre, dépasse la France en terme de PIB par habitant en Parité de Pouvoir d’Achat, sans disposer de colonies, sans surexploitation pour gonfler artificiellement celui-ci.

                    La bourgeoisie caricature l’abolition de la propriété privée des moyens de production. Elle en fait une absence totale de biens de consommation pour les masses. Elle en fait une imagerie de pauvreté. Mais dans les pays bourgeois, la propriété de biens est abolie pour 90% de la population. Location, crédit, dettes, tout cela est une illusion de propriété. En URSS, le plafonnement des loyers à 10% des revenus, la gratuité de la très large majorité des services, tout cela concourait au fait que les masses pouvaient se permettre, pour la première fois de leur vie, de dépenser leur argent non pour survivre, mais bien pour vivre.

                    Les masses populaires, avant écrasées par l’obscurantisme de la religion, par le racisme, par l’antisémitisme, par un patriarcat redoutablement puissant, se libèrent. Elles découvrent l’exercice réel du pouvoir, au travers des Soviets. Alors que le régime capitaliste ne considère les masses populaires que comme une force de travail, que comme une marchandise, sous la Dictature du Prolétariat, elles découvrent la possibilité de disposer d’une liberté inconnue. Le livre d’André Gide, Retour d’URSS, considéré comme une critique acerbe, révèle pourtant une URSS bon enfant, avec ses fêtes ouvrières, ses cours du soir, ses pièces de théâtre en pleine rue.

                    Une lutte existe, même dans la démocratie populaire, entre les conceptions arriérées et les conceptions avancées, entre réactionnaires et progressistes. Elles ne sont pas sanctionnées par la répression, mais au sein du débat démocratique entre les masses, dans lequel le Parti Communiste soutient les positions avancées. Car contrairement à l’imagerie véhiculée par l’Education Nationale et par les pamphlétaires de l’anticommunisme, le Parti Communiste, que cela soit en URSS, en Chine, en Albanie, au Vietnam … ne contrôle pas toute la société. Les archives de Smolensk, volées par les nazis, ont révélé que, au final, les militants du PC(b)US n’évoluaient pas dans une société ordonnée, totalitaire, mais bien dans une société bouillonnante, vivante, et dans laquelle ils n’avaient pas un contrôle total de l’intégralité des aspects politiques..

                    La lutte contre certaines conceptions, racistes, antisémites, sexistes, a connu des moments aigus, du fait de l’écart entre le Parti et les masses, dans certaines régions. Paradoxalement, la réforme de 1935, qui laissait à la société civile une plus grande place, s’est traduite par des reculs sur un certain nombre de positions, notamment sur l’avortement et l’homosexualité. Non du fait de la décision du Parti, mais bien d’une expression démocratique -mais réactionnaires- des masses populaires, en particulier des Républiques du sud. Pourquoi cela à eu lieu ? Car il y avait urgence à faire bloc, en prévision de la guerre. Faire bloc en prévision de celle-ci, quitte à concéder -temporairement – parut judicieux. L’était-ce ? La question reste en suspens. Mais jeter toute l’expérience sur la base de cette faille serait imbécile. N’oublions pas que, à ce moment tout était expérimental.

                    L’URSS a traité ces questions d’une manière perfectible, principalement par une impulsion du haut vers le bas. La Révolution Culturelle a tenté de le faire du bas vers le haut. La Révolutionnarisation Albanais l’a fait d’une manière décrétiste… chacune à cherché sa voie pour résoudre les contradictions et poursuivre la lutte des classes.

                    Rien n’est parfait. Mais l’exigence préalable de la perfection sert fondamentalement à botter en touche. Attendre un réveil spontané des masses populaires, un mouvement révolutionnaire qui ne soit pas le fruit du travail de longue haleine d’une organisation politique, cela revient à capituler devant le poids de l’idéologie bourgeoisie, devant la force des habitudes, des idées et des conceptions réactionnaires. Considérer que la question du pouvoir ne soit qu’un rapport entre majorité et minorité, cela revient à rester sur des conceptions réformistes de la société. Nous ne sommes pas en faveur d’un Parti d’avant-garde par mépris pour les masses, mais bien parce qu’il est illusoire de croire que la bourgeoisie laissera un mouvement de masse de ce type se développer sans faire appel à toutes les armes que lui autorisent non pas sa légalité, mais ses moyens intégraux.

                    Dans Le renégat Kautsky et la Révolution Prolétarienne, Lénine écrivait : « Dès lors, supposer que dans une révolution un peu sérieuse et profonde, c’est simplement le rapport entre la majorité et la minorité qui décide, c’est faire preuve d’une prodigieuse stupidité; c’est s’en tenir à un préjugé archi-naïf digne d’un vulgaire libéral; c’est tromper les masses, leur cacher une évidente vérité historique. Vérité selon laquelle il est de règle que dans toute révolution profonde les exploiteurs conservant durant des années de gros avantages réels sur les exploités, opposent une résistance prolongée, opiniâtre, désespérée. Jamais, si ce n’est dans l’imagination doucereuse du doucereux benêt Kautsky, les exploiteurs ne se soumettront à la volonté de la majorité des exploités, sans avoir fait jouer dans une bataille suprême, désespérée, dans une série de batailles à leur avantage. »

                    Non seulement, la bourgeoisie supprimera les moyens permettant à la « majorité » de devenir consciente de ses intérêts, mais elle entravera surtout les possibilités pour elle de s’organiser. Et si le pouvoir est pris, de se développer  et de construire une société où la résolution des contradictions de classe est possible. La bourgeoisie promet. Elle promet le respect de garanties démocratiques, promet la souveraineté pour le peuple, promet que le jeu de la République n’est pas truqué, que chacun à sa chance et que le meilleur gagne. Or, dans les faits, de petites grèves, de petits troubles entrainent déjà un déchainement de haine de la part des classes dominantes, au travers de leurs agence de presse, de leurs agences de propagande, mais également de la part de leur forces de répression. Déjà, pour si peu, la légalité est transgressée. Imaginer qu’elle ne le serait pas lorsque la question posée n’est plus économique, mais bien politique, serait se nourrir d’illusions. Pire encore, cela reviendrait à tendre le cou au bourreau.

                    Jamais un mouvement de « révolution citoyenne » ou de « révolution par les urnes » n’a triomphé dans toute l’histoire de l’humanité. Et pour cause ! Chaque fois que les organisations populaires ont approché de l’exercice réel du pouvoir, la réaction s’est mise en route pour les juguler. Le Front Populaire par les fascistes, le Frente Popular de 1936 par les franquistes, celui de 1973 -au Chili- par Pinochet…etc. Lorsque « la gauche » arrive au pouvoir, comme Mitterrand, comme Hollande, mais également comme le SPD en Allemagne après 1918, ils sont traités comme des laquais serviles par la bourgeoisie. Vacillant, hésitants, lâches, ils sont parmi les plus fidèles et les plus brutaux des agents de la bourgeoisie.

                    Aujourd’hui, l’exemple de la question de l’indépendance de la Catalogne est à l’avenant : respect de la souveraineté populaire, respect de la question du rapport entre majorité et minorité… ect. La réaction est celle de l’enfermement, de la mise sous tutelle, de la traque et de l’emprisonnement de celles et ceux qui sont à l’origine de ce mouvement. Il ne fait pas de doute que toute tentative sérieuse  de réaliser l’indépendance se heurtera à toute la virulence d’une bourgeoisie madrilène réactionnaire, prête à tout pour conserver son dû. Et encore, ce n’est pas une révolution socialiste !

                    Contre Octobre, les capitalistes et les impérialistes ont fait feu de tout bois pour écraser dans le sang la Révolution. Guerre civile, blocus, embargo, interventions, terrorisme, sabotage, assassinats, corruption, espionnage… tous les moyens furent bon pour liquider la jeune Union. Contre la Révolution Spartakiste, l’intégralité des organisations bourgeoises, du SPD au DAP ont fait front derrière les Frei Korps pour égorger celles et ceux qui voulaient libérer les masses de l’exploitation. Contre les révolutionnaires de Chine, de Corée, de Cuba, du Vietnam, des pays d’Afrique, partout, la bourgeoisie, les réactionnaires, les fascistes ont usé de tous les moyens possibles et envisageable pour mettre fin aux menaces sur leur ordre.

                    La bourgeoisie clame que le socialisme de marche pas. Pourtant, elle ne lésine pas sur les moyens pour l’écraser. Elle a ainsi soutenu les plus grandes monstruosités de l’histoire, les a nourris, les a doté des moyens de répandre le sang. Mussolini contre les grèves de 1922 en Italie. Hitler contre la menace du KPD, les obscurantistes de tout poils aujourd’hui contre les tentatives de faire émerger de nouvelles républiques populaires.

                    La bourgeoisie a soutenu les timorés, les défaitistes, les bonapartistes, partout où elle pouvait en trouver, pour caresser dans le sens du poil leurs désirs et leurs craintes. Les droitiers autour de Boukharine, les Trotskistes, les partisans de Lili-San, de Lin Piao, sont devenus des agents doubles, travaillant dans l’ombre, sabotant, assassinant, espionnant au profit des ennemis de la révolution. Ceux et celles qui ont été effrayés des succès et des avancées du socialisme, ceux qui n’y croyaient qu’a moitié, ceux qui avaient peur se sont réfugiés dans les jupes du SD Allemand, du Kenpeitai Japonais, de la CIA, de l’OSS, du Second Bureau ou du MI5.

                    Les experts, terriblement nécessaires, en particulier dans un pays arriéré, les chefs militaires, dans un pays menacé, ont chèrement et durement monnayé leur ralliement. Exigeants, rêvant du paradis perdu, voulant se constituer des royaumes intérieurs, ils et elles ont œuvré à l’affaiblissement de la dictature du prolétariat, en se retranchant derrière une conception bourgeoise et réactionnaire de la liberté.

                    Leur victoire, leur restauration du pouvoir, obtenue avec la déstalinisation en URSS, avec l’arrivée de Teng Xiaoping en Chine, n’était pas le fait des excès de la dictature du prolétariat, mais bien de sa trop faible prise. Les compromis, nécessaires, mais couteux, avaient donné une force immense à ces restaurateurs des inégalités sociales, à ceux qui voulaient entraver l’avancée et l’approfondissement du socialisme.

                    La question de la nécessité de la dictature du prolétariat est une question qui n’est pas « de principe », mais bien de vie ou de mort. Elle est une question qui ne peut être balayée d’un revers de la main, mais qui, au contraire, est centrale. Elle détermine la physionomie politique de l’Etat prolétarien, elle détermine l’objectif stratégique n°1 de la Révolution, son objectif politique.

                    Si la légalité, ou la violation de la légalité, par la bourgeoisie a d’ores et déjà été évoquée, reste à évoquer la conception de la légalité du régime populaire et prolétarien.

  • Quelle légalité en régime bourgeois ? Partie 2

    Quelle légalité en régime bourgeois ? Partie 2

    Privilèges, normes et discriminations en régime bourgeois.

    « Les idées de la classe dominante sont aussi à toutes les époques les idées dominantes ; autrement dit la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est aussi la puissance dominante spirituelle. La classe qui dispose des moyens de la production matérielle dispose du même coup des moyens de la production intellectuelle, si bien que, l’un dans l’autre, les pensées de ceux à qui sont refusés les moyens de production intellectuelle sont soumises du même coup à cette classe dominante. Les idées dominantes ne sont pas autre chose que l’expression idéale des rapports matériels dominants, elles sont ces rapports matériels dominants saisis sous forme d’idées, donc l’expression des rapports qui font d’une classe la classe dominante ; autrement dit, ce sont les idées de sa domination. »

    Textes 1 (1845), Karl Marx (trad. R. Cartelle et G. Badia), éd. sociales, coll. « Classiques du marxisme », 1972, chap. La conception matérialiste de l’histoire, p. 109

                    La bourgeoisie s’affranchit sans le moindre complexe de sa propre loi, nous l’avons noté plus haut. Elle n’hésite pas à violer sa propre légalité pour accroître sa domination, la renforcer, pour détruire les menaces et les obstacles qu’elle peut rencontrer dans sa quête fébrile du profit.

                    La bourgeoisie ment. Les fascistes mentent. Il s’agit d’un point essentiel à garder à l’esprit. Si la vérité est gênante, ils l’occultent, la trahissent. A leurs yeux, les informations et la connaissance sont un moyen d’arriver à leur fins, rien d’autre. La question de la vérité est une question purement et simplement tactique. Elle est, en revanche, une question stratégique chez nous, car la vérité sur l’exploitation des masses, sur leur oppression, est toujours nécessaire à dire et à démontrer. La bourgeoisie ment constamment sur le mouvement ouvrier et sur le mouvement révolutionnaire. Elle occulte et révise sans cesse l’histoire. Elle ment également sur ses objectifs, tant de le but de camoufler ses buts réels que d’instiller la division et la haine au sein des masses populaires.

                    « Diviser pour mieux régner. » Voilà sa méthode. Un des exemples est le fait de clamer haut et fort que les immigrés ou certaines catégories de travailleurs sont des privilégiés. Elle cherche à transformer des contradictions au sein du peuple en plaies purulentes, en gangrène, pour mieux exploiter. Ainsi, les mensonges sur le statu des cheminots, paravent de la privatisation de la SNCF, ont réussit à faire leur chemin.              Et c’est là où la victoire idéologique est remportée : des travailleurs et des travailleuses, exploitées, vivant dans la misère, se liguent avec la bourgeoisie pour baisser le niveau de vie d’autres, sous prétexte, ironie suprême, d’égalité ! Pire, des précaires sans ressources, des réfugiés vivant sous les ponts sont taxés d’être des oies grasses, des profiteurs… Pendant ce temps, les violeurs et violeuses de lois, les accapareurs et accapareuses, les parasites sociaux engrangent encore davantage et davantage de ressources.

                    Alors que la logique la plus élémentaire voudrait que les désirs des exploités et exploitées soient d’être tous hissées au régime le plus favorable.  Mais l’individualisme tire et nivelle par le bas les statuts sociaux. Au lieu de hisser les normes de travail vers le sommet, vers le meilleur, il ne s’agit plus que de faire de la misère le standard. La fragmentation politique, l’opportunisme, l’individualisme créent cette situation où, privés de compréhension sur la stratégie du gouvernement, de la bourgeoisie, les masses ne voient que par le petit bout de la lorgnette les attaques de celle-ci. Elles les perçoivent en termes de ce qui les concerne, de ce avec quoi elles sont en accord et de ce avec quoi elles sont en désaccord, sans comprendre que tout cet ensemble est un plan d’attaque cohérent et visant à les frapper dans leur intégralité. Chaque affaiblissement du front de lutte contre la bourgeoisie est une brèche dangereuse.

                    La question des privilèges s’est également invitée, sous une autre forme, dans les débats autour de la question des contradictions au sein du peuple. La question des privilèges sociaux est une question qui mérite qu’on s’y attarde pour qu’elle ne soit pas traitée d’une manière simpliste.  Les inégalités de traitement des individus en fonction de certains critères sont de questions concrètes, réelles, qui ont un incidence sur la vie de tous les jours de centaine de millions d’individus sur la planète. Le racisme, le sexisme, l’homophobie, les oppressions que peuvent subir certains pans entiers de la population sont des questions qui ne s’écartent pas d’un revers de la main.

                    Les luttes qui s’organisent contre celles-ci sont légitimes, indéniablement. Elle suscitent cependant un débat lorsqu’elles évoquent ces questions sous la forme de privilèges : privilège blanc ; privilège homme ; privilège cisgenre ; privilège valide. Discriminations ou privilèges ? La question n’est pas anodine.

                    Considérer les choses sous la forme de privilège est considérer que la personne qui les possède est avantagée dans la société. Qu’elle bénéficie d’un traitement de faveur. Une personne qui n’est pas victime de sexisme, par exemple, est effectivement privilégiée relativement par rapport à une personne qui ne subit ni harcèlement, ni remarque sexiste. Pourquoi le relativement est important ? Parce qu’il est ce qui détermine la norme de fonctionnement de la société. C’est cette question de ce qui est la norme qui est également importante. Elle rejoint la question du droit, même bourgeois. Le fait qu’un policier ou une policière, un patron ou une patronne, n’ait pas le même respect des normes selon la personne induit une discrimination, plus qu’un privilège. Si un policier tutoie une personne du fait de son origine sociale, mais soit scrupuleusement respectueux du règlement en face d’une autre ne signifie pas que cette dernière soit, dans l’absolu, privilégiée. Juste qu’elle ne subit pas de discrimination. Elle est relativement privilégiée, mais absolument non-discriminée.

                    Dans les faits, pourquoi, hors jeu sémantique, cette conception est importante ? Parce que ce qui détermine le privilège absolu de classe, c’est le traitement au delà de la loi, au delà de la norme. L’impunité, les passe-droits, la possibilité d’être au dessus de la loi, là réside le privilège réel. Il réside d’ailleurs souvent dans le droit coutumier, dans les habitudes, dans les traditions réactionnaires, qui autorisent, sous les yeux bienveillant des autorités, les ratonnades, les agressions sexuelles, les crimes. Il réside dans la non application de la loi face aux criminels bourgeois.

                    Parler du traitement normal, au sens premier du terme, comme d’un privilège absolu, c’est ouvrir une brèche dangereuse entre ce qui doit être désiré comme traitement et ce qui constitue un viol manifeste et impuni de la légalité bourgeoise, ironiquement le fait de la bourgeoisie-elle même. Or, ériger la norme en privilège revient à considérer que son application est l’exception, non la règle. Elle revient, quelque part, à capituler dans le projet politique et à demeurer au stade du constat. Mettant l’individu, sa subjectivité, au sommet de tout, les conceptions postmoderne brisent la lutte des classes, et ne font que clamer que les dominés doivent combattre le fait qu’ils soient reconnus comme tels, qu’ils puissent s’épanouir dans leur situation, mais jamais la combattre.

                    Le but du mouvement communiste n’est pas de se limiter à faire une analyse clinique, scolaire, morte, un inventaire des contradictions, mais de comprendre les mécaniques qui les sous-tendent et de trouver la manière de les résoudre, de permettre aux individus non de vivre mieux leur situation, mais bien de la bouleverser. La vision postmoderne met tout sur le même plan : discriminations sociales comme ethniques, discriminations sexistes comme liées à la validité. Or, comprendre les raisons matérielles qui font qu’elles apparaissent ne signifie pas les nier, cela signifie chercher les moyens de les éradiquer. Pire encore, le postmodernisme encourage la perpétuation de la domination, en considérant qu’il ne faut pas combattre les mécanismes que la société capitaliste a ancré dans l’esprit de ses victimes, car cela serait « oppressif. » Cela implique de ne pas poser la question des actes réactionnaires y compris au sein des dominés et des opprimés. Ce n’est pas ce que recherche les communistes, qui mènent la lutte contre toutes les formes de réaction.

                    Les discriminations sont issues du caractère réactionnaire inhérent à la société capitaliste et inhérent aux idées de la classe dominante. Celles et ceux qui, au regard de la vision bourgeoise de la société, sont hors des normes, ne s’incluent pas dans le schéma de production de marchandises et de reproduction des forces de travail, sont traités comme ayant une valeur inférieure, comme étant des éléments anormaux, comme étant des parias. Car, au final, ces contradictions ne peuvent être isolées de la lutte des classe et de l’organisation économique de la société. Elles en sont les filles naturelles, inéluctables, et existeront tant que la source ne sera pas tarie. Même après cela, les vieilles habitudes, les vieux relents, les résidus de l’ancien monde continueront à les maintenir en vie un temps. Poussières de réactionnaires, elles doivent être balayées.

                    Il ne faut pas les nier, ni nier l’importance qu’elles peuvent avoir dans le vécu des individus. Il ne faut pas nier qu’elles traversent les organisations politiques et les organisations communistes notamment, tout comme la lutte des classes. Les nier reviendrait à les accepter comme étant inéluctables. Clamer qu’elles divisent les travailleurs et les travailleuses est une manière stupide de voir les choses. Les luttes de libération nationales, les luttes féministes, les luttes antiracistes ou LGBT+ sont des luttes qui ne créent pas la division, mais qui, au contraire, bien traitées, renforcent la cohésion, la solidarité, la cohérence des opprimés et opprimées, des exploités et exploitées. Elles sont une force pour la lutte, non un frein.

                    Il existe un travail à faire pour lutter, au sein de nos organisations, dans nos rapports individuels, contre les tendances réactionnaires, contre les relents impérialistes, contre les pratiques oppressives. La lutte est complexe, car les attentes sont nombreuses, alors que les individus sortent d’un moule fait par la société bourgeoise. Il s’agit donc d’un travail de long terme, dans laquelle il peut être important de ne pas être buté sur les aspects tactiques qui servent à résoudre ces contradictions : organisation d’événements ou de réunions non-mixtes par exemples, qui peuvent effectivement permettre une meilleure prise en compte des situations spécifiques, sans pour autant perdre de vue que la résolution de ces contradictions de manière totale ne peut exister sans un changement de société complet.

                    Etant des contradictions au sein du peuple, elles sont le fruit de la lutte des classes et du système d’oppression généralisé par le capitalisme, par l’impérialisme et la société patriarcale. Elles ne sont pas de nature antagonique, elles peuvent se résoudre pacifiquement par l’éducation, par le débat, par l’explication, par la critique et l’autocritique. Cependant, elles peuvent prendre des tournures dramatiques, et peuvent devenir parfois des contradictions antagoniques. Contre les pogroms, contre les mouvements réactionnaires, contre l’enfermement -maquillé en tradition ou autre- des femmes, le débat n’a parfois plus sa place, et cela se transforme en épreuve de force.

                    Que des individus soient moins discriminés est un fait, mais détruire les privilèges bourgeois ne peut se faire que par des mouvements de défense et de promotion des droits démocratiques. Les privilèges de la bourgeoisie  -contrôle de l’économie, captation de la richesse, impunité et possibilité de transgresser sa propre loi tant qu’elle ne lèse pas ses pairs- sont les réels privilèges. Or, la bourgeoisie ne cédera pas d’un pouce sur ceux-ci. Face à un régime « démocratiquement élu », elle transgressera la loi. Face à une mobilisation importante, elle fera le choix de l’écrasement. Face à sa défaite dans un Etat, elle choisira la voie de la guerre.  C’est ce qui ressort de tous les regards portés sur l’Histoire de l’humanité. Les classes dominantes se débarrassent des cadres légaux lorsque leurs intérêts sont en jeu.

                    C’est pour cela que nous devons défendre la Dictature du Prolétariat comme moyen de pouvoir réaliser cette transformation de la société. Non par choix, non par fantasme de sang, de pouvoir, de carnage, mais parce qu’il s’agit de la seule voie possible.