Étiquette : Baccalauréat

  • Le Bac de tous les dangers

    Le Bac de tous les dangers

    Nous félicitons les bacheliers et les bachelières. Nous saluons la fin de leurs études secondaires. Il est légitime de le célébrer !

    Mais l’ivresse de la réussite du bac ne doit pas occulter les conditions dramatiques dans lesquelles il s’est déroulé. La lutte intense menée par les enseignants et enseignantes continue.

    A ce titre, nous pensons qu’il n’est pas possible de qualifier Jean-Michel Blanquer d’imbécile. Il vient de nous en fait la démonstration.

    Face au mouvement de grève autour du baccalauréat, face à la rétention des notes par les professeurs et professeures, la réaction du ministre de l’Éducation Nationale rappelle la souplesse tactique dont sont capables de faire preuve les agents réactionnaires, dans leur œuvre de destruction des services publics.

    Jean-Michel Blanquer s’est vu confier une mission de la plus haute importance stratégique par Macron. Cet ancien proche de Xavier Darcos a été mandaté pour réaliser ce que François Fillon n’était pas parvenu à faire en 2005 : l’autonomie des lycées et la liquidation du Bac. Cette mission, il s’en acquitte avec zèle et énergie.

    Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, à son sujet, Marine Le Pen déclarait ceci : « L’engouement suscité autour de M. Blanquer, que l’on peut même qualifier de ‘phénomène Blanquer’, constitue une victoire idéologique notable pour le Front National et une défaite cuisante des sociologues et des pédagogistes (sic.)qui avaient pourtant méthodiquement pris possession de l’institution scolaire », a-t-elle déclaré. « La crise est considérable mais elle n’est malheureusement pas nouvelle. Ce qui est nouveau en revanche, c’est l’arrivée au ministère d’un personnage qui affiche une volonté de rupture et qui multiplie les annonces positives« .

    La dirigeante du Rassemblement National considère par ailleurs que les positions de Blanquer sont le fruit de sa victoire idéologique. Marine Le Pen ne ment pas, la politique de Blanquer est effectivement particulièrement virulente. Cela révèle finalement deux choses : d’une part, Marine Le Pen, en dépit de ses déclarations, est favorable à un secteur privé tout puissant. De l’autre, cela révèle que la conception de la mise au pas des enseignants par Blanquer est RN-compatible. Dans les deux cas, ça n’est pas une bonne nouvelle pour qui que ce soit, hormis les réactionnaires et les capitalistes.

    Donc, au pied du mur du fait de l’énergique mouvement des enseignants et enseignantes, M. Blanquer a agi d’une manière audacieuse. Il a choisi de compléter les relevés de notes manquants en se basant sur les dossiers des élèves et donc sur une forme dégradée de contrôle continu.

    En l’absence de notes, les jury, qui ont tout pouvoir de décision, étaient encouragés à donner des notes « en cohérence avec les autres notes déjà obtenues » (issu du protocole officiel). En somme, il s’agit d’une invention.

    • Il avalise le fait que le bac est, fondamentalement, un objet inutile aux yeux du gouvernement. Certains journaux ont titré ainsi aujourd’hui « le bac à bout de souffle. »
    • Il établit une équivalence de valeur entre le contrôle continu et l’examen national.
    • En adoptant de manière anticipée des mesures prévues dans le nouveau bac, M. Blanquer frappe également le moral des grévistes, contournant leur mouvement et affirmant ainsi sa volonté de ne pas même négocier la moindre miette.
    • Enfin, en mobilisant de manière réactionnaire les médias, en clouant au pilori les enseignants, il contribue à désolidariser les masses populaires de la lutte des enseignants et de ceux qui luttent d’une manière générale.

    Ce dernier point n’est pas à sous-estimer, car le champ lexical de la guerre a été employé plusieurs fois, autour d’éditoriaux et d’articles niant le droit de grève et exigeant des enseignants et enseignantes en lutte qu’ils rendent gorge. Les rectorats ont menacé également les enseignants de les frapper au porte-feuille en retenant l’intégralité de leur salaire durant les 15 jours de correction. L’opération a fait cependant long feu, du fait de son illégalité manifeste.

    Pris dans le feu de l’action, et subissant une pression intense, nombre de responsables d’établissements ont dû céder. Cependant, aujourd’hui, des voix s’élèvent pour poser la question de la légalité de cette démarche. Le sentiment général est celui de la trahison, de la part d’un ministre qui écrit les règles à son bon vouloir et n’hésite pas à contourner la grève.

    M. Blanquer, finalement, réussit à utiliser l’énergie de la mobilisation pour le profit de la cause réactionnaire qu’il sert. Il fait de la grève un tremplin pour ces objectifs.

    Cela signifie-t-il que celle-ci était contre productive ? Nous rejetons cette analyse. Les agents de la bourgeoisie et de l’offensive contre les droits sociaux, dont fait partie le droit à l’éducation, sont de maître dans l’art d’utiliser tout ce que peut leur fournir la situation comme prétexte pour avancer. Ce n’est d’ailleurs pas un cas isolé. La bourgeoisie ne renonce jamais à violer sa propre légalité lorsque cela lui permet d’obtenir l’avantage.

    ►A lire sur le sujet.

    Depuis des incidents épars jusqu’aux attentats, chaque chose peut devenir un tremplin pour leur politique antipopulaire. Cela se voit notamment avec la « ligne verte » qui se développe ces temps-ci, EELV étant pressenti comme pouvant devenir le nouveau héraut du libéralisme.

    Cela signifie, en réalité, que les mouvements ont besoin d’être encore plus forts, plus suivis et plus intenses pour pouvoir triompher, d’être plus politiques pour pouvoir également balayer les obstacles et les pièges.

    Du côté enseignant, rien n’est encore gagné. Du côté des élèves, la messe est dite.

    Le bac passé, reste à franchir le hachoir de Parcoursup et les pièges tendus par le supérieur. Nous les appelons à se diriger vers les syndicats étudiants combatifs, à les rejoindre, les renforcer, les faire vivre et grandir. Il s’agit pour eux d’un outil de défense incomparable et irremplaçable dans le but de défendre le droit à l’éducation.

    Il n’existe, d’une manière générale, aucune garantie hors de la lutte et de la vigilance constante face aux attaques contre le système éducatif et contre les droits sociaux. Il ne fait aucun doute que de puissants mouvements sociaux naîtront à la rentrée. Soyons prêts et prêtes à cette nouvelle épreuve de force.

  • Cap Catastrophe 2022 – Le Supérieur en berne. Partie 6

    Cap Catastrophe 2022 – Le Supérieur en berne. Partie 6

    Cap Catastrophe 2022 – Le Supérieur en berne.

    Partie 6

    L’an 2000 a vu apparaître un mini baby-boom. Malgré le fait que 18 ans se soient écoulés depuis celui-ci, les différents gouvernements ont toujours agi en prenant un air stupéfait face à l’arrivée de cette génération dans le système scolaire. Mais cet air stupéfait et cet argument de l’impréparation sert surtout à faire passer des réformes prévues, elles, de longue date.

    Petit retour en arrière : Jusqu’en 2009, l’accès à l’université est garanti par la loi, et chaque potentiel étudiant dispose d’une place dans n’importe quelle filière de son choix. L’incertitude dans le nombre d’inscrit fait que les universités doivent pouvoir faire face à tout afflux subit d’élèves, et donc disposer des moyens ad hoc pour les accueillir. Dans les faits, les conditions d’étude ne sont pas toujours d’une qualité incroyable, mais sur le principe, tout bachelier peut s’inscrire.

    A partir de 2009, Admission Post-Bac est mis en place, ce système permet d’aiguiller en amont les élèves vers des filières, permettant aux universités de se préparer à leur arrivée. Cela pourrait passer pour un raisonnement sain, mais, dans les faits, il sert surtout à réduire les dépenses, à limiter les moyens, et donc à fermer l’accès à certaines filières, devenant de facto sélectives. Comme, dans le même temps, la Loi sur la Responsabilité des Université se met en place. Celle-ci accroît l’indépendance de l’université par rapport à l’État et augmente de manière particulièrement importante les pouvoirs du Président d’Université. Celui-ci peut, et doit, intégrer des partenaires privés dans le financement de l’université pour faire face à l’hémorragie budgétaire. Or, l’entrée de partenaires privés dans le budget de l’université se traduit également par la présence de « personnalités extérieures » au sein de son conseil d’administration. D’autant que les capitalistes investissent dans le but d’obtenir des retours sur investissement. Ces retours sont sous la forme d’une modulation des maquettes des licences ou des master, dans le but que ceux-ci correspondent aux intérêts de l’investisseur. Dès lors, l’université module son offre en fonction des désirs de ses bienfaiteurs. Il n’est plus question d’offre générale ouverte à tous, mais de répondre à des commandes. Formellement, les places à l’université sont toujours garanties, mais plus dans la filière du choix de l’étudiant.

    A APB succède, cette année, Parcoursup. Parcoursup prolonge l’idée de APB jusqu’à son paroxysme. Dans Post-Bac, les candidats émettent des vœux hiérarchisés, dans le nouveau système, ils se mettent à disposition des recruteurs du privés. L’élève n’a même plus son mot à dire. Cette étape nouvelle de la sélection pour le supérieur a dépassé toutes les attentes de ses concepteurs, avec plus de 60 000 élèves surnuméraires par rapport aux désirs des recruteurs, donc jugés inutiles. 60 000 élèves qui, par ailleurs, sont issus d’origines géo-sociales bien précises, puisque les recruteurs peuvent intégrer des codes « maison » dans l’algorithme, refusant par exemple que les élèves de certains lycées jugés « peu sûrs » soient acceptés. Mais cela n’est qu’un début dans la privatisation rampante de l’éducation supérieure. Bien d’autres fronts existent.

    Dans le texte programmatique prévu par les liquidateurs, la marée humaine prévue est exploitée au maximum pour justifier une amplification du mouvement de transformation de l’E.S.

    « L’arrivée massive d’étudiants dès la rentrée 2018 constitue un risque important sur la qualité de leur accueil dans l’enseignement supérieur, d’autant plus que les moyens prévus paraissent très en deçà des besoins estimés. »

    Or, la voie la plus logique, celle d’augmenter la capacité d’accueil et de recruter le personnel permettant d’améliorer la déficiente pédagogie universitaire, est bloquée par la volonté de réduire au maximum les dépenses. Pourtant, les auteurs reconnaissent que les étudiants français sont moins onéreux que la moyenne de l’OCDE. La logique, donc, serait donc d’accroître les moyens accordés à ceux-ci pour faire face à leurs études. Mais les rédacteurs et rédactrices ne sont pas là pour résoudre les problèmes des étudiants et des étudiantes, mais pour rogner les budgets. Il est donc nécessaire d’optimiser le supérieur.

    « Elle [La dépense par étudiant et étudiante] pourrait être optimisée par une réduction de l’échec, liée à une meilleure orientation et par une modernisation des méthodes pédagogiques. »

    Optimiser est une obsession constante chez les grands bourgeois. Mais la signification de l’optimisation, dans leur esprit, est celle d’une intégration grandissante entre l’enseignement public et le marché de l’emploi, voir une inféodation intégrale du premier au second.

    Les étudiants et étudiantes doivent, pour être plus utiles, être ventilés géographiquement pour correspondre aux besoins des bassins d’emplois locaux.

    « élargir les possibilités de mobilité géographique des bacheliers lors de l’affectation des étudiants. Cela pourrait permettre une allocation plus pertinente des moyens. Les tensions ne sont pas homogènes sur l’ensemble du territoire et développer la mobilité pourrait donc être une voie pour mieux utiliser les places disponibles. Des études visant à mesurer le niveau d’incitation nécessaire ainsi que les freins à la mobilité devraient être engagées rapidement, notamment pour ce qui concerne la vie étudiante et les œuvres universitaires. »

    Quelque part, cela paraît bien innocent, si ce n’est l’impasse du rapport sur les questions sociales propres aux étudiants et étudiantes, notamment les bourses et le logement. Depuis le rapport Goulard, rédigé en 2007, il apparaît que la volonté générale est de faire appel davantage aux prêts bancaires et au parc immobilier privé en place et lieu des bourses sur critères sociaux et des résidences étudiantes. En revanche, la question centrale des frais d’inscription n’est pas oubliée :

    « lancer une réflexion sur les autres ressources propres susceptibles d’être utilisées, y compris les droits d’inscription à l’université »

    Le départ du domicile familial étant de plus en plus tardif et complexe et les moyens de pouvoir le réaliser étant de plus en plus ténus, il ne fait pas de doute que la réponse préconisée sera sous la forme de l’endettement étudiant, endettement qui, notamment aux USA, prend la forme d’une bombe à retardement.

    Cette mobilité imposée fait écho au projet de réorganiser géographiquement les universités. Là encore, une évolution s’est produite au cours du temps.

    Dans les années 1980, les lois sur la décentralisation impulsent la fondation d’universités de proximité, permettant un accès au supérieur sans avoir à aller vers les métropoles. Ce mouvement de « démocratisation » relative était certes limité, mais néanmoins positif.

    Avec l’arrivée de la RGPP, précédemment évoquée, le mouvement s’inverse. Il s’agit de reconcentrer les universités dans des pôles nommés PRES (Pôles de Recherche et d’Enseignement Supérieur), fusionnant les universités, rationalisant leur activité, dans le but de réaliser des économies d’échelle et limiter les doublons (par exemple des filières de droit à Lyon II et Lyon III). Du fait du très fort corporatisme des enseignants du supérieur, l’affaire n’a pas particulièrement réussi, et, bien souvent, les fusions ont conduit au fait qu’une université phagocyte le budget de l’autre.

    Aujourd’hui, ce que préconise le rapport est un hybride entre les deux. Il s’agit de conserver des universités locales à « haute valeur ajoutée », tandis que les « grosses universités » prennent de plus en plus la forme d’un « lycée ++ », avec des enseignements généralistes notamment du fait de l’intégration dans le projet « Bac -3 ; Bac + 3 » permettant de créer un réservoir de main-d’œuvre. Les moyens et les « cerveaux » sont ainsi concentrés dans de petites unités, tandis que le niveau général des universités est nivelé par le bas du fait de la baisse des budgets.

    Car la recherche n’est pas épargnée par les plans des rédacteurs et des rédactrices. Il faut la motiver, la stimuler. Quoi de mieux pour cela que de la benchmarker ?

    « Enfin, le système actuel de subventions de la recherche et de l’enseignement supérieur n’est pas suffisamment incitatif. En effet, les subventions publiques constituent aujourd’hui trois quarts des ressources des universités et des organismes de recherche. Or, l’attribution de ces subventions n’est pas conditionnée à la performance, à l’atteinte d’objectifs ou de résultats. »

    Manque la question de la définition des critères, qui, du fait de la toute puissance du président d’université et de la majorité dont disposent les « personnalités extérieures » au Conseil d’Administration, ne manqueront pas d’être des critères correspondant aux intérêts des investisseurs.

    En somme, l’idée est d’avoir des sites d’excellence s’occupant de la recherche fondamentale, non directement rentable, donc portée par les finances publiques, tandis que les autres pôles s’occupent de recherche appliquée, selon les modalités définies par les représentants du patronat local. Cela se voit notamment dans les propositions de réforme de la gestion du budget, qui permet au CA de financer ce qui est rentable et de liquider les filières qui ne le sont pas.

    «  rendre l’organisation du ministère cohérente avec son rôle de pilote de la politique publique. Renforcer l’autonomie des établissements suppose que les ressources soient placées au sein des établissements et non dans les directions d’administration centrale. Le ministère devrait donc conserver uniquement des fonctions stratégiques et de pilotage de sites, et une expertise transversale sur la formation et la recherche, la mise en œuvre étant faite par des opérateurs »

    Par ailleurs, la gestion du personnel et des enseignants-chercheurs se libéralise.

    « assouplir la gestion des ressources humaines des chercheurs et des enseignants-chercheurs. Il est indispensable d’offrir une flexibilité accrue aux chercheurs et enseignants-chercheurs pour qu’ils puissent bénéficier de carrières dynamiques et envisager des mobilités y compris vers le secteur privé, en valorisant leur implication dans l’enseignement, dans la recherche, dans la diffusion des connaissances et la valorisation des recherches. Cet assouplissement serait aussi bienvenu pour permettre une gestion plus agile des établissements et des organismes de recherche qui pourraient ainsi gagner les marges de manœuvre nécessaires pour appliquer le projet qui convient à leur situation et à leur stratégie »

    Le « flexibilité accrue aux chercheurs et enseignants-chercheurs pour qu’ils puissent bénéficier de carrières dynamiques et envisager des mobilités y compris vers le secteur privé, en valorisant leur implication dans l’enseignement, dans la recherche, dans la diffusion des connaissances et la valorisation des recherches. » traduit parfaitement les rêves des rédacteurs et des rédactrices : une fusion entre le privé et l’enseignement supérieur, y compris dans une gestion souple de leur « masse salariale ».

    Un des paradoxes de cette partie est qu’il traduit pleinement la vision court-termiste de la bourgeoisie. La grande bourgeoisie a besoin d’une avance scientifique importante pour pouvoir maintenir son niveau ou l’accroître en face des bourgeoisies concurrentes. Mais dans le même temps, et particulièrement en France, sa volonté de maximiser son taux de profit se traduit par un rejet des dépenses et par une attitude de rentier. Or, cette situation ne favorise pas l’initiative et le développement technologique, mais, au contraire, le freine. Pris dans ce paradoxe, la grande-bourgeoisie ou se fait menacer, ou doit trouver des manières de faire assumer les coûts aux autres classes sociales en puisant dans leurs fonds propres : impôts (auquel elle échappe), endettement… In fine, la politique de raclage jusqu’à l’os et de rationalisation à outrance joue même contre la bourgeoisie. Mais pris dans le maelström de son autoconcurrence, elle s’enferre elle-même.

  • Parcoursup – Nouveau Bac – Deux arnaques !

    Parcoursup – Nouveau Bac – Deux arnaques !

    Parcoursup – Nouveau Bac – Deux arnaques !

    L’idée d’aller plus loin qu’Admission Post-Bac ne date probablement pas d’hier. Les dispositions qui sont au sein de Parcoursup étaient déjà inscrites dans le patrimoine génétique de cette machine à dispatcher les élèves. Ce centre de triage permet donc d’inverser les rôles : ce sont les écoles qui se servent en fonction des élèves qui les intéressent. Les autres auront, peut-être, une place dans une filière à l’université. En revanche, la nouvelle forme du Bac n’a pas échappé à nos analystes, lesquels ont replacé celle-ci dans son contexte de bataille contre le code du travail.  Vous pouvez retrouver cette analyse particulière ici.

    Un autre avantage de ce nouveau système sera de pouvoir rationaliser à outrance le fonctionnement des filières. Il sera possible de créer une division géographique des options, faisant que les lycées, au lieu de proposer un éventail de choix, seront des lycées « S »; « ES »; « L »; « STMG »…etc. L’idée derrière cela est de rationaliser la masse salariale, qui pourra être ventilée en fonction des besoin, grâce à l’autonomie des lycées. Cela veut dire des lycées à vitesse différentes, des lycées avec une équipe enseignante usée et épuisée par le fait qu’elles soit exploitée au maximum. En somme, cela veut dire que les lycées destinés aux classes populaires ne feront plus que de la gestion de flux, tandis que les lycées de l’élite capterons une part sans cesse plus importante des budgets. 

    L’Unité Communiste de Lyon a rédigé ce tract à destination des lycéens, des lycéennes, du corps enseignant et des parents d’élève pour les avertir du danger qui court !

    Le gouvernement prépare la fin du droit d’accès aux études supérieures.

    APB l’avait préparée, Parcoursup la poursuit. L’attaque contre le droit à l’accès démocratique aux études supérieures est plus que jamais menacé.

    Sous prétexte de vouloir rationaliser l’Enseignement Supérieur, l’Etat et les gouvernements successifs attaquent, fondamentalement, le droit aux études. Alors que les Universités sont censées garantir un accès aux études supérieures, déjà mis à mal par leur coût, par leur caractère élitiste, l’Etat cherche à briser ce droit.

    Tirant prétexte des difficultés d’organisation du baccalauréat et des faillites d’APB, le gouvernement manœuvre pour attaquer les universités et la valeur du baccalauréat.

    Post-Bac a représenté une première phase d’un travail de sape. Auparavant, les universités devaient garantir dans chaque filière une place pour les néo-bacheliers. En installant cet outil, les universités ont pu commencer à instiller des systèmes de gestion de flux, distribuant les élèves en fonction des désirs du conseil d’administration de la faculté.

    Les universités préparent en sous-main la sélection. D’ores et déjà certaines mettent en place des systèmes de purges pour exclure les étudiants qui connaissent des difficultés.

    Le fait que les enseignants doivent maintenant donner un avis sur l’orientation vers l’université est tout sauf anodin ! Cela signifie que l’accès à celles-ci ne sera plus un droit qu’elles doivent automatiquement respecter, mais qu’il sera soumis à condition.

    Ces conditions peuvent être une « remise à niveau d’un an ». Belle manière de pouvoir créer des écoles et des structures de remise à niveau, belle manière donc de soutirer encore de l’argent aux étudiants ou à leur famille – tandis que les bourses sont réduites à peau de chagrin . Les écoles ne s’en priveront pas, car elles représentent une année supplémentaire à payer.

    La suppression de la hiérarchisation fait que l’élève n’est plus maître de son choix. Parcourup ne permet plus de formuler des vœux, il créé un pool dans lesquels les écoles et l’enseignement supérieur privé viennent se servir sans vergogne. Il n’y a plus de prise sur les choix, il s’agit juste de se rendre disponible avant d’être aiguillé.

    Mais ce n’est pas tout !…

    La fin du Bac.

    Un baccalauréat unique, par un examen spécifique, représente une garantie -déjà maigre- d’égalité de valeur. En revanche, le bac que prépare le gouvernement, par l’intrusion du contrôle continu, sera estampillé en fonction de l’établissement d’origine. Les bacs n’auront donc plus la même valeur selon le prestige de l’établissement.

    Cela ouvre la voie à des établissements d’élite, chers, réservés aux nantis, aux riches, avec des bacs portant leur sceau, mais purgeant sans merci à la moindre faille. Pour avoir un bac prestigieux, il faudra passer par le tiroir-caisse.

    A l’inverse, les élèves des classes populaires, déjà stigmatisés sur le marché du travail, le seront d’autant plus en fonction de la réputation de leur établissement. Cela ouvre la voie à tout un univers de suspicion envers l’établissement. Un bac obtenu de justesse dans un lycée difficile sera synonyme de mauvais élève, mais un bac obtenu haut la main jettera le doute sur la probité des enseignants. D’ores et déjà, APB et ses appréciations posaient ces problèmes, le nouveau Bac et Parcoursup les multiplieront au centuple !

    Surtout, les Bacs seront distordus, déformés, faits pour ne pas être reconnus sur le marché du travail. Le Bac ne sera plus une garantie d’un statut, d’un salaire. Il ne sera plus qu’un coûteux chiffon.

    Macron et ses sbires veulent privatiser le plus largement possible le système éducatif.

    Le marché de l’éducation est gigantesque ! Et pour le moment il échappe en grande partie aux investisseurs, aux patrons et aux patronnes. C’est intolérable à leurs yeux !

    Qu’importe la qualité de l’enseignement, qu’importe la qualité des cours, ce qu’ils veulent c’est former une main d’œuvre exploitable, servile et jetable. Qu’importe s’il faut payer pour se faire exploiter après, cela est même un bénéfice secondaire ! Stages non-payés, formations couteuses, tout est bon pour gagner sur les deux tableaux.

    Ce n’est pas une fatalité ! Refusons ce piège !

    Enseignants et enseignantes ! Refusez de remplir les avis concernant les universités !

    Elèves ! Mobilisez-vous contre cette arnaque qui attaque vos droits !

    Parents d’élèves ! Exigez la fin de cette mesure ! Protégez l’accès au savoir pour tous !