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  • Le bac de l’enfer.

    Le bac de l’enfer.

    Après une année marquée par le chaos, le bac se profile à l’horizon.
    En 2019, nous titrions déjà que le bac de cette année était celui de « tous les dangers ». Et ces dangers se concrétisent !

    Nous ne pouvons que comprendre les élèves qui sont en colère en étant jetés devant un bac qui semble sortir du chapeau du ministère. C’est une colère juste. Mais ce bac-catastrophe est rempli de contradictions. Il est à la fois l’enfant de la crise sanitaire, mais il est aussi l’aboutissement d’une transformation de cet examen.

    Le bac de l’urgence.

    Le 17 juin, les terminales et les premières vont être confrontés aux seules épreuves maintenues : celles de Français et celle de Philosophie. Après plusieurs mois d’hésitation, le gouvernement s’est décidé à les maintenir, mettant élèves et personnel enseignant devant le fait accompli.

    Le SNES note, dans son communiqué du 7 juin, que ce bac est marqué par « la désorganisation, les ruptures d’égalité et le mépris pour le travail des correcteurs/trices et des élèves décidément la marque de fabrique de ce ministre ! ». Il faut ainsi souligner que, à 10 jours des examens : « Les informations arrivent au compte goutte : […] rien n’est vraiment calé (les convocations ne sont pas toutes arrivées par exemple) la gestion du grand oral, notamment, se révélant être une véritable usine à gaz. Plus que jamais le travail des enseignant∙e∙s est méprisé : les professeur∙e∙s de philosophie vont crouler sous les copies numériques, les professeur∙e∙s de lettres sous les tâches diverses et les examinateurs/trices du grand oral sous la perplexité. » Le SNES demande ainsi la neutralisation du Grand Oral, épreuve inégalitaire au possible. Nous les rejoignons dans cette demande.

    Cette annonce, qui s’inscrit dans une longue liste de changements effectués de manière autoritaire par le Ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, a suscité la colère. D’une part car l’annonce a été faite par les médias avant qu’une circulaire interne soit rédigée : le monde éducatif est le dernier à apprendre ces changements. De l’autre, car ce choix tardif a entraîné la panique : il fallait se poser la question de ce qui allait être examiné, de comment il allait l’être, et de comment parvenir à remplir les objectifs… Surtout qu’il n’y a pas eu d’unité dans les gestions de la pandémie : chaque proviseur était capitaine de son navire.

    Il y a eu aussi, du côté des élèves, des stratégies pour le bac. Les épreuves ne s’affrontent pas de la même manière que le travail en classe, qui peut être ventilé sous des formes différentes. Alors, certes, dans le cadre de cette épreuve, la note la plus élevée (entre contrôle continu et examen) sera retenue. Mais cela contribue encore à renforcer le caractère imbécile de cette épreuve.

    Donc, de dépit et de colère, des blocages ont eu lieu. Mais si la colère est légitime, il nous faut aussi comprendre quelque chose : le maintien de cette épreuve est un ultime clou qui empêche que ne s’effondre complètement la mascarade du bac.

    Le bac de la dernière chance .

    Fait étonnant : ce bac est en réalité le fruit d’une négociation. Une négociation qui est parvenue à arracher que ce ne soit pas un second bac au contrôle continu. Car le bac – ou plutôt la liquidation du bac – est à l’ordre du jour du gouvernement.

    L’objectif stratégique de Blanquer est de mettre fin au baccalauréat en tant qu’examen national. Plusieurs raisons à cela :

    • Pour réduire les budgets déjà ténus de l’Université en favorisant un « contrôle des flux » d’élèves. Sans bac, les résultats sont plus prévisibles et sont plus aisément lissés par l’intervention des chefs d’établissement, dont le pouvoir est renforcé.
    • Pour préparer l’autonomie des lycées, déjà dans les cartons de la droite en 2004-2005. Cette autonomie signifie deux choses :
    ◦ Un recrutement local des enseignants, sous la forme d’entretiens d’embauche. Moins de fonctionnaires, cela donne des économies et des professeurs plus malléables.
    ◦ Des diplômes d’établissement et non plus nationaux, avec des effets terribles sur leur reconnaissance et leur qualité.

    Alors, faut-il dire que le bac est absolument parfait ? Non, loin de là !

    Les diplômes du bac sont déjà de facto des diplômes inégalitaires.

    • Cela du fait de la nature du bac, qui met en avant une norme culturelle : bourgeoise et petite-bourgeoise. Les examens désavantagent les classes populaires.
    • Du fait également de Parcoursup, qui permet de poser des critères géographies, et donc sociaux, du fait de la ségrégation politico-sociale présente en France.

    Il ne s’agit pas de défendre le bac en tant que tel, mais de regarder avec lucidité quelle est la situation s’il est supprimé : dans ce cas, il devient de jure un diplôme inégalitaire.

    • Si le contrôle continu peut bénéficier aux classes populaires, avec des modalités d’évaluation plus adaptées, il s’agit d’un cadeau empoisonné.
    • La fin des filières créé des bacs à la carte, donc avec une valeur impossible à étalonner. Dans les faits, ils servent surtout, sous prétexte d’offrir plus d’options, à rationaliser les établissements et à créer des établissements « S », des « ES » et des « L ».
    • La valeur du baccalauréat devient alors indexée sur la valeur supposée de l’établissement. Un 15/20 de lycée populaire n’est pas le même que le 15/20 d’un lycée privé hors de prix.
    • Si le contrôle continu soumet les enseignants et les enseignantes à une pression immense : celle des parents, qui les considèrent non plus comme des personnes préparant leurs enfants aux examens, mais comme des prestataires de service. La pression des chefs d’établissement, qui ont la haute main sur Pronote et sur les appréciations, et qui ne se privent pas, parfois de les changer. C’est une porte ouverte aussi au développement de la corruption.
    • Il affaiblit aussi les conventions collectives : les élèves qui sortent du bac auront un diplôme d’établissement, qui ne sera pas toujours reconnu. Une raison de plus pour les employeurs pour baisser les salaires et mettre en concurrence cette « génération sacrifiée » avec ceux d’avant. Le tout en nivelant par le bas les conditions de travail.

    Le monstre Parcoursup

    Plus en amont, le problème se situe aussi dans les conseils de classe : ils ont été transformés en instances consultatives chargées du traitement de flux. C’est là aussi le fruit d’une alliance malheureuse entre les visées gouvernementales et les attentes des parents. Le gouvernement a manœuvré avec intelligence pour écraser l’indépendance et l’autorité de ce conseil en jouant la carte du clientélisme et de la démagogie. Et derrière cela, c’est un problème

    Si le bac est par nature inégalitaire, Parcoursup l’est aussi. Et c’est là quelque chose de gravissime. Parcoursup n’est pas une plate-forme d’orientation, c’est une plate-forme de sélection. Les candidats se mettent à disposition des recruteurs.

    Parcoursup est une création à double visage :
    • L’un, « égalitaire », est la façade de candidature : chaque candidat est supposé être traité également, au travers d’un algorithme confus, mais a priori juste.
    • L’autre, « cynique » est la plate forme du recruteur : il peut y mettre un peu tout ce qu’il veux, dont des critères géographiques (et donc aussi sociaux!), mais aussi des modalités de déroulement de cette année chaotique.

    Il en résulte donc que le nouveau bac comme Parcoursup accroissent encore davantage la sélection sociale. Et parfois, cela frise le délit d’initié ! L’INSA1 de Lyon, par exemple, a posé comme condition le fait que les Terminales qu’elle recrute aient été en 100 % présentiel ! C’est à dire environ 40 % des établissements.

    40 % qui, pour respecter la demi-jauge, l’ont intégralement répercutée sur les Secondes et les Premières. Et dans ces établissements, nous retrouvons les prestigieux lycées du Parc et Édouard Herriot. En revanche, nous ne verrons pas de lycéens ou de lycéennes des quartiers les plus populaires.

    L’offensive est générale.

    Dans l’ensemble, les syndicats enseignants ont traité le problème sous un angle « économiste ». C’est à dire sous l’angle de leurs conditions de travail et, il faut le reconnaître, en prenant en compte aussi l’intérêt des élèves. Mais ce cloisonnement corporatiste pose problème : le lien avec le monde du travail est souvent oublié. Car ces réformes ne sont pas uniquement des réduction des moyens alloués aux élèves et à leurs conditions d’études : elles sont aussi une offensive contre le contrat de travail, contre les conditions de travail, et contre les cadres juridiques qui ont été arrachés au prix du sang.

    Nous pensons qu’il est fondamental que les élèves puissent s’organiser pour défendre leur droits. Nous saluons à ce titre le travail de la CGT-SELA pour la construction d’un syndicat des travailleurs et des travailleuses en formation. Il est important aussi que ce travail de lutte soit réalisé en coopération avec les organisations syndicales des enseignants et enseignantes, ainsi que du personnel.

    Mais au-delà de ça, c’est une perspective politique qui est à dessiner. La question n’est pas que sur l’augmentation des moyens, ou leur attribution, elle est sur le sens même de l’enseignement, et sur le fait qu’il soit de plus en plus traité comme une excroissance des entreprises. Dans le projet d’autonomie des lycées, comme des facultés, c’est l’intégration de l’enseignement dans le capitalisme local qui pose question : c’est donc une manière de faire payer par les contribuables la formation pour les entreprises. C’est aussi une manière de créer de la main d’œuvre ad hoc qui ne pourra travailler ailleurs.

    En définitive, l’éducation est un point crucial. Nous voudrions qu’elle soit émancipatrice plus que normative, qu’elle permettre de faire émerger les talents et les aspirations, qu’elle puisse ne pas être une simple succursale de l’entreprise, mais qu’elle soit aussi un lieu d’apprentissage de la Culture avec une majuscule : politique, économique, médicale, technique… qui puisse former des élèves complets et autonomes dans leurs choix de vie.

    Mais cette transformation ne peut être réalisée qu’au prix d’un bouleversement politique : le fait que le pouvoir soit arraché aux mains des boutiquiers qui le détiennent. Des boutiquiers qui, eux, ont placé leurs rejetons dans les réseaux privilégiés, dans cet entre-soi qui les couve, les protège, et qui permet de reproduire sans cesse ce schéma de domination.

    Aujourd’hui, battons nous pour défendre la valeur des diplômes, mais organisons nous pour transformer le monde !

  • Cap catastrophe, l’éducation en solde et la liquidation du corps professoral.

    Cap catastrophe, l’éducation en solde et la liquidation du corps professoral.

    Cap catastrophe, l’éducation en solde et la liquidation du corps professoral.

    Partie 5

    La question de l’enseignement n’est pas négligée par les gouvernements successifs. Depuis le milieu des années 1990, le processus qui s’engage est celui d’une privatisation partielle ou déguisée et d’une autonomisation des établissement. Depuis plus de 15 ans, les lycées et les universités sont dans le collimateur de ceux et celles qui rêvent d’en faire des lieux de formation servant à produire une main-d’œuvre adaptée aux besoins tactiques du tissus économique local, tandis que des établissements d’élite se concentrent sur les questions d’ordre stratégique. Pour la grande bourgeoisie monopoliste, tout ceci est extrêmement bénéfique, la formation étant aux frais de l’Etat (donc du contribuable) ou de la poche même de ceux et celles qui veulent bénéficier de celles-ci, pour forger les outils que les grandes entreprises n’ont plus qu’à mettre à son service.

    De plus, l’éducation et ses lieux sont des marchés lucratifs. Externalisation des cantines, implantation de lieux marchands (photocopies, restauration, loisirs…) il existe un grands nombres de marchés captifs qui excitent les convoitises.

    Les stages eux-mêmes sont des affaires en or, de la main d’œuvre corvéable à merci. Par des réseaux clientélistes, certains grands consommateurs de stagiaires peuvent ainsi réduire leur masse salariale.

    La question de la « masses salariale » est d’ailleurs une question qui revient inlassablement. Mettre au pas le corps professoral, briser son statut -qui est par ailleurs un des moins favorable de l’ensemble des pays de l’OCDE- et faire en sorte que son recrutement soit assuré au niveau de l’établissement, voilà un objectif stratégique que souhaitent atteindre les rédacteurs et les rédactrices de ce pamphlet.

    Ce pamphlet, justement, s’intéresse dans deux propositions à la question de l’éducation, dans la proposition 8 au Secondaire, et dans la 9 au supérieur.

    Voilà comment cette question est introduite :

    « [l’enseignement] doit répondre à de nouveaux enjeux : donner aux enfants puis aux jeunes les connaissances et les compétences nécessaires pour trouver leur place dans la société et aborder sereinement le marché du travail, dans un monde connaissant de fortes mutations (révolution numérique, mondialisation de plus en plus complexe, évolution du cadre de vie, etc.). »

    Loin d’être un point de détail, la question des connaissances et des compétences, est en réalité centrale. Centrale, car elle fait l’impasse sur une dimension de qualification, dimension reconnue juridiquement et intégrée dans les conventions collectives, donnant droit à un statut, à un salaire…etc. Ce qui n’est ni le cas des compétences, ni des connaissances. D’entrée de jeu, les rédacteurs et des rédactrices montrent leurs cartes : inféoder le système éducatifs aux désirs du patronat. Rendons à César ce qui revient à César et reconnaissons que, en revanche, ceux qui ont créé ce plan d’attaque sont lucides sur un point crucial :

    « Face à ces enjeux, les constats sur les performances de notre système éducatif sont décevants : au sein de l’OCDE, la France est le pays où la situation sociale des parents détermine le plus les résultats scolaires de leurs enfants. »

    Soit. Mais quelle réponse ?

    Pas d’argent, déjà, puisque la ligne finale de la proposition 8 est « Cela ne passe pas par l’attribution de ressources supplémentaires – le Comité ayant d’ailleurs identifié 300 M€ d’économies dans ce domaine. » mais, au contraire, « restaurer la confiance des parents dans le système éducatif français et de répondre de manière plus adaptée aux besoins des territoires. »

    Mettons de côté le premier élément. Il est pourtant, en tant que tel, déjà gênant, car il ravale la communauté pédagogique au rang de prestataire de service devant combler les désirs et répondre aux inquiétudes des parents. D’autant que le déficit de confiance est le fruit pourri d’une campagne de dénigrement orchestrée de longue date par les gouvernements successifs, tandis que les réels problèmes proviennent de l’absence de moyens et de la situation catastrophique qui en découle.

    L’aspect central, dans cette phrase, ce sont les « besoins des territoires », or, qu’est ce que ce « besoin », si ce ne sont les désirs en termes de main d’œuvre du bassin d’emploi local ? En somme, il s’agit de poursuivre dans le fait de faire de l’école une division tactique du recrutement pour les patrons, et de l’inféoder aux besoins des exploiteurs. C’est d’ailleurs dans cette optique que se conçoit le nouveau bac et le plan éducatif « Bac – 3 ; Bac + 3 » qui vise, en somme, à aiguiller les élèves dès l’entrée au lycée sur des voies professionnelles sans passerelles internes et sans possibilité de réorientation.

    Pour combler le déficit des vocations dans l’enseignement secondaire, le rapport préconise de faire un certains nombres de démarches « revalorisant le métier d’enseignant pour lui rendre son attractivité, avec une nouvelle vision de la carrière et du rôle dans l’équipe pédagogique ». Derrière cette platitude avec laquelle il est impossible d’être en désaccord, quelles perspectives ?

    Premièrement, appliquer la RGPP [Révision Générale des Politiques Publiques] à l’enseignement. En gros, évaluer, créer des systèmes de notations, et individualiser les réponses en fonction de cela. Cela passe par le fait de concentrer les pouvoirs décisionnels entre les mains du ou de la chef d’établissement.

    « mettre en place l’évaluation des établissements pour les responsabiliser, valoriser leurs initiatives et engager l’ensemble de la « communauté éducative » – chefs d’établissement, équipes pédagogiques, personnels administratifs, collectivités territoriales, parents, élèves – dans une démarche d’amélioration. Les évaluations porteraient sur un ensemble large de critères : résultats des élèves, conditions d’étude, sécurité et bien-être des élèves et des personnels, implication et animation des équipes, conditions matérielles, etc. »

    Évaluer pour responsabiliser, mais autour de quels critères ? Dans les faits, cette « marge de manoeuvre » revient à libéraliser l’organisation de l’enseignement à l’échelle nationale. Non qu’il n’y ait pas de terribles inégalités entre les établissements à l’heure actuelle ! Entre, dans la région lyonnaise, un lycée à Décines et le lycée International, deux mondes existent, avec un océan entre les deux. Mais ce changement conduit à avaliser la fin de la prétendue « égalité républicaine ».

    « responsabiliser davantage les chefs d’établissement notamment en leur donnant plus de marges de manœuvre pour constituer leur équipe pédagogique et élargir les postes dits « à profil » »

    Les chefs d’établissement pourront assurer eux-mêmes les recrutements de leur propre équipe pédagogique. Cela libéralise le recrutement, et entraînera de manière mécanique une aggravation de la tendance au fait que les enseignants « d’élite » aillent vers les lycées «d’élite », creusant l’inégalité entre ces mondes séparés, lesquels se mueront en univers distincts et hermétiquement cloisonnés. Par ailleurs, l’échelon étatique est mis au rencard, pour être remplacé par une direction académique, amplifiant de facto, les écarts entre académies, du fait des inégalités territoriales et budgétaires.

    « faire de l’académie l’échelon de décision stratégique pour la mise en œuvre de la politique éducative. Par ailleurs, le périmètre des académies serait revu pour se rapprocher de la carte des services de l’Etat sur le format des nouvelles régions»

    Dans cette nouvelle organisation de l’éducation, des échelons inférieurs prennent une importance grandissante, notamment avec l’ambition de « renforcer le rôle de l’échelon départemental pour qu’il décline à son niveau les orientations régionales (stratégie d’animation pédagogique, accompagnement des établissements…) et mettre en place une gestion des carrières des enseignants ;

    développer une fonction ressources humaines, mise en œuvre jusqu’au niveau départemental, pour accompagner les personnels des établissements. Cela permettrait notamment d’accompagner les personnels avant que les difficultés ne surgissent mais également d’ouvrir les enseignants vers d’autres environnements professionnels, etc. ; »

    Dans cette nouvelle configuration, les projets sont développés au niveau du département, donc au niveau de la « réalité du tissu économique », tandis que les carrières des enseignants peuvent être évaluées à l’aune de leur capacité à développer l’intégration de l’établissement dans celui ci. L’ouverture des enseignants aux «autres environnements professionnels » ne peut être comprise que ou comme une volonté d’intégrer l’économie extérieure dans l’établissement ou comme une volonté d’intégrer les enseignants dans l’espace économique local, comme une forme de nouvelle perspective de carrière.

    Par ailleurs, les rédacteurs du pamphlet rétro-pédalent sur l’intégralité du projet mis en place par Sarkozy, celui de la masterisation des concours. En fait de Master 2 pour les recrutement, le projet semble être de revenir à la licence comme base.

    « Revoir la formation des enseignants afin qu’elle favorise l’exercice du métier mais aussi les mobilités professionnelles et la diversité des carrières :

    la formation initiale doit être revue selon plusieurs modalités : tout d’abord le moment du concours pourrait intervenir dès la fin du cycle de licence, afin de consacrer les deux années de master à une formation en alternance dans laquelle la pratique mais aussi la réflexion autour des pratiques pédagogiques occupent une place de choix »

    Cela pourrait être vu comme un succès, cependant l’énigme de la « formation en alternance » en lieu et place du stage pose des questions importantes. Surtout, cette proposition ne s’inscrit pas dans une logique de retour au système précédent, mais bien de bond en avant dans la liquidation du corps enseignant sous son statut actuel. Le fond de l’affaire concernant la situation des enseignant, le voici :

    « augmenter le temps d’enseignement des enseignants du secondaire actuels avec un recours à deux heures supplémentaires, ce qui conduira à améliorer leurs rémunérations, et créer pour cela un nouveau corps d’enseignants qui pourrait se substituer progressivement à celui de professeur certifié. Pour ce nouveau corps, que les enseignants pourraient rejoindre sur la base du volontariat, le temps d’enseignement serait supérieur à celui des professeurs certifiés mais la rémunération serait également supérieure. Par ailleurs, on pourrait leur proposer des dynamiques de carrière plus intéressantes. Ce corps serait soumis à des obligations supplémentaires (bivalence, annualisation d’une partie du temps d’enseignement, obligation de remplacement dans l’intérêt du service) qui offriraient plus de souplesse aux chefs d’établissement. »

    En somme, un corps spécial, qu’il est possible de rejoindre sur la base du volontariat, mais qui se substituerait à terme aux enseignants « classiques » naîtrait. Il est notable de voir que la notion de volontariat n’a pas ici son sens classique.

    Ce corps spécial serait donc constitué de tâcherons effectuant plus d’heures, devant enseigner plusieurs matières, aux heures modulables et servant d’ailleurs de variables d’ajustement aux chefs d’établissement. En somme il s’agit de l’institutionnalisation de la précarité dans l’enseignement.

    Dans les faits, ce qui se profile est un pouvoir du chef d’établissement -qui devient un dieu tout puissant- dans la gestion d’une masse salariale qui se composera de plus en plus de contractuels, et qui tarira progressivement les recrutements faits selon la modalité de la certification. Des recrutements qui pourront appâter le candidat ou la candidate en faisant miroiter des carrières florissantes et une échelle des salaires plus souples, mais qui œuvrent surtout à creuser le fossé immense qui existe déjà dans les établissement. Fossé, qui, par ailleurs, sera acté d’une manière fracassante avec l’arrivée du contrôle continu qui se substitue en partie aux épreuves du bac.

    Libéralisation et dérégulation des conditions d’examen entraînent fatalement une variation de la valeur des baccalauréats passés dans les lycées, ce qui, avec le scandaleux Parcoursup, pulvérise la valeur du baccalauréat et sclérose encore les inégalités sociales.

    Quant à l’espoir de voir des moyens nouveaux arriver, ils sont immédiatement liquidés par le fait que l’intégralité de ce projet est architecturé autour de l’idée d’économiser des sommes considérables. Une nouvelle fois, la bourgeoisie, elle, s’en moque. Ses enfants, même les plus médiocres, ont leurs écoles, leurs réseaux, leurs pistons, leurs moyens de se reproduire socialement.

  • Stoppons Parcoursup – Le Nouveau Bac – La sélection

    Stoppons Parcoursup – Le Nouveau Bac – La sélection

    Lycéens et lycéennes, que vaudra votre Bac ?

    Bacheliers et bachelières, serez-vous traités comme du bétail ?

    Etudiants et étudiantes, que vaudront vos diplômes ?

    Parents, voulez-vous voir vos enfants déclassés ?

    Enseignantes et enseignants, deviendrez-vous des robots à notes ?

    Personnels et administratifs, serez-vous les larbins d’investisseurs ?

    Le chaos et la misère,

    voilà l’avenir que le gouvernement vous réserve !

    Surfant sur l’échec pitoyable de Post Bac, le gouvernement mène un charge, tambour battant, contre les droits sociaux, contre l’avenir de la jeunesse, contre la situation de l’enseignement et de l’éducation. Cette bataille qui s’ouvre est cruciale : elle est la bataille pour l’avenir !

    Un Baccalauréat sans valeur.

    Aujourd’hui, l’accès au Bac ne se fait pas dans les mêmes conditions. L’inégalité sociale est flagrante, la sélection est impitoyable. Cependant, dans la théorie, un Bac est équivalent à un autre Bac. Cette garantie est le fait d’un examen national, encadré, sous anonymat. Cette garantie précaire est une protection pourtant vitale.

    Car le gouvernement a pour ambition de remplacer cette épreuve par un contrôle continu doublé d’un grand oral. Ce contrôle continu rassure probablement certains, mais il ouvre en réalité les portes de l’enfer.

    Car le contrôle continu ouvre la voie aux variables. Comment évalue un enseignant dépend de sa personne, dépend de son appréciation, dépend de nombre de facteurs. La note est subjective et, parfois, pédagogique. Si les notes deviennent le critère d’accession au Bac, les enseignants ne sont plus que des machines à distribuer des tickets pour le show final. Chaque contrôle devient un examen, alors que le principe de l’année scolaire est d’apprendre à maîtriser les connaissances et les compétences pour se présenter à l’examen. S’il n’est plus possible d’avoir de marge de manœuvre, toute pédagogie sombre dans les oubliettes au profit du bachotage.

    Tricherie, corruption et conflit sont les conséquences directe de ce mode de fonctionnement. Pressés, tenus à la gorge, les élèves chercherons à tout prix à avoir les notes maximales, quitte à quitter les sentiers de la légalité. Chaque mauvaise note devient une menace sur la poursuite d’étude, une mauvaise notre n’est plus un avertissement sans frais, elle devient une déclaration de guerre face à l’avenir de l’élève.

    Les lycées n’ont pas tous la même réputation. Le Bac anonyme, malgré ses faiblesses, permettait une harmonisation de la valeur de celui-ci. Sans cette étape, un Bac portera, pour le meilleur et pour le pire, le sceau de son établissement d’origine. Il deviendra subjectif. Un Bac de lycée bourgeois et un Bac de  lycée populaire seront deux morceaux de papiers sans la moindre valeur en commun. Pire, le Grand Oral doit compter pour 15% de la note. Comment ne pas croire que la subjectivité, les à-priori, les jugements de valeur et de classe ne joueront pas sur la note ?

    Cela ouvre la voie à des établissements d’élite, chers, réservés aux nantis, aux riches, avec des bacs portant leur sceau, mais purgeant sans merci à la moindre faille. Pour avoir un bac prestigieux, il faudra passer par le tiroir-caisse.

    A l’inverse, les élèves des classes populaires, déjà stigmatisés sur le marché du travail, le seront d’autant plus en fonction de la réputation de leur établissement. Cela ouvre la voie à tout un univers de suspicion envers l’établissement. Un bac obtenu de justesse dans un lycée difficile sera synonyme de mauvais élève, mais un bac obtenu haut la main jettera le doute sur la probité des enseignants. D’ores et déjà, APB et ses appréciations posaient ces problèmes, le nouveau Bac et Parcoursup les multiplieront au centuple !

    La saveur des Bacs : un goût douteux.

    Liquider les filières pour remplacer la Terminale par une « classe de maturité » dans laquelle les élèves choisissent la composition de leurs cours, cela peut paraître une excellente idée. Sauf que l’emballage camoufle un contenu nettement moins charmant.

    Cette fragmentation n’a pas pour but de répondre à des intérêts pédagogiques. Elle laisse entre les mains des chefs d’établissement la possibilité de pouvoir ventiler comme bon leur semble les options proposées. Libérés de l’obligation d’entretenir des filières jugées moins prestigieuses, certains les liquideront discrètement. Cela ouvre la voie à des lycées L, des lycées ES, des lycées S;  STMG ; STSS…etc. Ces lycées se feront la guerre entre eux pour capter les bons élèves, lesquels auront un Bac AAA, tandis que celui des autres aura une cote de confiance moindre.

    Ces Bacs seront constitués de blocs de compétences, non de qualifications. Loin d’être un simple jeu d’appellation, la nature de ces termes est juridique. Une qualification a une valeur reconnu, quantifiable, donnant droit à un statut. Une compétence est une choses sans valeur qui sert à meubler un CV et à le faire valoir. Mais cela reste à la libre appréciation du recruteur. 

    Parcoursup ou le règne de l’arbitraire.

    Admission Post-Bac avait entamé ce travail de liquidation du droit d’accès à l’enseignement supérieur. En préparant un système sélectif, autour d’un algorithme obscur, APB créait un préalable, désormais les universités n’étaient plus tenues de conserver des places pour les nouveaux arrivants. Elles en ont profité pour inscrire en catimini une sélection illégale, sur des critères académiques, et pour pouvoir installer une gestion autoritaire des flux d’étudiants, les dispatchant au cours « d’entretiens d’orientation. »

     Parcoursup poursuit cette logique. Désormais les conseils de classe ont le devoir impératif de commenter la question de l’accès à l’université. Ce fait est tout sauf anodin. Commenter un droit est un préalable à poser des conditions à son respect.

    Parmi ces conditions, la question d’une acquisition de pré-requis est une des plus frappantes. Elle signifie donc que l’obtention du Bac n’est plus un critère en soi, mais qu’il doit s’accompagner d’une remise à niveau. Or, cette remise à niveau est une aubaine pour les écoles privées et pour quelques enseignants et enseignants sans vergogne : voilà un marché offert en cadeau. Voilà une belle manière de soutirer de l’argent aux étudiants et à leur famille, alors que les bourses elles-mêmes sont en passe d’être remplacées par des prêts bancaires.

    Mais surtout, la suppression de la hiérarchisation est une bombe atomique lancée sur l’orientation. L’élève ne pose plus ses demandes, il devient une variable, un objet, une marchandise, placée dans un réservoir au sein duquel les écoles viennent se servir au gré de leurs désirs. En fait d’orientation, c’est une mise à disposition qui se fait. Il est par ailleurs magnifique de constater que le gouvernement a prévu un amendement qui garanti l’opacité de son outil. Ce vote s’est fait de manière éloquente, l’amendement ayant été titré comme décrivant une possibilité d’accès au processus d’attribution des voeux, mais contenant en fait un texte qui le rend impossible à obtenir de manière claire. Une sorte d’aveu en demi-teinte.

    L’Université et la sélection.

    L’Université elle-même n’est pas épargnée par cette politique. Affamée par la baisse constante des budgets, elle se retrouve dans une situation où il lui est impossible de pouvoir accueillir les néo-bacheliers. Cette politique de sevrage de date pas d’hier, nous y revenons plus loin. Ses effets, en revanche, sont clairement visibles : les places se tarissent, les universités purgent entre deux semestres et elles aiguillent de forces leurs étudiants vers les places restantes, en leur faisant miroiter des débouchés qui n’existent nulle part.

    Avec l’étranglement qui s’accroît, les universités sont mises en demeure de trouver d’autres manières de pouvoir faire face. L’une des solutions est celle de la hausse des frais d’inscription, que certains voudraient voir passer à 4 000 ou 5 000 €, l’autre est celle de la réduction des places et des filières.

    Déjà une première rationalisation a été opérée, transformant la première année d’université en Terminale-bis, mais servant en fait de pédiluve avant l’entrée dans les études. En fonction des désirs du conseil d’administration, les aiguillages se font par une sélection informelle.

    L’an dernier, le ridicule tirage au sort a été mis en place pour pallier à ce problème de place. Ce tirage au sort n’a permis que de légitimer le fait de laisser sur le carreau des étudiants privés de places, tout en en prenant arbitrairement d’autres. Ce ridicule achevé a permis une chose : avaliser une sélection active, la rendre acceptable.

    L’année qui s’ouvre est celle d’une sélection accrue, elle est celle de l’hémorragie. Elle est une année de tous les dangers, d’autant que le syndicalisme étudiant de lutte a été étrillé durant la décennie précédente.

    -Lycées et Universités sont dans le même bateau.-

    D’où sortent ces attaques ?

    Il existe une triple stratégie derrière ces transformations de l’enseignement secondaire et de l’université. La première est une stratégie visant à se conformer aux accords de l’OMC, stipulant que l’éducation est un marché qui se doit d’être ouvert à l’investissement privé et dans lequel la concurrence du secteur public doit être la plus réduite possible. Cette stratégie est celle de la libéralisation la plus large de l’enseignement.

    Au sein des universités, elle s’est traduite par le processus de Bologne. Ce processus vise à développer des compétences élargies pour les universités, de doter les président et les présidentes ce celles-ci de pouvoirs accrus. Elle a pour ambition de réduire le financement étatique des universités et de les pousser à nouer des partenariats avec le privé pour trouver les fonds nécessaires à son fonctionnement. Ces partenaires privés ont des places attitrées dans les conseils d’administration, ce qui leur permet de peser – plus que quiconque !- sur les décisions, notamment sur la question de la masse salariale et la gestion du personnel dans le but de réduire les coûts de fonctionnement. Plus encore, elle offre la possibilité aux investisseurs de définir les maquettes des  filières, de pouvoir créer leurs propres Licences ou Masters qui correspondent étroitement à leurs intérêts. Car, derrière les déclarations de principe  sur l’excellence et la beauté de l’enseignement, le but d’un capitaliste reste le retour sur investissement. Cette politique s’est incarnée dans la Loi sur la Responsabilité des Universités, fortement combattue à l’époque, et désormais actée.

    La politique vers les lycées n’était pas différente. En 2005, François Fillon avait été le fer de lance de la mise en place d’une politique d’autonomie des lycées. Celle-ci a avorté suite à la mobilisation massive des enseignants et enseignantes, des élèves et de l’hostilité des administrations. Mais l’idée n’a pas été détruite, elle a simplement été repoussée à plus tard. Déjà, à cette époque, les projets de nouveau bac fleurissaient. Treize ans après, l’offensive reprend de plus belle, mais face à une opposition dévastée.  En fracturant davantage les situations des lycées, l’idée est d’accorder la gestion des recrutements et de la masse salariale aux chefs d’établissements, devenant « patrons » de leur lycée.  L’idée est également d’individualiser le statuts des enseignants, de compter d’une manière sans-cesse accrue sur des contractuels, en somme de s’attaquer sournoisement au statut des fonctionnaires.

    Car la deuxième stratégie est là : benchmarker les lycées et les universités. La Révision Générale des Politiques Publiques, orchestrée par Sarkozy, poursuivie par Hollande, suralimentée par Macron, a pour ambition d’évaluer et d’étalonner la performance des services publics. Cela pourrait passer pour une idée candide, mais les critères retenus sont terrifiants. L’idée est de prendre comme maître étalon la rentabilité du privé et de l’appliquer au public. Or, ce qui est concevable dans le cadre d’une entreprise capitaliste, dont le maître-mot est cette rentabilité, ne peut l’être dans le cadre d’un hôpital, d’un lycée, d’une université. Il est exigé d’atteindre un équilibre entre recettes et dépenses pour des administrations qui ne peuvent être, par définition, rentables. Cette rationalisation se traduit donc par la désertification, par le rassemblement dans des pôles concentrés, mais également pas une attaque sur le statuts des individus qui travaillent en son sein. Remplacer l’emploi public par de l’emploi précaire, voilà leur solution. La qualité passe à la trappe, de toute manière elle n’est pas éprouvée par ceux qui détermine ces lois, lesquels ont les écoles de leur classe sociale tout comme leurs hôpitaux privés. Qu’importe si les frais d’inscription sont haussés ou si les frais de soins explosent, les banques seront ravies de prêter de l’argent. Il s’agit également d’un des bénéfices secondaires, celui de forcer à l’emprunt privé, à la place de bourses sociales moribondes.

    Troisième objectif stratégique, la bataille de l’emploi. Véritable manœuvre de génie, cette opération ciblant les universités et les lycées sert de contrefort à l’offensive sur l’emploi. Fragmenter en petites filières estampillées par telle ou telle entreprise, en tel ou tel bac de telle ou telle valeur, les stratèges de ces réformes veulent également casser les convections collectives. L’individualisation des statuts et des situations rend leur catégorisation impossible, et donc la garantie des droits qui y sont associés tout aussi impossible. Une licence Nintendo ; un Master philosophie-Véolia, n’ont de valeur qu’aux yeux de l’entreprise sponsor. Si les désirs changent, leur valeur s’effondre. Les différentes « saveurs » de bac, croisés avec la confiance variable accordées aux établissements -à quand des agences de notation ?- débouchent sur un chaos infernal. Dans la bataille contre le Code du Travail que mène le gouvernement, c’est là un immense gain : toutes les prochaines générations seront privées de toute reconnaissance, la compétence l’emportant sur la qualification. Par rebond, ces sous-travailleurs tirent vers le bas la situation de ceux qui sont encore couverts, obligés de s’aligner sur ce nivellement par le bas.

    Voilà les objectifs stratégiques que veulent atteindre les gouvernements successifs. Faire la part belle au privé, à la rentabilité, à la soumission à l’employeur.

    L’ironie de la chose est que, à terme, cette politique désavantage même les capitalistes. La soumission de la recherche et de l’enseignement aux petits intérêts égoïstes et tactiques du patronat de peut déboucher, au final, que sur un enseignement amputé, amoindri, soumis et subjectif. Il ne peut déboucher que sur un effondrement des recherches non-rentables actuellement, mais porteuses à l’avenir. Il est une impasse scientifique et technologique, une illustration de la nature pourrissante du capitalisme et de l’impérialisme.

    Que faire ?

    Rejeter – Désobéir – Lutter !

    Ne nous berçons pas d’illusions, le système scolaire connaît des vices et des défaillances graves, la sélection sociale est déjà présente dans ses gènes. Mais chaque recul l’accroît, la renforce, draine davantage vers l’échec scolaire, vers la précarité sociale. Nous ne devons pas reculer !

    L’Unité Communiste de Lyon appelle les parents d’élèves à déclarer leur hostilité à cette réforme qui n’aura comme effet qu’accroître la précarité et la misère parmi les larges masses populaires. Elle appelle à condamner cette réforme, à le rejeter au loin, comme un coup de poignard dans le dos de l’avenir de la jeunesse.

    Elle appelle les enseignants et le personnel administratif à empêcher le fonctionnement de cette gare de triage obscure et arbitraire. Les enseignants sont sommés d’être des agents de la sélection. Utiliser cette position pour la rendre impossible à mettre en œuvre est possible. Il suffit de répondre positivement à chaque vœux, et particulièrement à ceux qui concernent l’accès à l’université. Celui-ci est un droit, il n’a pas à être entravé.

    Au final, la lutte demeure cependant ce qui décidera de l’avenir.

    L’Unité Communiste de Lyon appelle les lycéens et les lycéennes à s’informer, se mobiliser, à définir les modalités de la manière dont ils envisagent le combat pour leur avenir. Elle appelle à la jonction avec les étudiants et étudiantes qui luttent également.

    L’Unité Communiste de Lyon soutient les initiatives de mise en place d’Assemblées Générales, instances démocratiques de la lutte, lieu d’information, de mobilisation, de débat et de décision. Cette instance est l’instance suprême des luttes.

    L’Unité Communiste de Lyon appelle à rejoindre les syndicats combatifs et à les renforcer, car l’outil syndical est une arme essentielle dans la lutte contre ces réformes.

    Déjà inégalitaire, l’accès à l’éducation est un droit qui doit se défendre. L’Unité Communiste de Lyon est pour une éducation gratuite, laïque, critique et populaire. Mais il ne faut pas se laisser abuser, tant que le capitalisme est le système économique dirigeant, l’éducation sera toujours sous la coupe de la loi du marché et de l’inégalité.

    Une grande bataille se prépare, elle est essentielle ! Soyons au rendez-vous. Soyons unis et combatifs !

    Soyons victorieux et victorieuses !

    L’Unité Communiste de Lyon est membre des Amis de l’ICOR [Coordination internationale des partis et organisations révolutionnaires], elle est également membre de la campagne de soutien au Bataillon International du Rojava, qui combat contre les réactionnaires, les fascistes et les impérialistes, au côté du peuple Kurde et de ses alliés.

    L’Unité Communiste de Lyon milite pour la construction d’un Parti Communiste révolutionnaire, capable de pouvoir servir de fer de lance contre les exploiteurs, contre l’Etat bourgeois, qui opprime, contre l’oppression politique et sociale. Elle lutte également, au premier chef, contre l’impérialisme français, bourreau de l’Afrique.

    L’Unité Communiste de Lyon considère que la révolution socialiste est la seule méthode qui peut remettre le pouvoir entre les mains des masses populaires, dans un Etat dirigé par elles, contre les exploiteurs et les impérialistes. Pour l’Unité, la démocratie populaire et le monopole  par le peuple des outils de production est la seule voie qui permette de répondre aux problèmes de la misère, du chômage, de la destruction de l’environnement, en liquidant la loi du profit pour la remplacer par le fait de répondre aux besoins matériels et culturels du peuple.

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