Étiquette : Antisémitisme

  • Commémoration pour Ilan Halimi : 15 ans déjà.

    Commémoration pour Ilan Halimi : 15 ans déjà.

    Rassemblement contre les crimes antisémites et tous les actes racistes.

    Ne pouvant pas être présents et présentes, nous avons choisi de ne pas apposer de signature fantôme. Cependant, la lutte contre l’antisémitisme constitue un point non-négociable de notre programme minimal.

    Nous condamnons tout autant les actes antisémites que la rhétorique qui les alimente. Souvent, les Juifs et les Juives ont été utilisés comme des victimes expiatoires, des boucs-émissaires, des diversions. Les pogroms d’hier ou le négationnisme d’aujourd’hui sont tout autant de moyens utilisés pour détourner la colère populaire. Pour se protéger, les exploiteurs et les bourreaux trouvent des stratagèmes, dont celui du racisme.

    Pour autant, nous considérons que certains défenseurs autoproclamés sont de faux alliés. Manuel Valls, par exemple, s’est emparé de cette question, puisant d’ailleurs allégrement dans un inconscient antisémite. De même, l’État d’Israël, par sa politique, prend en otage les Juifs et les Juives en imposant un positionnement par rapport à sa politique d’État.

    Nous pensons qu’il faut lutter sans relâche contre l’antisémitisme et contre le racisme sous toutes ses formes et sous toutes ses expressions. A nos yeux, le remède ne peut se situer que dans l’unité populaire, le front commun contre les bourreaux communs : les exploiteurs capitalistes.

    Le Réseau d’Actions contre l’Antisémitisme et tous les Racismes, Juives et Juifs Révolutionnaires, Mémorial 98 et le Collectif des Juifves VNR appellent à une commémoration pour Ilan Halimi, assassiné il y a 15 ans.

    Rassemblement contre les crimes antisémites et tous les actes racistes. Dimanche 14 Février – 14h – Jardin Ilan Halimi, 54 rue de Fécamp, 75012

    Il y a 15 ans, Ilan Halimi était kidnappé, séquestré, torturé et assassiné parce que Juif. Il était retrouvé le 13 février agonisant sur les rails du RER C. Ilan manque à sa famille et à ses proches. Et nous ne l’oublierons jamais. Ce sont les stéréotypes antisémites les plus anciens qui ont mené à son assassinat : les Juifs seraient riches et maniganceraient dans l’ombre. Depuis 2006, de l’école Ozar Hatorah à Toulouse jusqu’à l’Hypercacher de la Porte de Vincennes, onze hommes, femmes, enfants ou personnes âgées ont été tuées en France parce que Juives.

    Les actes antisémites et les violences racistes sont en augmentation, ici et ailleurs dans le monde. Les vingt-quatre jours qui ont amené à la mort tragique d’Ilan Halimi nous obligent à une détermination sans faille contre l’antisémitisme et contre toute forme de racisme. C’est pourquoi le dimanche 14 février à 14h nous appelons, en sa mémoire, ainsi qu’à celle de toutes les victimes de crimes antisémites et racistes, à un rassemblement au jardin Ilan Halimi, 54 rue de Fécamp. Nous demandons explicitement qu’aucun drapeau national ne soit brandi, afin de ne pas détourner le sens de cette commémoration.

    A l’appel de :

    Réseau d’Actions contre l’Antisémitisme et tous les Racismes, Juives et Juifs révolutionnaires, Mémorial 98, Collectif des Juifves VNR

    Avec le soutien d’organisations juives, de lutte contre l’antisémitisme et d’organisations antiracistes: Ayeka, Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide (UJRE), Une Autre Voix Juive (UAJV), Comité Adama Traoré, Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie (ACORT), Collectif Nta Rajel, Association Ibuka, Collectif Golema, Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP), SOS Racisme, QTPOC autonomes Confédération Générale du Travail (CGT), Fédération syndicale unitaire (FSU), Union syndicale Solidaires, Solidaires Étudiant-e-s, la FIDL, Union Départementale des Syndicats CGT de Paris, L’UNEF (l’Union Nationale des Etudiants de France) Vigilance Informations Syndicales Antifascistes (VISA), CNT STE75 et Sup-recherche région parisienne,

    Ensemble, Fédération Anarchiste (FA), Génération.s, Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Parti de Gauche (PG), Union Communiste Libertaire (UCL), Parti Communiste Français (PCF), La France Insoumise (LFI), Attac France, Action révolutionnaire LGBQTI, Collectif Ecolo-Libertaire Anti-fasciste & Féministe (ELAfF), Collectif Irrécupérables, Collectif féministe révolutionnaire (CFR), Collectif Paris Queer Antifa, Collectif Agitations, Editions syndicalistes, IPAM/CEDETIM, Jeune Garde, La Horde, Collectif Jaggernaut (revue), Les Amis de La Révolution Prolétarienne (revue), SIAMO, Séminaire ETAPE, Transgrrrls, RESOME, Aplutsoc – Arguments Pour la Lutte Sociale, PEPS ( Pour une Ecologie Populaire et Sociale), Fondation Copernic

    Nous appelons sur place à un respect strict des mesures sanitaires : port du masque, respect des gestes barrières et distanciation physique seront de rigueur.

    A lire sur ce sujet :

    https://unitecommuniste.com/france/halte-a-linstrumentalisation-de-la-lutte-contre-lantisemitisme/
  • Les prochaines attaques.

    Les prochaines attaques.

    Les prochaines attaques.

    Le mouvement des Gilets Jaunes, qui dure depuis bientôt quinze semaines, est une véritable bataille de Verdun sociale. Elle fixe et focalise toutes les attentions du moment, monopolise véritablement les esprits et les pensées. Elle est le centre de gravité de la bataille contre les assauts du gouvernement.

    Faute de pouvoir juguler le mouvement des Gilets Jaunes, toute la gamme de manœuvres habituelles ont été mises en branle par le gouvernement et différentes fractions de la bourgeoisie. Laisser passer du temps, en espérant que les choses se tassent d’elles-mêmes ; utiliser la force brute pour décourager les manifestants et les manifestantes de s’exposer au danger ; arrêter préventivement les « meneurs » ; faire appel à des agents provocateurs d’extrême-droite, coordonnés avec la police, pour semer la division… Cela n’a pas fonctionné.

    Mais également, nos ennemis de classe ont manié la carotte : saluer la création de listes européennes pour faire rentrer dans le giron de la démocratie bourgeoise le mouvement ; promettre un référendum scélérat qui servira à faire passer des réformes structurelles… en somme tout est tenté. Il est à souligner que le référendum était déjà mentionné en juillet dernier comme moyen envisageable pour faire passer en force les modifications décidées par le gouvernement (« Si cela est nécessaire, je recourrai au vote de nos concitoyens par voie de référendum. » )

    Depuis quelque temps, des discours faisant glisser la question des Gilets Jaunes d’une question sociale et politique à une question ethnico-religieuse. En prenant appui sur des actes isolés commis ces derniers temps, dont certains sans lien avec les Gilets Jaunes, une frange réactionnaire de la bourgeoisie tente une manœuvre dangereuse. Il existe, de fait, une présence et une influence de certaines thèses réactionnaires et conspirationnistes chez les Gilets Jaunes comme dans la société dans son ensemble. Des luttes sont menées constamment pour les juguler.

    Au lieu de souligner ces contradictions, ces agents provocateurs, tels que BHL et Finkielkraut, ont choisi sciemment d’instiller le poison de « l’ethnicisation du conflit ». Ils ont été repris en cœur par Grievaux (entre deux hommages à Pétain, toutefois), par Castaner, avec la bénédiction de l’Elysée. Le PS, désespéré de sa propre inutilité, a impulsé un front commun contre l’antisémitisme, permettant même au RN, à Zemmour et à Ciotti de vomir leur haine des musulmans, présentée comme un antidote à l’antisémitisme. Nombre d’organisations se sont couchées devant cet ultimatum. A l’inverse, les rassemblements dénonçant cette instrumentalisation, à l’initiative de l’UJFP (Union Française des Juifs pour la Paix) ont permis à des discours douteux et tout aussi ethnicisant, comme celui du PIR, de se propager.

    Parallèlement à cela, le gouvernement à non seulement utilisé le mouvement des Gilets Jaunes pour faire avancer son propre agenda politique et répressif (lois anti-manifestations, lois sur la presse…), mais également il a pu poursuivre son travail sur d’autres fronts d’attaque, profitant de l’accaparement de l’attention.

    Le gouvernement a prévu un ordre du jour particulièrement chargé en termes d’offensives contre les droits sociaux. Le rapport Cap 2022, qui avait fuité durant l’été, donnait une idée générale de quelles étaient les ambitions de la direction de l’Etat.

    L’analyse du rapport est disponible ici dans son intégralité. Résumer ce plan de bataille est simple : anéantir la fonction publique ; donner un coup d’accélérateur à la privatisation de pans énormes des services publics (éducation, santé, mais également les ex-nationales, qui pourront être administrées par des sociétés privées) ; traquer les moindres dépenses et « responsabiliser » ceux qui usent des aides sociales. Il est important, essentiel, de garder ce terme de « responsabiliser » à l’esprit. Il va devenir central.

    Malgré la lutte intense actuelle, le gouvernement n’a pas renoncé à poursuivre ces projets. Il les a même amplifiés. Il est revenu sur chaque promesse, sur chaque concession. L’offensive continue.

    L’offensive non-stop

    La grande entourloupe orchestrée par le gouvernement se joue là : ceux qui ont besoin de ces aides sont vus comme des irresponsables, qui coûtent cher, qui sont oisifs, inutiles, contre-productifs. Il faut donc les « dresser ». « Mais protéger les plus faibles, ce n’est pas les transformer en mineurs incapables, en assistés permanents de l’Etat, de ses mécanismes de vérification et de contrôle (…) C’est de leur redonner, et à eux seuls, les moyens de peser efficacement sur leur destin. »

    Par exemple, la mise en place du jour de carence, pour lutter contre l’absentéisme. Ces journées sans salaires peuvent maintenant s’étendre jusqu’à une durée de trois jours. Or, limiter les absences ne contribue pas à améliorer la santé de ceux et de celles qui en font usage. Au contraire, elle tend à rendre non seulement l’accès aux soins plus compliqués mais également à accroître l’usure des travailleurs et des travailleuses, dont les absences perlées sont le plus souvent un révélateur essentiel. Mais cette donnée n’a aucune importance aux yeux des ceux qui vivent du rendement produit par le travail des autres.

    Dans ses discours de Versailles et devant le Parlement, en juillet dernier, Macron dévoilait une partie de son plan de guerre contre les intérêts des classes populaires du pays. La très grande majorité des individus, dès lors qu’elle entend parler de fiscalité, ne peut s’empêcher de bailler fortement et de détourner son attention. Or, dans ce cadre-là, la question de l’impôt est centrale.

    Les cotisations sociales, qui ne sont pas des impôts à l’origine, mais une participation à des caisses de solidarité. L’Etat n’avait, à l’origine, pas sont mot à dire sur leur contenu ou sur leur redistribution. Ces aides étaient des droits.

    Or, en changeant le financement de ces caisses, en passant d’une cotisation à un impôt, l’Etat, et donc la bourgeoisie, s’est arrogée le droit de donner non seulement son opinion sur cette question, mais directement d’en prendre le contrôle.

    « La solidarité nationale est de plus en plus financée par l’impôt, ce que vous avez voté en matière d’Assurance Chômage a ainsi supprimé toute cotisation salariale remplacée par la CSG mais il faut bien expliquer l’ensemble de cette réforme, ne pas voir que la CSG qui augmente d’un côté, en oubliant que ce sont toutes les cotisations sociales salariales qui ont baissé de l’autre. »

    Ce jeu de passe-passe paraît ne rien changer. Mais il bouleverse tout ! Il donne tout pouvoir à l’Etat sur l’argent récolté. Non seulement la CSG est inégalitaire, mais, en supplément, l’Etat peut la ventiler comme bon lui semble.

    Leur nature de droit n’est plus, dès lors, garantie. « il n’y a plus un droit au chômage, au sens où l’entendait classiquement, il y a l’accès à un droit qu’offre la société mais sur lequel on ne s’est pas garanti à titre individuel, puisque tous les contribuables l’ont payé. »

    En somme, comme ce n’est plus une cotisation, mais un impôt, l’Etat s’arroge le droit de dire qui le mérite ou qui ne le mérite pas.

    Dès lors, il exige des contreparties. Devant l’Assemblée, Edouard Philippe a déclaré :«Il n’est pas scandaleux, je le dis comme je le pense, de poser la question des droits et des devoirs. […] Lorsque l’Etat crée des systèmes de solidarité ou d’accompagnement ou d’encouragement, la logique de droits et de devoirs est impérative.» Il est fascinant de constater que le Premier ministre considère que la création des aides sociales est issue de l’Etat. Cette falsification de l’histoire est malheureusement typique. Même le RSA est géré par les départements. En réalité, l’Etat, pour le compte de la bourgeoisie, s’est invitée dans la gestion des aides sociales dans le but d’en prendre le contrôle et de, à terme, les réduire à néant.

    Cela rentre dans le cadre de la longue guerre fiscale entre les exploiteurs et les exploités, que nous résumons ici.

    Déjà, des affiches fleurissaient dans certaines régions, parlant du bénévolat pour sortir du RSA. L’idée que ceux qui bénéficient d’aides sociales puissent faire du travail « d’intérêt général » est, en dernière analyse, la première étape vers le fait qu’ils doivent en faire, pour conserver ces aides.

    Cela illustre une certaine mentalité qui confond chômage, inactivité professionnelle avec une oisiveté, une fainéantise, qui doivent être corrigée par le travail. Elle contribue à donner une impression du fait que les chômeurs sont responsables de leur sort. Cette morale, somme toute assez huguenote, s’accompagne aussi de certains appétits féroces et sous-jacents.

    Du travail gratuit, à la pelle, voilà le rêve qui s’incarne dans ce genre de mesures. Petit paradoxe : s’il est possible de faire travailler ceux qui n’ont pas de travail, c’est qu’il existe des postes non-pourvus. Donc cette mesure est, somme toutes, hypocrite. Si des chômeurs occupent gratuitement un poste, ils contribuent à empêcher les embauches et donc à perpétuer une situation de chômage. Qui plus est, en étant payé au niveau des aides sociales, ils contribuent également à tirer les salaires vers le bas, en dévaluant les postes qu’ils occupent. Dans un sens, ce travail gratuit ne contribue nullement à enrichir la société. Au contraire. Il contribue à l’appauvrir. Les seuls qui peuvent se réduire de cela sont ceux qui verront leurs taxes diminuer par le fait que les « travaux d’intérêts généraux » soient faits par des personnels surexploités. Et encore, même pour les capitalistes, ce n’est pas forcément une si bonne nouvelle que ça.

    Pourquoi ?

    Dans un sens, cette mesure se rapproche de la loi sur l’alimentation. Celle-ci partait initialement, quant à elle, d’un constat juste : une grande partie des petits et moyens agriculteurs et des petits et moyens producteurs sont dans des situations financières extrêmement précaires. Ces catégories sociales touchent, en particulier depuis la grande distribution, des bénéfices anorexiques du fait des prix bas. La loi alimentation est censée répondre à cela en garantissant une hausse des rentrées d’argent, par l’augmentation des prix et la mise en œuvre de certaines contraintes concernant les grands magasins. L’idée peut paraître sympathique.

    Mais, pour ne pas s’aliéner les grands cartels de la distribution, Macron ne touche pas à leurs marges sur les ventes. La loi est faite pour que ce soit une hausse des prix intégralement répercutée sur les consommateurs. Cela lui a néanmoins permis de ricaner en disant que « ce n’est pas open bar », si les Français et les Françaises veulent que les agriculteurs soient mieux payés, à eux de le faire.

    Mais cette loi est contre-productive. Elle est déflationniste, ce qui, en régime capitaliste, n’est pas un bon signe. Elle impacte le niveau de vie et le pouvoir d’achat d’une très grande partie des habitants et des habitantes de France. Comme la part du budget des ménages dédiés à la consommation est de plus en plus grande, celle-ci atteindra des limites. A l’arrivée, les supermarchés et hypermarchés auront beau avoir l’impression d’avoir remporté une victoire sur leur taux de rendement, leur chiffre d’affaires n’en grandira pas pour autant. Il finira même probablement par se contracter. Somme toutes dans cette loi, les agriculteurs, les consommateurs et même la bourgeoisie sont perdants.

    Il en est de même pour le travail gratuit, il contribue à faire baisser le niveau de vie, à jeter dans la misère toujours plus d’individus, et à tirer les salaires vers le bas. Il fait, certes, baisser les impôts de ceux qui en paient, mais au prix d’une déflation qui peut s’avérer dangereuse même pour les capitalistes.

    Certes, Macron et ses sbires veulent augmenter le salaire net pour permettre plus de consommation. Mais ce que les cotisations sociales ne couvriront plus devra être compensé. Les mutuelles vampiriseront une partie conséquente de ces sommes « libérées », tandis que les mauvais jours devront être prévus par la constitution de bas de laine, comme dans l’ancien temps. En dernière instance, le jeu de presser au maximum les larges masses populaires pour tout leur prendre se heurte à des logiques économiques qui se retournent contre ses auteurs.

    En fait de période de faste, nous nous dirigeons à tout petit pas vers des crises économiques toujours plus brutales.

    Cela illustre certaines contradictions du capitalisme, lequel ne mène plus qu’à l’accaparement de richesses par une poignée, tandis que les crises reviennent inlassablement. Dans tous les cas, l’avenir est bien sombre, économiquement et, par voie de conséquence, politiquement.

    Le gouvernement, malgré le mouvement intense, poursuit donc ses objectifs. Nous devons poursuivre les nôtres. La lutte des Gilets Jaunes préfigure une série de luttes intenses qui naîtront mécaniquement de la misère croissante. Plus la situation s’aggrave, plus celles-ci prendront un caractère explosif.

    L’échec des diversions réformistes est patent. Il n’existe plus d’issue électorale évidente, malgré les agitations de LFI ou du RN. Cela créé une situation où les mouvements se politisent par leur confrontation directe avec la dictature capitaliste et l’appareil d’Etat. Cette politisation est une force immense.

    Le rejet de prétendues institutions démocratiques, le rejet du régime de dictature du capital, pose des questions inédites. Les communistes ont un rôle immense à jouer dedans pour permettre à ce que mature la conscience politique des masses populaires, mais également pour les organiser et les rassembler.

    Il y aura de facto un reflux dans le mouvement de masse, par la fatigue, l’épuisement, la lassitude. Ce reflux déterminera qui sera le gagnant et qui sera le perdant de la grande lutte. Le gouvernement mènera une contre-offensive sociale, sans le moindre doute. Si les forces qui se sont levées ne sont pas plus organisées et plus structurées qu’avant, celui-ci aura gagné. Si les fascistes remportent la bataille pour l’hégémonie politique du mouvement, celui-ci sera perdu. Si nous parvenons -et cela ne dépend que de nous, un nous au sens large- à faire que le camp du peuple est plus unis, plus politisé, plus solide, plus solidaire, alors nous aurons gagné. Cela formera un pas, mais un pas immense, vers d’autres victoires, plus stratégiques et plus cruciales encore.

  • Halte à l’instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme !

    Halte à l’instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme !

    Halte à l’instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme !

    L’antisémitisme est un problème réel qui doit être considéré avec sérieux et avec gravité. Le Parti Socialiste a, ces derniers jours, lancé un large appel à un front uni contre l’antisémitisme. Nous considérons qu’il est, effectivement, nécessaire de lutter contre ce fléau. Cependant, nous ne pouvons pas prendre au sérieux la manœuvre initiée par le PS. Elle ne peut être considérée comme un acte sincère, mais uniquement comme une opération de communication.

    La période que nous vivons est marquée par les difficultés économiques, par l’accaparement des richesses par la grande bourgeoisie et ses monopoles. Il en résulte des tensions sociales importantes, explosives, qui se manifestent de différentes manières. Certaines de ces manières sont saines et justes, comme les luttes, comme la remise en cause de l’ordre bourgeois et de son régime despotique.

    D’autres, attisées par l’extrême-droite et une sphère conspirationniste et confusionniste à son service, détournent la colère des exploités. Leurs vomissements de haine attisent les braises du racisme, de l’islamophobie, de l’antisémitisme, mais également du sexisme ou de toute une série de -phobies qui permettent de fragmenter toute idée d’unité contre les exploiteurs.

    Récemment, l’un de ces vieux démons assoupis, celui de l’antisémitisme, est revenu sur le devant de la scène. Les inscriptions « Juden », les tags antisémites, les croix gammées (devant le PCF de Vienne par exemple), les publications racistes… ont été légion.

    Elles ont culminé, selon les médias et les ténors de la politique, avec l’agression du « philosophe » Finkielkraut. Durant l’acte XIV des Gilets Jaunes, Alain Finkielkraut, comme durant Nuit Debout, a déclenché un incident. Il est venu agir en agent provocateur. Si son cinéma est le même qu’il y quelques années, la réaction n’est plus la même. Les invectives dont il a fait l’objet étaient, pour certaines, porteuses de sous-entendus particulièrement douteux. Elles ont été montées en épingle par de nombreuses forces politiques. Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, a ainsi apporté un soutien public à Alain Finkielkraut, dénonçant ceux et celles qui l’auraient traité de « sale juif ». Légitime. A ceci près que le terme n’a jamais été prononcé, de l’aveu même de la victime.

    C’est là où le bât blesse et où le manque total de sérieux dans le traitement de l’antisémitisme apparaît publiquement. Ce sont ces déclarations qui déforment la réalité et instrumentalisent les faits qui démasquent ceux qui les profèrent. Ce ne sont pas des alliés des Juifs et des Juives qui subissent l’antisémitisme. Ce sont, au contraire, des vautours qui n’ont d’autre hâte que de trouver des sujets à utiliser pour attaquer les masses populaires. Griveaux, qui a rendu hommage à Pétain et qui a confondu dans ses citations l’antisémite Charles Maurras avec le résistant Marc Bloch, représente-t-il l’avant-garde de la lutte contre le racisme ?

    Qu’irions-nous faire, nous, communistes, révolutionnaires, dans des rassemblements impulsés par le PS ? Comment pourrions-nous accepter de serrer les mains des Wauquiez, des Collomb, des bourreaux des masses populaires, de ceux qui écrasent les exploités ? Qu’irions-nous dire, aux côtés de ceux qui pratiquent le colonialisme et le néocolonialisme. Qu’irions-nous faire auprès de ceux qui vomissent la haine et la division, qui instrumentalisent les souffrances, et qui, dans le même temps, ne se privent pas de faire commerce avec les pires régimes du monde.

    La proposition du Parti Socialiste, en vérité, n’est ni plus ni moins qu’un piège.

    Le choix n’en était pas un. Signer signifiait accepter d’être tout sourire aux côtés des agents de la régression sociale et politique. Cela signifiait également avaliser un discours qui décale le débat public des questions économiques et sociales vers des questions identitaires, ethnico-raciales. Un discours qui alimente les tensions entre les communautés, ce qui est le jeu favori des politiciens et des politiciennes depuis les 30 dernières années.

    Ce discours qui occulte les revendications des Gilets Jaunes, qui occulte le mouvement social et politique, et qui l’enferme dans une grille de lecture, par ailleurs suggérée par BHL, par l’antisémitisme.

    Nous ne pouvons pas accepter ce discours. Nous ne pouvons pas accepter ces attaques ouvertes ou détournées contre le mouvement social. Or, ne pas signer cet appel prête le flanc à l’accusation de collusion avec les réactionnaires, avec les racistes, avec les fascistes.

    Ainsi, LFI a choisi au départ, d’ignorer l’offre de signature, tandis que le RN n’a pas été invité. Nous ne pensons pas que LFI soit un nid d’antisémites camouflés et conspirant contre les Juifs et les Juives. Nous pensons que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a été placé au pied du mur par cette offre : choisir entre une crédibilité politique d’opposition et entre un réel antiracisme, il a ployé le genou sous la pression. Le PCF a poursuivi sa logique propre : après une interview dans laquelle Fabien Roussel indiquait dénoncer les « casseurs » à la police, après des déclarations demandant plus de policiers pour « encadrer » les manifestations, le PCF accepte de serrer les mains des bourreaux. Les grands succès du congrès du PCF sont payés aujourd’hui, par la ligne Brossat-Roussel.

    Quant au RN, nous pensons au contraire que le mouvement fasciste aurait été bien trop heureux de signer cet appel pour continuer son processus de dédiabolisation.

    Que penser de tout cela ? Nous ne pouvons comprendre cet appel, qui est une véritable injure à ceux et celles qui souffrent du racisme, que comme une manœuvre visant à constituer un centre « démocratique » contre des ailes « populistes ». Or, assimiler, derrière le mot de « populisme », extrême-droite et extrême-gauche, dans le but évident de diaboliser cette dernière, donne des conséquences funestes. Elle créée le corollaire de rendre l’extrême-droite fréquentable, banalise ses thèses, popularise ses analyses, et lui décerne la couronne d’alternative convenable à l’échec du système. Voici, fondamentalement, le travail de pompier pyromane que la « macronie » et ses médias, mènent.

    Les perspectives des organisations politiques du « centre » ne sont pas réjouissantes. Le travail qu’elles ont fait pour le compte de la grande bourgeoisie les ont démasquées, les unes après les autres, comme travaillant contre les intérêts populaires. A force de servir d’interface pour les directives des exploiteurs, elles ne paraissent plus des portes de sorties politiques crédibles aux yeux des masses.

    D’une part, ce qui est condamné aujourd’hui, par une ligue allant de la « gauche » issue ou inféodée du PS à la droite qui drague lourdement sa voisine extrême, est à géométrie variable. S’ils sont prêt à disséquer avec ferveur les lourds sous-entendu lancés contre Finkielkraut, ils se sont montrés eux-mêmes de grands adeptes du sous-entendu quand celui-ci pouvait leur servir d’arme. Ils ont avalisé qu’il était acceptable de traiter certaines populations, Rroms, musulmans… comme des individus de second ordre. En somme, ils ont autorisé le racisme larvé comme un argument politique contemporain.

    Dans le fond, aux yeux de ces individus, même inconsciemment, la question du racisme ne prend qu’une dimension tactique. Elle est une manœuvre qui permet de marquer des points, qui permet de s’afficher, qui permet de faire parler de soi. Le FN/RN, montant les homosexuels contre les musulmans pendant des élections, puis faisant l’inverse pendant la Manif Pour Tous. Valls proclamant une fidélité inconditionnelle à la « communauté » juive et à Israël « je suis lié (…), de manière éternelle, à la communauté juive et à Israël », proclamant les juifs comme étant « à l’avant-garde de la République » et aujourd’hui défilant avec la droite Franquiste en Espagne. Valls , par ses propos, a insinué qu’il existerait une élite auquel il faudrait prêter allégeance.

    Or, les Juifs et Juives de France, qui n’avaient rien demandé de plus que le fait qu’on les laisse tranquille et de ne pas être assimilés de force à la politique d’Israël, se sont vus impliqués, à leur corps défendant dans les propos d’un premier ministre qui fait appel à un inconscient antisémite. En dernière analyse, ces propos ont nettement plus contribué à mettre en danger les Juifs et les Juives de France qu’a leur apporter le moindre réconfort. Voilà à quoi mène la loyauté « éternelle » de ces agitateurs.

    Les responsabilités sont écrasantes !

    Car il existe une part de responsabilité terrible d’un certains discours politique dans la montée de l’antisémitisme. Il existe bien sûr, celui, direct, qui vise les juifs en les parant de tous les traits les plus néfastes, en inventant des mensonges et des calomnies, en déclenchant des attitudes pogromistes. C’était celui des fascistes, des nazis, de l’Okhrana, cette sinistre police du Tsar.

    Il existe un autre, vicieux, insidieux, qui utilise le rejet et la répulsion que procure la politique d’Israël à de grandes parties de la population française comme mondiale, et de s’en emparer, pour tenter de justifier les crimes passés, de les légitimer a posteriori et, en dernier lieu, de réhabiliter les régimes qui les ont commis. C’est celui de Soral, par exemple.

    Mais il en existe une autre forme, tout aussi perverse, qui consiste à s’emparer de la mémoire de ceux qui ont perdu la vie ou qui ont été persécutés. Qui consiste en une prise en otage des souffrances de millions de personnes pour servir des projets politiques, économiques ou géopolitiques. Cette manière de créer un ensemble artificiel, déniant aux juifs et aux juives leur opinions, leurs positionnements politiques, considérant que toute critique politique du sionisme et d’Israël devient un acte antisémite, est une manœuvre qui n’apporte qu’un climat de haine et de crainte.

    C’est la politique qu’a suivi Manuel Valls, en considérant que le rejet du sionisme en tant qu’idéologie politique est l’antichambre de l’antisémitisme. C’est la politique du gouvernement israélien, qui expose aux violences sa propre population, pour ensuite les instrumentaliser en en faire une justification d’une politique colonialiste.

    Lorsque le député LREM Sylvain Maillard justifie un projet de loi assimilant antisionisme et antisémitisme en déclarant : « On peut critiquer le gouvernement d’Israël, mais pas remettre en cause l’existence même de cet État« , il ne rend pas service aux juifs et juives de France ou d’ailleurs. Figer la critique de l’existence d’un ensemble juridique ne présume pas d’une haine contre ses habitants, ou contre les Juifs et Juives. En revanche il adoube une politique douteuse qui consiste à assimiler l’un à l’autre.

    Qu’importe les conséquences dramatiques pour la vie de ceux et de celles que ces déclarations, qui n’ont jamais été demandées, impliquent. Ce qui importe, c’est le gain politique. Quitte à surfer, comme l’a fait Valls, sur un inconscient antisémite, qui assimile, comme l’écrivait l’antisémite Soral, les Juifs à une « communauté organisée ». L’un est le miroir de l’autre.

    En s’exprimant ainsi, Valls a placé la question du débat au-delà de la politique, mais sur le terrain ethnico-confessionnel. Il a enfermé le débat dans le bourbier de l’antisémitisme, chose par ailleurs confortée par son rejet de toute analyse sur les attentats. « Expliquer, c’est justifier », avait-il clamé. Au lieu d’interdire réellement les spectacles antisémites de Dieudonné et les logorrhées du même acabit de Soral, ce qui était non seulement possible, mais nécessaire, il les a monté en épingle. Il les a utilisées pour appuyer son image, sa communication, et non seulement a fait une publicité immense autour de ceux-ci, mais les a également légitimés. Ils sont devenus des points de repères pour ceux et celles que la politique coloniale et impérialiste d’Israël pouvaient révolter, grandissant leur audience. Soral, Dieudonné, Valls, furent de grands gagnants dans l’affaire. Les perdants et perdantes furent les victimes de racisme.

    Le bal des hypocrites.

    Nous condamnons l’antisémitisme sous toutes ses formes, mais nous en condamnons également une instrumentalisation par des forces sans vergogne. Nous avons également une difficulté considérable à considérer comme des alliés valables des organisations qui arrivent à défendre des lois vouant à la mort les réfugiés qui fuient les guerres. Nous ne pouvons prendre au sérieux ces groupes qui paient uniquement de formules creuses ou dangereuse un engagement antiraciste dissonant. Nous ne pouvons marcher ou serrer les mains de ceux qui utilisent le racisme pour faire avancer leur propre agenda.

    Leurs larmes sont des larmes de crocodiles. Elles sont superficielles et hypocrites. Devrons-nous avoir à tolérer, demain, ces mêmes pleurnicheries sur le sort qui attend ceux qui meurent aujourd’hui par leur faute ?

    Comme nous le mentionnions en introduction, l’antisémitisme est un sujet sérieux. Nous le prenons au sérieux. C’est pour cette raison que nous rejetons l’appel lancé par Olivier Faure en direction d’agitateurs dangereux.

    C’est également pour cette raison que nous nous rallierons aux appels à lutter contre l’antisémitisme faites par ceux qui ont à cœur de lutter réellement contre celui-ci. Pour Macron, Grivaux, le PS et les autres, l’ennemi ce n’est pas l’antisémitisme. L’ennemi, ce sont les « classes dangereuses » incarnées par les Gilets Jaunes. Pour les combattre, ces derniers n’hésitent pas, avec un cynisme absolu, à les jeter dans les bras de l’antisémitisme, au risque de renforcer ce dernier.

    La grande majorité des Gilets Jaunes, comme ceux qui, à Lyon se sont recueillis lors de la commémoration de la libération des camps de la mort, n’ont rien à voir avec l’antisémitisme. Pour le reste, la lutte contre l’extrême-droite et contre les préjugés réactionnaires qui lui servent de terreau, reste pour nous un combat quotidien, sur lequel nous n’acceptons aucune leçon de la part des politiciens. Nous ne baissons pas notre garde sur cette question, mais nous dénonçons la politique de l’amalgame avec l’extrême-droite, politique d’autant plus cynique que les fascistes sont l’as caché dans la manche de la bourgeoisie.

  • Communiqué de presse commun du Collectif pour la fermeture du Pavillon Noir et du Collectif Vigilance 69 contre l’extrême-droite.

    Communiqué de presse commun du Collectif pour la fermeture du Pavillon Noir et du Collectif Vigilance 69 contre l’extrême-droite.

    Procès de militants d’extrême-droite pour une agression à l’arme blanche.

    Alors que se tiendra du 4 au 14 septembre le procès des meurtriers de Clément Méric devant une cour d’Assises, le 5 septembre 2018 aura lieu au TGI de Lyon un nouveau procès impliquant des militants d’extrême-droite pour des faits d’agressions avec arme blanche. Les faits se sont déroulés le 14 février 2014 dans le 5ème arrondissement aux alentours de 20h. 5 jeunes se rendaient dans un bar dans le quartier Saint-Jean pour fêter l’anniversaire de l’un d’eux. Repérés par un groupe d’une dizaine de militants d’extrême-droite, ils ont été insultés puis agressés lors d’une 1ère charge.

    Sur la 2ème charge à proximité du tribunal des 25 colonnes, un des agresseurs a porté des coups de couteaux sur 2 des 5 jeunes. Les graves blessures (perforation du poumon pour l’un et coup reçu proche de la colonne vertébrale pour un 2ème) qui auraient pu entraîner de graves séquelles ou plus grave encore ne doivent pas être oubliées ou minorées : l’intention de blesser gravement ou de tuer était claire !

    4 ans après les faits, 5 des 6 agresseurs arrêtés (le dernier ayant déjà été jugé car mineur au moment des faits) passeront devant le juge le mercredi 5 septembre. Ces militants sont proches de groupuscules de l’extrême-droite locale bien connus (Génération Identitaire et GUD – Bastion Social) et, pour certains, habitués du stade et de sa frange hooligan raciste. L’auteur des coups de couteaux est notamment visible sur des photos et des vidéos identitaires lyonnaises récentes (salle de boxe nationaliste l’Agogé), preuve de son implication actuelle dans ce mouvement clairement raciste, homophobe, transphobe et sexiste.

    Cette attaque de 2014 s’inscrit dans une longue liste d’agressions imputables à des militants d’extrême-droite lyonnais ; dans une complaisance des pouvoirs publics qui laissent pignon sur rue à ces groupuscules.

    Pour que ce procès ne passe pas inaperçu, et pour que le lien entre l’agression et les groupuscules d’extrême-droite ne soit pas oublié ; nous appelons à venir soutenir les agressés durant le procès le mercredi 5 septembre à partir de 9h30 au TGI de Lyon à la 17ème chambre correctionnelle (67 rue servient dans le 3ème arrondissement).

    La solidarité est notre arme ! Ni oubli, ni pardon !

    Collectif pour la fermeture du Pavillon noir :

    Alternative Libertaire Lyon, CGT Educ’Action, CGT Jeunes 69, CGT Vinatier, Collectif Lesbien Lyonnais, Coordination des Groupes Anarchistes Lyon, CNT, France Insoumise, JC Lyon, Jeune Garde Lyon, Lesbian and Gay Pride Lyon, Méduses, Solidaires Etudiant-e-s, Sud Education, Unité Communiste de Lyon, Union Départementale CGT 69, Union Locale Solidaires 69, Unité2Classe,YDG…

    Collectif Vigilance 69 contre l’extrême-droite :
    Agir pour l’égalité, Attac, CSPG, COVRA, Ensemble !69, EELV, FSU, Génération.S, HES, LDH, Planning Familial 69, NPA, PCF, PG, Ras l’front, Réseau des MJC de Lyon, UNEF

  • Manifeste de Philippe Val contre l’antisémitisme moderne :  Une instrumentalisation.

    Manifeste de Philippe Val contre l’antisémitisme moderne :  Une instrumentalisation.

    Manifeste de Philippe Val contre l’antisémitisme moderne :

    Une instrumentalisation.

                    Dimanche 22 avril, 300 personnalités, et non des moindres, ont signé, dans les colonnes du journal Le Parisien, une tribune. Celle-ci s’insurge contre le « nouvel antisémitisme » en France.

                    Il serait possible de se réjouir, de voir derrière cela une ferme intention de lutter contre le développement fulgurant d’une extrême-droite radicale, raciste et antisémite. De voir une condamnation de l’existence des Bastions Sociaux, de se dresser contre les opérations menées par les Jeunesses Identitaires.

                    En somme, de voir un texte important fustiger l’attitude de Gérard Collomb, qui considère que condamner le fascisme est une « gesticulation. »

                    Mais nous sommes dans la France en 2018. Et les signataires de cette pétition lui donnent d’ores et déjà un contenu politique dont on ne peut qu’être méfiant.

                    Manuel Valls ; Bernard Cazeneuve ; Laurent Wauquiez ; Nicolas Sarkozy ; Alain Finkielkraut sont de la partie. Voilà qui annonce la couleur. En fait de texte progressiste, en fait de texte dénonçant le racisme, il s’agit d’une instrumentalisation pure et simple de la question de l’antisémitisme. Elle est de plus, orchestrée par Philippe Val, ancien directeur de Charlie Hebdo, notoirement connu pour son soutien la politique d’Israël tout comme pour ses tendances à l’islamophobie quelque peu débordantes.

                    Les pétitionnaires dénoncent rien moins qu’une « épuration ethnique » et exigent le fait que  « que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés de caducité par les autorités théologiques, comme le furent les incohérences de la Bible et l’antisémitisme catholique aboli par (le concile) Vatican II, afin qu’aucun croyant ne puisse s’appuyer sur un texte sacré pour commettre un crime ».

                    Oui, l’antisémitisme existe, c’est un fait. Oui, il est présent dans les masses populaires, une forme latente, dans certains milieux anticapitalistes, sous l’équation juif = bourgeois. Oui, il est sain et il est légitime de le combattre. Il existe également du fait de l’instrumentalisation  par des réactionnaires de la question de l’existence d’Israël et de la politique de cet Etat. « au vieil antisémitisme de l’extrême droite s’ajoute l’antisémitisme d’une partie de la gauche radicale qui a trouvé dans l’antisionisme l’alibi pour transformer les bourreaux des juifs en victimes de la société » dit le texte. Une manière de faire exactement ce même tour de passe-passe, et de faire de l’antisionisme un antisémitisme pour le combattre.

                    Mais cette réaction, cet antisémitisme, qui le combat ? Ce ne sont nullement les signataires de cette pétition. Eux ont comme ambition de créer un faux débat, un faux choix. Etre contre eux, selon eux, c’est cautionner et soutenir l’antisémitisme. Un désaccord avec eux serait un geste de sympathie en direction d’une nébuleuse terroriste islamiste. Cela revient à prendre en otage le débat, à prendre en otage la lucidité politique. Il s’agit d’une méthode terroriste au sens premier du terme.

                    Qui lutte contre l’antisémitisme ? Ce sont les communistes et les progressistes. Ce sont eux qui, par l’éducation, par l’explication, font prendre conscience que ce qui forme le grand fossé dans la société n’est pas la question religieuse. Ce ne sont ni les différences de nation, de religion, de genre qui le sont, mais les différences de classe qui priment. Ce sont elles qui répartissent la population en deux camps antagoniques : les masse populaires contre la bourgeoisie. Les prolétaires contre ceux qui les exploitent.

                    Cette tribune est le fruit d’une coalition de réactionnaires qui, à aucun moment, ne cherchent à lutter contre l’antisémitisme. Elle n’est que de l’huile versée sur les flammes déjà rugissantes du racisme et de l’islamophobie qui en est le paravent. Elle sert de catalyseur à toute une mentalité pogromiste présente dans unes partie des masses de France. Les réactionnaires et les fascistes veulent attiser cette xénophobie, cette tendance au conflit, veulent l’instrumentaliser et s’en servir comme appui pour écraser les masses populaires dans leur ensemble.

                    Eux sont du côté de ceux qui, en secret, se réjouissent de l’antisémitisme. Ils sont ceux et celles qui, cyniquement, instillent les luttes entre les ethnies, entre les genres, entre les nations pour le compte de leurs intérêts.

                    Oui, les religions portent un poids réactionnaire. Elles défendent des modes d’organisation de la société basées sur des conceptions rétrogrades, patriarcales, obscurantistes. Il est légitime de combattre les aspects réactionnaires des pratiques. Mais combattre ces aspects ne signifie pas réclamer un recours au couperet du législateur, autrement que par une non-ingérence des affaires religieuses dans les affaires publiques. Kalinine, brillant éducateur, président de l’URSS de 1924 à 1947, résumait ainsi sa politique : « Chez nous, personne n’est persécuté pour sa religion. Nous la voyons comme une erreur idéologique comme les autres, et nous la traitons par l’éducation. »

                    Les signataires de cette tribune ne veulent pas appuyer les éléments progressistes parmi les membres de la communauté des fidèles. Ce n’est pas leur but. Leur but est de frapper fort, violemment, contre les musulmans. Leur but est de déclencher un Pearl Harbor religieux, en s’attaquant au symbole le plus sacré des religions monothéistes, leur livre, le Coran. Exiger la réécriture ou la condamnation de certains passages, cela revient à frapper au cœur ceux et celles qui croient. Cela revient à exiger un acte d’auto-humiliation pour des communautés déjà frappées par la stigmatisation quotidienne. D’autant que les individus pris dans l’abominable spirale de la radicalisation religieuse n’ont jamais été des lecteurs avides du Coran ou des textes religieux. Car, miroir des fascistes, les obscurantistes mentent et déforment sans vergogne les faits pour qu’ils collent à leur désirs et leurs projets.

                    Non, tout ce qui les intéresse, c’est de se positionner dans la course à la réaction la plus virulente. Une compétition dans laquelle Les Républicains et le Front National rivalisent pour tenter d’appuyer les thèses les plus putrides, les plus réactionnaires, les plus fascisantes. Ils rivalisent pour nourrir les masses de messages incitant à la haine raciale. Ils rivalisent pour semer la discorde et le chaos parmi des masses populaires qui ont le plus grand besoin d’union et d’unité.

                    La bourgeoisie sent que les masses se raidissent, même privées d’un parti politique révolutionnaire. Elles se raidissent contre les menaces, contre les assauts, contre les liquidations de leurs droits. Elles se raidissent, se durcissent, radicalisent leur pensée. Semer la discorde, semer les germes de la guerre, voilà une méthode qui permet de les fragmenter.

                    Rejetons l’agitation et la propagande des provocateurs réactionnaires ! Opposons la solidarité de classe à l’agression raciste camouflée. Ne laissons pas la bourgeoisie diviser ceux qu’elle exploite, ceux qu’elle opprime. Ne laissons pas les fascistes imposer leur chape de plomb sur la société et sur le monde ! Défendons les droits démocratiques des minorités religieuses.

                    Défendons la solidarité populaire ! Dénonçons le racisme  !

  • C’est ainsi qu’on marche sur des cadavres.

    C’est ainsi qu’on marche sur des cadavres.

                    Un crime, un meurtre, un attentat, cela induit en tout premier lieu de proches éplorés, des familles brisées, des amis et des amies en détresse, devant la perte d’êtres chers. Ce sont des moments de drame, des moments abominables, que seuls les cyniques les plus désabusés peuvent souhaiter.

                    Dans le cas de la prise d’otage de Trèbes, dans le cas du meurtre de Mireille Knoll, ce sont d’abord vers celles et ceux qui les pleurent que vont nos pensées. Nous leurs transmettons chaleureusement notre salut.

                    En revanche, d’autres n’ont pas ce regard. Les vautours sont légion, autour de chaque affaire sordide, qu’ils veulent monter en épingle, autour de chaque crime, autour de chaque acte de violence, autour de tous ces faits qui ne pour eux que des occasions de vomir leur bile. Les morts ne comptent pas à leurs yeux. Seul compte l’instrumentalisation qu’il est possible d’en faire.

                    Il est vrai que chaque expression de violence est une illustration des contradictions de notre société, qui les génèrent. Les individus perdus, les exclus, les parias, qui se livrent au petit banditisme, qui sont récupérés par tous les prédicateurs de la haine, sont les enfants d’une société malade. Leur trajectoire chaotique se termine par le fait de faire couler le sang, par une balle tirée ou reçue. Cela n’excuse pas les actes, mais cela les explique.

                    Or, les explications, les vautours n’en veulent pas. Expliquer, pour eux, pour elles, c’est demander de comprendre. Demander de comprendre, c’est déjà excuser. Excuser, c’est en faire l’apologie. Ils et elles n’en veulent pas, car il est nettement plus pratique d’en faire des monstres inhumains, portant le mal de manière innée, ou dans leur gènes. Les morts sont des prétextes, les cadavres qui s’entassent servent de piédestaux.

                    L’extrême-droite et la droite réactionnaire font leurs affaires sur les morts des attentats. Ce n’est pas une nouveauté. Elles tentent de s’ériger en rempart de protection de la « civilisation » contre la « barbarie », alors qu’elle partage un véritablement fond politique commun avec celui des terroristes réactionnaires, quand ce ne sont pas des rapports commerciaux. Elles cherchent à en tirer profit, où dans le but d’instiller plus de division, plus de vexations, plus de ségrégation dans la société – ce qui légitime, par effet de miroir, le discours de Daesh. Les déclarations populistes et démagogues d’une Marine le Pen, d’un Laurent Wauquiez, sur la question de l’enfermement des fichés S, sont des attaques contre la présomption d’innocence, une volonté de liquider préventivement les menaces réelles ou supposées… En somme il s’agit d’une mesure fasciste, écrite par le sang des victimes.

                    Quelle absence de vergogne que de voir les représentants d’un Etat qui traque les réfugiés, qui emprisonnent ceux et celles qui leur viennent en aide, qui laisse mourir des femmes enceintes dans les Alpes, marcher  en mémoire de quelqu’un qui en a subit elle-même les foudres. Ceux et celles qui organisent la misère, la stigmatisation, l’exclusion sociale, ce qui pousse au crime en somme, viennent se pavaner en espérant que des louanges leur seront adressées.

                    Que dire de la présence du Front National, qui plus est protégé par la Ligue de Défense Juive, couverture du Betar, organisation considérée comme terroriste aux USA et en Israël ? Fondé par des anciens SS, sur la base d’une défense de Vichy, connu pour ses dérapages antisémites notoires, la présence du Front National est une humiliation pour la mémoire de Mme Knoll. Quant à celles et ceux qui le leur ont fait remarquer, la police les ont tout simplement braqués de leurs armes. pour les faire reculer. Marine Le Pen avait été déclarée indésirable par le CRIF, Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, tout comme Jean-Luc Mélenchon. L’un et l’autre ont par la suite été exfiltrés.

                    Que CRIF se permette de blacklister qui bon lui semblait, au nom de sa propre perception politique pose des questions. Nous ne soutenons ni Marine le Pen, ni Jean-Luc Mélenchon -que nous ne plaçons pas sur le même plan, cependant- et nous considérons qu’il y a une part essentielle d’opportunisme à leur présence.

                    Tandis que le fils de Mireille Knoll a déclaré que tout le monde serait le bienvenu, le CRIF ne s’est pas posé la question sous cet angle là. Ce conseil, pro-israélien, a décidé de salir la mémoire de Mme Knoll pour imposer son ordre du jour et ses considérations politiques. Dans les faits, les tentatives de créer l’amalgame nauséabond entre l’opposition à la politique de l’Etat Israélien et l’antisémitisme sont des méthodes qui salissent les mémoires et qui contribuent à, ironiquement, légitimer un discours qui entremêle effectivement les deux.

                    Alors que lors de la « journée du retour à la terre » plus de 1000 Palestiniens et Palestiniennes ont été tuées par Tsahal, alors que Gaza subit toujours le blocus, alors que des révélations sur les raids secrets de l’aviation Israélienne sur la Syrie viennent d’être révélés, tenter de lier les deux est un acte sordide. Nous sommes solidaires du peuple Palestinien, qui subit l’occupation et les brimades de la part du colonialisme israélien, pourtant cela ne se lien nullement avec l’antisémitisme. Les Israéliens et Israéliennes comptent également parmi les otages de cette politique aventuriste et criminelle menée par le gouvernement de l’Etat hébreux.

                    Beaucoup, dans le cas de l’assassinant immonde de Mireille Knoll, ont voulu utiliser celui-ci. Non pour dénoncer l’antisémitisme qui existe dans la société, non pour lutter contre lui, non pour s’attaquer à ses racines, mais uniquement pour l’attiser ou l’utiliser à des fins politiques. L’enquête, pour le moment, ne démontre pas que le crime commis soit, à l’origine, un crime antisémite. Ce qu’elle démontre c’est que des stéréotypes antisémites -la richesse supposée, soupçonnée- sont à la base de celui-ci.

                                    L’antisémitisme existe, de pair avec les autres formes de racisme, au sein de la société de l’Etat français. Il est un poison, un fléau, un cancer à éradiquer. Les victimes sont à soutenir, sont à protéger. Mais il n’est pas acceptables que ceux et celles qui meurent de la bêtise, de la haine, de la crapulerie soient utilisés comme enjeu politique, à l’encontre de leur pensées, à l’encontre de leurs désirs. D’autant que le racisme, l’antisémitisme, est attisé par la politique réactionnaire de nombreux Etats, de nombreux agents, lesquels ne sont que trop heureux de pouvoir diviser les classes populaires, dresser les nations les unes contre les autres, scinder l’unité de celles et ceux qui partagent les mêmes intérêts. Trop heureux que la haine divise, sépare. Que la méfiance, la défiance, la peur, isolent. Ainsi, l’exploitation peut continuer dans les conditions les plus favorables pour ces parasites ! Ainsi l’impérialisme, qui est le terreau fertile de la guerre, peut s’étendre, légitimé par l’instrumentalisation de la souffrance des masses populaires de l’Etat français.

                    L’Unité Communiste de Lyon s’oppose à toute récupération. Elle considère que toutes celles et tout ceux qui usent de victimes comme promontoire pour leurs discours ne devraient que se taire. La solidarité est ce qui est à offrir, non les larmes de crocodile !

  • Halte à la provocation Americano-Israélienne !

    Halte à la provocation Americano-Israélienne !

    Halte à la provocation Americano-Israélienne !

    L’Unité Communiste de Lyon condamne le déplacement de l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique à Jérusalem.

    L’Unité communiste de Lyon considère que le déplacement de l’Ambassade des USA à Jérusalem, de même que la reconnaissance accordée à cette ville comme capitale de l’Etat d’Israël sont des actes de provocation dangereux.

    Dans un nuancier allant de la bêtise la plus crasse à la provocation assumée, nous ne pouvons que supposer le pire. Nous ne pouvons que déceler les odeurs rances d’un désir de bain de sang.

    Isolé aux USA, pris dans le tumulte d’affaires plus scandaleuses les unes que les autres, Trump mène une politique aventuriste, tant contre la Corée du Nord que dans ce cas précis, tentant de fédérer les milieux les plus obscurantistes et les plus réactionnaires des USA derrière lui.

    Isolé dans l’Etat Israélien par les scandales de corruption, le fascisant Netanyaou mène lui aussi une politique de provocation, pour déclencher un climat de paranoïa et de terreur dans l’Etat d’Israël, et ainsi fédérer les milieux réactionnaires autour de lui.

    L’un et l’autre provoquent un casus belli en annexant Jérusalem. La ville sainte des religions du Livre passerait ainsi sous l’escarcelle intégrale d’un Etat ségrégationniste, réactionnaire et belliciste.

    Comment les Palestiniens et les Palestiniennes pourraient ne se sentir dans une légitime colère lorsque le siège de leur autorité est ainsi absorbé par l’occupant ? Il s’agit d’une remise en cause de chaque gain, de chaque avancée, aussi faibles, aussi fragile soit-elle, vers l’édification d’un Etat Palestinien.

    Comment les populations musulmanes pourraient-elles réagir autrement que par la colère lorsque la mosquée d’Al-Aqsa, un des cœurs de leur religion est menacée d’être encerclée de barbelés ?

    Ils et elles ne le peuvent pas. Les organisations de la résistance Palestinienne appellent à un nouvel Intifada contre l’opération menée par Israël.

    Cette action vise, justement, à provoquer cette escalade de colère, de violence, cette escalade conflictuelle, laquelle peut porter loin. Car, derrière cette question, des enjeux immenses se trament.

    Les réactionnaires et les colonialistes d’Israël veulent en profiter pour étendre leurs colonies, leurs possessions territoriales, étendre leur contrôle de la Cisjordanie, déjà fragmentée en éclats. Ces agents provocateurs mettent sciemment en danger les civils israéliens et palestiniens pour assouvir leurs ambitions.

    Les impérialistes US renforcent ainsi leur bastion dans le secteur, assurant et  consolidant ce point d’ancrage, en plein milieu d’une zone stratégique de premier ordre, mêlant champs de pétrole et canal de Suez. Il s’agit également de se contrer l’implantation sans cesse croissante des bases russes et des intérêts chinois dans le Moyen-Orient. Au sein de ce pays, des sectes réactionnaires, apocalyptiques, applaudissent Donald Trump comme un nouveau croisé de la religion chrétienne.

    Plus original, l’Arabie Saoudite veut pousser à l’escalade dans le but d’entrainer son rival Iranien, de le contrer. L’hostilité manifeste des deux puissances régionales est à son comble, chacune se livrant en Syrie une proxy war au travers d’intermédiaires. L’Arabie Saoudite voit dans Israël un fer de lance pour contrer un Iran en expansion rapide.

    Nul doute que d’autres puissances s’empresseront de souffler sur les braises, d’un côté ou de l’autre, dans le but qu’éclate un conflit de grande ampleur. Le gouvernement français n’a pour le moment pas émit de position claire à ce sujet, Emmanuel Macron déclarant que la décision de Trump était cependant regrettable.

    Nettement moins nuancé, le CRIF s’est empressé de l’appeler a soutenir sans réserve la position américaine.  Cette déclaration précipitée, hasardeuse et dangereuse illustre le fait que le CRIF ne représente qu’une fraction des juifs et juives de France. Historiquement, ce conseil se montre proche des positions les plus réactionnaires en Israël.

    La paix doit être entendue !

    La provocation doit cesser ! Ces mesures unilatérales, aventuristes, provocatrices, prises par les USA et Israël, doivent être annulées. Ce jeu d’apprenti-sorcier risque de se payer en fleuves de sang, de sang du peuple, des masses, de gens qui n’ont pas de haines les uns envers les autres, pas d’intérêt à ces conflits.

    Cette provocation ne sert que les intérêts d’une bande de vampires opportunistes, qui se régalent des dividendes du conflit : les bourgeois et les bourgeoises, les impérialistes et les colonialistes.

    Cette provocation alimente l’antisémitisme au sein de la France, tout comme elle alimente la croisade pogromistes et racistes contre les musulmans et musulmanes, contre les personnes issues de l’immigration. Ce n’est pas un hasard si Manuel Valls posait à côté d’une ministre israélienne d’extrême-droite.

    L’Unité Communiste de Lyon soutient et soutiendra toutes les initiatives opposées à cette annexion et à ces provocations à la guerre.

    L’Unité Communiste de Lyon déclare accorder son soutien à la résistance palestinienne dans son ensemble, tout en accordant un soutien positif au projet politique des communistes Palestiniens, dans leur lutte pour qu’une paix juste et durable émerge.

    L’annexion faite par Israël est l’imposition d’un Apartheid, d’une ségrégation raciste et coloniale. L’Unité Communiste de Lyon soutient la position du mouvement communiste , en Palestine comme dans le monde, depuis 1947 : un seul Etat, binational, laïc, démocratique et populaire.

    La naissance de cet Etat ne peut se faire hors de la lutte !

    Vive la lutte anticolonialiste, vive la lutte anti-impérialiste !

    Palestine vivra, Palestine vaincra !

  • Filoche antisémite ?

    Filoche antisémite ?

    Filoche antisémite ?

    Gérard Filoche est désormais expulsé du Parti Socialiste à la suite d’un tweet. Celui-ci présentait Macron avec un brassard marqué d’un dollar évoquant celui du NSDAP, entouré de Jacques Attali, de Patrick Drahi et de Jacob Rothschild le tout agrémenté d’un drapeau Etatsunien et Israélien. L’origine de la photo, issue de la fachosphère, plus précisément de Egalité et Réconciliation, a déclenché le feu aux poudres, entraînant des plaintes de la LICRA et du CRIF et poussant le bureau du Parti Socialiste à voter, à l’unanimité, son exclusion.« C’est une décision très négative, ça va affaiblir le PS car ça repose sur un mensonge » déclare Filoche, qui annonce saisir la commission des conflits.

    Le coordinateur du parti, Rachid Temal, a déclaré : « La famille socialiste (…) a été durement marquée par ce tweet antisémite. (…) Nous touchons à l’essentiel même de nos valeurs, parmi lesquelles les valeurs de la République, l’humanisme, le combat contre le racisme et l’antisémitisme. (…) Il n’est pas possible qu’un dirigeant du Parti socialiste puisse tweeter ce tweet qui reprend les codes antisémites des années 30. (…) Ce soir le PS a pris la seule décision qu’appelait ce tweet ».

    Quant à Jacques Attali, il a annoncé son intention de porter plainte pour incitation à la haine raciale.

    Gérard Filoche a agit avec une stupidité manifeste en publiant cette image, laquelle est clairement antisémite, formant une négation de l’impérialisme français, alimentant -c’est bien son rôle- les approches complotistes et souverainistes. Il s’en est rapidement excusé au travers du même média, retirant l’image et expliquant qu’il avait été inconséquent en la publiant.

    Bien que cela soit révélateur d’une manière d’agir sans réflexion, sans jugement, sans prise de conscience, nous penchons tout de même l’hypothèse de la bonne foi dans ce cas de figure. Filoche n’est pas particulièrement connu pour ses ambiguïtés quant à l’antisémitisme. De ce point de vue là, il semble que la déferlante qui le frappe révèle des troubles sous-jacents au sein du Parti Socialiste, mais bien également au sein de la société française.

    Nous n’aimons pas Gérard Filoche, qui est l’incarnation même du trotskisme dans toute sa splendeur. Il est issu, comme Mélenchon, de l’OCI, cette secte lambertiste, véritable ANPE du trotskisme, centrale de l’entrisme, dont sont issus également Corbière ; l’ex-premier ministre Jospin [comme quoi les trotskistes ont déja exercé le pouvoir !] ; mais aussi le conseiller d’Emmanuel Macron Romain Goupil ; ou encore Gilbert Collard.

    Membre d’une gauche anticommuniste, il est notoirement connu pour avoir, en 1991, sauté de joie à l’annonce de la chute de l’URSS, titrant l’édito de son torchon trotskiste, alors à la LCR, d’un grand « Champagne ! » Il l’a célébré comme l’apothéose de la réussite d’une lutte qui fut l’alpha et l’oméga du mouvement trotskiste : la lutte contre le communisme. De même nous n’aimons guère le sale rôle de rabatteur qu’il effectue au sein du Parti Socialiste, dont il est membre du bureau politique, incarnant une gauche domestiquée, uniquement maintenue pour entretenir l’illusion d’un possible virage à gauche du parti qui a causé le plus de tort aux travailleurs.

    Pourtant, malgré le fait que nous n’apprécions pas ce laquais servile, nous trouvons que sa menace d’expulsion soulève des aspects inquiétants. Si nous le défendons aujourd’hui, ce n’est pas comme nous défendrions un camarade. Nous ne partagerions pas ce que pouvait écrire le NPA sur lui : « Au sein de ce parti de tous les reniements, Gérard Filoche, à sa façon, a défendu les intérêts du monde du travail. » Les trotskistes ne se renient pas. Filoche était un faux-ami, un faux-camarade, un agent de la diversion, un rabatteur de la bourgeoisie.

    Pourtant nous le défendons aujourd’hui.

    Nous ne le défendons pas comme l’ont fait certains, criant à l’omerta, criant au complot juif, clamant que Gérard Filoche venait de trouver la foi, l’illumination, en se dressant contre le lobby, le complot, ou d’autres élucubrations. Non.

    Nous le défendons sur la base de ce qui nous paraît être une manœuvre basse, sordide, utilisant cette erreur comme prétexte pour attaquer ce personnage, mais également pour amplifier un climat vénéneux.

    Depuis plusieurs années, celui-ci semble exprimer des relents plus que putrides. Un sentiment de montée en pression fait jour peu à peu. Il ne date pas d’hier. Depuis la crise de 2008, des tentacules fascistes semblent étendre leurs ramifications dans l’ensemble de la société.

    2015 et les attentats jouent un rôle de catalyseur. Ce qui, avant, était considéré comme des positions honteuses, s’affiche désormais comme une norme. Le terme islamo-gauchiste, réservé à l’extrême-droite, fait même une percée dans le vocabulaire des élections présidentielles. Et ces termes n’apparaissent pas dans une frange proche de l’extrême-droite, mais sortent de la bouche du socialiste Manuel Valls, illustrant la porosité de la politique bourgeoise aux idées fascisantes.

    Manuel Valls, battu, humilié, ridiculisé lors de ces élections, s’est mué en croisé agressif et vindicatif, cherchant à opérer une résurrection par ce biais.

    Aujourd’hui, les attaques pleuvent sans cesse.

    Les « vallsistes » mènent aujourd’hui une campagne de haine permanente. Ce courant protéiforme fédère autant des droitiers notoires que l’équipe dirigeante de l’ex-journal gauchiste Charlie Hebdo. Chacun se lance dans le conflit, instrumentalisant sans la moindre honte tout ce qui peut servir à nourrir leur guerre raciste.

    Un jour contre Sonia Nour, à la suite d’une déclaration qui, il est vrai prêtait particulièrement le flanc à ce genre d’attaques.

    Un jour contre Obono et Mélenchon, en faisant les agents de l’antisémitisme et de l’islamofascisme ou gauchisme, selon le gout du jour.

    Un autre jour contre la France Insoumise et contre le PCF, en prenant appui sur l’affaire Salah Hamouri, tentant d’assimiler l’opposition au colonialisme israélien à de l’antisémitisme. Sur ce point, l’attitude des députés FI et PCF fut exemplaire, quittant l’Assemblée plutôt que de couper dans le jeu sournois des provocateurs.

    Un autre jour contre Edwy Plenel et Mediapart, affaire dans laquelle le dessinateur et éditorialiste Riss a truqué sans vergogne les déclaration de Plenel, lui attribuant des déclarations de guerre fictives.

    Aujourd’hui, c’est Filoche qui arrive sur les bancs de l’accusation pour les raisons précitées. C’est une manière d’enfoncer le clou, mais aussi la liquidation d’un opposant à une dislocation du PS, et à sa reconstruction sous la forme d’une organisation réactionnaire sur toute la ligne.

    Dans le même ordre d’idée, l’avocat Dupont-Moretti subit les foudres de Bernard Henri Levy quant au fait de respecter les droits, pourtant constitutionnels, de la défense, sous prétexte de la qualité de l’accusé.

    Pour finir, dans une note plus exotique, Finkielkraut s’en est pris à la campagne #balancetonporc, utilisée, selon lui, pour « noyer le poisson de l’Islam. »

    Valls et ses réseaux ne partent pas bille en tête, seuls. Macron les adoube. La bourgeoisie les encense. Les classes dominantes les applaudissent : ils et elles préparent l’après Macron.

    L’ennemi de la campagne, l’extrême-droite, n’est plus la cible. Il cède la place aux contestataires de gauche, aux passeurs de migrants, aux anarco-autonomes, aux antifas, aux syndicalistes, aux communistes, à tout ce qui s’oppose à la guerre antisociale.

    L’extrême-droite n’est plus l’ennemi, elle incarne une voie de secours pour la bourgeoisie, après la destruction du centre, inéluctable, liée à la politique kamikaze de Macron.

    A la droite de Macron, un monstre se forme. Un vieux rêve de la droite se réalise, celui d’une jonction donnant naissance à une droite élargie. Wauquiez ouvre les bras au retour d’une Marion Maréchal-Le Pen, ayant fini son éclipse, après avoir « pour le moment, définitivement quitté la politique. » C’est dans ce pôle que réside les espoirs des classes dominantes.

    Derrière ses attaques de surface, une lame de fond balaie également les questions historiques. Lors des anniversaires de 1917 ou de l’assassinat du Che par les milices fascistes, certains intellectuels s’en sont ainsi donnés à cœur joie.

    Pascal Ory, un éminent tapis de bain de la bourgeoisie, officiant à Science Po paris, a ainsi expliqué que Lénine et Che Guevara étaient les parrains de rien moins que le terrorisme international dans son ensemble.

    Une belle manière d’entretenir la chimère de l’islamo-gauchisme, de l’islamo-communisme, et d’opérer une jonction sur deux des projets de la bourgeoisie : mener des guerres de diversions, en instillant la haine au sein des classes populaires, et souffler sur les braises de l’anticommunisme.

    Dans une certaine mesure, l’Islamo-gauchisme remplace, ainsi, le judéo-bolchevisme.

    Ce ne sont pas que des mots.

    Ces attaques ont un caractère de préparation idéologique. Une préparation idéologique au sens propre, frappant les contestations qui vont immanquablement naître de la politique de Macron et de ses sbires. Une préparation idéologique et une mobilisation des esprits dans un sens réactionnaire.

    Une lame de fond dangereuse, tant dans les discours politiques que dans la loi, se met en branle. Tout ce qui s’oppose, même les modérés, même les républicains peuvent être taxés de terroristes ou d’agent du terrorisme.

    Pendant ce temps, les vrais bourreaux, les véritables ennemis du peuple sont protégés, se pâment, se gavent de profits. Pendant ce temps, les apprentis terroristes fascistes, comme ceux de Dijon, sont libres. Libres de semer la haine, libre de frapper. Ce n’est pas l’Etat bourgeois, ce n’est pas la bourgeoisie qui mettre un terme à ces actions.

    Nous ne pouvons compter que sur nos propres forces, notre unité, notre solidarité.