Étiquette : Antifascisme

  • Pas de local fasciste à Lyon !

    Pas de local fasciste à Lyon !

    Hier, 13 janvier 2017, un rassemblement s’est tenu place de la Comédie à Lyon, à l’appel d’un grand nombre d’organisations. Ces organisations politiques, syndicats, associations et groupes se sont réunis pour dénoncer l’ouverture d’un nouveau local fasciste sur Lyon. Rassemblant environ 400 personne, cet événement initie une nouvelle campagne unitaire pour riposter à l’implantation de l’extrême-droite, pour la repousser et pour, ultimement, l’éliminer. Plusieurs interventions et prises de parole ont été effectuées, y compris par l’Unité Communiste de Lyon. Dans un soucis de clarté et de diffusion de nos positions, nous reproduisons ici le canevas général de cette intervention.

    Fermons le Pavillon Noir !

    Une nouvelle fois, l’extrême droite fait parler d’elle à Lyon. Entre deux agressions racistes, entre deux attaques homophobes, entre deux tentatives d’instrumentaliser la misère, entre deux croisières payées par crowfunding, celle-ci trouve le temps -et l’argent- d’ouvrir un nouveau local : le Pavillon Noir.

    Le Pavillon Noir est l’idée d’ouvrir un bar réservé aux blancs, aux « de souche », aux aryens… En somme un lieu qui leur servirait de point d’appui, de centrale de recrutement, et – qui sait – peut-être de blanchiment d’argent, tant, historiquement, l’extrême-droite et l’escroquerie, la mafia, les trafics sont de mèche. Ce ne serait ni la première ni la dernière fois.

    La coordination antifasciste qui s’est construite à Lyon exige sa fermeture. Nous ne voulons pas de cette pustule répugnante dans notre ville.

    Pourtant, extrême-droite et Lyon riment bien souvent. Ce n’est pas le premier Pavillon Noir qui tente de s’ouvrir, ni le premier local en général. Les fascistes tentent depuis plus de dix ans de se bâtir un petit royaume à Lyon.

    Bunker Korps Lyon ; Action Française ; Front National ; Jeunesse Identitaire ; G.U.D. ; Bastion Social… les noms changent, mais le fond reste le même. Xénophobie, racisme, nostalgie pétainistes…Ce sont les multiples facettes de la réaction.

    Les autorités ne sont pas neutres face à ce problème. Entre les petits bourgeois à la croix celtique, entre la jeunesse dorée des monts du lyonnais et de l’autre côté les exploités, les opprimés, celles et ceux qui veulent lutter contre le capitalisme et l’impérialisme, le choix est rapidement fait pour la Préfecture, pour la Mairie, pour la Justice, pour la Police ou pour Gérard Collomb.

    Les uns ont des peines symboliques, de petites tapes sur les mains. Les autres subissent les foudres de la justice de classe de plein fouet. N’oublions pas que lors des rassemblements contre le Bastion Social, l’an passé, c’est la prison qui attendait certains interpelés.

    N’oublions jamais qu’entre ceux et celles qui se présentent comme des rebelles, des dissidents, des révoltés, mais qui mettent tout en œuvre pour défendre les exploiteurs et ceux et celles qui se battent pour renverser le capitalisme, il n’y aura jamais d’égalité de traitement.

    Comptons sur nos propres forces, sur notre capacité de mobilisation pour faire fermer ce local !

    Le fascisme est une tromperie !

    Les fascistes se présentent comme des défenseurs du peuple, comme des protecteurs. Ils utilisent pour cela des maux bien réels. Le sentiment d’impuissance face à une démocratie en panne sèche ; le dégout face à la corruption des dirigeants ; le sentiment d’abandon par les services publics ; le sentiment de colère provoqué par les licenciement, par la hausse de la misère, par la violence quotidienne…

    Mais les fascistes détournent cette colère. Ils et elles la détournent des responsables,  du premier bourreau des exploités et des opprimés au sein de notre Etat : la bourgeoisie et le patronat « bien de chez nous. » Pire, ils la mettent au service de ces ennemis du peuple, en invoquant la grandeur de la Nation, le devoir de serrer les rangs, le nationalisme, le patriotisme… En somme, ils et elles exigent que les esclaves salariés fassent front commun avec leurs maîtres. Leur xénophobie, leur racisme, leur haine de l’autre ne sert qu’a renforcer cet effet. Leur mot d’ordre est la soumission aux exploiteurs.

    Nous n’avons rien en commun avec les milliardaires qui nous saignent. Leurs élus sont d’ailleurs aussi corrompus que les « élites » qu’ils et elles dénoncent. Les exploités et les opprimés, quelque soit leur couleur de peau, leur religion ou son absence, leur langue, leur origine, leur sexualité, leurs goûts partagent un intérêt commun : battre les exploiteurs, où qu’ils, où qu’elles, soient.

    Les fascistes sont des valets de la bourgeoisie en costume de révoltés.

    Une nouvelle coordination antifasciste se lance, à Lyon. Elle réunit largement organisations politiques, syndicats, groupes antifascistes, associations et individus. Cette coordination ne demande qu’a grandir et à se massifier. L’Unité Communiste de Lyon salue cette initiative et appelle à la rejoindre.

    L’Unité Communiste de Lyon défend l’idée que l’antifascisme est une lutte large, qui concerne chacun et chacune. Cependant, nous défendons le fait que cette lutte doit être autonome des institutions, de l’Etat, de la Police, de la préfecture et de la mairie de Lyon. Ce ne sont ni les alliés de la lutte antifasciste, ni les alliés des exploités et des opprimés. Au contraire, l’expérience a démontré que les objectifs de ces institutions étaient de subordonner la lutte antifasciste à leurs objectifs, de la neutraliser, voire de l’écraser.

    Collomb n’est pas que le « facho de service », il est « au service des fachos. »

    L’Unité Communiste de Lyon considère que l’antifascisme être un antifascisme reliant exploitation, oppression et menace fasciste. Un antifascisme de classe, un antifascisme populaire !

    COMBATTONS LE FASCISME PARTOUT OU IL SE TROUVE !

  • Mobilisation contre le « Pavillon Noir », une nouvelle manche de la lutte antifasciste Lyonnaise.

    Mobilisation contre le « Pavillon Noir », une nouvelle manche de la lutte antifasciste Lyonnaise.

    Mobilisation contre le « Pavillon Noir », une nouvelle manche de la lutte antifasciste Lyonnaise.

    Les organisations fascistes ont pignon sur rue depuis bien longtemps, à Lyon. Leur tentacules s’étendent sans cesse au travers de la ville. Auparavant, ce fut le Bunker Korps Lyon, repaire de néo-nazis, fermé sous la pression, puis d’autres pustules ont fleuri. Les fascistes bénéficient d’une tolérance complice de la part des autorités, de la mairie de Lyon, de la préfecture, de l’Etat.

    Ils ont aujourd’hui bâti un réseau important, avec leurs bars, leurs magasins, leurs lieux à eux, réservé à ceux de leur espèce. Ils et elles veulent faire de Lyon leur paradis, en commençant par le quartier ancien, rive droite de la Saône.

    L’an passé, les fascistes ont tenté, inspirés par leur modèle italien, d’instrumentaliser la misère des plus démunis pour installer une tête de pont sur la Presqu’île de Lyon. Leur prétendu lieu d’accueil, le « Bastion Social », réservé aux « français de souche » -aux blancs- n’était qu’une couverture pour l’installation d’une base d’opération de l’autre côté de la Saône.

    La mobilisation a permis d’exercer une pression importante sur les autorités, forçant celles-ci, qui ne toléraient plus les rassemblements récurrents dans cette zone touristique, à clore ce bubon. Cela n’a pas empêché l’Etat de faire payer chèrement cette victoire, en exerçant une répression particulièrement aigüe sur les mobilisés, en particulier sur nos camarades antifascistes.

    Aujourd’hui, un nouveau round se lance pour poursuivre cette lutte, avec comme idée de combattre la nouvelle tentative de construction de place-forte des fascistes : « Le Pavillon Noir. » Sous ce nom se cache la résurrection d’un bar ouvert les années passées par les fascistes et fermé pour cause de non respect des normes de sécurité (sic.) . Aujourd’hui, ils et elles tentent de redonner vie à un de leurs points d’appui.

    Nous appelons à combattre cette ouverture.

    L’Unité Communiste de Lyon se joint à la signature d’un appel commun lancé par plusieurs organisations et collectifs militants lyonnais. Elle appelle à venir au rassemblement du 13 janvier, organisé à 17 h place de la Comédie, à Lyon.

    Soyons unis et solidaires. Les fascistes doivent être chassés partout où ils se trouvent !

    Nous joignons ici l’appel commun à ce rassemblement.

    Rendez-vous le samedi 13 janvier 17h, place de la Comédie pour le 1er rassemblement contre l’ouverture du Pavillon Noir!

    Et il y aura d’autres mobilisations à venir!!

    Un blog sera très prochainement en ligne pour permettre à chacun-e de voir qui se cache derrière le Bastion Social.

    Signataires de l’appel : CGA, PG, YDG, Jeune Garde, NPA, Ras L’Front, Planning Familial, JC, CNT, Ensemble 69!, FSU, Solidaires Etudiant-e-s, Lesbian and Gay Pride Lyon, Pink Bloc Lyon, Unité Communiste de Lyon…

    Toutes et tous ensemble

    Fermons le local fasciste « Le pavillon noir »

    Le 13 janvier 2018, un nouveau local d’extrême-droite ouvrira sur Lyon.
    Le GUD, groupuscule violent proche des milieux néo-nazis, va tenter sous une nouvelle entité « Bastion Social » de ré-ouvrir un local appelé « Le Pavillon Noir ».

    Qu’est-ce que le Bastion Social ?

    Le Groupe Union Defense (GUD) s’est mis récemment en sommeil pour essayer de fédérer divers groupuscules radicaux sous le mouvement « Bastion Social ».

    Ce mouvement est directement inspiré du modèle néo-fasciste italien « Casa Pound » et du mouvement néo-nazi grec « Aube Dorée ».

    Leur stratégie est simple : appliquer une politique sociale – nationale et essayer de la diffuser dans la société. C’est ce qu’ils ont tenté de faire en juillet dernier en tentant d’ouvrir un bâtiment soi-disant réservé aux sdf français alors qu’il s’agissait plutôt d’avoir un local en centre-ville pour former des militants.
    Un de leur « modèle », la Casapound italienne, est une organisation qui se présente aux élections sur des bases de division ethnique et d’opposition entre classes populaires « de souche » (selon eux) et les autres, avec des résultats électoraux non négligeables.

    Il faut donc contester ce modèle et c’est le sens de cette première action du 13/01.

    Ne pas laisser ce local ouvrir à Lyon.

    A Strasbourg, le « Bastion Social » a ouvert un local début décembre et une mobilisation unitaire s’est mise en place avec une 1ère manifestation le 9 décembre et une prévue le 20 janvier.
    Sur Lyon, il est hors de question de laisser un nouveau local ouvrir ! (voir cartographie sur le blog en lien en fin de tract)

    Depuis peu, les agressions commises par ces groupuscules se multiplient et laisser le Gud-Bastion Social avoir un local ouvert au public sur Lyon n’est pas une option tolérable : ce lieu leur permettra de rassembler, de former idéologiquement et au combat…

    Il y a besoin d’unité entre les classes populaires qui voient leurs droits à l’existence menacés (dans l’emploi, la protection sociale, la santé…) et qui ne devraient pas se tromper de colère. Leurs ennemis ne sont pas « les étrangers » mais « le chômage et la précarité » ainsi que les politiques de droite comme de gauche qui ne cherchent pas des solutions par la voie, notamment, d’une autre répartition plus juste des richesses.

    Par solidarité envers les personnes agressées, ciblées de par leur couleurs de peaux, leurs orientations sexuelles, leurs genres ou le simple fait de militer pour une société égalitaire, nous devons nous mobiliser !!

    C’est pourquoi, nous appelons à un rassemblement le samedi 13 janvier à 17h place de la Comédie (métro Hôtel de Ville).

    Toutes et tous ensemble, fermons le Pavillon Noir !

    Le Pavillon Noir est notre 1er objectif mais nous n’oublions les autres locaux existant sur Lyon.

  • Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon concernant la nasse du 7 octobre 2017.

    Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon concernant la nasse du 7 octobre 2017.

    Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon concernant la nasse du 7 octobre 2017.

    L’Etat réprime de nouveau les antifascistes.

    Aujourd’hui, les fascistes avaient prévu de défiler. L’extrême-droite lyonnaise avait ainsi voulu lancer une manifestation sous des slogans typiques de leur chapelle : « fin de la préférence étrangère ; rupture avec l’Union Européenne ; fermeture des frontières. « 

    Après avoir tenté d’instrumentaliser la misère, l’an dernier, en prétendant aider les plus démunis -à condition qu’ils soient de la bonne race, les fascistes tentent de nouveau de faire parler d’eux.

    Le climat politique et militant ne leur sied guère, il faut dire. Il leur est difficile d’argumenter sur la Loi Travail. Niant la lutte des classes, étant foncièrement des ennemis des intérêts des masses populaires, il ne leur reste qu’a agir en vautours et à trouver quelques charognes à ronger. Lorsqu’ils réussissent à faire parler de leur mouvement, c’est en commettant agressions et bris de vitre dans le quartier de Saint-Jean. Chaque époque à ses croisés, la nôtre les connaît pétris de courage et d’ambition, comme à Nantes, ou 5 fascistes, certains descendant de la noblesse, sont jugés pour avoir attaqué un couple.

    Pour revenir sur le devant de la scène, les fascistes avaient ainsi prévu d’occuper l’espace public depuis place Carnot.

    La préfecture les en a interdit pour cause de risque de trouble de l’ordre public.

    Jusqu’ici, rien de novateur. Les fascistes déposent une manifestation qui n’a aucune chance d’être acceptée, la préfecture refuse, ils crient au complot franc-maçon ou judéo-bolchevique, selon le goût du jour. Bien souvent, ils tentent un coup de force, en comptant sur la tolérance de la part des forces de l’ordre, de la mairie, de la justice.

    De notre côté, sous l’impulsion du Groupe Antifasciste de Lyon et Environs, un contre-rassemblement a été lancé. Ce contre rassemblement avait tant à la fois pour but de contrer la mobilisation fasciste et, de l’autre, de poursuivre une campagne d’information sur l’existence et le contenu politique de ces groupes, tout comme d’éclairer sur l’attitude de la bourgeoisie et des institutions.

    Ce rassemblement fut, lui aussi, interdit pour les mêmes raisons. Le rassemblement s’est néanmoins tenu.

    Il a été accompagné d’une diffusion de tract, bien accueillie par ceux qui les recevaient. Après une demi heure, la police l’a néanmoins nassé, sans qu’aucune provocation de la part des rassemblés ait lieu. Après l’avoir encerclé, il fut déporté à l’intérieur de la rue Victor Hugo, restant ainsi cloitrés pendant une heure et demi.

    Ceux qui ne furent pas encerclés ont, logiquement, exigé que leurs camarades soient libérés. Quelle réponse ont-ils, ont-elles eues ? Une charge et des gaz.

    Une libération fut faire, au compte-goutte, avec fichage et fouille. A noter qu’une dame âgée, ayant eu l’outrecuidance de refuser qu’une policière la tutoie, fut plaquée contre un mur et violentée. Il semble que cela soit une représentation fidèle de l’application du code de déontologie.

    Trois arrestations ont été faites par la police, mais les charges sont -à l’heure actuelle- inconnues.

    Voilà ce qu’il en coûte de vouloir braver un interdit.

    Certains diront que cela découle d’une logique certaine : la suppression de l’un entrainant mécaniquement celui de l’autre. Mais cette logique revient à placer sur un pied d’égalité le fascisme et l’antifascisme, de considérer l’un et l’autre comme les facettes d’une seule pièce.

    Nous considérons que le mouvement antifasciste n’est pas au stricto sensu une simple réponse aux fascistes, ce mouvement va plus loin. Il fait parti du front de défense et d’autodéfense des masses populaires, contribue à la lutte contre l’exploitation, contre l’atomisation, contre l’isolement, pour une culture populaire et combative.

    En revanche, la mairie, la préfecture et les institutions voient les choses d’une manière tout autre.

    Ce qui les embête, ce qui les gênent, ce sont les troubles que pourraient provoquer les petits agitateurs à la croix de bois ou aux bords plus crochus. Au final, ce qui leur importe c’est que Lyon soit une ville proprette, commerçante, touristique. Ce qui leur importe c’est que l’argent coule à flot.

    C’est pour cela que lorsque Macron vient, ils intiment au migrants l’ordre de cacher leurs tentes. C’est pour cela que lorsque les fascistes défilent, ils leur demandent de ranger leurs swastikas et leurs blasons de la SS Charlemagne. C’est pour cela que quant les antifas s’opposent, ils les nassent et les gazent. Cela fait mauvais genre, dans la rue commerçante qu’est Victor Hugo, de voir les drapeaux rouge, rouges et noirs ou noirs flotter.

    Dans le fond, leur préférence va aux petits agités du Vieux-Lyon, après tout, ils ne réclament que la stagnation et le retour en arrière. L’un comme l’autre convient parfaitement à une bourgeoisie qui rêve de retourner à l’âge d’or ou crier « droits sociaux » permettait de visiter de l’intérieur le bagne de Cayenne. Ne partagent t-ils pas un même amour du commerce international ? Les uns vendant des armes aux terroristes de l’Etat Islamique -tout en étant des indics de police- les autre finançant directement Daesh contre une sécurité pour exploiter le sous-sol syrien.

    Après tout, le fascisme est l’enfant de la bourgeoisie, son rejeton de temps de crise. Le fascisme est le monstre difforme, nourri et couvé, que la bourgeoisie garde en réserve pour le lancer sur les masses, lorsqu’elle se rebellent trop.

    Quant aux antifascistes, dans leur grande variété, ils ont ce grave défaut de vouloir que le monde change, de vouloir le transformer. Donc, ils sont par essence des ennemis de cet ordre public, bourgeois, exploiteur, putréfié.

    Pour ne pas être gênés et nuire au bon plaisir des passants, la police encercle, gaze, frappe. En amont, elle avait déjà menacé directement certains militants et certaines militantes quelque peu dérangeants, en exigeant de leur hiérarchie professionnelle qu’elle transmette un ordre de convocation au commissariat. Une méthode scandaleuse.

    Après tout, l’Etat d’urgence inscrit dans le droit commun, avec tout les traitements préventifs des « risques », n’est-ce-pas le fantasme nocturne de tout fasciste ?

    L’Unité Communiste de Lyon déclare sa solidarité envers le mouvement antifasciste. La répression sans cesse croissante contre les mouvements sociaux, politiques, antifascistes illustre l’aggravation de la situation sociale. La politique de kamikaze de Macron emmène inéluctablement à ce que la situation se détériore encore, servant, en cela, de terreau aux réactionnaires les plus répugnants. Cette détérioration ne pourra pas connaître de fin par elle seule.

    Le coup d’arrêt ne peut venir que des forces progressistes et révolutionnaires.

    Elles doivent serrer les rangs, faire front ensemble pour stopper la déferlante.

    C’est ainsi que les attaques pourront être stoppées.

    Mais la fin du règne d’exploitation et de crime de la bourgeoisie ne pourra s’achever qu’au travers de la bataille suprême que représente la révolution prolétarienne. Elle seule pourra mettre fin à cette nuit sinistre de misère, de guerre, de souffrance.

    Elle seule pourra enterrer définitivement ce valet du capitalisme qu’est le fascisme.

  • Un plat de couscous, une rue et des nazis. Partie 2. Une rue et des nazis.

    Un plat de couscous, une rue et des nazis. Partie 2. Une rue et des nazis.

    Une rue et des nazis.

    De l’autre côté de l’échiquier politique, le 23 septembre, Mélenchon a tenu son rassemblement. Dans un sens, il est un indéniable succès. Que ce soit 55 000 ou 150 000 personne ne change, au final, pas tant de choses. Mélenchon tente de faire enfler son aventure en solo pour en faire une vague qu’il souhaiterait déferlante.

    Souvent nous mentionnons Mélenchon et nous apportons une critique, parfois acerbe, sur les initiatives et le fond politique de l’affaire. De fait, lui et la France Insoumise sont devenus des acteurs incontournable du mouvement social et du mouvement politique de gauche. Les erreurs et les inconséquences qui peuvent émailler le parcours de cette force politique ne se paient pas de la même manière que les paroles en l’air de certains. Les dangers de l’aventure en solo de Mélenchon risquent d’avoir un impact terrible sur l’évolution de la mobilisation.

    Le sens politique de cette marche contre le « coup d’Etat social » fleure toujours bon la rhétorique populiste du peuple trahit par ses élites, usurpés par ses mauvais princes. Elle fleure bon la rhétorique d’ancien régime, où les masses doivent souhaiter qu’un bon prince arrive et prenne le contrôle des affaires.

    Nous ne sommes pas dans un équivalent des soviets de Petrograd, mais bien dans un mouvement chargé de porter au pouvoir l’homme providentiel. Un mouvement ne s’appuyant pas sur des bases solides, sur des appuis de long terme, sur une unité idéologique et une unité organisationnelle, mais bien sur un flux. Au final, Jean Luc Mélenchon fonctionne comme un cavalier de la steppe.

    Karl Von Clausewitz expliquait que ce type de fonctionnement impliquait, en français dans le texte, le fait de toujours fonctionne en vedette, c’est à dire de rester porté par le flux, toujours le maintenir croissant, sans quoi tout s’effondrera.

    Mélenchon en est conscient, et sait que le temps, au final, joue contre lui, joue en défaveur du manque de cohérence de son programme, de son caractère social-chauvin. Si il veut que sa vague se transforme en succès, il doit réaliser plusieurs tours de force.

    D’une part, maintenir un flou idéologique savamment orchestré autour de son programme. Le pire ennemi de son mouvement, c’est la décantation idéologique, c’est l’approfondissement politique, c’est le fait qu’éclosent des questions quant à l’impérialisme français, quant à la « place de la France dans le monde », quant au système politique et à la démocratie bourgeoise.

    De l’autre, pour se renforcer en valeur relative, il doit faire en sorte que les autres échouent et soient éclipsés par lui. Mélenchon ne peut pas phagocyter la CGT ou le PCF, ils doivent donc périr pour qu’il ne reste plus que lui, seul survivant de la bataille, au milieu des ruines. Il est gênant que l’unité ne fut pas au centre des discours, mais que ce ne fut qu’une ode à la France Insoumise.

    D’où un mythe qui se construit. Un mythe qui se construit à coup d’inventions, dont celle-ci, teintée de spontanéisme et d’hostilité aux organisations politiques.

    « C’est la rue qui a abattu les nazis »

    D’emblée la phrase est fausse. Elle est en contradiction avec la réalité de comment s’est construit le nazisme, sur quoi il s’est appuyé pour avancer et comment il fut terrassé.  Le nazisme s’est appuyé sur une compréhension de la psychologie des foules, de la démagogie et du populisme.

    Cependant, elle est cryptique. Jean-Luc Mélenchon parle t-il du vrai nazisme, ou parle t-il de la montée de l’extrême-droite au sein de l’Etat français ? La question reste en suspens.

    Sans aller jusqu’à dire que le nazisme est « issu de la rue », il s’est greffé sur la spontanéité des masses, laquelle peut tout à fait prendre des tournures réactionnaires, s’en est emparée pour la tourner vers les pogroms, les lynchages, vers tout ce qui était viscéral et haineux. C’est dans les rues, dans le chaos, que les SA saccageaient les magasins juifs, s’en prenaient aux communistes et aux syndicalistes.

    Cela est relié au fait que le nazisme s’est appuyé en partie sur les lumpenprolétaires, sur les chômeurs, les déclassés, les atomisés, les laissés pour compte.

    A l’inverse, le mouvement communiste et syndical allemand s’était construit dans les usines, dans les lieux de socialisation, dans les lieux de travail. Cela ne s’est pas construit autour de mouvements, mais de partis, d’organisations.

    Le fascisme et le nazisme ont été deux lames de couteau employés pour assassiner le mouvement ouvrier et le mouvement révolutionnaire. Le fascisme et le nazisme portaient l’anticommunisme comme fondement de leur pensée politique, tout en le maquillant d’un verbiage populaire, chargé de faire illusion.

    Quant à qui a abattu le nazisme, Mélenchon commet une erreur d’appréciation historique, et tente de créer un roman.

    Le premier vecteur de défaite du nazisme provient de la force de ses adversaires. En premier lieu celle de l’URSS, laquelle paya chèrement sa victoire au prix du sang. Les 24 millions de citoyens soviétiques tombés sous les balles, sous les obus, sous les coups et les privations méritaient un peu mieux que ce raccourci historique.

    Les alliés, Américains et Anglais, ont participé à l’effort de combat direct tout comme au front antifasciste international, au sein duquel ils soutinrent, non sans arrières pensées, l’URSS. La Bataille de Berlin fut une bataille de rue, mais elle ne fut pas une bataille de « la rue ».

    N’allons pas occulter les souffrances et le rôle des nations alliées, par plus que celui des pays qui ont cédé face à la puissance militaire nazie.

    L’autre pan est celui des résistances des différentes nations occupées et au sein des Etats agresseurs eux-mêmes. Cette résistance intérieure s’est manifestée sous diverses formes, mais elle est demeurée clandestine, secrète, camouflée. Elle est fort éloignée de la rue, car les droits démocratiques sont abolis, car les Gestapo veillent. Lorsque les insurrections éclosent, elles sont le fruit de travaux en amont, réalisés par des État-majors improvisés. Parfois, dans de rares cas, la rue se réveille, assoiffée de vengeance, sur les talons de l’occupant, s’en prenant aux arrières gardes, rejoignant les rangs des résistants de la 11ème heure.

    L’ironie de la chose est que le courant politique dont sortent Mélenchon et Corbière ne s’est pas particulièrement illustré par son résistantialisme durant l’occupation. A l’époque, les lambertistes optaient pour une stratégie d’entrisme dans la Résistance, dans le but d’y développer des mots d’ordre de fraternisation. L’action, notamment syndicale, fut limitée au fait d’organiser des grèves dans l’industrie de guerre des pays alliés et a applaudir la « révolution anti-bureaucratique ukrainienne », dont les figures de proue étaient Stepan Bandera et la Brigade SS Kaminsky. Peut mieux faire comme cohérence, que de se prétendre l’incarnation de l’antifascisme.

    Mais cet appel à la mobilisation spontanée des masses comme sanction de l’histoire n’est pas sans danger. Une nouvelle fois, en prétendant qu’il n’existe que lui, le mouvement et les masses, Mélenchon nie l’importance des organisations. Cette négation sert ses objectifs, est logique dans la poursuite de sa stratégie, mais revient à jouer avec le feu, à un moment où les organisations, notamment syndicales, sont le principal rempart contre les ordonnances.

    Quantité de militants et de militantes sincères ont suivi cette mobilisation, voyant dans celle-ci l’aube de quelque chose de nouveau, de quelque chose de grand, de quelque chose de fort, qui bouleverserait l’ordre social. Ce sont à ces individus que nous pensons, lorsque nous écrivons ces lignes.

    L’aventure Mélenchon est un projet qui peut séduire, qui peut rafler des suffrages, mais qui se heurte à des impasses, qui se heurte au fait que la question de l’Etat, la question de l’impérialisme et du capitalisme ne sont que traitées à moitié. Or, la moitié manquante est ce qui fait la distinction entre le succès et l’échec.

    Et cet échec, à quel prix sera-t-il payé ? Au prix de l’effondrement de toutes les lignes de défense des travailleurs ?

    Non, la rue n’a pas chassé les nazis. Non, la rue seule ne chassera pas les ordonnances. Non, la rue seule n’obtient pas de victoires tactiques et encore moins stratégiques. Organisées, les masses peuvent tout, elles sont la force créatrice de toutes les richesses, elles sont la force qui peut balayer des empires. Mais atomisées, les masses sont la proie des démagogues, des opportunistes et des populistes.

    Certains ont tenté d’intervenir au sein de cette démonstration de force, de se faire l’écho d’un rejet du social-chauvinisme et du réformisme de Mélenchon. Cette mobilisation, sous l’égide de l’ultragauche, partait d’une logique cohérente. Seulement, entre la stratégie et l’application, un océan existe. Et cet océan mérite d’être sondé.

  • Hommage au martyr Nubar Ozanyan. Assassiné par les fascistes !

    Hommage au martyr Nubar Ozanyan. Assassiné par les fascistes !

    Hommage au martyr Nubar Ozanyan. Assassiné par les fascistes !

    Le 14 août, les communistes du monde entier se sont vu arracher un camarade, un frère d’armes. Un combattant du front militaire comme du front théorique.

    La camarade Nubar Ozanyan, plus connu sous son pseudonyme de commandant Orhan, est en effet tombé au Rojava, sous les balles de l’organisation fasciste-obscurantiste Daesh. Nul doute que cet assassinat doit remplir d’aise les fascistes turcs comme les fascistes-obscurantistes de Daesh. Pour eux, un implacable ennemi est tombé.

    Membre depuis 40 ans du Parti Communiste de Turquie/ Marxiste-Léniniste, commandant aguerri de la branche armée du parti, la Tikko (Armée ouvrière et paysanne de libération de la Turquie), le camarade Ozanyan laisse un grand vide, après une vie vouée à la lutte révolutionnaire, à l’éducation politique, et à la formation militaire des jeunes recrues qui combattent notamment dans le Rojava aujourd’hui.

    Mais, comme le chante le « chant de la Libération », aussi nommé « chant des partisans », « Ami, si tu tombe, un ami sort de l’ombre à ta place. » Nul doute que les jeunes cadres, les jeunes combattants et combattantes poursuivront sa lutte, poursuivront son combat.

    Nubar Ozanyan  est d’origine arménienne, né dans la Turquie kemaliste, laquelle s’est vouée à détruire tout ce qui ne rentrait pas dans le cadre de la « révolution » du « père des turcs ». Il lutta, avec bravoure et humilité, partout où le système capitaliste pourrissant, et où l’impérialisme semaient la mort. En Turquie, en Palestine, au Karabakh, en Arménie ou encore au Kurdistan, le commandant Orhan se battait du côté des opprimés, prouvant aux bourgeoisies impérialistes et compradores que désormais, elles ne connaîtraient plus que des revers, jusqu’à la victoire totale du camp du peuple.

    L’Unité communiste de Lyon se joint à la tristesse des camarades du TKP/ML, et des révolutionnaires du Rojava. Mais si l’homme est mortel, les idées de Marx, Engels, Lénine, Staline, Mao, et Ibrahim Kaypakkaya , pour lesquelles Nubar Ozanyan a donné sa vie, ne le sont pas ! L’idéologie qui permet la libération des masses populaires est une hydre qui sans-cesse renaît, car, chaque jours, les capitalistes et les impérialistes dressent les masses populaires contre eux. Chaque jour, ils creusent leur propres tombes.

     Contrairement à ce que prétend la bourgeoisie, via son monopole médiatique, et via les relais de propagande de leurs éducations nationales, la flamme du communisme n’est pas éteinte ! Elle ne le sera jamais.

    Dans l’Etat turc et dans le Rojava, le TKP/ML mène la lutte aux côtés des kurdes du PKK, du PYD, du YPG et des YPJ , contre le fasciste Erdogan, et ses pions obscurantistes ; en Inde, la rébellions naxalite contrôle des régions entières où sont tenus en échec les capitalistes et leurs milices sanguinaires ; aux Philippines, la lutte de la Nouvelle armée populaire avance, malgré les oscillations et les trahisons des bourgeois, lesquels soutiennent le boucher Duterte ; au Pérou, la pensée du président Gonzalo guide encore ceux qui sont épris de liberté, et de justice.

    Partout où l’oppression sévit, les masses s’organisent et ripostent !

    Dans l’État français, le mouvement communiste, toujours divisé doit tourner ses yeux vers ces exemples. Nous devons nous inspirer de l’exemple du commandant Orhan, de son combat, de sa rigueur, de son humilité.

    Rassemblons nous, organisons nous, formons nous, ressuscitons le Parti communiste de la classe ouvrière, reformons le camps du peuple ! Le meilleur hommage à ceux qui sont tombés est de poursuivre leur combat, et de le mener à son terme !

    En Turquie, dans le Rojava, comme partout à travers le monde, les martyrs de la révolution nous regardent !

    Honorons les !

  • Nouvelle brochure : Le fascisme et la classe ouvrière – Georges Dimitrov

    Nouvelle brochure : Le fascisme et la classe ouvrière – Georges Dimitrov

    Le fascisme et la classe ouvrière – Georges Dimitrov

    Nous mettons à disposition cette brochure essentielle de Dimitrov, sur la question du fascisme et du pouvoir. Celle-ci, rédigée au moment de la prise du pouvoir par les nazis, met le doigt sur de nombreux aspects, notamment sur le rôle de la sociale-démocratie dans le sabotage de la défense antifasciste.

    Une brochure incontournable.

  • 9 mai 1945, n’oublions jamais l’URSS !

    9 mai 1945, n’oublions jamais l’URSS !

    Nous commémorons, ces jours-ci, la victoire de la coalition antifasciste contre la bête fasciste – nazie. 

    Commémorer cette victoire exige de revenir sur l’importance de l’Armée Rouge des Ouvriers et Paysans, laquelle fut un des artisans essentiels de la victoire. Il est important, également, de rendre hommage à l’Union Soviétique, ses habitants, son gouvernement, sa direction politique, laquelle à mené un long combat contre les envahisseurs et ont payé le prix fort les rêves de l’impérialisme, de la croisade raciste et bolchevique.
    Nous publions cette brochure,, rédigée par nos soins, pour apporter notre pierre à l’entretient de cette mémoire, à l’entretient de cet héritage politique.

    Le document étant relativement long : 18 pages ; nous en reproduisons ici l’introduction et la conclusion.

    Le 9 mai 1945, le canon se taisait en Europe.

    Une journée après l’armistice de Reims avec les forces occidentales, l’armée Allemande et le gouvernement du nouveau Führer Karl Donitz capitulaient sans condition devant les forces soviétiques.

    Près de 4 ans après l’invasion de l’URSS par les forces allemandes, l’Armée Rouge des Ouvriers et Paysans prenaient Berlin et terrassaient la bête nazie.

    27 millions de citoyens et de citoyennes soviétiques, sans distinction d’âge, de qualité, de religion ou d’ethnies, avaient perdu la vie. Par les balles, les bombes, les massacres, les camps de prisonniers dont on ne revient pas. Certaines Républiques Socialistes, comme la R.S.S. de Biélorussie, ont perdu ainsi près de 25% de leur population.

    Environ 6 millions de juifs avaient été victimes de la Shoah, que celle-ci fut par balle ou dans les camps de la mort.

    Entre les mains des bouchers nazis, environ 1.8 millions de Polonais sont morts ; entre 130 000 et 500 000 Roms furent assassinés ; environ 200 000 handicapés ; entre 10 000 et 15 000 homosexuels.

    L’occupation Allemande, à l’Est ou à l’Ouest, s’est traduite par la terreur, la famine, les privations, les dénonciations et la répression. Des fleuves de sang ont été versés pour assouvir le fantasme de domination impériale des capitalistes d’Allemagne et de leurs alliés.

    Dans Berlin en ruine, c’est à ce règne de terreur que les soldats et les soldates de l’Armée Rouge sont venus mettre fin. Ils et elles ont mis à bas cette construction criminelle, ce moloch assoiffé du sang des peuples.

    Nous leur rendons hommage aujourd’hui, ainsi qu’à tous les combattants et les combattantes -qu’ils et elles fussent avec uniforme ou sans- qui se sont battus, par quelques moyens que ce soit, au sein du front antifasciste.

    Par là même, nous rendons hommage à la résistance oubliée des Coréens, des Chinois, des Indochinois, des Indonésiens, contre l’oppression coloniale japonaise et contre la double oppression franco-japonaise sur l’Indochine.

    Défendre l’Histoire, défendre le 9 mai.

    L’occident l’oublie, la Russie de Poutine le porte aux nues, en le vidant de son contenu anti-impérialiste. Le 9 mai est une lutte, une bataille.

    D’une part pour que l’oubli n’emporte pas les héros de Stalingrad, de Leningrad, de Rostov-sur-le-Don ; pour que l’histoire n’efface pas le souvenir de la résistance soviétique, de la résistance communiste. Pour que le mythe de la Wehrmacht propre et sans reproche n’efface pas la responsabilité de l’appareil militaire. Pour que les causes de cette guerre ne soient pas oubliées.

    Pour qu’elle ne recommence pas de nouveau, pour que le XXIe siècle ne soit pas celui d’une Troisième, d’une Quatrième Guerre mondiale, d’un nouveau charnier pour les peuples.

    De l’autre pour qu’elle ne soit pas dépolitisée, vidée de son contenue, transformée en un immonde chauvin, impérialiste, revanchard et nationaliste. Pour que la mémoire du drapeau rouge ne serve pas de marchepied à un nouvel irrédentisme grand-russe, à un nouveau chauvinisme pan-quelque chose, pan-slave comme pan-germanique.

    Pour que l’honneur de ceux qui sont tombés pour la Liberté, de ceux et celles qui ont donné leur vie, à qui celle-ci a été volée, ne soient pas tombés en vain. Qu’ils et elles ne soient pas assassinés une nouvelle fois par la révision, la falsification de l’histoire.

    Pour citer le verbatim du film d’Alain Resnais (1957) Nuit et brouillard :

    « Neuf millions de morts hantent ce paysage.

    Qui de nous veille de cet étrange observatoire, pour nous avertir de la venue des nouveaux bourreaux ? Ont-ils vraiment un autre visage que le nôtre ? Quelque part parmi nous il reste des kapos chanceux, des chefs récupérés, des dénonciateurs inconnus…

    Il y a tous ceux qui n’y croyaient pas, ou seulement de temps en temps.

    Il y a nous qui regardons sincèrement ces ruines comme si le vieux monstre concentrationnaire était mort sous les décombres, qui feignons de reprendre espoir devant cette image qui s’éloigne, comme si on guérissait de la peste concentrationnaire, nous qui feignons de croire que tout cela est d’un seul temps et d’un seul pays, et qui ne pensons pas à regarder autour de nous, et qui n’entendons pas qu’on crie sans fin. »

    Tant que l’impérialisme, tant que le capitalisme, de néo-colonialisme ne seront pas finis, ne seront pas devenus des époques du passé, le monstre concentrationnaire restera.

    « Certains camarades affirment qu’étant donné les nouvelles conditions internationales, après la deuxième guerre mondiale, les guerres entre pays capitalistes ne sont plus inévitables. Ils estiment […] que les Etats-Unis d’Amérique se sont suffisamment soumis les autres pays capitalistes pour les empêcher de se faire la guerre et de s’affaiblir mutuellement ; que les hommes avancés du capitalisme sont assez instruits par l’expérience des deux guerres mondiales, qui ont porté un sérieux préjudice à l’ensemble du monde capitaliste, pour se permettre d’entraîner à nouveau les pays capitalistes dans une guerre entre eux ; que, de ce fait, les guerres entre pays capitalistes ne sont plus inévitables. Ces camarades se trompent. Ils voient les phénomènes extérieurs affleurant à la surface, mais ils n’aperçoivent pas les forces profondes qui, bien qu’agissant momentanément de façon invisible, n’en détermineront pas moins le cours des événements. En apparence, la « sérénité » règne partout : les Etats-Unis d’Amérique ont réduit à la portion congrue l’Europe occidentale, le Japon et les autres pays capitalistes ; l’Allemagne (de l’Ouest), la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, le Japon, tombés dans les griffes des U.S.A., exécutent docilement leurs injonctions. Mais on aurait tort de croire que cette « sérénité » puisse se maintenir « pour l’éternité » ; que ces pays supporteront sans fin la domination et le joug des Etats-Unis d’Amérique ; qu’ils n’essaieront pas de s’arracher du joug américain pour s’engager sur le chemin de l’indépendance. […] Pour supprimer l’inévitabilité des guerres, il faut détruire l’impérialisme. » (Staline, 1952)

    N’oublions pas.

    Aujourd’hui, la menace couve, la menace gronde.

    Pour qu’elle n’éclate pas, le camp de la paix doit être fort, décidé, uni.

    Ne laissons jamais la boucherie recommencer.

     

     

  • Fin de Partie

    Fin de Partie

    Emmanuel Macron est victorieux avec 65.8 % des voix, selon des dernières informations. Une nouvelle fois, ce score est conforme aux attentes, conforme aux prévisions. L’Etat français n’a pas connu de scénario du type de Trump, avec une percée imprévisible, un débordement systématique, un raz-de -marée populiste.

    Il est notable, cependant, que le Front National a réussi à s’implanter d’une manière durable, comme un pivot, dans le paysage politique de la démocratie bourgeoise. Comparativement à 2002, pas d’écrasement, pas de 82% / 18%. La mobilisation électorale s’est même avérée plus faible qu’au premier tour.

    Il est intéressant de voir qu’une coupure se produit au niveau des votes.

    Un Etat français intégré dans les réseaux et les flux de la mondialisation, intégré dans l’Union Européenne, dans des zones qui, globalement, sont des citadelles de l’impérialisme, ses métropoles des centres de commandement. Ces régions urbaines ont massivement soutenu Emmanuel Macron.

    A l’inverse, les zones périurbaines, rurales ou semi-rurales, les régions de petites industries, ont voté majoritairement pour Le Pen. La « France des villages », qui se paupérise, qui voit la mondialisation comme une menace, qui en subit la concurrence de plein fouet, ne s’est pas manifestée par une adhésion aux thèses optimistes du candidat gagnant.

    Mais dans l’ensemble, seul deux départements, l’Aisne et le Pas-de-Calais voient le Front National arriver en tête. Calais est, d’ailleurs, la plus grande ville où le Front National arrive en tête, suivie de Fréjus, sous d’autres latitudes.

    L’abstention et le silence demeurent la première force politique avec 37.3 % de la population. Un quart des inscrits n’ont pas exprimé de suffrage durant cette élection. Ceci est révélateur d’un dégoût généralisé de la politique telle qu’elle est menée, d’un détachement des masses populaires du cirque électoral.

    Cette césure est positive, non négative. Elle est la base de rejet sur laquelle se construit l’opposition extra-parlementaire, le pouvoir populaire, le camp du peuple.

    Les partis réformistes-radicaux peuvent pester-ils furent tous éliminés- ils ne font que payer le prix de leur obstination dans une voie morte, dans une voie de compromis et de compromission, dans une voie de démagogie et non de lutte.

    La tâche des communistes, mais aussi, plus largement, celle de tous ceux et toutes celles qui rejettent la démocratie bourgeoise, est de former un véritable pôle antiparlementaire, de former un véritable bloc populaire. Il est illusoire de croire que l’abstention suffira d’elle même. Le dépit se mue en rejet, mais passer de ce rejet passif en volonté positive d’établir un pouvoir populaire demande un long travail, que seules les organisations révolutionnaires peuvent mener.

    Aujourd’hui, la victoire a échu entre les mains d’Emmanuel Macron et de la frange Libérale libre-échangiste de la bourgeoisie.

    « Vous avez choisi l’audace, et cette audace nous la poursuivrons » a ainsi déclaré Emmanuel Macron. L’audace de la liquidation du code du travail, de l’assurance chômage, de la sécurité sociale. L’audace de plonger dans la précarité accrue, dans une misère plus noire, plus sombre.

    Car tel est le programme d’Emmanuel Macron. Un programme de paupérisation pour les masses, un programme d’enrichissement sans bornes pour la bourgeoisie.

    Mais le nouveau président du conseil d’administration de la bourgeoisie est loin d’être une personne inintelligente. Il dispose, de plus, d’un encadrement efficace pour l’appuyer et le conseiller.

    En Marche ! a conscience de sa faiblesse face à l’épreuve des législatives. Les Républicains et le Parti Socialiste ont certes subi un revers terrible, mais leur structure peut résister, leurs relais, leurs courroies de transmission, rester fidèles.

    Il semble que l’Etat français se dirige vers un gouvernement et un parlement fonctionnant à la coalition. Or, qui dit coalition dit alliés. Pour triompher aux législatives, la nouvelle équipe présidentielle va devoir choisir une géométrie plus précise, devoir faire des choix.

    Cette recherche d’alliés se retrouve dans le discours d’Emmanuel Macron, lequel est particulièrement révélateur.

    Si, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, le gagnant n’a pu rassembler ses troupes sur le Champ de Mars, il est parvenu à inclure le choix du Louvres dans son discours, en faisant le symbole d’une continuité historique remontant à l’ancien régime.

    Son arrivée sur l’estrade, dans une solitude étudiée, s’est faite non sous la Marseillaise, mais sous les accords de l’ode à la Joie, hymne de l’Europe.

    La pyramide du Louvres a focalisé toute l’attention des complotistes, la musique de Beethoven celle de tous les germanophobes. Le mélange des deux, pourtant, est brillant : décor franco-français, musique européenne.

    Le candidat de En Marche ! a manœuvré efficacement, indiquant qu’il tenait compte du fait qu’un partie de son électorat l’avait soutenu pour des raisons d’inquiétudes quant aux institutions républicaines.

    Cette manière de prendre en compte ces ralliements par dépit brosse les « barragistes » dans le sens du poil. Concession sur la forme, elle ne représente nullement une sur le fond, sur le programme économique, sur la politique à tenir. Elle représente simplement la prise en note d’une volonté de protection des droits démocratiques.

    D’une certaine manière, le « barrage » s’est retrouvé vidé de tout son contenu politique.

    Dans le même temps, poursuivant dans le ralliement, Emmanuel Macron a également salué les électeurs de Marine Le Pen, disant comprendre leur colère et leur désarroi. Un énigmatique « Je ferai tout dans les cinq années qui viennent pour qu’ils n’aient plus aucune raison de voter pour les extrêmes. » a été prononcé. Il est difficile de déterminer son sens. S’agirait-il d’une volonté de parvenir à une synthèse sur un certain nombre de sujet ? Pour le moment, la question reste en suspens.

    Ce qui est certain, c’est que le discours a enfoncé le clou sur un certains nombre de sujets internationaux :  » La France sera au premier rang dans la lutte contre le terrorisme sur son sol et aussi bien que dans l’action à l’international. Aussi longtemps que ce combat devra durer, nous le mènerons « . La politique internationale de l’Etat français n’est pas prête de s’apaiser. L’impérialisme français peut bien se parer d’un sourire enjôleur, il n’en change pas sa nature pour autant.

    Reste à voir comment vont se concrétiser les premières mesures, les premiers choix, les orientations.

    Toujours est-il que la ligne Macron : rassembleuse et unificatrice, n’est nullement un garantie contre toute dérive autoritariste ou toute caporalisation de la société. Une union sacrée, même vendue comme « anti-fasciste » peut très bien s’accommoder d’une exploitation accrue, d’une répression d’autant plus violente qu’elle se targuerait d’être un rempart contre l’extrême-droite.

    Ceux qui voient dans Macron un démocrate convaincu ne doivent pas ôter de leurs esprits qu’il est un agent de la bourgeoisie, dont il exécute la commande.

    Si l’ordre est donné de frapper, si la situation se détériore, gare. Les libertés fondamentales ne sont, au final, que des droits formellement accordés par la bourgeoise. Ils se retirent aussi aisément qu’ils se donnent.

    Du côté des perdants, les législatives sont dans tous les esprits. Marine le Pen a déclaré : Le Front national doit lui aussi profondément se renouveler afin d’être à la hauteur de cette opportunité historique, a-t-elle affirmé. Je proposerai donc d’engager une transformation profonde de ce mouvement afin de constituer une nouvelle force politique. »

    « Ce second tour organise une recomposition politique de grande ampleur entre les patriotes et les mondialistes. » « C’est ce grand choix qui sera présenté par circonscription aux Français lors des législatives. Je serai à la tête de ce combat. »

    Un souffle d’inquiétude travers la « boutique. » Le concept même du Front National arrive t-il à bout de souffle ? Doit-il muter pour devenir le pôle principal d’opposition à la politique d’Emmanuel Macron ?

    L’alliance avec Debout la France, avec Nicolas Dupont-Aignan, avec Christine Boutin, est une nouveauté. Il semble que le Front National soit en passe de  devenir véritablement un front d’organisations nationalistes-chauvines, pour gagner en influence, gagner en relais, gagner en implantations.

    C’est de la réussite ou de l’échec de cette transformation que dépendra la physionomie des prochaines années, que dépendra la physionomie de la prochaine élection présidentielle.

    La France Insoumise, construction artificielle, autour de la personnalité de Jean-Luc Mélenchon, se délite progressivement. Les conflits entre les intérêts du PCF -pourrissant- et ceux du Parti de Gauche -qui ambitionne de prendre la place du Parti Socialiste- prennent une tournure antagonique. Des menaces, des pressions, des procès. La défaite se muera-t-elle en débâcle ?

    Les réformistes radicaux Poutou et Arthaud ont certes pu s’exprimer au cours de cette élection, mais n’ont rien su faire de cette tribune pour faire avancer la conscience politique des masses. En accréditant la mascarade, les trotskistes ont même contribué à solidifier le mythe de la démocratie bourgeoise. Rien n’est à attendre de ce côté.

    La réaction des révolutionnaires et des antiparlementaires est restée majoritairement marquée par le calme. Nouvelle attendue plutôt qu’un coup de tonnerre. Elle est prise avec gravité par les organisations et les militants et militantes, comme une lutte longue, sourde, et difficile à mener.

    Les cinq années qui s’ouvrent dans l’Etat français sont sous le signe de la croisée des chemins. Les aggravations de la crise du capitalisme, les aggravations des tensions politiques et internationales, se répercuteront dans le climat politique. La détérioration sociale promue par Macron jettera dans les bras de la misère et de l’exclusion sociale de parties importantes de la population. Si les organisations communistes -en premier lieu- ne sont pas à la hauteur de la tâche d’organiser et mettre en ordre de bataille les masses, ce seront les fascistes qui en bénéficieront et qui seront en mesure de lancer des mouvements de masse réactionnaires.

    La partie des présidentielle est terminée, mais plus largement elle signifie également un effondrement des marges de manœuvres réformistes et sociales démocrates.

    Elle signifie une cristallisation des tensions.

    Le lâche rempart n’existe plus.

    Il est essentiel, durant ces cinq ans, que le camp du peuple renaisse, soit fort, soit organisé et avance.

    Sans victoire sur le front de l’organisation, sur le front de l’idéologie, il n’existera que des défaites.

    En avant vers cinq années de lutte !

  • Nouvel ouvrage : Révolution et contre-révolution au XXe siècle – Georges Politzer – 1941

    Nouvel ouvrage : Révolution et contre-révolution au XXe siècle – Georges Politzer – 1941

    La question du fascisme  est sur toutes les lèvres. Cependant, la connaissance de son contenu idéologique reste -trop souvent- superficielle, parcellaire, basée sur des idées générales.

    Georges Politzer en fournit, depuis la gueule du loup, une analyse essentielle. Pour son grand malheur, ce philosophe communiste était bien placé pour le connaître, vivant dans l’Etat français occupé.

    Sa brochure, écrite vraisemblablement dès fin 1940, mais publiée en 1941 clandestinement, répond au discours de l’idéologue du IIIème Reich : Alfred Rosenberg. L’architecte de la pensée nazie voulait régler son compte aux idées de la Révolution Française, des Lumières, du socialisme scientifique. Au final, dévoilant son jeu, il révèle la vraie nature de son projet : un simple projet d’asservissement de l’humanité, maquillé en libération de « l’or par le sang. »

    Cette lecture est plus que nécessaire pour comprendre les bases théoriques du fascisme – nazi et, ainsi, entreprendre de le combattre idéologiquement parlant.

    Georges Politzer, fusillé au Mont Valérien le 23 mai 1942, ne vit pas le drapeau rouge de la révolution hissé sur le Reichstag, la tanière de la bête. Mais en l’assassinant, comme tant d’autres, les fascistes l’ont rendu immortel.

    A nos yeux, l’héritage de Georges Politzer, bien que membre du PCF, revient à ceux et celles qui poursuivent la ligne marxiste-léniniste. Cet héritage de saurait revenir à des révisionnistes et des falsificateurs, lesquels, au lieu de l’honorer, l’assassinent une fois de plus.

    Honorons sa mémoire et sa lutte -tandis que, dans deux semaines, cela fera 75 ans qu’il fut assassiné- en poursuivant son combat.

    Nous citons les dernières lignes de son ouvrage : 

    Et c’est ainsi que l’Union soviétique apparaît, dans tous les domaines, comme l’espoir des peuples. M. Rosenberg voudrait faire croire que l’obscurantisme règnera pendant des millénaires ! Mais à la vérité, il n’y a pas de puissance au monde qui puisse faire oublier la science et la raison, sauvegardées et protégées par l’Union soviétique qui crée la civilisation exempte de barbarie, la civilisation socialiste.

    Et comment voudrait-on faire croire aux peuples que la misère à laquelle ils sont voués est inscrite dans les lois de la nature et qu’ils doivent la subir avec résignation ? Ils voient bien que la misère ne règne que là où subsiste le capitalisme et qu’elle a disparu à tout jamais, comme les crises et le chômage, là où le capitalisme a été renversé.

    Sur la sixième partie du globe, où règne le socialisme construit sous la direction du parti de Lénine et de Staline, le renversement du capitalisme a donné aux peuples miséreux de l’ancienne Russie tsariste le bien-être croissant.

    Il est prouvé, pour la première fois dans l’histoire, par la vie concrète de 193 millions d’hommes, que le bonheur est bien de ce monde. Le pays qui a réalisé le socialisme et qui, grâce à cela, est devenu la puissance économique et militaire la plus forte, était un pays battu en 1 917.

    Demeuré capitaliste, il eût été dépecé par les impérialismes et réduit à l’état de pays vassal.

    Le renversement du capitalisme a rendu possible sa libération et son essor sans précédent.

    Il a permis en même temps de transformer l’ancienne Russie tsariste qui fut, selon la formule de Lénine, « une prison pour les peuples », en union fraternelle où les peuples égaux collaborent dans l’esprit de l’amitié stalinienne.

    L’exemple de l’Union soviétique nous montre ainsi que c’est en renversant le capitalisme dans notre pays que nous pourrons reconquérir la liberté et l’indépendance de la France ; que c’est l’émancipation sociale qui nous ouvrira la voie de la libération nationale.

    L’œuvre immense de la construction du socialisme fut accomplie sous la direction du continuateur génial de Lénine, sous la direction de Staline.

    C’est vers lui que se tournent les travailleurs exploités et les peuples opprimés du monde entier, parce qu’ils reconnaissent en lui le guide authentique de l’humanité en marche vers sa libération, celui qui dirige les peuples en s’appuyant sur la science du marxisme-léninisme qu’il a lui-même enrichie, et qui incarne, comme Lénine, le chef des peuples d’un type nouveau, unissant la connaissance des lois de l’histoire à une aptitude sans précédent à les appliquer, dirigeant les peuples en faisant appel à la raison et au dévouement à un idéal véridique ; aimé des masses immenses qui ont appris par leur expérience à voir en lui le pilote sûr de leurs destinées.

    La voie du Parti communiste français est la voie du grand Staline.

    C’est la voie de la victoire.

    La Révolution victorieuse d’Octobre 1917 a vengé l’héroïque Commune de Paris, noyée dans le sang par Thiers et les Versaillais qui avaient imploré et obtenu l’aide de Bismarck, en échange de quoi ils ont signé un lourd traité.

    Notre lutte est celle des Communards qui avaient uni indissolublement la cause de l’émancipation des travailleurs et celle de la liberté de la patrie.

    Cette lutte donnera à la France et au monde le pain, la liberté et la paix.

  • Épouvantail fasciste, fantasme et réformisme.

    Épouvantail fasciste, fantasme et réformisme.

    Bienvenue dans les années 30 du journal Slate, Le front des affaires s’épaissit, Marine Le Pen menace , du Figaro, mais aussi, dans un autre registre Pourquoi est-ce que plus les gens sont « de gauche », plus ils nient le danger fasciste de Marine Le Pen ? du site internet « Les matérialistes. » Ces articles sont autant d’exemples d’un discours d’actualité, celui de pointer du doigt la menace présentée par le Front National. 

    Dans chacun de ces textes, ce qui est mis en avant est le risque de basculement dans un régime fasciste. La conclusion est donc la suivante : votez. Votez utile, même sans conviction, pour faire barrage.

    Le corolaire est simple : si vous ne votez pas, vous êtes in fine un agent larvé des fasciste, un idiot utile, en bref, un marchepied de la fascisation.

    La logique mise en avant est la suivante : la situation est difficile, depuis la crise de 2008, la population est dégoûtée de la politique, donc cela laisse le champ libre aux fascistes. Même des marxistes, ou prétendus marxistes, font un parallèle entre les années 30 et aujourd’hui.

    Pour illustrer ce propos, comment ne pas songer à l’article Lénine, organisateur et chef du Parti Communiste de Russie de la Pravda écrit par Staline en 1920, à l’occasion du 50e anniversaire de Lénine:

     » Il y a deux groupes de marxistes. Tous deux travaillent sous le drapeau du marxisme et se croient « authentiquement » marxistes.

    Et cependant ils ne sont pas identiques, loin de là. Bien plus : un abîme les sépare, leurs méthodes de travail étant diamétralement opposées.

    Le premier de ces groupes se borne d’ordinaire à reconnaître extérieurement le marxisme, à le proclamer avec solennité.

    Ne sachant pas ou ne voulant pas pénétrer l’essence du marxisme, ne sachant pas ou ne voulant pas le faire passer dans la vie, il transforme les principes vivants et révolutionnaires du marxisme en formules mortes, qui ne disent rien.

    Il fait reposer son activité, non sur l’expérience, ni sur les enseignements du travail pratique, mais sur des citations de Marx. Indications et directives, il les puise non dans l’analyse de la réalité vivante, mais dans les analogies et les parallèles historiques. »

    Voilà justement ce que signifie cette comparaison avec les années 1930. Elle est fausse, historiquement, idéologiquement. Elle est fausse et elle est toxique politiquement.

    Des années 30 amputées de leur aspect politique principal : la menace révolutionnaire.

    Chacune des comparaisons faites par ces journaux, ces organisations, ces rabatteurs agissant pour la social-démocratie, est escamotée d’une chose essentielle : la question politique, l’influence des idées communistes dans les masses.

    Le journal Slate, aimant à se vernir de radicalité pour cacher sa vacuité, explique ceci: Sans la grande dépression née du krach de 1929, la plus grande crise que le capitalisme ait connue, et l’effondrement social et moral qu’elle a créé, les démocraties n’auraient pas été aussi affaiblies. Hitler n’aurait sans doute jamais pris le pouvoir en Allemagne. La Seconde Guerre mondiale n’aurait sans doute pas eu lieu. L’URSS de Staline ne serait sans doute pas devenue la superpuissance qu’elle a été jusqu’en 1989.

    Laissons de côté la répugnante petite diatribe anticommuniste de l’auteur. Après tout, Slate a soutenu Finkielkraut contre Nuit Debout, plus rien ne peut nous surprendre de leur part. L’intérêt réside ailleurs, dans une formation malheureuse : Les démocraties n’auraient pas été aussi affaiblies. Hitler n’aurait sans doute jamais pris le pouvoir en Allemagne.

    L’auteur, dans ce raisonnement, fait l’impasse sur plusieurs choses : d’une part le jeu vicieux des « démocraties », soufflant sur les braises, excitant Hitler à la guerre contre l’URSS. D’autre part cette négation de la réalité : jamais pris le pouvoir. Hitler n’a ni été élu, ni n’a pris le pouvoir. Il a été appelé à le prendre.

    Les « matérialistes », quant à eux écrivent :  » Le résultat est que des gens de centre-gauche, qui ne veulent nullement du socialisme, comme Manuel Valls ou Anne Hidalgo, qui est maire de Paris, comprennent bien mieux qu’il y a une menace terrible d’extrême-droite que les gens les plus à gauche, qui balaient cela d’un revers de la main, criant au chantage.

    On risque alors de connaître la même situation qu’en Italie au tout début des années 1920. La grande vague de contestation sociale s’est enlisée, elle n’a rien produit sur aucun plan, ni culturellement, ni politiquement, ni idéologiquement. Et la menace sociale a fait basculer la bourgeoisie hésitante dans les bras de la haute bourgeoisie fasciste. »

    Encore une fois, l’escamotage, l’analogie bâclée, toute est mis en œuvre pour instituer ce fameux chantage.

    Le choix du fascisme par la bourgeoisie répondait à deux questions: d’une part celle de la situation internationale, où le repartage du monde se ferait par la guerre. Il était donc nécessaire de mobiliser et de préparer les masses à celle-ci.

    Le second aspect, l’aspect primordial, était celui d’écraser les menaces révolutionnaires, de juguler les risques d’un fort mouvement de contestation politique, dirigé par un Parti Communiste. L’ombre de l’URSS planait sur les bourgeoisies de tous les pays.

    Dans les années 30, le contexte politique et économique avait principalement favorisé la montée des idées révolutionnaires et des forces communistes. C’est pour répondre à cette menace que la bourgeoisie à pris le choix de faire appel aux fascistes.

    C’est ainsi que Krupp, Thyssen, I.G. Farben, Blohm & Voss ont financé Hitler pour qu’il renforce son influence anticommuniste et nationaliste dans la population. C’est ainsi qu’en 1933, Paul Hindenburg finit par appeler Hitler à la chancellerie, sous les vivats des grands propriétaires de trusts.

    C’est ainsi que Mussolini fut appelé par le Roi d’Italie, pour liquider les grèves d’Italie du Nord.

    C’est ainsi que les latifundiaires et l’Eglise à appelé au pouvoir Franco pour qu’il règle son compte à un gouvernement de Frente popular  qui menaçait ses intérêts.

    Les schémas se répètent.

    C’est ainsi qu’agit la bourgeoisie lorsqu’elle est menacée, c’est pour cela que nous ne sommes pas des réformistes, mais des révolutionnaires.

    Aujourd’hui, en France, sommes nous dans cette situation ?

    Non.

    La bourgeoisie n’est pas en face d’un Parti Communiste puissant, d’organisations qui sont capables de pouvoir présenter une remise en cause, une menace, sur l’ordre défini par les bourgeois et les bourgeoises.

    Cela, et c’est bien regrettable, nous ne l’avons pas.

    Dans ce cadre là, la bourgeoisie n’a pas besoin d’instruments particuliers pour imposer l’ordre et la discipline dans la population. Ces instruments, elle les a déjà bien en main, ils ne sont nullement débordés par des mobilisations massives, par la constitutions de doubles pouvoirs…etc.

    A l’heure actuelle, nous sommes encore à l’ère des cercles, pour les organisations révolutionnaires. Nous sommes un embryon.

    Il n’existe pas un camp du peuple suffisamment intimidant pour que, toutes affaires cessantes, la bourgeoisie s’empresse de l’écraser.

    Les discours électoraux sont tous des discours qui flattent les projets de la bourgeoisie. Certes, comme le note les « matérialistes », il existe une bourgeoisie libre-échangiste et une protectionniste. C’est l’un des clivages. Il existe des pro-russes et des atlantistes.

    Mais il n’existe aucun anticapitaliste, aucun ennemi de la bourgeoisie qui soit en mesure de s’exprimer d’une manière suffisamment influente.

    Pourtant, notent la plupart des observateurs, il existe décidemment quelque chose de pourri, de menaçant, dans l’attitude de la bourgeoisie. C’est un fait. Mais il demande à être élucidé.

    Les confusion aux service de la capitulation.

    L’articles des « matérialistes » note :

    «  Ils ne peuvent donc pas comprendre que si l’État passe au service d’une fraction de la haute bourgeoisie en particulier, les conséquences sont innombrables.

    Si c’est Marine Le Pen qui gagne les élections présidentielles, par exemple, ce serait un pas en avant vers le fascisme, c’est-à-dire la mise en place d’institutions à vocation terroriste.

    Les gens qui pensent être le plus à gauche ne croient pas en ce terrorisme. Pour eux, la France vivrait déjà ce terrorisme. Nous connaîtrions une « austérité » terrible, les policiers seraient tous des violeurs et des assassins, les manifestations seraient déjà sauvagement réprimés.

    Partant de là, ils ne peuvent pas reconnaître que c’est faux, que la répression était bien plus grande même au début des années 1990 et encore plus dans les années 1970. Que l’austérité réelle représenterait bien autre chose, que le fascisme interdirait toute structure contestataire en général, afin de généraliser un apolitisme nationaliste. »

    Les « matérialistes » ayant apporté leur soutien aux manifestation des policiers, paradoxe intéressant, nous doutons du bien fondé de ces remarques. Cependant, elles soulèvent quelque chose d’intéressant.

    Comme le P.C.F., le P.C.F. MLM, que se targue d’être les « matérialistes », commettent bien des oublis.

    Entre 1936 et 1991, la bourgeoisie a offert des concessions. Elle n’avait guère le choix. Pour offrir un modus vivendi à la lutte des classes, celle-ci étaient incontournables. Pendant le Front Populaire, où les manifestations, les grèves massives, mais également l’existence de l’URSS rouge inquiétaient lourdement les patrons et les patronnes.

    Dans l’après guerre, ou un P.C.F. armé existait, bien qu’il eût -contre l’avis du Kominform- rendu les armes. La menace d’un basculement de l’Etat Français était une chose réelle, concrète. C’est ce qui a justifié l’acceptation du programme de la C.N.R., de la sécurité sociale, du chômage…etc.

    Même pendant la Guerre Froide, malgré le déviationnisme du P.C.F. et de l’URSS, les enjeux justifient, là encore, le fait de maintenir ces concessions là. Nous interprétons cela par le fait que la bourgeoisie n’a plus peur du P.C.F. révisionniste, ni de l’URSS, d’une manière stratégique, mais qu’ils sont toujours horrifiés par ce que ces entités représentent aux yeux de la classe ouvrière.

    A noter que cela justifie un mouvement en tenaille de la part de la bourgeoisie. D’une part, une relative candeur au niveau des conditions de travail et de vie, mais, de l’autre, une répression féroce et brutale des mouvements révolutionnaires, des manifestations, des troubles politiques.

    Beaucoup mordent dedans et oublient totalement la tendance à la paupérisation relative et absolue. La croyance que la capitalisme peut faire ruisseler les richesse, apporter la prospérité, satisfaire les besoins, déboucher « naturellement » vers le socialisme, arrive dans les discours.

    C’est la période de la putréfaction idéologique, laquelle a amené bon nombre de « communistes » à défendre le salaire socialisé, à défendre les nationalisations « démocratiques », en bref à renoncer idéologiquement aux fondements du marxisme.

    La fin de l’URSS supprime brutalement le besoin de compromis. Il n’existe plus de rivalité géopolitique et idéologique -même déviationniste. Dès lors, l’offensive reprend, d’abord doucement, puis en s’emballant.

    C’est ce à quoi nous assistons aujourd’hui :

    Premièrement au fait que la bourgeoisie met fin au modus vivendi de la lutte des classes, à la corruption grâce à laquelle elle s’attachait la fidélité de l’aristocratie ouvrière et de la petite bourgeoisie. Elle n’a jamais considéré ces aspects là autrement que comme temporaires. Nous assistons à un capitalisme beaucoup plus agressif qui revient en force. Il ne s’encombre guère de droits sociaux.

    Deuxièmement, l’endettement des banques, des ménages et des Etats, produit également des concessions accordées, est devenu un fruit pourri et toxique, qui ronge la solidité nombreux rouages du système capitaliste, et devient menaçant pour sa solidité immédiate -Sans menace directe, le capitalisme se régénérera, à terme.

    Troisièmement, l’affaiblissement relatif des impérialismes occidentaux, au profit de la concurrence des BRICS [BRIICS avec l’Indonésie] et de l’émergences de nouveaux acteurs géopolitiques, de nouvelles formes de menaces, à laquelle le format des armées occidentales n’est pas adapté.

    Ces trois aspects conjugués donnent la situation actuelle.

    Ces trois aspects n’appellent pas à l’apparition d’un fascisme immédiat en France, ni a une dictature ouverte et terroriste.

    Ils appellent à un durcissement de l’attitude de la répression, à un durcissement des conditions de travail, de vie, à une paupérisation de plus en plus violente et brutale des travailleurs et des travailleuses.

    Cela appelle à une transformation des discours sur la guerre, à un retour de l’embrigadement et des thèses sur le service militaire. Cela appelle à la préparation de la population, en particulier de la jeunesse, à la possible guerre de masse.

    Cela appelle donc à un retour, relatif, à un capitalisme pré-première guerre mondiale.

    La bourgeoisie a-t-elle besoin du fascisme  pour y parvenir ? Nous en doutons fortement.

    Ce durcissement, ce chauvinisme, ces tendances pro-impérialistes sont hégémoniques dans le discours de la présidentielle. Chaque candidat qui aborde les questions politiques défend ces positions. Du social-chauvin Mélenchon à la réactionnaire Le Pen, les discours intègrent tous le « produire français », la « place de la France dans le Monde », ou d’autres thèses du même acabit.

    Notons au passage que L.O. et le N.P.A. ne posent pas politiquement les questions, et se contentent d’agir comme des syndicats.

    Hormis ceux là, les différences entre les candidats se font sur le dosage de miettes que l’impérialisme livrera aux travailleurs.

    La répression féroce, le viol des libertés formelles, l’Etat d’urgence, le plan Vigipirate permanent…etc. Tout ceci n’a nullement besoin de Mme. Le Pen pour exister. Tout ceci, c’est la bourgeoisie, tout en maintenant le jeu démocratique, qui peut le mettre en œuvre, dans la joie et la fraicheur d’une démocratie bourgeoise.

    Ce n’est pas le fascisme, c’est la dictature de la bourgeoisie.

    Car l’ironie de la chose est là, le fascisme est le miroir de nos succès, de la pression des organisations révolutionnaires sur la bourgeoisie, de sa force. C’est dans cette situation que les organisations fascistes sont appelées au pouvoir, pour réprimer, écraser, massacrer les révolutionnaires.

    Nous ne sommes pas en Turquie, où Erdogan arrête tout opposant, muselle, assassine massivement.

    Que la bourgeoisie protectionniste soit opposée à la libre échangiste ne suffit pas à justifier le fascisme. A moins que l’une ne prenne les armes contre l’autre, les deux peuvent très bien trouver un modus vivendi légal pour faire concorder leurs intérêts, en fonction des secteurs. Nous ne sommes pas dans un cas de Guerre de Sécession, où deux bourgeoisies US étaient sur un terrain d’antagonisme fort.

    Nous restons face à une démocratie bourgeoise, non un fascisme.

    Jeu de sémantique ? Non.

    Question de stratégie.

    Dire « la menace fasciste est devant nous si Mme Le Pen est élue », c’est courber l’échine sous le vent, c’est également dire « il faut voter », « il faut défendre la démocratie bourgeoise et ses valeurs ». C’est un sacrifice intégral de toute indépendance dans une période où, pourtant, la priorité devrait être la construction d’un parti communiste. C’est une manière de crier au loup, de clamer « défendons » au lieu de « attaquons. »

    C’est une manière de reculer et d’appeler les travailleurs, les travailleuses, à respecter le jeu de la bourgeoisie. C’est une manière d’occulter le fait que le gouvernement n’est qu’un exécutant de l’agenda de la bourgeoisie.

    C’est un renoncement de lâche devant les tâches qui sont devant nous.

    Oui, la réaction monte. Elle monte partout.

    Oui, les organisations antifascistes doivent être rejointe, renforcées, soutenues par les communistes.

    Oui, elles doivent être un front avec les forces progressistes, un ciment de l’unité d’action, de la lutte tant contre les fascistes qu’un outil pour défendre et propager les conceptions progressistes.

    C’est un fait indéniable.

    Mais se cacher derrière la social-démocratie, dans cette période où le PS est décrédibilisé, où ces vermines flanchent, c’est les conforter, les remettre en selle, redorer leur blason de notre sang et de notre sueur.

    Nous ne confondons pas la menace des fascistes, menace tactique, et la menace du fascisme, stratégique. Confusion entre l’augmentation des conceptions réactionnaires, des idées fascistes et de la volonté de la part de la bourgeoisie d’instaurer ce régime. Nous rejetons la thèse selon laquelle nous serions au bord du gouffre.

    Non, nous ne travaillerons pas pour nos bourreau et pour les réinstaller sur leur trône.

    Nous travaillons pour construire l’unité du peuple, pour construire un camp du peuple hors des institutions. Nous travaillons à créer l’indépendance de classe, non à prêter l’oreille aux sirènes de nos ennemis.

    Nous prenons le risque de maintenir notre mot d’ordre de boycott et de construction d’une opposition extra-parlementaire.

    Renforçons les organisations antifascistes, mais construisons également la lance qui percera le cœur de la bourgeoisie.

    A bas les paniquards et ceux qui détournent les masses de la lutte.

    A bas les lâches et leur peur.

    Construisons notre front, notre Parti, balayons la bourgeoisie !