Étiquette : Antifascisme

  • Papacito et le fascisme internet. (1/2)

    Papacito et le fascisme internet. (1/2)

    Dans une vidéo Youtube, depuis retirée, le youtubeur d’extrême-droite « Papacito » et Code Reinho, un fanatique d’armes, se sont mis en scène. Dans une parodie d’exécution, ils ont tiré sur un mannequin vêtu d’un T-shirt avec des inscriptions telles que « Je suis communiste » ou « Dhimmi ».

    Cette vidéo n’est en soit qu’une élucubration de plus. Si elle va un peu plus loin dans la décomplexion de la violence, elle n’en est pas moins une simple vidéo de plus. Elle n’est pas la première opération du provocateur « Papacito », qui s’est fait contraire pour plusieurs appels à la violence. On peut ainsi se rappeler de son #monteuneéquipe qui appelait à organiser des agressions contre les militantes et militants d’extrême-gauche.

    Il y a deux choses dans cette vidéo : d’une part, la bouffonnerie, de l’autre le sérieux.

    • Ugo Gil Jimenez, alias Papacito, est un bouffon au sens premier du terme. C’est un producteur de divertissement réactionnaire. Il a beau porter « le même treillis que mettaient les types qui allaient faire des crimes de guerre dans les villages vietnamiens », il n’en demeure pas moins que nous savons très bien qui a remporté cette guerre. Et les siens se sont rendus.
    • Cette culture Youtube, cette mise en scène virile, guerrière, est effectivement porteuse pour un certain public désœuvré, frustré, perdu devant un monde qui semble dénué de repères et de sens. Car le public auquel s’adresse cette rhétorique n’est guère le surhomme Nietzschéen.
    • Il ne produit pas des discours particulièrement construits, particulièrement intelligents, mais sa bouffonnerie contribue à alimenter un espace culturel. Et cet espace culturel, nébuleux, prend de l’importance. Elle draine inlassablement de nouvelles personnes vers les réseaux d’extrême-droite, notamment en jouant sur quelque chose que la très grande majorité de la gauche ne sait pas faire. Le « franc-parler », gouailleur, de l’extrême-droite est quelque chose qui reste sa chasse gardée.
    • Il n’y a pas de mystère à cela : les organisations de gauche proposent des modèles théoriques et des déclinaisons idéologiques de celui-ci, tandis que la droite se contente d’une weltanschauung, une vision du monde. Elle n’a pas besoin d’être cohérente, elle n’a pas besoin d’être logique, mais elle a besoin d’être vendeuse. Ce n’est pas un hasard, d’ailleurs, si des champions du marketing, comme le Dr. Franz Alfred Six, Brigadeführer-SS et chef du marketing de Porsche. Offrir à un public vulnérable, esseulé, ce qu’il veut entendre, un discours calibré pour l’individualisme et la vengeance, est une grande spécialité de la droite radicale.
    • Le format Youtube et les vidéos aux montage hachuré, les argumentaires mille-feuille, sont des supports qui correspondent parfaitement aux moyens et aux fins des fascistes : ils ne sont pas dans l’explication de fond, mais sont dans une agitation/propagande basique, énergique, mobilisatrice. D’ailleurs, l’importance de ces médias n’a pas échappé aux cercles du pouvoir. Le concours d’anecdote de Mcfly et Carlito et le concert d’Ultravomit dans le jardin de l’Élysée rentre dans ce cadre une apothéose du spectacle politicien, basé uniquement sur l’image, et niant totalement le fond politique.
    • Il faut prendre avec sérieux l’influence croissante et la capacité de diffusion des idées de personnage aussi ridicules que le boutiquier Soral ou que le clown Papacito. La sous-estimation de leur portée est un véritable danger. Ils le sont, car, contrairement à ce que leur posture de dissident ou d’outsider laisse supposer, ils bénéficient d’une complaisance et d’une complicité tacite de la part des autorités et des institutions. Même le gratin des intellectuels et des philosophes français (Onfray, Finkielkraut, Enthoven) est derrière eux. Ils adoubent ce programme de « régénération » du pays. Ce n’est pas qu’ils soient particulièrement intelligents, bien au contraire, c’est qu’ils représentent des options qui pourraient être utiles si jamais une crise de régime s’installaient.

    La vidéo en tant que tel est à l’image de l’extrême-droite française : une exacerbation d’une virilité qui camoufle mal sa fragilité, son inquéitude devant un monde qu’elle ne comprend plus, qui lui échappe. Un monde dans lequel sa vision pétrifiée du passé, un passé inventé, fantasmé, ne trouve pas prise. Déjà, c’est cet univers sombre, de peur, d’anxiété, guidait les Akadamikern nazis. Aujourd’hui, les bas de plafond fascistes emboîtent le même pas : celui de la crainte de l’effacement. Rien de neuf sous le Soleil Noir en somme.

    Si nous devons déterminer qui est « le fragile », posons-la question ? Est-ce que ce sont ceux et celles qui mettent leur confiance dans la grande majorité de la population, qui mettent leur confiance dans la possibilité de s’émanciper autour d’un projet universel, de résoudre les maux, les problèmes, d’aller vers l’espace ? Ou est-ce que ce sont les nostalgiques des Wisigoths, qui veulent se replier sur leurs fiefs, leurs terres, leurs paroisses, en étant terrifiés d’un peu trop de mélanine ?

    Mais ce qui est par contre révélateur, c’est l’inégalité de traitement.

    Lorsque la police commet des crimes, lorsque des tueurs à gage sont embauchés pour liquider un syndicaliste, ou lorsque des clowns fascistes font ce genre de vidéos, les réactions sont ténues. Dès que l’extrême-droite organise une action brutale, tout est mis en œuvre pour minimiser les faits. Les mobiles politiques, idéologiques, racistes… sont systématiquement minimisés, la dimension individuelle, psychologique est exacerbée. Quant aux responsabilités extérieures, à l’encouragement de la part d’agitateurs et de provocateurs, elles ne débouchent sur rien.

    Imaginer l’inverse paraît fou. Imaginons le symétriques de ces actions et de ces discours, tenus par des minorités ou par l’extrême-gauche : cela serait un déferlement de haine et de brutalité.

    Un exemple : En 1972, la gauche propose un programme commun. C’est un programme réformiste assez basique et celui-ci est d’ailleurs une grande défaite stratégique pour le PCF. Pourtant, il condense certains espoirs dans la population, et la bourgeoisie, contrairement à l’élection de Hollande, n’a pas besoin de l’alternance. Elle initie un immense mouvement de fond au sein de la société pour lutter contre l’influence des idées de gauche dans la société. Cela se traduit pas un soutien sans failles à toutes les tendances anticommunistes, à tous les penseurs réactionnaires, pseudo-gauchistes, mais en réalité de droite. Si une élection suffit, qu’en sera t’il du jour où les révolutionnaires seraient en force.

    Pour le moment, que représente le mouvement gauchiste ?

    Que pèse le mouvement gauchiste en France ? Est-il une menace pour l’État ? Pour le moment non. La grande majorité des groupes politiques ont des audiences restreintes. Ceux qui ont su s’accroître restent dans le flou stratégique ou se divisent, comme le NPA, qui connaît une série de crise internes. Tactiquement, les groupes autonomes peuvent donner du fil à retordre à la police. Mais la menace gauchiste, le risque d’un nouveau 1871 est pour le moment assez faible.

    Nous pensons que cette vidéo est à la fois une insulte, mais aussi un miroir tendu vers nous-mêmes et vers l’image que renvoient la gauche parlementaire et extra-parlementaire. Cette image est déformée, brouillée par une grille de lecture abjecte, mais elle est néanmoins un miroir.

    Les « gauchistes seront démunis si quelque chose de pas prévu se passe dans les années prochaines» déclare « Papacito ». Il y a du vrai. Les mouvements révolutionnaires ne se sont pas forcément renforcés ces dernières années. Elle nous renvoie à nos propres faiblesses, notamment le fait de courber l’échine sous les injonctions morales exigées par la bourgeoisie. Injonctions qui ont été dictées au nom de l’anti-totalitarisme et de l’anti-communisme. Ce sont des injonctions à ne rien entreprendre de sérieux, de menaçant, à essayer d’être les gentils de l’histoire.

    Plus le temps passe, plus ces injonctions morales deviennent des poisons qui entravent le but des mouvements révolutionnaires : remporter la victoire définitive contre le capitalisme, l’impérialisme et les formes d’exploitation et de colonialisme.

  • Communiqué de presse du Collectif Fermons les locaux fascistes

    Communiqué de presse du Collectif Fermons les locaux fascistes

    Samedi 20 mars 2021, en début d’après-midi, plus d’une quarantaine de militants d’extrême droite ont attaqué, cagoulés et armés de barres de fer, la Plume Noire, une librairie militante, dans le quartier des pentes de la Croix-Rousse.

    Au même moment, se tenait à l’intérieur une permanence de l’association PESE qui récolte et distribue des produits de première nécessité destinés aux personnes sans-abri. Heureusement, aucun blessé n’est à déplorer, mais les vitrines ont été complètement saccagées. Ce n’est pas la première fois que les groupuscules fascistes s’en prennent à des personnes, à des locaux associatifs, culturels et militants dans ce quartier.

    Il y a 3 mois, le 12 décembre 2020, 2 bénévoles d’une association d’entraide se sont déjà faits agresser par ce même genre d’individus, également un samedi après-midi, à l’issue d’une collecte de jouets pour les fêtes de fin d’année organisée dans cette librairie.

    La Plume Noire et Radio Canut avaient déjà été la cible de telles attaques en 2016. Le local syndical de la CNT, à quelques minutes de marche, avait connu le même traitement en 2018. De même, le local du PCF, situé quelques rues plus loin, a aussi été attaqué à plusieurs reprises. Ces lieux, inscrits dans la vie du quartier des pentes de la Croix Rousse, se veulent des espaces de solidarité et du « vivre ensemble », à l’opposé des idées nationalistes et racistes des fascistes : voilà pourquoi ils s’en prennent à ces locaux.

    Depuis plus de 10 ans la violence d’extrême droite s’est banalisée. Faut-il rappeler les courantes agressions politiques, racistes, homophobes ? Les coups de couteaux assénés à des militants en 2014. L’attaque d’un rassemblement LGBTi pour la PMA le 30 janvier 2021. Ces faits montrent le vrai visage de l’extrême-droite, celui de la haine et de la barbarie. Comme en témoigne le lien entretenu par le terroriste de Christchurch, qui a assassiné 51 personnes devant une mosquée en 2019, « membre bienfaiteur » de Génération identitaire !

    Dans une ambiance nauséabonde qui voit les idées d’extrême droite se banaliser tous les jours un peu plus, aidée par la politique du gouvernement, il est urgent de faire face à la menace des groupuscules fascistes en commençant par faire fermer leurs locaux : la Traboule et l’Agogé situés dans le Vieux-Lyon.

    Il est de la responsabilité de la mairie centrale de Lyon de réagir au plus vite et d’activer tous les leviers à sa disposition. Le silence de la préfecture est pesant et significatif. Nous sommes une nouvelle fois étonné·e·s de la facilité avec laquelle 50 fascistes cagoulés et armés peuvent traverser plusieurs quartiers de la ville et attaquer une librairie à 14h sans être inquiétés par les autorités.

    Nous espérons que cette fois ci la plainte déposée aura des suites. Le Collectif Fermons les locaux fascistes continuera pour sa part d’informer et de mobiliser la population contre le danger fasciste et en appelle pour cela à l’ensemble des organisations démocratiques et progressistes qui ne participeraient pas encore à rejoindre la mobilisation.

    FASCISTES HORS DE NOS QUARTIER,
    FASCISTES HORS DE NOS VIES
    NO PASARAN

    Premiers signataires : CNT, Ensemble, FI, FSU, Jeune Garde Lyon, NPA, PCF, PG, Planning Familial, Ras l’Front, Solidaires Rhône, Solidaires Etudiant.e.s, Union Communiste Libertaire, Unité Communiste.

  • 105ᵉ anniversaire du génocide des Araméens, des Arméniens et des Grecs Pontiques

    105ᵉ anniversaire du génocide des Araméens, des Arméniens et des Grecs Pontiques

    Communiqué du Conseil populaire des Araméens d’Europe, que soutiennent les Araméens communistes de Mésopotamie (membre de l’ICOR), 15 juin 2020

    Le 15 juin marque le 105ᵉ anniversaire du génocide des Araméens, des Arméniens et des Grecs Pontiques, qui a été commis par l’Empire ottoman en 1915.

    Deux mois plus tôt, les « Jeunes Turcs », partisans d’un parti nationaliste ottoman, avaient expulsé des intellectuels arméniens de Constantinople, aujourd’hui Istanbul.

    Un mois plus tard, la « loi sur la « réinstallation de la population ». Talat Pacha, alors ministre de l’Intérieur par intérim, a ordonné une « réinstallation massive », qui s’appliquait à tous les Araméens, Arméniens et Grecs Pontiques vivant dans l’Empire ottoman.

    Les réinstallations massives se sont transformées en marches de la mort, des centaines de milliers d’Araméens ont erré sans but dans le désert mésopotamien et y sont morts. Les soldats ottomans ont exécuté des Araméens au bord de la route. En désespoir de cause, les femmes araméennes jetèrent leurs bébés dans le Tigre.

    Les femmes enceintes qui se sont défendues ont été tuées vivantes. Les enfants ont été éventrés. Les filles araméennes étaient violées et gardées dans des harems turcs ou kurdes. Les enfants étaient arrachés à leur famille et enlevés. Pour survivre, certains se sont convertis à l’Islam.

    Le génocide a coûté la vie à 500 000 Araméens, 1,5 million d’Arméniens et 300 000 Grecs Pontiques, soit un total de plus de 2,3 millions de personnes.

    Les faits historiques à ce sujet sont toujours niés en Turquie, les livres d’histoire restent falsifiés et quiconque mentionne le génocide en tant que journaliste, par exemple, s’expose à de graves représailles.

    Le 19 janvier 2007, le journaliste arménien Hrant Dink, qui a fait un reportage sur le génocide, a été abattu par un fasciste turc à Istanbul. Les responsables de cette tentative d’assassinat au sein de l’appareil d’État turc n’ont toujours pas été appelés à rendre des comptes.

    Les biens et les terres des Araméens et des autres minorités chrétiennes ont été confisqués par les gouvernements ottoman et turc. Les biens confisqués de la minorité non musulmane constituaient la base économique de la République turque.

    L’appropriation et le pillage des richesses araméennes, arméniennes et grecques, mais aussi juives, ont également servi de base à la création d’une nouvelle bourgeoisie turque.

    De nombreux individus et entreprises turques, dont les grandes familles d’industriels Sabancı et Koç, ont bénéficié directement ou indirectement de l’expulsion et de l’élimination des Araméens et de la confiscation de leurs biens.

    L’exécution de l’oligarque Özdemir Sabanci à Istanbul en 1996 par le « Front populaire révolutionnaire de libération » (DHKP-C) a fait sensation sur la scène internationale.

    Le DHKP-C a justifié cette exécution en disant qu’il s’agissait de représailles pour les peuples opprimés et massacrés en Mésopotamie, ainsi que pour la classe ouvrière exploitée par la famille Sabanci en Turquie.

    Tous les registres fonciers ont reçu l’instruction en 1983 et 2000 : Quiconque s’enquiert d’une propriété de 1915 ne reçoit aucune information et ses données personnelles doivent être communiquées au gouvernement.

    En 2005, le Conseil national de sécurité de Turquie a en outre décidé que toutes les questions concernant la propriété des terres par les chrétiens relèvent de la sécurité nationale. Aujourd’hui, en Turquie, les inscriptions au cadastre sont donc devenues une question de sécurité nationale.

    La Turquie et l’Allemagne étaient alliées pendant la Première Guerre mondiale. Au moment du génocide, de nombreux Allemands se trouvaient en Turquie et sont devenus des témoins oculaires ou des témoignages. Ils sont également devenus des auteurs de crimes. En voici quelques exemples :

    Les plans de déportation des Arméniens et des Araméens ont été élaborés par Colmar Feiherr von der Goltz, qui était actif comme instructeur et organisateur militaire dans l’Empire ottoman depuis 1883, où, en tant que maréchal turc, il ne s’appelait que « Golz-Pascha ».

    En 1913, sous le commandement du général Liman, quelque 800 officiers allemands se sont rendus à Istanbul pour armer militairement le futur allié. Certains de ces officiers ont participé à la planification et à l’exécution des déportations.

    Le général allemand Fritz Bronsart von Schellendorf, le chef d’état-major général de l’armée ottomane à Istanbul, a justifié ses actions criminelles contre les Arméniens même après la guerre et a écrit en 1919

    « L’Arménien, comme le Juif, est un parasite hors de sa patrie, absorbant la santé de l’autre pays où il s’est installé. C’est de là que vient la haine qui, à l’époque médiévale, s’est déchaînée contre eux en tant que peuple indésirable et a conduit à leur assassinat ».

    En revanche, les grands philosophes Karl Marx et Friedrich Engels ont décrit la situation des chrétiens dans l’Empire ottoman dès 1853 dans les termes suivants

    « Seuls les Turcs appartiennent « à la religion et à la nation privilégiées » et auraient « le droit de porter des armes, et le chrétien le plus haut placé doit donner au musulman le plus bas un chemin clair s’il le rencontre ».

    Le député communiste Karl Liebknecht déclare en janvier 1916 au Reichstag :

    « Le gouvernement turc a causé un terrible massacre parmi les Arméniens ; le monde entier est au courant – et le monde entier blâme l’Allemagne parce qu’à Constantinople, les officiers allemands commandent le gouvernement. Il n’y a qu’en Allemagne qu’ils ne savent rien, parce que la presse est bâillonnée ».

    La communiste Rosa Luxemburg parle spécifiquement des intérêts allemands impériaux en Turquie asiatique :

    Il s’agirait de maintenir ensemble ce « tas de décombres pourris et désintégrés » de ce despotisme oriental des Turcs en tant que « petite minorité » d’une « caste de conquérants au pouvoir » avec ses multiples « questions nationales qui ont brisé l’État turc » : arménien, kurde, araméen, arabe, grec ».

    Les persécutions, les crucifixions, les décapitations et la destruction des biens culturels font à nouveau partie de la vie quotidienne des Araméens au Moyen-Orient. Les crimes de l’Empire ottoman contre les chrétiens se répètent aujourd’hui par la persécution et l’oppression persistantes et constantes des Araméens par l’État fasciste turc.

    En turc, les Araméens chrétiens sont appelés “Süryaniler” (de aram. Suryoye). Les Araméens ne sont pas reconnus en Turquie comme un peuple indépendant avec une langue, une histoire et une culture.

    Par exemple, l’acquisition de biens immobiliers, la construction ou l’entretien des édifices religieux sont associés à des difficultés, la formation de la prochaine génération de prêtres et l’enseignement officiel de la langue araméenne sont interdits.

    Les Araméens sont dénigrés dans les manuels scolaires turcs comme étant des traîtres à leur pays. Les champs araméens sont régulièrement incendiés par l’armée turque sous prétexte de combattre le PKK.

    En juin 2017, l’État turc, dans le cadre d’une opération d’expropriation, a confisqué au moins 50 églises, monastères et cimetières chrétiens anciens, de vastes terres ainsi que des monuments, et a transféré les églises en tant que « lieux de culte » à l’autorité religieuse sunnite d’État, la Diyanet.

    L’expropriation des propriétés remonte à 2008, lorsqu’un tribunal a exproprié le monastère de Mor Gabriel, fondé en 397, ainsi que de nombreux autres monastères, églises et maisons privées.

    Avec la récurrence de l’occupation de la Turquie par le droit international dans le nord de la Syrie et le soutien des milices terroristes fascistes djihadistes comme la soi-disant « armée nationale syrienne » ou « l’État islamique », la Turquie commet un nouveau génocide contre le peuple araméen en Syrie et en Irak.

    Les massacres et les génocides sont caractérisés par les cent ans de coopération militaire, économique et politique de l’impérialisme allemand avec le gouvernement de l’État fasciste de Turquie.

    Et parce que le premier génocide a été nié et n’a pas été traité, le deuxième génocide est entré dans l’histoire du monde.

    Ainsi, quelques jours avant l’invasion allemande de la Pologne, le fasciste Adolf Hitler a demandé lors d’une réunion, dans laquelle il a, entre autres, exprimé sa désapprobation de l’action dure des unités SS à tête de mort contre la population civile :

    « Qui parle encore d’exterminer les Arméniens ? »

    C’est une citation remarquable, qui montre que le génocide arménien et araméen était déjà largement connu à l’époque et a servi de modèle à des nationalistes fanatiques comme Hitler.

    C’est également ainsi que les armes chimiques du massacre à Dersim de dizaines de milliers d’Alévis et de Zazas dans le Reich allemand fasciste ont été produites et livrées à la Turquie.

    Lors de la destruction des villages araméens et kurdes dans les années 1990, l’armée turque a principalement utilisé des armes fournies à la Turquie par le gouvernement allemand.

    Et actuellement, ce sont des armes allemandes qui sont utilisées par la Turquie dans l’occupation de la Syrie du Nord et qui terrorisent les chrétiens ainsi que les Yidis.

    Les meurtriers de 1915 ont largement échappé aux procès d’Istanbul immédiatement après la Première Guerre mondiale. Dans ce contexte également, l’Allemagne s’est distinguée en accueillant des meurtriers recherchés. Par exemple, Talaat Pasa, qui vivait à Berlin en 1921 en tant que citoyen respecté.

    Il a ensuite été abattu par l’étudiant patriote arménien Solomon Teilirian, dont la famille a été victime du génocide.

    Aujourd’hui, l’impérialisme allemand poursuit sa politique de défense des intérêts avec et pour le gouvernement fasciste de l’État turc, et il criminalise et traque les révolutionnaires araméens en Allemagne.

    Neuf militants du mouvement populaire araméen Revolutionary Suryoye doivent être jugés en Bavière en raison de leurs activités en faveur du peuple araméen.

    Le principal accusé dans ce procès est Sami Grigo Baydar. Ce jeune homme de 28 ans est théologien de l’Église orthodoxe syrienne d’Antioche. En tant que militant politique de gauche, il défend les droits des Araméens en Turquie.

    Le ministère public fédéral de Karlsruhe a également entamé une procédure d’examen contre Baydar. Il accuse le théologien d’avoir « formé une organisation criminelle et terroriste à l’étranger », selon le paragraphe 129b du Code Pénal Allemand.

    Le « Conseil populaire des Araméens d’Europe » demande des comptes aux peuples d’Anatolie, de Mésopotamie et du Moyen-Orient qui sont devenus les victimes de cette politique impérialiste allemande d’intérêts avec le gouvernement d’État fasciste de Turquie

    Le « Conseil populaire des Araméens d’Europe » demande des comptes aux peuples d’Anatolie, de Mésopotamie et du Proche-Orient qui sont devenus victimes de cette politique impérialiste allemande d’intérêts avec le gouvernement d’État fasciste de Turquie et la fin des poursuites contre les membres du Suryoye révolutionnaire.

    Ce n’est que lorsque le règne de l’impérialisme sera brisé dans le monde entier, lorsque la dictature du capital sera enfin abolie, que les victimes de ce massacre se verront accorder le droit et la justice.

    La solution au problème des minorités populaires est une lutte anti-impérialiste et anti-oligarchique pour une révolution populaire socialiste.

    Conseil populaire des Araméens d’Europe

  • Solidarité avec les prisonniers politiques de Munich (ATİK)

    Solidarité avec les prisonniers politiques de Munich (ATİK)

    Le procès des 10 révolutionnaires accusé-e-s d’être les membres du comité international du TKP/ML va enfin se terminer dans quelques semaines. Sur dix révolutionnaires, hommes et femmes, qui ont été emprisonné-e-s par le passé, seul Müslüm Elma est toujours détenu à la prison de Stadelheim. Cette affaire judiciaire est le plus grave procès politique des 10 dernières années en Allemagne. À juste titre, le TKP/ML n’est pas interdit, ni en Allemagne, ni dans d’autres pays européens, et ne figure sur aucune des listes terroristes nationales ou internationales. Ni Müslüm Elma ni aucun-e des neuf autres communistes ne sont accusé-e-s d’actes de violences ou d’autres délits punissables – à l’exception de l’appartenance à cette organisation.

    A première vue, il s’agit simplement d’un geste de courtoisie du gouvernement fédéral envers le régime fasciste d’Erdogan. Sans « mandat de persécution » du ministère fédéral Judiciaire, les communistes n’auraient jamais été arrêtés ni emmenés en justice. Le procès est rempli de scandales. Une partie importante des « preuves » ont été fournies par les services secrets turcs. Le tribunal de Munich ignore délibérément le fait que celles-ci ne peuvent être obtenues autrement que par des manœuvres d’espionnage illégal.

    Müslüm Elma est passible d’une peine de prison de six ans et neuf mois en tant que présumé «meneur». En raison de son appartenance présumée au Comité International du TKP/ML, Haydar Bern, Musa Demir, Sami Solmaz, le Dr Sinan Aydin et le Dr Banu Büyükavci sont censés être condamnés à quatre ans de prison, Erhan Aktürk et Seyit Ali Ugur quatre ans et neuf mois, Deniz Pektas cinq ans, et Mehmet Yesilcali trois ans et six mois. Même le représentant du GBA (Procureur général) a dû admettre dans son discours de clôture que plusieurs allégations de l’accusation ne pouvaient pas être confirmées et a demandées que Müslüm Elma soit remis en liberté après cinq ans et trois mois d’emprisonnement.

    Ce procès est explicitement une procédure anticommuniste, qui, sur la base de la décision d’interdire le KPD par la Cour constitutionnelle fédérale en 1956, vise à criminaliser l’activité révolutionnaire. Dans un arrêt, d’autres possibilités seront créées pour injustement accuser les antifascistes, les gauchistes et les révolutionnaires, les emprisonner et les extrader (s’ils ne sont pas des citoyens allemands).

    Nous sommes scandalisé-e-s par le système judiciaire allemand, qui contribue à nouveau à faire taire l’opposition turque en Europe. Par conséquent, le 16 juin 2020, à l’occasion du quatrième anniversaire du « procès communiste », nous vous invitions à venir protester contre cette attitude intolérable de l’état allemand.

    ATİK- La Confédération des Travailleurs de Turquie en Europe

  • Soutenez le mouvement de masse contre les attaques fascistes anti-populaires en Inde.

    Soutenez le mouvement de masse contre les attaques fascistes anti-populaires en Inde.

    Résolution de l’ICOR sur l’Inde :

    Soutenez le mouvement de masse contre les attaques fascistes anti-populaires en Inde

    Soutenez le mouvement anti-CAA/NPR/NRC en cours en Inde Shaheen Baghs

    Le parti fasciste Bharatiya Janatha (BJP) dirigé par le président de l’Inde, Modi, le front politique du RSS fasciste (Rashtriya Swayamsevak Sangh ou « Force volontaire nationaliste ») ont accéléré leurs efforts pour saper les droits actuels de citoyenneté. Ces droits ont été fixés dans la loi sur la citoyenneté de 1955, qui garantit la citoyenneté à tous les résidents et résidentes ainsi que le droit du sol à celles et ceux qui sont nés dans le pays. Au nom de l’aide aux réfugiés du Pakistan, de l’Afghanistan et du Bangladesh, lesquels se sont réfugiés en raison de la discrimination religieuse, la “Loi d’amendement de la citoyenneté” (Citizenship amendement act) a été adoptée par le Parlement le 12 décembre 2019. Elle donne la citoyenneté à tous les réfugiés en provenance de ces pays qui sont entrés en Inde jusqu’en 2015, à l’exception des musulmans. Ceci constitue une violation des principes laïques de la Constitution indienne.

    Selon un amendement antérieur à la “loi de 1955 sur la citoyenneté”, adopté lors du précédent gouvernement BJP de 1999 à 2004, le gouvernement Modi a émis l’ordre de préparer un Registre national de la population (National Population Register). Celui-ci doit être mis en place entre le 1er avril au 30 septembre 2020, ainsi qu’un nouveau Registre national de la citoyenneté (National Register of Citizenship) sur la base de la Loi CAA. 

    Dans le cadre de l’enquête du NPR, tous les citoyens sont tenus de donner leurs coordonnées ainsi que celles de leurs parents, y compris les documents relatifs aux terres/maisons dont ils sont propriétaires. Ceux qui ne possèdent pas de tels papiers seront alors appelés « citoyens douteux » (DC – Doubtful Citizens). Non seulement la majorité des musulmans, mais aussi les scheduled castes (Dalits) et les scheduled tribes (Adivasis) ainsi que d’autres groupes défavorisés sont sans terre et sans logement, analphabètes. En outre, ils se déplacent fréquemment vers de nouveaux domaines de travail. Ils disposent généralement de très peu de documents. La plupart d’entre eux ne sont pas acceptés. Les passeports, les cartes d’électeur, etc. ont été jugés insuffisants pour fournir la preuve de citoyenneté. On estime que 200 millions de personnes pourraient devenir des « citoyens douteux » (DC) lorsque le NPR sera réalisé. Ils disposeront de trois mois pour prouver leur citoyenneté devant les tribunaux pour étrangers. En cela, presque tous échoueront, comme cela s’est produit récemment en Assam, où un NRC a été préparé.

    Ensuite, la CAA veillera à ce que les musulmans notés comme « citoyens douteux » (DC) perdent leur citoyenneté. Les autres, les hindous, les sikhs, les jaïns, les bouddhistes, les parsis et les chrétiens, peuvent obtenir la citoyenneté sur la base de la CAA. Mais ils ne peuvent l’obtenir si, et seulement si, ils prouvent qu’ils et elles ont émigré du Pakistan, de l’Afghanistan ou du Bangladesh en raison de persécutions religieuses. 99 % d’entre eux ne peuvent pas le prouver.

    Ainsi, dans cette première phase du nettoyage ethnique communautaire, près de 200 millions de personnes, dont la moitié des musulmans, deviendront apatrides. Ils seront jetés dans des camps de détention en cours de construction partout en Inde. Ceci est en accord avec le rêve du parti fasciste RSS de construire l’Inde comme un « Rashtra (nation) hindou ». Voilà la teneur du programme politique de Modi. 

    Conscients de ce danger, peu après la promulgation de la CAA, les étudiants et étudiantes se sont révoltés dans de nombreuses universités. L’Etat a tout fait pour donner une image religieuse à cette révolte. Ainsi, les étudiants des universités dirigées par des musulmans comme l’Université Jamia Millia islamia de Delhi et l’AMU à Aligarh, dans l’État fédéral d’Uttar Pradesh, ont été brutalement attaqués par les forces de police. Les forces de police sont noyautées par des agents endoctrinées par l’idéologie du RSS. 

    Bientôt, les étudiants et étudiantes de presque toutes les universités et autres institutions du pays entier se sont révoltés. Les Dalits et les Adivasis ont commencé à sortir dans la rue. Toutes les forces démocratiques laïques et de nombreux partis non-BJP les ont rejoint, élargissant le mouvement. 

    Les femmes de Shaheen Bagh, à Delhi, ont lancé un sit-in massif, pacifique et indéfini à partir du 17 décembre. Elles revendiquent, elles aussi, l’abolition du triptyque CAA/NPR/NRC. Ce sit-in est rapidement devenu un symbole de résistance, et des mouvements similaires ont éclos dans toutes l’Inde.

    Le mouvement populaire pacifique avait commencé à s’étendre. Il a fait perdre au BJP les élections aux assemblées des États du Jharkhand et de Delhi, dans lesquels Modi faisait campagne sur la base de la CAA et de majorités Hindutva. Des bandits du RSS, lourdement armés, appuyés sur des lumpen prolétaires, ont organisé un pogrom dans le nord-est de la capitale, Delhi. La police et l’administration sont restées des spectatrices muettes lorsque les musulmans et les musulmanes ont été attaqués. Les agresseurs et agresseuses ont torturé et tué beaucoup, ils ont attaqué les femmes, détruit des milliers de maisons et de magasins, brûlé ou pillé leurs biens, forçant des milliers de personnes à fuir vers des camps de secours.

    Même après une semaine, le gouvernement central, les gouvernements des États fédéraux et le pouvoir judiciaire et la police n’ont pas montré une préoccupation quelconque à les aider. Le gouvernement Modi tente de cibler les musulmans et de créer une atmosphère de terreur d’État et de peur pour réprimer la résistance du peuple et imposer les CAA/NPR/NRC à tout prix. Le CPI(ML) Red Star ainsi que de nombreuses autres forces activement impliquées dans le mouvement mobilisent les masses pour boycotter le NPR. Si le NPR n’est pas entravé, une tragédie humanitaire d’une ampleur colossale peut arriver sous le régime guidé par le RSS fasciste. 

    La diaspora indienne dans le monde entier s’est déjà prononcée contre ce nettoyage ethnique communautaire sous le prétexte des NPR/NRC. De nombreux gouvernements et des forces démocratiques dans le monde ont exprimé leur inquiétude. Le commissaire des Droits de l’homme des Nations unies tente d’intervenir dans l’audience de la Cour suprême sur cette question. Mais le gouvernement Modi tente avec arrogance de détourner l’attention de l’opinion publique internationale en prétendant qu’il s’agit d’une question interne à l’Inde !

    Dans cette grave situation, l’ICOR condamne fermement ce nettoyage ethnique communautaire à grande échelle par le gouvernement Modi. Nettoyage qui a conduit à ce que des dizaines de millions de personnes, des minorités religieuses, (principalement des musulmans et des musulmanes) ainsi que des personnes opprimées soient privées de leur citoyenneté.  Leur destin est d’être concentrés dans des camps de détention. L’ICOR soutient la résistance populaire actuelle contre cette situation et appelle toutes ses organisations membres à apporter leur soutien au peuple indien en ce moment critique.

    Plus que jamais l’appel commun de l’ILPS et de l’ICOR à construire un «Front uni international anti-fasciste et anti-impérialiste» s’avère une nécessité. Les forces communistes, anti-fascistes et démocratiques doivent faire face au développement à droite de nombreux gouvernements en cette période de crise profonde du monde capitaliste. 

    Prolétaires et peuples opprimés, unissons nous!

    Signataires (en date du 18/3/2020, d’autres signataires sont possibles):

    1. ORC   Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo
    2. MMLPL   Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    3. CPSA (ML)   Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    4. PPDS   Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    5. CPB   Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    6. CPI (ML) Red Star   Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    7. Ranjbaran   Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
    8. NCP (Mashal)   Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    9. БКП   Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    10. PR-ByH   Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine), Bosnie et Herzégovine
    11. MLPD   Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    12. UCLyon   Unité Communiste Lyon, France
    13. UPML   Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    14. BP (NK-T)   Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    15. KOL   Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    16. MIKSZ   Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise)
    17. RM   Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    18. MLGS   Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    19. KSC-CSSP   Komunisticka Strana Cheskoslovenska – Cheskoslovenska Strana Prace (Parti communiste de Tchécoslovaquie – Parti ouvrier tchécoslovaque), République tchèque
    20. MLKP   Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    21. KSRD   Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    22. MLP   Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie
    23. PCC-M   Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    24. NPCH (ML)   Nouveau Parti Communiste Haϊtien (Marxiste-Léniniste)
    25. PCP (independiente)   Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    26. PC (ML)   Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    27. PCR-U   Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
    28. CPA/ML   Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
  • Bastion social n’est plus.

    Bastion social n’est plus.

    Bastion Social n’est plus. Les dirigeants locaux du groupe issu du GUD ont reçu, le 13 mars, une lettre indiquant la dissolution de leur organisation. Le délai maximal pour faire appel étant le 21 mars, la dissolution sera donc actée par le Conseil des ministres. 
    Cette dissolution avait été annoncée par Emmanuel Macron à la suite de plusieurs actes antisémites et racistes commis par des membres de l’extrême-droite. Mais, cette dissolution, tout comme d’une manière générale les fermetures administratives des locaux fascistes, ne font que sanctionner le fait que ces groupes sont considérés comme ayant dépassé certaines bornes, mais jamais une condamnation sur le fond de leur activité et de leur discours idéologique.

    À Lyon, comme dans d’autres villes, les luttes contre l’implantation des Bastion Sociaux ont pesé dans la balance. Elles ont contribué à démasquer aux yeux de tous et toutes la collusion entre les autorités locales, municipale ou préfectorales, avec l’extrême-droite. L’Unité Communiste de Lyon considère que ce travail, sans pour autant être forcément la raison première de la dissolution de Bastion Social, a permis de limiter ses capacités à s’implanter et ont contraint les mairies à opérer des fermetures administratives. Mais il n’y a jamais eu de condamnation explicite formulée par les pouvoirs publics. Cette absence de condamnation est le vernis de la collusion.
    Celle-ci s’est également manifestée dans les larges facilités avec lesquelles les groupes fascistes ont pu mener des opérations contre les milieux progressistes et révolutionnaires, en témoigne ainsi, pour mémoire, l’affrontement du Pont Lafayette, en février dernier. 

    Lyon a été une illustration de la manière dont les notables considèrent les fascistes. Certes, il existe des franges qui sont sincèrement choquées de leur existence, de leur présence, de leur implantation, mais, dans l’ensemble, les autorités se sont montrées conciliantes et n’ont jamais rien organisé pour entraver leur développement.
    Au contraire, les discours de la bourgeoisie contribuent à avaliser les thèses réactionnaires défendues par les fascistes. Ce n’est pas accidentel, par ailleurs, cela correspond à une stratégie de la part de la bourgeoisie de répondre à la situation de crise et aux troubles sociaux par l’emploi de méthodes chaque fois plus musclées. 

    Bastion Social, pris isolément, est un point insignifiant. Ceux qui le constituaient étaient des apprentis Sturmabteilungen ne possédant que des conceptions politiques d’un niveau extrêmement bas. Cependant, Bastion Social n’est pas un point isolé. Il représente un des aspects de l’enchevêtrement des réseaux et des liens réactionnaires, au même titre que les autres groupes du même type. 
    Bastion Social est nourri, alimenté et protégé par certaines franges de la bourgeoisie le plus réactionnaire, qui voit dans ces groupes la possibilité de répondre à un besoin pour elle : celui de nervis et de bas exécutants.
    Bastion Social représente une des faces d’une construction naissante, qui porte les mêmes positions politiques, celle d’une droite élargie, appelée par les vœux de nombreux ténors de la politique. Un élargissement qui entremêlerait les réseaux de notables de LR, les orateurs du RN et les bras des groupes fascistes. 

    Étant donné la situation sociale -et par voie de conséquence politique- dans laquelle se trouvent les masses populaires ; étant donné la situation géopolitique et géoéconomique dans laquelle nous nous trouvons, il est clair que le capital recherche une issue politique qui lui permette de se maintenir face aux troubles, de briser les mobilisations sociales, qui seront davantage explosives au fur et à mesure de l’aggravation économique ; mais aussi de pouvoir mobiliser en soutien à l’impérialisme français.

    Le projet avance, tissant sa toile. La réaction vive qui a suivi l’attaque, dans la nuit du 27-28 mars, de l’école de Marion Maréchal Le Pen, a montré les relais importants dont dispose l’ex-députée du Vaucluse. Elle peut se permettre, désormais, dans ses communiqués, de se présenter, sans que cela choque, comme un rempart contre la violence : « L’extrême gauche montre un visage, une fois de plus, violent, totalitaire et sectaire qui doit indigner tous les défenseurs de la liberté. » Le tout en choisissant comme parrain de promotion le général antisémite Georges Loustaunau-Lacau, suffisamment controversé pour que Saint-Cyr, qui l’avait choisi également, soit obligé de rebaptiser sa promotion.

    Du côté de la droite « traditionnelle », les actes trahissent les pensées profondes sur le désir d’évolution politique. Ainsi, il n’est pas possible d’isoler cela du fait que, également, des individus comme Nicolas Sarkozy et Eric Zemmour aillent soutenir Viktor Orbàn alors que son parti est sous le coup de sanctions de la part de son propre camp ! Sarkozy a ainsi déclaré : « Quelqu’un qui est capable de gagner les élections trois fois de suite, dans une époque aussi instable et difficile, pour moi ça force le respect, a déclaré l’ex-président à propos de Viktor Orban.Tu as fait ce que je n’ai pas été capable de faire.C’est peut-être ça qu’on te reproche, d’avoir gagné.Mais moi j’aime bien avoir des amis qui gagnent.Je ne veux pas avoir que des amis qui perdent. », tandis que Zemmour pris la parole sur le « grand remplacement ».

    Mais aussi que Laurent Wauquiez, ténor des Républicains, puisse adjoindre dans son projet de programme des points qui feraient pâlir d’envie les plus réactionnaire. Aux côtés de François-Xavier Bellamy, qualifié de Steeve Bannon français « C’est donc un programme contenant pas moins 75 propositions qui a été présenté.Frontières, civilisation, immigration constituent les priorités du parti.Il s’agit de « lutter contre l’immigration illégale » mais aussi d’ »arrêter l’immigration de masse ».

    Il faudrait que :

    traiter les demandes d’asiles « en dehors de la France »

    Ramener les « bateaux de migrants sur les côtes africaines »

    « Multiplier les vols groupés organisés par Frontex pour expulser les immigrés illégaux »

    « Dénoncer le pacte de Marrakech » qui « encourage l’immigration et promeut le multiculturalisme » »

    Cette sémantique n’est donc plus l’apanage unique des fascistes, mais devient celui d’une droite « classique ». Son programme aussi.

    Ces rapprochements programmatiques entre différentes factions de droite et d’extrême-droite laissent planer la possibilité que ces forces n’en forment qu’une au moment des élections de 2022, lesquelles feront date, par la configuration exceptionnelle qu’elle proposeront. Un centre anéanti, une gauche knock-out, et une pression sociale immense.

    En dernière analyse, la question du Bastion Social n’est pas insécable de celle d’une situation générale, dans laquelle il joue un rôle visible, de surface, mais néanmoins intimement lié aux choix stratégiques du grand capital. La dissolution du Bastion Social est une victoire limitée, mais une victoire qui doit servir d’appui pour accroître la capacité à couper les tentacules des officines de recrutement de l’extrême-droite. 

    L’Unité Communiste de Lyon appelle au rassemblement et à la coopération entre les forces qui luttent contre le capitalisme et le fascisme. Elle appelle à la participation aux mouvements de lutte, dans un esprit combatif et d’élévation du niveau politique. Elle appelle également au fait de renforcer la lutte antifasciste dans le but de former une véritable réponse politique correspondante à la situation dans laquelle nous nous trouvons. 

  • Le mouvement des Gilets Jaunes : Les désirs de l’extrême-droite. -Partie 3-

    Le mouvement des Gilets Jaunes : Les désirs de l’extrême-droite. -Partie 3-

    Les désirs de l’extrême-droite.

    Partie 3

    La présence de l’extrême-droite dans le mouvement des gilets jaunes remonte à très tôt. Dès les premières annonces de mobilisation sur les réseaux sociaux, de nombreuses pages douteuses ou conspirationnistes ont relayé les appels. Il s’agit d’un modus operandi classique de l’extrême-droite, laquelle n’aime guère les mobilisations traditionnelles où elle ne trouve pas de place pour s’exprimer.

    En revanche, elle se nourrit d’appels informes, de rumeurs, de canulars. Les « jours de colère », les retraits des enfants de l’école…Etc. Les exemples récents ne manquent pas. Et ils ont, jusqu’à présent, toujours été des échecs considérables.

    Dans le cas des « Gilets Jaunes », les fascistes ont eu un flair certain. Il est important de leur reconnaître cela, leur intervention était nettement plus efficace que celle des forces progressistes. Celles-ci -nous y compris- avaient sous-estimés la possibilité de succès de la journée du 7 novembre. Seul Mélenchon et LFI avaient pris une position mi-soutien mi-critique, qui laissait en fait toute latéralité d’action à ses militants et militantes.

    Cette présence de l’extrême-droite, Jeunesse Identitaire, Bastion Social, Rassemblement National…etc. a eu un effet de repoussoir important sur bon nombre de militants et militantes progressistes et révolutionnaires. Cependant, il est notable que les cartes étaient déjà sur table avant l’irruption des réactionnaires. Cette présence n’a été utilisée que pour confirmer une position pré-établie.

    Il est vrai qu’il existe -ou a existé- une certaine primauté politico-culturelle imposée par l’extrême-droite. Celle-ci est le miroir de sa percée dans l’imaginaire populaire. L’image du rebelle, du dissident, du révolté a été captée par les réactionnaires et les fascistes. La révolte contre le monde moderne, contre les élites mondialisées ou d’autres sornettes qui ne résistent pas à un examen sérieux. Mais elles impactent durablement l’imaginaire collectif.

    Cependant, avant toute chose, il importe de clarifier des points essentiels. Nous, militants, politisés, marqués par une tradition anti-impérialiste, antifasciste, nous n’avons pas la même perception des symboles que la très large majorité des individus. Voir les Gilets Jaunes chanter la Marseillaise et brandir le drapeau français peut être perçu comme négatif, comme réactionnaire, par rapport à notre propre référentiel culturel. Pourtant, cela ne signifie pas que la personne qui le chante ou qui brandit ce drapeau se perçoit lui-même comme un fasciste, comme un impérialiste ou autre. Ne pas comprendre cela revient à s’exposer à un isolement complet et à rester dans « notre marginalité » pour reprendre la formulation de l’article de Rebellyon.

    Face à ces pratiques, pourquoi se positionner ? Nous considérons que le drapeau français n’est pas un symbole de ralliement, tout comme la Marseillaise. Se sont les symboles de la République bourgeoise et impérialiste. Les empoigner reviendrait à les considérer comme étant légitimes, comme pouvant représenter quelque chose de positif. Cela reviendrait à conforter l’association qui existe dans l’esprit d’une très grande partie de la population entre les intérêts de l’Etat (ceux de la bourgeoisie) et les intérêts du peuple (lutter contre celle-ci).

    C’est pour cela que nous avons nos drapeaux et nos chants. C’est pour cela que nous avons nos hymnes et nos références. Pour tracer une ligne de démarcation et pour rallier autour de celle-ci.

    Comment se positionner ? Le rejet, on l’a vu plus haut, est exclu. Traiter des contradictions au sein du peuple sous l’angle de l’antagonisme, c’est se disqualifier soi-même.

    Certains, et c’est la position de Mélenchon, considèrent qu’il faut adopter nous-mêmes ces symboles et ces références. En agissant ainsi, les militants et militantes ont renoncé à faire avancer les positions politiques erronées de ceux qui les emploient. Eux ont fait le choix de sauter à pied joint dans l’association entre ce qui est du domaine du national-étatique (les intérêts de la « France ») et le national-populaire (les intérêts de la nation au sens des masses populaires qui vivent dans le territoire tenu par l’Etat français). Cette confusion entre deux conceptions antagoniques de la nation explique les positions étranges retrouvées dans les écrits de Mélenchon, où toute séparation dans la société disparaît magiquement dès que surgit la question internationale. C’est une position suiviste.

    Notre position est de défendre nos symboles et de faire le travail pour explquer pourquoi nous embrassons ceux-ci et non pas ceux de la bourgeoisie. Parce que nos intérêts de classe sont plus fort que notre prétendue unité nationale. Considérer toute personne intoxiquée par la propagande bourgeoise et réactionnaire comme perdu, c’est s’avouer déjà vaincu. Non seulement il est possible de rallier, mais il est essentiel de le faire. Le fait d’être influencé par les idées fascistes ne change pas instantanément en SS.

    Les post-modernistes croient qu’une « culture » tombant du ciel comme un faucon, ou présente dans les tréfonds de la personne, la définit du tout au tout. Ainsi,  à gauche , déjà précité, prétendument maoïste, évoque « la culture beauf » des masses. Une belle injure qui est censée caractériser une « culture » indépassable, contre laquelle ils se déclarent impuissants.

    Peu après l’élection de Macron, nous écrivions ceci :

    Un ouvrier sexiste, [politiquement] retardé, xénophobe, est le reflet des positions de son milieu, de celles de l’influence de l’idéologie bourgeoise. Cela remet-il en cause le fait qu’un travailleur, une travailleuse, n’a pas objectivement intérêt à détruire l’exploitation, à détruire la division genrée du travail, à anéantir la mise en concurrence des travailleurs ? Pour le postmoderne, oui. Il ou elle est définitivement passée dans un «côté obscur» tout aussi métaphysique que celui de l’univers de fiction dont ce concept est issu. Il ou elle est déjà un ennemi qu’il est contre productif de rallier. En refusant cela, le postmodernisme laisse le champ libre à la réaction, qui, elle, se fait un plaisir d’opérer un travail de recrutement et d’explication, sur la base de ses positions réactionnaires.

    Pour les marxistes, ces positions sont le reflet de la faiblesse de l’organisation de la classe ouvrière, de la faiblesse de l’influence des organisations communistes dans la société. Traiter un bourgeois qui tient des propos et des attitudes réactionnaires et un ouvrier qui fait de même est faux. L’un exerce objectivement une idéologie qui correspond à ses intérêts de classe, l’autre est intoxiqué.

    Soit il nous faut acter cette intoxication comme inéluctable et renoncer. Soit la combattre. Nous combattons et nous parlons à tous. Même une partie de la petite bourgeoisie en proie au déclassement se rebelle contre l’écrasement. A elle aussi, il faut parler. Nous y reviendrons.

    Il est indéniable que l’extrême-droite à su avancer ses têtes de ponts. Elle a réussi à imposer, un certain ordre du jour, un certain porte-parolat, une certaine communication. Cette influence s’est retrouvée dans des actes racistes, sexistes, homophobes… en somme dans une grande partie de l’expression du mouvement des Gilets Jaunes. A Lyon, notamment, le Bastion Social a pris la tête de certaines manifestations en tentant, derrière des slogans tels que « à bas les voleurs », d’amalgamer l’immigration avec la grande-bourgeoisie et de faire naître un « bloc national » des travailleurs avec une partie de leurs exploiteurs. Le poujadisme et le boulangisme ne sont pas encore totalement morts.

    Cependant, on ne peut que noter que la très grande prudence avec laquelle ils avancent leurs mots d’ordres réactionnaires, avec laquelle ils les camouflent, reflète le fait que leur influence n’est pas ancrée profondément. L’extrême droite procède pas insinuation, par instillation. Elle ne peut déployer ses ailes directement, car la nature du mouvement ne correspond pas à sa vision idéaliste du monde. Comment défendre la race devant un parterre métissé ? Car le mouvement des Gilets Jaunes comprend une part importante d’individus issus de l’immigration ou même d’immigrés. L’ATIK (confédération des travailleurs de Turquie en Europe) a été une des premières organisations à prendre parti pour ce mouvement. L’extrême-droite dispose de promontoires, mais ils sont fragiles !

    Nous pouvons briser cette hégémonie !

    Le dirigeant du Komintern, Dimitrov, écrivait en 1935 :

    « La décomposition très avancée du capitalisme pénètre jusqu’au cœur même de son idéologie et de sa culture, et la situation désespérée des grandes masses populaires rend certaines de leurs couches sujettes à la contagion des déchets idéologiques de cette décomposition.

    Cette force de contagion idéologique que possède le fascisme nous ne devons en aucun cas la sous-estimer.

    Nous devons, au contraire pour notre part, déployer une ample lutte idéologique sur la base d’une argumentation claire, populaire et d’une attitude juste et bien réfléchie à l’égard de la psychologie nationale particulière des masses populaires. »

    Le fascisme est une maladie. Une maladie contagieuse. Un virus. Un virus qui, comme son modèle biologique, n’est qu’une information parasitaire qui se nourrit de son hôte pour se répliquer et se répandre. Il fait travailler la cellule infectée à son propre anéantissement. Il infecte un matériel préexistant dans la cellule pour la forcer à répliquer ses germes.

    Le fascisme fonctionne exactement de la même manière. Il utilise tout ce qu’il peut dans l’imaginaire, dans l’histoire, dans la mémoire des populations pour se greffer dessus. Il escamote des pans entiers de l’histoire pour la détourner.

    Dimitrov écrivait, encore :

    « Les fascistes fouillent dans toute l’histoire de chaque peuple pour se présenter comme les héritiers et les continuateurs de tout ce qu`il y a eu de sublime et d’héroïque dans son passé, tout ce qu’il y a eu d’humiliant et d’injurieux pour les sentiments nationaux du peuple, ils s’en servent comme d’une arme contre les ennemis du fascisme. »

    Ainsi, ils font naître, avec l’aide « d’historiens » comme Deutsch, Bern, Courtois, Buisson…des mythes faux, un roman national réactionnaire, mais qui marque les masses populaires. Ce roman national possède un tel pignon sur rue qu’il infecte largement les esprits.

    Mais surtout, les fascistes jouent sur la carte de l’amour que les masses portent à leur peuple, à leurs frères et leurs sœurs. Ils l’infectent, le détournent, et en font un nationalisme bourgeois, au service des réactionnaires, des impérialistes, des exploiteurs de la planète.

    Or, là, encore, deux positions fausses sont apparues à gauche. Celle qui a tenté de rivaliser avec les fascistes sur l’ultra-nationalisme bourgeois, comme les Kuzmanovic, accompagnant et amplifiant le mouvement. L’autre est celle qu’on retrouve chez les émules français des antideutsch.

    Autant les premiers sont transparents, autant les seconds sont parfois plus énigmatiques. Le mouvement antideutsch se base sur un nihilisme national, sur une volonté de détruire toute nation et tout esprit national. Partant d’une crainte justifiée des déviations nationalistes-réactionnaires, ces militants et militantes foncent dans une négation de la question de la nation, une haine de celle-ci.

    Pourtant, indépendamment de notre volonté, les nations existent. Elles existent autour de références culturelles, de pratique culturelles, d’histoires et d’Histoire communes. Elles existent de manière matérielle et psychologique.

    Mais le fait qu’elles existent ne signifie pas, d’une part, que le droit à la séparation et à l’indépendance soit contradictoire. Comme tout, les unités se forment et se rompent. Au sein des régions sous le contrôle de l’Etat français, il existe de facto une unité, y compris dans les dominions. Cette unité correspond à un certain stade de l’affirmation de la lutte des classes tout comme des aspirations nationales sous-jacentes, contenues derrière l’impression d’unité.

    Elle n’est ni métaphysique, comme le pensent les post-modernistes, ni transcendant tout, comme le pensent les rouges-bruns.

    Comme Dimitrov l’écrivait : Les communistes, qui estiment que tout cela n’intéresse pas la cause de la classe ouvrière, qui ne font rien pour éclairer de façon juste, au point de vue historique, dans le véritable sens marxiste, léniniste-marxiste, léniniste-staliniste, les masses travailleuses sur le passé de leur propre peuple, pour rattacher sa lutte actuelle à ses traditions et à son passé révolutionnaire, ces communistes abandonnent volontairement aux falsificateurs fascistes tout ce qu’il y a de précieux dans le passé historique de la nation, pour berner les masses populaires.

    Réglons nos comptes avec les « nationalistes » et les chauvins.

    Nous ne sommes pas des nihilistes nationaux. Nous aimons notre peuple. Nous aimons nos frères et nos sœurs. Nous ne supportons pas leur misère, nous ne supportons pas leur destin d’esclave que leur réserve le capitalisme.

    Les fascistes, également, prétendent être rempli du même amour. Ils disent entendre la colère des exploités, des opprimés, et vouloir les libérer de leurs chaînes. Les fascistes se prétendent du côté du peuple et vouloir le défendre.

    Mais qui désignent-ils comme ennemi ? De pauvres hères sans le sou. Des réfugiés fuyant les guerres, la misère et la mort. D’autres bourgeoisies, d’autres impérialismes. L’OTAN, l’UE…toutes ces choses qui asserviraient notre peuple. Ils visent tout, sauf les véritables responsables des misères de celui-ci !

    Nous, nous sommes rationnels. Nous ciblons en premier lieu le premier bourreau de notre peuple, le premier à causer ses misères. Et celui-ci n’est pas à Washington, à Rabat, à Moscou, il est ici même. Celui qui baisse les salaires, qui casse les droits sociaux, qui exploite la sueur et le sang de nos frères et sœur. C’est notre propre bourgeoisie, notre propre impérialisme et ses chefs « bien de chez nous », issu de notre terroir. Ce sont eux les ennemis du peuple.

    En réalité, les fascistes ne veulent que souder la Nation autour de sa bourgeoisie, de son impérialisme, la livrant aux sacrifices, sur l’autel de la grandeur « du pays ». En réalité, ce qu’ils désirent, c’est livrer la guerre, livrer l’agression, pour plaire à leurs maîtres.

    Ils anesthésient les masses populaires pour leur faire croire que l’ennemi premier, le bourreau, est l’autre. Ils les livrent pieds et poing liés à leurs oppresseurs, prêts à les muer en chair à canon. Ce ne sont pas des « patriotes », ce sont des ennemis. Ce ne sont pas des « nationalistes », ce sont des esclavagistes !

    Nous sommes internationalistes d’une part par solidarité humaine, de l’autre parce que contre ces bourreaux qui saignent la planète, nous sommes plus fort ensemble. Toutes les masses populaires du monde unies contre leurs ennemis de classe, contre leurs oppresseurs.

    La seule clé de notre libération à chacun, à chacune, est au travers de la libération de toutes et tous !

    En plaisantant, nous pourrions dire que nous sommes plus « nationalistes » qu’eux. Car ils ne travaillent jamais pour rassembler les masses populaires dans le combat contre leurs bourreaux, au contraire. Ce sont eux qui brisent l’unité populaire, en instillant la division.

    Malgré le fait qu’ils possèdent encore des bribes d’hégémonie, à l’heure actuelle, il est tout à fait possible de combattre leurs discours et leurs positions. En particulier si nous créons le cadre du débat de fond, car elles sont fondamentalement anti-populaires et anti-ouvrières. Il faut se faire à l’idée que, comme dans les années 30, l’extrême-droite puisse tenter d’intervenir dans les mouvements de masses et de contester la direction aux organisations politiques et syndicales progressistes, prenant appui sur la propagande bourgeoise. Il est important, là, de savoir comment les combattre, non seulement dans la rue mais également dans l’expression politique envers les masses. Renoncer à mener cette lutte contre les idées réactionnaires est une capitulation en rase campagne.

    Les rêves humides de l’extrême-droite ne se concrétiseront pas de sitôt. Au Brésil, Bolsonaro s’était fait connaître pour son opposition véhémente à certaines taxes frappant les classes populaires. C’est ainsi qu’il a gagné une base d’appui parmi ceux et celles qui souffriront pourtant de sa politique. Le mouvement des 5 étoiles en Italie ou les populistes ont également surfé sur le rejet du « système » pour avancer leurs positions. Mais ce n’est pas le point central de la bataille du pouvoir.

    L’extrême-droite ne gagne pas le pouvoir, elle y est appelée. Elle y est appelée pour écraser les mobilisations et les luttes. Pour les détourner et les engouffrer dans des impasses. Lorsque les fascistes soufflent sur les braises de la contestation et de la colère, c’est uniquement dans le but d’être ceux qui soumettront cette colère à une chape de plomb, ou qui la déverseront vers des boucs émissaires.

    Mussolini, nommé pour liquider les grèves. Hitler, pour exterminer le KPD. Franco, contre la République…Toujours, les fascistes se sont hissés sur des mouvements populaires pour ensuite enfermer les masses et les écraser.

    Aujourd’hui, l’extrême-droite se sent quelque peu dépassée par l’ampleur que prend le mouvement. Elle est prisonnière de sa position de conciliation entre le populisme et sa défense de la bourgeoisie, sous prétexte de priorité nationale. Sa solution est dans le mensonge pour rallier autour d’une prétendue nation transcendant la lutte des classes.

    La signature d’un « pacte » à Marrakech est leur nouveau flambeau. D’après les fascistes, la France passerait sous contrôle de l’ONU et serait sommée d’ouvrir ses frontières à un déferlement de migrants. D’un ennemi du peuple au sens social du terme, les fascistes veulent parvenir à tordre la réalité pour que Macron devienne un ennemi au sens racial.

    Pourtant le document, une fois examiné, paraît bien anodin, bien inoffensif. Il n’est pas contraignant juridiquement, il ne remet en cause aucunement la souveraineté. Macron peut encore laisser se noyer dans la mer ceux qui fuient le chaos que ses bombes causent. Notons que ce fantasme se retrouve dans de nombreuses publications -y compris chez des « communistes », sous la forme de la domination Américaine, de la liquidation des Etats au profit des Eurorégions…etc.

    Pourtant, elle « lutte », peut-on dire. Est-ce contradictoire avec sa fonction d’ennemi du peuple ? Non.

    Dimitrov donne encore une réponse :

    « Camarades, on ne saurait se faire de l’arrivée du fascisme au pouvoir l’idée simpliste et unie qu’un comité quelconque du capital financier déciderait d’instaurer à telle date la dictature fasciste.

    En réalité, le fascisme arrive ordinairement au pouvoir dans une lutte réciproque, parfois aiguë, avec les vieux partis bourgeois ou une portion déterminée d’entre eux, dans une lutte qui se mène même à l’intérieur du camp fasciste et qui en arrive parfois à des collisions armées, comme nous l’avons vu en Allemagne, en Autriche, et dans d’autres pays.

    Tout cela sans affaiblir cependant l’importance du fait qu’avant l’instauration de la dictature fasciste, les gouvernements bourgeois passent ordinairement par une série d’étapes préparatoires et prennent une série de mesures réactionnaires contribuant à l’avènement direct du fascisme.

    Quiconque ne lutte pas, au cours de ces étapes préparatoires, contre les mesures réactionnaires de la bourgeoisie et le fascisme grandissant, n’est pas en état d’entraver la victoire du fascisme, mais au contraire la facilite. »

    Les fascistes rêvent du chaos pour être appelés eux-mêmes à résoudre ce même chaos. Ils affrontent les forces de la bourgeoisie dans un challenge pour devenir celles-ci et servir mieux leurs maîtres. Ils se parent des oriflammes de la rébellion pour porter la réaction.

    Cela signifie t’il qu’il faudra alors lutter aux côtés des policiers de la bourgeoisie pour les combattre ? Non. Chaque division tactique de la bourgeoisie est une lance dirigée sur le cœur des exploités. Il ne s’agit pas de choisir entre fascisme et bourgeoisie, mais de battre les deux et de faire grandir notre camp, celui de la révolution.

    Les antifascistes jouent -ou doivent jouer- un rôle de premier plan dans cette lutte. Certains l’ont compris et se sont lancés dans la bataille. D’autres pas encore. Non seulement les organisations antifascistes ont comme rôle de défendre contre les attaques et les provocations fascistes, mais ils ont le devoir de lutte contre les conceptions fascistes. Non sous l’angle humanitaire, mais principalement sous l’angle du rôle des fascistes comme ennemis des mouvements. Comme ennemi des luttes.

    Chaque fois que les fascistes ont gagné un centimètre, ce sont les masses populaires qui l’ont payé. Chaque fois que les fascistes ont prétendu apporter un bien-être supplémentaire pour les masses, elles l’ont payé de leur chair, de leur sang, de leur vie.

    Aujourd’hui, les fascistes interviennent dans les mouvements sociaux. A nous de montrer que nous pouvons les vaincre idéologiquement !

  • Le procès de Clément Méric s’ouvre.

    Le procès de Clément Méric s’ouvre.

    Le procès de Clément Méric s’ouvre.

    Clément Méric a été tué il y a 5 ans, le 5 juin 2013, à Paris.

    Tué par une clique de fascistes de Troisième Voie, l’organisation dirigée par Serge Ayoub.

    Aujourd’hui, le procès des meurtrier débute. Esteban Morillo et Samuel Dufour passent aujourd’hui devant la barre.

    Nous saluons les proches de Clément Méric, ses amis ses camarades et nous les assurons de notre solidarité la plus sincère. Nous actons les distinctions idéologiques entre nous, les désaccords sur nombre de sujets. Mais au dessus de tout réside le fait d’être du même côté de la barricade, du même côté de la lutte des classes. D’être dans le même camp et d’être solidaires contre l’agression toujours plus grande de la vermine fasciste. En revanche nous n’exprimons que du dédain pour ceux et celles qui, vautours à l’affût, se sont empressés de se saisir de ce meurtre comme d’une réclame pour leur mouvement.

    Ce meurtre, hélas, n’est pas un événement isolé. Il fait suite à un accroissement progressif de l’agressivité de l’extrême-droite. La crise lui donne des ailes, elle est enivrée d’un sentiment d’impunité et de l’impression d’être à la veille d’une nouvelle croisade. Elle a déjà tué Hervé Rybarczyk à Lille, elle a blessé gravement à Lyon, elle monte des commandos à Montpellier, infiltre la police partout… Elle agresse, torture, assassine dans le secret ceux et celles dont on entend pas la voix. Nous réclamons justice.

    Aujourd’hui, le procès des meurtriers de Clémente Méric s’ouvre.

    5 ans et trois mois pour en arriver là. Un long chemin arrive à son terme.

    Le temps dilue les peines pénales, mais accroît la colère et le sentiment d’injustice dans le traitement de ce meurtre. Le temps qui est passé a permis à Esteban Morillo de cacher ses tatouages fascistes, de se grimer en jeune homme bien sous tout rapport, de dire qu’il a « changé », qu’il n’est plus le même. Il n’y aura probablement pas de surprises dans ce procès, hélas. La défense fera de lui un portrait pleurnichant. Il reniera son fascisme devant les juges, tout en en étant toujours le serviteur. Et les juges condamneront-il cette pauvre hère, 5 ans après les faits ?

    La justice bourgeoise -au sens large- n’est pas neutre face aux affaires. Elle n’est pas un arbitre dans lequel il est possible d’espérer trouver le réconfort d’une réparation. Du fait de ses liens avec l’appareil d’état, du fait de ses liens avec l’ordre du jour politique, du fait de la classe sociale dont font partie ses membres, elle n’est pas cette instance pure et saine que les républicains présentent. Elle est une subdivision tactique de l’ordre bourgeois, chargée de transcrire l’ordre du jour du pouvoir. Ses procureurs, représentant le ministère de la justice, répercutent la ligne dans les tribunaux, ses enquêteurs précipitent ou font traîner sous la poussière les dossiers… Et dans ce cadre, l’expérience démontre sans peine que la manière dont sont traités les réactionnaires et celles dont sont traités les progressistes, celle dont sont traités les bourgeois et celle dont les sont traités les exploités et les opprimés forment deux poids et deux mesures.

    Les fascistes, les réactionnaires, les obscurantistes… tout ces gardiens d’un monde qui se meurt, celui du capitalisme et de l’impérialisme, ont les coudées franches pour obtenir ce qu’ils veulent. La dissolution prononcée après le meurtre de Clément Méric ne les a laissé que peu de temps knocked-out. Leurs activités ont repris, pour certains plus discrets, attendant leur heure, pour d’autres, avec pignon sur rue, profitant de l’espace laissé par les « traineurs de casseroles ». Mais toujours, toujours, avec plus d’emprise, plus d’aisance, plus d’appui…et plus d’influence sur l’ordre du jour des autres organisations politiques. Aujourd’hui, le centre de gravité sur bon nombre de questions se situent entre la droite et l’extrême-droite. En Allemagne, l’influence grandissante des fascistes de AfD est même parvenu à fracturer Die Linke en une branche progressiste et une anti-réfugiés et anti-migrants. Pourtant leur rhétorique se limite à un discours victimaire, même au sein d’une des plus grande puissance impérialiste.

    Après leur meurtre, les fascistes ont joué justement cette carte de la pleurnicherie. Ils ont hurlé au fait que Clément Méric soit étudiant de Science Po, fils d’enseignants d’université, tandis que leur compère Esteban Morillo était, immigré, ouvrier. Ils ont tenté d’utiliser cette différence sociale sans vergogne, croyant trouver une faille morale imparable.

    Mais, en fait de faille, leur logique fallacieuse n’a servi qu’a rendre hommage a Clément Méric. Car les deux, l’un pour le meilleur, l’autre pour le pire, sont des individus qui ont trahi leur classe sociale. L’un en se battant pour les progrès social, pour les intérêts des exploités, pour la défense des opprimés. L’autre en trahissant ces mêmes exploités, en les livrant pieds et poings liés à leur premier bourreau : la bourgeoisie française « bien de chez nous ». En fait de couronne d’épine, c’est une couronne de laurier qu’ils lui ont tressé.

    Nous ne l’oublions pas. Nous n’oublions pas le courage de Clément Méric, nous n’oublions pas le choix qu’il a fait de se battre pour le camp du peuple. Nous saluons sa mémoire aujourd’hui. Nous saluons ses proches, ses amis, ses camarades.

    Clément est toujours présent !

  • Liberté pour Turgut Kaya ! Pétition de l’ATIK

    Liberté pour Turgut Kaya ! Pétition de l’ATIK

    Liberté pour Turgut Kaya !

    Nous nous sommes portés signataires de cette pétition exigeant la libération de Turgut Kaya, journaliste et révolutionnaire. Nous saluons la lutte des forces révolutionnaires et communistes au sein de l’État fasciste Turc, tout comme les forces qui luttent pour l’indépendance du Kurdistan et la libération des peuples.

    Récemment, début d’avril 2018 le militant révolutionnaire et journaliste Turgut Kaya a été arrêté par l’Etat grec lors de son entrée sur le territoire. Le 30 mai dernier, la haute Cour d’Athènes a décidé de l’extrader vers la Turquie.

    La décision finale concernant son extradition devrait être approuvée par le Ministère de la Justice grec dans les prochains jours. Son extradition vers les camps de torture du régime AKP est totalement contraire aux droits de l’homme, sachant qu’il apparaît sur la liste rouge de l’État fasciste turc et que sa tête a été mise à prix suite à un  mandat d’arrêt lancé par Interpol.

    Dans le passé, alors qu’il travaillait en Turquie en tant que journaliste, Turgut Kaya avait déjà été arrêté et subi plusieurs formes de tortures. Pour cette raison s’il est aujourd’hui extradé vers la Turquie il fait face à de grands risques pour sa vie.

    Connaissant l’attitude agressive du régime d’Erdoğan contre les dissidents politiques, kurdes et révolutionnaires de gauche, qui est bien connu à l’échelle mondiale, la justice grecque et le gouvernement d’Athènes sont face à une haute responsabilité.

    Des actions de protestation urgentes et rapides doivent être lancées sur la scène internationale contre cette tentative d’extradition injuste. Si l’extradition est mise en place, alors elle aura des conséquences politiques directes qui constitueront un danger important pour l’ensemble des immigrés et des activistes.

    Par conséquent, nous invitons toutes les organisations et individus à l’échelle internationale à organiser un mouvement et des actions de solidarité avec Turgut Kaya afin de mettre fin au risque imminent d’extradition.

    Liberté pour Turgut Kaya et pour tous les prisonniers politiques!

    Les institutions qui ont signé le texte sont les suivantes :

    1) ATİK  ( la confédération des travailleurs de Turquie en Europe)

    2) Yeni Kadın (Nouvelle femme)

    3) ATİKYDG (Yeni Demokratik Gençlik) Nouvelle jeunesse démocratique

    4) UPOTUDAK–  (Comité de solidarité avec les prisonniers politiques internationaux)

    5) ENİLKOM (ATİK Comité des relations internationales)

    6) ATİF (Fédération des travailleurs de Turquie en Allemagne)

    7) HTİF (Fédération des travailleurs de Turquie en en pays bas)

    8) PARTİZAN

    9) YDG    (Yeni Demokrat Gençlik)

    10) Haluk Gerger Écrivain chercheur  

    11) Unité Communiste de Lyon

  • Appel à manifester le 3 mars 2018 à Lyon

    Appel à manifester le 3 mars 2018 à Lyon

    Appel à manifester le 3 mars 2018 à Lyon

    Lyon ne sera pas la capitale du fascisme en France ! Depuis plusieurs années, l’extrême-droite lyonnaise, au travers d’une multitude de sectes et de groupuscules divers et variés, clame sur tout les toits que Lyon est sa ville, son royaume, son empire. Dans le Vieux Lyon, elle s’est dotée de ses bars, de ses magasins, de ses salons de tatouage. Elle veut surinfecter cette plaie et adjoignant à cela des « bastion sociaux » et, au 73 quais Pierre Scize, un local, le Pavillon Noir.

    Lyon rejette les fascistes ! Loin d’être les nouveaux croisés qu’ils fantasment d’être, ils ne sont qu’un  gang, une bande de petits agités agressifs et sans esprit. Personne n’applaudit leurs actions racistes, leurs menaces, leurs agressions. Ils sont vécus comme un occupant, un corps étranger, un parasite dans ce quartier.

    En fait d’empire, ils forment une enclave réunie autour d’un passé imaginaire, incapable de pouvoir rallier qui que ce soit, incapable d’en sortir, autrement que pour mener des raids et des agressions d’un courage sans borne. Leurs magasins sont vides de clientèle et ne tiennent que par l’opération du Saint-Esprit ou par une comptabilité douteuse. Leurs « bastions sociaux » et leurs « repas solidaires » ne voient jamais l’ombre d’un SDF. Ils ne sont que communication.

    La seule chose qui leur permet de tenir est le fait qu’ils sont appuyés par leur classe d’origine, par la vieille bourgeoisie catholique réactionnaire de Lyon. Loin de prolétaires révoltés contre le « monde moderne », ils ne sont que des petit-bourgeois en manque de sensations fortes, financés, soutenus, portés à bout de bras par papa, maman et le curé. L’Etat, la Préfecture, la Police, la Justice les tolèrent, les soutiennent implicitement, refusent de les condamner, excusent leurs crimes.

    C’est un fait, cependant, que l’extrême-droite gagne du terrain dans le monde. Mais plus que les sectes et groupuscules, les thèses se répandent.

    Les thèses d’extrême-droite gagnent en influence partout dans le monde, c’est un fait. Dans certains pays, Brésil, USA, Hongrie, Pologne, Autriche… elle est d’ores et déjà au pouvoir. Dans les autres, les organisations réactionnaires gagnent du terrain.

    Ici, les Républicains, le Parti Socialiste et aujourd’hui, La République En Marche intègrent ces thèses dans leurs programmes -en l’occurrence au travers de la politique de Gérard Collomb, ex-PS. Le racisme d’Etat, la discrimination, le massacre de la protection sociale, les expulsion et les abus policiers sont monnaie courante. Un agent de la bourgeoisie comme Laurent Wauquiez se voit désormais chef d’une droite élargie, allant des débris d’un FN en explosion jusqu’a un centre droit acquis aux idées réactionnaires. Là réside le danger.

    La crise économique de 2008 n’en finit pas de convulser, entrainant son lot de catastrophes. La misère enfle de jour en jour, grâce notamment à la Loi Travail d’El-Khomri et de Macron. Cette politique va aggraver profondément la situation sociale et économique, jetant à la rue les masses populaires, générant le dépit et la colère. Cette colère et ce dépit sont captés par les agitateurs et les apprentis-sorciers du fascisme. Il s’agit de leur fond de commerce. Les tensions internationales grandissantes servent à alimenter une rhétorique paranoïaque de l’encerclement, dans laquelle l’extrême-droite et une partie de la gauche chauvine se retrouvent. Mais l’extrême-droite ne cherche pas à guérir les maux de la société, juste à les utiliser.

    Le mensonge, les Fake News, les théories du complot sont les arguments de l’extrême-droite. Des arguments pour diviser et enfumer ! Le seul vrai Bastion Social est celui des progressistes, des révolutionnaires, des syndicats et des organisations populaires !

     Les fascistes portent différents masques. Certains jouent la carte sociale ou royaliste, d’autres l’antisémitisme, d’autres encore utilisent l’argument de l’Islam pour développer un contenu raciste sans risquer de poursuites judiciaires. Certains vont même jusqu’à retourner l’idée républicaine et laïque pour la pervertir et en faire une arme d’oppression raciste.

    Quelque soient leurs discours, leur objectif est le même : fragmenter les exploités, les travailleurs et les travailleuses, ceux qui courbent le dos sous le poids de l’exploitation. Semer la haine et la division entre elles, entre eux. Faire de celles et ceux qui produisent des esclaves devant se serrer la ceinture pour les bénéfices d’une poignée d’exploiteurs et d’oppresseurs « bien de chez nous. » Les fascistes se prétendent Nationalistes, en clamant qu’ils défendent leur peuple, leurs frères, leurs sœurs contre l’oppression et la noirceur de l’obscurantisme, mais ils ne sont que des contremaîtres de l’exploitation.

    L’Etat et les institutions ne sont pas nos alliés !

    La mairie de Lyon, comme celle du V ème arrondissement se présentent comme des fers de lance de la République, comme des démocrates convaincus. Pourtant, seul le mépris répond aux inquiétudes des riverains. Derrière le vernis progressiste, lorsque celui-ci s’écaille, se révèle le bois pourri. De « gauche » ou de droite, les élus ne font rien.  Aujourd’hui, les anciens acteurs du pouvoir veulent se refaire une virginité politique. Il n’est pas question pour nous d’accepter les organisations des agents de l’oppression dans les manifestations. Au niveau du bilan, rien ne sépare l’activité du PS du programme du Front National ou de Laurent Wauquiez.

    Nous n’oublions pas le rôle des institutions, de la Préfecture, de la Police, de la Justice de classe. Nous n’oublions pas que l’Etat n’est pas un arbitre neutre dans la lutte entre les forces progressistes et réactionnaires. L’Etat bourgeois, au service de l’exploitation, n’apprécie pas les perturbations des fascistes, leur agitation. Mais un accord de fond les unit : maintenir l’oppression sociale et économique.

    Les interdictions, les arrestations, les jugements et la répression illustrent une vérité : l’Etat français est dirigé contre les progressistes et les révolutionnaire, contre le renversement des exploiteurs.

    Contre l’extrême-droite, construire la riposte !

    La lutte contre le fascisme et les fascistes concerne largement la population et plus particulièrement les classes populaires, les individus issus de l’immigration ; les femmes ; les LGBT ; les minorités ethniques ; culturelles et religieuses.

    Il est important de renforcer les organisations antifascistes populaires, les associations et comités de quartier, qui brisent l’isolement, qui relient les individus entre eux, qui permet de lutter contre l’atomisation de la société, prélude à sa fascisation. Nous considérons que l’antifascisme doit être autonome des partis bourgeois, des institutions, de l’Etat.

    L’ennemi n’est pas l’immigré, n’est pas l’étranger, n’est pas l’autre. Travailleurs, travailleuses, celui qui partage tes souffrances est ton ami, ta camarade.

    L’ennemi, ces sont les exploiteurs, les capitalistes, ceux qui vampirisent la richesse et ne laissent que la misère !

    Ensemble, chassons les fascistes de Lyon ! Ensemble, construisons la force politique capable de faire face aux attaques des exploiteurs