Étiquette : Antifascisme

  • Tenir la rue

    Tenir la rue

    I. État des lieux

    En quelques semaines, l’actualité française a été ponctuée de deux meurtres racistes, d’attaques de commandos fascistes, d’une marche néonazie, et de déclarations racistes par le ministre de l’Intérieur, qui a dans le même temps lancé la dissolution de l’un des plus importants collectifs antifascistes, la Jeune garde, ainsi que du collectif de solidarité Urgence Palestine. La France des fachos met en pratique sa doctrine idéologique.

    Mais revenons sur un fait qui a marqué l’actualité de la gauche il y a peu de temps, le défilé du C9M (Comité du 9 mai) qui s’est déroulé le samedi 10 mai 2025 à Paris.

    Ce défilé annuel en hommage à un militant d’extrême droite mort lors d’une fuite de la police il y a plusieurs années, a rassemblé environ 1 000 militants et militantes de ce que l’extrême droite fait de plus radical. Un mélange de pétainistes, de fascistes, de nationalistes révolutionnaires, des cathos intégristes ou des néonazis plus portés sur le paganisme, venant de toute la France, mais aussi de plusieurs pays européens.

    1 000 militants et militantes dans un défilé clairement néonazi, alors que l’année précédente ils étaient environ 800 selon les médias. Cela reste un chiffre très faible pour un événement majeur du milieu nationaliste. Si cette marche a impressionné, c’est n’est donc pas par son nombre de participants et participantes, mais par la discipline du défilé, et les références nazies arborées explicitement.

    Une multitude de drapeaux à croix celtiques, représentant la suprématie de la race blanche, symbole de ralliement de l’ultradroite mondialement reconnu, plus passe-partout que des croix gammées mais dont la portée politique est globalement la même, et d’autres références nazies bien visibles, comme des tambours en tête de la marche, identiques à ceux des jeunesses hitlériennes historiques. Mais surtout, des militants et militantes en rangs, marchant silencieusement et de manière coordonnée sur le rythme lugubre des tambours.

    Aucun doute possible sur le caractère de cette marche, ni sur les idées politiques de ses participants et participantes. « Participantes », car même si ce milieu est essentiellement masculin, de nombreuses femmes étaient présentes et bien mises en avant. Cette démonstration de force voulait envoyer un message à la France : « nous sommes de retour ».

    Les médias bourgeois, d’habitude si zélés pour chercher des signes d’extrémisme ou d’antisémitisme dans les manifestations de gauche, et dénoncer le climat d’ultraviolence, voire de guerre civile quand quelques adolescents ou adolescentes révoltés en marge des cortèges dégradent des vitrines de banques, n’ont rien trouvé à redire à un défilé nazi en plein Paris le lendemain des commémorations de la libération de la France. Les sionistes qui instrumentalisent l’antisémitisme pour diffamer tout et n’importe qui a rapport avec la cause palestinienne ou la gauche, sont restés bien silencieux et silencieuses face à 1 000 nazis défilant dans la capitale.

    Si cette marche a outré les passants et passantes parisiens et parisiennes, et si la majorité des commentaires sur internet relevaient d’une juste indignation, on ne peut qu’observer la naïveté et la mollesse que ce genre de réactions suscite. D’ailleurs, pour la grande majorité des réactions venant de la gauche, c’était un sacré but contre son camp de reprocher à ces nazis d’avoir défilé le visage masqué. Préserver son anonymat en défilant masqué est la base de la sécurité lorsque l’on veut éviter de se faire ficher trop facilement par nos ennemis politiques ou par l’État, mais les gens qui n’ont pas d’engagement politique subversif sont loin de comprendre de telles évidences. Une neutralité et un citoyennisme naïf, comme un gilet jaune avant sa première charge de flics.

    II. Quel danger ?

    Au-delà de cette quasi non-réaction du système politico-médiatique, démontrant une certaine complaisance, le phénomène le plus inquiétant a été les très nombreux commentaires de soutien à cette marche venant de comptes d’extrême droite, mais aussi de personnes de droite plus lambdas, non militantes. Tous ces profils qui se revendiquent du patriotisme afin de passer pour des modérés ont largement soutenu cette marche en sachant très bien qu’elle était nazie, jetant à la poubelle le peu de gloire de l’histoire de la France, lorsqu’elle était résistante.

    Les mêmes genres de profils qui s’offusquent de la présence de drapeaux palestiniens et de l’absence de drapeaux français dans les manifestations de gauche n’ont rien trouvé à redire devant l’omniprésence des drapeaux noirs fascistes de cette marche.

    Cela ne trompe plus personne, ces gens de la droite modérée ne supportent pas que la gauche affiche sa solidarité avec un peuple du Moyen-Orient, même à l’heure d’un génocide soutenu activement par la France et l’Occident à travers ses relations diplomatiques, commerciales et militaires avec Israël. Ces gens sont donc des supporters passifs d’un génocide contre une population qu’ils perçoivent comme arabo-musulmane. C’est la même logique que lorsque la droite et l’extrême droite avaient soutenu financièrement le policier qui avait exécuté le jeune Nahel. Les mêmes qui inondent internet de commentaires racistes, appelant au nettoyage ethnique des banlieues et au massacre des gauchistes par un pouvoir militaire.

    Même si la société française ne vire pas majoritairement dans le fanatisme d’extrême droite, et bien que les fachos soient nombreux dans les urnes et sur les réseaux, mais quasi inexistants dans les organisations activistes radicales, le phénomène reste suffisamment massif pour constituer à terme une menace directe non seulement pour la gauche, mais également pour toute personne ne faisant pas partie du projet de suprématie masculine blanche et de l’ordre bourgeois. Car c’est bien de cela dont il s’agit : une collaboration de classe, des travailleurs et travailleuses d’Occident suffisamment privilégiés qui soutiennent activement les politiciens bourgeois véreux du RN et les projets civilisationnels réactionnaires portés par des milliardaires, par intérêt personnel et égoïste. Accuser la collègue musulmane, le voisin au RSA ou la nièce féministe, plutôt que le Medef.

    Nous savons que la bourgeoisie se radicalise et fait progressivement tomber le masque démocratique. Partout sur la planète, l’extrême droite la plus violente a toujours été soutenue et grassement financée par les franges les plus réactionnaires de la bourgeoisie.

    Mais si l’esprit petit-bourgeois pacifié de beaucoup de Français et Françaises les empêche de prendre part activement à de l’activisme radical (qu’il soit d’extrême gauche ou d’extrême droite), il y a aussi toute une frange de la jeunesse blanche périurbaine ou rurale qui n’a pas connu de parcours universitaire et la culture des grandes villes qui va avec, provoquant un sentiment de déclassement identitaire.

    Face à un progressisme culturel qu’ils perçoivent comme un élitisme de la ville sur la campagne, ils choisissent de se réfugier dans une culture conservatrice mise en avant par des influenceurs et influenceuses d’extrême droite qui flattent un mode de vie beauf et machiste, qui constitue pour eux une résistance face à l’évolution de la société. Plutôt que de développer des cultures alternatives à la culture dominante comme cela se faisait autrefois, ces jeunes hommes choisissent de faire de la défense de la culture dominante une contre-culture face au progrès social. C’est comme ça que de jeunes hommes blancs à peine sortis de l’adolescence passent du rôle de frustré sexuel (parce que biberonnés aux pires normes patriarcales) à milicien criminel investi d’une mission décivilisatrice brutale. Du rejet de l’égalité sociale au masculinisme accompagné d’un racisme ordinaire, ces jeunes peuvent très vite se radicaliser en se forgeant une idéologie au gré des influenceurs et influenceuses de droite puis d’extrême droite, pour enfin finir dans les rangs des organisations nationalistes révolutionnaires avec une fascination pour le militarisme et les armes de guerre, ainsi que la pratique de la musculation, des sports de combat, et du maniement d’armes à feu.

    S’il n’y a que quelques milliers de militants et militantes nationalistes actifs et actives en France, il y a en revanche toute une partie de la population séduite par l’idée d’un renversement de la démocratie, d’une instauration d’un ordre militaire brutal et d’une épuration du pays. Il n’y a qu’à voir le succès qu’ont des influenceurs comme Papacito qui appellent à la guerre civile raciale en permanence, dans une France où des propagandistes sur les médias de la bourgeoisie peuvent faire l’apologie de crimes de guerre et du génocide envers les Palestiniens et Palestiniennes à longueur d’émissions sans aucune sanction. Pendant ce temps, la gauche est systématiquement décriée, caricaturée, et criminalisée pour la moindre prise de position, aussi réformiste et légale qu’elle soit, et la théorie du complot judéo-bolchevique est désormais réhabilitée et utilisée sous sa forme moderne — « l’islamo-gauchisme » — dans les plus hautes sphères de l’État.

    Le meurtre sauvage de l’imam Aboubakar Cissé dans sa mosquée, puis très récemment le meurtre par balle de Hichem Miraoui par un terroriste raciste et supporter du RN montrent une chose : tuer des arabes est devenu un acte de légitime défense pour la France raciste. Nous le voyons dans les milliers de commentaires sous les articles de presse qui traitent de ces meurtres, un nombre incalculable de Français et Françaises se réjouissent de cela, minimisent la gravité de l’acte, ou bien le justifient comme une réponse aux attentats islamistes ou aux meurtres de personnes blanches par des étrangers ou étrangères ou par des Français ou Françaises d’origine immigrée. La guerre raciale est actée depuis longtemps dans le logiciel idéologique de ces Français et Françaises radicalisés, armés, galvanisés par le modèle génocidaire israélien, se sentant soutenus par toute la classe politique et médiatique, et qui n’attendent qu’une chose : déclencher un nettoyage ethnique par des meurtres de masse contre les personnes non-Blanches et contre le camp politique progressiste, à l’instar du terroriste norvégien Anders Breivik.

    Oui, les nazis existent encore. Oui, ils et elles se développent. Oui, ils et elles ont pour but existentiel de prendre le pouvoir par tous les moyens pour mettre en pratique leurs idées.

    Nous voyons ce phénomène de long en large dans des enquêtes, depuis de nombreuses années, nous voyons chaque semaine des signaux alarmants, de nouveaux tabous tomber et des digues sauter. Quand le capitalisme est en crise il n’y a pas de remparts, la démocratie bourgeoise ne protège que la bourgeoisie.

    Alors, en tant que communistes et antifascistes, nous qui alertons depuis bien avant la mort de Clément Méric en 2013 lors d’un affrontement de rue avec des néonazis, cela nous fait rire jaune quand des gens découvrent cela seulement en 2025. Mais mieux vaut tard que jamais.

    Le peuple de gauche a régulièrement des sursauts de panique face aux affirmations réactionnaires de nos sociétés capitalistes pourrissantes, une petite frayeur, comme une dose d’adrénaline sortant les gens de leur léthargie. Les scores du RN, un milliardaire effectuant un salut nazi, une marche néofasciste dans Paris… mais une fois l’émotion redescendue au bout de deux ou trois jours de polémique dans les bulles des réseaux sociaux, les gens retournent vite à leur consommation quotidienne d’informations anxiogènes mais suffisamment lointaines pour ne rien chambouler dans leur vie.

    Les organisations antifascistes n’ont pas vu leur nombre de recrutements monter en flèche, les syndicats ne sont pas sortis de leur routine antipolitique et corporatiste, les habitants et habitantes issus de l’immigration dans les quartiers populaires ne se sont pas massivement auto-organisés politiquement face à la menace raciste pourtant bien réelle, même si, heureusement, les réactions instinctives peuvent se transformer en riposte immédiate et collective face à l’extrême droite1. Dans la France de Macron, la propagande fasciste des médias dominants tourne à plein régime.

    Mais à part quelques organisations antifascistes ou antiracistes qui tiennent grâce à la dévotion de leurs militants et militantes, il n’y a pas d’engagement massif à la hauteur du climat politique actuel. Tout au plus quelques milliers d’étudiants et étudiantes ont rejoint les manifestations des grandes villes, chantant des slogans pendant quelques heures.

    « Siamo tuti antifascisti ! » est un beau slogan, mais malheureusement nous sommes très loin d’être tous et toutes des antifascistes conséquents et conséquentes. Des plus, ce slogan n’est pas une incantation magique faisant fuir les fascistes.

    « No Pasaran ! », mais si les fascistes décident de passer, qui va les arrêter ? La police qui vote RN ? La préfecture et ses laissez-passer pour les nazis ? Les gauchistes des beaux salons, et leurs petits bras, entre deux happy hour ?

    L’agression au couteau sur un camarade de la CGT lors de l’attaque du local des travailleurs et travailleuses kurdes à Paris, le 16 février 2025, est une piqûre de rappel sur le but premier des milices fascistes : casser du rouge, ainsi que tout ce qui leur est apparenté de près ou de loin. Clément Méric était le premier camarade tombé dans le combat antinazi d’aujourd’hui en France, il y en aura d’autres.

    Alors, actons que les nazis sont là, et qu’ils veulent vous détruire.

    Ils le disent, ils l’écrivent, et ils le font dès qu’ils en ont la possibilité et l’occasion. Personne ne sera épargné. Pour autant, adopter une posture de petit lapin aveuglé par les phares d’une voiture qui lui arrive dessus n’est ni digne, ni glorieux, ni une bonne stratégie de survie.

    S’il y a bien une chose que l’histoire ancienne nous a apprise, mais également l’actualité pour qui suit les activités de la lutte antifasciste, c’est que les plus virils et agressifs des hooligans nazis peuvent très facilement se transformer en vulgaires sacs de viande froide gisant sur le trottoir. Avec de la volonté, de l’organisation, un peu de préparation physique et mentale, des personnes ordinaires peuvent anéantir des fascistes.

    III. Agir en conséquence

    On nous dit que le fascisme arrive à longueur de tweets et de réels Instagram, qu’il est même déjà là, mais alors pourquoi la gauche n’entre pas en résistance de toutes ses forces si une menace de mort aussi sérieuse est réelle ? Évidemment, tout le monde sait très bien que le fascisme n’est pas encore là, car le dire signifierait se faire arrêter et torturer dans l’heure. Pour autant, nous constatons chaque jour que la société est poussée par une frange de la bourgeoisie pour virer à l’extrême droite et se vautrer dans le nationalisme et le militarisme. Nous ne pouvons pas prédire à quel moment sera le point de non-retour, ni si un événement particulier peut faire précipiter les choses : un nouvel attentat d’ampleur, une déclaration de guerre nous impliquant directement, ou alors une érosion progressive des droits démocratiques sous les multiples crises, et une division raciale du prolétariat de plus en plus antagonique ? Tout ce que l’on sait, c’est que même sans menace révolutionnaire crédible, la tendance à la réaction des États se renforce, et que le capitalisme ne peut que choisir l’extrême droite pour gouverner dans cette période de crise.

    Face à la progression des fachos et à leurs attaques régulières, la gauche rabâche sans cesse ses appels à l’unité de notre camp, à rejoindre les syndicats et les associations de solidarité, incite à voter massivement contre l’extrême droite, mais évite soigneusement la question de l’autodéfense du camp progressiste et de l’affrontement de rue. Rassemblements de soutien après rassemblements de soutien, le nombre de militant et militantes n’augmente pas, les services d’ordre dignes de ce nom n’existent toujours pas, et on compte sur la présence d’antifascistes bagarreurs ou de la police pour protéger les événements. Des slogans, toujours des slogans, mais aucune force de frappe.

    Nous savons qu’actuellement, l’extrême droite peut mobiliser une vingtaine de militants violents pour des villes de taille moyenne, et que ce chiffre peut monter jusqu’à 80 ou 100 militants pour de grandes occasions dans les métropoles. Le seul paramètre qui entrave le développement des fachos dans la rue, c’est la pression physique permanente exercée par les groupes antifascistes sérieux et organisés. Cela se traduit concrètement par des parties de chasse en ville, des attaques ciblées sur des événements d’extrême droite, et du cassage de bouches systématique à chaque rencontre avec un facho, instaurant un sentiment d’insécurité pour l’extrême droite dès qu’elle sort dans la rue. Le revers de cette stratégie, c’est que les militants et militantes antifascistes s’exposent en retour à la violence fasciste en permanence, d’autant plus une fois qu’ils et elles ont été fichés, et surtout, ils et elles s’exposent à de très gros risques judiciaires pour chaque sortie qui finit en affrontement.

    Mais quand les antifascistes ne sont pas là pour faire le travail, c’est open bar pour les néonazis locaux qui peuvent harceler et agresser à leur guise.

    Alors posez-vous la question : votre organisation peut-elle affronter 10 fascistes ? 20 fascistes ? 50 fascistes ?

    En tant que communistes, nous devons être à l’avant-garde de la lutte démocratique antifasciste, cela veut dire que nous devons être en première ligne quand les fascistes lancent une attaque.

    Le bar de gauche de votre ville s’est fait attaquer par un commando de nazillons ? Le premier acte de solidarité est de lancer une expédition punitive sur les fascistes et de leur faire manger le trottoir. C’est le minimum syndical pour sauver l’honneur.

    Notre rôle n’est pas seulement de défendre nos organisations ou nos événements, mais de défendre toute notre classe sociale. Et cette défense ne consiste pas seulement à repousser des attaques de fascistes, mais d’être à l’initiative et de frapper préventivement pour instaurer la peur dans la chair de l’ennemi, par la douleur et les dégâts physiques.

    Dans un premier temps, cela refroidira les ardeurs viriles des fachos les moins convaincus, et les fera abandonner. Et pour les plus virulents, ils sauront que leurs prochaines aventures pourront leur coûter cher. Il faut donc entretenir en permanence la dissuasion par la démonstration de force et la punition corporelle.

    Des collectifs antifascistes, et notamment la Jeune garde, ont montré la formule à appliquer pour constituer une première ligne de défense : discipline, obéissance à la hiérarchie, hygiène de vie, préparation physique, entraînements collectifs à l’affrontement, élaboration de tactiques efficaces et d’initiatives audacieuses directement contre les fascistes, et développement d’une mentalité pour obtenir la victoire et ne pas flancher au moindre coup dur. Le tout en développant des relations de confiance avec les organisations politiques et les associations locales, ainsi qu’avec les syndicats.

    Depuis toujours, la solution réside dans les organisations bien cadrées où les individus s’engagent sincèrement et se soumettent au collectif. Les caprices individualistes, la lâcheté et la fébrilité petite-bourgeoise n’y ont donc pas leur place, offrant ainsi un cadre politique sain et efficace.

    Il faut ce renouveau salvateur pour enterrer définitivement cette gauche liquéfiée dans le libéralisme soixante-huitard2. Il faut retrouver les réflexes militaires et spartiates des organisations du siècle passé. Une gauche où le combat est d’abord un acte et pas seulement un mot dénué de sens dans un slogan nostalgique.

    Ce renouveau doit se voir au premier coup d’œil, aussi bien dans la tenue vestimentaire des militants et militantes que dans le regard assuré et la posture physique droite, reflétant une hygiène de vie saine et des convictions idéologiques fortes et assumées. Les clowneries que l’on aperçoit dans les manifestations n’auraient jamais dû être tolérées, mais puisque la gauche est actuellement au fond du trou, une nouvelle génération de communistes doit se lever et faire le grand nettoyage.

    Maintenant, chaque communiste doit imprimer ce code de conduite :

    • Renforcer ses capacités mentales : affronter nos ennemis demande une force psychologique élevée, délivrée des entraves du virilisme. Nous refusons de tolérer les machistes pensant que parler de ses émotions ou aller soigner ses névroses chez le psy serait synonyme de faiblesse. La force mentale passe par le travail, l’humilité et le collectif. On renforce notre esprit autant que notre corps pour le bien du collectif.
    • Ne tolérer aucun affaiblissement de l’organisation ou des individus : interdire la consommation collective et individuelle d’alcool et de drogues. Le mode de vie straight edge est ici un très bon exemple à suivre. Mais également, faire en sorte que l’organisation ne devienne pas un lieu de drague et/ou de prédation sexuelle. La promiscuité sexuelle entre militants et militantes doit être interdite, et les relations amoureuses sérieuses doivent pouvoir se réaliser uniquement dans des conditions qui ne nuisent pas à l’organisation.
    • Revoir à la hausse les capacités physiques : il n’est plus question de prêter attention aux gémissements de gauchistes fébriles pour qui l’injonction aux sports de combat et à l’hygiène de vie serait « de droite ». Tous les militants et militantes en capacité de le faire se doivent d’augmenter leur force physique, d’entretenir leur cardio, et d’avoir une alimentation leur permettant d’augmenter leur masse musculaire. Dans un monde dominé par le virilisme réactionnaire, et lorsqu’en face vous avez des hooligans néonazis sous stéroïdes et des CRS en armure, même si vous êtes d’un gabarit moyen, il est toujours préférable de gagner du muscle et passer de 60 à 70 kg, de 70 à 80 kg, etc., et ce pour les hommes comme pour les femmes.
    • Renforcer la camaraderie, le collectif et l’entraide : l’organisation communiste doit être un lieu d’honnêteté et de confiance, et cela doit être mis en pratique structurellement. La critique doit se faire systématiquement, avec fermeté, tout en restant dans la justesse et la bienveillance (lire et relire Contre le libéralisme de Mao).
    • Ne plus confondre SO et AG : le service d’ordre est un outil, et bien qu’il soit soumis aux décisions démocratiques des organisations, ce n’est pas une instance politique. Donc, les quotas d’inclusivité ou de diversité des profils n’y ont pas leur place, et les accusations de soi-disant virilisme n’ont aucun sens, car seules les capacités physiques et mentales, ainsi que la discipline et l’obéissance, comptent. Ce sont par défaut les hommes qui assument cette tâche, mais les femmes y ont toute leur place, encore faut-il que l’organisation leur en donne les moyens et qu’elles veuillent s’emparer de la violence. Le but premier d’un service d’ordre est d’être visuellement dissuasif (c’est pour cela que les membres du service d’ordre portent une tenue vestimentaire uniforme et robuste) pour qu’aucune force réactionnaire n’ose s’y frotter. Mais si jamais c’est le cas, le service d’ordre doit pouvoir encaisser la charge, puis contre-attaquer pour blesser et faire fuir l’ennemi.
    • Se préparer à toutes les situations :
      • savoir se procurer et apprendre à manier tout objet permettant de détruire efficacement un fasciste, mais également pratiquer toute discipline sportive aidant à neutraliser des fascistes à main nue ;
      • apprendre les techniques de combat de rue aussi bien collectives qu’individuelles ;
      • s’entraîner à planifier des actions illégales, et mener systématiquement des actions punitives sur les fascistes lorsqu’ils sortent ;
      • reconnaître le danger potentiel, le voir mais ne plus le fuir ;
      • assumer la violence, pouvoir l’infliger et l’encaisser.
    • Mettre tout en œuvre pour vaincre, en une phrase : tenir la rue.

    Avoir des idées politiques révolutionnaires, c’est avant tout pouvoir les porter et les défendre matériellement. Si vous n’êtes pas en mesure de détruire, voire simplement de résister à un groupe fasciste par vous-même, sans aide de l’État, alors vous pourrez abandonner toute prétention révolutionnaire lorsque les temps se durciront. Le retard accumulé toutes ces années, et surtout la progression quantitative et qualitative du milieu nationaliste, ne doit pas être une excuse pour un nivellement par le bas et un abandon de ce domaine de la lutte politique. La gauche radicale peut aisément rattraper ce retard si nous développons collectivement une culture du combat, et si nous l’imposons dès aujourd’hui.

    1 Comme lors du débarquement de 100 fascistes venus provoquer et en découdre dans un quartier populaire de Romans-sur-Isère, à la suite du meurtre du jeune Thomas lors d’une rixe ultraviolente pendant une fête dans un village proche. Les jeunes du quartier ont pu lancer une chasse aux fachos après que ceux-ci aient été mis en difficulté par les policiers qui sont intervenus. Cela a donné de belles séquences de tabassage et d’humiliations des nazis. On notera que par la suite, ces militants néonazis laissés sur le carreau ont ému certains médias qui se sont empressés de les faire passer pour « de jeunes manifestants victimes d’un lynchage »

    2 Mai 68 a bien été un moment où la gauche a montré qu’elle savait s’organiser pour attaquer et se défendre, mais c’est aussi à partir de lui que le pacifisme est devenu dominant dans celle-ci. La génération militante qui a fait Mai 68 est aussi celle qui a abandonné la rue, avec la radicalité politique, dans les décennies qui ont suivi. L’héritage de Mai 68 dans notre mouvement est aujourd’hui beaucoup plus le réformisme dégénéré que l’autodéfense de classe.

  • Commémoration de la victoire antifasciste : la lutte antifasciste a toujours été et sera révolutionnaire !

    Communiqué unitaire

    Le 8 mai, nous allons avoir le droit aux grands discours hypocrites des capitalistes se félicitant d’une victoire contre le fascisme, qui serait, d’après leur discours, un ennemi extérieur au capitalisme.

    Dans les faits, nous le savons, le fascisme n’est rien d’autre que la manifestation la plus violente du capitalisme et la période de 39-45 nous l’a bien montré : les monopoles, notamment ceux de l’industrie de la guerre, n’ont fait que grandir au péril des travailleuses et travailleurs. C’est pourquoi il est d’autant plus pénible de voir le gouvernement français, à la botte des monopoles français, souillait la victoire antifasciste en se la réappropriant.

    Effectivement, que ce soit en effaçant des pans entiers de la résistance, de ses organisations, en effaçant les luttes de ses figures les plus combatives ou encore en omettant le rôle décisif et clé de l’URSS dans la victoire antifasciste, les révisionnistes historiques veulent nous faire oublier que la résistance était communiste, syndicaliste, et que son fer de lance était notamment la structure communiste du FTP-MOI composée de travailleuses et travailleurs immigré.e.s.

    N’oublions pas l’insurrection de Villeurbanne, visant à libérer la ville des fascistes et menée par le bataillon « Campagnole » du FTP-MOI.

    N’oublions pas Lucien Sportisse résistant communiste juif Algérien luttant contre le colonialisme et le fascisme, assassiné par l’État fasciste à Lyon.

    N’oublions pas Pierre Semard, cheminot et résistant syndicaliste lyonnais assassiné par l’État fasciste.

    N’oublions pas Rosa Arpe Brunel, militante communiste italienne organisant la résistance sur Vaulx-en-Velin.

    N’oublions pas Henri Krischer, résistant communiste juif polonais organisant la résistance sur Villeurbanne, du bataillon « campagnole » FTP-MOI.

    N’oublions pas Yvonne Chanu, luttant pour l’émancipation des femmes aux côtés du parti communiste et organisant la résistance sur Villeurbanne.

    N’oublions pas que c’est la bourgeoisie française qui construit la tombe des conquis de cette victoire, et, qui précipite le processus de fascisation tout en étant responsable de la montée de la réaction.

    C’est cette même bourgeoisie qui hérite directement des crimes coloniaux commis par le gouvernement mis en place le jour même de la victoire antifasciste :

    Le 8 mai, n’oublions pas de commémorer également les crimes coloniaux commis en Algérie, le massacre de Sétif, Guelma et Kherrata commis par l’armée française, sans cesse effacés des mémoires de la « victoire républicaine contre le nazisme ».

    Ces crimes coloniaux commis pour maintenir le joug de la bourgeoisie française sur le peuple algérien ont les mêmes racines que les crimes fascistes commis sur le territoire français et surtout, le même criminel : l’impérialisme, stade suprême du capitalisme. N’oublions pas que les résistantes et résistants qui ont lutté contre le fascisme étaient les mêmes qui luttaient contre le colonialisme français qui maintenait sa poigne, notamment sur l’Algérie. Encore aujourd’hui, la bourgeoisie française poursuit ces crimes coloniaux sans vergogne, que ce soit en Kanaky occupée, en Palestine ou encore avec le pacte colonial. L’État français condamne et déporte les résistants kanaks qui luttent en Kanaky occupée contre le colonialisme français et réprime les militants pour la lutte du peuple palestinien.

    Le 8 mai 1945 nous montre que la lutte contre le fascisme ne peut être que révolutionnaire et ne peut être efficace que si elle lutte contre le système qui met en place le fascisme : le capitalisme.

    La lutte antifasciste sera révolutionnaire et luttera pour une nouvelle société : le socialisme-communisme. La lutte antifasciste pour vaincre doit être dirigée contre le capital. Sa victoire sera celle du prolétariat révolutionnaire vers une nouvelle société : le socialisme vers le communisme. Derrière le fascisme se cache le capital — la lutte antifasciste est internationale.

    Union de la jeunesse communiste – cellule de Lyon

    Ligue de la jeunesse révolutionnaire

    Comité féminin populaire

    Unité communiste

  • La résistance populaire ne se dissout pas ! Solidarité avec la Jeune garde et Urgence Palestine !

    Unité communiste exprime sa pleine solidarité avec la Jeune garde antifasciste et le Collectif urgence Palestine, tous deux l’objet d’une procédure de dissolution administrative par le ministère de l’Intérieur. Plus tôt dans l’année, en février, le Collectif Palestine vaincra avait déjà été victime d’une même procédure pour les mêmes motifs réactionnaires hypocrites.

    La Jeune garde antifasciste et le Collectif urgence Palestine sont accusés de faire la promotion de la violence et du terrorisme. Derrière ces mots diffamants, il y a l’autodéfense populaire et la libération nationale palestinienne ! La lutte de la Jeune garde antifasciste et du Collectif urgence Palestine sont nos luttes, et celles de tous les progressistes conséquents.

    Un mouvement profondément populaire animé par une cause profondément juste ne peut pas être dissout. Nous avons une conviction totale dans la résilience du mouvement antifasciste et anticolonial et dans la victoire de leur cause. La résistance antifasciste et anticoloniale sont nécessaires, la Jeune garde antifasciste et le Collectif urgence Palestine survivront à toutes les tentatives de dissolutions et en ressortiront renforcés.

    Dans tous les pays impérialistes, comme la France, la réaction antipopulaire grandit. Avec elle, la répression s’intensifie contre les révolutionnaires, les syndicalistes, les antifascistes, les anticolonialistes, les antiracistes, les féministes, les LGBTI, les écologistes, les animalistes, etc. En tant que communistes, nous devons défendre toutes les luttes progressistes contre la montée de la réaction. Leur répression est notre répression. Leur force est notre force.

    Aucune lâcheté devant l’État français, bourgeois, impérialiste et colonialiste ! Vive la lutte antifasciste et anticoloniale en France ! Vive la Jeune garde antifasciste et le Collectif urgence Palestine !

  • ICOR : Résolution du webinaire du front uni anti-impérialiste et antifasciste

    ICOR : Résolution du webinaire du front uni anti-impérialiste et antifasciste

    Résolution du webinaire du front uni anti-impérialiste et antifasciste avec plus de 100 participants d’au moins 25 pays le 15 mai 2022

    Après presque trois mois de guerre injuste contre l’Ukraine, les participants sont d’accord : cette guerre doit cesser immédiatement ! Nous condamnons l’agression impérialiste de la Russie, qui a déclenché la guerre avec l’invasion de l’Ukraine. Nous condamnons la provocation impérialiste de l’OTAN jusqu’aux frontières de la Russie, qui se poursuit depuis des décennies. Pendant des années, des milliards ont été injectés en Ukraine afin d’étendre les armements de ce pays. Les États-Unis ont 800 bases militaires dans le monde entier afin d’imposer leur domination mondiale, et ils continuent d’être le principal fauteur de guerre dans le monde.

    Avec la livraison continue d’armes lourdes et le changement de l’objectif de la guerre par une victoire de l’Ukraine, la grande menace d’une 3e guerre mondiale, avec le potentiel de devenir une guerre nucléaire, est devenue très réelle et proche.

    Nous sommes solidaires de la lutte héroïque du peuple ukrainien contre l’invasion barbare de l’impérialisme russe. Cependant, nous distinguons clairement les masses et le gouvernement ultra-réactionnaire de Zelensky, qui coopère ouvertement avec les fascistes. Nous sommes solidaires de tous les camarades et organisations internationalistes en Russie, qui s’opposent à cette invasion dans des conditions les plus difficiles. Aux camarades des deux pays, nous disons : continuez votre travail, mais protégez également vos organisations et continuez à les développer dans les nouvelles conditions.

    Nous exigeons le retrait de toutes les troupes russes d’Ukraine et des troupes de l’OTAN de la frontière russe et de l’Europe de l’Est. Tous ceux qui ont causé cette guerre doivent payer les dommages. La guerre a exacerbé la crise environnementale et l’approvisionnement alimentaire à un point tel que des vies sont menacées. Cela provoquera des soulèvements de la faim, que nous devrons reprendre dans notre lutte.

    Nous voulons tous promouvoir la construction du front uni anti-impérialiste et antifasciste avec encore plus de vigueur. Nous combinons cela avec la construction de nos organisations révolutionnaires et diffusons la perspective d’un avenir socialiste. Alors les guerres impérialistes, la réaction interne, l’exploitation et l’oppression des travailleurs prendront fin. Gagnons la jeunesse pour cela.

    Résistance active contre la menace d’une 3ème guerre mondiale, contre la militarisation de la société, la répression, le (social-)chauvinisme et l’anticommunisme contre tout ce qui est progressiste ! L’épine dorsale de la résistance active sont les travailleurs du monde ; ses forces les plus actives sont la jeunesse !

    Nous condamnons également la politique israélienne sioniste et impérialiste contre le peuple palestinien et le meurtre de la journaliste Shireen Abu Akleh et l’attaque provocatrice et méprisante lors de ses funérailles.

    Nous continuons à condamner fermement les attaques de la Turquie fasciste contre le mouvement de libération kurde et les attaques contre le nord de l’Irak et le nord de la Syrie, qui violent le droit international.

    Nous prévoyons les activités suivantes :

    Faisons du 6 août (jour de commémoration d’Hiroshima) une journée internationale de lutte contre la mort nucléaire ! Retrouvons-nous pour le prochain webinaire le 24 juillet 2022, pour discuter du contenu, faire des préparatifs et échanger nos expériences sur les activités prévues.

    Nous soutenons le processus préparatoire de la Conférence mondiale des femmes en Tunisie, qui se déroulera à Tunis du 3 au 10 septembre. Dans ce cadre, une première mesure est le soutien des camarades femmes russes, qui organisent une journée d’action le 22 mai contre la répression du mouvement des femmes en Russie, sous le slogan « Le féminisme n’est pas toxique ». (Voir le précédent article du blog)

    Vive la solidarité internationale !

    Travailleurs de tous les pays, unissez-vous !

  • Union de Force Démocratique Européenne : Arrêtons Erdoğan, vainquons le fascisme !

    Union de Force Démocratique Européenne : Arrêtons Erdoğan, vainquons le fascisme !

    De Gezi au Kurdistan, la résistance gagnera, le fascisme sera vaincu !

    Malgré toutes sortes d’oppressions, d’attentats, d’arrestations et de massacres, le gouvernement de Erdoğan, incapable d’étouffer la résistance des peuples de Turquie et du Kurdistan, a de nouveau lancé une vague massive d’attaques. Tout en intensifiant les opérations militaires dans le Sud et l’Ouest du Kurdistan, il mène également des attaques et des arrestations illégales contre des dissidents en Turquie.

    L’audience du procès contre la résistance de Gezi Park, en 2013, a eu lieu hier, et les représentants de la lutte pour la démocratie jugés dans cette affaire ont été condamnés à de lourdes peines. Dans le « procès Gezi » de 2013, sont jugées des millions de personnes qui ont exercé leurs droits de protestation démocratiques pour vivre dans un pays d’égalité, libre, démocratique, juste, pacifiques et en harmonie avec la nature. Osman Kavala a été condamné à perpétuité aggravée pour avoir prétendument « cherché à renverser le gouvernement de la République de Turquie ou de l’empêcher partiellement ou complètement d’exercer ses fonctions en utilisant la force et la violence ». tandis que Mücella Maker, Can Atalay, Cigdem Mater, Hakan Altinay, Mine Özerden, Tayfun Kahraman et Yigit Ali Ekmekçi ont été condamnés à 18 ans de prison chacun. Nos amis, qui ont été jugés et qui comparaissaient libres, ont été arrêtés dans la salle d’audience et emmenés en prison.

    Alors que ceux qui s’opposent aux politiques inhumaines et anti-nature du gouvernement sont condamnés à de lourdes peines de prison, la vaste offensive militaire et la tentative d’invasion de l’État turc contre le Sud (Irak) et l’ouest du Kurdistan (Syrie) se poursuivent. Dans les mêmes jours, Garo Paylan du HDP, le seul député arménien de l’Assemblée, qui a exprimé le génocide arménien à la Grande Assemblée nationale de la Turquie, est lynché et est la cible de tentative de meurtre, tout comme Hrant Dink.

    L’Alliance populaire d’Erdoğan sur le chemin des élections, a entraîné la Turquie dans un bourbier, les peuples de Turquie dans la pauvreté, le chômage, la polarisation et la guerre civile, et considère que l’escalade des tensions, des agressions et des conflits sont les seuls issus possibles. De cette manière, il s’efforce de consolider la masse nationaliste, chauvine et religieuse-sectaire autour de lui. Il essaie de dissimuler le chômage, la pauvreté, la hausse des prix, la cherté de la vie, l’anarchie de la société, l’incompétence politique, l’hostilité à la nature, aux femmes et aux LGBTI+ en attaquant les Kurdes, en crachant la haine envers les Arméniens, en ignorant les Alévis, en arrêtant les patriotes, les socialistes, les démocrates et tous les dissidents.

    Nous, en tant que forces démocratiques de la Turquie et du Kurdistan, sommes conscients du jeu joué par le dictateur Erdoğan et l’Alliance populaire ! Mais malgré toutes les oppressions et les attaques, notre peuple continue de résister et continuera de le faire.

    Nous ne lui abandonnerons pas notre pays et notre avenir, ni à lui ni à sa coalition fasciste, nous ne nous rendrons pas ! Parce que nous sommes les producteurs de ce pays, nous sommes les femmes, nous sommes les jeunes, nous sommes les LGBTI+. Nous sommes les Kurdes, les Alévis, les Arméniens, les Arabes, les Circassiens, les Laz et les Grecs de ce pays que vous ignorez. Nous sommes ceux de ce pays en faveur de l’égalité et de la liberté. En bref, comme nous l’avons toujours dit, nous sommes le peuple.

    Ceux qui ont été jugés et condamnés à des peines sévères lors des manifestations de Gezi, résistant dans les montagnes et les villes pour leurs identités, leurs cultures et leurs libertés sont les fleurs de l’honneur et de la résistance des peuples de Turquie.

    Nous voulons que les défenseurs de la démocratie et de la liberté en Europe se joignent à nous dans cette lutte honorable des peuples de Turquie et du Kurdistan contre le fascisme. Tout comme ce fut le cas avec l’Allemagne hitlérienne, quand le fascisme s’enracine dans un pays, il veut engloutir le monde entier comme un cancer malin. C’est pourquoi nous disons qu’il est maintenant temps de porter et d’élever le niveau de la lutte internationaliste et d’envoyer ensemble le fascisme en Turquie dans la poubelle de l’histoire.

    Vive la lutte internationaliste !
    Tenez-vous coude à coude contre le fascisme, l’occupation et les guerres de partage du monde !

    Union de Force Démocratique Européenne – ADGB

  • Suède – France : destins croisés ?

    Suède – France : destins croisés ?

    Une série de manifestations et d’émeutes ont lieu en Suède depuis plusieurs jours. En cause : les actions d’une organisation fasciste nommée Ligne Dure.

    Le mouvement Ligne Dure (Stram Kurs) a lancé une série d’opérations de provocation. Ligne Dure est une mouvement danois de la mouvence ethno-nationaliste et identitaire. Fondé en 2017, il est parvenu à acquérir une certaine notoriété par ses actions d’éclat et leur diffusion sur internet. Leur méthode d’action est de s’appuyer sur la très libérale conception scandinave de la liberté d’expression pour essayer de provoquer des incidents. En 2018, cela s’est concrétisé par des caricatures, en 2019 par des jets de Coran à Copenhague – qui provoquèrent des émeutes. À partir de 2020, ils ont initié des tournées en Suède dans lesquelles les militants de l’organisation brûlent des Corans. Leur but avoué est de « brûler un Coran dans chaque ville ». Fort logiquement, ces provocations ont donné lieu à des tensions importantes dans chaque ville.

    Leur but est d’instrumentaliser les réactions pour passer pour des victimes de la censure auprès de leurs adhérents et soutiens, tout en créant des réactions vives qui provoquent des affrontements avec les autorités. Cela permet également de cibler les musulmans de Suède et de les faire accuser d’être des dangers pour la population. À la date du 18 avril, 40 personnes ont été blessés, dont 26 policiers et 14 manifestants et manifestantes. Cependant les chiffres ne reflètent que partiellement la réalité : plusieurs blessés parmi les civils l’ont été par balles ou par éclats provoqués par les balles. 26 personnes ont été arrêtées. Il semble que ces manifestations aient permis à des agents provocateurs de s’infiltrer et de semer un chaos toujours plus grand, soit pour des motifs crapuleux, soit consciemment pour créer des débordements supplémentaires et accroître la répression. En dernière instance, ce sont les musulmans et le mouvement antifasciste suédois qui paient les conséquences de ces actes.

    Rasmus Paludan s’est vu comme le leader d’une espèce d’officine internationale de la provocation raciste. Ainsi, il a été ciblé par la police française pour avoir planifié le projet d’incendier des Corans sous l’Arc de Triomphe le 11 novembre. Ces ambitions et cette capacité de « projection » de haine sont inquiétantes.

    En France, si la situation ne peut pas être considérée comme aussi catastrophique, elle n’en est pas moins préoccupante. Pour le moment, les élections laissent entrevoir un second mandat de Macron assorti d’une ligne politique qui essaie de faire la synthèse entre les deux électorats les plus mobilisés de la présidence : le centre et l’extrême-droite.

    Cependant, il existe toujours une part d’imprévisible. Des provocations peuvent éclater, à l’image de la Suède, et nous ne sommes pas à l’abri d’un scénario à la Trump, voire pire, d’un scénario à la « incendie du Reichstag ». Une grande partie de la population française, travaillée depuis de longues années, échaudée par deux ans de pandémie, pourrait être victime d’un « moment totalitaire » à la suite d’un événement grave. Elle pourrait accorder sa bénédiction à un pouvoir autoritaire. D’autant que les agents provocateurs ne manquent pas. Les extrêmes droites, qu’elles soient racistes ou religieuses, n’hésitent pas à recourir à la prophétise auto-réalisatrice lorsque les choses ne se passent pas comme elles le désirent. Elles pourraient chercher à polariser encore davantage la société.

    La coordination entre les élections présidentielles et les élections législatives, voulue par Chirac pour renforcer le pouvoir présidentiel et lui laisser les mains libres, rendent ces années cruciales. Même si nous pensons que les élections ne font pas tout et que les décisions ne sont pas libres, elles indiquent des tendances dans la population et elles indiquent quelle sera la ligne que « l’interface démocratique de la dictature de la bourgeoisie » appliquera. Elles donnent également des signaux forts envers la société, envers ce qui est permis ou non. Les apprentis-sorciers du racisme et de la haine ont une responsabilité morale dans les attentats d’Oslo, d’Utøya ou de Christchurch. Ceux qui pourraient arriver au pouvoir à la présidentielle ou en force à la législative en auraient également une quant aux déferlements d’agressions qui en résulteraient.

    Cela impose donc de garder la tête froide et de prendre aussi ses responsabilités. La dégradation de la situation politique ne peut pas être compensée par des pratiques d’un temps de « paix ». Beaucoup de forces positives et courageuses sont encore dispersées, soit par un manque de liens, soit parfois même pour des questions de conflits personnels érigés abusivement en controverse entre organisations. Pourtant, nos espaces d’expression politiques se réduisent progressivement. Ils sont le reflet de la dégradation économique et sociale dans notre pays.

    L’exemple de la Suède montre que les fasciste sont capable d’ingéniosité pour faire parler d’eux et pour créer des effets levier qui décuplent leur influence. À ce jeu là, nous ne pouvons être gagnants car la division ne nous apporte rien. Un travail acharné nous attend, serons-nous capables de le mener à bien ?

  • Solidarité avec la GALE contre la dissolution

    Solidarité avec la GALE contre la dissolution

    Nous affirmons notre solidarité avec le Groupe Antifasciste de Lyon et Environs. Darmanin a décidé de lancer une procédure de dissolution contre le Groupe Antifasciste de Lyon et Environs. Le Groupe a déclaré :

    « Darmanin a indiqué vouloir dissoudre le groupe, après avoir fait un signalement au ministère de la Justice, et demandé aux services du ministère de l’Intérieur d’entamer des investigations ».

    C’est la poursuite d’une stratégie d’anéantissement de ce groupe, opéré depuis plusieurs années. Il s’inscrit dans une stratégie dont nous avons pu voir les effets récemment, avec notamment la dissolution du Collectif Palestine Vaincra. Face à la gauche, Darmanin montre les dents. La répression touche depuis longtemps les militants et les militantes de cette organisation. Mais les choses se sont accélérées.

    Déja en 2019, des arrestations ciblées, des procédures d’intimidation, la destruction du matériel militant – y compris des possessions sans rapport, uniquement dans le but de briser la détermination et de faire étalage de l’impunité policière.

    Fin 2021, nous avions pu voir plusieurs militants de la GALE se retrouver dans un engrenage kafkaïen pour un affrontement contre des intégristes. Pas de plainte, mais un parquet ravi de trouver l’occasion de faire là un exemple. La détention préventive a été utilisée, contre son sens premier, qui est de permettre des compléments d’enquête. Elle a été utilisée dans un sens punitif : pour casser ces militants.

    La même année, une pression importante a été exercée sur le Lyon Antifa Fest pour qu’il soit impossible qu’il se tienne. Le président de la région, Laurent Wauquiez, avait alors menacé le lieu dans lequel se tenait habituellement ce festival, le CCO de Villeurbanne, en menaçant de lui supprimer une partie de ses subventions. La raison : des slogans anti-police dans une chanson. On sait déjà, d’expérience, que chanter Hécatombe peut coûter parfois cher. Ces slogans sont au centre de la procédure de dissolution, ainsi que le fait d’avoir partagé l’appel à « assiéger Bayer-Monsanto » le 5 mars. La GALE vient donc rejoindre la longue liste d’organisations dissoutes. En dernière instance, on retiendra la chose suivante : devenir influent, trop gêner le pouvoir, même dans des moyens d’expression et d’action qui ne transgressent pas la loi en tant que tel, c’est trop. La démocratie, que la France se targue constamment de défendre, est à géométrie décidément bien variable.

    Pendant ce temps, nous avons pu le voir, les délinquants fascistes peuvent se pavaner. Lorsqu’ils tuent, ils sont systématiquement dédouanés de leur responsabilité : on en fait des actes isolés, sans lien avec une idéologie qui voit l’existence comme une lutte à mort entre races. Pendant ce temps, un condamné pour incitation à la haine est un des candidats les plus médiatisés. Pendant ce temps, une longue montée en pression se poursuit. Un « ensauvagement » tel que dépeint par Aimé Césaire : face aux difficultés actuelles, surtout économique, on brutalise, on abrutit au sens premier du terme, on décivilise. Quant aux petites tapes sur les mains des fascistes, qui servaient à montrer prétendument la neutralité de l’État, elles n’ont été que des prétextes pour intégrer ces membres aux groupes du RN ou de Zemmour. Elles ont été des professionnalisations.

    Cette contamination se voit, elle produit ses effets. Comme l’écrivait la spécialiste de la Russie Anna Colin Lebedev :

    « La logique de la goutte de poison nous fait dire que l’armée ukrainienne entière aurait été contaminée par le néo-nazisme promu par quelques membres. Que doit-on dire alors de nos propres forces de l’ordre qui votent volontiers pour l’extrême droite ? »

    Oseront-il la dissoudre ?

    Nous déclarons notre solidarité avec les membres de cette organisation. Nous ne doutons pas que cette opération échouera et ne fera que contribuer à renforcer leur détermination et à bâtir quelque chose d’encore plus grand.

  • Solidarité avec Nantes Révoltée !

    Solidarité avec Nantes Révoltée !

    Nous affirmons notre solidarité avec le média Nantes Révoltée.

    Nous relayons ici la pétition contre leur interdiction : https://chng.it/YpKxTMDyxc

    Gérald Darmanin a annoncé hier « J’ai décidé d’engager le contradictoire qui permettrait la dissolution de ce groupement de fait. » Le gouvernement souhaite donc museler Nantes Révoltée.

    L’accusation est d’avoir relayé une manifestation « contre l’État, contre les policiers ». Ce simple relais d’information est donc suffisant pour justifier une procédure de censure brutale.

    Avant toute chose, il faut reconnaître quelque chose d’essentiel : c’est tout de même une belle couronne de lauriers que le gouvernement dresse à ce média. Dissoudre un groupe qui n’est accusé de rien de particulier, juste parce que celui-ci possède une portée médiatique au-delà du milieu militant, est quelque chose de rare. À titre de comparaison, il avait fallu scandales sur scandales, violences sur violences, pour que l’État daigne taper sur les doigts de Génération Identitaire. Dissolution par ailleurs cosmétique : le gouvernement a absorbé une partie du programme, Zemmour et ses sbires milliardaires le reste.

    Cette censure qui ne dit pas son nom est une illustration des limites de la démocratie telle que conçue par les exploiteurs et leurs relais politiques. Il est possible de parler de tout, il est possible de parler de rien, tant que cela ne menace pas l’ordre établi. Les informations sont généralement noyées dans un brouhaha algorithmique que en limitent la diffusion, ou la rendent illisible. Et les marges de tolérance laissées s’amenuisent d’années en année. Plus le temps passe, plus nous voyons les espaces d’expression être cloisonnés et contrôlés.

    Ces menaces de dissolution qui touchent le média Nantes Révoltée sont cependant inquiétantes. Ces menaces d’interdiction ou de dissolution sont toujours plus nombreuses. Dès que l’occasion apparaît, le couperet de la loi tombe. C’est une manière de briser les volontés et de casser la portée des médias alternatifs. Ainsi, on peut se rappeler les menaces de Laurent Wauquiez contre le Lyon Antifa Fest entres autres mesures de répression et de brimades. Seulement il s’agit d’une gradation supplémentaire. Nantes Révoltée n’est pas seulement menacée, elle est dans l’engrenage implacable de la dissolution.

    Certes, nous avons critiqué à plusieurs reprises la vision développée par Nantes Révoltée de la pandémie et du Pass Sanitaire. Elles n’ont jamais empêché le fait que nous les considérons comme des camarades de lutte et que ceux qui les attaquent sont nos ennemis. Nous nous devons aussi de saluer le travail qui a été réalisé par eux au cours des années pour informer sur les méfaits du gouvernement et des exploiteurs. Nous pensons que le gouvernement ne recherche pas l’installation d’une espèce d’hypothétique régime totalitaire basé sur la destruction de la vie sociale. Au contraire, nous pensons que s’il peut choisir entre les scénarios de Dix-neuf cent quatre-vingt-quatre et de Le Meilleur des mondes1, il choisira le second. Plus souple, plus socialement acceptable, plus à même de susciter l’adhésion. C’est d’ailleurs pour cela que, malgré les 500 000 cas de Covid, il ne pense qu’a lever les mesures de distanciation sociale.

    Mais, en dépit du fait que nous pensons que tout ce que fait le gouvernement ne participe pas à une conspiration contre la Liberté avec un L majuscule, il est indéniable que des faits graves se produisent. Le capitalisme non seulement n’a plus besoin des compromis qu’il avait du faire face aux partis communistes puissants et à l’URSS, mais il subit une crise profonde et dangereuse. Dès lors, nous voyons les droits économiques fondre comme neige au soleil. Et dans la foulée de leur disparition, la colère monte. Les droits et les libertés politiques, concédées par les exploiteurs, sont alors eux aussi attaqués. La censure revient.

    Dans le climat actuel une véritable mobilisation de masse est faite, par le truchement des médias les plus influents, inféodés à des entreprises monopolistes. Cette mobilisation de masse développe trois thématiques : 1) il faudra se serrer la ceinture. 2) il existe un ennemi intérieur dangereux, un hydre islamo-gauchiste. 3) pour régler la crise, il faut un homme fort, un pouvoir fort, un César ou un Napoléon. Pendant ce temps, la société se caporalise.

    Un baromètre OpinionWay pour le Cevipof2 indique ainsi que si 57 % des français se plaignent de la richesse outrancière des milliardaires, ils sont de plus en plus nombreux et nombreuses à chercher une réponse dans un pouvoir fort, unique, militarisé. Il existe un espace dans lequel s’engouffrent les apprentis Perón, les apprentis Mussolini, voir pire encore.

    Nous dénonçons cette procédure inacceptable ! Elle démasque le gouvernement pour ce qu’il est : une parodie de démocratie qui camoufle de plus en plus mal une dictature de classe. Nous n’acceptons aucune dissolution parmi ceux qui font partie du camp du peuple ! La censure muselle le peuple, mais elle ne peut stopper sa colère !

    1Dans 1984, la société est privée d’information, de loisirs, de divertissement. Tout est fait pour asséchez l’esprit humain. Dans Brave New World, au contraire, il s’agit d’une société du divertissement, de l’abondance, dans lequel les informations sont noyées dans un maelström de bruit.

    2Centre de recherches politiques de Sciences Po

  • ICOR : Solidarité avec les travailleurs et les masses populaires au Kazakhstan

    ICOR : Solidarité avec les travailleurs et les masses populaires au Kazakhstan

    Au début de l’année 2022, des manifestations de masse contre le pouvoir se sont répandues dans plusieurs villes du Kazakhstan. L’élément déclencheur a été le doublement du prix du gaz liquide. Les travailleurs de l’industrie, en particulier ceux du pétrole, du gaz et de l’acier, se sont mis en grève, ont bloqué les routes et organisé des manifestations. Les luttes ont commencé dans l’ouest du pays et se sont propagées de manière explosive dans tout le pays, y compris dans la capitale Nour-Soultan et la métropole économique Almaty.

    Le Kazakhstan a été gouverné pendant des décennies par le potentat Noursoultan Nazarbaïev. Même sous la présidence de Kassym-Jomart Tokaïev, qui lui a succédé en 2019, la famille Nazarbaïev a conservé son influence et ses possibilités d’enrichissement. Les protestations ont un caractère insurrectionnel et sont dirigées contre le gouvernement corrompu et ses abus de pouvoir.

    La police et l’armée répriment les protestations avec une brutalité fasciste intransigeante. La police et l’armée ont reçu l’ordre de tirer et ont abattu au moins 225 manifestant.e.s. Les protestataires ont résolument attaqué les bâtiments détestés du gouvernement, des maires et des services secrets. Toutes les forces impérialistes tentent d’assurer leur influence et certains essaient d’exploiter à leur profit ce soulèvement justifié des masses populaires. Le 5 janvier 22, le président Tokaïev a limogé le gouvernement, annulé l’augmentation du prix du gaz et occupé les postes influents de Nazarbaïev avec ses propres hommes. Cela n’a pas suffi à apaiser les masses. Le 6 janvier, des troupes de l’alliance « Organisation du traité de sécurité collective » (OTSC), menées par des soldats russes, sont arrivées au Kazakhstan « à l’invitation de Tokaïev, avec le soutien de la Chine. L’impérialisme russe a ainsi pris l’avantage sur ses rivaux impérialistes et leur annonce sans équivoque sa prétention impérialiste à la prise de pouvoir sur ce pays important pour lui sur le plan géostratégique, économique et militaire. Cela ne laissera pas les impérialistes occidentaux en paix et aggrave également le risque de guerre à ce point névralgique.

    Après 30 ans, les habitants de plusieurs anciennes républiques soviétiques en ont assez des dirigeants qui se sont imposés après la chute de l’Union soviétique et qui se sont immensément enrichis par l’exploitation la plus brutale des travailleurs et des matières premières. L’arbitraire et la brutalité du pouvoir d’État règnent, les droits et les libertés démocratiques n’existent pas dans les faits. Outre les impérialistes russes et la Chine, les impérialistes de l’OTAN et de l’UE veulent désormais garantir leur accès à ces richesses et leur influence.

    Halte aux méthodes fascistes de répression

    Des dizaines de milliers de manifestants sont descendus dans la rue, notamment dans la mégapole d’Almaty. Plus de 3 000 arrestations ont eu lieu, selon la chaîne publique Khabar. Le président Tokaïev ordonne « des opérations antiterroristes » qui doivent durer jusqu’à « l’élimination complète des combattants ». Entre-temps, les protestations de masse justifiées ne sont plus seulement dirigées contre les augmentations drastiques des prix de l’énergie. En 2011 déjà, les forces de sécurité avaient tiré sur des grévistes du pétrole à Janaozen et tué 16 d’entre eux. Le gouvernement fasciste ne cesse de s’en prendre aux syndicats indépendants.

    Les prises de position diffusées dans les médias bourgeois occidentaux, qui appellent à renoncer à la violence, méconnaissent complètement qui sont les oppresseurs et qui sont les opprimés.

    ICOR exprime sa pleine solidarité aux travailleurs, aux femmes et aux jeunes qui protestent. C’est une méthode typique que les personnes qui descendent dans la rue pour leurs revendications légitimes soient traitées de « terroristes », avec le motif de réprimer leur protestation de la manière la plus brutale.

    Liberté pour tous les détenus politiques sur une base antifasciste !
    Pour le droit de faire grève et de manifester en masse !
    Pour la démocratie, la liberté, la paix et le socialisme !

    Signataires (en date du 21/1 2022, d’autres signataires sont possibles):

    1. PCPCI Parti Communiste Proletarien de Côte d’Ivoire
    2. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie
    3. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    4. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    5. PCT Parti Comuniste du Togo
    6. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    7. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    8. SPB Socialist Party of Bangladesh (Parti socialiste du Bangladesh)
    9. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    10. NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    11. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
    12. CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
    13. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    14. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
    15. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    16. UC Unité Communiste, France
    17. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    18. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    19. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    20. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    21. UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa (Union marxiste-léniniste portugaise)
    22. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    23. TKP-ML Türkiye Komünist Partisi – Marksist-Leninist (Parti communiste de Turquie – marxiste-léniniste)
    24. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    25. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    26. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    27. OAPCM Organización Apoyante del Partido Comunista de México (Organisation de soutien du Parti communiste du Mexique)
    28. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    29. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    30. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
    31. ROL Revolutionary Organization of Labor (Organisation révolutionnaire du travail), États Unis
  • Solidarité avec les femmes d’Afghanistan

    Solidarité avec les femmes d’Afghanistan

    Conférence Mondiale des femmes des milieux populaires
    Vous n’êtes pas seules – le jour viendra…

    Les femmes de la planète entière protestent dans les termes les plus forts contre les politiques impérialistes hypocrites menées sous le couvert de la libération des femmes en Afghanistan.

    En quelques jours, l’Afghanistan est sous la coupe des talibans islamo-fascistes. À un rythme effréné, les « guerriers de Dieu » ont pu s’emparer de lieux centraux du pays, de bureaux gouvernementaux d’importance stratégique et de stations de radio et de télévision, sans rencontrer de résistance significative de la part de l’armée afghane.

    Zabihullah Mujahid, porte-parole des talibans, annonce lors de la première conférence de presse à Kaboul : « Nous voulons aussi que les femmes travaillent : Dans la police, dans le secteur de la santé et dans d’autres domaines, nous avons besoin des femmes car elles font partie de notre société. Ils pourront reprendre leur travail au nom de la loi islamique. »

    Le fait que les talibans doivent faire semblant d’être favorables aux femmes est une réaction à la conscience éveillée des femmes et au mouvement des femmes coordonné au niveau international qui gagne en force dans le monde entier. Mais les mots ne nous trompent pas ! Les Talibans représentent un fascisme basé sur l’Islam. Leur objectif déclaré est l’établissement d’un « émirat islamique », le seul pouvoir de décision de la charia par les hommes. Il s’agit de l’intensification extrême de l’oppression spéciale des femmes, inhérente au système. Leur absence totale de droits : « … nous sommes une société islamique,… donc les femmes doivent se conformer à la loi islamique. Si elles portent le voile, le droit à l’éducation et au travail leur est également garanti. »

    Les femmes de la Conférence Mondiale font entendre leurs voix avec et pour les femmes d’Afghanistan.

    Combattons le fascisme !

    Nous condamnons toute tentative de présenter les talibans comme favorables aux femmes, comme l’a fait le professeur Niaz Shah : « Je vois ici des talibans complètement nouveaux qui sont devenus plus sages. Et ce qu’ils promettent, je suppose qu’ils le tiennent. Ils sont plus susceptibles de tenir leurs promesses que les gouvernements élus démocratiquement. » L’utilisation de la religion comme arme de l’impérialisme mène à la barbarie.

    Nous dénonçons la politique impérialiste en Afghanistan :

    Les États-Unis ont autrefois érigé les talibans et Al-Qaida au Pakistan en force contre la lutte de libération des peuples de cette région. Ce sont des disciples de la CIA.

    Les États-Unis et leurs alliés, comme l’Allemagne ou la France, ont envahi l’Afghanistan à partir de 2001 et ont mené une guerre pendant 20 ans sous le prétexte de libérer le pays des talibans. La libération des femmes était leur objectif déclaré. Et en 2020, les États-Unis et les talibans ont conclu un accord à Doha sur les moyens de « parvenir à la paix ». C’est la vérité !

    De nombreux soldats ordinaires, hommes et femmes, sont également morts dans cette guerre, gravement traumatisés, tandis que les responsables des gouvernements négociaient avec les talibans fascistes !

    La vérité est que la situation de la population en Afghanistan est catastrophique. Selon le secrétaire général de l’ONG Welthungerhilfe (Aide contre la faim dans le monde), Mathias Mogge, treize millions de personnes en Afghanistan ne mangent pas à leur faim. À eux seuls, trois millions d’enfants souffrent de malnutrition. Plus de 1,1 million de personnes ont contracté le Covid 19, et environ 7000 en sont mortes. Depuis le début de l’année 2021, 270 000 personnes ont fui les talibans.

    Dans cette situation, une nouvelle résistance se forme, dans la vallée isolée de Punjir. La libération des femmes ne peut être réalisée que par le mouvement des femmes en unité avec le mouvement ouvrier, le mouvement populaire et les mouvements internationaux.

    Nous, les femmes de la Conférence mondiale des femmes des milieux populaires, n’abandonnerons pas le peuple afghan, en particulier les femmes d’Afghanistan. Nous augmenterons nos efforts de coordination et de coopération du mouvement mondial des femmes.

    Vive le mouvement combatif international des femmes !

    19 août 2021

    Halinka Augustin/Pays-Bas

    Susanne Bader/Allemagne

    Adjointe : Zaman Masudi/Allemagne

    Coordinatrices européennes