Étiquette : Antifa

  • L’antifascisme n’est pas un crime !

    L’antifascisme n’est pas un crime !

    Nous apportons notre soutien aux camarades antifasciste poursuivis par la justice.

    Nous citons ici le communiqué officiel réalisé par la GALE.

    « Le 21 septembre 2021, 7 personnes ont été convoquées, perquisitionnées et/ou arrêtées sur leur lieu de travail afin d’être placées en garde à vue. Les faits qui leur sont reprochés :

    • Violence en réunion n’ayant pas entraîné d’ITT
    • Groupement en vue de commettre des délits durant une manifestation
    • Participation à une manifestation non déclarée
    • Refus de donner leur codes de chiffrement (téléphone portable)

    Parmi les 7 interpelés, 4 sont envoyés en détention et les 3 autres se retrouvent soumis à un contrôle judiciaire. Ces faits se réfèrent aux évènements survenus lors de la manifestation contre le pass sanitaire du 28 août dernier, où l’extrême droite et plus précisément le groupe antisémite et ultra-réactionnaire, CIVITAS, a été confronté à une riposte populaire d’un grand nombre de manifestant.e.s qui n’acceptaient plus leur agressivité fasciste (propos homophobes, agressions, revendications antisémites). »

    Après la censure exercée contre le Lyon Antifa Fest, cette descente de police est un nouveau coup porté contre l’antifascisme lyonnais et la mouvance autonome. Si être pris pour cible par l’État avec un tel acharnement est une forme de couronnement, cette couronne n’en est pas moins tressée d’épines. Les arrestations, les garde à vues, les procès, les détentions usent, épuisent, découragent… Même contre des personnes dévouées corps et âmes à la cause antifasciste, elles laissent des séquelles.

    Le fait que le parquet se soit lui-même pourvu est illustratif : l’État a vu une opportunité d’écraser des militants et des militantes qui lui causaient un gêne depuis plusieurs années. Car le but de l’État est clair : même lorsque les fascistes ne portent pas plainte, il faut se suppléer à eux pour réprimer. C’est une nouvelle fois une démonstration de la collusion entre institutions et réaction. Une collusion qui s’apparente chaque fois davantage à une complicité manifeste et consciente.

    C’est pour cela que la solidarité est vitale : pour que la lutte ne cesse pas, pour que ceux qui sont exposés soient protégés, pour faire front ensemble. D’autant que notre espace de liberté, notre espace de manœuvre en tant que forces progressistes et révolutionnaire se restreint. De nouvelles lois répressives contribuent à construire un arsenal répressif toujours plus efficace. Toujours plus sournois aussi : comme ce délit de ne pas donner son code de téléphone.

    Nous avons pu voir, depuis plusieurs années déjà, la situation se dégrader économiquement et politiquement. Comme nous l’avions mentionné dans notre communiqué de soutien au Lyon Antifa Fest, certains milliardaires, comme Bolloré, voient désormais le fascisme comme une option politique viable pour résoudre les problèmes qu’ils rencontrent. Si les milliardaires français sont presque tous marqués par l’extrême-droite, ils jugeaient plus profitable de soutenir des options libérales. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

    Ce n’est pas une formule creuse que de dire que « plus que jamais », il nous faut serrer les rangs et nous soutenir mutuellement. Dans le combat antifasciste, il existe différentes approches, différentes conceptions, différents regards posés sur cette question. Aujourd’hui, il faut les regarder comme des pratiques qui s’articulent les unes avec les autres, dans un seul front commun contre un ennemi commun.

    Nous saluons nos camarades inculpés. Nous les assurons de tout notre soutien et nous rejoignons les voix de ceux et celles qui exigent leur libération immédiate et l’arrêt des poursuites contre eux !

    L’antifascisme n’est pas un crime !

  • Des nazis dans le KSK ?

    Des nazis dans le KSK ?

    Article du MLPD sur la crise du KSK.

    Le MLPD exige la dissolution de l’ensemble du KSK – une organisation terroriste fasciste financée et équipée par l’État
    Le 30 juin, la ministre de la défense Annegret Kramp-Karrenbauer a annoncé, entre autres, la dissolution de la deuxième compagnie opérationnelle du commandement des forces spéciales (KSK) à Calw. Dans le même temps, elle a accordé au KSK « une chance de mise à l’épreuve ».

    Gabi Fechtner, chef du parti MLPD, explique : « Il était grand temps que le KSK intervienne. Annegret Kramp-Karrenbauer a dû réagir face à la prise de conscience antifasciste croissante et à la large critique du racisme et du fascisme. Mais au lieu de vraiment faire le ménage, elle essaie de sauver ce qui ne peut pas être réformé – il faut dissoudre intégralement le KSK« .

    Elle poursuit : « Il ne s’agit pas d’une faute individuelle au sein du KSK. Tout le caractère du KSK est celui d’une organisation terroriste fasciste. Cela va des déploiements impérialistes à l’étranger, à l’adoration d’Hitler, à la participation à des conspirations meurtrières. Les dirigeants de la KSK sont organisés et reliés à d’autres réseaux fascistes. Vous y trouverez des listes de meurtres de politiciens démocratiques et au moins 85.000 cartouches tout comme 62 kg d’explosifs ont été détournés. Cette organisation terroriste est financée et équipée par l’État. Certaines parties de MAD [Amt für den Militärischen Abschirmdienst : contre espionnage Allemand] tiennent même leur main protectrice au-dessus et avertissent les suspects« .

    Gabi Fechtner explique ce lien : « Selon son propre témoignage, le KSK est censé fournir des « forces spéciales de réaction rapide pour des opérations nationales et multinationales dans le monde entier ». Les soldats dits d’élite s’entraînent également pour les opérations anti-insurrectionnelles dans leur pays. Dans le cadre des lois d’urgence, la KSK doit soutenir la Bundeswehr dans des tâches contre-révolutionnaires spéciales contre les « insurgés armés et organisés », c’est-à-dire dans la lutte contre le mouvement ouvrier révolutionnaire. Résistez à ses prémices ! »

    Le MLPD exige la dissolution immédiate du KSK, un éclaircissement complet, la punition de tous les fascistes, la démission des responsables et l’interdiction de toutes les organisations fascistes et de leur propagande.

    Source : https://www.mlpd.de/2020/07/mlpd-fordert-aufloesung-des-gesamten-ksk-einer-staatlich-ausgeruesteten-und-finanzierten-faschistischen-terror-organisation?fbclid=IwAR3hmlAqc55txBuQs7bkySoQVHB_WnJ0Gmdwv0SmyNPDAkLk26YOdPN6JH0

    MLPD fordert Auflösung des gesamten KSK – einer staatlich ausgerüsteten und finanzierten faschistischen Terror-Organisation
    https://unitecommuniste.com/analyses/75e-anniversaire-de-la-fin-de-la-guerre-en-europe-le-grand-bluff-lequivalence-nazisme-urss/
    Sur les survivances du nazisme en RFA.
  • La contre-offensive fasciste vers les Gilets Jaunes.

    La contre-offensive fasciste vers les Gilets Jaunes.

    La contre-offensive fasciste vers les Gilets Jaunes.

    L’extrême-droite est toujours dans l’embarras quand il s’agit des mouvements sociaux. Elle n’est pas à l’aise dans ce type de cadre, qui ne correspond pas à ses méthodes de communication habituelles.

    L’an dernier, l’extrême droite a tenté de s’infiltrer dans le mouvement des Gilets Jaunes et d’en prendre la direction. Ses slogans et ses banderoles ont été omniprésentes au début de la mobilisation, notamment du fait du retard au démarrage de la plupart des groupes de gauche (à l’exception peut-être de LFI). Cependant, dès le départ, l’extrême-droite s’est montré en décalage par rapport aux positionnements spontanés du mouvement social. Ainsi, s’ils ont bien voulu évoquer la question des taxes, en bons libéraux qu’ils sont fondamentalement, ils n’ont pas voulu creuser la question de l’exploitation. Lorsque des questions ont commencé à émerger sur le capitalisme, ils ont freiné des quatre fers et ont tenté de réorienter le mouvement. Ainsi, ils ont eu leurs lubies, sur le « pacte de Marrakech », supposé ouvrir les vannes d’une immigration totale, sur l’UE et le Frexit, sur les élites mondialisées… etc.

    Sur Lyon, ils ont provoqué des incidents qui les ont peu à peu marginalisés, tandis qu’ils ont toujours redouté de prendre publiquement la parole lors des Assemblées Générales. Peut à peu, ils ont disparu, et ce pour un grand nombre de raisons.

    La confrontation entre les Gilets Jaunes et la Police. Les mouvements d’extrême-droite sont bien implantés dans les forces de l’ordre, en particulier dans les branches les plus agressives de celles-ci, qui s’occupent principalement du maintien de l’ordre (BAC, CRS…). S’en prendre directement à la Police est une activité qui n’est pas dans leurs habitudes, et qui, de plus, les met en porte-à-faux avec leur base sociale. Idéologiquement, même, ces fanatiques de l’Ordre sont gênés par le caractère tumultueux propre aux mouvements sociaux explosifs.

    Mettant en avant un hypothétique intérêt national transcendantal, qui, en dernière instance, est constitué par la soumission la plus crasse à la bourgeoisie la plus chauvine, ils ne peuvent réellement se couper de leurs maîtres. Historiquement l’extrême-droite s’est toujours trouvée prise au piège. Soutenir les grèves, cela revient à se fracasser contre le veto de leurs financeurs. Pour détourner les exploités et les exploitées de la lutte contre leurs bourreaux, il leur faut donc inventer un ennemi. Impérialisme étranger, mondialisme, diktat de l’UE… qui seraient autant de carcans qui empêchent le « bon patronat français patriote » de réaliser sa mission sociale et d’apporter la richesse et la prospérité.

    L’ennui avec les accusations mensongères, c’est qu’elles ne tiennent qu’un temps. L’exemple typique étant sur le fait d’accuser les migrants et migrantes ainsi que les Français et Françaises issues de l’émigration. La dynamique propre aux mouvements sociaux populaires, qui brassent des individus partageant les mêmes intérêts de classe, sans distinction d’origine ou de religion, a été un autre écueil.

    La rhétorique fasciste ou d’extrême-droite s’adresse à l’individu atomisé, isolé, derrière son écran d’ordinateur ou de téléphone. Elle joue sur la fragmentation des classes sociales en fonction de critères définis arbitrairement selon le goût du jour. Face à la réalité de la mobilisation, elle a pu faire illusion encore un temps. Cependant, avec l’impulsion des Assemblées Générales, avec la fréquentation mutuelle sur les ronds-points, avec la lutte commune contre la répression, les barrières artificielles ont sauté. Même des individus possédant une sympathie pour l’extrême-droite ont travaillé conjointement avec des forces et des groupes sociaux qu’ils conspuaient. Cela a illustré la faiblesse criante de l’embrigadement fasciste.

    Pour allumer un contre-feu, des réactionnaires d’un autre type, avec Finkielkraut en tête, ont peint les Gilets Jaunes en fascistes. Ils ont tenté de semer la fragmentation en jouant sur le sentiment antifasciste sincère, tout en jetant les plus vulnérables dans les bras des racistes. Cette manœuvre n’a pas fonctionné comme prévu.

    Voir article en dessous :

    https://unitecommuniste.com/france/halte-a-linstrumentalisation-de-la-lutte-contre-lantisemitisme/

    Le courant progressiste et révolutionnaire a marqué des victoires l’année passée. Des victoires sur la question de la nature de l’État, comme moyen répressif contre la lutte des classes, du gouvernement comme conseil d’administration des couches dominantes de la bourgeoisie, de la prétendue démocratie comme expression de la dictature du patronat. Ces victoires sont essentielles, fondamentales !

    Mais il serait une erreur terrible de considérer qu’elles sont gravées dans le marbre et qu’elles forment des bastions. Elles sont des avancées, mais des avancées au milieu d’un océan. Elles ne deviennent des victoires que si elles contribuent à renforcer les organisations politiques, syndicales, ou même sous d’autres formes.

    Le gouvernement, la bourgeoisie et ses auxiliaires, dont les fascistes, se sont empressés de lancer une contre-offensive idéologique. Cette contre-offensive prend plusieurs formes, mais essaie de s’emparer de l’énergie colossale libérée par le mouvement social pour le retourner contre ses intérêts. Soit en le tournant dans des voies stériles, telle qu’une lutte donquichotesque contre un prétendu mondialisme menaçant, soit en le tournant dans des attitudes pogromiste, comme tente de le faire Damien Lefèvre, alias Damien Rieu.

    D. Rieu, en allusion à l’écrivain fasciste Drieu la Rochelle, et ses sbires essaient ainsi de détourner un mouvement qui cible le capitalisme pour en faire un mouvement anti-migration, sans jamais poser la question de la raison du départ des migrants. Et pour cause, les fascistes soutiennent l’impérialisme français, dont ils ont toujours été les laquais serviles. Ils l’ont démontré, d’ailleurs, en négociant pour le groupe Lafarge, des contrats avec l’État islamique. Ils le montrent également en acceptant l’argent des cartels, tel le site F.Desouche, par ailleurs enregistré en Inde. Enfin ils l’ont aussi démontré en vendant des armes aux terroristes qui ont attaqué le journal Charlie Hebdo, vente réalisée, d’ailleurs, par un indicateur de police.

    Aujourd’hui, alors que le mouvement est dans une phase de reconstruction et de réorganisation, pourquoi les fascistes sont à l’offensive :

    La majorité des Assemblées Générales ont décru fortement. En leur sein, cependant, les positions fascistes ont été constamment et systématiquement balayées. L’autre grand pan qui demeure est la constitution de groupes d’échange sur Facebook. Or, ces groupes sont le cheval de Troie des conceptions fascistes. L’extrême-droite possède indéniablement une bien meilleure utilisation d’Internet que l’extrême-gauche. Elle possède un avantage immense sur celle-ci : elle ne fonctionne pas par l’explication scientifique et par la démonstration, mais par l’instillation. Les fascistes n’ont jamais rechigné à mentir (Hitler faisait d’ailleurs la promotion du mensonge en politique dans Mein Kampf), à inventer des rumeurs, à répandre des Fake news… Ils n’ont pas besoin même de désigner une cible précise ou d’expliquer un mécanisme économique, il suffit d’un « on sait très bien ce que ça veut dire », ou d’un « tu sais très bien de qui je veux parler ». Ils utilisent d’ailleurs des procédés associatifs, permettant de relier deux événements séparés (L’écologie masquant l’offensive migratoire, un scandale masquant la signature d’un « pacte »…).

    Battus sur le terrain et dans la réalité concrète, les fascistes font donc leur rentrée par la diffusion massive, constante, de nouvelles plus ou moins réelles, de faits plus ou moins vraisemblables. Ils accompagnent cela d’un travail immense d’utilisation des faux-comptes, des prêtes-noms, permettant de créer des biais de confirmation et de donner du poids aux stupidités proférées. Ils surfent donc sur la vague d’un mouvement dans lequel ils ont agi en parasites, profitant de la recherche de réponses — que la gauche institutionnelle ne peut donner, et de l’atomisation des mobilisés et mobilisées. Or, les fascistes et leur propagande constante marque des points, intoxique et impacte durablement les esprits, car allant dans le sens de la plus faible résistance : celui de l’amalgame et de l’instillation.

    Il est de notre devoir de prendre gare à ce risque : celui d’un retournement de situation complet, fruit de notre faiblesse (en tant que courant comme en tant qu’organisations). Rien ne prémunit contre le fait que les fascistes puissent parvenir, eux, à se renforcer.

    Certes des mouvements sociaux vont naître, à l’automne, en réponse aux offensives débridées sur les retraites. Mais ces mouvements reprennent des bases traditionnelles (syndicats, organisations politiques…) qui sont des formules dans lesquelles ceux et celles qui se sont engagées dans les Gilets Jaunes ne se retrouvaient pas avant. Rien ne permet d’indiquer qu’ils s’y retrouveront désormais. Les hésitations de la CGT n’ont pas permis aux forces syndicales d’apparaître comme un point de repère dans la lutte de l’an passé. Malgré l’exceptionnelle volonté d’une grande partie de la base syndicale, les syndicats ne sont pas sortis grandis de l’épreuve, voir peut-être l’inverse. Il en est par ailleurs de même pour les organisations politiques.

    C’est là où la vigilance s’impose. Mobilisés et mobilisées sont ciblés par la propagande réactionnaire. Savoir qui l’emportera — et la forme de ce que signifie l’emporter — est une énigme. Pour la première fois, en dépit de leur échec, les fascistes ont pu intervenir dans un mouvement de masse. Faut-il s’habituer à les voir opérer ainsi ? Dans le cas d’un renouveau du mouvement des Gilets Jaunes, ou d’une nouvelle édition, il est tout à fait envisageable qu’ils puissent reprendre une offensive sur le terrain et adapter leur attitude. Nous ignorons à quelle conclusion ils sont parvenus, mais il est certain qu’ils en ont tiré. Reste à déterminer lesquelles.

    Pour le moment, nous incitons à répondre le plus possible aux manœuvres des fascistes au travers des réseaux sociaux, à dénoncer leur attitude, à rappeler leur véritable nature. Il est important que cette question ne soit pas sous-estimée. L’année 2019-2020 sera une année d’offensive. Se battre avec d’un côté l’appareil d’État, sa propagande et sa force immense et de l’autre le coup de poignard des fascistes est un risque trop important pour être négligé.

  • Le procès de Clément Méric s’ouvre.

    Le procès de Clément Méric s’ouvre.

    Le procès de Clément Méric s’ouvre.

    Clément Méric a été tué il y a 5 ans, le 5 juin 2013, à Paris.

    Tué par une clique de fascistes de Troisième Voie, l’organisation dirigée par Serge Ayoub.

    Aujourd’hui, le procès des meurtrier débute. Esteban Morillo et Samuel Dufour passent aujourd’hui devant la barre.

    Nous saluons les proches de Clément Méric, ses amis ses camarades et nous les assurons de notre solidarité la plus sincère. Nous actons les distinctions idéologiques entre nous, les désaccords sur nombre de sujets. Mais au dessus de tout réside le fait d’être du même côté de la barricade, du même côté de la lutte des classes. D’être dans le même camp et d’être solidaires contre l’agression toujours plus grande de la vermine fasciste. En revanche nous n’exprimons que du dédain pour ceux et celles qui, vautours à l’affût, se sont empressés de se saisir de ce meurtre comme d’une réclame pour leur mouvement.

    Ce meurtre, hélas, n’est pas un événement isolé. Il fait suite à un accroissement progressif de l’agressivité de l’extrême-droite. La crise lui donne des ailes, elle est enivrée d’un sentiment d’impunité et de l’impression d’être à la veille d’une nouvelle croisade. Elle a déjà tué Hervé Rybarczyk à Lille, elle a blessé gravement à Lyon, elle monte des commandos à Montpellier, infiltre la police partout… Elle agresse, torture, assassine dans le secret ceux et celles dont on entend pas la voix. Nous réclamons justice.

    Aujourd’hui, le procès des meurtriers de Clémente Méric s’ouvre.

    5 ans et trois mois pour en arriver là. Un long chemin arrive à son terme.

    Le temps dilue les peines pénales, mais accroît la colère et le sentiment d’injustice dans le traitement de ce meurtre. Le temps qui est passé a permis à Esteban Morillo de cacher ses tatouages fascistes, de se grimer en jeune homme bien sous tout rapport, de dire qu’il a « changé », qu’il n’est plus le même. Il n’y aura probablement pas de surprises dans ce procès, hélas. La défense fera de lui un portrait pleurnichant. Il reniera son fascisme devant les juges, tout en en étant toujours le serviteur. Et les juges condamneront-il cette pauvre hère, 5 ans après les faits ?

    La justice bourgeoise -au sens large- n’est pas neutre face aux affaires. Elle n’est pas un arbitre dans lequel il est possible d’espérer trouver le réconfort d’une réparation. Du fait de ses liens avec l’appareil d’état, du fait de ses liens avec l’ordre du jour politique, du fait de la classe sociale dont font partie ses membres, elle n’est pas cette instance pure et saine que les républicains présentent. Elle est une subdivision tactique de l’ordre bourgeois, chargée de transcrire l’ordre du jour du pouvoir. Ses procureurs, représentant le ministère de la justice, répercutent la ligne dans les tribunaux, ses enquêteurs précipitent ou font traîner sous la poussière les dossiers… Et dans ce cadre, l’expérience démontre sans peine que la manière dont sont traités les réactionnaires et celles dont sont traités les progressistes, celle dont sont traités les bourgeois et celle dont les sont traités les exploités et les opprimés forment deux poids et deux mesures.

    Les fascistes, les réactionnaires, les obscurantistes… tout ces gardiens d’un monde qui se meurt, celui du capitalisme et de l’impérialisme, ont les coudées franches pour obtenir ce qu’ils veulent. La dissolution prononcée après le meurtre de Clément Méric ne les a laissé que peu de temps knocked-out. Leurs activités ont repris, pour certains plus discrets, attendant leur heure, pour d’autres, avec pignon sur rue, profitant de l’espace laissé par les « traineurs de casseroles ». Mais toujours, toujours, avec plus d’emprise, plus d’aisance, plus d’appui…et plus d’influence sur l’ordre du jour des autres organisations politiques. Aujourd’hui, le centre de gravité sur bon nombre de questions se situent entre la droite et l’extrême-droite. En Allemagne, l’influence grandissante des fascistes de AfD est même parvenu à fracturer Die Linke en une branche progressiste et une anti-réfugiés et anti-migrants. Pourtant leur rhétorique se limite à un discours victimaire, même au sein d’une des plus grande puissance impérialiste.

    Après leur meurtre, les fascistes ont joué justement cette carte de la pleurnicherie. Ils ont hurlé au fait que Clément Méric soit étudiant de Science Po, fils d’enseignants d’université, tandis que leur compère Esteban Morillo était, immigré, ouvrier. Ils ont tenté d’utiliser cette différence sociale sans vergogne, croyant trouver une faille morale imparable.

    Mais, en fait de faille, leur logique fallacieuse n’a servi qu’a rendre hommage a Clément Méric. Car les deux, l’un pour le meilleur, l’autre pour le pire, sont des individus qui ont trahi leur classe sociale. L’un en se battant pour les progrès social, pour les intérêts des exploités, pour la défense des opprimés. L’autre en trahissant ces mêmes exploités, en les livrant pieds et poings liés à leur premier bourreau : la bourgeoisie française « bien de chez nous ». En fait de couronne d’épine, c’est une couronne de laurier qu’ils lui ont tressé.

    Nous ne l’oublions pas. Nous n’oublions pas le courage de Clément Méric, nous n’oublions pas le choix qu’il a fait de se battre pour le camp du peuple. Nous saluons sa mémoire aujourd’hui. Nous saluons ses proches, ses amis, ses camarades.

    Clément est toujours présent !

  • Appel à manifester le 3 mars 2018 à Lyon

    Appel à manifester le 3 mars 2018 à Lyon

    Appel à manifester le 3 mars 2018 à Lyon

    Lyon ne sera pas la capitale du fascisme en France ! Depuis plusieurs années, l’extrême-droite lyonnaise, au travers d’une multitude de sectes et de groupuscules divers et variés, clame sur tout les toits que Lyon est sa ville, son royaume, son empire. Dans le Vieux Lyon, elle s’est dotée de ses bars, de ses magasins, de ses salons de tatouage. Elle veut surinfecter cette plaie et adjoignant à cela des « bastion sociaux » et, au 73 quais Pierre Scize, un local, le Pavillon Noir.

    Lyon rejette les fascistes ! Loin d’être les nouveaux croisés qu’ils fantasment d’être, ils ne sont qu’un  gang, une bande de petits agités agressifs et sans esprit. Personne n’applaudit leurs actions racistes, leurs menaces, leurs agressions. Ils sont vécus comme un occupant, un corps étranger, un parasite dans ce quartier.

    En fait d’empire, ils forment une enclave réunie autour d’un passé imaginaire, incapable de pouvoir rallier qui que ce soit, incapable d’en sortir, autrement que pour mener des raids et des agressions d’un courage sans borne. Leurs magasins sont vides de clientèle et ne tiennent que par l’opération du Saint-Esprit ou par une comptabilité douteuse. Leurs « bastions sociaux » et leurs « repas solidaires » ne voient jamais l’ombre d’un SDF. Ils ne sont que communication.

    La seule chose qui leur permet de tenir est le fait qu’ils sont appuyés par leur classe d’origine, par la vieille bourgeoisie catholique réactionnaire de Lyon. Loin de prolétaires révoltés contre le « monde moderne », ils ne sont que des petit-bourgeois en manque de sensations fortes, financés, soutenus, portés à bout de bras par papa, maman et le curé. L’Etat, la Préfecture, la Police, la Justice les tolèrent, les soutiennent implicitement, refusent de les condamner, excusent leurs crimes.

    C’est un fait, cependant, que l’extrême-droite gagne du terrain dans le monde. Mais plus que les sectes et groupuscules, les thèses se répandent.

    Les thèses d’extrême-droite gagnent en influence partout dans le monde, c’est un fait. Dans certains pays, Brésil, USA, Hongrie, Pologne, Autriche… elle est d’ores et déjà au pouvoir. Dans les autres, les organisations réactionnaires gagnent du terrain.

    Ici, les Républicains, le Parti Socialiste et aujourd’hui, La République En Marche intègrent ces thèses dans leurs programmes -en l’occurrence au travers de la politique de Gérard Collomb, ex-PS. Le racisme d’Etat, la discrimination, le massacre de la protection sociale, les expulsion et les abus policiers sont monnaie courante. Un agent de la bourgeoisie comme Laurent Wauquiez se voit désormais chef d’une droite élargie, allant des débris d’un FN en explosion jusqu’a un centre droit acquis aux idées réactionnaires. Là réside le danger.

    La crise économique de 2008 n’en finit pas de convulser, entrainant son lot de catastrophes. La misère enfle de jour en jour, grâce notamment à la Loi Travail d’El-Khomri et de Macron. Cette politique va aggraver profondément la situation sociale et économique, jetant à la rue les masses populaires, générant le dépit et la colère. Cette colère et ce dépit sont captés par les agitateurs et les apprentis-sorciers du fascisme. Il s’agit de leur fond de commerce. Les tensions internationales grandissantes servent à alimenter une rhétorique paranoïaque de l’encerclement, dans laquelle l’extrême-droite et une partie de la gauche chauvine se retrouvent. Mais l’extrême-droite ne cherche pas à guérir les maux de la société, juste à les utiliser.

    Le mensonge, les Fake News, les théories du complot sont les arguments de l’extrême-droite. Des arguments pour diviser et enfumer ! Le seul vrai Bastion Social est celui des progressistes, des révolutionnaires, des syndicats et des organisations populaires !

     Les fascistes portent différents masques. Certains jouent la carte sociale ou royaliste, d’autres l’antisémitisme, d’autres encore utilisent l’argument de l’Islam pour développer un contenu raciste sans risquer de poursuites judiciaires. Certains vont même jusqu’à retourner l’idée républicaine et laïque pour la pervertir et en faire une arme d’oppression raciste.

    Quelque soient leurs discours, leur objectif est le même : fragmenter les exploités, les travailleurs et les travailleuses, ceux qui courbent le dos sous le poids de l’exploitation. Semer la haine et la division entre elles, entre eux. Faire de celles et ceux qui produisent des esclaves devant se serrer la ceinture pour les bénéfices d’une poignée d’exploiteurs et d’oppresseurs « bien de chez nous. » Les fascistes se prétendent Nationalistes, en clamant qu’ils défendent leur peuple, leurs frères, leurs sœurs contre l’oppression et la noirceur de l’obscurantisme, mais ils ne sont que des contremaîtres de l’exploitation.

    L’Etat et les institutions ne sont pas nos alliés !

    La mairie de Lyon, comme celle du V ème arrondissement se présentent comme des fers de lance de la République, comme des démocrates convaincus. Pourtant, seul le mépris répond aux inquiétudes des riverains. Derrière le vernis progressiste, lorsque celui-ci s’écaille, se révèle le bois pourri. De « gauche » ou de droite, les élus ne font rien.  Aujourd’hui, les anciens acteurs du pouvoir veulent se refaire une virginité politique. Il n’est pas question pour nous d’accepter les organisations des agents de l’oppression dans les manifestations. Au niveau du bilan, rien ne sépare l’activité du PS du programme du Front National ou de Laurent Wauquiez.

    Nous n’oublions pas le rôle des institutions, de la Préfecture, de la Police, de la Justice de classe. Nous n’oublions pas que l’Etat n’est pas un arbitre neutre dans la lutte entre les forces progressistes et réactionnaires. L’Etat bourgeois, au service de l’exploitation, n’apprécie pas les perturbations des fascistes, leur agitation. Mais un accord de fond les unit : maintenir l’oppression sociale et économique.

    Les interdictions, les arrestations, les jugements et la répression illustrent une vérité : l’Etat français est dirigé contre les progressistes et les révolutionnaire, contre le renversement des exploiteurs.

    Contre l’extrême-droite, construire la riposte !

    La lutte contre le fascisme et les fascistes concerne largement la population et plus particulièrement les classes populaires, les individus issus de l’immigration ; les femmes ; les LGBT ; les minorités ethniques ; culturelles et religieuses.

    Il est important de renforcer les organisations antifascistes populaires, les associations et comités de quartier, qui brisent l’isolement, qui relient les individus entre eux, qui permet de lutter contre l’atomisation de la société, prélude à sa fascisation. Nous considérons que l’antifascisme doit être autonome des partis bourgeois, des institutions, de l’Etat.

    L’ennemi n’est pas l’immigré, n’est pas l’étranger, n’est pas l’autre. Travailleurs, travailleuses, celui qui partage tes souffrances est ton ami, ta camarade.

    L’ennemi, ces sont les exploiteurs, les capitalistes, ceux qui vampirisent la richesse et ne laissent que la misère !

    Ensemble, chassons les fascistes de Lyon ! Ensemble, construisons la force politique capable de faire face aux attaques des exploiteurs

  • Pas de local fasciste à Lyon !

    Pas de local fasciste à Lyon !

    Hier, 13 janvier 2017, un rassemblement s’est tenu place de la Comédie à Lyon, à l’appel d’un grand nombre d’organisations. Ces organisations politiques, syndicats, associations et groupes se sont réunis pour dénoncer l’ouverture d’un nouveau local fasciste sur Lyon. Rassemblant environ 400 personne, cet événement initie une nouvelle campagne unitaire pour riposter à l’implantation de l’extrême-droite, pour la repousser et pour, ultimement, l’éliminer. Plusieurs interventions et prises de parole ont été effectuées, y compris par l’Unité Communiste de Lyon. Dans un soucis de clarté et de diffusion de nos positions, nous reproduisons ici le canevas général de cette intervention.

    Fermons le Pavillon Noir !

    Une nouvelle fois, l’extrême droite fait parler d’elle à Lyon. Entre deux agressions racistes, entre deux attaques homophobes, entre deux tentatives d’instrumentaliser la misère, entre deux croisières payées par crowfunding, celle-ci trouve le temps -et l’argent- d’ouvrir un nouveau local : le Pavillon Noir.

    Le Pavillon Noir est l’idée d’ouvrir un bar réservé aux blancs, aux « de souche », aux aryens… En somme un lieu qui leur servirait de point d’appui, de centrale de recrutement, et – qui sait – peut-être de blanchiment d’argent, tant, historiquement, l’extrême-droite et l’escroquerie, la mafia, les trafics sont de mèche. Ce ne serait ni la première ni la dernière fois.

    La coordination antifasciste qui s’est construite à Lyon exige sa fermeture. Nous ne voulons pas de cette pustule répugnante dans notre ville.

    Pourtant, extrême-droite et Lyon riment bien souvent. Ce n’est pas le premier Pavillon Noir qui tente de s’ouvrir, ni le premier local en général. Les fascistes tentent depuis plus de dix ans de se bâtir un petit royaume à Lyon.

    Bunker Korps Lyon ; Action Française ; Front National ; Jeunesse Identitaire ; G.U.D. ; Bastion Social… les noms changent, mais le fond reste le même. Xénophobie, racisme, nostalgie pétainistes…Ce sont les multiples facettes de la réaction.

    Les autorités ne sont pas neutres face à ce problème. Entre les petits bourgeois à la croix celtique, entre la jeunesse dorée des monts du lyonnais et de l’autre côté les exploités, les opprimés, celles et ceux qui veulent lutter contre le capitalisme et l’impérialisme, le choix est rapidement fait pour la Préfecture, pour la Mairie, pour la Justice, pour la Police ou pour Gérard Collomb.

    Les uns ont des peines symboliques, de petites tapes sur les mains. Les autres subissent les foudres de la justice de classe de plein fouet. N’oublions pas que lors des rassemblements contre le Bastion Social, l’an passé, c’est la prison qui attendait certains interpelés.

    N’oublions jamais qu’entre ceux et celles qui se présentent comme des rebelles, des dissidents, des révoltés, mais qui mettent tout en œuvre pour défendre les exploiteurs et ceux et celles qui se battent pour renverser le capitalisme, il n’y aura jamais d’égalité de traitement.

    Comptons sur nos propres forces, sur notre capacité de mobilisation pour faire fermer ce local !

    Le fascisme est une tromperie !

    Les fascistes se présentent comme des défenseurs du peuple, comme des protecteurs. Ils utilisent pour cela des maux bien réels. Le sentiment d’impuissance face à une démocratie en panne sèche ; le dégout face à la corruption des dirigeants ; le sentiment d’abandon par les services publics ; le sentiment de colère provoqué par les licenciement, par la hausse de la misère, par la violence quotidienne…

    Mais les fascistes détournent cette colère. Ils et elles la détournent des responsables,  du premier bourreau des exploités et des opprimés au sein de notre Etat : la bourgeoisie et le patronat « bien de chez nous. » Pire, ils la mettent au service de ces ennemis du peuple, en invoquant la grandeur de la Nation, le devoir de serrer les rangs, le nationalisme, le patriotisme… En somme, ils et elles exigent que les esclaves salariés fassent front commun avec leurs maîtres. Leur xénophobie, leur racisme, leur haine de l’autre ne sert qu’a renforcer cet effet. Leur mot d’ordre est la soumission aux exploiteurs.

    Nous n’avons rien en commun avec les milliardaires qui nous saignent. Leurs élus sont d’ailleurs aussi corrompus que les « élites » qu’ils et elles dénoncent. Les exploités et les opprimés, quelque soit leur couleur de peau, leur religion ou son absence, leur langue, leur origine, leur sexualité, leurs goûts partagent un intérêt commun : battre les exploiteurs, où qu’ils, où qu’elles, soient.

    Les fascistes sont des valets de la bourgeoisie en costume de révoltés.

    Une nouvelle coordination antifasciste se lance, à Lyon. Elle réunit largement organisations politiques, syndicats, groupes antifascistes, associations et individus. Cette coordination ne demande qu’a grandir et à se massifier. L’Unité Communiste de Lyon salue cette initiative et appelle à la rejoindre.

    L’Unité Communiste de Lyon défend l’idée que l’antifascisme est une lutte large, qui concerne chacun et chacune. Cependant, nous défendons le fait que cette lutte doit être autonome des institutions, de l’Etat, de la Police, de la préfecture et de la mairie de Lyon. Ce ne sont ni les alliés de la lutte antifasciste, ni les alliés des exploités et des opprimés. Au contraire, l’expérience a démontré que les objectifs de ces institutions étaient de subordonner la lutte antifasciste à leurs objectifs, de la neutraliser, voire de l’écraser.

    Collomb n’est pas que le « facho de service », il est « au service des fachos. »

    L’Unité Communiste de Lyon considère que l’antifascisme être un antifascisme reliant exploitation, oppression et menace fasciste. Un antifascisme de classe, un antifascisme populaire !

    COMBATTONS LE FASCISME PARTOUT OU IL SE TROUVE !

  • 2017 : Le bilan – partie 1 : Le bilan de l’année politique.

    2017 : Le bilan – partie 1 : Le bilan de l’année politique.

    2017 : Le bilan

    L’année 2017 s’achève.

    2017, année centenaire de la Grande Révolution d’Octobre, a été une année riche, complexe, éreintante. Elle fut intense en termes de calendrier politique et en termes d’offensives de la part de la bourgeoisie. Elle fut une année intense en termes d’activités militante.

    L’Unité Communiste de Lyon en dresse un bilan, tout comme un bilan de son activité.

    Partie I : Le bilan de l’année politique

    L’année 2017 a été une année en trident. Une année marquée, au sein de l’Etat français, par trois aspects majeurs.

    Le premier fut celui des présidentielles, dans lesquelles l’Unité Communiste de Lyon a adopté une position de boycott et de rejet, appelant conjointement avec le Groupe Antifasciste de Lyon et Environs, ainsi que des individus, à un rassemblement le 4 février, dans le but de dénoncer la mascarade présidentielle.

    Les élections présidentielles ont ramené au centre du débat toute la putréfaction politique. Le barycentre du débat fut, in fine, la question de l’immigration, la question de l’Islam, la question du terrorisme. Des sujets qui furent autant de tremplins pour l’expression des fascistes.

    Nous considérions alors, et nous considérons toujours, que les positions de soutien critique -en particulier au second tour- que la position trotskiste de « ni boycott, ni vote » ou, pire, que le soutien sans faille à Macron étaient des positions erronées. Cette élection a été une formidable cuve de décantation pour les mouvements politiques. Elle a permis de voir le poids terrible du réformisme et des conceptions parlementaristes de la lutte, même au sein des mouvements communistes ou anarchistes. Ce poids est logique et compréhensible, il n’est pas réellement possible de le blâmer tant qu’une issue révolutionnaire, par le truchement d’une organisation capable de la diriger, n’existe pas.

    A notre sens, et nous le maintenons, la seule possibilité de sortir « par en haut » de cette mascarade, dans l’état actuel des choses, était l’idée d’impulser une ligne d’opposition extra-parlementaire. Cette opposition extra-parlementaire demeure à construire, conjointement, sans esprit de cercle ou de secte. Elle demeure la possibilité de pouvoir réclamer une légitimité à l’expression politique issue de l’extérieur de l’Assemblée, du Parlement, ou des organisations traditionnelles et institutionnelles.

    Ces élections ont débouché, au final, non pas sur un raz-de-marée Bleu Marine, comme certains prophètes l’annonçaient, mais sur une victoire hégémonique du centre, sur une victoire de la lance la plus affûtée de la bourgeoisie : Macron. Cette victoire à eu deux effets.

    ·         D’une part la bourgeoisie à les mains libre pour faire ce qu’elle veut. Et, depuis elle ne s’en prive pas. Chemin faisant, le centre s’attire la haine des classes populaires et même d’une partie de la petite bourgeoisie, laissant supposer son effondrement aux prochains enjeux électoraux.

    ·         D’autre part le concept du FN est arrivé à bout de souffle, s’est effondré sous son propre poids. Mais, derrière la difficulté tactique et passagère, se consolident les bases pour une poussée nettement plus puissante d’ici les prochaines élections.

    Ces deux effets laissent présupposer des élections particulièrement glaçantes. Si Laurent Wauquiez, l’autoproclamé Trump français, parvient à réussir son opération, il sera le centre d’un coalition redoutable, d’autant que, à gauche, l’opposition, si elle parvenait au second tour, se heurterait à une levée de boucliers sans précédent. Même un Mélenchon parvenant à fédérer et à rassembler très largement se heurterait à une croisade sans précédent de la part du patronat et de la bourgeoisie.

    La classe des exploiteurs, dès les élections passées, s’est mise en marche -sans jeu de mot – avec brusquerie et brutalité. Tous les fronts sociaux ont été attaqués.

    ·         Le Droit du Travail, avec une poursuite de l’ANI (Accord National Interentreprises) de la Loi El-Khomri, devenue la Loi Travail finale. Son but est toujours le même, liquider le contrat de travail, baisser les salaires, donner le contrôle absolu au patronat. Sa finalité : un contrat unique, conçu comme le mix parfait entre CDI et CDD, c’est à dire déterminé uniquement par les tâches à effectuer, et non plus par une durée.

    ·         Des attaques contre l’éducation, contre l’enseignement primaire, secondaire et supérieur, avec une ligne réactionnaire vers le premier (uniformes, rigidité, programme nationaliste) , et libérale vers les seconds (fin du bac comme examen, appel aux contractuels, autonomie de gestion et de frais d’inscription…). L’objectif final : privatiser en catimini l’enseignement et briser le cadrage des diplômes, ce qui leur donne leur valeur aux yeux de conventions collectives agonisantes.

    ·         Des attaques sur le système d’imposition, permettant de pouvoir casser l’alimentation des caisses de cotisation. Systèmes de cotisation sociales d’ailleurs directement en ligne de mire, avec une offensive plein tubes contre la Sécurité Sociale, contre les Retraites, contre l’Assurance Chômage. Une offensive qui a déjà écrasé les APL, menaçant ainsi les parts les plus précarisées de la société, et qui vise à s’étendre et se poursuivre.

    ·         Des attaques contre les collectivités locales, en ayant pour ambition de supprimer leur autonomie et de recentrer la forme de l’Etat en un état de type gaullien, ultra-vertical et hyper-concentré, tout en développant à l’extrême la Révision Générale des Politiques Publiques, cette entreprise de purge des services.

    ·         Des lois sécuritaires qui visent à briser la capacité combative des travailleurs et des travailleuses. Elles permettent un répression à tout va, sans la moindre retenue. Elles se sont accompagnées d’un discours visant à les justifier, discours dont Manuel Valls fut le porte-étendard, véritable agent-provocateur, visant à stigmatiser sans cesse les musulmans et à faire naître une composante politique, véritable ennemi-intérieur : l’islamo-gauchiste.

    ·         Une politique anti-migrants scélérate et criminelle, sans la moindre pitié, chassant les réfugiés, détruisant leurs biens, semant la terreur… Tout cela, avec, en fond, l’omniprésence de l’opportuniste en chef : Gérard Collomb, grand clientéliste et bras armé de la répression.

    ·         Une poursuite et une volonté d’intensification de la politique impérialiste de la France. Notamment au travers d’opérations militaires de grande envergure, mais également en maintenant le diktat du Franc CFA sur une Afrique chaque jour plus étranglées par l’impérialisme et le néo-colonialisme.

    ·         En revanche, un regard plus que conciliant sur les méfaits et les abus commis par la bourgeoisie. Malgré les cadeaux, malgré les offrandes, fiscales ou légales, sa soif de richesse n’est toujours pas assouvie. Dernière offre en date, une hausse de 40% du salaires des maires des grandes villes.

    Ce qui mène au dernier point, la lutte contre les attaques de la bourgeoisie. Cette lutte, marquée par les journées d’actions, n’a pas, pour le moment, été à la hauteur de la tâche qui lui incombe. Cependant, elle avance toujours. Front Social est une expérience qui a porté certains fruits, malgré la défiance qui existe -et qui n’a pas lieu d’être- entre les syndicats et ce front. De même, une certaine étape dans le rapport à la violence à été franchie. Les cortèges de tête » ont matérialisé une radicalité dans l’action, auparavant diffuse. Cela ne les a pas empêchés de chercher à mener une difficile politique d’unité avec les organisations plus traditionnelles. Cette combativité et cette conflictualité au sein de chacune des manifestation a été le reflet d’une montée en tension sans cesse aggravée avec la police.

    La misère sociale qui se profile risque d’être terrible. Les grands gagnants, dans la situation actuelle, sont les fascistes, tant ils sont appuyés sans cesse par des provocateurs tels Valls, Onfray, Finkielkraut, Zemmour et autres. 2017 est une année que les fascistes peuvent saluer.

    Dans ce cadre, nous avons, par ailleurs participé à la mise en place d’une mobilisation antifasciste sur Lyon. Une lutte importante s’est engagée, durant la première partie de l’année, contre le Bastion Social. Ce squat détenu par les fascistes servait à instrumentaliser la misère des sans domiciles fixes pour la tourner contre les réfugiés. Par la mobilisation, ce « bastion » a été contraint à fermer. Cependant, lorsqu’un appel à la mobilisation pour une manifestation antifasciste internationale s’est lancé, la préfecture s’est empressée de l’interdire. Lorsqu’un rassemblement a tout de même été lancé, la police s’est empressée de l’encercler.

    L’Etat s’est montré, une fois nouvelle, sous son jour le plus sombre.

    Le centenaire de la Révolution d’Octobre a occupé un grand nombre d’esprits. Combien ont pu avoir l’espoir qu’un sursaut grandiose en naîtrait ? Cet anniversaire à été l’occasion de tirer des conclusions sur la situation et la stratégie des forces communistes dans le monde, dont ferons, plus tard, le bilan. Mais elle fut l’occasion de remettre sur le devant de la scène la question de la révolution et celle de la dictature du prolétariat. Elle fut également un marqueur, par les réaction qu’elle a suscité, de la véritable nature politique de certains courants et de certaines organisations, lesquelles se sont empressées d’attaquer ce contenu politique et de ne rester que sur des questions démocratiques.

    Elle fut l’occasion, cependant d’une campagne d’affichage de notre part, ainsi que de la participation à la conférence de l’ICOR, à laquelle nous avons participé au côtés de nos camarades de l’UPML, mais également d’une galaxie d’organisations politiques internationales, unis autour d’un but : unifier le mouvement communiste.

    En effet, l’année politique ne serait être complète sans évoquer les questions internationales.

    Celle du Moyen-Orient, tout d’abord, où la situation Syrienne prend de manière sans cesse croissante la tournure d’une répétition générale avant un conflit inter-impérialiste de grande ampleur. Où l’Etat turc joue un billard à plusieurs bandes, faisant monter les enchères entre occident et Russie, pour tenter de s’imposer comme la puissance du secteur, en face de l’Iran.

    La réapparition du conflit israélo-palestinien, à la suite des provocations de l’Etat colonialiste, au travers du nouvel emprisonnement de Salah Hamouri, mais également avec la tentative conjointe de Netanyahou et de Trump de faire de Jérusalem la capitale de l’Etat hébreux.

    Enfin, surtout celle de nos camarades Kurdes, qui, pris en étau entre Daesh et les Etats interventionnistes, se battent dos au mur pour construire un espace de liberté entre les mâchoires de l’ennemi. L’écrasement du Kurdistan Irakien et de sa tentative d’indépendance ont révélé un fois de plus que les papiers, les traités, les votes, les lois ne protègent pas. Seule la mobilisation populaire et le peuple en arme sont la garantie effective de l’indépendance.

    Dans cet ordre d’esprit, la Catalogne a vu les regards se plonger vers elle. La question de l’indépendance d’une partie de l’Etat espagnol est intervenue à plusieurs reprises. Elle prouve là aussi que les votes et les référendums ne sont nullement des garanties pour l’exercice de la souveraineté nationale. Aujourd’hui, un nouveau gouvernement indépendantiste à été élu, mais il n’existe nulle preuve que l’Etat espagnol puisse tolérer la moindre velléité d’indépendance.

    De l’autre côté de la Terre, les menaces de guerre couvent. Entre les USA et la Corée du Nord, la tension monte sans cesse. Les provocateurs américains semblent jouer un jeu dangereux, pour tenter de soumettre le régime Nord Coréen. Au cour de l’année, nous avons à plusieurs reprise rappelé les raisons de ce conflit, notamment après la victoires aux élections d’une ligne pacifiste en Corée du Sud. Aujourd’hui, la Corée du Nord déclare que les sanctions de l’ONU représentent un acte de guerre, la situation est donc loin de la désescalade.

    2017, d’un point de vue politique, fut une année brûlante. Elle le fût tout autant d’un point de vue diplomatique. 2018 offre une promesse d’être une année tout aussi cruciale, tant à l’intérieur qu’a l’internationale.

    Il reste aux organisations communistes à donner leur réponse à ces défis, à trouver la voie pour les surmonter.

    L’Unité Communiste tiendra sa place à côté d’elles, dans cette lutte à l’échelle de la planète pour constituer un nouveau front révolutionnaire.

  • Lyon, capitale de la répression. Communiqué sur le rassemblement antifasciste du 17 décembre.

    Lyon, capitale de la répression. Communiqué sur le rassemblement antifasciste du 17 décembre.

    LYON CAPITALE DE LA RÉPRESSION

    Communiqué de l’Unité communiste de Lyon sur le rassemblement antifasciste du 17 décembre

    Interdiction et arrestation, telle est la réponse du gouvernement à l’Antifascisme !

    Ce dimanche 17 décembre, dans le cadre de la semaine antifasciste, le Collectif Antifasciste de Lyon, dans lequel l’Unité Communiste de Lyon est parti-prenante, a appelé à une manifestation antifaciste et anticapitaliste internationale. Celle-ci fut interdite.

    Face à cette interdiction, le Collectif Autoproclamé Radicaux, de dépit, a appelé à un rassemblement place Raspail, dans le quartier populaire de la Guillotière. Un rassemblement dans le but de pouvoir porter les couleurs de l’antifascisme, après la semaine de propagande réactionnaire faites par les catholiques lors des fêtes de Lumières. L’Unité Communiste de Lyon a relayé cet appel.

    Dans tout le quartier de la Guillotière, un immense dispositif policier avait pris place. Des dizaines de camions de CRS, des équipages de la BAC, et deux canons à eau…. La préfecture a vu les choses en grand, en cette fin d’année. Dans la ville du ministre de l’Intérieur, on ne plaisante pas avec la sécurité des bourgeois et des bourgeoises. D’autant que « l’ultragauche », ou ce qu’elle représente au yeux du gouvernement, est l’ennemi n°1.

    Le rassemblement lui-même, 250 personnes, n’était pas marqué par un esprit belliqueux. Les appelants et appelantes savaient pertinemment que les forces de l’ordre étaient prêtes à bondir. Dans ce cadre, une manœuvre de la police aurait signifié un écrasement.

    Des prises de parole ont eu lieu, rappelant le contexte lyonnais, nid de la droite fasciste et réactionnaire, et fief de Gérard Collomb, le mégalomane policier en chef.

    Un constat commun a été fait, le semblant de démocratie toléré par les représentants de la bourgeoisie, Macron et sa clique, s’étiole de jour en jour. Remettre en cause les élections, les institutions, le pouvoir bourgeois conduit au conflit.

    Le simple fait que des slogans aient été lancés a suffit à mettre le feu aux poudres. La police s’est empressée de mettre en œuvre une nasse, tactique devenue routinière. Une cinquantaine de participants ont ainsi été encerclés. Des arrestations ont eu lieu, dont nous attendons des nouvelles.

    Le simple fait d’être présent dans le quartier, subissant une véritable parodie de loi martiale ou d’état de siège, suffit à attirer les foudres des policiers. Ceux-ci ont procédé à des contrôles d’identité systématiques, sur tous les suspects. Ces contrôles ont permis d’apprécier la déontologie sans faille de cette institution : menaces, provocations, injures, intimidations constantes. Tout est fait pour que les choses s’enveniment.

    A cela s’ajoute un humour de caserne : « c’est quand qu’on les balance dans le Rhône ? »; « Tiens, revoilà le poulpe » ; « Ferme ta gueule. »

    Une belle fenêtre sur l’état d’esprit des forces de l’ordre. Une fenêtre qui nous illustre le caractère fondamentalement réactionnaire de cette institution, ainsi que le caractère inamendable de l’Etat bourgeois.

    L’Unité Communiste de Lyon dénonce l’attitude brutale de la Préfecture et de la Police, usant sans retenue de la répression la plus injustifiée. Pourtant, fondamentalement, celle-ci illustre la faiblesse d’un système à bout de souffle, qui est obligé d’user de la brutalité pour faire taire les contestations.

    Cette répression est le reflet d’un capitalisme pourrissant, d’une bourgeoisie qui peut pas tolérer la moindre hostilité.

    Que messieurs Macron et Collomb soient avisés, les matraques et les canons à eau ne nous feront pas taire !

     Chaque loi antisociale, chaque exaction de la police et de leurs amis fascistes ne font que nous conforter dans nos positions !

    A Lyon, et partout dans l’État français, nous appelons à renforcer les organisations antifascistes et anticapitalistes, nous appelons à construire une unité populaire, une véritable opposition extra-parlementaire.

    Nous dénonçons le fascisme, plus que toléré par Collomb et sa clique, comme l’enfant dégénéré d’un capitalisme en crise.

    Nous appelons à la solidarité face à la répression, la lutte ne fait que commencer !

  • Interdiction de la manifestation antifasciste et anticapitaliste. Un coup de poignard.

    Interdiction de la manifestation antifasciste et anticapitaliste. Un coup de poignard.

    Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon.

    La manifestation internationale antifasciste et anticapitaliste du 17 décembre tombe sous le coup d’une interdiction.

    L’Unité Communiste de Lyon, signataire de l’appel à la manifestation internationale antifasciste et anticapitaliste, dénonce l’interdiction faite de celle-ci par la préfecture. Elle considère que l’attitude de la préfecture confine à la censure pure et simple de l’expression politique de l’antifascisme et de l’anticapitalisme. La paranoïa induite par l’état d’urgence permanent permet, aujourd’hui, ne n’autoriser que les mobilisations qui ne remettent fondamentalement pas en cause l’autorité de l’Etat et de la bourgeoisie.

    Pourtant, la manifestation du 17 décembre était sous le signe de l’ouverture au plus large nombre. Les organisateurs et organisatrices ayant exprimé leur volonté à rassembler largement sous la bannière de l’antifascisme populaire, de masse. Ainsi, plusieurs échanges ont eu lieu en amont pour signifier largement et publiquement le fait que celle-ci serait sous la bannière de « l’antifascisme et l’anticapitalisme sont l’affaire de toutes et tous ! »

    Mais la préfecture, elle ne fut pas la seule, a agit sous l’angle du procès d’intention.

    Le mardi 12 décembre, les dépositaires de la manifestation se sont vus notifier, par les forces de police l’interdiction de celle-ci.  Les motifs invoqués ont de quoi laisser pantois, tant par leur longueur que par le réquisitoire contre le militantisme qu’ils constituent.

     « Les organisateurs sont connus comme membre des mouvances antifascistes Lyonnaises, connues pour les violences de leurs actions…

    Considérant qu[e certains organisateurs] ont été identifiés au sein de la manifestation non déclarée au départ de la place Raspail le 4 février 2017 (…) afin de perturber les trois grands premiers meetings politiques de la campagne présidentielle ;

    Considérant que les diverses actions menées en 2017 par la mouvance des ultragauches (sic.) Lyonnaises ont été dénoncées par leurs opposants idéologiques qui ont systématiquement appelé à des contre-manifestations…

    S’en suit une longue litanie, citant pêle-mêle la lutte contre le Bastion Social, les oppositions aux manifestations d’extrême-droite… en somme, un véritable inventaire de l’ensemble des actions menées, sur le terrain, par les militants et militantes antifascistes.

    D’autres considérations sont invoquées. Noël et les magasins -ouverts le dimanche; le match OL-OM; la menace terroriste… Elles enrobent l’ensemble, mais convergent vers un point final : un refus total de cette manifestation.

    Nul doute que si, d’aventure, certains ou certaines tentent leur chance, la police sera prête à imposer une répression terrible. La loi le lui permet. Pour ces raisons, l’Unité Communiste de Lyon, en accord avec les décisions prises par le Collectif Antifasciste de Lyon, considère qu’il est nécessaire d’annuler cette manifestation.

    C’est un recul de fort mauvaise grâce, sous la contrainte et la menace de sanctions pénales.

    Mais cela n’a pas suffit à la bourgeoisie !

    Elle s’en est également pris au festival antifasciste de Lyon, interdisant la première soirée, celle de jeudi 14 décembre. C’est une torpille tirée directement contre l’antifascisme lyonnais. C’est un signal aux antifasciste de l’Etat français : Ils sont directement pris pour cible.

    Les fascistes, qui se targuent d’être sans cesse censurés, seront bien en peine de pouvoir déceler ici une sombre connivence entre Etat et antifascistes. Certes ces tristes larbins de la bourgeoisie ont eu affaire, eux aussi à plus d’une interdiction, mais derrière cette pseudo-égalité de traitement, un fait terrible pointe son nez.

    Les fascistes ont pignon sur rue. Leur expression xénophobe, raciste, réactionnaire, chauvine et obscurantiste gagne une hégémonie sans cesse plus forte. Tandis que les antifascistes, les anticapitalistes, les syndicalistes, subissent la répression, l’oppression et l’écrasement, il ne se passe pas un seul jour sans que les Valls, les Finklielkraut, les BHL, les Ménard, les Collard, les Wauquiez vomissent leur haine.

    Il ne se passe pas un jour sans que leurs propos scandaleux de servent à alimenter un incendie qui couve, qui menace de prendre et de se muer en incendie xénophobe, en tornade de flammes.

    Nous, militants et militantes communistes, révolutionnaires, antifascistes, anticapitalistes, n’avons pour nous battre que nos propres forces. Nous n’avons que nos mobilisations pour défendre notre point de vue et pour dresser un rapport de force contre les attaques qui frappent les masses populaires. Nous n’avons pas tout ces relais dont disposent les réactionnaires, les oppresseurs, les exploiteurs. Nous n’avons pas cette hégémonie dont dispose la bourgeoisie.

    Il n’existe pas d’égalité entre nous et les forces réactionnaires de la bourgeoisie. Dire « égalité de traitement » signifie écraser la parole et l’action antifasciste, et laisser seule s’exprimer celle de la bourgeoisie et des réactionnaires.

    La 17 décembre, à 12h00, le Groupe Antifasciste de Lyon et Environ lance un appel à se rassembler place Raspail, métro Guillotière, pour que flottent les couleurs de l’antifascisme sur la ville de Lyon. L’Unité Communiste de Lyon retransmet cet appel. En revanche, elle invite celles et ceux qui souhaiteraient y participer à la plus grande vigilance ainsi qu’une prudence redoublée vis-à-vis des réactionnaires, mais également vis-à-vis d’une police plus qu’aux aguets.

    L’Unité Communiste de Lyon prend acte de cette interdiction, et invite chacun et chacune des concernées à en tirer les conclusions politiques qui se doivent, quant à l’attitude de l’Etat, de la préfecture, de la bourgeoisie.

    L’Unité Communiste de Lyon poursuivra, malgré les interdictions, son engagement dans la lutte antifasciste et anticapitaliste.

    L’Unité Communiste de Lyon appelle à renforcer et soutenir les organisations et les collectifs anticapitalistes, antifascistes, ainsi qu’a s’organiser de manière autonome des cadres institutionnels.

    Leur démocratie n’est pas la nôtre !

    La leur est bourgeoise, la nôtre est populaire !

  • Appel à la manifestation Antifasciste / Anticapitaliste du 17 / 12 / 17

    Appel à la manifestation Antifasciste / Anticapitaliste du 17 / 12 / 17

    L’Unité Communiste de Lyon se rallie à l’appel initié par le Groupe Antifasciste de Lyon en Environ et la coordination antifasciste Rhône-Alpes. Cet appel a volonté à impulser une manifestation internationale à Lyon, sous un mot d’ordre antifasciste et anticapitaliste.

     L’Unité Communiste de Lyon appelle les individus comme les organisations se revendiquant de la lutte contre le capitalisme et le fascisme à relayer cet appel, à le partager, à le diffuser, mais également à le cosigner.

    Elle appelle également à participer à cette manifestation pour que celle-ci soit un succès.

    Sur la planète entière, les forces réactionnaires et fascistes ont le vent en poupe. Elles profitent de la crise, de la misère, des tensions internationales pour prospérer. Les faschosphère étendent leurs tentacules partout, ne laissant nul endroit épargné.

    Dernièrement, les élections en Allemagne ont permis d’enregistrer une percée record de la part des fascistes, signant une résurgence générale de la menace.

    Brésil, USA, Russie, Ukraine, Mali, Syrie, Irak, Japon… partout le mal est le même, indépendamment de l’apparence dont se vêtissent les fascistes, leur fond est le même. Terroriser le peuple, le soumettre aux intérêts des bourgeois.

    Au sein de notre Etat, la menace gronde.

    L’Unité Communiste de Lyon considère que la lutte entre fascisme et capitalisme ne peut être séparée en deux combats isolés l’un de l’autre.

    L’ « antifascisme » apolitique, moraliste, démocratiste, petit-bourgeois ne peut parvenir à juguler la montée, internationalement constatable, des conceptions réactionnaires et fascisantes. Ce prétendu antifascisme échoue sans cesse car il ne cible pas le fait que le fascisme est l’enfant putréfié du capitalisme.

    Le fascisme ne tombe pas du ciel, il n’est pas que « haine », il n’est pas que fantasmes xénophobes et délires sur l’inégalité des « races », au mépris de la réalité scientifique. Les fascistes ne sont pas nos ennemis uniquement car ils sont « méchants. »

    Ils le sont également car ils jouent un rôle dans la lutte des classes, un rôle dans lequel ils sont les garde-flancs de la bourgeoisie, dans lequel ils sont le gourdin qui frappe ceux qui défendent les classes laborieuses, ceux qui luttent contre l’oppression et la répression.

    Les fascistes se nourrissent de la misère, se nourrissent de la souffrance et des frayeurs des travailleurs et des travailleuses. Ils s’en réjouissent. Qu’une usine ferme, qu’une bombe explose, que des balles pleuvent et leur réponse est toute trouvée : la guerre !

    La guerre contre l’ennemi intérieur, la guerre contre l’ennemi extérieur.

    Qu’importe, au final, celui-ci, tant que cela lui permet de mobiliser les masses dans un sens réactionnaire, chauvin, obscurantiste. S’il faut mentir ou fabriquer les preuves, cela ne leur pose pas de problème.

    Sous couvert de mettre au dessus de tout un hypothétique « intérêt national » ou « racial », ils exigent des classes laborieuses qu’elles se sacrifient, qu’elles se saignent, qu’elles tuent et soient tuées. Sous couvert de ces intérêts, les fascistes ne désirent que l’écrasement impérialiste des autres nations, des autres peuples.

    En cela, ils n’œuvrent jamais pour l’émancipation des travailleurs et des travailleuses, des hommes et des femmes, des opprimés. Au contraire, ils ne sont que les laquais les plus serviables des intérêts des parts les plus réactionnaires et les plus chauvines de la bourgeoisie.

    L’Unité Communiste de Lyon considère que cette manifestation est un rendez-vous important. Un rendez-vous qui doit être l’occasion d’une démonstration de force, populaire, large, rassemblant au delà des milieux militants, et ouvrant la voie à un antifascisme populaire, unitaire, autonome, indépendant de la bourgeoisie et des organisations politique relais de celle-ci.

    Vive la lutte antifasciste ! Vive la solidarité internationale !

    « Le Groupe Antifasciste de Lyon et Environ, ainsi que la coordination antifasciste de Rhône-Alpes dont elle est partie prenante, appellent à une grande manifestation antifasciste internationale à Lyon.

    Partout dans le monde, les fascistes gagnent du terrain. Partout dans le monde, les militants fascistes et leurs organisations multiplient les actions, les démonstrations de force et les crimes. 

    A Charlottesville, le suprématisme blanc, premier vecteur d’attentats aux USA, a tué de nouveau.

    En Méditerranée, le sinistre C-STAR menait  la chasse aux navires portant assistance à ceux et celles qui cherchent à fuir la misère et la guerre. 

    A Waza, au Cameroun, à Barcelone, l’organisation fasciste-obscurantiste Daesh poursuit sa campagne de terrorisme.

    Au Kurdistan et dans l’Etat turc, le régime fasciste d’Erdogan poursuit sa traque aux opposants, emprisonnant celles et ceux qui luttent pour la liberté.

    Nulle région du globe n’est épargnée. 

    Elles tirent profit de l’aggravation de la misère sociale grandissante, des tensions internationales comme de répugnants charognards.

    Partout, elles avancent masquées, se clamant défenseuses du peuple, des opprimés, des exploités. Partout, déversent leurs torrents de discours répugnants, xénophobes, réactionnaires, obscurantistes et racistes. Elles gagnent en influence, deviennent des forces politiques puissantes et incontournables. 

    Partout elles incitent à la division entre les opprimés, les exploités, pour les dresser les uns contre les autres, en fonction de leurs origines, de leurs religions, de leurs genres, de leurs sexualités. 

    Les fascistes ne sont nullement les amis des exploités. Ils sont les servants des exploiteurs. Leurs commanditaires les utilisent pour semer le chaos réactionnaire, pour instiller la haine. Leur espoir est d’accéder au pouvoir pour établir un Ordre au service des exploiteurs, des profiteurs.

    Suprématistes blancs, Identitaires, Néo-nazis, Fascistes, obscurantistes, tous marchent main dans la main pour écraser les exploités et les opprimés. Ils ne sont aucunement des libérateurs, mais sont les ennemis du peuple, des peuples, des travailleurs et travailleuses. 

    Ils marchent dans nos rues, se croyant les maîtres. Mais ils se trompent, et nous le leur montrerons !

    Nous appelons à cette manifestation car partout la menace se concrétise. Nous devons être nombreux et nombreuses à y répondre !

    Nous voulons faire face, lutter pied à pied et chasser les fasciste de Lyon et d’ailleurs.
    Nous voulons dénoncer le fait qu’ils sont des laquais des exploiteurs.

    La Gale s’inscrit dans un antifascisme populaire et indépendant de l’Etat, des institutions, des partis électoralistes. Nous ne pouvons accorder le moindre crédit aux marchés de dupes proposés par celles et ceux qui n’ont d’autre désir que de prendre la place de nos bourreaux ou de faire rentrer sagement dans le rang ceux et celles qui luttent.

    Nous ne pouvons séparer la lutte contre le fascisme de la lutte contre l’exploitation et le capitalisme. Notre tâche est de combattre l’un et l’autre.

    Nombreux, nombreuses, unis et solidaire : tous contre le fascisme et le capitalisme le 17 décembre 2017 à LYON


    Le lieu de départ et l’heure de la manifestation seront données prochainement. »