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  • Sur la dictature du prolétariat -I- Nous avons besoin de la dictature du prolétariat !

    Sur la dictature du prolétariat -I- Nous avons besoin de la dictature du prolétariat !

    Nous avons besoin de la dictature du prolétariat !

    La lutte du prolétariat contre la bourgeoisie est une lutte de longue haleine. Elle s’est manifestée d’une multitude de manières, au travers de méthodes différentes, avec des stratégies et des tactiques diverses et variées.

    L’expression de la lutte des classe s’est faite selon des méthodes spontanées, comme le luddisme, par la grève sur le tas, par des colères et des émeutes. Elle s’est faite au travers des organisations syndicales. Elle s’est faite également sous une forme politique, au travers de partis, notamment des partis ouvriers et communistes.

    La lutte s’est faite pacifiquement ou dans la violence, dans la victoire ou dans la défaite, dans la solidarité ou dans la trahison. Elle a accouché d’une somme d’expériences immense, dont les théoriciens, les idéologues mais également les praticiens ont su -ou non- tirer profit.

    L’utilisation de cette somme de matière a permis de déduire des lois sur le fonctionnement du système capitaliste, de la bourgeoisie, de l’Etat, des lois qui, en retour, on permis de développer une théorie révolutionnaire adaptée.

    La décantation, le travail de critique et de tri n’a pas été effectué par des sages sur leur montagne. Ce sont des individus, des organisations, ancrées dans la réalité de la lutte des classes, ancrées dans les masses, ancrées dans un lien étroit entre théorie et pratique. Ceux et celles qui n’ont pas fait vivre ce lien se sont égarés, ont dévié. Ou dans une dérive aventuriste, dans une fuite en avant éperdue ; ou, à l’inverse dans la désespérance, dans le fait de se vautrer dans la collaboration de classe, dans la trahison, dans l’opportunisme. L’une et l’autre, généralement, finissent par se rejoindre dans un renoncement à la révolution et à la lutte.

    Le réformisme est un courant particulièrement puissant au sein de la société. Il représente, en quelque sorte, la « norme » de base du rapport au pouvoir, du rapport à l’environnement politique. Spontanément, les masses et les individus sont réformistes, même sous la forme d’un réformisme radical. Etre confronté à l’exploitation pousse à s’en soustraire, à lutter. C’est là un phénomène logique et normal. Mais le fait de remettre en cause l’organisation de l’économie, le fait de remettre en cause l’Etat et son mode de fonctionnement, demande quelque chose qui ne peut se contenter du regard étroit d’un seul individu. Elle demande de se hisser au delà de l’horizon du simple vécu individuel, elle demande un apport théorique supérieur. Devenir l’architecte d’un nouveau système politico-économique, cela demande un travail plus poussé, encore au delà. Cela ne peut apparaître spontanément.

    C’est ainsi que ceux et celles qui rejettent l’idéologisation, la propagande, l’organisation des masses, sous prétexte qu’elle corrompt leur pensée pure et naïve, ne sont au final que les agents du réformisme le plus plat et le plus éhonté.

    Le réformisme se traduit, dans un sens, par une subordination de la stratégie à la tactique. Elle considère que les « buts de la guerre », pour reprendre la formulation de Clausewitz, se conditionnent aux « moyens de la guerre », les tactiques. Le réformisme est avant tout un pragmatisme : avancer autant que possible, autant que faire ce peu, essayer d’amender les choses, essayer d’encercler la société capitaliste et l’emmener, démocratiquement, en respectant les formes et la légalité, vers une autre étape, socialiste.

    Cette absence de compréhension du caractère antagonique des contradictions entre le prolétariat -exploité- et la bourgeoisie -vivant de cette exploitation- est un des paramètres qui explique cette ligne. En ne comprenant pas la nature de l’Etat : émanation directe du pouvoir de la classe dominante ; en ne comprenant pas le fait que la bourgeoisie soit active, agissante ; le réformisme fait le lit de la collaboration de classe, du clientélisme, de l’opportunisme.

    Sans faire de procès d’intention, la faillite de la compréhension ne naît par forcément d’une révision cynique de la théorie. Elle découle potentiellement d’une erreur sincère. Mais cette erreur forme une plaie qui se surinfecte aisément de la lâcheté, de l’envie de carrière, du renoncement.

    A l’inverse, son miroir, le gauchisme, ne prend en compte que les « buts de la guerre » mais pose une négation sur les moyens, sur les tactiques. Cette négation des étapes produit l’effet suivant : l’idéologie est prisonnière d’un palais des glaces, se heurtant sans cesse à des écueils invisibles, incapable de comprendre les moyens de les franchir, incapable de pouvoir développer une tactiques qui soit adaptée.

    Cette absence de pensée tactique accouche d’un opportunisme spontanéiste, prêt à voir dans les « expressions pures » du peuple, une étincelle de révolution, même lorsque les mots d’ordres sont au lynchage et aux pogroms. Elle accouche d’un aventurisme, d’une surestimation de la capacité à rallier les masses, à convaincre les tenants de positions arriérées. Elle confine donc au sectarisme.

    Les deux sont reliés dialectiquement, sont les frères jumeaux l’un de l’autre et mènent l’un à l’autre. La route du gauchisme au droitisme est une route de la pureté au compromis, du compromis à la compromission, de la compromission à la trahison.

    Ces deux fautes idéologiques, ces deux déviations, sont dans l’incapacité de créer les conditions permettant à l’humanité de faire ce gigantesque bond en avant du capitalisme vers le socialisme. La première parce que son horizon est celui de la lutte parlementaire, du crétinisme, la seconde car elle se contente de la critique et de l’utopisme.

    Il existe bien des « sages de la montagne », qui, du haut de leur sommet, lorgnent sur la société avec leur longue vue, dessinent d’improbables arabesques sur des tableaux noirs, perfectionnent leur maquette de société future. Ces sages sont d’illustres compteurs d’histoires, sont capable de peindre de merveilleuses fresques. Ce qui leur manque, en revanche, c’est un chemin entre la société actuelle et la société merveilleuse, rêvée, parfaite et imperfectible.

    Bien souvent, ces « sages » se muent en gardiens d’une idéologie ossifiée, sclérosée, fétichisée. Exposés comme autant de trésors, ces dogmes inapplicables, inappliqués donc, ne servent que pour pourfendre les impurs, les impies, ceux qui ne prient pas la sagesse de l’utopisme, sa pureté, ceux qui se salissent les mains à changer la société.

    Le marxisme, en opposition à l’utopisme, se base sur un constat qui n’est pas nouveau : ainsi, dès 1845, Marx, dans ses Thèses sur Feuerbach, écrivait : « les philosophes n’ont fait qu’interpréter diversement le monde : il s’agit maintenant de le transformer. » Fondamentalement, les clichés instantanés de la société, aussi précis soient-ils, ne servent à rien. De même les maquettes d’une société future ne servent, dans le fond, à rien non plus. Tant que rien ne permet de transformer l’un en l’autre, tant que rien n’illustre les processus dialectique qui opèrent au sein de la vieille société, qui permettent de l’emmener vers la nouvelle, ces travaux demeurent une perte de temps.

    Là réside l’idée majeure du marxisme. Apporter la jonction entre les deux, la jonction entre le monde actuel et le monde meilleur : la société communiste ; sans classe ; sans Etat ; sans exploitation. Le marxisme n’est pas un utopisme qui définit les règles d’une société parfaite, inventée. Il est un outil de combat pour transformer le monde.

    Autour de ce constat s’est accumulé une synthèse d’expériences, perpétuellement enrichies par de nouveaux apports, par l’étude, par l’analyse des rapports sociaux, des rapports économiques, par le décryptage du vivant.

    Seulement l’application ne s’est pas faite dans un laboratoire, dans un environnement confiné, dans le virtuel. Elle s’est faite dans la lutte frontale, syndicale, politique, révolutionnaire, contre la bourgeoisie, contre les fascistes. Elle s’est faite dans la paix et dans la guerre, dans la lutte légale et illégale.

    Les victoires de l’idéologie marxiste ont amené au pouvoir des partis communistes, lesquels se sont retrouvés avec la responsabilité écrasante de devoir construire le socialisme, étape de transition vers le communisme. Or cette tâche ne s’est pas faite sous la forme d’un examen, d’une évaluation, où les réponses sont connues, où un corrigé parfait existe. Elle s’est faite en se heurtant à des problèmes concrets et réels, à des périls mortels. Elle s’est faite à travers une expérimentation constante.

    Ces expériences ont, de fait, échoué. Il n’existe plus ni URSS, ni République Populaire de Chine -excepté formellement- ni d’autres pays socialistes. Cet échec révèle que des erreurs ont été commises, que des insuffisances sont apparues. Les marxistes authentiques cherchent à comprendre ces erreurs, à les analyser, à en tirer des corrections pour qu’elles ne se reproduisent pas.

    Elles ont créé une somme titanesque de ressources et de documents à analyser. Les rejeter en bloc reviendrait à se priver intégralement de cette manne de connaissances.

    Pourtant, la moindre imperfection suffit, pour les gardiens du dogme et de la pureté, pour rejeter l’ensemble. Ironie des ironies, ces mêmes gardiens, attendant la pureté parfaite pour que vienne l’avènement de la société sans faille, végètent. Confrontés, bien malgré eux, au réel, ils s’excommunient, s’injurient, s’accusent. Incapable de faire face à la réalité, d’être maîtres de leur situation, ces purs se vautrent dans la compromission, dans la concession, dans l’opportunisme. D’aventuristes de la pureté, ils finissent leur trajectoire dans les bras de la social-démocratie, dans le réformisme, dans l’anticommunisme viscéral, voire dans le fascisme.

    Lorsque mis en face de leurs contradictions, ces aventuriers agissent bien souvent comme des bêtes prises au piège. Mordent, attaquent, mais ne parviennent pas à apporter une réponse satisfaisante, autre que superficielle, aux problèmes qui se posent actuellement, aux questions de la société actuelle, à comment bouleverser l’ordre capitaliste, le battre, et de ses ruines faire émerger la société socialiste, la société communiste.

    Or, le choix, le marxisme-léninisme dans son ensemble, indépendamment des débats qui ont cours en son sein, pose la question des étapes. Nullement dans le but cynique d’instaurer une dictature, une bureaucratie, un Etat inutile. Ces étapes ne sont pas le fruit d’une soif de guerre, de sang, d’une volonté de nuire à autrui, de causer de la souffrance et du tort. Elles sont des passages obligés car, dans la lutte des classes, le terme de lutte n’est pas usurpé. Elle peut, certes, se dérouler pacifiquement, sans violence directe, sans conflagration, mais également prendre une tournure brutale et sans pitié.

    Le maintient de l’exploitation par le capitaliste prime sur la légalité. Si les travailleurs menacent les intérêts du patronat, gare à eux ! Que dire, alors, de la situation révolutionnaire, laquelle vise à nier le pouvoir de la bourgeoisie, à le détruire.

    L’irruption du fascisme forma, par exemple, l’une des réponses de la bourgeoisie aux menaces qui pesaient sur elle. Le fondement du fascisme n’était nullement une perversion morale, mais était, au contraire, ancré profondément dans la lutte des classes.

    Le fondement des dictatures réactionnaires, des croisades anti-bolcheviques, suivait une logique similaire : écraser la menace.

    Non pas parce que la bourgeoisie serait intrinsèquement mesquine, sadique, incapable d’empathie. Simplement parce que celle-ci possède des intérêts, qu’elle en a une conscience particulièrement aigüe et qu’elle se dote des moyens et des politiques adaptées à l’ambition de les accroître et de les défendre.

    Nous disons, au contraire, que, s’ils pensent comme un prolétaire ou comme un bourgeois, c’est qu’ils sont l’un ou l’autre. Un prolétaire a une conscience de classe prolétarienne parce qu’il est prolétaire.

    Ce que nous devons bien remarquer, c’est que la théorie idéaliste comporte une conséquence pratique. Si l’on est bourgeois, dit-on, c’est que l’on pense comme un bourgeois ; donc, pour ne plus l’être, il suffit de changer la façon de penser en cause et, pour faire cesser l’exploitation bourgeoise, il suffit de faire un travail de conviction auprès des patrons. C’est là une théorie défendue par les socialistes chrétiens ; ce fut celle aussi des fondateurs du socialisme utopique.

    Mais c’est aussi la théorie des fascistes qui luttent contre le capitalisme non pour le supprimer, mais pour le rendre plus « raisonnable » ! Quand le patronat comprendra qu’il exploite les ouvriers, disent-ils, il ne le fera plus. Voilà une théorie complètement idéaliste dont on voit les dangers. (G. Politzer, 1941)

    La lutte des classe n’est pas à sens unique, elle n’est pas que de la part du prolétariat montant « à l’assaut du ciel. » Elle est à double sens. La bourgeoisie, également, mène une lutte contre le prolétariat, contre son unification, contre son organisation, contre son idéologie, contre la révolution.

    Avant celle-ci, pendant celle-ci, après celle-ci, la bourgeoisie lutte jusqu’à la mort, jusqu’à sa disparition, contre le pouvoir du peuple et pour la restauration de son ordre.

    Cette raison est le socle de la nécessité de la dictature du prolétariat. Non par goût, mais par besoin.

  • Fin de partie – VIII – Nous payons cher.

    Fin de partie – VIII – Nous payons cher.

    Nous payons cher.

    Nous payons, aujourd’hui, chèrement, une lourde addition.

    Cette addition est le fruit d’un cumul d’erreurs, de manques étalés sur une longue période. Elle est le fruit maudit d’une conjonction de facteurs, de responsabilités, de failles, de déviations, d’abandons et de trahisons.

    Elle est ce qui explique la faiblesse des idées communistes, la faiblesse des organisations, des fronts, des luttes.

    Il existe, d’une part, des facteurs extérieurs, liés à la victoire de la contre-révolution en URSS, en Chine, en Albanie. Ces facteurs jouent un rôle considérable à l’échelle mondiale. Seulement ils n’expliquent pas tout.

    Il existe une responsabilité interne, intérieure, propre au mouvement communiste de l’Etat français. Une responsabilité que partage chaque militant ou militante communiste.

    S’en dédouaner, rejeter la faute sur la bourgeoisie, sur les fascistes, sur les trotskistes, sur les idées petites bourgeoises revient à pratiquer une politique de l’autruche. Nombreux sont ceux et celles qui pratiquent cela, avec un art consommé. Faire peser la faute sur des boucs-émissaires est une tendance qui existe. Elle doit être combattue.

    Les léninistes sont particulièrement bien placés pour comprendre l’inanité de cette position : ils subissent avec une régularité d’horloge les sempiternelles attaques des anarchistes et des trotskistes, les accusant d’avoir fait échouer leurs révolutions.

    Sur ce plan là, trotskistes, boukhariniens, anarchistes s’entendent à merveille. Accuser les autres forces, nier leur responsabilité et leur bilan.

    Cela, les communistes doivent le balayer. Mordre à cet hameçon reviendrait à s’aveugler.

    Comment reprocher à la bourgeoisie d’agir en fonction de ses intérêts ? La bourgeoisie agit dans son intérêt, dans un jeu qui lui est propre. Transgresser ses propres lois, agir en propagandiste anticommunistes, être aux aguets face à toute contestation, tout ceci est logique et cohérent.

    Comment reprocher à des forces politiques et idéologiques contraires d’agir en fonction de leur stratégie ? Impossible. Tout autant, cela n’a pas de sens de reprocher, fondamentalement, à des forces non-communistes de ne pas agir en communistes.

    L’application des conceptions politiques, pourtant, de peut être en négation de la loi fondamentale du darwinisme : la survie du plus adapté.

    Prenons l’exemple de Kronstadt. Indépendamment des causes de l’insurrection en tant que tel, le reproche des anarchistes est le suivant : « vous avez écrasé l’insurrection. » C’est un fait. L’insurrection, dirigé contre le pouvoir soviétique, a été écrasée par celui-ci. Le gouvernement soviétique agissait en fonction d’une logique qui lui était propre et à laquelle les insurgés étaient opposés. En cela, le conflit était inévitable.

    En revanche, si l’insurrection a échoué, cela est du fait de sa propre et intégrale responsabilité. Elle ne peut blâmer la force de l’ennemi. Sa faille première est sa propre faiblesse.

    Le premier reproche que devraient faire les anarchistes serait le suivant : « où notre stratégie fut-elle mauvaise ? » et non « l’ennemi s’est comporté en ennemi. » L’environnement politique, social, économique est quelque chose sur lequel il n’est possible que d’avoir une prise indirecte.

    Il est, certes, transformable par la dialectique, par l’action consciente, mais il n’en représente pas moins une toile de fond avec laquelle il est nécessaire de composer. Si une insurrection lancée à Lyon échoue car elle n’est pas soutenue, la raison principale n’est pas « les individus n’ont pas soutenu », elle est « nous avons échoué dans nos tâches de mobilisation, d’organisation, de structuration. »

    Lorsque les trotskistes accusent les « staliniens », ils nient le fait que leur ligne est pourrie. Lorsque les anarchistes accusent les communistes, ils oublient de s’accuser eux-mêmes de leurs fautes. A l’inverse, lorsque nous avons connu des échecs, nous avons, avec justesse, critiqué -en premier lieu- nos manques.

    Lorsque les révisionnistes font surgir la chute de l’URSS de derrière les fagots et qu’ils nient le long cheminement et le long pourrissement, ils agissent en parfaits imbéciles.

    Lorsque nous analysons 1991, nous y voyons la marque de 1956 et du XXe Congrès. Lorsque nous regardons ce congrès, nous n’y voyons pas la main seule de Nikita Khrouchtchev, mais bien l’aboutissement, une première étape, dans un processus de restauration du pouvoir de la bourgeoisie. Cette restauration n’est pas le fruit d’agents malins, de mauvais génies, elle est le fruit d’erreurs dans notre propre camp, chez nos camarades, chez ceux chez qui nous puisons nos sources.

    C’est l’analyse sans concession, l’autocritique sans pitié qui peut nous permettre d’avancer efficacement, plus solidement.

    Aujourd’hui, nos propres faiblesses pèsent pour beaucoup. Notre faiblesse en tant que force d’opposition à la bourgeoisie est le reflet de notre faiblesse en tant qu’organisations divisées, qui, elle-même est le reflet de notre faiblesse dans la manière dont nous traitons la question de l’unité et dont nous traitons les questions idéologiques.

    Qui, aujourd’hui, lit Marx ? Qui lit Engels ? Qui lit Lénine, Staline, Mao, Hoxha, Ho Chi-Minh, Dimitrov, Kaypakkaya, Gonzalo, Gramsci ?

    Personne ou presque.

    D’une part car les sources sont difficiles à trouver, qu’elles demandent de la recherche. D’autre part parce que quand des livres sont lus, ce ne sont pas des sources primaires mais des exégètes. « La pensée de Lénine » vue par tel ou tel auteur, « Comprendre Marx », par un sociologue universitaire, Trotski dépeignant Staline…

    Comment ne pas penser directement à cette citation de J. Staline, dans les Cinq Conversations avec des Économistes Soviétiques, (1941-1952).

    « Il est nécessaire que nos cadres aient une connaissance approfondie de la théorie économique Marxiste.

    La première vieille génération de Bolcheviks était très solide théoriquement. Nous avons appris le Capital par cœur, fait des tableaux synoptiques, tenu des discussions et évalué chacun notre compréhension. C’était notre force et cela nous a aidé beaucoup.

    La deuxième génération a été moins préparée. Ils étaient occupés par des questions pratiques et la construction. Ils ont étudié le Marxisme avec des livrets.

    La troisième génération a été élevée sur des articles satiriques et de presse. Ils n’ont aucune compréhension profonde. Ils doivent être pourvus avec une alimentation qui est facilement digestible. La majorité a été élevée non en étudiant Marx et Lénine mais avec des citations.

    Si la chose continue plus loin de cette façon les gens dégénéreront bientôt. »

    Cette lutte pour l’idéologie est une lutte que nous devons gagner pour remonter la pente. Sa perte est ce qui a fait accepter la dégénérescence du Parti Communiste, ce qui a permis de justifier l’intégralité des reculs idéologiques de celui-ci. Le plus souvent, les opportunistes se camouflèrent derrière une connaissance des textes supérieure, qu’ils camouflèrent en maîtrise idéologique, des arguments d’autorité, des démonstrations creuses.

    Cette perte de maîtrise idéologique se fait ressentir avec un mordant terrible. Elle explique la résurgence d’idées écrasées, battues, anéanties. Des conceptions, par ailleurs, non pas balyées par la violence physique, mais par la démonstration, par la dialectique, par l’expérience. Supprimer les traces de l’expérience a infligé une terrible amnésie au militants et militants, aux communistes et aux progressistes sincères.

    Elle a entraîné la renaissance des modes de pensée idéalistes et basées sur une analyse petite-bourgeoise de l’économie : l’anarchisme. La renaissance de ces conceptions et de ces méthodes d’analyse fait renaître toutes sortes de perversions de l’esprit telles que le post-modernisme.

    Elle a entrainé la renaissance et la survie des conceptions mencheviks, dont le trotskisme. Lequel se caractérise par une phraséologie de gauche mais un bloc systématique avec les positions sociale-démocrates, réformistes.

    Au sein des léninistes, elle a semé la confusion et le trouble. Cette privation idéologique explique l’attachement fétichiste des militants et des militantes à une structure -le PCF- plus qu’à une idéologie. La destruction de la verticalité léniniste : Théorie > idéologie > programme > structure > ligne se traduit par une inversion des priorités.

    Mettre la structure comme chapeau, comme sommet, de l’application de la théorie léniniste, est une fausseté terrible, qui condamnent ses tenants à l’inaction, à la soumission, à la lutte de tranchée dans des conditions telles que le succès est impossible. Le PCF, agissant comme une version miniature de l’Etat bourgeois, est régi par les mêmes règles : inamendable, impossible à conquérir, verrouillé, prêt à la violence et à l’exclusion. Prétendre le contraire reviendrait à avaliser les thèses réformistes ou trotskistes sur l’Etat.

    Même parmi ceux et celles qui rejettent les thèses idéalistes, réformistes, trotskistes -ou crypto-trotskistes- et révisionnistes, le plus grand désaccord règne. Nous le comprenons dans un sens. Nombre d’organisations portent un héritage important, portent une tradition et une histoire. Elles sont nées à une époque où choisir la ligne pro-albanaise ou prochinoise avait une implication concrète, directe, réelle.

    Ces décisions suivaient une logique, fille du temps d’alors.

    Aujourd’hui, nous considérons que -même si elles ont un sens- ces questions n’ont pas le caractère d’urgence qu’elles pouvaient avoir auparavant. Nous considérons que considérer le traitement de celles-ci comme des préalables à toute unification est une fausse route. Nous pensons qu’elles ne peuvent trouver, au contraire, une issue positive uniquement à travers le débat dans un cadre unique et non par l’invective et le rejet.

    Du fait de ce traitement sectaire, fétichiste, et nullement fait en direction des masses, le travail d’unification, de construction du parti, végète.

    Combien maîtrisent réellement le marxisme ? le léninisme ? le maoïsme ? une poignée sinon moins.

    Une tâche s’ouvre, pour les communistes de l’Etat français : celle d’avancer. D’avancer sur le terrain de l’idéologie, dans la lutte contre le sectarisme.

    Un grand nombre de processus d’unification ont été menés jusqu’à présent. Il est essentiel d’en tirer un bilan critique et de saisir quelles sont les erreurs, les fautes commises.

  • Fin de Partie – IV – L’anticommunisme, terreau du populisme.

    Fin de Partie – IV – L’anticommunisme, terreau du populisme.

    L’anticommunisme, terreau du populisme.

    « Champagne », s’exclamait Gérard Filoche en 1991, apprenant la dissolution de l’Union Soviétique. Ce trotskiste passé au PS, comme tant d’autre, est une illustration parfaite de l’hégémonie anticommuniste. Le XXe siècle possède ce fil rouge, celui de l’opposition frontale entre les idées révolutionnaires et celles qui -consciemment ou non- étaient hostiles à la révolution socialiste.

    Par la critique de droite ou par la critique « de gauche », les voies vers le socialisme ont été consciencieusement barricadées. Elles l’ont été par une opposition frontale : le « vive le capitalisme » de la bourgeoisie, maquillé en « vive la liberté [d’exploiter] » et « vive les droits de l’homme [du bourgeois] » ; par une offensive de falsification, de mensonges éhontés contre les conceptions philosophiques, idéologiques, politiques, économiques du communisme ; par une campagne honteuse à travers les programmes scolaires, ne servant qu’à alimenter le faux parallèle entre Hitler et Staline… Chaque fois qu’une voie, un créneau s’ouvre, les anticommunistes s’en sont saisit, avec, admettons-le, un talent rare.

    Comment blâmer la bourgeoisie de s’attaquer à son pire ennemi ? Impossible. Elle agit en fonction de ses intérêts. Elle mène une lutte pour sa survie, en tant que classe sociale, contre un adversaire qui désire en finir avec elle.

    Elle n’est pas seule. D’autres lui ont emboîté le pas. Les sociaux-démocrates, en premier lieu, lesquels, dès la fin du XIXe siècle, ont révisé le marxisme, lui ont ôté toute idée de révolution, toute conception de la dictature du prolétariat. La social-démocratie se complaît dans le respect des règles édictées par la bourgeoisie, d’un jeu truqué, encadré.

    Leurs héritiers ont poursuivi cette ligne, faite de concessions, de compromis. Lorsque les événements les ont conduit au pouvoir, les ont conduit à faire face aux communistes, ces laquais de la bourgeoisie n’ont pas eu la main tremblante. La répression « de gauche » n’a rien à envier à celle organisée par l’extrême-droite.

    Le PCF, par sa transformation en parti réformiste, fut loin d’être en reste. Cette organisation est passée par les mêmes stades que la SFIO, que le SPD. La différence est que ces organisations ne se prétendent plus marxiste. Elles ne se réfèrent, désormais, plus aux classiques du socialisme scientifique, excepté de manière incantatoire, ponctuelle, opportuniste.

    Le PCF, lui, se complaît dans le fait de se réclamer d’un héritage politique. Se clamant toujours marxiste -parfois même léniniste !- il n’en escamote pas moins, consciencieusement, chacun des aspects gênants, ou les scandent sans la moindre considération pour le contexte. Les prises de position des « authentiques marxistes » du PCF sont ainsi en complet décalage avec la réalité.

    Clamer des « nationalisations démocratiques », mot d’ordre du KKE ou du PCF de 1946, dans l’Etat français impérialiste, est un non-sens. Clamer que cet Etat est dominé par les USA, est manipulée par une UE germanique ou encore qu’elle est une pauvre courroie de transmission de l’OTAN, sont tout autant de mots d’ordre faux. Faux et dangereux, car sous entendant que la ligne à tenir serait celle d’une libération nationale, d’une indépendance à conquérir. En somme, c’est faire le lit du chauvinisme et du nationalisme-impérialiste.

    Reste la critique de « gauche », puriste, idéaliste, métaphysique, celle de ceux qui ont les mains immaculées, qui n’applaudissent que les chevaliers de la pureté révolutionnaire en armure étincelante.

    L’utilisation de cette « critique de gauche » par la bourgeoisie a une histoire sur laquelle il est intéressant de revenir brièvement. Pour la résumer, nous citons ici, en avant première, une brochure prochaine sur la dictature du prolétariat.

    « La bourgeoisie a l’intelligence de favoriser la « critique de gauche » du communisme. Ce communisme « pur », de « papier », qui n’aurait jamais été essayé. Par le passé, la ligne des bourgeois fut celle d’une critique « de droite. » Staline était, jusque dans les années 30, présenté comme l’héritier de Lénine, comme un communiste intégral, comme son fer de lance. Ce n’était pas Staline lui-même qui était visé par la bourgeoisie, mais le communisme. Les discours étaient donc axés autour d’argumentaires tels que « le communisme cause la misère, il cause la souffrance…Etc. »

    Le problème de cette ligne était qu’elle n’ouvrait qu’un unique front d’attaque. Celle-ci ne permettait pas de détacher les ouvriers, la jeunesse, de leur sympathie pour l’URSS et pour son équipe de direction. 

    L’opposition « de gauche » au sein de l’URSS, lorsqu’elle fut chassée, s’est très bien acoquinée avec la bourgeoisie la plus réactionnaire. L’une et l’autre partageaient la même haine contre l’Union Soviétique, contre le léninisme. L’une et l’autre ont fait longuement cause commune, y compris à travers les alliances les plus répugnantes.

    Surtout, elle offrait un nouvel angle d’attaque : désormais, le communisme n’était -à part dans la presse la plus réactionnaire- plus vraiment l’ennemi, il était devenu une cause louable, mais trahie. Le trotskisme est devenu, rejoint en cela par l’anarchisme, une division de l’offensive contre le communisme, attaquant par la gauche tandis que les réactionnaires attaquaient par la droite.

    Lénine et Trotski, d’opposés, sont devenus les meilleurs amis du monde dans les romans de la bourgeoisie. Les léninistes furent rebaptisés « staliniens » -les révisionnistes firent de même avec le maoïsme. Ces thèses se répandent toujours, s’aggravement même, les réformes des programmes scolaires présentant maintenant sur le même pied communisme et nazisme.

    Cette propagande donne naissance à d’intéressantes contorsions mentales. Nombre de militants et militantes des milieux alternatifs concèdent que la bourgeoisie use et abuse de propagande. Qu’elle déforme, ment, viole sa propre légalité. Cela est une vérité bien acceptée. En revanche, il est hautement intéressant de voir que les mensonges sur l’URSS -mais également les racontars sur la Corée du Nord, Cuba, ou d’autres que pourtant nous ne soutenons pas de manière positive- sont acceptés sans broncher. Dire « Makhno était un pogromiste » entraine des hurlements sans fin ; clamer que Staline l’était n’entraine que des hochements de contentement et d’acceptation.

    Cette propagande entraine un reflexe de rejet pavlovien, que la fainéantise intellectuelle et la difficulté de trouver des documents fiables viennent parfaire. Les citations fausses, sans la moindre origine, sont légion ; tandis que les textes, les sources issues directes ne sont pas disponibles. Quant elles le sont, elles ne sont pas lues. »

    Cette critique forme l’enclume sur laquelle la bourgeoisie prend appui pour tenter d’écraser l’idéologie révolutionnaire. Conceptions basées sur de simples survols, sur une analyse superficielle, infondée, alimentée par les ouvrages scolaires, par les journaux et articles de la bourgeoisie, par les mensonges trotskistes, elle est une force réelle, toujours à l’heure actuelle.

    Le fait qu’elle n’aie jamais débouché sur quoique ce soit ne semble pas, outre mesure, décourager ses zélateurs Le fait qu’elle se marie régulièrement au réformisme non plus. Le fait qu’elle remette toujours à demain, à d’autres lieu, d’autres moments, d’autres conditions le démarrage de sa révolution, en revanche, contribue clairement à créer un découragement profond parmi les masses.

    La lutte contre l’idéologie révolutionnaire a été, nous devons l’admettre, couronnée de succès. La colère légitime des masses s’est détournée, par voie de conséquence, de cette voie. Or, cette colère, comme, le trop plein de pression d’un volcan, cherche spontanément des issues. L’insupportable accroissement de l’exploitation, l’insupportable injustice, ne peuvent que mener à des explosions de colère.

    Spontanément, les masses recherchent des moyens de juguler cette souffrance, de juguler cette exploitation criminelle. Incapables de pouvoir proposer quoique ce soit aux masses exploitées, hormis des châteaux en Espagne, des constructions de l’esprit, les croisés de l’antibolchevisme n’ont nullement capté ni l’attention, ni le soutien des masses.

    Bien au contraire, ces aventurier des abysses de l’idéologie, ont contribué à détourner les masses des voies justes. Les promesses de Révolution mondiale, d’autogestion, de révolution sociale et libertaires sont belles. Elles sont magnifiques, entourées de fleurs aux senteurs paradisiaques, à mille lieues de la guerre populaire. Mais elles ne sont que des songes.

    Dans l’immédiat, les tenants de ces lignes ne proposent guère d’autres choses que l’attente, l’inaction, le vote utile, le soutien critique aux ténors et aux tribuns.

    La terre promise d’un côté, le populisme et la colère de l’autre. Entre les promesse de changement immédiat, même réactionnaire, et les constructions de l’esprit, la rationalité fait pencher, bien souvent, plus pour le premier que pour le dernier.

    En attaquant le marxisme-léninisme, en attaquant la révolution socialiste, les réformistes, les révisionnistes, la gauche « radicale » ont sapé la voie révolutionnaire.

  • Du réformisme à l’opposition extra-parlementaire. PARTIE I – L’hégémonie réformiste.

    Cette brochure en plusieurs partie est disponible en entier dans le lien ci-dessous.

    L’HEGEMONIE REFORMISTE

    En cette veille d’élection, le constat est sans appel, le réformisme est la force principale au sein de la société. Les organisations évoluant dans un cadre strictement borné par la démocratie bourgeoise sont majoritaires, hégémoniques.

    A cela, pas de surprise. A l’heure actuelle, il n’existe pas de pôle révolutionnaire au sein de l’Etat français suffisamment influent pour que ses idées agissent sur la société. De plus, la spontanéité des masses se tourne vers la réforme, l’amélioration du quotidien, de la vie de tous les jours, vers l’économisme. Dépasser ce stade demande plus que le vécu individuel, que le regard au niveau de l’horizon ; cela demande une prise de hauteur, apportée par la théorisation, par l’idéologie politique.

    Il s’agit d’un travail à part entière. Tant que les forces révolutionnaires -au sens très large- ne le font pas d’une manière efficace, il n’y a lieu de s’étonner de l’hégémonie réformiste. Pester, reprocher aux masses cela, ce serait faire un fort mauvais procès. Les thèses révolutionnaires, seuls les révolutionnaires sont en mesure de les apporter.

    Or, elles sont faibles et dispersées.

    Profitant de ce vide, particulièrement en période d’élection, certaines organisations prétendent être les porte-étendards de la révolution. Ces organisations sont essentiellement bâties autour des conceptions trotskistes : Lutte Ouvrière ; le Nouveau Parti Anticapitaliste ; la France Insoumise.

    Elles se caractérisent par un discours au vernis radical, mais par une position politique foncièrement droitière ; menchevik ; réformiste ; trade-unioniste -au mieux ; sociale-chauvine -au pire.

    A celles-ci, ils serait possible d’accoler, dans une certaine mesure, le dauphin du Parti Socialiste, Benoît Hamon. Bien que ne surfant pas sur l’image du révolutionnaire, son discours sur le salaire universel, vaste arnaque, s’adressait à un public-cible très à gauche tout en satisfaisant les désirs des plus libéraux.

    Lutte Ouvrière et le Nouveau Parti Anticapitaliste possèdent un code génétique relativement similaire. Leur ascendance trotskiste donne naissance à certaines similitudes que la scissionnite trotskiste n’a pas effacé.

    Elles se basent toutes sur un constat similaire, issu du menchevisme de Trotski : la révolution est impossible à l’heure actuelle. C’est un des facteurs de la théorie de la révolution mondiale de Trotski. Elle se base sur l’idée qu’il n’est possible de construire le socialisme qu’à l’échelle mondiale. Son corolaire est qu’il est donc nécessaire d’attendre la présence de tous dans les starting-blocks de la révolution. Comme cela n’a pas lieu, du fait des inégalités de développement du capitalisme dans le monde, en attendant, ces organisations font du réformisme. Cet attente trouvait, un temps, une excuse dans le poids de l’URSS, dont ces organisations ont célébré la chute. Désormais privées de leur excuse favorite, elles en cherchent d’autres, dont le « reflux du mouvement ouvrier », éternel, intangible, justifiant tout.

    Le deuxième aspect est celui du programme de transition. Les masses, selon ces organisations -mais elles ne sont pas les seules- ne sont pas en mesure de comprendre la nécessité stratégique de la révolution. Il est essentiel, pour ne pas les effrayer, de n’en parler qu’à mots couverts. Par contre, le programme se fait sur la base de revendications impossibles à satisfaire sous le capitalisme, mais qui ne le remettent pas fondamentalement en cause. L’exemple typique est « l’interdiction des licenciements », foncièrement incompatible avec le fonctionnement du libéralisme et du capitalisme, avec son caractère vacillant, mais qui n’est pas une négation de ce mode de production. Dans la même veine, les « nationalisations démocratiques sous contrôle ouvrier », impossible à mettre en œuvre sans la contrainte la plus sévère sur la bourgeoisie. Ni possibilité d’obtenir ceci sous la dictature de la bourgeoisie, ni socialisme. Un entre-deux qui amène, invariablement à l’échec et à la désespérance. La construction du rapport de force se nourrit de victoires, non de cul de sac. D’autant plus que cette position tend à faire stagner le niveau de conscience politique, à le tirer en arrière, à le maintenir dans la charrette réformiste, voir à combattre les éléments les plus avancés, les plus révolutionnaires.

    Le dernier aspect commun, surtout marqué au sein du N.P.A., est le centrisme. Ce centrisme permet à la fois de concilier l’inconciliable mais également de rejeter toute prise de position claire. Ainsi, le N.P.A., peut à la fois faire des meeting et des manifestations avec des organisations hostiles à la cause kurde, sur le dossier de la Syrie, mais également saluer la lutte du peuple kurde Cet aspect à double face, cette absence de physionomie, est un trait majeur du trotskisme. Le « ni-ni », « ni vote-ni abstention » ; « ni paix-ni guerre », suit la même ligne. Il s’agit toujours de ne pas définir de ligne, de rester flou vague, de racoler le plus largement. Dans les faits, ce vide entre deux positions sert systématiquement la position la plus libérale, la plus droitière, que seule la fermeté peut combattre.

    Lutte Ouvrière, pour revenir dans le vif du sujet, est, comme son nom l’indique, marquée par un ouvriérisme caricatural. Cela consiste à rester fondamentalement collé au ras du sol d’un point de vue idéologique, de rester dans l’économisme le plus plat, de soutenir chaque lutte sociale, même réactionnaire, sous le prétexte qu’il faut unir tous les travailleurs. Aux yeux de L.O., avant d’être le valet de la bourgeoisie, le policer, la policière, est un ou une prolétaire. Ceci était l’argument-massue de cette organisation dans son soutien aux manifestations de la Police, lesquelles demandaient, en somme, le droit de tuer impunément.

    Dans la pratique, cela se traduit par le fait de ne pas vouloir poser la moindre question qui puisse faire clivage -féminisme, luttes de libération nationale, antifascisme- pour maintenir « l’unité de la classe ouvrière. » Cela revient à tenter systématiquement une synthèse entre les positions droitières, réactionnaires et les positions progressistes. Cela revient à un opportunisme de bas étage. Au lieu de faire avancer idéologiquement les question, d’isoler la droite et de soutenir la gauche, L.O. applique la recette, évoquée plus haut, du centrisme :unir, rassembler, nier les clivages.

    Le programme suit parfaitement cette logique : tout en dénonçant le patronat, la candidate de Lutte Ouvrière ne pose que des revendication économiques, plates. Hausse des salaires, baisse du temps de travail.

    La question du pouvoir, la question de la dictature du patronat n’est à aucun moment réellement évoquée. Derrière cela se trame toujours l’héritage génétique du programme de transition . L.O. n’ose pas parler de révolution, maintient un cap réformiste, petit-bourgeois. Ainsi, en dernière instance, c’est le passage par les urnes qui forme l’architecture de sa stratégie.

    Le N.P.A., pousse un peu plus loin la logique. Si L.O. évoque fatalement une secte, l N.P.A. se joue, au contraire, sur une façade joliment peinte, avenante, jeune et radicale. Pourtant, idéologiquement parlant, la distance est relativement faible entre les deux branches du trotskisme.

    L’économisme,  le trade-unionisme, du N.P.A. donnent à celui-ci un programme tout aussi digne d’un super-syndicat, mais ne répondant pas aux questions politiques.

    Ainsi, le texte du tract appelant au meeting de Vénissieux du mardi 11 avril 2017, les titres des trois premiers points sont éloquents :

    1-Interdire les licenciements, partager le temps de travail, fixer le SMIC à 1700€nets.

    2-Réquisitionner les banques et les grandes entreprises, planifier l’économie pour éviter la catastrophe climatique.

    3-Donner le contrôle à celles et ceux qui font tourner la société.

    Comment ? Jamais le tract de le mentionne. Comment vaincre l’opposition de la bourgeoisie, laquelle accepterait sans broncher les décisions des votants ? Incroyable naïveté ou mensonge assumé.

    Le tract lui même se tire une balle dans le pied en clamant : « le débat est ennuyeux car il fait l’impasse sur les solutions radicales qu’il faut mettre en place pour sortir de la crise. » In fine, la solution du N.P.A. ? Votons.

    En revanche, tandis que Lutte Ouvrière est particulièrement avare de commentaires sur le sujet, ou alors avec une maladresse terrible, le Nouveau Parti Anticapitaliste, quant à lui, est particulièrement prolixe sur les sujets de société. Ainsi, la question des violences policières, des luttes LGBT+, du racisme, sont régulièrement évoquée. Cela contribue à son caractère d’organisation de la jeunesse réformiste-radicale.

    Dans la lignée trotskiste, le NPA reste profondément lié à la social-démocratie, qu’il essaie inlassablement de tirer vers la gauche, de radicaliser, sans comprendre la nature de classe de celle-ci. C’est un des aspects qui ont fait que Philippe Poutou s’est montré particulièrement conciliant avec Benoît Hamon au cours des débats, ainsi qu’avec son concurrent direct : Jean-Luc Mélenchon.

    Cette organisation sort d’une période où elle était au creux de la vague. Elle a, en effet, connu maints déboires durant le début de cette campagne : Difficulté de réunir les parrainages ; manque de cohésion interne ;  manque d’unité de volonté lié au fonctionnement en tendances et en fractions.

    Une fois franchi le goulot d’étranglement des signatures, une fois franchi les premiers déboires, cette organisation a réussi quelques coups d’éclat. Cependant, cet allant, cet entrain, avec lequel Philippe Poutou se lance dans la course, ne peut faire oublier le fond de l’affaire : la course est truquée et le N.P.A. ne dénonce pas ce truquage.

    Les militants du N.P.A. ont beau clamer le contraire, dire que « en leur fort intérieur », ils et elles sont pour la révolution, le discours tenu vers les masses n’est pas en conformité avec ce désir. La communication politique de l’organisation amène même vers le sens inverse. Aspect révélateur, dans la pétition, lancée pour l’accès à la présidentielle de leur candidat,  les héritiers de la Ligue ne dénoncent pas la démocratie bourgeoise. Ils et elles dénoncent le fait que l’élection se placerait sous le signe du « recul démocratique » si jamais Philippe Poutou ne pouvait participer. A contrario, cela signifie que sa présence entraine, mécaniquement, une avancée démocratique. Cela contribue donc à accorder un semblant de légitimité au jeu pourri.

    Le 4ème mur, celui de la dénonciation de la démocratie bourgeoise, n’est toujours pas brisé. La pièce de théâtre continue.

    La France Insoumise -dirigée par Jean-Luc Mélenchon- est un cas de figure autre. Elle franchit avec entrain et panache une ligne de démarcation essentielle : celle du chauvinisme. Celui de Mélenchon est outrancier, furieux, débridé. La France Insoumise est ainsi titulaire d’une triplé de fautes.

    Premièrement, comme chez les deux précédents, l’économisme plat. Les changements proposés par la clique de Mélenchon sont du domaine du détail, toujours la même ritournelle. Augmentation des salaires, sans prise en compte de l’inflation, réduction du temps de travail, amélioration de la protection sociale…etc.

    La politique, quant à elle, est un mélange de messianisme et de programme de transition. Comment une VIe République aboutirait-elle à autre chose qu’a une constitution sanctionnant les rapports de forces au sein de la société ? Comment une limitation « morale » de la finance peut-elle être mise en œuvre sans recourir à la force ? Comment croire que des nationalisations amèneraient à autre chose qu’a un transfert de la propriété formelle des moyens de production à l’Etat, non au peuple ? La planification écologique, elle aussi, est une chimère. Elle n’est nullement applicable autrement que dans un système socialiste d’économie planifiée. Or, ce système, qui exige de briser le pouvoir de la bourgeoisie, Jean-Luc Mélenchon ne l’apporte pas ; la France Insoumise ne l’apporte pas.

    Ce qu’apporte, en revanche, ce programme, c’est un immense appui aux menées impérialistes de la bourgeoisie la plus réactionnaire et la plus chauvine.

    L’obsession de Mélenchon est toxique : celle d’une idée de l’Etat français comme d’une espace dominé, colonisé, par l’ennemi germanique et américain. Dans sa conception du monde, non seulement la France Insoumise ne reconnaît pas l’impérialisme français, mais elle souhaite l’acoquiner avec d’autres : le russe et le chinois. Dans un sens, Jean-Luc Mélenchon fait plus fort que Deng Xiaoping, il invente une nouvelle théorie des trois mondes. Un monde constitué d’une sphère germano-américaine – les superpuissances; suivie d’une faite de puissance intermédiaires -France, Chine, Russie ; puis d’un Tiers-monde dont la France devrait, avec les BRICS, prendre le leadership.

    Ainsi, pour citer son ouvrage, L’ère du peuple : « Dès lors, quel crève-coeur de voir la France rabougrie ! À cette heure notre République devrait se  dresser de toute la hauteur de son peuple sur la scène du monde. Elle ne devrait pas être enfermée dans la servile allégeance aux États-Unis d’Amérique et à leur dangereuse politique impériale. Elle ne devrait pas être cette pauvre chose ballottée par les événements, tenue en laisse par Mme Merkel. » Voici une illustration de la conception de ce triste sire, obsédé, tel un Foch, par le voisin d’outre-Rhin.

    « Elle ne devrait pas vivre dans la gêne et sous le fouet d’une poignée de déclinistes payés pour la démoraliser et la faire douter d’elle. Au contraire elle devrait marcher aux avant-postes du nouvel âge de l’humanité qui se dessine sous nos yeux, être la cheville ouvrière d’une nouvelle alliance des peuples. »  En l’occurrence, c’est cette même France, celle qui impose des dirigeants, qui maitrise le Franc CFA, qui bombarde, qui exploite, qui vole, qui devrait, sans transformation aucune, prendre la tête de l’alliance mondiale est peuples heureux.

    L’obsession de Mélenchon possède deux noms : OTAN et UE. En revanche, la capitalisme, l’impérialisme français ne sont jamais un réel problème.

    L’économie de la mer, mise en avant par la F.I., est une ode à la grandeur des Zones Economiques Exclusives de l’Etat français. Une ode à la possession territoriale, à la maîtrise des océans, à l’exploitation ou la surexploitation des ressources halieutiques.

    Toujours dans cet ouvrage de la main du chef : « Et avec 11 millions de kilomètres carrés, il dispose du deuxième territoire maritime du monde, juste derrière les États-Unis d’Amérique ! Cet espace représente plus de 16 fois notre territoire terrestre. La France continentale étale mille kilomètres de côtes. Mais 97 %  territoire maritime se situe dans les pays d’outre-mer si souvent regardés de haut ou délaissés par d’ignorants prétentieux.

     

    Je suis consterné par l’indifférence qui règne face au potentiel que cette situation contient. La France a le quarante et unième territoire terrestre du monde. Mais en l’additionnant à son espace maritime, notre pays est un géant. Le sixième du monde, juste derrière le Brésil mais devant la Chine ou l’Inde ! Ce territoire s’est encore accru de 10%   dans les années 2000 sans tirer un coup de fusil. Cela parce que notre pays a pu remettre à temps à l’ONU les preuves scientifiques de la continuité physique des nouveaux territoires maritimes connus avec ceux déjà attribués aux Français !

     

    Dès lors, sur cette nouvelle mappemonde, la France n’est pas la petite nation « occidentale » qu’a fait d’elle François Hollande en s’intégrant servilement aux politiques de l’empire nord-américain. C’est une puissance à vocation universaliste, présente sur les cinq continents dans leur contexte maritime. Mais la présidence actuelle ne connaît rien au sujet et ne s’y intéresse pas. »

    « En ce sens c’est une « nation universaliste ». La France l’est d’une  façon très physique. Elle est présente sur les cinq continents. Sa plus longue frontière est avec le Brésil, ce que l’on oublie car on néglige l’existence de l’immense et magnifique Guyane française. »

    L’Empire ne court pas de grands risques avec les sociaux-chauvins de cette trempe.

    Le protectionnisme et les accords bilatéraux sont, également, un chant de sirène destiné a appâter le chauvin et le naïf en économie. Se replier sur les liens néocoloniaux, se couper de la concurrence internationale, du capital apatride… Dans le fond, ce projet revient à tenter de faire tourner la roue de l’histoire à l’envers, de brimer, brider, ramener en arrière le capitalisme. La solution est pourtant non dans la contrition des lois du capitalisme, mais dans leur dépassement, vers le socialisme, vers le communisme.

    Quant aux militants de la F.I. ; une grande partie est très certainement de bonne foi. Tout comme la base du N.P.A., leur discours est souvent trois tons plus à gauche que la réalité du programme. A demi-mots, ils et elles admettent qu’il s’agit d’une ligne volontairement démagogue, chargée de rallier des suffrages. Ils et elles admettent le programme de transition, le discours sur l’UE et l’OTAN comme n’étant nullement suffisant. En revanche, ce qui n’est jamais accepté, c’est l’accusation de chauvinisme et de nationalisme outrancier.

    Celle-ci est systématiquement rejetée avec force. Pourtant, aucun texte ne permet de démontrer l’hostilité à l’impérialisme français de la F.I. ; ni même la reconnaissance de son existence. A l’inverse, il existe une littérature, de la main même de Jean-Luc Mélenchon, qui stipule l’inverse. La lecture du Hareng de Bismarck, de L’ère du peuple, est -à ce titre- instructive.

    Cette frilosité à l’égard de la critique de gauche rend, par ailleurs, la communauté des zélateurs de Mélenchon particulièrement agressive et hostile.

    Négation de la dictature du patronat ; négation du caractère truqué des élections ; négation du caractère de classe de l’Etat ; économisme et programme de transition. Voici ce qui trace le pentacle du réformisme-radical.

     

  • Match retour Poutou – Bourgeoisie :  0 – 2

    Match retour Poutou – Bourgeoisie : 0 – 2

     

    Le NPA vit, en 2017, son annus horribilis. Une campagne qui peine à démarrer , une absence visible d’unité de volonté et, dans les médias, des interventions qui dérapent.

    Ainsi, la pétition de supplications, #2017poutoudoitenetre, à donné une image plus que déprimante d’une organisation qui se fardait, auparavant, d’un vernis radical. Celle-ci, rédigée sur un ton destiné à fendre les cœurs, ne posait pas de critique politique de la campagne présidentielle, de la démocratie bourgeoise, du capitalisme.

    Ce qui formait la base du discours, à l’origine, était l’idée d’utiliser les élections comme tribune pour dénoncer le capitalisme, l’impérialisme, l’exploitation. La tactique a pris le pas, visiblement, sur la stratégie. Prêt à tous les compromis pour remporter cette bataille -tactique-, le NPA est incapable, désormais, de mettre en place sa stratégie. En voulant jouer sur les deux tableaux, en voulant à la fois glaner des voix et conserver une image radicale, le NPA a donné naissance à une stratégie hybride. Un peu de l’un, un peu de l’autre, peu de résultats. Comme dans la nature, les hybrides sont bien souvent stériles.

    L’absence d’unité de volonté s’est montrée à plusieurs reprise. Des militants et militantes NPA ont ainsi déclaré qu’ils et elles hésitaient entre l’abstention et le vote Poutou. Beau coup de poignard dans le dos du candidat. Plusieurs raisons à cela, contradictoires sans s’exclure mutuellement : d’une part un sincère attachement à l’idée que cette élection est une bataille perdue d’avance, et un constat que le NPA peut y laisser des plumes et y perdre en crédibilité.  D’autre part, le fait que le mouvement de boycott prend de l’ampleur : Boycott 2017 ; Génération Ingouvernable. Le NPA, organisation sans physionomie politique, voit certaines de ses fractions hésiter à rejoindre cette ligne. Flairant la bonne affaire, ils et elles cherchent à se positionner, à faire leur nid. Si Poutou échoue, ou plutôt lorsqu’il échouera, sans surprise, sans vergogne, les militants NPA déclarerons les élections nulles et clameront que leur idée était -dès le début- de boycotter.

    Comme en 2012, où les fractions du NPA s’étaient attaquées les unes les autres, pour la répartition de la trésorerie, notamment, Philippe Poutou se retrouve avec un staff diminué, divisé, tiraillé. Ce n’est pas une situation enviable. Nous ne doutons pas de sa sincérité, ni du fait qu’il soit humainement sympathique. Cela ne facilite pas, évidemment, le fait de le voir haché menu par les piranhas de la bourgeoisie.

    Lors de sa première prestation, dans l’émission On N’est Pas Couché, présenté par Laurent Ruquier, le candidat s’est fait écharper, humilier, par le présentateur et son équipe. Déjà, nous avions commenté cela dans notre article Les communistes ne rampent pas devant la parodie de démocratie des bourgeois.

    Le nouveau round, samedi, a été commenté par Julien Salingue par ces termes : Philippe Poutou invité chez Ruquier hier soir, ou le nouvel épisode de « Un ouvrier, c’est là pour fermer sa gueule ».

    L’arrogance et le mépris social dont fait preuve cette petite caste, incapable de supporter la moindre critique, sont à vomir.

    En effet, malgré un avertissement sec la dernière fois, malgré cette humiliation, le candidat du NPA a été dominé, écrasé, par le jeu de perturbation des présentateurs, des intervenants, lesquels ont taillé en pièce son discours, au point de le rendre inintelligible. Une stratégie politique, même fausse, demande du temps pour être étayée, développée, expliquée. Cela n’était nullement le cadre ou le lieu, le format de l’émission, de base, ne s’y prêtant pas. Même avec les meilleures intentions du monde, Philippe Poutou partait déjà perdant, face à la répartie, la punchline, qui est le point central de cette émission.

    Pour enfoncer le clou, les présentateurs ont même insisté sur l’aspect de double face du candidat, souriant ici, mais incisif sur les réseaux sociaux.

    Cette séquence, même pour nous tenons la ligne de l’abstention, qui considérons que la stratégie du NPA est fausse et opportuniste, n’en est pas moins désagréable à regarder.

    Sur les réseaux sociaux, on s’étonne, on s’indigne, on crie à l’insolence au mépris de classe.

    Mais, et nous nous adressons à tous les militants et militantes, à quoi vous attendiez-vous ?

    Seriez-vous devenus naïfs au point de croire que les médias, les émissions de divertissement, sont neutres ou amicales envers les militants progressistes ? Qu’ils vont accueillir avec des sourires, avec de la tendresse, de la compassion, ceux qui défendent l’idée d’un partage des richesses -même réformiste- comme Philippe Poutou ?

    Cette indignation, qu’elle soit légitime ou jouée sur un air faussement choqué, doit cesser.

    Elle doit se muer en résolution.

    Que croit-on ? Que la bourgeoisie est fair-play, qu’elle accepte qu’on l’attaque, qu’on la dénonce, qu’on la pointe du doigt comme la responsable des maux de la terre ? Non, elle se rebiffe.

    Elle corrompt.

    Si elle ne peut corrompre, elle humilie et salit.

    Si cela ne suffit pas, elle tue.

    La grande faiblesse de Philippe Poutou, comme de nombreux « révolutionnaires », qui, au final, sont des humanistes romantiques, c’est de ne pas avoir attaqué. D’avoir voulu être le gentil, la victime des méchants. Cela colle bien à l’image de son parti, de sa révolution romantique, rêvée, jamais construite.

    Nous ne sommes pas là pour être les gentils, pour être les victimes, nous sommes ici pour battre la bourgeoisie.

    Nous ne sommes pas ici pour être humiliés mais pour gagner.

    Nous savons que, lorsque la bourgeoisie fait mine de nous donner la parole, c’est pour -au mieux- faire une répétition d’un « diner de cons », au pire pour nous assaillir sous les tonnes de mensonges anticommunistes.

    Il ne saurait en être autrement dans une société divisée en deux classe antagoniques.

    Ce qui est, fondamentalement, le véritable scandale, c’est de croire encore en la bienveillance de nos ennemis, que de leur tendre le cou pour qu’ils nous décapitent.

    Ce qui est fondamentalement notre faiblesse, c’est -une fois sorti des discours- cette tendance que nous avons à être bernés par des pièges grossiers.

    Si nous voulons gagner, nous devons grandir, briser définitivement les mythes, dont ceux des médias neutres, ceux de l’Etat neutres, ceux des élections « démocratiques. »

    Pour gagner, nous n’avons pas besoin de candidats, de pétitions, de supplications, mais de militants, d’organisation. Nous avons besoin d’un Parti, d’un Front.

     

    Cessons de croire dans la bourgeoisie. Cessons de jouer ses jeux truqués.

    Croyons uniquement en nos propres forces ! Ne comptons que sur elles !