Étiquette : Anniversaire

  • Bicentenaire de Friedrich Engels

    Bicentenaire de Friedrich Engels

    Communiqué commun UPML – UC

    En ce 28 novembre, nous fêtons le bicentenaire de l’anniversaire du philosophe, sociologue, économiste et militant socialiste allemand Friedrich Engels, en consacrant ces quelques mots sur sa contribution à la formation du socialisme scientifique.

    Surtout connu en tant qu’acolyte de Marx, il nous semble important de rappeler son apport singulier à l’analyse marxiste. En effet, Friedrich Engels a commencé à apporter sa pierre à l’édifice notamment à travers l’observation des phénomènes sociaux liés au capitalisme industriel à Manchester dans la manufacture de coton appartenant à son père. Ses observations lui permettent de mettre en lumière les conditions matérielles de l’exploitation des ouvriers. Cette immersion dans le quotidien des travailleurs lui permet de constater les piètres conditions de travail qu’implique le système capitaliste. L’apport de cette expérience immédiate du milieu ouvrier s’avère donc essentielle en ce qu’elle contribue à la formation du matérialisme historique. C’est en 1845 qu’Engels rend compte de ses observations sociologiques à travers la publication de « Die Lage der arbeitenden Klasse in England » (La situation de la classe laborieuse en Angleterre). A la même période, il rédige « Die heilige Familie » (La Sainte Famille) qui critique l’idéalisme Néo-hegelien, et « Die deutsche Ideologie » (l’idéologie allemande) co-écrit avec Marx, dans lequel il expose les bases du matérialisme historique.

    Engels a non seulement contribué à l’accumulation d’un savoir empirique, c’est-à-dire basé sur l’expérience concrète du lieu de vie et de travail des ouvriers, mais il représente aussi un engagement individuel conséquent visant à officialiser la naissance et la reconnaissance du socialisme scientifique. En 1847, lors du premier congrès de la ligue communiste, Engels participe en tant que délégué du groupe communiste de Paris, dans lequel sont déclarées les ambitions du communisme : le renversement de la bourgeoisie, la mise en place de la dictature du prolétariat, l’abolition de l’antagonisme entre prolétaires et bourgeois, et l’instauration d’un nouvel ordre social dans lequel il n’y aura ni classes ni propriétés privée. Le second congrès de la ligue communiste donne lieu à la rédaction des Principes du communisme (1847) (Grundsätze Des Kommunismus), ouvrage dans lequel Engels explicite la théorie de la libération du prolétariat. Il occupe également le poste de secrétaire du comité central de la fédération des communistes à Bruxelles. En Allemagne, il combat sur les barricades de la révolution de 1848 et tire les conclusions de cette lutte, dans son ouvrage intitulé Révolution et contre-Révolution en Allemagne (1852).

    Dans ce communiqué, nous souhaitons également mettre en lumière la contribution d’Engels au sujet de la reconnaissance de l’exploitation et de l’oppression des femmes, en particulier au sein de la famille monogamique régit par le modèle du père en tant que chef de famille. Il a en effet remis en question le bien fondé du mariage (au sein de la classe bourgeoise du moins), qu’il qualifie d’instrument réquisitionné pour assujettir les femmes :

    « Le mariage conjugal n’entre dont point dans l’histoire comme la réconciliation de l’homme et de la femme, et bien moins encore comme la forme suprême du mariage. Au contraire : il apparaît comme l’assujettissement d’un sexe par l’autre, comme la proclamation d’un conflit des deux sexes, inconnu jusque-là dans toute la préhistoire ».

    Il nous semble important de saluer la prise en compte de l’exploitation et de l’oppression des femmes dans l’analyse de la lutte des classes.

    Engels dit dans une lettre à Gertrud Guillaume-Schack : « Une véritable égalité entre l’homme et la femme ne deviendra réalité que lorsque leur exploitation par le capital sera éliminée et lorsque le travail ménager privé sera transformé en une industrie publique. ». Cet aspect de sa réflexion se trouve dans « Der Ursprung der Familie des Privateigenthums und des Staats » (L’origine de la famille, de la propriété, et de l’Etat ,1884) où il retrace une histoire des civilisations, ainsi que de l’évolution des structures familiales. Il analyse le passage d’une famille consanguine à une famille monogamique. Ainsi, il démontre par exemple, que la famille telle que nous la concevons aujourd’hui dans les sociétés occidentales, est une construction sociale historiquement située. Il déconstruit donc l’idée selon laquelle la famille monogamique va de soi est un produit de la nature, qui s’imposerait à nous. Cette analyse de l’origine des civilisations ainsi que de la famille symbolise une contribution essentielle à la compréhension des logiques de domination que revêt le capitalisme, puisque ce dernier impacte directement ces instances de socialisations auxquelles nous sommes toutes et tous façonné.e.s.

    En raison de sa participation active à l’élaboration de la théorie marxiste et à sa mise en pratique militante, nous rendons hommage à cet illustre savant, sans qui l’analyse du socialisme scientifique serait incomplète. Même après 200 ans, la lutte des classes reste d’actualité, et nous nous devons de poursuivre ce combat, afin que l’avenir ne l’efface pas de notre histoire.

    Es Lebe Engels !
    „Proletarier aller Länder, vereinigt euch !“

  • Résolution de l’ICOR à l’occasion du bi-centenaire de la naissance de Karl Marx

    Résolution de l’ICOR à l’occasion du bi-centenaire de la naissance de Karl Marx

    Résolution de l’ICOR à l’occasion du bi-centenaire de la naissance de Karl Marx

    Le 5 mai de cette année marque le bi-centenaire de la naissance de Karl Marx, sans doute la personne dont la pensée a eu le plus grand impact sur l’histoire de l’humanité. La pensée de Marx est ample et polyvalente. Il développa le socialisme scientifique. Ses trois composants principaux sont le matérialisme dialectique et historique, l’économie politique et l’enseignement de la lutte de classe. Résumé brièvement, son analyse était une analyse concrète des conditions concrètes. De telles analyses ont conduit Marx à découvrir les relations complexes du capitalisme, la nécessité de la révolution socialiste et communiste et l’interprétation correcte de l’histoire. Il était un universaliste génial et écrivit des élaborations d’ampleur, e.a. sur la politique, l’économie, l’histoire, la culture, la sociologie et les sciences. Il a jeté les bases scientifiques du mouvement prolétarien de la femme et du mouvement environnemental et a prévu le mouvement antiraciste et celui contre les castes.

    Mais son point fort n’était pas seulement sa pensée. Il fut actif dans la Première Association ouvrière internationale (avec la Ligue des communistes comme organisation précurseur), formée par différents syndicats de différents pays. Il fonda l’Association ouvrière allemande (alors qu’il était en Belgique). C’est à la demande de la Ligue des communistes que Marx et Engels écrivirent le Manifeste communiste en 1848. Ainsi Marx a mis en pratique le principe de l’internationalisme prolétarien qu’il développa pour s’opposer au nationalisme bourgeois.

    Ce travail exigea les plus grands sacrifices personnels de la part de Karl Marx. Lui et sa famille souffraient souvent de pauvreté et de la répression policière. Il fut expulsé de pays (deux fois de France et une fois de Belgique) et se retrouva apatride en Angleterre qui lui refusa la citoyenneté, tandis que la Prusse refusa de rétablir sa citoyenneté. Il était contraint de faire son travail dans des conditions extrêmement difficiles. Sa femme et sa famille ont dû payer un lourd tribut pour une telle vie. Quatre de ses sept enfants sont morts dans le plus jeune âge.

    Beaucoup ont accepté que la pensée de Karl Marx dans divers domaines, tels que l’économie, la sociologie, l’histoire, etc. est juste. Cependant, ils affirment que sa pensée de la révolution n’est pas correcte et ne se trouve pas en accord avec ses autres pensées. C’est manifestement faux. L’essence de la pensée de Karl Marx est son concept de la révolution. C’est le souffle de vie de son travail.

    Nous commémorons Karl Marx en ce jour non seulement pour rendre hommage à ses réalisations passées. Nous défendons surtout que la pensée de Karl Marx est l’avenir – que le socialisme scientifique est le seul avenir possible dans un monde assailli par divers types de crises – économiques, politiques, environnementales, ethniques et culturelles. C’est dans un tel monde que Karl Marx nous montre la possibilité d’un monde sans classes – sans partialité face à n’importe quelle race, ethnie, à n’importe quel sexe ou caste. Un monde basé sur l’abolition de la propriété privée des moyens de production – le sol et les usines, – un monde où peut commencer l’histoire réelle de l’humanité.

    Efforçons-nous tous de commémorer Karl Marx de la seule manière authentique. En renouvelant notre détermination et notre enthousiasme de lutter pour l’esprit de l’internationalisme prolétarien, pour la démocratie et la liberté, pour le socialisme et le communisme, pour un monde pour lequel Karl Marx nous avait donné une vision.

    L’ICOR appelle tous les révolutionnaires de profiter du bi-centenaire :

    • pour propager la pensée de Karl Marx !

    • pour inspirer la jeunesse de prendre la voie révolutionnaire montrée par Marx !

    • pour changer le monde dans la voie vers le socialisme et le communisme selon le sens du slogan suivant :

    Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

     

    Signataires (en date du 24/04/2018, d’autres signataires sont possibles):

    1. ORC Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo

    2. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)

    3. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))

    4. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie

    5. MLOA Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)

    6. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)

    7. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)

    8. NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka

    9. Krasnyj Klin Gruppa Kommunistov-Revoljucionerov „Krasnyj Klin“ (Groupe de révolutionnaires communistes « Krasnyj Klin » [coin rouge]), Bélarus

    10. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)

    11. KSC-CSSP Komunisticka Strana Cheskoslovenska – Cheskoslovenska Strana Prace (Parti communiste de Tchécoslovaquie – Parti ouvrier tchécoslovaque), République tchèque

    12. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)

    13. MIKSZ Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise)

    14. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)

    15. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas

    16. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))

    17. VZDOR VZDOR – strana práce (Résistance – parti du travail), Slovaquie

    18. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)

    19. TIKB Türkiye İhtilalci Komünistler Birliği (Union de communistes révolutionnaires de Turquie)

    20. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)

    21. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine

    22. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)

    23. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine

    24. NPCH (ML) Nouveau Parti Communiste Haϊtien (Marxiste-Léniniste)

    25. PC/ML Partido Comunista (Marxista-Leninista) de Panamá (Parti communiste (marxiste-léniniste) du Panama)

    26. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))

    27. PML del Perú Partido Marxista Leninista del Perú (Parti marxiste-léniniste du Pérou)

    28. PPP Partido Proletario del Perú (Parti prolétarien du Pérou)

    29. MLP Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie

    30. БРП(к) Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes))

  • 75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 4

    75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 4

    Stalingrad incarne tout ce que nous défendons et tout ce que nos ennemis haïssent.

    Nous publions en plusieurs parties cet article, mais il est intégralement disponible, ainsi que son annexe ici :

    Stalingrad incarne la liberté, la lutte contre l’oppression, la lutte contre la misère, contre l’asservissement et le colonialisme fasciste. Elle incarne le don de soi, l’esprit désintéressé. Elle incarne le sens du devoir et du sacrifice, pour que naisse un monde meilleur.

    Stalingrad est l’épicentre du monde, en ce mois de février 1943. Elle ne fut pas la seule ville à combattre, la seule ville à souffrir, loin de là ! Leningrad, Moscou et Stalingrad furent les trois citadelles qui continrent la contagion fasciste mondiale. Elle furent les récifs sur lesquelles s’écrasèrent les vagues de peste brunes.

    Bien d’autres villes, elles aussi, sont des martyres. Kiev ; Minsk ; Smolensk ; Sébastopol ; Jitomir ; Toula ; Odessa ; Lidice, en République Tchèque… En occident, Londres ; Coventry ; Caen ou Oradour-sur-Glane reviennent. Mais qui, hélas, peut ignorer que les Oradour furent des milliers en URSS. Des villages éventrées, des enfants pendus, des vieillards et des vieillardes fusillées, les viols, les pillages, les meurtres, les pogroms, avec la complicité des fascistes locaux.

    Les fascistes et les nazis haïssent Stalingrad, car elle incarne l’écrasement de leurs thèses, leur faillite. Elle illustre la fausseté de la théorie de la supériorité raciale aryenne, de la supériorité du mercenaire fasciste, de la toute puissance de l’industrie de guerre nazie.

    Nos ennemis bourgeois haïssent Stalingrad car cette bataille est une dette que l’humanité entière a envers les soldats et les soldates soviétiques, envers les peuples de l’URSS, envers le mouvement communiste international.

    La bourgeoisie n’a eu de cesse de tenter d’effacer ce symbole, de le brimer, de le salir, de le diminuer, de renvoyer dos-à-dos le nazisme et le communisme, elle n’y parvient pas. Malgré tout ce qu’elle met en œuvre pour brouiller les pistes, pour tenter d’accabler de crimes les défenseurs -et les défenseuses !- de Stalingrad, elle échoue.

    Elle se donne du mal, pourtant. Elle n’a pas hésité à sauter à pied joints dans le mythe de la Wehrmacht propre, pour permettre de disculper une partie des soldats allemands des crimes de masses commis sur le front de l’Est. Elle n’a pas hésité à encenser le moindre Allemand ayant eu des doutes sur le régime hitlérien, pour trouver un point d’appui à la croisade anticommuniste.

    Dans les manuels scolaires, Stalingrad est utilisé uniquement comme massacre à grande échelle, dans lequel Soviétiques et Allemands sont équidistants. Films, bandes dessinées, « documentaires », tracent tous un portraits d’un soldat de l’Armée Rouge qui se bat contraint sous les ordres de commissaires politiques sadiques et mesquins, tout en haïssant secrètement le régime et ses dirigeants, dont au premier chef Staline.

    L’absence de scrupules et de vergogne est sans limites pour les « historiens » bourgeois.

    Les citoyens soviétiques n’étaient pas des animaux apolitiques, conduits à l’abattoir avec un fusil pour deux. Certains étaient effectivement amers de risquer leur vie pour devoir se défendre contre une agression qu’ils subissaient. Certains grognaient, certains trouvaient la situation dure. Comment les en blâmer ?

    Grogner, être critique, être en colère ne signifie pas rejet le fond du système ni le fond du régime. Mais, tant empressés qu’ils sont, les « historiens » essaient avec désespoir de trouver des alliés, des agents, des pions pour leurs basses manœuvres. 

    La guerre est dure, elle est brutale, elle est sale. Elle ne l’a jamais autant été que ces années de 1941 à 1942, dans l’odeur de mort des fosses communes, dans les ravins de Baby Yar, dans la puanteur de la Shoah qui se prépare, et qui fut stoppée par les Soviétiques.

    Les pertes sont lourdes, le haut-commandement connaît parfois des failles, des fleuves de sang payent les erreurs d’un pays qui n’était pas préparé à la guerre. Mais cette guerre n’est pas une guerre qui se termine sur une paix blanche, sur un traité. Il s’agit d’une guerre d’anéantissement, sans pitié, sans prisonniers, sans merci.

    La Stavka a joué son rôle dans des circonstances catastrophiques, sans aide, au début, sans soutien, avec les forces dont elle disposait. Elle a tenu son rôle sans en avoir à rougir, surtout sous les quolibets de stratèges de salon.

    Mais malgré cela, malgré ces dires, les pseudo-historiens ne peuvent effacer Stalingrad. Ce nom, cette ville, reste le tournant de la Seconde Guerre mondiale, de la Grande Guerre Patriotique, de la lutte entre le fascisme et la liberté. Ils ne peuvent effacer le fait que l’URSS, sous une direction politique ferme, juste et révolutionnaire, a pu sauver le monde de l’hydre nazie.

    Chacune de nos « libertés », nous les devons à Ivan, Piotr, Svetlana, mais aussi Bekzat, Kostya, Aigerim, venus des steppes d’Asie centrale, ou Pablo, fils de républicain Espagnol. Nous les devons à toutes et tous, venus ici écraser le monstre le plus terrifiant, né du capitalisme pourrissant.

    D’autres Stalingrad naissent. L’offensive du Têt, dont nous fêtons les 50 ans cette année, est la défaite de la plus puissante machine de guerre que le monde ait connu, en face de la résolution d’un peuple uni pour gagner sa liberté.

    Plus proche de nous Kobane fut le Stalingrad de l’organisation obscurantiste-fasciste Daesh. Là aussi, les fascistes ont été écrasés dans les rues d’une ville symbole. Là aussi, les forces populaires ont triomphé.

    Là aussi, le drapeau rouge était présent.

    Le symbole du marteau et la faucille sur le magasin Univermag, ultime refuge des fascistes dans la cité qu’ils ont éventrée, restera toujours le symbole de la victoire sur le fascisme.

    Stalingrad est l’un des symboles de l’histoire populaire, de l’histoire de l’Humanité. Il le restera jusqu’à la fin des temps, jusqu’au Stalingrad final, tombeau de la bourgeoisie, du capitalisme, de l’impérialisme.

    Vive l’Armée Rouge ! Vive la lutte antifasciste internationale ! Vive le communisme !

  • 75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 3

    75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 3

    La contre-offensive.

    Nous publions en plusieurs parties cet article, mais il est intégralement disponible, ainsi que son annexe ici :

     

    L’offensive début le 19 novembre, dès le départ, les alliés Roumains et Italien sont pulvérisés. L’armée soviétique fonce, balayant tout sur son passage, écartant toutes les difficultés par la vitesse, la manœuvre, par l’habitude de la neige et du froid. Le deuxième jour, la ligne de vie des fasciste, la ligne de chemin de fer de Kalatch est prise. Elle signe la condamnation à mort de l’armée de Paulus.

    L’armée Allemande tente de se défendre, elle mord comme un animal pris au piège. Mais celui-ci est trop fort, trop puissant, trop minutieux pour lui laisser le moindre échappatoire. Les Allemands sont rejetés loin de Stalingrad. Ceux qui y sont toujours sont au mieux des prisonniers, au pire des condamnés à mort.

    Goering, le maître de la Luftwaffe, l’orgueilleux et pompeux seigneur, promet de ravitailler la poche, le Kessel. 500 tonnes sont à livrer hebdomadairement pour que l’armée résiste. Il s’agit d’une tâche impossible, dans laquelle l’aviation de transport et de bombardement paie un prix immense, tandis que la DCA soviétique et les chasseurs rouges s’en donnent à cœur joie. 

    Le froid est extrême, la faim est intense dans la poche. Les blessés meurent faute de soin, pendant que s’obstinent à une résistance sans objet les généraux fascistes. Pour retenir les troupes soviétiques le plus longtemps possible, ils sacrifient le sang de leurs hommes.

    Les bombardements, les assauts, brisent les hommes de la VIème armée. Elle est a bout de souffle. Elle s’éteint. Après plusieurs entrevues n’ayant pas débouché sur des possibilités de reddition, les soviétiques écrasent finalement la poche.

    Les Allemands rêvaient de traverser la Volga, ils le firent sous la forme de colonnes de prisonniers, chargés par la suite de reconstruire ce qu’ils avaient détruit. Les nazis furent furieux que leurs généraux ne se suicidèrent pas. Friedrich Paulus déclara, rejetant cette coupe de cigüe qu’était sa nomination au grade de Maréchal : « Les morts ne s’intéressent plus à l’histoire militaire. »

    Le 2 février, il y a 75 ans, une moisson de généraux se rendaient ainsi à l’Armée Rouge des Ouvriers et Paysans. 5 mois d’une bataille acharnée, dans laquelle un demi million de soldats soviétiques et 300 000 civils tombèrent, tandis que 600 000 hommes et femmes étaient blessées. Elle coûta aux nazis et à leurs alliés 400 000 hommes et 110 000 prisonniers. Ces pertes terribles, terrifiantes, furent amèrement pleurées par les soviétiques, mais purent être surmontées. Les Allemands, en revanche, perdaient l’élite de leurs troupes et ne s’en relevèrent pas.

    En réaction, le 18 février 1943, Gobbels fit son discours du Sportpalast, devant 14 000 membres du NSDAP, dans lequel il appela à la guerre totale et à la mobilisation intégrale de l’industrie et de la population Allemande. Ce discours hystérique fardé de rhétorique ne servit qu’à une chose : prolonger les souffrances des civils pris dans la guerre, pris dans l’étau d’un système criminel et despotique. Trop peu, trop tard pour vaincre. Juste à temps pour permettre les massacres, les ravages, les crimes. La fuite en avant ne servit que de sursis aux élites nazies.

    Elle coûta aux fascistes la guerre. Après Stalingrad, les fascistes ne stopperont les soviétiques qu’a deux reprises :

    à Kharkov, entre fin février et juillet, ce qui déboucha sur la plus grande bataille de chars de l’histoire, Koursk, où l’armée  Allemande fut pulvérisée et où sa colonne vertébrale fut brisée.

    à Varsovie, du fait de ses trop grandes lignes de communication, et où les fascistes en profitèrent pour écraser l’insurrection de Varsovie, orchestrée par un groupe de nationalistes anticommunistes, qui voulaient profiter de l’arrivée de l’Armée Rouge pour restaurer la Pologne dictatoriale et nobiliaire. Ce geste criminel coûta des milliers de vies humaines pour un résultat nul.

    Stalingrad est bel et bien le tournant de la guerre.

    Dans le monde entier, les peuples reprennent espoir. Les résistances comprennent qu’elles ne sont plus des combat d’arrière garde, mais bien l’avant garde du monde nouveau qui émergera de la victoire.

    Les autres fronts, vidés de leurs réserves, s’effondrent. L’Afrique est libérée de la présence Allemande et Italienne. En juillet 1943, les alliés peuvent ainsi débarquer en Sicile et prendre pied sur le continent.

    Sans la bataille de Stalingrad, rien de cela n’aurait été possible. Ni débarquement, ni libération. Si les capitulards, les collaborateurs, les agents du compromis et de la trahison n’avaient pas connu les procès de Moscou, n’avaient pas été traqués par le NKVD, rien de cela n’aurait été possible.

    L’URSS a serré les dents, serré les poings, serré les rangs pour que le monde soit libre.

    A ce moment, le monde entier le savait et l’honorait. Aujourd’hui, par anticommunisme ou pour des raisons géopolitiques, certains veulent taire cette victoire des défenseurs de la liberté.

    Pourtant l’épée de Stalingrad, forgée sous les ordres du roi Georges VI, demeure un symbole de la dette du monde vers ces peuples. « Aux cœurs d’aciers de Stalingrad, le roi George VI fait présent de cette épée en témoignage de la reconnaissance du peuple britannique »

    Présent à la remise de celle-ci, à Téhéran, Roosevelt nota : « lorsque Staline prit l’épée sur son coussin de velours, il eu les larmes aux yeux, je les ai vues, ensuite il rabaissa l’épée dans un mouvement de noblesse spontané ».

    Vorochilov, dans sa maladresse proverbiale, la fit tomber par terre à grand fracas, chose que les actualités ont pudiquement coupé.

    Aujourd’hui, l’appel de la mère patrie, cette immense statue de béton de 85 mètres de haut, rappelle le sacrifice des peuples soviétiques. Ne les oublions pas. N’oublions pas non plus que certains immondes personnages tentent de les classer dans les « morts du communisme. »

    L’URSS paya plus cher que cette triste liste de décès Les concessions qu’elle dû faire envers l’armée, les ingénieurs, les cadres d’usine se payèrent chèrement. L’URSS ne fut plus jamais la même. Comme nous l’avons mentionné dans notre brochure sur le 9 mai 1945, les agents de la restauration des rapports capitalistes, les liquidateurs de l’économie planifiée, les anesthésistes de la lutte des classe reprirent des forces.

    Nikita Khrouchtchev, qui fut commissaire politique à Stalingrad, est illustratif de cela. Les liens que celui-ci tissa avec l’armée, avec les ingénieurs, le propulsèrent, avec Mikoïan et Kossyguine, comme les leviers de l’offensive de droite au sein du PC(b)US. Après la guerre, s’appuyant sur ces concessions, ces sinistres personnages vont œuvrer à liquider la ligne léniniste, ce qu’ils parviendront à faire. En 1952, au XIXe congrès du PC(b)US, la ligne défendue par les bolcheviks est minorisée. En 1956, elle est marginalisée et remisée, tandis que les masses sont épuisées par les 27 millions de sacrifiés pour la paix et la liberté.

    Hélas, l’expression ‘ »les meilleurs s’en vont les premiers » n’est pas que vacuité. Les meilleurs militant bolcheviks ont fait don de leur vie, de leur chair, pour sauver le monde. L’URSS, en tant qu’Etat socialiste, s’est ainsi offert lui-même tout entier.

    Ne l’oublions, cela aussi, jamais !

  • 75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 1

    75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 1

    75 ème anniversaire de la bataille de Stalingrad.

    N’oublions jamais celles et ceux qui sont tombés pour la liberté !

    Nous publions en plusieurs parties cet article, mais il est intégralement disponible, ainsi que son annexe ici :

    Il y a 75 ans, le 2 février 1943, le Feldmarshall  Paulus capitulait à Stalingrad, se rendant à Mikhail Shumilov, commandant de la 7e armée de la Garde.

    Une onde de choc traversa le monde.

    De New York à Tokyo, de Berlin à Sydney, les yeux et les oreilles du monde étaient tournés vers ce qui était, naguère, la belle petite ville prospère, aux immeubles blancs, dans le creux de la puissante Volga. Dans les ruines fumantes, dans les carcasses de chars, dans les épaves d’avion écrasés, dans les tranchées et les bunker, les hommes et les femmes entendaient le silence. Pour la première fois depuis le 23 août 1942, la ville était calme.

    Partout dans le monde libre, la liesse s’est déchaînée, sous les hourras de victoire. Même sous le poids de la botte nazie, les peuples gémissants découvraient l’expérience de la victoire. Pour la première fois depuis le début de la guerre, une armée nazie capitulait.

    A Berlin, la stupéfaction l’emporta sur la rage. Le prince Otto von Bismarck, descendant de celui qui préconisait de ne jamais s’en prendre à la Russie, reçu un coup de fil urgent de l’ambassade d’Allemagne à Berne : « Arrêtez de danser ! Stalingrad est tombé. »! Hitler écumait de rage devant le fait que les généraux et maréchaux préféraient la captivité à la mort pour la grandeur de l’impérialisme Allemand.

    Dans l’histoire de la guerre, il y avait désormais un avant et un après Stalingrad.

    Nous rendons hommage, aujourd’hui, aux hommes et aux femmes qui s’y sont battues, qui y ont vécu, qui y sont tombées.

    Qui peut oublier qu’au milieu d’un été 1942 de peur, de terreur, d’un été d’horreur, Stalingrad est apparu comme un espoir.

    Le 22 juin 1941, en violation complète des traités internationaux, l’Allemagne nazie déverse sa horde de criminels sur une Union Soviétique en paix. Après avoir ravagé l’Europe, les fascistes se tournent vers l’Est, pour y imposer un colonialisme criminel, pour y imposer une société structurée par la race, par le sang, par l’asservissement. Hitler avait dit « le monde retiendra son souffle ». Il le retint pendant quatre ans.

    Les fascistes déferlèrent et ravagèrent l’URSS, après avoir tentés en vain de la déstabiliser, d’utiliser des agents pour l’affaiblir. Contre toute attente, la Blitzkrieg s’enlise. Contre les prémonitions de génies de renseignement, la « structure pourrie » ne s’effondre pas. La société soviétique fait bloc autour de son gouvernement, autour de son Parti, autour d’une direction politique Timochenko le présida le comité de défense, avec Staline, Molotov, Vorochilov, Boudienny et Kouznetsov. Si les pertes sont terribles, si les encerclements sont immenses, les arrières de l’ennemi sont fragiles. L’axe ne connaît pas de répit. Les fascistes rencontrent l’hostilité de la population. Aucune nuit sur ce front ne fut une nuit de répit.

    Pour la première fois sur le continent Européen, la machine de guerre nazie connaît des revers. Les espaces conquis sont immenses, mais vides. Les hommes, les femmes, les machines, se replient. Tout ce qui ne peut l’être est détruit. Les pillards sont amers, leur proie est coriace. Les soldats Allemands sont ivres de victoires, mais les pertes s’accumulent. L’usure aussi. Au bout de cinq semaine, aucune ville d’importance n’est prise.

    Le plan nazi était classique, sans grande inspiration. Alors que d’autres privilégiaient l’audace, le GröFaZ ‘Größter Feldherr aller Zeiten’ (le plus grand chef de guerre de l’Histoire, surnom ironique donné à Hitler par ses généraux), privilégie une approche en éventail, qui disperse les forces, qui affaiblit les coups. Le « génie » hitlérien joue une farce à son camp. Le mépris pour le prédécesseur Napoléonien pousse à ignorer Moscou pour frapper Leningrad et le Caucase. Deux cibles que les Allemands prirent jamais.

    Pendant ce temps, côté soviétique, la société sort de la paix en sursaut. L’industrie se met en marche, la population, résignée à livrer un combat imposée, se mobilise pour résister à l’envahisseur. Les prodigieuses avancées issue de la sueur de tout un peuple ne doivent pas être perdues. Hommes et femmes se préparent au conflit, se préparent à faire face à la plus grande épreuve de l’histoire de l’humanité. Les fascistes, méprisants, s’attendaient à trouver des bêtes sauvages, armés de lances de de pierres. Ils se heurtent aux armes les plus modernes du monde -mais trop peu, et trop dispersées- les Kliment Voroshilov, les T-34, les BM-13 Katiouchas, les Yak-1, les MiG-3, les Il-2 Shturmoviks. Ils se heurtent à un peuple qui résiste, qui se bat stoïquement, qui se contente de peu, qui est dur. Un peuple appuyé par des militants et des militantes communistes qui montrent l’exemple, qui n’hésitent pas à se battre. Un Parti qui paie aussi le prix fort son engagement. Staline perd lui-même un fils, qu’il refusera d’échanger contre des généraux. Certains le lui reprochent. Ils lui reprocheraient également s’il l’avait fait.

    Leningrad est encerclée le 8 septembre, avec l’aide des Finlandais, qui, ironiquement, empêcheront en partie sa prise, en renâclant à avancer plus. Elle tint 872 jours avant d’être libérée, en faisant le second siège le plus long de l’histoire contemporaine.

    Moscou est approchée en décembre, sous les neiges et les tempêtes. Heinz Guderian, l’un des concepteurs de l’armée blindée Allemande, voit les tours du Kremlin dans ses jumelles. Et fait demi-tour. L’heure de la contre-offensive a sonné. Lancée par Joukov et Vassilievski, la contre offensive repousse les fascistes loin de la capitale. Ils n’approcheront plus jamais. Aidés par les excellents services de renseignement, les soviétiques savent que le Japon ne bougera pas. Richard Sorge, l’espion le plus précieux du monde, tient cette confidence de l’ambassadeur d’Allemagne au Japon lui-même.

    Rassemblant en hâte une armée fraîche, les Soviétiques stupéfient le monde entier. L’invincible armée Allemande chancelle, vacille. Elle chasse les fasciste de la région de la capitale, elle libère la Crimée, où Sébastopol était encerclée. Elle brise le mythe de l’invincibilité de la Wehrmacht.  Elle ne rompt hélas pas. La contre-offensive s’essouffle, s’arrête. L’URSS vient d’empêcher une victoire totale de l’Allemagne. Elle n’est pas encore assez forte pour rendre les coups. Elle n’est pas prête encore à reprendre ce qu’elle a perdu. Mais elle a effrayé les généraux allemands, qui ont voulu reculer. Hitler non. Il ne voudra plus les écouter, et n’écoutera plus que lui-même et ses stratèges de chambre. Cela se paya très cher.

     

  • Déclaration de l’UCL concernant le 100ème anniversaire de la révolution d’Octobre.

    Déclaration de l’UCL concernant le 100ème anniversaire de la révolution d’Octobre.

    Déclaration de l’UCL concernant le 100ème anniversaire de la révolution d’Octobre.

    Aujourd’hui, 7 novembre 2017, nous célébrons le centième anniversaire de la Révolution d’Octobre. Nous célébrons le soulèvement des masses populaires, des ouvriers et des paysans, renversant le gouvernement provisoire de Kerensky, et mettant en œuvre, sous la direction du Parti Bolchevique, la dictature du prolétariat.
    Cette date est un jalon de l’Histoire. Non seulement de l’Histoire contemporaine, mais de l’Histoire de l’Humanité.
    Elle représente un point de bascule dans l’histoire de la lutte des classes.

    Elle n’est pas un événement isolé, fortuit, un accident de l’Histoire. La Révolution d’Octobre n’est pas orpheline, elle est le fruit d’un processus long, ardu, émaillé de difficulté, teinté de sang.

    De l’insurrection paysanne de Thomas Munstzer, en passant par les niveleurs anglais, par la Révolution Française et la conspiration des Egaux de Baboeuf, par la révolution de 1848, la Commune de Paris ou 1905 et le Potemkine… Octobre Rouge est loin d’être un acte isolé.

    De même Octobre donna naissance à bien d’autres. Octobre ne fut ni isolé, ni stérile. De cette révolution naquit une lame de fond qui secoua l’intégralité du monde. Cette lame de fond donna naissance à des révoltes, des révolutions, des tentatives d’apporter un gouvernement soviétique aux masses exploitées et opprimées. Allemagne, Finlande, Hongrie, connurent ces révolutions, noyées dans le sang, écrasées -y compris par la social-démocratie, dévoilant par là-même son vrai visage.

    Contre cette tentative d’écrasement, la Révolution Russe se dota de son armée populaire, l’Armée Rouge des Ouvriers et Paysans et écrasa tant les réactionnaires que les interventionnistes. C’est ainsi qu’elle assura sa survie ainsi que la possibilité de concrétiser l’Etat prolétarien.

    Octobre apporta, au milieu de la putréfaction des charniers coloniaux, le vent de la liberté. Désormais, pour tous les peuples prisonniers de l’impérialisme et du colonialisme, une espoir existait.

    Octobre donna naissance, également, à l’immense entreprise de construction du socialisme. La plus grande aventure de l’Humanité, lui permettant de se hisser hors des horreurs de l’esclavage, de l’exploitation, de la misère et de l’oppression, débutait. La première expérience de construction du socialisme prenait forme.

    Un parcours dur. Un parcours émaillé de difficultés. Un parcours émaillé de contradictions, de trahisons. Un parcours nappé du sang de 24 millions de citoyens soviétiques, des centaines de milliers de partisans de toutes nations, qui versèrent leur sang pour que la croix gammée ne règne pas sur le monde. Un parcours terrassé, au final, par la contre-révolution de 1956, avec la liquidation du socialisme en URSS, signant la victoire de l’ennemi de classe intérieur.

    Mais Octobre donna naissance, au travers de la lutte armée contre les réactionnaires et les occupants, à un autre Octobre, celui de la révolution chinoise. Il accoucha, in fine de la Révolution Culturelle, de la révolution Cubaine, de la lutte héroïque du peuple Vietnamien et de bien d’autres.

    Aujourd’hui, encore, Octobre engendre des enfants, en Inde, au Kurdistan, aux Philippines. Aujourd’hui, partout dans le monde, comme cent ans avant. Ceux qui vivent dans la nuit de l’oppression tournent leurs regards vers le phare qu’est la révolution.

    Tous ces événements, sans exceptions, s’articulent autour d’une charnière, d’un pilier, 1917. Ou elles en sont les prémices, ou elles en sont issues, mais toutes sont liées de manière intime à la Révolution Prolétarienne de 1917.

    Ecrire sur le centenaire de cette date, pour un militant  ou une militante communiste, est une tâche ardue. Elle est une tâche ardue du fait de la nature même de l’événement, que tant et tant de critiques, d’exégètes et de commentateurs veulent nier ou pervertir. Elle est une tâche ardue du fait des causes profondes de celle-ci, qui sont légion. Elle est ardue, également, car elle n’est pas qu’un flash, pas qu’un éclair, mais bien une étape vers une construction qui s’est poursuivie pendant des dizaines d’années, avec le regard qu’il est essentiel d’avoir sur les conséquences de cette Révolution. Elle l’est, aussi, au final, car elle ouvre une ère d’expérience qu’il nous faut encore distiller, pour en extraire toute la substance et l’amener à notre situation actuelle.

    Ecrire sur 1917, cela revient à embrasser un ensemble d’aspects, un ensemble d’angles de vues, un ensemble quasiment infini de questions. Economiques ; politiques ; militaires ; sociétales. Un ensemble qui se subdivise de manière fractale, concernant les moindres aspects de la vie de tous les jours de la part des citoyens -et in fine, surtout des citoyennes- soviétiques, jusqu’à la construction de l’économie politique soviétique. Ni la guerre, ni l’amour, ni la vie, ni la mort, ni l’art ne sont épargnés par l’influence immense de cette révolution et de ses conséquences.

    Cela revient à devoir les traiter, de plus, non pas dans leurs aspects statiques, comme les icones, les peintures, les photographies prenant la poussière dans un musée, mais bien comme un ensemble en mouvement, un ensemble dialectique, un plasma s’entrechoquant.

    La bourgeoisie voudrait ne voir qu’un comptabilité morbide, qu’un coup d’Etat apportant la misère et la mort. Les anarchistes et les critico-utopistes ne voudraient en voir que les imperfections, s’en servir pour condamner l’ensemble. Les dogmatiques et les fétichistes, à l’inverse, que les succès, que les réalisations, restant bouche bée et acritiques devant la moindre réalisation, en niant les faillites et les manques.

    Alors que la réalité n’est pas à mi-chemin entre les deux, elle est différente, elle est l’explosion de créativité et d’émancipation que donne la révolution, elle est également l’œuvre de construction expérimentale d’une société nouvelle, dont les règles, dont les lois, dont le fonctionnement n’était pas connu, pas établi, dont tout restait à découvrir.

    Ecrire sur 1917, c’est finalement embrasser autre chose qu’un vase clôt, qu’une unité de lieu dans laquelle certains voudraient voir se dérouler une farce comique, d’autres une tragédie. Ecrire sur 1917, c’est écrire sur le monde et sur les répercutions planétaires de la Révolution Prolétarienne. Ecrire sur 1917, c’est remettre la future URSS, naissante, dans un espace mondial, dans un ensemble vivant et réactif, qui est influencé et influence, qui réagit et agit, qui ne reste pas indifférent à ce qui se déroule dans cet Empire Russe, monstrueuse prison des peuples, accouchant d’un monde nouveau.

    Ecrire sur 1917 amène à évoquer les colonies, amène à évoquer l’impérialisme, amène à évoquer le nazisme.

    Ecrire sur 1917 revient à évoquer des trajectoires qui vont amener certains à passer du prolétariat aux plus hautes fonctions, amène les peuples écrasés à se soulever, amène les femmes vers l’émancipation, mais également les trajectoires qui amènent aux trahisons, aux échecs, les trajectoires qui donnent naissance à ce clair-obscur ou naissent les monstres, pour paraphraser Gramsci. Des trajectoires subventionnées par l’anticommunisme, qui finissent dans le ravin de Babi Yar ou dans les fours de Auschwitz.

    Ecrire sur 1917 est à la fois écrire sur hier, mais également écrire sur aujourd’hui et sur demain. Ecrire sur le passé et sur l’avenir. 1917 est à la fois le passé de l’Humanité, mais également son avenir.

    Aujourd’hui, nous rendons hommage à la révolution de 1917. Rend hommage, mais, également, souligne que celle-ci n’est pas un fétiche, pas une icone morte, mais bel et bien un guide, une expérience, dans la bataille des classes qui se joue actuelle, bataille des classes dont la fin ne peut être qu’au travers de la liquidation du pouvoir de la bourgeoisie, de son ordre d’exploitation injuste, de son Etat.

    En commun avec d’autres organisations, l’UPML (Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste), du CUC (Cellule Unité Communiste), du BUPRACOM (Bureau de Propagande et d’Agitation Communiste), de la  Tribune Marxiste-Léniniste ainsi que des Editions prolétariennes, nous avons publié ce communiqué :

    La révolution prolétarienne est toujours le phare qui éclaire le monde !

    La révolution prolétarienne d’octobre fête son premier centenaire. Elle fut plus qu’une lueur d’espoir pour tous les exploitées et toutes les exploités, pour les opprimées et les opprimés. Elle fut un phare immense, embrasant la nuit obscure.

    En pleine grande guerre impérialiste, tandis que les prolétaires étaient sacrifiés par millions pour le repartage du monde au profit de grands trusts, elle fut l’incarnation du rejet de la guerre et de la volonté de paix.

    En plein enfer colonial, elle apporta un espoir à tous les peuples souffrant sous le joug des impérialistes. Un espoir de pouvoir s’émanciper et se réaliser en tant que nation. Un espoir de chasser les occupants et les bourreaux. Au sein de cette prison des peuples qu’était l’Empire Russe, elle apporta un vent de liberté.

    Au cœur d’une Europe pouilleuse et miséreuse, elle fut pour les prolétaires, pour les paysans et les paysannes une illustration du fait que les patrons et les patronnes, les créanciers, les créancières, les banquiers et banquières, en somme les parasites qui vivent de la sueur des autres n’étaient pas nécessaires. Qu’il était possible de gouverner sans eux. Qu’il était nécessaire de gouverner contre eux.

    Dans les sociétés réactionnaires, traditionalistes, patriarcales, cette révolution fut également le point de départ d’avancées majeures, d’une possibilité d’émancipation, par delà des sexes, des genres, des préférences.

    Octobre 1917 était tout cela. Elle était plus que « la terre, le pain, la paix », elle était l’incarnation des masses montant à l’assaut du ciel, sous la direction du Parti Bolchevik.

     Octobre 1917 était le point de bascule entre une société où la recherche du profit dicte sa loi et une où la satisfaction des besoins devient l’objectif. Une société rationnelle, juste, équitable, sans les pillages, sans les gâchis, sans l’anéantissement de la planète qui sont inhérents au capitalisme.

    Voilà ce qu’était Octobre 1917.

    Les « historiens » bourgeois voudraient remiser ces espoirs aux oubliettes. Peindre de sang la libération des masses. Tronquer et escamoter les faits. Mentir et inventer. Créer une fiction dans laquelle la Révolution était le coup d’Etat d’une clique, d’une bande de criminels. Voilà ce que la bourgeoisie voudrait.

    Elle ne lésine pas sur les moyens. D’une part en attaquant le socialisme, en attaquant le communisme, en attaquant les fondements d’une société juste, sans états ni classe, en clamant que l’exploitation est la mère de toute vie.

    De l’autre en se faisant les porte-paroles d’une ultragauche anticommuniste, prétendant que les révolutionnaires n’étaient pas assez purs, pas assez désintéressés, que la révolution est belle, sur le papier.

    Elle ment sans honte dans les médias, dans les publications « scientifiques », dans les productions hollywoodiennes, dans ses romans. Elle ment dans les programmes scolaires, essayant de faire de la République des Soviet un symétrique du Reich nazi.

    D’un côté comme de l’autre, leur idée est de faire de ce centenaire gênant une œuvre de musée des horreurs, ou de la minimiser, de la neutraliser, de l’aseptiser, d’en faire un fétiche du passé. Certains prétendus communistes vont certainement contribuer à cela. Ils n’acceptent qu’en façade l’idée révolutionnaire, font mine de le défendre, mais en sapent sans cesse les bases.

    Nous ne les laisserons pas brader cet héritage ! Soyons unis autour de la défense de ce sommet de l’Histoire et de la lutte des classes.

    Nous avons, entre nous, des désaccords, des controverses, des conflits, des dissensions -souvent, des haines -parfois. Nous sommes une multitude d’organisations et une multitude de points de vues.

    Mais, aujourd’hui, nous parlons d’une seule voix, car sur ce point, nous sommes unanimes.

    Nous parlons d’une seule voix pour nous hisser à la hauteur de l’enjeu, à la hauteur de l’importance de cette célébration.

    Nous parlons d’une seule voix car, quelque soient nos désaccords, nous nous retrouvons sur une chose : La révolution prolétarienne n’est pas le passé. Elle est l’avenir de l’humanité.

    Elle est l’avenir, contre les menaces de guerre, contre le bellicisme, contre la volonté de lancer de nouveau les masses les unes contre les autres pour les profits d’une clique.

    Elle est l’avenir, contre l’exploitation capitaliste, contre la misère qui s’accroît, contre la privation des biens les plus fondamentaux.

    Elle est l’avenir, contre la domination impérialiste -et de notre impérialisme, contre l’écrasement des peuples, contre la surexploitation colonialiste, contre la marche à la mort pour les profits.

    Elle est l’avenir, contre le carcan rétrograde et réactionnaire qui emprisonne l’ensemble de la population.

    Elle est la condition pour que l’humanité de s’asphyxie pas, qu’elle continue à avancer sans faire de la Terre une poubelle toxique ou un champ de ruines.

    Elle est la condition pour que l’humanité quitte cette ère d’obscurité . Pour que débute une Histoire dont le fil directeur n’est plus la succession des guerres, des crimes. Dont le moteur n’est plus la lutte pour la survie, contre l’oppression et l’exploitation.La révolution ouvre une aube nouvelle pour l’humanité, une nouvelle séquence dans son histoire. Nous sommes à l’orée de celle-ci.

    La Révolution a une portée universelle, qui embrasse chaque partie de la planète. Partout dans le monde, partout sur la Terre, le prolétariat est la classe qui doit diriger, la seule classe à même de mettre fin à l’exploitation. La seule capable de mettre fin à la division en classes de la société, contre la division du monde en groupes hostiles et aux intérêts antagoniques.

    Nous avons besoin d’un Parti Communiste révolutionnaire pour former l’Etat-major de cette classe, pour aller vers la révolution.

    Aujourd’hui, nous ne formons qu’une seule voix, qu’une seule ligne, qu’un seul camp : celui de la révolution. Celui de la destruction du capitalisme et de l’impérialisme.

    Dans d’autres Etats, les communistes avancent sur le chemin de la révolution, sur le chemin de l’exercice d’un pouvoir populaire et démocratique. Nous les saluons et nous prenons exemple sur leur combat !

    Aujourd’hui, nous clamons que notre héritage, celui de 1917, n’est pas un héritage de musée, mais est une arme, un outil, pour construire l’avenir !

    Le phare de 1917 n’est pas mort. Il renaîtra et éclairera de nouveau le monde !

    Le communisme est la jeunesse du monde !

    Le monde appelle le Communisme de ses voeux, pour mettre fin à l’écrasement, à l’exploitation, aux guerres et à la misère.

    Au séminaire de Bottrop en Allemagne, les 25-26-27 octobre, aux côtés de nos camarades de l’ICOR – Coordination internationale des parti et organisation révolutionnaire, rassemblant 59 organisations révolutionnaires de 33 pays, les délégués de l’Unité Communiste de Lyon se sont exprimés sur l’actualité de la Révolution d’Octobre.
    L’Unité Communiste de Lyon salue chaleureusement les membres de cette coordination, en ce jour anniversaire.

    Nous reproduisons ici, in extenso, l’intervention de nos délégués :

    « En complèment de ce qui à été dit pas nos camarades de France [de l’ Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste] nous avons en France une situation sociale porteuse d’espoir.

    Nous sommes sous le coup d’une crise économique qui n’en finit pas. La classe ouvrière est sans cesse attaquée par les réformes de la bourgeoisie. La petite bourgeoisie est encore pléthorique, mais est menacée sans discontinuer de tomber dans le prolétariat, voire le sous-prolétariat.

    Le mouvement social se développe, voire se radicalise, notamment face à la répression qui s’aggrave sans cesse, en particulier avec l’application de lois antiterroristes.

    Mais nous n’avons qu’un milieu Marxiste-léniniste minuscule, morcelé. Morcelé par un sectarisme de groupes qui se voient chacun comme un Etat-major et qui ne créent pas de cadre de discussion qui permette d’apporter une solution scientifique aux problèmes, qui n’apporte aucune mutualisation des expériences de lutte.

    La social-démocratie, le révisionnisme, le trotskysme, l’anarchisme triomphent, car là où le balais de passe plus, la poussière s’accumule.

    Nous avons besoin d’un Parti ! Et nous avons besoin d’un congrès d’unification pour le constituer. Mais l’expérience démontre qu’on ne peut pas passer directement par les groupuscules actuels, qui refusent de renoncer à leurs prérogatives.

    Actuellement, essayant de régler nos problèmes les uns après les autres, nous tentons avec tous les camarades de France représentés ici, en suivant l’exemple du groupe « l’Emancipation du travail » de Plekhanov, tout en participant aux luttes, de renforcer notre capacité à diffuser plus largement les idées marxistes-léninistes. Nous le faisons par la rédaction de brochures, par l’édition, par la diffusion, par la formation. Par ce travail, nous cherchons à contribuer à accroitre l’influence du marxisme-léninisme et à l’étendre à de nouveaux milieux. Ces milieux, formés dans la lutte des classes, contribuerons à former la base d’un tel congrès d’unification.

    Aujourd’hui nous parlons tous d’une seule voix à l’occasion du centenaire de la Révolution Bolchevique. Demain, c’est ensemble que nous mènerons la lutte jusqu’à la victoire finale.

     Nous sommes le monde, et le monde est à nous !

    Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

  • Sur le 90ème anniversaire de la Gande Révolution Socialiste d’Octobre. (2007)

    Sur le 90ème anniversaire de la Gande Révolution Socialiste d’Octobre. (2007)

    Sur le 90ème anniversaire de la Grande Révolution Socialiste d’Octobre. 

    2007

    Le 100 ème anniversaire de la Révolution d’Octobre est un évènement considérable. Il ne s’agit pas de commémorer un évènement quelconque, une simple date. Il s’agit d’un point de rupture titanesque.

    Si la Commune de Paris fut un premier coup de hache dans le pouvoir de la bourgeoisie, en instaurant la première dictature du prolétariat, la Révolution d’Octobre instaura la première expérience de construction du Socialisme.

    Le fait qu’elle ait eu lieu est le fruit de facteur conjecturels (guerre, épuisement…) mais également d’une préparation de longue haleine. Sans le travail de construction du Parti Bolchevik, cette révolution serait restée chimère et utopie.

    Entre Que faire et la Révolution, quinze années d’écart. Un océan de travail, légal ou illégal, clandestin ou au vu et su de tous. Quinze années de lutte terrible dans les coulisses, pour que la grande première existe.

    Une révolution marquée par la guerre, que les bolcheviks ont du apprendre à faire. Marquée par les interventions étrangères, la haine implacable du capitalisme contre les travailleurs. Marquée aussi par la solidarité prolétarienne, l’amitié entre les peuples et entre les travailleurs.
    Entre la Révolution et le XXème congrès du PCUS, qui enterra le socialisme, 39 ans de travail acharné, pour faire d’un Etat arriéré une force politique et économique de premier plan, sans impérialisme, sans exploitation, sans misère. Une œuvre bâtie dans l’encerclement, dans la guerre, dans la douleur et dans la menace. Dans l’expérimentation, dans la découverte, avec des victoires, des revers, des erreurs. Mais une œuvre qui éclaire toujours, qui rayonne.

    Un matériel immense que les communistes doivent étudier, comprendre, analyser, pour renaître plus forts et plus puissants. Aguerris par l’expérience entière du mouvement communiste international.

    Cette brochure, que nous reproduisons ici, célébre, il y a dix ans, le 90 ème anniversaire. Elle est une déclaration pertinente et pleine de bon sens sur les questions relatives à la construction du socialisme.

    Une lecture supplémentaire à ajouter à sa bilbliothèque.

    Sur le 90ème anniversaire de la Grande Révolution Socialiste d’Octobre

    Revolutionary Democracy

    2007

    Publié par l’UCL en 2017


    Voici le message de salutations adressé au groupe Ray O. Light lors de la réunion tenue à New York pour célébrer le 90ème anniversaire de la Grande Révolution Socialiste d’Octobre. 

    La célébration du 90ème anniversaire de la Grande Révolution Socialiste d’Octobre à New York, en plein cœur de la citadelle de l’impérialisme américain, est un sujet de première importance et nous estimons que c’est une question de grand honneur d’envoyer un message fraternel de salutations à cette occasion au nom de la revue Revolutionary Democracy

    Marx a fait observer que les révolutions des dix-septième et dix-huitième siècles n’étaient pas des révolutions Anglaise et Française, mais des révolutions d’un modèle européen dans lequel la victoire de la bourgeoisie a représenté la victoire d’un nouvel ordre, la victoire d’un nouvel ordre de la société, la victoire de la propriété bourgeoise sur les rapports de propriété féodaux. La victoire de la révolution russe en octobre 1917 a vu la victoire du nouvel ordre prolétarien et la victoire des rapports de propriété socialistes sur les rapports de propriété bourgeois: il s’agissait d’une révolution sur un modèle mondial, comme cela a été souligné par la formation du camp démocratique au côté de l’URSS socialiste en tant que résultat de l’instauration des démocraties populaires de l’Europe centrale et du sud-est et de la République populaire de Chine, de sorte qu’un tiers de l’humanité fût libéré du joug du capital. 

    La Révolution russe a survécu aux tentatives de l’impérialisme mondial d’étrangler la République des travailleurs dès sa naissance et est parvenue à la victoire contre la réaction intérieure et extérieure dans la guerre civile. Elle a réussi à ramener rapidement les forces productives au niveau de 1913. Par la suite se déroula l’une des périodes les plus extraordinaires de l’histoire mondiale, qui a vu l’industrialisation de l’URSS à l’intérieur de plans successifs de cinq ans (les plans quinquennaux, note du traducteur) de sorte que l’État ouvrier est devenu le premier État industriel en Europe, ainsi que la création des fermes collectives des paysans pauvres et moyens. Ces victoires ont été précédées par les victoires politiques dirigées par Staline, le grand continuateur des œuvres de Lénine, contre les oppositions de «gauche» et de droite. L’opposition de «gauche» dirigée par Trotsky et Preobrazhensky désirait « surindustrialiser » prématurément la Russie soviétique dans les débuts de la Nouvelle Politique Économique avant même que la production industrielle soit retournée aux niveaux de la période tsariste, sur la base des capitaux extraits de la l’exploitation de la paysannerie, une mesure qui aurait mortellement affaiblie l’alliance des travailleurs et des paysans. L’opposition de droite dirigée par Boukharine a tracé les grandes lignes d’une politique d’industrialisation légère fondée sur l’expansion de l’abondance d’un marché de paysans riches. Staline a réalisé une politique d’industrialisation centrée sur la construction de l’industrie lourde mécanique et financée principalement par les nouvelles valeurs créées dans l’industrie soviétique par la classe ouvrière elle-même. La mise en place des nouveaux rapports agricoles socialistes correspondait précisément au point de vue de Marx qui faisait valoir que: les moyens de production devraient être la propriété de la société dans son ensemble plutôt que celle des fermes collectives comme cela a été fait par l’instauration des Stations de Machines et Tracteurs; que les fermes collectives devraient être formées par la paysannerie pauvre et moyenne à l’exclusion de la paysannerie riche que Lénine appelait la dernière classe capitaliste. Ces réalisations colossales ont été rendues possibles par l’enthousiasme au travail des masses par le biais du mouvement Stakhanov et les campagnes d’émulation socialiste. En 1936 Staline a été en mesure d’annoncer que l’URSS était une société qui a jeté les bases d’une société socialiste dans laquelle l’exploitation des classes n’existait plus. L’économie socialiste a été la base matérielle pour la consolidation de l’union volontaire des nations et des nationalités fondée sur le droit à la sécession qui jeta les bases de l’Union soviétique. Elle jeta aussi les bases de l’émancipation des femmes soviétiques qui jouissaient maintenant de facilités sans précédent dans les conditions du socialisme. Avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Staline a affirmé que les nouvelles tâches de la classe ouvrière étaient d’achever la construction de la société socialiste et de commencer la transition vers le communisme. La société soviétique atteingnait la notoriété dans le monde entier par le biais de la formation de la nouvelle culture socialiste réaliste associée avec les noms de Gorki, Maïakovski, Fadayev, Ostrovsky, Deinika, Vera Mukhina, Eisenstein, Poudovkine, Chostakovitch, Khatchatourian, Ivanov, Koretsky et Kukrinsky.

    Les réalisations économiques de l’URSS, la défaite politique de l’opposition et l’élimination de la cinquième colonne dans la société soviétique à travers les procès pour trahison ont été les conditions préalables essentielles pour la victoire sur le fascisme qui a coûté  27 millions de morts au pays. La victoire de l’Armée rouge dans la Grande guerre patriotique a jeté les bases pour la mise en place des nouvelles démocraties en Europe de l’Est et du Sud-Est et en Asie. L’Union soviétique a très rapidement rétabli les forces productives à leur niveau d’avant-guerre et en 1950 il était le double de celui de 1940. Les plans pour jeter les fondements de la société communiste étaient de nouveau à l’avant-plan en URSS alors que le PCUS(b) a appuyé les démocraties populaires de l’est et de l’ouest sur la voie de l’avancement vers le socialisme.

    Après la mort de Staline, la révolution en Union soviétique et dans la majorité des démocraties populaires est entrée dans sa phase descendante. Déjà en 1948/49, la Yougoslavie de Tito a commencé la liquidation de sa démocratie populaire et la formation d’une économie de marché. Elle a été le précurseur de ce qui se préparait progressivement en Union soviétique et dans les démocraties populaires, à l’exception de l’Albanie. L’héritage de la Grande Révolution Socialiste d’Octobre a été liquidé en URSS en 1954-58 avec la fin de la planification dirigée pour la mise en place de la société communiste, la circulation des moyens de production en tant que marchandises dans le secteur public et la transformation concomitante du travail libre associé de la société socialiste en une situation où la force de travail est devenue une marchandise, alors que le profit est maintenant devenu le critère de l’efficacité des entreprises. Le Vingtième congrès du PCUS et l’élimination des communistes Kaganovitch et Molotov de la direction du parti en juin 1957 par le biais d’un coup d’Etat militairo-policier dirigé par Serov et Zhukov ont été les corollaires de la contre-révolution néolibérale.

    Du 90ème anniversaire de la Révolution d’Octobre nous devons tirer les leçons des réalisations de l’Union soviétique et aussi les enseignements qui se dégagent de sa destruction. Comme l’impérialisme et en particulier l’impérialisme américain est en train de se déchaîner dans le monde entier, il est plus clair que jamais que la voie de la démocratie et le socialisme est la seule voie à suivre pour l’émancipation des peuples du monde entier.

    Nous souhaitons tout le succès possible à votre célébration du 90ème anniversaire de la Révolution d’Octobre.

    Longue vie à la grande Révolution Socialiste d’Octobre!
    Longue vie aux idées immortelles de Marx, Engels, Lénine et Staline!
    Vive la solidarité de la classe ouvrière et des masses travailleuses à travers le monde! 

    Delhi
    1er novembre 2007.

    Traduit de l’anglais par Garde Rouge

     

  • l’Unité Communiste de Lyon a un an.

     

    Le 18 février 2016, nous avons fondé l'Unité Communiste de Lyon. Nous en célébrons aujourd'hui le premier anniversaire.

    A nos yeux, cet anniversaire est l'aboutissement d'un travail important, intense, et efficace.

     

    Avant, cette date, Lyon était exempt, depuis plusieurs années, d'organisation politique constituée défendant ouvertement le marxisme-léninisme, le maoïsme, en somme défendant l'héritage des Etats prolétariens et des démocraties populaires. Cette éclipse est désormais terminée, et il existe, de nouveau, ici, une organisation travaillant à la construction d'un Parti Communiste Marxiste-léniniste sur l'Etat Français.

    C'est la tâche principale que doivent se fixer les communistes. C'est à cette tâche que s'attelle notre organisation. Nous rassembler, resserrer nos rangs, nous unifier, pour que soit affûtée notre théorie, notre idéologie, mais aussi que naisse l'outil qui nous manque.

    L'année qui s'est écoulée fut une année d'offensive ouverte, sauvage, d'une bourgeoisie qu'aucun frein n'entrave. Ce fut une année sous le signe de l'attaque massive contre les droits sociaux, à travers la loi El-Khomri, contre les droits démocratiques, à travers l'Etat d'urgence, mais aussi contre les peuples en lutte pour leur émancipation. A travers les agressions directes menées par l'impérialisme français, par le soutien aux mercenaires opérant en Syrie, au régime fasciste d'Erdogan… Pour ne citer que la face émergée de l'iceberg.

    La répression et les exactions contre les travailleurs, contre les travailleuses, mais également contre les masses populaires, a été intense. Elle s'est traduite, à travers la violence de la police, à travers le double visage de la justice -féroce pour les nôtres, douce pour la bourgeoisie- par les morts, les viols, les blessures et la prison dans les rangs du peuple. Elle s'est traduite, à l'inverse, par les acquittements, les non-lieux, les peines symboliques pour la bourgeoisie et ses laquais.

    2016 fut, toute entière, une année sous le signe de la réaction. Les discours xénophobes, chauvins, antisociaux, se sont déversés. Le catalyseur de la course à l'Elysée a agi massivement, poussant les candidats à rivaliser de putréfaction.

    Nous décrivions l'année 2017 comme une année dialectique, une année "centrifugeuse", où les contradictions éclatent au grand jour. En face de l'élection présidentielle, les masques tombent. Sous la pression, les organisations révèlent chacune leur vraie nature. Les masques tombent.

    C'est dans ce cadre difficile que nous avons relancé notre activité et notre organisations. Non pas parce qu'il était aisé de le faire, mais bien car cela est nécessaire.

     

    Former – Unifier – Lutter, tel est notre triptyque. Tels sont nos objectifs.

     

    Nous n'avons pas à rougir de notre bilan d'un an d'activité.

    Pour former nos camarades et diffuser notre idéologie, nous avons repris et republié des brochures sur des sujets essentiels -Le Socialisme ; le Maoïsme- ainsi que des dossiers d'analyse sur des sujets aussi vastes que les relations internationales, les médias ou l'état d'urgence. En un an d'activité, nous avons ainsi écrit 75 articles sur divers sujets, sans compter tracts et brochures. Tout ces documents et bien d'autres dossiers seront disponibles sur notre nouveau site internet.

    Surtout, nous avons mené à bien notre premier travail de fond, Pour en terminer avec le mythe du P.C.F., qui, bien que présentant quelques erreurs de jeunesse, a été pour notre organisation une grande source d'expérience. Elle nous a démontré que, malgré un capital humain -capital le plus précieux- peu abondant, nous avons la possibilité de produire un travail long et complexe. Nous comptons poursuivre dans cette voie et, ainsi, produire d'autres ouvrages traçant les lignes de démarcation de ce que doit être le communisme d'aujourd'hui.

    Nous publions notre journal, UNITE, autant que nous permettent nos moyens temporels, pour propager nos positions, défendre notre ligne, mais également susciter le débat. Bien que le rythme aie été entravé par notre manque de moyen humains, nous disposons largement de quoi noircir bien des pages.

     

    Dans le cadre de l'unification, notre participation à la construction d'une Unité de Cercles Communistes représente pour nous un projet important. Nous considérons que les militants et militantes communistes sincères -mais un ou une communiste "non-sincère" est-il, ou est-elle, communiste ?- doivent se regrouper, s'organiser, communiquer et travailler en commun à ce qu'il n'existe, au final, plus qu'une seule organisation politique réunissant les communistes.

    A ceux qui clament que celle-là existe déjà, qu'elle est le P.C.F., nous leur répondrons que nos lignes de démarcation ne sont pas les mêmes.

    Selon nous, ce qui doit former la base de l'unité ne peut-être que ceci:

    • L'adhésion à la théorie matérialiste-dialectique, sans laquelle toute analyse est impossible.
    • L'adhésion au concept de la lutte des classes et ses implication.
    • La reconnaissance de l'Etat Français comme d'une puissance impérialiste et la nécessité de combattre cet impérialisme en priorité.
    • L'adhésion à la nécessité de la révolution comme forme d'accession au pouvoir et de la dictature du prolétariat.
    • La volonté de construire le socialisme.
    • Le fait de se retrouver dans l'héritage de l'histoire du communisme et de vouloir travailler à son analyse.

    Voilà quels traits minimaux doit avoir une organisation communiste. Le P.C.F. ne s'y retrouve pas, pas plus que les organisations trotskistes. Ceux qui, à l'heure actuelle, se parent des oriflammes de la révolution, mais ne cherchent que des issues réformistes, n'ont rien à voir avec les communistes.

     

    Nous avons lutté, au cours de notre première année d'activité, sur plusieurs fronts.

    Nous avons participé, tout en faisant naître notre organisation, aux mouvement contre le loi El-Khomri. Nous avons défendu notre position auprès de la classe ouvrière : celle d'une abrogation pure et simple de cette loi, laquelle est une bataille d'anéantissement contre le C.D.I. et le code du travail. A cette occasion, nous n'avons nullement cherché à cacher le fait qu'aucun changement majeur n'est possible sous capitalisme. Seul le fait de porter sa négation, par la révolution et le pouvoir populaire, peut permettre de placer, entre les mains du peuple, le contrôle de l'économie.

    Nous avons participé, aux côtés de nos camarades Kurdes, aux rassemblements pour exiger du régime fasciste d'Erdogan la libération des députés du HDP, emprisonnés dans les geôles d'Ankara. Pour dénoncer la suppression des libertés démocratiques et le soutien de notre impérialisme à ce régime. Nous sommes fiers de pouvoir écrire que nous sommes parmi les initiateurs de la campagne Kurdistan : choisir son camp, lettres ouvertes à nos camarades, laquelle pose clairement la question du double-jeu de nombreuses organisations politiques et médias dans l'Etat Français. Nous saluons chaleureusement tous les co-signataires et les soutiens avec lesquels nous participons à cette campagne.

    Aux cotés de nos camarades de la GALE, d'Alternative Libertaire, des Jeunes Communistes de Lyon, nous avons appelé au rassemblement antifasciste pour dénoncer l'existence des locaux néo-nazis, sur des bases essentielles d'indépendance vis-à-vis des institutions, d'opposition frontale contre les chauvins et les organisations bourgeoises. L'existence de cette rupture avec la social-démocratie est une chose importante.

    Toujours au côté de nos camarades de la GALE ainsi que d'individus non-organisés, nous avons contribué à initier le rassemblement anti-électoral du 4 février, appelant non seulement à boycotter les élections de manière franche, mais également à constituer une opposition extra-parlementaire contre le pouvoir de la bourgeoisie.

     

    Il nous reste un très long chemin à parcourir.

    Après un an d'activité, nous considérons qu'un travail immense est a accomplir. La lutte des classes est un tonneau des Danaïdes, plus nous disposons de moyens pour l'effectuer, plus le champ d'activité dans lequel nous agissons s'élargit.

    Nous nous fixons plusieurs objectifs pour les mois qui viennent.

    Nous préparons notre premier congrès, lequel définira notre ligne quant à l'actualité et aux perspectives d'évolution au sein de l'Etat Français. Ce travail important, nous le menons pour permettre également aux organisations extérieures de connaître nos positionnement. Que cela fusse pour évaluer des possibilités de travail commun comme pour permettre une juste critique nous permettant de corriger nos erreurs.

    Nous préparons un nouveau site internet, permettant de pouvoir diffuser non seulement des articles, mais également des versions numérisées des brochures que nous éditons. Nous jugeons qu'un point important de notre travail théorique est celui de pouvoir redonner accès tant aux classiques du marxisme-léninisme qu'aux écrits actuels. La démocratisation de la théorie communiste est essentielle. Sans la formation la plus poussée possible, il est impossible de voir une nouvelle génération de cadres émerger.

    Nous poursuivons une tâche que nous nous sommes fixés: celle de mener la bataille d'anéantissement idéologique. Celle de combattre sans relâche les positions fausses, erronées des organisations et partis. Celle aussi de ne pas faire de compromis quant à l'hypocrisie de certains milieux, lesquels jouent régulièrement un double jeu. Nous n'avons aucunement l'intention de passer sous silence ces thèses et de les laisser se développer. La faiblesse idéologique militante est le fruit de ce libéralisme, de ces copinages qui font taire les idées fausses contre les idées justes. Ceci paralyse depuis longtemps l'avancement idéologique de la lutte. Ceci la ramène en arrière et l'entrave.

    Contre tout ceux qui, par anticommunisme, veulent nous encercler par un cordon sanitaire, nous les avertissons qu'il ne seront pas épargnés par nos attaques. Nous n'aurons aucune indulgence pour le trotskisme et les révisionnisme.

    L'arrivé des élections va intensifier le processus de décantation des organisations militantes, et nous ne doutons pas qu'un effet de centre de gravité va broyer nombre d'organisations pseudo-révolutionnaires, les pousser à mettre cartes sur table et a révéler leur vraie nature.

    Notre ambition, quant à nous, est de dénoncer cette mascarade et l'illusion réformiste. Le camp du refus, le camp du rejet de la mascarade des bourgeois est notre camp.

     

    Nous menons un travail de longue haleine.

     

    Notre objectif est de dépasser l'étape des cercles, étape dans laquelle se trouve le mouvement communiste dans l'Etat Français, et d'entamer d'une manière conjointe et sérieuse l'unification des communistes dans l'Etat Français. Nous appelons de nos vœux plus de dialogue, plus de travail commun, plus d'avancée commune pour tous les militants, les militantes, et organisations communistes de l'Etat Français.

    Nous voulons, sans prétendre être le centre, apporter notre pierre dans la construction de cet édifice.

    Nous appelons également les militants et militantes voulant travailler sur le front théorique, travailler à l'unité, jeter les bases des moyen de combattre le pouvoir de la bourgeoisie, à nous rejoindre.

    Nous voulons avancer en commun, nous doter des moyens pour que renaisse à Lyon, pour que renaisse dans l'Etat Français, une grande organisation, puissante, liée aux travailleurs et aux masse, combative et révolutionnaire.