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  • Solidarité avec la lutte du peuple colombien !

    Solidarité avec la lutte du peuple colombien !

    Solidarité avec la lutte du peuple colombien ! Arrêtez la cruelle répression fasciste du gouvernement Duque !

    Communiqué ICOR, 14 mai.

    La grande grève nationale « paro nacional » du 28 avril et avant cela le signal de la grève d’une semaine des mineurs d’El Cerejon, ainsi que la mobilisation populaire gigantesque et militante dans tout le pays ont réussi à repousser le gouvernement anti-peuple et affilié aux USA de Duque, le successeur du fasciste Uribe. Déjà, la grève nationale du 21 novembre 2019 et les manifestations de 2020 mettent la pression sur le gouvernement. Il a dû retirer la réforme fiscale, avec laquelle il a tenté d’augmenter les impôts sur le peuple, sur les travailleurs et les secteurs de la classe moyenne, pour leur faire payer les effets de la crise économique, exacerbés par la pandémie.

    La grève est massive et dure depuis 15 jours. La classe ouvrière et les organisations populaires ont également soulevé d’autres revendications telles que la santé et l’éducation populaire, le revenu de base, le droit à la protestation sociale. Environ 7 000 000 de personnes ont participé aux marches et aux blocages de routes et de rues principalement à Bogota, Medellín, Cali, Barranquilla, Montería, Ibagué, Neiva, Bucaramanga, Manizales, Pereira, Pasto Popayán, Tunja et enfin dans les grandes, moyennes et petites villes de la campagne et de la ville. Malgré la militarisation et la brutalité policière et les restrictions liées au coronavirus, les travailleurs et d’autres secteurs du peuple n’ont pas manqué, comme jamais auparavant, l’occasion de manifester dans les rues le 1er mai en tant que journée de lutte.

    Les travailleurs, les paysans, les autochtones, les travailleurs de la santé, les travailleurs du secteur des transports, les chauffeurs de camions et de taxis, les motocyclistes, les artistes, les intellectuels, les enseignants, les étudiants, les petites et moyennes entreprises et les industriels, les vendeurs de rue et les personnes LGBT, en particulier de nombreuses femmes et jeunes, ont héroïquement mené cette lutte.

    Ces mobilisations n’ont pas cessé et répondent de manière militante, malgré la répression barbare de la police et de l’armée, notamment contre les jeunes, qui a déjà fait 40 morts, des centaines d’arrestations et de disparitions, des centaines de blessés, dont de nombreux blessés aux yeux.

    Devant ce soulèvement héroïque du peuple colombien fraternel, qui se lève à juste titre pour ne pas payer les effets de la crise du système capitaliste impérialiste, pour faire face aux politiques gouvernementales fascistes et à leur répression barbare et ouvrir une perspective de changement social profond, il est temps d’exprimer la plus grande solidarité de la classe ouvrière internationale et des mouvements de masse militants et de les soutenir en redoublant d’efforts dans la lutte de classe dans chaque pays et pour la coordination internationale.

    Signataires (en date du 16 Mai 2021, liste actuelle des signataires sur www.icor.info):

    1. CPK Communist Party of Kenya (Parti communiste de Kenya)
    2. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    3. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    4. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    5. MLOA Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)
    6. SPB Socialist Party of Bangladesh (Parti socialiste du Bangladesh)
    7. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    8. Ranjbaran Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
    9. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
    10. NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
    11. CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
    12. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    13. БРП(к) Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes))
    14. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
    15. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    16. UC Unité Communiste, France
    17. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    18. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    19. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    20. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    21. UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa (Union marxiste-léniniste portugaise)
    22. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    23. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    24. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    25. UoC Union of Cypriots (Union des Chypriotes), Chypre
    26. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    27. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    28. BDP Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
    29. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    30. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
    31. PS-GdT Plataforma Socialista – Golpe de Timón (Plate forme Socialiste – Changement de direction), Vénézuela
  • Appel du Rassemblement en soutien à la Colombie et l’Amérique Latine à Lyon

    Appel du Rassemblement en soutien à la Colombie et l’Amérique Latine à Lyon

    Le 21 Novembre à 17h aura lieu un rassemblement en solidarité avec les peuples d’Amérique Latine à la Place Guichard de Lyon. Elle coïncide avec une grève générale en Colombie ce même jour ainsi que la vague de protestations sur le continent Sud-Américain. L’Unité Communiste de Lyon soutient cette initiative de nos camarades et y participera. Voici l’appel rédigé pour cet événement:

    Un continent entier en pleine révolte. Aux quatre coins de l’Amérique latine, les populations se soulèvent, de façon plus ou moins pacifique, contre leurs gouvernements et les mesures néolibérales. Même si les événements qui déclenchent ces protestations sont différents, les causes profondes sont, elles, communes.

    Chili, Bolivie, Equateur, Venezuela, Argentine, Colombie. Dans tous ces pays, la contestation est en cours ou vient de s’achever. Les manifestations sont massives et souvent marquées par des violences et la répression des différents États.
    Suivi a la situation actuelle, les mouvements sociaux,les syndicats, les étudiant.e.s,les travailleurs.es et la société colombienne ont appelé à une grève générale en Colombie le 21 novembre contre les mesures néolibérales annoncées pour le Gouvernement.

    Les étudiant.e.s colombien.nes de Lyon organisent un rassemblement en soutien et pour manifester contre:
    1.Les réformes imposées par des institutions internationales telles que L’OCDE et le FMI, et qui ont pour conséquence de precariser les conditions de vie de la population.
    2.La reforme des retraites qui cherche à éliminer le régime de la prime moyenne et met en danger l’existence de Colpensiones
    3. La flexiblisation du travail et l’intensification des conditions de travail
    4. Le smic different pour les jeunes.
    5. La privatisation et la création d’un holding financier public.
    6. Les bas salaires et l’impossibilité d’arriver à la retraite.
    Contre les assassinats des nos lideurs sociaux, nos enfants et nos indigènes. Pour la vie et la paix.!
    Organisons nous et luttons !

    Depuis le 17 octobre, le peuple chilien se bat sans relâche contre un système économique et politique néolibéral mis en place sous la dictature d’Augusto Pinochet.
    Nous vous invitons à nous rejoindre pour manifester notre soutient indéfectible à leurs revendications pour un pays où puisse régner la justice sociale. Dénonçons ensemble la violence systémique d’une politique inhumaine et un gouvernement assassin qui tue, viole et torture!

    N’hésitez pas à inviter vos amis et à partager l’événement.

    Couvrez-vous, prenez des boissons chaudes et à manger si vous le souhaitez et tout votre enthousiasme ! Nous comptons sur vous, la lutte du peuple chilien est aussi la notre !

    EL PUEBLO UNIDO JAMÁS SERÁ VENCIDO !

  • Appel international à la solidarité avec le Venezuela

    Appel international à la solidarité avec le Venezuela

    L’ICOR appelle à une journée internationale de mobilisation pour soutenir le peuple du Venezuela contre les tentatives de coup d’Etat orchestrées par les impérialismes étrangers et la grande bourgeoisie réactionnaire.

    En tant qu’Unité Communiste de Lyon, membre de cette coordination, nous relayons cet appel :

    Dans le contexte de la 3ème Conférence régionale de l’ICOR Amérique, qui s’est tenue à Lima les 13 et 14 avril de cette année, il a été convenu ce qui suit :
    Nous serons actifs en solidarité avec le Venezuela et nous avons convenu que le 16 mai 2019 serait le jour commun des activités de chaque organisation de l’ICOR pour dénoncer l’agression et les menaces de guerre contre le peuple vénézuélien par le gouvernement impérialiste US.

    L’impérialisme US a fait tomber son masque et pris la tête de l’agression contre le Venezuela, avec l’intention de renverser le gouvernement légitime et constitutionnel de Nicolás Maduro.

    Depuis le 9 mars 2015, date à laquelle Barack Obama a signé le décret « extraterritorial » déclarant que le Venezuela constituait une « menace extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique étrangère des États-Unis en raison de la situation au Venezuela », des actions ont commencé afin de provoquer une crise au Venezuela. Il faut surtout mettre en relief le blocus économique et financier contre la Banque centrale du Venezuela. Cela a créé les conditions pour voler les réserves internationales en ordonnant aux fonctionnaires du Département d’État et du Département des finances des États-Unis de bloquer toutes les transactions commerciales et d’empêcher ainsi l’accès aux achats réguliers pour l’importation de denrées alimentaires, médicaments et autres biens de consommation nécessaires pour la population.

    Nous soulignons que la détérioration des conditions de vie du peuple vénézuélien est directement liée au blocus économique imposé comme mesure unilatérale par les États-Unis et soutenu par leurs alliés. Cette mesure a fait perdre au Venezuela quelque 114,302 milliards de dollars, et il faut mettre en avant le crime de l’appropriation illégale de la compagnie pétrolière vénézuélienne CITGO, basée aux États-Unis, et de ses actifs.  Ceci est souligné par le fait que EUROCLEAR retient des millions de dollars, que la Banque d’Angleterre retient également de l’argent et que les compagnies maritimes internationales et les ports imposent nombre d’obstacles opérationnels, augmentant le temps et le coût des frais pour empêcher ainsi l’accès aux biens de consommation. C’est de cette manière que fonctionne ce réseau d’actions visant à l’effondrement de l’économie vénézuélienne.

    D’un point de vue politique, l’impérialisme mise à créer des crises dans le pays en s’appuyant sur un député, Juan Guaidó, qui s’est autoproclamé président sur une place publique. Depuis cet acte, et grâce à sa reconnaissance par plusieurs pays, on a beaucoup essayé pour inciter le mécontentement dans les rues. Il y a eu des tentatives de faire craquer les Forces Armées Nationales Bolivariennes, d’introduire de force des camions transportant de la prétendue aide humanitaire à travers les frontières colombienne et brésilienne ; il y a eu trois attaques graves contre le système d’alimentation électrique, chaque fois provoquant une panne de courant, dont la première était la plus importante avec plus de cinq jours d’affilée. Néanmoins, tout acte de sabotage et d’ingérence a été réprimé par l’unité civilo-militaire, le peuple vénézuélien défendant sa souveraineté dans les rues.

    L’impérialisme US-américain est le principal ennemi du peuple vénézuélien, et comme le disent les porte-parole du régime Trump : « Les Etats-Unis ne resteront pas les bras croisés » ; les agressions vont donc continuer. De même, le peuple vénézuélien a déclaré la résistance active : défendre sa patrie, son droit à l’autodétermination, sa souveraineté, ses richesses naturelles, qui sont finalement le but de ceux qui se considèrent maîtres du monde ; ils veulent renverser le pouvoir politique, soumettre le peuple et enfin piller ses richesses.

    Nous, peuples du monde, faisons preuve de solidarité avec le peuple vénézuélien et sa résistance héroïque. Nous disons : PLUS D’AGGRESSIONS CONTRE LE VENEZUELA, PAS DE GUERRE et ARRÊTEZ LE BLOCUS. Nous appelons, pour jeudi 16 mai 2019, à la Grande Journée de solidarité avec le Venezuela et sa Révolution Bolivarienne, et demandons des activités publiques, des protestations, des vidéos, des manifestations et des activités sur les réseaux sociaux, parmi les hashtags : l

    #TrumpHandsOffVenezuela #TrumpManosFueraDeVenezuela #TrumpHorsduVenezuela

    #NoBlockadeOnVenezuela #NoAlBloqueoContraVenezuela #NonaublocusduVenezuela

    #ICORInSolidarityWithVenezuela #ICORSolidariaConVenezuela #ICORSolidaireavecleVenezuela

  • Venezuela : le basculement.

    Venezuela : le basculement.

    Venezuela : le basculement.

    Le régime social-démocrate de Nicolas Maduro vient de subir un coup très dur. Juan Guaido, président du Parlement et opposant à Nicolas Maduro, s’est autoproclamé président de la République du Venezuela.

    Il a immédiatement bénéficié de l’appui inconditionnel des États-Unis, puis du Canada, de la Colombie, du Pérou et du Brésil. Au matin, Emmanuel Macron, sans la moindre vergogne, a apporté son soutien au putschiste, accompagnant son tweet d’un salut à ceux qui « marchent pour la liberté ». Cela ne s’invente pas. Désormais de Juan Guaido un personnage central diplomatiquement, politiquement et géo-politiquement.

    La Russie, par la voix de Vladimir Poutine, a apporté en revanche son soutien à son allié d’outre-Atlantique. Cependant, ce n’est nullement par sympathie pour le progressisme que cette déclaration a été faite. C’est uniquement pour des raisons primordiales de géopolitique. La Chine, autre partenaire du Venezuela, s’est fendue d’une communiqué indiquant qu’elle s’opposait aux ingérences étrangères au sein du pays.

    La carte des Etats et de leurs positions sur la question dessine un monde clivé. Un bloc eurasiatique qui soutien majoritairement Maduro, et un monde « des îles » pour reprendre la terminologie de Brzezinski, qui soutient Juan Guaido.

    Le Venezuela est désormais en situation de double-pouvoir. Reste à savoir qui l’emportera, sachant que les USA ont précisé que toutes les options étaient sur la table en cas d’utilisation de la force par l’armée. Malgré le fait que Nicolas Maduro ait pu prêter serment devant la cour suprême, malgré que l’armée lui soit fidèle, il n’est pas dit qu’un coup de force, qu’une guerre, ne soit pas envisageable dans les heures ou les jours qui suivent.

    D’un côté comme de l’autre, les deux camps mobilisent dans le but d’apporter leur soutien à leur dirigeant. Des affrontements ont éclaté, avec des morts et des blessés des deux côtés.

    Comment en est-on arrivé là, après la période de consensus apparent du régime de Chavez ?

    En vérité, en 20 ans de direction « bolivarienne », le Venezuela n’a été que peu transformé dans sa structure économique. La manne financière du pétrole s’est simplement un peu plus ouverte à l’ensemble de la population, entretenant une économie de rente, qui satisfaisait les besoins immédiats de la population, sans toutefois permettre une véritable transformation économique. En résumé, peu a été investi pour faire du Venezuela un État indépendant.

    La direction sociale-démocrate n’a pas touché à ce qui faisait l’essentiel des forces des grands trusts, des grands groupes de la bourgeoisie. Ces bastions sont restés intactes. La presse et les industries sont en grande partie entre les mains d’une poignée de grands bourgeois, qui n’ont jamais abandonné le fait d’espérer récupérer leur paradis perdu. Tant que les prix du pétrole étaient hauts, tant que le mouvement populaire soutenait la direction de l’État, cette bourgeoisie était limitée dans ses marges de manœuvre. Elle a mené des luttes contre le gouvernement, elle a conspiré pour détacher les masses de leur soutien au gouvernement, elle a toujours poursuivi ses ambitions de retour.

    Elles ont trouvé une oreille attentive à Washington, qui n’apprécie guère la présence d’un allié géopolitique de la Russie sur sa chasse gardée. Or, malgré les discours des chavistes et des proches de Maduro, le pays est dans une cruelle dépendance vis-à-vis des USA. Assis sur les plus grands réserves mondiales de brut, le pays n’a aucune industrie qui lui permette d’en tirer directement profit. Tout le raffinage est fait au pays de l’oncle Sam, d’autant que, très lourds, les hydrocarbures vénézuéliens demandent des moyens considérables en termes d’infrastructures.

    Pour maintenir le consensus avec la population et garder la bourgeoisie calme, le gouvernement du Venezuela a dilapidé l’argent du pétrole. Sans politique d’industrialisation ambitieuse, permettant un contrôle sur toute la chaîne de production du pétrole, le Venezuela a été pris au piège.

    Avec la baisse des cours du brut, avec un détachement d’une partie de la base populaire, la direction du Venezuela est vulnérable à un coup de force. Les bourgeoisies réactionnaires d’Amérique du Sud ont senti le vent tourner et font des pieds et des mains pour chasser les gouvernements progressistes.

    Les USA ont également imposé des sanctions particulièrement cruelles. Ils peuvent le faire grâce à leur arme la plus terrible : l’extra-territorialité de leur droit. En somme, il suffit qu’une entreprise utilise des dollars ou commerce avec une entreprise US pour qu’elle soit obligée de respecter la loi américaine ou qu’elle puisse être jugée aux USA. Ces méthodes d’étranglement expliquent le fait qu’il n’est pas possible, pour aucun pays, d’ignorer les embargos US.

    Le Venezuela a été ainsi consciencieusement étouffé, affamé. Et le gouvernement de Maduro, prisonnier de son deal social-démocrate, prisonnier du « moindre mal » et des « demi-mesures », s’est finalement retrouvé à combattre son propre peuple. Tel est le lot de tous ceux qui, comme le disait Saint-Just « font les révolutions à moitié » et qui creusent en fait leur tombeau.

    Nous ne disons pas que Maduro est un communiste. Il ne l’est pas. Le Venezuela n’était pas un État socialiste. C’est précisément cela qui l’a rendu si vulnérable, si fragile, si isolé. La demi-mesure n’a finalement pas permis d’amadouer la bourgeoisie, au contraire, elle lui a permis de fourbir ses armes et de préparer sa contre-offensive.

    En fait d’un dictateur, Maduro est au contraire un démocrate empêtré dans ses contradictions. Il est empêtré par un respect des libertés démocratiques, dont ses opposants ont su profiter.

    Certains, certaines, ici ou ailleurs, se sont empressés de soutenir l’opération faite par l’opposition. Au nom d’une conception abstraite de la « liberté », portée au-dessus de tout, ils et elles applaudissent aux côtés de Trump, de Bolsonaro et de Macron. Ils et elles réclament l’intervention de forces extérieures pour « restaurer la démocratie ». Comme si celle-ci pouvait naître sous les chenilles des chars US ou sous les balles des escadrons de la mort !

    Leur « liberté » à ces individus, est la liberté des tyrans de réclamer leur trône. Est une liberté bourgeoise, d’opprimer et d’exploiter. Et ils sont prêts à lutter jusqu’à la mort pour lutter contre les abominables autoritaristes qui veulent empêcher cette liberté de s’exercer.

    Par ailleurs, quelques drôles, goguenards, se sont empressés de tacler Mélenchon sur le soutien qu’il a apporté à Maduro. De pointer la contradiction entre réclamer la chute du gouvernement en France et dénier aux putschistes leur légitimité. Il nous est rare de défendre Mélenchon, mais nous ne pouvons que lui donner raison dans sa démarche. Il est logique que face à une agression de ce type, un gouvernement puisse se défendre, tandis que le gouvernement français est un oppresseur complet des droits démocratiques et sociaux.

    Cependant, qu’on ne soit pas dupe. Si Mélenchon était élu, il ferait au maximum la même chose que Maduro. Du fait de son réformisme, il finirait, par la politique du moindre mal, mais la politique de conciliation de classe, à jouer, pour ne pas rompre avec la bourgeoisie, le bourreau des exploités pour le compte des exploiteurs. Une répression « de gauche » certes, une répression de VIème République, mais une répression féroce, comme à pu avoir été celle du SPD contre les Spartakistes.

    Nous, communistes, savons que la bourgeoisie n’hésite pas pour reprendre son pouvoir, pour maintenir ou accroître ses profits. Elle ne recule devant aucune bassesse, devant la violation de n’importe quelle loi, y compris les siennes. Nous savons qu’elle ment, qu’elle instille la détresse et le désarroi chez les masses populaires, qu’elle est prête à faire envahir les pays par tous les Hitler possibles pour reprendre sont paradis perdu. Elle est prête à tuer, assassiner, pratiquer le terrorisme et la guerre civile pour ne pas être éjectée de l’histoire.

    La question du pouvoir n’est pas un choix. Elle se heurte à un terrible prisme : celui de la confrontation avec la réalité. Or, dans l’expérience de la lutte des classes, une seule forme de pouvoir a pu triompher. Un pouvoir organisé autour de la démocratie la plus large pour les travailleurs, les exploités, les opprimés. Un pouvoir organisé de la manière la plus ferme contre les exploiteurs, les opportunistes, les ennemis du peuple. Ce pouvoir est la dictature du prolétariat, fer de lance tant pour remettre entre les mains des masses populaires les leviers du pouvoir, que pour l’ôter des mains de la bourgeoisie.

    La menace qui pèse sur le Venezuela pose des question et des inquiétudes. Le risque d’une guerre civile n’est pas exclu, tout comme celui d’une intervention étrangère. L’attitude générale des puissances mondiales ou régionales dénote une tendance à la surinfection des tensions internationales et infra-nationales. Cette tendance générale à la guerre, nous, communistes, devons-nous y opposer de toutes nos forces, en mettant dans la balance, face aux chauvinismes et aux impérialismes, l’internationalisme prolétarien !

  • Hommage à Ernesto Che Guevara, partie 1

    Hommage à Ernesto Che Guevara, partie 1

    Hommage à Che Guevara.

    Partie 1

    Il y a 50 ans, Ernesto Che Guevara mourait, assassiné.

    Après de nombreuses années consacrées à la lutte pour la lutte contre l’emprise de l’impérialisme US, pour la révolution et le socialisme, il était assassiné par les forces paramilitaires de l’État bolivien, pilotées par la CIA. Klaus Barbie, alors en « cavale », se serait vanté de l’avoir torturé lui-même, pour le compte du régime de La Paz.

    Che, son image, ses portraits, ses citations, forment autant d’icônes pour le mouvement révolutionnaire international. Sa jeunesse, son charisme, l’allant, l’entrain révolutionnaire qui l’accompagne en font un symbole. Le Che, quoiqu’il en soit, demeure pour beaucoup, en particulier dans la jeunesse, une porte d’entrée vers la lutte, une porte d’entrée vers la combativité. Il incarne un romantisme révolutionnaire qui, s’il ne se suffit à lui seul, s’il n’est pas ce qui apportera la victoire, permet à de nombreux et nombreuses camarades d’entrer dans le combat contre l’impérialisme et la bourgeoisie.

    A être omniprésente, cette image en ressort, hélas, bien souvent délavée, édulcorée, vidée de son sens et de son contenu.

    Les capitalistes, en quête de profits, ne se sont pas privés, après l’avoir tué, de vendre sa peau et son image. Des millions de produits à son effigie sont ainsi mis dans le commerce chaque année, générant des revenus considérables. Ironie que le Che puisse créer du PIB chez les impérialistes, sur des T-shirts produits par le tiers-monde.

    Les trotskistes, les anarchistes, les révisionnistes ont tenté de l’accaparer. Le NPA de Besancenot se revendique ainsi de lui et de Léon Trotski -lequel passe nettement moins auprès des jeunes, malgré les louanges qu’en chante l’Education Nationale. Les anarchistes le rêvent en libertaires camouflés, qui s’ignore. L’un et l’autre le rêvent en anti-stalinien, en anti-soviétique, en –in fine– anticommuniste.

    Dans un sens, ils n’ont pas tort sur un point, et le Che, en cela, fait la nique aux révisionnistes. Tout communiste qu’il était, le révolutionnaire ne s’est pas comporté en laquais de Moscou et s’est élevé contre le tournant Khrouchtchevien. Cela lui permit de déclarer « C’est dans ce que l’on a appelé les erreurs de Staline que réside la différence entre un comportement révolutionnaire et un comportement révisionniste. Il (Staline) comprend le danger des rapports (de marché) mercantilistes et essaie d’en sortir progressivement en brisant l’opposition. La nouvelle direction (Khrouchtchev) par contre cède aux impulsions de la superstructure et place l’accent sur l’activité mercantile. »

    Sa critique du manuel révisionniste d’économie politique resta, ainsi, jusqu’en 2006 dans un classeur fermé.

    A trop en faire une icône consensuelle, on finit par tuer une nouvelle fois l’homme et sa pensée. Parfois, et l’ironie est grande, ce sont chez ces ennemis que sonnent les plus sincères hommages. La bourgeoisie et les fascistes, à vouloir attaquer le contenu politique de ce que défendait le Che sont parfois les seuls à en parler, à ne pas remiser ces faits « gênants » au placard, à savoir que le Che n’était pas un plat démocrate, pas un gentil réformiste, pas une icône, mais un soldat de la révolution prolétarienne mondiale, sous l’étendard du bolchevisme.

    C’est à cela que nous voulons rendre hommage.

    Né en 1928 Argentine, Ernesto Guevara n’est pas d’une famille prolétaire, bien qu’elle fut progressiste. Issu de l’union de membres de la haute bourgeoisie et de la noblesse -il descend du vice-roi espagnol du Pérou- il fait partie de ceux qui devinrent des traitres à leur classe, à l’image de Marx, d’Engels, de Lénine pour ne citer qu’eux, et qui choisirent les rangs du peuple.

    Brillant étudiant, athlète de qualité, il poursuit des études de médecine. Avec son ami Alberto Granado, ils décident d’interrompre celles-ci pour prendre une année sabbatique et voyager. Ce voyage fut, pour lui, l’occasion de découvrir deux choses essentielles.

    La première, la réalité du capitalisme, de la misère, de l’exploitation, de l’inégalité, d’une incroyable brutalité au sein des républiques bananières d’Amérique latine, dont les dirigeants répondaient tous aux compagnies américaines et, par effet de rebond, à Washington.

    La seconde était cruciale dans sa  conception politique et stratégique : celle de concevoir l’Amérique Latine non comme un ensemble d’Etats à l’Européenne, mais comme un espace de manœuvre unifié, comme un espace de lutte où les frontières ne sont pas étanches. Le fait d’appréhender l’espace de cette manière fut un des fondements de sa manière de penser le combat contre l’impérialisme.

    Le premier voyage du Che : 1952 – 1953

    Car l’impérialisme pèse lourd, en Amérique Latine. Les USA sont une chape de plomb terrible. A son retour, après avoir obtenu ses examens en juin 1953 -ce que certains anticommunistes comme Pierre Rigoulot, co-auteur du Livre noir le contestent, par pure acharnement- il participe au Mouvement Nationaliste Révolutionnaire, avant de rompre avec eux du fait de leurs positions racistes.

    Déçu, il repart et arrive au Guatemala. Où qu’il aille, il retrouve cette misère noire et une répression impitoyable. Dans ces Etats asservis économiquement aux entreprises américaines, les revendications des sociaux-démocrates les plus modérés étaient alors vus comme un casus belli. Le fait de s’opposer à l’ordre colonial relevant de la peine de mort. Les mots « réforme agraire », « instruction gratuite », ou « politique d’emploi » étaient synonyme de danger révolutionnaire, et justifiaient les menaces, les pressions, les sabotages, les meurtres ou les coup d’Etat.

    Mais, en Amérique du Sud comme dans sur la plus grande partie de la planète, le vent d’est soufflait plus fort que le vent d’ouest. La révolte grondait, et Ernesto Guevara entendait ne pas reste à l’écart de celle-ci. Au Guatemala, alors qu’il aide la population, en s’appuyant sur sa formation médicale, il retombe sur de vieilles connaissances, les représentants du Mouvement du 26 juillet [ M-26-7], dirigé par quelqu’un qui devint inséparable de Guevara, Fidel Castro.

    Le deuxième voyage du Che : 1954 – 1956

    Il fait une rencontre nouvelle, également, dans ces cruciales années 1953-1954 : la Guerre Froide. Alors que l’URSS, par le truchement de la Tchécoslovaquie, soutient le gouvernement progressiste de Arbenz, nouvellement élu, en lui transmettant des armes, la CIA organise un coup d’Etat pour juguler les aspirations démocratiques de la population, tout en liquidant la menace de contagion communiste. Cette rencontre indique à Ernesto, affublé du sobriquet de « Che », une chose essentielle : le pouvoir ne se gagne pas, il se conquiert. Il ne tombe pas avec aisance dans la main des masses, il exige un combat.

    Après le coup d’Etat, sa route croise celle de deux frères : Fidel et Raoul Castro. Leur mouvement n’est pas un inconnu pour Ernesto Guevara, mais il n’en avait pas rencontré les dirigeants. Au Mexique, où ils sont réfugiés, les trois hommes se rencontrent. Ils devisent sur un grand nombre de choses. Le Che est séduit, semble t-il, par la volonté de combat des frères et décide de rejoindre me M-26-7.

    Originellement, le Che est un médecin de terrain. Il est embarqué à ce titre dans l’expédition du Granma, un petit navire chargé de troupes, destiné à faire débarquer un Etat-major dans l’île de Cuba. Cuba, à cette époque, est le bordel de l’Amérique. L’île est dévouée à la prostitution, au jeu, au activités mafieuses. Son dirigeant, Fulgencia Batista, est une marionnette entre les mains des USA et des mafieux. Malgré cela, les USA n’apprécient guère ses services et se méfient de lui. Il n’a pas la poigne de ses compères du continent, et, sous sa direction, Cuba est en roue libre.

    Le débarquement échoue lamentablement. Mal préparé, avec une logistique désastreuse, doublée d’une probable trahison, le groupe subit de lourdes pertes. La vingtaine de survivants rejoint les collines de la Sierra. Dans une région montagneuse, rurale, agricole, difficile de compter sur les forces de la classe ouvrière. Coupés des régions industrialisées, les forces révolutionnaires se nouent avec les masses rurales, se mettent à leur école… en somme passent par la même transformation que celle qu’a pu connaître le PCC, en Chine, après son éviction des côtes par la campagne d’extermination menée par les nationalistes.

    Cela marche. La révolution, par les foyers ou focos, fonctionne et chasse le régime pourri de Batista. Cette victoire, malheureusement, se traduit par une compréhension erronée de la question du Parti, considérant que les focos s’y suppléent parfaitement et le rendent non nécessaire. La systématisation de ce concept, base du guévarisme, représente un malheureux travers gauchiste.

    Le 1er janvier 1959 incarne la dernière révolution réussie, victorieuse, par les armes. Les autres ont malheureusement fait long feu depuis, ou, dans le cas du Népal, se sont enlisée dans une inextricable situation.