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  • ICOR Afrique : Soudan, contre la guerre et les milices réactionnaires

    ICOR Afrique : Soudan, contre la guerre et les milices réactionnaires

    A bas la guerre civile ! A bas les milices réactionnaires ! Victoire pour les travailleurs et les masses soudanaises !  

    ICOR l’Afrique et coordinateur pour l’Afrique,
    le 18 avril 2023
    Résolution ICOR Afrika sur le Soudan

    Depuis le 15 avril, le Soudan connaît une escalade de la violence dans la capitale Khartoum, où les forces armées soudanaises dirigées par le général Alburhan et les forces paramilitaires Rapid Support Forces dirigées par le général Hamidati se sont livrées à un échange de tirs violent après plusieurs jours de tensions entre les deux forces armées.

    Ce conflit armé a fait plus de 200 morts parmi les civils, plus de 1000 de blessés et des milliers de déplacés.

    Cette escalade du conflit armé intervient cinq ans après le soulèvement du peuple soudanais, qui avait réussi à renverser le dictateur réactionnaire, le président Omar Al Bashir. Malheureusement, le soulèvement n’a pas réussi à construire le nouveau Soudan que le peuple soudanais mérite, car les généraux de l’armée ont pris le pouvoir et ont capturé le processus révolutionnaire du peuple.

    L’ICOR, la Coordination Internationale des Organisations Révolutionnaires, qui est un front international de partis et d’organisations révolutionnaires de gauche, suit les événements actuels avec une grande inquiétude et déclare par la présente :

    1. condamne l’escalade de la violence et du conflit armé entre les différents groupes armés et la considère comme une guerre insensée et réactionnaire entre des groupes armés réactionnaires qui ne servent pas les intérêts du peuple soudanais, et exige l’arrêt immédiat des opérations armées et des tueries.
    2. réaffirme sa pleine solidarité et son soutien au peuple soudanais et à ses forces révolutionnaires civiles, sous la direction du Parti communiste soudanais et de la coalition des organisations civiles, qui mènent une lutte révolutionnaire continue contre le régime réactionnaire et l’armée, et exprime sa confiance dans le fait que la victoire reviendra aux travailleurs et au peuple opprimé.
    3. estime que ce conflit armé est le résultat de l’intervention impérialiste au Soudan et condamne l’impérialisme et l’intervention impérialiste qui divise le Soudan et entrave son progrès.
    4. appelle les forces révolutionnaires au Soudan, en Afrique et dans le monde entier à s’unir dans la lutte contre l’impérialisme et à former le front contre l’impérialisme et le fascisme.

    ICOR l’Afrique et coordinateur pour l’Afrique

  • L’Etat Kenyan refuse d’accorder au Parti Communiste du Kenya (C.P.K.) son nom !

    L’Etat Kenyan refuse d’accorder au Parti Communiste du Kenya (C.P.K.) son nom !

    Pendant qu’Emmanuel Macron se pavane au Kenya, au sein de cet Etat, nos camarades de l’ICOR du CPK sont étranglés par des fonctionnaires corrompus. L’Unité Communiste de Lyon apporte sa solidarité à nos camarades membres de l’ICOR qui subissent une répression administrative, bureaucratique, policière et politique !

    Le Parti Communiste du Kenya (CPK) a vu le jour après la création du Parti social-démocrate du Kenya. Le SDP a changé de nom lors du Congrès national du Parti, lequel s’est tenu le 5 janvier 2019. Alors que le SDP a toujours été un parti communiste par rapport à son idéologie, la constitution, l’adhésion et les méthodes d’organisation, le changement de nom (et le symbole du parti) a été un grand pas en avant, tant pour le Parti que pour le Kenya en tant que démocratie multipartite.

    La loi exige que la registraire des partis politiques publie le changement de nom d’un parti dans le Journal Officiel dans les 14 jours suivant la réception des modifications. Le Parti a notifié au Greffier, Mme Ann Nderitu, les informations nécessaire le 7 janvier 2019, et jusqu’à présent, elle n’a pas encore rempli cette obligation légale.

    En raison de cette omission de publier le nom du Parti dans le Journal Officiel, et après de multiples relances, elle a convenu d’une réunion avec la direction du Parti. Celle-ci s’est tenuele 4 février 2019 à son bureau. Lors de la réunion, la registraire a dit à la direction du Parti qu’elle ne publierait pas le nom dans le Journal Officiel. Elle a motivé son refus sous le prétexte qu’il ne peut y avoir de Parti communiste du Kenya parce que le Kenya est un  » État capitaliste néolibéral  » et que l’Assemblée ainsi que le gouvernement est capitaliste. Lorsqu’on lui a demandé de produire le fondement juridique de sa déclaration, elle a clamé que la Constitution du Kenya l’affirmait, sans mentionner aucun article à ce sujet.

    Elle a également déclaré qu’elle avait déjà approuvé le symbole du Parti (marteau et faucille). Cependant, elle a par la suite mentionné qu’elle se “souvenait” que le J.O. avait donné comme instruction de rejeter de symbole. La faucille est un symbole communiste et elle ne voulait pas publier dans le J.O. le nom de “communiste”. le Parti, donc, ne peut pas avoir de symbole communiste (admettant incidament ainsi qu’elle a reçu des instruction. Ou alors n’avait-elle pas conscience du fait que son bureau soit supposé être un organisme indépendant ?)

    Lorsque la direction du Parti a demandé une explication écrite de son refus d’approbation, elle a dit avec arrogance qu’elle nous avait invité pour nous informer préalablement et nous donner des explications face à face car sa lettre ne mentionnera pas les raisons du refus, comme il est de tradition dans son office. La direction du Parti a répondu en lui rappelant que l’article 47 de la Constitution exige qu’elle donne à son refus une motivation écrite. (plus tard dans la journée, le Parti lui a écrit une lettre pour lui demander d’écrire une communication concernant l’état d’avancement du classement du nom du Parti.)

    Malgré sa position anticommuniste, la direction du Parti est allée de l’avant et lui a expliqué pourquoi sa position était erronée. Le Parti a cité les dispositions constitutionnelles et statutaires relatives à ce sujet qui devraient la guider dans sa décision quant au nom du Parti. La direction a également énuméré le nombre de partis communistes au pouvoir dans les pays avec lesquels le Kenya a d’excellentes relations, l’a informé que nous avons de nombreux partis communistes dans le monde, notamment dans les pays qui sont vraiment capitalistes. La direction lui a donné un  » cours accéléré  » sur ce que signifie le communisme et sur ce qu’est et a été le Parti.

    Le Parti lui a également rappelé que le Parti du Jubilé, qui est le Parti au pouvoir, s’est rendu à plusieurs reprises dans les partis communistes de Chine, de Cuba et d’autres pays à des fins de comparaison et d’apprentissage. Même le lancement du Parti du Jubilé à Kasarani en 2016 a été dirigé par un membre éminent du Parti communiste de Chine !

    Si la compréhension d’Ann Nderitu du droit et de la politique internationale est pathétique, sa compréhension de l’histoire politique du Kenya est encore pire. Selon elle, les socialistes kenyans ont toujours été contre la démocratie au Kenya ! Les mêmes socialistes qui, avec d’autres progressistes, ont été emprisonnés, torturés et assassinés alors qu’ils luttaient pour une démocratie multipartite et une vie meilleure pour le peuple kenyan !

    Il n’échappe pas au Parti qu’Ann Nderitu a été nommée registraire des partis politiques par intérim à un moment où la Commission indépendante des élections et de la délimitation des circonscriptions électorales (IEBC) l’avait interrogée et suspendue, ainsi que certains de ses collègues, pour avoir prétendument volé 4,6 milliards ksh lors des deux élections de 2017. Selon une déclaration publique de la présidente de l’IEBC, Wafula Chebukati, la Commission avait déjà envoyé son nom « à l’EACC et à la Direction du ministère public en vue de poursuivre les enquêtes, d’arrêter, d’inculper et de punir tous les coupables« .

    Il est absurde qu’à l’ère actuelle, où le gouvernement kenyan semble sérieusement s’attaquer à la corruption, et où l’exécutif blâme le pouvoir judiciaire pour son laxisme dans la guerre contre la corruption, la Commission de la fonction publique (CFP), sous la direction de M. Stephen Kirogo, puisse nommer quelqu’un qui est dans le collimateur de la justice pour grande corruption comme registraire intérimaire des partis politiques.

    Il faut corriger cela si nous sommes sérieux dans cette guerre contre le vol de fonds publics. La Commission d’éthique et de lutte contre la corruption (EACC) et la Direction des poursuites pénales (DPP) devraient également agir rapidement et soutenir les efforts de l’IEBC pour éliminer les criminels de la Commission et de la fonction publique. Il serait très préjudiciable à notre pays que nous poursuivions le nouveau cycle électoral avec des personnes dont l’intégrité est douteuse, alors que les commissaires de l’IEBC ont déjà levé le drapeau rouge.

    Cela soulève également des questions politiques sur la question de savoir si la nomination d’Ann Nderitu au poste de registraire intérimaire des partis politiques a été une sorte de récompense pour son rôle dans l’échec des élections de 2017, ou pour avoir détourné les fonds de l’IEBC vers les poches d’une autre personne.

    Le Parti apprécie la solidarité qu’il a reçue d’innombrables Kenyans qui, même s’ils ne souscrivent pas à notre idéologie, défendent néanmoins le constitutionnalisme, l’État de droit et la démocratie. Mentionnons en particulier la solidarité que nous avons reçue des vétérans de la  » deuxième libération « , dont la plupart n’arrivaient pas à croire qu’à notre époque, un registraire puisse refuser de publier au Journal Officiel le nom d’un parti politique qui avait rempli toutes les conditions légales, simplement parce qu’elle imagine que le Kenya est un Etat capitaliste et que la pluralité des idées devrait être confinée dans une telle idéologie.

    Le Parti reconnaît également le soutien qu’il a reçu de la part d’autres partis politiques au Kenya qui épousent des idéologies différentes mais sont terriblement consternés par cette décision illégale d’Ann Nderitu.

    Le Parti prendra des mesures juridiques et politiques pour s’assurer que les sacrifices des Kenyans qui nous ont précédés ne soient pas noyés par un seul individu réactionnaire.

    Vive le CPK !

    Vive la démocratie multipartite au Kenya !

    A bas la corruption !

    Benedict Wachira

    Secrétaire général

    05 février 2019

  • Gloire à K. Marx – Parti Communiste du Togo

    Gloire à K. Marx – Parti Communiste du Togo

    Gloire a K. Marx, le grand dirigeant et éducateur du prolétariat international !

    Déclaration du Parti Communiste du Togo – ICOR

    Nous reproduisons sur notre site la déclaration de notre organisation-soeur du Togo, membre de l’ICOR, apportant un point de vue intéressant sur la vie de Karl Marx.

    Nous célébrons cette année la deux-centième année de la naissance de Karl Marx. Karl Marx est l’inventeur du socialisme scientifique, le grand éducateur du prolétariat international celui qui continue d’inspirer des millions de révolutionnaires et de communistes de par le monde. Les communistes et les démocrates togolais sont particulièrement fiers de se réclamer de son enseignement.

    Marx naquit le 5 mai 1818 à Trêves (Allemagne) d’une famille religieuse. Son père était avocat, un israélite converti au protestantisme. Il suivit sa scolarité primaire et secondaire dans cette ville, puis ses études universitaires à Bonn et à Berlin; des études de droit mais aussi et surtout d’histoire et philosophie. Il passa brillamment sa thèse de philosophie en 1841

    A sa sortie de l’université, il se fixa à Bonn, qu’il quitta pour Cologne, où il devint collaborateur, puis rédacteur en chef de la Gazette Rhénane, un organe d’opposition de la bourgeoisie libérale, qui avait quelques liens avec l’hégélianisme de gauche. Sous sa direction, cet organe prit une orientation démocratique révolutionnaire, ce qui lui attira l’attention du gouvernement réactionnaire et de la censure. Le journal fut interdit au début de 1843. Lénine souligne l’importance de cette période dans l’évolution de MARX, dans son passage de l’idéalisme au matérialisme et du démocratisme révolutionnaire au communisme.

    En 1843, Marx épousa Jenny von Westphalen, une amie d’enfance issue de l’aristocratie. La même année, la «Gazette Rhénane» étant interdite, il partit pour Paris où Il participa à la fondation des Annales franco-allemandes. Dans cette revue, parue en 1844, et qui n’eut qu’un seul numéro, ses appels aux masses et au prolétariat se faisaient de plus en plus nets. Son évolution vers le communisme s’affirma définitivement.

    En 1844 eut lieu sa rencontre avec Engels. De cette rencontre naquit une amitié profonde et féconde qui dura jusqu’à sa mort. Frappé d’une mesure d’expulsion en 1845, Marx quitta Paris pour Bruxelles. C’est dans la capitale belge qu’il adhéra à la «Ligue des communistes», une organisation qui fonctionnait alors comme une société secrète. A la demande du II ème Congrès de cette organisation, il entreprit avec Engels la rédaction du célèbre Manifeste du Parti communiste.

    En février 1848 la révolution éclatait à Paris. Le roi de France Louis-Philippe était renversé, la République proclamée. Cette révolution donna un coup de fouet à ce qu’on a appelé «le printemps des peuple», une série de mouvements révolutionnaires de caractère national-libéral à travers l’Europe.

    En Belgique, Bruxelles était également en ébullition. Les autorités, jugeant alors trop dangereuse la présence de Marx, décidèrent de l’expulser. Il revint donc à Paris, car le nouveau pouvoir qui, à ses débuts, tenait à montrer son intérêt pour la classe ouvrière et pour les questions sociales, lui avait officiellement fait savoir qu’il était disposé à l’accueillir en France. Mais il y resta pour peu de temps: en effet, en mars de la même année, la révolution éclatait également en Allemagne. Il se fixa donc à Cologne pour être au cœur des événements. La tactique de lutte qu’il décida en compagnie d’Engels, sont pour les communistes un exemple incomparable.

    En effet une fois sur place Engels et lui se rendirent compte de la réalité: «une bourgeoisie encore faible et disposée au compromis avec l’aristocratie féodale; un prolétariat également peu développé, inorganisé encore peu conscient de son rôle historique et de l’opposition profonde entre ses intérêts et ceux de la bourgeoisie, et «contraint de remplir pour le moment dans sa grande majorité, les fonctions de l’extrême gauche de la bourgeoisie»(Engels).

    Dans ces conditions, les ouvriers allemands devaient s’assurer d’abord les droits qui leur étaient nécessaires pour s’organiser en parti de classe: «liberté de la presse, d’association et de réunion, droits que la bourgeoisie était obligée elle-même de conquérir pour sa propre domination, mais que par crainte des ouvriers, elle commençait à leur contester»Le prolétariat, tout en préservant son indépendance devait veiller à marcher avec la grande armée des démocrates. C’est donc dans ce but de large alliance démocratique que Marx fit apparaître La Nouvelle Gazette Rhénane.

    Engels le rappelle fort bien: «C’est ce qui a déterminé notre drapeau quand nous avons entrepris de fonder un grand journal en Allemagne. Ce drapeau ne pouvait être que celui de la démocratie, mais d’une démocratie qui révélait partout, à la moindre occasion, son caractère spécifiquement prolétarien, qu’elle ne pouvait pas encore inscrire une fois pour toutes sur son drapeau. Si nous ne l’avions pas voulu, si nous avions refusé de nous rallier au mouvement et à son aile existante la plus avancée, prolétarienne en fait, pour le stimuler, nous n’aurions eu d’autre solution que de prêcher le communisme dans une feuille de chou et de fonder une petite secte communiste au lieu d’un grand parti. Or, le rôle de prédicateurs dans le désert ne nous convenait plus : ce n’est point pour cela que nous avions si bien étudié les utopistes et rédigés notre programme» (Engels, Marx et la Neue Rheinischer Zeitung ).

    La propagande autour d’un programme démocratique donna une juste orientation au mouvement révolutionnaire, ce qui n’empêcha pas Marx d’y participer de façon active. Mais la contre révolution était en marche en Europe et finit par triompher en Allemagne: Marx fut traduit en justice; il fut acquitté, mais une nouvelle mesure d’expulsion l’obligea à quitter Cologne pour Paris. Seulement, la situation n’était plus la même dans la capitale française. La réaction était revenue en force.

    En juin 1849, des manifestations ouvrières et populaires, organisées à Paris et dans de nombreuses villes françaises pour dénoncer l’intervention des troupes françaises contre le gouvernement républicain qui venait de s’établir à Rome, étaient écrasées dans le sang. C’est dans ce contexte que Marx fut expulsé une fois de plus de Paris. Il partit pour Londres, où il vécut jusqu’à sa mort, le 14 mars 1883.

    Marx est l’un des plus grands penseurs de l’histoire des hommes. Sa pensée, immense et puissante, (elle embrasse de nombreux domaines tels que la philosophie, le droit, l’histoire, pour l’économie politique, la sociologie…), continue de rayonner dans le monde et d’inspirer des millions de prolétaires et de travailleurs exploités et opprimés.

    Marx est l’exemple, le modèle par excellence de l’intellectuel militant révolutionnaire. Il a renoncé très tôt à des projets de carrière, pour se consacrer à la recherche philosophique. Il s’est ainsi porté au premier rang dans la grande bataille philosophique qui l’a conduit à la découverte du matérialisme dialectique et du matérialisme historique, la science révolutionnaire du prolétariat, celle qui démontre la nécessité historique de la révolution socialiste, sous la direction du prolétariat, comme prélude à l’édification de la société communiste. Son analyse du capitalisme dans la Contribution à la Critique de l’économiepolitique et dans le Capital, demeure un précieux outil pour le prolétariat révolutionnaire.

    Mais Marx n’était pas un intellectuel de salon, lui qui affirmait  que «les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, [que] ce qui importe c’est de le transformer». Les expulsions successives dont il fut l’objet, sont à la mesure de la crainte que ses idées et son action suscitaient auprès de la réaction. Chez lui, les réflexions théoriques et politique et l’activité pratique se sont toujours conjuguées et mutuellement enrichies. Avec Engels, il s’est toujours impliqué dans l’organisation et dans les combats de la classe ouvrière, et a œuvré inlassablement à doter le mouvement ouvrier de la théorie et la tactique du socialisme prolétarien révolutionnaire ou communisme. en menant un combat énergique contre les courants petits bourgeois, utopistes anarchistes, non prolétariennes, Au cours de la révolution démocratique que connut l’Europe et notamment l’ Allemagne  en 1848, il déploya une activité intense tant dans le développement, que dans la direction, l’organisation et l’orientation, du mouvement populaire.

     Marx, grand éducateur et dirigeant du prolétariat international

    Marx est en effet l’exemple de l’internationaliste conséquent. Sa pensée s’est forgée et s’est enrichie au contact de la pensée de l’histoire et des expériences qui sortaient du cadre strictement allemand. Les trois sources du marxisme, il faut le rappeler en effet, ce sont la philosophie allemande, l’économie politique anglaise et le socialisme français. Il s’est montré très tôt conscient de la nécessité de la solidarité internationale et de l’union des prolétaires de tous les pays face à l’internationalisation du capital, et face à la solidarité de la classe des exploiteurs par-delà les frontières, et cela l’avait naturellement conduit à envisager la révolution prolétarienne participé dans une perspective internationaliste.

    Dès l’année 1846 déjà, il avait à la création d’un Bureau international communiste de correspondance de Bruxelles. La Ligue des communistes à laquelle il adhéra était sans doute composée en majorité de militants allemands; mais elle affirmait déjà sa vocation internationaliste en intégrant dans son sein des militants belges, anglais. C’est donc en toute logique qu’il fut l’inspirateur du célèbre mot d’ordre international du Manifeste du Parti communiste: «Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !».

     

    Mais c’est au cours des années 1860, qu’à la faveur d’un recul relatif de la réaction qui avait suivi l’écrasement des mouvements révolutionnaires de 1848 , et de la recrudescence du mouvement ouvrier, qui en a résulté, qu’il estima le moment venu de matérialiser le projet qui était donc le sien depuis les années 1840: en finir avec la dispersion du mouvement ouvrier, œuvrer à la mise en place d’un organisation internationale de la classe ouvrière.

    Le 28 septembre 1864 donc à Londres, fut fondée l’Association internationale des travailleurs, la Ier Internationale. Marx fut le principal animateur et le chef idéologique de cette organisation jusqu’à sa dissolution en 1872 après son transfert à New-York. La 1er Internationale n’était guère homogène; les organisations ouvrières qui y étaient représentées étaient loin de partager la même orientation idéologique, les mêmes traditions de lutte: des anarchistes proudhoniens, bakouniniens, des trade-unionistes. Lassalliens, côtoyaient des marxistes. Mais Marx mena un combat contre tous ces courants opportunistes, s’efforçant ainsi de forger «une tactique unique pour la lutte prolétarienne de la classe ouvrière dans les divers pays». (Lénine).

    C’est son activité inlassable et multiforme, dans une situation matérielle difficile voire de misère malgré l’aide d’Engels qui acheva de ruiner sa santé. Marx avait sacrifié sa vie à la cause du prolétariat et de la révolution.

    Mais 46 ans après l’écrasement de la Commune de Paris, 34 après sa mort, la classe ouvrière russe, sous la direction du Parti communiste (bolchevik), par la Grande Révolution d’Octobre 1917, mettait fin à la domination de la bourgeoisie russe, instaurait, à travers le gouvernement des soviets, l’Etat de dictature du prolétariat, et se lançait hardiment dans l’édification du socialisme. La justesse des analyses et des enseignements de Marx se trouvait ainsi confirmée.

     Après la victoire sur le nazisme, victoire grâce au rôle décisif joué par les peuples de l’URSS sous la direction de Staline, après l’instauration des démocraties populaires en Europe de l’Est et avec la victoire des mouvements anticoloniaux et de libération nationale dans de nombreux pays coloniaux et dépendants, c’est une partie importante de l’humanité qui pouvait se réclamer à bon droit et avec fierté de l’enseignement de Marx.

    Aujourd’hui, il est de fait que le socialisme connaît un certain recul, consécutif à la dégénérescence révisionniste du PCUS (b) et à la restauration du capitalisme en Russie et dans les démocraties populaires, et il est de fait que ce recul a permis au vieil arsenal anticommuniste de s’enrichir de nouveaux «arguments». On présente volontiers le marxisme comme dépassé, ou alors comme source de barbarie; on conteste son caractère scientifique; chez nous, c’est le sempiternel refrain sur «une idéologie d’importation étrangère, incompatible avec nos sociétés africaines..»Mais nous sommes persuadée que cette situation de recul est provisoire.

    En effet, la crise générale du système capitaliste, l’exacerbation des contradictions insurmontables de l’impérialisme sont indéniables et confirment les analyses de Marx et la justesse scientifique du marxisme et du marxisme-léninisme; elles mettent plus que jamais en évidence le socialisme comme une nécessité historique et comme l’unique voie de salut pour l’humanité. Il incombe donc aux partis communistes de s’emparer de cette science pour conduire le prolétariat et les masses populaires dans leur lutte émancipatrice. C’est ainsi que se pose la question.

    GLOIRE ÉTERNELLE A K. MARX GRAND DIRIGEANT ET ÉDUCATEUR DU PROLÉTARIAT INTERNATIONAL !

     

    • C’est dans cette voie que notre Parti, -PCT- s’est engagé avec enthousiasme, et chaque jour nous apporte la preuve de l’universalité et de l’actualité de Marx et du marxisme-léninisme. Ainsi, lorsqu’à la suite du mouvement insurrectionnel populaire qui embrasa notre pays en 1990-1991, la bourgeoisie libérale togolaise s’engagea dans le voie de la conciliation et des négociations avec le pouvoir autocratique en proclamant que la solution pour la démocratie passait par la tenue d’une «conférence nationale souveraine» suivie de la formation d’un «Gouvernement de transition», puis de l’élaboration d’une constitution «démocratique», et tout cela sans toucher à l’autocratie, ce sont les enseignements de Marx et de Lénine, qui ont guidé notre Parti, lui ont permis d’y voir clair dans cette situation, d’éviter le bourbier de la voie conciliatrice et de proposer la seule voie qui répondait aux intérêts de la démocratie et du peuple, celle de l’organisation et de la lutte.

     

    • Quand en décembre 1991, l’autocrate Eyadéma a fomenté son putsch contre le gouvernement de transition issu de cette fameuse «conférence nationale souveraine» et dirigé par Koffigoh, les communistes et les démocrates n’en ont pas été du tout surpris. En effet, ils savaient ce genre de scénario prévisible. Il leur suffisait pour cela de se référer à Lénine dans les «Deux tactiques de la social–démocratie dans la révolution démocratique»: par cet  ouvrage écrit en juin-juillet 1905, Lénine fustigeait la tactique conciliatrice élaborée par les mencheviks dans une conférence fractionniste tenue à Genève. Mais il est notable que Lénine appuyait sa démonstration sur l’expérience et l’exemple de Marx, comme il le précise lui-même: «La conférence a également oublié qu’aussi longtemps que le pouvoir restera entre les mains du tsar, toutes les décisions de tous les représentants quels qu’ils soient, se réduisent à des bavardages aussi creux et pitoyables que les «décisions» du fameux parlement de Francfort lors d la révolution allemande de 1848. Ce qui valut précisément aux libéraux genres Osvobojdénié de Francfort, les cruels sarcasmes dont Marx, porte-parole du prolétariat, les cinglait dans sa Nouvelle Gazette Rhénane, c’est qu’ils prononçaient de belles paroles, adoptaient toutes sortes de «décisions» démocratiques, «instituaient» des libertés de tout genre, mais en fait laissaient le pouvoir dans les mains du roi et n’organisaient pas la lutte armée contre la force militaire dont celui-ci disposait. Et pendant que les précurseurs locaux de l’Osvobojdenié discouraient, le roi guettait le moment propice, augmentait ses forces militaire; si bien que la contre-révolution, s’appuyant sur une force réelle, battit à plate couture les démocrates avec toutes leurs «décisions». On peut vérifier ici la force que représentent dans la réalité les enseignements de Lénine et de Marx, cette idéologie prétendument étrangère. On comprend mieux la nécessité de l’étudier. 

    C’est donc à juste titre que la pensée et l’action de Marx continuent de rayonner de par le monde, et d’inspirer des millions de communistes, de prolétaires et de travailleurs. Nous sommes certains qu’il en sera toujours ainsi, et ce jusqu’à ce que le communisme, ce spectre qui continue de hanter la bourgeoisie, devienne réalité, pour le plus grand bien de l’humanité.

    VIVE L’INTERNATIONALISME PROLÉTARIEN !

     

    C’est à cela que visent les efforts conjugués des communistes et du prolétariat international et des masses travailleuses du monde. Les communistes du Togo se tiendront résolument à leur poste dans ce noble combat.

     

    GLOIRE ÉTERNELLE A K.MARX GRAND DIRIGEANT ET ÉDUCATEUR DU PROLÉTARIAT INTERNATIONAL !

     

    GLOIRE ÉTERNELLE A F. ENGELS SON COMPAGNON ET FIDÈLE AMI !

     

    VIVE L’INTERNATIONALISME PROLÉTARIEN !

     

     

    Lomé, le 8 mars 2018

    Le Parti Communiste du Togo

  • La révolution d’octobre – texte du Parti Communiste du Togo-ICOR

    La révolution d’octobre – texte du Parti Communiste du Togo-ICOR

    La révolution d’octobre: victoire et vérité scientifique du marxisme-léninisme

    PCT (parti communiste du togo), Lomé, le 7 novembre 2017

    C’est avec un grand enthousiasme et une grande confiance que nous nous joignons à tous les communistes du monde et à l’ensemble du prolétariat révolutionnaire international, pour célébrer le centième anniversaire de la grande Révolution socialiste d’octobre 1917. Nous sommes convaincus que la grande Révolution d’octobre 1917, qui reste un événement majeur du XX siècle malgré tous les efforts entrepris par la réaction mondiale pour la déformer et pour l’enterrer, continuera d’être une source d’inspiration irremplaçable pour les millions de communistes de révolutionnaires et de prolétaires qui partout dans le monde, luttent pour un monde meilleur.

    Il y a cent ans, en effet, le 25 octobre 1917 (le 7 novembre selon le calendrier actuel), la classe ouvrière de Russie, sous la direction du Parti communiste (b), déclencha l’insurrection armée qui mit à terre le gouvernement bourgeois et réactionnaire de Kerenski et installa à sa place le gouvernement des soviets. Les premières années furent pour la Révolution des années de confrontations militaires acharnées avec les forces contre révolutionnaires des armées blanches épaulées par l’intervention des armées et de la marine des puissances impérialistes (Allemagne, France, Grande-Bretagne Etats-Unis, Japon..), qui entendaient ainsi l’étouffer dans l’œuf. Mais elle a fini par vaincre ses ennemies grâces son Armée rouge, l’armée de la dictature du prolétariat, la matérialisation concrète de l’alliance de la classe ouvrière, de la paysannerie pauvre et des masses exploitées. Ainsi s’instaurait pour la première fois dans l’histoire à travers le gouvernement des soviets, un état de type nouveau celui de la dictature du prolétariat, fondée sur l’alliance de la classe ouvrières, de la paysannerie pauvre et des masses laborieuses. Cette victoire ouvrait la voie à l’instauration du socialisme, prélude à la société sans classes, la société communiste.

    Marx et Engels en élaborant la théorie du communisme scientifique, avaient débarrassé le socialisme des rêveries et errements des socialistes utopistes: en analysant l’évolution des sociétés sur la base du matérialisme historique, ils avaient montré scientifiquement l’inéluctabilité de la révolution socialiste et du communisme; ils avaient su faire la démonstration qu’il revenait à la classe ouvrière, produit du capitalisme et «qui n’a à perdre que ses chaînes et un monde à gagner», la mission historique de détruire par la révolution violente le régime capitaliste, de construire la société socialiste pour aboutir à la société sans classes, la société communiste. Mais cette démonstration scientifique n’était encore que de la théorie.

    En 1871, avec la Commune de Paris, la classe ouvrière parisienne avait bien tenté d’établir son propre pouvoir; mais cette tentative avait duré à peine plus de deux mois, la Commune de Paris ayant été écrasée dans le sang par la bourgeoisie réactionnaire.

    Les mérites de Lénine et du léninisme

    Avec la Révolution d’Octobre, l’idéal rêvé par la classe ouvrière, et brièvement entrevu pendant la Commune de Paris, se voyait réalisé de manière concrète. Le système socialiste comme nouveau système social devenait une possibilité tangible. Incontestablement, la Révolution d’octobre 1917 confirmait la justesse des analyses et des enseignements du marxisme. Elle apportait de manière éclatante la preuve vivante de la capacité de la classe ouvrière, la classe révolutionnaire jusqu’au bout, la classe d’avenir, à renverser l’ordre capitaliste, à édifier son propre Etat, l’Etat de la dictature du prolétariat et des masses exploitée, à défendre son pouvoir, à instaurer une société nouvelle, la société socialise, première étape de la société sans classes, la société communiste.

    La Révolution d’Octobre a aussi démontré de façon concrète que cette victoire n’est possible que si la classe ouvrière est dirigée par un parti de type nouveau, par son parti d’avant-garde à l’instar du parti bolchevik, un parti qui réponde aux exigences de l’époque nouvelle.

    Cette époque nouvelle c’est celle de l’impérialisme et de la révolution prolétarienne, dont Lénine a su mettre en lumière les principales caractéristiques: c’est l’époque où capitalisme ayant atteint son stade suprême, est devenu un système agonisant, c’est-à-dire l’époque où les contradictions du système capitaliste telles que Marx et Engels les ont entrevues à leur époque, se sont exacerbées, rendant nécessaire et inéluctable la révolution prolétarienne mondiale et l’émergence d’un nouveau système, le système socialiste; l’époque où le capitalisme s’est érigé en un système de domination mondiale, et où la lutte de libération des peuples asservis, coloniaux et dépendants, rejoint par conséquent la lutte du prolétariat pour le socialisme dans le combat commun contre la domination mondiale du capital; l’époque où la révolution peut éclater à n’importe quel maillon faible de la chaîne de domination mondiale du capital, où la construction du socialisme peut commencer seulement dans un pays ou dans un groupe de pays. Bref, l’époque des affrontements ouverts de classes, l’époque où la révolution prolétarienne est devenue une activité pratique face à une bourgeoisie devenue réactionnaire sur toute la ligne, et où la violence révolutionnaire est à l’ordre du jour.

    Le mérite de Lénine et du léninisme c’est d’avoir saisi et analysé les caractéristiques fondamentales de cette l’époque de l’impérialisme, et démontré la nécessité de la révolution prolétarienne et de la dictature du prolétariat; c’est d’avoir en conséquence forgé le parti capable de diriger la classe ouvrière et le processus révolutionnaire dans ces conditions: un parti solidement armé sur les plans idéologique, théorique, politique, organisationnel, et pourvu des capacités stratégiques et tactiques requises pour garder le cap dans toutes les situations, dans tous les tournants dans les avancées et dans les reculs, dans l’offensive comme dans la défensive, capable de marier le travail légal et le travail illégal.

    C’est d’avoir accompli cette tâche à travers de rudes batailles idéologiques, théoriques, politiques organisationnelles, menées et gagnées contre les divers courants opportunistes et liquidateurs qui constituaient autant d’entraves à la lutte; le marxisme légal, les populistes, les économistes, les mencheviks, les otzovistes, les kauskystes et autres trotskystes. La Révolution d’octobre, c’est la démonstration concrète de la vérité scientifique du marxisme-léninisme en tant que science de la révolution prolétarienne et de la dictature du prolétariat, fondée sur l’alliance de la classe ouvrière, de la paysannerie pauvre et des masses exploitées. Cette vérité s’est vérifiée par la victoire de l’Armée rouge, bras armé de la dictature du prolétariat, matérialisation concrète de cette alliance, sur les forces impérialistes (allemandes, américaines, françaises japonaises…) et contre révolutionnaires qui s’étaient coalisées pour abattre et liquider le nouveau pouvoir.

    La Révolution d’octobre c’est aussi la victoire du marxisme-léninisme en tant que théorie et pratique de l’internationalisme prolétarien réel et conséquent: en 1912, devant les menaces de guerre impérialiste, les partis sociaux démocrates, membres de la IIème Internationale réunis à Bâle (Suisse), avaient pris l’engagement de refuser de voter les crédits militaires et de s’opposer à la guerre par tous les moyens y compris par la grève générale. Bref, ils s’étaient promis de «faire la guerre à la guerre». Mais en 1914, à la déclaration de la guerre, la plupart de ces partis (qui se réclamaient encore du marxisme !), gangrénés par l’opportunisme, trahissant leur engagement s’étaient ralliés à leur bourgeoisie au nom de «l’union sacré» en votant les crédits militaires. Mais le parti bolchevik quant à lui est resté fidèle à son engagement internationaliste; il a fidèlement appliqué le mot d’ordre de transformer la guerre impérialiste en révolution et s’y est fermement tenu malgré l’ambiance belliciste entretenue par l’autocratie et par la bourgeoisie réactionnaire.

    La victoire de la Révolution montre bien que le mot d’ordre bolchevik sur la paix, la terre et le pain n’était pas seulement juste parce que conforme à cet engagement internationaliste, mais aussi parce qu’il répondait effectivement aux intérêts et aux aspirations des masses laborieuses notamment paysannes, qu’il a contribué à cimenter l’alliance de la classe ouvrière, de la paysannerie pauvre, et des masses exploitées, et a fait de cette alliance un socle capable de résister aux offensives de la contre-révolution et de la réaction. Elle confirmait ainsi les liens indissolubles entre la révolution bolchevique et la révolution prolétarienne mondiale.

    D’ailleurs, Lénine n’a jamais cessé de placer la Révolution d’octobre dans la perspective de la révolution prolétarienne mondiale. C’est bien pour cela et pour marquer la rupture définitive avec l’opportunisme et avec la IIème Internationale que fut mise en place dès 1919 à Moscou la III Internationale dont l’accès était soumis à l’acceptation de 21 conditions, confirmant la rupture avec l’opportunisme et l’adhésion à la ligne de la révolution prolétarienne mondiale; c’est aussi dans la perspective d’un soutien effectif aux mouvements de libération des peuples coloniaux et dépendants, que s’est tenu à Bakou en septembre 1920, le premier congrès des peuples d’Orient.

    Il est vrai que le feu de la révolution n’a pas réussi à embraser l’Europe comme l’espérait Lénine et les bolcheviks. Les mouvements révolutionnaires insurrectionnels suscités en écho à la Révolution d’Octobre (notamment en Allemagne, en Hongrie, en Italie) n’ont pas, en effet, réussi à tenir face à la répression féroce menée par la réaction; mais la victoire de la révolution n’a pas manqué d’ouvrir des brèches au sein de la social-démocratie opportuniste, entraînant parfois des scissions l’émergence de partis se réclamant désormais de la ligne de la IIIème Internationale. C’est le cas de la France avec le Congrès de Tours et la naissance du Parti communiste «Section française de l’Internationale communiste».

    Dans les colonies et pays dépendants soumis au joug de l’impérialisme, la Révolution a soulevé un immense espoir et a contribué à l’essor des mouvements d’émancipation notamment en Chine, en Indochine, en Afrique du Nord -Horizon rouge- vers lequel se tournaient le regard des prolétaires et es masses opprimées du monde.

    Comme le dit Staline: «en ébranlant l’impérialisme, la Révolution d’Octobre a créé en même temps, la première dictature prolétarienne une base puissante et ouverte du mouvement révolutionnaire mondial, base qu’il n’avait jamais eue auparavant et sur laquelle il peut maintenant s’appuyer. Elle a créé un centre puissant et ouvert du mouvement révolutionnaire mondial centre qu’il n’avait jamais eu auparavant et autour duquel il peut maintenant se grouper en organisant le front révolutionnaire unique des prolétaires et des peuples opprimés de tous les pays contre l’impérialisme».

    «La Révolution d’octobre a ainsi fait de la Russie, de l’Union Soviétique le bastion de la lutte pour la libération nationale et pour le socialisme, et non seulement par le soutien internationaliste qu’elle apportait aux luttes du prolétariat international et des peuples du monde, mais aussi par l’exemple qu’elle représentait à travers ses succès foudroyants tant dans l’édification d’une puissante économie que dans la promotion du progrès social»

    Ainsi selon les spécialistes capitalistes eux-mêmes la production industrielle s’élevait en 1939 à 10 fois celle de 1914, à 5 fois celle de 1928 et ce, rappelons-le, après quatre années de destructions immenses entraînées par la guerre civile et les interventions étrangères, et malgré l’encerclement impérialiste, sans avoir à exploiter à piller d’autres peuples et sans exploiter la classe ouvrière, puisque dans le même temps on enregistrait des avancées sociales aussi incontestables, notamment dans l’éducation et la santé entièrement gratuites, dans la promotion de l’égalité femme-homme…Justement parce que la classe ouvrière à travers les diverses organisations de la dictature du prolétariat tenait entre ses propres mains la gestion de l’économie et de la société. Incontestablement, l’Union soviétique par son existence même et par ses victoires dans l’édification de la société socialiste apportait la preuve de la supériorité du socialisme.

    Plus que jamais la Révolution d’Octobre était devenue la source d’inspiration pour le prolétariat international et pour les peuples opprimés du monde. Le rôle majeur et décisif de l’Union soviétique dans l’écrasement de la barbarie fasciste avait encore accru la sympathie à son égard: des pays d’Europe de l’Est libérés de l’occupation nazie, s’étaient engagé dans la voie socialiste; les peuples des pays coloniaux et dépendants donnaient un nouvel élan à leurs luttes émancipatrices, notamment en Asie (Chine Indochine) en Afrique du Nord (manifestation de Sétif en Algérie, et en Afrique subsaharienne). Un pan important de la planète constituait désormais le camp socialiste et échappait ainsi à la domination impérialiste.

    Du révisionnisme à l’effondrement du camp socialiste.

    Mais aujourd’hui cent après la Révolution d’Octobre, le mouvement révolutionnaire connaît un recul certain. En effet le camp socialiste s’est effondré, le capitalisme a été restauré en Russie consacré par la contre révolution comme dans les démocraties populaires d’Europe; la Chine, ouvertement impérialiste participe effrontément au pillage des peuples.

    La raison principale de cette situation, c’est le développement du révisionnisme qui a fini par s’emparer du parti et de l’Etat après la mort de Staline; ce cours nouveau, révisionniste officiellement inauguré par le 20ème Congrès du PCUS, s’est traduit par l’abandon, sous prétexte de retour à Lénine, des principes cardinaux du marxisme-léninisme, et de tous les enseignements de la Révolution d’Octobre. Ainsi au principe de la dictature du prolétariat, on a substitué la notion de l’Etat du peuple tout entier et du passage au socialisme sans révolution prolétarienne; au principe du parti de la classe ouvrière on a substitué la notion du parti du peuple tout entier; le principe de la contradiction fondamentale antagonique, et donc de la lutte implacable entre socialisme et capitalisme a été remplacé par la notion de compétition pacifique, de coexistence pacifique et du passage pacifique au socialisme.

    Dans les pays coloniaux, néocoloniaux et dépendants, le principe de la révolution démocratique sous la direction de la classe ouvrière, comme étape vers le socialisme, a fait place à la notion d’Etat de démocratie nationale qui, au nom d’un prétendu «développement non capitaliste», invite la classe ouvrière à se mettre à la remorque de la bourgeoisie. Ajoutons la théorie non moins funeste venant de Chine, selon laquelle les peuples des «deuxième et troisième mondes» doivent s’unir à leur bourgeoisie contre «le premier monde».

    Ainsi la restauration du capitalisme dans les pays socialistes n’a pas seulement privé le prolétariat international d’un bastion et d’un point d’appui; elle s’est accompagnée de développements, de théories et de doctrines qui n’ont abouti qu’à semer la confusion, à désarmer le prolétariat international et les peuples opprimés du monde face à la bourgeoisie.

    Des développements, des théories qui ont entraîné des partis se réclamant du communisme dans des politiques de collaboration de classe, laissant de ce fait sans défense le prolétariat et les peuples qui vont subir d’horribles massacres, notamment en Indonésie, au Soudan, au Chili. Dans le même sens dans de nombreux pays coloniaux, néocoloniaux, ou dépendants comme le nôtre, ces théories ont même abouti à nier la nécessité de la direction de la révolution démocratique par le prolétariat, et à laisser le prolétariat et les masses populaires déboussolés, sans la direction du Parti communiste dont la création se trouvait indéfiniment reportée, celle-ci n’étant plus considérée comme une tâche urgente. Ceux qui alors osaient encore se réclamer du marxisme, pouvaient ainsi justifier leur intégration dans des gouvernements bourgeois et leur participation aux régimes néocoloniaux et dépendants.

    C’est le cas de notre pays où dans les années 1960, quand les éléments se réclamant du marxisme-léninisme en fait des révisionnistes khrouchtchéviens, se sont fondu dans le parti nationaliste petit bourgeois la JUVENTO, avant de se rallier du moins pour certain d’entre eux au parti national-réformiste le PUT; d’autre sous l’influence du révisionnisme chinois se sont contentés de gérer le mouvement étudiant. C’est donc ce recul momentané subi par le socialisme qui, en leur laissant le champ libre, a permis à la bourgeoisie impérialistes, plus arrogante que jamais, aux opportunistes et aux révisionnistes de tout poil, de mener une propagande effrénée pour présenter à coups de contre vérités, le socialisme comme une monstrueuse barbarie, ou au mieux comme un rêve impossible, et pour tenter de faire passer la Révolution d’Octobre, pour un simple accident de l’histoire, comme une simple parenthèse dans un monde voué éternellement au règne du capitalisme.

    Mais nous sommes convaincus qu’il ne peut pas en être ainsi.

    Car nous savons que la réalité matérielle est un perpétuel changement, que tout ce qui existe se développe et meurt, qu’il s’agisse de la nature ou de la société, indépendamment de la volonté des hommes qui peuvent tout au plus accélérer ou ralentir un processus, mais qui ne peuvent pas empêcher son déroulement. C’est ce que nous enseigne le matérialisme dialectique. Ainsi, la bourgeoisie et le capitalisme, n’ont pas existé de tout temps. Ils sont apparus et se sont développés au sein de la société féodale, qu’ils ont fini par détruire et remplacer renverser. Ils sont donc appelés à disparaître eux aussi; qu’ils soient donc appelés à disparaître, c’est pour nous une certitude.

    En France par exemple il s’est écoulé plusieurs siècles entre l’apparition de la bourgeoisie et la révolution bourgeoise, et plusieurs décennies entre la révolution bourgeoise et la victoire définitive de la bourgeoisie. Les voies de la révolution ne sont pas forcément linéaires.

    Qu’on l’appelle mondialisation, globalisation ou autre , l’époque actuelle reste toujours celle de la concentration du capital, des monopoles du capitalisme financier, de la domination du monde par un petit nombre de puissance, bref c’est toujours l’époque de l’impérialisme et les contradictions de l’impérialisme, telles que Lénine les a perçues et analysées, sont non seulement toujours présentes mais ne font que s’exacerber et que le socialisme apparaît plus que jamais comme la solution nécessaire et inévitable.

    En effet, jamais la production n’a été autant socialisée, et jamais le capital n’a été détenu en si peu de mains. La crise du capitalisme est devenue une réalité permanente.

    Dans les pays impérialistes, la classe ouvrière et les masses laborieuses connaissent une misère grandissante par suite du chômage endémique et de la remise en question des droits sociaux acquis dans la lutte. Face à leur légitime mécontentement, la bourgeoisie recours à la militarisation accrue de la société à la remise en cause des libertés, à des mesures de fascisation sous la poussée de groupes fascistes de plus en plus légitimés qui ne cessent de s’affirmer sur la scène politique. Plus que jamais l’affirmation de Lénine selon laquelle l’impérialisme c’est la réaction sur toute la ligne reste d’actualité.

    Dans les pays néocoloniaux et dépendants comme le nôtre l’emprise du capital monopoliste a abouti à une dépendance accrue de l’Etat néocolonial, et même à une forme de recolonisation. Ce qui a pour conséquence plus de misère pour le peuple et notamment pour la jeunesse qui parfois ne voit d’autre issue que dans le recours à l’émigration; mais aussi plus de sentiment de révolte qui peut parfois aboutir au terrorisme mais aussi renforcer la volonté d’indépendance.

    Les rivalités inter-impérialistes se sont aggravées notamment avec l’affirmation de nouveaux pays impérialistes. Elles ont multiplié les conflits, aggravé la course aux armements et mis le monde en état de guerre quasi permanent.

    Seul le socialisme peut instaurer la paix entre les peuples

    Ajoutons à tout cela les désastres écologiques conséquence de l’exploitation capitaliste des ressources de la terre.

    Seul le socialisme peut sauver l’humanité.

    L’exacerbation de ces contradictions rend la révolution socialiste inéluctable. La chaîne de domination de l’impérialisme finira par se rompre quelque part. D’ailleurs les événements qui se sont déroulés ces derniers temps dans divers pays montrent bien que les peuples ne sont pas disposés à supporter la situation qui leur est faite, que ce soit notamment en Tunisie, en Egypte et au Burkina Faso.

    La grande leçon que nous pouvons retenir de tous ces événements c’est la nécessité de la révolution prolétarienne, et c’est aussi la confirmation de la nécessité du Parti Communiste qui seul peut conduire la classe ouvrière pour rendre cette révolution possible. C’est ce parti qui en s’inspirant de l’exemple du Parti Bolchevik, et de la Révolution d’octobre, et avec toute l’expérience acquise depuis lors peut conduire à la victoire. Il nous appartient donc de renforcer nos partis, en nous inspirant de l’exemple du parti Bolchevik et de la Révolution d’octobre mais aussi des expériences accumulées depuis lors d’échanger nos expériences en nous apportant un soutien mutuel internationaliste.

    GLOIRE A LA GRANDE RÉVOLUTION D’OCTOBRE 1917

    GLOIRE AU PARTI BOLCHEVIQUE DE LÉNINE ET DE STALINE

    VIVE L’INTERNATIONALISME PROLÉTARIEN !

    Le Parti Communiste du Togo

    Site internet : www.pctogo.org

    Contact : contact@pctogo.org

  • L’Afrique et l’écho de la révolution d’octobre – Shambuyi Kalala

    L’Afrique et l’écho de la révolution d’octobre – Shambuyi Kalala

    La Révolution d’Octobre fut l’un des plus grands événements de l’histoire de l’humanité. En cette année de célébration du centenaire de cet événement qui a marqué et déterminé la vie de millions de personnes, non seulement à l’intérieur des limites géographiques du Premier Etat Socialiste des ouvriers, mais aussi dans chaque coin de la planète où il a eu un impact pour des dizaines d’années, nous passons en revue, dans cet article, sa résonance en Afrique, et des enseignements nécessaires pour les perspectives.

    Au moment où a eu lieu la révolution d’octobre, l’Afrique, du moins ses élites, n’était pas en mesure d’en saisir la portée. Une situation qui peut se comprendre, du fait de sa position géographique éloignée de la Russie, et surtout que les peuples africains étaient enclin à digérer les traumatismes causés par la traite négrière et la colonisation. Aujourd’hui, à la célébration du centenaire de la Révolution d’Octobre, l’Afrique peut aussi participer à l’évaluation de ses impacts sur cette planète.

    C’est à partir des années cinquante, à la faveur de l’émergence du mouvement de libération, que le débat sur la révolution d’octobre commence à prendre corps en Afrique. Son aspect dominant était l’admiration de cet événement prémonitoire d’une fin définitive de l’esclavage. Ses effets étaient encore perceptibles dans la période de l’après 2e Guerre mondiale. Parmi les expressions les plus remarquables, on pouvait noter l’existence en soi du premier pays socialiste au monde; la rapidité de la reconstruction de l’Union soviétique, et ce malgré sa profonde destruction pendant la guerre et, la capacité d’ériger une défense dissuasive face aux vieilles puissances impérialistes, ainsi que de la sympathie et la solidarité aux luttes des peuples opprimés. De tout cela, la clé du succès était logée dans l’appropriation du marxisme par les révolutionnaires russes. Cet outil s’est avéré nécessaire pour comprendre le monde capitaliste et ses soubresauts.

    La doctrine marxiste est avant tout le fruit de l’analyse de la société capitaliste en Occident, les révolutionnaires russes l’ont adopté sans complexe. Dans cet exercice d’assimilation, ils ont fait un grand effort pour éviter d’appliquer indistinctement les conclusions générales marxistes sur tous les aspects de la lutte en Russie. Pour réussir la révolution en Russie, il fallait, indubitablement, avoir une analyse spécifique de chaque secteur de la vie de leur société. Les marxistes russes n’ont pas confondu l’admiration et le suivisme. Les batailles idéologiques de Lénine contre les opportunistes qui ont voulu utiliser ces analyses à la manière de copier-coller, en disent long. Lénine a défendu sans broncher, notamment, les thèses de la révolution en deux étapes, l’alliance entre la classe ouvrière et la paysannerie pauvre. Ces thèses n’avaient jamais été défendues auparavant par les marxistes en Occident.

    Quant aux révolutionnaires africains, ils ont semblé avoir de la peine pour aller au-delà de la simple admiration de la révolution d’octobre et ses effets. Ce qui aurait du être fait, pourtant, c’est d’étudier et d’analyser sans complexe, suivant les méthodes marxistes, cette expérience russe bourrée des enseignements sur la transformation de la société. Visiblement, les révolutionnaires africains ne sont pas allés à la rencontre du marxisme et des enseignements de la révolution d’octobre avec une grille de lecture fixée sur l’objectif de la révolution en Afrique et la transformation de leur société. Cette préoccupation renvoie à une tâche historique incontournable : sortir définitivement l’Afrique des griffes des puissances impérialistes et d’envisager la construction du socialisme. Tout en respectant le travail théorique, sur le développement du capitalisme en Occident, les révolutionnaires russes ne se sont pas sentis dédouanés de faire un travail sur le développement du capitalisme en Russie.

    Autant le travail théorique abattu autour de la révolution d’octobre est de la très haute qualité, jamais, alors, il ne peut être considéré comme suffisant pour la préparation de la révolution en Afrique. Le travail théorique est une nécessité absolue et une tâche pour saisir les spécificités liées à la situation singulière de l’Afrique. Lorsqu’on soutient que le marxisme est une science, cela sous-entend que c’est une science sociale. De ce fait, son applicabilité sur un terrain nouveau requiert sans doute un travail théorique supplémentaire, spécifique, en rapport avec la formation sociale étudiée.

    Le capitalisme est parachuté en Afrique par la voie essentiellement militaire. Il ne pouvait, dans ces conditions, produire une stratification sociale semblable aux autres régions du monde. L’économie exogène et excentrique de la plupart des pays africains n’a pas permis la maturation des classes qui sont le support du capitalisme comme en Occident, en l’occurrence la bourgeoisie et la classe ouvrière. Le centre du pouvoir d’Etat au niveau local est resté diffus. Cette situation est renforcée par une grande mobilité au sommet de la société : le passage très fréquent et, dans tous les sens, entre la bourgeoisie bureaucratique et la petite bourgeoisie. La colonisation et la néo-colonisation ont favorisé et consolidé la conception féodale du pouvoir d’Etat en Afrique. Là où ailleurs, on parle de groupe au pouvoir, en Afrique c’est un individu qui incarne à lui, tout seul, le pouvoir d’Etat. Ce qui arrange les puissances impérialistes qui ne souhaitent pas voir se développer les collectifs et les possibilités de contrôles démocratiques. Elles tiennent à garder l’initiative pour faire et défaire le pouvoir, au besoin remplacer à leur guise leurs agents au sommet de l’Etat.

    Cette pratique de mains basses sur les pouvoirs locaux leur permet de disposer encore pour longtemps les richesses des pays africains. Cela peut encore durer, voire des siècles, tant que la grande majorité des citoyens ne sont pas éduqués pour comprendre tous ces mécanismes de contrôle de pouvoirs locaux par les impérialismes. Dans le processus révolutionnaire, l’éducation des masses à travers un grand mouvement démocratique est un gage pour amorcer la transformation de la société. La révolution d’octobre a été précédée par deux révolutions démocratiques (1905 et mars 1917), ce qui a facilité de réunir les conditions subjectives pour la réalisation de la révolution socialiste.

    Le retour des marxistes africains aux fondamentaux des enseignements de la révolution d’octobre, est un préalable pour la réorientation de lutte de libération qui semble patauger dans des confusions idéologiques opportunistes. La parenthèse des idéaux de la révolution d’octobre en Russie, ne peut, en aucune façon, devenir un prétexte pour se priver de cet apport de l’humanité, en matière de libération nationale et sociale. Le degré de l’appropriation de la doctrine du marxisme par les révolutionnaires africains se mesurera à l’abondance de production des thèses nouvelles sur l’Afrique. Il existe encore trop des secteurs à approfondir, entre autres : sur le développement du capitalisme, sur la stratégie et tactique dans la préparation de révolution démocratique et de révolution socialiste.

    Que vivent les peuples africains libres, que vive le socialisme!

    Shambuyi Kalala