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  • ICOR: Afghanistan, Contre toute ingérence impérialiste ou expansionniste!

    ICOR: Afghanistan, Contre toute ingérence impérialiste ou expansionniste!

    Les travailleurs et les femmes, le peuple d’Afghanistan ne peuvent se libérer que par eux-mêmes !

    Le retrait des États-Unis et d’autres pays de l’OTAN ainsi que d’Australie et de la Nouvelle Zélande manifeste la défaite désastreuse de l’OTAN. Pour l’impérialisme américain c’est la plus grande défaite depuis la guerre du Vietnam. Jusqu’à aujourd’hui, le peuple afghan n’a pas accepté l’occupation par les impérialistes qui dure depuis 20 ans !

    Les événements et la situation sanglants et tragiques actuels en Afghanistan sont le résultat de la politique et de la pratique coloniales et réactionnaires du social-impérialisme, de l’impérialisme et de la réaction au cours des quarante dernières années. Pendant la guerre de résistance nationale en Afghanistan contre l’armée d’invasion dans les années 1980, le bloc USA-OTAN était activement impliqué en Afghanistan, ce qui a conduit à l’invasion de l’Afghanistan et son occupation par les États-Unis et leurs alliés qui a duré 20 ans.

    Depuis des décennies, l’Afghanistan est la cible de l’exploitation impérialiste – depuis 1979 par l’Union soviétique social-impérialiste, au plus tard depuis 2001 par les États-Unis et leurs alliés. Un prétexte pour l’attaque de l’Afghanistan a été spécialement construit à partir des attaques terroristes inhumaines du 11 septembre 2001. Mais la toile de fond, c’est aussi la richesse du pays en ressources naturelles et sa position géopolitique. Le retrait actuel est l’expression d’un changement d’orientation stratégique de l’OTAN, mais aussi du fait que les États-Unis et leurs alliés ont complètement mal évalué la situation en Afghanistan. Quoique les États-Unis et l’OTAN démantèlent leur occupation ouverte en Afghanistan, ce n’est pas la fin de l’influence impérialiste. Cela peut entraîner un déplacement considérable des forces dans l’ensemble de la région. La Chine, la Russie, le Pakistan, la Turquie, l’Iran – tous poursuivent leurs propres intérêts impérialistes ou bien régionaux expansionnistes et veulent utiliser le peuple afghan à cette fin.

    L’ICOR soutient et lutte pour le rejet de toute ingérence, occupation et exploitation impérialistes et expansionnistes de l’Afghanistan !

    Dans le même temps, le règne des talibans fascistes doit être combattu. Cette force islamiste intégriste qui vise à instaurer la charia selon leur interprétation réactionnaire, a été constituée par les États-Unis dans les années 1990 comme un rempart contre les mouvements de libération dans la région. Son idéologie et sa pratique sont profondément anti-humaines et anti-femmes. C’est de la pure hypocrisie si les États-Unis, l’Allemagne, la France et d’autres puissances impérialistes versent maintenant des larmes de crocodile parce que la démocratie et les droits des femmes en Afghanistan sont en danger. Cela ne les a jamais intéressés et ce n’était que la façade sous le manteau humanitaire de leur intervention impérialiste. L’ICOR soutient résolument la lutte légitime et juste du peuple afghan, y compris les femmes opprimées, les forces progressistes et démocratiques pour leur liberté sociale et nationale. À bas les talibans !

    Le peuple afghan a besoin du soutien international pour reconstruire le pays à partir des ruines, laissées par les États-Unis. L’ICOR soutient les partis et organisations révolutionnaires et démocratiques en Afghanistan qui mènent maintenant la lutte pour la libération dans les conditions les plus difficiles. La libération de l’Afghanistan ne peut être que la cause du peuple afghan. Pendant tout ce temps, les États-Unis ont soutenu les talibans, notamment en libérant des centaines de talibans de Guantánamo. En outre, les gouvernements afghans sous l’occupation étaient tous des gouvernements réactionnaires, islamistes et corrompus, et pas du tout démocratiques. Aujourd’hui, il faut renforcer les forces révolutionnaires et d’autres forces démocratiques et développer la solidarité internationale. C’est avec respect que nous soutenons toutes les forces révolutionnaires, démocratiques et marxistes-léninistes qui restent dans le pays afin de poursuivre la lutte. Mais les démocrates afghans ont aussi le droit de fuir et les États impérialistes doivent les accueillir, au lieu de les faire vivre dans des conditions inhumaines dans des pays qui ont déjà accueilli des réfugiés en grand nombre,

    Le principe de l’ICOR s’applique : aucune lutte de libération dans le monde ne doit être isolée !
    Vive la solidarité internationale !
    Toutes les troupes impérialistes hors des autres pays !
    Renforçons la lutte de libération du peuple afghan ! Soutenons la construction d’organisations et de partis révolutionnaires, anti-impérialistes et démocratiques forts en Afghanistan !
    En avant avec le front uni anti-impérialiste et anti-fasciste !
    En avant avec la construction de l’ICOR !
    Pour la démocratie, la liberté – le socialisme !

    Signataires (en date du 15/9 2021, d’autres signataires sont possibles):

    1. PCPCI Parti Communiste Proletarien de Côte d’Ivoire
    2. ORC Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo
    3. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie
    4. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    5. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    6. PCT Parti Comuniste du Togo
    7. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    8. MLOA Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)
    9. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    10. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    11. Ranjbaran Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
    12. NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    13. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
    14. NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
    15. CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
    16. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
    17. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    18. UC Unité Communiste, France
    19. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    20. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    21. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    22. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    23. UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa (Union marxiste-léniniste portugaise)
    24. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    25. TKP-ML Türkiye Komünist Partisi – Marksist-Leninist (Parti communiste de Turquie – marxiste-léniniste)
    26. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    27. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    28. UoC Union of Cypriots (Union des Chypriotes), Chypre
    29. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    30. OAPCM Organización Apoyante del Partido Comunista de México (Organisation de soutien du Parti communiste du Mexique)
    31. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    32. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    33. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
    34. BDP Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
  • Solidarité avec les femmes d’Afghanistan

    Solidarité avec les femmes d’Afghanistan

    Conférence Mondiale des femmes des milieux populaires
    Vous n’êtes pas seules – le jour viendra…

    Les femmes de la planète entière protestent dans les termes les plus forts contre les politiques impérialistes hypocrites menées sous le couvert de la libération des femmes en Afghanistan.

    En quelques jours, l’Afghanistan est sous la coupe des talibans islamo-fascistes. À un rythme effréné, les « guerriers de Dieu » ont pu s’emparer de lieux centraux du pays, de bureaux gouvernementaux d’importance stratégique et de stations de radio et de télévision, sans rencontrer de résistance significative de la part de l’armée afghane.

    Zabihullah Mujahid, porte-parole des talibans, annonce lors de la première conférence de presse à Kaboul : « Nous voulons aussi que les femmes travaillent : Dans la police, dans le secteur de la santé et dans d’autres domaines, nous avons besoin des femmes car elles font partie de notre société. Ils pourront reprendre leur travail au nom de la loi islamique. »

    Le fait que les talibans doivent faire semblant d’être favorables aux femmes est une réaction à la conscience éveillée des femmes et au mouvement des femmes coordonné au niveau international qui gagne en force dans le monde entier. Mais les mots ne nous trompent pas ! Les Talibans représentent un fascisme basé sur l’Islam. Leur objectif déclaré est l’établissement d’un « émirat islamique », le seul pouvoir de décision de la charia par les hommes. Il s’agit de l’intensification extrême de l’oppression spéciale des femmes, inhérente au système. Leur absence totale de droits : « … nous sommes une société islamique,… donc les femmes doivent se conformer à la loi islamique. Si elles portent le voile, le droit à l’éducation et au travail leur est également garanti. »

    Les femmes de la Conférence Mondiale font entendre leurs voix avec et pour les femmes d’Afghanistan.

    Combattons le fascisme !

    Nous condamnons toute tentative de présenter les talibans comme favorables aux femmes, comme l’a fait le professeur Niaz Shah : « Je vois ici des talibans complètement nouveaux qui sont devenus plus sages. Et ce qu’ils promettent, je suppose qu’ils le tiennent. Ils sont plus susceptibles de tenir leurs promesses que les gouvernements élus démocratiquement. » L’utilisation de la religion comme arme de l’impérialisme mène à la barbarie.

    Nous dénonçons la politique impérialiste en Afghanistan :

    Les États-Unis ont autrefois érigé les talibans et Al-Qaida au Pakistan en force contre la lutte de libération des peuples de cette région. Ce sont des disciples de la CIA.

    Les États-Unis et leurs alliés, comme l’Allemagne ou la France, ont envahi l’Afghanistan à partir de 2001 et ont mené une guerre pendant 20 ans sous le prétexte de libérer le pays des talibans. La libération des femmes était leur objectif déclaré. Et en 2020, les États-Unis et les talibans ont conclu un accord à Doha sur les moyens de « parvenir à la paix ». C’est la vérité !

    De nombreux soldats ordinaires, hommes et femmes, sont également morts dans cette guerre, gravement traumatisés, tandis que les responsables des gouvernements négociaient avec les talibans fascistes !

    La vérité est que la situation de la population en Afghanistan est catastrophique. Selon le secrétaire général de l’ONG Welthungerhilfe (Aide contre la faim dans le monde), Mathias Mogge, treize millions de personnes en Afghanistan ne mangent pas à leur faim. À eux seuls, trois millions d’enfants souffrent de malnutrition. Plus de 1,1 million de personnes ont contracté le Covid 19, et environ 7000 en sont mortes. Depuis le début de l’année 2021, 270 000 personnes ont fui les talibans.

    Dans cette situation, une nouvelle résistance se forme, dans la vallée isolée de Punjir. La libération des femmes ne peut être réalisée que par le mouvement des femmes en unité avec le mouvement ouvrier, le mouvement populaire et les mouvements internationaux.

    Nous, les femmes de la Conférence mondiale des femmes des milieux populaires, n’abandonnerons pas le peuple afghan, en particulier les femmes d’Afghanistan. Nous augmenterons nos efforts de coordination et de coopération du mouvement mondial des femmes.

    Vive le mouvement combatif international des femmes !

    19 août 2021

    Halinka Augustin/Pays-Bas

    Susanne Bader/Allemagne

    Adjointe : Zaman Masudi/Allemagne

    Coordinatrices européennes

  • Afghanistan, la fin.

    Afghanistan, la fin.

    Le 15 Août, les milices Talibans ont pris la ville de Kaboul, capitale de l’Afghanistan. Après 20 ans de guerre entre coalition occidentale et groupes armés islamistes, ces derniers ont remporté une victoire écrasante. Les images qui proviennent du pays sont apocalyptiques. Débandade de l’armée afghane, fuyant devant les combattants, évacuation de l’ambassade US, véritable réédition de la fuite de Saïgon, cohue pour essayer de trouver une place dans un transport militaire… La défaite est consommée pour la coalition occidentale. Un matériel immense est laissé sur place, avec plusieurs milliers de véhicules blindés, de transports de troupes, d’appareils de combat. Les USA vivent leur évacuation de Dunkerque, tandis que les lambeaux de l’État Afghan se délitent.

    Une vague de terreur s’étend sur le pays.

    Parallèle édifiant entre l’évacuation des ambassades de Saigon et l’évacuation des ambassades de Kaboul

    Une victoire prévisible.

    La prise de Kaboul est apparue comme un coup de tonnerre dans un ciel sans nuages pour une grande partie de l’opinion publique. Cependant, elle était prévisible : l’occident étant acculé à la défensive. Depuis plusieurs années, les contingents se sont progressivement réduits. Les USA et l’OTAN avaient de plus en plus de mal à justifier les coûts d’une guerre impopulaire. Oussama Ben Laden était mort et les Talibans étaient relégués au second plan par rapport à Daesh.

    De plus il s’agissait d’une opération ressemblant à un tonneau percé. Jean-Pierre Steinhofer décrivait ainsi que la stratégie de l’OTAN ne pouvait mener qu’à un échec. Il en parle comme « une addition de forces militaires à la poursuite de succès tactiques plus ou moins durables, sans stratégie claire. » En effet, l’OTAN n’est pas capable de désigner un ennemi : « L’ennemi est le terrorisme. Cette désignation est inepte. Car le terrorisme n’est pas un ennemi: c’est une méthode de combat. » Il n’a pas non plus d’objectif stratégique : « l’OTAN hésite entre l’objectif « colonial » [développement] et l’objectif sécuritaire [faire la guerre en Afghanistan pour ne pas la faire en Europe ou aux États-Unis] ».

    Joe Biden, devant la défaite, l’a déclarée inéluctable : « une année ou cinq années de plus de présence militaire américaine n’aurait fait aucune différence, quand l’armée afghane ne peut ou ne veut pas défendre son propre pays. […] Je suis le quatrième président à mener une présence militaire américaine en Afghanistan, a-t-il conclu. Je ne léguerai pas cette guerre à un cinquième.»

    En préparation de ce retrait, les Américains avaient d’ailleurs signé un traité avec les Talibans le 29 février 2020. Le Agreement for Bringing Peace to Afghanistan between the Islamic Emirate of Afghanistan which is not recognized by the United States as a state and is known as the Taliban and the United States of America.1 Même si ce titre a rallonge indique que les USA ne reconnaissaient pas les Talibans comme une entité légale, la négociation (qui se poursuit encore aujourd’hui) les présentaient néanmoins comme un pouvoir légitime.

    Les USA ont ainsi adoubés les Talibans en échange de promesses : celle de ne plus attaquer les troupes US, mais aussi de ne plus héberger d’organisations hostiles aux États-Unis. Pour les Talibans, ce traité était la garantie de pouvoir exercer leur contrôle à terme.

    Mais, au-delà de ces questions, l’échec des tentatives US réside aussi dans la nature même de l’Afghanistan.

    Qu’est ce que l’Afghanistan ?

    L’existence de l’Afghanistan même explique aussi cette catastrophe annoncée. Historiquement voie de passage entre Occident et Orient, l’Afghanistan géographique a été à plusieurs reprise le noyau d’empires. Il acquiert son indépendance avec l’effondrement de la Perse Afcharide en 1747. C’est donc une vieille entité. Très rapidement, il devient un enjeu de grande géopolitique. Les Anglais y mènent plusieurs guerres entre 1813 et 1919. L’Afghanistan est alors au centre du « Grand Jeu », terme popularisé par Rudyard Kipling dans son roman Kim. L’auteur du Livre de la Jungle, officier colonial, y observe les manœuvres des anglais pour empêcher l’expansion Russe vers le sud et les mers libres. L’Afghanistan devient alors une zone tampon, dont la politique intérieure est d’une importance primordiale. A ce titre, il s’agit d’une construction artificielle, sans unité ethnique ou culturelle. Sa composition en mosaïque permet de maintenir une instabilité constante. Entre 1919 et 2001, le pays passe par près d’une dizaine de régimes différents. Chaque fois, le pouvoir en place s’appuie sur des liens tribaux ou clanique, ce qui lui assure des fidélités, mais ce qui place aussi les autres réseaux dans l’opposition.

    Deux modèles sortent leur épingle du jeu :

    • un modèle d’inspiration socialiste, entre 1978 et 1979, lequel va placer au dessus des divisions ethniques l’idée de classe et d’émancipation. Cependant, il est d’une part tiraillé entre allégeance aux soviétiques (Autour de Nour Mohammad Taraki) ou aux Chinois (Hafizullah Amin). La lutte entre les deux conceptions est brutale et entraîne l’intervention de l’URSS. Elle se heurte aussi aux traditions réactionnaires des fondamentalistes religieux, en particulier quant à l’éducation des femmes et au partage de la terre. Les USA vont très intelligemment les utiliser pour avancer leurs propres pions et pour saigner à blanc l’URSS. La radicalisation de l’intervention soviétique, avec notamment des victimes civiles et des brutalités nombreuses, va sonner le glas de la sympathie pour le régime et pour l’URSS, tant au niveau afghan que mondial. Si l’intervention soviétique, dans son fond et dans sa forme, n’est pas défendable, la période de direction du Parti Démocratique Populaire d’Afghanistan (jusque 1989 environ) est nettement plus progressiste que les régimes suivants.
    • Le modèle islamiste, qui place au dessus des divisions ethniques la primauté du fondamentalisme. Ce miroir inverse du premier modèle est une des raisons clés du succès des Talibans.

    Lorsque les Américains et la coalition ont renversé ce régime, ils ont remis en place un système clientéliste, corrompu, faisant de l’Afghanistan un pays producteur de drogue, livrés aux mafias. Le système Karzai ressemblait ainsi quelque part au modèle du Shah d’Iran entre 1953 et 1979. Un système qui a tenté d’occidentaliser et de moderniser le pays tout en étant client des USA. Et tout comme la révolution islamique d’Iran, les mécontents se sont coalisés autour d’une faction populiste et réactionnaire. Face à la corruption et au chaos de la période de la coalition, les Talibans ont pu obtenir un certain consensus et revenir en force.

    Manchette du LA Times de 1989: « Afghanistan: Les Soviétiques ont quitté l’Afghanistan, qui promet au régime fantoche de Kaboul assiégé une chute inévitable », triste ironie.

    Il ne faut pas non plus oublier que, en dépit de leur allure peu martiale, certains combattent depuis 40. Ce sont des combattants expérimentés, bien équipés, qui ont tous les traits des techno-guérillas, capable de pouvoir mettre en échec des troupes modernes, mais moins combatives. L’impossibilité de vaincre militairement un ennemi insaisissable et l’impossibilité de pouvoir trouver une issue positive aux crises de régime ne pouvait que condamner à la défaite les coalisés. La violence et la brutalité des soldats coalisés (notamment des Australiens2) ont fait le reste. Il ne faut pas oublier les dizaines de milliers de morts, soir directes, soit indirectes.

    Une guerre internationale.

    De plus, les Talibans ont eu l’intelligence de nouer des liens et de trouver des soutiens. Les Talibans une tradition de l’alliance tactique. Durant l’invasion soviétique, à une époque où ils étaient une faction mineure, les Talibans ont ainsi bénéficié de l’appui US. Aujourd’hui, ils ont trouvé d’autres liens.

    L’Afghanistan est toujours au cœur du Grand Jeu. Mais les rapports de force ont changé. Aujourd’hui, la Chine et la Russie sont des acteurs qui peuvent s’adresser à ce gouvernement ultra-réactionnaire, et lui faire miroiter des perspectives. Le pays est sur le tracé de la Nouvelle Route de la Soie, qui est un axe stratégique pour le développement de la stratégie continentale de la Chine. C’est aussi une manière de couper de ses bases arrières le mouvement séparatiste Ouighour. Il est toujours sur le chemin de l’accès aux mers chaudes pour la Russie. En dépit de la rivalité avec l’Iran, un modus vivendi, un moyen terme, est possible.

    L’ambassade de Chine a ainsi déclaré qu’elle « continue de fonctionner normalement » et qu’elle désire des « relations amicales » avec le gouvernement Taliban. D’après la porte parole de la diplomatie chinoise, Hua Chunying, « Les talibans ont indiqué à plusieurs reprises leur espoir de développer de bonnes relations avec la Chine ». Moscou a également maintenu en place ses diplomates.

    La « Nouvelle Route de la Soie ».

    Un triste destin.

    En dépit des injonctions américains a maintenir le droit des femmes et les écoles, il est difficile de croire que la victoire des Talibans ouvre une ère positive pour les populations locales et en particulier les femmes. Malgré l’apparence nationale populaire du mouvement Taliban, celui-ci n’a pas d’autre destin que de devenir un laquais d’autres puissances et de faire de l’Afghanistan une prison des peuples.

    Le fait qu’elle incarne une défaite des USA et une victoire du « multilatéralisme » doit être pris pour ce qu’il est : un simple constat. Le temps des troubles est devant nous, tout comme le temps des repartages. Cette victoire de l’entropie sur la domination USA des années 1991-2001 est certes un pas vers de grand changement, mais ce pas se traduit aussi par des souffrances inouïes pour de nombreux peuples, en particulier pour les femmes. Il existe quelques poussières d’extrême-droite ou d’extrême-gauche qui se sont réjouis de cette victoire ou avaient soutenu les islamistes3. Les uns ont montré leur fond commun avec le fondamentalisme islamiste, dont ils ne sont qu’une version occidentale. Les autres ont montré toute leur bêtise et leur incapacité à comprendre la réalité.

    Comme quoi nos fascistes français savent parfois assumer leurs proximités idéologiques avec les fondamentalistes musulmans.

    Notre première solidarité va vers nos camarades qui sont présents et présentes là bas, telle que l’organisation Marxiste Léniniste d’Afghanistan, membre de l’ICOR, ou l’association des femmes révolutionnaires d’Afghanistan (RAWA). C’est entre les mains de ces organisations, capable de libérer de la domination impérialiste, capable de fournir un destin positif et émancipateur, que réside la solution. Ni dans un courant islamiste, ni dans la présence d’une puissance étrangère.

    1 https://www.state.gov/wp-content/uploads/2020/02/Agreement-For-Bringing-Peace-to-Afghanistan-02.29.20.pdf

    2 https://unitecommuniste.com/icor/sur-les-crimes-de-guerre-australiens-en-afghanistan/

    3 https://www.eglise-realiste.org/pdf/Oussama_on_vaincra_ed.pdfhttp://www.pmli.it/articoli/2015/20151011_comunicatoPmliappoggiaIS.htmlhttps://www.icl-fi.org/english/wv/1073/isis-ltr.html

    https://www.icl-fi.org/english/wv/1055/isis.html
  • Sur les crimes de guerre Australiens en Afghanistan.

    Sur les crimes de guerre Australiens en Afghanistan.

    Traduction d’un article du CPA/ML d’Australie.

    Nous avons pu voir circuler plusieurs vidéos montrant les crimes de guerre des soldats Australiens en Afghanistan. Dans l’une d’entre elle, un soldat a abattu froidement des civils désarmés uniquement dans le but de montrer son « courage » à ses compères. La guerre en Afghanistan est une guerre injuste, criminelle, motivée uniquement par des ambitions géopolitiques dévorantes : poursuivre le « Grand Jeu » et empêche l’accès aux mers libres à la Russie et à la Chine. Nous condamnons cette guerre comme l’ensemble des guerres impérialistes. N.d.l.R.

    Les marxistes-léninistes soutiennent qu’il existe deux types de guerre – juste et injuste.

    Les guerres impérialistes brutalisent les soldats des armées impérialistes engagés dans des guerres d’agression et d’occupation à l’étranger. En revanche, les armées de libération du peuple qui mènent des guerres justes sont sous la direction et l’orientation d’une idéologie et d’une organisation de classe révolutionnaire au service du peuple.

    Les guerres justes ne peuvent être gagnées par les seuls moyens militaires. Elles sont souvent menées par des forces plus faibles et technologiquement inférieures qui attirent le soutien du peuple et peuvent être soutenues et menées à la victoire par une politique correcte. Ces politiques correctes comprennent les relations entre les forces armées et le peuple, ainsi qu’entre les forces armées de la cause juste et les forces armées de la cause injuste. Les soldats capturés et blessés de l’armée de l’injuste sont soumis à une éducation sur les deux types de guerre, sont persuadés de renoncer à leur soutien à l’injuste et sont traités avec indulgence.

    Les guerres injustes ne peuvent pas attirer le soutien populaire à long terme. Ce soutien s’évapore avec le temps. Les forces de la cause injuste doivent s’appuyer sur des moyens militaires et ont tendance à ne pas gagner le soutien populaire en raison de leur supériorité apparente en termes de puissance des armes et d’autres technologies.

    L’Afghanistan – une guerre injuste

    La guerre la plus ancienne de l’Australie est son engagement en Afghanistan. Elle a débuté en novembre 2001, à la suite de l’attaque du 11 septembre contre les Tours du commerce mondial à New York. Le gouvernement australien a envoyé des troupes en Afghanistan pour montrer son soutien et son asservissement aux États-Unis en tant qu’allié obéissant, souvent qualifié de « marionnette » ou de « shérif adjoint des États-Unis ». Les soldats australiens ont joué un rôle de soutien aux forces des États-Unis et d’autres impérialismes. Ces forces ont envahi l’Afghanistan dans une soi-disant « guerre contre le terrorisme ». Il y avait et il y a toujours un terrorisme associé à la branche fasciste réactionnaire de la religion islamique, mais l’invasion de l’Afghanistan par les puissances impérialistes n’était pas une juste application de la force. Elle a été injuste dès le départ, largement motivée par les ambitions impérialistes américaines dans la région et a préparé le terrain pour une vague de mesures antidémocratiques, sous le couvert de « l’antiterrorisme ».

    Le récent rapport sur les allégations de crimes de guerre commis par les troupes australiennes en Afghanistan a été précédé par un rapport commandé par le chef de l’armée australienne, le général Angus Campbell, en 2015, à la suite de rumeurs persistantes d’assassinats illégaux d’Afghans par des Australiens. Présenté à Campbell en 2016, le rapport de la sociologue Dr Samantha Crompvoets citait des soldats australiens, qui ne voulaient pas être identifiés, qui étaient consternés par le comportement de leurs camarades.

    L’un d’entre eux a déclaré que 2012 était la pire année qu’il ait jamais vue :

    « Les gars avaient juste cette soif de sang. Des psychopathes. Des psychopathes absolus. Et nous les avons élevés. Ces choses n’arrivent pas de façon isolée. Ils (les soldats) deviennent plus confiants avec le temps quand ils sont là et ces comportements deviennent permis et assimilés à être de bons et efficaces soldats. »

    Elle a répété les allégations faites par les soldats qu’elle a interrogés : lorsque les hélicoptères atterrissaient dans les villages, tous les villageois qui

    Des bataillons australiens ont arboré l’emblème nazie.

    s’enfuyaient étaient pris pour cible, « tuant beaucoup de ces hommes et de ces garçons (et parfois des femmes et des enfants) en leur tirant dans le dos, pendant qu’ils s’enfuyaient ». D’autres soldats prenaient les hommes et les garçons survivants « et les ‘interrogeaient’, c’est-à-dire les attachaient et les torturaient… pendant des jours et tout le village était privé de nourriture, d’eau et de médicaments… Lorsque les forces spéciales partaient, les hommes et les garçons étaient retrouvés morts : abattus d’une balle dans la tête ou les yeux bandés et la gorge tranchée », a-t-elle écrit.

    Un « exemple troublant » donné par des soldats informateurs s’est produit lorsque des soldats australiens circulant sur une route ont vu deux garçons de 14 ans qui, selon eux, pourraient être des sympathisants des talibans. « Ils ont été arrêtés et fouillés, puis on leur a tranché la gorge. Le reste de la troupe a ensuite dû « nettoyer le désordre »… les corps ont été mis en sac et jetés dans une rivière voisine.

    C’est ce rapport, remis en 2015 mais gardé secret à l’époque, qui a conduit Angus Campbell à le commander sur les allégations de crimes de guerre australiens en Afghanistan. Campbell (aujourd’hui à la tête de toutes les forces de défense australiennes) l’a fait en mars 2016.

    L’information censurée.

    Dans le même temps, David McBride, un ancien avocat de l’armée de terre ayant servi deux fois en Afghanistan, divulguait des dossiers des forces de défense australiennes (les « dossiers afghans ») à l’Australian Broadcasting Corporation (ABC). L’ABC a ensuite diffusé une série de reportages alléguant des crimes de guerre australiens.

    Le gouvernement australien a exercé des représailles contre McBride et son radiodiffuseur national. En septembre 2018, McBride a été accusé de vol de biens appartenant au gouvernement (d’autres accusations ont été ajoutées par la suite), tandis qu’en juin 2019, les bureaux d’ABC ont fait l’objet d’une descente de la police fédérale australienne (AFP) et tout le matériel relatif aux fichiers afghans a été saisi. En juin 2020, l’AFP a recommandé que des accusations soient portées contre le journaliste de l’ABC, Dan Oakes. L’opinion publique a protesté et le gouvernement a été contraint de renoncer à poursuivre Oakes. Les accusations restent toujours en vigueur contre le dénonciateur McBride.

    Le rapport d’enquête sur l’Afghanistan, également connu sous le nom de rapport Brereton, a été fortement censuré et contient des preuves crédibles de 23 incidents impliquant 25 membres actuels ou anciens de l’ADF, accusés d’avoir tué 39 personnes, deux autres ayant subi des traitements cruels. Cependant, 28 autres incidents (et 11 autres qui ont été interrompus) ont révélé que les allégations n’étaient pas fondées ou ne pouvaient être poursuivies.

    Parmi ceux que le rapport a jugé non fondés, il y a eu 20 allégations d’assassinats illégaux, dont sept concernaient plus d’une personne. Neuf concernent des cas de mauvais traitements de prisonniers, y compris des agressions et la détention de couteaux sur les organes génitaux masculins.

    Neuf des allégations qui ont été désignées comme crédibles ont été rejetées sans qu’aucune autre action ne soit nécessaire en raison du principe juridique de l’immunité d’utilisation dérivée selon lequel si le soldat X donne à l’enquête des informations selon lesquelles il a illégalement tué un prisonnier, les informations données à l’enquête par le soldat X (et tout ce qui est obtenu comme conséquence directe ou indirecte) sont inadmissibles dans toute poursuite contre le soldat X.

    Indépendamment des crimes de guerre présumés des troupes australiennes lors de l’invasion et de l’occupation injustes de l’Afghanistan, il existe une culture de laquais sub-impérialistes qui a longtemps imprégné les forces armées australiennes. À l’exception de la guerre contre le fascisme (WW2), tous les conflits impliquant des troupes australiennes dans des guerres impérialistes ont été injustes. Le rapport Brereton nous rend service à tous en incluant une revue historique des crimes de guerre australiens (chapitre 1.08 du rapport), de la guerre des Boers à nos jours. On y trouve plusieurs exemples de la Seconde Guerre mondiale, ce qui n’est pas surprenant étant donné que, bien que la cause soit juste, la direction politique et militaire est venue de la bourgeoisie pro-impérialiste. L’Australie a envoyé des troupes dans presque toutes les guerres impérialistes menées par la puissance impérialiste dominante qui préside ce pays – de la guerre coloniale britannique des Boers aux guerres impérialistes américaines contre la Corée, le Vietnam, l’Afghanistan, l’Irak, la Libye et la Syrie.

    Les fascistes toujours partant pour la guerre impérialiste.

    Les fascistes et les racistes sont attirés par le service militaire impérialiste et encouragent une culture dans laquelle les actions injustes sont célébrées. En 2018, des photos sont apparues de troupes australiennes, en 2007, arborant un drapeau nazi depuis leur véhicule de combat. En juin 2020, des images sont apparues de soldats australiens tenant un drapeau confédéré raciste « Southern Pride » utilisé pour guider un hélicoptère militaire américain UH-60 Black Hawk pour aller chercher des prisonniers afghans après un raid mené par les Australiens. L’ADF a immédiatement nié toute connaissance de l’incident, bien que les images auraient été incluses dans une vidéo de présentation de l’escadron 3 du Special Air Service Regiment après un déploiement en Afghanistan en 2012.

    Outre les mesures de bannissement et la poursuite nécessaire des criminels de guerre australiens, les Australiens doivent veiller à ce que notre pays ait une politique étrangère indépendante et pacifique, à ce que nous rompions de manière décisive avec les impérialismes américains et autres, et à ce que les forces armées australiennes ne soient plus jamais envoyées pour soutenir des guerres injustes.

    Le dénonciateur David McBride devrait recevoir les plus hautes félicitations et les accusations honteuses et vengeresses portées contre lui devraient être abandonnées immédiatement.

    Les travailleurs australiens ont une longue tradition de lutte contre les guerres impérialistes, qui remonte à l’opposition massive à la Première Guerre mondiale et à la conscription, au fascisme de la Seconde Guerre mondiale et à la guerre du Vietnam. Dans les mois qui ont précédé l’invasion de l’Irak en 2003, des millions d’Australiens de différents milieux ont exprimé leur opposition à l’envoi par l’Australie de troupes aux États-Unis pour planifier et mener la guerre contre l’Irak. En février 2003, un mois avant l’invasion de l’Irak, plus de 4000 000 personnes ont manifesté dans les rues du pays pour demander « Pas de guerre contre l’Irak », « Pas de guerre contre le pétrole », « Pas de troupes en Irak ». Beaucoup portaient des pancartes représentant le Premier ministre australien de l’époque comme une marionnette des États-Unis.

    Plus d’implication australienne dans les guerres impérialistes !
    Pour l’indépendance et le socialisme anti-impérialistes !

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