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  • Quelle libération en Syrie ?

    Introduction

    Le mercredi 27 novembre dernier, l’Organisation de libération du Levant (Hayat Tahrir al-Cham, HTC), a lancé une vaste offensive contre les positions du régime de Bachar al-Assad. Le vendredi 29 novembre dernier, le HTC est rentré dans Alep, et le lendemain, il contrôlait la ville alors que les troupes gouvernementales se retiraient. Actuellement, le HTC continue son offensive vers Damas, conjointement avec l’Armée nationale syrienne. Le HTC et l’Armée nationale syrienne sont aujourd’hui les deux principales forces antigouvernementales en Syrie.

    Fondé en 2017, le HTC est issu directement du Front Fatah al-Cham, qui est la scission d’Al-Qaïda en Syrie (le Front al-Nosra) d’Al-Qaïda en 2016 ; et de la fusion de divers groupes islamistes, dont certain issus de la décomposition de l’État islamique en Syrie. Depuis sa fondation, le HTC contrôle Idlib et dirige le Gouvernement de salut syrien.

    Le HTC a profité de l’état de faiblesse du Hezbollah au Liban et de la Russie (soutiens du régime de Bachar al-Assad), affaiblis dans leur guerre respective contre Israël et contre l’Ukraine, pour lancer son offensive sur une ligne de front alors figée depuis plus de 5 ans. Cependant, le HTC se prépare à une telle offensive depuis au moins 2020. La débandade des troupes gouvernementales, n’opposant aucune résistance sérieuse aux troupes rebelles à Alep, a stupéfait autant les observateurs internationaux que syriens — dont le régime de Bachar al-Assad lui-même.

    L’avancée fulgurante de HTC en Syrie, et la perspective prochaine de voir le régime de Bachar al-Assad chuter après plus d’une décennie de guerre civile, ont suscité beaucoup de réactions.

    La « libération nationale » ?

    Pourquoi défendre la lutte de libération nationale de HTC en Syrie ?

    Dans un précédent article1, nous avons posé la question « pourquoi défendre la libération nationale », et nous avons ainsi défini ce qu’est une lutte de libération nationale, et pourquoi les communistes doivent en tout lieu et en tout temps être à l’avant-garde de celles-ci. Les communistes doivent se battre avec et à la place de la bourgeoisie pour le contenu démocratique de la libération nationale, dont la révolution communiste a besoin. Sans révolution démocratique là où elle est nécessaire, la révolution communiste est impossible — d’une part, elle n’est tout simplement pas à l’ordre du jour politique des masses, et d’autre part, le développement du mouvement communiste est freiné par l’absence de droits démocratiques. Lorsque la bourgeoisie abandonne les tâches révolutionnaires bourgeoises, le prolétariat doit s’en emparer et les réaliser.

    La libération nationale, au sens marxiste, est une lutte nationale démocratique. Mais toutes les luttes nationales ne sont pas des luttes démocratiques, c’est-à-dire que toute libération d’une nation n’est pas une libération nationale au sens où nous l’entendons. Il peut exister des luttes de libération nationale qui ne sont pas des luttes démocratiques, c’est-à-dire dont le contenu démocratique est secondaire, et dont le contenu compradore ou féodal est principal. Cependant, ces luttes ne sont alors généralement pas qualifiées de « libération nationale », parce qu’elles laissent alors les communistes indifférents. Pourquoi ? Parce que cette « libération » n’est pas démocratique, elle est la libération d’une fraction des classes réactionnaires contre une autre.

    La lutte de « libération nationale » de HTC en Syrie est une de ces luttes.

    La Syrie est une semi-colonie dominée par les impérialismes russe et chinois, et disputée par les impérialismes occidentaux. La Syrie est un lieu de lutte directe entre les impérialistes challengers (russe et chinois) et les impérialistes hégémoniques (occidentaux), qui est à ce titre analogue à l’Ukraine.

    En toute circonstance, les communistes doivent appliquer une analyse de classe. La Syrie est aujourd’hui un pays semi-colonial, dominé par le capitalisme compradore (bureaucratique) et les vestiges féodaux.

    Quelles sont les classes en lutte aujourd’hui en Syrie ? L’État syrien que dirige Bachar al-Assad représente la bourgeoisie bureaucratique compradore. Le HTC représente les féodaux. Ni la bourgeoisie bureaucratique compradore de l’État syrien, ni les féodaux de HTC ne portent un contenu démocratique, car ce ne sont que deux classes réactionnaires en lutte pour la domination de la Syrie, c’est-à-dire la gestion du capitalisme compradore (bureaucratique).

    Qu’est-ce que le « capitalisme semi-féodal » ? Comment le capitalisme peut-il être « semi-féodal » ? Prochainement, un article dédié au problème de la relation entre féodalisme et libération nationale donnera une réponse satisfaisante à ces questions. Cependant, nous pouvons déjà affirmer ce qui suit :

    Le mode de production féodal a disparu avec l’apparition et l’extension mondiale du mode de production capitaliste. Cependant, dans les pays semi-coloniaux, le capitalisme qui s’est développé est un capitalisme semi-féodal, à la campagne. Ces pays sont semi-coloniaux semi-féodaux, parce que leurs modes de production sont le capitalisme semi-colonial et le capitalisme semi-féodal. Dans ce dernier, des élites sociales précapitalistes, issues du mode de production féodal, dominent toujours. Ces élites sociales dites « féodales » sont les propriétaires terriens. Dans les semi-colonies, même lorsque le capitalisme semi-féodal cesse d’être dominant à la campagne (par exemple, des suites d’une réforme agraire), et que le capitalisme compradore (bureaucratique) devient dominant sur tout le territoire (y compris à la campagne), les rapports de production semi-féodaux et les élites féodales peuvent subsister dans des vestiges féodaux.

    En Syrie, les élites féodales sont les chefs religieux et les chefs tribaux (cheiks). Ce sont les élites féodales syriennes qui sont la direction politique de HTC.

    La lutte nationale de HTC n’a pas de contenu démocratique, elle est principalement réactionnaire.

    Soutenir le HTC dans sa lutte contre le régime de Bachar al-Assad, c’est soutenir une alliance dirigée par des élites féodales dans sa lutte contre la bourgeoisie bureaucratique compradore, c’est-à-dire prendre parti dans la lutte réactionnaire entre deux classes dominantes pour la domination du semi-colonialisme en Syrie. Le HTC n’a pas d’autres projets que d’intégrer la bourgeoisie bureaucratique compradore et de devenir sa fraction dominante à la place de celle de Bachar al-Assad.

    La lutte de libération nationale de HTC n’est pas une lutte démocratique. Elle n’est dirigée que contre la fraction au pouvoir de la bourgeoisie bureaucratique compradore, et ne subvertit en rien le semi-colonialisme. Est-ce que le HTC combat l’impérialisme, le capitalisme compradore (bureaucratique) et les vestiges féodaux ? Non. Au contraire, il se propose d’être leur nouveau champion en Syrie.

    Le « moindre réactionnaire » ?

    Certains communistes défendent que soutenir la lutte réactionnaire d’une classe réactionnaire serait justifié en Syrie par l’ignominie du régime de Bachar al-Assad. Si personne ne peut contester ladite ignominie, cela ne représente en rien un argument de classe, c’est-à-dire la justification d’une position révolutionnaire !

    Les spéculations selon lesquelles le HTC serait préférable au régime de Bachar al-Assad ne sont basées sur rien de sérieux, et surtout, sur aucune analyse de classe ! Le HTC promet de respecter les minorités religieuses et de mettre fin au régime de terreur de Bachar al-Assad, mais depuis quand les communistes sont-ils réduits à écouter et croire les promesses qu’une classe réactionnaire fait dans sa lutte pour l’accession au pouvoir ?

    Les communistes doivent défendre l’autonomie politique de classe du prolétariat, et ne pas se rabaisser à soutenir le « moindre réactionnaire », qui finit toujours par ne plus être « moindre ». Lorsque des tâches révolutionnaires démocratiques existent, comme c’est le cas dans les pays (semi-)coloniaux, (semi-)féodaux ou fascistes, les communistes doivent adapter leur stratégie révolutionnaire aux conditions concrètes de la lutte. Dans la révolution démocratique, les communistes peuvent s’allier avec la bourgeoisie progressiste pour réaliser les tâches démocratiques. Mais cette alliance, ce n’est jamais soutenir une classe moins réactionnaire qu’une autre dans sa lutte réactionnaire. Premièrement, les communistes ne doivent défendre que ce qu’il y a de progressiste dans la lutte de la bourgeoisie, c’est-à-dire sa lutte pour les droits démocratiques (contre l’oppression nationale, le féodalisme ou le fascisme). Deuxièmement, les communistes ne doivent jamais se placer sous la direction de la bourgeoisie progressiste, c’est-à-dire ne jamais sacrifier l’autonomie politique de classe du prolétariat. Les communistes doivent mener la lutte démocratique pour leurs propres fins, et dans celle-ci ils doivent trouver autant d’alliés que possible, mais ils doivent diriger leur alliance pour que celle-ci serve leurs fins. Aucune analogie avec la stratégie du front uni démocratique ne peut justifier de soutenir « le moindre réactionnaire ».

    Choisir le « moindre réactionnaire », ce n’est jamais une position révolutionnaire, et ce n’est jamais une position scientifique non plus. Croire sur parole ce qu’affirme le HTC, ce n’est ni plus ni moins qu’un exercice de pensée désidérative (wishful thinking), c’est-à-dire accorder du crédit au HTC parce que nous désirons qu’il soit préférable à Bachar al-Assad, et non pas parce que nous avons de bonnes raisons de le penser. Cela revient à ignorer l’analyse de classe et à lui préférer les discours. Bien sûr, l’horreur réactionnaire du régime de Bachar al-Assad rend compréhensible une telle déviation, mais le rôle des communistes est précisément de maintenir une position de classe révolutionnaire. Sinon, nous sommes condamnés à abandonner toute stratégie et à nous contenter d’allers-retours permanents entre « moindres réactionnaires ».

    Par exemple, pendant la 1re Guerre mondiale inter-impérialiste, il est vrai que la IIIRépublique était moins réactionnaire que le IId Reich, et il est vrai aussi que le IId Reich était moins réactionnaire que l’Empire tsariste. Idem, pendant la Guerre froide, il est vrai que l’URSS révisionniste et social-impérialiste était moins réactionnaire que les USA. Alors, que faire ? Pendant la 1re Guerre mondiale inter-impérialiste, aurait-il fallu défendre la guerre de l’impérialisme français contre l’impérialisme allemand, et la guerre de l’impérialisme allemand contre l’impérialisme russe ? Pendant la Guerre froide, aurait-il fallu défendre le révisionnisme et le social-impérialisme soviétique contre l’impérialisme américain ? Non.

    La différence entre l’alliance et la liquidation, entre le compromis tactique et la compromission stratégique, c’est l’autonomie politique de classe.

    La « résistance islamiste » ?

    Certains communistes inscrivent le HTC dans la continuité d’un mouvement de résistance islamiste au Moyen-Orient, notamment parce que celui-ci a affirmé son soutien au Hamas et au Jihad islamique palestinien (JIP).

    Dire qu’une organisation est « islamiste », c’est ne rien dire. Pas seulement parce que ce terme amalgame une infinie diversité religieuse et politique, mais parce qu’il ne nous dit rien de la nature de classe de l’organisation en question.

    Ainsi, le Hamas est un mouvement nationaliste bourgeois ; le JIP est un mouvement nationaliste petit-bourgeois ; l’État islamique en Syrie et en Irak est (pour ce qu’il en reste) un mouvement fasciste-féodal ; et les talibans, Al-Qaïda et le HTC sont des mouvements féodaux.

    Si chacun de ces mouvements peut être qualifié de « mouvement de résistance », la nature de classe de cette résistance diffère entre chacun d’eux, et avec elle, l’existence ou l’absence d’un contenu démocratique. Un mouvement de résistance peut être progressiste ou réactionnaire, c’est-à-dire mener une lutte démocratique de libération nationale ou non, selon sa nature de classe.

    Par exemple, voilà ce que nous dit le Parti communiste (maoïste) d’Afghanistan sur le mouvement de résistance des talibans :

    « Le C(M)PA ne considère pas les luttes armées des talibans contre les occupants américains et leur régime fantoche comme des luttes armées de libération nationale, mais les considère comme une guerre de résistance réactionnaire qui cherche à mettre fin à la situation coloniale du pays afin de préserver une situation semi-coloniale.

    […]

    Il est évident pour nous que les luttes armées menées par les différents groupes d’Al-Qaïda et de l’État islamique contre les forces américaines et russes dans un certain nombre de pays arabes ne sont pas des “luttes armées de libération nationale”, mais plutôt une résistance réactionnaire contre elles. […] »2

    De plus :

    « Les forces réactionnaires panislamistes telles que l’État islamique, Al-Qaïda, les talibans d’Afghanistan et du Pakistan, ainsi que les mouvements islamistes qui s’appuient sur ces forces et en sont proches dans d’autres pays du Grand Moyen-Orient, y compris en Afrique du Nord, ailleurs en Afrique et en Asie centrale, [sont les] représentant [des] intérêts du féodalisme et de la bourgeoisie compradore, soit en guerre contre les forces d’occupation impérialistes, soit en relation avec les États réactionnaires de la région […]. »3

    Comme vu plus haut, la nature de classe de HTC et de sa lutte le distingue nettement d’autres mouvements islamistes du Moyen-Orient, comme le Hamas et le JIP, qui mènent une lutte démocratique de libération nationale. Le Hamas et le JIP luttent contre le colonialisme en Palestine, le HTC ne lutte pas contre le semi-colonialisme en Syrie. Le Hamas et le JIP sont respectivement bourgeois et petits-bourgeois, le HTC est féodal. La lutte du Hamas et du JIP représente les intérêts matériels et politiques des masses populaires palestiniennes, la lutte de HTC représente les intérêts des féodaux syriens.

    Évidemment, une partie des masses syriennes est engagée dans le HTC, ou le soutient, mais cela ne change pas sa nature de classe, c’est-à-dire les intérêts qu’il représente : ce qui importe, c’est sa direction politique. Par exemple, une partie des prolétaires et des petits bourgeois palestiniens sont engagés dans le Hamas, ou le soutiennent, mais cela ne change pas sa nature bourgeoise, parce que sa direction politique est bourgeoise.

    Du point de vue révolutionnaire communiste, mais aussi du point de vue des masses syriennes, la victoire éventuelle de HTC ne serait pas une avancée par rapport au statu quo.

    1 « Pourquoi défendre la libération nationale ? », Unité communiste, 4 juillet 2024.

    2 « A Glimpse at the Joint International Statement of the Eight Latin American Maoist Parties and Organizations », Shola Jawid, juin 2018.

    3 Ibidem.

  • Contre les manigances de la bourgeoisie, défendre le journalisme d’investigation.

    La situation ne date pas d'hier, mais l'ampleur que celle-ci prend est plus qu'inquiétante. La révélation, par le journal le Canard Enchaîné, du Penelopegate a entrainé une réaction virulente. Celle-ci est particulièrement révélatrice de l'état d'esprit, inquiétant, dans lequel se trouve la bourgeoisie de France.

    L'attitude de crier à la théorie du complot, au lynchage médiatique, de crier à l'invention de faits était, auparavant, un apanage plutôt réservé à l'extrême-droite. Combien de fois les fascistes et consorts ont-ils déversé leur haine sur les "journalopes" ?

    Nous aurons, par ailleurs, l'occasion de revenir sur ce mot-valise et sur tant d'autres, mais le propos, pour le moment, n'est pas ici.

    La presse n'est pas étrangère à la lutte des classes. Un tour d'horizon des publications suffit pour s'en convaincre. La carte tracée par le Monde Diplomatique / Acrimed l'illustre parfaitement. Il n'est nullement étonnant que nous ne trouvions guère de publications favorables aux idées communistes, que nous ne trouvions que peu de médias luttant contre l'influence des conceptions et des idées bourgeoises. Nous en prenons bien-sûr acte. Nous ne tarissons pas de critiques à l'égard de certains journaux, de certains médias. Ce n'est pas un hasard si, au classement de la liberté de la presse, l'Etat Français arrive 45ème.

    Encore faut-il être capable de pouvoir discerner deux choses différentes : ce qui est du ressort de la retranscription de faits à travers une grille de lecture réactionnaire et l'invention pure et simple de faits. C'est une ligne de démarcation qui devient majeure, en ces temps de faits alternatifs. C'est celle que nous posons entre une presse bourgeoise du type du Figaro, du Point, de BFM-TV ou autres, et celles issues de la fachosphère, les F.Desouche, les Minute, les Dreuz, les La Gauche m'a tuer, mais aussi les Infowars des USA… etc. C'est dans cette catégorie également que nous classons les médias de la Maskirovka [le camouflage / la tromperie] en commande directe depuis le Kremlin: Russia Today; Russia beyond the headlines et Sputnik.

    Cette distinction est essentielle, car c'est ce qui permet de poser les bases d'une activité militante, le fait de disposer d'informations factuelles. Nous ne comptons pas sur les médias bourgeois pour l'analyser, mais bien sur nos propres forces. Cependant, sans informations, sans intelligence, aucun travail n'est possible.

    Nous même, dans nos propres rangs, devons combattre la tendance qui peut exister à la déformation des faits, à l'invention, laquelle est en infraction complète avec la phrase de Lénine "Seule la vérité est révolutionnaire." Nous avons, nous aussi, notre lot de censeurs, d'adeptes de Dame Anastasie parmi ceux qui se disent dans nos rangs.

    Les journalistes d'investigation jouent un rôle important, en faisant éclater les scandales que la bourgeoisie tente d'enterrer. Le Canard Enchaîné est critiquable sur un certains nombres de points, par ailleurs soulevés dans plusieurs publications  [Le Vrai Canard ; Un délicieux canard laquais…], mais un simple coup d'œil au nombre d'affaires révélées par celui-ci nous montre combien il peut être une épine dans le pied d'une bourgeoisie qui, en plus d'établir les règles, n'hésite pas à les transgresser. 

    Le scandale Stavinsky, l'affaire des diamants de Giscard d'Estaing, l'affaire Maurice Papon, les faux électeurs de Tibéri, mais encore le scandale du sang contaminé ou les tractations, les arrangements, les manigances de nombreux hommes et femmes politiques de ces dernières années… Ce journal a plusieurs fois été au centre de l'actualité.

    Plusieurs fois, le Canard Enchaîné a été attaqué pour ses publications, pour ses révélations. C'est une chose logique. La bourgeoisie, prise la main dans le sac, ne fait généralement pas œuvre de contrition et d'autocritique. Comme un enfant capricieux, elle trépigne, elle accuse, elle rejette la faute. Nombre de fois, elle ne s'exprime pas sur le fond de l'affaire, mais se contente d'attaquer le fait qu'elle soit révélée.

    Ainsi, lorsque cet homme, auprès du journaliste de Quotidien, pourtant émission de TF1, comparait le fait de révéler un scandale et celui de conduire un train pour Auschwitz. Difficile de ne pas voir, dans les propos de ce militant, une pointe d'agressivité mal placée. Rien de neuf.

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    Sauf qu'une terrible lame de fond réactionnaire, alimentée par les tensions internationales, par l'aggravation de la lutte des classes en période de crise, déferle. Elle donne naissance à ce fruit vénéneux, celui de la traque aux journalistes, celui de l'affrontement entre les médias et les politiques, notamment initié par Donald Trump.

    Historiquement fond de commerce de l'extrême-droite, l'acharnement médiatique, même autour de faits indubitables, est devenu une ligne comme une autre. Aux USA, la campagne de Trump s'est déroulée dans une ambiance d'opposition aux médias, y compris ceux -comme Fox News- marqués pour leur sympathie pour les Républicains.

    Comptant sur les médias alternatifs et sur les faits alternatifs, cette campagne -comme nous le développions dans notre dossier sur la guérilla informationnelle– a surpris tous les observateurs pour sa capacité à déborder les facultés d'analyse des spécialistes.

    Dès lors, quelle raison reste-t-il pour ne pas employer cet argument ? Aucune. Ainsi, quand Jean-Pierre Raffarin, ancien premier ministre, ouvre le meeting de François Fillon, il fait huer les journalistes par les militants présents. Quand Fillon prend la parole, il ouvre le feu directement contre eux, les accusant d'avoir voulu le salir.

    Le ton est donné, la campagne se fera contre les journalistes, contre la vérité, contre les faits.

    C'est une brèche ouverte, elle avalise le fait que la tricherie, le mensonge frontal, sont désormais une ligne comme une autre. Les faux existent depuis longtemps, comme armes de la réaction. Pensons ainsi au Protocole des sages de Sion, créé de toutes pièces par l'Okrhana. Pensons aux fausses accusations, aux inventions, de la propagande anticommuniste. Les exemples ne mentent pas. Mais ce qui marque une nouvelle étape, c'est le caractère ouvert et l'aplomb considérable des menteurs.

    Dans les années 1940, avant d'être parmi les victimes du Mont Valérien en 1942, le philosophe communiste Georges Politzer publia un ouvrage: Révolution et contre révolution au XXe siècle.  Cet ouvrage caractérise pleinement la conception de la vérité qu'ont les bourgeois en période de crise.

    En citant ceci, nous ne sommes pas en train de considérer que la bourgeoisie de France est devenue ouvertement fasciste. Nous considérons, en revanche, qu'elle utilise des méthodes qui s’apparentent à celles utilisées par les réactionnaires et les chauvins de toute espèce. Seulement, les fascistes n'ont pas hésité à clamer qu'ils avaient comme ambition de déformer la vérité, chose que la bourgeoisie se défend de faire.

    Dans cette conférence, intitulée : « la liberté de la science », M. Rosenberg a fait la déclaration suivante :" Il y a une conception catholique et une conception protestante de l'histoire. A côté des conceptions religieuses de l'histoire apparaissent les conceptions nationalement teintées. Nous croyons qu'il est temps d'annoncer une façon allemande de considérer l'histoire" (M. Rosenberg, "Blut und Ehre", tome 2 ; page 210).

    M. Rosenberg constate donc qu'il y a une déformation ecclésiastique et une déformation chauvine de l'histoire. Il en tire la conclusion qu'il est temps d'ajouter aux déformations déjà existantes une déformation nouvelle, la déformation « allemande », c'est-à-dire, selon lui, national-socialiste.

    Déformer ainsi les faits, c'est ce que M. Rosenberg appelle « la liberté national-socialiste de la science ».

    Déformer l'histoire, c'est refaire l'histoire du passé selon les besoins du présent ; c'est subordonner l'histoire aux exigences d'une propagande.

    (…)

    Dans "Mein Kampf", M.Hitler établit la comparaison entre la propagande politique et la réclame.

    "Que dirait-on, écrit-il, d'une affiche destinée à vanter un nouveau savon et qui dirait qu'il y a aussi d'autres bons savons ? On secouerait la tête. Il en est exactement de même en ce qui concerne la réclame politique" ("Mein Kampf", édition allemande de 1 935, page 200).

    M.Hitler montre lui-même qu'il conçoit la propagande politique comme une réclame politique, conduite selon les principes de la publicité commerciale. Il soutient que la propagande vraie est, comme la publicité vraie, celle qui réussit, et que la propagande n'a pas à chercher la vérité objective dans la mesure où elle est favorable à d'autres pour l'exposer ensuite avec sincérité doctrinale aux masses."

    Mais la réalité ne se truque pas éternellement. Les faits reviennent au galop quand ils sont chassés. Il n'est pas possible d'abolir la lutte des classes par le mensonge, ni d'abolir aucun des faits issus de lois objectives de l'économie et de la société.

    Si nous savons que la presse bourgeoise ne nous sera jamais favorable, nous savons aussi que la vérité teintée par la réaction est préférable au mensonge et à l'analyse complotiste. Inutile de s'offusquer de l'inégalité de traitement qui nous est accordée, à nous qui voulons défendre le camp du peuple.

    C'est une des fautes des candidats de la gauche réformiste radicale, tels que Jean-Luc Mélenchon, dont les militants ont dénoncé l'inégalité de couverture de son meeting de Lyon. En rentrant dans ce jeu dangereux de l'attaque contre les médias, non de l'explication de la place de ceux-ci dans la lutte des classes, le candidat de la gauche insoumise dérape. Ce dérapage est le miroir de la grande faiblesse stratégique de cette candidature : sa négation de cette lutte.

    La question médiatique est une question centrale dans la diffusion de l'idéologie communiste. Nous savons que dans ce cadre précis, la presse bourgeoise nous sera résolument verrouillée et hostile. Nous ne pouvons compter que sur nos propres médias pour cette tâche essentielle.

    Cependant, indépendamment de ce but positif, nous considérons qu'il est essentiel que la liberté d'enquête et de révélation des journalistes soit défendue. Nous avons pu voir, avec la révélation de nombreuses pratiques de la Police, combien le droit démocratique à l'information est un droit précieux.

    Le fait de pouvoir contrer les fausses nouvelles, les rumeurs, est une chose essentielle. Lorsque la Police ment pour prétendre qu'elle sauve des enfants de voitures en feu, nous devons le savoir.

    Les attaques des réactionnaires, des bourgeois, des fascistes et de la police, contre ceux qui viennent fouiller dans leurs affaires, sont révélatrices. Elles sont une illustration du fait que ceux qui cherchent à faire éclater la vérité sont des alliés objectifs des progressistes dans la lutte des classes.

    Nous ne pouvons que saluer le travail des journalistes d'investigation honnêtes, et nous ne pouvons qu'espérer que les scandales, que peuvent révéler ces travaux, servent de catalyseur à une colère populaire juste.

    Contre les falsificateurs, les révisionnistes et les menteurs !

    Encore une fois, la vérité seule est révolutionnaire.

  • MESSAGES DE SAINT- ETIENNE PROLÉTARIENNE

    Samedi 28 Janvier à l'occasion de la venue de Marion Maréchal Le Pen dans la Loire, nous appelons à une grande manifestation Antifasciste à Saint Etienne à 14h30 à Jean Moulin.

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    Le Front national continue de prôner le même projet archaïque et dangereux, protégeant toujours tout un réseau de groupuscules racistes et violents, jouant des fragilités naissantes de la société d'aujourd'hui pour choisir des boucs émissaires , désignés en fonction de leur nationalité ou origine, de leur confession religieuse, de leur orientation sexuelle et de leurs convictions. La « crise des migrants » à permis au Front National de déverser tout son discours nauséabond, attisant les haines et les rancœurs, ne cherchant qu'à désunir les classes populaires au profit d'un "système" qu'ils font semblant de combattre et qu'ils rendraient plus inégalitaire encore s'ils le pouvaient.
    Mais ne nous trompons pas d'ennemi. C'est bien aujourd'hui l'application des politiques néo-libérales qu'il faut combattre, le système économique actuel qu'il faut sanctionner.
    En mettant le pied ici, c'est tout le passé résistant et ouvrier de cette ville que Marion Marechal Le Pen veut bafouer.

    Le message que nous adressons est claire net et précis : Aucun compromis possible , nous ne tolérons et ne tolérerons jamais l'extrême droite.

    Notre mot d'ordre est l'unité populaire, nous sommes fiers de vivre dans une ville ouvrière baignée de diversité culturelle. Il est de notre devoir en tant que citoyen de cette ville de combattre par tous les moyens , cette ignorance et ce climat foncièrement raciste qui n’en finit pas de se développer..
    Saint Etienne ville cosmopolite et prolétaire, les fachos n'ont rien à y faire !!

    Seconde partie:

    La commission exécutive de l'Union locale des syndicats CGT de Saint-Etienne réunie le 23 janvier 2017 à décidé de relayer et de prendre part à l'appel du comité "antifa" de Saint-Etienne pour une manifestation unitaire contre le racisme ce samedi 28 janvier 2017.

    A l'occasion de la venue dans notre région de Marion Maréchal le Pen l'Union locale des syndicats CGT de Saint-Etienne appelle l'ensemble de ses bases à participer au rassemblement et à la manifestation prévue:

    samedi 28 janvier 2017 à 14h30 place Jean Moulin

    pour réaffirmer nos valeurs internationalistes et humanistes !

    contre le fascisme et toutes formes de racismes !

    contre les idées véhiculées par le parti de la haine qu'est le front national !

    NO PASARAN !

     

  • Kurdistan: Choisir son camp ; celui du peuple ! Lettre ouverte à nos camarades.

    Lettre ouverte aux organisations progressistes, révolutionnaires, ainsi qu'aux médias alternatifs et militants.

    Il n'est pas possible de soutenir à la fois les opprimés et leurs oppresseurs.

    Dernièrement, le siège et la chute de la ville d'Alep a causé de violents remous dans l'opinion publique au sein de l’État Français. Les images de morts, de blessés, de destruction, de bombardements ont marqué les esprits. Il est logique, il est sain d'être horrifié par ce genre de scènes.

    Pourtant, l'empathie légitime qu'il est possible de ressentir pour les victimes de ces opérations militaires, des exactions qui ont suivi la reprise de la ville, ne doit pas oblitérer tout jugement politique. Cela ne doit pas occulter la véritable nature politique de l'opposition armée connue sous le nom de « Armée Syrienne Libre » et les intérêts qu'elle sert, entre les mains de ses maîtres.

    Que des individus soient mortifiés et réagissent avec leur cœur, comment le-leur reprocherions-nous ? Si ils sont dans l'ignorance des ramifications et des implications politiques, nous ne saurions les blâmer, c'est à nous, militants, de les en informer.

    Mais qu'une organisation politique ou un média militant prenne position pour soutenir l'appel de la "mairie d'Alep-est", c'est une toute autre chose.

    L'erreur existe, et l'ignorance également. C'est pour cela que nous rédigeons cette lettre. Nous les invitons à repenser leur position, à comprendre qu'on ne peut pas être équidistant entre les progressistes et les réactionnaires sans prendre fait et cause pour eux.

    Beaucoup d'organisations politiques et de médias militants progressistes affirment soutenir la lutte du peuple kurde contre ses oppresseurs en Turquie et en Syrie. Ces organisations et médias retransmettent les informations transmises par la coalition formée autour du PKK, du TKP M/L, de leurs organisations militaires YPG – YPJ – TIKKO, et affirment également soutenir la politique du HDP en Turquie, qui combat contre l'ogre Erdogan et son régime.

    La coalition que forment les organisations de combat kurdes est la seule à œuvrer à une lutte résolue pour le progrès, l'égalité, et pour chasser les impérialistes. Et ce, que ce soit au Rojava (Kurdistan Syrien) au Bakur (Kurdistan de Turquie), sur leur terre, tout comme pour l'émancipation générale des peuples de Syrie et de Turquie.

    Le Parti HDP, dans l’État Turc, mène une lutte exemplaire pour le maintien des droits démocratiques dans un État qui sombre dans le fascisme.

    Que veulent ces forces ?

    Les forces combattantes du Kurdistan Turc et Syrien veulent l'indépendance. Elles veulent la constitution non pas d'un état bourgeois de plus, mais bien d'un État libre de démocratie populaire. Elles combattent, dans un front uni avec leurs alliés, contre l'impérialisme, le capitalisme, l'obscurantisme, le sexisme et la destruction de l'environnement.

    Les forces Kurdes mènent la lutte depuis 1978 dans l’État Turc, date à laquelle a été fondé le Parti des Travailleurs du Kurdistan, sous l'impulsion de Abdullah Öcalan. Depuis le commencement de la guérilla, les forces Kurdes n'ont jamais renoncé à obtenir un état indépendant.

    La coalition des Forces Démocratiques Syriennes est un front dans lequel luttent les Kurdes, contre le régime dictatorial et clientéliste de Bachar Al-Assad, laquais des Russes, et contre les pions de Erdogan et des réactionnaires, la clique de l'Armée Libre Syrienne. Ces forces combattent également les réactionnaires fascistes de Daesh. Pourtant cette alliance n'est pas toujours fiable et connaît des fractures. De nombreuses forces combattent aux côtés des Kurdes contre Daesh, l'ASL ou le régime, mais il est arrivé que les alliés de la veille se retournent contre les combattants kurdes dès que l'ennemi commun prend la fuite. Très peu de forces syriennes acceptent l'idée d'un Rojava indépendant. C'est pour cela que nous devons soutenir nos camarades au front. L'anti-impérialisme et l'internationalisme sont les meilleurs alliés des Kurdes.

    Début 2016, les forces combattantes révolutionnaires Turques et Kurdes se sont unifiées autour d'un front commun nommé “Halkların Birleşik Devrim Hareketi” (Mouvement Révolutionnaire Unis des Peuples) rassemblant une dizaine d'organisations révolutionnaires Kurdes et Turques.
    Voici quelles sont ces organisations:

    • Devrimci Karargâh (QG Révolutionnaire)
    • DKP (Parti de communards révolutionnaires)
    • MKP (Parti communiste maoiste)
    • MLKP (Parti communiste marxiste léniniste) pour combattre le fascisme turc au Kurdistan.)
    • THKP-C/MLSPB ( Parti/Front communiste de Turquie/marxiste-léniniste, brigades armées de propagande)
    • PKK (Le Parti des travailleurs du Kurdistan)
    • TİKB (L’union des communistes Révolutionnaires de Turquie)
    • TKEP-L (Parti communiste de Travail, léniniste)

    D'autres combattent également de manière indépendante ou côte-à-côte avec les forces progressistes Kurdes et Turques. Nous mentionnons leurs noms en annexe
    .
    Leur communiqué résume leurs objectifs:

    • "Notre mouvement a pour objectif d’obtenir un avenir libre, démocratique pour nos peuples, contre l’impérialisme, le capitalisme, le chauvinisme, le fascisme et le racisme. Il considère incontournable la destruction de l’AKP fasciste, avec tous ses soutiens sociaux et par la force révolutionnaire du peuple.
    • Le gouvernement AKP, est en train de détruire la nature, en même temps que la société. Il intensifie l’exploitation de la classe ouvrière et de tous les travailleur/ses, et impose les conditions d’esclavage. Sur toutes les masses de population, il est répressif et meurtrier.
    • Le Mouvement révolutionnaire uni des peuples, adopte le principe de réunir et d’organiser toutes ces forces sous les attaques de l’Etat bourgeois de la République Turque et du gouvernement AKP, et de les mobiliser pour la lutte.
    • Le Mouvement révolutionnaire uni des peuples, lutte pour l’écologie, pour la libération de la femme, pour la classe ouvrière, les droits et les libertés des travailleurs, ainsi que pour installer le pouvoir du peuple pour la Turquie, et l’autonomie au Kurdistan afin de permettre un avenir libre pour nos peuples.
    • Le Mouvement révolutionnaire uni des peuples, appelle toutes les masses populaires meurtries par le fascisme et l’intégrisme, en commençant par les femmes, les jeunes, les ouvriers et les travailleurs, à s’organiser, s’unir et lutter pour la liberté, la démocratie et la fraternité des peuples."

    Certes la guerre force à des compromis. Le mouvement de libération kurde a dû en faire et en fera certainement d'autres. Mais ces compromis n'ont jamais détourné ces forces combattantes de leur but ; contrairement à une ALS qui est directement une marionnette entre les mains de ses maîtres. Ériger ces compromis en obstacles insurmontables est le paravent de la lâcheté et du sectarisme. Pendant que, bien au chaud, des militants s'échinent à trouver des groupes qui soient l'incarnation de la perfection, mais dont l'impact réel est nul, ceux qui combattent réellement meurent au front sans soutien. Dans notre calme État impérialiste, s'offusquer qu'il soit possible de chercher des alliés tactiques lorsque les bombes pleuvent est un luxe que ne peuvent connaître ceux qui subissent la guerre.

    Il est possible, et il est d'ailleurs sain d'être critique. Mais il est nécessaire de savoir choisir également son camp.

    Il est impossible de jouer sur deux tableaux.                

    L'occident, et au premier rang la France, condamne le régime de Bachar Al-Assad pour des motifs hypocrites, camouflant une opposition géopolitique avec la Russie. Lorsque la famille Assad était une bonne cliente de la France, celle-ci ne tarissait pas d'éloge au sujet du régime.
    Certains groupes militants pensent qu'il faut appliquer alors, mécaniquement, le fait que l'ennemi de notre ennemi est notre allié. Ils soutiennent alors Bachar Al-Assad comme un rempart contre l’obscurantisme, comme un chef de file de l'anti-impérialisme. En somme, ils nient que Bachar Al-Assad est un simple agent de la Russie au Moyen-Orient, une marionnette des ambitions Irano-Russes dans l'orient de la Méditerranée.

    Ces organisations peignent en rouge le régime, et peignent en rouge Poutine, ce qui est faux. Elles mettent en avant -tout aussi hypocritement- le fait que le régime serait l'allié des Kurdes, et qu'il est possible de concilier les deux. C'est escamoter le fait que, si des trêves existent lorsque Daech et l'ALS sont présentes, le régime n'a de cesse de tenter d'exterminer les Kurdes dès qu'ils sont seuls à seuls.

    Soutenir le régime de Bachar Al-Assad, c'est célébrer l'impérialisme Russe, c'est célébrer faussement les BRICS [Les états émergents, Brazil, Russia, India, China, South Africa] comme étant la révolution mondiale, c'est se mettre à la solde d'une réaction contre une autre. Pire encore, certains souhaitent l'union de la France et de la Russie dans cette affaire, niant par là même le caractère criminel de l'impérialisme français, et souhaitant simplement qu'ils s'alignent sur un autre camp.

    Qu'est ce que l'Armée Syrienne Libre et que veut cette coalition ?

    L'Armée Syrienne Libre n'est pas unie idéologiquement, elle est une ligue de diverses organisations allant de démocrates sincères jusqu'à des obscurantistes virulents.

    Ces forces sont principalement divisées en deux groupes, ou chambres d'opérations qui sont des alliances temporaires et non-exclusives autour d'objectifs ponctuels ou autour du soutien d'une puissance étrangère. La première Fatah Halab -conquête d'Alep- rassemble les agents d'Erdogan et des occidentaux. Elle est la force qui a été utilisée par la Turquie pour faire barrage à l'unification des zones contrôlées par les Kurdes au Rojava. Elle rassemble grossièrement 50% des forces armées de la nébuleuse de l'Armée Libre Syrienne. Ce sont les fameux "modérés" soutenus par l'occident. Issus des frères musulmans et des organisations réactionnaires locales, ils ne sont considérés comme modérés uniquement parce qu'ils ne menacent pas les intérêts occidentaux.

    Jaish Al Fatah, -l'armée de la conquête- est construite autour des différentes cellules d'Al-Qaïda ayant survécus à la concurrence de Daesh. Cette chambre d'opération se démarque de la première par le fait qu'elle considère celle-ci comme "trop modérée." Egalement, Jaish Al Fatah est principalement le pion de l'Arabie Saoudite et du Qatar, avant d'être celui d'Erdogan.
    Hors de ces chambres d'opération, des poussières qui s'agglutinent parfois dans des configurations différentes, mais toujours à la remorque, dans l'ombre, des deux chambres d'opération principales. C'est dans cette poussière que certaines organisations de l'Etat Français pensent trouver des joyaux d'une pureté révolutionnaire parfaite.

    Le fait est qu'il existe des lignes progressistes au sein de l'Armée Syrienne Libre, c'est indéniable. Mais elles ont fait le choix de se mettre à la remorque des agents les plus réactionnaires de la coalition. Elles ont jeté par dessus bord leur indépendance politique pour se mettre eu ligne aux cotés d'Al-Qaïda et des obscurantistes. Elles ont abandonné toute stratégie en devenant des mercenaires de la Turquie, des USA et de la France. Ces forces, pendant la bataille d'Alep, n'ont servi qu'à assouvir les ambitions expansionnistes de la Turquie, et à être une des branches de la tenaille pour écraser les forces combattantes Kurdes, au lieu de combattre le régime de Bachar Al-Assad. Cette clique est plus une armée de mercenaires au service d'un maître qu'une force politique cohérente.

    Plusieurs organisations politiques au sein de l’État français, mais également en occident en général, trouvent conciliable de marcher et de défiler à l'appel du "maire d'Alep-est" et de soutenir la cause du peuple Kurde. Nous affirmons que cela n'est pas possible. Il n'est pas possible de soutenir ceux qui s'allient avec la France et la Turquie, qui en sont les mercenaires, sans devenir soi-même un renégat.

    Nous affirmons qu'il est impossible de pouvoir jouer sur les deux tableaux et de pouvoir défiler sous le pavillon d'une clique de bandits au service des intérêts de la Turquie. Qu'il est impossible de pouvoir saluer la lutte des YPG – YPJ – TIKKO et de marcher avec leurs bourreaux. Qu'il est impossible de prétendre combattre l'impérialisme et ses ramifications tout en soutenant ses agents.

    Quelques soient les raisons invoquées, quelque soit la faction obscure soutenue par les groupes soi-disant révolutionnaires, soutenir toute branche de l'ASL, marcher avec Free Syria, c'est marcher avec l'AKP et ses sbires. C'est marcher avec les bourreaux du peuple kurde.

    C'est également marcher main dans la main avec les laquais des impérialistes occidentaux dans la région. C'est marcher avec l'impérialisme français et embrasser son drapeau. Il n'est pas possible de tenir ce discours et d'ensuite "compenser" en agitant le drapeau du Kurdistan libre, le salissant par la même occasion.

    Cela n'est pas conciliable.

    Que le régime de Bachar Al-Assad soit un régime d'oppression à la solde des intérêts de la Russie est une vérité. Il est juste de le pointer du doigt et cela doit être fait, il n'est pas conciliable de se dire révolutionnaire tout en le saluant. Mais il est aisé de dénoncer les ennemis de son propre impérialisme.

    Ceux qui, dans l’État français, se réjouissent des victoires de l'ASL, pleurent ses défaites, chantent leurs louanges ne sont pas seulement en contradiction avec le fait de soutenir les kurdes et les Forces Démocratiques Syriennes, ils se déclarent même ennemis de leur cause de libération nationale et de libération de la Syrie de la présence des impérialistes.

    Une ligne de démarcation se trace, elle doit être franchie, que cela soit d'un coté ou de l'autre, par toutes les organisations ayant une position sur la question de la guerre en Syrie.

    Certains prônent l'éclectisme et soutiennent tout ce qui lutte contre le régime de Bachar Al-Assad. Il n'est pas possible de l'être dans une lutte à mort.

    Certains prennent ceci par dessus la jambe, le traitent avec légèreté. Ils se démasquent comme étant des opportunistes qui ne voient le fait de soutenir les kurdes que comme étant "de bon ton". Nous devons dénoncer cet opportunisme.

    Lorsque, rien qu'à Lyon, la mairie Front de Gauche du premier arrondissement de Lyon accepte de relayer l'appel réactionnaire du maire d'Alep-Est, nous devons les dénoncer et dénoncer leur attitude de renégat.

    Lorsque Europe Ecologie / Les Verts signe également cet appel, nous devons dénoncer l'attitude de laquais de l'impérialisme de cette organisation.

    Lorsque "Ensemble" signe ceci aux côtés des agents fascistes d'AKP, c'est qu'ils prennent position en faveur de la répression du peuple Kurde.

    Ceux qui parlent de "soutien critique" lorsqu'ils se rassemblent sous le drapeau de l'ASL de la France et de la Turquie se démasquent donc comme des soutiens de fait à ces forces.

    Nous appelons toutes les organisations progressistes et révolutionnaires de l’État Français ou francophones à relayer cet appel, à prendre position sur le fond de celui-ci et à démasquer les mercenaires de l'impérialisme.

    Nous devons dénoncer les appels hypocrites de la France et des organisations qui sont ses valets. Sous couvert d'humanitaire, ces cris servent à implanter les avant-postes de son impérialisme.

    Nous appelons ces organisations et ces médias à rejeter les positions et la propagande des agents de l'impérialisme, au premier chef duquel l'impérialisme français, notre ennemi premier. Nous souhaitons la défaite de notre propre impérialisme, que ses griffes soient arrachées et ses armes brisées !

    Nous appelons à la constitutions d'initiatives, militantes, politiques, financières pour soutenir depuis l'Etat Français la lutte du peuple Kurde et de ses alliés pour sa libération du Kurdistan et de la Syrie.

    Vive la lutte du peuple Kurde et de ses alliés pour la liberté ! A bas le régime fasciste d'Erdogan et les laquais des impérialistes !

     Vivent les volontaires internationaux qui combattent aux côtés des Kurdes !

     

    Premiers signataires : Maison de la Mésopotamie ; Unité Communiste – Lyon; OCML Voie Prolétarienne ; Organisation Communiste – Futur Rouge ; Jeunes Communistes Lyon ; Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste (Paris) ​; YDG – Nouvelle Jeunesse Démocratique

    Pour être cosignataire: Solidarite.kurdistan@gmail.com

    Annexe:
    Les forces des Kurdes et leurs alliés:

     

    HPG : Force de Défense du Peuple.
    YJA-Star : Unités des Femmes Libres.
    PAJK : Parti des Femmes Libres du Kurdistan.
    YPS : Unités de Protection Civile.
    YDG-H : Mouvement de la Jeunesse Révolutionnaire Patriotique.
    HDP : Parti Démocratique des Peuples.
    DBP : Parti Démocratique des Régions.
    HDK : Congrès Démocratique des Peuples.
    PKK: Parti des Travailleurs du Kurdistan.
    YPG: Unités de Défense du Peuple.
    YPJ: Unités de Défense Féminines.
    PYD: Parti de l'Union Démocratique Kurde (en Syrie).

    Organisations turques combattant aux côtés des forces combattantes Kurdes.

    MLKP : Parti Communiste Marxiste-léniniste.
    DHKP-C : Parti-Front Révolutionnaire pour la Libération du Peuple.
    TKP-ML : Parti Communiste Turc – Marxiste-léniniste. Sa branche armée est le Tikko.
    MKP : Parti Communiste Maoïste.
    MLSPB : Union Marxiste-léniniste pour la Propagande Armée.
    DAF : Action Révolutionnaire Anarchiste.

    Organisations de volontaires étrangers:
    Bataillon International de la Libération au Rojava.
    A.I.T.
    Antifascist Internationalist Tabur

  • La chute de Alep-Est vue par un membre fondateur des YPG.

    La chute de Alep-Est vue par un membre fondateur des YPG.

    Traduit de l’anglais par l’Unité Communiste – Lyon.
    Texte original de Polat Can, membre fondateur des YPG

    — Unités de protection  du peuple —

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    (Source de l'image: Figaro)

    Nous reproduisons ce texte afin de participer à alimenter le débat qui traverse l'ensemble de forces militantes progressistes ou se revendiquant révolutionnaires dans l'Etat Français. Nous avons communiqué à plusieurs reprises pour dénoncer cette attitude incohérente de certaines organisations ou de certains relais médiatiques alternatifs, lesquels tentent de faire cohabiter deux positions antagoniques: soutenir les Kurdes et leurs alliés -unis dans les Forces Démocratiques Syriennes- et soutenir la coalition majoritairement dirigée par des pro-Erdogan connue sous le nom d'Armée Syrienne Libre.
    Cette position est inacceptable pour nous, et constitue une ligne de démarcation importante et indiscutable. 

    —————————————————————————-

    La partie est de Alep est tombée aujourd’hui — 13 Décembre 2016 — mais, en regardant les causes profondes qui ont tracé le chemin jusqu’à sa chute, on ne peut que réaliser qu’elle était inévitable. Non pas car les Baasistes et leurs alliés étaient plus fort, ou les factions islamistes plus faibles, mais à cause de la dizaine de facteurs qui ont accompagné Alep de sa première chute, en 2012, et qui ont mené à la seconde aujourd’hui.

    La première chute fut brève, non préparée et vint avec célérité tandis que la seconde arriva lentement, fut douloureuse et dévastatrice. En d’autres mots, la première chute fut la préface de la seconde.

    1- Nous devons nous rappeler que les révolutionnaires se sont moqués des habitants d’Alep pour n’avoir pas pris part à la révolution contre le régime du parti Baas; ils ont échoué a comprendre que Alep est une cité de commerce et d’industrie qui a besoin de sécurité, de stabilité et de routes ouvertes.

    2- Alep est divisée en deux districts; oriental et occidental, ce qui n’est pas qu’une division géographique, mais également sociale et culturelle.  Alep-Est est la maison des pauvres, dévots et pieux sunnites, kurdes des villages, kobanis, afrins et également  turcs. Tous sont pauvres et sont le prolétariat du bâtiment et de l’industrie textile. De l’autre côté, Alep-Ouest est la demeure de la classe moyenne des fonctionnaires du gouvernement, des riches et des propriétaires terriens qui se moquent des slogans politiques et ne recherchent que la stabilité pour prospérer. 

    3- Il existe des districts avec une majorité chrétienne (Arméniens, Assyriens, etc.) qui n’adhérent pas aux slogans islamistes qui ont pris le contrôle de la révolution depuis mi-2011 et se sont toujours méfiés des révolutionnaires venant des villages.

    4-Les districts avec une majorité kurde, particulièrement Al Ashrafia et Boustan Al Pasha, ont été les premiers à se battre et à rejeter les forces du régime et leurs brutes « Shabeeha » au printemps 2012. Ils se sont montrés méfiants vis-à-vis des slogans extrêmement chauvins et nationalistes de l’opposition et de ses alliés armés, soutenus par l’ennemi historique du peuple kurde… la Turquie.

    5- La chute de Alep-Est en 2012 n’a pas eu lieu à cause de ses dynamiques internes ou de son développement propre. Elle fut le fait de l’occupation armée par les villageois du Nord d’Alep (Andan, Hritan, Azaz et Hian).

    6- Les factions islamiques ont combattu et détruit les familles et les tribus influentes, ce qui a poussé bon nombre d'habitants à s’allier avec le régime.

    7- Une fois que les factions islamiques ont pris le contrôle de Alep-Est, elles ont tout volé et pillé et l’ont exporté vers la Turquie à des prix extrêmement bas, ce qui a mené à la destruction de l’économie et des possibilités d’emploi desquelles dépendaient l’existence de la population. *

    8- L’opposition armée était divisée en tellement de faction se combattant l’une l’autre pour se partager le butin du pillage et des vols dans les usines. Ces factions étaient éclatées en fonction de leur idéologie, ligne politique ou de leur origine géographique et religieuse, elles l’étaient aussi en fonction de leur loyauté à des états, des partis politiques ou des personnes spécifiques.

    9- La pénétration des factions islamistes extrémistes dans Alep et au sein de l’opposition armée a mené à l’imposition d’un nouveau style de vie pour les habitants comme pour les autres factions.  Le contrôle d’Ahrar Al Sham et d’Al Nusra ont donné au régime d’Assad et aux russes une raison et une légitimité à détruire la cité et à tuer ses habitants.

    Comme indiqué au début; la seconde chute d’Alep partage beaucoup d’aspects avec la première. — Mais pourquoi Alep est-elle tombée, malgré tout le soutien que les dizaines ou, peut-être, les centaines de factions, ont pu recevoir en terme de tonnes d’armes par la Turquie et de finance par les Saoudiens et les Qataris ? Malgré la propagande médiatique sur l’établissement d’une chambre d’opération commune pour toutes les factions, accompagnée de menaces et de promesses ? Encore une fois, pourquoi Alep est elle tombée ?

    1- Les divisions entre les différentes factions, basées sur quel état les sponsorisent et quels sont les intérêts de ces états dans ce combat.

    2- Le contrôle des factions extrémistes islamistes, plus particulièrement de Al-Qaïda, ont terni l’image de la résistance armée, spécialement aux yeux des occidentaux.

    3- Les vendeurs des rues, les marchands de moutons ou d’orge sont devenus des stratèges militaires. Ils décidaient des plans, dirigeaient des expéditions tactiques et stratégiques. Ils sont devenus par la suite des seigneurs de la guerre et des potentats locaux qui rançonnaient/inféodaient leurs sujets [il existe une ambigüité sur la phrase d’origine: became warlords and local authorities who embezzle their subjects. NdT.]

    4- Ces factions islamistes extrémistes ne combattaient pas le régime. À la place, elles furent à l’initiative d’une guerre de quatre années contre le peuple kurde à Sheik Maqsoud [secteur de la banlieue d’Alep, peuplée majoritairement de kurdes. NdT.], assiégeant des centaines de milliers de Kurdes et d’Arabes, les bombardant avec des bombes chimiques et au gaz. Elles empêchèrent l’approvisionnement  en nourriture et en médicaments. C’est, à mon sens, l’aspect le plus important de la chute de l’opposition armée ainsi que de celle de l’est d’Alep.

    5- La résistance armée devint de facto un agent des services secrets turcs et celle-ci suivit les ordres de ses maîtres. La guerre à Sheikh Maqsoud est une indication claire de la nature de ces ordres.

    6- Les factions de l’opposition ont commencé à se combattre mutuellement et à commettre des atrocités, envers les civils, entre elles et envers les chrétiens et les kurdes. Ces atrocités étaient similaires à celles de l’État Islamique. Elles ont massacré et exécuté les civils dans les rues, commis des kidnappings, détruit des églises et ont ciblé les Kurdes.

    7- À cause de la guerre fratricide entre les factions armées, le régime fut capable de prendre Al Nobel et Zahraa, déconnectant ainsi Alep d’Azzaz, des villages du nord et ainsi, au final, de la Turquie.

    8- Plusieurs factions de la résistance ont quitté leur positionnement dans cette guerre et ont rejoint le régime, après qu’un mémorandum d’entente [convention bilatérale] ait été signé entre la Turquie et la Russie, signifiant que le régime aurait la possibilité d’assiéger Alep-Est  et de combattre pour la ville.

    9- La Turquie et l’opposition syrienne en Turquie ont sciemment joué la carte du bluff avec la résistance.  Elles ont émis des mensonges tels que le soutien inconditionnel de la Turquie dans la lutte contre le régime ou la conduite de négociation avec le régime qui se clôtureraient par un succès.  Malheureusement, la résistance armée a cru en ces mensonges et les combattants sont restés sous le bombardement hystérique des Russes et du régime, sans le moindre gain territorial au sol.

    10- Les services secrets turcs ont utilisé la résistance armée pour leurs propres objectifs et les ont soutenus dans leur prise de l’académie militaire Ramosa et de la prise de la route de Damas. Cela avant qu'Erdoğan ne programme sa visite en Russie, pour être dans une position favorable pour négocier avec Poutine. Mais, dès la fin de la rencontre, Erdoğan a ordonné la fin des opérations militaires dans Alep.

    11- A l'époque où l’opposition armée gagnait du terrain dans Alep-Ouest, coupant la route de Damas, Erdoğan leur a ordonné de quitter Alep et de se diriger vers Jerablus. Ce mouvement a été la dernière pierre qui a brisé le « dos de chameau » [lié à la forme particulière du front à cet endroit NdT.] et a mené a leur défaite et à la victoire du régime.

    12- Au lieu de marcher vers Damas pour achever le régime d’Assad, des milliers de combattants de la résistance se sont dirigés vers Sheikh Maksoud, Afrin, Jerablus et Al Bas pour combattre, aux cotés de l’Armée Syrienne Libre contre les Kurdes, suivant les ordres de leur maître Turc.

    13- Quelques années auparavant, un meeting s’était tenu entre les dizaines de factions, avec comme résultat le départ de leurs zones de combat pour se diriger vers les cités Kurdes à occuper, mais le résultat fut leurs défaites à Sera Kaniye, Rimelon, Qamishlo, Gire Spi et Afrin.

    Non seulement Alep-Est est tombée, mais elle est totalement ravagée. L’économie du plus grand centre du Moyen-Orient et un des plus vieux du Monde est détruite. La chute de l’Est d’Alep est aussi la chute du projet de la résistance armée et de leurs soutiens en Turquie. Elle est la chute de l’Islam politique et des Frères Musulmans, tout comme des agents de la Turquie et de leurs mercenaires. Cette chute est celle de chaque force qui combat le peuple Kurde. Je l’ai dit avant, je le redis « personne ne parviendra à défier et à vaincre le peuple Kurde ».

    Au final, le seul projet viable est le projet séculier et véritablement patriotique du peuple Kurde. Le projet des Forces Démocratiques Syriennes et des YPG. C’est le projet démocratique et fédéral qui peut tenir contre l’État Islamique, contre le régime et contre tous les dictateurs. C’est celui qui garantit un Kurdistan libre et une Syrie libre.

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     Texte original: http://www.kurdishquestion.com/article/3706-the-fall-of-eastern-aleppo 

  • Rassemblements et contradictions: Il n’est pas possible de jouer sur les deux tableaux dans les guerres.

    Aujourd'hui samedi 17 decembre 2016, se tenait un rassemblement de soutien aux forces kurdes et à leurs alliés, qui se battent dans un terrible étau, entre Erdogan et ses agents -dont Daesh. Que ce soit au sein de l'état Turc ou en Syrie, les forces kurdes, leurs alliés, et la coalition autour d'elles, représentent la seule force anti-impérialiste et progressiste.

    Au même moment, place Bellecour, se tenait un rassemblement "pour Alep", où fleurissaient drapeaux turcs, français et de l'ASL.

    Un appel hétéroclite de diverses organisations, associations, institutions a été émis.

    Il rassemble pêle-mêle la mairie du premier arrondissement de Lyon -Front de gauche-; EELV; Ensemble; mais également d'autres comme Free Syria Lyon, connue pour son engagement auprès de l'ASL. Le Centre International Millî Görüş revendique également le fait d'être signataire de cet appel. Autant Free Syria montre d'importantes ambiguïtés sur ses liens avec l'Etat Turc, autant le CIMG est ouvertement fasciste. Les charmants "amis d'Alep-Est", quant à eux, font preuve de leur position, pro-française et pro-erdogan.

    Nous citons un de leurs communiqués:
    "le Collectif des Amis d'Alep est en lien avec le Conseil de la Ville d'Alep depuis plus d'un an et depuis plus de deux ans avec le Conseil du Gouvernorat d'Alep dénommé aussi parfois Conseil provincial d'Alep, qui coordonne tous les Conseils locaux de la partie libérée de la province d'Alep.

    Plusieurs rencontres ont eu lieu avec ses représentants en France et à Gazientep en Turquie où ils se rendent régulièrement pour des séances de travail et diverses formations .

    Les membres élus des Conseils disposent d'autorisations de passage de la frontière syro-turque de la part des autorités turques ce qui explique qu'ils peuvent voyager sans trop de difficultés en en Europe et ailleurs." La collusion est totale.

     D'autres organisations mineures étaient également présentes, bien que non officiellement signataires. Parmi elles, des "insoumis" de Mélenchon, rompant avec la position pro-Bachar de leur leader, mais également certains opportunistes qui sont passés d'un rassemblement à l'autre sans le moindre remord.

    Le rassemblement organisé par les Kurdes a donc appellé à boycotter et a dénoncer celui appelé par des organisations pro-Erdogan. Il leur est impossible de marcher aux côtés de leurs bourreaux. Nous ne pouvons que leur donner raison et soutenir cette prise de position. Ce rassemblement demandant également l'intervention accrue de l'occident dans cette guerre, nous ne saurions cautionner ce positionnement qui brosse notre impérialisme dans le sens du poil.

    Que des individus, touchés par les souffrances de la ville martyre, soient présents, ceci est une chose.

    Que des organisations, en revanche, soient signataires, ceci en est une autre. Ils est nécessaire que celles-ci assument leur positionnement dans cette guerre.

    Il n'est pas possible d'être avec les bourreaux et les victimes, d'être avec les réactionnaires et les progressistes. Cette guerre à le mérite de faire décanter les organisations politiques et de révéler le véritable visage des opportunistes et des sociaux-chauvins.

  • Alep brûle.

    La bataille d'Alep, grand billard à quatre bandes, vient de se terminer.

    L'armée syrienne “loyaliste” reprend le contrôle d'une ville ravagée, dont la population a subi un siège terrible. Le Monde découvre des images de villes éventrées dignes des combats de la seconde guerre mondiale. Les estimations des victimes ne sont pas encore connues, et, étant donné le chaos, ne seront peut-être jamais identifiées. Pour l'humanité entière, Alep est un terrible avertissement, l'avertissement que le monstre de la guerre totale n'a nullement disparu, il n'est qu'assoupi. Les combats, sporadiques, se poursuivent toujours. Dernièrement, la croix rouge a essuyé des tirs sur ses véhicules, sans pouvoir en déterminer l’origine.

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    (source de l'image: Le Figaro)

     

    L'Unité Communiste de Lyon n'a pas voulu communiquer immédiatement après l'annonce par les médias de la prise de la ville.

     

    Plusieurs raisons à cela:

    Nous n'aimons pas le pathos et le sensationnalisme. Nous ne sommes pas des journalistes couvrant un événement, nous sommes des communistes essayant d'en fournir une analyse politique. Cela demande du recul, cela demande une réflexion. Cela demande aussi ne pas être guidé par ses sentiments, mais par sa raison.

    Cela ne signifie en aucun cas que, en tant qu'individus, nous ne soyons pas touchés par les malheurs atroces des peuples de Syrie, mais nous nous devons de lutter contre le subjectivisme dans nos analyses.

    Nous n'aimons pas ceux qui empilent les cadavres pour s'en faire des piédestaux et qui s'en servent pour vociférer leurs immondices. Nous voulons être prudents dans ce que nous avançons, ne pas nous jeter, comme des charognards, sur souffrance d'autrui. Certains ne s'en privent pas, nous signalons que ces opportunistes nous répugnent au plus haut point.

    Il est difficile de traiter un sujet aussi complexe que la Syrie. Beaucoup s'y sont essayés, beaucoup ont commis de lourdes erreurs en le faisant. Nombre d'organisations politiques se sont engluées dans des positions sottes ou dangereuses, mais qui sont souvent le reflet d'une conception binaire et manichéenne de la société. Après tout, c'est ce que l'Education Nationale, ce creuset que nous partageons tous, nous a enseigné. Nous devons briser ces jugements faux pour être capable d'avoir une approche plus approfondies des questions.

    Nous devons être capable de faire le tri dans le brouillard de guerre.

    Les agences de presse russophiles comme occidentales tirent la couverture vers eux. Nous ne sommes pas dans un échange, nous sommes dans une guerre qui présente les prémices de ce que pourrait donner un embrasement mondial.
    Comme cent ans auparavant, les enjeux justifient le mensonge éhonté.

    Que RT, Sputnik, les plates-formes de la Maskirovka russe trichent, c’est un fait avéré et démontré. Que les agences de presse occidentales mentent également, cela ne serait pas une nouveauté. Nous avons le devoir d’être capable de trier nos sources et nos informations.
     

    (Les menteurs traitent les autres de menteur. Raisonnement circulaire parfait)

     

    Que les pro-russes aient écrasé Alep sous les bombes est un fait indéniable. Elle correspond à la doctrine militaire des forces russes. Qu’il y aie des exactions après 5 ans de guerre est un fait indéniable.

    L’artillerie des opposants n’a pas fait dans le détail non plus, et il est vraisemblable qu’ils aient entravé l’évacuation de la ville. Les images d’une Alep dévastée sont porteuses médiatiquement.
     

    Qu’il y aie une Alep qui respire et qui eclate de joie est un fait tout aussi indéniable qu’il en existe une qui pleure et qui souffre. Cette guerre à plusieurs camps, et chacun de ces camps ont réussi à mobiliser leurs soutiens. Cette guerre n’est pas greffée sur une population “gentille” et passive. Elle tire ses racines de contradictions qui préexistaient en Syrie.

    Seulement, le problème est lorsqu’on essaie vainement et artificiellement de coller des ailes d’ange ou des cornes de démon à l’un ou l’autre des camps qui s’affrontent.

    C'est cette vision qui se heurte à la dure réalité quand on essaie de l'appliquer mécaniquement à la guerre en Syrie. Pourquoi n'est ce pas possible ? Pour la simple et bonne raison que ce n'est pas une révolution qui se déroule, c'est une guerre entre factions hostiles géopolitiquement . A l'exception des Kurdes et de leurs alliés, aucune faction n'est dirigée par des révolutionnaires et des progressistes authentiques.

    Ce n'est pas une guerre du peuple contre son oppresseur, c'est une guerre de clans d'oppresseurs qui essaient d'entraîner derrière eux des fractions du peuples. C'est un champ de bataille de la guerre impérialiste -à l'exception notable, encore une fois, des combattants et combattantes kurdes et de leurs alliés des Forces Démocratiques Syriennes.

     

    Choisir un camp contre un autre reviendrait à soutenir la France colonialiste contre l'Allemagne impériale du Kaiser Guillaume II.

    Ceux, ce sont les plus nombreux en France, qui soutiennent mordicus les opposants à Bachar Al-Assad pensent soutenir des démocrates, des révolutionnaires, des copies conformes de ce qu'ils penseraient voir dans les luttes menées par les masses populaires chez eux. Or, ces démocrates, ces progressistes, existent, mais ils ne sont nullement à la direction des affaires, ils sont minoritaires et dépendants d'une coalition dominée par certains des réactionnaires les plus virulents.

    En vérité, ils soutiennent une cohorte de réactionnaires en cheville avec les impérialistes occidentaux, au premier rang desquels trône la France. Ils soutiennent les prétentions de la Turquie d'Erdogan sur le Rojava.

    Ils soutiennent les futurs oppresseurs des populations de Syrie, les futurs clients de la France et des USA dans la région. Ils soutiennent les gardes-chiourmes d'Erdogan, les bourreaux des Kurdes.

    Pires encore sont ceux qui exigent l'intervention des USA et de la France, de manière accrue, dans ce conflit. Ils déversent de l'huile sur un feu ardent, tout en faisant mine de vouloir qu'il s'éteigne. Ces gens sont effrayés par la réalité de ce qu’ils découvrent, devant l’horreur. De fait, ils admettent que leur rébellion n’est qu’un jeu, en se ruant dans les bras de leurs propres bourreaux, les implorant à l’aide. Dès qu’une difficulté se montre, ils sont prêt à remballer leur drapeau pour aller quémander de l’aide auprès des institutions de l’Etat bourgeois, des impérialistes français.

     

    Ceux qui, au contraire, se mettent en opposition totale avec cette position ne font pas mieux.

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    Les idolâtres de Al-Assad, les admirateurs de Poutine sont légion, à l'extrême-droite et à l'extrême-gauche, pour des motifs, par ailleurs, complètement distincts les uns de autres.

    Al-Assad, il est vrai, s'inscrit dans une histoire dans laquelle les militants communistes peuvent se retrouver. Il représente l'héritage d'un nationalisme panarabe, socialisant, marxisant, laïc, issu des décolonisations. Hafez Al-Assad, le père de Bachar, avait représenté un symbole du monde Arabe moderne. Certains se retrouvent dans cette grille de lecture et voient toujours la République de Syrie comme un ersatz de démocratie populaire.

    Souvent, ces militants tombent dans le mirage des reliquats de cette période -accès à l'éducation, aux soins, à la culture- et croient y voir une mini-union soviétique. C'est aller vite en besogne. Dans les faits, la Syrie, après avoir été une cliente assidue de la France, à commis le crime de lèse-majesté de se tourner vers deux puissances montantes: la Chine et la Russie, comme l'a fait la Côte d'Ivoire de Laurent Bagbo. Même crime, même châtiment: la France est venue lui donner un leçon.

    Les fascistes français ont, pour une grande partie d'entre eux, beaucoup d'admiration pour Poutine. D'abord parce que dans leur analyse inconséquente du Monde -qu'ils partagent avec des social-chauvins de gauche- il n'existe qu'un seul vrai impérialisme: les USA. Donc chaque puissance montante est une force positive qu'il faut soutenir, une force de la renaissance du nationalisme. Poutine est leur idole pour plusieurs raisons: son ordre conservateur, moraliste, homophobe, arc-bouté à une Eglise Orthodoxe réactionnaire. Dans son sillage, ils retrouvent une ligne qu'à un moment des années 80, certains ont pu tenir: l'URSS Brejnévienne contre la décadence occidentale.

     

    Par un parcours complètement différent, mais amenant à des conclusions similaires, la trajectoire campiste.

    Ses suiveurs espèrent déceler, au fond des yeux de Poutine, la flamme rouge de la révolution. Beaucoup de ceux qui ont été humiliés par la chute de l'URSS, répugnés par l'anticommunisme d'hier et les positions antirusses d'aujourd'hui peuvent être pris d'une faiblesse bien humaine, qui est de souhaiter la revanche de la Russie contre l'occident. l'Antiaméricanisme, la répugnance vis-à-vis de l'UE, l'hostilité à l'OTAN nourrit également cette position. Comment, quelque part, ne pas la comprendre ? L'occidentalisme, son miroir, à tant fait pour humilier et combattre l'URSS, tant fait pour imposer une propagande fausse et mensongère.
    Mais Poutine n'est pas l'URSS. L'URSS elle même n'est pas la même en 1980, sociale-impérialiste, que lorsqu'elle fut celle de 1950, fer de lance de la lutte révolutionnaire.

    Pour les benêts comme Mélenchon, c'est l'affirmation des BRICS qui se joue. Factuellement cette analyse n'est pas intégralement fausse, mais elle débouche, comme tout le programme du drôle, sur une impasse.

    Les bourgeoisies n'ont que deux destins: Devenir impérialistes ou devenir compradores.

    Celle des BRICS se lancent dans l'aventure, pour trouver leur place au soleil. Faut-il les soutenir ? Entre un impérialisme naissant et un pourrissant, sommes-nous en face d’un choix valable ?

    De plus, ces individus restent dans une vision sotte, niant un facteur essentiel: la France n'est pas un pays inféodé à une alliance, elle est une puissance impérialiste elle-même. Ils crachent sur l'OTAN et sur l'UE, mais nient le fait que la France soit une puissance. Ils assument, d'une manière autre, le même discours éploré sur la faiblesse de leur pays.

     

    L'un et l'autre des soutien d'Assad / Poutine fantasment sur le tonnerre de feu et de flammes déversés sur les villes. Ils se voient dans quelque chose de grand, de fort, dans lequel ils sont les nouveaux champions de la liberté. Que les fascistes soient en admiration béate devant ceux qui se présentent comme les massacreurs de Daesh, c'est un fait.
    Pourtant, en vérité, aucun des deux camps soutenu par les impérialistes ne se bat avec sincérité contre l'hydre de l'E.I. . Daesh est une créature monstrueuse, assoiffée de sang et de carnage, que les partisans d'Assad comme ses opposants nourrissent. L'un et l'autre tentent de lancer cette bête malade à l'assaut de l'autre, de s'en servir. Les impérialistes n'avaient pas fait autrement avec le régime nazi dans les années 30, l'animant et l'excitant pour le lancer à l'attaque de l'URSS.

     

    Mais notre côté de la barricade serait-il devenu fou et naïf ?

    Qu'en est-il de l'impérialisme ? Qu'en est il de la volonté de paix entre les peuples et de guerre entre les classes ?

    Tout ce qui bouge n'est pas rouge ! Contrairement à ce que clament ceux qui justifient toute opposition à un gouvernement comme étant, par essence, progressiste. Ceux qui saluent tout mouvement de masse sans considération pour son contenu idéologique ne sont que des zélateurs des fascistes. Il sont de la même veine que ceux qui saluaient les pogromistes tout comme les "révolutionnaires anti-bureaucratiques" de la Brigade SS Kaminski -ukrainiens antisoviétiques-. En bref, ce sont les paillassons de la réaction.

     

    Certains se défaussent en affirmant soutenir des groupes secondaires, obscurs, mais nullement capables d’être dirigeants dans la situation actuelle. En somme, leur soutien se porte vers des cautions “démocratiques” des cautions “révolutionnaires”, mais qui sont, de fait, des suiveurs derrière les groupes les plus influents: les nouvelles moutures d’Al Qaïda et les agents de la Turquie.

    D'autres critiquent jusqu'aux Kurdes, qui obtiennent quelques armes de l'occident, qui nouent des trêves avec les forces "loyalistes". Bel hommage que de critiquer la tactique de ceux qui meurent. Bel hommage que de chercher la pureté absolue si chère à ceux qui la trahissent pourtant sans peine dans une démocratie bourgeoise.

    Derrière un odieux chantage à la radicalité, à l’opposition à tous les gouvernements et tous les Etats, pas grand chose ne tient debout.

     

    Quand bien même, les cris de soutien à Alep ne sont que de tristes cris dans le désert.

    Que pouvons nous faire, nous communistes, mais également progressistes et anti-impérialistes en général, dans cette guerre qui se déroule sous nos yeux ?

    Ceux qui poussent des cris stridents et “sensibilisent” à coup de like sur Facebook expriment une détresse de vouloir aider. De vouloir stopper ce qu’il se passe. Leur amour de la paix, leur volonté de faire ce que cela cesse est sincère. Qu’ils accablent de reproche ceux qui ne sont pas de leur côté, à coup de longues tirades, se comprend. Mais hélas, ce n’est pas cela que la lutte internationaliste fonctionne.

     

    Dans sa réponse aux trotskistes chinois, le poète Lou Sin écrivait, le 9 juin 1936:

    Les faits remportent sur l’emphase ;(…). Votre « théorie » est certainement plus sublime que celle de M. Mao Tsé-toung et d’autres : la vôtre plane haut dans le ciel, la leur est terre à terre.

    Mais tout admirable que soit cette sublimité, elle est malheureusement la chose même à laquelle les agresseurs japonais feront bon accueil.

    Partant, je crains que lorsqu’elle tombera du haut du ciel, elle n'atterrisse à l’endroit le plus répugnant du globe.

     

    C’est, hélas, trois fois hélas, ce qui se produit.

     

    Que signifie le mot d’ordre de demander à l’ONU d’intervenir: Il signifie demander aux impérialistes occidentaux d’entrer en guerre contre les impérialistes orientaux.

    Que signifie “soutenir Alep”: Il signifie demander à la France d’intervenir d’avantage, alors qu’elle n’a fait que jeter de l’huile sur le feu.

    Que signifie soutenir des groupes obscurs et secondaires: Cela signifie soutenir la politique de la Turquie et la politique d’agression de l’occident.

    Les soutiens à Bachar Al-Assad n’ont en tout et pour tout qu’un seul avantage sur ceux qui soutiennent les opposants, ils ne flattent pas -directement-le plan de l’impérialisme français. Mais que signifie le mot d’ordre de Mélenchon, mais aussi d’un grand nombre d’ouralistes, d’ouvrir des discussions avec la Russie ? Il signifie lier l’impérialisme français d’un pacte avec la Russie, contre le “grand Satan” US. A aucun moment il ne signifie lutter contre l’impérialisme français.

     

    Est-ce là la seule tâche que s’attribuent ces militants, crier avec l’impérialisme ? Non. Si le mot d’ordre des internationales -s’attaquer en priorité à notre propre impérialisme- est un mot d’ordre valable et nécessaire, ce n’est pas pour une question de principe. C’est parce que c’est ce que nous pouvons faire de plus efficace pour combattre l’impérialisme mondial. Car c’est sur notre propre impérialisme que nos coups portent.
    Ceux qui mettent au premier plan l’impérialisme américain nient la tâche primordiale de lutter contre notre propre impérialisme.

    Ceux qui mettent au premier plan l’impérialisme russe nient aussi la tâche primordiale de lutter contre notre propre impérialisme.

    Ceux qui ciblent l’Allemagne, l’UE, la Chine, les rivaux -réels ou fantasmés- de la France nient la tâche primordiale de lutter contre notre propre impérialisme.

    Soutenir la lutte légitime des peuples de Syrie pour la liberté passe par briser les ailes de notre propre impérialisme, non d’adouber son action. Notre impérialisme s’est comporté comme la pire vermine, en Syrie. Elle a soufflé sur les braises, soufflé pour que les balles sifflent, soufflé jusqu’à ce que la tornade de feu soit ouverte.

    Aucun impérialiste n’a le moindre sentiment humain, la moindre compassion. La Syrie est un enjeu géostratégique, et chaque acteur se repaît des dégâts causés. Notre impérialisme n’a jamais apporté la moindre once d’humanité, et aucun Etat entre leurs main ne s’est jamais mué en démocratie -même bourgeoise.

     

    Les seules forces du progrès sont coalisées autour des Kurdes. Ce sont les seuls qui se battent contre les impérialistes et pour l’avènement d’un Kurdistan Indépendant, mais également pour que la Syrie soit Indépendante des impérialistes. Au sein de cette coalition se trouvent les seules forces qui luttent pour le socialisme.

    Ces forces du progrès, qui luttent contre les appétits des rapaces, sont nos véritables amis sur place. C’est vers eux que nos actions doivent se porter, vers eux que notre soutien positif doit s’articuler.

    Nous, communistes, nous battons pour que notre impérialisme, au premier chef, meure. Nous souhaitons sa défaite la plus large et la plus totale. C’est la pierre, la seule, que nous pouvons à l’heure actuelle apporter à la lutte du peuple Syrien pour sa survie.

    Ce n’est pas un jeu qui se déroule, c’est une guerre. Les belligérants ne se soutiennent pas comme on soutient une équipe de football ou un personnage de téléréalité.

    Notre impérialisme est toujours notre premier ennemi.
    Mort à l’impérialisme français, mort à l’impérialisme mondial !

    Vive la lutte des révolutionnaires des Forces Démocratiques Syriennes!