Étiquette : 8 Mars

  • Résolution ICOR – un 8 mars sous le signe de la Commune !

    Résolution ICOR – un 8 mars sous le signe de la Commune !

    Résolution sur la Journée internationale de lutte pour la libération des femmes 2021

    Il y a 150 ans, en mars 1871, le prolétariat parisien renversa pour la première fois l’ancien pouvoir et établit un nouveau pouvoir, le premier État des travailleurs. La Commune de Paris était « le glorieux fourrier d’une nouvelle société ». Les femmes étaient des atouts, elles étaient parmi les plus courageuses des combattantes aux barricades ! La Commune a jeté les premières graines d’une véritable libération des femmes, a créé des emplois en usine pour leur indépendance financière, des écoles professionnelles industrielles pour les filles, une loi sur le divorce, a traité les enfants légitimes et illégitimes sur un pied d’égalité. Elle a publié un décret pour l’égalité des femmes. L’organisation de femmes indépendante « Union des femmes » était membre de l’Internationale. Jusqu’à ce jour, la Commune de Paris trace la voie des grandes révolutions socialistes ultérieures et de la lutte pour la libération des femmes.

    Les femmes travailleuses sont doublement opprimées et doublement exploitées dans ce système capitaliste parce qu’elles sont des travailleuses et parce que ce sont elles qui sont responsables des travaux ménagers, des soins à leurs enfants, à leur partenaire et aux personnes à leur charge – tout ce que l’on subsume sous « travaux ménagers » non rémunérés. En réalité, rien de tout cela n’est une affaire privée pour les femmes ! Ce sont des tâches pour la société dans son ensemble ! Elles doivent être résolues et organisées en conséquence. Là aussi, la Commune de Paris a ouvert la voie ! Dans ce système, en revanche, leur corps devient une marchandise, comme par l’exploitation à des fins sexuelles et la traite des êtres humains. Chaque jour, partout dans le monde, des femmes sont violées, mutilées, violantées dans la rue, dans leur maison, assassinées simplement parce qu’elles sont des femmes. En bref, ce système est basé sur des relations familiales et sociales patriarcales qui trouvent leur origine dans la propriété privée. Une politique particulièrement misogyne est menée par la réaction islamiste.

    L’ICOR encourage la lutte pour la libération des femmes en liaison avec la lutte pour la libération nationale, la révolution prolétarienne, la véritable démocratie et le socialisme aussi bien dans les pays impérialistes que dans les pays dépendant de l’impérialisme. Elle promeut le rôle des femmes dans les mouvements politiques et les partis révolutionnaires ! Elle invite donc les organisations internationales de femmes à participer à la construction du Front uni anti-impérialiste international contre le fascisme et la guerre.

    Dans la pandémie de Coronavirus, en interaction avec la crise économique et financière mondiale, l’impérialisme montre son vrai visage. L’économie du profit est incompatible avec une protection durable de la santé de la masse de la population. Sur le fond de la crise de Coronavirus qui s’étend de façon incalculable, de millions de personnes affamées, de systèmes de santé qui ne fonctionnent pas, de la destruction massive d’emplois, de la pauvreté généralisée, une tendance accélérée vers une crise sociale globale du système impérialiste mondial se développe avec des mouvements de masse, des grèves, des protestations dans lesquelles les femmes jouent un rôle important. Les forces s’accroissent et se renforcent qui poursuivent la voie commencée par la Commune de Paris et emboîtent le pas des femmes combattantes courageuses.

    D’autant plus il est temps aujourd’hui de faire connaître et d’ancrer la Commune de Paris et ses enseignements auprès de la masse des femmes : Que ce soit en Inde où neuf grèves générales ont eu lieu pendant un an, la dernière avec 250 millions de participants. Où des paysans de tout le pays se rebellent avec mépris de la mort contre les lois du gouvernement fasciste Modi. Et les femmes qui travaillent dans le secteurs de la santé, de la garde d’enfants et comme cuisinières s’y joignent. Les paysannes luttent également contre leur manque de droits, car elles peuvent travailler la terre mais ne pas la posséder. Comme au Bangladesh où les ouvrières du textile se battent depuis des mois pour des salaires non payés et contre les licenciements. Ou en Afrique du Sud où 59 % des jeunes sont au chômage et où une grève générale contre la corruption, répercutant le fardeau de la crise sur les travailleurs, et contre la violence sexiste, a été largement suivie par les masses. En France, où les luttes de masse s’opposent au président Macron quand il pousse à la fascisation de l’appareil d’État, et est incapable de lutter contre la pandémie de Corona, et où les femmes révolutionnaires s’apprêtent à célébrer les 150 ans de la Commune de Paris. Ou dans des pays comme le Pérou, l’Équateur, le Brésil – où, parfois, les morts du coronavirus ne sont même plus enterrés et où les femmes prennent en charge l’aide sociale et l’assistance mutuelle au mieux de leurs capacités et font partie de la lutte contre le gouvernement.

    Il est d’une importance stratégique que le mouvement combatif international des femmes devienne l’allié du prolétariat mondial et que les femmes dans les partis révolutionnaires jouent leur rôle avec confiance. Toutes les contradictions du système capitaliste-impérialiste s’aggravent par la crise économique et financière internationale, s’exacerbant par la pandémie de Covid 19. La contradiction entre les forces productives internationalisées et les rapports capitalistes de production appelle une solution. Ce que la Commune de Paris a commencé, ce que la révolution d’Octobre socialiste et la révolution socialiste dans la Chine de Mao Zedong en lutte contre l’oppression féodale, arriérée ont continué, ce que les pays à l’époque socialistes ont essayé et réalisé – tout cela est aujourd’hui sur l’agenda de l’histoire mondiale : la libération des femmes dans des pays libérés, démocratiques et socialistes.

    Luttons au niveau transnational et ensemble, femmes et hommes, au sein de l’ICOR et du Front uni pour la libération des femmes, la liberté, la démocratie et le socialisme !

    Signataires (en date du 23/2 2021, d’autres signataires sont possibles):

    1. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie
    2. CPK Communist Party of Kenya (Parti communiste de Kenya)
    3. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    4. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    5. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    6. MLOA Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)
    7. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    8. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    9. Ranjbaran Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
    10. NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    11. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
    12. NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
    13. CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
    14. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    15. БРП(к) Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes))
    16. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
    17. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    18. UC Unité Communiste, France
    19. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    20. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    21. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    22. UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa (Union marxiste-léniniste portugaise)
    23. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    24. VZDOR VZDOR – strana práce (Résistance – parti du travail), Slovaquie
    25. TKP-ML Türkiye Komünist Partisi – Marksist-Leninist (Parti communiste de Turquie – marxiste-léniniste)
    26. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    27. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    28. UoC Union of Cypriots (Union des Chypriotes), Chypre
    29. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    30. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    31. BDP Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
    32. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    33. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
  • Autour du 8 mars

    Autour du 8 mars

    Nous avons parlé un peu vite, dernièrement, d’un « manque de connaissance du terrain et [de] failles dans la culture politique » à la suite d’un graffiti commis sur le monument aux morts, dédié aux victimes du génocide arménien. Tout comme nous avons «  demand[é] une contrition de la part de ses auteurs ou autrices », à nous de balayer aussi devant notre porte.

    Nous avons republié une photographie faite par un groupe « antifa informel », qui, le 8 mars avait arraché la banderole du groupe « Némésis ». Ce que nous ignorions au moment où nous l’avons posté, c’est que ce même groupe avait attaqué un cortège féministe-abolitionniste et en avait également arraché la banderole.

    Il nous a été fait la remarque de savoir si nous soutenions leur action. Remarque à laquelle nous avons été incapables de répondre, ne connaissant pas l’affaire. Nous n’avions eu connaissance que de l’attaque contre « Némésis » qui est un groupe ennemi des femmes et du prolétariat, mais nous ne savions rien d’autre. Désormais, nous pouvons répondre à ceci, en indiquant que non, ne nous pouvons la soutenir dans son ensemble : et pour cause, nous ne savons pas de quoi il retourne.

    Nous ne pensons pas être les seuls et les seules à avoir republié cette photographie sans connaître le fond de l’affaire. Cela doit être, là aussi, ramené à sa juste valeur et ne doit pas être traité sous l’angle du procès d’intention. Dans un univers aussi complexe et fractal que le milieu militant, l’ignorance existe. Et elle est généralement massive.

    Nous entendons une très grande variété de versions différentes, et nous attendons d’en savoir plus avant de nous prononcer plus en détail sur les différents protagonistes. Elle semble contenir des ramifications importantes et qui nous échappent pour le moment. Elles vont plus loin que la simple question de surface, celle du clivage abolition/régulation de la prostitution. Elle contient notamment des questions sur lesquelles nous sommes incapables, en l’état actuel des choses, de nous positionner.

    Nous n’avons pas la possibilité de consulter une source de référence pour comprendre les autres aspects. Nous sommes donc ouverts et ouvertes à toute information supplémentaire.

    Nous saisissons cependant l’occasion qui nous est donnée pour exprimer notre point de vue sur la question de la prostitution.

    Nous n’avons pas une position particulièrement creusée sur cette question, mais plus une position minimale, qui est de la considérer comme une forme d’exploitation particulièrement brutale. Elle demande à être, là aussi, corrigée et approfondie.

    Nous nous exprimons indépendamment de tout jugement moral et de tout puritanisme. Nous considérons que les individus font ce qu’ils veulent de leur sexualité, dans la mesure où celle-ci est entre personnes capables de consentir de manière éclairée et en désirant ces rapports. Nous ne faisons pas de préconception sur la prostitution en tant que telle.

    Nous sommes en faveur de son abolition tout comme nous sommes en faveur de l’abolition de l’ensemble des rapports d’exploitation. Cela ne signifie cependant pas que nous considérions qu’il faille stigmatiser les personnes qui s’y livrent. Toutes proportions gardées, nous soutenons également le syndicalisme pour les personnes exploitées. Nous pensons que ces deux luttes : abolition comme objectif stratégique, luttes économiques tactiques, vont de pair.

    Il est cependant évident que l’État n’est pas un partenaire sérieux dans cette lutte. Non seulement il est incapable de résoudre les problèmes, mais il les aggrave. Sa nature d’outil de la bourgeoisie fait qu’il reproduit inlassablement les phénomènes sociaux qui mènent à la prostitution. Les lois prises contre le « racolage » ont mis en situation de vulnérabilité celles et ceux qui se prostituent. Les lois contre les clients et les clientes ont également leurs effets de rétroaction négatives. La police se livre régulièrement à des viols de prostitués et prostituées.

    Les solutions sont complexes, mais elles ont toutes la même racine : la possibilité pour ceux et celles qui se prostituent de s’organiser. Tant pour permettre à minima d’améliorer leur situation que pour, au mieux, en sortir. Mais derrière cela, il existe des écueils terribles : la mafia d’une part, mais aussi le corporatisme de l’autre.

    Si nous considérons la prostitution comme un corps de métier comme un autre, alors nous devons également l’analyser avec la même rigueur clinique. Qu’observe-t-on ? Qu’il existe des classes et des catégories différentes qui la pratiquent.

    Imaginerait-on, dans n’importe quel autre branche professionnelle, les artisans et artisanes, les cadres, les travailleurs et travailleuses indépendants organisées avec les prolétaires ? Ce serait une organisation corporatiste, dans laquelle la voix dominante serait celle des parts les plus bourgeoises du mouvement, au détriment des parts les plus prolétariennes. C’est une chose qui est rigoureusement interdite dans la CGT ou dans la très grande majorité des syndicats. Et pour de très bonnes raisons !

    Or, ce que nous observons dans le discours de défense « dans l’absolu » de la prostitution : qu’il n’est jamais tenu par les personnes (très majoritairement féminines, très majoritairement issues de l’immigration récente) qui travaillent à l’abatage, dans les camions. Le discours « libéral » est exclusivement tenu par une frange indépendante, relativement privilégiée dans les formes selon lesquelles cette activité est pratiquée.

    Au nom d’une défense de la liberté de marchandiser son corps, doctrine libérale, une partie du mouvement anti-abolitionniste confisque et sape la lutte de ceux et celles qui en sont les victimes les plus cruellement marquées, et qui n’ont généralement d’autre désir que de fuir cette situation. Dans un sens le discours libéral ressemble comme deux gouttes d’eau à celui tenu par le MEDEF, pour qui les droits des salariés, les taxes, les règlements entravent leur activité.

    Mais quelle liberté dans la marchandisation de son corps ?

    Dans l’écrasante majorité des cas, le choix n’existe pas. Il est soit imposé directement par la contrainte, soit pas l’impérieuse nécessité de trouver des ressources. Cela ramène aux inégalités croisées : la précarité est plus grande chez les femmes, et elle est encore plus dévastatrices chez celles qui sont issues directement de l’immigration, ou qui sont en situation irrégulière.

    Dans le cas des escortes ou d’une certaine prostitution « choisie », il est possible de débattre de la notion de choix. Mais ce choix est le plus souvent mû par des facteurs économiques déterminants. En effet, quoiqu’il soit possible de dire, le fait de marchander son consentement est un acte sérieux, qui ouvre la voie à des conséquences.

    Le consentement au viol ?

    Le consentement peut-il s’acheter ? Nous ne le pensons pas. Nous pensons que deux facteurs entrent en ligne de compte dans la question des relations réellement consenties : le désir et le consentement éclairé.

    Il est possible de désirer sans consentir : c’est d’ailleurs un argument régulièrement employé pour excuser le viol : « sa bouche disait non, mais son corps disait oui ». Il est tout à fait possible d’avoir envie d’une personne et pour des raisons qui n’appartiennent qu’a soit, de ne pas vouloir.

    Il est possible de consentir sans désirer : de guerre lasse, sous la pression, pour faire plaisir à l’autre…etc. Dans le cas de la prostitution, c’est la norme : le consentement est acheté contre une somme d’argent.

    Dans un cas comme dans l’autre, avec l’ensemble des variétés de situation possible, avec tout un échéancier de gravité, cela reste des rapports anormaux, problématiques, et générant potentiellement une souffrance importante. Cet arrachage du consentement en faisant miroiter des progrès sociaux ou économique est à la base de nombreux rapports : la promotion-canapé par exemple. Elle est revenue sur le devant de la scène, car elle était centrale dans la défense de Harvey Wenstein.

    Or, il ne s’agit pas de condamner celles et ceux qui l’ont accepté. Dans le système libéral-capitaliste, où la précarité est constante, nous subissons tous et toutes la pression des exploiteurs et des chefaillons. Y céder n’est pas un crime, il est un malheur. Mais il est essentiel de dénoncer impitoyablement les organisateurs et les organisatrices de celui-ci : ils sont les seigneurs féodaux modernes et sont des ennemis du peuple.

    Nous-mêmes, très majoritairement masculins, essayons ne faire notre part pour lutter contre l’exploitation du corps des femmes et des hommes. Nous pensons qu’il existe un travail éducatif à faire auprès des hommes (très majoritairement !) qui fréquentent la prostitution : la sexualité est avant tout un acte social, non un besoin physique. Elle est principalement culturelle, il est donc possible d’agir dessus. Plus les clients seront rares, plus il sera possible d’assécher ces pratiques.

    Lutter contre la stigmatisation de ceux et celles qui proviennent de ce milieu. Parfois, y compris dans le milieu de la pornographie, il est extrêmement difficile de faire une deuxième carrière. Des stigmates persistent. Nous considérons qu’il faut les dénoncer : avoir été prostitué ou prostituée n’est pas infamant et ne remet aucune en quoique ce soit en cause la probité et les qualités des personnes qui l’ont pratiquée. Cela implique également que les viols commis envers les prostitués et prostituées, sur les acteurs et actrices pornographiques soient reconnus pour ce qu’ils sont : des crimes à part entière, sans la moindre circonstance atténuante.

    Surtout il existe un travail profond à réaliser pour extirper la base des rapports marchands entre individus : c’est un travail de longue haleine contre le capitalisme et l’impérialisme, d’une part. Il s’agit de saper la base économique de la prostitution pour l’anéantir. Même après une révolution, la lutte ne se termine par contre l’extorsion de « faveurs ». Les expériences socialistes ont montré que des réseaux quasi-féodaux peuvent se reconstituer, même informellement, en continuant à pratiquer les mêmes oppressions. Il s’agit d’une vigilance de chaque instant.

  • Communiqué UCL sur le 8 mars, jour de lutte.

    Communiqué UCL sur le 8 mars, jour de lutte.

    Ce 8 mars est pour nous l’occasion de rappeler que la lutte de libération des femmes n’est pas séparable de la lutte de libération des travailleurs et travailleuses. Elles sont imbriquées et inéluctablement liées dans leur objectif commun d’émancipation. Ainsi il est du devoir de tout·e communiste de prendre part à l’entreprise de déracinement du patriarcat hors des consciences et des pratiques, en vue de son abolition définitive. L’unité de la lutte féministe et prolétarienne est historique. Nécessaire à tout projet d’achèvement du socialisme. L’oublier, c’est oublier l’histoire de notre mouvement, négliger ce que nous devons hier et toujours aujourd’hui aux femmes révoltés contre leurs conditions, et finalement abandonner les tenants de notre but, le communisme.

    C’est aussi l’occasion de nous rappeler qu’en tant qu’organisation très majoritairement masculine, il faut connaître notre rôle. Nous devons faire reculer avec le plus d’énergie possible les forces réactionnaires partout où elles se présentent, sans usurper ce combat.

    Ces dernières années, les mouvements de libération de la parole que sont #MeToo ou en France, #Balancetonporc ont durablement marqué les esprits. Son bilan provisoire c’est la fin du silence, la fin de l’indifférence et du tabou sur les crimes ordinaires du patriarcat. Le début de la réappropriation de la rue et des médias, avec récemment, la campagne nationale de « Collages féministes » qui imprime sur les murs les horreurs perpétrées par la domination masculine. Imposant aux yeux de tous cette image : notre société a le sang des femmes sur les mains. Les affiches marquent au fer rouge les consciences en dénonçant la honte que porte le monde patriarcal.

    Ce mouvement est le préambule d’un nouveau chapitre de la grande histoire du féminisme, il sera écrit par celles qui continuent et continueront de refuser le présent et l’avenir auquel le patriarcat et l’ordre capitaliste les condamne. Nous avons pu voir, lors de la dernière cérémonie des Césars, une page de plus s’écrire avec le départ de Adèle Haenel au cri de « La Honte ». Cette honte d’une impunité de plus, qui se complaît dans sa bienséance bourgeoise et étouffe les pires indécences. Nous ne pouvons pas non plus occulter le rôle de ces faux-amis et fausses-amies, qui se servent de la juste lutte émancipatrice comme d’une arme : instrumentalisant la lutte des femmes voilées pour attiser les haines et le racisme.

    Le capital peut s’accommoder de quelques progrès marginaux, mais il lui est insupportable de tolérer que les femmes ne restent plus à leurs « justes places », tant il a besoin de leur travail gratuit et de leur main-d’œuvre exploitable à bas coûts. Abolir la domination masculine, c’est attaquer tout l’ordre social capitaliste. C’est fissurer toutes les dominations. C’est reconnaître le droit à l’émancipation de tous et toutes comme raison légitime et suffisante pour remettre en cause le statu quo. Elles nous font la démonstration que nous avons tous et toute raison de nous révolter contre ce monde, et ce partout où c’est nécessaire, jusqu’à notre victoire.

    Comment imaginer un capitalisme où les femmes ne seraient pas les esclaves de la marchandisation implacable de leur image, de leur corps, de leur intimité ? Il n’y a pas de capitalisme qui puisse s’accommoder du féminisme comme il n’y a pas de féminisme qui puisse tolérer le capitalisme. Il est naturel à ce système de vendre une moitié de la population à l’autre : la souffrance des femmes est pour lui une marge d’ajustement marchande. Ce mouvement de libération n’est pas une vue de l’esprit, c’est un combat matériel contre toutes les normes sociales dans lesquelles nous évoluons. Utopiste, celui qui s’imaginera renverser la plus veille structure de domination de l’histoire sans faire quelques vagues. Et si ces vagues doivent nous incommoder, ou pire, nous déranger dans nos positions d’hommes et nous remettre en cause au sein de nos combats, nous ne devrons y constater que l’étendue de notre propre échec. Et être d’assez bons camarades pour soutenir celles qui mènent la lutte chaque instant de leur vie.

    Aujourd’hui la domination des hommes se combat en Inde et aux Philippines au bout du fusil et dans la rue au sein même des luttes contre le fascisme et pour la libération des travailleurs et travailleuses. Alors qu’aux États-Unis, au Brésil, au Chili, en Bolivie, en Équateur, etc, la réaction progresse, les femmes sont encore une fois les plus menacées. Mais ce sont aussi elles qui les premières se dressent contre l’oppression, comme c’était elles qui les premières marchaient sur la perspective Nevski en février 1917. Nous avons pu le constater en France où les femmes étaient à l’avant-garde du mouvement des Gilets jaunes en 2018-2019, tant sur le plan des revendications, de l’organisation que de la répression. Hier comme aujourd’hui, n’oublions pas qui se met en danger contre la loi de tous les dominants. Le féminisme est un mouvement vivant, un souffle vital qui ne doit pas reculer et ne reculera pas devant la nécrose réactionnaire qui gagne le capitalisme agonisant, laissant germer le fascisme en semant la misère. Ce seront les femmes qui seront encore une fois, les premières des premiers touchés par la dégénérescence du capitalisme globale, mobilisant tout son pouvoir face à sa propre gangrène.

    Si les femmes sont à l’avant-garde de la lutte, c’est parce qu’elles sont les premières victimes de l’état actuel de la société, des deux glaives du capital et du patriarcat, les avatars interdépendants d’un unique système d’une domination synergique. Très concrètement, cela signifie en France, précarité et insécurité dans tous les domaines, exploitation et aliénation sur le lieu de travail et au foyer, violences quotidiennes, meurtres silencieux, viols impunis. Voici la bête à abattre, voila comment elle se caractérise au cœur même d’un pays impérialiste. Le double système du capital et de la domination masculine n’épargne les travailleuses d’aucun pays, pas même celles des pays dominants du bloc impérialiste.

    Les femmes seront toujours les premières à refuser d’être écrasées par un quelconque ordre social : Drapées du blanc de Ala’a Salah guidant le renversement d’un régime ; du noir des émeutières de Mexico répondant au viol et au meurtre d’une de plus, d’une de trop ; des couleurs des YPJ, frappant l’état islamique au cœur et résistant héroïquement contre le fascisme turc ; ou du rouge du prolétariat triomphant.

    Le drapeau rouge, l’étendard d’un autre futur, du socialisme, qu’il faudra savoir porter haut et planter sur le cadavre de la bourgeoisie vaincu, est vif du sang des millions de femmes qui se sont révoltées, qui furent blessées, qui furent tuées, par le patriarcat durant toute son histoire. Souvenons-nous-en lorsque nous le dressons contre nos ennemis, et ce faisant n’oublions pas que les morts, les violences, l’esclavage persiste en ce moment même, soyons dignes des exigences de ce combat, soyons communistes, et déclarons :

    Vive le mouvement international de libération des femmes, vive le féminisme prolétarien et révolutionnaire !

  • Résolution de l’ICOR sur la journée du 8 mars

    Résolution de l’ICOR sur la journée du 8 mars

    Appel de l‘ICOR à l‘occasion de la journée de lutte internationale des femmes 2019

    « L’expérience de tous les mouvements de libération atteste que le succès d’une révolution dépend du degré de participation des femmes ! (Lénine, « Discours au premier congrès pan-russe des ouvrières », prononcé le 19 novembre 1918))

    La journée internationale de lutte des femmes en 2019 a lieu dans une situation tourmentée et polarisée de la lutte de classe ayant une importance stratégique. Sur le plan mondial les forces dominantes sont de moins en moins en mesure d’exercer leur domination sans se heurter à une résistance massive du mouvement ouvrier et des larges masses populaires. De plus en plus de gouvernements tendent à appliquer, dans leur méthode principale de gouvernance, la réaction ouverte et la violence vers l’intérieur et l’extérieur. La déstabilisation des conditions existantes a engendré une polarisation sociale dans laquelle s’est profilée une évolution vers un état d’esprit progressiste, à l’échelle mondiale, dans la classe ouvrière et parmi les larges masses.

    La conscience des femmes s‘est réveillée à une échelle massive dans de nombreux pays du monde ! De l’Asie passant par l’Allemagne et d’autres pays européens à l’Afrique les ouvrières luttent contre leur double exploitation, pour l’augmentation et l’égalité des salaires, la reconnaissance de leur travail et de meilleures conditions de travail. De l’Argentine et de l’Uruguay jusqu’aux États-Unis des millions de femmes de toutes les couches sociales se lèvent contre leur oppression spécifique, contre le sexisme, les violences faites aux femmes allant jusqu’au féminicide et pour le droit à l’autodétermination du corps et de la vie. De l’Inde au Rojava (au Kurdistan syrien) les femmes s’opposent héroïquement et de manière organisée à tout le système de la double exploitation et oppression de la masse des femmes travailleuses. Les femmes incarnent et exigent des alternatives sociétales. Même si, dans certains États, les femmes peuvent accéder aux postes de responsabilité les plus élevés et participer activement au pouvoir capitaliste-impérialiste, la masse des femmes qui travaillent est affectée par l’exploitation capitaliste et elles sont toutes attaquées en tant que femmes par l’oppression patriarcale en raison de leur sexe. Au Rojava, nous vivons l’expérience d’une révolution de femmes proclamée par celles qui la portent. Dans le même temps, les mouvements internationaux de femmes recourent à un vieux moyen du mouvement ouvrier : la grève des femmes à l’occasion du 8 mars, par laquelle beaucoup d’elles expriment de façon combative leur revendication d’une vie libre et égale dans de nombreux domaines. Les mouvements de masse croissants des femmes dans le monde entier constituent une base et une impulsion pour la lutte déterminée contre les structures et les comportements patriarcaux ainsi que contre le capitalisme.

    L’organisation révolutionnaire mondiale ICOR encourage la construction d’un mouvement combatif international des femmes. L’ICOR prend sa responsabilité dans le processus de la Conférence mondiale des femmes, où s’unissent les mouvements révolutionnaire et combatif des femmes dans la lutte contre l’exploitation et l’oppression, pour leur libération dans une société libérée. Ce n’est que dans une société socialiste et communiste que la libération des femmes peut être réalisée pleinement, mais déjà aujourd’hui elle doit être manifeste et acquise de haute lutte par la théorie et la pratique des partis révolutionnaires.

    Le mouvement international de la femme du 21e siècle est confronté à de grands défis ! L’ICOR, dans son « Appel à rassembler les forces pour construire un front uni anti-impérialiste », s’oppose à la tendance générale aux préparatifs de guerre impérialistes. C’est une tâche de suprême priorité, également pour le mouvement combatif international des femmes. En même temps, le mouvement combatif international des femmes doit se renforcer aux niveaux politique, idéologique et organisationnel ! Dans cet esprit, le séminaire théorique qui s’est tenu en Inde en 2018 au sujet de la libération de la femme a été un début important.

    Les femmes dans le monde ne veulent pas périr dans la barbarie capitaliste. Leur vision d’un monde sans exploitation ni oppression a besoin de regroupement international combatif et de forts partis révolutionnaires. La base sociétale et économique de la libération de la femme ne peut être créée que dans une société socialiste libérée.

    Renforcez le mouvement combatif des femmes dans le monde ! Organisez-vous dans les partis révolutionnaires et assumez courageusement des responsabilités dirigeantes ! Devenez partie intégrante de la révolution socialiste internationale.

    Vive la journée internationale des luttes des femmes ! En avant pour la libération des femmes ! En avant avec l’ICOR !

    Signataires (en date du 28/02/2019, liste actuelle des signataires sur www.icor.info ):

    PCPCI Parti Communiste Proletarien de Côte d’Ivoire, Côte d’Ivoire
    ORC Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo
    MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    PCT Parti Comuniste du Togo Togo
    PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie7. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
    БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    UCLyon Unité Communiste Lyon, France
    UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchevique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    VZDOR VZDOR – strana práce (Résistance – parti du travail), Slovaquie
    KSC-CSSP Komunisticka Strana Cheskoslovenska – Cheskoslovenska Strana Prace (Parti communiste de Tchécoslovaquie – Parti ouvrier tchécoslovaque), République tchèque
    MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    PR Partija Rada (Parti du travail), Yougoslavie (ex)
    MLP Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie
    PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    BDP Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
    PML del Perú Partido Marxista Leninista del Perú (Parti marxiste-léniniste du Pérou)
    PPP Partido Proletario del Perú (Parti prolétarien du Pérou)
    PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    PS-GdT Plataforma Socialista – Golpe de Timón (Plate forme Socialiste – Changement de direction), Venezuela
    RCP Revolutionary Communist Party of Egypt (Partie communiste révolutionnaire d’Egypte)
    KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)

  • Appel de l’ICOR à l’occasion de la journée internationale des femmes.

    Appel de l’ICOR à l’occasion de la journée internationale des femmes.

    Appel de l’ICOR à l’occasion de la journée internationale des femmes.

     

    La journée internationale des femmes est une journée de lutte commune du mouvement révolutionnaire et combatif international de la femme et des ouvriers ! L’appel des femmes socialistes, il y a plus de cent ans, réunit les ouvrières, les paysannes, la masse des femmes dans la lutte contre l’incitation impérialiste à la guerre, la faim et la misère et fut soutenue par les partis révolutionnaires du monde. C’était l’époque de révolutions jusqu’à la grande Révolution d’octobre en Russie en 1917 avec la victoire du socialisme. C’est ici même que pour la première fois furent réalisés les droits de la femme les plus larges à l’échelle mondiale.

    Plus de cent ans après, la propension du système impérialiste à produire des crises s’est accentuée universellement. Incapable de résoudre même un seul problème de l’humanité, il détruit la base d’existence des masses et met en question les conditions de vie. Le mécontentement avec la situation économique, sociale et politique s’accroît. Les femmes se trouvent au centre de la chaîne, organisée par l’ordre de l’État et familial bourgeois. Dans le monde arabe, la situation des femmes s’est aggravée dramatiquement à cause des mouvements religieux, intégristes et terroristes, surtout dans les régions de conflits.

    Mais dans le monde entier, les femmes se révoltent. Ouvrières, paysannes, la masse des femmes ne sont plus prêtes à accepter le diktat des forces dominantes: Aux États-Unis, les femmes manifestent contre Trump et sa politique belliciste. Au Bangladesh, Vietnam et en Thaïlande, l’armée des ouvrières du textile lutte pour un salaire minimum et une couverture sociale, en Inde, les femmes luttent, comme partout dans le monde, contre la violence sexuelle, l’intégrisme religieux, la répression par l’État et les structures patriarcales. En Iran, les femmes se soulèvent contre l’agression, en Amérique latine, au Pakistan les femmes se mettent ensemble en masse contre la violence et l’assassinat de femmes et d’enfants. Au 21e siècle, la lutte contre la répression féodale patriarcale est encore et toujours un composant inséparable de la lutte pour la libération de la femme. En Afrique les femmes luttent pour avoir du travail et de la nourriture, en Europe les ouvrières se trouvent en grève pour des salaires plus élevés, luttent contre des lois réactionnaires. Au Proche et Moyen Orient les femmes défendent – en partie en armes – la démocratie et la liberté contre la terreur fasciste. Point brûlant actuel est la défense d’Afrine/Rojava. L’ICOR salue la lutte héroïque des femmes palestiniennes.

    En 1910 la journée internationale de la femme fut née – en 2010 l’ICOR fut fondée. Nous, les partis de l’ICOR, nous nous engageons pour la libération de la femme par une perspective anti-impérialiste et socialiste. Le mouvement prolétarien de la femme avec comme noyau les partis révolutionnaires encourage le mouvement international de la femme dans toute sa gamme et diversité et lui donne la perspective de la lutte pour la libération de la femme dans une société libérée. Pour cette raison, l’ICOR soutient le processus international de la conférence des femmes du monde et faisait partie vivante des deux premières conférences des femmes de base dans le monde au Venezuela et au Népal. Le mouvement révolutionnaire et combatif de la femme s’y réunit dans la lutte contre l’exploitation et la répression des femmes et pour leur libération dans une société libérée. En tant que partis de l’ICOR nous faisons appel aux femmes dans le monde : Renforcez le mouvement combatif de la femme dans le monde ! Organisez-vous dans les partis révolutionnaires et, en tant que femmes, assumez courageusement une responsabilité dirigeante ! Devenez partie intégrante de la révolution socialiste internationale.

     
    Vive la journée internationale de la femme ! En avant avec la libération de la femme !

    Signataires (en date du 3 mars 2018, d’autres signataires sont possibles):

    1.RCP   Revolutionary Communist Party of Egypt (Partie communiste révolutionnaire d’Egypte)

    2.ORC   Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo

    3.MMLPL   Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)

    4.PCT   Parti Comuniste du Togo Togo

    5.PPDS   Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie

    6.MLOA   Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)

    7.CPB   Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)

    8.CPI (ML) Red Star   Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)

    9.NCP (Mashal)   Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))

    10. NDMLP   New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka

    11. БКП   Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)

    12. KGS   Společnost Klementa Gottwalda (Société Klement Gottwald), République tchèque

    13. MLPD   Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)

    14. RM   Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas

    15. MLP   Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie

    16. VZDOR   VZDOR – strana práce (Résistance – parti du travail), Slovaquie

    17. MLGS   Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)

    18. TIKB   Türkiye İhtilalci Komünistler Birliği (Union de communistes révolutionnaires de Turquie)

    19. MLKP   Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)

    20. KSRD   Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine

    21. PR   Partija Rada (Parti du travail), Yougoslavie (ex)

    22. PCC-M   Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)

    23. PC (ML)   Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine

    24. PCP (independiente)   Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))

    25. PML del Perú   Partido Marxista Leninista del Perú (Parti marxiste-léniniste du Pérou)

    26. PPP   Partido Proletario del Perú (Parti prolétarien du Pérou)

    27. BDP   Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou

    28. PS-GdT   Plataforma Socialista – Golpe de Timón (Plate forme Socialiste – Changement de direction), Vénézuela

  • Vive le 8 mars, journée de lutte internationale des femmes.

    Vive le 8 mars, journée de lutte internationale des femmes.

    Journée Internationale de lutte pour le droit des femmes.

    Pour un 8 mars combatif !

    Le 8 mars n’est pas un jour de « fête », un jour de « célébration. » Cette date est une date de lutte. Une date de constat des obstacles qu’il reste à franchir, des combats qu’il reste à mener, sur la route de l’Egalité. Cette route est encore longue dans le monde entier, pour les femmes qui courbent l’échinent sous la coupe des régimes réactionnaires. Cependant, même en France ainsi qu’en occident d’une manière générale, la plaie reste béante. Les illustrations sont nombreuses.  

    Ainsi, le 5 octobre 2017, au travers d’une tribune dans le New York Times, le producteur Harvey Weinstein est accusé d’avoir commis une quantité innombrable d’agressions sexuelles sur des actrices. Faisant boule de neige, ce mouvement, sous le hashtag #metoo, s’est mué en onde de choc, ouvrant la parole à des femmes d’un milieu où la loi du silence, où l’omerta, est une règle. En France, ce mouvement s’est mué en #balancetonporc, tribune faite pour dénoncer les agissements de harceleurs. Là aussi, les réseaux sociaux ont révélé une fois de plus l’immensité du problème. Car les femmes ont parlé.

    La tempête des dénonciations, un raz-de-marée salutaire.

    Cette onde de choc est salutaire. Cibler les criminels et les attitudes criminelles est salutaire. Certains ou certaines se sont engouffrées dans la brèche pour tenter de l’instrumentaliser, pour tenter d’instiller des idées réactionnaires, racistes ou fascistes au travers de ce mouvement. Un Tariq Ramadan n’a pas bénéficié d’un respect aussi religieux de la présomption d’innocence, à l’inverse d’autres accusés. Mais l’ensemble du mouvement est sain, nécessaire, essentiel.

    Cette campagne a provoqué des réactions.

    Certains – certaines même ! – ont dénoncé le fait que des femmes -et des hommes-, brisent ce tabou. Elles défendent les bourreaux, les criminels, sous les prétextes de coutume, de tradition ou d’habitude. Les arguments sont plus fallacieux les uns que les autres et le reducto ad hitlerum n’est pas loin. Derrière les attaques, présentant les victimes comme des délatrices dignes de Vichy, pointe la peur des accusés. Car c’est plus du côté du dazibao qu’il faut chercher le parallèle. Elles pointent publiquement -au vu et au su de tous- des affaires que les criminels considéraient comme relevant de l’omerta de la sphère privée.

    Ce monde privé, ces entrailles cachées, sont là où les actes se passent. La large majorité des coupables ne sont pas le stéréotype de l’homme masqué qui se cache dans la ruelle sombre. Elles sont les visages des patrons, des amis, des frères, des pères, qui commettent ces crimes, dans l’intimité, par le harcèlement, la pression, la surprise, l’agression… Même au Vatican, les nonnes se rebellent contre l’oppression patriarcale. Nul secteur de la société est épargné. Ni même les milieux militants.

    Harcèlement, discriminations, agressions, viols, féminicides… la liste est longue et les occurrences sont nombreuses. En pratique, chaque femme sera confronté à une situation potentiellement dangereuse au cours de sa vie. Et ce, indépendamment de l’âge, de la catégorie sociale, de l’origine ou de la religion. Certaines femmes cumulent, de plus, des discriminations racistes ou homophobes, une précarité sociale aggravante et vulnérante… Les plaintes sont rares, les enquêtes davantage encore, les condamnations, infime. Obtenir justice est un parcours du combattant -ou plutôt de la combattante.

    Les femmes sont toujours considérées comme des exutoires, comme des cibles, comme des proies. L’impunité règne. Lorsque le criminel est, de plus, un bourgeois, elle est totale. Harvey Weinstein -dont la compagnie a fait faillite ; Gérard Damarin ; Woody Allen ou Roman Polanski possèdent le même portrait : ce sont des bourgeois qui obtiennent par l’exploitation et l’extorsion tout ce qu’ils veulent. Même au prix du crime, institué en norme de fonctionnement. Les photographes pensant avoir un droit de cuissage sur leurs modèles, les producteurs sur les actrices, les employés sur les stagiaires, les professeurs sur les étudiantes…

    Ces mouvements illustrent une face émergée de l’iceberg, la division genrée du travail, fille de la lutte des classes.

    La racine du problème est connue : c’est le capitalisme.

    L’an dernier, nous l’écrivions déjà. Le sexisme est l’expression symptomatique d’un problème structurel. Il s’agit de la société patriarcale et capitaliste. Cette forme de société a mué progressivement les femmes en prolétariat privé de l’homme. Les femmes assurant le fait d’élever les enfants, exécutant les tâches domestiques et -exceptionnellement- apportaient un « salaire d’appoint ».

    La division genrée, sexuée du travail est la base matérielle du fait que les femmes soient traitées en moyen de reproduction des forces de travail, tandis que les hommes seraient la force productive. Cette aliénation particulière laisse toujours des traces dans les mentalités, même si elle évolue peu à peu.

    A l’heure actuelle, le fait que les femmes puissent faire des carrières -malgré des discriminations sexistes, toujours aigües- ne remet fondamentalement pas en cause les rapports de domination. Car la structure économie, inlassablement, les reproduit. Si jamais ils ne prenaient plus une forme de division genrée du travail, ces rapports de domination se perpétueraient sous une forme nouvelle, tout aussi oppressive.

    Car l’exploitation maximale, recherchée par les bourgeois (et les bourgeoises), oblige, force à ce qu’un surtravail gratuit, non rémunéré, soit assumé par quelqu’un. Si les travailleurs -et les travailleuses- disposent encore d’énergie, la bourgeoisie tentera, comme elle le fait déjà, de mettre cette énergie à son service.

    Le sentiment d’aggravation de la situation des femmes dans le monde est le reflet de l’aggravation de la situation économique générale.  Plus la bourgeoisie, par ses crises, par l’augmentation du taux d’exploitation, use le prolétariat, plus elle entraine, par rebond, une détérioration de la situation des femmes.

    Dans la France impérialiste, qui vampirise les ressources de toute une partie de l’Afrique, comme dans les autres métropoles, les effets ne sont font pas encore sentir de manière claire. Pourtant, la menace couve. Les discours et rhétoriques réactionnaires grandissantes sont les cris de ceux et celles qui veulent enfermer de nouveau les femmes dans un rôle de supplétifs, d’esclaves domestiques.

    Les bourgeois et les bourgeoises, les libéraux, clament que la situation est celle de l’égalité. Or, dans la société, nous le voyons chaque jour, cette égalité n’est que de papier ! Elle est précaire. Nous vivons dans une société d’exploitation, dans une société ou les rapports principaux entre individus sont des rapports de domination.

    Seule la lutte révolutionnaire peut tarir la source de l’exploitation et de la domination. Seule cette lutte menée jusqu’au bout peut libérer de la servitude les masses populaires. Le pouvoir politique est le nœud central du problème. Sans lui, toute victoire n’est que temporaire.

    Cela ne signifie pas qu’il faille attendre, ne pas poser les questions féministes. La lutte féministe n’est pas une diversion de la lutte des classes. Elle ne divise pas les exploités, au contraire, elle soude et unit leur alliance sur des bases saines. Elle est une lutte, au même titre que la lutte antifasciste, antiraciste, qui sont tout un pan de la lutte révolutionnaire.

    Mener la lutte des classes et les luttes féministes, voilà ce que le Président Mao appelait « marcher sur ses deux jambes. »

    La journée du 8 mars est utilisée par les capitalistes pour vendre des sous-vêtements, des produits de beauté, de l’électroménager, en somme des choses qui entretiennent une aliénation des femmes. Cela les ravale au rang d’objet, de bien de consommation, de robot domestique à destination des hommes.

    Son sens est pourtant tout autre. Elle est une journée de lutte. Elle est une journée de combat. Partout dans le monde, les luttes féministes grandissent. Partout dans le monde, les femmes se lèvent et combattent contre l’oppression patriarcale et l’exploitation capitaliste.

    La société patriarcale est une machine à broyer les individus et à reproduire des fonctionnements de domination. L’exemple du scandaleux livre « On a choppé la puberté » aux éditions Milan, l’illustre. Cet ouvrage, sous des dehors humoristiques, inculque aux jeunes filles le fait qu’elles doivent se positionner, grâce à la taille de leurs seins, sur le marché de la séduction. Ce discours, tout comme une intense propagande commerciale, leur explique que leur corps est leur seule valeur. Il érige en normalité la prédation et les incite à devenir une marchandise qui doit se positionner sur le marché de la séduction.

    La manière dont fonctionne la société capitaliste rend inéluctable le fait que des rapports de domination se nouent. La lutte féministe ne peut et ne doit se contenter d’être une lutte démocratique, de simple égalité envers la loi. Elle est inséparable de la lutte révolutionnaire, pour l’anéantissement de la société de domination et d’exploitation, racine de tous les maux.

    La situation de crise économique, de climat de tension internationale, de repli réactionnaire, ouvre un boulevard aux politiques antiféministes et sexistes. Du Brésil à la Pologne en passant par les Philippines et la Turquie, l’ordre de ceux qui veulent enfermer les femmes dans l’aliénation se renforce.

    C’est sous les drapeaux des organisations de combat populaire, sous le drapeau rouge de la révolution, les armes à la main, que les femmes ont pu avancer sur le terrain de l’égalité. Que cela fut dans la Résistance Française, dans l’Armée Rouge, dans les Gardes Rouges et dans les troupes du Vietminh, hier. Que cela soit, aujourd’hui, sous les insignes de YPJ au Kurdistan, de la Nouvelle Armée Populaire des Philippines, des Naxalbari en Inde, c’est par la lutte que les droits sont arrachés.

    L’Unité Communiste de Lyon, membre des Amis de la Coordination Internationale des Organisations Révolutionnaires, l’ICOR, rend hommage à ces luttes et saluent les combattantes !

    Avançons sur la voie de la résolution des contradictions !

    Le 8 mars doit être pour les militants et militantes, de porter un regard autocritique sur nous-mêmes et nos pratiques. Il est en effet aisé de s’autoproclamer homme antisexiste ou pro-féministe, sans pour autant avancer sur la voie de l’amélioration.

    Issus de la société de classe, d’une société marquée par la division genrée du travail, par le poids immense de l’idéologie bourgeoise, nous sommes conditionnés par les habitudes, les préjugés, les traditions… nous portons un fardeau réactionnaire qui nous traine en arrière.

    La lutte pour l’égalité n’est pas une lutte qui se nourrit de déclarations et de phrases creuses. Elle est une lutte à la fois au sein de la société comme au sein des organisations progressistes et révolutionnaires. Aucune n’est exempte de fautes, et tout relâchement entraine le retour des pratiques réactionnaires. Certains et certaines considèrent qu’il faut être parfaits pour poser la question du féminisme. C’est là une position fausse.

    Nous ne sommes pas parfaits, c’est là une vérité. Nous ne pouvons attendre de l’être pour commencer à lutter. Mais nous devons tendre vers l’amélioration. Acter cette imperfection, ne pas combattre la manière dont elle se manifeste, la flatter, la nourrir, est également une position fausse.

    Nous considérons que nous devons apporter un soutien et renforcer les organisations de femmes révolutionnaires. Bien des critiques s’élèvent, parfois, contre les mobilisations non-mixtes ou en mixité choisie. Nous considérons que les tactiques choisi par ce mouvement et ces organisations sont de son ressort.

    Nous sommes solidaires de ces luttes, elles sont un pan essentiel de la lutte révolutionnaire mondiale, de la lutte pour l’émancipation générale de l’humanité.

    Le 8 mars, les communistes répondent à l’appel des femmes du monde entier.

    Le 8 mars, les femmes révolutionnaires et progressistes défilerons dans les rues du monde, et réclamerons leurs droits !

    Vive la lutte des femmes révolutionnaires – Vive le 8 mars révolutionnaire !