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  • Crimes policiers à Aulnay-Sous-Bois

    Cité des 3000, jeudi 2 février vers 17h. Un contrôle de police effectué par la brigade spécialisée de terrain [BST] de Aulnay-Sous-Bois prend une tournure dramatique. Les quatre policiers font une descente dans le quartier, en profitent pour rouler des mécaniques, pour montrer les muscles et -semble-t-il – se livrer à des intimidations et de menues violences contre les jeunes habitant ce quartier.

    Les policiers auraient ainsi giflé de jeunes adolescents, entraînant la réaction de Théo, un jeune homme de 22 ans. Mal lui en a pris.

     

    Omar, dont les propos ont été relatés par le parisien, explique:
    « Ils [les policiers] sont arrivés sur place, ils ont giflé un petit. Par la suite le petit Théo a voulu s’interposer pour défendre son pote (…) et les flics ont pas aimé. Par la suite il a été violemment agressé par la police. »
    Frappé, brutalisé, emmené dans un angle mort des caméras, Théo est véritablement massacré par les agents dépositaire de la force publique, allant jusqu'à -ce qui n'est plus un cas isolé- le violer à l'aide de leurs matraques télescopiques. Filmée par des habitants, la vidéo de l'interpellation ne souffre d'aucune ambiguïté : c'est un déchaînement de bêtes féroces.

    Le jeune homme est emmené par les policiers, et transféré à l'hopital. Difficile, pour les proches de reconnaître le jeune homme au visage tuméfié par les coups. A l'heure actuelle, il est toujours en traitement et a été opéré. Une ITT de 60 jours lui a été délivrée. Une plainte a été déposée et, signe de la gravité de l'évenement, le parquet de Bobigny s'est saisi de l'affaire, sous l'accusation de "viol en réunion."

    L'IGPN s'est également saisie de l'affaire et les quatre policiers ont été placé en garde-à-vue, par ailleurs prolongée de 24h00. Ils nient les faits.

    Passé un moment où le ministre de l'intérieur, lui-même, s'est exprimé sur les faits, les qualifiant d'une "extrême gravité", la protection de l'Etat et le corporatisme se sont mis en branle. Les charges étant requalifiées en "violences volontaires avec arme par des personnes dépositaires de l'autorité publique", un véritable désaveux pour ceux qui espéraient, pour une fois, que justice serait faite.

    Bruno Beschizza, maire Les Républicains de Aulnay-Sous-Bois, a dénoncé la requalification des faits reprochés aux policiers, indiquant un "détournement de la vérité." M. Beschizza, pourtant, est bien loin d'être un agitateur gauchiste, lui même étant un ancien policier membre d'un parti de droite.

    Quelle période étrange vivons-nous, où un maire LR tient des positons moins réactionnaires que les communiqués de Lutte Ouvrière, dénonçant la "haine anti-flics."

    Est récolté ce qui est semé. Les exactions de la police de France sont régulièrement dénoncées par les associations de protection des droits de l'homme à l'échelle internationale, mais passées sous silence ici.

    La police, dans les quartiers populaires, agit avec une férocité que la justice peine à étouffer. Les meurtres qu'elle peut commettre sont tus, dans une omerta formant une chape de plomb. Les Wissam, les Adama, les Medhi, perdent la vie. Leur proches n'obtiennent jamais justice.

    Aux yeux de nombreux policiers, les classes populaires, la jeunesse des cités est déshumanisée. La police, à de nombreuses reprises, se comporte avec des méthodes inspirées directement par l'expérience coloniale. Un héritage de l'Empire. Cette attitude est un fait également encouragé, dans une certaine mesure, par les instructeurs et la hiérarchie.

    Qu'existent, dans les rangs de la police, un certain nombre d'individus sincères, pensant agir pour protéger la veuve et l'orphelin, ceci est indéniable. Mais il ne suffit pas de quelques bonnes volontés pour contrebalancer les deux lourdes masses qui rejettent la police dans le camp de la réaction et de l'oppression.

    La première est que la police de l’État bourgeois est l'arme de l'oppression, du maintien de l'exploitation et du contrôle des masses. Quelque soit la rigueur et la déontologie de quelques individus, la mission de base elle-même implique d'écraser toute opposition, de contrecarrer tout changement de société, de maintenir le pouvoir de la bourgeoisie.

    Le corollaire de ceci est que les masses en ont conscience. Elles ont conscience de ce que représente l'uniforme dans la société et du rôle fondamental de ce que Marx nommait "les détachements spéciaux terroristes de la bourgeoisie." Les regards de haine et de colère, envers ceux qui incarnent un ordre injuste, sont légion. Cela entraîne un détachement total de la part des policiers du reste de la société. Ce n'est pas une milice populaire, c'est un ordre spécial, isolé, hors du monde. Dans l'esprit de ces individus, les masses sont un océan de haine, un océan d'hostilité envers lui. Un océan déshumanisé, animalisé, qu'il combat par la violence de son langage, par ses provocations, par ses armes, par ses crimes.

    Il ne peut exister, en régime capitaliste, de "bonne police." De fait, le bras armé de l'ordre établi ne peut qu'être réactionnaire et hostile aux masses. Par la nature même de l'institution, elle est ennemie des travailleurs et des progressistes et ce, abstraction faite de la morale personnelle des individus.

    Certains s'échinent pourtant à faire couler le plus de sang, à commettre méfaits et crimes dans leur exercice de l'ordre arbitraire. Nous devons réclamer justice. Nous devons réclamer justice pour tout ceux et celles qui ont été tués. Pour tout ceux et celles qui ont été violés. Pour tout ceux et celles qui ont subit les foudres injustes du bras armé de l’État bourgeois.

     

    Justice et Vérité pour Adama !

    Justice et Vérité pour Medhi !

    Justice et Vérité pour Théo !

     

     

  • Manifestations anti-corruption en Roumanie.

    Dans la nuit du 1er au 2 février, des centaines de milliers de Roumains et de Roumaines ont pris la rue. Ils et elles sont descendus pour manifester leur colère contre le gouvernement social-démocrate en place.

    La raison est simple : la décision de ce gouvernement d'assouplir les lois anti-corruption, en dépénalisant certains délits, prétextant une harmonisation de la loi roumaine avec les standards européens en matière de justice.

    Le gouvernement défend bec et ongle sa politique, mais montre déjà des signes de fracture : ainsi le ministre des « milieux d'affaires, du commerce et de l'entrepreneuriat » Florin Jianu a présenté sa démission dès le lendemain des manifestations, ouvrant la voie à d'autres départs.

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    Dans le collimateur des manifestants, le Parti social-démocrate roumain, majoritaire au parlement et jouant un rôle central dans la vie politique roumaine depuis la chute de Ceausescu. Désavoué à plusieurs reprises, revenu au pouvoir à grands coups de promesses de lendemains qui chantent, le PSD démontre de manière éclatante la faillite de la social-démocratie. Jamais la politique du moyen terme entre la bourgeoisie et les exploités ne peut aboutir à autre chose que la simple soumission au pouvoir des premiers contre les seconds.

    Son fondateur et ancien dirigeant, Ion Iliescu, ancien proche de Ceausescu, président de la Roumanie nouvellement « démocratique » après la chute de ce dernier, a d'ailleurs été récemment mis en accusation pour crime contre l'humanité pour les minériades des 13-15 juin 1990.

     

    En tant que communistes, dénonçant la ligne du XXe congrès du PCUS, et la liquidation du léninisme, il est pour nous impensable de faire l'éloge du régime « national-communiste » de Nicolae Ceausescu. Néanmoins, nous ne pouvons que constater les effets catastrophiques qu'a eu la chute du bloc de l'Est dans la vie des citoyens de ces pays. Le social-impérialisme soviétique, malgré son renoncement au socialisme, restait marqué par un contenu de protection sociale hérité de la période stalinienne.

    Que ce soit en Roumanie, ou dans les autres pays d'Europe de l'Est et de l'ex-URSS, la thérapie du choc, et la libéralisation forcée de l'économie, ont ouvert la porte à la corruption pour qui sait être le plus crapuleux. Tandis qu'une poignée d'oligarques bâtissait des fortunes constituées de milliards de dollars, les ouvriers des usines comme des champs, les travailleurs manuels et intellectuels, découvraient la liberté d'être pauvre et de pouvoir choisir le visage de leurs exploiteurs. Ils et elles découvraient le bonheur infini de pouvoir payer leur logement, leur santé, leur alimentation à des prix définis par le marché et la spéculation.

     

    L'image occidentale de la corruption renvoi aux « bakchich » versés à des douaniers et des policiers peu scrupuleux. Pourtant, le Penelopegate, tout comme bien d'autres affaires, impliquant Dassault, Balkany, Cahuzac, Lagarde et bien d'autres, révèlent le vrai visage de ce qu'est le monde politique bourgeois.

    Comment blâmer cela ? Tout est un marché, y compris l'achat des hommes et femmes politiques. Tout peut être une carrière, y compris dans les salons, dans les fauteuils des assemblées, où indemnités et commissions se cumulent, se conjuguent aux pots-de-vin et aux avantages indirects.

    Le pouvoir bourgeois est le pouvoir de la corruption. Nous sommes solidaires du peuple Roumain dans sa lutte contre la corruption, contre une bourgeoisie rapace.

    Le capitalisme vente la chance du succès ouverte à tous. Vente le ruissellement de la richesse sur toute la population, sur le Monde.

    Mais il n'est que la misère, la pénurie, l'appauvrissement, le gâchis et la destruction.

    A bas le capitalisme ! Vive la lutte des peuples !

  • Communiqué de presse de l’Unité Communiste de Lyon à la suite du rassemblement anti-électoral.

    Construisons l'opposition extra-parlementaire !

    Aujourd'hui, 450 personnes sont venues à l'appel conjoint d'individus, de la GALE et de notre organisation. Ce rassemblement est, à nos yeux, un succès. En toute indépendance vis-à-vis des pouvoirs publics, vis-à-vis des organisations de la bourgeoisie, vis-à-vis des opportunistes ne rêvant que de bulletins de vote, nous considérons que se posent ici les bases d'une opposition frontale aux élections. Au delà du boycott, ce "4ème meeting du week-end" porte la voix des abstentionnistes, de ceux qui voient, qui comprennent que la démocratie bourgeoise n'est qu'une illusion de démocratie.

    Trois candidats, chacun et chacune se targuant d'être "antisystème", viennent draguer leur électorat, à Lyon, ce week-end.

    Emmanuel Macron, l'ami des patrons, l'agent zélé du MEDEF, le chevalier en armure étincelante du libéralisme. Pour lui, le système qui l'irrite est bien celui de la régulation du travail, de la protection sociale. Lui et son soutien Gérard Collomb rêvent d'un monde d'exploitation accrue et impitoyable.

    Jean-Luc Mélenchon, le social-chauvin insoumis, héraut du peuple, mais surtout grand défenseur de "la place de la France dans le Monde", de l'impérialisme français. Celui qui accuse, cloue au pilori Angela Merkel, l'OTAN, l'UE, mais nie intégralement les agressions, l'exploitation, les rapports néocoloniaux qu'entretiennent la France et l'Afrique.

    Marine Le Pen, l'héritière de son père, qui se prétend, elle aussi, être l'amie du peuple, des travailleurs, mais au programme tout aussi libéral, antisyndical, antisocial que le premier, la xénophobie en plus.

    En dernière instance, l'électeur n'a le choix que de « voter bourgeois ».

    Ce rassemblement s'est tenu dans une atmosphère de motivation et d'entrain, du sentiment de fierté de pouvoir clamer que nous refusons chacun des candidats, chacun des valets de la bourgeoisie qui se présentent.

    A la suite de ce rassemblement, spontanément, les militants et militantes ont défilé, en scandant leur rejet d'élections étriquées, de l'exploitation, du capitalisme et de la police au service d'un Etat qui entretient un ordre injuste.

    La Police, par ailleurs, a encerclé et contrôlé les identités des individus présents, procédant à quelques pressions inamicales envers les manifestants, tels que "sale gaucho, on va te casser la gueule si tu parles", révélateurs d'un état d'esprit plus que réactionnaire dans une institution votant à plus de 50% pour Le Pen.

    Nous rejetons le parlementarisme, la démocratie bourgeoise, nous rejetons des élections dans des cadres étriqués, conçus, encadrés par les règles des exploiteurs. Nous réclamons, nous et bien d'autres, que la démocratie et la politique n'est pas que celle des salons et de la corruption.

    Nous revendiquons le fait de travailler à la constitution d'un camp du peuple, uni, opposé aux exploiteurs qui ne permettent que de choisir un nouveau "maître", mais sont prêts à écraser tout rejet de leur ordre injuste.

    Construisons une opposition extra-parlementaire, anticapitaliste, anti-impérialiste, indépendante et populaire !

  • Communiqué de presse de l’Unité Communiste de Lyon sur le rassemblemennt anti-électoral du 4 / 02.

    Le Pen, Macron, Mélenchon ne sont pas les bienvenus à Lyon !

    L’Unité Communiste Lyon, l’organisation Groupe Antifasciste de Lyon et Environ ainsi que de nombreux individus, aux idéologies et opinions variées, appellent à se rassembler le 4 février 2017, place Raspail, dans le 7ème arrondissement, à 11h00.

    Ce rassemblement est le meeting de celles et ceux qui ne se retrouvent pas dans les cadres étroits, étriqués, de la démocratie bourgeoise. Ce rassemblement est celui de ceux et celles qui considèrent que les courses à l’Elysée sont les courses au populisme, au clientélisme, aux promesses intenables. La bourgeoisie en établit les règles, le fonctionnement, mais elle encadre aussi strictement les postes à pourvoir. L’alpha et l’oméga de ce jeu de lumière se déroule sur son tapis de jeu privé, jalousement gardé. Le vainqueur devient le président du conseil d’administration des grands bourgeois, des monopoles, mais -suprême pouvoir- il lui est laissé la possibilité d’aménagements à la marge. Les élus ne représentent pas le peuple, les élus représentent Total, Areva, Dassault, la BNP Paribas.

    Nous rejetons ce système dans son ensemble. Mais comment ne pas bondir lorsque viennent s’imposer, dans notre ville, les rassemblements de ceux qui jouent ce jeu pervers ?
    Macron, avatar du monde de la loi travail, qui exhorte à suer plus dans le labeur, lui-même n’ayant jamais travaillé de ses mains, n’ayant jamais été qu’un parasite.
    Le social-chauvin Mélenchon, au verni « humaniste » écaillé, cachant mal son chauvinisme outrancier. Pestant contre Bruxelles, Washington et Berlin, dissimulant à grand peine son adhésion à l’impérialisme français. Nous n’avons rien en commun avec cet autoproclamé « champion de la gauche. »
    Le Pen, la fascistoïde, prétendant une proximité avec le peuple, mais dont le programme se caractérise par son contenu anti-social, réactionnaire et xénophobe.

    Nous nous rassemblons pour rejeter en bloc leurs programmes pourris, leurs idées réactionnaires, leur vision étriquée. Certes, le raz-de-marée des moralisateurs déferle, hurlant que ne pas voter est faire le jeu de l’ennemi. Ce discours a amené François Hollande au pouvoir. Nous vîmes quel allié ce fût.

    Que devrions nous faire ? Rester murés dans le silence, tandis que se perpétue cette mascarade ? Non. Nous venons réclamer, nous aussi, notre droit à l’expression. Nous venons clamer le fait que la démocratie n’est pas celle des urnes, n’est pas celle des salons, pas celles des assemblées cossues. La démocratie ce n’est pas lorsqu’un nom sort d’un chapeau, lorsqu’on remet un chèque en blanc à un individu qui va s’empresser de bazarder son programme tout en clamant que « le peuple » l’a mandaté.

    Nous appelons au boycott des élections, mais nous ne nous en tenons pas là ! Nous appelons à l’organisation, indépendamment des élus, des institutions, des liens avec la bourgeoisie.

    Notre démocratie est populaire. Elle est directe. Elle est assumée. Elle est également dirigée contre les exploiteurs, contre les parasites qui se gavent de profits sans jamais trimer un jour de leur vie.

    Nous proclamons que nous sommes une opposition extra-parlementaire.

    Nous ne sommes pas qu’une clique, qu’un groupuscule. Nous sommes l’union de ceux qui comprennent que ce système pourrissant est à bout de souffle. Nous sommes un camp qui existe, un camp qui ne demande qu’a émerger, au milieu du marasme politique, au milieu de la corruption et du compromis. Dans toutes les villes de l’Etat français, des initiatives similaires éclosent, fleurissent et donneront bientôt leurs fruits.

    Nous appelons aux réunions qui visent à constituer un camp antiparlementaire et anti-électoral. Nous appelons à la constitution d’un front, d’une alliance refusant le parlementarisme et la démocratie bourgeoise. Nous appelons à une expression politique commune, sur les bases de l’anticapitalisme, de l’opposition -en premier lieu- à l’impérialisme français, sur la dénonciation de la parodie de démocratie et le rideau de fumée des élections.

    Nous appelons à constituer ce camp du peuple, seul à même de pouvoir exister et peser, à l’heure actuelle, comme une force antibourgeoise. Nous appelons à l’existence d’une opposition au pouvoir de la bourgeoisie, non pas dans les salons et les fauteuils, mais dans la rue, dans les usines, dans les champs, les écoles, les universités, les pôles emploi et les prisons.

     

  • Opportunisme et élections : les masques tomberont !

    Chaque jour qui passe nous rapproche du jour du scrutin de l'élection présidentielle, mais également de celui des législatives. Depuis que le coup d'envoi de la course aux fauteuils a été donné, une chape de plomb s'est abattue sur les luttes. La grande majorité de la vie politique se cristallise autour de ce qui est présenté comme la fonction suprême.

    Les élections approchent, et une nervosité s'empare des différentes forces. Que les partis bourgeois s'élancent de toutes leurs forces vers cet objectif, ceci est une chose qui se comprend, qui s'entend. Ils promettent monts et merveilles pour quérir les voix de ceux et celles -une espèce qui se raréfie- qui accordent encore un semblant de crédit à ces discours creux et, avec une intensité croissante, ponctués d'idées et de thèses réactionnaires.

    Qu'importe, dans le fond, si leur programme peut-être appliqué ou non, du moment où le bulletin est glissé dans l'urne. II n'existe nullement une chose telle qu'un contrôle sur les élus en régime bourgeois. La propagande politique de ces partis ne s'apparente nullement à l'énonciation d'une vérité, mais bien à la réclame publicitaire, au créneau, au segment de marché, auquel est vendu un produit politique.

    Les magiciens ne croient pas à la magie. Le prestidigitateur connaît le secret, le "truc". Les politiciens et politiciennes bourgeois sont de cette même essence, ils et elles sont des illusionnistes. Le Front National sait très bien que ses promesses chocs ne franchiraient jamais la barrière du conseil constitutionnel, pourtant ce parti continue de clamer qu'une fois le pouvoir remis entre leurs mains, celles-ci seront appliquées. La transcription de l'élection de ce parti ne s'est pourtant traduite que par l'arrivée aux affaires d'une clique de politiciens corrompus, clientélistes et putréfiés. Dans l'immédiate actualité, à la suite du "Penelopegate", le Front National, lui aussi ciblé pour ses détournements d'indemnités parlementaires, vient d'annoncer son refus de rembourser les 300 000€ indus. Comble de l'ironie pour le parti dont le slogan fût "tête haute, mains propres."

    Les Républicains font de même, en surenchérissant sur le nombre de fonctionnaires supprimés, en tentant de faire une synthèse avec les thèses de l'extrême-droite, en se drapant dans une rigueur inflexible inventée de toute pièce, tant leur corruption est sans borne. Combien de Lagarde, combien de Balkany, combien de Fillon sont nécessaires pour illustrer l'opportunisme et la gloutonnerie sans borne de ces parasites ? L'affaire de l'épouse de François Fillon est illustrative des méthodes et de l'absence intégrale de principe de la part de ces individus. La politique, pour eux, pour elles, n'est qu'un plan de carrière comme un autre, avec ses avantages en nature et ses petits bénéfices pris à la volée.

    Après 5 ans d'exercice du pouvoir, le Part Socialiste accouche de deux créatures. La première, Emmanuel Macron, semble tout droit issu d'une expérimentation visant à donner un avatar de chair à la Loi Travail. Il est l'enfant d'une union entre le Parti Socialiste et le MEDEF. Emmanuel Macron poursuit la logique sociale-libérale du Parti Socialiste, l'emmenant jusqu'à sa conclusion finale : elle retire sa peau, son masque social pour se vouer à un libéralisme intégral. Il trouve ses soutiens derrière des businessmen de la politique, tel Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, confondant régulièrement Chambre du Commerce et de l'Industrie et mairie. Derrière des individus ayant été au PS pour se doter du réseau permettant leur élection, mais donc la couleur politique attribuée est loin d'avoir laissé une empreinte. Le seul mérite de ce candidat est le suivant : à tant être la descente de lit du MEDEF, son programme en devient un des plus applicables, si les urnes lui en donnent l'occasion.

    Le deuxième enfant est la chimère tant espérée par le Parti Socialiste, mais également par le PCF. Benoit Hamon, le restaurateur de la dignité. En écartant François Hollande, en refusant Manuel Valls, le PS se redonne une chance. Benoit Hamon est relativement resté peu à l'écart des éclaboussures. Relativement immaculé, s'étant inventé un programme -inapplicable au possible- marqué à gauche, marquant une rupture avec la ligne Hollande – Valls, il ouvre la voie au rapprochement avec les éléments du PCF qui ne sont pas dans les bras de Jean-Luc Mélenchon. Nombre de pétitions, d'appels, exigent une fusion des forces des différents candidats, pour qu'une seule liste de gauche soit présente. Ainsi, le PS, qui a liquidé le code du travail, qui a bombardé, expulsé, matraqué, réprimé, emprisonné, est de nouveau devenu fréquentable. Ces cinq ans sont excusés, grâce à l'irruption du candidat Hamon.

    Le programme de Hamon est un exemple même d'illusion, de jeu de lumière, de tour de passe-passe. Il est sensiblement plus à gauche que celui de Hollande en 2012, mais pourtant il ne donne aucune explication de l'échec de ce dernier à le mettre en œuvre. Hollande serait il humainement mauvais ? Fut-il un agent dormant du MEDEF ? Ou cela est il simplement révélateur de la nature du régime bourgeois, lequel est un jeu de dupe, dans lequel l'intérêt de la bourgeoisie primera toujours ? Dans ce cas là, comment le candidat Hamon prétend-il surmonter les écueils ? Les voit-il ? Probable que oui, mais probable également que cela de lui cause guère d'émotion. La mystique du fauteuil Elyséen suffit à motiver et à promettre tout ce qui mobilisera pour les urnes.

    A l'exception, dans une certaine mesure, du dernier candidat, lequel joue la carte de "l'aile gauche", aucun ne se prétend être dans le camp du peuple, aucun ne se targue d'être un acteur de la lutte des classes. Ils sont des ennemis de classe, mais des ennemis déclarés, ouverts, assumés. Rendons à César ce qui est à César, rendons leur cet hommage là.

    Le propre de la trahison est de venir des siens. C'est de venir de son camp, de sa chair, de ses amis.

    Jean-Luc Mélenchon est de ceux dont le parcours parle pour eux. Difficile de donner l'argument de la naïveté pour cet individu qui, comme son fidèle Alexis Corbière, est passé par le Pôle Emploi du trotskisme : l'OCI et ses diverses déclinaisons. Tout comme Lionel Jospin, Jean-Christophe Cambadélis, Henri Emmanuelli, Gérard Filoche et d'autres, "Santerre" comme il se fait appeler, a milité au sein du groupuscule lambertiste avant de faire carrière au Parti Socialiste.

    Etant donné la nature des tracts et des documents publiés à l'époque par cette organisation, difficile de pouvoir contester que Mélenchon dispose d'un certain bagage idéologique. Nous ne ferons pas l'offense de le nier.

    Pourtant la lecture de "l'ère du peuple", du "hareng de Bismarck" ou encore du programme de la France Insoumise, révèle un contenu schizophrène. Le programme est typiquement celui du trotskisme, dans toute la splendeur illusoire du programme de transition, auquel s'ajoute la saveur typiquement issue de l'OCI, maintenant du POI  : le chauvinisme.

    Social, le programme l'est. Il est indéniable de le mentionner. Ce programme fait la part belle aux promesses de conquêtes sociales, de hausse de salaire, de défense de l'emploi et des conditions de travail.
    Chauvin, il l'est également. La dictature de l'UE, la vente de la France à Angela Merkel, la terrible occupation des troupes de l'OTAN en France, les arguments classiques passent et repassent, pour se ponctuer d'un magistral -et impérial- slogan: une nouvelle indépendance pour la France. Une place de la France dans le Monde, à travers ses joyaux que sont ses colonies. Une République Une et Indivisible. Qu'importe qu'il faille tenir par la force armée Mayotte, que les Békés s'engraissent dans les Antilles, ou que le FLNKS subisse la répression. Qu'importe encore les Bretons, les Basques, les Corses. "Paris vaut bien une messe" aurait prononcé Henri IV ; la place de la France dans le Monde vaudra bien une Saint-Barthélemy de ceux qui veulent la libération nationale.

    Surtout, le programme porte la main du mythe façonné par les réformistes radicaux : la possibilité de s'affranchir de la dictature du capital. La croyance qu'il est possible -tout comme Hamon et sa promesse d'un salaire pour tous- d'imposer des contraintes à la bourgeoisie sans qu'elle ne se rebiffe, sans qu'elle ne se rebelle, sans qu'elle n'appelle à l'écrasement de ceux qui osent -à peine- porter la voix contre elle.

    C'est là le paradoxe sot du programme de transition, il tient, bancal, une jambe plus courte que l'autre. Un programme trop ambitieux pour qu'il ne soit réalisé dans le cadre de la démocratie bourgeoise, mais trop court pour être révolutionnaire. Songeons-y : s'il est possible de contraindre la bourgeoisie à accepter l'intégralité du programme de la France Insoumise, du salaire socialisé ou d'autres inventions chargées de conférer un vernis radical au réformisme; pourquoi ne pas simplement la déposséder des moyens de production et de les remettre entre les mains du peuple ?

    L'idée sous-jacente serait probablement de démontrer l'incapacité du capitalisme à  satisfaire ces revendications, poussant ainsi les travailleurs, d'eux-mêmes à se diriger vers la révolution. Hélas, trois fois hélas, cet aventurisme ne masque que l'absence de stratégie, que le vide de l'analyse politique et historique. Il n'entraîne que le désespoir chez ceux qui ont placé leur confiance en lui. En niant la dictature de la bourgeoisie, en niant la nécessité de briser son ordre, en escamotant la question de la révolution, le programme réformiste social-chauvin de Jean-Luc Mélenchon s'oppose, de fait, à l'anéantissement du capitalisme.

    Au moins a-t-il un mérite, c'est celui de poser la question du pouvoir, même d'une manière erronée, même d'une manière chauvine. Ce n'est même plus le cas de l'autre faction trotskiste, le NPA.

    S'exprimer sur le NPA sans tirer sur l'ambulance, est difficile. L'attitude ambivalente de l'organisation sur un grand nombre de sujets, notamment sa capacité à participer, à la fois à des rassemblements de soutiens aux Kurdes qui se battent contre Erdogan et en Syrie et à la fois à d'autres avec ceux qui les égorgent, est illustrative et typique du trotskisme ainsi que de l'amateurisme.

     Dans la lutte pour les élections, panne complète de soutiens, le Nouveau Parti Anticapitaliste semble ne pas être en mesure de se présenter. L'organisation s'est fendue d'une pétition particulièrement pathétique, au sens premier du terme, sur la nécessité, pour la démocratie, que soient présents les candidats de cette organisation.  A courir deux lièvres stratégiques, le verbiage révolutionnaire et le fond réformiste, aucun n'est atteint à la fin. Au lieu de dénoncer la dictature de la bourgeoisie, le NPA l'implore de lui laisser une chance. Au lieu de dénoncer la mascarade électorale, il se met à genou, supplie, pleure pour que lui soit donné la possibilité de participer au jeu truqué

    Quant au programme, le NPA confirme sa place de super-syndicat, restant dans l'économisme et la lutte pour les droits démocratiques. Augmentation du SMIC, meilleure égalité salariale…etc. Si le NPA possède un mérite, c'est celui de dénoncer l'impérialisme français. Cela ne l'empêche pourtant pas d'appeler à son intervention dans les conflits, notamment syrien.  

    Bien triste tableau du panorama électoral. Cent ans après la révolution d'octobre 1917, les illusions sur la bourgeoisie et son régime durent. Rien d'étonnant en cela de la part des partis électoralistes, mais là où le bât blesse, celles-ci contaminent également ceux et celles qui se placent pourtant en dehors de cette course.

     

    De la phrase de gauche à l'unité avec le réformisme.

    Nombre d'organisations politiques revendiquées révolutionnaires trébuchent dans les fils tendus entre leurs jambes par la bourgeoisie. La peur motive nombre de prises de position erronées. En premier lieu la peur du FN, entretenue par ceux qui ne se gênent pas pour en appliquer le programme, laquelle donne naissance à cette volonté de faire barrage à ce dernier, quitte à s'allier à l'ennemi de classe. Cette position fait rabattre leur drapeau, les fait se soumettre idéologiquement, stratégiquement, à leur oppresseur.

    Le manque de confiance dans la capacité des masses à comprendre la nécessité d'une révolution ; à être en mesure de se saisir des conceptions politiques, à s'impliquer et à rejoindre la lutte contre le capitalisme. Le manque de confiance et sa propre conception.

    Ceux qui rejoindront Hamon, sous le prétexte ressassé tant en tant de fois qu'il est "possible de tirer vers la gauche le PS", au lieu de chercher à anéantir notre bourreau de ces 5 dernières années. Prétexte déclinable en maintes et maintes versions, lesquelles permettent de justifier un retournement de dernière minute et un appel au vote.

    Les professionnels du "soutien critique" sont légion. Donnant un blanc-seing au bourgeois, tout en restant "critiques", ils et elles ne font qu'accréditer la validité de ce jeu, participent, le renforcent. Leur critique ? Quel impact a-t-elle ? Aucun.

    La politique éternelle, centriste, du ni-ni rejaillit également. "Ni vote, ni boycott" ; tout comme auparavant le "ni pour, ni contre" ; "ni guerre, ni paix"… Cette position est une manière de ne pas attaquer le fond de l'affaire, de ne pas prendre position, de tenter de concilier ce qui est antagonique. Cette manière permet de prendre fait et cause pour l'un -ne pas s'opposer signifie accepter- tout en se donnant une image de refus pour conserver sa crédibilité. Son effet est de paralyser, de stopper, d'immobiliser tout mouvement, tout réflexion, tout action. La neutralité n'est pas communiste.

    La tâche des communistes, la ligne qu'ils et elles doivent défendre existe pourtant. Nous ne pouvons pas rester sourds aux élections, et nous devons nous positionner : les soutenons nous ? Acceptons-nous ce jeu ? Appelons-nous à voter pour un candidat aux législatives ou aux présidentielle ?

    Nous ne jouons pas aux jeux truqués.

    Un jeu dans lequel la bourgeoisie pose ses règles, pour faire rentrer ses laquais dans des cadres qu'elle contrôle, pour son propre intérêt et en imposant son ordre du jour. Présenté comme cela, bien fol serait celui ou celle qui accepterait. Et pourtant.

    Nous ne faisons pas partie de cette espèce. Nous dénonçons ce jeu ridicule et nous appelons à le dénoncer. Chaque voix donnée au jeu de la bourgeoisie l'accrédite et poursuit l'existence du mensonge. Pierre Desproges écrivait "l'adulte ne croit pas au Père Noël, il vote." Cette phrase illustre intégralement la nature de la démocratie bourgeoise. Une farce. Un trompe l'œil. La bourgeoisie elle-même en brise régulièrement les règles, lorsqu'elles la contraignent trop.

    Voter pour ces candidats qui plient l'échine sous ces règles, pour des partis réformistes, nous ne le reprochons pas aux individus. Nous ne les blâmons pas, nous blâmons notre faiblesse à faire vivre le camp du peuple comme un contre-pouvoir réel.

    Mais les organisations qui appellent à jouer ce jeu, ou qui ne le dénoncent pas, doivent assumer la responsabilité de leurs actes et de leurs choix. Si un parti révolutionnaire, tactiquement, présentait des candidats, la question se poserait peut-être de manière différente. Les élections seraient une tribune tactique, un point d'attaque comme un autre et non le point suprême.

    Nous appelons au boycott des élections. Nous appelons à refuser ce jeu, à refuser chaque aspect de ce jeu et à dénoncer chacune des manœuvres des opportunistes, qu'elles fussent pour rabattre les électeurs vers la bourgeoisie ou pour couvrir leurs traces.

    Nous appelons aux réunions qui visent à constituer un camp antiparlementaire et anti-électoral. Nous appelons à la constitution d'un front, d'une alliance refusant le parlementarisme et la démocratie bourgeoise. Nous appelons à une expression politique commune, sur les bases de l'anticapitalisme, de l'opposition -en premier lieu- à l'impérialisme français, sur la dénonciation de la parodie de démocratie et le rideau de fumée des élections.

    Nous appelons à constituer ce camp du peuple, seul à même de pouvoir exister et peser, à l'heure actuelle, comme une force antibourgeoise. Nous appelons à l'existence d'une opposition au pouvoir de la bourgeoisie, non pas dans les salons et les fauteuils, mais dans la rue, dans les usines, dans les champs, les écoles, les universités, les pôles emploi et les prisons.

    2017 ne doit pas être une année sous le signe de la bourgeoisie, elle doit être l'année de la renaissance, dans l'Etat Français, d'un camp populaire, indépendant et offensif !

  • Comment compte la bourgeoisie ?

    Comment compte la bourgeoisie ?

    Comment compte la bourgeoisie ?

    Alors que nous aurions pu croire que la Révolution Française avait posé les bases d’une unification des poids, des mesures et de la monnaie, les dirigeants du parti « Les Républicains » nous montrent que nous nous trompions lourdement.

    Résultats de recherche d'images pour « penelope fillon »

    Avant la primaire, nous avions eu l’occasion de découvrir une nouvelle unité de mesure, le pain au chocolat « Copé » valant 0,15€.

    Avec Pénélope Fillon, nous découvrons que la valeur d’un caractère d’imprimerie équivaut à 27€, au vu du coût auquel ont été facturées les deux notes de lecture qu’elle a rédigé au sein de la Revue des Deux Mondes.

    En employant cette unité de mesure novatrice, nous pouvons faire des estimations fantastiques.

    Un tweet vaut 3780€, soit 25 200 pains au chocolat « Copé. » De quoi se remplir l’estomac largement jusqu’à la nausée.

    Ecrire « pain au chocolat », à lui seul, vaut 378€. « Pain au chocolat » vaut donc lui-même 2520 pains « Copé. »

    Notre ouvrage « Pour en terminer avec le mythe du PCF », quant à lui, fort de ses 169 615 caractères, atteindrait la coquette somme de 4 579 605€ soit 30 530 700 pains au chocolat « Copé »

    Selon le site internet Michel et Augustin, un pain au chocolat mesure 15cm de long. En alignant bout à bout ceux qui nous seraient possible d’acquérir grâce à notre ouvrage, cela permettrait de constituer une savoureuse barrière le long de la route reliant Lyon à Perm dans la fédération de Russie, en passant par Berlin, Varsovie, Minsk et Moscou.

    Au delà de la blague, cette situation est révélatrice d’un décalage complet entre la bourgeoisie et le reste de la population, même le reste du Monde. Madame Fillon et Monsieur Copé sont loin, très loin, d’être les seuls. Ils ne sont probablement pas les pires.

    La bêtise crasse de l’un, la rapacité de l’autre ne sont que des symptômes.

    Rappelons nous des pleurs de Guaino et de Gérard Collomb, quant à leurs indemnités de misère. Le pire, le plus affreux, est qu’ils sont probablement sincères dans leurs cris, horrifiés et terrorisés. Ils et elles se croient au bord de la misère et dans la précarité la plus totale. C’est cette peur qui les rend hargneux et haineux.

    Ces individus qui sont en lice pour le pouvoir ne sont nullement des hérauts du peuple. Ils n’ont rien en commun avec les travailleurs. Eux-mêmes, elles-mêmes, n’ont jamais travaillé, jamais produit, jamais apporté quoique ce soit comme richesse à l’humanité. Ils et elles ne sont que les gestionnaires des intérêts de la bourgeoisie.

    Ils et elles sont les agents zélés et corvéables des parasites néfastes qui grouillent et ponctionnent le sang, le travail des travailleurs et des travailleuses, que ce soit au sein de l’Etat Français comme des néo-colonies et des régions dominées.

    L’attitude de Mme Fillon, est typique de celle de la bourgeoisie. Celle-ci est dans la peau du mauvais joueur, tricheur invétéré. Bien qu’elle pose les règles elle-même, elle ne peut s’empêcher de transgresser ses lois. Sa gloutonnerie est sans limite et, lorsque quelque chose lui résiste, elle n’hésite pas à se remémorer la maxime de Otto von Bismarck « la force prime le droit », de même que celle de la Fontaine « Selon que vous serez puissant ou misérable, – Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » Lagarde, Cahuzac, Guéant et tant d’autres sont la preuve d’une justice qui ne condamne que d’une tape sur les mains ceux de sa classe.

    Aujourd’hui, il n’existe que deux catégories d’individus qui courent vers le pouvoir bourgeois. Les naïfs incorrigibles et les opportunistes sans foi ni loi. Que cela soit pour les élections présidentielles ou législatives, nous ne saurions croire qu’il puisse rester une once de naïveté en ceux qui se sont penchés sur la nature de l’Etat Bourgeois. Les illusionnistes et les prestidigitateurs du réformisme sont dans le même camp que la bourgeoisie crasse, les deux sont les ennemis objectifs de la libération des masses.

    Apprenons de l’Histoire, cent ans après 1917, que le pouvoir de la bourgeoisie ne se gagne pas. Il se détruit. Ceux qui plongent dans une stratégie parlementariste n’ont aucune excuse valable pour justifier leur ligne aberrante.

    La bourgeoisie ne se combat pas dans sa propre arène. Elle ne se combat pas par des bulletins de vote. Nous avons besoin, plus que jamais, d’un camp du peuple, hors des salons, des bureaux, des parlements.

    Nous avons besoin de notre arme, un réel Parti Communiste !

    PS: Ce texte étant d’une longueur de 3695 caractères, il aurait été facturé 72 795 €

  • MESSAGES DE SAINT- ETIENNE PROLÉTARIENNE

    Samedi 28 Janvier à l'occasion de la venue de Marion Maréchal Le Pen dans la Loire, nous appelons à une grande manifestation Antifasciste à Saint Etienne à 14h30 à Jean Moulin.

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    Le Front national continue de prôner le même projet archaïque et dangereux, protégeant toujours tout un réseau de groupuscules racistes et violents, jouant des fragilités naissantes de la société d'aujourd'hui pour choisir des boucs émissaires , désignés en fonction de leur nationalité ou origine, de leur confession religieuse, de leur orientation sexuelle et de leurs convictions. La « crise des migrants » à permis au Front National de déverser tout son discours nauséabond, attisant les haines et les rancœurs, ne cherchant qu'à désunir les classes populaires au profit d'un "système" qu'ils font semblant de combattre et qu'ils rendraient plus inégalitaire encore s'ils le pouvaient.
    Mais ne nous trompons pas d'ennemi. C'est bien aujourd'hui l'application des politiques néo-libérales qu'il faut combattre, le système économique actuel qu'il faut sanctionner.
    En mettant le pied ici, c'est tout le passé résistant et ouvrier de cette ville que Marion Marechal Le Pen veut bafouer.

    Le message que nous adressons est claire net et précis : Aucun compromis possible , nous ne tolérons et ne tolérerons jamais l'extrême droite.

    Notre mot d'ordre est l'unité populaire, nous sommes fiers de vivre dans une ville ouvrière baignée de diversité culturelle. Il est de notre devoir en tant que citoyen de cette ville de combattre par tous les moyens , cette ignorance et ce climat foncièrement raciste qui n’en finit pas de se développer..
    Saint Etienne ville cosmopolite et prolétaire, les fachos n'ont rien à y faire !!

    Seconde partie:

    La commission exécutive de l'Union locale des syndicats CGT de Saint-Etienne réunie le 23 janvier 2017 à décidé de relayer et de prendre part à l'appel du comité "antifa" de Saint-Etienne pour une manifestation unitaire contre le racisme ce samedi 28 janvier 2017.

    A l'occasion de la venue dans notre région de Marion Maréchal le Pen l'Union locale des syndicats CGT de Saint-Etienne appelle l'ensemble de ses bases à participer au rassemblement et à la manifestation prévue:

    samedi 28 janvier 2017 à 14h30 place Jean Moulin

    pour réaffirmer nos valeurs internationalistes et humanistes !

    contre le fascisme et toutes formes de racismes !

    contre les idées véhiculées par le parti de la haine qu'est le front national !

    NO PASARAN !

     

  • Week-end d’action les 4 et 5 février à Lyon. Appel unitaire à mobilisation.

    Les hostilités des présidentielles de 2017 sont lancées : Mélenchon, Macron et Le Pen s’invitent à Lyon le week-end du 4 et 5 février. Plusieurs actions sont prévues.

    Ceux qui représentent le monde de la Loi Travail contre laquelle nous avons lutté des mois durant à coup de manifestations, pétitions, rassemblements et actions diverses sans être écouté par les politiques, nous réprimant à force de matraquages et de gazages, organisent à Lyon meetings et congrès pour exposer leurs programmes liberticides.

    (suite…)

  • Hommage à Lénine

    Hommage à Lénine.

    Le 21 janvier 1924, Vladimir Illitch Oullianov décédait.

    Lénine a marqué l'histoire. Il existe, dans l'histoire contemporaine, un avant Lénine et un après Lénine. Nul, même le plus virulent anticommuniste ne saurait le nier.
    Marx et Engels, pour ne citer qu'eux, ont apporté un colossal travail philosophique, idéologique, politique pour comprendre le monde capitaliste, pour discerner ses rouages, pour tenter d'en déduire les lois objectives. Ils ont amené la fusion de la philosophie et de la science à un point jamais porté avant. En donnant naissance au matérialisme-dialectique et au matérialisme historique, les deux philosophes ont non seulement donné les clés de l'analyse du monde, mais aussi de sa transformation.
    C'est de ces clés que s'est saisi Lénine, pour les actualiser, pour les porter dans l'époque de l'impérialisme. En définissant cette ère nouvelle, non pas comme le fruit d'une épiphanie soudaine, mais d'un travail de recherche, Lénine caractérisa la guerre impérialiste, mais aussi la lutte de libération nationale, la lutte des pays dominés contre leur métropole.

    C'est son travail de combat idéologique et organisationnel qui a  permis de donner naissance au Marxisme-léninisme.

    Lénine a porté l'épée contre les idées des réformistes, des révisionnistes, pourfendant les thèses pourries et éculées de Plekhanov, Martov et Kautsky. Les thèses défaitistes sur le super-impérialisme, supposant qu'un jour, un seul impérialisme exploiterait en paix le Monde, et que ce jour serait celui de la révolution.

    Il a inscrit la dictature du prolétariat et la forme du parti de type nouveau dans le marbre, comme deux lignes de démarcation infranchissables.

    Le Parti Communiste s'est concrétisé de manière pleine et entière par ce travail ardu. Un Parti subordonné à sa tâche première: la conquête du pouvoir. Un parti rompant avec l'électoralisme, l'économisme, pour devenir un fer de lance de la révolution.

    Une révolution non pas basée sur le romantisme, mais sur l'efficacité, sur le professionnalisme, sur une avant-garde capable de pouvoir briser le pouvoir bourgeois, sans dépendre d'une illusoire "avancée des mentalités," si chère aux anarchistes, qui repousse aux calendes grecques la révolution, tant le poids de l'idéologie bourgeoise est écrasant.

    Une révolution qui ne ment pas. Qui annonce quelles seront les étapes et les difficultés, et qui ne cache pas que la guerre frontale avec la bourgeoisie aura lieu, qu'elle sera dure et sanglante. Que la dictature du prolétariat est une nécessité pour affirmer le pouvoir du prolétariat, encore vacillant et dépendant des experts bourgeois pour le fonctionnement de l'économie, de l'administration, de l'armée.

    Face à des gauchistes de façade comme Trotsky, criant des mots d'ordres erronés comme celui des Etats-Unis d'Europe, lançant des slogans trompeurs et défaitistes sous couvert de révolution permanente, niant le rôle de la paysannerie, Lénine à sur répondre avec une ligne juste. L'alliance des ouvriers et des paysans dans la révolution ; la lutte contre l'impérialisme et non le soutien fallacieux à celui-ci ; la possibilité d'une révolution ici et maintenant. Le fait de saisir l'opportunité de la faiblesse d'un impérialisme, d'un camp, pour frapper et pour renverser la bourgeoisie.

    A ces mêmes qui voulaient faire du Parti une bande, il opposa des principes de commandement pour faire triompher l'efficacité. Pour faire triompher la discipline, et écartant les fractions, les cliques, au profit d'une conception centraliste-démocratique.

    Contre l'entrisme qui corrompt et qui est inefficace, Lénine plaida pour que soit hissé haut le drapeau de la révolution, et pour qu'on ne mente jamais aux travailleurs. Les organisations ne sont pas des coquilles vides qu'on peut, à souhait, "tirer vers la gauche", comme le clament les trotskistes -mais ils ne sont pas les seuls à le faire- mais elles découlent de préalables théoriques, idéologiques, stratégiques.

    Bien que peu entouré, Lénine a démontré, entre février et octobre 1917, que même un groupe réduit de communistes, lorsqu'ils trouvent la ligne juste, peuvent changer la donne. Le pouvoir bolchevik, embryonnaire, s'est rapidement affirmé comme le seul pôle à même de pouvoir porter la révolution.

    Il a fallu faire des choix, il a fallu faire preuve d'audace pour triompher des obstacles. Il a fallu faire preuve d'un sang froid de chaque instant pour ne pas être effrayé par les succès, effrayé par le défi lancé à l'impérialisme et à la bourgeoisie.

    Certains l'ont été. Peu à peu, chaque parti autre a rejoint les rangs de l'opposition. Franchissant la ligne de démarcation qui sépare le révolutionnaire du traitre. Une de ces lignes de démarcations, Lénine la paya de sa chair. Fanny Kaplan, Socialiste-Révolutionnaire de Gauche, tenta, en 1918, de l'assassiner. La tentative laissa Lénine grièvement blessé, et contribua certainement à l'affaiblissement de sa santé durant les six années qui lui restaient à vivre. Les derniers mots de la tueuse la démasquèrent comme un agent des intérêts occidentaux : « J'ai tiré sur Lénine parce que je le considère comme un traitre au socialisme et parce que son existence discrédite le socialisme. Je suis sans réserve pour le gouvernement de Samara et pour la lutte contre l'Allemagne aux côtés des Alliés. » Maquillant la trahison en gauchisme, les SR de gauche étaient une illustration de la peur pathologique qu'ont les droitiers et les révisionnistes de la révolution et de ses conséquences. Terrifiés par l'idée de se couper des engagements contractés par le régime tsariste avec les alliés, ils préférèrent ourdir des conspirations contre le gouvernement soviétique plus que d'appuyer la révolution.

    On n'est trahi que par les siens, c'est une glaçante constante. Les ennemis de la révolution ont continué leur travail de sape, infiltrant. Mais lorsque les trotskistes et les blocs variés qu'ils eurent pu constituer, agirent, ce ne pût être que dans l'ombre, tant ils étaient battus et rebattus dès qu'ils exprimaient leurs arguments futiles en public.

    Après avoir tant fait pour la révolution et pour donner une impulsion de progrès à l'idéologie, Lénine est décédé des suites d'une hémorragie cérébrale. Son histoire aurait pu s'arrêter là, mais heureusement, des continuateurs ont existé. Le léninisme à pu être synthétisé par Staline, condensé en un ouvrage majeur le résumant : les questions du léninisme. L'œuvre a été enrichie, et l'est toujours, par ceux qui continuent à contribuer à l'avancée de la science marxiste.

    L'URSS a poursuivi sur la voie tracée par Lénine, avançant, contre le camp capitaliste, et prouvant à la face du monde que le socialisme est réalisable, et qu'il balaie d'un revers de la main le capitalisme pourrissant. L'URSS, de pays moyenâgeux, arriéré, s'est hissée en 30 ans à l'égal des plus grandes puissances.

    La mise en œuvre des plans quinquennaux, de l'étatisation de l'industrie, mais aussi de la collectivisation des terres ont permis d'éradiquer la pauvreté, la misère noire, endémique à la Russie Tsariste. Une économie planifiée, faisant la chasse au gaspillage, imperméable aux crises, a été mise en œuvre, faisant franchir les étapes du développement économique en étant chaussé de bottes de sept lieues. Cela, sans renoncer à la lutte des classes, qui chaque fois s'est faite plus aigüe, plus profonde, rejetant, dans les oubliettes de l'histoire, les classes sociales parasitaires. Le bilan de Lénine lui confère une aura d'invincibilité. Pourtant, chez Lénine et ses continuateurs, des y eut des manques, des failles, des erreurs. Tout était expérimental, tout était à découvrir. Ces failles, les chercheurs du marxisme tentent de les trouver pour les élucider et les corriger, pour renforcer l'idéologie léniniste. Si nous reconnaissons des erreurs, nous les formulons ouvertement, car la critique doit être constructive. Mais d'autres l'ont fait et le font en sous main, non pour améliorer le léninisme, mais pour en saper les bases.

    Ceux qui attaquèrent, par la suite, la personne ou  l'héritage de Staline n'ont rien fait d'autre qu'attaquer -à travers lui- la pensée de Lénine. Les trotskistes qui encensent Lénine mais crachent sur Staline ne font qu'attaquer, sans le courage de l'exprimer ouvertement, le léninisme. Les révisionnistes soviétiques, agglomérés autour de Khrouchtchev, ne posèrent nullement des corrections sur le travail de Staline, au contraire, ils clamèrent leur rupture, en catimini, avec le léninisme.
    Les révisionnistes et le pouvoir russe d'aujourd'hui feraient mieux de brûler la dépouille de Lénine plutôt que de la déshonorer chaque jour en l'utilisant pour leurs combines et pour peindre en rouge leurs crimes.

    La bourgeoisie elle aussi, utilise des procédés similaires de falsification et de révision. Il n'est pas possible de battre, de détruire, le point central de l'œuvre de Lénine. Il n'est pas possible de battre en brèche le marxisme-léninisme et le matérialisme-dialectique. Alors pour contourner cet écueil, la bourgeoisie camoufle ses assauts. Son discours clame que "Lénine était gentil, Staline méchant", qu'il fut le corrupteur, le traitre, qu'il entraina l'URSS dans les abîmes. Bien piètre camouflage. Tout comme cette litanie d'un communisme "bon en théorie", mais dont on refuse la mise en œuvre, parce qu'elle écrase la bourgeoisie, qu'il est autoritaire, qu'il est "mauvais".

    Et pourtant, c'est Lénine lui-même, qui s'exclamait ainsi : "Nous" disons donc à la bourgeoisie: Vous, exploiteurs et hypocrites, vous parlez de démocratie alors qu'à chaque pas vous dressez des milliers d'obstacles pour empêcher les classes opprimées de participer à la vie politique. Nous vous prenons au mot, et afin de préparer les masses à la révolution, pour vous renverser, vous autres exploiteurs, nous demandons, dans l'intérêt de ces masses, que votre démocratie bourgeoise soit élargie.

    Et si vous, exploiteurs, tentez de résister à notre révolution prolétarienne, nous vous réprimerons impitoyablement, nous vous enlèverons vos droits politiques; bien plus nous vous refuserons le pain, car dans notre république prolétarienne, les exploiteurs n'auront pas de droits, ils seront privés d'eau et de feu, car nous sommes des socialistes pour de bon."

    L'œuvre de Lénine est immortelle. Elle est, et demeure, un guide pour notre lutte, pour notre action, pour la révolution.

    Nous honorons sa mémoire en la maintenant vivante, contre l'ossification, la falsification, la révision.

    Lénine est toujours vivant dans la lutte ! Vive le léninisme, vive le communisme !

  • Migrants, santé, éducation, vie et mort. Tout est un marché en régime capitaliste.

    Migrants, santé, éducation, vie et mort. Tout est un marché en régime capitaliste.

    Dernièrement, un reportage fait par l’émission Envoyé Spécial, diffusé le 12 janvier 2017, a soulevé des haut-le-cœurs parmi de nombreux spectateurs. En cause, une séquence -isolée par le média Taranis News- montrant un entrepreneur modifiant des containers pour en faire des logements à destination des migrants. Si l’acte en lui-même paraît bien inoffensif, le discours, quant à lui, a choqué.

    Il est important de dire que le discours, effectivement, est loin de plaider l’humanisme. Il est plutôt même pétri dans une forme qui prête de flanc au racisme : « Le migrant toute la journée, je me demande ce qu’il fait. Il va jouer au ballon […] les journées sont longues quand on ne travaille pas !”
    Les formulations, elles aussi, font froid dans le dos. Notamment cette idée de camps de cent migrants répartis dans chaque département, ne pouvant qu’évoquer de bien sinistres souvenirs. Quant à la déshumanisation de l’autre… « Moi je trouve qu’il est bien notre container à migrants. »

    Mais ce qui a le plus marqué les esprits, c’est bel et bien l’appât du gain « 10 000 migrants fois 10€ la nuit […] ça fait 100 000 € par jours. » Le chiffre d’affaires a de quoi faire rêver plus d’un entrepreneur : 36 millions d’Euros par an. Cela créé des vocations à se placer sur une segment de marché neuf : « [il y a 8 ans] il n’y avait pas de migrants, il n’y avait pas de marché, il n’y avait pas de besoin », d’autant que se lancer dans le secteur n’a rien de hasardeux. « Il y a une commande de l’Etat, il y a une commande de l’Europe, donc forcément, vous avez un appel d’offre. » Le premier à remporter l’appel d’offre étant le grand vainqueur.

    Le cynisme choque. C’est là quelque chose de tout à fait humain. Pourtant l’entrepreneur répond « Est-ce que celui qui vend de l’aspirine doit gagner de l’argent parce que il(sic.) exploite la misère des gens qui ont mal à la tête. », tout en ajoutant que « Je pense que les gens sont assez lucides pour comprendre. »
    Il semble que non.

    Tout comme nous avions, lors d’un article précédent, joué le rôle d’avocat du diable pour un Manuel Valls tentant péniblement de se défendre de l’usage du 49.3, nous ne pouvons que faire de même ici, et rappeler quelques vérités.

    Il est légitime, bien sûr, d’être choqué par le discours de cet entrepreneur, de le voir poser des chiffres sur la vie d’individus, sur leur misère, sur leur souffrance. Les confiner dans des containers comme logement à effectivement de quoi choquer.

    Mais, pourtant, cet individu respecte deux des lois inhérentes au capitalisme, deux de ses lois fondamentales.

     La première étant « tout est marché. » Dans le capitalisme, la loi du profit est la loi maîtresse. Tout ce qui peut être un investissement rentable, tout ce qui peut trouver des débouchés est potentiellement un marché. Il n’existe aucune exception à cette règle.

    La seconde, qui est son corolaire direct : « si ce n’est pas moi qui en profite, ce sera mon voisin et après moi, le déluge. » Quel que soit le marché, à partir du moment où il peut être porteur, d’autant plus s’il est possible d’y être pionnier et de s’y établir en monopole, un capitaliste s’y implantera. Même si le secteur est le plus répugnant, le plus criminel, le moins éthique possible, un investisseur se présentera. Pourquoi ? Car si ce n’est pas lui qui s’en saisit, le risque qu’il lui échappe et qu’il tombe entre les mains d’un autre est suffisant pour justifier que tombent les barrières telles que la moralité.

    Le marché migratoire choque. C’est légitime. Mais chaque chose, chaque compartiment de l’existence de chaque individu, dans ses hauts et ses bas, est un marché. Rien n’est trop répugnant pour l’investisseur. 

    La santé est un marché.

    Mais que dire également du marché de la Santé ?

    Martin Shkreli, un investisseur de hedge-funds, fin 2015, a racheté une société pharmaceutique produisant un médicament contre le paludisme et contre des maladies opportunistes se déclarant chez les malades du VIH. Son premier acte à été de faire passer le prix de la pilule de 13.5$ à 750$ soit une augmentation de plus de 6500%.

    D’une manière générale, la recherche et le développement des laboratoires pharmaceutiques ne réfléchit qu’en termes de rentabilité. Les maladies orphelines, dont les traitements ne seraient pas un marché suffisant, dépendent de la charité pour trouver des financements.
    Les complotistes et les passionnés de légendes urbaines qui va jusqu’à lancer des rumeurs sur le sabotage de recherches. Qui n’a jamais entendu la légende de « quelqu’un qui a trouvé un remède miracle et qui a vu sa maison incendiée ? » Pour autant, le laboratoire qui développerait un remède miracle pour le cancer ou le Sida serait couvert d’or. Pour les investisseurs et les actionnaires, cela serait un pactole monstrueux. Ensuite, ils investiraient ailleurs lorsque ce laboratoire ne serait plus source de profit. Encore une fois, la loi du marché règne.

    Que dire du scandale de l’homéopathie ? L’absence totale de valeur médicale de ces produits n’empêche pas qu’ils soient mis en avant, qu’il y ait un engouement pour ceux-ci. Pourtant la présence de principe actifs dans les produits est tout simplement nulle. Les produits « miracles » de parapharmacie sont également une source de profits monstrueux. Pourtant la lecture de leur composition révèle généralement que le seul effet qui peut être attendu de la prise de ces produits ne serait un effet placebo.

    Que dire également de cliniques qui facturent des actes inutiles, radios ; scanners ; IRM ; actes payés à prix d’or ? En octobre, le journal Slate, lorsqu’il n’est pas occupé à défendre pas Finkielkraut, a rapporté le récit d’une famille de l’Utah qui s’est rendue compte qu’ils avaient payé 40$ pour l’acte d’avoir leur bébé remis entre les bras de la mère.

    Le modèle de santé anglo-saxon frappe à notre porte. L’hôpital public souffre déjà de son alignement sur les cliniques, mais gare lorsque les patients deviendront des clients !

    La chair et le sang, tout se vend.

    Dernièrement, une publicité à fleuri dans les rues des Etats-Unis à destination de la jeunesse et -en particulier- d’une part endettée de la jeunesse : les étudiants. Cette publicité se résume ainsi: « Besoin de livres ? [les livres scolaires sont extrêmement chers aux USA] Pas d’inquiétude ! Donnez votre plasma [sanguin.] » Cette entreprise, ensuite, revend le plasma acquis auprès d’endettés pour 8000 $ à des personnes âgées voulant littéralement une dose de sang neuf. Le trafic d’organe prospère également, non pas par simple vice, mais bien parce qu’il existe des acheteurs prêt à payer des sommes colossales pour acheter un rein, un foie, un cœur ou une rétine.

    Des populations dans la misère vendent leurs organes pour subsister, même si les conséquences sont bien souvent désastreuses pour eux et elles. Le système capitalisme est un grand consommateur de chair, et les industries qui les avalent font fleurir leur chiffre d’affaires.

    La prostitution légale et l’industrie pornographique sont tout autant de placements financiers qui attirent les investisseurs. Qu’importe la maltraitance, qu’importe la culture du viol. Si cela s’achète, quelqu’un doit le vendre.  Aux USA uniquement, la pornographie représente un chiffre d’affaires de 10 000 milliards de $ par an, d’après le site Economy&co. Dans le Sud-Est asiatique, le tourisme sexuel représente entre 2 et 14% du PIB des pays. Si les actes en eux même sont du ressort de l’économie informelle, les tour-opérateurs qui font la promotion de ce tourisme n’en sont pas moins légaux et déclarés. Le gouvernement ukrainien faisait même, malgré la prohibition de la prostitution, une référence à peine voilée à celle-ci en vantant, y compris dans les fêtes consulaires, le « chaleureux accueil de la population. » Les libéraux argueront qu’il est possible de faire ce qu’on veut de son corps, que c’est une liberté. Nous paraphraserons Staline, lorsqu’il exprimait cette idée on-ne-peut-plus juste : Il n’existe pas de liberté pour celui ou celle qui doit se vendre pour survivre. Vendre sa chair n’est pas un choix, c’est un acte de survie à laquelle on est contraint et contrainte par la force des choses, par la force de l’exploitation. Nous n’y voyons pas le moindre romantisme.

    Education rentable, éducation minable.

    L’éducation est tout autant un marché. Les écoles privées fleurissent dans les pays nordiques et anglo-saxons, et le modèle s’exporte. D’après l’International Finance Corporation, le marché représente à l’échelle mondiale 380 milliard d’euro, de quoi attirer des investisseurs. Des sociétés comme l’anglais Pearson, leader mondial, trustent une grande part du marché, y compris par des filiales low-cost destinées aux pays en voie de développement clients de l’Angleterre.
    Des professeurs formés à la va-vite, des impératifs de paiement, la recherche principale n’est absolument pas humanitaire, mais pécuniaire. Le conseil d’administration y veille. Dans les pays nordiques, les Friskoles des pays nordiques fonctionnaient au sponsoring par les entreprises. Le gain était une main-d’œuvre adapté parfaitement à leurs besoins. Lorsque ces entreprises se sont retirées, après la crise de 2008, celles-ci ont tout simplement rogné leurs budgets, au prix de la qualité de l’enseignement.

    En Europe, le processus de Bologne ouvre la voie à une pénétration du capitalisme dans les universités, à une subordination de l’éducation supérieure et de la recherche aux intérêts privés. La Loi sur la Responsabilité des Universités à ainsi permis la création de master Philosophie-Véolia à Lyon III, de Licence Nintendo à Lyon I…etc. Lorsque les recherches environnementales seront financés par Total, nous sommes certains que les dégâts des fracturations hydrauliques, pour le gaz de schiste, seront passés sous silence.

    Le marché des matières premières, de l’énergie, sont parmi ceux qui, dans l’histoire de l’humanité, ont généré les guerres les plus brutales et les plus violentes. Areva, Total sont probablement parmi les entreprises les plus criminelles de l’Etat Français, soutenant les juntes, armant des milices, arrosant d’argent des cliques de bandits. Lorsque Areva s’implante au Niger, elle s’entoure de sa milice, l’armée française. Si elle est menacée, la société réplique par l’or, en corrompant et achetant, puis par le feu.  Lorsque Total annonce qu’il s’intéresse à un gisement, gare à celui qui est assis dessus. Il est, dans les pays d’Afrique, quasiment devenu proverbial de dire « lorsqu’un européen trouve du pétrole, il est aux anges ; lorsqu’un africain en trouve, il pleure. »

    Derrière le pétrole et l’électricité se niche le crime, les meurtres, les coups d’Etats.

    C’est également valable derrière le café et les fèves de cacao. L’alimentation est un marché colossal dans lequel on ne s’encombre pas non plus d’une grande morale. Qu’importe si le dumping brise l’économie d’un pays, ou si le hype autour du Quinoa fait flamber les prix de celui-ci, jusqu’à le rendre inabordable pour les Péruviens. L’agroalimentaire est une industrie capitaliste comme un autre, avec sa recherche de rendements maximaux. Lorsque interrogés sur ce qui les avait le plus surpris aux USA, plusieurs individus ont répondu « tout est doux et sucré, même le pain. » Sucrer partout au mépris de la santé, tant que cela développe une addiction. Les industries versent en quantité sel et sucre dans les aliments, le but n’étant pas de nourrir, mais de faire qu’ils soient trouvés bon et qu’ils poussent à être rachetés. Le site santé magazine ainsi explique :

    Le sel donne plus de saveur

    Les industriels ont parfois la main lourde sur le sel car il relève et masque le goût de certains produits bas de gamme utilisés dans les plats préparés.

    Ce nutriment contribue également à augmenter notre sensation de faim et de soif. Il accroît la quantité d’eau présente dans les aliments et augmente leur poids… Bref, l’ajout de sel est un réel bénéfice pour l’industrie agroalimentaire…

     Pas de morale en régime capitaliste, s’il faut empoisonner pour faire du profit, cela se fera. Ruiner la nature n’est pas un obstacle non plus. L’industrie agro-alimentaire, la production agricole engendrent ne nombreux maux, tant par rapport à la maltraitance des travailleurs, des animaux, que de la nature en général. La production éthique est aussi un marché, qui justifie de gonfler les prix pour une simple question de branding. Le marché du bio est un marché, avec ses investisseurs, ses mascarades, ses mensonges aussi. Dès lors qu’il est possible de générer des espèces sonnantes et trébuchantes, tout est bon.

    La mort rapporte.

    Si la vie est un marché, la mort en est un tout aussi porteur. Les vendeurs de tabac ne se gênent pas pour faire la promotion de leurs produits de manière détournée. Si ils ont été étrillés par les pouvoirs publics, ils n’en poursuivent pas moins un jeu typiquement libéral: si cela vous tue mais que cela rapporte, nous le produirons. Pour autant, le client est averti et cela n’est pas notre propos précisément. En revanche un secteur bien souvent oublié est celui des obsèques.
    La mort d’un être cher est, sans l’ombre d’un doute, un des événements les plus durs qu’un individu puisse vivre. Pourtant, là encore, le capitalisme trouve une manière de s’insinuer vicieusement pour tirer un maximum de profit.

    « 60 millions de consommateurs » les ont épinglé: les assurances obsèques sont des opportunistes de bas-étages. La mort est un marché particulier dans le sens où il s’adresse souvent à des personnes en situation de vulnérabilité. Faire payer chèrement une protection inutile est un jeu bien scandaleux. Nous citons BFM business au sujet des pompes funèbres : « Le prix total des obsèques, hors caveau et concession, s’établit à 3.350 euros en moyenne contre 3.098 en 2011, soit une augmentation de 8,18%, plus du double de l’inflation sur la période », constate l’association de consommateurs, qui a envoyé en mai-juin des enquêteurs anonymes dans 818 magasins funéraires.

    Pour François Michaud-Nérard, directeur général des Services funéraires de la Ville de Paris, cette augmentation des tarifs n’est pas une surprise. Il juge même cette hausse supérieure à l’inflation « normale » car « 40 à 50% des charges des entreprises de pompes funèbres sont de la main d’oeuvre » qui augmente plus que l’inflation, précise-t-il. En outre, « au moment d’un décès, les familles ont souvent du mal à faire réaliser plusieurs devis », explique-t-il. Et quand bien même elles le feraient, « certaines entreprises cherchent à recréer des monopoles, ce qui fausse la concurrence », constate-t-il. Les consommateurs pensent interroger deux entreprises différentes et s’adressent sans le savoir au même groupe. »

    Sans vergogne, tirer du profit du malheur des autres est un art. Et si ce n’est pas eux, ce sera un autre groupe qui prendra ce marché.

    Causer le mort est un marché juteux et nous ne saurions finir ce petit tour d’horizon sans mentionner une industrie qui est passée maître dans l’art de l’infliger : l’armement.

    401 milliards de dollars de ventes réalisées en 2014. Un marché dans lequel nous sommes, dans l’Etat français, 4ème derrière les USA, l’Angleterre et la Russie [les données chinoises sont fort opaques mais probablement plusieurs entreprises sont présentes dans le top 20, notamment la firme Norinco].

    L’Etat Français est plutôt bien représentés, par ailleurs. Airbus Group ; Thales ; SAFRAN ; DCNS, quant à lui est 23ème.  Si pour certains, il y a de quoi sauter de joie et sortir le champagne, nous ne regardons cela qu’avec répugnance.

    Tuer est un marché sur lequel les investisseurs se pressent, tant il est immense. La recherche est aiguillonnée pour trouver de nouvelles méthodes d’assassinats, de meurtre et de mutilation. Si la façade se couvre de non-létal et de précision chirurgicale, les bombes à sous-minutions, les mines, les pièges blessent et tuent. Areva ne se prive pas de fournir de l’uranium appauvri qui nucléarise les conflits et pollue durablement les champ de bataille. Les nanotechnologies ont connu une de leur premières applications pratiques dans les bombes fuel-air, les plus puissantes bombes non-nucléaires, réputées pour leur capacité à entrainer des barotraumas par l’effet de surpression [poumons perforés, tympans éclatés.. ]. C’est un marché mirobolant, dans lequel la publicité joue aussi un grand rôle.

    Sans sauter à pied joint dans le point Godwin, même les exterminations d’êtres humains, le travail forcé, sont tout autant de secteurs dans lesquels l’investissement capitaliste fait merveille. Les camps de travail sont tout autant d’occasions de pouvoir employer une main d’œuvre à bas coût, y comprit des individus qualifiés. L’industrie allemande [et de France aussi] ne s’est nullement gênée pour employer des morts de faim, des condamnés, des opposants. Tant que l’argent coule à flot, tant que les profits s’accumulent, tout est possible.

    Les prisons sont des centres à profit. Le programme de privatisation en France a donné naissance à un puissant marché dans le domaine, dominé par des sociétés comme Bouygues pour le bâtiment ou Sodexo pour la fourniture en alimentation. Mais le champion toute catégorie reste les USA, avec la plus grande population carcérale du monde. L’administration pénitentiaire du Colorado admet ainsi un chiffre d’affaires de 65 millions de dollars par an grâce à la vente de poissons et de lait de chèvre.

    Nous citons Blasting news : « Les prisons privées sont gérées par trois entreprises : Corrections Corp. of America, le premier acteur du secteur, GEO Group Inc. et Management and Training Corp. Le secteur des prisons privées ne connaît pas la crise : CCA a ainsi vu son chiffre d’affaires augmenter de plus de 500% depuis sa création en 1983.

    En 2012, le prix Nobel d’économie Paul Krugman dénonce l’influence des lobbyistes des prisons privées sur les politiques carcérales. Les entreprises de prisons privées favorisent ainsi l’adoption par le Congrès de lois contribuant à augmenter la population carcérale : la loi sur la seconde récidive (Three-strike laws), permettant une condamnation à perpétuité dès la troisième infraction, la loi sur les peines incompressibles (Truth-in-sentencing laws), ainsi que la très controversée loi anti-immigration en Arizona, permettant à la police d’arrêter quiconque ne pouvant pas prouver qu’il est entré légalement aux Etats-Unis. Les contrats des prisons privées avec l’Etat fédéral comprennent de plus une « clause d’occupation », affirmant que les autorités locales doivent garantir un taux de remplissage des prisons privées entre 80% et 100% pendant 20 ans, indépendamment de l’évolution du taux de criminalité́. »

    Le capitalisme, c’est le crime cynique de l’exploiteur.

    Ce petit tour d’horizon du capitalisme n’a pas pour but d’exempter de toute responsabilité notre entrepreneur en containers. Il est simplement là pour remettre les choses en perspectives. Le capitalisme ne se soucie pas d’être humains.

    Le capitalisme n’est pas là pour répondre aux besoins, mais uniquement aux désirs, qu’il n’hésite pas à susciter lui-même.

    Les investisseurs, les patrons et patronnes, la classe capitaliste ne voit que trois choses dans ses frères et sœurs d’espèce.

    Une main d’œuvre servile et qui doit produire le plus à des coûts les plus bas.
    Des clients et des marchés qui doivent payer le plus cher possible.
    Des concurrents à assujettir et à éliminer.

    C’est là la nature du capitalisme dans ses gènes. Elle n’est pas amendable ni contrôlable. Ceux qui prétendent dissocier un « bon » d’un « mauvais » capitalisme sont naïfs ou mentent. Les processus qui amènent à la rapacité la plus avide, la plus abjecte sont dans les fondements même de ce système qui ne se traduit que par la misère, la pénurie, la spéculation et la guerre.
    Le capitalisme à visage humain n’est qu’un conte de fées écrit pour donner l’espoir d’un amendement, d’une amodiation. Mais il est impossible car nul ne peut changer la nature du capitalisme, qui est de faire du profit.

    Les candidats aux élections présidentielles de 2017 s’inscrivent tous dans cette démarche mensongère. Du NPA au programme de syndicat, qui négocie la dimension des entraves au Front National qui se pare d’un voile rouge mais n’est que la forme la plus agressive de capitalisme, en passant par un Mélenchon social-chauvin et impérialiste, nul ne condamne le capitalisme et sa nature criminelle.

    Nous ne coupons pas dans ce jeu. Nous ne sommes pas des réformistes masqués en révolutionnaires. Nous voulons briser le pouvoir de la bourgeoisie, le pouvoir de l’impérialisme. Nous n’avons pas honte de le dire, nous devons la combattre pied à pied sans lui laisser la moindre possibilité de riposter. Nous devons briser son Etat, son outil d’oppression. Nous devons la contraindre, s’il le faut par la force, à abandonner son pouvoir et à être jugée pour ses crimes et détruire en tant que classe sociale.

    La bourgeoisie est un parasite mortel dont l’humanité doit guérir pour avancer.

    Il nous faudra du temps, de l’énergie, de la résolution pour reconstruire ce que le révisionnisme a détruit, ce que l’opportunisme a saccagé. Nous avons besoin d’un Parti. Nous avons besoin d’une Internationale. Nous avons besoins, cent ans après, d’une nouvelle révolution!