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  • Match retour Poutou – Bourgeoisie :  0 – 2

    Match retour Poutou – Bourgeoisie : 0 – 2

     

    Le NPA vit, en 2017, son annus horribilis. Une campagne qui peine à démarrer , une absence visible d’unité de volonté et, dans les médias, des interventions qui dérapent.

    Ainsi, la pétition de supplications, #2017poutoudoitenetre, à donné une image plus que déprimante d’une organisation qui se fardait, auparavant, d’un vernis radical. Celle-ci, rédigée sur un ton destiné à fendre les cœurs, ne posait pas de critique politique de la campagne présidentielle, de la démocratie bourgeoise, du capitalisme.

    Ce qui formait la base du discours, à l’origine, était l’idée d’utiliser les élections comme tribune pour dénoncer le capitalisme, l’impérialisme, l’exploitation. La tactique a pris le pas, visiblement, sur la stratégie. Prêt à tous les compromis pour remporter cette bataille -tactique-, le NPA est incapable, désormais, de mettre en place sa stratégie. En voulant jouer sur les deux tableaux, en voulant à la fois glaner des voix et conserver une image radicale, le NPA a donné naissance à une stratégie hybride. Un peu de l’un, un peu de l’autre, peu de résultats. Comme dans la nature, les hybrides sont bien souvent stériles.

    L’absence d’unité de volonté s’est montrée à plusieurs reprise. Des militants et militantes NPA ont ainsi déclaré qu’ils et elles hésitaient entre l’abstention et le vote Poutou. Beau coup de poignard dans le dos du candidat. Plusieurs raisons à cela, contradictoires sans s’exclure mutuellement : d’une part un sincère attachement à l’idée que cette élection est une bataille perdue d’avance, et un constat que le NPA peut y laisser des plumes et y perdre en crédibilité.  D’autre part, le fait que le mouvement de boycott prend de l’ampleur : Boycott 2017 ; Génération Ingouvernable. Le NPA, organisation sans physionomie politique, voit certaines de ses fractions hésiter à rejoindre cette ligne. Flairant la bonne affaire, ils et elles cherchent à se positionner, à faire leur nid. Si Poutou échoue, ou plutôt lorsqu’il échouera, sans surprise, sans vergogne, les militants NPA déclarerons les élections nulles et clameront que leur idée était -dès le début- de boycotter.

    Comme en 2012, où les fractions du NPA s’étaient attaquées les unes les autres, pour la répartition de la trésorerie, notamment, Philippe Poutou se retrouve avec un staff diminué, divisé, tiraillé. Ce n’est pas une situation enviable. Nous ne doutons pas de sa sincérité, ni du fait qu’il soit humainement sympathique. Cela ne facilite pas, évidemment, le fait de le voir haché menu par les piranhas de la bourgeoisie.

    Lors de sa première prestation, dans l’émission On N’est Pas Couché, présenté par Laurent Ruquier, le candidat s’est fait écharper, humilier, par le présentateur et son équipe. Déjà, nous avions commenté cela dans notre article Les communistes ne rampent pas devant la parodie de démocratie des bourgeois.

    Le nouveau round, samedi, a été commenté par Julien Salingue par ces termes : Philippe Poutou invité chez Ruquier hier soir, ou le nouvel épisode de « Un ouvrier, c’est là pour fermer sa gueule ».

    L’arrogance et le mépris social dont fait preuve cette petite caste, incapable de supporter la moindre critique, sont à vomir.

    En effet, malgré un avertissement sec la dernière fois, malgré cette humiliation, le candidat du NPA a été dominé, écrasé, par le jeu de perturbation des présentateurs, des intervenants, lesquels ont taillé en pièce son discours, au point de le rendre inintelligible. Une stratégie politique, même fausse, demande du temps pour être étayée, développée, expliquée. Cela n’était nullement le cadre ou le lieu, le format de l’émission, de base, ne s’y prêtant pas. Même avec les meilleures intentions du monde, Philippe Poutou partait déjà perdant, face à la répartie, la punchline, qui est le point central de cette émission.

    Pour enfoncer le clou, les présentateurs ont même insisté sur l’aspect de double face du candidat, souriant ici, mais incisif sur les réseaux sociaux.

    Cette séquence, même pour nous tenons la ligne de l’abstention, qui considérons que la stratégie du NPA est fausse et opportuniste, n’en est pas moins désagréable à regarder.

    Sur les réseaux sociaux, on s’étonne, on s’indigne, on crie à l’insolence au mépris de classe.

    Mais, et nous nous adressons à tous les militants et militantes, à quoi vous attendiez-vous ?

    Seriez-vous devenus naïfs au point de croire que les médias, les émissions de divertissement, sont neutres ou amicales envers les militants progressistes ? Qu’ils vont accueillir avec des sourires, avec de la tendresse, de la compassion, ceux qui défendent l’idée d’un partage des richesses -même réformiste- comme Philippe Poutou ?

    Cette indignation, qu’elle soit légitime ou jouée sur un air faussement choqué, doit cesser.

    Elle doit se muer en résolution.

    Que croit-on ? Que la bourgeoisie est fair-play, qu’elle accepte qu’on l’attaque, qu’on la dénonce, qu’on la pointe du doigt comme la responsable des maux de la terre ? Non, elle se rebiffe.

    Elle corrompt.

    Si elle ne peut corrompre, elle humilie et salit.

    Si cela ne suffit pas, elle tue.

    La grande faiblesse de Philippe Poutou, comme de nombreux « révolutionnaires », qui, au final, sont des humanistes romantiques, c’est de ne pas avoir attaqué. D’avoir voulu être le gentil, la victime des méchants. Cela colle bien à l’image de son parti, de sa révolution romantique, rêvée, jamais construite.

    Nous ne sommes pas là pour être les gentils, pour être les victimes, nous sommes ici pour battre la bourgeoisie.

    Nous ne sommes pas ici pour être humiliés mais pour gagner.

    Nous savons que, lorsque la bourgeoisie fait mine de nous donner la parole, c’est pour -au mieux- faire une répétition d’un « diner de cons », au pire pour nous assaillir sous les tonnes de mensonges anticommunistes.

    Il ne saurait en être autrement dans une société divisée en deux classe antagoniques.

    Ce qui est, fondamentalement, le véritable scandale, c’est de croire encore en la bienveillance de nos ennemis, que de leur tendre le cou pour qu’ils nous décapitent.

    Ce qui est fondamentalement notre faiblesse, c’est -une fois sorti des discours- cette tendance que nous avons à être bernés par des pièges grossiers.

    Si nous voulons gagner, nous devons grandir, briser définitivement les mythes, dont ceux des médias neutres, ceux de l’Etat neutres, ceux des élections « démocratiques. »

    Pour gagner, nous n’avons pas besoin de candidats, de pétitions, de supplications, mais de militants, d’organisation. Nous avons besoin d’un Parti, d’un Front.

     

    Cessons de croire dans la bourgeoisie. Cessons de jouer ses jeux truqués.

    Croyons uniquement en nos propres forces ! Ne comptons que sur elles !

  • Shaoyo Liu ; un décès qui en dit long.

    Shaoyo Liu ; un décès qui en dit long.

    Dimanche 26 mars 2017, dans le XIXe arrondissement de Paris, une intervention de la Brigade Anti Criminalité débouche sur un mort par balle. Shaoyo Liu, ressortissant chinois, 56 ans, père de famille, perd la vie, abattu par un des agents.

    Avant toute chose nous adressons aux proches, aux amis, à la famille de Shaoyo Liu, nos plus sincères condoléances.

    Pour ce qui est des circonstances du décès, l’entrée de la police dans l’apparemment est le dernier point sur lequel toutes les versions s’accordent. Ce point franchi, la version de ses filles, présentes sur les lieux, et celles des agents divergent fondamentalement.

    Les filles de Shaoyo Liu expliquent que leur père a été abattu de sang froid, alors qu’il préparait à manger. Elles estiment que l’intervention des forces de police fait suite à une dénonciation imaginaire et calomnieuse, venant de voisins hostiles.

    Les agents de police estiment avoir agi en légitime défense, attaqués à coup de ciseaux à poisson par la victime. Ils déclarent également avoir été appelés pour des heurts et des violences.

    L’une et l’autre des deux versions s’excluant mutuellement, il est clair que l’une ou l’autre est fausse. Cependant, sans complément d’information, adhérer l’une ou l’autre revient à un acte de foi.
    Notre organisation n’estime pas possible de remplacer une véritable enquête, et se méfie des actes de foi, de l’emporte-pièce. Cependant la longue liste de scandales liés aux crimes policiers tend à ne pas nous aiguiller vers une confiance quant aux déclarations des agents de la BAC. Ceux-ci sont d’ailleurs soigneusement sélectionnés, au sein des forces de police, pour des caractéristiques telles que l’agressivité et la brutalité.

    Indépendamment de ce que nous pourrions soupçonner comme racontars de la part d’agents assermentés, nous considérons qu’il n’est pas nécessaire d’agir par foi pour prendre des positions et tirer des conclusions de cet acte.

    Ce décès est tel un éclair dans une salle obscure. Il rend instantanément visible, sous des traits accentués par un clair-obscur, les contours et les détails de l’ensemble.

    Cette mort est révélatrice de nombreux aspects de la situation au sein de notre Etat, tout comme dans les relations internationales.

    Premièrement, le traitement médiatique de l’affaire fut empreint d’un racisme terrifiant, inconcevable. Shaoyo Liu s’est retrouvé réduit à la formule « un chinois. » Bien souvent, les termes en restaient là. Il n’était ni M. Shaoyo Liu, 56 ans, ni un ressortissant chinois, ni quoique ce soit d’autre qu’un « chinois » 1/1 200 000 000ème d’un bloc interchangeable, anonyme, de titulaires d’une citoyenneté.

    Ce traitement méprisant fait écho aux manifestations d’un racisme latent dans la société française. Si celui-ci ne s’exprime pas ouvertement avec la même virulence que celui qui touche les communautés issues du monde Arabe, du Moyen-Orient ou d’Afrique Subsaharienne, il n’en existe pas moins.

    Une de ces racines se trouve dans le système colonial, qui a pillé la Chine, la Corée, les composantes de l’ex Indochine, la Thaïlande, les Philippines…etc. Ce colonialisme a marqué au fer rouge de stéréotypes infâmants les habitants de ces régions. Le mépris des peuples colonisés joue toujours, quand bien même les français ont subit de terribles revers dans ces régions.

    L’exploitation et le tourisme sexuel ont forgé un autre aspect, un aspect de fantasme pervers et exotique envers les femmes, les hommes, les transgenres de ces pays. Cela se ressent dans les rapports sociaux pénibles et les projections de fantasmes que les personnes typées asiatiques peuvent endurer.

    Nous mêmes, qui nous revendiquons du maoïsme, découvrons ce regard étrange. Bien souvent, cette idéologie est dénigrée, ravalée au rang de folklore politique, mélangée aux cultures et religions d’Asie Orientale. Nombre de nos détracteurs jouent sur ce regard méprisant pour le qualifier de « secte politique », de « communisme de rizière. » C’est une belle manière de montrer son ignorance politique. Lorsque nous disons « léninisme », nous voyons un regard qui n’est absolument pas le même que lorsque nous disons « maoïsme. » De même nous ne doutons pas qu’une certaine négation des apports de Mao ou de Ho Chi Minh provient également d’un dénigrement des idées issues d’ailleurs que de l’Europe.

    Les immigrés issus de l’Asie subissent toujours ce poids du passé de domination, ils sont rudoyés, moqués, agressés. Le stéréotype de la famille chinoise sale, vivant dans des appartements bondés, à la vie rude. Les actes de violence entrepris à l’encontre de ressortissants et d’individus d’origine chinoise le 4 septembre 2016.

    Ce racisme se retrouve y compris dans les rapports entre les différentes composantes de l’immigration, où chacune des origines entretiennent un mépris de l’autre, y compris de la part du prolétariat « français », dans une mise en concurrence dont le plus grand bénéficiaire est le grand capital.

    Le second aspect, celui entre les lignes duquel on peut lire la vérité, est l’invraisemblable mépris de classe, raciste, dont est coutumière la police. Il est clair que ce mode opératoire, l’usage d’arme à feu, de la force létale, est étroitement corrélé au tissu social du lieu de l’opération. Une telle situation, place Vendôme, n’aurait jamais débouché sur l’ouverture du feu.

    Nous ne doutons pas non plus que la couleur de peau, l’origine ethnique, joue régulièrement dans la manière dont les actes de police se déroulent. Le racisme larvé se niche particulièrement dans les forces de police, où « l’humour de caserne / commissariat » n’est que la partie émergée d’un iceberg de xénophobie.

    La répression brutale des mobilisations pour dénoncer le racisme illustre ainsi cette violence étatique et ce mépris de la vie humaine. Elle illustre également ce vers quoi tend la répression bourgeoise.

    L’Etat d’urgence, la mise en place de nouvelles dispositions juridiques issues des mobilisations de policiers, tout ceci concourt dans le fait de faciliter la bavure. Il est notable que les prétendus progressistes qui se sont fait laquais  de la police ont joué, ici, un rôle particulièrement néfaste. La mobilisation de Force Ouvrière SGP Police contre l’équipement de caméras d’intervention ; leur volonté de ne pas « fliquer les flics », sont une des bases matérielles des crimes policiers. Les relais politiques -notamment Lutte Ouvrière, qui se présente sous le nom de la « candidature des communistes »- ont également fait pression pour défendre les intérêts particuliers des agents de la répression.

    L’impunité, l’absence de réaction de l’IGPN, l’absence de condamnation de la police, le poids de leur lobby, tout ceci envoie un signal très fort : il est possible de tuer sans être inquiété. Cette idée ne pouvait être hors de l’esprit des agents de la BAC, lorsque cette situation là s’est déroulée, ce soir de mars, où Shaoyo Liu est tombé. Tout au plus cela se serait terminé en blâme, ou en une condamnation inapplicable.

    Habituellement, un immigré tué n’entraîne que peu de grondements. Cependant, le Chine voit d’un très mauvais œil les mésaventures de ses ressortissants, qu’ils soient touristes ou membres de la diaspora.

    Des articles ont dénoncé ainsi le rôle que pourrait jouer la mafia, l’ambassade de Chine, les relais et les réseaux dans la mobilisation. Si l’Etat s’en est servi pour tenter de décrédibiliser la mobilisation, nous, répondons par un haussement d’épaules.

    Cela ne remet absolument pas en cause le fait que cette mobilisation illustre une réalité.

    Il est parfaitement logique que les pouvoirs politiques de la Chine usent de cette affaire. Cela n’en fait pas des saints pour autant, mais révèle les ambitions de l’Empire du Milieu. Le fait que nous nous revendiquions des écrits de Mao Zedong ne fait pas de nous des prochinois. En revanche, nous pouvons tisser des hypothèses.

    La Chine, malgré sa montée en puissance sur la scène internationale, souffre encore d’un déficit de relais, de sympathies, et d’un manque de leviers . La réaction de celle-ci est donc une manière de marquer le coup, de déclarer qu’elle protégera ses concitoyens. Elle l’use également pour se présenter du coté des opprimés, des victimes d’un occident barbare et colonial. C’est une manière de gagner en crédibilité et en sympathie. C’est également une manière de pouvoir exercer une pression diplomatique sur tel ou tel pays.

    Cette affaire est donc révélatrice d’un grand nombre d’aspects. Elle illustre également une dernière chose : la Police ne sera jamais du côté du peuple. Le Parti de Gauche, signataire de la manifestation contre les violences policières, appelle à une police républicaine et déontologique. Cette ligne est partagée par bien des organisations politiques se plaçant à la « gauche de la gauche. »

    A la « gauche de la gauche », certes, mais tout de même dans le camp du réformisme, de l’Etat bourgeois et de son ordre.

    Les communistes savent que l’Etat bourgeois possède une nature de classe, qu’il est un outil conçu, organisé, structuré, pour maintenir l’oppression, le pouvoir des bourgeois, l’exploitation.

    Les défenseurs de la Police sont les complices des assassins.

    Nous n’oublions pas le nom de Liu Shaoyo, pas plus que nous n’oublions celui de Medhi, d’Adama, de Wissam, d’Umut…

    Contre le pouvoir bourgeois, contre les tueurs de l’Etat, résistance et unité populaire !

     

     

  • Guyane : le bal des impérialistes.

    Guyane : le bal des impérialistes.

    Nous retransmettons les revendications émises par le Mouvement de Décolonisation et d’Émancipation Sociale le premier octobre 1997.

    Ces revendications sont toujours légitimes et nécessaires.

    Sans être une déclaration de guerre contre l’Etat colonisateur, elles représentent quelque chose d’infiniment supérieur à tous les discours de compradores, de clients, de l’impérialisme français. Elles posent la volonté d’une rupture entre la métropole et la cage de fer qu’elle tisse sur le sol Guyanais. 

    Nous saluons la lutte menée par les guyanais et guyanaises contre le dépeçage de leur pays, la spoliation de leur terre, l’exploitation, la misère.

    Nous soutenons leur mot d’ordre de lutte contre l’impérialisme français, contre l’occupation, tout comme nous saluons toutes volontés d’indépendance.

    Les Communistes ont pour tâche de lutter contre leur propre impérialisme, de briser ses serres.

    A l’heure où certains caractérisent la Guyane comme un bijou, comme la perle de l’impérialisme français, nous la caractérisons comme un espace d’où l’impérialisme français doit être chassé.

    Dans l’actualité, pourtant, c’est le carrousel des chauvins et des impérialistes:

    Benoît Hamon a ainsi dit qu’il était « le seul candidat à proposer de doter les Outre-mer d’un fonds pour l’égalité réelle de 2,5 milliards d’euros sur 5 ans ». Il a indiqué « maintenir la sur-rémunération des fonctionnaires ». Une manière de maintenir une élite coloniale bien disposée. Grassement payés, les fonctionnaires venus de la métropole ne risquent pas de remettre en cause leurs avantages.

    François Fillon, lequel a probablement d’autres chats à fouetter, s’est contenté d’un laconique trait sur une situation étant « la conséquence de l’échec de la politique de François Hollande. »

    Marine Le Pen a éructé, comme à son habitude, des platitudes sans nom. « J’ai vu et j’ai compris que nos compatriotes de Guyane n’en peuvent plus, ils sont comme nous tous, ils n’en peuvent plus d’une immigration massive; de l’insécurité qu’elle génère, quand 50% des détenus en Guyane sont étrangers; que la Guyane soit devenue le département le plus criminogène de France; de la saturation des services publics et de ne plus avoir accès à des services de santé débordés. (…) Je nommerai un ministre d’Etat de l’Outre-mer et de la Mer qui, en Guyane, s’attellera à la lutte contre l’immigration, l’insécurité, au développement économique, au travail de désenclavement ».

    Au fin fond d’un système colonial pourrissant, Marine Le Pen réussit le tour de force de parler de l’immigration. Quelle ironie mordante, dans une région occupée et colonisée par un conquérant venu de l’autre côté de l’Atlantique, que de vomir la haine sur les habitants de l’autre côté du fleuve.

    Ce n’est nullement une surprise. Mais la palme de l’impérialiste le plus splendide revient sans conteste à Jean Luc Mélenchon, lequel, non seulement, trouve à s’exprimer de la manière la plus cocardière possible, mais, encore, réussit à flétrir l’impérialisme américain. Vendre notre impérialisme comme plus doux, plus humain, plus inspiré par les Lumières, quelle audace.

     « C’est à la Guyane française à laquelle nous adressons un immense salut de solidarité! La Guyane, c’est nos petits chéris, c’est la France en Amérique du sud, tel que, si j’étais élu, nous prendrions place non pas comme le fourgon de l’armée nord-américaine mais comme un partenaire direct avec les pays de l’Amérique latine, puisque la France est un pays d’Amérique latine! »

    Non seulement Jean Luc Mélenchon ne veut pas entendre parler d’indépendance, de décolonisation, mais il tente d’emballer l’impérialisme français dans un costume de velours. Voilà qu’il veut lancer les tentacules du 4ème exportateur d’armes mondial, de la 6 ème ou 9 ème puissance mondiale [selon la méthode de calcul], à l’assaut de l’Amérique Latine.

    Son bijou, sa perle, à porté d’autre noms avant : Indochine, Algérie…

     

    Nous savons quel genre de partenaires notre impérialisme a été.

    Nous sommes des occupants, non des partenaires.

    Quant à la réponse aux problèmes, selon lui, la voici : « Ce sont les questions que nous mettons à l’ordre du jour: la disparition de l’Etat qui a plongé la société dans le chaos, des richesses immenses que personne ne pense à utiliser d’une manière respectueuse de la nature. »

    Ni critique du capitalisme, ni de l’impérialisme. Et pour cause, sa base sociale se trouve dans la petite bourgeoisie et dans l’aristocratie ouvrière. Ceux-là même qui touchent les miettes de la domination coloniale et néocoloniale. « Sous la VIème République, l’impérialisme sera transfiguré, deviendra l’ami des peuples, son outil d’émancipation.  » Voilà, en somme, la teneur de ce discours.

    L’élection présidentielle démasque chacun des acteurs qui la compose comme des valets de la bourgeoisie, des grands monopoles économiques, de l’impérialisme.

    Rien à attendre de ce côté.

    Nous n’avons pas besoin d’un impérialisme plus beau, mais bien de sa défaite.

    Nous avons besoin d’une union rassemblant les forces révolutionnaires, progressistes, anti-impérialistes qui se battent au sein de et contre l’Etat Français.

    Nous devons battre le chauvinisme et le social -impérialisme.

    Halte à l’impérialisme français !

    Hors de Guyane ! Hors des colonies !

  • Guyane : mobilisation massive dans la colonie.

    Guyane : mobilisation massive dans la colonie.

    Samedi 25 mars, 37 organisations syndicales ont lancé un appel à la grève générale. La Guyane est perturbée par des mobilisations massives, des grèves, des barrages routiers. A tel point qu’un lancement de fusée, prévu à la base de lancement de Kourou, a du être reporté. Air France annonce qu’elle repousse ses vols jusqu’au lundi 17 mars, obligeant même certains long-courriers à faire demi-tour.

    La colonie vit à un rythme ralenti depuis déjà plusieurs jours. Écoles, universités, installations portuaires, administrations sont fermées ou en solidarité, ou sous la pression du mouvement de grève. La liste est longue et s’allonge encore.

    Les agents EDF, le personnel hospitalier, les employés de la Caisse d’Allocation Familiale, les transports, les agriculteurs…en somme l’ensemble de la société guyanais à par les laquais les plus zélés de l’impérialisme, s’est joint à la grève.

    Un collectif, nommé « Pou Lagwiyann dekolé », rassemblant la quasi-totalité des acteurs de ce mouvement de protestation, s’est fondé. Militants syndicaux, notamment de l’UTG, mais également politiques, anticolonialistes et indépendantistes. La société civile n’est pas en reste, et prend activement parti dans ce mouvement de colère. Ainsi, les « 500 frères », organisation d’autodéfense, s’est invitée dans le débat, prenant notamment à partie Ségolène Royal.

    Les raisons de ce mouvement : la Guyane, bien que « département français », vit dans une situation digne d’un des Pays les Moins Avancés. Rongée par la misère, vivant d’expédiant, une partie de la population verse dans la criminalité pour tenter de survivre. Ceux et celles qui, pensant trouver un eldorado mirifique, franchissent la frontière avec le Surinam voisin, viennent s’entasser dans des quartiers ghettos crasseux. Tout cela alimente un racisme latent, savamment entretenu par un colonisateur qui redoute l’union des exploités.

    La Guyane n’est pas une carte postale. La gendarmerie ne rechigne pas à faire disparaître les orpailleurs clandestins. La légion, qui protège le centre de lancement de Kourou, s’en donne à cœur joie, par ailleurs, entretenant une affluence de proxénètes et de leurs réseaux de vente de chair.

    L’Etat français s’y accroche avec vigueur: ce joyau tropical est la base de lancement de l’ESA, ce qui glorifie notre coq national. Le sous-sol guyanais n’est pas avare de richesses et la terre est volée, sans ménagement, aux amérindiens, lesquels ont rejoint le mouvement. Cerise sur le gâteau, la façade maritime de la Guyane contribue à agrandir la Z.E.E., tant vantée par les chauvins.

    Si nous ne connaissons pas encore bien les acteurs de ce mouvement, si certains semblent prendre des postures plus progressistes, d’autres plus réactionnaires. Un travail d’enquête est encore à mener pour discerner les différentes lignes. Cependant, nous ne pouvons que saluer la direction générale que prend ce mouvement, qui rejette fondamentalement la tutelle de la métropole.

    L’ennemi, c’est l’impérialiste français. L’ennemi, l’exploiteur, celui qui vit de leur travail, qui usurpe les infrastructures que les habitants ont construit, qui exploite la forêt, le pas de tir. La France doit partir, doit être chassée !

    L’élection, qui approche, n’a qu’une seule ligne sur laquelle chaque candidat est en accord : l’impérialisme français prévaut !

    L’Etat français envoie ses sbires, ses agents, pour calmer le jeu, pour corrompre, pour acheter. Si cela n’est possible, il viendra détruire. Les manifestants ont refusé de reconnaître la légitimité de la délégation ministérielle.

    Du FN jusqu’au tribun Mélenchon, si avisé d’épingler ses adversaires dans les débats, mais si pressé de se faire complice des impérialistes, en twittant « la Guyane, c’est la France.  » Nous ne doutons pas qu’en d’autres temps, un autre nom de colonie aurait aisément remplacé celui de la Guyane.

    « Nous écoutons leurs malheurs », nous disent les sociaux impérialistes. Mais le plus grand malheur de chaque partie  du globe dominée par les impérialistes, c’est leur présence. Le plus grand coup de poignard qu’il est possible de leur infliger, c’est de faire de la possession de ces terres une chose logique, cohérente, légitime.

     

     

    D’une seule voix, les peuples dominés réclament le départ des occupants.

    Nous joignons nos voix aux leurs, pour leur signifier notre soutien sans faille.

    Halte à l’impérialisme français ! Halte à ses agents !

    Vive la lutte de libération des peuples opprimés !

  • François Fillon, le mépris glacé de la bourgeoisie.

    François Fillon, le mépris glacé de la bourgeoisie.

    François Fillon, dont la campagne s’enfonce à chaque pas dans un tel bourbier, est pourtant en mesure de réussir un nouveau tour de force : Il a réussi à atteindre un nouvel Everest du haïssable.

    Intervenant auprès d’aides-soignants et aides-soignantes, dans une maison de retraite, le candidat des Républicains s’est montré d’une insensibilité invraisemblable à leur situation dramatique.

    Sous-payé, victime d’un manque de reconnaissance total, ce personnel épuisé, éreinté, travaillant dans des conditions édifiantes, ne réclamait pourtant que son dû : une paie complète et du repos.

    Fillon n’a trouvé à dire qu’une laconique phrase, se résumant ainsi : « vous faites 39h, comme nous. »

     

    Reconnaissons un mérite à François Fillon. Son incapacité à émettre un brin de chaleur humaine, à exprimer un brin de compassion, fait de lui un être franc. Cassant, froid, inhumain, mais franc.

    Fillon incarne, avec une perfection d’artiste, la pensée bourgeoise dans toute sa splendeur :

    Réactionnaire, pétrie de valeurs démodées, passéiste, sexiste, homophobe ;

    Sans pitié pour les travailleurs et les travailleuses, pour lesquels cette classe n’a pas la moindre compassion, la moindre empathie ou sympathie. Et pour cause, syn pathos, souffrir avec, Fillon ne le peut. Il ne le peut car il n’est pas en mesure de comprendre ce que cela signifie qu’une fin de mois difficile, qu’un travail qui étrangle, étouffe. Non, lui ne connaît que l’opulence des salons parisiens, ou, à l’extrême rigueur, de Sarthe. Il ne connaît que l’argent facile, le népotisme, le piston, les arrangements.

    Fillon ne peut comprendre ce que c’est un métier.

    Il ne peut comprendre, surtout, ce qu’est un métier réalisé dans des conditions dramatiques, où chaque jour ressemble au renflouement d’un Titanic qui ne demande qu’à sombrer.

    Fillon ne peut pas comprendre ce que c’est qu’un métier rendu absurde par l’étranglement des moyens, par le management idiot, par des moyens inadaptés.

    Il n’en comprend pas les composantes humaines, le rapport aux patients, il n’en voit que l’aspect comptable.

    Cet aspect comptable, la bourgeoisie le connaît bien, en revanche. Le comprend bien. Un denier dépensé pour prolonger la vie d’un inutile, n’est-ce-pas un mauvais calcul ?

    C’est ce rapport, ce lien uniquement financier, qui pousse François Fillon à s’exprimer en disant : « Vous voulez que je fasse de la dette ? »

    Sa réponse devait tomber comme un couperet, comme le tranchant d’une lame, pour en finir avec ce débat. Pour François Fillon, cet argument est le point Godwin-bis des bourgeois.

    Pour ses interlocuteurs, ses interlocutrices, c’est un coup de poing absurde, qui ne peut que sonner comme un « en plus, il faut payer ? »

    Fillon, iceberg sans états d’âmes, ne fait pourtant que traduire la réalité qui a mené à cela. Cette dette érigée en seigneur intégral, qui a poussé le gouvernement prétendument socialiste à poursuivre l’œuvre de ses prédécesseurs. Cracher sur Fillon est une chose, mais il n’est que l’agent, le laquais.

    Les autres candidats ne commettront pas l’erreur de le mentionner à haute voix. Mais fondamentalement, tous se logent à la même enseigne. Tous savent, dans leur fort intérieur, que derrière la démagogie, derrière les sourires, les promesses et les discours, derrière tout cela, il y aura une terrible réalité.

    C’est celle d’un système économique pourrissant, vicié, incapable de répondre aux besoins de la société. C’est celle d’un système qui recule même, qui ravale même les miettes arrachées de haute lutte.

    Quoiqu’ils, ou elles, en disent, quoiqu’ils ou elles promettent, tout le jeu de l’élection se déroulera dans ce système qui ne tient pas ses promesses.

    Les communistes authentiques, non les pâles copies qui salissent notre drapeau, ne mentent pas là dessus. Pour balayer la dette, pour faire éclater d’un coup le carcan qui entrave le système de santé, il faut plus qu’une loi, plus qu’une promesse.

    Les bourgeois, les bourgeoises, vivent exemptés d’impôts, exemptés de charges fiscales. Par la corruption, la manœuvre, la tricherie, sous les yeux complices de la justice, ils et elles échappent à toutes sanctions. Ce sont eux, la dette. Ce sont leurs malversations que nous payons. Malversations effectuées par l’argent qui est pris aux travailleurs, par l’exploitation.

    Leur demander de payer cela, d’être honnête, n’entrainerait que rires gras et moqueries.

    Il faut une révolution.

    C’est ce dont nous avons besoin.

    Pas d’une « insurrection citoyenne », ou d’un autre gag, mais bien d’une révolution qui porte au pouvoir le Parti représentant les intérêts des travailleurs et des travailleuses. Pas seulement pour faire beau, mais pour pouvoir transformer la société.

    Il faut une révolution qui chasse les parasites vivant des rentes de la dette de l’Etat. Qui saisisse les moyens de production, usurpés par une classe sociale inutile et improductive. Qui les remette entre les mains du peuple tout entier, pour que plus jamais l’exploitation de puisse exister.

    Les bourgeois et les bourgeoises, nous ne les oublierons pas !

    Nous leur ferons découvrir le travail, honnête et productif.

    Nous leur ferons découvrir le labeur des ateliers, des hôpitaux, des bureaux, des champs.

    Mais qu’ils se réjouissent ! Ils n’auront jamais à découvrir ce qu’ils ont fait subir, des années durant, aux travailleurs, aux travailleuses. Ils et elles auront la chance de travailler dans un système où l’exploitation sera abolie, où les fruits du travail seront pour toutes et tous.

    Ils et elles auront la chance de participer à cet effort commun, de se réhabiliter, de se racheter, de ne plus être ces pantins glacés, venus vomir leur bile sur les travailleurs et travailleuses de la santé, un beau matin de mars.

    Mais qu’ils soient avertis, car ils entravent cette avancée vers ce soleil radieux, qu’ils soient avertis par les mots prononcés par Lénine : « Et si vous, exploiteurs, tentez de résister à notre révolution prolétarienne, nous vous réprimerons impitoyablement, nous vous enlèverons vos droits politiques; bien plus nous vous refuserons le pain, car dans notre république prolétarienne, les exploiteurs n’auront pas de droits, ils seront privés d’eau et de feu, car nous sommes des socialistes pour de bon. »

  • Mener la bataille d’anéantissement idéologique

    L’une des caractéristiques fondamentale du mouvement communiste est le fait qu’il n’est pas mû par l’idéalisme. Au contraire, il est mû par des thèses scientifiques, des observations, des analyses, des déductions.

    C’est ce fond scientifique qui fait sa force. Les conceptions fausses, qui sont empreintes de subjectivisme ou qui tordent la réalité, pour la faire coller aux désirs de ceux qui les émettent, en sont bannies. Cela ne se fait, en revanche, pas de lui même, d’où cette nécessité de lutte idéologique permanente et implacable.

    Lorsqu’une position est fausse, elle est fausse, lorsqu’elle est juste, elle est juste. Et ce, indépendamment de la qualité de la personne qui émet cette thèse. Nos ennemis sont, d’ailleurs, des experts dans le fait de cibler des failles insoupçonnées dans notre cuirasse. N’écartons pas hâtivement leurs attaques, sans les avoir étudiées auparavant.

    Une grande partie des déviations idéologiques, du retour d’idées fausses, de l’intrusion des concepts postmodernistes dans les organisations militantes provient de l’abandon progressif du lien entre science et militantisme.

    Ce rejet de cette machinerie faite pour broyer les idées fausse explique que ces organisations piétinent, peinent à présenter une alternative crédible, et finalement s’effondrent entre tendances sectaires et laquais des sociaux-démocrates. Laissant le sentiment dicter sa ligne, refusant de combattre le subjectivisme pour ne pas contraindre ou froisser l’individu, ces organisations incarnent le pourrissement de la pensée petite-bourgeoise.

    Ne font pas mieux ceux qui essaient de faire cohabiter, sous le même toit, le réformisme et la révolution, qui refusent de trancher et d’expliciter leurs positions. Ceux et celles qui laissent le flou envahir tout, sous prétexte d’unité, se mettant ainsi à la remorque de l’aile droite de leur organisation.

    L’idéologie est une lame de rasoir, tranchante et affûtée. Scalpel permettant de disséquer la réalité, les accrocs à sa lame doivent être corrigés avec rigueur. Un scalpel sans tranchant n’est qu’un couteau à beurre.

    Entretenir ce tranchant est une nécessité vitale pour les militants et militantes communistes.

    Ces militants et militants ont, par ailleurs, une quadruple nature à acquérir. Notre faiblesse numérique ne nous permet pas de pouvoir réagir autrement qu’en ayant à notre disposition une maîtrise idéologique qui permette, dans une certaine mesure, de compenser.

    Les militants et militantes communistes doivent être à la fois:

    Des militants:La tâche première des communistes est d’être dans les luttes, auprès des masses. Cette tâche est essentielle. Sans elle, les communistes ne sont que des phraseurs et des gourous, mais pas des combattants avançant vers la révolution. C’est ce lien vivant que nous devons entretenir avec les classes populaires, les travailleurs, avec ceux et celles qui subissent l’exploitation et l’oppression. Ces tâches recouvrent à la fois le travail syndical, la lutte antifasciste, la présence dans les organisations de masse et les associations. Ces fronts ne doivent pas oblitérer la primauté de la lutte politique sur le reste. Car c’est bien par la politisation que les consciences évoluent, non par le fait de rabâcher sur le vécu des masses.  

    C’est l’aspect pratique du travail, c’est également celui qui fournit les matériaux de base pour parvenir à en tirer des conclusions, correspondantes à l’état d’esprit et à la réalité du vécu des masses.

    Des scientifiques, dans le sens où nous devons, par notre activité, pratiquer l’enquête parmi les masses. Mais également dans le sens où nous devons être capable d’utiliser ces enquêtes pour en tirer des conclusions efficaces, pour en comprendre ce qui est une position juste d’une position fausse. Pour cela, il ne nous suffit pas de maximes toutes faites, de citations à l’emporte pièce, mais bien de se hisser le plus possible vers la maîtrise la plus poussé de la philosophie, de la théorie marxiste, de l’idéologie léniniste enrichie, mais également de la capacité d’en tirer des lignes justes et efficaces. C’est par cette fusion des deux que nous pouvons établir un plan d’action cohérent, qui guide notre travail militant. C’est ce qui fait que nous ne sommes pas que des individus, pétris de notre expérience individuelle, mais que, grâce à notre connaissance, nous avons l’âge de l’humanité, son expérience derrière nous. C’est ce qui nous hisse au delà de l’horizon.

    Nous ne devons d’ailleurs pas proposer, contrairement aux discours des réformistes et des réactionnaires, des alternatives, des retours en arrière par rapport au capitalisme. Ce que nous proposons est supérieur.

    C’est l’aspect théorique du travail.

    Nous devons être également des propagandistes, car ce que notre militantisme a fait remonter, il  nous faut le retransmettre. Cette tâche de diffuser l’idéologie, de lutter idéologiquement contre les idées réactionnaires, d’appuyer les éléments les plus avancés, est essentielle. Elle revient à être capable d’appliquer la ligne de masse. Ce travail, si il est exécuté avec présomption, détaché de la réalité, pour les masses, sera erroné et inutile. Si il est également trop basique, il ne permettra pas de faire avancer la maturité politique de celles-ci. l’ensemble de la chaîne, formée par les différentes tâches, doit donc être ajustée au mieux pour être en adéquation avec le travail attendu.

    Organisateurs, car la construction de notre organisation doit lui permettre de gagner en influence, de recruter, de former. C’est également celle qui nous permet de pouvoir avancer vers la construction de l’outil qui nous manque: le Parti Communiste.  Négliger cette tâche, c’est en rester aux cercles, aux cliques, au localisme, au sectarisme. La faire primer sur tout, sans accorder la moindre force au militantisme de terrain, donc au lien vivant avec la classe ouvrière et avec les masses, c’est s’isoler sous un dôme de verre déformant.

    Retirer un seul des maillons de la chaîne et l’ensemble s’enraille. Sans maîtrise idéologique, la ligne ne sera que celle d’un aveugle trébuchant. En rester à la remorque du spontanéisme, nous en reviendrions à être capable de soutenir pogroms et lynchages. Sans capacité à construire une ligne efficace, nous n’aurons qu’une clique de « sages de la montagne. » Sans organisation, tout ceci est vain, et nous serions philosophes entourés de fidèles, mais sans jamais pouvoir faire un pas dans ma bonne direction.

    De même, ne pas lutter contre les tendances réactionnaires, y compris au sein des masses, signfie un dangereux renoncement, une attitude de démagogue. Cette faute signifie les cautionner et les laisser se développer.

    En revanche, les traiter par l’autoritarisme, par la présomption et le mépris, cela serait également une faute terrible, laquelle nous placerait comme étant des donneurs de leçons, des maîtres à penser, des gourous.

    C’est dans la ligne de masse que se trouve le style de travail correct.

    C’est la jonction qui se fait entre la théorie et la pratique, c’est celle qui doit prémunir contre les maux terribles que sont l’aventurisme, de droitisme, le subjectivisme.

    Voila quadruple nature que doivent posséder tous les communistes, ainsi que le style de travail qu’ils et elles doivent développer.

    Il existe nombre de parcours, chez les militants se revendiquant du communisme. Certains, certaines, sont arrivés par la porte du militantisme de terrain, syndical, étudiant, par les luttes et les combats.

    D’autres sont arrivés par les livres, pas l’étude, par l’adhésion intellectuelle.

    D’autres , encore, par le goût de la provocation, du folklore, par l’envie de choquer un milieu petit bourgeois conformiste.

    Chacun a apporté son héritage, son parcours, qu’il ou elle soit influencé par l’anarchisme, le trotskisme, le révisionnisme. Chacun arrive avec son égo, ses préconceptions, le poids des idées bourgeoises ou réactionnaires, hégémoniques dans la société actuelle.

    Chaque trajectoire porte son lot de qualités et de lacunes, mais toutes doivent être capable de dépasser leur nature première et les conceptions erronées. La science infuse n’existe pas. Même le plus aiguisé des esprits, s’il n’est pas nourrit d’informations, ne peut arriver à des conclusions justes.

    Nous avons tous, sans exception, un long travail a mener pour avancer et constituer un réel noyau militant opérationnel. Pour cela nous devons être capable de lutter contre les thèses erronées, y compris celles que nous pouvons porter nous même, par la pratique de la formation, de l’entraide, de la critique et de l’autocritique.

    Balayer, oui, mais brûler les déchets.

    L’Etat Français hérite d’un bien triste passé

    La tradition proudhonienne, anarchiste, pèse son poids, depuis le XIXe siècle, charriant son lot d’arriérations sur l’autogestion, l’anarchisme, le syndicalisme révolutionnaire, malgré leurs insuffisances criantes. Ces courants anarchistes se sont mariés avec des éléments piochés de part et d’autres, les intégrant pour camoufler les failles les plus criantes. C’est cela qui forme la palette de diversité que nous connaissons actuellement. Une typologie de ces groupes serait fascinante -et épuisante- à faire.

    Impérialiste, l’Etat Français a été une base importante du social-chauvinisme, du révisionnisme et de la droitisation. La IIe Internationale avait son lot de zélateurs, à l’exemple de Jaurès, réformiste, de Guesde, belliciste chauvin.

    Le Parti Communiste Français, dès sa création, fut souvent critiqué par le Kominterm, pour sa pusillanimité envers les intérêts de la bourgeoisie, pour sa tendance à laisser entre les mains des sociaux-démocrates la direction, lors des fronts uni. Le PCF fut également un vivier de l’hitléro-trotskisme, à travers des individus comme Lambert ou Jacques Doriot. Pourtant de grands esprits sont parmi les rangs du PCF, Langevin, Politzer apportent un concours précieux.

    La Résistance permis aux cadres et aux militants les plus brillants de pouvoir exercer leurs talents d’organisateurs et de propagandistes. Cependant, elle causa également des ravages, des pertes difficilement remplaçables. Comme en URSS, la fine fleur du Parti est tuée, laissant des vides dans les rangs.

    Dans l’après-guerre le PCF se fourvoie en faisant par « patriotisme » le jeu des gaullistes et des américains. Piège fatal, que la conférence des partis communistes de 1947 pointa du doigt.

    Dès 1956, le PCF emboîte le pas sur la ligne moscovite, tournant le dos, sans discuter, au léninisme. Pire, de mauvais élève, il devint le parfait fer de lance pour attaquer le P.T.A. et le P.C.C., restés fidèles aux principes révolutionnaires. Dès lors s’en suit une longue spirale vers l’autodestruction. De l’ambiguïté de la Guerre d’Algérie à nos jours, chaque pas fut fait dans une direction diamétralement opposée à celle qui amène au socialisme.

    L’Etat français compte également une forte influence trotskiste, aidée en cela par les USA durant la Guerre Froide. L’alpha et l’oméga de cette opposition de « gauche » au P.C.F.: attaquer le léninisme. Ce sont ces cadres, des différent courants, qui forment actuellement l’ossature du Parti Socialiste et de la « France Insoumise », cette création du trotskiste chauvin Mélenchon.

    Les groupes Léninistes ou Maoïstes au sein l’Etat Français ont connu le pinacle de leur célébrité aux alentours de Mai 1968. Leur influence, sous la chape de plomb du P.C.F. est restée relativement marginale. Pourtant, posant la question du féminisme, de l’homosexualité, de la lutte contre le néo-colonialisme et du soutien au nations sans Etat, leur travail est à saluer. De même nous saluons la mémoire de Pierre Overnay, tombé sous les balles des réactionnaires. Bien des bilans critiques ont été tirés de ces expériences, ils contribuent à enrichir notre réflexion.

    Hélas, nombreux sont, en revanche, ces militants et militantes qui sont passés dans le reniement total, dans la trahison. L’arrivée au pouvoir, en Chine Populaire, de la clique de Deng Xiaoping, appuyée par Zhou Enlai, avait entrainé un phénomène assez similaire à 1956 : certains militants ou groupes maoïstes vont ainsi suivre la théorie pourrie des Trois Mondes, et s’enfoncer dans l’opportunisme.

    Notre héritage politique « franco-français » le voici donc. Nous sommes devant la tâche de, non seulement faire un tri conséquent, mais également jeter aux ordures les conceptions fausses qui ont la vie dure.

    La méthode de la lutte

    C’est dans se cadre que nous développons notre recherche de la bataille d’anéantissement. Nous considérons qu’il est une tâche essentielle pour la construction d’un Parti Communiste, au sein de l’Etat français, que de rechercher et de détruire les thèses fausses, les positions ambigües, les déviations.

    Nous savons que cela ne nous rends pas agréable, que cela ne nous rends pas aimables aux yeux de tous. Le confort du flou, du libéralisme politique, du centrisme et de l’éclectisme est bien doux. Mais ce n’est pas la tâche d’une organisation communiste que d’être tendre et cotonneuse. Au contraire ! Nous devons être durs avec nous même et traquer chez nous les faiblesses, pour permettre d’avancer. Nous devons également le faire chez les autres.

    Nous devons mettre à l’épreuve les dogmes, et pour cela, nulle meilleure école que celle qui a fait ses preuves : la méthode Léniniste.

    Comment ne pas songer à la période de la fin du XIXe siècle, du début du XXe, lorsqu’il est fait un inventaire de l’état politique des forces se revendiquant du communisme ? La présence du révisionnisme, du trotskisme, de l’anarchisme est grandiose. Grandiose et dévastatrice. Comment ne pas songer à la peinture qu’en fait Staline, dans Les principes du Léninisme, lorsqu’est abordé la IIe Internationale et sa physionomie politique ?

    Au lieu d’une théorie révolutionnaire intégrale, des thèses contradictoires, des fragments de théorie sans liaison avec la lutte révolutionnaire effective des masses, des dogmes abstraits et surannés. Formellement, on se référait encore à la théorie de Marx, mais uniquement pour la dépouiller de son esprit révolutionnaire.

    Au lieu d’une politique révolutionnaire, un philistinisme amorphe, une politique mesquine, des combinaisons parlementaires. De temps à autre, des décisions et des mots d’ordre révolutionnaires, enterrés aussitôt qu’adoptés.

    Au lieu d’apprendre au parti la tactique révolutionnaire véritable, par l’étude de ses propres fautes, on évitait soigneusement les questions épineuses. Quand, par hasard, on y touchait, c’était pour les estomper et terminer la discussion par une résolution élastique.

    C’est ce centrisme, cette incapacité à trancher les question d’une manière ferme. C’est cette esprit à double face, que nous dénoncions dans Kurdistan : choisir son camp, lettre ouverte à nos camarades, c’est ce qui fait qu’on se contente, pour paraître révolutionnaire, d’inscrire le nom de Marx dans les textes, de brandir un portrait de Lénine, une citation de Staline, mais de n’en jamais respecter les fondements. C’est ce qui permet à des thèses fausses, monstrueuses, d’exister et de survivre, tandis qu’elles ne résistent pas le moins du monde à l’examen.

    Ceux qui prétendent lutter, au sein de ces organisations opportunistes, ne le font qu’en ménageant les ennemis politiques, qu’en mettant au sommet de leur action la sauvegarde de l’unité. En faisant cela, non seulement se brisent les ailes, mais également deviennent des agents zélés de l’opportunisme à leur tour, en refusant de tracer des lignes de démarcation. C’est précisément ce que définit Les principes du léninisme concernant la IIe Internationale:

    Formellement, la IIe Internationale était dirigée par des marxistes orthodoxes comme Kautsky et autres. En réalité, son travail fondamental s’effectuait dans la ligne de l’opportunisme.

     Petits-bourgeois de nature, les opportunistes s’adaptaient à la bourgeoisie ; quant aux « orthodoxes », ils s’adaptaient aux opportunistes pour « conserver l’unité » avec ces derniers, pour maintenir « la paix dans le parti ».

    C’est l’attitude, par exemple, de l’opposition du PCF, qui -tout en se maquillant de léninisme- refuse de poser des questions portant clivage, de tracer une ligne de démarcation, en somme de régénérer son idéologie.

    Sauvegarder cette pseudo-unité signifie se mettre à la disposition, à la remorque des opportunistes.

    Or, dans l’Etat actuel des choses, nous n’avons guère à sauver de plus que nous sauver nous même de l’humiliation. De l’humiliation de voir le terme communiste trainé dans la boue par les révisionnistes et les trotskistes.

    Et la voie pour nous en sauver est celle de la critique, de l’autocritique, des l’analyse de nos fautes, mais également le chemin de la guerre idéologique, envers et contre toutes les thèses qui éloignent, qui rapetissent l’idéologique communiste.

    Cette critique et autocritique n’est pas le fait de pointer du doigt des fautes, de demander des excuses, comme le comprennent certains esprits étroits, mais il s’agit bien d’un travail idéologique profond, complexe, qui consiste à comprendre l’arbre de causalité qui amène à une position fausse, et de déceler les moyens de la régler. Ceux qui en ont une approche superficielle, dogmatique, fétichiste, ceux qui l’utilisent comme outil d’agression, et non de résolution, ne font qu’agir en anticommunistes et en antimarxistes.

    « L’attitude d’un parti politique envers ses fautes est un des critériums les plus importants et les plus sûrs de son sérieux, de son aptitude à s’acquitter de ses devoirs envers sa classe et les masses laborieuses.

    Reconnaître ouvertement une faute, en découvrir les causes, analyser la situation qui l’a provoquée, examiner attentivement les moyens de la réparer, c’est là l’indice d’un parti sérieux, c’est là, pour un parti, ce qui s’appelle faire son devoir, faire l’éducation de la classe et, partant, de la masse. D’aucuns déclarent que l’autocritique est dangereuse pour un parti qui, dévoilant ses propres fautes, donne ainsi à ses adversaires des armes contre lui. Lénine considérait cette objection comme dénuée de sérieux et de fondement.

    (…)

    Ce qu’il y a dans la méthode de Lénine se trouvait déjà virtuellement dans la doctrine de Marx qui, «dans son essence, est, comme le dit Marx lui-¬même, critique et révolutionnaire». »

    L’Unité Communiste de Lyon n’est pas une organisation dont dans l’existence vise à être un cercle d’amis, mais de constituer une organisation. Autant il est important, essentiel, d’être compréhensif vis-à-vis des thèses retardées ou erronées, émises avec sincérité par des militants et militantes qui cherchent à avancer, autant nous considérons qu’il est tout aussi essentiel d’être sans la moindre pitié pour se critiquer soi-même et attaquer les thèses fausses. Nous considérons que les thèses que nous portons ne sont pas des torpilles destinées à couler telle ou telle organisation à blesser l’égo de tel ou tel individu, elles sont des débats destinés à faire avancer idéologiquement l’ensemble du militantisme et du mouvement communiste. Le darwinisme des idées n’est pas un luxe.

    C’est dans cette voie que nous voulons lancer un des axes de l’offensive : désigner et frapper les travers, les déviations idéologiques qui existent.

    C’est dans cette voie que nous pointerons du doigt les failles et les travers.

    C’est dans cette voie que nous interrogerons d’autres organisations sur la pertinence, le sens de leurs thèses, de leur mots d’ordre.

    C’est dans cette voie que nous avons vocation à poser des lignes de démarcation et à pousser les autres structures à se positionner par rapport à elles.

    Nous ne sommes pas exempt d’erreurs, nous en avons commises, nous en commettons probablement, nous en ferons encore bien d’autres. Nous prenons au sérieux les critiques qui nous sont adressées, nous en tenons compte pour progresser.

    Voilà pourquoi Lénine disait que « la théorie révolutionnaire n’est pas un dogme », « qu’elle ne se constitue définitivement qu’en liaison étroite avec la pratique du mouvement révolutionnaire de masse véritable » (Maladie infantile), car elle doit servir la pratique, « répondre aux questions posées par la pratique » (Les amis du peuple), être vérifiée par les données de la pratique.

    Les thèses qui ne servent pas la réalité, qui ne débouchent pas sur une avancée, sur une rupture -même progressive- avec l’ordre ancien, ne servent, en définitive, à rien. Elles ne sont que fétiches.

    Les mots d’ordres, s’il ne correspondent pas à une question concrète, à une situation donnée, ne sont qu’enfumage et mensonge envers les masses.

    Lénine écrivait :

    Kautsky pratique une politique petite-bourgeoise typique ; il s’imagine… que le fait d’arborer un mot d’ordre change quelque chose à l’affaire. Toute l’histoire de la démocratie bourgeoise réduit à néant cette illusion : pour tromper le peuple, les démocrates bourgeois ont toujours posé et seront toujours prêts à poser n’importe quel mot d’ordre.

    Il s’agit de vérifier leur sincérité, de comparer leurs œuvres à leurs paroles, de ne pas se contenter d’une phraséologie idéaliste ou charlatanesque et de rechercher le contenu de classe réel de leurs mots d’ordre…

    Voici ce que nous sommes voués à faire, voici ce que nous ferons. Nous devons être capable de nous exprimer et de porter ce débat, non seulement même au sein de l’Unité Communiste de Lyon, mais bien vis-à-vis de toutes les composantes militantes, toutes les classes sociales. Car les communistes, les marxistes, doivent s’adresser à tous, y compris aux réactionnaires, que cela soit pour rallier ou bien pulvériser idéologiquement.

    Parvenir à cet objectif est long et complexe. Mais, à chaque pas, le capitalisme et l’impérialisme pourrissant démontre la justesse du marxisme.

    2017, qui plus est, est une année ou bien des masques tombent, ou bien de drapeaux se replient. C’est une année où chaque pas, chaque positionnement doit être explicité sans ambigüité.

    Nous voulons que les organisations expriment le fond de leur pensée. Nous voulons qu’elles assument leurs réels positionnements. Nous voulons  faire avouer le véritable sens politique de leurs mots d’ordres, particulièrement à ceux qui se complaisent dans le centrisme et l’opportunisme.

    Car dans le fond, le fait est là: il n’y a de place, de logique, que dans l’existence d’une seule et unique organisation communiste révolutionnaire dans l’ensemble contrôlé par notre ennemi bicéphale: le capitalisme et l’impérialisme français.

    Pourquoi une ? Car il n’existe qu’une seule voie meilleure. Une seule voie juste, optimale. Celle là, reste à construire, à découvrir, à comprendre et à maitriser. Mais tel est notre objectif.

    Notre destin d’organisation est de disparaître

    Car un fait est là: nous nous sommes constitué pour nous fondre, par la suite dans un ensemble plus grand. Nous sommes un point d’appui, mais nullement une fin. Notre destin d’organisation est de nous fondre dans un ensemble plus vaste, plus puissant, plus juste aussi.

    Nous nous investissons dans le projet d’Unité des Cercles Communistes, qui vise à rassembler les différents cercles qui se revendiquent du Marxisme-léninisme et du Maoïsme. C’est une première étape. C’est une étape essentielle.

    Nous pensons qu’il est essentiel, également, que toutes les organisations et tous les cercles communistes de l’Etat français, y compris sur les territoires occupés et contrôlés par l’impérialisme français, soient en relation constante.

    Nous pensons que le sectarisme, l’esprit de cercle, le localisme sont des ennemis à abattre. Ils sont les petits démons à vaincre pour progresser en qualité et en quantité.

    Notre tâche est gigantesques, plus grande que nous. Nous devons alors grandir pour être de taille à l’affronter. Idéologiquement, politiquement, organisationnellement, comme en termes de militants.

  • Vive la Commune de Paris !

    Vive la Commune de Paris !

    Aujourd’hui, le 18 mars, nous célébrons le déclenchement de la Commune de Paris, en 1871. Ce jour reste dans les mémoires du mouvement, non seulement communiste, mais bien révolutionnaire dans son ensemble.

    La Commune de Paris est la première expérience de gouvernement ouvrier, la première expérience de dictature du prolétariat, contre les rapaces, les parasites de la bourgeoisie.

    La Commune de Paris a servi de base au mouvement révolutionnaire, au mouvement ouvrier, au mouvement communiste comme une expérience démontrant qu’il était possible, qu’il était réalisable, que le pouvoir soit conquis par les travailleurs et les travailleuses. C’est une démonstration du fait que l’exercice réel de l’autorité se conquiert par la lutte, non par la négociation, les urnes, les manigances. Engels la décrivit ainsi :

    « Dans la Commune ne siégeaient presque que des ouvriers ou des représentants reconnus des ouvriers ; ses décisions avaient de même un caractère nettement prolétarien. Ou bien elle décrétait des réformes, que la bourgeoisie républicaine avait négligées par pure lâcheté, mais qui constituaient pour la libre action de la classe ouvrière une base indispensable, comme la réalisation de ce principe que, en face de l’État, la religion n’est qu’une affaire privée ; ou bien elle promulguait des décisions prises directement dans l’intérêt de la classe ouvrière et qui, pour une part, faisaient de profondes entailles dans le vieil ordre social. »1

    Dans la lutte contre l’autocrate Napoléon III, mais également contre l’invasion par la Prusse et contre d’autres forces de la réaction, les habitants et habitantes de Paris se sont soulevés. Non seulement pour se défendre et défendre une plate « république », que les bourgeois venaient de proclamer, mais bien pour aller au-delà.

    Après l’effondrement de la structure pourrie qu’était le Second Empire, la bourgeoisie avait appelé aux armes les travailleurs pour servir ses intérêts de classe, à savoir négocier une paix, l’accès au pouvoir et son plein exercice.

    Après la capitulation de Paris, le 28 janvier 1871, la Garde nationale, constituée de ces travailleurs, ne déposa pas les armes. Elle tint en respect les Prussiens, hors de Paris. Le peuple régna en maître, les Prussiens à sa porte, n’osant entrer.

    Autant ces derniers ne mettaient que peu d’ardeur à pénétrer dans Paris, autant la bourgeoisie, quant à elle, s’empressait de vouloir reprendre les armes qu’elle avait données. Dès lors, le casus belli fut consommé, la rupture entre les deux, totale.

    « Pendant la guerre, les ouvriers parisiens s’étaient bornés à exiger la continuation énergique de la lutte. Mais, maintenant qu’après la capitulation de Paris la paix allait se faire, Thiers, nouveau chef du gouvernement, était forcé de s’en rendre compte : la domination des classes possédantes — grands propriétaires fonciers et capitalistes — se trouverait constamment menacée tant que les ouvriers parisiens resteraient en armes. Son premier geste fut de tenter de les désarmer. Le 18 mars, il envoya des troupes de ligne avec l’ordre de voler l’artillerie appartenant à la garde nationale et fabriquée pendant le siège de Paris à la suite d’une souscription publique. La tentative échoua ; Paris se dressa comme un seul homme pour se défendre, et la guerre entre Paris et le gouvernement français qui siégeait à Versailles fut déclarée ; le 26 mars, la Commune était élue ; le 28, elle fut proclamée ; le Comité central de la garde nationale qui, jusqu’alors, avait exercé le pouvoir, le remit entre les mains de la Commune, après avoir aboli par décret la scandaleuse “police des mœurs” de Paris. Le 30, la Commune supprima la conscription et l’armée permanente et proclama la garde nationale, dont tous les citoyens valides devaient faire partie, comme la seule force armée ; elle remit jusqu’en avril tous les loyers d’octobre 1870, portant en compte pour l’échéance à venir les termes déjà payés, et suspendit toute vente d’objets engagés au mont-de-piété municipal. Le même jour, les étrangers élus à la Commune furent confirmés dans leurs fonctions, car “le drapeau de la Commune est celui de la République universelle”.

    — Le 1er avril il fut décidé que le traitement le plus élevé d’un employé de la Commune, donc aussi de ses membres, ne pourrait dépasser 6 000 francs. Le lendemain furent décrétées la séparation de l’Église et de l’État et la suppression du budget des cultes, ainsi que la transformation de tous les biens ecclésiastiques en propriété nationale ; en conséquence, le 8 avril, on ordonna de bannir des écoles tous les symboles, images, prières, dogmes religieux, bref “tout ce qui relève de la conscience individuelle de chacun”, ordre qui fut réalisé peu à peu.

    — Le 5, en présence des exécutions de combattants de la Commune prisonniers, auxquelles procédaient quotidiennement les troupes versaillaises, un décret fut promulgué, prévoyant l’arrestation d’otages, mais il ne fut jamais exécuté.

    — Le 6, le 137e bataillon de la garde nationale alla chercher la guillotine et la brûla publiquement, au milieu de la joie populaire.

    — Le 12 la Commune décida de renverser la colonne Vendôme, symbole du chauvinisme et de l’excitation des peuples à la discorde, que Napoléon avait fait couler, après la guerre de 1809, avec les canons conquis. Ce qui fut fait le 16 mai.

    — Le 16 avril, la Commune ordonna un recensement des ateliers fermés par les fabricants et l’élaboration de plans pour donner la gestion de ces entreprises aux ouvriers qui y travaillaient jusque-là et devaient être réunis en associations coopératives, ainsi que pour organiser ces associations en une seule grande fédération.

    — Le 20, elle abolit le travail de nuit des boulangers, ainsi que les bureaux de placement, monopolisés depuis le Second Empire par des individus choisis par la police et exploiteurs d’ouvriers, de premier ordre ; ces bureaux furent affectés aux mairies des vingt arrondissements de Paris.

    — Le 30 avril, elle ordonna la suppression des monts-de-piété, parce qu’ils constituaient une exploitation privée des ouvriers et étaient en contradiction avec le droit de ceux-ci à leurs instruments de travail et au crédit.

    — Le 5 mai, elle décida de faire raser la chapelle expiatoire élevée en réparation de l’exécution de Louis XVI. »2

    Socialement, la Commune de Paris était une pointe fichée dans la chair des patrons et des exploiteurs. En quelques mesures, dûment appliquées, la base économique de la misère noire qui sévissait était jugulée.

    Malgré le fait que, de l’autre côté de la ligne de front, les versaillais exécutèrent à tour de bras les prisonniers communards, malgré le fait que la Commune ait pris des otages, elle ne riposta pas au crime par le crime.

    Elle fut un formidable creuset d’expériences politiques, un « broyeur » d’idées fausses, battant en brèche successivement les thèses erronées des proudhoniens, des partisans de Louis Blanc, mais également des blanquistes, sectaires et dogmatiques.

    Libérée des entraves du crétinisme parlementaire, du parasitisme de la bourgeoisie, la Commune put chausser des bottes de sept lieues pour avancer vers l’égalité — non plus formelle, mais bien réelle.

    C’est ce qui lui valut la colère, la haine, la rage de la bourgeoisie, laquelle n’eut cesse de chercher à l’écraser par tous les moyens possibles. Si la ville devait être réduite en cendres, la bourgeoisie l’aurait accepté du moment que, l’offense à leur ordre était lavée dans le sang.

    Agenouillés devant Bismarck, les versaillais quémandèrent le rapatriement des troupes prisonnières pour écraser la Commune. Le gouvernement du sinistre Adolphe Thiers l’obtint. Que valent les discordes de la bourgeoisie, discordes de gentlemen face au péril de la lutte des classes ?

    La Semaine sanglante fut un bain de sang. Cependant, Marx lui-même le note dans La guerre civile en France (1871), nombreux furent les soldats qui, par humanité, épargnèrent leurs adversaires ou leur laissèrent le libre passage. La fraternité de classe n’est pas un mot vide.

    En écrivant La guerre civile en France, Marx s’était fixé cette tâche :

    « Analyser cette expérience, y puiser des leçons de tactique, réviser sur la base de cette expérience sa théorie ».3

    En effet, c’est un travail qui était plus que nécessaire. La Commune de Paris posa les bases de la forme que doit prendre l’État prolétarien. Elle lui donna corps, pour la première fois de l’Histoire. Les théories pourries et idéalistes qui proclamaient que les révolutions aboliraient immédiatement la lutte des classes, mais aussi l’État, ces idées de cristal, se brisèrent sur le fer de la réalité : tant que la lutte des classes existe, le conflit antagonique existe, et donc le prolétariat doit réprimer ses ennemis.

    Comme nous l’avons développé plus haut, cette expérience fut une machine d’une dialectique impitoyable, laquelle écrasa bien des conceptions fausses. Ainsi, les thèses pourries de Proudhon, petites-bourgeoises et antisocialistes, furent battues à plate couture par l’irruption terrible de la réalité. Au lieu d’être la consécration, ce fut la défaite : c’est la socialisation du travail, les valeurs communistes, qui l’emportèrent sur le mutuellisme anarchiste. Les blanquistes, conspirateurs incapables de faire naître une ligne de masse, persuadés que les révolutions de palais font tout, durent réviser leur doctrine.

    La Commune commit des erreurs également : le respect sacré de la Banque de France, dont les fonds ne furent pas saisis. Ce qui aurait pu être une dévastation pour la bourgeoisie, un abominable otage, a pu être récupéré dès la fin de la Commune.

    Le siège versaillais ne put être levé, la Commune resta confinée dans un espace étroit et uniquement urbain, uniquement local. Si des émules apparurent ailleurs en France, dont à Lyon et à Vienne, le mouvement ne trouva pas la clé que trouvèrent les bolcheviques : l’alliance des ouvriers et des paysans, seule à même de pulvériser la bourgeoisie.

    Manqua également le Parti, capable de coordonner, de diriger cette alliance, de faire naître, d’une insurrection victorieuse, une guerre révolutionnaire balayant la bourgeoisie. Ce sont ces conclusions que tirèrent les continuateurs et les observateurs. La Commune donna le matériel pratique qui put être étudié pour en tirer les conclusions politiques et idéologiques qui enrichirent l’idéologie communiste.

    La bourgeoisie réactionnaire, les Mac Mahon, les Thiers, les vermines crachèrent sur les communards, les déportèrent comme Louise Michel, les envoyèrent au bagne en Algérie et en Kanaky, les assassinèrent. Les ennemis du peuple souillèrent la terre de la Commune en construisant le Sacré-Cœur, cet édifice monstrueux, une injure au prolétariat parisien.

    Mais la Commune n’est pas morte. Car, comme la révolte des opprimés, elle ne peut être exorcisée et renaît sans cesse, tant que l’exploitation dure.

    Lénine dira, à Zurich : « Ou bien la révolution aboutira à une seconde et victorieuse Commune de Paris, ou bien nous serons écrasés par la guerre et la réaction. » L’URSS s’est bâtie sur la Commune de Paris, lui rendant hommage en nommant un de ses rares cuirassés « Parizhskaya Kommuna ». L’ensemble du camp communiste, du camp du peuple, doit rendre hommage à cette expérience, à cette œuvre.

    La Commune de Paris, les communardes et les communards sont immortels !

    1 F. Engels, Introduction à La guerre civile en France, 1891.

    2 Ibidem.

    3 V. I. Lénine, « Chapitre III : l’État et la révolution. L’expérience de la Commune de Paris (1871). Analyse de Marx », L’État et la révolution, 1917.

  • Épouvantail fasciste, fantasme et réformisme.

    Épouvantail fasciste, fantasme et réformisme.

    Bienvenue dans les années 30 du journal Slate, Le front des affaires s’épaissit, Marine Le Pen menace , du Figaro, mais aussi, dans un autre registre Pourquoi est-ce que plus les gens sont « de gauche », plus ils nient le danger fasciste de Marine Le Pen ? du site internet « Les matérialistes. » Ces articles sont autant d’exemples d’un discours d’actualité, celui de pointer du doigt la menace présentée par le Front National. 

    Dans chacun de ces textes, ce qui est mis en avant est le risque de basculement dans un régime fasciste. La conclusion est donc la suivante : votez. Votez utile, même sans conviction, pour faire barrage.

    Le corolaire est simple : si vous ne votez pas, vous êtes in fine un agent larvé des fasciste, un idiot utile, en bref, un marchepied de la fascisation.

    La logique mise en avant est la suivante : la situation est difficile, depuis la crise de 2008, la population est dégoûtée de la politique, donc cela laisse le champ libre aux fascistes. Même des marxistes, ou prétendus marxistes, font un parallèle entre les années 30 et aujourd’hui.

    Pour illustrer ce propos, comment ne pas songer à l’article Lénine, organisateur et chef du Parti Communiste de Russie de la Pravda écrit par Staline en 1920, à l’occasion du 50e anniversaire de Lénine:

     » Il y a deux groupes de marxistes. Tous deux travaillent sous le drapeau du marxisme et se croient « authentiquement » marxistes.

    Et cependant ils ne sont pas identiques, loin de là. Bien plus : un abîme les sépare, leurs méthodes de travail étant diamétralement opposées.

    Le premier de ces groupes se borne d’ordinaire à reconnaître extérieurement le marxisme, à le proclamer avec solennité.

    Ne sachant pas ou ne voulant pas pénétrer l’essence du marxisme, ne sachant pas ou ne voulant pas le faire passer dans la vie, il transforme les principes vivants et révolutionnaires du marxisme en formules mortes, qui ne disent rien.

    Il fait reposer son activité, non sur l’expérience, ni sur les enseignements du travail pratique, mais sur des citations de Marx. Indications et directives, il les puise non dans l’analyse de la réalité vivante, mais dans les analogies et les parallèles historiques. »

    Voilà justement ce que signifie cette comparaison avec les années 1930. Elle est fausse, historiquement, idéologiquement. Elle est fausse et elle est toxique politiquement.

    Des années 30 amputées de leur aspect politique principal : la menace révolutionnaire.

    Chacune des comparaisons faites par ces journaux, ces organisations, ces rabatteurs agissant pour la social-démocratie, est escamotée d’une chose essentielle : la question politique, l’influence des idées communistes dans les masses.

    Le journal Slate, aimant à se vernir de radicalité pour cacher sa vacuité, explique ceci: Sans la grande dépression née du krach de 1929, la plus grande crise que le capitalisme ait connue, et l’effondrement social et moral qu’elle a créé, les démocraties n’auraient pas été aussi affaiblies. Hitler n’aurait sans doute jamais pris le pouvoir en Allemagne. La Seconde Guerre mondiale n’aurait sans doute pas eu lieu. L’URSS de Staline ne serait sans doute pas devenue la superpuissance qu’elle a été jusqu’en 1989.

    Laissons de côté la répugnante petite diatribe anticommuniste de l’auteur. Après tout, Slate a soutenu Finkielkraut contre Nuit Debout, plus rien ne peut nous surprendre de leur part. L’intérêt réside ailleurs, dans une formation malheureuse : Les démocraties n’auraient pas été aussi affaiblies. Hitler n’aurait sans doute jamais pris le pouvoir en Allemagne.

    L’auteur, dans ce raisonnement, fait l’impasse sur plusieurs choses : d’une part le jeu vicieux des « démocraties », soufflant sur les braises, excitant Hitler à la guerre contre l’URSS. D’autre part cette négation de la réalité : jamais pris le pouvoir. Hitler n’a ni été élu, ni n’a pris le pouvoir. Il a été appelé à le prendre.

    Les « matérialistes », quant à eux écrivent :  » Le résultat est que des gens de centre-gauche, qui ne veulent nullement du socialisme, comme Manuel Valls ou Anne Hidalgo, qui est maire de Paris, comprennent bien mieux qu’il y a une menace terrible d’extrême-droite que les gens les plus à gauche, qui balaient cela d’un revers de la main, criant au chantage.

    On risque alors de connaître la même situation qu’en Italie au tout début des années 1920. La grande vague de contestation sociale s’est enlisée, elle n’a rien produit sur aucun plan, ni culturellement, ni politiquement, ni idéologiquement. Et la menace sociale a fait basculer la bourgeoisie hésitante dans les bras de la haute bourgeoisie fasciste. »

    Encore une fois, l’escamotage, l’analogie bâclée, toute est mis en œuvre pour instituer ce fameux chantage.

    Le choix du fascisme par la bourgeoisie répondait à deux questions: d’une part celle de la situation internationale, où le repartage du monde se ferait par la guerre. Il était donc nécessaire de mobiliser et de préparer les masses à celle-ci.

    Le second aspect, l’aspect primordial, était celui d’écraser les menaces révolutionnaires, de juguler les risques d’un fort mouvement de contestation politique, dirigé par un Parti Communiste. L’ombre de l’URSS planait sur les bourgeoisies de tous les pays.

    Dans les années 30, le contexte politique et économique avait principalement favorisé la montée des idées révolutionnaires et des forces communistes. C’est pour répondre à cette menace que la bourgeoisie à pris le choix de faire appel aux fascistes.

    C’est ainsi que Krupp, Thyssen, I.G. Farben, Blohm & Voss ont financé Hitler pour qu’il renforce son influence anticommuniste et nationaliste dans la population. C’est ainsi qu’en 1933, Paul Hindenburg finit par appeler Hitler à la chancellerie, sous les vivats des grands propriétaires de trusts.

    C’est ainsi que Mussolini fut appelé par le Roi d’Italie, pour liquider les grèves d’Italie du Nord.

    C’est ainsi que les latifundiaires et l’Eglise à appelé au pouvoir Franco pour qu’il règle son compte à un gouvernement de Frente popular  qui menaçait ses intérêts.

    Les schémas se répètent.

    C’est ainsi qu’agit la bourgeoisie lorsqu’elle est menacée, c’est pour cela que nous ne sommes pas des réformistes, mais des révolutionnaires.

    Aujourd’hui, en France, sommes nous dans cette situation ?

    Non.

    La bourgeoisie n’est pas en face d’un Parti Communiste puissant, d’organisations qui sont capables de pouvoir présenter une remise en cause, une menace, sur l’ordre défini par les bourgeois et les bourgeoises.

    Cela, et c’est bien regrettable, nous ne l’avons pas.

    Dans ce cadre là, la bourgeoisie n’a pas besoin d’instruments particuliers pour imposer l’ordre et la discipline dans la population. Ces instruments, elle les a déjà bien en main, ils ne sont nullement débordés par des mobilisations massives, par la constitutions de doubles pouvoirs…etc.

    A l’heure actuelle, nous sommes encore à l’ère des cercles, pour les organisations révolutionnaires. Nous sommes un embryon.

    Il n’existe pas un camp du peuple suffisamment intimidant pour que, toutes affaires cessantes, la bourgeoisie s’empresse de l’écraser.

    Les discours électoraux sont tous des discours qui flattent les projets de la bourgeoisie. Certes, comme le note les « matérialistes », il existe une bourgeoisie libre-échangiste et une protectionniste. C’est l’un des clivages. Il existe des pro-russes et des atlantistes.

    Mais il n’existe aucun anticapitaliste, aucun ennemi de la bourgeoisie qui soit en mesure de s’exprimer d’une manière suffisamment influente.

    Pourtant, notent la plupart des observateurs, il existe décidemment quelque chose de pourri, de menaçant, dans l’attitude de la bourgeoisie. C’est un fait. Mais il demande à être élucidé.

    Les confusion aux service de la capitulation.

    L’articles des « matérialistes » note :

    «  Ils ne peuvent donc pas comprendre que si l’État passe au service d’une fraction de la haute bourgeoisie en particulier, les conséquences sont innombrables.

    Si c’est Marine Le Pen qui gagne les élections présidentielles, par exemple, ce serait un pas en avant vers le fascisme, c’est-à-dire la mise en place d’institutions à vocation terroriste.

    Les gens qui pensent être le plus à gauche ne croient pas en ce terrorisme. Pour eux, la France vivrait déjà ce terrorisme. Nous connaîtrions une « austérité » terrible, les policiers seraient tous des violeurs et des assassins, les manifestations seraient déjà sauvagement réprimés.

    Partant de là, ils ne peuvent pas reconnaître que c’est faux, que la répression était bien plus grande même au début des années 1990 et encore plus dans les années 1970. Que l’austérité réelle représenterait bien autre chose, que le fascisme interdirait toute structure contestataire en général, afin de généraliser un apolitisme nationaliste. »

    Les « matérialistes » ayant apporté leur soutien aux manifestation des policiers, paradoxe intéressant, nous doutons du bien fondé de ces remarques. Cependant, elles soulèvent quelque chose d’intéressant.

    Comme le P.C.F., le P.C.F. MLM, que se targue d’être les « matérialistes », commettent bien des oublis.

    Entre 1936 et 1991, la bourgeoisie a offert des concessions. Elle n’avait guère le choix. Pour offrir un modus vivendi à la lutte des classes, celle-ci étaient incontournables. Pendant le Front Populaire, où les manifestations, les grèves massives, mais également l’existence de l’URSS rouge inquiétaient lourdement les patrons et les patronnes.

    Dans l’après guerre, ou un P.C.F. armé existait, bien qu’il eût -contre l’avis du Kominform- rendu les armes. La menace d’un basculement de l’Etat Français était une chose réelle, concrète. C’est ce qui a justifié l’acceptation du programme de la C.N.R., de la sécurité sociale, du chômage…etc.

    Même pendant la Guerre Froide, malgré le déviationnisme du P.C.F. et de l’URSS, les enjeux justifient, là encore, le fait de maintenir ces concessions là. Nous interprétons cela par le fait que la bourgeoisie n’a plus peur du P.C.F. révisionniste, ni de l’URSS, d’une manière stratégique, mais qu’ils sont toujours horrifiés par ce que ces entités représentent aux yeux de la classe ouvrière.

    A noter que cela justifie un mouvement en tenaille de la part de la bourgeoisie. D’une part, une relative candeur au niveau des conditions de travail et de vie, mais, de l’autre, une répression féroce et brutale des mouvements révolutionnaires, des manifestations, des troubles politiques.

    Beaucoup mordent dedans et oublient totalement la tendance à la paupérisation relative et absolue. La croyance que la capitalisme peut faire ruisseler les richesse, apporter la prospérité, satisfaire les besoins, déboucher « naturellement » vers le socialisme, arrive dans les discours.

    C’est la période de la putréfaction idéologique, laquelle a amené bon nombre de « communistes » à défendre le salaire socialisé, à défendre les nationalisations « démocratiques », en bref à renoncer idéologiquement aux fondements du marxisme.

    La fin de l’URSS supprime brutalement le besoin de compromis. Il n’existe plus de rivalité géopolitique et idéologique -même déviationniste. Dès lors, l’offensive reprend, d’abord doucement, puis en s’emballant.

    C’est ce à quoi nous assistons aujourd’hui :

    Premièrement au fait que la bourgeoisie met fin au modus vivendi de la lutte des classes, à la corruption grâce à laquelle elle s’attachait la fidélité de l’aristocratie ouvrière et de la petite bourgeoisie. Elle n’a jamais considéré ces aspects là autrement que comme temporaires. Nous assistons à un capitalisme beaucoup plus agressif qui revient en force. Il ne s’encombre guère de droits sociaux.

    Deuxièmement, l’endettement des banques, des ménages et des Etats, produit également des concessions accordées, est devenu un fruit pourri et toxique, qui ronge la solidité nombreux rouages du système capitaliste, et devient menaçant pour sa solidité immédiate -Sans menace directe, le capitalisme se régénérera, à terme.

    Troisièmement, l’affaiblissement relatif des impérialismes occidentaux, au profit de la concurrence des BRICS [BRIICS avec l’Indonésie] et de l’émergences de nouveaux acteurs géopolitiques, de nouvelles formes de menaces, à laquelle le format des armées occidentales n’est pas adapté.

    Ces trois aspects conjugués donnent la situation actuelle.

    Ces trois aspects n’appellent pas à l’apparition d’un fascisme immédiat en France, ni a une dictature ouverte et terroriste.

    Ils appellent à un durcissement de l’attitude de la répression, à un durcissement des conditions de travail, de vie, à une paupérisation de plus en plus violente et brutale des travailleurs et des travailleuses.

    Cela appelle à une transformation des discours sur la guerre, à un retour de l’embrigadement et des thèses sur le service militaire. Cela appelle à la préparation de la population, en particulier de la jeunesse, à la possible guerre de masse.

    Cela appelle donc à un retour, relatif, à un capitalisme pré-première guerre mondiale.

    La bourgeoisie a-t-elle besoin du fascisme  pour y parvenir ? Nous en doutons fortement.

    Ce durcissement, ce chauvinisme, ces tendances pro-impérialistes sont hégémoniques dans le discours de la présidentielle. Chaque candidat qui aborde les questions politiques défend ces positions. Du social-chauvin Mélenchon à la réactionnaire Le Pen, les discours intègrent tous le « produire français », la « place de la France dans le Monde », ou d’autres thèses du même acabit.

    Notons au passage que L.O. et le N.P.A. ne posent pas politiquement les questions, et se contentent d’agir comme des syndicats.

    Hormis ceux là, les différences entre les candidats se font sur le dosage de miettes que l’impérialisme livrera aux travailleurs.

    La répression féroce, le viol des libertés formelles, l’Etat d’urgence, le plan Vigipirate permanent…etc. Tout ceci n’a nullement besoin de Mme. Le Pen pour exister. Tout ceci, c’est la bourgeoisie, tout en maintenant le jeu démocratique, qui peut le mettre en œuvre, dans la joie et la fraicheur d’une démocratie bourgeoise.

    Ce n’est pas le fascisme, c’est la dictature de la bourgeoisie.

    Car l’ironie de la chose est là, le fascisme est le miroir de nos succès, de la pression des organisations révolutionnaires sur la bourgeoisie, de sa force. C’est dans cette situation que les organisations fascistes sont appelées au pouvoir, pour réprimer, écraser, massacrer les révolutionnaires.

    Nous ne sommes pas en Turquie, où Erdogan arrête tout opposant, muselle, assassine massivement.

    Que la bourgeoisie protectionniste soit opposée à la libre échangiste ne suffit pas à justifier le fascisme. A moins que l’une ne prenne les armes contre l’autre, les deux peuvent très bien trouver un modus vivendi légal pour faire concorder leurs intérêts, en fonction des secteurs. Nous ne sommes pas dans un cas de Guerre de Sécession, où deux bourgeoisies US étaient sur un terrain d’antagonisme fort.

    Nous restons face à une démocratie bourgeoise, non un fascisme.

    Jeu de sémantique ? Non.

    Question de stratégie.

    Dire « la menace fasciste est devant nous si Mme Le Pen est élue », c’est courber l’échine sous le vent, c’est également dire « il faut voter », « il faut défendre la démocratie bourgeoise et ses valeurs ». C’est un sacrifice intégral de toute indépendance dans une période où, pourtant, la priorité devrait être la construction d’un parti communiste. C’est une manière de crier au loup, de clamer « défendons » au lieu de « attaquons. »

    C’est une manière de reculer et d’appeler les travailleurs, les travailleuses, à respecter le jeu de la bourgeoisie. C’est une manière d’occulter le fait que le gouvernement n’est qu’un exécutant de l’agenda de la bourgeoisie.

    C’est un renoncement de lâche devant les tâches qui sont devant nous.

    Oui, la réaction monte. Elle monte partout.

    Oui, les organisations antifascistes doivent être rejointe, renforcées, soutenues par les communistes.

    Oui, elles doivent être un front avec les forces progressistes, un ciment de l’unité d’action, de la lutte tant contre les fascistes qu’un outil pour défendre et propager les conceptions progressistes.

    C’est un fait indéniable.

    Mais se cacher derrière la social-démocratie, dans cette période où le PS est décrédibilisé, où ces vermines flanchent, c’est les conforter, les remettre en selle, redorer leur blason de notre sang et de notre sueur.

    Nous ne confondons pas la menace des fascistes, menace tactique, et la menace du fascisme, stratégique. Confusion entre l’augmentation des conceptions réactionnaires, des idées fascistes et de la volonté de la part de la bourgeoisie d’instaurer ce régime. Nous rejetons la thèse selon laquelle nous serions au bord du gouffre.

    Non, nous ne travaillerons pas pour nos bourreau et pour les réinstaller sur leur trône.

    Nous travaillons pour construire l’unité du peuple, pour construire un camp du peuple hors des institutions. Nous travaillons à créer l’indépendance de classe, non à prêter l’oreille aux sirènes de nos ennemis.

    Nous prenons le risque de maintenir notre mot d’ordre de boycott et de construction d’une opposition extra-parlementaire.

    Renforçons les organisations antifascistes, mais construisons également la lance qui percera le cœur de la bourgeoisie.

    A bas les paniquards et ceux qui détournent les masses de la lutte.

    A bas les lâches et leur peur.

    Construisons notre front, notre Parti, balayons la bourgeoisie !

  • Le social-chauvinisme d’Alexis Corbière est une négation des crimes coloniaux.

    Reçu sur RTL, le 17 février 2017, le lieutenant de M. Mélenchon, Alexis Corbière s’en est violemment pris aux propos d’Emmanuel Macron sur la colonisation. Interviewé, il a d’abord ciblé le « coup de com » d’un candidat en déplacement en Algérie, puis s’en est pris à sa piteuse rétractation :  « la colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes (…) La France a installé les droits de l’homme en Algérie. Simplement, elle a oublié de les lire. »

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    Nous avons déjà commenté ces propos et nous avions effleuré la réponse de la France Insoumise.

    Si Alexis Corbière a raison de souligner l’absence de constance de M. Macron, ses propos sont gravissimes.

    Gravissimes et révélateurs.

    Cette déclaration rejette sa clique dans les bras des agents de l’impérialisme français, de cette insupportable conglomérat cocardier et chauvin. Elle rejette définitivement ceux qui la soutiennent dans les rangs des partisans de l’histoire positive, du Lavisse, du Roman National.

    Qu’a-t-elle de si répugnante ?

    Sur les propos de Macron, le porte parole de Mélenchon a appliqué la méthode centriste traditionnelle : pour ménager deux positions antagoniques, l’organisation a jugé sur la forme sans jamais parler du fond. Corbière connaît son métier, il n’est pas issu des rangs trotskistes pour rien.

    La déclaration aurait, pourtant, pu être intéressante: « Je suis historien, je suis contre la colonisation évidemment.  » Mais la suite s’est enfoncée dans les ténèbres.

    « Quand on est chef d’État, il faut être un peu vertébré, notamment sur des sujets sensibles (…) Le crime contre l’humanité n’est pas un concept qui se manipule comme ça. Sur la question de la colonisation, donnons la parole avant tout aux historiens. »  Or, c’est ici que réside toute la fausseté.

    Les historiens ont déjà expliqué la colonisation, la guerre d’Algérie, d’Indochine, leurs millions de morts. Bien des chercheurs ont noirci des pages pour expliquer les sociétés coloniales. Ce sujet fût même une des question proposée, pendant un temps, au CAPES d’Histoire-Géographie. Non, monsieur « l’historien » Corbière, vos confrères n’ont pas chômé.

    Ils ont fait leur travail, c’est à dire donner les matériaux nécessaire pour porter un jugement. Un bon historien est avant tout un bon scientifique : il étudie les faits, il tente de leur donner une explication sensée et cohérente. Il n’est pas, en revanche, d’un point de vue primordial, un juge ou un militant.

    Les génocides commis par les Allemands n’ont pas été traité, en amont, par les historiens. Ils ont été jugés. C’est un procès qui a déterminé la qualification de crime contre l’humanité. C’est par cela qu’il a pu être dit que le régime nazi était coupable, et quels auteurs étaient responsables.

     Alexis Corbière aurait pu, sans grand risque, dire qu’un Nuremberg du colonialisme mériterait d’être tenu, pour juger de cela. Mais cela est déjà trop pour une organisation opportuniste.

    C’est également un acte militant de dire que des faits ont vocation à constituer un crime contre l’humanité. C’est un acte militant de considérés qu’ils ont vocation à être nommés « crime contre l’humanité. » C’est ce que, en tant qu’organisation politique, nous déclarons. Nous voulons ce Nuremberg du colonialisme.

    En agissant de la sorte, Alexis Corbière, bien que se vantant d’être un historien de formation – donc pourquoi ne prend-il pas la parole ?- réussit un triple saut périlleux au dessus du gouffre, sans chuter. Il a réussi à ne rien dire.

    Dire  » je suis contre la colonisation évidemment » tout en ne le qualifiant pas politiquement revient à dire « je suis contre le SIDA, contre la peste, contre la mort. »

    Nous trouvons cela honteux.

    Nous trouvons que c’est un signal clair, sur le fait que les sbires de Mélenchon sont incapables, aveuglés par leur chauvinisme, de regarder les crimes de l’Etat français en face.

    C’est un signal envoyé à tout ceux et toutes celles, qui, dans les ténèbres de l’oppression, luttent pour l’indépendance, pour être libre. C’est un signe que M. Mélenchon n’est pas prêt à renoncer, le moins du monde, à tout ce qui constitue la sphère coloniale et néocoloniale.

    Ce n’est d’ailleurs pas étonnant. Un de ces thèmes de campagne, l’économie de la mer, dépend en grande partie de l’immense Zone Economique Exclusive détenue par l’Etat Français. Zone dépendant beaucoup des « Confettis d’Empire », que l’impérialisme français tient d’une main de fer.

    Ne pas lutter contre l’impérialisme français, c’est être son garde flanc.

    C’est le créneau sur lequel se place M. Mélenchon, celui d’une petite bourgeoisie, d’une aristocratie ouvrière corrompue par l’impérialisme.

    C’est le camp d’une réaction à visage social.

    Ce camp est l’ennemi de la lutte révolutionnaire internationale. 

    Les communistes ne doivent pas céder aux sirènes du chauvinisme, fut-il maquillé de social. Notre rôle de militants n’est pas limité étroitement à un espace national, il est international, il est dirigé vers nos frères et sœurs de lutte. Nous sommes des maillons de la chaîne révolutionnaire. Notre première tâche est d’affaiblir, d’attaquer notre propre impérialisme, pour soulager la pression qu’il exerce.

    Ne pas reconnaître le caractère impérialiste de notre Etat ; ne pas reconnaître l’importance de lutter contre lui ; ne pas soutenir les luttes des régions dominées par lui ; ce n’est nullement être un agent du progrès et la lutte social. Au contraire, cela fait de nous des agents de la réaction et des laquais de notre impérialisme. Si nous accompagnons, si nous soutenons ses projets, nous nous faisons ces alliés.

    Notre delenda carthago doit être la destruction de notre propre impérialisme !

    A bas l’impérialisme français ! Défaite  pours ses tentacules !

  • Déclaration de l’Unité Communiste de Lyon sur le jour de lutte qu’est le 8 mars.

    Aujourd’hui, nous célébrons la Journée Internationale des droits des femmes.

    Depuis le 28 février 1909, instaurée à l’époque par le Parti Socialiste d’Amérique, cette journée est une journée qui doit servir de point d’orgue aux luttes féministes, mais également de rappel du travail qui reste à accomplir, au sein de la société, pour que l’égalité soit effective, indépendamment des genres et des sexes.

    (Affiches soviétiques et Allemandes; source TV5 Monde.)

    Alors que cette journée, à son origine, est un coup de tonnerre dans un univers dominé sans le moindre partage par les hommes, beaucoup de son sens s’est perdu au fil des années. C’est là une illustration de l’influence débilitante de l’idéologie bourgeoise, laquelle tente de traiter tout comme une marchandise, y compris les jours de lutte. Ce qu’elle ne peut acheter, elle le salit ou le détruit.

    Défendre le sens originel de cette journée est déjà une lutte en soi.

    Cette journée fut impulsée de manière internationale par la militante communiste Clara Zetkin, également enseignante et journaliste. Adoptée lors de la 2e conférence internationale des femmes socialistes de Copenhague, cette journée devait servir, à la base, pour organiser la propagande en vue d’obtenir le droit de vote pour les femmes. Cette journée devint par la suite un repère de lutte et un symbole pour toutes les forces progressistes. Manifestations pour le droit de vote, manifestations pour la paix, le 8 mars fut un jour de mobilisation.

    Cette journée de lutte, s’est muée également en journée révolutionnaire.

    Le 8 mars 1917, les ouvrières de Petrograd se mettent en grève et manifestent, impulsant la révolution russe. Dès la fondation de l’Union, la direction de la jeune URSS inscrivit, dans le calendrier de ses fêtes,  le 8 mars comme journée nationale des droits des femmes. Cela fit de l’Etat prolétarien le premier Etat au monde à reconnaître cette journée.

    Il faut attendre 1977 pour voir l’ONU avaliser à son tour cette date, toujours célébrée aujourd’hui.

    Il est essentiel de porter encore avec fermeté la nécessité de lutter pour cette égalité, laquelle est loin d’être acquise, et, dans certains Etats, tend même à reculer avec une virulence terrible.

    Au sein de la vague réactionnaire qui déferle, nous devons résister et défendre cette égalité plus que nécessaire.

    Malgré l’apparence, même au sein de l’Etat Français, cette égalité est très loin d’être acquise. Les inégalités de salaires, les inégalités de carrière, les inégalités de considération sont tout autant de point qui briment l’égalité économique, indépendamment des genres et des sexes. Cette déconsidération contribue à perpétuer une forme de « salaire féminin », vu comme un revenu d’appoint, pour des femmes toujours vue comme dépendantes du foyer.

    Les rapports sociaux, le harcèlement de rue, les violences, les crimes sexistes, sont un fléau qui révèle la mentalité retardataire d’une très grande partie de la population. Ce sont des aspects qui traversent l’ensemble de la société et qu’il est nécessaire de combattre avec vigueur.

    Lutter contre le sexisme ne peut se faire à coup de déclarations générales, de simples annonces. C’est une forme de domination qui est ancrée profondément dans la société actuelle, et dont on ne se débarrasse pas d’un coup de baguette magique.

    Nous sommes fondés à faire, sur ce sujet, notre bilan critique.

    Un long chemin reste à traverser pour les organisations politiques communistes de l’Etat français, vis-à-vis de cette question. Notre composition essentiellement masculine est le reflet, là aussi, de failles au sein même de notre organisation quant à notre rapport à ces questions.

    Nous portons avec nous, malgré le fait que nous soyons militants communistes, de nombreuses tares qui sont du fait que nous soyons issus de cette société inégalitaire.

    Un long travail reste devant nous pour progresser, non seulement dans notre capacité à analyser la situation, mais également dans nos rapports personnels.

    Ce chemin, nous tentons de l’emprunter avec honnêteté, avec des succès et des reculs, avec des erreurs, avec des stupidités commises, mais avec la volonté inébranlable d’avancer.

    Cependant, nous sommes également critiques quant à certains discours libéraux, qui tentent de dissocier la lutte des classes de la question de l’égalité entre genre et sexes.

    Une branche libérale petite-bourgeoise de ce mouvement est capable d’annoncer que cette lutte est en soi révolutionnaire. Nous ne pouvons que réfuter cette thèse erronée.

    La base matérielle du sexisme est la division genrée du travail, la division en tâches attribuées à un genre ou un autre. C’est cette division, dont la forme moderne est née avec le capitalisme, qui explique bon nombre de rapports sociaux inégalitaires, bon nombre de conceptions réactionnaires.

    Mais la résolution de cette contradiction, à savoir l’égalité entre les genres et les sexes, le fait que cette distinction disparaisse, ne signifie pas l’abolition de toute l’exploitation.

    Contrairement à certains point de vue erroné, le capitalisme peut très bien survivre tout en ayant liquidé ses pans patriarcaux. C’est une position défendue d’ailleurs par les libéraux, y compris par Laurence Parisot, ancienne représentante du MEDEF.

    L’exploitation, par le travail domestique, des travailleurs et des travailleuses par leurs frères et sœurs peut très bien passer par d’autres rapports de domination que ceux liés au sexe. C’est le cas dans les couples homosexuels, ou l’un des partenaires peut assujettir l’autre, alors qu’ils possèdent fondamentalement le même genre ou le même sexe.

    Car ce n’est pas la division genrée du travail qui est intrinsèque au capitalisme, mais c’est l’exploitation jusqu’à l’os des travailleurs et des travailleuses, ce qui les pousse à forcer au surtravail, aux tâches domestiques, d’autres. C’est cette exploitation en poupée russe qui poussa Marx à écrire : « dans le couple, l’homme est le bourgeois et la femme le prolétaire. »

    Cette exploitation peut très bien se répercuter ailleurs, sous d’autres formes, sous d’autres aspects.

    C’est en cela que le féminisme est une lutte démocratique, nécessaire, indéniablement, mais qui doit être intégrée dans la lutte des classes pour triompher intégralement de l’exploitation. Sans cela, c’est combattre contre une hydre qui renaîtra sans cesse, contre un marécage dont on ne peut se sortir.

    Car c’est par l’abolition de l’exploitation que la base matérielle de la division du travail, des contradictions de genre, pourra être détruite. C’est là la racine à trancher pour permettre l’anéantissement de toutes les formes de domination et d’exploitation, mais également du poison mortel formé par le sexisme, le racisme, et les nombreuses formes de discriminations.

    Les exemples internationaux ne manquent pas. 

    Que cela soit au Kurdistan, en Inde, au Népal, aux Philippines, les femmes combattent les réactionnaires, les armes à la main. Elles se battent pour leur émancipation et pour celle de l’humanité.
    Par le passé, les combattantes -d’armées régulières comme l’Armée rouge, ou de milices-, les militantes, les résistantes ont démontré une chose : l’égalité se gagne par le combat, elle n’est jamais donnée.

    Cette égalité militante et combattante jette les base d’une société égalitaire. La liberté défendue par les libéraux est une liberté de façade. De fait, l’histoire le démontra et le démontrera encore, l’AK 47 et le treillis ont plus fait pour l’égalité que Moulinex et l’Oréal.

    C’est en anéantissant la société de classe que toutes les oppressions seront détruites.

    Certains et certaines indiquent que cela ne sera pas automatique. C’est un fait. Même une fois que la base matérielle de l’exploitation aura été balayée, il sera nécessaire de poursuivre la lutte. A la fois contre les tendances à la restauration de l’ordre ancien, mais également pour nettoyer cette crasse instillée dans nos esprits, dans nos pratiques.  

    La lutte pour la révolution ne se fera pas sans le féminisme, et le féminisme sera victorieux avec destruction de l’exploitation et du capitalisme !

    Progressons sur la voie de l’égalité, célébrons le 8 mars !