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  • Le dangereux solo de Mélenchon.

    Le dangereux solo de Mélenchon.

    Le dangereux solo de Mélenchon.

    Que chaque force politique ou syndicale ait une stratégie, cela va de soi. A l’exception de celles et ceux qui se complaisent dans le suivisme intégral -il y en a- il s’agit d’une des raisons fondamentale de l’existence des organisations et des groupes.

    Ces stratégies sont diverses et variées, elles reflètent les conceptions politiques et idéologiques de celles et ceux qui les mettent en pratique. Elles sont également diversement compatibles. Certaines se marient très bien avec d’autres, permettant la naissance d’alliances, d’autres, au contraire, sont antagoniques. Elles ne peuvent pas former de synthèse -même temporaire- et ne conduisent qu’à l’affrontement et l’anéantissement.

    Dans la situation actuelle, nous considérons qu’il existe une réelle urgence. L’offensive de la bourgeoisie, que nous avons détaillée dans notre brochure Le plan de la bourgeoisie, sera terrible. Elle concernera tous les aspects de la vie des travailleurs et des travailleuses, ainsi que des chômeurs, retraités et invalides. Ces attaques de fond sur les contrats de travail, sur le salaire, sur le niveau de vie, se traduira par une terrible vague de misère.

    Sous-estimer les ravages de cette offensive est grave. Certaines organisations ont tendance à le faire et à ne pas traiter la question de la lutte avec le sérieux nécessaire. Il s’agit d’une erreur. Mais lorsque certains tentent cyniquement de s’en servir comme d’un marchepied, quitte à causer sa faillite, une autre étape est franchie, celle de la trahison pure et simple.

    Que chaque organisation, que chaque courant politique essaie de faire triompher son point de vue au sein de la lutte, la cause est entendue. Là, encore, la cohérence règne. Le problème serait plutôt si le silence régnait au lieu du débat, et, surtout, du débat de fond. Mais les dirigeants des organisations et des mouvements qui sacrifient les luttes, en particulier les luttes aussi essentielles, pour se construire un petit promontoire, deviennent des ennemis de la lutte.

    Celle qui s’annonce est d’une importance qui dépasse la question des intérêts de telle ou telle clique de professionnels de la politique.

    Déjà, les vautours rodent.

    Force Ouvrière annonce clairement, sans ambages, son intention de trahir, en refusant toute unité le 12 septembre. Dernier coup de poignard en date, de la part d’un syndicat conçu comme fossoyeur des luttes, comme un fer de lance de l’anticommunisme.

    Le Parti Socialiste annonce sa volonté de rejoindre la lutte contre une loi qu’il a mise en œuvre lui même. Il tente de se recréer une virginité politique, après 5 ans passés à écraser les travailleurs et les travailleuses. Charognards parmi les charognards, ils attendent leur heure.

    Combien d’organisations syndicales et politiques vont jouer ce jeu de double face ? Nous l’ignorons.

    Toujours est-il qu’une légitime méfiance ne peut que résider en face de celles et ceux qui ne voient que leurs intérêts personnels au sein de la lutte.

    Il s’agit, malheureusement, de l’orientation que semble prendre la direction de  la France Insoumise, au travers du discours de Mélenchon, à Marseille.

    Il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur les militants et militantes qui s’engagent dans ce mouvement. Des militants et des militantes correctes, honnêtes, dévoués et sincères sont dans leur rangs, mais sa direction, quant à elle, est nettement plus sujette à caution. C’est ce que nous déplorons. La stratégie qui se met en œuvre est dangereuse, car elle n’engage pas seulement la personnalité et les désirs de la direction de la FI, dont nous n’avons que faire, mais elle a des répercutions sur la lutte sociale, sur l’unité et la force du mouvement de contestation. Elle agit comme un coin enfoncé dans le front contre les réformes de Macron, contre les attaques du patronat, contre l’abîme de misère qui nous contemple.

    Les batailles de chefs, les batailles de petites bureaucraties internes, pour des queues de cerises, ne nous intéressent guère en tant que tel, mais les répercutions qu’elles engendrent oui, car nous les payons. Les membres de l’appareil des organisations sont dans une tour d’ivoire. Ils ne sont pas les victimes des défaites. Les masses le sont, et, c’est là l’une des phrases emblématique du mouvement maoïste, nous devons « servir le peuple » et non « se servir du peuple. »

    Dans le cas de la FI, la stratégie que la direction prend est le reflet de l’origine politique de ses cadres. Au final, celle-ci est trustée par des professionnels de la politique, par des tribuns formés à la même école, partageant le même habitus de classe de membre de l’appareil d’Etat.

    Corbière et Mélenchon, pour ne citer qu’eux, ont tous les deux été formés à l’école du lambertisme, cette branche particulièrement chauvine et sectaire du trotskisme. L’un et l’autre ont été membres du PCI, dans lequel Lambert évoluait, et ont suivi sa voie, au travers de ses évolutions. Cela a laissé sa marque, a constitué leur fond politique. Celui-ci, mâtiné d’entrisme, de fractionnisme, d’avancées drapeau replié, ils ne l’ont pas renié un seul instant. Cette culture politique ne se marie pas particulièrement avec l’honnêteté politique, ni avec le fonctionnement démocratique au sein des organisations.

    La création de la FI, elle-même, est une parfaite illustration.

    Le Nouvel Observateur, dans un article intitulé La France insoumise : organisation cherche révolution ! met le doit sur cette ambigüité. Les chefs de la FI sont tous des dirigeants politiques issus du sérail, rompus à toutes les combines. Ce sont des professionnels. Ils entendent le rester, en formant, selon des méthodes éprouvées, une chape de plomb au sommet de l’organisation.

    Repousser la convention nationale, pour mettre fin au « blabla » dénigré par Jean-Luc Mélenchon, cela signifie reconduire, jusqu’aux calendes grecques, une direction qui dispose du contrôle absolu de l’ordre du jour et de l’appareil.

    Elle est une organisation prétendument horizontale, mais d’une opacité totale. Les procédés employés sont obscurs et indéchiffrables. Les comités de base, nommés groupes d’appui, le terme révèle leur nature non-décisionnaire, peuvent se réunir en convention, certes. Mais le pouvoir de ces conventions n’est défini nul par. Il demeure à la discrétion des dirigeants.

    La prise de décision est le fruit des groupes dirigeants uniquement, ou, lorsque cela va dans leur sens, du plébiscite. Dans la mesure où, si des décisions leur déplaisent, il reste la manne titanesque des 500 000 adhérents internet, prêts à faire fonctionner une démocratie du clic. La dizaine de milliers d’adhérents de terrain sont ainsi noyés par les invérifiables centaines de milliers de cyber-militants.

    D’autant que les plates-formes internet ressemblent à des listes de courses infinies, où chacun peut trouver ce qui lui plait. Mais la cohérence politique n’est pas au rendez-vous. Ni le démocratisme. A nos yeux, cette manière de fonctionner ôte toute parole aux militants et militantes de la FI. Ces plateformes sont censées être le reflet de la parole de la base, mais les positions de la FI sont pourtant des copies-carbones des ouvrages du chef, écrits longtemps en amont. Il est douteux de croire que spontanément, les positions de militants, majoritairement hostiles aux aventures militaires, s’alignent sur celles d’ouvrages aussi répugnants que l’ère du peuple et le hareng de Bismarck, lesquels sont véritables incarnations du social-chauvinisme agressif. Nous ne pouvons croire que les militants et militantes sincères s’alignent sur les positions d’individus comme Djorge Kumanovic, digne héritier des barbouzes de Mitterand et des réseaux Foccart. Et ce, tandis que retentit la Marseillaise, l’hymne de l’impérialisme français. Le maquillage à coups d’Internationale n’aura duré qu’un temps, l’heure est au chauvinisme le plus brutal, sur le dos des adhérents.

    Cette prétendue démocratie interne n’est qu’un prétexte à l’adhésion, au final. Elle n’est pas un débat, elle est un collier de chaines que doivent porter les militants et militantes de la FI.

    Car la démocratie au sein des organisations ne se nourrit pas de ces « plateformes. » Au mieux, cela se termine pas la mise en œuvre d’organisations criblées de fractions, sans unités, perdues par les affrontements entre cliques et entres chapelles. Au pire, celles-ci ne sont tout simplement pas écoutées, pas prises en compte. Elles ne sont pas plus démocratiques que la démocratie bourgeoise qu’elles prétendent remplacer ou améliorer.

    Cette direction n’a pas hésité à fonctionner en décrétant des positions, en imposant des choix correspondant aux désirs de celle-ci, dévoilant le fait que la démocratie n’est que de façade. Ainsi, au cours des élections, les militants de la FI et du PCF ont parfois œuvré en bonne intelligence. Localement, les comités de base ont choisi la voie de l’alliance par opposition à celle de l’affrontement. Cela ne correspondant pas à l’ordre du jour de la direction, celle-ci n’a pas hésité à court-circuiter des candidats que les comités de base avaient pourtant intronisés, en alliance avec d’autres forces.

    Pourquoi une telle attitude ?

    Cela car les dirigeants de la FI sont affamés de postes et de fauteuils.

    Mouvement sans bases d’appui, la FI n’a d’autre choix que de les prendre là où elle peut : sur le terrain de ses proches. Sa popularité, face au PCF moribond et face au PS marqué du sceau de l’infamie, le lui permet.

    D’autant qu’en 2012, le « combat des chefs » entre Mélenchon et Le Pen, a été un échec. Courageux mais pas téméraire, le chef s’est reporté sur une cible facile, où, au lieu d’avoir une bataille, il y aurait une victoire facile. Terne, mais efficace. Oublié le tonitruant discours du 14 mai 2012 sur les parachutés, sur les planqués. La bataille d’ensemble, le raz-de-marée a échoué, place à l’avancée, les dents serrées, en prenant les places des alliés de la veille.

    Ainsi, le choix de Marseille, où Jean-Luc Mélenchon fut parachuté, est illustratif.

    Cette stratégie de vampirisation de l’espace ne contribue pas à créer les bases d’une unité, même tactique, avec des forces qui ne cherchent qu’à s’imposer comme centre unique.

    Il est notable que la grosse tête de Mélenchon n’est pas une nouveauté. Celui-ci, ainsi, le 13 mai 2017, tweetait « Je rappelle aux antifascistes d’opérette que c’est moi qui ai gagné en justice le droit de qualifier Le Pen de « fasciste. » Les antifascistes sauront apprécier cette marque de respect. Mais tant que la portée des propos se limite à blesser les égos, tant qu’il s’agit de vantardise, les choses restent gérables.

    Mais lorsque la question s’étend à la lutte sociale, la tournure devient nettement plus aigre.

    Les discours de Jean-Luc Mélenchon, à la suite des législatives, entrent dans cette droite ligne. Se proclamant centre de l’opposition, déclarant ainsi le 18 juin 2017 « c’est notre groupe qui appellera le pays, le moment venu, à une résistance sociale. » La date et le contenu en disent plus qu’un long discours. La poignée de députés FI seraient le point d’encrage de la « résistance sociale », seuls contre tous. Qu’importe le vide de sens du terme, le résultat est là. Ni syndicats, ni partis opposés à la politique du gouvernement, ni rien. L’alpha et l’oméga, pour l’ »ex »-lambertiste, c’est son mouvement. Ni plus ni moins.

    Dans un effort de gymnastique mentale intense, ils réussissent même à revendiquer les abstentionnistes comme étant des alliés, comme faisant partie du même mouvement. Y compris lorsque ces mêmes abstentionnistes « dégageaient » l’ancien PS en même temps que les autres candidats. Or, la lutte terrible qui s’annonce se marie mal de cette politique autocentrée. Pourtant c’est bien cette voie que choisit le tribun.

    Lors du discours de clôture de leur université d’été, à Marseille, entre les 25 et 27 août, Mélenchon, avant que retentisse la Marseillaise, déclarait : « La vague dégagiste va reprendre et s’amplifier, elle a rendez-vous le 23 septembre. C’est le moment de venir, les gens, d’exprimer dans la démocratie de la rue, les leçons des élections que vous avez porté avec vos bulletins de vote et par l’abstention. » Manière particulièrement dérangeante de présenter les choses. En effet, la CGT et les organisations syndicales d’une manière générale, Front Social et la plupart des organisations politiques prennent comme date le 12 septembre. Jean-Luc Mélenchon décrète, quant à lui,  que le 23 septembre sera le point de départ de la lutte. Il s’agit d’une dangereuse manière de faire cavalier seul.

    Pour se placer au centre, les dirigeants de la FI se doivent de renier toute légitimité, voir toute existence aux autres forces. Cette conception sectaire, nous ne la connaissons que trop bien, hélas. A l’inverse, ce que ciblent d’ailleurs plusieurs communiqués, des comités locaux se sont emparés sans ménagement de cette date de lutte, pour en revendiquer la paternité, nous reviendrons dessus par la suite.

    Le 23 septembre n’est pas une date anodine. Elle est la « journée de la paix », journée impulsée et investie par la Némésis de la FI, le PCF. L’espoir de la direction de la FI, c’est d’apparaitre seul, tandis que ses concurrents sont occupés ailleurs.

    Ce comportement n’est pas seulement détestable, il est dangereux. Il est dangereux car il table sur la liquidation de toutes les organisations politiques et syndicales qui ne lui sont pas directement inféodées. Elle table sur le fait de tout broyer pour rester seul récipiendaire des lauriers de la victoire.
    Sauf que, sans mobilisation unitaire, sans sincérité, il n’existera pas de victoire.

    Les élucubrations marseillaises de JLM laissent un goût de cendre en bouche, un goût amer, entretenu par l’idée que la mobilisation sur la loi travail risque de se faire sur deux fronts : contre le gouvernement et contre les récupérateurs assoiffés de postes et de mairies.

    L’attitude de Jean Luc Mélenchon, en vérité, est celle d’un liquidateur, prêt à tout pour s’imposer, quitte à faire payer aux masses le prix le plus fort. En ce sens, il opère un juste retour auprès de ses sources d’origines, le trotskisme. Il ne désire rien plus que l’effondrement de la CGT, du PCF, de toutes les organisations qui sont sur le même créneau que lui. S’il ne se hisse que sur un champ de ruine, celui lui conviendra.

    Si il faut marcher seul, il le fera, car c’est là son gagne-pain, là sa carrière.

    Déjà, ses lieutenants ont manœuvré pour instiller la méfiance entre la CGT et Front Social. La CGT ressent comme une tentative de l’affaiblir la naissance de ce front. Comment la blâmer ? C’est bel et bien ce que les fidèles de Mélenchon ont à l’esprit en s’y investissant. La CGT apparaissant comme un bastion du PCF -ce qui n’est pas faux en soi- la direction de la FI impulse une ligne qui vise à ne pas marcher avec elle, voir même contre-elle, pour ne pas donner le moindre grain à moudre au PCF. Lorsqu’elle « marche » avec la CGT, la situation n’est pas forcément plus joyeuse. Ainsi, les Communistes Libertaires de la CGT – une émanation de Alternative Libertaire, se sont feint du communiqué suivant :

    Mélenchon piétine l’indépendance de la CGT

    samedi 26 août 2017

    La France Insoumise se prend maintenant pour la grenouille qui avale le bœuf !

    Nous avons pendant longtemps défendu pied à pied l’indépendance de la CGT vis-à-vis du PCF. Puis le délitement du PCF nous a conduits à défendre l’idée que l’indépendance vis-à-vis d’un parti ne veut pas dire apolitisme. Nous défendons l’idée que la CGT doit inscrire son activité dans une perspective de révolution sociale et dans le respect du pluralisme des sensibilités politiques qui partagent le mouvement le mouvement ouvrier.

    Alors quand les militants de Mélenchon veulent imposer leur calendrier et leur leadership sur le mouvement social et la CGT en entretenant une confusion complète (voir l’affiche ci-joint), nous sommes encore debout contre de telles pratiques !

    Une mise au point du Bureau confédéral devient nécessaire devant la multiplication de ces pratiques par des militants FI !

    L’affiche incriminée a de quoi, en effet, entraîner cette réaction épidermique. Entre le bleu-blanc-rouge, les portraits de Mélenchon, toute l’iconographie de la FI y passe. Cependant, le macaron de la CGT achève de créer un effet douteux  d’OPA hostile.

    Pourtant, hormis ces quelques agents, Front Social n’est pas un front visant à saper la CGT, mais au contraire, à permettre une dynamique unitaire, plus large, plus puissante. La nécessité de ce front est pourtant largement comprise.

    Dans les « cortèges de tête » de la lutte de 2016, même les mouvances autonomes, pourtant rarement pro-CGT, appelèrent au cortège de « K-ways noirs et chasubles rouges », manière de promouvoir une unité d’action large entre syndicats, forces politiques radicales et groupes variés.

    Nous ne doutons pas que ces idées puissent faire leur chemin dans la large majorité des esprits, au cours des débats et des discussions qui peuvent avoir lieu lors de la construction de ce mouvement. Nous ne doutons pas qu’une large majorité de militants et militantes FI s’y rallient et en sont convaincus.

    Mais nous redoutons que la direction liquidatrice de la FI l’emporte et poursuive ce jeu dangereux, nous redoutons qu’elle ne sabote purement et simplement le travail unitaire pour sacrifier la lutte sur l’autel de ses petits intérêts.

    Nous redoutons cela, car c’est ce qui transparait des messages de Mélenchon, ce qui transparait de ses discours, ce qui transparait de sa stratégie de lessivage de ses alliés.

    Nous pensons que cette lutte à un caractère hautement stratégique, et qu’elle ne peut être le théâtre de cette comédie ridicule.

    Nous pensons qu’une grande part des militantes et des militants de la FI feront le bon choix, le moment venu. Celui de la lutte sincère et unitaire. Mais nous espérons que cela leur ouvrira les yeux sur la direction de son mouvement, et qu’ils sauront en chasser les éléments opportunistes et carriéristes, dussent-ils en être les fondateurs et les animateurs principaux.

    Dans la lutte stratégique qui s’ouvre, il n’est possible de n’avoir qu’une seule stratégie : celle du combat sans esprit de recul, sans esprit de capitulation et de négociation.

    Ceux et celles qui luttent contre cette loi doivent ne former qu’un seul rang, une seule ligne de front. Cela n’éteint pas les divergences, les désaccords, les conflits, les hostilités en fonction des clivages politiques internes.

    Il s’agit d’un phénomène normal au sein d’une lutte. C’est ainsi également que la conscience politique évolue, dans le creuset des débats, dans la bataille d’idées, dans les échanges. Nous même ne cacherons pas notre idéologie ni notre drapeau, de même que nous invitons chacun des acteurs à faire de même.

    Mais ce qui ne se marie pas avec la lutte, c’est la cuisine secrète, les manigances, la mesquinerie et la fourberie, dont certains courants et certaines idéologies sont coutumières. Ceux-là n’ont pas leur place dans nos rangs. Ils n’ont de place qu’auprès des bourgeois et des exploiteurs, à quémander des miettes et des postes.

    La lutte commence ! Menons-là jusqu’au bout !

  • Liberté pour Salah Hamouri !

    Liberté pour Salah Hamouri !

    Liberté pour Salah Hamouri !

    Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon, le 27 août 2017.

    Une nouvelle fois, Salah Hamouri connaît les geôles de l’Etat israélien. Une nouvelle fois, le militant franco-palestinien subit la répression de la part des occupants de la Palestine.

    Salah Hamouri, ce nom évoque une lutte longue, difficile, pour la liberté d’un individu, pour la liberté d’un peuple, mais également pour la solidarité internationale.

    Le 23 aout, Salah Hamouri est arrêté par les forces de l’ordre israéliennes chez lui, à Jérusalem-Est. Dans le but de l’interroger sur ses activités politiques, le parquet Israélien le maintient en détention jusqu’au 27 aout. Par la suite, son sort sera connu, la relaxe ou la mise en examen.

    Pour Salah, hélas, cela ne constitue pas une nouveauté.

    En mars 2005,  il était arrêté à un checkpoint sur la route de Ramallah, aussitôt, il est emprisonné. Sa détention durera deux ans avant que le tribunal militaire ne statue sur les charges retenues contre lui.

    Accusé d’être membre du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) et d’avoir ourdi une tentative d’assassinat d’un des rabbins les plus réactionnaires d’Israël, son procès, émaillé de chantages et de marchandages, s’est clôturé en 2008. Salah Hamouri, menacé de 14 ans de prison, malgré un dossier vide, en fut réduit à se rabattre sur une plaidoirie de marchandage, laquelle le pousse à plaider coupable.

    Il est condamné à 7 années de réclusion.

    Bien que soutenu très fortement par un grand nombre de militants, d’organisations, de personnalités, Salah Hamouri ne bénéficia d’une libération que par le truchement d’une amnistie massive de 1027 prisonniers palestiniens, en échange de Gilad Shalit, soldat israélien prisonnier du Hamas.

    Le 18 décembre 2011, après 6 ans dans les prisons de l’Etat israélien, Salah retrouvait la liberté.

    Aujourd’hui, cette lutte recommence, pour obtenir que le jeune avocat ne connaisse pas de nouveau l’enfer de la privation de liberté, au cœur d’un des derniers pays d’Apartheid.

    Tout comme Georges Abdallah, détenu à Lannemezan, Salah Hamouri subit les foudres de la justice, du fait de son opposition à l’ordre colonial d’Israël. L’un et l’autre sont des détenus politiques, condamnés pour leur engagement du côté de la liberté, du côté de l’égalité, du côté de la dignité.

    Aujourd’hui, le président de la République, Emmanuel Macron, indique une ligne qui va à l’encontre total de ces luttes : il indique que la lutte contre l’impérialisme israélien sera assimilé à de l’antisémitisme.

    Il est vrai que des apprentis-sorciers du fascisme et de l’obscurantisme jouent sur l’antisionisme pour vomir leur antisémitisme camouflé. Il est essentiel de les dénoncer et de les pourchasser. Mais il est véridique aussi que cette ambigüité sert étroitement les intérêts d’Israël et de ses agents pour frapper les mouvements de libération nationale.

    Les états impérialistes ont toujours instrumentalisé des concepts pour légitimer leur œuvre de domination. Que ce soit le Lebensraum, la sphère de coprospérité pan-asiatique, la destinée manifeste, le devoir de civilisation, tous ces termes n’ont signifié autre chose que « invasion. » Pour les camoufler, les agresseurs les ont paré d’une mystique, ont maquillé leur œuvre de destruction et d’asservissement par ces beautés.

    Derrière ces chants de sirène, il n’y avait que des soifs d’exploitation, de surexploitation, de colonialisme et de pillage.

    L’Etat israélien ne déroge pas à la règle, instrumentalisant les concepts religieux, les concepts de race et de peuple pour servir sa politique coloniale et impérialiste. L’Etat israélien joue la carte du sionisme pour légitimer son oppression.

    L’Etat israélien est un bastion de l’impérialisme, un bastion de la réaction et du racisme.

    L’Unité Communiste de Lyon apporte son soutien à Salah Hamouri et aux prisonniers politiques de la lutte anti-impérialiste, détenus en Israël, dans l’Etat français et partout dans le monde.

    L’Unité Communiste de Lyon apporte son soutien à la résistance palestinienne, et plus particulièrement à la résistance populaire et progressiste.

    Liberté pour Salah Hamouri ! Liberté pour les prisonniers politiques de l’Anti-impérialisme ! A bas les impérialismes, vive le communisme !

  • Sur les relations entre Lénine et Staline – Maria Ulyanova – 1989

    Sur les relations entre Lénine et Staline – Maria Ulyanova – 1989

    Sur les relations entre Lénine et Staline

    Maria Ulyanova

    -1989-

    Les relations entre Lénine et Staline ont fait couler beaucoup d’encre. Elles ont été au centre de nombreux écrits et de nombreuses polémiques. Bien souvent, les anticommunistes ont mis en avant de manière exagérée des éléments anecdotiques pour tenter d’enfoncer un coin dans la filiation politique entre Lénine et Staline.

    Ironiquement, ces anecdotes, visant à retirer toute légitimé à la direction du PC(b)US après la mort de Lénine, sont teintées de ridicule. Elles dépolitisent la lutte entre les différentes tendances au sein du Parti Communiste et tentent d’instiller l’idée que la succession se basait sur des questions de personnalité.

    Tout l’argumentaire de ces anticommunistes se base sur le fait que Staline n’aurait pas été « le dauphin » de Lénine. Est-ce ainsi que fonctionnent les organisations bolcheviques ? Nous en doutons.

    Déjà, nous avions publié les documents relatif à l’histoire du testament de Lénine, tel que compris par Lazare Kaganovich. Aujourd’hui, nous ajoutons ces textes, lesquels reviennent sur les « brouilles » entre Staline et Lénine, et sur la véritable nature de leur relation.

    Ces documents présentent un intérêt particulier, dans le sens où ils illustrent les rapports entre camarades au sein du Parti Bolchevik et où ils permettent de mettre un terme à ces rumeurs et ce travail de sape basé sur l’ad hominem.

  • Documents concernant le procès de Leipzig. Interventions et interviews de G. Dimitrov.

    Documents concernant le procès de Leipzig. Interventions et interviews de G. Dimitrov.

    Documents concernant le procès de Leipzig. Interventions et interviews de G. Dimitrov.


    L’avènement du nazisme ne s’est pas fait d’un seul coup, comme un couperet tombant brutalement. Le nazisme s’est installé coups de force après coups de forces.

    Lorsque le Reichstag fut ainsi incendié, les nazis s’en sont servi comme prétexte pour tenter de décapiter les organisations communistes. Ils passèrent Georges Dimitrov, dirigeant de l’Internationale, en procès. Ce qui devait être une victoire pour eux fut un échec piteux, les juges, pourtant aux ordres de Goering, durent s’incliner et reconnaître l’innocence du prévenu.

    La défense et l’éloquence de Dimitrov, ainsi que la campagne internationale de soutien, ont permis que cela arrive.

    Hannah Arendt, à cette période, avait écrit « il n’y a plus qu’un seul homme en Allemagne, et cet homme est un bulgare »

    Ce document est un recueil de textes datant de la période. L’Incendie du Reichstag, discours final devant le tribunal ; Ce que nous devons dire avant tout ; La signification du procès de Leipzig et Les premiers enseignements. Ces textes sont intéressant et ne perdent pas de leur actualité. La bourgeoisie ne voit les droits démocratiques et politiques, in fine, que comme ‘un mal nécessaire.’

  • Deux Critiques Contemporaines du Vingtième Congrès du Parti Communiste de l’Union Soviétique – 1956

    Deux Critiques Contemporaines du Vingtième Congrès du Parti Communiste de l’Union Soviétique – 1956

    Deux Critiques Contemporaines du Vingtième Congrès du Parti Communiste de l’Union Soviétique

    1956

    La question du XXème congrès du PC(b)US est une question plus que centrale. Elle représente, en quelque sorte, un point de bascule, le point à partir duquel le camp socialiste se fissura, se fragmenta, et, pour finir, se scinda.

    Aujourd’hui, nous produisons deux textes, l’un de Neil Goold militant communiste irlandais; l’autre de Moni Guha, militant indien. Les deux sont intéressant à plus d’un titre, notamment du fait de leur précocité, puisqu’ils furent l’un et l’autre publiés en 1956.

    Nous reproduisons ici la préface qui présente les deux documents.

    Les thèses du Vingtième Congrès du PCUS en 1956 ont gagné l’appui non seulement d’un certain nombre de partis, qui plus tard s’en sont distancés eux-mêmes en partie. Le Parti Communiste de Chine, le Parti Communiste du Vietnam et le Parti des Travailleurs de Corée mais aussi le Parti du Travail d’Albanie, lequel a mené le combat contre les positions du PCUS de l’intérieur du Kremlin lui-même à la réunion des 81 Partis Communistes et Ouvriers en 1960. Par la suite, il a étendu cette lutte pour embrasser la gamme entière du révisionnisme moderne.

    Dans ce contexte les articles de Neil Goold et Moni Guha représentent un accomplissement substantiel. Encore plus car les deux critiques ont été publiées à la suite du Vingtième Congrès et furent mis sous presse avant la publication du ‘Rapport Secret’ de Khrouchtchev dans le ‘New York Times’ en juin 1956.

    L’article de Neil Goold est tirée du livret comprenant trois articles de sa main intitulés ‘Le vingtième Congrès et Après’, lequel fut réimprimé par la maintenant défunte organisation Communiste Britannique et Irlandaise en 1973. Neil Goold était un Irlandais qui a vécu et travaillé en Union soviétique de 1929 aux années 30 et qui a épousé une russe. Il devint un communiste et a soumis sa demande pour devenir membre du PCUS. On lui a suggéré qu’il devait retourner en Irlande et rejoindre le Parti communiste d’Irlande. Il était actif dans le PCI de 1937 à 1939, lorsqu’il fut interné dans le camp de concentration Curragh au début de la guerre. À sa sortie de prison il s’est opposé au CCPP, pour s’être audissous lui-même, sa direction n’étant pas préparée à mettre en œuvre une politique internationaliste d’appui pour le front uni contre le fascisme, après l’invasion par les nazis de l’URSS en 1941. Une telle politique serait allée à l’encontre de la politique de neutralité de Valera, qui était compatissante à l’idée d’une alliance avec l’Allemagne Nazie contre la Grande-Bretagne. Au début des années 1950 Neil Goold était actif dans la Connolly Association à Londres où il est entré en conflit avec l’opportunisme de C. D. Greaves. En avril, 1956 il a publié l’article publié ci-dessous. L’année suivante, ayant rétabli contact avec sa femme et son fils, il est retourné en Union soviétique.

    En 1956 le Parti communiste de l’Inde au Bengale Ouest a été divisé en deux sections, les Dangeites qui étaient les avocats de la Démocratie Nationale et un deuxième groupe qui a soutenu la conservation du programme de la Démocratie Populaire. Le rapport de Khrouchtchev a été accueilli par les partisans de Dange et fut opposé par les Anti-Dangeites. Face à une vague de ressentiment parmi les rangs, le CCPP a à la hâte organisé une réunion du Corps Général

    La direction des deux groupements a réduit la question du Vingtième Congrès à un simple question de soutien ou d’opposition à Staline. C’était Moni Guha, avec quelques camarades, qui ont protesté contre cette méthode de présentation de la question et trouve en ceci la signification politique et idéologique: ils ont argumenté que le point centrale de la charge était les principes et l’idéologie du Marxisme-Léninisme. Dangeite et anti-Dangeite ont fait front commun contre cette interprétation. ‘Un Comité pour la Défense du Marxisme-Léninisme et de Staline’ a été formé sur l’initiative de Moni Guha et un prospectus a été distribué parmi les communistes dans lequel il a été explicitement soutenu que ‘le 20ème Congrès est le Congrès du Révisionnisme et il doit être battu comme Lénine s’est battu contre la Seconde Internationale et la Sociale Démocratie’ (Cette ligne a été incorporée dans la Préface du livre ‘Vingtième Congrès et Staline‘). L’agitation avait un impact tel que la direction du CCPP a été contrainte d’organiser un forum ouvert. Mais ce forum fut publié dans ‘Parichaya’, un magazine littéraire qui était pratiquement contrôlé par le groupe Dangeite. Le premier article du forum ouvert a été écrit par Saroj Acharva, un intellectuel Marxiste renommé, défendant le Vingtième Congrès et diffamant ‘la méthode mécanique sans vie de Staline’. Le deuxième article, celui de Moni Guha dénonçait le 20ème Congrès comme le Congrès du Révisionnisme et soulignait le besoin primordial de le combattre. Le troisième article était de Abdul Momin, victime de la période Ranadive, ex-secrétaire-général du B.P. T U. C., ex-membre du Comité Provincial du CCPP et la figure légendaire de la Grève Carter Calcutta. Il doit être noté que les Camarades Moni Guha, Momin et Satya Gupta (un fonctionnaire de ‘Parichaya’) ont conjointement projeté le contenu de leurs articles. Après la publication de l’article de Abdul Momin, les dirigeants de ‘Parichaya’ ont brusquement fermé le forum ouvert sans accompagner cela d’une raison. Celle-ci étant probablement liée a l’influence de l’article Chinois, ‘Sur l’Expérience Historique de la Dictature du prolétariat’ qui a soutenu et développé les thèses de Khrouchtchev. Cependant, Camarade Satya Gupta fut capable de publier son histoire ‘la Conversation des Morts – Marx, Engels, Lénine et Staline’ sur le Vingtième Congrès. L’article de Moni Guha publié ci-dessous fait partie d’un plus long morceau publié en juillet 1956 au Bengali; il est réimprimé à partir de la traduction anglaise publiée dans le Proletarian Path, Vol. 1, No 4, juin 1994, pp. 40-46.

  • Grève a Mayotte !

    Grève a Mayotte !

    Grève à Mayotte !

    Mayotte revient sur le devant de la scène, en grande pompe. Une nouvelle fois, le prolétariat de l’île se mobilise dans une grève massive contre les exploiteurs de la métropole. Aujourd’hui, l’île est paralysée, faute de carburant.

    Pour mémoire, en 2016, un mouvement de grande ampleur, pour « l’égalité réelle » s’était lancé, poussant à un bras de fer important entre les populations locales et les représentant de l’Etat impérialiste. Au final, ce mouvement se termina par la signature d’accords par l’intersyndicale CGT, FO, CFDT, Solidaires, FSU et FAEN, très probablement sous la pression de la métropole. Les accords signés n’ont pas débouché sur une amélioration substantielle de la situation pour l’île, toujours marquée par la pauvreté, la misère, et la domination coloniale. Pourtant, les habitants n’étaient pas particulièrement exigeants. Ils réclamaient principalement l’application du Code du Travail.  Or, dans les « joyaux d’outre-mer », pour reprendre la phraséologie d’un certain tribun social-chauvin, l’application de la loi est déjà une lutte. Ironie des ironies, la mise en œuvre de l’accord est prévue pour le premier janvier 2018, à une date où le Code du Travail sera d’ores et déjà pulvérisé par les ordonnances Macron.

    Aujourd’hui, la grève part de la lutte des travailleurs de Total. L’intersyndicale FO – CGTMA réclame une augmentation de 15% du salaire pour tous les employés. Pour appuyer leur demande, les travailleurs bloquent le dépôt pétrolier. Cependant, la réaction de la direction n’est pas particulièrement porteuse d’une impression de volonté de dialogue :  « Nous avons rencontré un employeur qui affiche beaucoup de mépris [Il est parti en vacances le 13 aout, en indiquant que les ouvriers choisissaient mal leur jour de grève.]. Nous avons proposé une augmentation générale de 15% des salaires et comme la direction nous avait promis hier mercredi qu’elle allait nous faire une proposition en ce sens, on a écouté ses propositions. L’ennui est qu’il n’y a pas de proposition » rapporte ainsi le porte-parole de l’intersyndicale, El Anziz Hamidou.

    La direction prétend l’inverse. En revanche, elle appuie, quant à elle, ses arguments sur un raisonnement simple : bloquer le dépôt est un casus belli. Le 13 aout, le directeur, avant de partir en congé, a ainsi menacé le délégué syndical de représailles si la grève ne cessait pas. Du fait de la pénurie de carburant, la préfecture a indiqué, sous l’injonction du MEDEF, qu’elle ne respecterait pas le droit de grève des travailleurs, en débloquant certaines stations. Ainsi, le 19 aout, par exemple, les forces de l’ordre sont intervenues pour chasser les grévistes et permettre le passage de camion citernes.

    BFM business indique : » Le président du Medef Mayotte, Thierry Galarme, a demandé au préfet d’étendre l’arrêté de réquisition pour l’ approvisionnement en carburant de tous les véhicules assurant la livraison de denrées alimentaires, des véhicules du BTP, des véhicules de transports scolaires – à quelques jours de la rentrée qui a lieu mercredi -, des véhicules des entreprises de sécurité privée concourant à la sécurité des personnes et des biens aux côtés des forces de l’ordre et de tous les véhicules commerciaux (sur présentation d’un Kbis) ». En somme, cela signifie que le droit de grève n’est qu’un mot creux, tout comme l’ensemble des droits formels accordés par la bourgeoisie.

    Mais le directeur de Total ne s’arrête pas à cela. Le Journal de Mayotte du 20 aout explique :  » « Après avoir fait interpeller le délégué syndicat FO dans l’après-midi, le DG accompagne les forces de l’ordre dans l’intervention du dépôt de Longoni où les grévistes ont été séquestrés illégalement pendant plus de 3 heures et empêchant, entre autres, les mères de famille de rentrer chez elles », écrit le syndicat. « Le directeur de Total Mayotte se trompe de statut et de responsabilité car il a accompagné les gendarmes mobiles déguisé en militaire », affirme également FO. »

    Voilà la réponse des impérialistes à Mayotte : répression et force militaire. Voilà le visage de Total à Mayotte, où le directeur se prend pour un barbouze. Il s’agit là d’une illustration parfaite de la méthode de traitement des conflits sociaux dans les colonies et néo-colonies de l’Etat français. Aveu, également, de la proximité entre les grands complexes industriels et l’armée.

    Areva, Total, Bouygues, Lafarge…etc. Tous se nourrissent de ces liens.

    L’Unité Communiste de Lyon ne voit, dans la possession de ces territoires, nulle chance pour ces habitants. Nulle chance pour ses travailleurs. Nulle chance pour ses intellectuels. La présence de l’Etat français, et il s’agit d’un point fondamental qui nous sépare des sociaux-chauvins, est une plaie purulente pour les habitants.

    Total, comme la très large majorité des entreprises françaises à Mayotte, profite du caractère insulaire de l’île pour imposer un monopole complet et dégager des surprofits supplémentaires. Elle profite du caractère colonial des rapports pour extorquer davantage de plus-value des masses de ces îles ou de ces territoires.

    Elle traite les habitants avec un mépris issu en droite ligne de la période coloniale, de la période impériale, laquelle ne s’est jamais réellement achevée.

    L’Unité Communiste de Lyon affirme sa solidarité avec les travailleurs en lutte de l’usine Total. Elle affirme sa solidarité avec cette lutte pour un niveau de vie meilleur. Elle affirme également sa solidarité avec celles et ceux qui ne veulent plus du joug d’une métropole qui brime et opprime.

    Certains esprits chagrins peuvent clamer que ‘sans la France, Mayotte serait les Comores.’ A cela nous ne pouvons répondre qu’une chose : « sans la France, les Comores seraient bien autre chose que ce qu’elles sont aujourd’hui.  » Il s’agit de l’occasion de rappeler que ce sont les mercenaires français et sud-africains, qui ont saboté l’expérience révolutionnaire des Comores de 1975 à 1978. Celle-ci, s’inspirant en partie de l’expérience de la Chine populaire et de la Révolution Culturelle, était la plus à même d’apporter espoir et émancipation à la jeune nation. A la place, ils ont installé des agents, des valets, qui enferment dans la misère et le désespoir les masses.

    A nos yeux, les arguments qui légitiment le maintient de la France sur ses positions territoriales sont des arguments faux et creux. Ils ne servent qu’a instiller l’idée que notre impérialisme serait « mieux » que celui des autres.

    Il n’en est rien.

    Chaque lutte contre l’hydre impérial est une lutte que doivent soutenir tous les militants et militantes révolutionnaires.

    Solidarité avec les travailleurs et travailleuses de Mayotte !

    A bas l’impérialisme français ! A bas le capitalisme !

  • Le terrorisme comme arme de l’extrême-droite.

    Le terrorisme comme arme de l’extrême-droite.

    Le terrorisme comme arme de l’extrême-droite.

    La veille effectuée sur les attaques terroristes illustre d’une manière terrible la situation internationale : pas un jour ne passe sans qu’une bombe, une balle ou un véhicule ne soit utilisé dans le but de semer la terreur au sein des populations civiles. En Irak, en Syrie, en Afghanistan mais également dans de nombreux états africains, la mort frappe par surprise avec une régularité d’horloge terrifiante.

    Ces derniers jours n’ont pas fait exception. Un grand nombre d’attaques et d’assassinats ont été menés partout dans le monde.

    Fusillade à Waza, au Cameroun ; voiture bélier en Catalogne et à Charlottesville ; assassinat du dirigeant du TKP/ML – Tikko, Nubar Ozanyan, par balle… Le et caetera est terrible.

    La liste, chaque jour, s’allonge. Le traitement médiatique de ces attaques a été le reflet d’une terrible arithmétique : la valeur de la vie n’est pas là même en fonction de la position géographique et de l’origine. A nos yeux, ces morts sont des drames équivalents.

    Les pensées de nos militants vont, ainsi, vers les victimes de ces actes, vers leurs familles, vers les blessés. Nous exprimons notre solidarité par delà les océans et les frontières. Ces actes, hélas, ne sont pas isolés.

    Derrière les actions, un nombre incalculables de tentatives : incendies de mosquées, piraterie maritime contre les réfugiés, menaces de mort…

    Malheureusement les exemples sont légion.

    Quelles que soient les cibles, quelles que soient les auteurs, quelles que soient les méthodes, ces attaques portent une marque similaire : celle des provocateurs fascistes, des provocateurs réactionnaires, des assassins et des fauteurs de guerre. Chacun de leurs actes ne servent qu’à tuer, blesser, mutiler des civils, des membres des classes populaires ou ceux et celles qui vouent leur vie à servir le peuple.

    Leurs actions ne visent nullement à desserrer l’étau autour des opprimés et des exploités, mais, au contraire, à insuffler la méfiance, la paranoïa, la défiance et l’hostilité entre celles et ceux que tout devrait réunir. Ces crimes visent à briser toute solidarité entre ceux qui courbent l’échine sous le joug des mêmes exploiteurs.

    Le mouvement révolutionnaire et progressiste a parfois utilisé les attentats et les assassinats, il est vrai. Mais ces attaques ne furent jamais des crimes aveugles, des massacres commis pour envenimer les choses. Il s’agissait d’actes inclus dans une stratégie de défense ou de soulèvement.

    Lorsque les partisans, les combattants de la libération nationale, les révolutionnaires frappaient les rouages essentiels de l’ennemi.

    Lorsqu’ils frappaient ses moyens de communication, ses installations essentielles et ses agents.

    Rien de commun en cela avec les actes commis aujourd’hui. En plus d’un siècle et demi de militantisme, les révolutionnaires ont eu le temps de disserter sur le terrorisme individuel, sur l’usage de la terreur au sein des masses. Les communistes rejettent cette stratégie, laquelle sert in fine les intérêts de l’Etat et des exploiteurs, laquelle brise l’organisation des masses en mouvement politiques et syndicaux, laquelle dresse les uns contre les autres les membres des classes populaires.

    La stratégie terroriste renforçait les pouvoirs des Etats réactionnaires. Et c’est bien pour cela que les réactionnaires l’emploient.

    Fascistes et fascistes-obscurantistes, malgré leur haine de façade, marchent main dans la main.

    Ils marchent main dans la main dans leur course à la guerre réactionnaire, servant de valets aux grandes puissances impérialistes, qui les nourrissent lorsqu’elles le jugent nécessaire.

    Suprématistes blancs, identitaires et Daesh sont ainsi des alliés objectifs.

    Ils portent la même idéologie. Les uns et les autres se servent d’un argument de pseudo nostalgie d’un âge d’or fictif: Apartheid ; Califat ; Monolithisme racial… Mais ils veulent, en vérité, soumettre les classes populaires à la dictature intégrale  des exploiteurs ; refouler les femmes dans les églises, les maternités et les cuisines ; briser et brimer toute volonté d’émancipation, tout esprit de liberté.

    Ils sont les miroirs les uns des autres.

    Lorsque Daesh s’exclame que l’occident rejette les musulmans et les maltraitent, les fascistes y voient leur programme. Lorsque ces derniers commettent des attaques et des agressions , Daesh s’en sert de moyen de recrutement. Lorsque Daesh fait agir ses agents, les fascistes, en bons charognards, s’empressent de se servir de ces actes pour justifier leurs attaques contre les musulmans. Ainsi, le cycle se répète, s’intensifie, se poursuit.

    Lorsque ce cycle ne s’entame pas, les fascistes n’hésitent pas à opérer des attaques eux-mêmes, à mentir, à inventer des faits. Leur théorie pourrie étant incapable d’analyser la réalité, ils se doivent de la tordre. Mensonges et stratégie de la tension sont leurs armes. Tant que cela sert leurs objectifs, tout est bon. La leaderless resistance américaine, ainsi, mène assassinats, attentats, crimes sur crimes en rêvant que cela déclenche une « guerre des races ». Ils espèrent ainsi que les autorités feront appel à eux pour rétablir l’ordre et la discipline.

    Lorsque, en utilisant les arguments des fascistes, les impérialistes interviennent, sèment des bombes, sèment la misère et la surexploitation, ils créent les conditions d’implantation des organisations réactionnaires obscurantistes. Lorsque ces organisations attaquent, ces actions servent à renforcer les factions les plus belliqueuses des états dominants.

    Cette boucle est une boucle infernale. Elle est une boucle dont la conclusion est l’hégémonie politique des réactionnaires dans les pays impérialistes comme dans les pays dominés.

    Seules les organisations révolutionnaires peuvent la briser. Seules les organisations révolutionnaires peuvent avancer vers la voie de la paix, de l’émancipation de la fin de la misère et de l’exploitation.

    En stoppant les interventions militaires et la subordination économique. En nuisant à l’impérialisme des pays dominants dans les métropoles. En mobilisant les masses populaire pour abattre le pouvoir des agresseurs.

    En organisant les masses des pays dominés pour avancer sur le chemin de l’indépendance réelle, sur le chemin de l’émancipation.

    Ce n’est que lorsque le cercle terrible, menant à la mort et à la misère, sera remplacé par celui de l’entraide et de la coopération, sous le signe de la lutte politique contre la bourgeoisie, que les crimes finiront. Cette issue est la seule.

    Les fascistes et les charognards ne cherchent qu’à marcher sur les cadavres pour s’en faire des piédestaux. Ils ne veulent que les utiliser pour vociférer leurs discours de haine et de division.

    Ils utilisent la mort et la souffrance comme un moyen pour recruter et fédérer dans leurs projets guerriers.

    Ne prêtons pas l’oreille à ces vermines abjectes.

    Rejetons-les et chassons-les.

    Soyons solidaires, unitaires, et avançons ensemble, internationalement, dans la lutte contre l’impérialisme et, au premier chef, notre propre impérialisme !

    Ni guerres ni attentats entre les classes populaires.

    Unité et solidarité contre la bourgeoisie et ses serviteurs fascistes !

  • Hommage au martyr Nubar Ozanyan. Assassiné par les fascistes !

    Hommage au martyr Nubar Ozanyan. Assassiné par les fascistes !

    Hommage au martyr Nubar Ozanyan. Assassiné par les fascistes !

    Le 14 août, les communistes du monde entier se sont vu arracher un camarade, un frère d’armes. Un combattant du front militaire comme du front théorique.

    La camarade Nubar Ozanyan, plus connu sous son pseudonyme de commandant Orhan, est en effet tombé au Rojava, sous les balles de l’organisation fasciste-obscurantiste Daesh. Nul doute que cet assassinat doit remplir d’aise les fascistes turcs comme les fascistes-obscurantistes de Daesh. Pour eux, un implacable ennemi est tombé.

    Membre depuis 40 ans du Parti Communiste de Turquie/ Marxiste-Léniniste, commandant aguerri de la branche armée du parti, la Tikko (Armée ouvrière et paysanne de libération de la Turquie), le camarade Ozanyan laisse un grand vide, après une vie vouée à la lutte révolutionnaire, à l’éducation politique, et à la formation militaire des jeunes recrues qui combattent notamment dans le Rojava aujourd’hui.

    Mais, comme le chante le « chant de la Libération », aussi nommé « chant des partisans », « Ami, si tu tombe, un ami sort de l’ombre à ta place. » Nul doute que les jeunes cadres, les jeunes combattants et combattantes poursuivront sa lutte, poursuivront son combat.

    Nubar Ozanyan  est d’origine arménienne, né dans la Turquie kemaliste, laquelle s’est vouée à détruire tout ce qui ne rentrait pas dans le cadre de la « révolution » du « père des turcs ». Il lutta, avec bravoure et humilité, partout où le système capitaliste pourrissant, et où l’impérialisme semaient la mort. En Turquie, en Palestine, au Karabakh, en Arménie ou encore au Kurdistan, le commandant Orhan se battait du côté des opprimés, prouvant aux bourgeoisies impérialistes et compradores que désormais, elles ne connaîtraient plus que des revers, jusqu’à la victoire totale du camp du peuple.

    L’Unité communiste de Lyon se joint à la tristesse des camarades du TKP/ML, et des révolutionnaires du Rojava. Mais si l’homme est mortel, les idées de Marx, Engels, Lénine, Staline, Mao, et Ibrahim Kaypakkaya , pour lesquelles Nubar Ozanyan a donné sa vie, ne le sont pas ! L’idéologie qui permet la libération des masses populaires est une hydre qui sans-cesse renaît, car, chaque jours, les capitalistes et les impérialistes dressent les masses populaires contre eux. Chaque jour, ils creusent leur propres tombes.

     Contrairement à ce que prétend la bourgeoisie, via son monopole médiatique, et via les relais de propagande de leurs éducations nationales, la flamme du communisme n’est pas éteinte ! Elle ne le sera jamais.

    Dans l’Etat turc et dans le Rojava, le TKP/ML mène la lutte aux côtés des kurdes du PKK, du PYD, du YPG et des YPJ , contre le fasciste Erdogan, et ses pions obscurantistes ; en Inde, la rébellions naxalite contrôle des régions entières où sont tenus en échec les capitalistes et leurs milices sanguinaires ; aux Philippines, la lutte de la Nouvelle armée populaire avance, malgré les oscillations et les trahisons des bourgeois, lesquels soutiennent le boucher Duterte ; au Pérou, la pensée du président Gonzalo guide encore ceux qui sont épris de liberté, et de justice.

    Partout où l’oppression sévit, les masses s’organisent et ripostent !

    Dans l’État français, le mouvement communiste, toujours divisé doit tourner ses yeux vers ces exemples. Nous devons nous inspirer de l’exemple du commandant Orhan, de son combat, de sa rigueur, de son humilité.

    Rassemblons nous, organisons nous, formons nous, ressuscitons le Parti communiste de la classe ouvrière, reformons le camps du peuple ! Le meilleur hommage à ceux qui sont tombés est de poursuivre leur combat, et de le mener à son terme !

    En Turquie, dans le Rojava, comme partout à travers le monde, les martyrs de la révolution nous regardent !

    Honorons les !

  • Réponse des communistes marxistes-léninistes-maoïstes aux auteurs du « Livre noir du communisme » – 2002

    Réponse des communistes marxistes-léninistes-maoïstes aux auteurs du « Livre noir du communisme » – 2002

    RÉPONSE

    DES COMMUNISTES MARXISTES-LÉNINISTES-MAOÏSTES

    AUX AUTEURS DU

    « LIVRE NOIR DU COMMUNISME »

     In REVUE THÉORIQUE n°1 – ORPCF -2002 –

    Le livre noir du communisme. Les thèses de ce livre, d’une scientificité plus que douteuse, sont partout. Accepté comme une parole d’évangile par tous les anticommunistes et par l’Education Nationale, ce pamphlet n’a de cesse de présenter une version tronquée, truquée, mensongère de l’URSS, de la Chine, de l’Albanie et des démocraties populaires.

    Cet ouvrage, honteux, a servi de fer de lance pour les anti-communistes, mais également pour certaines idéologies se présentant comme les tenants d’un communisme pur. Curieux liens, où il est aisé de trouver des écrits de Soljenytsine, de Boris Souvarov, de Robert Conquest dans les librairies « d’extrême-gauche .»

    Aujourd’hui, nous publions une réponse qui a été rédigée par l’Organisation pour la Reconstitution du Parti Communiste de France (O.R.P.C.F.) en 2002. Cette réponse forme un document que chaque communiste se doit de connaître, pour être en mesure de rejeter les arguments pourris développés au sein du « Livre Noir ».

    Les mensonges sur l’URSS et sur le communisme en général sont légion. Mais ils la recherche scientifique et la recherche de la vérité les balaient les uns après les autres.

    Cette lecture, de même que celle de Falsificateurs de l’histoire, déjà présente sur notre site, représentent deux contre-offensives pour restaurer la vérité.

  • Sur le 90ème anniversaire de la Gande Révolution Socialiste d’Octobre. (2007)

    Sur le 90ème anniversaire de la Gande Révolution Socialiste d’Octobre. (2007)

    Sur le 90ème anniversaire de la Grande Révolution Socialiste d’Octobre. 

    2007

    Le 100 ème anniversaire de la Révolution d’Octobre est un évènement considérable. Il ne s’agit pas de commémorer un évènement quelconque, une simple date. Il s’agit d’un point de rupture titanesque.

    Si la Commune de Paris fut un premier coup de hache dans le pouvoir de la bourgeoisie, en instaurant la première dictature du prolétariat, la Révolution d’Octobre instaura la première expérience de construction du Socialisme.

    Le fait qu’elle ait eu lieu est le fruit de facteur conjecturels (guerre, épuisement…) mais également d’une préparation de longue haleine. Sans le travail de construction du Parti Bolchevik, cette révolution serait restée chimère et utopie.

    Entre Que faire et la Révolution, quinze années d’écart. Un océan de travail, légal ou illégal, clandestin ou au vu et su de tous. Quinze années de lutte terrible dans les coulisses, pour que la grande première existe.

    Une révolution marquée par la guerre, que les bolcheviks ont du apprendre à faire. Marquée par les interventions étrangères, la haine implacable du capitalisme contre les travailleurs. Marquée aussi par la solidarité prolétarienne, l’amitié entre les peuples et entre les travailleurs.
    Entre la Révolution et le XXème congrès du PCUS, qui enterra le socialisme, 39 ans de travail acharné, pour faire d’un Etat arriéré une force politique et économique de premier plan, sans impérialisme, sans exploitation, sans misère. Une œuvre bâtie dans l’encerclement, dans la guerre, dans la douleur et dans la menace. Dans l’expérimentation, dans la découverte, avec des victoires, des revers, des erreurs. Mais une œuvre qui éclaire toujours, qui rayonne.

    Un matériel immense que les communistes doivent étudier, comprendre, analyser, pour renaître plus forts et plus puissants. Aguerris par l’expérience entière du mouvement communiste international.

    Cette brochure, que nous reproduisons ici, célébre, il y a dix ans, le 90 ème anniversaire. Elle est une déclaration pertinente et pleine de bon sens sur les questions relatives à la construction du socialisme.

    Une lecture supplémentaire à ajouter à sa bilbliothèque.

    Sur le 90ème anniversaire de la Grande Révolution Socialiste d’Octobre

    Revolutionary Democracy

    2007

    Publié par l’UCL en 2017


    Voici le message de salutations adressé au groupe Ray O. Light lors de la réunion tenue à New York pour célébrer le 90ème anniversaire de la Grande Révolution Socialiste d’Octobre. 

    La célébration du 90ème anniversaire de la Grande Révolution Socialiste d’Octobre à New York, en plein cœur de la citadelle de l’impérialisme américain, est un sujet de première importance et nous estimons que c’est une question de grand honneur d’envoyer un message fraternel de salutations à cette occasion au nom de la revue Revolutionary Democracy

    Marx a fait observer que les révolutions des dix-septième et dix-huitième siècles n’étaient pas des révolutions Anglaise et Française, mais des révolutions d’un modèle européen dans lequel la victoire de la bourgeoisie a représenté la victoire d’un nouvel ordre, la victoire d’un nouvel ordre de la société, la victoire de la propriété bourgeoise sur les rapports de propriété féodaux. La victoire de la révolution russe en octobre 1917 a vu la victoire du nouvel ordre prolétarien et la victoire des rapports de propriété socialistes sur les rapports de propriété bourgeois: il s’agissait d’une révolution sur un modèle mondial, comme cela a été souligné par la formation du camp démocratique au côté de l’URSS socialiste en tant que résultat de l’instauration des démocraties populaires de l’Europe centrale et du sud-est et de la République populaire de Chine, de sorte qu’un tiers de l’humanité fût libéré du joug du capital. 

    La Révolution russe a survécu aux tentatives de l’impérialisme mondial d’étrangler la République des travailleurs dès sa naissance et est parvenue à la victoire contre la réaction intérieure et extérieure dans la guerre civile. Elle a réussi à ramener rapidement les forces productives au niveau de 1913. Par la suite se déroula l’une des périodes les plus extraordinaires de l’histoire mondiale, qui a vu l’industrialisation de l’URSS à l’intérieur de plans successifs de cinq ans (les plans quinquennaux, note du traducteur) de sorte que l’État ouvrier est devenu le premier État industriel en Europe, ainsi que la création des fermes collectives des paysans pauvres et moyens. Ces victoires ont été précédées par les victoires politiques dirigées par Staline, le grand continuateur des œuvres de Lénine, contre les oppositions de «gauche» et de droite. L’opposition de «gauche» dirigée par Trotsky et Preobrazhensky désirait « surindustrialiser » prématurément la Russie soviétique dans les débuts de la Nouvelle Politique Économique avant même que la production industrielle soit retournée aux niveaux de la période tsariste, sur la base des capitaux extraits de la l’exploitation de la paysannerie, une mesure qui aurait mortellement affaiblie l’alliance des travailleurs et des paysans. L’opposition de droite dirigée par Boukharine a tracé les grandes lignes d’une politique d’industrialisation légère fondée sur l’expansion de l’abondance d’un marché de paysans riches. Staline a réalisé une politique d’industrialisation centrée sur la construction de l’industrie lourde mécanique et financée principalement par les nouvelles valeurs créées dans l’industrie soviétique par la classe ouvrière elle-même. La mise en place des nouveaux rapports agricoles socialistes correspondait précisément au point de vue de Marx qui faisait valoir que: les moyens de production devraient être la propriété de la société dans son ensemble plutôt que celle des fermes collectives comme cela a été fait par l’instauration des Stations de Machines et Tracteurs; que les fermes collectives devraient être formées par la paysannerie pauvre et moyenne à l’exclusion de la paysannerie riche que Lénine appelait la dernière classe capitaliste. Ces réalisations colossales ont été rendues possibles par l’enthousiasme au travail des masses par le biais du mouvement Stakhanov et les campagnes d’émulation socialiste. En 1936 Staline a été en mesure d’annoncer que l’URSS était une société qui a jeté les bases d’une société socialiste dans laquelle l’exploitation des classes n’existait plus. L’économie socialiste a été la base matérielle pour la consolidation de l’union volontaire des nations et des nationalités fondée sur le droit à la sécession qui jeta les bases de l’Union soviétique. Elle jeta aussi les bases de l’émancipation des femmes soviétiques qui jouissaient maintenant de facilités sans précédent dans les conditions du socialisme. Avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Staline a affirmé que les nouvelles tâches de la classe ouvrière étaient d’achever la construction de la société socialiste et de commencer la transition vers le communisme. La société soviétique atteingnait la notoriété dans le monde entier par le biais de la formation de la nouvelle culture socialiste réaliste associée avec les noms de Gorki, Maïakovski, Fadayev, Ostrovsky, Deinika, Vera Mukhina, Eisenstein, Poudovkine, Chostakovitch, Khatchatourian, Ivanov, Koretsky et Kukrinsky.

    Les réalisations économiques de l’URSS, la défaite politique de l’opposition et l’élimination de la cinquième colonne dans la société soviétique à travers les procès pour trahison ont été les conditions préalables essentielles pour la victoire sur le fascisme qui a coûté  27 millions de morts au pays. La victoire de l’Armée rouge dans la Grande guerre patriotique a jeté les bases pour la mise en place des nouvelles démocraties en Europe de l’Est et du Sud-Est et en Asie. L’Union soviétique a très rapidement rétabli les forces productives à leur niveau d’avant-guerre et en 1950 il était le double de celui de 1940. Les plans pour jeter les fondements de la société communiste étaient de nouveau à l’avant-plan en URSS alors que le PCUS(b) a appuyé les démocraties populaires de l’est et de l’ouest sur la voie de l’avancement vers le socialisme.

    Après la mort de Staline, la révolution en Union soviétique et dans la majorité des démocraties populaires est entrée dans sa phase descendante. Déjà en 1948/49, la Yougoslavie de Tito a commencé la liquidation de sa démocratie populaire et la formation d’une économie de marché. Elle a été le précurseur de ce qui se préparait progressivement en Union soviétique et dans les démocraties populaires, à l’exception de l’Albanie. L’héritage de la Grande Révolution Socialiste d’Octobre a été liquidé en URSS en 1954-58 avec la fin de la planification dirigée pour la mise en place de la société communiste, la circulation des moyens de production en tant que marchandises dans le secteur public et la transformation concomitante du travail libre associé de la société socialiste en une situation où la force de travail est devenue une marchandise, alors que le profit est maintenant devenu le critère de l’efficacité des entreprises. Le Vingtième congrès du PCUS et l’élimination des communistes Kaganovitch et Molotov de la direction du parti en juin 1957 par le biais d’un coup d’Etat militairo-policier dirigé par Serov et Zhukov ont été les corollaires de la contre-révolution néolibérale.

    Du 90ème anniversaire de la Révolution d’Octobre nous devons tirer les leçons des réalisations de l’Union soviétique et aussi les enseignements qui se dégagent de sa destruction. Comme l’impérialisme et en particulier l’impérialisme américain est en train de se déchaîner dans le monde entier, il est plus clair que jamais que la voie de la démocratie et le socialisme est la seule voie à suivre pour l’émancipation des peuples du monde entier.

    Nous souhaitons tout le succès possible à votre célébration du 90ème anniversaire de la Révolution d’Octobre.

    Longue vie à la grande Révolution Socialiste d’Octobre!
    Longue vie aux idées immortelles de Marx, Engels, Lénine et Staline!
    Vive la solidarité de la classe ouvrière et des masses travailleuses à travers le monde! 

    Delhi
    1er novembre 2007.

    Traduit de l’anglais par Garde Rouge