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  • Catalunya, entre indépendance et incertitudes.

    Catalunya, entre indépendance et incertitudes.

    Catalunya, entre indépendance et incertitudes.

    Un océan d’incertitudes. Voilà ce qui ressort du discours du président Puigdemont.

    Aujourd’hui, 10 octobre 2017, le dirigeant de la Generalitat de la Catalogne s’est exprimé devant le parlement. Prévu à 18h00, il fut retardé d’une heure, à la suite d’un entretient avec Jean-Claude Juncker, président de la commission européenne.

    Le discours était attendu. Historique. Nul ne savait réellement à quoi s’attendre, après 9 jours d’incertitudes, de flou total.

    Puygdemont s’est donc adressé à la population catalane, à celle de l’Etat espagnol, à l’Europe, au monde.

    Il a rappelé le cheminement qui entraîna la Catalogne sur la voie de l’indépendance. Il a rappelé avec justesse que le centralisme madrilène s’est montré un maître aigre, tyrannique, vampirique, brisant les désirs d’autonomie.

    Le discours est revenu sur le référendum. Les violences policières, les pressions, les amendes, les arrestations ont été citées. Elles ont été condamnées. Elles ont été l’illustration de la position de la monarchie sur le processus d’indépendance. Une position aussi ossifiée et aussi dure que celle du grand-père du régime : Francisco Franco.

    Puigdemont s’est ensuite attaqué à la question de l’indépendance. Le dirigeant catalan a indiqué que la solution retenue n’est pas la sienne, mais qu’elle serait celle qui serait appliquée. Une manière de dire que les décisions du référendum seraient appliquées.

    Malgré les périphrases, malgré les détours, le couperet tombe : la Catalogne sera proclamée République indépendante. Mais sous condition. Sous condition d’un dialogue avec l’Etat espagnol, avec l’Union Européenne. Sous des conditions qui entachent de « mais » lourds et sombres l’indépendance.

    Une manière amère d’indiquer que la promesse reste, mais que l’application est suspendue.

    Pour beaucoup de catalans et d’observateurs étrangers, ce sont des mots qui sonnent comme une défaite. Mais comment en serait-il autrement pour le moment ?

    « Espérons que rien ne sera déclaré demain, parce que la personne ayant fait cette déclaration pourrait finir comme celle ayant fait une déclaration identique, il y a 83 ans » déclarait Pablo Casado, faisant ainsi référence à Lluis Companys, fusillé par les franquistes. Casado n’est pas un petit fasciste à croix gammée, un petit rat noir, il est le très haut placé vice-président chargé de la communication du Parti Populaire. Ce même parti dont est issu le chef du gouvernement actuel, Mariano Rajoy, ce même parti dont nous disions qu’il était fils du franquisme.

    Ce genre de déclaration ne peut que donner une teinte particulière à la manière dont les choses peuvent évoluer.

    Dimanche, entre 300 000 et 950 000 « unionistes » ont défilé contre le référendum. Parmi eux, certes, des gens pétris de bonnes intentions. Mais également un grand nombre de fascistes, de phalangistes, de monarchistes, de franquistes. Une force importante qui pèse toujours d’un lourd poids dans la vie politique du pays.

    L’Europe et ses dirigeants ont vilipendé le résultat du référendum. Nul doute que la « conversation » avec Jean-Claude Juncker n’a pas forcément été une causette au coin du feu entre deux amis. Nul doute que des pressions sont exercées pour que Barcelone renonce, abandonne l’expression démocratique du référendum et la sacrifie sur l’autel des intérêts des diverses bourgeoisies. Macron a soutenu le régime de Madrid, a traité les catalans d’égoïstes. Belle manière de donner un point de vue.

    Les bourgeois, les entreprises, les banques, ont plié bagage dans d’autres régions, terrifiées de la perte de leurs liens avec l’Europe. La classe moyenne catalane, tout en étant pour l’indépendance, n’est pas forcément prête à assumer la réalité de ce qu’elle signifie. La petite bourgeoisie radicale de la Catalogne, elle-même, partage les traits de toutes les petites bourgeoisies : elle s’enthousiasme, s’extasie devant le projet, devant les perspectives, mais prend peur devant le risque de perte de pouvoir d’achat, de perte de rentes, de perte de perspectives. Cruels revirements d’une classe vacillante.

    Comment cette indépendance aurait pu être unilatérale et concrète ?

    Bien que les situations soient politiquement différentes, un problème très direct se pose, celui de la capacité à exercer la réalité du pouvoir et de pouvoir tenir son territoire. La Catalogne n’est pas le Kurdistan, n’est pas le Kosovo, pour citer deux indépendances récentes, sans pour autant que ces deux cas de figure soient eux-même, entre eux, comparables. Il n’y a pas de Peshmergas, pas de soutient des YPG pour défendre le territoire, pour le sanctuariser contre les armées irakiennes et turques. Il n’y a pas de A-10 de l’OTAN, prêt à fondre sur le moindre blindé traversant la frontière entre la Serbie et son ancienne dépendance. Il n’y a pas de force armée au service du gouvernement catalan, capable de pouvoir déterminer et tenir des frontières.

    Il n’y a, en Catalogne, qu’une poignée de mossos, une poignée de policiers catalans. L’armée Espagnole n’est pas la pointe du progressisme, loin de là.

    Du point de vue de Puigdemont, les options sont restreintes : si l’Etat espagnol choisit la voie de la violence et de l’écrasement, il n’y aura que peu de forces pour le sauver. Son option est donc un départ négocié, pour éviter une guerre civile espagnole bis, dans laquelle les Catalans n’auraient ni force armée, ni soutien extérieur, et dans laquelle -de nouveau- les grandioses démocraties regarderaient avec détachement se faire massacrer les masses et les forces progressistes.

    Pourtant, l’histoire à montré que des voies existent pour l’indépendance, pour la liberté, même du faible contre le fort. Ces voies sont celles des armées populaires, des armées révolutionnaires. Mais elles restent bouchées pour les forces catalanes, qui ne sont pas en rupture avec l’exploitation capitaliste. Ce sont ces forces, avec la solidarité internationale, qui peuvent garantir une indépendance à la Catalogne tout comme garantir la paix et la prospérité à ses habitants.

    C’est là la faille du processus d’indépendance. Difficile de savoir quelle voie choisira le gouvernement de la Catalogne, entre la soumission et la réalisation du vœu exprimé dans le référendum.

    Nous accordons, malgré ces failles, malgré le fait que seule la voie révolutionnaire est à même de triompher des obstacles, un soutien aux catalans et à l’indépendance.  Ce soutien est au nom du droit des peuples à disposer d’eux mêmes et aux droit à s’ériger en nation.

    Nous soutenons la lutte du peuple catalan. Celui-ci a droit à l’indépendance dans la mesure où elle est souhaitée par la majorité du peuple. Les menaces de Rajoy, les pressions de l’UE et des pays européens, les atermoiements et les capitulations de la bourgeoisie catalane ne pourront pas stopper le processus engagé. Cette indépendance est une onde de choc qui traverse et secoue de nombreux Etats, dont l’Etat français, qui sera lui aussi confronté à cette question. En 2018, la Nouvelle-Calédonie, la Kanaky, votera elle-aussi sur la question de son autodétermination.

    Nous lui souhaitons de réussir ce vote. Tant pour son avenir en tant que nation indépendante que par l’affaiblissement que cela provoque au sein de la métropole impérialiste.

    Nous n’avons aucune honte à souhaiter la défaite de celle-ci.

    Nous n’avons nullement à rougir, malgré les faiblesses, malgré les insuffisance, en soutenant l’indépendance de la Catalogne. 

    A bas la monarchie putréfiée d’Espagne! A bas la répression et les menaces ! Vive la Catalogne indépendante et libre ! Visca Catalunya !

  • Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon concernant la nasse du 7 octobre 2017.

    Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon concernant la nasse du 7 octobre 2017.

    Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon concernant la nasse du 7 octobre 2017.

    L’Etat réprime de nouveau les antifascistes.

    Aujourd’hui, les fascistes avaient prévu de défiler. L’extrême-droite lyonnaise avait ainsi voulu lancer une manifestation sous des slogans typiques de leur chapelle : « fin de la préférence étrangère ; rupture avec l’Union Européenne ; fermeture des frontières. « 

    Après avoir tenté d’instrumentaliser la misère, l’an dernier, en prétendant aider les plus démunis -à condition qu’ils soient de la bonne race, les fascistes tentent de nouveau de faire parler d’eux.

    Le climat politique et militant ne leur sied guère, il faut dire. Il leur est difficile d’argumenter sur la Loi Travail. Niant la lutte des classes, étant foncièrement des ennemis des intérêts des masses populaires, il ne leur reste qu’a agir en vautours et à trouver quelques charognes à ronger. Lorsqu’ils réussissent à faire parler de leur mouvement, c’est en commettant agressions et bris de vitre dans le quartier de Saint-Jean. Chaque époque à ses croisés, la nôtre les connaît pétris de courage et d’ambition, comme à Nantes, ou 5 fascistes, certains descendant de la noblesse, sont jugés pour avoir attaqué un couple.

    Pour revenir sur le devant de la scène, les fascistes avaient ainsi prévu d’occuper l’espace public depuis place Carnot.

    La préfecture les en a interdit pour cause de risque de trouble de l’ordre public.

    Jusqu’ici, rien de novateur. Les fascistes déposent une manifestation qui n’a aucune chance d’être acceptée, la préfecture refuse, ils crient au complot franc-maçon ou judéo-bolchevique, selon le goût du jour. Bien souvent, ils tentent un coup de force, en comptant sur la tolérance de la part des forces de l’ordre, de la mairie, de la justice.

    De notre côté, sous l’impulsion du Groupe Antifasciste de Lyon et Environs, un contre-rassemblement a été lancé. Ce contre rassemblement avait tant à la fois pour but de contrer la mobilisation fasciste et, de l’autre, de poursuivre une campagne d’information sur l’existence et le contenu politique de ces groupes, tout comme d’éclairer sur l’attitude de la bourgeoisie et des institutions.

    Ce rassemblement fut, lui aussi, interdit pour les mêmes raisons. Le rassemblement s’est néanmoins tenu.

    Il a été accompagné d’une diffusion de tract, bien accueillie par ceux qui les recevaient. Après une demi heure, la police l’a néanmoins nassé, sans qu’aucune provocation de la part des rassemblés ait lieu. Après l’avoir encerclé, il fut déporté à l’intérieur de la rue Victor Hugo, restant ainsi cloitrés pendant une heure et demi.

    Ceux qui ne furent pas encerclés ont, logiquement, exigé que leurs camarades soient libérés. Quelle réponse ont-ils, ont-elles eues ? Une charge et des gaz.

    Une libération fut faire, au compte-goutte, avec fichage et fouille. A noter qu’une dame âgée, ayant eu l’outrecuidance de refuser qu’une policière la tutoie, fut plaquée contre un mur et violentée. Il semble que cela soit une représentation fidèle de l’application du code de déontologie.

    Trois arrestations ont été faites par la police, mais les charges sont -à l’heure actuelle- inconnues.

    Voilà ce qu’il en coûte de vouloir braver un interdit.

    Certains diront que cela découle d’une logique certaine : la suppression de l’un entrainant mécaniquement celui de l’autre. Mais cette logique revient à placer sur un pied d’égalité le fascisme et l’antifascisme, de considérer l’un et l’autre comme les facettes d’une seule pièce.

    Nous considérons que le mouvement antifasciste n’est pas au stricto sensu une simple réponse aux fascistes, ce mouvement va plus loin. Il fait parti du front de défense et d’autodéfense des masses populaires, contribue à la lutte contre l’exploitation, contre l’atomisation, contre l’isolement, pour une culture populaire et combative.

    En revanche, la mairie, la préfecture et les institutions voient les choses d’une manière tout autre.

    Ce qui les embête, ce qui les gênent, ce sont les troubles que pourraient provoquer les petits agitateurs à la croix de bois ou aux bords plus crochus. Au final, ce qui leur importe c’est que Lyon soit une ville proprette, commerçante, touristique. Ce qui leur importe c’est que l’argent coule à flot.

    C’est pour cela que lorsque Macron vient, ils intiment au migrants l’ordre de cacher leurs tentes. C’est pour cela que lorsque les fascistes défilent, ils leur demandent de ranger leurs swastikas et leurs blasons de la SS Charlemagne. C’est pour cela que quant les antifas s’opposent, ils les nassent et les gazent. Cela fait mauvais genre, dans la rue commerçante qu’est Victor Hugo, de voir les drapeaux rouge, rouges et noirs ou noirs flotter.

    Dans le fond, leur préférence va aux petits agités du Vieux-Lyon, après tout, ils ne réclament que la stagnation et le retour en arrière. L’un comme l’autre convient parfaitement à une bourgeoisie qui rêve de retourner à l’âge d’or ou crier « droits sociaux » permettait de visiter de l’intérieur le bagne de Cayenne. Ne partagent t-ils pas un même amour du commerce international ? Les uns vendant des armes aux terroristes de l’Etat Islamique -tout en étant des indics de police- les autre finançant directement Daesh contre une sécurité pour exploiter le sous-sol syrien.

    Après tout, le fascisme est l’enfant de la bourgeoisie, son rejeton de temps de crise. Le fascisme est le monstre difforme, nourri et couvé, que la bourgeoisie garde en réserve pour le lancer sur les masses, lorsqu’elle se rebellent trop.

    Quant aux antifascistes, dans leur grande variété, ils ont ce grave défaut de vouloir que le monde change, de vouloir le transformer. Donc, ils sont par essence des ennemis de cet ordre public, bourgeois, exploiteur, putréfié.

    Pour ne pas être gênés et nuire au bon plaisir des passants, la police encercle, gaze, frappe. En amont, elle avait déjà menacé directement certains militants et certaines militantes quelque peu dérangeants, en exigeant de leur hiérarchie professionnelle qu’elle transmette un ordre de convocation au commissariat. Une méthode scandaleuse.

    Après tout, l’Etat d’urgence inscrit dans le droit commun, avec tout les traitements préventifs des « risques », n’est-ce-pas le fantasme nocturne de tout fasciste ?

    L’Unité Communiste de Lyon déclare sa solidarité envers le mouvement antifasciste. La répression sans cesse croissante contre les mouvements sociaux, politiques, antifascistes illustre l’aggravation de la situation sociale. La politique de kamikaze de Macron emmène inéluctablement à ce que la situation se détériore encore, servant, en cela, de terreau aux réactionnaires les plus répugnants. Cette détérioration ne pourra pas connaître de fin par elle seule.

    Le coup d’arrêt ne peut venir que des forces progressistes et révolutionnaires.

    Elles doivent serrer les rangs, faire front ensemble pour stopper la déferlante.

    C’est ainsi que les attaques pourront être stoppées.

    Mais la fin du règne d’exploitation et de crime de la bourgeoisie ne pourra s’achever qu’au travers de la bataille suprême que représente la révolution prolétarienne. Elle seule pourra mettre fin à cette nuit sinistre de misère, de guerre, de souffrance.

    Elle seule pourra enterrer définitivement ce valet du capitalisme qu’est le fascisme.

  • Macron et la bourgeoisie foutent le bordel.

    Macron et la bourgeoisie foutent le bordel.

    Macron et la bourgeoisie foutent le bordel.

    La communication de Macron s’envase. Chassez le mépris naturel du bourgeois et il revient au galop. En déclarant, en aparté certes, « il y en a certains, au lieu de foutre le bordel, il feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas » à propos des ouvriers de GM&S en lutte, le président Macron dérape de nouveau.

    Un dérapage qui le démasque. En campagne, les prises de parole de Macron furent soignées, lissées par un staff aux aguets. Mais dès lors que ses propres mots lui viennent à la bouche, le pauvret ne sait plus où donner de la tête, ne sais plus ce qui est convenable et ce qui ne l’est pas.

    Ce n’est pas sa première bourde.

    Le 17 septembre 2014, il déclarait : « Les salariées de l’abattoir sont pour beaucoup des illettrées. »

    En mai 2016, face à des militants de la CGT, « Vous n’allez me faire peur avec votre tee-shirt, la meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler. »

    Après son élection, il s’est de nouveau fendu de beautés du type : « Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent » , le 3 juin 2017, crachant au passage à la figure d’entre 7 000 et 10 000 morts noyés depuis 1995.

    Le 29 du même mois, il apportait une nouvelle pierre à son édifice : « Dans une gare, on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien. »

    Dernier exemple du florilège, le 20 septembre : « Je serai d’une détermination absolue et je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes. »

    Si ses soutiens se sont empressés de clamer que les polémiques autour de ces propos étaient infondées et construites de toutes pièces, il est difficile de tout mettre sur le dos de l’inexpérience du président, ou sur des volontés de nuire à son image.

    Macron ne reçoit que la juste rétribution de ce qu’il sème.

    Mais il réside une part de vrai dans ce qui est dit par ses zélotes. Effectivement, le président manque d’expérience. Il manque d’expérience pour cacher le mépris de sa classe de bourgeois pour celles des masses populaires.

    C’est là son tort, il ne parvient pas à camoufler habilement, à maquiller -malgré les frais engagés- le fait que, d’une part, il ne connaît pas le vécu des masses, et que, de l’autre, il les méprise au plus haut point.

    Car il est le digne fils de sa classe. Une classe plaquée d’or, la bourgeoisie. Il est le  digne fils de ces parasites sociaux, vampirisant les richesses produites par les travailleurs, les saignant à blanc au sens propre comme au figuré pour alimenter leurs comptes bancaires, leurs vies de luxe, leurs partage du monde.

    Les masses n’intéressent, in fine, la bourgeoisie que lorsqu’il s’agit de maintenir le vernis de démocratie qui fait tenir l’ensemble de cette pièce de théâtre. Leur politiciens, comme Macron, sont de professionnels de la prestidigitation, des professionnels de la démagogie.

    La bourgeoisie voit les masses, dans une certaine mesure, comme les colonisateurs voyaient les colonisés : des semi-humains, grouillants, répugnants, stupides, incapables de comprendre la beauté et la grandeur de la vie, incapable de quitter leur fange et de s’élever vers la transcendance. C’est ce qui pousse Macron à déclarer, alors ministre de l’économie : « Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires ». Car, la sociologie le démontre, l’ascenseur social est d’une équité et d’une justice sans pareille.

    Non seulement la bourgeoisie méprise les travailleurs et les travailleuses, mais elle vit dans une sphère intégralement différente, dans un autre monde, un autre univers. Un ouvrier d’Iran, du Nigeria ou de France partage un vécu commun, un fond commun : celui de l’exploitation, celui du travail de production, celui de la misère -plus ou moins acérée. Une culture commune, une culture de classe : une culture ouvrière et prolétarienne.

    Les bourgeoisies, elles-aussi, partagent un certain fond culturel de classe. Un immense gouffre les séparent des masses, indépendamment de l’appartenance à la même nation, malgré que la rhétorique nationaliste soit, bien souvent, un levier dont elles usent et abusent jusqu’à la nausée.

    Mais lorsqu’un Copé parlait de pains au chocolat, ou de chocolatines, à 0.15 €, cela prête à rire, mais cela dévoile une réalité certaine.

    Dans un article intitulé « comment compte la bourgeoisie », nous écrivions la chose suivante : « Cette situation est révélatrice d’un décalage complet entre la bourgeoisie et le reste de la population, même le reste du Monde. Madame Fillon et Monsieur Copé sont loin, très loin, d’être les seuls. Ils ne sont probablement pas les pires.

    La bêtise crasse de l’un, la rapacité de l’autre ne sont que des symptômes.

    Rappelons nous des pleurs de Guaino et de Gérard Collomb, quant à leurs indemnités de misère. Le pire, le plus affreux, est qu’ils sont probablement sincères dans leurs cris, horrifiés et terrorisés. Ils et elles se croient au bord de la misère et dans la précarité la plus totale. C’est cette peur qui les rend hargneux et haineux.

    Ces individus qui sont en lice pour le pouvoir ne sont nullement des hérauts du peuple. Ils n’ont rien en commun avec les travailleurs. Eux-mêmes, elles-mêmes, n’ont jamais travaillé, jamais produit, jamais apporté quoique ce soit comme richesse à l’humanité. Ils et elles ne sont que les gestionnaires des intérêts de la bourgeoisie.

    Ils et elles sont les agents zélés et corvéables des parasites néfastes qui grouillent et ponctionnent le sang, le travail des travailleurs et des travailleuses, que ce soit au sein de l’Etat Français comme des néo-colonies et des régions dominées.

    L’attitude de Mme Fillon, est typique de celle de la bourgeoisie. Celle-ci est dans la peau du mauvais joueur, tricheur invétéré. Bien qu’elle pose les règles elle-même, elle ne peut s’empêcher de transgresser ses lois. Sa gloutonnerie est sans limite et, lorsque quelque chose lui résiste, elle n’hésite pas à se remémorer la maxime de Otto von Bismarck « la force prime le droit », de même que celle de la Fontaine « Selon que vous serez puissant ou misérable, – Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » Lagarde, Cahuzac, Guéant et tant d’autres sont la preuve d’une justice qui ne condamne que d’une tape sur les mains ceux de sa classe. »

    La bourgeoisie ne connaît nullement la vie des masses. Chaque entrée dans le métro parisien est un safari exotique et dangereux. Chaque poignée de main avec un prolétaire est un moment de communication doublé d’un danger sanitaire.

    La bourgeoisie ne connaît nullement l’enfer des fins de mois qui ne se bouclent pas. Ne connaît pas la précarité, les emplois à mi-temps, sous payés, les jobs absurdes. Emmanuel Macron déclarant qu’ayant été étudiant avec 1000€ par mois, il connaissait les terreurs des étudiants précaires. Ont-ils, ont-elles jamais travaillé de manière productive, ces membres de la bourgeoisie, ces politiciens, ces politiciennes ? De gauche ou de droite, la plus grande majorité s’est incluse dans les réseaux de piston, dans l’appareil des organisations politiques ou syndicales. Rien n’est plus étranger que le fait de produire des richesses, de bâtir, de construire ou d’élever.

    Macron, en tant que chef du conseil d’administration de la bourgeoisie française, est une illustration pleine et entière des sourires de façade et des coups de poignards dans le dos.

    C’est ce qui fait qu’elle n’a aucune vergogne à faire abattre l’ISF. Ce qui fait qu’elle n’a pas de pitié à fracasser le code du travail, à broyer les conquêts sociales. Ce qui fait qu’elle agit avec un cynisme sans pareil, sans honte et sans bornes.

    Car elle méprise les masses, ignore leurs maux. Elle n’est axée qu’autour de l’accumulation du profit, qu’autour de la spoliation de la richesse. Mais jamais, au grand jamais elle ne cherche à répondre aux besoins de l’humanité. Tricher, mentir, empoisonner et assassiner -vite ou à petit feu- elle ne recule devant rien.

    Le bordel, qui le met, si ce n’est cette classe sans scrupule, toujours prête à broyer des vies, à détruire des richesses, à gaspiller, à instituer l’anarchie de la production. Qui met et maintient le chaos dans le monde, si ce n’est elle et son jeu ?

     La bourgeoisie connaît certes des angoisses, mais qui lui sont propres, qui sont ceux de sa classe. Ces angoisses sont celles de la concurrence qui règne entre les membres de celle-ci, de la baisse de sa plus-value, de ses rendements… mais également d’autres, plus cruciales. Peur des grèves, peur des syndicats, peur des mouvements politiques anticapitalistes, peur, surtout, du spectre qui hante toujours l’Europe : le communisme.

    Il y a cent ans, les masses se mettaient en mouvement, sous la direction du Parti Bolchevique, pour mettre fin à cette exploitation, à cette misère, à ces ténèbres. Le phare qui s’illumina alors doit toujours nous servir de guide : nous n’avons pas besoin de la bourgeoisie pour produire. Nous n’avons pas besoin de ses politiciens pour diriger la société.

    L’avenir de l’humanité n’est pas seulement sans la bourgeoisie, sans ce cadavre social putréfié, mais bien contre elle, contre son pouvoir, contre ses laquais !

  • Le séisme catalan.

    Le séisme catalan.

    Le séisme catalan.

    Hier, le 1er octobre 2017, la Catalogne a voté par référendum. Hier, les urnes ont parlé en faveur de l’indépendance. Hier, une faille s’est ouverte dans l’oppression nationale que subissent les peuples de l’Etat espagnol, depuis la mise en œuvre de la dictature franquiste.

    Hier, le gouvernement du Parti Populaire, les héritiers de Franco, a montré une fois de plus son visage de bourreau et de criminel, blessant près d’un millier de personnes par ses forces armées. Il faut dire que ce parti, tout comme le PSOE de « gauche », sont des pourfendeurs des volontés indépendantistes. Quand ce ne sont pas les Catalans qui sont matraqués, ce sont les Basques qui subissent mandats d’arrêts, torture, et meurtres extrajudiciaires.

    Aujourd’hui, ces chauvins sentent le sol se dérober sous leurs pieds.

    Quelques chiffres : 42.3% de participation. Un taux loin d’être ridicule, qui s’approche presque de la participation aux législatives dans l’Etat français. 2.26 millions de personnes ont voté, dont 2.02 millions pour le oui à l’indépendance.

    Les partis opposés à l’indépendance ont appelle au boycott du référendum. Au delà de la manœuvre visant à tenter de diminuer sa valeur, il s’agit d’un aveu de faiblesse. Une lame de fond indépendantiste traverse la Catalogne, une lame de fond que nul ne peut nier.

    D’une manière prévisible, les porte-paroles officiels des autres états ont exprimé leur solidarité avec le gouvernement de l’Etat espagnol, tout en essayant de maintenir une parodie de démocratisme et de rejet de la violence policière.

    Emmanuel Macron s’est exprimé, quant à lui, en déclarant qu’il n’avait pas à juger de l’attitude du premier ministre de l’Etat espagnol. Une belle manière de dire qu’il ne s’oppose pas a ce que le sang coule. Une belle manière de s’inscrire dans une tradition très française du « botter en touche » pendant que la répression frappe. Manière aussi d’éviter que les yeux se tournent vers un Etat français où l’état d’urgence rentre peu à peu dans le droit commun et où la police nasse et écrase les manifestations.

    Nul doute que dans 10 ans, dans 20 ans, les mêmes clameront leur soutien à sans faille à la liberté et leur loyauté vis-à-vis des aspirations populaires. Les partis bourgeois, la bourgeoisie en général, ne se gêne nullement pour mentir et falsifier la réalité. L’essentiel est, pour elle, maintenir son pouvoir et de se prétendre du côté du peuple.

    Cette attitude ne peut qu’évoquer 2011, où Michèle Alliot-Marie, alors ministre des affaires étrangères, proposa à Ben Ali, en Tunisie, l’aide des CRS français pour écraser le printemps arabe. A ce moment là, cette attitude de solidarité entre les ennemis des masses était générale. Aujourd’hui, tous et toutes font mine d’avoir soutenu, en secret, les volontés de liberté.

    Quoiqu’il en soit, quelque soit, aujourd’hui, l’Etat espagnol est à la croisée de chemins.

    Sa répression a creusé un fossé sanglant entre le pouvoir de Madrid et les masses catalanes. Elle a démasqué sa direction, aux yeux du monde comme étant un ordre arbitraire, anti-démocratique, se retranchant derrière des lois scélérates et antipopulaires. Cette répression, dans un sens clausewitzien, entraîne une montée aux extrêmes. Elle ne fait que renforcer le sentiment d’arbitraire et le désir d’émancipation, tant des masses catalanes que des autres composantes de l’Etat espagnol.

    Les indépendantistes sont politiquement les gagnants. Ils sont les gagnants du référendum, les gagnants en termes d’image, les gagnants en termes de gains moraux. Les seules voies qui reste à Madrid sont celles, d’une part de l’aveu d’échec, de prendre le chemin du démantèlement d’un Etat espagnol juridiquement construit sur le franquisme. L’autre est celle du sang. Celle d’une nouvelle guerre civile, celle de l’écrasement de la Catalogne.

    Car se séisme ne se limite pas à la simple question de la perte de la Catalogne -et de 20% de son PIB- pour l’Etat espagnol. Elle est plus vaste. Elle est plus profonde. Elle met fin au paradigme des frontières de l’Europe occidentale, immuables et intangibles.  Aujourd’hui, la Catalogne est un point d’ancrage. Elle créé un précédent. Un précédent qui peut conduire d’autres nations opprimées à lever leur drapeau et a  réclamer, elles aussi, leur droit à l’autodétermination. Nous songeons à toutes ces colonies que les défenseur de l’impérialisme français nomment « ses joyaux. » Nous songeons à toutes ses possessions issues de l’époque coloniale. Nous songeons aux nations oubliées et muselées au sein de l’hexagone. Nous saluons, par ailleurs, l’initiative de Breizhistance d’avoir organisé un meeting commun, en solidarité.

    Un large consensus entoure, dans les milieux de gauche radicale, la question du vote catalan. Il est clair que lorsque les frontières de l’Etat français seront concernées, les visages souriants vont se décomposer. Les alliés de la veille se trouveront mille excuses pour refuser que la Réunion, la Guyane, la Polynésie et, encore pire, d’autres comme la Bretagne, entre autres, puissent poser la même question que les Catalans.

    Nombre de sophismes sont assénés pour justifier cela, et faire du droit des peuples un mot creux et vide de sens. Peur de faire tomber des zones dans l’escarcelle de l’impérialisme américain, peur de l’impossibilité pour ces régions de se gouverner elles-mêmes, rejet absolu de tout « nationalisme ». Tout ces arguments ne font que marquer la peur du démantèlement des Etats impérialistes, d’une tendance à préférer son propre impérialisme à celui des autres, d’un déni de celui-ci.

    L’Unité Communiste de Lyon ne présente pas le référendum de Catalogne comme une révolution démocratique, encore moins comme une révolution prolétarienne. Tout ce qui bouge n’est pas rouge. Mais cela n’ôte en rien le fait que sortir des entraves du parasitisme de la bourgeoisie madrilène, le vaste mouvement populaire, l’immense espoir que représente ce vote et la mobilisation qu’il suscite sont des aspects positifs.

    La bourgeoisie catalane s’attend à ce que la Catalogne lui revienne de droit. Mais elle pourrait bien déchanter, car les organisations populaires et anticapitalistes de Catalogne se sont, plus que toutes les autres, renforcées dans l’affrontement avec le pouvoir madrilène.

    Les organisations populaires et révolutionnaires de Catalogne sont la véritable porte de sortie de la domination et de l’expression libre de la nation catalane. Aujourd’hui Madrid est l’ennemi, lointain et dans sa forteresse. Demain, ce sera probablement la bourgeoisie barcelonaise. Mais elle ne trouvera pas une masse apathique en face d’elle. Elle trouvera des masses populaires qui ont, dance cette lutte, fait l’expérience de la victoire, l’expérience de la libération et de la mise en place d’un autre pouvoir. Espérons que cette étape mène vers d’autres victoires, plus grandes et prolétariennes !

    Aujourd’hui, nos regards sont vers la Catalogne et vers son combat !

    Visca Catalunya ! Som un sol front ! Catalunya al cor !

  • Le référendum se poursuit en Catalogne. Madrid répond par la force.

    Le référendum se poursuit en Catalogne. Madrid répond par la force.

    Le référendum se poursuit en Catalogne

    Madrid répond par la force.

    L’Unité Communiste de Lyon affirme son soutien sans faille au référendum d’autodétermination en Catalogne. Elle affirme également sa condamnation totale de la répression, de nature franquiste, qui s’abat sur les manifestants.

    337 blessés, à 16h30, colorent cette journée de sang. Personnes âgées blessées, pompiers matraqués, manifestants éborgnés… L’Etat espagnol renoue avec son héritage génétique franquiste.

    Déja, avant le référendum, le gouvernement madrilène avait montré les dents. Le pouvoir central de l’Etat Espagnol envoie ses militaires, ses policiers, ses juges pour écraser le référendum décidé par la Catalogne, concernant son autodétermination. Ces derniers jours, profitant des dispositions légales héritées de la période franquiste, l’Etat Espagnol a organisé une immense vague de répression et d’arrestations en Catalogne, dans le but de mettre à la concrétisation des volontés indépendantistes catalanes.

    13 septembre 2017, le parquet catalan, aux ordres de Madrid, ordonne à la police d’empêcher le référendum. Ordre est donné de saisir les urnes, les bulletins, les affiches. Egalement, la mesure s’accompagne de la possibilité d’arrêter les maires disposés à organiser ce référendum. Perquisitions et saisies se poursuivent jour après jour.

    Le 20 septembre, 14 hauts responsables catalans sont arrêtés et des millions de bulletins saisis. De nombreuses manifestations spontanées partout dans l’Etat Espagnol se multiplient pour soutenir les droits démocratiques des catalans.

    Le lendemain, le gouvernement madrilène annonce des amendes de 6 000 à 12 000 € / jours pour les 24 organisateurs du référendum. Les amendes seront maintenues jusqu’à ce qu’ils « respectent les résolutions de la cour. »

    Mais le gouvernement catalan a tenu bon et a maintenu le référendum. Malgré les scellés sur les bureaux de vote, malgré les saisies d’urnes, malgré les charges de la police, le référendum se poursuit. La tension entre la Generalitat et Madrid monte d’heure en heure. Nul ne sait, pour le moment, jusqu’où elle culminera. Il n’est pas exclu que le gouvernement de l’Etat espagnol réponde par la force brute, d’autant qu’il redoute un effet domino.

    Derrière les catalans, les basques regardent avec attention le déroulé. Et, de l’autre côté des frontières, dans l’Etat français, dans les Iles Britanniques, d’autres ont les yeux rivées sur ce qui se déroule. Une onde de choc traverse l’Europe et sonne le réveil des questions nationales.

    C’est pour cela que, dans la grande majorité, les politiciens de l’Etat français condamnent ce référendum, en dénient le caractère démocratique, en dénient le droit. « Ce désir d’indépendance est pour moi quelque chose de très dangereux pour l’Espagne et même pour l’Europe » a ainsi clamé la « socialiste » Anne Hidalgo, Franco-espagnole. Le désir des masses est « dangereux pour l’Etat espagnol », il faut donc l’écraser. C’est ce qui transparait au travers de ces termes. Ils lui reprochent le caractère unilatéral du référendum.

    Comment pourrait-il être autre chose qu’un acte unilatéral ? Ni les catalans, ni aucun peuple s’érigeant en nation indépendante n’a gagné par un dialogue et une marche main dans la main entre l’oppresseur national et l’opprimé. Les indépendances se gagnent par la confrontation, tout comme les révolutions.

    Si certains ténors de la gauche « radicale » ont condamné les violences policières sans soutenir le référendum, seul le représentant du NPA, Philippe Poutou a déclaré son soutien à la volonté d’indépendance.

    De notre côté, nous sommes solidaires de la Catalogne dans leur volonté d’expression démocratique et d’autodétermination. Nous sommes solidaires du droit des peuples à s’ériger en nation indépendante. Nous sommes solidaires contre le pouvoir de Madrid, contre ses méthodes de gestapo, contre ses violences, ses arrestations et ses amendes.

    Un point de non-retour, aujourd’hui, a été franchi. La  société catalane, dans sa plus grande partie, entame un divorce avec Madrid. A l’image du club de football, le Barça, dont le communiqué officiel appelle à condamner les violences policières et à soutenir l’expression démocratique faite au travers du référendum.

    Nous sommes solidaires de Catalans, des Basques, des Asturiens, des Andalous, des nations qui luttent, au sein de l’Etat Espagnol, mais aussi au sein de l’Etat Turc, de l’Etat Français, de ces prisons des peuples.

    Nous voulons clamer cette solidarité, contre l’hydre fasciste. Contre la répression, contre l’écrasement des libertés démocratiques. Aujourd’hui,  plusieurs membres de l’Unité Communiste de Lyon ont symboliquement accroché une banderole au consulat d’Espagne de Lyon.

    Banderole clamant notre soutien à l’indépendance sous ces termes :

    Visca Catalunya ! Som un sol front !

  • Biji Kurdistan !

    Biji Kurdistan !

    Victoire du référendum pour d’indépendance du Kurdistan Irakien

    Le 27 septembre dernier ont été annoncés les résultats définitifs du référendum qui s’est tenu dans la région autonome du Kurdistan d’Irak, et questionnant les kurdes sur leur volonté d’indépendance. Le résultat parle de lui même, sur 3 305 952 votants (72% de participants), 92,73% ont voté en faveur du oui contre 7,27% de non. Un véritable cri de victoire a retenti au sein du peuple kurde, une victoire sur le papier, pour le moment, mais non encore transcrite dans les faits.

    Si le résultat de ce référendum est une véritable onde de choc dans le Moyen-Orient et dans le monde, le combat pour l’indépandance et l’unification n’est pas terminé pour autant. Le Kurdistan Irakien n’est pas au bout de ses peines, et sa direction politique ne lui facilite pas la tâche. Cette part du Kurdistan est jusqu’ici province de l’État irakien,, bien que bénéficiant d’une certaine autonomie. Elle est dirigée par une clique ambiguë, mi-bourgeoisie compradore, mi-appels à l’indépendance.Le le chef de file de celle-ci est l’héritier d’une lignée de seigneurs féodaux, Massoud Barzani. Barzani, au cours des dernières années, ne s’est guère montré un allié fiable pour ses frères et sœurs. Ainsi, ses forces combattantes, les Peshmergas, on eu un rôle plus que douteux dans la guerre. Ils ont cédé sans combattre le terrain à Daesh, mais, en revanchen s’en sont déjà pris aux YPG dans le Rojava, jouant un rôle d’allié objectif des Turcs dans le secteur.

    Par ailleurs, le président du Kurdistan irakien a déclaré, suite à la victoire du oui, que celle-ci n’impliquerait pas une déclaration d’indépendance immédiate, laquelle ne serait effective qu’après négociation avec Bagdad. Une rétractation qui ne surprend guère, pour un représentant d’un parti qui s’est montré, à de nombreuses reprises, empêtré dans un jeu de double-face. N’oublions, pas en effet, que la lutte concrète contre l’impérialisme, contre le fasciste Erdogan et ses alliés et contre les obscurantistes de Daesh, s’est passée de l’appui de Barzani. Elle est menée depuis le début par les troupes du PKK, par les forces révolutionnaires kurdes et les troupes du TKP/ML – TIKKO. Plus qu’une volonté d’indépendance, c’est un projet de société, d’égalité et de justice qui est porté par ces organisations. Il s’agit du projet que nous soutenons.

    La volonté de Barzani d’obtenir l’indépendance par la négociation, en plus de trahir volonté populaire des Kurdes, est le reflet d’un réalité dramatique. Aucune des forces présentes dans la région ne souhaite entendre parler d’un Kurdistan indépendant. En Irak, Bagdad a d’ores et déjà réclamé le contrôle sur les aéroports. Dans la théocratie voisine, près d’une centaine de militants et militantes kurdes ont été arrêtées depuis lundi pour avoir osé exprimer leur soutien à la victoire du oui. Jeudi dernier, Binali Yildirim, le bras droit de Erdogan, a demandé la tenue d’un sommet Ankara-Téhéran-Bagdad, pour coordonner les actions contre la partition irakienne et contre la guérilla. Trois pays dont les antagonismes restent vivaces -gardons en mémoire le conflit meurtrier Iran/Irak entre 1980 et 1988- tombent soudain d’accord sur cette pierre d’achoppement qui réunit les ennemis d’hier : pas d’Etat pour les kurdes.

    Le risque d’une croisade antikurde est fort. Le camouflet que représente le référendum passe pour une véritable provocation, une véritable défiance face aux frontières héritées du démantellement de l’Empire Ottoma.

    Face à la menace, la réponse des Kurdes est invariablement la même, la résistance populaire. Ainsi, les forces présentes dans le Rojava ont déjà annoncé qu’elles interviendraient en Irak en cas de conflit ouvert. Face à ses bourreaux, le peuple kurde continuera de mener son combat exemplaire, jusqu’à la victoire finale.

    Nous, communistes, soutenons inconditionnellement la lutte héroïque du peuple kurde. Nous soutenons les organisations révolutionnaires qui, chaque jour, œuvre non seulement pour la liberté et la justice, mais aussi, contre la réaction, le fascisme, l’obscurantisme et l’impérialisme.

    Cette victoire du référendum, et l’opposition qu’elle sucite, ne peut que faire écho à la situation qui se profile en Catalogne. Les volontés populaires sont systématiquement broyées, bannies, et écrasées quant elle vont à l’encontre des interêts des bourgeoisie.

    Vive la lutte de libération nationale et vive le Kurdistan libre, indépendant et unifié ! Halte aux menées des réactionnaires et aux trahisons !

  • Un plat de couscous, une rue et des nazis. Partie finale – des nazis à la rue ?

    Un plat de couscous, une rue et des nazis. Partie finale – des nazis à la rue ?

    Des nazis à la rue ?

    Le coup de force du 23 septembre a suscité de nombreuses critiques et de nombreuses réactions, fort variées. Celles-ci ont formé un véritable tir d’artillerie, encadrant de critiques de gauche et de critiques de droite l’opération menée par la France Insoumise. Nous avons nous-mêmes formulé les nôtres plus en amont dans ce texte ainsi que dans notre article sur le dangereux solo de Mélenchon. Mais nous considérons que toutes les critiques n’ont pas la même valeur, ne sont pas forcément justifiées.  Nous nous devons de rendre à César ce qui revient à César, quant à cette manifestation, tout comme de faire la critique des critiques.

    Le désaccord de fond que nous avons avec la France Insoumise, quant aux fondements théoriques de ce mouvement, quant à la stratégie générale, quant au programme, quant à la ligne défendue jusqu’à présent dans le mouvement social, ne doit pas, pour autant, obscurcir notre jugement. Le désaccord est politique et doit rester politique. Certains vouent une haine viscérale au mouvement de Mélenchon, à chacun de ses membres, à chacun de ses militants et militantes. Cela donne naissance à des commentaires basés uniquement sur de l’affect, sur un rapport viscéral, mais non sur une critique de fond.

    Les critiques de droite ont tenté de jouer sur deux lignes : Celle de la minimisation du rassemblement en premier lieu. C’est celle de Marianne par exemple, titrant qu’il n’y avait que 57 000 personnes à la Bastille, lorsque la FI en revendiquait le triple. Cette bataille de chiffres n’est pas significative pour analyser l’influence politique de cette manifestation. Elle est du domaine de l’acte de foi. Mais elle fut utilisée par certains détracteurs pour réduire l’importance de la mobilisation ou de qualifier d’échec cette opération. Indépendamment de ce qu’il est possible de penser du fond de l’affaire, le nombre d’individus présent n’était pas suffisamment ridicule pour que cela puisse être une humiliation.

    Le président Macron, lui-même, l’a reprise. Il l’a mêlée a un autre argument : la menace Mélenchon. En aparté, dans des propos reportés par le Canard Enchaîné, le ton se fait plus agressif. Mélenchon serait un « président Africain battu » refusant de reconnaître sa défaite. Il serait dans une « démarche séditieuse » et il est heureux qu’il n’ait pas « l’armée derrière lui ».

    Dans le même ordre d’idée, Valeurs Actuelles a ainsi illustré sa couverture d’un montage du Che et du visage de Mélenchon. Une manière de surfer, pour ce journal d’extrême-droite, sur l’anticommunisme, sur la peur du rouge, la peur du bolchevisme.

    Si la bourgeoisie a bel et bien raison de redouter qu’un parti communiste léniniste naisse et grandisse, Mélenchon, n’en déplaise à ses détracteurs comme à ses adulateurs, n’a rien d’un révolutionnaire. Si l’attaque laisse transparaître le fait que son existence est déplaisante aux yeux de la bourgeoisie, cela n’en fait pas, pour autant, un émule de Lénine ni même d’un président de gauche sud-américain.

    Au cours de son débat avec le Premier ministre, Edouard Philippe, Mélenchon l’a illustré à plusieurs reprises : « Je suis un Républicain, la loi est au-dessus de tout le reste » a-t-il dit. L’attachement républicain de Mélenchon fut d’ailleurs salué par son contradicteur. Dans les faits, il s’est limité à attaquer le « mauvais prince » au pouvoir, sans jamais revenir sur les fondements de l’inégalité et de la pauvreté au sein de l’Etat français : la bourgeoisie, parasite exploiteur, vampire des masses populaires. Difficile de faire moins marxiste et moins bolchevique.

    Il s’agit d’un aspect que ses détracteurs de gauche connaissent bien. Il s’agit par ailleurs du fondement de la critique contre Mélenchon : le caractère social-chauvin et réformiste du programme de leur leader.

    Le problème, dans la critique portée par de nombreux groupes de gauche n’est pas le fond, mais bien souvent la méthode.

    L’intervention de la part de militants et militantes d’ultra-gauche lors de la manifestation du 23 s’est faite sur un fond valable. Elle s’est faite sur une opposition de fond aux travers de la FI. Mais celle-ci fut inaudible. Elle le fut car elle s’est faite en traitant les militants de la FI comme des ennemis, en les attaquant -parfois physiquement- tout en ne pouvant expliquer les fondements des critiques portées contre ce mouvement. S’en prendre à la tribune et aux militants, dans ce contexte, agit de manière contreproductive, en solidarisant les militants FI avec leur direction, en les faisant former un front unique contre ceux qui apportent la contradiction, le chaos, le malheur de la discorde.

    Cette erreur est typiquement gauchiste, elle se base sur une surestimation de la difficulté de débattre avec les militants et militantes de la FI, de les faire avancer politiquement, de les faire évoluer par rapport aux positions de Jean-Luc Mélenchon et des réformistes qui trustent sa direction. Elle se base sur une idée que la pensée de ces militants est déjà figée et sclérosée. Ne voulant pas porter la contradiction politique, mais ne portant que l’antagonisme, ils et elles ne sont pas parvenu a faire bouger d’un iota les lignes. Cela n’enlève rien à leur bonne volonté, mais a fait de leur apparition un échec total au lieu d’une occasion de lutter contre les idées fausses au sein du mouvement de la FI.

    Nous ne prétendons pas avoir la solution parfaite quant au dialogue et au débat, mais nous considérons que traiter en ennemis ceux qui militent et luttent honnêtement, même dans un mouvement criblé de défauts, est une impasse complète, qui ne mène qu’au sectarisme. Si le Parti de Gauche représente une force politique fondamentalement et irrémédiablement constituée de chauvins et de réformistes, la FI est bien trop nébuleuse et vaste pour qu’il en soit tiré un jugement aussi clivant.

    Le social-chauvinisme et les tendances réactionnaires de certains militants de la FI, ainsi que de certains éminents membres de sa direction est indéniable, tel Djorge Kuzmanovic -le barbouze de service, qui faisait de « l’humanitaire au Rwanda pendant le génocide »- cependant, de là à faire de la FI un groupe de néo-nazis à la rue, un océan existe. Certains n’hésitent pas à le franchir allégrement.

    La page Facebook de Conspiracy Watch – Observatoire du conspirationnisme avait ainsi épinglé une pancarte, présente à la manifestation, représentant Macron en pieuvre assoiffée de sang et d’argent. Celle-ci était titrée « Macron, le monstre au service de l’argent-roi ! » Cette affiche a déclenché un malaise certain sur les réseaux sociaux. Conspiracy Watch a eu raison de l’épingler, du fait du contenu et des références douteuses à l’argent-roi, formulation qui se retrouvait régulièrement dans les publications d’extrême-droite d’avant guerre.

    Certains militants, notamment liés à des organisations légèrement paranoïaques dont nous avons longuement parlé plus tôt, ce sont empressés de se saisir de cette pancarte pour déclarer que celle-ci illustrait pleinement l’antisémitisme et le complotisme de la FI. D’une pancarte, ils en font une profession de foi, laquelle leur sert à jeter au bûcher les militants et militantes de la FI.

    Nous ne pensons pas que la FI soit un mouvement antisémite, complotiste, crypto-fasciste. Nous pensons que sa direction suit une stratégie qui est celle d’un mouvement sectaire et d’un mouvement essentiellement chauvin et réformiste. Mais les masses de gens qui le composent n’en sont pas moins, bien souvent, des individus voulant lutter avec sincérité, avec dévouement, avec, également une capacité à se corriger et à repérer les erreurs.  Les ostraciser, les isoler, les attaquer ne fait que renforcer l’emprise d’une direction antidémocratique et anticommuniste.

    Nous, comme bien d’autres, sommes issus d’une culture politique particulière, d’une tradition, d’une formation longue. Mais cela représente une minorité, d’une part. De l’autre, cette culture et cette compréhension politique peut nous pousser à agir avec présomption et jugement à l’emporte-pièce, ce qui est non seulement faux mais contre-productif. Le plus souvent, cette faute de sectarisme est justement révélateur de la faiblesse idéologique de nos propres rangs, non de sa force.

    Un travail de dialogue, basé sur le raisonnement, sur le débat, sur la persuasion et non sur la contrainte et l’attaque doit être fait en direction des militants et militantes de la FI. Mais il doit être fait en les considérant comme des alliés dans l’erreur, non comme des ennemis. Il existe de véritable fascistes qui sont nos ennemis. Il existe une bourgeoisie qui l’est tout autant.

    Ce qui nous sépare, ce sont des lignes de démarcation. Celles-ci doivent être tracées soigneusement.

    Les malheurs de l’extrême-droite ne peuvent que nous réjouir et nous remplir d’aise. Mais la tendance que peuvent avoir certain à voir du fascisme partout, à le flairer comme une menace immédiate et irréductible est une faute stratégique terrible, laquelle pousse certains et certaines à aller jusqu’à faire alliance avec les bourreaux des classes populaires sous prétexte de défendre la « démocratie » et la « république » au lieu de travailler à construire les outils de la révolution.

  • Un plat de couscous, une rue et des nazis. Partie 2. Une rue et des nazis.

    Un plat de couscous, une rue et des nazis. Partie 2. Une rue et des nazis.

    Une rue et des nazis.

    De l’autre côté de l’échiquier politique, le 23 septembre, Mélenchon a tenu son rassemblement. Dans un sens, il est un indéniable succès. Que ce soit 55 000 ou 150 000 personne ne change, au final, pas tant de choses. Mélenchon tente de faire enfler son aventure en solo pour en faire une vague qu’il souhaiterait déferlante.

    Souvent nous mentionnons Mélenchon et nous apportons une critique, parfois acerbe, sur les initiatives et le fond politique de l’affaire. De fait, lui et la France Insoumise sont devenus des acteurs incontournable du mouvement social et du mouvement politique de gauche. Les erreurs et les inconséquences qui peuvent émailler le parcours de cette force politique ne se paient pas de la même manière que les paroles en l’air de certains. Les dangers de l’aventure en solo de Mélenchon risquent d’avoir un impact terrible sur l’évolution de la mobilisation.

    Le sens politique de cette marche contre le « coup d’Etat social » fleure toujours bon la rhétorique populiste du peuple trahit par ses élites, usurpés par ses mauvais princes. Elle fleure bon la rhétorique d’ancien régime, où les masses doivent souhaiter qu’un bon prince arrive et prenne le contrôle des affaires.

    Nous ne sommes pas dans un équivalent des soviets de Petrograd, mais bien dans un mouvement chargé de porter au pouvoir l’homme providentiel. Un mouvement ne s’appuyant pas sur des bases solides, sur des appuis de long terme, sur une unité idéologique et une unité organisationnelle, mais bien sur un flux. Au final, Jean Luc Mélenchon fonctionne comme un cavalier de la steppe.

    Karl Von Clausewitz expliquait que ce type de fonctionnement impliquait, en français dans le texte, le fait de toujours fonctionne en vedette, c’est à dire de rester porté par le flux, toujours le maintenir croissant, sans quoi tout s’effondrera.

    Mélenchon en est conscient, et sait que le temps, au final, joue contre lui, joue en défaveur du manque de cohérence de son programme, de son caractère social-chauvin. Si il veut que sa vague se transforme en succès, il doit réaliser plusieurs tours de force.

    D’une part, maintenir un flou idéologique savamment orchestré autour de son programme. Le pire ennemi de son mouvement, c’est la décantation idéologique, c’est l’approfondissement politique, c’est le fait qu’éclosent des questions quant à l’impérialisme français, quant à la « place de la France dans le monde », quant au système politique et à la démocratie bourgeoise.

    De l’autre, pour se renforcer en valeur relative, il doit faire en sorte que les autres échouent et soient éclipsés par lui. Mélenchon ne peut pas phagocyter la CGT ou le PCF, ils doivent donc périr pour qu’il ne reste plus que lui, seul survivant de la bataille, au milieu des ruines. Il est gênant que l’unité ne fut pas au centre des discours, mais que ce ne fut qu’une ode à la France Insoumise.

    D’où un mythe qui se construit. Un mythe qui se construit à coup d’inventions, dont celle-ci, teintée de spontanéisme et d’hostilité aux organisations politiques.

    « C’est la rue qui a abattu les nazis »

    D’emblée la phrase est fausse. Elle est en contradiction avec la réalité de comment s’est construit le nazisme, sur quoi il s’est appuyé pour avancer et comment il fut terrassé.  Le nazisme s’est appuyé sur une compréhension de la psychologie des foules, de la démagogie et du populisme.

    Cependant, elle est cryptique. Jean-Luc Mélenchon parle t-il du vrai nazisme, ou parle t-il de la montée de l’extrême-droite au sein de l’Etat français ? La question reste en suspens.

    Sans aller jusqu’à dire que le nazisme est « issu de la rue », il s’est greffé sur la spontanéité des masses, laquelle peut tout à fait prendre des tournures réactionnaires, s’en est emparée pour la tourner vers les pogroms, les lynchages, vers tout ce qui était viscéral et haineux. C’est dans les rues, dans le chaos, que les SA saccageaient les magasins juifs, s’en prenaient aux communistes et aux syndicalistes.

    Cela est relié au fait que le nazisme s’est appuyé en partie sur les lumpenprolétaires, sur les chômeurs, les déclassés, les atomisés, les laissés pour compte.

    A l’inverse, le mouvement communiste et syndical allemand s’était construit dans les usines, dans les lieux de socialisation, dans les lieux de travail. Cela ne s’est pas construit autour de mouvements, mais de partis, d’organisations.

    Le fascisme et le nazisme ont été deux lames de couteau employés pour assassiner le mouvement ouvrier et le mouvement révolutionnaire. Le fascisme et le nazisme portaient l’anticommunisme comme fondement de leur pensée politique, tout en le maquillant d’un verbiage populaire, chargé de faire illusion.

    Quant à qui a abattu le nazisme, Mélenchon commet une erreur d’appréciation historique, et tente de créer un roman.

    Le premier vecteur de défaite du nazisme provient de la force de ses adversaires. En premier lieu celle de l’URSS, laquelle paya chèrement sa victoire au prix du sang. Les 24 millions de citoyens soviétiques tombés sous les balles, sous les obus, sous les coups et les privations méritaient un peu mieux que ce raccourci historique.

    Les alliés, Américains et Anglais, ont participé à l’effort de combat direct tout comme au front antifasciste international, au sein duquel ils soutinrent, non sans arrières pensées, l’URSS. La Bataille de Berlin fut une bataille de rue, mais elle ne fut pas une bataille de « la rue ».

    N’allons pas occulter les souffrances et le rôle des nations alliées, par plus que celui des pays qui ont cédé face à la puissance militaire nazie.

    L’autre pan est celui des résistances des différentes nations occupées et au sein des Etats agresseurs eux-mêmes. Cette résistance intérieure s’est manifestée sous diverses formes, mais elle est demeurée clandestine, secrète, camouflée. Elle est fort éloignée de la rue, car les droits démocratiques sont abolis, car les Gestapo veillent. Lorsque les insurrections éclosent, elles sont le fruit de travaux en amont, réalisés par des État-majors improvisés. Parfois, dans de rares cas, la rue se réveille, assoiffée de vengeance, sur les talons de l’occupant, s’en prenant aux arrières gardes, rejoignant les rangs des résistants de la 11ème heure.

    L’ironie de la chose est que le courant politique dont sortent Mélenchon et Corbière ne s’est pas particulièrement illustré par son résistantialisme durant l’occupation. A l’époque, les lambertistes optaient pour une stratégie d’entrisme dans la Résistance, dans le but d’y développer des mots d’ordre de fraternisation. L’action, notamment syndicale, fut limitée au fait d’organiser des grèves dans l’industrie de guerre des pays alliés et a applaudir la « révolution anti-bureaucratique ukrainienne », dont les figures de proue étaient Stepan Bandera et la Brigade SS Kaminsky. Peut mieux faire comme cohérence, que de se prétendre l’incarnation de l’antifascisme.

    Mais cet appel à la mobilisation spontanée des masses comme sanction de l’histoire n’est pas sans danger. Une nouvelle fois, en prétendant qu’il n’existe que lui, le mouvement et les masses, Mélenchon nie l’importance des organisations. Cette négation sert ses objectifs, est logique dans la poursuite de sa stratégie, mais revient à jouer avec le feu, à un moment où les organisations, notamment syndicales, sont le principal rempart contre les ordonnances.

    Quantité de militants et de militantes sincères ont suivi cette mobilisation, voyant dans celle-ci l’aube de quelque chose de nouveau, de quelque chose de grand, de quelque chose de fort, qui bouleverserait l’ordre social. Ce sont à ces individus que nous pensons, lorsque nous écrivons ces lignes.

    L’aventure Mélenchon est un projet qui peut séduire, qui peut rafler des suffrages, mais qui se heurte à des impasses, qui se heurte au fait que la question de l’Etat, la question de l’impérialisme et du capitalisme ne sont que traitées à moitié. Or, la moitié manquante est ce qui fait la distinction entre le succès et l’échec.

    Et cet échec, à quel prix sera-t-il payé ? Au prix de l’effondrement de toutes les lignes de défense des travailleurs ?

    Non, la rue n’a pas chassé les nazis. Non, la rue seule ne chassera pas les ordonnances. Non, la rue seule n’obtient pas de victoires tactiques et encore moins stratégiques. Organisées, les masses peuvent tout, elles sont la force créatrice de toutes les richesses, elles sont la force qui peut balayer des empires. Mais atomisées, les masses sont la proie des démagogues, des opportunistes et des populistes.

    Certains ont tenté d’intervenir au sein de cette démonstration de force, de se faire l’écho d’un rejet du social-chauvinisme et du réformisme de Mélenchon. Cette mobilisation, sous l’égide de l’ultragauche, partait d’une logique cohérente. Seulement, entre la stratégie et l’application, un océan existe. Et cet océan mérite d’être sondé.

  • A Lyon, on expulse les migrants et on muselle la contestation.

    A Lyon, on expulse les migrants et on muselle la contestation.

    A Lyon, on expulse les migrants et on muselle la contestation.

    Aujourd’hui, 27 septembre 2017, Lyon accueille un sommet Franco-Italien. Le Président  de l’Etat français, Emmanuel Macron et le président de l’Italie Paolo Gentiloni se rencontrent donc, dans les salons feutrés de la Préfecture, pour poursuivre par une visite au musée des Confluences, tout en cirant allègrement les chaussures de Gérard Collomb au passage.

    Le but de cette rencontre était de débattre de nombreux sujets. L’un d’entre eux, véritable chimère sans cesse renouvelée, concerne le Train à Grande Vitesse entre Lyon et Turin.

    Quartier bouclé, circulation coupée, policiers en patrouille à chaque coin de rue… Lyon prend des allures de cité assiégée. Faisant d’une pierre deux coups, la préfecture a donné l’ordre de virer les SDF , les Roms et les migrants qui pourraient nuire à la beauté et à la plénitude de l’ancienne capitale des Gaules.

    La misère et la pauvreté, que même les Etats capitalistes les plus riches connaissent, n’est pas du goût des chefs d’Etat. Les dégâts de leurs politiques doivent rester cachés, camouflés, dissimulés pour ne pas gâcher leur bon plaisir.

    Les opposants aux réformes de Macron et à la LGV entre Lyon et Turin connaissent le même sort.

    Depuis le début des années 2000, le projet de ligne à grande vitesse avance à pas de fourmi. D’une part car le projet est extrêmement cher, de l’ordre de 26 milliards d’euros. Car il est d’une utilité douteuse, du fait de l’existence d’une voie qui pourrait être agrandie. Car les volontés politiques on fluctué durant des années.

    Mais surtout car la ligne Lyon-Turin se heurte à l’hostilité des riverains du tracé tout comme des opposants aux grands travaux inutiles. Ainsi, le val de Suze, de l’autre côté de la frontière, est une zone où l’autorité italienne ne s’exerce, in fine, plus que d’une manière formelle. Le chantier est au point mort.

    Aujourd’hui, plusieurs militants et militantes ont voulu marquer cette hostilité à ce projet, ainsi qu’à l’enfer social promis par Macron, en déployant une banderole devant le consulat Italien.

    Ce crime de lèse-majesté leur vaut d’être emmenés, sans que des charges soient connues, au commissariat de Marius-Berliet. Une manière de les punir, de les mettre « au piquet », le temps que la rencontre se passe.

    Cela devient une tradition, au sein de l’Etat français, que de faire ce coup de balais et ce coup de filet dès qu’une visite présidentielle est organisée.

    Lors des venues de Nicolas Sarkozy, à Lyon, c’était plusieurs centaines de militants et de militantes qui furent ainsi accueillies par les forces de police, le temps que le show se déroule.

    Voilà comment fonctionne la démocratie bourgeoise. Tant que les paroles restent des murmures, elles ne gênent pas. Dès qu’elle prennent le chemin de la concrétisation, ou que le son déplaît, la répression tombe.

    Solidarité avec les arrêtés ! Liberté pour tous les détenus des mouvements sociaux !

    La démocratie bourgeoise démasque son visage de farce !

    16:56 : la police vérifie les identités de ceux qui n’avaient pas leurs papiers sur eux. Plus d’informations dès que possible.

  • Un plat de couscous, une rue et des nazis. Partie 1.

    Un plat de couscous, une rue et des nazis. Partie 1.

    Un plat de couscous, une rue et des nazis.

    Partie 1 – Un plat épicé.

    L’actualité concernant l’extrême-droite est particulièrement ombrageuse ces jours-ci.

    Depuis les élections législatives, et un certain dégonflement de la « bulle » FN, l’actualité a tendu à oublier quelque peu ces sombres personnages, et à se recentrer sur les questions sociales. Au sein de la lutte contre les ordonnances, le FN n’a guère de place, guère de tribune pour s’exprimer.

    D’une manière générale, par ailleurs, les fascistes et l’extrême-droite sont bien en peine de trouver un promontoire, de se créer un piédestal, pour s’exprimer. Ou ils s’opposent aux grèves sous la forme de mobilisation autour de « Liberté Chérie » et de « Stop la grève », ou ils font des mobilisations contre « les débordements » ou les « casseurs », ou ils s’attaquent carrément aux manifestations, comme le GUD durant la loi travail en 2016, à Lyon.

    En face de la question de la lutte des classes, leurs arguments idéalistes et métaphysiques se brisent face au prisme de la réalité. Empêtrés dans des théories sur « l’intérêt de la nation « , à comprendre, « de la bourgeoisie », ils ne peuvent réellement avoir les coudées franches pour s’exprimer. Lorsqu’ils essaient, ils se couvrent généralement de ridicule.

     Discrètement, Florian Philippot s’est aventuré, le 12 septembre, dans la cabine du « roi des forains », pour y exprimer son soutien à la lutte. Piètre manœuvre qui n’a guère trompé. Piètre manœuvre qui ne l’a guère sauvé du couperet fatal. Cela faisait un moment que celui-ci ne tenait plus qu’à un brin.

    Après les élections, dans une brochure intitulée « Fin de Partie », nous évoquions la situation du Front National : « Le concept du Front National semble avoir atteint ses limites objectives, en termes de capacité à accroître sa base électorale, à gagner en influence, à devenir un parti présidentiel. » (…)

    « Le Front National devenant une force centrale dans la vie politique, cela cause des contraintes terribles, des dissensions internes. L’outil n’est plus adapté à la tâche. Le Front National est victime de son succès.

    Tant qu’il était une puissance montante, arc-boutée à l’opposition, à porter la contradiction, à attaquer de toutes ses forces, les problématiques liées à sa cohérence interne restaient secondaires. Un palier a été franchi cette année et, avec lui, se posent des débats stratégiques importants.

    De plus, la possibilité d’alliance avec d’autres forces, dont Debout La France de Nicolas Dupont-Aignan, sort le FN de son isolement politique.

    Trois lignes émergent :

    Celle de Florian Philippot, celle des nouveaux arrivés, celles et ceux qui ne sont pas des membres de longue date du Front National, qui ne tolèrent pas forcément la primauté « génétique » du clan Le Pen et de ses vassaux. Ceux-ci s’alignent sur une position d’alliance, de coalition, avec les autres forces de la droite « forte » mais « propre. » Cette ligne place le professionnalisme avant tout, place l’idée de devenir un parti présidentiable, non plus une simple force d’opposition.

    Cette ligne est probablement celle qui poussera le plus rapidement à l’éclatement du Front National pour rompre avec son histoire, son passé, ses affaires. Les informations dont nous disposons à l’heure actuelle laissent entendre que Florian Philippot l’axera autour d’une charte rejetant « le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie « , tout en recherchant à faire bloc avec les forces quittant Les Républicains, si ceux-ci ne survivent pas aux législatives en tant que force constituée.

    A l’opposé, la ligne « gauchiste » de Marion Maréchal-Le Pen, héritière idéologique des provocations de Jean-Marie. Elle représente le rejet de la « dédiabolisation », le rejet du lissage. Elle joue, au contraire, sur un lien maintenu avec les fascistes, les néofascistes et autres groupuscules agressifs. Contrairement aux autres, la conquête de places fortes, de députés, reste un aspect secondaire. Dans leur esprit, la question de l’accès au pouvoir ne passe pas forcément par la conquête de l’appareil d’Etat, mais par la mise en œuvre de mouvements de masse réactionnaires, de mouvements d’action.

    Cette ligne est celle dans laquelle l’idée de révolution nationale, l’idée de prise du pouvoir, est la plus forte. Elle est une ligne radicale qui n’accepte plus le style de direction « petit-bourgeois » de Marine Le Pen, son caractère boutiquier et son absence d’ambition.

    Si les premiers veulent lisser leur image pour devenir présidentiables, ceux-ci sont dans l’optique d’une opposition frontale avec le pouvoir d’Etat, jusqu’à ce qu’il les appelle à restaurer l’ordre. L’éclipse de Marion Maréchal-Le Pen, se retirant « définitivement, pour le moment » de la vie politique, est illustrative : rupture avec la ligne majoritaire, le temps de rallier des forces nouvelles, d’unifier les courants dispersés du fascisme, pour revenir en force, dans cinq ans, et prendre le contrôle de l’appareil.

    La dernière est celle de Marine Le Pen. Elle se caractérise par un esprit boutiquier, petit-commerçant, petit gestionnaire. Elle est une ligne du confort, des rentrées d’argent par le triangle institutions – Riwal – Bleu Marine. Le clan autour de Marine Le Pen, les Lousteau, les Chatillon, les petites mafias, ne peuvent qu’entretenir des rapports complexes, brutaux, au sein de l’organisation. L’incompétence, fruit du népotisme, grève cette ligne et l’empêche de faire de substantiels progrès.

    Si elle est cramponnée autour de l’appareil, ce clan, ce groupe interne n’en est pas moins menacé. L’approche du congrès du Front National, dans le courant de l’année, risque de se muer en nuit des longs couteaux.

    Dans un sens, un éclatement du Front National est une chose positive. Elle neutraliserait provisoirement cette organisation, la forcerait à se recomposer. »

    Mais nous nous empressions d’ajouter la chose suivante ; sa mutation peut le rendre in fine plus dangereux, car plus adapté aux question actuelles et à la place grandissante de l’extrême-droite tant dans l’Etat français que en Europe.

    Ce couscous avec lequel Florian Philippot s’est étouffé a été une manière de pouvoir purger le FN de son aile modérée, de son aile « douce », en bref de son aile compatible avec les institutions. La construction du micro-parti « les patriotes » fut un casus belli : Philippot et sa clique devenaient une puissance qu’il fallait étrangler. Cette nuit des longs couteaux, inversée, s’est faite en douceur, mais avec tranchant. Exclusion pour Philippot.

    Celui-ci s’est empressé de se rapprocher des ailes FN-compatibles de la droite traditionnelle, aile dans laquelle Philippot verrait bien sa carrière se jouer.

    Toujours est il qu’une des lignes au sein du FN vient d’être décapitée.

    Reste des questions : dans quelle mesure Florian Philippot et ses suiveurs peuvent se raccrocher à la droite institutionnelle et parvenir à faire s’agglomérer des forces autour d’eux ? Dans quelle mesure peuvent-ils réussir à se doter d’un véritable perchoir politique et d’une véritable influence ? Tout cela reste une énigme.

    Enigme aussi la question de la boutique de Marine Le Pen. Peut-elle encore tourner, privée d’une partie de sa chair, privée de ses cadres les plus compétents, privés de certaines de ses figures de proues les plus efficaces.

    Enigme, finalement, le rôle qui reviendra à Marion Maréchal et ses disciples, lesquels peuvent également se saisir de cette opportunité pour refaire surface et ramener des forces de l’ « ultra-droite » au sein du FN.

    Temporairement, le FN apparaît quelque peu aux prises avec des problèmes qui, sans être insurmontables, n’en sont pas moins quelque peu paralysants. L’organisation d’extrême-droite joue là un passage particulièrement épineux de son existence : muter pour se hisser à la hauteur des tâches auquel il prétend répondre, ou échouer et s’effondrer comme un château de carte.

    La menace que certains, que nous citons bien trop, ne s’est pas concrétisée telle qu’ils l’espéraient secrètement, pour justifier leurs discours apocalyptiques.

    Mais l’actualité politique de l’extrême-droite ne s’arrête pourtant pas là. Jean-Luc Mélenchon la propulse aussi au devant de la scène, au travers d’une phrase : « C’est la rue qui a abattu les nazis »