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  • Quelle légalité en régime bourgeois ? Partie finale

    Quelle légalité en régime bourgeois ? Partie finale

    Leur légalité et la notre.

                    La bourgeoisie joue une jeu hypocrite. Elle se targue de présenter un modèle neutre, équitable, juste et démocratique. Elle se targue de mettre en avant des valeurs universelles, de traiter d’une manière égale en poids chaque individu. « Les faits sont têtus » écrivait Lénine. Et les faits illustrent chaque jour l’étendue de ce mensonge. La société capitaliste est une implacable machinerie à inégalité et à discrimination. Non seulement elle les reproduit, dans l’école « républicaine », mais elle les accentue. Elle creuse le fossé immense entre le prolétariat et la bourgeoisie, elle le rend insondable. La captation sans cesse croissante des richesse, la spoliation toujours plus forte, tout ceci contribue à concrétiser la tendance à la paupérisation, non seulement relative, mais également absolue. La bourgeoisie est toujours plus riche, tandis que le prolétariat est s’appauvri, en particulier dans les pays dominés par l’impérialisme.

                    La bourgeoisie dit que le jeu fonctionne ainsi, que les courageux et les courageuses, les entreprenants et entreprenantes, sont récompensés. Elle clame que chacun reçoit son dû, que les dés ne sont pas pipés. Elle clame également que le prolétariat, si il parvient à gagner les élections, pourra faire le monde comme il le souhaite. En somme, elle se prétend fair play. Pourtant rien n’est plus faux.

                    La bourgeoisie n’est pas stupide. Elle a conçu l’Etat bourgeois comme un outil au service de sa domination, au service de son ordre, au service de ses intérêts de classe. La loi est avec elle, la force est avec elle. Elle en détient le monopole, tout en prétendant que ce n’est pas le cas. Dans les faits, croire naïvement que la bourgeoisie peut se laisser retirer ses privilèges sans se lancer dans la guerre est une illusion terrible. La bourgeoisie se moque de la présomption d’innocence. Elle se moque de la rétroactivité des lois. Elle se moque des vices de procédure et des nullités. Elle applique intégralement l’adage du si vis pacem, para bellum pour défendre ses intérêts supérieurs de classe. L’Histoire illustre que le sang coule quand les masses se révoltent. Ceux et celles qui pensent que cet Etat se conquiert de l’intérieur, par la réforme, sont condamnés à échouer ou a trahir.

    Lénine écrivait : « Nous » disons donc à la bourgeoisie: Vous, exploiteurs et hypocrites, vous parlez de démocratie alors qu’à chaque pas vous dressez des milliers d’obstacles pour empêcher les classes opprimées de participer à la vie politique. Nous vous prenons au mot, et afin de préparer les masses à la révolution, pour vous renverser, vous autres exploiteurs, nous demandons, dans l’intérêt de ces masses, que votre démocratie bourgeoise soit élargie.

    Et si vous, exploiteurs, tentez de résister à notre révolution prolétarienne, nous vous réprimerons impitoyablement, nous vous enlèverons vos droits politiques; bien plus nous vous refuserons le pain, car dans notre république prolétarienne, les exploiteurs n’auront pas de droits, ils seront privés d’eau et de feu, car nous sommes des socialistes pour de bon. »

                    Nous ne sommes pas des hypocrites. Nous actons le fait que la lutte des classes est le moteur de l’histoire. Les institutions ne sont pas neutres, les lois, les systèmes de pouvoir non plus. Nous actons que l’Etat a un contenu de classe. Nous actons également que la bourgeoisie se rebellera, frappera, tuera. Notre légalité n’est pas une neutralité fausse, mais une légalité de lutte des classes aigüe. La légalité de la dictature du prolétariat est une légalité complexe. Elle n’est pas celle d’une forteresse coupée du monde, fonctionnant en autarcie complète, hors de tout danger, comme le présentent les « historiens » du Livre Noir. Elle est une légalité qui doit être adaptée à la situation de lutte des classes forte et accrue au sein de l’Etat prolétarien, mais également en situation de guerre avec l’impérialisme mondial et avec les bourgeoisies dans leur ensemble.

                    Les rapports ont parfois été pacifiques, parfois brutaux entre les Etats prolétariens et leurs bourgeoisies. Mais à chaque pas que franchit la construction et l’affirmation du socialisme, les différentes fractions de la bourgeoisie ont senti progressivement le sol se dérober sous leurs pieds. Leur rôle social, lié à leur maîtrise de certaines fonctions, de certaines expertises, de certains savoirs, s’est peu à peu effrité, avec l’élévation générale du degré de formation des masses. Contrairement à ce que pensaient une grande partie des marxistes, cela n’a pas contribué à assagir ces cliques, mais à les jeter, au contraire, dans la lutte à corps perdu.

                    L’histoire bourgeoise, là encore, triche. Elle représente les opposants au pouvoir socialiste comme des démocrates défendant les droits de l’Homme, comme de sympathiques individus ayant foi dans une voie meilleure, plus juste, plus humaine. Chez l’intégralité des forces anticommunistes, de « gauche », comme de droite, il réside un consensus sur cette question. Surfant sur la sympathie spontanée qu’il est possible d’avoir pour les opprimés, la bourgeoisie a réussi à faire passer des fascistes, des théocrates, des bourgeois pour des victimes innocentes. Il n’est pas rare de trouver des ouvrages d’extrême-droite sur l’URSS ou la Chine dans les librairies libertaires. Pourtant, c’est mal comprendre les buts que se fixaient ces opposants -restauration du tsarisme, du capitalisme, instauration du fascisme…- et les moyens qu’ils et qu’elles mettaient en œuvre :  assassinats et terrorisme.

                    Lorsque plusieurs personnages centraux de l’URSS étaient assassinés, empoisonnés, avaient des accidents étranges, quand des mines de charbon explosent ou que des barrages menacent de s’effondrer, quand les opposants font front avec les Japonais pour ravager la Chine, le temps n’est plus à la discussion.

                    Les Etats socialistes ont eu à faire face à cette véritable guerre secrète menée par la bourgeoisie et ses alliés et tout était à découvrir. Les partis communistes et les masses ont expérimenté différentes manières de faire, d’avancer pour résoudre ces conflits, pour mettre fin aux tentatives de restauration faites par les vieilles classes possédantes, tout comme en avançant pour saper les bases matérielles de l’apparition de nouvelles classes bourgeoises. Les « historiens » présentent cela comme une société en guerre ouverte et constante.

                    La vérité est que la bourgeoisie profite de chaque interstice pour pouvoir avancer ses pions et briser les tentatives du prolétariat pour se libérer de l’exploitation. Chaque relâchement, chaque ralentissement de la lutte a des conséquences terribles. Lorsque, en URSS, à l’approche de la guerre, le Parti Communiste a voulu tempérer la lutte des classes aigüe pour faire bloc contre la menaces fasciste, la bourgeoisie, les droitiers, les défaitistes, les liquidateurs ont saisi l’opportunité pour frapper. Djerzinski (1917-1926) et Menjinski (1926-1934) avaient, en tant que dirigeants de la sûreté, agi avec discernement et efficacité, leurs successeurs, choisis parmi les modérés, se sont avérés des dangers complets : Iadoga (1934-1936) et Iéjov (1936-1938) . Cette modération fut justement leur faiblesse la plus grande. Elle les a rendu vulnérables à deux maux terribles : la compromission et le traitement bureaucratique des questions. Les deux se sont rendus coupables de collusion avec certaines franges de la bourgeoisie, tandis que le dernier appliqua mécaniquement une répression imbécile, avec une politique de quotas. Ils le payèrent de leur vie l’un et l’autre.

                    A la suite de cette période, il y eu une oscillation dans l’autre sens, rendue nécessaire par l’intenable situation dans laquelle l’URSS s’était retrouvée, du fait des activités de ces agents doubles. Elle vit l’arrivée de Béria (1938-1953), lequel était un individu d’une fiabilité douteuse, mais étant l’opposé complet des précédents. Issu d’un milieu d’une pauvreté affreuse, aventurier détestant la bureaucratie -au début- il a été le fer de lance, avec Vychinski, d’une réponse radicale aux menaces intérieures. La militarisation progressive du NKVD, le commissariat du peuple aux affaires de l’intérieur, notamment avec la création du SMERSH sous la férule de Abakoumov, illustra une nouvelle dérive, laquelle joua un rôle dans l’arrivée au pouvoir de la droite du PC(b)US en 1956, devenant même un outil de répression contre les Léninistes.

                    Ayant observé cette situation, les proches de Mao ont essayé une voie autre, jouant principalement sur la mobilisation des masses contre les dérives et contre les abus qui pouvaient avoir lieu, se fiant à elles pour déceler et détruire les menaces intérieures. Cette voie a culminé avec la Grande Révolution Culturelle, laquelle devait balayer la poussière de l’ancien monde. Ce mouvement de masse représentait une autre expérimentation, avec des caractéristiques de démocratie jamais vues avant dans le traitement des questions politiques, avec une prise directe des masses populaires sur la question du pouvoir et de la direction politique. Seulement, cette expérimentation n’était pas parfaite non plus, et des faiblesses sont apparues : augmentation du pouvoir de l’armée, déstructuration du Parti Communiste Chinois, épuisement de l’énergie populaire sur le long terme… Si les jugements populaires et les Dazibaos ont été des avancées incontournable dans la démocratie au sein des masses, ils n’étaient pas parfaits non plus.

            Pourtant. Pourtant l’intégralité des systèmes socialistes ont misé sur le fait de réhabiliter, de réintégrer celles et ceux qui avaient pris le chemin de la lutte contre le socialisme. Hormis dans les moments de crise, où la justice d’exception s’est appliquée, le choix fut celui de laisser une possibilité de s’amender et de progresser, y compris aux vielles classes possédantes. Les régimes socialistes ne sont pas le régime nazi, où la seule porte de sortie est la mort. Nombre d’individus ayant commis des fautes ont purgé une peine, ont travaillé puis ont été libérés et ont réintégré la société. Le but de la répression est invariablement resté leur neutralisation, tandis que le but du système carcéral est resté invariablement la réhabilitation par un travail en commun, utile et productif. Mais pour la bourgeoisie, le fait de travailler de ses mains, d’être au service du peuple, de passer 6 mois dans une commune populaire, rien n’est plus insupportable.

                    Il n’existe pas de solution idéale. Nombre de courants politiques buttent sur cette question, préférant ne rien dire, ne rien faire, plutôt que de prendre le risque de faire quelque chose qui ne soit pas la perfection incarnée. Ils rejettent intégralement les expériences socialistes sur la base  de questions de principe, sans comprendre à quoi ils et elles seront confrontés lorsque la révolution sera autre chose qu’une idée.

                    Nous ne sommes pas aveuglés par les mensonges de la bourgeoisie. Sa démocratie est une démocratie confinée, qui maquille misérablement une dictature de classe, injuste, impitoyable, sanguinaire. Deux mondes se côtoient, l’un celui des exploiteurs, l’autre celui des exploités. Il n’existe nul consensus possible de l’un vers l’autre, nulle loi commune. Il n’existe que la lutte.

                    Gagner cette lutte passe par le fait d’acter que des justices d’exception, des justices de guerre sont inévitable. Mais que cette étape, ce chemin difficile, est la voie unique vers l’abolition des inégalités de classe, vers la réalisation d’une société dont la guerre aura été extirpée. Une société juste. Une société communiste.   

  • Pandémie d’Affluenza

    Pandémie d’Affluenza.

                    Affluenza est un mot-valise anglais, issu de la contraction de Affluence (richesse) et Influenza. (grippe) Ce terme a été forgé à la suite d’une affaire judiciaire américaine qui a défrayé la chronique. Pourtant, cette affaire est plus qu’éloquente sur le rapport entre la bourgeoisie et la justice, ainsi sur les discriminations sociales.

                    Ethan Couch, âgé alors de 16 ans en 2013, est déclaré coupable de meurtre. Fils d’une famille richissime, cet adolescent a été condamné pour, en état d’ébriété, avoir fauché plusieurs piétons, dont 4 sont morts. Seulement, il n’a été condamné qu’a 10 ans de mise à l’épreuve. 10 ans de mise à l’épreuve pour 4 morts, le terme de légèreté est quasiment un euphémisme.

                    La raison de cette candeur ? Les avocats de l’adolescent ont doctement expliqué qu’il n’était pas responsable de ses actes, du fait qu’il n’avait jamais connu de limites imposées dans sa vie. Il souffrirait donc d’affluenza, soit une rupture avec les réalités, avec la valeur de la vie humaine, qu’il serait dans l’incapacité d’appréhender. CNN a rapporté que les avocats d’Ethan Couch l’ont décrit comme un «gamin riche qui n’était pas coupable tout simplement parce que ses parents ne lui ont jamais donné de limite.»

                    Ethan a pourtant connu la prison. Alors qu’il était interdit de consommer de l’alcool, deux ans après, il est filmé en train de faire la fête et de consommer de l’alcool. Risquant la prison, il s’est enfui -avec sa mère- au Mexique. Ayant transgressé les limites imposées par sa période probatoire, il a été incarcéré pendant deux ans. Ce lundi, il est donc ressorti libre, sous la condition de ne plus boire d’alcool.

                    L’affaire a provoqué un tollé aux USA, qui traversent une crise en confiance envers les institutions. Deux ans de prison pour un quadruple meurtre du côté d’un gosse de riche, tandis que de l’autre côté, Stephon Clark, 22 ans, afro-américain, est abattu de 20 balles dans le jardin de sa grand-mère alors qu’il avait simplement un téléphone portable à la main.

                    L’inimaginable magnanimité avec laquelle la justice US a traité Ethan Couch est illustrative. L’affluezna, dans un système judiciaire où la jurisprudence est essentielle, créé un dangereux précédent. Elle signifie, en pratique, l’inaccessibilité de certaines catégories de la population à certaines peines, tout simplement parce qu’elles ne vivent pas dans un système de valeurs communes avec le reste de l’humanité.

                    Désormais, tout riche psychopathe US peut se retrancher derrière cet argument pour justifier ses méfaits, son mépris de la vie humaine, son cynisme et ses crimes. Pourtant comment ne pas avoir de gratitude envers ces avocats américains, qui viennent de donner un nom à cette pandémie qui concerne l’ensemble de la bourgeoise, cette pandémie d’affluenza.

                    La bourgeoisie, en particulier la haute-bourgeoisie, vit dans un monde qui est intégralement différent de celui des masses. Intégralement différent quant au niveau de vie ; quant à la culture ; quant aux pratiques ; quant à la langue même. Il s’agit d’une séparation si forte, si fondamentale, qu’elle brise toute idée d’une nation transcendante, telle que les réactionnaires et les fascistes la présentent. A cette culture distincte se rajoute un système de valeurs et de comportements tout aussi distinct.

                    Emmanuel Macron est une tragique victime de cet affluenza, ce qui transparait au travers de ses manières de s’exprimer : « Vous n’allez pas me faire peur avec votre Tee-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler. » à quelqu’un qui travaille depuis ses 16 ans ; « Pour qui cette réforme est-elle bonne ? Elle est bonne pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer dans les transports en commun parce que le train est trop cher. Donc quand on me dit, ‘les pauvres voyageront en autocar’, j’ai tendance à penser que c’est une caricature, mais les pauvres qui ne peuvent pas voyager voyageront plus facilement […] parce que l’autocar c’est 8 à 10 fois moins cher. » ; « Il y a dans cette société (Gad), une majorité de femmes, il y en a qui sont pour beaucoup illettrées, pour beaucoup on leur explique : ‘Vous n’avez plus d’avenir à Gad ou aux alentours. Allez travailler à 50 ou 60 kilomètres !’ Ces gens-là n’ont pas le permis de conduire, on va leur dire quoi ? » … En voilà des exemples parlants.

    « Bien souvent, la vie d’un entrepreneur est bien plus dure que celle d’un salarié, il ne faut pas l’oublier. Il peut tout perdre, lui, et il a moins de garanties. «  demeure la phrase la plus révélatrice. Elle est sincère. Emmanuel Macron, comme la bourgeoisie, le pensent réellement. Ils et elles sont intimement persuadés que sans leur action, il n’y aurait rien que la misère.

                    La bourgeoisie et une grande partie des politiciens vivent dans une apartheid social. Pour preuve, le ridicule dont ces derniers -et ces dernières- se couvrent lorsqu’est évoqué le quotidien des masses populaires.  Jacques Séguéla déclarant qu’un SDF peut mettre 1500€ de côté, Gérard Collomb au bord de la pauvreté avec 9 000€ par mois , pain au chocolat à 15 centime d’Euros ou ticket de métro à 4€… les exemples sont légion. L’incapacité de comprendre le vécu de la très large majorité de la population se double d’un souverain mépris pour celle-ci. Les chômeurs, les chômeuses ou ceux qui touchent le RSA rouleraient en BMW ; les SMICards et SMICardes saignent les patrons et les patronnes, les cheminots et cheminotes, tout comme la fonction publique, ne travaillent jamais… Ce mépris de la vie humaine se retrouve dans de nombreuses rapports : rapport consuméristes, rapports aux femmes, rapports aux autres. Les grandes écoles de la bourgeoisie sont des lieux où le bizutage, où les discriminations, ou les viols -érigés en traditions pour certains cas !- L’affaire Nicolas David, où cet étudiant en médecine à drogué et violé une autre étudiante, a connu une défense, faite par Maître Gilbert Collard, sous l’angle de « la tradition de l’apéritif carabin » mélangeant -à l’insu de la victime- drogues et alcool. Dans le même ordre d’idée, les affaires impliquant des individus exerçant une subordination sur leurs victimes, Weinstein, Allen, Polanski…etc, illustrent le fait que, pour ces individus, il n’existe que des proies. Hélas, cette manière de penser s’étend sur une très large partie de la société, au delà, bien au delà, des limites de la bourgeosie !

                    A ce mépris s’ajoute un détachement de la part des questions qui touchent la vie des masses.

                    La bourgeoisie est une classe sociale en concurrence avec elle-même, et en lutte constante avec elle même. C’est une classe en guerre constante, guerre contre les masses, guerre contre les autres fractions de la bourgeoisie, guerre contre les bourgeoisies étrangères. Dans cette situation, la bourgeoisie agit toujours comme si elle était aux abois, étranglée, menacée. Elle agit donc avec un mélange de brutalité et de cynisme constant.

                    Les désirs légitimes des masses ne suscitent qu’irritation et colère chez la bourgeoisie, qui ne voit en eux que des poux, des parasites, qui veulent rogner les marges, qui veulent gagner plus d’argent, qui ne sont pas capable de comprendre la terrible lutte contre la baisse tendancielle du taux de profit, la terrible lutte contre le concurrent, le danger qu’il y a à voir les investisseurs et investisseuses aller ailleurs, à les voir déserter. A leurs yeux, il faut être ferme, il est essentiel d’être dur, car sinon, la ruine guette.                Même la présence de l’Etat, l’immixtion dans le secret des affaires, l’immixtion dans les revenus des capitalistes est vécue comme une intrusion intolérable. L’impôt sur le revenu est encore présenté comme confiscatoire par la bourgeoisie, car il serait le fruit d’une injustice, d’une privation de richesse, que lui, le patron, le preneur de risque, génère.

                    D’imposer face à la concurrence, s’imposer sur des marchés, imposer la terreur dans l’entreprise, cela demande un état d’esprit particulier.  Une étude faite sur 261 patrons dans le secteur de la gestion de la chaîne logistique, par la psychologue Nathan Brookes et les chercheurs et chercheuses Katarina Fritzon (Université de Bond) et Simon Croom (Université de San Diego) ont démontré que 21% d’entre eux souffraient de psychopathie, tandis que la prévalence générale est de l’ordre de 1/4% dans le reste de la société. Incapable d’empathie, de remords et de comportements humains, ces patrons et patronnes, dont l’adulé -mais cynique- Steeve Jobs, sont de véritables chefs de guerre, capable d’aller installer des usines dans les pires endroits de la Terre, d’écraser les luttes sociales des ouvriers et ouvrières, et de se pavaner cependant, tout sourire, devant les caméras.

                    Alors, lorsque le prolétariat tente de mettre fin à l’exploitation, à la surexploitation, à la prédation, le serpent frappe. Les morsures de la bourgeoisie sont empoisonnées et implacables. Un taux de profit en baisse peut jeter à la rue les travailleurs et les travailleuses. Une grève, les conduire au black-listing. Trop de colère, à la prison. Une révolution, à l’échafaud. Ne l’oublions jamais.

                    Oui, une pandémie d’affluenza frappe le monde, semant les pires méfaits. La misère, le fascisme, la guerre, les génocides, sont les fils et les filles de la domination de la bourgeoisie sur le monde. D’une domination impitoyable, méprisante, cynique. Fondamentalement, le dialogue, la synthèse, entre les deux conceptions du monde : celle de l’exploiteur, celle de l’exploité, sont impossible. Cette épidémie d’affluenza peut pourtant connaître une fin.

                    Tout comme le disent les paroles de la chanson en l’honneur de Norman Béthune, médecin canadien communiste ayant lutté aux côtés de la Révolution Chinoise :

    « Norman Bethune, médecin du peuple

    Cherchait la cause de la maladie

    Il l’a trouvée, c’est le capitalisme !

    Bethune est devenu communiste ! »

    Il existe un remède à cette pandémie : la Révolution Prolétarienne. Il existe un sens à la phrase de Macron : « Une gare, c’est un lieu où vous croisez des gens qui réussissent et d’autres qui ne sont rien.  » La réponse est dans l’Internationale : « Nous ne sommes rien. Soyons tout ! »

  • C’est ainsi qu’on marche sur des cadavres.

    C’est ainsi qu’on marche sur des cadavres.

                    Un crime, un meurtre, un attentat, cela induit en tout premier lieu de proches éplorés, des familles brisées, des amis et des amies en détresse, devant la perte d’êtres chers. Ce sont des moments de drame, des moments abominables, que seuls les cyniques les plus désabusés peuvent souhaiter.

                    Dans le cas de la prise d’otage de Trèbes, dans le cas du meurtre de Mireille Knoll, ce sont d’abord vers celles et ceux qui les pleurent que vont nos pensées. Nous leurs transmettons chaleureusement notre salut.

                    En revanche, d’autres n’ont pas ce regard. Les vautours sont légion, autour de chaque affaire sordide, qu’ils veulent monter en épingle, autour de chaque crime, autour de chaque acte de violence, autour de tous ces faits qui ne pour eux que des occasions de vomir leur bile. Les morts ne comptent pas à leurs yeux. Seul compte l’instrumentalisation qu’il est possible d’en faire.

                    Il est vrai que chaque expression de violence est une illustration des contradictions de notre société, qui les génèrent. Les individus perdus, les exclus, les parias, qui se livrent au petit banditisme, qui sont récupérés par tous les prédicateurs de la haine, sont les enfants d’une société malade. Leur trajectoire chaotique se termine par le fait de faire couler le sang, par une balle tirée ou reçue. Cela n’excuse pas les actes, mais cela les explique.

                    Or, les explications, les vautours n’en veulent pas. Expliquer, pour eux, pour elles, c’est demander de comprendre. Demander de comprendre, c’est déjà excuser. Excuser, c’est en faire l’apologie. Ils et elles n’en veulent pas, car il est nettement plus pratique d’en faire des monstres inhumains, portant le mal de manière innée, ou dans leur gènes. Les morts sont des prétextes, les cadavres qui s’entassent servent de piédestaux.

                    L’extrême-droite et la droite réactionnaire font leurs affaires sur les morts des attentats. Ce n’est pas une nouveauté. Elles tentent de s’ériger en rempart de protection de la « civilisation » contre la « barbarie », alors qu’elle partage un véritablement fond politique commun avec celui des terroristes réactionnaires, quand ce ne sont pas des rapports commerciaux. Elles cherchent à en tirer profit, où dans le but d’instiller plus de division, plus de vexations, plus de ségrégation dans la société – ce qui légitime, par effet de miroir, le discours de Daesh. Les déclarations populistes et démagogues d’une Marine le Pen, d’un Laurent Wauquiez, sur la question de l’enfermement des fichés S, sont des attaques contre la présomption d’innocence, une volonté de liquider préventivement les menaces réelles ou supposées… En somme il s’agit d’une mesure fasciste, écrite par le sang des victimes.

                    Quelle absence de vergogne que de voir les représentants d’un Etat qui traque les réfugiés, qui emprisonnent ceux et celles qui leur viennent en aide, qui laisse mourir des femmes enceintes dans les Alpes, marcher  en mémoire de quelqu’un qui en a subit elle-même les foudres. Ceux et celles qui organisent la misère, la stigmatisation, l’exclusion sociale, ce qui pousse au crime en somme, viennent se pavaner en espérant que des louanges leur seront adressées.

                    Que dire de la présence du Front National, qui plus est protégé par la Ligue de Défense Juive, couverture du Betar, organisation considérée comme terroriste aux USA et en Israël ? Fondé par des anciens SS, sur la base d’une défense de Vichy, connu pour ses dérapages antisémites notoires, la présence du Front National est une humiliation pour la mémoire de Mme Knoll. Quant à celles et ceux qui le leur ont fait remarquer, la police les ont tout simplement braqués de leurs armes. pour les faire reculer. Marine Le Pen avait été déclarée indésirable par le CRIF, Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, tout comme Jean-Luc Mélenchon. L’un et l’autre ont par la suite été exfiltrés.

                    Que CRIF se permette de blacklister qui bon lui semblait, au nom de sa propre perception politique pose des questions. Nous ne soutenons ni Marine le Pen, ni Jean-Luc Mélenchon -que nous ne plaçons pas sur le même plan, cependant- et nous considérons qu’il y a une part essentielle d’opportunisme à leur présence.

                    Tandis que le fils de Mireille Knoll a déclaré que tout le monde serait le bienvenu, le CRIF ne s’est pas posé la question sous cet angle là. Ce conseil, pro-israélien, a décidé de salir la mémoire de Mme Knoll pour imposer son ordre du jour et ses considérations politiques. Dans les faits, les tentatives de créer l’amalgame nauséabond entre l’opposition à la politique de l’Etat Israélien et l’antisémitisme sont des méthodes qui salissent les mémoires et qui contribuent à, ironiquement, légitimer un discours qui entremêle effectivement les deux.

                    Alors que lors de la « journée du retour à la terre » plus de 1000 Palestiniens et Palestiniennes ont été tuées par Tsahal, alors que Gaza subit toujours le blocus, alors que des révélations sur les raids secrets de l’aviation Israélienne sur la Syrie viennent d’être révélés, tenter de lier les deux est un acte sordide. Nous sommes solidaires du peuple Palestinien, qui subit l’occupation et les brimades de la part du colonialisme israélien, pourtant cela ne se lien nullement avec l’antisémitisme. Les Israéliens et Israéliennes comptent également parmi les otages de cette politique aventuriste et criminelle menée par le gouvernement de l’Etat hébreux.

                    Beaucoup, dans le cas de l’assassinant immonde de Mireille Knoll, ont voulu utiliser celui-ci. Non pour dénoncer l’antisémitisme qui existe dans la société, non pour lutter contre lui, non pour s’attaquer à ses racines, mais uniquement pour l’attiser ou l’utiliser à des fins politiques. L’enquête, pour le moment, ne démontre pas que le crime commis soit, à l’origine, un crime antisémite. Ce qu’elle démontre c’est que des stéréotypes antisémites -la richesse supposée, soupçonnée- sont à la base de celui-ci.

                                    L’antisémitisme existe, de pair avec les autres formes de racisme, au sein de la société de l’Etat français. Il est un poison, un fléau, un cancer à éradiquer. Les victimes sont à soutenir, sont à protéger. Mais il n’est pas acceptables que ceux et celles qui meurent de la bêtise, de la haine, de la crapulerie soient utilisés comme enjeu politique, à l’encontre de leur pensées, à l’encontre de leurs désirs. D’autant que le racisme, l’antisémitisme, est attisé par la politique réactionnaire de nombreux Etats, de nombreux agents, lesquels ne sont que trop heureux de pouvoir diviser les classes populaires, dresser les nations les unes contre les autres, scinder l’unité de celles et ceux qui partagent les mêmes intérêts. Trop heureux que la haine divise, sépare. Que la méfiance, la défiance, la peur, isolent. Ainsi, l’exploitation peut continuer dans les conditions les plus favorables pour ces parasites ! Ainsi l’impérialisme, qui est le terreau fertile de la guerre, peut s’étendre, légitimé par l’instrumentalisation de la souffrance des masses populaires de l’Etat français.

                    L’Unité Communiste de Lyon s’oppose à toute récupération. Elle considère que toutes celles et tout ceux qui usent de victimes comme promontoire pour leurs discours ne devraient que se taire. La solidarité est ce qui est à offrir, non les larmes de crocodile !

  • Quelle légalité en régime bourgeois ? – partie 3

    Quelle légalité en régime bourgeois ? – partie 3

    Notre réponse : la démocratie prolétarienne et la dictature du prolétariat.

    La Dictature du Prolétariat, l’épée et le bouclier.

                    La dictature du prolétariat est un sujet important, crucial même. Aux yeux de l’Unité Communiste de Lyon elle est la ligne de démarcation de notre période de construction politique. Plusieurs documents ont été édités à ce sujet par l’Unité, principalement autour de la brochure dédiée à cette question –La Dictature du Prolétariat– mais également dans les textes du premier congrès tout comme au sein des brochures sur les bases du communisme et sur le socialisme. Le fait de défendre cette thèse comme n’étant pas une déformation de l’idéologie communiste, mais bien comme étant son noyau dur n’est pas le fruit d’une illumination subite ou d’un désir de pouvoir idéaliste. Les marxistes ne procèdent pas ainsi. Lorsque Marx et Engels ont théorisé cette conception particulière du pouvoir, ce n’était pas en fantasmant sur des fleuves de sang, mais bien en tirant des constats de l’expérience concrète de la lutte des exploités et des exploitées.

                    Pour les militants et militantes qui constituent la grande majorité des organisations communistes -au sens idéologique du terme- cela est également le fruit d’un cheminement et non d’un désir inné pour l’autoritarisme. Les individus qui sont sur cette tendance ne trouvent pas leur place dans les rangs des organisations de combat.

                    Comment ne pourrions-nous pas comprendre les réticences qui accompagnent l’évocation de cette question politique ? Elles sont nombreuses et sont parfois révélatrices de questions pertinentes. L’éducation bourgeoise, les idées dominantes -imposées par les classes également dominantes, l’historiographie anticommuniste, la charge constante et fulgurante contre les expériences socialistes… tout concourt à faire de la dictature du prolétariat un tabou total, un crime en puissance, une hérésie. Elle sert de repoussoir envers les progressistes, envers les masses.

                    Il est logique que la bourgeoisie cherche à faire ainsi. Qu’elle cherche à attaquer sans cesse les systèmes politiques qui la menacent.  Comme écrit en introduction, cela marche très bien. L’attachement atavique à la démocratie bourgeoise pousse certains, certaines, à préférer Thatcher à Staline, à choisir l’illusion démocratique bourgeoise à la construction du socialisme.

                    Certains positions sont logiques. Il existe une peur des cadres formels et contraignants, notamment chez les libertaires. La petite structure horizontale rassure, paraît porter en elle les valeurs de démocratie et de confiance. Cependant, nous l’affirmons : il n’existe aucune garantie structurelle contre la déviation. Aucune forme d’organisation ne prémunit contre les risque de dégénérescence. La seule chose qui peut former une défense contre ce risque est la lutte politique, la lutte de ligne au sein des organisations et des structures. Or, c’est là où le bât blesse. Les structures informelles, sans centralisme démocratique -le débat le plus démocratique dans les instances décisionnelles mais l’application la plus stricte des décisions une fois prises-, sans exercice rigoureux et contrôlé des mandats, sans application rigoureuse et contrôlée des décisions, est le théâtre idéal de la déviation droitière. Le flou, l’informel, le doute profite systématiquement aux tendances les plus modérées, aux partisans de la conciliation, aux éléments vacillants, aux portes d’entrées des tendances idéologiques bourgeoises.

                    Les tendances, les fractions, le libéralisme au sein des organisations politiques -et au sein des formes d’exercice du pouvoir- nuisent à l’efficacité, à l’unité d’action, à la possibilité de poser les débats et les questions concrètes. Elles sont une maladie au sein des organisations. Elles sont mortelles lorsque les enjeux sont importants et vitaux.

                    Contrairement à ce que peuvent clamer les libertaires, nous ne sommes pas partisans du centralisme démocratique par antidémocratisme, mais bien parce que celui-ci est bel et bien la forme de démocratie populaire la plus aboutie. Nous nie nions pas les luttes internes, les lignes qui peuvent s’affronter -expression de la lutte des classes dans les organisations- mais au contraire nous les actons pour pouvoir avoir une prise dessus. Les organisations que ne le font pas, qui entravent la reconnaissance de cet état de fait, se contentent en vérité d’un démocratisme de surface.

                    La dictature du prolétariat porte en elle deux exigences qui se doivent d’être obligatoirement respectées : la démocratie la plus large pour les masses ainsi que leur défense la plus efficace contre les menées de la bourgeoisie pour conserver ou reprendre le pouvoir. Le problème étant que l’interaction entre ces différentes exigences entraine fatalement des contradictions, des difficultés, des conflits parfois.

                    La démocratie prolétarienne n’est pas un vain mot. Contrairement à ce que peuvent prétendre les anticommunistes, la vie en URSS ou en Chine maoïste n’était pas une vie de caserne, une vie carcérale. La bourgeoisie essaie de fausser la vision qu’il est possible d’en avoir en niant toute la vie politique, la vie culturelle, la vie intellectuelle, tous les loisirs, tous progrès sociaux que peuvent avoir apporté le socialisme.

                    La suppression du gaspillage, le fait de passer progressivement d’une économie anarchique à une planification, sous la houlette du Gosplan, permet de progressivement répondre aux besoin de la société, tout en essayant, au travers du développement harmonieux, de respecter l’environnement. Les chiffres parlent d’eux même. Partie de très bas, l’URSS, en 1939, juste avant la déclaration de la guerre, dépasse la France en terme de PIB par habitant en Parité de Pouvoir d’Achat, sans disposer de colonies, sans surexploitation pour gonfler artificiellement celui-ci.

                    La bourgeoisie caricature l’abolition de la propriété privée des moyens de production. Elle en fait une absence totale de biens de consommation pour les masses. Elle en fait une imagerie de pauvreté. Mais dans les pays bourgeois, la propriété de biens est abolie pour 90% de la population. Location, crédit, dettes, tout cela est une illusion de propriété. En URSS, le plafonnement des loyers à 10% des revenus, la gratuité de la très large majorité des services, tout cela concourait au fait que les masses pouvaient se permettre, pour la première fois de leur vie, de dépenser leur argent non pour survivre, mais bien pour vivre.

                    Les masses populaires, avant écrasées par l’obscurantisme de la religion, par le racisme, par l’antisémitisme, par un patriarcat redoutablement puissant, se libèrent. Elles découvrent l’exercice réel du pouvoir, au travers des Soviets. Alors que le régime capitaliste ne considère les masses populaires que comme une force de travail, que comme une marchandise, sous la Dictature du Prolétariat, elles découvrent la possibilité de disposer d’une liberté inconnue. Le livre d’André Gide, Retour d’URSS, considéré comme une critique acerbe, révèle pourtant une URSS bon enfant, avec ses fêtes ouvrières, ses cours du soir, ses pièces de théâtre en pleine rue.

                    Une lutte existe, même dans la démocratie populaire, entre les conceptions arriérées et les conceptions avancées, entre réactionnaires et progressistes. Elles ne sont pas sanctionnées par la répression, mais au sein du débat démocratique entre les masses, dans lequel le Parti Communiste soutient les positions avancées. Car contrairement à l’imagerie véhiculée par l’Education Nationale et par les pamphlétaires de l’anticommunisme, le Parti Communiste, que cela soit en URSS, en Chine, en Albanie, au Vietnam … ne contrôle pas toute la société. Les archives de Smolensk, volées par les nazis, ont révélé que, au final, les militants du PC(b)US n’évoluaient pas dans une société ordonnée, totalitaire, mais bien dans une société bouillonnante, vivante, et dans laquelle ils n’avaient pas un contrôle total de l’intégralité des aspects politiques..

                    La lutte contre certaines conceptions, racistes, antisémites, sexistes, a connu des moments aigus, du fait de l’écart entre le Parti et les masses, dans certaines régions. Paradoxalement, la réforme de 1935, qui laissait à la société civile une plus grande place, s’est traduite par des reculs sur un certain nombre de positions, notamment sur l’avortement et l’homosexualité. Non du fait de la décision du Parti, mais bien d’une expression démocratique -mais réactionnaires- des masses populaires, en particulier des Républiques du sud. Pourquoi cela à eu lieu ? Car il y avait urgence à faire bloc, en prévision de la guerre. Faire bloc en prévision de celle-ci, quitte à concéder -temporairement – parut judicieux. L’était-ce ? La question reste en suspens. Mais jeter toute l’expérience sur la base de cette faille serait imbécile. N’oublions pas que, à ce moment tout était expérimental.

                    L’URSS a traité ces questions d’une manière perfectible, principalement par une impulsion du haut vers le bas. La Révolution Culturelle a tenté de le faire du bas vers le haut. La Révolutionnarisation Albanais l’a fait d’une manière décrétiste… chacune à cherché sa voie pour résoudre les contradictions et poursuivre la lutte des classes.

                    Rien n’est parfait. Mais l’exigence préalable de la perfection sert fondamentalement à botter en touche. Attendre un réveil spontané des masses populaires, un mouvement révolutionnaire qui ne soit pas le fruit du travail de longue haleine d’une organisation politique, cela revient à capituler devant le poids de l’idéologie bourgeoisie, devant la force des habitudes, des idées et des conceptions réactionnaires. Considérer que la question du pouvoir ne soit qu’un rapport entre majorité et minorité, cela revient à rester sur des conceptions réformistes de la société. Nous ne sommes pas en faveur d’un Parti d’avant-garde par mépris pour les masses, mais bien parce qu’il est illusoire de croire que la bourgeoisie laissera un mouvement de masse de ce type se développer sans faire appel à toutes les armes que lui autorisent non pas sa légalité, mais ses moyens intégraux.

                    Dans Le renégat Kautsky et la Révolution Prolétarienne, Lénine écrivait : « Dès lors, supposer que dans une révolution un peu sérieuse et profonde, c’est simplement le rapport entre la majorité et la minorité qui décide, c’est faire preuve d’une prodigieuse stupidité; c’est s’en tenir à un préjugé archi-naïf digne d’un vulgaire libéral; c’est tromper les masses, leur cacher une évidente vérité historique. Vérité selon laquelle il est de règle que dans toute révolution profonde les exploiteurs conservant durant des années de gros avantages réels sur les exploités, opposent une résistance prolongée, opiniâtre, désespérée. Jamais, si ce n’est dans l’imagination doucereuse du doucereux benêt Kautsky, les exploiteurs ne se soumettront à la volonté de la majorité des exploités, sans avoir fait jouer dans une bataille suprême, désespérée, dans une série de batailles à leur avantage. »

                    Non seulement, la bourgeoisie supprimera les moyens permettant à la « majorité » de devenir consciente de ses intérêts, mais elle entravera surtout les possibilités pour elle de s’organiser. Et si le pouvoir est pris, de se développer  et de construire une société où la résolution des contradictions de classe est possible. La bourgeoisie promet. Elle promet le respect de garanties démocratiques, promet la souveraineté pour le peuple, promet que le jeu de la République n’est pas truqué, que chacun à sa chance et que le meilleur gagne. Or, dans les faits, de petites grèves, de petits troubles entrainent déjà un déchainement de haine de la part des classes dominantes, au travers de leurs agence de presse, de leurs agences de propagande, mais également de la part de leur forces de répression. Déjà, pour si peu, la légalité est transgressée. Imaginer qu’elle ne le serait pas lorsque la question posée n’est plus économique, mais bien politique, serait se nourrir d’illusions. Pire encore, cela reviendrait à tendre le cou au bourreau.

                    Jamais un mouvement de « révolution citoyenne » ou de « révolution par les urnes » n’a triomphé dans toute l’histoire de l’humanité. Et pour cause ! Chaque fois que les organisations populaires ont approché de l’exercice réel du pouvoir, la réaction s’est mise en route pour les juguler. Le Front Populaire par les fascistes, le Frente Popular de 1936 par les franquistes, celui de 1973 -au Chili- par Pinochet…etc. Lorsque « la gauche » arrive au pouvoir, comme Mitterrand, comme Hollande, mais également comme le SPD en Allemagne après 1918, ils sont traités comme des laquais serviles par la bourgeoisie. Vacillant, hésitants, lâches, ils sont parmi les plus fidèles et les plus brutaux des agents de la bourgeoisie.

                    Aujourd’hui, l’exemple de la question de l’indépendance de la Catalogne est à l’avenant : respect de la souveraineté populaire, respect de la question du rapport entre majorité et minorité… ect. La réaction est celle de l’enfermement, de la mise sous tutelle, de la traque et de l’emprisonnement de celles et ceux qui sont à l’origine de ce mouvement. Il ne fait pas de doute que toute tentative sérieuse  de réaliser l’indépendance se heurtera à toute la virulence d’une bourgeoisie madrilène réactionnaire, prête à tout pour conserver son dû. Et encore, ce n’est pas une révolution socialiste !

                    Contre Octobre, les capitalistes et les impérialistes ont fait feu de tout bois pour écraser dans le sang la Révolution. Guerre civile, blocus, embargo, interventions, terrorisme, sabotage, assassinats, corruption, espionnage… tous les moyens furent bon pour liquider la jeune Union. Contre la Révolution Spartakiste, l’intégralité des organisations bourgeoises, du SPD au DAP ont fait front derrière les Frei Korps pour égorger celles et ceux qui voulaient libérer les masses de l’exploitation. Contre les révolutionnaires de Chine, de Corée, de Cuba, du Vietnam, des pays d’Afrique, partout, la bourgeoisie, les réactionnaires, les fascistes ont usé de tous les moyens possibles et envisageable pour mettre fin aux menaces sur leur ordre.

                    La bourgeoisie clame que le socialisme de marche pas. Pourtant, elle ne lésine pas sur les moyens pour l’écraser. Elle a ainsi soutenu les plus grandes monstruosités de l’histoire, les a nourris, les a doté des moyens de répandre le sang. Mussolini contre les grèves de 1922 en Italie. Hitler contre la menace du KPD, les obscurantistes de tout poils aujourd’hui contre les tentatives de faire émerger de nouvelles républiques populaires.

                    La bourgeoisie a soutenu les timorés, les défaitistes, les bonapartistes, partout où elle pouvait en trouver, pour caresser dans le sens du poil leurs désirs et leurs craintes. Les droitiers autour de Boukharine, les Trotskistes, les partisans de Lili-San, de Lin Piao, sont devenus des agents doubles, travaillant dans l’ombre, sabotant, assassinant, espionnant au profit des ennemis de la révolution. Ceux et celles qui ont été effrayés des succès et des avancées du socialisme, ceux qui n’y croyaient qu’a moitié, ceux qui avaient peur se sont réfugiés dans les jupes du SD Allemand, du Kenpeitai Japonais, de la CIA, de l’OSS, du Second Bureau ou du MI5.

                    Les experts, terriblement nécessaires, en particulier dans un pays arriéré, les chefs militaires, dans un pays menacé, ont chèrement et durement monnayé leur ralliement. Exigeants, rêvant du paradis perdu, voulant se constituer des royaumes intérieurs, ils et elles ont œuvré à l’affaiblissement de la dictature du prolétariat, en se retranchant derrière une conception bourgeoise et réactionnaire de la liberté.

                    Leur victoire, leur restauration du pouvoir, obtenue avec la déstalinisation en URSS, avec l’arrivée de Teng Xiaoping en Chine, n’était pas le fait des excès de la dictature du prolétariat, mais bien de sa trop faible prise. Les compromis, nécessaires, mais couteux, avaient donné une force immense à ces restaurateurs des inégalités sociales, à ceux qui voulaient entraver l’avancée et l’approfondissement du socialisme.

                    La question de la nécessité de la dictature du prolétariat est une question qui n’est pas « de principe », mais bien de vie ou de mort. Elle est une question qui ne peut être balayée d’un revers de la main, mais qui, au contraire, est centrale. Elle détermine la physionomie politique de l’Etat prolétarien, elle détermine l’objectif stratégique n°1 de la Révolution, son objectif politique.

                    Si la légalité, ou la violation de la légalité, par la bourgeoisie a d’ores et déjà été évoquée, reste à évoquer la conception de la légalité du régime populaire et prolétarien.

  • Quelle légalité en régime bourgeois ? Partie 2

    Quelle légalité en régime bourgeois ? Partie 2

    Privilèges, normes et discriminations en régime bourgeois.

    « Les idées de la classe dominante sont aussi à toutes les époques les idées dominantes ; autrement dit la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est aussi la puissance dominante spirituelle. La classe qui dispose des moyens de la production matérielle dispose du même coup des moyens de la production intellectuelle, si bien que, l’un dans l’autre, les pensées de ceux à qui sont refusés les moyens de production intellectuelle sont soumises du même coup à cette classe dominante. Les idées dominantes ne sont pas autre chose que l’expression idéale des rapports matériels dominants, elles sont ces rapports matériels dominants saisis sous forme d’idées, donc l’expression des rapports qui font d’une classe la classe dominante ; autrement dit, ce sont les idées de sa domination. »

    Textes 1 (1845), Karl Marx (trad. R. Cartelle et G. Badia), éd. sociales, coll. « Classiques du marxisme », 1972, chap. La conception matérialiste de l’histoire, p. 109

                    La bourgeoisie s’affranchit sans le moindre complexe de sa propre loi, nous l’avons noté plus haut. Elle n’hésite pas à violer sa propre légalité pour accroître sa domination, la renforcer, pour détruire les menaces et les obstacles qu’elle peut rencontrer dans sa quête fébrile du profit.

                    La bourgeoisie ment. Les fascistes mentent. Il s’agit d’un point essentiel à garder à l’esprit. Si la vérité est gênante, ils l’occultent, la trahissent. A leurs yeux, les informations et la connaissance sont un moyen d’arriver à leur fins, rien d’autre. La question de la vérité est une question purement et simplement tactique. Elle est, en revanche, une question stratégique chez nous, car la vérité sur l’exploitation des masses, sur leur oppression, est toujours nécessaire à dire et à démontrer. La bourgeoisie ment constamment sur le mouvement ouvrier et sur le mouvement révolutionnaire. Elle occulte et révise sans cesse l’histoire. Elle ment également sur ses objectifs, tant de le but de camoufler ses buts réels que d’instiller la division et la haine au sein des masses populaires.

                    « Diviser pour mieux régner. » Voilà sa méthode. Un des exemples est le fait de clamer haut et fort que les immigrés ou certaines catégories de travailleurs sont des privilégiés. Elle cherche à transformer des contradictions au sein du peuple en plaies purulentes, en gangrène, pour mieux exploiter. Ainsi, les mensonges sur le statu des cheminots, paravent de la privatisation de la SNCF, ont réussit à faire leur chemin.              Et c’est là où la victoire idéologique est remportée : des travailleurs et des travailleuses, exploitées, vivant dans la misère, se liguent avec la bourgeoisie pour baisser le niveau de vie d’autres, sous prétexte, ironie suprême, d’égalité ! Pire, des précaires sans ressources, des réfugiés vivant sous les ponts sont taxés d’être des oies grasses, des profiteurs… Pendant ce temps, les violeurs et violeuses de lois, les accapareurs et accapareuses, les parasites sociaux engrangent encore davantage et davantage de ressources.

                    Alors que la logique la plus élémentaire voudrait que les désirs des exploités et exploitées soient d’être tous hissées au régime le plus favorable.  Mais l’individualisme tire et nivelle par le bas les statuts sociaux. Au lieu de hisser les normes de travail vers le sommet, vers le meilleur, il ne s’agit plus que de faire de la misère le standard. La fragmentation politique, l’opportunisme, l’individualisme créent cette situation où, privés de compréhension sur la stratégie du gouvernement, de la bourgeoisie, les masses ne voient que par le petit bout de la lorgnette les attaques de celle-ci. Elles les perçoivent en termes de ce qui les concerne, de ce avec quoi elles sont en accord et de ce avec quoi elles sont en désaccord, sans comprendre que tout cet ensemble est un plan d’attaque cohérent et visant à les frapper dans leur intégralité. Chaque affaiblissement du front de lutte contre la bourgeoisie est une brèche dangereuse.

                    La question des privilèges s’est également invitée, sous une autre forme, dans les débats autour de la question des contradictions au sein du peuple. La question des privilèges sociaux est une question qui mérite qu’on s’y attarde pour qu’elle ne soit pas traitée d’une manière simpliste.  Les inégalités de traitement des individus en fonction de certains critères sont de questions concrètes, réelles, qui ont un incidence sur la vie de tous les jours de centaine de millions d’individus sur la planète. Le racisme, le sexisme, l’homophobie, les oppressions que peuvent subir certains pans entiers de la population sont des questions qui ne s’écartent pas d’un revers de la main.

                    Les luttes qui s’organisent contre celles-ci sont légitimes, indéniablement. Elle suscitent cependant un débat lorsqu’elles évoquent ces questions sous la forme de privilèges : privilège blanc ; privilège homme ; privilège cisgenre ; privilège valide. Discriminations ou privilèges ? La question n’est pas anodine.

                    Considérer les choses sous la forme de privilège est considérer que la personne qui les possède est avantagée dans la société. Qu’elle bénéficie d’un traitement de faveur. Une personne qui n’est pas victime de sexisme, par exemple, est effectivement privilégiée relativement par rapport à une personne qui ne subit ni harcèlement, ni remarque sexiste. Pourquoi le relativement est important ? Parce qu’il est ce qui détermine la norme de fonctionnement de la société. C’est cette question de ce qui est la norme qui est également importante. Elle rejoint la question du droit, même bourgeois. Le fait qu’un policier ou une policière, un patron ou une patronne, n’ait pas le même respect des normes selon la personne induit une discrimination, plus qu’un privilège. Si un policier tutoie une personne du fait de son origine sociale, mais soit scrupuleusement respectueux du règlement en face d’une autre ne signifie pas que cette dernière soit, dans l’absolu, privilégiée. Juste qu’elle ne subit pas de discrimination. Elle est relativement privilégiée, mais absolument non-discriminée.

                    Dans les faits, pourquoi, hors jeu sémantique, cette conception est importante ? Parce que ce qui détermine le privilège absolu de classe, c’est le traitement au delà de la loi, au delà de la norme. L’impunité, les passe-droits, la possibilité d’être au dessus de la loi, là réside le privilège réel. Il réside d’ailleurs souvent dans le droit coutumier, dans les habitudes, dans les traditions réactionnaires, qui autorisent, sous les yeux bienveillant des autorités, les ratonnades, les agressions sexuelles, les crimes. Il réside dans la non application de la loi face aux criminels bourgeois.

                    Parler du traitement normal, au sens premier du terme, comme d’un privilège absolu, c’est ouvrir une brèche dangereuse entre ce qui doit être désiré comme traitement et ce qui constitue un viol manifeste et impuni de la légalité bourgeoise, ironiquement le fait de la bourgeoisie-elle même. Or, ériger la norme en privilège revient à considérer que son application est l’exception, non la règle. Elle revient, quelque part, à capituler dans le projet politique et à demeurer au stade du constat. Mettant l’individu, sa subjectivité, au sommet de tout, les conceptions postmoderne brisent la lutte des classes, et ne font que clamer que les dominés doivent combattre le fait qu’ils soient reconnus comme tels, qu’ils puissent s’épanouir dans leur situation, mais jamais la combattre.

                    Le but du mouvement communiste n’est pas de se limiter à faire une analyse clinique, scolaire, morte, un inventaire des contradictions, mais de comprendre les mécaniques qui les sous-tendent et de trouver la manière de les résoudre, de permettre aux individus non de vivre mieux leur situation, mais bien de la bouleverser. La vision postmoderne met tout sur le même plan : discriminations sociales comme ethniques, discriminations sexistes comme liées à la validité. Or, comprendre les raisons matérielles qui font qu’elles apparaissent ne signifie pas les nier, cela signifie chercher les moyens de les éradiquer. Pire encore, le postmodernisme encourage la perpétuation de la domination, en considérant qu’il ne faut pas combattre les mécanismes que la société capitaliste a ancré dans l’esprit de ses victimes, car cela serait « oppressif. » Cela implique de ne pas poser la question des actes réactionnaires y compris au sein des dominés et des opprimés. Ce n’est pas ce que recherche les communistes, qui mènent la lutte contre toutes les formes de réaction.

                    Les discriminations sont issues du caractère réactionnaire inhérent à la société capitaliste et inhérent aux idées de la classe dominante. Celles et ceux qui, au regard de la vision bourgeoise de la société, sont hors des normes, ne s’incluent pas dans le schéma de production de marchandises et de reproduction des forces de travail, sont traités comme ayant une valeur inférieure, comme étant des éléments anormaux, comme étant des parias. Car, au final, ces contradictions ne peuvent être isolées de la lutte des classe et de l’organisation économique de la société. Elles en sont les filles naturelles, inéluctables, et existeront tant que la source ne sera pas tarie. Même après cela, les vieilles habitudes, les vieux relents, les résidus de l’ancien monde continueront à les maintenir en vie un temps. Poussières de réactionnaires, elles doivent être balayées.

                    Il ne faut pas les nier, ni nier l’importance qu’elles peuvent avoir dans le vécu des individus. Il ne faut pas nier qu’elles traversent les organisations politiques et les organisations communistes notamment, tout comme la lutte des classes. Les nier reviendrait à les accepter comme étant inéluctables. Clamer qu’elles divisent les travailleurs et les travailleuses est une manière stupide de voir les choses. Les luttes de libération nationales, les luttes féministes, les luttes antiracistes ou LGBT+ sont des luttes qui ne créent pas la division, mais qui, au contraire, bien traitées, renforcent la cohésion, la solidarité, la cohérence des opprimés et opprimées, des exploités et exploitées. Elles sont une force pour la lutte, non un frein.

                    Il existe un travail à faire pour lutter, au sein de nos organisations, dans nos rapports individuels, contre les tendances réactionnaires, contre les relents impérialistes, contre les pratiques oppressives. La lutte est complexe, car les attentes sont nombreuses, alors que les individus sortent d’un moule fait par la société bourgeoise. Il s’agit donc d’un travail de long terme, dans laquelle il peut être important de ne pas être buté sur les aspects tactiques qui servent à résoudre ces contradictions : organisation d’événements ou de réunions non-mixtes par exemples, qui peuvent effectivement permettre une meilleure prise en compte des situations spécifiques, sans pour autant perdre de vue que la résolution de ces contradictions de manière totale ne peut exister sans un changement de société complet.

                    Etant des contradictions au sein du peuple, elles sont le fruit de la lutte des classes et du système d’oppression généralisé par le capitalisme, par l’impérialisme et la société patriarcale. Elles ne sont pas de nature antagonique, elles peuvent se résoudre pacifiquement par l’éducation, par le débat, par l’explication, par la critique et l’autocritique. Cependant, elles peuvent prendre des tournures dramatiques, et peuvent devenir parfois des contradictions antagoniques. Contre les pogroms, contre les mouvements réactionnaires, contre l’enfermement -maquillé en tradition ou autre- des femmes, le débat n’a parfois plus sa place, et cela se transforme en épreuve de force.

                    Que des individus soient moins discriminés est un fait, mais détruire les privilèges bourgeois ne peut se faire que par des mouvements de défense et de promotion des droits démocratiques. Les privilèges de la bourgeoisie  -contrôle de l’économie, captation de la richesse, impunité et possibilité de transgresser sa propre loi tant qu’elle ne lèse pas ses pairs- sont les réels privilèges. Or, la bourgeoisie ne cédera pas d’un pouce sur ceux-ci. Face à un régime « démocratiquement élu », elle transgressera la loi. Face à une mobilisation importante, elle fera le choix de l’écrasement. Face à sa défaite dans un Etat, elle choisira la voie de la guerre.  C’est ce qui ressort de tous les regards portés sur l’Histoire de l’humanité. Les classes dominantes se débarrassent des cadres légaux lorsque leurs intérêts sont en jeu.

                    C’est pour cela que nous devons défendre la Dictature du Prolétariat comme moyen de pouvoir réaliser cette transformation de la société. Non par choix, non par fantasme de sang, de pouvoir, de carnage, mais parce qu’il s’agit de la seule voie possible.

  • Solidarité avec le mouvement étudiant.

    Communiqué de solidarité avec le mouvement étudiant. 

    L’Unité Communiste de Lyon exprime sa solidarité vis-à-vis des étudiants, des étudiantes, des lycéens et lycéennes face à la répression qu’ils et elles subissent .Bordeaux ; Dijon ; Grenoble ; Strasbourg ont eu la visite de la police. Montpellier et le lycée autogéré de Paris celles des fascistes. Lille et Nantes ont bénéficié de l’attaque successive des deux. Le 22 mars a été un pic important, avec l’expédition organisée par l’apprenti fasciste Philippe Pétel et ses sbires, dans le but de casser la lutte.

    La répression est double. Elle est celle des institutions, de l’Etat, de la police, de la justice pour la première part. Elle s’est traduite par des mises sous tutelle, comme au Mirail, par des interventions de police, comme à Dijon, par l’intimidation, par la menace, par les volontés de juguler la mobilisation émergente.  Cette répression là est la compagnonne des mouvements étudiants depuis qu’ils existent.  Mais elle va en s’intensifiant davantage, à chaque fois que la crise s’approfondit, à chaque fois que les tensions sociales montent, à chaque fois que de nouveaux arsenaux juridiques sont mis en œuvre.

    Cette répression se double d’une nouvelle dimension, celle de l’intervention direct et extra-légale des réactionnaires et des fascistes. Ayant le vent en poupe, les petits leaders fascistes ou fascisants tentent de générer un mouvement de masse réactionnaire sur la base de mots d’ordres ultra-individualistes tels que la liberté d’étudier. Si ces mouvements existent depuis longtemps, la participation des enseignants et des enseignantes à ceux-ci forment une étape supplémentaire. Les attaques fascistes contre la faculté de Montpellier, mais également contre celle de Lille et le lycée autogéré de Paris sont révélatrice de la nature profondément bourgeoise et pro-gouvernementale des mouvements fascistes.

    Ils sont des mouvements qui n’ont d’autre ambitions que de servir au mieux d’auxiliaires extra-légaux de la police et de la bourgeoisie. Leur seule action est celle de briser les luttes populaires, de fragmenter les exploités et les exploitées, les opprimés et opprimées pour qu’ils et elles soient docilement asservies.

    L’Unité Communiste de Lyon salue celles et ceux qui prennent le chemin de la lutte, ceux et celles qui se dressent contre l’injustice, contre la sélection, contre la liquidation des droits sociaux. Elle est solidaire des personnes ayant subit les foudres de la répression.

    L’Unité Communiste de Lyon invite les étudiants et les étudiantes à s’organiser pour ne plus subir ces attaques, à renforcer les organisations de jeunesse et les syndicats étudiants, dans le but de pouvoir répliquer. C’est là également où l’importance des organisations antifascistes prend son sens, pour éviter que les luttes sociales ne soient noyées sous la répressions, écrasées dans le sang par les supplétifs policiers.

    L’Unité Communiste de Lyon appelle à participer aux assemblées générales décisionnaires pour étendre et renforcer ce mouvement. La lutte qui se déroule à l’heure actuelle est cruciale pour l’avenir des étudiants et des étudiantes, pour celui des lycéens et lycéennes. Mais elle est aussi cruciale dans le sens où elle est un des fronts de la grande lutte générale pour la défense des intérêts des classes populaires. Elle est un des fronts de la bataille des classe aigüe qui se joue actuellement.

    Ensemble, soyons unis et unies contre les répression !

    Les fascistes et la police n’ont pas leur place dans les universités !

  • Quelle légalité en régime bourgeois ? Partie 1

    Quelle légalité en régime bourgeois ? Partie 1

    Quelle légalité en régime bourgeois ?

    Partie 1

    Cette brochure est une réponse à chaud à plusieurs événements qui ont défrayé l’actualité récente. Garde à vue de Nicolas Sarkozy, réforme de la SNCF et attaques contre les droits sociaux, mais également la mise sous tutelle de la faculté de Toulouse le Mirail et les agressions fascistes commises sous les ordres de la président de l’Université Montpellier III Paul Valéry contre les étudiants qui l’occupaient. Nous accordons notre solidarité à toutes celles et tous ceux qui subissent la répression de la bourgeoisie, des réactionnaires, des fascistes et des impérialistes partout dans le monde. Nous voulons également dire que cette répression est une norme du régime bourgeois, du capitalisme. Elle en est l’enfant naturel, un enfant à géométrie variable en fonction des classes sociales.

                    La bourgeoisie et les anticommunistes ne se sont jamais privés de se servir de la dictature du prolétariat comme d’un épouvantail pour dissuader les masses de rejoindre les organisations communistes. Insistant sur l’aspect « dictatorial », escamotant tout ce qui compose le caractère prolétarien des Etats socialistes, ces forces réactionnaires ont travesti et déformé le sens de cette forme nécessaire de pouvoir. Par effet de miroir, cela servait à légitimer leur ordre « démocratique » et légaliste. Et cela marche !

                    Par le truchement de l’Education Nationale, de ses programmes de propagande, ce sont des millions de jeunes qui ressortent chaque année avec une conviction ancrée dans leur esprit : la démocratie bourgeoise est le meilleur régime qui soit. L’acquisition de cette notion est le fil conducteur du programme d’Histoire du secondaire. Tout est mis en place pour y parvenir, depuis la légitimation de la république et de la démocratie -démocratie de propriétaires d’esclaves ! – dans l’Antiquité, jusqu’aux politiques de libéralisation des services publics, vus en terminale. Les régimes socialistes, fasciste et nazi sont traités dans le même chapitre, pour créer une impression de similitude et d’unité entre eux, renforçant la thèse de la gémellité entre eux, dans le but d’éloigner la jeunesse des idées communistes et de toute sympathie pour les expériences révolutionnaires. Tout est fait pour qu’un sentiment de positivisme émerge : l’Histoire va vers le mieux, vers le meilleur, et chaque année qui s’écoule nous rapproche d’une perfection idéaliste.

                    Il en ressort que même dans l’extrême-gauche, il réside un anticommunisme extrêmement fort, qui se traduit par le fait qu’il y a une sympathie pour les opposants aux régimes socialistes, furent-ils des fascistes comme Soljenitsyne, et qu’entre le socialisme et le régime bourgeois, nombre préfèrent ce dernier.

                    Pourtant, un regard un tant soit peu sérieux sur les arguments de la bourgeoisie permet de voir que ceux-ci ne tiennent pas la route, et que, ironiquement, ils justifient totalement la dictature du prolétariat. Le mensonge craque régulièrement, et l’Histoire ne peut être intégralement bâillonnée. Ainsi, les crimes coloniaux transparaissent dans les manuels scolaires, tout comme les guerres et les massacres commis par la France et les impérialistes. Progressivement, le voile se lève sur le passé, lorsqu’il est jugé qu’il est suffisamment éloigné pour ne pas faire de vagues.

                    Lorsqu’un regard un tant soit peu objectif pourra être posé sur l’époque que nous vivons, le mythe du positivisme s’effondrera immédiatement. Il ne fait nul doute que les générations futures ne pourront regarder l’époque que nous vivons, tant ici que dans le monde entier, que comme un âge de barbarie et d’injustice.

    Car l’injustice et la transgression de la légalité forment les bases du fonctionnement du régime bourgeois.

                    La maîtrise de l’appareil d’Etat et des instances décisionnelles a permis à la bourgeoisie, dès son arrivée au pouvoir avec la Révolution Française, d’édicter ses règles. Elle a maquillé cela derrière une idée d’égalité stricte aux yeux de la Loi, déclarant que l’application de celle-ci correspond à un hypothétique intérêt général. Or, quelle communauté d’intérêt peut résider entre celui qui exploite et celui qui est exploité ? La prétendue égalité devant la loi n’est nullement résolue par un traitement « égal » par la justice, elle est au contraire aggravée. Cela n’est d’ailleurs pas une erreur, mais un objectif pour la bourgeoisie.

                    Dans les faits, les lois et les forces de l’ordre ne sont que des satellites du pouvoir bourgeois. Les lois sont conçues pour assurer l’exploitation la plus pacifique et la plus efficace des forces des travailleurs et des travailleuses. C’est là où réside la notion d’ordre public. Celui-ci correspond à un idéal pour la bourgeoisie. Une société tournant à la perfection, permettant de maximiser le taux d’exploitation, sans heurts, sans conflits. L’ennui est que les contradictions propres au capitalisme jettent des poignées entière de sable dans les roulements de cette machinerie idéale. La concurrence au sein de la bourgeoisie elle-même, la baisse tendancielle du taux de profit, la paupérisation croissante des masses… tout ce qui créé une tendance à l’entropie tend à parasiter et à nuire au bon fonctionnement de la société capitaliste « parfaite. » Jetant le peuple dans la misère, semant la mort et le chaos au travers du monde, elles forment le ferment du conflit.

                    La bourgeoisie a donc conçu ses outils dans le but de réprimer et d’écraser les masses. Marx parlait, dans La guerre civile en France, des détachements armés spéciaux de la bourgeoisie : la police. Contrairement à ce que peuvent penser celles et ceux qui, comme Lutte Ouvrière, avaient fait le choix de soutenir les revendications des manifestants et manifestantes de la Police, les policiers ne sont pas des prolétaires sous l’uniforme. Ce sont des forces détachées des travailleurs, détachées des masses populaires, organisées dans le but stratégique principal de les réprimer. Fondamentalement, l’absence de condamnation des crimes et des meurtres commis par les policiers et policières contre les masses populaires, les Wissam ; les Adama ; les Théo… sont le reflet de cette conception. Ces agents n’ont pas, aux yeux de la justice, commis un crime, ils ont simplement exercé avec trop d’intensité leur mission.

                    La bourgeoisie n’est pas stupide. Loin de là. Elle a créé un canevas légal offrant des « libertés fondamentales » et des « libertés constitutionnelles », mais elle s’est également doté des moyens de réduire leur possibilité d’expression. L’utilisation pleine et entière des droits démocratiques concédés ou arrachés à la bourgeoisie se heurte à des obstacles, des pièges, des chausse-trappes. Si elles peuvent être suspendues, c’est qu’elles ne sont pas « fondamentales ». Nous préférons leur donner leur véritable nom, qui est de « droits formels. » Cela les renvoie à leur véritable nature, qui est celle de droits formellement accordés par la bourgeoisie, mais qui n’ont qu’une valeur tout aussi formelle. Combien de manifestations réprimées ? Combien d’arrestations arbitraires ? Combien de nasses ? Combien d’intimidations, combien d’injures ? Combien de réquisition des travailleurs et des travailleuses sous la contrainte ? L’usage du droit de grève, surtout dans les secteurs essentiels de l’économie, se heurte à l’intervention de la police ou de l’armée pour éviter tout désagrément trop important, pour ne pas nuire aux rendements des investissements de la bourgeoisie. Lorsque les propos dérangent, la censure n’est jamais loin, alors quid des actes ?

                    Un exemple dans le domaine universitaire illustre les limites des droits démocratiques. Les conseils d’administration sont censés être des instances décisionnelles et souveraines dans les décisions qu’elles prennent. Les élus, choisis au cours d’élections, sont théoriquement dépositaire d’un mandat donné par la communauté universitaire. Pourtant le jeu est truqué dès le début, puisque toute décision n’allant pas dans la droite ligne des directives de l’Etat peut entraîner la mise sous tutelle. En somme, si les choix « démocratiques » ne sont pas en accord avec des décisions prises par l’échelon supérieur, elles sont nulles et non avenues. Cette situation arrive à l’université du Mirail, où toutes les instances sont suspendues.

                    Mais lorsque l’arsenal légal ne suffit pas, la bourgeoisie et l’Etat n’hésitent pas à violer leur propre légalité, qui est celle qu’ils et elles ont imposée ! Parfois, l’application des lois et le respect de celles-ci deviennent une lutte. L’objectif derrière est toujours le même : maintenir ou accroitre son profit, sa rentabilité. Non par une méchanceté atavique, mais bien par un sens aigu de ses intérêts de classe et d’individu au sein de celle-ci. La bourgeoisie a toujours vu le Droit du Travail comme une entrave, comme un bridage, de sa possibilité d’exploiter au maximum le prolétariat. Régulièrement, celui-ci, tant qu’il existe, est transgressé, y compris même dans les institutions et dans les administrations dépendantes de l’Etat. CDD à la chaîne, heures supplémentaires non payées, contrats frauduleux, conditions de travail et de sécurité terrifiantes… etc. Les exemples ne manquent, hélas, pas. Le fait d’obtenir un respect de la loi est déjà un combat de chaque instant pour l’Inspection du Travail tout comme pour les Prud’hommes. Dans les néo-colonies, la situation est encore plus dramatique. Les grèves se sont succédées à Mayotte pour demander, l’an passé, l’application du Code. Dans les régions les plus écrasées par l’impérialisme français, il n’est pas question de droits, mais uniquement d’exploitation, de surexploitation.

                    En revanche, le népotisme, les arrangements entre amis, tout est bon pour offrir des coupe-files, des droits de passage et des exemptions pour les bourgeois et leurs clans. De nombreux articles sur les héritiers et héritières de places importantes ont montré que celles-ci et ceux-ci ne devaient leur place que grâce à ces arrangements. Leurs résultats scolaires étaient d’ailleurs exécrables. Ainsi, Jean Sarkozy a mis sept ans à réaliser sa Licence de Droit, en bénéficiant de dérogations exceptionnelles. Cela ne l’a pas empêché d’être pressenti pour diriger l’EPAD [Etablissement Public pour l’Aménagement de la région de la Défense] en 2009, fait évité in extremis par le tollé suscité.

                    Par ailleurs, la prétendue concurrence censée être au service des consommateurs est un mythe, car il est nettement plus intéressant financièrement d’obtenir des arrangements et des alignements que de se mener la guerre -jusqu’à un certain point, il est vrai. Les pratiques anticoncurrentielles sont très régulièrement évoquées et pointées du doigt par les commissions de surveillance, mais les amendes d’apparence lourde (plusieurs centaines de millions d’Euros) sont sans commune mesure avec les bénéfices, et ne forment qu’une somme forfaitaire à affranchir pour légaliser la tricherie. Les scandales des études truquées -sur l’obésité par la société Mars, mettant hors de cause le sucre dans les gains de poids ; ou sur la toxicité du diesel par Volkswagen- sont légion.

                    Pour les bourgeois et les bourgeoises, il est hors de question que l’argent extorqué par l’exploitation leur échappe. Cette classe sociale n’a toujours pas digéré l’idée d’un impôt progressif, pendant qu’elle applaudit à deux mains la Cotisation Solidaire Généralisée et la Taxe sur la Valeur Ajoutée. Pourquoi ? Parce que ces deux dernières ne la concernent quasiment pas. L’argent des bourgeois ne sert pas principalement à la consommation, mais à l’investissement. Ces impôts les effleurent sans jamais réellement les impacter. Pour le reste, les paradis fiscaux et l’optimisation fiscale sont là pour amortir les cotisations. Les arrangements existent, permettant d’exempter d’impôts certains et certaines, comme ce fut le cas pour Liliane Betancourt, alors première fortune de France. La bourgeoisie lorgne d’ailleurs sur les profits, mais n’apprécie guère les dépenses. L’idéal pour elle est de laisser les pertes et les dépenses aux frais des contribuables -auxquels elle ne participe pas !- pour en privatiser les profits. Ainsi, la privatisation de la SNCF laissera l’entretient des voies à l’Etat, mais l’exploitation et les profits seront captés par les investisseurs. A l’époque de Mitterrand, les nationalisations ont servi, de facto, de bouclier contre les mauvais jours, avant d’être remises entre les mains des capitalistes, une fois l’embellie revenue.

                    Gare à celle ou celui qui oserait protester ou se révolter ! La loi est déjà un couperet d’une dureté  terrible envers les faibles, tandis qu’elle est d’une douceur d’ange envers les puissants et les puissantes. La garde à vue de Nicolas Sarkozy est un exemple éclatant de traitement différencié des individus en fonction de leur catégorie sociale. « Du jamais vu » s’est exclamé l’avocat pénaliste Dupont-Moretti, devant le fait que Nicolas Sarkozy ait pu rentrer dormir chez lui et interrompre ainsi la garde à vue. Une ironie pour celui qui en faisait son sabre contre les révoltes populaires. Imaginerait-on une telle pusillanimité envers quelqu’un issu des milieux populaires ? Imaginerait-on une telle douceur, lorsque des affaires de viols en garde à vue sont légion, quant les blessures et les meurtres défraient régulièrement la chronique ? La bourgeoisie à tout les droits, même lorsqu’elle est accusée d’affaires de haute trahison, même lorsqu’on la soupçonne d’avoir eu sa campagne financée illégalement par Mouammar Kadhafi, même lorsqu’elle viole et est condamnée, comme un Roman Polanski, toujours libre et coulant des jours paisibles en France. Cette impunité, cette classe en use et abuse, par ailleurs, pour son divertissement, pour des affaires répugnantes. La bourgeoisie, cette classe pourrissante, se comporte en prédateur constant.

                    Lorsque la bourgeoisie passe devant la barre, les condamnations sont tellement ridicules qu’elles déshonorent définitivement ceux et celles qui les prononcent. Les crimes les plus graves ne se paient que de sursis ou de peines de prison jamais exécutées. Jérôme Cahuzac, ainsi, n’a pas passé une seule nuit en prison depuis sa condamnation. Et quant bien même ! La ségrégation sociale fait son œuvre en prison, où ces coqs en pâte bénéficient de quartiers privés, de visites, de droits exceptionnels, impensables pour les prisonniers et prisonnières de classe populaire, qui forment la très large majorité des condamnées.

                    Car, de l’autre côté de la barrière sociale, la transgression de la loi se paie chèrement, même lorsque la jurisprudence pourrait être favorable. Vouloir manger, vouloir échapper au froid, à la misère, peut se payer chèrement. Quelques pates volées pour nourrir une famille dans le dénuement peuvent valoir un séjour en prison. Pour peu que cela se conjugue avec une nationalité étrangère, cela peut se terminer tragiquement, car régulièrement la police transgresse les pouvoirs, déjà larges, qui lui sont accordés.

                    Les lois, qui écrasent déjà les masses populaires, dans leur contenu comme dans leur application, ne suffisent pas à la bourgeoisie pour écraser. Grâce à sa possession d’un grand nombre de médias, grâce au fait que ses relais ministériels conçoivent les programmes et la propagande scolaire, elle a un poids considérable idéologiquement parlant. Ce n’est pas pour rien que Marx écrivait que « les idées dominantes ne sont autre que les idées de la classe dominante. » Quand cela ne suffit pas, elle invente l’information, ment sans la moindre vergogne. Récemment, la manière dont a été traité la question du statut des cheminots est une illustration de l’absence totale de respect de la part des politiciens de la bourgeoisie pour les masses populaires. Cela se reflète dans l’absentéisme massif, qui illustre le rejet de la politique bourgeoise par le peuple.

                    Lors des conflits sociaux, généralement la police et l’armée suffisent très largement à écraser toute contestation. Mais parfois, les cadres légaux, bien que déjà largement en faveur des bourgeois et des bourgeoises, ne sont pas adaptés. Les exploiteurs se tournent alors vers des supplétifs pour faire le sale travail, hors des cadres légaux, hors-la-loi, mais dans un sentiment d’impunité total.

                    Les casseurs de grève, les agents provocateurs, les vigiles réactionnaires et les fascistes servent à cela. Ils et elles servent à compléter l’action répressive de la police, dans des cadres non-normés. Plusieurs usines en France ont eu la visite de ces gros bras, notamment Alibert en 2000 ; Yoplait en 2002 mais également PSA ou Faurecia…Au niveau universitaire, un exemple vient de défrayer la chronique, puisque très tard le 22 mars, à l’université Paul Valery de Montpellier, des supplétifs fascistes et des vigiles ont été envoyés par le doyen de la faculté de Droit pour briser l’occupation d’un amphithéâtre. Les brutes ont frappé les étudiants et les étudiantes à coup de lattes en bois, sous le regard goguenard des administratifs, avant de sortir devant une haie d’honneur faite par la police. Cela n’est pas sans rappeler la destruction des locaux syndicaux par la présidence de l’Université Lyon II en novembre 2007, ainsi que l’envoi de plusieurs syndicalistes devant un conseil de discipline digne des cours de Vichy. Ironie de l’histoire, l’action, mal préparée, s’est traduite par un retour de flamme terrible, contraignant le président à la démission. Ce ne sont que des exemples parmi d’autres.

                    L’Etat et la police eux mêmes cherchent, lorsque la situation leur paraît nécessaire, à provoquer les heurts qui permettent d’écraser un mouvement. Les scandaleuses action de « policiers-casseurs », maintes fois repérées et dénoncées, en sont l’illustration. L’usage, la aussi, des fascistes, mais également d’infiltrés et d’indics servent à créer les conditions qui permettent l’intervention des forces conventionnelles et permettent d’attaquer médiatiquement les mobilisations. L’Etat et le gouvernement ne sont absolument pas neutres par rapport à la question des mobilisations. Les institutions leur sont intégralement hostiles, car s’opposant à leur mission première : le maintient de l’exploitation maximale la plus pacifique possible.

                    Si les choses prennent une tournure réellement dangereuse pour les intérêts de la bourgeoisie, il ne fait aucun doute que celle-ci sera capable de faire passer la violence à un échelon supplémentaire. Pour le moment, les transgressions, même criminelles, restent une exception plus qu’une norme opérationnelle. Cependant, la frontière est très mince entre les deux. Contrairement à ce que pensent les réformistes-radicaux, les bourgeois et les bourgeoises ne lâcheront pas les moindres miettes, sauf sous la contrainte la plus terrible. Quant à laisser le pouvoir aux masses populaires… Lorsqu’une occupation d’amphithéâtre débouche sur un tabassage, que doit-on conclure sur la volonté de faire chuter de leur piédestal les exploiteurs ?

                    La bourgeoisie n’a jamais reculé devant les intimidations, les assassinats ou la mise en place de milices fascistes pour se défendre. Il s’agit par ailleurs de la raison d’être du fascisme. Ce n’est pas par hasard que Eugène Schueller, le père de Liliane Betancourt, fut un des fondateurs, avec Eugène Deloncle, de la Cagoule. L’un et l’autre voyaient dans cet outil un moyen d’écraser les luttes sociales, pour le bénéfice de la bourgeoisie. Contrairement à ce que pensent certains, la question du fascisme n’est pas strictement posée sous la forme de l’accession au pouvoir -de manière formelle- d’un parti fasciste. L’écrasement des mouvements révolutionnaires et des mouvements ouvriers n’a pas besoin du FN. Il n’a même pas besoin d’un régime raciste. Après tout les Frei Korps qui massacraient les révolutionnaires étaient le fruit d’un consensus allant de l’extrême-droite jusqu’au SPD -le Parti Socialiste Allemand.

                    Ce qui caractérise le fascisme, finalement, c’est la question du terrorisme érigé en moyen de maintenir l’exploitation. C’est cette transgression systématique de la légalité bourgeoise érigée en norme. Pour reprendre Dimitrov « Le fascisme au pouvoir est, comme l’a caractérisé avec raison la XIIIe Séance Plénière du Comité exécutif de l’Internationale Communiste, la dictature terroriste ouverte des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins, les plus impérialistes du capital financier. » (Dimitrov, Fascisme et classe ouvrière, 1935)

                    Déjà, dans les régions dominées par la France, l’ordre le plus abject règne. Assassinats à la sauvette d’orpailleurs en Guyane, meurtres d’opposants aux laquais de la France, viols et prostitution d’enfants… Et lorsque les langues se délient, ceux qui osent briser l’omerta sont saqués, tel Anders Kompass, qui avait révélé les crimes de la France au Centrafrique. De toute manière, il n’existe pas d’autorité internationale capable de pouvoir obtenir justice pour les victimes. Que peuvent les familles Rwandaises ou Libyennes contre l’Armée Française ?

                    Un jour ce traitement peut devenir aussi celui qui s’applique en métropole, avec l’accroissement de la misère, des tensions sociales, avec la casse violente de toutes les protections dont peuvent bénéficier les masses. La bourgeoisie, même à son corps défendant, sera contrainte d’utiliser cela pour conserver son pouvoir, conserver son ordre, conserver ses profits.

    La question de l’absence réelle légalité à laquelle se contraint la bourgeoisie pose des questions sous-jacentes importantes. Deux d’entre elles méritent d’être abordées : celles des normes et des privilèges.

  • Lettre d’information n°2 de l’ICOR concernant la situation à Afrîne

    La traduction que nous vous proposons est une traduction issue de nos propres militants. Elle sera complétée et corrigée à la suite de la publication de la version définitive par l’ICOR.

    Lettre d’information n°2 de l’ICOR concernant la situation à Afrîne

    Chers camarades,

    Ci-dessous est la lettre d’information n°2 concernant les récents développements à propos de la solidarité avec Afrîne et contre l’agression fasciste Turque.

    1. Les forces armées des fascistes Turcs et les gangs fascistes qui leurs servent d’alliés ont occupé Afrîne. La journée d’action internationale prévue par l’ICOR et l’ILPS [Ligue Internationale des Peuples en Lutte] doit devenir un événement incontournable.

    Cédant face à la supériorité de l’armée Turque, les forces armées des YPG/YPJ ont du se replier. La population a été évacuée. A peu près la moitié de la ville a été capturée par les forces turques. 500 civils ont perdu la vie, 1030 ont été blessés, tandis que 820 soldats des FDS [Forces démocratiques Syriennes] sont tombés. Les FDS ont déclaré que désormais elles feront usage de la guérilla dans et autour d’Afrîne.

    Depuis le 20 janvier 2018, le régime fasciste Turc a mené une guerre d’agression contre le canton d’Afrîne de la Fédération Démocratique de Syrie du Nord / Rojava. La Turquie, membre de l’OTAN, a adjoint à son attaque des supplétifs syriens fascistes, lesquels se cachent sous l’appélation « Armée Syrienne Libre. » Dans les faits, les rangs de cette armée sont constitués de différentes cliques issues d’Al-Qaïda ; d’Al-Norsa et de l’Etat Islamique. Les combattants et combattantes des FDS, avec les Unités de Défense du Peuple et les Unités de Défenses des Femmes (YPG – YPJ) comme noyau dur, appuyés par les masses populaires, ont mené une résistance héroïque de huit semaines contre l’armée Turque, la seconde armée de l’OTAN, malgré sa supériorité numérique, militaire et technique.

    Dans le centre-ville d’Afrîne, de grandes manifestations et mobilisations. Le 8 mars, des milliers de femmes ont marché dans les rues de la ville assiégée pour dénoncer la violence du régime d’Erdogan à l’encontre des femmes. Les masses d’Afrîne ont offert une résistance vaillante.

    Dans le Kurdistan-sud/Irakien, là aussi, des centaines de milliers de personnes ont pris la rue. Les unités armées des FDS qui étaient engagées dans le combat contre les fascistes de l’Etat Islamique ont accouru à Afrîne pour renforcer la résistance sur place. Les combattants et combattantes du Bataillon International de la Liberté ont joué un rôle important dans la défense. Le MLKP nous a informé que, dans ce combat héroïque, leurs camarades Ruhat Askara ; Erdal Demirhan et Sedat Akyuz sont tombés. Nous portons le deuil aux côtés des familles de tous les combattants et combattantes de la Liberté, ainsi que des civils, qui ont donné leur vies pour la résistance.

    L’association Kurde KCDK-E a adressé un appel urgent au monde, écrivant : « La Russie soutient et aide l’attaque de l’Etat Turc contre Afrîne en retirant ses soldats des environs de la ville. Les USA ont déclaré que la coopération avec les forces kurdes ne concerne que la rive est de l’Euphrate et qu’ils n’interféreront pas avec l’occupation d’Afrîne. Les USA ont également déclaré qu’ils approuvaient cette occupation. Depuis le début, les Nations Unies ignorent les massacres de la population civile, le bombardement des villages et la destruction des foyers, opérations faites pour déclencher un mouvement de réfugiés. De ce faits, ils sont devenus des complices de ces crimes. Deux réunions du Conseil de Sécurité de l’ONU ont eu lieu, pour discuter de la protection des civils dans la guerre de Syrie. Aucune n’a adopté une résolution explicite en lien avec Afrîne et avec la population civile présente. L’Etat Turc ne reçoit pas seulement un soutien politique de la part de l’ONU, des USA et de l’UE. Pour l’attaque sur Afrîne, les armes de l’OTAN, les avions de fabrication américaine et les chars Allemands Léopard ont été utilisés. »

    L’armée Turque et le gang de fascistes ont subit des pertes lourdes. Au lieu du Blitzkrieg de trois jours escompté, il leur a fallu 58 jours pour pouvoir atteindre Afrîne ! Les combattants et combattantes de la Liberté ont épousé une cause juste et ont un moral intact, ce qui a joué un rôle décisif dans la victoire à Kobanê.  Cela est encourageant et une force grandissante de millions d’hommes et femmes ont pris la rue dans le monde entier en solidarité avec Afrîne. La solidarité internationale grandit de jours en jours. Nombre d’organisations de l’ICOR s’activent de tout cœur à l’animer. En Allemagne, 20 000 personnes ont manifesté à Hanovre en dépit des tentatives massives de blocage par la police.

    2. Actions internationales de solidarité avec Afrîne le 21 mars.

    Les développements récents  soulignent, avec un fort accent anti-impérialiste l’importance d’une journée mondiale d’action de solidarité avec Afrîne le 21 mars. L’ICOR rejoint l’ILPS dans cet appel commun. Le 21 mars est également le jour traditionnel du nouvel an célébré par les Kurdes et d’autres peuples du Moyen-Orient.  Plus encore, il est un symbole de résistance contre l’oppression, pour la Liberté et la Démocratie. Avec cette journée d’action, l’ICOR honore ses obligations contractées dans la mise en place du Pacte de Solidarité avec la lutte de libération Kurde, tant contre l’aggravation de la guerre impérialiste pour le dépeçage de la Syrie, que contre l’attaque du fasciste Turc Erdogan sur le canton d’Afrîne, au nord de la Syrie. La coopération avec l’ILPS, le mouvement de libération Kurde et ses alliés dans différents pays est à la fois une étape significative dans la coopération contre les forces impérialistes dans le monde, tout comme une étape dans le développement d’un « Front anti-impérialiste et antifasciste unifié » à l’échelle mondiale, dans l’esprit de la résolution finale de la troisième conférence mondiale de l’ICOR.

    3. Le but explicite de l’agression fasciste, selon Erdogan, est de liquider la Fédération Démocratique de Syrie du Nord et les réalisations de la révolution démocratique au Rojava.

    Cyniquement, les révisionnistes et les trotskistes ont poignardé dans le dos la lutte de libération nationale et déclarant que celle-ci fragmente la Syrie. Cela n’a pour but que de défendre le régime réactionnaire d’Assad et l’impérialisme Russe [|Pour ce qui est de la France, les Trotskistes ont applaudi à deux mains l’ASL, et ne se sont pas privés de participer hypocritement aux manifestations organisées par les Kurdes tout comme à celles organisées par les pro-Erdogan.] Nilüfer Koç, vice-président du Congrès National du Kurdistan (KNK), déclarait en mars 2018 : ‘La Fédération Démocratique de la Syrie du Nord (FDSN), est une alliance de Kurdes, d’Arabes, d’Assyriens, de Tchétchènes, de Turkmènes et des communautés religieuses Yezedies, Chrétiennes, Alévies et MusulmanesElle est une obstacle a la partition de la Syrie car elle se dresse pour l’unité de celle-ci et se bat pour la transformation radicale du régime actuel, répressif, du parti Baas. La FDSN combat pour l’unité et non la division de la Syrie.« 

    La défense d’Afrîne doit être un combat anti-impérialiste. Cela rend d’autant plus crucial la création d’un lien avec les travailleurs et travailleuses Turques et Arabes, tout comme les opprimés de foi musulmane, et d’agir contre tout séparatisme chauvin. La résolution de Seconde Conférence de l’ICOR au Moyen-Orient déclare : « Une coopération plus étroite entre les luttes de libération Kurdes et Palestinienne et des forces révolutionnaires croissantes peuvent donner une importante impulsion à la combinaison entre les forces révolutionnaires et progressistes. (…) La révolution démocratique [est] (…) un signal (…) qui illustre comment la lutte pour la démocratie et la Liberté peuvent déboucher sur une perspective positive. » A l’heure actuelle, les attaques réactionnaires et les menaces du régime sioniste en Israël, ainsi que celles de l’impérialisme Américain, contre la Palestine, le Liban et la Syrie se sont accrues. Elles ont déjà débouché sur des confrontations militaires directes. Après qu’un appareil militaire israélien, qui bombardait Damas, ait été abattu le 10 février, le Maher Al-Taher/FPLP a déclaré : « Tel Aviv n’est plus de maintenir isolés Gaza, le Liban ou la Syrie. … La coordination de la résistance a pris la décision stratégique de riposter sur chaque front contre Israël lorsque celui-ci attaque sur l’un d’entre eux. »

    Les forces anti-impérialistes sincères ont également des questions relatives à la coopération entre les FDS et l’armée Américaine. N. Koç a ainsi répondu a cet interrogation : « La Russie a exigé le leadership politique de la FDSN et que le canton d’Afrîne soit remis entre les mains du régime Syrien… Le Canton de Cizîrê, lui aussi, n’a pas été libéré pour les USA, mais bien pour les Kurdes, les Arabes, les Assyriens, les Yézédis, les Tchétchènes et les Turkmènes. Les YPG/YPJ et les Forces Démocratiques Syriennes sont constituées d’hommes et de femmes qui ne sont pas des mercenaires et des outils au service des USA.  La coopération des YPG/YPJ et des FDS avec les forces Américaines ou Russes était une coopération militaire contre l’Etat Islamique (…) Cela signifie : Cizîrê n’est pas une colonie Russe, ni Afrîne une colonie Russe (…) Les deux superpuissances [peuvent voir] les choses sous un angle différent, mais l’essentiel est la manière dont les habitants de la FDSN les conçoivent.(…) La résistance d’Afrîne parle pour elle-même : Afrîne ne sera pas une néo-colonie de quelque puissance que ce soit, quelqu’en soit le coût. »

    La bataille de Kobanê a déjà démontré que la solidarité internationale est une arme puissante. Elle est dirigée contre la contre-révolution internationale et contre tous les impérialistes. La révolution démocratique au Rojava est une épine dans le pied de tout ceux-ci. La lutte pour Afrîne, aujourd’hui, est une lutte pour tous ceux et celles que se sont dressés pour la paix, la liberté, la démocratie et le socialisme.

    4.Les récents développements de la situation à Afrîne illustrent qu’aucune aide n’est à attendre de la part des puissances impérialistes tant pour la population Kurde que pour les peuples de Syrie.

    Plus de sept million de personnes ont quitté la Syrie et près d’un demi-million ont été tués. Le régime réactionnaire d’Assad et toutes les puissances impérialistes et réactionnaires portent l’entière responsabilité de cette situation. Chacune veut se partager la Syrie sur le dos des peuples qui la composent. Les Etats-Unis, comme premiers fauteurs de guerre, veulent agressivement étendre leur influence, de pair avec l’OTAN. Les autres impérialistes et puissances régionales, comme la Russie, la Turquie, l’Iran ou l’Arabie Saoudite veulent se maintenir dans la région et accroître leur emprise.

    Il s’agit d’une évolution dangereuse, notamment car le grand nombre d’acteurs impérialistes, comme les USA, la Russie, Israël, l’Iran et la Turquie ont franchi l’étape de l’intervention directe avec leurs armées. Cela exacerbe terriblement le danger de guerre. Avec cynisme, les impérialistes occidentaux versent des larmes de crocodile sur les victimes civiles dans la Ghouta et dans l’est de Damas, en pointant du doigt les crimes de guerre d’Assad et de la Russie, notamment l’usage du gaz, mais restent silencieux sur la terreur exercée contre les civils par les gangs islamo-fascistes, gangs auxquels ils ont donné naissance. Dans le même temps, le silence est total quant à l’agression militaire faite par la Turquie, membre de l’OTAN. L’ICOR rejette catégoriquement toute intervention impérialiste dans quelque région de la Syrie que ce soit. Elle défend un mouvement pour la paix mondiale et pour la lutte des masses contre les agressions militaires par l’intégralité des puissances impérialistes sans exception.  L’ICOR rejette l’utilisation des armes chimiques, biologiques et nucléaires contre les peuples. Elle réclame le bannissement et la destruction de ces armes. Les intérêts du peuple Kurde, ainsi que de tous les peuples du Moyen-Orient ne peuvent être uniquement réalisés qu’à travers une lutte anti-impérialiste et la victoire contre l’impérialisme.

    Les développements récents démasquent la nature de l’impérialisme de manière claire. Les guerres impérialistes et le danger de guerre ne peuvent être éliminés que par la destruction du système impérialiste mondial, par la révolution. Seule la lutte pour un futur socialiste offre une issue.

    Pour parvenir a cette fin, l’ICOR et ses organisations membres doivent se renforcer davantage !

  • Afrîne est tombée, mais la lutte continue !

    Afrîne est tombée – La lutte continue !

    Le 18 mars 2018, l’Armée Turque a déclaré qu’elle tenait le centre-ville d’Afrîne. Au bout de près de deux mois de combats acharnés, les immenses armées engagées contre les Forces Démocratiques Syriennes ont repoussé celles-ci.

    Les troupes du YPG / YPJ, ainsi que leurs alliés, ont choisi de céder la ville et de se replier. Au lieu de faire d’Afrîne un champ de ruine et un piège mortel, de choisir la guerre urbaine, elles ont décidé de protéger la population des bombardements et des massacres.  Accepter cela a exigé un courage hors du commun.

    Afrîne n’en est pas moins une ville occupée par les forces de la réaction. Après avoir connu la liberté, la cité martyr est entre les griffes des obscurantistes. Le premier acte des laquais de l’Etat Turc a été de faire la traque aux résistants et aux résistantes, puis de pulvériser les statues érigées par les kurdes, notamment, celle de Kawa, figure mythologique de leur histoire. Si l’armée Turque a officiellement annoncé qu’elle n’avait pas participé à la destruction de ce symbole, la volonté des mercenaire de l’ASL est claire : poursuivre le travail de Daesh.

    Les craintes concernant un nettoyage ethnique et religieux de la région se basent sur une réalité.

    La volonté de la Turquie est ni plus ni moins que de soumettre à l’esclavage les Kurdes, ne nier tout droit à leur existence, et d’écraser celle-ci, par les méthodes terroristes, l’assassinat, l’enfer carcéral.

    Afrîne a été trahie !

    La combat émancipateur des Kurdes a été trahi par ses prétendus amis, qui ne l’ont, au final, jamais été. Les forces combattantes Kurdes ont été sacrifiées sur l’autel des intérêts géopolitiques et économiques.

    L’occident a toléré l’existence de cet espace de liberté, dans la mesure où les Kurdes sont le fer de lance de la lutte contre Daesh. Dans ce cadre, ils ont fait mine d’être leurs alliés, leurs amis, jusqu’au moment où les intérêts ont divergé.

    La Russie et le gouvernement de Bachar Al-Assad ont toléré les Kurdes, car ceux-ci étaient aux prise avec les fascistes de l’ASL et l’Etat Turc, géopolitiquement hostile à la Syrie. Le modus vivendi trouvé a tenu jusqu’au moment où le temps est venu du partage des lambeaux de la Syrie avec l’Etat Turc.

    Macron ; Merkel ; Trump ; Poutine… tous courtisent Erdogan, tous sont prêt à le laisser génocider, tant qu’il est possible d’en tirer quelque chose. Les lettres d’amour au peuple Kurde n’étaient que des déclarations de façade, permettant de prétendre que les uns et les autres soutenaient les « gentils », tout en travaillant à leur mort.

    Même au sein des organisations progressistes et révolutionnaires de France cette situation se retrouve ! Combien soutiennent hypocritement les forces combattantes Kurdes, tout en marchant avec l’ASL ou avec les laquais du régime d’Assad ? Nous laissons ces groupes à double-visage seuls face à leur conscience souillée.

    Combien, à l’inverse, ont brandi l’étendard de la pureté révolutionnaire, de la blancheur immaculée, pour trouver mille et une raison de ne rien dire, de ne rien faire, de laisser la mort frapper ? Nous pouvons avoir des désaccords, avoir une perception différente du programme politique que celle du PYD, des YPG-YPJ, mais ces critiques sont des critiques de camarades à camarades. Lorsqu’elles servent à ne pas soutenir, elles sont des déclarations d’hostilité.

    Malgré les rêves d’Erdogan, malgré les souhaits des impérialistes, malgré les désirs secrets de celles et ceux qui soutiennent à moitié les Kurdes, la lutte n’est pas finie.

    Le combat contre tout un peuple que mène l’Etat Turc et ses sbires ne peut triompher. L’oppression, l’exploitation, appelle à la résistance chaque fois plus ferme et chaque fois plus forte. Les coups de marteau sur le peuple Kurde et sur ses organisations progressistes ne font que les rendre plus dures, plus solides, plus liées avec les masses.

    Le retour à la guérilla rurale est un recul, certes, mais un recul qui, dans cette immense bataille des peuples, des classes, contre les exploiteurs et les bourreaux, n’est que temporaire. Les causes qui font que cette lutte existe sont toujours là. Et tant qu’elles seront là, de nouveaux hommes, de nouvelles femmes, rejoindrons les rangs de la résistance et de la lutte.

    Afrîne est toujours vivante ! Elle a besoin de nous !

    L’Unité Communiste de Lyon appelle à rejoindre et à accroître les campagnes de solidarité avec Afrîne, avec le Kurdistan, avec les forces progressistes et révolutionnaires du monde entier.

    En ce jour de Newroz, ce jour de l’an Kurde, soyons dans la rue avec nos camarades, soyons là pour les soutenir et leur offrir une solidarité concrète et anti-impérialiste !

    Afrîne vivra ! Afrîne vaincra !

  • Le 22 mars, toutes et tous dans la rue !

    Toutes et tous en grève le 22 mars !

    Stoppons la destruction des droits sociaux !

    La question des droits sociaux est au cœur de l’actualité. Elle ne l’est pas du fait d’une amélioration soudaine, de droits élargis. Elle l’est, malheureusement, en raison des menaces qui pèsent sur eux. Droit du travail ; protection chômage ; assurance maladie ; retraites ; accès à l’éducation et aux soins…etc. Chacun de ces aspects de la vie de tous les jours est actuellement sous un feu roulant de la part de l’artillerie législative de la bourgeoisie. En fait de réformes, ce sont des liquidations.

     Liquidation du droit du travail, déjà grandement entamée par le Parti Socialiste, qui débouche aujourd’hui sur une hausse invraisemblable des licenciement, sur une dégradation sans précédent des conditions de travail, sur une misère accrue jour après jour. L’attaque contre les régimes spéciaux est une diversion visant à susciter la division entre exploités, dans le but d’anéantir chaque droit dans le détail.

    Liquidation progressive de l’assurance maladie, de la retraite et du chômage, par le fait de supprimer ses voies de financement. La réforme fiscale de Macron n’a pour but unique que de pulvériser le salaire socialisé, qui permettait à ces protections d’exister. Le but est de faire assumer de manière individuelle -et insuffisante !- la protection sociale, laissant les plus démunis seuls face aux aléas et malheurs de la vie.

    Pendant ce temps, les financements seront passés sur la Cotisation Sociale Généralisée, laquelle est un impôt inéquitable, injuste, et qui sanctionne les petits épargnants, non les investisseurs. Le capital n’est pas touché. Tout est payé par les travailleurs et les travailleuses, y compris le carcan d’acier qui les maintient dans l’exploitation.

    Liquidation de l’accès pseudo-démocratique à l’enseignement, en soumettant l’éducation au flammes de la rentabilité et d’une rationalisation à outrance. De plus, la bourgeoisie souhaite se servir de la déstructuration des diplômes pour faire en sorte qu’ils n’aient plus de valeur aux yeux de la loi, autre qu’une valeur relative et symbolique.

    Quant aux soins, la politique de Révision Générale des Politiques Publiques ne vise qu’à les rendre rentables. Or, cette rentabilité se fait au prix de la qualité, au prix de la possibilité  d’y avoir effectivement accès. Les patients s’entassent et meurent aux urgences. Les concepteurs de cette politique s’en moquent. Ils ne vivent pas dans le même monde, dans la même réalité que les masses populaires.

    Partout sur la Terre, l’impérialisme, dont celui de la France, sème la mort et la surexploitation. Les villages éventrés, les terres ravagées, tout cela pour des bastions géopolitiques et des minerais !

    Voilà le programme de la bourgeoisie ! Cumulé avec la politique belliciste et militariste, ainsi qu’avec l’instillation de la haine de l’étranger, de l’immigré, du réfugié, et le tableau est complet. C’est contre cela qu’il est nécessaire – obligatoire – de se battre !

    La bourgeoisie mène une guerre totale contre les droits sociaux !

                    La bourgeoisie, dans une guerre totale, ambitionne de liquider chacun de ces droits durant un seul quinquennat. Emmanuel Macron et Edouard Philippe sont ainsi les anges exterminateurs de ce que les travailleurs ont mis plusieurs siècles à obtenir, au prix du sang.

                    L’argument de ces fossoyeurs ? La modernité. Il est nécessaire d’évoluer, d’aller de l’avant, de ne pas rester dans les systèmes sclérosés du passé. Cet argument, fallacieux, n’est qu’un paravent. Il ne sert qu’à inverser les rôles et à faire passer la défense des conquêtes sociales pour une posture réactionnaire. Or, le modèle de la « Startup Nation » n’est ni plus ni moins qu’un modèle du XIXe siècle, du travail journalier, de l’exploitation maximale, de la misère et des journées de travail interminables.

    Tout comme au XIXe siècle, les exploiteurs veulent user jusqu’au bout les travailleurs et les travailleuses.

                    La stratégie de la bourgeoisie est simple : il lui a été imposé, par la force, des concessions. Le mouvement ouvrier, le mouvement communiste, la Résistance, ont exigé la mise en place de ces droits. Or, la bourgeoisie n’en a jamais voulu. Elle tente inlassablement de tirer vers le bas les salaires, de tirer vers le bas les conditions de travail, d’augmenter sans cesse le taux d’exploitation des travailleurs et des travailleuses. Ce taux d’exploitation atteint bientôt un seuil tel que le salaire ne permet plus que de tenir le coup jusqu’au jour de demain. Logement, alimentation, transports… les dépenses basiques aspirent tout. L’endettement, même, guette. La bourgeoisie ne paie pas, elle entretient une force de travail qui s’épuise.

    Or, aujourd’hui, elle a les coudées franches. Le résultat est à l’avenant : tandis que le niveau de vie des masses populaires stagne, diminue, tandis que la misère et les fins de mois difficiles s’accumulent, les profits du patronat décollent. Le « ruissellement » est un mythe, en vérité, la bourgeoisie fait preuve d’un parasitisme nocif  et toxique sur la société. Produire moins cher pour augmenter les profits, pour se goinfrer toujours plus, au détriment des exploités et des exploitées, voilà le programme politique de la bourgeoisie. Les élections ne sont là que pour déterminer qui réalisera ce programme, et selon quelle « saveur. » Ni plus ni moins.

    Et lorsque la colère gronde, l’extrême-droite est là pour détourner celle-ci, vers d’autres exploités et exploitées, vers d’autres opprimés et opprimées, qui souffrent des mêmes maux, qui sont nos frères et sœurs de lutte.

    Ironie des ironies, la baisse des salaires et la baisse des moyens engendre une baisse de la consommation. Moins le patronat paie, moins il gagne d’argent. Le système économique s’auto-intoxique devant la rapacité sans borne. Cette mécanique est inscrite dans le patrimoine génétique du capitalisme, elle est inéluctable. Si le capitaliste ne le fait pas, son voisin le fera pour lui faire concurrence. Les niveaux de vie s’effondrent et la crise de surproduction guette.

    Mû par la recherche avide du profit, par une politique de pénurie organisée, par la captation des richesses, le capitalisme est incapable de répondre aux problèmes de l’humanité. Il est devenu un carcan qui maintient celle-ci dans un âge de souffrance, d’obscurantisme, de pauvreté. Le capitalisme est le frein qui retient en arrière la société. Les arguments des capitalistes se retournent contre eux-mêmes. Leur impossibilité déclarée de pouvoir continuer avec un système de protection sociale correcte illustre le pourrissement de l’économie, illustre son essoufflement, illustre son caractère fondamentalement périmé et sclérosé.

    L’Unité Communiste de Lyon défend une société qui s’affranchit de ce poids mort, de cette ponction injuste et indue. Nous défendons une société dans laquelle ce sont ceux qui produisent qui décident, et non ceux qui exploitent. Une société dans laquelle l’économie est subordonnée aux besoins de l’humanité, non aux désirs de profits d’une clique de bandits et de criminels.

    Nous ne croyons pas dans les promesses de politiciens et de politiciennes, âmes damnées de la bourgeoisie. Les urnes ne placent que des laquais au pouvoir. Le véritable pouvoir est hors des institutions, hors des salons, il est dans la force populaire, dans l’unité des exploité.es et des opprimé.es. Le véritable pouvoir est dans la constitution d’un Parti Communiste révolutionnaire, capable d’organiser ceux qui souffrent, ceux qui subissent l’exploitation, pour renverser l’ordre injuste et criminel de la bourgeoisie.

    Créer cet outil, tel est le programme de l’Unité Communiste de Lyon. Un outil pour la révolution socialiste, un outil pour bâtir une société sans exploité.es ni exploiteurs, une société communiste !