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  • Qui sont les assistés ?

    Qui sont les assistés ?

    Qui sont les assistés ?

    Depuis des décennies, les gouvernements successifs mènent une guerre. Une guerre contre les droits sociaux, contre le salaire élargi. Une guerre contre les travailleurs.

    Aiguillonnée par la crise, la grande bourgeoisie a brusqué l’ordre du jour de la chasse au “coût du travail”, mais également de la chasse à toutes les dépenses sociales et toutes les cotisations.

    Il en résulte une propagande éhontée qui cible les plus pauvres, les plus précaires, les plus vulnérables, les accablant de tous les maux.

    Ainsi, d’après Emmanuel Macron, les aides sociales coûteraient un “pognon de dingue” et il serait nécessaire que les plus pauvres se “responsabilisent”. La Secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, s’est également fendue d’un tweet sur le sujet, en affirmant ceci : “Toucher 550€ de RSA/mois ne permet pas de sortir de la pauvreté s’il n’y a pas d’accompagnement efficace vers le travail. Un vrai travail, un vrai salaire: voilà le projet du gouvernement !
    “L’émancipation des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes” (K.Marx)”

    Ces exemples, ils sont légion, sont de passionnantes fenêtres sur l’esprit des dirigeants de l’Etat bourgeois. Ils sont également de biens sinistres aperçus sur les projets de la classe qu’ils servent.

    Dans l’esprit de ces grands commis d’Etat, des intendants des intérêts de la grande bourgeoisie monopoliste , les aides sociales sont des aumônes versées à une plèbe oisive par ceux qui “ont” et ceux qui “sont”, en somme, par les bourgeoise. Le sentiment des agents de la bourgeoisie, est que cet argent, pris dans la poche de leurs commanditaires, ne fait qu’entretenir la faiblesse, la paresse, la fainéantise. La solution serait alors de “responsabiliser” les pauvres en les soumettant à la menace de l’appauvrissement, en leur ôtant de quoi survivre, dans l’espoir de les obliger, de les contraindre à sortir de leur oisiveté et à vendre leur force de travail -quelqu’en soit le prix.  Dans une grande illustration du darwinisme social, le pauvre doit s’en sortir par lui-même ou disparaître. C’est le sens qu’accorde Marlène Schiappa, par ailleurs théoricienne du féminisme libéral, à la citation de Karl Marx. Les travailleurs seraient des enfants à secouer.

    La réalité est toute autre.

    Elle est même intégralement l’inverse de celle qui est décrite par les mercenaires des exploiteurs. Premièrement, la création de la richesse n’est nullement le fait de la bourgeoisie. Elle se targue de réaliser des profits immenses par “sa prise de risques”, par son “sens des affaires”, par ses prouesses. Mais dans les faits, l’intégralité des marchandises -qui forment la base de l’échange commercial, donc de la création de richesses matérielles- sont le fruit du travail des ouvriers -industriels et agricoles- ainsi qu’une partie infime par l’artisanat et la paysannerie traditionnelle.

    La totalité de l’argent détenu par cette bourgeoisie est le fruit d’une accaparation parasitaire. Chaque fois que la bourgeoisie se plaint -et elle sait le faire, à l’exemple de Serge Dassault- elle se plaint du fait de ne pouvoir plus exploiter encore les travailleurs et les travailleuses.

    La grande bourgeoisie ne paie pas d’impôts, puisque ceux-ci sont, de fait, payés par ses exploités. Et encore, elle dispose de ristournes, d’arrangements, d’exonérations pour y échapper. Pourtant elle continue à rechigner de payer ces sommes “confiscatoires”. De fait, elle n’a toujours pas digéré l’existence d’un impôt sur le revenu progressif. Il lui paraît toujours aussi monstrueux, aussi criminel, aussi injuste.

    Ses hurlements contre les aides sociales, contre les cotisations, contre les retraites, contre l’assurance maladie ont ainsi une double nature : ce sont des cris contre le salaire, dont font partie ces “charges patronales”, ces “charges sociales”. La bourgeoisie s’époumone, en vérité, non pas contre le “coût du travail”, mais contre le salaire indirect, le salaire élargi, qu’elle doit verser à celles et ceux qui produisent les richesses. Elle s’indigne de ne pouvoir le baisser au minimum vital, pour augmenter sa rentabilité, pour augmenter ses marges, pour augmenter ses profits et son attractivité auprès des investisseurs.

    Elle s’énerve aussi de voir ces sommes échapper au marché de l’assurance, au marché des complémentaires retraites et des fonds de pension, en somme à ses poches. Le désir le plus profond serait de remplacer les bourses aux étudiants par des prêts bancaires ; de voir se systématiser les crédits à la consommation, de voir s’endetter à mort les ménages. Il s’agit de la voie qu’ont pris les Etats-Unis d’Amérique. La dette et le surendettement sont ainsi les compagnons de vie des masses étatsuniennes.

    Alors la charge contre les pauvres, que signifie t’elle ?

    Les exclus du travail ont toujours servi d’armée de réserve, d’épouvantail à la bourgeoisie. Le but même de l’existence de ces individus en détresse est d’effrayer les prolétaires pour leur montrer ce qui les attends si jamais ils ou elles se montrent trop exigeants avec leurs maîtres.

    Elle désire cependant plus. Elle désire niveler par le bas le statut des travailleurs et des travailleuses, en projetant d’obliger ces exclus du travail à accepter toute offre d’emploi, y compris dans des conditions de travail ou de salaire qui soient dégradées. Il s’agit, en somme, dans une oeuvre commune avec la Loi Travail et même Parcoursup -qui prépare une armée de travailleurs et des travailleuses sans qualifications- de casser l’existence du salaire indirect et du SMIC. Il s’agit de créer une nouvelle ère de misère, de précarité et d’endettement.

    N’y a t’il pas quelque chose de fantastique au fait de voir des individus n’ayant jamais exercé un travail honnête et productif de voir tenir ce langage vers ceux qui peinent, suent, souffrent, mais créent la richesse ? N’y a t’il pas une délicieuse perversité dans le fait que ce soient des individus qui vivent en parasites sur ces richesses, qui sont payés par les impôts, qui les utilisent à des dépenses stupides ou ostentatoires, qui s’érigent en gardiens et gardiennes de la probité ? Que les journaux de la propagande bourgeoise soient soutenus par les deniers publics, que les bourgeois et les bourgeoises elles-mêmes se réfugient dans la socialisation des pertes dès que l’orage gronde ?

    Mais là où Marlène Schiappa a raison, c’est dans le fait que Marx a raison : “L’émancipation des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes”. Mais loin du slogan ultra-libéral, restaurons le véritable sens de cette phrase : l’émancipation des travailleurs proviendra de leur lutte, non seulement sans les politiciens et les politiciennes bourgeoises, mais même, contre elles !

     

  • Communiqué de soutien à la CGT 5/9 après la dégradation de son local par les fascistes.

    Communiqué de soutien à la CGT 5/9 après la dégradation de son local par les fascistes.

    Communiqué de soutien à l’Union Locale CGT 5/9.

    Camarades,

    L’Unité Communiste de Lyon vous assure de son soutien face aux dégradations que vous avez pu subir de la part de militants de l’extrême-droite. Cette attaque s’inscrit dans la droite ligne d’un processus d’intimidation orchestré par ces militants réactionnaires, anti-syndicaux, anti-populaires. Ils veulent faire taire toute contestation sociale face à l’offensive du capitalisme contre les classes populaires, contre les travailleurs et les travailleuses.

    Mais, en s’en prenant à votre local, les fascistes, nous le savons, ne vous feront pas taire. Ils ne vous feront pas cesser la défense que vous assurez pour les travailleurs et les travailleuses, pour conserver et accroître les droits de ceux-ci et de celles-ci, indépendamment de leurs origines et de leur nationalité. Car la classe ouvrière est unique. Car les exploités n’ont qu’un seul ennemi, qui ne sera jamais les autres exploités, mais bien leurs exploiteurs, leurs bourreaux. Nous savons que sous la pression, dans l’histoire, la CGT à poursuivi sa lutte et sa mission. Ce ne sont pas des nostalgiques de Vichy qui vous feront taire.

    Les fascistes, en vérité, vous honorent. Leurs graffitis haineux sont autant de couronnes de fleurs qui vous sont adressées. Elles vous sont adressées car vous êtes le camp des exploités, du peuple, des masses. Elles vous sont adressées car les fascistes, quant à eux, travaillent pour l’autre camp, celui des bourgeois, celui des patrons, celui des exploiteurs et des exploiteurs. Au final, elles vous sont adressés car vous remplissez vos tâches, car vous êtes un des fers de lance de la défense des travailleurs.

    Ils ont beau se dire “Bastion Social”, ils ont beau se prétendre des amis de ceux et de celles qui souffrent, leurs actes les inscrivent comme des alliés objectifs du gouvernement, comme les amis de Macron, de Collomb, de Pénicaud. Leurs actes font d’eux, et d’elles, des petits soldats du capitalisme.

    Car c’est ainsi que l’extrême-droite à toujours agi.

    Camarades, l’Unité Communiste de Lyon vous salue et salue votre travail. Unitaires, portons ensemble l’étendard de l’antifascisme. Portons ensemble l’étendard de la riposte populaire à l’exploitation et à la misère. Portons ensemble l’étendard de la CGT !

  • Mort de Serge Dassault – Mort d’un super-capitaliste ? Partie 2

    Mort de Serge Dassault – Mort d’un super-capitaliste ? Partie 2

    Mort de Serge Dassault – Mort d’un super-capitaliste ?

    Partie 2

    Ce paradoxe incite à parler d’autres. La bourgeoisie possède une conception très dialectique de la loi. La loi, basiquement, c’est un bouclier et une chaîne. Un bouclier contre les masses : elle permet de les réprimer et d’obtenir une exploitation la plus pacifiée possible. Elle est en revanche une entrave à l’accomplissement du but de la bourgeoisie : exploiter de manière maximale ses travailleurs. En créant des règles, elle assure la domination de la classe des exploiteurs, mais elle les brime, les entrave. C’est cette relation paradoxale qui se retrouve vis-à-vis de l’Etat, dont les libéraux prétendent haïr l’intervention, mais qu’ils appellent constamment quand les choses vont mal. Fondamentalement, le souhait de la bourgeoisie est que les autres bourgeois respectent la Loi et restent loi de l’Etat, tandis que son clan, sa clique, quant à elle, s’en affranchisse.

    C’est ce qui fait que la bourgeoisie tend à tricher systématiquement. Et plus les enjeux sont important, plus les bourgeois et les bourgeoises tendent à être réactionnaire contre les masses et à être permissifs vis-à-vis d’eux mêmes et d’elles mêmes. Comme certains bourgeois trichent, cela pousse,oblige même, les autres à tricher aussi pour maintenir la parité. Il s’en suit un système de tricherie sans limite excepté les moyens disponibles et la diplomatie entre membres de la bourgeoisie. Ce système de tricherie généralisé, Dassault en était un tel participant que, fait rare, il fut même condamné. Pas à de la prison, tout de même, mais à une sanction symbolique, pour que l’Etat ne perde pas la face.

    A la tête d’un réseau de corruption, Dassault a ainsi acheté ses places à grand frais. Sa méthode était simple et pragmatique : distribuer directement des enveloppes contenant du liquide à ses potentiels électeurs. Double bénéfice : ceux-ci le voyaient ainsi plus favorablement et, en plus, étaient prêts, pour certains, à agir comme une milice contre les autres forces politiques ou contre des “ennemis”. Ainsi, ses mercenaires Younès Bounouara et Mamadou Kébé on été écroués pour diverses tentatives de meurtre, dont une visant la personne de René Andrieu, père des rappeurs du groupe PNL (!).

    En revanche Dassault avait mésestimé le fait que, dans la corruption, il existe un lien dialectique -et non unilatéral- entre le corrupteur et le corrompu. En l’occurrence, à plusieurs reprises, ce sont ses administrés qui ont exigé de lui des sommes plus grandes, qui ont procédé à un racket face auquel Serge Dassault pouvait difficilement faire face par la voie légale. Ses largesses auprès de la droite lui ont aussi permis de se hisser à des postes de responsabilité. En somme Dassault a agit de manière rationnelle : il a investit. Ces pratiques sont inscrites dans les gênes de sa classe, dans le patrimoine génétique du capitalisme.

    Les retours sur investissement ont été du domaine de l’immunité parlementaire, de la création de réseaux, de la possibilité de pouvoir obtenir de leviers de pression. Le tout pour accroître ses richesses personnelles et pour satisfaire ses actionnaires d’entreprise. Dès 1991, Dassault est condamné -il est en poste depuis sept ans- pour entraver au fonctionnement du Comité d’Entreprise de Dassault Industrie. La CGT obtient 3000 F (450€) tandis que lui-même écope d’une amende de 10 000 F (1500€).

    En 1998, il est condamné par la justice belge pour corruption. L’objectif de celle-ci était de rafler des contrats de modernisation pour les hélicoptères et les chasseurs F-16 de l’aviation de Belgique. Il est condamné à deux ans de prison – avec sursis.

    Sur les affaires d’achats de vote, la justice est d’autant plus longue à se mettre en route que les procureurs, aux ordres de l’Etat, ne tirent pas sur les amis des gouvernements successifs. Pourtant, son élection de 2008 est invalidée du fait des “dons d’argents” qui lui ont permis d’acheter des voix. Il est déclaré inéligible pour un an. En somme, on lui tape sur les doigts. Son laquais, Jean-Pierre Bechter, voit son élection elle aussi invalidée.

    Épinglé par le site Médiapart, lequel a produit un enregistrement de Dassault lui-même indiquant qu’il avait payé 1.7 millions d’euros pour faire élire son poulain, il s’est défendu en indiquant qu’il s’agissait d’un “don philanthropique.”

    De plus, le président du Sénat fait obstacle à la levée de l’immunité parlementaire de Serge Dassault. Les chefs d’inculpation sont pourtant titanesques : Blanchiment d’argent ; achat de votes ; complicité illicite de financement de campagne électorale. En somme, ne pas le condamner reviendrait à avaliser publiquement le fait qu’il est autorisé d’acheter les places d’élus, à la mode de l’achat de charges et d’offices sous l’ancien régime, par une bourgeoisie voulant devenir noblesse.

    Finalement, ce n’est qu’en août 2017 qu’une mise en examen est prononcée.

     

    Parallèlement, les accusations de blanchiment d’argent aboutissent en février de cette même année. L’agence Reuters, dans un article du 2 février 2017, indiquait: Tout en considérant que « l’ampleur de la fraude et sa durée » justifierait « une peine d’emprisonnement ferme », le tribunal a estimé que cela n’aurait « aucun sens » du fait « du grand âge » de Serge Dassault, PDG du groupe éponyme, l’un des fleurons de l’industrie aéronautique française (Rafale, Falcon…).

    Le parquet national financier avait requis cinq ans d’inéligibilité, deux ans de prison avec sursis et neuf millions d’euros d’amende contre le sénateur de droite, un élu qui « a piétiné toutes les lois qu’il a votées sur le thème de la fiscalité » et « trahi son mandat ».

    En somme, il échappe à la prison une fois de plus. De plus, l’industriel-criminel fit appel du jugement. Sa mort a éteint les poursuites.

    A la suite de ce décès, la mairie de Corbeil-Essonnes a annoncé sa volonté de débaptiser l’avenue “Jean Jaurès” pour la renommer “Serge Dassault”. Ironie de l’histoire, un des rares socialistes de la II Internationale à être resté fidèle à la question du pacifisme est remplacé par un marchand d’armes, de canons, de mort.

    Est-ce, finalement, un super capitaliste qui est mort ? Est-ce un être anormal, amoral, un criminel sans foi ni loi qui est décédé ?

    Non.

    Fondamentalement, Dassault est le miroir parfait de sa classe sociale. Il a agit exactement comme un capitaliste soucieux de ses intérêts de classe est voué à agir. Serge Dassault était un réactionnaire, un homophobe, probablement quelqu’un qui aurait été tenté par des solutions fascisantes en cas de tension. Par du fait de sa “personnalité”, mais bien du fait que ces prises de position étaient celles qui correspondaient le mieux à la poursuite de ses objectifs.

    Son ton de dureté à l’égard des “assistés” et sa tricherie constante sont les traits de caractère de sa classe, une classe qui ne conçoit la loi que comme un moyen de pouvoir obtenir plus tout en écrasant les adversaires et les ennemis.

    C’est ce fait qui rend le réformisme impossible. La bourgeoisie n’est pas fair play, même vis-à-vis du vote des urnes. Elle est une classe en guerre, une classe en lutte, en lutte contre elle-même, mais capable de faire front contre les exploités et les opprimés. Ce n’est pas l’apanage des “grands méchants loups” du capitalisme, mais de toutes les formes de production capitalistes et même artisanale de prendre ce chemin. La fin des “grands Dassaults” fait que les petits prendront sa place. C’est pour cela que brider, moraliser le capitalisme est impossible.

    Il se niche dans la petite production, il se niche dans les rapports marchands. Il cherche à renaître de ses cendres, même si il n’en reste que des brins.

     

    Dassault illustre la nature du capitalisme et le fait qu’il est rigoureusement impossible de l’amender, de le pacifier, de le rendre “éthique”. Il ne peut qu’être liquidé comme système, et ses partisans liquidés en tant que classe par la révolution, par la mise en place d’une économie planifiée, dirigée, contrôlée politiquement par les masses. En somme, une économie socialiste.

  • Mort de Dassault – Mort d’un « super-capitaliste » ? Partie 1

    Mort de Dassault – Mort d’un « super-capitaliste » ? Partie 1

    Mort de Dassault – Mort d’un « super-capitaliste » ?

    Partie 1.

    La bourgeoisie pleure le décès de Serge Dassault, survenu le 28 mai 2018, à l’âge de 93 ans. De sa naissance, en 1925, jusqu’à sa mort, son existence a eu l’occasion d’être particulièrement remplie. A sa mort, il est la quatrième fortune de France, avec 19 milliards d’euros, une fortune qui n’a cessé de croître tout au long de sa vie. Son CV est des plus complets, dirigeant de Dassault Industrie en 1987 et jusqu’en 2014 ; Conseiller Régional en 1986; Général en 1988 ; Maire en 1995 ; Sénateur en 2004 ; vice président de la commission des finances du Sénat en 2010…La somme considérables des fonctions assurées par ce personnage ferait pâlir même un cumulard d’élite comme Gérard Collomb. Parallèlement, il a investi dans la presse, notamment en étant président en 2004 du groupe Socpresse, dans lequel le Figaro est la figure de proue de paire avec l’Express.

    Des éloges dithyrambiques ont été prononcés à l’occasion de son décès, tant de la part de la grande majorité du patronat que de sa famille politique. Le président de la République a ainsi déclaré : « la France perd un homme qui a consacré sa vie à développer un fleuron de l’industrie française ». « Son engagement politique se fonda sur un fort enracinement dans l’Essonne et le souci de libérer les énergies entrepreneuriales et la compétitivité des entreprises françaises ». Hollande a déclaré :  « Il a été capable de donner à l’industrie française une place éminente. Si on veut garder une image de Serge Dassault, c’est celle de l’abnégation et de la force de conviction. (…) Il assurait la propriété du Figaro avec un éditorial par an qui n’était pas en ma faveur mais qui témoignait de ses convictions. (…) Il avait un père, Marcel Dassault, qui avait un prestige considérable. Il a ensuite voulu donner un prénom à ce nom. » De son côté, la frontiste Marine Le Pen a déclaré “Au-delà des divergences politiques et des critiques légitimes, Serge Dassault aura démontré, en reprenant l’entreprise de son père, qu’il y a une place pour l’industrie en France, et notamment pour une grande industrie militaire indépendante.” Tandis que Laurence Parisot, ex-présidente du MEDEF, s’exprimait ainsi : “Serge Dassault est mort. Des grands patrons comme lui, il n’y en aura plus. Déterminé, très attachant, un peu roublard, patriote. Il a non seulement fait prospérer l’œuvre de son père mais ouvert son groupe à la modernité avec @3DSfrance. Je l’aimais beaucoup.” En revanche, côté “gauche”, silence de Mélenchon, dont on sait qu’il l’admirait -mais au nom de quoi ?– et du côté de Benoît Hamon. Seul Philippe Poutou a détonné, en appelant Serge Dassault “un délinquant.” Juridiquement, on ne peut lui donner tort.

    Mais de quoi, fondamentalement, Dassault est il le nom ?

    Serge Dassault illustre, aux yeux de la bourgeoisie, l’idéal-type du succès. Il est l’archétype du bourgeois, il est l’incarnation de sa classe, de son origine, de ses pratiques, de son contenu idéologique.

    Dassault est un héritier. Lui-même n’a eu qu’à asseoir son séant à la place de celui de son père, prenant les rênes de la compagnie familiale. La bourgeoisie, qui salue les self-made-man et woman en compte pourtant fort peu. Le mythe du bourgeois qui réussit grâce à ses propres talents est un mensonge. Du fait de la reproduction sociale, laquelle s’accroît encore davantage avec les nouvelles dispositions dans l’enseignement et dans l’orientation, les bourgeois et bourgeoises d’aujourd’hui sont les descendants et descendantes de ceux et celles d’hier. La prétendue égalité des chances et la “méritocratie” républicaine ne sont que des variations à la marge d’une structuration sociale qui ne change pas, qui ne se bouleverse pas, et que les classes dominantes, pratiquant à grande échelle l’endogamie et le népotisme, n’ont aucun intérêt à voir changer. Dassault n’a de mérite que par sa naissance. Fils de bourgeois, il est devenu bourgeois lui-même.

    Dassault est un marchand de mort. Le commerce de Dassault, c’est la mort venue du ciel. Mystères ; Mirages ; Rafales n’ont d’autre vocation que de semer la mort et la désolation depuis les cieux. Dassault s’est battu bec et ongles pour obtenir le monopole dans les commandes d’Etat au niveau des avions de chasse et de bombardement. Lorsque la Marine Française a émis l’hypothèse de s’équiper de F/A 18 Hornet, Dassault, soutenu en cela par toute une cohorte de souverainistes de “gauche” comme de droite, s’est époumoné d’effroi. L’indépendance de l’industrie française était mise en cause, la défendre devenait une question stratégique, cruciale. La cocarde française, cette excellence qui se salue de Mélenchon jusque dans les rangs de l’extrême-droite, devait être mise à l’honneur. La vente de matériel de mort française devenait une affaire d’Etat dans tous les sens du terme. La vente de Rafales était un sujet central dans les visites du chef de l’Etat à l’étranger. Dassault, entrepreneur privé, est parvenu, au mépris complet des conceptions libérales, à devenir une excroissance de l’Etat. Car, malgré ce que prétendre les bourgeois et les bourgeoises, mais également les réformistes naïfs, l’Etat et le capitalisme sont intrinsèquement liés.

    Faudrait-il être un sot complet pour ne pas, lorsqu’on est dans les affaires, s’intéresser à la politique. Dassault y a vu très vite une manière de défendre ses intérêts. Prendre la mairie de Corbeil-Essonnes au PCF, y instaurer un régime de clientèle, s’en servir de point d’appui pour progresser dans les postes et les sinécures… Dassault s’est fait une place, une place qu’il a payé de millions, mais une place qui lui a rapporté des milliards. Pour la bourgeoisie, la politique et les affaires sont les deux faces d’une même chose. La politique est une occasion de faire des affaires, mais également un bouclier et une épée. Une épée tranchante dont les bourgeois savent particulièrement bien se servir. En l’occurrence, homme d’affaire compétent, voyait dans le fait de siéger dans les postes de l’Etat une occasion de disposer d’un perchoir au conseil d’administration de son premier client et de son premier revendeur. Une occasion également de pouvoir défendre ses thèses basées sur le darwinisme social, des diatribes contre les “assistés”, qui sont des “enfants”, mais également des thèses réactionnaires contre le mariage pour tous et contre l’homosexualité. Dassault est un utilitariste : la famille sert aux travailleurs à se reproduire physiquement et socialement, donc le mariage pour tous est une hérésie car il est stérile. Le travailleur doit souffrir pour accéder à un niveau de vie décent, en revanche le patron, lui, doit échapper aux impôts, qui sont, par nature, confiscatoires. Ainsi, l’ISF est une anomalie, par sa nature même de “impôt de solidarité.” Quelle ironie que celui qui dépend des commandes d’Etat soit le premier à refuser d’en financer les dépenses.

    Pour défendre son idéologie réactionnaire et engranger des bénéfices nouveaux, notre homme à agit comme agirait d’importe quel capitaine d’industrie. Il embauche des plumitifs chargés de prouver par a + b que le libéralisme et la réaction sont les voies qui permettent d’accéder à un monde meilleur. Les presses droitières, Figaro, Figaro madame, l’Express, ont cette tâche de diffuser les conceptions idéologiques de la bourgeoisie réactionnaire et de les propager, y compris parmi les masses, par le matraquage constant. Or, le libéral se dévoile partisan du soutien de l’Etat – tant que ce sont les versement des masses populaires qui sont mis à contribution. Le Figaro a ainsi reçu, en 2015, 16 179 000 € d’aides pour fustiger les services publics, tandis que l’Express n’en a reçu “que” 6 900 000€. Une manière de faire payer, encore une fois, le poids de la chaîne et les discours du prince par les exploités eux-mêmes. La presse Dassault, la presse bourgeoise en général, sont des outils extrêmement puissants de propagande, et sont d’ailleurs une des lignes de défense les plus virulente contre le communisme et contre les idées progressistes en général.

  • Liberté pour Turgut Kaya ! Pétition de l’ATIK

    Liberté pour Turgut Kaya ! Pétition de l’ATIK

    Liberté pour Turgut Kaya !

    Nous nous sommes portés signataires de cette pétition exigeant la libération de Turgut Kaya, journaliste et révolutionnaire. Nous saluons la lutte des forces révolutionnaires et communistes au sein de l’État fasciste Turc, tout comme les forces qui luttent pour l’indépendance du Kurdistan et la libération des peuples.

    Récemment, début d’avril 2018 le militant révolutionnaire et journaliste Turgut Kaya a été arrêté par l’Etat grec lors de son entrée sur le territoire. Le 30 mai dernier, la haute Cour d’Athènes a décidé de l’extrader vers la Turquie.

    La décision finale concernant son extradition devrait être approuvée par le Ministère de la Justice grec dans les prochains jours. Son extradition vers les camps de torture du régime AKP est totalement contraire aux droits de l’homme, sachant qu’il apparaît sur la liste rouge de l’État fasciste turc et que sa tête a été mise à prix suite à un  mandat d’arrêt lancé par Interpol.

    Dans le passé, alors qu’il travaillait en Turquie en tant que journaliste, Turgut Kaya avait déjà été arrêté et subi plusieurs formes de tortures. Pour cette raison s’il est aujourd’hui extradé vers la Turquie il fait face à de grands risques pour sa vie.

    Connaissant l’attitude agressive du régime d’Erdoğan contre les dissidents politiques, kurdes et révolutionnaires de gauche, qui est bien connu à l’échelle mondiale, la justice grecque et le gouvernement d’Athènes sont face à une haute responsabilité.

    Des actions de protestation urgentes et rapides doivent être lancées sur la scène internationale contre cette tentative d’extradition injuste. Si l’extradition est mise en place, alors elle aura des conséquences politiques directes qui constitueront un danger important pour l’ensemble des immigrés et des activistes.

    Par conséquent, nous invitons toutes les organisations et individus à l’échelle internationale à organiser un mouvement et des actions de solidarité avec Turgut Kaya afin de mettre fin au risque imminent d’extradition.

    Liberté pour Turgut Kaya et pour tous les prisonniers politiques!

    Les institutions qui ont signé le texte sont les suivantes :

    1) ATİK  ( la confédération des travailleurs de Turquie en Europe)

    2) Yeni Kadın (Nouvelle femme)

    3) ATİKYDG (Yeni Demokratik Gençlik) Nouvelle jeunesse démocratique

    4) UPOTUDAK–  (Comité de solidarité avec les prisonniers politiques internationaux)

    5) ENİLKOM (ATİK Comité des relations internationales)

    6) ATİF (Fédération des travailleurs de Turquie en Allemagne)

    7) HTİF (Fédération des travailleurs de Turquie en en pays bas)

    8) PARTİZAN

    9) YDG    (Yeni Demokrat Gençlik)

    10) Haluk Gerger Écrivain chercheur  

    11) Unité Communiste de Lyon

  • Les cadeaux de la préfecture aux homophobes.

    Les cadeaux de la préfecture aux homophobes.

    Les cadeaux de la préfecture aux homophobes.

    L’Unité Communiste de Lyon dénonce l’attitude des autorités de Lyon. Une nouvelle fois, la préfecture interdit le passage de la “marche des fiertés” dans le Vieux-Lyon. Comme chaque année depuis plus de dix ans, le Vieux-Lyon est considéré comme une “no-go zone” pour celles et ceux qui défilent au nom du respect des droits des LGBT+. Une nouvelle fois, la proposition de tracé du parcours est écartée, sous le prétexte que l’ordre public ne pourrait être maintenu si jamais celle-ci passait par ce côté de la Saône. Même un recours au tribunal administratif n’a pu permettre d’obtenir gain de cause, au mépris du droit le plus élémentaire.

    La raison est simple, même si elle n’est jamais clairement invoquée par les autorités, lesquelles ne veulent pas perdre la face. Le Vieux-Lyon est devenu un sanctuaire pour les organisations d’extrême-droite, pour l’ensemble du kaléidoscope des groupuscules fascistes, royalistes, néo-nazis ou ultra-catholiques. Au pied de la “colline qui prie”, ces groupes ont pignon sur rue. Ils ont leurs magasins, leurs salons de tatouages, leurs bars, leurs locaux, grâce auquel ils peuvent diffuser leur idéologie nauséabonde, antipopulaire et réactionnaire.

    Les autorités, mairie en tête, n’auraient-elles pas joué leur rôle ? Auraient-elles connu une défaillance ? Non. Nous analyson cette implantation comme une stratégie appuyée -passivement ou non- par les responsables politiques locaux, qu’ils soient de droite ou “de gauche”. En tête nous ciblons la responsabilité de Gérard Collomb.

    Gérard Collomb dont le clientélisme fait qu’il ne veut pas se froisser avec ses riches amis, dont les fascistes sont parfois les enfants.

    Gérard Collomb dont l’hostilité aux mouvements sociaux fait qu’il est ravi d’avoir une clique de provocateurs, tenus par la police, capables de pouvoir frapper de manière extra-judiciaire.

    Gérard Collomb dont l’opportunisme fait qu’il est ravi de voir ces groupes s’implanter pour concurrencer la droite traditionnelle.

    La justice qui acquitte ou condamne à des peines ridicules ; la police dont la proximité idéologique n’est plus à démontrer ; la préfecture et l’État qui sont ravis d’avoir ces laquais à leurs ordres… Tout concourt à ce que les fascistes se sentent tout puissants, au dessus des lois, chez eux, dans leur royaume. Le fait que la marche des fiertés ne puisse passer chez eux, le fait que les manifestations antifascistes soient interdites de séjour sur leurs terres, doit confirmer ce sentiment.

    Mais les fascistes sont une greffe artificielle. Ils tiennent grâce à la complicité des autorités. Dans leur grande majorité, les habitants et les habitantes du Vieux-Lyon ne voient leur présence que comme une occupation militaire, que comme un corps étranger, infectieux, qui impose sa présence par la force. Non, la majorité de la population les méprisent, les conspuent, les regardent tels qu’ils sont réellement : des larbins d’un ordre injuste, les petites mains de Collomb et de Macron. Ils ont beau se targuer d’être contre la police, contre le gouvernement, contre le capitalisme, dans les faits, chacuns de leurs actes est commis pour renforcer l’influence de ceux-ci. Leur rébellion est un ultra-conformisme.

    Ce refus de laisser passer la manifestation est une illustration de cette alliance objective entre autorités et fascistes. L’Etat n’est pas un acteur neutre dans la lutte contre la réaction, il est un garde-flanc des intérêts de la bourgeoisie.

    L’Unité Communiste de Lyon considère que la bourgeoisie réactionnaire joue un jeu dangereux en appuyant ces groupes. La propagande qu’elle déverse sur la société, propagande de plus en plus débridée, empoisonne les esprits, semant la division au sein des exploités et des exploitées, les isolant, les rendant vulnérables aux attaques des capitalistes.

    La question LGBT+, la question féministe, la question du racisme ne sont pas des diversions, en revanche, dans la lutte des classes. Ce sont des questions qu’il faut prendre le temps de traiter, pour que l’unité des exploités et exploitées, des opprimés et opprimées, soit plus forte, plus sincère, plus solide.

    Soyons solidaires, antifascistes et combatifs ! Dénonçons la collusion réactionnaire !

     

  • Collomb et le droit de manifester.

    Collomb et le droit de manifester.

    Collomb et le droit de manifester.

    “Si on veut garder demain le droit de manifester, qui est une liberté fondamentale, il faut que les personnes qui veulent exprimer leur opinion puissent s’opposer aux casseurs et ne pas, par leur passivité, être complices de ce qui se passe.” Voilà ce que déclarait le ministre de l’intérieur, au micro de BFM-TV, le samedi 26 mai.

    Il est parfaitement légitime que cette phrase ait déclenché un véritable tollé parmi les organisations politiques progressistes, révolutionnaires, et même simplement démocratiques. Même ses ex-camarades du Parti Socialiste, avec une certaine dose de cynisme qui les caractérise, ont dénoncé cette attitude et cette déclaration.

    Cette phrase est, en effet, cruellement révélatrice. Elle indique ce que pense la bourgeoisie réactionnaire des “libertés fondamentales”. Elle indique la manière dont elle conçoit également le traitement juridique des manifestants inculpés.

    Avant toute chose, nous portons un regard critique sur la question de “Blacks Blocs” et des actions organisées en manifestation. Nous nous sommes déjà exprimés dessus par le passé, et nous considérons que la tactique choisie par certain et certaines n’est pas toujours particulièrement adaptée à la situation. En revanche, nous ne la condamnons pas et nous affirmons notre solidarité avec les inculpés et les inculpées.

    Gérard Collomb parle au conditionnel, car, à ses yeux, les libertés fondamentales ne sont que des contes pour enfant, des histoires faites pour se donner bonne conscience et pour se draper dans les droits de l’Homme dès qu’une injustice apparaît dans le monde et que l’impérialisme français aurait quelqu’interêt à s’en mêler.

    Dans les faits, tant l’histoire que l’expérience illustre le fait qu’il n’existe ni libertés fondamentales, ni droits inaliénables, ni rien que la bourgeoisie ne puisse retirer, si jamais cela correspond à ses intérêts. Les jeunes lycéens et lycéennes du lycée Arago à Paris en ont fait les frais, en étant confrontés à une loi qui criminalise “l’intention de commettre des dégradations et des actes de violence”. La présomption de culpabilité prend le pas sur celle de l’innocence.

    Gérard Collomb scandalise car, bêtement, il a laissé échapper cette malheureuse vérité, celle que l’Etat n’est pas neutre dans les conflits sociaux, n’est pas un relais passif de la démocratie, mais bien un fer de lance de l’oppression sociale et de l’exploitation économique. Gérard Collomb menace de supprimer le droit de manifester si jamais les manifestants n’agissent pas en auxiliaires de police, ne se muent pas en dénonciateurs et en mouchards.

    Voilà que les représentants de la bourgeoisie, les représentants des bourreaux du peuples, des exploiteurs, de l’ennemi de classe, exigent que les victimes de l’exploitation assurent des purges pour leur compte.

    La droite du mouvement social s’est empressé de faire valoir ses conceptions, Hamon déclarant qu’il trouvait scandaleux que les manifestants soient assimilés à des complices des violences alors que “même les CRS ont parfois du mal à  [les] canaliser« . La France Insoumise, par la voix de son leader Jean-Luc Mélenchon a déclaré “combattre les violences” dans le Huffington post, et, dans Libération : “ Je suis très vigilant sur la question de la violence, je la désapprouve absolument. Non pas pour des raisons morales ou esthétiques, quoique, j’en ai ! Mais la violence n’a aucune efficacité dans l’action révolutionnaire. Nulle part dans le monde, la violence n’a donné un résultat pour nous.”

    Grattez le verbiage “de gauche” et vous trouverez un libéral. Il est historiquement faux de dire que la violence n’a jamais donné de résultat, et ce, quelque soit le sens du “nous”. Dans Le Capital, Marx et Engels écrivaient La violence est l’accoucheuse de toute vieille société qui est enceinte d’une nouvelle.” Elle est aussi le moyen par lequel la bourgeoisie se maintient au pouvoir. Elle est la méthode par laquelle elle accroît son exploitation et son ordre injuste.

    Les Blacks Blocs et les mouvement autonomes ne sont pas des mouvements prolétariens, mais sont animés d’une idéologie petite-bourgeoise. Cependant, ceux et celles qui rejettent dans son intégralité la question de la violence, et qui se servent de quelques dégradations comme prétexte, montrent leur vrai visage. Il est celui du réformisme qui tremble d’effroi, en clamant que les travailleurs et les travailleuses rejettent la violence et ne la comprennent pas.

    Pourtant, la violence, les masses populaires la connaissent, car elles vivent l’injustice chaque jour, dans leurs travails, dans leurs lieux de vie, dans leurs lieux de socialisation. Elles savent, lorsque le patron exige, lorsque la police aboie, quelle est leur valeur juridique aux yeux de l’Etat, aux yeux de la bourgeoisie. Les masses populaires comprennent parfaitement la nature profonde de la dictature de la bourgeoisie. Elles comprennent son caractère criminel. Elles comprennent également la nécessité de la Dictature du Prolétariat, sans fard et sans voile, dans ce que signifie fondamentalement cette forme de pouvoir politique.

    Nous ne céderons pas aux invectives et aux chantages de la bourgeoisie et de son laquais, Gérard Collomb. Nous sommes solidaires et unitaires, et nous l’affirmons : Nous formons une seule ligne, un seul front : un front uni contre la bourgeoisie et le patronat. Nous ne laisserons pas la bourgeoisie décider de l’application du droit de manifester, ni imposer son ordre dans les cortèges.

     

  • Liberté pour Turgut Kaya !

    Liberté pour Turgut Kaya !

     

    LIBERTÉ POUR UN RÉVOLUTIONNAIRE, UN HOMME DE LUTTE :TURGUT KAYA

    UPOTUDAK:  Liberté pour Turgut Kaya! – communiqué du comité de soutien aux prisonniers politiques internationaux.

    Turgut  Kaya, qui  a été arrêté  par l’Etat grec  en avril 2018, est  toujours détenu à la suite d’un mandat d’arrêt lancé par  d’Interpol. L’audience concernant sa possible extradition vers la Turquie, qui devait avoir lieu le 15 mai, a été repoussée au 30 de ce mois-ci.

    Nous exigeons sa libération immédiate !

    Kaya a été arrêté pour la première fois en 1992 par l’Etat Turc suite aux manifestations pour les droits académiques et démocratiques des étudiants. Après avoir été détenu pendant deux mois à la prison de Bayrampasa, Kaya a été libéré et arrêté à nouveau en 1994 pour son appartenance un « parti illégal ». Lors de cette garde à vue, la police a nié l’arrestation de Kaya. Elle est restée silencieuse une semaine entière. Il est évident que la police a tenté de le faire disparaitre. Pendant cette période, Turgut a été soumis à plusieurs formes de torture comme la « Pendaison Palestinienne », les « Chocs Electriques » parmi d’autres traitements inhumains. A la suite de cette semaine de torture, il a été incarcéré en attente d’un jugement, jugement qui a débouché sur un acquittement.

    En 1997, il est une nouvelle fois arrêté pour son appartenance à un parti illégal et subit de nouvelles tortures durant son interrogatoire. Il a été envoyé dans une prison dont la majorité des détenus sont des « repentis », ayant marchandé avec l’Etat turc. Par la suite, il a été transféré à la prison de Bergama (Pergame) en raison des menaces de mort qu’il a subit de la part des collabos. Il a été libéré en 2000, après trois ans de détention.

    Alors qu’il travaillait, par la suite, en tant que rédacteur en chef pour le journal Özgur Gelecek, il a été de nouveau arrêté. En 2006 il subit six ans d’incarcération dans une prison de type F – haute sécurité – dans des conditions d’isolement et de torture blanche. Aucune visite n’a été autorisée pendant la première année de sa détention. Fouilles à nu, mauvais traitements, sanctions disciplinaires se sont succédés jusqu’à sa libération en 2012.

    Après sa libération, il part en Grèce, où il est de nouveau arrêté en 2015, à la suite d’une opération de police orchestrée par cinq Etats, dont l’Etat turc. Après 40 jours, Turgut Kaya est libéré.

    Aujourd’hui, trois ans après, il est de nouveau dans le collimateur de la Justice de Turquie et est de nouveau arrêté en Grèce au motif d’être recherché par Interpol. Nous exigeons sa libération inconditionnelle !

    Liberté pour Turgut Kaya.  

    Turgut Kaya, détenu depuis avril 2018, n’a aucune raison d’être arrêté. Le fait que l’Etat turc ait mis sa tête à prix, qu’il apparaisse sur la liste rouge de l’Etat fasciste, laisse penser que le gouvernement Grec viole les accords internationaux, qu’il a pourtant signé.

    Si il est extradé en Turquie, ce sera le gouvernement grec qui portera la responsabilité des tortures qu’il subira. Turgut Kaya et les révolutionnaires réfugiés en Grèce sont confrontés en permanence au danger d’être utilisés comme une monnaie d’échange. En l’occurrence, deux soldats grecs ont été arrêtés pour avoir violé la frontière. C’est là une occasion que l’Etat turc pourrait saisir.

    Nous invitons l’ensemble de l’opinion publique révolutionnaire et progressiste à agir, à soutenir et à participer aux évènements et aux manifestations pour la libération de Turgut Kaya

    Comité de soutien pour les prisonniers politiques internationaux.

     

  • Communiqué de l’ICOR concernant l’anniversaire de la Nabka

    Communiqué de l’ICOR concernant l’anniversaire de la Nabka

    L’anniversaire de la Nakba. Solidarité à l’échelle mondiale avec la lutte juste du peuple palestinien pour la liberté!

    ICOR, (International Coordination of Revolutionary Parties & Organizations), 20. mai 2018

     

    Depuis des décennies et de façon aggravée depuis plusieurs semaines Israël sioniste et impérialiste terrorise la lutte de libération palestinienne et a assassiné plusieurs dizaines de manifestants à la frontière avec la Palestine. Avec ses attaques Israël sioniste et impérialiste apporte bien des souffrances à la population palestinienne. Cependant celle-ci ne se laisse pas dissuader de son combat juste, dont la perspective doit être à la fin un état laïc démocratique. Un point culminant était la journée de la Nakba le 15 mai. En 1948, 800 000 Palestiniens furent expulsés de leur patrie ce jour-là dans un exil qui perdure jusqu’à nos jours.

     

    „L’ICOR dénonce le sionisme comme lance de fer de l’impérialisme-US dans la région du Moyen-Orient et condamne les crimes contre le peuple palestinien. Depuis 1947 le peuple palestinien vit sous le joug du colonialisme, exploité, affamé, privé de ses terres, massacré ou poussé en force à quitter la Palestine. Des actes de barbarie et de génocide ont été commis par les sionistes qui continuent jusqu’à nos jours.“ Israël agit de cette manière agressive aussi pour affaiblir la force de la lutte palestinienne pour la libération et son rayonnement sur d’autres luttes pour la démocratie et la liberté, pour la libération nationale et sociale – au Kurdistan, en Iran. Les forces au pouvoir se trouvent dans la défensive ! C’est justement dans la lutte anti-impérialiste et antifasciste commune au Moyen Orient / en Asie occidentale que réside une grande force. “La cause palestinienne demeure une partie indissociable du mouvement révolutionnaire international, anti-impérialiste et anti-sioniste. » (Citations: Résolution finale de la 3e Conférence mondiale de l’ICOR; Résolution de la 3e Conférence mondiale de l’ICOR sur la Palestine, november 2017)

     

    C’est pourquoi l’ICOR appelle ses 51 organisations membres du moment et toutes les forces internationalistes à la solidarité avec le peuple palestinien:

    Vive la solidarité internationale !

    Liberté pour la Palestine !

     

    Signataires (en date du 24/05/2018, d’autres signataires sont possibles):

     

    1. RCP   Revolutionary Communist Party of Egypt (Partie communiste révolutionnaire d’Egypte)
    2. PCPCI   Parti Communiste Proletarien de Côte d’Ivoire, Côte d’Ivoire
    3. MMLPL   Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    4. CPSA (ML)   Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    5. PCT   Parti Comuniste du Togo Togo
    6. PPDS   Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    7. CPB   Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    8. CPI (ML) Red Star   Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    9. NCP (Mashal)   Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    10. NDMLP   New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
    11. БКП   Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    12. БРП(к)   Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes))
    13. KSC-CSSP   Komunisticka Strana Cheskoslovenska – Cheskoslovenska Strana Prace (Parti communiste de Tchécoslovaquie – Parti ouvrier tchécoslovaque), République tchèque
    14. SMKC   Svaz Mladych Komunistu Cheskoslovenska (Union des jeunes communistes de Tchécoslovaquie), République tchèque
    15. MLPD   Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    16. KOL   Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    17. RM   Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    18. BP (NK-T)   Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    19. MLP   Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie
    20. VZDOR   VZDOR – strana práce (Résistance – parti du travail), Slovaquie
    21. MLKP   Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    22. KSRD   Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    23. PR   Partija Rada (Parti du travail), Yougoslavie (ex)
    24. PCC-M   Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    25. PC (ML)   Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    26. PC/ML   Partido Comunista (Marxista-Leninista) de Panamá (Parti communiste (marxiste-léniniste) du Panama)
    27. PML del Perú   Partido Marxista Leninista del Perú (Parti marxiste-léniniste du Pérou)
    28. PPP   Partido Proletario del Perú (Parti prolétarien du Pérou)
    29. ROL   Revolutionary Organization of Labor (Organisation révolutionnaire du travail), États Unis
    30. PS-GdT   Plataforma Socialista – Golpe de Timón (Plate forme Socialiste – Changement de direction), Vénézuela
  • Le cinquième arrondissement, une zone de non-droit ? Communiqué unitaire.

    Le cinquième arrondissement, une zone de non-droit ? Communiqué unitaire.

    Le cinquième arrondissement, une zone de non-droit ?

    La préfecture refuse depuis 2014 le passage dans le Vieux Lyon de toute manifestation organisée par les partis, syndicats, associations et autres organisations de gauche. Elle ne donne à ces interdictions aucun fondement légal, validant implicitement l’appropriation de ce quartier par les groupuscules d’extrême-droite qui s’y sont implantés. La préfecture assume ainsi son incapacité à sécuriser une manifestation dans le Vieux Lyon, montrant que le problème ne se résume pas à une prétendue lutte de « mouvances extrêmes antagonistes » comme l’écrit le Préfet délégué à la sécurité dans le courrier adressé aux déclarant.e.s de la manifestation.

    Des collectifs pluriels et variés qui luttent contre l’extrême droite

    Le collectif de vigilance 69 et le collectif « fermons le pavillon noir » rassemblent depuis 2010 les différentes organisations mobilisées localement contre les groupuscules d’extrême-droite. Différentes modalités de mobilisation ont été employées :

    – élaboration de dossiers de communication pour sensibiliser sur les groupuscules d’extrême-droite,

    – manifestations et rassemblements pour la fermeture des locaux,

    – accompagnement des personnes agressées physiquement par l’extrême-droite (pour rappel, plus de 200 jours d’ITT pour l’ensemble des victimes),

    – interpellation des autorités publiques sur le danger représenté par ces groupuscules.

    Il est pour nous inadmissible d’être mis sur le même plan, par le Préfet et par une partie de la presse, que ces militants d’extrême-droite qui agressent physiquement des individu.e.s et des locaux. Ainsi, ces derniers mois, ce sont les locaux d’une organisation syndicale, d’un parti politique, d’une librairie, d’une association et d’un commerçant du 5è arrondissement qui ont été vandalisés1. A cela s’ajoute toutes les menaces et intimidations faites contre ceux et celles qui s’opposent aux agissements et à la présence de ces groupes.

    Par ailleurs, comment est-il possible de comparer des groupes dont l’idéologie est ouvertement fasciste et néo-nazie à des organisations variées et diverses défendant un projet de société prônant l’émancipation de tou.te.s, l’égalité et la non-discrimination.  

    Pour rappel, voici la liste des organisations participant au collectif :

    Coordination des Groupes Anarchistes, YDG, Jeune Garde Lyon, JC Lyon, CNT, Solidaires Etudiant-e-s, Lesbian and Gay Pride Lyon, Pink Bloc Lyon, Collectif Lesbien Lyonnais, Unité Communiste de Lyon, Alternative Libertaire Lyon, CGT Educ’Action, CGT Vinatier, Sud Education, CGT Jeunes 69, Unité2Classe, Union Départementale CGT 69, GALE, Union Locale Solidaires 69, Collectif Vigilance 69 contre l’extrême-droite – Agir pour l’égalité, Attac, CSPG, COVRA, Ensemble !69, EELV, FSU, HES, LDH, Planning Familial 69, NPA, PCF, Parti de gauche, Ras l’front, Réseau des MJC de Lyon, UNEF…

    Nous appelons tou.te.s ceux et celles souhaitant lutter contre l’extrême-droite à participer à la grande manifestation festive et revendicative du 26 mai. Elle débutera à 14h30 de la place des Terreaux.

    1 : Librairie la Plume Noire en 2016 ; Radio Canut à 3 reprises entre 2016 et 2018 ; le local du PCF à plusieurs reprises également et le local de la CNT en mars dernier. Entre 2010 et 2018, 13 attaques de manifestations progressistes ou de manifestation de l’extrême droite radicale, et 33 agressions recensées de l’extrême droite radicale.