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  • Solidarité avec les « enfarineurs » de Toulon

    Solidarité avec les « enfarineurs » de Toulon

    Solidarité avec les « enfarineurs » de Toulon

     

    Nous republions ici le communiqué fait par les « enfarineurs » du FN à Toulon, qui subissent une répression complètement disproportionnée par rapport aux faits reprochés. Nous les assurons de notre solidarité et de nous leur adressons un chaleureux salut.

    Le pub catholique intégriste toulonnais Le Graal organise chaque mois une conférence prétendument historique qui masque un creuset des idées d’extrême-droite, rassemblant frontistes, royalistes et intégristes. Deux militants toulonnais ont été condamnés à 4 mois de sursis pour avoir dénoncé la conférence en lançant de la farine.

    Depuis 2015 l’ordre intégriste des Missionnaires de la miséricorde gère le pub Le Graal (377 avenue de la République – Toulon). Entre autres activités, le bar accueille les « Causeries du Graal ». Derrière cette appellation neutre se cachent les cercles royalistes qui réunissent la fachosphère toulonnaise pour écouter des « historiens » tels qu’un des fondateurs de Génération identitaire, des responsables de l’Action Française Provence ou encore des journalistes de Rivarol, TV Libertés ou encore Boulevard Voltaire. Au-delà de la nébuleuse intégriste et royaliste ces rencontres sont fréquentées par les élus frontistes.

    Le 25 avril 2 militants antifascistes, Sylvain et Andréa, se présentent devant le bar pour perturber de manière non violente une rencontre sur l’impérialisme colonial. Depuis l’extérieur ils jettent au sol un sac de farine et une boule puante et s’enfuient. Andréa est rattrapé par des participants qui le livrent à la police. Tout de suite 2 conseillers municipaux FN portent plainte, Amaury Navarranne (chef de file FN Toulon) et Hervé Toulzac (commandant de police à la retraite). Deux jours plus tard une participante déclare s’être fracturée le bras dans l’agitation alors que le PV dressé le soir même ne constate pas de blessé·e…

    La machine répressive se met en branle avec une disproportion croissante :

    • Andréa passe 42h en garde-à-vue sans avoir accès à son traitement médical. La police interpelle Sylvain le lendemain, il passera 21h en GAV.
    • Interrogatoire humiliant, pervers par son insistance à vouloir arracher l’aveu d’un extrémisme
    • Le sujet de mise en examen tombe : « violence commise en réunion », requalifié en « violence commise volontairement ayant entrainé une ITT>8jours » suite à la troisième plainte.
    • Fichage génétique, digital, photographique
    • La juge des libertés et de la détention les place sous contrôle judiciaire avec pointage hebdomadaire au commissariat et interdiction de quitter le territoire national
    • Le réquisitoire du parquet demande 4 mois de prison avec sursis
    • Condamnation à 4 mois d’emprisonnement avec sursis + 3100€ de dommages et intérêts

    S’INFORMER ET LUTTER ENSEMBLE CONTRE L’EXTRÊME- DROITE TOULONNAISE ; ORGANISE AVEC LA CODEX83 ⇒ RDV LE 19 OCTOBRE À 19H00 AU LOCAL 6 RUE

    CORNEILLE TOULON

    POUR AIDER ANDRÉA ET SYLVAIN A PAYER LEUR FRAIS D’AVOCAT (1680€) ET LES DOMMAGES & INTÉRÊTS (3100€) : ⇒ RDV SUR www.lepotcommun.fr/pot/81r4wkdr ou par courrier a « le local 6 rue corneille 83000 Toulon » ; chèque à l’ordre « le Local » écrire au dos du chèque « en soutien aux enfarineurs »

    Contact : anti-repression-toulon@protonmail.com

    Pour en savoir un peu plus :

    Le Café histoire de Toulon organise les derniers mercredis de chaque mois une conférence historique au pub catholique le Graal à Toulon. Ces conférences prétendument historiques masquent en fait un creuset des idées d’extrême-droite, rassemblant frontistes, royalistes et intégristes. Des militants ont été condamnés à 4 mois de sursis pour avoir tenté de lever le voile.

    En 2015 l’ordre catholique intégriste des Missionnaires de la miséricorde rachète un bar LGBT toulonnais en plein centre- ville (le Texas, 377 avenue de la République), pour le transformer en lieu d’évangélisation, « ainsi le bar de Sodome va devenir le pub de la Miséricorde » comme le précise le communiqué de l’ordre…

    Entre autres activités le bar accueille les derniers mercredis de chaque mois les « Causeries du Graal », organisées par le « Café histoire de Toulon ». Selon le site de la paroisse (géré par l’ordre des Missionnaires de la Miséricorde) il s’agit de « redécouvrir les racines chrétiennes de la France à travers son histoire, sa culture et son patrimoine religieux », en discutant « sur un thème historique ou d’actualité, lié à l’héritage d’Athènes, Rome et Jérusalem ». Chaque causerie est l’occasion d’entendre un·e intervenant·e, local·e ou non, présenté·e par des titres génériques comme « professeur·e » ou « journaliste ».

    QUI SE CACHE DERRIERE LE CAFE HISTOIRE DE TOULON ?

    Tout porte donc à croire qu’il s’agit là de conférences d’histoire ou de rencontres permettant d’analyser le monde à partir d’un prisme chrétien, c’est d’ailleurs la manière dont les conférences sont relayées par des sites comme Salon Beige. Mais, dès lors que l’on enquête sur les organisateurs et les intervenants c’est un tout autre visage qui apparait. Toujours sur le site de la paroisse on apprend que les causeries du Graal sont pilotées par son équipe « Culture et patrimoine ». Sans être cité sur le site, le nom de Philippe Lallement apparait à divers endroits (par exemple : ici (voir à 1 :15) et là) comme animateur/coordonnateur. Or ce dernier est un membre majeur de la mouvance royaliste : président de la section varoise de la Fédération Royaliste de Provence (FRP) (qui a fusionnée avec l’Action Française (AF) en avril 2018) et idéologue des universités d’été de l’AF. D’ailleurs, avant l’ouverture du Graal, la FRP organisait également des rencontres sous le nom de « café histoire » également animées par le même Philippe Lallement…

    Même constat concernant les intervenants invités à discourir : bien que jamais présentés de la sorte, une majeur partie d’entre-eux sont directement liés à des groupuscules/organisations/médias d’extrême-droite, Action Française pour une grande partie (ex : Jean Gugliotta, président PACA de l’AF/ Antoine de Crémiers, animateur de la section aixoise de l’AF et idéologue AF), mais aussi des contributeurs de Boulevard Voltaire (comme Antoine de Lacoste) ou Rivarol (comme Anne Brassié), on y trouve aussi Julien Langella, un des fondateurs de Générations identitaires.

    Au-delà de la dissimulation de l’identité royaliste des organisateurs et de l’obédience d’extrême-droite de ses intervenants, le Café Histoire organise aussi la confusion en suggérant une labellisation de certaines conférences. C’est le cas pour la causerie de Jacques Saint-Pierre soi-disant présentée par le Souvenir Napoléonien (SN), alors même qu’elle ne figure pas au répertoire des conférences de l’association. Il faut tout de même reconnaître que Jacques Saint-Pierre est membre du SN… et de l’Action Française. De même, le flyer de la conférence sur les vichysto-résistants par Michel Franceschetti affiche les logos du CD05 et de l’Institut François Mitterrand qui ont financé ses recherches universitaires parues au PUG, mais certainement pas sa participation à des réunions royalistes !

    Reste le public. Les informations sont rares, le visionnage des vidéos tournées pendant les conférences permet d’entendre la parole décomplexée des spectateurs mais sans vraiment pouvoir les catégoriser. En revanche une action antifasciste a permis de révéler la présence de plusieurs responsables du FN à ces conférences (voir détail plus bas).

    On peut donc raisonnablement conclure que les causeries du Graal constituent en fait des rassemblements d’extrême- droite auxquels l’ordre des Missionnaires de la miséricorde divine offre une couverture. C’est finalement une parade classique de l’extrême-droite la plus réactionnaire : se réunir et recruter sous couvert de conférences prétendument historiques. Le Graal sert ainsi à réaliser la jonction entre les tradis et les frontistes, avec la bénédiction de Mgr Rey, l’évêque local réputé pour ses liens sulfureux avec le FN.

    Il convient d’ailleurs de noter que des cafés histoires du même type existent dans tout PACA, et ce depuis déjà quelques années. Ainsi, même si on ne sait pas vraiment qui l’organise on est obligé de noter que le Café histoire de Draguignan dispose du même graphiste et des mêmes conférenciers que celui de Toulon. A Aix-en-Provence, le café histoire est quant à lui très clairement rattaché à l’Action Française.

    DU SURSIS POUR DES MILITANTS ANTIFASCISTES

    Las de la tenue régulière de ces évènements 2 militants antifascistes décident de perturber de manière non-violente la rencontre du 25 avril 2018 intitulée « Napoléon III et le Mexique catholique ». L’objectif était double : protester contre le contenu de l’évènement et signifier aux sympathisants d’extrême-droite que Toulon n’est pas une ville où l’extrême-droite peut pavaner. Les moyens retenus sont : le jet d’une boule puante et de farine, et un slogan : « anti-impérialiste » en écho avec le sujet de la conférence.

    Le soir du 25 avril les militants réalisent donc cette action éclair puis partent en courant. Andréa est rattrapé par des participants qui le livrent à la police, il va passer près de 42h en garde-à-vue. La police vient chercher Sylvain à son domicile le lendemain pour 21h de garde-à-vue. Interrogatoire menotté, humiliations, violences psychologiques, perquisition insistante… Trois personnes portent plaintes. Tout de suite après l’action, 2 conseillers municipaux FN toulonnais ont déposé plaintes : Amaury Navarranne et Hervé Toulzac (commandant de police à la retraite). Puis, 2 jours après l’événement, Christine Perrimond-Trouchet qui déclarerait s’être fracturée l’avant-bras dans l’agitation qui a succédé à l’action.

    Dans un premier temps ils sont mis en examen pour « violence commise en réunion sans incapacité », puis, suite à la troisième plainte, pour « violence commise volontairement ayant entrainé une ITT >8jrs ». Au procès le parquet requiert 4 mois de prisons avec sursis. Le jugement est rendu en référé le 28 août : la justice condamne Andréa et Sylvain à 4 mois de prison avec sursis et 3100€ de dommages et intérêts.

    En-dehors de la disproportion de la réponse policière et judiciaire cette procédure met en lumière plusieurs choses. C’est tout d’abord la participation de responsables du FN, révélée par leurs plaintes, qui intrigue : on dépasse largement le microcosme des cathos tradis et des royalistes pour entrer dans la nébuleuse de l’extrême-droite qui manifestement a trouvé un moyen de s’accorder sur Toulon. Il convient également de noter que les organisateurs de la conférence n’ont pas porté plainte comme s’ils ne voulaient pas que l’on s’intéresse trop à eux, ce qui ne les empêchera pas de publier directement leur réaction sur un site royaliste.

    Moins médiatisés que les locaux du Bastion social, les cafés histoire d’extrême-droite n’en sont pas moins des organisations dangereuses qui permettent à l’extrême-droite d’avancer masquée pour tisser des liens entre ses fractions.

  • Soutenons la marche vers l’indépendance du peuple Kanak !

    Soutenons la marche vers l’indépendance du peuple Kanak !

    Soutenons la marche vers l’indépendance du peuple Kanak !

    Le 4 novembre 2018, la Nouvelle-Calédonie votera. Elle votera pour déterminer son avenir politique et institutionnel. La question qui lui est posée est la suivante : « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? » Occupée depuis 1853 par la France, « le caillou » est à la croisée de chemins.

    Cette date est importante en soi pour l’avenir de la Nouvelle-Calédonie et des Kanaks. Elle l’est aussi dans la mesure où elle ouvrirait, si le référendum fonctionne, un questionnement général sur la possession des « confettis d’empire » dont dispose la France, tout comme de la question des territoires contenus dans l’hexagone lui-même.

    Cette date importante, pourtant, est passée sous silence en métropole.

    Dans la très large majorité de la population métropolitaine, la possession de ce territoire, de cette colonie, va de soi. Elle est une évidence. Fort peu d’individus savent que la Nouvelle-Calédonie est considérée par l’ONU comme un territoire à décoloniser, tout comme la Polynésie française -dont le président, Oscar Temaru, vient de porter plainte pour crime contre l’humanité à l’encontre de la France, du fait des essais nucléaires dans le Pacifique. Ce genre de sujet est passé sous silence dans l’enseignement national, car il ne cadrerait pas avec la finalité civique de l’histoire et de la géographie : dire que la France est la patrie des droits de l’homme et que ses frontières et ses possessions sont légitimes.

    Pourtant le gouvernement s’active, et, sur place, les relais de l’impérialisme font massivement campagne pour le non. Leurs arguments jouent sur la peur. Peur de l’indépendance, projets irréalisables, risque de guerre civile, ou d’abandon… De plus, 22 000 kanaks ne sont pas inscrits sur les listes électorales. Les « loyalistes » mobilisent leurs troupes et incitent massivement à voter. Fonctionnaires issus de la métropoles, cadres d’entreprises se sont inscrits sur les urnes pour répondre à l’appel du gouvernement.

    En métropole, les organisations politiques ne se mouillent guère. Le sujet est épineux et implique de trancher certaines questions, dont celle de l’impérialisme français et du chauvinisme. Ainsi, le PC a pris formellement position sur le principe, mais sans plus en reparler depuis. La France Insoumise, par la voix de son tribun, s’est montrée ambigüe. Le 30 septembre, il déclarait « Indépendants ou Français, notre affection leur est acquise. » tout en ajoutant « si je faisais parler mon cœur, je dirais ‘restons ensemble’ ». Dommage que ce ne soit une affaire de cœur.

    Pour Lutte Ouvrière, le référendum n’a pas d’intérêt car il ne débouche pas directement sur le socialisme. « Même si l’indépendance était votée, les travailleurs ne seraient pas libérés de quoi que ce soit : certainement pas de l’exploitation, et même pas des discriminations en tant que Kanaks. », toujours le même rejet des étapes qui permet de rejeter l’ensemble.

    En revanche, en caractérisant le référendum comme insuffisant en soi, une partie des forces politiques de Nouvelle-Calédonie, notamment le Parti Travailliste, ont annoncé qu’ils boycotteraient le scrutin. Nous ne présumons pas de cette tactique, ne pouvant maîtriser toutes les cartes et nous ne nous érigeons pas en juge de cette tactique.

    En revanche, il nous appartient de soutenir la volonté d’indépendance sous les formes décidées par les organisations combatives locales, de soutenir le peuple de Kanaky, et de combattre les tentacules de l’impérialisme français, qui ne reculent devant rien pour conserver leur mainmise.

    La longue expérience des processus de décolonisation négociés montre que les impérialistes ne renoncent jamais à un bastion. Surtout quand ce bastion offre un promontoire sur le Pacfique (1,74 millions de km² de ZEE), surtout quand ce bastion est riche en nickel (20-30% des réserves mondiales). Une île qui représente 7,165 milliards d’euros de PIB (855,5 milliards de francs CFP, la monnaie coloniale), ne sera jamais abandonée sans bataille. Déjà, un important dispositif policier se dirige vers l’île, dans le but d’assurer le contrôle.

    Les impérialistes prophétisent sur ce que l’indépendance coûterait aux Kanaks -alors que les études faites par le FLNKS – Le Front de Libération Nationale Kanak et Socialiste- démontrent l’inverse. Cette prophétie est surtout une menace à peine voilée. Il s’agit de ce que les impérialistes feront payer à l’île si jamais elle n’est plus française. Nul doute qu’il sera tenté de vampiriser toutes les richesses locales, d’abaisser le niveau de vie de la population, de susciter les troubles et les mécontentements pour briser l’Ile et imposer un gouvernement de serviteurs, de compradores.

    L’histoire démontre que les impérialistes agissent toujours ainsi. Leurs alliés de gauche les appuieront certainement, prétextant tout un fatras d’humanisme, de mièvrerie, qui masquent mal la puanteur des charniers qu’ils ont creusés. Dans le fond, ils ne réfléchissent qu’en termes de puissance pour la métropole, et l’intérêt supérieur de la nation est un autre mot pour parler de celui de la grande bourgeoisie.

    Il n’est pas possible non plus de cautionner le fait qu’une indépendance reviendrait à substituer à l’impérialisme français un autre impérialisme. Cela reviendrait à renoncer à lutter contre notre premier ennemi, notre premier bourreau. Et ce ne sont ni les USA, ni l’Allemagne, mais bien la grande bourgeoisie française. Notre impérialisme n’est ni plus ni moins aussi carnassier que les autres, il commet crimes sur crimes pour conserver ses positions.

    Nous pensons qu’il faut prendre le référendum pour ce qu’il est, une consultation dont les aboutissements ne sont pas garantis. En cas d’échec, cela ne doit pas signifier le fait qu’il faille acter le colonialisme comme inéluctable -acterait-on le capitalisme comme juste si un référendum le validait ?- mais qu’il reste des étapes à franchir. En cas de victoire, ce ne serait pas l’aboutissement du cheminement vers la liberté pour le peuple Kanak, mais le début de celui-ci.

    C’est là où la solidarité internationale devra jouer son rôle en plein, pour brider les tentatives de coup de force, pour nuire aux plans de l’impérialisme français, pour dénoncer le social-chauvinisme, non comme une déviation, mais bien comme un ennemi des travailleurs, tant de métropole que des colonies.

    Vive la lutte anti-coloniale !

    À bas l’impérialisme français !

    Solidarité anti-impérialiste entre les peuples !

  • Le fasciste Jair Bolsonaro est en tête au Brésil.

    Le fasciste Jair Bolsonaro est en tête au Brésil.

    Le fasciste Jair Bolsonaro est en tête au Brésil.

    Hier, les urnes brésiliennes ont parlé. Elles ont parlé d’une voix terrible. Le candidat d’extrême-droite Jair Bolsonaro a été porté en tête, avec 46% des voix, passant très près d’une victoire dès le premier tour. Arrivé second, le candidat du PT n’a reçu que 28,37% des voix, restant loin derrière. 147 millions d’électeurs se sont rendus aux urnes, dans un pays où le fait de ne pas voter est passible d’une amende. Pourtant, la participation a été relativement faible, avec 79,7% des électeurs.

    Malgré cette victoire, cela n’a pas empêché le candidat des forces de la réaction de crier au scandale et à la fraude, tant il pensait être élu dès le premier tour de l’élection. Avant même d’être intronisé, il créé déjà la tension politique qui pourrait lui permettre un coup d’état constitutionnel.

    « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » faisait dire Corneille au Cid. Bolsonaro illustre cette citation. L’ancien militaire nostalgique de la dictature est ainsi pressenti pour être le grand gagnant de cette élection, portant à son bout le processus de droitisation ouvert avec la destitution de Dilma Roussef.

    Derrière lui, les marchés se sont unifiés, le portent aux nues. France Inter, dans son édition du 3 octobre 2018, publiait : « Au cours du mois écoulé, l’Ibovespa [Le CAC40 Brésilien] a grimpé de 13% ! Et hier en une journée, il a pris près de 4%. A l’instant même encore : + 3%. La séance boursière est encore en cours là-bas.

    La monnaie brésilienne, le real, remonte face au dollar.

    Et les actions de plusieurs grandes entreprises sont aussi en forte hausse : plus 8% pour la compagnie pétrolière Petrobras, plus 11% pour la compagnie d’électricité Electrobras, plus 7% pour les grandes banques, etc.

    Vous avez compris : les marchés financiers brésiliens sont optimistes, la presse de Sao Paulo dit même qu’ils sont euphoriques.(…)

    c’est très simple : ils ont choisi leur camp. Ils espèrent la victoire de l’extrême droite. »

    Pourquoi cet amour de la part de la haute bourgeoisie brésilienne pour le militaire et son vice-président général ? Car il en est le héraut en armure étincelante, car il en incarne sa dictature en commandite directe, sans filtre et sans fard. Les milliardaires et certaines richissimes célébrités -notamment du football- se sont empressées de l’adouber.

    D’une part, il s’agit d’un candidat opposé aux libertés politiques et publiques, qui veut restaurer un ordre strict et dur sur le Brésil. A ses yeux, le développement économique -de la haute bourgeoisie, bien évidemment- est tout, tandis que les droits politiques et sociaux ne sont rien. Les marchés financiers ont ainsi trouvé en lui celui qui privatisera tout le secteur d’Etat et lâchera le plus largement possible la bride aux banques. Questionné sur les problématiques économiques, il a rétorqué aux journalistes que lui-même n’y entendait rien et qu’il accorderait toute latéralité sur cette question à Paulo Guesde. Paul Guesde, quant à lui, est un des ténors de la frange la plus libérale de l’échiquier politique brésilien. A plusieurs reprise, il a annoncé qu’il privatiserait l’intégralité des secteurs d’Etat.

    Il s’agit d’un réactionnaire des plus virulents, articulant son discours autour de la lutte contre l’avortement (voir article ici), de la mysoginie la plus crasse ;« certaines femmes ne méritent pas qu’on les viole » (à propos de Maria do Rosàrio, considérant qu’elle était trop laide pour être violée), de l’homophobie « les homosexuels sont le produit des drogues », raciste… Il a toutes les caractéristiques requise pour être l’équivalent de Trump -les contre-pouvoirs en moins- ou de Duterte aux Philippines.

    Le puissant appareil médiatique de la bourgeoisie a axé tout ses efforts sur le fait de détacher les masses populaires de la gauche, en tablant massivement sur la déception par rapport aux affaires de corruption. Dégoûtées, elles voient dans la grenouille de bénitier qu’est Jair Bolsonaro un inflexible soldat de la probité. D’autant que les souvenirs de la dictature sont fragiles dans la jeunesse.

    Jair Bolsnaro et les fractions de la bourgeoisie qu’il représente ont habilement manœuvré auprès des masses populaires. La crise économique et la crise politique du Brésil ont laissé les masses populaires déçues par la direction sociale-démocrate du PT. En surfant sur cette déception, la grande bourgeoisie côtière a joué la carte de la rhétorique populiste, des discours simplistes et réactionnaires, cajolant toutes les idées fausses au sein du peuple brésilien. Plus la situation s’est aggravée pour les masses, après le coup d’Etat de Temer, plus le discours fasciste de Bolsonaro a sonné juste aux oreilles de la population. De plus, l’acharnement judiciaire contre le PT et contre Lula, actuellement en prison, a servi de marchepied pour s’attaquer à l’intégralité des progressistes, érigés en épouvantails à l’étoile rouge.

    Une fois au pouvoir, les masses populaires du Brésil, petite bourgeoisie y compris, doivent s’attendre à une chute vertigineuse de leur niveau de vie, du fait de la captation massive de la richesse produite qui sera permise par les législations favorisant les grands propriétaires terriens, mais également les grands capitalistes.

    Cette terrible chute de niveau de vie entraînera fatalement une colère populaire, que le futur régime à promis d’écraser dans le sang, tout en instillant un climat de division au sein des masses, en autorisant, de fait, les exploités à s’entre-tuer. Son élection n’augure que des heures sombres pour les brésiliens et -surtout- les brésiliennes. Bolsonaro veut entamer une chasse aux « communistes » (en fait, tous les progressistes), réinstaurer la terrer de la dictature, y compris par la torture. Les droits des femmes, des homosexuels, des minorités sont en ligne de mire.

    D’une manière générale, la future victoire de Bolsonaro s’inscrit dans le cadre de la contre-offensive réactionnaire en Amérique Latine. L’échec des partis réformistes au pouvoir, empêtrés dans les demi-mesures face à une bourgeoisie colérique et revancharde, est malheureux, mais patent. Il illustre l’impossibilité de la transformation sociale par les urnes et par un gouvernement conciliant avec la bourgeoisie. Certains on reproché à Chavez et Maduro, par exemple, leur dureté, alors que leur situation politique était empreinte de faiblesse. La bourgeoisie ne rend jamais les armes, elle peut attendre, transiger -comme elle l’a fait en France en 1945- mais elle reprendra toujours, tant qu’elle existera, l’offensive.

    L’Unité Communiste de Lyon assure de sa solidarité les masses populaires du Brésil et les organisations révolutionnaires de ce pays. La victoire probable de Jair Bolsonaro est un coup brutal porté contre l’intérêt populaire, mais il n’est jamais, dans la grande histoire de la lutte des classes, qu’un coup temporaire. La bourgeoisie s’accroche tant qu’elle peut, mais elle ne peut renverser la roue de l’histoire. Les réactionnaires vont et viennent, mais l’esprit de combat, l’esprit de lutte, est indestructible !

  • Sur la situation en Ukraine : la position du KSRD – ICOR

    Sur la situation en Ukraine : la position du KSRD – ICOR

    La position sur la situation en Ukraine du KSRD [Conseil de Coordination du Mouvement de la Classe Ouvrière en Ukraine]

    Nous relayons ce positionnement de nos camarades membres de l’ICOR en Ukraine non comme une position de l’UCL, mais bien comme un texte d’information pour apporter autre chose comme point de vue que celui qui filtre au travers des agences pro-occidentales ou des relais de Moscou. Nous pensons que les marxistes-léninistes d’Ukraine sont plus que légitimes pour apporter leur pierre à la réflexion des communistes en France, d’autant que leurs positions sont partagées par la Plate-Forme Marxiste-Léniniste de Russie.

    La situation en Ukraine

    L’évolution de la situation en Ukraine depuis 2014 suscite de nombreux débats. À cet égard, nous nous devions d’apporter une clarification fondamentale sur la base d’une analyse de classe.

    Le régime politique qui a existé en 2010-2013 et qui a été dirigé par l’ancien président Viktor Ianoukovitch a été caractérisé par l’autoritarisme et par une forte concentration du pouvoir dans les mains d’un groupe politique représentant la plus grande société financière et industrielle nationale appelée SCM [System Capital Management, qui est un holding intégralement détenu par un homme d’affaire nommé Rinat Akhmetov]. En fait, le régime a fait de l’Ukraine sa propriété privée. Des militants prolétaires progressistes, des journalistes, disparaissaient et mouraient d’année en année. La classe ouvrière vivait dans un climat de peur.

    L’idée de l’accord d’association avec l’UE est née dans les profondeurs du régime en 2011. Il visait principalement les profits des entreprises de SCM, de ses alliés et de sa superstructure politique. Au cours de la période 2011-2013, Kiev a mené des négociations intensives avec l’UE, plaidant publiquement en faveur du renforcement de l’indépendance vis-à-vis de la Russie et de ses intérêts. Toutefois, à partir de 2013, l’accaparement et la corruption à tous les niveaux ont conduit à des déséquilibres importants dans l’économie, que le régime de Ianoukovitch a essayé de compenser par l’augmentation de la dette extérieure. Mais le FMI et d’autres institutions du capital mondialisé ont proposé des fonds en échange de la soumission complète des intérêts du pays. La bourgeoisie nationale représentée par le SCM et ses alliés ne s’est pas montrée intéressée et a lancé des appels d’offres à l’Occident, essayant d’obtenir les conditions de négociation les plus favorables.

    Entre-temps, la situation économique s’est détériorée et, avant la signature de l’accord d’association avec le Kremlin de l’UE, Kiev s’est vu proposer une alternative : quitter l’association et se rapprocher de la Fédération de Russie, avec un prêt à faible taux d’intérêt de 15 milliards de dollars. La clique Ianoukovitch a accepté, en dépit de la massive et agressive propagande pendant 3 ans sur l’ »intégration européenne ». Malgré toutes les exhortations personnelles des dirigeants européens (dont la chancelière allemande Angela Merkel), l’accord n’a pas été signé.

    Ce renversement de tendance a été un facteur important dans l’évolution de la situation. Une partie politiquement active de la société, percevait comme positive le contenue de la propagande pro-européenne et ne pouvait accepter le refus du  » vecteur européen  » par l’élite au pouvoir. A Kiev et dans d’autres grandes villes, les  » euromaidans « , des réunions de masse et des manifestations de soutien au  » vecteur  » sont apparues et ont commencé à se développer. Ces mobilisations ont été immédiatement soutenues par les pays occidentaux sur les plans organisationnels, financiers et politiques. Ces mobilisations ont été dirigées par les forces de droite et bourgeoises  » oppositionnelles « , spéculant habilement sur la perturbation de la classe ouvrière par la politique et des crimes du clan Yanoukovitch.

    Le régime a rapidement pris des mesures fermes contre ces protestations, et, en un mois, il a perdu tout contrôle sur la situation. La manipulation habile des  » dirigeants maidanais « , associée à l’athmosphère de protestation, réelle, des masses, ont conduit à l’élargissement des protestations jusqu’au renversement du régime. Ces événements présentaient, dans leur essence, certaines caractéristiques de la révolution démocratique nationale contre la domination oligarchique des acolytes du SCM. Mais il était tout à fait prévisible et attendu que la droite et les dirigeants populistes s’emparent immédiatement du pouvoir, dans le pays désormais entre leurs mains. En 3 mois, les élections présidentielles extraordinaires ont été remportées par Petro Porochenko, l’un des plus grands  » oligarques  » nationaux, qui, quelques années auparavant seulement, ne dédaignait pas d’être ministre dans le gouvernement Ianoukovitch. Cette fois, Porochenko s’est présenté comme un combattant contre l’ancien régime, pour l’ »avenir européen du pays ».

    La Russie, vaincue localement dans la lutte pour l’Ukraine, a immédiatement réagi en fomentant une rébellion armée dans la région autonome de Crimée, soutenue par les troupes régulières russes. Il en a résulté une occupation militaire et l’annexion de facto de la Crimée a entraîné une forte détérioration des conditions de vie de sa population. De plus, en mars-avril 2014, avec l’aide de combattants pré-entraînés et d’une propagande mensongère, Moscou a pris l’initiative de se saisir des institutions publiques dans les principales villes des régions de Donetsk et de Lugansk. Ces zones ont été choisies uniquement su fait que l’l’influence administrative du régime évincé y était la plus forte, presque totale. Pour cette raison, les forces armées locales n’ont pas résisté à ceux qui se sont emparés des institutions de l’Etat.

    Dans ce contexte, les nouvelles autorités de Kiev ont décidé de lancer une  » opération antiterroriste « , l’ATO, dans le Donbass contre les rebelles pro-russes. L’ATO a rapidement rencontré une résistance organisée, bénéficiant d’un approvisionnement particulièrement important de la part de la Russie. En août 2014, l’armée régulière russe est arrivée au Donbass, principalement avec des groupes tactiques de petites dimensions, de l’ordre du bataillon. À l’automne 2014, la ligne de front s’est stabilisée. Les deux parties constituent des forces militaires structurées, les rebelles pro-russes reçoivent tout type de soutien de la Russie, et les armées locales sont commandées par des officiers de l’armée russe.

    Ainsi, nos travailleurs sont devenus victimes de la lutte entre les différents centres d’influence impérialistes. D’une part, les travailleurs de la majeure partie du pays sont exposés à la propagande officielle, détournant leur attention des problèmes sociaux urgents vers des idées nationalistes qui sont étrangères aux intérêts de classe réels de ces travailleurs. En conséquence, les sentiments de droite dans la société se sont accrus, ce qui a renforcé les forces de droite telles que le « secteur droit » [Pravyï sektor], la « liberté » [Vseukrainske ob’iednannia « Svoboda »] et autres. La  » décommunisation  » a été lancée, les symboles communistes ont été interdits. En plus des véritables escouades de volontaires, un certain nombre de  » bataillons  » oligarchiques ont été créés, financés par une grande capitale et agissant dans son intérêt, y compris les conflits commerciaux. Dans le pays, il y a des conseillers militaires de l’Occident et de ses alliés (USA, Canada, UE, Israël et autres).

    Une partie de ce processus a déclenché une recrudescence patriotique sincère parmi les masses, dirigée contre l’agression sanglante de Poutine et les régimes fantoche du Donbass. Cette augmentation s’exprime, entre autres, dans le mouvement des volontaires qui assistent les forces ukrainiennes sur la ligne de front. En outre, la guérilla populaire contre les juntes locales pro-Kremlin s’intensifie dans la partie occupée du Donbass. Malheureusement, la plupart des patriotes sincères ne voient pas l’autre côté de la question, à savoir l’impérialisme occidental et le régime de Kiev, dont la rhétorique patriotique et même anti-impérialiste est liée à ses intérêts politiques et commerciaux.

    A son tour, la classe ouvrière du Donbass et de la Crimée est soumise à la propagande impérialiste féroce du Kremlin, qui tente de créer l’illusion de l’ »autodétermination des peuples » et de la « lutte anti-fasciste ». En fait, les forces pro-moscovites utilisent des méthodes pro-fascistes qui sont typiques des dictatures militaires réactionnaires du monde entier. Les soldats de l’armée régulière de Poutine et des groupes armés locaux pro-russes apportent la mort et la destruction à notre pays et à ses travailleurs. La partie de l’Ukraine occupée par ces troupes s’est transformée en une zone d’anarchie et de peur, où règnent les bandits armés, ayant souvent un passé criminel. Les travailleurs font des grèves et protestent, mais ces actions sont durement réprimées par les juntes locales, qui licencient des centaines de manifestants. En fermant les yeux sur tout cela, la majorité des  » forces de gauche  » révisionnistes, telles que le PCU révisionniste, ainsi que des groupes volontaires et/ou trotskistes, soutiennent directement ou indirectement les actions de Moscou, y compris l’agression militaire réfléchie suivie d’une vaste campagne internationale de promotion.

    Nous, marxistes-léninistes ukrainiens, sommes fermement opposés à toute forme d’agression impérialiste dans notre pays. Nous appelons nos camarades de tous les pays à abandonner l’idée que certains impérialistes peuvent être meilleurs que d’autres. L’impérialisme, le capitalisme se traduisent toujours par la guerre et par la violence. Les aspirations des travailleurs ukrainiens ne sont pas de suivre la propagande bourgeoise, mais de lutter pour les droits réels, pour des salaires décents et une protection sociale adéquate, pour des niveaux de vie plus élevés. Et, bien sûr, ils ont le droit de vivre sans guerre, sans le rugissement des obus sous les paroles mensongères du Kremlin ou de la bourgeoisie occidentale.


    A bas les envahisseurs impérialistes !


    Vive la révolution socialiste !


    Travailleurs de tous les pays, unissez-vous !


    Le Conseil du KSRD

    Ukraine

  • Lettre ouverte aux militants et militantes de la France Insoumise.

    Lettre ouverte aux militants et militantes de la France Insoumise.

    Lettre ouverte aux militants et militantes de la France Insoumise.

    Camarades,
    Nous vous appelons ainsi, car nous pensons que c’est ce que nous sommes, malgré les fossés qui nous séparent. Nous pensons que, chacun dans notre voie, nous voulons œuvrer à un monde plus juste, égalitaire, où l’exploitation et les oppressions feront partie du passé.

    Nous ne doutons pas, pour la très large majorité d’entre vous -n’y a t’il pas toujours des opportunistes ?- de la sincérité de votre engagement, de votre volonté, de votre dévouement aux causes et aux luttes. C’est pour cette raison que nous nous adressons à vous.

    Parce que nous connaissons certains et certaines d’entre vous, parce que nous savons ce qu’ils et elles pensent. Parce que nous voulons faire ceci avant qu’il ne soit trop tard.

    Vous sentez-vous en accord avec la position que prend la France Insoumise quant au refus de signer l’appel à accueillir les réfugiés et réfugiées ? Vous sentez vous en accord avec les déclarations de Djorje Kuzmanovic à l’Obs ? Avec celles de Raquel Garrido ? Avec celles d’Adrien Quattenens ? Avec celles de Jean-Luc Mélenchon ?

    Vous retrouvez-vous dans le fait de ne pas signer l’appel des 150 personnes ? Vous souvenez-vous du moment où vous avez été consultés sur le fait d’être contre la liberté d’installation ? Nous disons bien contre, pas de ne pas avoir de position, mais bien d’être contre.

    Quand cela a-t-il eu lieu ? 

    Nous, extérieurement, avons le sentiment que vous avez été trahis par les dirigeants de ce mouvement, qui n’ont pas de considération pour vos opinions et vos avis. Que l’absence de congrès, l’absence de centralisme démocratique, que même l’absence de démocratie tout court, règne. Nous avons le sentiment que vous êtes prisonniers des éléments.

    Certes, il existe un syndrome de Stockholm dans ce cas de figure. On se persuade que les positions qui sont déclarées ne sont pas « bien dites », qu’il y a des « ambiguïtés », que les choses sont extrapolées et sorties de leur contexte.

    Nous comprenons cela. Mais nous vous demandons d’ouvrir les yeux.

    Et si vous êtes d’accord avec cette position, nous vous disons ceci :
    nous sommes dans une période ou effectivement les tensions internationales sont à leur comble et où le risque d’un conflit majeur se profile. Or, dans cette multitude de foyers qui brûlent déjà, la France possède une part de responsabilité directe. Son impérialisme, que certains s’échinent à nier, sur lesquels il n’existe pas une ligne dans l’Ere du peuple, est un incendiaire forcené, un criminel en puissance, un génocidaire assoupi d’un court sommeil.

    Parler de tarir les sources des départs sans pointer du doigt la responsabilité des monopoles, de Total, d’Areva, de Dassault, de Thalès, d’Alstom ou d’autres, cela revient à lancer des prière, des incantations. Oui, il faut les tarir. Mais quand ? Comment ?

    Pour le moment, il n’est pas possible de le faire. Or, les corps flottants dans la mer sont là, maintenant. Ils ne sont pas des hypothèses de demain, ils sont des morts d’aujourd’hui. Dire : « Nous refusons les accueillir pour ne pas encourager les départs » revient à dire « nous passons ceux qui traversent la mer en pertes et profits politiques ».

    Peut-être, si jamais un jour les dirigeants de votre mouvement sont élus, peut-être, par des incantations magiques, ils pourront mettre fin aux départs. Peut-être. Mais ils n’ont pas le pouvoir. Et la question de l’immédiateté se pose. L’Aquarius n’a pas besoin d’aide dans 4 ans. Il en a besoin maintenant.
    Il est dit que les migrants pourraient faire baisser les salaires en France en créant un dumping. Comment arrivez-vous à croire à ces sornettes ? Avec 3 454 000 chômeurs déclarés en France aujourd’hui, croire que les quelques milliers de réfugiés et de migrants vont bouleverser la situation, c’est se moquer du monde. Le travail au noir ne porte pas ce nom à cause de la couleur de la peau de ceux qui y ont recours.
    Ce sont les lois antisociales qui baissent les salaires, ce sont les plans de la grande bourgeoisie française. Ce sont ces coups de poignard qui brisent le niveau de vie des ménages, qui font réduire l’espérance de vie, qui dessinent un bien sombre avenir pour les masses. Les réfugiés, les migrants et les migrantes n’ont aucun impact là-dessus. Même au contraire !

    Dans cette version de l’histoire de France que nous, communistes, aimons, l’histoire de ses luttes et de sa classe ouvrière, les migrants, les réfugiés, les étrangers ont toujours lutté côtes-à-côtes avec les autres travailleurs. Les briseurs de grève, les syndicats jaunes, les chiens du capital, ce n’étaient pas eux, ce n’était pas elles. Même dans les heures les plus graves, derrière les fusils de la résistance, ce fut bien souvent des Espagnols, des arméniens, des italiens ou d’autres encore. .

    Nous serions des libéraux, nous, communistes, que de vouloir ouvrir les frontières aux hommes et aux femmes qui souffrent et meurent ? Mais les frontières sont déjà ouvertes pour les capitaux, les marchandises, pour les tentacules de l’impérialisme. Pour les expatriés qui quittent la France, et qui, eux, ne sont jamais vus comme des voleurs de travail. Seuls les laissés-pour-compte restent au pied de la forteresse Europe.

    Et voilà que l’UE, que ses directives, sont invoquées. Essayez, camarades, de lire le Hareng de Bismarck sans rire, sans pleurer. La France rabougrie, la France brisée et dominée par l’Allemagne… que de faussetés.

    Par une ironie des choses, nous qui haïssons le chauvinisme, traçons un portrait beaucoup plus glorieux de l’état de notre économie et de la force de notre pays que les nationalistes les plus virulents. Non, les discours pleurnicheurs n’ont pas leur place. La France, sa bourgeoisie monopolistique, son impérialisme, est forte. Elle n’est ni brisée, ni dominée par l’Allemagne, ni par l’UE, ni par les USA ou l’OTAN. Elle est une puissance militaire, économique et diplomatique. Si jamais, un jour, les traités européens brimeraient les interêts de ses classes dominantes, elles les écarteraient d’un revers de la main.

    Non, la France n’est pas menacée. Elle écrase. Elle domine. Elle dicte sa loi par le Franc CFA, par son armée qui occupe et pille l’Afrique.

    Non, il n’existe pas de raisons pour justifier de laisser les réfugiés mourir dehors. Pour ne pas les accueillir, pour ne pas qu’ils s’installent pleinement, jusqu’à ce qu’ils aient envie, s’ils le désirent, de rentrer chez eux, une fois la tempête passée.

    Il n’existe pas de raisons objectives, juste des excuses. Juste l’idée que le rejet de l’accueil des migrants est un vox populi qu’il faut écouter, qu’il faut intégrer dans le programme, pour refléter les désirs de celui-ci.

    Or, c’est le moment où cette intégration des idées fausses se met à primer sur le contenu idéologique, sur la solidarité entre les opprimés et les exploités, c’est ce moment où l’opportunisme devient le maître absolu que la ligne rouge est franchie.

    Et, en voulant coller aux désirs réactionnaires qui peuvent exister dans les masses, parce qu’elles sont intoxiquées par la propagande bourgeoise, en ne portant plus la lance de lutte idéologique, vous perdrez tout.

    Vous perdrez tout, car, en chassant sur les terres de l’extrême-droite, vous ne serez jamais qu’une version light. Qu’un ersatz. Vous ne gagnerez pas de suffrages. Pire, en légitimant les pensées réactionnaires, en ouvrant les vannes du barrage aux idées nauséabondes, vous les avalisez, vous les adoubez. Vous adoubez la divison dans le camp du peuple. Vous ouvrez la voie aux thèses pogromistes.

    Vous perdrez tout, parce que ceux qui sont sincères vous fuiront. Ils vous isoleront, vous jetteront aux poubelles de l’histoire. Vous serez seuls, méprisés et haïs.

    Il n’est pas encore trop tard. Il est possible de dénoncer cette ligne, de dénoncer le coup d’état que la direction de LFI a opéré sur des militants et des militantes honnêtes et sincères. Il n’est pas trop tard pour serrer les rangs contre l’extrême-droite et soutenir nos frères et nos sœurs, qui meurent en fuyant les guerres que notre bourgeoisie allume.

  • La vague réactionnaire déferle aussi en Amérique Latine !

    La vague réactionnaire déferle aussi en Amérique Latine !

    Il n’y a pas qu’en Europe que la réaction, le fascisme, gangrènent de plus en plus les sociétés. En Amérique Latine, l’un des prés carrés de l’impérialisme US, les idées rétrogrades se développent également.

    La misère volontairement entretenue par les Etats-Unis, couplée à l’échec du réformisme, ont mené à une caporalisation, et à une droitisation de la région, notamment au Brésil.

    Depuis le coup d’état de la droite réactionnaire, menée par Michel Temer, et représentant les intérêts de la bourgeoisie compradore, contre le gouvernement social-démocrate de Dilma Roussef, le Brésil bascule, jour après jour, dans la réaction la plus crasse. Après s’être assurée de museler l’opposition, cette bourgeoisie compradore a présenté un sinistre personnage à l’élection présidentielle à venir : Jair Bolsonaro.

    Ancien capitaine de l’armée de terre, nostalgique affiché de l’ancienne dictature militaire, ses prises de positions lui assurent le soutien d’une partie de l’armée, des évangélistes, et de la petite bourgeoisie réactionnaire. En revanche, ce personnage connaît un large rejet au sein des classes populaires, rejet qui s’est traduit par une tentative d’assassinat par arme blanche, de la part d’un militant de gauche.

    Réactionnaire, misogyne et homophobe, son ascension laisse penser à une trumpisation du Brésil. Une réaction qui ne fera que placer davantage le pays dans l’orbite de Washington, en entretenant la misère, le racisme, l’homophobie et le sexisme au sein de la population. Une réaction qui s’est déjà fait un lit au Brésil, plus récemment avec le projet de loi visant à interdire l’avortement. Déjà autorisé sous de multiples conditions discriminantes (viol, risque élevé pour la vie de la mère, avec obligation d’examens médicaux coûteux, et de témoignages), ce droit déjà difficile d’accès passera tout simplement à la trappe. Les attaques contre les droits des femmes témoignent toujours du degré de caporalisation d’une société !

    La vague réactionnaire déferle, soyons son barrage ! Ce samedi 29 septembre, à l’appel des femmes brésiliennes vivant à Lyon, un rassemblement se tiendra place de l’Hotel de ville à 15h. L’Unité communiste de Lyon appel à rejoindre se rassemblement, au nom de la solidarité internationaliste contre le capitalisme et les maux qu’il génère : le fascisme, et l’impérialisme.

    Toutes et tous ensembles, ELE NAO !

  • Une nouvelle année de lutte dans les universités !

    Une nouvelle année de lutte dans les universités !

    Une nouvelle année de lutte !

    L’an passé a été sous le signe de la lutte contre les réformes du secondaires et du supérieur.

    La machine infernale Parcoursup, loin de connaître des ratés, a fonctionné au delà des rêves de ses créateurs ! Elle a fourni un contingent d’élèves à recruter pour les écoles et les université. Le reste, l’immense reste, n’a pas été jugé nécessaire. Il est donc rejeté.

    La nouvelle organisation du bac est un coup mortel donné aux lycées et à la valeur des diplômes qu’ils délivrent.

    Dans les universités, la fin des compensations annuelles, la mise en place de modalités d’examen, la réduction des effectifs placent les étudiants et les étudiantes, principalement les plus vulnérables et les plus précaires, dans des situations intenables.

    La privatisation progressive de l’université en menace son fondement même, tandis que les investisseurs privés vont pouvoir régner en maîtres, au travers de présidents d’universités dotés des pleins pouvoirs.

    D’où viennent les privatisations ?

    Les accords de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) demandent aux signataires d’ouvrir à la concurrence le marché de l’éducation. Cette ouverture intéresse beaucoup d’investisseurs de d’entreprises, qui sont intéressés par plusieurs choses :

    Mettre sous tutelle la recherche -TOTAL ou Areva finançant ainsi la recherche sur leur nouveaux moyens de détection des gisements, mais également les études sur l’impact écologique de celles-ci, par exemple.

    Faire des étudiants une main d’oeuvre correspondant à leurs besoins en terme de recrutement, qui, de plus, paie elle-même sa formation. Les investisseurs ne sont pas stupides, ils réfléchissent en termes de retours sur investissements. Une filière non rentable est liquidée

    Mais ce n’est pas tout !

    Les annonces du Cap 2022 vont aggraver encore les choses.

    Les lycées et les universités seront en autonomie budgétaire, avec comme objectif le maximum d’économies. Les proviseurs et présidents d’universités seront même récompensés s’ils sont avares. De la copie d’examen au voyage scolaire, tout sera rationalisé à outrance.

    Les frais d’inscriptions sont laissé au choix de la président. Aujourd’hui, 90€ en moyenne est payé comme « contribution à la vie étudiante », demain ce chiffre pourra être multiplié par dix, par cent. Bienvenue dans l’université à 9000€ l’année.

    Les services de la vie étudiante et lycéenne seront externalisés : cela signifie poliment « privatisés ». Ce sont des marchés captifs, dans lesquels Sodexo ou Elior se tailleront des monopoles. Serrez-vous la ceinture !

    Les bourses du CROUS, déjà faibles, doivent être remplacées par des prêts bancaires. Cela créé du PIB et permet aux généreux prêteurs de s’assurer des rentes sur le dos des étudiants et étudiantes. La fac à l’américaine arrive, avec une entrée dans la vie active à -100 000 €.

    Le Benchmarking des universités : tout comme les hôpitaux, les universités seront notés. Des agences de notation évalueront la valeur de leurs services. Une licence, un master n’aura juridiquement plus la même valeur selon les universités.

    Le danger est général:

    Les diplômes décernés par ces futures université seront des diplômes qui ne seront plus qualifiants mais basés sur des compétences. Cela signifie qu’ils ne donneront pas le droit à un statut garanti par la loi ou par les conventions collectives. Un étudiant sortant de Master 2 demain pourra être embauché avec le salaire d’un personnel non-qualifié. Non seulement cela tire les salaires vers le bas pour cette future génération, mais également pour ceux qui sont sortis avant, mis en concurrence avec une main d’oeuvre servile -la loi Travail le permet. Il s’agit d’une attaque voilée contre les salaires qui frappera tout le monde sans exception.

    Se battre !

    Seule la lutte paie ! : les réformes d’aujourd’hui ne sont pas nouvelles. Elles sont dans les cartons depuis plusieurs dizaines d’années (2005 pour l’autonomie des lycées par exemple). Si elles n’ont pas été appliquées plus tôt, c’est uniquement grâce à la mobilisation, la lutte, les grèves des enseignants et enseignantes, des personnels et des étudiants et étudiantes ! Aujourd’hui, le gouvernement kamikaze de Macron veut attaquer de nouveau. Il faut se défendre !

    Partout en France, des assemblées générales on lieu. Elles rassemblent de plus en plus d’étudiants, d’étudiantes, mais aussi de membres de la communauté pédagogique et de membres du personnel. Ces assemblées générales sont le ferment de la lutte !

    Les enseignants du secondaire, que cela soit le général et le professionnel, se mobilisent pour défendre l’avenir des lycéens et des lycéennes, qui sont en première ligne dans ces réformes.

    Que faire ?

    L’Unité Communiste de Lyon appelle les étudiants et les étudiantes à rejoindre et soutenir les syndicats de lutte présents dans l’université. Non seulement ils luttent contre les réformes qui menacent vos droits, mais ils ne se limitent pas à des actions d’éclat. Leur travail tout au long de l’année est essentiel pour aider à recenser les problèmes, à les régler et à faire respecter les droits.

    Les Assemblées Générales sont des instances d’informations, de mobilisation, mais surtout sont des instances démocratiques de la lutte. Elles les lieux de débat tant sur le contenu des réformes que les lieux de décision de la forme et des modalités de la lutte. L’Unité Communiste de Lyon appelle à rejoindre celles organisées par les syndicats de lutte.

    Ici, à Lyon, la lutte doit prendre corps !

    L’université ou le lycée d’hier ne sont pas parfaits. Ces établissements sont des machines qui reproduisent les inégalités sociales. Etudiant ou étudiante salariée, issus de milieux populaires, en difficulté… Les chances sont loin d’être les même pour tous ! Mais il ne faut pas céder d’un pied, car chaque réforme aggrave cette situation.

    L’Unité Communiste de Lyon considère que la lutte syndicale est nécessaire et vitale en tant que lutte défensive. Mais elle considère aussi que seul l’organisation politique peut permettre de porter le combat plus loin.

    Seul l’organisation politique peut forger l’outil nécessaire, un outil révolutionnaire, pour mettre fin de manière plein et entière à l’inégalité dans l’éducation comme dans toute la société. Que seul cette lutte révolutionnaire peut mettre fin à une société basée, sur l’exploitation capitaliste, l’aliénation du travail, sur l’oppression.

    Pour une éducation Gratuite, Critique et Populaire !

  • La fin du numerus clausus ?

    La fin du numerus clausus ?

    Le gouvernement aurait-il perdu tout sens de classe ?

    Dans leur croisade pour libéraliser les différents secteurs, Emmanuel Macron et Édouard Philippe viennent à s’en prendre au numerus clausus qui cadenasse les facultés de médecine depuis des années.

    Macron, le 18 septembre, a ainsi déclaré : « On veut sortir de la situation actuelle » où des jeunes « passent de « lycéen brillant » à « étudiant brillant ayant échoué au concours ». Nous sommes en droit de penser que la barrière arbitraire sauterait donc.

    Dans un sens, on ne pourrait que s’en réjouir.

    Nous l’écrivions dans notre brochure 2022, Cap Catastrophe :

    Héritiers du fonctionnement en corporation -l’ordre des médecins est une survivance de Vichy- les médecins sont les grands défenseurs du numerus clausus, qui permet entretenir la rareté de leurs activités, leur garantissant ainsi des revenus considérables, au mépris des patients. Il s’agit d’ailleurs d’une corporation que la grande bourgeoisie soutient, malgré ses hypocrites vœux de libéralisme.

    Une libéralisation permettrait à plus de jeunes de devenir médecins, spécialistes, donc de populariser la fonction, et, mécaniquement, de faire baisser les prix, en particulière les honteux dépassement d’honoraires, enveloppes glissées sous la table, coupes-files payants pour ne pas être laissé sur une liste d’attente qui paraît infinie.

    Cela serait l’attitude d’un gouvernement authentiquement libéral, celui d’un gouvernement marqué par une idéologie de la concurrence, qui laisserait libre court à la loi du marché.

    Seulement, c’est une erreur de croire cela. C’est une erreur de croire que le gouvernement est idéologiquement libéral, que, par doctrine, il s’attaque aux résidus de corporations. Libéralisme et protectionnisme, n’en déplaise aux naïfs qui les croient séparés, ne sont pas des stratégies pour les gouvernements au service de la bourgeoisie, mais bien des tactiques. Parfois, la grande-bourgeoisie s’appuie sur l’un, parfois sur l’autre en fonction des nécessités du temps.

    Ce qui caractérise la nature du gouvernement, c’est sa nature de classe, c’est le fait qu’il est au service d’une classe sociale. Son rôle est de correspondre aux désirs de celle-ci. Certes il existe des fractions en concurrence les unes envers les autres, mais dans l’ensemble, aucune n’a d’intérêt dans le fait de liquider cette corporation, de l’amenuiser, de la briser.

    Les annonces de façade laissent penser pourtant que c’est bien ce qui se produit, mais les détails trahissent le tableau.

    Dans l’abominable Cap 2022, plusieurs éléments font référence aux projets concernant les médecins.

    « développer la délégation de compétences aujourd’hui exercées par les médecins (par exemple les métiers d’infirmier en pratique avancée), en s’inspirant des exemples européens et internationaux réussis. Par exemple, certaines vaccinations ou le suivi de patients malades chroniques pourraient être assurés par des infirmiers. »

    Chose confirmé par la phrase énigmatique de Macron, prononcée le 18 septembre : « Nous allons créer des assistants médicaux. Ces personnels de santé accompagneront et déchargeront les médecins d’actes médicaux simples. Les premiers arriveront dès 2019 dans les quartiers prioritaires. »

    « ces professionnels qui aideront nos médecins dans les prochaines années… 15 à 20% de temps médical pourrait être gagné. 4000 assistants médicaux pourraient être financés dans un premier temps mais ce chiffre pourrait s’accroître si le besoin est là… »

    Certains, narquois, se sont exclamés que Macron inventait les infirmiers, mais non. Il s’agit là d’une création d’un corps intermédiaire, qui sera certainement constitué des nombreux candidats et candidates à la faculté de médecine, ceux dont il est dit qu’ils ne doivent pas s’enfermer dans un seul métier. La sélection se fera sous une autre forme.

    Ce corps intermédiaire serait un prestataire de service qui s’intercalerait entre les infirmiers et infirmières et les médecins, permettant a ces derniers de continuer de bénéficier d’un train de vie appréciable, tandis que les premiers et premières seraient davantage prolétarisés.

    La grande majorité des organisation d’infirmiers et d’infirmières ont dénoncé cette annonce en trompe l’œil, laquelle fait mine de répondre aux besoins de la santé, mais, en vérité, contribue à aggraver la situation.

    D’une manière générale, la stratégie gouvernementale visant a assécher les finances de ce secteur et à y faire entrer de plain-pied la question de la rentabilité, il ne saurait y avoir de solution à l’horizon.

    Nous ne serions pas hostiles, fondamentalement, à la suppression du numerus clausus si celle-ci n’était pas un miroir aux alouettes. L’existence de ce système illustre parfaitement le caractère pourrissant du capitalisme, qui brise et brime les aspirations populaires à l’entraide, au fait de vouloir se soutenir, au fait de vouloir pratiquer la médecine non par crapulerie, mais bien par un profond désir de solidarité. Ironiquement, Cuba est nettement plus libérale que la France en terme de médecine, ce qui fait qu’elle possède le record de médecins par habitants, cela révèle bien qu’un frein artificiel est mis en place. Nous voyons bien là que même sans l’appât du gain, les salles de classes sont remplies.

    Nous sommes favorables à une médecine accessible à tous, à toutes, avec comme stimulant premier dans la recherche l’émulation socialiste. Au lieu de cela, les projets gouvernementaux, les projets de la bourgeoisie tirent en arrière le niveau de vie et l’état de santé.

    5 milliards d’économie sont ciblés par Cap 2022. Comment vont-elles se traduire ? Combien de morts ? Combien de mal-soignés ? Combien de suicides au travail ?

    Les attaques de Cap 2022 sont là, combattons-les !

  • Solidarité avec les travailleurs de l’usine Jiashi – Shenzen !

    Solidarité avec les travailleurs de l’usine Jiashi – Shenzen !

    Les fondateurs de syndicats arrêtés et torturés en Chine demandent votre soutien !

    Par l’observatoire du travail en Chine, Jiashi, le 13 aout 2018.

    Chers amis,

    Nous sommes un groupe chinois d’extrême-gauche se concentrant principalement sur les mouvements des travailleurs en Chine continentale et nous sommes face à une situation dont nous devons vous informer. Plus de 30 travailleurs et étudiants, incluant des fondateurs de syndicats, les membres de leur famille et leurs soutiens sont détenus depuis le 27 juillet et nous vous envoyons se rapport à propos de leur lutte. Pourriez-vous, s’il vous plaît, le transmettre à vos médias et encourager vos amis à disséminer ces nouvelles ? Merci d’avance !

    Shenzhen Jiashi Technology Company Ltd, est une compagnie listée parmi celles qui imposent à leurs employés des heures supplémentaires, des amendes illégales, une demi-journée de repos par mois -où les employés sont forcés de faire du jogging avec leur patron. Elle ne paie pas les fonds d’aide au logement pour les employés et révèle des informations sur les syndicalistes aux autres entreprises pour pratiquer un blacklisting envers eux.

    [NdT : le système syndical chinois de la Chine révisionniste a opté pour une organisation syndicale à l’image de celle que défendait Trotski contre Lénine et Staline. Des syndicats qui sont directement sous la commande du Parti et, donc, de fait, de la bourgeoisie locale. Elles ont leurs ramification et leurs comités de districts, mais aussi de « rues »]

    En mai 2018, plusieurs représentants du personnel se sont rendus au siège du syndicat « officiel » du district avec une lettre commune de la part des travailleurs de Jiashi, se plaignant des pratiques illégales de l’entreprise et espérant qu’ils pourraient organiser leur propre section syndicale dans l’entreprise. Le vice-président de Fédération des Syndicats du District avait alors déclaré que les syndicats pourraient s’organiser par eux-mêmes. Le 7 juin 2018, ces employés ont alors soumis une demande pour organiser leur section syndicale à la Fédération du District et à ses sous-sections de rue. Les officiels ont déclarés que les représentants du personnel pourraient recruter par eux-mêmes leurs propres adhérents. Sous la direction du District, les représentants ont préparé un « questionnaire sur la volonté de rejoindre le syndicat de Jiashi » et 89 employés ont signé pour le rejoindre. Cependant, le 12 juillet 2018, le vice-président du District et quatre autres représentants officiels, conjointement avec le député-manager général et les managers du département ont blâmé le représentant du personnel Mi Jiuping. Le vice-président du District, qui avait approuvé la demande un mois auparavant, a soudain viré de bord et s’est montré hostile. Il a déclaré qu’il était illégal pour les travailleurs de Jihashi d’établir un syndicat.

    Le 16 juillet, Liu Penghua, un autre représentant des travailleurs, a été muté de manière délibérée dans un autre site, sans la moindre raison. Il y a été battu immédiatement par deux hommes non-identifiés, lesquels ont pu quitter par la suite le site sans la moindre intervention ! Les travailleurs ont appelé la police, laquelle a ignoré les blessures de Liu Penghua et lui ont, a la place, demandé de négocier avec l’entreprise. Liu Penghua a été détenu par la police pendant 12 heures, avec ses camarades l’attendant devant le poste de police et le soutenant.

    Le 18 juillet, le représentant Mi Jiuping a également été chargé d’une tâche étrange par l’usine. Le chef de section du syndicat, Xie, a demandé a Mi d’écrire une déclaration selon laquelle la tentative de création du syndicat n’était nullement en relation avec le District. Mi a refusé fermement. L’après-midi, Mi a reçu un ordre de transfert de son poste de travail, lequel prenait effet immédiatement. Alors que Mi avait exprimé son désaccord avec cette soudaine décision, l’usine ordonnait aux gardes de sécurité de le jeter en dehors de celle-ci. Un collègue, Yao a également été menacé et frappé par le superviseur, alors qu’il essayait d’aider Mi. Dans la soirée, Mi et Yao ont été illégalement renvoyés.

    Le 20 juillet, Mi Jiuping et Liu Penghua sont arrivés à l’usine à 7h40 du matin et ont voulu travailler normalement, mais ont été agressivement bloqués par les gardes de la sécurité et refoulés de l’usine. Aux alentours de 10h30, des officiers de police sont arrivés et ont frappé de nouveau Mi et Liu, tout en laissant les gardes, qui étaient les agresseurs, partir.

    Plus de 20 collègues travailleurs sont arrivés au commissariat pour réclamer leur libération et ont été traînés dans le poste de police par un groupe d’officiers lourdement armés, avant d’être passés à tabac et détenus pendant 24h.

    Le 26 juillet, plusieurs travailleurs ont été battus par les gardes de sécurité de l’usine une nouvelle fois. Ils ont été dépouillés de leurs téléphones portables, dans lesquels ils auraient pu enregistrer des preuves des actions illégales de la compagnie, selon les managers. A son arrivée, la police a averti les travailleurs qu’ils devaient obéir aux ordres, laissant les agresseurs impunis une nouvelle fois.

    Les fondateurs du syndicat et leurs soutiens arrêtés par la police !

    Le jour suivant, l’usine de Jiashi a interdit les représentants du personnel et les autre militant pour les libertés individuelles. Elle les ont remis au commissariat de police local. Leurs collègues de travail qui sont venu demander leur libération ont été arrêtés eux-aussi. Dans la soirée, la police s’est même introduite dans les maisons des représentants du personnel Liu Penghua et Guang Hengshu et se sont saisis de leurs familles. Un total de 30 personnes, incluant les fondateurs, les familles et les soutiens ont été placés en détention.

    A la date du 13 aout 2018, ils sont toujours détenus, ce qui a attiré l’attention du pays entier. Des individus de tous vents ont écrit des lettres ouvertes aux supérieurs du poste de police de Yanziling et au gouvernement de Shenzhen, exigeant le libération immédiate des détenus et une investigation sérieuse sur les activités illégales de la compagnie de Jiashi et de la police locale.

    Nous faisons appel à la solidarité internationale pour que les autorités locales les relâchent aussi tôt que possible. Mais également pour que les camarades et amis étrangers à qui la cause des travailleurs de Chine tiennent à cœur puissent savoir que les travailleurs Chinois, avec une conscience de classe toujours plus aiguisée, ne cesseront jamais leur combat !

    Longue vie à l’internationalisme !

    Salut rouge !

    Message de solidarité aux travailleurs militants à Jiashi Technologies à Shenzen et à leurs soutiens. – ICOR

    ICOR – Principale coordinatrice – 28 aout 2018

    Chers collègues,

    En tant que coordinatrice principale de l’organisation révolutionnaire mondiale ICOR (International Coordination of Revolutionnary Parties and Organizations), rassemblant plus de 50 organisations membres sur quatre continents, je vous assure un soutien intégral pour votre lutte néscessaire. La classe ouvrière doit avoir le droit de s’organiser indépendamment dans le but de déployer toute sa force. Cela inclut le droit de former des syndicats démocratiques autonomes, comme organisations de combat.

    Vous bénéficiez d’un soutien massif de la part des étudiants et des individus progressistes en Chine et dans le monde entier, qui défendent toujours les idéaux de Mao Zedong. Les travailleurs et tous les individus progressistes, révolutionnaires, du monde entier ont les yeux tournés vers vous. Ils voient dans votre lutte le courage et la détermination. Ils le voient avec respect et solidarité. Vous avez montré que vous ne vous laissez pas intimider par la répression de la part du management de votre compagnie, de l’appareil d’État et des représentants réactionnaires du syndicat officiel.

    Nous ferons tout notre possible pour que votre lutte soit connue et organiser la solidarité !

  • Cap catastrophe 2022 : Amère conclusion.

    Cap catastrophe 2022 : Amère conclusion.

    Cap catastrophe 2022 : Amère conclusion.

    Partie 10

    Les auteurs eux-mêmes ne laissent pas grande place au mystère et à l’interprétation. Leur conclusion résume parfaitement les ambitions stratégiques de cette volée de réformes. Une nouvelle fois, ce qui revient est le fait qu’il faut responsabiliser les administrations dans leur rationalisation et dans la réduction de leurs prérogatives. Qu’il faut introduire la rentabilité comme un objectif premier et laisser les mains libres aux « managers » pour effectuer cette mission de liquidation.

    Il apparaît comme primordial le fait de compter justement sur l’avidité de ces personnages, en termes de primes et de récompenses, pour qu’ils exercent une pression maximale sur les fonctionnaires, mais également pour qu’ils entreprennent également des licenciement et des suppressions de postes.

    Sachant la pression qui va s’exercer sur ces employés auxquels ont met un revolver sur la tempe, les mauvais génies derrière ce texte ont inventé un terme fascinant : « donner du sens ».

    « Donner du sens : Faire connaître largement aux usagers, aux agents publics et à tous les acteurs concernés le sens et les objectifs de la transformation engagée ; »

    Donner du sens signifie diriger par la peur. Responsabiliser signifie menacer, accompagner signifie contraindre. Voilà le sens de cette Lingua Quintae Reipublicae pour reprendre l’expression d’Eric Hazan.

    Que ce soient l’éducation, la santé, le droit, la justice, les prisons, les administrations, les armées, le chômage… l’ensemble des secteurs est concerné par cette politique de grande envergure. Bien des gouvernements se sont essayés à cette transformation radicale du fonctionnement de l’Etat et de ses prérogatives. Beaucoup, qui fantasment sur l’Etat-Marché de Philip Bobbit, ont vulu le faire et n’y sont pas parvenus.

    Lancer cette offensive était contradictoire avec le fonctionnement habituel de la démocratie bourgeoise sous la Vème République. Le gouvernement qui aurait fait cette transformation aurait perdu les élections au profit de son opposition. Or, les vieux briscards et les vieux carriéristes ne veulent guère se mouiller.

    Le gouvernement LREM, quant à lui, est différent dans sa nature. Il est un missile balistique, un kamikaze à usage unique. Il ne fait pas de doute qu’il s’est aliéné une très large partie de la population. Mais il remplit sa mission, commanditée directement par la haute bourgeoisie, il la remplit avec un style typiquement royaliste dans le mode de fonctionnement, mettant fin aux débats parlementaires, supprimant le rôle de certaines institutions. Ce gouvernement est le premier qui peut assumer le fait de faire cette « thérapie de choc ». Nul doute qu’il essaiera.

    Nous devons nous préparer à cette lutte qui sera essentielle. Nous devons nous y préparer et comprendre qu’elle sera une lutte où la victoire est incertaine face à l’unité de volonté de la haute-bourgeoisie.

    Les luttes qui se déroulent et qui se dérouleront ces prochaines années sont d’une nature différente à celles qui ont pu avoir lieu avant la crise de 2008. Elles montrent aujourd’hui les limites de l’économisme au sens de limitation des revendication au questions du droit du travail, du salaire… etc. Elles montrent les limites des organisations syndicales, lesquelles font leur travail, mais se sont épuisés face à plus fort qu’elles, face à des gens qui sont prêts à tenir le bras de fer jusqu’au bout, puisque leur pertes financières sont virtuelles. Elles montrent l’inanité du mot d’ordre de grève générale économique, pour ces mêmes raisons. La bourgeoisie est prête à relever le gant du défi.

    Elles montrent les limites de la démocraties bourgeoise, de la sociale-démocratie qui collabore sans cesse avec la bourgeoisie, qui cherche des moyen-termes là où il n’y a que l’antagonisme.

    La lutte qui se prépare, tout comme la situation politique générale montre la nécessité d’une organisation politique de combat, d’une organisation communiste. Elle montre également la nécessité d’un front politique contre l’offensive de la bourgeoisie. D’un front politique qui puisse mener une lutte extra-parlementaire, dans tous les secteurs, dans tous les compartiments de la société. Qui pose la question de la dictature de la bourgeoisie, qui pose la question de la démocratie populaire et qui la revendique comme étant légitime.

    Informons-nous, formons-nous, organisons-nous et battons-nous !