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  • Solidarité internationale avec la lutte des Gilets Jaunes – Déclaration de l’ICOR

    Solidarité internationale avec la lutte des Gilets Jaunes – Déclaration de l’ICOR

    Solidarité internationale avec la lutte des Gilets Jaunes

    International Coordination of Revolutionary Parties & Organizations (ICOR)
    European Continental Committee

     

    L’ICOR salue la lutte menée par les travailleurs et les travailleuses et par les masses populaires de France contre la vie chère, contre la destruction de leurs droits sociaux, contre la rapacité des exploiteurs. Les images de Champs-Elysées noyés de fumée, les images d’affrontement ont traversé le monde. Le monde vous regarde. Le monde à les yeux rivés sur ce qui se passe en France. Camarades, votre lutte est juste et nécessaire !

    • Il est légitime de se révolter contre les taxes injustes qui vous étranglent !
    • Il est légitime de se battre pour un meilleur salaire !
    • Il est légitime de ne pas vouloir que soit détruit ce qui a été conquis par vos pères, vos mères, à la sortie de la guerre.

    Dans une France ruinée, par leur force, par leur unité, ils et elles avaient imposé à la bourgeoisie française la Sécurité Sociale, l’assurance chômage, les retraites. Dans une France, 9e puissance mondiale, prétendre que cela n’est plus possible est un mensonge honteux ! Ce que veulent les architectes de ces réformes, c’est tout vous prendre, pour qu’il ne vous reste plus que de quoi survire. Survivre pour travailler un jour de plus, pour leurs profits. C’est leur but.
    A l’appel du gouvernement Macron, la police tente d’écraser votre mouvement. Demain il demandera à la justice de se venger de vous, de venger l’affront que vous lui avez fait : refuser d’être soumis à son ordre injuste.

    Vous n’êtes pas seuls ! Sachez-le ! Dans tous les pays d’Europe, dans tous les pays du monde, les travailleurs et les travailleuses se dressent aussi contre les politiques injustes. Partout du mécontentement et la colère. Partout, les exploités réclament un nouveau monde ! Partout le peuple va connaître qu’il ne peut avoir confiance qu’en lui même pour diriger !

    Certains veulent uniquement transformer votre lutte en vote pour leurs organisations bourgeoises. Ils marchent sur vos luttes pour se hisser vers le pouvoir et pour ensuite vous asservir à leur tour. D’autres essaient d’entraîner votre colère vers la xénophobie, vers le racisme, vers la haine de vos frères et sœurs de lutte, de vos frères et sœurs de souffrance.
    Ce sont des opportunistes qui vous méprisent au fond du cœur. Ne les écoutez pas !

    Écoutez la voix de la solidarité internationale, des travailleurs et travailleuses du monde qui vous soutiennent ! Écoutez la voix de vos camarades ! Ensemble, par delà les frontières qui nous séparent, les hommes et les femmes triment sous les mêmes fardeaux.
    Nous faisons face, ensemble, à un même oppresseur !

    • En France, il prend le nom de Dassault, de Pinault, d’Arnault.
    • En Allemagne, de Albrecht, de Schwarz, de Liebherr.
    • En Russie, de Lissine, de Mordachov, de Mikhelson.

    Cet oppresseur est l’exploiteur capitaliste, le bandit impérialiste. Il se nourrit de votre sueur, verse votre sang. Il mène la guerre pour le partage du monde, dans une concurrence effrénée d’une poignée de profiteurs, d’une poignée de parasites richissimes, toujours pour agrandir leur fortune. Qu’importe que la Terre s’épuise. Qu’importe que les villes soient éventrées par les bombes. Seuls leurs taux de profit comptent. Mais les pas en arrière et les premières concessions du gouvernement Macron le montrent: celui qui se bat peut gagner! Celui qui ne se contente pas des miettes peut se battre pour le beurre, l’argent du beurre et même la crèmerie !

    Pour cette victoire, nous devons être très bien organisés avec une perspective claire. Et nous avons besoin d’un long souffle! L’ICOR s’engage pour cette organisation internationale, pour la coopération et la coordination pratiques. L’union de 54 organisations révolutionnaires de quatre continents, l’UCL et l’UPML en France inclues. Face à nos bourgeoisies nationales, face à l’occupation dans les pays dominés par l’impérialisme, chacun, nous ne formons qu’une seule ligne, qu’un seul rempart de résistance. Passons de la résistance à la contre attaque, et de la contre attaque à la victoire !

    Nous formons l’avenir du monde. Nous travaillons ! Nous produisons tout ! Nous devons décider.
    Comme le chante l’Internationale « Nous ne sommes rien…soyons tout ! »

    Dans ses statuts, l’ICOR écrit: «Les masses dans le monde ne veulent pas périr dans la barbarie capitaliste! La politique méprisante pour le genre humain du capital financier international incite l’élan révolutionnaire de l’humanité vers une société sans exploitation et oppression, sans misère, destruction de l’environnement et guerre qui offre des perspectives à la jeunesse.»

    C’est le socialisme.

    Prolétaires de tous les pays unissez-vous !
    Vive la lutte des classes contre les exploiteurs !
    Organisez la solidarité avec le mouvement en France!

     

    Signataires à la date du 14/12/2018 :

    1. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)

    2. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)

    3. MIKSZ Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise)

    4. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)

    5. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas

    6. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)

    7. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)

    8. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine

    9. MLP Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie

    10. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))

    11. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste

    12. UCL Unité Communiste Lyon

    13. Amis de l’ICOR au Portugal

  • Communiqué de presse de l’Assemblée Générale de l’Université Lumière Lyon 2 – 12 décembre 2018

    Communiqué de presse de l’Assemblée Générale de l’Université Lumière Lyon 2 – 12 décembre 2018

    Communiqué de presse faisant suite à l’Assemblée Générale des étudiant.e.s de l’Université Lumière Lyon 2 du 12 décembre 2018

    Entre temps, l’administration de l’Université Lyon 2 Lumière a annoncé une fermeture administrative. Certaines dispositions prises en assemblée générale sont donc de facto inapplicables. L’Unité Communiste de Lyon considère que les fermetures administratives sont des méthodes de démobilisation utilisés par les directions des universités pour casser les mouvements. Elles sont une politique de la terre brûlée dirigée à l’encontre des mouvements étudiants. 

     

    L’Assemblée des étudiant.e.s de l’Université Lumière Lyon 2 s’est tenue le 12 décembre 2018 sur le campus de Bron, après le succès de l’AG des étudiant.e.s et des personnels de la semaine précédente. Appelée simultanément par le Mouvement des Étudiant.e.s Étranger.e.s, Solidaires Étudiant.e.s, le Collectif des Doctorant.e.s et Non-Titulaires, le comité jeunes du Nouveau Parti Anticapitaliste 69 et l’Unité Communiste Lyon, celle-ci a réuni plus de 600 personnes (soit plus du double de l’AG du 6 décembre).

    Organisée dans la continuité de l’AG du 6 décembre 2018, celle-ci maintient l’ensemble des revendications qui y ont été défendues, à savoir :

    – L’opposition à toute augmentation des frais d’inscription à l’Université, et plus largement pour la gratuité de l’enseignement supérieur.

    – Le retrait de Parcoursup et de la loi relative à « l’Orientation et la Réussite des Étudiants », et plus généralement l’opposition à toute forme de sélection à l’Université.

    – Le retrait du « plan licence ».

    – L’augmentation des moyens alloués à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche, ainsi qu’une meilleure gestion budgétaire de l’Université (fin des dépenses inutiles, affectation prioritaire des moyens à destination des étudiant.e.s les plus défavorisé.e.s).

    – L’augmentation des bourses en nombre et en montant.

    – La facilitation des procédures d’inscription des étudiant.e.s étranger.e.s (Campus France), ainsi que la gratuité de ces dernières.

    – L’augmentation du nombre de logements publics à destination des étudiant.e.s et pour la réduction de leur coût.

    – L’adaptation du service public d’enseignement supérieur aux personnes les plus discriminées ou en difficulté (personnes LGBTI+, en situation de handicap, sans-papier.e.s…).

    – L’opposition à la répression policière des étudiant.e.s, lycéen.ne.s et personnels mobilisé.e.s, à toute intervention policière au sein et autour des campus universitaires et des lycées, et l’amnistie des personnes inculpées lors des mobilisations sociales.

    – La convergence des luttes en cours (mobilisation lycéenne, gilets jaunes, etc.).

    – La restauration de l’ISF.

    – La démission d’Emmanuel Macron.

    – Une meilleure inclusion des minorités, des personnes marginalisées et de leurs revendications.

    – La régularisation de tou.te.s les sans-papier.e.s.

    De manière à ce que le mouvement étudiant puisse perdurer dans les semaines à venir, l’Assemblée Générale des étudiant.e.s de l’Université Lumière Lyon 2 appelle à présent à la mise en place d’un comité de mobilisation.

    Considérant par ailleurs que l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant.e.s étranger.e.s extra-communautaires et la sélection à l’Université participent d’un même processus de casse du service public d’enseignement supérieur, l’AG appelle l’ensemble des personnels à rejoindre le mouvement étudiant ; en ce sens, celle-ci appelle les organisations syndicales professionnelles présentes à l’Université Lumière Lyon 2 à soutenir les étudiant.e.s en lutte et à organiser la mobilisation du personnel. Plusieurs interventions au cours de l’Assemblée Générale appellent cependant les organisations syndicales et politiques à ne pas s’approprier le mouvement.

    Parce que la lutte pour un enseignement supérieur démocratique est internationale, l’Assemblée Générale des Étudiant.e.s de l’Université Lumière Lyon 2 est solidaire avec la grève des étudiant.e.s colombien.ne.s mobilisé.e.s pour l’Université publique, gratuite et de qualité, contre le report du budget de l’enseignement supérieur vers celui de l’armée et contre la privatisation de l’ESR.

    Comme la semaine précédente, l’Assemblée Générale appelle l’ensemble des membres de la communauté universitaire à rejoindre les mobilisations sociales suivantes :

    – La manifestation lycéenne et étudiante organisée le jeudi 13 décembre 2018 au départ de la place Jean Macé à 9h30. L’Assemblée Générale rappelle par ailleurs qu’à l’occasion de cette manifestation s’organisera un Pink Bloc en non-mixité sans hommes cisgenres hétéros.

    – L’Assemblée Générale lycéenne et étudiante organisée le même jour à 11h30 à la Bourse du Travail à l’issue de la manifestation précédemment citée.

    – Le rassemblement organisé le 14 décembre 2018 à 10h dans la cour centrale du campus Berges du Rhône en protestation à l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant.e.s étranger.e.s extra-communautaires.

    – La manifestation interprofessionnelle et intersyndicale organisée le 14 décembre 2018 au départ de la place Jean Macé à11h30 pour l’augmentation du SMIC et des minima sociaux, le rétablissement de l’ISF et la convergence des luttes.

    – La manifestation organisée le 18 décembre 2018 au départ de la place de la République à 18h à l’occasion de la Journée Internationale des Migrant.e.s.

    Un blocage des deux campus (PDA et BDR) de l’Université Lumière Lyon 2 est appelé par l’AG le jeudi 13 décembre 2018 de manière à permettre aux étudiant.e.s comme aux membres du personnel de participer à la manifestation lycéenne et étudiante. L’AG appelle également la présidence de l’Université à banaliser les cours lors des jours de mobilisations sociales, afin de ne pas entraver l’engagement des étudiant.e.s et des personnels.

    L’Assemblée Générale des étudiant.e.s de l’Université Lumière Lyon 2

  • Le mouvement des Gilets Jaunes : Les désirs de l’extrême-droite. -Partie 3-

    Le mouvement des Gilets Jaunes : Les désirs de l’extrême-droite. -Partie 3-

    Les désirs de l’extrême-droite.

    Partie 3

    La présence de l’extrême-droite dans le mouvement des gilets jaunes remonte à très tôt. Dès les premières annonces de mobilisation sur les réseaux sociaux, de nombreuses pages douteuses ou conspirationnistes ont relayé les appels. Il s’agit d’un modus operandi classique de l’extrême-droite, laquelle n’aime guère les mobilisations traditionnelles où elle ne trouve pas de place pour s’exprimer.

    En revanche, elle se nourrit d’appels informes, de rumeurs, de canulars. Les « jours de colère », les retraits des enfants de l’école…Etc. Les exemples récents ne manquent pas. Et ils ont, jusqu’à présent, toujours été des échecs considérables.

    Dans le cas des « Gilets Jaunes », les fascistes ont eu un flair certain. Il est important de leur reconnaître cela, leur intervention était nettement plus efficace que celle des forces progressistes. Celles-ci -nous y compris- avaient sous-estimés la possibilité de succès de la journée du 7 novembre. Seul Mélenchon et LFI avaient pris une position mi-soutien mi-critique, qui laissait en fait toute latéralité d’action à ses militants et militantes.

    Cette présence de l’extrême-droite, Jeunesse Identitaire, Bastion Social, Rassemblement National…etc. a eu un effet de repoussoir important sur bon nombre de militants et militantes progressistes et révolutionnaires. Cependant, il est notable que les cartes étaient déjà sur table avant l’irruption des réactionnaires. Cette présence n’a été utilisée que pour confirmer une position pré-établie.

    Il est vrai qu’il existe -ou a existé- une certaine primauté politico-culturelle imposée par l’extrême-droite. Celle-ci est le miroir de sa percée dans l’imaginaire populaire. L’image du rebelle, du dissident, du révolté a été captée par les réactionnaires et les fascistes. La révolte contre le monde moderne, contre les élites mondialisées ou d’autres sornettes qui ne résistent pas à un examen sérieux. Mais elles impactent durablement l’imaginaire collectif.

    Cependant, avant toute chose, il importe de clarifier des points essentiels. Nous, militants, politisés, marqués par une tradition anti-impérialiste, antifasciste, nous n’avons pas la même perception des symboles que la très large majorité des individus. Voir les Gilets Jaunes chanter la Marseillaise et brandir le drapeau français peut être perçu comme négatif, comme réactionnaire, par rapport à notre propre référentiel culturel. Pourtant, cela ne signifie pas que la personne qui le chante ou qui brandit ce drapeau se perçoit lui-même comme un fasciste, comme un impérialiste ou autre. Ne pas comprendre cela revient à s’exposer à un isolement complet et à rester dans « notre marginalité » pour reprendre la formulation de l’article de Rebellyon.

    Face à ces pratiques, pourquoi se positionner ? Nous considérons que le drapeau français n’est pas un symbole de ralliement, tout comme la Marseillaise. Se sont les symboles de la République bourgeoise et impérialiste. Les empoigner reviendrait à les considérer comme étant légitimes, comme pouvant représenter quelque chose de positif. Cela reviendrait à conforter l’association qui existe dans l’esprit d’une très grande partie de la population entre les intérêts de l’Etat (ceux de la bourgeoisie) et les intérêts du peuple (lutter contre celle-ci).

    C’est pour cela que nous avons nos drapeaux et nos chants. C’est pour cela que nous avons nos hymnes et nos références. Pour tracer une ligne de démarcation et pour rallier autour de celle-ci.

    Comment se positionner ? Le rejet, on l’a vu plus haut, est exclu. Traiter des contradictions au sein du peuple sous l’angle de l’antagonisme, c’est se disqualifier soi-même.

    Certains, et c’est la position de Mélenchon, considèrent qu’il faut adopter nous-mêmes ces symboles et ces références. En agissant ainsi, les militants et militantes ont renoncé à faire avancer les positions politiques erronées de ceux qui les emploient. Eux ont fait le choix de sauter à pied joint dans l’association entre ce qui est du domaine du national-étatique (les intérêts de la « France ») et le national-populaire (les intérêts de la nation au sens des masses populaires qui vivent dans le territoire tenu par l’Etat français). Cette confusion entre deux conceptions antagoniques de la nation explique les positions étranges retrouvées dans les écrits de Mélenchon, où toute séparation dans la société disparaît magiquement dès que surgit la question internationale. C’est une position suiviste.

    Notre position est de défendre nos symboles et de faire le travail pour explquer pourquoi nous embrassons ceux-ci et non pas ceux de la bourgeoisie. Parce que nos intérêts de classe sont plus fort que notre prétendue unité nationale. Considérer toute personne intoxiquée par la propagande bourgeoise et réactionnaire comme perdu, c’est s’avouer déjà vaincu. Non seulement il est possible de rallier, mais il est essentiel de le faire. Le fait d’être influencé par les idées fascistes ne change pas instantanément en SS.

    Les post-modernistes croient qu’une « culture » tombant du ciel comme un faucon, ou présente dans les tréfonds de la personne, la définit du tout au tout. Ainsi,  à gauche , déjà précité, prétendument maoïste, évoque « la culture beauf » des masses. Une belle injure qui est censée caractériser une « culture » indépassable, contre laquelle ils se déclarent impuissants.

    Peu après l’élection de Macron, nous écrivions ceci :

    Un ouvrier sexiste, [politiquement] retardé, xénophobe, est le reflet des positions de son milieu, de celles de l’influence de l’idéologie bourgeoise. Cela remet-il en cause le fait qu’un travailleur, une travailleuse, n’a pas objectivement intérêt à détruire l’exploitation, à détruire la division genrée du travail, à anéantir la mise en concurrence des travailleurs ? Pour le postmoderne, oui. Il ou elle est définitivement passée dans un «côté obscur» tout aussi métaphysique que celui de l’univers de fiction dont ce concept est issu. Il ou elle est déjà un ennemi qu’il est contre productif de rallier. En refusant cela, le postmodernisme laisse le champ libre à la réaction, qui, elle, se fait un plaisir d’opérer un travail de recrutement et d’explication, sur la base de ses positions réactionnaires.

    Pour les marxistes, ces positions sont le reflet de la faiblesse de l’organisation de la classe ouvrière, de la faiblesse de l’influence des organisations communistes dans la société. Traiter un bourgeois qui tient des propos et des attitudes réactionnaires et un ouvrier qui fait de même est faux. L’un exerce objectivement une idéologie qui correspond à ses intérêts de classe, l’autre est intoxiqué.

    Soit il nous faut acter cette intoxication comme inéluctable et renoncer. Soit la combattre. Nous combattons et nous parlons à tous. Même une partie de la petite bourgeoisie en proie au déclassement se rebelle contre l’écrasement. A elle aussi, il faut parler. Nous y reviendrons.

    Il est indéniable que l’extrême-droite à su avancer ses têtes de ponts. Elle a réussi à imposer, un certain ordre du jour, un certain porte-parolat, une certaine communication. Cette influence s’est retrouvée dans des actes racistes, sexistes, homophobes… en somme dans une grande partie de l’expression du mouvement des Gilets Jaunes. A Lyon, notamment, le Bastion Social a pris la tête de certaines manifestations en tentant, derrière des slogans tels que « à bas les voleurs », d’amalgamer l’immigration avec la grande-bourgeoisie et de faire naître un « bloc national » des travailleurs avec une partie de leurs exploiteurs. Le poujadisme et le boulangisme ne sont pas encore totalement morts.

    Cependant, on ne peut que noter que la très grande prudence avec laquelle ils avancent leurs mots d’ordres réactionnaires, avec laquelle ils les camouflent, reflète le fait que leur influence n’est pas ancrée profondément. L’extrême droite procède pas insinuation, par instillation. Elle ne peut déployer ses ailes directement, car la nature du mouvement ne correspond pas à sa vision idéaliste du monde. Comment défendre la race devant un parterre métissé ? Car le mouvement des Gilets Jaunes comprend une part importante d’individus issus de l’immigration ou même d’immigrés. L’ATIK (confédération des travailleurs de Turquie en Europe) a été une des premières organisations à prendre parti pour ce mouvement. L’extrême-droite dispose de promontoires, mais ils sont fragiles !

    Nous pouvons briser cette hégémonie !

    Le dirigeant du Komintern, Dimitrov, écrivait en 1935 :

    « La décomposition très avancée du capitalisme pénètre jusqu’au cœur même de son idéologie et de sa culture, et la situation désespérée des grandes masses populaires rend certaines de leurs couches sujettes à la contagion des déchets idéologiques de cette décomposition.

    Cette force de contagion idéologique que possède le fascisme nous ne devons en aucun cas la sous-estimer.

    Nous devons, au contraire pour notre part, déployer une ample lutte idéologique sur la base d’une argumentation claire, populaire et d’une attitude juste et bien réfléchie à l’égard de la psychologie nationale particulière des masses populaires. »

    Le fascisme est une maladie. Une maladie contagieuse. Un virus. Un virus qui, comme son modèle biologique, n’est qu’une information parasitaire qui se nourrit de son hôte pour se répliquer et se répandre. Il fait travailler la cellule infectée à son propre anéantissement. Il infecte un matériel préexistant dans la cellule pour la forcer à répliquer ses germes.

    Le fascisme fonctionne exactement de la même manière. Il utilise tout ce qu’il peut dans l’imaginaire, dans l’histoire, dans la mémoire des populations pour se greffer dessus. Il escamote des pans entiers de l’histoire pour la détourner.

    Dimitrov écrivait, encore :

    « Les fascistes fouillent dans toute l’histoire de chaque peuple pour se présenter comme les héritiers et les continuateurs de tout ce qu`il y a eu de sublime et d’héroïque dans son passé, tout ce qu’il y a eu d’humiliant et d’injurieux pour les sentiments nationaux du peuple, ils s’en servent comme d’une arme contre les ennemis du fascisme. »

    Ainsi, ils font naître, avec l’aide « d’historiens » comme Deutsch, Bern, Courtois, Buisson…des mythes faux, un roman national réactionnaire, mais qui marque les masses populaires. Ce roman national possède un tel pignon sur rue qu’il infecte largement les esprits.

    Mais surtout, les fascistes jouent sur la carte de l’amour que les masses portent à leur peuple, à leurs frères et leurs sœurs. Ils l’infectent, le détournent, et en font un nationalisme bourgeois, au service des réactionnaires, des impérialistes, des exploiteurs de la planète.

    Or, là, encore, deux positions fausses sont apparues à gauche. Celle qui a tenté de rivaliser avec les fascistes sur l’ultra-nationalisme bourgeois, comme les Kuzmanovic, accompagnant et amplifiant le mouvement. L’autre est celle qu’on retrouve chez les émules français des antideutsch.

    Autant les premiers sont transparents, autant les seconds sont parfois plus énigmatiques. Le mouvement antideutsch se base sur un nihilisme national, sur une volonté de détruire toute nation et tout esprit national. Partant d’une crainte justifiée des déviations nationalistes-réactionnaires, ces militants et militantes foncent dans une négation de la question de la nation, une haine de celle-ci.

    Pourtant, indépendamment de notre volonté, les nations existent. Elles existent autour de références culturelles, de pratique culturelles, d’histoires et d’Histoire communes. Elles existent de manière matérielle et psychologique.

    Mais le fait qu’elles existent ne signifie pas, d’une part, que le droit à la séparation et à l’indépendance soit contradictoire. Comme tout, les unités se forment et se rompent. Au sein des régions sous le contrôle de l’Etat français, il existe de facto une unité, y compris dans les dominions. Cette unité correspond à un certain stade de l’affirmation de la lutte des classes tout comme des aspirations nationales sous-jacentes, contenues derrière l’impression d’unité.

    Elle n’est ni métaphysique, comme le pensent les post-modernistes, ni transcendant tout, comme le pensent les rouges-bruns.

    Comme Dimitrov l’écrivait : Les communistes, qui estiment que tout cela n’intéresse pas la cause de la classe ouvrière, qui ne font rien pour éclairer de façon juste, au point de vue historique, dans le véritable sens marxiste, léniniste-marxiste, léniniste-staliniste, les masses travailleuses sur le passé de leur propre peuple, pour rattacher sa lutte actuelle à ses traditions et à son passé révolutionnaire, ces communistes abandonnent volontairement aux falsificateurs fascistes tout ce qu’il y a de précieux dans le passé historique de la nation, pour berner les masses populaires.

    Réglons nos comptes avec les « nationalistes » et les chauvins.

    Nous ne sommes pas des nihilistes nationaux. Nous aimons notre peuple. Nous aimons nos frères et nos sœurs. Nous ne supportons pas leur misère, nous ne supportons pas leur destin d’esclave que leur réserve le capitalisme.

    Les fascistes, également, prétendent être rempli du même amour. Ils disent entendre la colère des exploités, des opprimés, et vouloir les libérer de leurs chaînes. Les fascistes se prétendent du côté du peuple et vouloir le défendre.

    Mais qui désignent-ils comme ennemi ? De pauvres hères sans le sou. Des réfugiés fuyant les guerres, la misère et la mort. D’autres bourgeoisies, d’autres impérialismes. L’OTAN, l’UE…toutes ces choses qui asserviraient notre peuple. Ils visent tout, sauf les véritables responsables des misères de celui-ci !

    Nous, nous sommes rationnels. Nous ciblons en premier lieu le premier bourreau de notre peuple, le premier à causer ses misères. Et celui-ci n’est pas à Washington, à Rabat, à Moscou, il est ici même. Celui qui baisse les salaires, qui casse les droits sociaux, qui exploite la sueur et le sang de nos frères et sœur. C’est notre propre bourgeoisie, notre propre impérialisme et ses chefs « bien de chez nous », issu de notre terroir. Ce sont eux les ennemis du peuple.

    En réalité, les fascistes ne veulent que souder la Nation autour de sa bourgeoisie, de son impérialisme, la livrant aux sacrifices, sur l’autel de la grandeur « du pays ». En réalité, ce qu’ils désirent, c’est livrer la guerre, livrer l’agression, pour plaire à leurs maîtres.

    Ils anesthésient les masses populaires pour leur faire croire que l’ennemi premier, le bourreau, est l’autre. Ils les livrent pieds et poing liés à leurs oppresseurs, prêts à les muer en chair à canon. Ce ne sont pas des « patriotes », ce sont des ennemis. Ce ne sont pas des « nationalistes », ce sont des esclavagistes !

    Nous sommes internationalistes d’une part par solidarité humaine, de l’autre parce que contre ces bourreaux qui saignent la planète, nous sommes plus fort ensemble. Toutes les masses populaires du monde unies contre leurs ennemis de classe, contre leurs oppresseurs.

    La seule clé de notre libération à chacun, à chacune, est au travers de la libération de toutes et tous !

    En plaisantant, nous pourrions dire que nous sommes plus « nationalistes » qu’eux. Car ils ne travaillent jamais pour rassembler les masses populaires dans le combat contre leurs bourreaux, au contraire. Ce sont eux qui brisent l’unité populaire, en instillant la division.

    Malgré le fait qu’ils possèdent encore des bribes d’hégémonie, à l’heure actuelle, il est tout à fait possible de combattre leurs discours et leurs positions. En particulier si nous créons le cadre du débat de fond, car elles sont fondamentalement anti-populaires et anti-ouvrières. Il faut se faire à l’idée que, comme dans les années 30, l’extrême-droite puisse tenter d’intervenir dans les mouvements de masses et de contester la direction aux organisations politiques et syndicales progressistes, prenant appui sur la propagande bourgeoise. Il est important, là, de savoir comment les combattre, non seulement dans la rue mais également dans l’expression politique envers les masses. Renoncer à mener cette lutte contre les idées réactionnaires est une capitulation en rase campagne.

    Les rêves humides de l’extrême-droite ne se concrétiseront pas de sitôt. Au Brésil, Bolsonaro s’était fait connaître pour son opposition véhémente à certaines taxes frappant les classes populaires. C’est ainsi qu’il a gagné une base d’appui parmi ceux et celles qui souffriront pourtant de sa politique. Le mouvement des 5 étoiles en Italie ou les populistes ont également surfé sur le rejet du « système » pour avancer leurs positions. Mais ce n’est pas le point central de la bataille du pouvoir.

    L’extrême-droite ne gagne pas le pouvoir, elle y est appelée. Elle y est appelée pour écraser les mobilisations et les luttes. Pour les détourner et les engouffrer dans des impasses. Lorsque les fascistes soufflent sur les braises de la contestation et de la colère, c’est uniquement dans le but d’être ceux qui soumettront cette colère à une chape de plomb, ou qui la déverseront vers des boucs émissaires.

    Mussolini, nommé pour liquider les grèves. Hitler, pour exterminer le KPD. Franco, contre la République…Toujours, les fascistes se sont hissés sur des mouvements populaires pour ensuite enfermer les masses et les écraser.

    Aujourd’hui, l’extrême-droite se sent quelque peu dépassée par l’ampleur que prend le mouvement. Elle est prisonnière de sa position de conciliation entre le populisme et sa défense de la bourgeoisie, sous prétexte de priorité nationale. Sa solution est dans le mensonge pour rallier autour d’une prétendue nation transcendant la lutte des classes.

    La signature d’un « pacte » à Marrakech est leur nouveau flambeau. D’après les fascistes, la France passerait sous contrôle de l’ONU et serait sommée d’ouvrir ses frontières à un déferlement de migrants. D’un ennemi du peuple au sens social du terme, les fascistes veulent parvenir à tordre la réalité pour que Macron devienne un ennemi au sens racial.

    Pourtant le document, une fois examiné, paraît bien anodin, bien inoffensif. Il n’est pas contraignant juridiquement, il ne remet en cause aucunement la souveraineté. Macron peut encore laisser se noyer dans la mer ceux qui fuient le chaos que ses bombes causent. Notons que ce fantasme se retrouve dans de nombreuses publications -y compris chez des « communistes », sous la forme de la domination Américaine, de la liquidation des Etats au profit des Eurorégions…etc.

    Pourtant, elle « lutte », peut-on dire. Est-ce contradictoire avec sa fonction d’ennemi du peuple ? Non.

    Dimitrov donne encore une réponse :

    « Camarades, on ne saurait se faire de l’arrivée du fascisme au pouvoir l’idée simpliste et unie qu’un comité quelconque du capital financier déciderait d’instaurer à telle date la dictature fasciste.

    En réalité, le fascisme arrive ordinairement au pouvoir dans une lutte réciproque, parfois aiguë, avec les vieux partis bourgeois ou une portion déterminée d’entre eux, dans une lutte qui se mène même à l’intérieur du camp fasciste et qui en arrive parfois à des collisions armées, comme nous l’avons vu en Allemagne, en Autriche, et dans d’autres pays.

    Tout cela sans affaiblir cependant l’importance du fait qu’avant l’instauration de la dictature fasciste, les gouvernements bourgeois passent ordinairement par une série d’étapes préparatoires et prennent une série de mesures réactionnaires contribuant à l’avènement direct du fascisme.

    Quiconque ne lutte pas, au cours de ces étapes préparatoires, contre les mesures réactionnaires de la bourgeoisie et le fascisme grandissant, n’est pas en état d’entraver la victoire du fascisme, mais au contraire la facilite. »

    Les fascistes rêvent du chaos pour être appelés eux-mêmes à résoudre ce même chaos. Ils affrontent les forces de la bourgeoisie dans un challenge pour devenir celles-ci et servir mieux leurs maîtres. Ils se parent des oriflammes de la rébellion pour porter la réaction.

    Cela signifie t’il qu’il faudra alors lutter aux côtés des policiers de la bourgeoisie pour les combattre ? Non. Chaque division tactique de la bourgeoisie est une lance dirigée sur le cœur des exploités. Il ne s’agit pas de choisir entre fascisme et bourgeoisie, mais de battre les deux et de faire grandir notre camp, celui de la révolution.

    Les antifascistes jouent -ou doivent jouer- un rôle de premier plan dans cette lutte. Certains l’ont compris et se sont lancés dans la bataille. D’autres pas encore. Non seulement les organisations antifascistes ont comme rôle de défendre contre les attaques et les provocations fascistes, mais ils ont le devoir de lutte contre les conceptions fascistes. Non sous l’angle humanitaire, mais principalement sous l’angle du rôle des fascistes comme ennemis des mouvements. Comme ennemi des luttes.

    Chaque fois que les fascistes ont gagné un centimètre, ce sont les masses populaires qui l’ont payé. Chaque fois que les fascistes ont prétendu apporter un bien-être supplémentaire pour les masses, elles l’ont payé de leur chair, de leur sang, de leur vie.

    Aujourd’hui, les fascistes interviennent dans les mouvements sociaux. A nous de montrer que nous pouvons les vaincre idéologiquement !

  • Le 8 décembre, une double journée de lutte.

    Le 8 décembre, une double journée de lutte.

    Le 8 décembre, une double journée de lutte.

    Journée en vert, jaune et rouge !

    La journée du 8 décembre a été une journée de combat.

    L’Unité Communiste de Lyon – Amis de l’ICOR a défilé dans les rangs du cortège anticapitaliste. Au sein de ce cortège unitaire les membres de Unité 2 Classe, de la CGA, de Solidaire étudiant-e-s, de Sud éduc, parmi d’autres, et des individus non organisés ont scandé leur même rejet de la destruction de la planète.

    Nous regardons ce cortège comme un succès tant en termes de contenu que d’image renvoyée. Nous considérons que la nécessité d’une unité large contre les attaques que nous subissons est chaque jour plus cruciale.

    Pour l’Unité Communiste de Lyon, comme pour l’ICOR, la destruction de l’environnement est une conséquence directe de l’exploitation capitaliste. Pour les capitalistes, la planète est une marchandise qui doit être exploité sans merci et vendue au prix le plus fort. Il n’existe aucune limite à la rapacité du profit.

    Dans les têtes de ces bandits, la moindre hésitation à raser une forêt, à détruire un océan, à saccager une montagne signifierait courir le risque de voir un concurrent s’en emparer. Toute entrave est vue comme une menace directe sur leur capacité à générer des taux de profit qui attirent les investisseurs. Et cela, ils le voient comme une menace de mort. En revanche, ces mêmes criminels ne se privent pas de fustiger les masses populaires. Ils exigent des efforts. Ils exigent des sacrifices. Les masses doivent renoncer à leurs désirs pour qu’eux puissent maintenir leurs train de vie. Pire, ils font hypocritement de l’écologie un argument de vente, pour gonfler leurs prix et leurs taux de profit, tout en continuant à liquider la nature.

    Aujourd’hui, lutter pour défendre la planète, c’est lutter pour la sauvegarde de l’humanité, pour qu’elle puisse survivre. Pour nous, la solution n’est pas dans le passé. Elle est dans l’avenir. Elle est dans le contrôle de la part des prolétaires sur la production. Que celle-ci réponde aux besoins de l’humanité dans le respect des possibilités de la planète, non aux désirs des investisseurs, des banquiers, des patrons.

    Mais notre participation à la marche sur le climat, telle que nous autres et une majorité de manifestants la concevaient, est indissociable de notre participation au mouvement de masse, populaire, dont les gilets jaunes sont devenus une des emblèmes. Le cortège anticapitaliste à d’ailleurs rendu hommage aux victimes de la répression, notamment aux lycéens et lycéennes de Mantes-La-Jolie.

    Beaucoup de gilets jaunes ont participé aussi à la marche sur le climat, et inversement. C’est la seconde date de ce 8 décembre.

    Le pouvoir voulait faire croire que l’augmentation des taxes sur l’essence poursuivait un objectif de réduction des émissions de CO2, alors qu’elle ne servait en réalité qu’à boucler un budget de l’Etat grevé par les cadeaux fiscaux consentis aux riches et aux grandes entreprises. Ce même pouvoir qui exerce, contre les classes populaires, un véritable chantage à l’écologie, laisse au capital les mains libres pour réaliser des projets au coût environnemental toujours plus ruineux.

    La manœuvre du gouvernement Macron, notamment à travers son infâme ministre de l’écologie, François de Rugy, qui voulaient opposer le mouvement des gilets jaunes à la revendication écologique, a lamentablement échoué. Nous avons pu le constater aujourd’hui. Le pouvoir, au comble de la panique, devant le désaveu populaire massif, a mobilisé aujourd’hui 80 000 policiers dans toute la France, et procédé à l’arrestation de 1385 manifestants. Il a tenté d’empêcher par la force les manifestations, provoquant des affrontements de rue dans tous le pays. Beaucoup d’arrestations préventives ont été pratiquées, basées sur des intentions, fondées ou non. La paranoïa d’Etat règne.

    D’une manière générale, malgré son ampleur, la répression fut un échec. Les manifestations se sont tenues partout. À Lyon aussi, où toute manifestation avait été interdite par la préfecture de police pendant l’après-midi, elles se sont poursuivies jusqu’en début de soirée, bravant menaces, interdiction, et répression. Bravant, également, la clique de petits provocateurs d’extrême-droite qui essaient de s’infiltrer. Ceux-ci, incapables de pouvoir défendre une ligne dans le mouvement social, ne font que tenter de l’aiguiller sur des revendications réactionnaires. A la souffrance des travailleurs, ils n’offrent que des mensonges sur la race. A leur oppression, ils ne répondent que par des offres de soumission aux projets de guerre du patronat français, des milliardaires « bien de chez nous ». A l’unité des classes populaires, ils n’offrent que la division et la fragmentation.

    Dans les faits, ils se disent amis du peuple, mais ne sont que des agents inconscients ou conscients du gouvernement et du patronat. Ils sont les mercenaires zélés de la bourgeoisie, à laquelle ils livrent en offrande les travailleurs.

    L’UCL se tient toujours mobilisée pour la poursuite et l’amplification de la mobilisation à Lyon.

    Comme nous le scandions aujourd’hui « Une seule ligne, un seul combat ! Un seul ennemi ; le patronat ! »

  • Le mouvement des gilets jaunes : La surestimation des difficultés. -Partie 2-

    Le mouvement des gilets jaunes : La surestimation des difficultés. -Partie 2-

    La surestimation des difficultés.

    Partie 2

    Au fur et à mesure de l’écriture de ce texte, le temps s’écoule. Les positions se décantent, et certains qui, hier, rejetaient le mouvement des Gilets Jaunes, aujourd’hui, le regardent d’une autre manière. Il s’agit de quelque chose de positif.

    La méthodologie du revirement est parfois étrange. Certains ont choisi une voie fascinante : celle de dire « notre position est restée la même, c’est le mouvement qui a changé. » En somme, plutôt que d’admettre le fait d’avoir eu tort, il est plus aisé de prétendre que le fond de l’affaire n’est plus le même. Cette position, très divertissant au demeurant, exige un commentaire :

    Nous ne sommes pas des prophètes. Le matérialisme dialectique, indépendamment de l’avis qu’on lui porte, est la seule méthode d’analyse efficace qui puisse être employée pour parvenir à établir des positions justes. Mais elle se base sur des éléments matériels, non sur des suppositions. Ce qui permet de déterminer la nature d’un mouvement, c’est son contenu de classe, sa pratique, son fond. Des fois, il arrive qu’on se trompe. Mais il est important, alors, de savoir -ne serait-ce que pour soi même- le reconnaître.

    Il n’en reste pas moins qu’il est important de comprendre quels ressorts idéologiques sous-tendent le rejet de cette mobilisation. Cette position peut se caractériser comme une « déviation de gauche » dans le sens où elle surestime la possibilité de rallier la plus grande majorité du mouvement, ou même une partie des éléments les plus avancées. Elle considère qu’il est impossible de pouvoir faire triompher une ligne politique révolutionnaire ou tout du moins progressiste au sein de celui-ci. Il faut donc d’ailleurs que ce mouvement s’éteigne le plus vite possible. Au gauchisme s’ajoute le liquidationnisme.

    Là se retrouve la conception idéaliste ou au minimum une mauvaise conception de la dialectique, du matérialisme dialectique et de la lutte des classes. La primauté de la pensée sur la matière, de l’idée sur la pratique, explique en grande partie ces prises de position. La mobilisation des gilets jaunes est effectivement partie de mots d’ordres et de revendications qui avaient un caractère interclassiste et qui pouvaient prêter le flanc de manière importante aux dérives poujadistes ou même fascisantes. C’est là une vérité indéniable. Mais les sages qui ont décidé que ce mouvement serait « de droite » ont opté pour une négation de tout ce qui pourrait le faire évoluer.

    L’interaction entre les idées et les pratiques transforment tout. Le mouvement des gilets jaunes ne fait pas figure d’exception. Il avance, change, se transforme. Beaucoup sont partis dans la lutte avec des idées préconçues ou fausses. Des idées sur la République et la Démocratie, transmises par l’école. Des idées sur le fonctionnement de la société, des croyances en des théories du complot, dans le fait que les médias, les politiciens, soient des maîtres et non des outils…etc.

    Mais plus la lutte avance, plus elle brise ces idées. Les violences policières ont brisé le paradigme d’une police du côté du peuple. Le patronat, au début très présent, s’est à présent distancié. Le regard sur les politiciens évolue, et la compréhension de leur place dans la lutte des classes se fait jour. Cette évolution est d’une part le fruit de l’expérience de la lutte, d’autre part celui d’un apport qui a été fait par les militants et militantes progressistes et révolutionnaires qui se sont impliqués en son sein.

    Une grande partie de ceux qui veulent mettre à l’index ce mouvement s’abritent de manière acritique derrière la propagande des médias bourgeoise. Derrière la surmédiatisation de l’extrême-droite et la sous-médiatisation de celles de gauche se niche également la tentative de la part du gouvernement et de la bourgeoisie de fracturer le front contestataire. Beaucoup sautent à pieds joints dans ce piège et y puisent une source sans cesse renouvelée d’arguments fallacieux. Mais après tout, ont-ils jamais agi autrement tout au long de l’histoire ?

    Nous considérons que cette position est fausse et dangereuse, car elle ne voit que d’une manière idéalisée le mouvement de masse et capitule devant les difficultés, laissant ainsi le champ libre à l’extrême-droite, dans une sorte de prophétie auto-réalisatrice.

    Le mouvement des Gilets Jaunes est présenté comme un mouvement par essence réactionnaire, impulsé, contrôlé, dirigé par les fascistes et l’extrême-droite. Ce point de vue rejette les revendications justes qui peuvent être portées par ce mouvement. Et elles sont nombreuses. Parmi celles qui reviennent inlassablement, arrivent en tête une volonté de démocratisation et de justice, une volonté de s’opposer à un pouvoir entre les mains de la bourgeoisie. Objectivement ces revendications sont justes, même si elles sont formulées parfois de manière erronées ou empreintes d’une position subjectivement fausse.

    Ces critiques ont pointé du doigt des éléments qui sont véridiques. Notamment le fait que des patrons et des petits patrons aient participé, le 7 novembre, à la mobilisation. C’est un fait.

    Mais où sont-ils, où sont-elles désormais ? Ceux et celles qui avaient tenté de surfer sur le mouvement et de l’utiliser à leurs propres fins renâclent désormais. Les blocages, le ralentissement de l’économie, l’apparition de revendications sociales, tout cela leur déplaît fortement. Cette expérience progressive de la trahison de la part de la bourgeoisie et d’une part de la petite-bourgeoisie tend à renforcer le caractère populaire, voire prolétarien, du mouvement. Mais, comme il n’est pas pur au départ, pas 100% prolétarien, il est jeté aux oubliettes.

    Pourtant certains et certains, parmi les plus véhéments, voient dans la révolte des Canuts un exemple magnifique. Cela, tout en niant le fait qu’il s’agissait avant tout d’une révolte de petits d’artisans, de petits bourgeois en déclassement contre la grande industrie de la soie.

    La Commune de Paris leur apparaît comme magique et drapée d’or, alors que le prolétariat n’est pas seul à prendre les armes. La Révolution russe non plus. La Makhnovtchina non plus. Krondstadt non plus. Et ce indépendamment de la manière dont on conçoit son rapport à ses questions. Les mouvements purs n’ont jamais existé et n’existeront jamais. Toujours il existera des contradictions internes, toujours il existera des avancés et des retardés dans les mouvements, une aile -même relativement- progressiste et réactionnaire. La lutte des classes, tant qu’elle n’est pas menée jusqu’au bout, influence toujours les luttes et les révolutions. Même après une révolution victorieuse, il existe toujours l’opportunisme, le défaitisme, le liquidationnisme. Il existe durablement l’influence des conceptions bourgeoises, féodales, mafieuses, même lorsque leur base sociale aura été liquidée. Il ne suffit pas de s’affirmer pur, marginal, pour s’en prévaloir. Au contraire, leur négation ne fait que fragiliser la possibilité de lutter contre elles.

    L’avancée de la dialectique est impitoyable pour tout le monde. Nous pouvons assister au fait que certains révoltés, incapables de suivre, effrayés par le chemin qui se trace, prennent désormais le visage de réactionnaires. Finalement, ils finissent leur décantation politique. Commencé à l’ultra-gauche, pétri d’aventurisme, de pureté, ils deviennent dépités par les masses, qui ne les « méritent pas ».

    C’est le stade du « Collectif Athéné Nyctalope » qui, le 28 novembre, écrit « Principale caractéristique commune : les revendications n’intègrent aucune dimension globale ou sociale. Ce qui est pratique quand l’objectif premier n’implique pas une refonte de la société sur des bases plus justes ou, plus simplement, la remise en cause du système. » et qu’il faut « ne pas sacrifier nos rêves ou nos marginalités imposées sur l’autel de l’efficacité. De ne pas oublier d’où nous venons même si nous ne savons pas où nous allons — ailleurs que dans le renoncement à nos valeurs. »

    Une des manières par lesquelles ces individus justifient leur position est l’anti-autoritarisme. En réalité, ces individus nagent en plein paradoxe. Eux-même sont largement dans un fonctionnement autoritariste, dans lequel ils refusent de comprendre la subjectivité des mobilisés. Comme Lénine l’écrivait « Dans tout travail, l’autoritarisme est une erreur, car il dépasse le niveau de conscience des masses et viole le principe de libre adhésion; c’est une manifestation de ce mal qu’on appelle précipitation. Nos camarades ne doivent pas croire que tout ce qu’ils comprennent, les larges masses le comprennent également. Seule une enquête effectuée parmi les masses permet de s’assurer si elles ont compris telle ou telle idée, si elles sont prêtes à passer à l’action »

    Voulant forcer l’intégralité du mouvement à adopter d’emblée, sans explication, leurs géniales analyses sur tous les aspects de la société, ils et elles ne se heurtent qu’au rejet. Incapable de pouvoir s’appuyer sur une ligne de masse, incapable de parler, de s’exprimer, ces individus se comportent comme le héros d’une des fables de La Fontaine, le renard et les raisins.

    « Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. »

    Ils maquillent alors leur autoritarisme et leur renoncement en anti-autoritarisme. Il leur paraît exclu d’intervenir, de donner le moindre message politique, de travailler à faire évoluer les positions. Il faut que cela soit spontané et par l’intervention de la grâce divine. Et si le mouvement n’est pas pur…gare à lui !

    Dépités, ils évoluent par la suite vers une position de rejet complet, se plaçant en surplomb de l’actualité, devenant comme le groupuscule « à gauche », ex-PCF(mlm), ex-PCMLM, dont la seule existence est de cracher au visage de ceux qui luttent.

    Ils écrivent le 30 novembre « Le mouvement ouvrier a toujours exigé la primauté de la conscience et de l’organisation. La croyance en le spontanéisme et en un vitalisme populaire n’a jamais abouti qu’au fascisme. » et plus loin que « Voir en le slogan « Macron démission » quelque chose de positif, c’est tomber au niveau de l’ultra-gauche ou du fascisme. C’est réfuter la primauté de la théorie, avec le principe des valeurs positives, d’un projet rationnel, d’une organisation méthodique. C’est s’imaginer que « tout ce qui bouge est rouge », alors qu’à une époque de dépression du capitalisme, comme on peut le voir partout, l’agitation sociale est plus que poreuse au corporatisme, au populisme, au social-impérialisme. »

    Reniant par la même toute possibilité de révolution. Les masses sont « beauf », elles sont trop stupides pour acquérir la théorie pour la théorie, sans jamais comprendre la pratique. Pourtant ce sont les luttes qui politisent, les luttes qui font comprendre le besoin de la théorie aux masses. Marcher à l’envers, c’est être un intellectuel petit bourgeois. Mais après tout, pour ces aventuriers, rien n’est plus beau que les grands principes. Dommage que ces même principes leur fassent soutenir la police et voter Macron, qualifié de rempart antifasciste. Ils transitionnent déjà vers leur phase finale.

    Cette phase finale est celle de l’abandon ou de la trahison pure et simple. Ou ils végètent dans leur petit monde, dans leur safe-space d’entre-soi petit bourgeois, ou ils renoncent complètement. Certains franchissent le Rubicon et se disent « puisque rien n’est assez bien, tout est assez bien ». Et ils finissent comme ces Goupil, ces Finkielkraut, ces Cohn-Bendit. Ils finissent en politiciens de leur classe, pour leur classe.

    Cette destination finale n’est pas mécanique, mais elle est une tendance lourde qui s’est exprimée nombre de fois dans l’histoire de la lutte des classes. Elle peut se stopper par un électrochoc. Mais une fois dans les rangs des politiciens bourgeois, le demi-tour est exceptionnel.

    Eux-mêmes ne sont pas en odeur de sainteté dans le mouvement des Gilets Jaunes. Il oscille certes entre espoir naïf et rejet complet, mais tend vers se hisser hors des cadres parlementaristes. Nous y reviendrons en partie finale.

    Un acteur important a été évoqué durant tout cet exposé. Celui de l’extrême-droite. Quel est son but ? Est-elle réellement hégémonique ?

  • Appel à la formation d’Assemblées populaires par les Gilets Jaunes de Commercy

    Appel à la formation d’Assemblées populaires par les Gilets Jaunes de Commercy

    Nous participons à la diffusion de cet appel lancé par les Gilets Jaunes de Commercy (Meuse), qui proposent la formation d’Assemblées populaires. Un appel indispensable qu’il faut porter dans la pratique, car il montre que la question cruciale de ce mouvement d’insurrection n’est pas seulement la question économique qui écrase le prolétariat, mais aussi la question du pouvoir populaire contre le pouvoir bourgeois.

     

    REFUSONS LA RÉCUPÉRATION ! VIVE LA DÉMOCRATIE DIRECTE ! PAS BESOIN DE « REPRÉSENTANTS » RÉGIONAUX !

    Depuis près de deux semaines le mouvement des gilets jaunes a mis des centaines de milliers de personnes dans les rues partout en France, souvent pour la première fois. Le prix du carburant a été la goutte de gasoil qui a mis le feu à la plaine. La souffrance, le ras-le-bol, et l’injustice n’ont jamais été aussi répandus. Maintenant, partout dans le pays, des centaines de groupes locaux s’organisent entre eux, avec des manières de faire différentes à chaque fois.

    Ici à Commercy, en Meuse, nous fonctionnons depuis le début avec des assemblées populaires quotidiennes, où chaque personne participe à égalité. Nous avons organisé des blocages de la ville, des stations-services, et des barrages filtrants. Dans la foulée nous avons construit une cabane sur la place centrale. Nous nous y retrouvons tous les jours pour nous organiser, décider des prochaines actions, dialoguer avec les gens, et accueillir celles et ceux qui rejoignent le mouvement. Nous organisons aussi des « soupes solidaires » pour vivre des beaux moments ensemble et apprendre à nous connaître. En toute égalité.

    Mais voilà que le gouvernement, et certaines franges du mouvement, nous proposent de nommer des représentants par région ! C’est à dire quelques personnes qui deviendraient les seuls « interlocuteurs » des pouvoirs publics et résumeraient notre diversité.

    Mais nous ne voulons pas de « représentants » qui finiraient forcément par parler à notre place !

    À quoi bon ? À Commercy une délégation ponctuelle a rencontré le sous-préfet, dans les grandes villes d’autres ont rencontré directement le Préfet : ceux ci-font DÉJÀ remonter notre colère et nos revendications. Ils savent DÉJÀ qu’on est déterminés à en finir avec ce président haï, ce gouvernement détestable, et le système pourri qu’ils incarnent !

    Et c’est bien ça qui fait peur au gouvernement ! Car il sait que s’il commence à céder sur les taxes et sur les carburants, il devra aussi reculer sur les retraites, les chômeurs, le statut des fonctionnaires, et tout le reste ! Il sait aussi TRÈS BIEN qu’il risque d’intensifier UN MOUVEMENT GÉNÉRALISÉ CONTRE LE SYSTÈME !

    Ce n’est pas pour mieux comprendre notre colère et nos revendications que le gouvernement veut des « représentants » : c’est pour nous encadrer et nous enterrer ! Comme avec les directions syndicales, il cherche des intermédiaires, des gens avec qui il pourrait négocier. Sur qui il pourra mettre la pression pour apaiser l’éruption. Des gens qu’il pourra ensuite récupérer et pousser à diviser le mouvement pour l’enterrer.

    Mais c’est sans compter sur la force et l’intelligence de notre mouvement. C’est sans compter qu’on est bien en train de réfléchir, de s’organiser, de faire évoluer nos actions qui leur foutent tellement la trouille et d’amplifier le mouvement !

    Et puis surtout, c’est sans compter qu’il y a une chose très importante, que partout le mouvement des gilets jaunes réclame sous diverses formes, bien au-delà du pouvoir d’achat ! Cette chose, c’est le pouvoir au peuple, par le peuple, pour le peuple. C’est un système nouveau où « ceux qui ne sont rien » comme ils disent avec mépris, reprennent le pouvoir sur tous ceux qui se gavent, sur les dirigeants et sur les puissances de l’argent. C’est l’égalité. C’est la justice. C’est la liberté. Voilà ce que nous voulons ! Et ça part de la base !

    Si on nomme des « représentants » et des « porte-paroles », ça finira par nous rendre passifs. Pire : on aura vite fait de reproduire le système et fonctionner de haut en bas comme les crapules qui nous dirigent. Ces soi-disant « représentants du peuple » qui s’en mettent plein des poches, qui font des lois qui nous pourrissent la vie et qui servent les intérêts des ultra-riches !

    Ne mettons pas le doigt dans l’engrenage de la représentation et de la récupération. Ce n’est pas le moment de confier notre parole à une petite poignée, même s’ils semblent honnêtes. Qu’ils nous écoutent tous ou qu’ils n’écoutent personne !

    Depuis Commercy, nous appelons donc à créer partout en France des comités populaires, qui fonctionnent en assemblées générales régulières. Des endroits où la parole se libère, où on ose s’exprimer, s’entraîner, s’entraider. Si délégués il doit y avoir, c’est au niveau de chaque comité populaire local de gilets jaunes, au plus près de la parole du peuple. Avec des mandats impératifs, révocables, et tournants. Avec de la transparence. Avec de la confiance.

    Nous appelons aussi à ce que les centaines de groupes de gilets jaunes se dotent d’une cabane comme à Commercy, ou d’une « maison du peuple » comme à Saint-Nazaire, bref, d’un lieu de ralliement et d’organisation ! Et qu’ils se coordonnent entre eux, au niveau local et départemental, en toute égalité !

    C’est comme ça qu’on va gagner, parce que ça,là-haut, ils n’ont pas l’habitude de le gérer ! Et ça leur fait très peur.

    Nous ne nous laisserons pas diriger. Nous ne nous laisserons pas diviser et récupérer.

    Non aux représentants et aux porte-paroles autoproclamés ! Reprenons le pouvoir sur nos vies ! Vive les gilets jaunes dans leur diversité !

    VIVE LE POUVOIR AU PEUPLE, PAR LE PEUPLE, POUR LE PEUPLE !

    Si vous vous retrouvez dans les bases de cet appel chez vous, dans votre groupe local de gilets jaunes, ou autre, contactez-nous surgiletsjaunescommercy@gmail.com et coordonnons-nous sur la base d’assemblées populaires et égalitaires !

     

  • Taxes : la véritable histoire – conférence / débat

    Taxes : la véritable histoire – conférence / débat

    « L’impôt est le sang du travailleur ».

    Impôts, taxes, cotisations, CSG, TVA… derrière ces termes se cache souvent une réalité complexe et une histoire méconnue.

    Une histoire qui n’est pas au programme de l’Education Nationale, et qui pourtant est cruciale, en particulier aujourd’hui.

    Une histoire qui porte une continuité : faire payer aux pauvres le coût de leur oppression et laisser les riches s’engraisser.

    Une histoire qui revient chaque élection, avec ses paradoxes. Quand la droite dit qu’elle veut baisser les impôts, elle parle de baisser, en réalité, les salaires. Par contre, le plus inégalitaire de tous, la TVA, n’est jamais attaqué.
    Quand la gauche en parle, c’est pour marquer son renoncement à mettre fin à cette situation criminelle : l’exploitation de l’homme par l’homme.

    L’Unité Communiste de Lyon propose de découvrir, ensemble, une autre histoire. Celle du fisc et de son lien avec la lutte contre l’exploitation, celle de batailles sociales oubliées, celles de demi-victoires et de défaites entières.

    Celle de l’avenir, aussi, avec Macron qui veut détruire, pour ses maîtres, les conquêtes sociales payées du sang des travailleurs et des travailleuses.

    Une histoire dévoilée aujourd’hui.

    CONFÉRENCE DÉBAT À L’ESPACE CULTUREL MÉSOPOTAMIE LE 13 DÉCEMBRE À 18H
    (rue Mazagran, Lyon 69007 (arrêts Saxe Gambetta, Guillotière, St André)

  • Le mouvement des gilets jaunes : notre miroir. -Partie I-

    Le mouvement des gilets jaunes : notre miroir. -Partie I-

    Le mouvement des gilets jaunes : notre miroir.

    Partie 1

    Développer une ligne politique, pour une organisation ou un parti, est un travail aisé. Il suffit d’affirmer quelque chose et de le maintenir comme vérité absolue.

    Développer une ligne politique juste, en revanche, est un travail de titan. Cela demande une enquête, cela demande de la réflexion, de comprendre tant une situation générale que de comprendre les évolutions possible et l’interaction de toutes les forces qui en sont les forces motrices ou qui peuvent l’influencer. Posséder une ligne juste revient à marcher sur le fil d’un rasoir, sur une arête tranchante, entre d’un côté des déviations gauchistes, aventuristes, qui surestiment les difficultés. De l’autre, des déviations droitières, modératrices, retardataires, qui empêchent le développement du plein potentiel de la lutte.

    Aujourd’hui, le mouvement des Gilets Jaunes fournit un cas d’école exemplaire. Il est une fenêtre sur la situation économique et politique d’une grande partie des masses populaires de France -mais aussi de ses dominions, comme la Réunion. Il est, également, un coup de projecteur sur l’état idéologique et politique des forces progressistes et révolutionnaires.

    L’un et l’autre a son importance. Le mouvement des Gilets Jaunes, les écueils auxquels il se heurte, ses insuffisances, ses manques, ses échecs, mais aussi ses succès sont un miroir. Celui de l’état des forces qui constituent ou prétendent constituer le camp du peuple, de ses propres insuffisances, de ses propres faillites, de ses propres échecs. Mais également de ses succès.

    Nous regardons le mouvement des Gilets Jaunes comme une explosion de colère face à une situation devenue invivable par une grande partie des classes populaires -au sein desquelles se trouvent également des éléments petits-bourgeois terrifiés par leur déclassement. Cette explosion de colère n’a pas été déclenchée par l’extrême-droite ou par des groupes organisés, en revanche, un certain nombre d’organisations ont eu un flair certains pour se greffer très rapidement, avant même la mobilisation du 7 novembre, et commencer à s’infiltrer dans l’appareil de direction embryonnaire.

    Ces forces réactionnaires ont tenu le haut du pavé et de l’affiche en manœuvrant, mais n’ont pas réussi à imposer leurs mots d’ordres -en particulier des mots d’ordre racistes, du fait de la présence de personnes issues de l’immigration dans les mobilisés. Cependant, ils ont plus repoussé qu’attiré. Les tentatives d’infiltration de la part de politiciens professionnels ont été souvent mal perçues et ont entraîné des réactions brutales de rejet.

    Il y a eu des actes réactionnaires isolés et spontanés : actes racistes, sexistes, xénophobes… des actes de violence ont été commis et ont été montés en exergue par les médias. D’un autre côté, des collectes pour les chômeurs, des actes d’entraides ont été passés sous silence.

    Les revendications proposées par le mouvement des gilets jaunes ont été le reflet du niveau politique de ceux qui les ont rédigées, plus qu’un plan sous-tendu par une idéologie. Des revendications réactionnaires, nourries par la propagande d’extrême-droite sont présentes. Elles sont l’illustration de la force d’influence des idéologues de la réaction. En revanche, d’autres, mêmes insuffisantes, dénotent le véritable contour social de la mobilisation : plus de salaires, que les riches paient, des droits démocratiques élargis… Ces mots d’ordres ne sont pas politiquement synthétisés. Et pour cause, cela ne se fait pas d’un claquement de doigt.

    Une grande partie de ceux et de celles qui sont dans ces mobilisations font leurs premières manifestations, parfois à un âge assez avancé. Ce sont des individus qui n’ont pas participé à des luttes sociales, à des luttes politiques. Certains liquidateurs et certaines liquidatrices des mouvements sociaux, juchés sur leur arrogance, leur en tiennent rigueur.

    Il peut être légitime, à titre individuel, de porter un regard plein d’amertume lorsqu’on voit ces nuées de Gilets Jaunes, plus nombreux et plus déterminés que les cortèges des grandes manifestations contre la Loi Travail. Individuellement, il est logique de penser cela. Mais la question ne se pose pas ainsi d’un point de vue militant. Elle ne se pose pas en « où étiez-vous ? ». Elle se pose en « qu’avons nous fait pour qu’ils, pour qu’elles, viennent ? »

    « Qu’avons-nous fait pour porter une analyse politique révolutionnaire au-delà de nos univers militants ? ». « Quels sont nos manques » et non pas quels sont les leurs.

    Nous considérons que le mouvement des Gilets Jaunes et ses failles est avant tout un miroir. Celui de nos propres failles. Et notre responsabilité est totale et intégrale.

    Nous martelons ce fait. Nous sommes les premiers responsables de nos victoires et de nos défaites. Nous ne pouvons pas reprocher à la bourgeoisie de suivre ses intérêts, nous ne pouvons pas reprocher aux fascistes de tenter de prendre la direction du mouvement des Gilets Jaunes. Nous ne pouvons lui reprocher sa faiblesse idéologique.

    Nous ne pouvons que regarder en face notre responsabilité dans le fait que la bourgeoisie soit hégémonique. Nous ne pouvons que regarder en face notre échec à trouver les moyens d’empêcher les fascistes d’être influents dans ce mouvement. Notre tâche n’est pas de conspuer la réalité, de s’en plaindre, mais de trouver les forces, l’énergie, les moyens et la voie qui permette de passer d’insignifiants à signifiants, d’inefficace à efficace, d’isolés à hégémoniques. Si nous n’avons pas les forces, il faut comprendre pourquoi et remédier à ce problème. Mais nous ne pouvons attendre que la bourgeoisie s’effondre d’elle-même ou que les fascistes desserrent leur étau.

    Or, nous considérons que c’est en regardant en face ces forces et ces faiblesses qu’il est possible de progresser, d’améliorer le travail que nous faisons, d’améliorer nos positions et de réussir à remplir nos objectifs. L’autocritique et la critique sont sans cesse annoncés comme des nécessités vitales. Pourtant, elles ne sont quasiment jamais appliquées. Bien souvent, l’orgueil, la peur de montrer les défauts de sa cuirasse, suffisent à faire que certains, certaines, organisations comme individus, préfèrent persister jusqu’au bout dans leur erreur plutôt que de faire œuvre de contrition et d’avouer leur erreur. Pour camoufler cette faillite, ils et elles s’accrochent à de grands principes généraux, mués en vérités absolues et constantes.

    Il ne suffit pas d’annoncer des grands principes emprunts de pureté pour y parvenir. Il ne suffit pas d’avoir raison « en principe », il faut également avoir tactiquement et opérationnellement raison pour gagner. Engels écrivait ainsi que « Notre doctrine n’est pas un dogme, mais un guide pour l’action. » Cette conception est un des fondements de la pensée marxiste, qui est avant tout orienté dans le but de la transformation révolutionnaire du monde. C’est à celle-ci que nous nous rattachons, au sein de l’Unité Communiste de Lyon. C’est a cet objectif stratégique de transformation du monde, de remise des leviers du pouvoir entre les mains du prolétariat révolutionnaire que nous souscrivons. Les tactiques pour parvenir à réaliser cet objectif peuvent être multiples, mais doivent s’intercaler, s’articuler pour avancer toujours plus vers sa concrétisation.

    Cela impose une courte parenthèse.

    Il y a quelques mois, à Lyon, eut lieu une rencontre-débat avec un membre très connu d’une ancienne organisation d’extrême-gauche des années 80-90, très portée sur l’action directe. Nous lui avons adressé une question, ainsi qu’a un autre des intervenants, qui affirmait que son organisation -italienne quant à elle- avait fait vaciller l’Etat italien. Nous lui avons demandé quelle était la stratégie qui avait été prévu pour chasser la bourgeoisie du pouvoir et pour le remettre entre les mains du prolétariat.

    Les réponses furent confuses. La question ne semblait pas avoir traversé l’esprit de l’un ou de l’autre. Dans les deux cas, il a été avancé des thèses sur le romantisme de la lutte, sur la nécessité de faire exemple auprès de ceux et celles qui souffrent de l’exploitation et de l’oppression. La beauté du combat était placée au-dessus de la question concrète de la victoire.

    Sur le média libertaire Rebellyon, nous lisons ceci : « [il] ne [faut] pas sacrifier nos rêves ou nos marginalités imposées sur l’autel de l’efficacité. De ne pas oublier d’où nous venons même si nous ne savons pas où nous allons — ailleurs que dans le renoncement à nos valeurs. » Nous reviendrons sur cet article. Mais d’ores et déjà, ce qui ressort en premier lieu c’est que la question de l’engagement politique est autour du fantasme, des valeurs, de l’idée au dessus de la pratique. En somme, il s’agit d’un renoncement.

    Nous n’avons pas construit l’Unité Communiste de Lyon pour attendre un mouvement révolutionnaire. Nous ne le construisons pas pour bâtir un entre-nous chaleureux et amical, mais bien pour vaincre. L’organisation est, pour nous, un outil, non une fin. Le « milieu militant », selon nous, devrait servir le peuple, non lui-même. Cet utilitarisme peut choquer, mais il est salutaire et crucial.

    Cela amène à une conclusion amère, mais néanmoins essentielle, fondamentale. Celle de l’hégémonie et de la transformation du monde. Si la marginalité d’un groupe a besoin de la société capitaliste pour vivre, si ce mode de vie ne peut pas devenir un mode de vie général pour l’humanité dans son ensemble, alors cette marginalité est le vernis du parasitisme.

    Fin de parenthèse.

    Le mouvement des Gilets Jaunes et ses implications ont causé une onde de choc dans le milieu militant. Milieu qui pouvait être extérieurement perçu comme relativement homogène sur la question des mouvements sociaux. Certes, la question des syndicats, du cortège de tête, est revenue à plusieurs reprises au sein de l’extrême-gauche, mais il s’agissait de débats d’ordre, in fine, tactiques.

    Dans le cadre de la question des Gilets Jaunes, des positions antagoniques se sont exprimés face à un mouvement de masse qui s’inscrit dans la durée. Certes les émeutes de banlieue avaient cristallisé les débats, avec des positions condamnant les violences, d’autres saluant la lutte frontale, mais les raisons de la colère faisaient l’objet d’un consensus.

    Aujourd’hui, c’est plus le fondement même de la mobilisation et le fondement des mouvements de masses spontanés eux-mêmes qui sont mis en cause que les revendications elles-mêmes.

    Il existe un groupe relativement restreint d’organisations qui ont pris la position de soutenir sans la moindre critique ce mouvement et de l’embrasser dans son ensemble. Cette poignée d’indécrottables spontanéistes voit dans tout ce qui bouge une révolution prolétarienne qu’il ne faut que diriger sur la voie de l’insurrection. Chemin faisant, ceux-ci et celles-ci agissent en brûlant les étapes, en niant la lutte politique intérieur, niant la nécessité de politiser la mobilisation…en rejetant même cette question de la politisation, qui pourrait nuire à « l’unité du mouvement ». Le POI, l’organisation Trotskiste-Lambertiste, est de ceux-ci. Ils se mettent à la remorque du mouvement spontané, sans jamais défendre autre chose que l’opportunisme.

    D’un autre côté, une fascination acritique est née, voyant ce mouvement comme une pure émanation d’esprit prolétarien, comme quelque chose de pur, de cristallin. Le chaos sur les Champs-Elysées a réveillé les thèses spontanéistes du mouvement autonome ou de certains s’inscrivant dans une vision difforme et frelatée de la pensée Mao.

    Dans chacune de nos publications à destination des Gilets Jaunes, nous avons alerté sur la question de la présence d’opportunistes qui veulent transformer la colère en voix électorale. Nous avons averti également de la question de l’extrême-droite et pointé la nécessité que les revendications trouvent une synthèse politique. Cela nous paraissait essentiel, car nous ne pouvons nier ce mouvement, il nous faut donc défendre notre ligne.

    A l’inverse un certain nombre d’organisations ont choisi d’ignorer le mouvement et de ne défendre aucune ligne. Il s’agit à notre sens de la position la plus inconséquente possible et imaginable, surtout lorsque provenant de communistes ou d’individus se revendiquant communistes. Il s’agit d’une position liquidatrice qui ne fait qu’espérer que les choses se tassent, qu’elles rentrent dans l’ordre, que les individus repartent chez eux. Tout cela pour ensuite reprendre leur ordre du jour routinier et habituel sans en avoir tiré la moindre conclusion. Leur « analyse » a été au mieux incomplète, erronée. Au pire, inexistante, quasiment bergsonienne, faisant triompher l’intuition sur l’intelligence et l’analyse.

    Pour accompagner cette position, ils et elles ont pioché dans tout ce qui pouvait les arranger, au mépris de la réalité. En fait de travail d’enquête, ils ont agi en réactionnaires. Pour un peu, on pourrait facilement leur adosser les propos de Lorànt Deutsch « si on peut tendre vers le fait scientifique, tant mieux, surtout si ça accrédite ma chapelle, et ce que je pense, mon éclairage de l’histoire. Pour moi, la vérité historique, elle est dans un éclairage. » [Les Affranchis, France Inter, 10 juillet 2012.]

    « Qui n’a pas mené d’enquête n’a pas droit à la parole » écrivait Mao Zedong. A raison. Ce travail d’enquête est le seul qui peut permettre de déboucher sur le fait d’émettre une ligne juste.

    Nous considérons que nous avons le devoir d’avoir une ligne, même sous la forme d’une ébauche, par rapport à l’ensemble des débats qui agitent la société. Même si cette ligne est de dire que nous n’avons pas encore les éléments pour juger. C’est le travail d’une organisation communiste de faire cela, de fournir des points de repères et des analyses sur les luttes. On ne peut pas boycotter les luttes.

    Mais une ligne ne suffit par, il faut également une action affirmative envers ces faits de société. Les soutenir, les condamner, et avoir une pratique envers ce fait, cet événement ce phénomène. Là, une nouvelle fois, parmi ceux et celles qui condamnent en bloc le mouvement des gilets jaunes, qui le mettent à l’index, réside une question.

    Certains ont pu dire « ce sont les manifestations de l’extrême-droite, nous les chassons de nos cortèges, nous n’allons pas dans les leurs ». Cette position nous a paru le comble du paradoxe.

    De deux choses l’une, soit ce mouvement est irrémédiablement réactionnaire, tout comme pouvait l’être la Manif pour Tous, et dans quel cas, il devrait être attaqué, ses cortèges dispersés…etc.

    Soit il ne l’est pas intégralement, mais alors dans ce cas une politique doit être menée pour mener la lutte de ligne et -au minimum- en détacher les éléments les plus avancés et les moins réactionnaires.

    Dans tout les cas, cela implique une action. Or, nous notons que rien n’a été entrepris parmi les contradicteurs les plus véhéments pour donner un début de concrétisation à leur analyse. Et pour cause, nous pensons qu’ils ont été hypnotisés par l’irruption de quelque chose qui leur était complètement étranger : les masses populaires dans leur variété, dans leur force, mais également dans leurs faiblesses. Et face à cela ces organisations, ces individus, ont capitulé.

  • Etudiant·e·s mobilisons nous pour nos droits ! – Tract unitaire

    Etudiant·e·s mobilisons nous pour nos droits ! – Tract unitaire

    Etudiant·e·s mobilisons nous pour nos droits !

    Depuis des décennies, les gouvernements successifs ont mené attaques sur attaques contre les droits sociaux. L’université, en tant qu’un des points centraux de l’éducation, n’a pas été épargnée. Privatisation rampante, sélection sociale, réduction des bourses sur critères sociaux… Cette offensive se poursuit aujourd’hui et s’intensifie. La forme que prennent ces attaques font que personne ne sera épargné, y compris ceux et celles qui ont déjà terminé leurs études ! La lutte contre les attaques sur l’université et les diplômes concerne l’intégralité de la société.

    Battons-nous pour défendre ces droits !

    220 000 exclus par Parcoursup : pas un accident, un succès pour le gouvernement.

    Parcoursup représente un point névralgique actuel de la politique du gouvernement contre le supérieur. Ce n’est pas un outil d’orientation, mais de sélection. Les « voeux » des élèves sont en réalité des « mises à disposition» auprès de recruteur·trice·s, lesquel·le·s font leur marché et jettent le reste.

    Tout est fait pour que les étudiant·e·s en devenir abandonnent. 180 000 étudiant·e·s qui ont quitté par résignation la plateforme soit en abandonnant les études supérieures soit en se dirigeant vers l’enseignement privé hors de prix. 220 000 jeunes, au minimum se retrouvent hors de l’enseignement supérieur public.

    Le plan de filtrage social du gouvernement a fonctionné avec succès. Ce filtrage s’est abattu avant tout sur les jeunes de milieux populaires. Par exemple, le rectorat de Paris a imposé de limiter considérablement le nombre de bachelier·e·s venant de banlieue, afin de privilégier les étudiant·e·s de l’élite sociale. Les critères géographiques sont déterminants, tant pour les sélectionneur·euse·s que pour les rectorats. Avec le nouveau bac et la liquidation de celui-ci en tant que diplôme national, tout cela sera amplifié encore.

    Parcoursup a également totalement désorganisé la rentrée pour les universités. L’arrivée massive d’étudiants sans affectation a provoqué une multiplication des amphis et TD surchargés. De plus, avec le nombre d’étudiant·e·s qui se trouvaient encore en attente de réponse au 5 septembre, beaucoup d’établissements ont dû faire leur rentrée sans connaître exactement leurs effectifs de première année causant des problèmes au niveau des emplois du temps, de la distribution des salles … etc.

    Les dispositifs d’aides qui devaient être mis en place pour les étudiant·e·s accepté·e·s sous conditions (les fameux « Oui, si ») sont inexistants, ou seulement mis en place dans certaines filières pour un nombre très réduit d’étudiant·e·s, faute de moyens… Quant aux étudiant·e·s qui ont eu leur affectation définitive fin septembre, ceux/celles-ci ont perdu 2 à 3 semaines de cours.

    Plan Licence : une nouvelle attaque.

    Pour répondre à ces problèmes, le gouvernement promet un Plan Licence. Mais celui-ci empire les choses. Dans une logique de réduction des coûts de l’enseignement supérieur, il n’y aura plus de minimum d’heures en présentiel pour valider une licence : les enseignant·e·s seront peu à peu remplacé·e·s par des cours en ligne. Plus isolé·e·s les étudiant·e·s en difficulté seront largement désavantagé·e·s.

    La mise en place de licences personnalisées dites «  à la carte », censées aider, aggrave le problème : le contenu et l’organisation des licences seront maintenant décidés par les établissements sous forme d’un «  contrat pédagogique » avec les étudiant·e·s qui pourront passer leur diplôme en 2, 3 ou 4 ans. Or, ces licences à la carte n’ont pas de valeur dans les conventions collectives, donc ne représentent rien sur le marché du travail.

    Un diplôme passé en 4 ans, à cause du salariat étudiant, de la précarité, etc. sera moins reconnu qu’un diplôme passé en deux ans, amplifiant le tri social à l’entrée du master et aggravant nos conditions à l’entrée du marché du travail ! La compensation des notes au sein d’un semestre, la compensation des notes entre les deux semestres, ainsi que les rattrapages étaient garantis à l’échelle nationale. Mais avec l’arrêté licence ça ne sera plus qu’au bon vouloir des établissements. Or, les rattrapages ont un coût, et il n’est pas difficile d’imaginer qu’avec déjà un budget totalement insuffisant, les établissements iront faire des économies où ils peuvent, et dans ce cas en économisant encore sur nos conditions d’études et nos chances de réussite !

    L’université-entreprise est pour demain.

    L’argent est le nerf de la guerre. Quoi de mieux pour les banques que de remplacer les bourses du CROUS par des prêts étudiants ? Les students loans, ces dettes de milliers d’euros, seront désormais le lot quotidien des étudiant·e·s populaires, tout cela pour créer artificiellement du PIB et de la croissance.

    Avec la mise en place de la rationalisation des services publics depuis 2007, les financements des universités se sont taris. Le privé est là pour prendre le relais, soi-disant. Seulement, les investisseurs ne raisonnent qu’en terme de retour sur investissement et en terme de rentabilité. Les facultés doivent faire de l’argent, être rentables, ou fermer les portes. Psychologie, sociologie, anthropologie, art du spectacle passent à la trappe.

    Les universités se font la guerre pour attirer les capitaux, pour survivre, tandis que les frais d’inscription explosent. Hier, c’était les Diplômes d’université et les cours par correspondance, aujourd’hui les étudiant·e·s étranger·e·s… Demain tout le monde.

    Les études deviennent des formations faites selon les intérêts des entreprises, mais payées par les étudiant·e·s. Elles sont conçues pour des besoins spécifiques et ne sont constituées que de compétences, non de qualifications. Elles n’ont de valeur qu’aux yeux des investisseurs, mais n’ont aucune reconnaissance juridique sur le marché du travail. Elles ne donnent ni droit à un statut, ni à un salaire.

    Ces réformes vont détruire la valeur de nos diplômes et visent à faire de nous de la main d’œuvre servile.

    De plus, cette attaque est une offensive contre le monde du travail, en créant une génération de précaires qui peuvent être sous-payés, argument permettant de tirer tous les salaires vers le bas et de frapper l’ensemble des travailleurs et des travailleuses !

    Aujourd’hui, les étudiant·e·s étranger·e·s sont visés par une hausse de 1600% des frais d’inscription. Demain cette situation sera générale. Contre la hausse des frais d’inscription, contre la liquidation des diplômes, nous formons une même ligne de défense !

    Pour une université accessible à toutes et tous, gratuite et critique.

    Informons nos camarades étudiant·e·s, organisons nous, et Gagnons !

    Nous informer, nous organiser, lutter… Et gagner ! La lutte a déjà commencé dans de nombreuses universités. Des réunions d’information, des assemblées générales se constituent pour mobiliser toutes celles et ceux qui veulent défendre l’éducation, l’enseignement supérieur, mais également leur avenir professionnel. A plusieurs reprises ces tentatives de transformer l’université en boutique ont été repoussées.

    Mobilisé·e·s, organisé·e·s, nous pouvons rejeter une nouvelle fois ces projets ! Pour une université gratuite, critique et populaire !

    Réunion publique le 6 Décembre sur l’arrêté licence
    et pour soutenir les étudiant.e.s étranger.e.s !

    12h00 – hall du bâtiment H de LYON 2 Bron

    Mobilisons nous !

    Organisations signataires:

    NPA, Ensemble  !, Parti de Gauche (69 Rhône), Unité Communiste de Lyon, Solidaires étudiant-e-s, Génération.s, La France Insoumise, Collectif des Doctorant-e-s et Non Titulaires…

  • Déclaration de l’ICOR en solidarité avec le secrétaire général du PML(RC)

    Déclaration de l’ICOR en solidarité avec le secrétaire général du PML(RC)

    Au

    Camarade Roberto

    Secrétaire général du PML(RC) / Espagne

    Cher camarade Roberto,

    Avec beaucoup d’indignation et de colère nous avons appris que la justice espagnole vient de te condamner à deux ans et trois mois de prison pour avoir participé à la lutte de libération kurde. Le fait qu’un tel jugement injuste fut prononcé par la deuxième cour suprême, la « audiencia nacional » manifeste le grand intérêt que porte l’État espagnol à criminaliser votre Parti, à criminaliser l’internationalisme prolétarien et la lutte de libération communiste!

    Ce processus de très grande portée de ta condamnation comme révolutionnaire et internationaliste est l’expression du développement vers la droite des gouvernements dans le système impérialiste mondial. Nous avons un grand respect pour la manière courageuse dont tu t’es présenté devant le tribunal, pour ton irréductibilité et pour la défense intrépide du communisme et de l’internationalisme prolétarien par votre Parti et le large travail de sensibilisation publique qu’il organise.

    Cher Roberto,

    sois assuré, que nous n’acceptons pas ni ta condamnation, ni ta détention et nous allons recourir à toutes nos possibilités pour défendre ton acquittement. Ni la réaction en Espagne, ni les impérialistes à l’échelle mondiale ne doivent avoir du succès avec leur développement vers la droite, leur politique réactionnaire et la tendance à la préparation de guerre impérialiste!

    Nous te souhaitons, à toi, tes camarades et ta famille beaucoup de force dans cette situation compliquée.

    Nous exigeons que tu sois acquitté et que toutes les procédures contre d’autres camarades soient annulées.  

    Vive la lutte de libération communiste! Vive la solidarité internationale!

    Jeroen T. ; Joachim G.