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  • Communiqué commun Jeune Garde Rouge Dijon et Unité Communiste de Lyon.

    Communiqué commun Jeune Garde Rouge Dijon et Unité Communiste de Lyon.

    La Jeune Garde Rouge Dijon et l’Unité Communiste de Lyon se sont réunies durant ce week-end. A l’issue de cette réunion, nous publions conjointement le communiqué suivant. 

    Nous, Unité Communiste de Lyon et Jeune Garde Rouge Dijon, nous avons organisé une première réunion de rencontre et de discussion entre nos deux organisations. Nous considérons que ce premier contact a été extrêmement positif et appelle à d’autres rencontres, mais également à un approfondissement du travail que nous pouvons réaliser en commun. 

    Durant cette réunion, nous avons présenté nos organisations respectives. Qu’est-ce que l’Unité Communiste de Lyon, ses conceptions idéologiques, son appartenance à l’ICOR ; qu’est-ce qu’est la Jeune Garde Rouge Dijon, son historique, ses objectifs.
    À ce titre, l’Unité Communiste de Lyon tient à saluer le travail réalisé, en l’espace d’un peu plus d’un mois, pour la construction d’une organisation antifasciste communiste sur Dijon et sur sa région. Ce travail est un exemple.

    À l’issue de la réunion, nous sommes arrivés à la conclusion que nos organisations partagent un fond similaire, des conceptions des rapports entre organisations similaires et une volonté commune de former une force capable de répondre à la bourgeoisie. 

    Il en ressort que nous considérons comme fondamental la nécessité de lutter contre la dispersion des forces combatives, progressistes et révolutionnaires. Une volonté de lutter au sein des masses populaires, des travailleurs et des travailleuses, pour parvenir à chasser la bourgeoisie du pouvoir. Une dénonciation du fascisme comme d’un ennemi de ceux-ci.

    Nous considérons comme primordiale la nécessité de lutter contre le sectarisme d’organisation, qui contribue à maintenir cette dispersion et qui à affaiblir le mouvement de lutte contre le capitalisme et l’impérialisme. La nécessité de posséder des rapports amicaux, sincères et loyaux envers toutes les organisations qui constituent ceux et celles qui luttent contre l’exploitation, le fascisme et l’impérialisme, dans la mesure où celles-ci respectent également cette même volonté.

    Entre nos organisations, nous partageons une volonté d’entamer un travail commun, à la fois de terrain et à la fois politique. Nous voulons le réaliser dans le respect de l’indépendance de chaque organisation, dans le respect de ses prises de positions politiques.

    Dans la situation actuelle, le fait de rester isolé est un luxe que nous ne pouvons pas nous permettre. La dégradation de la situation sociale et de la situation politique générale fait que, si nous voulons jouer un rôle, nous devons rassembler nos forces et nous soutenir mutuellement.
    Nous avons le devoir de nous soutenir mutuellement dans le développement de nos organisations respectives, dans la participation aux initiatives des uns et des autres, dans le développement d’initiatives communes, dans le soutien politique ou logistique aux uns et aux autres.
    Nous pensons également que nous pouvons travailler à des projets politiques communs, des analyses communes, partagées, sur la situation actuelle, sur ce que peut être l’avenir et sur comment faire progresser la cause des exploités et exploitées, des opprimés et opprimées. 

    Nous considérons enfin que nous devons mettre en place une régularité de travail commun, pour permettre à celui-ci de se concrétiser pleinement. 

    Avançons, ensemble, sur la voie de la révolution !

  • Six mois de lutte et une élection.

    Six mois de lutte et une élection.

     La mobilisation des Gilets Jaunes a défié tous les pronostics. Elle a tenu et tient encore. Depuis six mois, désormais, chaque samedi est marqué par les défilés, par les affrontements avec les forces de l’ordre, par les violences policières et par le mépris du gouvernement. Depuis 6 mois, une lame de fond a déferlé, secouant de fond en comble la société française. 
    Cette lutte a jeté dans la rue des pans de la société. Elle a confronté les masses populaires et la jeunesse à l’expression même de la dictature de la bourgeoisie. Surdité face aux revendications, mépris politique, violences policières, maintien d’une politique rejeté par la très large majorité de la population…

    Il y a eu des luttes féroces les années précédentes, notamment la bataille autour du contrat de travail. Ces luttes ont été intenses et durement réprimées. Mais elles étaient restées, dans leur majorité, des luttes économiques, sur les conditions de travail, sur les normes de travail, sur le contrat, sur le salaire ou sur les services publics.

    Au cours de ces six mois, le mouvement que nous vivons actuellement, qui a commencé par un combat contre la cherté de la vie s’est mué en quelque chose d’autre. Ce quelque chose d’autre est un mouvement politique d’ampleur, radical et subversif, ciblant directement comme ennemi le régime et son caractère anti-démocratique.

    Ce choc a ébranlé tant la bourgeoisie que les forces habituelles de la lutte sociale. La CGT, par exemple, est, au cours du 52e congrès, qui se tient actuellement, en pleine ébullition. La direction de celle-ci paie le prix de son refus de s’engager en plein dans la bataille qui se joue, tandis que la base participe au mouvement des Gilets Jaunes. 
    Les organisations politiques, particulièrement les organisations politiques progressistes ou révolutionnaires, ont été, elles aussi, transformées. Celles qui ont rejeté l’idée de participer à la lutte, elles aussi, périclitent. En ayant voulu ignorer l’existence du mouvement des Gilets Jaunes, elles se sont marginalisées elles-mêmes. Lorsqu’elles veulent, maintenant, s’intégrer dans le mouvement, c’est avec une grandiose difficulté, car elles ne partagent pas une somme d’expérience commune, un vécut de lutte particulier, ce qui leur donne un côté suranné, désuet…et arriviste. 

    Pour les autres, c’est une fantastique somme d’expérience et une grande leçon de politique réelle qui leur a été donnée. Leurs militants et militantes en ressortiront grandis et aguerris. 

    Les masses populaires aussi. Toute une génération sera marquée par la défiance envers les institutions, envers les forces de l’ordre, envers une justice de classe, inique et arbitraire. 

    Macron et la classe bourgeoise, qu’il sert, a tenté de répondre, sans jamais céder sur son programme, à la crise de régime que constitue ce mouvement. D’un côté par la force brute, en autorisant la police à faire un usage massif des gaz, des matraques, des LBD… 
    Elle a tenté aussi et tentera de semer le chaos et la division en montant des « affaires », comme l’affaire Finkielkraut, dans le but de pouvoir opérer une contre-offensive idéologique. Elle ne reculera devant rien pour reconquérir le terrain perdu, dès que la mobilisation sera tue.

    De l’autre côté, elle a opéré en tentant d’utiliser la colère des Gilets Jaunes et des masses pour la mettre à son propre service. Le Grand débat à servi à cela : tenter de faire un effet levier pour appuyer sa politique réactionnaire. Mais la brutalité du régime n’a pas eu raison de la colère, tout comme les faux débats ne l’ont pas calmée. 
    Restent alors deux armes : la première est le temps, le temps qui use, qui épuise, qui décourage… le temps qui amène aussi à la période de creux de l’été. Été que Macron saisira certainement pour lancer de nouvelles attaques, contre les droits sociaux, contre la retraite, contre les salaires… La liste est encore longue.
    La seconde est celle de la diversion. Et l’arme numéro 1 de la diversion est, à l’heure actuelle, la mise en œuvre d’une élection des plus inutiles : celles des Européennes. 

    Le miroir aux alouettes des Européennes. 

    Les élections européennes cristallisent, aujourd’hui, une part de l’attention de ceux et celles qui se mobilisent. Pour certains et certaines, elles incarnent une forme d’espoir.
    Un espoir de changement, en supposant qu’une liste qui s’approche des intérêts des Gilets Jaunes puisse s’imposer. 
    Un espoir de sortir d’un hypothétique « carcan » de Bruxelles.
    Un espoir d’infliger une sanction à LREM et à ses alliés, dans le but d’infléchir la politique gouvernementale, voir d’en obtenir un changement. 

    Nous comprenons ces espoirs, nous comprenons que beaucoup vont se diriger vers les urnes avec des états d’esprit complètement différents les uns des autres. Certains avec conviction, d’autres, à la manière d’un jeu de loto, car « on ne sait jamais », malgré la sombre impression que les votes ne changent, en définitive, pas grande chose.

    Nous, UCL, mais aussi l’Union Prolétarienne Marxiste Léniniste, avons fait le choix de ne pas donner de consigne de vote. Nous pensons que ce scrutin est avant tout une diversion, qui détourne de la lutte, pour entraîner vers les urnes. D’autant que l’impact de ce scrutin est infinitésimal. 

    Premier point fondamental : qui domine qui ? L’Union européenne possède une nature particulière. Elle est une alliance entre les Etats impérialistes que sont l’Allemagne et la France – avec une forme de participation éloignée du Royaume-Uni. Cette alliance entre les impérialismes est le fruit d’une nécessité reconnue de longue date. 

    Dans les faits, l’histoire de la fin du dix-neuvième siècle et du vingtième siècle européen est l’histoire de cette alliance. Mais, même si elle est reconnue par l’un comme l’autre comme le seul moyen de pouvoir faire face à la naissance de géants industriels, une question n’est pas résolue : qui dévorera qui ? Car, s’il existe des tendances à ce que les industries, les banques, les cartels fusionnent, il n’en demeure pas moins qu’ils sont également en concurrence. C’est ce qui explique les guerres, les occupations, les tentatives de forcer les choses. Mais même à l’heure actuelle, alors que des concentrations se font, alors que des accords se nouent, il reste toujours un certain nombre de choses qui ne se négocient pas. Ainsi, la Deutsche Bank, endettée, a vu son rachat par la BNP Paribas interdit. 

    Aujourd’hui, la France est-elle dominée par l’UE ? Non. Elle est un élément moteur de celle-ci. De plus, son impérialisme est principalement orienté sur l’Afrique, avec des possessions sur les autres continents. Là-bas, là où réside le fond de ses intérêts, elle ne tolère aucune concurrence et n’hésite pas à lutter pied à pied pour se maintenir, contre la pression chinoise, russe, ou même américaine. 
    Ce n’est pas l’UE qui dicte sa loi à la France (ou à l’Allemagne) mais ce sont ces Etats qui utilisent l’interface de l’Europe pour dicter la leur aux pays les moins puissants.
    Il y en a qui en bénéficient, ou plutôt des fractions de leurs bourgeoisies en bénéficient. D’autres, comme la Grèce, sont aux abois, tenus par leurs dettes aux ordres de la France – qui possède la majorité de celles-ci, contrairement à une idée répendue – et de l’Allemagne. 


    La crise de l’UE, que nous constatons actuellement, est avant tout la répercussion de la crise des impérialismes qui la constituent. Ces crises soumettent cette alliance, temporaire par sa nature même, à une telle force de marée qu’elle menace de se disloquer.

    Le vote peut-il y changer quelque chose ?

    Dans l’Union européenne, le Parlement européen ne bénéficie que de prérogatives faibles. Il prend des résolutions, mais leur application est soumise entièrement à la discrétion des gouvernements nationaux. Dans les faits, certains de ces gouvernements sont écrasés par le poids des dettes, contractées non pas envers l’ « Europe », mais envers des établissements financiers privés (BNP Paribas, Crédit Agricole…) C’est cet étau financier qui les oblige à adopter ce que les cartels bancaires imposent également à l’Europe. Ca n’est pas l’UE en tant que tel.
    L’UE n’est pas unie, ni fédérale. Elle reste un des rares exemples de système confédéral, dans lequel la loi des pays prime sur celle de l’ensemble. Le vrai cœur du pouvoir est dans ce qu’on n’élit pas. Le Conseil des ministres européens est, en réalité, le centre de gravité des décisions.
    Le Parlement européen est, en dernière analyse, un cadeau fait aux organisations politiques pour s’assurer de leur fidélité au projet européen, pour leur offrir un nouveau moyen d’engranger de l’argent. Elle est une des « balles sucrée » qu’offre régulièrement la grande bourgeoisie.

    Les questions fondamentales ne sont pas soumises au vote, en Europe comme en France. Elles ne se négocient pas ainsi. Bien que ce concept revienne dans les argumentaires des réactionnaires, il est difficile de contester qu’il existe une forme « d’Etat profond. » Cet « Etat profond » correspond à des questions fondamentales liées à l’imbrication de la grande bourgeoisie monopoliste et de l’appareil d’Etat. 
    Ainsi, l’impérialisme français, les interventions militaires, les ventes d’armes lourdes, les soutiens diplomatiques, l’activité des services secrets, en somme le « système végétatif » de la sphère économique et politique profonde des Etats impérialistes est hors de portée des bulletins de vote. Les enjeux sont trop essentiels pour qu’ils puissent faire l’objet d’un débat public.

    Au sein de l’UE, par extension, se reproduit ce même type de schéma. L’UE, comme les institutions « supranationales », est avant tout une arène dans laquelle les affrontements entre cartels monopolistiques -et les Etats qui y sont liés- sont arbitrés, dans l’idéal le plus pacifiquement possible. Une norme européenne, par exemple, qui va déterminer comment un bien doit être produit, correspond à la manière de produire d’un groupe monopoliste particulier, qui va l’imposer aux autres. 
    Emmanuel Macron a lancé un appel à combattre le RN, en voulant ainsi engranger des voix supplémentaires et se poser en rempart de la démocratie et du progrès. Il essaie de rallier derrière lui les partisans de l’Union Européenne et de placer le curseur du débat politique entre partisans de la « Renaissance » et liquidateurs. 
    Mais dans les faits, d’une part LREM a repris les éléments de programme des identitaires, notamment sur la « défense des frontières de l’Europe ». De l’autre, même si le RN était tout-puissant, il ne quitterait pas l’UE, ni aucun des candidats, quel qu’il soit. Même l’UPR, qui place comme leitmotiv son « article 50 », ne le fera pas non plus.
    L’expérience du Brexit montre qu’une séparation de l’UE, avec la rupture des accords qui l’accompagnent, est une rupture beaucoup plus économique que politique. Il s’agit, pour un grand nombre de cartels, d’un véritable déchirement, au sens physique du terme. La bourgeoisie s’y opposera donc de toutes ses forces.
    Cependant, l’UE peut s’effondrer. Elle peut s’effondrer, mais les résultats seraient un choc immense pour les marchés, mais également pour une grande partie du tissu industriel et bancaire de notre impérialisme. Il existe des signes de cet effondrement, mais il sera probablement cataclysmique.

    La question de l’UE, en dernière analyse est paradoxale. Il faut lutter contre l’UE pour ce qu’elle est, une coordination d’impérialismes, traînant à leur suite des impérialismes croupions et des laquais serviles. 
    Il faut lutter contre ce que cette coordination fait subir à ceux qui sont sous son joug implacable, aux dégâts qu’elle cause, sur la nature, par rapport aux risques de guerre, sur la destruction des droits sociaux. 
    Mais ce sont des luttes tactiques. La victoire stratégique est ailleurs. Elle est dans le renversement du système impérialiste-capitaliste. 
    Et là, l’UE apparaît comme secondaire. La sortie de l’UE sera refusée par « l’Etat profond », par les forces économiques, les cartels et des conglomérats. Il n’existe pas de pouvoir démocratique assez fort, en régime bourgeois, pour l’obtenir. Et si les masses populaires avaient le pouvoir réel entre leurs mains, la question de l’UE ne se poserait plus, balayée qu’elle serait par la chute du capitalisme. 
    Nous pensons que mettre en avant l’UE (comme l’OTAN) comme une étape ou un préalable, c’est mal analyser ce qu’est la nature profonde de ces institutions et les limites du pouvoir populaire en régime bourgeois. 

    C’est pour cela que nous pensons que ceux qui insistent obstinément sur ces points, finalement, nient la question stratégique de la conquête du pouvoir par les masses populaires.

    Nous n’en sommes cependant pas même là. 

    Aujourd’hui, quel mot d’ordre ? Boycott ? Abstention ?

    Nous pensons que le terme boycott ne recouvre pas forcément une réalité pratique. Un boycott suppose une campagne active qui viserait à perturber la bonne tenue du scrutin, à l’image de celui organisé en Inde par la guérilla. À l’heure actuelle, il ne semble pas que cela soit dans les projets de ceux qui tiennent cette position. Nous le comprenons, certes, mais il se limite à un acte, en réalité, passif. Il reste incantatoire s’il n’est pas accompagné d’une ligne pratique, concrète et immédiate pour les masses populaires. 

    Aujourd’hui, nous pensons que rentrer dans un débat sans fin sur la question d’un vote aussi marginal, aussi peu essentiel, batailler là-dessus, revient à perdre une énergie colossale pour quelque chose qui ne nous intéresse pas. Cela revient à nourrir un point de focale qui ne nous intéresse, finalement, pas. Autant nous focaliser alors, sur ce qui est fondamental.

    Nous avions défendu le boycott lors des élections présidentielles, pour proposer comme issue la question de l’opposition extra-parlementaire dont l’objectif est de rassembler toutes les forces progressistes qui ne se retrouvent pas dans la politique bourgeoise. 

    À nos yeux, cette opposition doit rassembler les forces politiques, syndicales, associatives, mais aussi les mouvements de lutte qui ne se retrouvent plus dans les cadres étroits et tronqués de la fausse démocratie électorale. Nous pensons que la légitimité n’est pas dans ces salons de discussion entre bourgeois bien-séants. Elle est à réclamer par les masses populaires, pour elles.


    Elle est le fait de réclamer que nous représentons une « fraction du pouvoir réel ». 

    Nous pensons que l’expérience du mouvement des Gilets Jaunes, avec ses assemblées populaires et ses assemblées des assemblées (Commercy, Saint-Nazaire, plus tard Montceau-les-Mines) forment une incarnation embryonnaire de cette opposition. C’est, de fait, elle -avec les discussions de rond-point, plus que tout autre chose, qui a donné le ton lors des sept derniers mois de lutte.
    Nous pensons que c’est cela qu’il faut défendre, plus qu’un débat sur la question du vote, pour que cette expérience ne s’évapore pas, mais puisse être synthétisée et former une nouvelle base de départ pour d’autres luttes d’ampleur. Ce sont ces assemblées, éminemment politiques, qui ont formé le plus grand saut qualitatif au cours de la lutte des Gilets Jaunes, lui conférant son caractère politique de lutte la plus poussée de ces dernières décennies. 


    Il reste un travail fantastique à faire. 

    À la fois dans les luttes, pour qu’elles se rejoignent et se renforcent mutuellement, autour d’un centre constitué par les assemblées populaires et démocratiques. Elles continueront d’éclore tant que les attaques perdurerons. Et elles perdureront.
    Nous appelons également à ce que les organisations politiques révolutionnaires soient renforcées. Nous appelons à ce qu’elles travaillent conjointement, pour faire face à la gravité de la situation sociale et économique, mais également, car, jusqu’à présent, la présence communiste révolutionnaire est restée bien trop anecdotique, à l’exception de succès locaux, dans le mouvement des Gilets Jaunes. Non pas en tant que force visant à contraindre la lutte à adopter des mots d’ordre qui ne sont pas les siens, en lançant des incantations, mais bien en faisant le travail politique qui permette aux revendications de triompher.


    Comme le mentionnait le Manifeste :  « Les communistes ne forment pas un parti distinct opposé aux autres partis ouvriers.

    Ils n’ont point d’intérêts qui les séparent de l’ensemble du prolétariat.

    Ils n’établissent pas de principes particuliers sur lesquels ils voudraient modeler le mouvement ouvrier.

    Les communistes ne se distinguent des autres partis ouvriers que sur deux points : 1. Dans les différentes luttes nationales des prolétaires, ils mettent en avant et font valoir les intérêts indépendants de la nationalité et communs à tout le prolétariat. 2. Dans les différentes phases que traverse la lutte entre prolétaires et bourgeois, ils représentent toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité.

    Pratiquement, les communistes sont donc la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui stimule toutes les autres; théoriquement, ils ont sur le reste du prolétariat l’avantage d’une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien. »

    Nous devons le faire : la bourgeoisie a perdu du terrain. Elle a perdu de l’espace pour ses manigances, face à la résistance populaire, face aux luttes. Cet espace, elle n’accepte pas de le considérer comme perdu. Elle ourdi sa contre-offensive idéologique.

    Elle trace aussi ses plans pour l’avenir. Car lorsque les droits économiques sont touchés, le lendemain, ce sont les droits politiques. Nous devons garder à l’esprit que la plus grande épreuve de force est encore devant nous.

  • Andréa Kotarac ; Comme un coup de tonnerre dans un ciel d’été.

    Andréa Kotarac ; Comme un coup de tonnerre dans un ciel d’été.

    L’annonce, par voie de presse, du ralliement de l’élu régional LFI du Rhône, Andréa Kotarac, au Rassemblement National, en a choqué plus d’un. À commencer par sa propre organisation, le Parti de Gauche 69. Celui-ci, de son propre aveu, s’est déclaré « consterné » par le fait d’apprendre du jour au lendemain cette trahison. 

    « Une trahison préméditée, destinée à être annoncée au moment où elle nous ferait le plus de mal pour les élections européennes et concertée avec les cadres du RN, au vue de la promptitude avec laquelle le RN l’a relayée. »

    Étant donné que, quelques jours auparavant, il répercutait toujours les publications de LFI, de Mélenchon, ou des soutiens de la campagne de Mme. Aubry, candidate aux élections européennes. 

    Kotarac a ainsi déclaré à la presse et sur son compte tweeter que « La pensée mélenchoniste indépendante à laquelle j’ai adhéré est en ce moment minoritaire au sein de La France insoumise, voire ultra-minoritaire au sein de la gauche » et que, par voie de conséquence « J’appelle à voter pour la seule liste souverainiste, qui met en avant l’indépendance de la France et qui est la mieux à même de faire barrage à Emmanuel Macron. » Ce qui signifie, dans son esprit, voter pour le Rassemblement National. 

    Il a cependant précisé qu’il n’adhérait pas à l’organisation d’extrême-droite. Le lendemain, Marine le Pen a, ainsi, déjeuné avec lui. Elle a déclaré : « J’ai déjeuné avec lui. Il m’a paru être un garçon extrêmement réfléchi et d’une grande honnêteté intellectuelle. D’après ce qu’il m’a dit, il fait partie de cette sensibilité qui a été mise à l’écart et qui ne se reconnaît plus dans La France insoumise aujourd’hui. » Ironie de la chose, il s’agissait d’une personne qui s’était investie « contre l’extrême-droite », particulièrement présente à Lyon.

    Mais, à quelle sensibilité Marine Le Pen fait-elle allusion si ce n’est celle de Djordje Kuzmanovic ? Dans le fond, c’est aussi à lui, et aux individus qui partagent ses positions souvernainistes-réactionnaires, populistes et chauvines qu’elle s’adresse. 

    Un certain nombre de militants et militantes de LFI ont pu être décontenancés par la posture de leur mouvement et de sa direction. En effet, les appels du pied à une candidature unique de gauche, ou du moins à un rassemblement, ont sonné comme un retour de Mélenchon à sa vieille famille politique, le PS, à une modération des positionnements sur l’Europe, à une liquidation de ce qui apparaissait comme le patrimoine génétique de LFI.

    C’est une réaction logique et sincère. Effectivement, les élections et la pression qu’elles font peser sur les organisations politiques, fait que resurgissent les tambouilles, les arrangements, les accords. Il y a de quoi, en effet, être déçu.

    Un grand nombre de ceux qui sont partis ont ciblé des procédés peu démocratiques au sein de LFI. Et nous souscrivons à certaines critiques. Cependant, il existe aussi une question idéologique de fond dans le départ d’individus comme Kuzmanovic ou Kotarac, et cette question de fond ne peut être éludée.

    Indépendamment des critiques sur la démocratie interne ou les positions politiques de LFI, il existe une tendance réactionnaire puissante, qui s’est, ou s’était, organisée autour de la personne de Kuzmanovic. 
    Kuzmanovic a eu régulièrement l’honneur de nos tribunes. Dans plusieurs articles, nous avions évoqué la tendance réactionnaire qu’il représentait au sein de LFI. 

    A Lire sur notre site :

    https://unitecommuniste.com/france/wagenknecht-kuzmanovic-la-mutation-reactionnaire/
    https://unitecommuniste.com/france/lettre-ouverte-aux-militants-et-militantes-de-la-france-insoumise/
    https://unitecommuniste.com/international/italie-populisme-et-faillite-de-sa-forme-de-gauche-partie-3/

    Nous avions caractérisé ses positions, qui alors semblaient majoritaires au sein de LFI, comme prêtant le flanc au social-chauvinisme et à la dérive réactionnaire. Ainsi, Kuzmanovic est rentré en pâmoison devant le développement d‘Aufstehen ! sous l’égide de Sarah Wagenknecht et d’Oskar Lafontaine. 

    L’idée de base de la scission de Die Linke était de chasser sur les terres de l’extrême-droite Allemande, force montante au travers de Alternativ fur Deutschland. En reprenant un discours anti-immigration mâtiné de social, cette organisation pensait tirer profit de la grogne des masses populaires d’Allemagne pour engranger leurs voix. Dans les faits, chaque fois que des organisations ont fait ce choix, non seulement elles n’ont rien gagné, mais elles ont contribué à avaliser les thèses de l’extrême-droite.

    Si La France Insoumise semble avoir été tentée un moment par l’aventure, elle semble s’être ravisée. Une des causes apparaît comme étant son hétérogénéité, qui rendait un virage aussi virulent impossible. Même si plusieurs thèses résolument sociale-chauvines sont présentes dans la littérature écrite par Mélenchon, celui-ci a disgracié Kuzmanovic, lequel, pour ne pas être exclu, a claqué la porte.

    Kuzmanovic, lancé seul, a fondé République Souveraine. Dans les annonces de son départ et dans les corpus de textes de son organisation, il laisse libre cours, cette fois, à ses conceptions.

    « Si la campagne présidentielle, pendant laquelle Jean-Luc Mélenchon a théorisé la rupture avec le clivage gauche-droite, a été portée par la stratégie populiste, les nouveaux cadres de la FI, arrivés avec la marée du succès et majoritairement issus du militantisme gauchiste, sont vite revenus à leurs vieux réflexes, éloignant le mouvement de la majorité du peuple français. (…) La complaisance des segments gauchistes de la FI à l’égard des thèses indigénistes, le mépris affiché pour les forces de l’ordre, la négation du problème posé par l’islamisme et le refus de regarder en face les défis posés par l’immigration ont produit des ravages dans notre électorat potentiel, faisant apparaître la FI comme la vieille gauche à peine repeinte, coupable du même angélisme, incapable de réalisme et de fermeté. »

    Nous retrouvons là plusieurs conceptions ouvertement réactionnaires : une qui appelle de manière volontaire au développement d’une ligne « populiste » qui puisse « dépasser le clivage-gauche droite ». Seulement, Kuzmanovic ne prend guère le temps de nous expliquer ce qui constitue ce clivage, ni comment il comptait le dépasser. Tout au plus, en sommes-nous réduits à observer par la négative le contenu de sa position. « Le mépris affiché pour les forces de l’ordre, la négation du problème posé par l’islamisme et le refus de regarder en face les défis posés par l’immigration ont produit des ravages dans notre électorat potentiel. » Voilà qui nous éclaire partiellement. D’une part sur le fait qu’il aurait donc fallu soutenir les forces de l’ordre, dénoncer le « problème posé par l’islamisme » et regarder en face « les défis posés par l’immigration. ».

    Voilà donc à quoi se référence Andréa Kotarac. 

    Andréa Kotarac défend une vision assez particulière des choses : à ses yeux, il incarne, ainsi que Djorje Kuzmanovic, la vraie ligne Mélenchon, lequel serait pris en otage par son statut minoritaire au sein même du mouvement qu’il anime. Cette manière de voir les choses est probablement beaucoup plus tactique que mû par la sincérité. 

    En se réclamant du vrai Mélenchon, Andréa Kotarac essaie de drainer ceux qui sont mécontents de la ligne de LFI mais qui maintiennent leur confiance dans sa direction. Il a ainsi tweeté : « On ne défend plus les intérêts du peuple mais ceux de la gauche (…) J’ai décidé de quitter @FranceInsoumise (…) Mélenchon n’est pas un dictateur ou Dracula (…) mais sa pensée est minoritaire au sein de LFI. »
    Kuzmanovic, au moins, avait eu l’honnêteté de cracher son venin jusqu’au bout. 

    Sur le fond, qu’en est il ? Kotarac a été qualifié à plusieurs reprises d’opportuniste. Il semble qu’il ne soit pas à son premier revirement. 

    La question demeure. Est-ce par opportunisme ou par pensée idéologique que Andréa Kotarac a agi ? Difficile à dire. La vérité se situe probablement entre les deux. 

    Il n’est absolument pas impossible qu’Alexandre Kotarac ait de grandes sympathies pour la ligne sociale-chauvine -certains diraient sociale-fasciste- défendue par Djordje Kuzmanovic et ses fidèles. Il est tout à fait plausible que lorsqu’il tient des propos ambigus sur l’immigration ( « Sur l’immigration, @JLMelenchon a un bon constat, il a dit que l’immigration était une souffrance. (…) puisque c’est une souffrance, il faut l’arrêter. (…) Je préfère que les gens vivent dignement, fièrement, chez eux. ») il dise fondamentalement ce qu’il pense. 

    Il est tout à fait plausible que lorsqu’il est parti à Yalta, dans l’Ukraine occupée par l’Armée russe, ce soit réellement par sympathie pour Poutine.

    Étant donné le fait qu’il répercutait les publications d’auteurs réactionnaires, à l’image de Natacha Polony, il est, effectivement, fort possible qu’Andréa Kotarac vive son passage d’une rive à l’autre comme une libération, lui permettant de vivre en plein jour sa vraie nature politique. 

    Mais malgré tout cela, s’il s’agissait d’une position idéologique, pourquoi ne pas avoir suivi Kuzmanovic, ou pourquoi attendre maintenant ? Probablement parce que, en plus de ce positionnement idéologique, même au-delà de celui-ci, se trouve également un appétit de carrière. Il pouvait tout à fait garder ses pensées pour lui tant qu’une opportunité de trouver une place dans l’autre camp ne se manifestait pas. Mais des appels de l’œil ou du pied et l’espoir de trouver une place dans un nouvel appareil lui ont fait sauter le pas. 

    Nous ne partageons pas la stratégie de LFI, ni un grand nombre de ses positions. Cependant, le fait qu’une cinquième colonne, du type de Kuzmanovic ou Kotarac passe à l’ennemi, ou plutôt se démasque, est un mal pour un bien.

    Nous pensons que ceux qui décident de flirter avec l’extrême-droite, de reprendre ses thèses, de défendre des positions in fine similaires seront nombreux de plus en plus nombreux à sauter le pas. Faut-il les regretter ou se réjouir qu’ils se démasquent maintenant ?

    Nous pensons que la décantation réactionnaire touche toutes les organisations, qu’elles soient de gauche ou de droite traditionnelle. Cette décantation se produit du fait de l’approfondissement toujours plus intense de la crise économique, des attaques brutales sur le niveau de vie, mais également du durcissement des relations internationales. 

    Face à l’hégémonie de thèses ultra-réactionnaires, la réponse n’est pas de parler sur le même terrain que ceux qui les défendent. Elle est, au contraire, de les combattre pied à pied, de les détruire, de forger l’unité populaire. Dans la lutte des Gilets Jaunes, un creuset commun, unissant par-delà les origines et les croyances, s’est construit. Il a montré que l’unité n’était pas nationale, mais populaire. C’est là l’exemple à suivre !

    Chassons les Andréa Kotarac de nos organisations ! Aucune places, aucun poste, aucune sinécure pour les transfuges du fascisme !

  • Fake news et élections.

    Fake news et élections.

    Régulièrement, la notion de fake new vient sur le devant de la scène. Plus aucun événement, plus aucune catastrophe humaine ne se produit sans qu’un florilège d’interprétations douteuses ou farfelues affluent dans son sillage. 

    Interpréter de travers, commettre une erreur de bonne foi, même si celle-ci peut prêter le flanc à des thèses, cela forme un aspect de la question. Lorsque, sur une vidéo de l’incendie de Notre-Dame, un observateur zélé repère une silhouette qu’il juge suspecte, et en fait part, c’est une chose.

    Lorsqu’une personne, déjà convaincue par des thèses conspirationniste, retransmet cette vidéo avec des termes insidieux tels que « on nous cache des choses » ou « comme par hasard », cela reste dans la même gamme d’erreur. 

    Comme nous le mentionnions dans notre article sur Notre-Dame, nous sommes aisément vulnérables aux conceptions complotistes. Dans un article, Science et Avenir nous expose ainsi certaines raisons de cette vulnérabilité :

    4 raisons de la rupture entre opinion publique et faits scientifiques selon le Pr Bronner

    VIRALITE. La première condition pour convaincre, « c’est d’attirer l’attention ». Les contenus anxiogènes, surtout sur le thème de la santé, remplissent bien cet office.

    MOTIVATION. Le Pr Bronner souligne une « asymétrie de motivation » entre les adeptes de la théorie du complot, qui se sentent porteurs d’une croyance, et les rationnalistes. « Les croyances font partie de notre identité, contrairement aux non-croyances », explique le Pr Bronner. Les adeptes du complot, plus motivés, s’expriment beaucoup plus, se créant une visibilité « confondue par les indécis pour de la représentativité ».

    PRESSION CONCURRENTIELLE. Devant la masse d’informations à traiter, le principe de précaution est largement avantagé car nous n’avons pas le temps de tout vérifier.

    BIAIS DE CONFIRMATION. Ce biais cognitif désigne la tendance que nous avons tous à nous ouvrir plus facilement aux contenus qui trouvent déjà écho dans nos propres convictions qu’à ceux qui entraîneraient doutes et remise en question. Ce biais est amplifié d’une part par la masse d’informations disponibles, dans laquelle toute conviction peut trouver confirmation, ainsi que dans les algorithmes des sites internet qui nous proposent des contenus précisément basés sur ce qu’il a perçu de nos goûts.

    Ce sont donc des phénomènes qui peuvent arriver, qui sont relativement logiques, bien qu’il faille, là aussi les combattre.

    Mais, lorsque de fausses preuves sont créées de A à Z, dans un but politique conscient, affirmé, pour générer des mensonges, des troubles, des perturbations, là, un autre stade est atteint. Il s’agit du stade de la falsification. 

    Créer des faux documents, de fausses informations, générer des preuves mensongères pour appuyer un discours politique existe de longue date. Cependant, avec le développement d’internet, les légendes urbaines, les rumeurs, les canulars ont pris une ampleur démesurée. La possibilité d’invention de faits, de fabrication de preuves, de diffusion de celles-ci, explique que les fake news soient désormais omniprésentes. Omniprésentes et chaque jour plus ardues à déceler. 

    Les nouvelles technologies, notamment l’utilisation de l’intelligence artificielle à la place de la simple retouche d’image, rend la question de la véracité des images, des vidéos et des sons davantage sujette à question.
    Les deepfakes constituent désormais une véritable menace. Elles donnent la possibilité, d’une manière crédible, de faire dire un discours inventé à une personne qui ne l’a jamais prononcé. Si une analyse de la vidéo permet de voir le montage, les plus crédules ou ceux qui voient ce qu’ils voudraient voir peuvent s’y laisser prendre. Demain, les perfectionnements rendront même la différence entre l’invention et la réalité indiscernable. 

    Ces possibilités nouvelles rendent la bataille pour la vérité toujours plus féroce. 

    À la suite de l’élection de Donald Trump, fin 2016, nous avions publié un court dossier nommé La guérilla informationnelle, le nouveau brouillard de guerre. Dans ce document, nous revenions sur les buts et sur les moyens de cette guérilla. Les fake news profitent invariablement aux réactionnaires et aux fractions les plus réactionnaires des bourgeois. Leurs conceptions idéologiques, leurs « grands principes », entrent en contradiction avec la réalité.

    Ils ne peuvent prouver la réalité de leurs dires sur l’exploitation, alors ils mentent. Ils ne peuvent justifier leurs attaques contre les droits sociaux, alors ils mentent. Ils ne peuvent défendre scientifiquement leurs thèses sur l’immigration, sur le « grand remplacement », alors ils inventent des faits. 

    Ces mensonges sont orientés, la grande majorité du temps, pour semer la division et la colère entre les parties des masses populaires. Mais il arrive qu’une autre faction de la bourgeoisie, que son pouvoir, soit pris pour cible par des challengers. Alors la bourgeoisie fait appel à l’Etat pour statuer.

    L’Etat, dans cette lutte, s’est lui-même placé comme arbitre. Des lois contre les fake news ont été votées par le Parlement. Ainsi, entrée en application en avril de cette année, la loi contre la « manipulation de l’information ». Elle permet, trois mois avant des élections, au juge des référés de suspendre la diffusion d’une information, et ce, en moins de 48h.

    De quoi rassurer ? Pas tellement. 

    Premièrement, l’Etat n’est pas neutre dans son appréciation de la réalité. L’Etat, émanation de la lutte des classes, n’est pas un objet flottant, au-dessus des luttes sociales et politiques dans la société, mais est, au contraire, un outil qui les appuie dans un certain sens. Il est l’outil de la bourgeoisie pour maintenir et raffermir son ordre injuste.

    En second lieu, l’Etat, lui-même, est historiquement un grand pourvoyeur, ou un grand relayeur, de fake news. Pour justifier la politique qu’il mène pour le compte de la bourgeoisie. Pour justifier ses guerres. Pour justifier la répression. La vérité est, elle aussi, une question tactique pour l’Etat bourgeois. Au-dessus de l’importance des faits se trouve, d’une manière primordiale, la question de l’intérêt d’Etat. Et cet intérêt d’Etat est, en dernière instance, l’intérêt de la clique bourgeoise au pouvoir.

    Alors que nous approchons du 50e anniversaire du décès d’Ho Chi Minh, comment ne pas penser au bombardement du port d’Haiphong, le 23 novembre 1946, qui fut le point de départ de la guerre d’Indochine. Le gouvernement français avait alors menti pour justifier la guerre.
    Récemment, dans la répression contre les mouvements sociaux, l’Etat a menti à propos des manifestants entrés dans la Pitié-Salpêtrière. Aujourd’hui, le déni des violences policières ne peut être caractérisé autrement que comme un mensonge d’Etat. 

    Nous devrions donc leur faire confiance pour déterminer le vrai du faux et trancher ?

    Discerner le vrai du faux, sans parler de l’interprétation frauduleuse de véritables résultats, rejoint une lutte pour l’éducation. Donner le plus largement possible les clés qui permettent de déterminer ce qui est vraisemblable et ce qui est invraisemblable est fondamental. Croiser les sources, vérifier les informations, développer un esprit critique est un combat. L’Etat le fait-il ? Non.

    Marx écrivait :

    « Absolument à rejeter, c’est une « éducation populaire par l’Etat ». Déterminer par une loi générale les ressources des écoles primaires, la qualification du personnel enseignant, les disciplines enseignées, ect., et – comme cela se fait aux Etats-Unis – faire surveiller par des inspecteurs d’Etat l’exécution de ces prescriptions légales, voilà qui est tout à fait autre chose que de faire de l’Etat l’éducateur du peuple ! Bien au contraire, il faut, au même titre, refuser au gouvernement et à l’Eglise toute influence sur l’école. […] c’est, au contraire, l’Etat qui a besoin d’une éducation bien rude, administrée par le peuple. »

    Cela ne vise pas à jeter l’opprobre sur le corps des enseignants, qui, dans la très grande majorité des cas, tente comme il peut de fournir des clés d’analyse aux élèves, mais bien sur l’institution d’une manière générale, sur ses buts et sur ses moyens. L’Éducation Nationale n’est pas encore mise au pas, sa capacité de lutte interne fait qu’elle n’est pas un rouage docile, mais que ceux qui la constituent essaient avec sincérité de travailler à dispenser de véritables outils d’analyse. 

    Pour autant, l’utilisation de l’Éducation Nationale comme outil de propagande et d’endoctrinement n’est plus à démontrer. L’utilisation de l’enseignement de l’Histoire comme outil pour justifier les politiques actuelles l’illustre. Elle sert également, sans d’ailleurs lésiner sur les raccourcis, les escamotages ou les inventions, à dénigrer le mouvement anti-impérialiste, le mouvement ouvrier ou révolutionnaire. Depuis 2015, le retour de la « morale » dans l’enseignement illustre le fait que les gouvernements successifs bataillent pour accroître leur influence directe.

    De même, la mise en place de la loi sur « l’école de la confiance » va également dans cette voie : l’indépendance pédagogique et la liberté de critique des enseignants, concédée à une époque où les rapports de force étaient plus favorables aux masses populaires, sont en passe d’être réduite à néant. 

    Nous pensons que nous ne pouvons pas nous fier à l’Etat bourgeois pour défendre une éducation critique et populaire. Nous pensons que nous ne pouvons pas nous fier aux institutions et à leurs ordres pour permettre d’acquérir les véritables clés de compréhension du monde actuel.

    Nous soutenons les enseignants et les enseignantes qui le font, à leur échelle. Mais nous pensons que nous avons également un rôle à jouer dans la diffusion d’analyses, d’approches historiographiques, de moyens méthodologiques pour permettre que la jeunesse ne voie pas son esprit critique asséché, drainé, par les offensives réactionnaires organisées par les gouvernements successifs. 

    Nous refusons que la Vérité absolue puisse être édictée par un appareil d’Etat, à la fois juge et partie dans les affaires politiques. Nous pensons que nous devons nous-même, auprès des masses et contre la propagande bourgeoise, mener la lutte. Car nous pensons que la vérité sur l’exploitation, l’aliénation, le capitalisme et l’impérialisme est révolutionnaire. 

    Nous, communistes, regardons le développement des fake news comme une menace réelle et concrète. Nous nous plaçons au service des masses populaires et du peuple. C’est l’analyse de la réalité et sa retranscription politique qui doivent guider nos actions. Devoir tromper le peuple sur sa situation indiquerait que nous aurions franchi une ligne rouge. Nos intérêts et les intérêts populaires ne font qu’un.

    Luttons par nos moyens contre le développement des rumeurs, par le fait de proposer des analyses justes et scientifiquement établies !
    Luttons contre l’immixtion de l’Etat dans la notion de vérité ! 
    Dénonçons les mensonges des bourgeois et des fascistes !

  • Communiqué de l’ICOR sur le 8/9 mai 1945.

    Communiqué de l’ICOR sur le 8/9 mai 1945.

    Appel de l’ICOR pour la journée de lutte internationale contre le fascisme et la guerre le 8 et 9 mai, le 6 août et le 1er septembre 2019 (Résolution de l’ICOR)

    Il y a 74 ans, les 8 et 9 mai 1945, la fin du fascisme hitlérien et de la Seconde Guerre mondiale était actée. Cette victoire revient surtout l’Armée rouge, aux dizaines de milliers de partisans, aux civils, mais aussi aux forces que les Alliés avaient mobilisé afin de vaincre, au péril de leur vie, la bête fasciste.

    Peu après, les États-Unis lancèrent les premières bombes atomiques de l’histoire – le 6 août 1945 sur Hiroshima et le 9 août 1945 sur Nagasaki – guidés par la crainte que l’influence socialiste de l’Union soviétique ne s’étende. 100 000 personnes sont mortes immédiatement, au moins 130 000 à la fin de 1945 puis de nombreuses autres dans les années suivantes.

    Il y a 80 ans, le 1er septembre 1939, l’impérialisme allemand au travers de son régime fasciste hitlérien avait provoqué la Seconde Guerre mondiale. Plus de 55 millions de morts de cette guerre impérialiste nous le rappellent ! Le mouvement mondial pour la paix doit se renforcer, se coordonner au niveau mondial !

    En commémoration de ces trois événements, l’ICOR célèbre les 8 et 9 mai, 6 août et 1er septembre de chaque année la Journée contre la Guerre. Les dates varient en fonction des régions du monde, pour correspondre au jour le plus marquant.

    Actuellement, la cause de la guerre consiste en particulier dans les contradictions inter-impérialistes croissantes. Le principal fauteur de guerre est l’unique superpuissance : les États-Unis avec leur président, le fascisant Trump. Cependant la lutte contre la guerre impérialiste doit se retourner contre les préparatifs de guerre et contre les actions guerrières de n’importe quel impérialisme.

    Aujourd’hui il est plus urgent que jamais de construire un front uni anti-impérialiste, anti-fasciste international contre le fascisme et la guerre ! En novembre 2018, l’ICOR a lancé un appel international en ce sens.

    L’hostilité à la mort du fascisme hitlérien était dirigée contre l’Union soviétique socialiste et les forces révolutionnaires du monde. “L’extermination du marxisme et de ses racines”, annoncée par Hitler avec arrogance, se termina en 1945 par une défaite cuisante de la réaction anticommunisme. A l’inverse, même,  le camp socialiste vit le jour. Aujourd’hui, il est nécessaire que la lutte pour le socialisme prenne un nouvel essor. Ce n’est qu’avec la victoire mondiale du socialisme que les causes du danger de guerre seront surmontées, que les peuples vivront ensemble en paix et en accord avec la nature.

    A l’heure actuelle, la tendance générale de la préparation impérialiste à la guerre s’intensifie. La Syrie et l’Ukraine restent les points focaux du danger de guerre. Les États-Unis menacent agressivement la souveraineté du Venezuela. Ils sont déjà en guerre contre le peuple vénézuélien : ils ont organisé une situation d’approvisionnement catastrophique, qui est censée justifier une invasion “humanitaire”. Ils génère la menace et une peur constante. Ces forces jouent un jeu dangereux. Elle jouent avec le feu : le danger d’un conflit militaire et d’une confrontation directe de différentes forces armées. Tout cela dans une lutte pour accroître leur influence et les possibilités de contrôle du pays possédant les plus grandes réserves de pétrole du monde.

    Une nouvelle course aux armements nucléaires est lancée avec la fin du traité FNI [Intermediate-Range Nuclear Forces Treaty – Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire.], qui visait à limiter les missiles nucléaires à moyenne portée entre les États-Unis et la Russie.

    Le régime fasciste d’Erdogan menace ouvertement d’attaquer l’ensemble du Rojava/de la Syrie du Nord. Dès le déclenchement des conflits, l’ICOR a été du côté de la révolution démocratique au Rojava.

    Le président américain Donald Trump continue de soutenir l’Etat d’Israël, sioniste, par ses provocations violant le droit international. Notamment celle reconnaissant le plateau du Golan comme partie intégrante d’Israël. De façon démagogique, toute critique justifiée de l’État d’Israël et de son gouvernement réactionnaire est diffamée comme « antisémite ».

    En vue des élections européennes de ce mois de mai, l’Union européenne (UE) tente de se présenter comme une puissance de paix. En réalité, l’UE est un bloc impérialiste qui se bat de manière de plus en plus indépendante pour le pouvoir mondial. Avec la construction de la structure militaire par la « Coopération structurée permanente » (PESCO), le caractère agressif devient plus clair. L’ICOR Europe participe aux élections européennes sous le slogan : « La rébellion contre l’UE impérialiste est justifiée ! Vive la solidarité internationale – renforcez l’ICOR ! »

    De plus en plus de gouvernements et de partis bourgeois du monde entier se dirigent vers une  droite de plus en plus réactionnaire, ce qui augmente le danger de guerre. Il s’agit non seulement de Donald Trump aux États-Unis, mais aussi de Narendra Modi en Inde, Recep Tahip Erdogan en Turquie ou Jair Bolsonaro au Brésil.

    Mais les travailleurs et les travailleuses, les agriculteurs et agricultrices et les jeunes du monde ne sont pas d’accord ! Des millions de personnes se lèvent pour défendre la paix, dans la lutte antifasciste, dans la résistance contre la menace d’une catastrophe écologique et contre le démantèlement des droits sociaux et politiques. Cela se manifeste dans le monde entier par des luttes croissantes de la classe ouvrière et des masses populaires.

    Dans la rue contre les impérialistes bellicistes !

    Tous les impérialistes hors de Syrie !

    Solidarité avec les luttes de libération kurde et palestinienne !

    Ne touchez pas au Venezuela !

    Pour la construction d’un front uni anti-impérialiste et antifasciste international !

    Pour la paix, la liberté et le socialisme !

    En avant avec la construction de l’ICOR !

    (Image de couverture : extrait de Allemagne, année 0)

  • Vive le 8 mai !

    Vive le 8 mai !

    La célébration de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe est une date importante. 

    Elle marque l’écrasement des puissances de l’Axe dans cette région du monde. Au yeux de millions de personnes, cette journée -ces journées en réalité- symbolisent la victoire de la Liberté, de l’Egalité, des droits humains contre la machinerie exterminatrice nazie.

    Il s’agissait également d’une étape fondamentale dans la mise à genoux du Japon militariste, lequel, depuis 1931, en Chine, avait mené une guerre d’une brutalité et d’une violence d’une ampleur jamais connue alors. L’absence de statistiques fiables, à l’époque, empêche de tirer un bilan humain complet.

    27 millions de citoyens et de citoyennes soviétiques, au minimum entre 20 et 25 millions de Chinois et de Chinoises, pour ne citer que les Etats les plus touchés, sont morts. Morts pour quoi ? Morts pour un repartage du monde voulu par des puissances montantes, qu’étaient alors le Japon et l’Allemagne, avec, dans une moindre mesure, l’Italie fasciste et les autres puissances engagées dans le camp des agresseurs.

    Cette date est a célébrer, pour que ne soient jamais oubliés les sacrifices immenses des forces combattantes, des civils, des résistants et résistantes. Nous n’oublions pas, et nous l’avions mentionné à plusieurs reprises dans certains articles, l’importance de l’URSS et de la Chine dans la guerre menée contre les tentatives d’asservissement par l’Axe.

    A lire sur notre site :

    N’oublions jamais l’Armée Rouge !
    75 ème anniversaire de la bataille de Stalingrad.

    Nous ne voulons pas non plus oublier celles des Alliés dans leur ensemble, indépendamment des choix, dans l’après-guerre, politiques et géopolitiques des Etats pour lesquels ils se sont battus. Si certains sont prompt à occulter le rôle immense de l’Armée Rouge et des militants et militantes communistes, nous ne voulons pas tordre le bâton dans l’autre sens et occulter le poids des autres. Nous ne pouvons pas nier l’importance de la loi prêt-bail, de la solidarité populaire, ni les souffrances des combattants et combattantes, qui, par exemple, sur le front normand, ont connu des pertes dignes du Front de l’Est. 

    Cette victoire est une victoire qui a été rendue possible par la coopération internationale contre l’hitlérisme et le militarisme Showa. Saluons ceux et celles qui l’ont rendu possible.

    Cette date est aussi importante que paradoxale.

    Le paradoxe saute aux yeux dès le jour même de la défaite nazie. Nous avons écrit, l’an passé, la brochure « la guerre ne s’est pas terminée en 1945 ». Elle revient sur les paradoxes de cette date.
    Dès le crépuscule de la guerre, alors que la victoire est une certitude, les jeux géopolitiques reviennent sur le devant de la scène. Les ambitions des vieilles puissances coloniales, de retrouver leurs empires, les ambitions anticommunistes, pour maintenir le cercle d’acier autour de l’URSS -cercle d’acier qui avait justifié tous les « apaisements » envers les fascistes. 
    La résistance communiste en Grèce a été poignardée dans le dos dès 1944 par l’Angleterre. Dès 1945, la France est revenue imposer l’ordre par la terreur dans ses anciennes colonies. Les services secrets occidentaux, principalement Allemands, ont continué à alimenter les ex-miliciens fascistes et nazi dans les Etats Baltes et en Ukraine jusqu’en 1956. Dès la fin du conflit, les intrigues se sont nouées pour empêcher l’indépendance réelle de la Corée, de l’Indochine, de Madagascar… Non, la guerre ne s’est pas arrêtée dès 1945.

    Ces ambitions méritent d’être dénoncés. Mérite, aussi, d’être dénoncé le fait que le patronat français, notamment, s’était très bien accommodé de la présence nazie. La collaboration économique entre les industries des deux pays était nettement plus avantageuse que le fait d’avoir à tolérer les syndicats et les partis ouvriers.

    Surtout, restait l’empire et ses immenses subsides, qui étaient la principale source de préoccupation de la haute bourgeoisie française. En vérité, la question de l’empire colonial et de la flotte qui devait servir à le protéger, étaient les deux seuls casus belli de la grande bourgeoisie française. L’occupation allemande, l’heure allemande, le nazisme, elle s’en est accommodée. 

    L’épuration a été faible, surtout dans les hautes sphères de l’Etat ou de l’industrie. Il fallait certes des exemples, comme Louis Renault, dont les usines ont été nationalisées. Mais cela n’a été qu’une éclipse dans leurs carrières.

    La vaste majorité des capitalistes ont préféré « Hitler au Front populaire. » Demain, si besoin est, la bourgeoisie en détresse appellera de ses vœux un autre Hitler pour balayer d’autres fronts populaires.


    Aujourd’hui qu’en est il ? Le monde est il vraiment passé à autre chose ? Le « plus jamais ça » est il de valable ?

    Il existe une tendance bien humaine à croire que les crimes contre l’humanité commis lors de la Seconde Guerre mondiale et par les régimes nazi et militaristes sont d’une seule époque, d’un seul lieu, voir, même, pour certains, d’un seul peuple.

    Nous ne pouvons oublier le fait que, dans la communauté juive d’Allemagne, à l’orée de la prise du pouvoir par Hitler, de nombreux individus croyaient que les discours nazis resteraient des discours. Beaucoup croyaient que l’antisémitisme n’irait pas plus loin que celui, endémique, déjà pratiqué avant par de nombreuses forces politiques.
    Les pogroms, pensaient-ils, étaient une affaire de « pays sauvages », de la Pologne, de la Russie Tsariste, mais pas de l’Allemagne de Goethe, de l’Aufklarung, une Allemagne civilisée.

    Aujourd’hui, face aux vieux démons concentrationnaires, c’est souvent le même regard qui est porté. Le même jugement. Cela n’est plus possible, ou, en tout cas, pas ici. Pourtant, rien ne garantit qu’en Europe, qu’en Allemagne, qu’en France, cela ne se reproduise pas à nouveau. La logique criminelle qui sous-tendait les camps d’extermination ne s’est pas évaporée.

    Elle préexistait avant le nazisme. Elle existe toujours, tapie dans l’ombre, attendant son heure. Elle se niche dans les discours du « grand remplacement », lequel sous-entend, implicitement, une « grande élimination » en réponse aux migrations. 

    La guerre, elle, est plus proche encore.

    Ici, en Europe occidentale, en particulier sous le « parapluie de la dissuasion nucléaire », elle nous paraît lointaine, improbable, impossible. Et pourtant. Il n’existe aucune muraille que le spectre de la guerre ne peut franchir. Tant qu’il existera des rapacités entre les grandes puissances, tant qu’il existera des terres à se partager, tant qu’il existera un jeu à rebattre entre les bourgeoisies, la guerre demeurera une épée de Damoclès au-dessus des peuples. Elle demeure, comme la qualifiait Clausewitz, la continuité de la politique par d’autres moyens.

    Les guerres entre puissances, par l’intermédiaire de marionnettes, d’agents, d’alliés, se poursuivent. Côte d’Ivoire, Soudan, Sri Lanka, Syrie, Libye, Venezuela, Ukraine… Derrière chaque conflit, se trame la main des grandes puissances. Entres elles, même, le ton monte. Les muscles se montrent. Chacun intimide l’autre. Chacun essaie de neutraliser les armes stratégiques de l’autre, pour bouleverser l’équilibre de la terreur.

    A lire sur notre site :

    Les USA et le monde.
    La Russie, l’occident, la France et la trouée de Suwalki.

    Les interventions directes, indirectes, ainsi que les sanctions économiques ne servent qu’une cause : accroître l’emprise d’une puissance sur le monde, mais aussi bloquer et neutraliser les autres. Ces guerres n’ont pas d’autres ambitions que de générer un nouveau partage des régions dominées par l’impérialisme. Entre les vieilles puissances colonisatrices et impérialistes et celles qui montent, Russie et Chine, la situation ne peut que devenir conflictuelle à plus ou moins long terme.

    Tant que l’impérialisme existe, tant que le capitalisme existe, les guerres sont inévitables. Tant que la bourgeoisie existera en tant que classe au pouvoir, il existera des systèmes politiques réactionnaires, militaristes, bellicistes ou fascistes prêts à sacrifier des millions de vies pour une hausse du taux de profit, pour des marchés, pour des ressources.
    Face à cette tendance aux conflits, il n’existe que deux issues. La première est la mobilisation des masses populaires, en particulier des pays impérialistes, pour entraver les volontés guerrières, pour lutter contre la propagande militariste, pour s’opposer aux projets réactionnaires.
    La seconde est la victoire des forces révolutionnaires sur la bourgeoisie et les impérialistes. C’est uniquement la victoire définitive des exploités et exploitées, des opprimés et opprimées, qui peut liquider les menaces de guerre. 

    Déjà, dans certaines parties du monde, les forces révolutionnaires ont pu créer des zones libérées de la tutelle directe de l’impérialisme. Mais elles sont constamment sous le feu de leurs agents, qui ne veulent pas renoncer à leurs possessions. Les impérialistes n’acceptent pas qu’on se soustraie à leur ordre. Ils ne reculent devant rien pour tenter d’étrangler les îlots de liberté. Nous appelons à les soutenir !

    L’ICOR, constituée d’organisations qui subissent la guerre, qui subissent l’impérialisme (et notamment l’impérialisme français, que sa cruauté ne démarque pas des autres), est un rappel à nos responsabilités en tant que militants et militantes communistes.

    A lire sur notre site :

    Résolutions de la 3ème conférence internationale.

    La question des risques de guerre est une question brûlante et concrète pour celles et ceux qui se retrouveront dans les régions disputées.
    En tant que communistes dans des Etats impérialistes, nous avons une tâche primordiale dans le fait de s’opposer aux massacres que commet notre propre Etat. Nous avons une lourde responsabilité en cela. 
    Nous devons cibler notre premier bourreau, le plus proche, le plus présent. Nous considérons que la tâche de chaque communiste dans le monde est de cibler en priorité l’impérialisme qui l’opprime directement.

    L’Unité Communiste de Lyon relaie l’appel de l’ICOR à un vaste front anti-impérialiste.

    L’Unité Communiste de Lyon appelle à ce que la solidarité internationale ne reste pas une solidarité de papier, mais puisse être une solidarité pratique, en aidant et en appuyant les forces anti-impérialistes, les forces anti-guerre.


    L’Unité Communiste de Lyon appuie l’idée que puissent se réunir en un front l’ensemble des forces qui luttent contre l’impérialisme français, notre premier ennemi. Que ces forces soient en métropole, dans les régions colonisées par la France ou dans les régions sous la tutelle du système néo-colonial.

    Halte à la guerre !
    Vive la solidarité internationale des peuples !
    Vive l’ICOR et vive la révolution !

  • Hommage à Võ Nguyên Giáp

    Hommage à Võ Nguyên Giáp

    Ce communiqué a été écrit lors du décès de Võ Nguyên Giáp (1891-2013), en octobre 2013.
    Giáp, qui a vécu 102, a été un héros de la lutte contre l’impérialisme français puis américain. Au sein d’un Vietnam incorporé malgré lui, à partir de 1975, dans la sphère de domination d’une URSS ayant de plus en plus viré à droite (nous parlons de » révisionnisme » pour l’URSS ayant abandonné les principes du marxisme) , Giáp a représenté la ligne de défense de l’anticolonialisme et de la révolution.

    Ce communiqué date d’avant la création de l’Unité Communiste de Lyon. Il a été rédigé au sein de l’organisation OC-FR, dans laquelle plusieurs membres de l’Unité Communiste de Lyon ont milité par le passé. Il n’est donc pas notre propriété. Cependant, nous considérons qu’il n’en est pas moins toujours valable aujourd’hui dans une très large mesure.

    Nous saluons, en ce jour anniversaire de la bataille de Dien Bien Phu, la victoire du peuple vietnamien contre l’oppression coloniale. Cette victoire est un symbole fort, montrant, comme l’écrivait Ho Chi Minh (1890-1969) :
    « L’esprit de l’homme est plus fort que ses propres machines… Ce sera une guerre entre un tigre et un éléphant. Si jamais le tigre s’arrête, l’éléphant le transpercera de ses puissantes défenses. Seulement le tigre ne s’arrêtera pas. Il se tapit dans la jungle pendant le jour pour ne sortir que la nuit. Il s’élancera sur l’éléphant et lui arrachera le dos par grands lambeaux puis il disparaîtra à nouveau dans la jungle obscure. Et lentement l’éléphant mourra d’épuisement et d’hémorragie. Voilà ce que sera la guerre d’Indochine. » (1946)

    Nous aurons également l’occasion de reparler du combat d’Ho Chi Minh, dont le 50ème anniversaire du décès sera commémoré le 19 mai.

    Hommage à Vo Nguyen Giap

    Le général Vo Nguyen Giap est décédé vendredi à l’âge de 102 ans. Il a été un des artisans de la victoire du peuple vietnamien contre les impérialismes français et US. Comme anti-impérialistes, nous ne pouvons que saluer la mémoire de ce grand patriote qui a infligé des défaite cuisantes aux plus puissantes armées bourgeoises du monde, et notamment à celle de notre propre bourgeoisie (victoire de Dien Bien Phu, 1952) en s’appuyant sur la créativité et la combativité des masses populaires.

    Nous considérons que Mao Zedong est le théoricien marxiste classique de la guerre populaire, toutefois l’ouvrage du général Giap Guerre du peuple, armée du peuple est également une importante contribution à l’analyse des problèmes militaire d’un point de vue révolutionnaire, que nous devons étudier avec profit. Vo Nguyen Giap a appliqué de façon créatrice et victorieuse à la réalité vietnamienne les écrits de Marx, Engels, Lénine et Staline sur la guerre de partisans et il était logique que ses intuitions rejoignent en grande partie ce que Mao Zedong a décrit de façon systématique dans son ouvrage sur La guerre populaire prolongée.

    Avec le président Ho Chi Minh, 1946

    Proche compagnon d’arme du président Hô Chi Minh et responsable communiste de premier plan, il n’a pas su saisir toutes les implications de la rupture sino-soviétique au début des années 1960 ni l’importance de la révolution culturelle. Principalement soucieux de ne couper son peuple ni de l’aide militaire soviétique, ni de l’aide militaire chinoise, il a tenté de maintenir une ligne « centriste » dans la lutte de ligne qui traversaient le Parti Communiste du Nord-Vietnam entre partisans d’un alignement sur l’URSS (Le Duan, Pham Van Dong) et partisans d’un rapprochement avec la Chine maoïste (Hoang Van Hoan). Après la mort du président Hô Chi Minh (1969), face à l’exacerbation de la lutte de ligne dans le Parti, cette position est devenue de plus en plus intenable et Vo Nguyen Giap s’est retrouvé isolé. En 1975-76, les tenant-e-s du modèle soviétique de développement l’emportent, les dirigeant-e-s « pro-chinois-e-s » sont brutalement purgé-e-s, le Vietnam devient un « sous-traitant » de l’URSS au sein du COMECON, le marché commun des pays satellites et s’aligne totalement sur la politique internationale de l’URSS (alors même que la droite du Parti Communiste Chinois organise un coup d’Etat après la mort de Mao, engage le pays sur la voie du capitalisme et se tourne résolument vers une alliance avec l’impérialisme US). En 1980, les ex-alliés se font même la guerre…

    Le symbole de la fierté retrouvée d’un peuple

    C’est à cette époque que Vo Nguyen Giap, encombrant fantôme d’une période révolutionnaire révolue, est déchu de son poste de ministre de la défense. On suppose qu’il s’était opposé à l’occupation du Cambodge. Mais on en est réduit à des supputations, car Giap, communiste discipliné formé à l’école de la IIIème internationale de Lénine-Staline, n’a pas intégré les apports du maoïsme : Il ne conçoit pas que le parti puisse changer de couleur et préfère mener la lutte à l’intérieur plutôt que d’en appeler au masses populaires (comme Mao a su le faire en 1966 contre les dirigeant-e-s engagés sur la Voie Capitaliste qui cherchaient à le marginaliser et à l’enterrer sous des fleurs). Il continue à conserver quelques responsabilités en matière de sciences, de technologie et de planning familial. Il joue son rôle d’icône de la résistance lors des célébrations officielles. Il continue à assumer la ligne du Parti devant ses rares interlocuteur/trice-s etranger-e-s. En 1991, après une ultime lutte de ligne à l’occasion de l’effondrement du bloc soviétique, il est exclu du Comité Central et réduit au silence.

    Face aux révisionnistes

    Face aux révisionnistes vietnamiens qui rétablissent le capitalisme sur toute la ligne, il reste un symbole pour les masses populaires vietnamiennes qui font les frais de cette politique. Et son nom comme celui d’Hô Chi Minh sont évoqués avec nostalgie. Dans les dernières années de sa vie, il parvient enfin à sortir du silence et à exprimer publiquement ses désaccords, mais c’est trop tard. Si elles renforcent encore sa popularité, ses récentes prises de position contre la corruption des bureaucrates du parti, ainsi que son combat au nom de la défense de l’environnement, des paysan-ne-s et de l’indépendance nationale contre les grands travaux inutiles et nuisibles impulsés par le social-impérialisme chinois au Vietnam ne sont pas suffisantes pour inverser le cours des choses.

    Nous présentons nos condoléances à son épouse, la camarade Dang Bich Ha, à ses enfants. Nous présentons notre salut militant à son glorieux peuple combattant, dont nous souhaitons qu’il s’empare résolument de l’arme du maoïsme pour balayer la clique révisionniste qui a usurpé le pouvoir après la victoire sur l’impérialisme US .

    HONNEUR AU GENERAL GIAP !

    VIVE LA LUTTE DES PEUPLES DU MONDE CONTRE L’IMPERIALISME !

  • Communiqué commun  UPML – UCL, membres de l’ICOR en France.

    Communiqué commun UPML – UCL, membres de l’ICOR en France.

    Nous considérons que le mouvement social en France arrive dans une situation charnière. Nous pensons que, plus la situation se développe, plus la crise s’approfondit, nationalement et internationalement, plus le besoin de structuration devient criant.

    A nos yeux, toutes les initiatives qui vont dans le sens de plus de solidarité internationale et de plus de combativité dans les masses populaires sont à saluer. Nous avons apporté notre approche, d’autres en ont apporté une parallèle, que ce soit le cortège internationaliste à l’initiative des Jeunesses Communistes de Lyon ou le cortège de tête masqué unissant Gilets Jaunes et plusieurs forces politiques, syndicale ou antifascistes.

    Toutes vont dans un sens positif, qui contribue à appuyer un renforcement des organisations de lutte, chose primordiale dans la période d’incertitude dans laquelle nous sommes.

    L’Unité Communiste de Lyon, l’Union Prolétarienne Marxiste Léniniste et, d’une manière générale, toutes les organisations de l’ICOR, promeuvent un travail unitaire entre toutes les organisations combatives, dans le but de battre l’impérialisme et la capitalisme.

    1er mai – cortège internationaliste et révolutionnaire – meeting sur l’UE.
    Communiqué commun UPML – UCL, membres de l’ICOR en France.

    Nous avons marché ensemble à Lyon, sous la bannière de la révolution et de l’internationalisme !

    A Lyon, le premier mai, jour de lutte internationale pour tous les travailleurs et toutes les travailleuses, nous avons conjointement défilé. Sous les couleurs de l’Unité Communiste de Lyon, de l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, de l’ICOR, mais également de Partizan et du Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands, nous avons battu le pavé et scandé notre solidarité avec les luttes démocratiques et révolutionnaires dans le monde entier.

    Nous considérons que le fait de pouvoir organiser ce cortège de manière conjointe, en tant qu’organisations membres de l’ICOR, avec l’appui et le soutien d’autres forces progressistes alliées, représente un succès. Un succès à la fois en termes de travail préparatoire, en termes d’exécution, mais également un succès sur la voie d’une plus ample coordination et intégration à un ordre du jour commun entre nos organisations.

    Nous pensons que le fait que l’ICOR puisse se développer en France est essentiel. En tant que puissance impérialiste agressive et réactionnaire, la France joue un rôle important dans l’écrasement et l’asservissement colonial et néo-colonial d’une partie de la planète. Le prolétariat de France ne peut non plus être isolé internationalement des mouvements menés pas ses frères et sœurs de classe, notamment en Allemagne ou en Espagne, où de grandes organisations membres de l’ICOR existent. 

    Pour nous, ce cortège représente une première étape dans ce travail. Un premier jalon. Chaque année, il est plus fourni. 
    Nous saluons les organisations qui ont soutenu et participé à ce cortège, comme nos camarades de la Maison de la Mésopotamie ou l’organisation antifasciste Jeune Garde Lyon.
    Nous saluons également l’ensemble de ceux qui ont pris la rue, sous les couleurs de leurs syndicats, sous le gilet jaune de la lutte, dans leurs organisations politiques.
    Nous saluons également ceux et celles qui, en tant qu’individus, sont venus, avec leur combativité propre, grossir les rangs de cette manifestation.
    Sans la présence de cet ensemble de forces, ce premier mai n’aurait pas été la réussite qu’il a pu être. La manifestation de Lyon, comme celles de France ou du monde entier, ont été marquée par un dynamisme et un esprit revendicatif puissant.

    Face à cette montée des mouvements populaires, la réponse de la bourgeoisie et des impérialistes est invariablement la même : la répression. 
    Nous ne pouvons oublier les combats menés, dans leurs pays respectifs, par les camarades qui défilaient à nos côtés. En ce moment, dans l’Etat prison Turc, les luttes sociales sont à leur paroxysme. Le régime d’Erdogan a subi un revers lors des élections municipales, mettant en avant le fait que les peuples de Turquie n’adhèrent pas à son projet fasciste. Dans les geôles, la grève de la faim impulsée par Leyla Güven se poursuit depuis plus de 170 jours, mettant en péril la vie de plusieurs centaines de militants et de militantes pour la liberté. 
    Nous ne pouvons oublier le fait que les méthodes terroristes d’emprisonnement sans jugement de l’Etat Turc, sa pratique de la sale guerre, les crimes qu’il commet ne lui sont pas spécifiques.

    Demain, même dans les pays impérialistes, se targuant de leur « démocratie », de leurs « libertés fondamentales », ces pratiques peuvent s’appliquer. En Allemagne, le processus de droitisation restreint progressivement les droits sociaux et politiques des masses populaires. L’Etat Allemand n’a pas hésité ainsi à tenter de censurer nos camarades du MLPD, à obtenir que les organisations bourgeoises l’isolent. En vain !

    En France, la lutte des Gilets Jaunes a jeté à terre le masque démocratique. Le pouvoir a frappé fort, sans respect pour ses propres lois, pour liquider la colère sociale. Il n’a pas hésité à manœuvrer à coups de pseudo-débats pour essayer d’appuyer sa politique de liquidation complète des acquis sociaux. Il n’hésite plus à limiter les libertés démocratiques, votant des lois contre les manifestations arrêtant préventivement, interpellant sur de simples soupçons et menant une politique de provocation pour justifier un écrasement physique des manifestations. 

    À Lyon, la police est venue intimider et fouiller les participants au cortège internationaliste et révolutionnaire, avant même le départ de la manifestation. Après celle-ci, elle a manœuvré pour nasser ceux qui voulaient notamment se rendre au repas libertaire organisé chaque premier mai. Le but de tout ceci était de trouver un prétexte pour frapper.
    À Paris, le régime s’est vautré dans les mensonges les plus éhontés, affirmant que les manifestants étaient entrés pour saccager l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Dans les faits, les manifestants et manifestantes s’étaient réfugiés pour échapper aux coups, aux gaz et aux tirs. Des policiers ont même jeté des pavés sur ceux qui arpentaient la rue.

    Nous dénonçons ce jeu de provocation et ces violences orchestrées par l’Etat bourgeois et sa police. Nous appelons à la solidarité entre les manifestants et manifestantes !

    Nous avons saisi l’occasion de ce travail commun pour inviter à une conférence-débat commune sur la question de l’UE et de son effondrement. Nous savons qu’il existe des analyses variées sur la situation de l’Union européenne et sur son développement probable. 

    Cette conférence-débat était l’occasion de poser tant la question de l’histoire de l’Union européenne que de pouvoir également poser à la fois les questions des tendances à l’intégration qu’ont les bourgeoisies, tout comme de leur concurrence exacerbée. Elle était l’occasion de rappeler la nature de l’Union européenne : une alliance réactionnaire d’impérialismes pour le partage de marchés. Nous avons voulu tordre le cou à plusieurs conceptions fausses, qui tendent à penser que l’Europe est amendable, réformable, qu’elle peut changer de nature. Mais également qui séparent la question de l’UE de la question du capitalisme et de l’impérialisme en général, et qui tendent à considérer que la France est dominée par un capital apatride, par l’Allemagne ou par les USA.

    Surtout, cette conférence a pu indiquer un point central : la crise de l’UE est avant toute chose la transcription européenne de la crise du capitalisme. Ce n’est pas l’UE qui crée la crise, ni la sortie de celle-ci qui permettra de la juguler. La seule et unique résolution de cette question passe par la destruction du système d’asservissement et d’exploitation capitaliste-impérialiste. 

    Alors, et uniquement alors, la question d’une « Union Européenne » pourra se poser sans qu’elle implique une exploitation et une domination d’Etats -et de classes sociales- sur d’autres. 
    Nous pensons qu’il faut s’opposer à l’UE dans ses actions antisociales, mais ne pas perdre de vue que le cœur battant de notre ennemi est chez nous : c’est notre bourgeoisie impérialiste en tout premier lieu.

    En présence d’un camarade délégué de l’ICOR, nous avons pu également présenter la coordination, ses buts et ses moyens d’action. Nous pensons qu’il faut saisir chaque occasion pour illustrer le fait que l’internationalisme de l’ICOR n’est pas fait de phrases creuses, mais qu’il est concret et réel, se traduisant par de véritables victoires.

    Nous pensons que pour gagner,nous avons un besoin impérieux d’un Parti organisé pour lutter contre notre impérialisme et notre bourgeoisie monopoliste, mais également une alliance internationale de partis révolutionnaires. Nous voulons travailler, conjointement avec d’autres forces, à construire tout cela. 
    Nous appelons ceux et celles qui partagent cette volonté à rejoindre les organisations membres de l’ICOR et à soutenir l’ICOR.

    Cette journée de lutte est, à nos yeux, un succès. Un succès qui en appelle d’autres, qui peuvent et doivent se concrétiser par le renforcement des organisations communistes et des organisations de défense populaire.

    Vive l’ICOR, vive le communisme ! 

  • Appel international à la solidarité avec le Venezuela

    Appel international à la solidarité avec le Venezuela

    L’ICOR appelle à une journée internationale de mobilisation pour soutenir le peuple du Venezuela contre les tentatives de coup d’Etat orchestrées par les impérialismes étrangers et la grande bourgeoisie réactionnaire.

    En tant qu’Unité Communiste de Lyon, membre de cette coordination, nous relayons cet appel :

    Dans le contexte de la 3ème Conférence régionale de l’ICOR Amérique, qui s’est tenue à Lima les 13 et 14 avril de cette année, il a été convenu ce qui suit :
    Nous serons actifs en solidarité avec le Venezuela et nous avons convenu que le 16 mai 2019 serait le jour commun des activités de chaque organisation de l’ICOR pour dénoncer l’agression et les menaces de guerre contre le peuple vénézuélien par le gouvernement impérialiste US.

    L’impérialisme US a fait tomber son masque et pris la tête de l’agression contre le Venezuela, avec l’intention de renverser le gouvernement légitime et constitutionnel de Nicolás Maduro.

    Depuis le 9 mars 2015, date à laquelle Barack Obama a signé le décret « extraterritorial » déclarant que le Venezuela constituait une « menace extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique étrangère des États-Unis en raison de la situation au Venezuela », des actions ont commencé afin de provoquer une crise au Venezuela. Il faut surtout mettre en relief le blocus économique et financier contre la Banque centrale du Venezuela. Cela a créé les conditions pour voler les réserves internationales en ordonnant aux fonctionnaires du Département d’État et du Département des finances des États-Unis de bloquer toutes les transactions commerciales et d’empêcher ainsi l’accès aux achats réguliers pour l’importation de denrées alimentaires, médicaments et autres biens de consommation nécessaires pour la population.

    Nous soulignons que la détérioration des conditions de vie du peuple vénézuélien est directement liée au blocus économique imposé comme mesure unilatérale par les États-Unis et soutenu par leurs alliés. Cette mesure a fait perdre au Venezuela quelque 114,302 milliards de dollars, et il faut mettre en avant le crime de l’appropriation illégale de la compagnie pétrolière vénézuélienne CITGO, basée aux États-Unis, et de ses actifs.  Ceci est souligné par le fait que EUROCLEAR retient des millions de dollars, que la Banque d’Angleterre retient également de l’argent et que les compagnies maritimes internationales et les ports imposent nombre d’obstacles opérationnels, augmentant le temps et le coût des frais pour empêcher ainsi l’accès aux biens de consommation. C’est de cette manière que fonctionne ce réseau d’actions visant à l’effondrement de l’économie vénézuélienne.

    D’un point de vue politique, l’impérialisme mise à créer des crises dans le pays en s’appuyant sur un député, Juan Guaidó, qui s’est autoproclamé président sur une place publique. Depuis cet acte, et grâce à sa reconnaissance par plusieurs pays, on a beaucoup essayé pour inciter le mécontentement dans les rues. Il y a eu des tentatives de faire craquer les Forces Armées Nationales Bolivariennes, d’introduire de force des camions transportant de la prétendue aide humanitaire à travers les frontières colombienne et brésilienne ; il y a eu trois attaques graves contre le système d’alimentation électrique, chaque fois provoquant une panne de courant, dont la première était la plus importante avec plus de cinq jours d’affilée. Néanmoins, tout acte de sabotage et d’ingérence a été réprimé par l’unité civilo-militaire, le peuple vénézuélien défendant sa souveraineté dans les rues.

    L’impérialisme US-américain est le principal ennemi du peuple vénézuélien, et comme le disent les porte-parole du régime Trump : « Les Etats-Unis ne resteront pas les bras croisés » ; les agressions vont donc continuer. De même, le peuple vénézuélien a déclaré la résistance active : défendre sa patrie, son droit à l’autodétermination, sa souveraineté, ses richesses naturelles, qui sont finalement le but de ceux qui se considèrent maîtres du monde ; ils veulent renverser le pouvoir politique, soumettre le peuple et enfin piller ses richesses.

    Nous, peuples du monde, faisons preuve de solidarité avec le peuple vénézuélien et sa résistance héroïque. Nous disons : PLUS D’AGGRESSIONS CONTRE LE VENEZUELA, PAS DE GUERRE et ARRÊTEZ LE BLOCUS. Nous appelons, pour jeudi 16 mai 2019, à la Grande Journée de solidarité avec le Venezuela et sa Révolution Bolivarienne, et demandons des activités publiques, des protestations, des vidéos, des manifestations et des activités sur les réseaux sociaux, parmi les hashtags : l

    #TrumpHandsOffVenezuela #TrumpManosFueraDeVenezuela #TrumpHorsduVenezuela

    #NoBlockadeOnVenezuela #NoAlBloqueoContraVenezuela #NonaublocusduVenezuela

    #ICORInSolidarityWithVenezuela #ICORSolidariaConVenezuela #ICORSolidaireavecleVenezuela

  • Déclaration du MLPD sur le Venezuela

    Déclaration du MLPD sur le Venezuela

    Solidarité avec les ouvriers et les larges masses au Venezuela contre les menaces et les attaques impérialistes des États-Unis ! Renforçons la perspective révolutionnaire dans la lutte pour la libération nationale et sociale !

    Déclaration du Parti marxiste-léniniste d’Allemagne (MLPD) sur le Venezuela, 19 mars 2019

    Le Parti marxiste-léniniste d’Allemagne (MLPD) appelle tous les démocrates et révolutionnaires du monde à défendre le droit à l’autodétermination du peuple vénézuélien contre la subversion US-américaine et les menaces d’intervention ! Protestation mondiale déterminée le jour X en cas d’invasion ou de coup d’état ! Combattons toute ingérence impérialiste – qu’elle vienne des États-Unis, de la Chine ou de la Russie ! Soutenons la construction de forts partis marxistes-léninistes, véritablement révolutionnaires, et la préparation commune de la révolution socialiste internationale !

    Déclaration du Parti marxiste-léniniste d’Allemagne (MLPD) sur le Venezuela

    Solidarité avec les ouvriers et les larges masses au Venezuela contre les menaces et les attaques impérialistes des États-Unis !

    Renforçons la perspective révolutionnaire dans la lutte pour la libération nationale et sociale !

    Le Parti marxiste-léniniste d’Allemagne (MLPD) appelle tous les démocrates et révolutionnaires du monde à défendre le droit à l’autodétermination du peuple vénézuélien contre la subversion US-américaine et les menaces d’intervention ! Protestation mondiale déterminée le jour X en cas d’invasion ou de coup d’état ! Combattons toute ingérence impérialiste – qu’elle vienne des États-Unis, de la Chine ou de la Russie ! Soutenons la construction de forts partis marxistes-léninistes, véritablement révolutionnaires, et la préparation commune de la révolution socialiste internationale !

    L’auto-proclamation du président parlementaire ultra-réactionnaire Juan Guaidó comme président intérimaire du Venezuela le 23 janvier 2019 a été étroitement coordonnée et contrôlée de facto par l’impérialisme US. Cette tentative de prise du pouvoir à la manière d’un putsch a été immédiatement reconnue et acclamée par un groupe de gouvernements de droite et fascisants d’Amérique latine. Il en va de même pour la plupart des pays de l’UE, notamment à l’instigation du gouvernement fédéral allemand. Indépendamment du positionnement politique vis-à-vis du gouvernement Maduro, cette ingérence prétentieuse doit être résolument combattue par l’opinion publique démocratique mondiale ! Les blocus qui y sont associés sont une cause essentielle de la misère parmi les larges masses concernant leur approvisionnement en nourriture, en électricité ou en soins de santé de base. La subversion des États-Unis provoque notamment un nouveau foyer de guerre.

    Au début de ce millénaire, un climat révolutionnaire et anti-impérialiste s’est répandu parmi les masses en Amérique latine, à partir du soulèvement populaire en Argentine, el Argentinazo. Une partie importante de la classe ouvrière et de la population du Venezuela avait une perception révolutionnaire d’elle-même et aspirait au socialisme. De larges masses ont soutenu le président charismatique Hugo Chavez. Sous la devise de la « Révolution bolivarienne » et la directive idéologique du « socialisme du 21siècle », de vastes mesures sociales et socio-politiques ont été mises en œuvre sous Chavez – concernant le rôle des femmes dans la société, la promotion de logements bon marché, la gratuité des soins de santé et de l’éducation. Tout cela a été financé par les recettes pétrolières encore bouillonnant à l’époque. Toutefois, une économie indépendante n’a pas été établie, la base alimentaire restait fortement dépendante des importations et l’influence des supermonopoles internationaux dans les secteurs de l’automobile et de l’alimentation est restée intacte. La nationalisation des compagnies pétrolières était propagée de manière trompeuse comme un transfert à la propriété commune. En vérité, le Venezuela est resté un pays capitaliste dépendant.

    Depuis 2017, l’UE et le gouvernement fédéral allemand sont aussi officiellement impliqués dans les mesures de sanction et d’embargo contre le Venezuela. Sous la direction des États-Unis, les comptes étrangers sont gelés, les transactions financières internationales sont empêchées, les paiements pour le pétrole livré bloqués sur des comptes bloqués, la propriété vénézuélienne à l’étranger, en particulier les secteurs de la production et de la logistique de la compagnie pétrolière publique, est donnée en gage de force aux grands groupes internationaux de premier plan en compensation de la perte de profits due aux réformes sociales du gouvernement Chavez de l’époque. Ce sont principalement ces mesures de l’impérialisme US-américain et aussi de l’UE qui sont responsables du fait que des livraisons importantes de nourriture et de médicaments essentiels ne peuvent plus être payées, ne sont plus effectuées ou bien sont refusées. Sous l’effet de la chute massive du prix du pétrole et de l’effondrement généralisé de la production industrielle dû au manque de pièces de rechange, les salaires réels ont baissé de plus de 75 % au cours des trois dernières années. En même temps, l’inflation galope à des sommets vertigineux. Ainsi, l’approvisionnement dans le pays, qui dépend presque entièrement des importations, a donc été détérioré de manière ciblée, et un exode massif a également été provoqué. La « préoccupation pour le peuple vénézuélien » présentée en public par le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maaß, et l’auto-portrait comme « gardien de la démocratie » sont donc de la pure hypocrisie !

    La nouvelle Russie impérialiste et la Chine sociale-impérialiste se présentent comme des « sauveteurs en détresse » avec des prêts et des livraisons d’armes importants. Ils se font payer pour cela avec des concessions pour l’exploitation future de pétrole et d’or. Le Venezuela doit environ 63 milliards de dollars US principalement à la Chine et à la Russie, après que les dettes envers la Banque mondiale et le FMI avaient été remboursées encore du temps de Chavez. Déjà en 2014, le Venezuela a dû céder 13 % de sa production pétrolière à la Chine pour assurer le service de sa dette. 500 000 barils de pétrole brut ont été livrés à la Chine chaque jour. La National Petroleum Corporation1 de la Chine participe à divers projets d’exploitation au Venezuela. Les compagnies pétrolières et gazières russes planifient une nouvelle exploitation de gaz naturel offshore en plus de leurs participations actuelles. En décembre 2018, la Russie a conclu un accord d’investissement avec le Venezuela pour 5 milliards d’euros supplémentaires, y compris aussi dans le secteur minier. L’agression de l’impérialisme US-américain vise également l’influence accrue de ces concurrents néo-impérialistes tels que la Chine et la Russie dans ce que l’on appelle « l’arrière-cour des États-Unis ».

    Pour le MLPD s’applique la pleine solidarité « avec le peuple vénézuélien dans sa lutte pour le droit de décider lui-même de son destin par une voie démocratique », déjà exprimée en juin 2017 par l’ICOR. Toutes les forces démocratiques sont appelées à protester dans le monde entier contre cette atteinte impérialiste à la souveraineté nationale du Venezuela.

    De manière cynique, une situation d’approvisionnement catastrophique pour les larges masses est d’abord provoquée et ensuite, par une mise en scène de « livraisons d’aide » prétendument « humanitaires » pour l’opposition, un prétexte est systématiquement construit pour entrer aussi directement en action par une intervention militaire. C’est un jeu dangereux avec le feu et le danger d’un conflit militaire et d’une confrontation directe de diverses forces impérialistes dans la lutte pour l’influence et l’accès au pays avec les plus grandes réserves de pétrole du monde. Ce qu’il faut, c’est l’unité anti-impérialiste internationale qui se positionne contre toute ingérence impérialiste !

    Cependant, la conscience anti-impérialiste et révolutionnaire profondément enracinée dans une grande partie des masses vénézuéliennes, qui, en raison de leurs expériences, détestent l’impérialisme US-américain, ne doit être considérée que partiellement comme soutien de Maduro. Diriger l’offensive principale contre l’agression US-américaine et ses complices ne peut pas signifier que l’on renonce à la critique de la politique du gouvernement Maduro. La bourgeoisie au pouvoir s’est développée sous son gouvernement ; la dette extérieure et les actionnaires (y compris des rangs du Parti de Chavez et des militaires dans les étages exécutifs) ont été servis en grande partie ponctuellement, même pendant la crise économique la plus profonde, et la corruption s’est répandue jusqu’au gouvernement lui-même. La dépendance impérialiste s’est accrue, en particulier vis-à-vis de la Chine et de la Russie, de même que l’accent unilatéral mis sur les pures exportations de pétrole tout en important de grandes quantités de produits alimentaires de base. Ceci est justifié par Maduro et la critique croissante à son égard est repoussée par la référence à « initier d’abord un plan, un programme, qui mène à la construction du socialisme bolivarien » (discours au 4e Congrès du PSUV en juillet 2018). Au plan idéologique, Maduro continue à répandre le concept illusoire du « socialisme du 21ème siècle ».

    Déjà en 2011, dans le livre « L’aube de la révolution socialiste internationale », le MLPD a qualifié le caractère de cette politique :

    « Le programme anti-impérialiste bourgeois du ‘socialisme du 21e siècle’ est une illusion et ses contenus sont tout sauf révolutionnaires. Ce programme cherche, au moyens des nationalisation, à contourner le problème décisif – la question du pouvoir.

    Les rapports de propriété ne changent pas quand les propriétaires changent…

    L’installation de gouvernements anti-impérialistes de gauche a, au mieux, limité l’influence décisive du capital financier international sur les pays en question, mais sa domination sans partage n’est pas surmontée. N’ont été obtenues que des concessions aux intérêts nationaux des masses populaires, une politique sociale et de réformes progressiste par en haut qui visent à prévenir une aggravation de la lutte des classes. Cela a amélioré les conditions de vie du peuple et élargi les possibilités de construire des auto-organisations des masses. Mais en même temps la nécessité de construire un puissant mouvement anti-impérialiste révolutionnaire fut mise en question. » (Stefan Engel, « L’Aube de la révolution socialiste internationale », p. 551/552)

    Il s’avère vrai ce qui a été prédit, de manière pertinente, dans ce livre :

    « Tous les anti-impérialistes doivent être conscients du fait que les impérialistes ne regarderont pas de telles évolutions pendant un temps infini. Aussitôt qu’ils considèrent que leurs intérêts sont sérieusement en danger et que la situation sera favorable, ils insisterons sur le replacement de tels gouvernements. » (ibid., p. 552)

    La théorie du « socialisme du 21siècle » est en définitive une théorie révisionniste de la voie pacifique vers le socialisme. Elle a semé une grande confusion dans le mouvement révolutionnaire international et a notamment contribué à contenir de nouveau les aspirations révolutionnaires des masses, en particulier en Amérique latine au début du millénaire, et à les orienter vers les voies réformistes ou parlementaires.

    Avec le développement au Venezuela, la théorie du « socialisme du 21e siècle » a complètement échoué – non pas le socialisme, mais l’illusion d’une « transformation pacifique » des pays opprimés par le néocolonialisme en États souverains indépendants de l’impérialisme et d’une transition pacifique au socialisme a fini en déroute.

    Néanmoins, la revendication d’indépendance du Venezuela vis-à-vis de l’impérialisme US-américain reste une épine dans son pied et un obstacle sérieux dans la lutte concurrentielle internationale. Les impérialistes US et le capital financier international font tout ce qu’ils peuvent pour forcer de nouveau le pays qui possède les plus grandes réserves pétrolières du monde sous le joug de leur exploitation néo-coloniale.

    L’échec évident des illusions, le développement négatif des conditions de vie des masses ainsi que l’intensification des développements porteurs de crise dans le pays, sont accompagnés de déception, de résignation et de désorientation parmi les masses tant qu’elles ne voient pas de véritable alternative socialiste. Par conséquent, il est crucial de promouvoir la construction d’organisations véritablement révolutionnaires qui puissent communiquer des conclusions positives de la confusion idéologique, des crises politique et économique du système et des conditions de vie catastrophiques. La perspective du peuple vénézuélien réside dans la lutte pour une véritable libération nationale et sociale comme composant intégral d’une révolution socialiste internationale.

    A cette fin, les forces révolutionnaires et marxistes-léninistes au Venezuela et dans le monde doivent être renforcées et encouragées à construire leurs propres partis. Nous, révolutionnaires allemands, pouvons l’affirmer en particulier à partir des expériences amères et instructives de la révolution de Novembre 1918 en Allemagne : il y a cent ans, les forces révolutionnaires se sont détachées beaucoup trop tard de la social-démocratie, le parti communiste s’est construit beaucoup trop tard. Le KPD a été fondé alors que la situation révolutionnaire s’était déjà calmée de nouveau. La révolution fut réprimée dans le sang, les forces bourgeoises réactionnaires s’emparèrent du pouvoir et les dirigeants de la révolution, Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg, furent brutalement assassinés. Renforcez donc la construction du parti révolutionnaire marxiste-léniniste !

    La solidarité internationale est nécessaire :

    Ne touchez pas au Venezuela !

    Contre toute ingérence et dépendance impérialistes !

    Vive la solidarité internationale !

    Pour la construction d’un front uni antifasciste et anti-impérialiste international !

    Renforçons l’ICOR, le regroupement important des révolutionnaires du monde !

    En avant avec la préparation de la révolution socialiste internationale !