Bulletin de l’Union Prolétarienne marxiste-léniniste
Troupes turques, hors de Syrie,
hors du Rojava !
Une vague de protestations parcourt toute la planète pour stopper le génocide des kurdes et empêcher la destruction du mouvement le plus progressiste que la région ait jamais connu.
Face à cela, les gouvernements des pays impérialistes veulent jeter un écran de fumée sur cette guerre d’agression. Les medias à leur service, la qualifient d’ « offensive » alors qu’il s’agit d’une attaque délibérée d’un Etat contre un autre Etat, la Syrie. Peu importe ce qu’on pense du régime d’Assad, la Syrie a droit aussi à sa souveraineté territoriale. Les pays comme la France et les USA n’en parlent pas; ils l’ont eux-mêmes violée en y envoyant des centaines d’hommes des « forces spéciales » !
Erdogan a eu le feu vert !
Trump en retirant les troupes US donnait le feu vert à fasciste Erdogan. Stoltenberg, secrétaire de l’OTAN, alliance militaire agressive dont fait partie la Turquie déclarait : « Il faut agir avec modération. » C’est clair, ils soutiennent les agresseurs aujourd’hui comme il y a quelques mois quand les troupes turques avaient franchi la frontière pour occuper la région d’Afrin.
Macron s’indigne devant les caméras, réclamant une « réunion d’urgence du conseil de sécurité de l’ONU » et leministre des affaires étrangères Le Drian réclame aussi « une réunion de la coalition anti Daesh » dont fait partie la Turquie et des régimes réactionnaires qui ont soutenu les djihadistes. Ils savent qu’en gros les relations « positives« , politiques et économiques, que la France a avec la Turquie seront préservées. La France comme les autres impérialismes ménage Erdogan espérant s’en faire un allié contre les autres.
Qui sont les « terroristes »?
Les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) — une alliance de kurdes et d’autres populations locales — ont lutté en première ligne contre Daesh et l’ont vaincu quasiment seuls. Une fois le territoire kurde libéré, ils ont reconstruit leur pays, appliquant l’égalité homme/femme, la laïcité, le respect de l’environnement avec leur propre administration démocratique. Actuellement, ils sont bombardées par l’aviation et l’artillerie turques; en route pour une annexion pure et simple, l’armée occupe des villes du Rojava.
Soutenons les Forces Démocratiques Syriennes !
Les FDS sont le fruit magnifique de la résistance populaire –« le printemps arabe » en 2011 — à la dictature sanglante de Bachar El Assad. Elles ont conquis leur indépendance face aux interventions étrangères de Daesh, des USA, de l’UE et de la Russie, au prix du sang. 11 000 combattants et combattantes sont tombés pour leur liberté ! Et pour notre liberté !
La lueur d’espoir, cette société en gestation au Rojava, les réactionnaires veulent l’écraser. Pas plus qu’en Palestine les grandes puissances impérialistes ou des voisins tout aussi impérialistes comme la Turquie ne reconnaissent les droits des peuples à disposer d’eux-mêmes. Tant pis si se produit un génocide, une épuration ethnique comme dans l’ex-Yougoslavie. Et maintenant, Le Drian s’étonne que les djihadistes détenus par les FDS soient libérés par les bombardements et l’armée turcs. Les politiciens bourgeois de tout bord connaissaient la présence des ces groupes fascistes quand ils ont laissé faire Erdogan!!
En quoi cela nous concerne-t-il ?
Ce conflit, comme beaucoup d’autres, n’est pas un conflit local, régional. La responsabilité du régime syrien est importante, mais les impérialistes de tout bord ont participé à faire de cette région du Proche Orient un baril de poudre : soif de pétrole, soutien aux régimes réactionnaires (Emirats, Qatar, Arabie Saoudite, Israël), interventions militaires et boycotts économiques, etc.
Quand la liberté recule, quand les inégalités progressent, quand la force et le profit justifient la guerre, quand l’environnement est détruit, c’est une défaite pour toute l’humanité.
C’est la paix mondiale qui est menacée. Tous les grands profiteurs industriels et financiers poussent à la guerre. Leurs Etats capitalistes-impérialistes rivalisent pour le contrôle de la Syrie et pour écraser Rojava.
Il y a plus d’un siècle, Jaurès disait : « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage« .
Construire un Front anti-impérialiste!
Avec l’ICOR (la Coordination Internationale des partis et Organisations Révolutionnaires), l’Union Prolétarienne ML dénonce l’agression et les complices de l’agression !
En janvier 2019, l’ICOR déclarait : « Depuis le début, l’ICOR se tient aux côtés de la lutte de libération du peuple kurde… Aucune lutte de libération ne doit se trouver seule et isolée !… La coopération et la coordination mondiales des luttes pour la paix, la liberté, le socialisme, dans la préparation de la révolution socialiste internationale sont à l’ordre du jour.
Nous appelons à créer et à rejoindre les comités de soutien pour aider politiquement et financièrement la résistance. Nous appelons toutes les organisations progressistes, tous les comités antiguerre à se mobiliser et à mobiliser autour d’eux pour faire échouer les plans des impérialistes.
Nous appelons à nous rapprocher les uns des autres pour construire un Front Uni International Anti Impérialiste, contre la guerre et contre le fascisme.
Seule la solidarité active internationale avec les peuples en lutte pour leur liberté peut arrêter les fauteurs de guerre
La guerre, l’armement – la France complice : Les ventes d’armement français, 3ème exportateur mondial, ont progressé de 30% en 2018. Le Proche et le Moyen-Orient restent la première région d’exportation de la France. Les marchands d’armes ont gagné 594,5 millions d’euros de commandes en dix ans de la Turquie fasciste.
La « trêve » en Syrie du Nord-Est – NON au diktat impérialiste ! Cette « trêve » du 17/10 n’est pas observée par l’armée turque – l’agression continue !. Erdoǧan exige cependant que les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) se retirent d’une « zone de sécurité » d’une profondeur de 30 km tout le long de la frontière syrienne. Zone qui serait ensuite contrôlée par l’armée turque. Trump et Erdoǧan exigent rien de moins que la reddition complète de la Fédération démocratique du nord-est de la Syrie devant l’invasion. Selon cette « trêve », ce n’est pas l’agresseur qui doit se retirer mais l’agressé ! Les porte-paroles des FDS ont déclaré qu’ils respectaient le cessez-le-feu, qu’ils soutiennent la paix. Mais les FDS n’accepteront pas un retrait de la région suivi de l’occupation turque. Trump et Erdoǧan veulent affaiblir la résistance! L’objectif des actions des différentes puissances impérialistes — en particulier des impérialismes américain, russe et turc — vise à se repartager les futures sphères d’influence en Syrie, à liquider la Fédération démocratique du nord-est de la Syrie. Il est légitime que les forces kurdes exploitent tactiquement les contradictions entre les puissances impérialistes. Aucune confiance dans les impérialistes ! La lutte pour le Rojava continue !
Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste Membre de la Coordination Internationale des Partis et Organisations Révolutionnaires (ICOR) : www.icor.infocontact-upml@riseup.net blog : upml.org
L’invasion
du Rojava par la Turquie est une dure piqûre de rappel. Elle a
ramené à la surface un très grand nombre de débats sur la
question des fronts, des étapes, des alliances. Elle a ramené aussi
à la surface la question des interventions militaires, de la
confiance qui peut être accordée à des forces que l’Armée
Syrienne, comme l’OTAN, comme l’Iran… Ces débats sont
importants à plusieurs titres. Ils sont également une fenêtre sur
ce que pensent, en profondeur, certaines forces politiques ou
certains individus.
Mais,
surtout, cette invasion nous ramène devant quelque chose de
terrible, d’oppressant, d’étouffant : l’impuissance et la
fragmentation du mouvement révolutionnaire, anti-impérialiste,
internationalistes dans l’État français comme en Occident en
général.
Nous voulons écrire ce communiqué, car nous pensons que nous devons cette honnêteté. Nous devons aussi en tirer les conclusions qui s’imposent sur l’attitude des organisations révolutionnaires, mais aussi sur la lutte anti-impérialiste.
Dans
l’ensemble, en Occident, il existe une vision fantasmée, romancée
de la guerre. Pourtant ceux et celles qui ont eu ne serait-ce que des
proches, des amis, dans des zones de combats, peuvent avoir une idée
de ce que cela signifie déjà. Nous avons des camarades qui ont eu
leur famille ciblée par les bombardements de l’OTAN, par le passé.
Cela leur a fait largement passer le goût de prendre cela à la
légère.
Nous
trouvons qu’elle nous ramène surtout à notre propre incapacité à
pouvoir influer sur le cours des événements dans l’état actuel
des choses.Nous n’arrivons pas à nous satisfaire de visuels
victorieux, en décalage avec nos moyens. Nous
n’arrivons pas à nous satisfaire d’appels grandiloquents, tandis
que la réalité des forces révolutionnaires, ici, en France
impérialiste, est si faible.
Ces communiqués sont, le plus souvent, des versions
séculières, laïques, des toughts and prayers
anglophones. Ils sont parfois
aussi des leçons professorales infligées aux combattants et
combattantes du Rojava par des experts de la révolution en chambre.
Ceux
qui prennent la situation avec arrogance, en donneurs de leçons,
devraient probablement prendre un temps pour réfléchir à qui il
s’adresse. Dans le fond, une grande partie des prises de position
est faite pour montrer ses positions à l’étroit milieu militant
français, à essayer de convaincre que son groupe, son organisation,
est le distillat le plus pur, le plus cristallin, de la théorie.
En
toute sincérité, la course à la pureté idéologique, lancée par
certains, nous met mal à l’aise. Elle nous évoque ce qu’écrivait
La Bruyère : « Corneille peint les hommes tels
qu’ils devraient être. Racine les peint tels qu’ils sont. »
Bien souvent, cette pureté idéologique s’accompagne de conseils,
de recommandations, de revendications. Elles sont aussi justes
qu’inapplicables et naïves.
Cela
ramène à une terrible réalité : il ne suffit pas d’avoir
raison stratégiquement pour gagner. Il faut aussi avoir raison
tactiquement et dans l’opératique. Les choix auxquels sont
confrontés les FDS, les habitants du Rojava, ne sont pas des choix
faits derrière un écran d’ordinateur, dans un pays impérialiste.
Ils sont des choix faits sous les bombardements, sous les attaques
d’appareils de combats, avec les cellules dormantes de Daesh qui
tire dans le dos des combattants et des combattantes.
Il
est certain que les forces qui constituent la coalition défendant le
Rojava vont être mises en face de choix cruciaux. Des compromis, des
alliances qui iraient « contre les principes ».
Lénine
s’était très largement étendu sur cette question dans la
maladie infantile du communisme :
« Imaginez-vous
que votre automobile soit arrêtée par des bandits armés. Vous leur
donnez votre argent, votre passeport, votre revolver, votre auto.
Vous vous débarrassez ainsi de l’agréable voisinage des bandits.
C’est là un compromis, à n’en pas douter. « Do ut des » (je
te « donne » mon argent, mes armes, mon auto, « pour que
tu me donnes » la possibilité de me retirer sain et sauf). Mais
on trouverait difficilement un homme, à moins qu’il n’ait perdu la
raison, pour déclarer pareil compromis « inadmissible en
principe », ou pour dénoncer celui qui l’a conclu comme complice
des bandits (encore que les bandits, une fois maîtres de l’auto,
aient pu s’en servir, ainsi que des armes, pour de nouveaux
brigandages). Notre compromis avec les bandits de l’impérialisme
allemand a été analogue à celui-là. […]
Il
y a compromis et compromis. Il faut savoir analyser la situation et
les conditions concrètes de chaque compromis ou de chaque variété
de compromis. Il faut apprendre à distinguer entre l’homme qui a
donné aux bandits de l’argent et des armes pour diminuer le mal
causé par ces bandits et faciliter leur capture et leur exécution,
et l’homme qui donne aux bandits de l’argent et des armes afin de
participer au partage de leur butin. En politique, la chose est loin
d’être toujours aussi facile que dans mon exemple d’une simplicité
enfantine. Mais celui qui s’aviserait d’imaginer pour les ouvriers
une recette offrant d’avance des solutions toutes prêtes pour toutes
les circonstances de la vie, ou qui assurerait que dans la politique
du prolétariat révolutionnaire il ne se rencontrera jamais de
difficultés ni de situations embrouillées, celui-là ne serait
qu’un charlatan.
Pour
ne laisser place à aucun malentendu, j’essaierai d’esquisser, ne
fût-ce que très brièvement, quelques principes fondamentaux
pouvant servir à l’analyse des exemples concrets de compromis. »
Il
n’existe, dans l’intégralité de l’histoire du mouvement
communiste, du mouvement révolutionnaire, des mouvements de
libération nationaux, de schéma pur. Chaque fois, des discussions,
des compromis ont dû
être faits. Quelquefois, ils étaient des compromis aisément
explicables, comme les fronts-unis antijaponais en Chine, quelquefois
ils ont semé le trouble, le doute, comme le traité de non-agression
entre l’Allemagne et l’URSS, comme le traité de Brest-Litovsk,
comme les accords entre Ho Chi Minh et Leclerc.
Certes,
toutes les forces politiques qui sont présentes au Rojava ne sont
pas du même acabit que le PCC et le Parti Bolchevique. Mais
il y en a.
Et il est fondamental d’avoir confiance en elle, comme il est
fondamental d’avoir confiance dans les masses populaires, largement
oubliées au profit d’une vision surplombante de la situation. Ce
sont la jonction entre ces forces politiques et ces masses populaire
qui ont permis de triompher des obstacles immenses de la lutte.
Il
existe bien des zigzags sur le chemin qui les mène à la victoire,
alors qu’il n’existe pas de mouvement international fort, pas
d’État socialiste, pas de camp sur lesquels ils puissent
s’appuyer. Nous
devrions, alors, leur dénier le droit, la possibilité de faire ces
compromis, ces erreurs, au nom de la grande & glorieuse lutte
révolutionnaire mondiale, dans laquelle nous, occidentaux, sommes un
grain de sable ? Il faudrait alors que les FDS, le Rojava,
soient anéantis en détail, dans une magnifique bataille des
Thermopyles, contre l’hydre fasciste ?
Nous
préférons prendre le risque de les soutenir et de les laisser
maîtres de leurs choix, quitte à nous tromper, que rester à
distance, critiquer à grand coup de gestes autoritaires, et ne
servir à rien. Nous
préférons être taxés de tous les noms, mais considérer que si
les compromis faits par les forces qui combattent au Rojava
permettent de reprendre la lutte dans des conditions moins
désastreuses, qu’elles n’impliquent pas de capitulation en rase
campagne ou l’anéantissement des forces vives qui permettront que
demain soit victorieux.
Certaines
organisations ont pris le parti d’appeler à demi-mots, ou parfois
même clairement, à l’intervention militaire de la France, des
USA, de l’occident en général, dans ce conflit. Dans un sens nous
les comprenons. Elles aussi sont pleinement conscientes
qu’elles n’ont aucun impact concret, en tant qu’elles-mêmes,
sur ce conflit. D’ailleurs, bien souvent, elles n’en ont pas plus
sur les prises de décision de l’impérialisme français.
Confusément,
elles sentent qu’il s’agit de la seule manière de peser sur le
conflit, quitte à brader toute crédibilité auprès des masses
populaires, quitte à se tromper sur le fond, à monter leur
confiance naïve, révélatrice, envers un « bon fond »,
« humaniste » de l’impérialisme français, pétri de
l’héritage des Lumières. Ils
contribuent, par leur action, à nourrir des illusions
réactionnaires, terribles, sur notre propre impérialisme. Ces
illusions sont aussi le reflet d’une existence passée à soutenir
l’occident « démocratique » contre le « totalitarisme
soviétique ».
À
l’opposé, certains et certaines ont poussé un lâche soupir de
soulagement. Soutenant, sans le dire, le régime de Bachar Al-Assad,
cette nouvelle situation leur permet de ramener leur héros dans le
« bon camp », de pouvoir à nouveau le défendre en plein
jour, fiers, forts de la caution qui leur est donné par la
possibilité d’une alliance avec les FDS. Ivres de leur joie, ils
se démasquent pour ce qu’ils ont toujours été : des
admirateurs de ce régime, hypocrites dans leur soutien aux FDS et au
Rojava.
Le
fait que ce compromis soit possible à un moment ne le rend pas plus
positif « dans l’absolu ». Un compromis n’est pas une
victoire, il est un moyen terme entre « l’idéal » et
la « réalité ». Cela ramène d’ailleurs à une autre
partie du texte de Lénine :
«Mais
lorsque les mencheviks et les socialistes-révolutionnaires de
Russie, les partisans de Scheidemann (et dans une large mesure les
kautskistes) en Allemagne, Otto Bauer et
Friedrich Adler (sans parler même de MM. Renner et Cie) en
Autriche, les Renaudel, Longuet et Cie en France, les
fabiens, les « indépendants » et les « travaillistes »
(« labouristes ») en Angleterre, ont conclu en 1914-1918 et
en 1918-1920, contre le prolétariat révolutionnaire de leurs pays
respectifs, des compromis avec les bandits de leur propre bourgeoisie
et, parfois, de la bourgeoisie « alliée », tous ces
messieurs se comportaient en complices du banditisme.»
Telle
est la nature du « compromis » que ces groupes ou
individus souhaitent. Dans
les faits, même à leur corps défendant, ils accompagnent les
projets de l’impérialisme. Heureusement,
dans le fond, ils n’ont pas plus de prise sur les décisions des
organisations et des masses populaires présentes au Rojava.
Nous
n’appellerons pas à une intervention occidentale. L’OTAN n’a
d’ailleurs que faire de notre avis. Si
intervention il y a, nous prendrons position par rapport à celle-ci.
« La conclusion est
claire : rejeter les compromis « en principe », nier la
légitimité des compromis en général, quels qu’ils soient, c’est
un enfantillage qu’il est même difficile de prendre au sérieux.
L’homme politique désireux d’être utile au prolétariat
révolutionnaire, doit savoir discerner les cas concrets où les
compromis sont inadmissibles, où ils expriment l’opportunisme et la
trahison, et diriger contre ces compromis concrets tout le tranchant
de sa critique, les dénoncer implacablement, leur déclarer une
guerre irréconciliable, sans permettre aux vieux routiers du
socialisme « d’affaires », ni aux jésuites parlementaires de
se dérober, d’échapper par des dissertations sur les « compromis
en général », à la responsabilité qui leur incombe. C’est
bien ainsi que messieurs les « chefs » anglais des
trade-unions, ou bien de la société fabienne et du Parti
travailliste « indépendant », se dérobent à la
responsabilité qui pèse sur eux pour la trahison qu’ils ont
commise, pour avoir perpétré un compromis tel qu’il équivaut en
fait à de l’opportunisme, à une défection et à une trahison de la
pire espèce. »
Nous
avons choisi ce qui nous permettait la voie la plus juste, en
fonction de nos forces, de la réalité de la possibilité d’action
de notre groupe. Nous avons choisi l’engagement au sein de l’ICOR
et la campagne de solidarité pour le bataillon international du
Rojava. Nous avons reçu des critiques par rapport à ces choix. Nous
les écoutons. Nous les écoutons, nous les prenons en considération.
Nous ne sommes pas sourds aux insuffisances qu’il est possible
d’avoir sur la pratique, au fait qu’il y ait des imperfections
dans l’activité de tel ou tel groupe. Nous les prenons en
considération, donc, mais nous jugeons néanmoins que ces deux
engagements sont non seulement justifiés, mais qu’ils sont
également fondamentaux pour créer les outils et les forces qui nous
manquent, tant ici qu’à l’échelle mondiale.
Nous
ne pouvons nous contenter de rester derrière nos écrans, faire des
communiqués de solidarité creux. Nous ne sommes pas des supporters
de foot qui devons choisir ‘la bonne équipe à soutenir’, nous
voulons jouer un rôle. Nous voulons et nous devons faire plus.
Nous
sommes, en réalité, horrifiés par notre propre impuissance,
surtout lorsque, parmi nos camarades de l’ICOR, nous côtoyons les
victimes de notre propre impérialisme. Ce rappel impérieux,
constant, nous oblige à faire des choix.
Elle est une humiliation quotidienne, qu’aucun artifice ne peut camoufler. Il nous faut donc trouver les moyens de la régler.
Nous
ne pouvons tolérer notre faiblesse, c’est pour cela que nous
consacrons nos forces à l’unité des communistes et à la création
d’un Parti Communiste révolutionnaire. Nous ne pouvons ne
contenter de notre existence de groupe. C’est pour cela que nous
nous sommes investis, avec nos camarades de l’UPML, dans le
lancement d’une Alliance des Révolutionnaires, dans le but de
proposer aux organisations communistes présentes en France et dans
les régions directement dominées par celle-ci de cesser de
s’ignorer. En dépit des discours d’unité parfois affichées par
les organisations communistes, nous n’avons eu que très peu de
réponses. C’est pour cela que nous nous investissons aussi dans la
création d’un Comité ICOR-France, qui puisse rassembler tous ceux
et celles que le combat internationaliste intéresse, ou ceux et
celles qui sont membres des organisations de l’ICOR à l’étranger,
mais qui sont présents, ou réfugiés, en France.
Dans
le cas du Rojava, notre choix de la solidarité concrète passe par
trois choses :
Nous appelons à soutenir financièrement et politiquement les campagnes de soutien au bataillon international du Rojava : http://shengal.xyz
Nous appelons à participer aux luttes, aux manifestations, aux opérations de boycott qui sont faites envers les intérêts de la Turquie en occident. Même si ces campagnes, même si cette aide est limitée, elle est concrète. Elle est un début
Nous
saluons l’intégralité des forces qui participent et soutiennent
des initiatives de cet ordre.
Mais
nous pouvons, et nous devons faire plus. Par l’unification de nos
forces, par la travail commun, construit, organisé, que ce soit
celui des communistes comme celui des anti-impérialistes. Il s’agit
d’une partie importante, fondamentale, de notre devoir de militants
et de militantes.
Nous
devons mettre fin à l’impuissance constante des organisations
communistes, tant dans la lutte des classes, ici, que dans les
questions internationales. Alors, seulement alors, les positions
émises pourront avoir un réel impact, changer réellement les
choses pour ceux et celles qui sont avec les armes à la main,
directement en face des pires abominations du monde contemporain :
l’impérialisme et le fascisme.
Condamnation internationale de la guerre d’agression, contraire au droit international, de la Turquie !
Erdoǧan vient de commencer, avec son État fasciste et militaire, sa guerre d’agression contre le Rojava/Syrie du Nord-Est, en violant ainsi le droit international :
Participons toutes et tous à la Journée internationale de solidarité et aux manifestations mondiales le 12 octobre 2019 !
Les plans impérialistes ne doivent pas marcher !
Dans la résolution d’ICOR de janvier 2019, il est dit à propos de Rojava : « La construction démocratique au Rojava/Syrie du Nord représente la lutte réussie contre l’État islamique, pour la démocratie et la liberté, les droits de la femme, la protection de l’environnement, le respect de toutes les ethnies et religions. … Inversement, la solidarité internationale est marquée par la solidarité inébranlable et inclut la lutte de libération kurde dans la lutte mondiale contre l’impérialisme. »
Erdoǧan envisage un nettoyage ethnique et l’annihilation de la lutte menée pour la démocratie et la liberté, pour la libération de la femme et la vie écologique, en lien étroit avec la lutte internationale pour la libération nationale et sociale.
Avec l’attaque actuelle c’est aussi une confrontation directe de plusieurs forces impérialistes qui menace. Elle pourrait provoquer une confrontation guerrière d’une répercussion mondiale.
Les forces d’autodéfense des FDS (Forces démocratiques de Syrie) sont déterminées à défendre le Rojava. La solidarité internationale est exigée – elle a déjà été un élément essentiel du succès lors de la libération de Kobanê.
Aucune lutte de libération ne doit être seule et isolée ! L’ICOR se tient depuis le début aux côtés de la lutte au Rojava. Elle s’est mobilisée pour des journées mondiales de solidarité et a réalisé un travail pratique de solidarité avec la construction de la « Clinique ICOR » à Kobanê.
La lutte pour la liberté et la démocratie doit être menée comme une lutte anti-impérialiste contre tous les impérialistes. Pour éliminer l’impérialisme et ses guerres d’agression, il faut lutter pour un monde démocratique et socialiste libéré.
Ne touchez pas au Rojava !
Pour le droit à l’autodétermination et la reconnaissance en droit international de l’autonomie démocratique de la Syrie du Nord-Est !
Condamnation internationale de la guerre d’agression de la Turquie !
Pour la liberté, la démocratie et le socialisme !
Signataires (en date du 11/10/2019, liste actuelle des signataires sur www.icor.info):
PCPCI Parti Communiste Proletarien de Côte d’Ivoire (Parti Communiste Proletarien de Côte d’Ivoire)
ORC Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo
RCP Revolutionary Communist Party of Egypt (Partie communiste révolutionnaire d’Egypte)
UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie, Cameroun
CPK Communist Party of Kenya (Parti communiste de Kenya)
MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
PCT Parti Comuniste du Togo Togo
PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
MLOA Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)
CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
Ranjbaran Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
SMKC Svaz Mladych Komunistu Cheskoslovenska (Union des jeunes communistes de Tchécoslovaquie), République tchèque
MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
UCLyon Unité Communiste Lyon, France
UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
KOE Kommounistikì Orgànosi Ellàdas (Organisation communiste de Grèce)
BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
MIKSZ Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise)
RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
VZDOR VZDOR – strana práce (Résistance – parti du travail), Slovaquie
KSC-CSSP Komunisticka Strana Cheskoslovenska – Cheskoslovenska Strana Prace (Parti communiste de Tchécoslovaquie – Parti ouvrier tchécoslovaque), République tchèque
TIKB Türkiye İhtilalci Komünistler Birliği (Union de communistes révolutionnaires de Turquie)
MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
БРП(к) Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes))
PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
BDP Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
Le communiqué suivant est le fait d’une élaboration commune à l’issue d’une réunion impulsée par nos camarades kurdes de Lyon. Il n’est pas un communiqué UCL mais est un communiqué ouvert à signature. Chaque organisation, collectif, syndicat qui souhaite le faire sien est invité à nous contacter. Pour des raisons de temps, ce communiqué est un fruit de l’urgence. Il n’est ni parfait, ni complet. Mais il illustre une position à minima, basée sur le consensus général qui est ressorti de la réunion.
Nous centralisons les signataires ici : Unite.communiste.lyon@gmail.com
Halte à l’agression turque ! Défendons le Rojava !
Hier, le 9 octobre,
les troupes Turques ont franchi à nouveau la frontière qui sépare
l’État turc du Rojava.
[Le Rojava est une
région historiquement kurde du nord de la Syrie, contrôlée à
l’heure actuelle par les Forces Démocratiques Syriennes, une
coalition de forces progressistes et révolutionnaires, qui s’est
battue pour faire naître un espace de liberté et de démocratie
entre les blocs impérialistes.]
Les bombardements
ont commencé, frappant les civils comme les combattants et
combattantes. Une nouvelle offensive du régime réactionnaire
d’Ankara débute. Elle vise comme objectif de prendre le contrôle
des plaines autour de l’Euphrate, ciblant particulièrement la
grande ville de Racca. Elle vise également plus largement à
s’emparer de tout le Rojava et de l’annexer à l’État turc.
C’est la
crainte d’un génocide, d’une épuration ethnique, qui plane sur
le Rojava. L’État turc veut remodeler à sa guise la carte de la
région, quitte à exterminer ceux qui s’opposent à son ordre.
Cette guerre est
d’une double nature :
D’une part elle
est géopolitique. Elle vise à étendre l’État turc, sa sphère
d’influence, mais aussi à contribuer au dépeçage de la Syrie.
Plus largement, elle s’inscrit dans une montée des tensions
internationales entre les grandes puissances. Ce sont les sphères
d’influence russes et occidentales qui sont redessinées. D’un
côté comme de l’autre, on courtise le régime d’Erdogan pour le
faire rentrer dans une orbite ou dans une autre.
C’est également
un test grandeur nature pour les nouveaux armements, une
démonstration de forces entre géants militaires. Les armes d’une
future troisième guerre mondiale connaissent, là-bas, leur banc
d’essai.
De l’autre, c’est
une croisade idéologique qui est menée. Au Rojava, c’est une
expérience d’une construction d’une société nouvelle qui est
menée. Une effervescence démocratique s’est emparée des zones
libérées de l’emprise du régime syrien, des forces djihadistes
ou de Daesh. Et cette société nouvelle en gestation, cette lueur
d’espoir, les réactionnaires veulent l’écraser pour qu’elle
ne serve pas de modèle, d’inspiration. Il ne fait nul doute que
l’armée turque court également vers les prisons où sont détenus
les criminels de Daesh. Elle fait cela pour redonner vie à une
nouvelle bête furieuse qui l’a déjà si bien épaulée.
Cette
inspiration, cet exemple a dépassé les frontières du Rojava !
Nous, comme la très large majorité de l’opinion publique de tous
les pays belligérants, disons non à cette guerre !
Sous la pression de ces opinions publiques, la quasi-totalité des
pays du globe ont dénoncé cette guerre. Mais cette condamnation se
paie uniquement de mots.
L’offensive turque n’a pas pu être lancée sans l’aval des
grandes puissances. Les USA ont ainsi reculé leurs troupes pour
laisser le champ libre aux blindés turcs. Ni la Russie, ni
l’Angleterre, ni l’Allemagne et certainement pas la France ne
peuvent prétendre être surprises.
Ces puissances traitent le Rojava comme un pion sur leur échiquier,
le laissant se faire écraser.
Mobilisons-nous !
Soyons solidaires ! Soutenons la juste lutte du Rojava !
Nous n’oublions
jamais que ce conflit n’est pas un conflit local ou régional.
C’est un combat qui concerne l’intégralité de la planète.
Partout où la liberté, où l’égalité recule, c’est une
défaite pour l’humanité entière. Les méthodes employées par
les régimes criminels qui oppriment les peuples ne leur sont pas
réservées. Elles sont utilisées là-bas aujourd’hui, rien ne
garantit qu’elles ne seront pas employées ici demain.
Nous appelons à
rejoindre les comités de soutien, à aider, politiquement,
financièrement, ceux qui luttent contre la tyrannie d’Erdogan,
ceux qui veulent un Rojava libre et démocratique !
Nous appelons à manifester
Rendez-vous
samedi 12 octobre à 15h30 place Bellecour.
Dénonçons l’agression turque contre le Rojava !
Signataires à la date du 12/10/19 : Centre culturel Mésopotamie ; Union Communiste Libertaire – Lyon ; Unité Communiste de Lyon ; Eco défense ; Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste ; Jeune Garde Lyon
Comment la bourgeoisie instrumentalise les questions politiques.
Nous
sommes à la mi-mandat de LREM et de Macron. La pression progressive
des échéances électorales commence à se faire sentir. Les
municipales sont au printemps 2020, c’est-à-dire demain
électoralement parlant.
Macron
et sa clique ont été employés par la grande bourgeoisie comme un
missile à usage unique. Son travail est de liquider la totalité des
conquêtes sociales, arrachées par la lutte et par le rapport de
force. Seulement, deux facteurs entrent en ligne de compte.
LREM
a bouleversé les rapports de forces traditionnels, entre LR et PS.
L’approche de la fin du mandat signifie donc une élection d’une
très grande importance dans une configuration impossible à prévoir.
De
même, la clique de Macron a pris goût aux mandats, à la sinécure
payée par l’État, aux bureaux et aux fauteuils confortables.
D’ailleurs ce confort ne s’accompagne pas d’une contrepartie
particulièrement exigeante. Rarement un gouvernement à autant mis
en avant l’incompétence et la médiocrité, en même temps que le
mépris le plus affiché. Pour ces deux raisons, LREM essaie de
s’adapter et de survivre aux prochaines échéances. Comment
inscrire dans la durée une organisation conçue pour un one
shot ?
Également,
sur quel cheval va miser la bourgeoisie aux élections prochaines, si
jamais son poulain est grillé aux yeux des masses ?
Deux
possibilités : Une branche de gauche et une branche de droite.
La possibilité « de gauche » est de renaître en
vampirisant les luttes écologistes et en les mariant avec l’écologie
libérale.
L’écologie libérale est un créneau particulièrement
intéressant pour la bourgeoisie. Bien que se basant sur une lutte
juste, sur des aspirations sincères, elle permet d’obtenir
exactement la même chose, dans un sens, que de crier au loup sur
l’Islam et l’immigration : obtenir des voix d’individus
effrayés. Et, sur la base de cet effroi, de pouvoir maintenir et
légitimer l’exploitation.
Il faut faire des concessions, il faut accepter des contraintes
supplémentaires, politiques, économiques, sociales, pour servir une
cause transcendantale. Cette cause peut être la race, la nation, la
liberté bourgeoise, ou la planète. Mais dans les faits, il s’agit
simplement d’accepter la soumission aux intérêts de la
bourgeoisie.
L’ouverture
du marché de l’électricité aux énergies vertes, par exemple, a
été rendue possible par une hausse de 25 % du prix de
l’électricité. L’aspect premier n’est pas écologiste, mais
bien de pouvoir libéraliser et privatiser une partie de la
production de celle-ci. De
même quel sens cela a-t-il de manger des kiwis bio s’ils sont
produits en Nouvelle-Zélande et arrivent sur-emballés ? De
payer une taxe écologique sur les produits achetés, ce qui fait
assumer directement de coût des déchets pas les consommateurs,
alors que ce sont les grands capitalistes qui imposent ce que nous
consommons ?
La bourgeoisie est passée maître dans l’art de surfer sur les
revendications populaires pour en faire des produits marketing. Elle
s’empare donc du désir de manger mieux, d’avoir une atmosphère
plus saine, de protéger la planète.. elle s’en sert comme
argument de vente hypocrite, prétendant que ses produits sont
éthiques et équitables, alors qu’en réalité ils aggravent les
choses.
Elle est également capable de pouvoir retourner contre les masses
leurs propres revendication. Cela s’est vu par exemple dans « Le
Grand débat », où Macron a tenté d’utiliser le désir
démocratique des masses pour faire adouber ses propres projets. Dans
le cas de l’écologie, cela permet d’extorquer plus d’argent,
de faire monter les prix, de faire accepter des sacrifices aux
masses, alors que les plus grands pollueurs sont les bourgeois.
Par
ailleurs, les fascistes se
sont immiscés dans de débat. En revanche, ils ont
tordu le bâton dans l’autre sens. Ils font leur beurre sur
l’hypocrite injonction
écologiste libérale. Mais ils le font en niant le problème, en
mentant sur la réalité de la catastrophe qui vient, en déclarant
que la question du climat est une manœuvre d’une sordide
conspiration. Ils ont fait de Greta Thunberg une cible, en
s’attaquant à elle sur par l’ad hominem,
en se moquant de son physique, de son mental…etc. En somme, par pur
opportunisme, ils se sont placés à l’autre bout de l’échiquier
politique, en espérant tabler sur le ras-de-bol d’une partie des
masses populaires face à l’hypocrisie officielle. Cependant,
cela les maintient dans un rôle d’outsiders,
allant à contre-courant, préservant ainsi un électorat, mais étant
incapable de devenir une force hégémonique.
La
bourgeoisie peut donc compter sur cette possibilité. LREM peut très
bien absorber une partie des
revendications du mouvement écologiste, en insistant sur le fait
qu’elle met en place une transition d’importance.
Europe Écologie Les Verts pourrait, également, servir de nouveau
porte drapeau à la bourgeoisie. Le mouvement a déjà partagé le
pouvoir avec le Parti Socialiste. Il est composé d’un grand nombre
d’opportunisme, dont l’exemple type est Jean-Vincent Placé.
Cette expérience du pouvoir lui a permis de montrer qu’il n’avait
aucune vergogne à appliquer un programme antisocial, réactionnaire,
ou de justifier les interventions impérialistes, au nom de
l’humanitaire. Pour la bourgeoisie, cela serait une sortie « par
le haut » de la crise de régime qui vient.
Seconde
possibilité : la sortie par la droite.
Cela
fait maintenant plusieurs années que les questions relatives aux
migrants et les questions relatives à l’Islam occupent le devant
de la scène. Après la crise de 2008, elles ont pris une propension
invraisemblable, aidée par le Débat sur l’Identité
Nationale, initié en 2009 par
le transfuge du PS Eric Besson.
Aujourd’hui,
cette question a contaminé l’intégralité des organisations
politiques, avec des réactions variées. Quelles que soient les
opinions sur ce sujet, chaque groupe politique est forcément
polarisé par cette question. Elle a mené à des tensions internes
importantes dans certains mouvements, allant jusqu’à une scission
dans le cas de LFI. Plusieurs acteurs, sans la moindre vergogne,
s’emparent de cette question comme un fonds de commerce, dans
l’espoir de pouvoir gagner des voix sur la thématique.
Il
s’agit d’un calcul cynique qui ne tient absolument pas compte des
réalités sociales, du vécu des individus, qui amalgame allégrement
les Français et françaises issues d’une immigration d’il y a 50
ans et les migrants et migrantes. Qui amalgame dans un seul creuset
la question de l’Islam et du terrorisme.
Dernièrement,
la campagne islamophobe s’est
encore accrue. La convention de la droite, animée par Marion
Maréchal Le Pen, réunissant le gratin de l’immonde, a ainsi donné
naissance à des discours plus virulents les uns que les autres. Eric
Zemmour, ainsi, est allé jusqu’à dire que nous vivons une
campagne d’extermination de l’homme blanc hétérosexuel. En
dépit d’un certain tollé autour de ces discours, bien peu l’ont
réellement condamné sur le fond. Il faut dire qu’il trouve des
relais puissants, y compris dans les déclarations de la présidence
de la République. Macron a ainsi évoqué « l’hydre
islamiste » et la nécessité de le combattre.
La
situation est suffisamment
en plein dérapage pour que des phénomènes invraisemblables se
produisent. Jean-Michel Apathie a ainsi été traité de collabo par
Zineb El-Rhazoui. Il demandait que Eric Zemmour soit, comme
Dieudonné pour son antisémitisme,
censuré, puisque condamné pour incitation à la haine raciale. À
ce genre de propos se rajoutent une campagne savamment orchestrée
sur les réseaux sociaux, faisant feu de tout bois : rumeurs
sur des réseaux « pédo-satanistes » ; légendes
sur les incendies industriels ; mensonges sur des conspirations
islamistes ; inversion des rapports de pouvoir entre les États
impérialistes et les pétromonarchies…
La
division des masses populaires et la fragmentation par la peur est
une méthode classique des réactionnaires et des bourgeois pour
parvenir à leur fin. Qu’importent,
finalement, les explications sur la radicalisation de nombreux
individus. Manuel Valls, en 2015, déclarait que « expliquer,
c’est justifier », refusant qu’on puisse chercher à
comprendre pourquoi des individus sans histoire se tournent vers le
terrorisme. Il s’agit
d’employer les événements dramatiques à des fins électoralistes.
La
terreur et « l’alliance sacrée » contre le terrorisme
permet de tout justifier, y compris des hausses du coût des
assurances. Elle est moins avantageuse
qu’une unité contre un adversaire abstrait, mais elle est tout à
fait envisageable comme solution pour conjurer provisoirement la
crise de régime. Il n’est absolument pas impossible que les partis
sociaux-démocraties ou libéraux puissent intégrer, pour essayer de
devenir les poulains de la bourgeoisie, des pans entiers du programme
ultra-réactionnaire.
Sauf
que les voix, le plus souvent, se portent sur l’original plus que
la copie. Les campagnes réactionnaires, même reprises par des
sociaux-démocrates, nourrissent, en dernière instance les
réactionnaires d’origine. Le PS, LR, LREM, en alimentant la
paranoïa, ne font qu’adouber les discours fascistes.
Il
existe une écologie prolétarienne. Une écologie révolutionnaire.
Celle-ci ne se contente pas de parler de normes de pollution (qui ne
sont pas respectées), de simples logos, de
discours creux. Elle pose la question d’une manière
on-ne-peut-plus pragmatique : Puisque la source du mal n’est
pas dans la consommation, mais dans la production, puisque cette
production n’est pas compatible avec la survie de la planète, nous
devons la contrôler.
On ne vote pas sur les moyens de production. On ne vote pas sur
l’extraction de l’uranium, sur le pétrole, sur les ressources
stratégiques de l’État et des capitalistes monopolistiques. Il
s’agit de sujets trop importants pour qu’il puisse être même
envisagé de le discuter dans les chambres d’enregistrement que
sont les Parlements. C’est cela que nous devons cibler : le
contrôle populaire, un « absolutisme populaire » pour
reprendre l’expression de Marc Ferro. Cela ne veut pas dire que les
initiatives individuelles, le 0 déchet, l’écologie locale soit à
dénigrer, comme certains le font. Non, ils sont des portes d’entrées
vers une compréhension plus grande et plus profonde de la question
écologiste. Nous les saluons.
Nous n’avons pas d’opinion sur Extinction Rébellion, nous
attendons de voir. Nous pensons cependant que ce mouvement contribue
à poser publiquement la question de l’écologie. Mais la
transformation de cette énergie en mouvement révolutionnaire ne
dépend pas d’elle-même, elle ne dépend que des communistes.
La seule et unique voie qui permet également de lutter contre le
terrorisme et contre l’influence obscurantiste demande aussi des
transformations. Dans les pays dominés, c’est l’occupation
militaire et l’exploitation impérialiste qui forment la base du
terrorisme. C’est également la guerre qui pousse à la fuite, au
fait de rechercher l’asile dans des endroits plus sûrs, où pour
sortir d’une misère sans fond. Nous sommes pour la liberté de
circulation, de visite, d’installation. Cependant, cette
« liberté » n’en est pas une pour ceux et celles qui
fuient leur pays. Elle est une condition de survie. La plupart
quittent leur terroir, leurs familles la mort dans l’âme.
C’est l’exclusion sociale et la misère qui pousse aussi ceux
qui désespèrent à se tourner vers des idéologies ou des courants
religieux réactionnaires. Nous pensons que c’est la lutte contre
l’exploitation, la fragmentation de la société, l’orientation
vers une issue révolutionnaire positive, qui permet de saper les
bases de recrutement de réseaux réactionnaires. Ce ne sont pas les
interdictions, les brimades, les vexations ou les lois qui peuvent
avoir une incidence.
Les contradictions sur la question des croyances est une
contradiction au sein du peuple. Elle se résout par le débat. Il
ne nous importe pas que les individus croient en Dieu, n’importe
lequel. Cela n’est pas la question. Ce qui est déterminant est la
question des pratiques sous-jacentes. Nous pensons qu’il faut
lutter sans la moindre relâche contre la stigmatisation et
l’instrumentalisation raciste. Qu’il faut soutenir les tendances
de gauche, progressistes, partout où elles se trouvent. Et
l’expérience a démontré qu’elles existaient largement.
Ne nous laissons pas abuser. Combattons contre l’instrumentalisation
de l’écologie, luttons contre les discours réactionnaires et
racistes, maquillés en « lutte contre l’obscurantisme ».
Surtout, construisons l’unité qui permet d’avancer et de
remporter les victoires : l’unité des communistes, des
révolutionnaires !
L’anniversaire du 70e anniversaire de la proclamation de la République Populaire de Chine est une date importante.
Cet
anniversaire possède un sens double. D’une part il est à
célébrer, car il marquait une victoire révolutionnaire. Il est
l’incarnation d’une victoire contre l’impérialisme, contre la
réaction, pour la construction d’une société meilleure.
De
l’autre, il est également l’aboutissement d’un cheminement à
étudier, celui de 22 ans de guerre civile chinoise, mais également
le point de départ de la construction d’un nouveau monde, durant
près de 30 ans. Cette lutte pour le pouvoir populaire, tout comme ce
que ce pouvoir populaire a fait, forment une somme immense
d’expérience, qui doit nous servir pour les combats de demain.
Nous ne devons pas les oublier.
Aujourd’hui,
honorons les héros de la lutte révolutionnaire !
La
lutte pour la révolution en Chine a été une lutte sur de nombreux
fronts. Contre les colonisateurs tout d’abord, qui s’étaient
découpés l’Empire du Milieu en parts, se réservant des zones
d’influence à coups de canonnières. Ces colonisateurs, s’ils
n’avaient pas formellement pris possession du pays, détenaient la
réalité du pouvoir, appuyés sur des seigneurs de la guerre à leur
service. Ils réduisaient à l’état d’esclaves les masses
populaires chinoises.
Depuis
la première République de Chine, proclamée en 1911 par le Dr. Sun
Yat Sen, et la République Populaire de Chine, 38 ans de combats
constants. Combats contre les impérialistes et leurs laquais
seigneurs de la guerre, pour libérer la Chine. Combats contre la
droite du Kuomintang, qui voulait faire de la Chine une dictature
militaire et écraser la juste lutte populaire. Combats pour
construire le Parti Communiste, seul à même de pouvoir réaliser
les mots d’ordre de Sun : Les « Trois Principes du
Peuple » : Démocratie, Socialisme et Nationalisme
anti-impérialiste.
Enfin,
a partir de 1927, la longue guerre civile. Une guerre civile qui a
transformé chacun des camps. Les Kuomins, de nationalistes
anti-impérialistes, sont devenus les agents de facto
des Japonais, puis des impérialistes américains, préférant lutter
contre le PCC que de défendre les idéaux du Dr. Sun. Chang Kaï
Check, le dictateur du Komintang, a ainsi donné la Mandchourie aux
agresseurs japonais, en 1931.
Cette
guerre civile a transformé aussi le PCC. L’anabase de la Longue
Marche, cette traversée de la Chine, en a changé l’encadrement.
Les dirigeants d’avant, formés par le Komintern, sincères dans
leur engagement, mais incapables de percevoir la réalité de la
Chine, sont progressivement écartés. Dans les grottes de loess de
Yennan, le PCC est devenu le parti de la victoire. Il s’est lié
aux masses, principalement paysannes dans la région. La direction du
PCC, dans laquelle Mao est devenu le personnage central, a partagé
la vie des masses populaires, leur misère, mais également leurs
aspirations à une vie meilleure. Cette liaison avec les masses,
cette relation fusionnelle, la ligne de masse, est devenu le ferment
de la victoire. La naît la
conception de la Guerre Populaire Prolongée.
Durant
la longue guerre anti-japonaise, de 1937 à 1945, pendant laquelle
entre 20 et 60 millions de Chinois perdent la vie le Kuomintang se
montre incapable de défendre le pays. Il se marginalise, se coupe
des masses populaires, devient intégralement dépendant des USA et
des occidentaux. De plus, il ne respecte pas la trêve
avec le PCC.
À
l’inverse, celui-ci perfectionne la guérilla, en liaison avec les
masses, comme « un poisson dans l’eau ». Lorsque
l’armée Showa évacue progressivement, le PCC est désormais en
position de force. Lorsque la
guerre civile reprend, dès 1946, la situation n’est plus celle
d’avant-guerre. Les kuomins sont chassés, refoulés, et doivent
évacuer à Formose, où ils bâtissent un régime de terreur.
Le premier octobre 1949, Mao Zedong, a Beijing, proclame la République Populaire de Chine. Cette accession au pouvoir est faite à l’inverse du système bolchevique. En URSS, la proclamation du pouvoir est le préalable à sa conquête effective, par la Guerre civile. En Chine, c’est le contrôle territorial et l’administration du territoire qui est le préalable à la proclamation de la RPC.
Elle
est un choc pour le monde entier. Le pays le plus peuplé du monde
est passé du côté de la révolution prolétarienne. Près de la
moitié de la population mondiale est désormais sous le drapeau
rouge. La réaction du monde « libre » sera d’ailleurs
féroce : tenter à tout prix de contenir l’expansion du
communisme, en instaurant un réseau de dictatures d’extrême-droite :
Taïwan, Thaïlande, Vietnam-Sud, Corée du Sud… Ce cordon
sanitaire justifie tout, y compris les massacres, comme en Indonésie,
ou les guerres les plus brutales, comme celle de Corée.
La
construction du socialisme en Chine bénéficie de l’apport de
l’URSS, qui, malgré ses plaies béantes, tente de faire son
possible pour aider au décollage économique de son pays-frère. De
même, contrairement à l’URSS, le PCC était déjà une
organisation avec une solide expérience en termes d’administration
des régions libérées. En dépit du caractère particulièrement
primitif des forces productives, il paraît possible de passer
rapidement à une économie planifiée et d’industrialiser le pays.
La vie des masses change rapidement. Les femmes, horriblement
opprimées, connaissent l’égalité. La situation de servage de
facto des paysans est abolie.
L’éducation entre dans les campagnes, avec les soins et la
culture.
Les
biens de consommation étaient rares dans la Chine féodale. Ils se
répandent progressivement, bien que l’abondance ne soit pas encore
là. La Chine connaît la dernière famine de son histoire. Surtout,
le paysan et la paysanne chinoise avant n’avaient pas d’espoir de
connaître une vie meilleure. Ils peuvent désormais faire des
études, quitter la campagne, espérer une vie meilleure, voir un
autre destin. Des ouvriers et ouvrières, des paysans et des
paysannes deviennent des élus, des cadres dirigeants.
Seulement,
tout ne fonctionne pas toujours comme prévu. Une conjonction de
phénomènes négatifs impacte très fortement cette tentative de
faire un « Grand bond en avant ». Sécheresse, rupture
avec l’URSS, départ des ingénieurs soviétiques, surestimation
des possibilités. En somme, l’effort demandé est simplement trop
important et la base industrielle prévue n’est pas obtenue. Mais
elle existe. Dans le même temps, les cent fleurs sont
lancés, en 1957, pour permettre qu’une émulation socialiste,
critique, puisse s’épanouir. De nombreux réactionnaires,
théocrates, féodaux, tentent d’en profiter pour lancer attaque
sur attaques contre le gouvernement socialiste. Ils sont réprimés,
notamment, car
le contexte de la période est particulièrement difficile.
Durant
cette période, en effet, un schisme se produit entre URSS et RPC.
Souvent, il est mentionné que Staline et Mao ne s’entendaient pas.
Cela n’est pas vrai. Les informations qu’avaient Staline sur la
révolution chinoise provenaient d’agents et d’intermédiaires du
PCC en poste à Moscou. Or, il s’agissait précisément de
militants et de cadres que la direction du PCC jugeait trop peu
fiables pour les maintenir sur le terrain. Ce biais a joué dans la
perception de Staline de la Révolution. Il a reconnu d’ailleurs
publiquement son erreur.
La
véritable raison de la discorde n’est pas dans la question du
leadership entre URSS et Chine, mais elle est dans la
déstalinisation. Le PCC était d’accord pour critiquer Staline, en
1956. Mais la manière dont cette critique a été faite, mettant
tout le monde devant le fait accompli, et le fond de l’affaire,
changer la ligne politique du PCUS, ont poussé à la rupture.
Khrouchtchev, derrière la déstalinisation, préparait la
satellisation de l’Europe de l’Est, l’intégration dans une
hypocrite division internationale socialiste du travail. Surtout, il
capitulait devant l’occident sur l’idée d’une révolution,
jugeant que l’heure était venue pour un monde coupé en sphère
d’influences.
Le
Parti du Travail d’Albanie et le PCC ont fait front contre le
révisionnisme khrouchtchevien. Quand il est apparu que Moscou ne
changerait pas de ligne, la rupture fut consommée. Deux camps
socialistes, l’un révolutionnaire, l’autre révisionniste, sont
apparus. Ceux qui rejetaient la capitulation, voulaient soutenir les
mouvements révolutionnaires et libérer les pays dominés ont été
chassés des Partis Communistes révisionnistes. Ils ont monté leurs
propres organisations. Par moquerie, ils ont été appelés maoïstes.
Le nom est resté.
Les
rapports avec l’URSS prennent une tournure parfois conflictuelle.
Elle soutient l’Inde contre la Chine dans le conflit du début des
années 1960, tout comme elle multiplie les accidents de frontière
au nord. Cette tension continuelle pousse la Chine à, finalement,
prendre une position équidistante internationalement, et à la juger
sur le même plan que les USA.
En
Chine même, l’échec du Grand Bond en Avant fragilise la position
de Mao dans le PCC. Une nouvelle équipe dirigeante, animée par Liu
Shaoqi et Deng Xiaoping dirigent la Chine dans une espèce de
NEP-bis. La bride est laissée aux cadres locaux du PCC, qui se
comportent parfois en potentats locaux, se fondent des petits
royaumes. La planification elle-même est en péril, tandis que les
écarts sociaux se creusent. Une crise se profile.
Celle-ci
arrive à maturité en 1966. Un immense mouvement de masse, la
Révolution Culturelle, créé une révolution dans la révolution.
Partis des centres urbains, les Gardes Rouges, ouvriers, ouvrières,
étudiants et étudiantes, s’en prennent aux cadres corrompus, aux
révisionnistes, aux seigneurs locaux. Elle bouleverse l’ordre
établi, cible le confucianisme, réactionnaire. Au mot d’ordre de
« feu sur le commandement général », les Gardes Rouges
soumettent à la critique et à l’autocritique tous les dirigeants.
Liu Shaoqi est fusillé, Deng est envoyé en prison. Mao Zedong, Zhou
Enlai, redeviennent les points focaux du régime. La réorganisation
du Parti fait que l’Armée Populaire de Libération joue un rôle
structurant. Seulement sa direction elle-même est tiraillée par la
lutte des classes : Lin Piao est un relais des Soviétiques dans
le pays, il représente une menace bonapartiste. Il s’enfuit vers
l’URSS et est abattu en vol.
La
révolution culturelle connaît des soubresauts, mais finit par se
calmer quelques années après. La Chine est cependant désorganisée
et doit se reconstruire. La production a chuté du fait des troubles.
L’influence
de la Révolution Culturelle est immense et international. Elle
marque les étudiants et les étudiantes de mai 1968 en France, tout
bourgeois qu’ils pouvaient être. Elle marque le mouvement des
droits civiques aux USA. Surtout la Chine est un symbole des pays
dominés. Elle est le fer de lance de la libération des peuples
colonisés. Elle attire. Intellectuels progressistes, militants et
militantes révolutionnaires, travailleurs et travailleuses en lutte
voient en elle un nouveau phare, surtout avec le pâlissement de
l’URSS.
La
période est paradoxale, la Chine cherche à s’ouvrir et à quitter
le cordon sanitaire qui a été dressé autour d’elle. Du fait de
l’attitude de l’URSS, elle accepte les offres d’ouverture des
USA, menant à la rencontre Mao-Nixon, grand choc international. Elle
parvient cependant à rentrer à l’ONU et a prendre la place de
Taïwan.
En
termes de politique intérieure, l’équipe dirigeante est
vieillissante. Les nouveaux cadres sont souvent compétents, mais
idéologiquement peu sûrs. La porte du révisionnisme est restée
ouverte. Finalement, ceux qui ont gagné en influence ne sont pas les
plus fervents militants, mais ceux qui ont été le plus capable de
passer pour cela. Elle ne comprend pas le besoin de rigueur
politique, d’une économie parfaitement maîtrisée, de la lutte
idéologique.
Le
décès de Mao et de Zhou Enlaï, en 1976, cause une vacance de la
direction. Celle-ci est occupée par des conciliateurs, des modérés,
qui non seulement libèrent les inculpés de la Révolution
Culturelle, mais leur ouvre la voie vers le pouvoir.
Très
rapidement, dès 1977, Deng Xiaoping revient sur le devant de la
scène. Il met en place, sous le nom de « modernisation »
une politique capitaliste. Surtout, il va semer une confusion
terrible avec la « théorie des trois mondes ». Mao avait
déjà employé cette formule, avec un contenu autre. Chez Deng,
celle-ci justifie tout : alliances avec l’Afrique du Sud de
l’Apartheid, travail avec la RFA…Etc. Tout ce qui peut affaiblir
les « superpuissances » est jugé comme positif. Elle va
contribuer à désorganiser le mouvement maoïste, qui ne voit pas
forcément le changement d’équipe comme un point de non-retour.
Certains, comme Hoxha, vont analyser cela téléologiquement. Seul
allié de la Chine, il considère que si elle n’est pas parvenue au
socialisme, c’est que sa direction a fait intégralement fausse
route. Il la rejette en bloc, déniant toute qualité à Mao.
Après
Deng, la Chine se dirige irrémédiablement vers une économie de
marché, une intégration dans les échanges inégaux de la
mondialisation. S’il est indéniable qu’elle a développé
économiquement le pays, il n’en demeure pas moins que la RPC n’est
plus une puissance socialiste, mais qu’elle est capitaliste et
impérialiste.
En
dépit des efforts faits par le PCC pour ne pas connaître le même
sort que le PCUS, le révisionnisme a triomphé. Le PCC n’a
pourtant pas lésiné sur les moyens pour essayer de contourner les
difficultés. Maintien d’une démocratie interne vivante au sein du
Parti, où les luttes de ligne étaient faites de manière ouverte,
autour d’une culture de débat. Appel constant aux masses pour
juger de la qualité de l’action du Parti et de ses membres. Le PCC
mettait également au premier plan, au-dessus de l’importance du
Parti même, la question de la lutte idéologique, primant sur la
discipline du Parti. C’est là un des fondements de la Révolution
Culturelle.
Nous avons beaucoup
à retenir de cet anniversaire.
L’héritage de cette révolution est toujours vivant. Il doit le rester à plus d’un titre.
D’une part comme
la mémoire d’évènements, de succès, de réalisations faites par
les masses populaires, sous la direction d’un Parti Communiste qui
mérite ce qualificatif. La bourgeoisie essaie de nous enlever cette
mémoire en la salissant, en répandant des calomnies sur son compte,
en mentant à son sujet. Lorsque cette histoire ne présente plus
d’intérêt, elle la fait oublier. Sur plus d’un thème, sur plus
qu’une période, il existe un vide de connaissances, de savoir.
Elle a été effacée. Nous avons un travail à réaliser pour lui
redonner vie.
Mais l’histoire
ne suffit pas. Elle n’est qu’une chose morte si elle n’est pas
reliée à la politique et à la lutte actuelle.
Dans cet héritage,
nous retrouvons des questions fondamentales, tant philosophique, sur
la compréhension de la dialectique, du « un se divise en
deux », que des aspects politiques ou pratiques. La stratégie
de la Guerre Populaire Prolongée est ainsi un des apports, tranchant
avec les théories insurrectionnelles. Elle pose la question de
l’accession révolutionnaire au pouvoir comme le fruit d’un
processus, non d’une seule épreuve de force. De même, la
démocratie nouvelle est un élément fondamental pour l’alliance
entre les classes populaires.
Dans la pratique,
l’enquête, la lutte de ligne, la ligne de masse, le débat franc
et ouvert sont des principes qui préexistaient auparavant dans les
écrits d’autres, mais que Mao et le PCC avaient systématisés.
Dans le monde
entier, toutes les organisations qui combattent pied à pied
l’impérialisme et le capitalisme sont inspirées par l’exemple
chinois. Ceux qui ont rejeté cet héritage ont généralement
rejeté, en même temps, l’idée de la lutte révolutionnaire et du
combat contre les forces capitalistes et impérialistes. Le drapeau
rouge de la révolution, dans les pays dominés et exploités, s’est
nourri de cette expérience.
Dans les pays
impérialistes même, cette influence se fait sentir, même si
parfois, elle a servi à esquiver la question incontournable de
Staline et de l’URSS. Aux USA comme en Allemagne, des organisations
se sont montées, construites, et se sont démarquées du
révisionnisme sous l’emblème du Marxisme-Léninisme-Maoïsme. En
France l’omniprésence du PCF et l’échec du mouvement maoïste
des années 1970-1980 ont limité sa diffusion. Mais celle-ci existe
néanmoins. Nous même ne pouvons renier notre inspiration et notre
intégration dans l’héritage de la Révolution chinoise.
Pourquoi ne sommes-nous pas une organisation maoïste ?
A lire sur notre site.
L’UCL est une
organisation qui a été fondée par des militants maoïstes. Dans un
sens elle est une organisation maoïste, dans un autre sens elle ne
l’est pas.
Elle l’est dans
son intégration du bilan de l’expérience du combat
révolutionnaire en Chine. Elle l’est dans le sens où elle intègre
la lutte de ligne au sein de l’organisation, la lutte de masse, la
nécessité du combat révolutionnaire et d’une stratégie
révolutionnaire.
Elle l’est dans
sa politique non sectaire d’unité, dans sa volonté de travailler
conjointement, entre communistes, mais aussi auprès des masses
populaires, dans les organisations de masse, dans les émanations de
la résistance ouvrière. Elle est ce qui explique notamment notre
investissement dans les Assemblées Générales de Gilets Jaunes, à
Lyon.
Elle ne l’est pas dans le sens où notre organisation n’a pas vocation à réunir uniquement et exclusivement sur la base du maoïsme, ni de faire l’unité sur cette base unique et étriquée. À nos yeux, le maoïsme est une forme particulièrement poussée de la compréhension du léninisme, du communisme, du matérialisme-dialectique. Le placer en préalable nécessaire pour adhérer à une organisation n’a pas de sens. Le but d’une organisation communiste, a fortiori d’un parti, est de permettre d’organiser l’avant-garde de la classe ouvrière et du prolétariat. Pour nous, l’adhésion a un parti politique est sur une base politique, celle de l’accord avec le programme, même minimal. Nous pensons que toute personne qui se revendique du communisme, qui veut travailler à construire un parti révolutionnaire, qui veut construire le socialisme et la démocratie populaire a sa place dans nos rangs. Le respect des principes de fonctionnement démocratique, la volonté de pratiquer le débat prolétarien, d’avancer idéologiquement et politiquement est la base. De plus, nous, jeunes militants, n’avons pas la prétention de dire que nous maîtrisons complètement ce qu’est le maoïsme, du moins suffisamment pour arbitrer qui, objectivement, l’est, et qui ne l’est pas. Nous pensons, de plus, qu’il ne suffit de clamer être maoïste pour l’être.
En dernière instance, c’est la pratique qui fait le maoïsme, pas l’identité.
Nous avons une
confiance inébranlable dans le fait que les apports de la révolution
chinoise sont positifs. Nous n’avons pas à redouter d’en faire
la démonstration et de convaincre que le bilan de cette révolution
peut servir d’exemple.
Nous
pensons que l’enseignement de la Chine démontre que les masses
peuvent être organisées largement, participer au Parti Communiste
et aux tâches les plus poussées de la révolution. Ce n’est pas
le verrouillage qui garantit la « pureté idéologique »
de l’organisation, mais la lutte de ligne interne. Or, ce n’est
pas l’adhésion au concept de la lutte de ligne ou au concept de la
ligne de masse qui fait le maoïste, mais sa pratique concrète, au
sein des luttes. Le rejet du sectarisme, la capacité à comprendre
le point de vue des masses populaires, des travailleurs et des
travailleuses, à rallier les plus avancés, à isoler et faire
isoler les positions les plus retardées.
Pour
le moment, personne n’a pu trouver de recette miracle contre la
déviation opportuniste et le révisionnisme. Ni Hoxha, dont le
régime ne survit pas à sa mort, ni Mao Zedong, ni aucune
organisation qui s’en inspire. Il ne peut y avoir que des pistes de
réflexion, des conseils, des pratiques qui ont permis de lutter
contre celui-ci. Mais ni les organisations puristes et concentriques,
ni les organisations souples et ouvertes n’ont réussi à trouver
une solution miracle. Elle n’existe pas, surtout, elle n’est pas
dans les verrous bureaucratiques.
Nous
pensons que seule la liaison constante, humble, avec les masses, peut
permettre de lutter contre ces tendances à la présomption, à
l’aventurisme ou, au contraire, au libéralisme.
Nous
pensons que si Mao ou n’importe quel autre grand dirigeant
communiste était en vie actuellement, il jugerait avec sévérité
le travail réalisé en France. Il nous conseillerait certainement de
jeter le folklore par-dessus bord et de travailler vers les masses,
de nous mettre à leur école, au lieu de superposer des conceptions
mal maîtrisées, coupées de la réalité de la lutte des classes.
Nous
pensons qu’il faut nous rappeler que ce sont les masses populaires,
les ouvriers et ouvrières, les prolétaires qui font la révolution
en pratique, qui effectuent la transformation des rapports de
production et des rapports sociaux. L’organisation est là pour
servir le peuple, non fétichiser des grands dogmes. Les masses sont
les véritables héros, écrivait Mao.
Les masses sont les véritables héros, alors que nous-mêmes, nous sommes souvent d’une naïveté ridicule. Faute de comprendre cela, il nous sera impossible d acquérir les connaissances même les plus élémentaires. «Préface et postface aux Enquêtes à la campagne» (Mars et avril 1941)
C’est
pour cela que nous invitons largement à travailler ensemble,
conjointement, à l’élaboration du futur parti communiste
révolutionnaire, synthèse des expériences du mouvement ouvrier,
synthèse des expériences du mouvement révolutionnaire
international. Nous voulons qu’il soit le creuset dans lequel le
meilleur de ces expériences pourra servir à forger l’outil de la
victoire.
Il y a-t-il un sens
a écrire quelque chose sur le décès de Jacques Chirac ?
S’il existe des
problèmes autrement urgentissimes, il paraît néanmoins convenable
de faire un bref point sur l’ancien Président de la Ve République.
En dépit de la réputation qui est fait aux communistes, nous ne
nous réjouissons jamais de la mort de qui que ce soit. Notre
programme n’est pas basé là-dessus. Chirac ne fait pas exception
à cela. Il était un ennemi politique, il était un oppresseur
impérialiste et capitaliste, mais il n’en reste pas moins qu’il
n’y a pas lieu de bondir de joie.
En revanche, il
existe une certaine image de sympathie, de nostalgie, qui entoure
Jacques Chirac. Nous ne nous associons pas à la perpétuation de
cette image. Elle n’a pas de sens pour nous.
Chirac est devenu
une icône. Il n’en méritait pas tant. Pourtant, nous ne pouvons
occulter le fait qu’une partie de la nostalgie chiraquienne se base
sur une certaine réalité. Dans les esprits, Chirac incarne certes
un gouvernement corrompu, mais une certaine nonchalance. Les temps
paraissaient moins durs, l’avenir moins sombre. La vie paraissait
meilleure.
Elle l’était,
mais pas grâce à lui. La crise est passée par là.
En effet, avant la
crise de 2008, la vie, pour une grande partie des classes populaires
françaises, était plus aisée. Cela ne veut pas dire que la
bourgeoisie n’était pas agressive, loin de là, mais, cependant,
il est impossible de nier que ses offensives suivaient une autre
logique : accroître le taux de profit. En somme, se gaver plus.
Aujourd’hui, la
crise économique aiguillonne les bourgeoisies. Non seulement elles
veulent augmenter leur taux de profit, protéger leurs marchés, mais
elles le doivent ! Il en va, à leurs yeux, de leur survie en
tant que couche la plus dominante de la classe la plus dominante.
C’est cela, et uniquement cela, qui donne aux années Chirac ce
sentiment sympathique. Sarkozy n’a pas bénéficié du même
climat. Il marquait également une rupture générationnelle, mais
aussi dans le style de travail et dans la relation aux masses. De ce
point de vue là, Chirac, avec la bonhommie, s’opposait aux agités
Sarkozyste et à l’insignifiance des personnages du PS.
Hormis cette
parenthèse mythologique, le bilan de Chirac, quel est il ?
Entre ses rôles de
Premier ministre, de maire de Paris et de Président, il laisse
derrière lui un lourd passif.
Des actes réalisés
au nom de l’État français, comme le massacre de la grotte
d’Ouvéa, la répression des banlieues en 2005, la reprise des
essais nucléaires…. Des réformes, comme les premières attaques
contre les retraites, la tentative de mettre en place le CPE et le
CNE (contrats première embauche et contrat nouvelle embauche,
travail dépassé par les lois Macron et El-Khormi), la mise en place
de l’autonomie des universités… Mais aussi la loi Devaquet,
retirée après le tabassage à mort de Malik Oussekine par la
police.
Mais également des
affaires crapuleuses, qui ont émaillé toute la carrière du
Corrézien. Angolagate et barbouzeries (avec Pasqua comme avec
Mitterrand), frais de bouche hallucinants, emplois fictifs… la
liste est sans fin.
Nous n’oublions
pas également qu’il a aussi joué sur le terrain des
réactionnaires, avec le ‘bruit et l’odeur’, tout comme
avec une misogynie qui ne l’a jamais quitté.
Existe-il quelque chose à mettre au crédit du mandat de Chirac ?
Oui.
Une seule. La reconnaissance de la responsabilité de l’État français dans la collaboration et dans la rafle du Vélodrome d’Hiver. Elle marque une rupture par rapport à l’amnésie hypocrite des prédécesseurs.
En revanche,
l’hostilité à la guerre en Irak ne peut pas être mise sur le
même plan. Elle est souvent mise en exergue par toute une frange
chauvine, qui voyait dans cela une dernière manifestation de
gaullisme, de résistance aux faucons de Bush. En réalité, la
raison fondamentale de la non-intervention française résidait
ailleurs : Pour mémoire, en 2003, voilà ce qu’écrivait le
journal Le Monde :
Les entreprises
françaises sont d’autant plus agacées par le probable hold-up
américain qu’elles cultivent depuis des années des relations
privilégiées avec l’Irak. En 1996, dès la mise en place du
programme «pétrole contre nourriture», le Medef avait expédié
sur place une délégation de chefs d’entreprise, virée devenue
annuelle. L’organisation patronale organisait avec l’entreprise BOI
la présence des firmes hexagonales à la Foire annuelle de Bagdad,
où le stand français occupait encore en 2001 la première place.
Résultat ? Depuis 1996, la France était devenue le premier pays
fournisseur de l’Irak, avec près de 15 % des importations, dont la
moitié en biens d’équipements. »
Premier
partenaire commercial de l’Irak, la France s’est mise en colère
uniquement car ce marché allait devenir un monopole américain. Ce
conflit, en réalité, s’inscrit dans une série de conflits entre
les deux impérialismes. Il s’est exprimé tant dans l’Angolagate
que dans le génocide du Rwanda, ou les deux puissances soutenaient
chacune leurs pions.
Loin d’être une défense du droit international, le veto était avant tout une manœuvre de l’impérialisme français. Pas de quoi se pâmer.
Quel sens pour les hommages ?
Nous avons écrit,
en introduction, que Chirac était un ennemi. Le sens de ce terme est
important. Parmi ceux et celles qui ont encensé l’existence de
Jacques Chirac, il est possible de trouver un certain nombre de
personnes qui n’étaient pas de son bord. Le PCF, par Ian Brossat
ou par Fabien Roussel, LFI, par Jean-Luc Mélenchon…
Les uns et les
autres l’ont salué, en dépit de leurs désaccords, mais
soulignant son « amour de la France », « Il
etait un homme du peuple, celui aussi qui a refusé la guerre en Irak
en 2003. »… En sommes, ils agissaient avec un certain
fair-play envers un adversaire tombé. Adversaire, certes, mais
néanmoins respectable, et, souvent, respecté.
C’est sur ce
point que nous voulons venir. Il ne s’agit pas de stigmatiser ceux
qui ont écrit cela. Charge à chacun de défendre ces tweets. Mais
il s’agit de souligner un fait important : l’effet du
parlementarisme bourgeois.
Pourquoi Chirac
est, à nos yeux, un ennemi, pourquoi est-il, à leurs yeux, un
adversaire ?
Fondamentalement,
le parlementarisme et le réformisme se basent sur le postulat qu’il
est possible de triompher légalement, par les voies prévues à cet
effet, des adversaires politiques. Qu’il n’existe pas d’ennemi
irréductible, à partir du moment où l’adversaire acceptait les
règles définies par la République. Chirac n’était donc pas un
bourreau au service des grands cartels industriels et de la
bourgeoisie monopolistique, mais il était le représentant d’un
parti, qu’il fallait battre aux élections. Egalement, le postulat
mentionne le fait que, selon le principe de départ, l’adversaire
déposera les armes et saluera la victoire de l’opposition si
celle-ci triomphe. Les vainqueurs et les vaincus s’embrassent, se
saluent, et charge à l’autre de faire mieux la fois d’après.
Sauf que l’Histoire
et l’expérience de la démocratie bourgeoise tend à prouver
l’inverse. Lorsque, hypothétiquement, une force anti-capitaliste
(même modérée !) s’approche du pouvoir ou se met en
position de réaliser son programme, elle rencontre une résistance
opiniâtre et acharnée de la part de la classe sociale opposée.
Nous avons vu, régulièrement, la bourgeoisie ne pas hésiter à
transgresser les règles (qui sont d’ailleurs les siennes!) pour
réprimer.
Deuxième aspect
fondamental, un aspect de classe. Jacques Chirac et Fabien Roussel,
quels que soient leurs chemins personnels, appartiennent à la même
corporation : celle des élus, des agents de l’appareil de
l’État. Ils partagent les même conditions de vie, les même
indemnités, et dans le fond, ont tout intérêt, à titre personnel,
à ce que les choses se maintiennent en l’État. Il n’existait
pas de réel antagonisme social entre les deux. Ils n’étaient pas
les membres de deux classes ennemies, qui devaient se détruit, mais
simplement deux bourgeois bien payés, achetés par la bourgeoisie
pour ne pas trop chambouler les choses, hormis quand elles vont dans
son sens.
Cette tendance
corruptrice, ces balles sucrées de la bourgeoisie, sont
fondamentalement celles qui ont tué le PCF. Elles tuent tout autant
les révolutions que organisations révolutionnaires et leurs
militants. Même les réformistes sincères sont poussés par tous
les moyens possibles à transgresser les règles. Cela finit par
devenir un moyen de pression, une méthode aussi vieille que la
démocratie elle-même.
Pour en finir, il
n’y a pas à diaboliser ou à encenser Chirac. Il a fait le travail
pour lequel il avait été fondamentalement mandaté : gérer au
mieux les intérêts des cartels bourgeois. Moins irritant, plus
nonchalant que les autres, n’y change fondamentalement pas
grand-chose. Il n’en était pas moins un ennemi de classe et un fer
de lance des exploiteurs et des exploiteuses.
Qu’il repose en paix, et que le système qu’il a si bien servi le rejoigne rapidement.
Nous avons communiqué précédemment sur la Résolution prise par le Parlement Européen, sur l’importance de la mémoire européenne pour l’avenir de l’Europe. Nous avons exprimé notre indignation quant à au fond du propos évoqué. Nous le rappelons : les arguments employés visent à faire fondre dans un même creuset, nommé « totalitarisme », la forme du pouvoir soviétique en URSS et celle de l’Allemagne nazie. Or ces arguments sont au mieux du domaine de l’amalgame sans vergogne, au pire historiquement mensongers. Ils montrent la subordination de l’Histoire aux intérêts politiques et géopolitiques de la période.
Nous répondons point par point, car nous ne pouvons accepter que ces mensonges soient constamment répétés. Nous répondons longuement et précisément aux questions relatives au pacte germano-soviétique dans cette brochure, tout comme nous entamons un travail long d’explication de la répression en URSS. Notre démarche n’est pas de dire que tout est faux dans ce dont ont accuse l’Union soviétique et son gouvernement.
Seulement,
ces accusations demandent des réponses. Nous essayons de les
fournir. Il existe des failles dans le comportement de l’URSS, des
actes critiquables, peut-être condamnables, mais ils ont chaque fois
été la conséquence d’un contexte. Si, ultimement, l’Union
soviétique n’est pas parvenue à réussir la difficile tâche de
construire une société communiste, ce n’est pas faute d’avoir
essayé de le faire. Ce n’est pas faute d’y avoir mis l’énergie
et la volonté. Elle était une expérience pionnière, un univers
inconnu. Elle n’était pas le paradis socialiste, et plus personne
ne le prétend.
En
revanche, nous n’avons pas à accepter la construction de mythes
mensongers, qui essaient de faire de l’Union soviétique ce qu’elle
n’était pas : un enfer contrôlé par des fous furieux. En
particulier, l’amalgame communisme-nazisme est d’autant plus
répugnant que l’URSS a été, en termes de victimes, le pays qui a
subit l’occupation la plus violente et barbare, tuant 27 millions
de citoyens soviétiques. Ces victimes sont portées au crédit de
Staline, alors qu’elles sont tombées pour qui le IIIe Reich
s’effondre.
Dans l’article 2, la résolution condamne le fait que « deux régimes totalitaires ayant tous deux l’objectif de conquérir le monde se partageaient l’Europe en deux sphères d’influence » ont signé un pacte. L’Allemagne a proposé à l’URSS de se partager le monde, en effet. Mais l’Union soviétique a refusé de participer à cette opération ignoble. En revanche, ce que la résolution ne dit pas, c’est que les entretiens secrets entre Lord Halifax et Ribbentropp, eux, visaient effectivement à un partage entre impérialisme anglais et impérialisme allemand. L’idée d’une lune de miel germano-soviétique est revenue régulièrement dans une littérature d’extrême-droite, qui visait à réhabiliter en catimini le nazisme. L’idée de dire que, finalement, l’Allemagne nazie a mené une guerre préventive contre l’URSS pour se protéger et protéger l’Europe un refrain seriné depuis la fin de la guerre par les néo-nazis. Or, il n’a jamais été trouvé la moindre trace d’un plan d’agression planifié par l’URSS contre le reste du monde.
Il existe une
raison fondamentale à cela : il n’existe pas. Lors des
rencontres entre Molotov et le gouvernement nazi, en 1940, Hitler
proposa que l’URSS participe à la conquête du monde. Cela n’a
pas été fait. L’URSS a changé ses frontières, dans des guerres
qui, du point de vue du droit, étaient contestables, mais du point
de vue de la réalité militaire, étaient nécessaires.
La réalité des
débats était que l’Union soviétique s’était enquise de la
présence de troupes Allemandes à proximité de ses frontières, en
Finlande, en Hongrie…etc. Ce point, et uniquement ce point a occupé
les conversations.
L’URSS a commercé avec l’Allemagne ?
Si l’UE est si prompte à voir dans l’URSS un partenaire des nazis, elle omet complètement que certains de ses membres, donc la Suède, ont commercé pendant l’ensemble de la guerre avec les nazis. La Suisse a bâti une fortune sur le fait de servir de banque. Les USA, en dépit de l’ordre shoot first ! de Roosevelt, ont continué de commercer avec l’Allemagne. Henri Ford ou Charles Lindbergh ont d’ailleurs été des grands promoteurs du nazisme aux USA. Pourquoi ces commerçants de la mort ne sont-ils pas cités ? Pourquoi les fortunes construites sur la collaboration ou sur le nazisme ne sont-elles pas saisies ? La réponse est simple : on ne touche par la propriété privée, même bâtie sur le sang. En fin 1939, l’Angleterre estimait que les exportations annuelles allemandes s’élevaient encore à 44 M£ vers l’Amérique du Sud, à 19 M£ vers l’Extrême-Orient, et à 15 M£ vers les États-Unis. Ces exportations ne se sont arrêtées que par le blocus, entraînant la colère des USA.
Le Portugal,
l’Espagne et la Turquie ont commercé pendant toute la durée de la
guerre avec l’Allemagne nazie et avec ses alliés, sans jamais
s’attirer le moindre reproche. Pour contourner les problèmes
légaux, des entreprises, telles que la Coca Cola company, ont créé
des produits ad hoc. Le Fanta
est ainsi le Coca des pays de l’axe.
L’Allemagne
n’avait, de toute manière, pas l’intention de respecter son
accord. L’un des rares enregistrements de Hitler hors de ses
discours est une rencontre avec le Maréchal Mannerheim, dirigeant la
Finlande. Hitler parlait de vouloir, dès la fin des opérations à
l’ouest, attaquer l’Union soviétique. S’il avait pu faire la
paix avec l’Angleterre, il aurait rué immédiatement ses panzern
vers les steppes.
Quant à parler de
« partage du monde », le ridicule est atteint. La
résolution ment par omission en oubliant de mentionner qui s’était
arrogé le droit de disposer du monde, dans les partages entre
empires coloniaux, en zones d’influences, en État sous tutelle. De
la conférence de Berlin en 1885 en passant par Fachoda puis par le
traité de Sèvres ou de Versailles, nombre de réunions et décidé
de qui mettrait en esclavage quel peuple.
L’article 5 mentionne les crimes et actes d’agression commis par les régimes communistes totalitaires considérant les opérations militaires dans les États Baltes, en Pologne, en Bessarabie comme des crimes contre la paix. Or, les options soviétiques étaient restreintes. Il aurait fallu, selon les occidentaux, qu’elle attende d’être envahies, ensevelie sous les bombes, d’avoir ses peuples transformés en « chevaux chantants » pour avoir le droit de se défendre ?
L’Union
soviétique a effectivement violé plusieurs traités internationaux
pour assurer sa défense. Elle était seule face à la plus grande
menace que le monde ait connu. L’occupation allemande, si terrible
en France, n’était rien comparé à celle qu’a pu connaître
l’URSS. Les Soviétiques le savaient et ont agi en conséquence. La
France, si respectueuse des traités internationaux quand il s’agit
des autres, ne s’est jamais retenue d’envahir, d’annexer, de
bombarder d’autres pays pour le profit de sa bourgeoisie. Elle
viendrait alors donner des leçons ?
Le point K indique, entre autres : « en août 2019, les autorités russes ont rejeté toute responsabilité dans ce pacte et ses conséquences et promeuvent désormais une théorie selon laquelle la Pologne, les États baltes et l’Europe de l’Ouest sont en réalité les véritables instigateurs de la Seconde Guerre mondiale ».
Nous
le disons haut et fort : L’occident a joué, par
anticommunisme et par jeu géopolitique, aux apprentis sorciers. Les
politiques des différents acteurs, y compris polonais, ont mené au
fait de nourrir les possibilités d’agression de la part de
l’Allemagne nazie. L’Angleterre, en particulier, a vu dans le
réarmement allemand la possibilité de faire un équilibre des
puissances entre France, Allemagne et URSS. Les démocraties
libérales ont tout fait pour entraîner l’Union soviétique dans
une guerre contre l’Allemagne, sacrifiant sur l’autel de la lutte
anticommuniste la Tchécoslovaquie et la Pologne. Lorsque celle-ci
s’est fait envahir, les démocraties occidentales n’ont pas levé
le petit doigt pour l’aider. La France n’est vraiment entrée
dans la guerre contre l’Allemagne que lorsque celle-ci l’a
envahie, le 10 mai 1940, et encore. Elle a capitulé avec
empressement, dès que la garantie que les Allemands ne toucheraient
pas aux colonies et à la flotte de guerre était acquise.
Nous
n’allons pas attribuer à la Pologne le fait qu’elle aurait
déclenché la Seconde Guerre mondiale. Mais son jeu diplomatique a
été celui d’une puissance réactionnaire, antisoviétique, et
opportuniste. Elle ne s’est pas émue du dépeçage de la
Tchécoslovaquie, elle en a même tiré sa part. Elle avait des
prétentions sur certaines portions de l’Union soviétique,
notamment en Ukraine. Son gouvernement, loin d’être un modèle de
démocratie, a également coopéré et signé avec Hitler un pacte
dont les protocoles secrets ne sont pas connus.
Le
peuple polonais a souffert de la guerre comme peu d’autres. Mais sa
sécurité a principalement été sacrifiée par son gouvernement,
avec l’appui des franco-britanniques. Ils l’avaient probablement
passée d’ores et déjà en pertes et profits pour obtenir ce
qu’ils désiraient : une guerre d’anéantissement entre URSS
et Allemagne.
Car ce que les
rédacteurs essaient de faire oublier, c’est que l’URSS n’était
pas une île au milieu d’un océan de calme. Les pays qui,
aujourd’hui, s’associent pour pleurnicher sur les droits de
l’Homme n’ont pas été des spectateurs passifs de l’expérience
socialiste. Au contraire, ces États ont œuvré de toutes les forces
pour tenter d’asphyxier la jeune Union soviétique, économiquement
comme diplomatiquement, mais également de causer chez elle des
troubles, de susciter des problèmes, d’assassiner et de saboter.
Leurs embargos ou leurs tentatives d’extorquer des profits immenses
à l’URSS ont contribué à rendre la vie plus difficile à des
millions de citoyens de ces Républiques.
Les États
« démocratiques » ont également essayé de lancer des
agents à la gorge de l’URSS, la Pologne en 1927, le Japon en 1939,
l’Allemagne en 1941. À l’inverse, toute idée de paix durable,
basées sur la solidarité internationale et sur le soutien collectif
contre les États agresseurs, a été sabotée au profit d’alliances
caduques, inégales. Ce sont elles qui ont coûté à l’Éthiopie,
à l’Albanie, à l’Autriche, à la Tchécoslovaquie et à la
Pologne leur indépendance.
Même après la Seconde Guerre mondiale, l’organisation Gehlen, clique d’anciens nazis, créateurs du BND (service secret Ouest-Allemand), ont continué, avec la bénédiction des autorités d’occupation. Ils ont fourni du matériel aux assassins bandéristes en Ukraine ou à leurs laquais dans les pays Baltes.
3. « rappelle que les régimes communistes et nazi sont responsables de massacres, de génocide, de déportations, de pertes en vies humaines et de privations de liberté d’une ampleur sans précédent dans l’histoire de l’humanité. » Cet article instaure un divorce avec les faits historiques. Elle nie intégralement l’existence du système colonial-impérialiste. Elle est une négation de ces crimes, tout comme de ceux commis par le Japon Showa en Chine et en Corée. Ces crimes sont sans conteste du même rang que ceux de l’Allemagne nazie dans l’ampleur et dans le caractère intentionnel.
Pourquoi
ces crimes ne sont nullement évoqués ? Aux yeux des
rédacteurs, d’une part, ils ne concernent que la sous-humanité
coloniale. De l’autre, ils posent problème, car ils mettent en
accusation les « démocraties libérales » et dévoilent
un problème majeur : le fait qu’il n’existe pas de
séparation nette entre le fascisme et le capitalisme. Dans les
colonies, l’agresseur impérialiste a sciemment liquidé les
intelligentsias, a installé des polices politiques, un système
organisé d’exclusion sur des critères raciaux, un travail forcé
jusqu’à la mort…
Le
système soviétique, quel que soit le regard qu’on puisse porter
sur la direction de Staline, n’a jamais planifié la mort de
millions de personne. Les famines n’ont jamais été l’apanage de
l’Ukraine et n’ont pas été un système punitif planifié. Aucun
chercheur digne de ce nom ne peut parler de génocide pour
caractériser cette crise des semences et de l’alimentation. L’URSS
n’avait pas de possibilités matérielles de la conjurer. À
l’inverse, les famines actuelles sont le fait de la rapacité du
système impérialiste mondial et sont considérées comme
acceptables dans la course au profit.
De
même, l’ampleur de la répression stalinienne, à son paroxysme,
n’a jamais atteint les dizaines de millions de morts qu’on lui
attribue. Les années les plus terribles sont celles qui précédent
immédiatement la guerre, où 2 000 000 de personnes sont
condamnées à mort ou décèdent dans le système carcéral
soviétique. Ces victimes (700 000) sont d’ailleurs répartis
en deux vagues : la première est celle des ex-koulaks et
ex-classes possédantes, dont la répression a été gonflée par les
responsables locaux du parti, la seconde est formée par ces mêmes
responsables locaux, lorsque leurs malversations ont été repérées.
Ni
les relégations, ni les camps de travail, même les plus durs, n’ont
jamais connu le taux de mortalité des camps nazis, ni même des
bagnes français. Dans l’ensemble, 96 % des condamnés ont
quitté les camps vivants et ont repris leur vie. La caricature des
20 ans de Goulag ne concernait qu’entre 0,1 % et 1 % des
peines.
L’ouverture
des archives soviétiques à d’ailleurs fait s’étrangler de rage
les menteurs professionnels de l’anticommunisme : ils ont dû
revoir dix fois, vingt fois à la baisse leurs « estimations ».
L’article 4 indique que l’UE « témoigne son profond respect à chacune des victimes de ces régimes totalitaires. » 80 % des victimes directes du nazisme étaient des citoyens soviétiques, qu’ils furent Juifs ou non. En fait de respect, les rédacteurs crachent aux visages de ceux qui ont vu les hordes nazies ravager leur pays, le mettre en esclavage, en massacrer la population. Elle en fait des victimes du stalinisme, tombés dans une guerre qui n’était pas voulue.
De
même, les mentions de l’occupation soviétique de l’après-guerre
sont d’une hypocrisie totale. La direction soviétique, et Staline
au premier chef, étaient d’avis de quitter le plus rapidement
possible les pays de l’Est ou dans les zones d’occupation
définies internationalement. En Corée, le départ des troupes
soviétiques de tutelle s’est fait dans les délais prévus,
contrairement aux USA, toujours présents.
Finalement, ce sont les violations des accords internationaux qui ont entraîné le maintient des troupes soviétiques en Europe de l’est dans la période stalinienne. Les changements économiques apparus sous Khrouchtchev ont mis en place leur exploitation et leur intégration inégale dans un ensemble économique. Mais tous les témoins de la période indiquent que la direction soviétique était quelque peu désemparée par ces pays. Après la saignée de la guerre, elle avait un besoin vital d’y avoir des gouvernements amis, mais jamais l’intégration dans l’URSS n’a même été évoquée, à l’exception de la Tchécoslovaquie, où il y eut une révolution, et de l’Allemagne, sous l’impulsion du Nationalkomitee Freies Deutschland, pour éviter le démembrement.
Il est hilarant de voir que le point E mentionne ceci :E. considérant que si les crimes du régime nazi ont été jugés et punis lors du procès de Nuremberg, il reste urgent de sensibiliser l’opinion publique, de dresser un bilan moral de cette période et de mener des enquêtes judiciaires sur les crimes du stalinisme et d’autres dictatures;
Après
la chute de l’Union soviétique révisionniste et des démocraties
populaires, il y a eu la tentative de faire ces procès. Ils ont tous
échoué sans exception. Le procès de Heinrich Honnecker comme celui
de Jaruzelski ont été des catastrophes pour l’image des
accusateurs. Notamment
car ouvrir cette boîte de Pandore expose à ce que les crimes commis
dans le même intervalle par les accusateurs soient pointés du
doigt. De plus, si ces
régimes ont eu leurs immenses défauts, que nous soulignons
régulièrement, ceux qui les ont remplacés ont presqu’unanimement
perdus les élections en peu de temps, remettant les mêmes équipes
au pouvoir.
Tout aussi hilarant :18. constate que le maintien, dans les espaces publics (parcs, places, rues, etc.) de certains États membres, de monuments et de mémoriaux glorifiant les régimes totalitaires ouvre la voie à la dénaturation des faits historiques relatifs aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale ainsi qu’à la propagation d’un système politique totalitaire;
Les rues ukrainiennes sont souvent avec leurs places Bandera, du nom de ce nazi notoire, laquais des Allemands. Cela n’a pas tant ému. Mais en revanche, nous nous demandons comment il sera possible de retirer tous les noms liés au stalinisme des rues et des places. Faudra t-il alors retirer les plaques d’individus tels que les résistants communistes ? De scientifiques qui ont partagé les idéaux de l’URSS ? De militants et militantes des droits civiques ? Alors nous voir aussi les noms de Enrico Fermi, Robert Oppenheimer, mis à l’index ? Après tout, ils ont travaillé avec les agents du NKVD en pleine connaissance de cause, fournissant presque en temps réel les avancées sur la bombe atomique à l’Union soviétique. Alors nous voir Picasso retiré des musées, ou encore Frida Khalo ?
Certainement
non. Le mensonge sur les opinions des artistes et des scientifiques
est constant. Ils seront dépeints comme manipulés, ignorants. Nous
pensons que c’est l’inverse, mais qu’au contraire ils avaient
pleinement conscience de ce
qu’ils soutenaient. Ils et elles comprenaient parfaitement le fait
que la lutte pour le socialisme était un combat, et que l’illusion
du confort métropolitain et colonial était bâtit sur les
superprofits et le sang.
Derrière cette
résolution se trouve deux objectifs : l’un est celui de
poursuivre une criminalisation du communiste et de l’expérience
des États socialistes au cours du XXe siècle. Elle est menée par
l’amalgame, les arrangements avec l’histoire, le mensonge par
omission et la falsification.
Le second aspect
est celui de se servir de cette attaque dans un cadre géopolitique,
de rivalité avec la Russie. Elle demande aux Russes de condamner
leur propre passé, au nom de droits de l’homme qui n’ont jamais
été la priorité des Occidentaux. Elle exige d’eux, eux qui ont
connu réellement le socialisme, de condamner celui-ci et de le
couvrir d’immondices. Il y a là une part d’anti-soviétisme,
mais aussi l’idée de stigmatiser les Russes comme un peuple
foncièrement anti-démocratique.
Elle ne le fait pas
pour le Japon.
Elle ne le fait pas
pour la Turquie.
Elle ne le fait pas
pour la France, complice de nombreux crimes passés et présents.
Parce que ce sont
des partenaires commerciaux, des alliés, qu’il faut les ménager.
Parce que les vies n’ont pas toutes la même valeur à leurs yeux.
Stéphane Courtois disait qu’un enfant Ukrainien mort de famine
vaut un enfant Juif à Auschwitz. Nous lui laissons ce raccourci qui
ne l’honore pas. Mais il semble que la mort de près de 50 millions
d’Asiatiques par les armées Showa
soit du domaine de la pure et simple statistique.
Le passé de
l’expérience communiste est un passé complexe, avec des failles,
des défauts, des erreurs. Nous les acceptons comme faisant partie de
notre histoire et nous travaillons à y remédier.
Cette déclaration
ne cherche absolument pas à réaliser cela. Elle ne vise qu’à
condamner le communisme en l’assimilant au nazisme. En faisant cela
la bourgeoisie « démocratique » essaie de se dédouaner
elle-même de ses crimes et de sa similitude avec le fascisme. Elle
cherche à souiller la vie et le combat de révolutionnaires et de
ceux et celles qui ont travaillé à construire le socialisme.
S’en prendre au
communisme signifie tenter de boucher la seule issue pour l’avenir.
« 17. se dit préoccupé par le fait que des symboles de régimes totalitaires continuent à être utilisés dans les espaces publics et à des fins commerciales, tout en rappelant qu’un certain nombre de pays européens ont interdit l’utilisation de symboles nazis et communistes;«
Interdisez-nous.
Bannissez nos drapeaux, nos chants, nos symboles. Souillez notre
histoire autant qu’il vous plaira. Nous n’en avons cure. Notre
force ne réside pas dans des fétiches. Elle est dans la lutte des
classes.
Et vous ne pouvez
pas bannir la lutte des classes. Elle existe d’une manière
indépendante de notre volonté comme de la vôtre. Tant que
l’exploitation existera, les militants et militantes communistes,
sous un nom ou un autre, existeront et se battront toujours.
Votre monde
s’effondre, mesdames et messieurs les bourgeois. Vous l’épuisez,
le surexploitez. Vous dressez chaque jour plus les masses populaires
contre vous. Vous serez toujours davantage seuls dans vos citadelles
d’exploiteurs.
Nous serons chaque
fois plus nombreux, nous bannir n’y changera rien.
Aujourd’hui,
partout dans le monde, les forces combatives se réunissent. Elles se
rassemblent. Elles s’organisent dans les bases de nouvelles
internationales. Vous avez raison de nous cibler, car nous sommes
l’avenir.
Nous avons décidé de répondre rapidement à la provocation qu’est la résolution sur l’importance de la mémoire européenne pour l’avenir de l’Europe. Nous répondrons d’une manière plus argumentée dans les prochaines jours. Nous appelons toutes les organisations et les groupes communistes, de même que ceux qui défendent, par honnêteté intellectuelle, la vérité historique, a condamner cette résolution. Nous ne pouvons qu’en dénoncer le contenu, tant elle sert de fer de lance à une offensive idéologique réactionnaire.
Nous avons décidé de prendre la parole en tant que communistes et non en tant que membres de l’UCL, car nous pensons que, au delà des chapelles et des conceptions différentes, cette attaque nous vise tous, même ceux qui ne reconnaissent par l’URSS comme quelque chose de défendable.
Nous, communistes, condamnons l’adoption de la Résolution du
Parlement européen du 19 septembre 2019. Cette résolution nommée
hypocritement sur l’importance de la mémoire européenne pour
l’avenir de l’Europe prétend rendre hommage aux « victimes
des régimes totalitaires » mais est, en réalité, une
insulte tant à leur mémoire qu’au mouvement révolutionnaire
international et à l’histoire des expériences socialistes.
Cette résolution
se base sur l’amalgame immonde entre les régimes socialistes et le
nazisme. Cette conception historique, qui unifie les deux systèmes
sous l’appellation « totalitaire » est un non sens
historique. Elle est une invention sous la plume des politologues
américains, C.-J. Friedrich et Z. Brzezinski, visant à justifier
une campagne de calomnie contre le communisme durant la Guerre
froide.
Cet amalgame a été
repris par ceux qui voulaient réhabiliter le nazisme en catimini,
tel Ernst Nolte en Allemagne, allant jusqu’à dire que les crimes
nazis étaient une réponse justifiée à la menace du communisme en
Europe.
En France, ces
serviteurs les plus zélés ont été François Furet, Alain Besançon
et Stéphane Courtois. Une clique de renégats du communisme, qui ont
travaillé à développer le mythe des 100 000 000 de
morts, quitte à truquer, escamoter, mentir pour obtenir ce chiffre
qui les faisaient fantasmer. Ils sont allés jusqu’à faire dire
aux archives ce qu’elles ne disent pas, pour trouver les preuves
d’une prétendue conspiration et d’une volonté génocidaire.
Nous dénonçons
aussi les mensonges sur le rôle de l’Union soviétique dans la
Seconde Guerre mondiale, qui escamote le rôle de premier plan de
l’occident dans le réarmement allemand tout comme dans l’accès
des nazis au pouvoir. Nous dénonçons l’invention d’une alliance
qui n’a jamais existé, tout comme d’un plan d’asservissement
du monde par l’Union des Républiques Soviétiques Socialistes.
Nous dénonçons le
fait que cet amalgame est construit d’une part pour barrer la route
du socialisme aux masses populaires en lutte. Qu’elle vise à
stériliser, en noyant dans les immondices, la seule voie qui permet
de sortir de la crise économique, écologique, et du crime constant
qu’est l’exploitation capitaliste.
De l’autre cet
amalgame est construit pour cibler l’adversaire géopolitique russe
et traîner dans la boue l’histoire de ce peuple tout comme de tous
les peuples qui ont constitué l’URSS. Il n’évoque jamais les
crimes coloniaux ou ceux du régime militariste japonais, pas plus
que les dictatures organisées et soutenues par les « démocraties ».
Les donneurs de
leçon européens peuvent se permettre de le faire vers la Russie,
mais ils ne le feront jamais envers leur propre histoire, ni si cela
risque de léser le puissant partenaire économique et géopolitique
qu’est le Japon. Le Sankō Sakusen,
cette politique
exterminatrice, est tue. Chalmers Johnson,
historien américain, estime que l’ensemble des crimes de guerre du
Japon Shōwa se montent pourtant à plus de 50 millions de morts.
Les
centaines de millions de morts, sur lesquels les grands cartels des
démocraties ont bâtis leur fortune, sont laissés dans le silence.
Si la résolution demande de débaptiser les rues des agents de
l’URSS, elle veut bien accepter que les bourreaux des colonies
puissent encore s’afficher.
Les
« démocraties libérales » ont fait, au cours de leur
histoire, un usage constant de la violence dès que les masses
populaires, en particulier dans les colonies, remettaient en cause
l’ordre bourgeois et l’exploitation. Elles pavoisent en donneuses
de leçon, en gardiennes des droits de l’Homme, alors qu’elles
ont élevé au rang d’art leurs violations des traités
internationaux, de la souveraineté des nations et des droits
élémentaires. La France et l’Angleterre sont bien mal placées
pour oser s’exprimer ainsi.
Nous
considérons que les exigences irréalistes d’une interdiction des
organisations et des symboles communistes est une attaque terroriste
que reflète la faiblesse du système politique européen. Elles
révèlent que les bourgeoisies redoutent que renaissent les Partis
Communistes révolutionnaires, et qu’elles n’ont pas d’autre
choix que de censurer l’expression des organisations qui
travaillent à leur reconstruction.
Nous
considérons ridicules et sans fondement les démonstrations
pseudo-historiques faites au sein de cette résolution. Elles
illustrent parfaitement à qui nous avons, nous communistes, à
faire : des menteurs, des lâches et des hypocrites.
Emmanuel Macron,
dans son discours de mi-mandat, s’est exprimé sur un certain
nombre de sujets. Il a désigné ses cibles. Le champ de bataille de
l’automne sera donc la question des retraites, qui sont en passe
d’être remplacées par un système extrêmement désavantageux.
Cette offensive grand style illustre la précipitation avec laquelle
les donneurs d’ordre de Macron veulent frapper. Plus d’une année
de luttes constantes n’ont pas permis d’infléchir sa politique,
nul doute qu’il ira jusqu’au bout là aussi.
Si les Gilets
Jaunes comme les mobilisations syndicales n’ont pas fait ployer le
gouvernement, en revanche, elles ont désolidarisé la plus grande
partie de la population de celui-ci, ainsi que des gardiens de
l’ordre bourgeois.
Macron a joué une
partie de son mandat sur un discours d’une prétendue unité
nationale, rassembleuses, pour se mettre en opposition avec le FN/RN,
mais également car cela correspond à ses vues quasi-royalistes.
Cependant, ce dont
il a besoin à l’heure actuelle, c’est de diviser les exploités,
de tenter de vampiriser une partie de l’électorat
d’extrême-droite, à la fois pour neutraliser les oppositions,
mais également pour tenter de ne pas tout perdre aux élections
municipales. Il s’agit donc de la raison principale, fondamentale,
du fait que l’immigration tombe du ciel, soudainement.
Macron a donc indiqué qu’il fallait « préparer notre pays aux défis contemporains qui font peur ». Dans ces défis se trouve celui de l’immigration et des réfugiés. Il a fustigé « l’humanisme » qui se mue en « laxisme » et a montré les muscles contre l’arrivée de réfugiés. Plusieurs annonces ont été faites pour indiquer que la France allait réduire ses aides et ses dispositifs d’accueils, qui, de plus « coûtent trop cher ». Ainsi il a été évoqué l’idée de réduire l’AME (Aide Médicale d’Etat)
L’idée de supprimer ou de restreindre l’AME pour « rendre la France moins attractive » est un de ces non-sens terribles dont les démagogues sont coutumiers. Des individus qui seraient motivés à risquer leurs vies pour un accès aux soins sont rarement des personnes uniquement en quête de confort. De plus, l’AME n’est pas qu’un service rendu à des immigrés rapaces et avides, mais elle est également une mesure de sécurité pour l’ensemble de la population. L’accès aux soins pour tous, sans la moindre distinction revient moins cher, in fine, que le risque de voir des épidémies se développer chez des populations fragiles et, de plus, difficile à suivre. En dernière instance, l’argument est douteux.
Les 17 000 morts enregistrées en Méditerranée entre 2014 et 2018 ne sont pas liées à un simple désir de soins médicaux abordables. Ces départs sont le fait de conséquences plus profondes.
Des lois aux conséquences racistes.
Nous ne pensons pas que Macron soit raciste. Cependant, il réfléchit en tacticien, et se dit qu’il s’agit d’un créneau comme un autre, sur lequel, à peu de frais, il pourrait gagner du terrain. Par ailleurs, plusieurs cas d’interventions particulièrement défavorables aux migrants et migrantes ne sont, pourtant, pas prises par des personnalités d’extrême-droite. Le cas de la présidence de Lyon 2 est emblématique. L’université est cataloguée « de gauche », tout comme sa présidente Nathalie Dompnier. Elle a pourtant fait usage de la répression et livré à la police les migrants et les migrantes qui espéraient, avec l’aide du milieu militant lyonnais, y trouver refuge.
Les lois qui sont
éditées contre les migrants et les migrantes tout comme l’activité
de certains et certaines qui aggravent leur situation ne sont pas sui
generi des lois racistes. Ce
n’est pas une conspiration néo-nazie secrète qui opère pour
imposer un Apartheid racial. En revanche, de facto,
elle a des conséquences raciste du fait de la provenance des flux
migratoires qui sont dans le collimateur de ces lois.
De
même elles sont construites aussi pour satisfaire un électoral
imprégné
par les idées réactionnaires et racistes. De
ce point de vue là, LREM ou LR n’ont d’ailleurs pas le monopole
de la crasse veulerie. Le PS, lorgnant sur le pouvoir, a surfé
dessus. Certaines fractions de LFI, notamment celles qui ont été
éjectées, telle Kuzmanovic, ou qui ont trahi, tel Kotarac, ne l’ont
pas fait que
idéologiquement : il s’agissait avant tout d’une tactique
électoraliste d’apprenti-sorcier fasciste. En Allemagne,
Aufstehen ! a,
aussi, tenté cette démarche. Or, elle ne marche pas. Elle adoube
simplement le discours raciste.
Ceux
qui appliquent ces lois se retranchent aussi, et c’est le cas de la
direction de Lyon 2, derrière l’idée du moindre mal,
typique des sociaux-démocrates.
Ils se voient comme des boucliers, devant faire des concessions,
accepter certaines contraintes pour sauvegarder l’essentiel. Le cas
de la présidence de Lyon 2 est emblématique : ce sont, pour la
plupart, des personnes sincèrementde
gauche, progressistes, mais qui doivent, par leur fonction, appliquer
la politique du gouvernement. En dernière instance, c’est le
réformisme et la congestion qui est disqualifiée dans l’ensemble.
Elle ne peut mener, indépendamment de la bonne foi des individus qui
la pratiquent, qu’a la défaite.
Macron
a déclaré : « la gauche a abandonné le sujet
pendant des années ». « Les bourgeois
n’ont pas de problèmes avec [l’immigration] :
ils ne la croisent pas. Les classes populaires vivent avec. » La
méthode n’a rien de neuf. Elle consiste à séparer et fragmenter
les classes populaires. Les « bourgeois », vus comme des
intellectuels pétris d’idéalisme et de bons sentiments (un
comble!) sont disqualifiés pour donner leur avis sur la question.
Derrière ce terme de bourgeois, en réalité, il s’agit de tous
ceux et celles qui pourraient avoir un accès aux médias et aux
moyens de publications et qui pourraient contester le positionnement
du gouvernement.
Il ne faut donc que
s’intéresser à ceux qui « subissent l’immigration »
parce qu’ils « la croisent ». Surtout, il ne faut
s’intéresser qu’à ceux qui ne peuvent donner leur avis, ou dont
on sélectionnera soigneusement les propos pour qu’ils confirment
que le gouvernement va dans le bon sens.
Dans la réalité, non seulement les classes populaires sont un creuset d’intégration nettement plus performant que la culture normative des élites, mais l’antagonisme n’est pas constatable. Dans les faits, dans la réalité concrète, au sein des usines les distinctions entre origines s’effacent dans le labeur commun. L’intégration dans la classe ouvrière ou dans le prolétariat de France fait que cette séparation est abstraite : écrire « Les classes populaires vivent avec. » revient à oublier qu’une partie des classes populaires de France est constituée par ces migrants et ces réfugiés, à partir du moment où l’État a cessé de s’acharner contre eux et elles. Le vote RN ou réactionnaire confirme d’ailleurs ceci : ce n’est pas dans les régions où les migrants et les migrantes sont les plus nombreux que celui-ci est le plus fort, mais dans les régions où l’économie est déjà en berne, non du fait de la présence de migrants et de migrantes, mais des choix d’investissement capitalistes.
Pas de concurrence entre travailleurs de
France ou d’ailleurs.
Or, les migrants et
les prolétaires ne sont pas en concurrence, contrairement à ce que
clament les fascistes. Dans 95 % des cas, ces personnes étaient
déjà incluses dans la sphère économique de France avant d’arriver
sur le territoire métropolitain. Il s’agit plus de déplacement de
main d’œuvre entre les diverses régions que de réelle arrivée
nettes. Et, si des personnes en situation irrégulière sont employés
avec des salaires de misère par des embaucheurs français, – publics
ou privés ! – c’est, d’une part par la rapacité et la
cupidité des employeurs et employeuses, de l’autre par la
situation de clandestinité qui leur est imposée.
Ces irrégularités
seraient d’autant plus aisées à résoudre avec la régularisation
massive des arrivants, plutôt que leur traque sans pitié, mais
également par la mise en place d’un plus grand nombre
d’inspecteurs et d’inspectrices du travail. En poussant le trait
plus loin et en se faisant les avocats des patrons et des patronnes,
il est par ailleurs faux de croire que l’arrivée de réfugiés
impacte négativement l’économie. Elle génère de la croissance
supplémentaire, comme le cas de la Suède l’a démontré. Les
arguments économiques sont nuls et non avenus, et ne font que
démasquer leurs auteurs pour ce qu’ils sont : des menteurs et
des menteuses. L’immigration est un argument démagogique, rien de
plus.
Du reste les
mécaniques de l’immigration sont connues. Mais elles ne sont pas
crapuleuses et veules, elles ne sont pas non plus le fruit d’un
désir d’invasion, comme le prétendent certains agitateurs
d’extrême-droite. Elles ne sont pas non plus liées au
« sous-développement » comme le clament les
humanitaires.
Charles
Bettelheim avait raison de récuser de terme de
« sous-développement » des pays de départ. Ils ne sont
pas « moins développés » que les pays « avancés »,
ils sont exploités. Ce n’est pas qu’ils n’ont pas acquis les
caractéristiques de développement des pays « avancés »,
c’est uniquement qu’ils sont utilisés sans vergogne dans la
division internationale du travail, comme un réservoir de main
d’œuvre et de matière première. Ils ne pourront donc jamais
acquérir les caractéristiques du « développement »
sans se libérer du joug de leurs exploiteurs. Ces pays ne sont donc
pas « moins avancés » mais sont maintenu dans une
situation de misère et de surexploitation, notamment par la France,
dans le but de pouvoir extorquer des superprofits. Ce maintien
économique dans la misère se double de son pendant politique :
maintenir la corruption, la soumission et l’écrasement des masses
populaires (et de la bourgeoisie nationale) de ces pays. C’est là
que se trouvent les raisons fondamentales de la migration, du départ,
souvent déchirant et toujours dangereux. Les guerres et les
catastrophes sont une conséquence de cet état d’assujettissement.
Dans
le fond, les fascistes voudraient conserver l’un, l’exploitation,
l’asservissement des peuples, mais « simplement » en
faire des prisons à ciel ouvert, ou des charniers maritimes. Ils
sont contents des superprofits qui permettent à la grande
bourgeoisie de France impérialiste de se gaver. C’est d’ailleurs
pour cela qu’ils sont régulièrement employés comme barbouzes
pour ses basses œuvres, ou qu’ils négocient les contrats avec
Daesh : ils incarnent le courant impérialiste le plus dénué
de scrupule.
Leur
argument, finalement, est que l’apport extorqué par la violence et
la brutalité, est ce qui permet de pouvoir faire de notre pays un
pays riche. L’argument est donc de considérer que ces richesses
profitent à l’ensemble de la Nation et qu’elle permet à
celle-ci de s’assurer sa place au soleil. Cela n’est pas leur
apanage exclusif. Dans le fond, les sociaux-chauvins pensent la même
chose. Telle Sparte « égalitaire » régnant sur ses
esclaves, ils peuvent aller jusqu’a penser, au fond d’eux, que
l’impérialisme est nécessaire au fait de pouvoir conserver et
faire grandir des droits sociaux. Quelque part, tout au fond, ils
songent à un front uni entre l’impérialisme et le prolétariat
français pour maintenir les superprofits. C’est là la base de
l’aristocratie ouvrière, corrompue par l’impérialisme.
Mais
la réalité est toute autre. L’impérialisme et le système
d’exploitation néo-colonial, loin d’enrichir, même en
métropole, au contraire appauvrit tout le monde, à l’exception
d’une poignée de parasites.
Les
superprofits sont captés par cette couche de la grande bourgeoisie
monopoliste et ne bénéficient principalement qu’à eux. Il en
résulte une économie de rente, qui ne contribue pas à développer
ni les pays dominés, ni même la métropole. Les rendements ne
seraient pas aussi bons pour les investisseurs ! Certes, une
pluie de petite miettes retombent, celles sur lesquelles comptent les
fascistes et les chauvins. Mais ces petites miettes sont minuscules,
misérables en regard de l’océan qui est vampirisé par ce système
économique parasitaire. Cela se voit dans le décalage du niveau de
vie entre la bourgeoisie et le prolétariat métropolitain. Entre les
super-exploiteurs, les exploités, et les super-exploités en
colonie.
En
réalité, la chute de l’impérialisme français et du système
capitaliste français n’appauvrirait pas, à terme, le prolétariat
de France. Au contraire, elle lèverait les entraves sur le
développement d’une économie qui rejette le parasitisme et qui
est mise au service de la grande bourgeoisie monopoliste. Dans les
régions néocoloniales, les effets, là aussi, seraient
fantastiques.
Les
nouvelles relations qui pourraient naître entre une France
socialiste (ou quelle que soit la forme que cette structure
prendrait) et ses anciennes régions dominées, basées sur le
principe de l’échange réciproque et équitable, permettrait tant
le développement réel de l’un que de l’autre, pour le bénéfice
réciproque.
Non
seulement il n’existe pas de contradiction antagonique entre les
intérêts des migrants, des migrantes, et du prolétariat de France,
mais il existe une communauté d’intérêts : lutter contre le
premier bourreau des uns et des autres, la grande bourgeoisie
monopoliste de France. Ce combat ne peut être mené que si les uns
et les autres partagent les mêmes organisations de lutte,
syndicales, politiques, mais également un programme politique
commun. C’est une des tâches que l’ICOR s’est fixé et permet
de résoudre : permettre le travail conjoint, dans un cadre
unique, tant du prolétariat des pays impérialistes que celui des
pays dominés par l’impérialisme. C’est là une tâche immense,
mais incontournable, pour permettre de lutter contre le chauvinisme,
mais également de développer une stratégie commune contre un
ennemi commun.