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  • Lettre du  CPA(ML) Australien à la direction de l’ICOR

    Lettre du CPA(ML) Australien à la direction de l’ICOR

    Chère camarade Monika,

    Merci beaucoup d’avoir exprimé votre inquiétude face à la catastrophe des feux de brousse en Australie. Ces feux de brousse sont d’une ampleur et d’une intensité sans précédent. À ce jour, 28 vies ont été perdues, plus de 2500 maisons ont été complètement détruites et peut-être plus d’un milliard d’animaux, y compris le bétail et la faune, ont été tués. 10 milliards d’hectares et un certain nombre de petites villes rurales ont été brûlés.

    Les incendies se sont généralement produits dans des zones rurales et n’ont pas menacé les grandes banlieues des villes où vivent la plupart de nos membres. Néanmoins, plusieurs de nos membres se sont trouvés à proximité des incendies et ont dû partir ou être évacués.

    Nous continuerons à proposer des analyses de cette catastrophe climatique sur notre site web. Vous avez peut-être vu sur notre site un dépliant du Parti sur les feux de brousse que nous avons distribué lors de grands rassemblements urbains hier (vendredi).

    D’une manière générale, les masses se rendent en grand nombre à ces rassemblements. Leur niveau politique et idéologique global est inégal, de sorte que notre approche et notre présentation doivent tenir compte des différents niveaux de conscience de classe. La majorité dirige sa colère contre l’arrogance et l’incompétence du Premier ministre et du gouvernement qui ignorent et nient les avertissements antérieurs des scientifiques et des experts en incendie concernant les conditions climatiques changeantes qui alimentent d’immenses feux de brousse incontrôlables. Ils sont en colère contre l’incompétence et le mépris des gouvernements qui n’ont pas fourni d’aide urgente et immédiate aux pompiers et aux communautés touchées. Certains demandent le limogeage ou la démission du Premier ministre et du gouvernement. Un nombre plus restreint d’entre eux dirigent leur colère contre les entreprises de combustibles fossiles. Ils sont de plus en plus nombreux. Un nombre encore plus restreint de personnes considèrent le capitalisme comme la cause profonde de la crise climatique que le capitalisme n’est pas capable de résoudre. Nous devons partir des préoccupations qui sont évidentes sur les pancartes et les banderoles et des conversations que nous avons avec les gens et essayer d’élever leurs préoccupations spontanées à un niveau supérieur. Les monopoles bourgeois des médias et les marionnettes des monopoles des combustibles fossiles au Parlement essaient de détourner l’attention des sociétés d’exploitation des combustibles fossiles et de canaliser la colère des masses contre les individus, par exemple, les inefficacités d’un PM inutile et de quelques politiciens qui sont sacrifiables à la classe dirigeante chaque fois qu’ils deviennent inefficaces pour poursuivre les illusions et contrôler le peuple, tant que le capitalisme et la domination impérialiste de ce pays restent intacts. La classe dirigeante blâme les pyromanes et les environnementalistes pour détourner l’attention d’elle-même.

    Certains de nos membres utilisent les médias sociaux pour atteindre un public plus large et souligner que si le Premier ministre Morrison et le gouvernement doivent être condamnés avec férocité et réclamer leur limogeage, nous ne devons pas oublier qui se cache derrière eux, car ils ne sont que des marionnettes des entreprises de combustibles fossiles (principalement des multinationales) qui tirent leurs ficelles.

    Le journaliste d’investigation Michael West expose la façon dont les multinationales des combustibles fossiles dictent les politiques de ce pays en matière de combustibles fossiles et d’exportation d’énergie ici

    Nous appelons à la nationalisation des entreprises multinationales de combustibles fossiles, qui doivent être dirigées par des travailleurs et des ouvriers, et utiliser les bénéfices pour passer des combustibles fossiles aux énergies renouvelables, développer des industries durables et garantir des emplois, et répondre aux besoins des travailleurs. C’est notre exigence immédiate qui pose les bases révolutionnaires anti-impérialistes d’une révolution socialiste.

    Vous avez peut-être vu la marine australienne déployée pour évacuer certaines villes côtières. C’est la première fois que des membres de l’armée et de la marine sont déployés de cette manière. Une partie de l’armée de réserve (des civils qui suivent une formation militaire) a également été appelée en service et mise au travail dans des zones ravagées par des feux de brousse – une première également pour notre pays.

    Le Premier ministre Scott Morrison est profondément impopulaire, d’une part pour avoir passé des vacances à Hawaï au plus fort de la crise, et d’autre part pour ses dénégations sur le changement climatique. Un jour, il a apporté un morceau de charbon au Parlement pour montrer son scepticisme face au réchauffement climatique et son soutien aux combustibles fossiles. Une jeune femme a bénéficié d’une couverture médiatique nationale lorsqu’elle a refusé de lui serrer la main dans une région dévastée par des feux de brousse.

    Le poème suivant capture quelque chose de ce moment :

    The hand that carried the coal

    She refused to

    Shake the hand

    That carried the coal

    That obscenely fondled the coal

    That brandished the coal

    Taunting the nation

    Embracing fossil fuel

    In our blackest hole –

    Parliament

    She laid down conditions

    For shaking the hand

    Of the mirthmaker

    Of the smirker

    Of the loyal servant

    Of the big corporations

    Whose home still stands

    Unlike her own charcoaled decay…

    And he turned and walked away.

    Nero fiddled for six days

    And seven nights while

    Rome burned

    We’ve been burning for months

    So whose crime is greater?

    History’s harsh judgement

    In flames he has earned.

    Il est toujours dans le déni, déclarant hier à l’animatrice radio Kim Landers que « la suggestion que l’Australie … augmente ses objectifs de réduction des émissions n’aurait pas, d’une manière ou d’une autre, provoqué ces incendies est, à mon avis, une proposition absurde …Nous devons nous assurer que nos politiques sont équilibrées et sensées et ne poursuivent pas des objectifs irresponsables qui détruisent l’emploi et l’économie et qui ne réduiront pas les risques d’incendie de brousse, mais qui prendront les emplois des gens… La suggestion que d’une manière ou d’une autre les réductions d’émissions de l’Australie sont directement liées aux incendies en Australie… eh bien, ce n’est tout simplement pas vrai ».

    C’est la même ligne qu’il a défendue en novembre, lorsqu’il a déclaré que « la suggestion selon laquelle l’Australie, responsable de 1,3 % des émissions mondiales, aurait un impact direct sur des incendies spécifiques, que ce soit ici ou ailleurs dans le monde, ne correspond pas non plus à des preuves scientifiques crédibles ».

    Il est vrai qu’une petite réduction de nos émissions aurait un effet minime sur les émissions mondiales, mais là n’est pas la question. Le leadership consiste à donner des exemples. Une réduction volontaire, spécifiquement en réponse à notre nation en feu, servirait de défi aux autres nations pour qu’elles en fassent plus. Nous étions autrefois les seuls, au niveau international, à donner des voix et le droit de se présenter aux élections législatives, aux femmes – et le monde a suivi.

    Non seulement nous avons besoin d’un leadership pour réviser à la baisse notre objectif d’émissions, mais nous devons également réduire et supprimer progressivement nos exportations de combustibles fossiles. L’Australie représente 30 % des exportations mondiales et contribue donc largement au réchauffement de la planète et aux catastrophes sans précédent que sont les feux de brousse dont nous sommes témoins.

    Nous ne nous laisserons pas tromper par les larmes de crocodile du Premier ministre concernant nos emplois. Comme le dit le dernier point de notre dépliant sur les feux de brousse, nous avons besoin d’une transition juste vers une économie durable. Morrison n’a aucune idée de ce que cela signifie. Il n’est tout simplement pas intéressé. L’opposition travailliste est tout aussi mauvaise. Après avoir subi une lourde défaite lors des élections de l’année dernière, elle s’est encore plus rapprochée des politiques pro charbon du gouvernement.

    Quoi qu’il en soit, c’est là où les choses en sont pour le moment. Les incendies font toujours rage et nous ne sommes même pas encore à la période la plus chaude de l’été.

    Merci encore pour vos bons vœux. Ils sont très appréciés.

    Nick G, pour le Comité exécutif du CC, CPA (M-L)

  • Être ou ne pas être Mila ?

    Être ou ne pas être Mila ?

    L’affaire Mila secoue, ces derniers temps, la France. Mila, lycéenne de 16 ans, scolarisée à Villefontaine, avait tweeté une vidéo, à la suite d’une altercation avec un autre lycéen, notamment à propos de l’homophobie. Dans cette vidéo, elle s’exprimait notamment en disant : « Le Coran il n’y a que de la haine là-dedans, l’islam c’est de la merde. » Ainsi que « votre Dieu je lui mets un doigt dans le trou du cul. »

    À la suite de ces propos, des milliers de messages lui ont été adressés, allant de simples critiques jusqu’à certaines menaces de viol ou de mort. La vidéo est devenue virale, tandis que la situation de la jeune lycéenne est devenue catastrophique. Dix jours après les faits, elle ne peut toujours pas revenir dans son lycée, de peur de représailles.

    Cette situation a été immédiatement médiatisée, avec des #jesuismila faisant face à des #jenesuispasmila. De part et d’autres, des organisations politiques se sont lancées dans la bataille, avec parfois plus ou moins de sincérité dans leur positionnement, et avec plus ou moins de discernement dans leur analyse.

    Nous-mêmes, nous pensons que ce cas est emblématique des contradictions dans la société actuelle et de leurs imbrications complexes, voire parfois explosives. Si le déferlement de haine et le harcèlement que subit cette jeune femme est à condamner, il doit cependant être compris dans son contexte particulier. Le comprendre ne signifie pas que nous considérions qu’il soit justifiable, ni que nous ne le justifions. Depuis que Manuel Valls avait déclaré que « expliquer c’est justifier », nous précisons systématiquement cela.

    Derrière ce déferlement, il y a donc deux trajectoires : l’une, celle de Mila, l’autre, celle de la population qui s’est sentie agressée par sa déclaration. Derrière ces trajectoires, il y a des contextes : des catalyseurs qui ont rendu les réactions explosives.

    Mila s’est lancée dans une lutte juste sur le fond : dénoncer des discriminations, mais fausse sur la forme : s’en prendre à des individus eux-mêmes échaudés par une campagne extrêmement brutale. Comme bien souvent ces campagnes, sincères mais qui tombent mal, finissent par produire des retours de flammes explosifs. Si nous restons sur la base du principe, la logique veut qu’on soutienne le droit à la critique tel qu’il a été exercé par Mila. Effectivement, la religion est le plus souvent un vecteur de conceptions réactionnaires, anti-féministes et homophobes. Elle est plus que rarement du côté du progrès social.

    Mais si on se contente de questions de principe et qu’on replace pas les dires dans un contexte, on perd toute appréciation juste des choses.

    Or, le contexte, quel est-il ?

    Il existe des discriminations anti-LGBTI. Elles sont massives.

    Il existe également une campagne de fond menée pas un grand nombre d’acteurs dans le but d’attiser la haine anti-musulmans. Elle sert de paravent légal, par la critique de l’Islam, à une campagne fondamentalement raciste, anti-arabe.

    Les discriminations anti-LGBTI ne sont pas, dans leur très large majorité, de la responsabilité des musulmans et musulmanes, et lorsqu’elles le sont, ce n’est pas sur une base religieuse, mais sur une base plutôt patriarcale. En somme, il s’agit d’une hostilité qui pourrait tout aussi bien être « laïque ».

    Il est un effet boule de neige typique des réseaux sociaux et particulièrement de Twitter. De ce point de vue, en revanche, rien de nouveau : il s’agit d’une méthode régulièrement employée. Elle a frappé de nombreuses personnes, notamment des militantes féministes, sans que quiconque s’en émeuve. Cependant, dans ce cadre précis, l’Islam est dans l’équation. C’est cette raison, et cette raison uniquement, qui fait que l’affaire Mila est devenue une affaire publique.

    Avant que la question ne soit posée, nous défendons bien sûr le droit à la critique des religions, la question ne se pose pas. Nous défendons également le droit de caricature. Seulement, toutes ne sont pas égales en termes de contenu. Une critique ou une caricature n’est pas neutre. Elle porte un message. Beaucoup, au nom de ce droit, font du racisme soft. De plus tous les publics ne sont pas égaux face à la caricature, à la critique, ou à l’injure. Car ce ne sont pas des concepts qui sont visés. Ce n’est pas le dogme ou le blasphème du dogme qui est le cœur de l’affaire : ce sont des individus.

    Sous le capitalisme, tous ne sont pas égaux. Dire que « taper sur tout le monde » est une mesure égalitaire revient à ne pas comprendre le fait que les situations des uns et des autres ne sont pas similaires. Nous ne sommes pas égaux.

    Lorsque la religion catholique s’estime attaquée, lorsque la bourgeoisie considère qu’elle est ciblée par des attaques, ces groupes sociaux possèdent suffisamment de relais pour se défendre et riposter. Médias, audience, réseaux… De plus, la plus injurieuse une de journal, la plus scandaleuse pièce de théâtre dirigée contre les grandes fortunes ou envers une religion toujours dominante ne fait qu’écorner les puissants et les puissantes. Elle n’a pas d’impact sur leur vie de tous les jours. Au contraire, les campagnes anti-arabes et anti-musulmanes contribuent chaque jour davantage à compliquer la vie de ceux qui sont ciblés par celles-ci. Elles entretiennent des discriminations puissantes, agressives, anxiogènes. Elles contribuent à accroître l’isolement, la méfiance, facilitent les inégalités à l’embauche, au salaire, face à la répression policière, face à la justice.

    Il existe un distinguo à faire entre le sens d’une phrase pour celui qui la prononce et pour celui qui l’entend. Dans le cadre de cette vidéo, il est probable que Mila, d’une manière maladroite, ait ciblé des aspects réactionnaires du comportement de ses camarades d’établissement scolaire, qu’elle a attribué à l’Islam et à sa pratique. Ceux qui l’ont entendue l’ont très vraisemblablement prise pour une tirade raciste. Comment les en blâmer quand, depuis des décennies, c’est ainsi qu’on les définit, en particulier pour s’en prendre à eux sans risque de transgresser la loi.

    Ceux qui ont répondu à Mila l’ont donc fait sur la base d’un sentiment identitaire blessé qui transcende la question de l’adhésion à la foi musulmane. Il est d’ailleurs peu crédible que ce soient de fervents pratiquants et de ferventes pratiquantes qui l’aient harcelée.

    Cela amène à un effet de la campagne raciste camouflée. En ciblant la pratique musulmane pour continuer les attaques racistes de manière légale, les réactionnaires ont créé une équivalence entre l’origine et la pratique religieuse. En gros, une équation de langage codée, qu’on pourrait résumer par « les musulmans sont les noirs et les Arabes d’hier » a été mise en œuvre.

    Et cette équation est désormais intériorisée par une partie de la population issue de l’immigration. Attaquer l’Islam est devenu une manière de faire du « racisme légal ». Donc défendre l’Islam devient un réflexe. Les arguments et les termes employés contre Mila n’étaient d’ailleurs pas du champ lexical de la foi. Ils étaient d’un champ lexical typiquement représentatif de l’homophobie classique et du patriarcat réactionnaire bien commun.

    Cette attitude arrange d’ailleurs parfaitement les fascistes, dans le sens où elle facilite le processus d’exclusion et de stigmatisation. Elle arrange aussi parfaitement les réactionnaires et les obscurantistes islamiste, dans le sens où elle permet de s’appuyer sur cette discrimination croissante comme illustration du caractère incompatible entre l’occident et la foi. Les deux se renforcent mutuellement.

    Dans les affaires comme celle-ci, bien souvent, les organisations politiques sont assez médiocres dans leurs prises de position. Réussir à se positionner d’une manière qui ne soit pas caricaturale ou dogmatique est délicat, car la réalité est toujours plus complexe que les schémas de domination bidimensionnels. En étant paralysée par ses contradictions, elle a laissé le terrain à l’extrême droite. Elle, n’a aucun remords à se positionner de manière complètement contradictoire d’un jour sur l’autre. Elle ne cherche qu’à faire monter les tensions et à attiser les braises. Qu’importe que ceux qui défendent Mila soit les premiers à vouloir « casser du pédé », les autres jours de la semaine.

    Qui, finalement, s’est emparé de cette affaire ? Les premiers bourreaux des LGBTI et des féministes : les réactionnaires les plus influents dans la société ainsi que les fascistes. À aucun moment ces hypocrites ne se soucient de la lutte, ce qui les intéresse c’est de l’instrumentaliser pour attiser la guerre des races dont ils rêvent.

    Les perdants dans l’affaire sont autant les LGBTI que ceux qui veulent pratiquer leur religion dans la tranquillité et qui veulent, en tout premier lieu, qu’on les laisse en paix.

    Nous-mêmes pensons qu’il y a matière à lutter contre les effets réactionnaires de la religion. Mais nous ne considérons pas que c’est à l’État bourgeois de prendre en charge cette question, ni à des individus hors sol, donneurs de leçon, qui envoient des SCUDs contre ceux qui ont des pensées et des pratiques réactionnaires.

    Nous avons foi dans la capacité des masses à se libérer elles-mêmes de leurs entraves. Nous pensons qu’il faut appuyer les parties les plus progressistes des groupes sociaux-culturels dans lesquels nous ne sommes pas présents. Qu’il faut aider à combattre les discriminations du quotidien, le patriarcat et l’obscurantisme sur la base du débat franc et ouvert et de la conviction.

    Nous ne pensons pas que la répression, contre le voile, contre les musulmans, que la stigmatisation et la campagne pogromiste aient le moindre impact positif. Ce sont au contraire des aspects qui rendent la vie toujours plus dure pour ceux -et surtout celles ! – qui sont prisonniers et prisonnières de l’aliénation réactionnaire.

    Nous avons foi dans les mouvements féministes ou LGBTI des quartiers populaires – et ils existent ! – pour permettre que cette question puisse se régler.

    Pour résumer :

    1. Un climat pogromiste anti-musulmans et anti-arabe explique la réaction extrêmement brutale de la part de ceux qui se sont sentis attaqués par la vidéo de Mila.
    2. Sans ce climat, dans un cadre apaisé, cette vidéo n’aurait suscité aucune réaction particulière.
    3. Ceux qui se sont rués au secours de la lycéenne ne sont pas forcément ses alliés : un grand nombre d’entre eux sont des homophobes enragés et des réactionnaires virulents.
    4. Parmi les réactionnaires, ceux qui font peser la plus grande menace sur les LGBTI ne sont pas ceux qui sont dans les quartiers, mais ce sont bien ceux qui ont le pouvoir ou qui sont les plus influents : les congrégations catholiques réactionnaires, les fascistes et autres ennemis de la tolérance. Ex : les villages LGBTfree en Pologne.
    5. La lutte antiraciste et la lutte LGBTI ne sont pas contradictoires : au contraire, elles se renforcent mutuellement. Plus les discriminations sont combattues, plus l’unité des classes populaires est rendue solide, et donc capable de remporter des victoires.

    Nous « sommes Mila » dans la mesure où nous défendons la liberté de pouvoir critiquer les religions et de pouvoir s’exprimer, dans le sens où le harcèlement est a condamner, dans le sens où les propos tenus contre elle relèvent de la réaction la plus virulent.

    Mais nous « ne sommes pas Mila » dans le sens où les discriminations que subissent les LGBTI ne trouvent pas leur source première dans le contenu du Coran. Ni dans le sens où une grande partie des animateurs de son soutien sont des réactionnaires patentés.

    Par ailleurs, les seules no-go zones pour les LGBTI, en Europe, ne sont pas dans les quartiers populaires. Elles sont dans la très catholique Pologne. Mais là, comme l’Islam n’est pas dans l’équation, il n’y a rien à dire !

  • Épidémie de coronavirus : marqueur de la mondialisation des échanges, marqueur du racisme.

    Épidémie de coronavirus : marqueur de la mondialisation des échanges, marqueur du racisme.

    L’épidémie de coronavirus fait parler d’elle. Apparue en Chine à la toute fin de 2019, elle s’est maintenant répandue sur une partie de la planète. D’heure en heure, les étendues de la contamination sont mieux connues, tandis que le bilan s’alourdit. À l’heure où nous écrivons ces lignes 7 783 personnes sont infectées, 170 sont mortes et 133 sont guéries1. Autour de cette épidémie, un grand nombre de fantasmes orbitent, accompagnés par un grand nombre d’idées fausses sous-jacentes.

    La raison principale de la diffusion massive de ce virus est la mondialisation des échanges et l’intensification de ceux-ci. En abolissant les distances, elle fait de toute épidémie une pandémie possible. La mondialisation virale et bactérienne est une réalité qui ne peut être niée.

    Deuxième raison fondamentale : la question de la nature. La surexploitation des ressources naturelles et l’expansion incontrôlée des habitats humains créé davantage de zones de contact avec des réservoirs naturels de virus. Ainsi, le cas des épidémies de coronavirus a été le fait, successivement, du contact avec des dromadaires et des chauves-souris contaminées (pour l’épidémie arabe), de la civette (pour le SRAS).

    Aujourd’hui, le réservoir naturel est inconnu, mais il est plus que probable qu’il sera lié à la consommation de viande sauvage. Les mêmes schémas se sont retrouvés dans le développement des épidémies de VIH (par la consommation de viande de brousse) et de syphilis (pour des raisons mal définies encore). Le lieu d’apparition est important, car le marché de viandes sur pied est régulièrement un lieu de mise en contact de souches virales et bactériennes d’origines différentes. Or, ces mélanges peuvent devenir explosifs : le cas de la « grippe espagnole », qui a tué 30/50 millions de personnes, est ainsi le contact entre la grippe porcine et la grippe du poulet.

    La grande distinction est la rapidité de la diffusion, notamment, car la maladie se répand par les voies aériennes. Si elle est extrêmement médiatisée, la maladie est à relativiser : le taux de mortalité, de 3 % pour le moment, est très éloigné de celui du SRAS, avec 10/25 %. Il ne s’agit donc pas d’une nouvelle peste noire dans l’état actuel des choses. Ce qui inquiète est donc plus la perspective d’une épidémie mortelle que celle-ci. De plus, quoiqu’on puisse penser du gouvernement chinois, il a mis en œuvre des moyens immenses, qui servent d’ailleurs de démonstration de force, pour tenter d’enrayer la propagation de la maladie. Il en va de sa crédibilité en tant direction d’une puissance montante.

    Malgré cela, l’épidémie continue de nourrir des phénomènes très particuliers, y compris en France.

    Autre épidémie, parallèle à celle du virus, celle des théories conspirationnistes. En faire l’inventaire serait fastidieux, mais elles se résument à trois grandes catégories :

    1. Le virus n’existe pas, il sert de diversion pour que l’actualité sociale soit éclipsée.
    2. Le virus a été créé en laboratoire pour effrayer.
    3. Le virus existe, il est redoutable et il a été créé pour éliminer une partie de la population (souvent en mentionnant Bill Gates comme l’inventeur du procédé.)

    Le plus souvent, ces théories reposent sur des bases extrêmement faibles. Elles se limitent à des « comme par hasard ! », ou à des confusions grossières, notamment sur le fait que d’autres coronavirus existent, et que d’autres épidémies ont eu lieu. Nous rappelons à ces apprentis analystes que :

    1. L’utilisation de l’armement biologique / chimique sur une grande ampleur est un sport extrêmement dangereux. A tel point que même les conflits comme la Seconde Guerre mondiale n’ont vu qu’une utilisation anecdotique de celui-ci. Il se retourne régulièrement contre son utilisateur.
    2. L’intérêt pour les capitalistes d’éliminer une partie de la population n’est absolument pas évident. Il est d’ailleurs inexpliqué par les conspirationnistes.
    3. L’utilisation des événements pour détourner l’attention de certains problèmes est un classique. Mais il n’implique pas la création d’une diversion. La bourgeoisie est suffisamment intelligente pour saisir les opportunités et la balle au bond. C’est le même raisonnement chez les conspirationnistes, qui saisissent n’importe quel événement pour instiller leur poison.

    Cette épidémie n’a rien de particulièrement étonnant. Elle est même logique compte tenu des évolutions économiques et des échanges internationaux.

    Deuxième phénomène qui est apparu à la suite de cette épidémie : une expression xénophobe et raciste. Nous séparons les deux aspects, car ils recouvrent des réalités différentes.

    D’une part, une peur atavique, viscérale, devant toutes personne « asiatique », par crainte qu’elle soit porteuse du virus. Elle n’est pas théorisée et n’est pas accompagnée de jugements de valeur sur la personne. Cette peur est infondée, mais elle existe parfois de manière indépendante de la volonté de ceux qui la vivent.

    De l’autre, une théorisation, qui vise à cibler les « Asiatiques » (Le terme de sinophobie revient parfois, mais le plus souvent, l’incapacité de discerner les origines de la part de ceux qui la portent fait qu’il s’agirait plus d’une « asiatophobie ».), en justifiant avec des arguments essentialistes la peur, tout en les maquillant de science. Ainsi, il a fleuri des expressions telles que le « péril jaune », un peu partout dans les unes des journaux. Dans les commentaires sur la situation, à plusieurs reprises, ce sont les Chinois et les Chinoises qui ont été ciblés comme les responsables du développement de l’épidémie. Ce racisme latent s’était déjà exprimé à plusieurs reprises, notamment dans l’affaire du meurtre de Shaoyo Liu, en mars 2017.

    À ce moment-là, nous nous exprimions ainsi :

    Cette mort est révélatrice de nombreux aspects de la situation au sein de notre Etat, tout comme dans les relations internationales.

    « Premièrement, le traitement médiatique de l’affaire fut empreint d’un racisme terrifiant, inconcevable. Shaoyo Liu s’est retrouvé réduit à la formule “un chinois.” Bien souvent, les termes en restaient là. Il n’était ni M. Shaoyo Liu, 56 ans, ni un ressortissant chinois, ni quoique ce soit d’autre qu’un “chinois” 1/1 200 000 000ème d’un bloc interchangeable, anonyme, de titulaires d’une citoyenneté.

    Ce traitement méprisant fait écho aux manifestations d’un racisme latent dans la société française. Si celui-ci ne s’exprime pas ouvertement avec la même virulence que celui qui touche les communautés issues du monde Arabe, du Moyen-Orient ou d’Afrique Subsaharienne, il n’en existe pas moins.

    Une de ces racines se trouve dans le système colonial, qui a pillé la Chine, la Corée, les composantes de l’ex-Indochine, la Thaïlande, les Philippines…etc. Ce colonialisme a marqué au fer rouge de stéréotypes infamants les habitants de ces régions. Le mépris des peuples colonisés joue toujours, quand bien même les Français ont subi de terribles revers dans ces régions.

    L’exploitation et le tourisme sexuel ont forgé un autre aspect, un aspect de fantasme pervers et exotique envers les femmes, les hommes, les transgenres de ces pays. Cela se ressent dans les rapports sociaux pénibles et les projections de fantasmes que les personnes typées asiatiques peuvent endurer.

    [Quant au maoïsme, il est jugé parfois ainsi.] Nombre de nos détracteurs jouent sur ce regard méprisant pour le qualifier de “secte politique”, de “communisme de rizière.” C’est une belle manière de montrer son ignorance politique. Lorsque nous disons “léninisme”, nous voyons un regard qui n’est absolument pas le même que lorsque nous disons “maoïsme.” De même nous ne doutons pas qu’une certaine négation des apports de Mao ou de Ho Chi Minh provient également d’un dénigrement des idées issues d’ailleurs que de l’Europe. »

    Ce racisme, toujours présent, est le plus souvent considéré comme une lutte de deuxième ou de troisième ordre. Il est considéré comme acceptable, convenable. Pourtant la colère a éclaté à la suite du spectacle de Gad Elmaleh et de Kev Adams en avril 2018. Dans un sketch, ceux-ci se grimaient en chinois, dans un yellowface qui devrait être remisé à un autre temps. Elle a débouché sur une prise de conscience naissante. Aujourd’hui, c’est le #jenesuispasunvirus qui s’exprime. Nous espérons que ces mouvements pourront permettre de procéder à une meilleure prise de conscience de ce racisme souvent oublié.

    Nous avons bon espoir que celle épidémie, virale et raciste, puisse s’éteindre rapidement. Et que, pour poursuivre la métaphore, l’humanité en ressorte avec un système immunitaire renforcé. À la fois contre la xénophobie et le racisme, à la fois contre le conspirationnisme, mais également contre les pandémies émergentes.

    Or tant que le profit et ses logiques dominent, il n’est pas question de lutte sérieuse contre les maladies et pour la mise en place d’une réelle hygiène de vie. Une question se pose, terrible : celle de leur dégradation. En 2012, Marianne notait que 1/3 des Américains renonçaient à se soigner faute de moyens financiers. En France, en dépit d’une couverture santé jugée supérieure, le resultat est globalement le même. Le quotidien du médecin indiquait que « Un petit tiers des Français (30 %) a déjà renoncé à se faire soigner au cours des 12 derniers mois, en particulier les ouvriers (41 %) et les jeunes de moins de 35 ans (36 %). » Cette situation va tendre à s’aggraver avec les attaques sur la Sécurité Sociale. Le remplacement d’une caisse de cotisation par des mutuelles santé, ainsi que la destruction de l’hôpital public sont une menace lourde et croissante.

    Cette destruction, pour instaurer des logiques de rentabilité maximale, couplée au vieillissement de la population et à dégradation des conditions de vie et de travail, laissent un espace conséquent pour une catastrophe.

    De plus, la concentration toujours plus importante d’animaux d’élevage dans des lieux confinés chaque fois plus massifs, la monoculture, la destruction des barrières entre biotopes, créé un risque de pandémie toujours plus grand. La question n’est pas de savoir si elle aura lieu, mais bien quand.

    Il n’existe, hélas, pas de solution miracle ou de moyen-terme : si nous voulons mettre fin à ces menaces, cela demande plusieurs choses :

    • La fin de l’exploitation irraisonnée de la nature et la prudence quant à la mise au contact entre l’homme et des vecteurs possibles de maladie, en particulier dans le cadre de l’alimentation.
    • La fin des politiques de rentabilité dans le développement des traitements et dans les soins et la reconstruction d’une couverture hospitalière totale.
    • L’accès libre et gratuits au système de santé permettant d’anticiper les situations a risque épidémiologiquement.

    Comme tant de questions fondamentales, ces questions de santé ne peuvent être réglées que et uniquement par le fait que les masses populaires exercent la réalité du pouvoir. En économie, en politique, en santé, seule la révolution et la démocratie populaire peuvent faire sortir l’humanité de sa vulnérabilité.

    1 Il est possible de suivent en direct l’évolution de la situation ci : https://gisanddata.maps.arcgis.com/apps/opsdashboard/index.html#/bda7594740fd40299423467b48e9ecf6

  • Interview avec la présidente du MLPD, Gabi Fechtner, 11 octobre 2019

    Interview avec la présidente du MLPD, Gabi Fechtner, 11 octobre 2019

    La rédaction de Rote Fahne s’est entretenue avec la présidente du Parti marxiste-léniniste d’Allemagne (MLPD), Gabi Fechtner, sur les développements actuels dans la situation de départ, la lutte des classes et sur la manière dont le MLPD lutte pour son rôle sociétal à l’échelle de l’ensemble de la société en ces temps mouvementés.

    Pourquoi entendons-nous parler soudainement des activités du MLPD dans les médias bourgeois presque chaque semaine ?

    Il s’agit en fait d’une nouveauté fondée sur des facteurs objectifs et subjectifs. Objectivement, la tendance à produire des crises du système impérialiste mondial s’intensifie sur tous les fronts. La crise de confiance dans la politique bourgeoise s’approfondit. Le MLPD est perçu comme un acteur à prendre au sérieux, voire formateur, dans un nombre croissant de foyers par ses amis et ses ennemis. Cela se produit au milieu d’une forte polarisation sociale. Dans le revirement progressiste de l’état d’esprit, une tendance anticapitaliste se développe dans la classe ouvrière et les larges masses. C’est aussi le résultat de décennies de travail systématique du MLPD, un travail qui encourage la prise de conscience, et auquel les forces dominantes font face par une offensive de l’anticommunisme moderne, de répression étatique et de revalorisation des forces fascisantes ou bien des fascistes. Ce développement a mené à une culminationi dans le développement de l’importance du MLPD à l’échelle de l’ensemble de la société. Les points focaux y sont le mouvement Fridays For Future (FFF), la lutte des mineurs contre la politique de la terre brûlée du groupe minier RAG, l’initiative pour une digne commémoration de Thälmann dans la lutte contre l’anticommunisme moderne, la politique prolétarienne à l’égard des réfugiés, la lutte antifasciste, par exemple contre le fasciste Björn Höcke (AfDii) ou contre le NPDiii, le rôle formateur dans la campagne internationale « Ne touchez pas au Rojava! » – ou notre offensive tactique pour les élections en Thuringe. Dans la polarisation sociale le MLPD est le pôle clair, aujourd’hui indubitablement révolutionnaire, combatif de classe et écologique de façon cohérente.

    La transition accélérée vers la catastrophe environnementale planétaire, vers une nouvelle crise économique mondiale, diverses crises structurelles, la crise de l’idéologie bourgeoise, la crise de l’ordre bourgeois de la famille, le développement vers la droite du gouvernement et des partis bourgeois et la crise de confiance dans la politique bourgeoise : Pour de plus en plus de personnes, tout cela met à l’ordre du jour la question d’une alternative sociale. Le comportement de soutien de l’État du Linkspartei [Parti de gauche], ses années d’ignorance de la question environnementale et son faible niveau d’ancrage dans le mouvement ouvrier font place sur le côté gauche pour une politique révolutionnaire. Bien sûr, les médias bourgeois ne manquent pas de s’en apercevoir non plus. Le MLPD a fait ses devoirs dans cette situation. Avec son système Revolutionärer Weg [Voie révolutionnaire] il a, depuis 50 ans, des réponses théoriques profondes et convaincantes, et cela du point de vue du marxisme-léninisme et sur toute la gamme des questions sociales. Avec la force de persuasion et l’authenticité propre à lui, il conquiert aussi de mieux en mieux un nouveau rôle sociétal à l’échelle de l’ensemble de la société dans la pratique – contre toute répression anticommuniste de l’État. L’influence sociale accrue se manifeste par divers facteurs : Rien qu’au cours des trois derniers mois, la couverture médiatique du MLPD a atteint environ cinq millions de lecteurs.iv

    Le nombre de visites sur Rote Fahne News (rf-news.de) a augmenté en permanence de 25 pour cent par mois depuis 2018. Par rapport à la même période en 2010, il a triplé. Le site web de l’organe Revolutionärer Weg (www.revolutionaererweg.de) a également augmenté de manière significative son nombre de visites. Au troisième trimestre 2019, nous avons vendu presque trois fois plus de livres de la série Revolutionärer Weg que le nombre « habituel » dans un trimestre moyen sans nouvelles publications de cette série. Depuis le Xe Congrès du Parti, nous avons gagné après tout 17 pour cent de nouveaux membres et établi un certain nombre de nouvelles unités de base en construction et de nouvelles cellules. Culmination, cela signifie bataille décisive : Le MLPD parvient-il à obtenir un rôle sociétal à l’échelle de l’ensemble de la société contre l’incitation à la haine et la répression anticommunistes accrues ? Cela équivaudrait à briser durablement l’isolement relatif dans lequel les classes dominantes nous ont plongés ces dernières décennies en nous passant sous silence systématiquement.

    Quel signal le 20 septembre 2019, la journée mondiale de grève et de lutte contre la catastrophe écologique imminente, envoie-t-elle pour le développement du revirement progressiste de l’état d’esprit parmi les masses ?

    Ce développement marque un nouveau point culminant dans le revirement progressiste de l’état d’esprit. Rien qu’en Allemagne, 1,4 million de personnes sont descendues dans la rue le 20 septembre. Avec un total de 3,91 millions de participants aux luttes ouvrières et populaires en 2019 à ce jour, le revirement progressiste de l’état d’esprit comprend déjà plus de personnes que pendant les années entières de 2017, 2018 ou 2004, l’année du mouvement de la manifestation du lundi et des grèves à l’échelle des groupes, avec un total de 3,8 millions de participants. Le nombre de participants n’est pas loin de sa valeur maximale à long terme de 2015, soit 4,3 millions, lorsque le revirement de l’état d’esprit s’est manifesté. Il est frappant de constater que, surtout dans le mouvement écologiste, la critique du capitalisme ne cesse de se faire jour et que les principaux responsables, les monopoles internationaux, sont de plus en plus pris pour cible. Donc, l’éveil de la conscience environnementale sur un large front progresse vers une conscience environnementale en développement.

    Avec le mouvement Fridays for Future, la jeunesse est devenue l’avant-garde pratique dans le revirement progressiste de l’état d’esprit. Ce mouvement n’a pas pu être apaisé et détourné de ses critiques, même pas par des décisions gouvernementales prises à la hâte. Bien au contraire ! Le MLPD est de plus en plus reconnu comme un représentant de la protection cohérente et radicale de l’environnement et de la lutte changeant la société contre l’économie de profit. Nous avons introduit dans le débat le fait que la destruction de l’environnement est maintenant inhérente au système capitaliste et qu’il doit s’agir de l’unité de la solution de la question environnementale et de la question sociale. Cela a fait son entrée dans le mouvement écologiste. Le 20 septembre, nous étions déjà confrontés à une lutte sociocritique. Tout cela a des effets positifs sur le développement de la conscience des masses dans leur ensemble. Le 20 septembre, le MLPD, avec son association de jeunes Rebell et d’autres alliés de l’Alliance internationaliste, a participé activement à au moins 100 actions et les a en partie marquées de son empreinte. Nous avons organisé des blocs attrayants, combatifs, colorés et culturellement riches avec des microphones ouverts, fait du travail de sensibilisation sur nos positions sur le plan de la politique environnementale. Nous avons eu des milliers de conversations, gagné des centaines de nouveaux contacts et de gens intéressés ainsi que des acheteurs pour le livre « Alerte à la catastrophe ! Que faire contre la destruction délibérée de l’unité de l’homme et de la nature ? » de la série Revolutionärer Weg. Nos cellules d’entreprise ont activement mobilisé – souvent étant les seuls à ce faire – de nombreuses délégations de travailleurs des grandes entreprises industrielles. Cela donne un nouvel élan à l’unité du mouvement ouvrier et environnemental et à la lutte pour un droit de grève intégral, universel et légal.

    Cependant, la classe ouvrière dans son ensemble ne se trouve pas encore à la tête des protestations environnementales. Dans les manifestations FFF ainsi que dans les syndicats une véritable lutte d’orientation fait rage sur ces questions. Le syndicat Verdiv, mais aussi IG Metallvi et d’autres – en réaction à l’éveil massif de la conscience environnementale – s’occupent de plus en plus de la question environnementale. Cependant, le fait que divers cadres syndicaux, tels que le président d’IGBCEvii Michael Vassiliadis, s’abaissent à des attaques contre les manifestations environnementales, est une politique ouverte de prestation de services pour l’industrie. D’autant plus importantes sont les actions autonomes et combatives des personnels, encore peu nombreuses mais croissantes comme celles des mineurs, des travailleurs de Siemens à Berlin ou des personnels plus petits des équipementiers automobiles. Le mouvement FFF n’est bien sûr pas homogène, et en son sein une lutte développée a lieu entre la pensée prolétarienne et la pensée petite-bourgeoise. Nous devons investir encore plus dans le travail d’encouragement de la prise de conscience ! Ce n’est qu’ainsi que se renforcera la tendance anticapitaliste avec une franchise croissante pour la perspective socialiste dans le mouvement spontané et donc encore instable.

    S’agit-il d’un phénomène exceptionnel en Allemagne ‒ ou comment évalues-tu la tendance internationale ?

    Le caractère international des manifestations du20 au 27 septembre a été remarquable – avec 6 383 actions dans 170 pays et au moins sept millions de personnes ayant participé à ces protestationsL’organisation mondiale révolutionnaire ICORviii l’a influencé en orientant sur un front de résistance international pour sauver l’environnement de l’économie de profit. Sur le plan international aussi, la polarisation sociale ainsi que le revirement progressiste de l’état d’esprit continuent à se développer. Dans différentes régions des luttes de masse ont éclaté, allant jusqu’à des soulèvements insurrectionnels.

    349 combats et grèves rien qu’en juillet 2019 dans l’Iran néo-impérialiste, où la lutte pour le travail, la paix et le pain a de plus en plus lieu sous la direction de la classe ouvrière. Un soulèvement explosif en Irak, avec la jeunesse comme avant-garde pratique. D’autres luttes de masse importantes au Soudan, en Égypte, en Algérie – et tous les vendredis des manifestations de masse à Gaza contre la politique impérialiste d’Israël. Au Pérou, il y a eu une grève nationale des mineurs influencée par la Conférence internationale des mineurs, réalisant l’unité des revendications économiques pour une convention collective générale et des questions écologiques.

    Dans cette situation, l’engagement internationaliste ciblé du MLPD et de l’ICOR contribue de manière significative aux progrès importants de la coopération et coordination transnationales. Les pourparlers entre l’ICOR et l’ILPSix sur la construction d’un front uni anti-impérialiste mondial sont très avancés. Les 28 et 29 septembre, la quatrième Conférence de l’ICOR du Moyen-Orient a eu lieu ‒ pour la première fois dans la région elle-même. Des organisations de l’ICOR, ainsi que des forces pertinentes de la région, telles que les Kurdes et les Palestiniens, ont discuté de manière aussi controversée que solidaire. Il s’agissait de l’évaluation de la situation explosive, mais aussi des conclusions pour une future coopération plus étroite au Proche et au Moyen-Orient. De grands progrès existent également dans la préparation de la 2e Conférence internationale des travailleurs de l’automobile en février 2020 en Afrique du Sud, à laquelle des délégations de travailleurs de divers pays se préparent déjà.

    Est-ce que cela s’accorde : parler de tels succès alors que, en même temps, il y a les attaques les plus violentes contre le MLPD ?

    Les plus grands succès sont conquis de haute lutte contre les plus grandes hostilités. Et dans le sens inverse : Les hostilités sont précisément dues à nos succès réels et potentiels. Le 20 septembre s’est avéré être une défaite totale pour le gouvernement Merkel/Scholz et les partis bourgeois. Ceux-ci, ‒ aussi les Verts, avaient tenté dès le début de conduire le mouvement FFF au moulin de leur politique, et de l’aligner sur l’Accord de Paris sur le climat, totalement non contraignant et insuffisant. Les représentants des partis bourgeois se cachent derrière leurs fonctions d’ONG – afin de se mettre ainsi à la tête du mouvement. Les ONGx bourgeoises ont « généreusement » financé le matériel central pour le 20 septembre, qui était bien sûr aussi contrôlé par elles en termes de contenu.

    Cette « promotion » du mouvement FFF doit empêcher la conscience environnementale de se développer à un niveau plus élevé faisant partie de la lutte des classes et de la préparation de la révolution internationale. Mais ce plan n’aurait pu fonctionner que si le MLPD avait été éliminé du mouvement.

    À cette fin, le courant liquidateurxi à l’échelle de l’ensemble de la société, qui fait rage depuis environ un an et demi, a de nouveau été mobilisé à l’échelle nationale. Il s’agit ici d’un nouveau genre de courant liquidateur pas au sein du parti, comme nous l’avons surmonté dans l’histoire de notre parti. Il est dirigé contre l’unité croissante du parti marxiste-léniniste et des masses, des divers mouvements de masse et des auto-organisations des masses. Dans la plupart des localités, exactement les mêmes slogans hypocrites ont été présentés simultanément :« pas de partis, pas de drapeaux ». En fait, c’est clairement dirigé en particulier contre le MLPD. En raison de leur présence quotidienne dans les médias, le SPDxii, les Verts ou le Linkspartei n’ont pas besoin d’apparaître avec leurs drapeaux et bannières. De même à l’unisson, la critique du capitalisme et une perspective visant à transformer la société ont été déclarées « indésirables » par ces forces et des tentatives ont été faites pour exclure le MLPD et l’association de jeunes Rebell des groupes « Orga »xiii. Ces attaques allaient de l’interdiction illégale de drapeaux de parti et de la diffamation jusqu’aux tentatives de provoquer une ambiance de pogrom anticommuniste. Enfin, aussi à la violence physique et à la coopération directe avec l’appareil d’État. Dans ce contexte, il est révélateur que ces types, qui se présentent sous le couvert de la défense de la démocratie bourgeoise, attaquent avec véhémence les droits et libertés démocratiques bourgeois – entre autres – du MLPD. L’inexpérience politique des militants de FFF, pour la plupart très jeunes, est carrément abusée pour ces activités minables. Les principaux partisans de ce sale travail pour les dominants étaient des ONG pseudo non-affiliées à des partis et qui soutiennent l’État ; ces ONG s’appuyaient entre autres sur les « Antideutsche » [anti-Allemands] ou des groupes de casseurs anarchistes dans des villes telles que Bochum, Dortmund, Rostock ou Erfurt. Ceux-ci collaboraient alors souvent directement avec la police – de manière tout à fait « anti » allemande et anarchiste. Contre nous. La plupart de ces personnes n’avaient jamais été vues auparavant lors d’une manifestation environnementale.

    Tout cela a échoué lamentablement le 20 septembre. Nous avons insisté ‒ dans l’intérêt de l’ensemble du mouvement – sur nos droits et libertés démocratiques. Nous avons mis l’action dictatoriale des équipes autoproclamées « Orga » en tort ; nous avons dévoilé l’objectif politique du courant liquidateur à grande échelle, attaqué les scissionnistes, et nous avons dénoncé et dénonçons nominativement les responsables. Dans la lutte contre cette orientation destructrice, nous avons perfectionné notre culture de manifestation et de discussion attrayante et nos arguments convaincants, avec une grande résonance. Nous ne laisserons aucune de ces attaques sans réponse.

    N’est-il pas curieux que le MLPD, qui veut surmonter cette société de manière révolutionnaire, insiste sur la Loi fondamentale bourgeoise ou la loi sur les rassemblements ?

    Au contraire, ce n’est que cohérent ! Déjà l’ancien président du KPD Max Reimann, membre du Conseil parlementaire lors de l’adoption de la Loi fondamentale [Constitution] en 1949, a bien exprimé la position des communistes. Après avoir déclaré que le KPD n’était pas d’accord avec la Loi fondamentale parce qu’elle signifiait la division de l’Allemagne et perpétuait la propriété privée capitaliste, il a expliqué : « Les législateurs vont violer leur propre Loi fondamentale dans le cadre de leurs politiques antipopulaires. Nous, communistes, défendrons les peu de droits démocratiques consacrés par la Loi fondamentale contre les auteurs de la Loi fondamentale ».xiv. C’est comme ça que nous le faisons aussi aujourd’hui.

    Le droit fondamental à la liberté d’expression, la liberté de réunion et le droit d’association avec des droits spéciaux pour les partis politiques sur une base antifasciste ont été obtenus de haute lutte par le mouvement ouvrier depuis plus de 100 ans et ancrés dans la Loi fondamentale comme une leçon du fascisme hitlérien. C’est inacceptable ce que différents liquidateurs s’arrogent : Le droit d’avoir le « monopole » des mouvements sociaux tels que les FFF et de prendre des décisions dans certains groupes préparatoires arbitrairement mis ensemble, le plus souvent minces, mais recrutés de manière ciblée par eux et qui sont au-dessus des droits fondamentaux. Des Verts ou d’autres fonctionnaires bourgeois qui se présentent comme « Parents for Future » crient que « les jeunes ne veulent tout simplement pas du MLPD ». En même temps, ces mêmes jeunes dans leur grande masse sont extrêmement ouverts et intéressés par les positions du MLPD, et aussi à s’organiser dans Rebell. Ce n’est pas sans raison que 80 000 tracts du MLPD intitulés « Montrer le drapeau de la résistance active » ont trouvé des preneurs intéressés en une seule journée. Ces gens mènent la sainte croisade contre le prétendu « stalinisme », alors que leur mentalité elle-même est despotique et répressive.

    Si on pousse ce raisonnement jusqu’au bout, ce comportement conduit à ce qu’une majorité ultraréactionnaire a défini comme une « résolution du Parlement européen » le 19 septembre 2019 : Cette résolution fait référence à l’interdiction des symboles et organisations communistes dans divers pays d’Europe orientale, met le fascisme et le « stalinisme » sur le même pied en distordant l’histoire et demande des mesures radicales correspondantes – contre les communistes !

    Quiconque agit aujourd’hui contre la liberté d’expression des marxistes-léninistes, contre le droit d’association et contre les drapeaux du MLPD n’a pas de place dans un mouvement progressiste. Notre grand succès, en revanche, n’a été possible que parce que nous avons agi de manière offensive au lieu de agir. Parce que nous ne nous sommes pas lâchement esquivés et que nous n’avons pas enroulé piteusement nos drapeaux comme l’ont fait divers opportunistes. C’est ce que l’ensemble du parti a mis en œuvre de façon excellente le 20 septembre – et c’est une ligne directrice pour que le MLPD continue à assumer son rôle sociétal dans l’ensemble de la société !

    Le 20 septembre, le soi-disant paquet climat du gouvernement fédéral a également été adopté. Il ne semble pas susciter beaucoup d’enthousiasme parmi la population ?

    C’est encore très poli de l’exprimer ainsi. Même parmi de larges cercles des chercheurs bourgeois en environnement on parle de fiasco, d’échec, de catastrophe. Tout ce soi-disant paquet climat est une provocation face aux mouvements ouvrier, de la jeunesse et écologique et des larges masses. La justification de la chancelière Merkel selon laquelle la politique est ce qui est « faisable », montre clairement le caractère de classe du prétendu pragmatisme sans idéologie. En clair, il s’agit seulement de savoir ce qui est « faisable » pour un gouvernement qui se considère comme un fournisseur de services aux monopoles internationaux : et ce n’est en aucun cas la protection de l’environnement au détriment de leurs profits ! L’industrie capitaliste sera même soulagée par le nouveau paquet gouvernemental. Par exemple, en réduisant le prélèvement EEGxv et en accordant d’importantes subventions aux constructeurs automobiles et à Bahn AG. Le revers de la médaille est la répercussion complète des fardeaux de la crise environnementale sur le dos des larges masses. Seule une petite fraction des 54 milliards d’euros prévus revient aux masses, par le biais de l’augmentation de l’indemnité de déplacement à partir de 21 kilomètres ou de la réduction de la TVA sur les voyages en train. Les masses doivent ainsi mises en colère contre de nouvelles mesures de protection de l’environnement. La taxe sur le CO2 les saigne à blanc, en même temps les capitalistes peuvent tout transférer sur les prix aux consommateurs. Grâce à ces mesures, du même coup pas un seul gramme de CO2 n’est éjecté en moins. Du point de vue de la politique environnementale, l’approche « faisable » de Merkel consiste à poursuivre délibérément la voie vers la catastrophe environnementale mondiale – et de plus en responsabiliser les masses. Même pour les Verts, qui ont le plus bénéficié du mouvement environnemental jusqu’à présent, être vert s’arrête toujours là où la logique du profit des entreprises serait affectée. Dans le même temps, nous avons vécu une aggravation dramatique de la crise environnementale mondiale ces derniers mois. Fin septembre, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a averti que le réchauffement de l’air et de l’eau se produisait beaucoup plus vite que prévu. Des interactions désastreuses des différentes caractéristiques principales de la transition vers la catastrophe environnementale mondiale se développent. Elles menacent de dépasser des « points de basculement » irréversibles. C’est clairement le moment d’une alerte à la catastrophe ! Les mesures aussi doivent y correspondre. Et que fait le gouvernement ? Il affaiblit même davantage son propre paquet climat absolument insuffisant. Dans cette lutte, les cellules d’environnement du MLPD doivent prendre les devants. Leur tâche est de déployer la lutte pour le nécessaire programme d’urgence actuel – en tant qu’école de lutte pour une société socialiste, avec le paradigme de l’unité de l’homme et de la nature. Il serait opportuniste de laisser les luttes écologiques concrètes au mouvement écologiste petit-bourgeois et de fomenter ainsi l’illusion que le capitalisme peut être façonné écologiquement. Le renforcement des cellules d’environnement est une condition préalable essentielle au développement de la conscience écologique – dans la perspective d’un caractère du mouvement environnemental qui vise à transformer la société.

    Malgré tout assentiment, il y avait aussi certaines voix qui soulevaient la question si le MLPD doit nécessairement se présenter avec ses drapeaux et ses symboles ?

    Cette bataille est un processus d’apprentissage nécessaire. Nous savons par tous les développements historiques qu’avant et dans les sauts qualitatifs vers des changements sociaux majeurs, des culminations doivent être menées à terme et des courants liquidateurs se produisent. La justesse, voire la nécessité de ce débat, s’applique même si ce n’est pas tout le monde qui le comprend déjà directement ou le soutient – et qu’une partie peut être découragée, intimidée, influencée par l’anticommunisme moderne ou même incitée. Tout comme il n’y a pas de socialisme sans révolution contre le capitalisme, il n’y a pas non plus de conscience socialiste sans batailles idéologiques préalables contre l’anticommunisme moderne. Rappelons-nous comment, dans les années 1980 et 1990, le MLPD a été insulté, agressé, chassé des manifestations, et comme des tables de livres ont été détruites par les partisans du DKPxvi alors encore fort. La raison en était la critique fondamentale de la restauration du capitalisme en Union soviétique, du révisionnisme en RFA ou en Chine par le MLPD et son organisation précurseur. C’était encore une opinion minoritaire à l’époque. Aujourd’hui, tout le monde s’accorde à dire que cette critique était aussi indispensable qu’elle était prévoyante pour donner un nouvel essor à la lutte pour le socialisme. Si nous menons ce combat correctement aujourd’hui, les jeunes sortiront de ce conflit aguerris et plus conscients. L’hésitation dans l’action contre les forces liquidatrices ne fait que leur donner une marge de manœuvre et a toujours quelque chose à voir avec le fait de considérer les liquidateurs comme « partie du mouvement », ce qu’ils ne sont pas !

    Il faut examiner de plus près les forces qui sont à l’origine de cette division et leur contexte idéologique. Le Congrès d’été des FFF à Dortmund en juillet était organisé par Campact. Un certain Christoph Bautz est directeur général de Campact depuis sa fondation en 2004, après avoir été le fondateur d’Attac Allemagne. Il a été formé pour ces tâches dans le cadre de son travail pour la plateforme Internet américaine « MoveOn.org ». Celle-ci est financée entre autres avec 1,46 million de dollars par le magnat de la finance George Soros. Soros était un élève du « philosophe » Karl Popper avec sa philosophie du nouveau positivisme. Il prétendait que le capitalisme était une « société ouverte » qu’il fallait « protéger » de manière conséquente de ses « ennemis », et par là il comprend avant tout les communistes. Cette société est donc « ouverte » à tout ce qui est capitaliste – mais « fermée » à la critique du capitalisme. Personne ne peut me dire que ce concept correspond à ce que les masses de jeunes veulent et dont elles ont besoin aujourd’hui. C’est pourquoi il est important que l’on dévoile aussi le contenu idéologique qui veut mettre les jeunes au pas ici. La Fondation Heinrich Böll de l’Alliance 90 / Les Verts organise – de manière tout à fait désintéressée, bien sûr – des cours de formation sur des « formes de protestations de la société civile » pour les militants des FFF, qui, en partie, sont soutenus directement par le Centre national pour l’éducation politiquexvii. Les ONG, qui soutiennent l’État, étaient déjà dans le passé des instruments du système du mode de pensée petite bourgeoise, à savoir du système de démoralisation, désorganisation et désorientation utilisé par les forces dirigeantes. Aujourd’hui, elles se transforment de plus en plus en instruments pour l’oppression ouverte des révolutionnaires et des marxistes-léninistes.

    Le dernier cri de l’anticommunisme moderne est l’accusation absurde que nous serions des « antisémites ». Depuis des décennies, nous combattons toutes les formes du racisme, y compris, bien sûr, l’antisémitisme. Personne n’a jamais été en mesure de nous prouver quoi que ce soit d’antisémite – parce que nous ne le sommes pas. Il s’agit tout simplement d’une campagne anticommuniste de fausses informations qui mise sur l’ignorance des gens. Souvent notre soutien de la campagne de solidarité palestinienne BDSxviii doit servir à ce propos. Cette campagne vise, par exemple, les groupes internationaux qui font des affaires impérialistes dans les territoires palestiniens occupés par Israël. Par exemple, contre le groupe français AXA qui détient des participations dans cinq banques qui investissent dans les colonies illégalesxix. De plus, AXA investit dans la plus grande société d’armement israélienne (Elbit), dont les drones équipent à leur tour la mission Frontex en Méditerranée. Quiconque diffame et s’oppose à une telle campagne peut expliquer pourquoi il veut protéger de tels crimes impérialistes.

    Ce mouvement a aussi peu à voir avec l’antisémitisme que les protestations progressistes contre le président fasciste turc Erdoğan avec l’islamophobie.

    Comprendre tout cela aidera en fin de compte les masses à mieux comprendre la nature réactionnaire de l’anticommunisme moderne. Tout le monde doit en être conscient : Quiconque propagera et tentera d’imposer de façon agressive l’anticommunisme moderne dans les mouvements sociaux renforcera objectivement aussi des forces telles que l’AfD et leur anticommunisme ouvertement agressif. Car avec des témoins principaux soi-disant « de gauche », on rend l’anticommunisme et l’agressivité à l’égard du MLPD socialement acceptables et on les pousse à l’extrême avec l’anticommunisme ouvertement agressif et les méthodes répressives fascisantes ou même fascistes de l’AfD ou du NPD contre le MLPD. Tout cela exige de nous et de toute personne à l’esprit démocratique que nous soutenions l’offensive contre les courants liquidateurs et la continuions, que nous les combattions dans tous les mouvements sociaux et les syndicats, que nous discréditions publiquement leurs représentants dirigeants et ceux des services secrets qui tirent les ficelles en coulisse.

    D’où vient la nervosité des dirigeants ? En ce qui concerne le développement économique, le côté bourgeois affiche actuellement beaucoup de visages inquiets. Qu’est-ce qu’il se passe ?

    Nous sommes arrivés à la conclusion qu’une nouvelle crise économique mondiale a déjà commencé. Ceci a commencé dès le second semestre 2018, période au cours de laquelle la stagnation fluctuante qui a duré jusqu’alors a dépassé son zénith. Dans cette évolution, la production industrielle et les investissements avaient augmenté et diminué dans des proportions moyennes. Aujourd’hui, un changement qualitatif s’est produit : la production industrielle a considérablement diminué depuis lors dans certains centres impérialistes, tandis que les taux de croissance ont considérablement baissé dans d’autres. La tendance est clairement négative depuis plusieurs mois. Le Fonds monétaire international (FMI) a également tiré la sonnette d’alarme sur ce qu’il appelle un « ralentissement synchrone » dans 90 % des paysxx. Depuis novembre 2018, la production industrielle de la zone euro et de l’UE a connu un déclin absolu. Au second semestre 2018, les premiers pays nouvellement impérialistes comme l’Argentine, le Brésil et la Turquie étaient déjà tombés dans une crise économique ouverte. En juin 2019, la production industrielle dans les pays de l’OCDExxi a baissé de 0,5 pour cent par rapport à l’année précédente. Dans l’UE, la baisse de la production industrielle au deuxième trimestre de 2019 a été de 0,5 % par rapport au même trimestre de l’année précédente. Le déclin de la production industrielle au Japon dure depuis juin 2018. L’industrie automobile mondiale se trouve dans un tourbillon de crise. En juin, l’Institut CAR de l’Université de Duisburg-Essen prévoyait un recul de plus de quatre millions de véhicules vendus dans le monde, passant de 83,7 à 79,5 millions pour l’année 2019, et en mai 2019, les ventes en Chine, le plus important marché de vente, ont diminué de 16,4 % en glissement annuel pour la onzième fois de suite.

    Fait remarquable, l’Allemagne, fleuron de l’économie de l’UE à ce jour, a été particulièrement touchée par la crise. Depuis août 2018, la production industrielle en Allemagne est en baisse en termes absolus par rapport à l’année précédente. Le taux d’utilisation de la capacité est passé de 87,8 pour cent en juillet 2018 à 83,9 pour cent en juillet 2019 et les exportations ont également diminué de façon significative au cours des différents mois. Les commandes industrielles sont en forte baisse. En août 2019 de 6,7 pour cent en glissement annuel. La baisse des commandes dans le secteur de la construction mécanique est particulièrement dramatique : en août 2019, les commandes aux entreprises allemandes ont chuté de 17 pour cent par rapport à l’année précédente.

    Aux Etats-Unis, les taux de croissance de la production industrielle sont en baisse et, en août 2019, ils n’ont augmenté que de 0,4 % par rapport à la même période de l’année précédente, alors qu’en 2018, ils avaient augmenté d’environ 4 % en glissement annuel dans tous les trimestres. En Chine, le produit intérieur brut (PIB) au deuxième trimestre de 2019 n’a augmenté que de 6,2 % par rapport à la même période de l’année précédente, et l’économie chinoise est si faible qu’elle ne l’a pas été depuis 1992xxii.

    Les taux de croissance du produit intérieur brut diminuent à l’échelle internationale depuis le deuxième trimestre de 2018 et dans l’UE depuis le quatrième trimestre de 2017, mais la vision unilatérale du produit intérieur brut fausse l’évolution économique réelle. Parmi les « services » inclus dans le PIB figurent les parts de la production industrielle, mais aussi de nombreux domaines qui ont peu à voir avec la production de biens matériels. Depuis quelque temps déjà, selon les accords internationaux, les dépenses d’armement, le blanchiment d’argent, la contrebande de cigarettes et la prostitution, la spéculation exubérante, les drogues et le versement de pensions importantes sont également considérés comme une nouvelle valeur sociale. Cela met en lumière la décadence du système impérialiste mondial.

    Le déclencheur immédiat de la crise économique mondiale a été la guerre commerciale émanant des États-Unis. Au cours des six derniers mois, un plus grand nombre de biens et services ont été assujettis à des tarifs douaniers que jamais auparavant. La valeur des biens concernés est estimée à 421 milliards d’euros. Cela a de graves effets négatifs sur le commerce mondial dans son ensemble. Il a diminué de 2,8 % au premier semestre 2019 par rapport au premier semestre 2018. Cela a un impact particulier sur le talon d’Achille des pays dont l’économie dépend fortement des exportations, comme l’Allemagne.

    Le contexte général de la nouvelle crise économique mondiale s’explique par l’intensification de la suraccumulation chronique du capital et par les effets cumulatifs sans précédent de trois crises structurelles différentes qui s’interpénètrent : Depuis le début des années 1990, une crise structurelle internationale basée sur la nouvelle organisation du mode de production capitaliste international a pris effet. À cela s’ajoute la crise structurelle provoquée par la conversion de l’industrie automobile à l’électromobilité et la crise structurelle basée sur la digitalisation complète de l’intégralité du processus de production. Elle a un impact universel sur la production, le commerce, la communication et la société dans son ensemble. En 2018, les profits des supermonopoles internationaux se sont élevés à 2,2 billions de dollars US, soit 262 % de plus qu’en 2008. Ce fait leur a permis, après la crise économique et financière mondiale de 2008-2014, d’augmenter considérablement leurs profits maximaux au détriment des autres monopoles, de la bourgeoisie non monopoliste, de la société dans son ensemble et par l’exploitation de l’homme et de la nature. Mais ces bénéfices explosants ne pouvaient être investis pour générer un profit maximal que dans une mesure de plus en plus faible, compte tenu du resserrement relatif des marchés. Le capital spéculatif s’est alors massivement accru. En juin 2019, la capitalisation boursière, c’est-à-dire la valeur boursière des sociétés cotées en bourse dans le monde, était de 83,3 billions de dollars US. En comparaison, ce chiffre était de 60,7 billions en octobre 2007, la valeur la plus élevée au moment du déclenchement de la crise financière. Les journaux économiques mettent déjà en garde contre une « bulle immobilière ou boursière ».

    Mais cette fois-ci le ralentissement en crise est moins abrupt que la dernière fois en 2008 – n’est-ce pas ?

    Jusqu’à présent, la gestion de crise coordonnée au niveau international fait en sorte, effectivement, que l’irruption de crise est moins abrupte qu’à la dernière crise de surproduction. Cependant, la production industrielle en Allemagne est retombée au niveau de l’année 2016. La chute abrupte à l’échelle mondiale avait été provoquée surtout par l’éclatement de la crise financière mondiale et son déclencheur, l’effondrement de Lehman Brothers. Cette crise financière a touché en un rien de temps le cœur du secteur bancaire capitaliste et coupé brusquement les flux financiers mondiaux en 2008. Cela déclencha un fléchissement extrême, simultané sur le plan mondial et profond de la production industrielle. Avec la politique de l’argent bon marché, l’acquisition d’obligations d’État et d’obligations de sociétés par les banques centrales, des mesures de soutien globales monopolistes d’État en faveur des grandes banques, de nouvelles règles pour la réglementation bancaire et des sommes inouïes d’argent pour stabiliser les banques, les dirigeants ont évité jusqu’à présent une telle évolution abrupte. À cette fin, la gestion de crise coordonnée au niveau international, qui avait été mise en œuvre pour la première fois en 2008, a été poursuivie avec des modifications diverses. Mais même ceci n’a pas engendré de relance véritable. La « relance autoporteuse » tant invoquée par la chancelière Merkel s’est avérée, comme nous l’avions prédit, être une chimère du vœu pieu de l’économie politique bourgeoise. La domination impérialiste mondiale est suspendue au goutte-à-goutte de cette gestion de crise internationale, qui est un jeu dangereux avec le feu. La Banque centrale européenne (BCE) à elle seule a acquis 2,65 billions d’euros en dettes sur emprunts obligataires depuis 2015. Si l’on y ajoute à peu près ces 2,65 billions d’euros de dettes transférés par la BCE à ses bilans, aux dettes officielles d’État de la zone euroxxiii, la dette publique réelle de la zone euro s’élève à 12,51 billions d’euros. Cependant, à un moment donné, la limite relative de l’endettement publique deviendra une limite absolue : Cela entraînera des répercussions brusques : d’une l’inflation galopante à des crises d’État, comme celles que nous avons vues en Grèce ou en Argentine en 2010. De plus, l’endettement des sociétés s’est accru de façon spectaculaire. Le FMI craint que si la crise se poursuit, des prêts aux entreprises d’une valeur de 19 billions de dollars seront menacés, et il estime le risque plus grand qu’au début de la dernière crise économique et financière mondiale. La gestion de crise a de moins en moins de vis d’ajustement qui peuvent être tournées davantage en raison de l’endettement publique gonflé et des taux d’intérêt bas ou négatifs pratiquement ininterrompus. En général, elle est minée de plus en plus par l’intensification de la concurrence inter-impérialiste. Pour des raisons économiques et politiques, une nouvelle édition de la gestion de crise coordonnée au niveau international selon le modèle d’alors n’est guère envisageable aujourd’hui.

    Selon le gouvernement, ils ont la situation sous contrôle ‒ et la classe ouvrière et les larges masses n’ont rien à craindre ?

    C’est bien sûr de la pure propagande utilitaire ! Il est prévisible que les monopoles dirigeants et le gouvernement passeront de la politique de la gestion de crise, qui tente d’équilibrer et qui dure depuis des années à une répercussion des fardeaux de la crise sur les masses de plus en plus directe, ouverte et généralisée. Un nombre croissant d’entreprises industrielles, mais aussi des banques, annoncent la suppression d’emplois et menacent ouvertement de licenciements pour motif économique. Ceux-ci ont déjà été réalisés chez la RAGxxiv. À cette violation de tabou suivront d’autres. Le nombre d’ouvriers en chômage technique augmente sensiblement, des dizaines de milliers d’ouvriers intérimaires ont déjà été « radiés ». Cela accentuera les contradictions de classe, en particulier dans les grandes entreprises industrielles. Il y a déjà des actions combatives importantes contre de tels licenciements de masse, planifiés ou déjà réalisés, comme chez Ford au Brésil, en Inde et en Grande Bretagne, chez Général Motors aux États-Unis, au Canada et en Corée ainsi que chez Hyundai en Algérie. Au Brésil, en Corée et en République tchèque, les travailleurs de l’automobile sont à la tête des luttes de masse contre le gouvernement. Après les élections au Landtag en Thuringe, nous donnerons une priorité au renforcement de nos forces auprès et dans les grandes entreprises et les syndicats.

    Nous vivrons aussi de nouvelles attaques contre les acquis sociaux des masses. L’association fédérale de l’industrie allemande, la BDI, réclame déjà un nouveau programme de crise d’un montant de 400 milliards d’euros, qui est censé d’être extorqué de la société entière. Cela touchera aussi les familles et les femmes en particulier, qui doivent « absorber » ces fardeaux de la crise dans les familles individuelles en tant que plus petites unités économiques. Cela sera sans doute aussi un sujet lors du Conseil politique des femmes du 1er au 3 novembre à Erfurt. C’est le congrès auto-organisé le plus important du mouvement combatif des femmes en Allemagne.

    Selon la logique perverse des forces dominantes, cette situation actuelle ne laisse pas non plus de marge de manœuvre pour prendre des mesures sérieuses contre la crise environnementale mondiale. Dans ce contexte, celle-ci deviendra encore plus aiguë. Les crises politiques latentes auront tendance à s’exacerber et à éclater ouvertement plus souvent et plus profondément. La lutte concurrentielle internationale s’intensifiera et sapera encore davantage le fonctionnement des formes internationales d’organisation du capital financier international dominant sans partage. La préparation générale à la guerre sera encore renforcée et pourra également se transformer en menace de guerre imminente. Nous le voyons actuellement déjà avec l’attaque du régime turc fasciste Erdoğan contre le Rojava, ce qui est contraire au droit international. Toutes les contradictions sociales seront poussées à l’extrême. Pour le moment cela ne se fait généralement pas encore de façon incontrôlée et abrupte. En Allemagne, cela va même de pair avec quelques petites concessions partielles aux masses. Nous savons aussi que la chancelière Angela Merkel est passée maître dans l’art de rassurer les masses avec de petites concessions, surtout dans les situations de crise. Mais la tendance générale du système impérialiste mondial à produire des crises continuera de s’intensifier et prendra inévitablement un caractère ouvert à un moment donné. Elle va de plus en plus entrer en opposition à la préparation matérielle en progression des États socialistes unis du monde. Cela aussi met les masses de plus en plus en contradiction au capitalisme. Elles voient toujours plus clairement ce qui serait réellement possible ‒ et dans quelle mesure le capitalisme empêche que toute la société, l’homme et la nature, bénéficient du progrès scientifique et technique.

    La polarisation sociétale continuera à s’intensifier : entre le développement vers la droite du gouvernement et des partis bourgeois d’une part et le revirement de l’état d’esprit progressif au sein des masses d’autre part. Il est remarquable que, entre-temps, ce développement vers la droite a subi aussi certaines défaites au niveau international. Par exemple, la chute du ministre de l’Intérieur italien ultraréactionnaire Salvini ou du gouvernement autrichien Kurz/Strache, les problèmes considérables du président américain Trump, du président turc Erdoğan et du Premier ministre britannique Johnson. Les contradictions augmentent également dans le camp des dirigeants mêmes. Après tout, la conversation téléphonique de Trump avec le président ukrainien Selenskyj a été révélée par un agent de la CIA. Il s’y agit apparemment aussi d’un différend sur l’orientation des tactiques au sein des dirigeants. Les parties du capital financier international qui ont besoin d’un bon fonctionnement du commerce mondial ne sont plus aussi facilement prêtes à accepter les mesures protectionnistes d’un Donald Trump.

    En temps de crise économique, l’expérience montre que la recherche d’une issue individuelle ou aussi le souci de son propre emploi accroissent spontanément. Dans cette situation en particulier, les forces ultraréactionnaires et fascisantes ou même ouvertement fascistes font tout ce qui est en leur pouvoir pour détruire par leur démagogie la conscience de classe prolétarienne, la conscience environnementale ou aussi la conscience internationaliste. L’intensification de la concurrence inter-impérialiste alimentera aussi le social-chauvinisme des dirigeants. Bref, en tant que marxistes-léninistes, nous sommes appelés à examiner, qualifier et mener à bien, de façon très précise et différenciée, cette lutte déployée pour le mode de pensée. Il s’agit de développer systématiquement, avec beaucoup de profondeur, notre stratégie et tactique dans la lutte de classe et notre stratégie et tactique dans la lutte pour le mode de pensée des masses.

    Qu’est-ce qui pousse le Verfassungsschutzxxv à « réévaluer » le MLPD ?

    Depuis longtemps, les dirigeants ont mis en marche leurs services secrets pour mettre les gens en garde contre la « dissolution des frontières de l’extrémisme (présumé) »xxvi au sein de la société. Aujourd’hui, ils y voient la plus grande menace pour le système capitaliste. Dans leur jargon, rien d’autre n’y est exprimé que le fait que les marxistes-léninistes acquièrent une l’influence de masse. Après une conférence des ministres de l’intérieur en juin 2019, le Service de renseignement intérieur a littéralement « réévalué » le MLPD dans son rapport annuel. Ils augmentent le nombre de nos membres de près de 60 pour cent, passant de 1 800 à 2 800. Ils sont particulièrement préoccupés par notre clarté idéologico-politique. Ainsi, le rapport du Service de renseignement intérieur met en garde contre le futur « potentiel » de nos « analyses exhaustives », avec lesquelles nous pourrions « inspirer idéologiquement » d’autres forces « comme incendiaires intellectuels »xxvii Depuis mai 2018, nous observons qu’un changement de tactique concret contre le MLPD a été initié, qui prend forme de plus en plus. La Cour d’appel d’Iéna a décidé qu’il ne devait pas y avoir d’enquête pénale en raison de la plainte déposée par Stefan Engel contre le ministre fédéral de l’Intérieur Horst Seehofer, contre l’ancien président du Service de renseignement intérieur Hans-Georg Maaßen et contre le policier Dirk Löther, responsable opérationnel des attaques contre le Festival de musique rebelle et contre le MLPD à la Pentecôte de l’année dernière. Il est scandaleux que l’appareil d’État puisse simplement déclarer un révolutionnaire comme Stefan Engel, qui a été président du MLPD pendant 37 ans et qui est aujourd’hui directeur de la rédaction de notre organe théorique Revolutionärer Weg, comme étant un « perturbateur présumé » – et leur action arbitraire et illégale reste impunie. Pour Stefan Engel, d’autre part, toutes les possibilités légales d’autodéfense devraient être supprimées. Dans d’autres procès et interdictions, il est frappant également que Stefan Engel est particulièrement la cible d’attaques par l’État et les services secrets. Ainsi, d’après l’interprétation de la Cour, lui il nedevrait explicitement pas parler au site commémoratif à Buchenwald, parce qu’il voudrait y faire des références à l’actualité. Ce n’est qu’après de fortes contestations et une véritable vague de protestations que la commémoration du 75e anniversaire de l’assassinat de Ernst Thälmann, organisée par le MLPD, a pu être réalisée. Elle a d’abord été interdite par une justification ouvertement anticommuniste. Cette argumentation ouvertement anticommuniste, qui jusqu’à présent avait souvent été dissimulée derrière des subterfuges formelles, nous permet à notre tour de la traiter ouvertement et en masse, ce que nous avons bien fait.

    De plus, il y a de plus en plus des menaces de mort fascistes ou même d’attaques contre les principaux représentants du MLPD, en particulier Monika Gärtner-Engel. Mais il y avait aussi une menace de mort contre Stefan Engel, Lisa Gärtner et moi-même, qui menaçait de nous « exterminer complètement » et de « détruire » l’idéologie « bolchevique ». C’est là que les activités des différents acteurs se rejoignent dans le but commun de repousser le MLPD dans l’isolement, de le combattre, de l’intimider et finalement de le liquider. Cependant, jusqu’à présent toutes ces mesures ont eu l’effet inverse. En Allemagne, les dirigeants continuent de s’appuyer principalement sur leur système du mode de pensée petit-bourgeois comme méthode principale de gouverner – avec son noyau central d’anticommunisme moderne. Ils sont bien sûr conscients que cette méthode est toujours leur bastion le plus fort. Cependant, cette méthode fonctionne de moins en moins et les gens viennent à bout de mieux en mieux de l’anticommunisme moderne.

    Le MLPD, n’en fait-il pas trop pour l’instant – en concentrant maintenant, en plus de tout cela, les forces sur la Thuringe ?

    Pas du tout, ça tombe bien de poursuivre cette discussion lors des élections du Land de Thuringe ‒ en tant que point de mire des événements politiques, que tout le monde considère une fois de plus comme une « élection test ». Dès le début, nous avons conçu cette campagne électorale pour l’ensemble du parti comme une école de la construction systématique du parti. Cela s’étend maintenant à une école de la lutte pour le rôle sociétal général du MLPD dans la lutte contre les répressions anticommunistes. Cette campagne électorale du Land se déroule sous le signe d’une polarisation sociétale virulente. Ici, la crise de confiance dans toute la politique bourgeoise est particulièrement prononcée. Les monopoles insistent pour que l’Est reste une zone de bas salaires permanente. Les propositions visant à développer même des zones économiques spéciales ‒ avec une privation de droits particulière, une sortie des conventions collectives, moins de droits sociaux et d’exigences environnementales ‒ sont de plus en plus nombreuses. La semaine dernière, les monopoles ont fait éclater de façon provocante les négociations collectives autour des 35 heures par semaine avec compensation de salaire intégrale. Le MLPD est le seul parti qui défend constamment l’unité ouvrière à l’Est et à l’Ouest, ce qui représente beaucoup d’atouts pour nous. Dans le même temps, 18 partis sont en lice et il y a encore beaucoup de confusion parmi les masses sur ce qui est de gauche, de droite, sur ce qui est « social » et ce qui est de la démagogie bourgeoise ou fascisante. La Liste Internationaliste / MLPD apporte sa compétence concentrée, ses nouveaux politiciens, femmes et hommes. Le MLPD profite de la campagne électorale pour lancer une offensive en faveur du véritable socialisme et contre l’anticommunisme moderne.

    Benjamin Immanuel-Hoff, chef de la Chancellerie d’État du Premier ministre Bodo Ramelow du Linkspartei [Parti de gauche] et l’un des instigateurs de l’interdiction des activités commémoratives à Buchenwald, s’est récemment plaint dans le journal de la grande bourgeoisie, FAZ, du manque d’appréciation de la part des dirigeants pour le travail du Linkspartei. La contribution importante du Linkspartei était que « les Allemands de l’Est ont été intégrés dans la société parce que … la ‘Gauche’ d’aujourd’hui se considère comme un parti socialiste au sein de cette société »xxviii. Cette arrivée dans le capitalisme a joué un rôle décisif dans la crise croissante du Linkspartei.

    D’ailleurs, l’AfD ne veut en aucun cas non plus surmonter le système capitaliste. En Thuringe, elle se présente avec le fasciste Björn Höcke en tant que premier candidat ‒ comme bastion de l’anticommunisme. Le porte-parole fédéral de l’AfD, Alexander Gauland, a déclaré en août dans FAZ qu’il était bien sûr strictement opposé à toute « révolution », même si son parti la revendiquait sur des affiches. Lui et son AfD seraient « tout à fait bourgeois ». Ici ‒ dans l’espoir d’une plus grande reconnaissance bourgeoise ‒ il a exceptionnellement dit la vérité. L’AfD ne veut que canaliser la protestation dans une voie raciste, nationaliste et ultraréactionnaire.

    La lutte antifasciste et le travail d’implantation antifasciste sont un axe important de la campagne électorale en Thuringe. Radicalement de gauche, révolutionnaire et pour le véritable socialisme – telles sont les caractéristiques uniques et distinctives du MLPD dans ces élections.

    Cela doit encore être clarifié et souligné davantage dans la lutte contre la démagogie sociale-fascisante et sociale-fasciste perfide de Höcke et Co, mais aussi du NPD. L’autoportrait du AfD en tant que « parti de protestation » montre certainement son effet sur une partie des masses à faible conscience de classe. Nous devons démasquer entièrement le fait que c’est un parti des monopoles et des grands propriétaires fonciers qui fait ici son méfait démagogique. Même si ces démagogues se produisent particulièrement bruyants : C’est une erreur de jugement qu’ils domineraient l’ambiance générale. La majorité des gens sont antifascistes, mais ils doivent aussi encore obtenir de meilleurs arguments de notre part, tout comme les gens qui sont influencés par l’AfD. La lutte massive pour le mode de pensée, pour éplucher cette démagogie avec des arguments tout à fait convaincants, est actuellement la tâche principalepour étouffer le mal dans l’œuf !

    Bien sûr, beaucoup de gens voteront à nouveau tactiquement. Pour empêcher l’AfD ou la CDU ou pour faire une crasse à ceux qui dirigent. Nous critiquons cela avec camaraderie : il faut élire par conviction et faire ce qu’il faut au lieu d’accepter le rôle de jouet dans le marchandage bourgeois des partis. Dans tous les cas, nous lutterons pour chaque vote ‒ et ferons des progrès durables dans la construction du parti. Avant de commencer ce travail, nous n’étions représentés de façon organisée en Thuringe qu’à trois localités. Maintenant, il y en a déjà 16. Au total, nous menons déjà des activités de campagne électorale à plus de 30 villes. Dans les dernières semaines de la campagne électorale, la lutte pour chaque voix doit devenir encore plus centrale.

    Dans cette évolution, reste-t-il vraiment du temps pour le travail théorique ?

    Il y a une interpénétration très étroite des travaux pratiques et théoriques où les nouveaux phénomènes et les changements essentiels sont qualifiés. Sous la direction de Stefan Engel, la rédaction de Revolutionärer Weg travaille intensément sur le volume 36 de cette série : « La crise de l’idéologie bourgeoise ». En effet, pour nous, le travail théorique n’est jamais un débat entre universitaires, mais se réfère aux questions qu’il faut résoudre au sein du parti et parmi les masses. Nous devons travailler encore mieux et plus intensément avec l’organe Revolutionärer Weg dans le travail d’implantation qui encourage la prise de conscience. Stefan Engel en a parlé en détail dans une interview avec Rote Fahne no 15/2019. En ce moment, nous devons surtout faire peser l’arme de la polémique scientifique et prolétarienne. Les autres partis font entendre soit des apaisements pour brouiller les contradictions de classe, soit de la démagogie ignoble, soit des pleurnicheries générales sur la situation mondiale (qu’ils ont eux-mêmes provoquée). Notre signe distinctif est de parler ouvertement à tout moment, d’appeler un chat un chat, de polariser, de donner des réponses profondes, univoques et positives aux questions de l’époque, qui partent toujours de la position prolétarienne. La polémique est indispensable justement dans cette situation compliquée et déroutante pour beaucoup de gens : pour voir clair, diffuser la clarté, s’orienter, donner une orientation et aborder la lutte avec perspective, confiance en soi et assurance. C’est particulièrement vrai chez les jeunes, où les idées marxistes-léninistes sont encore le moins ancrées, mais où le potentiel est le plus grand. Le débat idéologique les aidera à ne pas devenir si facilement le jouet de l’évolution spontané, mais d’évoluer en jeunes révolutionnaires qui pensent et agissent de manière autonome.

    La crise générale du système impérialiste est aussi une crise profonde de l’idéologie bourgeoise, avec toutes ses variantes comme le pragmatisme, le positivisme, le scepticisme ou le négativisme. Avec Voie révolutionnaire 36, nous organiserons une offensive idéologique parmi les masses afin de disséquer tous azimuts l’anticommunisme moderne, mais aussi de type ouvertement agressif. Cela signifie aussi consolider la maîtrise de l’idéologie prolétarienne et développer cette dernière de manière créative. En fait partie de dénoncer la prétendue « liberté de toute idéologie » du capitalisme monopoliste d’État comme mensonge vital. Cette prétendue absence d’idéologie est une nouvelle arme pour défendre l’idéologie bourgeoise toutes griffes dehors. Leur « liberté » se termine toujours exactement quand l’idéologie prolétarienne, le marxisme-léninisme, devient dangereuse pour eux.

    Cette phase peut certes prendre plusieurs années avant que nous ayons conquis un rôle dans toute la société. Il s’agit d’un processus important d’auto-changement dans notre campagne de critique et d’autocritique, pour lequel le MLPD se bat actuellement avec beaucoup de bravoure. Ainsi, nous pouvons nous attendre à des temps riches en événements !

    Merci beaucoup pour cette interview !

    i

    Culmination = aggravation, point culminant : apogée d’un processus, d’un développement, où il y a une décision

    ii AfD = Alternative für Deutschland [Alternative pour l’Allemagne]

    iii NPD = Nationaldemokratische Partei Deutschlands [Parti national-démocrate d‘Allemagne]

    iv Ceci ne s’applique qu’à la circulation des journaux imprimés contenant des articles. En ligne, il n’y a pas de données.

    v Verdi = Vereinte Dienstleistungsgewerkschaft [syndicat uni des services]

    vi IG Metall = Industriegewerkschaft Metall [syndicat industriel métallurgique]

    vii IGBCE = Industriegewerkschaft Bergbau, Chemie, Energie [Syndicat industriel des mines, de la chimie et de l’énergie]

    viii ICOR = Coordination international de partis et organisations révolutionnaires

    ix ILPS = Ligue internationale de lutte pour la libération

    x ONG = Organisation non gouvernementale

    xi Activité scissionniste et destructrice dans le mouvement ouvrier (mots étrangers et définitions pour la série Revolutionärer Weg 1-28, édition étendue).

    xii SPD = Parti social-démocrate d’Allemagne

    xiii « Orga » = Équipes organisatrices de FFF qui cependant, dans la plupart des localités, ne sont ni élues ni officiellement légitimées

    xiv Neues Deutschland du 13.9.1951

    xv Loi EEG = Loi sur les énergies renouvelables

    xvi DKP = Deutsche Kommunistische Partei [Parti communiste allemand]

    xvii Site web de la Fondation Heinrich Böll

    xviii BDS = Boycott, désinvestissement et sanctions

    xix Dans des résolutions de l’ONU, ces colonies ont déjà été désignées comme illégales.

    xx FAZ du 9.10.2019

    xxi OCDE = Organisation de coopération et de développement économiques

    xxii Zeit.de, 15.7.2019

    xxiii Fin 2018 dans un total de 9,86 billions d’euros

    xxiv RAG = Ruhrkohle-AG, producteur de charbon et négociant allemand

    xxv Verfassungsschutz = Office fédéral pour la protection de la Constitution [Service de renseignement intérieur]

    xxvi FAZ du 26.8.2019

    xxvii Rapport du Verfassungsschutz au niveau national 2018, p. 135

    xxviii FAZ du 17.9.2019

  • 75e anniversaire de la libération des camps.

    75e anniversaire de la libération des camps.

    Il y a 75 ans, les troupes soviétiques pénétraient en Allemagne. Elles découvraient l’univers exterminatoire nazi. Si le système concentrationnaire était connu depuis sa création en 1933, celui-ci était placé sous le sceau du secret. Seuls ses bourreaux et quelques survivants, échappés ou libérés, avaient pu en parler. Ils n’avaient pas été crus. Ceux qui partaient dans les convois partaient vers le néant, vers la nuit et le brouillard.

    Près de 4 millions de personnes ont pris ce chemin. A cela s’ajoute ceux et celles tuées par les balles, par la faim, par la maladie, par la guerre elle-même. Une poignée, un nombre minuscule en sont revenues. Nos pensées vont vers ces victimes, vers leurs proches, leurs descendants et leurs descendantes. Pour que leur voix soit entendue, pour qu’elle soit écoutée, il a fallu des années de lutte.

    Révélé à la face du monde, le crime nazi est, 75 ans après, un marqueur de l’horreur absolue. Les survivants et survivantes ont dépeint un univers invraisemblable. Un univers de règles absurdes, infâmes, où les châtiments, l’arbitraire et la mort sont omniprésents. Une société parallèle, dans laquelle toutes les normes et les convenances qui caractérisent la civilisation sont abolies. Un monde mu par un objectif : rentabiliser et industrialiser la mort des êtres humains.

    Les nazis ont accordé une priorité immense à ce projet. Cette priorité était si grande qu’elle justifiait la priorité des convois vers les camps d’extermination. En 1944/1945 alors que le réseau ferré était disloqué, que le combustible était rationné et que les locomotives étaient attaquées sans répit par l’aviation, les convois roulaient toujours.

    Les nazis ont nourri une vision millénariste1 et eschatologique2 de leur rôle. Un rôle d’élimination de toute ce qui pourrait « corrompre » leur race. Les études sur la mentalité des élites nazies3 montrent que ces derniers s’étaient nourries d’un sentiment d’encerclement, de menace, de conspiration. Leur réponse a été le génocide.

    À ce projet se sont rajoutés des intérêts très matériels, qui sont ceux qui ont permis l’arrivée au pouvoir de cette clique de bandits. La lutte contre le communisme, condensé dans la nébuleuse du judéo-bolchevisme. L’expansionnisme de l’impérialisme allemand. La volonté de devenir la puissance dominante du continent Européen, puis du monde. Ce qui a fourni la base matérielle à la machine génocidaire nazie, c’est le grand capital.

    Au nom de la lutte contre le judéo-bolchevisme, en prétendant agir pour la survie de la race, le grand capital allemand et le gouvernement nazi ont conjointement organisé, froidement une élimination systématique de tout ce qui pouvait s’opposer à son ordre. En instrumentalisant les angoisses de la société allemande, les dirigeants nazis et la grande bourgeoisie allemande ont préparé le plus grand conflit de l’histoire de l’humanité.

    Les nazis n’ont pas inventé la déshumanisation des cibles et des victimes. L’impérialisme et le colonialisme l’avaient fait avant eux. Le colonialisme a justifié racialement, derrière l’argument de la civilisation ou de la supériorité génétique, la domination la plus brutale. Le nazisme est à la croisée des chemins, entre l’extermination des populations en Afrique, entre l’extermination mi-raciale, mi-politique des Arméniens, entre l’application stricte du colonialisme en Europe de l’Est.

    Cette filiation entre le nazisme et l’impérialisme avait déjà été dénoncée par Aimé Césaire :

    « Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral.

    […]

    c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’œil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens ; que ce nazisme-là, on l’a cultivé, on en est responsable.

    […]

    Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXe siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation de l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique »4

    Les SS se sont construits des fortunes personnelles sur le détournement des richesses, sur les vols, les extorsions et les spoliations. Mais ils n’ont pas été seuls. Les propriétés foncières et immobilières des Juifs ont été un enjeu de spéculation et d’enrichissement dans tous les pays occupés -France comprise !5

    Dans chaque pays, les nazis ont pu trouver des relais pour faciliter leur travail d’extermination. L’État français, dès avant la guerre, avant la mort de la IIIe République, avait ouvert des camps de concentration pour y interner les Juifs allemands, les communistes et les combattants républicains. Sous le régime de Vichy, les autorités ont non seulement offert leur aide, mais ont même dépassé les attentes des nazis. Des fortunes se sont bâties sur ces crimes, comme celle de L’Oréal, comme celle de Coco Chanel, comme celle de Louis Renault.

    Aujourd’hui, certains pays tentent de taire la réalité de cette collaboration. Les antisémites polonais, en dépit du statut de victime de ce pays, n’ont pas hésité à contribuer à l’anéantissement des juifs. La Pologne a ainsi tenté d’interdire l’évocation de cette collaboration.6

    Après la guerre, à l’Ouest, les fonctionnaires nazis sont restés en place, ont continué leur travail, se protégeant mutuellement. Après une rapide épuration, il faut attendre le milieu des années 1960 pour que des procès aient lieu. D’autres nazis sans emplois ont trouvé leur place dans les services secrets, à la CIA ou dans l’organisation Gehlen. Ils étaient trop précieux, leur savoir faire trop important, pour ne pas l’utiliser contre l’Union soviétique. Dans bien des cas, les bourreaux n’ont été jugés que lorsqu’ils n’avaient plus d’utilité aux yeux de leurs nouveaux employeurs. De même, la condamnation de la collaboration étatique n’est arrivée qu’a un moment, 50 ans après, où elle ne risquait guère plus d’incriminer quelque fonctionnaire zélé.

    Des individus sans scrupule ont essayé d’instrumentaliser l’existence du système concentrationnaire nazi. Les crypto-nazis comme Ernst Nolte, historien Allemand, en ont fait une réponse à la violence bolchevique. Ils ont justifié l’existence du nazisme comme le moyen de défense de la civilisation contre l’hydre communiste. Le but ultime étant à la fois de salir le mouvement révolutionnaire, mais également de réhabiliter le national-socialisme.

    Quoiqu’on puisse penser du système répressif soviétique, celui-ci n’a jamais eu comme ambition d’exterminer des parties de la population. Ceux qui ont essayé d’inventer une similarité dans les moyens et dans les buts, entre les nazis et les communistes, se sont heurté au prisme de la réalité. Le système carcéral soviétique était le reflet de la lutte aiguë entre les classes sociales et de l’extraordinaire difficulté de la construction du socialisme. Surtout, même dans les moments de répression les plus violents, dont l’ampleur échappait à leurs initiateurs premiers7, le but n’a jamais été d’exterminer les individus, et ceux-ci n’étaient pas ciblés d’office en raison de leur naissance.8 Dékoulakisation ou grandes purges ont ciblé des individus en rapport à leur positionnement social ou idéologique, pas pour leur race ou leur religion.

    Aujourd’hui, alors que seuls des fanatiques anticommunistes la défendent, l’assimilation entre le nazisme et le communisme est toujours influente dans la société. Elle sert souvent, par effet d’amalgame, à salir la lutte politique contre la bourgeoisie. Amalgamer l’histoire soviétique, avec ses travers et ses défaillances, et la Shoah, constitue l’un des plus épouvantables tours de passe-passe de la bourgeoisie.

    Nous ne pouvons accepter que les génocides soient utilisés sans vergogne. Il est inacceptable que le souvenir du génocide Juif soit un argument pour rendre imperméable à la critique la politique d’Israël. Nous n’acceptons pas non plus ceux qui font la démarche inverse, et qui utilisent l’impérialisme et le colonialisme israélien comme une justification du génocide. Les deux sont répugnants.

    D’autres, au contraire, veulent effacer le souvenir de ces crimes pour mieux les réaliser à nouveau. Les négationnistes et les révisionnistes ont encore pignon sur rue, à l’heure actuelle.

    Aujourd’hui, certains rêvent toujours de faire revivre cet univers d’extermination. Aujourd’hui, des équations toute aussi inquiétantes émergent. Le paradigme de l’islamo-gauchisme prend la place du judéo-bolchevisme, occupe la même fonction. Les nuages noirs du conspirationnisme, de l’escalade militaire, de la caporalisation de la société, s’amoncellent à nouveau. Il n’existe aucune garantie qu’un nouvel orage ne se déchaîne pas.

    Commémorer, ce n’est uniquement que regarder vers le passé. C’est également prendre conscience que les conditions qui ont permis à la conférence de Wannsee d’avoir lieu sont toujours réunies. Comme le disait Alain Resnais dans nuit et brouillard :

    «  Il y a nous, qui regardons sincèrement ces ruines comme si le vieux monstre concentrationnaire était mort sous les décombres, qui feignons de reprendre espoir devant cette image qui s’éloigne, comme si on guérissait de la peste concentrationnaire, nous qui feignons de croire que tout cela est d’un seul temps et d’un seul pays, et qui ne pensons pas à regarder autour de nous, et qui n’entendons pas qu’on crie sans fin. »

    1Le millénarisme, ou chiliasme, est une doctrine religieuse qui soutient l’idée d’un règne terrestre du Messie, après que celui-ci aura chassé l’Antéchrist et préalablement au Jugement dernier.

    2L’eschatologie est le discours sur la fin du monde ou la fin des temps. Il relève de la théologie et de la philosophie en lien avec les derniers temps, les derniers événements de l’histoire du monde ou l’ultime destinée du genre humain, couramment appelée la « fin du monde ».

    3Ingrao, C. (2011). Croire et détruire : Les intellectuels dans la machine de guerre SS. Pluriel.

    4Aimé Césaire : “Discours sur le colonialisme” (1950)

    5http://www.memorialdelashoah.org/evenements-expositions/expositions/archives-des-expositions/la-spoliation-des-juifs.html

    6https://www.franceculture.fr/emissions/le-tour-du-monde-des-idees/loccupation-de-la-pologne-par-les-nazis-face-brillante-face-sombre

    7Getty, J. A. (1994). Origins of the great purges : The Soviet Communist Party reconsidered, 1933 – 1938 (Reprinted). Cambridge Univ. Press.

    8https://www.persee.fr/doc/slave_0080-2557_1993_num_65_4_6134

  • Résolution ICOR sur la situation en Iran

    Résolution ICOR sur la situation en Iran

    L’impérialisme US-américain met en danger la paix dans le monde – résistance active à l’échelle mondiale

    L’ICOR condamne fermement l’action agressive et dangereuse du gouvernement américain. Avec l’assassinat du général iranien Soleimani, qui équivaut quasiment à une déclaration de guerre, le danger d’un nouveau conflit aux conséquences imprévisibles s’est exacerbé considérablement. Cela augmente le danger général de guerre. Le général Soleimani a été commandant des milices pro-iraniennes en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen. Les peuples du Moyen-Orient géo-stratégiquement important souffrent depuis des décennies des agressions militaires continues de l’armée US-américaine, qui en ce moment provoque une nouvelle guerre. C’est une violation évidente du droit international et un acte de terrorisme d’État dans le but d’étendre les zones d’intérêt de l’impérialisme US-américain et en même temps aussi une lutte entre le fauteur de guerre principal, les États-Unis, et le groupe de Shanghai pour le contrôle de cette région. De cette manière Trump essaie également de se stabiliser au niveau national.    

    Nous exigeons le retrait immédiat des toutes les troupes étrangères. Nous appelons toutes les forces progressistes à organiser des manifestations de protestation et des grèves comme actuellement déjà dans beaucoup de pays et d’y participer, nous les appelons à se préparer au jour X et à protester activement contre les dangers d’un déclenchement de guerre. L’ICOR coordonnera les activités et des signataires de cette résolution organiseront et réaliseront des protestations dans leurs pays. 

    La République islamique d’Iran est une dictature capitaliste, fasciste brutale. Ses quatre décennies de gouvernement ont conduit le pays au bord de l’effondrement économique et social. À l’intérieur de l’Iran, la situation s’est considérablement aggravée aussi dû aux sanctions économiques. À la fin de 2019, il y a eu des grèves et protestations dans tout le pays qui ont été brutalement réprimées. La lutte de classe a déclenché un processus d’effervescence révolutionnaire, où la classe ouvrière représente la force dirigeante. Dans la vague de grèves il s’agissait de travail, de pain et de paix. Les protestations des ouvriers et des larges masses se sont non seulement dirigées contre la répercussion des fardeaux de la crise, mais de plus en plus de voix s’élèvent également contre les agressions expansionnistes de l’Iran au Yémen, au Liban, en Irak, en Syrie et en Afghanistan. Le régime réactionnaire tente maintenant d’utiliser les lâches attaques US-américaines pour ses politiques nationaliste-réactionnaire et expansionniste et de gagner les masses à elles. Outre l’influence des forces fascistes-islamistes, c’est le conflit militaire qui doit désormais saper la lutte des masses en Iran et en Irak pour la démocratie, la liberté et le développement. La marée violente des combats marque le développement et le conflit en Iran.

    Le gouvernement a essayé de détourner les protestations de masse contre les États-Unis à son profit comme soutien de masse pour lui-même. Mais peu de temps après, les masses en Iran ont été indignées contre le gouvernement pour l’abattage négligent d’un avion de l’aviation civile et la politique de dissimulation réactionnaire. Mais avant tout, le peuple iranien ne peut pas oublier le meurtre et l’emprisonnement de milliers de manifestants en novembre 2019 et pendant bien des années auparavant.

    Cependant, les luttes ouvrières et populaires les plus importantes de la région ont émergé de cette répression. La situation, qui est très compliquée pour la classe ouvrière et les masses, exige le renforcement inconditionnel des forces révolutionnaires et marxistes-léninistes conscientes du but à atteindre en Iran. Elles travaillent dans les conditions les plus difficiles et elles ont toute notre solidarité. Nous sommes aux côtés des masses iraniennes et de tous les révolutionnaires qui luttent pour les véritables intérêts des ouvriers et des larges masses contre l’agression impérialiste étrangère et le régime hostile au peuple dans le pays. 

    Résistance active contre le fauteur de guerre principal et l’ennemi de tous les peuples, l’impérialisme US-Américain !

    Toutes les troupes étrangères hors des pays du Moyen-Orient !

    Résistance active contre l’agression et les guerres impérialistes !

    Renforcez l’organisation révolutionnaire mondiale l’ICOR !

    Signataires (en date du 20/01/2020, liste actuelle des signataires sur www.icor.info):

    1. PCPCI   Parti Communiste Proletarien de Côte d’Ivoire (Parti Communiste Proletarien de Côte d’Ivoire)
    2. MMLPL   Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    3. CPSA (ML)   Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    4. PCT   Parti Comuniste du Togo Togo
    5. PPDS   Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    6. MLOA   Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)
    7. CPB   Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    8. CPI (ML) Red Star   Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    9. Ranjbaran   Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
    10. PPRF   Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
    11. NDMLP   New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
    12. БКП   Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    13. PR-ByH   Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine), Bosnie et Herzégovine
    14. MLPD   Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    15. UCLyon   Unité Communiste Lyon, France
    16. UPML   Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    17. KOL   Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    18. MIKSZ   Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise)
    19. RM   Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    20. MLGS   Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    21. MLKP   Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    22. KSRD   Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    23. БРП(к)   Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes))
    24. MLP   Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie
    25. PCC-M   Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    26. NPCH (ML)   Nouveau Parti Communiste Haϊtien (Marxiste-Léniniste)
    27. PCP (independiente)   Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    28. BDP   Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
    29. PML del Perú   Partido Marxista Leninista del Perú (Parti marxiste-léniniste du Pérou)
    30. PC (ML)   Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    31. NCP (Mashal)   Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    32. CPA/ML   Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
    33. RCP   Revolutionary Communist Party of Egypt (Partie communiste révolutionnaire d’Egypte)
    34. UPC-Manidem   Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie, Cameroun
  • Hommage à Lénine.

    Hommage à Lénine.

    Le 21 janvier 1924, Lénine mourrait des suites d’une hémorragie cérébrale.

    96 ans après sa mort, son nom est toujours synonyme de combat révolutionnaire. Son nom est toujours synonyme de victoire.

    Comment pourrait-il en être autrement, tant son rôle a été important dans l’histoire du mouvement communiste, tant il a pu l’être aussi dans l’histoire de la révolution russe. Aucun autre bolchevique n’aura pesé tant de poids dans les décisions du Parti, dans les décisions de la révolution.

    Lénine a enrichi le marxisme de ses apports. Ses travaux ont permis d’intégrer le développement d’une nouvelle ère, celle de l’impérialisme, dans l’analyse économique marxiste. Ils ont permis aussi que décante définitivement la séparation entre le marxisme révisé, réformiste, chauvin, et le marxisme révolutionnaire, bolchevique.

    Lénine a consolidé le marxisme, et en a défendu les aspects les plus importants. La question de l’internationalisme, dans l’anti-impérialisme, mais aussi la question de l’État et de la dictature du prolétariat.

    Son rôle, aux côtés d’autres acteurs, dans le développement d’un nouveau type de parti, d’un parti révolutionnaire, est encore, aujourd’hui, une source d’enrichissement. Lire Lénine est d’une importance considérable. Comprendre le lent travail d’agrégation des forces, le lent travail de coordination, de décantation, permet de voir l’immensité des tâches que nous avons devant nous.

    Lénine s’est montré à plusieurs reprises d’une dureté de fer dans son rôle de dirigeant du Parti. Et pour cause, au-dessus de tous les principes, il a toujours placé l’impératif d’efficacité, la nécessité de la prise de décision. Le Parti étant là nous pour être un fétiche, une contre-culture ou une contre-société, mais comme un moyen pour emporter la décision. Ce que Lénine avait mieux compris que quiconque à sa période, était la primauté de l’efficacité. Il ne suffisait pas d’avoir raison sur le fond, théoriquement et idéologiquement, il fallait encore avoir raison sur la forme et sur l’opératique.

    En bon lecteur de Clausewitz, Lénine a contribué donc à organiser le Parti sur un modèle militaire : capable de débattre, de discuter, d’avoir des échanges théorique très poussés, comprenant d’ailleurs un panel de positions important, mais capable d’agir d’un seul bloc. Là résidait l’essence du centralisme démocratique : dans le fait d’être capable de répondre aux exigences de la lutte réelle.

    Paradoxalement, Lénine n’a pas toujours été le meilleur élève de ce principe. Au nom du principe premier d’efficacité, il n’hésitait pas à entrer en conflit très violent avec le Politburo, notamment sur la question du déclenchement de l’insurrection ou de la paix de Brest-Litovsk. Quitte, pour cela, à mettre sa démission dans la balance. De ce point de vue-là, Lénine a toujours agi comme un élève de Clausewitz, considérant qu’il fallait saisir les opportunités, même si cela demandait de naviguer à vue.

    Même Staline, dont ont surestime constamment le rôle individuel, n’a eu une telle autorité sur l’appareil du Parti.1

    Dans le fond, lorsque l’on sort du récit romancé de la construction de l’URSS, ce qui saute aux yeux est l’absence de plan préétabli. Les bolcheviques, notamment grâce à une direction efficace, sont parvenus à l’emporter bien au de leurs espoirs. Mais la victoire posait de nouvelles problématiques, dont la construction du socialisme.

    Les bolcheviques avaient gagné, mais la révolution mondiale s’était enrayée. Ils étaient seuls. Sans miracle. La révolution allemande avait fait long feu. La Hongrie était écrasée dans le sang. Le prolétariat occidental pansait les plaies de la guerre. Celui d’Orient était encore dans la nuit du colonialisme.

    Il leur fallait donc « faire avec » ou abandonner. Lénine, encore, avait été capable d’une clairvoyance impressionante. Maintenir et renforcer l’alliance entre la paysannerie et le prolétariat. Faire une paix, un compromis, dur, aigre, mais nécessaire pour que demain soit une victoire. Dans la lutte contre les défaitistes, contre ceux qui ne voyaient comme issue que l’échec ou la fuite éperdue en avant, Lénine s’est montré d’une fermeté implacable.

    Transformer un parti conçu pour la lutte clandestine en parti capable de diriger un pays a été un tour de force immense. Développer un pays arriéré, ravagé, épuisé, était une tâche incroyable. Pourtant, Lénine, systématiquement, en cherchant les points de passage, en essayant de dessiner les étapes, est parvenu à faire passer le petit espace tenu par les rouges à une Union soviétique que nul ne pouvait plus impunément menacer. Les travailleurs et les travailleuses ont été, pour la première fois, maîtres chez eux.

    Au moment de son décès, affaibli par la tentative d’assassinat faite par Fanny Kaplan, l’existence de l’Union soviétique est devenue un fait établi. Bien que encore jeune et fragile, l’URSS va de l’avant. Le monde capitaliste sait qu’il ne peut compter sur son effondrement. Il ne lésina pas sur les moyens de le faire, cependant.

    En 2017, pour lui rendre hommage, nous ajoutions ceci :

    « La mise en œuvre des plans quinquennaux, de l’étatisation de l’industrie, mais aussi de la collectivisation des terres ont permis d’éradiquer la pauvreté, la misère noire, endémique à la Russie Tsariste. Une économie planifiée, faisant la chasse au gaspillage, imperméable aux crises, a été mise en œuvre, faisant franchir les étapes du développement économique en étant chaussé de bottes de sept lieues. Cela, sans renoncer à la lutte des classes, qui chaque fois s’est faite plus aigüe plus profonde, rejetant, dans les oubliettes de l’histoire, les classes sociales parasitaires. Le bilan de Lénine lui confère une aura d’invincibilité.Pourtant, chez Lénine et ses continuateurs, des y eut des manques, des failles, des erreurs. Tout était expérimental, tout était à découvrir. Ces failles, les chercheurs du marxisme tentent de les trouver pour les élucider et les corriger, pour renforcer l’idéologie léniniste. Si nous reconnaissons des erreurs, nous les formulons ouvertement, car la critique doit être constructive. Mais d’autres l’ont fait et le font en sous main, non pour améliorer le léninisme, mais pour en saper les bases.»

    Nous maintenons ce bilan. L’histoire de l’Union soviétique ne s’est pas écrite comme un scénario de film. Elle a été une aventure immense, dans laquelle, contrairement aux idées reçues, les masses populaires ont joué un rôle de premier plan. L’œuvre de Lénine, prolongée par ceux qui lui succédèrent, a été un travail long, difficile, inédit et expérimental.

    Indépendamment des avis et des opinions sur les individus qui ont fait l’histoire de l’Union soviétique, ce bilan doit être scientifiquement fait pour être utile. L’histoire romancée, si belle soit-elle, n’est que propagande. Ce dont ont besoin les masses populaires, aujourd’hui, ce n’est pas de récits, mais d’un outil pour combattre. L’expérience socialiste, l’expérience de Lénine, doivent servir à construire ces outils.

    Si Lénine était là, aujourd’hui, il est certain qu’il se montrerait très critique envers l’état du mouvement communiste français. Il ne ferait certainement pas de louanges. Nul doute qu’il nous rappellerait, sans le moindre ménagement, à nos tâches : construire le Parti qui manque au prolétariat, en mettant en avant les principes qu’il a toujours défendus : réussir à forme un noyau dur, un centre de gravité, pour que puisse naître cette organisation vitale.

    Rendons hommage à Lénine en travaillant à unifier les forces combatives.

    Rendons-lui hommage en travaillant à réunir les communistes sous une même bannière.

    Avançons vers la lutte victorieuse !

    1« Il faut rappeler, tout d’abord, que les positions de Lénine et de Staline concernant les problèmes de lutte idéologique au sein du parti étaient très différentes. En règle générale, Lénine a toujours placé cette lutte au premier plan. Il n’a jamais hésité à aller « contre le courant », si bien qu’il a été mis plus d’une fois en minorité au sein du Comité central, y compris sur des questions essentielles […] Staline a conçu son rôle dirigeant autrement : sur les problèmes essentiels, a cherché avant tout […] à exprimer les tendances profondes du parti, dont il était ainsi le porte-parole. À cet égard, les attaques polémiques contre Staline – qui est supposé, par sa « personnalité », avoir imposé au parti des conceptions qui lui auraient été étrangères – sont dénuées de fondement. » (Bettelheim, La lutte des classes en URSS , Tome I, 1974, p. 36)

  • Mai 1968 est il responsable de Matzneff ?

    Mai 1968 est il responsable de Matzneff ?

    [Attention : cet article traite d’agressions sexuelles et de viols.]

    Prêtres pédophiles, affaire Polanski, affaire Allen, affaire Matzneff, affaire Epstein … l’actualité judiciaire a amené sur le devant de la scène la question des agressions sexuelles, et particulièrement, de celles sur des mineurs et des mineures.

    Régulièrement, ce qui est revenu dans la dénonciation de plusieurs pédophiles, c’est une condamnation de la permissivité de mai 1968, de la libération sexuelle. Elle a parfois d’ailleurs servi de porte d’entrée à des attaques contre les communautés LGBTI, par une insidieuse assimilation entre homosexualité et pédophilie.

    L’argument, derrière cela, est de dire que mai 1968, en portant un coup aux valeurs traditionnelles, notamment à l’autorité familiale, est responsable d’une dérive morale, d’une absence de barrières, et de l’émergence d’une cohorte d’abominations.

    En réalité, le discours de Matzneff est aux antipodes de celui de mai 1968. Dans sa fameuse interview auprès de Bernard Pivot, il expliquait que passé 20 ans, 25 ans, les femmes devenaient folles, hystériques. A contrario, la fillette «très, très jeune est plutôt plus gentille» [Apostrophe, 1990] que celle qui grandit. Il ne s’intéressait donc qu’à ces « gentilles » et « innocentes » fillettes, ou à de jeunes garçonnets tout aussi « gentils ». Cette séparation entre l’âge adulte et l’enfance est révélatrice.

    M. Matzneff n’aime ni les hommes, ni les femmes, dans le fond il n’aime pas non plus les enfants, ou du moins il ne les aime pas comme des individus. Il aime les proies. Cette « folie », cette « hystérie », que fustige l’auteur jadis encensé, c’est la capacité à comprendre ce qui se passe, à y consentir ou non. En fait de gentillesse, Matzneff ne recherche que de la soumission.

    Nous sommes donc loin de mai 1968. Le discours pédophile de Matzneff est celui d’une extrême-droite ultra conservatrice, qui rejette justement mai 1968, qui rejette le féminisme, qui rejette aussi l’évolution des rapports entre parents et enfants. Matzneff, d’ailleurs, avait des amitiés bien éloignées des milieux gauchistes.

    Invité régulier de Radio Courtoisie, la radio de l’innénarable De Lesquen, ami de Jean-François Colosimo, de Roland Jaccard , fondateur du réactionnaire causeur, d’Alain de Benoist, fondateur de la « Nouvelle Droite », ses publications sont aussi à l’avenant.

    Il écrit dans Le Point, le Figaro, le Monde, la Revue des Deux Mondes, Nation Française, le Choc du Mois… Le chasseur d’enfant est aussi un aristocrate méprisant, glacial, et soutenu par ses pairs.

    Dominique Fernandez, de l’Académie Française, dans une tribune dans le journal le Monde, écrivait : Le ministre de l’inculture a été un des premiers à jeter l’anathème et à préconiser des mesures vexatoires [le ministre de la culture, Franck Riester, s’est dit favorable à l’arrêt de l’allocation publique annuelle versée à Gabriel Matzneff par le Centre national du livre]. Se prend-il pour le procureur impérial Ernest Pinard, qui dénonçait Flaubert et Baudelaire [tous deux poursuivis pour les propos jugés licencieux dans Madame Bovary et Les Fleurs du mal] ? Sommes-nous revenus au temps de Napoléon III ? Avons-nous besoin, pour défendre nos intérêts, d’un ministre des bonnes mœurs ? Tout homme de culture digne de ce nom se doit désormais de récuser un tel représentant.[Le Monde, 13 janvier 2020]

    Or, les écrits de Matzneff ne sont pas « licencieux », ils sont des confessions de crimes. À tel point que le parquet a ouvert une enquête à la suite de la publication du livre-témoignage de Vanessa Springora, le consentement. Cependant, le soutien – ou le refus de condamnation – est illustratif de la mentalité des élites intellectuelles françaises : une mentalité de copinage, d’auto-protection, arc-boutée sur des privilèges dignes de l’Ancien régime. Quant à séparer l’homme de l’artiste, admettons. Polanski fait de bons films, il est possible de le reconnaître. Mais faire l’apologie de l’homme, avec les crimes qu’il porte, ce n’est justement pas séparer les deux. Dans le cas de Matzneff, c’est le crime qui forme la base de l’œuvre. Saluerait-on ainsi les mémoires d’un Ted Bundy ? Aux yeux de la loi, la chose serait pourtant équivalente, un crime étant égal à un crime.

    Pour revenir sur mai 1968, à titre de comparaison, le discours de Cohn-Bendit par rapport à cette question, que nous ne défendons pas non plus, est illustratif. Il montre quelle peuvent en être les conséquences parfois néfastes : « Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : “Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi vous m’avez choisi, moi, et pas les autres gosses ?” Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même. » [Le Grand Bazar, 1975] Dans ce cadre-là, ce que dit Cohn-Bendit est plus proche d’une réaction à l’attitude d’un enfant qu’une démarche prédatrice initiée pour assouvir des désirs sexuels. A l’époque, les travaux des chercheurs et des chercheuses sur la question de la sexualité des enfants étaient balbutiants, et même si cette permissivité nous paraît indéfendable, elle était courante dans les milieux alternatifs. Défendue par l’argument de l’abolition de toute norme et de toute autorité, a causé parfois des ravages. Elle a pu, aussi, – et peut encore – être utilisée comme un moyen de pression pour extorquer des rapports sexuels dans le milieu militant. Sans être similaire avec la vision de Matzneff, elle n’en est pas moins condamnable et à condamner.

    Les pédophiles et les pédérastes n’ont pas attendu mai 1968 pour exister. Les agressions sexuelles sur des enfants ont toujours eu cours, avec les mêmes caractéristiques que les viols en général : principalement dans le milieu familial ou proche, voir dans la sphère de socialisation directe : l’instituteur ou le curé. Ce n’est que depuis un temps relativement restreint que les victimes sortent plus facilement du silence, et que la réprobation devient générale dans la société. Il aura fallu les affaires Dutroux, Emile Louis, mais aussi les procès de prêtres pédophiles. Le père Preynat, abbé de Sainte-Foy-lès-Lyon, passant aujourd’hui en procès pour plusieurs centaines d’actes d’agression, est loin des hippies gauchistes. Celui qui reconnaît que « Oui, cela arrivait presque tous les week-ends… Parfois avec un, parfois avec deux. » [Ouest France, 14 janvier 2020] pendant plus de 20 ans n’est probablement une « victime de mai 1968 ».

    Alors où trancher ?

    Nous considérons que ce qui est déterminant est le cumul de deux aspects : la question du désir et du consentement. Ces deux aspects ont leurs conséquences : on ne peut réellement consentir sans comprendre, ni sous la contrainte – explicite ou implicite – d’une autorité. Un consentement arraché, extorqué, n’a pas de valeur. C’est cela qui forme la limite entre ce qui est acceptable ou ce qui ne l’est pas.

    Nous pensons qu’il faut défendre la liberté sexuelle, la possibilité pour les goûts et les aspirations diverses de s’exprimer. Mais toute expression ne peut se faire que dans un cadre protecteur. Défendre Matzneff, c’est, in fine, s’attaquer au fait que ces limites doivent exister. Non par fantasme autoritaire, mais parce que, pour reprendre Lénine « la liberté, c’est la conscience de la nécessité ». Or, alors qu’une véritable lame de fond balaie la question des violences contre les femmes et des agressions sexuelles, défendre Matzneff comme les autres violeurs, revient à créer des bastions réactionnaires et à contribuer à maintenir le fait qu’il puisse exister des prétextes qui justifient l’agression ou le viol. À l’inverse, défendons les aspects positifs, libérateurs de mai 1968, tout en sachant à critiquer les aspects néfastes !

  • « Convergence des luttes » : Oui !

    « Convergence des luttes » : Oui !

    Pour une perspective commune, socialiste et révolutionnaire

    Retrait du projet de réforme :

    On sait que la retraite à points, c’est la baisse des pensions.

    On sait que le gouvernement veut détruire le régime actuel pour ouvrir un nouveau marché au capital financier : l’épargne retraite. Seuls ceux qui peuvent mettre de l’argent de côté auront une pension décente.

    Cela ne sert à rien de prier pour que le pouvoir bourgeois abandonne ses attaques ; on ne peut rien faire de décisif dans le cadre institutionnel bourgeois.

    Passons à l’offensive ! Ayons plus d’ambition !

    Dans ses vœux Macron prêche « l’union nationale » ; une tromperie de plus. En réalité il divise ; il veut faire passer la « clause du grand père », pour casser la solidarité entre générations qui nous est absolument nécessaire. 

    Travaillons à la solidarité active des travailleurs, qu’ils soient gilets jaunes, syndicalistes, membres d’organisations politiques. 

    Soutenons les grévistes financièrement et par l’action, en manifestant avec eux.

    Certains proposent le blocage de l’économie pour obtenir le retrait de la réforme ; sans les salariés, ouvriers, employés, petits cadres, tout s’arrête. Parce que c’est nous qui faisons tourner l’économie ; la grève est notre principal moyen de pression que même les  régimes les plus réactionnaires n’ont pu nous enlever. 

    Si nous pouvons bloquer l’économie, c’est que nous sommes capables de gérer nous-mêmes la société, de nous passer des « conseils » et de la domination des capitalistes, pour produire tout ce dont on a besoin, et cela sans détruire la nature. 

    Le pouvoir à ceux qui travaillent.

    Déjà plus d’un mois de grève, 14 mois de manifestation des gilets jaunes. Derrière la question actuelle des retraites il y a le refus général de l’exploitation et du régime politique. « Changer le système » dit-on, oui ! Mais après la grève, va-t-on reprendre le travail en laissant Macron, ses sbires et les capitalistes qu’ils servent, garder le pouvoir économique et politique ? Qu’ils dégagent !

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    En 1945, le rapport de forces était favorable au peuple et nous avons obtenu des avancées importantes qu’on défend aujourd’hui. Mais l’essentiel, le pouvoir politique et économique est resté dans les mains de ceux qui nous exploitent. Il faut que ce soit nous, prolétaires et autres travailleurs, qui mettions en œuvre une autre « répartition des richesses », en leur arrachant le pouvoir économique et politique. Ce qui ne peut se faire sans détruire l’appareil d’État oppresseur et construire une autre société « sans salariat ni patronat » comme le prévoyaient encore les statuts de la CGT il y a quelques années.

    Soutenons toutes les formes d’organisation qui s’opposent réellement, activement à la dictature du capital

    Beaucoup de travailleurs ont et ont eu des expériences négatives avec des organisations et des partis censés les défendre, ce qui les rend méfiants vis-à-vis de toute forme d’organisation. Nous sommes tous soumis au matraquage, aux demi-vérités des médias bourgeois.

    Le glissement à droite de nombreux partis et organisations dit « de gauche » ont vidé de leur sens révolutionnaire des mots comme lutte de classe, socialisme,… La classe dominante et ses gouvernements en profitent pour détourner les travailleurs de la lutte. 

    Des grévistes et des gilets jaunes espèrent par les élections municipales dégager des perspectives nouvelles et  proposent d’élire des conseils municipaux répondant à nos aspirations. Ce serait sans doute mieux que des maires totalement « intégrés au système ». Mais la commune, échelon le plus bas de l’appareil d’Etat n’a qu’une autonomie extrêmement réduite. Les délibérations concernant l’épandage des pesticides, le compteur Linky ont été refusées par les préfets directement nommés par le pouvoir. Ils décident et peuvent à tout moment censurer leurs initiatives si elles sont contraires aux intérêts des capitalistes.

    Soutenons les équipes progressistes sans propager d’illusions sur leur pouvoir. Ces élections seront surtout une nouvelle occasion de dénoncer à la fois la politique du Rassemblement National qui cherche à nous diviser et la responsabilité du gouvernement et des capitalistes dans la détérioration de notre vie.

    La lutte des gilets jaunes a montré qu’il était nécessaire de se rencontrer, de lutter ensemble, à la fois de faire confiance et d’être vigilant. Il est essentiel que chaque travailleur s’affirme, ne se laisse pas déposséder ni conduire sur une voie de garage. Nous devons apprendre à rejeter les méthodes bourgeoises d’organisation qui consistent à ne pas écouter, tout diriger, ignorer les autres, prétendre tout savoir sans avoir étudié, imposer sans débat, attiser l’esprit de chapelle, faire prendre le mouvement pour le but ultime et qui amènent à renoncer au changement de société …

    Cependant nous avons besoin de différents types d’organisation au service des nos intérêts, qui mènent réellement la lutte contre les influences bourgeoises et réformistes : associations de femmes, de jeunes, écologiques, coopératives, syndicats de lutte de classe…

    Mais nous avons surtout besoin d’une organisation politique pour préparer la révolution. 

    « Hors du pouvoir, tout est illusion » (Lénine)

    Les travailleurs doivent avoir le pouvoir pour résoudre les problèmes de la société, en finir avec le système capitaliste d’exploitation et d’oppression sur le plan national comme international. C’est la conquête des outils du pouvoir qui permet la victoire. 

    Le seul pouvoir légitime, c’est celui qui vient, non pas d’une démocratie formelle réduite à des élections ou des référendum organisés par la bourgeoisie, mais des assemblées de lutte directement organisées par les masses populaires, décidant et exécutant, rendant des comptes, planifiant l’économie par la collectivisation des moyens de production, évitant le gaspillage, permettant ainsi de satisfaire les besoins du plus grand nombre.

    Le capitalisme a fait son temps ! Vive le socialisme véritable !

    Amnistie des gilets jaunes et condamnation des violences policières !

    Union du prolétariat multinational contre l’impérialisme français !

    Peuples et opprimés de tous les pays, unissons-nous !


    Prolétaire Debout n°13

    Bulletin de l’Union Prolétarienne marxiste-léniniste Janvier 2020




  • Appel de l’ICOR et de l’ILPS pour la construction d’un front mondial.

    Appel de l’ICOR et de l’ILPS pour la construction d’un front mondial.

    L’ILPS et l’ICOR travaillent conjointement de longue date pour unifier le mouvement communiste international. La ligue et la coordination unissent aujourd’hui leurs forces dans la construction d’un Front Uni Anti-Impérialiste et Anti-Fasciste à l’échelle du monde entier. Ce travail d’une importance primordiale doit être soutenu. Les organisations de France -et des régions sous contrôle directe de la France- ne doivent pas et ne peuvent pas rester à l’écart de cette initiative.

    Il est possible de la soutenir en tant qu’individu en participant aux activités des Amis de l’ICOR ; en tant que groupe en s’affiliant directement au front. Pour toute information supplémentaire, il est possible de s’adresser à nous par voie de mail, ou de prendre rendez-vous avec nos militants.

    Les critères d’adhésion sont larges et le débat est ouvert au sein du front pour permettre son évolution future, mais également une décantation politique basée sur le critère premier de l’efficacité. En ces temps troublés, l’existence d’une telle structure est vital.

    L’ICOR et l’ILPS forment les deux plus grandes structures d’organisations, d’associations et de rassemblement de militants et militantes communistes au monde. Ce rapprochement et ce travail commun forment donc une rupture dans l’isolement international du mouvement communiste.

    APPEL À LA CONSTRUCTION D’UN FRONT UNI ANTI-IMPÉRIALISTE
    ET ANTI-FACISTE INTERNATIONAL

    Construisons le front uni anti-impérialiste international contre le pillage impérialiste, le terrorisme d’État, la fascisation, le fascisme, l’intervention militaire étrangère, la subversion et les guerres d’agression! Pour la libération nationale et sociale, la démocratie et le socialisme ! 

    La crise économique et financière mondiale de 2008 a servi d’agent incendiaire à la lutte pour le repartage du monde. L’impérialisme américain agressif et anti-populaire reste la puissance impérialiste la plus forte et le principal fauteur de guerre. Cependant, un monde multipolaire est apparu. 

    La concurrence inter-impérialiste s’intensifie. Toutes les puissances impérialistes poussent agressivement en avant dans la bataille pour la suprématie sur les ressources et la main-d’œuvre bon marché, les marchés, les domaines d’investissement et les sphères d’influence. Une lutte acharnée pour le repartage du monde fait rage parmi les grandes puissances impérialistes. Le danger de guerre mondiale s’accroît.

    De nouvelles puissances sont apparues tandis que d’autres régressent. C’est la loi du développement inégal. La conséquence inévitable dans les conditions de l’impérialisme est une concurrence inexorable entre les puissances impérialistes. Elles ne sont unies que dans leur exploitation et leur oppression du prolétariat et des êtres humains du monde, donc dans leur hostilité face à la lutte de libération des masses exploitées et opprimées, en particulier la classe ouvrière révolutionnaire et les partis révolutionnaires du monde.

    Dans ce contexte, il est temps de créer une force qui s’oppose à ce système impérialiste mondial de façon organisée et par son unification croissante: dans un front uni anti-impérialiste contre le pillage impérialiste, les contraintes néo-libérales, le terrorisme d’État, le racisme, la fascisation, les interventions militaires étrangères et les guerres d’agression – pour la libération nationale et sociale, la démocratie, la liberté et le socialisme ! Il est temps que le prolétariat opprimé et les peuples de ce monde, avec leurs mouvements spécifiques et nationaux, se joignent à ce mouvement planétaire, commun, croissant et tourné vers l’avenir.

    L’éclaircissement sur le caractère de l’impérialisme, la discussion des changements dans le système impérialiste mondial et le consensus, les décisions et les justes conclusions pour la stratégie et la tactique des forces démocratiques du monde sont les tâches fondamentales du front uni anti-impérialiste.

    Partout dans le monde, comme en Ukraine, en Syrie, au Yémen, au Venezuela, en Asie de l’Est et ailleurs, la bataille impérialiste pour la domination du monde est menée sur le dos des peuples. La tendance générale à la préparation impérialiste de la guerre exacerbe le danger de guerre. Elle se manifeste de plus en plus dans la montée de mouvements fascistes, dans les guerres commerciales, l’armement massif, les manœuvres militaires à grande échelle, par les provocations ciblées, les menaces d’invasion, les conflits locaux jusqu’à la confrontation directe des pays impérialistes et finalement jusqu’au danger imminent d’une IIIe guerre mondiale.

    Le front uni anti-impérialiste doit être un front uni antifasciste. Les dirigeants fascistes ou fascisants comme Trump, Erdoğan, Modi ou Bolsonaro, mais aussi le développement vers la droite des gouvernements et des partis bourgeois dans la plupart des démocraties bourgeoises ainsi que la fascisation des appareils d’État doivent être rejetés et arrêtés avec détermination et de façon combative. Cette tâche est urgente. 

    L’impérialisme c’est la réaction sur toute la ligne. Le front uni anti-impérialiste met donc à l’ordre du jour la lutte pour la préservation et l’extension des droits et libertés démocratiques. Nous visons l’anticommunisme des dirigeants qui tente de discréditer le socialisme comme alternative à l’impérialisme aux yeux des masses.

    Sous le règne du néolibéralisme et du terrorisme d’État, les ouvrières et ouvriers du monde souffrent de conditions d’exploitation et d’oppression toujours pires. Dans l’impérialisme, les forces productives révolutionnaires, malgré tous les progrès sociaux et techniques, se transforment finalement en leur contraire. Il y a des grèves quotidiennes dans tous les continents, qui sont de plus en plus liées aux luttes populaires des larges masses. Mais ces luttes sont encore en grande partie isolées, se déroulent dans le cadre national et sans l’échange suffisant d’informations et sans le soutien mutuel des révolutionnaires et des ouvriers dans le monde entier. Seule une classe ouvrière internationale unie et mobilisée, avec le prolétariat industriel moderne en son centre, peut affronter le système impérialiste mondial et devenir une force supérieure! La classe ouvrière internationale doit être l’épine dorsale et la force dirigeante du front uni anti-impérialiste.

    Le prolétariat mondial cherche et a besoin de l’alliance avec tous les peuples opprimés du monde – les paysans pauvres, peuples indigènes, femmes, jeunes, réfugiés, travailleurs migrants, minorités et tous ceux qui luttent pour la démocratie et la liberté. Les luttes de libération dans de nombreux pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie, les luttes de libération des peuples philippin, kurde, palestinien et autres ont un adversaire impérialiste commun: le capital financier international, et elles exercent une influence révolutionnaire et un rayonnement tourné vers l’avenir. Leurs expériences doivent être mises à la disposition de tous les exploités et opprimés du monde!

    La surexploitation de la nature accélère la transition vers une catastrophe environnementale planétaire qui met en danger les bases d’existence de l’humanité. Les ouvrières et ouvriers sont particulièrement touchés par les conditions de travail qui mettent leur santé en danger; les petits agriculteurs, les travailleurs agricoles et d’autres groupes importants de la population sont également gravement touchés par les inondations, les ouragans et les sécheresses. La lutte pour l’emploi, de meilleures conditions de travail ou des salaires plus élevés doit être combinée et coordonnée avec la lutte pour sauver l’environnement de l’économie de profit capitaliste effrénée!

    Des milliards de femmes particulièrement opprimées doivent combiner leur lutte pour l’égalité des droits, contre l’empreinte patriarcale-féodale des sociétés, pour la libération de la femme avec la lutte anti-impérialiste et le mouvement ouvrier et révolutionnaire.

    La jeunesse du monde voit son avenir menacé. Elle est souvent au premier plan   des luttes de masse. Son énergie et son dynamisme doivent être renforcés par une conscience anti-impérialiste claire et sa formation en tant que combattants inébranlables pour l’avenir.

    Nous appelons à relier la création du front uni anti-impérialiste avec un débat sur la stratégie concernant la manière dont il faut lutter pour une société libérée de l’exploitation et de l’oppression. Nous supposons que de nombreuses forces participantes considèrent le socialisme comme une alternative.

    Combattons l’impérialisme! À bas le pillage impérialiste, le terrorisme d’État, la fascisation de l’État, le fascisme, les interventions militaires étrangères, la subversion et les guerres d’agression!

    Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!

    Prolétaires de tous les pays et peuples opprimés, unissez-vous!

    Pour la libération de l’humanité de l’exploitation et de l’oppression – pour la libération nationale et sociale, la démocratie, la liberté et le socialisme !