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  • 10 ans d’ICOR.

    10 ans d’ICOR.

    Nous célébrons cette année le dixième anniversaire de l’ICOR. Nous en faisons partie depuis maintenant deux ans en tant que membre à part entière, conjointement avec nos camarades de l’UPML. Nous leur avons adressé ce courrier de félicitation.

    Nous saluons l’intégralité des camarades de l’ICOR en ce dixième anniversaire de la coordination.

    Nous saluons dix années de travail acharné pour faire exister la coordination internationale, l’animer, la faire vivre, et la faire grandir. Nous saluons le dévouement de tous ceux et celles qui lui permettent d’exister et d’opérer.

    Nous saluons également l’ensemble des organisations membres, de ceux et celles qui ont décidé de mettre leurs énergies en commun pour avancer vers un grand rassemblement international des révolutionnaires.

    L’existence de l’ICOR est une victoire. Une victoire contre la division, contre la fragmentation, contre l’esprit chauvin, étroit. Une victoire pour la renaissance d’un mouvement communiste fort, unifié, organisé. Cette victoire continue de se construire, d’années en années, par l’arrivée de nouvelles organisations, de nouveaux groupes, de nouvelles forces vives.

    L’intégration de l’ICOR dans une logique de travail commun avec l’ILPS au sein de l’Alliance Internationale est une autre victoire. Elle contribue non seulement à faire avancer ces deux groupes, la coordination et la ligue, mais elle montre également une volonté farouche, résolue, d’unifier toujours plus largement le mouvement communiste, de ne pas laisser de place à la dispersion, à la division.

    Nous avons un travail immense à réaliser. Ce travail de titan progresse cependant. Les quatre journées de l’ICOR sont une ébauche de synchronisation de nos actions, de nos activités. Elles sont le préalable à des campagnes toujours plus grandes, plus suivies, plus influentes et plus efficaces. Ses déclarations font montre d’un esprit unitaire et résolu, et de la possibilité de pouvoir, au-delà des différences géographiques, poser de diagnostics communs sur la situation mondiale, et donc également trouver des solutions communes.

    Des perspectives immenses s’ouvrent à nous !

    L’ICOR peut devenir le lieu d’élaboration d’une synthèse des expériences.

    Comparer nos expériences, nos pratiques, nos positions, les faire décanter, et en tirer l’essence la plus juste, la plus efficace, la plus précise.

    Elle permet d’apporter – en tout cas, elle nous l’apporte à nous, en France – une perspective différente, qui nous sort du cadre étroit, confortable, trompeur, de notre métropole impérialiste. Elle nous ramène à nos responsabilités : celle d’abattre cette machine d’exploitation, d’oppression qu’est notre propre impérialisme.

    Elle permettra de préparer la coordination des forces qui combattent les mêmes ennemis, de rendre leurs campagnes plus efficaces, leurs actions plus incisives, de concentrer les coups sur les points faibles de ces structures d’exploitation, pour enfin permettre leur chute.

    Nous sommes fiers et fières de faire partie de cette coordination. Nous sommes fiers et fières de pouvoir apporter notre pierre à son édification.

    Vers un mouvement communiste international toujours plus fort, toujours plus solidaire, toujours plus unitaire, toujours plus efficace.

    Vers la victoire contre l’impérialisme, contre le fascisme, contre l’exploitation.

    Vers la naissance d’un monde juste, équitable, respectueux de l’environnement et de l’humanité. Un monde qui pourra emmener l’humanité entière vers un âge nouveau.

  • Rassemblement pour les sans-facs : appel unitaire.

    Rassemblement pour les sans-facs : appel unitaire.

    Nous sommes signataires de cet appel à rassemblement. Chaque année, depuis des décennies, la situation se dégrade davantage dans les universités. Parcoursup, dans ce cadre, a été un coup supplémentaire, terrible, pour l’accès aux études. La seule garantie pour parvenir à l’université : lutter.

     ETUDIER EST UNDROIT, PAS UNPRIVILÈGE : NOUS DEMANDONS L’INSCRIPTIONDES SANS-FACS ! 

    Chaque année, l’université publique se ferme un peu plus aux étudiant-es : loi ORE, arrêté Licence, ParcourSup, Bienvenue en France … Ce sont toujours les mêmes que l’on discrimine à travers les plateformes sélectives d’admission à l’université : les étudiant-es originaires de quartiers populaires, les enfants d’ouvrier-es, d’immigré-es, les étudiant-es étranger-es… Cette année encore, la sélection a laissé des milliers d’étudiant-es sur la touche, plus durement encore que les autres années du fait de la situation sanitaire. 

    En effet, le confinement a eu pour effet d’accélérer drastiquement les inégalités: les jeunes devant travailler à côté de leurs études ont pour la plupart perdu leur emploi, précarisant encore leurs conditions de vie, alors même que les cours à distance étaient difficiles à suivre en cette période de stress et d’isolement social. 

    Alors que les étudiant-es les plus précaires ont été laissé-es seul-es, dépendants d’aides alimentaires pour survivre, et que la rentrée qui s’annonce nécessite un investissement massif pour garantir les conditions sanitaires et des places suffisantes pour accueillir les nombreux et nombreuses bachelièr-es, le gouvernement ne laisse pas une miette, préférant accorder des milliards aux entreprises. Frédérique Vidal, ministre de l’ESR, semble pourtant nier l’urgence de la situation lorsqu’elle affirme que tou-tes les étudiant-es auront une place. Il est surréaliste de penser que sans moyens supplémentaires alloués à l’enseignement supérieur il sera possible d’accueillir plus de monde sur les bancs de la fac ! 

    Contre la sélection, pour que toutes et tous puissent poursuivre leurs études supérieures, nous réaffirmons que le droit d’étudier est fondamental et que l’université doit être ouverte à toutes et à tous, et non pas réservée à une élite. Nous demandons à Nathalie Dompnier, présidente de l’université Lumière Lyon 2 de prendre ses responsabilités et d’inscrire les sans-facs, ces étudiant-es et néo-bachelier-es qui se retrouvent sans aucune affectation en cette rentrée à cause de la sélection et du manque de moyens alloués aux universités publiques. Nous appelons également l’ensemble des organisations politiques, syndicales et associatives à soutenir la lutte des sans-facs et à rejoindre les prochains rassemblements pour l’inscription de celles et ceux encore laissé-es sur le carreau et en attente d’inscription! La casse de l’université et des services publics a assez duré, nous nous devons de contre-attaquer ! 

    Rassemblement mardi 29/09 à 10h – Campus de Lyon 2 Quais (cour centrale) pour exiger l’inscription de tou-tes les sans-facs ! 

  • Liberté pour Georges Abdallah !

    Liberté pour Georges Abdallah !

    APPEL AU MOIS INTERNATIONAL D’ACTIONS POUR LA LIBERATION DE GEORGES ABDALLAH 

    Depuis l’arrestation de Georges Abdallah, nombreux ont été les collectifs et comités de soutien qui peu à peu se sont créés pour  défendre avec acharnement notre camarade et exiger sa libération. Cet héritage fondateur de cette lutte, nous l’avons depuis  toujours reconnu et clamé. En 2015 néanmoins, pour le cinquième anniversaire de la manifestation organisée à Lannemezan par  ces militants de longue date, volonté a aussi été exprimée d’intensifier ce combat et de coordonner les forces existantes pour  amplifier la mobilisation et parvenir à établir un véritable changement du rapport de force appelé par notre camarade lui-même.  De-là, l’acte de naissance de la Campagne unitaire pour la libération de Georges Abdallah sur la base de la déclaration suivante,  rédigée à l’époque : 

    « Nous, les participants à la réunion de soutien de Lannemezan ayant eu lieu après la manifestation du 24 octobre 2015 pour Georges Abdallah, appelons à l’intensification de la campagne de mobilisation pour la libération de notre camarade Georges  Abdallah. 

    Nous nous reconnaissons dans l’identité politique de Georges Abdallah, combattant et résistant arabe, communiste libanais, symbole d’aujourd’hui du combat contre l’impérialisme, le sionisme, le capitalisme et les Etats réactionnaires arabes. Georges  Abdallah est un prisonnier politique de l’Etat français depuis plus de trois décennies et ce sous les applaudissements des  Etats-Unis et de l’entité sioniste. Son combat est le nôtre. Nous voulons une Palestine libre et victorieuse. Nous voulons la  fin du colonialisme à travers le monde et sous toutes ses formes, la fin du capitalisme et de l’exploitation et nous soutenons  la lutte des peuples contre toutes les oppressions. Nous nous reconnaissons dans le combat de Georges Abdallah contre la  guerre d’invasion du Liban par les sionistes et pour la libération de la Palestine qu’il a mené avant d’être arrêté en 1984 par  la police française. Nous nous reconnaissons dans son engagement révolutionnaire sans faille durant ses 3 décennies  d’incarcération et sa farouche détermination combattante face à une justice de classe. Et nous serons à ses côtés le jour de  sa libération pour continuer à lutter avec lui. 

    Nous sommes internationalistes et nous avons pleinement conscience que c’est l’Etat français qui maintient Georges  Abdallah en prison. C’est cet Etat français et ses gouvernements successifs de droite et de gauche se disant républicain ou se disant socialiste qui met comme condition à la libération de ce militant intransigeant son reniement. Depuis plus de 30 ans, Georges Abdallah est debout face à ses geôliers et comme les milliers de prisonnières et prisonniers palestiniens, il ne cède rien. Il résiste et se bat pour la liberté. 

    La décision de non libération de Georges Abdallah est une décision politique et c’est pourquoi nous nous battons sur le  terrain politique. 

    Nous appelons toutes les forces militantes, comités de soutien, associations, partis, syndicats à exprimer leur solidarité et à  multiplier les initiatives pour faire connaître la cause de Georges Abdallah et pour que s’élève l’exigence de sa libération.

    Nous appelons à une campagne nationale pour la libération de Georges Abdallah, menée dans le respect de ses engagements  et de son parcours. Nous appelons également à la multiplication des initiatives internationales : Leila Khaled du FPLP le  déclare si justement : « Georges Abdallah est un symbole pour les révolutionnaires à travers le monde ». 

    Nous appelons à ce que cette campagne soit menée sur deux axes principaux :  

    1. soutien au peuple palestinien et à son combat pour la victoire ; solidarité avec la lutte des prisonnières et des  prisonniers palestiniens et défense du droit au retour et à l’autodétermination des Palestiniens. 2. soutien aux quartiers populaires et à leurs luttes d’émancipation ; solidarité avec les inculpés de la répression ;  soutien aux révoltes contre les violences policières ; lutte contre le racisme d’Etat. 

    Nous appelons d’ores et déjà à des temps forts de mobilisation : rassemblements et manifestations à Lannemezan, Paris,  Marseille, Toulouse, Lille, Bordeaux, Bruxelles, Beyrouth… A des meetings dans différentes villes de France, d’Europe ou du  monde arabe. A l’implication des forces libanaises et palestiniennes qui mettent en avant la cause de Georges Abdallah (FPLP,  PCL) ; à un appel à soutien des partis politiques et syndicats en accord avec la demande de libération de Georges Abdallah  (PCF, NPA, CNT, FA, PIR…). A l’organisation d’événements lors de dates communes de mobilisation (journée de la terre,  journée internationale des prisonniers politiques, 1er mai…). A la multiplication des efforts de sensibilisation et d’information  auprès des médias à diffusion large (L’Humanité, Politis, Le monde diplo, radios et presses militantes). 

    Nous désignons dès à présent les cibles communes à interpeller : les autorités françaises et libanaises. Plusieurs  interpellations ont eu lieu dans différentes villes de France (Valls, Taubira, F. Hollande) et il faut multiplier ces interpellations.  Les Etats-Unis, partie civile dans le procès et toujours actifs pour bloquer la libération de Georges Abdallah, doivent  également être interpellés et les autorités libanaises doivent se positionner fermement pour la libération de Georges  Abdallah. 

    Une, deux, trois, mille initiatives pour la libération de Georges Abdallah ! 

    Il est de nos luttes, nous sommes de son combat ! 

    Palestine vivra, Palestine vaincra !  

    La victoire ou la victoire ! 

    Lannemezan, le 24 octobre 2015 » 

    Cette ligne de défense de notre camarade sur cette base politique est aujourd’hui toujours la nôtre : Georges Abdallah, au quotidien,  est de nos luttes et pas un acte militant n’est mené sans que nous réaffirmions que nous sommes de son combat. Depuis cinq ans,  cette bataille sur le terrain politique, effectivement conduite dans le respect des engagements de notre camarade et de son  parcours, est menée partout et par nous tous, selon les axes cités dans la déclaration de 2015 mais aussi plus largement au sein  de toutes les luttes sociales et politiques, à travers des manifestations, des rassemblements, des meetings, des repas solidaires,  des appels à signatures, des courriers adressés aux autorités françaises et libanaises et des semaines d’actions coordonnées entre  toutes les forces engagées dans ce combat pour la libération de Georges Abdallah. Cet engagement à Paris, dans les régions, sur  le plan national et désormais aussi largement sur le plan international – du fait de l’investissement de tous les soutiens à Georges  Abdallah, dans la diversité de nos expressions – accroit chaque jour un peu plus la pression exercée ; et les multiples réactions – lues dans la presse, perceptibles aussi à travers les réponses des Gardes des sceaux et des ministres de l’Intérieur qui se sont  succédé aux courriers d’élus ou encore traduites par les visites exceptionnelles menées auprès de notre camarade par des 

    représentants politiques et religieux haut placés ou par la réponse lancée par le Président français, lors de sa visite à Beyrouth,  aux militants libanais réclamant la libération de Georges Abdallah – toutes ces réactions sont autant de signes à saisir de la justesse  de la lutte menée et qu’il nous faut poursuivre sur la même dynamique et énergie en cherchant à interpeller encore plus directement  les représentants de l’Etat français quand cela est possible ou encore en se mobilisant tous ensemble pour frapper d’une seule  main. 

    Cette ligne de conduite, Georges Abdallah ne cesse de nous en donner les clés quand à plusieurs reprises, dans ses déclarations, il met en exergue la force de cette solidarité unitaire et coordonnée. Ainsi, rappelons simplement là encore quelques-uns de ses  messages où il nous encourage à poursuivre dans ce sens : 

    « Encourageons, toujours plus camarades, les divers processus de convergence des luttes aussi bien au niveau local qu’au niveau régional et à plus forte raison au niveau international » (Georges Abdallah – déclaration du 20 octobre 2018) 

    « Ce changement du rapport de force passe avant tout par l’inscription de cette démarche solidaire dans la dynamique globale de la  lutte en cours en assumant toujours plus le terrain de la lutte anticapitaliste et antiimpérialiste » car « il ne s’agit pas de faire comme  si nous ne savons pas que la dite justice est toujours une justice de classe au service d’une politique de classe inscrite dans la  dynamique globale d’une guerre de classe à l’échelle nationale et internationale » (Georges Abdallah – déclaration du 23 juin 2018). 

    C’est en ce sens et toujours fidèles à cette ligne et aux principes d’action politiques rappelés ici que nous appelons aujourd’hui à,  non plus une semaine internationale d’actions mais à un mois complet d’actions pour que nous tous, les soutiens à notre camarade,  nous ne laissions pas un espace politique libre sur le plan local, régional, national et international sans que soit mise à l’ordre du  jour l’exigence de la libération de notre camarade Georges Abdallah.  

    A Albertville, Amiens, Annecy, Aubagne, Aubervilliers, Besançon, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Gennevilliers, Grenay, Grenoble,  Lannemezan, Lille, Lyon, Marseille, Montauban, Montpellier, Morlaix, Nanterre, Nîmes, Paris, Pau, Saint-Denis, Saint-Etienne, Tarbes,  Thionville, Toulouse, Troyes ; dans les Alpes-Maritimes, en Corse, dans le Finistère, le Gers, en Gironde, en Haute-Marne, dans les  Hautes-Pyrénées, l’Hérault, l’Ile de France, le Lot-et-Garonne, dans le Nord et le Pas de Calais, au Pays de Cornouaille, en Poitou 

    Charentes, au Puy-de-Dôme, en région Rhône-Alpes, en Seine-Maritime et dans le Tarn-et-Garonne. ; en Algérie, en Allemagne, en  Angleterre, en Argentine, en Belgique, au Brésil, au Canada, en Espagne, en Grèce, en Inde, en Italie, au Kurdistan, au Liban, au  Luxembourg, au Maroc, en Palestine occupée, au Pérou, en Pologne, en Roumanie, en Tunisie, en Turquie – partout en France et dans  le monde où le combat de Georges Abdallah est relayé et l’exigence de sa libération portée, partout où nous sommes tous – soutiens  solidaires actifs à notre camarade – , multiplions les actions de mobilisation et intensifions la pression sur les représentants et les  lieux du pouvoir de l’Etat français pour qu’enfin soit signé par le ministre de l’Intérieur actuel l’avis d’expulsion conditionnant la  libération de notre camarade et que soit gagné ce combat de mise à mort de cette perpétuité réelle inique. 

    Nous tous, – anarchistes, autonomes, antifascistes, anti-impérialistes, antisionistes, communistes, démocrates, écologistes,  internationalistes, libertaires, marxistes-léninistes, marxistes-léninistes-maoïstes, républicains insoumis, révolutionnaires,  trotskystes ; engagés dans des partis, syndicats, fronts, campagnes, associations, collectifs, comités, mouvements et réseaux  multiples ; engagés aux côtés de notre camarade dans les luttes politiques pour la Palestine, en soutien à l’Intifada et contre la  Normalisation ; pour la défense des luttes des peuples et de leurs résistances ; pour la défense des prisonniers politiques et des  prisonniers révolutionnaires ; contre l’enfermement carcéral ; contre les violences policières ; pour la défense des immigrations et des  quartiers populaires ; contre le racisme ; pour la défense des travailleurs, de leurs acquis et de leurs droits ; pour celle des gilets jaunes ;  pour le combat de l’émancipation des femmes ; contre la torture et la peine de mort – mobilisons-nous une fois de plus, tous ensemble  là où nous sommes, dans cette diversité qu’est la nôtre, du 22 septembre 2020 au 24 octobre 2020 pour qu’à cette date, la dixième 

    manifestation à Lannemezan soit la dernière et que nous puissions enfin concrétiser ce désir profond que nous portons tous en nous  depuis ces si nombreuses années : « nous serons à ses côtés le jour de sa libération pour continuer à lutter avec lui ! ». 

    Une, deux, trois, mille initiatives pour la libération de Georges Abdallah ! 

    Il est de nos luttes, nous sommes de son combat ! 

    Palestine vivra, Palestine vaincra !  

    La victoire ou la victoire ! 

    Paris, le 19 septembre 2020 

    Campagne.unitaire.gabdallah@gmail.com 

    Premiers signataires : Campagne unitaire pour la libération de Georges Abdallah – Campagne internationale pour la libération  de Georges Abdallah – Samidoun Palestinien Prisoner Solidarity Network – Campagne internationale pour la libération  d’Ahmad Sa’adat et ses camarades – CLGIA – Le CRI Rouge pour la défense des prisonniers révolutionnaires – Comité d’action  et de soutien aux luttes du peuple Marocain – CAPJPO-EuroPalestine – PIR – ANC – UJFP – Collectif Palestine Vaincra – FUIQP  (Istres – Martigues) – Association Car t’y es libre 

    Agenda non exhaustif des actions programmées sur Paris et sa région durant le mois international d’actions

    Du 22 septembre au 24 octobre sont d’ores et déjà programmées à Paris et sa région les initiatives suivantes : 

    – 19 septembre 2020 : « Ils roulent pour le Tour de France / Nous pédalons pour la Palestine ! » : participation à la déambulation en  vélo pour la Palestine dans les rues de Paris (initiative organisée par de nombreuses organisations de soutien à la Palestine) en  parallèle à l’arrivée du tour de France dans la région parisienne, pour dénoncer la participation de l’entité sioniste à cet événement  sportif. 

    – 26 septembre 2020 : participation à la « soirée des solidarités internationales », organisée à Nanterre en lien avec l’Arène et l’AFPS  locale 

    – 30 septembre 2020 : soutien à l’un de nos camarades qui passe en procès au tribunal de grande instance pour son implication dans  les manifestations contre la COP21 

    – 1 octobre 2020 : présence à la conférence avec Pierre Stambul dont l’intitulé est « Proche-Orient : la paix est-elle encore possible ? » – 7 octobre 2020 : participation au rassemblement pour exiger la libération de Mumia Abu Jamal 

    – 10 octobre 2020 : participation à la rencontre nationale et au meeting d’Ile de France de l’ANC à Saint-Denis, sur le thème : Une  exigence : retrait de tous les soldats français d’Afrique ! » 

    – 17 octobre 2020 : participation à l’accueil de la marche de la solidarité des sans-papiers à Paris et aussi au rassemblement aussi au  pont Saint-Michel en hommage aux victimes du 17 octobre 1961 

    – 23 octobre 2020 : départ du car de Paris pour Lannemezan 

    – 24 octobre 2020 : 10ème manifestation à Lannemezan 

    A prévoir aussi : un rassemblement devant le Ministère de l’Intérieur et un rassemblement hebdomadaire sur 4 semaines dans le  quartier populaire de Ménilmontant à Paris. 

    Merci de faire connaître à l’adresse de la campagne unitaire les initiatives programmées dans le cadre de ce mois international  d’actions pour aider à leur diffusion. 

  • « Loi séparatisme » ou racisme rampant ?

    « Loi séparatisme » ou racisme rampant ?

    En prenant appui sur des violences urbaines, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a développé une loi, dénommée « Loi contre le Séparatisme ». Une loi extrêmement inquiétante.

    À l’origine, le projet de loi se dénommait « loi contre le communautarisme ». Elle est née des suites des affrontements qui ont eu lieu à Dijon, en juin 2020. À ce propos, Gérald Darmanin avait déclaré : «  Je pense qu’il y a des faits importants qui démontrent que nous sommes dans un moment de confrontation entre communautés extrêmement violent. » tout en précisant, par la suite : «  La France est un pays où aucune religion n’est supérieure à une autre. La première des choses que l’on peut faire, c’est d’éviter la guerre civile. Et la pire de toutes : celle née des religions  ». Une entrée en matière étrange, étant donnée que les affrontements entre un groupe Tchétchène et des jeunes dealers de Dijon n’avait, a priori, aucune motivation confessionnelle.

    Partant de ce point de départ, la loi contre le communautarisme a donc muté. Elle est devenue contre le séparatisme, puis contre les séparatismes au pluriel. Cette modification révèle d’ailleurs une lutte de ligne intense au sein du gouvernement.

    Macron est marqué par un héritage royaliste. Il a une vision de la société réactionnaire, mais inclusive. Chacun possède sa place dans une société organique, organisée autour des intérêts de la bourgeoisie. D’autres, comme Darmanin, sont des réactionnaires de bas étage, qui voient dans le racisme une occasion, une aubaine à saisir. Après tout, nous avons eu un aperçu de sa vision du consentement.

    Cette loi a pour vocation de s’attaquer aux groupes « hostiles à la République« . Elle rentre en action lorsque « quand, au nom d’une religion, de telle ou telle influence extérieure, on dit ‘je ne respecte plus les lois de la République‘ ». Elle exige également un « contrat d’engagement avec les associations : dès lors qu’une association ne respecte pas les valeurs de la République on arrête de lui donner de l’argent public« . Si l’Islam est directement ciblé, les associations catholiques anti-IVG, responsables d’entraves constantes à l’accès à ce droit, seront-elles concernées. Non. Ce n’est pas le but. Cette loi n’a d’autre objectif que de s’en prendre à l’Islam, ou, à la limite aux organisations de gauche. Elle est aussi une dangereuse diversion.

    Diversion.

    Nous sommes en pleine pandémie. Nous sommes à l’orée d’une crise économique d’ampleur. La situation est grave économiquement et politiquement. Cependant le gouvernement n’arrête pas pour autant ses projets, comme la privatisation des routes nationales, appliquant scrupuleusement le programme dessiné dans Cap-2022. Il faut lui reconnaître le mérite de la constance.

    Tandis que ces questions d’actualité sont brûlantes, la focalisation sur la question de l’Islam, au travers de provocations, comme les tweets de Weintraub, les vexations, comme le départ de députés du fait de la présence d’une femme voilée, et les faux-débats occupent le devant de la scène. La rentrée est une catastrophe, des enfants dorment dans les rues, mais seule l’Islam semble être prioritaire.

    Il faut dire que la campagne électorale débute doucement. Elle est dans une configuration très particulière. La droite et l’extrême-droite sont perdues, dépassées par le programme économique de Macron, et peinent à justifier leur existence. Il lui faut donc une thématique où elle peut aller plus loin que les autres. L’islam et l’insécurité sont des sujets particulièrement bankables. Il suffit de les agiter pour attirer l’attention, et donc les voix.

    Racisme ?

    On peut argumenter que la loi en tant que telle n’est pas raciste. Elle ne concerne qu’une opinion, une croyance, une pratique de la religion. A un moment, nous reprenons, nous aussi, à notre compte, certains des éléments de langage des réactionnaires : « appeler un chat un chat », « arrêter d’être naïfs ». Derrière l’Islam, il y a autre chose, il y a quelque chose qui est au-delà du débat inter-religionnel, au-delà de la question du voile, quelque chose qui touche la nature même des individus qui sont ciblés.

    Est-ce que ce séparatisme possède une base de vérité ? Oui, en quelque sorte. Mais principalement sous la forme d’une prophétie auto-réalisatrice. Ce « séparatisme » est avant tout celui de la France, qui semble vouloir rejeter, exclure, une partie de sa propre population, de sa propre nation, au sens populaire du terme.

    Le racisme systémique, la conjonction de l’exclusion sociale et de celui-ci, finit par donner des fruits vénéneux. Pour beaucoup de jeunes issus et issues de l’immigration, il existe un sentiment d’être rejeté, exclu, relégué à un rang subalterne dans la société. Avec la destruction du tissu social, avec la hausse de la précarité, avec la réduction des financements aux travailleurs sociaux et aux associations, il est logique que de nouvelles formes d’attachement, de solidarité, se créent. Dans certains cas, elles prennent la forme de relations économiques informelles ou mafieuses, dans d’autres, sous la forme d’une identité et d’un attachement à des conceptions religieuses.

    Or, la réponse, si on peut en parler ainsi, ne s’attache pas à résoudre ce problème matériel. Elle s’attache à exercer une pression sur certaines de ces expressions, en employant la répression, et, finalement, en alimentant les causes profondes. Exclure, brimer, stigmatiser ne fait que poursuivre une montée en tension et faciliter le travail des agents recruteurs réactionnaires.

    Prétexte ou idée profonde ?

    Dans leur majorité, les individus qui mènent campagne contre les musulmans et les musulmanes, en les stigmatisant sans cesse, en les harcelant, en multipliant les provocations et les actes vexatoires n’en ont strictement rien à faire des aspects réactionnaires de cette religion. C’est un prétexte. Nous le redisons à nouveau, en réalité les fascistes ou les ultras de la réaction sont en accord total sur le fond idéologique le l’islam des Frères Musulmans. Que ce soit l’organisation de la société, les droits sociaux ou la place des femmes, tout n’est qu’harmonie entre eux.

    Mais l’unique chose qui les froissent, qui leur posent problème, c’est la question sociale et la question raciale. Quand on prend le temps de lire les discours réactionnaires, on ne peut que constater la facilité incroyable avec laquelle la question de l’Islam dévie progressivement sur la question des « racailles » puis de l’immigration. C’est-à-dire, dans un premier temps la répression des classes sociales jugées dangereuses. Dans un deuxième temps, une volonté de modifier sensiblement la composition ethnique de la nation française.

    Ces trois composantes Islam – Délinquance – Immigration sont intimement entremêlés dans les discours. Mais il faut identifier alors deux tendances principales : ceux qui n’y croient pas mais qui l’emploient, et ceux qui y croient dur comme fer. Dans les faits, dans les promoteurs de cette loi, il existe un grand nombre d’individus qui considèrent cela comme une option comme une autre pour gagner des voix et gagner en influence. Ce sont des gens sans la moindre vergogne.

    Ces individus ne sont probablement pas racistes, ne détestent personne, ils ont choisi cet angle d’attaque, comme un slogan, une réclame, en se disant que cela ferait leurs affaires. Une mentalité d’école de commerce en somme. Cependant, ils ne se rendent absolument pas compte de ce que cette surenchère génère comme climat catastrophique, et au moulin de qui ils apportent une précieuse eau.

    Un climat pogromiste se répand.

    Tandis que certains jouent à un jeu dangereux, d’autres fourbissent leurs armes. Plusieurs tentatives d’attentats anti-musulmans ont été déjouées par le passé. Des groupes de policiers racistes se sont organisés… Surtout, des tribuns avancent leurs slogans. Il ne s’agit plus seulement de se débarrasser de la pratique de l’Islam, jugée incompatible avec la République, il s’agit de déclarer une incompatibilité civilisationnelle, quand ce n’est pas un grand remplacement. Or, l’un ou l’autre implique, de fait une volonté d’exclure, de chasser, des individus qui sont présents en France, qui sont juridiquement français et françaises, et qui font de facto, partie de la nation au sens populaire du terme. Bien que ce ne soit pas explicitement mentionné, les méthodes ne laissent que peu de doute : ce sont des exclusions ou des déportations. En adjoignant à cela un climat de guerre civile, une volonté de créer un sentiment d’encerclement, d’assiégés, on glisse lentement mais sûrement vers une pente qui amène à l’épuration ethnique. C’est à ce climat que des publicitaires de la politique contribuent.

    Le vrai séparatisme est ailleurs.

    Si nous parlons de séparatisme, nous devons bel et bien être capable de définir ce terme : il s’agit, selon Wikipédia : « Le mot séparatisme désigne, de façon générale, la volonté d’un groupe d’individus unis par un certain caractère et en une zone géographique, de se détacher politiquement d’une collectivité à laquelle ils appartiennent. »

    Si on doit désigner une communauté homogène qui fait preuve de séparatisme, c’est celle des exploiteurs. Les capitalistes non seulement impose un ordre, une loi, par le truchement de leur État. Mais ils s’affranchissent de respecter celle-ci, et la transgressent constamment. La bourgeoisie essaie systématiquement de gruger, de tromper, de voler. En ne respectant pas le code du travail, en ne respectant pas le paiement des impôts, en conquérant des sinécures politiques qui lui permettent de tricher… Elle s’affranchit de la légalité lorsqu’elle entrave ses objectifs, sans la moindre vergogne.

    La question de l’adhésion aux prêches de recruteurs réactionnaires est nourrie par la précarité, la pauvreté, l’absence de perspectives, les vexations constantes. Seule la liquidation de ces maux peut permettre de mettre fin à l’influence des prêcheurs de haine. C’est uniquement la création d’un espace d’élaboration commun, qui permette de définir de sens de la nation au sens populaire du terme, qui peut souder les exploités et exploitées ensemble, lutter contre les influences réactionnaires, et forger une véritable unité populaire.

    Nous nous opposons à cette loi car elle est une pierre de plus dans la construction d’un édifice de haine. Car elle est un jeu dangereux, qui peut se payer en fleuves de sang. Car elle ouvre également une boîte de pandore, dans laquelle se trouve possiblement une censure des organisations politiques défendant une autre république, une autre démocratie que celle de la bourgeoisie. Nous dénonçons cette montée des enchères en termes de surveillance et de répression, cette montée de provocations.

    Ne nous pouvons pas rester les bras croisés en attendant une prochaine guerre des races. Nous devons dénoncer le jeu politicien, mettre au premier plan la lutte contre l’exploitation, contre la misère, contre la guerre. Faisons front commun !

  • La pandémie continue ! Tract de l’Unité Communiste.

    La pandémie continue ! Tract de l’Unité Communiste.

    Les chiffres sont alarmants, les foyers de contamination se multiplient : Les conditions sont réunies pour une crise dépassant la première.

    Les dirigeants sont incapables de contenir la pandémie.

    Contraint de trancher entre les intérêts des capitalistes et la santé des travailleuses et des travailleurs, ils choisissent de protéger les riches, négligent les alertes du Conseil scientifique et nient leurs responsabilités pour préparer leur réélection !

    Ils ont menti et caché l’état terrible de l’hôpital affaibli par des décennies de précarité et de réformes libérales, l’incapacité des écoles à faire face à la rentrée, l’absence de stocks et l’importance des masques…
    Résultat : La France, 4ᵉ pays au plus fort taux de contamination, est classée 50ᵉ au rang mondial de la gestion pandémique, loin derrière des pays « pauvres » (Deep Knowledge Group).

    Protégez-vous, vos proches, les autres ! Mais n’oublions pas les coupables !

    Après la pandémie : La Crise.

    La menace du chômage et de la pauvreté grandis, mais pas pour tous le monde ! Certains vont profiter du business de la misère et rester protégé des conséquences économiques. Nos conditions de vie, notre santé et l’environnement sont l’objet de négociations pour des profits qui nous appauvrissent, nous empoisonnent et tuent. Allons-nous nous laisser faire ?

    Les bourgeois mobilisent leurs médias et font diversion ! Ils dévient notre attention de nos réels ennemis avec des faits divers choquant et des menaces imaginaires. N’ayons confiance qu’en nous-mêmes qui subissons la même dictature, regroupons et organisons-nous. Nous voulons renverser ce système criminel !
    Construisons une démocratie du peuple pour le peuple : Prenons le pouvoir !

    L’Unité Communiste, membre de la Coordination Internationale des Organisations Révolutionnaires travaille à organiser, former et unifier ceux et celles qui veulent un changement révolutionnaire de la société.

    Suivez nos publications. – Rejoignez-nous.

  • « 11 septembre » – une provocation raciste !

    « 11 septembre » – une provocation raciste !

    Judith Waintraub, journaliste du Figaro, déjà condamnée auparavant pour des propos diffamatoires, s’est permise une nouvelle sortie le 11 septembre. Elle a ainsi retweeté un extrait d’une émission sur la cuisine étudiante, dont la principale intervenante était voilée. Son commentaire était laconique : « 11 septembre ».

    Immédiatement, le tweet a été liké par un grand nombre de personnalités de la sphère réactionnaire, dont la toujours incisive Nadine Morano. Il a été partagé, commenté, publié et republié. Valeurs Actuelle a qualifié son tweet de « commentaire sur le voile », ce qui est un mensonge éhonté, typique d’une certaine presse. D’autres ont soigneusement évité de qualifier ce tweet pour ce qu’il est réellement, se contentant de la considérer comme étant « polémique » ou « controversé ». En revanche, seul quelques médias ont considéré qu’il était une provocation raciste et dangereuse.

    Fort logiquement, une réaction de colère, avec des propos menaçant, est née en retour. Certains propos ont été du domaine de la menace de mort. Ils ont été largement mis en avant, entraînant deux effets : une solidarité avec Judith Weintraub de la part de la très grande majorité des politiques et des personnalités, et, de l’autre, le fait que le fond de l’affaire a été ainsi complètement noyé.

    Des individus se sont montrés nuancés dans leur soutien contre les menaces de mort, comme Pierre Askolovitch ou Nadia Hai. La principale intéressée les a rejetés et a qualifié ainsi la ministre du logement de « pathétique ». D’un autre côté, les fanatiques se sont réveillés, refusant absolument toute discussion sur le tweet d’origine. On y retrouve des habitués : Manuel Valls, Zineb El-Rhazaoui, Nadine Morano…à nouveau.

    Des apprentis gestapistes, à l’affût d’un scoop, ont scruté le profil de la jeune femme voilée, et y ont trouvé… des commentaires sur le racisme qu’elle pouvait subir. Il n’a pas fallu plus pour la qualifier d’islamiste radicale conspirant contre la France.

    Nous dénonçons ce climat extrêmement dangereux dans lequel nous entrons chaque jour un peu plus. Un climat qui permet à une provocatrice d’extrême-droite de lancer ce type de propos, attisant un climat de pogrom, tout en récoltant le soutien majoritaire.

    Derrière l’idée d’essentialisation, du fait que le voile, la croyance religieuse, conduise inéluctablement au terrorisme, il y a une pente dangereuse. Une pente qui amène d’un rapport méprisant, condescendant, vers les musulmans et les musulmanes de France, à une tentation éliminatoire. D’autant que, et c’est ce qui ne transparaît que trop bien dans l’amalgame : insécurité – immigration – islam – grand remplacement, ce n’est pas l’Islam et sa pratique qui est finalement la cible centrale.

    L’un dans l’autre, les fascistes n’ont pas grand-chose à reprocher aux plus réactionnaires des croyants : leur programme social et économique est le même ! Ce sont en revanche bel et bien la couleur de peau, l’origine ethnique, qui sont ciblés. Ce n’est donc pas tant une assimilation, une intégration, qui est le bout du bout de la politique défendue par les réactionnaires, mais bien la disparition.

    Considérer, car c’est ce qui constitue la conséquence des discours sur l’incompatibilité civilisationnelle entre les musulmans et la France, que ces personnes n’ont, par essence, pas de place ici, revient à poser la question de la déportation. Considérer que, par essence, ces personnes présentent une menace, c’est prendre un sentier dont on ne connaît que trop bien les conséquences funestes.

    Nous portons un regard sur la question de la religion et de ses aspects réactionnaires. Nous soutenons ceux et celles qui luttent contre ceux-ci. Mais nous considérons que notre rôle est de permettre à ces personnes de triompher, non de faire tomber une chape de plomb discriminante, stigmatisante, qui, au contraire, renforce les plus réactionnaires.

    Nous ne nous sentons nullement tenu, par une injonction quelconque, de condamner les réactions de colère face à ce tweet. Nous nous contenterons de prévenir que celui-ci est une provocation, qu’il avait vocation à provoquer cette réaction et à exploiter politiquement la colère contre Mme Weintraub. Il s’inscrit dans une stratégie de montée en tension, savamment orchestrée. Nous appelons à la dénoncer pour ce qu’elle est : une provocatrice de bas étage, minable, et rêvant d’une guerre raciale.

    Nous considérons en revanche que ceux et celles qui, en tout premier lieu, ont parlé de leur soutien à cette « journaliste », ont commis une erreur politique. La condamnation du tweet aurait dû être leur priorité absolue. Nous le condamnons sans la moindre réserve.

    Nous appelons toutes les personnes qui, comme nous, partagent ce constat que le climat devient de plus en plus dangereux et explosif, à coopérer. Nous les appelons à s’organiser et à faire face : politiquement, organisationnellement, à cette menace dangereuse, à ce poison fasciste.

    Ne laissons aucune place aux provocateurs fascistes !

    Ne cédons ni à la division, ni à la provocation.

  • Appel des femmes de Moria – Grèce.

    Appel des femmes de Moria – Grèce.

    Depuis l’ICOR : Nous vous transmettons le bref appel des coordinateurs européens de la Conférence mondiale sur les femmes de Moria, en Grèce.

    Nous soutenons cette demande de solidarité – organisez des rassemblements, des actions de solidarité, des veillées dans toute l’Europe !

    Dans la nuit du mercredi 9 septembre 2020, un incendie catastrophique a détruit la quasi-totalité du camp de réfugiés de Moria, en Grèce. 12.000 personnes doivent vivre dans le chaos dans les rues, il n’y a pas de rapports fiables sur les blessés et les morts. Les causes sont toujours ouvertes.
    « Il y a 5000 réfugiés qui ont tout perdu et qui n’ont rien d’autre que ce qu’ils portent sur leur corps. Ces personnes ont besoin d’une aide immédiate. Les 35 personnes infectées par le Coronavirus font partie des réfugiés. Ce sera très grave. On l’a fait savoir et les habitants ont très peur. Les fascistes crient : « Brûlez-les » … La division s’approfondit, à partir de la peur du Corona. » (Michalis Aiwaliotis, partenaire du pacte de solidarité entre l’organisation de solidarité et de secours Solidarité Internationale (SI) et l’organisation OXI, qui se compose de locaux qui aident les réfugiés dans le camp)

    Il est honteux que, même face à cette catastrophe, l’UE ne soit pas prête à accepter plus de 400 enfants non accompagnés !

    Les demandes de l’ICOR dans différentes résolutions sur la question des réfugiés :
    Le mouvement de réfugiés, qui a été multiplié par un million, a pour cause la politique impérialiste mondiale de guerres, de destruction de l’environnement, de catastrophes dues à la faim … ! Le problème est l’impérialisme – pas le mouvement des réfugiés. Ces femmes et ces hommes, ces enfants, ces jeunes font partie des opprimés du monde entier. Menons ensemble la lutte contre la division, le racisme et le fascisme. Par conséquent : Renforçons la construction du front uni anti-impérialiste !

    Pour le droit à l’asile !
    Solidarité avec les luttes de libération révolutionnaires !
    Les réfugiés sont nos frères et sœurs !

    Luttez dans les pays de l’UE contre les causes d’exode, pour l’accueil des réfugiés dans les pays de l’UE et pour leur intégration dans les masses en lutte du pays respectif !
    Intensifions la solidarité internationale !

    Ci-joint :

    Au mouvement des femmes militantes en Europe ! Chères femmes du monde !
    Un incendie a détruit le camp de réfugiés Moria. 12. 000 réfugiés se trouvent sur les routes et sont surveillés par la police. Les conditions dans le camp ont été intolérables pendant longtemps, maintenant c’est le chaos. Les réfugiés ont besoin de notre solidarité et de notre aide. Nous proposons d’organiser des rassemblements appelant à un accueil non bureaucratique des réfugiés dans les pays d’Europe. Malgré tous les problèmes dans nos propres pays, nous sommes solidaires avec les réfugiés, ils font eux aussi partie du mouvement mondial des femmes. Nous disons : ne laissez personne derrière vous !

    Suse Bader, Allemagne et Halinka Augustin, Pays-Bas, coordinatrice européenne
    Zaman Masudi, Allemagne, députée.

  • Non au rassemblement raciste du 12/09 – Communiqué unitaire.

    Non au rassemblement raciste du 12/09 – Communiqué unitaire.

    Nous retransmettons ce communiqué du collectif pour la fermeture des locaux fascistes à Lyon. A peine élue la nouvelle mairie de Lyon provoque une certaine déception quant à la question de ces locaux. La Traboule a ainsi pu rouvrir ses portes, en dépit d’une fermeture administrative. Si les possibilités laissées par le droit bourgeois sont limitées (elles avantages en réalité complètement les fascistes, qui bénéficient de l’argent et du soutien des réseaux de la bourgeoisie réactionnaire), cela représente néanmoins un revers. Nous nous posons la question de savoir si la nouvelle équipe de la mairie va reprendre les réseaux de discussion et d’entraide mis en place par Gérard Collomb. Il a toujours couvé les fascistes lyonnais, fils et filles de notables locaux, et, donc, point d’appuis à courtiser. EELV se montrera-elle plus ferme ?

    Non au rassemblement raciste du 12/09 devant le Palais de Justice du Vieux Lyon

    La fachosphère lyonnaise (dont notamment Lyon Populaire – ex Bastion Social, et Génération Identitaire) organise un rassemblement « contre l’insécurité » à Lyon devant le Palais du Justice du Vieux Lyon le samedi 12 septembre à 14h.

    Ce rassemblement, sur un thème ultra médiatisé ces derniers temps, est utilisé comme tremplin par ces groupuscules fascistes afin d’occuper la rue. Grâce au travail des collectifs luttant contre ces groupuscules, nombre de leurs actions ont été interdites ces dernières années. 

    Ce n’est pas le cas pour celle du 12 septembre où les fascistes avancent masqués mais nous ne sommes pas dupes.

    La fachosphère utilise aujourd’hui des drames (mort d’Axelle) ou en invente (« agression » d’Augustin) pour pouvoir déverser sa haine sur les réseaux sociaux puis dans la rue le 12 septembre. Ils essaient même de généraliser la thématique du rassemblement « l’insécurité à Lyon » pour passer inaperçu mais il est très facile de retrouver leurs traces et leurs liens avec l’ultra droite sur les réseaux sociaux.

    Nous refusons l’instrumentalisation notamment des droits des femmes, des violences envers les femmes, comme par exemple le harcèlement de rue, à des fins racistes.

    Ce rassemblement raciste ne peut avoir lieu !

    Le même jour, ces groupuscules prévoient un programme très chargé, visant à donner à Lyon une place centrale dans l’extrême-droite française : Lyon Populaire organise une conférence le même jour à Lyon et Génération Identitaire tient un pot de rentrée dans leur local « la Traboule ». 

    Il y aura forcément la présence de militants fascistes d’autres villes de France à Lyon le 12 septembre pour grossir les rangs. A noter que ce local « La Traboule » a reçu l’aval, de la nouvelle majorité de la Ville de Lyon, pour sa réouverture…

    Quelle sera la réaction des pouvoirs publics face à ce rassemblement ? Faudra-t-il une mobilisation contre celui-ci ?

    Pour nous, la réponse est claire : le rassemblement raciste du 12/09 ne peut et ne doit pas se tenir !

    Collectif pour la fermeture des locaux fascistes

    Contact : fermonsleslocauxfascistes@riseup.net

  • Communiqué commun Ukraine-Russie-Bélarus sur la situation en Biélorussie.

    Communiqué commun Ukraine-Russie-Bélarus sur la situation en Biélorussie.

    Nous retransmettons la position de nos camarades de l’ICOR de Biélorussie « Coin Rouge », de la Russie «Plate-forme Marxiste-Léniniste» et de l’Ukraine «Conseil de Coordination du Mouvement Ouvrier». Etant directement aux prises avec la question et avec l’impérialisme Russe, leur position est plus tranchée que celle que nous avons pris jusqu’à présent. Leur positionnement tend à prendre bien plus en considération les dynamiques internes du Bélarus, tandis que nous avons tendance à prendre en considération davantage les dynamiques géopolitiques et la mainmise de notre impérialisme. Loukachenko, bien que représentant une certaine indépendance pour le Bélarus, ne s’est pas moins mouillé dans une libéralisation du pays et dans des négociations avec l’occident comme avec la Russie. Nous avons cependant tendance à ne pas placer spontanément sa chute – qui pourrait faire basculer encore davantage le Bélarus dans une orbite ou une autre – au premier plan, par rapport à la question de victoires sociales et politiques dans le cadre actuel. Dans tous les cas, le mieux que nous puissions faire est de militer contre les aventures militaires de notre impérialisme dans ce pays et dans cette région, et à mobiliser et sensibiliser face aux risques de guerre.

    « Pour le moment, il s’agit de la chute de Loukachenko »
    Déclaration commune de trois organisations de l’ICOR: de Biélorussie « Coin Rouge », de la Russie «Plate-forme Marxiste-Léniniste» et de l’Ukraine «Conseil de Coordination du Mouvement Ouvrier»

    Le 9 août 2020, les élections présidentielles régulières ont eu lieu en République de Biélorussie. La campagne électorale a été caractérisée par le fait que les personnages les plus importantes, susceptibles d’influencer le résultat des élections, ont été exclues du champ politique. Les personnes suivantes ont été arrêtées: le candidat à la présidentielle Viktor Babariko, le chef de cabinet de l’une des candidates, et Sergueï Tikhanovskyle, mari de Svetlana Tikhanovskaïa,. La Commission électorale centrale n’a pas compté plus de la moitié des signatures recueillies pour le candidat à la présidentielle  Zepkalo, de sorte qu’il n’a pas été enregistré.

    Pendant la campagne électorale, les autorités ont activement empêché les candidats de communiquer avec leurs électeurs en limitant le temps et le nombre de lieux de communication entre les candidats et leurs électeurs. Des arrestations sélectives de citoyens lors des rassemblements électoraux ont eu lieu.

    Suite à l’annonce des résultats préliminaires des élections le 9 août 2020, un rassemblement pacifique de citoyens, voulant protester contre la fraude électorale, a été brutalement réprimé par la police spéciale et des troupes du ministère de l’Intérieur avec des balles en « caoutchouc », des grenades éclair et des canons à eau. Des collaborateurs du ministère de l’Intérieur ont dirigé des voitures sur les manifestants et leur ont tiré dessus. La première nuit après les élections, environ trois mille citoyens ont été arrêtés dans diverses villes biélorusses, principalement dans la capitale de la République. Parmi eux se trouvaient de nombreux journalistes, entre autres aussi de la Fédération de Russie et de l’Union européenne, qui étaient venus pour rendre compte du déroulement des élections en Biélorussie. Afin de limiter la diffusion des informations sur les événements dans les rues et la possibilité de mobilisation et d’auto-organisation des citoyens, les autorités ont désactivé Internet, y compris les serveurs proxy et VPN.

    L’affrontement entre les citoyens et la milice a duré trois nuits. Pendant cette période, plus de 7 000 citoyens ont été arrêtés, dont de nombreux journalistes, des ouvriers et des militants de divers partis et mouvements, y compris des militants de gauche. L’accès à l’information a été et est toujours fortement restreint. Des centaines de personnes ont été blessées à des degrés divers. Trois personnes ont été tuées : Alexander Taraikovsky – abattu par la milice près de la station de métro Pushkinskaya à Minsk ; Alexander Vichor – battu à mort par des policiers à Gomel, et Gennady Schutow – d’une balle dans la tête à Brest. Plus de 10 personnes sont actuellement portées disparues.

    Après la libération des prisonniers, il s’est avéré que les gens avaient été torturés, battus, abusés sexuellement aux postes de police, qu’ils n’avaient pas été autorisés à utiliser les toilettes, ils n’étaient pas autorisés à aller aux toilettes, n’avaient pas reçu de nourriture et seulement peu d’eau et on les empêchaient de dormir. L’assistance médicale n’était fournie que lorsque les fonctionnaires du ministère de l’Intérieur se rendaient compte qu’autrement le détenu risquait de mourir.

    A partir du 12 août, les manifestations sont entrées dans une phase pacifique. Les effectifs des travailleurs ont commencé à parler d’une grève sur tout le territoire de la République contre la fraude électorale et les violences policières. Malheureusement, la plupart des grévistes ont été réprimés. Menaces et licenciements effectifs, menaces d’être obligé de réparer les dommages causés par la grève, expulsions (une part importante des travailleurs et leurs familles vivent dans des appartements et des foyers appartenant aux usines), procédures pénales et arrestations de militants des comités de grève. En particulier : Sergueï Dylewski, président du comité de grève de l’usine de tracteurs de Minsk, et Aleksandr Lavrynowitsch, président du comité de grève de l’usine de tracteurs à roues de Minsk, ont été arrêtés. Actuellement, les travailleurs de nombreuses grandes entreprises dotées d’un comité de grève actif mènent une «grève italienne», démissionnent des syndicats officiels et se préparent à créer leurs propres syndicats.

    Les 16 et 23 août, des Marches de protestation ont eu lieu à Minsk, auxquelles plus de 200 000 personnes ont participé. Les Marches ont été soutenues par la plupart des agglomérations en Biélorussie. Les autorités ont fait sortir contre eux des troupes du ministère de l’Intérieur et des milices. Le 23 août, des unités militaires régulières avec des véhicules blindés de transport de troupes et un armement mortel ont été rajoutées. Loukachenko a menacé qu’en cas de « provocations », il utiliserait des armes létales contre les manifestants.

    La situation au Biélorussie change de jour en jour. Nous sommes conscients que ceux qui participent aux manifestations et ceux qui luttent pour le pouvoir, ne travaillent pas tous pour l’idée socialiste. Mais pour le moment, il s’agit du renversement de l’usurpateur qui a restreint au maximum les droits de la population (et surtout ceux des salariés des entreprises) dans le domaine de la démocratie, de la liberté de réunion et de la liberté d’expression. Un personnage qui a changé les droits et libertés de tous les Biélorusses, peu importe leurs opinions politiques, leur religion, leur âge ou leur sexe.

    Tout au long de son règne, Loukachenko a tenté de faire passer son pouvoir pour un régime «socialiste» qui plaçait la justice sociale et la protection des citoyens par l’État avant tout. Toutes ces années, il était clair pour les militants de gauche que le régime de Loukachenko n’avait rien à voir avec la justice sociale, car il n’était pas juste de maintenir le prolétariat au travail avec de petits salaires, sans allocations de chômage et sans syndicats libres. L’ensemble du système de pouvoir en Biélorussie est dirigé contre les travailleurs, qui sont totalement privés de la liberté de pensée et de leur propre opinion. 

    Les lois sont réécrites de telle manière que le travailleur n’a aucun droit de grève, aucun droit de réunion et même pas le droit d’exprimer son opinion au travail. 

    Il peut être licencié à cause de toutes actions ou déclarations, dépouillé de son salaire additionnel s’ajoutant à son misérable salaire et de sa maison ; ses enfants peuvent être placés sous la tutelle de l’État. Ce que Loukachenko appelle un «État-providence» est en fait un camp de concentration avec des allègements économiques pour que les gens acceptent la voie de l’État.

    Malgré les protestations et l’apparente illégitimité du régime actuel, il est toujours possible qu’il persiste. Il peut rester à flot par la violence armée et la propagande. Mais dans les six prochains mois, il devra faire face à une vague massive d’émigration, à une dévaluation et à une détérioration catastrophique du niveau de vie de la population, ce qui conduira à une nouvelle vague de protestations et au renversement du régime.

    Avec détermination, nous disons non:
    – à l’usurpation du pouvoir
    – à la fraude électorale
    – aux violences policières
    – aux violations des droits de l’homme
    – à la violation de la liberté de réunion

    Loukachenko et ses partisans ne sont même pas des tigres en papier, mais juste une ombre. Et les premiers rayons du soleil suffiront pour disperser celle-ci. Vive la Biélorussie!

  • Les complications du procès Charlie Hebdo

    Les complications du procès Charlie Hebdo

    Le procès Charlie Hebdo débute. Il a pour vocation de juger les personnes liées à l’attentat commis le 7 janvier 2015, qui avait causé la mort de 12 personnes et blessé 11. Si les principaux acteurs de l’opération sont morts à la suite de l’assaut de Dammartin-en-Goële deux jours plus tard, d’autres passent devant les magistrats. Des individus accusés d’avoir aidé à préparer l’attentat, de l’avoir financé, de s’être associé aux terroristes. Certains sont absents physiquement, telle la compagne de Coulibaly, probablement en Syrie, mais aussi le fasciste Claude Hermant, fournisseur d’arme de l’opération…et indicateur de police. Les pistolets Tokarev des terroristes provenant de son réseau. Jugé pour trafic d’arme en Belgique, il a écopé d’une peine de 8 ans de prison ferme en dépit de sa défense, basée sur le fait qu’il assurait un « travail d’infiltration ».

    Ce procès, cinq ans après les faits, rappelle que, quoiqu’on puisse penser de Charlie Hebdo, de ses dessinateurs ou des terroristes, il existe un avant et un après. L’année 2015 a, par la suite, été marquée à nouveau par des attaques, celles-ci culminant avec l’attaque contre le Bataclan, le 13 novembre.

    L’ère de l’esprit Charlie devait marquer une étape nouvelle, une communauté soudée, une union nationale pour les droits de l’homme, pour la liberté d’expression, pour le droit au blasphème… Esprit Charlie ou non, cette période a été surtout celle d’un accroissement des mesures répressives, notamment l’intégration de l’État d’urgence dans la Constitution, mais également par le développement d’une campagne islamophobe et raciste, se nourrissant de la peur panique des individus. Cette campagne n’a pas cessé depuis.

    Nous n’avons pas communiqué à cette époque, pour cause, nous n’existions pas. Mais, individuellement, nous avions posé des analyses sur ce que cela signifiait. Or, nous en sommes parvenus à la conclusion que :

    1) Nous condamnions cet attentat. 2) nous ne partagions pas l’analyse de Charlie Hebdo et que nous considérions qu’ils avaient commis des fautes politiques. 3) que nous considérions que les hommages étaient hypocrites. 4) que nous n’avions aucune raison d’accepter l’injonction morale d’être « Charlie ».

    Nous condamnons sans réserve cet attentat.

    Les individus qui ont commis cet attentat étaient des fanatiques réactionnaires, associés à l’hydre fasciste Daesh. Contrairement à Al-Qaïda, qui opéraient dans une idée de chasser la présence étrangère au Moyen-Orient, Daesh a mené activement une campagne pour favoriser les interventions militaires, pour que l’occident envoie un maximum de troupe, dans le but de les pousser à l’affrontement. Pour nourrir ses bataillons, Daesh a également sciemment fait en sorte que la situation devienne toujours plus complexe pour les musulmans en occident, dans le but de les attirer dans ses filets. Objectivement, ils étaient les alliés des fascistes ici, poursuivant les mêmes objectifs. Les fascistes essaient de rendre la vie impossible aux musulmans, en les déclarant incompatibles avec la « civilisation européenne », favorisant le séparatisme. Daesh a repris ces arguments en disant « regardez, vous n’avez pas de place dans ces pays, rejoignez-nous. » L’un et l’autre on nourrit une prophétie autoréalisatrice. Par ailleurs, nous ne manquerons pas de signaler à nouveau que le programme de Daesh et celui de l’extrême-droite est littéralement le même sur le fond.

    De leur côté, les instances musulmanes en France ont considéré que Charlie Hebdo les avait attaqué par la plume, et qu’il faudrait répondre par la plume. Elles ont essayé de calmer le plus rapidement possible le jeu. Seulement, pour répondre par la plume, faut-il qu’elle soit accessible et que son message soit audible. Les musulmans et musulmanes de France, le plus souvent, sont traités comme un sujet d’actualité. Mais ont-il l’occasion de s’exprimer ? Rarement. Le plus souvent on s’exprime à leur place ou contre eux. Il en résulte un ressentiment, une frustration, une colère larvée qui s’est exprimée contre les symboles les plus visibles de ce climat, dont Charlie Hebdo. Dans un monde parfait, idéal, un tel ressentiment n’aurait pas de raison d’être. Mais nous ne sommes ni dans un monde parfait ou égalitaire. Pour beaucoup, les caricatures de Charlie Hebdo se sont adjointes à une longue pluie de vexations, de moqueries, d’injures. Pourtant, nous récusons le fait que la direction de Charlie Hebdo ait agit par malice ou par islamophobie consciente.

    Crier avec les loups ?

    La physionomie politique de l’équipe de Charlie Hebdo soulève des questions importantes. Dans les faits, ses publications possédaient, dans le contexte de leur publication, un caractère islamophobe, raciste, et contribuant à une campagne établissant un climat pogromiste anti-arabe en France. Mais contribuer ne veut pas dire en être à l’initiative, ni en être pleinement conscient.

    Nous ne pouvons pas penser qu’elle soit consciemment islamophobe. Certes, il y avait dans leur équipe des éléments qui, comme Zineb El Rhazaoui, des fanatiques islamophobes, allant jusqu’à s’acoquiner avec les pires fascistes et à réclamer que la police tire à « balles réelles » sur les délinquants. Mais, dans l’ensemble, les membres de cette équipe rédactionnelle étaient des individus d’un autre temps, d’une autre époque, qui ne comprenaient pas les enjeux actuels et le fait qu’ils contribuaient à attiser un climat de haine. Une génération issue de l’esprit libertaire, antiautoritaire et antitotalitaire, marquée par le gauchisme mal décanté, et qui réclamait un droit de se moquer de tout, tout le temps. Ce positionnement « de principe », ne prenait pas en compte un autre facteur : la réalité du vécu de ceux et celles qui étaient la cible des quolibets et des moqueries.

    Quelque part, on y retrouve un peu un schéma similaire au racisme anti-blanc. Personne n’aime être traité de « sale noir, blanc, arabe… ». Mais si ces injures sont détestables, leurs conséquences ne sont pas les mêmes et le vécu n’est pas le même. Être traité de sale blanc est désagréable, mais cela n’a pas d’incidence sur l’emploi, le logement, la carrière professionnelle, les rapports avec la police… Il en est de même pour les publics ciblés par Charlie Hebdo. Se moquer de la religion catholique, qui, malgré tout, est toujours puissante, hégémonique, ne lui est qu’un coup d’épingle. En revanche, contribuer à une campagne raciste de grande ampleur n’a pas le même impact.1

    Republier les caricatures de Mahomet, issue de journaux d’extrême-droite, dans le but de défendre la liberté d’expression, admettons. Mais dans quelle mesure les musulmans l’entravent-ils ? En quoi la publication dans un journal français de celles-ci fournissait-elle une aide à la lutte démocratique dans les pays qui subissent réellement une chape de plomb religieuse ? Finalement, sous prétexte d’égalité de traitement, c’est un piédestal qui a été donné aux racistes et aux fascistes.

    Cependant, nous ne pensons pas que les membres tués de la rédaction, que les survivants seraient particulièrement heureux de voir comment se passe la campagne de solidarité avec leur journal. Le fait de savoir que Nadine Morano, qu’Eric Zemmour, que Marine Le Pen soient « Charlie » ne devrait guère leur correspondre. Après avoir été tués par les terroristes, ils sont assassinés à nouveau. Assassinés par rapport aux valeurs qu’ils estimaient – malgré leurs erreurs – défendre. De journal irrévérencieux, libertaire, anticlérical, ils sont maintenant devenus un fer supplémentaire aux lances des réactionnaires les plus vicieux, les plus putrides et les plus agressifs.

    Ces réactionnaires, non seulement se sont emparés des corps des victimes, mais ils en ont fait des promontoires pour clamer leur haine et leur détestation raciste. Ils ont réussi le tour de force de poser une injonction morale : celle d’être Charlie. Durant l’année 2015, mais également par la suite, être Charlie est devenu une condition sine qua non. Oser porter une voix dissidente était devenue une trahison. Il a été imposé aux élèves des lycées et collèges de l’être, avec une remontée d’information sur ceux et celles qui ne l’étaient pas. On l’a exigé de chaque composante politique. C’est devenu, nous pesons nos mots, un de ces moments totalitaires dont Hannah Arendt faisait l’analyse dans ses écrits. Mais à la limite, pourquoi pas ? Seulement cette injonction était hypocrite.

    L’injonction morale : le piège.

    Il existe une injonction morale à être Charlie. Cette injonction morale est dirigée vers une partie de la gauche. L’extrême-droite n’a eu aucun problème à se dire « Charlie », à l’exception de celle qui tente de draguer l’Islam politique. Cela n’avait aucun coût pour elle et cela lui permettait d’encaisser des bénéfices maximum.

    La bourgeoisie possède une morale bien à elle. Hypocrite, que ce soit consciemment ou non. Elle impose des lois qui lui sont favorables, mais triche constamment avec les règles qu’elle a elle même fixées. Elle ment, invente des faits, réécrit l’histoire pour qu’elle légitime son ordre, s’approprie les efforts des autres et les victoires sociales comme étant des cadeaux qu’elle a accordé. Sa presse transmet ses valeurs, son idéologie, son analyse des choses. Tout en clamant que chacun peut s’exprimer, elle ne crée absolument pas les conditions permettant que cela soit réalisable. Elle gave d’argent public ses sbires, sa presse, sa propagande.

    Elle a son État, sa police, sa justice, son armée, ses services secrets et spéciaux. Elle n’hésite pas à museler, menacer, assassiner lorsque le besoin s’en fait cruellement sentir. Quant à elle, la loi ne s’applique qu’avec des précautions immenses, que lorsque ce sont des bourgeois et des bourgeoises et leurs clans eux même qui ont été lésés. Ses enfants ont des réseaux d’éducation qui leur sont propres, avec des chemins détournés, qui permettent même aux plus inutiles d’entre eux de faire carrière.

    A l’inverse, elle exige de ses adversaires qu’ils renoncent à tout. Qu’ils doivent se conformer à une éthique, à une morale, à des formes démocratiques, respectueuses des droits, à tout un fatras de choses qui ne servent qu’à rendre impossible tout changement. Même lorsqu’il s’agissait de choses aussi minimes que de gagner des élections pour porter un programme réformiste (ou écologiste libéral aujourd’hui), le joker du totalitarisme a été immédiatement brandi.

    Et cela fonctionne très bien. La rhétorique de la gauche devant défendre à tout prix la liberté d’expression, les droits de l’homme, devant renoncer à faire usage de la violence, est porteuse et influence énormément la manière dont les organisations fonctionnent. Elles renoncent ainsi à porter un projet de transformation radicale de la société et de se doter des moyens organisationnels et techniques de le réaliser. Il en résulte une mentalité servile, défaitiste.

    Dans l’affaire Charlie et dans l’injonction à avoir l’esprit Charlie, les réactionnaires poursuivent cette politique. Ils poussent, au nom de grands principes intangibles, à ce que les progressistes fassent front commun avec leurs bourreaux, avec les patrons, les fascistes, les réactionnaires.

    Critiquer, oui. Mais progresser surtout !

    Oui, il faut critiquer les travers réactionnaires de chaque religion, mais pas dans un rapport abstrait à cela, dans un rapport concret. C’est-à-dire que, jusqu’à preuve du contraire, l’obstacle à la réalisation du programme communiste – lequel intègre la liquidation des pratiques réactionnaires, n’est pas incarné par ceux et celles qui pratiquent l’islam. Ceux qui représentent l’obstacle à l’évolution de la société, c’est la bourgeoisie de France – la France étant un pays impérialisme, non une colonie. C’est par l’accès aux leviers du pouvoir et par l’implantation dans les masses qu’il est possible de pouvoir, par la suite, combattre les expressions réactionnaires des religions.

    La caricature est utile pour faire avancer les consciences. Elle possède la même valeur que tout discours politique ou toute propagande. Elle peut porter un message progressiste, utile, ou un message réactionnaire. Dans le cas de Charlie Hebdo, une analyse basique de document, du niveau de celui appris au collège, nous renseigne rapidement. Les caricatures de Mahomet ou représentant des africaines violées par Boko Haram sont des caricatures à destination d’un lectorat majoritairement peu concerné par ces problématiques-là Elles ne sont ni destinée aux africaines, ni aux musulmans. Quant à leur message, lequel est il ? Fait-il avancer la conscience de personnes influencées par les idées réactionnaires ? Non. Il vise à faire ricaner sur leur sort, à se moquer. Il s’agit d’un message politique blessant, sans plus, qui vient s’ajouter à la longue litanie de vexations, de brimades, dirigées contre des minorités ethniques, religieuses, culturelles.

    Qu’attendre du procès ?

    Le procès des auteurs de l’attentat, dans le climat actuel, risque d’être transformé en procès des musulmans et des musulmanes de France. Et, ce, contre l’opinion même des victimes, devenues les jouets d’une machinerie de propagande inarrêtable. Renouveler l’injonction morale, qui soudait police et population, qui anesthésiait les voix dissidentes, est complexe. Pourtant, le gouvernement, la bourgeoisie, les réactionnaires, non seulement tablent dessus, mais en ont besoin pour affronter la tempête sociale et épidémiologique qui s’annonce.

    Les esprits progromistes s’échauffent toujours plus. La division de ceux et celles qui subissent l’exploitation est un enjeu, chaque année, plus grand. Plus grand pour les réactionnaires, pour éviter une colère d’ampleur. Plus grand pour nous, les révolutionnaires, pour créer l’unité populaire qui nous manque, et qui nous permettra de mettre fin à l’exploitation, à la misère, mais également à la présence des idées réactionnaires dans la société. Nous observons attentivement le développement de ce procès et ses retombées, mais l’omniprésence réactionnaire nous sidère. Et pour cause. Ce procès risque d’être, en fin de compte, la troisième mort des victimes et une victoire sur tous les tableaux pour leurs bourreaux.

    1On peut arguer que nous confondons ici Islam et origine ethnique. A un moment, il faut être sérieux et arrêter de se voiler la face (sans jeu de mot). La campagne islamophobe est une campagne raciste déguisée en débat sur la religion.