Acceuil

  • Appel unitaire : célébrer la Commune – Ensemble !

    Appel unitaire : célébrer la Commune – Ensemble !

    Collectif « Vive la Commune de 1871» 

    Vive les 150 ans de la Commune (1871 – 2021) :

    Continuons le combat – pour une société socialiste !

    L’actualité ne cesse de nous convaincre que nous sommes entrés dans une période de fascisation de l’appareil d’État : État d’urgence, démantèlement des conquêtes sociales et économiques, répression des opposions légitimes, déploiement policier, … Mais nous n’ignorons pas que les « Forces de cet Ordre » sont au service d’un gouvernement gérant une société capitaliste en déclin qui multiplie les crises.

    Malgré les contraintes et la situation lourde de la pandémie, malgré le climat de peur créé après des attentats fascistes, etc., de larges couches populaires se battent, s’opposent, s’insurgent, mais bien souvent sans perspective de rupture avec l’ordre capitaliste. Nous savons qu’une réelle rupture ne peut être portée que par un mouvement communiste.

    Lors du 150ème anniversaire de la « Commune de Paris » et des Communes révolutionnaires dans d’autres villes nous aurons l’occasion de relever le drapeau du communisme. La Commune c’est l’exemple vivant d’un « gouvernement de la classe ouvrière » (Karl Marx). Que de transformations accomplies, que de projets prévus qui serviront d’exemple pour toutes les révolutions qui suivront !

    Hier, pendant 72 jours, les prolétaires, hommes et femmes, guidés par l’élan révolutionnaire, résisteront au gouvernement bourgeois réfugié à Versailles ainsi qu’à l’armée prussienne siégeant autour de Paris. Les prolétaires ont pris le pouvoir ! Après le renversement du gouvernement bourgeois, le peuple se lancera dans de grandes transformations, guidé par ses seuls intérêts de classe et internationalistes. Il dissoudra l’armée permanente et la police et armera tous les citoyens valides (nés en France ou ailleurs) dans la Garde Nationale. Il élira tous les fonctionnaires (juges, administrations, etc) qui seront payés au salaire ouvrier. Il donnera des droits nouveaux aux femmes ; rendra les ateliers et autres entreprises aux travailleurs ; réduira le temps de travail ; bloquera les loyers et les dettes, établira l’enseignement laïque et gratuit pour tous, filles et garçons …

    Les femmes, surtout les ouvrières, ont joué un rôle primordial dans la Commune de Paris. En tant que femmes révolutionnaires, elles ont combattu les bourgeois. Elles ont largement contribué à créer une société favorable à l’émancipation des femmes et à l’émancipation de la classe ouvrière. Elles ont combattu l’obscurantisme, pour la libération de l’exploitation et de l’oppression. Plein de courage, elles ont défendu la Commune sur les barricades, souvent au prix de leur vie.

    Mais nous n’oublions pas l’échec de la Commune lié à l’inexpérience des exploités, peu organisés, peu éclairés par la science socialiste et surtout manquant de son avant-garde communiste, de son Parti révolutionnaire traçant le chemin qui mène au Communisme.

    Aujourd’hui, notre société est plus que mûre pour le communisme. Nous avons acquis de multiples expériences depuis 150 ans. Ce qui nous manque toujours en France, c’est l’organisation forte qui pourrait guider les prolétaires dans le combat pour leur libération de l’exploitation et de l’oppression capitalistes. Menons campagne militante en liant l’expérience des Communard.e.s aux questions que l’actualité politique nous pose. La Commune vit ! Avec ses leçons, elle est l’avenir !

    Que ces 150 ans de la Commune fassent refleurir les drapeaux rouges du 18 Mars, redonnent un nouvel élan à nos forces unies. C’est à portée de main. C’est à nous d’en prendre l’initiative. Renforcer la voix des communistes et l’internationalisme est de notre responsabilité à l’ère où la bourgeoisie internationale développe l’anticommunisme pour nous fait à nouveau régresser vers le fascisme et la guerre. Construisons nos organisations dans la perspective de nous unir pour tracer la voie qui mènera les exploités et les opprimés vers le communisme.

    Nous combattons la bourgeoisie aujourd’hui…

    riche de l’héritage des communard.e.s de 1871 – jusqu’à la victoire !

    Rejoignez notre collectif et nos initiatives :
    7 mars – Place de la République/ Paris pour la Journée internationale de lutte des femmes
    20 mars –Célébration de la prise de pouvoir de la Commune à Paris
    18 avril – réunion/débat sur la lutte des femmes aujourd’hui et les femmes de la Commune
    1er mai – participation à la manifestation de la journée internationale de lutte des travailleurs
    29/30 mai – manifestation, réunion-débat et célébration au cimetière du Père Lachaise avec la participation de délégations internationales de l’ICOR

    Paris, mars 2021

    Membres et signataires actuels du collectif « Vive la Commune de 1871» :

    * Amis de l’ICOR (Coordination internationale des organisations révolutionnaires)

    * Association Culturelle des Travailleurs Immigrés de Turquie (ACTIT)

    * Comite Solidarité Pérou (CSP)

    * Nouveau Parti Communiste Haïtien (NPCH) 

    * Union des Populations du Cameroun -Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie (UPC-Manidem),

    * Union des travailleurs et de la fraternité des Peuples (Bir-Kar)

    * Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste (UPML)

    * Union des Femmes Socialistes (SKB)

    * Unité Communiste (UC)

    Pour plus d’informations : Facebook… email : communedeparis150@gmail.com

  • La contribution des femmes à la défense de la Commune de Paris (18 mars 1871-28 mai 1871)

    La contribution des femmes à la défense de la Commune de Paris (18 mars 1871-28 mai 1871)

    Nous reproduisons cet article, rédigé conjointement par des membres de l’UC et de l’UPML. Nous pensons que, 150 ans après la Commune de Paris, il est plus qu’essentiel de souligner le rôle des femmes. Un rôle dans les luttes passées, certes, mais également dans les luttes à venir !

    Avant-Propos

    L’évènement de la Commune de Paris ne semble être ignoré de personne. Elle est la manifestation et la preuve concrète que le peuple peut prendre le pouvoir en organisant la société par et pour lui-même. Elle s’inscrit dans une série d’évènements révolutionnaires qui ont marqué la France tout au long du « grand XIXe siècle » : 1789, 1830, 1848… Cependant, elle apporte une dimension nouvelle : ce n’est pas avant tout contre un tyran que se déchaînent les masses, mais bien pour leur propre émancipation et leur propre liberté, sortir de l’oppression, forger son destin.
    Lors de ces précédentes insurrections, les femmes ont pris part à la lutte de manière considérable pour obtenir leur émancipation, mais n’ont rien obtenu. Lors de la Commune de Paris, elles n’ont pas envie que cela se reproduise.
    Dans cet article, nous allons évoquer un pan essentiel de l’histoire de la Commune qui a été occultée par les grands personnages masculins, dans une société éminemment marquée par l’androcentrisme.
    L’androcentrisme désigne un mode de pensée façonné pour et par les hommes. La construction des savoirs scientifiques en est imprégnée, ainsi que la manière dont on raconte l’Histoire. En effet, les philosophes de l’Antiquité tels que Aristote ont mis du cœur à l’ouvrage en justifiant l’infériorité des femmes à travers leur sois-distante « froideur » contrairement aux hommes qui seraient chauds : « Dans l’espère humaine l’homme est plus parfait que la femme. La cause de cette supériorité est la surabondance du chaud »1.
    Afin de contrecarrer cette dynamique, cet article a pour objectif de mettre en lumière la multiplicité des rôles des femmes sous la Commune de Paris.

    L’Union Des Femmes

    Désireuses de s’organiser pour la défense de la Commune, Elisabeth Dmitrieff iet Nathalie Le Melii fondèrent en collaboration avec d’autres femmes, l’Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessé.e.s.
    Le 11 avril, Nathalie Le Mel et Elisabeth Dmitrieff lancent un premier appel aux citoyennes de Paris, en accordant une place centrale à l’émancipation de la classe ouvrière comme peuvent en témoigner les citations suivantes :

    « Nos ennemis, ce sont les privilégiés de l’ordre social actuel, tous ceux qui toujours ont vécu de nos sueurs, qui toujours se sont engraissés de notre misère (…) Nous voulons le travail, mais pour en garder le produit…Plus d’exploiteurs, plus de maîtres ! »2

    Suite à cet appel, L’union Des Femmes s’adresse à la commission exécutive de la commune afin de porter fièrement, haut et fort ses principales revendications que sont l’égalité des sexes et l’abolition de l’antagonisme entre exploiteurs et exploité.e.s :

    « Que la Commune, représentante du grand principe proclamant l’anéantissement de tout privilège, de toute inégalité, – par là même est engagée, à tenir compte des justes réclamations de la population entière, sans distinction de sexe, – distinction créée et maintenue par le besoin de l’antagonisme sur lequel reposent les privilèges des classes gouvernementales. Que le triomphe de la lutte actuelle ayant pour but la suppression des abus, et dans un avenir prochain la rénovation sociale toute entière assurant le règne du travail et de la justice, – a, par conséquent, le même intérêt pour les citoyennes que pour les citoyens… »3

    Dans chaque arrondissement de Paris, L’Union des Femmes est composée d’un comité de 11 membres. Ces comités avaient pour tâche de recenser les citoyennes qui souhaitaient consacrer leur cause à la défense de la Commune de Paris : soit en tant qu’ambulancières, cantinières, vivandièresiii soit aux barricades ou encore pour des convocations à des réunions. Le comité central est chargé de la direction générale, et tous les membres de l’Union des femmes avaient le devoir de respecter l’autorité morale du comité central, et d’obéir aux instructions et aux ordres du comité auxquels les membres appartenaient.
    Le but de l’organisation Union des femmes est d’augmenter la participation des femmes à la défense de la Commune. Pour ce faire, les femmes de l’organisation ont mis en place un moyen de répandre leurs revendications révolutionnaires à travers les clubs et les comités qui prennent souvent place dans des églises.

    Les Clubs et les comités : Moyens de propagation des idées révolutionnaires

    Le club de la délivrance est présidé par Lodoïska Caweska (ancienne rédactrice du journal Citoyennes) et eut à plusieurs reprises comme oratrice Nathalie Le Mel. Lors des réunions de ce club qui avaient lieu dans une Eglise, précisément à la Trinité, plusieurs sujets étaient abordés par les oratrices : notamment sur les rapports entre la religion et l’émancipation des travailleuses devant un auditoire de 600 femmes (le nom de l’oratrice du discours ci-dessous est malheureusement méconnu) :

    « Voilà le jour de la revendication et de la justice qui arrive à grands pas. Les ateliers dans lesquels on nous entasse vous appartiendront ; les outils qu’on met entre vos mains seront à vous ; le gain qui résulte de vos efforts, sera partagé entre vous. Prolétaires, vous allez renaître. Femmes frêles, vous vous nourrirez, vous vous vêtirez…Mais pour en arriver là, citoyennes, il faut de votre part une rupture soudaine et absolue avec les folles superstitions qu’on a prêchées dans le local où j’ai l’honneur de vous parler en ce moment. ». 4

    Le club des libres penseurs effectuait ses réunions depuis le 6 mai 1871 dans l’Eglise de Saint- Germain-L’auxerrois. Ce club est particulièrement intéressant car c’est dans celui-ci que 100 femmes et 400 hommes ont voté la proposition de la citoyenne Rondier pour l’affranchissement complet des femmes. Ce vote permet de montrer que les ouvriers soutenaient massivement les femmes dans leur désir d’émancipation.
    Le Comité des Femmes de la rue d’Arras qui existe indépendamment de l’organisation Union Des Femmes, a fondé des comités de quartier pour rendre possible la mise en place d’ateliers de travail. Ces ateliers de travails avaient pour principal objectif de « préparer l’organisation du travail des femmes par elles-mêmes ».5 Le Comité Des Femmes s’est également occupé de la propagande révolutionnaire en recueillant près de 300 inscriptions pour la légion des femmes qui souhaitait porter des armes, afin de défendre au même titre que les hommes la Commune de Paris.

    Journalisme

    Lors de la Commune de Paris, la journaliste André Léoiv a écrit dans différents journaux ; notamment dans La CommuneLe Rappel et La Sociale. Elle a eu un rôle actif dans la Commune puisque dans ses articles, elle a soutenu la nécessité d’armer les femmes au service de la défense de la Commune :

    « Paris est loin d’avoir trop de combattants, le concours des femmes devient nécessaire. A elles de donner le signal d’un de ces élans sublimes (…) On les sait anxieuses, enthousiastes, ardentes (…) à se donner tout entières (les femmes du peuple surtout) à la grandecausede Paris.Qu’elles entrent donc d’action dans la lutte autant qu’elles y sont de cœur (….) Louise Michel, Madame de Rochebrune, bien d’autres, ont déjà donné l’exemple »6.

    La journaliste a également élaboré des propositions afin de soutenir la cause des femmes combattantes en demandant au général Cluseret d’installer les trois registres suivants : Action armée, Postes de secours aux blessés, fourneaux ambulants. Cela aura permet aux femmes de s’inscrire massivement dans chacun de ces registres.

    Éducation

    Les femmes ont joué un rôle majeur dans l’éducation. Dès le début de la Commune, ce sont les institutrices, qui, au sein de la société Education Nouvelle ont rendu possible l’application des principes de l’éducation laïque, obligatoire et gratuite pour les deux sexes. Désireuses d’émanciper les femmes au sein de l’éducation, la contribution de plusieurs femmes avec Louise Michel ont réalisé une pétition pour obtenir des écoles professionnelles et des orphelinats laïques.
    Il est important de prendre en considération le travail fourni par Madame Tinayre, ancienne institutrice qui, sous le gouvernement de Bordeaux était chargée de réorganiser les écoles de filles à Paris, n’a cessé de poursuivre cette tâche sous la Commune de Paris.
    La contribution de l’écrivaine Paule Minkv a été celle de créer une école de jeunes filles dans la chapelle du catéchisme de Saint-Pierre de Montmartre. La nef de cette église a été transformée le 19 avril en un atelier destiné à la fonction d’habillements militaires. Dans cet atelier une cinquantaine de femmes ont travaillé jusqu’au début du mois de mai. L’Eglise fut ensuite réquisitionnée pour la tenue de réunions.

    Les combattantes

    Lors de la semaine sanglante, les femmes, armées, se sont massivement mobilisées pour la défense de la Commune de Paris. Elles ont notamment défendu les barricades jusqu’à leur dernier souffle. Les noms des femmes qui ont fait preuve de bravoure, et de solidarité sur le champ de bataille sont en grande majorité inconnus, en raison de l’inanité des archives sur le sujet. Cependant, il existe quelques noms, et parce-que les femmes doivent cesser d’être essentialisées, il est nécessaire de les identifier :
    Joséphine Dulembert (ancienne rédactrice du Moniteur des Citoyennes).
    Brossert (cantinière au 84è me bataillon) avec Lodoïska Caweska ont contribué à l’organisation de la défense de la gare de Montparnasse.
    Un groupement d’environ 120 femmes a construit et défendu les barricades de la place Blanche.
    Une cinquantaine de femmes sous la coordination de Nathalie Le Mel ont construit une barricade place Pigalle et ont contribué à sa défense.
    Andrée Léo a défendu les barricades situées aux Batignolles.
    Elisa Rétiffe (cantinière au 135ème bataillon) était aux barricades de la rue Bellechasse.

    Conclusion

    Loin du rôle misérabiliste attribué aux femmes, l’expérience de la Commune de Paris a démontré que la lutte des classes est une des conditions à l’émancipation des femmes. Cette émancipation a été l’usufruit des femmes majoritairement issus de la classe ouvrière, qui en défendant leur émancipation, se sont vouées corps et âme, à la défense de la Commune, à travers différents rôles qui touche la société, massivement, et activement. C’est là l’intérêt de l’unité entre le mouvement ouvrier et le mouvement des femmes. Il faut souligner leurs exploits à la contribution de cette grande cause qu’est le communisme, une cause qui entend à rétablir la justice.

    POUR UNE HISTOIRE DES FEMMES.
    POUR LA LIBERTÉ DES FEMMES DANS UNE SOCIÉTÉ SANS EXPLOITATION ET OPPRESSION DE TOUTE SORTE.

    1 Source : https://www.arkhe-éditions.com/magazine/femme-homme-science-du-sexe-faible/ 

    2 Source :https://www.persee.fr/doc/r1848_0765-0191_1950_num_42_185_1467

    3 Source : https://www.persee.fr/doc/r1848_0765-0191_1950_num_42_185_1467

    4 Source :https://www.persee.fr/doc/r1848_0765-0191_1950_num_42_185_1467

    5 Source : https://www.persee.fr/doc/r1848_0765-0191_1950_num_42_185_1467 

    6 Source : https://www.persee.fr/doc/r1848_0765-0191_1950_num_42_185_1467

    i Elisabeth Dmitrieff est née en Russie en 1850. Partageant les opinions de Marx pendant l’Internationale, elle fut sa correspondante sur les évènements de la Commune de Paris.

    ii Nathalie Le Mel est née à Brest en 1826.Militante de l’Internationale, elle est l’une des créatrices du Syndicat des relieurs et relieuses de Paris, et géra la coopérative La Marmite.

    iii Les vivandières étaient les femmes qui suivait les troupes pour vendre aux soldats des vivres, des boissons.( Définition Le Robert)

    ivAndré Léo est née à Lusignan en 1824. Romancière et Journaliste, elle publie en 1869 «La femmes et les Mœurs – Monarchie ou liberté » ouvrage dans lequel elle riposte contre l’ordre patriarchal revendiqué par Proudhon.

    v Paule Mink est d’origine polonaise, elle est née en 1839 à Clermont-Ferrand. Républicaine,elle a écrit un pamphlet qui s’intitule «les Mouches et l’Araignée» à l’encontre de Napoléon III.

  • Résolution ICOR – un 8 mars sous le signe de la Commune !

    Résolution ICOR – un 8 mars sous le signe de la Commune !

    Résolution sur la Journée internationale de lutte pour la libération des femmes 2021

    Il y a 150 ans, en mars 1871, le prolétariat parisien renversa pour la première fois l’ancien pouvoir et établit un nouveau pouvoir, le premier État des travailleurs. La Commune de Paris était « le glorieux fourrier d’une nouvelle société ». Les femmes étaient des atouts, elles étaient parmi les plus courageuses des combattantes aux barricades ! La Commune a jeté les premières graines d’une véritable libération des femmes, a créé des emplois en usine pour leur indépendance financière, des écoles professionnelles industrielles pour les filles, une loi sur le divorce, a traité les enfants légitimes et illégitimes sur un pied d’égalité. Elle a publié un décret pour l’égalité des femmes. L’organisation de femmes indépendante « Union des femmes » était membre de l’Internationale. Jusqu’à ce jour, la Commune de Paris trace la voie des grandes révolutions socialistes ultérieures et de la lutte pour la libération des femmes.

    Les femmes travailleuses sont doublement opprimées et doublement exploitées dans ce système capitaliste parce qu’elles sont des travailleuses et parce que ce sont elles qui sont responsables des travaux ménagers, des soins à leurs enfants, à leur partenaire et aux personnes à leur charge – tout ce que l’on subsume sous « travaux ménagers » non rémunérés. En réalité, rien de tout cela n’est une affaire privée pour les femmes ! Ce sont des tâches pour la société dans son ensemble ! Elles doivent être résolues et organisées en conséquence. Là aussi, la Commune de Paris a ouvert la voie ! Dans ce système, en revanche, leur corps devient une marchandise, comme par l’exploitation à des fins sexuelles et la traite des êtres humains. Chaque jour, partout dans le monde, des femmes sont violées, mutilées, violantées dans la rue, dans leur maison, assassinées simplement parce qu’elles sont des femmes. En bref, ce système est basé sur des relations familiales et sociales patriarcales qui trouvent leur origine dans la propriété privée. Une politique particulièrement misogyne est menée par la réaction islamiste.

    L’ICOR encourage la lutte pour la libération des femmes en liaison avec la lutte pour la libération nationale, la révolution prolétarienne, la véritable démocratie et le socialisme aussi bien dans les pays impérialistes que dans les pays dépendant de l’impérialisme. Elle promeut le rôle des femmes dans les mouvements politiques et les partis révolutionnaires ! Elle invite donc les organisations internationales de femmes à participer à la construction du Front uni anti-impérialiste international contre le fascisme et la guerre.

    Dans la pandémie de Coronavirus, en interaction avec la crise économique et financière mondiale, l’impérialisme montre son vrai visage. L’économie du profit est incompatible avec une protection durable de la santé de la masse de la population. Sur le fond de la crise de Coronavirus qui s’étend de façon incalculable, de millions de personnes affamées, de systèmes de santé qui ne fonctionnent pas, de la destruction massive d’emplois, de la pauvreté généralisée, une tendance accélérée vers une crise sociale globale du système impérialiste mondial se développe avec des mouvements de masse, des grèves, des protestations dans lesquelles les femmes jouent un rôle important. Les forces s’accroissent et se renforcent qui poursuivent la voie commencée par la Commune de Paris et emboîtent le pas des femmes combattantes courageuses.

    D’autant plus il est temps aujourd’hui de faire connaître et d’ancrer la Commune de Paris et ses enseignements auprès de la masse des femmes : Que ce soit en Inde où neuf grèves générales ont eu lieu pendant un an, la dernière avec 250 millions de participants. Où des paysans de tout le pays se rebellent avec mépris de la mort contre les lois du gouvernement fasciste Modi. Et les femmes qui travaillent dans le secteurs de la santé, de la garde d’enfants et comme cuisinières s’y joignent. Les paysannes luttent également contre leur manque de droits, car elles peuvent travailler la terre mais ne pas la posséder. Comme au Bangladesh où les ouvrières du textile se battent depuis des mois pour des salaires non payés et contre les licenciements. Ou en Afrique du Sud où 59 % des jeunes sont au chômage et où une grève générale contre la corruption, répercutant le fardeau de la crise sur les travailleurs, et contre la violence sexiste, a été largement suivie par les masses. En France, où les luttes de masse s’opposent au président Macron quand il pousse à la fascisation de l’appareil d’État, et est incapable de lutter contre la pandémie de Corona, et où les femmes révolutionnaires s’apprêtent à célébrer les 150 ans de la Commune de Paris. Ou dans des pays comme le Pérou, l’Équateur, le Brésil – où, parfois, les morts du coronavirus ne sont même plus enterrés et où les femmes prennent en charge l’aide sociale et l’assistance mutuelle au mieux de leurs capacités et font partie de la lutte contre le gouvernement.

    Il est d’une importance stratégique que le mouvement combatif international des femmes devienne l’allié du prolétariat mondial et que les femmes dans les partis révolutionnaires jouent leur rôle avec confiance. Toutes les contradictions du système capitaliste-impérialiste s’aggravent par la crise économique et financière internationale, s’exacerbant par la pandémie de Covid 19. La contradiction entre les forces productives internationalisées et les rapports capitalistes de production appelle une solution. Ce que la Commune de Paris a commencé, ce que la révolution d’Octobre socialiste et la révolution socialiste dans la Chine de Mao Zedong en lutte contre l’oppression féodale, arriérée ont continué, ce que les pays à l’époque socialistes ont essayé et réalisé – tout cela est aujourd’hui sur l’agenda de l’histoire mondiale : la libération des femmes dans des pays libérés, démocratiques et socialistes.

    Luttons au niveau transnational et ensemble, femmes et hommes, au sein de l’ICOR et du Front uni pour la libération des femmes, la liberté, la démocratie et le socialisme !

    Signataires (en date du 23/2 2021, d’autres signataires sont possibles):

    1. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie
    2. CPK Communist Party of Kenya (Parti communiste de Kenya)
    3. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    4. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    5. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    6. MLOA Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)
    7. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    8. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    9. Ranjbaran Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
    10. NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    11. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
    12. NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
    13. CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
    14. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    15. БРП(к) Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes))
    16. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
    17. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    18. UC Unité Communiste, France
    19. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    20. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    21. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    22. UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa (Union marxiste-léniniste portugaise)
    23. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    24. VZDOR VZDOR – strana práce (Résistance – parti du travail), Slovaquie
    25. TKP-ML Türkiye Komünist Partisi – Marksist-Leninist (Parti communiste de Turquie – marxiste-léniniste)
    26. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    27. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    28. UoC Union of Cypriots (Union des Chypriotes), Chypre
    29. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    30. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    31. BDP Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
    32. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    33. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
  • Vive le 8 mars ! Vive la lutte des femmes !

    Vive le 8 mars ! Vive la lutte des femmes !

    Aujourd’hui, nous avons participé à a manifestation du 8 mars à Lyon.

    Cette manifestation est un succès, ayant largement rassemblé en dépit du contexte sanitaire. Plus de 10 000 personnes ont ainsi foulé la rue, majoritairement des femmes, venus réclamer leurs droits et dénoncer les injustices. Entre cette manifestation et celle du 8 mars précédent, un immense espace semble existe.

    Entre le 8 mars 2020 et le 8 mars 2021 le monde a changé. La pandémie est passée par ici, avec son lot de deuil, son lot de souffrances, son lot de difficultés.

    Ces difficultés n’ont pas été également réparties. Pour une partie de la population relativement privilégiée, le confinement a pu être agréable, voir être un simple désagrément. Pour d’autres, en revanche, il a été une épreuve de forces.

    C’est, dans l’ensemble, le cas des femmes.

    Depuis le début de la pandémie, les femmes ont été en première ligne.

    En première ligne dans les activités professionnelles, en particulier dans le secteur médical. En effet, les fonctions les plus exposées (infirmières, aides-soignantes…) sont majoritairement féminines.

    En première ligne dans la vie de tous les jours. Les tâches domestiques leur ont souvent échu, tout comme la gestion des enfants, des courses, du ménage…

    En première ligne face aux violences : stress, désespoir, angoisse… se sont manifestées de diverses manière. Y compris par une hausse dramatique des violences physiques, morales, sexuelles, violences dont les femmes ont été les principales victimes.

    A la levée du confinement, elles ont retrouvé les harcèlements de rues, les agressions quotidiennes, exacerbées, la aussi, par l’atmosphère d’apocalypse propre à cette année.

    Quant à l’avenir, il est loin d’être rose : les perspectives économiques sont médiocres. Or, les femmes sont, statistiquement, plus en situation de précarité que les hommes. Cette triple peine fait de l’année 2020 une année difficile, anxiogène.

    De plus, le gouvernement est loin d’avoir montré un exemple parfait.

    La nomination d’une personnalité comme Gerald Darmanin au poste de ministre de l’intérieur a été un signal profondément négatif envoyé par le gouvernement à toutes les femmes. Quant à la capitulation de Marlène Schiappa, qui prétendait qu’elle « ne serrerait pas la main à quiconque accusé de viol », celle-ci illustre pleinement l’absence de principes ces les politiciens. D’ailleurs, dans l’ensemble, les délinquants sexuels riches, les violeurs mondains, ont la vie belle en France.

    Dans d’autres pays dont la Pologne, l’offensive anti-femme prend toujours plus d’ampleur. Les droits des femmes sont constamment sous les feux des réactionnaires. Rien n’est jamais acquis !

    Pour autant, en dépit de ses faiblesses, nous ne pouvons que reconnaître que la mise en place d’un âge minimal du consentement est une forme d’avancée. Elle n’impose plus aux victimes les plus jeunes le calvaire de devoir démontrer le non-consentement. Il s’agit d’un timide pas en avant.

    En dépit de la situation complexe, il existe des prémices de victoires :

    D’une manière générale, la vague de fond de #metoo (et son équivalent #metoogay) se poursuit, libérant les paroles. Aujourd’hui, les agresseurs savent que la vérité peut sortir à tout moment. Dans d’autres pays du monde, sous l’influence grandissante de courants de pensée progressiste, des victoires apparaissent. Le mouvement des femmes, dans les pays d’Asie, d’Amérique Latine, d’Afrique, remporte progressivement des victoires. Dans les prémices de démocraties populaires, comme au Rojava ou dans certaines parties de l’Inde, les groupes d’autodéfense féministes permettent de mettre fin aux violences sexistes et imposent une société nouvelle.

    Il est indéniable que les mentalités avancent. Ces avancées rencontrent cependant une résistance acharnée de réactionnaires fanatiques, qui tremblent devant l’effondrement de leur monde. Cette avancée des mentalités met en exergue les pratiques d’un autre temps. Elles les rendent d’autant plus insupportables.

    Le militantisme n’est pas un monde à part !

    Une lame de fond féministe traverse l’ensemble de la société. Y compris un monde militant souvent très masculin.

    Nous sommes une organisation qui reste, en dépit d’une progression certaine, toujours majoritairement masculine. Cette situation est révélatrice du fait que nous ne parvenons pas encore à développer une ligne efficace, ni que nous de parvenions à surmonter un grand nombre de travers, que ce soit dans notre vie personnelle ou militante. Il nous reste encore un travail profond à réaliser pour nous dépêtrer nous même de nos travers. Nous ne pouvons nous exempter nous-mêmes de reproches. Mais nous en avons conscience, dans l’ensemble, ce qui nous permet d’agir dessus.

    Nous pensons qu’on ne peut pas déclarer qu’il existe un monde militant antisexiste, pur, coupé des controverses et des agressions. C’est un fait indéniable. Contrairement à d’autres sujets où la différence entre une position de principe et la pratique ne se voit pas, sur la question du sexisme, ces subterfuges ne prennent pas. La question du féminisme est une question qui touche les rapports d’une moitié de société avec une autre (en simplifiant grossièrement, les choses ne sont pas si binaires.), il est donc impossible d’y échapper. Notre pratique à des implications concrètes.

    Parfois, les revendications féministes sont minorées, laissées de côté. Il en est de même pour d’autres revendications qui demandent des changements d’attitude, des corrections, une autocritique réelle. Elles sont perçues comme étant nuisible à l’unité, comme étalant « le linge sale » au vu et au su de toutes et tous, ou comme ayant vocation à créer un safe space illusoire.

    L’argument se retourne aisément.

    Le vrai safe-space nuisible, lequel est-ce ? N’est ce pas en tout premier lieu celui du machisme quotidien, du racisme larvé, des résidus pourrissants du vieux monde, qu’on refuse de combattre ? Nous le rappelons à nouveau : ce ne sont pas les revendications féministes qui fracturent l’unité populaire, c’est au contraire le sexisme qui repousse « la moitié du ciel » loin des organisations militantes.

    Parfois, dans la lutte pour l’unité populaire, contre les pratiques et les mentalités sexistes, il existe des contradictions.

    L’an passé, nous nous sommes exprimés et exprimées sur certains contradictions qui peuvent exister dans les luttes féministes. Nous souhaitons revenir sur celles-ci.

    Comme toutes les luttes qui concernent un pan entier de la société – en l’occurrence environ la moitié de celle-ci – les luttes des femmes ont une dualité qui leur est propre. Il n’existe pas de monolithe qui se nomme ‘la femme’, mais bien une réalité complexe, contradictoire. Femmes prolétarienne, femmes réactionnaires, femmes bourgeoises…

    Ces contradictions traversent l’ensemble des mouvement féministes. Elles se voient aussi dans les luttes.

    Un mouvement complexe.

    Celles-ci sont à la fois des luttes contre leur situation d’inégalité juridique, sociale, matérielle, politique…Ce sont des luttes pour s’émanciper du patriarcat, être la maîtresse de sa chair, de sa destinée. Ne plus être considérée comme un utérus, une proie, une machine à travail domestique… Toutes les femmes partagent, en toute objectivité, un intérêt commun à réaliser ces objectifs.

    Mais, ces luttes sont également traversées par d’autres luttes démocratiques (antiracistes, antifascistes…) ainsi que par la lutte des classes. Les luttes féministes sont incluses dans le vaste mouvement pour l’émancipation générale et pour la réalisation d’une nouvelle société. C’est cette dualité constante qui explique aussi qu’il existe une telle variété de mouvement et de positions.

    Les influences réciproques entre les deux formes créent des conflits et des contradictions, celles-ci sont d’ailleurs parfois brouillées par une phraséologie de gauche, gauchiste. Parfois elle se double même d’un sectarisme déroutant, alors qu’elle porte un contenu finalement libéral, droitier, petit bourgeois. Derrière des mots d’ordres grandiloquents se dissimule parfois le maintien de la vente de la chair, la servitude volontaire.

    Or, si toutes les femmes ont objectivement intérêt au féminisme et à l’égalité des droits, elles ne sont pas toutes pour autant favorables à une société sans État ni classe. Certaines ont intérêt même à une société capitaliste, impérialiste. Mais tant qu’existera la domination et l’exploitation, leur statu sera constamment menacé.

    Le libéralisme peut-il être antisexiste ?

    Le libéralisme peut, en dernière instance, se passer du sexisme et du patriarcat. Mais il ne peut se passer de la domination, du surtravail domestique, et, finalement, il tend à reproduire constamment la domination. Cette tendance existe même au sein des couples homosexuels, elle existe dans l’ensemble des cellules familiales sous chacune de leurs formes.

    Le fait est que les rapports de domination peuvent aussi muter, évoluer, prendre des formes nouvelles. Mais le besoin d’extorquer un travail gratuit persiste. Et il persistera tant qu’existera l’exploitation générale.

    Nous nous inscrivons dans une tradition qui ne se positionne pas d’une manière humanitaire. Nous voulons résoudre définitivement le patriarcat et le sexisme qui en découle. Cela ne signifie pas attendre la révolution pour poser ces questions. Cela ne signifie pas non plus qu’un changement de régime implique mécaniquement l’effondrement du patriarcat. L’expérience a démontré qu’il s’agit d’un processus long, lent, complexe. L’expérience a aussi montré que ces questions ne sont jamais mieux traitées que par les femmes elles même, et que la substitution a leur parole, à leur expérience, est souvent la meilleure manière de ne rien régler.

    Nous voyons dans le mouvement de lutte des femmes non pas une composante séparée du grand affrontement de classe, du grand mouvement d’émancipation général. Au contraire, il s’agit d’un pilier. Défiler le 8 mars, c’est pour nous une manière d’apporter notre soutien à ces luttes.

    En mémoire de toutes celles qui se sont battues. Pour l’honneur de toutes celles qui se battent. Pour celles qui sont tombées. Vive le 8 mars ! Vive les luttes des femmes !

  • Communiqué commun ATIK – UC – UPML sur la loi sécurité.

    Communiqué commun ATIK – UC – UPML sur la loi sécurité.

    Nous, ATIK –  Confédération des Travailleurs de Turquie en Europe – UC – Unité Communiste – et UPML – Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste – considérons que la Loi Sécurité et la Loi Séparatisme sont des menaces importantes. Nous pointons une trajectoire dangereuse choisie par l’État français et ses gouvernements successifs, de droite comme de gauche : celui de la répression à outrance.


    Cette trajectoire épouse précisément celle de la destruction des droits sociaux.

    Bien que la France soit une puissance impérialiste, elle connaît une crise économique importante et la concurrence de nouveaux acteurs internationaux. Pour protéger les taux de profit des exploiteurs, il faut donc réduire les droits sociaux et les salaires : c’est là le sens des politiques suivies depuis le milieu des années 1980 et accélérées depuis début 2000.

    La colère répond à la misère.

    Les mouvements sociaux constants depuis plus d’une décennie et l’irruption de nouvelles formes de contestation comme les Gilets Jaunes expliquent ce choix. Après avoir saccagé les conquêtes sociales, fruit de plus d’un siècle de combats, le gouvernement s’attaque aux droits politiques.

    Cette loi de sécurité globale s’inscrit dans un arsenal juridique et judiciaire qui s’est étoffé d’années en années. Les exploiteurs ont habilement utilisé tous les prétextes possibles pour réaliser cela.

    La loi Sécurité : briser les mobilisations.

    Dans l’ensemble cette loi vise à pouvoir renforcer les pouvoirs de la Police, notamment en dotant la Police Municipale de pouvoirs judiciaires plus importants. Elle permet également l’utilisation de drones pour la collecte d’informations. Son article 24, qui a fait couler beaucoup d’encre, est construit pour protéger les policiers face à la diffusion d’images et de données personnelles.

    Une nouvelle fois, la répression emploie des éléments anecdotiques pour justifier une répression générale. En utilisant de rarissimes cas où des policiers ont été ciblés individuellement, une loi spécifique est mise en place.

    Dans les faits, ces mesures se traduiront par une répression plus rapide, plus documentée, et surtout par la possibilité de pouvoir censurer les images des violences policières. Nous rappelons que depuis des décennies, la France est régulièrement dans le collimateur de la Commission Européenne des Droits de l’Homme du fait de la répression particulièrement féroce qui sévit chez elle.

    Loi séparatisme : le racisme à toutes les sauces.

    La société française a été sous le choc lors des vagues d’attentats. Profitant de l’indignation, les gouvernements ont pu introduire des nouvelles lois répressives. Aujourd’hui, il est possible d’être arrêté sur la base d’une intention vague, indémontrable, de commettre un acte illégal. Ces lois ont notamment été détournées de leur vocation antiterroriste pour réprimer le mouvement des Gilets Jaunes.

    Depuis des années l’islam est utilisé comme un épouvantail pour effrayer la société française et lui faire accepter passivement des mesures réactionnaires. Auparavant, il s’agissait du noir, de l’arabe, du juif. Le mot musulman permet de tenir des discours racistes sans être condamné – ou si peu – par un habile tour de passe-passe. Mais le fond reste le même.

    La loi sur le séparatisme, qui doit lutter contre les dérives sectaires chez les croyants musulmans et musulmanes, est en réalité une mesure visant à rendre impossible leur intégration. Elle est stigmatisante et vexatoire. Surtout, son contenu vise, là aussi, à pouvoir s’octroyer un droit de regard sur les consciences et les opinions de l’ensemble de la société.

    Car derrière l’Islam, ce sont les classes populaires et l’ensemble des exploités qui sont ciblés. Les militants et militantes aussi sont concernés par ces mesures. Car derrière la guerre contre l’islamo-gauchisme, c’est bien une attaque contre les progressistes et les révolutionnaires. Il s’agit ni plus ni moins d’un copier-coller du judéo-maçonnisme et du judéo-bolchévisme des années 30.

    Cette loi contient ainsi la possibilité de pouvoir interdire « toute idéologie politique qui se dresserait contre les valeurs de la République ». Une phrase creuse, qui permet de s’en prendre à toute opposition, voire à la science même. Ainsi les ministères chargés de l’éducation veulent enquêter sur l’enseignement et la recherche. L’université, « nid d’islamo-gauchiste » accusée de produire des théories mettant en péril l’ordre et corrompant la société. Lorsque les sciences sociales deviennent l’ennemi de la société, c’est qu’elle est pourrie et tremblante.

    Démocratie – dictature : une limite ténue.

    Les droits démocratiques sont fragiles. Il n’existe aucune garantie de leur maintien. L’expérience de plusieurs pays d’Europe montre qu’il est aisé de passer d’une démocratie libérale à une dictature.

    Nous rappelons également que la Ve République est née du coup de force gaulliste, et qu’elle a été architecturée pour permettre un contrôle maximal sur la société. En cas de crise de régime importante, elle possède en son sein les dispositions qui lui permettent de passer à une dictature ouverte.

    Dans l’ensemble, une grande majorité de partis ont accepté le fond de la loi : c’est à dire renforcer l’étau sur la société, et n’ont fait que débattre de modalités secondaires. Il existe dans le fond une quasi-unanimité à considérer que la société française traverse une crise profonde, et que les libertés d’hier n’ont plus leur place aujourd’hui.

    L’arsenal État d’Urgence – Loi Sécurité – Loi Séparatisme offre une amplitude d’action maximale au gouvernement. En mettant en place une répression préventive, en augmentant les capacités de réponse policière, en montant les exploités les uns contre les autres, le gouvernement espère traverser la crise. Mais il est déjà prêt à plus !

    Demain : une inconnue.

    Les expériences du XIX e et du XXe siècle ont montré que la frontière entre la démocratie des exploiteurs et la dictature féroce et terroriste est ténue. Cette barrière semble progressivement se fissurer. Les prochaines échéances électorales sont, pour le moment, une course à qui sera le réactionnaire le plus agressif et le plus brutal. Elles suscitent une inquiétude profonde.

    Nous appelons à lutter contre cette loi, à en dénoncer le caractère profondément antidémocratique, nous appelons également à la solidarité contre la répression, où qu’elle soit !

    Militants en France ou ailleurs, nous ne formons qu’une seule ligne de front contre les réactionnaires et contre l’impérialisme. Unissons nos forces !

  • Déclaration de l’ILPS ICC sur les violations des droits de l’homme au Pérou

    Déclaration de l’ILPS ICC sur les violations des droits de l’homme au Pérou


    24 février 2021

    COMITÉ INTERNATIONAL DE COORDINATION (CIC) DE LA LIGUE INTERNATIONALE DE LUTTE DES PEUPLES

    EXIGEONS L’ARRÊT DES PERSÉCUTIONS POLITIQUES ET LA LIBÉRATION DE TOUS CEUX QUI SONT POURSUIVIS ET EMPRISONNÉS, DE TOUS NOS CAMARADES DU MOUVEMENT D’AMNISTIE ET DES DROITS FONDAMENTAUX DANS LE PROCESSUS POLITIQUE PRÉCÉDENT À LIMA !

    À BAS LA PERSÉCUTION POLITIQUE DES IDÉES !

    Nous sommes profondément choqués par la persécution brutale et illégale de nos 121 camarades, avocats, enseignants, travailleurs, artistes, étudiants, gens de la rue et combattants sociaux emprisonnés au Pérou, qu’ils cherchent à étendre à 300 autres. Cette semaine, 53 d’entre eux étaient déjà emprisonnés et d’autres sont menacés d’arrestation.

    Le 2 décembre 2020, lors d’un gigantesque raid policier et militaire brutal au Pérou, 77 des 121 chers camarades faussement accusés du crime de terrorisme ont été arrêtés, dont 11 avocats comme M. Alfredo Crespo, et des dirigeants syndicaux, en pleine période d’état d’urgence militaire.

    Néanmoins, la Constitution politique du Pérou stipule dans son chapitre 1 : Droits fondamentaux de la personne, article 3, des garanties : « La liberté de conscience et de religion, individuellement ou en association. Il n’y a pas de persécution pour des idées ou des croyances. Il n’y a pas de crime d’opinion ». Pourtant, le gouvernement ne respecte pas tous ces droits fondamentaux, ainsi que les accords et conventions internationaux qu’il a signés.

    Nous exprimons notre rejet et notre répudiation catégorique de cette chasse illégale, arbitraire et abusive menée par le gouvernement péruvien qui a commencé aux petites heures du matin le 2 décembre, en pénétrant par effraction dans 94 maisons, dont ils ont brisé les portes et les fenêtres, en soulevant des mineurs qui passaient la nuit avec leur père, battre des mères pour avoir demandé l’ordre de la Cour pour un tel outrage, détenir une mère qui allaite avec son bébé, la harceler en emmenant l’enfant à l’INABIF, briser la santé des personnes âgées, arrêter des avocats pour refuser toute forme de défense juridique et de mauvais traitements physiques et psychologiques de tous les détenus et de leurs familles.

    Tous se battent pour les droits fondamentaux et sociaux tels que le droit à la participation électorale, exigent une nouvelle Constitution avec une Assemblée constituante, rejettent le capitalisme et luttent pour le socialisme. Rien de tout cela n’est un crime au Pérou ou ailleurs. Ils violent de manière flagrante la présomption d’innocence et le droit à la défense.

    Ce sinistre raid anti-populaire montre clairement les plans infâmes de l’impérialisme, du groupe militaire interventionniste de Lima, et la réaction des indigènes. Dans sa défense acharnée du capitalisme, ils déploient une haine et une vengeance acharnées contre lui.

    Avec une profonde indignation, nous rejetons ces attaques sournoises et provocatrices qu’ils utilisent pour détourner l’attention, discréditer les combattants sociaux et défendre le système d’exploitation et d’oppression capitaliste.

    De plus, quinze des personnes emprisonnées ont été infectées par le Covid-19. Nous exigeons la liberté de tous les détenus, le respect des droits fondamentaux d’opinion, d’organisation et de participation politique. Nous condamnons les tortures qu’ils subissent et exigeons de mettre fin à la persécution !

    Nous appelons à la solidarité internationale immédiate des organisations populaires du monde entier. Nous condamnons les viles attaques contre le peuple péruvien et exigeons la libération des détenus, les fils et filles exceptionnels du peuple.

    LIBÉREZ NOS CAMARADES QUI LUTTENT CONTRE L’OPPRESSION CAPITALISTE !

    SOLIDARITÉ MONDIALE CONTRE LA RÉPRESSION AU PÉROU !

    À BAS LA RÉPRESSION, LA HAINE ET LA VENGEANCE CONTRE LE PEUPLE PAR L’ÉTAT PÉRUVIEN !

    SOLIDARITÉ INTERNATIONALE AVEC LES AVOCATS, LES ENSEIGNANTS, LES ARTISTES, LES ÉTUDIANTS, LES TRAVAILLEURS, LE PEUPLE, LES COMBATTANTS SOCIAUX EMPRISONNÉS AU PÉROU !

    LUTTER POUR UNE NOUVELLE CONSTITUTION ET LE SOCIALISME N’EST PAS UN CRIME !

    (Déclaration adoptée par le Comité international de coordination lors de sa réunion du 20 février 2021)

  • Construire la solidarité populaire avant que la crise ne frappe !

    Construire la solidarité populaire avant que la crise ne frappe !

    Avec l’organisation de lutte Drapeau Rouge, nous avons initié des tables de solidarité depuis plusieurs semaines. Ces tables ont vocation à permettre de distribuer des produits de première nécessité, mais également à en collecter auprès de ceux et celles qui peuvent en donner. Au travers de ces tables, nous essayons de développer une politique de solidarité. Elles ont été accueillies chaleureusement par les habitants et habitants du quartier. Cela nous a également donné la possibilité d’échanger avec les habitants et les habitantes du quartier de Vaise, dans l’agglomération lyonnaise.

    Nous avons également commencé à réaliser des distributions auprès des étudiantes et des étudiants, qui, bien souvent, sont en face de problèmes considérables pour boucler leurs fins de mois.

    Nous ne sommes pas les seuls à faire ce travail, et nous n’avons de prétention à quoique ce soit. Nous saluons d’ailleurs l’intégralité des initiatives de solidarité populaire qui ont été lancées1. Leur travail est exemplaire. Nous voulons apporter nous aussi notre contribution, jouer notre rôle, couvrir une plus grande surface de terrain. Nous voulons, en somme, que le slogan « servir le peuple » se concrétise.

    Nous appelons d’ailleurs à multiplier ces actions et à les renforcer. Nous espérons qu’il sera possible de les centraliser davantage, d’éviter les doublons, de ne pas laisser de déserts, et de travailler en bonne entente.

    Car, hélas, le climat social et politique ne va pas en s’arrangeant. De sombres nuages s’accumulent à l’horizon.

    Nous sommes dans l’œil du cyclone.

    Depuis des décennies une profonde crise économique couve. L’économie peine depuis longtemps déjà. La crise du Covid amplifie simplement le phénomène.

    Nous n’en voyons que les prémices.

    Pour le moment, le gouvernement maintient un grand nombre d’entreprises sous perfusion. Les aides « Covid » maintiennent un semblant de niveau de vie. Si certaines entreprises se gavent de cet argent public, se gavent de dette, elles permettent aussi de faire échapper bon nombre à la misère. Mais elles ne les endureront pas éternellement. Le gouvernement réfléchit à l’après-pandémie. L’arrêt des aides signifiera probablement une contraction de l’économie et la fermeture d’un nombre encore plus grands d’entreprises vulnérables. Ce darwinisme économique profitera aux plus forts, aux plus puissants, et contribuera encore davantage à polariser la société et à concentrer le capital.

    Contrairement à une idée reçue, la dette n’est absolument pas un problème. Il n’y a ni urgence à l’annuler, ni à la rembourser. Les taux d’emprunts sont extrêmement bas, négatifs parfois, ce qui fait que certains paient pour prêter aux États. Mais ce poids est dangereux lorsqu’il est utilisé politiquement pour justifier une politique de liquidation des droits sociaux. Au nom du fétiche de « l’économie saine », une offensive nouvelle se prépare vers les droits sociaux. Alors qu’ils sont précisément ce qui – y compris dans une perspective non révolutionnaire — est ce qui peut permettre de surmonter la crise. La sécurité sociale, les aides pour les chômeurs et les retraites sont les enfants de la misère de 1945-1947. Ils sont précisément ceux qui ont permis l’expansion économique des années suivantes.

    Mais les capitalistes, les banquiers, les rentiers et les parasites ne pensent pas ainsi : ils sont des ravageurs, qui ne voient pas d’autre chose que la rentabilité à court terme, que l’accroissement de leurs rentes, de leurs bénéfices. Leurs actions ne sont d’aucune stratégie : après eux, le déluge ! Pour échapper à la misère, à la précarité, nous ne pourrons compter que sur nous même. La seule véritable solution est une économie dirigée vers la satisfaction des besoins culturels et matériels de l’humanité. C’est là, uniquement là, qui réside une économie saine, sans dettes et sans crises.

    Tant que l’économie sera axée sur la recherche du profit maximal, sur l’exploitation sans vergogne, il y aura des crises constantes.

    Notre solidarité contre leur charité.

    Paniers repas, bons d’achats, réductions… les opérations commerciales menées par les grandes surfaces ont été nombreuses. Quelles que soient leurs formes, elles partagent un trait commun : elles sont un bon investissement plus qu’un sacrifice. Premièrement, les opérations commerciales sont un bon moyen de fidéliser la clientèle et de réaliser une campagne de communication positive qui améliore l’image de la marque.

    Deuxièmement, il s’agit parfois d’une affaire bien rentable. Au moment où Notre-Dame était ravagée par les flammes, nous écrivions :

    « Un don est défiscalisé à 60 %. Les entreprises paient un impôt, donc, mais vers le secteur de leur choix. Et elles ne le paient qu’a 40 %, le reste étant, donc, à la charge des contribuables. Cela fait donc que ces derniers paient pour les choix d’image de l’entreprise, à hauteur de 60 %. Ainsi, en 2016, 369 millions d’euros ont été réellement versés par les entreprises, tandis que l’État a dû abonder de 990 millions d’euros. (selon les rapports de la Cour des comptes.) LVMH fait figure de grand pionnier, pompant à elle seule 61 600 000 € en 2018, loin devant les 8 suivantes, qui ne représentent que, cumulée, 21 000 000 €. Une manière de faire un bel effet levier sur les ambitions du peloton de tête des fortunes.

    Troisième aspect, le gonflement des dons en nature et le mécénat « de compétences ». Pour le premier, il s’agit de faire des dons qui sont défiscalisés, mais en ne prenant régulièrement pas comme base le prix de revient du produit donné, mais son prix de vente final, accompagné de la marge du distributeur. De plus, lorsque Auchan, Carrefour, Casino donnent des produits alimentaires, il arrive régulièrement que ceux-ci soient inexploitables (trop proches de la fin de la Date Limite d’Utilisation), et donc auraient été perdus. Il s’agit donc d’une manière de valoriser les pertes et de faire des dons qui peuvent même rapporter.

    Le mécénat de compétence, quant à lui, consiste à fournir de la main d’œuvre pour des travaux. Une manière d’ajuster l’activité de l’entreprise. En temps normal, la prestation est facturée uniquement du coût du salaire, mais des entreprises en profitent pour saler l’addition, sachant qu’elle est couverte par l’État. De plus, les « Établissements Administratifs Publics » peuvent offrir des prestations en nature à titre de dédommagement. Une nouvelle manière de rentrer dans les frais de l’entreprise. »2

    En dernière instance, les capitalistes ne parlent pas la langue de la solidarité. Aux mieux, ils prodiguent la charité philanthropique, celle qui soulage la peine temporairement, sans jamais s’attaquer au fond du problème.

    Il en est de même chez ceux et celles qui, au nom d’une « solidarité » hypocrite, sont là pour avancer des positions réactionnaires et antipopulaire. Les obscurantistes voient dans la misère un terrain de recrutement et de diffusion de leurs idées. D’autres, comme Bastion Social, y voient une occasion de diffuser la haine raciale et de fragmenter les exploités et exploitées. En dernière instance, la misère est un terrain comme un autre pour eux. Leur but est de l’utiliser, non d’y mettre un terme.

    Une voie différente.

    Notre solidarité est différente dans son fondement. Nous voulons mettre fin à ce cycle infernal de souffrances, d’exploitation, de misère. Nous ne nous réjouissons d’aucun malheur. De celui de l’ouvrier qui sait son poste condamnée, de l’artiste qui peine à se nourrir, de l’étudiant isolé dans son 9 m². Nous ne nous réjouissons pas plus de celui de la petite bourgeoisie commerçante, endettée, étrillée par les loyers, les traites, les impôts. Leur intérêt objectif est de mettre fin à la dictature de l’exploitation, à la dictature du capital, à la concentration toujours croissante des richesses dans des mains toujours moins nombreuses.

    Nous savons que tout ne se réglera pas par quelques tables et un peu d’entraide. Le problème est plus profond. Le problème est structurel. Il concerne l’ensemble de structure économique, le capitalisme comme mode économique dominant. Cette société d’inégalité se maintient par la force et par la propagande. Par une force sans cesse plus omniprésente, brutal. Par une propagande qui fait croire à l’égalité des chances, à la méritocratie, au « que le meilleur gagne », alors que les dés sont truqués.

    Pour nous, l’économie, la production de richesses culturelle et matérielles doit servir les intérêts de la population, doit permettre à l’humanité de poursuivre sa route, sans ravager la planète. Mais nous ne pouvons faire confiance qu’à nous même, qu’à un contrôle absolu sur l’économie, pour y parvenir. Nous avons besoin d’une nouvelle démocratie, d’un nouveau système.

    Nous pouvons faire mieux !

    Nous avons un monde à gagner. Un nouveau monde à construire. Face aux défis de la crise climatique, des menaces de guerres, de la misère et de l’obscurantisme, il n’existe pas une infinité de solutions. Soit rester prisonniers, écrasés par l’étau de l’exploitation, intoxiqués par les mensonges racistes, enfermés par une société pourrissante, soit perdre nos chaînes et faire front. Ensemble, solidaires, unitaires, nous pouvons être le changement révolutionnaire !

    1. Nous pourrions cependant ajouter un bémol à cela : l’organisation néo-fasciste Bastion Social prétend à une « solidarité populaire ». Dans les faits, elle se limite à des actions d’instrumentalisation de la misère sur des critères raciaux/ethniques. De fait, ces actions sont plus du domaine du prosélytisme et de la charité hypocrite que de la réelle solidarité populaire. A notre sens, celle-ci doit se doubler d’une volonté d’unifier les classes populaires dans le but de changer également le fond de notre société.
    2. Notre-Dame de Paris, une charité bien ordonnée

  • 100 ans du PC (1920-2020) – 3/3

    100 ans du PC (1920-2020) – 3/3

    Aujourd’hui

    Aujourd’hui, il peine à pouvoir se dégager de cette situation. L’opposition interne existe, mais elle se heurte à un problème fondamental : la structure en tant que telle est devenue un frein à la rénovation du PCF. Un cercle vicieux s’est installé : quand le PCF perds, les « politiques » ont une plus grande voix au chapitre, ce qui fait que le PCF prend de meilleures positions, ce qui renforce l’emprise des élus, ce qui place en minorité l’opposition politique, ce qui réduit les scores… et le cycle recommence sans cesse, alors que la machine s’affaiblit graduellement. La véritable solution serait une déchirante remise en question de rapport du PCF à ses bastions, à ses élus, à ce qui en fait un Parti établi et intégré. Un parti dans lequel les conceptions comme l’eurocommunisme on fait leur nid.

    En somme, il lui faudrait traverser un terrible désert pour renaître à nouveau, plus grand et plus fort. Mais cette Anabase1 est difficile à avaler pour tout militant ou toute militante. Elle reviendrait à jouer la carte liquidatrice… une carte bien amère.

    Qu’en conclure ?

    Pour formuler une analyse rapide de la trajectoire du PCF celle-ci est un drame en trois actes, à l’image des tragédies grecques. Après l’acte de la construction, des expérimentations politiques, des tentatives de s’imposer comme une force politique, est venu l’acte de la guerre. Bref, brutal, mais marquant. Couvrant le PC des lauriers de la gloire. Mais il s’ensuit un troisième acte, celui de l’intégration dans la démocratie bourgeoise, du remplacement de la figure du militant par celle de l’élu, de l’institutionnalisation du Parti. Un parti qui, dès lors, n’as plus eu de cesse que de s’étioler, de se faner.

    Nous avions écrit, dans notre ouvrage En finir avec le mythe du PCF2 que ce qui fait la force du PC, aujourd’hui encore, c’est son passé, plus, bien plus, que son avenir. Mais ce passé, ces ors, à qui appartiennent-ils réellement ? Sont-ils un crédit mort, lié organiquement à un Parti qui ne les fait plus vivre ? Sont-ils au contraire un héritage vivant, réel, que chaque militant et militante, chaque groupe, chaque organisation qui se revendique de la révolution prolétarienne mondiale, peut revendiquer comme sien?

    Nous affirmons que, sans en revendiquer nullement l’exclusivité, nous portons une partie de cet héritage. La mosaïque de groupes communistes qui existent aujourd’hui sont tous, même à leur corps défendant, des héritiers d’une histoire, d’une expérience.

    Aujourd’hui, que faire ?

    Nous sommes toutes et tous les orphelins du PCF.

    Nous pensons que la question de l’organisation politique, du Parti, est une question vitale, centrale, que chaque communiste doit avoir à l’esprit.

    Le PCF est de plus en plus concurrencé, notamment par des mouvements plus libres de leurs actes, tels que LFI. Il peine aujourd’hui a se démarquer et à justifier son existence, en dépit des qualités individuelles de ses membres. Dans le paysage politique français, il est transparent, translucide, et ne parvient pas à se trouver une place. Il y a d’une part une certaine forme de censure par omission, les médias ne l’invitant pas, mais il y a également une incapacité à pouvoir générer un engouement. Replié sur lui

    La lutte de ligne que le PCF a connu se retrouve aussi, à l’échelle microscopique, dans l’hostilité entre les sectes qui prétendent chacune avoir découvert la vérité ultime, et qui considèrent toute déviation vis-à-vis de celle-ci comme une hérésie qu’il faut éliminer par tous les moyens. Qui refusent d’acter l’existence d’autres organisations politiques proches, en faisant des non-êtres, des non-organisation, des non-acteurs de la construction du parti.

    Ce sectarisme féodal, ces seigneuries, occupent le même rôle que les bureaucraties stériles : elles forment des fiefs qu’il faut défendre, même au prix de l’objectif final. Chacun, conscient des efforts immenses consentis pour se recréer un corpus théorique, idéologique, une physionomie politique, ne veut les diluer, les perdre, dans un rapprochement, une fusion.

    Lénine avait fait sienne l’adage de Napoléon « on s’engage…et on voit ». Cette volonté d’être en avant, de chercher l’opportunité tactique, de prendre des risques, de prendre des initiatives. Lénine l’a employé avec maestria dans la conduite de la politique d’unité. Les fragments de parti qui existent sont tout autant des forces que des faiblesses. Elles sont des forces dans le sens où elles ont donné une approche originale, novatrice, dépoussiérée de nombreuses questions. Hostiles les unes aux autres, elles entretiennent donc une émulation involontaire, dans laquelle chacun doit rivaliser avec les autres pour proposer un contenu d’une meilleure qualité que celui des autres. Pour avoir une meilleure communication, pour être plus inventif ou attractif.

    Mais les réponses complètes, finales, aux questions qui se posent (la synthèse de l’expérience du mouvement ouvrier, la synthèse de l’expérience révolutionnaire, une compréhension profonde de la théorie) ne peuvent être réalisées dans le féodalisme sectaire. La route vers le Parti, la route vers la fin de notre situation d’orphelins, ne peut être défrichée qu’au travers d’un bond qualitatif. Et ce bond qualitatif demande une accumulation quantitative.

    Savoir regarder dans le temps long.

    Une erreur terrible serait de prendre l’histoire du triptyque SFIC – PC – PCF comme quelque chose d’isolé, de solitaire. De croire que le PCF s’est auto-suscité, s’est auto-invoqué, et qu’il n’est pas né d’un long processus d’agrégation, de décantation, de fusions et de clivages.

    Comprenons-nous : dans la France actuelle, il existe une kyrielle d’organisations communistes se revendiquant, sous des approches diverses et parfois contradictoires, de cet immense héritage communiste. Mais beaucoup – et c’est un travers bien naturel – se figurent qu’elle pourront, dans un développement graduel, dans une accumulation uniquement quantitative, prendre la place, occuper la fonction, qu’un PC a pu occuper pendant de longues décennies.

    C’est oublier que les racines du PCF étaient présentes longtemps avant que les premiers fruits ne puissent être cueillis. Il a fallu, au cours de l’ensemble du XIXe siècle, opérer un long, un très long processus d’agrégation des différents groupes, des différentes sectes, des mini-partis. Ces agrégations n’ont pas été opérées de gaîté de cœur, et ont donné lieu à des conflits de fiefs, de chefferies, de clans. Il a fallu un cadre immense, celui de la première puis de la deuxième internationale, pour permettre de pouvoir créer un espace général de décantation idéologique, un espace d’unification, qui puisse permettre que le débat prolétarien, que le débat idéologique réel, dépasse le simple cadre de l’invective, du défi, parfois de l’insulte. C’est aussi l’autorité de la IIIe internationale, autorité conférée par la réussite de la révolution Russe, qui placé les chefferies devant des choix : s’unifier et avancer, ou être des renégats.

    Nous ne faisons pas exception à ces critiques, nous mêmes, sommes – bien involontairement ! traversés par ces tendances, par cette terrible pesanteur. Nous essayons de trouver des moyens de compenser, d’élargir notre horizon : travail unitaire, processus de construction commune avec l’UPML, intégration dans l’ICOR… Aucun de ces moyens n’est en soit suiffant. Mais ils contribuent à maintenir un memento mori3 dans notre organisation : nous n’oublions pas qu’elle est destinée à disparaître au profit de quelque chose de plus grand, de plus efficace, de plus approchant de notre but. Nous ne sommes pas le Parti, nous ne sommes pas l’embryon du Parti, nous sommes à-peine, des cellules-souche, travaillant à devenir quelque chose de nouveau.

    Ce sont des moyens de prendre conscience du fait que nous ne sommes pas une île, mais bien que nous nous incluons dans un processus qui nous dépasse, dont les objectifs sont plus importants que l’existence de nos sectes respectives.

    Apprendre du PCF, c’est savoir regarder la réalité en face. Savoir regarder les succès, les défaillances, les échecs. C’est aussi savoir conserver ce qu’il y a de juste, en tirer l’essentiel, pour en faire la synthèse la plus actuelle. Ce n’est pas importer la ligne de 1947 en 2021, en voyant la France brisée, menacée de domination. C’est comprendre le monde actuel avec l’expérience d’hier.

    Le PCF a eu son histoire, il a été ce qu’il a été, ni plus ni moins. Mais ce que sera son héritage ne dépend que de nous !

    Bibliographie indicative :

    Christofferson, M. S., & Olivera, P. (2014). Les intellectuels contre la gauche : L’idéologie antitotalitaire en France, (1968 – 1981) (2. éd. revue et augm). Agone.

    Cœuré, S. (1999). La grande lueur à l’Est : Les Français et l’Union soviétique, 1917-1939. Seuil.

    Furet, F. (1995). Le passé d’une illusion : Essai sur l’idée communiste au XXe siècle. France loisirs [u.a.].

    Hobsbawm, E. J. (2003). L’âge des extrêmes : Le court vingtième siècle : 1914-1991. Ed. Complexe.

    Hourmant, F. (2015). 2. La dénonciation de L’Archipel du Goulag. In Le désenchantement des clercs : Figures de l’intellectuel dans l’après-Mai 68 (p. 57‑91). Presses universitaires de Rennes. http://books.openedition.org/pur/24615

    Lacroix-Riz, A. (2012). L’histoire contemporaine toujours sous influence. Le Temps des cerises : Éditions Delga.

    Marcuse, H. (1971). Le Marxisme soviétique. Gallimard.

    Pinto, D. (1985). De l’antiaméricanisme à l’américanophilie. Commentaire, N°18, 874‑879.

    Traverso, E. (2012). L’ histoire comme champ de bataille : Interpréter les violences du XXe siècle. Ed. La Découverte.

    PCC (1963) D’où proviennent les divergences ? ­Réponse à Maurice Thorez et d’autres camarades (1963) | lesmaterialistes.com. (s. d.).

    1 Wikipédia définit l’Anabase ainsi : « Le terme « anabase » désigne une longue expédition militaire en référence à l’Anabasede Xénophon, employé dans le sens « ascension dans le haut pays » ou « expédition de la mer vers l’intérieur montagneux d’un pays ». Nous l’employons ici comme une « traversée du désert », à l’exemple de la Longue Marche en Chine, laquelle à transformé la nature du PCC, en faisant le Parti qui a conduit à la victoire.

    2Écrit en 2016, nous n’en disposons plus que d’exemplaires numérisés. Il sera réédité après correction de certaines erreurs factuelles sur l’histoire du PCF.

    3Souviens toi que tu dois mourir.

  • 100 ans du PC (1920-2020) – 2/3

    100 ans du PC (1920-2020) – 2/3

    En guerre.

    Le pacte germano-soviétique fait partie de ces événements surprenants de l’histoire diplomatique. Son principal effet a été de fournir un prétexte pour la IIIe République : elle a interdit le PCF et initié l’arrestation de ses cadres. Elle ouvre des camps pour interner tous les indésirables : Juifs Allemands, Républicains Espagnols – surtout les Basques – et communistes. Les Allemands n’auront qu’à se servir.

    Pendant la guerre le PCF s’est retrouvé dans une situation complexe. Il est toujours dans un KO technique consécutif à son interdiction sous la IIIe République, et le choc de l’invasion Allemande l’a tout autant frappé que les autres. De plus il n’a pas été particulièrement poussé à l’action par Moscou et l’Internationale. L’URSS ne voulait pas donner de prétexte à une intervention militaire Allemande (cela ne l’a pas empêchée.) Quant à l’IC, elle analyse encore le conflit comme un conflit inter-impérialiste dans lequel la défaite de son propre impérialisme est prioritaire.

    Cela ne signifie pas que les militants et militantes de cette organisation n’aient pas agi. Certains ont eu, aux yeux de l’histoire, raison en rejoignant la mobilisation militaire. D’autres organisent immédiatement la Résistance. Avant l’entrée en guerre de l’URSS, les communistes ont déjà payé le prix du sang. Un prix que beaucoup essaient de faire oublier, au profit de rumeurs sur sa collaboration.

    Durant la Résistance – tout comme dans les camps – le PC gagne en influence. Il parvient même a noyauter les renseignements militaires et l’armée. A tel point que, au moment de la Libération, le gouvernement va devoir créer de nouveaux outils de répression : les CRS. Le PCF parvient aussi à nouer une alliance aussi logique qu’improbable : avec les gaullistes. Les deux sont d’accord sur des points essentiels : il faut liquider le régime de Vichy et éviter que la France ne soit phagocytée par les Alliés. Dans les faits, il est difficile de savoir si cette menace était réelle. Les USA ont eu tendance à se retirer d’Europe après 1945, et le système colonial est resté dans l’ensemble intact.

    Toujours est il qu’au moment de la fin de la guerre, le PC est à son Zénith. Mais il amorce aussi son déclin.

    Du Zénith à la pente déclinante.

    Le déclin du PCF a été progressif et marqué par de nombreux jalons. Disparition de la notion de dictature du prolétariat en 1976, apparition du discours Marchais sur l’immigration, abandon du marxisme léninisme en 1979, du centralisme démocratique en 1994, puis finalement du socialisme en 1996.

    Les mots ne forment pas l’intégralité du contenu. Mais ils y contribuent. Que les termes changent, pourquoi pas, après tout. Nous-même préférons l’emploi du terme Démocratie Populaire à celui de Dictature du Prolétariat. Pourtant, l’un comme l’autre recouvrent, dans la définition programmatique que nous lui avons attribué, une réalité globalement similaire.1 De même, la présence de « Marxiste-Léniniste » ou de « Maoïsme » ne présume pas d’un contenu du même acabit, et, bien souvent, il se limite à une adhésion de surface, mais non à une mise en pratique des principes mêmes.

    Cependant, au-delà de la sémantique, ces changements ont été révélateurs d’une mutation progressive du PCF, avec un changement tout aussi progressif de son contenu de classe, de son contenu idéologique, puis de sa forme organisationnelle.

    Après 1945, le PCF a renoncé à tenter un coup de force, alors qu’il était aux portes du pouvoir. Il est possible de débattre quant à savoir si un triomphe aurait été possible, si les conditions étaient réunies, ou si, au contraire, cela n’aurait formé qu’un bain de sang supplémentaire, à l’exemple des situations Grecques ou Indonésiennes. Il ne faut pas, bien sûr, oublier que la répression durant la IVe République a été extrêmement féroce, et que le duo PCF-CGT était l’ennemi à abattre, par tous les moyens. La répression brutale, la création d’organisations hostiles avec le financement de la CIA, mais même le financement de mafias ont été des moyens employés.

    Il ne s’agit pas de présumer du résultat, mais de constater les effets : toujours est il que le PCF a choisi un compromis, compromis qui s’est traduit par de grandes victoires sociales, mais par une impasse stratégique. La fenêtre de tir est passée, et elle ne s’est guère renouvelée depuis. S’est elle même renouvelée depuis ?

    La conversion des intellectuels à la droite.

    Pour être juste, il nous faut aussi souligner que le PCF s’est battu face à une immense lame de fond anticommuniste. La déstalinisation a nuit à son prestige, c’est un fait. Elle a fait perdre un grand nombre de militants et de militantes de qualité, à l’exemple de Aimé Césaire. Mais ni les « révélations » de Khrouchtchev, ni la publication de « l’Archipel du Goulag » ne sont les raisons fondamentales du passage des élites du philo-soviétisme à l’anticommunisme.

    Contre le PCF, une véritable union sacrée s’est fondée, unissant très largement de la gauche (avec certaines fractions de l’extrême-gauche) à l’extrême-droite. Cette union sacrée s’est trouvé un projet : soutenir tout ce qui pouvait nuire au PC. Devant le simple programme commun de 1972, une levée de bouclier se fait : on crie à la menace totalitaire. Non seulement le PC commet une erreur stratégique, en nourrissant la « deuxième gauche », réformiste, libérale, sociale-traître, mais il est au cœur des attaques du front uni anticommuniste. Progressivement, Paris passe du centre de la contestation intellectuelle, de la radicalité, au centre de la réaction. Les nouveaux philosophes, souvent des renégats comme Bernard Henry Lévy ou André Glucksmann ; les historiens réactionnaires comme François Furet, vont monopoliser le devant la scène et faire de la France, encore aujourd’hui, un des bastions de l’anticommunisme. Ce n’est pas un hasard si le Livre Noir provient de notre pays.

    Dans le même temps, le PC, massif, imposant, puissant, est néanmoins dans une situation complexe. Il est le Parti Communiste d’un pays impérialisme en pleine expansion économique, deux raisons qui facilitent le glissement de sa politique et de son électorat vers la droite.

    Les trente glorieuses et la politique de coexistence pacifique n’ont pas encouragé le PC sur la voie de la radicalité. La crise générale et constante du capitalisme ne s’est pas réalisée selon les termes prévus. Au contraire, dans l’après-guerre, le capitalisme et l’impérialisme se développent – même en dépit des indépendances !

    L’obligation du compromis, par peur que le prolétariat ne se tourne vers l’URSS et la Révolution, créé une situation paradoxale. Au niveau international, ces compromis se traduisent par un blocage qui mérite d’être souligné. L’existence de l’URSS oblige la bourgeoisie à renoncer à une partie de ses rentes pour s’assurer la neutralité d’une partie de la population, voire l’adhésion. L’existence de l’URSS – même révisionniste – permet donc une hausse du niveau de vie. Mais cette hausse du niveau de vie anesthésie elle-même la population, ce qui entrave les volontés révolutionnaires. Finalement, comme le note Herbert Marcuse, l’existence de l’URSS rend impossible le succès de l’URSS.

    Pour une partie du prolétariat métropolitain, les possibilités d’accroissement du niveau de vie ont eu tendance à rendre moins désirable un changement révolutionnaire, jugé risqué. La composition sociale de la France change aussi : une partie des secteurs primaires et secondaires sont transférés dans d’autres régions de la sphère économique française : les néo-colonies. Il en résulte le développement d’une classe moyenne, constituée d’une aristocratie ouvrière et d’une petite bourgeoisie commerçante ou intellectuelle.

    Le développement du crédit bancaire, de l’endettement, ainsi que la croyance dans l’ascenseur social, on là aussi joué en défaveur des éléments les plus à gauche du PCF. La thèse d’une transition douce prend une ampleur toujours plus grande, tandis que tombent dans l’oubli les « tendances à la paupérisation relative et absolue »2, tendances que nous observons pleinement ici.

    Durant la guerre d’Algérie, si ses militants et ses militantes ont été exemplaires, le PC lui-même n’a pas brillé particulièrement. D’une part du fait d’un certain social-chauvinisme, avec la croyance que « l’indépendance algérienne ferait le jeu de l’impérialisme US »3, et une tendance à analyser la France comme étant un Etat dominé, et non une puissance impérialiste. De plus, la politique de coexistence pacifique de N. Khoruchtchev, se résume en réalité à une politique de sphères d’influences bien délimitées. En déclarant que la Guerre d’Algérie risque de déboucher sur une guerre mondiale, et qu’il faut donc l’entraver, le PCF fait un choix funeste.

    Il reste aussi hermétique aux évolutions des mœurs et de la société. Les transformations des mentalités, notamment à la suite de mai 1968, sont accueillantes avec méfiance et avec réticence. De ces transformations, certains ne retiennent que les excès et les abus, et non pas l’essentiel. En les considérant comme des dégénérescences liées à un capitalisme pourrissant, une partie des membres du PC s’isolent de la jeunesse.4

    Perdant le caractère révolutionnaire, le PCF est devenu un lieu d’une contre-culture qui s’est étiolée progressivement. Une contre-culture ouvrière-ouvrièriste qui se marie mal avec les transferts important de prolétariat. Le fait de s’orienter vers un contenu de plus de plus économiste entraîne aussi des prises de position qui prennent un sens réactionnaire : défendre le « produire français », lutter contre l’immigration… alors que celle-ci ne correspond, in fine, qu’à des mouvements internes au sein d’un espace économique unifié : la sphère économique française.

    En dernière instance, le PCF, lui aussi, s’est intégré progressivement dans la société capitaliste. Sa composition sociale a changé. La place de l’aristocratie ouvrière dans les recrutements est devenue croissante. Il en suit, presque mécaniquement, une droitisation.

    La participation au jeu démocratique de la bourgeoisie passe de tactique à stratégique. Il faut défendre et accroître les bastions rouges. Ce glissement inféode le PCF à ses élus et aux possession territoriales qui permettent de faire vivre le Parti. Outil, le Parti devient une fin en soi. Pour le faire vivre, il faut des moyens financiers, pour les obtenir, il faut donc des élus, pour avoir des élus, il faut une politique électoraliste. La suppression du centralisme démocratique est d’ailleurs défendue ainsi : la fidélité de l’élu communiste va à ses électeurs et aux engagements pris, plus qu’à la ligne du parti.

    Ce renversement des rapports d’autorité incarne un facteur primordial dans le déclin du PCF. Avec la Chute de l’URSS, il perd même un point d’appui : un modèle de succès. Cette défaite en fait désormais un croupion du PS, voué à jouer les seconds rôles, puis les figurants.

    1Nous détaillons cela davantage dans les sections de notre site internet consacrées à cette question.

    2Une tendance au fait que les pauvres soient à la fois de plus en plus pauvres, tant par rapport aux bourgeois (écart de richesse), mais aussi dans l’absolu (fins de mois difficiles, endettement, chômage, travail partiel…).

    3Ce qui est, en soi, un argument constant des révisionnistes.

    4https://unitecommuniste.com/france/mai-1968-est-il-responsable-de-matzneff/ Nous détaillons sur cette question ici.

  • 100 ans du PC (1920-2020) – 1/3

    100 ans du PC (1920-2020) – 1/3

    Note : Historiquement, le PCF était SFIC entre 1920-1921, PC-SFIC entre 1921-1943, puis PCF à partir de 1943. Dans cet article, nous employons, par commodité, l’appellation PC & PCF pour l’ensemble de la vie du Parti Communiste.

    Le PCF a joué un rôle essentiel dans la vie politique française et dans la vie ouvrière dans son ensemble. Si aujourd’hui, il n’apparaît plus que comme une organisation secondaire, comme un vestige du passé, son histoire mérite d’être connue, étudiée, comprise, partagée. Au seuil de son centenaire, si le vénérable parti ne nous livre pas une organisation de combat, il nous livre cependant un autre trésor : celui d’une mine d’expérience. Quoiqu’on puisse penser du PCF, il nous faut regarder celle-ci, la comprendre, en tirer les éléments positifs. Nous lui sommes toutes et tous redevables, d’une manière ou d’une autre.

    Dans l’actualité la plus récente, plusieurs élus du PCF ont été pointés du doigt pour des agressions sexuelles. Nous exprimons notre solidarité envers les victimes de celles-ci, et nous honorons la mémoire de Guillaume T., qui a révélé l’affaire dont il avait lui-même été victime. Nous mentionnons ceci, car pour un certain nombre de militants, ces affaires, tout comme celles qui ont concerné le MJCF en 2019, sont révélatrices d’une dégénérescence irrémédiable du PCF. Si elles sont effectivement illustratives de problèmes profonds et graves, elles ne sont nullement l’apanage du PC, ni d’ailleurs des « partis bourgeois ». On ne peut rejeter au loin l’histoire du PC, en particulier son déclin et l’ignorer. Il ne faut pas non plus ignorer la part d’ombre qui existe dans nos rangs. La croyance en l’invulnérabilité face à la déviation et face au crime est un danger grave, et qui nous guette tous. Comme l’écrivait Mao : là où le balais ne passe pas, la poussière s’accumule.

    La naissance :

    Il n’est pas possible de parler du PCF sans le replacer dans une histoire plus large : celle des luttes sociales en France, et plus particulièrement de la naissance des luttes ouvrières. Les PC sont les héritiers d’une tradition de lutte, la décantation d’une expérience. Ils ne sont pas des coups de génie, mais sont la résultante d’un processus long et complexe.

    Tout comme le Parti Bolchevique découle de l’expérience des décembristes et des narodnistes, le PC français est l’héritier d’une histoire qui entremêle jacobinisme, conjuration des égaux, révolutions, commune de Paris, conflits entre socialisme utopique et socialisme scientifique.

    Cette « histoire profonde » du PC mérite, pour des raisons que nous évoquons à la fin de l’article, toute notre attention. Elle est le procès de création de cette organisation, le processus dans lequel elle est devenu un Parti.

    Il faut reconnaître que la construction du PC est d’autant plus complexe que la France ne s’est pas illustrée, à l’époque, par ses penseurs marxistes. Elle a été le berceau des révolutions du XIXe siècle, mais peine à s’extraire du romantisme révolutionnaire et d’une vision idéaliste de la philosophie politique. Jusque dans les années 1870, les sciences sociales souffrent d’un retard terrible comparativement au voisin d’outre-Rhin. Malgré le fait que la Commune a posé les jalons d’une nouvelle ère révolutionnaire, ses retombées théoriques profitent ailleurs. D’ailleurs, dans l’ensemble de son histoire, peu de théoriciens français sortent du lot. Il est possible cependant de retenir Georges Politzer, Charles Bettelheim ou l’économiste franco-égyptien Samir Amin.

    Lors de la grande épreuve de la Première Guerre mondiale, la très grande majorité des organisations françaises et des militants de la SFIO soutiennent la boucherie. Peu sont présents dans la conférence de Zimmerwald, en 1915, qui réunit les pacifistes. La décantation se produit donc après. Alors que c’est le choix de soutenir ou de s’opposer à la guerre qui clive dans un grand nombre de pays, en France, c’est le traumatisme de la boucherie de Verdun.

    La naissance de la SFIC est inséparable de l’histoire de la Révolution Russe. Elle polarise le congrès de Tours, en 1920. Au travers des fameux 21 points de l’intégration dans le Komintern, c’est, en dernière instance, la question du soutien à la construction du socialisme en URSS qui est posée. Certains fondateurs du PC, comme Boris Souvarine, sont ainsi des relais des conflits idéologiques internes à l’URSS. Cette lutte reflète les clivages entre les praktiki1 de la Révolution et les intellectuels idéalistes. Leur opposition à la « bolchevisation » du Parti reflète souvent leur hostilité face à la direction que prend l’URSS.

    La SFIC s’intègre dans un programme de révolution mondiale et d’entraide entre révolutionnaires du monde entier. Contrairement à une idée reçue, elle n’est pas totalement équivalente aux intérêts de l’URSS. Il faut d’ailleurs souligner que, dans ses membres fondateurs, nous retrouvons des personnalités de premier plan, tel Ho Chi Minh. Pourtant la question coloniale demeure complexe.

    Le PCF, comme la très large majorité des partis communistes de l’époque, est une organisation qui possède un caractère exceptionnel. C’est un parti politique, mais un parti double : il possède des structures légales, visant à l’intégration dans le jeu politique et dans les élections, tout en disposant d’un appareil militaro-politique clandestin, dans le but de prendre le pouvoir par la révolution. L’existence de ces deux têtes ne va pas sans conflits. Elle entraîne aussi une méfiance constante de la part des partis politiques « traditionnels » (au sens de respectant le jeu démocratique).

    Il existe un très large consensus de la très grande majorité des partis politiques pour condamner l’Union Soviétique (les radicaux, en France, faisant figure d’exception notable, avec une soviétophilie importante). Les organisations communistes sont traitées alors comme des pestiférées, y compris par la sociale démocratie. La dégradation de la diplomatie et des relations entre partis entraînent des choix de ligne variables, entre le classe contre classe et le front uni.

    Le « classe contre classe »

    Le PCF a suivi avec rigueur la politique de l’Internationale Communiste, en appliquant, en 1928, la ligne du « classe contre classe ». La ligne du « classe contre classe » part d’un constat simple : l’anticommunisme des autres organisations politiques est trop fort pour justifier la moindre politique de conciliation. Les sociaux-démocrates, les relais des oppositionnels, notamment les trotskistes ou les anarchistes, sont considérés comme étant des traîtres à la cause. Ils sont jugés avec plus de sévérité que les autres : en effet, ils contestent par leur simple existence le monopole du PC a incarner la révolution ouvrière.

    Durant cette période, le PC, apparaît renfermé, sectaire. Il perd une partie de son auditoire, même s’il parvient à constituer des bastions ouvriers et se doter de relais solides. Cette « bolchevisation » du PC est toujours un grand débat : politique gauchiste ou ligne juste ? Toujours est-il que, Le PCF possède alors un soft-power immense. Il attire largement. Les ouvriers, les ouvrières, la paysannerie, mais aussi l’intelligentsia se tournent vers lui. Des noms illustres s’affichent aux côté des petites gens. L’URSS, elle aussi, attire, fascine, intrigue. A partir des années 1930 cependant, le PC se transforme. La montée du fascisme le rend plus prudent, plus méfiant. Le durcissement de la situation en URSS l’atteint également. Il décante aussi progressivement.

    L’exclusion de personnages comme Jacques Doriot n’est pas, comme on a pu l’entendre, une conséquence du « stalinisme » du PCF. Doriot, qui a fini SS, incarnait les divergences internes au PCF. Efficace, travailleur, il n’en était pas moins un apôtre d’un renoncement à la révolution prolétarienne. Sa vision du changement de société passait par l’alliance avec les réformistes la collaboration de classe. Doriot ne préfigurait pas le Front Populaire antifasciste. Il préfigurait plus le social-chauvinisme, le renoncement, l’opportunisme. Il n’a pas eu « raison trop tôt ». La ligne radicale « classe contre classe » signifiait aussi, pour lui, la perte possible de son fief de Saint-Denis.

    La menace fasciste.

    La menace fasciste, incarnée par le 6 février 1934, pousse à ce que les partis anti-fascistes fassent front commun. Le front uni antifasciste donne des résultats contradictoires : en Espagne, sa victoire entraîne un coup d’État militaire, qui se mue en guerre civile impitoyable. En France, la victoire électorale permet des avancées sociales immenses. C’est bien grâce au PCF et à la CGT que les congés payés, que la baisse du temps de travail, que l’amélioration des conditions de travail ont été une réalité. Mais la victoire tactique ne s’est pas muée en victoire stratégique.

    Là aussi, la bourgeoisie s’est radicalisée. Elle a tourné les yeux, pleine d’envie, vers un modèle politique qui lui permettrait de régler son compte aux empêcheurs d’exploiter en rond. Outre Rhin, le nazisme offre ainsi un modèle : la bourgeoisie préfère largement « Hitler que le Front populaire ». Elle est exaucée. Il est notable que, dans la défaite « totale » de 1940, elle parvient à sauver deux choses : l’Empire et la flotte pour le protéger. L’essentiel est sauf, l’Allemagne peut bien « régénérer la métropole », tant qu’elle ne touche pas -et elle n’y toucha point ! – aux immenses richesses coloniales.

    Il est difficile de savoir s’il y a eu réellement un « choix de la défaite » ou si le retard technologique et l’incompétence militaire ont eu raison de la France. Il n’est pas exclu que le patronat en réaction aux nationalisations -en particulier du complexe militaro-industriel, ait opéré un véritable sabotage. Il est possible qu’il espère une « régénération » de la France dans la défaite, comme lors de la restauration, un siècle plus tôt. Toujours est il, que, lorsque la guerre est là, la France n’est pas prête.

    1Les « praticiens », ce terme est parfois employé pour parler des parties les plus pragmatiques du PC(b)US, notamment lafuture kommanda autour de Staline. Ce sont ces militants, souvent peu optimistes sur les perspectives révolutionnaires en Europe, qui vont l’emporter sur les branches plus promptes à prendre des risques. Avant d’en faire une opposition plate et insipides entre « démocrates » et « bureaucrates », il faut prendre en considération les projets politiques divergents : Dans « Le cours nouveau » Trotski annonce son hostilité face à la mutation du PC(b) révolutionnaire en parti devant « gérer » un pays, mais il prône aussi une politique de pression brutale – y compris par des expédition punitives – sur la paysannerie et sur les ouvriers en misant tout sur l’étranger. La majorité du PC(b) considère que le risque de tout perdre est trop important, et qu’il faut miser sur la construction du socialisme en URSS. Pour l’anecdote, le centre Boris Souvarine est aujourd’hui un des instituts les plus ouvertement anticommunistes.