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  • Une nouvelle fois, Lyon est l’épicentre d’une autre pandémie : celle des fascistes.

    Une nouvelle fois, Lyon est l’épicentre d’une autre pandémie : celle des fascistes.

    Nous avions prévu de présenter ce texte au cours de la manifestation du 3 avril 2021 à Lyon. La manifestation ayant été interdite, puis reportée par la préfecture, nous avons décidé de poster un nouveau communiqué. Nous condamnons la systématique réunion entre les autorités étatique et les organisations fascistes. L’état faignant de les combattre, possède en réalité le même contenu. Dans le même ordre d’idée, l’extrême-droite turque s’est attaquée aux locaux de l’Association Culturelle Mésopotamie. Ce raid, construit exactement de la même manière que ceux des fascistes contre la Plume-Noire, s’inscrit dans une série de menaces et d’agressions de la part des « Loup Gris » à l’encontre des militant-e-s Kurdes et antifascistes Turcs. Nous exprimons toute notre solidarité envers nos camarades et nous leur assurons notre soutien. Nous pensons qu’il n’est pas inintéressant de voir ici une illustration des parallèles entre les extrêmes-droites, où qu’elles soient : Loups Gris, Daesh, Identitaires, Néo-nazis… Partagent le même projet de société, la même perception de ce qu’elle doit être, et les mêmes méthodes .

    Une nouvelle fois, Lyon est l’épicentre d’une autre pandémie : celle des fascistes.

    Depuis plus de dix ans, la ville de Lyon héberge un véritable jardin zoologique des groupes fascistes et extrémistes de droite. Jeunes Nationalistes, Jeunesse Identitaire, Civitas, Action Française, Bastion Social…Il existe plusieurs raisons à cela :

    • Le tissu social de la ville, avec une bourgeoisie catholique importante, et un milieu royaliste imposant. Un de ces ci-devant, Olivier Marin-Lafleche, avait ainsi été condamné pour avoir poignardé un mineur en 2014.
    • La présence d’une banlieue-ouest riche, les Monts du Lyonnais, dans laquelle s’épanouissent ces groupes, en tablant sur la xénophobie. Loin des familles prolétaires, cette jeunesse des pierres dorées s’amuse en jouant au dissident, avec l’appui des réseaux de notables et l’aide des avocats de la famille en cas de pépin.
    • L’omniprésence de Fourvière. Il est indéniable que l’Église catholique, dont Lyon est la capitale en France, joue un rôle. La présence de congrégations radicales offre aussi un point d’appui.
    • La très grande tolérance municipale. Sous le règne du PS-LREM Gérard Collomb, la priorité absolue a été donnée à faire la chasse à l’extrême-gauche. A de nombreuses reprises, le maire de Lyon a refusé de prendre en compte la présence des apprentis miliciens.

    Ces groupes se sont dotés, grâce à un système de financement opaque, de nombreux relais, de locaux, de moyens de propagande et d’action (allant jusque, pour empêcher des réfugiés d’obtenir l’asile en France, à louer un hélicoptère à leur couleurs.). Ils n’existent d’ailleurs que par cette débauche de moyens. Leur travail est toujours souterrain, honteux, caché. S’ils ont fait du Vieux-Lyon, quartier touristique, leur antre, ils n’ont pas pour autant d’assise dans la population.

    Ils sont un gang, dont la principale activité consiste à agir comme un lobby auprès des institutions, à mener des agressions racistes, LBGTIphobes, et des expéditions pseudo-militaires envers les militantes et militants progressistes ou révolutionnaires.

    La dissolution de certains de leurs groupes n’est pas pour autant une victoire stratégique. Au delà du symbole, la réalité est que le gouvernement a absorbé une partie du programme de l’extrême-droite, notamment la rhétorique autour de l’islamo-gauchisme, forme ressuscitée du judéo-maçonnisme et du judéo-bolchevisme.

    Car, dans le fond, ils ne se démarquent pas des exploiteurs. Ils en sont une version différente, plus dure, maquillée en « effort commun » et en « intérêt de la nation ». Mais ils sont simplement un variant. Leur arrivée au pouvoir est aussi une carte à jouer, en cas de crise. Non pour changer les choses, mais bien pour maintenir de force un ordre pourri et injuste.

    Demain, selon leur plans, doit ressembler à avant-hier. Une société d’ordre, de soumission, de discipline autoritaire. Non pas pour un destin commun, supérieur, mais bien de soumission du faible au fort, de la femme à l’homme, du travailleur et de la travailleuse au patron. Un ordre de l’argent-roi. Ils prétendent se battre contre l’islamisme le plus obscur et le plus radical, mais ils en partagent le programme.

    Pourquoi ils séduisent ?

    Nous ne pouvons pas nous contenter de dire « le racisme c’est mal », « le fascisme ça n’est pas bien », et « c’est mal d’être méchant ». Nous devons regarder aussi la réalité en face et nous demander pourquoi leurs idées gagnent du terrain.

    Il ne faut pas faire d’angélisme : la société est violente, brutale. Il existe des tensions, il existe des agressions, il existe du ressentiment. La politique est corrompue, les élections ne changement rien. Jour après jour, nous avons l’impression que notre avenir est taillé en pièce, soldé, vendu. La génération qui naît connaîtra statistiquement un niveau de vie plus faible que celle de ses parents, et ses parents que celles de ses propres parents.

    A ces angoisses, les fascistes et les réactionnaires proposent des réponses simples – mais fausse. Elles font de la misère une responsabilité des autres, de groupes secrets, de complots, des étrangers, des Juifs, des Arabes, des Chinois, des Anglais ou d’autres groupes plus exotiques – et plus fictifs. Ces réponses permettent de tout expliquer, de rassurer, de recréer un enchantement de conte de fée : « les méchants ce sont les autres, nous mêmes sommes les gentilles victimes. »

    Autour de ceux qui y croient, il y a ceux qui misent sur eux. Ils s’en servent comme d’une manière de fragmenter ceux et celles qui partagent la même vie, au nom de la couleur, de la race, de la religion.

    Votre ennemi n’est pas celui qui, comme vous, essaie de survivre. Il n’est pas celui, ou celle, qui travaille à vos côtés. Il n’est pas celui qui fuit les guerres.

    Quel est le programme des fascistes ?

    • Chasser les étrangers et s’exploiter entre nous ?
    • Obtenir le calme et la soumission de ceux et ce celles qu’on exploite par la force ?
    • Faire taire par la brutalité ceux qui veulent un monde différent ?
    • Revenir vers une société traditionnelle, sans égalité entre les hommes et les femmes, sans égalité entre les individus en fonction de leur naissance ?
    • Forger un nouvel empire colonial ?

    Chacune de ces « solutions », ramène à la même misère, à la guerre, au malheur.

    En fait de héros, ce sont des boutiquiers, des vendeurs de remèdes de pacotille. Ce sont la plupart des grands richards qui se sont trouvés un créneau pour exister et pour perpétuer une manière de vivre et de soutirer de l’argent : par la vente d’un produit politique.

    Si vous êtes en colère à cause :

    • De la corruption de la politique.
    • Du mépris de la part des grands bourgeois.
    • Des mensonges et la propagande des médias.
    • Des scandales financiers, des malversations.
    • De la violence dans la société.
    • De l’absence d’avenir, par la médiocrité de la société.
    • Du sentiment d’être étranglés constamment.

    Rejoignez ceux qui veulent mettre fin à ces problèmes : les révolutionnaires, les communistes.

    Ensemble, nous pouvons bâtir un monde juste, libéré de l’exploitation, de l’obscurantisme. Nous pouvons remplacer la haine et la défiance par l’émulation collective, par la participation à un projet unique : la grande marche en avant de l’humanité !

  • Communiqué de presse du Collectif Fermons les Locaux Fascistes

    Communiqué de presse du Collectif Fermons les Locaux Fascistes

    Interdiction de la manifestation contre l’extrême droite :  

    La Préfecture du Rhône joue le jeu de l’extrême-droite lyonnaise et choisit son camp ! 

    Le 20 mars, 48 militants d’extrême-droite ont attaqué la librairie la Plume Noire, connue pour ses  engagements pour l’égalité sociale, et ses positions contre le racisme et l’extrême droite.  

    L’Union Communiste Libertaire, organisation gérante du lieu, et le Collectif unitaire pour la fermeture  des locaux fascistes à Lyon ont souhaité apporter une réponse politique large à cette nouvelle  agression violente de l’extrême droite en organisant une manifestation unitaire ce samedi 3 avril à  14h. Le soutien autour de cette manifestation a été extrêmement fort, réunissant notamment les  organisations, partis, syndicats, groupes politiques et associations membre du Collectif pour la  fermeture des locaux fascistes 69, une intersyndicale départementale (CGT/SOLIDAIRES/CNT/CNT SO/FSU/UNEF), un soutien étendu au niveau national (https://blogs.mediapart.fr/…/toutes-et-tous-solidaires…) mais également un soutien populaire massif.  

    Mercredi 31 mars, la Préfecture a imposé dans un premier temps un changement d’itinéraire par  rapport à celui déposé. Après un rendez-vous en préfecture et face à un mur, les organisateurs/triceps ont fait le choix d’un parcours alternatif, déplaçant le départ de Terreaux à Manufacture des Tabacs.  L’avant-veille du jour de la manifestation, la préfecture interdit la manifestation. La personne ayant accepté d’être le contact des policiers a même reçu une visite d’agents en uniformes à son domicile à  près de 23h !  

    Nous dénonçons ici la violence et le mépris avec lequel nous sommes traité.es. La Préfecture refuse de prendre en compte la dangerosité, et la régularité des violences d’extrême-droite à Lyon, et continue  à encourager l’impunité des nazillons locaux. Pire, la préfecture renvoie une nouvelle fois dos à dos les  progressistes et l’extrême droite radicale.  

    Faut-il rappeler que depuis 2010 :  

    – Plusieurs manifestations, rassemblements et piquets de grève ont été attaqués par l’extrême  droite  

    – Plusieurs lieux associatifs, politiques ont fait l’objet d’attaque ou de tentatives d’intimidations  comme les bibliothèques du 4ème et du 8ème en 2010, la MJC du Vieux Lyon, l’horloger du Vieux Lyon, la Maison des Passages, les locaux du PCF, la Plume Noire  

    – Mais aussi de bar comme le Phoebus, la Pinte Douce, De l’Autre Côté du Pont ou des  restaurants comme le kebab du Vieux Lyon  

    – En tout depuis 2010, on comptabilise plus de trente agressions et plus de 347 jours ITT (pour  les agressions où nous avons été en contact avec les victimes).  

    Nous dénonçons la non prise en compte de la violence et la haine de ces groupes d’extrême droite.  

    Nous dénonçons la non prise en compte par la police et la justice des violentes agressions perpétrées  par ces groupes, trop peu de plaintes aboutissent. Nous aimerions que le Procureur soit aussi rapide  que pour la « fête » sur les quais de Saône d’ouvrir des enquêtes notamment suite à l’attaque violente qu’a subie la librairie la Plume Noire !  

    Nous dénonçons ici non seulement la complaisance de la Préfecture, représentante locale de l’Etat,  face à l’extrême-droite mais également l’application claire d’une politique du « deux poids deux  mesures » face aux fascistes et aux réactionnaires. Complaisance car agression après agression,  violences multiples sur les personnes, attaque après attaque, nous ne constatons aucune réaction : ni  interpellation ni condamnation. Au contraire les services de l’État laissent les fascistes s’installer à  Lyon, autorisent leurs rassemblements et protègent leurs agissements. 

    Deux poids deux mesures car :  

    – la Préfecture nous affirme que la presqu’île et la rive droite sont des zones interdites à toutes  manifestations… sauf pour les manifestations des réactionnaires anti-choix comme celle de dimanche  dernier.  

    – Attaquer une librairie associative à une cinquantaine un samedi à 14h ne semble pas répréhensible,  ni de faire des saluts nazis, ni de déambuler tranquillement dans les pentes de la Croix-Rousse et dans  le centre de Lyon, en bande armée et cagoulée après cette attaque.  

    Par contre, déposer un parcours prenant en compte le lieu de l’attaque et les locaux fascistes encore  ouverts malgré la dissolution de Génération Identitaire est jugé inapproprié par la Préfecture.  Pire encore, les justifications d’abord du déplacement, puis de l’interdiction de la manifestation sont  basées sur des troubles à l’ordre public que feraient peser les bandes fascistes sur notre action. Après  avoir laissé ces bandes attaquer une librairie impunément, la Préfecture préfère nous interdire de  témoigner de notre solidarité en se pliant aux menaces proférées. La Préfecture cède son autorité à  l’extrême-droite.  

    Nous tenons à dire clairement que tout acte de violence commis ce week-end par des militants  d’extrême droite seront directement imputables à l’attitude de la Préfecture, ainsi que du Ministère  de l’Intérieur.  

    Pour nous, pour nos soutiens, organisations ou individuels, pour les habitant-e-s des Pentes de la Croix Rousse et toutes les personnes souhaitant affirmer haut et fort que les fascistes doivent être  combattus, nous n’en resterons pas là. Nous souhaitons pouvoir nous rassembler, échanger, et  surtout rappeler que les fascistes n’ont pas leur place, ni ici ni ailleurs, et qu’il est urgent de fermer  leurs locaux lyonnais. 

    En lieu et place de la manifestation, nous donnons rendez-vous aux journalistes pour une  conférence de presse samedi 3 avril 2021 à 14h devant l’Opéra.  

    Signataires : Union Communiste Libertaire, UD CGT du Rhône, Solidaires Rhône, CNT-69, FSU 69,  Planning Familial du Rhône, Jeune Garde, Fédération du Rhône de la LDH, Ras l’front, Ensemble !, France insoumise, Parti de Gauche, PCF, groupe MIRS (Métropole Insoumise Résiliente et Solidaire) de  la métropole de Lyon, Lyon en Commun, NPA, Unité Communiste Lyon 

  • Confinement et libertés : l’impossible équation ? 1/2

    Confinement et libertés : l’impossible équation ? 1/2

    Cette tribune nous paraît essentielle. D’une part pour parler du confinement (encore ! ) mais également pour traiter certaines questions qui sont importantes et vitales. Notamment celle du ras-le-bol face à la politique de lutte contre le COVID et les mesures imbéciles du gouvernement. Nous voulions aussi répondre au développement d’un discours que nous appellerions « conspirationniste de gauche ». Un discours qui, en vendant une vision de la politique gouvernementale comme un combat contre « la vie sociale », finit par rejoindre des positions ultra-libérales et individualistes.

    50 000 contaminations journalières. Une situation dans laquelle chaque heure est comptée. Et, à nouveau, dans un cérémonial monarchique, nous avons du attendre que Macron nous accorde sa parole, qu’il nous donne ses directives.

    Elles sont simples : extension des mesures prises dans les départements les plus touchées à la France. Recours obligatoire au travail distanciel. Fermeture des écoles pour trois semaines, et quatre pour les collèges et lycées.

    Ce confinement à tout d’un confinement excepté un aspect : une efficacité certaine. Le dernier en date n’était pas parvenu à faire baisser les contaminations en dessous de 5000 cas par jours, ce qui était le seuil obligatoire pour permettre une réouverture. Ayant renoncé à suivre sa stratégie, au demeurant fort mauvaise, il s’est empêtré dans une série d’actions décousues, illisibles, usant tout. Les corps, les esprits, la patience… érodant même son efficacité.

    Aujourd’hui, le gouvernement n’a fait aucune mea culpa sur ses actions. La Cinquième République, avec ses princes-présidents puissants, est prisonnière de sa forme de pouvoir. Pour être réélu, le gouvernement doit être populaire. Pour être populaire, il lui faut appliquer une grande mesure de démagogie – ou du moins maquiller ses actions avec celle-ci. Pour conserver son poste, ses fauteuils, ses salons et ses sinécures, les membres de l’exécutif doivent faire de la demi-mesure, du moindre-mal, et ménager tout le monde, donc personne.

    Pour ne pas faire face à la réalité, il l’a niée. Négation de la saturation – combattue à coup de mesures choc, de phrases, mais pas de moyens. Négation des contaminations – surtout scolaires. Négation de l’épuisement. Rejet de l’opinion des « 66 millions de procureurs » qui critiquent son action.

    Il les a tout simplement intégrées dans une narration culpabilisante, rejetant la faute sur la population, incapable d’appliquer la discipline de fer qu’il « conseillait ». Les mensonges, l’imbécilité, le mépris créent une crise de confiance. Le sentiment général est que la lutte contre la pandémie est arrivée à un point où le gouvernement abandonne la partie, se limitant à des prises de décision minimes, acceptant la montée en pression constante. Le vaccin, l’arme ultime, tarde. La vaccination traîne. Les chiffres sont impressionnants, mais sont encore bien trop faible, comparé à une Angleterre où ils arrivent aux alentours des 52 %.

    Le pseudo-confinement arrive.

    A nouveau, les libertés sont restreintes. Les activités sont réduites. Ces mesures étaient attendues avec fatalisme, angoisse, colère parfois. Mais aussi avec l’espoir que, cette fois, la mortalité s’abaisse, que les contaminations diminuent… Car, dans la situation actuelle, les hauts taux de contaminations créent une forte entropie : les virus se multiplient et le risque de voir de nouvelles mutations s’accroît. Surtout, le risque d’en voir une échapper à la vaccination n’est pas si faible.

    Il est normal d’être exaspéré par la manière dont la pandémie est gérée. Par ces cafouillages constants, par ce sentiment d’avoir un gouvernement en-dessous de tout, qui multiplie les mesures brimantes, vexantes…et inefficaces. Un gouvernement qui, d’un côté infantilise sa population, mais qui, de l’autre, lui reproche de ne pas être suffisamment mature pour comprendre les enjeux.

    Comment ne pas l’être non plus lorsqu’on songe au scandale des passe-droits, de ces restaurant clandestins réservés à des hauts gradés de la police, à des hauts fonctionnaires. Quand le gouvernement organiser des petites sauteries entre amis, tandis que nos proches nous manquent. Que dans d’autres pays, comme en Espagne, les membres du gouvernement ont tenté de passer avant les autres pour avoir accès à la vaccination, n’hésitant pas à faire usage de tout leur poids pour y parvenir. Que lorsque les membres du gouvernement, comme Roselyne Bachelot, sont hospitalisés, les soins qui leurs sont accordés ne sont pas les mêmes qu’au commun des mortels.

    Mais aussi, que certains en tirent des profits honteux !

    Les milliardaires profitent de cette crise : elle accélère la concentration du capital, elle provoque la mort de milliers de petit commerces. Ces milliardaires n’ont pas déclenché cette pandémie, mais ils savent en tirer un profit immense. Cette richesse, ils ne la créent pas. Ils la vampirisent. Elle est prise ailleurs : chez nous, dans nos poches, de notre sueur, de notre travail.

    Les politiciens aussi en profitent : leurs projets politiques réactionnaires gagnent du terrain. Toute une cohorte de personnages répugnants essaient de tabler sur la stupéfaction de la pandémie, sur l’isolement, sur les peurs. Nos libertés sont sans cesse entravées au nom de la lutte contre des ennemis invisibles, fantasmés, ou montés en exergue. Lorsque la crise économique guette, l’étau politique se serre.

    Les conspirationnistes font leur beurre sur les angoisses : L’angoisse est un marché comme un autre. L’homéopathie l’a très bien compris, proposant des placebos hors de prix, mais remboursés par l’argent public. Il en est de même pour les conspirationnistes. N’est-il-pas ironique de voir que les producteurs de Hold Up, qui expliquent que la pandémie est une arnaque, vendent des masques protecteurs en merchandising ? Les sectes proposent un produit: une explication magique de tous les problèmes du monde au travers de la conspiration. Elle donne l’impression à ceux qui adhèrent à ces explications de partager un secret d’initié, d’être de ceux qui « sachent ». Elle est aussi rassurante : l’Humanité n’est pas malmenée par les forces de la nature, elle n’est pas ballottée par quelque chose qui la dépasse : elle est simplement au prise avec elle-même. Qu’importe si la confiance dans la science, dans le réel, est sapée : le but est tout, la démarche n’est rien.

    A ce titre, il existe aussi un réel « conspirationnisme de gauche » qui s’ingénie à vouloir voir dans les mesures gouvernementales l’expression d’un plan de longue date, d’un plan « orwellien » de lutte contre les libertés et en particulier contre la liberté d’expression. Soit par cynisme (pour rendre les publications plus porteuses), soit par naïveté sincère, ils ont répandu une série de messages faux alimentant des raisonnements paranoïdes. Le gouvernement redoute, au contraire, que le durcissement des relations entre les individus n’amène à des révoltes. La démocratie n’est pas tant une concession arrachée qu’un moyen commode de maintenir une société docile, en lui proposant des échappatoires « démocratiques », truqués, trompeurs, mais efficaces. Peut-être ceux qui professent ces théories devraient relire La société du spectacle – qui pourtant est supposé être un de leurs livres de chevet – et laisser 1984 aux fantasmes totalitaires.

    Le confinement de trop ?

    Si le fait que la vie sociale soit impactée est un effet pervers, mais pas le but des manœuvres gouvernementales, son effet est néanmoins réel et concret. Il amène aussi à une réflexion importante sur la notion de liberté et sur le sens profond de celle-ci.

    Pour certains, pour certaines, ce confinement-ter est le confinement de trop. Nous ne pouvons que les comprendre. L’enfermement, la privation de loisirs, de divertissements, de rapports humains, puisse peser. Le grand enfermement pèse sur le système nerveux de tout un chacun. La solitude pousse certains ou certaines au désespoir. D’autres subissent la promiscuité, l’absence d’espace, la pression, la violence. Ce sont des chose qu’il est impossible de nier, et qui nous pèsent à toutes et tous.

    Cette période nous fait ressentir le manque de tant de choses simples. Parler, se voir, sentir le contact des personnes qu’on aime. Ne pas avoir peur de contaminer, de mettre en danger ceux qui nous sont chers. Penser à autre chose qu’aux quatre murs qui nous enserrent. Être dehors. Voyager. Découvrir de nouvelles choses, ne nouveaux sons, de nouvelles saveurs. En somme, cette période nous ramène au fait qu’on ne peut vivre et s’épanouir par notre seul travail et par nos seuls relations de travail.

    Le confinement nous fait aussi ressentir toute la vacuité, la futilité, l’inutilité d’une quantité incroyables d’actes du quotidien. Les temps de transport à rallonge pour un travail qui pourrait être dématérialisé, les réunions sans fin… Mais à l’inverse, le caractère essentiel, irremplaçable, du travail manuel. En réduisant notre marge de liberté, le gouvernement à fait surgir des montagnes englouties par l’océan de la futilité : celles de ce qui essentiel à notre société et à nous vies.

    Mais le combat contre la pandémie ne peut pas être laissé « à d’autres », chacun y joue son rôle. A l’image de la conduite en état d’ivresse, les choix que nous faisons, les actes que nous réalisons, ont un impact sur nous même, en premier lieu, mais également sur les autres. Et ces autres n’ont parfois rien demandé.

    Certains, certaines, ont du mal à accepter ces concessions, cette discipline nouvelle, ces contraintes. Elles sont déjà tellement nombreuses.

    Ce monde est construit sur la contrainte. Une partie d’entre elle fait partie de ce contrat social qui nous permet de vivre en société, mais une grande partie des autres est injuste : contrainte de la pauvreté, du travail faiblement rémunéré, absurde, insatisfaisant…

    Parfois, une nouvelle privation d’un petit espace de liberté peut paraître insupportable. L’esprit humain n’est pas une machine arithmétique, les contraintes ne s’additionnent pas. L’esprit humain est plus algébrique, car elles se multiplient, s’accumulent, et poussent à bout les individus.

    C’est ce que beaucoup ont ressenti au moment de l’abaissement de la limitation de vitesse, avec l’apparition de radars plus nombreux, l’interdiction de fumer dans les lieux publics…et aujourd’hui avec le port du masque, les entraves physiques, la fermeture de l’horizon géographique. Nos libertés, aussi petites soient elles, paraissent diminuer progressivement. Et même quand les raisons invoquées sont légitimes, telles que la lutte contre la pandémie, elles n’empêchent pas le ressentiment, le dépit, l’exacerbation des tensions.

    Mais que valent-elles sous le capitalisme ? (la suite dimanche)

  • Vive la Commune de 1871 – préparons la révolution socialiste !

    Vive la Commune de 1871 – préparons la révolution socialiste !

    Sous ce slogan, le collectif « Vive la Commune de 1871 » avait appelé samedi 20 mars à Paris à un rassemblement pour célébrer le 150e anniversaire de la Commune de Paris par des discours, des contributions à micro ouvert, des chansons et des poèmes au cœur de Paris. Après que la ville ait refusé le rassemblement devant l’Hôtel de ville, nous nous sommes rassemblés à proximité sur la Place du Châtelet.

    Ce rassemblement a été organisé et maintenu contre vents et marées dans des conditions très difficiles. Les restrictions gouvernementales liées à l’épidémie du Corona, encore renforcées le jour-même, le 20 mars, ne nous ont pas empêché de nous réunir. Le droit de manifester même sous l’État d’urgence sanitaire, confirmé juridiquement, a été défendu !

    Les incertitudes parmi les militants sur la situation sanitaire, les multiples manifestations organisées à la même date contre une politique de crise sur de multiples fronts ainsi que la météo ne nous étaient pas favorables. Nous sommes d’autant plus heureux de la réussite de ce rassemblement en l’honneur de la Commune de Paris.

    L’unité d’action a lancé un appel commun dont la principale leçon est qu’il faut construire un parti communiste fort en France comme dans tous les pays. Des mots de solidarité nous sont parvenus de camarades suisses, de l’ICOR Europe et le MLPD nous a fait l’honneur d’envoyer une délégation.

    Différents participants ont pris la parole pour rappeler les conquêtes des Communards, mais aussi les faiblesses de ce premier gouvernement ouvrier dans l’histoire, pour en tirer les leçons pour aujourd’hui. Un représentant de BIR-KAR* a décrit les conquêtes considérables, instaurées pour et avec les femmes de la Commune, notamment sur l’égalité, le système de crèches et d’écoles etc. L’ACTIT* et SKB* ont parlé des enseignements pour la libération et la construction du Rojava. Les camarades de l’UPML* ont parlé du rôle crucial de la classe ouvrière, hier et aujourd’hui. Un membre du comité solidarité Pérou et Ami de l’ICOR* a rappelé les leçons tirées lors des révolutions qui ont suivi la Commune et l’internationalisme de la Commune de Paris. A plusieurs reprises le rôle crucial de l’organisation, en particulier de la construction du Parti communiste pour la victoire de la révolution a été souligné.

    Pour couronner le tout, un certain nombre de participants et la délégation allemande ont déposé une gerbe à l’Hôtel de Ville de Paris où la Commune a été déclarée il y a 150 ans. On s’est déplacé, les drapeaux rouges flottant dans le soleil et attirant l’attention. Le chant de l’Internationale a clôturé le rassemblement.

    Le rassemblement a été l’ouverture de notre campagne et nous invitons d’autres organisations et personnes à rejoindre notre collectif et nos initiatives pour une célébration révolutionnaire de la Commune de 1871:

    • 1er mai : intervention à la manifestation parisienne
    • 8 mai : événement pour les femmes de la Commune et la lutte des femmes aujourd’hui
    • 29 et 30 mai : week-end de célébration avec des délégations de l’ICOR (manifestation, réunion-débat)

    Le collectif Vive la Commune de 1871
    Paris, 26/03/2021

    * les membres et signataires du Collectif Vive la Commune de 1871 : Amis de l’ICOR (Coordination internationale des organisations révolutionnaires) ; Association Culturelle des Travailleurs Immigrés de Turquie (ACTIT) ; Comite Solidarité Pérou (CSP) ; Nouveau Parti Communiste Haïtien (NPCH) ; Union des Populations du Cameroun -Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie (UPC-Manidem) ; Union des travailleurs et de la fraternité des Peuples (BIR-KAR) ; Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste (UPML) ; Union des Femmes Socialistes (SKB) ; Unité Communiste (UC)

    Facebook : Vive la Commune 1871

    Email : communedeparis150@gmail.com

  • Communiqué de presse du Collectif Fermons les locaux fascistes

    Communiqué de presse du Collectif Fermons les locaux fascistes

    Samedi 20 mars 2021, en début d’après-midi, plus d’une quarantaine de militants d’extrême droite ont attaqué, cagoulés et armés de barres de fer, la Plume Noire, une librairie militante, dans le quartier des pentes de la Croix-Rousse.

    Au même moment, se tenait à l’intérieur une permanence de l’association PESE qui récolte et distribue des produits de première nécessité destinés aux personnes sans-abri. Heureusement, aucun blessé n’est à déplorer, mais les vitrines ont été complètement saccagées. Ce n’est pas la première fois que les groupuscules fascistes s’en prennent à des personnes, à des locaux associatifs, culturels et militants dans ce quartier.

    Il y a 3 mois, le 12 décembre 2020, 2 bénévoles d’une association d’entraide se sont déjà faits agresser par ce même genre d’individus, également un samedi après-midi, à l’issue d’une collecte de jouets pour les fêtes de fin d’année organisée dans cette librairie.

    La Plume Noire et Radio Canut avaient déjà été la cible de telles attaques en 2016. Le local syndical de la CNT, à quelques minutes de marche, avait connu le même traitement en 2018. De même, le local du PCF, situé quelques rues plus loin, a aussi été attaqué à plusieurs reprises. Ces lieux, inscrits dans la vie du quartier des pentes de la Croix Rousse, se veulent des espaces de solidarité et du « vivre ensemble », à l’opposé des idées nationalistes et racistes des fascistes : voilà pourquoi ils s’en prennent à ces locaux.

    Depuis plus de 10 ans la violence d’extrême droite s’est banalisée. Faut-il rappeler les courantes agressions politiques, racistes, homophobes ? Les coups de couteaux assénés à des militants en 2014. L’attaque d’un rassemblement LGBTi pour la PMA le 30 janvier 2021. Ces faits montrent le vrai visage de l’extrême-droite, celui de la haine et de la barbarie. Comme en témoigne le lien entretenu par le terroriste de Christchurch, qui a assassiné 51 personnes devant une mosquée en 2019, « membre bienfaiteur » de Génération identitaire !

    Dans une ambiance nauséabonde qui voit les idées d’extrême droite se banaliser tous les jours un peu plus, aidée par la politique du gouvernement, il est urgent de faire face à la menace des groupuscules fascistes en commençant par faire fermer leurs locaux : la Traboule et l’Agogé situés dans le Vieux-Lyon.

    Il est de la responsabilité de la mairie centrale de Lyon de réagir au plus vite et d’activer tous les leviers à sa disposition. Le silence de la préfecture est pesant et significatif. Nous sommes une nouvelle fois étonné·e·s de la facilité avec laquelle 50 fascistes cagoulés et armés peuvent traverser plusieurs quartiers de la ville et attaquer une librairie à 14h sans être inquiétés par les autorités.

    Nous espérons que cette fois ci la plainte déposée aura des suites. Le Collectif Fermons les locaux fascistes continuera pour sa part d’informer et de mobiliser la population contre le danger fasciste et en appelle pour cela à l’ensemble des organisations démocratiques et progressistes qui ne participeraient pas encore à rejoindre la mobilisation.

    FASCISTES HORS DE NOS QUARTIER,
    FASCISTES HORS DE NOS VIES
    NO PASARAN

    Premiers signataires : CNT, Ensemble, FI, FSU, Jeune Garde Lyon, NPA, PCF, PG, Planning Familial, Ras l’Front, Solidaires Rhône, Solidaires Etudiant.e.s, Union Communiste Libertaire, Unité Communiste.

  • Contre la répression anticommuniste ! Liberté pour Pablo Hasel !

    Contre la répression anticommuniste ! Liberté pour Pablo Hasel !


    En tant que membres d’ICOR, nous rendons une solidarité absolue avec le camarade militant communiste et musicien Pablo Hasel. Nous exigeons son acquittement et sa libération immédiate.

    Le 28 janvier, le musicien et militant communiste Pablo Hasel a été condamné à neuf mois d’emprisonnement et le 16 février, il a été arrêté dans une université de Catalogne. C’est le point culminant d’un processus de persécution « légale » à motivation politique. La répression politique exercée par les États bourgeois se manifeste de diverses manières, comme par la privation de ressources, limitant ainsi la liberté d’expression de la classe ouvrière.

    Le fait que Pablo Hasel soit emprisonné est exclusivement dû à ses opinions politiques, ce qui a été confirmé à plusieurs reprises au cours du procès. Bien sûr, Pablo Hasel n’est pas seulement persécuté pour ses chansons, mais la colère de la justice la plus réactionnaire est due à son militantisme communiste. Il est condamné non pas principalement pour avoir dénoncé les crimes de la monarchie mais pour avoir défendu une véritable alternative, le socialisme/communisme. La démocratie parlementaire bourgeoise est l’une des formes de gouvernement du système capitaliste et, partout dans le monde, la tendance au fascisme est une réaction de ce système à la lutte progressive des masses.

    C’est pourquoi, partout dans le monde, on assiste à une répression anticommuniste plus ou moins ouverte de notre idéologie et de ceux qui cherchent de véritables alternatives au capitalisme : on tente d’intimider les masses et, comme dans ce cas, on utilise un bouc émissaire pour « servir d’exemple ». Cette attaque contre Pablo Hasel, est aussi une attaque directe contre les instruments de lutte que nous avons, la capacité, bien que très limitée, de nous exprimer car « La chanson est une arme !« .

    Comme Grup Yorum, Pablo Hasel est le peuple qui ne sera pas réduit au silence ! Avec leurs chansons aussi, nous allons gagner ! Que leurs voix soient entendues !
    Comme le groupe musical, Grup Yorum, persécuté, torturé et tué en Turquie, disait : « La volonté, les idéaux et la solidarité sont nos armes invincibles. Personne ne peut arrêter notre force, personne ne peut faire taire notre voix. Ils peuvent briser nos instruments. Ils peuvent nous condamner à la prison. Mais ils ne peuvent pas arrêter notre lutte. »

    Le camarade Müslüm Elma, jugé en Allemagne pour son militantisme communiste, démontrant la collaboration de l’impérialisme allemand avec le terrorisme d’Etat turc, a déclaré lors de sa dernière déclaration au tribunal le 29/06/20 : »Nous venons de la tradition de la résistance. L’accusation de ‘terrorisme’ est l’un des plus grands mensonges des 20ème et 21ème siècles, que les voleurs impérialistes et leurs collaborateurs ont construit pour cacher les crimes qu’ils ont commis contre les peuples opprimés du monde et pour diffamer leur lutte légitime. Mais tous ces mensonges ne peuvent empêcher la chute des impérialistes… Nous sommes des révolutionnaires internationalistes, et vous ne pouvez pas nous juger. (…) Ce processus ne sera pas décidé dans une salle d’audience, mais dans la rue.« 

    Une fois de plus, dans le contexte de la rébellion en Espagne, l’unification de toutes les forces progressistes est à l’ordre du jour. Ce n’est qu’à travers une coopération active, avec la perspective d’un Front uni antifasciste et anti-impérialiste, et en reprenant les mots du camarade Müslüm Elma, aussi « Ce processus ne sera pas décidé dans la salle d’audience, mais dans la rue. »
    Nous n’accepterons pas cette condamnation ! Nous exigeons l’acquittement et la liberté immédiate pour Pablo Hasel!
    Liberté pour Pablo Hasel!
    La liberté pour tous les prisonniers politiques en Espagne!
    Pour le droit de résister! Vive la solidarité internationale!

    Signataires (au 23 mars 2021, d’autres signataires possibles) :

    1. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    2. БРП(к) Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti Ouvrier Bulgare (Communiste))
    3. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie-et-Herzégovine)
    4. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    5. UCLyon Unité Communiste Lyon (Communist United Lyon), France
    6. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France 7.
    7. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchevique (Kurdistan du Nord-Turquie)).
    8. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation communiste du Luxembourg)
    9. RM Rode Morgen (Aube rouge), Pays-Bas
    10. UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa (Union Marxiste-Léniniste Portugaise)
    11. MLP Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie
    12. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    13. VZDOR VZDOR – strana práce (Résistance – parti travailliste), Slovaquie
    14. KSC-CSSP Komunisticka Strana Cheskoslovenska – Cheskoslovenska Strana Prace (Parti communiste de Tchécoslovaquie – Parti ouvrier tchécoslovaque), République tchèque
    15. TKP-ML Türkiye Komünist Partisi – Marksist-Leninist (Parti communiste de Turquie – Marxiste-Léniniste)
    16. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti communiste marxiste-léniniste de Turquie / Kurdistan)
    17. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement de la classe ouvrière), Ukraine

    Signataires supplémentaires (non ICOR) :
    Organización Comunista Revolución (OCR), Espagne

  • Confinement 3.

    Confinement 3.

    Le confinement numéro 3 est déclaré.

    Comme de nombreuses trilogies, le premier opus est original, le deuxième terni, le troisième carrément minable. C’est aussi le cas de ce confinement-ter.

    Un confinement informe.

    Nous sommes en désaccord lorsque la page anarchiste-autonome Nantes Révoltée indique que le gouvernement fait la guerre à la vie sociale. C’est une demi-vérité. En réalité, le gouvernement propose un savant calcul : entre acceptabilité des mesures, espoir démagogique d’être réélu, maintien de l’économie et des profits, et, enfin, lutte contre l’épidémie. La vie sociale n’est pas jugé comme une ennemie, mais uniquement comme une variable secondaire.

    Le problème de ce calcul est que son résultat est un moyen-terme, une demi-mesure. Les résultats sont là : l’épidémie frappe plus fort encore que pendant la 2e vague.

    « il est possible de sortir de chez soi pour se promener, s’aérer ou faire du sport, en journée, sans aucune limitation de durée mais avec une attestation et à la condition de rester dans un rayon limité à 10 kilomètres autour de chez soi » : En somme, les principales causes de contamination (transport en commun, école, travail) ne sont pas directement impactés. Quant à ceux et celles qui ont, jusque là, fait fi de ce confinement et de cette distanciation, il est illusoire de croire que cette injonction suffira à les faire changer d’avis.

    La tactique de Castex et de Macron se limite donc, à nouveau, à demander d’appliquer les mesures de distanciation (avec, à la clé, des campagnes de communication ridicules), et de demander, si possible, du télétravail. En somme, il se défausse.

    C’est un démenti terrible qui frappe à la fois le gouvernement ceux qui prônaient le « vivre et laisser mourir ». Les libéraux et les négationnistes de la pandémie sont au pied du mur. Vivre avec le virus s’est retourné contre eux. Le virus mute, se modifie, contamine, recontamine. Pendant ce temps, les urgences se remplissent, les opérations sont déprogrammées… et ceux qui ont été contaminés font face à des séquelles handicapantes et parfois graves.

    La pandémie dure. Pourtant, nous pensons qu’il est encore possible d’accepter un confinement strict. En dépit des difficultés, en dépit de l’épuisement… Nous pensons qu’il est possible de faire cet effort ultime, pour que les urgences désemplissent, pour que le taux de positivité diminue, pour que les clusters s’éteignent.

    Nous pouvons accepter cette épreuve.

    Nous pensons que nous pouvons accepter encore une épreuve supplémentaire. Trouver en nous la capacité de faire face à ces défis. Bien que nous puissions comprendre aisément que pour certains et pour certaines ce soit une épreuve d’une difficulté immense. Il est vrai que trop, c’est trop !

    Ainsi, nous ne pouvons pas ne pas condamner le carnaval de Marseille, où 6 500 personnes se sont rassemblées sans masques et sans distanciation. Nous comprenons le besoin individuel de divertissement, de socialisation, mais le problème est ailleurs, car nos actes individuels ont des répercutions collectives. De même que l’alcool au volant ne menace pas que la vie de celui qui s’en rend coupable, mais peut impacter celle des autres, le non-respect des gestes barrières est une entrave à la guérison de toutes et tous.

    Cette épreuve concerne l’ensemble des aspects de nos vies, elle pose la question de la définition même de la liberté. Nous, nous l’interprétons comme la fille de la nécessité. Elle est l’espace qui nous appartient quand le nécessaire est réalisé. Au travers du Carnaval de Marseille, nous pensons que c’est le conflit entre la conception libérale et individuelle de la liberté et la conception collective de celle-ci qui s’affronte.

    Ce type d’acte fait reculer la lutte contre la pandémie. Elle rend hélas le besoin d’un confinement strict encore plus patent. Mais il faut qu’il débouche sur quelque chose. Sur une solution, sur une issue, sur la possibilité de pouvoir à nouveau se projeter vers un avenir, vers une sortie, vers la fin de cette pandémie.

    Vaccins ou jeux de puissants ?

    Nous avons besoin de la vaccination générale. Les efforts louables de privilégier les personnes vulnérables peuvent réduire le nombre de morts, mais ils n’impactent pas la dynamique. Tant que les personnes clés, les plus contaminantes, ne sont pas vaccinées, l’épidémie pourra se poursuivre.

    Le gouvernement a reconnu que la campagne de vaccination avait démarré « trop tard » et « pas assez fort ». C’est un euphémisme ! D’ailleurs, les manœuvres pour donner l’impression que les choses avancent (vaccination par les pharmaciens, vaccinations par les vétérinaires ou par les dentistes…) camouflent mal le problème majeur : il n’y a pas de doses.

    Mais nous ne pouvons pas, pour autant, accepter que les autres pays, que les continents moins riches – et plus vulnérables – soient privés de vaccin. Nous en avons assez de ces petits jeux, de ces manigances qui visent à refuser certains vaccins sur la base de leur origine. Le clivage géopolitique qui conduit à dénigrer les vaccins chinois ou russe est inacceptable.

    Macron a parié, et il a perdu. Nous en payons le prix.

    Depuis l’échec du confinement-bis, le moral des habitants et habitantes du pays est bas. Les perspectives économiques et sociales sont mauvaises. La morosité est constante. En dépit du fait qu’il mette l’économie en avant, beaucoup de petits commerces périclitent. Et ça n’est qu’un début. Lorsque « l’économie de guerre » macronienne s’arrêtera, une crise nouvelle commencera. Finalement, hormis une petite poignée de capitalistes monopolistes, qui se sont repus tant de la fin de la concurrence que de l’argent public, tout le monde est perdant.

    Pourtant Macron refuse de faire un mea culpa. Boris Johnson et Angela Merkel se sont livrés à cet exercice : reconnaître ses torts, accepter d’avoir failli. Macron et son gouvernement, comme à leur habitude, s’y refusent. Il y a là une illustration d’une des faiblesses de la démocratie à la française.

    Merkel, par exemple, est une dirigeante nommée par le Bundestag, elle n’est pas une monarque républicaine. Macron, qui est président d’une démocratie présidentielle, autoritaire, née d’un coup d’État, est intouchable. Infatuée de son orgueil, il se permet d’être méprisant.

    Le gouvernement cumule décidément. Entre la négation des violences policières, la négation des contaminations en milieu scolaire, les mensonges… et l’attitude individuellement stupide de personnes comme Roselyne Bachelot, qui fait fi de la distanciation sociale et des gestes barrières. Au moins, elle a possiblement contaminé Michel Sardou.

    Nous avons pu voir, au cours de cette pandémie, toute l’incompétence de politicards sans vergogne. Nous avons vu la vulnérabilité de notre système hospitalier.

    Nous avons vu le mensonge constant, omniprésent.

    Nous avons vu les limites du libéralisme, son hypocrisie.

    Nous méritons mieux que ça. Nous méritons mieux que cet avenir de médiocrité, de misère, de crise économique.

    Mais nous pensons que cet avenir ne dépend que de nous, que de notre capacité à pouvoir œuvrer ensemble à contrer les assauts gouvernementaux, à conjurer la crise et la misère, à riposter coups pour coups.

    Luttons ensemble, contre la pandémie. Soyons distanciés physiquement mais unifiés socialement : un bloc populaire, pour mettre un terme à la misère !

  • Un an de confinement (Partie 2) : les origines

    Un an de confinement (Partie 2) : les origines

    Retour sur les origines.

    Petite parenthèse ironique. Sur Netflix, la série En Bref présentait en septembre 2019 un documentaire intitulé La pandémie qui vient. Durant cet épisode, il était expliqué que nous courrions un risque immense de voir un jour arriver une pandémie. Le modèle-type était décrit : probablement une zoonose, c’est-à-dire un virus mutant transmis de l’animal à l’homme ; probablement dans une région dans laquelle on trouve des marchés « humides », c’est-à-dire où la viande est vendue sur pied et tuée à la demande ; probablement dans une région comme la Chine, où le SRAS était apparu de cette manière.

    Elle indiquait également que les canaux de la mondialisation pourraient transmettre ces virus avec une célérité ahurissante, et rapidement atteindre le monde entier. Mais elle indiquait aussi, tristement, que les gouvernements traînent des pieds à mettre en place des systèmes préventifs et des stocks stratégiques en case de pandémie : cela est coûteux, et face à une menace incertaine, aléatoire, il est toujours facile de remettre à demain les mesures à prendre. A la suite du déclenchement de la pandémie, l’équipe a produit une nouvelle version, détaillant aussi la course au vaccin. Elle mérite d’être vue.

    Il faut dire qu’ils ont vu juste. A moins d’une surprise colossale – ce dont rêvent les conspirationnistes – il est pratiquement certain que la pandémie est surtout terriblement banale. Un pathogène qui se transmet d’un animal réservoir à l’homme, et qui se répand par la suite. La peste, la syphilis, le VIH, la grippe porcine, aviaire, espagnole, le SRAS, le MERS… sont toutes des maladies qui ont suivi ce tracé là.

    Dans le cas de la grippe espagnole, il est même possible de remonter jusqu’aux origines : le Kansas. Pendant la Première Guerre mondiale, un fermier porteur de la grippe humaine et un poulet porteur de la grippe aviaire sont dans le même espace : une grande basse-cour. Ils ne peuvent se contaminer mutuellement. En revanche, ils peuvent contaminer un porc. Dans les cellules de celui-ci, les deux virus transmettent leur ARN, ce qui leur permet de faire de celles-ci des usines à copie. Sauf que les deux le font en même temps, fusionnant leurs ARN pour en créer un nouveau. C’est quelque chose qui n’est pas exceptionnel. En revanche, dans la grande majorité des cas, les virus mutants sont moins efficaces, bancals, stériles. Dans quelques cas, cela créé une nouvelle souche. Dans le cas du Kansas, cette souche va se répandre comme une traînée de poudre, profitant de l’envoi d’un corps expéditionnaire américain en Europe. Il en résulte plusieurs millions de morts.

    Dans celui du VIH, c’est le déboisement de la forêt congolaise, la consommation de « viande de brousse » et le contact avec des espèces tropicales qui ont provoqué la rupture des barrières entre espèces. L’épidémie est restée discrète jusqu’aux années 1970, date à laquelle le développement de la mondialisation et du transport mondial lui a permis de s’implanter aux USA.

    Le virus qui provoque la Covid suit très certainement ce même schéma, très bien anticipé par En Bref. Il est tristement banal, et tristement classique. Mais il bénéficie lui aussi de l’incroyable accélérateur du transport mondial, de la densité de population, de la mauvaise application de mesures prophylactiques (lavage des mains, masques en cas de maladie…).

    Comme dans toute période d’angoisse, la politique s’en mêle également, et avec elle un lot de fantasmes.

    Un virus « chinois »?

    Il est clair que la Chine n’a pas fait preuve d’une grande volonté de transparence quant à cette pandémie. Elle a agi avec la prudence d’une puissance montante, laquelle tient à cacher secrète toutes ses faiblesses, pour qu’elles ne soient pas exploitées par ses potentiels – ou réels – adversaires. Ce silence a joué un rôle dans le fait que la pandémie ait plus se disséminer davantage, mais il ne s’agit pas d’un acte volontaire. Il est indéniable qu’elle a mis en œuvre tous les moyens possibles pour juguler celle-ci. L’impressionnant confinement de la ville de Wuhan a été parfois utilisé en exemple d’un totalitarisme chinois.

    Cependant, les accusations qui ont eu pour but de démontrer le fait qu’il s’agisse d’une expérimentation ou d’un produit préparé n’ont été étayée que par des preuves douteuses, fictives, ou mal interprétées. Elles sont allées de la simple confusion avec les autres types de coronavirus jusqu’à des inventions pures et simple. Surtout, elles ont procédé d’une manière non scientifique : soit par la pétition de principe soit par l’inversion de la causalité. Lorsque nous détaillerons les logiques conspirationnistes, nous aurons l’occasion de détailler cela plus précisément, mais dans l’intervalle, nous pensons qu’il est important d’expliciter ces deux principes.

    Dans la pétition de principe, les « chercheurs de vérité » ont procédé ainsi : ils sont partis du principe qu’il y avait une influence humaine et une action humaine à l’origine de cette pandémie, et sont donc partis à la recherche de signes, plus que de preuves. Or, dans une ville de la taille de Wuhan et dans un pays continent comme la Chine, il est aisé d’en trouver.

    Wuhan, avec ses 11 081 000 habitants et habitantes en 2018, n’est pas une bourgade. De la taille de Paris et de sa banlieue, la ville est une vraie métropole. Elle possède donc des installations universitaires et de recherche qui sont à la hauteur de sa taille. Parmi celles-ci, il existe effectivement un laboratoire P4, dédié aux maladies infectieuses. Mais il existe 1 356 laboratoires d’études sur les virus dans le monde. Si deux sont classés P4 en Chine, ce n’est pas du fait de la dangerosité des coronavirus, mais plus d’autres maladies nettement plus fatales. Pour le moment, il n’existe aucune preuve qu’il s’agisse d’un virus échappé d’un laboratoire, et encore moins d’un virus construit par l’homme.

    Il est vrai qu’il existe des expérimentations pour créer des virus chimères. Il n’est pas exclu non plus qu’il existe des armes virales ou bactériologiques. Cependant les probabilités sont minces. Dans un cas comme dans l’autre, nous ne pouvons que constater certaines choses. Pour un virus supposé bricolé, il possède un comportement qui est tout à fait banal. Rien ne le rend exceptionnel. Ni dans ses mutations, ni dans ses effets – encore qu’ils ne soient pas complètement élucidés.

    Pour un virus militaire, en particulier si celui-ci devrait servir à réduire la population terrestre, c’est un bien piètre outil. Il est incontrôlable – ce qui est le travers de toute armes biologique – et il n’est guère létal. D’une manière générale, c’est là un travers des armes biologiques : elles ne sont pas discriminantes.

    Un virus américain ?

    L’autre branche de la tenaille conspirationniste s’est nourrie d’un « à qui profite le crime ». Or, là encore, il s’agit d’une faille de raisonnement. Il inverse les principes de causalité, et il fait de la capacité de résilience, d’adaptation, une preuve d’intention. En soi, dans la plupart des situations, bonne ou mauvaise, des opportunités nouvelles ou des possibilités d’adaptation existent. Certains, certaines, sont plus efficace que d’autres à savoir saisir la balle au bond, et à utiliser des situations à leur avantage. Ainsi, la pandémie à fait naître, par exemple, des perspectives pour l’Asie, qui s’est libérée rapidement des entraves liées au Covid. Les milliardaires en ont tracé d’autres, en dépit de la récession, pour s’emparer de parts de marché détenues par leurs concurrents et par la petite bourgeoisie… Pourtant ils n’ont pas intérêt en soi à provoquer cette crise : elle aurait été un double saut périlleux dans le vide.

    Tirer profit, cela ne signifie pas être à l’origine de cette pandémie.

    Ainsi, tandis que beaucoup accusaient la Chine, d’autres ont accusé les USA, l’Europe, ou, même les Juifs. En partant d’un affrontement – réel – entre capitalistes, ils ont limité leur champ d’investigation aux relations géopolitiques ou à une grille de lecture purement militaire, oubliant ainsi totalement deux acteurs : la Nature et le hasard.

    Arguments sans preuve, se répondant sur la base de supposition biaisées, nourries de preuves bancales… Les théories du « grand reset », de l’arme de guerre ou d’autres buts de ce type paraissent bien naïves. Sans preuves tangibles d’un caractère exceptionnel

    En revanche, leurs effets ont été très concrets. Dans ceux qui « profitent du crime » il existe une cohorte de racistes et de xénophobes qui s’en sont servis pour alimenter la haine. Le racisme anti-asiatique connaît depuis, surtout aux USA, des sommets. Ainsi, il y a quelques jours, une tuerie à Atlanta a visé plusieurs salons de massage asiatiques, causant 11 morts. Le mobile raciste semble être au centre de cet acte.

    La peur panique et les mensonges ont aussi un autre effet : cela pousse les personnes vulnérables à s’isoler ou à se recroqueviller sur des communautés sectaires qui s’unissent autour des mêmes croyances. Une explication des événements, donc rassurante. L’hostilité provoquée envers les mesures gouvernementales, prophylactiques ou de soin (masques, vaccins, confinements…) représente un aspect criminel de ces pratiques.

    Nous pensons que nous pouvons qualifier ce virus de tristement banal et de tristement prévisible. Il a été le révélateur des faiblesses des uns et des autres, en en particulier a provoqué un coup dur au prestige du système de santé occidental.

  • il y a 150 ans, la Commune de Paris est proclamée !

    il y a 150 ans, la Commune de Paris est proclamée !

    Nous publions ici notre 4 page en prévision des commémorations de la Commune de Paris. Vous pouvez aussi le retrouver en PDF.

    Ouvrière, ouvrier, employé.e – révoltés contre votre patron, dans la crainte du chômage ; jeune – mobilisé contre l’oppression de l’État, son racisme, ses violences policières ; femme qui vit la double journée de travail et qui combat pour l’émancipation ; personne âgée – isolée, malheureuse et indignée.

    Macron vous méprise, son gouvernement vous trompe et sa police vous réprime.

    Il y a une alternative au capitalisme comme le peuple de Paris l’a montré il y a 150 ans.

    La Commune de Paris a été la première expérience de gouvernement ouvrier. Le peuple a imposé sa politique à la bourgeoisie – mettant fin à la dictature d’une minorité, créant une vraie démocratie directe et populaire pour la grande majorité. Un gouvernement populaire, par le peuple, pour le peuple, contre les ennemis du peuple !

    La Commune de 1871 nous appelle aujourd’hui à en finir avec cette bourgeoisie, avec ce système capitaliste qui nous entraîne, jour après jour, dans des crises et catastrophes toujours plus grandes.

    La Commune de Paris (1871) – un gouvernement ouvrier !

    Au 18e et 19e siècle, le peuple de Paris a été le cœur battant des révolutions. En 1789, en 1830, en février et en juin 1848, en 1851, contre la noblesse, les exploiteurs, contre la monarchie ou la république bourgeoise. Chaque fois victorieux sur les barricades. Chaque fois trompé par les politiciens et alliés bourgeois.

    En 1870, Napoléon III perd la guerre contre la Prusse et abdique. Adolphe Thiers, monarchiste dépité, met en place un gouvernement républicain bourgeois. En janvier 1871, ce gouvernement accepte les dures conditions d’armistice – contre la volonté du peuple de Paris. La capitale assiégée par l’ennemi prussien se défend avec la Garde Nationale. Elle ne se rend pas malgré la famine ; elle refuse de tomber dans le piège du nationalisme et du chauvinisme tendu par Thiers, de collaborer avec son soi disant « gouvernement des défenseurs », elle s’oppose à l’armée régulière qui veut la priver de ses canons… De nombreux soldats refusent de réprimer, passent du côté du peuple le 18 mars 1871 et exécutent deux généraux sanguinaires. Le gouvernement bourgeois républicain et le parlement s’enfuient à Versailles, imitant ainsi les rois d’antan.

    Dans cette situation et fort de ses expériences, le peuple de Paris prend son destin en main et le pouvoir en proclamant la « Commune de Paris ».

    Une politique pour le peuple et par le peuple

    En ses 72 jours d’existence, du 18 mars au 28 mai 1871, la Commune de Paris réalisa au profit du peuple ce qu’aucun gouvernement bourgeois ne voulait ni ne pouvait faire. Le prolétariat au pouvoir (femmes et hommes, ouvriers, employés et petits artisans) a changé la vie des 400 000 parisiens.

    • La lutte contre la faim et la pauvreté : cantines populaires et crèches ; soutien aux enfants, légitimes ou non.
    • Finis les loyers exorbitants, ils sont bloqués ; pas d’expulsions ni de sanctions pour ceux qui ne peuvent pas payer ;
    • Le travail de nuit pour les apprentis boulangers est supprimé, les heures supplémentaires interdites ainsi que les amendes sur les salaires.
    • La séparation de l’Église et de l’État ; des écoles professionnelles ouvrent, pour filles et garçons. L’enseignement devient laïque et gratuit pour tous…
    • La Commune c’est aussi l’abolition de la peine de mort. Elle ne sera supprimée à nouveau que 110 ans plus tard.

    La Commune de Paris s’attaque à la propriété privée capitaliste. Les biens des bourgeois en fuite sont confisqués, les usines et ateliers abandonnés réquisitionnés, la production est réorganisée et la gestion est remise aux associations ouvrières. C’est un début indispensable de réorganisation et de collectivisation de la production.

    Police et armée sont dissoutes et le peuple s’arme au sein de la Garde Nationale !

    Toutes ces mesures, en avance sur leur temps étaient véritablement révolutionnaires – elles changeaient la vie des prolétaires et l’ensemble de la société. Les révolutions socialistes du XXe siècle se sont inspirées de son programme et en ont fait leur base. Elle les ont mises largement en œuvre. La Révolution bolchevique en 1917 réalisa ce programme en profondeur : lutte réelle contre le chômage, tout travailleur ayant droit à un travail et à un revenu ; la terre des princes a été donnée aux organisations paysannes, une paix sans annexion proposée.

    Si la classe dominante a été obligée d’accepter certaines réformes, souvent on nous fait oublier : On doit ces réformes à l’action collective, tenace du prolétariat et de ses alliés !

    La Commune – pionnière pour la libération des femmes

    A l’époque, beaucoup de femmes du peuple vivent la misère, parfois forcées à la prostitution. Elles espèrent de la Commune qu’elle leur apporte des droits et libertés nouvelles : aide aux veuves et aux filles-mères. Des écoles professionnelles sont créées tout comme des emplois pour les femmes. La Commune initie le droit au divorce et au mariage libre. Louise Michel, Elisabeth Dimitrieva, Nathalie Lemel et tant d’autres luttent pour une politique d’égalité réelle entre hommes et femmes. Elles s’organisent par exemple dans « l’Union des femmes » qui adhère à ‘l’Internationale’. Les Communardes défendent la Commune au péril de leur vie sur les barricades.

    Abolir l’exploitation et l’oppression dans toute la société, cette orientation de la Commune montre aussi la voie de la libération des femmes.

    La classe ouvrière au pouvoir !

    Suffit-il que nos exploiteurs « veuillent bien discuter » des revendications ? Non, la Commune a imposé son pouvoir, les intérêts des classes populaires en changeant les relations sociales. Elle a été un acte de violence, mais une violence créatrice, libératrice, mettant fin à une violence plus forte encore : celle de l’impitoyable exploitation et oppression.

    Aujourd’hui encore…

    L’État est l’instrument d’oppression d’une classe sur une autre, aujourd’hui du capital financier et des monopoles multinationaux sur le peuple. Les Gilets jaunes, les syndicalistes combatifs, des militants écologistes ou des droits de l’homme se rebellent aussi bien pour des motifs économiques et contre l’injustice sociale que contre le mensonge de la « démocratie libérale » et contre la dictature des cartels économiques. Lorsque « plus de démocratie » a été réclamée, Macron a mis en place un « grand débat » et la « convention citoyenne » sur l’écologie. De la poudre aux yeux, pour continuer comme avant à détruire nos conditions de vie, de travail et l’environnement, notre base de vie.

    La classe dominante préside à un système dépassé qui vit de notre exploitation. Elle n’a plus rien à offrir.

    La Commune de 1871, un nouvel État sous contrôle prolétarien

    La Commune a renversé le pouvoir d’État bourgeois. Ses membres les plus combatifs et les plus conscients ont formé un nouvel État. Pour que celui-ci reste sous contrôle populaire, « La Commune employa deux moyens infaillibles. Premièrement elle soumit toutes les places d’administration, de la justice et de l’enseignement au choix des intéressés par l’élection au suffrage universel, et, bien entendu, à la révocation à tout moment par ces mêmes intéressés. Et, deuxièmement, elle ne rétribua tous les services, des plus bas aux plus élevés, que par des salaires que percevaient les autres ouvriers. » (dira Friedrich Engels, fondateur de la I° Internationale Ouvrière et rédacteur avec Karl Marx du « Manifeste du Parti Communiste »)

    Les Communards ont pu agir parce que le peuple s’est armé. Ils ne voulaient pas d’une armée de métier au dessus du peuple. C’est le Comité Central de la Garde nationale, constitué de citoyens modestes, qui a assuré les premiers pas et l’organisation de la Commune. Depuis la Révolution Française de 1789, le monde du travail n’avait cessé de défendre pied à pied ses intérêts, quel que soit le régime politique. Des organisations indépendantes de solidarité comme de polémique politique, des journaux, des clubs s’étaient créés où les travailleurs les plus modestes se reconnaissaient, s’engageaient et peu à peu définissaient les objectifs et les moyens de leur lutte. La 1er Association Internationale des Travailleurs a fortement contribué à cette clarification et surtout les marxistes ont tiré de l’histoire des leçons indispensables toujours d’actualité.

    Depuis 1871, les luttes des travailleurs, en France comme partout dans le monde ailleurs, n’ont pas cessé, mais elles ont été trop souvent mises en échec. Les dominants aimeraient effacer l’histoire des luttes, l’histoire des révolutions, l’histoire vivante du peuple. Pourtant, qu’attendre d’autre d’un État construit, organisé pour créer les conditions les plus favorables à l’exploitation du travail ? Qu’attendre de politiciens bien installés dans leur aire de jeu ? Rien.

    L’héritage de la Commune de Paris

    … une bonne base pour l’alternative au capitalisme.

    La Commune de Paris a frappé de terreur les dominants. Mettant de côté leurs différents, les ennemis d’hier vont s’allier : la Prusse, Thiers et ses sbires reforment des régiments, choisissant des fanatiques réactionnaires, pour mater le peuple de Paris. Entre le 22 et le 28 mai, il bombarde Paris. Après une résistance héroïque, c’est la « semaine sanglante » : 20 à 30 000 communards et communardes seront massacrés ; beaucoup d’autres seront déportés, dont la célèbre Louise Michel.

    Des révoltes ont eu lieu aussi à Lyon, Marseille, St Étienne, le Creusot, Narbonne, Toulouse… Des progressistes de tous les pays se sont joints à la Commune comme la russe E. Dimitrieva, membre de l’Internationale, les polonais Dombrovski et Wroblewski insurgés contre le tsarisme sont devenus généraux de la Commune, le hongrois Frankel et des Garibaldiens italiens ont participé à la lutte.

    Mais ce grand élan révolutionnaire n’a pas suffi à battre la réaction du fait de l’inexpérience de ses membres devant une situation sans précédent et de l’influence encore minoritaire des communistes par rapport aux pacifistes, anarchistes, réformistes.

    L’écrivain Victor Hugo dira de la Commune:« Le cadavre est à terre, mais l’idée est debout »

    Face aux multiples crises du capitalisme, à la menace de guerre et à la violence croissante de la dictature bourgeoise, nous mobiliser en tant que prolétaires sur nos objectifs et préparer la révolution socialiste, c’est ce qui nous fait tenir « debout ».

    Il faut un Parti révolutionnaire !

    Un parti fait pour représenter jusqu’au bout les intérêts de ceux et de celles qui courbent la tête sous l’exploitation féroce – un Parti du camp du peuple. Un parti fort, soudé, constitué de ceux et de celles qui veulent bouleverser la société actuelle injuste, et faire naître le monde nouveau – un Parti Communiste.

    Une organisation solidaire, unitaire, dans laquelle les opportunistes, les carriéristes, les oppresseurs n’ont pas de place. La gauche traditionnelle consomme aujourd’hui son échec. De « moindre mal » en « moindre mal », elle recule aujourd’hui au rang de chien de garde du libéralisme et du capitalisme. Les combats restent dispersés. Le rôle d’une organisation révolutionnaire est de les unir, d’en favoriser la synthèse pour un nouveau régime !

    Servons-nous de toutes les réalisations progressistes et révolutionnaires dans le monde pour reprendre l’offensive ! Mettons à l’ordre du jour les idées mises en œuvre par la Commune de Paris et par les autres révolutions !

    Vive la Commune ! Elle est de toute actualité !

    Organisons-nous concrètement pour faire vivre la Commune

    Le 18 mars : Rassemblement à Montmartre, Paris.

    Le 30 avril : Rassemblement à la Guillotière, Lyon.

    du 29 au 30 MAI: Week-end international ICOR à Paris

    Pour plus d’informations, rendez vous sur nos sites : unitecommuniste.com/ — UPML.org — ICOR.info

    Unité Communiste et Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, membres de l’ICOR

  • Un an de confinement (Partie 1) : le bilan

    Un an de confinement (Partie 1) : le bilan

    Un an après le début du confinement, nous voulons tirer un petit bilan de cette période.

    Au moment où nous écrivons ces lignes, l’incertitude demeure. Rien ne permet de savoir de quel côté la balance épidémiologique peut pencher. Les choix opérés par le gouvernement français depuis septembre ont été marqués par l’atermoiement, le moyen-terme, l’indécision. Si il n’existe pas – pour le moment – d’explosion nouvelle, de troisième vague ravageuse, nous restons sur le fil du rasoir.

    La politique gouvernementale a été marquée par une série de tergiversation, d’hésitations, de compromis. Tandis que, durant 2020, le Comité Scientifique a été l’acteur principal, son rôle s’est éteint progressivement, pour être escamoté au profit du gouvernement. Il y a de quoi s’interroger.

    Ce comité a été fortement critiqué pour des motifs tout à fait recevables. Il avait été composé par une cooptation gouvernementale, il n’avait pas de comptes à rendre à l’Assemblée…En somme il concrétisait parfaitement la vision gaullienne de la transformation de l’État : une techno-structure régnante, capable, au nom d’une hypothétique objectivité scientifique, de décider à la place des interfaces démocratiques.

    En dépit de cela, ce comité a été réduit progressivement au silence. Pourquoi ? Tout simplement car les décisions gouvernementales commençaient à s’en écarter, pour en diverger ensuite fortement. Le gouvernement, en effet, à choisi le hasard face à la fermeté, renonçant à des confinement, pour s’orienter vers une gestion plus souple de la crise.

    Ainsi, à l’origine, les contaminations devaient passer en dessous des 5 000 par jour pour que le confinement soit levé. Cependant, il l’a été, en dépit d’un maintien aux alentours des 20 000. Le fait qu’il n’y ait pas eu d’explosion immédiate a été célébré comme une « victoire de Macron sur les sachant » par ses thuriféraires. Elle a révélé que Macron n’est pas seulement une personne qui célèbre occasionnellement Pétain, il en a aussi adopté la marotte de 1917. Tandis que Pétain voulait « attendre les Américains et les chars », Macron lui propose de gérer l’épidémie en attendant les effets de la vaccination. Pour le moment, le pari tient… en apparence.

    Cependant, cette victoire est incertaine, coûteuse, précaire.

    La pensée qui sous-tend le raisonnement de Macron est simpliste et mathématique. « Les contaminations sont stables, dont l’épidémie est gérée. » Le gouvernement oublie en cela plusieurs paramètres essentiels.

    Le temps de latence : entre la contamination et les symptômes, puis entre les symptômes et le test, plusieurs jours se passent. Entre le test et le résultat, un délai supplémentaire s’adjoint. Entre les remontées des tests et leur publication, un autre s’adjoint encore. Il en est de même quant au temps qui s’écoule du déclenchement de la maladie à l’hospitalisation. En réalité, le gouvernement conduit une politique avec des informations déjà périmées.

    La dynamique interne : les chiffres n’ont pas de sens s’il n’est pas pris en compte une dynamique interne. Une contamination n’a pas le même sens en fonction de son lieu et de son cadre. Le remplacement des virus type 1 par de nouveau type peut laisser penser une chose : les contaminations peuvent très vite passer d’une suite arithmétique (1 contamination + 1 contamination…) à une suite logarithmique (1 personne contamine 2 personnes qui en contaminent 4…) en fonction de la contagiosité du variant. Cette absence de prise en compte des bonds qualitatifs (même si la qualité, en l’occurrence, est plutôt désagréable!) montre l’impact d’une pensée bureaucratique et comptable.

    C’est là un problème de fond. Mais à celui-ci s’ajoute un problème de forme.

    Car cette politique pose trois problèmes :

    Premièrement :

    Les hôpitaux fonctionnent en flux-tendu. Cela les oblige à ralentir l’attribution de moyens financiers et humains à d’autres services. Les soins non-Covid sont moins suivis, notamment pour les maladies chroniques ou les cancers. De fait, comme les personnes accèdent à des soins plus tardifs, elles arrivent dans un état plus grave. Cela se ressentira, lorsque les statistiques pourront être complétées, par une surmortalité non-Covid, mais liée à la pandémie.

    Le personnel hospitalier est soumis à une surcharge de travail immense depuis plus d’un an. Il est passé d’un climat de sprint à un marathon, et ce ne sont pas les applaudissements éphémères qui vont lui permettre de récupérer. Cette surcharge de travail se traduira également dans un taux de démissions, de contaminations, de burn-out, mais aussi d’épuisement et d’erreurs médicales sans cesse croissant.

    La marge de manœuvre des hôpitaux est extrêmement faible. C’est-à-dire qu’un nouveau pic contaminatoire peut provoquer dans un délai extrêmement bref une saturation complète des services. Cette saturation mettra à nouveau le personnel hospitalier dans l’obligation de faire des choix.

    Deuxièmement :

    En maintenant un haut niveau de circulation du virus, le gouvernement prend un risque extrêmement élevé : celui de voir des variants nouveaux prendre le pas sur le virus classique, ce qui est d’ores et déjà le cas pour le virus anglais. Surtout, il prend le risque inconsidéré de créer de nouveaux types de variants. Cette politique peut mettre en péril l’intégralité du programme de vaccination.

    Le profil des malades a évolué depuis le début de la pandémie. Les personnes âgées sont moins nombreuses, tandis que les contaminations chez les jeunes sont plus importantes. Or, si la mortalité est plus faible chez les plus jeunes, ce n’est pas le cas des séquelles. Des études ont démontré que les séquelles neurologiques (souvent consécutives aux pertes d’odorat) sont plus importantes chez les jeunes qui chez les personnes âgées (chez qui la forme la plus aiguë est pulmonaire.).

    De plus, il reste l’énigme du Covid-long, qui peut frapper toute personne, quelque soit son état de santé ou son âge. Plus le virus circule, plus il existera de personnes confrontées à ces dangers.

    Troisièmement :

    Cette pandémie n’est pas « gratuite », ni moralement, ni financièrement. La politique du moindre mal et du métro-boulot-dodo permet de sauver l’essentiel : le taux de profit des plus grands capitalistes. Ils ne sont donc pas en danger – sauf quand, par vanité, ils s’écrasent en hélicoptère. L’essentiel est sauf. Dans l’ensemble, le grand capital profite de la crise, car il est plus solide, plus résistant, et qu’il sait également capter les deniers publics. Son avenir est par ailleurs radieux : il pourra profiter des crises pour racheter à bas prix les concurrents à l’article de la mort.

    Mais pour les entreprises plus vulnérables, PME, TPE, artisanat, ou pour les travailleurs et les travailleuses plus précaires, une épée de Damoclès est suspendue au-dessus de leur tête. L’endettement, le surendettement, les carnets de commande vide, les magasins fermés…1 Cette situation critique – dont les conséquences les plus profondes se manifesteront à la fin des aides d’État – créé une situation d’instabilité économique, et, par voie de conséquence, politique. Pour le gouvernement, ce n’est pas un but, mais bien une conséquence perverse d’une politique lâche. En maintenant le pays à moitié fermé, il rend impossible les conditions de sa réouverture. En dernière instance, les petits capitalistes et les plus précaires ont largement perdu plus dans cette période que au cours d’un confinement strict.

    Le coup moral devient de plus en plus lourd. Le confinement de mars, bien qu’ayant aussi sa part de dureté, était sidérant. Il s’agissait de quelque chose d’inconnu depuis la grippe espagnole. Il s’agissait d’une de ses situations d’urgence absolue, d’exception, qui tend à faire oublier le reste. Cependant, tout comme pour l’hôpital, lorsque le sprint devient une course de fond, un marathon, les choses changent. La stupéfaction, l’impression de tournis des événements a laissé la place à la laideur d’un quotidien bien commun, mais dont les divertissements ont été retirés. Aujourd’hui, le sentiment général est celui d’avoir été volé d’une année de nos vies. Si nous faisons la part des choses sur cette question-là2, nous ne pouvons nier que le prix à payer devient exorbitant.

    L’enfermement, les couvres-feu, la mise entre parenthèse de la vie sociale et affective se paie. Violences conjugales accentuées, agressivité, nervosité, dépression, désespoir… La jeunesse étudiante, notamment, enfermée dans ses 9m², à un âge dans lequel la vie sociale est primordiale, a payé un lourd tribut. Les femmes, comme nous l’avons mentionné dans notre communiqué du 8 mars, ont été en première ligne sur tous les fronts, et ont subis un harcèlement accru avec la levée du confinement.

    Ces trois raisons font que la politique du gouvernement est non seulement singulièrement contre-productive, mais même dangereuse. Elle est aussi le fruit de l’intervention du calendrier électoral. En cette période, il faut mieux des moyens termes qui déçoivent un peu tout le monde, qu’un choc qui en aliène certains. Quelques dizaines de milliers de morts valent bien cela.

    Nul doute que, à l’heure actuelle, le gouvernement prépare une réélection. Après avoir été le missile à tête chercheuse de la bourgeoisie la plus rapace, Macron et ses sbires ont pris goût à leurs fonctions. Il faut reconnaître, en toute objectivité, qu’ils possèdent un boulevard devant eux.

    Une conjonction favorable des astres leur assure une chance de gagner en 2022. La configuration est, il faut l’admettre, rêvée. La gauche institutionnelle ne s’est absolument pas montrée capable de pouvoir intervenir dans le débat politique. Elle s’est contentée de jouer les observatrices, tout en ayant perdu (mais c’est valable pour l’extrême-gauche aussi) une partie de son contact avec la population, notamment dans le cadre des luttes sociales.

    Le centre de gravité du débat est fermement arrimé entre droite et extrême-droite. Les lignes éditoriales des journaux, les débats télévisés, les débats politiques… sont intégralement noyés par une déferlante ultra-réactionnaire. La pandémie a accentué les peurs ancestrales. Peur des sorcières-féministes, peur des ennemis intérieurs, des espions, des saboteurs islamo-gauchistes, peur de l’extérieur, de la concurrence internationale, des conflits extérieurs.

    Tandis que la situation économique se dégrade, la situation politique plonge également. Des termes, qui n’avaient plus droit de cité depuis l’écrasement du Reich, sont de nouveau au centre du débat. Et l’extrême-gauche, le camp du peuple, n’est pas suffisamment forte pour imposer son ordre du jour.

    Avons-nous tiré les conclusions de cette période ? Sommes-nous prêts et prêtes à affronter un avenir complexe, inquiétant, anxiogène ? C’est une question ouverte. Cette brochure a vocation à apporter sa contribution à ce débat.

    1Nous sommes obligés de noter un fait : les charlatans de l’homéopathie ont pleuré sur l’absence de grippe, du fait du port du masque, ce qui a réduit leur recettes. Leur appellation : « marché du rhume et de la grippe » montre bien leur vraie nature. S’il existe une branche de l’industrie pharmaceutique à liquider en priorité, c’est bien celle-ci et celle des remèdes new-âge.

    2Notamment dans la conclusion de cette série d’articles.