Acceuil

  • Le bac de l’enfer.

    Le bac de l’enfer.

    Après une année marquée par le chaos, le bac se profile à l’horizon.
    En 2019, nous titrions déjà que le bac de cette année était celui de « tous les dangers ». Et ces dangers se concrétisent !

    Nous ne pouvons que comprendre les élèves qui sont en colère en étant jetés devant un bac qui semble sortir du chapeau du ministère. C’est une colère juste. Mais ce bac-catastrophe est rempli de contradictions. Il est à la fois l’enfant de la crise sanitaire, mais il est aussi l’aboutissement d’une transformation de cet examen.

    Le bac de l’urgence.

    Le 17 juin, les terminales et les premières vont être confrontés aux seules épreuves maintenues : celles de Français et celle de Philosophie. Après plusieurs mois d’hésitation, le gouvernement s’est décidé à les maintenir, mettant élèves et personnel enseignant devant le fait accompli.

    Le SNES note, dans son communiqué du 7 juin, que ce bac est marqué par « la désorganisation, les ruptures d’égalité et le mépris pour le travail des correcteurs/trices et des élèves décidément la marque de fabrique de ce ministre ! ». Il faut ainsi souligner que, à 10 jours des examens : « Les informations arrivent au compte goutte : […] rien n’est vraiment calé (les convocations ne sont pas toutes arrivées par exemple) la gestion du grand oral, notamment, se révélant être une véritable usine à gaz. Plus que jamais le travail des enseignant∙e∙s est méprisé : les professeur∙e∙s de philosophie vont crouler sous les copies numériques, les professeur∙e∙s de lettres sous les tâches diverses et les examinateurs/trices du grand oral sous la perplexité. » Le SNES demande ainsi la neutralisation du Grand Oral, épreuve inégalitaire au possible. Nous les rejoignons dans cette demande.

    Cette annonce, qui s’inscrit dans une longue liste de changements effectués de manière autoritaire par le Ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, a suscité la colère. D’une part car l’annonce a été faite par les médias avant qu’une circulaire interne soit rédigée : le monde éducatif est le dernier à apprendre ces changements. De l’autre, car ce choix tardif a entraîné la panique : il fallait se poser la question de ce qui allait être examiné, de comment il allait l’être, et de comment parvenir à remplir les objectifs… Surtout qu’il n’y a pas eu d’unité dans les gestions de la pandémie : chaque proviseur était capitaine de son navire.

    Il y a eu aussi, du côté des élèves, des stratégies pour le bac. Les épreuves ne s’affrontent pas de la même manière que le travail en classe, qui peut être ventilé sous des formes différentes. Alors, certes, dans le cadre de cette épreuve, la note la plus élevée (entre contrôle continu et examen) sera retenue. Mais cela contribue encore à renforcer le caractère imbécile de cette épreuve.

    Donc, de dépit et de colère, des blocages ont eu lieu. Mais si la colère est légitime, il nous faut aussi comprendre quelque chose : le maintien de cette épreuve est un ultime clou qui empêche que ne s’effondre complètement la mascarade du bac.

    Le bac de la dernière chance .

    Fait étonnant : ce bac est en réalité le fruit d’une négociation. Une négociation qui est parvenue à arracher que ce ne soit pas un second bac au contrôle continu. Car le bac – ou plutôt la liquidation du bac – est à l’ordre du jour du gouvernement.

    L’objectif stratégique de Blanquer est de mettre fin au baccalauréat en tant qu’examen national. Plusieurs raisons à cela :

    • Pour réduire les budgets déjà ténus de l’Université en favorisant un « contrôle des flux » d’élèves. Sans bac, les résultats sont plus prévisibles et sont plus aisément lissés par l’intervention des chefs d’établissement, dont le pouvoir est renforcé.
    • Pour préparer l’autonomie des lycées, déjà dans les cartons de la droite en 2004-2005. Cette autonomie signifie deux choses :
    ◦ Un recrutement local des enseignants, sous la forme d’entretiens d’embauche. Moins de fonctionnaires, cela donne des économies et des professeurs plus malléables.
    ◦ Des diplômes d’établissement et non plus nationaux, avec des effets terribles sur leur reconnaissance et leur qualité.

    Alors, faut-il dire que le bac est absolument parfait ? Non, loin de là !

    Les diplômes du bac sont déjà de facto des diplômes inégalitaires.

    • Cela du fait de la nature du bac, qui met en avant une norme culturelle : bourgeoise et petite-bourgeoise. Les examens désavantagent les classes populaires.
    • Du fait également de Parcoursup, qui permet de poser des critères géographies, et donc sociaux, du fait de la ségrégation politico-sociale présente en France.

    Il ne s’agit pas de défendre le bac en tant que tel, mais de regarder avec lucidité quelle est la situation s’il est supprimé : dans ce cas, il devient de jure un diplôme inégalitaire.

    • Si le contrôle continu peut bénéficier aux classes populaires, avec des modalités d’évaluation plus adaptées, il s’agit d’un cadeau empoisonné.
    • La fin des filières créé des bacs à la carte, donc avec une valeur impossible à étalonner. Dans les faits, ils servent surtout, sous prétexte d’offrir plus d’options, à rationaliser les établissements et à créer des établissements « S », des « ES » et des « L ».
    • La valeur du baccalauréat devient alors indexée sur la valeur supposée de l’établissement. Un 15/20 de lycée populaire n’est pas le même que le 15/20 d’un lycée privé hors de prix.
    • Si le contrôle continu soumet les enseignants et les enseignantes à une pression immense : celle des parents, qui les considèrent non plus comme des personnes préparant leurs enfants aux examens, mais comme des prestataires de service. La pression des chefs d’établissement, qui ont la haute main sur Pronote et sur les appréciations, et qui ne se privent pas, parfois de les changer. C’est une porte ouverte aussi au développement de la corruption.
    • Il affaiblit aussi les conventions collectives : les élèves qui sortent du bac auront un diplôme d’établissement, qui ne sera pas toujours reconnu. Une raison de plus pour les employeurs pour baisser les salaires et mettre en concurrence cette « génération sacrifiée » avec ceux d’avant. Le tout en nivelant par le bas les conditions de travail.

    Le monstre Parcoursup

    Plus en amont, le problème se situe aussi dans les conseils de classe : ils ont été transformés en instances consultatives chargées du traitement de flux. C’est là aussi le fruit d’une alliance malheureuse entre les visées gouvernementales et les attentes des parents. Le gouvernement a manœuvré avec intelligence pour écraser l’indépendance et l’autorité de ce conseil en jouant la carte du clientélisme et de la démagogie. Et derrière cela, c’est un problème

    Si le bac est par nature inégalitaire, Parcoursup l’est aussi. Et c’est là quelque chose de gravissime. Parcoursup n’est pas une plate-forme d’orientation, c’est une plate-forme de sélection. Les candidats se mettent à disposition des recruteurs.

    Parcoursup est une création à double visage :
    • L’un, « égalitaire », est la façade de candidature : chaque candidat est supposé être traité également, au travers d’un algorithme confus, mais a priori juste.
    • L’autre, « cynique » est la plate forme du recruteur : il peut y mettre un peu tout ce qu’il veux, dont des critères géographiques (et donc aussi sociaux!), mais aussi des modalités de déroulement de cette année chaotique.

    Il en résulte donc que le nouveau bac comme Parcoursup accroissent encore davantage la sélection sociale. Et parfois, cela frise le délit d’initié ! L’INSA1 de Lyon, par exemple, a posé comme condition le fait que les Terminales qu’elle recrute aient été en 100 % présentiel ! C’est à dire environ 40 % des établissements.

    40 % qui, pour respecter la demi-jauge, l’ont intégralement répercutée sur les Secondes et les Premières. Et dans ces établissements, nous retrouvons les prestigieux lycées du Parc et Édouard Herriot. En revanche, nous ne verrons pas de lycéens ou de lycéennes des quartiers les plus populaires.

    L’offensive est générale.

    Dans l’ensemble, les syndicats enseignants ont traité le problème sous un angle « économiste ». C’est à dire sous l’angle de leurs conditions de travail et, il faut le reconnaître, en prenant en compte aussi l’intérêt des élèves. Mais ce cloisonnement corporatiste pose problème : le lien avec le monde du travail est souvent oublié. Car ces réformes ne sont pas uniquement des réduction des moyens alloués aux élèves et à leurs conditions d’études : elles sont aussi une offensive contre le contrat de travail, contre les conditions de travail, et contre les cadres juridiques qui ont été arrachés au prix du sang.

    Nous pensons qu’il est fondamental que les élèves puissent s’organiser pour défendre leur droits. Nous saluons à ce titre le travail de la CGT-SELA pour la construction d’un syndicat des travailleurs et des travailleuses en formation. Il est important aussi que ce travail de lutte soit réalisé en coopération avec les organisations syndicales des enseignants et enseignantes, ainsi que du personnel.

    Mais au-delà de ça, c’est une perspective politique qui est à dessiner. La question n’est pas que sur l’augmentation des moyens, ou leur attribution, elle est sur le sens même de l’enseignement, et sur le fait qu’il soit de plus en plus traité comme une excroissance des entreprises. Dans le projet d’autonomie des lycées, comme des facultés, c’est l’intégration de l’enseignement dans le capitalisme local qui pose question : c’est donc une manière de faire payer par les contribuables la formation pour les entreprises. C’est aussi une manière de créer de la main d’œuvre ad hoc qui ne pourra travailler ailleurs.

    En définitive, l’éducation est un point crucial. Nous voudrions qu’elle soit émancipatrice plus que normative, qu’elle permettre de faire émerger les talents et les aspirations, qu’elle puisse ne pas être une simple succursale de l’entreprise, mais qu’elle soit aussi un lieu d’apprentissage de la Culture avec une majuscule : politique, économique, médicale, technique… qui puisse former des élèves complets et autonomes dans leurs choix de vie.

    Mais cette transformation ne peut être réalisée qu’au prix d’un bouleversement politique : le fait que le pouvoir soit arraché aux mains des boutiquiers qui le détiennent. Des boutiquiers qui, eux, ont placé leurs rejetons dans les réseaux privilégiés, dans cet entre-soi qui les couve, les protège, et qui permet de reproduire sans cesse ce schéma de domination.

    Aujourd’hui, battons nous pour défendre la valeur des diplômes, mais organisons nous pour transformer le monde !

  • Hubert Védrine et le naufrage des co-responsables du génocide des Tutsis.

    Hubert Védrine et le naufrage des co-responsables du génocide des Tutsis.

    Le cadre du PS et ancien complice de Mitterrand, Hubert Védrine, s’est exprimé dans les colonnes du journal identitaire Éléments. Au centre de l’interview, la question du génocide des Tutsis. Védrine, qui jouait un rôle important dans le clan Mitterrand, s’est offusqué qu’on puisse ainsi s’en prendre à l’action de la France à cette époque.

    En ligne de mire : les «  gauchistes » : «  Le Rwanda est devenu le prétexte pour tous les gauchistes de la place de Paris de régler leur compte avec François Mitterrand, la Ve République, la France comme puissance…  ». À ses yeux, mettre la France et son impérialisme devant le fait accompli revient à ouvrir une terrible boîte de Pandore. En effet, elle délégitime largement l’action de l’ensemble des partis institutionnels, lesquels sont tous mouillés dans ces sinistres affaires, et lesquelles ont tous partagé un consensus sur l’action de la France en Afrique.

    Pour lui, «Accuser la France pour son rôle au Rwanda, dit-il à Éléments, c’est un peu comme si l’on accusait les pompiers qui ont tenté d’arrêter l’incendie de Notre-Dame en leur disant qu’il fallait arriver la veille ». C’est là un tour de passe-passe qui consiste à résumer l’action de la France à la simple opération Turquoise, laquelle a exfiltré les criminels Hutus. Il revient à escamoter le rôle structurel de celle-ci dans la construction du processus génocidaire. Il va jusqu’à oser, il faut le faire, dire :  « La France est le seul pays au monde au sujet duquel on ne peut faire aucun reproche, sauf celui d’avoir sous-estimé l’intelligence tactique de Paul Kagame. »

    Génocide au Rwanda: Mitterrand, un président aveuglé, selon un rapport - Le  Point
    Mitterrand : une légende dorée pour certains, un bien sombre maître de l’Afrique pour d’autres !

    Il fustige également « Ce débat empoisonné [qui] est un bon révélateur du degré de masochisme atteint dans notre pays». Là encore, nous avons un amalgame : celui de l’action de l’État et celui du peuple. Pour Védrine, les deux sont la même chose. Ce débat est masochiste car il consisterait à une autoflagellation de la part de la population française, pleurnichant sur ses propres actions. Mais c’est là un fait dérangeant : l’État n’est pas le peuple. L’État est le conseil d’administration, l’interface entre la bourgeoisie et les autres classes. La politique impérialiste fait partie de ces fonctions qui sont tellement centrales pour elle qu’elles ne sont jamais soumises aux votes, ni débattues publiquement.

    Nous sommes pour livrer les responsables de cette politique à la justice. Ce sont des bourreaux, des exploiteurs, des organisateurs de génocides. Mais il est vrai que la population française a bénéficié des retombées directes ou indirectes de l’impérialisme et de la colonisation. Se pose donc des questions liées à ce « recel » des fruits de celle-ci. Question qui sera tranchée lorsque les masses populaires seront en mesure d’exercer leur pouvoir et leur contrôle sur l’ensemble de l’appareil d’un État nouveau.

    La France face au génocide rwandais — La Libre Afrique

    Mais Hubert Védrine n’aime pas qu’on vienne fouiner dans ses affaires. Il regrette terriblement l’époque où l’omerta régnait, celle où «  Ces têtes folles étaient auparavant tenues par le Parti communiste, puis englobées dans la stratégie Mitterrand. Mais aujourd’hui, plus rien ne les retient ». Effectivement, il existe aujourd’hui des forces politiques qui veulent regarder en face la vérité.

    Pour Védrine, il faudra remettre de l’ordre : « Si les journaux étaient tenus comme autrefois, ça ne durerait pas une minute ». Cette phrase a provoqué un tollé ! Il a dû donc rétropédaler à la suite de l’interview, clamant : « Jamais je n’ai eu en tête qu’il faudrait revenir à une forme de censure ». «  Quand j’emploie cette formule contractée, je veux dire qu’à l’époque du numérique, n’importe qui peut écrire un peu n’importe quoi. Ce qui n’était pas le cas quand des rédacteurs en chef, des directeurs de journaux, contrôlaient les informations avec une véritable hiérarchie de la responsabilité.  » Finalement, grattez le vernis démocratique, et vous retrouvez rapidement le Parti de l’Ordre.

    Et pourtant quels gauchistes ! Glucksmann, membre lui aussi du PS, est visé. En voilà un bolchevique redoutable, fils d’un des chantres de l’antitotalitarisme et du réformisme. Pourtant, nous lui donnons largement raison lorsqu’il s’écrie : «  C’est un immense progrès qu’un tel entretien soit abrité par Éléments […] Le mensonge officiel se déplace vers les marges complotistes et d’extrême droite. C’est une victoire pour la France et pour ceux qui ont combattu pour la vérité. On tourne la page de 27 années de mensonge d’État ou les idées de Védrine avaient pignon sur rue. »

    Génocide au Rwanda : un rapport d'historiens pointe les "responsabilités  accablantes" de la France

    Car la réalité est là : Védrine est un de ces agents zélés de l’impérialisme, qui ne supporte pas qu’on lui renvoie au visage ses actions et les conséquences de celle-ci. En donnant cette interview, il a illustré pleinement l’alliance sacrée autour de l’impérialisme et du colonialisme français. Une alliance qui traverse l’ensemble des courants politiques institutionnels : car pour avoir accès au pouvoir, il faut montrer patte blanche aux grands cartels économiques. Une alliance qui unit jusqu’aux fascistes autour de deux axes : la négation de l’impérialisme français, présenté comme une victime de la domination atlantique, ou la nécessité de son existence pour être une grande puissance.

    L’impérialisme français, non seulement est un monstre assoiffé de profits, mais il est également le bourreau de ceux et celles qui habitent en France. Il est un double ennemi, le premier, le principal. Ceux qui prennent comme argument la richesse qui procure pour renoncer à l’attaquer oublient que le capitalisme bride l’accès aux richesses, l’accès au développement, tant ici que dans les pays dominés. Il n’est pas une source de richesse, mais uniquement de misère, d’inégalité, de parasitisme. Sa fin sera un formidable accélérateur pour le développement général des masses populaires partout dans le monde !

    À bas les laquais de l’impérialisme et vive le communisme !

  • La grève nationale colombienne, la Commune de Paris contemporaine

    La grève nationale colombienne, la Commune de Paris contemporaine

    Repris depuis Arlac – Cultura y solidaridad latina en Europa. Nous affirmons notre solidarité avec la lutte menée en Colombie contre le régime dictatorial. Au cours du week-end sur la Commune de Paris, nous avons pu échanger avec plusieurs personnes investies dans cette lutte. Elle prend une double tournure : elle est à la fois une lutte démocratique, mais aussi une lutte à potentiel révolutionnaire : les Colombiens et les Colombiennes populaires ne veulent pas seulement voter et s’exprimer : ils et elles veulent diriger réellement leur pays !

    1. 54 857 jours après le début de la Commune de Paris, cinq millions de manifestants sont sortis dans les rues en Colombie. Après plusieurs jours d’affrontements, le gouvernement a dû céder et retirer le projet de réforme fiscale contre lequel le peuple manifestait et remplacer le ministre de l’Économie. Alors que la situation aurait dû revenir à la normale, le peuple a continué de manifester : après un mois de combats, l’oligarchie, le gouvernement et les États-Unis sont sur la défensive. Et malgré les centaines d’assassinats et de disparitions, de blessés et de détentions, le mouvement continue.

    2. En Colombie, il y a neuf bases militaires nord-américaines. Bien que le pays ne soit pas sur la liste des sept pays où les États-Unis sont en guerre, ses conseillers militaires ont un rôle déterminant dans le pays. Il faut se rappeler que la Colombie a reçu, de la part des États-Unis, une aide militaire massive afin que le régime narco-paramilitaire ne s’effondre pas, ce qui explique l’importance qu’a le conflit colombien pour les USA.

    3. L’administration Biden n’a pas apporté de véritable changement dans ses relations avec l’Amérique latine : la dynamique continue d’être celle qu’on a vue sous le mandat de Trump. C’est pourquoi les assistants militaires insistent pour que l’armée sorte dans les rues et en finisse militairement avec l’insurrection. Si la direction de l’État n’a pas choisi cette option, c’est uniquement parce qu’elle craint la réaction des soldats, qui sympathisent de plus en plus avec les manifestants. Mille soldats et policiers ont démissionné afin de ne pas être contraint de réprimer ; il est commun d’en voir s’unir aux manifestations. Il s’agit de la première dislocation au sein de l’armée colombienne, cela malgré le fait que le conflit qui a commencé en 1948 a fait près d’un million de victimes.

    4. Depuis que les paysans colombiens ont pris les armes pour combattre l’oligarchie en 1948 et s’est ensuite organisé en différentes guérillas, le conflit colombien est pleinement entré dans la Guerre froide. Le Plan Fénix, créé par l’armée états-unienne pour combattre les guérillas vietnamiennes, n’a pas pu être appliqué à grande échelle car la scène militaire et politique ne l’ont pas permis. Ainsi, pour le Pentagone, traumatisé par le Vietnam, la Colombie devait offrir un terrain favorable au perfectionnement de la lutte ainti-insurrectionnelle afin de freiner la lutte révolutionnaire dans le monde.

    5. En Colombie, « retirer l’eau au poisson » a signifié huit million de paysans déplacés, dont on a volé les terres à coup de massacres. Cela explique pourquoi 71 % de la population vit en zone urbaine, contre 55 % en moyenne dans le monde. Le 24 novembre 2016, l’Accord de La Havane a été signé entre les FARC-EP et le gouvernement. Il s’agit de la conséquence de nombreux facteurs, dont la formation d’une fraction défaitiste dans la direction. Selon les chiffres de l’Union européenne, 73 anciens combattants ont été assassinés en 2020, et 248 depuis la signature de l’Accord de paix en 2016 jusqu’au 21 avril 2021 (sans compter les morts liés à la répression actuelle). Le haut commissariat aux Nations Unies pour les Droits humains a reçu des informations à propos de l’assassinat de 120 défenseurs des droits de l’homme cette dernière année, dont 53 ont pu être vérifiés. Par ailleurs, l’institution a enregistré 69 incidents avec un grand nombre de victimes civiles en 2020, qui se sont soldés par la mort de 269 personnes dont 24 enfants et 19 femmes. Les Nations Unies ont affirmé qu’il était nécessaire de faire tous les efforts possibles pour implémenter les accords de paix. Pour autant, l’ONU, l’Union européenne et les pays garants de l’accord n’ont rien fait pour faire cesser le génocide des signataires de l’Accord de La Havane.

    6. La rébellion du peuple colombien est le résultat de plusieurs facteurs. D’abord la violence de l’État et de l’oligarchie avec ses paramilitaires. Ensuite la misère et le manque de perspectives du modèle néolibéral. Et enfin la crise sanitaire et socio-économique générée par la pandémie de Covid-19. Comme aucune de ces trois contradictions ne pourra être dépassée à court terme, le seul chemin viable est la lutte : il s’agit d’un véritable défi pour la direction du mouvement.

    7. La Commune de Paris a montré le chemin de la lutte révolutionnaire. Le peuple colombien l’a suivie mais il a payé sa lutte par un sacrifice inouï. À la différence de 1871, nous pouvons aujourd’hui suivre en direct les combats à Cali, capitale de la résistance, mais aussi de la salsa, de la culture et du football colombien.

    À la différence de 1871, nous pouvons nous unir pour diffuser les informations à travers les réseaux sociaux ou en participant à notre campagne d’appui financier à la Première ligne de combat de la ville de Cali, sur le compte suivant : BE43 2100 6437 3801 (en ajoutant la communication suivante : Première ligne)

  • 150e anniversaire de la Commune de Paris !

    150e anniversaire de la Commune de Paris !

    Le week-end du 29 et 30 mai, nous étions à Paris avec les amies et amis de la Commune pour célébrer son 150e anniversaire. Il s’agit de l’aboutissement d’une campagne démarrée depuis près d’un an pour célébrer cette date importante.

    Samedi matin nous étions présent-es place de la République au stand de l’ICOR (Coordination Internationale des Organisations Révolutionnaires), en compagnie d’une délégation de celle-ci. Nous y avons tenu une table de presse. Nous avons pu ainsi échanger avec des camarades du monde entier, de l’ICOR, de l’ILPS (Ligue Internationale des Peuples en Lutte), ou d’ailleurs. Nous avons échangé également avec des militants et militantes de France communistes ou non, qui se sont intéressés à l’action de la coordination révolutionnaire.

    Le stand de l’ICOR

    À 14h, nous avons participé à la manifestation qui se rendait au cimetière du Père Lachaise. Sous un soleil écrasant, nous avons défilé dans les rues de Paris, aux cris de « Vive la Commune », mais aussi avec les chansons de nos camarades du monde entier. Car la Commune, loin d’être uniquement un héritage franco-français, a inspiré le monde entier.

    Nous avons déposé des fleurs au Mur des Fédérés, en l’honneur des communard-es tombé-es sous les balles de la coalition de la bourgeoisie et de la noblesse. Nous avons rendu hommage à ce combat : un combat pour la construction d’une société nouvelle, d’un nouveau type de pouvoir : l’exercice d’une souveraineté absolue par les classes populaires, pour elles, contre leurs exploiteurs.

    Nous avons pu entamer un premier échange le soir même, en dépit du couperet du couvre-feu, pour présenter chacun nos groupes et nos organisations.

    Dimanche matin, nous nous sommes rendu-es au Centre International de Culture Populaire pour participer à un meeting organisé avec nos camarades de Vive la Commune (1871). Ce comité, rassemblant nos camarades de l’UPML (Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste) et aussi les représentants en France d’organisations communistes étrangères, a été un moment important de partage et d’échange.

    Nous avons pu écouter des intervenants de plusieurs continents (Afrique, Asie Centrale, Amérique Latine, Moyen-Orient…) s’exprimer sur plusieurs questions centrales : quel héritage vivant pour la Commune de Paris ; comment en tirer des enseignements pour la période actuelle ; comment avancer sur le chemin de la construction de Partis Révolutionnaires et d’une coordination efficace.

    Nous saluons l’ensemble des participants et des participantes de ce week-end. Nous saluons tout particulièrement ceux et celles qui se battent dans des conditions éprouvantes contre des régimes fascistes ou qui sombrent dans le fascisme.

    La coordination a particulièrement tenu à saluer la lutte des femmes de ménage des hôtels Ibis, qui ont obtenu des victoires après plus de 20 mois de lutte.

    Elle a salué le peuple Palestinien qui se bat contre l’État israélien.

    Elle a salué le peuple Colombien, qui combat nous citons « l’Israël d’Amérique Latine », un gouvernement ultra-réactionnaire et assassin, mais qui cède face à la pression du peuple en lutte !Nous avons par ailleurs réalisé une peinture avec nos camarades de Rebell, organisation de jeunesse du MLPD.

    Elle a salué ceux et celles qui se battent contre l’État turc et contre l’État islamique, agent de celui-ci.

    Elle a salué l’ensemble des peuples qui luttent contre l’impérialisme et contre le colonialisme, tout en oubliant pas que, dans les métropoles aussi, les politiques se durcissent. La liberté s’étrangle en ce début de siècle.

    Nous avons aussi salué la mobilisation, à Lyon, contre l’extrême-droite, à laquelle nos camarades restés sur place ont participé. Nous remercions l’ensemble de ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont rendu ce week-end possible. Que ce soit par la logistique, par la préparation des repas, par la traduction, par la présence ou par l’activité. Nous saluons tout particulièrement nos camarades de l’UPML pour leur travail imposant !

    Nous regardons ce week-end comme un succès qui en appelle d’autres.

    Ces échanges sont importants à plus d’un titre.

    • En tout premier lieu, ils nous font prendre conscience de l’importance mondiale des organisations communistes. Si, en France, les organisations communistes sont faibles, dispersées, si elles s’ignorent mutuellement, ce n’est pas une fatalité. Nous voyons qu’ailleurs, les organisations qui luttent sous le drapeau rouge sont actives, nombreuses combatives. Elles remportent des succès et grandissent !
    • Ce sont des moments où nous pouvons comparer nos pratiques et débattre sur le fond, en tout camaraderie, en servant comme seul but celui de la lutte. Aucune organisation ne prend le pas sur l’autre, et toutes échangent sur un même pied d’égalité, le but n’étant pas de formater dans un moule unique, mais bien de créer une émulation, de s’enrichir mutuellement, et d’élaborer conjointement les bases d’une stratégie mondiale.
    • Ces échanges nous placent devant nos responsabilité et nous imposent une injonction à lutter, à grandir et à remporter des victoires. Dans les échanges internationaux, ce ne sont pas des vases clos qui se côtoient : ce sont les organisations de pays dominants, de pays dominés, d’organisations qui font face à une répression à des années-lumière de ce que nous vivons ici. Et ce, même en prenant en compte que la situation ne soit pas objectivement réjouissante en France. Le confort de la démocratie bourgeoise et d’un Etat impérialiste est un confort anesthésiant : ils nous laisse le loisir de « jouer à la guerre » entre groupes et chapelles politiques. Pendant ce temps, notre impérialisme ne rencontre pas d’opposition politique sur le fond. Nous avons un impératif à construire un Parti Communiste : celui de remplir les tâches qui nous incombent !

    Comme nous l’avions mentionné au cours des échanges de ce week-end : la France, paradoxalement, est une piètre héritière de la Commune. Bien souvent, nous n’en avons retenu qu’un héritage romantique, celui d’une lutte à mort sur les barricades. Mais nous n’avons pas toujours su en retirer l’essentiel : celui du besoin d’un État-major des luttes, qui puisse mobiliser l’ensemble de ceux qui subissent l’exploitation. Un État-major qui puisse aller au-delà des intérêts économiques et étroitement corporatiste. Qui soit capable de synthétiser les aspirations profondes de l’ensemble des exploités et exploitées, des dominés et dominées, et de tracer une voie vers la victoire.

    Nous ne prétendons pas être le centre autour duquel se constituera cet État-major. Et nous savons que nous ne sommes pas les seuls à penser cela. Mais la transcription de cette pensée en actes demande deux choses :

    • Acter que cela signifie une volonté unificatrice qui demande de l’énergie, du temps, de la volonté, pour un consensus idéologique minimal et un programme politique capable de répondre aux interrogations de l’époque. Cela ne peut exister qu’au travers d’une lutte immense contre les inimitiés, les méfiances, les chefferies, les sectes. Une lutte contre des tendances que nous hébergeons malgré nous, qui demande une vigilance constante !
    • Une intégration internationale qui nous sorte de notre vase-clôt de pays impérialiste : notre adhésion à l’ICOR, ainsi qu’à l’Alliance Internationale a été motivée en partie par cela. Nous ne sommes pas le centre du monde, et nos interrogations ne nous sont pas spécifiques. D’autres ont les mêmes. Ensemble, nous avons l’espace de discussion, d’échange, pour pouvoir analyser de manière scientifique la situation et nous pouvons produire la synthèse de notre époque. Ensemble nos perspectives sont celles d’avancer sur le chemin d’une nouvelle internationale.

    Vive l’ICOR, vive l’Alliance Internationaliste, vive la Commune et vive le communisme !

  • Rwanda : les assassins reviennent sur les lieux de leurs crimes.

    Rwanda : les assassins reviennent sur les lieux de leurs crimes.

    Le 27 mai 2021, Emmanuel Macron est venu en visite au Rwanda. Cette visite a été l’occasion pour le Président de la République de revenir le rôle de la France dans le génocide des Tutsis. Les archives de cette période commencent à s’entrouvrir et le voile opaque qui entourait les activités militaires françaises se déchire progressivement. Nous saluons cette ouverture comme quelque chose qui peut permettre de faire éclater la vérité, comme sur la Guerre d’Algérie, avec la commission Stora.

    Mais nous ne pouvons que nous associer à la déception des Rwandais et des Rwandaises devant les déclarations en demi-teinte du Président.

    Celui-ci a reconnu un rôle de la France dans ce génocide. Il a admit une responsabilité « politique, institutionnelle, intellectuelle, morale et cognitive ». Il a également annoncé que « en s’engageant dès 1990 […] la France n’a su entendre la voix de ceux qui l’avaient mise en garde ». Il faut « regarder l’histoire en face et […] reconnaître la part de souffrance qu’elle a infligée au peuple rwandais en faisant trop longtemps prévaloir le silence. » Mais il a refusé de parler de complicité et de présenter des excuses aux habitants et habitantes du Rwanda, bien qu’il ait demandé qu’elles leur accordent le pardon :« Seuls ceux qui ont traversé la nuit peuvent peut-être pardonner, nous faire le don alors de nous pardonner. »

    Ces aveux en demi-teinte, dans la droite ligne du « responsable mais pas coupable », ne peuvent que laisser un goût amer. La France, une nouvelle fois, se distancie de ses responsabilités et des conséquences de ses choix politiques. Elle se distancie aussi d’une condamnation sur le fond de l’impérialisme et du colonialisme, en dépit des discours de 2017, dans lesquels le candidat-Macron parlait de crime contre l’humanité.

    Car c’est bien le colonialisme qui est à l’origine du génocide des Tutsis du Rwanda.

    Le génocide du Rwanda n’est pas un acte complètement isolé. Il n’est pas un instant de folie meurtrière qui s’est emparée d’un pays. Il s’agit d’un acte brutal, criminel, qui vient parachever une montée en tension.

    L’Afrique a été découpée comme un gâteau par les colonisateurs. Au moment de la conférence de Berlin, les tracés qui ont été définis ne l’ont pas été sur la base des peuples, des ethnies, des aires civilisationnelles. Elles ne l’ont pas même été sur les bases d’une géographie naturelle. Le plus souvent elles ont été le fruit de négociations âpres, au rapport de force, entre les puissances. Les peuples d’Afrique n’ont pas été consultés, ils n’ont pas été pris en compte. Pire : le fait de fragmenter ces populations entre les États a été un choix : celui du diviser pour mieux régner. Il fallait pouvoir appuyer une ethnie (ou un clan) contre un autre. L’un devenant client (Lénine parle de Compradore) l’autre étant dominé. Ce petit jeu a exacerbé les tensions à plusieurs reprises : entre communautés, entre peuples, entre familles. Que des rancœurs se muent en haine n’avait pas d’importance pour le colonialiste. Tout ce qui importait était le fait de pouvoir continuer à faire des affaires tranquillement.

    Au Rwanda, les colonisateurs, Allemands, puis Belges, ont consciemment monté les ethnies les unes contre les autres. Les Belges, qui possédaient le pays, ont ainsi choisi de faire des Tutsis une aristocratie. Ils ont racialisé les rapports entre les habitants en créant des documents spécifiant l’ethnie et attisé les tensions pour maintenir le pays divisé. Mais la naissance d’une bourgeoisie nationale Tutsi, indépendantiste, pousse les colonisateurs à changer leur fusil d’épaule : ils vont s’appuyer sur les Hutus, en retournant comme une chaussette leur argumentaire raciste1. Dès 1959, une politique d’exclusion et d’exil des Tutsis se met en route. Les premiers massacres commencent dès 1963. Dans le même intervalle de temps, la France prend le pas sur la Belgique, comme au Congo. Elle contribue à installer certaines des plus cruelles dictatures.

    Au Burundi, en 1972, l’inverse se produit : l’armée du Burundi, majoritairement Tutsie, massacre les Hutus du pays, causant 200 000 morts. Ce massacre terrifie le pouvoir en place, qui renforce les mesures d’exclusion, polarisant encore davantage la société. Les tentatives de retour des exilés Tutsis débouchent finalement sur la Guerre Civile Rwandaise, qui débute en 1990 et se termine fin 1994. A ce moment là, les violences sont quotidiennes. La Radio Libre des Mille Collines, surnommée « Radio Machette » lance ses appels à la haine quotidien.

    Le Rwanda occupe une place particulière : il est une tête de pont francophone dans un secteur charnière. A l’est, les autres pays sont dans la sphère d’influence anglo-saxonne. Les rivalités sont fortes entre les puissances coloniales.

    La vie politique Africaine des années 1950-1990 n’échappe pas à la guerre froide. Le but de l’occident, à ce moment, est d’empêcher à tout prix la mise en place de gouvernements affiliés à l’URSS. A ce moment, la France contribue à soutenir et à organiser les gouvernements les plus réactionnaires. Même l’infréquentable gouvernement de l’Apartheid, sous embargo,est un de ses partenaires privilégiés.

    Après la chute du Mur et la fin de l’Union Soviétique, la politique change. La France s’est maintenue dans presque toutes ses possessions. Elle a remplacé le direct rule par une domination rénovée. Les Africains peuvent « choisir » leurs présidents. Si une ligne rivale triomphe, elle intervient pour dompter ou renverser celui qui voudrait changer les choses. De toute manière, la France contrôle la monnaie, l’économie, la formation des élites, et possède des bases militaires pour « aider ». La rivalité anglophones / francophone devient de plus en plus forte. Les Tutsis étant reliés aux anglophones, notamment au Burundi proche, la France appuie les factions les plus radicales du mouvement Hutu.

    1994 : les cent jours du génocide.

    Le 6 avril, l’avion présidentiel, qui transporte le Président Rwandais Juvénal Habyarimana et son homologue du Burundi Cyprien Ntaryamira est abattu. Les enquêtes semblent cibler une fraction ultra-radicale Hutu, mais c’est le Front patriotique rwandais qui est accusé officiellement. Dès le lendemain les leaders Hutus modérés sont assassinés et la RLMC lance un appel à « abattre les grands arbres ». Pendant 100 jours, plusieurs centaines de milliers d’assassinats sont commis. Le but : exterminer les Tutsis présents au Rwanda.

    Le 22 juin 1994, l’Opération Turquoise, lancée par la France, impose une zone de sécurité. En réalité, cette zone de sécurité sert à refouler les forces Tutsi du FPR, qui déferlent sur le pays. Dans ce havre de paix, protégé par l’État suzerain, les massacres continuent. La France assure l’évacuation des génocidaires vers le Zaïre. Une dizaine d’entre eux ont pu vivre paisiblement pendant plus d’une dizaine d’année, couverts par leurs anciens maîtres. Parmi eux Félicien Kabuga, homme d’affaire puissant, qui était le financeur du génocide. Il avait organisé l’achat d’armes, notamment de machettes. Il n’est arrêté qu’en mai 2020.

    Macron et la mémoire sélective.

    Dans son discours, Macron s’est défaussé sur la politique menée par François Mitterrand. C’est un ingénieux tacle fait à la gauche parlementaire, laquelle célèbre le 40 anniversaire de son élection, et où elle rêverait d’un Mitterrand-bis pour 2022. C’est une petite entorse à la réalité : si Macron se défausse sur Mitterrand, il occulte le fait que Giscard a signé, en 1975, l’Accord particulier d’Assistance Militaire qui va fournir en armes les génocidaires. Il est vrai que c’est entre 1987 et 1994 que les livraisons atteignent des sommets, mais les réseaux de la Françafrique ne peuvent être laissés au monopole du PS : ils préexistaient, et impliquaient d’ailleurs un très grand nombre de personnalités de droite ou extrême-droite. Jacques Foccart, le Monsieur Afrique du gaullisme, est ainsi resté immuablement en place. Ce haut fonctionnaire, ex-résistant, avait monté ses cellules de renseignement-action partout sur le continent africain, et exerçait une influence considérable.

    Les réseaux Foccart quadrillent encore l’Afrique. S’ils ont été affaiblis, ils n’en sont pas moins un des points essentiels de ce que nous pouvons nommer les « fonctions neurovégétatives de l’impérialisme français ». C’est à dire tout cet ensemble politico-économique qui est plusieurs cran « au-dessus » de la démocratie. Sont existence est trop vitale pour être soumise au débat, même dans le cadre feutré et cossu de la démocratie parlementaire. Ils sont intouchables. Ce n’est pas un hasard si une personne ambitieuse comme Marion Maréchal-Le Pen est allée travailler quelques temps en Afrique : pour envisager la question du pouvoir, il faut avoir ces noms dans son carnet d’adresse : ceux qui dirigent les ramifications de l’impérialisme français.

    Mais au-delà de ça, Macron fait aussi une impasse sur un point important : la France n’a pas changé de politique. Avant, elle s’est positionné sur tous les marchés les plus sanglants et les plus répugnants. Même ceux que les USA jugeaient trop coûteux politiquement. Les Mirages ont porté les cocardes de l’Apartheid, tandis que les Exocets iraniens ont terrifié la Navy.

    Aujourd’hui, elle continue à jouer la carte de l’intolérance, de la montée en tension, de la fragmentation des pays. Total arrose d’argent la Junte Birmane pour bénéficier des concessions sur le pétrole. Orena paie l’ensemble de l’échiquier politique du Niger (terroristes inclus) pour acheter la paix. Lafarge signait des contrats avec les fanatiques de Daesh. Quant au régime monarchique saoudien, il est un excellent client de la France. L’argent n’a pas d’odeur, même celle du sang.

    L’impérialisme français : notre ennemi.

    L’impérialisme français, en dépit de son déclin relatif, reste l’ennemi premier.

    Il est celui qui nous enferme : tant qu’il existe, le capitalisme et l’exploitation en France existeront continuellement. La bourgeoisie continuera sa vie parasitaire, redistribuant quelques miettes pour assurer le soutien de la plupart des organisations politiques. Ce ne sont pas des capitalistes étrangers, ou un capitalisme mondialisé, apatride, thèse d’extrême-droite, qui nous opprime. Ce sont les « bien de chez nous » : nos bourgeois.

    Il est celui qui écrase une partie du monde : nous avons une responsabilité internationaliste, celle de lutter contre l’ensemble des bourreaux. Il est celui sur lequel nous pouvons avoir une action directe et concrète. Il y a un sens à lutter contre lui, plus que dénoncer hypocritement les violations sur les droits dans des pays concurrents.

    Nous n’avons que faire des discours qui le présente comme étant souffrant devant la concurrence internationale, comme vacillant devant la Chine et les USA. Certains courants, dans le fond, prennent fait et cause pour lui. Ils déclarent que sa faiblesse fait le jeu des autres. Qu’il est plus poli, plus civilisé, que celui des autres. Ce rappel sur le Rwanda montre qu’il n’en est rien. Il est d’un cynisme glaçant et d’une sévérité de fer. Rien ne le sépare des autres.

    Si son affaiblissement profite aux autres impérialismes, et c’est un fait, il n’en profite pas moins aux peuples qui vivent sous son joug. C’est dans l’effondrement des impérialismes que naissent les espaces de liberté qui permettent aux peuples de s’émanciper, de ses libérer. Plus l’impérialisme français s’affaiblit, plus la vie économique et politique est dure, il est vrai. C’est une époque difficile. Mais plus les chances de voir une société meilleure, plus juste, libératrice, émancipatrice, grandissent.

    Nous exigeons toute la lumière sur les crimes de notre État, ou plutôt de celui de notre bourgeoisie. Nous exigeons que soient reconnus ses crimes, et que soient trouvés les moyens de les compenser. Nous le faisons non pas en flagellation, non pas pour tirer des larmes de crocodile, mais bien pour tracer une route : une route qui se débarrasse d’une bourgeoisie criminelle et parasitaire, une route d’émancipation et de liberté.

    1Il existe des parallèles intéressants d’ailleurs : pour la noblesse française, le « sang bleu » était d’ascendance germanique, tandis que la population était gauloise. Cela devait légitimer le « rôle social » de celle-ci. Mais l’argumentaire s’est inversé pendant et après la Révolution Française, laquelle a fait de la noblesse un « corps étranger »

  • Manifestation contre les violences de l´extrême-droite

    Manifestation contre les violences de l´extrême-droite

    Nous transmettons l’appel à cette manifestation. Nous participerons ce week-end là aux commémorations de la Commune, mais nous considérons que le climat politique actuel, et la pression des fascistes, justifient que nous soutenions cet évènement. Aujourd’hui, plus un jour ne se passe sans provocation raciste, sans discours xénophobe, sans atteinte à la dignité humaine. Nous devons riposter de manière unitaire et solidaire.

    Le Samedi 29 Mai à Lyon à 15h de la place de la Croix-Rousse

    Depuis maintenant plusieurs années, l’extrême-droite agit en toute impunité à Lyon. Mais depuis quelques mois, notamment du fait d’un climat politique national délétère, les milices d’extrême-droite ont accentué le rythme et le niveau de violence des agressions.

    En voici quelques exemples :

    – Le dimanche 7 Mars 2021 : une quarantaine de fascistes armés, postés devant les locaux de Génération Identitaire (montée du Change au Vieux Lyon), tentent d’attaquer la manifestation féministe du 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

    – Le samedi 20 Mars 2021 : une cinquantaine de fascistes armés attaquent et ravagent les vitrines de la Librairie « La Plume Noire » dans les pentes de la Croix-Rousse alors que se déroulait une récolte alimentaire solidaire pour les plus démuni.e.s.

    – Le samedi 24 Avril 2021 : une soixantaine de fascistes armés attaquent et essaient de mettre fin , sans y parvenir, au rassemblement pour la fierté lesbienne devant l’Hôtel de Ville.

    – Le samedi 1er Mai : une trentaine de fascistes tentent de s’introduire dans le local de la Radio Canut, à côté de la Place Sathonay.

    Si la dissolution d’un des groupuscules les plus violents, « Génération Identitaire », vise à casser la dynamique sur le long terme, leurs locaux sont toujours ouverts dans le Vieux-Lyon. Le bar/local « La Traboule », ainsi que la salle de boxe « l’Agogé » (situés montée du Change) permettent aux militants d’extrême-droite les plus radicaux de se retrouver et de commettre ces multiples agressions. A chaque agression commise, le point de départ et d’arrivée se situe dans ou à proximité de leurs locaux dans le Vieux Lyon.

    Nous condamnons les choix politiques de la Préfecture qui ferme les yeux sur les agissements de ces groupuscules ultra violents, interdit notre manifestation le 3 avril, puis empêche notre conférence de presse de se dérouler pour dénoncer justement ces violences.

    Nous condamnons également les choix politiques du gouvernement, de plus en plus autoritaires et ouvrant toujours plus de portes à l’extrême-droite.

    Nous ne comprenons pas le manque de réponse offensive de la mairie centrale face à ces groupuscules et leurs locaux.

    Venez nombreuses et nombreux à la manifestation contre les violences de l’extrême-droite et pour la fermeture de leurs locaux : Lyon résiste (ou Lyon résiste et résistera aux offensives de l’extrême-droite) !

    Premiers signataires : CNT, Ensemble, FI, FSU, Jeune Garde Lyon, NPA, PCF, PG, Planning Familial, Ras l’Front, Solidaires Rhône, Solidaires Etudiant.e.s, Union Communiste Libertaire, Unité Communiste.

  • Condamnez l’agression sioniste à Jérusalem et à Gaza en Palestine !

    Condamnez l’agression sioniste à Jérusalem et à Gaza en Palestine !

    L’agression de l’État sioniste d’Israël contre les droits du peuple palestinien a récemment pris une dimension de plus en plus dangereuse, et ceci en raison du déplacement forcé des résidents du quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est par des moyens juridiques et par la force des armes. Cela a été précédé de provocations, lorsque des hordes sionistes ont défilé dans les rues en criant « Tuez tous les Arabes ! ». Depuis le début du Ramadan, le mois du jeûne, la police israélienne a harcelé des fidèles arabes à la mosquée Al-Aqsa. Face aux protestations légitimes des Palestiniens, les forces sionistes ont eu recours à divers types d’armes à feu mortelles, entraînant la mort de femmes, d’enfants et de personnes âgées palestiniens. La police et l’armée israéliennes ont impitoyablement réprimé les protestations de la population arabe à Lod, une ville proche de Tel Aviv. Cela a conduit à l’instauration de l’état d’urgence dans cette ville pour la première fois. Les attaques d’Israël coïncident avec les célébrations de sa « victoire » dans la guerre des Six Jours.

    À Gaza, l’armée israélienne continue de bombarder les quartiers civils et de détruire aussi des grands gratte-ciel, tuant des dizaines de Palestiniens innocents. Jusqu’au 17 mai, les attaques ont fait bien plus de 200 morts, dont 61 enfants, et des centaines de blessés. Les burteaux des chaînes d’information Al Jazeera et AP ont été détruits. L’armée israélienne effectue les plus importantes frappes aériennes sur la Palestine depuis 20014. La machine de propagande impérialiste de nombreux pays occidentaux diffuse l’idée fausse que ces attaques sont une réponse aux armes de la « milice » du Hamas et qu’il s’agit d’autodéfense. Cependant, ces attaques sont tout simplement des crimes de guerre et un génocide. Le gouvernement d’Israël continue de violer délibérément toutes les résolutions de l’ONU concernant les droits du peuple palestinien. L’impérialisme US-américain se trouve en liaison étroite avec la politique d’occupation sioniste.

    L’ICOR condamne les massacres sionistes sur le territoire palestinien ainsi que le pillage de leur pays avec l’aide de la justice et de la force armée et déclare son soutien au peuple palestinien et à ses forces vitales ainsi qu’à sa résistance dans sa lutte contre le colonialisme sioniste. L’ICOR souligne que dans toute la tradition du mouvement ouvrier révolutionnaire la théorie et la pratique racistes de l’antisémitisme a été condamné avec détermination. Elle rejette résolument de faire stigmatiser comme antisémitisme la critique de la politique criminelle du gouvernement d’Israël.

    La semaine passée des centaines de protestations de masse avec des centaines de milliers de participants ont eu lieu à l’échelle mondiale qui se sont solidarisés avec la lutte du peuple palestinien. De plus en plus de juifs israéliens soutiennent la lutte palestinienne contre l’occupation et se joignent à elle. Dans le port italien de Gênes, les dockers ont refusé de charger des navires d’armes destinées à Israël en signe de solidarité avec les Palestiniens. L’ICOR appelle toutes ses organisations à exprimer leur solidarité avec le peuple palestinien et à condamner les massacres continus d’enfants, de femmes et de personnes âgées.

    Liberté pour la Palestine !

    Vive la Palestine !

    Arrêtez la colonisation sioniste de la Palestine !

    Signataires (en date du 20/5 2021, d’autres signataires sont possibles):

    1. PCPCI Parti Communiste Proletarien de Côte d’Ivoire
    2. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie
    3. CPK Communist Party of Kenya (Parti communiste de Kenya)
    4. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    5. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    6. PCT Parti Comuniste du Togo
    7. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    8. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    9. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    10. Ranjbaran Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
    11. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
    12. NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
    13. CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
    14. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    15. БРП(к) Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes))
    16. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
    17. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    18. UC Unité Communiste, France
    19. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    20. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    21. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    22. UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa (Union marxiste-léniniste portugaise)
    23. MLP Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie
    24. TKP-ML Türkiye Komünist Partisi – Marksist-Leninist (Parti communiste de Turquie – marxiste-léniniste)
    25. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    26. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    27. UoC Union of Cypriots (Union des Chypriotes), Chypre
    28. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    29. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    30. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    31. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)

    Actions

  • La Sainte-Alliance policière.

    La Sainte-Alliance policière.

    La police manifeste. C’est devenu un rituel d’avant-période électorale. Plusieurs décès récents de policiers en fonction ont poussé ces derniers à manifester. Ouvertement, c’est une marche citoyenne pour le peuple. Mais comme souvent, le vernis craquelle et laisse entrevoir une autre réalité. Si nous ne réjouissons d’aucune mort, d’aucune souffrance, ce que nous avons entendu aujourd’hui dans la rue est inquiétant.

    Certains discours sont digne d’être tirés de l’Inspecteur Harry : des policiers qui regrettent l’obstacle que forme la loi, l’obstacle de la Constitution, qui réclament des peines minimales, en contradiction flagrante avec la notion d’indépendance de la justice et d’individualisation des peines. En somme, la police souhaite la fin de l’État de droit et le passage à une répression réalisée directement par les policiers eux-mêmes, en se fiant à leur jugement. D’autres se plaignent que la police « ne fasse plus peur » aux gens. C’est une façon de concevoir le métier.

    Du RN au PCF : la Sainte-Alliance atour de la matraque.

    Ce qui est nouveau, cependant, c’est la Sainte-Alliance qui a défilé autour d’elle. Gouvernement, extrême-droite, droite, gauche parlementaire. Les élections arrivent.

    Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, est venu dans la manifestation de police. Il s’agit d’une originalité peu commune : un ministre qui manifeste contre sa propre politique. Même la police a trouvé la farce un peu trop grosse et l’a éconduit sans ménagement. Cela montre tant l’absence quasiment proverbiale de vergogne de ce personnage politique tout comme une acceptation qu’une gradation dans la répression est à l’ordre du jour. Il n’est d’ailleurs pas étonnant que la Police (et même le gouvernement) soient irrités par la Justice et par la constitution.

    Le Conseil Constitutionnel bien en effet (le 20 mai) de retoquer le fameux article 24 de la Loi de Securité Globale, tant exigé par la police. Cet article devait censurer la publication de photos et des vidéos de la Police « dans un but malveillant ». C’est un revers cinglant, lancé sur un ton acerbe. Le CS déclare que le législateur ; « méconnaît le principe de la légalité des délits et des peines ». En somme qu’il a travaillé n’importe comment, laissant à la libre appréciation que la photo soit à l’intention de nuire ou d’informer. D’autres dispositions, telles que l’usage des drones ont également été censurées par les Sages.

    C’est certes un revers, mais cela montre aussi que l’intention d’origine était de transgresser la Constitution et d’imposer un système répressif basé sur le soupçon et la méfiance envers la population.

    Que l’extrême-droite soit présente, rien de surprenant. Elle s’y trouve à son aise. Nous avons pu y voir, bras dessus, bras dessous, Bigard, Lassalle,

    Eric Zemmour, interviewé par le site du « philosophe » Onfray.

    Zemmour, Messiah… Mais cela présente un grand avantage. Cela clarifie les choses : elle avait fait mine d’être du côté du peuple pendant les Gilets Jaunes, et maintenant demande plus de moyens pour éborgner. Finalement, elle est toujours la même extrême-droite, héritière du Parti de l’Ordre.

    Les discours tenus par une certaine gauche ont de quoi laisser pantois. PS, EELV, PCF ont défilé avec la Police. C’est honteux. Elle a renoncé intégralement à aller à contre courant des discours démagogiques. Olivier Faure, secrétaire du PS, avait lancé à la volée que les policiers devraient « avoir un droit de regard sur la justice ». Il s’agit d’une déclaration dont nous pensons qu’il faut peser la dangerosité. Même le PCF – là, c’est un naufrage ! – est allé

    Peut être une image de texte qui dit ’Le communiste Fabien Roussel, le socialiste Olivier Faure, l'écologiste Yannick Jadot y seront Le candidat communiste à l'élection présidentielle Fabien Roussel sera aussi là. । de la sécurité son principal thème de campagne. en effet fait Fabien Roussel @Fabien_Roussel _Roussel Les 10 000 postes de policiers prevus vont à peine permettre de retrouver ce que Sarkozy avait supprimé. Nous n'arriverons même pas au niveau de 2007. Je veux creer 30 000 postes supplémentaires et les former. @franceinfo 8:50 AM 13 mai 2021 356 262 Partager ce Tweet’

    dans la surenchère : demander plus d’emplois policiers, sans jamais expliquer à quel tâche ils sont voués. C’est pourtant l’un des points fondateurs du marxisme : s’intéresser à la nature de l’Etat et comprendre qu’il est l’expression de la dictature d’une classe sur une autre.

    Nous saluons l’attitude de LFI, parmi les organisations de la gauche parlementaire, dans le fait de refuser de se prêter à cette mascarade. De même, nous ne pouvons que saluer aussi l’évolution du positionnement de Lutte Ouvrière, qui avait soutenu en 2016 les manifestations de police, et qui aujourd’hui les dénonce. Dans l’ensemble, la gauche extra-parlementaire n’a pas mordu à l’hameçon, hormis certains ovnis qui se sont évertués à défendre l’État tel qu’il est : bourgeois, réactionnaire, répressif.

    Le fait que des confédérations syndicales nombreuses aient participé et soutenu cette manifestation pose question : si le syndicalisme est une nécessité pour les travailleurs et les travailleuses, doit-il défendre les intérêts de ceux qui sont payés pour l’écraser ? L’ambiguïté de cette question montre une chose importante : les limites de l’action économique et le besoin d’une action politique, qui soit « au dessus de l’horizon professionnel ».

    Il est indéniable que le gouvernement cherche aussi à fragmenter le camp de la lutte. Nous voyons qu’une pression forte est exercée, comme au premier mai, pour essayer de pousser les uns à valider l’intervention de la police contre les autres. Et cette pression marche.

    La réalité est là : le nombre de policiers tués en service n’est pas forcément plus fort qu’avant. Le nombre de délits et de crimes n’est pas plus élevé. Les statistiques de l’INSEE le prouvent. Ce qui augmente, c’est le sentiment. Et ce sentiment est un enjeu politique et sociétal important. Il nourrit les campagnes des réactionnaires tandis qu’il anesthésie les esprits des exploités et des exploitées en les laissant dans la peur. C’est pour cela que Darmanin s’est fendu d’une déclaration disant qu’il préférait le « bon sens du boucher-charcutier de Tourcoing ». En somme, une réalité alternative.

    Notre voix : celle de la lutte.

    Nous le disons toujours : oui, la société est violente et il faut effectivement des moyens pour avoir accès à la justice et vivre en sécurité. C’est un fait. Mais la question de la gestion de ces violences et de leur résolution est ce qui nous différenciera. Certains voient cela au travers d’une gestion quasiment coloniale, par l’expédition punitive et l’écrasement des « classes dangereuses », par des forces spéciales. Elle est construite pour cette fonction, et elle a constamment été améliorée pour y parvenir. Elle n’est pas « dévoyée » ou « détournée de sa fonction », au contraire : nous reconnaissons qu’elle l’exerce efficacement.

    Nous, nous croyons à l’expérience des révolutions, de la Commune et de la construction du socialisme : le fait que le maintien de l’ordre soit le fait du peuple directement, comme l’était le Garde de la Commune, tandis que les crimes sur du ressort d’enquêteurs professionnels. Surtout, nous pensons que la très écrasante majorité des délits et des crimes naissent d’un contexte : celui d’une société de classe, oppressive, écrasante, broyant les individus et les maintenant dans les ténèbres.

    Un vent mauvais souffle, et gonfle les voiles de ceux et de celles qui rêvent d’un État policier, d’un Etat dans lequel la justice est dirigée par la Police et l’administration. D’un État carcéral, qui maintient son ordre par la force, puis qu’il ne peut plus le faire accepter.

    Nous ne savons pas de quoi demain sera fait. Mais nous devons envisager les pires scénarios et être prêts et prêtes. Cela signifie constituer un camp du peuple, uni unitaire, fort, capable de se protéger, de défendre, de remporter des victoires. Nous ne pouvons laisser le sectarisme et les vaines querelles diriger la gauche extra-parlementaire, tandis que nos ennemis de classe, eux, s’allient et se préparent.

  • Solidarité avec la lutte du peuple colombien !

    Solidarité avec la lutte du peuple colombien !

    Solidarité avec la lutte du peuple colombien ! Arrêtez la cruelle répression fasciste du gouvernement Duque !

    Communiqué ICOR, 14 mai.

    La grande grève nationale « paro nacional » du 28 avril et avant cela le signal de la grève d’une semaine des mineurs d’El Cerejon, ainsi que la mobilisation populaire gigantesque et militante dans tout le pays ont réussi à repousser le gouvernement anti-peuple et affilié aux USA de Duque, le successeur du fasciste Uribe. Déjà, la grève nationale du 21 novembre 2019 et les manifestations de 2020 mettent la pression sur le gouvernement. Il a dû retirer la réforme fiscale, avec laquelle il a tenté d’augmenter les impôts sur le peuple, sur les travailleurs et les secteurs de la classe moyenne, pour leur faire payer les effets de la crise économique, exacerbés par la pandémie.

    La grève est massive et dure depuis 15 jours. La classe ouvrière et les organisations populaires ont également soulevé d’autres revendications telles que la santé et l’éducation populaire, le revenu de base, le droit à la protestation sociale. Environ 7 000 000 de personnes ont participé aux marches et aux blocages de routes et de rues principalement à Bogota, Medellín, Cali, Barranquilla, Montería, Ibagué, Neiva, Bucaramanga, Manizales, Pereira, Pasto Popayán, Tunja et enfin dans les grandes, moyennes et petites villes de la campagne et de la ville. Malgré la militarisation et la brutalité policière et les restrictions liées au coronavirus, les travailleurs et d’autres secteurs du peuple n’ont pas manqué, comme jamais auparavant, l’occasion de manifester dans les rues le 1er mai en tant que journée de lutte.

    Les travailleurs, les paysans, les autochtones, les travailleurs de la santé, les travailleurs du secteur des transports, les chauffeurs de camions et de taxis, les motocyclistes, les artistes, les intellectuels, les enseignants, les étudiants, les petites et moyennes entreprises et les industriels, les vendeurs de rue et les personnes LGBT, en particulier de nombreuses femmes et jeunes, ont héroïquement mené cette lutte.

    Ces mobilisations n’ont pas cessé et répondent de manière militante, malgré la répression barbare de la police et de l’armée, notamment contre les jeunes, qui a déjà fait 40 morts, des centaines d’arrestations et de disparitions, des centaines de blessés, dont de nombreux blessés aux yeux.

    Devant ce soulèvement héroïque du peuple colombien fraternel, qui se lève à juste titre pour ne pas payer les effets de la crise du système capitaliste impérialiste, pour faire face aux politiques gouvernementales fascistes et à leur répression barbare et ouvrir une perspective de changement social profond, il est temps d’exprimer la plus grande solidarité de la classe ouvrière internationale et des mouvements de masse militants et de les soutenir en redoublant d’efforts dans la lutte de classe dans chaque pays et pour la coordination internationale.

    Signataires (en date du 16 Mai 2021, liste actuelle des signataires sur www.icor.info):

    1. CPK Communist Party of Kenya (Parti communiste de Kenya)
    2. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    3. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    4. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    5. MLOA Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)
    6. SPB Socialist Party of Bangladesh (Parti socialiste du Bangladesh)
    7. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    8. Ranjbaran Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
    9. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
    10. NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
    11. CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
    12. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    13. БРП(к) Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes))
    14. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
    15. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    16. UC Unité Communiste, France
    17. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    18. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    19. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    20. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    21. UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa (Union marxiste-léniniste portugaise)
    22. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    23. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    24. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    25. UoC Union of Cypriots (Union des Chypriotes), Chypre
    26. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    27. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    28. BDP Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
    29. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    30. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
    31. PS-GdT Plataforma Socialista – Golpe de Timón (Plate forme Socialiste – Changement de direction), Vénézuela
  • La Palestine brûle et le monde regarde.

    La Palestine brûle et le monde regarde.

    Depuis plusieurs jours la Palestine subit des frappes terribles. Des images de villes éventrées arrivent. A peine extirpé de la pandémie de COVID, grâce à une politique de vaccination d’ampleur, l’Etat hébreux s’est relancé à corps perdu dans l’assujétissement et la colonisation de la Palestine. Des centaines de morts côté Palestinien et une dizaine côté Israélien. Ces morts sont ceux d’une politique coloniale, criminelle, menée par un Etat qui bénéficie, sinon du soutien, au moins de l’assentiment des autres puissances.

    Nous avons construit ce communiqué avec un temps de recul et de réflexion. Il nous paraissait important de ne pas simplement apporter une condamnation morale, pour lesquels quelques lignes auraient pu suffire. Mais il nous appartient aussi d’apporter des éléments d’analyse et de compréhension de la situation. D’une part pour la replacer dans le contexte plus large de l’affrontement géopolitique, mais aussi dans le cadre d’un système économique qui n’est hélas pas exceptionnel : celui de la colonisation et de la surexploitation.

    Nous condamnons la politique menée par l’État d’Israël au Moyen-Orient.

    S’il semble que des Palestiniens aient agressé des Israéliens, dans un mouvement de colère, nous ne pouvons jouer au jeu puéril du « qui a commencé » sans prendre en compte l’ensemble du contexte ni sans mettre dans la balance la disproportion énorme entre la violence d’un camp et de l’autre.

    Partant de l’annulation des élections Palestiniennes, qui ne se sont pas tenues depuis 10 ans, un mouvement de colère grondant s’est emparé du pays. L’impossibilité d’avoir une expression politique a été un des déclencheurs. Mais les projets israéliens en ont été un autre.

    Un des objectifs est d’effacer purement et simplement le quartier de Sheikh Jarrah, quartier Arabe de Jérusalem-est. A travers cette conquête, l’État d’Israël souhaite réaliser un de ces fantasmes : faire de Jérusalem sa capitale « une et indivisible ». Pour les plus radicaux, elle ne se partage pas. Qu’importe que ceux qui vivent sur terres soient là depuis des siècles : cette prophétie est placée au dessus de la valeur de la vie humaine.

    Le 9 mai, les forces Israéliennes ont mené une opération dans la Mosquée de Al-Aqsa. Elle a été en partie incendiée. Devant l’esplanade de la Mosquée, lieu saint de l’Islam, les ultra-nationalistes israéliens ont chanté et dansé.

    Comme toute situation de conflit, elle est tragique, et cause des souffrances de toutes part. Mais nous ne pouvons ôter le fait primordial que les Palestiniens sont chassés de leurs terres et subissent les frappes d’une des grandes puissances militaires, tandis que leurs villes sont devenus des prisons à ciel ouvert. Ils sont les agressés, tandis qu’Israël est l’agresseur. Ils manquent de tout, d’eau potable, de nourriture, de soins, de perspectives économiques. Ils manquent même d’espoir.

    L’ONU montre une fois de plus son incapacité totale à pouvoir traiter cette question sérieusement. Et pour cause : les enjeux dépassent le cadre simple de l’agression sur un peuple.

    Israël représente un pivot géopolitique. Il est une tête de pont occidentale dans le Moyen-Orient, un balcon sur Suez, une base militaire fortifiée pour contrôler le pétrole. Il s’inclut donc dans un jeux cynique qui ne se limite pas au cadre étroit du Levant, ni même du Moyen-Orient, mais dans le cadre d’un affrontement mondial entre camp hostiles. Et, dans ce jeu, les Palestiniens sont sacrifiés, et les Juifs eux mêmes, qui cherchaient là un havre de paix après l’enfer, sont aussi voués à vivre dans un camp retranché.

    Et, injure suprême, nous voyons des imbécilités proférées en solidarité avec Israël : des tweets, des communiqués, des actes symboliques. L’Autriche s’est permise de hisser le drapeau à l’étoile de David au dessus de son parlement, en solidarité. Estrosi a fait de même à Nice. Valls, quant à lui, parvient une fois de plus à décrocher la palme de la génuflexion : il a publié une photo des frappes israéliennes, en prétendant qu’il s’agissait de celles du Hamas. On croit rêver : l’agresseur est encensé, protégé, défendu politiquement et militairement.

    Manuel Valls a-t-il affiché son soutien à Israël en partageant une image  d'une frappe sur Gaza ? – Libération
    Tweet supprimé par la suite.

    Heureusement, à l’inverse, la solidarité s’est exprimée. Les dockers de Livourne ont bloqué les exportations d’armes vers la Palestine. Des centaines de manifestations ont défilé partout dans le monde. Les masses populaires se montrent solidaires de la Palestine et de ces souffrances. Ce n’est pas pour rien que les slogans disent qu’au travers d’elle « c’est l’humanité qu’on assassine ».

    La répression s’emballe.

    Bertrand Heilbronn, président de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), a été mis en garde à vue ce mercredi 12 mai vers 19H, à sa sortie du Quai d’Orsay. Cette arrestation est une étape importante dans une répression des soutiens aux mouvements de lutte internationaux. N’oublions pas non plus que le soutien au Kurdistan ne tient qu’a un fil, et que, du jour au lendemain, l’Etat peut révoquer sa tolérance vis-à-vis de ceux qui sont liés à la lutte pour un Kurdistan libre et appliquer la politique antiterroriste. Quelle ironie que Darmanin, ardent admirateur de Napoléon et de sa politique d’assimilation forcée, soit l’exécutant de cette politique.

    Nous ne parvenons pas à comprendre le choix de réprimer de manière aussi forte un mouvement de protestation qui existe depuis des décennies.

    A nos yeux, il existe trois raisons possibles qui peuvent motiver une répression d’une ampleur supérieure et cette censure médiatique. Nous excluons d’emblée les conception antisémites et les thèses qui feraient d’Israël un empire tentaculaire, ou d’autres fantasmes sur un quelconque complot juif. Ce sont donc d’autres motivations qui doivent entrer en ligne de compte. Elles ne s’excluent d’ailleurs pas mutuellement.

    La première possibilité est celle d’une hausse des enjeux géopolitiques dans la région, ce qui expliquerait un alignement plus fort de la France derrière Israël, et justifierait de réprimer les voix dissonantes.

    La seconde est possiblement liée au calendrier électoral français. Durcir le ton est une manière de pouvoir draguer un électorat pro-israélien et de faire un appel du pied -tout en piochant dans un inconscient antisémite : celui de la « communauté organisée »- aux juifs et juives de France.

    La troisième est celle de la poursuite d’une politique arabophobe et islamophobe en France. Elle est une méfiance toute particulière envers cette lutte, populaire, en particulier dans les quartiers, considérée comme une porte d’entrée dans l’hypothétique nébuleuse « islamo-gauchiste ».

    Nous ne confondons pas le racisme avec la critique politique.

    Nous redisons ce que nous avons dit par le passé : nous ne pouvons qu’exprimer notre plus vif mépris pour deux positions répugnantes qui peuvent exister sur ce conflit : La première est cette d’amalgamer cyniquement la Shoah, l’antisémitisme et Israël pour rendre inattaquable la politique de cet État. La seconde, l’inverse, est d’utiliser la politique criminelle d’Israël pour justifier l’antisémitisme et la Shoah.

    L’assimilation perverse des Juifs et des Juives du monde entier à l’existence d’Israël et à la politique du gouvernement de cet état est une escroquerie qui nourrit l’antisémitisme et prend en otage les Juifs et les Juives. Nous écrivions ainsi, le 18 février 2019 :

    « Dans le fond, aux yeux de ces individus, même inconsciemment, la question du racisme ne prend qu’une dimension tactique. Elle est une manœuvre qui permet de marquer des points, qui permet de s’afficher, qui permet de faire parler de soi. Le FN/RN, montant les homosexuels contre les musulmans pendant des élections, puis faisant l’inverse pendant la Manif Pour Tous. Valls proclamant une fidélité inconditionnelle à la « communauté » juive et à Israël « je suis lié (…), de manière éternelle, à la communauté juive et à Israël », proclamant les juifs comme étant « à l’avant-garde de la République » et aujourd’hui défilant avec la droite Franquiste en Espagne.

    Valls , par ses propos, a insinué qu’il existerait une élite auquel il faudrait prêter allégeance.

    Or, les Juifs et Juives de France, qui n’avaient rien demandé de plus que le fait qu’on les laisse tranquille et de ne pas être assimilés de force à la politique d’Israël, se sont vus impliqués, à leur corps défendant dans les propos d’un premier ministre qui fait appel à un inconscient antisémite. En dernière analyse, ces propos ont nettement plus contribué à mettre en danger les Juifs et les Juives de France qu’a leur apporter le moindre réconfort. Voilà à quoi mène la loyauté « éternelle » de ces agitateurs.« 

    Dans ceux et celles qui soutiennent la Palestine, il existe des antisémites. Nous n’avons aucune tolérance pour ces personnages et pour leurs thèses. Nous les avons toujours dénoncées et nous les dénoncerons toujours.

    Notre position politique est de traiter Israël comme n’importe quel autre État. Et comme dans n’importe quel autre État, nous considérons que nous avons le droit de critiquer son fonctionnement et sa politique, qu’elle soit intérieure ou extérieure.

    Les tenants de l’exceptionnalité de cet État attisent en réalité le feu de l’antisémitisme. Ils font le travail d’amalgame qu’ils prétendent dénoncer : en assimilant antisionisme (au sens d’opposition à l’attitude d’Israël vis-à-vis de son environnement, mais aussi de l’existence d’une entité juridique pratiquant une séparation ethnico-confessionnelle.) à l’antisémitisme, ils étranglent l’espace qui permet à une critique politique dépassionnée d’exister.

    Le colonialisme est un crime contre l’humanité.

    Si la politique Israélienne choque tant, c’est qu’elle est l’expression ultra-localisée de la politique colonialiste et de la domination d’un État sur un autre. Contrairement à l’impérialisme français, où la métropole est à plusieurs milliers de kilomètres, là dans le cas du colonialisme Israélien, ils se font face.

    Mais peut-on parler de nettoyage ethnique ? Cette question est complexe, notamment parce que ne pas participer à l’escalade sémantique, le fait d’employer des mots toujours plus forts, est parfois vu comme une trahison. Occupation devient colonisation, colonisation devient épuration ethnique, et épuration ethnique devient génocide. Pourtant, lorsqu’on analyse froidement la politique israélienne, on se rend compte qu’elle est bien plus complexe que prévu.

    L’État d’Israël mène une politique parfois contradictoire envers le peuple Palestinien. A plusieurs reprise, les colons se sont montrés beaucoup plus radicaux et extrémistes que le Parti Likoud, qui est majoritaire à la Knesset. Ces colons ont placé l’Etat devant le fait accompli, l’obligeant à intervenir pour les protéger et pour sécuriser les zones autour de leurs habitations. Ces colons veulent chasser les Palestiniens des terres, et dans ce cadre là, on peut parler en effet, d’une politique de déplacement forcée, par la violence.

    Mais dans l’ensemble, l’État d’Israël tire un profit important de la présence des Palestiniens et de leur assujétissement. Prisonniers d’une enclave économique intégralement dépendante de l’Etat Hébreux, ces palestiniens sont complètement intégrés dans un espace économique, une sphère économique unique, unissant de chaque côté des miradors. Les lois qui s’appliquent au marché du travail Palestinien font qu’ils travaillent pour une bouchée de pain dans les secteurs les moins rentables de l’économie israélienne. La bourgeoisie de l’État d’Israël en tire un grand nombre de surprofits typiques du mode d’échange colonial. En redistribuant une partie de ces surprofits à la population, l’Etat d’Israël entretien un niveau de vie élevé et une adhésion de la population à ce mode de fonctionnement économique.

    A ces considérations bassement économiques s’adjoignent des considérations idéologiques : l’Etat d’Israël joue largement la carte de la peur et de la prophétie auto-réalisatrice. Il crie à l’encerclement par des forces hostiles, mais dans le même temps contribue à maintenir cette situation de conflit par ses méthodes de fonctionnement. Il rend impossible une résolution pacifique, mais est du même coup voué à lutter pour son existence, rendant toujours plus compliqué une normalisation. Il est ainsi l’Etat qui a le plus pratiqué l’assassinat commandé, avec plusieurs milliers de personnalités tuées, et ses « frappes », en réalité des bombardements de police, matraquent les civils innocents. Difficile de mettre sur le même plan les roquettes artisanales et les bombes guidées. La violence des victimes, violence certes, ne saurait être comparée à celle de l’agresseur.

    Sortir de la crise.

    Quelque soient les raisons de fond, et quelques soient les justifications de celles-ci, notre position est simple : nous voulons que ce conflit prenne fin ! Nous n’avons pas la prétention d’être des experts capable de fournir clé en main une solution. Celles-ci ne sont pas légion.

    Dans l’immédiat, il nous paraît vital que la Palestine puisse avoir un État souverain, avec des frontières garanties, et dont l’intérieur (s’il en reste encore un !) soit sanctuarisé. Mais ce partage, ou plus cette fin du dépeçage, n’est qu’une étape.

    Certains ont pu défendre à un moment l’idée que l’absorption totale de la Palestine par Israël signifierait la fin du problème. Mais c’est mal comprendre l’attitude très particulière de cet Etat ; il maintien des statuts juridiques différents en fonction des origines et des confessions. Une seule entité avec deux populations reviendrait à recréer l’Afrique du Sud d’avant 1994, l’Algérie française d’avant 1945, ou les USA de la ségrégation. Cette « victoire par la défaite » est donc impossible. La résistance palestinienne est donc vouée à poursuivre sa lutte.

    Cependant, nous avons confiance dans les forces progressistes Palestiniennes, notamment les organisations communistes telles que le FPLP, et dans les forces progressistes israéliennes – qui existent et qui luttent contre la colonisation – pour la dessiner et la porter d’une seule voix : un Etat dans lequel pourront vivre sans discrimination chacun de ceux qui veulent y vivre. Dans une Palestine laïque, démocratique et socialiste.