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  • Communiqué du Collectif « Vive la Commune de 1871 »

    Communiqué du Collectif « Vive la Commune de 1871 »

    Nous avons contribué à faire vivre l’idéal de la Commune !

    Dès sa constitution, en début mars 2021, le Collectif « Vive la Commune de 1871 » avait dressé son plan de bataille : à travers l’expérience de la Commune faire « entendre la voix des communistes ». Celle qui trace le seul avenir possible abolissant oppression et exploitation. Nous appelions à la coopération et à l’organisation des forces communistes et révolutionnaires, à la construction d’un Parti pour préparer la révolution socialiste.

    Nul doute que nous avons contribué à faire vivre l’idéal de la Commune ! Nous sommes fiers d’avoir pendant ces 3 mois fait briller l’étoile rouge du communisme de cette première Révolution ouvrière, celle qui en annoncera bien d’autres au cours du 20ème siècle.

    Dès sa constitution le Collectif s’est fait connaître :

    Le 8 mars pour la journée internationale de lutte des femmes, valorisant la lutte des femmes dans la révolution de 1871. Pour elles, libération des femmes et libération de l’exploitation et de l’oppression était indissociables.

    Le 18 mars, nous avons déposé à Montmartre un bouquet de fleurs à la gloire du Comité Central de la Garde nationale. Poussé par les couches populaires il prit le pouvoir aux bourgeois capitulards qui s’enfuyaient à Versailles. Place au peuple, place à une nouvelle société !

    Puis le 20 mars, le Collectif organisait un rassemblement-débat sur la Place du Châtelet sur ce premier gouvernement ouvrier et ses acquis, sur la nécessité de construire un parti révolutionnaire fort pour défendre le socialisme sur le chemin du communisme. On a terminé à l’Hôtel de Ville de Paris en entonnant, alors, l’Internationale ce célèbre chant issu de la Commune de 1871.

    Le 1er Mai nous étions là, sur la Place de la République et lors de la manifestation avec nos drapeaux et Déclaration pointant les réalisations de la Commune et qu’une autre société est possible grâce à la prise du pouvoir par le peuple et pour le peuple.

    Le Collectif annonçait la couleur pour le mois de mai : présence dans les quartiers populaires ; Rassemblement et ballade à Montmartre le 15 mai sur les traces des Femmes de la Commune.

    Le 29 mai, après le rassemblement d’organisations politiques, associatives, syndicales à la Place de la République, ce sont jusqu’à 15 000 personnes à manifester vers le « Mur des Fédérés » du cimetière du Père Lachaise. La Commune et le désir d’une autre société sont bien vivants !

    Les drapeaux de mars 1871 flottaient dans la brise printanière. Les drapeaux rouges, que la Commune voulait être le drapeau de la République universelle. Ce glorieux drapeau parsemait joyeusement le chemin qui montait au Mur des Fédérés accompagné de chants et de slogans. Nous en étions, le Collectif Vive la Commune de 1871 !

    Des délégations internationales de l’ICOR (Coordination internationale des organisations révolutionnaires) nous ont joints : de Suisse, de Tunisie, d’Haïti, du Cameroun, plusieurs organisations de Turquie, d’Allemagne, des réfugiés d’Amérique Latine et des camarades de France bien sûr.

    Le 30 mai, nous avons participé au meeting de l’ICOR qui a permis des échanges internationaux autour de : « Vive la Commune de 1871 – organisons-nous pour le socialisme révolutionnaire ! » Des intervenants de plusieurs continents (Afrique, Asie Centrale, Amérique Latine, Moyen-Orient, Europe) ont interrogé l’héritage de la Commune de Paris ; comment en tirer des enseignements pour la période actuelle ; comment avancer sur le chemin de la construction de Partis Révolutionnaires et d’une coordination nationale et internationale efficace dans toutes les nombreuses luttes.

    Nous avons salué la lutte des femmes de ménage des hôtels Ibis. Elles ont arraché la victoire après plus de 20 mois de lutte. Nous avons salué le peuple Palestinien en lutte contre l’État sioniste. Salué les peuples colombien, birman, turc, kurde qui résistent à l’oppression. Salué l’ensemble des peuples qui luttent contre l’impérialisme et contre le colonialisme, tout en n’oubliant pas que, ici même, dans les métropoles nous luttons contre la classe bourgeoise qui durcit l’exploitation, réduit les libertés, etc.

    Nous considérons que la campagne du Collectif ‘Vive la Commune de 1871’ a été un succès important !

    Nous avons coopéré de mieux en mieux et avec une confiance grandissante pour notre objectif commun entre nos organisations. Cette unité d’action a été possible autour d’objectifs pratiques auxquels nous avons lié le débat politique. C’est dans ce sens que les membres du collectif souhaitent continuer d’une façon ou d’une autre et font appel à d’autres organisations à suivre cette voie. Il est possible de coopérer et de nous unifier au fur et à mesure !

    Nous terminons cette belle campagne des 150 ans de la Commune, mais ne laissons pas tomber le flambeau de la lutte. Nous serons toujours en lien les uns avec les autres, car nous savons ce que demain nous réserve et nous sommes conscients de nos responsabilités en tant que communistes. La bourgeoisie profite du désordre qui règne au sein de la classe ouvrière. Nous avons le devoir de l’unifier sur une vision prolétarienne et internationaliste.

    Alors nous pourrons dire avec le Communard Jean-Baptiste Clément :

    « Les mauvais jours finiront,

    et gare à la revanche

    quand tous les pauvres s’y mettront… »

    Paris, juin 2021

    Membres et signataires du collectif « Vive la Commune de 1871»: Amis de l’ICOR (Coordination internationale des organisations révolutionnaires) ; Association Culturelle des Travailleurs Immigrés de Turquie (ACTIT) ; Centre de recherche culturelle de Dersim (CRCD) ; Comite Solidarité Pérou (CSP); Confédération européenne des droits des peuples (ADHK) ; Confédération des travailleurs de Turquie en Europe (ATIK) ; Mouvement démocratique des Femmes en Europe (Paris), ADKH/Paris ; Nouveau Parti Communiste Haïtien (NPCH) ; Union des Populations du Cameroun -Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie (UPC-Manidem) ; Union des travailleurs et de la fraternité des Peuples (Bir-Kar); Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste (UPML); Union des Femmes Socialistes (SKB); Unité Communiste (UC).

  • Barbarossa 2/2 Une guerre différente.

    Barbarossa 2/2 Une guerre différente.

    Barberousse est une guerre d’un nouveau genre. Contrairement à la guerre sur le front de l’Ouest, qui s’est déroulée assez classiquement, la guerre à l’Est est une transposition de la guerre coloniale et raciale choisie par les nazis. Sur ce front, il n’y a eu aucune convention de Genève, aucune cible taboue, aucune limite à la violence. C’est une croisade, une Sainte-Alliance internationale contre le bolchevisme.

    Center sheds light on unknown details of Babyn Yar massacre - South Florida  Sun-Sentinel
    Le ravin de Babi Yar, lieu d’extermination.

    Les ordres de l’État-major sont clairs : les soldats russes sont keine kameraden. Ils ne sont pas des camarades. Ils sont des ennemis. Les intellectuels, les fonctionnaires, les membres du Parti sont traqués et éliminés. Le Kommissarbefehl, l’ordre d’éliminer les Commissaires politiques et les communistes, vise a éliminer les Juifs et les bolcheviques – ce qui, pour les nazis revient au même. Sur les arrières de la Wehrmacht, les redoutables Einsatzgruppen sont envoyés pour éliminer ceux et celles que le régime nazi considère comme indésirables. Dans les régions où les communautés Juives sont importante, ils suscitent des pogroms avec l’appui des nationalistes Ukrainiens. Ces pogroms décousus se muent en extermination systématique. La Shoah par balle commence.

    Le dilemme du traitement des Slaves.

    File:Bundesarchiv Bild 146-1979-113-04, Lager Winnica, gefangene Russen.jpg  - Wikimedia Commons
    Prisonniers soviétiques dans des camps Allemands.

    L’arrogance des Allemands leur joue des tours. Des collaborateurs sont recrutés sur place. Mais finalement peu, seuls les ultras rejoignent les rangs de la SS. Dans les régions agricoles au sein desquelles la collectivisation de 1929-1932 s’était mal passée, la présence des occupants est, au départ, prise pour une bonne nouvelle. Mais la population se rend compte que les nazis ne sont pas là pour privatiser les terres et restaurer les structures paysannes d’avant la révolution. Ils sont là pour exploiter à mort. Les populations Slave n’ont pas d’autre destin, au sein du Generalplan Ost, que d’être des esclaves voués à la misère et à la faim. Pour nourrir leur pays, les Allemands estiment que 30 ou 40 millions de soviétiques doivent mourir de faim. Pour les gouverneurs locaux, comme Alfred Rosenberg, théoricien nazi, c’est une catastrophe. Mais rien ne peut faire reculer Hitler et la SS.

    Les populations envoyées travailler en Allemagne sont traitées comme du bétail. Alors que les Polonais, pourtant ennemis génétiques des aryens, peuvent espérer « un salaire et du pain », les soviétiques sont considérés comme des danger bactériologiques. Ils doivent être traités avec une dureté d’un autre ordre. Quant à ceux qui restent, leur avenir est de préparer le terrain à la colonisation, puis d’être refoulés au-delà de l’Oural. Ce pillage permet à l’Allemagne nazie de maintenir l’illusion d’un niveau de vie élevé : les objectifs sociaux-impérialistes de l’Allemagne sont là : piller pour ne pas faire payer le prix de la guerre par la population Allemande. Pour l’instant !

    A Vladivostok, la paix demeure.

    L’Allemagne, en dépit de son accord avec le Japon, ne lance guère de pression pour que celui-ci intervienne. Les nazis sont persuadés de pouvoir en finir par eux-mêmes en peu de temps, et ne veulent pas partager le butin avec un allié qu’ils méprisent. Les japonais, de leur côté, accaparés par la Chine, lorgnant sur le butin facile de l’Asie du Sud Est, n’insistent pas. De plus, en 1939, ils se sont frottés à l’Armée Rouge avec pertes et fracas. Leur tentative d’attaque sur la Mongolie les a confrontés à un nom que les Allemands apprirent par la suite à craindre : Joukov.

    Bataille de Khalkhin Gol — Wikipédia
    Tankistes soviétiques à Khalkin Gol (1939)

    D’ailleurs, la guerre ne se passe pas précisément comme prévu. Dans les opérations terrestres, l’URSS est la première résistance sérieuse que rencontre l’Allemagne. Et elle ne cesse pas. La résistance acharnée de la part de l’Armée Rouge, en dépit des déroutes de la première période, se mue en guerre des partisans. Il n’existe plus alors de différence entre le front et les arrières. Les nazis considèrent désormais que tout soviétique est un suspect. Si, en France, il existe des villages martyrs, comme Oradour, en Russie, il y en eu plus de 5000. Les massacres commis par les Allemands à l’Ouest sont d’ailleurs souvent une transposition de la violence exercée à l’Est.

    Deux fronts.

    De plus, il ne faut pas l’occulter, l’URSS est de moins en moins isolée. L’Angleterre lui fournit un peu d’aide, symbolique, en 1941. Mais avec l’entrée en guerre des USA, le prêt-bail permet progressivement à l’occident de venir en aide à son bien étrange allié. Cela serait faire preuve de mauvais goût en oubliant des efforts conjoints de la coalition antifasciste mondiale, aussi éphémère fut elle. Mais il s’agissait aussi de ne pas laisser à l’Allemagne le loisir de devenir une puissance invulnérable, si elle s’imposait sur les steppes.

    27 millions de citoyens soviétiques sont morts durant cette guerre. Un nombre difficile à visualiser. Cela correspond à un gros tiers de la population française, engloutie dans la tourmente d’une guerre dont elle voulait se tenir éloignée. Une guerre qui s’est payée de sang et qui a bouleversé l’URSS. Celle-ci a du reprendre, complètement désarticulée, son œuvre de construction du socialisme.

    Les purges & la guerre.

    Il faut là faire une courte parenthèse pour traiter un point : celui du poids des purges dans l’armée. On sait aujourd’hui, grâce aux archives et aux travaux réalisés notamment par J. Arch Getty, que les purges ont bien moins tué que ce qu’on pouvait penser (en 1940, 80% des officiers avaient récupéré leurs postes). La plupart du temps, elles se sont traduites par des relégations loin des régions frontalières. C’est le cas par exemple à Smolensk, où les généraux de cette région vitale étaient jugés trop compromis avec des les potentats locaux, tels que Rumiantsev et Shil’man, qui dirigeaient d’une main de fer la région. Cependant, l’armée inspire au gouvernement une crainte d’un coup bonapartiste. Crainte à laquelle contribuent les oppositionnels en exil, lesquels répètent sans cesse que la Révolution Française se répète. L’armée est donc fille d’un compromis néfaste : elle est organiquement conçue pour ne pas être en mesure de faire des coups d’État.

    • Donc elle n’est plus dotée des grandes divisions blindées autonomes de l’époque de Toukhatchevski.
    • Elle est très étroitement contrôlée par des commissaires politiques qui doivent contresigner chaque ordre.
    • Elle est commandée plus par des « rouges » que par des experts, (Voroshilov, Boudienny), qui étaient d’ailleurs des membres de « l’opposition militaire », donc des militants se méfiant des officiers.
    • Il existe une surestimation politique des problèmes militaires, qui se traduit, comme pendant la guerre d’Espagne, par des offensives « de prestige », chargés de remonter le moral aux civils. Mais elles se traduisent par des pertes extrêmement lourdes .
    • Il existe une responsabilité de la part du gouvernement soviétique et de Staline dans les défaites du début de la guerre. Mais elle doit être tempérée. Des scénarios uchroniques existent, mais ils sont précaire : les choix terribles des années 1930-1940 ont peut-être été la seule voie pour qu’une hégémonie Allemande sur l’Europe ne se matérialise pas.

    Le rapport de force politique / armée change au cours de la guerre. Tandis que Hitler se sépare de Hadler et prend le commandement complet de la Wehrmacht, le gouvernement soviétique délègue de plus en plus à l’armée le rôle de gérer les opérations. A partir de mi-1942, et surtout après Stalingrad, le vent souffle en faveur de l’armée, avec notamment la restauration des officiers. Ce n’est qu’a la fin de la guerre que le Parti tente de reprendre l’ascendant. Mais la situation est déséquilibrée. L’armée est devenue un des principaux points de recrutement du Parti. Cela contribue à changer sa physionomie profonde.

    Le coût politique de la guerre.

    Les concessions, les compromis, rendus nécessaires par la guerre ont pesé lourd sur ses choix politiques et stratégiques. Surtout que la paix est aussi précaire que la précédente. Dès 1947, la guerre froide s’impose. Les communistes d’URSS ont payé un prix fort cette guerre. La nouvelle génération, effrayée par ce risque, se réfugie dans des positionnements toujours plus modérés et droitiers, isolant la génération précédente, celle de la Révolution. Les changements survenus dans les années 1950 & 1960 sont directement liés aux souffrances de la guerre et à la montée des ingénieurs, des directeurs

    Aleksandr Vasilevsky quotes (5 quotes) | Quotes of famous people
    Une image qui est devenue familière : le général bardé de médailles à la place du militant bolchévique.

    et des militaires dans l’appareil d’État. Toute une génération de militants politiques formés est engloutie par le conflit. Son absence se fait durement sentir après la guerre.

    Aujourd’hui, certains rêvent d’une guerre avec la Russie. Les rivalités géopolitiques, qui n’ont pas changé, amènent aux mêmes résultats. Nous n’avons pas de sympathie pour le gouvernement Russe. Mais nous rejetons absolument toute idée d’une nouvelle guerre sur ces terres, pour des motifs de piraterie.

    Nous ne pouvons pas non plus oublier que les raisons qui ont amené un peuple moderne, cultivé, comme celui des Allemands à lancer une croisade génocidaire existent toujours. Elles ne sont d’aucun lieu ou d’aucun temps !

    Les millions de morts de cette guerre nous regardent. Qu’ils ne soient pas morts en vain !

  • Barbarossa 1/2 « Le monde entier retiendra son souffle. »

    Barbarossa 1/2 « Le monde entier retiendra son souffle. »

    Le 22 juin 1941 commençait l’opération Barbarossa. L’une des plus grandes opérations militaires de l’histoire. Après avoir vaincu la Pologne, l’Europe de l’Ouest, après avoir vaincu les Balkans, la machine de guerre nazie se lance sur l’URSS. La guerre la plus meurtrière de l’histoire démarre.

    Les Allemands alignent alors trois groupes d’armées, soit 153 divisions, dont 17 blindées et 13 motorisées. Ils réunissent quatre groupes de Panzern, soit 3 500 chars et étaient appuyés par 2 800 avions divisés eux aussi en quatre flottes distinctes. Au total 5,5 millions d’hommes prennent part à l’opération. Ils viennent d’Allemagne ; de Finlande ; de Hongrie ; de Roumanie et Italie. Tous se lancent à l’assaut de la forteresse bolchévique.

    Contrairement à une idée répandue, ils possèdent une supériorité numérique écrasante. En face d’eux, l’Armée Rouge alignait 3 millions de soldats, répartis dans 132 divisions, dont 34 blindés. Si elle possède un nombre d’avions équivalent, et bien plus de chars, elle manque d’expérience et de commandants aguerris.

    La veille de la guerre.

    Étant donné les liens diplomatiques qu’entretenaient URSS et Allemagne nazie, certains, non sans cynisme, voient cette opération comme l’addition finale de choix douteux. Nous ne reviendrons pas en détail ici sur cette question, à laquelle nous avons dédié une longue brochure en 2019. Pour résumer rapidement :

    • Le caractère abominable du régime nazi n’était pas connu à l’époque. Il ne se démarquait pas spécifiquement des autres régimes réactionnaires, tant par l’inégalité raciale (que les USA pratiquaient), par la présence de camps de concentration (La France en avait), ou par sa politique antisémite (comme celle de la Pologne). Les spécificités du nazisme, notamment son caractère génocidaire, sont apparues après l’invasion de l’URSS.
    • L’URSS (et le Komintern) comprenait la guerre à venir comme inter-impérialiste. Il fallait donc en rester à l’écart.
    • La diplomatie des années 30 s’apparente à un jeu d’échec dans laquelle les puissances capitalistes veulent à la fois éliminer l’URSS mais également protéger leurs intérêts propres.
    • De ce fait, ils ont refusé toute politique de sécurité collective qui aurait pu donner un sens à la Société des Nations. Ils ont joué la carte de l’encouragement des agressions Allemandes, tout en essayant de se mettre l’URSS dans la poche.
    • Cette politique à double face a renforcé l’Allemagne nazie tout en irritant l’URSS. L’occident lui demandait de rentrer en guerre contre l’Allemagne sans garantie d’une assistance.
    • L’Allemagne nazie lui a demandé l’inverse : ne rien faire. En échange, elle permettait à l’URSS de se doter d’un glacis défensif. (Glacis dont la méthode d’acquisition est critiquable, mais qui a contribué à la sauver).
    • L’absence d’empressement à aider la Pologne au moment de l’invasion Allemande et la précipitation dans le fait d’échafauder des plans invraisemblables pour attaquer l’URSS après son intervention ont montré quelles étaient les priorités des démocraties occidentales.

    L’URSS et l’Allemagne nazie vivent donc dans une bien étrange paix entre 1939 et 1941. Elle est une parenthèse anxieuse. Chacun a conscience du caractère temporaire de la situation, et du fait que la guerre éclatera tôt ou tard. Mais la question qui se pose, dans le fond, est « pourquoi ? ». Plusieurs raisons à cela :

    • La conquête d’un Lebensraum (souvent mal traduit en Français par « un espace vital » alors que la connotation est plus anxieuse pour les Allemands, chez qui cela signifie plus « espace nécessaire à la vie ») aux dépends de l’Est était le but géopolitique principal de l’Allemagne nazie depuis le départ. Le Generalplan Ost, définit les limites des objectifs à atteindre à la ligne Arkhangelsk / Astrakhan. Pour les nazis, cette limite définit celle dans laquelle leur race peut vivre sans être altérée. Il s’agit de la zone de répartition de leur arbre symbole : le hêtre.
    • Cette guerre possède des buts idéologiques : refoulement des Slaves, élimination des Juifs, élimination du bolchevisme… L’ensemble est là pour assurer à la fois un espace et une sécurité à la race aryenne.
    • Au delà de ces ambitions de long terme, les nazis analysaient le fait que l’Angleterre ne se rende pas comme étant une manifestation d’un soutien secret de la part de l’URSS. Paradoxalement, pour conjurer la menace d’une guerre sur deux fronts, il fallait la prévenir par l’attaque surprise. Pour les nazis, cette ruse était acceptable dans le sens où les populations de cette partie du monde étaient racialement en guerre contre leur propre race.
    • De plus l’URSS avait manifesté, lors des rencontres d’octobre 1940, un désintérêt total pour un partage du monde promis par les nazis. L’attitude de V. Molotov, qui exigeait des garanties de paix et le retrait des troupes Allemandes des régions proches de l’URSS (Finlande ; Etats Baltes ; Roumaine…), avait exaspéré Hitler. De plus, l’opinion publique et les publications de la Pravda prenaient une tournure largement pro-anglaise.
    • L’Allemagne nazie était largement dépendante, pour ses matières premières, de l’URSS. Cette dépendance allant croissant au fur et à mesure de la guerre, il lui fallait frapper pour éviter de devenir plus faible que son allié de circonstance, mais également pour pouvoir s’emparer de ces régions.
    • La guerre devenant plus longue, et les nazis étant très sensibles à l’attitude de la population Allemande, il fallait organiser un pillage en règle pour pouvoir maintenir ou élever le niveau de vie de la population et ainsi conserver une adhésion aux réalisations du régime.
    • Enfin, les nazis pensaient que l’URSS était beaucoup plus faible et moins cohérente que ce qu’elle n’était. Hitler pensait que « la construction pourrie » s’effondrerait. Mais elle a tenu bon !

    Une guerre terrible.

    Lorsque l’opération commence, elle est catastrophique pour l’URSS. Même si, contrairement à ce qu’on a pu proférer pendant une longue période, la direction soviétique ne s’est pas laissée surprendre. D’ailleurs, la fameuse semaine d’absence de Staline, supposé terrassé par l’annonce de l’invasion, est remise en cause par l’ouverture des archives du Politburo. Aussitôt l’invasion est annoncée que les rendez-vous se multiplient. La décision est prise : il n’y aura pas de paix de compromis. Dès avant l’invasion, l’armée mobilise – ce qui demande du temps – et la défense antiaérienne est mise en alerte. Cependant, il est clair que le gouvernement soviétique, et notamment Staline, ne voulaient pas donner le moindre prétexte pour que les Allemands attaquent.

    Les Allemands avancent très vite, après avoir détruit l’aviation soviétique au sol. Ils évitent les poches de résistance et réalisent des encerclements immenses, qui privent l’Armée Rouge de plus d’un million de soldats. L’immensité du pays permet au coin blindé de Guderian de se faufiler partout. L’Armée Soviétique est en pleine réorganisation après les leçons de la guerre contre la Finlande. La méfiance envers le risque bonapartiste avait poussé à dissoudre les corps blindés autonomes. Ils sont dispersés et ne peuvent s’opposer aux charges de Panzern.

    Carte des étapes de l'opération Barbarossa jusqu'au 5 ( Moscou ) et 9  décembre ( pour le secteur Sud et Rostov ) 1941. - Blog de  Carnets-de-Guerre-39-45
    Les trois secteurs de l’attaque.

    Mais lorsque les Allemands tombent sur des poches de résistance, la lutte est extrêmement âpre. La forteresse de Brest-Litovsk, encerclée le 22 juin, tombe le 29, tandis que les combats continuent sur les arrières. Les villes ne sont abandonnées qu’en ruine. La bataille de Kiev les retient de début Aout jusqu’au 26 septembre. Smolensk, verrou de Moscou, tient deux mois (10 juillet – 10 septembre). Odessa du 8 août au 16 octobre. Sébastopol tient du 24 septembre au 4 juillet…1942. Léningrad, deuxième ville du pays, n’est jamais prise. Ces opérations sont horriblement coûteuses en vies humaines et en matériel, mais elles permettent de gagner du temps. Les Allemands sont aussi épouvantés par la découverte des chars T-34 et KV-1, par la qualité de l’artillerie, des Orgues de Staline, et de l’équipement du soldat de base. De plus, la combativité individuelle est importante. A plusieurs reprises, les aviateurs soviétiques percutent volontairement les avions Allemands pour les détruire. Cette pratique du Taran, le bélier, connaît ses spécialistes. Certains ont jusqu’à trois Taran à leur actif. Surtout, les soviétiques avaient mis en place un minutieux plan d’évacuation des usines, lesquelles sont réinstallées dans l’Oural. Si les régions agricoles sont ravagées, l’URSS n’est pas vaincue.

    Les problèmes des Allemands.

    Plus les Allemands avancent, plus les problèmes surgissent.

    1. Le plan Allemand choisi par Hitler et par Hadler fonctionne en éventail. Les forces se dispersent progressivement. Hitler ne voulait pas non plus suivre la route la plus directe, utilisée par Napoléon, pour prendre Moscou. Au lieu de frapper ce centre logistique, économique et politique, il impose une série d’étapes.
    2. Les pertes sont plus lourdes que prévu et l’insécurité est totale sur les arrières du front. Les soldats s’épuisent sur les distances, alors que la motorisation de l’armée est très incomplète.
    3. Les réseaux routiers sont médiocres et permettent aux soviétiques, lors des périodes de Raspoutista, les pluies d’automne et de printemps, de reprendre leur souffle.
    4. Le temps se dégrade rapidement, tandis que les forces manquent pour clore certaines batailles comme la prise de Leningrad et de Sébastopol.
    5. L’Armée Allemande ne possède pas d’aviation à long rayon d’action qui lui permette de frapper les zones industrielles et hydro-électriques soviétiques.

    Finalement, en dépit de succès constants, les Allemands arrivent aux portes de Moscou dispersés et épuisés. L’opération Typhon, qui doit permettre de prendre la Capitale, échoue en vue de son objectif. Avec l’Hiver, les soviétiques reprennent l’offensive et dégagent la capitale, qui ne sera plus menacée. La guerre-éclair vient d’arriver à ses limites. La victoire totale lui échappe désormais, tandis que l’URSS a survécu. Mais à quel prix ?

  • Communiqué de l’ATIK sur l’assassinat de Deniz Poyraz.

    Communiqué de l’ATIK sur l’assassinat de Deniz Poyraz.

    La Confédération des Travailleurs de Turquie en Europe a communiqué sur l’assassinat commis le jeudi 17 juin à Izmir. Nous retransmettons celui-ci.

    HDP n’est pas seul !

    DENİZ POYRAZ VİVRA DANS NOTRE COMBAT

    Le Parti démocratique Des Peuples (HDP – Etat Turcs), est constamment la cible des forces au pouvoir. Le jeudi 17 juin 2021, un assault armé a été mené contre le siège du parti à Izmir. La militante du HDP, Deniz Poyraz, qui se trouvait à l’intérieur à ce moment-là, a été assassiné. Nous condamnons l’attaque et promettons de garder Deniz Poyraz en vie dans notre lutte.

    Erdoğan et ses collaborateurs sont pris à leur propre piège.

    Le moment auquel cet assassinat a eu lieu est très significatif. Il est la conséquence des fissures dans l’intérêt des pouvoirs en place, en crise depuis longtemps. Le gouvernement de l’Etat turc a un grand nombre d’affaires sales dans ses placards, ce n’est un secret pour personne ! Il est chamboulé par l’une d’elles depuis des semaines. Ces affaires illustrent la manière dont l’Etat turc est une mafia qui s’est constituée en Etat. Elle est un Etat des gangs mafieux. Lorsque la mafia commet ses crimes, il reste silencieux, hormis de rares occasions où il est obligé de sortir de son silence pour ne pas perdre toute crédibilité.

    Le gouvernement ne peut pas apporter de solution à ses crises économiques et politiques.

    Il est coincé de toutes parts.

    • La jeunesse universitaire est debout à cause des méthodes d’éducation antidémocratiques.
    • Les femmes se dressent contre les politiques discriminatoires de genre, l’invisibilisation et la dévaluation de leur travail, le chômage, la pauvreté, la violence, les massacres et surtout l’abolition de la Convention d’Istanbul dans ce contexte d’offensive réactionnaire.
    • Les travailleurs et travailleuses ; les ouvriers et les ouvrières luttent, contre la précarité, le chômage et la pauvreté, maux toujours à l’ordre du jour mais surtout accrus pendant la pandémie.
    • La paysannerie ; est en révolte car elle ne peut plus produire à cause de l’agriculture et de l’élevage qui ont été liquidés. Elle est en révolte avec les catastrophes naturelles et technologiques telles que la pollution des mers, les tremblements de terre, les inondations, etc…
    • D’un autre côté, la lutte du peuple kurde et du HDP ne peut être étouffées, malgré les politiques d’oppression et de répression des masses. Des élus et élues sont arrêtés et emprisonnés sous de faux prétextes, des maires-adjoints sont démis de leurs fonctions et arrêtés. Ils sont remplacés par des administrateurs entre les mains de l’Etat. HDP est menacé d’interdiction depuis des semaines, mais malgré tout, la « roseraie sans épines » souhaitée ne peut être créée.
    • L’Etat turc voudrait jouer un rôle de puissance régionale. Mais les choses ne se passent pas comme souhaité au Moyen-Orient. Cet espace d’enjeu est constamment en guerre en raison des intérêts de la lutte des impérialistes. Ce sont des guerres pour des marchés, pour des zones d’influence, pour des points d’appuis géopolitiques. Malgré tout le soutien impérialiste à l’opération menée par le fascisme Erdoğan et ses collaborateurs AKP (Parti au pouvoir) MHP (Parti d’Action Nationaliste – extrême-droite), au sud du Kurdistan depuis le 23/24 avril n’ont pas pu atteindre le résultat souhaité. Comme lors des opérations précédentes, et de lourdes pertes ont été subies de la part de l’armée turque et de ses supplétifs.

    En somme Erdogan et ses collaborateurs sont sur le point de perdre le contrôle, car la société a largement perdu sa confiance… Son gouvernement est coincé de toutes parts. Naturellement, l’attention de la société devait se porter ailleurs et l’agenda devait changer. A nouveau, Erdogan utilise la guerre sale contre ses opposants, à la fois pour les écraser, à la fois pour détourner l’attention. Nous connaissons cette méthode depuis les massacres de Suruç, d’Ankara, etc… Chaque fois que le gouvernement se rend compte que son pouvoir commence à trembler, comme lors des élections de juin 2015, Erdogan et ses collaborateurs AKP se protègent en semant la mort.

    Erdogan est soutenu par l’Occident ;

    Après chaque réunion de l’OTAN, Erdogan a perpétré un nouveau massacre. L’OTAN adoube à chaque fois ces crimes de masse. En juin, il a reçu la bénédiction de la part des impérialistes européens et américains lors de la réunion de l’OTAN tenue à Bruxelles.

    La délégation internationale pour la paix, voulait se rendre de l’Europe au Kurdistan du Sud. Elle devait venir pour tenir des pourparlers afin de mettre fin à la guerre. Elle a été bloquée par l’État allemand à l’aéroport de Düsseldorf. La déclaration de l’Allemagne a été : « votre visite nuirait aux relations entre l’Allemagne et la Turquie » est, de fait, une indication claire du soutien impérialiste accordé à Erdoğan.

    Bien que l’on sache qu’il existe environ 5 000 agents d’Erdoğan en Europe occidentale, le manque d’intervention des gouvernements des États européens est un soutien. De même, malgré les avertissements de tous les révolutionnaires progressistes de Turquie et du Kurdistan, la poursuite des ventes d’armes à la Turquie illustre aussi ce soutien.

    À la lumière de tous ces faits, en tant que Confédération des Travailleurs de Turquie en Europe nous condamnons une fois de plus cette attaque menée par les représentants actuels du fascisme turc. Nous nous inclinons respectueusement devant la mémoire de notre bien-aimé Deniz Poyraz, et nous disons  : « C’est le jour où toutes les forces démocratiques, le peuple Kurde, ceux et celles qui luttent apportent leur soutien sans réserve au HDP. Aujourd’hui, nous luttons côte à côte contre le fascisme ! N’oublions pas que la rébellion contre l’oppression est légitime ! »

    • A bas le fascisme !
    • Vive la Lutte Unie des Peuples !
  • Le fascisme turc assassine encore !

    Le fascisme turc assassine encore !

    Une nouvelle fois, le parti HDP est visé par l’Etat Turc. Comme à plusieurs reprise, le modus operandi est le même : les services secrets emploient des ex-détenus, des mafieux, des criminels, et s’en servent comme supplétifs pour commettre leurs crimes. Nous ne pouvons ainsi pas oublier l’assassinat, à Paris de Sakine Cansiz, 54 ans, une des fondatrices du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Fidan Dogan, 28 ans, et Leyla Saylemez, 24 ans. Aujourd’hui, c’est Deniz Poyraz qui est tombée sous les balles d’un assassin.

    Le HDP est visé depuis plusieurs années par des attaques politiques sévères du gouvernement AKP, en particulier depuis les élections générales du 7 juin 2015. Nous avons fait face à des opérations de police, des arrestations et des détentions, mais aussi à des attaques physiques qui ont été perpétrées par des foules ultranationalistes, dirigées ou provoquées par le gouvernement. Des milliers de membres, de cadres et de co-maires du parti ont été arrêtés et détenus tout au long de cette période, et de graves attaques physiques ont eu lieu en conséquence de la politique de criminalisation menée par le gouvernement contre le HDP. La dernière attaque physique a eu lieu contre le siège régional du HDP à İzmir, et, malheureusement, une jeune femme qui se trouvait dans le bâtiment a été assassinée par les tirs de l’assaillant.

    Le 17 juin 2021, l’assaillant armé d’un fusil de chasse a attaqué notre bureau à İzmir. Deniz Poyraz, la fille d’un employé du parti, qui se trouvait dans les locaux, a perdu la vie suite aux tirs de l’agresseur. Comme l’ont déclaré les responsables de notre parti à İzmir, notre siège régional est visé depuis des mois. Il y a un mois environ, la police a mis en place un point de contrôle devant le bâtiment où campe une famille qui proteste contre le HDP, alléguant que son enfant a été emmené dans les montagnes par le PKK. Les responsables de notre parti à İzmir avaient prévenu la direction de la police et le gouvernorat d’une possibilité de provocation, en vain. Il est également important de préciser que cette attaque, comme les précédentes, s’est déroulée sous les yeux de la police sans aucune intervention, ni prévention. Notre bâtiment a été bloqué par la police juste après l’incident ; les responsables du parti et la mère de Deniz Poyraz ont été empêchés d’y d’entrer.

    Ce n’est pas la première fois que nos bureaux sont attaqués. Juste après les élections générales de juin 2015, puis à nouveau en 2016, des centaines de nos bureaux, dont notre siège à Ankara, ont été attaqués par des foules racistes, et beaucoup ont été incendiés. Ces attaques se sont également produites sous les yeux de la police et du ministère de l’Intérieur, qui n’ont pris aucune mesure pour les empêcher ou pour en poursuivre les auteurs. Toutes nos tentatives de communication avec les représentants de l’État et du gouvernement concernant ces attaques sont restées sans réponse. Jusqu’à présent, personne n’a été traduit en justice pour les attaques contre les membres et les bureaux de notre parti.

    Cette dernière attaque meurtrière, dans laquelle une jeune femme a été assassinée, est le résultat de la politique de criminalisation du gouvernement contre le HDP. Ce n’est pas une coïncidence si l’attaque a eu lieu alors que l’affaire Kobanê se poursuit et que le HDP est menacé de fermeture. En outre, dans une période où les relations sales entre le gouvernement et la mafia ont été mises en lumière, cette attaque montre une fois de plus que le HDP est ciblé dans une phase chaotique et critique.

    Il est clair que la coalition AKP-MHP est la principale responsable de cette grave attaque. Les groupes qui ont attaqué nos bureaux ont toujours été encouragés par les incitations du gouvernement à la haine et au racisme contre le HDP. Nous invitons la communauté internationale démocratique à faire pression sur le gouvernement turc pour qu’il mette fin à la politique de criminalisation contre le HDP et empêche les attaques contre ses membres et les bureaux de son parti.

    Feleknas Uca & Hişyar Özsoy, Co-porte-paroles du HDP pour les affaires étrangères

  • 106e anniversaire du génocide des Suryoye, Arméniens et Grecs de Pontos, commis par l’Empire ottoman en 1915.

    106e anniversaire du génocide des Suryoye, Arméniens et Grecs de Pontos, commis par l’Empire ottoman en 1915.

    Le ministre de l’Intérieur par intérim de l’époque a ordonné une « réinstallation massive » de tous les Suryoye, Arméniens et Grecs de Pontos vivant dans l’Empire ottoman. Les Suryoye se réfèrent à ce chapitre sombre de leur passé comme Sayfo, en araméen : épée. La Turquie continue de nier les crimes commis contre les peuples chrétiens dans l’Empire ottoman. Cependant, la reconnaissance du Sayfo de 1915 est d’une importance capitale pour les Suryoye et la mémoire collective de ce peuple.

    Les réinstallations massives se sont transformées en marches de la mort, des centaines de milliers de Suryoye ont erré sans but dans le désert de Mésopotamie et y sont morts. 500 000 Suryoye, 1,5 million d’Arméniens et 300 000 Grecs du Pontos ont été victimes du génocide, soit un total de plus de 2,3 millions de personnes. Les faits historiques à ce sujet sont toujours niés en Turquie, les livres d’histoire restent falsifiés et quiconque évoque le génocide, en tant que journaliste par exemple, s’expose à de sévères représailles.

    Les biens et les terres des Suryoye et des autres minorités chrétiennes ont été confisqués par le gouvernement ottoman ou turc. Les biens confisqués de la minorité non-musulmane constituent la base économique de la République turque.

    Aujourd’hui, l’oppression, la persécution et le meurtre du peuple Suryoye par l’État turc fasciste se poursuivent. De 1987 à 1998, plus de 45 Suryoye ont été enlevés, torturés et assassinés dans la ville de Midyat. Les Suryoye ne sont pas reconnus en Turquie comme un peuple distinct avec une langue, une histoire et une culture. Ainsi, l’acquisition de biens, la construction ou la préservation des bâtiments de l’église sont semées d’embûches, la formation de la prochaine génération de prêtres et l’enseignement officiel de la langue araméenne sont interdits. Les Suryoye sont dénigrés dans les manuels scolaires turcs comme des traîtres à la patrie. Les champs des Suryoye sont régulièrement incendiés par l’armée turque sous prétexte de combattre la guérilla kurde. Avec l’occupation de la Turquie dans le nord de la Syrie, qui est contraire au droit international, et le soutien des milices terroristes djihadistes fascistes, l’État fasciste de Turquie commet un nouveau génocide contre le peuple Suryoye en Syrie et en Irak.

    L’impérialisme allemand poursuit également sa politique d’intérêts avec et pour le gouvernement fasciste turc et criminalise et persécute les activistes révolutionnaires Suryoye en Allemagne.

    Pour commémorer le 100e anniversaire du génocide des Suryoye de 1915 en Turquie, des Suryoye intellectuels de Tur Abdin se sont réunis et ont fondé le Mouvement populaire révolutionnaire Suryoye (araméen. Suryoye Qauwonye) à Midyat en 2015.

    La lutte pour la reconnaissance du génocide des Suryoye fait partie de la lutte anti-impérialiste mondiale. Pour gagner, il faut construire des partis révolutionnaires et promouvoir l’union et la coordination dans l’ICOR. La construction du front uni anti-impérialiste et antifasciste est également à l’ordre du jour !

    A l’occasion du 106ème jour de commémoration, le 15 juin 2021, nous, comme l’ICOR, exigeons immédiatement, sans condition et avec toutes les conséquences :

    – Reconnaissance du génocide contre les Suryoye par l’Etat turc !

    – La reconnaissance du Suryoye en tant que peuple autochtone en Turquie et une protection constitutionnelle de ses droits et libertés !

    – L’égalité devant la loi avec les autres citoyens vivant en Turquie sans aucune discrimination selon leur religion, leur langue, leur ethnie et leur région géographique !

    – Le droit à la diffusion de la langue araméenne !

    – Le droit à la culture et aux traditions araméennes !

    – Le droit à la pleine pratique de la religion et la restitution des biens expropriés !

    – Le droit de retour !

    – Droits de l’homme et justice pour le Suryoye assassiné !

    Signataires (en date du 15/06 2021, d’autres signataires sont possibles):

    1. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    2. БРП(к) Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes))
    3. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
    4. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    5. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    6. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    7. MIKSZ Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise)
    8. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    9. UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa (Union marxiste-léniniste portugaise)
    10. RMP Российская маоистская партия (Rossijskaya maoistskaya partiya) (Parti maoïste russe)
    11. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    12. SGB Suryoye Gawonoye d´Bethnahrin (SGB Araméens communistes de Mésopotamie), Turquie
    13. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    14. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    15. UoC Union of Cypriots (Union des Chypriotes), Chypre
    16. UC Unité Communiste, France

    Signataires additionnels (Non-ICOR):

    1. International Solidarity United Front of Suryoye (ISUF-S)
    2. National Council of the Suryoye of Mesopotamia (MUSB)
    3. Popular Front of Suryoye (Turkey)
    4. Popular Front of Suryoye in Europe
    5. People’s Council of Suryoye (Turkey)
    6. People’s Council of the Aramean Suryoye
    7. People’s Council of the Assyrian Suryoye
    8. People’s Council of the Chaldeans Suryoye
    9. People’s Council of the Suryoye in Syria
    10. People’s Council of the Suryoye in Europe (Germany, Austria, Switzerland, Sweden, Netherlands)
    11. People’s Movement Revolutionary Suryoye
    12. Suryoyutho TV

    (Les Suryoye d’aujourd’hui sont d’origine sémitique et leurs racines remontent aux anciens peuples du Proche-Orient et aux civilisations avancées de Mésopotamie, les Akkadiens, les Babyloniens, les Assyriens, les Araméens et les Chaldéens. Ils sont également connus sous les noms d’Araméens, d’Assyriens, de Chaldéens, de Syriens, ainsi que sous d’autres termes régionaux ou confessionnels tels que Syriaque orthodoxe, Maronites, Melkites, Église chaldéenne et Église assyrienne. Le terme ethnique générique est « Suryoye ». La patrie des Suryoye est le Proche-Orient et se concentre dans la région mésopotamienne (Beth Nahrin), connue comme le berceau de la civilisation.)

  • Papacito et le fascisme internet. (2/2)

    Papacito et le fascisme internet. (2/2)

    Mais cette faiblesse est apparente !

    Les fascistes en sont conscients. D’où cette curieuse dissonance cognitive quand ils parlent de l’extrême-gauche. D’un côté, ils soulignent sa faiblesse, son apathie, sa supposée fragilité. De l’autre, ils piochent allègrement dans le répertoire de la Guerre Froide pour souligner sa nature supposément criminelle, totalitaire, dictatoriale. Cette dissonance renforce d’ailleurs l’impression d’un discours pleurnichard de leur part, dans lequel les surhommes semblent bien embêtés par cette poignée de gauchistes.

    Mais cette dissonance est aussi un reflet intéressant : celle de l’imbrication entre tactique et stratégie, mais aussi entre court terme et temps long. Pour le moment, pour les fascistes, le mouvement de gauche extra-parlementaire n’est pas forcément en mesure de les entraver dans l’immédiat. Mais sur le long terme, et dans la stratégie d’ensemble, elle est la grande menace pour eux, notamment car elle veut bouleverser la société, tandis que les fascistes s’arc-boutent vers le passé.

    D’ailleurs, ce constat est partagé par la bourgeoisie. C’est en pleine conscience de ces faits qu’elle réagit. Elle a tiré elle même ses conclusions des mouvements révolutionnaires, et s’y adapte. La campagne de persécution contre l’islamo-gauchisme ressemble à s’y méprendre à une attaque à la fois de diversion, mais aussi à un travail préventif.

    • Une diversion dans le sens où les gouvernements réactionnaires ont toujours tiré un très grand bénéfice de l’inégalité de traitement et de la division de ceux qui subissent l’exploitation. En appuyant des campagnes racistes, mais aussi en les initiant (nous n’oublions pas qu’un provocateur comme Hortefeux avait organisé un débat sur l’identité nationale… à Vichy!), les exploiteurs peuvent jouer les uns contre les autres. Et faire ainsi perdre tout le monde.
    • Une prévention dans le sens où rien n’est réellement figé. Si, à l’heure actuelle, la gauche extra-parlementaire est fragile et divisée, il n’en reste pas moins qu’elle possède, dans l’ensemble, une volonté de faire ce que personne d’autre ne peut faire : défendre l’intérêt politique des exploités et des exploitées. Plus le temps passe, plus la situation économique est délétère, donc plus les possibilités que les discours de ce type (Révolution, Commune, Démocratie Populaire) fraient leur chemin sont grandes.
    • Il est clair que des luttes importantes vont naître ces prochaines années, et qu’elles seront bien plus féroces et bien plus politiques que celles qui ont existé avant. Dans ce cadre, s’en prendre aux « gauchistes » est une bonne manière de pouvoir stériliser un terrain dangereux, et détourner les luttes sociales vers des issues sociales-chauvines ou sociales-impérialistes : c’est à dire vers l’accompagnement de la bourgeoisie dans ses projets impérialistes, en espérant en tirer des miettes.
    • On retrouve alors une pratique à plusieurs niveaux :
      • Se moquer ou dénigrer les mouvements révolutionnaires (notamment par le matraquage anti-communiste). Dans le même temps intégrer leurs réalisations dans une narration républicaine-libérale (comme le PS avec la Commune de Paris).
      • Limiter les possibilités d’expression de ces courants dans les médias.
      • Utiliser la corruption et intégrer dans le jeu républicain les éléments les plus influents pour les affaiblir.
      • Utiliser la répression et l’intimidation au dessus de cela lorsque les choses prennent une tournure moins favorable… etc.
      • En fin de compte, faire appel à une répression extra-judiciaire et extra-légale : c’est le rôle des fascistes.

    La bourgeoisie ne fait pas cela parce qu’elle est méchante, mais bien parce qu’elle a des intérêts, qu’elle en est très consciente, et qu’elle se mobilise pour les défendre.

    Il est clair que les fascistes sentent, flairent, que le vent souffle en leur faveur.

    Nous ne pouvons pas écarter que des risques existent, et qu’ils faut les prendre au sérieux. L’extrême-droite est décomplexée. Elle a raison de l’être : c’est elle qui dicte les mots d’ordre de la campagne présidentielle et législative : sécurité, immigration, terrorisme… Elle est parvenue à glisser sa présence tentaculaire dans l’ensemble des compartiments de la société et à polariser l’ensemble de l’échiquier politique.

    En somme, elle est parvenue à imposer une certaine hégémonie au sens où Gramsci l’entend. Ainsi, des partis comme le PCF, qui n’ont pas la capacité de proposer eux-même un projet de société, se positionnement par rapport aux mots d’ordres de l’extrême-droite, en leur accordant un certain bien-fondé du même coup.

    Elle se heurte aussi à un phénomène : celui de la longue transition libérale. Cette longue transition est l’aboutissement d’un processus entamé avec les Lumières et 1789, qui vise à établir une égalité juridique entre les citoyens et les citoyennes d’un même pays. Dans les faits, les mouvements LGBT+, les mouvements féministes, antiracistes… s’inscrivent dans ce processus d’instauration de l’égalité juridique. Ils ne sont pas révolutionnaires en soi, ils sont des processus démocratiques.

    Mais ces processus démocratiques mettent en exergue des limites : le lien entre discrimination raciale et sociale, le lien entre féminisme et patriarcat, le poids de la tradition, du passé, de la culture du viol…etc. Et s’en est déjà trop pour certains, notamment pour les fascistes, qui exigent deux choses :

    • Le retour à une société d’avant les lumières : c’est à dire le rejet des principes d’universalité de l’Homme en tant qu’espèce, les principes d’égalité juridique… etc. Ils s’opposent donc au projet universel dans lequel s’inscrit un large spectre allant des libéraux aux anarchistes, et lui opposent des particularisme : raciaux, identitaires, traditionnels… qui doivent servir à cloisonner les peuples entre eux, et à sanctionner, au nom de leur identité, leur droit à la domination.
    • Le retour à une société organique, d’ordre, dans laquelle la communauté est placée au dessus de tout, et dans laquelle les rapports sociaux sont noués autour de ce principe premier. Mais par communauté, par cette conception étroite de la Nation, les réactionnaires n’entendent rien d’autre que l’intérêt suprême de la bourgeoisie.

    Et c’est leur seul projet : un projet d’enfermement, d’incarcération de la population. Un projet de soumettre et d’écraser la population pour la mouler dans un rôle : celui de laquais de la bourgeoisie.

    Se regarder en face :

    Il y a un contre-discours à construire et à développer, un contre-discours qui soit capable d’expliquer les évolutions du monde. Non pour les défendre, mais bien pour tracer des perspectives de succès. Si la gauche parlementaire s’est réfugiée toujours plus dans les compromis et dans la soumission au contrat républicain avec la bourgeoisie, la gauche extra-parlementaire subit aussi des influences néfastes. Il ne faut pas écarte un certain conspirationnisme de gauche, qui s’est affirmé cette dernière année, notamment en réaction aux politiques confuses de lutte contre la pandémie.

    Mais il y a aussi cet insupportable renoncement à regarder la réalité en face, à rester dans un sentiment d’irréalité. Mise au défi de tracer des perspectives, l’extrême-gauche ne parvient pas à s’imposer. Elle est prisonnière de sa faiblesse, de ses divisions, de ses luttes de chefferie. C’est là un obstacle que chacun connaît, mais que, par peur, personne ne veut traiter sérieusement. Même nous, nous avons ces germes entre nous. Même nous, nous avons aussi peur. Mais il nous faut accepter cela: avancer ou bien accepter de disparaître.

    Zemmour a apporté son soutien à Papacito, tout comme toute une partie de l’extrême-droite. Mais les fascistes ont beau fantasmer sur les muscles puissants, les armes, les « helicopter rides »… Il n’en reste pas moins que nous avons quatre choses à leur dire :

    1. S’il est vrai que le gauchisme ne protège pas des balles, les balles n’assassinent pas la mémoire. Tandis que les nôtres sont morts au mont Valérien et vivent toujours dans les luttes, les leurs sont tombés sous les balles des cours martiales d’après guerre, et leur nom n’inspire plus que la réprobation.
    2. S’il est vrai aussi que l’extrême-gauche n’est pas islamophobe, elle contribue à lutter contre les pratiques réactionnaires dans l’ensemble de la société, y compris dans les quartiers populaires. En revanche, on ne peut que noter que les fascistes ont le même programme que Daech en terme de société. Ils sont peut-être simplement jaloux ?
    3. Il est assez amusant de voir que, en dehors de twitter et des réseaux sociaux, leur action se limite à des ratonnades et à des agressions de bas étage. Et tandis que nous avons des camarades, des connaissances, des amis qui sont tombés dans les batailles illustres du Rojava, eux sont ceux qui signaient des contrats pour Lafarge, ou qui vendaient des armes aux terroristes.
    4. Leurs régimes, fascistes ou d’inspiration fascistes, sont tous tombés. Et ils ne sont même pas toujours tombés du fait de l’action populaire, même si elle joue un rôle plus que central dans l’effondrement de certains d’entre eux. Ils sont aussi tombés car ils étaient devenus inutiles, et que leurs frasques dispendieuses n’étaient plus nécessaires pour stabiliser les marchés et pour satisfaire la bourgeoisie.

    « La bataille de l’Internet, on est en train de la gagner, peut-être la bataille électorale, regardez Zemmour (…), nous sommes la nouvelle hype ». C’est vrai, ils sont une mode. Une mode temporaire, un bouche trou, un fusible pour restaurer un ordre exploiteur. Mais même leur succès cause leur propre perte. Car, pour l’ordre capitaliste, la gauche extra-parlementaire est une menace stratégique. A l’inverse, pour nous, les fascistes sont plus une division tactique des réactionnaires, une branche de la tenaille capitaliste, mais ils restent des marionnettes et des outils des exploiteurs. Quand ils sont parvenus à leurs fins, alors, la bourgeoisie les a tout simplement congédiés. Les jetant comme de vulgaires kleenex. Car telle est aussi la dure conclusion de leur existence, en tant que paillasson des exploiteurs.

  • Papacito et le fascisme internet. (1/2)

    Papacito et le fascisme internet. (1/2)

    Dans une vidéo Youtube, depuis retirée, le youtubeur d’extrême-droite « Papacito » et Code Reinho, un fanatique d’armes, se sont mis en scène. Dans une parodie d’exécution, ils ont tiré sur un mannequin vêtu d’un T-shirt avec des inscriptions telles que « Je suis communiste » ou « Dhimmi ».

    Cette vidéo n’est en soit qu’une élucubration de plus. Si elle va un peu plus loin dans la décomplexion de la violence, elle n’en est pas moins une simple vidéo de plus. Elle n’est pas la première opération du provocateur « Papacito », qui s’est fait contraire pour plusieurs appels à la violence. On peut ainsi se rappeler de son #monteuneéquipe qui appelait à organiser des agressions contre les militantes et militants d’extrême-gauche.

    Il y a deux choses dans cette vidéo : d’une part, la bouffonnerie, de l’autre le sérieux.

    • Ugo Gil Jimenez, alias Papacito, est un bouffon au sens premier du terme. C’est un producteur de divertissement réactionnaire. Il a beau porter « le même treillis que mettaient les types qui allaient faire des crimes de guerre dans les villages vietnamiens », il n’en demeure pas moins que nous savons très bien qui a remporté cette guerre. Et les siens se sont rendus.
    • Cette culture Youtube, cette mise en scène virile, guerrière, est effectivement porteuse pour un certain public désœuvré, frustré, perdu devant un monde qui semble dénué de repères et de sens. Car le public auquel s’adresse cette rhétorique n’est guère le surhomme Nietzschéen.
    • Il ne produit pas des discours particulièrement construits, particulièrement intelligents, mais sa bouffonnerie contribue à alimenter un espace culturel. Et cet espace culturel, nébuleux, prend de l’importance. Elle draine inlassablement de nouvelles personnes vers les réseaux d’extrême-droite, notamment en jouant sur quelque chose que la très grande majorité de la gauche ne sait pas faire. Le « franc-parler », gouailleur, de l’extrême-droite est quelque chose qui reste sa chasse gardée.
    • Il n’y a pas de mystère à cela : les organisations de gauche proposent des modèles théoriques et des déclinaisons idéologiques de celui-ci, tandis que la droite se contente d’une weltanschauung, une vision du monde. Elle n’a pas besoin d’être cohérente, elle n’a pas besoin d’être logique, mais elle a besoin d’être vendeuse. Ce n’est pas un hasard, d’ailleurs, si des champions du marketing, comme le Dr. Franz Alfred Six, Brigadeführer-SS et chef du marketing de Porsche. Offrir à un public vulnérable, esseulé, ce qu’il veut entendre, un discours calibré pour l’individualisme et la vengeance, est une grande spécialité de la droite radicale.
    • Le format Youtube et les vidéos aux montage hachuré, les argumentaires mille-feuille, sont des supports qui correspondent parfaitement aux moyens et aux fins des fascistes : ils ne sont pas dans l’explication de fond, mais sont dans une agitation/propagande basique, énergique, mobilisatrice. D’ailleurs, l’importance de ces médias n’a pas échappé aux cercles du pouvoir. Le concours d’anecdote de Mcfly et Carlito et le concert d’Ultravomit dans le jardin de l’Élysée rentre dans ce cadre une apothéose du spectacle politicien, basé uniquement sur l’image, et niant totalement le fond politique.
    • Il faut prendre avec sérieux l’influence croissante et la capacité de diffusion des idées de personnage aussi ridicules que le boutiquier Soral ou que le clown Papacito. La sous-estimation de leur portée est un véritable danger. Ils le sont, car, contrairement à ce que leur posture de dissident ou d’outsider laisse supposer, ils bénéficient d’une complaisance et d’une complicité tacite de la part des autorités et des institutions. Même le gratin des intellectuels et des philosophes français (Onfray, Finkielkraut, Enthoven) est derrière eux. Ils adoubent ce programme de « régénération » du pays. Ce n’est pas qu’ils soient particulièrement intelligents, bien au contraire, c’est qu’ils représentent des options qui pourraient être utiles si jamais une crise de régime s’installaient.

    La vidéo en tant que tel est à l’image de l’extrême-droite française : une exacerbation d’une virilité qui camoufle mal sa fragilité, son inquéitude devant un monde qu’elle ne comprend plus, qui lui échappe. Un monde dans lequel sa vision pétrifiée du passé, un passé inventé, fantasmé, ne trouve pas prise. Déjà, c’est cet univers sombre, de peur, d’anxiété, guidait les Akadamikern nazis. Aujourd’hui, les bas de plafond fascistes emboîtent le même pas : celui de la crainte de l’effacement. Rien de neuf sous le Soleil Noir en somme.

    Si nous devons déterminer qui est « le fragile », posons-la question ? Est-ce que ce sont ceux et celles qui mettent leur confiance dans la grande majorité de la population, qui mettent leur confiance dans la possibilité de s’émanciper autour d’un projet universel, de résoudre les maux, les problèmes, d’aller vers l’espace ? Ou est-ce que ce sont les nostalgiques des Wisigoths, qui veulent se replier sur leurs fiefs, leurs terres, leurs paroisses, en étant terrifiés d’un peu trop de mélanine ?

    Mais ce qui est par contre révélateur, c’est l’inégalité de traitement.

    Lorsque la police commet des crimes, lorsque des tueurs à gage sont embauchés pour liquider un syndicaliste, ou lorsque des clowns fascistes font ce genre de vidéos, les réactions sont ténues. Dès que l’extrême-droite organise une action brutale, tout est mis en œuvre pour minimiser les faits. Les mobiles politiques, idéologiques, racistes… sont systématiquement minimisés, la dimension individuelle, psychologique est exacerbée. Quant aux responsabilités extérieures, à l’encouragement de la part d’agitateurs et de provocateurs, elles ne débouchent sur rien.

    Imaginer l’inverse paraît fou. Imaginons le symétriques de ces actions et de ces discours, tenus par des minorités ou par l’extrême-gauche : cela serait un déferlement de haine et de brutalité.

    Un exemple : En 1972, la gauche propose un programme commun. C’est un programme réformiste assez basique et celui-ci est d’ailleurs une grande défaite stratégique pour le PCF. Pourtant, il condense certains espoirs dans la population, et la bourgeoisie, contrairement à l’élection de Hollande, n’a pas besoin de l’alternance. Elle initie un immense mouvement de fond au sein de la société pour lutter contre l’influence des idées de gauche dans la société. Cela se traduit pas un soutien sans failles à toutes les tendances anticommunistes, à tous les penseurs réactionnaires, pseudo-gauchistes, mais en réalité de droite. Si une élection suffit, qu’en sera t’il du jour où les révolutionnaires seraient en force.

    Pour le moment, que représente le mouvement gauchiste ?

    Que pèse le mouvement gauchiste en France ? Est-il une menace pour l’État ? Pour le moment non. La grande majorité des groupes politiques ont des audiences restreintes. Ceux qui ont su s’accroître restent dans le flou stratégique ou se divisent, comme le NPA, qui connaît une série de crise internes. Tactiquement, les groupes autonomes peuvent donner du fil à retordre à la police. Mais la menace gauchiste, le risque d’un nouveau 1871 est pour le moment assez faible.

    Nous pensons que cette vidéo est à la fois une insulte, mais aussi un miroir tendu vers nous-mêmes et vers l’image que renvoient la gauche parlementaire et extra-parlementaire. Cette image est déformée, brouillée par une grille de lecture abjecte, mais elle est néanmoins un miroir.

    Les « gauchistes seront démunis si quelque chose de pas prévu se passe dans les années prochaines» déclare « Papacito ». Il y a du vrai. Les mouvements révolutionnaires ne se sont pas forcément renforcés ces dernières années. Elle nous renvoie à nos propres faiblesses, notamment le fait de courber l’échine sous les injonctions morales exigées par la bourgeoisie. Injonctions qui ont été dictées au nom de l’anti-totalitarisme et de l’anti-communisme. Ce sont des injonctions à ne rien entreprendre de sérieux, de menaçant, à essayer d’être les gentils de l’histoire.

    Plus le temps passe, plus ces injonctions morales deviennent des poisons qui entravent le but des mouvements révolutionnaires : remporter la victoire définitive contre le capitalisme, l’impérialisme et les formes d’exploitation et de colonialisme.

  • Solidarité avec la lutte des masses au Myanmar contre le régime militaire fasciste

    Solidarité avec la lutte des masses au Myanmar contre le régime militaire fasciste

    Nous sommes signataires de ce communiqué de l’ICOR. Il nous paraît important de préciser une chose : l’implication de notre impérialisme dans cette affaire. Total, grand cartel du pétrole, est ainsi noyé jusqu’au cou dans de sales affaires avec la Junte. Des centaines de millions d’euros ont été versés pour obtenir la possibilité d’exploiter le pétrole Birman. Cette implication, avec l’aval de l’Etat français, est une illustration de l’adage ; l’argent n’a pas d’odeur. Notre faiblesse et notre fragmentation joue un rôle dans les possibilités qu’ont les Etats comme le nôtre de mener des politiques de ce type. Les combattre est essentiel !

    Cependant, aussi cruelle soit cette dictature, nous considérons que le qualificatif fasciste suscite des questions. Il nous paraît important de distinguer dictature militaire et fascisme, qui sont des régimes possédant des caractéristiques distinctes, notamment une volonté d’implication et de mobilisation des masses autour d’un projet. Indépendamment de cette question, nous saluons les luttes au Myanmar et leur combativité ! Courage à eux et à elle !

    Depuis le coup d’État militaire du 1er février, date à laquelle le gouvernement militaire a pris le contrôle du pays, la population du Myanmar se bat contre le gouvernement militaire.

    La population du Myanmar est descendue dans la rue pour manifester et protester contre le coup d’État du gouvernement militaire. En plus des manifestations, les travailleurs, les étudiants et les hommes d’affaires birmans se sont mis en grève. Contre toute attente, le peuple birman s’est uni et a combattu le pouvoir du gouvernement militaire avec une défiance mortelle.

    Cependant, le gouvernement militaire a mené une répression brutale contre le peuple birman. Au moins 114 personnes ont été tuées le 27 mars, le jour de la formation de l’armée du Myanmar. Jusqu’à présent, 818 civils birmans ont été tués, dont 44 enfants, selon Reuters. L’Association d’assistance aux prisonniers politiques (AAPP) estime que le nombre est beaucoup plus élevé. Au moins 4300 Birmans ont été arrêtés. Nous voudrions dire ici aux masses combattantes du Myanmar : nous, l’ICOR, nous serons toujours à vos côtés et nous lutterons pour renverser le gouvernement militaire.

    Votre lutte fait partie des luttes mondiales pour la liberté et la démocratie dans le système mondial impérialiste en crise. Ce qui est important, c’est son orientation pour suivre cette voie des intérêts propres sans s’appuyer sur une puissance impérialiste étrangère. Nous appelons les travailleurs, les femmes et les jeunes : Organisez-vous dans les syndicats et le parti révolutionnaire, reconstruisez-les et renforcez-les !

    L’ICOR est du côté de la lutte contre le régime militaire au Myanmar et ses méthodes fascistes !

    Signataires (en date du 07/06 2021, d’autres signataires sont possibles):

    1. ORC Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo
    2. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie
    3. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    4. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    5. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    6. MLOA Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)
    7. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    8. SPB Socialist Party of Bangladesh (Parti socialiste du Bangladesh)
    9. NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    10. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
    11. NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
    12. CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
    13. БРП(к) Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes))
    14. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
    15. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    16. UC Unité Communiste, France
    17. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    18. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    19. UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa (Union marxiste-léniniste portugaise)
    20. RMP Российская маоистская партия (Rossijskaya maoistskaya partiya) (Parti maoïste russe)
    21. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    22. TKP-ML Türkiye Komünist Partisi – Marksist-Leninist (Parti communiste de Turquie – marxiste-léniniste)
    23. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    24. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    25. UoC Union of Cypriots (Union des Chypriotes), Chypre
    26. NPCH (ML) Nouveau Parti Communiste Haϊtien (Marxiste-Léniniste)
    27. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    28. BDP Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
    29. PPP Partido Proletario del Perú (Parti prolétarien du Pérou)
    30. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    31. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
    32. PS-GdT Plataforma Socialista – Golpe de Timón (Plate forme Socialiste – Changement de direction), Vénézuela
  • Pensionnats de l’horreur au Canada

    Pensionnats de l’horreur au Canada


    Une plaie encore ouverte du génocide des Indigènes.

    215 corps d’enfants ont été retrouvés enterrés discrètement sous le pensionnat de Kamloops, en Colombie-Britannique. Cette nouvelles effroyable révèle une réalité qui n’a rien de secret pour les indigènes d’Amérique, mais qui passe sous le nez des colons Canadiens, masqué et maquillé pendant des siècles.

    Les « Pensionnats Résidentiels Indiens » sont une institution publique canadienne crée dans les années 1820 par le « Département des Affaires Indiennes », et dont le dernier camp a fermé ses portes en 1997, gérée par l’église catholique canadienne et financée par l’état. On peut déjà s’exaspérer du titre de ce département et de ce programme, mais ce n’est que la surface de l’ampleur de ce programme de nettoyage ethnique.

    Leur but est simple, arracher à leurs parents et communautés les enfants indigènes (Premières Nations, Métis et Inuit), et les emprisonner dans des camps de torture et de lavage de cerveau, pour les conformer à la culture coloniale Canadienne, effacer leurs racines, donc pour citer les coupables « tuer l’indien dans le coeur de l’enfant ». Les « écoles » étaient suffisamment distancées géographiquement des réserves pour empêcher tout contact entre les enfants et leur communauté. Les réserves existent évidemment toujours, et sont des prisons en plein air pour les Indigènes.

    Un bilan terrible :

    Le bilan est accablant, des centaines et centaines de milliers d’enfants soumis à la torture, aux abus physiques, psychologiques, et sexuels, à l’hygiène déplorable du pensionnat, à la privation de nourriture, aux maladies, et privés de leur identité (voir le Gradual Civilization Act de 1857, qui efface littéralement le nom des Indigènes soumis à cette loi, pour le changer en un nom anglo-saxon ou francophone), et des milliers d’enfants massacrés à travers le pays, morts de maladie ou assassinés directement par leur geoliers. Les survivants, subissant les effets dévastateurs du traumatisme se sont organisés dans des structures associatives, mais font face a une relative indifférence, jusqu’à ce que les cadavres surgissent, littéralement.

    Justin Trudeau, le premier ministre libéral au visage de poupon, s’est indigné de la nouvelle, renvoyant la balle de la culpabilité vers l’église, oubliant que ces pensionnats sont le fait non seulement de l’état et de l’église, mais surtout du Canada en tant qu’entité coloniale. Trudeau s’est fait connaitre pour sa plastique avantageuse et sa langue de bois, faisant rêver les libéraux du monde occidental comme un gendre progressiste idéal, oubliant que sa politique reflète la déshumanisation totale des indigènes dans une société coloniale d’installation. On pense à la révélation navrante des costumes racistes qu’il a pu porter dans sa jeunesse, mais surtout le soutien de l’état à l’établissement de pipelines sur les territoires des natifs pour engraisser les géants du pétrole et du gaz. On ne sera pas dupe sur les excuses ou larmes versées par l’état colonial canadien devant l’état de fait. N’oublions pas non plus la responsabilité directe de la France dans cette campagne continue de nettoyage ethnique des autochtones, qui a commencé lorsque le territoire de l’actuel Canada était un dominion français.

    Un pays trop poli pour être honnête :

    Le Canada, est souvent peint stéréotypiquement comme un pays moderne, propre et utopique, ou tout le monde est poli et généreux, à contrario de son voisin plus bruyant, les Etats Unis, dont les plaies béantes de l’impérialisme et de l’esclavage sont plus difficiles à ignorer. La réalité est que le Canada a toujours été un empire colonial brutal et génocidaire, dont les campagnes d’assimilation et conquêtes contre les Indigènes sont à discuter au présent.

    Au fil des années, des commissions étatiques ont établi des bilans des conséquences de ces écoles, en terme de morts, enfants disparus, suicides et effets traumatiques, des efforts maigres de réconciliation et compensation ont été proposés. Mais la véritable victoire n’est pas une réconciliation, car il n’y a pas de réconciliation possible entre colonisés et colons. On ne peut pas parler d’excuses publiques et passer à autre chose quand le système en place qui propose réconciliation est celui qui est né directement de ce génocide, et dont ces pensionnats, réserves, pipelines sont des phases parmi d’autres. La victoire c’est la fin des colonies, la fin du Canada comme entité, la libération et l’émancipation véritable des peuples autochtones, le droit des peuples de disposer d’eux même, de vivre leur identité et faire vivre leur culture et leurs enfants, la mort de l’impérialisme. On ne peut pas recevoir un pardon sous forme monétaire lorsque l’immense territoire que représente le Canada est une terre arrachée et qui, elle, n’est pas l’objet de cette restitution et de réconciliation.