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  • Le pass-sanitaire adopté : quelles mesures ?

    Le pass-sanitaire adopté : quelles mesures ?

    Le 5 aout 2021, le Conseil Constitutionnel, saisi en urgence par le gouvernement et trois groupes parlementaires, a rendu son avis sur la loi dite du « pass sanitaire ». Plusieurs mesures ont été entérinées et d’autres ont fait l’objet d’une censure.

    Ce qui est adopté :

    Ainsi, la vaccination obligatoire des soignants et des soignantes a été entérinée au nom de « l’objectif de valeur constitutionnelle de protection de la santé ». Elle prendra effet le 15 septembre. Elle s’étend aussi aux pompiers, aux personnels des EHPAD, à certains militaires et aux bénévoles auprès des personnes âgées. Passé cette date, ceux et celles qui refusent la vaccination seront interdits d’exercer.

    L’accès à l’hôpital et aux maisons de retraites pour des « visiteurs ou les patients non urgents » sera également soumise au pass. La définition de l’urgence est laissée à « l’appréciation des soignants ».

    Le pass s’appliquera dans les cafés et restaurants, y compris en terrasse. Selon le conseil constitutionnel, la consommation dans les restaurants et les bars n’étant pas vitale, elle est considérée comme une « conciliation équilibrée ».

    Dans certains centres commerciaux et grands magasins, le pass pourra être exigé selon les circonstances. La loi indique qu’elle doit garantir « l’accès des personnes aux biens et services de première nécessité ainsi qu’aux moyens de transport accessibles dans l’enceinte de ces magasins et centres ». La nature des circonstances est laissée à l’appréciation des autorités préfectorales.

    Ce qui est rejeté :

    L’isolement obligatoire de 10 jours pour les malades a été rejeté. Il est considéré comme n’étant ni « nécessaire, adapté et proportionné » aux risques. Le C.C. a également déclaré que son caractère systématique était une privation de liberté, « sans décision individuelle fondée sur une appréciation de l’autorité administrative ou judiciaire ».

    Le C.C. a également censuré les dispositions prévoyant qu’un CDD ou qu’un contrat d’intérim puissent être rompu avant son échéance normale par l’employeur. En revanche, il a validé la mise à pied sans solde pour les CDI. France TV Info déclare que : « Un salarié sans justificatif sera suspendu, sans salaire. Si la situation perdure plus de trois jours, la personne sera convoquée pour un entretien afin d’examiner « les moyens de régulariser sa situation, notamment les possibilités d’affectation » sur un poste non soumis à l’obligation du pass. »

    Quant au C.C., il indique : « En prévoyant que le défaut de présentation d’un ‘pass sanitaire’ constitue une cause de rupture anticipée des seuls contrats à durée déterminée ou de mission, le législateur a institué une différence de traitement entre les salariés selon la nature de leurs contrats de travail qui est sans lien avec l’objectif poursuivi. »

    L’utilisation d’un pass sanitaire frauduleux sera puni d’une amende de 135€ et ne sera pas considéré comme un délit.

    Cette loi s’applique dans les dispositions actuelle jusqu’au 15 novembre, et non jusqu’au 31 décembre, comme prévu initialement.

    Autre nouveauté : les plus de 16 ans n’auront plus besoin d’autorisation parentale pour ce faire vacciné, tandis que seul l’opinion d’un parent sera nécessaire pour un mineur de moins de 16 ans.

    Une brève analyse :

    A la lecture des dispositions finales de cette loi, il est possible d’établir plusieurs choses. La première est que le caractère « totalitaire » de cette loi n’apparaît pas particulièrement. En revanche, elle impose une série de contraintes et de menaces de sanction envers les soignants et soignantes, mais aussi envers les salariés en général. Elle est une forme d’obligation vaccinale qui ne dit pas son nom -une vraie serait juridiquement très compliqué à mettre en œuvre. Dans un sens elle ne se démarque pas des autres obligations vaccinales :

    Il ne faut pas oublier que « Un salarié refusant de manière injustifiée une vaccination obligatoire peut se voir licencier par l’employeur », expliquait également en 2016 un rapport de l’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité), sur la vaccination au travail. « Celui-ci est en effet tenu à une obligation de sécurité de résultat envers ses salariés et doit, à ce titre, mettre en œuvre les mesures appropriées pour les protéger au travail ». Il n’y a donc pas une grande nouveauté dans le domaine, si ce n’est que le mode de sanction précède l’obligation.

    Un très grand nombre de mesures sont à combattre dans cette loi. Le renforcement du pouvoir du patronat sur les travailleurs et les travailleuses, ainsi que la possibilité de s’immiscer dans la santé de ceux-ci ou de celles-ci est inquiétant au possible. Il ouvre une brèche très dérangeante idéologiquement sur le contrôle de la qualité du matériel humain, pour s’exprimer dans le langage du patronat. Cette brèche peut devenir très inquiétante, en particulier pour les femmes, dont le corps est constamment scruté, que se soit pour sa fertilité, ses menstruations, ou d’autres aspects.

    Il introduit également des boucles de raisonnement déroutantes. Finalement, le pass acte aussi que, pour la très large majorité de la population, la vaccination reste formellement un choix. Mais cette liberté se traduit par un corollaire, qui est la liberté de priver d’accès à certains services. Ces « libertés », au demeurant assez limitées dans leur action, s’annulent donc mutuellement. Mais elles révèlent un problème de fond : c’est le fait que la campagne vaccinale ne parvient pas à séduire, mais que le gouvernement lui-même ne parvient pas à la mener à bien, quand bien même tout le monde voudrait se faire vacciner.

    La situation déroutante de la vaccination en France.

    Il ne faut pas oublier que le déploiement de la vaccination a été selon une géométrie bien inégale. Elle a été le reflet des clivages sociaux-économiques et culturels.

    Ainsi, lorsqu’on croise les milieux sociaux et le taux de vaccination, on obtient une courbe très régulière. Elle montre que les plus riches sont les plus vaccinés, tandis que les plus pauvres le sont le moins. Il existe un large panel d’explications à ce fait, mais le moindre accès aux informations, la moindre disponibilité jouent un rôle central. Il ne faut pas oublier qui est essentiel. Cette situation, d’ailleurs, entraîne une autre conséquence : les personnes les plus en contact, le plus longtemps, ont été les moins vaccinées. D’où une surmortalité populaire écrasante, notamment dans le 93.

    Deuxième facteur, c’est l’inégalité centres-périphéries. Les régions les mieux desservies, celles autour des citadelles de l’impérialisme français, avec Paris et Lyon en tête, ont été parmi les mieux couvertes, à l’exception du 93, à nouveau. Plus on s’éloigne de Paris, plus le taux diminue, en particulier dans les régions de langue d’Oc. Quant on arrive aux régions ultra-marines, c’est une couverture minuscule, minable, qui explique le très haut taux de contamination actuel.

    Cette inégalité vaccinale illustre terriblement celles qui existent en France. Le pass sanitaire, par son caractère de sanction, ne contribue pas à les résorber mais bien à les rendre davantage punitives. Pour autant, il ne faut pas non plus le surestimer.

    La stratégie gouvernementale est à deux niveaux : elle vise des objectifs tactiques (liquider l’épidémie, maintenir une stabilité sociale et politique…etc.) et des objectifs stratégiques. Ces objectifs stratégiques sont simples : liquider les restes du compromis de 1945 (le programme du CNR), accroître et amplifier les profits des marchés.

    Dans chacune de ses actions, le gouvernement essaie d’avancer sur les deux. Le pass sanitaire est donc une occasion d’employer la lutte pandémique pour avancer sur le second tableau. Mais chaque événement est une opportunité de le faire. Il n’existe pas un caractère exceptionnel à cette loi qui la place dans une catégorie différente d’autres.

    Cependant, en tant que conflit à l’intersection des libertés publiques, de l’obligation vaccinale et du droit du travail, elle pose des questions nouvelles. Une, surtout, est la présence de l’extrême-droite dans cette manifestation, tandis qu’il est difficile aux forces extra-parlementaires de gauche de proposer une démarcation claire.

    C’est là aussi où se retrouvent les grandes difficultés de l’intervention de celles-ci et de la possibilité de marginaliser l’extrême-droite.

    Le parallèle trompeur avec les Gilets Jaunes :

    L’argument d’une identité entre ces deux mouvements est parfois mis en avant. Il mérite un court examen. La colère des GJ était en premier lieu une colère contre la vie chère, qui, faut de réponse de la part de l’État, s’est muée en colère politique contre le régime. Il y avait une demande de démocratisation de celui-ci, voir d’un nouveau type de régime politique.

    Aujourd’hui, les revendications portent principalement sur l’abandon du pass sanitaire, et cette revendication éclipse toujours davantage la grande bataille sociale autour des réformes du chômage, de l’assurance maladie, des retraites et du statut des fonctionnaires. L’horizon de cette lutte, en revanche, est nébuleux.

    Une victoire contre le pass signifierait pour l’État une remise en cause de sa stratégie d’élimination de la pandémie. Elle est critiquable dans sa forme, c’est une vérité, mais elle correspond néanmoins à une réponse. La fin du pass sanitaire créerait donc un vide stratégique, et demanderait une réponse. Elle reste extrêmement floue. Derrière le pass, il reste l’impératif global de la vaccination et du maintien des mesures de précaution.

    Chez l’extrême-droite, la stratégie est inexistante. Les gens comme Florian Philippot sont dans la droite ligne de Bolsonaro et de Trump. Le vivre et laisser mourir est leur dogme. Cette approche ultra-libérale est celle qui, dans le fond, est hégémonique à l’heure actuelle. Le très libéral journal « le Figaro » a été l’hôte d’une tribune rédigée par un groupe de juristes opposés à la vaccination massive au nom de la liberté individuelle, érigée en terre sacrée, horizon indépassable de notre époque.

    Elle est celle dont peinent à se détacher un grand nombre d’organisation militantes.

    Dans la gauche du mouvement, un grand nombre d’organisation se sont exprimées sur la question. Mais les réponses sont souvent un peu creuses. Ainsi, la politique de santé est conditionnée à toute une série de préalables irréalistes dans la configuration actuelle. Levée des brevets, sortie de l’UE et nationalisation des secteurs industriels…etc. Autant dire que cette non réponse n’est pas acceptable. La hausse des places en hôpital et des plans de financement sont aussi des filets de survie, non des sorties de crise.

    Pourtant cette pandémie nous tue, physiquement, moralement, mais aussi en tant que forces politiques capable de répondre aux attaques et aux défis de l’avenir. On ne peut se satisfaire d’un agnostique « Pour une vaccination libre et éclairée », qui met sur le même plan l’hostilité à la vaccination et le besoin de celle-ci.

    La réalité étant que, sous les injonctions morales à être une « gauche gentille, démocratique et tolérante », une partie de son héritage s’est volatilisé. Celui de ses luttes, de ses combats, de sa capacité à voir, au-delà des sacrifices et des souffrances actuelles, quels étaient les jalons de l’histoire. Dans la lutte contre cette pandémie, nous nous rattachons à l’impératif catégorique de Kant : « Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu puisses vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle. » Cet impératif catégorique est celui de la vie en société, celui du contrat social entre les individus, celui de l’abandon d’une partie de sa liberté au nom de la nécessité.

    La « liberté » de ne prendre aucun risque n’est pas acceptable comme solution contre la mort qui rôde. Ce contrat social est perçu, et c’est là aussi l’aboutissement d’un combat idéologique mené par les libéraux comme François Furet, qui ont assimilé Rousseau au totalitarisme, comme une dictature. Et, sous la pression beaucoup ont peur de parler d’autre chose que d’individu et de liberté.

    C’est là une croisée des chemins : Celle de la liberté et de la nécessité. La question n’est pas « vacciné ou non ». Elle est « comment lutter, comment gagner ». Les aspirations profondes du mouvement de colère, plus d’égalité, plus de respect, une garantie de l’accès à des loisirs et des lieux, ne peuvent être réalisées que dans la destruction de régime dictatorial, préalable à des changements. Mais cette liberté passe par le chemin de la nécessité. Et cette nécessité passe par détruire ce qui nous détruit : cette pandémie.

    L’année qui s’ouvre est sous le signe de la lutte et du conflit aigu. Mais pour que tout ne soit pas résumé à un « votez pour nous », il faut qu’une force « en dehors du parlement » existe. Sans passer par cet impératif catégorique, nous serons battus, et nous le paierons bien plus cher que des effets éventuels d’un vaccin.

    Vaccinons nous pour lutter.

    Aidons les autres à se vacciner.

    Protégeons nous et protégeons ceux de notre classe.

    Triomphons de la pandémie puis du capitalisme !

    Sources :

    https://reporterre.net/Les-inegalites-sociales-plomblent-la-vaccination-anti-Covid

    https://professionnels.vaccination-info-service.fr/Aspects-juridiques/Infractions-et-sanctions/Non-respect-des-obligations-vaccinales

    https://reporterre.net/Les-inegalites-sociales-plomblent-la-vaccination-anti-Covid

    https://theconversation.com/covid-19-les-classes-populaires-paient-elles-le-plus-lourd-tribut-au-coronavirus-en-france-138190

  • Solidarité avec le MLPD-ICOR

    Solidarité avec le MLPD-ICOR

    Nous saluons nos camarades du MLPD-ICOR dans leur lutte contre l’anticommunisme.

    Depuis sa création, le MLPD a été régulièrement victime de manœuvres de l’appareil d’État Allemand. Cela tant par les menaces directes, telles que les lettres d’avertissement envoyées par les autorités à Stefan Engels, mais aussi par d’autres formes.

    Ainsi, les fascistes d’Allemagne sont venus à plusieurs reprise s’en prendre aux militants et militantes du MLPD. Ces mouvements sont en cheville avec le Bundesverfassungsschutzgesetz (Office fédéral de protection de la Constitution), police secrète Allemande, épinglés à plusieurs reprise pour son héritage anticommuniste et national-socialiste, mais également pour ses méthodes extra-légales.

    Il ne faut pas nier non plus l’influence que les autorités allemandes ont pu avoir sur certains mouvements politiques, comme lors de la lutte contre la destruction de la forêt de Hambach. Dans cette lutte écologiste importante pour la Ruhr, les autorités ont manœuvré pour que la coalition d’organisations politiques forme un cordon sanitaire anti-MLPD.

    De plus, les liens d’amitié fort qui unissent cette organisation et les mouvements progressistes et révolutionnaires Kurdes et Turcs jouent. Ils en font un cible à abattre pour plaire à Erdogan. En l’occurrence le procès du 3 août, gagné par le MLPD, concernait la présence de Grup Yorum, un groupe de musique militante luttant contre la dictature d’Erdogan.

    La victoire judiciaire du MLPD est importante dans la lutte contre l’anticommunisme en Europe et contre l’étranglement des libertés démocratiques pour l’ensemble des militants et des militantes.

    En France aussi, sous des formes différentes, nous voyons aussi cet étranglement. Nous pouvons prendre en exemple récent le bras de fer kafkaïen entre le Groupe Antifasciste de Lyon et Environs et la mairie de Lyon pour une simple histoire de fresque.

    Dans la tourmente de la période actuelle, nous devons garder à l’esprit que les libertés démocratiques et politiques ne sont pas immuables. Elles s’érodent. Nous appelons à toujours davantage de solidarité entre ceux et celles qui luttent. Tant que nous aurons au dessus de nous le couperet de la pandémie, nous serons intégralement à la merci de l’arbitraire.

    Une grande période de lutte s’ouvre, elle ne connaît pas de frontières. Les victoires du MLPD et de l’ICOR sont les victoires de l’émancipation générale.

    Nous reproduisons ici l’article du MLPD du 3 aout : https://www.mlpd.de/2021/08/voller-erfolg-fuer-stefan-engel-und-die-mlpd-gefaehrder-einstufung-vom-tisch

    « Ce jugement est en même temps un grand succès pour le mouvement « Ne donnons aucune chance à l’anticommunisme ! » », déclare Gabi Fechtner, présidente du parti MLPD.

    L’avocat Peter Weispfenning, qui représentait le plaignant avec son collègue Frank Jasenski, rapporte : « Au cours du procès, les représentants de l’État libre de Thuringe ont tenté de minimiser la lettre relative aux personnes dangereuses en la qualifiant de lettre d’information inoffensive. En revanche, le tribunal a fermement précisé que la lettre du 15.05.2018 était une lettre de mise en danger illicite. Ceci a été réfuté point par point par le juge associé Wimmer. Elle a déclaré que cela « peut sembler inoffensif à première vue, mais il y a des allégations de grande portée, comme le soutien au terrorisme, etc. Elle a soulevé la question de savoir pourquoi une telle lettre était même adressée à Stefan Engel, qui n’avait aucune responsabilité dans le festival ou la performance du groupe Grup Yorum. Le tribunal a également précisé que Stefan Engel n’était pas une ‘personne dangereuse’ à quelque point de vue que ce soit.« 

    Les représentants du gouvernement de l’État n’ont pas donné de réponse convaincante, ce qui est la véritable raison pour laquelle une telle action a été prise contre Stefan Engel. Après tout, cela a également été suivi par la résiliation de ses comptes et il a même été mis sur la liste des personnes recherchées par l’Office fédéral de police criminelle sur instruction de l’Office fédéral de protection de la Constitution.

    Le plaignant Stefan Engel, qui est également l’un des initiateurs du mouvement « Ne laissez aucune chance à l’anticommunisme ! », était très satisfait. « Je me réjouis que l’on m’ait donné raison dans mon procès contre l’État libre de Thuringe. Ce qui est piquant, c’est que le gouvernement du Land de Thuringe, sous la direction de Bodo Ramelow / Die Linke, fait toujours semblant d’être de gauche. Mais la Thuringe est, par exemple, le Land où l’on trouve le plus de concerts néofascistes. En revanche, le festival antifasciste Rebellious Music a été attaqué par la police. J’ai été criminalisé et diffamé à partir des services secrets et de la police. Le bureau du procureur général de Gera et le bureau du procureur général ont même refusé de poursuivre les accusations que j’ai portées contre les responsables. Le verdict d’aujourd’hui est donc d’autant plus important.« 

    Lors du procès, Stefan Engel a également précisé qu’il ne s’agissait pas seulement de lui, mais il a attaqué l’ensemble du traitement de la mise en danger des personnes progressistes en tant qu’expression de l’évolution de la loi.

    Environ 250 personnes venues de toute l’Allemagne ont exprimé leur solidarité dès le matin. Ce succès souligne – selon le MLPD – que celui qui lutte de manière offensive contre l’anticommunisme peut aussi gagner !

  • Appel du CPI(ML) Red Star à la gauche révolutionnaire et aux forces en lutte en Inde

    Appel du CPI(ML) Red Star à la gauche révolutionnaire et aux forces en lutte en Inde

    Organiser le mouvement des agriculteurs dans chaque État avec des revendications communes !

    Lancer la campagne « Vaincre le BJP, vaincre le fascisme » dans les élections de l’UP-Uttarakhand !

    Poursuivant le travail effectué lors du webinaire sur le sujet « Signification de l’organisation des agriculteurs au niveau de l’État » (en soulevant des demandes telles que la formation partout de Comités du marché des produits agricoles, et un prix de soutien minimum pour tous les principaux produits agricoles dans chaque État, etc.) ; en lançant la campagne « Vaincre le Bharatiya Janata Party » (Parti Indien du peuple, parti d’extrême droite du président Modi, NdT.) dans les élections de l’UP-Uttarakhand ; en joignant les mains avec toutes les forces de même esprit, dans lequel, représentant le CPI(ML) Red Star, les camarades KNR et le secrétaire d’État camarade Baburam Sharma ont présenté l’appel du parti, les camarades Shivaji Rao, O. P. Sinha, Sanjeev Mathur et Chathuranan Ojha, représentant différentes oranisations, ont participé et expliqué leurs positions, soutenant la proposition du CPI(ML) Red Star. Un appel est lancé à toutes les forces de même sensibilité pour se joindre à une réunion conjointe à Lucknow pour tracer le programme de la campagne. Le SKM a déjà annoncé une campagne « Pas de vote pour le BJP » dans ces deux États, à laquelle participeront tous les leaders des paysans.

    Démolition de Khori Busti : La résistance à la démolition exige un mouvement pour le droit au logement des habitants des bidonvilles à l’échelle de l’État et du pays !

    À Khori Busti dans la ville de Faridabad, Haryana, alors que la démolition de près de 8000 maisons arrive à terme, trois activistes de IMK, DSU, Bigul et deux résidents du Busti (Munni et Kavita) ont été arrêtés à Khori Gaon vers 9 heures le 15 juillet et emmenés à la station de police de Surajkund. Après que la campagne de démolition de la veille ait été arrêtée en raison de fortes pluies, les habitants ont occupé les voies d’entrée des bulldozers à Khori le 15 juillet au matin pour sauver leur village. Suite à cela, la police est arrivée et a chargé les personnes rassemblées avec des matraques, arrêtant ces camarades.

    Ce qui se passe à Khori Busti est barbare, comme nous l’avons déjà expliqué dans notre précédente déclaration. Le gouvernement Modi dans la capitale et Khatter dans l’Haryana sont très soucieux de satisfaire les élites brahmaniques qui règnent sur la Cour Suprême en démolissant des milliers de maisons, jetant dehors les personnes qui y habitaient depuis 3-4 décennies avant le 19 juillet. Cela se fait au nom de l’élimination des empiétements sur les terres forestières, alors que dans la même municipalité, des centaines de maisons en pisé et un hôtel cinq étoiles ont été construits près de Khori, mais n’ont pas été touchés. La Cour suprême ne s’inquiète que lorsque les pauvres travailleurs migrants de l’Uttar Pradesh, du Bihar et de nombreux autres États ont construit des structures temporaires et y vivent. Elle ne se préoccupe pas de ramener les amis de Modi qui ont escroqué des sommes énormes aux banques et se sont enfuis dans des paradis internationaux. La Cour suprême ordonne la démolition des maisons des pauvres sans proposer d’alternative, au nom de la « protection des forêts contre les empiètements », alors que chaque jour, des dizaines de milliers d’hectares de jungle sont détruits pour des projets miniers ou autres des entreprises. Si l’ordre de la Cour Suprême qui ne mentionne pas la fourniture d’abris alternatifs avant la démolition est une parodie de loi, la façon dont le gouvernement BJP procède est des plus odieuses. Toutes les forces démocratiques devraient le condamner sévèrement.

    Avec d’autres forces en lutte qui s’opposent à la démolition des bidonvilles, le CPI(ML) Red Star a lancé un appel à tous les citoyens et à toutes les forces démocratiques et épris de justice pour qu’ils s’opposent aux actes brutaux du gouvernement de Khattar dans l’Haryana et qu’ils exigent la libération des camarades détenus, qu’ils fournissent d’urgence des abris temporaires à près d’un lakh de résidents du Busti, des rations gratuites et une compensation pour leurs pertes et qu’ils assurent une réhabilitation dans le temps.

    Dès que la nouvelle de la charge au lathi, de l’arrestation des camarades et de la façon dont la démolition est menée brutalement pour remettre les terres aux entreprises, le camarade Tuhin, membre PB du Parti et le camarade Sidhant de l’IFTU (Sarvahara) se sont rendus sur le site pour faire libérer les camarades arrêtés et pour exprimer leur solidarité avec les gens qui ont été jetés dans les rues par le gouvernement de Khattar avec les bénédictions de Modi.

    Ce qui se passe actuellement à Khori Busti souligne une fois de plus l’importance de rassembler tous les habitants des bidonvilles, au moins dans une ville et dans les zones voisines, afin de lutter contre les démolitions. Le juge de la Cour suprême qui a ordonné la démolition au nom de l’expulsion des empiétements de 1700 acres de terres forestières s’est entendu dire qu’il s’agissait d’une énorme zone de carrière développée par de puissantes mafias dans les années 1980 avec la complicité d’agents du fisc de l’Haryana, puis vendue sous forme de petites parcelles à des travailleurs migrants ; sur ces soi-disant terres forestières proches de Khori Busti se trouvent des complexes d’habitation et même un hôtel cinq étoiles ; les autorités municipales veulent expressément transférer ces terres à de nombreux autres hôtels cinq étoiles et complexes d’habitation.

    Dans cette situation, seul un puissant mouvement uni des habitants des bidonvilles pouvait s’opposer à la démolition. Les gens avaient un faible espoir lorsque l’un des leaders du mouvement des agriculteurs, Gurnam Singh Chironi, s’est adressé à une réunion de milliers d’habitants des bidonvilles le 30 juin et leur a assuré son soutien, et plus tard lorsque le porte-parole du Congrès, Udit Raj, a mené des marches répétées d’habitants des bidonvilles jusqu’à Jantar Mantar et leur a assuré son soutien. Mais tous deux les ont abandonnés. Bientôt, les micro-groupes sectaires de gauche qui avaient des contacts sur place ont commencé à rivaliser les uns avec les autres pour leur hégémonie, ce qui a éloigné les masses et affaibli le mouvement anti-démolition. Ainsi, lorsque la démolition a commencé à battre son plein, la résistance était très faible. Le 15 juillet, la police a chargé au lathi et dispersé par la force quelques centaines de manifestants et a poursuivi la démolition avec 9 JCD. Neuf personnes, dont trois militants de ces groupes, ont été arrêtées, emmenées au tribunal du district de Faridabad et envoyées en prison, accusées de nombreux délits.

    Plus d’un million de personnes vivant dans des maisons et des établissements commerciaux dans la zone depuis plus de trente ans se retrouvent sans abri et jetées à la rue, obligées de mettre des bâches sur les restes de leurs maisons et de passer des jours et des nuits avec leurs enfants jusqu’à ce qu’elles trouvent une alternative ou qu’elles soient expulsées de la zone par l’administration. Cela se passe juste à l’extérieur de Delhi, dans la municipalité de Faridabad sous le gouvernement BJP !

    Le camarade Sivaram, même lorsqu’il construisait le puissant Basti Suraksha Manch à Bhubaneswar, soulignait toujours l’importance d’un mouvement pour le droit au logement des habitants des bidonvilles à l’échelle de l’État et du pays, car sous le règne des entreprises néolibérales, des millions de familles sont expulsées ou forcées de migrer vers les villes. Ainsi, comme l’a décidé le CPI(ML) Red Star, il a travaillé dur et a réussi à unir les habitants des bidonvilles d’Odisha, ce qui a conduit à l’acceptation du droit au logement pour ces millions de personnes. Bien qu’un mouvement pour le droit au logement des habitants des bidonvilles ait été lancé dans toute l’Inde, il n’en est encore qu’à sa phase initiale. Des incidents douloureux comme la démolition de Khori Busti se déroulent sous l’égide d’un État criminel, et nous sommes forcés de rester impuissants à faire quoi que ce soit contre cela, la seule issue est de construire le mouvement de toute l’Inde dirigé par des cadres dont le parti affirme toujours que « les intérêts du peuple sont les intérêts du parti ». Nous devons travailler dur pour construire un tel parti et des cadres comme le camarade Sivaram en parlait toujours.

    Cuba n’est pas un pays socialiste, il est réduit à un pays dépendant.

    Comment évaluer le Cuba d’aujourd’hui où des manifestations d’un grand nombre de personnes protestent à la Havane et dans d’autres centres contre la pénurie alimentaire et d’autres problèmes, demandent de nombreux amis. Ils ont lu dans les médias que la hausse des prix et d’autres problèmes aggravés par la poursuite du blocus américain intensifié par Trump, et la pandémie de Covid 19, ont fait couver le mécontentement et la frustration, forçant un grand nombre de jeunes à sortir dans les rues pour protester. Partout, les dirigeants des partis révisionnistes tentent de condamner ces manifestations comme quelque chose d’entièrement instigué et propagé par les impérialistes américains et leurs laquais, à l’instar de ce qu’ils ont dit des troubles de la place Tien Anmen à Pékin il y a deux décennies.

    Nous sommes d’avis que des réponses aussi simplistes et mécaniques ne satisferont personne. Nous devons absolument condamner l’impérialisme américain qui qualifie Cuba d’État en faillite et s’en sert pour déclencher une offensive anticommuniste, en dissimulant sans vergogne son propre rôle important dans l’aggravation de la crise à Cuba par le biais de ses sanctions vieilles de cinq décennies. Bien que ce soit un fait, de telles justifications mécaniques ne feront qu’éloigner davantage de personnes de la voie marxiste. C’est un fait que Cuba, qui a joué et joue encore dans une certaine mesure un grand rôle dans le passage de l’Amérique latine de la condition d’arrière-cour de l’impérialisme américain à une zone importante de lutte contre l’impérialisme américain. Mais nous ne pouvons pas pour autant fermer les yeux sur la restauration capitaliste qui a lieu dans le cadre du capitalisme d’État dominant. Le problème de ces révisionnistes, qui ont eux-mêmes dégénéré en apologistes ou en exécutants des politiques de la classe dominante là où ils arrivent au pouvoir, est qu’ils soutiennent ceux qui sont actuellement au pouvoir dans ces pays, que ce soit en Chine ou à Cuba, comme des communistes, sans analyser la dynamique interne qui s’y déroule !

    C’est un fait que les communistes ont autrefois mené la révolution dans ces pays avec succès et ont initié la transition socialiste. Mais la question pertinente est de savoir si nous pouvons encore les appeler des pays socialistes. Les partis révisionnistes comme le CPI(M) refusent de voir leur propre dégénérescence vers la voie capitaliste, et attaquent les partis comme le TMC qui sont responsables des défaites massives au Bengale occidental où ils ont eu l’occasion pendant 34 ans de proposer une alternative à la voie capitaliste. Ils refusent de voir la dégénérescence de ces pays en capitalisme d’État, et sont devenus par la suite des dictatures bourgeoises bureaucratiques, puisqu’ils ont abandonné la transition socialiste à mi-chemin et ont dégénéré vers la voie capitaliste. En conséquence, la politique du « bol de riz en fer » qui garantissait la nourriture, le logement, les soins de santé, l’éducation et l’emploi pour tous comme en Chine et dans tous les pays où la révolution a eu lieu, a été abandonnée. Les gens sont contraints d’affronter les règles du mouvement capitaliste, son pillage et sa répression, tandis que la bannière communiste et le drapeau rouge servent encore à dissimuler leur dégénérescence. Au moment où la révolution cubaine a eu lieu en 1959, les révisionnistes avaient déjà usurpé le pouvoir par un coup d’État militaire et commencé à faire dévier l’Union soviétique vers la voie capitaliste. Rapidement, le grand débat entre les révisionnistes soviétiques et le PCC dirigé par Mao a éclaté au grand jour. Comme les dirigeants cubains pensaient que seul le soutien soviétique pouvait les sauver du blocus économique et des menaces d’agression de l’impérialisme américain, ils ont pris la décision pragmatique de se compromettre avec les révisionnistes soviétiques qui avaient déjà embrassé la « voie capitaliste au nom de la transition pacifique vers le socialisme ». En conséquence, bien que la direction cubaine ait adopté une position ferme contre l’impérialisme américain et ait soutenu toutes les forces qui luttent contre lui, son approche des politiques néolibérales, de l’acceptation de prêts et d’investissements des sociaux-impérialistes soviétiques et d’autres pays impérialistes était réformiste et compromettante.

    C’est cette politique qui a éloigné Che Guevera de Fidel Castro, le forçant à partir en Bolivie pour trouver une autre voie. En soutenant les révolutionnaires bolivariens du Venezuela et de la Bolivie contre les menaces américaines, les dirigeants cubains ont pu continuer à maintenir une image anti-impérialiste. Mais sous son capitalisme d’État dirigé par des bureaucrates, la crise économique a commencé à s’intensifier. Naturellement, le poids de cette crise a été transféré sur le dos du peuple. Parallèlement, les politiques de répression ont été poursuivies contre toute forme de dissidence sous le couvert de « sauver la révolution du blocus américain ». Il ne s’agit pas de minimiser le danger des subterfuges et des sabotages impérialistes contre Cuba. Nous sommes toujours fermement solidaires du peuple cubain et nous demandons aux impérialistes américains de mettre fin à leur blocus. Mais, tant que l’impérialisme restera une force mondiale, ses interventions et blocus se poursuivront toujours. Tous les anciens pays socialistes ont dégénéré vers la voie capitaliste, non pas en raison d’une agression impérialiste de l’extérieur, mais à cause du sabotage des routiers capitalistes de l’intérieur.

    L’expérience du système capitaliste d’État suivi par les pays socialistes montre qu’ils n’ont pas pu transcender les limites de la démocratie bourgeoise et avancer dans la direction de « tout le pouvoir au peuple », en construisant des structures démocratiques révolutionnaires appropriées et en les reliant à la construction d’une voie alternative de développement contre le système capitaliste. C’est-à-dire que jusqu’à présent, l’expérience montre que les communistes ne pouvaient pas gérer les problèmes de la construction d’une structure démocratique post-révolutionnaire correspondant à la transition socialiste. Cela n’est possible que si les partis communistes persistent dans la voie marxiste et développent sa théorie et sa pratique en fonction des conditions concrètes d’aujourd’hui. Parallèlement, ils doivent renforcer l’internationalisme prolétarien et l’unité des forces marxistes-léninistes au niveau international. Ce n’est qu’en poursuivant cette voie que l’on pourra résister aux attaques idéologiques de l’impérialisme sous toutes ses formes et de ses laquais, et que l’on pourra mobiliser les masses révolutionnaires sur la voie de la révolution. Au lieu de découvrir nos propres erreurs, blâmer les impérialistes et leurs laquais pour cette dégénérescence ne fera qu’éloigner davantage les masses de la voie du marxisme et de la révolution.

    Appel du CPI(ML) Red Star : Démasquer les routiers capitalistes au pouvoir en Chine

    Les « routiers capitalistes au pouvoir » en Chine, dirigés par Xi Jinpiang, ont lancé une vaste campagne pour défendre les vertus de leur régime social-impérialiste sous le nom de « socialisme aux caractéristiques chinoises » à l’occasion du centenaire de la fondation du Parti communiste chinois le 1ᵉʳ juillet 1921. Non seulement le courant révisionniste du CPI, du CPI(M) et de leurs semblables qui ont soutenu la marque de révisionnisme Khrouchtcheviste et dégénéré vers la voie sociale-démocrate, ceux qui ont abandonné la voie du marxisme-léninisme-pensée de Mao dans la pratique ont déclenché une campagne révisionniste ardente justifiant la ligne de Xi. Tous soutiennent la Chine actuelle comme étant socialiste sous une forme ou une autre, comme ils ont soutenu l’Union soviétique sous les routiers capitalistes de 1956, lorsque les révisionnistes sont sortis ouvertement avec leur ligne de collaboration de classe, jusqu’en 1991, lorsque ce SU a été désintégré en morceaux sous les forces capitalistes ouvertes, comme étant socialiste.

    Comme nous l’avons expliqué à plusieurs reprises, la Chine actuelle est une superpuissance social-impérialiste qui lutte pour l’hégémonie mondiale avec l’impérialisme américain et ses alliés. Cela est corroboré par les faits. C’est dans ce contexte qu’un article de camarade KN a été publié dans le numéro de juin de Red Star sur la façon d’évaluer les contributions de Mao au mouvement communiste et la façon dont il a lutté contre les routiers capitalistes en Chine à l’époque. Une déclaration au nom du parti a été publiée pour expliquer la position du parti sur cette question. Com. PJ James a écrit un article intitulé « La célébration par la Chine de sa propre marque d’impérialisme sous le couvert du « socialisme aux caractéristiques chinoises », qui sera publié dans le numéro d’août de Red Star.

    Dans le cadre de cette campagne, nous lançons une offensive en ligne avec un webinaire central en anglais et en hindi le 13 juillet de 18h00 à 20h30 sur le thème « Exposer l’observation par la Chine du centenaire du PCC pour propager son impérialisme social sous le nom de « socialisme aux caractéristiques chinoises » », dans lequel la présentation du sujet sera faite par le camarade KN Ramachandran, et les intervenants seront les camarades Alik et PJ James. Les comités d’état sont appelés à prendre en charge cette campagne en organisant des webinaires dans différentes langues et par toutes les autres méthodes possibles dès que possible.

    CPI(ML) Red Star, août 2021



  • Lutter pour gagner !

    Lutter pour gagner !

    La pandémie a été une période de knock out social et politque. Pendant que nous étions enfermés et enfermées, pendant que les travailleurs et travailleuses essentiels étaient en premier ligne, le gouvernement poursuivait ses projets. A la solde des milliardaires et des grands capitalistes, il a continué sa série de réforme dans le but d’effacer les victoires du XXe siècle, arrachées par une lutte acharnée. Alors que son mandat arrive à son terme, il lance une nouvelle charge.

    De nombreuses menaces viennent vers nous.

    Des menaces qui vont toucher notre niveau de vie : Réforme des retraites, réformes du chômage, renforcement des pouvoirs des employeurs sur les employés et employées… Le tout sous le prétexte de la crise sanitaire.

    Mais aussi des menaces sur nos droits politiques, qui en sont les conséquences. Car quand la colère populaire gronde, l’État, au service des exploiteurs, resserre son étreinte. L’avenir est fait d’une misère sans cesse croissante.

    Ces menaces se sont incarnées dans la Loi Sécurité Globale, dans la Loi contre le Séparatisme, loi Renseignement… mais aussi dans des « petites lois », comme la censure des archives, véritable chape de plomb sur les secrets de l’État.

    Il faut noter que 900 000 000 € de budget supplémentaire a été débloqué pour la Police : c’est toujours plus d’argent pour la répression et pour l’écrasement de celles et ceux qui luttent. C’est toujours moins pour les politiques sociales et les politiques de prévention. Le gouvernement veut gérer les questions politiques à coup d’expéditions punitives.

    Le Pass Sanitaire, dans ce cadre, est entre les deux : il est intrusif à plus d’un titre, empiète sur le secret médical, s’immisce dans le lieu de travail… Son existence rend la vie toujours plus dure, et donne le sentiment que nous n’avons plus de droit à une vie privée.

    Pour autant, il ne faut pas le surestimer non plus, il n’est pas l’axe de bataille central du gouvernement : il cherche avant tout à donner des gages aux grandes fortunes pour espérer leur soutien en 2022.

    La fixation de la bataille sociale sur le duo Pass/Vaccin revient à rater l’essentiel : nos liberté économique et politiques sont attaquées en profondeur ailleurs.

    Cette date joue aussi un rôle extrêmement important, beaucoup de politiciens sans scrupules viennent apporter leur voix à la colère contre le Pass. Elle permet de se doter d’une image sympathique, proche du peuple, sans avoir à s’exprimer sur les sujets tels que les retraites, la police ou le chômage. Et pour cause, rien ne les démarque de Macron sur ce thème. C’est aussi le cas de l’extrême-droite dans sa totalité, présente dans cette lutte, absente dans les autre.

    Un choix simple.

    Les questions centrales de ces luttes sont simples : Comment repousser ces attaques, mais aussi comment renverser le rapport de forces entre exploiteurs et exploités ?

    Une menace reste : celle de la pandémie. Tant que celle-ci est une menace, les luttes seront entravées. Difficultés de mobilisation, risque de contamination, impossibilité de réunion… Et, surtout, le gouvernement peut prendre prétexte de celle-ci pour nous retirer subitement toute possibilité de manifester, ou réprimer d’autant plus fortement que la police nous voit comme des pestiférés.

    Il faut donc se dégager de cette situation pour pouvoir lutter efficacement. Cela ne peut passer que par des étapes : la vaccination massive et le maintien des mesures d’autoprotection. Il existe un sentiment de défiance envers cette idée de vaccination. Cette méfiance est d’ailleurs entretenue par des marchands de peur, de remèdes de charlatans, par des cyniques. Beaucoup de rumeurs courent sur elle. Pourtant, s’il existe des effets secondaires indésirables (300 problèmes cardiaques pour 177 millions pour Pfizer par exemple), ils ne sont rien comparés à ceux du COVID (environ 30 % des symptomatiques ont des séquelles.) Si les milliardaires se font vacciner avec les mêmes substances que nous, c’est qu’elles ont fait leurs preuves.

    Cet impératif vaccinal se heurte à des peurs, logiques, compréhensibles.

    Nous devons dépasser ces peurs.

    Nous sommes en face d’un choix crucial : soit nous sommes capables de faire renaître et de renforcer l’esprit collectif, l’esprit de lutte, ce dépassement de soi au profit de l’ensemble. Soit nous serons écrasés, battus dans le détail, terrassés par nos peurs.

    Les gouvernements successifs ont défendu une idéologie qui servait les intérêts des exploiteurs : celle de l’individualisme comme réalisation suprême. Cette idéologie est celle de nos défaites. Nos luttes sont collectives, nos réussites aussi.

    Se vacciner est un engagement. Un engagement pour soi. Un engagement pour les siens. Un engagement pour l’humanité entière. Un engagement pour combattre et pour gagner. C’est la possibilité de garantir un avenir, c’est la possibilité de ne pas voir un nouveau variant remettre à zéro tous nos efforts et nos sacrifices.

    Pour lutter il faut être vacciné !Mais pour être vacciné il faut aussi lutter !

    Réclamons une vaccination massive et la mise en commun des technologies développées pour ces vaccins. Faisons en un bien de l’humanité dans son entier.

    L’État nous a abandonné : organisons nous-même la solidarité.

    Le Pass sanitaire est une démonstration de faiblesse, non de force. Le gouvernement nous a laissé largement nous débrouiller pour organiser la lutte contre la maladie. Aujourd’hui, à nous de prendre les choses en main pour aider à la vaccination la plus large. Aidons les plus vulnérables et les plus précaires à avoir accès à ce vaccin. Une personne vaccinée de plus, c’est un vecteur de moins.

    Pour passer de la défense à la victoire, il nous faut une autre étape : organisons-nous. Formons des Assemblées populaire, pour débattre, décider, agir. Ayons nos propres centres de commandement des luttes. Organisons-nous pour ne plus être seuls et seules, et pour se renforcer tout au long de ces combats. C’est cette intégration dans des organisations combatives qui inscrira la lutte dans la durée, mais qui lui permettra aussi de ne pas être balayée par la tourmente des élections et de ses mensonges.

    Tendons la main à nos camarades, nos amis, nos frères et nos sœurs de peine :

    La pandémie a eu plusieurs conséquences importantes : nous avons redécouvert notre appartenance à un ensemble : l’humanité. Nous vivons la même souffrance et les mêmes maux. Elle a aussi montré l’essentialité des travailleurs et des travailleuses. Par delà les frontières, ce sont eux et elles qui produisent tout. Ils et elles produisent tout, et sont pris dans la même tourmente que nous.

    Des défis immenses nous attendent. Cette pandémie est la première, pas la dernière. D’autres catastrophes nous attendent si nous laissons des prédateurs diriger l’économie mondiale. Retrouver le collectif, c’est avancer sur la voie de l’émancipation pour toutes et tous : c’est là la vraie liberté. Celle de la fin de l’esclavage de l’or.

    L’Unité Communiste organise ceux et celles qui veulent lutter pour un nouveau monde : une démocratie populaire, une souveraineté absolue du peuple. Membre de l’ICOR, elle s’inscrit aussi dans un combat pour la démocratie mondiale et le changement. Rejoignez-nous !

  • Qui est à blâmer pour la crise du virus ? (Communiqué du Parti Communiste d’Afrique du Sud – ICOR)

    Qui est à blâmer pour la crise du virus ? (Communiqué du Parti Communiste d’Afrique du Sud – ICOR)

    Nous republions régulièrement des communiqués rédigés par d’autres partis membres de la Coordination Internationale. Nous avons jugé que celui-ci est particulièrement édifiant. D’une part, il montre l’inégalité de traitement absolument abyssale entre les pays impérialistes et les pays des Suds. Dans le cas de l’Afrique du Sud, puissance régionale sur le cône sud de l’Afrique, nous voyons déjà que la situation est beaucoup plus grave. Il faut reconnaître, et c’est extrêmement important, que l’agnosticisme sur les vaccins (le « vaccination libre et éclairée », ou cette primauté de l’individualisme revendiquée par certains par exemple), est un luxe de pays riche. Etant dans une lutte mondiale contre une maladie mondiale (en particulier car les plus riches sont les vecteurs les plus importants d’une transmission internationale), nos efforts pour une élimination du COVID ont un impact concret et direct sur l’exposition d’autres populations, plus vulnérables, à cette maladie. Car si les variants sont « brésiliens », « indiens »… ou autres, leurs vecteurs sont souvent « bien de chez nous. »


    Les puissances impérialistes doivent être blâmées pour l’apparition de la pandémie de corona qui tue plus de 4,1 millions de personnes dans le monde.
    Depuis son apparition en 2019 jusqu’au rapport de juillet 2021 et en Afrique du Sud seulement, le nombre de morts par la pandémie de corona est de plus de 68.625 personnes. Le nombre total de cas de pandémie de corona en Afrique du Sud depuis son apparition jusqu’au début du mois de juillet 2021 est de 20 7084 et ce virus est en augmentation dans la province de Gauteng avec un total de plus de 588 009 infections. Les provinces du Cap occidental et du Kwa Zulu Natal sont également durement touchées par ce virus et le total des infections à ce jour pour chaque province est de plus de 300 000. Le déploiement du vaccin est très lent en Afrique du Sud : seules 230 686 personnes ont été vaccinées sur 59 millions d’habitants.

    L’annonce de l’OMS selon laquelle le corona virus n’est pas d’origine humaine n’est pas vraie, le corona virus est d’une résponsabilité humaine. Les puissances impérialistes sont également responsables de l’apparition de nombreux virus qui ont tué des millions de personnes dans le monde, parmi ces virus, le V.I.H./SIDA a tué plus de vingt-deux millions de personnes dans le monde et les gens meurent encore aujourd’hui de la pandémie du V.I.H./SIDA et il y a encore beaucoup de gens qui sont infectés par ce virus. Les populations de la région d’Afrique australe sont les plus infectées au monde par le V.I.H. et la pandémie de SIDA.

    Tous les efforts déployés par d’autres scientifiques, comme le professeur J. Segal, dans le cadre de leur projet intitulé « New Direction », qui visait à produire l’anti-P24 afin de guérir la pandémie de VHI/SIDA, ont été rejetés par le régime impérialiste dirigé par l’impérialisme américain. Ce n’était pas une erreur de la part des puissances impérialistes de bloquer tout effort visant à produire un remède contre le virus du sida, car leurs grandes sociétés pharmaceutiques tirent de gros profits de l’apparition de ces virus. Les pays du tiers monde sont les plus désavantagés financièrement et économiquement par l’apparition de ces virus, comme c’est le cas actuellement avec la pandémie de corona. Par exemple, les entreprises impérialistes, telles que Pfizer, BioNtech, Modern, Sino pharm et d’autres, ont déclaré en 2020 qu’elles produiraient plus de 1,3 milliard de doses pour le monde entier en 2021, mais pas gratuitement, c’est grâce à l’exploitation des nations pauvres. Il a également été rapporté en 2020 que l’efficacité de Pfizer, BioNtech et Modern était de 95% et celle de Sino pharm et Astra Zeneca de 70%.

    Les personnes les plus vulnérables à ces virus sont la classe ouvrière internationale et les paysans pauvres. Ils sont la cible principale et le régime impérialiste fait tout ce qui est en son pouvoir pour détruire le mouvement international de la classe ouvrière car il représente une menace pour sa propre existence.
     
    Il y a aussi une question de géopolitique dans l’approvisionnement de ces vaccins, certains pays pauvres qui ne sont pas des alliés ou des marionnettes de l’impérialisme souffrent maintenant, il n’est pas facile pour eux d’obtenir ces vaccins et il y a beaucoup de gens de ces pays qui meurent chaque heure à cause du manque de vaccin corona. En Afrique du Sud, les masses pauvres sont les plus infectées par le virus corona parce qu’ils n’ont pas l’infrastructure qui peut minimiser la propagation rapide de ce virus corona.

    La majorité des gens appartiennent à la classe ouvrière et aux paysans pauvres et ils sont surpeuplés là où ils vivent. La question de la distance sociale est une question de mots, mais pas vraiment à cause de leur situation de surpopulation.

    Les mauvaises conditions sociales les poussent à s’exposer au virus corona. Ces personnes utilisent les transports publics à pleine capacité. Dans les zones rurales, il n’y a pas du tout d’eau propre, les paysans boivent de l’eau sale avec les animaux. Les pauvres n’ont pas accès à l’eau courante propre et à une alimentation saine, c’est la raison principale pour laquelle ces personnes deviennent vulnérables si facilement au corona virus. Au cours de la première production du vaccin J et J [Johnson & Johnson] , le gouvernement sud-africain a fait grand bruit en annonçant que Johnson et Johnson produisait 30 millions de doses et qu’Aspen Pharmacare, la société impérialiste américaine basée en Afrique du Sud, allait produire 31 millions de doses pour les Sud-Africains. La société impérialiste américaine, Johns and Johnson, a déclaré qu’en 2020, elle produira 220 millions de doses pour le continent africain. Il est clair que les pays africains paieront beaucoup d’argent pour l’achat du vaccin Johnson and Johnson, mais aujourd’hui, la plupart des sociétés pharmaceutiques tirent de gros profits des pays du tiers monde.

    Les producteurs du vaccin J et J ont affirmé en 2020 que leur vaccin avait une efficacité de 66,3 % et on peut voir qu’il y a une forte concurrence entre les grandes sociétés pharmaceutiques qui produisent les vaccins corona pour dominer le marché mondial. Bien que J et J ait affirmé que son vaccin avait une efficacité de 66,3, il a été découvert tardivement que son vaccin contenait des caillots sanguins et ce problème a affecté son usine de Port Elizabeth où le vaccin J et J est produit.

    Chaque pays impérialiste utilise le vaccin corona pour sa propre influence politique afin de gagner d’autres pays pauvres à sa cause. L’approche correcte pour obtenir un vaccin qui peut guérir le virus Corona sans effets secondaires et avec une efficacité de 100%, c’est quand tous les scientifiques du monde combinent leurs recherches scientifiques afin de vaincre le virus Corona complètement.

    D’autre part, les travailleurs sont les plus touchés par l’épidémie de corona virus, environ 1,6 milliard de travailleurs ont perdu leur emploi dans le monde et en Afrique du Sud, plus de 12 millions de travailleurs ont perdu leur emploi. Les employeurs sont ravis car ils font beaucoup de profits avec peu de travailleurs sur les lignes de production depuis l’épidémie de corona virus.
     
    Il est temps maintenant pour les révolutionnaires de réfléchir à ce qui doit être fait pour surmonter cette situation. Le socialisme est la réponse pour rectifier cette situation. La classe ouvrière internationale doit exiger que tous les pays aient accès à ces vaccins sans payer.


  • Le danger vaccinal ?

    Le danger vaccinal ?

    Nous avons écrit ce court article pour aborder la question de la dangerosité des vaccins. A l’origine il s’agit simplement d’un commentaire en réponse, mais, par un phénomène bien connu d’inflation, il est devenu un article en soi.

    Le Pass sanitaire en question.

    Nous ne voulons pas particulièrement axer ce travail sur cette question, au demeurant subsidiaire. Le Pass sanitaire est une autre question, importante, qui soulève un grand nombre de problèmes. En effet, dans un esprit du « en même temps » très macronien, le gouvernement est capable à la fois de mettre en place un système de lutte contre la pandémie, mais également d’avancer sur d’autres tableaux. Et dans ce tableau, le fichage des clients -qui est ce qui a été mis principalement en avant dans les manifestations – est secondaire par rapport aux problèmes des employés et employées.

    Le fait que ce Pass permette un contrôle des employeurs sur les employés, renforce les pouvoirs de police, et permet de venir fouiner dans les dossiers médicaux est effectivement inquiétant. La police et le Parlement ne s’y sont d’ailleurs pas trompés : leurs corporations puissantes sont parvenues à obtenir qu’il ne s’applique pas à eux.

    Là où nous sommes en désaccord avec certains groupes d’extrême-gauche, c’est sur les objectif du gouvernement. Mais il s’agit là aussi d’une différence de conception de la nature de l’État. Ainsi, le groupe Nantes Révoltée qualifie l’attitude du gouvernement ainsi : « Le gouvernement prétend lutter contre l’épidémie, mais il met en place les mesures qui l’arrangent politiquement, sans considérer leur efficacité réelle. Que la population crève importe peu au pouvoir, l’important c’est qu’elle crève en silence, sans déranger. L’accent est ainsi mis sur la communication, sur des effets d’annonce permanents, ritualisés, quitte à raconter n’importe quoi. »1

    Nous ne sommes pas en accord avec cette vision. Nous l’avons établie à plusieurs reprises : le gouvernement recherche une exploitation optimale de la population en vu d’accroître le taux de profit de ses commanditaires, les grands exploiteurs. L’équation se pose ainsi : Maintien et accroissement du taux de profit X lutte contre la pandémie X acceptabilité sociale X démagogie permettant de pouvoir espérer être réélu. Cette équation extrêmement complexe est résolue par un moyen terme inefficace. D’autres régimes, tout aussi exploiteurs, l’ont résolu différemment : Taïwan ou la Corée du Sud par le choc brutal. Les pertes humaines accroissent l’entropie, le chaos, et sont donc néfastes à cette mission.

    En réalité, Nantes Révoltée partage une vision qui nie la séparation entre l’existence d’une interface démocratique (les institutions) chargée de fluidifier les rapports entre gouvernants, gouvernés et gouvernées, et le fascisme comme dictature ouvertement terroriste doublée d’un projet social-impérialiste. C’est pour cela que l’article cité se conclut ainsi : « Macron bénéficie de nouvelles technologies de contrôle et de communication qui en font une dystopie totalitaire, un mix entre Thatcher et Dark Vador. » Nous pensons que s’il existe un durcissement indéniable, il correspond encore principalement à celui d’un retour au capitalisme sauvage à la suite d’un court XXe siècle dans lequel des compromis ont été arrachés. Crier au totalitarisme à chaque instant ne fait que rendre brouillon la frontière entre démocratie bourgeoise et fascisme. S’il ne s’agit pas d’un passage au conspirationnisme, il s’agit d’un emprunt à un inconscient qui, lui, l’est : le fait de croire que le système qui convient le mieux au capitalisme est la dictature totale, alors que la démocratie est plus souple, plus efficace, plus rationnelle que la dictature féroce. Elle est une arme de crise, une option, une trajectoire tendancielle, mais pas une norme.

    L’impératif du Pass, pour le gouvernement, est avant tout un aveu de son incapacité à développer un mouvement de vaccination et sa perte de crédibilité. Il est plus une illustration de sa faiblesse que de sa force réelle. Surtout, il montre sa faillite en tant que soft power et sa dépendance face à la répression.

    Le Pass est il le paravent de l’antivax ?

    Ce sont là des raisons qui justifient la méfiance et la colère. Cependant, nous avons noté la porosité importante (et terrible) entre cette question de Pass sanitaire et la question de la vaccination obligatoire. Systématiquement, lorsque nous avons parlé du Pass, on nous a parlé de la dangerosité des vaccins. Lorsque nous avons parlé de l’innocuité des vaccins, on nous a brandi comme argument les problèmes du Pass. C’est le cas notamment du commentaire auquel cette publication répondait. Finalement, il est possible de se rendre compte qu’une confusion délétère s’installe, mais qu’aussi, il existe finalement un rejet, motivé par des questions individuelles, de la vaccination.

    D’ailleurs, dans les manifestations, on retrouve cette confusion. Une confusion qui, certes, est aussi amplifiée volontairement par le gouvernement, dans le but de décrédibiliser ceux et celles qui manifestent pour la défense des droits sociaux. Cette confusion s’est exprimée par les slogans, par les pancartes, par les affichages. Elle est nourrie par l’extrême-droite, laquelle y trouve un terrain pour accentuer la peur dans la société, et donc accentuer aussi son rôle de sauveteuse. Mais au-delà de cela, elle pose aussi la question de l’incompréhension de la nécessité du maintien de gestes barrières (masques, distance…etc). C’est quelque chose qui rend d’ailleurs ces manifestations inaccessibles à celles et ceux qui veulent respecter ces distances et ces mesures d’autoprotection.

    Les vaccins sont-ils dangereux ?

    Le conflit entre effets secondaires du vaccin et risques liés à la maladie est illustratif d’un biais cognitif. Nous avons beaucoup parlé, dans les années 1990, d’effets secondaires de vaccins. Certains se souviennent ainsi du cas de la vaccination contre l’Hépatite, mais aussi contre la Rubéole. Il s’agissait alors d’une inquiétude concernant deux facteurs : la hausse des dépistages d’autisme et de sclérose en plaques (SEP). Il s’agit d’un cas d’école. Le lien vaccin-autisme, affirmé en 1998, est le résultat d’une étude truquée menée avec des intérêts bassement cyniques.2 De plus la France ne reconnaît juridiquement l’autisme que depuis 19963. Son dépistage est donc concomitant.

    Le cas de la SEP est similaire. Les dépistages datent de la même période4. Le lien a été depuis largement démenti. Mais la marque infamante est restée, portée par les cercles conspirationnistes.

    De même, nous n’aimons pas les probabilités, surtout quand nous n’avons pas de prise dessus. Il est psychologiquement nettement plus acceptable de courir 4 ou 5 fois plus de risques en conduisant une voiture manuelle et en étant le propre responsable de ses erreur qu’en étant dans un véhicule plus sûr, mais programmé. Le sentiment d’être pris au piège et d’être livré au fatum joue un rôle immence.C’est quelque chose de normal. Il en est de même pour les vaccins. Beaucoup préfèrent « faire attention » et courir des risques immenses, plutôt que de faire le choix de s’injecter quelque chose sur lequel ils n’auront plus prise après.

    D’ailleurs, il faut noter qu’un autre biais rentre en ligne de compte : celui de la difficulté à juger des probabilités. La sur-médiatisation des cas dramatiques, des risques, des anecdotes amplifie l’impression du phénomène. Mais c’est une situation valable pour tout. Depuis les chances de gagner au loto jusqu’au pourcentage d’immigrés en France. Notre cerveau est mauvais pour estimer finement les proportions. Le plus souvent, il va faire apparaître une estimation surévaluée, se résumant caricaturalement à « soit je perds, soit je gagne, donc c’est 50/50. »5

    C’est là où la rationalité doit permettre de dépasser l’instinct, et combattre ces biais cognitifs.

    Pour répondre rapidement6:

    Contrairement à une idée reçue, les effets des vaccins sont bien connus, y compris pour les nouveaux modèles. D’ailleurs, jamais dans l’histoire un vaccin n’a été autant testé avec des protocoles de suivi aussi stricts. Le suivi des personnes-test a été régulier et particulièrement scrupuleux. Ainsi :

    • Le vaccin Comirnaty de Pfizer a été validé par l’European Medecine Agency après un essai de phase 3 mené sur 44 000 personnes.
    • Le vaccin Spikevax de Moderna a été testé sur 30 000 personnes avant d’être validé par l’EMA.
    • Le vaccin d’AstraZeneca a été testé dans 4 essais cliniques menés au Royaume-Uni, Brésil et en Afrique du Sud sur 24 000 personnes avant d’être autorisé en Europe par l’EMA.
    • Le vaccin à dose unique de Johnson&Johnson a été testé via un essai clinique de 44 000 personnes aux Etats-Unis, Afrique du Sud et en Amérique latine avant que l’EMA.)

    Les vaccins utilisant des technologies classiques ont bénéficié d’une accélération de leur mise en service, mais reposent sur des technologies éprouvées. D’ailleurs, même le décrié AstraZeneca présente des statistiques impressionnantes : 5.691.000 de doses injectées pour 18.723 cas d’effets indésirables. On a pu identifier avec certitude ainsi 318 thromboses. C’est un taux de 0.00636 %.

    Pour le moment, dans le cas de Comirnaty et Spikevax, ils sont 145 cas de myocardite et 138 cas de péricardite sur 177 millions de doses injectées7. C’est une probabilité de 2 sur un million. A titre de comparaison, le Pérou à connu 5 837 morts par millions et la France 1 704.8

    Pour les vaccins de nouvelle génération, les premières expérimentations de sur l’utilisation de l’ARN messager datent des années 1990. C’est un développement de plus de 30 ans, normal pour une technologie de ce type. Il s’agit de plus de vaccins sans adjuvants. Pour le moment, les principaux problèmes qui y sont liés sont la non-absorption par les cellules des brins d’ARN, donc plus un échec qu’un effet.9

    Pour les vaccins à ARN, l’action du brin d’ARN messager disparaît rapidement. Il ne pénètre pas dans le noyau des cellules et est rapidement éliminé par celles-ci. Ils forment d’ailleurs une véritable victoire scientifique qui ouvre la voie à la vaccination sur d’autres maladies et problèmes de santé auparavant insolubles. Cela prouve que quand on donne de l’argent à la recherche, elle donne des résultats fulgurants.

    Quand on parle d’effets de long terme, il ne s’agit pas d’effets dans 20 ans. Mais bien d’effets apparus quelque mois après l’injection, au moment où la réponse immunitaire est à son sommet. Les effets systémiques (en gros, AVC, vertiges…etc.) décroissent mécaniquement avec le temps. Le danger maximal est dans les premières heures qui suivent l’injection. Quant aux produits joints, notamment les adjuvants, le corps les élimine très bien. Inutile de faire un régime détox, les reins s’en chargent.

    Les bénéfices sont donc évidents. Et les informations trompeuses sur les décès des personnes vaccinées jouent là aussi sur le biais d’échantillonnage. En moyenne, la population vaccinée est plus âgée que la population générale. Elle reste donc plus fragile et plus vulnérable.10

    Les conspirationnistes se prennent d’ailleurs les pieds dans leur tapis de mensonges. Ils affirmaient que les vaccins n’étaient pas intéressants comparé à des médicaments à prendre toute la vie. Aujourd’hui qu’un vaccin est disponible, ils sont obligé de changer de posture et de lui trouver des défauts. La réalité étant que la conjuration de Big Pharma fonctionne assez mal : les laboratoires sont dans des concurrences terribles avec des injonctions de résultats. En effet, leurs actionnaires se moquent éperdument que leurs investissements servent à faire des iPhones, des armes ou des vaccins, ce qui compte et le taux de profit. Or, une entente complète sur les prix et sur les production signifierait non plus un taux de profit maximal, mais uniquement un taux moyen, médiocre, insipide. Paradoxalement, la rapacité du capitalisme joue également dans son développement technologique. Il s’agit donc de cartels en guerre les uns contre les autres, au point que certains essaient de salir les productions des autres.11

    En revanche, de l’autre côté, on connaît assez bien les effets secondaires de la maladie.

    Certains (insuffisances rénales, problèmes grave de santé) sont d’ailleurs liés aux traitements même de la maladie. Le miraculeux remède du Dr. Raoult cause donc des décès supplémentaires. Le Remdesivir est aussi notoirement connu pour sa toxicité rénale. Être intubé reste un traumatisme.

    Nous n’allons ici pas nous intéresser à la mortalité proprement dite de la maladie, mais bien à ses effets secondaires. On l’oublie assez régulièrement, mais entre guérir et mourir, il existe un large panel de situations désagréables. Il faut dire que la maladie est particulièrement virulente et attaque l’intégralité du corps, système nerveux compris. Le Covid long en fait partie, mais il n’est absolument pas la seule issue.

    En dehors des effets proprement dits lors de la phase aiguë de la maladie, on note que 20% des hospitalisés et hospitalisées ont développé des problèmes pulmonaires et cardiovasculaires. Les formes graves subissent dans 50% des cas des thromboses veineuses profondes qui peuvent exposer à des embolies pulmonaires, avec des séquelles consécutives. 20% des patients placés en réanimation développent des insuffisances rénales, notamment liées au Remdesivir.12

    69% des patients en soins intensifs ont développé des séquelles neurologiques, dont 21% des troubles graves. Nous citons « 43 patients hospitalisés pour une infection à CoVid-19 confirmée ou suspectée. Parmi eux, 10 cas de dysfonctionnement cérébral temporaire, 12 cas d’inflammation cérébrale, 8 AVC et 8 cas de lésions nerveuses ont notamment été observés. »13

    55% des intubés développent un trouble psychiatrique, dont 28% de Troubles de Stress Post-Traumatique ou PTSD.

    Mais on pourrait ce dire « ce sont les vieux et les fragiles ». Or, si les personnes âgées développent plus souvent les formes pulmonaires graves (du fait de leur respiration plus profonde aussi), les formes neurologiques sont celles qui touchent le plus les jeunes. D’où la perte de l’odorat, qui est la marque d’une infection des tissus nerveux. Nul ne sait quelles sont les fameuses conséquences à long terme (on évoque une épidémie d’Alzheimer ou d’une maladie nouvelle lui ressemblant)14.

    Ainsi, une étude massive (230 000 patients) a montré que un patient sur trois a développé un trouble après l’infection. A nouveau, nous citons à nouveau : « Pour près de 13% des patients concernés, c’était leur tout premier diagnostic. L’anxiété (17%) et les troubles de l’humeur (14%) étaient les troubles psychiatriques les plus fréquemment observés. En ce qui concerne les atteintes neurologiques, 0,6% des patients ont souffert d’hémorragies cérébrales, 2,1% d’AVC, 0,11% de syndrome parkinsonien et 0,7% de démence. Ces risques étaient plus importants chez les personnes ayant développé une forme grave du Covid-19, mais pas limités à cette population, tiennent à préciser les auteurs de l’étude.« 15

    En Inde, des problèmes d’une nouvelle nature sont apparus. L’une des formes est celle d’une maladie de champignons noirs, elle inquiète terriblement les soignants et les soignantes de ces pays.16

    Ces mutilés de la maladie, comment retrouvent ils une vie normale. Mal : « 40% des patients expliquent ne pas avoir pu retourner au travail à cause de leur condition physique. Les 26% qui ont pu reprendre leur activité professionnelle affirment devoir travailler moins longtemps ou avoir une charge de travail réduite. Et près de la moitié des interviewés expriment leur détresse psychologique, qui pousse une minorité d’entre eux seulement à consulter un.e professionnel.le de la santé mentale. »17

    Voilà pour les effets certains, avérés, de la maladie. Elle n’est ni une grippette, ni une maladie comme les autres. Elle est une saleté infernale qu’il faut éradiquer. Aujourd’hui, soit nous faisons le choix de vivre avec le virus, soit nous lui livrons une guerre sans merci, comme avec la Variole.

    Il est d’ailleurs essentiel de garder à l’esprit que l’accaparement des ressources par la maladie détourne l’ONU de ses campagnes de vaccination normales. Ce sont autant de maladies anciennes et toutes aussi redoutables qui sont en germes. 18

    Se vacciner, c’est un engagement envers ses proches, envers sa santé, mais aussi un pas dans une lutte mondiale. Il ne s’agit pas de dire « pensez aux petits africains qui n’ont pas la chance d’avoir des vaccins », caricaturalement. Mais il s’agit de ne pas oublier que les pays riches, avec leur mobilité internationale, sont des vecteurs mondiaux de maladies.

    Chaque personne non-vaccinée peut être l’incubateur du nouveau variant.

    Gardons à l’esprit : d’un côté 300 cas pour 177 millions de doses. De l’autre des pourcentages à deux chiffres.

    L’impératif de lutter :

    Nous sommes dans une période noire. Nous devons en sortir, et pour le faire, il faut le préalable de la vaccination massive. Sans celle-ci, le gouvernement pourra nous retirer dès qu’il le veut nos libertés, au nom de l’urgence sanitaire.

    18 000 nouveaux cas hier, c’est 18 000 personnes qui ne peuvent être dans la rue pour contrer les attaques antisociales de Macron et de sa clique. C’est en mettant en avant cette nécessité, celle de l’effort commun et de la solidarité que nous nous démarquerons des réactionnaires. C’est aussi comme cela que nous avancerons sur le chemin de l’émulation collective.

    Respectons les gestes barrières, vaccinons nous, luttons et gagnons !

    1https://www.facebook.com/Nantes.Revoltee/posts/4183810701655071

    2https://www.lefigaro.fr/sciences/2011/01/07/01008-20110107ARTFIG00634-un-vaccin-a-seme-la-panique-a-cause-de-donnees-falsifiees.php

    3Loi n° 96-1076 du 11 décembre 1996

    4Bronner, G. (2017). La démocratie des crédules.

    5Bronner, G. (2012) Perceptions du risque et précautionnisme https://www.cairn.info/revue-de-metaphysique-et-de-morale-2012-4-page-531.htm

    6Un camarade a souligné que ce rapidement était un vil mensonge. C’est vrai.

    7https://www.ema.europa.eu/en/news/comirnaty-spikevax-possible-link-very-rare-cases-myocarditis-pericarditis?fbclid=IwAR0-i_BPlqcYADL3LOBzXwx4cV6e8xWFB4eo7hzM1LfWrmKjvnB5HkhPHyE

    8https://www.worldometers.info/coronavirus/?fbclid=IwAR0ijTc2VxHdH9bbQKBEjgJxZh8xSpob_XMrg-unJk8CbF4FhHDzdZTxm9M

    9https://presse.inserm.fr/les-vaccins-a-arnm-susceptibles-de-modifier-notre-genome-vraiment/41781/?fbclid=IwAR0rts4OkgPHBLGsMRnCdsm0nHuq2GvcN9FYz4g4e-KR4s4c7DiZKJWzjtM

    10https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/vaccin-anti-covid-plus-personnes-vaccinees-non-vaccinees-meurent-covid-19-angleterre-92558/

    11Des influenceurs français confient avoir été approchés pour dénigrer le vaccin Pfizer https://www.france24.com/fr/france/20210525-des-influenceurs-fran%C3%A7ais-confient-avoir-%C3%A9t%C3%A9-approch%C3%A9s-pour-d%C3%A9nigrer-le-vaccin-pfizer

    12https://francais.medscape.com/voirarticle/3605884?nlid=135171_2401&src=WNL_mdplsnews_200422_MSCPEDIT_FR&uac=323954MR&faf=1&fbclid=IwAR0kNCAN0VMkgW0CaOEnAK0JaAgt5H40gAr3iTQdVqPSZIqg_mgD2XNIaK4

    13https://www.doctissimo.fr/sante/news/Le-coronavirus-semble-aussi-affecter-le-cerveau?fbclid=IwAR1ywwXir5wvJYPr3euWuAX-hkWSoiPfI9_8NUpW9_3_1UHkUdKfFDxZAsU

    14https://www.nature.com/articles/s41586-021-03710-0

    15https://www.thelancet.com/journals/lanpsy/article/PIIS2215-0366(20)30462-4/fulltext?fbclid=IwAR3Lfzhss_htqXq3j_10i_8sJwkeAYjv9I-Ar9iHDa1xUqT5o3eLronXCWM

    16https://www.rtl.fr/actu/international/coronavirus-en-inde-qu-est-ce-que-le-champignon-noir-qui-touche-les-anciens-malades-7900029881?fbclid=IwAR0CMDa_xEqppTmaCAnT5DfNMOunPkvyAeDcL4Zin0F4d8WWJ41AKswbQcQ

    17https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M20-5661

    18https://news.un.org/fr/story/2021/07/1100162

  • La tempête et les inondations font des victimes – aide immédiate requise ! (Communiqué du MLPD)

    La tempête et les inondations font des victimes – aide immédiate requise ! (Communiqué du MLPD)

    Crédit photo de couverture : YVES HERMAN / REUTERS

    Depuis la rédaction de ce communiqué, le bilan s’est gravement alourdi. Plus de 200 personnes ont perdu la vie, dont 169 en Allemagne suite à ces pluies diluviennes. Nous considérons que cette nouvelle catastrophe illustre pleinement le besoin d’une écologie totale, c’est à dire du passage d’une économie basée sur le profit à la gestion commune, planifiée et démocratique des ressources naturelles. L’avenir est sombre, et nous approchons dangereusement du moment où ce choix ne sera plus une opinion, mais deviendra un engagement : voulons nous préserver l’humanité et la nature, ou voulons nous disparaître ?

    Au moins 42 personnes sont mortes, dont deux pompiers lors des opérations de sauvetage, et au moins 70 personnes sont portées disparues. À la télévision, dans les médias en ligne – des images catastrophiques partout, des villages détruits, des rues inondées, des prairies transformées en marécages. Des images qui, jusqu’à présent, auraient été attribuées à des pays lointains. Photos d’une tempête catastrophique en Allemagne.

    La tempête et les inondations font des victimes – aide immédiate requise !

    Les gens sont morts dans les caves inondées et lorsque leurs maisons se sont effondrées. Depuis ce midi, le nombre de décès rapportés par les médias n’a cessé d’augmenter, et il faut s’attendre à ce que d’autres personnes aient perdu la vie. Qui sait ce qu’il est advenu des personnes disparues à ce jour ; qui sait combien d’entre elles sont encore réellement portées disparues. La communication est partiellement interrompue, certains villages sont coupés du monde extérieur.

    Les événements se succèdent à un rythme effréné. Dans le district d’Ahrweiler, en Rhénanie-Palatinat, 100 maisons ont été détruites par des pluies torrentielles. Abasourdis, les gens se tiennent devant leurs maisons effondrées, regardent leurs biens s’envoler dans les masses d’eau, craignent pour leurs proches dont ils sont sans nouvelles. Au cours de la nuit, des centaines de personnes se sont réfugiées sur les toits des maisons et y ont passé la nuit. Dans une autre ville du district, 2000 personnes ont dû quitter leur domicile, dix écoles sont inondées et gravement endommagées, les maisons de

    Unwetter- und Hochwasserkatastrophe fordert Todesopfer - sofortige Hilfe notwendig!

    retraite sont évacuées.

    La digue du barrage de Steinbach va-t-elle éclater ?

    Deux quartiers de Rheinbach sont évacués en raison du risque de rupture du barrage de Steinbach, près d’Euskirchen. C’est ce qu’ont annoncé les pompiers de Rheinbach ce matin. « Il s’agit d’une mesure de précaution, car il n’est pas certain que le barrage de la Steinbachtalsperre puisse être tenu », précise le communiqué. Des camions de la Bundeswehr sont également utilisés pour l’évacuation. Des abris d’urgence sont mis en place. D’autres barrages sont également touchés. À Hückeswagen, dans le district d’Oberberg, le Bevertalsperre a débordé. L’eau s’écoule actuellement de manière incontrôlée par-dessus le bord du barrage. 1000 personnes ont dû quitter leur maison. Plusieurs barrages en Rhénanie-du-Nord-Westphalie sont sous pression.

    Le Wupper est un fleuve déchaîné.

    Coupure de courant dans de nombreux quartiers, rues inondées, services de bus et de trains suspendus : Jusqu’à présent, pas de feu vert à Wuppertal. Ce n’est que s’il ne recommence pas à pleuvoir que l’on peut s’attendre à ce que les niveaux d’eau baissent dans le courant de l’après-midi. Selon les rapports, personne n’est mort à Wuppertal. Les gares ferroviaires suspendues ont également été touchées par les inondations. On ne sait toujours pas si les fondations des piliers du chemin de fer suspendu ont été emportées par les eaux ou à quel endroit. Dans une station de mesure située à Wuppertal, on a mesuré hier des précipitations de 130 litres par mètre carré. C’est bien plus de pluie qu’il n’en tombe en un mois d’été moyen au total. Rote Fahne News a reçu un bref rapport téléphonique de Wuppertal : « La Wupper est une rivière en furie, méconnaissable. Des débris, du mobilier, des branches, des poutres flottent dans les masses d’eau. Les gens se rassemblent le long du Wupper. Il n’avait jamais vu ou vécu la rivière comme cela auparavant, dit un homme. C’est vraiment effrayant ce qui nous attend ». Les gens sont totalement préoccupés par les causes. Personne ne pense qu’il s’agit simplement de conditions météorologiques anormales. Bien sûr, il y a des orages chaque été. Mais de telles quantités de pluie et autant de tempêtes, ce n’est pas une coïncidence. »

    Aide immédiate et sensibilisation – voilà l’ordre du jour que les camarades du MLPD mettent en pratique (voir aussi la correspondance sur la catastrophe de la tempête). Ils soutiennent et organisent l’aide de proximité. Et ils discutent avec les gens, lisent et diffusent le livre « Katastrophenalarm ! Que faire face à la destruction gratuite de l’unité de l’homme et de la nature ? » Les analyses et les prévisions de ce livre sont toutes confirmées ; les expériences actuelles incitent les gens à rechercher en masse la clarté et la prise de conscience. Ce livre ne s’adresse pas uniquement aux militants de l’environnement, mais à tous ceux qui sont aujourd’hui particulièrement concernés et inquiets quant à l’avenir de nos moyens de subsistance naturels.

    Les phénomènes météorologiques majeurs et l’approche de la catastrophe climatique
    La Rhénanie-Palatinat et la Rhénanie-du-Nord-Westphalie ne sont pas les seules régions touchées par la tempête. Des rivières en furie également en Franconie, en Suisse et en Belgique. La situation météorologique en Allemagne et dans les pays voisins est actuellement caractérisée par de vastes zones de basse pression. Ils apportent de l’air humide et moite de la Méditerranée. Lorsque le soleil l’éclaire, ce qui est le plus puissant à cette époque de l’année, « il mijote dans l’atmosphère et de grandes quantités de précipitations peuvent être déclenchées », explique un porte-parole du service météorologique allemand à Offenbach. Mais le temps existe et ne se développe pas indépendamment des facteurs qui accélèrent la transformation en une catastrophe climatique et environnementale mondiale. Le réchauffement climatique permet à l’atmosphère d’absorber davantage de vapeur d’eau, soit 7 % de plus par degré Celsius. Par conséquent, la pluie peut tomber en plus grande quantité. Globalement, il fait deux degrés de plus en Allemagne qu’au début de l’industrialisation. En juin 2021, cependant, il faisait même 3,6 degrés de plus avec une moyenne de 19 degrés !

    Refus du greenwashing, résistance active pour la préservation de nos moyens de subsistance !


    Aujourd’hui, le candidat à la chancellerie et ministre-président de la CDU, Armin Laschet, effectue une visite médiatisée à Hagen, une ville particulièrement touchée par la catastrophe de la tempête, et a annulé pour ce faire sa visite au parti frère à Chiemsee. En fait, Laschet est un prestataire de services pour les monopoles, y compris les entreprises énergétiques, qui sont manifestement la cause principale de la crise climatique. Le gouvernement du Land de NRW a également échoué dans la protection contre les inondations. Même les exigences de l’UE visant à restaurer les masses d’eau dans un état proche de l’état naturel ne sont remplies qu’à 8 % par la Rhénanie-du-Nord-Westphalie. L’imperméabilisation du paysage continue de progresser. On ne peut plus entendre les déclarations onctueuses des politiciens face à la catastrophe actuelle. Bien sûr, maintenant tout le monde, même Alice Weidel (AfD), est avec les victimes, leurs proches et l’environnement avec leurs sentiments et leurs pensées. Nous devons la prendre au mot et exiger une aide généreuse : elle doit être accordée immédiatement et sans bureaucratie, aux dépens des bénéfices des entreprises !

    Sans vergogne, ces prestataires de services des principaux pollueurs du développement environnemental catastrophique utilisent la situation actuelle pour vanter leur modèle commercial de « neutralité climatique ». Au lieu d’éviter les émissions de CO₂, il s’agit maintenant de stocker le CO₂ sous terre ; l’hydrogène prétendument « propre » doit être produit à partir d’énergies fossiles sales. L’échange de « droits de pollution » fait de la destruction de l’environnement un commerce, et une taxe massive sur le CO2 transfère la charge sur les masses. Nous le gardons avec le programme électoral de la Liste Internationaliste / MLPD : « Le principe du pollueur-payeur doit s’appliquer. Dans le monde entier, les monopoles capitalistes ont réalisé des profits maximums pendant des décennies en exploitant impitoyablement les personnes et la nature. Les monopoles internationaux sont responsables d’au moins 70 % de toutes les émissions de CO₂. Une protection efficace de l’environnement ne fonctionne que si l’on lutte contre ces criminels de l’environnement ! » Ils doivent être tenus pour responsables, payer le passage aux énergies renouvelables à partir de leurs bénéfices et la terre doit leur être retirée des mains !

  • Pass Sanitaire, la défaite ?

    Pass Sanitaire, la défaite ?

    Nous avons hésité avant de rédiger ce document. Ce n’est pas la première fois que nous voulons prendre du recul avant de nous exprimer sur un sujet, en particulier lorsque celui-ci critique les prises de position d’organisations pour lesquelles nous pouvons avoir de l’estime. Cependant, nous pensons que s’il est important de saluer et de souligner le travail réalisé par les autres organisations qui participent à la nébuleuse de la gauche parlementaire, nous devons également critiques les positions fausses.

    Car le militantisme politique ne peut pas se nourrir uniquement de déclarations creuses et de silences gênés devant les sujets difficiles. Militer, c’est prendre aussi des décisions qui ont des conséquences pratiques, ces décisions impliquent des choix, mais aussi le fait de procéder à des affirmations : nous ne nous battons pas qu’autour d’antis, nous avons un projet, celui d’une société nouvelle. Il ne nous suffit pas de nous adosser au mur des postures de principes, nous devons aussi penser, en dépit de la faiblesse de notre mouvement, en tant que forces capable de proposer.

    Alors que la France repasse au dessus des 10 000 cas / jours, des manifestations anti-pass vaccinal se multiplient. Elles prennent une place centrale dans l’actualité. Pendant ce temps, les questions sociales sont remisées, réduites, oubliées. L’extrême-droite s’est ruée sur l’occasion, tandis qu’une partie de l’extrême-gauche tergiverse, ou minimise pudiquement cette bien étrange communauté de point de vues.

    Cela n’enlève rien au fait de regretter que le pass sanitaire, ce pis aller, soit la solution choisie par le gouvernement. Il s’agit d’une manière autoritaire de régler une question qui aurait pu être résolue autrement. Elle montre le désaveu général de la population envers ces méthodes de commandement qui sont antidémocratiques et méprisantes. Il existe aussi un certain nombre d’angles morts, notamment pour les femmes enceintes ou ayant projet de l’être, pour lequel les études font défaut.

    Car, bien sûr, nous pouvons et devons comprendre le ras-le-bol d’une population à qui le gouvernement à menti sans cesse. Une population qui a le sentiment d’être infantilisée et d’avoir à subir un contrôle social permanent. C’est quelque chose qui est un sentiment logique, une expression quasiment normale. Mais il existe alors deux voies possibles :
    • Celle de prendre appui sur ce sentiment sain, et celui de lui donner une issue positive. A savoir que si on veut déterminer quelles seront les libertés collectives en commun, il faut se doter du pouvoir politique. Celle aussi d’être capable d’interfacer les désirs : nous voulons être libres, oui, mais pour l’être nous devons passer par la fin de cette pandémie, voir même des campagnes d’éradication de ces maladies.
    • Celle de renforcer démagogiquement les positions réactionnaires et individualistes qui existent au sein des masses populaires. Les adouber, les légitimer dans leur forme plus que dans leur fond, et vouloir renforcer les tendances à l’atomisation des masses.

    Dans ce dilemme, ce qui revient est souvent la comparaison avec un précédent, celui des Gilets Jaunes.

    La comparaison avec les Gilets Jaunes est souvent amenée pour justifier ce que Nantes Révoltée nomme le caractère « protéiforme » du mouvement. En somme, le fait que l’extrême-droite soit présente dans les manifestations. Et qu’elle en prenne d’ailleurs la tête, comme à Paris. Nous pensons qu’il y a là une erreur manifeste d’analyse.

    Le mouvement des Gilets Jaunes, en dépit de ses revendications parfois décousues, était avant tout une colère contre la spoliation, le poids écrasant des impôts pour les classes populaires (dont le plus injuste, la TVA), contre la vie chère. Il s’est mué progressivement, au travers du constat de l’impasse démocratique-parlementaire, en une lutte pour un changement de régime. Cette lutte politique d’importance était fondamentalement progressiste car elle posait la question, même sous des termes qui étaient parfois maladroits, du contrôle populaire sur l’État.

    Dans le cas de ce mouvement, l’alibi de la lutte contre la casse des droits sociaux ne peut occulter une réalité : c’est la question du pass vaccinal et de l’obligation d’être vacciné qui est le point de ralliement central des colères.

    La réalité est que ce mouvement porte en lui un seul message de fond : la primauté d’une vision étroitement individualiste de la liberté, érigée en horizon indépassable et en projet de société. Une conception dans laquelle la responsabilité collective, l’effort commun, la prise en compte de la nécessité, est niée, remisée au placard.

    Le Grand Renoncement à changer le monde.

    Elle s’inscrit dans un Grand Renoncement. Renoncement à un projet d’une société nouvelle, et à la conscience des étapes qui permettent d’en tracer la route. Renoncement à un projet qui transcende l’individu, qui en fait un des « maillons de la chaîne de l’histoire ». Renoncement au fait que des efforts collectifs, des contraintes, des risques puissent être consentis pour avancer. Dans l’état actuel des choses, ce mouvement met en avant un souhait : celui de vivre de la manière la plus libre dans un monde dévoré par les flammes.

    Mais le fait que ce soit un mouvement de masse réactionnaire n’implique pas que sa nature puisse évoluer vers autre chose. Cela dépend de notre action politique et de notre capacité à pouvoir poser politiquement les questions, notamment en termes de démocratie populaire, mais aussi en termes de responsabilité dans la construction d’un monde commun.

    Il faut aussi le dire, les intérêts du gouvernement et ceux des masses populaires peuvent parfois coïncider. Cette coïncidence des intérêts ne signifie pas la communauté de buts. Ils sont diamétralement opposés. En l’occurrence, les exploiteurs veulent pouvoir remettre en marche l’économie le plus rapidement possible. Nous, nous voulons sortir de cette période de cauchemar et reprendre nos luttes… Pour cela, il faut tordre le cou à la pandémie.

    Or, cette difficulté de faire émerger une position dans laquelle on peut concevoir que le gouvernement ne soit pas un « mal absolu » mais un « mal relatif » oblige à sortir de la posture de principe et à réfléchir autrement.

    L’extrême-droite en position de force.

    Ces mouvements ont des conséquences. D’une part en termes de radicalisation d’une partie de la population fermement opposée à la vaccination et à toute contrainte, de l’autre en termes de passage à l’action de certains.

    Dans le Doubs, ainsi, une coupure de courant ciblée a frappé un centre de vaccination. Dans le Vercors, une croix gammée a été taguée sur un autre. A Urrugne, c’est même un incendie qui en a touché encore un autre. Trois centres ont été fermés dans le Béarn. A Toulouse, des tentatives de corruption ont été repérées dans le but d’obtenir un certificat de vaccination sans injection.

    Les comparaisons douteuses ont d’ailleurs fleuri. Comparaison avec l’avortement, sous l’argument du « mon corps, mon choix ». Comparaison avec l’apartheid ou avec la Shoah… Non seulement elles sont fausses, mais elles souillent ces questions avec des arguments libéraux et individualistes.

    Nous le rappelons, la vaccination est un acte solidaire et collectif, non une décision uniquement individuelle et qui n’engage que la personne qui fait ce choix. Si nous devons choisir une métaphore routière, elle ne serait pas le fait de porter sa ceinture ou non (après tout, qui n’a pas entendu l’argument que la ceinture pouvait aussi tuer?). Elle est plus celle de choisir de boire au volant et à faire courir le risque de percuter quelqu’un.

    Quant à l’Apartheid et à la Shoah, il s’agissait individus qui n’avaient strictement aucun choix et aucune prise sur leur destin. Ils ont été placés dans une situation qui les ont conduits à la misère, l’exclusion ou la mort dès leur naissance. Personne n’est en passe d’être fusillé ou gazé pour son refus de la vaccination. Tout au plus, la personne qui assume cette posture sera donc cloisonnée à des lieux et des activités individuelles. C’est là aussi la récompense de l’individualisme.

    La réalité étant, une nouvelle fois, et il faut le marteler, qu’il ne s’agit pas uniquement d’un choix individuel. Le port du masque, le respect des gestes barrières, la vaccination… ont des conséquences qui dépassent largement celles de l’individu. Car il ne s’agit pas juste de ne « pas tomber malade », mais il s’agit aussi de contribuer à deux choses :
    • Limiter au maximum les chaînes de transmission et éviter que celles-ci se perpétuent indéfiniment.
    • Éviter au maximum les réplications du virus, ce qui pourrait permettre l’apparition de nouveaux variants plus agressifs, capables de s’affranchir des anticorps, naturels ou apparus par la vaccination.

    Car si les effets à long terme des vaccins sont extrêmement hypothétiques, ceux de la maladie commencent à être découverts : troubles neurologiques, problèmes psychologiques, Covid long… De plus, un nouveau confinement serait une catastrophe morale.
    C’est un choix qui n’engage pas que soi même, son cercle, ou même son pays, mais bien l’humanité entière. La participation à la transmission du virus et à la création de nouveaux variants ne se répercute pas que sur nos pays développés, bénéficiant de soins d’une qualité respectable, et surtout d’une sécurité sociale (gagnée, chèrement, par un effort collectif et sacrificiel). Elle se déverse sur l’ensemble de la planète. Aujourd’hui, la Tunisie est en pénurie d’oxygène médical, par exemple. C’est une illustration de la porosité des responsabilités.

    Mais si les conséquences sur la santé sont si importantes aux yeux de tant de monde, il nous faut poser la question dans des termes plus larges, notamment la dévastation de notre environnement et le besoin d’une écologie totale !

    Être vacciné pour pouvoir lutter.

    Nous faisons face à des offensives sans précédent de la part du gouvernement et du patronat. Tant que la crise sanitaire n’est pas conjurée, non seulement nous ne pouvons pas lutter collectivement dans des conditions idéales, mais le gouvernement peut révoquer nos droits. Il peut décréter tant qu’il veut les mesures qu’il veut. Non seulement cela impacte les manifestations, mais cela impacte surtout le travail d’organisation et de structuration des mouvements et des luttes. La dépendance technologique aux outils informatiques pour pallier au manque de rencontre physique augmente la vulnérabilité. Nous pouvons être isolés, surveillés, tandis que les tensions montent entre les individus.

    Lutter contre la pandémie, se faire vacciner, encourager et défendre la vaccination est à la fois un combat idéologique contre les conspirationnistes et les partisans de l’atomisation des individus (ce qui facilite leur radicalisation réactionnaire). Elle est aussi une responsabilité collective pour la défense de nos droits économiques et politiques, en particulier dans cette année d’élection. Lutter pour cette vaccination, c’est également remettre au centre l’action et la responsabilité collective.

    Nous pensons que nous devons défendre la vaccination massive et son importance primordiale pour sortir du chaos.
    Nous devons donner une issue de lutte à la défiance envers le gouvernement : sachons identifier les étapes pour sortir de cette crise et organiser une riposte.
    Défendons l’action collective, la solidarité et l’entraide concrète ! La vaccination, pour ensuite battre les patrons !

  • Cuba en crise

    Cuba en crise

    Depuis le 11 juillet a lieu un mouvement de manifestations à Cuba. La crise sanitaire, les pénuries en matière de denrées de première nécessité et de médicaments, ainsi que les fréquentes coupures de courant, ont généré chez les cubains une grogne qui s’est exprimées dans la rue.

    Aux manifestants qui dénoncent le parti communiste cubain comme responsable de cette situation, se sont opposés des contre-manifestants, défilant sous les drapeaux de Cuba, et à cris de « je suis Fidel ». Ces dernier dénoncent une entreprise de subversion menée par une « mafia cubano-américaine ». Washington, fidèle à sa tradition d’ingérence, a mis en garde le gouvernement de Miguel Diaz-Canel, contre toute violence à l’encontre des manifestants anti-communiste.

    La construction du socialisme à Cuba est, depuis la révolution, une épreuve de force, et cette question fait encore débat parmi les communistes.
    De part sa structure économique, nous ne pensons pas que Cuba soit socialiste, ni qu’elle soit en voie de le devenir. Ce petit pays ne possède malheureusement pas la masse critique permettant une parfaite maîtrise de son système de production, de A à Z. Néanmoins, le combat du PCC, celui qu’il a réussi à mener, avec tout son cortège d’épreuves, c’est d’avoir constitué un modèle autonome, cherchant sans cesse à s’affranchir de la tutelle américaine.

    Dans cette situation, nous considérons qu’il faille faire preuve de pragmatisme dans nos analyses, et de sagesse dans nos conclusions.

    Dès lors, Cuba doit être considérée, avant tout, de nos point de vue d’européens de l’ouest, pour ce qu’elle est ; une citadelle assiégée par l’impérialisme US depuis les années 1960.

    Depuis les années 1960, l’île vie au rythme des embargos américains, pour une seule et unique raison, Fidel Castro a eu l’arrogance de vouloir offrir à son peuple une voie de développement indépendante du bon vouloir des États-Unis, qui ont toujours considéré l’Amérique latine, et les Caraïbes, comme leur pré carré.

    Tenant au début une ligne plutôt réformiste, Castro et ses camarades ont réalisé que, pour permettre aux cubains de jouir des fruits de leur terre, dont 75% étaient détenues par des compagnies états-uniennes, que pour permettre le développement d’une industrie tournée vers les besoins du peuple, et non vers le profit d’une puissance étrangère, que pour lancer les différents chantiers permettant le développement harmonieux de l’île, il fallait bouter les capitaliste en dehors, il fallait passer par un rapport de force, d’où l’évolution de la ligne des révolutionnaire. Dès lors, le front dirigé par le mouvement du 26 juillet a mué vers la construction du parti communiste cubain.

    Assumer haut et fort la nature socialiste de la révolution cubaine était cependant un grand risque à prendre, étant donné la proximité des États-Unis. Dans l’urgence de la situation, Castro s’est tourné vers le premier allié qui s’est présenté, Moscou.

    Malgré cette situation périlleuse, la politique du PCC a permis à Cuba de se développer tout en assurant à chaque citoyen les moyens d’une vie digne, par sa politique de logement, d’emploi, d’éducation, et surtout, de santé.

    Le régime médical cubain est universel, solidaire, et performant, au point que même certains citoyens américains ont pu faire la traversée vers l’île afin d’accéder aux soins que le système d’assurances privées de leur pays leur interdisait.

    Depuis le début de la pandémie de Covid-19, Cuba a développé deux vaccins de manière autonome, et, fidèle à sa tradition, a envoyer des médecins jusque dans d’autres pays pour prêter mains fortes à leurs collègues d’Italie, d’Andorre, et de Martinique, là où l’État français était incapable de gérer la crise.

    Cuba est à ce jour le seul exemple de pays exportateur de médecins, là où les grands champions de la liberté individuelle n’ont su exporter que des capitaux, et bien souvent, des bombes.

    Malgré ces réussites, tout n’a pas toujours été merveilleux. Tout en composant avec le danger d’agression impérialiste, Castro n’aurait pu prédire que son alliance avec Khrouchtchev le mènerait à intégrer l’île dans le système de division internationale socialiste du travail, qui a intégré Cuba dans la sphère du social-impérialisme soviétique d’après 1956.

    La chute de l’URSS a dès lors laissé la Havane livrée à elle même, sans aucun allié, sans personne pour racheter à bon prix le sucre dont la production était sa spécialité, avec une économie qui peinait à se diversifier. Plus d’URSS, mais l’embargo américain, lui, est toujours là. Et ce sont les même qui, avec un cynisme nauséabond, étouffe cette île inoffensive tout en dénonçant les pénuries qu’elle subit.

    Ce sont ces pénuries qui ont fait récemment exploser la colère des cubains. Cette colère est compréhensible, surtout dans le contexte de pandémie que nous traversons. Néanmoins, qui est le plus responsable ? Le PCC qui depuis 70 ans cherche, parfois de manière très débattable, à maintenir l’île éloignée de la rapacité de Washington ? Ou Washington elle même, qui en maintenant l’embargo, empêche Cuba de se développer autrement qu’au ralenti aujourd’hui ?

    Nous entendons la colère, elle pointe du doigt de réelles défaillances, des promesses non tenues, « on a toujours raison de se révolter » tel que le disait le président Mao. Néanmoins, quelles solutions sont envisagées ? Quand la bourgeoisie parle de liberté, elle parle avant tout de la liberté économique, de la libre circulation des capitaux, et de leur libre domination. Cuba, pour retrouver grâce aux yeux du monde, devrait accepter de s’inclure dans un système de domination global ?

    En tant que communistes, notre devoir immédiat est de témoigner notre solidarité à ce peuple qui, depuis 70 ans, vie sous pression des impérialistes. Nous dénonçons TOUTES les formes d’ingérence, les destin de Cuba est entre les mains des cubains.

    Nous émettons également de vives critiques à l’égard des positions qui ont pu s’exprimer, jusque dans la gauche se voulant révolutionnaire en France, attaquant la « dictature » cubaine. Dans le contexte actuel de menace impérialiste, il s’agit d’une grave erreur, c’est hurler avec les loups ; c’est également la conclusion d’une vision libérale, et petite bourgeoise, de la politique, niant la nature de classe de tout régime, et une vision « jusqu’au boutiste » qui passe à la trappe la solidarité internationaliste contre l’impérialisme.

    Il y a 30 ans de cela, les mêmes qui appellent aujourd’hui de leurs vœux l’effondrement du castrisme, étaient ceux qui sabraient le champagne à la chute de l’URSS, en y voyant l’avènement de la « vraie révolution ». C’est probablement le contre-coup de leur déception qui les a poussé à s’intégrer dans les partis de la gauche bourgeoise, tel que le PS ; nous comprenons cette démarche de reconstruction personnelle.

    Camarades, ne vous trompez pas d’ennemi ! Certes, le système cubain est perfectible ; oui, il faut plus de démocratie au sein du peuple ; mais l’effondrement signifiera le retour de Cuba à ce qu’elle était, le bordel des États-Unis ; les accomplissements, et l’autonomie chèrement payés, ne doivent pas être balayés d’un revers de mains. Surtout dans le contexte actuel de fortes contradictions inter-impérialistes.

    Avec la crise actuelle, sanitaire certes, mais aussi économique, nous pouvons craindre que le capital financier international n’entre dans une phase plus agressive. Il n’est pas un jour sans que tel, ou tel média ne se fende d’un article sur l’émergence du dragon chinois, sur les tensions entre la Russie et l’occident. D’ici 2023, l’armée française lancera un vaste exercice mobilisant 10 000 soldats. Dans cette atmosphère, nous devons identifier nos alliés, et nos ennemis. Nos ennemis, c’est la bourgeoisie impérialiste et ses laquais ; nos alliés, ce sont les millions de prolétaires, des villes et des campagnes, qui subissent l’exploitation à travers le monde, ce sont les peuples dominés par l’impérialisme et le néo-colonialisme.

    Tous ensemble, unis dans un front anti-impérialiste, nous devons faire bloc !

  • Macron a parlé

    Macron a parlé

    Le 12 juillet, Emmanuel Macron, dans ce rituel habituel, s’est adressés à ses administrés. Ses annonces sont en deux volets. Une partie sur la question de la crise sanitaire, une autre sur la question de l’offensive contre les droits sociaux. Il s’agissait de déclarations attendues et prévisibles. Mais ce qui est tragique, c’est le renversement total, aux yeux d’une partie conséquente de l’opinion publique de l’importance de l’une par rapport à l’autre.

    La première nous paraît la plus importante. Elle est le dévoilement du plan d’assaut contre les droits sociaux. Nous savons désormais que la pause dans les réformes, très relative, est terminée. Macron prévient : le monde de demain ressemblera donc à celui d’avant hier. A celui d’avant le programme du CNR et les conquêtes sociales. Le temps avant les élections présidentielles est compté, et il entend bien en tirer profit pour mener, tambour battant, une série de réformes scélérates. Nous voilà prévenus : il nous faudra rassembler les forces syndicales, politiques, sociales qui ont subit un an et demi de knock out technique, et prendre le chemin des luttes.

    Nous savons que celles-ci s’empêtrent souvent dans les calendriers électoraux : certes les organisations politiques présidentiables battront le pavé, mais avec un seul mot d’ordre. « Votez, et nous ferons le reste ». Or nous savons que ces promesses creuses n’engagent à rien, mais, aussi, sont souvent irréalisables. L’État n’est pas l’arbitre neutre de la lutte entre les intérêts dans la société : il est surtout une interface qui permet à la bourgeoisie de rendre la dictature des siens acceptable, en permettant certains aménagements, certaines concessions. Mais sans jamais renoncer à l’essentiel : ses intérêts priment.

    La réforme du chômage sera donc appliquée. Le RSA baissera. Les retraites sont en ligne de mire. Et pourtant, ce qui ressort dans les discours, c’est la lutte contre la pandémie. Alors que les premiers points concernent l’avenir et l’assombrissent terriblement, les yeux sont rivés sur la lutte sanitaire. Le reste est oubliée.

    Mais, même la mise sur un pied d’égalité de la lutte sanitaire est déjà une forme de défaite intellectuelle et militante. Le fait que certains groupes choisissent de qualifier les mesures prises par l’État de dictature sanitaire, de totalitarisme, montre le divorce complet entre ces groupes et la réalité concrète, matérielle, de ce que signifie cette épidémie.

    Nous ne considérons pas que la politique menée par l’État pour lutter contre la pandémie soit idéale ou parfaite. Nous l’avons largement critiquée à plusieurs reprises, en particulier pour sa stratégie du moindre mal. Celle-ci, pour des motivations économiques mais aussi démagogiques, a été coûteuse sur tous les plans. Tant sur le plan humain, moral, qu’économique. Si aujourd’hui, la situation paraît sous contrôle, plusieurs indicateurs laissent penser qu’elle peut repartir rapidement, notamment sous la pression d’un nouveau variant. Pendant ce temps, la campagne vaccinale s’est montrée poussive. Nous interprétons le discours de Macron, par rapport à ce point là, comme étant une manière de taper du poing sur la table, tout en offrant aussi des issues : il s’agit de passer d’une vaccination encouragement (à voyager, à sortir…) à une vaccination sanction basée sur des menaces et des restrictions spécifiquement appliquées à celles et ceux qui ne se vaccinent pas. C’est une politique qui se durcit. La question de cette vaccination obligatoire pour certaines professions (santé, pompiers…etc.) ainsi que le développement du pass vaccinal ou d’application de suivi ont causé une levée de boucliers.

    C’est une expression multiforme qu’il convient d’analyser rapidement : Elle est d’une part un sentiment populaire de méfiance et de rejet de tout ce qui est proposé par le gouvernement, traduisant une absence de confiance dans celui-ci, mais également plus profondément, dans l’ensemble de la société telle qu’elle est à l’heure actuelle. Et c’est là quelque chose de dramatique quant il est question de sujets tels que la science ou la santé publique.

    Mais cette expression est aussi celle d’un discours politique. D’une part l’extrême-droite tente d’employer ces peurs et ces angoisses pour alimenter sa propre rhétorique conspirationniste. De l’autre, il existe aussi ce conspirationnisme d’extrême-gauche, qui voit dans cette manière de gérer la pandémie l’expression de tendances totalitaires.

    Nous n’avons pas besoin de parler des fascistes et de l’extrême-droite, leurs intentions sont claires. Mais nous voulons parler à nos amis qui se trompent dans leur manière d’analyser les choses. Il est vrai que le gouvernement (ou plutôt les gouvernements successifs) ne rechignent pas quant il s’agit d’étendre le contrôle social et de détruire les droits économiques et politiques (ce qui est, nous le maintenons, l’aspect central du discours de Macron). En revanche, cette hostilité à l’ensemble des mesures contraignantes et de lutte contre la pandémie pose question : comment l’auraient-ils abordée ?

    Nous ne voulons pas nous poser les questions uniquement en étant dans une posture d’outsiders. Cette attitude qui consiste à se placer d’une manière diamétralement opposé à l’ensemble des discours de l’Etat, confortable, est aisée. Mais elle n’est pas sans travers : en supposant un plan préétabli, cohérent, dans l’ensemble des prises de décision politiques, en considérant l’État comme un diable cynique et mû par la méchanceté, ces discours piochent aussi dans un inconscient conspirationniste. Il est d’ailleurs hilarant de voir que cette hypothèse totalitaire se heurte à des écueils insurmontables. Par exemple, ceux et celles qui disaient que le gouvernement était en guerre contre la vie sociale, qu’il préparait 1984, comment expliquent-ils ce relâchement brutal dans le confinement ? Ils ne l’expliquent pas. Ils ont simplement cessé de le dire, et passés à autre chose, à d’autres hypothèses totalitaires.

    Dans chacune de nos prises de position, nous nous posons la question de « qu’aurions nous fait ». Et il est clair que si nous étions au pouvoir, dans cette situation de pandémie, nous aurions du, nous aussi, prendre des mesures extrêmement contraignantes pour tordre le coup à cette maladie. Nous aurions du, nous aussi, faire la promotion ou imposer la vaccination. Nous arions du, nous aussi, empêcher les rassemblement festifs et sanctionner les organisateurs et les organisatrices (pas avec les mêmes modes opératoires, certes). Pas par attrait pour l’autoritarisme, non, mais bien parce que nous plaçons la nécessité comme préalable à la liberté. Et parce qu’une épidémie, et a fortiori une pandémie, n’est pas un choix individuel. C’est une responsabilité collective qui transcende notre individualité. Elle n’est pas comme marcher sur le bord d’une falaise par grand vent, où seule la sécurité de l’individu qui le fait est en jeu, elle est comme rouler ivre-mort dans une rue. Cette mise en avant des intérêts étroitement individuels et personnels, finalement pas si éloignée des ultra-libéraux à la Bolsonaro et à la Trump, montre une faillite dans l’analyse de la société et dans la compréhension du rôle de militant et de militante.

    Cela ne signifie pas tout accepter, bien au contraire ! Mais cela signifie savoir reconnaître ce qui est nécessaire et vital et ce qui est à surveiller ou à combattre. En l’occurrence il nous faut lutter contre la pandémie de manière efficace. Nous ne marcherons pas avec les anti-masques, les anti-vaccins, ou ceux et celles qui n’agissent que pour leurs petits plaisirs, leurs petites jouissances de privilégiés individualistes. Nous ne nourrirons pas la machine à produire du conspirationnisme, qui non seulement nous éloigne de nos objectifs émancipateurs, mais qui menace aussi à tout moment de nous engloutir.

    En revanche, nous considérons qu’il est vital, de rester vigilants.
    Nous devons nous préparer à des temps difficiles, pris dans la tourmente d’une campagne électorale menée autour de thématiques réactionnaires et quasiment fascisantes. Nous devons nous préparer aux offensives sociales, sociétales, et politiques. Sans tordre le cou à cette pandémie, nous ne pourrons ni répondre, ni remporter de victoire.

    Pour se retrouver dans la rue, lutter, avancer, gagner, il faut être en bonne santé !