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  • Manifestation antifasciste unitaire : 23 octobre à Lyon.

    Manifestation antifasciste unitaire : 23 octobre à Lyon.

    Lyon, considérée comme un « laboratoire de l’extrême-droite », depuis maintenant plus de 10 ans, subit de multiples agressions de l’extrême-droite (attaques racistes, islamophobes, antisémites, attaques au couteau, attaques de manifestations, attaques de librairies, attaques LGBTIphobes, etc…).Nous avons constaté ces derniers jours, à Lyon et ailleurs, ces dernières semaines, une accélération de ces violences, allant même jusqu’au projet d’attentats.

    La situation lyonnaise, que nous dénonçons depuis plusieurs années, est en train de s’étendre sur l’ensemble du territoire. L’extrême-droitisation des discours, du champ politique et médiatique a une immense responsabilité, et ce jusqu’au gouvernement. La surreprésentation de personnages comme Zemmour ou Le Pen a une répercussion directe dans nos rues.

    Les théories racistes comme le « grand remplacement » servent de motivations concrètes, pour les terroristes d’extrême-droite, à multiplier les attaques, voire à projeter des attentats.Plus localement, la Préfecture exerce un jeu trouble, en laissant se développer la fachosphère, à travers l’existence de locaux comme « La Traboule » et « l’Agogé », situés dans le Vieux Lyon, point de départ de la majorité des attaques.

    L’extrême-droite est autorisée à manifester où elle le souhaite dans Lyon, alors qu’il est interdit aux manifestations LGBTI, féministes et antiracistes de passer dans le Vieux-Lyon. Les attaques menées par l’extrême-droite, que les victimes aient porté plainte ou non, ne débouchent jamais sur des condamnations alors que la répression continue à s’exercer sur les militants antifascistes. Forts de leur impunité, ces groupuscules d’extrême-droite vont jusqu’à revendiquer leurs attaques.

    Il est temps d’inverser la situation. Notre devoir, à toutes et tous, est de les faire reculer.

    Déterminé.e.s à défendre nos libertés et à obtenir la fermeture des locaux fascistes : toutes et tous dans la rue à Lyon le samedi 23 Octobre !

    Signataires : CGT 69 / Solidaires Rhône / FSU 69 / CNT Éduc / CNT SO / UNEF / Jeune Garde / Collectif Justice pour Mehdi / Planning Famillial 69 / Alternatiba / France Insoumise / PG / UCL / NPA / UC

  • Liberté pour Georges Abdallah ! Communiqué commun LJR – UC

    Liberté pour Georges Abdallah ! Communiqué commun LJR – UC

    A l’invitation de la LJR (Ligue de la Jeunesse Révolutionnaire), nous avons participé, le 9 octobre, à un événement en solidarité avec Georges Abdallah. Une campagne internationale d’action se tient, comme chaque année, pour exiger sa libération. Cela a été l’occasion de pouvoir échanger, tant entre militants et militantes communistes, que de rencontrer des habitants du quartier des Etats-Unis (Lyon 08). Nous saluons les camarades de la LJR, ainsi que celles et ceux qui militent dans le quartier pour la solidarité populaire, pour cette initiative.

    Ensemble, nous avons rédigé le communiqué suivant que vous pouvez retrouvez ici sur le site du journal Nouvelle Epoque :

    Le combat de Georges Ibrahim Abdallah pour la Palestine est un combat juste !

    Irak, Syrie, Palestine, Libye, Liban…

    Depuis l’intervention prétendument humanitaire de 1860 au Liban, lancée par Napoléon III, les puissances coloniales et impérialistes n’ont pas cessé de tenter de contrôler le Levant. Pivot géopolitique, enjeu économique, la région est au centre des attentions de toutes les puissances du monde. La mosaïque de peuples qui la composent est prise en otage, soumise à une tension constante et menacée par une guerre perpétuelle. En réaction, toutes les tentatives des masses pour se libérer, s’extraire de cet étau mortel, subissent une répression féroce.

    Au nom de principes démocratiques ou du droit international, qu’ils sont les premiers à bafouer, les impérialistes tentent de cacher leur entreprise de brigandage. Pour maintenir leur régime politique et économique profitant à une infime minorité, ils ont recours à tous types d’atrocités au détriment de l’ensemble des peuples du monde. Après la politique coloniale, après les « mandats de la Société des Nations », aujourd’hui, un des points d’appui de l’impérialisme dans la région est l’existence de l’État d’Israël.

    Depuis sa création en 1948, une nouvelle offensive est menée par l’impérialisme dans la région. Israël n’a eu de cesse de livrer une guerre de pillage contre les Palestiniens, qui se poursuit aujourd’hui avec la pire barbarie : assassinats, vol de terres et privation de libertés.

    Cette politique offensive meurtrière a conduit à l’agression militaire de presque tous les pays de la région dès la création de cette colonie, et à l’annexion de plus en plus de territoires, et ce avec la complicité des États-Unis, de la France, du Royaume-Uni. Mais le peuple palestinien ne s’est jamais laissé faire. Il lutte avec un héroïsme sans égal malgré les trahisons et les capitulations, car là où il y a oppression il y a résistance, c’est une grande loi de l’histoire. Georges Ibrahim Abdallah fait partie de ces résistants qui combattent l’oppression sioniste et l’impérialisme.

    Georges Abdallah est un libanais qui a connu plusieurs agressions d’Israël contre son pays, il a alors une vingtaine d’années au début des années 1980. Témoins des atrocités commises par Israël et ses milices contre la population, notamment le massacre de Sabra et Chatila, il s’engage dans la résistance auprès du Front populaire pour la libération de la Palestine, et il dédie sa vie à la révolution socialiste et à la lutte contre l’impérialisme. Il porte cette lutte à l’international avec la création de la Fraction armée révolutionnaire libanaise, dont il devient le dirigeant en France, et dont le but est de faire payer les bandits sanglants de l’impérialisme où ils se trouvent. Depuis Lyon, la FARL cible les agents de l’impérialisme membres du Mossad et de l’armée américaine présents en France avec succès.

    Pour avoir résisté à une guerre sale, notre camarade est récompensé par l’enfermement illégal, il est un exemple pour tous les révolutionnaires sincères. Il est emprisonné en France depuis 37 ans après un procès truqué, arrêté initialement pour faux et usage de faux. Georges Abdallah s’est défendu sans jamais renier sa cause : « Si le peuple ne m’a pas confié l’honneur de participer à ces actions anti-impérialistes que vous m’attribuez, au moins j’ai l’honneur d’en être accusé par votre cour et de défendre leur légitimité face à la criminelle légitimité des bourreaux. »

    Malgré le fait qu’il soit libérable depuis 1999, l’État français refuse d’appliquer sa propre loi et de le libérer. Après tant d’années enfermé il n’a pas baissé le drapeau rouge et les impérialistes le lui font payer.

    La lutte de notre camarade Georges Abdallah contre la colonisation sioniste, c’est la lutte du peuple palestinien pour sa libération, son droit à l’auto-détermination. Plus largement, la lutte de notre camarade c’est la lutte des peuples contre tous les impérialistes et en premier lieu l’impérialisme Yankee qui est le premier pourvoyeur de guerres sales, d’invasions et de coups d’états à travers le monde, tout ça pour le profit d’une poignée de nantis qui se gavent sur le dos des travailleurs maintenus dans la pauvreté, des paysans privés de terre. La misère est un crime organisé contre lequel il est juste de se révolter, c’est le sens de l’engagement de notre camarade, et de tant d’autres qui ont décidé de passer de la parole aux actes, de l’indignation à la lutte, et de prendre une part active dans le plus grand mouvement de notre époque qui mettra à bas les monopoles et leurs mercenaires.

    C’est pourquoi nous saluons le courage de celles et ceux qui se dressent contre l’impérialisme à travers le monde, nous saluons la bravoure des peuples qui s’arment pour renverser les grands criminels de notre temps : la bourgeoisie impérialiste et ses laquais réactionnaires et féodaux, nous saluons la ténacité des prisonniers politiques qui n’abdiquent pas, et qui sont un exemple et une source d’inspiration pour les peuples du monde. Les impérialistes craignent les peuples du monde c’est pourquoi ils multiplient les agressions partout sur Terre, restreignent les droits démocratiques et renforcent l’exploitation, car les peuples du monde ont la force et le pouvoir de renverser l’impérialisme dès qu’ils se mettent en mouvement et s’organisent.

    Camarades, révolutionnaires et défenseurs des droits démocratiques, il est possible d’agir ! Multiplions les actions de solidarité, lions-nous pour exiger la libération de notre camarade Georges Abdallah !

    Que mille initiatives fleurissent en faveur de la Palestine et de sa prometteuse résistance !

    Libérons Georges Abdallah !

    Vive la lutte armée du peuple palestinien !

    À bas l’impérialisme, à bas Israël

  • Appel au mois d’action pour la Libération de Georges Abdallah

    Appel au mois d’action pour la Libération de Georges Abdallah

    du 24 septembre au 23 octobre 2021

    Le 19 septembre 2020 dernier, la Campagne Unitaire pour la Libération de Georges Abdallah appelait à un mois international d’actions pour la libération de notre camarade. Guidés par la ferme conviction que ce combat devait se mener sur le terrain politique puisque le refus par l’Etat français de libérer Georges Abdallah relève bien d’une décision politique, nombreux avaient été alors les organisations et collectifs à soutenir cet appel et à s’engager concrètement sur le terrain des luttes, partout en France et à l’international, afin d’amplifier la mobilisation et contribuer à faire connaître la situation et le combat de Georges Abdallah.

    Cet appel reposait sur une ligne politique et une ligne de défense de notre camarade claires : l’identité politique que Georges Abdallah énonce lui-même dans ses déclarations. Une ligne rappelant que :

    1. Georges Abdallah est un résistant arabe, communiste libanais, symbole aujourd’hui du combat contre l’impérialisme, le sionisme, le capitalisme et les Etats réactionnaires arabes.

    2. Georges Abdallah est un combattant de la cause palestinienne qui s’est battu contre la guerre d’invasion du Liban par les sionistes et continue à se battre pour la libération de toute la Palestine.

    3. Georges Abdallah est un prisonnier politique de l’Etat français depuis désormais plus de 37 ans et ce sous les applaudissements des Etats-Unis et de l’entité sioniste.

    4. Nous nous reconnaissons pleinement dans le combat de Georges Abdallah. Nous nous reconnaissons dans son engagement révolutionnaire internationaliste sans faille durant ses trois décennies d’incarcération pour la fin du colonialisme à travers le monde, sous toutes ses formes, pour la fin du capitalisme et de l’exploitation et en soutien à la lutte des peuples contre toutes les oppressions.

    5. Nous nous reconnaissons dans sa farouche détermination et sa conscience indéfectible à mener le combat pour sa libération non sur le terrain des « arguties judiciaires » d’une justice de classe mais bien au niveau des instances politiques – lieu véritable où l’on décide de la place et du poids du rituel judiciaire du moment où il est question des prisonniers politiques.

    6. Nous partageons sa ligne de conduite quant au soutien à lui apporter pour sa libération : « C’est sur le terrain de la lutte que l’on peut et que l’on doit apporter le soutien le plus significatif à nos camarades embastillés ». Et en l’occurrence dans son cas, comme il le dit lui-même très clairement, « il ne suffit pas que l’État du Liban “exige” ou plutôt “demande” ma libération, il faut encore que le rapport de force réellement existant puisse faire comprendre aux représentants de l’impérialisme français que mon incarcération commence à peser plus lourd que les possibles menaces inhérentes à ma libération. C’est seulement dans ce cas que l’ordre de mon expulsion vers le Liban ne trouvera plus alors d’opposition. C’est pourquoi, cher·e·s Ami·e·s et Camarades, la solidarité la plus appropriée que l’on peut apporter à tout protagoniste révolutionnaire incarcéré, est celle que l’on développe toujours plus sur le terrain de la lutte contre le système d’exploitation et de domination ». (Lannemezan, le 19 octobre 2019).

    Cette ligne de défense de notre camarade, sur cette base politique qui est la sienne, était la nôtre les années passées et le demeure toujours aujourd’hui.

    Elle est plus que jamais d’actualité à l’heure où l’Etat français continue à maintenir Georges Abdallah en prison sans que soit signé par le Ministre de l’Intérieur l’avis d’extradition conditionnant sa libération. Elle est aussi plus que jamais d’actualité à l’heure où Georges Abdallah continue à faire face à ses geôliers, à ne rien céder, à résister et où la mobilisation pour sa libération se renforce toujours plus, jour après jour : partout en France, les initiatives pour exiger sa libération sont menées auprès des élus, au cœur des villes et devant les instances de l’Etat lors de campagnes d’affichage, de rassemblements et de tables tenues, lors de meetings, de repas et fêtes solidaires, par des appels à signatures et des courriers envoyés au plus haut représentant de l’Etat, lors des fêtes de partis politiques, et naturellement au sein des cortèges de toutes les luttes sociales et politiques. Georges Abdallah, au quotidien, est de nos luttes et pas un acte militant n’est mené sans que nous réaffirmions que nous sommes de son combat. Cet engagement en région et sur le plan national est désormais aussi large sur le plan international où Georges Abdallah compte des soutiens sur presque tous les continents (en Amérique latine – au Brésil, au Mexique, en Argentine, au Chili, aux Etats-Unis, au Maghreb et en Orient arabes – en particulier en Palestine et au Liban, en Inde, en Europe).

    Temps est venu désormais de faire en sorte que Georges Abdallah ne soit pas seulement, comme le disait Leïla Khaled « un symbole pour les révolutionnaires à travers le monde » mais bien un symbole de la résistance unanimement reconnu dont tout un chacun exige la libération au nom du droit juste et légitime à se révolter et à résister. Temps est venu de faire reconnaître Georges Abdallah comme symbole unanimement reconnu de la résistance à l’heure où partout dans le monde, les contradictions certes s’aiguisent mais aussi les résistances des peuples, qui entrent désormais en confrontation directe avec le pouvoir et revendiquent par la révolte ce qui leur est dû ; à l’heure où la résistance du peuple palestinien, dans sa lutte de libération nationale, mène assaut sur assaut contre l’occupant sioniste portant ses coups jusqu’au cœur même des colonies les plus sécurisées ou de ses prisons de haute sécurité ; à l’heure où il est grand temps de réclamer des comptes et de faire en sorte que la peur change de camp !

    Alors qu’au Liban vient de se constituer un nouveau gouvernement avec à sa tête comme Premier ministre M. Najib Mikati qui, en son temps, en 2012, avait revendiqué la libération de Georges Abdallah et réclamé son retour au pays en tant que citoyen libanais, temps est donc venu de durcir le rapport de force en amplifiant toujours plus la mobilisation pour la libération de notre camarade.

    C’est en ce sens et pour toutes ces raisons – en restant fidèles aux principes d’action et à la ligne politique rappelés ici – que nous appelons aujourd’hui à un nouveau mois d’actions, du 24 septembre au 23 octobre 2021, pour que nous tous, les soutiens à notre camarade, nous ne laissions pas un espace politique libre sur le plan local, régional, national et international sans que soit mise à l’ordre du jour l’exigence de sa libération.

    A Albertville, Amiens, Annecy, Aubagne, Aubervilliers, Besançon, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Gennevilliers, Grenay, Grenoble, Lannemezan, Lille, Lyon, Marseille, Montauban, Montpellier, Morlaix, Nanterre, Nîmes, Paris, Pau, Saint-Denis, Saint-Etienne, Tarbes, Thionville, Toulouse, Troyes ; dans les Alpes-Maritimes, en Corse, dans le Finistère, le Gers, en Gironde, en Haute-Marne, dans les Hautes-Pyrénées, l’Hérault, l’Ile de France, le Lot-et-Garonne, dans le Nord et le Pas-de-Calais, au Pays de Cornouailles, en Poitou-Charentes, au Puy-de-Dôme, en région Rhône-Alpes, en Seine-Maritime et dans le Tarn-et-Garonne. ; en Algérie, en Allemagne, en Angleterre, en Argentine, en Belgique, au Brésil, au Canada, en Espagne, en Grèce, en Inde, en Italie, au Kurdistan, au Liban, au Luxembourg, au Maroc, en Palestine occupée, au Pérou, en Pologne, en Roumanie, en Tunisie, en Turquie – partout en France et dans le monde où le combat de Georges Abdallah est relayé et l’exigence de sa libération portée, partout où nous sommes tous – soutiens solidaires actifs à notre camarade – , multiplions les actions de mobilisation et intensifions la pression sur les représentants et les lieux du pouvoir de l’Etat français pour qu’enfin soit signé par le ministre de l’Intérieur actuel l’avis d’expulsion conditionnant la libération de notre camarade et que soit gagné ce combat de mise à mort de cette perpétuité réelle inique.

    Nous tous, – anarchistes, autonomes, antifascistes, anti-impérialistes, antisionistes, communistes, démocrates, écologistes, internationalistes, libertaires, marxistes-léninistes, marxistes-léninistes-maoïstes, républicains insoumis, révolutionnaires, trotskystes ; engagés dans des partis, syndicats, fronts, campagnes, associations, collectifs, comités, mouvements et réseaux multiples ; engagés aux côtés de notre camarade dans les luttes politiques pour la Palestine, en soutien à l’Intifada et contre la Normalisation ; pour la défense des luttes des peuples et de leurs résistances ; pour la défense des prisonniers politiques et des prisonniers révolutionnaires ; contre l’enfermement carcéral ; contre les violences policières ; pour la défense des immigrations et des quartiers populaires ; contre le racisme ; pour la défense des travailleurs, de leurs acquis et de leurs droits ; pour celle des gilets jaunes ; pour le combat de l’émancipation des femmes ; contre la torture et la peine de mort – mobilisons-nous une fois de plus, tous ensemble là où nous sommes, dans cette diversité qui est la nôtre, du 24 septembre 2021 au 23 octobre 2021 pour qu’à cette date, la onzième manifestation à Lannemezan soit la dernière et que nous puissions enfin être à ses côtés pour continuer la lutte.

    Une, deux, trois, mille initiatives pour la libération de Georges Abdallah !

    Il est de nos luttes, nous sommes de son combat !

    Palestine vivra, Palestine vaincra !

    La victoire ou la victoire !

    Paris, le 19 septembre 2021 

    campagne.unitaire.gabdallah@gmail.com

    Premiers signataires : Campagne unitaire pour la libération de Georges Abdallah – Collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah (CLGIA) -Le Parti des travailleurs de Turquie (DIP) – Les Amis de la Palestine contre l’impérialisme et le sionisme (Turquie) – Le Collectif Rouge Internationaliste pour la défense des prisonniers révolutionnaires (Le CRI Rouge) – Comité d’actions et de soutien aux luttes du peuple marocain – Comité de défense populaire de Tunisie

    Agenda non exhaustif des actions programmées sur Paris et sa région durant le mois international d’actions

    Du 24 septembre au 23 octobre 2021 sont d’ores et déjà programmées à Paris et sa région les initiatives suivantes :

    – 24 septembre 2021 : présentation par Saïd Bouamama de son livre L’Affaire Georges Abdallah et projection du film Fedayin à l’UL CGT du 18e arrondissement

    – 25 septembre 2022 : participation à la manifestation contre les violences d’Etat et participation à la conférence sur l’Histoire de la Palestine organisée à l’UL CGT du 18e par l’Association des Palestiniens d’Ile-de-France

    – 30 septembre 2021 : collage à l’Université Paris X-Nanterre et participation à la rencontre organisée à la librairie El Ghorba mon amour, à Nanterre, pour commémorer les 60 ans du 17 octobre 1961

    – 2 et 3 octobre 2021 : participation à la fête de l’ANC à Gémenos, près de Marseille

    – 5 octobre 2021 : participation à la manifestation des travailleurs du secteur public et du secteur privé

    – 6 octobre 2020 : participation au rassemblement pour exiger la libération de Mumia Abu Jamal

    – 8 octobre 2021 : rassemblement à Ménilmontant organisé par la Campagne Unitaire pour la Libération de Georges Abdallah

    – 9 octobre 2021 : seconde rencontre pour la présentation par Saïd Bouamama de son livre L’Affaire Georges Abdallah et la projection du film Fedayin à l’UL CGT du 18e arrondissement

    – 13 octobre 2021 : collage à l’Université et la ville de Saint-Denis

    – 15 octobre 2021 : rassemblement devant le Ministère de l’Intérieur, organisé par la Campagne Unitaire pour la Libération de Georges Abdallah

    – 17octobre 2021 : participation au rassemblement du pont Saint-Michel en hommage aux victimes du 17 octobre 61

    – 20 octobre 2021 : rassemblement dans le quartier populaire de Barbès, au métro Château Rouge, organisé par la Campagne Unitaire pour la Libération de Georges Abdallah

    – 22 octobre 2021 : départ du car de Paris pour Lannemezan

    – 23 octobre 2021 : 11ème manifestation à Lannemezan

    Merci de faire connaître à l’adresse de la campagne unitaire les initiatives programmées dans le cadre de ce mois international d’actions pour aider à leur diffusion.

  • 11 300 000 000 000$ et 3 200 prédateurs.

    11 300 000 000 000$ et 3 200 prédateurs.

    11 300 000 000 000$. Un chiffre qui donne le tournis. Onze mille trois cent milliards de dollars. Ouest France nous donne des repères : 75 fois le coût de la Station Spatiale Internationale. 113 000 avion de ligne. Le salaire de Cristiano Ronaldo sur 90 400 ans. Mais aussi celui d’un SMICard depuis la disparition des dinosaures. 2456 le coût de la vaccination contre le Covid de la population française.

    Cette somme est celle qui est retrouvée, camouflée, dans les comptes offshore révélés par les Pandora Papers.

    Il y a quelque jours, l’ICIJ, le Consortium International des Journalistes d’Investigation a reçu un fichier contenant des millions d’entrées. Dans ce fichier, une somme astronomique et une série de noms. 300 responsables publics, 35 chefs d’Etat, 130 milliardaires…

    Le roi de Jordanie, Abdullah, qui s’est doté d’opulentes villas aux USA et en Angleterre, achetées par ce réseau. Le premier ministre Tchèque Andrej Babis, milliardaire ayant acquis le château Bigeaud, à Moungins. L’ancien Premier Ministre anglais Tony Blair et son épouse, lesquels ont économisé 400 000$ d’impôts sur des transactions grâce au réseau. Le président Uhuru Kenyatta, du Kenya, qui a fait campagne contre la corruption, tout comme Nawaz Sharif, au Pakistan. Le premier possède au moins 30 000 000 de dollars, le second « des millions ». Le président de l’Azerbaïdjan, Illham Aliev, qui a fait endosser un achat de 45 000 000$ de bureaux à son fils de 11 ans. Enfin, Shakira et Claudia Shiffer, tout comme le mafieux Raffaele Amato sont également cités.

    En France, le patron de Rolland-Garros, Guy Forget, tout comme Sylvain Maillard, député LREM sont mentionnés, ainsi que DSK.

    DSK est ainsi pointé du doigt comme un des acteurs centraux. Après sa disparition des radars à la suite de l’affaire de viol au Sofitel, il se reconvertit dans les affaires. Et elles sont fructueuses. Il installe ainsi des sociétés au Maroc, bien qu’elles aient la majeure parti de leur activité en France. Il profite de 5 années d’exonération fiscales dans le pays. Lorsqu’elle se termine, en 2018, il déménage aux Émirats Arabes Unis. Un de ces émirats, le Ras Al Khaimah, ne demande pas de remplir de registre, ce qui en fait un des trous noirs de la finance.

    Les clients de DSK sont variés : Rosnef, entreprise pétrolière russe dirigée par un proche de Poutine ; la Sicpa, une entreprise qui fabrique des encres de sécurité pour les billets. En Chine, HNA, aujourd’hui en faillite, était de la partie. Des particuliers aussi : Faure Gnassingbé, président du Togo ; Denis Sassou-Ngesso, président du Congo-Brazzaville, dont DSK est devenu le conseiller spécial… Cet ensemble permet à l’ex-cadre du PS de bénéficier d’un salaire digne d’un PDG.

    Dans l’ensemble, le nom de Philippe Houman revient sans cesse. Avocat Suisse, il est celui qui a organisé la dissimulation des avoirs de Jérôme Cahuzac. Spécialiste de l’évasion fiscale, l’avocat travaillait depuis mai 2009 à Dubaï, où il réalisait des commandes de création de sociétés offshores. Bien qu’épinglé par la justice à plusieurs reprises, il ne fait l’objet d’aucune condamnation.

    5 ans après les Panama Papers, qui avaient révélé une immense affaire d’évasion fiscale, ces nouveaux papiers montrent l’ampleur et le caractère presque systématique de ces pratiques. Pourtant, elles sont accueillies avec une relative indifférence. Elles semblent se fondre dans la masse des nouvelles, et ne jamais déboucher sur rien.

    Elles s’oublient d’ailleurs facilement. Il y a quelques jours, l’homme d’affaire Bernard Tapie est ainsi décédé. Bernard Tapie était un homme d’affaire qui avait réussi à toujours conserver une certaine image sympathique auprès de la population. Pourtant, dans la réalité, c’était un homme d’affaire corrompu et retors. Il laisse certes une famille épleurée, mais aussi pas moins d’un demi milliard d’euros de dettes, des vies brisées par sa politique de reprises-liquidations d’entreprises.

    En somme, une série de scandales touchent les « Grands » de ce monde.

    Dans le même temps, le rapport Sauvé sur l’Église catholique en France est une nouvelle onde de choc. Rien qu’en France, on estime que 216 000 personnes ont été victimes d’agressions sexuelles part des prélats de tous rangs et de toutes congrégations depuis 1950. Le chiffre atteint 330 000 en comptant les axillaires. L’Église estime qu’elle compte entre 2 900 et 3 200 prédateurs dans ses rangs.

    L’Église catholique, en pratiquant une omerta systématique, a été rongée de l’intérieur par les pratiques les plus répugnantes. Dans ce rapport, on découvre des témoignages glaçants des victimes et le cynisme de leurs agresseurs. Des individus qui avaient par exemple noté leurs méthodes dans des carnets, et qui les pratiquaient systématiquement.

    Au Vatican, ces informations ont suscité l’émoi du Saint-Père, lequel a annoncé vouloir réagir immédiatement et indemniser les victimes. Cependant, dans la société française, prompte à réagir à tout ce qui concerne certaines religions, l’information semble traitée comme un simple fait divers.

    Pourquoi une telle anesthésie ?

    Tous les événements et tous les scandales, dans une acceptation très large du terme, n’ont pas la même portée. Dans l’ensemble, les immenses détournements d’argent sont perçu de manière très abstraites par la très grande majorité de la population. Ces sommes sont difficilement visualisables de manière concrète et en termes d’impact sur la vie de tous les jours. Ils sont perçu comme des « crimes sans victimes », puisque ce qui est lésé est le système d’imposition, lequel est perçu comme un ennemi par la grande majorité de la population. D’ailleurs, cette apparente innocuité de la transgression fiscale est parfois même perçu positivement, comme un rejet de l’État et de son autorité. Pourtant, il existe des conséquences.

    Car il existe des conséquences quant à ce trou perpétuel dans les finances publiques. Cette fuite signifie moins d’argent pour l’ensemble du secteur public, pour la science, pour la médecine, pour la santé, pour la recherche, pour l’éducation, pour la culture, pour l’épanouissement des larges masses populaires. La fraude se paie en souffrances, en morts prématurées, en retard scientifique. Aujourd’hui, il est exigé que que les chômeurs soient plus pauvres. Que les retraités partent plus tard et avec moins. Il est exigé que les malades paient plus. Tout cela au nom de la stabilité économique. Tout cela nourrit le parasitisme d’une classe inutile:la grande bourgeoisie.

    Le fait que la bourgeoisie tente perpétuellement d’échapper aux impôts peut être perçu comme légitime, d’autant que beaucoup se projettent facilement dans la peau de quelqu’un qui verrait « son succès » entravé par les taxations. C’est d’ailleurs ce qui fait que les fraudes aux aides sociales sont beaucoup plus facilement condamnées moralement que les fraudes aux taxes. Il y a là une victoire idéologique incontestable de la part de la bourgeoisie et de son emprise culturelle : elle parvient à générer la défiance et la méfiance entre ceux qui vivent la même situation, mais parvient dans le même temps à créer une solidarité entre riches et pauvres.

    Tout le monde dans le même bateau.

    Il ne faut pas non plus oublier un point : la tendance à la corruption systématique des personnalités d’influence. C’est un élément qui a été mis en avant par Mao sous le nom des « les balles enrobées de sucre ». Ce sont des balles qui tuent (l’esprit révolutionnaire) tout autant que les balles de plomb. Pour résumer, il existe une tendance de la part d’acteurs économiques ou politiques à vouloir obtenir certaines choses de la part de personnes d’influence. Cela peut être le fait d’être favorisé pour un marché, d’obtenir la paix, ou de « souiller » une personne pour obtenir une subordination. Pour obtenir ce lien de clientèle, un grand nombre de méthodes existent. Mais elles ont toutes un point commun : elles cherchent à « mouiller » les différents acteurs. On peut prendre plusieurs exemples : la corruption pure et simple ; l’assouvissement de pulsions (comme les réseaux de prostitution) ; les avantages matériels ou moraux… etc. Et l’ensemble des acteurs peut être concerné.

    Ce système est extrêmement facile d’accès, il est d’ailleurs érigé en norme. On se souvient de l’affaire Fillon, par exemple. Il était moins choqué de ce qu’on lui reprochait plutôt que du fait qu’on le lui reproche. De même, comme il s’agit d’une tendance généralisée, le fait que tout le monde le pratique assure un certain sentiment de sécurité… jusqu’au jour où le fait d’être mouillé devient un moyen d’élimination. Carlos Ghosn, par exemple, n’était probablement pas plus corrompu que d’autres. Mais là, il était au centre d’une rivalité entre impérialismes. De même DSK n’en était certainement pas à son premier crime. Mais il y avait un contexte précis qui facilitait la révélation de ceux-ci, du fait de la tension autour de son rôle au FMI.

    Cette capacité d’intégration touche toute le monde. Le clan Le Pen, par exemple, est une boutique qui tourne sur le détournement d’indemnités parlementaires. Ils se gardent bien de remettre en cause ce fonctionnement. Même dans l’extrême-gauche, ce processus peut être à l’œuvre. Quiconque a pu voir Antifa chasseurs de skins a entendu un des protagonistes dire qu’ils ont été doté d’une camionnette et d’essence par SOS Racisme. Une bonne manière de les châtrer politiquement et d’en faire des auxiliaires de la sociale-démocratie.

    Stabilité avant tout.

    La dénonciation d’abus ou de crimes internes à l’Église est mis dans la balance avec les avantages d’un maintien de la stabilité du système. Il en est de même avec les violences policières, ou, il y a plus d’un siècle, avec l’honneur de l’armée dans l’affaire Dreyfus. Par « raison d’Etat », les transgressions, même criminelles, sont niées et mises de côté pour conserver les apparences de probité, de rigueur et d’honorabilité des instituions. Admettre une faille, admettre une défaillance, cela reviendrait à fragiliser toute la structure et donc à prendre un risque inacceptable. On note que ce phénomène n’est pas limité aux institutions réactionnaires, mais est une tendance générale qui existe au sein de tout système organisé, y compris, là encore, au sein du milieu militant.

    Pour le système dominant, les déviations à la norme qui menacent structurellement la stabilité de la société, comme les mouvements sociaux ou révolutionnaires, mais aussi la concurrence d’autres entités réactionnaires comme l’islamisme, sont donc traitées par la brutalité et par la répression. Celles qui ne le menacent, qui lui sont consubstantielles (qui ont une substance commune) comme la fraude fiscale), ou qui la renforcent, en dépit de la transgression de la loi, comme la violence fasciste ou policière, sont simplement régulées d’une manière « non répressive ».

    Ainsi, les scandales éclosent sur certaines thématiques, tandis que d’autres manquent tout simplement de caisse de résonance.

    Sans organisation : pas de changement à l’horizon.

    On ne peut pas vraiment parler de censure sur ces thématiques. Il existe des médias qui retransmettent ces informations. C’est comme cela que nous en avons été informé. Mais il manque quelque chose qui permette de passer de l’information à la compréhension, de la compréhension à l’action.

    C’est là le rôle d’un parti du peuple au sens large, mais surtout du Parti, capable de pouvoir étendre ses analyses sur l’ensemble de la réalité concrète, de les expliquer et de les renvoyer vers les exploités et les exploitées pour qu’ils s’en saisissent. Mais aussi impulser, mobiliser, faire passer du scandale, de la posture d’indignation à la posture de transformation : c’est à dire liquider ce qui génère ces scandales.

    Tant que le capitalisme existe, la corruption et les scandales financiers existeront aussi. Car l’un ne peut aller sans l’autre, et la course à l’accaparement des ressources ne se fait pas sans triche. Et cette triche n’est pas sans victimes. De même, tant que l’impératif de stabilité sera exigée par le fait que les sociétés soient contradictoires : qu’elles essaient de faire tenir dans un même bloc les exploités et leurs exploiteurs, il y aura des crimes honteux et de sombres corridors dans lesquels ils pourront se produire. Pour arriver à l’exigence de la transparence, il faut mettre fin de manière définitive à cette culture du secret et pouvoir parvenir à une vraie société ouverte, transparente, démocratique. Mais cela demande de longues transformations, un grand engagement : celui d’un changement révolutionnaire.

  • Appel à une journée d’action mondiale pour le climat – ICOR

    Appel à une journée d’action mondiale pour le climat – ICOR

    Les catastrophes mondiales et régionales exigent un changement de système fondamental au lieu d’une gestion de crises catastrophique –

    Développons le 6 novembre la lutte environnementale à l’occasion de la Journée internationale pour la sauvegarde de l’environnement ! Encourageons un véritable mouvement environnemental qui transforme réellement la société !

    En 2021, nous avons assisté à un développement extrême de la transition vers une crise environnementale mondiale qui se passe. Les canicules avec des records de chaleur et les incendies de forêt, les sécheresses d’une part et les tempêtes record avec des inondations et des glissements de terrain d’autre part ont des conséquences extrêmes pour les masses. Les glaciers du pôle Nord et pôle Sud et la glace du Groenland fondent plus vite que jamais.

    Des centaines de personnes ont péri dans les inondations catastrophiques dans le monde, mais de cette dimension pour la première fois aussi en Europe. Des milliers de personnes ont perdu leurs maisons, des villages et des quartiers entiers ont été rasés.

    Les vagues de chaleur en Amérique du Nord, en Méditerranée et en Asie tuent les gens, provoquent des incendies de forêt et des sécheresses.

    L’alternance de chaleur et de sécheresse extrêmes et de tempêtes extrêmes accélère l’érosion, détruit les précieuses terres arables et donc les moyens de subsistance des agriculteurs et, en définitive, la base alimentaire de l’humanité.

    Après l’apparition du virus SARS et MERS c’est maintenant la pandémie COVID-19 qui provoque encore plus gravement un chaos à l’échelle mondiale ce qui menace l’existence de l’humanité sur la terre à l’avenir avec d’autres virus fatals imminents.

    Cette année-ci, nous assistons connaissons à des événements extrêmes dans le monde entier dans le sillage de la catastrophe climatique qui s’annonce. Il ne s’agit pas d’un « événement du siècle » unique, mais bien du signe que la transition d’une crise environnementale à une catastrophe environnementale progresse. Les supermonopoles internationaux sont les principaux responsables de cette évolution. D’importants points de basculement ont déjà été franchis et un saut qualitatif vers une catastrophe environnementale a donc été amorcé. Comme tous les accords précédents, l’accord de Paris a définitivement échoué. La soi-disant « neutralité climatique » est un commerce pervers de droits de pollution.

    Tout aussi impitoyablement que les monopoles internationaux répercutent les charges de la crise économique et financière mondiale sur la classe ouvrière, sur les larges masses et sur les budgets nationaux, ils se débarrassent également des charges de la crise environnementale mondiale. Le refus des dirigeants à résoudre ce problème urgent pour toute la vie humaine fait que de plus en plus de personnes se retournent contre le capitalisme. « System Change – not Climate Change ! » est devenu le slogan du mouvement « Fridays-for-Future ». Mais pour avoir une véritable perspective, il faut préciser que ce changement de système ne peut consister qu’en vainquant l’impérialisme de manière révolutionnaire et en poursuivant une voie alternative de développement durable et à pied d’égalité avec tous les pouvoirs au peuple ce que beaucoup d’organisations de l’ICOR associent à la lutte mondiale pour le socialisme. Pour cette raison il y a des tentatives d’exclure les forces révolutionnaires du mouvement écologiste par l’intention anticommuniste. Seule une société socialiste peut restaurer l’unité de l’homme et de la nature de manière durable !

    Les luttes les plus avancées se développent souvent là où les luttes ouvrières et environnementales se combinent. En Amérique latine les larges masses de la population s’unissent dans la lutte contre la privatisation des ressources hydriques, des systèmes des eaux usées, de l’eau potable et sa pollution. En Colombie l’unification de la lutte des mineurs d’El Cerrejón contre les licenciements et de la lutte de la population indigène contre la destruction de l’environnement causée par l’exploitation minière à ciel ouvert ont été des luttes importantes. Il y a des exemples similaires à l’échelle mondiale. Promouvoir consciemment cette unité est la tâche du mouvement marxiste-léniniste et ouvrier international. L’ICOR y travaille systématiquement depuis sa fondation en 2010. L’ICOR déliberera également de la manière dont l’ICOR et ses organisations membres vont développer davantage la lutte mondiale contre la menace de la catastrophe environnementale. Il s’agira d’une impulsion importante pour le développement futur du mouvement environnemental dans son ensemble.

    En avant, afin de transformer le mouvement environnemental en mouvement de masse mondial !

    En avant avec l’unité du mouvement ouvrier et environnemental !

    En avant avec l’ICOR !

    En avant avec la construction du socialisme dans le monde entier ce qui ouvre la voie au développement durable et à pied d’égalité dans l’unité de l’homme et de la nature !

    Signataires (en date du 16/9 2021, d’autres signataires sont possibles):

    1. PCPCI Parti Communiste Proletarien de Côte d’Ivoire
    2. CPK Communist Party of Kenya (Parti communiste de Kenya)
    3. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    4. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    5. PCT Parti Comuniste du Togo
    6. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    7. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    8. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    9. Ranjbaran Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
    10. NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    11. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
    12. NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
    13. CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
    14. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    15. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
    16. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    17. UC Unité Communiste, France
    18. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    19. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    20. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    21. UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa (Union marxiste-léniniste portugaise)
    22. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    23. TKP-ML Türkiye Komünist Partisi – Marksist-Leninist (Parti communiste de Turquie – marxiste-léniniste)
    24. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    25. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    26. UoC Union of Cypriots (Union des Chypriotes), Chypre
    27. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    28. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    29. BDP Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
    30. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    31. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
  • L’antifascisme n’est pas un crime !

    L’antifascisme n’est pas un crime !

    Nous apportons notre soutien aux camarades antifasciste poursuivis par la justice.

    Nous citons ici le communiqué officiel réalisé par la GALE.

    « Le 21 septembre 2021, 7 personnes ont été convoquées, perquisitionnées et/ou arrêtées sur leur lieu de travail afin d’être placées en garde à vue. Les faits qui leur sont reprochés :

    • Violence en réunion n’ayant pas entraîné d’ITT
    • Groupement en vue de commettre des délits durant une manifestation
    • Participation à une manifestation non déclarée
    • Refus de donner leur codes de chiffrement (téléphone portable)

    Parmi les 7 interpelés, 4 sont envoyés en détention et les 3 autres se retrouvent soumis à un contrôle judiciaire. Ces faits se réfèrent aux évènements survenus lors de la manifestation contre le pass sanitaire du 28 août dernier, où l’extrême droite et plus précisément le groupe antisémite et ultra-réactionnaire, CIVITAS, a été confronté à une riposte populaire d’un grand nombre de manifestant.e.s qui n’acceptaient plus leur agressivité fasciste (propos homophobes, agressions, revendications antisémites). »

    Après la censure exercée contre le Lyon Antifa Fest, cette descente de police est un nouveau coup porté contre l’antifascisme lyonnais et la mouvance autonome. Si être pris pour cible par l’État avec un tel acharnement est une forme de couronnement, cette couronne n’en est pas moins tressée d’épines. Les arrestations, les garde à vues, les procès, les détentions usent, épuisent, découragent… Même contre des personnes dévouées corps et âmes à la cause antifasciste, elles laissent des séquelles.

    Le fait que le parquet se soit lui-même pourvu est illustratif : l’État a vu une opportunité d’écraser des militants et des militantes qui lui causaient un gêne depuis plusieurs années. Car le but de l’État est clair : même lorsque les fascistes ne portent pas plainte, il faut se suppléer à eux pour réprimer. C’est une nouvelle fois une démonstration de la collusion entre institutions et réaction. Une collusion qui s’apparente chaque fois davantage à une complicité manifeste et consciente.

    C’est pour cela que la solidarité est vitale : pour que la lutte ne cesse pas, pour que ceux qui sont exposés soient protégés, pour faire front ensemble. D’autant que notre espace de liberté, notre espace de manœuvre en tant que forces progressistes et révolutionnaire se restreint. De nouvelles lois répressives contribuent à construire un arsenal répressif toujours plus efficace. Toujours plus sournois aussi : comme ce délit de ne pas donner son code de téléphone.

    Nous avons pu voir, depuis plusieurs années déjà, la situation se dégrader économiquement et politiquement. Comme nous l’avions mentionné dans notre communiqué de soutien au Lyon Antifa Fest, certains milliardaires, comme Bolloré, voient désormais le fascisme comme une option politique viable pour résoudre les problèmes qu’ils rencontrent. Si les milliardaires français sont presque tous marqués par l’extrême-droite, ils jugeaient plus profitable de soutenir des options libérales. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

    Ce n’est pas une formule creuse que de dire que « plus que jamais », il nous faut serrer les rangs et nous soutenir mutuellement. Dans le combat antifasciste, il existe différentes approches, différentes conceptions, différents regards posés sur cette question. Aujourd’hui, il faut les regarder comme des pratiques qui s’articulent les unes avec les autres, dans un seul front commun contre un ennemi commun.

    Nous saluons nos camarades inculpés. Nous les assurons de tout notre soutien et nous rejoignons les voix de ceux et celles qui exigent leur libération immédiate et l’arrêt des poursuites contre eux !

    L’antifascisme n’est pas un crime !

  • Solidarité antifasciste !

    Solidarité antifasciste !

    Hier, des militantes et des militants liés à la mouvance autonome et antifasciste ont été la cible d’arrestations. Pour le moment, nous ne connaissons pas les chefs d’inculpation qui sont retenus. Mais ceux-ci sont secondaires : ce qui est important, c’est qu’une opération de masse s’est dirigée contre le camp de la lutte.

    Ce n’est pas la première fois que ces militants et ces militants sont dans le collimateur de la police et de la justice. Ce n’est pas la première fois non plus que cela se mue en un acharnement policier. Mais un nouveau cycle commence.

    Récemment déjà, il y avait eu des pressions est de la part de la Région contre le Lyon Antifa Fest. Ces pressions répondaient à des exigences formulées par la Police, laquelle s’était sentie outragée par une des chansons de l’édition de 2015.

    Aujourd’hui, cette nouvelle vague de répression vise à balayer les forces antifascistes, les forces combatives, les forces populaires. Elles pourraient, dans l’instabilité actuelle, gêner le bon déroulement des élections, gêner la bonne marche des réformes qui ont vocation à « remettre la France en route » : en détruisant encore davantage toutes les conquêtes sociales.

    Il y a t’il vraiment lieu de pointer encore du doigt l’inégalité de traitement entre les militantes d’extrême-gauche et ceux d’extrême-droite ?

    Elle n’a rien d’étonnante. Tandis que les premiers veulent bouleverser l’ordre établi, mettre à terre le vieux monde, les fascistes en sont un des remparts. L’État et son appareil de répression procèdent deux avec un deux-poids, deux-mesures. De même toutes les facilités leurs sont accordées.

    D’ailleurs, la bourgeoisie ne s’y trompe pas : Des milliardaires comme Bolloré préparent l’élection de Zemmour ou d’une coalition ultra-réactionnaire. Même Macron lui a demandé des conseils quant à l’immigration.

    Certes, une répression touche aussi les militants radicaux d’extrême-droite. Ainsi, un apprenti artificier, qui voulait fabriquer une bombe « sale » s’est fait arrêter. Des moines qui incendiaient des tours 5G également. Mais cette répression n’occupe pas la même place. Elle sert juste à contenir les fascistes, à éviter qu’ils n’aillent plus vite que la musique. Derrière, aucune campagne médiatique, aucune indignation compassée de la part de nos grands intellectuels… Non, soit le silence soit les applaudissement les accompagnent.

    Nous affirmons notre solidarité avec les militantes et les militants arrêtés et inculpés. Chaque arrestation est une attaque contre nous tous et nous toutes. Quelque soient les divergences, quelque soient les perceptions et les stratégies, nous concourrons toutes et tous à un seul grand front de résistance et de solidarité. Ne le laissons pas se fragmenter !

    Pour plus d’information : https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=418731496336152&id=109220607287244

  • ICOR: Afghanistan, Contre toute ingérence impérialiste ou expansionniste!

    ICOR: Afghanistan, Contre toute ingérence impérialiste ou expansionniste!

    Les travailleurs et les femmes, le peuple d’Afghanistan ne peuvent se libérer que par eux-mêmes !

    Le retrait des États-Unis et d’autres pays de l’OTAN ainsi que d’Australie et de la Nouvelle Zélande manifeste la défaite désastreuse de l’OTAN. Pour l’impérialisme américain c’est la plus grande défaite depuis la guerre du Vietnam. Jusqu’à aujourd’hui, le peuple afghan n’a pas accepté l’occupation par les impérialistes qui dure depuis 20 ans !

    Les événements et la situation sanglants et tragiques actuels en Afghanistan sont le résultat de la politique et de la pratique coloniales et réactionnaires du social-impérialisme, de l’impérialisme et de la réaction au cours des quarante dernières années. Pendant la guerre de résistance nationale en Afghanistan contre l’armée d’invasion dans les années 1980, le bloc USA-OTAN était activement impliqué en Afghanistan, ce qui a conduit à l’invasion de l’Afghanistan et son occupation par les États-Unis et leurs alliés qui a duré 20 ans.

    Depuis des décennies, l’Afghanistan est la cible de l’exploitation impérialiste – depuis 1979 par l’Union soviétique social-impérialiste, au plus tard depuis 2001 par les États-Unis et leurs alliés. Un prétexte pour l’attaque de l’Afghanistan a été spécialement construit à partir des attaques terroristes inhumaines du 11 septembre 2001. Mais la toile de fond, c’est aussi la richesse du pays en ressources naturelles et sa position géopolitique. Le retrait actuel est l’expression d’un changement d’orientation stratégique de l’OTAN, mais aussi du fait que les États-Unis et leurs alliés ont complètement mal évalué la situation en Afghanistan. Quoique les États-Unis et l’OTAN démantèlent leur occupation ouverte en Afghanistan, ce n’est pas la fin de l’influence impérialiste. Cela peut entraîner un déplacement considérable des forces dans l’ensemble de la région. La Chine, la Russie, le Pakistan, la Turquie, l’Iran – tous poursuivent leurs propres intérêts impérialistes ou bien régionaux expansionnistes et veulent utiliser le peuple afghan à cette fin.

    L’ICOR soutient et lutte pour le rejet de toute ingérence, occupation et exploitation impérialistes et expansionnistes de l’Afghanistan !

    Dans le même temps, le règne des talibans fascistes doit être combattu. Cette force islamiste intégriste qui vise à instaurer la charia selon leur interprétation réactionnaire, a été constituée par les États-Unis dans les années 1990 comme un rempart contre les mouvements de libération dans la région. Son idéologie et sa pratique sont profondément anti-humaines et anti-femmes. C’est de la pure hypocrisie si les États-Unis, l’Allemagne, la France et d’autres puissances impérialistes versent maintenant des larmes de crocodile parce que la démocratie et les droits des femmes en Afghanistan sont en danger. Cela ne les a jamais intéressés et ce n’était que la façade sous le manteau humanitaire de leur intervention impérialiste. L’ICOR soutient résolument la lutte légitime et juste du peuple afghan, y compris les femmes opprimées, les forces progressistes et démocratiques pour leur liberté sociale et nationale. À bas les talibans !

    Le peuple afghan a besoin du soutien international pour reconstruire le pays à partir des ruines, laissées par les États-Unis. L’ICOR soutient les partis et organisations révolutionnaires et démocratiques en Afghanistan qui mènent maintenant la lutte pour la libération dans les conditions les plus difficiles. La libération de l’Afghanistan ne peut être que la cause du peuple afghan. Pendant tout ce temps, les États-Unis ont soutenu les talibans, notamment en libérant des centaines de talibans de Guantánamo. En outre, les gouvernements afghans sous l’occupation étaient tous des gouvernements réactionnaires, islamistes et corrompus, et pas du tout démocratiques. Aujourd’hui, il faut renforcer les forces révolutionnaires et d’autres forces démocratiques et développer la solidarité internationale. C’est avec respect que nous soutenons toutes les forces révolutionnaires, démocratiques et marxistes-léninistes qui restent dans le pays afin de poursuivre la lutte. Mais les démocrates afghans ont aussi le droit de fuir et les États impérialistes doivent les accueillir, au lieu de les faire vivre dans des conditions inhumaines dans des pays qui ont déjà accueilli des réfugiés en grand nombre,

    Le principe de l’ICOR s’applique : aucune lutte de libération dans le monde ne doit être isolée !
    Vive la solidarité internationale !
    Toutes les troupes impérialistes hors des autres pays !
    Renforçons la lutte de libération du peuple afghan ! Soutenons la construction d’organisations et de partis révolutionnaires, anti-impérialistes et démocratiques forts en Afghanistan !
    En avant avec le front uni anti-impérialiste et anti-fasciste !
    En avant avec la construction de l’ICOR !
    Pour la démocratie, la liberté – le socialisme !

    Signataires (en date du 15/9 2021, d’autres signataires sont possibles):

    1. PCPCI Parti Communiste Proletarien de Côte d’Ivoire
    2. ORC Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo
    3. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie
    4. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    5. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    6. PCT Parti Comuniste du Togo
    7. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    8. MLOA Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)
    9. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    10. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    11. Ranjbaran Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
    12. NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    13. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
    14. NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
    15. CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
    16. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
    17. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    18. UC Unité Communiste, France
    19. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    20. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    21. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    22. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    23. UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa (Union marxiste-léniniste portugaise)
    24. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    25. TKP-ML Türkiye Komünist Partisi – Marksist-Leninist (Parti communiste de Turquie – marxiste-léniniste)
    26. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    27. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    28. UoC Union of Cypriots (Union des Chypriotes), Chypre
    29. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    30. OAPCM Organización Apoyante del Partido Comunista de México (Organisation de soutien du Parti communiste du Mexique)
    31. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    32. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    33. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
    34. BDP Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
  • Hommage au président Gonzalo

    Ce samedi 11 septembre 2021, le docteur Abimael Guzmàn est décédé à 86 ans à la suite d’une aggravation de son état de santé ces derniers mois, au centre pénitentiaire de haute sécurité de la base navale de Callao, près de Lima, au Pérou, après 29 années d’emprisonnement dans des conditions difficiles.

    Plus connu sous le nom de Président Gonzalo, il fut en 1978 un membre fondateur du Parti Communiste du Pérou – Sentier Lumineux (PCP-SL).

    Affirmant la nécessité de suivre la voie ouverte par José Mariátegui, grand théoricien communiste péruvien et introducteur du marxisme en Amérique latine, et de mener la lutte armée contre l’impérialisme et l’état péruvien, il participa en 1980 au lancement de son mouvement dans la guerre populaire.

    Pendant la décennie qui suivit, le conflit mené par le PCP-SL a progressé dans toutes les provinces du pays en partant de la région rurale et abandonné d’Ayacucho, appliquant une stratégie maoïste de prise du pouvoir en construisant des fronts de guérillas et en s’implantant dans la paysannerie pauvre et dans les bidonvilles de Lima. Le PCP-SL possédait ainsi en raison de la sociologie de ses zones d’activité une base militante à majorité indigène et observait une quasi-parité de genre en son sein à tous ses échelons1.

    Après sa capture par le GEIN (les services secrets péruviens) en 1992 et le reflux progressif du PCP-SL qui suivit sa condamnation2, lui et son mouvement furent diabolisés de la plus abjecte des manières par les forces réactionnaires.

    Cette entreprise anticommuniste nourrit de falsification a pour double objectif de salir indélébilement le combat révolutionnaire au Pérou et de relativiser les crimes terroristes commis par l’état péruvien, notamment (mais pas seulement) sous le régime fasciste d’Alberto Fujimori.3

    Nous, l’Unité Communiste, ne possédons pas de positions définies et définitives sur les théories de Gonzalo et de ceux s’en réclamant, et plus largement sur le PCP-SL et la guerre populaire au Pérou. Nous nous concevons dans une position de recherche ouverte vis-à-vis de ces théories et expériences. Cependant, en cette funèbre occasion, nous pensons qu’il est utile que nous formulions plusieurs points fondamentaux sur la méthode de divergence entre communistes, que nous considérons pertinents de rappeler et dont nous soulignons ici l’importance concernant le PCP-SL et Gonzalo.

    Dans les années 80, l’URSS n’était plus qu’un cadavre pourri par le révisionnisme depuis 1956, la Chine a pareillement choisi la voie capitaliste en 1978, et l’Albanie, en tant que bastion socialiste, est également tombé. C’est dans ce contexte international qu’il y a seulement 40 ans, le PCP-SL mène un des processus révolutionnaire les plus explosifs depuis la guerre du Vietnam en menaçant l’ordre impérialiste et capitaliste par une lutte armée intense qui va pousser l’état péruvien dans ses retranchements. Alors que le drapeau rouge, terni et en berne, semblait fini aux yeux de beaucoup, le PCP-SL à su le lever haut.

    Aucun débat entre communiste ne peut se faire sur la base de mensonges et de calomnies réactionnaires.

    Pour cela, nous rejetons les conclusions de la Commission pour la Vérité et la Réconciliation (TRC), crée en 2003 par le gouvernement péruvien pour effectuer un compte rendu des violations des droits humains et des violences ayant occurré pendant la guerre civile jusqu’aux années 2000, avec la fin du règne de Fujimori. Nous considérons les rapports de la TRC comme non-scientifique, faisant état de graves biais méthodologiques lorsqu’il ne s’agit pas simplement de manipulations, et comme fortement motivé politiquement à charge contre le PCP-SL.4

    Ainsi, par exemple, une majorité significative des 48,000 victimes estimées de ce conflit l’ont été de la main du gouvernement péruvien5, ce que ce dernier nie dans sa narration anticommuniste et contre-révolutionnaire qui reprend les meilleurs codes de la « pornographie de la terreur »6, mettant en exergue les violences et le rôle de la direction du PCP-SL dans ces dernières, le décrivant systématiquement comme coupé du peuple péruvien et agissant isolé de sa volonté.

    Il n’est pas l’objet ici de développer le bilan du « Fujimorisme », mais il nous paraît nécessaire de noter quelques points supplémentaires. Fujimori fut l’instigateur d’une répression implacable dans toute la société. Il s’est entre autres rendu coupable de l’organisation de massacres et de viols systématiques dans les campagnes, d’assassinats d’étudiants, de professeurs et de journalistes, par des escadrons de la mort similaire à ceux de l’opération condor sous le Chili de Pinochet. Il fut aussi à l’origine de la stérilisation forcé d’un total de 355 000 indigènes entre 1995 et 2000, à qui il reprochait « d’enfanter des communistes ».7

    Rien de nouveau sous le soleil, l’hypocrisie bourgeoise est totale. Gonzalo a été condamné 3 fois de suite à la perpétuité depuis sa capture et est resté depuis enfermé en isolation dans une prison de haute sécurité où des soins lui ont à plusieurs reprises été refusé.

    Fujimori, lui, pourtant poursuivi pour crime contre l’humanité, n’a été condamné qu’a 25 ans de prison, après avoir essayé d’échapper à la justice péruvienne en se faisant réélire au Pérou et élire au Japon, et bénéficie toujours en détention de tous le luxe : « 10 000 m² sont alloués à son seul usage, disposant d’un jardin planté de 5 000 rosiers, d’une clinique privée, d’un atelier de peinture et d’un salon de réception lui permettant de recevoir des visites sans restriction ».8 En 2017, il fut même gracié par le président Kuczynski (pour permettre à ce dernier, menacé de destitution par l’opposition « Fujimoriste », de rester au pouvoir) avant que ce pardon ne soit finalement annulé sous la pression des familles de victimes dans l’année suivante.

    Il est important de rappeler qu’il est impossible de déterminer une qualité, ou de tirer des conclusions politiques sur un mouvement ou un évènement, en s’adonnant a un décompte morbide des morts et des massacres, réels ou présumés.9 Bien que ce soit le jeu préféré des réactionnaires, et ce depuis au moins la révolution française (avec par exemple le « Livre noir du communisme »), et que certains membres des forces progressistes s’y plient pour se blanchir et condamner avec opportunisme (et fainéantise) les tendances opposées aux leurs, cette « méthode » n’a jamais été un tant soit peu utile pour comprendre en profondeur et adéquatement la réalité.

    Il n’existe d’ailleurs aucun mouvement révolutionnaire (au sens où nous l’entendons, de subversion d’une classe par une autre), d’aucune tendance politique, victorieux comme défait, qui n’ait pas été accouché dans des flots de sang. Ce constat est attristant et à prendre avec toute la gravité qui s’impose, mais reste cependant un fait indéniable ainsi qu’une réalité faisant loi dans l’histoire et à laquelle les révolutionnaires n’ont pas d’autres choix que de se plier « bon gré, mal gré » et ce quel que soit leur rapport idéologique à la violence.

    Que ce soit il y a 150, 100 ou 50 ans, les révolutions ne sont jamais venues au monde autrement que dans la violence, et ce fait à toujours été exploité par la propagande réactionnaire et/ou contre-révolutionnaire. L’on ne peut en attendre autrement, car l’on ne peut que comprendre l’aversion d’une partie du peuple pour une violence perçue comme illégitime ou déraisonnable, et qu’elle soit ensuite habilement exploitée par l’appareil de la classe dominante et ses laquais. Mais l’on peut le savoir, et ainsi se rappeler des précédents : Comment la bourgeoisie française a-t-elle parlé de la commune de Paris ? Comment la bourgeoisie impérialiste, l’aristocratie, mais aussi les anarchistes, les partis socialistes anti – bolchevique et les partisans paysans russes ont-ils parlé de la révolution d’octobre ? Ou plus récemment, comment les fils de bureaucrates et de droitiers, réels ou perçus, ont-ils parlé de la révolution culturelle chinoise ?

    Il existe à gauche une tendance de fond, qui n’a rien de récente et est particulièrement présente dans les pays impérialistes, à draper de « rouge » (ou de noir, selon les affiliations) ces rhétoriques anti-communiste et anti-« totalitaire » pour se les approprier. C’est par exemple habituellement le cas à l’encontre des expériences soviétique, chinoise et albanaise. Contre le PCP-SL, l’on observe aujourd’hui ces mêmes rhétoriques mobilisées, et parfois même chez certains défenseurs sincères des régimes socialistes !

    Nous pensons qu’il s’agit d’une erreur (parfois d’un double standard spécifique au Pérou), qui n’est pas seulement le produit d’une critique du PCP-SL dont serait tiré un bilan négatif, qui en lui-même pourrait être juste. Nous voyons dans ces discours plutôt une erreur d’appréciation échouant à délimiter correctement les amis des ennemis, traitant les premiers comme les seconds, particulièrement lorsqu’il s’agit de Gonzalo et du PCP-SL. Il n’est pas question ici de dire que le PCP-SL n’est pas critiquable et que toute attaque est donc nécessairement un égarement d’une quelconque sorte, simplement d’affirmer que le cadre de la camaraderie et de la scientificité10 sont les seuls standard possibles.

    Ce traitement de défaveur à l’encontre des révolutionnaires péruviens est selon nous un double symptôme :

    Premièrement, le produit d’une hégémonie réactionnaire virulente à l’encontre de ses opposants affaiblis11, allant parfois jusqu’à user et abuser de comparaisons confondantes de ridicule dans ses attaques, en usant par exemple d’appellations comme le « Pol Pot des Andes » pour qualifier Gonzalo.

    Deuxièmement, l’expérience dans nos cœurs impérialistes de la proximité historique d’une révolution, dans le contexte a-historisé, (ie, où l’histoire n’est plus un processus historique dans son sens transformateur totalisant, mais seulement l’affaire du temps qui passe) et pacifié de l’hégémonie des pays dominants.

    Il ne s’agit pas d’un évènement vieux de 100 ans, parfois romantisé ou partiellement récupéré par le consensus bourgeois, rendu inoffensif, mais plutôt d’une réalité possédant un caractère immédiat et direct auquel nous ne sommes plus habitués, mobilisant contre lui tous ce qu’il y a de réactionnaire. Il n’est pas anodin dans la différence de traitement subit par le PCP-SL que les images de sa guérilla et des témoignages lui étant en rapport, soit en couleur, non pas en noir et blanc, et que les camarades les moins jeunes se souviennent d’en entendre parler aux informations télévisées étant enfant, en des termes peu élogieux qui ne se sont pas taris depuis.

    Contre les attaques réactionnaires, malhonnêtes ou erronées, nous défendons l’héritage du PCP-SL et l’œuvre de Gonzalo, en tant que camarades sincères.

    Comprendre et tirer des conclusions, tant factuelles que politiques, sur un événement aussi complexe et riche en interprétations que la guerre civile au Pérou ne peut pas se faire sans un certain recul, tant idéologique12 que historiographique. C’est pourquoi nous pensons que toutes les conclusions sur les théories et la pratique du PCP-SL n’ont pas encore été tirées, que ce soit leurs succès ou leurs échecs, et ce particulièrement concernant les années 80 et 90. La synthèse de ces enseignements n’est pas encore achevée, en conséquence, nous invitons, en tant que socialiste scientifique, autant à l’humilité qu’à la critique inflexible.13

    En ce jour, nous rendons hommage à feu Gonzalo en tant que révolutionnaire pleinement dévoué ayant payé le cher prix de la lutte communiste, à sa veuve la combattante et dirigeante Elena Iparraguirre, et à travers eux, au PCP-SL et au peuple péruvien pour leurs contributions dans le combat pour la cause de l’humanité toute entière. Notre drapeau est rouge aussi de leur sang et nous ne saurons l’oublier.

    « Quelle pourrait être la plus grande peur ? La mort ? En tant que matérialiste, je sais que la vie se terminera un jour. Le plus important pour moi est d’être optimiste, avec la conviction que d’autres continueront le travail dans lequel je suis engagé, et le poursuivront jusqu’à ce qu’ils atteignent notre objectif final, le communisme. Car la crainte que je pourrais avoir, c’est que personne ne continue, mais cette crainte disparaît quand on a confiance dans les masses. Je pense que la pire crainte, en fin de compte, est de ne pas avoir confiance dans les masses, de croire que l’on est indispensable, le centre du monde. Je pense que c’est la pire crainte, mais si vous êtes forgé par le Parti, dans l’idéologie prolétarienne, dans le maoïsme principalement, vous comprenez que les masses sont les faiseurs de l’histoire, que le Parti fait la révolution, que l’avancée de l’histoire est certaine, que la révolution est la tendance principale, et alors votre crainte disparaît. » – M. R. A. Guzmàn Reinoso, Président Gonzalo.

    1 https://www.monde-diplomatique.fr/2020/04/ZAMORA_YUSTI/61627

    2 En raison de l’objet de ce texte ne portant pas premièrement sur la révolution péruvienne et de la complexité du sujet, nous n’aborderons pas ici les questions relatives aux successions de Comité Central, aux rumeurs fondées ou infondés de reddition, à la capitulation présumée de Gonzalo après sa capture et généralement aux luttes de lignes intense ayant conduit à la dislocation du le PCP-SL dans les années 90.

    3 Nous utilisons ici une définition large de « Fascisme », basé sur celle de G. Dimitrov comme « Dictature ouverte et terroriste des franges les plus réactionnaires de la bourgeoisie », ici, compradore.

    4 https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/2053168019840972

    5 https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/2053168018820375
    On parle de 30 % attribué aux sendéristes contre 47 % à l’état péruvien.

    6 Selon la TRC, le conflit aurait fait 69 000 victimes, dont 46 % seraient imputées aux sendéristes et seulement 30 % à l’état péruvien.

    7 https://www.monde-diplomatique.fr/2004/05/BARTHELEMY/11190

    8 https://www.lefigaro.fr/international/2012/11/27/01003-20121127ARTFIG00655-au-perou-la-prison-c-est-parfois-l-eldorado.php

    9 Comme le note d’ailleurs Alain Badiou dans sa conférence sur la Révolution Culturelle Chinoise : https://youtu.be/S491NAvwzUw

    10 Ces deux exigences sont équitablement fondamentales. Sur cette question, nous redirigeons vers ce bref texte : https://vivelemaoisme.org/proposition-en-cinq-points-pour-le-reglement-des-divergences-et-la-realisation/

    11 Comme il est répandu de le dire, « l’histoire est écrite par les vainqueurs », ou du moins, avec eux. À quoi l’on peut rajouter dans une certaine mesure : « malheur aux vaincus ».

    12 À comprendre dans un sens large, tant vis-à-vis de notre rapport à l’appareil idéologique situé socio-historiquement de nos états impérialistes, que vis-à-vis des débats sur les pensées produites et les controverses soulevées par le PCP-SL lui-même.

    13 « L’oiseau de Minerve s’envole au crépuscule »

  • 20e anniversaire des attentats du 11 septembre.

    20e anniversaire des attentats du 11 septembre.

    Pour l’ensemble du monde, il y a un avant et un après 11 septembre 2001. Ce jeudi matin, quatre avions étaient détournés par des membres d’Al-Qaïda. Trois se sont écrasés sur des objectifs symboliques importants, le dernier a percuté le sol non loin de Pittsburgh, après avoir été repris par les otages.

    Coalisés autour de la figure d’Oussama Ben Laden et du Mollah Omar, les terroristes avaient choisi de frapper le World Trade Center, centre économique et symbole de la skyline new-yorkaise, mais aussi le Pentagone, centre névralgique des opérations militaires US. La dernière cible est restée spéculative : Maison-Blanche, Capitole ? Impossible à dire avec certitude.

    2977 personnes sont mortes, ainsi que 19 terroristes. 25 000 personnes, selon l’estimation maximale, ont été blessés. Aujourd’hui, reste difficile de faire l’évaluation des conséquences pour la santé de la destruction des tours. L’exposition aux fumées et aux aérosols liés à la destruction de celles-ci ont produit une élévation des maladies, en particulier chez les secouristes. Au delà des pertes humaines, un grand nombre d’œuvres d’art, exposées dans les tours, ont été détruites.

    L’événement est un choc terrible, invraisemblable, dans un occident qui se croit invulnérable et en paix. Le 11 septembre est déchire un grand nombre d’illusions : celle de la fin de l’histoire et celle de la Pax Americana.

    Du 11 septembre 1990 au 11 septembre 2001 de la fin de l’histoire au temps des troubles.

    « Nous nous trouvons aujourd’hui à un moment exceptionnel et extraordinaire. La crise dans le golfe Persique, malgré sa gravité, offre une occasion rare pour s’orienter vers une période historique de coopération. De cette période difficile, notre cinquième objectif, un nouvel ordre mondial, peut voir le jour : une nouvelle ère, moins menacée par la terreur, plus forte dans la recherche de la justice et plus sûre dans la quête de la paix. » Ce discours, prononcé le 11 septembre 1990 par Georges Bush père marque l’ouverture d’une période de suprématie américaine totale. Une période qualifiée de « Nouvel Ordre Mondial », avant que ce terme ne devienne l’apanage des conspirationnistes. La domination américaine s’articule autour des conceptions définies par Zbinew Brzezinski, politologue ancien conseiller de Carter, grand manitou de la politique extérieure US. Brzezinski voit dans les USA le premier empire universel du monde, le seul capable d’assurer un ordre de prospérité économique et d’harmonie. Charge à lui d’être le gendarme du monde et de refouler la Russie et la Chine loin des océans du commerce mondial.

    L’URSS est moribonde. Le mur est tombé. Les guérillas communistes semblent s’épuiser en vain. Les derniers régimes « voyous » sont encerclés par les USA et son hegemôn, qu’Hubert Védrine qualifie d’hyperpuissance. Ils ne peuvent plus profiter des interstices laissés par les affrontements entre occident et bloc est. La démocratie libérale déclare qu’elle a triomphé et qu’elle représente la forme de pouvoir ultime, l’aboutissement de l’histoire. Francis Fukuyama déclare que nous entrons dans l’ère de la fin de l’histoire. Désormais, elle coulera comme un fleuve tranquille, allant vers le futur radieux promis par le libéralisme, par l’Organisation Mondiale du Commerce et la mondialisation. Un été illusoire et anesthésiant s’installe.

    11 ans plus tard, jour pour jour, celui-ci subit sa première tempête. Un nouveau paradigme commence à s’installer. Un paradigme sournois, génocidaire : celui du Choc des civilisations. Samuel Huntington proclame l’incompatibilité civilisationnelle entre les mondes. En faisant cela, il déclare la fin de l’universalisme et le développement d’une vision du monde dans laquelle l’humanité doit rester divisée. De fait, la paix ne peut être obtenue par le ralliement, par le soft power, elle ne peut l’être que par le hard power, par la domination, par un ordre impérial. Cette vision du monde conquiert les esprits d’une partie des décideurs américains, les néoconservateurs. Elle est celle qui sous-tend aussi aujourd’hui les discours de Zemmour.

    Tout comme Pearl Harbor, le 11 septembre a broyé les tendances isolationnistes. Les Républicains, qui avaient critiqué la politique interventionniste de Clinton, vont s’en servir pour mobiliser les esprits américains. La politique intérieure américaine se durcit terriblement, avec notamment la mise en place du Patriot Act, qui permet à l’État de contrôler la liberté d’expression et de critique. Le war on terror se lance.

    Les USA lancent une série de guerres : en Afghanistan, pour punir les protecteurs de Al-Qaïda. Puis en 2003, les USA attaquent l’Irak. La raison est différente : les liens entre les terroristes et les grandes familles d’Arabie Saoudite ont effrayé plus d’un. Prendre le contrôle de l’Irak, c’est assurer un approvisionnement en pétrole par une autre source. C’est également couper l’herbe sous le pied d’un concurrent des années 1990 : la France, premier partenaire commercial du régime de Saddam Hussein. En lançant ces opérations, les USA déclenchent un effet domino qui ne s’arrête jamais. Non seulement les guerres ne sont pas gagnées, mais elles décrédibilisent leur puissance. De plus, groupes après groupes se forment pour lutter contre leur présence, nourrie par un antiaméricanisme érigé en valeur cardinale. Cette « radicalisation cumulative » propulse sur le devant de la scène des formes toujours plus radicales d’opposition : Daesh par exemple, qui, contrairement à Al-Qaïda, ne cherche pas une « libération » d’un territoire. L’État Islamique cherche au contraire à attirer au maximum les armées occidentales au Moyen-Orient, dans le but de les battre au cours d’une bataille apocalyptique.1

    Cette guerre sans fin et sans victoire possible2 martèle surtout les civils, pris en otage dans un conflit qui n’est pas le leur. La guerre contre le terrorisme se traduit surtout par des actes de cruauté des services de renseignement, les destruction, les déstabilisations, la mise en place de régimes fantoches… lesquels s’effondrent dès qu’ils ne sont plus portés à bout de bras.

    Le reste de l’occident, notamment Londres et Madrid3, ont été frappés par la même foudre. Dans son sillage, une peur s’est installée, la peur de l’islamisme, la peur du migrant, la peur du réfugié, la peur d’une cinquième colonne formée par les descendants de migrants et de migrantes. Cette peur, les réactionnaires s’en sont nourris. En faisant cela, ils ont attisé la haine ans la population, marginalisant, stigmatisant. Et cette stigmatisation a entraîné des adhésions plus fortes aux théories des islamistes radicaux : « l’occident ne veut pas de vous, détruisez-le ». Ce jeu (partiellement conscient au moins) de question-réponse entre extrêmes-droites nous mène à la situation actuelle. Aujourd’hui, l’ombre du 11 septembre est toujours présente, toujours plus noire et venimeuse.

    Impossible positionnement critique.

    Les victimes du terrorisme ont suscité un émoi immense. Les images des tours jumelles s’effondrant, les sauts dans le vide de ceux qui préféraient une mort rapide à la morsure des flammes, les pompiers s’engouffrant dans le nuage de poussière… le choc traumatique a marqué tant les américains que le monde entier. On ne compte plus le nombre de productions qui ont fait plus ou moins référence à cet événement. Aujourd’hui encore, nine eleven est devenu un talisman argumentaire, saisi par l’ensemble des bords politiques, jusqu’à la saturation4.

    Surtout, nimbés du statut de victime, les USA n’étaient plus critiquables. Un moment totalitaire, tel que décrit par Hannah Arendt, s’est mis en place. Le monde se coupait en deux : les alliés des USA, considérés incarnant la démocratie mondiale et ses ennemis.

    Cette chape de plomb empêchait de se poser la question des responsabilités des USA dans leur propre malheur, mais aussi de s’opposer aux opérations de vengeance mises en œuvre. Ainsi, lorsque la France s’oppose à l’invasion de l’Irak (pour des motifs d’influence dans ce pays, non par humanisme), elle est conspuée et méprisée.

    A la suite des attentats du 11 septembre, la chanteuse Axelle Red et le chanteur Renaud écrivaient « Manhattan – Kaboul », retraçant deux perceptions : celles d’une Afghane et celle d’un Portoricain américanisé. L’une tuée par les Talibans, l’autre victime des attentats du 11 septembre. Nous citons un extrait :

    Deux étrangers au bout du monde, si différents
    Deux inconnus, deux anonymes, mais pourtant
    Pulvérisés, sur l’autel, de la violence éternelle

    So long, adieu mon rêve américain
    Moi, plus jamais esclave des chiens
    Ils t’imposaient l’Islam des tyrans
    Ceux là ont-ils jamais lu le Coran.

    L’impression de cette chanson est celle d’une symétrie de la violence entre deux camps qui imposeraient une « violence éternelle ». Mais en réalité, elle résume celle-ci à un affrontement unilatéral : les terroristes contre les non-terroristes. Les USA y sont intégralement dédouanés de leur responsabilité dans le cycle de violences qui ont conduit à la perpétuation de cette attentat. Or, si ce texte se veut commémorer un événement terrible, ce n’est pas rendre hommage à la mémoire des victimes que de dénaturer la trajectoire qui a mené à ce que l’attentat ait lieu. La réalité étant que les USA, à la suite d’une politique criminelle, se sont défaits eux-mêmes.

    Les fantômes du 11 septembre.

    Derrière ces 11 septembre, celui de 1990, celui de 2001, il en existe un autre, en filigrane. Le 11 septembre 1973, lequel marque le coup d’État de Pinochet au Chili. Que vient faire le Chili ici ? Il vient illustrer une série de choix qui vont mener à ce que les USA subissent cette attaque.

    Durant la guerre froide, les USA et l’occident en général sont au prise avec une menace absolument terrible pour eux : le risque de victoire du socialisme dans le monde, et, indépendamment de celui-ci, le risque de leur marginalisation géopolitique, au profit d’une nouvelle centralité du monde, eurasienne. Pour contrer cette double menace, ils font feu de tout bois5, et n’hésitent pas à apporter leur soutien à tout ce qui peut contrer l’avancée du bloc soviétique. Notamment, ils organisent un grand nombre de dictatures, à l’exemple du Chili, subventionnent les mouvements d’extrême-droite (mais aussi d’extrême-gauche antisoviétiques!) en Europe, ou les narcotrafiquants d’Amérique Latine. Jouant constamment sur tous les tableaux, ils se prennent parfois les pieds dans le tapis, notamment avec l’affaire de l’Irangate6.

    En 1979, ils participent au financement, à l’entraînement et à l’équipement des réseaux anticommunistes d’Afghanistan. Parmi ces groupes, les Talibans. Les Talibans, faction radicale anticommuniste et islamiste, mouvement d’extrême-droite afghan, prennent l’ascendant sur les autres groupes. Ils finissent par dominer le pays. Maîtres chez eux, ils hébergent des groupes internationaux sous leur protection. L’un d’entre eux, fondé par Oussama Ben Laden et par Adballah Azzam, est Al-Qaïda. Ce groupe devient une « franchise » à laquelle se rallie un grand nombre de mouvements. Décentralisé, le groupe est une nébuleuse insaisissable. Il définit des objectifs simples : chasser des « lieux sacrés » la présence occidentale (dont israélienne). Possédant des moyens financiers importants, des combattants entraînés et un soutien populaire certain (lié à la déconfiture des régimes nationalistes arabes), ils sont en mesure de frapper leur ancien maître.7

    En fin de compte, la politique sinueuse des USA s’est retourné contre eux. Leur choix de nourrir des monstruosités pour servir leurs desseins leur à coûté cher. Pourtant, ils continuent toujours, en particulier lorsque celles-ci font échec aux organisations du peuple et aux organisations révolutionnaires. En effet, même avec les mollahs, on peut faire des affaires. Il sufit de voir l’alliance entre USA et Arabie Saoudite, elle aussi partenaire de la France.

    Le conspirationnisme, enfant du 11 septembre.

    La caractère « incroyable » de l’événement, au sens premier du terme, fait qu’il est le point central d’un grand nombre de théories du complot. Il apparaît impossible que le pays le plus puissant du monde puisse être pris au dépourvu par des amateurs entraînés sur flight simulator et équipés de cutters. Une cohorte de légendes urbaines apparaissent, parfois relayées par des médias mainstream, lesquels laissent la parole de manière équivalente aux conspirationnistes et à leur détracteurs. Cela s’est logiquement traduit pas une crédibilité immense accordée à quelques clowns. Après le 11 septembre, le conspirationnisme va devenir le partenaire obligatoire de chaque événement. Le développement d’internet va aussi créer un nouvel espace dans lequel les conceptions paranoïdes du monde vont s’épanouir.

    Faire l’inventaire de l’ensemble des scénarios serait fastidieux et sans intérêt. Mais ils possèdent un trait commun : ils nient la possibilité que les USA aient subit une réelle défaite et que le colosse américain ait des pieds d’argiles. Pourtant les événements qui ont suivi cet attentat ont marqué un déclin progressif de l’hyperpuissance US.

    L’affirmation de la Chine, qui rentre dans l’OMC et gagne progressivement en influence. Le retour de la Russie sur le devant de la scène8, avec notamment la victoire contre la Tchétchénie, l’irruption au pouvoir de l’inamovible Poutine, puis, surtout, la guerre en Géorgie de 2008. Un pays membre de l’OTAN pouvait être attaqué sans réaction du camp occidental. Pendant ce temps, les guerres entamées ne sont toujours pas gagnées ou sont perdues. La transformation du monde en espace multipolaire fait ressurgir le spectre des guerres symétriques, des affrontements entre puissances.

    Aujourd’hui, nous sommes dans ce monde post-9/11. Ce monde marqué par l’incertitude, l’inquiétude, la peur du terrorisme, de l’instabilité. Un monde de précarité constante, croissante, a laquelle s’est conjuguée la crise économique de 2008 et la crise climatique. Mais ce monde instable, qui est l’opposé complet d’une fin de XXe siècle figée par les blocs et les camps, est aussi un monde de perspectives nouvelles et d’opportunités de victoires. Des victoires mineraient à un monde qui serait tant la négation de l’US-Army que des Talibans : un monde d’égalité, de solidarité et de liberté réelle.

    1En toute objectivité, cela ne leur a pas porté chance.

    2« L’ennemi est le terrorisme. Cette désignation est inepte. Car le terrorisme n’est pas un ennemi : c’est une méthode de combat. » Jean-Pierre Steinhofer

    3Le gouvernement de José Maria Aznar a tenté de faire porter le chapeau à l’ETA, avant de rétropédaler honteusement.

    4Une illustration sarcastique du suremploi de l’argument du 9-11 : https://youtu.be/Gi4Z06IbSek

    5Ils faut rendre justice, ils ne sont pas les seuls : la France gaullienne, dans sa « théorie des trois mondes », va nouer une série d’alliances aussi douteuses : avec Israël, avec l’Afrique du Sud, avec l’Iran et l’Irak en même temps, mais aussi avec le Chili de Pinochet ou l’Arabie Saoudite.

    6« L’affaire Iran-Contra ou Irangate est un scandale politico-militaire survenu aux États-Unis dans les années 1980 pendant le second mandat de l’administration Reagan. Plusieurs hauts responsables du gouvernement fédéral américain ont soutenu un trafic d’armes vers l’Iran malgré l’embargo touchant ce pays. » (Wikipédia). L’argent servait à payer les escadrons de la mort, ou Contras du Nicaragua.

    7En toute impartialité, la Russie a connu la même situation. Elle va entraîner et équiper des groupes caucasiens lors de la guerre d’Abkhazie (1992-1993). Elle les retrouve en face d’elle, par la suite, dans la guerre de Tchétchénie (1994-1996).

    8Sous une forme et avec un contenu sans rapport avec celui de l’URSS.