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  • Interview du Parti Maoïste de Russie sur la guerre

    Interview du Parti Maoïste de Russie sur la guerre

    Nous avons réalisé une interview de nos camarades du Parti Maoïste de Russie, membres de l’ICOR, lesquels nous parlent de leur situation et de leur point de vue sur la guerre. Nous vous invitons à la lire et à la diffuser. Comme ils le précisent, il est urgent d’apporter de l’aide aux révolutionnaires et aux progressistes d’Ukraine, lesquels sont sont dans situation catastrophique. Vous pouvez retrouver notre campagne ici :

    https://unitecommuniste.com/breves/aidons-les-communistes-dukraine/

    Bonjour camarades, pourriez vous nous présenter votre organisation ?

    Bonjour, chers camarades de France !

    Le Parti maoïste russe (PMR) est un parti maoïste russe, membre d’ICOR. « Nous sommes des marxistes-léninistes. Nous sommes avant tout des adeptes de l’expérience chinoise du communisme, qui a atteint son apogée lors de la révolution culturelle sous Mao Zedong et le Quartet de Shanghai1. Nous n’aimons pas l’Union soviétique de Khrouchtchev-Brezhnev et la Chine moderne, orientée vers le marché. Nous sommes indifférents à « l’arrêt de l’extinction2« , à la « spiritualité » et à « l’ordre » et autres fictions fascistes. Nous voulons l’établissement du pouvoir des travailleurs et des travailleuses, l’égalité réelle des femmes et des hommes, la libération des peuples opprimés. » (issu de notre auto-description en Russie.)

    Pour vous, comment sommes nous arrivés à cette situation de conflit international ?

    Nous sommes arrivés à la situation actuelle de conflit international en raison de la lutte pour la redistribution des marchés – la lutte pour le transport et le commerce du gaz ; la lutte pour le charbon, les métaux ferreux, le sel gemme et d’autres ressources dans le Donbass et en Ukraine dans son ensemble. Les impérialistes russes ont tenté de faire pression sur l’Europe pour qu’elle devienne encore plus dépendante des fournitures de gaz en provenance de Russie. Globalement, la lutte se déroule entre les impérialistes d’Europe, d’Amérique, de Russie et de Chine. Les impérialistes russes et américano-européens ont décidé d’aller jusqu’au bout, en faisant pression les uns sur les autres et surtout sur les petits pays de la manière la plus prédatrice qui soit. Cette situation a été exacerbée par la crise mondiale. En conséquence, la Russie a attaqué l’Ukraine. Les pays occidentaux ont riposté en faisant pression sur la Russie. La Russie menace d’une guerre nucléaire.

    Quel est l’état d’esprit général de la population en Russie face à la guerre ?

    L’humeur en Russie au sujet de la guerre est très différente. Malheureusement, les partisans de la paix sont en minorité en ce moment.

    Avez vous des liens avec l’Ukraine et les Ukrainiens ? Avez vous pu échanger sur la situation ?

    Nous avons des liens avec l’Ukraine. Nous avons pu discuter de la situation avec les communistes ukrainiens. Ils sont pour la paix, mais ils sont prêts à défendre l’indépendance de leur pays. Ils considèrent que c’est la tâche principale aujourd’hui. Nous sommes d’accord avec eux.

    Nous sommes surpris, ici, de voir le peu d’effet que semble avoir les sanctions sur le gouvernement Russe, est-ce une impression où est-ce que la Russie envisage de se détourner de ses liens avec l’Europe pour s’axer vers d’autres partenariats comme la Chine ?

    Les sanctions, jusqu’à récemment, étaient pour la plupart très ciblées. Ils ont eu peu d’effet sur la bureaucratie russe, la grande bourgeoisie et les travailleurs russes. Les nouvelles sanctions sont beaucoup plus fortes. Ils ont affecté la vie des dirigeants et des grands capitalistes, ainsi que celle des travailleurs et de la petite bourgeoisie. Et elles seront ressenties plus fortement au fil du temps. La Russie tentera probablement de renoncer à ses liens avec l’Europe et les États-Unis et optera pour des contacts plus étroits avec la Chine et ses autres alliés – les nouveaux impérialistes. Il n’est pas encore évident de savoir jusqu’à quel point ces contacts pourraient être étroits, car les alliés de la Russie ont commencé à se comporter de manière plutôt froide à son égard et ils ont leurs propres ambitions impérialistes. Nous ne devons pas oublier que la Russie elle-même est une grande puissance impérialiste. Elle possède des néo-colonies et une grande richesse (même si son économie a été plutôt faible ces dernières années). Nous devons nous attendre à ce que l’exploitation de la classe ouvrière russe et des pays dépendants de la Russie devienne plus dure.

    En occident, dans un autre camp impérialiste, que pouvons nous faire concrètement pour aider et appuyer le travail de votre organisation ?

    Pour nous aider, faites connaître notre existence. Information selon laquelle les maoïstes en Russie existent et luttent contre l’agression impérialiste. Contactez-nous plus souvent. Tous les communistes révolutionnaires du monde doivent s’unir aujourd’hui encore plus étroitement. Faites également savoir à l’Occident que tous les Russes ne veulent pas d’une guerre impérialiste, que beaucoup sont mécontents du régime de Poutine et se battent pour la liberté, la démocratie et certains pour un véritable socialisme.

    Il est bien plus judicieux de soutenir l’Ukraine et les Ukrainiens maintenant. Exigez de vos gouvernements qu’ils ne soient pas asservis par les « aides », qu’elles soient gratuites ou quasi gratuites. Exiger qu’ils remettent leurs dettes étrangères. Exiger que personne ne soit autorisé à entrer sur son territoire. Luttez pour empêcher vos gouvernements de déclencher la troisième guerre mondiale.

    Avez-vous un message à transmettre aux communistes présents en France ?

    Nous souhaitons aux camarades français un grand succès. Parlez-nous de votre travail et de la situation et des sentiments dans votre pays !

    1La bande des quatre, un groupe de la gauche du Parti Communiste Chinois, qui, à la mort de Mao, a tenté de poursuivre sa ligne.

    2Notre camarade de Russie nous écrit : Ici, nous parlons exclusivement de la situation russe. Le gouvernement et le public russes sont très préoccupés par le déclin rapide de la population indigène. En fait, la population de la Russie depuis 1991 a diminué, selon diverses estimations, de 9 à 15 millions de personnes. Pour le moment, ce déclin démographique ne semble pas si catastrophique en raison de l’afflux de migrants en Russie en provenance des anciennes républiques soviétiques (principalement des pays d’Asie centrale), mais le problème est toujours palpable, d’autant plus que les statistiques officielles russes dans ce , et bien d’autres questions, pas crédibles.

  • Aidons les communistes d’Ukraine !

    Aidons les communistes d’Ukraine !

    Les organisations communistes d’Ukraine ont besoin d’aide.

    Elles sont prises en étau entre un État anticommuniste et les forces d’invasion de la Russie de Poutine. Pourtant, elles jouent un rôle vital dans l’assistance aux victimes de la guerre et dans le fait de développer une issue positive à cette situation de conflit.

    Ne donnez pas aux impérialistes, aidez à ce qu’une Ukraine Rouge naisse de cette guerre !

    Notre camarade nous a écrit hier :

    « Comme vous le savez, il y a actuellement une guerre en Ukraine. Beaucoup de gens normaux n’ont pas assez de nourriture ou de produits d’hygiène de base. Nous demandons gentiment de les aider et de trouver de l’argent pour les dépenses de base ! Ces fonds iront à ceux qui en ont le plus besoin. Pendant ce temps, il y a eu de nouvelles attaques aériennes ce soir… mais elles ont manqué leurs cibles, les missiles sont tombés dans la forêt voisine. »

    Pour donner – Compte paypal Solidarité Ukraine Rouge – https://paypal.me/UkraineRouge?country.x=FR&locale.x=fr_FR

    L’intégralité des sommes récoltées sera au bénéfice du KSRD-Ukraine (Conseil de coordination du mouvement de la classe ouvrière, membre de l’ICOR)

  • L’ultime avertissement du GIEC

    L’ultime avertissement du GIEC

    Occulté par la guerre, le rapport du GIEC est passé à peu près inaperçu. Ou presque : il a été mentalement rangé dans la case des « crises abstraites » au profit de l’omniprésence des crises concrètes. Pourtant, il est alarmant. La question de la radioactivité est revenue sur le devant de la scène avec la question des poussières de Tchernobyl et des combats autour de Zaporojie, mais ces évènements, bien que graves, ne peuvent occulter une tendance de fond inéluctable : nous marchons vers une catastrophe mondiale.

    Pour résumer brièvement ce rapport :

    • Les dispositions prises lors de l’accord de Paris, +1,5 C°, se traduiront néanmoins par un impact important sur les disponibilités en eau et en nourriture, particulièrement en Afrique, en Asie, ou dans les Îles.
    • Dans ces régions, il faut s’attendre à un développement du stress thermique (l’impossibilité de maintenir son corps à des températures normales), du stress hydrique (moins de 1700m3 d’eau par an et par habitants), un développement de maladies nouvelles, une dégradation de la qualité de l’air et une plus grande mortalité.
    • Une division par deux des aires de répartition des espèces animales et végétales, avec un phénomène de désertification et de migrations massives à la clé. Le GIEC note un déplacement de la plupart des espèces vers les pôles.
    • Le GIEC souligne un manque de volonté politique de la part de la grande majorité des pays, ce qui se traduit par des perspectives d’évolution allant vers +2,7 C° d’ici la fin du siècle. Dans certaines projections, la Terre est déclarée inhabitable d’ici 2500.

    Non seulement le grand écocide se poursuit, mais il s’amplifie. La nature subit des ravages qui s’amplifient, les espaces sauvages se restreignent, se fragmentent. Non seulement cela est un crime en soi, mais c’est également une destruction des bases naturelles qui permettent la vie.

    Ces questions vitales sont, une nouvelle fois, remisées dans un coin sombre de l’esprit, et dans des promesses creuses de candidats aux élections présidentielles. Elles sont remises à plus tard, réduites à des abstractions. Lorsqu’elles sont posées, elles le sont sous la forme de culpabilisation des plus pauvres, tandis qu’on observe clairement que la pollution est, comme tout, une affaire de classes sociales.

    Nous n’aimons pas être mis non plus devant le sentiment de mortalité. Et ce, tant individuellement que collectivement. Pourtant, il est clair que des bouleversements se préparent. Nous ne voulons pas employer des comparaisons douteuses, telles que la « grenouille dans la casserole d’eau ». Mais il y a une réalité : les transformations sont difficilement visibles, paraissent lentes, ou même sont noyées par des aléas du quotidien. On peut prendre en exemple les propos de Pascal Praud « Le réchauffement climatique alors qu’il fait moins 3 ce matin dans les Yvelines. Donc bon hein ».

    La réalité est que non seulement ce changement climatique se manifeste par une entropie (une tendance au chaos) plus grande : cela explique les vagues glaciales comme les sécheresses. Mais il fonctionne aussi par bond qualitatif. C’est à dire que l’apparente stabilité ou lenteur d’évolution peut masquer un effet domino qui bouleversera avec une ampleur sans précédent -exceptés les éruptions volcaniques ou les astroblèmes- le climat.

    Don’t look up.

    Le film Don’t look up, sorti à la fin de l’année passé, avait permis de poser la question de la négation du danger, voire même de l’opportunisme face au danger. Loin d’être une caricature grossière, le film a été salué par les chercheurs et les chercheuses (et en l’occurrence particulièrement les chercheuses) comme représentant parfaitement le climato-scepticisme agressif. Nous pouvons revenir sur l’échange de Pascal Praud, accompagné d’Elisabeth Levy. Face à Claire Nouvian, militante écologiste le ton a été donné : « C’est vous qui êtes folle, c’est vous qui êtes dingue ! » hurlait Mme Lévy. « Ce que vous dites est parfaitement ridicule et désagréable pour ceux qui vous reçoivent […] Vous avez le droit d’écouter les autres plutôt que donner une image ridicule et hystérique de votre pensée » ajoutait Pascal Praud.

    Le message écologiste, qui remet en cause certains fondements parmi les plus centraux de la société capitaliste, n’est pas le bienvenue sur les plateaux de l’infotainement, cette information-divertissement. Elle sucite trop l’inquiétude. Elle n’est pas non plus compatible avec la ligne directrice du capitalisme : favoriser le plus possible les échanges et les ventes, accélérer la rotation du capital. Que tout ce qui soit acheté soit consommé, remplacé, le plus vite possible.

    Car l’écologie concrète pose plusieurs questions : la consommation d’une part, mais surtout la production des marchandises et leur sens. Et ça, le capitalisme ne peut le tolérer.

    La guerre en Ukraine est, là encore, un exemple intéressant. Elle a fait surgir la guerre dans un espace mental jugé sécurisé. Les propos répugnants, piochant dans un inconscient raciste, de certains commentateurs l’ont très bien illustré : « on se croirait en Syrie ou en Afghanistan ! ».

    Cette guerre est celle d’une pression géopolitique, basée sur le redécoupage du monde entre puissances. Elle reste, quelque part, une guerre de luxe, c’est à dire une guerre basée sur le désir d’expansion, sur le désir d’accroissement – bien que la question de la sécurité territoriale joue un rôle de premier plan dans l’univers mental russe.

    Avec la destruction programmée des terres arables, avec les menaces sur la sécurité alimentaire, d’autres guerres peuvent naître. Dave Reay, directeur du Climate Change Institute, déclarait que le changement climatique : « menace de détruire les fondements de la sécurité alimentaire et en eau, de la santé humaine et des écosystèmes et, finalement, d’ébranler les piliers mêmes de la civilisation humaine ». Il y a là une toute autre dimension. La guerre pour la survie alimentaire sera d’un tout autre ordre, menée avec l’énergie du désespoir.

    La question des réfugiés, on l’a vu, est une question à géométrie variable. Or, l’évolution prédite par le GIEC est effrayante : « Près de la moitié de l’humanité vit dans la zone de danger – maintenant. De nombreux écosystèmes ont atteint le point de non-retour, maintenant. Les faits sont indéniables. » déclarait Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU. Ces 3,5 milliards d’être humains, au minimum, sont menacés d’être déplacés. Ceux-là, il est douteux qu’ils soient soutenus avec la même ferveur hypocrite.

    Intégrer les conclusions du GIEC : agir pour l’humanité et pour la nature.

    L’humanité, dans un sens, est à un croisement de son histoire. La question de savoir si nous pouvons dépasser ce cap difficile : celui de la lutte entre les désirs individualistes et celui de la mise en avant de l’intérêt général de l’humanité. Nous avons pu voir lors de la Pandémie que les volontés de dépasser ces limites individuelles existent largement. Il existe un réel désir de dépassement, d’émulation, d’avancée commune et de solidarité.

    Mais il manque les cadres pour y parvenir, c’est à dire les espaces organisationnels, politiques, qui permettent la prise de conscience de cet intérêt profond, et qui peuvent contrebalancer la propagande consumériste. Propagande omniprésente qui résume la valeur de la vie humaine à ses possessions de biens de consommation. Nous ne blâmons personne et nous ne voulons pas donner de leçons de morale : il est logique de penser comme ça. C’est pour cela que notre tâche est de fournir les moyens de dépasser ce raisonnement, d’y inclure l’humanité comme ensemble et la nature.

    Ces cadres sont embryonnaires : les pays dominants ne veulent pas entendre parler de baisse de la consommation et du niveau de vie, les pays qui émergent ne veulent pas que ces goinfres pollueurs leur fassent la morale. De même, il est difficile à entendre, pour les classes populaires, pour celles et ceux qui triment jour après jour, qu’il faille renoncer aux loisirs et à la consommation alors que la grande bourgeoisie se pavane en jet privé.

    C’est là où le mouvement communiste, nous le pensons, peut jouer un rôle. Il ne limite pas les questions écologistes à des questions de consommation individuelle. Il les pose en termes de production, en termes d’échanges inégaux entre Nord et Suds économiques, en termes de classes sociales et surtout en termes de pouvoir, de capacité à réellement transformer ces rapports.

    Comme nous l’avons mentionné dans des articles précédents, nous avons besoin d’une écologie totale, de passer d’une prédation des ressources naturelles à une politique planifiée, régulée, de développement qui part des ressources disponibles et de leur gestion à long terme. Un changement de perception de notre environnement : non plus comme une ressource qu’il faut exploiter, mais comme le partenaire nécessaire.

    Il n’existe pas de moyen termes entre les deux : soit nous parvenons à conquérir, par la lutte, la possibilité de construire cette société nouvelle ; soit nous connaîtrons des cycles de crises constantes, avec un épuisement progressif de ressources irremplaçables, condamnant l’humanité à végéter dans une Terre devenue une prison polluée.

  • ICOR : Résister à l’impérialisme !

    ICOR : Résister à l’impérialisme !

    Guerre en Ukraine – Résistance active contre tous les „va-t-en guerre“ impérialistes!

    Le 24 février, la Russie impérialiste a lancé son invasion militaire de l’Ukraine. Dans le monde entier, les gens descendent dans la rue contre cette guerre, qui coûte déjà des centaines de vies de soldats et de civils. L‘ICOR Europe condamne fermement cette agression !

    Une nouvelle aggravation des contradictions inter impérialistes au cœur de l’Europe voit le jour. Le danger existe que les troupes des Etats-Unis, de l’OTAN et de la Russie s’affrontent directement dans cette guerre injuste des deux côtés.

    Dans la bataille psychologique de guerre, dans les médias, l’impérialisme américain, l’OTAN et l’alliance impérialiste de l’UE tentent de se présenter comme pacifiques. C’est plus qu’hypocrite au vu de l’encerclement croissant de la Russie depuis des mois avec 700 bases militaires, l’augmentation constante de l’armement de l’OTAN à plus de 1000 milliards de dollars (la Russie est à 61,7 milliards de dollars), le transfert de troupes de l’OTAN dans les pays baltes de l’OTAN, en Roumanie par exemple de l’Allemagne ou de la France) et une diplomatie de guerre.

    La lutte des différents blocs impérialistes pour une nouvelle repartition de leurs sphères de pouvoir et d’influence, aggravée par la crise économique et financière mondiale persistante, est à l’origine de l’aggravation actuelle. La crise capitaliste des matières premières, en particulier, freine le développement économique.

    NON au transfert du fardeau de la guerre sur les travailleurs et les masses populaires !

    Avec l’aggravation du conflit autour de l’Ukraine, les groupes internationaux ont immédiatement réagi en augmentant drastiquement le prix du gaz naturel. Le matin du 24/02, ils l‘ont augmenté de 30%. Bien sûr, ils prévoient que les peuples paient leur politique impérialiste, les sanctions, etc. Les budgets militaires doivent être augmentés « du jour au lendemain » sur le dos des masses populaires. La politique impérialiste russe imposerait et justifierait maintenant ces augmentations qui avaient été en partie mises en échec par la volonté de paix des travailleurs, des femmes et des jeunes.

    Opposées à tous les efforts visant à forcer les gens à prendre parti pour tel ou tel impérialisme, les organisations de l‘ICOR appellent à une résistance active contre toute agression et guerre impérialiste – que ce soit de la part des Etats-Unis, de l’OTAN, de l’UE ou de la Russie et de ses alliés ! L’organisation membre d’e l‘ICOR en Ukraine, le KSRD ( Conseil de coordination du mouvement ouvrier d’Ukraine) appellait à cette résistance il y a quelques jours :

    « Nous, les organisations révolutionnaires prolétariennes du monde entier, condamnons fermement le militarisme des impérialistes. Car derrière leurs prétentions de justice ou de « représailles » se cachent leurs propres intérêts et leur désir d’atteindre leurs objectifs au détriment de la vie des travailleurs. (…) En réalité, la classe ouvrière doit s’organiser elle-même pour lutter pour ses propres intérêts, y compris au niveau international ».

    La situation, avec ses conséquences de grande portée, exige un nouveau mouvement pour la paix, mondial, durable et organisé, qui s’oppose à toute politique impérialiste. L‘ICOR, en tant qu’organisation révolutionnaire mondiale avec 62 organisations membres dont 28 organisations membres en Europe dans 18 pays, entre autres en Russie, en Ukraine, en Biélorussie … est en mesure de prendre des initiatives importantes pour cela. Nous nous activons pour un Front antiimpérialiste et antifasciste international!

    Nous appelons en particulier les mineurs, les dockers, les transporteurs et les travailleurs des grands groupes qui ont fait preuve de leur détermination, à former l’épine dorsale de la résistance active. De même, le mouvement de femmes combatif et la rébellion de la jeunesse sont mis au défi.

    Les coordinateurs européens de l‘ICOR assurent aux ouvriers et aux masses populaires épris de paix en Ukraine et en Russie : nous sommes à vos côtés !

    Arrêt de toutes les hostilités! Troupes russes – hors de l‘Ukraine!

    L’ICOR appelle à organiser des actions de protestation, des rassemblements, des actions de résistance dans tous les pays.

    Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

    Prolétaires de tous les pays et peuples opprimés, unissez-vous !

    Luttons pour la paix, l’amitié entre les peuples, le socialisme!

    Coordinateurs européens 24/02/2022

  • Communiqué du KSRD-Ukraine

    Communiqué du KSRD-Ukraine

    Les prolétaires d’Ukraine et de Russie ont des intérêts de classe communs !

    Le « Conseil de coordination du mouvement ouvrier en Ukraine » (KSRD), membre de l’organisation révolutionnaire mondiale ICOR, prend position sur la guerre contre l’Ukraine dans une déclaration intitulée « A bas les guerres impérialistes ». « Rote Fahne News » documente la déclaration.

    Le 21 février 2022, les dirigeants impérialistes russes ont officiellement « reconnu » les régimes fantoches créés en 2014 dans le Donbass. Ce n’était qu’une préparation formelle au début de la guerre généralisée que le régime sanguinaire de Poutine a lancée contre le peuple ukrainien le 24 février 2022. Ce jour-là, l’armée russe (et ses satellites des « républiques » du Donbass) a attaqué l’Ukraine de tous les côtés, de la Crimée occupée à l’ouest de la Biélorussie. Le régime pourri et antipopulaire de Loukachenko a également fait office de vassal pour les ambitions impériales du Kremlin.

    La clique de Poutine a déployé plus de 150.000 soldats le long des frontières ukrainiennes et dispose de nombreux avions, chars, artillerie et navires de la marine. Dans ses récents discours, Poutine a même dénié au peuple ukrainien le droit d’exister et a qualifié l’Ukraine de « produit artificiel de l’esprit de Lénine » ! Des centaines de civils ukrainiens, dont des enfants, ont été tués au cours des premiers jours de l’intervention. Les barbares de Poutine ne se contentent pas de bombarder des infrastructures ou des cibles militaires, mais aussi des habitations, des jardins d’enfants, des écoles et des hôpitaux.

    D’un autre côté, le président américain Biden, le Premier ministre britannique Johnson et d’autres dirigeants de l’impérialisme occidental avide alimentent depuis longtemps leur hystérie guerrière autour de l’Ukraine. Ainsi, dans leurs déclarations, ils ont littéralement « garanti » à l’avance une invasion russe en citant des dates concrètes. Une telle propagande sert les objectifs égoïstes des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et des impérialistes de l’UE dans leur lutte pour la domination de l’Ukraine et de toute l’Europe. Une lutte dans laquelle le nouveau régime impérialiste de Poutine leur fait face.

    Pendant la révolution d’Octobre, pendant la guerre civile en Russie, pendant la formation du pouvoir soviétique et pendant la lutte contre le nazisme d’Hitler, les ouvriers russes et ukrainiens, biélorusses et baltes, tous les travailleurs du pays soviétique se sont tenus coude à coude dans la lutte pour la cause commune, pour leurs intérêts de classe. Puis, après la trahison des révisionnistes en URSS, les ennemis de classe ont réussi à diviser la classe ouvrière des différentes républiques de l’Union, devenues des pays indépendants. Les racines de cette nouvelle guerre se trouvent là, dans la dégénérescence bourgeoise de l’Union soviétique. Tant Poutine que certains des « timoniers » de l’Ukraine actuelle et d’autres dirigeants politiques des pays post-soviétiques ont grandi dans le social-impérialisme de l’URSS, ils portent les pires traits de ce système dégénéré. Ce sont le cynisme et la cupidité, le mépris pour le sort de millions de personnes, le désir de rester éternellement au pouvoir et d’asservir d’autres peuples.

    Les prolétaires d’Ukraine, de Russie, de Biélorussie, de Pologne, des États-Unis et d’autres pays ont des intérêts de classe communs ! Et ils ne coïncident pas avec les intérêts de Poutine, Biden, Loukachenko ou Johnson. Il n’y a pas de « bon » impérialisme, il est toujours synonyme de misère, de pauvreté et de guerre. Pour mettre un terme aux impérialistes et à leurs machinations, les travailleurs ont besoin d’une révolution socialiste ! Ce n’est qu’alors que la classe ouvrière sera en mesure de réaliser ses véritables intérêts vitaux – les siens et non ceux des différents exploiteurs impérialistes.

    À bas les guerres impérialistes !
    Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

    Original : https://www.rf-news.de/2022/kw08/nieder-mit-den-imperialistischen-kriegen

  • Gerald Darmanin annonce vouloir dissoudre le Collectif Palestine Vaincra

    Gerald Darmanin annonce vouloir dissoudre le Collectif Palestine Vaincra

    Tandis qu’une hypocrite croisade pour la liberté se met en marche, une censure toujours plus forte s’abat sur celles et ceux qui dénoncent le colonialisme et le néocolonialisme de l’hémisphère occidental. Au diner du CRIF , Aurore Bergé a ainsi affirmer condamner les propos d’Amnesty International, qui avait pointé du doigt l’Apartheid israélien. En tentant de faire taire la contestation, par l’amalgame honteux entre critique de l’Etat d’Israël, antiimpérialisme avec l’antisémitisme, certains politiciens jouent avec le feu de la colère. Ils font ainsi le jeu d’une extrême-droite toujours vive sur la question.

    Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, vient d’annoncer sa volonté de dissoudre le Collectif Palestine Vaincra et une autre organisation pro-palestinienne sur demande d’Emmanuel Macron. Cette décision scandaleuse est le résultat d’un acharnement et d’une campagne de diffamation menée par l’extrême droite israélienne et ses relais en France contre le collectif alors que nous menons un travail de solidarité avec le peuple palestinien contre le colonialisme, le racisme et l’apartheid.

    Cette annonce est une nouvelle étape dans l’escalade autoritaire du gouvernement français qui a déjà dissout, ou menacé de le faire, plusieurs organisations musulmanes, antiracistes ou média de la gauche radicale. Nous ne nous laisserons pas intimider, la solidarité avec la Palestine est non seulement un droit mais un devoir. D’ores et déjà, nous appelons à une réponse large des organisations politiques, syndicales, associatives, collectifs en soutien au Collectif Palestine Vaincra et contre la criminalisation du mouvement de solidarité avec la Palestine.

    Palestine vivra, Palestine vaincra !

    24 février 2022,
    Collectif Palestine Vaincra, membre du réseau de soutien aux prisonniers palestiniens Samidoun

    Passons à l’action !

  • Parti Maoïste de Russie : Thèses sur la guerre

    Parti Maoïste de Russie : Thèses sur la guerre

    Document exclusif qui nous a été transmis par le Parti Maoïste de Russie.

    1. Si la reconnaissance russe de la RPD [République Populaire de Donestk] et de la RPL [République Populaire de Louhansk] avait été un véritable acte de soutien à la population du Donbass, elle aurait eu lieu dès 2014. Mais huit années de silence et d’indifférence, dont les gardes accusent aujourd’hui les opposants à la guerre, ont eu lieu précisément de la part de l’impérialisme russe, qui avait besoin de la guerre dans le Donbass comme monnaie d’échange pour faire pression sur l’Ukraine, tombée hors de l’orbite de son influence. Le prétendu soutien du gouvernement russe au « mouvement de libération nationale » dans l’est de l’Ukraine est aussi faux que ses promesses de ne pas attaquer les États voisins, de ne pas augmenter l’âge de la retraite, etc. Et un régime qui vise à détruire le droit à l’autodétermination d’une nation et rêve de faire revivre l’empire russe ne peut, par définition, être un défenseur des opprimés (que dire de la reconnaissance du Kosovo, de la Transnistrie et de l’Artsakh, d’ailleurs ?). En fait, plus les années d’effusion de sang dans le Donbass ont été longues, plus il était profitable pour le régime de Poutine de rejeter la faute sur ses voisins et, au lieu d’un règlement pacifique dans l’est de l’Ukraine. L’Ukraine doit se préparer à une agression à grande échelle.

    Les affiches du PMR dans les rues de Tcheliabinsk

    2. En huit ans, la RPD et la RPL, au lieu d’être de véritables républiques populaires, se sont transformées en entités fantoches sous la pleine domination du capital russe, avec un espace politique à la russe, mais sous une forme plus radicale, et des formations paramilitaires toutes-puissantes. En fait, c’est ainsi que le Kremlin les veut – non pas comme des États démocratiques libres, mais comme des « zones grises ». Et leur « reconnaissance » faisait partie d’une opération spéciale visant à prendre le contrôle de l’ensemble de l’Ukraine et à la transformer en quelque chose de similaire.


    3. Apparemment, le Kremlin espère une guerre éclair, qui doit aboutir à la mise en place d’un régime fantoche à Kiev. Cette opération de « dénazification » entraînera toutefois un renforcement des sentiments nationalistes et anti-russes dans le pays occupé et le transformera en un analogue de la Yougoslavie des années 1990. Il convient de rappeler que l’invasion de la Yougoslavie par l’OTAN en 1999 était également « justifiée » par la nécessité de renverser le régime de Milosevic qui avait bombardé le Kosovo. Ils ont même appelé cela une « intervention humanitaire ».


    4. L’impérialisme occidental, avec ses sanctions contre la Fédération de Russie, refuse l’aide militaire à l’Ukraine malgré le soutien « politique » de Kiev, craignant apparemment le statut nucléaire de l’agresseur et les actions imprévisibles de Poutine s’il est acculé à des actions plus décisives et s’il s’engage dans une guerre ouverte. L’impérialisme américain et surtout l’UE vont probablement adopter une approche attentiste, en forçant le Kremlin, étouffé par des sanctions économiques « douces », à se montrer accommodant à long terme en ce qui concerne le commerce des hydrocarbures à leurs conditions. Il est possible qu’à long terme des négociations dans l’esprit « gaz à notre prix en échange de l’Ukraine avec votre administration » commencent. Autrement dit, dans un tel scénario, l’Ukraine sera une fois de plus victime de la collusion entre les impérialistes.


    5. Les gauchistes qui soutiennent maintenant l’agression russe font une erreur. Ils font la même erreur que ceux qui, les années précédentes, se sont réjouis de la mort de civils dans le carnage géopolitique du Donbass. Il est possible que Poutine et son régime capitaliste-bureaucratique, qui s’est proclamé le « vrai » décommunisateur de l’Ukraine, si l’aventure actuelle réussit, poursuivent le démantèlement de l’État et de la souveraineté non seulement dans un pays, mais tentent également de restaurer l’Empire russe 2.0 dans d’autres territoires « historiques ». Dans ces conditions, il est évident que l’impérialisme russe ne s’intéresse pas à la « dénazification », mais à l’asservissement des peuples. On peut comprendre à quoi cela ressemblera en observant la situation des masses laborieuses en Russie, où le maintien de l’ordre, la normalisation de la torture, le démantèlement des droits et libertés restants, la censure, la destruction virtuelle de l’autonomie des républiques nationales, l’imposition du cléricalisme, les valeurs archaïques discriminatoires comme l’attaque du féminisme, la défaite des mouvements de défense des droits de l’homme, la phobie systémique des migrants et la connivence avec l’ultra-droite sont des phénomènes quotidiens. En d’autres termes, croire que la Fédération de Russie est réellement en train de « dénazifier » l’Ukraine revient à exorciser le diable avec un diable.


    6. Les vrais communistes aujourd’hui sont ceux qui prônent systématiquement la paix démocratique entre la Russie et l’Ukraine, plutôt que de se soumettre à l’impérialisme du Kremlin. La construction d’un mouvement anti-guerre de masse doit devenir l’un des principaux points d’activité de toutes les forces de gauche et progressistes pour unir les peuples travailleurs et opprimés de Russie et d’Ukraine dans la lutte contre l’agression, pour favoriser le démantèlement des ordres despotiques et pour construire un nouveau monde sans guerres, sans capitalistes et sans oppresseurs. Et le soutien social-chauvin du Kremlin, sous quelque forme que ce soit, est une contribution à l’appauvrissement des Russes, car sous les sanctions, les oligarques feront la guerre, en s’attendant à économiser sur les personnes, à dégrader les infrastructures et à faire évoluer le régime vers un analogue des années 1970 des dictatures latino-américaines de droite avec un anticommunisme d’homme des cavernes, la torture, les enlèvements et les meurtres de dissidents, etc.

    Parti maoïste russe

  • Ukraine : la guerre commence

    Ukraine : la guerre commence

    Très tôt ce matin, Vladimir Poutine a annoncé ce qui n’était plus qu’un secret de polichinelle : l’armée russe est entrée en Ukraine. Elle est en grand style. Les bases aériennes ukrainiennes ont été frappées, assurant la suprématie aérienne, des missiles balistiques ont été tirés dans plusieurs secteurs. Des missiles sont ainsi tombés sur Kiev. Pendant ce temps, les blindés russes ont franchi les frontières, y compris celles de la Biélorussie, et un débarquement amphibie a eu lieu vers Odessa. La mer d’Azov est fermée.

    La guerre a donc commencé.

    Nous condamnons cette agression. Elle met en danger la vie de millions de personnes. Elle cause un déferlement de violence sur l’Ukraine et plus largement encore. Elle contribue aussi à précipiter dans la guerre un peuple russe largement oublié des médias occidentaux.

    Les réactions internationales ne se sont pas fait attendre. Nos camarades de Russie, à l’exemple du Parti Communiste Maoïste, membre comme nous de l’ICOR. Les camarades russes se heurtent à une répression à mille lieues de celle que nous pourrions connaître. Avec leurs camarades du KSRD-Ukraine, ils ont développé des positions communes basées sur la défense de l’intégrité territoriale ukrainienne. Nous saluons leur travail courageux.

    Pour celles des États, elles vont de la condamnation sans équivoque, pour les USA ou l’UE, à une politique de ménagement pour la Chine. La Turquie d’Erdogan, qui ne supporte pas les séparatismes de peur d’en être victime, déclare condamner l’agression mais maintenir des rapports normaux. Pendant ce temps, preuve de l’imbrication économique, les bourses plongent et les marchés paniquent.

    Nous dénonçons cependant le « moment totalitaire » qui sidère, qui empêche de voir l’ensemble des mécaniques à l’œuvre dans ce conflit. Ce moment est exploité sans vergogne par les candidats aux élections présidentielle. Ils essaient de se saisir du malheur des Ukrainiens et des Ukrainiennes pour exister politiquement. Mais remplacer la nullité politique par les roulement de tambours martiaux ne trompe personne.

    Il est catastrophique que le peuple d’Ukraine soit le jouet des rivalités entre impérialismes. Il est l’otage de sa situation géographique : celle d’une zone tampon entre sphères d’influence. Nous redoutions l’invasion russe. Aujourd’hui, nous redoutons encore davantage une internationalisation du conflit. L’Ukraine est un butin sur lequel les rapaces se précipitent, sans jamais prendre en considération sa population. Occident et Russie n’ont pas de leçons à se donner.

    Il nous apparaît important de rappeler que les invasions ne sont pas l’apanage de la Russie. La France et les USA, pour ne citer qu’eux, ont fait régulièrement usage, sous des noms aussi hypocrites que ceux employés par la Russie, de méthodes qui violent la souveraineté d’États. Le fait que nous soyons intoxiqués par notre propre propagande est terrible. L’infatuation qu’ont certains pour l’impérialisme français, impérialisme bâti sur le crime de sang, brouille encore les cartes et empêche une lecture claire de ce qui se prépare : une grande conflagration inter-impérialiste.

    L’argument Russe, celui de la nécessité de protection, est entendable. On ne peut évacuer d’un revers de main le poids de l’histoire. Les invasions de Napoléon ou celle d’Hitler continuent de marquer le pays, martyrisé par celles-ci. Or, la Russie se perçoit faible face à ses adversaires. Elle réagit donc avec brusquerie et violence contre les menaces réelles ou supposées qu’elle perçoit. Mais la méthode employée, non seulement ne remplit pas cet objectif, mais au contraire le dessert largement. L’OTAN et les USA, qui restent les premiers pourvoyeurs de guerre dans le monde, sont plus que jamais à sa porte.

    Nous pensons qu’il est illusoire cependant de voir Poutine reculer. La démocratie autoritaire russe est en réalité bien moins souple, bien moins malléable que les démocraties libérales. Elle ne possède pas la capacité de résilience qui lui permet d’encaisser les revers honteux. L’échec cuisant de Macron, qui avait déjà commencé à se vanter d’avoir fait reculer les chars russes, ne se traduit pas par une déstabilisation du pays. Cela se paiera peut-être par quelques pourcentages en moins dans les urnes. Mais pour la démocratie russe, le corollaire de l’autorité est le consensus. Poutine est soutenu autour d’un programme de restauration de la grandeur impériale russe humiliée. Il doit laver les affronts occidentaux. Si il se plie à eux, il risque de ne plus bénéficier de l’acceptabilité dont il dispose.

    Or, ce n’est pas une réédition de la guerre froide. Ce n’est pas une revanche contre l’humiliation. C’est une nouvelle guerre dans laquelle les riches et les oligarques gagnent et dans laquelle « les morts ont perdu la guerre ».

    Nous appelons néanmoins à un demi-tour immédiat des forces russes, à un repli et à la recherche d’une solution pacifique qui puisse combiner les intérêts du peuple ukrainien, ses aspirations à l’indépendance, et la sécurité russe. Même si nous persistons à penser que « tant que l’impérialisme existe, les guerres existeront », nous espérons cependant que la diplomatie puisse reprendre le dessus.

    Halte à la guerre en Ukraine !

    Halte aux rivalités inter-impérialistes !

    Les ukrainiens et les ukrainiennes meurent pour la grandeur des Empires !

  • Le grand jeu d’échec ukrainien.

    Le grand jeu d’échec ukrainien.

    Hier soir, Vladimir Poutine a reconnu l’indépendance des Républiques séparatistes, qui sont nées en Ukraine en 2014. Dans la foulée, il a ordonné à l’armée Russe d’assurer le maintien de la paix dans ces territoires.

    Un nouveau jalon sur le chemin de la guerre.

    Le reconnaissance des territoires tenus par les séparatistes constitue une étape de plus dans le bras de fer qui oppose l’Occident à la Russie. L’armée Russe est entrée sur le territoire séparatiste, franchissant la frontière qui séparait la Russie de l’Ukraine. Comme un joueur d’échec, Vladimir Poutine déplace ses pièces. En poussant son armée à entrer en Ukraine, il marque un point. Si l’Ukraine riposte, la guerre éclatera. Si elle laisse passer et que rien n’est fait, la Russie aura gagné. Que fera l’Occident ?

    Devant nous s’ouvre un gouffre : celui de l’incertitude. L’ensemble des scénarios est possible : de la tape sur la main à la guerre.

    L’UE déclare réfléchir à des sanctions ciblées. Mais ces sanctions ont-elles encore un sens ? Celles prises en 2014 n’ont réussit qu’a transformer la Russie et à la rendre moins dépendante de l’étranger, à la lier davantage avec la Chine. Elles ont été un échec complet. Depuis, l’impérialisme russe a montré sa force en Syrie. Quant à la victoire des Talibans en Afghanistan, elle est tout à l’avantage du duo russo-chinois. Les challengers d’hier sont en position de renégocier leur place dans le monde. Et cela ne peut se faire qu’en marchant sur les pieds des autres impérialismes.

    Alors l’hypothèse de la guerre devient crédible.

    Il est clair que ce scénario plaît à certains. Même en Ukraine, qui sera pourtant le sol sur lequel les combats auraient lieu, des provocateurs espèrent que la situation s’envenime. Ils sont persuadés que l’OTAN volera à leur secours.

    De plus, chacun vend sa narration des événements à son pays.

    • Poutine vend une narration dans laquelle la Russie répond à l’appel à l’aide de ses frères et de ses sœurs d’Ukraine. Cet irrédentisme, qui s’était déjà manifesté à plusieurs reprises par le passé, est inscrit dans le programme de Russie Unie. Mettre fin à l’humiliation. Restaurer le glacis défensif et rassembler les russophones.
    • Biden promeut une narration américaine basée sur le drama. Président mal élu, dirigeant d’une Amérique fragmentée, il essaie de ressouder son pays autour d’une espèce de Pearl Harbor ou de 11 septembre. Son ton apocalyptique lui sert à dépasser les clivages partisans.
    • Macron prépare les élections. Il essaie de faire valoir la grandeur de la diplomatie française en jouant les entremetteurs et les promoteurs de la paix. Sauf que, non seulement, la France est juge et partie dans l’affaire (car au prise avec les mercenaires russes de Wagner, qui ont contribué à la chasser du Mali), mais elle n’est pas écoutée.

    Au milieu de tout ça, l’Ukraine est ballottée, sans contrôle sur des événements qui la dépasse.

    Nous dénonçons cette montée en tension entre bloc impérialistes rivaux. Après la Libye, après la Syrie…c’est au tour de l’Ukraine de subir sa situation de pivot géopolitique. Elle est traitée comme un butin et comme un théâtre d’opération pour le repartage du monde.

    Nous pourrions lancer des cris en direction de la Russie, insister sur le fait que, dans ce cadre, elle est l’État agresseur. Mais se focaliser sur cette dimension morale du conflit occulte le fait que cette montée en tension a été préparée en amont par une géopolitique occidentale poussant à la guerre.

    Lorsque notre impérialisme entre en jeu, c’est notre devoir d’internationalistes de le dénoncer et d’entraver son action. Nous devons briser cette fausse image d’envahisseur humanitaire que s’est construit la France. De plus notre propre impérialisme ou celui des USA ne s’est jamais embarrassé de légalité pour intervenir dans d’autres pays.

    Nous dénonçons la campagne de propagande de guerre organisée pour appuyer cette montée en tension. Le Figaro se faisait ainsi l’écho de politologues, encroûtés depuis la guerre froide, qui déclarent « Poutine nous déteste car nous sommes libres ». Ça n’empêche pas ce même journal d’appeler sans cesse à la mise en place d’une régime autoritaire en France. Derrière cela, il existe aussi un vieux fond raciste anti-slave, qui les figure comme des brutes incapables de comprendre les raffinements de la démocratie occidentale.

    Nous ne voulons pas de cette guerre de repartage du monde, qui se fera avec le sang des peuples pour la richesse d’empires impérialistes. Une intervention de l’OTAN ne sera ni humanitaire, ni par amour pour les peuples. Il sera simplement le bras sanglant d’un impérialisme contre un autre.

    Stop à l’escalade militaire ! Nous réclamons une solution diplomatique qui prenne en compte le besoin de sécurité russe, tout comme le respect de l’intégrité territoriale ukrainienne. Nous demandons également la dissolution de l’OTAN, outil de rivalité géopolitique, outil de guerres d’agressions.

  • Appel national inter-organisations : Non à la guerre en Ukraine

    Appel national inter-organisations : Non à la guerre en Ukraine

    Nous soutenons cet appel et nous appelons à le diffuser. Comme le mentionne l’ICOR : nous appelons à nous réunir à 18h00 partout où nous le pouvons le jour ou le lendemain du déclenchement de la guerre si elle a lieu. Nous ne soutiendrons aucune immixtion de notre propre impérialisme : cette guerre et un repartage du monde entre grande puissance, non une guerre « juste » ou « humanitaire ». Les occidentaux traitent tout autant ukrainiens et ukrainiennes comme de la chair à patron, de la chair à canon, de la chair à proxénètes. Notre impérialisme et notre capitalisme n’a aucune leçon à donner !

    LA GUERRE N’EST JAMAIS LA SOLUTION OUI A UNE SOLUTION POLITIQUE NÉGOCIÉE

    Les tensions entre les États-Unis et la Russie – deux puissances nucléaires – atteignent des proportions alarmantes avec des mouvements de troupes russes massifs aux frontières de l’Ukraine d’une part et des livraisons d’armes et envoi de troupes par l’OTAN dans les pays limitrophes d’autre part. Cette politique de confrontation ne peut produire que des perdants.

    Nous ne sommes pas à l’abri de provocations qui déboucheraient sur une guerre d’ampleur.

    L’Ukraine paie un lourd tribut économique et humain en raison des hostilités nationalistes attisées au niveau international. Ces tensions peuvent avoir des conséquences très négatives pour tous les peuples d’Europe bien au-delà de la zone du conflit, par exemple la flambée des prix du gaz…

    Nous choisissons la voie du dialogue et de la paix. Il existe des solutions diplomatiques à la crise.

    Nous dénonçons les jeux géopolitiques à l’œuvre tant de la part de la Fédération de Russie, de l’Union Européenne, de l’OTAN et d’autres…

    Nous demandons à tous les responsables politiques d’arrêter de suivre la logique militaire et de faire prévaloir l’aspiration des peuples à la paix.

    Tous les peuples sans exception – qui sont confrontés à une crise globale (climatique, sanitaire sociale…) frappant les plus pauvres , les plus fragiles – n’ont rien à gagner à une nouvelle guerre !

    Les priorités pour les peuples et l’avenir de l’humanité se nomment : Paix, climat, justice sociale, réalisation des droits humains, désarmement !

     Nous revendiquons :

    1. Des négociations immédiates pour la désescalade
    2. L’arrêt des menaces, des concentrations de troupes de l’OTAN et de la Russie et des livraisons d’armes à toutes les parties
    3. Un cessez-le-feu en Ukraine et la mise en œuvre des accords existants
    4. Que les Nations-Unies soient le cadre privilégié d’élaboration des solutions politiques et diplomatiques pour régler la question ukrainienne.

    Sur ces bases nous appelons aux mobilisations les plus larges possibles à compter du 12 février 2022.

    Premiers signataires : Le Mouvement de la Paix, FSU, CGT, Enseignants Pour la Paix (EPP), ATTAC, PUGWASH-France, AFCDRP (Association française des communes départements et régions pour la Paix), Appel des Cent Bagnolet, ACCA (Agir contre le colonialisme aujourd’hui), Parti Communiste Français (PCF), République et Socialisme, Collectif citoyen pour la paix en Ukraine, Conseil de coordination du Forum des Russes de France, APCV (Association de promotion des cultures du voyage), Parti pour la laïcité et la démocratie en Algérie (PLD), IDRP (Institut de Recherche pour la Paix), Vrede (Mouvement Belge pour la Paix), Union des fédérations de pionniers de France, Abolition des armes nucléaires, Abolition des armes nucléaires – Maison de vigilance, Université Européenne de la Paix (UEP), Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), Alerte Otan (Belgique), Pôle de renaissance communiste en France (PRCF), Mouvement pour une Alternative Non Violente (MAN), France Amérique Latine (FAL), La Voix Lycéenne, AFPS Paris-Sud, Collectif Faty KOUMBA (Association des Libertés, Droits de l’Homme et non-violence), Mouvement National de Lutte pour l’Environnement (MNLE), FNDIRP 44, Pour une Ecologie Populaire et Sociale (PEPS), Stop Fuelling War, Initiative Féministe EuroMéditerranéenne (IFE), Fondation Copernic, ATTAC, Un jour la paix, Unis Pour Le Climat et la biodiversité, Marche Mondiale des Femmes (MMF France), Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), ATTAC Toulouse, Comité départemental du Souvenir 44, Amicale Châteaubriant Voves Rouillé Aincourt, Radio For Peace International, Union syndicale Solidaires