Faşizme, Irkçılığa Karşı Bir Kez Daha ; SUSMAYACAĞIZ !
Dans l’attaque raciste fasciste du 23 décembre contre le Centre culturel kurde Ahmet-Kaya, à Paris dans le 10 ᵉ arrondissement, trois personnes sont mortes et plusieurs ont été blessées, dont une demeure en état d’urgence absolue. Les attaques contre les associations kurdes et les organisations de Turquie, les pressions, les dissolutions d’associations, les interdictions de drapeaux et de banderoles, ces activités criminalisées par la loi ont finalement atteint leur plus haut niveau de répression avec cette attaque armée. Nos associations, qui ont été ciblées en pointant leurs activités politiques dans les États de l’UE, sont maintenant la cible des organisations fascistes-racistes européennes conjointement à la menace du réseau d’espionnage créé par l’état fasciste turc en Europe.
Cette attaque n’est pas indépendante de l’orientation des États de l’UE envers les organisations de la Turquie et du Kurdistan. En France, en Allemagne, en Autriche et en Suisse, les perquisitions au domicile, les dissolutions d’associations et l’arrestation et l’enfermement de leurs employés sont mise en œuvre pour réprimer les activités les plus démocratiques en les incluant dans le champ du « terrorisme », comme dans le cas de 129 lois A-B en Allemagne. Les prisons européennes sont ainsi remplies de militants politiques de la Turquie et du Kurdistan. Les organisations fascistes et racistes motivent leurs attaques en mobilisant les mêmes arguments que les États européens.
Presque toutes les institutions mettent depuis longtemps en garde contre le racisme croissant dans les pays de l’UE. Récemment, il a été révélé que ces organisations racistes ont commencé à prendre les armes en Allemagne et en France. Les attaques contre les immigrés et leurs institutions politiques sont de la responsabilité de ceux qui ferment les yeux sur cette escalade.
D’autre part, le réseau d’agents créé par la République fasciste turque sur le sol européen constitue l’autre face à ces attaques dans les sales négociations qu’elles entament avec les États de l’UE. Cette récente attaque, à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Sakine Cansız, Fidan Doğan et Leyla Söylemez, assassinés le 9 janvier 2013 également à Paris, montre que les activités secrètes et ouvertes et les négociations menées par la République fasciste dans les pays de l’UE peuvent avoir une ampleur grave.
En tant qu’ATIK (La Confédération des Travailleurs de Turquie en Europe) ; nous déclarons une fois de plus que nous nous tenons aux côtés du peuple kurde et de ses institutions, qui sont la cible de destructions et d’attaques, confrontés à des massacres dans toutes les régions où ils se trouvent, tuées et brûlées avec des produits chimiques pas plus tard qu’hier, et dont l’existence ne peut être tolérée même dans les pays dits démocratiques. Tout en réaffirmant que nous resterons au côté du peuple kurde sur le terrain, avec un esprit de lutte uni, nous appelons les forces démocratiques locales et immigrées en Europe à se joindre fermement aux actions de résistance, à en entreprendre, et à condamner le massacre qui a eu lieu.
— Épaule contre épaule contre le fascisme, le racisme et toutes les sortes d’attaques !
— Nous n’oublierons pas le massacre de Paris, nous ne le laisserons pas tomber dans l’oubli.
Aujourd’hui en fin de matinée, un terroriste d‘extrême-droite a tué 3 Kurdes et en aurait blessé au moins 3 autres avec une arme à feu. Cet attentat rappelle celui qui avait déjà coûté la vie en 2012 à trois militantes kurdes, tuées par un fasciste du MIT turque.
Le terroriste était déjà connu pour des faits de violence et une tentative d‘homicide sur des migrants. Pour autant, il serait « inconnu des services de renseignements », ce qui en dit long sur la complaisance dont bénéficient nos ennemis.
Pour l‘instant, le traitement médiatique reste minimal et se contente d‘utiliser un lexique très judiciaire et précautionneux. Bien que le parquet antiterroriste soit saisi et que les antécédents de l‘individu soient connus, il n‘est quasiment pas nommé « terroriste » ou « fasciste ». La première ministre parle d’un « acte odieux » et pas d‘un attentat.
Cet événement doit nous pousser à agir et faire prendre conscience aux gens du danger que représentent les fascistes en France. Tout ceux qui seront pour une démocratie populaire seront ciblés afin protéger les intérêts capitalistes.
Unité communiste porte toute sa solidarité aux camarades kurdes. Justice sera rendue. Les martyrs sont immortels.
Résolution d’ICOR sur la campagne de solidarité avec le soulèvement ouvrier et populaire en Iran
La situation d’une fermentation révolutionnaire en Iran exige la solidarité et le soutien de l’ICOR. Nous nous sommes engagés à ce que : « Aucune lutte ne doit jamais rester seule » !
Le soulèvement national des ouvriers et du peuple se déploie dans 190 villes d’Iran et dans les 31 provinces. Il y a des grèves, des manifestations, voire des actions armées. Les travailleurs industriels des grands centres de l’industrie pétrolière et gazière, des raffineries, de la sidérurgie et de la transformation du sucre constituent la force décisive. La lutte contre la double exploitation et l’oppression de la masse des femmes est une force motrice exceptionnelle. Les camarades kurdes apportent également une tradition de lutte particulièrement forte. Les femmes, les étudiants et les lycéens, les retraités, les commerçants dans les bazars participent jour après jour. Le caractère peut être qualifiéde fermentation vers une révolution antifasciste et de démocratie nouvelle sur la voie du socialisme.
Pour que ce soulèvement se poursuive avec succès jusqu’à la chute du régime sous la direction du mouvement ouvrier, la solidarité internationale est un renforcement essentiel. L’ICOR doit assumer sa responsabilité pour la coordination pratique et la révolutionnarisation des luttes internationales ainsi que pour la prise de conscience à ce sujet. C’est pourquoi nous développons une campagne de solidaritéavec la lutte du peuple iranien qui contient des éléments suivants :
Un large travail d’information sur la fermentation révolutionnaire en Iran par les organisations de l’ICOR dans leur pays. Pour cela, des conférences du PC iranien et du MLPD en anglais, entre autres, peuvent être mises à disposition. Utilisation pour la propre construction du parti. Publication des chansons et des slogans du mouvement et si possible d’une affiche.
Discussion idéologico-politique approfondie et si possible unification sur le caractère du régime (la caractérisation comme fascisme est controversée), de l’Iran (la caractérisation comme néo-impérialiste est controversée) et de la révolution (la controverse porte sur le fait de savoir s’il s’agit actuellement d’une révolution antifasciste-démocratique en voie vers le socialisme ou d’une révolution socialiste). Propagation de la séparation de l’Église et de l’État/de la religion. Un État devrait accorder des droits et des libertés démocratiques aux êtres humains et les protéger de la tutelle religieuse par la contrainte.
Organiser des événements, des manifestations et d’autres actions de solidarité. Organiser et soutenir les actions de solidarité des femmes. Gagner des organisations et des partis révolutionnaires à l’ICOR.
Établir autant que possible des relations avec des organisations de travailleurs, de femmes et de jeunes, développer des partenariats et des liens de solidarité durables.
Une journée d’action mondiale unique et commune en accord avec les camarades iraniens fin novembre, début décembre.
Signataires (en date du 28/11/2022, d’autres signataires sont possibles) :
PCPCI Parti Communiste Proletarien de Côte d’Ivoire
CPK Communist Party of Kenya (Parti communiste de Kenya)
MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
PCT Parti Comuniste du Togo
PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
SPB Socialist Party of Bangladesh (Parti socialiste du Bangladesh)
CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
UC Unité Communiste, France
UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
Ouverte pour deux semaines en Égypte, la COP27 est le rendez-vous annuel des chefs d’État et des grands lobbyistes. Elle mêle espoirs, gros sous et déceptions. Qu’en est-il cette année ?
Il serait aisé de prendre le temps d’ironiser sur les coûts et les pollutions propres à cet événement. Entre 300 et 400 jets privés, 5 à 14 fois plus polluants par passager qu’un avion de ligne, sont arrivés. 33 000 participants se sont inscrits pour participer à l’événement. Cependant, tout le monde n’a pas bénéficié du même accueil. Les ONG et la société civile ont été placées à l’écart de cet événement. « En raison de l’interdiction de manifester en Egypte, les associations environnementales ont dû se contenter d’une marche à huis clos, à Charm El-Cheikh. » annonce Le Monde.
Derrière les barrières de Al-Sissi
Protégés par les forces de sécurité du maréchal Al-Sissi, les dirigeants des grandes puissances se sont livrés à une surenchère de discours creux. Ceux des pays qui vont subir concrètement et immédiatement les conséquences de ces politiques ont lancé leurs appels à l’aide. Il est assez clair de savoir qui l’emporte. Les gouvernements des pays les plus puissants développent un discours calibré pour rassurer les marchés et les grands cartels de l’industrie. Pour exorciser le spectre d’une transition vers la neutralité carbone qui implique de réduire leurs bénéfices, ils mettent en avant des issues rassurantes. La question du climat est réduite à sa dimension économique et l’acceptabilité des décisions par les cartels économiques dominants. Lorsque Macron annonce que la France interdira la production de véhicules thermiques d’ici 2035, c’est un discours adressé à PSA, à Renault et à Citroën : c’est une garantie qu’ils conserveront leurs bénéfices.
Espoirs et greenwashing
«Quelques lueurs d’espoir» malgré «beaucoup de greenwashing», déclarait Clément Sénéchal, de Greenpeace. Mais après une semaine de discours, les négociations entre pays tendent vers l’impasse. Les enjeux sont jugés trop importants pour chaque pays ou chaque bloc. Difficile, aujourd’hui, de regarder avec espoir ces négociations. L’espoir évoqué par Greenpeace est celui de voir adopter un système de compensation des « pertes et de dommages » causés par le réchauffement climatique. Déjà évoqué dès les premières négociations (Rio, 1991), il suppose une reconnaissance des dégâts provoqués par les pays les plus polluants. Mentionné à l’article 8 de l’accord de Paris, il ne s’accompagnait d’aucune mesure concrète.
Il est considéré comme le grand enjeu de cette COP27. Mais « Les pays du Nord disent que ce sont des sommes colossales, qu’ils ne pourront pas le ‘vendre’ à leurs concitoyens. C’est comme s’ils faisaient semblant d’oublier toutes les propositions mises sur la table » avait déclaré Fanny Petitbon, responsable plaidoyer de l’association Care France.
« L’humanité a un choix : coopérer ou périr », a déclaré le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, le 7 novembre devant près de 100 chefs d’État réunis à la COP27. Le problème est que la coopération ne semble pas à l’ordre du jour. Les tensions entre les puissances dominantes paraissent bien plus fortes que l’esprit de coopération. Le Canada a annoncé, ainsi, ne plus vouloir importer de lithium extrait par les entreprises chinoises. Le pays de l’érable considère que cette dépendance mettrait en péril sa sécurité nationale. Mais ce boycott n’a pas été lancé sur un coup de tête : le Canada possède de solides investissements dans la région du « Triangle du Lithium », principale zone de ressources de ce précieux minerai.
L’ombre du lithium
« On n’a pas de pétrole, mais on a du lithium. » avait déclaré Macron. Dans un élan de « en même temps », à côté de la déclaration sur la nécessité de protéger les fonds marins, Macron développe le projet d’une mine de Lithium à ciel ouvert en France, dans l’Allier. Le but est d’extraire, à partir de 2027, 34 000 tonnes d’hydroxyde de lithium par an, ce qui permettrait de fabriquer 700 000 véhicules électriques. Bruno le Maire l’a annoncé comme un projet « propre » et vertueux, qui pourrait assurer la transition tout en créant de l’emploi.
Ce projet essentiel pour l’économie des gros cartels de l’automobile, Michel Jarry l’a découvert par voie de presse. Président de France Nature Environnement (FNE) dans la région Auvergne Rhône-Alpes, il déclare : « Une mine propre, ça n’a jamais existé et ça n’existera jamais. Les risques de pollution des eaux, des sols et de l’air sont réels et ce serait un beau mensonge que de dire le contraire. »
De plus, les études sur les impacts miniers sont sans appel : les promesses d’emploi ne durent qu’un temps. Dans la majorité des cas, une fois les filons épuisés, les régions concernées deviennent plus pauvres qu’avant. Si une mine dure entre 10 et 20 ans, les sols et les paysages dégradés sont des cadeaux qui se passent de génération en génération. Seul point positif, cyniquement souligné, par certaines associations, est que la confrontation avec la réalité des mines de ce type pourrait être un électrochoc pour les Français.
Les économies du futur promises escamotent le plus souvent les questions gênantes. Ainsi « la prétendue marche heureuse vers l’âge de la dématérialisation n’est donc qu’une vaste tromperie, puisqu’elle génère, en réalité, un impact physique toujours plus considérable. »1 (Guillaume Pitron, 2019). En fait de solutions, ce sont simplement des substitutions d’une technologie polluante lors de son usage (les hydrocarbures par exemple) par une technologie qui paraît propre, mais où les coûts écologiques sont soit éloignés géographiquement (production, recyclage), soit indirects (extraction). Si elles peuvent aussi remplacer une pollution (gaz à effet de serre (GES), par exemple), par une autre (arsenic dans l’eau ou autre), leurs effets tarderont à se faire sentir. En fait de solution, elles risquent surtout de créer une conjonction dans laquelle nous aurons à la fois des émissions de GES record, et en plus une pollution high-tech.
L’humanité reste encore impuissante face aux questions les plus cruciales pour son avenir en tant qu’espèce. Les réponses proposées par les gouvernements sont soit insuffisantes, soit carrément à double tranchant. Elles sont par essence prisonnières de leur but premier : servir les intérêts des exploiteurs. Elles sont aussi conditionnées par le fait qu’elles doivent répondre aux contrats sociaux passés avec les travailleurs et les travailleuses du monde entier. Dans les pays dominants : exploitation contre consommation, dans ceux qui ne le sont pas : surexploitation contre espoir d’accéder à cet univers de confort.
Pas de pessimisme inutile
Nous pensons qu’il est possible pour l’humanité de pouvoir réussir à franchir cet obstacle immense. Nous pensons que la surconsommation et le gaspillage de ressources, s’ils sont combattus avec fermeté, peuvent permettre une élévation générale du niveau de vie à l’échelle mondiale sans mettre en péril notre survie. Mais il y a des entraves. La plus forte étant celle de la dictature du profit sur l’économie mondiale et ses relais étatiques. La seconde est le poids de l’idéologie consumériste et individualiste entretenue par ces groupes. Elle impose comme modèle de réussite l’accès à des biens de consommation de luxe et le nihilisme écologique.
Mais il reste un long chemin pour que les forces qui peuvent permettre un changement deviennent suffisamment puissantes. Nous déplorons que les initiatives restent encore bien souvent divisées et dispersées entre communistes, et qu’il n’existe pas encore de liaisons et de coopération développées. Nous-mêmes, nous avons participé à des rassemblements à Paris, avec nos camarades de l’ICOR et de l’Alliance internationale. Nous considérons que ce type de cadre est un embryon dans lequel il est possible de coopérer et nous incitons tous ceux et celles qui le veulent à y participer. Il n’est pas un outil exclusif d’un groupe, mais bien un canevas dans lequel nous pouvons nous inclure et traiter nos points de vue différents pour les synthétiser.
Les capitalistes peuvent traiter les questions climatiques à la légère. Ils ne s’intéressent qu’au profit. Mais nous, qui voulons servir le peuple, nous ne le pouvons pas.
Lutte contre la catastrophe environnementale planétaire et pour l’unité de l’homme et de la nature dans le socialisme !
Nous vivons une nouvelle qualité de transition vers la catastrophe environnementale planétaire. L’énorme instabilité du climat mondial, les sécheresses, les incendies de forêt, les inondations, le manque d’eau potable, la -pollution des terres agricoles par l’exploitation minière traditionnelle, la menace que font peser les substances toxiques dans l’environnement sur notre santé, la crise de l’alimentation mondiale, le développement renouvelé de la fracturation et de l’énergie nucléaire suite à la guerre en Ukraine – tout cela a une cause : le capitalisme et l’impérialisme. Il est le plus grand destructeur de l’environnement avec son exploitation impitoyable de l’homme et de la nature, son besoin de maximiser le profit et son insatiable soif de pouvoir. L’impérialisme, c’est la guerre et les impérialistes ne reculent même pas devant une guerre nucléaire pour mener leur lutte concurrentielle jusqu’au bout. C’est pourquoi, en cette journée de lutte pour l’environnement, nous nous battons délibérément contre la destruction de l’environnement et la guerre impérialiste !
Nous ne fermons pas les yeux sur la menace d’une catastrophe climatique, comme le font les politiques bourgeoises et petites-bourgeoises. Nous faisons la lumière sur la pollution des mers, l’invasion massive de déchets et l’empoisonnement de la Terre, la politique d’armement impérialiste et les préparatifs à la guerre nucléaire associés au mensonge de l’effet limité des armes nucléaires tactiques ou de l’utilisation civile sans problème ; nous attirons également l’attention sur l’appauvrissement progressif de la biodiversité, le trou dans la couche d’ozone, le dépérissement dévastateur des forêts, … . Réduire le champ de vision, c’est minimiser la dimension de la menace qui pèse sur les bases d’existence. C’est justement l’interaction des différents facteurs qui provoque les points de basculement mortels.
Depuis longtemps, l’humanité a créé un niveau de forces productives et de science qui pourrait permettre à tous les êtres humains de travailler, de se nourrir sainement, de vivre dans un environnement sain, de s’instruire, de se loger et de participer `sa la vie sociale et politique – si la couche minime du capital monopolistique international n’imposait pas au monde entier ses intérêts de profit et de pouvoir. Pour cela, nous devons discuter de manière stratégique : seul un monde sans capitalisme ni impérialisme sauvera l’homme et la nature ! La classe ouvrière est la force dirigeante aussi dans la lutte pour l’environnement. Elle est directement confrontée aux principaux responsables de la destruction de l’environnement, les monopoles internationaux. Au mensonge réformiste de décennies durant sur la contradiction entre la protection de l’environnement et la lutte pour l’emploi, nous opposons l’offensive des travailleurs, des jeunes, des femmes – des mouvements sociaux combatifs pour la protection de l’environnement et des emplois !
Nous déclarons notre volonté de mener des actions décentralisées simultanées le 12 novembre 2022 dans tous les pays avec des organisations de l’ICOR et avec les forces du Front uni anti-impérialiste et antifasciste et de nous présenter de manière combative. Des mots d’ordre uniques et fondamentaux devraient être complétés par les revendications concrètes dans les entreprises, les mouvements combatifs et en fonction des conditions concrètes. Actions décentralisées signifient : dans les métropoles et les points névralgiques de l’environnement des différents pays, mais là aussi en fonction des possibilités en ville et à la campagne. Les lieux appropriés pour des actions sont ceux où l’état catastrophique de l’environnement naturel est particulièrement visible : les glaciers qui fondent, les zones de sécheresse, les régions touchées par les incendies de forêt, les lieux et les régions qui subissent des inondations dramatiques. Sont également appropriées des actions sur les lieux des principaux responsables, comme les sièges des entreprises ou les sites des centrales nucléaires, contre la poursuite de leur exploitation.
Nous envisageons également de réaliser ces manifestations comme un tribunal et de dénoncer les responsables par l’intermédiaire des personnes concernées. Ainsi, le mouvement international des mineurs dénonce l’évolution de la politique des matières premières et de l’énergie qui méprise l’homme et l’environnement.
Nous voulons obtenir un grand impact par des protestations, des grèves et des actions dans les entreprises, les universités et les écoles, dans les quartiers, dans les rues et sur les places.
En même temps, l’ICOR organise un travail d’informations, des actions et une manifestation le 12 novembre à Paris avec une délégation internationale de l’ICOR et des forces du « Front uni ». Paris est le lieu du sommet climatique de 2015 qui a complètement échoué ! En tant que grande ville d’empreinte internationale, elle s’y prête parfaitement. La manifestation débutera à 14 heures sur la place de la République. Envoyez des représentants ou même des délégations en fonction de vos possibilités ! Envoyez des actes d’accusation !
La situation sécuritaire en Égypte, due au régime fasciste de Al-Sissi, ne permet pas de s’y présenter publiquement de manière combative. C’est pourquoi nous ne pouvons pas nous rendre sur le lieu de la COP 27.
Portons nos mots d’ordre dans les entreprises, dans la rue, dans les quartiers, dans les écoles :
Résistance active contre une catastrophe écologique imminente, contre une troisième guerre mondiale et contre le transfert des fardeaux de la crise et de la guerre sur les masses !
Trêve immédiate ! Pas un centime, pas un homme, pas une femme pour la guerre et l’armement !
Arrêt immédiat de toutes les centrales nucléaires !
Interdiction et destruction de toutes les armes de destruction massive ! Le socialisme est impossible sur une planète morte. L’ICOR défend la vie et l’avenir socialiste !
Développement massif et immédiat des énergies renouvelables !
Pas de greenwashing pour les gouvernements bourgeois et encore moins pour le régime fasciste de Al-Sissi en Égypte ! Libérez tous les prisonniers politiques – en Égypte et partout ailleurs ! #FreeAlaa
Lutte contre l’exploitation néocoloniale des richesses de l’Afrique !
Le socialisme est la seule solution pour l’unité durable de l’homme et de la nature !
Signataires (en date du 09/11 2022, d’autres signataires sont possibles):
UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie
MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
UC Unité Communiste, France
UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
Vendredi 21 octobre 2022, une centaine de membres de l’extrême-droite radicale a pu organiser, sans réponse immédiate des pouvoirs publics, un rassemblement et une manifestation en soirée en plein centre-ville de Lyon, scandant des slogans tels que « immigrés assassins », des appels au meurtre comme « les gauchistes à mort » et le cri de ralliement néonazi « Europe, jeunesse, révolution » ! Ce débordement coïncide avec la soirée des 10 ans organisée à la Traboule, siège de l’ex-organisation Génération identitaire dissoute pour provocation à la haine et discrimination.
Les Lyonnais·e·s avaient déjà dû subir un rassemblement de catholiques intégristes et de divers groupes d’extrême droite devant le palais de justice de Lyon mercredi 19/10, puis un rassemblement de zemmouriens et autres racistes le lendemain au même endroit. Les charognards politiques sont présents partout pour faire un maximum de récupération à travers leur idéologie raciste et xénophobe, et attiser la haine suite à l’horrible meurtre de la jeune Lola. Depuis l’ouverture de ces locaux il y a 10 ans, les Lyonnais·e·s attendent des actions de la Mairie et de la Préfecture. En ce début de semaine, la Mairie a enfin réagi par un courrier interpellant le Président de la République, afin de demander la fermeture des locaux fascistes et la dissolution des Remparts (voir note en bas). La Préfecture a saisi le Procureur de la République en réaction aux propos scandés lors de la manifestation. Ces paroles doivent très rapidement être suivies d’actes concrets permettant la fermeture de ces locaux. Nous suivrons avec attention les suites de ces prises de position du Maire de Lyon et du Préfet du Rhône. De notre côté, nous n’attendrons pas un·e mort·e pour qu’enfin la Traboule et l’Agogé soient fermés ! Nos organisations vont continuer leur travail de vigilance, d’information et de riposte face à l’extrême droite, pour la fermeture des locaux fascistes sur le territoire. Signataires :
Plus d’informations sur le contexte lyonnais : Comment expliquer qu’une telle manifestation ait pu avoir lieu ce vendredi ?
Plusieurs éléments montrent un laisser-faire total de la part des autorités :
Alors que Génération Identitaire est dissoute, son local, bar et salle de réunion La Traboule et sa salle de boxe dite identitaire L’Agogé continuent de fonctionner sous couvert d’une autre appellation, Les Remparts. Dissoudre une organisation ne suffit plus, il faut réellement mener le travail de fermeture des locaux fascistes, et interdire les associations satellites qui leur permettent de continuer à utiliser ces locaux librement.
Ce vendredi 21 octobre était organisé dans cette même Traboule une soirée annoncée publiquement (sur les réseaux sociaux) comme la célébration anniversaire des locauxdu groupe dissout… La Traboule est un bar qui ne peut légalement accueillir que 88 personnes maximum mais cette jauge est régulièrement dépassée. De plus, il contribue aux expéditions violentes dans les quartiers du Vieux Lyon et de Croix-Rousse. Ce local permet en effet aux militant·e·s fascistes de s’organiser pour mener ces attaques : ce schéma est connu et nous alertons depuis trop longtemps sur le sujet.
Étaient donc attendu·e·s à la Traboule pour cette soirée anniversaire un certain nombre de fascistes et autres néo-nazi·e·s, venu·e·s de plusieurs villes de France et d’Europe, qui pratiquent l’intimidation, les slogans racistes, les appels au meurtre et de multiples incitations à la violence. Nombre d’entre elles et eux y ont été reconnu·e·s et sont membres d’organisations interdites ! Cela ressemble fortement à une reconstitution de ligue dissoute.
Alors que tous les groupuscules et partis d’extrême-droite essaient de récupérer le meurtre de Lola pour en faire un argument raciste contre les personnes non blanches, comment les autorités n’ont-elles pas anticipé cette action pourtant bien prévisible ?
Communiqué du webinaire du Front uni avec 90 participants
Le dimanche 9 octobre 2022 a eu lieu un webinaire du Front uni antifasciste anti-impérialiste : « Ensemble contre le risque de catastrophe écologique mondiale et le transfert du fardeau de la guerre et de la crise ! En route pour les protestations contre la COP27 ! »
Nous voulons faire de la journée de lutte pour l’environnement du 12 novembre 2022 une journée d’action mondiale et commune. Il s’agit d’être clair et de faire savoir les masses : Nous vivons une nouvelle qualité de transition vers une catastrophe écologique mondiale.
La grande instabilité du climat mondial, les sécheresses, les incendies de forêt, les inondations, le manque d’eau potable, la contamination des terres agricoles par l’exploitation minière traditionnelle, la menace que représentent les toxines environnementales pour notre santé, la crise de l’alimentation mondiale, le développement de la fracturation et du nucléaire suite à la guerre en Ukraine – tout cela a une cause : le capitalisme et l’impérialisme.
Le plus grand destructeur et pollueur
Il est le plus grand destructeur de l’environnement avec son exploitation impitoyable de l’homme et de la nature, son besoin de profit maximal et sa volonté de puissance insatiable. L’impérialisme est synonyme de guerre et ils n’hésitent pas à recourir à la guerre nucléaire pour mener à bien leur lutte concurrentielle.
C’est pourquoi, en cette journée de lutte pour l’environnement, nous nous battons délibérément contre la destruction de l’environnement et la guerre impérialiste ! L’humanité a depuis longtemps atteint un niveau de forces productives et de science qui pourrait permettre à tous les êtres humains de travailler, de se nourrir sainement, de vivre dans un environnement sain, de se former et de se loger – si la minuscule couche du capital monopolistique international n’imposait pas ses intérêts de profit et de pouvoir au monde entier.
Seul un monde sans capitalisme ni impérialisme sauvera l’homme et la nature !
C’est pourquoi nous, les 90 participants au webinaire du 9 octobre 2022, déclarons notre détermination à nous présenter sur la scène mondiale lors de la Journée de lutte pour l’environnement de cette année avec cet objectif commun et avec des actions centrales et décentralisées puissantes.
Nous serons présents à Paris le 12 novembre 2022 avec une forte délégation internationale qui fera sensation. Paris, qui a accueilli le sommet sur le climat de 2015, dont les objectifs ont complètement échoué, est une ville internationale appropriée. Les organisations d’ICOR basées à Paris et en France y constituent une base organisationnelle qui est en même temps soutenue par des délégations d’Europe.
Activités locales dans les différents pays
Parallèlement, l’accent est mis sur les activités dans les différents pays et localités. Nous déclarons notre volonté de mener des actions décentralisées dans tous les pays d’ICOR et avec les forces du front unique, simultanément et avec les mêmes mots d’ordre, et de nous présenter de manière combative. Décentralisé signifie dans les métropoles et les points névralgiques environnementaux des différents pays, mais aussi largement réparti dans les villes et les campagnes.
Les lieux où l’état catastrophique de l’environnement naturel est particulièrement visible se prêtent à l’action : La fonte des glaciers, les zones de sécheresse, les régions touchées par les incendies de forêt, les lieux et les régions où se produisent des inondations dramatiques. Nous recommandons d’organiser les manifestations sous forme de tribunal et de dénoncer les responsables par l’intermédiaire des personnes concernées. Nous voulons obtenir un impact important sur le terrain en organisant des protestations, des grèves et des actions dans les entreprises, les universités et les écoles, dans les quartiers, les rues et les places.
La situation sécuritaire en Égypte, due au régime fasciste de Sisi, ne permet pas d’agir publiquement de manière combative. C’est pourquoi nous ne pouvons pas nous rendre sur le lieu de la COP 27. A Paris, nous exprimerons notre solidarité avec les militants égyptiens et nous nous battrons également pour eux.
Notre slogan principal :
Pour une lutte écologique anti-impérialiste En avant vers le socialisme !
Autres propositions de mots d’ordre :
Pas de greenwashing pour le régime fasciste égyptien de Sisi ! Libérez tous les prisonniers politiques – en Égypte et partout ailleurs ! #FreeAlaa
Pas d’extractivisme colonial en Afrique et ailleurs ! Le socialisme est la solution à la crise climatique !
Résistance active sous la direction de la classe ouvrière contre une catastrophe écologique imminente, contre une troisième guerre mondiale et contre le transfert du fardeau de la crise et de la guerre sur les masses !
Arrêt immédiat de toutes les centrales nucléaires !
Interdiction et destruction de toutes les armes de destruction massive !
Seule voie vers un changement de système : la révolution ! ICOR milite pour le changement de système !
Pas de socialisme sur une planète morte ! L’ICOR défend la vie !
Pas de recul concernant le développement des énergies renouvelables !
Alors que le collectif des sans-facs de Lyon 2 occupait depuis lundi matin les bureaux de la présidence de l’université, cette dernière a fait le choix honteux d’employer la force contre ces jeunes qui se battent pour une université ouverte à toutes et tous. En effet, ils et elles ont été délogé-es par la police samedi 15 octobre vers 16H30. Voici donc la réponse de Nathalie Dompnier quand on l’interpelle sur la question de la sélection et de la hausse des frais d’inscriptions pour les étudiant-es étrangers hors UE : des dizaines et des dizaines de CRS. Suite au rassemblement de soutien aux sans-facs organisé le mardi 18 octobre, 3 militant-es ont été arrêté-es par la police et ont passé plus de 40h en garde à vue. Nous dénonçons la répression policière qui s’abat contre les militant-es de notre camp social et nous demandons la fin des poursuites contre les militant-es interpellé-es. Nous exprimons notre soutien total au collectif des sans-facs et aux militants interpellés, nous ne céderons pas face à la répression et continuerons de nous battre pour le droit d’étudier.
Depuis l’occupation, de nouvelles victoires ont été obtenues par le collectif des sans-facs : dix inscriptions de jeunes dans la filière de leur choix, ainsi que la mise en place d’une procédure d’exonération des frais d’inscription pour tous les étudiant-es concerné-es par les frais différenciés. Ils et elles continueront à se battre pour les inscriptions, contre la réforme raciste “Bienvenue en France” à Lyon 2 et ailleurs, et pour une université ouverte à toutes et tous, gratuite et émancipatrice.
Ce n’est ni au personnel ni aux étudiant-es de payer le manque de moyens à l’université. Avec la mobilisation des raffineurs rejointe par d’autres secteurs, les transporteurs, les cheminot-es, la fonction publique, il est essentiel qu’étudiant-es et travailleurs-ses nous nous mettons en ordre de bataille pour un meilleur avenir.
La répression ne nous arrêtera pas : nous appelons à un rassemblement de soutien aux sans-facs à l’occasion de la CFVU de l’Université Lyon 2, le vendredi 20 octobre à 9h, en cour centrale du campus Berges du Rhône.
Aujourd’hui, les Talibans tiennent légalement les rênes du pouvoir. Les ambassades occidentales ont fermé leurs portes. En revanche, celles de la Chine et de la Russie continuent d’exercer et sont acceptées par les Talibans. Nous écrivions en aout 2021 :
L’ambassade de Chine a ainsi déclaré qu’elle « continue de fonctionner normalement » et qu’elle désire des « relations amicales » avec le gouvernement Taliban. D’après la porte parole de la diplomatie chinoise, Hua Chunying, « Les talibans ont indiqué à plusieurs reprises leur espoir de développer de bonnes relations avec la Chine ». Moscou a également maintenu en place ses diplomates.
L’ex-ambassadeur de France en Afghanistan, David Martinon, déclarait au micro du Collimateur, le podcast de l’IRSEM (Institut de Recherche Stratégique de l’École Militaire) que les Talibans, en dépit de pertes absolument terrifiantes n’avaient jamais connus de problème de recrutement. Les régimes successifs n’ont fait que faciliter leur retour, les faisant apparaitre comme des libérateurs. Les Talibans avaient pourtant « changé ». S’ils n’ont fait aucune concession sur le fond, ils ont joué la carte des relations publiques pour essayer d’avoir l’air « acceptables » par l’Occident. Cette mascarade a eu un succès important. C’est un fait que souligne M. : aujourd’hui, ils passent pour des interlocuteurs possibles et sont même courtisés. La prééminence russo-chinoise n’empêche pas les tentatives de retour de l’Occident. D’où la recherche de liens avec les Talibans ou l’aide -directe ou indirecte- fournie à leurs opposants, y compris Daech. L’État islamique est en effet très mal vu par les Talibans et par les succursales d’Al-Qaïda, qui procédaient à des exécutions systématiques de leurs membres lors des ouvertures de prison.
L’Afghanistan est isolé du monde : il n’y a pas, ou peu, de connexion internet, dès qu’on sort des centres urbains, le pays n’est pas électrifié. La pauvreté est forte et le chômage a grimpé en flèche, même si toute une partie de l’économie dépend du secteur informel. Les infrastructures sont insuffisantes ou délabrées. Dans ce climat de crise économique, sanitaire et humanitaire, certaines familles doivent pour survivre vendre certains de leurs enfants. Ils sont cédés pour un peu plus d’une centaine de dollars, ce qui représente une petite fortune. Le trafic d’organes s’est aussi développé. Les femmes n’ont plus le droit de travailler ou d’étudier et doivent porter la burka, le peu de femmes qui passent à la télé doivent être complètement masquées.
David Martinon note que les rapports des Talibans aux femmes étaient marqués par la peur et par l’ignorance. Beaucoup de Talibans étaient des orphelins réfugiés au Pakistan, qui avaient grandi dans des milieux sans la moindre mixité, et qui n’avaient pratiquement jamais vu de femme durant leurs périodes de combat. Il en ressortait un comportement marqué par la brutalité. Ce comportement n’a pas changé. Il fait qu’aujourd’hui, l’Afghanistan est le seul pays où les femmes n’ont pas le droit à l’éducation, sauf rares exceptions. Il est aussi l’un des rares où elles ne peuvent sortir sans qu’un homme de leur famille les accompagne.
La guerre civile n’est pas pour autant terminée. Les attentats se poursuivent toujours, avec l’infiltration de Daesh. Début octobre, un attentat a visé une école pour femmes de la minorité chiite Hazara. 53 morts, dont 46 jeunes filles et femmes sont à déplorer.
Notre intervenante nous a décrit sa tristesse de voir les moindres ors des obsèques de Elizabeth II décryptés par les médias, tandis que pas un mot n’a été dit au sujet de cet attentat.
C’est dans ce cadre extraordinairement difficile que travaille RAWA.
Qu’est ce que RAWA ?
Fondée en 1977, RAWA s’est depuis sa création opposé à tous les régimes ayant gouverné l’Afghanistan. L’organisation s’est heurtée à l’invasion soviétique, au régime des Talibans, mais aussi à l’intervention américaine. Elle a constamment dénoncé l’hypocrisie de l’Occident, qui en place et lieu de la démocratie promise, n’a fait qu’installer des potentats toujours plus mafieux.
Sa première dirigeante, Meena Keshwar Kamal est assassinée en 1987 dans des circonstances troubles. Son opposition à la fois au gouvernement de Najibullah et aux fondamentaliste en fait une cible de choix. D’après notre intervenante, il s’agirait d’une action dans laquelle le KGB a joué un rôle. Cela peut paraître étonnant qu’un groupe de défense des droits des femmes soit attaqué par les services secrets soviétiques.
Deux raisons à cela : à l’origine de l’intervention soviétique se trouve le « gauchisme » issu de la révolution de Saur de 1978 et la volonté d’attenuer ses politiques. En second lieu, dès 1982, l’URSS essaie de sortir du guêpier afghan, quitte à céder du terrain aux islamistes, à condition que le Pakistan n’intervienne plus. Gorbatchev amplifie ce volte-face, en essayant de revenir à l’Afghanistan d’avant 1973 et en incitant Kamal, le dirigeant du Parti démocratique populaire d’Afghanistan à laisser de côté les revendications socialistes et à promouvoir un Islam modéré. Dans ce cadre de bataille à front renversé, il apparait tout de suite moins illogique que le KGB cherche à éliminer des courants rivaux. Cependant, il existe toujours des zones d’ombre.
À la suite de cet assassinat, l’organisation passe dans la clandestinité et continue la lutte, que ce soit contre les forces d’occupation successives ou contre les obscurantistes. Notre conférencière a pu nous expliquer les activités menées par RAWA. RAWA agit dans l’ombre, avec des réunions secrètes souvent maquillées en mariages (les femmes et les hommes le célèbrent séparément. Cette clandestinité rend forcément le travail difficile, mais pas impossible. Ainsi, il existe des structures légales et visibles qui permettent à l’organisation d’agir concrètement sur la société.
L’organisation diffuse un journal : Payam-e-Zan (le message des femmes). Il s’adresse majoritairement aux femmes afghanes et dénonce tant les fondamentalistes que la corruption et les crimes US/OTAN. Il sert aussi d’organe d’échange qui permet de rassembler les expériences, de confronter les points de vue.
Il se double de reportages menés par les femmes, notamment des photos ou des vidéos des exactions réalisées par des caméras cachées sous les burkas. Ces documents ont été essentiels dans la dénonciation de l’hypocrisie occidentale auprès du reste du monde. Les femmes d’Afghanistan participent aussi à des conférences internationales (certaines avec l’ICOR, notamment.) Ces conférences permettent de créer les bases d’une solidarité des femmes du monde entier.
L’association joue aussi un rôle social important : nous avons pu voir les opérations de distribution alimentaire en direction des plus démunis et surtout démunies. Les femmes ne pouvant travailler, les veuves sont laissées dans la pauvreté. Elle organise aussi des actions de solidarité, de soin dans les villages reculés. Les femmes subissent d’autant plus cette absence de corps médical qu’elles ne peuvent se faire soigner que par des médecins femmes. RAWA organise des distributions d’affaires scolaires pour les enfants. Les militantes s’occupent également de l’éducation des femmes. Ces activités sont difficiles et dangereuses.
L’activité de RAWA permet de faire connaître la cause des femmes d’Afghanistan dans le monde
Les déplacements et tournées de RAWA existent depuis des années. En France, il s’agit de la troisième (2002-2009-2022). Ces tournées permettent de faire connaître les luttes de RAWA et d’apporter de l’aide à des organisations qui luttent dans des conditions terribles. Le camp progressiste en Afghanistan peine à se réorganiser et à surmonter les vagues de terreur successives. L’aide internationale joue un rôle de premier plan.
L’occident ne s’intéresse à l’Afghanistan que sous son caractère de champ de bataille géopolitique. En revanche, aucune facilité n’est accordée pour permettre le départ depuis le pays – pour ne pas froisser les Talibans non plus – ni pour l’accueil des réfugiés et réfugiées. Ainsi, M. a du patienter huit mois et fournir des garanties de retour pour obtenir un passeport Schengen, et être accompagné par un homme de sa famille (lien du sang). Ce traitement contraste toujours plus durement avec les facilités d’accès et les aides fournies aux réfugiés d’Ukraine, à condition qu’ils « aient l’air » ukrainiens.1 Ce gouffre entre les valeurs officielles de l’UE et de l’Occident et ses pratiques réelles contribue à les isoler encore davantage.
Que faire pour aider RAWA ?
Il est possible d’aider financièrement et de rejoindre les comités de soutien qui vont se créer. En France, celui qui naît de cette tournée va bientôt entrer en activité. Il n’est pas une coalition d’organisation : l’adhésion est individuelle pour éviter les clivages et le sectarisme. Enfin, il est plus qu’utile d’aider à diffuser leurs mots d’ordre et à dénoncer l’hypocrisie occidentale.
Notre interlocutrice nous l’a dit : elle veut nous encourager à alerter sur la réalité de la condition des femmes en Afghanistan. Diffuser son message, c’est participer activement. Vous pouvez contacter le collectif à l’adresse withafgwomenfrance@gmail.com et suivre la page facebook du collectif.
1 Nous considérons que le statut des Ukrainiens et des Ukrainiennes devrait être érigé en norme, nous ne sommes pas pour un nivellement par le bas !
Nous avons participé, au côtés d’autres organisations, syndicats et individus non-organisés, à la venue d’une militante de RAWA, l’Association Révolutionnaire des Femmes en Afghanistan. Une conférence s’est tenue le 12 octobre à la Bourse du Travail de Lyon. Deux autres tournées s’étaient tenues par le passé, en 2002 et en 2009. Cette tournée est la première qui a lieu après le retour au pouvoir des Talibans.
Nous remercions tout d’abord notre intervenante, M., qui est venue d’Afghanistan pour nous parler des luttes de RAWA. Nous remercions la coordination qui a permis que cette tournée ait lieu et nous transmettons notre salut le plus chaleureux à celles qui sont venues à Lyon accompagner M.
Nous remercions Solidaire étudiante-es d’avoir effectué la réservation de salle auprès de l’université Lyon 2. Cependant, un mouvement étudiant pour l’inscription des sans-facs a poussé l’administration à annuler celle-ci moins de 24h avant l’événement.
Nous saluons donc l’effort de la CGT-Educ pour nous permettre de disposer de la salle des congrès de la Bourse du travail, ainsi que celles et ceux qui nous ont proposé une solution de secours.
Cette annulation a eu un impact sur la possibilité pour un plus grand nombre de participants et participantes de venir assister à cette conférence, mais n’a pas empêché sa tenue. La tenue de cette conférence ouvre de nouvelles perspectives de coopération entre différentes forces pour soutenir RAWA.
Nous avons choisi, plutôt que de reprendre mot pour mot ce qui a été prononcé, de synthétiser les interventions et de les enrichir d’exemples.
Quelle situation pour l’Afghanistan
L’Afghanistan est, pour son grand malheur, situé dans un espace de rivalité géostratégique actif. Sans remonter depuis l’Antique Bactriane, l’Afghanistan est, depuis le XIXe siècle, au cœur du « Grand Jeu ». Depuis l’opposition entre l’Empire tsariste et l’Angleterre (racontée par l’auteur du Livre de la Jungle dans Kim), puis l’opposition entre URSS et USA, et enfin aujourd’hui, la question du tracé du projet BRI (Belt & Road Initiative) par la Chine.
Entre ces forces de marées, l’Afghanistan, entité composite sans unité ethnique et culturelle, a connu presque continuellement des troubles et des changements de régime.
Le début d’un cycle de guerres
En 1973, un coup d’État organisé par Mohammad Daoud Khan met en place un régime d’inspiration socialiste, laïc et progressiste. En 1978, le Parti Démocratique Populaire d’Afghanistan chasse du pouvoir Mohammad Daoud Khan et installe un régime radical. C’est la « révolution de Saur ». L’URSS, qui soutient le pouvoir en place, marque sa réticence : selon elle, le nouveau pouvoir veut aller bien trop vite. Ce régime se heurte rapidement aux structures tribales et religieuses dans le pays. De plus, le Parti Démocratique Populaire d’Afghanistan est formé de deux tendances adverses. Une, modérée, celle du Président Nour Mohammad Taraki, proche des soviétiques, et la tendance radicale du Premier ministre Hafizullah Amin. Taraki est assassiné, tandis que le Pakistan et l’Iran, en pleine Révolution islamique, tentent d’organiser des soulèvements dans le pays. Ces événements provoquent l’intervention de l’URSS. C’est l’ouverture d’un cycle de violence qui ne se referme plus.
La Révolution de Saur en 1978.
Avant même l’intervention soviétique de 1979, des groupes fondamentalistes religieux sont repérés et soutenus par les Américains. Ils forment une résistance qui va aller crescendo. Soutenus par les USA, équipés d’armes modernes, bénéficiant de sanctuaires au Pakistan et d’un appui populaire important, les moudjahidines prennent l’avantage. Les Soviétiques perdent 26 000 hommes, et ont été les auteurs de terrible brutalité contre la population. Ils se replient à partir de 1988. Cette guerre est une catastrophe totale pour les Afghans et les Afghanes. Elle est également un clou dans le cercueil de l’URSS. En 1989, il n’y a plus de présence soviétique. La guerre devient une guerre civile.
En 1992, le régime de Mohammad Najibullah s’effondre. Il a tenu trois ans sur ses propres ressources, une performance étonnante quand on songe à l’effondrement immédiat de Kaboul en 2021. À son crédit, une unité de volonté importante, alors que les islamistes se déchirent entre groupes rivaux. Entre 1992 et 1996 la guerre fait rage entre ces groupes. Le pouvoir est officiellement entre les mains de Burhanuddin Rabbani, islamiste membre des Tadjiks du Nord, une des minorités d’Afghanistan.
Les Talibans (« étudiants ») s’imposent finalement. Ils mettent en place un régime islamique fondamentaliste et entraînent une régression politique, sociale – en particulier pour les femmes – et économique. Le règne des Talibans est marqué par la disparation des femmes de l’espace public, par la fermeture d’écoles, la destruction des livres et des moyens médiatiques. Le ministère pour la Promotion de la vertu et la Répression du vice s’assure du respect des règles, tandis que la justice repasse sous la loi du talion. Il se marque aussi par son iconoclastie, notamment lors de la destruction d’œuvres d’art préislamiques et de représentations humaines. Les plus célèbres sont les Bouddhas de Bâmiyân, bien que le Mollah Omar ait prévu initialement de les protéger. L’Afghanistan est aussi un pays de narcoéconomie, bien que les Talibans aient essayé de limiter la production d’Opium, sans succès. Il sert de sanctuaire à des mouvements terroristes. Le régime du mollah Omar hébergea ainsi le terroriste saoudien Oussama Ben Laden, leader de Al-Qaïda.
Le grand enfermement des femmes d’Afghanistan
Le changement de 2001
Après le 11 septembre 2001, les USA interviennent avec l’OTAN en Afghanistan.
Notre intervenante a amplement insisté sur ce point : cette guerre était déjà pressentie : une campagne avec été lancée en amont sur les méfaits des Talibans. L’Occident a mis en marche une fabrique à héros nationaux, dans le but de pouvoir promouvoir une future guerre contre les Talibans. Ainsi, le commandant Massoud est apparu comme le symbole de l’opposition aux islamistes.
L’Alliance du Nord, terme construit, à l’origine, de toutes pièces par les services secrets pakistanais pour la décrédibiliser (elle serait une ligue d’ethnies du nord contre celles du sud) est devenue un nom connoté positivement. Le mot alliance est en effet connoté très positivement en Occident : ainsi l’OTAN est une alliance et le Pacte de Varsovie un pacte, lui donnant une connotation faustienne.
Bernard-Henri Levy, l’infatigable VRP des interventions militaires, écrivait : « Massoud […] ne transigea jamais, on le sait, sur le droit des femmes à travailler et des petites filles à être éduquées. »
BHL et le fils de Massoud. Le VRP de l’interventionnisme occidental et le fils du héros construit de toutes pièces.
Héroïsé en France, Massoud est ainsi cité dans au moins 22 chansons et fait l’objet d’une grosse demi-douzaine de films. Une promenade du jardin des champs Élysée porte son nom.
Hélas, entre la littérature et la réalité, il existe un océan. Le Front uni islamique et national pour le salut de l’Afghanistan de Massoud, en réalité, a monté une opération de relation publique efficace pour être bien vu, tout en appliquant la loi islamique, en réduisant les droits des femmes et en commettant de nombreux crimes de guerre. Les Hazaras, la deuxième minorité ethnique du pays, lui reprochent aussi l’épuration ethnique organisée par Massoud dans le sud de Kaboul. C’est en partie une des raisons qui a permis la victoire des Talibans.
L’invasion : succès militaire et échec politique
L’opération est déclenchée le 7 octobre et est un succès militaire. Kaboul tombe sans combats, tandis que des soulèvements ont lieu contre les Talibans. Peu de vraies batailles ont lieu, on retient ainsi celle de Tora Bora, mais elle fait plus figure d’exception que de règle. Malgré cela, non seulement Al-Qaïda parvient à se replier au Pakistan au travers des montagnes, mais aucun régime stable n’est installé. L’Afghanistan devient une terre d’insurrection permanente, dirigée par des cliques mafieuses cooptées par les occupants. Hamid Karzai s’installe au pouvoir et monte des réseaux de clientèle. Le pays est corrompu jusqu’à l’os, il est dans le top 5 des pays où la perception de la corruption est la plus forte. La production d’opium grimpe en flèche tandis que la situation de la population ne s’améliore pas. La promesse de démocratie, de droit des femmes et de prospérité n’est pas tenue. Les attentats, nombreux, continuent sans cesse.
L’Afghanistan : une narco-économie
Fait intéressant, l’opposition à Karzai est constituée d’un bloc atypique, rassemblant à la fois Burhanuddin Rabbani, des commandants de la résistance afghane contre les Soviétiques, mais aussi des anciens dirigeants membres du parti communiste, le petit-fils de l’ancien roi Mohammed Zaher Chah, le fils de Massoud divers groupes sociaux et ethniques. Ce groupe prend le nom de Front national uni. Il représenterait 40% de la population selon ses dirigeants, mais ne possède pas de pouvoir.
La situation reste donc instable. Le régime d’occupation est impopulaire, tandis que la population n’accepte pas la présence militaire. Le mépris des Occidentaux pour les Afghans et le caractère anxiogène de la guerre se marie à une culture militaire souvent marquée à l’extrême droite. Il en résulte alors des crimes importants, comme ceux commis par les Australiens contre des civils, les abattant de sang-froid, tout en riant. Ces mêmes Australiens ont été aperçus avec un drapeau nazi accroché à leurs véhicules, ou exhibant un étendard sudiste. Les transfuges entre armée afghane et insurgés sont nombreux. Ces derniers, en dépit des pertes, continuent d’exister et se renforcent même. Ils bénéficient du fait que l’attention soit attirée par d’autres sujets, comme l’Irak, puis la Syrie ou Taiwan. Al-Qaïda perd son caractère de priorité, devenant même fréquentable, pour l’Occident, dans certains cadres, comme celui de la Syrie.
Le retrait
Essoufflées, les troupes occidentales essaient de passer la main au régime de Hamid Karzai, sans succès. Comme dans la plupart des opérations de contre-insurrection échouées, les troupes finissent par tenir des points de forces et des centres urbains, et vivent dans leurs casernes. Cette absence de contact entre troupes et population accentue aussi l’impression d’occupation étrangère et une détestation profonde de la présence occidentale. La stratégie change : les combats entre troupes et les bombardements laissent la place au « drone strike » sur des cibles « à haute valeur ajoutée ». Mais cette guerre supposée chirurgicale ne répond pas à ses promesses. Par exemple, pour assassiner Baitullah Mehsud, chef de guerre Taliban du Pakistan, on estime que 164 personnes ont été tuées. En 2014, on estimait que les tentatives d’éliminations de 41 suspects ont engendré la mort de 1147 personnes.
Soldats australiens arborant le drapeau nazi.
Le 22 juin 2011, Barak Obama annonce l’intention des Américains de sortir du guêpier afghan. Cependant, le repli passe par une « afghanisation », laquelle doit voir l’émergence d’un pouvoir stable en Afghanistan et d’une armée fiable. Avant le retrait, un surengagement doit être réalisé. Finalement, le départ est différé puis enterré en octobre 2015. L’arrivée au pouvoir de Donald Trump relance celui-ci. Le néo-isolationnisme trumpien se traduit par des gestes unilatéraux brutaux, conçus pour satisfaire un public domestique qui en a assez des interventions. C’est également une manière de se démarquer des Démocrates, menés par Hillary Clinton, lesquels veulent s’engager davantage. Sans grande confiance dans le régime de Karzai, le départ se négocie avec les Talibans.
Le 29 février 2020, les accords de Doha sont signés entre « l’Émirat islamique d’Afghanistan qui n’est pas reconnu par les États-Unis comme un État et est connu sous le nom de Taliban et les États-Unis d’Amérique » (sic.) C’est une victoire absolue pour les Talibans : ils sont reconnus, malgré les formulations tarabiscotées, comme des interlocuteurs. Seule promesse arrachée aux Talibans : ils ne devraient pas accueillir de membres d’Al-Qaïda.
Les Talibans ont procédé par une conquête des campagnes, dans lesquelles ils ont installé une administration qui leur donnait autorité sur la population. Elle leur assurait aussi un monopole des services sociaux et de la justice. Considérés comme des obsédés du droit, ils ont été plutôt bien accueillis par certaines populations qui avaient souffert du régime mafieux à Kaboul. D’autant que le successeur de Hamid Karzai, Ashraf Ghani a purement et simplement confisqué l’élection présidentielle en l’annulant. Cette déception supplémentaire a accéléré la victoire des talibans.
Après avoir pris le contrôle des campagnes, ils ont fait chuter rapidement, et sans combat, les grandes villes. Kaboul est tombé au moment pile où l’évacuation du personnel des ambassades occidentales se terminait. Comme souvent dans l’histoire, les supplétifs des Occidentaux ont été abandonnés à leur sort. Fin aout 2021, il n’y avait plus d’Occidentaux en poste en Afghanistan.
Double ironie de l’histoire : les créatures de la CIA se sont retournées contre leurs maîtres. Elles servent désormais les ennemis géopolitiques de leurs créateurs. Tout aussi mordant, on peut voir que les Talibans ont été des élèves assidus et efficace des méthodes de Guerre Populaire, et qu’ils en ont fait une application stricte des principes, mais pervertie dans ses fins.