Catégorie : Communiqués

  • L’ultime avertissement du GIEC

    L’ultime avertissement du GIEC

    Occulté par la guerre, le rapport du GIEC est passé à peu près inaperçu. Ou presque : il a été mentalement rangé dans la case des « crises abstraites » au profit de l’omniprésence des crises concrètes. Pourtant, il est alarmant. La question de la radioactivité est revenue sur le devant de la scène avec la question des poussières de Tchernobyl et des combats autour de Zaporojie, mais ces évènements, bien que graves, ne peuvent occulter une tendance de fond inéluctable : nous marchons vers une catastrophe mondiale.

    Pour résumer brièvement ce rapport :

    • Les dispositions prises lors de l’accord de Paris, +1,5 C°, se traduiront néanmoins par un impact important sur les disponibilités en eau et en nourriture, particulièrement en Afrique, en Asie, ou dans les Îles.
    • Dans ces régions, il faut s’attendre à un développement du stress thermique (l’impossibilité de maintenir son corps à des températures normales), du stress hydrique (moins de 1700m3 d’eau par an et par habitants), un développement de maladies nouvelles, une dégradation de la qualité de l’air et une plus grande mortalité.
    • Une division par deux des aires de répartition des espèces animales et végétales, avec un phénomène de désertification et de migrations massives à la clé. Le GIEC note un déplacement de la plupart des espèces vers les pôles.
    • Le GIEC souligne un manque de volonté politique de la part de la grande majorité des pays, ce qui se traduit par des perspectives d’évolution allant vers +2,7 C° d’ici la fin du siècle. Dans certaines projections, la Terre est déclarée inhabitable d’ici 2500.

    Non seulement le grand écocide se poursuit, mais il s’amplifie. La nature subit des ravages qui s’amplifient, les espaces sauvages se restreignent, se fragmentent. Non seulement cela est un crime en soi, mais c’est également une destruction des bases naturelles qui permettent la vie.

    Ces questions vitales sont, une nouvelle fois, remisées dans un coin sombre de l’esprit, et dans des promesses creuses de candidats aux élections présidentielles. Elles sont remises à plus tard, réduites à des abstractions. Lorsqu’elles sont posées, elles le sont sous la forme de culpabilisation des plus pauvres, tandis qu’on observe clairement que la pollution est, comme tout, une affaire de classes sociales.

    Nous n’aimons pas être mis non plus devant le sentiment de mortalité. Et ce, tant individuellement que collectivement. Pourtant, il est clair que des bouleversements se préparent. Nous ne voulons pas employer des comparaisons douteuses, telles que la « grenouille dans la casserole d’eau ». Mais il y a une réalité : les transformations sont difficilement visibles, paraissent lentes, ou même sont noyées par des aléas du quotidien. On peut prendre en exemple les propos de Pascal Praud « Le réchauffement climatique alors qu’il fait moins 3 ce matin dans les Yvelines. Donc bon hein ».

    La réalité est que non seulement ce changement climatique se manifeste par une entropie (une tendance au chaos) plus grande : cela explique les vagues glaciales comme les sécheresses. Mais il fonctionne aussi par bond qualitatif. C’est à dire que l’apparente stabilité ou lenteur d’évolution peut masquer un effet domino qui bouleversera avec une ampleur sans précédent -exceptés les éruptions volcaniques ou les astroblèmes- le climat.

    Don’t look up.

    Le film Don’t look up, sorti à la fin de l’année passé, avait permis de poser la question de la négation du danger, voire même de l’opportunisme face au danger. Loin d’être une caricature grossière, le film a été salué par les chercheurs et les chercheuses (et en l’occurrence particulièrement les chercheuses) comme représentant parfaitement le climato-scepticisme agressif. Nous pouvons revenir sur l’échange de Pascal Praud, accompagné d’Elisabeth Levy. Face à Claire Nouvian, militante écologiste le ton a été donné : « C’est vous qui êtes folle, c’est vous qui êtes dingue ! » hurlait Mme Lévy. « Ce que vous dites est parfaitement ridicule et désagréable pour ceux qui vous reçoivent […] Vous avez le droit d’écouter les autres plutôt que donner une image ridicule et hystérique de votre pensée » ajoutait Pascal Praud.

    Le message écologiste, qui remet en cause certains fondements parmi les plus centraux de la société capitaliste, n’est pas le bienvenue sur les plateaux de l’infotainement, cette information-divertissement. Elle sucite trop l’inquiétude. Elle n’est pas non plus compatible avec la ligne directrice du capitalisme : favoriser le plus possible les échanges et les ventes, accélérer la rotation du capital. Que tout ce qui soit acheté soit consommé, remplacé, le plus vite possible.

    Car l’écologie concrète pose plusieurs questions : la consommation d’une part, mais surtout la production des marchandises et leur sens. Et ça, le capitalisme ne peut le tolérer.

    La guerre en Ukraine est, là encore, un exemple intéressant. Elle a fait surgir la guerre dans un espace mental jugé sécurisé. Les propos répugnants, piochant dans un inconscient raciste, de certains commentateurs l’ont très bien illustré : « on se croirait en Syrie ou en Afghanistan ! ».

    Cette guerre est celle d’une pression géopolitique, basée sur le redécoupage du monde entre puissances. Elle reste, quelque part, une guerre de luxe, c’est à dire une guerre basée sur le désir d’expansion, sur le désir d’accroissement – bien que la question de la sécurité territoriale joue un rôle de premier plan dans l’univers mental russe.

    Avec la destruction programmée des terres arables, avec les menaces sur la sécurité alimentaire, d’autres guerres peuvent naître. Dave Reay, directeur du Climate Change Institute, déclarait que le changement climatique : « menace de détruire les fondements de la sécurité alimentaire et en eau, de la santé humaine et des écosystèmes et, finalement, d’ébranler les piliers mêmes de la civilisation humaine ». Il y a là une toute autre dimension. La guerre pour la survie alimentaire sera d’un tout autre ordre, menée avec l’énergie du désespoir.

    La question des réfugiés, on l’a vu, est une question à géométrie variable. Or, l’évolution prédite par le GIEC est effrayante : « Près de la moitié de l’humanité vit dans la zone de danger – maintenant. De nombreux écosystèmes ont atteint le point de non-retour, maintenant. Les faits sont indéniables. » déclarait Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU. Ces 3,5 milliards d’être humains, au minimum, sont menacés d’être déplacés. Ceux-là, il est douteux qu’ils soient soutenus avec la même ferveur hypocrite.

    Intégrer les conclusions du GIEC : agir pour l’humanité et pour la nature.

    L’humanité, dans un sens, est à un croisement de son histoire. La question de savoir si nous pouvons dépasser ce cap difficile : celui de la lutte entre les désirs individualistes et celui de la mise en avant de l’intérêt général de l’humanité. Nous avons pu voir lors de la Pandémie que les volontés de dépasser ces limites individuelles existent largement. Il existe un réel désir de dépassement, d’émulation, d’avancée commune et de solidarité.

    Mais il manque les cadres pour y parvenir, c’est à dire les espaces organisationnels, politiques, qui permettent la prise de conscience de cet intérêt profond, et qui peuvent contrebalancer la propagande consumériste. Propagande omniprésente qui résume la valeur de la vie humaine à ses possessions de biens de consommation. Nous ne blâmons personne et nous ne voulons pas donner de leçons de morale : il est logique de penser comme ça. C’est pour cela que notre tâche est de fournir les moyens de dépasser ce raisonnement, d’y inclure l’humanité comme ensemble et la nature.

    Ces cadres sont embryonnaires : les pays dominants ne veulent pas entendre parler de baisse de la consommation et du niveau de vie, les pays qui émergent ne veulent pas que ces goinfres pollueurs leur fassent la morale. De même, il est difficile à entendre, pour les classes populaires, pour celles et ceux qui triment jour après jour, qu’il faille renoncer aux loisirs et à la consommation alors que la grande bourgeoisie se pavane en jet privé.

    C’est là où le mouvement communiste, nous le pensons, peut jouer un rôle. Il ne limite pas les questions écologistes à des questions de consommation individuelle. Il les pose en termes de production, en termes d’échanges inégaux entre Nord et Suds économiques, en termes de classes sociales et surtout en termes de pouvoir, de capacité à réellement transformer ces rapports.

    Comme nous l’avons mentionné dans des articles précédents, nous avons besoin d’une écologie totale, de passer d’une prédation des ressources naturelles à une politique planifiée, régulée, de développement qui part des ressources disponibles et de leur gestion à long terme. Un changement de perception de notre environnement : non plus comme une ressource qu’il faut exploiter, mais comme le partenaire nécessaire.

    Il n’existe pas de moyen termes entre les deux : soit nous parvenons à conquérir, par la lutte, la possibilité de construire cette société nouvelle ; soit nous connaîtrons des cycles de crises constantes, avec un épuisement progressif de ressources irremplaçables, condamnant l’humanité à végéter dans une Terre devenue une prison polluée.

  • ICOR : Résister à l’impérialisme !

    ICOR : Résister à l’impérialisme !

    Guerre en Ukraine – Résistance active contre tous les „va-t-en guerre“ impérialistes!

    Le 24 février, la Russie impérialiste a lancé son invasion militaire de l’Ukraine. Dans le monde entier, les gens descendent dans la rue contre cette guerre, qui coûte déjà des centaines de vies de soldats et de civils. L‘ICOR Europe condamne fermement cette agression !

    Une nouvelle aggravation des contradictions inter impérialistes au cœur de l’Europe voit le jour. Le danger existe que les troupes des Etats-Unis, de l’OTAN et de la Russie s’affrontent directement dans cette guerre injuste des deux côtés.

    Dans la bataille psychologique de guerre, dans les médias, l’impérialisme américain, l’OTAN et l’alliance impérialiste de l’UE tentent de se présenter comme pacifiques. C’est plus qu’hypocrite au vu de l’encerclement croissant de la Russie depuis des mois avec 700 bases militaires, l’augmentation constante de l’armement de l’OTAN à plus de 1000 milliards de dollars (la Russie est à 61,7 milliards de dollars), le transfert de troupes de l’OTAN dans les pays baltes de l’OTAN, en Roumanie par exemple de l’Allemagne ou de la France) et une diplomatie de guerre.

    La lutte des différents blocs impérialistes pour une nouvelle repartition de leurs sphères de pouvoir et d’influence, aggravée par la crise économique et financière mondiale persistante, est à l’origine de l’aggravation actuelle. La crise capitaliste des matières premières, en particulier, freine le développement économique.

    NON au transfert du fardeau de la guerre sur les travailleurs et les masses populaires !

    Avec l’aggravation du conflit autour de l’Ukraine, les groupes internationaux ont immédiatement réagi en augmentant drastiquement le prix du gaz naturel. Le matin du 24/02, ils l‘ont augmenté de 30%. Bien sûr, ils prévoient que les peuples paient leur politique impérialiste, les sanctions, etc. Les budgets militaires doivent être augmentés « du jour au lendemain » sur le dos des masses populaires. La politique impérialiste russe imposerait et justifierait maintenant ces augmentations qui avaient été en partie mises en échec par la volonté de paix des travailleurs, des femmes et des jeunes.

    Opposées à tous les efforts visant à forcer les gens à prendre parti pour tel ou tel impérialisme, les organisations de l‘ICOR appellent à une résistance active contre toute agression et guerre impérialiste – que ce soit de la part des Etats-Unis, de l’OTAN, de l’UE ou de la Russie et de ses alliés ! L’organisation membre d’e l‘ICOR en Ukraine, le KSRD ( Conseil de coordination du mouvement ouvrier d’Ukraine) appellait à cette résistance il y a quelques jours :

    « Nous, les organisations révolutionnaires prolétariennes du monde entier, condamnons fermement le militarisme des impérialistes. Car derrière leurs prétentions de justice ou de « représailles » se cachent leurs propres intérêts et leur désir d’atteindre leurs objectifs au détriment de la vie des travailleurs. (…) En réalité, la classe ouvrière doit s’organiser elle-même pour lutter pour ses propres intérêts, y compris au niveau international ».

    La situation, avec ses conséquences de grande portée, exige un nouveau mouvement pour la paix, mondial, durable et organisé, qui s’oppose à toute politique impérialiste. L‘ICOR, en tant qu’organisation révolutionnaire mondiale avec 62 organisations membres dont 28 organisations membres en Europe dans 18 pays, entre autres en Russie, en Ukraine, en Biélorussie … est en mesure de prendre des initiatives importantes pour cela. Nous nous activons pour un Front antiimpérialiste et antifasciste international!

    Nous appelons en particulier les mineurs, les dockers, les transporteurs et les travailleurs des grands groupes qui ont fait preuve de leur détermination, à former l’épine dorsale de la résistance active. De même, le mouvement de femmes combatif et la rébellion de la jeunesse sont mis au défi.

    Les coordinateurs européens de l‘ICOR assurent aux ouvriers et aux masses populaires épris de paix en Ukraine et en Russie : nous sommes à vos côtés !

    Arrêt de toutes les hostilités! Troupes russes – hors de l‘Ukraine!

    L’ICOR appelle à organiser des actions de protestation, des rassemblements, des actions de résistance dans tous les pays.

    Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

    Prolétaires de tous les pays et peuples opprimés, unissez-vous !

    Luttons pour la paix, l’amitié entre les peuples, le socialisme!

    Coordinateurs européens 24/02/2022

  • Communiqué du KSRD-Ukraine

    Communiqué du KSRD-Ukraine

    Les prolétaires d’Ukraine et de Russie ont des intérêts de classe communs !

    Le « Conseil de coordination du mouvement ouvrier en Ukraine » (KSRD), membre de l’organisation révolutionnaire mondiale ICOR, prend position sur la guerre contre l’Ukraine dans une déclaration intitulée « A bas les guerres impérialistes ». « Rote Fahne News » documente la déclaration.

    Le 21 février 2022, les dirigeants impérialistes russes ont officiellement « reconnu » les régimes fantoches créés en 2014 dans le Donbass. Ce n’était qu’une préparation formelle au début de la guerre généralisée que le régime sanguinaire de Poutine a lancée contre le peuple ukrainien le 24 février 2022. Ce jour-là, l’armée russe (et ses satellites des « républiques » du Donbass) a attaqué l’Ukraine de tous les côtés, de la Crimée occupée à l’ouest de la Biélorussie. Le régime pourri et antipopulaire de Loukachenko a également fait office de vassal pour les ambitions impériales du Kremlin.

    La clique de Poutine a déployé plus de 150.000 soldats le long des frontières ukrainiennes et dispose de nombreux avions, chars, artillerie et navires de la marine. Dans ses récents discours, Poutine a même dénié au peuple ukrainien le droit d’exister et a qualifié l’Ukraine de « produit artificiel de l’esprit de Lénine » ! Des centaines de civils ukrainiens, dont des enfants, ont été tués au cours des premiers jours de l’intervention. Les barbares de Poutine ne se contentent pas de bombarder des infrastructures ou des cibles militaires, mais aussi des habitations, des jardins d’enfants, des écoles et des hôpitaux.

    D’un autre côté, le président américain Biden, le Premier ministre britannique Johnson et d’autres dirigeants de l’impérialisme occidental avide alimentent depuis longtemps leur hystérie guerrière autour de l’Ukraine. Ainsi, dans leurs déclarations, ils ont littéralement « garanti » à l’avance une invasion russe en citant des dates concrètes. Une telle propagande sert les objectifs égoïstes des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et des impérialistes de l’UE dans leur lutte pour la domination de l’Ukraine et de toute l’Europe. Une lutte dans laquelle le nouveau régime impérialiste de Poutine leur fait face.

    Pendant la révolution d’Octobre, pendant la guerre civile en Russie, pendant la formation du pouvoir soviétique et pendant la lutte contre le nazisme d’Hitler, les ouvriers russes et ukrainiens, biélorusses et baltes, tous les travailleurs du pays soviétique se sont tenus coude à coude dans la lutte pour la cause commune, pour leurs intérêts de classe. Puis, après la trahison des révisionnistes en URSS, les ennemis de classe ont réussi à diviser la classe ouvrière des différentes républiques de l’Union, devenues des pays indépendants. Les racines de cette nouvelle guerre se trouvent là, dans la dégénérescence bourgeoise de l’Union soviétique. Tant Poutine que certains des « timoniers » de l’Ukraine actuelle et d’autres dirigeants politiques des pays post-soviétiques ont grandi dans le social-impérialisme de l’URSS, ils portent les pires traits de ce système dégénéré. Ce sont le cynisme et la cupidité, le mépris pour le sort de millions de personnes, le désir de rester éternellement au pouvoir et d’asservir d’autres peuples.

    Les prolétaires d’Ukraine, de Russie, de Biélorussie, de Pologne, des États-Unis et d’autres pays ont des intérêts de classe communs ! Et ils ne coïncident pas avec les intérêts de Poutine, Biden, Loukachenko ou Johnson. Il n’y a pas de « bon » impérialisme, il est toujours synonyme de misère, de pauvreté et de guerre. Pour mettre un terme aux impérialistes et à leurs machinations, les travailleurs ont besoin d’une révolution socialiste ! Ce n’est qu’alors que la classe ouvrière sera en mesure de réaliser ses véritables intérêts vitaux – les siens et non ceux des différents exploiteurs impérialistes.

    À bas les guerres impérialistes !
    Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

    Original : https://www.rf-news.de/2022/kw08/nieder-mit-den-imperialistischen-kriegen

  • Gerald Darmanin annonce vouloir dissoudre le Collectif Palestine Vaincra

    Gerald Darmanin annonce vouloir dissoudre le Collectif Palestine Vaincra

    Tandis qu’une hypocrite croisade pour la liberté se met en marche, une censure toujours plus forte s’abat sur celles et ceux qui dénoncent le colonialisme et le néocolonialisme de l’hémisphère occidental. Au diner du CRIF , Aurore Bergé a ainsi affirmer condamner les propos d’Amnesty International, qui avait pointé du doigt l’Apartheid israélien. En tentant de faire taire la contestation, par l’amalgame honteux entre critique de l’Etat d’Israël, antiimpérialisme avec l’antisémitisme, certains politiciens jouent avec le feu de la colère. Ils font ainsi le jeu d’une extrême-droite toujours vive sur la question.

    Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, vient d’annoncer sa volonté de dissoudre le Collectif Palestine Vaincra et une autre organisation pro-palestinienne sur demande d’Emmanuel Macron. Cette décision scandaleuse est le résultat d’un acharnement et d’une campagne de diffamation menée par l’extrême droite israélienne et ses relais en France contre le collectif alors que nous menons un travail de solidarité avec le peuple palestinien contre le colonialisme, le racisme et l’apartheid.

    Cette annonce est une nouvelle étape dans l’escalade autoritaire du gouvernement français qui a déjà dissout, ou menacé de le faire, plusieurs organisations musulmanes, antiracistes ou média de la gauche radicale. Nous ne nous laisserons pas intimider, la solidarité avec la Palestine est non seulement un droit mais un devoir. D’ores et déjà, nous appelons à une réponse large des organisations politiques, syndicales, associatives, collectifs en soutien au Collectif Palestine Vaincra et contre la criminalisation du mouvement de solidarité avec la Palestine.

    Palestine vivra, Palestine vaincra !

    24 février 2022,
    Collectif Palestine Vaincra, membre du réseau de soutien aux prisonniers palestiniens Samidoun

    Passons à l’action !

  • Parti Maoïste de Russie : Thèses sur la guerre

    Parti Maoïste de Russie : Thèses sur la guerre

    Document exclusif qui nous a été transmis par le Parti Maoïste de Russie.

    1. Si la reconnaissance russe de la RPD [République Populaire de Donestk] et de la RPL [République Populaire de Louhansk] avait été un véritable acte de soutien à la population du Donbass, elle aurait eu lieu dès 2014. Mais huit années de silence et d’indifférence, dont les gardes accusent aujourd’hui les opposants à la guerre, ont eu lieu précisément de la part de l’impérialisme russe, qui avait besoin de la guerre dans le Donbass comme monnaie d’échange pour faire pression sur l’Ukraine, tombée hors de l’orbite de son influence. Le prétendu soutien du gouvernement russe au « mouvement de libération nationale » dans l’est de l’Ukraine est aussi faux que ses promesses de ne pas attaquer les États voisins, de ne pas augmenter l’âge de la retraite, etc. Et un régime qui vise à détruire le droit à l’autodétermination d’une nation et rêve de faire revivre l’empire russe ne peut, par définition, être un défenseur des opprimés (que dire de la reconnaissance du Kosovo, de la Transnistrie et de l’Artsakh, d’ailleurs ?). En fait, plus les années d’effusion de sang dans le Donbass ont été longues, plus il était profitable pour le régime de Poutine de rejeter la faute sur ses voisins et, au lieu d’un règlement pacifique dans l’est de l’Ukraine. L’Ukraine doit se préparer à une agression à grande échelle.

    Les affiches du PMR dans les rues de Tcheliabinsk

    2. En huit ans, la RPD et la RPL, au lieu d’être de véritables républiques populaires, se sont transformées en entités fantoches sous la pleine domination du capital russe, avec un espace politique à la russe, mais sous une forme plus radicale, et des formations paramilitaires toutes-puissantes. En fait, c’est ainsi que le Kremlin les veut – non pas comme des États démocratiques libres, mais comme des « zones grises ». Et leur « reconnaissance » faisait partie d’une opération spéciale visant à prendre le contrôle de l’ensemble de l’Ukraine et à la transformer en quelque chose de similaire.


    3. Apparemment, le Kremlin espère une guerre éclair, qui doit aboutir à la mise en place d’un régime fantoche à Kiev. Cette opération de « dénazification » entraînera toutefois un renforcement des sentiments nationalistes et anti-russes dans le pays occupé et le transformera en un analogue de la Yougoslavie des années 1990. Il convient de rappeler que l’invasion de la Yougoslavie par l’OTAN en 1999 était également « justifiée » par la nécessité de renverser le régime de Milosevic qui avait bombardé le Kosovo. Ils ont même appelé cela une « intervention humanitaire ».


    4. L’impérialisme occidental, avec ses sanctions contre la Fédération de Russie, refuse l’aide militaire à l’Ukraine malgré le soutien « politique » de Kiev, craignant apparemment le statut nucléaire de l’agresseur et les actions imprévisibles de Poutine s’il est acculé à des actions plus décisives et s’il s’engage dans une guerre ouverte. L’impérialisme américain et surtout l’UE vont probablement adopter une approche attentiste, en forçant le Kremlin, étouffé par des sanctions économiques « douces », à se montrer accommodant à long terme en ce qui concerne le commerce des hydrocarbures à leurs conditions. Il est possible qu’à long terme des négociations dans l’esprit « gaz à notre prix en échange de l’Ukraine avec votre administration » commencent. Autrement dit, dans un tel scénario, l’Ukraine sera une fois de plus victime de la collusion entre les impérialistes.


    5. Les gauchistes qui soutiennent maintenant l’agression russe font une erreur. Ils font la même erreur que ceux qui, les années précédentes, se sont réjouis de la mort de civils dans le carnage géopolitique du Donbass. Il est possible que Poutine et son régime capitaliste-bureaucratique, qui s’est proclamé le « vrai » décommunisateur de l’Ukraine, si l’aventure actuelle réussit, poursuivent le démantèlement de l’État et de la souveraineté non seulement dans un pays, mais tentent également de restaurer l’Empire russe 2.0 dans d’autres territoires « historiques ». Dans ces conditions, il est évident que l’impérialisme russe ne s’intéresse pas à la « dénazification », mais à l’asservissement des peuples. On peut comprendre à quoi cela ressemblera en observant la situation des masses laborieuses en Russie, où le maintien de l’ordre, la normalisation de la torture, le démantèlement des droits et libertés restants, la censure, la destruction virtuelle de l’autonomie des républiques nationales, l’imposition du cléricalisme, les valeurs archaïques discriminatoires comme l’attaque du féminisme, la défaite des mouvements de défense des droits de l’homme, la phobie systémique des migrants et la connivence avec l’ultra-droite sont des phénomènes quotidiens. En d’autres termes, croire que la Fédération de Russie est réellement en train de « dénazifier » l’Ukraine revient à exorciser le diable avec un diable.


    6. Les vrais communistes aujourd’hui sont ceux qui prônent systématiquement la paix démocratique entre la Russie et l’Ukraine, plutôt que de se soumettre à l’impérialisme du Kremlin. La construction d’un mouvement anti-guerre de masse doit devenir l’un des principaux points d’activité de toutes les forces de gauche et progressistes pour unir les peuples travailleurs et opprimés de Russie et d’Ukraine dans la lutte contre l’agression, pour favoriser le démantèlement des ordres despotiques et pour construire un nouveau monde sans guerres, sans capitalistes et sans oppresseurs. Et le soutien social-chauvin du Kremlin, sous quelque forme que ce soit, est une contribution à l’appauvrissement des Russes, car sous les sanctions, les oligarques feront la guerre, en s’attendant à économiser sur les personnes, à dégrader les infrastructures et à faire évoluer le régime vers un analogue des années 1970 des dictatures latino-américaines de droite avec un anticommunisme d’homme des cavernes, la torture, les enlèvements et les meurtres de dissidents, etc.

    Parti maoïste russe

  • Ukraine : la guerre commence

    Ukraine : la guerre commence

    Très tôt ce matin, Vladimir Poutine a annoncé ce qui n’était plus qu’un secret de polichinelle : l’armée russe est entrée en Ukraine. Elle est en grand style. Les bases aériennes ukrainiennes ont été frappées, assurant la suprématie aérienne, des missiles balistiques ont été tirés dans plusieurs secteurs. Des missiles sont ainsi tombés sur Kiev. Pendant ce temps, les blindés russes ont franchi les frontières, y compris celles de la Biélorussie, et un débarquement amphibie a eu lieu vers Odessa. La mer d’Azov est fermée.

    La guerre a donc commencé.

    Nous condamnons cette agression. Elle met en danger la vie de millions de personnes. Elle cause un déferlement de violence sur l’Ukraine et plus largement encore. Elle contribue aussi à précipiter dans la guerre un peuple russe largement oublié des médias occidentaux.

    Les réactions internationales ne se sont pas fait attendre. Nos camarades de Russie, à l’exemple du Parti Communiste Maoïste, membre comme nous de l’ICOR. Les camarades russes se heurtent à une répression à mille lieues de celle que nous pourrions connaître. Avec leurs camarades du KSRD-Ukraine, ils ont développé des positions communes basées sur la défense de l’intégrité territoriale ukrainienne. Nous saluons leur travail courageux.

    Pour celles des États, elles vont de la condamnation sans équivoque, pour les USA ou l’UE, à une politique de ménagement pour la Chine. La Turquie d’Erdogan, qui ne supporte pas les séparatismes de peur d’en être victime, déclare condamner l’agression mais maintenir des rapports normaux. Pendant ce temps, preuve de l’imbrication économique, les bourses plongent et les marchés paniquent.

    Nous dénonçons cependant le « moment totalitaire » qui sidère, qui empêche de voir l’ensemble des mécaniques à l’œuvre dans ce conflit. Ce moment est exploité sans vergogne par les candidats aux élections présidentielle. Ils essaient de se saisir du malheur des Ukrainiens et des Ukrainiennes pour exister politiquement. Mais remplacer la nullité politique par les roulement de tambours martiaux ne trompe personne.

    Il est catastrophique que le peuple d’Ukraine soit le jouet des rivalités entre impérialismes. Il est l’otage de sa situation géographique : celle d’une zone tampon entre sphères d’influence. Nous redoutions l’invasion russe. Aujourd’hui, nous redoutons encore davantage une internationalisation du conflit. L’Ukraine est un butin sur lequel les rapaces se précipitent, sans jamais prendre en considération sa population. Occident et Russie n’ont pas de leçons à se donner.

    Il nous apparaît important de rappeler que les invasions ne sont pas l’apanage de la Russie. La France et les USA, pour ne citer qu’eux, ont fait régulièrement usage, sous des noms aussi hypocrites que ceux employés par la Russie, de méthodes qui violent la souveraineté d’États. Le fait que nous soyons intoxiqués par notre propre propagande est terrible. L’infatuation qu’ont certains pour l’impérialisme français, impérialisme bâti sur le crime de sang, brouille encore les cartes et empêche une lecture claire de ce qui se prépare : une grande conflagration inter-impérialiste.

    L’argument Russe, celui de la nécessité de protection, est entendable. On ne peut évacuer d’un revers de main le poids de l’histoire. Les invasions de Napoléon ou celle d’Hitler continuent de marquer le pays, martyrisé par celles-ci. Or, la Russie se perçoit faible face à ses adversaires. Elle réagit donc avec brusquerie et violence contre les menaces réelles ou supposées qu’elle perçoit. Mais la méthode employée, non seulement ne remplit pas cet objectif, mais au contraire le dessert largement. L’OTAN et les USA, qui restent les premiers pourvoyeurs de guerre dans le monde, sont plus que jamais à sa porte.

    Nous pensons qu’il est illusoire cependant de voir Poutine reculer. La démocratie autoritaire russe est en réalité bien moins souple, bien moins malléable que les démocraties libérales. Elle ne possède pas la capacité de résilience qui lui permet d’encaisser les revers honteux. L’échec cuisant de Macron, qui avait déjà commencé à se vanter d’avoir fait reculer les chars russes, ne se traduit pas par une déstabilisation du pays. Cela se paiera peut-être par quelques pourcentages en moins dans les urnes. Mais pour la démocratie russe, le corollaire de l’autorité est le consensus. Poutine est soutenu autour d’un programme de restauration de la grandeur impériale russe humiliée. Il doit laver les affronts occidentaux. Si il se plie à eux, il risque de ne plus bénéficier de l’acceptabilité dont il dispose.

    Or, ce n’est pas une réédition de la guerre froide. Ce n’est pas une revanche contre l’humiliation. C’est une nouvelle guerre dans laquelle les riches et les oligarques gagnent et dans laquelle « les morts ont perdu la guerre ».

    Nous appelons néanmoins à un demi-tour immédiat des forces russes, à un repli et à la recherche d’une solution pacifique qui puisse combiner les intérêts du peuple ukrainien, ses aspirations à l’indépendance, et la sécurité russe. Même si nous persistons à penser que « tant que l’impérialisme existe, les guerres existeront », nous espérons cependant que la diplomatie puisse reprendre le dessus.

    Halte à la guerre en Ukraine !

    Halte aux rivalités inter-impérialistes !

    Les ukrainiens et les ukrainiennes meurent pour la grandeur des Empires !

  • Appel national inter-organisations : Non à la guerre en Ukraine

    Appel national inter-organisations : Non à la guerre en Ukraine

    Nous soutenons cet appel et nous appelons à le diffuser. Comme le mentionne l’ICOR : nous appelons à nous réunir à 18h00 partout où nous le pouvons le jour ou le lendemain du déclenchement de la guerre si elle a lieu. Nous ne soutiendrons aucune immixtion de notre propre impérialisme : cette guerre et un repartage du monde entre grande puissance, non une guerre « juste » ou « humanitaire ». Les occidentaux traitent tout autant ukrainiens et ukrainiennes comme de la chair à patron, de la chair à canon, de la chair à proxénètes. Notre impérialisme et notre capitalisme n’a aucune leçon à donner !

    LA GUERRE N’EST JAMAIS LA SOLUTION OUI A UNE SOLUTION POLITIQUE NÉGOCIÉE

    Les tensions entre les États-Unis et la Russie – deux puissances nucléaires – atteignent des proportions alarmantes avec des mouvements de troupes russes massifs aux frontières de l’Ukraine d’une part et des livraisons d’armes et envoi de troupes par l’OTAN dans les pays limitrophes d’autre part. Cette politique de confrontation ne peut produire que des perdants.

    Nous ne sommes pas à l’abri de provocations qui déboucheraient sur une guerre d’ampleur.

    L’Ukraine paie un lourd tribut économique et humain en raison des hostilités nationalistes attisées au niveau international. Ces tensions peuvent avoir des conséquences très négatives pour tous les peuples d’Europe bien au-delà de la zone du conflit, par exemple la flambée des prix du gaz…

    Nous choisissons la voie du dialogue et de la paix. Il existe des solutions diplomatiques à la crise.

    Nous dénonçons les jeux géopolitiques à l’œuvre tant de la part de la Fédération de Russie, de l’Union Européenne, de l’OTAN et d’autres…

    Nous demandons à tous les responsables politiques d’arrêter de suivre la logique militaire et de faire prévaloir l’aspiration des peuples à la paix.

    Tous les peuples sans exception – qui sont confrontés à une crise globale (climatique, sanitaire sociale…) frappant les plus pauvres , les plus fragiles – n’ont rien à gagner à une nouvelle guerre !

    Les priorités pour les peuples et l’avenir de l’humanité se nomment : Paix, climat, justice sociale, réalisation des droits humains, désarmement !

     Nous revendiquons :

    1. Des négociations immédiates pour la désescalade
    2. L’arrêt des menaces, des concentrations de troupes de l’OTAN et de la Russie et des livraisons d’armes à toutes les parties
    3. Un cessez-le-feu en Ukraine et la mise en œuvre des accords existants
    4. Que les Nations-Unies soient le cadre privilégié d’élaboration des solutions politiques et diplomatiques pour régler la question ukrainienne.

    Sur ces bases nous appelons aux mobilisations les plus larges possibles à compter du 12 février 2022.

    Premiers signataires : Le Mouvement de la Paix, FSU, CGT, Enseignants Pour la Paix (EPP), ATTAC, PUGWASH-France, AFCDRP (Association française des communes départements et régions pour la Paix), Appel des Cent Bagnolet, ACCA (Agir contre le colonialisme aujourd’hui), Parti Communiste Français (PCF), République et Socialisme, Collectif citoyen pour la paix en Ukraine, Conseil de coordination du Forum des Russes de France, APCV (Association de promotion des cultures du voyage), Parti pour la laïcité et la démocratie en Algérie (PLD), IDRP (Institut de Recherche pour la Paix), Vrede (Mouvement Belge pour la Paix), Union des fédérations de pionniers de France, Abolition des armes nucléaires, Abolition des armes nucléaires – Maison de vigilance, Université Européenne de la Paix (UEP), Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), Alerte Otan (Belgique), Pôle de renaissance communiste en France (PRCF), Mouvement pour une Alternative Non Violente (MAN), France Amérique Latine (FAL), La Voix Lycéenne, AFPS Paris-Sud, Collectif Faty KOUMBA (Association des Libertés, Droits de l’Homme et non-violence), Mouvement National de Lutte pour l’Environnement (MNLE), FNDIRP 44, Pour une Ecologie Populaire et Sociale (PEPS), Stop Fuelling War, Initiative Féministe EuroMéditerranéenne (IFE), Fondation Copernic, ATTAC, Un jour la paix, Unis Pour Le Climat et la biodiversité, Marche Mondiale des Femmes (MMF France), Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), ATTAC Toulouse, Comité départemental du Souvenir 44, Amicale Châteaubriant Voves Rouillé Aincourt, Radio For Peace International, Union syndicale Solidaires

  • ICOR : Halte aux menaces de guerre !

    ICOR : Halte aux menaces de guerre !

    Ce communiqué commun de l’ICOR, réalisé principalement par les camarades d’Ukraine et de Russie, décrit une réalité mouvante et changeante. Depuis hier, les troupes de la Fédération de Russie ont partiellement commencé à regagner leurs casernes. Cela n’a cependant pas empêché une cyberattaque massive d’avoir lieu, bien que Moscou nie toute implication.
    Aujourd’hui, alors que le gouvernement Ukrainien célèbre une « journée de l’unité », l’orage semble se dissiper. Mais rien n’est sûr. Le spectre d’une guerre d’ampleur en Europe hante toujours le vieux continent.
    Nourris par des décennies de propagande sur la « fin de l’histoire » et sur le fait que ces guerres soient des monstres du passé, nous, occidentaux, avons du mal à comprendre l’ampleur du danger que ces conflits représentent. Nous avons oublié le prix de la rivalité impérialiste, qui est devenue abstraite depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

    Pourtant, inlassablement, nous nous dirigeons vers un conflit. Il est rendu inévitable par le développement inégal des puissances impérialistes : la Russie et la Chine se sentent aujourd’hui lésés par la part du monde qui leur est attribuée. Elle ne correspond plus à leur puissance (réelle ou fantasmée). Quant à l’occident, endetté, divisé, fatigué, il s’agrippe à son vieux statu de dominant sans partage.
    Quelle que soit l’issue de la lutte pour l’Ukraine (ou celle, occultée, pour Taiwan), l’ordre mondial proclamé par George Bush senior, le 11 septembre 1990, semble bel et bien révolu. Bienvenue à nouveau dans une histoire de rivalités et de conflits, qui s’écrira en lettres de sang, à moins que nous ne parvenions à y mettre fin définitivement
    par un changement révolutionnaire de société.

    Résistance active contre la guerre psychologique, les préparatifs de guerre impérialistes et les menaces dans le conflit Ukraine-Russie !

    Au cours des dernières décennies, l’OTAN, avec les États-Unis comme principal fauteur de guerre, n’a cessé d’avancer de manière provocante dans son expansion vers l’Est et a de plus en plus armé le régime réactionnaire ukrainien en lui fournissant des armes et des munitions. Depuis des mois déjà, la Russie impérialiste a concentré une armée de 100 000 hommes équipés de matériel lourd et d’armes offensives à la frontière ukrainienne. L’armée est également renforcée en Crimée et dans la partie du Donbass contrôlée par les républiques favorables à la Russie. Dans le même temps, on a appris que les États baltes se préparent à fournir à l’Ukraine des systèmes de défense aérienne et antichars.

    Associé à la conduite provocatrice et à l’annonce de manœuvres par les deux parties, le danger d’une confrontation belligérante impérialiste s’intensifie considérablement. La Russie a menacé de déployer des forces militaires à Cuba et au Venezuela si les États-Unis et l’OTAN maintiennent leurs revendications. Cela exige la résistance active des forces révolutionnaires internationales, de la classe ouvrière et des larges masses contre toute agression impérialiste !

    Deux puissances fortement armées, la Russie et l’OTAN, se font directement face. Les médias occidentaux, baltes et polonais présentent la Russie comme l’unique agresseur et détournent l’attention de l’alliance militaire occidentale dirigée par le principal belliciste, les États-Unis.

    Une année 2020 réussie pour l'Initiative des Trois Mers
    Les Etats partenaires du cordon sanitaire anti-russe.

    Mais les États-Unis, l’OTAN et l’UE ont depuis longtemps rompu la promesse faite lors des pourparlers « Deux plus quatre » selon laquelle les pays d’Europe centrale et orientale, notamment la Pologne, la Lituanie, l’Estonie, la Lettonie et la Roumanie, ne deviendraient pas des zones de déploiement de l’OTAN aux frontières de la Russie. Il y a des unités de combat de l’OTAN en Pologne et dans les pays baltes. Une agitation anti-russe presque hystérique est mise en scène dans les pays baltes et en Pologne ; l’Ukraine est armée de force ; la Russie est encerclée sur trois côtés (l’exception étant l’Arctique au nord) par près de 1 000 bases militaires américaines ; le nouveau départ du projet anti-russe des « trois mers » a été lancé.1 Il ne faut jamais oublier que le peuple russe a porté le principal fardeau de la Seconde Guerre mondiale !

    Cependant, l’impérialisme de l’UE, avec l’Allemagne et la France en tête, vient d’affirmer son droit à avoir son mot à dire dans la lutte pour l’Ukraine sous le slogan d’une « politique étrangère européenne plus puissante » et d’options militaires de plus en plus indépendantes. Cela exprime également les contradictions croissantes au sein de l’OTAN.

    L’Ukraine elle-même, notamment en raison de la perte du marché russe depuis 2014, s’est classée parmi les pays les plus pauvres d’Europe tout en s’armant. Elle dispose d’une armée de 250 000 hommes sous les armes, auxquels s’ajoutent 400 000 réservistes et membres d’unités de combat protofascistes comme le régiment Azov. La Turquie, membre de l’OTAN, vend des drones armés à l’Ukraine. La Turquie, en tant que membre de l’OTAN, tente de manœuvrer contre la Russie comme dans l’affaire de la Crimée, mais se propose toujours comme médiateur pour étendre son influence dans la région.

    Que représente ce Bataillon Azov qui tient un rôle important aux côtés de  l'armée Ukrainienne ? - Front de Gauche Loire-Touraine
    Les armoiries du bataillon « Azov », directement inspirés par une iconographie nazie.

    L’Ukraine est importante pour le régime de Poutine, non seulement sur le plan économique mais aussi sur le plan politique : le retour de l’Ukraine dans sa sphère d’influence est une pierre angulaire de l’expansion de la Russie et de ses aspirations de grande puissance. Pour l’Occident, en revanche, l’Ukraine est une tête de pont d’une importance fondamentale pour exercer une influence à la fois sur la Russie et sur l’ensemble de la région d’Europe de l’Est, et pour obtenir des avantages dans la lutte contre la Chine. Quiconque contrôle l’Ukraine aura également un accès économique plus facile à l’Europe et à l’Asie. En outre, les ressources minérales, le gaz et l’accès à la mer Noire jouent un rôle. Il ne s’agit pas du tout du droit à l’autodétermination du peuple ukrainien, comme on le prétend hypocritement.

    L’instabilité du système mondial impérialiste s’accroît. Toutes les grandes puissances impérialistes, et dans leur sillage toutes les forces impérialistes et réactionnaires, se préparent à la guerre, en développant leur potentiel militaire. À la frontière entre l’Ukraine et la Russie, deux camps impérialistes se font face, hautement armés. L’OTAN et l’UE veulent incorporer plus étroitement des pays comme la Moldavie et la Géorgie dans leur sphère d’influence et leur marché. La Russie, de son côté, exige de maintenir son influence sur ces États. Dans le même temps, elle a signé un pacte de coopération militaire avec la Biélorussie et mène également des manœuvres depuis le nord, à la frontière avec l’Ukraine.

    Le régime de Poutine fait preuve de la même politique de puissance au Kazakhstan. Avec son intervention militaire au Kazakhstan, il a apporté son soutien au régime de ce pays lorsqu’il a brutalement réprimé le soulèvement justifié de la classe ouvrière et des masses populaires kazakhes. Parce que le Kazakhstan « possède des ressources considérables en charbon, en métaux non ferreux, en terres rares et en uranium « 2, l’expansion de sa propre sphère de pouvoir impérialiste ne peut se faire qu’au détriment de celle de l’autre. Le développement très inégal, le déplacement de l’équilibre des forces, la formation de nouveaux blocs parmi les États impérialistes sont la source de l’aggravation des contradictions inter-impérialistes.

    L’impérialisme signifie la guerre à l’extérieur et la réaction à l’intérieur. Seul le socialisme peut y mettre un terme. Pour cela, c’est surtout la classe ouvrière internationale qui doit s’unir. Aujourd’hui, un mouvement pacifiste mondial militant peut s’opposer aux préparatifs de guerre et retarder ou empêcher le déclenchement d’une guerre concrète.

    Les forces qui présentent la politique étrangère de la Russie comme « anti-impérialiste » et qui appellent à sa protection par un mouvement pacifiste sont de dangereuses sources de confusion. C’est une trahison de la lutte pour la paix et cela affaiblit la nécessaire lutte internationale pour la paix. La situation, notamment en Ukraine, montre les conséquences d’une telle division : lors des manifestations de masse pour les questions sociales, il n’y a pratiquement aucune demande de paix. « Beaucoup, notamment une partie de la jeunesse, voient la cause de toutes les difficultés uniquement dans l’agression de Poutine et non dans l’impérialisme occidental ou dans la nature du capitalisme. Il n’y a que très peu de manifestations anti-guerre – en grande partie liées aux activités des forces pro-russes », ce qui affaiblit « la résistance à l’agression de Poutine « .3

    La coopération militaire et économique de la Russie, de la Chine et d’autres pays au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) leur fait également courir le risque d’une intervention en tant qu’organisation d’alliance en cas de guerre. Face à ces contradictions inter-impérialistes croissantes, les forces révolutionnaires du monde entier doivent se lever pour la lutte contre les guerres impérialistes et leur racine et pour la conquête des masses pour le dépassement révolutionnaire du système impérialiste mondial.

    La décision de la 4e Conférence mondiale de l’ICOR d’ »approfondir le travail éducatif sur l’impérialisme et la perspective du socialisme » est d’autant plus nécessaire et révolutionnaire.
    S’il devait y avoir une confrontation guerrière entre la Russie et l’Ukraine, l’ICOR appelle à des actions de protestation dans tous les pays à 18 heures le jour suivant.
    Renforcez la construction du Front uni anti-impérialiste et antifascistes !
    Renforcez les organisations d’ICOR !

    Arrêtez la guerre psychologique et les manœuvres de guerre aux frontières entre l’Ukraine et ses voisins ! Pas de manœuvres navales dans la mer Noire, la Méditerranée et la mer Baltique !

    Pour le droit à l’autodétermination des peuples !

    Travailleurs de tous les pays, unissez-vous !

    Travailleurs de tous les pays et peuples opprimés, unissez-vous !

    Luttez pour la paix, l’amitié entre les peuples, le socialisme !


    Signataires (au 14 février 2022, d’autres signataires possibles) :
    1. PCPCI Parti Communiste Prolétarien de Côte d’Ivoire (Proletarian Communist Party of Ivory Coast)
    2. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie (Union of Populations of Cameroon – National Manifesto for the Establishment of Democracy)
    3. MMLPL Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine
    4. CPSA (ML) Parti communiste d’Afrique du Sud (marxiste-léniniste)
    5. PCT Parti Comuniste du Togo (Communist Party of Togo)
    6. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie. 7.
    7. CPB Parti communiste du Bangladesh
    8. SPB Parti socialiste du Bangladesh
    9. CPI (ML) Red Star Parti communiste indien (marxiste-léniniste) Red Star
    10. NCP (Mashal) Parti communiste népalais (Mashal)
    11. PPRF Front républicain patriotique des peuples du Népal.
    12. CPA/ML Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste)
    13. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie-Herzégovine)
    14. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    15. UC Unité Communiste (Communist United ), France
    16. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France 17.
    17. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchevique (Nord-Kurdistan-Turquie)).
    18. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation communiste du Luxembourg)
    19. RM Rode Morgen (Aube rouge), Pays-Bas
    20. UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa (Union marxiste-léniniste portugaise)
    21. MLP Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie
    22. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    23. TKP-ML Türkiye Komünist Partisi – Marksist-Leninist (Parti communiste de Turquie – Marxiste-Léniniste)
    24. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti communiste marxiste-léniniste de Turquie / Kurdistan)
    25. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement de la classe ouvrière), Ukraine
    26. UoC Union of Cypriots, Chypre
    27. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – Maoïste)
    28. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste paraguayen (indépendant))
    29. BDP Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
    30. PML del Perú Partido Marxista Leninista del Perú (Parti marxiste-léniniste du Pérou)
    31. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République dominicaine.
    32. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti communiste révolutionnaire d’Uruguay)

    1 L’Initiative des trois mers (ITM), aussi connu comme l’Initiative des mers Baltique, Adriatique et de la mer Noire (IMBAMN), est un forum de pays d’Europe centrale et orientale, tous membres de l’Union européenne. Il compte douze États, pour la plupart des pays de l’ancien « bloc de l’Est », et vise à créer un dialogue nord-sud sur différents enjeux régionaux. Ils se sont réunis pour leur premier sommet à Dubrovnik en 2016. (source Wikipédia)

    2 Tiré du rapport sur la situation internationale du Parti Maoïste de Russie (janvier 2022).

    3 Tiré du rapport sur la situation internationale du KSRD-Ukraine (décembre 2021).

  • Le MLPD victime d’une traque policière

    Le MLPD victime d’une traque policière

    C’est un processus kafkaïen. Le MLPD, parti autorisé, est ciblé par les services secrets allemands, redoutables héritiers de la sinistre organisation Gehlen. Celle-ci a fait de la chasse aux communistes une « religion d’Etat » pour reprendre les termes du MLPD. Pourtant, les faits reprochés sont risibles et ne constituent pas des chefs d’inculpation valable. Ce ne sont même pas des transgressions des limites de la démocratie libérale. Mais le rôle croissant du MLPD, notamment grâce à sa participation aux luttes ouvrières et écologistes, fait craindre à l’Allemagne que celui-ci ne grandisse et n’augmente son influence dans un pays qui se remet mal de la crise du COVID. Pour ne pas se retrouver face à un adversaire trop fort, l’État frappe préventivement, avec des méthodes qui ont fait leur preuves par le passé : fichage, traque, pressions, arrestations préventives.

    Nous sommes solidaires des camarades du MLPD et de leurs dirigeants. En tant que membres de l’ICOR, en tant que communistes, nous savons qu’il n’existe pas de frontières à la répression. Les enjeux de la lutte contre le capitalisme sont trop élevés pour que nos exploiteurs se conforment aux lois, malgré qu’ils les écrivent eux-mêmes.

    Le scandale prend de l’ampleur : Le service de renseignement intérieur a fait rechercher la direction du parti du MLPD dans toute l’Europe.

    Dernièrement, le service de renseignement intérieur (Verfassungsschutz) a dû admettre qu’il avait également fait rechercher Gabi Fechtner, la présidente du MLPD, dans toute l’Europe par le Bundeskriminalamt (Office fédéral de police criminelle) BKA. L’année dernière déjà, nous avions informé la presse que Stefan Engel, dirigeant de l’organe théorique du MLPD, Voie Révolutionnaire, et Monika Gärtner-Engel, responsable de la branche internationalisme du MLPD et coordinatrice principale de l’ICOR, faisaient l’objet d’une recherche secrète.

    Pendant au moins six mois, à partir du 3 décembre 2019, tous les trois ont été recherchés dans tout l’espace Schengen. Cela par toutes sortes de services étatiques possibles, police, police des frontières, etc. Le principe de séparation des services secrets d’avec l’appareil policier, un apport important de la chute du fascisme hitlérien, est ainsi rendu caduc.

    Cette démarche anticommuniste diffame, espionne et criminalise des représentants dirigeants du MLPD et vise à atteindre le parti tout entier. Le MLPD est un parti démocratique autorisé et protégé par la Constitution allemande, le Grundgesetz. Gabi Fechtner, Monika Gärtner-Engel et Stefan Engel n’ont jamais encore été condamnés par un tribunal allemand quelconque.

    Le contexte est que depuis 2018, les forces dirigeantes, à l’époque encore dirigés par le gouvernement CDU/CSU/SPD et le ministre de l’Intérieur Seehofer, avaient initié un changement concret de tactique contre le MLPD. Il s’agissait apparemment d’une réaction à son nouveau rôle au sein de la société allemande. Ainsi, dans son rapport sur l’année 2018, le soi-disant Office de protection de la Constitution avait procédé à une « réévaluation » explicite du MLPD et mis en garde contre son potentiel.

    Cette démarche a pris une importance nouvelle avec les avis de recherche et d’autres opérations. Le MLPD est passé à l’offensive contre toutes les invectives et a, jusqu’à présent, également gagné sur toute la ligne devant les tribunaux. Ainsi, le tribunal administratif de Meiningen a déclaré le 3 août 2021 que le traitement de Stefan Engel en tant que perturbateur présumé était illégal.

    L’avocat responsable du cabinet Meister et partenaires, Frank Jasenski, apporte des éclaircissements sur le contexte de l’avis de recherche : « La justification du service de renseignement intérieur dans son mémoire de janvier 2022 est aventureuse : «L’avis de recherche était également approprié […] en raison de l’interconnexion internationale au niveau de la direction [avec des] organisations [prétendument] terroristes kurdes et turques. »

    Pourtant, le travail des révolutionnaires kurdes et turcs est dirigé contre le régime fasciste du président Erdogan. C’est bien justifié et ce n’est pas du ‘terrorisme’. Les soi-disant ‘indices’ à cet égard sont d’une maigreur difficile à renchérir : Pour justifier la nécessité de l’avis de recherche, le service de renseignement intérieur a invoqué entre autres : une visite de solidarité aux grévistes de la faim kurdes (qui n’a même pas été effectuée par la direction du parti elle-même) ou des manifestations publiques sur les livres de Stefan Engel aux Pays-Bas en 2015 (!). Que se passe-t-il ici, si une telle chose est déjà qualifiée de soutien au terrorisme international ? »

    Au bout de six mois, les mesures de recherche ont été levées aussi officiellement, car aucun événement douteux n’a pu être détecté. Néanmoins, les informations relatives à l’avis de recherche sont restées dans les fichiers de surveillance INPOL.

    Au-delà de l’avis de recherche, on constate également des méthodes absurdes pour criminaliser des personnalités dirigeantes du MLPD. Ainsi, Gabi Fechtner a été accusée par le passé, sans aucune preuve, d’avoir servi illégalement de l’alcool, d’avoir résisté aux agents d’exécution et d’avoir « libéré des prisonniers ». Actuellement, elle est de plus poursuivie pour « port d’arme non autorisé » en raison de sa simple participation à un défilé de rue de la Liste internationaliste/MLPD à Essen le 30 août 2021, défilé qui n’était pas soumis à autorisation pendant la campagne électorale et qui était bien entendu pacifique. Dans les procédures respectives, aucune de ces accusations n’a été sérieusement poursuivie, et n’a pu, encore moins, résister à un examen judiciaire. Toutes ces accusations ont été rejetées ou ont donné lieu à des acquittements.

    Malgré cela, des données concernant Gabi Fechtner ont pu être consultées par des unités de police ordinaires lors d’opérations de police menées contre elle encore pendant la campagne électorale de 2021. Entre-temps, nous savons aussi que le fichier INPOL de Monika Gärtner-Engel contient encore jusqu’à aujourd’hui toutes les accusations réfutées depuis longtemps par les tribunaux.

    « Il y a une méthode derrière cela », affirme l’avocat Frank Jasenski : « On veut accumuler et sauvegarder contre nos clients des accusations aussi abstruses soient-elles, que, en partie, n’importe quel policier peut consulter – pour qu’au final, on retienne que l’on a affaire à des grands criminels et à de dangereux terroristes, contre lesquels, comme chacun sait, tout semble permis. Et pourtant, aucun des reproches formulés ne correspond, même de loin, à la réalité. »

    Aujourd’hui, du moins dans l’opinion publique progressiste, les courants réactionnaires tels que le fascisme, le racisme, l’antisémitisme, la misogynie, l’homophobie, etc. sont largement proscrits. Il existe à juste titre une grande sensibilisation contre l’oppression étatique et la privation des droits fondamentaux parmi les professionnels des médias pour de telles raisons. Cela doit également s’appliquer à l’anticommunisme – qui reste toutefois une sorte de religion d’État en Allemagne jusqu’à aujourd’hui.

    Cela nécessite davantage d’engagement critique et de courage civil, y compris dans les médias.

    Le gouvernement tripartite rouge, orange, vert et en particulier la ministre de l’Intérieur Nancy Faeser avaient annoncé publiquement qu’ils allaient à l’avenir porter l’essentiel de leurs efforts contre les forces fascistes et d’ultra-droite. Mais pourquoi cette criminalisation et cette diffamation se poursuivent-elles ?

    La ligne anticommuniste de Seehofer se poursuit-elle ici en sous-main ? Gabi Fechtner a déclaré : « J’exige notre réhabilitation intégrale ! Les auteurs peuvent s’attendre à d’autres démarches offensives du MLPD et de ses supportrices et supporteurs. Il ne doit pas s’imposer que des personnes soient espionnées, diffamées et criminalisées en raison de leur idéologie communiste. Dans l’intérêt de toutes les personnes démocratiques, il faut étouffer le mal dans l’œuf. »

  • Solidarité avec Nantes Révoltée !

    Solidarité avec Nantes Révoltée !

    Nous affirmons notre solidarité avec le média Nantes Révoltée.

    Nous relayons ici la pétition contre leur interdiction : https://chng.it/YpKxTMDyxc

    Gérald Darmanin a annoncé hier « J’ai décidé d’engager le contradictoire qui permettrait la dissolution de ce groupement de fait. » Le gouvernement souhaite donc museler Nantes Révoltée.

    L’accusation est d’avoir relayé une manifestation « contre l’État, contre les policiers ». Ce simple relais d’information est donc suffisant pour justifier une procédure de censure brutale.

    Avant toute chose, il faut reconnaître quelque chose d’essentiel : c’est tout de même une belle couronne de lauriers que le gouvernement dresse à ce média. Dissoudre un groupe qui n’est accusé de rien de particulier, juste parce que celui-ci possède une portée médiatique au-delà du milieu militant, est quelque chose de rare. À titre de comparaison, il avait fallu scandales sur scandales, violences sur violences, pour que l’État daigne taper sur les doigts de Génération Identitaire. Dissolution par ailleurs cosmétique : le gouvernement a absorbé une partie du programme, Zemmour et ses sbires milliardaires le reste.

    Cette censure qui ne dit pas son nom est une illustration des limites de la démocratie telle que conçue par les exploiteurs et leurs relais politiques. Il est possible de parler de tout, il est possible de parler de rien, tant que cela ne menace pas l’ordre établi. Les informations sont généralement noyées dans un brouhaha algorithmique que en limitent la diffusion, ou la rendent illisible. Et les marges de tolérance laissées s’amenuisent d’années en année. Plus le temps passe, plus nous voyons les espaces d’expression être cloisonnés et contrôlés.

    Ces menaces de dissolution qui touchent le média Nantes Révoltée sont cependant inquiétantes. Ces menaces d’interdiction ou de dissolution sont toujours plus nombreuses. Dès que l’occasion apparaît, le couperet de la loi tombe. C’est une manière de briser les volontés et de casser la portée des médias alternatifs. Ainsi, on peut se rappeler les menaces de Laurent Wauquiez contre le Lyon Antifa Fest entres autres mesures de répression et de brimades. Seulement il s’agit d’une gradation supplémentaire. Nantes Révoltée n’est pas seulement menacée, elle est dans l’engrenage implacable de la dissolution.

    Certes, nous avons critiqué à plusieurs reprises la vision développée par Nantes Révoltée de la pandémie et du Pass Sanitaire. Elles n’ont jamais empêché le fait que nous les considérons comme des camarades de lutte et que ceux qui les attaquent sont nos ennemis. Nous nous devons aussi de saluer le travail qui a été réalisé par eux au cours des années pour informer sur les méfaits du gouvernement et des exploiteurs. Nous pensons que le gouvernement ne recherche pas l’installation d’une espèce d’hypothétique régime totalitaire basé sur la destruction de la vie sociale. Au contraire, nous pensons que s’il peut choisir entre les scénarios de Dix-neuf cent quatre-vingt-quatre et de Le Meilleur des mondes1, il choisira le second. Plus souple, plus socialement acceptable, plus à même de susciter l’adhésion. C’est d’ailleurs pour cela que, malgré les 500 000 cas de Covid, il ne pense qu’a lever les mesures de distanciation sociale.

    Mais, en dépit du fait que nous pensons que tout ce que fait le gouvernement ne participe pas à une conspiration contre la Liberté avec un L majuscule, il est indéniable que des faits graves se produisent. Le capitalisme non seulement n’a plus besoin des compromis qu’il avait du faire face aux partis communistes puissants et à l’URSS, mais il subit une crise profonde et dangereuse. Dès lors, nous voyons les droits économiques fondre comme neige au soleil. Et dans la foulée de leur disparition, la colère monte. Les droits et les libertés politiques, concédées par les exploiteurs, sont alors eux aussi attaqués. La censure revient.

    Dans le climat actuel une véritable mobilisation de masse est faite, par le truchement des médias les plus influents, inféodés à des entreprises monopolistes. Cette mobilisation de masse développe trois thématiques : 1) il faudra se serrer la ceinture. 2) il existe un ennemi intérieur dangereux, un hydre islamo-gauchiste. 3) pour régler la crise, il faut un homme fort, un pouvoir fort, un César ou un Napoléon. Pendant ce temps, la société se caporalise.

    Un baromètre OpinionWay pour le Cevipof2 indique ainsi que si 57 % des français se plaignent de la richesse outrancière des milliardaires, ils sont de plus en plus nombreux et nombreuses à chercher une réponse dans un pouvoir fort, unique, militarisé. Il existe un espace dans lequel s’engouffrent les apprentis Perón, les apprentis Mussolini, voir pire encore.

    Nous dénonçons cette procédure inacceptable ! Elle démasque le gouvernement pour ce qu’il est : une parodie de démocratie qui camoufle de plus en plus mal une dictature de classe. Nous n’acceptons aucune dissolution parmi ceux qui font partie du camp du peuple ! La censure muselle le peuple, mais elle ne peut stopper sa colère !

    1Dans 1984, la société est privée d’information, de loisirs, de divertissement. Tout est fait pour asséchez l’esprit humain. Dans Brave New World, au contraire, il s’agit d’une société du divertissement, de l’abondance, dans lequel les informations sont noyées dans un maelström de bruit.

    2Centre de recherches politiques de Sciences Po