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  • Résolution de l’ICOR sur la situation des réfugiés Turquie Grèce

    Résolution de l’ICOR sur la situation des réfugiés Turquie Grèce

    L‘ICOR condamne fermement l‘abus infâme de la détresse et des espoirs des réfugiés en Turquie par les gouvernements turc et grec et l’UE.

    Le déclenchement en est l’intensification barbare de la guerre dans la province syrienne d’Idlib, où se font face la Russie et le régime d’Assad et des forces iraniennes d’un côté, la Turquie et des milices islamismo-fascistes et des forces syriennes contre le régime d’Assad de l’autre côté. Les habitants sont pris entre deux feux, et les femmes et les enfants en sont les principales victimes. 900 000 personnes sont en fuite, dont 250 000 enfants et jeunes. De manière exemplaire, les forces démocratiques du Nord et de l’Est de la Syrie (Rojava) ont, à elles seules, accueilli et pris en charge chaleureusement les réfugiés qui y étaient arrivés.

    Après quelques revers militaires, Erdogan a sérieusement appelé l’OTAN à « invoquer la clause de défense mutuelle ». Cela aurait signifié une confrontation militaire directe des principales puissances impérialistes du monde et donc le début éventuel d’une guerre mondiale. Cela n’était pas exécutoire dans les pays de l’OTAN en raison de la résistance et de l’indignation des masses.

    Afin d’exercer une pression, Erdogan a maintenant annulé l’accord honteux entre l’UE et la Turquie, qui visait à sceller l’UE contre les réfugiés en échange d’importantes sommes d’argent et violait le droit à la fuite, les droits d’asile et les droits de millions de personnes au titre de la Convention des Nations unies sur les réfugiés. Des milliers de personnes ont été amenées à la frontière par le régime fasciste d’Erdogan, où elles ont été repoussées par la partie grecque avec une violence brutale, y compris des gaz lacrymogènes et des canons à eau. Dans le même temps, la police turque ne les a plus laissés sortir de la zone frontalière. Dans le « no man’s land », les femmes, les hommes et les enfants sont affamés et gelés.

    Dans les îles grecques, les gens font preuve depuis des années d’une solidarité exemplaire avec les réfugiés. Mais ils sont abandonnés par les gouvernements européens et opprimés lors des manifestations. Dans des camps conçus pour un maximum de 8 000 personnes, plus de 40 000 y vivent aujourd’hui ! Lorsque les habitants des îles grecques manifestent, ils sont confrontés aux forces spéciales brutales du gouvernement grec. Les conditions de vie dans les îles grecques sont également aggravées par la politique impérialiste en matière de réfugiés. Dans des camps complètement surpeuplés, dans des conditions d’humidité et de froid, les réfugiés sont contraints de vivre dans une situation dégradante pour les êtres humains. Des fascistes de toute l’Europe tentent de créer une ambiance de pogrom parmi les habitants de l’île et repoussent en mer les réfugiés qui débarquent, les insultant, les menaçant et les traumatisant.

    L’UE comme une des unions impérialistes les plus riches du monde – n’a rien de mieux à faire que d’accueillir les réfugiés avec des gaz lacrymogènes, des matraques, des munitions réelles et la force impérialiste de garde-frontières Frontex. Des vidéos enregistrées en secret nous apprennent les transports aller-retour du « no man’s land » vers la Turquie par bus, dans lesquels des enfants, des femmes meurent misérablement. Maintenant, ils utilisent également le virus Corona pour développer leur politique fasciste et anti-immigration.Dans cette situation, une large protestation contre toute la politique impérialiste de réfugiés qui a échoué et contre la terreur fasciste est à l’ordre du jour. Les causes de la fuite sont l’exploitation et l’oppression impérialistes par les pays impérialistes ! La lutte doit leur être déclarée – dans l’auto-organisation des réfugiés en liaison avec les forces démocratiques et révolutionnaires dans les pays respectifs.

    Des manifestations contre la politique de l’UE en matière de réfugiés ont déjà eu lieu dans de nombreuses villes grecques, mais aussi dans plusieurs grandes villes de l’UE. L’auto-organisation des réfugiés, main dans la main avec la population en résistance active, est la clé pour faire face à la situation de détresse aiguë.

    Les causes ne peuvent être éliminées que dans la lutte contre le système impérialiste mondial. L’ILPS et l’ICOR ont appelé à construire un Front uni international contre le fascisme et la guerre. Il est fondamentalement contre le repartage impérialiste du monde sur le dos des peuples.

    Renforcez la construction du Front uni anti-impérialiste !

    Les réfugiés sont nos frères et sœurs !

    Luttons contre l’UE impérialiste et sa politique inhumaine qui fait périr des dizaines de milliers d’une mort atroce dans la Méditerranée et les déserts.

    Luttez dans les pays de l’UE contre les causes de la fuite, pour l’accueil des réfugiés dans les pays de l’UE et pour leur intégration dans les masses qui luttent dans les différents pays !

    Vive la solidarité internationale !

    Signataires (en date du 27/3 2020, d’autres signataires sont possibles):

    1. ORC Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo
    2. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    3. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    4. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    5. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    6. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    7. Ranjbaran Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
    8. NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    9. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine), Bosnie et Herzégovine
    10. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    11. UCLyon Unité Communiste Lyon, France
    12. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    13. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    14. MIKSZ Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise)
    15. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    16. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    17. KSC-CSSP Komunisticka Strana Cheskoslovenska – Cheskoslovenska Strana Prace (Parti communiste de Tchécoslovaquie – Parti ouvrier tchécoslovaque), République tchèque
    18. TIKB Türkiye İhtilalci Komünistler Birliği (Union de communistes révolutionnaires de Turquie)
    19. TKP-ML Türkiye Komünist Partisi – Marksist-Leninist (Parti communiste de Turquie – marxiste-léniniste)
    20. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    21. MLP Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie
    22. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    23. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    24. BDP Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
    25. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    26. PS-GdT Plataforma Socialista – Golpe de Timón (Plate forme Socialiste – Changement de direction), Vénézuela
    27. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
    28. CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
  • Ripostons à la pandémie !

    Ripostons à la pandémie !

    Le coronavirus frappe le monde entier.

    Au moment où ces lignes sont rédigées, les 600 000 cas détectés sont franchis, ainsi que les 28 000 morts.Plus de la moitié des personnes vivant sur Terre sont dans un régime plus ou moins strict de confinement. Cela en fait d’ailleurs l’expérience commune la plus universelle à la planète. La pandémie continue de s’étendre et prend chaque jour une tournure plus chaotique.

    • Le premier acte de la tragédie sanitaire s’est clôt. Il avait concerné l’Asie-Pacifique. En dépit des peurs, il s’est résolu rapidement.
    • Le second acte, qui concerne l’Europe et les USA, se déroule en ce moment même. Il est dévastateur, en particulier sur les personnes âgées et vulnérables. Les USA, en particulier, deviennent progressivement l’épicentre mondial.
    • Le troisième acte, qui concernera l’Afrique, l’Amérique Latine et l’Inde se profile. Il sera probablement encore plus coûteux humainement.

    Cette pandémie est une onde de choc qui secoue la Terre entière. Elle propulse un grand nombre de pays dans une situation inconnue jusqu’alors.

    L’ampleur de cette crise sanitaire est causée par la rapacité et l’avarice de la bourgeoisie. Elle a mis consciemment en danger et continue de mettre en danger les travailleurs et les travailleuses pour limiter ses pertes financières.

    Si la pandémie couvre peu à peu le monde, toutes les classes sociales ne sont pas égales devant elles. Les bourgeois et les bourgeoises se confinent dans leurs villas, téléguident leurs activités, possèdent les droits d’entrées dans leurs cliniques. A l’inverse les masses populaires, qui ont vu dans l’ensemble leurs droits sociaux diminuer, doivent faire avec. Elles sont le jouet des décisions politiques contradictoires, qui, jusqu’au bout, ont tenté de faire coïncider les intérêts de la bourgeoisie et de l’économie avec la lutte contre le Coronavirus. Elles doivent faire avec des hôpitaux surchargés, elles doivent se confiner dans des logements étroits, insalubres, elles doivent renoncer à tous leurs loisirs et ne se consacrer qu’a survivre et travailler. Les femmes, surtout, se retrouvent parfois enfermées dans un univers de violence domestique et de double exploitation.

    Dans cette crise, le personnel médical – ainsi que tous ceux et celles qui maintiennent les hôpitaux en fonction (entretient, administration, logistique)- est héroïque. Héroïque mais sacrifié, sans équipements de protection suffisant. Qu’en sera t-il quand il sera malade ? Incapable de continuer ses fonctions ? Il en est de même pour le personnel des maisons de retraites, qui parfois se transforment en mouroirs.

    D’autres professions sont particulièrement vulnérables, les livreurs et livreuses, les travailleurs et travailleuses de la distribution sont en permanence en contact avec des personnes potentiellement infectées. Elles sont les victimes invisibles.

    Cette crise a frappé avec brutalité l’économie. Les bourses ont plongé. Les pays capitalistes et impérialistes sont passés en économie de guerre. Ils ont renié temporairement l’économie de marché pour s’appuyer sur l’intervention massive de l’État et même sur des nationalisations. L’UE et les USA ont annoncé des mesures immenses pour soutenir l’économie. Mais ces dettes se paieront tôt ou tard. Elles annoncent des temps difficiles.

    Il est clair que la bourgeoisie à l’intention de faire payer la récession aux prolétaires et aux classes populaires. Elle se prépare déjà, dans plusieurs États, à s’attaquer frontalement aux droits sociaux. Elle s’appuie pour cela sur une rhétorique fascisante de « sacrifice » exigé par les circonstances.

    En France, par exemple, elle prépare à supprimer des congés payés, de lever les limites du temps de travail et évoque même la possibilité d’une suppression « temporaire » du repos hebdomadaire.

    Derrière cette dégradation économique se trame mécaniquement une dégradation politique et géopolitique. Peut-être que cette crise, particulièrement forte en Europe et potentiellement ravageuse aux USA, contribuera à rebattre les cartes des rapports de forces internationaux, débouchant sur un nouveau partage du monde. La Russie et la Chine, entre autres États, interviennent pour aider l’Italie ou la France. Mais cette aide est un signe de leurs ambitions.

    Au sein des États eux-mêmes, il est clair que l’épisode actuel accentuera les troubles politiques. La bourgeoisie, effrayée, va tenter de faire tout son possible pour compenser ses pertes. Elle contre-attaque sur le terrain des droits sociaux. Une partie de la petite bourgeoisie, vulnérable, sait qu’elle perdra tout dans cette crise. Or, elle peut très bien soutenir les revendications populaires tout comme se tourner vers le fascisme et la réaction la plus brutale. Il existe un terrain glissant, potentiellement dangereux.

    Ce n’est que par l’action militante et l’action politique que nous pouvons conjurer ce risque et obtenir des victoires sociales et politiques !

    Tant que le confinement existe, nous sommes atomisés, sans réelle capacité d’agir. Mais dès qu’il sera levé, il faudra être capable de défendre les droits sociaux et politiques. Nous avons besoin d’une réponse unifiée de la part des communistes.

    A la fois internationalement, autour du Front Uni Anti-Impérialiste et Antifasciste International, impulsé par l’ICOR et par l’ILPS. A la fois dans les continents concernées : le MLPD a lancé par exemple une campagne d’entraide et de solidarité.

    Mais également dans chaque État, en particulier dans ceux où le mouvement communiste est fragmenté. Nous appelons à ce qu’il soit possible de prendre des positions communes a minima sur la défendre des droits sociaux, des conditions de travail, et sur la dénonciation de l’irresponsabilité de la bourgeoisie dans cette pandémie.

    Nous appelons donc :

    • A organiser la solidarité partout où cela est possible.
    • A continuer le travail interne et externe malgré la désorganisation causée par crise pandémique.
    • A dénoncer l’attitude de la bourgeoisie et sa politique de liquidation des hôpitaux et des systèmes de santé.
    • A unifier nos forces pour défendre nos droits et riposter aux tentatives perfides de la bourgeoisie de payer la pandémie sur la sueur et le sang des travailleurs et des travailleuses.

    Rassemblons nos forces.  Combattons !

  • Prolétaire debout n°14 (UPML)

    Prolétaire debout n°14 (UPML)

    Crise du Corona virus :

    Coupable: le système économique et social capitaliste.

    Macron a mis sa blouse blanche… pour sauver les banques !

    Il faut prendre au sérieux la pandémie du Corona virus qui se répand progressivement partout,  profitant de la circulation des hommes et des marchandises au niveau mondial. Si le plus gros de la crise semble être derrière la Chine, aujourd’hui la République de Corée, l’Iran soumis au blocus des puissances occidentales, l’Europe et les USA sont en première ligne. Demain, ce seront les pays d’Asie du Sud-Est, d’Afrique et d’Amérique Latine qui seront concernés. A un problème mondial, la bonne réponse devrait être mondiale. 

    « Union nationale »?

    Les mesures sanitaires à l’échelle nationale, la fermeture des frontières etc. sont certainement à respecter pour faire obstacle à la propagation du virus et pour protéger les populations conformément aux connaissances scientifiques actuelles, sans sous-estimation ni panique. 

    Macron, son gouvernement et les représentants de l’État nous appellent à « l’union de la nation ». Ils se donnent l’air de bons pères de famille qui protégeraient la population et agiraient dans « l’intérêt général ». En réalité ils continuent à préparer les masses populaires à une période de sacrifice – les soignants et autres salariés, les familles, les personnes âgées. Tout en parlant de solidarité, ils n’ont fait que remettre à plus tard leurs réformes réactionnaires : baisse des retraites, diminution des allocations chômage… et ils répriment les protestations.

    Macron a fait l’éloge de nos « héros en blouse blanche ». Quel culot ?! La politique de fermeture et d’austérité dans les hôpitaux devient en plus mortelle avec le Corona virus. En France le personnel hospitalier en grève depuis un an dénonce l’épuisement et les conditions de travail et  réclame des lits – 17 500 lits ont été supprimés en 10 ans -, ainsi que des embauches et des hausses de salaires. Quelle a été la réponse du gouvernement ? Depuis janvier, il a ignoré le danger et omis par exemple de commander des masques et du gel désinfectant pour l’ensemble du personnel médical. Il compte sur son dévouement. Alors que les hôpitaux sont de plus en plus saturés, les soignants vont être amenés à « trier » (comme en Italie) parmi les malades celles et ceux qui auront la « chance » d’être soignés parce que plus « robustes ».

    Le profit avant tout !

    Les mesures sanitaires en France, et ailleurs en Europe et aux États Unis, prises trop tard, sont surtout dominées par le souci de maintenir l’économie capitaliste et de faire tourner la machine à profit. Macron l’a confirmé dans son allocution qu’il « fera absolument tout pour nos entreprises ».  

    Crise financière et économique : les marchés financiers se sont écroulés, le CAC 40 connaît une chute historique de 37 % depuis janvier 2020, signe à l’échelle nationale d’une désorganisation des économies européenne et mondiale, faisant renaître le spectre d’une situation similaire à celle de 2008.  C’est la panique, les « bulles spéculatives explosent » ! Fermer la Bourse ? La crise sanitaire a semblé déclencher cette nouvelle crise économique ; mais, en fait de multiples signes annonçaient cette dernière que la crise sanitaire ne peut qu’aggraver. Il est évident que la pandémie s’est déroulée sur fond d’internationalisation de la production. 

    Le risque principal aujourd’hui, dans la machinerie capitaliste, semble être du côté bancaire : si un nombre significatif d’entreprises (ou de ménages) se trouvaient incapables d’honorer leurs engagements, ce qui est un danger très sérieux avec le ralentissement économique accéléré par la crise du Corona virus. Ces derniers jours, c’est la principale préoccupation des marchés financiers. 

    Certains mettent en question la « mondialisation » et s’interrogent sur la « dépendance » vis-à-vis de la Chine. Mais ce sont les monopoles industriels de toutes les grandes puissances impérialistes qui se sont précipités en Chine pour produire au moindre coût. Les relocalisations seront limitées et dépendront largement de la soif de profit et des pressions politiques. 

    Pourquoi les productions non indispensables pour la société sont maintenues alors que des millions de salariés se fréquentent encore dans les entreprises ? C’est les mettre en danger avec un risque de relance de l’épidémie. En Italie et en Espagne, les mouvements de grève éclatent contre le manque de respect pour leur santé et leur vie. La CGT à PSA a fait campagne pour arrêter la production et elle a obtenu gain de cause. 

    Écoles, universités, restaurants, cafés, beaucoup de lieux publics sont fermés. Mais que fait-on pour les salariés qui côtoient beaucoup de monde ou une clientèle à risque: les caissières, les prolétaires des transports ou de la surveillance, les salariés du nettoyage qui risquent d’être au contact du virus ? Quand il s’agit de sous-traitants, les entreprises donneuses d’ordre s’en « lavent carrément les mains »…

    Droit au retrait pour tout salarié si le virus s’avère présent ! 

    Protections spécifiques et renforcées ainsi qu’un suivi rapproché dans les secteurs à risques !

    Le financement à 70% du salaire brut et à 84% des salaires nets, souvent déjà insuffisants, du chômage partiel se fera à partir de nos impôts et donc sur le dos des contribuables. Quand les aides pour les salariés, comme pour les petits entrepreneurs à la hauteur de milliards d’euros, arriveront-elles ? Il faut un chômage technique indemnisé à 100 % qu’il s’agisse des fermetures d’entreprises ou de la garde des enfants pour les travailleurs en fixe, les précaires et les autoentrepreneurs …

    Pas d’«unité nationale avec le capital ». Il est à l’origine de la crise sanitaire et économique. Il en reportera la charge sur les classes populaires. De son point de vue il faut réduire massivement les salaires, les pensions, les minimas sociaux et renforcer l’exploitation et aussi pour cela l’oppression.

    Nous n’accepterons pas de payer la crise du grand capital.

    Inévitablement la bourgeoisie profitera de la situation pour faire oublier son agenda réactionnaire et ses réformes scélérates, comme la retraite Macron par ordonnance (49.3)? 

    Quand on nous incite à rester chez nous, faisons toujours attention à défendre nos droits et libertés démocratiques. Macron déclare la « guerre à l’épidémie ». Il évoque une situation d’urgence qui peut être utilisée pour accentuer le contrôle de la population. En Chine, le régime qui n’a plus rien à voir avec le communisme, a exclu des réseaux sociaux des milliers d’internautes pour « propagation de fausses nouvelles ». Toute la population est aujourd’hui suivie à la trace par des applications sur mobile qui partagent avec la police, les sociétés de transport et même les centres commerciaux, l’état de votre risque sanitaire et le détail de vos derniers déplacements. On a connu lors des dernières grèves et luttes une violence policière et juridique inouïe. En France la reconnaissance faciale se met en place ainsi que la communication à la gendarmerie de données sur l’appartenance politique et syndicale. 

    Alors nous disons : pas d ‘abus de la pandémie pour réduire nos libertés!  

    Non à la militarisation et à la fascisation de la société ! 
    La bourgeoisie n’étouffera pas nos colères et nos luttes ! 

    Organisons-nous pour défendre nos droits, défendre notre avenir ! Pas question de prolonger la survie du mode de production capitaliste !

    Tout cela montre un chaos mondial croissant, produit du système capitaliste instable, et  l’amplifie: climat et environnement, guerres et tensions géopolitiques, montée des forces fascistes et fascisation des appareils d’État, crash boursier et endettements publics. Et ce chaos capitaliste du « chacun pour soi »  se poursuit entre pays face à une menace sanitaire pour l’ensemble de la planète. On l’observe dans les mesures contradictoires, les accusations mutuelles, l’absence d’aide et la concurrence dans la recherche médicale pour des médicaments, vaccins etc. 

    Toutefois les masses populaires se lèvent et ne veulent pas vivre dans la barbarie : luttes et grèves, soulèvements populaires se multiplient dans de plus en plus de pays. 

    La gravité de la situation exige:

    • Un système de santé gratuit répondant réellement aux besoins de l’ensemble de la population. 
    • La recherche fondamentale sur l’origine des ‘pandémies modernes’ et le développement des mesures protectrices — en excluant toute « concurrence » entre laboratoires en leur imposant de collaborer.
    •  L’agroalimentaire capitaliste est un berceau de nouvelles pandémies. Pour une agriculture qui respecte les lois de la nature, contre la recherche du profit maximal.
    • Pas de mesures de crise de pandémie du Corona sur le dos des travailleurs ! Arrêt immédiat de la production non nécessaire pour la société. Protection de tous les salariés ! 100% de chômage technique. Mesures de crise à tous les niveaux et hausse des salaires – aux frais des capitalistes au lieu de mettre à contribution l’argent public. Pas d’exonérations d’impôts pour le grand capital !
    • Défense de nos droits et libertés démocratiques et syndicaux. Pour le droit à l’information, à la communication. 
    • Solidarité populaire et de classe – fixes et précaires -, entraide internationaliste et anti raciste – Accueil des migrants. Prise en charge commune des contraintes de la crise. 
    • Renforçons le front mondial contre l’exploitation et contre la réaction en participant au Front Uni Anti Impérialiste et Antifasciste de l’ICOR (voir www.icor.info)

    Le système capitaliste est dépassé. 

     Si la bourgeoisie, cette minorité négligeable de la population, décide de tout et continue à imposer son économie de profit, son système d’exploitation du travail d’autrui et d’oppression, rien ne changera vraiment. Il faut la conquête du pouvoir politique et économique par le prolétariat (ouvriers, employés) et ses alliés. On a besoin d’une société fondée sur une économie planifiée, organisée et au service de l’écrasante majorité des couches populaires où celles-ci décident jour après jour en respectant aussi les besoins de la nature, notre base de vie!

    Pour une société où production, coopération, appropriation et répartition se font de façon collective – le véritable socialisme – aux niveaux national et international. 

    Rejoignez l’UPML! Rejoignez l’ICOR!

    L’origine du Corona virus interroge, tout comme l’origine des épidémies de plus en plus fréquentes, touchant l’homme ou les animaux d’élevage abattus, causant la faillite d’éleveurs. Une explication assez logique dénonce l’exploitation capitaliste de la nature et de l’homme. Nous vivons le retour des grandes épidémies (SIDA, H1N1, SRAS, Zika, Ebola…) Les virus existent dans tous les êtres vivants. Mais : 1° la destruction systématique des habitats naturels et le contact rapproché entre hommes et êtres vivants porteurs de germes peuvent devenir dangereux pour nous. 2° L’agro-business, l’élevage en masse d’animaux. 3° la circulation des marchandises et des hommes dictée par la recherche du profit, des bas salaires, à travers le monde.4° le réchauffement climatique. 5° l’entassement de populations dans des mégapoles. 6° l’absence de services de santé accessibles à tous créent des conditions idéales pour qu’un virus se change en facteur de maladie et crée une épidémie, voire une pandémie. 

    Pour une agriculture et une économie qui respecte l’homme et ses bases naturelles de vie! 
  • Programme d’urgence du MLPD

    Programme d’urgence du MLPD

    Nous publions cet article, premier d’une série, sur les réaction des organisations communistes face à la contagion. Nous pensons qu’elles peuvent être utiles pour se faire une idée de « ce qu’il faudra faire » quand la pandémie sera en décrue, pour éviter d’être écrasés.

    La pandémie de Corona s’est transformée en une crise de santé dune envergure planétaire aux conséquences lourdes et menaçantes pour la masse des personnes. Une situation inhabituelle exige des mesures inhabituelles. Le MLPD a participé à un comportement responsable à un stade précoce en annulant des événements, en informant le public et en s’entraidant. Ses pensées vont aux premières victimes, il souhaite à tous ceux qui sont tombés malades un bon rétablissement et à tous la meilleure protection possible contre le danger d’infection.

    En Allemagne, le principal problème à l’heure actuelle est la propagation exponentielle¹ du virus. Actuellement, le nombre de personnes infectées double environ tous les trois jours. Si ce processus se poursuit au même rythme, il y aurait un million de personnes infectées en un mois et – selon les estimations actuelles – environ 50 000 qui devraient être traitées dans des unités de soins intensifs. Mais il n’y a que 28 000 places pour cela !²

    Les systèmes de soins de santé, avec leur orientation sur la maximisation des profits pour les sociétés hospitalières, les entreprises pharmaceutiques et de « santé », ont été tellement dévastés dans de nombreux pays qu’ils sont au bord de l’effondrement ou déjà en plein milieu. De nombreux hôpitaux ont été fermés ces dernières années. En Italie, le système de santé est tellement surchargé que les médecins doivent décider les yeux grands ouverts qui ils doivent traiter et sauver et qui ils doivent laisser mourir.³ Le MLPD revendique :

    • Création de 150.000 nouveaux emplois⁴ et doublement des places de formation dans les unités de soins infirmiers et intensifs en Allemagne !

    Il est critiquable que le gouvernement fédéral allemand et les monopoles tentent d’utiliser la situation pour faire porter les fardeaux de la crise sur les larges masses dans le sillage de Corona. Ainsi, une nouvelle crise économique et financière mondiale est déjà apparue depuis la mi-2018. La semaine dernière, une crise ouverte de la bourse s’y est ajoutée. Tout cela est bien sûr exacerbé par Corona.

    Toutefois, les programmes de crise globaux du gouvernement, les milliards mis à la disposition des groupes industriels avec l’argent des contribuables, sont devenus nécessaires principalement en raison de cette crise capitaliste profonde. Où Corona devient maintenant un prétexte pour licencier des gens, pour intensifier l’exploitation dans les usines, pour déployer la Bundeswehr à l’intérieur ou pour démanteler les droits et libertés démocratiques etc, le MLPD dit :

    • Aucune acceptation des tentatives de répercuter les conséquences de la crise environnementale, économique et financière mondiale sur les larges masses et la classe ouvrière sous le drapeau de la lutte contre Corona ! La réponse au chaos capitaliste de la crise est la perspective socialiste !

    Tout à fait dans le sens du développement vers la droite de nombreux gouvernements, qui travaillent selon le principe « mon pays d’abord », la recherche et le travail se font aujourd’hui principalement dans le cadre de la concurrence entre les États nations. Cela rend considérablement plus difficile une solution mondiale telle que la création d’un vaccin.

    Le président Trump a même l’audace d’offrir à la société de biotechnologie CureVac à Tübingen, jusqu’à un milliard de dollars pour qu’elle fournisse exclusivement le vaccin contre Covid-19 aux États-Unis !⁵

    • Les politiciens et les gouvernements qui se comportent de manière si chauvine et si égoïste dans une telle situation doivent démissionner immédiatement et être punis !

    Les équipes de crise du gouvernement fédéral et des Länder prennent des décisions qui imposent des restrictions rigoureuses aux masses de personnes dans leur vie privée – mais qui doivent à tout prix maintenir la production des usines. Certains groupes industriels rapportent que les étages de direction communiquent uniquement par Skype. Les travailleurs, cependant, doivent continuer à travailler aux pièces, par équipes, souvent proches les uns des autres sur la « ligne ». Il y a peu ou pas de désinfectant dans les halls d’usine. Si le chômage technique est ordonné, il ne suffit pas pour vivre, surtout avec des salaires plus que bas.

    Des assemblées générales du personnel et des manifestations sont annulées, mais la production doit continuer. Les travailleurs intérimaires sont déjà licenciés en masse. Tout cela est irresponsable et montre comment, dans ce système capitaliste, c’est le profit et non l’être humain qui est au centre des préoccupation ! De l’Italie, on signale des grèves autonomes (partiellement réussies) comme celle chez Fiat pour l’arrêt de la production. En Allemagne, cette revendication se répand parmi les travailleurs. Le MLPD exige :

    • Arrêt immédiat de la production industrielle, de la logistique et de l’administration, sauf s’il s’agit de fournitures socialement nécessaires ou de mesures d’urgence ! Une restriction radicale de la production aurait pour effet secondaire écologique de réduire considérablement les émissions de CO2, les oxydes d’azote, les poussières fines, etc.
    • Dispense des ouvriers/ouvrières et employé-e-s avec compensation de salaire intégrale, sans consommer leurs vacances !
    • Si les travaux sont effectués : Veiller à ce qu’une distance de 1,5 à 2 mètres puisse être maintenue entre les travailleurs.
    • Désinfection des machines et des outils dès que l’utilisateur change.
    • Fin des soins à deux classes : mêmes règles de l’étage de la direction à la chaîne de montage et à la femme de ménage.

    Le gouvernement fédéral ainsi que les gouvernements des Länder, par exemple sous la direction du ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, M. Laschet, exigent la solidarité et la volonté de faire des sacrifices ‒ mais seulement de la part de la population ! La fermeture des écoles et des crèches, qui est absolument raisonnable, est souvent source de grandes difficultés pour les familles.

    Parce que une fois de plus, les familles, et donc souvent surtout les femmes, doivent assumer la charge en privé ‒ sauf dans des cas extrêmes ‒ et voir comment elles gèrent leur vie. De nombreuses personnes âgées et malades vivent dans une grande peur, ne quittent pas la maison (parfois à juste titre), mais se sentent de plus en plus seules. Les achats de précaution empêchent les achats et l’approvisionnement normaux. Le MLPD appelle :

    • Aides d’État et soins d’urgence aux familles pour les soins aux enfants et aux personnes âgées. Financement de la perte de revenus des parents s’ils ne peuvent pas trouver d’autres possibilités de prise en charge.
    • La solidarité et l’entraide sont à l’ordre du jour : Organisez l’aide de voisinage ! Aidez surtout les personnes âgées et les malades à subvenir à tous les besoins de la vie et à ne pas se sentir seuls ! Si la garde d’enfants est organisée de manière privée ‒ pas plus de cinq enfants !
    • L’organisation de jeunes Rebell est prête à fournir une telle assistance selon sa devise « Servir le peuple ».
    • Discutez de manière offensive contre les achats de précaution égoïstes, la panique, mais aussi les comportements sans égard pour autrui dus à la sous-estimation de la situation.

    Du soutien illimité est offert aux entreprises. Cependant, en réalité, il devient évident que la situation des petites entreprises implique des obstacles bureaucratiques presque insurmontables et, en fin de compte, l’arrêt de leurs activités, alors que les monopoles empochent pleinement. Le MLPD revendique :

    • Les micro, petites et moyennes entreprises, les centres de conférence, les entreprises de restauration et de tourisme doivent bénéficier d’un soutien non bureaucratique à la hauteur de leurs pertes !

    Les causes de cette maladie sont largement débattues. Cela est justifié, mais il faut en discuter en toute objectivité et de manière scientifique. Des théories de conspiration insoutenables sont inacceptables ‒ mais aussi si chaque discussion sur les causes est rejetée comme théorie de conspiration. Il faut répondre aux questions : Qu’en est-il au juste du laboratoire de recherche dans le lieu d’origine (présumé) de Wuhan ? Le Covid-19 a-t-il une origine artificielle ? Quelles sont les interactions avec les crises environnementales ? [A ce propos, nous avons publié un article sur cette question, pour apporter des éléments de réponse aux inquiétudes sur l’origine du virus. NdlR]

    • Le MLPD revendique : Arrêtez l’égoïsme national dans la recherche des causes, le diagnostic et le traitement ! Une discussion scientifique ouverte, mais compréhensible par tous !

    C’est là que toute la pourriture et l’incapacité du système impérialiste mondial deviennent claires. En réalité, les conditions matérielles pour la communication globale, la discussion scientifique, le diagnostic et la thérapie ainsi que le maintien décentralisé des processus économiques essentiels à l’aide de la numérisation sont meilleures que jamais dans l’histoire.

    Sous le capitalisme, elles sont minées par la recherche du profit, la concurrence et le chauvinisme. Dans le socialisme, qui peut être réalisé par une transformation révolutionnaire de la société, elles pourraient être utilisées pour des soins de santé mondiaux rapides et efficaces ! Le MLPD appelle :

    • Intéressez-vous de la recherche des causes, participez au débat de masse sur les alternatives sociales sous la devise « Accordons aucune chance à l’anticommunisme » !
    • Organisez-vous ! L’association non-liée à un parti dans l’intérêt des soins de santé et des conditions de travail et de vie de la masse de la population est à l’ordre du jour !

    Sources et liens :

    ¹ Modèle mathématique pour un processus de croissance dans lequel la taille de base change toujours du même facteur par pas de temps égaux

    ² Campact Info, 16/3/2020

    ³ Tagesschau, 12/3/2020

    ⁴ Analyse de l’institut scientifique de l’AOK (Wido), mars 2020

    ⁵ Welt am Sonntag, 15/3/2020

  • Soutenez le mouvement de masse contre les attaques fascistes anti-populaires en Inde.

    Soutenez le mouvement de masse contre les attaques fascistes anti-populaires en Inde.

    Résolution de l’ICOR sur l’Inde :

    Soutenez le mouvement de masse contre les attaques fascistes anti-populaires en Inde

    Soutenez le mouvement anti-CAA/NPR/NRC en cours en Inde Shaheen Baghs

    Le parti fasciste Bharatiya Janatha (BJP) dirigé par le président de l’Inde, Modi, le front politique du RSS fasciste (Rashtriya Swayamsevak Sangh ou « Force volontaire nationaliste ») ont accéléré leurs efforts pour saper les droits actuels de citoyenneté. Ces droits ont été fixés dans la loi sur la citoyenneté de 1955, qui garantit la citoyenneté à tous les résidents et résidentes ainsi que le droit du sol à celles et ceux qui sont nés dans le pays. Au nom de l’aide aux réfugiés du Pakistan, de l’Afghanistan et du Bangladesh, lesquels se sont réfugiés en raison de la discrimination religieuse, la “Loi d’amendement de la citoyenneté” (Citizenship amendement act) a été adoptée par le Parlement le 12 décembre 2019. Elle donne la citoyenneté à tous les réfugiés en provenance de ces pays qui sont entrés en Inde jusqu’en 2015, à l’exception des musulmans. Ceci constitue une violation des principes laïques de la Constitution indienne.

    Selon un amendement antérieur à la “loi de 1955 sur la citoyenneté”, adopté lors du précédent gouvernement BJP de 1999 à 2004, le gouvernement Modi a émis l’ordre de préparer un Registre national de la population (National Population Register). Celui-ci doit être mis en place entre le 1er avril au 30 septembre 2020, ainsi qu’un nouveau Registre national de la citoyenneté (National Register of Citizenship) sur la base de la Loi CAA. 

    Dans le cadre de l’enquête du NPR, tous les citoyens sont tenus de donner leurs coordonnées ainsi que celles de leurs parents, y compris les documents relatifs aux terres/maisons dont ils sont propriétaires. Ceux qui ne possèdent pas de tels papiers seront alors appelés « citoyens douteux » (DC – Doubtful Citizens). Non seulement la majorité des musulmans, mais aussi les scheduled castes (Dalits) et les scheduled tribes (Adivasis) ainsi que d’autres groupes défavorisés sont sans terre et sans logement, analphabètes. En outre, ils se déplacent fréquemment vers de nouveaux domaines de travail. Ils disposent généralement de très peu de documents. La plupart d’entre eux ne sont pas acceptés. Les passeports, les cartes d’électeur, etc. ont été jugés insuffisants pour fournir la preuve de citoyenneté. On estime que 200 millions de personnes pourraient devenir des « citoyens douteux » (DC) lorsque le NPR sera réalisé. Ils disposeront de trois mois pour prouver leur citoyenneté devant les tribunaux pour étrangers. En cela, presque tous échoueront, comme cela s’est produit récemment en Assam, où un NRC a été préparé.

    Ensuite, la CAA veillera à ce que les musulmans notés comme « citoyens douteux » (DC) perdent leur citoyenneté. Les autres, les hindous, les sikhs, les jaïns, les bouddhistes, les parsis et les chrétiens, peuvent obtenir la citoyenneté sur la base de la CAA. Mais ils ne peuvent l’obtenir si, et seulement si, ils prouvent qu’ils et elles ont émigré du Pakistan, de l’Afghanistan ou du Bangladesh en raison de persécutions religieuses. 99 % d’entre eux ne peuvent pas le prouver.

    Ainsi, dans cette première phase du nettoyage ethnique communautaire, près de 200 millions de personnes, dont la moitié des musulmans, deviendront apatrides. Ils seront jetés dans des camps de détention en cours de construction partout en Inde. Ceci est en accord avec le rêve du parti fasciste RSS de construire l’Inde comme un « Rashtra (nation) hindou ». Voilà la teneur du programme politique de Modi. 

    Conscients de ce danger, peu après la promulgation de la CAA, les étudiants et étudiantes se sont révoltés dans de nombreuses universités. L’Etat a tout fait pour donner une image religieuse à cette révolte. Ainsi, les étudiants des universités dirigées par des musulmans comme l’Université Jamia Millia islamia de Delhi et l’AMU à Aligarh, dans l’État fédéral d’Uttar Pradesh, ont été brutalement attaqués par les forces de police. Les forces de police sont noyautées par des agents endoctrinées par l’idéologie du RSS. 

    Bientôt, les étudiants et étudiantes de presque toutes les universités et autres institutions du pays entier se sont révoltés. Les Dalits et les Adivasis ont commencé à sortir dans la rue. Toutes les forces démocratiques laïques et de nombreux partis non-BJP les ont rejoint, élargissant le mouvement. 

    Les femmes de Shaheen Bagh, à Delhi, ont lancé un sit-in massif, pacifique et indéfini à partir du 17 décembre. Elles revendiquent, elles aussi, l’abolition du triptyque CAA/NPR/NRC. Ce sit-in est rapidement devenu un symbole de résistance, et des mouvements similaires ont éclos dans toutes l’Inde.

    Le mouvement populaire pacifique avait commencé à s’étendre. Il a fait perdre au BJP les élections aux assemblées des États du Jharkhand et de Delhi, dans lesquels Modi faisait campagne sur la base de la CAA et de majorités Hindutva. Des bandits du RSS, lourdement armés, appuyés sur des lumpen prolétaires, ont organisé un pogrom dans le nord-est de la capitale, Delhi. La police et l’administration sont restées des spectatrices muettes lorsque les musulmans et les musulmanes ont été attaqués. Les agresseurs et agresseuses ont torturé et tué beaucoup, ils ont attaqué les femmes, détruit des milliers de maisons et de magasins, brûlé ou pillé leurs biens, forçant des milliers de personnes à fuir vers des camps de secours.

    Même après une semaine, le gouvernement central, les gouvernements des États fédéraux et le pouvoir judiciaire et la police n’ont pas montré une préoccupation quelconque à les aider. Le gouvernement Modi tente de cibler les musulmans et de créer une atmosphère de terreur d’État et de peur pour réprimer la résistance du peuple et imposer les CAA/NPR/NRC à tout prix. Le CPI(ML) Red Star ainsi que de nombreuses autres forces activement impliquées dans le mouvement mobilisent les masses pour boycotter le NPR. Si le NPR n’est pas entravé, une tragédie humanitaire d’une ampleur colossale peut arriver sous le régime guidé par le RSS fasciste. 

    La diaspora indienne dans le monde entier s’est déjà prononcée contre ce nettoyage ethnique communautaire sous le prétexte des NPR/NRC. De nombreux gouvernements et des forces démocratiques dans le monde ont exprimé leur inquiétude. Le commissaire des Droits de l’homme des Nations unies tente d’intervenir dans l’audience de la Cour suprême sur cette question. Mais le gouvernement Modi tente avec arrogance de détourner l’attention de l’opinion publique internationale en prétendant qu’il s’agit d’une question interne à l’Inde !

    Dans cette grave situation, l’ICOR condamne fermement ce nettoyage ethnique communautaire à grande échelle par le gouvernement Modi. Nettoyage qui a conduit à ce que des dizaines de millions de personnes, des minorités religieuses, (principalement des musulmans et des musulmanes) ainsi que des personnes opprimées soient privées de leur citoyenneté.  Leur destin est d’être concentrés dans des camps de détention. L’ICOR soutient la résistance populaire actuelle contre cette situation et appelle toutes ses organisations membres à apporter leur soutien au peuple indien en ce moment critique.

    Plus que jamais l’appel commun de l’ILPS et de l’ICOR à construire un «Front uni international anti-fasciste et anti-impérialiste» s’avère une nécessité. Les forces communistes, anti-fascistes et démocratiques doivent faire face au développement à droite de nombreux gouvernements en cette période de crise profonde du monde capitaliste. 

    Prolétaires et peuples opprimés, unissons nous!

    Signataires (en date du 18/3/2020, d’autres signataires sont possibles):

    1. ORC   Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo
    2. MMLPL   Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    3. CPSA (ML)   Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    4. PPDS   Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    5. CPB   Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    6. CPI (ML) Red Star   Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    7. Ranjbaran   Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
    8. NCP (Mashal)   Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    9. БКП   Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    10. PR-ByH   Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine), Bosnie et Herzégovine
    11. MLPD   Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    12. UCLyon   Unité Communiste Lyon, France
    13. UPML   Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    14. BP (NK-T)   Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    15. KOL   Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    16. MIKSZ   Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise)
    17. RM   Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    18. MLGS   Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    19. KSC-CSSP   Komunisticka Strana Cheskoslovenska – Cheskoslovenska Strana Prace (Parti communiste de Tchécoslovaquie – Parti ouvrier tchécoslovaque), République tchèque
    20. MLKP   Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    21. KSRD   Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    22. MLP   Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie
    23. PCC-M   Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    24. NPCH (ML)   Nouveau Parti Communiste Haϊtien (Marxiste-Léniniste)
    25. PCP (independiente)   Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    26. PC (ML)   Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    27. PCR-U   Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
    28. CPA/ML   Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
  • La guerre virale et le grand confinement.

    La guerre virale et le grand confinement.

    La France entre désormais, conjointement avec d’autres États européens, dans un régime de confinement et de quarantaine. Demain, 17 mars, à 12h00, toutes les activités non vitales et les contacts sociaux seront stoppés pour une durée indéterminée.

    Père de la Nation, Macron a grondé ceux et celles qui ont bravé l’interdit du confinement. Il ne s’agit pas de soutenir ces actions, mais de les comprendre : la confiance dans la qualité du système de santé français et dans l’invulnérabilité de notre pays face aux phénomènes catastrophiques, ainsi que le sentiment que les épidémies sont d’un autre temps et d’autres lieux ont joué. De plus, les chiffres des dépistages paraissent si dérisoires qu’ils n’aident pas à prendre conscience de l’ampleur du problème. Les 5 500 cas ne sont que ceux qui sont certifiés, et il est impossible de savoir combien d’autres existent.

    Désormais, le monde extérieur apparaît bien lointain.

    Les élections, qui se sont tenues dans des conditions extrêmement précaires, sont désormais gelées. Il n’y aura pas de second tour dans l’immédiat.

    Les frontières entre l’UE et le reste du monde sont coupées pour 30 jours. Cette bunkérisation de l’Europe peut réjouir certainement l’extrême-droite, qui y voit une « protection ». En réalité, nous sommes la menace. Cette fermeture nous désole d’un point de vue symbolique, mais nous espérons surtout qu’elle puisse limiter le risque de propagation de la pandémie vers des pays au système de santé défaillant. Les 7 % de mortalité que connaît l’Italie seront une goutte d’eau comparé au risque d’une contamination de l’Afrique subsaharienne ou de l’Inde.

    Nous regardons le choix de l’Angleterre ou de certains États avec une stupeur mêlée d’effroi. Si la question de l’immunité est, à terme, la seule solution viable, son irruption soudaine et la saturation des systèmes de soins entraînera fatalement une surmortalité.

    Plusieurs mesures sont de l’ordre du bon sens, il faut le souligner. Les aides mises en place pour permettre aux soignants et aux soignantes de travailler le plus efficacement possible, le fait de leur permettre de se reposer à proximité, la réquisition des taxis… Ce système contribue à soulager leur tâche immense, dans lequel ils sont et elles sont héroïques. Nous appelons d’ailleurs à participer au dispositif enpremiereligne.fr pour aider les soignants et soignantes.

    Cela ne compense pas, cependant, des années d’oubli, de liquidation, de destruction du système de santé. Cependant, il faut reconnaître que l’État bourgeois joue le jeu. Cependant, il reste le problème immense des emplois vitaux pour le fonctionnement du pays ou des emplois manuels invisibles, qui ne peuvent être remplacés par le télétravail. Si certaines activités sont arrêtées, cette situation est loin d’être générale, et fait peser sur le prolétariat les plus grands risques.

    A ce titre, nous rentrons dans une économie de guerre. Cette économie de guerre a pour but de gagner contre le virus, mais de limiter également la casse au niveau de l’économie. Il faut reconnaître à la bourgeoisie qu’elle a l’intelligence de savoir quand faire des concessions et quand temporiser. Durant toute la période qui s’ouvre, l’État joue un rôle immense. Un comble pour un modèle soit-disant libéral.

    300 milliards d’Euros sont mis sur la table pour tenter de maintenir dans une parenthèse le pays. Des promesses mirobolantes ont été faites, reste à voir si elles se concrétiseront. Cela représente du jamais vu.

    Cependant, cette dette se paiera. Elle sera payée chèrement en sortie de crise. Il n’y a pas que la « guerre » qui compte, mais également la manière dont on sort de celle-ci. Et l’issue de cette lutte contre l’ennemi viral sera une autre épreuve de force : qui paiera l’addition ?

    Servira t-elle de prétexte à racler jusqu’à l’os les droits sociaux, les droits des travailleurs et des travailleuses ? Il faudra bien relancer l’économie, après tout. Macron l’a lui-même dit : il faut faire des sacrifices. Et certains plus que d’autres, beaucoup plus que d’autres.

    La bourgeoisie elle même sera t-elle obligée de faire des concessions durables ? Après la Première Guerre mondiale, la France était ruinée. Elle voulait faire payer ses dettes par l’Allemagne, en l’essorant à mort. Or, elle n’est pas parvenu à le faire, notamment devant la résistance ouvrière. La bourgeoisie a du alors accepter qu’un impôt sur le revenu progressif soit mis en place. Une autre raison était l’apparition de la SFIC, futur PC, qui jouait un rôle de premier plan dans les luttes ouvrières.

    Nous appelons à respecter les mesures de sécurité, a mettre tout en œuvre pour limiter les contaminations. Nous appelons à penser en priorité aux plus précaires et aux plus fragiles. Le confinement est une phase pénible dans une lutte que nous pouvons et devons gagner. Nous avons conscience que cette période de stress est propice a une explosion des violences conjugales ou au sein de la famille, ainsi qu’aux violences sexuelles. Nous rappelons que le confinement ne doit pas être un piège mortel, et que le coronavirus tue moins que les féminicides. Quand la situation se dégrade, les femmes subissent toujours davantage.

    Nous appelons à la solidarité et à l’effort commun. Nous appelons à dénoncer les fake news et les théories conspirationnistes.

    Nous appelons également à mettre à profit cette période pénible pour renforcer la connaissance et la maîtrise de la théorie révolutionnaire. Car une grande lutte se préparera à l’issue de cette crise : elle sera cruciale !

  • Pandémie & capitalisme : vigilance !

    Pandémie & capitalisme : vigilance !

    Coronavirus et besoin d’une réponse unifiée de la part des progressistes et des communistes.

    Ce communiqué est à la fois un communiqué UCL au sens strict, à la fois un communiqué destiné à signature au sein de l’ICOR. Il sera probablement republié sous une forme modifiée pour intégrer les signatures. Nous pensons qu’il est important que puisse se développer des habitudes de travail conjointe et unitaire, en particulier dans le cadre de pandémies comme celle ci. Les communistes ont un rôle à jouer de tout premier plan, ne serait-ce que de vigilance pour que les droits démocratiques et politiques ne soient pas impactés par cette crise.

    Depuis le début de l’année 2020, la pandémie de coronavirus-19 se répand progressivement dans le monde. Profitant des flux de la mondialisation, la maladie a fait irruption sur chaque continent. Aujourd’hui, si le plus gros de la crise semble être derrière la Chine et la République de Corée, l’Iran, l’Europe et les USA sont en première ligne. Demain ce seront les pays d’Asie du Sud-Est, l’Afrique et l’Amérique Latine qui seront concernés. Il s’agit d’un problème mondial, à laquelle la réponse ne peut être que mondiale.

    Par ailleurs les bourses mondiales se sont effondrées devant la menace d’une désorganisation de l’économie mondiale, laissant renaître le spectre d’une situation similaire à celle de 2008.

    Cette maladie présente un danger sérieux selon les estimations des chercheurs et des chercheuses. Une juste appréciation est cependant difficile à réaliser, entre sous-estimation et panique complète. Toujours est-il qu’elle crée un climat de méfiance générale dans les masses populaires et qu’elle facilite le travail des agents de la division, des agents réactionnaires.

    Nous dénonçons les théories conspirationnistes qui émergent systématiquement à chaque situation de tension. L’attitude des partis et groupes fascistes est également à souligner. Leurs thèses ne servent qu’à maintenir les exploités et exploitées dans l’impuissance devant les rouages du capitalisme et de l’impérialisme. Elles affaiblissent les solidarités, vitales en ces temps d’incertitude. Elles rejettent la faute sur les diasporas, en premier lieu la diaspora chinoise, entraînant un climat menaçant, de pogrom.

    Nous dénonçons également l’attitude des États, qui, profitant de la situation, poussent un agenda réactionnaire, des réformes scélérate, et préparent les masses populaires à une période de sacrifice au nom d’un hypocrite « intérêt général » : celui de la bourgeoisie.

    Plusieurs conclusions peuvent être tirées de la situation actuelle :

    • Le besoin vital d’un système de santé qui puisse être géré par les travailleurs et par les travailleuses, avec des cotisations correspondant réellement aux besoins de la population.
    • La nécessité d’infrastructures performantes, capables de pouvoir faire face à une pandémie d’importance mondiale.
    • Un changement dans le rapport à la nature : l’agroalimentaire capitaliste est un berceau de nouvelles pandémies.

    Ces deux points sont en contradiction complète avec l’esprit même du capitalisme, lequel recherche le profit maximal. Il ne peut donc tolérer de fait que des cotisations sociales lui échappent, tout comme le marché de la santé. Or, ni la recherche fondamentale, ni le maintien d’une capacité de réponse aux pandémies ne sont compatibles avec la rentabilité, et surtout la rentabilité maximale.

    L’autre aspect est celui de l’impact sur le système capitaliste mondial :

    • Le marché s’est stabilisé uniquement après des annonces de baisses des taux directeurs. Ce sont donc les États qui ont stoppé la chute verticale. Le marché ne s’est pas régulé de lui-même, contrairement aux chimères libérales.
    • Les promesses de ces mêmes États signifient, en dernière instance, qu’ils vont mettre à contribution l’argent public. Cet argent est celui des travailleurs et des travailleuses, puisque la bourgeoisie s’arranger pour tricher systématiquement dans le paiement de ses impôts.
    • La spéculation sur les produits de première nécessité (alimentation, médicaments, masques, gel hydro-alcoolique) n’a pu être limitée que par une intervention de l’État.

    Cela illustre la contradiction entre le dogme libéral, capitaliste, et la réalité concrète : le capitalisme ne permet absolument pas de répondre aux besoins de l’humanité. Il n’est qu’une machinerie cynique, conçue pour extorquer les richesses à ceux et celles qui les produisent. En cas de crise majeure, la bourgeoisie est tout à fait capable de faire appel au « communisme de guerre » pour assurer sa propre survie. Elle fait cependant payer l’addition aux exploités et aux exploitées.

    Nous opposons à cela une économie articulée et organisée pour répondre aux besoins, rationnelle, efficace, sans ce parasitisme constant qui l’entrave.

    La crise sanitaire peut déboucher sur des résultats imprévisibles. Les parts les plus réactionnaires des bourgeoisies en sortiront renforcées, sans vigilance et capacité de réponse populaire. Il s’agit d’une tâche fondamentale des organisations progressistes, antifascistes, syndicales et communistes : faire en sorte que cette situation ne soit pas le tremplin de la réaction. Défendons les hôpitaux, défendons les systèmes de santé par répartition, défendons le droit à la santé !

    Soyons vigilants et vigilantes envers les théories racistes et conspirationnistes. Soyons vigilants et vigilantes envers les coups de forces capitalistes et fascistes. Soyons vigilants et vigilantes envers le paiement de cette crise économique.

    Renforçons le front mondial contre la réaction et contre l’exploitation.

    Renforçons le travail entre les organisations politiques, syndicales, antifascistes…

    Renforçons les fronts au sein de nos États, de nos régions, de nos villes.

  • Communiqué ICOR – 8 mars

    Communiqué ICOR – 8 mars

    Appel de l’ICOR à la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes

    La Journée internationale de lutte pour les droits des femmes est une journée de lutte commune. Elle rassemble les mouvements combatifs et révolutionnaires internationaux des femmes et ouvrier et ouvrières ! L’appel des femmes socialistes, il y a 110 ans, à Copenhague, a réuni largement. Cet appel a unifié les ouvrières, les paysannes, la masse des femmes dans la lutte contre le bellicisme impérialiste, contre la faim et la misère. Il a été soutenu par les partis révolutionnaires du monde. L’ICOR (Coordination internationale de partis et organisations révolutionnaires) porte fièrement le drapeau de cet idéal communiste de liberté de la libération des femmes dans ses pays et ses partis sous la ligne directrice : « Celui qui opprime les autres ne peut pas être libre lui-même ! »

    Cette année, l’ICOR appelle :

    Le 8 mars toutes et tous dans la rue – dans l’esprit de Clara Zetkin et de toutes les pionnières !

    NOus, organisations de l’ICOR – cette année, le 8 mars, encourageons particulièrement les organisations de femmes du monde entier à rejoindre le Front uni anti-impérialiste et antifasciste. L’appel par l’ICOR et l’ILPS – et donc par environ 500 organisations du monde entier – a été lancé le 1er janvier 2020. 

    L’idée fondamentale du Front uni est la suivante:  

    Construisons le front uni anti-impérialiste international contre le pillage impérialiste, le terrorisme d’État, la fascisation, le fascisme, l’intervention militaire étrangère, la subversion et les guerres d’agression! Pour la libération nationale et sociale, la démocratie et le socialisme ! 

    En ce qui concerne les femmes du monde, l’appel souligne :

    Des milliards de femmes particulièrement opprimées doivent combiner leur lutte pour l’égalité des droits, contre l’empreinte patriarcale-féodale des sociétés, pour la libération des femmes avec la lutte anti-impérialiste et le mouvement ouvrier et révolutionnaire.

    Ce 8 mars, invitons les organisations des femmes à se déclarer et s’enregistrent en tant que participantes à ce mouvement mondial ! La coopération mondiale est nécessaire.

    Le mouvement des femmes fait face à des défis historiques !

    Dans le monde entier, la conscience des femmes s’est développée à un niveau supérieur au cours de l’année passée. Les femmes jouent un rôle renforcé et assuré dans le développement mondial des luttes de masse et des mouvements insurrectionnels. En Iran, en Irak, au Liban ou au Chili, elles sont dans la rue. Dans de nombreux pays d’Asie, du Moyen-Orient, d’Amérique et d’Asie, les femmes luttent contre l’oppression du fondamentalisme religieux.  En Amérique latine, des centaines de milliers de femmes du Chili, d’Argentine, du Mexique, de Colombie et d’autres pays ont participé à des manifestations de protestation contre la violence faite aux femmes et pour l’autodétermination de leur corps et de leur vie. 

    Avec le mouvement « Fridays for Future », un mouvement international de jeunes sous la devise « System change not climate change » a vu le jour et est fortement marqué par les jeunes femmes et les jeunes filles. Lors des soulèvements en Iran contre le régime des mollahs, les femmes se tiennent aux côtés des travailleurs, et ont développé des protestations indépendantes contre le voile. En Irak, les manifestations conjointes de femmes et d’hommes ont été interdites, mais ont été rapidement imposées : « Ne me touchez pas, ne me menacez pas ! »

    En Europe, les femmes et les jeunes filles s’engagent dans les Gilets Jaunes en France, dans les manifestations en Europe de l’Est, les femmes sont particulièrement actives dans le secteur des soins et de l’éducation. La grève des femmes a envoyé un signal fort avec un demi-million de femmes y participant en Suisse. 

    Les ouvrières du textile au Bangladesh sont un moteur des changements sociaux dans le pays avec leurs luttes et leur confiance en soi accrue en tant que femmes.Très courageuse et significative est la protestation des femmes de Delhi à Shaheen Bagh contre la nouvelle loi anti-musulmane sur la citoyenneté. Leur protestation a atteint des proportions historiques, elles bloquent une autoroute depuis deux mois et combinent leur lutte avec des revendications pour les droits des travailleurs et des travailleuses, la sécurité des femmes et les questions sociales.

    En Afrique, les femmes se trouvent en première ligne dans les luttes contre les gouvernements corrompus, pour les droits démocratiques et pour assurer la nourriture et les biens de première nécessité.

    Tout cela est aussi absolument nécessaire ! Parce que le renforcement mondial des partis ou des gouvernements fascisants, fascistes et racistes est toujours lié à une attaque frontale contre les droits des femmes. Avec le sexisme, la propagande misogyne ou le harcèlement anticommuniste, les femmes actives sont dénigrées, voire criminalisées.

    L’ICOR défend le fait que la véritable libération des femmes ne peut devenir réalité que dans une société socialiste!

    Vive la Journée internationale des femmes! Poursuivez la lutte pour la libération des femmes dans une société libérée!

    Signataires (en date du 5/3 2020, d’autres signataires sont possibles):

    1. CPK   Communist Party of Kenya (Parti communiste de Kenya)
    2. MMLPL   Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    3. CPSA (ML)   Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    4. PPDS   Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    5. CPB   Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    6. CPI (ML) Red Star   Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    7. Ranjbaran   Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
    8. NCP (Mashal)   Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    9. БКП   Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    10. PR-ByH   Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine), Bosnie et Herzégovine
    11. MLPD   Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    12. UCLyon   Unité Communiste Lyon, France
    13. UPML   Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    14. BP (NK-T)   Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    15. KOL   Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    16. MIKSZ   Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise)
    17. RM   Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    18. MLGS   Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    19. TIKB   Türkiye İhtilalci Komünistler Birliği (Union de communistes révolutionnaires de Turquie)
    20. MLKP   Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    21. KSRD   Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    22. PCC-M   Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    23. PCP (independiente)   Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    24. BDP   Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
    25. PC (ML)   Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    26. PCR-U   Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
    27. CPA/ML   Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
  • Communiqué UCL sur le 8 mars, jour de lutte.

    Communiqué UCL sur le 8 mars, jour de lutte.

    Ce 8 mars est pour nous l’occasion de rappeler que la lutte de libération des femmes n’est pas séparable de la lutte de libération des travailleurs et travailleuses. Elles sont imbriquées et inéluctablement liées dans leur objectif commun d’émancipation. Ainsi il est du devoir de tout·e communiste de prendre part à l’entreprise de déracinement du patriarcat hors des consciences et des pratiques, en vue de son abolition définitive. L’unité de la lutte féministe et prolétarienne est historique. Nécessaire à tout projet d’achèvement du socialisme. L’oublier, c’est oublier l’histoire de notre mouvement, négliger ce que nous devons hier et toujours aujourd’hui aux femmes révoltés contre leurs conditions, et finalement abandonner les tenants de notre but, le communisme.

    C’est aussi l’occasion de nous rappeler qu’en tant qu’organisation très majoritairement masculine, il faut connaître notre rôle. Nous devons faire reculer avec le plus d’énergie possible les forces réactionnaires partout où elles se présentent, sans usurper ce combat.

    Ces dernières années, les mouvements de libération de la parole que sont #MeToo ou en France, #Balancetonporc ont durablement marqué les esprits. Son bilan provisoire c’est la fin du silence, la fin de l’indifférence et du tabou sur les crimes ordinaires du patriarcat. Le début de la réappropriation de la rue et des médias, avec récemment, la campagne nationale de « Collages féministes » qui imprime sur les murs les horreurs perpétrées par la domination masculine. Imposant aux yeux de tous cette image : notre société a le sang des femmes sur les mains. Les affiches marquent au fer rouge les consciences en dénonçant la honte que porte le monde patriarcal.

    Ce mouvement est le préambule d’un nouveau chapitre de la grande histoire du féminisme, il sera écrit par celles qui continuent et continueront de refuser le présent et l’avenir auquel le patriarcat et l’ordre capitaliste les condamne. Nous avons pu voir, lors de la dernière cérémonie des Césars, une page de plus s’écrire avec le départ de Adèle Haenel au cri de « La Honte ». Cette honte d’une impunité de plus, qui se complaît dans sa bienséance bourgeoise et étouffe les pires indécences. Nous ne pouvons pas non plus occulter le rôle de ces faux-amis et fausses-amies, qui se servent de la juste lutte émancipatrice comme d’une arme : instrumentalisant la lutte des femmes voilées pour attiser les haines et le racisme.

    Le capital peut s’accommoder de quelques progrès marginaux, mais il lui est insupportable de tolérer que les femmes ne restent plus à leurs « justes places », tant il a besoin de leur travail gratuit et de leur main-d’œuvre exploitable à bas coûts. Abolir la domination masculine, c’est attaquer tout l’ordre social capitaliste. C’est fissurer toutes les dominations. C’est reconnaître le droit à l’émancipation de tous et toutes comme raison légitime et suffisante pour remettre en cause le statu quo. Elles nous font la démonstration que nous avons tous et toute raison de nous révolter contre ce monde, et ce partout où c’est nécessaire, jusqu’à notre victoire.

    Comment imaginer un capitalisme où les femmes ne seraient pas les esclaves de la marchandisation implacable de leur image, de leur corps, de leur intimité ? Il n’y a pas de capitalisme qui puisse s’accommoder du féminisme comme il n’y a pas de féminisme qui puisse tolérer le capitalisme. Il est naturel à ce système de vendre une moitié de la population à l’autre : la souffrance des femmes est pour lui une marge d’ajustement marchande. Ce mouvement de libération n’est pas une vue de l’esprit, c’est un combat matériel contre toutes les normes sociales dans lesquelles nous évoluons. Utopiste, celui qui s’imaginera renverser la plus veille structure de domination de l’histoire sans faire quelques vagues. Et si ces vagues doivent nous incommoder, ou pire, nous déranger dans nos positions d’hommes et nous remettre en cause au sein de nos combats, nous ne devrons y constater que l’étendue de notre propre échec. Et être d’assez bons camarades pour soutenir celles qui mènent la lutte chaque instant de leur vie.

    Aujourd’hui la domination des hommes se combat en Inde et aux Philippines au bout du fusil et dans la rue au sein même des luttes contre le fascisme et pour la libération des travailleurs et travailleuses. Alors qu’aux États-Unis, au Brésil, au Chili, en Bolivie, en Équateur, etc, la réaction progresse, les femmes sont encore une fois les plus menacées. Mais ce sont aussi elles qui les premières se dressent contre l’oppression, comme c’était elles qui les premières marchaient sur la perspective Nevski en février 1917. Nous avons pu le constater en France où les femmes étaient à l’avant-garde du mouvement des Gilets jaunes en 2018-2019, tant sur le plan des revendications, de l’organisation que de la répression. Hier comme aujourd’hui, n’oublions pas qui se met en danger contre la loi de tous les dominants. Le féminisme est un mouvement vivant, un souffle vital qui ne doit pas reculer et ne reculera pas devant la nécrose réactionnaire qui gagne le capitalisme agonisant, laissant germer le fascisme en semant la misère. Ce seront les femmes qui seront encore une fois, les premières des premiers touchés par la dégénérescence du capitalisme globale, mobilisant tout son pouvoir face à sa propre gangrène.

    Si les femmes sont à l’avant-garde de la lutte, c’est parce qu’elles sont les premières victimes de l’état actuel de la société, des deux glaives du capital et du patriarcat, les avatars interdépendants d’un unique système d’une domination synergique. Très concrètement, cela signifie en France, précarité et insécurité dans tous les domaines, exploitation et aliénation sur le lieu de travail et au foyer, violences quotidiennes, meurtres silencieux, viols impunis. Voici la bête à abattre, voila comment elle se caractérise au cœur même d’un pays impérialiste. Le double système du capital et de la domination masculine n’épargne les travailleuses d’aucun pays, pas même celles des pays dominants du bloc impérialiste.

    Les femmes seront toujours les premières à refuser d’être écrasées par un quelconque ordre social : Drapées du blanc de Ala’a Salah guidant le renversement d’un régime ; du noir des émeutières de Mexico répondant au viol et au meurtre d’une de plus, d’une de trop ; des couleurs des YPJ, frappant l’état islamique au cœur et résistant héroïquement contre le fascisme turc ; ou du rouge du prolétariat triomphant.

    Le drapeau rouge, l’étendard d’un autre futur, du socialisme, qu’il faudra savoir porter haut et planter sur le cadavre de la bourgeoisie vaincu, est vif du sang des millions de femmes qui se sont révoltées, qui furent blessées, qui furent tuées, par le patriarcat durant toute son histoire. Souvenons-nous-en lorsque nous le dressons contre nos ennemis, et ce faisant n’oublions pas que les morts, les violences, l’esclavage persiste en ce moment même, soyons dignes des exigences de ce combat, soyons communistes, et déclarons :

    Vive le mouvement international de libération des femmes, vive le féminisme prolétarien et révolutionnaire !

  • Tract UCL  – Extrême-droite, le couteau de la bourgeoisie.

    Tract UCL – Extrême-droite, le couteau de la bourgeoisie.

    Les formes diverses de l’extrême droite ont le vent en poupe. Elles profitent de la crise pour se développer. Dans notre région, l’extrême-droite s’est fortement implantée. Il est de notoriété publique que les fascistes ont pignon sur rue, possèdent des locaux, des réseaux, et surtout de solides lignes de crédit.

    Cela ne signifie pas que la partie soit gagnée pour eux.

    Partout où ils se sont installés, ils sont haïs par les habitants. Leur intolérance, leur brutalité, les maintiennent dans un état de corps étranger. La greffe ne prend pas.

    Cependant, elle se renforce et devient plus menaçante chaque jour. Dans certains pays, elle se renforce, dans d’autres, elle est aux portes du pouvoir. Aux USA, en Inde, au Myanmar, en Russie, en Pologne, en Ukraine, en Hongrie ou en Italie, elle tient déjà les rênes du pouvoir.

    Ailleurs, l’extrême-droite tue.

    Elle a fait d’ailleurs du terrorisme son arme de prédilection. En Norvège, en Nouvelle-Zélande, en Syrie, en Irak, en Afghanistan, elle commet ses crimes.

    En Allemagne, elle s’est faite l’agente des services secrets Allemands et Turcs.

    Pourquoi ont-ils un tel succès ?

    Les fascistes jouent sur des angoisses réellement existantes dans la société.

    Des angoisses d’isolement, de déclassement, d’un avenir sombre, de dépossession du pouvoir politique au profit de la bourgeoisie. Ils surfent sur la violence sociale, sur la violence économique, sur la violence politique causée par l’exploitation.

    Ils s’appuient sur la destruction des repères traditionnels (et très souvent rétrogrades), tels que la famille, la communauté, la religion.

    En somme, ils utilisent le fait que les individus soient davantage seuls pour instiller leur poison. Les fascistes désignent des cibles comme les responsables de ces maux : le féminisme, la libération sexuelle, les mouvements LGBTI, les migrations… pour faire diversion. Pour ne pas fournir d’explication sur les raisons de ces maux, ces mouvements s’appuient sur les thèses conspirationnistes : ils brouillent les esprits.

    Leur réponse à ces maux est dans le retour à un passé glorieux qui n’a jamais existé :

    Un âge d’or fantasmé, fictif, dans lequel la « nation » vivait en harmonie. Derrière cela, il y a des fantasmes sur le régime de Vichy, sur le Travail-Famille-Patrie, mais aussi sur l’Ancien Régime et sa société « harmonieuse » d’Ordres.

    De faux amis du peuple, de vrais agents de l’exploitation.

    En fait de nationalistes, ce sont des esclavagistes. Au nom de la grandeur de la « nation », ils livrent les travailleurs et les travailleuses à leurs premiers bourreaux, leurs premiers exploiteurs : le patronat et la bourgeoisie de France.

    C’est elle qui impose le 49,3 pour ses lois, qui impose la destruction des droits sociaux, qui impose un carcan antidémocratique. Ce n’est ni Berlin, ni Washington, ni Bruxelles : c’est Paris, c’est Neuilly-sur-Seine, c’est la Défense.

    Ces ennemis-là, les fascistes ne les ciblent jamais ! Au contraire, ils les défendent : ils exécutent leurs ordres. Leurs origines sociales parlent pour eux : combien de noms à particule, combien de grands bourgeois ? Quand ils osent se dire anticapitalistes, c’est pour proposer une société pire encore : une société de corporation, de soumission, d’écrasement.

    Les fascismes prennent différentes formes. Mais rien ne sépare Daesh des suprémacistes blancs. Ce sont les deux faces d’une même pièce. Les uns et les autres entretiennent des liens, des échanges, se renforcent mutuellement. Ils organisent la défiance générale et la fragmentation des exploités, leur dispersion, leur impuissance.

    Au profit de qui ? Des bourgeoises et des bourgeois.

    La bourgeoisie se sert de ces fanatiques comme d’une arme ultime contre les mouvements sociaux, contre les mouvements révolutionnaires et progressistes. Dans l’histoire, les fascistes ont toujours servi à liquider les mouvements ouvriers, à écraser les menaces communistes. Chaque fois qu’ils ont eu le pouvoir, ils ont détruit le niveau de vie des travailleurs et des travailleuses. Ils ont engraissé les bourgeois et les bourgeoises.

    Nous, communistes, ne voulons pas de cet avenir cauchemardesque. Au lieu du retour au passé, à un monde d’apartheid, à un monde de domination patriarcale, nous voulons aller vers l’avenir.

    La violence et l’insécurité trouvent leurs racines dans l’exploitation économique. C’est en annihilant celle-ci qu’il est possible de mettre fin à la peur. C’est en créant une société riche, riche d’interactions sociales, riche d’entraide, riche d’avoir mis fin au parasitisme bourgeois, qu’il est possible d’éteindre les maux. La censure anticommuniste exercée par la bourgeoisie contribue à éteindre l’espoir parmi ceux et celles qui sont exploités et exploitées. Ce n’est pas un hasard. La bourgeoisie redoute que son ordre injuste soit dévoilé. En revanche, elle n’a aucune peur devant les laquais fascistes.

    Chassons les fascistes.

    Chassons leurs maîtres : les exploiteurs et les exploiteuses !