Catégorie : Communiqués

  • Solidarité avec les prisonniers politiques de Munich (ATİK)

    Solidarité avec les prisonniers politiques de Munich (ATİK)

    Le procès des 10 révolutionnaires accusé-e-s d’être les membres du comité international du TKP/ML va enfin se terminer dans quelques semaines. Sur dix révolutionnaires, hommes et femmes, qui ont été emprisonné-e-s par le passé, seul Müslüm Elma est toujours détenu à la prison de Stadelheim. Cette affaire judiciaire est le plus grave procès politique des 10 dernières années en Allemagne. À juste titre, le TKP/ML n’est pas interdit, ni en Allemagne, ni dans d’autres pays européens, et ne figure sur aucune des listes terroristes nationales ou internationales. Ni Müslüm Elma ni aucun-e des neuf autres communistes ne sont accusé-e-s d’actes de violences ou d’autres délits punissables – à l’exception de l’appartenance à cette organisation.

    A première vue, il s’agit simplement d’un geste de courtoisie du gouvernement fédéral envers le régime fasciste d’Erdogan. Sans « mandat de persécution » du ministère fédéral Judiciaire, les communistes n’auraient jamais été arrêtés ni emmenés en justice. Le procès est rempli de scandales. Une partie importante des « preuves » ont été fournies par les services secrets turcs. Le tribunal de Munich ignore délibérément le fait que celles-ci ne peuvent être obtenues autrement que par des manœuvres d’espionnage illégal.

    Müslüm Elma est passible d’une peine de prison de six ans et neuf mois en tant que présumé «meneur». En raison de son appartenance présumée au Comité International du TKP/ML, Haydar Bern, Musa Demir, Sami Solmaz, le Dr Sinan Aydin et le Dr Banu Büyükavci sont censés être condamnés à quatre ans de prison, Erhan Aktürk et Seyit Ali Ugur quatre ans et neuf mois, Deniz Pektas cinq ans, et Mehmet Yesilcali trois ans et six mois. Même le représentant du GBA (Procureur général) a dû admettre dans son discours de clôture que plusieurs allégations de l’accusation ne pouvaient pas être confirmées et a demandées que Müslüm Elma soit remis en liberté après cinq ans et trois mois d’emprisonnement.

    Ce procès est explicitement une procédure anticommuniste, qui, sur la base de la décision d’interdire le KPD par la Cour constitutionnelle fédérale en 1956, vise à criminaliser l’activité révolutionnaire. Dans un arrêt, d’autres possibilités seront créées pour injustement accuser les antifascistes, les gauchistes et les révolutionnaires, les emprisonner et les extrader (s’ils ne sont pas des citoyens allemands).

    Nous sommes scandalisé-e-s par le système judiciaire allemand, qui contribue à nouveau à faire taire l’opposition turque en Europe. Par conséquent, le 16 juin 2020, à l’occasion du quatrième anniversaire du « procès communiste », nous vous invitions à venir protester contre cette attitude intolérable de l’état allemand.

    ATİK- La Confédération des Travailleurs de Turquie en Europe

  • Déclaration ICOR sur le meurtre raciste de George Floyd.

    Déclaration ICOR sur le meurtre raciste de George Floyd.

    En avant vers la rébellion mondiale contre le racisme et l’anticommunisme de l’impérialisme ! 

    Depuis le meurtre de l’Afro-Américain George Floyd le 25 mai dernier dans la ville de Minneapolis, les émeutes de masse aux États-Unis se sont étendues et intensifiées. Dans tout le pays, ce sont surtout les jeunes qui se soulèvent contre la violence policière et le racisme et réclament justice. Aujourd’hui ce mouvement est devenu international avec des millions de participants. Les policiers responsables du meurtre doivent tous être inculpés et condamnés ! Partout dans le monde, le meurtre de George Floyd est devenu un symbole de l’oppression raciste, et les gens descendent dans la rue pour protester – tout comme contre la droitisation des gouvernements impérialistes – jeunes et vieux, personnes de différentes couleurs de peau ensemble. Le racisme a une longue histoire aux États-Unis.

    Les luttes souvent acharnées contre le racisme ont coûté la vie à de nombreuses personnes. Le racisme a toujours été utilisé comme une méthode de division contre le développement de la solidarité de classe. Depuis des années déjà la résistance des Afro-Américains comprend aussi la lutte contre la violence policière. Mais les troubles de masse actuels ne se limitent pas à cela. Aux États-Unis, la crise économique et financière mondiale entraîne une augmentation par bonds du chômage, qui atteint 40 millions de personnes, ainsi que de la pauvreté et de la misère, avant tout parmi les minorités particulièrement exploitées et opprimées.

    De nombreuses personnes ne peuvent plus payer leur loyer et perdent même leur assurance maladie en plein milieu de la pandémie. La crise du coronavirus a déjà coûté la vie à plus de 100 000 personnes. L’interpénétration de la crise économique et financière mondiale, et de la crise du coronavirus, de la crise environnementale et de la rechute économique de l’impérialisme US-américain a développé une force et une profondeur énormes et est liée à une crise politique ouverte et à une aggravation de la polarisation sociale. 

    La population noire et latino-américaine est particulièrement touchée par ces évolutions. Une grande partie des ouvriers particulièrement exploités et opprimés aux États-Unis sont noirs ! Ce sont surtout les jeunes qui voient leur avenir menacé et qui se soulèvent contre les effets de ce système social impérialiste ! Les manifestants se heurtent à une violence policière brutale. Les gens en tirent leurs conclusions.

    L’indignation, l’amertume et la colère se déchaînent – mais surtout la détermination à ne plus jamais accepter le racisme comme une normalité et le désir d’alternatives sociales. La classe dirigeante déploie une campagne de propagande pour intimider et diviser. D’une manière ouvertement anticommuniste, Trump affirme effrontément que les manifestants sont « des radicaux de gauche, des anarchistes et des antifascistes » et les déclare « terroristes ».

    Avec la mobilisation de la Garde nationale sur par divers gouverneurs américains sur ordre de Trump et sa demande d’utilisation de l’armée américaine pour réprimer les protestations, on pratique des méthodes ouvertement fascistes. Trump montre qu’il est prêt à tout. Aux États-Unis et dans le monde entier, les gens rejettent la brutalité policière et la répression croissante et remettent donc de plus en plus en question les conditions sociales qui prévalent. Les protestations de masse quotidiennes dans tout le pays ont obtenu e.a. que Trump a retiré la Garde nationale de Washington. Partout, ce sont aussi des policiers qui se mettent consciemment du côté des manifestants.

    Toute la tendance du capitalisme à produire des crises et la déstabilisation progressive du système impérialiste mondial s’expriment comme à travers une loupe. C’est un défi pour les ouvriers et les masses aux États-Unis. La solidarité inébranlable des révolutionnaires et des masses du monde leur appartient ! Le soulèvement aux États-Unis, en lien avec les luttes menées dans le monde entier, a le potentiel d’un mouvement révolutionnaire qui changera la société. Le renforcement des forces révolutionnaires est particulièrement important ! L’ICOR fera tout tout son possible pour enraciner le véritable socialisme comme alternative au système impérialiste pourri. 

    Organisons la solidarité avec les masses en lutte ! 

    Vive la solidarité internationale ! Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! 

    Prolétaires de tous les pays et peuples opprimés, unissez-vous ! 

    Signataires (en date du 09.06 2020, d’autres signataires sont possibles): 

    1. ORC Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo 

    2. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie, Cameroun 

    3. CPK Communist Party of Kenya (Parti communiste de Kenya) 

    4. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine) 

    5. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes)) 

    6. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie

    7. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh) 

    8. PCC CPI (ML) Provisional Central Committee Communist Party of India (Mar- xist-Leninist) (Comité central provisoire du Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste)) 9. Ranjbaran Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran) 

    10.БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare) 

    11. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine), Bosnie et Herzégovine 

    12.MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne) 

    13.UCLyon Unité Communiste Lyon, France 

    14.UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France 

    15.BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie)) 

    16.KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg) 

    17.MIKSZ Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise) 

    18.RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas 

    19.MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse) 

    20.MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan) 

    21.KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine 

    22.БРП(к) Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes)) 

    23.PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste) 

    24.NPCH (ML) Nouveau Parti Communiste Haϊtien (Marxiste-Léniniste) 

    25.PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant)) 

    26.PPP Partido Proletario del Perú (Parti prolétarien du Pérou) 

    27.PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine 

    28.PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay) 

    29.CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste)) 

  • L’Unité Communiste de Lyon devient l’Unité Communiste.

    L’Unité Communiste de Lyon devient l’Unité Communiste.

    À la suite de notre second congrès, lequel s’est tenu durant la période de confinement, nous avons pris la décision de changer de nom.

    Nous considérons que le dans lequel celle-ci a été crée restreint aujourd’hui les possibilités de développement et ne correspond plus à la réalité. Elle s’étend désormais sur un espace géographique qui n’est plus limité uniquement à la ville de Lyon et à ses environs immédiats.

    Notre organisation vient de franchir une étape importante. Nous considérons désormais que notre champ d’action et de recrutement s’élargit progressivement à l’ensemble du territoire de France.

    Cette évolution couronne un travail de longue haleine, entamé en 2016. Un travail à la fois théorique, idéologique mais aussi pratique et organisationnel. Aujourd’hui, notre délimitation géographique n’est plus valable. Elle nous entrave. Nous la supprimons donc.

    Cette suppression, en revanche, ne remet pas en cause les fondements de notre organisation ni les objectifs que nous avons choisis au cours de notre premier congrès.

    Nous considérons que l’objectif stratégique de notre organisation est de diffuser l’idéologie communiste, mais également de travailler à la construction d’un parti révolutionnaire. C’est l’alpha et l’oméga de notre groupe.

    Nous rencontrons bien souvent des conceptions bornées, étroites, étriquées du processus qui permette la naissance de cette organisation supérieure. Bien souvent, l’idée qui prédomine est celle d’une montée qualitative réalisée autour d’un petit noyau. Si la question de la qualité est évidemment importante, elle ne peut naître sans une quantité suffisante, sans une masse critique. De même que ni cette qualité ni cette quantité ne peuvent apparaître sans une pratique.

    Nous pensons qu’il existe un travail d’élaboration en commun, de décantation de l’ensemble des expériences du mouvement ouvrier, du mouvement révolutionnaire et des états socialistes. C’est cette décantation, scientifique, qui peut donner naissance à la synthèse dont nous avons besoin. Partant de ce constant, nous nous sommes inclus dans un travail commun avec l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, l’ICOR et le Front Uni International, animé par l’ICOR et l’ILPS.

    Notre participation à ces échanges, ces inclusions et ces dialogues ne signifient ni un alignement ni un formatage sur la posture d’un groupe ou d’un autre. Au contraire. Cela se traduit par une expérience commune de débat et d’élaboration. Nous considérons que ce travail nous à également mis devant nos responsabilités. Face à face avec ceux et celles qui subissent l’impérialisme français de plein fouet, nous devons nous expliquer de notre faible capacité à agir et à lutter.

    Plusieurs tentatives ont été faites pour ouvrir ce dialogue à tous les groupes qui partagent la volonté de lutter contre le système capitaliste et de construire ce parti. Elles n’ont rencontré, le plus souvent, que le silence. C’est regrettable mais compréhensible. Nous ne blâmons personne. Beaucoup ont réalisé un travail de longue durée, avec acharnement, dans le but d’apporter leur contribution à la régénération idéologique. Ils ont peur qu’ils soient dilué dans un débat avec d’autres, qu’il soit remisé, oublié.

    Nous comprenons cela. Mais nous voyons aussi l’impératif d’avancer. Nous ne voulons pas rester dans l’attente messianique d’un changement. Nous voulons le provoquer. Notre organisation est là pour prendre des risques dans la construction de quelque chose de plus grand. Sans quoi elle ne sert à rien.

    En dehors de ces questions organisationnelles, nous réalisons un travail pratique. Nous voulons l’accroître et l’améliorer, en le sortant des carcans géographiques dans lesquelles il était prisonnier. Sans pratique de terrain, il n’est pas possible d’avancer idéologiquement. Nous considérons que notre travail dans les luttes sociales et dans le mouvement des Gilets Jaunes ont contribué à nous transformer. Cette expérience nous pousse à vouloir affirmer plus que jamais notre objectif : construire une démocratie populaire, une démocratie pour celles et ceux qui produisent les richesses, contre ceux et celles qui les exploitent.

    Cela demande de sortie de la nasse idéologique. Une nasse construite sous le poids de l’anticommunisme, d’un rejet des expériences précédentes, d’une critique liquidatrice. Mais également construite par une mentalité défaitiste et pessimiste, laquelle refuse de prendre en considération les moyens nécessaires pour réaliser nos objectifs.

    Nous voulons porter un projet positif et émancipateur. Il ne suffit pas de regarder vers le passé. Il ne suffit pas de vouloir s’arc-bouter pour ralentir l’effondrement. Nous voulons redonner un sens à l’avenir. Redonner un but qui ne soit pas juste la survie, mais bien la vie elle-même.

    Nous appelons donc toutes les forces organisées et non organisées qui partagent les mêmes conclusions et les mêmes buts que les nôtres à collaborer avec nous ou à nous rejoindre.

    Adhérer à l’Unité Communiste est un engagement exigeant. Un engagement de lutte. Un engagement d’élaboration commun d’un programme. Un engagement pour transformer la société. Un engagement pour en faire naître une nouvelle !

    Former Unifier Lutter – Combattre et gagner !

  • USA – France : destins croisés.

    USA – France : destins croisés.

    Face aux violences policières et des crimes racistes, les USA s’embrasent.

    A la suite du meurtre en direct de Georges Floyd, asphyxié par un policier, d’immenses manifestations ont lieu. Accusé d’avoir utilisé un billet de 20$ contrefait, il a été maintenu, écrasé au sol, un genou sur le cou, jusqu’à sa mort. Ses supplications, enregistrées par les passants impuissants, illustre l’atrocité de la brutalité policière.

    Ces manifestations ont embrasé le pays. Face aux provocations et à la répression, elles se muent en émeutes, prenant parfois l’apparence d’insurrections. Une lame de fond secoue la société américaine. Elle est révélatrice de pratiques qui ne sont plus acceptées, notamment une police surarmée, entraînée à tuer, nourrie au racisme et à la haine fanatique du noir, de l’hispanique, de la classe dangereuse.

    Ces derniers jours, elles se sont encore accrues. La Maison Blanche a été ciblée, obligeant Donald Trump à descendre se réfugier dans un bunker. De nombreux journalistes ont été arrêtés, tandis qu’une équipe de TF1 a essuyé des tirs. Des images laissent penser que, à certains endroits, l’armée à ouvert le feu sur les manifestants. En une semaine, 13 morts et 5 000 arrestations ont eu lieu.

    Selon Le Parisien du 2 juin :

    « Sur un ton martial, Donald Trump a apporté sa réponse ce lundi soir, avec le bruit des hélicoptères en fond sonore. Le président des Etats-Unis a décidé d’invoquer L’Insurrection Act de 1807. Ce texte permet de recourir à l’armée sur le territoire américain afin de mettre un terme aux troubles civils. Promettant « la loi et l’ordre », Donald Trump a ainsi appelé la garde nationale à « dominer les rues ». Il a mis la pression sur les gouverneurs, affirmant que si ces derniers ne parvenaient pas à rétablir l’ordre par les moyens mis à leur disposition, alors l’armée sera déployée. »

    Une répression terrible se prépare. Elle s’inclut plus largement dans une dégradation accélérée de la situation économique des USA. L’économie a été durement impactée par la crise sanitaire, tandis que le chômage a explosé. Les Stimulus Check de 1200$, censés relancer l’économie, ont été absorbés par les règlements de dettes ou la consommation de première nécessité. Les perspectives sont sombres. Et l’issue est incertaine.

    Les réactions face aux violences policières ont, dans l’ensemble, été unanimes. Elles sont largement condamnées comme illustratives d’une société malade, marquée par les séquelles de la Guerre de Sécession, par l’empreinte de la ségrégation, par les inégalités criantes… Ce sont des faits avérés. Mais le fait de voir qui les profèrent démasque l’hypocrisie.

    Ceux qui, en France, condamnent avec véhémence l’attitude de la police américaine, au nom des « droits de l’homme » tiennent le raisonnement inverse quand les choses se déroulent dans l’hexagone. Les droits de l’homme, sont comme l’internationalisme pendant la Première Guerre mondiale. Les autres doivent respecter à la lettre ce principe. Tandis que « nous », nous trouvons toujours des raisons de mener une realpolitik qui nous en exonère.

    Reconnaissons aux fascistes la médaille de la cohérence : ils applaudissent toujours, systématiquement, la violence policière. A leurs yeux, elle est la solution à tous les maux. Ils « oublient » simplement de le faire quand ils tentent de noyauter les Gilets Jaunes, ou quand eux-mêmes en sont directement victime.

    On oublie trop souvent qu’en France, la police mutile et tue aussi.

    Il faut oser dire quelque chose qui paraît iconoclaste.

    Non, la police ne fait pas « mal son travail ».

    Au contraire, elle le fait très bien. Et c’est là le problème. Les policiers et les policières ne sont pas des prolétaires sous l’uniforme. Dès son origine, la police a été conçue pour une mission principale : assurer l’ordre et l’exploitation optimale des travailleurs et des travailleuses. Elle n’est pas au service de la justice métaphysique, flottant dans le ciel, mais elle est un rouage d’une machinerie froide : celle de l’État bourgeois. Ce n’est pas une émanation du peuple, mais bien un corps étranger, isolé, arraché à sa classe, dressé à mordre, à traquer, à réprimer.

    À ce titre, elle sélectionne et aiguille, en interne, les éléments les plus brutaux vers les secteurs les plus au contact. Pour ce qui est d’autres catégories, dont les CRS, à l’origine conçus pour casser les grèves, l’encasernement permet d’isoler et de modeler, parfois avec un dressage à la prussienne. Le processus de formatage est performant et il explique beaucoup de chose. Pour ceux et celles qui font du maintien de l’ordre, tout passant est potentiellement un ennemi et tout policier se sent ciblé. Ce caractère socialement étranger explique l’absence de vergogne et la brutalité sans scrupules.

    Dans le fond, il est possible de trouver des « gens bien » et des policiers et policières qui sont persuadés de poursuivre un idéal de justice. Cependant ils et elles sont écrasés par le cadre normatif de l’institution. Ils sont tenus à protéger leurs collègues les plus réactionnaires par le poids du corporatisme et la défense de l’uniforme. Ceux et celles qui tentent de « sauver l’institution » sont marginalisés, placardisés, isolés de leurs collègues. Leurs issues sont soit de quitter la profession, soit d’accepter la situation, soit de se lancer dans une lutte donquichottesque, laquelle ne mène qu’à les user et à les pousser au suicide.

    Les manifestations pour les victimes de celle-ci, notamment le collectif pour Adama Traoré, mobilisent largement. Pourtant, dans la très large majorité des discours politiques et médiatiques, un négationnisme du crime policier est hégémonique. Même une personnalité objectivement de gauche, comme François Ruffin, participe à cela. Il pouvait déclarer à propos de l’affaire Benalla que celui-ci s’est démarqué, par son comportement, des policiers. Ces derniers ne se seraient « jamais comportés ainsi ».

    Ainsi, Castaner, qui est issu du PS, s’est montré plus droitier, beaucoup plus droitier que Jacques Chirac. En reconnaissant la responsabilité de l’État et de la Police dans les crimes Vichystes, Chirac mettait fin à une séparation mentale entre le monde du pétainisme et celui d’aujourd’hui. Cela était rendu possible par le fait que les enjeux étaient limités. Le capitalisme était triomphant, ivre de sa victoire sur son adversaire idéologique. Reconnaître cette continuité était une concession sans grandes conséquences.

    Aujourd’hui les temps ont changé. Quelles que soient les conceptions idéologiques, il existe un accord de fond sur un sujet : demain sera pire que hier. Ce climat économique, sanitaire, et politique explique la réaction de Castaner. Pour un peu, elle serait la même que celle des anti-dreyfusards traumatisés par 1870. Comme le régime tient presque intégralement sur la répression, comme son soft power est au point mort, la seule option est une unité totale, organique, entre l’État et sa police. l’idée même de reconnaître un manquement ou un crime semble inconcevable, tant elle mettrait en péril l’ensemble de la construction.

    Au désespoir d’exister politique, la droite et l’extrême-droite, pris de vitesse par LREM, essaient de défendre des positions maximalistes. Eric Ciotti essaie ainsi de faire interdire la possibilité de filmer les policiers, tandis que Marine Le Pen pleurniche en réclamant toujours plus d’armes. Tout est mis en branle pour permettre que les fissures soient colmatées. Les médias sont complaisants au possible, les agitateurs réactionnaires soulignent les violences dans les banlieues et appellent à toujours plus de répression, mais l’École joue aussi un rôle.

    En dépit du fait que les enseignants et les enseignantes ne soient pas forcément en accord avec le gouvernement, qu’ils puissent individuellement reconnaître les violences policières, la pratique enseignante est contrainte. Elle exige que la République Française soit dépeinte comme l’incarnation même des droits de l’homme et des libertés démocratiques. Comme la protectrice des faibles et des opprimés. Le programme d’histoire est d’ailleurs construit intégralement dans ce cheminement de pensée : aller de la démocratie athénienne jusqu’aux formes de gouvernance. Les autres systèmes démocratiques sont laissés de côté.

    Cela marche très bien. Sortis du cadre normatif de l’école, la très grande majorité des élèves sortent confiants dans les Institutions, dans la justice et la police. Le problème c’est que cette image se fracture. Elle se fracture car l’exposition à la violence de l’État, au mensonge médiatique, à la cruauté policière devient une expérience de plus en plus universelle. Depuis le mouvement des Gilets Jaunes, elle n’est plus l’apanage des « classes dangereuses » ou du militantisme, elle a été expérimentée dans sa chair par une part davantage importante de la société.

    Vue de l’extérieur : la France, un pays malade de sa police.

    Dès qu’on sort d’une approche franco-française de la question, le regard change.

    Aux yeux des observateurs étrangers, la République française est une République autoritaire, avec des pouvoirs extrêmement concentrés. Son régime se caractérise par la violence, à l’intérieur – par la répression brutale des manifestations et des classes populaires – comme à l’extérieur, par les interventions armées constantes.

    Aujourd’hui, il est possible pour une très grande partie de la population de s’imaginer mourir, sous les regards impuissants des passants, le larynx écrasé par le genou d’un policier. Il est possible de se dire qu’une personne en uniforme, arbitrairement, peut vous tuer sans courir de risques autres qu’une déplaisante réprimande. Et ce qui apparaissait comme l’apanage de pays pauvres, dictatoriaux, ou défaillants, est désormais devenue aussi une menace de « pays riche ».

    Cette fragmentation du mythe et l’effondrement progressif de la confiance dans les institutions mène à une situation d’instabilité et une potentielle crise de régime. La question de savoir quelles en seront les conséquences. Le « classement du mouvement Antifa comme organisation terroriste » n’empêchera pas cette fragmentation d’avoir lieu, aux USA. En revanche, elle indique la direction du plan de secours de la bourgeoisie. Quitte à choisir, elle préfère largement ouvrir les vannes du fascisme, qui lui garantira le maintien de l’ordre et de ses privilèges. En France aussi. Il n’est pas exclu que cette instabilité soit utilisée pour développer des mots d’ordre conspirationnistes et pour rassembler autour des ultra-réactionnaires.

    Nous, en tant que militants et militantes révolutionnaires, communistes, progressistes, avons un rôle à jouer. Plus le temps passe, plus notre impuissance doit nous questionner. Ce que nous avons vécu comme répression, tant policière que politique, n’est rien comparativement à ce que nous pourrons vivre plus tard, quand la crise sera à son paroxisme.

    Nous avons une responsabilité forte. Soit nous nous contentons d’accepter, soit nous décidons d’avancer en commun, pour construire une démocratie populaire.

    Aucune tolérance pour la violence policière !

    Aucune tolérance pour l’ordre bourgeoisie !

    Exigeons la justice !

    Unissons nos forces !

  • Une seule étincelle peut déclencher un incendie de commissariat (For the People – Twin Cities)

    Une seule étincelle peut déclencher un incendie de commissariat (For the People – Twin Cities)

    Cette déclaration a été écrite par les camarades de l’organisation For The People – Twin Cities, basé à Minneapolis, cœur des protestations aux États-Unis d’Amérique, et publié sur le journal The People’s Voice News. En voici la traduction.

    Une seule étincelle peut déclencher un incendie de commissariat, sur la victoire historique des habitants de Minneapolis au 3e district

    Dans la nuit du 28 mai, le peuple, les masses colonisées (en particulier les masses New Afrikan) de Minneapolis ont remporté une énorme victoire. Ils se sont soulevés, au nom de la justice pour George Floyd et tous les noirs et indigènes qui ont été assassinés par l’État colonisateur, et ont chassé les porcs de leur forteresse d’étain, ont pris leurs armes, les ont redistribuées et ont brûlé la station. Le peuple réclame ce qui lui revient de droit par un militantisme pur et dur. L’État colonial-impérialiste des soi-disant « États-Unis » s’effondre sous nos yeux. Le peuple comprend les mensonges du réformisme et de l’électoralisme, leurs fausses promesses, et il a déclaré « Plus jamais ça ! Assez, c’est assez ! ». Ainsi ils ont appris leur propre pouvoir, et que lorsqu’ils sont unis, rien ne peut les arrêter.

    En outre, il convient de noter que ce qui a été démontré à Minneapolis ce soir-là (et les soirées qui ont suivi) symbolise les principes de la guerre populaire prolongée en microcosme. Pendant trois jours, le peuple s’est rassemblé à l’extérieur du commissariat, jetant des bouteilles, tirant des feux d’artifice sur les cochons, éteignant les gaz lacrymogènes, pillant un magasin Target [chaîne américaine de grande distribution, NDT.] pour redistribuer les richesses, abattant les barricades… Ils étaient inébranlables. Ils sont passés d’une stratégie défensive, définie par des retraites et des regroupements tactiques occasionnels, à un équilibre stratégique dans lequel les masses avaient acquis la position nécessaire pour commencer à défier véritablement la ligne de défense du commissariat, et enfin à l’offensive stratégique, qui a culminé avec la prise d’assaut, l’expropriation et la destruction du commissariat. Rien ne pouvait les arrêter, et ils ne tardèrent pas à déclarer la victoire, les porcs détruisant leur propre barricade pour échapper à la juste colère des masses. Et avec le feu de la forteresse d’étain en arrière-plan, le peuple buvait, dansait, riait, faisait la fête. Un vestige vaincu, le peuple en liesse. Le tigre de papier était battu par le vent et la pluie.

    Un nouvel avenir est possible, et, osons le dire, à notre portée. Un optimisme révolutionnaire est justifié. Le nihilisme et le défaitisme reflètent un révolutionnaire qui n’écoute pas le peuple, qui ne suit pas la ligne de masse, qui ne fait aucune enquête sociale mais s’assied et exige des autres qu’ils s’engagent dans des débats idéologiques mesquins et insipides, ou dans des projets réformistes inutiles. Ce n’est pas un allié du peuple, et le peuple le sait. Ils comprennent mieux leur propre lutte militante que quelqu’un qui s’est assis et a mémorisé toutes les œuvres de Lénine et de Mao mais n’a pas réellement appliqué ce savoir pour lutter et se battre à leurs côtés.

    La situation est révélatrice de qui, parmi les masses, est le plus avancé et le plus militant, et c’est avec eux que l’avenir de l’humanité est possible. Nous devons nous unir à eux, nous devons nous battre à leurs côtés et apprendre avec eux par la lutte et par le combat.

    Et si l’optimisme révolutionnaire est justifié, nous devons aussi reconnaître que ces soulèvements sont spontanés. Ils manquent de direction et d’organisation claire, même avec leur succès profond, et à mesure que les succès des soulèvements spontanés s’accumulent, nous voyons la nécessité d’élaborer un plan de longévité avec le peuple. Notre tâche principale en tant que communistes est de travailler sans relâche pour transformer le caractère de ce soulèvement de celui de rébellion spontanée à celui de révolution organisée et soutenue, et nous savons qu’en ce qui concerne l’apprentissage de la réalisation de cette tâche, il n’y a pas de meilleur enseignant que l’expérience dans le creuset de la lutte elle-même. Les porcs se fatigueront et s’affaibliront, et nous raffermirons nos forces et notre pouvoir. Laissons le peuple porter cette première victoire parmi tant d’autres à venir. C’est le début d’un mouvement qui ne peut être arrêté ; pas quand le peuple est conscient du pouvoir qu’il a entre les mains, des centaines de mains qui ont pris d’assaut le commissariat. C’est la juste rage du peuple qui brûle, un feu et qui ne sera étouffée par aucun porc et aucun État colonisateur. Maintenant plus que jamais, nous voyons par notre propre expérience ce que Mao voulait vraiment dire quand il disait « une seule étincelle peut allumer un feu de prairie »… Ou dans ce cas, un feu de commissariat.

    Ensemble et en avant !

    For the People – Twin Cities

    Traduction: E. Deka

  • Déclaration du KSRD Ukraine sur le 8/9 mai 1945

    Déclaration du KSRD Ukraine sur le 8/9 mai 1945

    Le 8 mai n’est pas seulement un jour de victoire sur le fascisme au 20e siècle, c’est aussi un symbole du dépassement de l’infâme infection fasciste et national-socialiste en général. Aujourd’hui, le néofascisme a relevé sa tête dans divers pays et il est d’autant plus important de connaître et de se souvenir du mal qu’il apporte aux travailleurs.

    Le fascisme est inséparablement lié au capitalisme, le fascisme est le fruit du capitalisme, son outil dans la lutte contre l’alternative socialiste, pour l’enrichissement maximal et incontrôlé de la classe dominante. Il est particulièrement important de le comprendre aujourd’hui, alors que les capitalistes veulent faire oublier toute signification de la question de classe de la Seconde Guerre mondiale, qui était avant tout, du côté de l’URSS et du prolétariat du monde entier, une guerre contre l’ennemi de classe. Aujourd’hui, le danger de guerre s’accroît partout sur la planète et il est d’autant plus important de se rappeler combien de sang les capitalistes et les impérialistes sont prêts à verser pour leurs propres intérêts égoïstes.

    En Asie, les plus grandes puissances impérialistes – la Chine, les États-Unis, l’Inde – arment des forces militaires pour faire respecter leurs intérêts partout où cela est possible. Les tensions s’intensifient dans le Pacifique, en Afghanistan, dans le golfe Persique, la guerre se poursuit au Yémen et en Syrie.

    En Afrique, il y a de plus en plus de conflits « locaux », qui font en fait partie de la menace militaire globale. Au Soudan et au Nigeria, au Mali et au Congo (Kinshasa), les foyers de conflits armés couvent, qui peuvent à tout moment éclater avec une nouvelle violence.

    En Amérique latine, l’impérialisme américain menace de nouvelles agressions contre les « États voyous » : ainsi les appels à une invasion militaire du Venezuela peuvent être entendus presque ouvertement. Les seigneurs de la guerre de Washington peuvent envahir tous les pays d’Amérique, même le Canada – ceci est connu par les expériences du XXe siècle et par les plans du Pentagone.

    Le danger de guerre a également augmenté pour l’Europe ces dernières années. Une confrontation militaire ouverte se poursuit en Ukraine, où l’impérialisme russe de Poutine tente d’évincer les impérialistes occidentaux. Le militarisme du modèle « Poutine » est particulièrement dangereux, car il tente activement de se déguiser en anti-impérialiste et antifasciste – et pendant ce temps, il accumule des forces militaires dans de nombreuses régions du monde pour participer au nouveau partage impérialiste du monde.

    Dans divers pays, le 8 mai est célébré de manière différente – par exemple, dans la tradition soviétique, le 9 mai. Chaque nation peut célébrer cette journée à sa manière. Mais l’essence reste la même : à bas le fascisme et le nazisme ! À bas les guerres capitalistes !

    C’est donc notre journée de lutte commune, au cours de laquelle les organisations de l’ICOR mènent des actions dans le monde entier comme une vague commune. Organisons des réunions et des discussions – partout où cela est possible sans risque pour la santé. Publions nos appels sur des sites web, sur des documents imprimés et de toute autre manière. Faites savoir à la bourgeoisie : Aucun virus ne peut empêcher les travailleurs du monde entier de manifester contre les menaces néo-fascistes et militaristes.

    À bas le fascisme et le militarisme sous toutes ses formes !

    Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

  • Se fédérer – appel unitaire.

    Se fédérer – appel unitaire.

    L’Unité Communiste de Lyon s’est portée signataire de cet appel. Nous considérons qu’il va dans le bon sens et qu’il est important de l’appuyer. Nous voulons mener une politique unitaire cohérente : les enjeux sont trop importants pour se contenter de ce que nous avons fait par le passé. Tout comme nous sommes signataires du Front International Antifasciste, nous le sommes de cet appel à se fédérer.

    Nous sommes nombreuses, nous sommes nombreux : nous sommes tant et tant à penser et éprouver que ce système a fait son temps. Mais nos voix sont dispersées, nos appels cloisonnés, nos pratiques émiettées. Au point que quelquefois nous doutons de nos forces, nous succombons à la détresse de l’impuissance. Certes, parfois cette diffraction a du bon, loin des centralisations et, évidemment, loin des alignements. Il n’empêche : nous avons besoin de nous fédérer. Sans doute plus que jamais au moment où une crise économique, sociale et politique commence de verser sa violence sans faux-semblant : gigantesque et brutale. Si « nous sommes en guerre », c’est bien en guerre sociale. D’ores et déjà les attaques s’abattent, implacables : le chantage à l’emploi, la mise en cause des libertés et des droits, les mensonges et la violence d’État, les intimidations, la répression policière, en particulier dans les quartiers populaires, la surveillance généralisée, la condescendance de classe, les discriminations racistes, les pires indignités faites aux pauvres, aux plus fragiles, aux exilé-es. Pour une partie croissante de la population, les conditions de logement, de santé, d’alimentation, parfois tout simplement de subsistance, sont catastrophiques. Il est plus que temps de retourner le stigmate contre tous les mauvais classements. Ce qui est « extrême », ce sont bien les inégalités vertigineuses, que la crise creuse encore davantage. Ce qui est « extrême », c’est cette violence. Dans ce système, nos vies vaudront toujours moins que leurs profits.

    Nous n’avons plus peur des mots pour désigner la réalité de ce qui opprime nos sociétés. Pendant des décennies, « capitalisme » était devenu un mot tabou, renvoyé à une injonction sans alternative, aussi évident que l’air respiré – un air lui-même de plus en plus infecté. Nous mesurons désormais que le capitalocène est bien une ère, destructrice et mortifère, une ère d’atteintes mortelles faites à la Terre et au vivant. L’enjeu ne se loge pas seulement dans un néolibéralisme qu’il faudrait combattre tout en revenant à un capitalisme plus « acceptable », « vert », « social » ou « réformé ». Féroce, le capitalisme ne peut pas être maîtrisé, amendé ou bonifié. Tel un vampire ou un trou noir, il peut tout aspirer. Il n’a pas de morale ; il ne connaît que l’égoïsme et l’autorité ; il n’a pas d’autre principe que celui du profit. Cette logique dévoratrice est cynique et meurtrière, comme l’est tout productivisme effréné. Se fédérer, c’est répondre à cette logique par le collectif, en faire la démonstration par le nombre et assumer une opposition au capitalisme, sans imaginer un seul instant qu’on pourrait passer avec lui des compromis.

    Mais nous ne sommes pas seulement, et pas d’abord, des « anti ». Si nous n’avons pas de projet clé en mains, nous sommes de plus en plus nombreuses et nombreux à théoriser, penser mais aussi pratiquer des alternatives crédibles et tangibles pour des vies humaines. Nous avons besoin de les mettre en commun. C’est là d’ailleurs ce qui unit ces expériences et ces espérances : les biens communs fondés non sur la possession mais sur l’usage, la justice sociale et l’égale dignité. Les communs sont des ressources et des biens, des actions collectives et des formes de vie. Ils permettent d’aspirer à une vie bonne, en changeant les critères de référence : non plus le marché mais le partage, non plus la concurrence mais la solidarité, non plus la compétition mais le commun. Ces propositions sont solides. Elles offrent de concevoir un monde différent, débarrassé de la course au profit, du temps rentable et des rapports marchands. Il est plus que jamais nécessaire et précieux de les partager, les discuter et les diffuser.

    Nous savons encore que cela ne suffira pas : nous avons conscience que la puissance du capital ne laissera jamais s’organiser paisiblement une force collective qui lui est contraire. Nous connaissons la nécessité de l’affrontement. Il est d’autant plus impérieux de nous organiser, de tisser des liens et des solidarités tout aussi bien locales qu’internationales, et de faire de l’auto-organisation comme de l’autonomie de nos actions un principe actif, une patiente et tenace collecte de forces. Cela suppose de populariser toutes les formes de démocratie vraie : brigades de solidarité telles qu’elles se sont multipliées dans les quartiers populaires, assemblées, coopératives intégrales, comités d’action et de décision sur nos lieux de travail et de vie, zones à défendre, communes libres et communaux, communautés critiques, socialisation des moyens de production, des services et des biens… Aujourd’hui les personnels soignants appellent à un mouvement populaire. La perspective est aussi puissante qu’élémentaire : celles et ceux qui travaillent quotidiennement à soigner sont les mieux à même d’établir, avec les collectifs d’usagers et les malades, les besoins quant à la santé publique, sans les managers et experts autoproclamés. L’idée est généralisable. Nous avons légitimité et capacité à décider de nos vies – à décider de ce dont nous avons besoin : l’auto-organisation comme manière de prendre nos affaires en mains. Et la fédération comme contre-pouvoir.

    Nous n’avons pas le fétichisme du passé. Mais nous nous souvenons de ce qu’étaient les Fédérés, celles et ceux qui ont voulu, vraiment, changer la vie, lui donner sens et force sous la Commune de Paris. Leurs mouvements, leurs cultures, leurs convictions étaient divers, républicains, marxistes, libertaires et parfois tout cela à la fois. Mais leur courage était le même – et leur « salut commun ». Comme elles et comme eux, nous avons des divergences. Mais comme elles et comme eux, face à l’urgence et à sa gravité, nous pouvons les dépasser, ne pas reconduire d’éternels clivages et faire commune. Une coopérative d’élaborations, d’initiatives et d’actions donnerait plus de puissance à nos pratiques mises en partage. Coordination informelle ou force structurée ? Ce sera à nous d’en décider. Face au discours dominant, aussi insidieux que tentaculaire, nous avons besoin de nous allier, sinon pour le faire taire, du moins pour le contrer. Besoin de nous fédérer pour mettre en pratique une alternative concrète et qui donne à espérer.

    Dès que nous aurons rassemblé de premières forces, nous organiserons une rencontre dont nous déciderons évidemment ensemble les modalités.

    Pour rejoindre cet appel : appelsefederer@riseup.net

    Premières et premiers signataires :

    Nicole Abravanel, Étienne Adam, Christophe Aguiton, Omar Aktouf, Dominique Alcalde, Jean-Claude Amara, Franck Antoine, Sonia Anton, Emmanuel Arvois, Jacky Assoun, Claude Bailblé, Bernard Baissat, Benjamin Ball, Philippe Banka, Ludivine Bantigny, Philippe Barre, Christophe Baticle, Franc Bardou, Stefan Bekier, Gilbert Belgrano, Olivier Belmontant, Cecilia Benevides, Rémi Bénos, Judith Bernard, Alain Bertho, Jacques Bidet, Stéphane Bikialo, Philippe Blanchet, Evelyne Bleu, Françoise Bloch, Christophe Boëte, Pascal Boissel, Françoise Boman, Thierry Borderie, Mathieu Borie, Benoit Borrits, Bernard Bosc, Stephen Bouquin, Aïcha Bourad, Leila Bourad, Driss Boussaoud, Jacques Boutault, Sarah Boyé, François Brun, Pascal Buresi, Noëlle Burgi-Golub, Laurent Bussière Saint-André, Marie-Claire Cailletaud, Claude Calame, Cécile Canut, Pépita Car, Jean-Pierre Castex, Jean-Noël Castorio, Aurélien Catin, Marc Cefallo, Christian Celdran, Dominique Cellier, Jean-Marc Cerino, Frédéric Certain, Maureen Chappuit, Bernard Charlot, Luc Chelly, Nara Cladera, Charlotte Cléro, Yves Cohen, Gérald Collas, Marie-Agnès Combesque, Jean-Louis Comolli, Léon Crémieux, Marcel Cunin, Laurence D., Alain Damasio, Hugues Débotte, Laurence De Cock, Eric Decamps, Stéphanie Dechezelles, Hervé Defalvard, Christian Delacroix, Frédéric Delarue, Jean-René Delépine, Jean-Étienne Delerue, Christine Delphy, Bruno Della Suda, Christian de Montlibert, Robert Descimon, Catherine Deston-Bottin, Rom Desh, Sophie Desrosiers, Michel Defalvard, Serge D’Ignazio, Paul Dirkx, Joss Dray, Marnix Dressen-Vagne, Jean-François Dubost, Frédéric Dufaux, Jean-Michel Dufays, Anne Dufresne, Stéphane Elmadjian, Jean-Paul Engélibert, Didier Epsztajn, Annie Ernaux, Kévin Espinas,  Jean-Claude Eyraud, Laurent Eyraud-Chaume, Guillaume Faburel, Patrick Farbiaz, Dimitris Fasfalis, Jean Fauché, Daniel Faugeron, Pascale Fautrier, Mathieu Ferradou, Alexandre Ferran, Mathieu Fernandez, Renaud Fiévet, Yann Fiévet, Sylviane Finucci, Marianne Fischman, Fabrice Flipo, Jeremie Foa, Bernard Friot, Karën Fort, Fanny Gallot, Alain Gallucci, Edith Galy, Florent Gaudez, Franck Gaudichaud, Bertrand Geay, Julie Gervais, Jean-Pierre Gesbert, Denis Gheerbrant,  Guy Giani, Pascale Gillot, Pierre-Eliel Girard, Julien Gonthier, Renée Gramaize, Christophe Granger, Lena Grigoriadou, Elie Haddad, Jean-Marie Harribey, Benoît Hazard, Odile Hélier, Leila Hicheri, Thomas Hippler, Maryvonne Holzem, Thierry Huve, Mathias Isimat-Mirin, Magali Jacquemin, Nicole Jacques-Lefèvre, Bruno Jacquin, Sylvain Jay, Samy Johsua, Anne Jollet, Claudine Katz, Jacques Kebadian, Marjorie Keters, Pierre Khalfa, Mohamed Khenniche, Jean-Luc Kop, Isabelle Krzywkowski, Anne Kubler, Marc Lacreuse, L’1consoloable, Francis Landron, Patrick Lao, Mathilde Larrère, Sylvie Larue, Ginette Lavigne, Stéphane Lavignotte,  Pascal Le Brun, Michelle Lecolle, Sylvie Le Cocq, Hervé Le Crosnier, Dominique Lefèvre, Corinne Le Fustec, Bernard Lemann, Christophe Lemasson, Romain Le Meur, Alain Lenud, Yann Leredde, Benoît Leroux, Michel Letté, Pascal Liberatore, Wenceslas Lizé, Olivier Long, Camille Louis, Michael Lowy, Fanny Madeline, Christian Mahieux, Chowra Makaremi, Pascal Maillard, Jean Malifaud, Jean-Claude Mamet, Françoise Maquin, Rémi Marie, Philippe Marlière, Killian Martin, Gilles Martinet, Gustave Massiah, Christian Maurel, Laurence Maurel, Julie Maurice, Éliane Meillier, Véronique Melchior, Irène Menahem, Rémi Merindol, Denis Merklen, Henri Mermé, Isabelle Mestre, Valérie Mettais, Stéphane Michot, Noufissa Mikou, Sylvain Milanesi, Jacques Millet, Sylvie  Monchatre, Ana Doldan Montiel, Bénédicte Monville De Secco, José-Luis Moraguès, Corinne Morel-Darleux, Marc Moreigne,  Mikael Motelica-Heino, Séverin Muller, Alain Munier, Philippe Nabonnand, Claire Nancy, Corinne Nativel, Joël Nayet, Toni Negri,  Olivier Neveux, Jean Noviel, Pierre Odin, Bertrand Ogilvie, Denis Orcel, Cléo Pace, Luca Paltrinieri, Dominique Paturel, Frédéric Paschal, Dolores Pazos, Willy Pelletier, Irène Pereira, Évelyne Perrin, Anita Perez, Elsa Peyronne, Nicole Phelouzat, Olivier Piazza, Stéphane Pichelin, Alexandre Pierrepont, Francky Poiriez, Raphael Porteilla, Emmanuelle Posse, Antoine Poulain, Paul Poulain, Claude Pourcher, Stéfanie Prezioso, Pierre Prim, Claudio Pulgar-Pinaud, Isabelle Quaglia, Yves Quintal, Makan Rafatjou,Marie  Rama-Menahem, Nelly Rintaud, Daniel Rome, Patrick Rossignol, Marc Roudet, Benoît Rougelot, Théo Roumier, Pierre Rousset, Gilles Sabatier, Isabelle Saint-Saëns, Maria Eleonora Sanna, Gaëlle Santin, Pierre Sauve, Hélène Schneider, Michel Seigneuret, Pinar Selek, Marie Sellier, Alexandre Siguier, Patrick Silberstein, Alessandro Stella, Benjamin, Tauziac, François Ternynck, Jacques Testart, Edwige Thaille, Fanny Thomas, Sylvie Thomas, Lucky Tiphaine,  Vincent Touchaleaume,  Véronique Tribouilloy, Julien Troccaz, François Tronche, Marc Tzwangue, Sixtine van Outryve, Patrick Vassallo, Sarah Vaucelle, Françoise Vergès, Francis Verne, Frédéric Verhaegen, Julien Vigouroux, PierrVila, Bastien Villeflayoux, Pascal Vitte, Elise Voguet, Nicolas Voisin, Christiane Vollaire, Sophie Wauquier, Louis Weber, Roger Winterhalter, Béa Whitaker, Sylvie Wolf, Catherine Wolff, Carole Yerochewski, Isabelle Yhuel, Pierre Zarka, Olivia Zemor, Jeanne Zoundjihekpon, Élisabeth Zucker 

    Aggiornamento histoire-géo, ACU (Association des communistes unitaires), Association De(s)générations, CAPJPO-Europalestine, Cerises la coopérative, Changer de Cap, Collectif Droit à la Belle Ville, Collect’IF paille, Émancipation collective, Fédération des syndicats SUD-Rail, Gilets jaunes enseignement recherche, Gilets jaunes de Plaine Commune, Jardins Communs, Jarez Solidarités, La Suite du monde, Le Paria, On prend les champs, PEPS (Pour une écologie populaire et sociale), Questions de classe(s), Réseau pour l’Autogestion, les Alternatives, l’Altermondialisme, l’Ecologie, le Féminisme, Union syndicale Solidaires, Union syndicale SUD Industrie, Unité Communiste de Lyon

  • Que Müslüm Elma soit relâché !

    Que Müslüm Elma soit relâché !

    Nous partageons ici l’appel à protester de nos camarades de l’UPOTUDAK, (Comité de solidarité avec les prisonniers politiques internationaux) et de l’ATIK (Confédération des travailleurs turcs en Europe) pour la liberté du Camarade Müslüm Elma.

    Müslüm Elma est emprisonné depuis 5 ans.

    Bien que 9 de ses amis, qui ont été arrêtés ensemble, aient été libérés dans l’attente de leur procès, Müslüm Elma est toujours détenu à la prison de Munich. Bien qu’il soit dans le groupe à risque où l’épidémie de COVID-19 affectant le monde et tuant des milliers de personnes, le fait que Müslüm Elma soit toujours détenu est l’approche de la loi ennemie du comité judiciaire.

    Le 15 Avril 2015, Müslüm Elma et neuf camarades ont été arrêtés dans une opération menée en Allemagne, en France, en Suisse et en Grèce suite aux décisions prises de collaboration entre la Turquie et L’Allemagne. Le 17 juin 2016, les poursuites pénales contre ces dix révolutionnaires ont été engagées devant le tribunal de Munich sur l’appui de l’article 129 a/b du code pénal allemand. Nos camarades sont accusés par l’État turque et allemand d’être membres du Parti Communiste de la Turquie – Marxiste- Léniniste (TKP-ML).

    Qui est Müslüm Elma ?

    Müslüm Elma est né en 1960 dans une famille kurde et alévie à Dersim. Politiquement actif depuis ses années lycée, il a été contraint d’arrêter ses études pendant ses années universitaires en raison de diverses
    actions politiques qu’il menait. Sa vie reflète en quelques sortes l’attitude oppressante et cruelle de l’Etat turc envers les communistes et les Kurdes.
    Müslüm Elma a été arrêté à Diyarbakır peu après le coup d’État militaire du 12 septembre 1980 en raison de ses activités politiques. Après son arrestation, il a été soumis pendant six mois à des tortures inhumaines dans les centres d’interrogatoire de Antep, Elazığ, Urfa et Diyarbakır, puis transféré à la tristement célèbre prison n°5 de Diyarbakır.

    Ces tortures se sont poursuivies pendant sa détention à la prison de Diyarbakır. Pour les dénoncer, il participa longtemps à l’action de grève de la faim sans limite en 1983 et 1984. La grève de la fin et les tortures ont eu comme conséquence une dégradation de la santé de Müslüm Elma.

    Müslüm Elma a été évacué de la prison de Diyarbakır en 1992, mais a de nouveau été arrêté en novembre 1993 et torturé. Après une longue période de détention, il a été libéré en 2002, à la suite des grèves de la faim sans limite qui ont eu lieu en 2000. A la suite de ses années passées en détention en Turquie et des problèmes de santé causés par la torture, Müslüm Elma à été contraint de quitter le pays pour échapper au danger. En 2009, sa demande d’asile a été acceptée en Allemagne.

    Après des années passées dans les prisons turques en raison de ses idées politiques, il est également emprisonné en Allemagne aujourd’hui pour ses idées politiques. Les informations portées contre lui sont fondées sur les informations transmises par les forces de sécurité turques aux forces de sécurité allemandes. Les agents de police ayant donné ces fausses informations et signé ces documents falsifiés ont été arrêtés en Turquie.

    Cependant, Müslüm Elma et ses camarades n’ont pas été acquitté pour autant, une pratique tout à fait contraire aux droits de l’homme et aux libertés. Le procès de longue date a révélé que la détention de Müslüm Elma était entièrement due à son identité politique. Pour la libération de Müslüm Elma, nous vous invitons à protester en écrivant des pétitions à la Cour suprême de l’État de Munich (poststelle@olg-m.bayern.de) ou le ministère fédéral de la Justice (poststelle@bmjv.bund.de)

    Liberté pour Müslüm Elma!
    Liberté aux prisonniers politiques!

  • Journée Internationale de Lutte contre les LGBTI-phobies

    Journée Internationale de Lutte contre les LGBTI-phobies

    Aujourd’hui nous célébrons la journée contre l’homophobie et la transphobie. L’histoire de la lutte LGBTI est l’histoire de l’affrontement sans merci entre nous, les Gays, Lesbienne, Bisexuels, Trans et Intersexes, contre le système capitaliste et patriarcal.

    Les LGBTIphobies sont un engrenage de la société capitaliste.

    La famille nucléaire bourgeoise et la division genrée du travail sont des paradigmes de la production qui maximise le profit. Tout ces rouages influencent des normes, des cadres sociaux, et en tout le système mortifère qui exploite et opprime les femmes et les LGBTI.

    Tout ce qui rentre dans l’intérêt matériel de la classe au pouvoir, rentre dans l’hégémonie culturelle sous toutes ses formes.

    Sitôt que nous, les LGBTI, sortons des normes de la famille nucléaire hétérosexuelle et de la conception bourgeoise du genre, nous subissons l’agression morale (harcèlement, pathologisation, ignorance, rejet, insulte, inaccessibilité du changement d’état civil pour les personnes trans, etc.) et la répression physique (meurtre, agressions, violences policières, refus de l’emploi, refus du logement, refus des soins, inaccessibilité médicale des traitements de transition, mutilation des personnes intersexes à la naissance, abandon par les familles, abus sexuels, etc.).

    Il nous faut nous battre pour nous émanciper. Les réactionnaires et les groupuscules fascistes, en vue de nous exterminer, théorisent notre existence comme une menace même à l’existence d’un « passé traditionnel glorieux » qui n’as jamais existé. En manipulant l’histoire, ils effacent notre existence du passé, alors que nous avons toujours été partie intégrante de toutes les sociétés du monde.

    Les strates plus libérales de la bourgeoisie montre un visage plus « ouvert », mais nous sommes confrontés à vision biaisée, capitalisée et libéralisée de nos vies. On voit la reproduction, culturellement et médiatiquement, de normes fausses, de visions idéalisées, et nettoyée de toute réalité de nos vies et de nos corps. La société capitaliste ainsi réussi dans certaines strates de la bourgeoisie à nous « accepter » avec distance et dédain, pour mieux liquider la source historiquement révolutionnaire de la lutte pour l’émancipation LGBTI. Ces normes et comportements libéraux agissent comme du poison, elles reforment des dominations capitalistes qui nous divisent au sein même de notre camp, et brime notre combativité dans la lutte.

    Que la haute bourgeoisie, essentiellement masculine et cis-hétérosexuelle, nous tue, ou qu’elle nous « accepte » avec mépris et distance, elle continue de mettre des murs entre nous et le reste des travailleurs et des travailleuses, elle cherche désespérément à nous effacer.

    Ce sont les LGBTIphobies qui jouent le jeu morbide de la bourgeoisie réactionnaire, et divise les travailleuses et travailleurs. Ce ne sont pas des barrières entre les luttes qui nous permettrons d’abattre le pouvoir de la bourgeoisie pour construire une nouvelle société émancipatrice, c’est l’unité totale dans la lutte.

    Nous ne pouvons nous accommoder du capitalisme, qui est la source centrale de toutes les souffrances. Nous devons rester unis et combattre. La combativité est partie intégrante de notre émancipation.

    Pour l’émancipation totale, la révolution et le socialisme.

    Les membres LGBTI de l’Unité Communiste Lyon

  • Pour la libération immédiate de Georges Abdallah !

    Pour la libération immédiate de Georges Abdallah !

    Chers amis, chers camarades, 

    Le 25 mars 2020, Nicole Belloubet, ministre de la Justice, annonçait que décision était prise avec le gouvernement, au vu de la crise sanitaire engendrée par la pandémie, de libérer de façon anticipée plusieurs milliers de détenus en fin de peine. 

    Depuis lors, nombreuses sont les voix qui s’élèvent pour exiger une fois de plus la libération de Georges Abdallah : on ne compte plus les lettres adressées, en ce sens, à la Garde des Sceaux par les collectifs et les organisations de soutien sur le plan national et international mais aussi les interpellations formulées par des députés de plus en plus acteurs et actifs dans ce combat. 

    Et pour autant, force est de constater aujourd’hui cette fois encore, et ce malgré le contexte très exceptionnel de la menace grandissante et de l’urgence d’agir, qu’une fin de non-recevoir est là encore exprimée à travers le silence assourdissant et criminel de ce pouvoir politique et judiciaire pleinement responsable et coupable d’exposer Georges Abdallah au risque du coronavirus. 

    Cette fois encore, semble-t-il, pas question de libérer Abdallah ! Pas question de libérer Georges Abdallah, dont, depuis maintenant plus de 21 ans, « la demande de libération n’est pas recevable ! ». 

    Pas question de libérer Abdallah ! Alors que Georges Abdallah a vu sa peine de sûreté accomplie en 1999 et qu’il est libérable depuis plus de 20 ans. 

    Pas question de libérer Abdallah ! Alors qu’en 2012, le tribunal d’application des peines a donné un avis favorable à sa libération et que, depuis lors, le Liban, son pays, a réaffirmé à maintes reprises son accord pour son retour. 

    Pas question de libérer Abdallah ! Alors que Georges Abdallah, âgé de 69 ans, est aujourd’hui l’un des plus anciens prisonniers politiques en Europe après 36 ans de captivité. 

    Et pour autant, s’il est bien un état d’urgence qu’il faut décréter aujourd’hui, c’est bien celui de libérer Georges Abdallah ! 

    Face à ce déni encore réitéré par le pouvoir en place de la légitime libération de Georges Abdallah, nous, signataires de ce texte, exigeons une fois de plus la libération de ce résistant et appelons à accentuer la pression pour imposer le rapport de force qui seul fera plier ces donneurs d’ordre – comme le signalait déjà en toute clairvoyance Georges Abdallah quand, en octobre 2019, il déclarait déjà : « il ne suffit pas que l’État du Liban “demande” ma libération, encore faut-il établir un rapport de force réellement existant pour faire comprendre aux représentants de l’impérialisme français que mon incarcération commence à peser plus lourd que les possibles menaces inhérentes à ma libération ! ». 

    Faisons entendre le plus largement possible, chaque jour et de partout, le cri de Georges Abdallah et avec lui de tous les prisonniers politiques et multiplions toutes les initiatives, dans la diversité de nos expressions, pour exiger sa libération immédiate, ici et maintenant ! 

    Que mille initiatives fleurissent ! 

    C’est ensemble et seulement ensemble que nous vaincrons ! 

    Paris, 03 mai 2020 

    Premiers signataires : 

    Organisations signataires 

    Campagne unitaire pour la libération de Georges Abdallah 

    ACTA – média autonome et partisan 

    Action antifa NP2C 

    Anti Internment Group London 

    Association France Palestine Solidarité du Gers (32) 

    Association Culturelle des Travailleurs Immigres de Turquie (ACTIT) 

    Association Nationale des Communistes (A.N.C) 

    Autonomie de classe (A2C) 

    BDS France Marseille 

    Campagne internationale de solidarité avec Ahmad Sa’adat 

    Campagne internationale pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah 

    CAPJPO-EuroPalestine 

    Cases Rebelles 

    Collectif « Bassin minier » pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah 

    Collectif Contre Les Abus Policiers (C.L.A.P33) 

    Collectif de soutien à la résistance palestinienne (CSRP59) 

    Collectif Jaunes Etc33 

    Collectif Justice pour la Palestine Annecy 

    Collectif Libérons Georges 33 

    Collectif Palestine Vaincra 

    Collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah (C.L.G.I.A) 

    Collectif pour la libération de Georges Abdallah 65 

    Collectif 69 de soutien au peuple palestinien 

    Comité d’action et de soutien aux luttes du peuple Marocain 

    Comité de solidarité tunisien pour la libération de Georges Abdallah 

    Comité de soutien international à la guerre populaire en Inde 

    Comité « Libérez-les !  » (59 – 62) 

    Compagnie Jolie Môme 

    Femmes Plurielles 

    Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (F.U.I.Q.P) 

    G.R.C 

    Initiative de la jeunesse de Partizan / Marxiste-Léniniste-Maoïste (PGI/MLM) 

    International Committee for Political Prisoners London 

    International Solidarity Movement -France (ISM-France) 

    Jeunes révolutionnaires 

    L’Action Révolutionnaire – LGBTI 

    L’Appel belge pour la libération de Georges Abdallah 

    La Commission Arabe des Droits Humains 

    Le Cri rouge pour la libération des prisonniers révolutionnaires 

    Le Mouvement de la jeunesse pour le changement (Liban) 

    Le Réseau de soutien aux prisonniers palestiniens Samidoun 

    Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (M.R.A.P) Tarbes (65) 

    Movimiento de mujeres palestina Alkarama 

    Nouveau parti anticapitaliste (N.P.A) 

    OCML Voie Prolétarienne 

    Orchestre Poétique d’Avant-guerre (O.P.A) 

    Parti Communiste du Liban (P.C.L) 

    Parti des Indigènes de la République (P.I.R) 

    PARTİZAN 

    Plate-forme Charleroi-Palestine, Belgique 

    Plateforme des prisonniers politiques en Turquie et au Kurdistan 

    Réseau syndical international de solidarité et de luttes 

    Secours Rouge International 

    Secours Rouge Lille 

    Socorro Rojo Internacional (Madrid) 

    Soccorso Rosso Proletario (Italia) 

    Solidarité Georges Abdallah Lille 

    Union des Femmes Socialistes (SKB) 

    Union Juive Française pour la Paix (U.J.F.P) 

    Union prolétarienne ML 

    Union syndicale Solidaires 

    Union syndicale Solidaires 33 

    Unité Communiste (69 – Lyon) 

    Signataires à titre personnel 

    Nils ANDERSSON 

    Philippe ARNAUD, syndicaliste du 33 

    Khaled BARAKAT 

    Christophe BATICLE, socio-anthropologue (Amiens) 

    Badia BENJELLOUN 

    Samia BENTOUNES, SUD emploi 

    Saïd BOUAMAMA 

    Alima BOUMEDIENE, avocate, ancienne parlementaire 

    Youssef BOUSSOUMAH (PIR) 

    Houria BOUTELDJA (PIR) 

    Jean-Pierre BRÈTHES (33 -Bordeaux) 

    François BROUQUISSE 

    Hervé BUFFAT, militant communiste et syndicaliste 

    Laetitia CALLENS 

    Michel CARRERE (65 -Lannemezan) 

    Michel COLLON 

    Philippe DAUMAS 

    Jacques DELEPINE (27 -La Haye Aubree) 

    Michel DESMARS, retraité SUD Rail 

    Laurent DE WANGEN, enseignant et membre de l’AFPS 

    Françoise DURAND 

    Peggy DURLIN 

    Jacques GAILLOT, évêque 

    Dominique GRANGE, chanteuse engagée 

    André GREDER (82 -Montauban) 

    Joëlle GREDER (82 -Montauban) 

    Josette GUIDA (33 -Biganos) 

    Djelloul HATTAB (collectif 65) 

    Jean HAURAT 

    Klaus HELMS, member of the Industrial Workers of the World (IWW), Germany 

    Jacky HÉNIN 

    Charles HOAREAU 

    Amparo IBANEZ 

    Abubakra JALDIA 

    Afifa KARAKE – Liban 

    Sarah KATZ 

    Daniel LARREGOLA (collectif 65) 

    Jacqueline LAVY 

    Olivier LE COUR GRANDMAISON, universitaire 

    Michael LOWY, sociologue 

    Christian MAHIEUX, syndicaliste 

    Brigitte MATINEAU 

    José NAVARRO (09 – Rabat les Trois Seigneurs) 

    Aline PAILLER, journaliste ex députée européenne 

    Hélène PAULAIS (33- Bordeaux) 

    Marianne PERDU, lectrice-correctrice 

    JACQUES PIMBEL, président AFPS 32 

    Loïc PRUD’HOMME, député insoumis de la Gironde 

    Carole RADUREAU 

    Alain RAYNAL (82 -Montauban) 

    Mathieu RIGOUSTE 

    Pierre STAMBUL 

    TARDI, auteur-dessinateur 

    Françoise VERGÈS 

    Annick VERNAY 

    Marie Pierre VIEU, éditrice, ancienne députée européenne 

    Christiane VOLLAIRE, philosophe 

    Pour toute organisation ou personne voulant signer cet appel, merci de l’indiquer à l’adresse suivante : 

    campagne.unitaire.gabdallah@gmail.com