Catégorie : Communiqués

  • 1er mai pluvieux, mais combatif !

    1er mai pluvieux, mais combatif !

    Nous avons défilé avec nos camarades de Drapeau Rouge et du MLKP dans un cortège combatif et déterminé. Nous saluons ceux et celles qui sont venus participer, même un temps, à son existence.

    La manifestation était massive, reflétant le désir de lutte de la part de la population et des organisations, politiques, associatives, syndicales. Un long ruban s’est déroulé entre Jean Macé et Bellecour. Pour Lyon, qui historiquement mobilise peu, ce 1er mai est une belle surprise.

    Car il y a matière à se battre !

    ➡️La pandémie a montré le mépris des exploiteurs. Ils ont imposé des demi-mesures constantes pour protéger leurs profits, entraînant d’interminables couvre-feu et pseudos confinements. Masques, lits en réanimation, vaccins, tout manque : c’est là le prix d’une politique de dévastation des protections sanitaires, jugées non rentables. Nous saluons, ce premier mai, le courage des soignants, des soignantes du monde entier.

    ➡️La situation économique n’était pas rose avant la pandémie. Elle est encore plus médiocre. Nous courrons le risque d’un effondrement dans certains secteurs, tandis que d’autres sont abusivement arrosés d’argent gratuit, permettant aux actionnaires de se remplir les poches. Et cela n’arrête pas les réformes gouvernementales : la fonction publique, la sécurité sociale, les retraites et le chômage sont toujours dans le collimateur.

    ➡️La situation internationale devient de plus en plus tendue. Les grandes puissances montrent les dents et s’intimident. Leur but n’est nullement de défendre la liberté : il est de se repartager le monde en fonction de leur force. Derrière ces partages, des peuples subissent l’oppression, les dictatures, la surexploitation, la guerre et la famine. La France participe activement à ces régimes, comme celui du dictateur Idriss Déby, au Tchad, laquais servile de la françafrique. Le 1er mai est internationaliste !

    Dans l’ensemble, ce premier mai, bien que combatif, est dans un climat crépusculaire. Nous ne pouvons oublier qu’il y a une dizaine de jours, des militaires en charentaise proposaient de mater par la force la population. Nous ne pouvons oublier que toute une partie des politiques « républicains » les ont applaudis. Nous n’oublions pas non plus qu’une partie de ces thèses fraient jusque dans « notre camp ».

    La police est intervenue à plusieurs reprises, semant le chaos à l’avant de la manifestation, et entraînant un climat de tension délétère. Nous le trouvons regrettable. Nous pensons que les modes d’action et les mots d’ordres variés ont leur place et leur droit à l’expression, dès lors qu’ils ne transgressent par le consentement des participants et participantes à la manifestation, ni qu’il ne se fasse à leurs dépends.

    Il nous apparaît important de souligner que, une fois encore, le repas libertaire organisé place Sathonay (Lyon 1), a été interdit. Cela fait la troisième année consécutive que celui-ci ne peut se tenir, depuis la répression violente du 1er mai 2018. Cette année-là, un de nos camarades avait d’ailleurs été arrêté et déféré devant le parquet.

    Le fait que cette tradition soit rompue est une signe des temps : Ils sont de plus en plus complexes ! La répression prend des formes nouvelles, plus intenses, plus précises. La mise en œuvre des « Équipes de liaison et d’intervention », ces policiers chargés de « faire le lien entre manifestants et forces de l’ordre » sont apparus. Ils sont d’ailleurs venu nous voir.

    Nous comprenons leur existence comme répondant à plusieurs objectifs :

    ➡️Faciliter, pour l’État, la gestion des politiques de répression. Les nassages étant parfois contre-productifs en termes d’image, la médiation est là aussi pour redonner une gradation.

    ➡️Collecter des informations et individualiser les relations avec la Police, dans le but d’identifier le rapport des différents groupes avec la Police, tout en pouvant intimider.

    ➡️Désunir les cortèges, en employant des politiques différentes en fonction des acteurs, en les poussant aussi à faire appel eux-mêmes à la répression.

    Ne nous laissons pas avoir : polie ou brutale, la répression et la division produisent les mêmes effets : les tensions montent entre ceux et celles qui luttent, tandis que l’Etat et les exploiteurs ressortent renforcés.

    ➡️Nous pensons que, dans l’étape actuelle de la crise sanitaire, économique, sociale, politique et écologique, nous avons le devoir de dialoguer, de coopérer, de parvenir à se soutenir mutuellement et à remporter de nouveau des victoires. Sans quoi le premier mai 2022 pourrait bien se dérouler dans une ambiance encore plus sombre.

    ➡️Dans l’esprit de la Commune, de son idéal de démocratie du peuple, unissons nos force, à Lyon, en France, en Europe, dans le Monde. Avançons, luttons, gagnons !

  • Sept exilés arrêtés à Paris à la demande du « Parti de la Vengeance »

    Sept exilés arrêtés à Paris à la demande du « Parti de la Vengeance »

    Nous condamnons cette attitude cynique de la part de la Présidence de la République. Ces arrestations sont des cadeaux faits à l’extrême-droite italienne, notamment pour tenter de renouer des relations entre les deux pays. La France et l’Italie sont en effet brouillées depuis que Sarkozy a semé le chaos en Libye, qui approvisionnait l’Italie en pétrole. De plus, cette démarche de normalisation vise aussi à accroître la répression contre les migrants et les migrantes : la doctrine Dublin, qui obligeait le pays d’entrée à se charger des expulsion, se heurtait à un hic. L’Italie, le plus souvent, laissait les expulsions lettre-mortes, déclarant « vous nous avez volé le pétrole, vous aurez nos migrants ».

    Nous accordons notre solidarité aux arrêtés. Il n’existe pas de frontière entre les militants communistes : notre solidarité est internationale !

    Arrêter des personnes qui avaient obtenu l’asile 40 ans plus tard est une honte pour l’image internationale de la France et l’illusion que la France a de soi même (pays des droits de l’Homme, de la liberté, etc.). L’état français revient sur sa politique à la demande d’un autre état, alors que les procédures utilisées pour imposer les peines avaient été jugées, à l’époque, incompatibles avec les principes de l’État de droit français.

    Rien a changé dans le droit italien au cours de ces 40 dernières années. Au contraire, l’État italien a aggravé sa compression du droit de la défense.

    Aucun des détenus n’a été impliqué dans un quelconque acte reprochable par la justice durant cette période (40 ans, en fait !). De plus, on parle de personnes désormais âgées, toutes proches de 70 ans, qui ne représentent pas vraiment un danger pour qui que ce soit.

    L’empressement de l’Italie à se venger est déjà incompréhensible en soi, sur le plan historique et juridique.

    Mais que la France déchire la “doctrine Mitterrand”1 pour les réfugiés politiques de n’importe quel pays, sans aucune raison, est un précédent dangereux et honteux.

    Après la demande de l’Italie, les demandes de certains régimes dictatoriaux d’Amérique latine, d’Afrique ou d’Asie seront-elles également satisfaites ? Quelle sera la nouvelle limite ? Et comment les réfugiés d’un pays peuvent-ils être sûrs que le gouvernement français ne les extradera pas pour de basses raisons de “bon voisinage”?

    Liberté pour les exilés italiens arrêtés sans raison après 40 ans !
    La France doit réaffirmer les principes de la “doctrine Mitterrand” !
    La gauche française doit prendre position et arrêter cette barbarie vindicative !

    28/04/21
    Rete dei Comunisti (Italie)
    rdc.internazionale@gmial.com

    1 La doctrine Mitterrand consistait en la protection et la non extradition des réfugiés politiques Italiens d’extrême-gauche. D’après lui-même : il d’agissait d’accorder la protection avec ceux qui ont « rompu avec la machine infernale dans laquelle ils s’étaient engagés, ont abordé une deuxième phase de leur propre vie, se sont insérés dans la société française lors des années de plomb… ». Un des exemples est Cesare Battisti, avant qu’il ne se réfugie au Brésil, sa situation devant précaire. Les membres (présumés ou non) et ETA ont été les premiers a être victime d’un revirement progressif de l’Etat français dans le dossier.

  • Commémorons la Commune de Lyon !

    Commémorons la Commune de Lyon !

    Le 24 avril, nous avons pris la parole pour commémorer la Commune de Lyon. Le 27 avril 1870, dans le quartier populaire de la Guillotière, les communards et communardes se ont brandi le drapeau rouge et se sont insurgés contre l’ordre de Versailles. Leur exemple doit toujours nous inspirer : non pas comme un fétiche du passé, mais bien comme une esquisse de l’avenir. Un avenir sans exploitation, un avenir sans oppression, un avenir qui se dessine collectivement, qui s’écrit au pluriel, mais qui permet l’épanouissement de chacun et de chacune.

    Verbatim :

    Aujourd’hui, il est devient presque inutile de dire que la situation est dure. Cela se voit tout autour de nous, la pandémie est partout. Les actualités sont pleines de menaces, d’atrocités, de violences, de terreurs. Qui, aujourd’hui, peut regarder l’avenir sans avoir une boule au ventre ? Qui peut dire que demain sera meilleur qu’aujourd’hui ?

    Il faut le dire, la promesse d’un monde meilleur, la promesse d’un avenir radieux a été trahie.

    Regardons ce qui nous attends :

    Nous en avons tous assez des restrictions, oui, c’est vrai, nous voulons une vie à minima normale. Mais notre gouvernement n’a rien fait pour en finir avec elle. Il a pris des demi mesures, il a trouvé des quarts de solutions. Il n’a rien résolu.

    En pleine pandémie, le gouvernement veut mettre fin aux mesures de lutte contre celle-ci. Ce n’est pas un coup de génie. C’est un saut dans le vide. Notre gouvernement capitule : il n’est pas maître, il est exécutant. Il exécute les ordres de ceux qui ont réellement le pouvoir.

    Et pour cela, qu’importe si les contaminations restent fortes, qu’importe si des variants surgissent.

    Il se couche devant le pouvoir de l’argent. C’est pour cela qu’il ne mène pas sérieusement la lutte contre la pandémie. Car pour lui, l’important c’est de servir ses maîtres : les grands industriels, les grands banquiers, les grandes richesses. Leurs profits sont sacrés. Le reste est accessoire.

    C’est tout bonnement scandaleux !

    Alors que les plus riches deviennent et deviendront encore plus riches, qu’avons nous ? La promesse du chômage, de la précarité, la promesse de l’esclavage de la dette. Les banquiers se frottent les mains à cette idée! Rien ne rapporte plus que la misère.

    Mais ça, non, nous ne l’acceptons plus !

    Nous voulons trouver des solutions à ces maux ! Lesquelles ? Voter ? Nous avons vu le résultat ! Les politiciens et les politiciennes sont les agents ou les otages de nos bourreaux. Croire en un homme providentiel, un Napoléon ? Pour nous retrouver dans une dictature de plus ?

    Nous, nous avons foi dans la force immense du peuple, lui même, dans sa capacité a surmonter tous les obstacles. Nous croyons en un gouvernement du peuple par le peuple.

    Il y a cent cinquante ans, dans toutes les grandes villes de France, nous relevions la tête ! A Paris, à Marseille et à Lyon, le peuple avait décidé : il voulait exercer lui-même le pouvoir.

    Dans l’effondrement cataclysmique du Second Empire, vaincu par sa propre vanité, certains et certaines ont dit non. Non à ce cycle infernal de dirigeants pourris. Oui à une société différente.

    Le 27 avril, dans le quartier de la Guillotière, les insurgés proclamaient le point de départ d’une société nouvelle ! Sous le Drapeau Rouge de la Révolution, drapeau du peuple, drapeau de l’avenir !

    Dans les Communes, le peuple a exercé un pouvoir absolu. Il a balayé le vieux monde pour en construire un nouveau. Un monde de justice, un monde d’égalité, un monde de liberté. Mais une liberté réelle, pas celle qui consiste à choisir son exploiteur, mais celle qui consiste à choisir sa vie.

    Les communards ont effrayé terriblement les tyrans. A tel point que les gros richards de France et de Prusse se sont ligués pour l’écraser. Elle a péri dans le sang. Mais elle a donné naissance à une vague d’espoir nouveau. Un espoir d’un monde libre.

    Apprenons de son exemple.

    Assez des mensonges, assez de la dictature du profit, assez des jeux de politicards corrompus ! Nous, nous qui travaillons, nous qui produisons, nous qui soignons, nous qui éduquons, nous qui entretenons, nous qui nourrissons, nous faisons tout ! Et pourtant, quelle voix avons nous ?

    Ce sont toujours les mêmes, ces riches, fils et filles de riches, bourgeois et inutiles de générations en générations, ces grands noms, ces grands cartels, ces grands clans qui mènent la danse. Héritiers, banquiers, profiteurs, rentiers…

    Ce sont eux qui imposent que nous allions nous exposer au virus pour quelques sous. Ce sont eux qui imposent que nous allions tuer et nous faire tuer dans d’autres pays. Ce sont eux qui nous envoient les CRS lorsque nous osons trop les contredire.

    Mais les choses changeront.

    Nous croyons fermement que nous pouvons décider par nous même, construire par nous même, pour nous même. Sans maîtres, sans patrons, sans banquiers, sans CRS. Un esprit collectif, d’émulation, dans lequel nous pourrons réaliser nos aspirations et nos talents.

    Parler d’avenir positif sonne grotesque, et pourtant ! Nous pouvons y parvenir.

    Nous devons pour cela être organisés, soudés, chasser les haines et les divisions du peuple. Nous avons besoin d’être unis, et d’avancer ensemble.

    Nous, Unité Communiste, ne prétendons pas être la solution. Mais nous prétendons, avec nos amis internationaux des 5 continents, être un fragment de celle-ci. Être un point de départ. Mais les autres fragments de la solution, mais la grande transformation, c’est vous toutes et tous qui la portez aussi. Chacun est une pièce d’un puzzle immense dont l’image finale est une société nouvelle. A nous de le construire et de lui donner vie !

    Vive la Commune ! Vive un monde nouveau !

  • Communiqué de l’ATIK : Le génocide arménien continue !

    Communiqué de l’ATIK : Le génocide arménien continue !

    À la presse et à l’opinion publique,

    Le génocide arménien a commencé avec le meurtre planifié de plus de deux cents intellectuels arméniens enlevés de leur domicile le 24 avril 1915. L’État ottoman et son administration, le Comité Union et Progrès, sont responsables du massacre de plus d’un million d’Arméniens. Dans la période qui a suivi le 24 avril 1915, sous le contrôle de l’État, la géographie ottomane a été presque complètement « désarménianisée » par des massacres et des exils systématiques. Les femmes arméniennes et leurs enfants ont été réduits en esclavage. Toutes les économies des Arméniens ont été saisies, et tout leur patrimoine culturel a été détruit. Avec le génocide arménien, d’une part, l’Etat ottoman visait à accumuler du capital économique pour la nouvelle bourgeoisie nationale. Ceux qui ont réussi à échapper à toute cette oppression et destruction ont été dispersés dans le monde entier loin de leur ancienne patrie. Pendant cette période, d’autres peuples chrétiens d’Anatolie ont également tiré leur part de la politique génocidaire. Dans ce contexte, Seyfo, le génocide assyro-syriaque et le génocide de Pontus, ne peuvent être considérés comme séparés du génocide arménien.

    Que soit avant ou après 1915, dans le cadre des politiques pan-islamistes et panturquistes, l’État ottoman et le Comité de l’Union et du progrès ont systématiquement mis en œuvre des pratiques d’exil forcé, d’assimilation, de massacre et de génocide contre les peuples non musulmans sunnites et Turcs. Le dernier maillon du génocide, et l’indicateur le plus important de la continuité du crime, est la négation de celui-ci. La République de Turquie qui a fondé son existence et son capital sur ce crime contre l’humanité, poursuit encore à ce jour leurs politiques de déni, d’assimilation et la destruction. À cet égard, l’histoire de la République de Turquie est une histoire de massacre et de génocide. Comme nous l’avons vu dans d’innombrables exemples tels que les massacres de: Trakya Pogromu (1934), Dersim Tertelesi (1938 ), Varlık Vergisi (1942), 6-7 Eylül Pogromu (1955), Koçgiri (1921), Zilan (1930), Maraş (1978), Sivas (1993), Roboski (2011) ve Cizre (2015), ces politiques d’oppression et d’anéantissement ethnique se perpétuent et visent tous les peuples et groupes de croyances.

    Aujourd’hui, des politiques d’anéantissement, de déni et d’assimilation sont toujours menées contre le peuple arménien. Les exemples les plus récents, et concrets de cette politique sont les meurtres d’Hrant Dink, Maritsa Küçük et Sevag Balıkçı. Dans ce pays, tuer des Arméniens est toujours légitime aux yeux de l’État, comme c’était le cas en 1915. Avec la 2ème guerre du Karabakh, la République de Turquie a annoncé au monde entier que les objectifs panturquistes centenaires de l’État sont également au goût du jour. Pendant la guerre, l’Azerbaïdjan et la République de Turquie ont fait des déclarations suggérant un génocide et un nettoyage ethnique, et des slogans racistes ont été prononcés par les personnes les plus autoritaires. Après guerre, il a été tenté de »consacrer » la mentalité génocidaire ouvertement avec le « musée », qui a été ouvert à Bakou et expose les biens des soldats arméniens qui ont perdu la vie. Les rêves de domination et d’impérialisme des classes dominantes de la République de Turquie, ne sont pas dédiés qu’aux Arméniens, mais concernent aujourd’hui le Rojava et le peuple kurde, la Syrie, l’Irak, la Libye, le Liban, Chypre, l’Ukraine et de nombreuses autres géographies. Il exporte directement ou indirectement la guerre, nourrit et organise des gangs djihadistes et condamne à mort et à la pauvreté tant son propre peuple que les peuples de la région.

    Alors que l’État ottoman et la République de Turquie ont commis tous ces crimes contre l’humanité, d’autres puissances impérialistes qui les soutiennent ou restent spectatrices sont complices. L’Empire allemand, qui était un allié de l’Empire ottoman pendant le génocide arménien et qui dirigeait l’armée ottomane par son état-major, est sans aucun doute l’un des principaux responsables de ce crime contre l’humanité. L’Assemblée fédérale d’Allemagne a reconnu le génocide en 2016 et a avoué sa participation. Cependant, l’abjecte coopération entre l’Allemagne et la République de Turquie se poursuit encore. Aujourd’hui, les armes allemandes sont toujours utilisées pour des crimes contre l’humanité envers le peuple kurde; les droits de l’homme font toujours l’objet de négociations douteuses.

    Ce programme de massacre n’a fait qu’apporter plus de pauvreté et de misère sociale aux peuples. La négation du génocide est le plus grand obstacle à un avenir pacifique. Tant que le déni se poursuit, le génocide et les massacres se poursuivront; pour se débarrasser de ce cycle de violence, l’Etat Turc doit être confronté aux crimes contre l’humanité sur lesquels il a été construit, en particulier le génocide arménien et assyro-assyrien. La principale raison du génocide politique, physique et culturel de l’État turc contre le peuple kurde au cours des 100 dernières années provient de la négation de ces massacres. Il est clair que les peuples doivent mener une lutte commune et déterminée pour surmonter toutes ces injustices. Cette lutte sera également la base de la paix, de l’égalité, de la coexistence, et de la liberté.

    En tant qu’Union démocratique des forces d’Europe, nous honorons la mémoire de toutes les victimes du génocide. Nous déclarons une fois de plus à l’opinion publique que nous continuerons résolument notre lutte pour la vérité et punir les responsables, et ainsi de garantir la justice.

  • Pour un premier mai 2021 combatif et révolutionnaire

    Pour un premier mai 2021 combatif et révolutionnaire


    L’an passé, la pandémie a rendu la tenue les manifestations du premier mai impossible. Seules quelques initiatives locales ont pu exister. Date repère pour tous ceux et toutes celles qui luttent, nous célébrons le premier mai nos droits et l’histoire ouvrière. Il est essentiel que notre camp soit ce jour uni, fort et solidaire.

    Nous entrons chaque année davantage dans un nouveau temps des troubles.

    La crise économique continue, causant une pauvreté toujours plus féroce. La pandémie a agi sur elle comme un catalyseur. La société se polarise entre une petite clique d’hyper-riches toujours plus riches, et une population immense individus vivant ou survivant dans l’indigence.

    La pression de la future crise écologique mondiale s’accentue. Impossible d’imaginer un avenir sans songer à ce véritable mur vers lequel nous fonçons. De plus, l’épuisement de certaines ressources et la guerre commerciale pour d’autres accroissent les tensions internationales. Elles n’ont jamais été aussi fortes depuis les crises de la Guerre Froide.
    Lorsque l’économie et la géopolitique sont mauvaises ,la vie politique en pâtit. Toutes ces raisons font que la démocratie s’étouffe . Les discours d’aujourd’hui se peuplent progressivement de rhétoriques et de jargons issus de l’extrême-droite. Incapables de répondre à la crise qu’ils ont provoquée, les gouvernements à la solde des grands exploiteurs préfèrent trouver des victimes expiatoires.
    La xénophobie, le racisme, le conspirationnisme sont les moyens de faire oublier qui sont les vrais responsables : des banquiers, des grands capitalistes, des exploiteurs «bien de chez nous ».

    Des lois toujours plus dures s’abattent sur nous. On nous prive de droits, on nous prive de libertés – et nous ne parlons pas des désagréments de la lutte
    contre la pandémie, mais bien des droits politiques ! Dès les prochaines élections, la question qui nous sera posée sera la suivante : extrême droite soft ou extrême-droite hard ?

    Nous ne voulons et nous ne pouvons pas rester sans rien faire. Nous, militants et militantes communiste, n’acceptons pas cette situation. Nous voulons
    lutter, nous voulons nous battre. Défendre nos droits, en gagner de nouveaux, mais aussi et surtout transformer le monde. 150 ans après la Commune de Paris, ce premier mai est une date importante. Cette date nous permet de renouer avec notre combativité et notre espoir, et notre force.

    Nous voulons poser ouvertement la question : dans quel régime voulons nous vivre ? Un régime capitaliste exploiteur, corrompu, incapable de subvenir aux besoins de la population ? Ou voulons nous autre chose ?

    En ce premier mai, il nous paraît important de lancer un large appel à marcher ensemble. Nous voulons rompre l’isolement, nous voulons rompre avec la défiance. Nous ne sommes pas des boutiquier-e-s, des petits commerçant-e-s se faisant concurrence.
    Nous sommes des militantes et des militants qui voulons renverser l’ordre capitaliste.

    Nous vous proposons de marcher ensemble ce premier mai dans un cortège
    internationaliste et révolutionnaire.

    🔻Révolutionnaire car notre démocratie est une mascarade.
    De votes en votes, d’élections en élections, nous voyons quelles sont les limites de celle-ci. D’une part car nous votons pour des professionnels de la politique, qui n’ont jamais rien fait d’autre.
    D’autre part car, en réalité, ils sont là avant tout pour exécuter les ordres des grands cartels industriels et bancaires : Orena, Dassault, Total, BNP-Paribas… S’il existe quelques marges de manœuvre, une vérité s’impose : on ne vote pas sur l’essentiel.
    La démocratie s’arrête aux portes de l’intérêt.
    Nous voulons un autre régime : un régime de démocratie populaire, basé sur une souveraineté absolue des exploité-e-s: une démocratie du peuple, par le peuple, contre les ennemis du peuple !

    🔻Internationaliste car les maux que nous rencontrons sont les maux de la terre entière.
    La France est une puissance impérialiste qui tire sa richesse de sa domination sur d’autres pays, particulièrement en Afrique. Elle est aussi dans une série d’alliances avec d’autres puissances impérialistes qui possèdent leur propre sphère d’influence (avec les USA dans l’OTAN, avec l’Allemagne dans l’UE…etc.). Elles combattent d’autres puissances et d’autres pays, soit pour contrer leurs plans (Russie, Chine), soit pour les asservir et les intégrer sous sa coupe (Syrie, Libye).
    Nous luttons en premier lieu contre notre propre impérialisme à la fois parce qu’il est notre premier bourreau, mais aussi parce
    qu’il est celui contre lequel nous pouvons avoir une action. Mais nous faisons aussi partie
    d’un vaste front anti-impérialiste mondial : chaque défaite d’une puissance est aussi la
    possibilité d’un espace de liberté : l’exemple du Rojava, au nord de la Syrie, l’illustre.

    Ce premier mai peut être un nouveau premier mai comme les autres, un immuable rituel. Ou il peut aussi être l’occasion d’affirmer une volonté conjointe de lutter ensemble, de travailler ensemble, de gagner ensemble.

    Cela ne dépend que de nous.

    Pour un premier mai 2021 combatif et révolutionnaire !

  • Déclaration de la Campagne Internationale pour la libération du prisonnier Georges Ibrahim Abdallah

    Déclaration de la Campagne Internationale pour la libération du prisonnier Georges Ibrahim Abdallah

    Rassemblement du 7 avril 2021 devant l’ambassade de France à Beyrouth

    Le 02 avril 2021, il y a cinq jours, Georges Abdallah a eu soixante-dix ans. Georges Abdallah a passé plus de la moitié de sa vie dans les prisons françaises. Aujourd’hui, l’espoir de la libération de Georges Abdallah est de nouveau ravivé si l’on en juge de la prise en compte sérieuse de l’affaire par l’Etat libanais. Dans le même temps, la question des excuses de Georges Abdallah est à nouveau soulevée par la France.

    Le dernier chapitre de toute cette histoire qui depuis ses origines tente de liquider la pensée de Georges Abdallah, s’écrit avec la visite du président français à Beyrouth, à la suite de l’explosion du port. Et où ce dernier cherche à profiter de ce moment douloureux pour le peuple libanais afin de s’ériger en sauveur du peuple face à la corruption systémique au Liban.

    La corruption en France prend au moins deux formes :

    • d’un côté, elle est généralisée à toutes les strates du pouvoir et elle s’étale au vu et au su de tous.
    • de l’autre, elle s’immisce insidieusement dans les institutions de l’Etat et sert notamment de levier pour tenter de pervertir l’esprit militant de Georges Abdallah et de souiller son image de résistant.

    La première forme de corruption est très simple à illustrer. Citons simplement les affaires suivantes :

    • François Fillon – rival d’Emmanuel Macron aux élections présidentielles françaises et ex Premier ministre – n’a-t-il pas été exclu de la course présidentielle pour des faits assimilés à de la corruption.
    • L’ex-président français, Nicolas Sarkozy, n’a-t-il pas été reconnu coupable récemment dans une affaire de corruption et de trafic d’influence ?
    • Sans parler de l’ancien et du plus célèbre président français Jacques Chirac qui a été condamné pour une affaire de détournement de fonds.

    Ces quelques exemples démontrent à eux seuls et de manière claire que la corruption sévit dans les plus hautes sphères du pouvoir de l’État français.

    Les racines de cette corruption sont si profondes qu’elle va même jusqu’à se saisir et manipuler la conscience du peuple français : par-là est ainsi fomentée de toute pièce une « opinion publique française » à qui il s’agit de faire gober des décisions de justice fallacieuses ; par-là, on réussit à faire endosser au pouvoir judiciaire des décisions purement politiques ; par-là enfin on fait en sorte que le peuple de France serve et soutienne les intérêts étasuniens et sionistes.

    Georges Ibrahim Abdallah est un combattant arabe libanais internationaliste. Il s’inspire d’une idéologie laïque de gauche dont l’un des trois fondements se réfère aux premiers socialistes de France. Ceci, vous le savez bien et pour autant tout l’empire médiatique français – avec à sa tête le célèbre journal Le Monde – vise à dénaturer ces faits et à les falsifier.

    Au moment de son incarcération, vous avez tout fait pour avilir l’image de Georges Abdallah, alors qu’il était à cette époque placé à l’isolement total, enfermé dans une cellule individuelle pendant deux ans. Vous avez alors fait de lui, à l’époque, le fils du clan Abdallah appartenant à une tribu… Tout cela a été bien ficelé pour in-fine lui infliger des peines maximales. Vous êtes même allés jusqu’à prétendre que Georges était un extrémiste musulman, tout simplement parce qu’il respectait le jeûne et partageait avec ses codétenus musulmans le repas de rupture du jeûne. Pour vous, ce clan avait les bras longs : son influence se serait étendue du village d’Al Qobayat à Paris. Parmi toutes ces fabulations et histoires montées de toutes pièces par la presse officielle française (en coordination avec vos cercles de pouvoir corrompus), il a même été affirmé qu’un aéroport aurait été créé dans notre village d’Al-Qobayat : c’est de là que seraient partis le soir les membres du clan Abdallah pour aller déposer leurs bombes à Paris la nuit ; et ils seraient rentrés ensuite au petit matin à Al-Qobayat pour s’afficher devant les médias et faire croire à leur innocence. Il a fallu attendre que des officiels français partent à la retraite et osent s’exprimer pour connaître dans les moindres détails tous les ressorts de cette machination politico-médiatique.

    L’administration française voudrait garder le Liban telle qu’elle l’a fondé avec ce modèle reposant sur une confrontation continuelle entre bandes rivales, confessionnelles et tribales – le tout sous le joug et la direction du capitalisme français et international. Il s’agit juste aujourd’hui de le remodeler selon leurs intérêts actuels.

    Cette machination éhontée menée contre Georges Abdallah n’a été démasquée qu’après une longue période passée sous silence. Les avant-gardes militantes de France, solidaires avec la cause juste de Georges Abdallah, l’ont révélée ! Elles ont alors montré votre totale complicité et ont dénoncé ces pratiques qui ne peuvent que porter atteinte au peuple de France et insulter sa dignité. Ces avant-gardes n’ont eu de cesse, depuis lors, d’exiger la libération de Georges Ibrahim Abdallah !

    Ce groupe d’hommes et de femmes engagés dans la lutte pour la libération de Georges Abdallah représente la fierté de la France. Le groupe de députés qui revendique la libération de Georges Abdallah, est-il à vos yeux, une branche de ce que vous nommez le « clan Abdallah » ? De même, le Parti communiste français est-il une branche du clan Abdallah ? Les acteurs syndicaux et culturels français sont-ils une branche du clan Abdallah ? Enfin, les conseils municipaux qui ont élevé Georges Abdallah au rang de citoyen d’honneur de leur ville l’ont-ils fait pour Georges Abdallah en tant que chef de clan ? Ces derniers et bien d’autres ont demandé et demandent toujours au président de la République française de libérer Georges Ibrahim Abdallah immédiatement et sans condition : ils le font certainement par amour pour lui, indéniablement en soutien à son combat et à sa résistance mais aussi peut-être pour sauvegarder l’image et la dignité du peuple militant de France. Grâce à leur combat, peut-être qu’un jour la justice française sera enfin libérée de l’influence étasunienne et sioniste.

    Quant au Liban… Peut-être n’avez-vous pas vu le portrait du résistant Georges Ibrahim Abdallah, hissé dans toutes les manifestations et soulèvements populaires ? Vous savez certainement que le peuple libanais aspire plus que tout à son émancipation et à la souveraineté nationale du Liban : ce combat, Georges Ibrahim Abdallah l’a toujours revendiqué, il en est le symbole vivant !

    M. Macron, quelle arrogance à vouloir vous ingérer dans les affaires d’autres États ! Mettez fin avant tout à la corruption qui gangrène votre propre pays… Le peuple libanais sait parfaitement comment régler ses comptes avec ses propres dirigeants. Réalisez plutôt dans votre pays des projets de développement qui répondront aux revendications du peuple de France pour contrer la sauvagerie de ce capitalisme moribond, au lieu d’essayer d’humilier les Libanais avec vos cartons de dons livrés par votre porte-avion et 700 de vos soldats sous la direction de votre Ministre des armées. « Vive Napoléon ! Vive les Saucissons ! ».

    Rappelez-vous M. Macron ! Il s’agit du Liban ! Beyrouth a certes été en guerre et en flammes mais elle n’a jamais hissé le drapeau blanc. Elle a subi quatre-vingt jours de bombardements intensifs israéliens durant lesquels ont été utilisées les dernières innovations technologiques militaires occidentales pour tuer des civils et détruire nos villes et villages. Toutes ces armes ont été livrées grâce à un pont aérien créé pour l’occasion entre les Etats-Unis et Tel-Aviv. On a alors dénombré des centaines de milliers de morts, de blessés et de déplacés alors qu’au même moment, vous décoriez, des médailles de la démocratie et de la paix, les chefs sionistes responsables de ces crimes. Et vous osez demander à Georges Ibrahim Abdallah de présenter ses excuses ! C’est à vous de présenter vos excuses d’abord envers votre peuple puis auprès des victimes de vos politiques.

    Au nom des manifestants ici présents ; au nom de ceux qui ont éreinté leur voix durant des décennies en manifestant pour exiger la libération de Georges Abdallah ; au nom de ces jeunes femmes et de ces jeunes hommes venus des quatre coins du pays : de l’extrême nord, du sud, de la Bekaa et de la montagne ; au nom des personnes, nombreuses, qui ne connaissent pas Georges en personne mais qui se revendiquent de ses idéaux et les chérissent, voici ce que nous affirmons tous aujourd’hui : monsieur le président, apprenez que les Hommes meurent mais leurs idéaux, eux, ne meurent jamais !

    Georges Ibrahim Abdallah ne se reniera jamais ! Les âmes héroïques ne se renient pas !

  • STOP à la répression contre le mouvement kurde ! PAS de collaboration avec le fascisme de l’État turc !

    STOP à la répression contre le mouvement kurde ! PAS de collaboration avec le fascisme de l’État turc !

    Communiqué du Collectif Internationaliste Marseille Solidarité Kurdistan

    Répression et attaques contre le mouvement kurde (et ses militant.e.s)…

    Mardi 23 mars dernier, 10 personnes de la communauté kurde ont été interpellées et arrêtées par la brigade antiterroriste : 2 à Paris, 2 à Draguignan et 6 à Marseille. Leurs domiciles ont été violemment perquisitionnés, ainsi que le siège de l’association kurde à Marseille. Elles sont officiellement accusées de participation à une association de malfaiteurs, de financement d’une organisation terroriste et d’extorsion en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste. Il semblerait qu’une enquête, en cours depuis plusieurs mois soit à l’origine de ces arrestations. 
    Cette semaine, nous n’avions que très peu de nouvelles des camarades incarcéré.es : 3 ont été relâché.es, une personne sans contrôle judiciaire et deux sous assignation à résidence (une sous contrôle judiciaire simple, et une sous bracelet électronique). Elles ne peuvent ni être en contact avec certaines personnes ni sortir autour d’un certain périmètre (avec interdiction formelle de se rendre au Centre Démocratique Kurde de Marseille). Aujourd’hui, les sept personnes encore en détention sont réparties dans différentes prisons de haute sécurité dans les environs de Paris. Elles sont passées devant le JALD (juge administratif des libertés et de la détention) mais leurs demandes de sorties ont été refusées sous prétexte de risque de récidive. Elles vont donc rester en détention provisoire jusqu’à la date encore incertaine de leur procès, sachant que cela peut durer des mois. Au moins trois des personnes ont une santé fragile (leucémie, problèmes cardiaques…) et leur état n’est pas compatible avec une détention. 
    Il s’agit d’un des plus gros coups de filet de la police française dans les réseaux militants kurdes ces dix dernières années, et il intervient quelques jours après un échange téléphonique entre Macron et Erdogan et une rencontre de leurs 2 ministres des affaires étrangères, en plein Conseil Européen sur la géopolitique internationale.
    La pression sur la communauté kurde est constante : la même semaine, près d’une centaine de personnes d’origine kurde ont été convoquées dans différents commissariats, partout en France. A Paris, la même semaine Vedat Bingol, ancien président du Conseil Démocratique Kurde a été convoqué pour outrage à Erdogan et propagande terroriste. 

    De plus, la répression en France sur les demandeurs et demandeuses d’asile ainsi que sur les réfugié.e.s kurdes s’accentue : en septembre 2020 Memet Yalçin a été renvoyé en Turquie alors qu’il était enregistré en tant que demandeur d’asile depuis plus de dix ans ; Huseyin, alors détenu en Centre de Rétention, écope de trois mois de prison pour ne pas avoir fait le test anticovid afin d’empêcher les autorités françaises de le livrer à la Turquie. 
    Ceux et celles qui ont le statut de réfugié.e.s politiques se retrouvent souvent menacées de ne pas voir reconduit leur titre de séjour après expiration, ou bien même de se le voir retirer, et ce malgré sa validité en cours. 

    Nous venons d’apprendre, ce samedi 3 avril, qu’un groupe de fascistes turcs, les Loups Gris (supposé être interdit en France) a attaqué le centre kurde à Lyon armés de barre de fer, saccageant tout sur leur passage et faisant 4 blessé-es.

    Une collaboration entre l’état français (et les états européens) et l’état turc selon leurs intérêts géostratégiques

    Encore une fois, les kurdes servent de monnaie d’échange aux tractations entre l’Europe et la Turquie dans le but d’améliorer les relations entre la France et Ankara. 
    C’est grave et ces arrestations soulèvent plusieurs points qu’il nous semble important de questionner. 
    La France accorde l’asile à des personnes venues se réfugier sur son territoire pour raisons politiques et fuir un régime totalitaire. Mais à la demande de ce même régime, pour apaiser ses relations diplomatiques et obtenir des intérêts géostratégiques, elle les arrête par la suite, au motif de leurs activités en faveur des droits humains dans leurs pays d’origine, qualifié de terrorisme. 
    Rappelons que la communauté continue de subir, en europe, des menaces et des attentats extra-nationaux orchestrés par les services de renseignement turcs (MIT), à l’instar de l’assassinat des trois femmes et militantes kurdes à Paris en 2013, dont les commanditaires, bien qu’identifiés, n’ont pas été inquiétés par la justice. 
    Par ailleurs, la France soutient et accompagne logistiquement les forces résistantes kurdes qui se battent sur le terrain contre l’État Islamique et ont en charge la gestion du camp où sont enfermés les détenus djihadistes français et leurs familles dans le Nord de la Syrie3. D’un côté, l’état et son armée soutiennent les kurdes lorsqu’il s’agit de combattre le terrorisme islamique, de l’autre, et pour obtenir des faveurs d’Erdogan. Il les arrête et les emprisonne pour terrorisme. Ces arrestations de militant.es kurdes sur le sol français ne sont rien de moins qu’une trahison d’une ignoble hypocrisie. Pour asseoir ses intérêts, la France n’hésite pas à pactiser avec les dictateurs au mépris des droits humains et de ses engagements envers les kurdes. 

    Une répression pour anéantir un projet de société alternatif

    Le triple féminicide de Sakine, Fidan et Leyla perpétré à Paris par un membre du MIT (service secret turc) n’est pas dû au hasard : il concerne trois militantes kurdes luttant pour le droit des femmes. Sakine a inspiré et a eu un rôle important dans le mouvement des femmes kurdes. L’objectif de l’état turc était d’anéantir le PKK et le projet émancipateur qui le caractérise. A savoir que le gouvernement turc multiplie les réformes patriarcales, défavorables aux femmes, et laisse impunis les crimes commis envers elles4.

    Si les femmes ont une place primordiale au sein des mouvements kurdes, le mouvement de la jeunesse a un rôle moteur de part sa force, ses capacités d’imagination, et l’espoir qu’elle porte en elle.
    Ainsi, la répression contre les jeunes est forte : on notera notamment qu’au sein des nombreuses arrestations des membres de la communauté kurde du 23 mars, la moitié sont des jeunes de moins de trente ans.

    A cela se rajoutent les interpellations et les arrestations d’internationalistes effectuées le 8 décembre dernier « neuf militant·e·s libertaires, écologistes, pro-Kurdes, féministes et anti-racistes ont été perquisitionné·e·s et arrêté·e·s par la DGSI. Après plusieurs jours de garde à vue, deux furent libéré·e·s, deux autres placés sous contrôle judiciaire et cinq placé·e·s en détention provisoire. » Ils et elles sont « sont accusé·e·s de « participation à une association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme ayant pour objet la préparation d’un ou plusieurs crimes d’atteintes aux personnes », tel que défini dans l’article 421-1 du code pénal.  » Les « lois antiterroristes » « servent aujourd’hui de base juridique pour traquer ceux qui ont voulu combattre le djihadisme en Syrie. Avoir pris les armes contre l’Organisation de l’État islamique devient un élément à charge pour la machine policière. »

    En France, la répression que subissent les membres de la communauté kurde et les nombreuses arrestations des kurdes et internationalistes montrent non seulement la collaboration de l’état français avec l’état turc pour des intérêts géostratégiques, mais aussi la volonté d’écraser un projet politique alternatif – le confédéralisme démocratique – qui effraie les états capitalistes européens.

    Liberté pour les camarades détenu.e.s en prison et dans les CRA !
    Arrêt total des poursuites à leur encontre !
    Retrait immédiat du PKK de la liste des organisations terroristes !
    STOP à la collaboration française avec les états fascistes totalitaires !

    [nous tenterons de mettre à jour le plus régulièrement possible les nouvelles autour des situations des camarades incarcéré.e.s ainsi que les mobilisations en solidarité]

    Contact : internationaliste-marseille chez protonmail.com

  • L’héritage de la Commune.

    L’héritage de la Commune.

    Nous avons présenté cette brève intervention à deux reprises : d’une part sur l’invitation de la Rete Dei Comunisti de Rome, mais aussi dans le cadre d’un webinaire ICOR dédié à la Commune de Paris. Nous pensons que l’héritage objectif de la Commune, celui qui a été synthétisé par Marx, notamment, n’est pas séparable de l’héritage subjectif, culturel, de celle-ci. La France, avec sa tradition historique romantique, des belles lettres, du Roman National, n’a pas, à notre avis, tiré tout ce qu’elle pouvait tirer de cette expérience. Nous pensons qu’elle est restée plus du domaine de la mémoire que de l’histoire. Il reste un travail à faire pour que non seulement la Commune soit analysée de manière juste, mais que son héritage puisse servir intégralement.

    Tout d’abord, merci pour votre invitation et pour votre demande d’intervention. C’est, pour nous une expérience importante que de pouvoir partager avec des organisations étrangères, qui ont leur vécu, et qui sont à un stade de développement bien plus avancé que le notre.

    Pour présenter brièvement l’héritage de la Commune en France, il faut revenir un peu sur la signification de cet événement et sur son écrasement.

    En tant que première expérience de dictature du prolétariat, la Commune a marqué une rupture avec les révolutions précédentes, qui étaient principalement démocratiques. Certes la révolution de 1848 avait montré la capacité d’intervention de la classe ouvrière dans les affaires politiques, mais elle avait été rapidement balayée par les républicains modérés.

    La Commune, en proposant une démocratie d’un type nouveau : une démocratie populaire, des exploités par les exploités et contre leurs exploiteurs, créait un précédent : il n’y avait plus de place pour la bourgeoisie, qui était une classe déjà parasitaire.

    Sa défaite est liée à plusieurs raisons : face à des forces écrasantes, elle n’avait qu’une marge de manœuvre très faible. Malgré d’autres soulèvements à son image, elle est restée seule. Les campagnes avaient été montées contre les ouvriers depuis 1848 et l’affaire des ateliers nationaux. Il lui manquait aussi un État-major, une organisation capable de pouvoir la mener de la révolte à la victoire. Elle a parfois manqué de fermeté dans les moments critiques, refusant de prendre en otage l’or de la bourgeoisie.

    L’héritage bourgeois.

    La difficulté d’intégrer la Commune de Paris dans une narration républicaine – puisque la IIIe République est née du sang versé par le peuple de Paris (et d’ailleurs) explique le regard ambivalent sur elle, aujourd’hui encore.

    Paris est défiguré par l’existence du Sacré Coeur, un bâtiment construit pour « expier les fautes de la commune ». La droite, en particulier la droite catholique y est profondément attachée. Elle continue d’être horrifiée par cet événement.

    La mairie socialiste de Paris va ainsi organiser une commémoration officielle de la Commune, tandis que la droite catholique s’y oppose fermement. Mais la commémoration des réformistes n’est pas la notre. Pour s’emparer des aspects positifs de la Commune (droit des femmes, droits sociaux, égalitarisme…) tout en conservant le légalisme républicain, ils jouent un tour de magie. Ils font de l’écrasement de la Commune – car elle est intolérable pour un régime bourgeois ! – une mécompréhension, une brouille, une erreur. Cela permet de faire croire à une filiation entre la Commune et la République, donc de sauvegarder l’illusion qu’il est possible d’attendre quelque chose du pouvoir et de l’État.

    L’extrême-droite, quant à elle, s’est lancée dans un pillage tout aussi odieux. Elle transforme la Commune en résistance à l’invasion étrangère, en ultra-patriotisme face à la déferlante prussienne et à la trahison du gouvernement. Elle essaiera sûrement de faire un parallèle entre cet événement et leur théorie selon laquelle la France est assiégée à nouveau.

    Dans les organisations révolutionnaire, là aussi, il existe un double regard.

    Il faut préciser une chose, tout d’abord, c’est que finalement ce qui apparaît comme le grand clivage est plus autour de la question collaboration / résistance pendant la période de 1940-1945. Ce qui fait que, là aussi, il y a un poids important de la question républicaine / antirépublicaine.

    Finalement, la Commune de Paris à certainement plus profité aux autres qu’aux français. La Commune a causé une vague de répression énorme, immense, qui a décapité en grande partie le mouvement révolutionnaire français. En vérité, après les révolutions de 1789, 1830, 1848, 1870, à chaque fois la répression élimine une partie des penseurs et des théoriciens.

    Les observateurs de la Commune, comme Marx et comme un grand nombre de révolutionnaires européens, vont pouvoir en tirer les bénéfices. En Allemagne et en Russie, notamment, ces expériences vont nourrir une nouvelle génération de penseurs et des théoriciens, qui vont parvenir à la mettre en application.

    En France, elle a posé la question impérative de la construction d’un Parti, il en résulte, en 1905, la création de la SFIO, qui est le premier parti unifié, bien que réformiste. Mais aujourd’hui, il semble qu’elle soit quand même en grande partie vidée de son contenu et transformée en fétiche.

    C’est un patrimoine commun qui unit tous les mouvements de gauche. Il existe des chansons, des lieux, des commémorations, un folklore important, vivant, qui se transmet. Mais il s’agit plus de célébrer un passé que de regarder vers l’avenir. Or, l’avenir de la Commune est bien vivant. Vivant et parfois gênant !

    La Commune de Paris met toute une partie de la gauche, notamment les courants libertaires, réformistes ou anarchistes, dans une posture inconfortable. Elle pose la question de l’exercice du pouvoir, c’est à dire de la transition en la lutte pour le pouvoir vers une lutte pour exercer et conserver le pouvoir1. Cela reste un tabou.

    En France, qui est devenue à partir des années 1970 le centre européen de l’idéologie antitotalitaire, cette question passe mal. Les droitiers veulent éliminer cette question en la résumant à une simple révolution par les urnes, voire une évolution citoyenne. Les ailes plus à gauche veulent, eux, ne garder que la révolte pour éluder la question du pouvoir. Cette idéalisation de la Commune comme quelque chose d’intrinsèquement anti-autoritaire finalement révèle le fait que ces courants plient devant les injonctions morales faites par la bourgeoisie.

    Celle-ci est parvenue à vider l’héritage de la commune en déclarant qu’il est mal d’avoir une administration, une diplomatie, une justice, une armée, une police politique. Cette mentalité d’esclave, finalement, conduit à accepter un combat perdu d’avance. Elle va à l’encontre de l’expérience de la Commune.

    Ca n’empêche pas ces courants de connaître des succès tactiques, dans les ZAD, et de parvenir à rendre les coups à la bourgeoisie. Mais au-delà de ça, la perspective stratégique demeure absente.

    André Gide avait dit sur l’URSS que, sur ce sujet « le mensonge était dit avec amour, et la vérité avec haine ». Nous pensons que, 150 ans après la Commune, nous devons apprendre à regarder la vérité avec amour. A regarder les failles, les manques, les inconséquence et les succès, en sachant les utiliser pour nous faire avancer. Nous avons beaucoup à comprendre de la Commune, de ses succès comme de ses erreurs.

    Nous en avons tiré la conclusions du besoin de la liaison avec la paysannerie, du besoin de l’organisation centralisée qu’est le parti, État-major de la révolution. Nous pensons que l’héritage de la commune n’est pas commémoratif, il est une expérience pratique qui doit être étudiée pour comprendre que faire, comment lutter, comment gagner, mais aussi comment construire, administrer, gérer… et finalement triompher.

    Nous pensons avoir fait le tour d’horizon rapide de cette question, et nous vous remercions encore de votre invitation.

    1Cela paraît un point très secondaire, mais il est pourtant incontournable. Nous pensons que chaque organisation révolutionnaire, quelque soit son stade de développement, doit réfléchir son activité non pas en terme de principes, mais surtout en termes d’objectifs stratégiques. L’arrivée au pouvoir du Parti Bol’chevique a été une transformation extrêmement complexe d’un parti clandestin construit pour l’action révolutionnaire en un parti construit pour gérer la société telle qu’elle était concrètement. (NdA)

  • Une nouvelle fois, Lyon est l’épicentre d’une autre pandémie : celle des fascistes.

    Une nouvelle fois, Lyon est l’épicentre d’une autre pandémie : celle des fascistes.

    Nous avions prévu de présenter ce texte au cours de la manifestation du 3 avril 2021 à Lyon. La manifestation ayant été interdite, puis reportée par la préfecture, nous avons décidé de poster un nouveau communiqué. Nous condamnons la systématique réunion entre les autorités étatique et les organisations fascistes. L’état faignant de les combattre, possède en réalité le même contenu. Dans le même ordre d’idée, l’extrême-droite turque s’est attaquée aux locaux de l’Association Culturelle Mésopotamie. Ce raid, construit exactement de la même manière que ceux des fascistes contre la Plume-Noire, s’inscrit dans une série de menaces et d’agressions de la part des « Loup Gris » à l’encontre des militant-e-s Kurdes et antifascistes Turcs. Nous exprimons toute notre solidarité envers nos camarades et nous leur assurons notre soutien. Nous pensons qu’il n’est pas inintéressant de voir ici une illustration des parallèles entre les extrêmes-droites, où qu’elles soient : Loups Gris, Daesh, Identitaires, Néo-nazis… Partagent le même projet de société, la même perception de ce qu’elle doit être, et les mêmes méthodes .

    Une nouvelle fois, Lyon est l’épicentre d’une autre pandémie : celle des fascistes.

    Depuis plus de dix ans, la ville de Lyon héberge un véritable jardin zoologique des groupes fascistes et extrémistes de droite. Jeunes Nationalistes, Jeunesse Identitaire, Civitas, Action Française, Bastion Social…Il existe plusieurs raisons à cela :

    • Le tissu social de la ville, avec une bourgeoisie catholique importante, et un milieu royaliste imposant. Un de ces ci-devant, Olivier Marin-Lafleche, avait ainsi été condamné pour avoir poignardé un mineur en 2014.
    • La présence d’une banlieue-ouest riche, les Monts du Lyonnais, dans laquelle s’épanouissent ces groupes, en tablant sur la xénophobie. Loin des familles prolétaires, cette jeunesse des pierres dorées s’amuse en jouant au dissident, avec l’appui des réseaux de notables et l’aide des avocats de la famille en cas de pépin.
    • L’omniprésence de Fourvière. Il est indéniable que l’Église catholique, dont Lyon est la capitale en France, joue un rôle. La présence de congrégations radicales offre aussi un point d’appui.
    • La très grande tolérance municipale. Sous le règne du PS-LREM Gérard Collomb, la priorité absolue a été donnée à faire la chasse à l’extrême-gauche. A de nombreuses reprises, le maire de Lyon a refusé de prendre en compte la présence des apprentis miliciens.

    Ces groupes se sont dotés, grâce à un système de financement opaque, de nombreux relais, de locaux, de moyens de propagande et d’action (allant jusque, pour empêcher des réfugiés d’obtenir l’asile en France, à louer un hélicoptère à leur couleurs.). Ils n’existent d’ailleurs que par cette débauche de moyens. Leur travail est toujours souterrain, honteux, caché. S’ils ont fait du Vieux-Lyon, quartier touristique, leur antre, ils n’ont pas pour autant d’assise dans la population.

    Ils sont un gang, dont la principale activité consiste à agir comme un lobby auprès des institutions, à mener des agressions racistes, LBGTIphobes, et des expéditions pseudo-militaires envers les militantes et militants progressistes ou révolutionnaires.

    La dissolution de certains de leurs groupes n’est pas pour autant une victoire stratégique. Au delà du symbole, la réalité est que le gouvernement a absorbé une partie du programme de l’extrême-droite, notamment la rhétorique autour de l’islamo-gauchisme, forme ressuscitée du judéo-maçonnisme et du judéo-bolchevisme.

    Car, dans le fond, ils ne se démarquent pas des exploiteurs. Ils en sont une version différente, plus dure, maquillée en « effort commun » et en « intérêt de la nation ». Mais ils sont simplement un variant. Leur arrivée au pouvoir est aussi une carte à jouer, en cas de crise. Non pour changer les choses, mais bien pour maintenir de force un ordre pourri et injuste.

    Demain, selon leur plans, doit ressembler à avant-hier. Une société d’ordre, de soumission, de discipline autoritaire. Non pas pour un destin commun, supérieur, mais bien de soumission du faible au fort, de la femme à l’homme, du travailleur et de la travailleuse au patron. Un ordre de l’argent-roi. Ils prétendent se battre contre l’islamisme le plus obscur et le plus radical, mais ils en partagent le programme.

    Pourquoi ils séduisent ?

    Nous ne pouvons pas nous contenter de dire « le racisme c’est mal », « le fascisme ça n’est pas bien », et « c’est mal d’être méchant ». Nous devons regarder aussi la réalité en face et nous demander pourquoi leurs idées gagnent du terrain.

    Il ne faut pas faire d’angélisme : la société est violente, brutale. Il existe des tensions, il existe des agressions, il existe du ressentiment. La politique est corrompue, les élections ne changement rien. Jour après jour, nous avons l’impression que notre avenir est taillé en pièce, soldé, vendu. La génération qui naît connaîtra statistiquement un niveau de vie plus faible que celle de ses parents, et ses parents que celles de ses propres parents.

    A ces angoisses, les fascistes et les réactionnaires proposent des réponses simples – mais fausse. Elles font de la misère une responsabilité des autres, de groupes secrets, de complots, des étrangers, des Juifs, des Arabes, des Chinois, des Anglais ou d’autres groupes plus exotiques – et plus fictifs. Ces réponses permettent de tout expliquer, de rassurer, de recréer un enchantement de conte de fée : « les méchants ce sont les autres, nous mêmes sommes les gentilles victimes. »

    Autour de ceux qui y croient, il y a ceux qui misent sur eux. Ils s’en servent comme d’une manière de fragmenter ceux et celles qui partagent la même vie, au nom de la couleur, de la race, de la religion.

    Votre ennemi n’est pas celui qui, comme vous, essaie de survivre. Il n’est pas celui, ou celle, qui travaille à vos côtés. Il n’est pas celui qui fuit les guerres.

    Quel est le programme des fascistes ?

    • Chasser les étrangers et s’exploiter entre nous ?
    • Obtenir le calme et la soumission de ceux et ce celles qu’on exploite par la force ?
    • Faire taire par la brutalité ceux qui veulent un monde différent ?
    • Revenir vers une société traditionnelle, sans égalité entre les hommes et les femmes, sans égalité entre les individus en fonction de leur naissance ?
    • Forger un nouvel empire colonial ?

    Chacune de ces « solutions », ramène à la même misère, à la guerre, au malheur.

    En fait de héros, ce sont des boutiquiers, des vendeurs de remèdes de pacotille. Ce sont la plupart des grands richards qui se sont trouvés un créneau pour exister et pour perpétuer une manière de vivre et de soutirer de l’argent : par la vente d’un produit politique.

    Si vous êtes en colère à cause :

    • De la corruption de la politique.
    • Du mépris de la part des grands bourgeois.
    • Des mensonges et la propagande des médias.
    • Des scandales financiers, des malversations.
    • De la violence dans la société.
    • De l’absence d’avenir, par la médiocrité de la société.
    • Du sentiment d’être étranglés constamment.

    Rejoignez ceux qui veulent mettre fin à ces problèmes : les révolutionnaires, les communistes.

    Ensemble, nous pouvons bâtir un monde juste, libéré de l’exploitation, de l’obscurantisme. Nous pouvons remplacer la haine et la défiance par l’émulation collective, par la participation à un projet unique : la grande marche en avant de l’humanité !

  • Communiqué de presse du Collectif Fermons les Locaux Fascistes

    Communiqué de presse du Collectif Fermons les Locaux Fascistes

    Interdiction de la manifestation contre l’extrême droite :  

    La Préfecture du Rhône joue le jeu de l’extrême-droite lyonnaise et choisit son camp ! 

    Le 20 mars, 48 militants d’extrême-droite ont attaqué la librairie la Plume Noire, connue pour ses  engagements pour l’égalité sociale, et ses positions contre le racisme et l’extrême droite.  

    L’Union Communiste Libertaire, organisation gérante du lieu, et le Collectif unitaire pour la fermeture  des locaux fascistes à Lyon ont souhaité apporter une réponse politique large à cette nouvelle  agression violente de l’extrême droite en organisant une manifestation unitaire ce samedi 3 avril à  14h. Le soutien autour de cette manifestation a été extrêmement fort, réunissant notamment les  organisations, partis, syndicats, groupes politiques et associations membre du Collectif pour la  fermeture des locaux fascistes 69, une intersyndicale départementale (CGT/SOLIDAIRES/CNT/CNT SO/FSU/UNEF), un soutien étendu au niveau national (https://blogs.mediapart.fr/…/toutes-et-tous-solidaires…) mais également un soutien populaire massif.  

    Mercredi 31 mars, la Préfecture a imposé dans un premier temps un changement d’itinéraire par  rapport à celui déposé. Après un rendez-vous en préfecture et face à un mur, les organisateurs/triceps ont fait le choix d’un parcours alternatif, déplaçant le départ de Terreaux à Manufacture des Tabacs.  L’avant-veille du jour de la manifestation, la préfecture interdit la manifestation. La personne ayant accepté d’être le contact des policiers a même reçu une visite d’agents en uniformes à son domicile à  près de 23h !  

    Nous dénonçons ici la violence et le mépris avec lequel nous sommes traité.es. La Préfecture refuse de prendre en compte la dangerosité, et la régularité des violences d’extrême-droite à Lyon, et continue  à encourager l’impunité des nazillons locaux. Pire, la préfecture renvoie une nouvelle fois dos à dos les  progressistes et l’extrême droite radicale.  

    Faut-il rappeler que depuis 2010 :  

    – Plusieurs manifestations, rassemblements et piquets de grève ont été attaqués par l’extrême  droite  

    – Plusieurs lieux associatifs, politiques ont fait l’objet d’attaque ou de tentatives d’intimidations  comme les bibliothèques du 4ème et du 8ème en 2010, la MJC du Vieux Lyon, l’horloger du Vieux Lyon, la Maison des Passages, les locaux du PCF, la Plume Noire  

    – Mais aussi de bar comme le Phoebus, la Pinte Douce, De l’Autre Côté du Pont ou des  restaurants comme le kebab du Vieux Lyon  

    – En tout depuis 2010, on comptabilise plus de trente agressions et plus de 347 jours ITT (pour  les agressions où nous avons été en contact avec les victimes).  

    Nous dénonçons la non prise en compte de la violence et la haine de ces groupes d’extrême droite.  

    Nous dénonçons la non prise en compte par la police et la justice des violentes agressions perpétrées  par ces groupes, trop peu de plaintes aboutissent. Nous aimerions que le Procureur soit aussi rapide  que pour la « fête » sur les quais de Saône d’ouvrir des enquêtes notamment suite à l’attaque violente qu’a subie la librairie la Plume Noire !  

    Nous dénonçons ici non seulement la complaisance de la Préfecture, représentante locale de l’Etat,  face à l’extrême-droite mais également l’application claire d’une politique du « deux poids deux  mesures » face aux fascistes et aux réactionnaires. Complaisance car agression après agression,  violences multiples sur les personnes, attaque après attaque, nous ne constatons aucune réaction : ni  interpellation ni condamnation. Au contraire les services de l’État laissent les fascistes s’installer à  Lyon, autorisent leurs rassemblements et protègent leurs agissements. 

    Deux poids deux mesures car :  

    – la Préfecture nous affirme que la presqu’île et la rive droite sont des zones interdites à toutes  manifestations… sauf pour les manifestations des réactionnaires anti-choix comme celle de dimanche  dernier.  

    – Attaquer une librairie associative à une cinquantaine un samedi à 14h ne semble pas répréhensible,  ni de faire des saluts nazis, ni de déambuler tranquillement dans les pentes de la Croix-Rousse et dans  le centre de Lyon, en bande armée et cagoulée après cette attaque.  

    Par contre, déposer un parcours prenant en compte le lieu de l’attaque et les locaux fascistes encore  ouverts malgré la dissolution de Génération Identitaire est jugé inapproprié par la Préfecture.  Pire encore, les justifications d’abord du déplacement, puis de l’interdiction de la manifestation sont  basées sur des troubles à l’ordre public que feraient peser les bandes fascistes sur notre action. Après  avoir laissé ces bandes attaquer une librairie impunément, la Préfecture préfère nous interdire de  témoigner de notre solidarité en se pliant aux menaces proférées. La Préfecture cède son autorité à  l’extrême-droite.  

    Nous tenons à dire clairement que tout acte de violence commis ce week-end par des militants  d’extrême droite seront directement imputables à l’attitude de la Préfecture, ainsi que du Ministère  de l’Intérieur.  

    Pour nous, pour nos soutiens, organisations ou individuels, pour les habitant-e-s des Pentes de la Croix Rousse et toutes les personnes souhaitant affirmer haut et fort que les fascistes doivent être  combattus, nous n’en resterons pas là. Nous souhaitons pouvoir nous rassembler, échanger, et  surtout rappeler que les fascistes n’ont pas leur place, ni ici ni ailleurs, et qu’il est urgent de fermer  leurs locaux lyonnais. 

    En lieu et place de la manifestation, nous donnons rendez-vous aux journalistes pour une  conférence de presse samedi 3 avril 2021 à 14h devant l’Opéra.  

    Signataires : Union Communiste Libertaire, UD CGT du Rhône, Solidaires Rhône, CNT-69, FSU 69,  Planning Familial du Rhône, Jeune Garde, Fédération du Rhône de la LDH, Ras l’front, Ensemble !, France insoumise, Parti de Gauche, PCF, groupe MIRS (Métropole Insoumise Résiliente et Solidaire) de  la métropole de Lyon, Lyon en Commun, NPA, Unité Communiste Lyon