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  • Trump élu: la fin du Monde n’est pour autant pas pour demain.

     

    Défiant la grande majorité des analystes politiques et électoraux, le résultat de l'élection américaine tombe, pour notre fuseau horaire, un peu comme un réveil le lendemain d'une soirée trop arrosée: Un sentiment de confusion, d'incompréhension, nous prend.

    Les sondages et les analystes donnaient avec certitude une confortable victoire pour Hilary Clinton. Cette victoire était celle de la logique, celle du centre, sur la position extrémiste de l'homme d'affaire.

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    Victoire de la logique car les va-t-en-guerre du Pentagone, le complexe militaro-industriel, une grande partie de l'industrie tournée vers l'exportation et l'etablishment étaient des supporters de l'ancienne première dame. Lâché par une partie de son électorat, lâché par une partie des Républicains -même Georges W. Bush aurait voté pour Hilary Clinton- cette victoire semblait impossible.

    Pourtant elle le fût.

    C'est la victoire d'une Amérique sur une autre.

    C'est la victoire des Rush Limbaugh, des Alex Jones, de cette Amérique d'outsiders réactionnaires, ces relents d'Amérique du "Sud profond", contre l'Amérique de Mickael Moore, du New York progressiste et cosmopolite.  C'est le conflit d'une bourgeoisie américaine contre une autre.

    C'est la victoire de la métapolitique, une campagne menée tant dans la rue que sur internet, où l'imageboard 4chan a réussi même à défrayer la chronique, faisant de l'image d'une grenouille mal dessinée un signe de haine et de ralliement à Trump. Image result for pepe trump

    Cela signifie-t'il que Clinton aurait été l'ange de paix et de justice: Non.

    Les révélations de Wikileaks sur les e-mails de Mme. Clinton ont montré une implication de chaque instant de la part de la candidate démocrate, et de la part de l'équipe présidentielle dirigée par Barack Obama, dans des sabotages, des pressions, des opérations de déstabilisation contre les gouvernements d'autres Etats. Cela n'est cependant pas une surprise. Mais le camp de Trump a particulièrement exploité ces histoires, ainsi que la confusion de la candidate entre son mail personnel et professionnel, pour lancer la rumeur de l'avènement d'un règne personnel et absolutiste de la part de la Démocrate. Il semble par ailleurs que des hackers russes auraient donné du grain à moudre, en participant aux piratages.

    Ceci, ainsi que la méfiance traditionnelle des états-uniens pour leurs élites, à contribué à donner un avantage à Trump.

    La Dialectique Trumpienne.

    La victoire de Trump est-elle donc cette fin du Monde tant annoncée ?

    Progressistes des USA, accrochez-vous !

    "L’heure est venue de nous rassembler et de ne faire qu’une nation. Je promets à chaque citoyen de ce pays que je serai le président de tous les américains. Pour ceux qui avaient décidé de ne pas me soutenir, je me tourne vers vous, nous devons travailler ensemble."

    Nous ne nous faisons pas d'illusions. Bien que le discours de Donald Trump soit, en terme de politique intérieure, d'une modération ahurissante, quant revient à la mémoire la campagne, son élection va sonner comme le clairon pour tout ce que les USA comptent en terme de racistes et de réactionnaires. Afro-américains, latinos, asiatiques, natifs américains, mais aussi nos camarades communistes américains vont passer de tristes moments sous une présidence qui a tant jeté de l'huile sur le feu. De même, nous redoutons de voir les mouvements progressistes, pour l'égalité entre les genres, pour l'avortement, pour que la Bible ne soit pas la loi, dans une bible belt majoritairement républicaine.

    Pour autant, la présidence de Barack Obama ne fut pas non plus un long fleuve tranquille. Les meurtres d'afro-américains par la police, la construction du pipe-line à travers la réserve native, les inégalités sociales, l'effondrement de la ville de Détroit, ont eu lieu sous ses mandats.

    Mais le grand revirement se situe dans la politique extérieure .

    Make america isolationist again.

    La victoire de Trump ne peut être regardé que comme la victoire de la position du déclin américain. Que de la position isolationniste et de repli de la part des USA. Hilary Clinton disposait d'un soutien réel de la part des huiles du Pentagone, mais aussi de l'industrie, car elle était d'une tradition interventionniste, d'une position sur la nécessité pour les USA de rester un gendarme du Monde.

    Si l'élection d'Obama était apparue comme un vent frais après 8 ans de bushisme et d'aventures militaires, les USA ont pour autant poursuivi une politique similaire à l'extérieur. Toutefois, le discours était passé d'une Amérique seule face au monde, à celle d'une Amérique cherchant un hegemôn, cherchant un nouveau réseau d'alliances.

    Trump, lui, prononce là aussi un discours d'une incroyable modération: "Je tiens à dire à la communauté internationale que si nous allons mettre en avant l’intérêt national, nous n’oublierons personne et nous traiterons avec tous les autres pays. Nous essaierons de trouver un terrain d’entente. Nous essaierons de trouver un terrain d’entente. Nous conclurons des partenariats et pas des conflits. Et je tiens à remercier toute mon équipe, tous ceux qui ont contribué à faire de cette nuit une victoire historique."

    La désescalade continue. Cette Amérique qui se cache derrière ses murs est une Amérique épuisée et en déclin.

    Son réseau d'alliance s'est affaibli, s'est amoindrie. Alors qu'elle reste le pays le plus dépensier en terme Image result for F-35 échec d'armement, sa capacité à pouvoir maintenir la parité technologique semble devenir un cauchemar, tant les programmes de renouvellement marquent le pas. Le chasseur nouvelle génération F-35 est un échec complet, et est une humiliation pour les USA et leur complexe scientifique et militaire. Face à l'augmentation en qualité et en volume des forces concurrente: Chine, Russie; face à l'augmentation de l'influence de ces derniers à travers le Monde; Turquie vacillante, Philippines de Duterte carrément pro-russe; les USA sont dans une passe difficile.

    Or, Trump n'est pas un America is back bis. Il ne mise pas tout sur la dérégulation et le néo-libéralisme de son prédécesseur des années 80. Trump, l'homme du mur, n'est pas Reagan, l'homme du tear down this wall. Il est une Amérique qui, si elle se prive de l'immigration mexicaine, légale ou non, va voir son PIB stagner d'autant plus. Liquider la manne des maquiladoras n'apportera rien. Il est d'une Amérique coincé entre un libre échangisme traditionnel, et une tentation du protectionnisme et du repli sur soi.

    Nous assistons donc à un affrontement entre deux stratégie de la bourgeoisie américaine, laquelle n'a plus l'unité de volonté qui la caractérisait auparavant.

    En 1939, le président Mao écrivait: " Etre attaqué par l'ennemi est une bonne chose et non une mauvaise chose; en ce qui nous concerne, qu'il s'agisse d'un individu, d'une armée, d'un parti ou d'une école, j'estime que l'absence d'attaque de l'ennemi contre nous est une mauvaise chose, car elle signifie nécessairement que nous faisons cause commune avec l'ennemi.

    Si nous sommes attaqués par l'ennemi, c'est une bonne chose car cela prouve que nous avons établi une ligne de démarcation bien nette entre lui et nous."

     

    Or, qui a salué l'arrivée au pouvoir de Trump ? Des alliés de l'Amérique ? Non.

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    Vladimir Poutine a appelé de ses vœux l'arrivée de Trump.

    Selon l'agence Reuters, le leader de la RPDC, Kim Jong-Un, également.

    Même si cette information est à prendre au conditionnel, comme tout ce qui sort des agences de presse chinoises et sud-coréennes, le fait que cette information ne soit pas choquante en soi est révélateur.

    Les deux ne sont pas des amis des américains, et sont des rivaux, ou des ennemis de son impérialisme. Pour autant, ils ont été séduits par le programme international de Trump, qui passe par la levée des sanctions, par le repli des bases, en bref par un recul sensible de la présence américaine.

    Si les ennemis de l'Amérique saluent l'arrivée de ce candidat, c'est bien qu'ils soupçonnent que celui-ci servira, même indirectement, leur cause.

    Marine le Pen, bien que pro-russe, a soutenu Trump. Ceux qui sont dans ce cas de figure l'ont fait, en grande partie, par ignorance, sans la moindre compréhension des enjeux géopolitiques.

     La France est particulièrement en retard dans sa compréhension des enjeux mondiaux, c'est en partie pour cette raison que son impérialisme est si agressif. Il ne fait que tomber de Charybde en Scylla, incapable de se projeter dans une pensée cohérente. Une partie de la bourgeoisie française est sur une position ouvertement atlantiste, tandis qu'une autre adhère à la conviction que ses intérêts se trouvent plus du côté de la Chine et de l'Oural.

     

    Cette Amérique du repli est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle pour le reste du Monde.

    Elle marque un déclin de l'impérialisme pourrissant des USA, et en cela, elle est une bonne nouvelle. Dialectiquement, cependant, la fonte de la calotte glaciaire que représentait les USA sur la concurrence inter-impérialiste, son affaiblissement, peut entrainer une série de guerres de repartages, peut permettre aux impérialismes brimés de prendre de l'ascendant et de tenter de faire leur place au soleil.
    La victoire de Trump, en tout état de cause, semble tirer le rideau sur la Pax Americana, déjà endommagée depuis 15 ans, depuis le 11 septembre 2001.

    Rien d'intégralement positif n'était, de toute manière, à attendre de cette élection. Entre les deux clans de la bourgeoisie américaine, nous n'avions pas à laisser notre cœur balancer. Cependant, nous restons vigilant: Bien que n'était pas au stricto sensu un émule de Hitler, Trump va certainement mener la vie dure à tous les progressistes américains. C'est vers eux, vers ceux qui combattent l'impérialisme de leur propre Etat, que nos pensées vont en priorité. C'est vers ceux qui, au cœur du monstre, luttent pour les droits des minorités, contre l'obscurantisme et la réaction, contre les menées guerrières, que va nos salutations.

    Nous sommes pour des Etats-Unis d'Amérique démocratiques et socialistes. Nous espérons que le déclin de son impérialisme est un préalable à ce que naisse un puissant mouvement populaire et révolutionnaire au sein de cet Etat.

    Vive la lutte héroïque des progressistes et des révolutionnaires américains !

    Contre l'impérialisme et la réaction !

     

     

  • 99 ans après, la révolution d’octobre est toujours un phare éclairant l’avenir !

     

    Nous célébrons cette année le 99ème anniversaire de la Révolution d'Octobre -25 octobre selon le calendrier julien en vigueur dans l'Empire Russe, dans la nuit du 7 au 8 novembre pour le calendrier grégorien.-

    99 ans après, cette révolution marque toujours une étape titanesque franchie par les masses en lutte, sous la direction du Parti Bolchevik. En effet, après la Commune de Paris, en 1871, elle est la seconde expérience d'un régime nouveau, d'un régime qui à chassé la bourgeoisie et les capitalistes, elle est la seconde expérience de prise du pouvoir par le peuple.

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    Cette révolution à jeté à bas les résidus du tsarisme et du parlementarisme bourgeois. Elle à jeté à bas la fausse démocratie, laquelle marchât sur les revendication du peuple en cette dure année 1917: Le pain, la terre, la paix.

    Les bolcheviks ont démontré aux yeux des masses la fausseté du réformisme, qui s'est enterré lui même, en tentant de servir deux maîtres à la foi: le capital et le peuple, ne finissant que par servir le premier des deux.

    Ils ont démontré aux yeux des masses que seule une révolution conduite de manière déterminée, organisée et structurée de la manière la plus poussée pouvait battre les forces de la réaction et de la bourgeoisie.

    Ils ont démontré que l'alliance étroite et renforcée des paysans et des ouvriers était invincible tant qu'elle était dirigée avec justesse par le Parti.

    Ils ont démontré que les masses pouvaient partir à l'assaut du ciel, et gagner !

    Cette révolution a été le coup d'envoi de la construction de l'Etat socialiste, de l'Etat prolétarien, sous la direction du Parti Communiste (bolchevik) d'Union Soviétique.

    Cette révolution a ouvert la voie à un processus long, émaillé de difficultés, de victoires et de reculs, qu'a été la lente édification du socialisme.

    Elle a été un laboratoire expérimental de l'avancée humaine, de l'avancée des droits des travailleurs, des droits des femmes, des droits des minorités opprimées. Tout comme elle a démontré que la bourgeoisie n'abandonnait pas, d'abandonnait jamais tant qu'il lui restait des forces, et que seule la dictature du prolétariat permettait au peuple de tenir sa forteresse contre les assauts des réactionnaires.

    Elle a démontré la véracité des thèses de Lénine sur la possibilité de construire le socialisme, même si la  terre entière n'avait pas basculée dans la révolution, enterrant les théories pourries des capitulards et des couards.

    Elle a démontré que les pays socialistes, par leur supériorité en terme de forces productives, pouvaient rattraper les pays capitalistes, les dépasser, tout en fonctionnant avec économie et sans gaspillage.

    Elle a donné un formidable élan d'espoir aux peuples opprimés, souffrant dans la nuit du colonialisme, de l'esclavagisme. Elle à inspiré les mouvements de libération nationale, les a aidé, les a mené sur le chemin de la liberté.

    La révolution bolchevik a ouvert l'ère des révolutions populaires, de celle de l'Albanie, de la Chine, de la République Tchèque, de Cuba… L'ère des luttes victorieuses contre l'impérialisme: Chine, Corée, Viet-Nam, Algérie…etc. Elle a ouvert une ère de lumière.

    Hélas, dans les recoins, plus forte est la lumière, plus forte est l'ombre.

    La bourgeoisie paniquée a soutenu les hordes fascistes, a mené les bouchers sanglants, les Hitler et les Mussolini à la conquête du monde, dans une croisade antibolchevique génocidaire, raciste et criminelle.

    C'est le second anniversaire que nous devons célébrer. Celui, de la parade du 7 Novembre 1941, aujourd'hui, il y a 75 ans.

    Fight for Moscow. Parade 1941

    Devant l'ennemi assiégeant Moscou, lors du dur hiver 1941, rien n'avait plus de symbolisme, rien n'incarnait plus le courage et la détermination aux yeux du peuple, aux yeux du monde, que de célébrer l'instant ou les masses ont jeté le gant du défi contre la bourgeoisie et les réactionnaires, et où ils prirent les armes et les vainquirent.

    L'Armée Rouge, renouvelant ce défi, défilèrent dans Moscou, et se portèrent à la contre-attaque, repoussant les nazis et sauvant la capitale. Le discours de Staline reste une exemple même du parallèle évident qui existait entre les deux situations:

    "Il y avait un temps où notre pays était dans une position toujours plus difficile. Rappelez-vous l'année 1918, quand nous avons célébré le Premier Anniversaire de la Révolution d'Octobre. En ce temps-là les trois-quarts de notre pays était dans les mains d'interventionnistes étrangers.
    Nous avions temporairement perdu l'Ukraine, le Caucase, l'Asie Centrale, l'Oural, la Sibérie et l'Extrême-Orient. 
    Nous n'avions aucun allié, nous n'avions aucune Armée Rouge – nous commencions juste à la créer – et nous avons éprouvé un manque de pain, un manque d'armes, un manque d'équipement.
     
    En ce temps-là 14 États ont été rangés contre notre pays (incluant les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France-) 
    Mais nous ne sommes pas devenus déprimés ou découragés! 
    Au milieu de l'incendie de guerre, nous avons organisé l'Armée Rouge et avons converti notre pays en un camp militaire. 
    L'esprit du grand Lénine nous a inspiré ce temps-là, pour la guerre contre les interventionnistes étrangers. Et qu'est-il arrivé ?

    Nous avons défait les interventionnistes, regagné tous nos territoires perdus et avons réalisé la victoire. 
    Aujourd'hui notre pays est dans une bien meilleure position alors c'était il y a 23 ans. 
    Aujourd'hui il est plusieurs fois plus riche dans l'industrie, l'alimentation et les matières premières. 

    Aujourd'hui nous avons des alliés qui conjointement avec nous forment un front uni contre les envahisseurs allemands. Aujourd'hui nous avons la sympathie et l'appui de tous les peuples d'Europe, qui sont tombés sous le joug de la tyrannie Fasciste. Aujourd'hui nous avons une armée et une marine splendides, défendant la liberté et l'indépendance de notre pays avec leurs vies. Nous n'éprouvons aucun manque sérieux ou d'alimentation ou d'armes ou d'équipement.
    Notre pays entier, tous les peuples de notre pays, supportent notre armée et marine, les aidant à briser les hordes Nazies.
    Nos réserves dans la main d'œuvre sont inépuisables. L'esprit du Grand Lénine nous inspire pour notre Guerre Patriotique aujourd'hui comme il l'a fait il y a 23 ans.

    (…)Laissez la bannière victorieuse du grand Lénine flotter sur vos têtes!
    Détruisez totalement les envahisseurs allemands!

    Mort aux armées allemandes d'occupation!
    Vive notre Patrie glorieuse, sa liberté et indépendance!
    Sous la bannière de Lénine – en avant à la victoire!"

    L'Armée Rouge est partie de la place Rouge, devant le mausolée de Lénine, pour finir sa course devant le bunker de la chancellerie, exterminant les dernier SS -français qui plus est- protégeant leur Moloch hitlérien assoiffé de sang.

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    Hélas, un triste anniversaire est à célébrer aussi. Celui de la trahison du XX ème congrès du PCUS

    La révolution bolchevik et la construction du socialisme en URSS ne se sont pas déroulés comme s'écoule une douce nuit d'été. Cela a été une lutte de chaque instant. Cela a été un combat ardu, impitoyable. Cela était également une expérimentation, qui devait déceler les pièges au moment où elle posait le pied dessus.

    Or, il est un fait indéniable, c'est que la victoire de la révolution d'octobre n'a pas été complète. Elle a été battue par un ennemi insidieux et protéiforme: la bourgeoisie, laquelle s'est accordée ainsi un sursis.

    1917-1956, voilà les 39 années de socialisme qu'a connu l'Union Soviétique. A la suite de cela, le révisionnisme, l'opportunisme, le social impérialisme prirent le dessus sur le marxisme-léninisme et menèrent le pays à la ruine, sabotèrent les partis communistes honnêtes et loyaux, et portèrent au nu le droitisme et le réformisme.

    Présenter l'Histoire de l'URSS comme un monolithe  revient à faire disparaitre par un tour de passe-passe le XX ème congrès du PCUS et ses conséquences, et il revient à faire apparaître, de manière subite, de manière complotiste, la classe sociale bourgeoise, qui liquide l'URSS.

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    Or, qu'est ce que nier le congrès de 1956 et la victoire des révisionnistes: C'est nier l'existence du révisionnisme, nier la liquidation des principes fondamentaux du léninisme par la clique de Khrouchtchev, c'est coller à la ligne de coexistence pacifique pitoyable, c'est coller à la monétarisation de l'économie, c'est coller aux principes économiques stupides de développement des biens de consommation et de l'industrie légère au détriment du développement de fond du pays.

    C'est adopter sans embage la coercition fasciste de Brejnev, qui traite ses opposants de malades mentaux et les fait enfermer dans des asiles psychiatriques, au lieu d'utiliser le débat et la persuasion, sous le prétexte qu'être contre lui, c'est être malade. C'est participer au retour de l'héritage dans la législation soviétique, c'est participer, le sourire au lèvre, à la clique antisoviétique, vils servants du complexe militaro-industriel soviétique.

    C'est jeter l'héritage de Staline par dessus-bord. C'est faire insulte à l'URSS socialiste. C'est cracher au visage de Voroshilov, de Molotov, de Kaganovitch, qui subirent la répression et les accusation de la clique révisionniste.

    C'est également nier la légitimité de ceux qui continuèrent le marxisme authentique, ceux qui rejetèrent la trahison: Enver Hoxha, Mao Zedong, Che Guevara…. En revanche c'est prodiguer mille caresses à la clique anticommuniste de Tito, milles caresses aux partis révisionnistes. C'est nier un pan entier de l'histoire du mouvement communiste et ouvrier, c'est rester benoitement sur un fantasme, c'est ne pas être tourné vers l'avenir.

    Faire surgir la contre-révolution de derrière les fagots, c'est être un antimarxiste.

    La clique liquidatrice de l'URSS n'est pas sortie de nulle part. Elle est la maturation d'une bourgeoisie intérieure qui trouve sa base sociale quelque part ! Or, une des lois de la dialectique est que les choses naissent, grandissent, ou stagnent et meurent. Si une bourgeoisie, qui est toujours au pouvoir, y est parvenue, c'est qu'elle s'est nourrie et à grandi sur un terreau.

    Comment y répondent les révisionnistes: "Ce sont des aigrefins, ce sont des déçus, des ambitieux, des agents étrangers. Jamais une classe sociale née de la restauration du capitalisme amorcée en 1956."

    Pourtant c'est bien cela. C'est bien que des failles à colmater sont apparues. Il nous faut les trouver.

    Nous, nous les cherchons, nous les cherchons dans le travail des continuateurs du marxisme, de ceux qui ont critiqué avec justesse et avec fraternité les manques de la direction soviétique. Ces mêmes dont les révisionnistes se privent d'étudier les écrits. Nous les cherchons, ces failles, par nos cherches, par nos analyses, par un travail minutieux que doivent faire les communistes, pour que l'idéologie soit la plus aiguisée.

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    Mais pour les folkloristes cela serait briser en éclat le paradigme du "paradis" socialiste, casser leur folklore, leur mythe, en bref, cela leur causerait de la peine.

    Nous n'avons aucune sensiblerie vis-à-vis de notre histoire. Elle n'existe pas pour nous faire plaisir, elle existe pour être critiquée, pour que nous en tirions des conclusions et des améliorations. Si nous n'avons pas vaincu, c'est que nous avons failli. Il nous FAUT le comprendre.

    C'est la le travail dévolu à notre génération de militant communistes: faire émerger cette synthèse, aiguiser la lame la plus affûtée de la théorie, et ne pas l'utiliser comme un hachoir. C'est là nos tâches, que de porter au plus haut notre compréhension de notre propre histoire, de notre propre héritage.

    Ne laissons pas les bandits réformistes prendre en otage l'héritage de 1917

    Ne laissons pas le bandit Poutine prendre en otage l'héritage de 1941

    Ne laissons pas les bandits révisionnistes mentir sur le sens de 1956

    Nous, communistes, nous ne devons pas que crier le nom de la révolution de 1917. Que crier au nom des défenseurs de Moscou. Nous devons nous montrer dignes d'eux. Digne de l'héritage idéologique que nous ont laissé nos prédécesseurs. Or, cette dignité se gagne en relevant le gant de la bataille idéologique, pour restaurer sa grandeur. De la bataille organisationnelle en construisant de nouveau nos organisations, notre parti, que les révisionnistes nous ont volé et ont annihilé. De la bataille suprême, en battant une bonne fois pour toute la bourgeoisie impérialiste de France, la bourgeoisie impérialiste du Monde entier !

  • Le P.S. tombe les masques sur l’inutilité de son programme

    "Notre parti n'a aucun intérêt à rejouer la pièce des élections précédentes, où le temps passé à discuter et à se disputer pour élaborer un programme est inversement proportionnel au temps que le candidat passe à le lire et à le reproduire."

    Le Parti Socialiste, enfin, cesse de se mentir. Après l'adoption d'une motion par le Conseil National du Parti Socialiste, il renonce officiellement à présenter un programme.

    L'explication est simple: Les programmes ne sont pas appliqués. Le PS quitte donc la tradition des partis issus du mouvement ouvrier -où le programme est le point central, et le candidat secondaire- pour rejoindre la tradition gaulliste: une clique, une coalition, qui s'unit pour porter un candidat pour les élections, mais sans synthèse programmatique.

    C'est un double aveu qui est fait:
    Le premier est que le PS s'effondre peu à peu, et que son unité de façade s'est complètement fracturée. Le sauve-qui-peut de la fin du mandat du président le plus impopulaire de la Vème République a effrayé la bande d'opportunistes qui composent le PS. Les rats quittent le navire, et l'hémorragie de cadres ne fait que commencer.

    Pour se sauver, le PS joue la carte de la primaire large, de la candidature unique du plus populaire. Le PCF, larbin du PS, son croupion, sera là pour donner l'impression qu'il s'agit d'un front uni large, en échange il conservera quelques mairies et élus aux législatives. Les logos se feront plus discrets, le PS en à l'habitude, le no-logo lui a toujours permis de s'infiltrer et de se faire servir la soupe. Ainsi, les cadres du PS espèrent conserver leurs sinécures, leurs privilèges, et échapper à la destruction totale du parti Socialiste.

    La deuxième raison qui pousse à ne pas faire de programme est plus systémique. 
    Un débat de fond sur des idées ne sert à rien, en effet, car le pouvoir réel n'est pas à l'Elysée. Les promesses du candidat Hollande, tout comme celles de chaque candidat, étaient automatiquement invalides dès qu'elle touchaient un tant soit peu aux intérêts de la bourgeoisie. A quoi bon faire un programme quand les grands capitalistes, la bourgeoisie donnent les ordres ? Pourquoi s’embêter ? Les transnationales françaises déterminent la politique diplomatique de la France, pourquoi donc s'en faire ? Et si nous n'obéissons pas, gare ! La dette d'Etat nous étoufferait, et nous perdrions le soutien de nos braves créanciers !

    C'est ce double aveu, de la part du PS, qui est à saluer: L'élection présidentielle est une farce, une farce dans laquelle les partis réformistes sautent à pied joint, avec joie et enthousiasme. Une farce qui se base sur l'opportunisme, la démagogie, le populisme.
    Une farce qui vise à présenter des choses irréalisables pour glaner des voix, à faire croire que demain le soleil brillera toujours.

    Une farce d'autant plus ridicule que le bout de piste n'est qu'un bureau. Le président n'est que le chef du conseil d’administration de la bourgeoisie française. Qu'importe pour qui les votes pencheront, ce ne sera qu'une saveur légèrement différente pour votre exploitation. Saveur marine, hollandaise, ou autre. Mais le fond sera le même.

     

    Nous, communistes, considérons que cette farce, cette blague de mauvais goût -en particulier pour les victimes de l'impérialisme français- a assez duré. Nous rejetons le Parti Socialiste comme nous rejetons toutes les vermines opportunistes, tous les traîtres et les ennemis. Le Jour où une élection sera en mesure de mettre en péril le pouvoir de la bourgeoisie, gare au fascisme !

    Lénine écrivait, dans Le renégat Kautsky et la révolution prolétarienne:
    « Jamais, si ce n'est dans l'imagination doucereuse du doucereux benêt Kautsky, les exploiteurs ne se soumettront à la volonté de la majorité des exploités, sans avoir fait jouer dans une bataille suprême, désespérée, dans une série de batailles leur avantage. »
    Pour liquider le capitalisme, il ne faut pas un bulletin de vote. Il faut une armée: celle du peuple !

  • Prolétaires sous l’uniforme ?

    L'organisation trotskiste Lutte Ouvrière s'est fendue d'un communiqué sur les manifestations des policiers qui est plus que révélateur de ses conceptions idéologiques. 

    Niant la violence de classe de la part de la bourgeoisie, elle prend le parti de soutenir la police, gémissant sur le fait que les attaques contre les policiers soient des actes condamnables. "On ne peut évidemment qu’être choqué des agressions gratuites répétées à l’encontre des policiers."

    La violence du peuple répond à la violence de la bourgeoisie. A la violence de l'exploitation, à la violence de la discrimination, à la violence du racisme institutionnalisé.

    Que nous puissions débattre des moyens par lesquels elle s'est exprimé est une possibilité, en effet, mais en nier le fond de classe, s'est être un allié de la bourgeoisie. 

    "Leur hiérarchie les dépêche contre des locataires s’opposant à une expulsion ou des parents d’élèves à une fermeture de classe et contre les travailleurs en grève et les manifestations ouvrières." Est un fait indéniable. Cependant, bien qu'ils en soient le bras armé, parfois contre leur gré, leurs revendications, ainsi que celle de leur mobilisation ne sont pas des revendications progressistes. 

    Les policiers ne dénoncent pas, en gentils hommes et femmes empreints d'amour, "La dégradation de la situation (…) subie dans toutes les cités, dans tous les quartiers. " Non, ils réclament plus d'armes, plus de libertés, plus de moyen pour mener à bien leur mission d'oppression. Ils réclament des moyens pour servir plus efficacement la bourgeoisie et écraser plus efficacement le peuple.

     "l'une des premières revendications porte sur le matériel. Les policiers se plaignent souvent d'avoir des locaux vétustes, du matériel informatique hors d'usage ou des véhicules et des protections qui ne sont pas adaptées." Selon le journaliste Hakim Abdelkhalek , "Bernard Cazeneuve promet d'accélérer la modernisation de tous ces équipements. Sur ce point, Manuel Valls avait déjà promis des véhicules anticaillassage ainsi que des protections antifeu."

     

    Une des revendication "porte sur les missions. Les policiers se disent fatigués, épuisés moralement et physiquement. Au total ils ont accumulé 18 millions d'heures supplémentaires." D'ailleurs, le journaliste ajoute que ce mercredi 19 octobre au soir, "Bernard Cazeneuve promet de recentrer le travail des policiers sur leur cœur de cible. Les policiers demandent par exemple à être déchargés de certaines missions comme la protection de certains bâtiments publics."

    C'est une erreur de conception que de croire que la bourgeoisie " s’intéresse aussi peu à la vie des quartiers populaires qu’à celle de leurs forces de répression sur le terrain. " Bien au contraire, l'utilisation de l'Etat d'urgence, les méthodes inspirées par l’expérience coloniale sont autant de moyens mis en oeuvre pour contrôler ces quartiers. Ce qui ne leur importe pas le moins du monde, en revanche, c'est la misère qui y règne. Tant qu'elle n'explose pas. 

    "Les possédants ont besoin d’une police pour protéger leurs biens et leur ordre social, cette police largement utilisée par exemple lors du mouvement contre la loi El Khomri." Voilà une vérité bien assénée. Une vérité qui devrait pousser l'organisation trotskiste à réfléchir à deux fois avant de pleurer sur les malheurs des agents de la bourgeoisie. 

    "L’espoir, aussi lointain puisse-t-il paraître aujourd’hui, réside dans plus de conscience, plus d’organisation, plus de solidarité, plus dans confiance dans la classe ouvrière et le combat pour changer le monde." Encore une fois, Lutte Ouvrière effleure la vérité pour ensuite s'enfoncer dans la bêtise. 

    Lino, du groupe de musique Arsenik, écrivait que "si l'espoir fait vivre, ceux qui vivent d'espoir meurent de faim." Poser les questions en terme d'espoir est un bien piètre vœu. Communistes, nous posons les questions non en terme d'espoir mais en terme de tâches à remplir. Et lutter contre les détachements armés de la bourgeoisie, les démoraliser, instiller le défaitisme chez eux est une tâche. Non soutenir leurs revendications et leurs rêves fascisants, tremplin de l'extrême-droite. 

    Que les manifestations de policiers soient le reflet d'une aggravation des contradiction dans la société française est un fait. Cependant, ramper devant les factions idéologiquement les plus réactionnaires, fussent-ils simples agents de la bourgeoisie, est une position fausse. Fustiger ceux qui ne tolèrent plus la présence de l'Etat, de la Police, de l'Armée dans leurs quartiers est révélateur de la tendance fondamentalement réactionnaire qui réside dans l'idéologie de L.O.

    Le discours du "prolétaire sous l'uniforme", déjà tenté par les trotskistes durant la seconde guerre mondiale, cherchant a saboter la Résistance, se reproduit aujourd'hui de nouveau.

    Nier le contenu réactionnaire de ces manifestations, c'est croire que "tout ce qui bouge est rouge", c'est saper le lien avec les classes populaires, qui subissent l’oppression de la police et de la justice chaque jour. 

    Aujourd'hui comme demain, nous n'oublions pas qui nous tire dessus, qui nous arrête et qui nous opprime. Et nous n'allons pas soutenir leur quête pour faciliter cela!

  • La police manifeste.

    Chose rare, la police manifeste. Armée, équipée, de nuit, elle lance des manifestations sauvages. Pourquoi ? Parce qu'elle se sent haïe.

    Ce soir, la police manifestera à Lyon, à la suite d'une altercation à Vénissieux.

    Il n'est pas surprenant que les policiers et les policières aient confusément conscience du fait que leur rôle est celui de gardiens de la bourgeoisie et de l'exploitation pacifique des travailleurs et des travailleuses. Il n'est pas non plus surprenant qu'ils aient conscience de la haine que leur voue les classes populaires, qu'ils répriment sans remords, tout en étant méprisés également par la bourgeoisie.

    Cependant, contrairement a certains qui se ruent sur l'aubaine pour saluer leur "frères et soeurs sous l'uniforme", qui souhaitent une renaissance de l'unité "Charlie", nous regardons les choses avec recul.

    Qu'il puisse y avoir, dans les rangs de la police, quelques idéalistes authentiquement persuadés d’œuvrer pour le "bien", nous n'en doutons pas. Cependant, ils ne restent guère, dégoûtés de la réalité de leurs tâches, ou sombrent dans la dépression, le cynisme, voire le suicide.

    Mais l'institution, elle-même, n'est née que pour maintenir par la force l'ordre bourgeois. Marx les appelait les détachements spéciaux de la bourgeoisies, ses détachements terroristes.

    C'est d'ailleurs pour cela que les policiers et les policières se sont mobilisés cette nuit.

    Leur discours n'était pas pour un sou un discours de fraternité avec le peuple, ce n'était pas un "nous sommes dans le même camp", non. Au contraire, c'était un appel à plus de moyens pour écraser les masses. Un appel à plus de mobilisation, plus de liberté d'action pour continuer leur mission d'oppression contre le peuple.

    A ceux qui saluent et embrassent ces manifestations, nous leur répondrons qu'ils embrassent des mots d'ordres réactionnaires, sécuritaires, visant à caporaliser la société.

    Les réactionnaires de tout poil se sont engouffrés dans la brèche, pour offrir les promesses les plus mirobolantes aux forces de l'ordre, prêts à tout pour vomir des messages réactionnaires, stupides et -qui plus est- hypocrites.

    Le père Sarkozy multipliant les caresses, alors que le fils est lui-même en conflit avec la police est un exemple.

    Que la police soit démoralisée et épuisée est une bonne et non une mauvaise chose. Nous ne souhaitons pas une police bourgeoise heureuse. Nous souhaitons se démoralisation et sa désorganisation, laquelle ouvre la voie à des victoires pour les masses populaires !

    Tant que la police bourgeoise sera puissante, l'ordre bourgeois le sera également.

     

     
  • Sur la situation politique au Brésil.

    La chute de Dilma Rousseff de la présidence du Brésil représente les intérêts de la bourgeoisie, et pas ceux de la classe ouvrière. Certes, la politique de conciliation de classes menée par la Parti des Travailleurs à travers les mandats consécutifs de Lula Ignácio da Silva et de Dilma Rousseff a davantage servi les intérêts de la bourgeoisie, ce qui a inévitablement mené à la crise financière qui a caractérisé le second mandat de la présidente fraîchement destituée.


    Le Parti des Travailleur, à la tête du Brésil depuis 2002, n’est rien de plus qu’un simple parti réformiste. Ceux et celles qui attendait mieux se sont ou bien emplis d’illusions, ou bien se sont mal informés. Le PT n’est pas un parti révolutionnaire, il est un parti de cogestion, de coalition, parfaitement intégré à la démocratie bourgeoise car il en est sa jambe gauche, et s’alliant depuis toujours avec la droite dans un souci purement électoraliste.

    Alors certes, les réformes sociales menées par Lula puis par Dilma dans le maigre cadre que leur laissait la démocratie bourgeoise ont sorti le Brésil de la situation de famine et de misère dans laquelle il se trouvait jusqu’au début des années 2000. Avant eux, personne n’avait fait quelque-chose de semblable. Certes, le PT a défendu la classe ouvrière à de nombreuses reprise, en particulier à travers la Centrale Unique des Travailleurs (CUT), premier syndicat ouvrier de l’Histoire du Brésil, qui a permis l’établissement d’un rapport de force face au patronat, ce dernier s’est retrouvé obligé de concéder au prolétariat le minimum vital: des droits. Certes encore, le PT a promu la science en créant des universités publiques, en ouvrant l’accès à l’université publique pour les enfants de prolétaires, jusqu’alors exclus de toute éducation supérieure. Enfin, pour rendre au PT ce qui est au PT, il a toujours endossé la bannière des minorités, à travers le mariage homo-affectif, à travers les lois pour la protection des femmes, à travers les cotas raciaux nécessaire pour mettre fin à la marginalisation des afro-brésiliens.

    Accusé de corruption par ses propres alliés droitiers, le gouvernement de Dilma Rousseff a commencé à mener la plus vaste campagne anti-corruption de tout l’Histoire du Brésil, permettant ainsi de faire un ménage nécessaire. Cependant, cette bourgeoisie à la tête du Brésil depuis plus de 500 ans n’a pas vu d’un bon œil cette politique anti-corruption, et a commencé à avoir peur pour ses propres intérêts, car la corruption est très récurrente dans les partis de droite, liés de très près aux mafias organisant le trafic de drogue dans les quartiers défavorisés. Dans un soulèvement visant le maintien des pratiques corruptrices, les partis de droite ont commencé un travail de destruction systématique et de stigmatisation du gouvernement de Dilma Rousseff, afin d’empêcher la tenue de tout procès anti-corruption, ce qui a abouti à une escalade politique qui a mené, fin avril, à la destitution provisoire de la présidente de la République.

    Ce 31 août dernier, un sénat composé très majoritairement de politiciens corrompus, a voté pour la destitution officielle de la présidente Dilma, au nom de la lutte contre la corruption, ironiquement.

    Aujourd’hui le Parti des Travailleurs paie pour les alliances toxiques qu’il a réalisé avec la bourgeoisie corrompue, avec les chefs mafieux, avec ces colonels prêts à tout pour asservir la classe ouvrière, avec ces politiciens putschistes. Et il n’est qu’un exemple supplémentaire de l’échec prévisible et inexorable de la sociale démocratie. L’impossibilité de la conciliation de classe, de vouloir à la fois servir le peuple tout en ne froissant pas la bourgeoisie, est symptomatique de la politique du PT. Même une fois le putsch consommé, Lula dans ses derniers discours en septembre 2016, qui est encore très fort d’une base populaire large, confirmait la continuation de la conciliation de classe. Le Parti des Travailleurs se prend a son propre piège: il continue de s’allier avec les mêmes partis de droite dans des coalitions électoralistes pour les élections municipales qui auront bientôt lieu au Brésil: comme si toute cette débandade ne lui avait pas servi de leçon.

    Le retour de la grande bourgeoisie au pouvoir officiel est marqué par un virage à droite: destruction systématique de la santé, de l’éducation et plus généralement du service publique, répression toujours plus forte des mouvement ouvriers, fin des allocations sociales, libéralisation à l’extrême de toute l’économie, vente des moyens de production, en particuliers dans l’industrie lourde et le domaine pétrolier.

     Peu d'options sont ouvertes aux forces révolutionnaires et progressistes brésiliennes. Pour en finir avec la bourgeoisie, elle sera confrontée à la lourde tâche de se recomposer et de former ou d'intégrer un parti de masse, lequel sera en mesure de mener une lutte révolutionnaire. La conciliation de classe n’amènera qu'a l'impasse, seule la lutte frontale contre la bourgeoisie peut amener à la victoire. Cette effort gigantesque, dans des conditions terribles que doivent entamer les communistes brésilien doit recueillir notre soutien politique, partout dans le Monde.

  • Francois Fillon promeut la révision de l’Histoire

    François Fillon et le lycée, c’est une longue histoire. Partisan et promoteur de leur autonomisation -leur privatisation rampante- en 2005, lorsqu’il fut ministre de l’Education Nationale, il développe, dans la course à l’Elysée, une conception particulièrement intéressante du rôle de l’enseignement. Intéressante, car révélatrice du contenu politique réactionnaire de ce personnage.

    Ces quelques tweets, fragments de son dernier discours, donnent ainsi un portrait fascinant de ce à quoi devrait-elle ressembler.

     

     

     

    La diatribe réactionnaire sur les uniformes, devant faire de l’éducation un moule, est une vieille rengaine. Une manière d’abolir cosmétiquement les différences de classes sociales, de cultures, dans les établissements, mais surtout une manière de les nier, de prétendre qu’elle n’existeraient plus des lors. Un cache-sexe hypocrite, en somme, mais qui reste un fantasme de caporalisation -au sens de militarisation des rapports- de la société.

     

    Dans cet ordre d’idée, la suppression des enseignements de « langues et cultures d’origine »  est aussi une manière de vouloir donner l’idée d’un creuset chauvin. Cependant, personne n’est dupe.

    Quand il est mentionné « de langue et culture d’origine »,  il est évident que ce qui est sous-entendu est « de langue et du culture d’origine Arabe », voir peut-être même les autres cultures ou langues mal-connotées, tel le Roumain, le Bulgare, le Turc ou d’autres encore… C’est aussi une manière d’imposer une nouvelle brimade injustifiée, une nouvelle stigmatisation, jetant de l’huile sur le feu.

    Lorsque notre ami François Fillon s’en prend aux dangereux pédagogues, aux dangereux syndicats, c’est aussi une attaque visant à soutenir l’idée d’un caporalisation de la société. L’école ne devrait pas être aux mains de ces gens-là, pour notre présidentiable, elle devrait être tenue d’une main de fer par l’Etat, être au service de ses ambitions impérialistes et chauvines.

     

    Ce qui nous amène au dernier aspect de ces tweets issus de son discours. Francois Fillon, annonce sans rougir, sans honte, qu’il désire forcer l’enseignement de l’Histoire à se travestir pour épouser un chauvinisme mensonger. Un Roman National, lequel n’est pas sans rappeler le « nos ancêtre les gaulois » si bien connu.

    Sans vergogne, l’annonce d’une réécriture de l’Histoire lui apparaît comme justifiée.

    Car pour François Fillon, comme pour les chauvins de toute espèce, l’histoire n’est pas une science, mais elle est encore au stade des « belles lettres » de Jules Michelet. Elle est un point d’appui, non pas pour comprendre le présent, mais pour appuyer une construction artificielle.

    Nous ne saurions ne pas faire de parallèle avec le livre de Georges Politzer, lequel évoque la manière dont Alfred Rosenberg, théoricien du national-socialisme, concevait l’histoire:

    « Dans cette conférence, intitulée : « la liberté de la science », M. Rosenberg a fait la déclaration suivante : « Il y a une conception catholique et une conception protestante de l’histoire. A côté des conceptions religieuses de l’histoire apparaissent les conceptions nationalement teintées. Nous croyons qu’il est temps d’annoncer une façon allemande de considérer l’histoire (M. Rosenberg, « Blut und Ehre », tome 2 ; page 210) ».

     

    M. Rosenberg constate donc qu’il y a une déformation ecclésiastique et une déformation chauvine de l’histoire.

    Il en tire la conclusion qu’il est temps d’ajouter aux déformations déjà existantes une déformation nouvelle, la déformation « allemande », c’est-à-dire, selon lui, national-socialiste.

    Déformer ainsi les faits, c’est ce que M. Rosenberg appelle « la liberté national-socialiste de la science ».

    Déformer l’histoire, c’est refaire l’histoire du passé selon les besoins du présent ; c’est subordonner l’histoire aux exigences d’une propagande. »

    Nous ne sommes pas en train d’annoncer que M. Fillon est un nazi camouflé, nous ne cherchons pas à faire un parallèle entre son tweet et le nazisme, mais  bien le fait qu’il se pose une question de méthode, lorsqu’est promu le fait de déformer sciemment l’Histoire, et même de réclamer ce droit.

    Les chauvins, les impérialistes et les bourgeois, en vérité, haïssent l’Histoire. Elle leur donne tort. Elle enregistre leurs crimes, leurs méfaits. Elle donne la possibilité aux masses de se situer dans le temps, dans les régimes politiques, et de se rendre compte que le capitalisme n’est qu’une étape, qu’un grain de sable qui sera vite balayé par le vent de l’avancée de l’humanité et du développement de celle-ci.

    Pour eux, elle doit rester un outil, servir leurs ambitions, être modelée pour répondre à leurs besoins. Vouloir un Roman National, c’est préparer le nationalisme débridé, le chauvinisme agressif. Vouloir cette histoire réécrite, c’est pour qu’elle soit une propagande, rien de plus. La réécrire comme le veut François Fillon, c’est chercher à noyer sous la propagande la plus agressive les jeunes générations, c’est chercher à inculquer de nouveau une culture militariste et chauvine. C’est faire de l’histoire de l’Etat Français un mythe, un fantasme positiviste, qui aboutit à une idée d’une place méritée -de droit divin- de la France dans le Monde.
    Résultats de recherche d'images pour « roman national »
    Nous, communistes, malgré le torrent d’immondice que la bourgeoisie et ses alliés déversent sur notre histoire, malgré les falscifications grossières qui sont inscrites dans les manuels scolaires, nous ne redoutons jamais la vérité historique. Pour nous l’histoire est une science qui doit nous éclairer, non un conte pour enfant. Nous dénonçons cette manipulation grossière. Nous dénonçons ce projet dangereux, et d’une manière générale nous dénonçons ces élections, qui sont une mascarade, et qui soufflent, de plus, sur les braises de la xénophobie et du chauvinisme.

    Nous défendons l’histoire comme matérialiste et dialectique, comme devant être scientifique et non un roman. Nous défendons une histoire de la vérité, nescessaire pour que soient connues et critiquées les erreurs du passé. Nous revendiquons une histoire de l’humanité, de la lutte des classes, non une histoire de portraits et de mythes.

    Méfions nous toujours de la falscification ! 

     

     

  • Mettre dos à dos l’extrême droite française et Daesh ?

    CET ARTICLE A ÉTÉ RÉDIGÉ EN NOVEMBRE 2015 A LA SUITE DES ATTENTATS DE PARIS ET NE PREND DONC PAS EN COMPTE LES ÉVOLUTIONS DEPUIS CONCERNANT LA SITUATION POLITIQUE ET MILITAIRE. 

     

    Mettre dos à dos l’extrême droite française et Daesh ?

     

    L’extrême-droite est coutumière des grands écarts et des sauts périlleux de la pensée. Cela n’est pas une nouveauté. Cependant, quand elle n’est pas en train de vendre les armes qui ont servi à la tuerie de Charlie Hebdo, elle trouve quand même le moyen de faire le jeu des forces réactionnaires qui opèrent au Moyen-Orient.

    Soyons d’une claire et cruelle honnêteté : Les forces politiques qui la composent sont les seuls qui ont à se réjouir des attentats, qu’ils voient comme une démonstration par le fait de la véracité de leur thèses sur le caractère intrinsèquement terroriste de l’Islam. Démonstration d’un fausseté nette, mais qui pour autant est en vogue et est portée par un véritable raz-de-marée idéologique.

     

    « Refugees not welcome » : comment cette phrase renforce Daesh

     

     

    « Refugees not welcome » scande t’elle sur tous les toits, ceci de manière tout aussi figurative que littérale. L’extrême-droite tente d’agir comme un lobby en faveur de la fermeture des frontières, cela n’est pas nouveau.

    Les arguments employés ne servent qu’une politique démagogique, et recyclent médiocrement des thèses employées pour chaque vague migratoire. Cependant, ils ont un écho gênant à l’heure actuelle.

    Une des choses que redoute Daesh, c’est le vide. C’est même quelque chose qui tend à les terrifier. Cet exode massif de personnes qui quittent le prétendu califat, ou qui fuient la guerre civile, privent en effet Daesh d’une main d’œuvre, d’une source de revenu, bref de force vitales dont l’organisation à cruellement besoin.

    Dabiq, le journal de Daesh, le mentionne d’ailleurs de manière quasiment explicite. A travers leurs réseau de presse, ils cherchent à attirer des spécialistes ou des techniciens qualifiés pour permettre à leurs infrastructures de fonctionner de manière efficaces. Et pour cause, ils en manquent cruellement.

    La fuite massive de ces personnes qualifiées, qui pouvaient financièrement assumer les copieux pots-de-vin, ou les frais de départ de leur pays, met l’EI dans l’embarras. Une fuite encore plus massive la mettrait rapidement à genoux, incapable de réparer les dégâts des frappes.

     

    Gêner de quelque manière que ce soit l’exil des personnes fuyant l’EI, ne pas encourager les défections dans ses rangs, c’est lui offrir un cadeau certain. C’est lui offrir une durée de vie plus longue.

    Au lieu de placer de la méfiance dans ceux qui fuient la guerre civile ou le régime de terreur du prétendu califat, la logique voudrait, qu’au contraire, il faille tout faire pour faciliter l’évacuation du secteur, faciliter une espèce d’opération d’évacuation, en transformant les régions contrôlées par Daesh en désert aride.

     

    Daesh et l’extrême-droite se réjouissent en commun de chaque fermeture de frontière, de l’accroissement de la méfiance envers ceux qui fuient leur pays. La propagande anti-arabe et antimusulman menée par de nombreux groupes politiques ne peut que faire éclater de joie l’EI.

    Daesh ne cherche pas, pour le moment, à imposer un ordre hégémonique sur le monde. Il se contente d’ambitions bien moindre. Donc, contrairement à des mouvements de type insurrectionnel que nous avons pu connaître durant le 20e siècle, ils ne cherchent pas à constituer une cinquième colonne ou à s’implanter politiquement dans les pays occidentaux. Son objectif n’est donc pas de convertir à sa cause des résidents. Il n’y a pas d’ambition de créer des espèces de « no go zones » ou de « zones libérées » à l’image de la théorie de la guerre populaire prolongée de Mao Zedong.

    Non, Daesh table sur une théorie simple et accessible à tous : L’occident rejette l’Islam viscéralement et il n’y a aucun espoir pour les musulman dans ces pays. Daesh encourage donc au départ pour la région sous son contrôle.

    Cependant on peut voir là où la théorie de Daesh et les thèses de l’extrême-droite se rejoignent : Bien que n’ayant pas toujours été islamophobe, l’extrême-droite à fait que la question musulmane un cheval de bataille particulièrement efficace. Adhérant dans une certaine mesure à l’idée du « choc des civilisations » de Samuel Huntington, l’extrême-droite défend une thèse symétrique de celle de Daesh : Les musulmans ne pourraient avoir leur place dans les pays de civilisation judéo-chrétienne, et seraient donc condamnés à les quitter.

     

    Comment les thèses de l’EI et de l’extrême-droite se renforcent mutuellement ?

     

    Cette symbiose prend la forme d’une prophétie auto réalisatrice : Daesh théorise que l’occident est l’ennemi par essence de l’Islam, et qu’il doit être détruit. L’extrême droite théorise que l’Islam est l’ennemi par essence de l’occident et qu’il doit être détruit également.

    A chaque acte raciste ou islamophobe, l’extrême-droite valide la thèse de Daesh, la renforce, accroit son influence sur des personnes isolées et vulnérables. A chaque action, Daesh cherche à faire la même chose, en cherchant particulièrement à jeter la suspicion sur les réfugiés, renforçant ainsi les positions d’extrême-droite dans les pays occidentaux, et donc permettant un effet d’entrainement qui jette dans les bras de la réaction de plus en plus d’individus.

    L’idéologie réactionnaire trouve facilement prise sur des éléments fragilisés. L’individualisation de plus en plus forte qui peut s’opérer, malgré l’illusion donnée par les réseaux sociaux, permet à ces idées de frayer de plus en plus aisément leur chemin. Il n’existe pas de solution miracle bien entendu, mais la socialisation, le fait de tisser des liens et de vivre en communauté protège de ce poison.

    Le fait de céder à la panique, aux idées effrayantes véhiculées par l’extrême-droite n’offrirait rien de tout cela. Bien que ce soit indépendant de leur volonté, ces idées entretiennent un feu couvant qui pourtant mérite d’être désamorcé.

    Aider les réfugiés, aider ceux qui sortent de cet enfer, faciliter leur possibilité de vivre dans de bonnes conditions est une manière bien plus concrète de lutter contre l’EI que de répandre des rumeurs, des discours destinés à effrayer ou à diviser. 

     

     

    Le fait de céder à la panique, aux idées effrayantes véhiculées par l’extrême-droite n’offrirait rien de tout cela. Bien que ce soit indépendant de leur volonté, ces idées entretiennent un feu couvant qui pourtant mérite d’être désamorcé.

    Aider les réfugiés, aider ceux qui sortent de cet enfer, faciliter leur possibilité de vivre dans de bonnes conditions est une manière bien plus concrète de lutter contre l’EI que de répandre des rumeurs, des discours destinés à effrayer ou à diviser. 

  • Massacre de Nice : Refuser que l’on piétine la mémoire des disparus.

    A Nice, le soir du 14 juillet, à la suite du feu d’artifice, un camion frigorifique loué a servi d’arme pour assassiner 84 personnes et en blesser gravement bon nombre d’autres. Nos pensées vont vers les proches des victimes, leurs familles, leurs amis, et nous leur accordons tout notre soutien dans ces moments cruels et difficiles.

     

    L’émotion est certaine, compréhensible, et nous la respectons.

    En revanche, ce que nous ne respectons pas, c’est la cohorte de charognards qui, sentant l’occasion trop belle, s’empressent et se précipitent sur cette aubaine, pour répandre leur discours de haine raciste.

    Faire cela, c’est faire offense à la mémoire de ces victimes, c’est se servir de leur corps comme d’un marchepied, d’une tribune, pour instiller un climat de peur et de haine dans l’Etat français.

     

     

    C’est assassiner une nouvelle fois les victimes de ce massacre.

    En invoquant, dès les événements, le terrorisme islamiste, le président François Hollande se joint aux vautours et s’en fait d’ailleurs le chef de file.

    En se ruant, au mépris des faits, sur l’occasion de conspuer et de charger les musulmans de France, l’extrême-droite méprise la mémoire des victimes et se sert de leur mort à son compte.

    En parlant d’attentat terroriste, la réalité de cet événement est niée, et en refusant de vouloir élucider la trajectoire qui a amené cet individu à commettre cet acte, on le rejette au rang des monstres de foire, des anomalies, et on s’interdit de comprendre que cet acte est le fruit pourri de notre société malade.

    Terrorisme ou Spree killing ?

    Le dictionnaire Larousse définit le terrorisme ainsi: Ensemble d’actes de violence (attentats, prises d’otages, etc.) commis par une organisation pour créer un climat d’insécurité, pour exercer un chantage sur un gouvernement, pour satisfaire une haine à l’égard d’une communauté, d’un pays, d’un système.

    Or, dans ce cas précis, nous ne retrouvons nullement les termes employés. Nous sommes en face d’un situation toute autre.

    Le cas de Mohamed Lahouaiej Bouhlel n’évoque en rien le parcours d’un agent de Daesh. Il s’agit plutôt de celui, typique, de ces spree killers américains ou coréens, ces individus rongés par le mal-être et la dépression, et qui se sont lancés dans une folie meurtrière, indistincte, dans le seul but de faire un maximum de mort.

    Buvant, ne pratiquant pas de religion, ayant été condamné à des peines légères pour des délits de droit commun, instable psychologiquement, Mohamed Bouhlel ressemble plus à quelqu’un du lumpenprolétariat, atomisé, désocialisé, en perte complète de repère.

    De même le dictionnaire Larousse définit le terme attentat ainsi : Atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation, acte de violence de nature à mettre en péril les institutions de la République ou l’intégrité du territoire national.

     

    Nous ne sommes pas en face d’un acte qui est à visée de destabiliser, de menacer les institution, de créer un climat de terreur, non, nous sommes en face d’un individu qui a frappé, par la haine aveugle, tout un ensemble d’individus, dans le but d’en tuer un maximum.

    Quand BFM-TV évoque une « radicalisation rapide » de quelqu’un qui a changé de discours, c’est prendre le problème à l’envers. Lorsqu’un individu tombe entre les griffes d’organisations réactionnaires terroristes, il est d’abord embrigadé, broyé, détruit, pour devenir un outil docile entre les mains de ses commanditaires. C’est ainsi qu’il finit par accepter, de gré ou de force -par le conformisme du groupe, par la menace, par l’exhortation- à sacrifier sa vie pour causer la mort.

    Dans le cas de Nice, nul parcours de ce type n’est observable, juste une volonté aveugle de causer la mort. Ce n’est nullement par religion, ou alors par justification à postériori. Cela ne s’inscrivait nullement dans la logique de Daesh, à qui les médias rendent d’ailleurs service, lui attribuant un attentat qu’il n’a ni commis, ni revendiqué immédiatement, et accroissant donc son influence.

    Daesh s’est permis de le revendiquer à postériori, dans un saut périllieux de l’esprit, se permettant d’attribuer des intentions, qui concordaient parfaitement avec ses désir, à un acte qui n’avait d’autre sens que la destruction.

     

    Deux poids, deux mesures.

     

    Le traitement médiatique et politique de cette affaire fait l’oeuvre de deux poids, deux mesures, autant une promptitude s’est faite à assimiler cet acte au terrorisme islamique, autant dans d’autre cas de figure, de longs méandres se suivent avant d’arriver à une conclusion. Anders Breivik , qui a commis un attentat visant les instances gouvernementales de la Norvège, et qui a assassiné 77 membre du Parti Travailliste Norvégien, est classé, selon Wikipédia, dans les mass murderer et dans les spree killer, mais le caractère idéologique de son acte est nié. Pourtant, lui, correspond très précisément aux définitions de dictionnaire de terrorisme et d’attentat.

    D’autres tueurs de l’extrême-droite sont ainsi classés dans les personnes souffrant de maladie mentales, étant des « fous », des monstres incorrigibles, mais niant le fait que leur choix idéologique était conscient et revendiqué.

    Cette tolérance face aux meurtriers d’extrême-droite ne date pas d’hier, et la justice leur a toujours réservé la plus grande clémence. Pourquoi ? Parce qu’ils sont issus de la petite-bourgeoisie ou de la bourgeoisie, qu’ils ne sont pas d’une minorité ethnique ou culturelle, et en somme qu’ils nous ressemblent -façon de parler bien sûr- et que donc, on peut les comprendre et comprendre leur mal-être, alors qu’ils sont mus par leur idéologie.

    A l’inverse, lorsque nous avons Mohamed Lahouaiej Bouhlel, celui-ci est rejeté dans la nébuleuse tentaculaire de l’ennemi intérieur, de la Vème colonne, et de la menace permanente, qu’entretiennent, en jetant de l’huile sur le feu, tous les ténors du racisme. Rien ne justifie, rien ne peut excuser ces crimes, mais il est impératif, pour pouvoir en comprendre les causes, de les expliquer.

    L’explication, contrairement à ce qu’a pu dire Valls lors des discours suivant le 13 novembre, n’est pas l’excuse. Cette dangereuse pente qui tend à exclure la sociologie, la criminologie, l’anthropologie ou même la politique des actes commis est une manière de refuser de voir la réalité en face.

    Même les pires actes sont le fruit d’une trajectoire sinistre, mais réelle.

     

    « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres » Gramsci

     

     

    Pourtant, l’auteur du massacre de Nice n’est que le fruit de la société. Il en est le reflet, le miroir. Il est le fruit pourri d’une société pourrissante. Comme l’écrivait, en prison, Gramsci « La crise consiste justement dans le fait que l’ancien meurt et que le nouveau ne peut pas naître : pendant cet interrègne on observe les phénomènes morbides les plus variés », ce qui n’est que la stricte vérité.

    Le système capitaliste pourrit peu à peu, et engendre la réaction, l’obscurantisme, la misère et la souffrance. Et de ce monde naisse ces « phénomènes morbides », ces mass murderers, ces spree killers. Ils sont les symptômes d’un monde finissant, mais qui n’en finit plus de mourir.

    Le pilote de la German Wings Andreas Lubitz, avait été ainsi défini par les psychiatres comme un meurtrier-altruiste, entraînant dans la mort les 150 passagers et membres d’équipage pour les « protéger de la souffrance. »

    De même que d’autres, pris au piège des dettes, étranglés, se donnent la mort, certains la transforment en rage et en haine aveugle et meurtrière, souhaitant anéantir tout ceux qui, confusément, ils associent à leur souffrance.

    Pour autant les racines de ces maux sont connues, elles sont l’exploitation, l’aliénation, la misère. Elles sont l’impossibilité que nous avons, en régime capitaliste, de nous réaliser nous même, d’être autre chose qu’une marchandise vendue, d’être autre chose qu’une force de travail.

    Dans ce Titanic qui sombre, les bourgeois et les capitalistes s’accrochent de toutes leurs forces pour se maintenir, alors qu’ils ne sont que des parasites. Qu’importe si le sang coule, s’il faut faire appel aux réactionnaires, qu’ils fussent religieux ou fascistes, tant que leur ordre tient.

    Qu’importe si, pour cela, il faut utiliser sans vergogne la mort de 84 personnes, un soir, à Nice, tant que cela permet de mobiliser de manière réactionnaire les masses, si cela leur permet d’instiller la haine qui détourne de la lutte juste.

    Qu’importe, pour eux, ces morts. Leur ordre injuste en produit partout sur la planète, à chaque instant.

    Ce sont leurs guerres, ce sont nos morts. Ce sont nous qui subissons la folie meurtrière de leurs fruits pourris.

    Ce sont les monstres du capitalisme pourrissant qui engendrent d’autres monstres qui s’en prennent au peuple.

    Nous ne le pardonnerons pas, nous ne l’oublierons jamais.

     

  • "BREXIT"

     

    BREXIT a eu lieu.

    Il existe des étapes dans l’histoire où il n’est pas possible de voir les choses uniquement en terme de victoire / défaite dans la lutte des classes entre la bourgeoisie et le prolétariat.

    La victoire de BREXIT marque en effet une défaite pour une partie de la bourgeoisie, pro-européenne, du Royaume-Uni.

    La victoire du BREXIT marque une défaite pour l’Union Européenne, et marque un précédent dans son histoire, jugée auparavant comme un mythe positiviste.

    Cette victoire marque un coup d’arrêt à cette union, qui ne pouvait être que temporaire, entre les impérialismes européens, que cela soit l’Anglais, le Français, l’Allemand …etc.

    Elle marque une revirement face à ceux qui défendaient les Etats-Unis d’Europe, à ceux qui pensaient que les impérialismes européens peuvent fusionner en un seul impérialisme, qui exploiterait dans la paix et l’amour les populations d’Europe et les régions inféodées aux différents impérialismes.

    Cependant, la défaite de l’ennemi ne signifie pas forcément la victoire du peuple.

    Les Tories et UKIP, sont, sur la scène médiatique, les grands gagnants de ce vote, renforçant leur influence, renforçant leurs positions là où les votes Exit ont été majoritaires, les campagnes ouvrières.

    Globalement, Londres, l’Irlande du Nord et l’Ecosse sont les régions où le In  fut majoritaire.

    Demandé depuis 2013, avec l’entrée au parlement de la formation d’extrême-droite UKIP, le référendum sur le départ de l’Union Européenne a finalement été mis en œuvre le 23 juin 2016, aboutissant à une victoire de la part du camp du départ.

    La campagne a été émaillée d’incident de gravité et de nature variés, entre l’affrontement des flottilles « In » et « Out » sur la Tamise, mi-juin, et culminant jusqu’au meurtre, par un néo-nazi, de Jo Cox, députée à la chambre de Communes, favorable au maintient du Royaume-Uni dans l’Union Européenne.

    Cependant, malgré l’image sulfureuse de Nigel Farrage, dirigeant du UKIP, malgré les cries de joie des partisans du out, qui apparaissent plus forts que jamais, le Royaume-Uni ne l’a jamais été aussi peu. Ainsi, si les grands centres urbains, le sud de l’Angleterre et les grandes villes universitaires, fiefs des conservateurs, mais aussi l’Irlande du nord, et l’Écosse, ont été partisans du in, ce sont les campagnes ouvrières et l’est de l’Angleterre, anciens bastions des forces de gauches, qui ont choisi la sortie de l’UE. Cet impact des discours réactionnaires sur les classes populaires anciennement de gauche peut s’expliquer partiellement par cette citation de Staline, en date de 1934 et évoquant le IIIe Reich :

    « Il faut regarder la victoire du fascisme en Allemagne, non seulement comme un signe de faiblesse de la classe ouvrière, et le résultat des trahisons perpétrées contre celle-ci par la social-démocratie qui a frayé la route au fascisme.» 

    Sans aller jusqu’à caractériser le régime anglais de fasciste, des similitudes structurelles dans le succès d’une faction aussi réactionnaire et chauvine de la bourgeoisie permettent d’effectuer un certain parallèle. Les forces sociale-démocrates juraient par l’UE, et que par l’UE, et elles ont échoué. D’où le fait qu’une clique dont les intérêts économiques ne se trouvent pas dans cette zone puisse avoir pignon sur rue.

    Au niveau de l’UE, c’est la première fois que l’union doit faire face à une « sécession » depuis le début de son histoire. Outre la démission annoncée du premier ministre David Cameron, d’ici trois mois, la sortie du Royaume-Uni entraine des bouleversements d’ordre pratique.

    Au niveau de la gouvernance européenne, le départ du Royaume-Uni implique un changement dans l’équilibre des pouvoirs au sein du Conseil européen. Selon les règles de vote introduites en novembre 2014, une minorité de blocage est possible si elle est prise par quatre Etats membres, et si elle représente au moins 35% de la population totale de l’UE. Avec le BREXIT, le bloc libéral dont le Royaume-Uni était l’un des piliers va perdre en influence.

    L’UE perd également l’un de ses principaux moteurs économiques avec l’Allemagne et la France. Le jeu d’influence à trois va dès lors se changer en un duel franco-allemand dans lequel l’Allemagne ne pourra plus compter sur l’allié tactique qu’était Londres. Une bonne nouvelle pour M. Mélenchon, qui va voir l’influence de la France potentiellement s’accroître au sein de l’UE (selon l’analyse du Monde).

    La question écossaise se pose également. En 2014, les écossais avaient majoritairement refusé leur sortie du Royaume-Uni. Le peuple d’Écosse a cependant voté à près de 60% pour le maintien au sein de l’UE. La première ministre écossaise, et leader du SNP (le parti national écossais), Nicola Sturgeon, a ainsi déclaré que l’Écosse « envisageait son avenir au sein de l’UE », et parle d’une Écosse « tirée en dehors de l’Union Européenne contre sa volonté ». Cette situation se retrouve également dans l’Irlande du Nord, le Pays de Galles, au sein desquels les nationalistes veulent utiliser ce précédent pour tirer leur épingle du jeu, et -qui sait- obtenir leur indépendance, ou leur rattachement pour le cas de l’Irlande du Nord, avec leur pays d’origine.

     

    Le BREXIT a soumis les marché à un choc.

    Selon France 24:

    « La victoire du camp favorable à une sortie de l’Union européenne pourrait conduire la Réserve fédérale à s’abstenir de toute hausse des taux d’intérêt cette année, voire entraîner de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire de la part des grandes banques centrales.

    La livre sterling, qui avait atteint jeudi soir un pic de six mois face au dollar après des sondages publiés peu après la fermeture des bureaux de vote annonçant au contraire une victoire du « Remain », perdait vers 4 h 30 GMT près de 11 % par rapport au billet vert – sa plus forte baisse sur un jour jamais enregistrée – revenant à son plus bas depuis 1985. »

    Cependant, selon Stéphane Boujnah, président d’Euronext:

    « L’Europe et la zone euro sont des zones de stabilité par rapport à des autres grandes zones d’investissements sur la planète. Un certain nombre d’investisseurs du reste du monde regarde l’Europe comme étant un excellent rapport entre risques et rendements »

    L’avenir seul peut permettre de donner une réponse quant à la capacité que peuvent avoir les marchés financiers de faire acte de résilience, et de remonter le cours des échanges. Toujours est il qu’un coin est enfoncé dans la zone d’échange de l’Europe, coin qui tend à la fragiliser, autant par rapport à sa solidité politique que financière.

    Notre analyse demeure la suivante: Tactiquement, la victoire du Out ne peut être regardée autrement que comme une défaite en rase-campagne de la part des pro-UE. Elle lance un séisme tant au sein de l’UE que dans le Monde, lequel regarde la situation avec attention. Elle lance également une lame de fond chez nombre d’Euroseptiques timorés, lesquels s’empressent de revenir vers l’UE comme refuge, tant il est redouté qu’elle ne s’effondre complètement.
    Jean-Luc Mélenchon, habitué de la phraséologie gauchiste, mais du droitisme en action, est ainsi l’auteur d’un billet magnifique: « L’Europe on la change ou on la quitte. »

    Cette belle tournure de phrase ne peut-être interprétée que comme une volonté, au final, de voir l’UE comme une structure amendable, permettant de respecter ce qui terrifie notre bonhomme: que l’impérialisme français soit lésé par celui de l’Allemagne.

    « L’heure du plan B va sonner. Ma candidature pour l’élection présidentielle est celle de la sortie des traités européens. Plus que jamais l’intérêt de notre pays est celui d’une politique de coopération sur le vieux continent et avec le monde plutôt que le libre-échange et la concurrence libre et non faussée »

    L’intérêt de notre pays, c’est, dans la bouche de M. Mélenchon, l’intérêt de sa bourgeoisie, dans une Europe protectionniste, à l’avantage du plus fort, là encore, plutôt qu’une concurrence libre et non faussée, que notre auteur devrait pourtant savoir lire comme étant un mythe dans le capitalisme monopolistique, dans l’impérialisme.

     « Bien sûr, la caste des eurolâtres ne tiendra aucun compte de ce qui vient de se passer et continuera de fustiger les « extrêmes », le « repli sur soi » et l’amour des peuples pour leurs libertés et dignité sociale. Plus dure sera leur chute. L’élection présidentielle de 2017 en France en est l’occasion »

    Empruntant une novlangue faite de mot-valises, qu’on croyait réservée à l’extrême-droite, notre ami reste dans la négation de ce qui est le fondement principal de la structure économique de notre pays: Son premier bourreau n’est pas l’hypothétique union super-impérialiste de Bruxelles, elle est principalement la clique de parasites sociaux qui à ses quartiers à Neuilly-sur-Seine, la bourgeoisie « bien de chez nous. »

    Cette peur et ces hésitations se sont répandues comme une trainée de poudre, montrant que derrière le vernis gauchisant et la lutte Don-quichottesque contre les moulins à vent de l’Europe, se cache une certaine peur de faire face à ses responsabilités. La positions de ces individus ne peut se résumer qu’en une phrase: « Vive une Europe faisant la part belle à l’impérialisme français. »

    Heureusement, entre le fait de considérer que l’Europe est amendable et les crie d’orfraie face au BREXIT, se trouve une position qui ne reste pas uniquement sur un temps cours, mais qui replace cela dans la durée.

    Selon le CPGB-ML, Communist Party of Great-Britain – Marxist-Leninist cette victoire des réactionnaires restera tactique:

    « Despite the best efforts of these misleaders, the British bourgeoisie is in real danger of being hoist with its own petard. It has encouraged xenophobia as a way of rallying mass support for its wars and brigandage abroad, and as a means of dividing the working class at home. But now this carefully inculcated racism is impeding our rulers’ ability to secure cooperation with other imperialist powers. »

    « Malgré les efforts de ces séducteurs , la bourgeoisie britannique est en danger réel d’être pris en otage par son propre piège  Elle a encouragé la xénophobie comme un moyen de rallier le soutien de masse pour ses guerres et brigandages à l’étranger, et comme un moyen de diviser la classe ouvrière à la maison . Mais maintenant, ce racisme soigneusement inculquée entrave la capacité de nos dirigeants pour assurer une coopération avec d’autres puissances impérialistes. »

    Pourquoi cette victoire de la part de la frange la plus chauvine et la plus réactionnaire de la bourgeoisie est-elle tactique ?

    La bourgeoisie à pu se défausser sur l’Europe. Elle s’en est servie comme d’un bouc émissaire. Avec l’immigration, la haine de l’UE a servi de fond de commerce à un UKIP fascisant, réactionnaire. Cependant, ce jeu de poker menteur n’a qu’un temps, celui du bluff et de l’esbroufe.

    Avec la rupture, la bourgeoisie chauvine du Royaume-Uni se trouve pied au mur, son fusible ayant fondu. Elle a promis un monde nouveau, promis, derrière le cri Britain First, à un retour à la gloire du vieil empire. Cependant, elle ne peut tordre les lois objective du capitalisme. Elle promet les travailleurs à la misère et à l’exploitation. Rejeter encore la faute sur l’UE ne tiendra pas éternellement; cette zone tampon contre le mécontentement légitime des masses n’absorbera plus les coups pour leurs maîtres.

    Le spectre de la guerre hante toujours l’Europe.

    « Without Britain, it would be harder for the EU to pull its global weight – a big loss to the west in a troubled neighbourhood, from Russia through Syria to north Africa. It is little wonder that Russia’s Vladimir Putin is keen on Brexit – and that America’s Barack Obama is not.” (The Economist cité in CPGB-ML)

    Sans l’Angleterre, il sera plus dur pour l’UE de peser un poids global- une grosse perte pour l’Ouest dans un voisinage troublé, de la Russie, en passant par la Syrie, jusqu’à l’Afrique du Nord. Ce n’est pas une énigme que le Russe Vladimir Poutine fais les yeux doux au BREXIT– et que l’Américain Barack Obama non.

    Il est clair que les jeux géopolitiques sont extrêmement sensibles aux modifications dans les rapports de forces entre et au sein des alliances. L’affaiblissement de l’UE, déjà poreuse aux influences extérieures, est plutôt un bon signe pour la Russie, et un mauvais pour les USA.

    Les géopolitologues américains, dans la lignée de Zbinew Bzrezinski, voyaient dans la solidité de l’UE une sécurité -avec l’Otan- contre tout risque d’irrédentisme russe.

    Cette fragilisation de l’UE, cette menace sur son intégrité, facilite ainsi les avancées des influences pro-russes. Dans une vision extrèmement pessimiste, la fragmentation de l’Europe accroitrait le poids géopolitique relatif de la Russie, quitte à inféoder certains états dans son orbite.

     

    De même, un spectre ressurgit: celui d’un risque de guerre inter-européenne.

    M. Mélenchon semble être hypnotisé par l’Allemagne. Il la voit comme une menace permanente, comme un marionnettiste qui instrumentaliserait l’UE. Sa vision sociale-chauvine se teinte d’un soupçon de vérité: Elle est le reflet d’une compréhension du fait qu’il y aie effectivement des rivalités au sein de l’UE. Là où le chauvin voit l’Allemagne, et pleure sur la France soumise, nous, communistes, ne voyons qu’une conjonction d’intérêts temporaires entre deux impérialismes tactiquement alliés, mais stratégiquement antagonistes.

    Car c’est une loi inéluctable du capitalisme, il ne peut exister de super-impérialisme qui exploite le monde dans la paix et la douceur. L’alliance temporaire que forme l’UE a ainsi du plomb dans l’aile. Si elle a servi de terrain de négociation, de compromis, de répartition des aires d’influence, sa déstabilisation rendrait caduque ceux-ci.

    Un effondrement de l’Europe peut signifier un retour à des lois à caractère protectionniste, appellées de leurs vœux par une grande frange des souverainistes de tous poils, de gauche comme de droite. Ce protectionisme est vu comme un retour à une souveraineté économique, à une meilleure maitrise du tissu industriel, bref, il est présenté comme la panacée à tous les maux.

    Or, plusieurs conséquences en découlent : D’abord, une cristalisation et une ossification des rapports économiques internationaux. Les zones d’influences -déja existantes cependant- seraient plus nettemenent marquées et deviendraient moins poreuses. Même si les dés sont déjà pipés à ce niveau là, les entraves à l’exportations des produits manufacturés et des capitaux tenderaient à un accroissement des tensions internationales, et à des risques de guerre de repartage du Monde.

    L’autre aspect principal est que cette solution miracle n’en est nullement une. Cette vieille idée du fait que le capitalisme mondial puisse être contrôlé, réorienté pour le bonheur de la population est un mythe. L’objectif des communistes n’est pas de brider le capitalisme, de le faire revenir à un hypothétique « capitalisme industriel », à un « bon capitalisme », à un « capitalisme national ». Lénine ainsi écrivait : Ainsi est organisée, à l’époque du développement supérieur du capitalisme, la spoliation par une poignée de grandes puissances, de près d’un milliard d’habitants du globe. Et en régime capitaliste, toute autre organisation est impossible. Renoncer aux colonies, aux « zones d’influence » à l’exportation des capitaux ? Y songer serait descendre au niveau d’un petit pope qui, tous les dimanches, prêche aux riches la grandeur du christianisme et leur recommande de donner aux pauvres… sinon quelques milliards, du moins quelques centaines de roubles par an. (A propos du mot d’ordre des Etats-Unis d’Europe)

    Au contraire, l’objectif des progressistes authentiques, les communistes, est de le dépasser intégralement, en mettant en œuvre le système qui correspond à l’avenir : le socialisme, par la révolution prolétarienne.