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  • L’ère du post-réel et la guérilla informationnelle. Partie 4: Les 10 commandements de guérilla informationelle

    La guérilla subversive menée par les alt-right.

    L’incroyable infiltration de la part des activités alt-right de la sphère Internet a été un incroyable succès.

    Elle n’a pourtant nullement tablé sur la logique, sur la propagande au sens premier du terme, mais elle a joué le rôle d’une véritable guerre de guérilla contre les médias et la parole des opposants. Cette démonstration est un cas d’école des principes de la lutte subversive contre la capacité d’influence de Clinton.

    Dans les faits, la nébuleuse a intuitivement repris tous les aspects militaires d’une idéologique qu’ils exècrent. Ils ont appliqué point par point tous les aspects de la guérilla telle que définie par Mao Zedong, Võ Nguyên Giáp et Hô Chi Minh. Ils ne s’en sont certainement pas rendu compte, mais, encore une fois, ils ont démontré le caractère universel de ce mode de combat lors d’un affrontement asymétrique.

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    1. La capacité d’agir sans entraves

    Les activistes pro-Trump ont agi sans utiliser de structure lourde, uniquement en se basant sur une activité personnelle ou de groupe léger, souvent sans organisation et sans coordination préalable. Chose essentielle, ils ont toujours, systématiquement gardé une capacité de maîtrise tactique et de leur ordre du jour.

    Cela se base sur leur ethos particulier, étant donné qu’une grande partie de ces individus n’étaient pas des militants de terrain, mais bien souvent des trolls d’Internet, ou des individus désocialisés, atomisés, et plutôt influencés par les idées individualistes et réactionnaires. En bref, un fond politique plutôt fasciste ou fascisant.
    Ce volontarisme personnel a pour autant trouvé des structures primitives, des pools comme la section /pol/ — politcaly incorrect — du site internet 4chan, dans lesquelles pouvaient être désignées les cibles et où le matériel d'agitation — memes, articles, images, caricatures — pouvait être mutualisés. En sommes, ces activistes right-wing ont eu un fonctionnement plus anarchiste que les anarchistes eux-mêmes.

    De facto, il était impossible, étant donné la nature même de leur mode de coopération, de pouvoir les stopper. Leur infrastructure était bien trop légère pour que sa neutralisation — même temporaire — puisse être pénalisante.

    Ces activistes avaient donc les mains libres pour pouvoir mener leurs attaques.

     

    2. Mobilité contre lourdeur

    Les médias traditionnels, tout comme n’importe quel militant sain d’esprit, cherchent la rationalité dans leur raisonnement — dans une certaine mesure —. Cela demande des explications, des explicitations,  un travail de recherche et de construction d’un argumentaire complexe pour expliquer une réalité tout aussi complexe.  Cela est valable quelque soit l’idéologie défendue.

    Or, la grande force de ces attaquants a été le fait qu’ils ont tout misé dans l'offensive. Leurs argumentaires n’ont jamais particulièrement cherché à démontrer de manière explicative, de manière théorisée, la supériorité de leur idéologie par rapport à celle de leurs adversaires. Cela n’aurait pas résisté à un examen un tant soit peu rigoureux. Au contraire, ils ont constamment attaqué sur tous les plans possibles leur adversaire, en passant par tous les moyens argumentaires de base. Du ad hominem à attaque sur le programme, attaques de gauche comme de droite, en bref tout ce qui pouvait présenter potentiellement une faille dans le discours de leur adversaire.

    Résultat, le temps que les partisans de Clinton ou que même les médias empreints d’objectivité soit en mesure de répondre de manière argumentée, l’attaque était déjà terminée, et un autre terrain d’action était ouvert, rendant la réponse inaudible, noyée déjà dans les sirènes d’alerte des autres attaques. La difficulté de répondre du tac-au-tac a permis aux opposants de Clinton de toujours disposer d’un coup d’avance.

     

    3. Occuper au maximum  l’espace

    Où que ce soit, quelque soit le support, les opposants à Clinton ont toujours répondu.

    Dans les commentaires, sur les vidéos, les articles, les réseaux sociaux, les groupes partisans ou non, à chaque fois, ils ont répondu et attaqué. Cette méthode est typiquement une manœuvre pour occuper tout l’espace disponible. Elle vise à cce que chaque pointe lancée par leur adversaire pour développer un sujet soit immédiatement au contact avec une force hostile. Chaque pas fait dans une direction par les partisans de Clinton, qu'importe le terrain, rencontrait immédiatement une contre-offensive, même symbolique, de la part des pro-Trump.

     

    4. Harceler en continu et ne jamais laisser de répit

    Ce harcèlement permanent a pour ambition de porter la contradiction partout avec l’adversaire, mais également de l’user et de l’épuiser nerveusement. En permanence en train de crouler sous une avalanche de commentaires et de posts hostiles, les militants finissent par ne plus répliquer et finissent par abandonner l’idée qu’ils puissent se constituer une zone de calme et de répit. Cela mène à lâcher du terrain et a abandonner certains débats trop épuisant à mener. C’est pourtant quelque chose d’essentiel, car, à partir de ce moment, l’initiative pouvait passer dans les mains des alt-right.

     

    5. Prendre le contrôle de l’ordre du jour de l’adversaire.

    L'adversaire, dans le cas de ces cyber-harceleurs, semble facile à ignorer. Mais le harcèlement continu finit par porter ses fruits. Imposer à l'autre de répondre aux trolls, cela forme déja une victoire en soi. Le but est de finir par imposer l'ordre du jour de l'agresseur à l'agressé, et de le pousser à la bataille dans les conditions les plus défavorables possibles. Cet objectif n'a pas été complètement atteint, la campagne de Hillary Clinton n'a pas été déasarticulée, mais en revanche les médias classiques on été dans l'obligation de communiquer sur les attaques de l'extrême-droite US, y compris par le biais de memes, et donc ont popularisé leur existence.

    Ils ont été adoubés comme hate signs, au même titre que la croix gammée, que le drapeau sudiste. En voulant contre-attaquer sur ce même terrain, en voulant combattre ces moyens d’expressions qu’ils ne comprenaient pas, les médias traditionnels ont amplifié le mouvement et son influence.

     

    6. Établir son double pouvoir

    Le but de la guérilla marxiste était de former des zones libérées dans lesquelles l’autorité n’était plus assurée par le pouvoir légal, mais passait aux mains des révolutionnaires. En l’occurrence, les anti-Clinton ont fait de même. Ils ont constitué leurs sanctuaires informationnels, zones où seuls les nouvelles qu’eux même créaient circulaient. Ceci a été facilité en très grande partie par les algorithmes qu’utilisent les médias sociaux. Ces systèmes de proposition de contenu adapté fournissent ce que -supposément- veut voir l'internaute. Si un individu cherche des vidéos liées à l'extrême-droite, d'autres lui sont proposées. Une sphère opaque finit par se dresser autour de celui-ci. Cela tend à la création de biais de confirmation énormes, car l'idividu développe le sentiment que beaucoup pensent comme lui, et que ce qui lui est proposé comme contenu est véridique.

     

    7. Pousser l’adversaire à se couper des masses.

    Lorsque Clinton parle des électeurs de Trump comme des « despicable » ou comme des « deplorable », elle perd du terrain. L’un des biais les plus importants de la guérilla marxiste était le fait que celle-ci servait le peuple, qu’elle était au sein de celui-ci comme un poisson dans l’eau. Les alt-right, eux, ont surfé sur le populisme pour se doter d’une certain soutien populaire. Cependant, face à un ennemi protéiforme, la riposte contre-insurrectionnelle ou antisubversive tend à jeter les masses dans les bras des guérilléros plus que dans les bras du gouvernement légal.

    Lorsque face au FNL, au FLN, à l’APL, les villages étaient rasés, cela renforçait l’influence de la guérilla et la haine contre le gouvernement ou l’occupant.

    Lorsque Hilary Clinton ou les médias traditionnels attaquent sans discrimination, par l’insulte, les supporters de Trump, cela renforce leur influence et durci leur unité.

    La méfiance traditionnelle des étatsuniens pour les élites et leur orgueil ont fait beaucoup: Le sentiment d’être méprisé par une intelligentsia et une élite urbaine, démocrate, en col blanc, a trouvé un écho dans beaucoup des représentant des classes populaires, cols bleus, de la rust belt.

    Les alliés de Clinton, ainsi que les progressistes qui la soutiennent soutenir, se sont laissés prendre au piège de ce jeu du mépris social, et sont tombés dans le traquenard des atl-right. Mal maîtrisé, leur discours s’est avéré contre-productif. Répondant à la provocation par la provocation ou la colère, ceux-ci ont nourri la bête au lieu de l’isoler et de l’affamer. Face à cela, toute clémence du candidat Trump — souhaitant un bon rétablissement à une Hilary Clinton manifestement malade — apparaissait comme le geste fair-play d’un grand seigneur, renforçant son influence.

     

    8. Utiliser les forces avec parcimonie et efficacité

    Un des aspects qui a permis la victoire des partisans de Trump est le fait qu’il ne se sont pas épuisés, et qu’ils ont utilisé leurs forces avec parcimonie et intelligence. Basé sur le volontarisme, sur l’attaque tambour battant, sur une agressivité redoublée, leur méthode leur permettait, par un certain coté sadique, de jubiler du désarroi qu’ils pouvaient causer. Au lieu de consommer leur l’énergie, ces attaques leur en donnaient, tandis que de sont côté leurs adversaires devaient panser leurs plaies et répliquer énergiquement. À chaque attaque, chaque raid, ils ressortaient renforcés.

     

    9. Disperser ses forces lors de la défensive, les concentrer lors de l’offensive

    N’ayant rien à défendre, pas d’énergie à consacrer pour démontrer la véracité d’attaque basées sur le mensonge, les attaquants n’avaient qu’à abandonner une voie bouchée par la contre-attaque, la laisser pourrir sur place, et attaquer ailleurs sur un nouveau sujet.

    Cette méthode clairement typique de la guérilla, qui consiste à se disperser continuellement et à ne se concentrer que pour attaquer, s’est retrouvée ici. Dans ce cas de figure, les raids acharnés, dès qu’un sujet se présentait — état de santé de Hillary Clinton, engagement des femmes dans le contingent d’appelés militaires, mails leakés, etc. —, tous les participants à la campagne, soutient directs ou non, se ruaient sur le sujet. Cela donnait une concentration de force et de puissance médiatique d’une efficacité redoutable. Et dès que le buzz était passé, un nouveau front pouvait s’ouvrir ailleurs.

     

    10. Ne pas chercher la victoire militaire mais politique

    Cette campagne n’a jamais menacé l’intégrité des médias américains. Elle n’a jamais menacé de causer un effondrement des empires des magnats de la presse, ni d’empêcher la publication de leurs informations. Elle ne le pouvait pas et ce n’était pas son but. Tout comme les Viêtminh, le FLN ou d’autres ne pouvaient détruire les armées en face d’eux, les activistes alt-right n’avaient pas les moyens de se substituer aux médias mainstream.

    Mais, à travers leur campagne, ils ont réussit à les déborder, à gagner politiquement l’électorat américain, en bref à gagner la partie politique. Bien que anti-establishment, ils ont formé un nouvel establishment autour de leurs mots d’ordres, de leurs conceptions nébuleuses xénophobes et réactionnaires. C’est un aspect qui est fondamental, c’est là où ils ont été victorieux.

  • L’ère du post-réel et la guérilla informationnelle. Partie 3: Pourquoi nous ne l’utilisons pas ?

    Pourquoi cette voie nous est fermée ?

    Un point essentiel, si ce n’est le plus important pour comprendre l’idéologie fasciste, dans toute sa variété, est d’intégrer une différence fondamentale avec toutes les idéologies progressistes et y compris avec le libéralisme, le royalisme, ou les autres idéologies constituées: C’est l’absence totale de recherche de la cohérence. Il est essentiel de comprendre le rapport très particulier qui unit les fascistes et leur propagande à la réalité. Dans Mein Kampf Hitler s’exprime ainsi: « Que dirait-on d’une affiche destinée à vanter un nouveau savon et qui dirait qu’il y a aussi d’autres bons savons ? On secouerait la tête. Il en est exactement de même en ce qui concerne la réclame politique » (Mein Kampf, édition allemande de 1935, page 200). De même, Rosenberg, l’idéologue du Parti Nazi, déclarait sans vergogne: « Il y a une conception catholique et une conception protestante de l’histoire. À côté des conceptions religieuses de l’Histoire apparaissent les conceptions nationalement teintées Nous croyons qu’il est temps d’annoncer une façon allemande de considérer l’Histoire. »

    Pour les fascistes la vérité est une chose qui se subordonne à leurs objectifs politiques. Il n’est pas nécessaire que les choses soient vraies pour qu’elles soient annoncées comme véridiques par leurs médias.

    La fachosphère se caractérise, dans son ensemble par deux choses : L’adhésion à la théorie du complot d’une manière générale, et la déformation, l’invention de faits. Les debunkers ainsi recensent une quantité astronomiques de faits inventés par les fascistes. On ne compte plus les centaines et les centaines de fausses nouvelles, de rumeurs, de complots annoncés par les Dreuz, les La gauche m’a tuer, les Sputniks, ou toutes autres officines d’extrême-droite.

    Sans rentrer dans les détails, le but de ces manœuvres est d’instiller, d’une part, un climat de peur et un sentiment d’encerclement, d’autre part de saboter tout point de repère dans la société. Les adhérents à la théorie du complot on ceci en commun qu’ils tendent vers l’atomisation, le sentiment d’impuissance, l’impression d’être dans la caverne de Platon. Cela pour les pousser à se raccrocher comme seul repère aux pseudo-lanceurs d’alertes fascistes. Sans qu’elle soient forcément issues de l’extrême-droite, toutes les théories du complot renforcent leur influence.

    L’extrême droite instille, emploie les « ils » énigmatiques, implante des germes d’idées réactionnaires partout, mais ne recherche pas la cohérence ni le développement d’idées complexes. Il est aisé pour eux de le faire, dans le sens où, même sans être concentriques ou convergentes, toutes les poussées réactionnaires vont dans leur sens. À chacun d’y voir ce qui lui plaît.

    Lorsque nous, communistes, fournissons une explication du Monde, à travers le matérialisme dialectique et à travers le matérialisme historique, nous nous attaquons à un grand chantier : casser l’idéalisme, le positivisme, le mysticisme. Parfois, les mécanismes sont même contre-intuitifs, demandent des préalables idéologiques et culturels, en bref, demandent aux individus de se dépasser eux-mêmes, leur demandent un travail ardu en terme d'acquisition de notions. Le "bon sens" populaire ne suffit pas.

    Rien de tout cela n’existe chez les fascistes, qui, eux, jouent sur des biais intuitifs, cognitifs. Le cerveau est quasiment programmé pour adhérer aux théories du complot, en cherchant des causalités là où il n’existe que des coïncidences, en s’attachant à trouver un sens cohérent et logique à tout. Or, cela, ajouté à la subjectivité, créé le terreau du complotisme et de la confusion.

    La bouillie fasciste est également facile à avaler et à digérer, elle ne demande aucune subtilité, et les fascistes entre eux ne cherchent pas à se prendre à revers, à tester leurs connaissances. Peu leur importe les « détails ». C’est une différentiation culturelle, là aussi, entre nous. La rumeur et le canular ne nous serviraient à rien, car nous avons besoin d’informations justes et fiables pour pouvoir transformer la réalité. Nous devons connaître le Monde parfaitement pour en saisir les rouages. De même, nous n’avons pas besoin de mentir. Il n’existe pas plus gros scandale que l’exploitation capitaliste. Inutile d’inventer de faux faits. La vérité est déjà révolutionnaire.

  • L’ère du post-réel et la guérilla informationnelle. Partie 2: Les acteurs de la désinformation

    Qui sont les acteurs de ces campagnes?

    Nous pouvons identifier 4 acteurs principaux pour ces campagnes: 

    1. Les transmetteurs

    Les transmetteurs n’ont qu’un rôle relativement passif, mais pourtant essentiel: ils diffusent les fausses nouvelles, les rumeurs, les canulars partout, y adhèrent et contaminent d’autres individus, rendant efficace la manœuvre. S’ils n’adhérent parfois pas à 100%, parfois même pas du tout aux valeurs et à l’idéologie des créateurs de ces fausses nouvelles, ils en sont les agents involontaires. 

    2. Les individus

    Le volontarisme est une base essentielle de la campagne de canulars sur Internet comme ailleurs. Beaucoup de ces individus, ceux qui, sur les imageboards américains, ont donné un élan considérable à la campagne de Trump, ont un profil relativement similaire.

    Beaucoup de ces sites sont anonymes. Pour autant, grâce aux sondages que font eux-mêmes les contibuteurs, il est possible de dresser un portrait sommaire. Ils sont d’une manière générale assez jeunes, entre 15 et 35 ans,  caucasiens "blancs" de classe moyenne, des suburbs. s’ils [le ratio hommes/femmes est très disproportionné] ont un niveau d’étude au dessus du lycée, ils sont composé en grande partie de drop-out, de gens ayant abandonné l’université avant d’être diplômés.

    Beaucoup sont des parasaito shinguru, de leur propre aveu. Des célibataires parasites qui vivent toujours chez leurs parents malgré un âge avancé, avec une tendance à la désocialisation, une prévalence importante des troubles psychologiques. Idéologiquement, le nihilisme teinté de darwinisme sociale, ainsi que l’influence des idées suprématistes blanche sont très importantes.
    En somme, ce groupe d’individu représente une part de la petite-bourgeoise étatsunienne en déclassement complet, en décomposition rapide. La frayeur de devenir des white trash, dans ce monde en crise, les pousse souvent à pointer du doigt les immigrés, les noirs, les musulmans etc.

    Pour autant, s’ils sont influencés, c’est aussi grâce à l’effet de distanciation lié à l’écran. Seuls, atomisés, ils se laissent facilement prendre au jeu, d’autant que les initiateurs leur ressemblent, ou du moins, au minimum, le prétendent. Beaucoup créent, publient, participent à des raids sans conscience politique théorisée, souvent pour s’amuser. Lors de l’élection de Trump, beaucoup l’ont interprété comme une revanche sur la vie, comme la possibilité de participer à quelque chose de grand. Ce sont pourtant ces individus qui forment une masse importante de l’armée de publication de rumeurs et de campagnes racistes.

    3. Les militants et organisations

    Le Parti Républicain en tant que tel s’est relativement peu mouillé dans l’affaire. Il est resté sur une ligne traditionnel d’affrontement partisan, de « guerre classique », sans suivre la tactique qui s’est développée autour de Trump. Fox News, ainsi, pourtant alliée traditionnel des réactionnaires et des néoconservateurs, s’est attirée les foudres des pro-Trump, en restant trop timorée.

    Les Tea-parties eux-même, pourtant très virulents à l’égard de Barack Obama et de Clinton, ont été, eux aussi, débordés par des éléments plus radicaux et plus agressifs. Ce sont justement ces derniers qui ont fait pencher la balance: les alt-rights.

    (source de l'image: Ben Garrison)

    Le caricaturiste d’extrême-droite Ben Garisson, connu pour ses dessins racistes, souligne ce débordement : Trump résistant aux néoconservateurs, aux Social Justice Warriors et aux Mainstream Medias. Au final, un front uni s’est formé derrière Trump, composé de nombreux activistes réactionnaires radicaux, organisés en associations ou non, mais également d’officines comme le Ku Klux Klan tout comme des organisations plus petites comme le Parti Nazi Américain, lequel titrait, sous la plume de son président:  "I wrote from the beginning of Trump’s campaign, you can look it up in the Archives of these ANPReports, that Trump would WIN — White America was ANGRY and READY to support a politician who dared speak as Trump did, whether he sincerely MEANT what he said or not. The system’s controlled MEDIA went overboard in ridiculing me in their to-be-expected hit pieces. THEY knew BETTER…lol. In all honesty, there OUGHT to be a LOT of job vacancies within the World of Zog – and that goes for ALL “sides” of the supposed “political spectrum” — Democrud AND Republirat."  Sans rentrer dans les détails du style particulier d’écriture, deux aspects reviennent de manière importante: L’Amérique Blanche se soulève face aux médias accusés de sionisme militant. Rengaine classique, mais qui explique le fait que beaucoup d’organisations se sont basées sur leurs propres réseaux plutôt que sur une communication à travers les médias traditionnels.

    Les microchaînes comme Infowars, dirigée par Alex Jones, ont eu un impact très important dans ce cadre là. Véritable mercenaire de l’information — son site abritant d’ailleurs une bien étrange boutique de produits de santé — cet acteur a pris un poids de plus en plus prépondérant. D’abord moqué pour son style caricatural et ses hurlement, il s’est doté d’un auditoire de plus en plus large et varié, augmentant son influence, également par le truchement des réseaux sociaux. Pourtant, le traitement de l’information y est indéniablement faussé, et ce de manière caricaturale. Sur la situation au sein de L’État Français, nous pouvons ainsi trouver un article du 6 Août 2016 mentionnant une attaque de bus, incendié aux cris de « Allahou Akbar », tandis que la source de l’article indique un simple acte de vandalisme, commenté en ces termes: « Cet acte de vandalisme, prémédité et gratuit et dont les conséquences auraient pu être dramatiques fait suite à une tentative d’homicide sur un ouvrier par un jet de cocktail Molotov vendredi 22 juillet, et au saccage de des parties communes d’immeuble du bailleur Plaine Commune habitat » rappelle le maire (PC) Didier Paillard. Nous sommes loin de la guerre des races. La encore, la désinformation, l'interprétation règne.

    4. Les États

    Un appui colossal à été donné aux forces réactionnaires américaines — mais aussi dans l’Etat Français — par certains États, au premier chef desquels la Russie de Vladimir Poutine. La Russie, qui cherche à reprendre une place importante au point de vue international et géopolitique, a lancé récemment une gigantesque campagne de déstabilisation des États Européens.

    La pensée géopolitique de celle-ci est cohérente et efficace. Elle s’articule autour du concept de la Maskirovka, le camouflage opérationnel. Consciente de son infériorité en terme de puissance face à ses concurrents, la Russie utilise une ruse élaborée. Il s’agit de brouiller les cartes de l’adversaire, de ne pas permettre de déterminer le vrai du faux, de répandre un brouillard de guerre épais et impénétrable. L’expérience démontre que les services de renseignement peuvent facilement trouver un signal au milieu du désert informationnel. En revanche, il est quasiment impossible pour eux de se repérer lorsque ce signal unique est caché au milieu de centaines d’autres signaux contradictoires, occupant tout l’espace. Plutôt que de cacher, brouiller en sur-émettant. Au lieu de retenir les informations, les noyer au sein d’autres informations non-pertinentes.

    En se dotant d’agence-presse telles que Russia Today, Sputnik, Russia  beyond the headlines, auxquels collaborent les extrême-droites locales, le Kremlin s’est doté de relais efficaces dans la désinformation. Ainsi, en pleine crise Syrienne, Sputnik a prétendu que la Chine avait envoyé son porte-avion en mer Méditerranée pour aider le régime de Bachar Al-Assad, avant de se rétracter sans faire de vagues. Il reste des traces de cette nouvelle sur la fachosphère, l’envoi restant présenté comme un fait, alors que le Liaonning était à ce moment précis en entretient.

    (Source de l'image: Breizh Attao)

    Les hackers russes ont également joué un rôle prépondérant dans l’élection de Donald Trump, en faisant fuiter plusieurs milliers de mails de Hilary Clinton, par l’intermédiaire de Wikileaks, dont ils ont très bien compris l’utilité. Bien qu’il soit quasiment sûr que ces mails soient authentiques, leur relâchement, à cette période là, est probablement une des plus audacieuses campagne de déstabilisation d’une élection par un autre État.

  • L’ère du post-réel et la guérilla informationnelle. Partie 1: Internet contre la vérité.

    Grand débat d’actualité à la suite de l’élection de Donald Trump, la question de la véracité des informations partagées par les médias sociaux dévient de plus en plus brûlante.

    Bref retour en arrière : L’élection du sulfureux milliardaire a été la conclusion d'une campagne qui, aussi étonnant que cela puisse paraître, a été menée du faible contre le fort. Pourtant, grande majorité des médias traditionnels se montraient plutôt hostiles au candidat républicain. Elle a été un modèle de probité, alors qu'en général, les campagnes électorales américaines favorisent la dépense de sommes colossales.En somme, elle a été le rêve de l'investisseur: un rendement élevé pour des dépenses minimes.

    Que s’est-il passé ? Les analystes qui prédisaient la victoire — logique — de Clinton ont fait un travail de sous-estimation constant des moyens de communication et des méthodes de communication de celui-ci.

    Les petites chaînes d’information par le web, comme Infowars, dirigé par Alex Jones ont joué un rôle. De même, la sous-culture internet, l'utilisation et la maîtrise particulièrement aiguë de la mémétique ont permis une diffusion très large, et un discours calibré pour les public-cibles. Comptant sur le volontarisme des supporteurs, sur des méthodes qui sortent des sentiers battus, ces moyens ont assuré un audimat fort.

    La raison ? Les fausses informations, les déformations, l’aspect satyrique ou parodique de la politique, en bref, le caractère fondamentalement peu sérieux de la méthode employée.

    Pour autant, la bourgeoisie a, dans ce cas de figure, beau se défausser sur les fascistes, elle possède une responsabilité énorme dans cette abolition de la réalité comme paradigme.
    Que les États et les médias mentent, parfois, cela va sans dire, cela arrive. C’est une politique de diplomatie, de communication, une manière de faire passer les pilules amères et de se sortir d’un mauvais pas. Mais pour autant jusqu’à présent, une certaine confiance pouvait être accordée à un certain niveau d’expertise ou de compétence. Dans le domaine scientifique, par exemple, la norme restait d’attribuer un indice élevé de confiance dans les recherches et publications.

    Pourtant, de nombreux scandales montrant l’imbrication de la science avec les intérêts bassement économiques ont contribué à saper toute confiance. Que cela fusse le fait que le Canada — grand pays exportateur d’amiante — en plein scandale, produise des études montrant l’innocuité de cette matière ; les études sur l’obésité ôtant toute responsabilité à l’alimentation, financées par la société Mars; le scandale récent d’une campagne de fond du « lobby du sucre » pour imputer les problèmes de santé aux graisses saturées et s’exempter de tout rôle, les exemples ne manquent décidément pas. L’intrusion de l’intérêt privé dans la recherche, la subordination de celle-ci aux intérêts patronaux, tout ceci révèle bien le caractère fondamentalement pourrissant du capitalisme. Son caractère de chape de plomb sur le développement des forces productives et sur l’entrave qu’il présente dans la recherche.

    De même, les émissions de télévision abrutissantes et mensongères, avançant des thèses sur les « crânes de cristal », les soirées de l’étrange, etc., tout comme les reportages sur de prétendus inventeurs miracle ayant réussi à contourner les lois de la thermodynamique, non décidément, la bourgeoisie a bel et bien enterré à son tour la vérité, tout comme l’obscurantisme religieux avant elle.

    Une diffusion puissance mille

    La forme que prend la diffusion de l’information, à l’heure actuelle, rend très aisément les plus larges masses vulnérables aux canulars, aux hoaxs, à la désinformation, au mensonge et aux théories du complot.

    Les légendes urbaines répandues par les fascistes, les agitateurs d’extrême-droite ou d’agents réactionnaires, ont quelque part toujours existés, entre les progroms des cent-noirs, le procès des sorcières de Salem, ou les juifs empoisonneurs de puits pendant la peste,les racontars d’ampleur ne datent pas d'hier. Pour autant, contrairement à cette époque, nous disposons maintenant de la possibilité, dans une grande partie des cas, de pouvoir vérifier, croiser les sources, trier les informations et faire éclater la vérité. Pour autant possibilité ne signifie pas que cela se fasse systématiquement.

    Internet et le ratio bruit/signal 

    Le développement d’Internet a donné un coup de fouet titanesque à la production de données et d’informations, et à la possibilité de pouvoir les diffuser. Cela s’est accéléré d’autant plus avec l’arrivée du Web 2.0, du web collaboratif, des réseaux sociaux. L’idéologie bourgeoise est dominante sur Internet, ainsi que l’anticommunisme, ceci n’est nullement une panacée qui révolutionne le Monde, contrairement à ce que certains naïfs peuvent croire. Le Monde du partage du savoir n’entraîne pas celui des richesses et des moyens de production.

    Mais Internet a été, pour nous communistes, le moyen de redécouvrir également notre histoire, de faire renaître, grâce à ceux qui ont numérisé tous les classiques, notre idéologie. Nous en avons bénéficié, il est vrai.

    Pourtant, les grands gagnants sont pour autant les fascistes et l’extrême-droite. Ils sont ceux qui ont qui ont intégré cet outil avec la plus grande efficacité et ont pris un poids prépondérant sur la toile. N’étant nullement à la recherche de cohérence idéologique, les fascistes instillent leur idéologie partout où la parole leur est donnée. Or, Internet a transformé les pratiques culturelles ainsi que le rapport à l’information et aux médias.

    Sans faire un fétichisme du livre, avant les années 2000 et la démocratisation d'internet, le papier formait le support principal d'expression de l'idéologie.

    Les tubes, Dailymotion, Youtube, ou d’autres plus spécifiques, ont créé un nouveau format : le clip politique. Cette manière de communiquer a eu deux effets concomitants :

    Le premier est que les séries de vidéos pouvaient désormais suffire, pour leurs partisans, à former un fond idéologique cohérent et complet. Beaucoup plus aisément que par les fastidieuses lectures, beaucoup plus que par un travail intellectuel. Un amateur comme Alain Soral pouvait ainsi mettre en place une véritable nébuleuse hypnotisante et devenir le gourou de sa petite secte.
    La valeur de ces entretients, sans sources, sans fond scientifique et historique est maintenant mis sur le même plan que les travaux des véritables chercheurs. La vidéo d’Alain Soral sur les chambres à gaz a entraîné une réponse du site PHND — Pratiques de l’Histoire et Dévoiements Négationistes —, réponse détaillée et argumentée, mais dont la portée en terme de lectorat, son audimat, est incomparablement plus faible.

    C’est le deuxième aspect, l’immédiateté de l’accès à l’information entraîne une boulimie incontrôlée de celle-ci. Si nous avons des reproches à faire à Guy Debord, il est difficile de nier que la société du spectacle met le doigt sur des aspects justes. La politique-spectacle, faite de punchlines, de couleurs, facile d’accès et facile à digérer a entraîné, par effet mécanique, des effets sur la recherche de l'information. Aux livres se substituent les articles de blog, à ceux-ci les vidéos Youtube. De plus en plus, le titre même de la vidéo finit par devenir un argument en soi. La présomption du contenu dépasse maintenant le contenu.

    C’est un raz-de-marée titanesque, à tel point que Ici Radio Canada déclare, appuyé par Buzzfeed et d’autres médias, que les fausses nouvelles ont désormais dépassé les vraies en terme de partage.

    (Source de l'image: Buzzfeed)

    Plusieurs journaux, dont le site parodique Nordpresse ont tenté des expérimentations, démontrant que ceux qui partageaient les liens n’allaient pas plus loin que la première ligne. Celle-ci servait de caution à leurs arguments, sans considération aucune pour le contenu réel, souvent en contradiction avec la headline. Dans le même ordre d’idée, il existe des milliers de vidéos Youtube d’extrême-droite sous des titres aguicheurs tels que « F. Philippot détruit un musulman », mais dont le contenu, pourtant, est plus que décevant et sans commune mesure avec le titre. Des vidéos comme celle-ci, des milliers existent.

    (source de l'image: Youtube)

    Or, cette vidéo est — à la limite— une interprétation des faits; désormais certains documents se basent même sur de l’invention complète. Nous n’allons pas aborder ici les reportages anti-communistes donnant des sources qui n’existent pas, qui sont romancés, marqués idéologiquement, ou tronqués, nous resterons sur l’actualité.

    Si les faux existent depuis longtemps, entre l’accusation de Philippe le Bel contre les Templiers, lesquels seraient au service de Baphomet, le protocole des sages de Sion et les « Mosquées souterraines de Orly », leur diffusion est devenue logarithmique.

    Entre les théories du complot et les fausses rumeurs, le but est de créer un sentiment d’encerclement et d’État de siège, dans lequel la direction de L’État est déjà aux mains de l’ennemi, et où toute personne est suspecte de participer à cette manœuvre. Cela atomise les individus, leur empêche de comprendre leur situation, rabaisse leur niveau d’appréhension de la réalité à la subjectivité la plus totale et la plus paranoïaque, en un mot, les brisent.

    Chaque nouvelle non vérifiée ou non vérifiable augmente tendanciellement l’influence de ces groupes et de ces organisations sur la société. C’est un devoir militant de les dénoncer et de les chasser. Dans notre activité de militants progressistes et révolutionnaires, il est essentiel d’avancer prudemment des conceptions et de ne jamais se laisser guider par l’appât de la fausse nouvelle.

    Ironie de la chose, parfois les lignes se brouillent tellement qu’un retour de flamme s’opère: l’État Islamique compte beaucoup sur cette propagande, sur le complot des croisés contre le monde musulman. Or, en rendant poreux l’esprit de ses cibles, cet acteur a également rendu ceux-ci réceptifs à la conception selon laquelle l’ÉI serait une création américano-israelienne, et donc un ennemi des peuples du Moyen-Orient. 

    Source: http://www.debunkersdehoax.org/syrie-15-5-intoxs-de-l-extreme-droite-sur-les-refugies-breizh-infos-valeurs-actuelles-et-autres [Que nous vous invitons vivement à soutenir politiquement et financièrement, ils-elles font un travail fantastique.]

     

  • Primaires de droite: Fillon, le candidat de la synthèse FN – LR.

    Résultats de recherche d'images pour « fillon »

    La primaire de la droite et du centre, vaste opération de communication et de sondage, fort lucrative, lancée par la coalition Les Républicains a vu son premier tour terminé. Celui-ci s'est traduit par plusieurs conséquences:

    L'éviction de Nicolas Sarkozy, pour qui le retour aux affaires aurait été un confortable sursis, étant donné les casseroles que celui-ci traine dans son sillage: goodbye donc le leader historique de l'UMP.

    Le score absolument ridicule de Jean-François Copé, 0.3%, reflet d'un électorat de droite à la recherche de pragmatisme et de réalisme dans son approche des questions. La honte dont s'est couverte ce candidat n'a, effectivement, pas dû l'aider à progresser dans les sondages.

    Les deux gagnants sont ceux qui synthétisent, quelque part, les deux ailes de LR, Alain Juppé, celui qui se rapproche plus d'une coalition centriste, et, de l'autre coté, avec une marge d'avance confortable, François Fillon.

    François Fillon propose un programme de choc libéral d'inspiration thatchérienne mêlé à un conservatisme des valeurs. Bref coup d'oeil sur son parcours:

    – En 1975, François Fillon se prononce contre l'IVG et le droit à l'avortement.
    -En 1982, contre la dépénalisation de l'homosexualité.
    -En 1992, il prit une position souverainiste de type chauvine par rapport au traité de Maastricht.
    -En 1999, il s'oppose au PACS.
    -En 2009, fait illustratif, il refuse un poste de ministre à NKM, car elle est enceinte.
    -En 2012-2014 contre la loi Taubira.

    -Dans ses fonctions de ministre de l'Education, il est le responsable du projet d'autonomie des lycées, brèche ouverte pour permettre une suppression du recrutement centralisé des enseignants, pour gérer comme une entreprise le personnel des établissements, en somme une attaque pour une privatisation rampante.

    -Il est également, pendant la présidence de Nicolas Sarkozy, où il sert de paillasson à ce dernier, l'agent principal de la réforme des retraites et de l'application d'un programme d'austérité, à partir de 2010, lequel s'est traduit par des restrictions budgétaires importantes, dans de nombreux secteurs. Ceci entrainant d'importantes non-reconductions de postes, des départs anticipés et une utilisation accrue de contractuels pour combler les brèches.

    -Toujours dans l'éducation, c'est sous son gouvernement que se met en œuvre la Loi sur la Responsabilité des Universités, entraînant un rapprochement entre les universités et le secteur privé, la rentrée d'investissements de la part des entreprises en échange de sièges au conseil d'administration, le développement de licences et de maitrises adaptées uniquement aux intérêts du bassin d'emploi; en bref une politique de subordination du supérieur aux capitalistes.

    -Le gouvernement Fillon est aussi celui où la ministre de la défense Michèle Alliot-Marie, en 2011, propose au dictateur tunisien Ben Ali de lui "prêter des CRS" pour mater la révolte du printemps arabe.

    Ceci permet de dresser un portrait rapide du personnage. Cela ne saurait cependant être complet sans mentionner un tweet de sa main : "La colonisation servait simplement à partager notre culture." ou sans mentionner que son ouvrage phare est Vaincre le totalitarisme islamique, révélateur de la pensée réactionnaire et confuse de notre larron, mais de son talent -discret- de communiquant draguant l'extrême-droite.

    Grand négationniste des crimes de l'impérialisme français,  apôtre de la nostalgie coloniale, candidat idéal des fanatiques de la manif pour tout, tout en étant libéral et doucereux avec les riches, et d'une dureté de fer avec les travailleurs, François Fillon représente un bel hybride FN – LR, donc un excellent candidat pour un vote de coalition.

    Quel est le programme de François Fillon:

    1) Suppression de la durée légale du temps de travail et  2) Refonte du Code du travail 

    L'un des paradoxes de la candidature de François Fillon est qu'il se trouve plus dans la droite ligne de ce qui a été mis en place par le Parti Socialiste, plus que ce qui est issu de la présidence de Nicolas Sarkozy. Le PS a beau communiquer sur le sujet en jouant les Sainte-Nitouches, son œuvre de dévastation du code du travail, à travers la loi El-Khomri, a dépassé les rêves et les désirs les plus fous de la bourgeoisie. Ayant éventré la protection sociale, le gouvernement PS / EELV / PRG a détruit l'aspect fondamental du code du travail: l'échelle des normes. Comme les accords d'entreprise passent désormais au dessus des conventions collectives et même de la loi, tout est désormais possible. Pour autant, pour satisfaire son électorat, il est bien nécessaire de bombarder de nouveau ce champ de ruine, histoire de justifier la place des Républicains du côté de la droite, chose de plus en plus complexe face à un Parti Socialiste capable d'appliquer le programme tant du FN que de l'ex-UMP.

    3) Retraite à 65 ans
    Rien de neuf sous le Soleil, encore, allonger le temps de travail nécessaire pour partir à la retraite, user jusqu'à la corde les corps et les esprits des prolétaires, pour assurer la rentabilité maximale, tout en privant, mécaniquement, d'accès au marché du travail la jeune génération, par l'occupation plus longue des postes. Heureusement, comme ils n'auront pas pu cotiser pour le chômage, cela n'aura pas d'impact financier sur les caisses de l'Etat.

    4) Suppression d'un demi-million de postes de fonctionnaires.
    La suppression de postes de fonctionnaires est un peu l'un des delenda carthago de cette primaire: rivaliser en promettant toujours plus, en avançant les chiffres les plus extravagants pour plaire à l'auditoire. Cette mesure est à peine à commenter tant elle est une caricature de programme de droite, basée sur la "haine du privilège du fonctionnaire", et sur la théorie que "le privé peut tout", chose qui, pour autant, ne s'est jamais traduite par des réussites, quelque fusse le domaine.

    5) Allocations chômages réduites et dégressives.
    Autre delenda carthago partagé par tous les candidats, la question des chômeurs, considérés comme des plaies sociales, des incapables, des parasites par les ténors de la droite, lesquels les somment donc d'accepter chaque emploi qui leur est proposé sous peine de subir le couperet de la perte d'allocations. La encore, rien de neuf sous le soleil, si ce n'est que -merci la gauche au pouvoir- cette pression se répercute également sur ceux qui ont un emploi. Ainsi, il est plus aisé de leur faire accepter des hausses temps de travail et des baisses de salaire.

    6) Suppression de l'ISF et allégement des "charges" qui pèsent sur la bourgeoisie.
    Pauvre bourgeoisie, croulant sous les impôts, les charges, les dîmes et les gabelles. A peu de choses près, le portrait tracés pourrait évoquer cette caricature du tiers-Etat portant les deux autres ordres: la bourgeoisie supportant fonctionnaires et chômeurs, ces privilégiés. En vérité, ce cadeau, cette largesse, accordée par le programme de François Fillon ne fait que délester un peu plus les travailleurs de leur salaire. Plus la part qui reste -de manière effective- dans la poche du patron, de la patronne ou du rentier et de la rentière est élevée, plus le taux d'exploitation du travailleur, de la travailleuse augmente. Et encore, lorsque ces grands et grandes bourgeois et bourgeoises sont imposées fiscalement, ce qui est rare, comme a pu le révéler le Canard Enchaîné.

     La bourgeoisie ne produit aucune richesse. Elle spolie les travailleurs de leur dû et agit en parasite. En retirant ces charges, ces impôts, c'est une manière de laisser les charges collectives aux frais du prolétariat, d'en exempter ses exploiteurs.

    7) Loi Taubira modifiée.
    Petit clin d'oeil à ses amis réactionnaires, qu'ils fussent de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X ou simplement conservateurs, cette volonté de revenir sur la loi Taubira instituant une certaine égalité devant la Loi des couples, quelque fusse leur orientation sexuelle. C'est un retour aux jeunes amours de notre larron, homophobe, antiféministe et réactionnaire. Pour autant, pour éviter que tout lui saute au visage, la seule mention faite clairement est non une suppression, mais un amendement retirant la possibilité d'une adoption plénière par les couples du même sexe. Cela paraît pour autant douteux, car il entrainerait un chaos juridique sans nom.

    8) Fermeture des frontières.
    Autre geste de tendresse de sa part, vers le Front National, une ligne encore durcie par rapport à celle que le Parti Socialiste prônait, concernant l'accueil des immigrés et des réfugiés. Instaurations de quotas d'origine -vieux rêve des partisans du brain drain ou de l'immigration choisie- réduction de moitié des accueils, mais également accentuation des embûches pour la régularisation et l'accès à des aides. Autant de choses qui permettent de drainer des voix à droite.

    9) Gendarmerie pour tous les opposants !
    Le journal Médiapart a publié un article d'un intérêt indéniable  sur le rapport fascinant de François Fillon à l'opposition, qu'elle fusse syndicale ou politique.

    Lors d'une intervention faite le 5 septembre 2016, le candidat s'est fendu d'une déclaration de guerre à peine voilée: Il propose l'envoi de la gendarmerie aux forces "arc-boutées sur leurs acquis", en somme, une onde de choc et de terreur pour imposer son ordre. Inspiré -il s'en vante- de la dame de fer, de Thatcher, il aborde la question d'une manière simple et brutale: pas d'intervention de l'Etat, pas de limite de temps de travail, et si "on l'emmerde", il gouvernera par ordonnances, pour mettre au pas le pays.

    Notre cher Fillon représente donc une frange particulièrement réactionnaire, particulière synthèse de l'extrême-droite et du courant libéral, parfait champion de la cause.

    Nous ne voterons pas PS.

    UNEF trahira toujours ?

    Face à un tel réactionnaire, effectivement, il y a de quoi avoir des sueurs froides. Cependant, qu'a révélé l'alternance ? Elle a révélé que les sociaux-démocrates ont plié sous les exigences du patronat, qu'ils se sont couchés a ses pieds et qu'ils ont mordu quiconque tentait de s'opposer à son agenda. Le Parti Socialiste tente de se montrer comme le seule rempart contre le chaos et contre le fascisme, le fer de lance du progrès. Hélas, trois fois hélas des "circonstances" l'ont empêché de pouvoir mettre en oeuvre son magnifique programme. Ces circonstances s'appellent l'intérêt des capitalistes. Et le programme appliqué se nomme "l'ordre du jour" de cette classe.
    Cela est symptomatique, d'une part de la clique d'opportuniste que forme le Parti Socialiste, d'autre part de la démocratie bourgeoise en tant que telle.
    L'Etat bourgeois, ses institutions, ses instances, ses ramifications ont été conçues par la bourgeoisie comme manière de pouvoir encadrer la société et l'exploitation. Rien de plus. Cela forme son royaume exclusif sur lequel elle veille d'un œil jaloux. En votant, seule la saveur change, mais le poison reste le même. Rose "rose" ou rose "bleue marine", cela reste le pouvoir des bourgeois.
    Les candidats "à la gauche de la gauche" qui prétendent qu'il leur est possible d'accéder au pouvoir font fausse route. Ou ils sont d'une naïveté totale, ou ils avancent ces thèses pour séduire un électorat plus radical, pour ramener vers le réformisme les travailleurs. L'expérience du mouvement ouvrier et révolutionnaire devrait nous avoir vacciné contre la stupidité réformiste, contre ce poison, contre cette croyance que nous sommes dans un jeu démocratique à armes égales avec ceux qui nous exploitent. La bourgeoisie n'acceptera pas un gouvernement qui va à l'encontre de ses intérêts sans y être forcée. Et encore, elle ne concédera que de menues choses. La bourgeoisie préférera faire appel au fascisme pour écraser le mouvement ouvrier que de laisser toucher à ses intérêts de classe.

    Les réformistes parlent de 1936 comme de la victoire d'un gouvernement, elle n'a eu lieu que parce que le pays était bloqué par la grève et la menace de l'insurrection.
    Ils parlent de 1945 comme d'une victoire d'un gouvernement, niant le fait que les communistes portaient les armes, avant que le PCF, ignominieusement, contre la ligne de l'Internationale, leur ordonne de les rendre.
    Ils parlent de 1981 comme d'une victoire, alors qu'elle n'a fait que consolider, par l'aide de l'Etat, un capitalisme français endommagé et vulnérable. Une curieuse victoire qui déboucha, dès l'orage passé, sur une privatisation acharnée, y compris sous un gouvernement PS avec à sa tête Lionel Jospin, vermine Trotskiste.

    Depuis la chute de l'URSS même révisionniste -rendons à César ce qui revient à César- le capitalisme n'a plus eu besoin de s'encombrer de concessions, de s'encombrer de négociations. Les concessions qui avait été données sont reprises désormais, car le patronat juge que le prolétariat est trop faible et dispersé pour pouvoir riposter. Il faut dire qu'il a bien oeuvré a anéantir ses rouages ou a les corrompre.
    Il fonce donc tête baissée pour profiter de son avantage. 
     

    Que faire ?

    Pouvons nous blâmer, au vu des forces que représentent le mouvement révolutionnaire dans l'Etat français, le fait que beaucoup ne voient que le vote comme possibilité de faire changer les choses, de faire évoluer la société ?

    Nous ne le pouvons pas.

    Le fait que le vote prenne autant d'importance, qu'il apparaisse comme la seule issue, alors que c'est une cul-de-sac est révélateur de la faiblesse actuelle des organisations révolutionnaires.
    Pour autant, nous ne prendrons pas la position de "ni soutien, ni abstention", laquelle revient à ne pas se mouiller, laquelle revient à botter en touche et à ne pas vouloir se brouiller avec qui que ce soit. Ni celle du soutien critique, position trotskiste imbécile, où le parti qui en tire profit conserve le soutien, mais jette au loin la critique.

    Nous appelons à une abstention militante.

    Chaque fois que la participation baisse, c'est un aveu du manque de légitimité de nos dirigeants, c'est un aveu de l'absence de confiance des masse dans leur ordre, du manque de solidité de leur régime.

    Militante car l'expérience démontre que ni le pouvoir, ni la démocratie, n'est dans les urnes, dans les jeux étriqués des bourgeois. Car seule la lutte paie, c'est la seule force qui batte en brèche les réformes au service du patronat, qu'elles soient issues de la gauche comme de la droite. C'est la lutte qui rend les aventures militaires politiquement intenable, qui pousse à ce qu'elles s'éteignent. C'est la lutte qui créé l'outil démocratique, l'outil de pouvoir dont peuvent se saisir les masses, ces assemblées où leur légalité remplace celle de la bourgeoisie.

    Nous appelons à rejoindre et renforcer les organisations de combat de la classe ouvrière, ses syndicats ses associations. A rejoindre les cercles communistes, qui travaillent à fournir formation et cadre organisationnel pour combattre, pour fonder un Parti Communiste combatif et révolutionnaire, ce Parti qui nous manque.
    Nous appelons à dénoncer le jeu pourri des partis bourgeois, laquais des patrons !
    Refuser leur jeu truqué !
    Combattre leur pouvoir, dans la rue, dans les entreprises, dans les administrations, dans les universités et les lycées.

    Organiser le camp du peuple et passer de la résistance à la contre-offensive, de la contre-offensive à la révolution !

  • Présidentielles en Bulgarie et en Moldavie: L’orbite russe s’agrandit-elle ?

    Présidentielles en Bulgarie et en Moldavie: L’orbite russe s’agrandit-elle ?

    Le 13 novembre dernier se sont tenues simultanément les élections présidentielles moldaves et bulgares. Ces élections ont vu dans les deux pays la victoire de deux candidats pro-russe, Igor Dodon en Moldavie, et Roumen Radev en Bulgarie.

    Le premier, Igor Dodon, anciennement membre du parti communiste de la république de Moldavie, et ministre de l'économie de 2006 à 2009, aujourd'hui membre du parti socialiste, a été élu sur la base d'un programme comprenant l'adhésion de la Moldavie à l'accord de libre échange Russie-Biélorussie-Kazakhstan, la dénonciation et la renégociation de l'accord d'association entre la Moldavie et l'Union Européenne et une transformation de la république en fédération. Ceci ayant de quoi séduire le Kremlin, puisque cela reviendrait à reconnaître le statut autonome de la Transnistrie, micro-état niché dans une vallée majoritairement peuplée de russes, en conflit avec Chisinau depuis la chute de l'URSS. Une Moldavie pro-Russe complique également la tâche d'une Ukraine toujours en guerre larvée avec les séparatistes.
     

    Le second a un profil plus obscur. Général de l'armée de l'air bulgare, indépendant soutenu par le parti socialiste bulgare, il souhaite un rapprochement similaire avec Moscou, sans remettre pour l'instant en question l'appartenance de la Bulgarie à l'UE et l'OTAN.

    A l'heure actuelle, il est difficile de prévoir comment cette élection se traduira concrètement pour ces deux pays. Cependant, cette oscillation entre Ouest et Est forme une tendance grandissante dans les pays d'Europe de l'est.

    En Hongrie, le régime fascisant de Viktor Orban, tout en maintenant le pays dans l'UE, assume clairement sa sympathie pour Moscou.

    En Serbie, où l'autorité du premier ministre Aleksandar Vucic ne cesse de croître, le discours balance entre le rapprochement avec l'UE, et l'amitié russo-serbe.

    Ces oscillations se sont également étendus au Monténégro et auxquelles nous avons déjà consacré une brève.

    Déception vis à vis d'une adhésion à l'UE et l'OTAN, vue comme une entrée dans un Eldorado, mais finalement marché de dupe ? Nostalgie issues du pacte de Varsovie et du COMECON ? Realpolitik liée à l'affaiblissement Européen et Américain ? Le diagnostic est loin d'être terminé.

    Ce qui est certain en revanche, c'est qu'entre une Amérique de Trump qui révèle un sentiment isolationniste dans l'opinion publique US et une Russie de Poutine montrant de plus en plus qu'elle semble avoir les moyens de sa politique d'affirmation, l'Europe, et notamment l'Europe de l'est, risque de redevenir un champs de bataille pour les impérialismes. Les tensions s'accumulent, et il est inéluctable que l'état actuel des choses, que les cartes que possèdent les impérialistes seront repartagées par la guerre.

    Ces pays, vulnérabilisés par le politique de "division internationale socialiste du travail" de Khrouchtchev, cheval de Troie du social-impérialisme soviétique, transformés en satellites économiques, pillés  par la thérapie de choc vers le capitalisme, sont les réserves de mains d’œuvre peu coûteuse pour les entreprises occidentales et sont des cibles pour qui veut étendre son aire d'influence. Elles sont des test de la capacité de réaction d'une Europe toujours sonnée par le Brexit.

    Dirigés par des cliques d'oligarques voraces, ces Etats sont mis devant un choix: une UE qui n'est qu'une alliance temporaire et fortuite de puissances capitalistes -France et Allemagne en tête- ou  une Russie se drapant dans une robe rouge qui cache bien mal sa nature toute aussi rapace et sournoise.

    Dans les deux cas, les peuples d'Europe de l'Est feront les frais de l'impérialisme de l'un ou de l'autre. Il n'est ni salut dans l'UE, ni dans le pacte de Shanghaï.

    L'impérialisme, c'est la réaction sur toute la ligne ! Il n'existe nullement une chose appelée "bon impérialisme."

    Notre camp, c'est celui du peuple, celui des travailleurs, et des exploités. Nous rejetons la logique Atlantiste voyant Satan dans la Russie, tout comme celle -inverse- des discrets amoureux de Poutine, qui se voient déjà dans une alliance eurasienne contre le Démon américain.

     

    Seul le front uni des masses laborieuses et la lutte contre l'impérialisme est gage d'indépendance. En Bulgarie, en Moldavie, dans les Balkans, en France et dans le Monde, un camp, celui du peuple !

  • La Turquie fait les yeux doux à l’organisation de Shanghai

    La Turquie, comme nous l'avions mentionné dans notre article Trump élu, la fin du Monde n'est pour autant pas pour demain, mis en ligne suite à l’élection américaine, est devenue vacillante. Après une passe d'arme avec la Russie, dans laquelle la Turquie devenait le fer de lance de l'opposition est-ouest, le ton a molli.

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    Pour cause, la Turquie est tiraillée entre les deux, elle est un enjeu géopolitique majeur pour les deux forces opposées: la coalition des impérialismes occidentaux contre l'impérialisme Russe. Verrou de la mer Noire, verrou de l'exportation du pétrole Russe, la Turquie est courtisée.

    Cherchant sa place dans un échiquier géopolitique au sein duquel elle voudrait exister en tant que puissance régionale, pas seulement en tant que zone d'opération, logiquement, elle monnaie.

    Elle a monnayé sa politique sur les migrants auprès de l'UE, acceptant subsides et investissements, mais n'obtenant pas ce qu'elle souhaite, une reprise des discussion sur son adhésion. Critiqué -mais pas condamné- par l'Union Européenne et l'ONU à la suite de la vague de répression qui s'est abattue sur le pays depuis Juillet, ciblant principalement les progressistes de HDP et les kurdes, le président de l'Etat Turc a donc répondu par une pique.

    Erdogan a donc déclaré: "Certains pourraient me critiquer mais je fais part de mes opinions. Par exemple, je me demande pourquoi la Turquie ne rejoindrait-elle pas l'Organisation de Shanghai?" De même, il menace d'un référendum sur le processus d'adhésion à l'UE avant la fin de l'année si celle-ci ne reprend pas les négociations.

    Bonne marchande, elle monnaie son allégeance à l'autre coté, pour flairer si l'Organisation de Shanghai lui offre mieux. Quant à savoir si il s'agit d'un virage complet ou d'un bluff pour faire monter les enchères, difficile à dire.

    Pour autant cela est révélateur de la situation particulière dans laquelle se trouve l'équilibre militaire: La Turquie, depuis son apparition, à la partition de l'Empire Ottoman, a été l'objet de toutes les attentions, pour bloquer l'URSS naissante, pour verrouiller ses détroits, à l'inverse, de pressions de l'URSS pendant la Seconde Guerre Mondiale, pour qu'elle intervienne; mais également bastion de l'Otan et de la réaction pendant la guerre froide.

    Aujourd'hui, le fait qu'elle hésite montre donc que la Russie, et le "bloc continental" auquel elle appartient, ont des offres à faire qui pourraient rivaliser avec celles de l'occident. Cela concoure à laisser penser qu'effectivement la parité militaire et géopolitique s'atteint progressivement au niveau international.

    Reste à voir comment les discrets zélateurs de Poutine, le présentant comme un champion de la liberté face au fasciste Erdogan, pourront politiquement digérer ce revirement s'il a lieu. Reste à voir la réaction de l'Union Européenne.

    Cela reste une affaire à suivre de près.

  • Corée du sud : l’affaire du « Choi gate » ou le Raspoutine sud-coréen

    Samedi 12 novembre, le peuple de Séoul est descendu dans la rue par centaines de milliers, selon la police, par millions selon les manifestants, pour exiger la démission de l'actuelle présidente de la Corée du sud, Park Geun-hye, dont la relation obscure avec une secte « chamanique » a été percée à jour.

    La fille de l'ancien dictateur anti-communiste Park Chung-hee -qui a dirigé la Corée du sud d'une main de fer du putsch de 1961 à sa mort en 1979- était en effet sous l'influence d'une mystérieuse éminence grise, Choi Soon-sil. Ce dernier aurait utilisé son influence sur la présidente pour obliger de grosses firmes nationales -notamment Samsung)- à verser d'importantes sommes à des organisations servant uniquement de façade légale, avant de servir à des usages personnels ou de financement de la secte.

     Un scénario digne des plus abracadabrantesques théories du complot.

     Les liens entre le gouvernement de Séoul et les mouvements sectaires ne date pas d'hier. Avant Choi Soon-sil, Park Geun-hye nouait une relation particulière avec le père de celle-ci. Choi Tae-min, gourou de la secte « l'église de la vie éternelle », et surnommé le Raspoutine coréen, avait obtenu les faveurs de l'actuelle présidente en 1975, après lui avoir affirmé être en contact avec sa défunte mère.

    Très tôt, la Corée du sud ayant a été le terrain privilégié de sectes telle que la secte Moon, fondée par Sun Myung Moon. Ces sectes ont une chose en commun : l'anticommunisme viscéral et agressif comme base d'idée et comme fond de commerce. D'où un soutien financier énorme de la part des États-Unis, dans leur politique de sabotage de la réunification de la péninsule et d'où des liens toujours étroit avec le pouvoir autoritaire de la présidente Park, tout comme avec celui de son père avant elle.

    Illustration: mariage dans la secte Moon. (Source Rue 89)

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     Alors que la Corée du sud est voisine avec l'un des derniers pays se revendiquant du socialisme -sous le nom de leur propre courant le Juche, dont la perception particulière du marxisme soulève des questions d'analyses qui sont loin d'être tranchées- ces sectes demeurent puissantes et ont pignon sur rue. Les conceptions métaphysiques, le dogmatisme religieux, l'esprit de secte, sont en effet parmi les armes les plus efficaces de la bourgeoisie pour détourner le peuple des idéologies progressistes et révolutionnaires. Elles s'opposent frontalement à leur base scientifique est remplacent le matérialisme-dialectique par la foi aveugle.

    Mais derrière les superstitions et les promesses de vie éternelle se cache la réalité : les intrigues politiques, la corruption, l'accaparement des richesses. Une histoire qui en apparence prête à rire, mais qui masque en effet une réalité, les dirigeants de cette secte, père et fille, ont favorisé l'ascension politique de Park Geun-hye, et ont fait fortune grâce à elle. Une réalité qui s'avère être la goûte d'eau de trop pour les coréens du sud, déjà écrasés par un société inégalitaire et élitiste. C'est également la goûte d'eau de trop au sein de cette société caporalisée et militarisée, dans laquelle toute forme de contestation sociale peut être considérée comme une trahison, toute opposition est vu comme une allégeance en douce à Pyongyang.

     Malgré certaines mesures prises en catastrophe, comme le limogeage du 1er ministre, ou la promesse d'une restriction de son pouvoir par la présidence, rien n'y fait, le peuple ne veut plus se laisser duper.

    L'Unité communiste de Lyon affirme son soutien au peuple coréen dans sa lutte contre ses oppresseurs, contre l'impérialisme, contre l'injustice. L'obscurantisme est le voile de la corruption et de la réaction !

    Pour la paix et la fin de la guerre froide entretenue pour des interêts géopolitiques en Corée !

    Korea is One! 
     

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  • Les cendres encore chaudes de la Première Guerre Mondiale.

    Les cendres encore chaudes de la Première Guerre Mondiale.

     

    La onzième heure du onzième jour du onzième mois de l'année mille neuf-cent dix-huit, le clairon sonnait la fin des hostilités à la suite d'une guerre démarrée quatre années plus tôt. Des millions de morts plus tard, l'épreuve de force entre deux coalitions impérialistes prenait fin.

     

    Américains, français et britanniques, accompagnés de celle de l'Empire Russe face aux intérêts tout aussi rapaces des empires centraux, de l'Autriche-Hongrie mourante, de l'Empire Allemand montant, et d'un Empire Ottoman à bout de souffle.

    Ce conflit s'est étendu sur l'intégralité du globe, de l'aventure des marins des l'amiral Graf von Spee dans les Iles Bismarck, dans les colonies d'Afrique, dans l'impasse des Dardanelles comme dans les boucheries de Tannenberg et de Verdun.

    Les banquiers, les marchands d'armes s'en sont frotté les mains, engrangeant par millions, par milliards les bénéfices, tandis que le sang des prolétaires, mais aussi des peuples colonisés, se mêlait à l'acier et aux gaz en une apocalypse criminelle.

    Cette guerre, cependant, effraya les bourgeoisies du Monde entier. Elle donna naissance à leur cauchemar concrétisé: la révolution communiste. Celle d'union soviétique souleva un espoir gigantesque pour les masses et les peuples opprimés, apparaissant comme un champion de la liberté et de la paix. Celles d'Europe, les tentatives de Bavière, de Finlande, de Hongrie, de Berlin, de Strasbourg furent écrasés sans pitié par les capitalistes et leurs laquais, qu'ils fussent corps francs ou sociaux-démocrates. Dès la fin de la guerre, les armées de tous les pays impérialistes et capitalistes furent dirigés contre la République des Soviets, où elles furent défaites.

    La Grande Guerre Impérialiste accouchait ainsi de sa propre négation, la révolution soviétique. La croisade antibolchevique lancée dans les années quarante accouchera d'une négation encore plus grande: de 1/6, le Monde libéré s'est porté à près de la moitié de la population mondiale.

     

    Symétrie, cent ans après.

     

    Aujourd'hui, alors que les capitalistes et leurs alliés de gauche et de droite se réjouissent de la défaite -temporaire- du communisme, les cendres de la première guerre mondiale n'ont jamais été plus chaudes.

    Les tensions internationales, près de cent ans après la fin de la seconde guerre mondiale n'ont jamais été aussi fortes depuis la fin de la guerre froide. Pourtant elles étaient tempérées à ce moment par la menace de la dissuasion nucléaire crédible, de la parité militaire est-ouest.

    La pax americana proclamée comme une ère nouvelle, éternelle, n'est plus. Ceux qui prêtaient une crédibilité quelconque à cette thèse se vautrent dans les conceptions du super-impérialisme de Karl Kautsky et des révisionnistes. Le monopole américain, pourrissant, ne pouvait se maintenir, et les bourgeoisies n'acceptent pas de se faire dicter leur conduite à tenir. Elles respectent leur destin de classe: devenir impérialistes, réclamer leur place au soleil, comme le formulait Otto von Bismarck, ou accepter de devenir compradores, de simples clients.

    Ni la bourgeoisie française, ni la bourgeoisie chinoise, ni la bourgeoisie russe ou allemande n'acceptent de devenir des compradores.  Elles choisissent donc la voie adaptée à leurs intérêts.

    Les élections américaines sont significatives: La période Bush père et Clinton consacraient les USA comme la seule hyperpuissance, gendarme du Monde, triomphante. C'est la période de la guerre du Golfe, la période de la grande coalition red white and blue.

     

     

    La période suivante marque un premier recul. L'élection de Vladimir Poutine sur un programme de restauration de la grandeur impériale, de défi vers l'occident, marque un retour d'un nouvel acteur dans la partie. Le 11 septembre 2001 est un réel trauma pour les USA, lesquels se sentent de nouveau vulnérables, comprennent que les menaces sur leur hégémonie se sont adaptées, mais que leur dispositif militaire issu de la guerre froide, lui, non. Depuis, l'échec de la guerre en Afghanistan, en Irak, démontre que ce n'est toujours pas le cas.  L'opposition de la France à la guerre en Irak, qui faisait partie de sa sphère de marché, marque une fissure, relative certes, dans la coalition.

    L'Amérique de Bush fils est une Amérique belliqueuse, agressive, mais en perte de vitesse. Dans les discours, elle est toujours la superpuissance, mais la posture d'Obama, son discours, marque un nouveau recul. L'année de son élection, l'année 2008, est une année qui marque un recul important: Les américains lâchent la Géorgie de Saakachvili, aspirant pourtant à rejoindre l'OTAN. L'armée Russe, qui s'est illustrée par sa capacité opérationnelle à aplatir la résistance Tchétchène, au mépris des pertes et des vies humaines, par son utilisation de la force brute, écrase également l'armée géorgienne.
     

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    Les deux mandats d'Obama marquent un fléchissement plus important. Le discours est moins arrogant, plus réaliste, plus basé sur les liens d'alliances, sur une tendance à répugner à s'engager plus en avant dans des aventures militaires. En bref, le régime gère. Il prend peu d'initiatives, temporise même l'agressivité d'Israël, s'humilie devant la face du Monde avec ses "lignes rouges" contre Bachar Al Assad. Comparativement l'impérialisme français, qui s'engage dans la guerre au Mali, dans les bombardements contre la Libye, dans le soutien à peine voilé aux opposants à Bachar, mais également dans les coups tordus et coups d'Etat, l'exemple même étant la Côte d'Ivoire.

    L'arrivée de Trump au pouvoir soulève bien des interrogations dans un monde qui devient de plus en plus multipolaire. L'aigle américain n'est pas mort, loin de là, mais il a le plumage terni. La ligne défendue par l'inénarrable candidat américain, par ce roi de la provocation, est intéressante à étudier.

    Selon l'analyse et la compilation du programme par Igniacio Ramonet, Trump se marque comme un recul de l'impérialisme américain. L'application de son programme serait même un saut périlleux arrière. Son protectionnisme militant, sa déclaration de vouloir rompre avec l'ALENA, qu'il estime contraire aux intérêts américains, de remettre des barrières douanières, n'est pas la déclaration d'un bourgeois triomphant, mais bien de celui du repli. Populisme ou réalisme ? La question reste en suspens.

    « Il n’y aura plus de garantie d’une protection automatique des Etats-Unis envers les pays membres de l’OTAN. » La déclaration sonne comme un coup de tonnerre. Cette déclaration est une rupture complète avec les principes même de l'organisation. Si elle est passée à peu près inaperçue en occident, elle a été très bien reçue par Moscou, qui, également, a approuvé la proposition d'acter l'annexion de la Crimée.

     

    Parité militaire en danger ?

     

    Le programme militaire américain, quant à lui, marque le pas. La Russie ne s'est pas privée de parader, pour les 70 ans de la victoire contre l'ogre hitlérien, avec son nouveau matériel de combat, ses Soukhoï T-50, les derniers nés de son programme de chasseurs cinquième génération. Cette année, c'est le T-14 Armata, le char le plus moderne du Monde, qui défile sous les acclamations. Le salon naval IMDS de 2015 a également révélé son lot de surprises: une nouvelle gamme de forces maritimes, renforcement bienvenu dans une politique de contrôle des mers nouvelles du pôle. Mais l'élément le plus significatif est le Projekt 23000 Shtrom -tempête-, un porte-avion géant de 90 à 100 000 tonnes de déplacement -à comparer aux 88 000 tonnes du Ronald Reagan américain-.

     

     

    De son côté, la Chine n'est pas en reste, avec la sortie officielle du J-20, lui aussi classé en avion de chasse de cinquième génération, et dont les caractéristiques restent à l'heure actuelle spéculatives. Sa modernisation du porte-avion Liaoning se poursuit, un sister-ship est par ailleurs en construction, avec des caractéristiques modernisées. Surtout, la RPC vient de franchir un bond technologique énorme, en mettant au point son premier radar quantique. Le CETC, qui peut détecter des appareil furtifs, indépendamment de leur camouflage, jusqu'à cent kilomètres  de distance, pose une question cruciale quant à la suprématie technologique américaine. De même, le premier satellite de communications quantique Micius inquiète les services de renseignement du Monde entier.

    De son côté, l'armée américaine semble dans une passe complexe. Malgré une suprématie indéniable en terme de projection de force et en terme de puissance de feu à longue portée, cette suprématie se heurte à des bottlenecks, des goulots d'étranglement importants.

     

    Le programme F-35, lancé en 1996, déjà émaillé de problèmes, ne trouve aucune résolution satisfaisante. L'avion est simplement mauvais, vulnérable, victime d'une inflation budgétaire terrifiante. A tel point que ses acheteurs se détournent maintenant, le concentré de technologie ne justifiant pas le coût, financier et opérationnel. Pire encore, plusieurs téraoctets de données ont été piratées, les soupçons se portant sur la Chine, rendant l'appareil aussi translucide que si il était de cristal, aux yeux des analystes étrangers.
     

    L'Army, elle aussi, abandonne plusieurs concepts de blindés, censés remplacer le M1A1 Abrams, vieux de près de quarante ans, et censés compléter la gamme pour le combat urbain. L'improvisation continue, pour une armée comptant de plus en plus sur ses contractuels des S.M.P [sociétés militaires privées], qui paient le plus lourd tribut en pertes, mais permettent de prétendre que le no boots in ground est toujours valable.

    La Navy quant à elle, vient d'annuler une série de projets de croiseurs multi-rôles, lesquels se sont heurtés à un échec complet, tandis que ses projets de porte-avions se heurtent à des écueils budgétaires, ainsi qu'à l'incertitude de la nouvelle élection.

     

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    La loi d'Augustine, sur l'inflation logarithmique des coûts, les industriels se gavant de bénéfices monstrueux au passage, réduisent le format des armées occidentales, tandis que le choix d'une technologie plus fruste, plus accessible, plus éprouvée, par d'autres, permettent une capacité opérationnelle plus importante, et , surtout, sur une plus grande durée qu'une blitzkrieg version 2000.

     

     

     

    L'armée Française n'a pas brillé non plus ces dernières années. Le modèle monopolistique, Nexter et Dassault aviation se partagent le marché des armes lourdes et aériennes, ne permet à l'armée française que des opérations digne des guerres coloniales, avec un format réduit.

    L'épreuve de la guerre de Syrie, véritable guerre d'Espagne-bis quant à l'application des doctrines de chaque forces, à montré l'incapacité de cette dernière à pouvoir soutenir de manière efficace les troupes au sol, au contraire des Russes, fervents utilisateurs du choc en profondeur et de l'opératique. Pendant ce temps, dans le reste du Monde, le réarmement est la tendance générale, que cela soit au Japon, où le militarisme renaît, en Corée du Sud, mais également dans un Caucase toujours brûlant.

    D'une manière générale, les armées issues de la guerre froide ne sont pas en mesure de répondre aux nouvelles conflictualités et aux nouvelles formes de combat asymétriques.

    Le doute marque partout.

     

    Les incertitudes subsistent. Et ces incertitudes sont favorables à l'entropie, la tendance au chaos.

     

    Pour supprimer l'inévitabilité des guerres, il faut détruire l'impérialisme.

    J. Staline cité in Les problèmes économiques du socialisme en URSS.

     

    Aujourd'hui, la symétrie entre notre situation et celle d'il y a un siècle peut frapper. Les terrains d'affrontement pour un repartage du Monde entre puissances impérialistes ne manquent pas. Le cas ukrainien est symbolique, de même que la tentative de coup d'Etat au Monténégro. L'Europe reste un terrain privilégié de la conflictualité et des rivalités.

    La guerre peut surgir du Pacifique, du pôle Nord, du Caucase ou du Moyen-Orient, mais la seule certitude est qu'elle finira par surgir. C'est une loi inévitable du capitalisme, celle de l'inégalité de développement, mais aussi celle du pourrissement qu'induit le capitalisme monopolistique. Les impérialisme dominants se succèdent, mais leur passation ne se fait jamais dans la douceur et la tendresse, le plus souvent dans le sang et les flammes.

    Aujourd'hui, la tendance au conflit est toujours présente. Elle le sera tant que le capitalisme et l'impérialisme n'auront pas été liquidés. Ni le libéralisme, ni le protectionnisme ne sont des barrières à la rapacité du capitalisme et de l'impérialisme, seul le socialisme l'est.

    Les discours des candidats au poste de directeur de la bourgeoisie française sont variés, atlantistes convaincus, pro-russes, indécis, ou, comme Mélenchon, partisans de l'aventure en solo de l'impérialisme français, ce qu'ils appellent "la place de la France dans le Monde." Mais la mission des communistes n'est pas de conseiller la bourgeoisie et d'espérer qu'elle "fasse le bon choix". Nous ne sommes pas un pays dominé et sous la tutelle de Berlin ou de Washington, contrairement à ce que prétendent les révisionnistes du marxisme et les fascistes. Nous sommes un état impérialiste, un des plus agressifs, des plus barbares.
     

    Notre rôle n'est pas de dire "hors de l'OTAN", "Hors de l'UE" comme si ces deux instances étaient le mal incarné. Non, notre tâche est de cibler notre impérialisme, ses méfaits, et de le combattre jusqu'au bout avec résolution. Nous serons du côté du peuple, du côté de la paix, du côté de ceux qui luttent sans relâche contre les méfaits du système capitaliste.

    La tâche des communistes est d'être les instigateurs de la résistance contre les manœuvres des faucons pour égorger nos frères et sœurs de classe. Chaque fois, à chaque guerre, les exploiteurs creusent leur propre tombe.

    Nous ne paierons pas de notre sang la prochaine guerre, nous n'enterrerons pas nos frères et nos sœurs.

     

    Nous ferons en sorte que ce soit la bourgeoisie qui soit exterminée !

    Nous devons être solidaire et fraternels avec tous les peuples qui constituent le Monde. Nous sommes le camp de la paix, le camp du peuple, le camp de la Révolution 

  • De quoi Trump est il le paravent ?

    De quoi Trump est il le paravent ?

    Ou

    Comment l'épouvantail Trump est utilisé pour ressusciter un PS moribond.

     

    "Si vous ne votez pas pour nous, Marine le Pen -notre Trump bien de chez nous- passera au pouvoir, et les enfers se déchaînerons sur la France. Alors à vos urnes, citoyens, votez pour le candidat le plus rationnel, tant pis si il applique le même programme, le light est toujours préférable à l'orignal !"

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    Il n'est pas faux de dire que l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, l'outsider, le controversé, l'U.F.O. des élections américaines, a créé un électrochoc dans le Monde entier.

    Celui qu'on créditait d'1% de chance de victoire, face à une Hillary Clinton parée de tous les atouts, à créé la surprise. Un coup de tonnerre dans un ciel sans nuages.

    L'isolationniste, le passéiste, le misogyne, le voilà aux commandes du plus puissant état de la planète. Il est tout à fait normal, en effet, de sentir un frisson glacé courir le long de l'échine a l'idée d'imaginer quatre années de déchaînement réactionnaire, de bigoterie, de sexisme et de xénophobie aux USA. 

    Si nous avons déjà donné notre position sur le sens de cette élection pour la situation des USA, nous voulons apporter notre pierre pour la compréhension des répercutions, chez nous, que cette élection va entraîner. Surtout, nous ne pouvons faire l'impasse sur ce que cela va déclencher comme torrent de flots boueux et putrides, comme shitstorm comme il est dit outre-Atlantique, sur notre propre élection présidentielle.

    Sensiblerie, émotion, chantage et politique font bons ménage dans les républiques bourgeoises. Les charognards se nourrissent sans scrupule des sentiments que peut éprouver -légitimement- le peuple.

    Cela s'est vu après les attentats, où le sang n'avait pas été épongé que déjà se ruaient sur les politiciens avide d'audimat et de reconnaissance, chacun y allant de sa surenchère morbide.

    Cela permettait de glaner des voix pour les futures élections, et d'accentuer une percée dans les deux thèmes les plus porteurs du moment: l'Islam et le sécuritaire.

    Qu'importe si, pour de nombreuses personnes, cela se traduit par un durcissement de leur conditions de vie: agressions racistes, menaces, injures, exclusion des sphères de la vie collective. Paris vaut bien une messe, aurait dit Henri IV, l’Élisée vaut bien de sacrifier, sur l'autel du populisme, quelque milliers de personnes.

    Mais le terrible problème d'un attentat, c'est qu'il se produit un effet de résilience. Les spécialistes de la question estiment que le retour à la normale se produit aux alentours de six mois après l'événement. C'est donc six mois, pour nos cher politiques, d'utilisation de l'événement en la noyant dans l'émotionnel. Passé ce délai, il commence à apparaître des réticences à avaler tant de couleuvres.

    Passé ce délai, il devient difficile de pouvoir capitaliser uniquement sur ces événements pour se gorger de voix.

    Pour un parti sur le déclin comme le Parti Socialiste, lequel renonce même à présenter un programme, il reste peu de cartes.

    C'est là où il est possible de remercier Donald Trump.

    Trump, l'épouvantail parfait, qui permet de glisser sur l'une des litanies favorite du PS, mais aussi de tous les réformistes: "Nous ou le Pen."

    Ceux qui se saisissent de cette carte, et ils seront nombreux, de gauche ou de droite, se parent d'une immunité: plus besoin de présenter de programme positif, il suffit de clamer que le meilleur barrage contre l'hydre fasciste est de voter pour son parti.

    Faire un programme positif est une tâche ardue. Souvent, les électeurs finissent par se rendre compte qu'il est inapplicable, qu'il est contraire à leurs intérêts, ou cela demande de le défendre publiquement. Difficile et dangereux.

    La victoire de Trump solutionne tout.

    Image result for affiche ps fn Elle rend crédible et palpable le risque de victoire du FN, elle vient de donner un poids conséquent à la thèse du barrage, à la thèse du "tout sauf…" Elle permet de lyncher les abstentionnistes, de souder son camp, chaque dissident devenant un agent de facto du fascisme rampant. Elle permet de culpabiliser les abstentionnistes, comme avait si bien sur le faire Mélenchon, en les parant de tous les maux, et en les accusant d'être des idiots finis, des auxiliaires de la réaction.

    Elle permet de neutraliser une partie de l'extrême-gauche, de l'opposition extra-parlementaire, accusée d'être des saboteurs du front uni antifasciste. Les appelant à jouer la carte du vote utile, du vote rationnel, du sursaut républicain. Tous derrière les partis électoralistes, et que le moins pire gagne !

    Et voilà ceux qui criaient "la peste ou le choléra", les voilà qui se rétractent, qui se recroquevillent, car dans le fond, ils n'ont jamais cru à leurs slogans. Ceux qui mettaient sur le même plant Trump et Clinton, qu'on devine finalement hypocrites, rassurés qu'ils auraient été par la victoire de la candidate démocrate. Après tout, ce ne sont pas eux qui sont sous les bombes de la bannière étoilée.

    Les voilà, encore, ces mêmes qui, terrifiés, n'ayant aucune confiance, se préparent à mettre un bulletin marqué de la rose du PS dans l'urne, tout en se vomissant eux-mêmes. "Les élections ne changent rien" le jour d'avant, "faire barrage au FN" le lendemain.

    Seulement l'application du programme du FN se fait déjà, par notre gouvernement prétendument de gauche: liquidation des conquêtes sociales, racisme d’État, expulsions, politique agressive impérialiste, répression dans la plus grand style colonial à Mayotte et en Nouvelle-Calédonie, soutien aux régimes fascisants, dont la Turquie, prison des peuples. Ce n'est pas la horde fasciste, c'est la social-démocratie qui se colle à cette tâche, tâche qui résume intégralement l'existence du mouvement réformiste: une épée pour frapper le peuple, un couteau pour lui faire rendre gorge.

    Manuel Valls s'est exprimé aujourd'hui :

    "Dans ce monde si troublé, que nous dit la démocratie américaine ? Le besoin de frontières, le besoin de réguler l'immigration, la nécessité bien sûr de combattre le terrorisme, et de nommer le totalitarisme islamiste. Le besoin aussi de mieux redistribuer les richesses. Le besoin de protection pour les couches populaires et les classes moyennes, qui vivent ce sentiment de déclassement."

    Manuel Valls

    Voilà ce qu'un vote "socialiste" a créé comme monstruosité. Pourquoi ? Parce que ce qui intéresse ces partis sans scrupules c'est un siège, un poste, une sinécure. Lorsque le PS réalise le programme du FN, ce dernier crie au scandale, au vol, alors qu'il devrait se réjouir: ses idées ont gagné. Lorsque le PS réalise le programme économique de LR, ils crient également, au lieu de ce réjouir de le voir appliqué.

    Pourquoi ne le font-il pas ? Car ils sont les aventuriers de l'opportunisme, qui ne vivent que pour trouver une niche heureuse dans laquelle s'épanouir aux frais du contribuable.

    Parce qu'ils ont compris, mieux que quiconque, que les élections ne servaient à rien, et qu'ils ne font que réaliser l'agenda de la bourgeoisie, d'être tous des agents de l'impérialisme français, tous des agents du patronat français qui se pressent d'exécuter ses ordres.

    Qu'ils le teintent d'un peu de rose, d'un peu de bleu, qu'importe !

    Les voilà qui mendient nos voix, encore, les voilà qui réclament l'approbation populaire pour ensuite la trahir.

    Nous ne leur feront pas ce cadeau, nous n'acceptons pas ce jeu truqué.

    Le pouvoir n'est pas dans l'urne, il est dans la rue. L'action politique ne se fait pas dans les bureaux de vote, mais dans les luttes, dans les combats, dans l'action militante.

    Pas une seule voix pour la démocratie bourgeoise !