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  • Cahuzac et Lagarde, la justice bourgeoise en action.

    Par le passé, de la part d'individus bien intentionnés qui tentaient de défendre le Parti Socialiste, venait régulièrement un argument: Son arrivée au pouvoir offrirait plus de latéralité à la justice pour condamner les individus haut placés corrompus.
    Chose rare, coup sur coup, deux individus de ce type ont été condamnés par la justice.

    Le premier Jérôme Cahuzac, vient d'être condamné pour fraude fiscale. Après avoir eu longtemps, comme le parquet l'a mentionné "une vie familiale enracinée dans la fraude", il est -enfin- sous le coup d'une peine de prison.
    3 ans de prison pour 3.5 millions d'euro de patrimoine dissimulé. C'est peu, mais suffisant pour que le condamné soit "assommé par le verdict." Qu'il se rassure, sans mandat de dépôt, il dort toujours chez lui. Insulte crachée au visage de ceux qui sont mis en préventive ou sous les verrous sur un soupçon. Insulte en particulier vis-à-vis de ceux qui luttent pour que les crimes policiers soient reconnus et jugés, et qui se retrouvent eux-mêmes condamnés.
    Et l'avocat de l'ex-ministre ajoute, cerise sur le gâteau, que la détention de Jérôme Cahuzac serait une nouvelle charge pour un contribuable déjà lésé. Quel signal plus fort pourrait être donné que celui-ci ? Et pourtant !

    Christine Lagarde, quant à elle, présidente du F.M.I. à l'heure actuelle, est accusée d'avoir offert une ristourne magnifique de 404 millions d'Euros à Bernard Tapie.
    En 2007, en effet, alors ministre des finances de Nicolas Sarkozy, lequel la traita par ailleurs comme un paillasson, elle ordonne l'arbitrage d'une vieille affaire. La vente d'Adidas par le crédit Lyonnais, vente contestée par son propriétaire, Bernard Tapie. L'arbitrage privé trancha en faveur de l'homme d'affaire, lui accordant ainsi 404 millions d'euros indus. La justice, il y a maintenant un an, cassa l'arbitrage et ordonna que l'ancien soutien de François Mitterrand rembourse cette somme. De son coté, Christine Lagarde est condamnée pour négligence par la cour de justice de la République.
    Elle est condamnée, mais dispensée de peine. Quant au F.M.I., il lui réaffirme sa pleine confiance.

    Dispensée de peine.
    N'est pas là une formulation magnifique ?
    404 millions d'euros deviennent une négligence, tandis que des vols de pain, de fromage, fait par des gens qui n'ont rien, deviennent des crimes passibles de prison.Ces 404 millions d'euro sont volés à la communauté, ils permettent de faire fonctionner les écoles et les hôpitaux. Ce ne sont pas des données abstraites, mais bien des implications concrète.

    Le parti socialiste ne nous offre que des cadeaux sans valeurs pour se racheter une virginité. Il considère les électeurs avec si peu de respect qu'il tente ces manœuvres minables pour le disculper d'avoir été un servant de la bourgeoisie tout au long de son existence.

    Devrions-nous encore nous en étonner ? Devrions nous être encore surpris de la collusion entre la justice bourgeoise et la classe qu'elle sert ?

    Cette surprise doit cesser. Nous devons la transformer en farouche résolution. Résolution de liquider ce système, résolution de juger, par la justice du peuple, les profiteurs, les exploiteurs, les criminels épargnés par la justice de classe. La véritable justice sera celle du peuple, sera celle des travailleurs contre leurs bourreaux !

  • Le Canard Enchaîné épingle François Fillon sur son programme de santé.

    "Attention, document col­lector ! Une fois n’est pas coutume, « Le Canard » a décidé de mettre en ligne sur son site Internet une œuvre majeure, un document pour l’Histoire : le programme santé de François Fillon ! Car cette perle est devenue introuvable sur le site du candidat, qui ne contient plus qu’un inoffensif résumé. Au soir du 13 décembre, après le grand rétropédalage de Fillon sur la Sécu, son équipe a supprimé du site de campagne ses 16 pages de « propositions détaillées » sur la santé. La fleur au fusil, Fifi y promettait rien de moins que la mort de la Sécu, laquelle serait « foca­lis[ée] » sur les « affections graves ou de longue durée ». Tout « le reste » passerait entre les mains des mutuelles et des assurances privées, annonçait le programme détaillé, aujourd’hui balancé aux oubliettes."

    Le projet de Fillon sur la sécurité sociale est glaçant, mais dans la droite ligne des projets des gouvernements précédents. Privatiser en grande partie la sécurité sociale et remplacer les cotisations à celle-ci par des mutuelles privées.
    C'est précisément ceci qui explique qu'aux USA, les membres des classes populaires se soignent peu, que les complications liées à des maladies, pourtant bénignes, s'installent. Cela fait partie des paramètres qui entrent en ligne de compte pour comprendre le tassement voir le recul de l'espérance de vie des américains.
    Ces cotisations aux mutuelles engrangeront des sommes colossales pour des fonds d'investissement, tout comme à l'heure actuelle les fond de pension ou les assurance-vies . Ces mêmes mutuelles contribuent a engraisser des possédants et des actionnaires vivant en parasites.

    Lorsque de scandales frappent déja une simple mutuelle étudiante, la LMDE, liée au Parti Socialiste, pour ses détournements d'argent et ses non-remboursement, peut-on mettre le moindre gramme de confiance dans des mutuelles qui gèrent intégralement notre santé ? Le doute est très largement permis.
    Pour les capitalistes, tout permet de faire du profit. Il n'existe pas de tabou, ni de limites. Si, pour quelques millions d'euros de plus, la santé des classes populaires de l'Etat Français doit plonger, pour ces individus sans scrupule, ce n'est nullement un obstacle.

    Les moyens existent, il n'y a aucune impossibilité à fournir une santé gratuite pour tous, de qualité, et sans délais. Seulement des barrières entravent la marche de l'humanité.                                                                                                                             

    La loi du profit qui règne dans toutes les entreprises pharmaceutiques et médicales, recherchant la rentabilité maximale au détriment de la qualité et de l'accessibilité.
    Le numerus clausus imposé par l'ordre des médecins, leur corporation, qui entretient la pénurie de docteurs et pousse à la hausse des tarifs vers des sommes vertigineuses, à travers les dépassements d'honoraires.
    La pénurie totale de personnel médical, surchargé de travail, aux effectifs réduits au minimum pour limiter la masse salariale et augmenter le taux d'exploitation. Les tragiques suicides qui ont émaillé l'actualité montrent a quel point la situation est critique.
    La fermeture, pour des questions de coût, des établissements de proximité, des maternités, des centres de rééducation -l’Hôpital Henri Gabrielle de Saint Genis-Laval en est un exemple- remplacés par des centres régionaux surchargés, trop lointains.

    La question de la santé est un des problèmes fondamentaux dans tous les Etats. Si nous ne sommes pas si mal loti, c'est grâce aux luttes qui ont été menées et qui ont permis la constitution de ce secteur efficace. Pour traiter réellement la maladie, et non pas seulement ses symptômes, il ne suffit pas de vanter les mérites de la nationalisation et des pôles de secteur public.

    Un obstacle se dresse devant nous, devant l'humanité, c'est le poids mort de la bourgeoisie et de son intérêt de classe. Ce n'est qu'après avoir balayé ces parasites, les avoir chassés du pouvoir, qu'il sera possible de mettre en oeuvre un plan d'ensemble pour résoudre la question de la santé.

  • Quand la police rit, le peuple pleure.

    Après les manifestations de policiers, noyautées par l'extrême-droite et reprenant ses slogans les plus chers, le gouvernement PS / EE-LV / PRG n'a pas tardé à réagir.  Un nouvel arsenal juridique se met en place pour répondre à leurs désirs les plus ardents.  Le texte, qui sera soumis au parlement dès février 2017, prévoit plusieurs dispositifs.

     

    Ainsi, une harmonisation avec les textes qui encadrent la gendarmerie au niveau de l'usage des armes. Les policiers pourront "faire feu lorsqu'ils sont agressés ou menacés par des individus armés, pour "défendre" une zone qu'ils occupent, si des sommations répétées restent sans effet, ou pour immobiliser des véhicules", comme le cite un article paru sur le site de Europe 1. Cette formulation floue a déjà de quoi inquiéter.

    L'argument est que la police, contrairement à l'armée, n'est pas encadrée par une véritable doctrine d'utilisation des armes. Or, si en effet "la jurisprudence, au contraire, est favorable aux policiers, très rarement condamnés malgré leur absence de doctrine dédiée" comme le mentionne l'élu PS Pascal Popelin, les nouvelles règles ne brident pas la police.

    Car, "l'objectif [est de] créer une harmonie entre les deux forces, en se calant sur la jurisprudence." Donc sur ce qui est favorable aux policiers, presque toujours blanchis lorsque leur arme est utilisée.

    Cadeau final, pour ce texte qui satisfera grandement les policiers: "le texte permettra de faire passer les peines pour outrage à agent dépositaire de l'autorité publique de six mois à un an de prison et de 7.500 à 15.000 euros d'amende. Ces peines seront même portées à deux ans et 30.000 euros d'amende dès lors que les faits sont commis en réunion. Elles seront ainsi alignées sur celles qui sont encourues en cas d'outrage à magistrat."

    Il est de notoriété publique que les outrages sont utilisés pour arrondir les fins de mois des policiers. Qu'ils sont, en outre, très difficile à contrer et que le bénéfice du doute ne joue pas en faveur des prévenus, mais bien pour l'intérêt des policiers assermentés.

    L'inculpation d'outrage et rébellion est un classique de prophétie auto-réalisatrice.

    Pour des individus arrêtés sans raison, les conditions de l'arrestation deviennent la justification de celle-ci. Une manière de pouvoir inculper tout individu gênant, et de pouvoir également le neutraliser, en faisant peser sur la menace d'un procès. Nous n'avons, hélas, pas la chance d'être tous et toutes traitées comme Christine Lagarde par la justice bourgeoise.

    Heureusement que certains "communistes", comme les militants de Lutte Ouvrière, nous expliquaient qu'il fallait être solidaire des policiers en colère -travailleurs sous l'uniforme. Nous ne pouvons qu'être impatients de lire leur communiqué saluant la victoire qu'a pu obtenir la mobilisation des gardes-chiourmes de l'Etat. Il nous paraît complexe de pouvoir donner une explication sur les raisons qui fond de ce texte un bond en avant pour la lutte des classes. Pourtant, celui-ci ne saurait souffrir de déformation tant il correspond aux mots d'ordre des manifestations.

    La police, en tant qu'institution, est notre ennemie. Elle est la première ligne de défense de la bourgeoisie et de son ordre. Chaque victoire de la police pour obtenir plus de marge de manoeuvre, de marge de répression, signifie plus de difficultés pour lutter.
    Cela signifie aussi toujours plus d'impunité pour une police qui assassine, qui réprime les masses populaires. Cela signifie plus d'Adama Traoré, plus de Wissam el-Yamni chaque année, plus de deuils pour les familles des classes populaires.

    Est-ce ainsi que certains comprennent le fait d'être du coté du peuple ?

     

  • La chute de Alep-Est vue par un membre fondateur des YPG.

    La chute de Alep-Est vue par un membre fondateur des YPG.

    Traduit de l’anglais par l’Unité Communiste – Lyon.
    Texte original de Polat Can, membre fondateur des YPG

    — Unités de protection  du peuple —

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    (Source de l'image: Figaro)

    Nous reproduisons ce texte afin de participer à alimenter le débat qui traverse l'ensemble de forces militantes progressistes ou se revendiquant révolutionnaires dans l'Etat Français. Nous avons communiqué à plusieurs reprises pour dénoncer cette attitude incohérente de certaines organisations ou de certains relais médiatiques alternatifs, lesquels tentent de faire cohabiter deux positions antagoniques: soutenir les Kurdes et leurs alliés -unis dans les Forces Démocratiques Syriennes- et soutenir la coalition majoritairement dirigée par des pro-Erdogan connue sous le nom d'Armée Syrienne Libre.
    Cette position est inacceptable pour nous, et constitue une ligne de démarcation importante et indiscutable. 

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    La partie est de Alep est tombée aujourd’hui — 13 Décembre 2016 — mais, en regardant les causes profondes qui ont tracé le chemin jusqu’à sa chute, on ne peut que réaliser qu’elle était inévitable. Non pas car les Baasistes et leurs alliés étaient plus fort, ou les factions islamistes plus faibles, mais à cause de la dizaine de facteurs qui ont accompagné Alep de sa première chute, en 2012, et qui ont mené à la seconde aujourd’hui.

    La première chute fut brève, non préparée et vint avec célérité tandis que la seconde arriva lentement, fut douloureuse et dévastatrice. En d’autres mots, la première chute fut la préface de la seconde.

    1- Nous devons nous rappeler que les révolutionnaires se sont moqués des habitants d’Alep pour n’avoir pas pris part à la révolution contre le régime du parti Baas; ils ont échoué a comprendre que Alep est une cité de commerce et d’industrie qui a besoin de sécurité, de stabilité et de routes ouvertes.

    2- Alep est divisée en deux districts; oriental et occidental, ce qui n’est pas qu’une division géographique, mais également sociale et culturelle.  Alep-Est est la maison des pauvres, dévots et pieux sunnites, kurdes des villages, kobanis, afrins et également  turcs. Tous sont pauvres et sont le prolétariat du bâtiment et de l’industrie textile. De l’autre côté, Alep-Ouest est la demeure de la classe moyenne des fonctionnaires du gouvernement, des riches et des propriétaires terriens qui se moquent des slogans politiques et ne recherchent que la stabilité pour prospérer. 

    3- Il existe des districts avec une majorité chrétienne (Arméniens, Assyriens, etc.) qui n’adhérent pas aux slogans islamistes qui ont pris le contrôle de la révolution depuis mi-2011 et se sont toujours méfiés des révolutionnaires venant des villages.

    4-Les districts avec une majorité kurde, particulièrement Al Ashrafia et Boustan Al Pasha, ont été les premiers à se battre et à rejeter les forces du régime et leurs brutes « Shabeeha » au printemps 2012. Ils se sont montrés méfiants vis-à-vis des slogans extrêmement chauvins et nationalistes de l’opposition et de ses alliés armés, soutenus par l’ennemi historique du peuple kurde… la Turquie.

    5- La chute de Alep-Est en 2012 n’a pas eu lieu à cause de ses dynamiques internes ou de son développement propre. Elle fut le fait de l’occupation armée par les villageois du Nord d’Alep (Andan, Hritan, Azaz et Hian).

    6- Les factions islamiques ont combattu et détruit les familles et les tribus influentes, ce qui a poussé bon nombre d'habitants à s’allier avec le régime.

    7- Une fois que les factions islamiques ont pris le contrôle de Alep-Est, elles ont tout volé et pillé et l’ont exporté vers la Turquie à des prix extrêmement bas, ce qui a mené à la destruction de l’économie et des possibilités d’emploi desquelles dépendaient l’existence de la population. *

    8- L’opposition armée était divisée en tellement de faction se combattant l’une l’autre pour se partager le butin du pillage et des vols dans les usines. Ces factions étaient éclatées en fonction de leur idéologie, ligne politique ou de leur origine géographique et religieuse, elles l’étaient aussi en fonction de leur loyauté à des états, des partis politiques ou des personnes spécifiques.

    9- La pénétration des factions islamistes extrémistes dans Alep et au sein de l’opposition armée a mené à l’imposition d’un nouveau style de vie pour les habitants comme pour les autres factions.  Le contrôle d’Ahrar Al Sham et d’Al Nusra ont donné au régime d’Assad et aux russes une raison et une légitimité à détruire la cité et à tuer ses habitants.

    Comme indiqué au début; la seconde chute d’Alep partage beaucoup d’aspects avec la première. — Mais pourquoi Alep est-elle tombée, malgré tout le soutien que les dizaines ou, peut-être, les centaines de factions, ont pu recevoir en terme de tonnes d’armes par la Turquie et de finance par les Saoudiens et les Qataris ? Malgré la propagande médiatique sur l’établissement d’une chambre d’opération commune pour toutes les factions, accompagnée de menaces et de promesses ? Encore une fois, pourquoi Alep est elle tombée ?

    1- Les divisions entre les différentes factions, basées sur quel état les sponsorisent et quels sont les intérêts de ces états dans ce combat.

    2- Le contrôle des factions extrémistes islamistes, plus particulièrement de Al-Qaïda, ont terni l’image de la résistance armée, spécialement aux yeux des occidentaux.

    3- Les vendeurs des rues, les marchands de moutons ou d’orge sont devenus des stratèges militaires. Ils décidaient des plans, dirigeaient des expéditions tactiques et stratégiques. Ils sont devenus par la suite des seigneurs de la guerre et des potentats locaux qui rançonnaient/inféodaient leurs sujets [il existe une ambigüité sur la phrase d’origine: became warlords and local authorities who embezzle their subjects. NdT.]

    4- Ces factions islamistes extrémistes ne combattaient pas le régime. À la place, elles furent à l’initiative d’une guerre de quatre années contre le peuple kurde à Sheik Maqsoud [secteur de la banlieue d’Alep, peuplée majoritairement de kurdes. NdT.], assiégeant des centaines de milliers de Kurdes et d’Arabes, les bombardant avec des bombes chimiques et au gaz. Elles empêchèrent l’approvisionnement  en nourriture et en médicaments. C’est, à mon sens, l’aspect le plus important de la chute de l’opposition armée ainsi que de celle de l’est d’Alep.

    5- La résistance armée devint de facto un agent des services secrets turcs et celle-ci suivit les ordres de ses maîtres. La guerre à Sheikh Maqsoud est une indication claire de la nature de ces ordres.

    6- Les factions de l’opposition ont commencé à se combattre mutuellement et à commettre des atrocités, envers les civils, entre elles et envers les chrétiens et les kurdes. Ces atrocités étaient similaires à celles de l’État Islamique. Elles ont massacré et exécuté les civils dans les rues, commis des kidnappings, détruit des églises et ont ciblé les Kurdes.

    7- À cause de la guerre fratricide entre les factions armées, le régime fut capable de prendre Al Nobel et Zahraa, déconnectant ainsi Alep d’Azzaz, des villages du nord et ainsi, au final, de la Turquie.

    8- Plusieurs factions de la résistance ont quitté leur positionnement dans cette guerre et ont rejoint le régime, après qu’un mémorandum d’entente [convention bilatérale] ait été signé entre la Turquie et la Russie, signifiant que le régime aurait la possibilité d’assiéger Alep-Est  et de combattre pour la ville.

    9- La Turquie et l’opposition syrienne en Turquie ont sciemment joué la carte du bluff avec la résistance.  Elles ont émis des mensonges tels que le soutien inconditionnel de la Turquie dans la lutte contre le régime ou la conduite de négociation avec le régime qui se clôtureraient par un succès.  Malheureusement, la résistance armée a cru en ces mensonges et les combattants sont restés sous le bombardement hystérique des Russes et du régime, sans le moindre gain territorial au sol.

    10- Les services secrets turcs ont utilisé la résistance armée pour leurs propres objectifs et les ont soutenus dans leur prise de l’académie militaire Ramosa et de la prise de la route de Damas. Cela avant qu'Erdoğan ne programme sa visite en Russie, pour être dans une position favorable pour négocier avec Poutine. Mais, dès la fin de la rencontre, Erdoğan a ordonné la fin des opérations militaires dans Alep.

    11- A l'époque où l’opposition armée gagnait du terrain dans Alep-Ouest, coupant la route de Damas, Erdoğan leur a ordonné de quitter Alep et de se diriger vers Jerablus. Ce mouvement a été la dernière pierre qui a brisé le « dos de chameau » [lié à la forme particulière du front à cet endroit NdT.] et a mené a leur défaite et à la victoire du régime.

    12- Au lieu de marcher vers Damas pour achever le régime d’Assad, des milliers de combattants de la résistance se sont dirigés vers Sheikh Maksoud, Afrin, Jerablus et Al Bas pour combattre, aux cotés de l’Armée Syrienne Libre contre les Kurdes, suivant les ordres de leur maître Turc.

    13- Quelques années auparavant, un meeting s’était tenu entre les dizaines de factions, avec comme résultat le départ de leurs zones de combat pour se diriger vers les cités Kurdes à occuper, mais le résultat fut leurs défaites à Sera Kaniye, Rimelon, Qamishlo, Gire Spi et Afrin.

    Non seulement Alep-Est est tombée, mais elle est totalement ravagée. L’économie du plus grand centre du Moyen-Orient et un des plus vieux du Monde est détruite. La chute de l’Est d’Alep est aussi la chute du projet de la résistance armée et de leurs soutiens en Turquie. Elle est la chute de l’Islam politique et des Frères Musulmans, tout comme des agents de la Turquie et de leurs mercenaires. Cette chute est celle de chaque force qui combat le peuple Kurde. Je l’ai dit avant, je le redis « personne ne parviendra à défier et à vaincre le peuple Kurde ».

    Au final, le seul projet viable est le projet séculier et véritablement patriotique du peuple Kurde. Le projet des Forces Démocratiques Syriennes et des YPG. C’est le projet démocratique et fédéral qui peut tenir contre l’État Islamique, contre le régime et contre tous les dictateurs. C’est celui qui garantit un Kurdistan libre et une Syrie libre.

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     Texte original: http://www.kurdishquestion.com/article/3706-the-fall-of-eastern-aleppo 

  • Alep brûle.

    La bataille d'Alep, grand billard à quatre bandes, vient de se terminer.

    L'armée syrienne “loyaliste” reprend le contrôle d'une ville ravagée, dont la population a subi un siège terrible. Le Monde découvre des images de villes éventrées dignes des combats de la seconde guerre mondiale. Les estimations des victimes ne sont pas encore connues, et, étant donné le chaos, ne seront peut-être jamais identifiées. Pour l'humanité entière, Alep est un terrible avertissement, l'avertissement que le monstre de la guerre totale n'a nullement disparu, il n'est qu'assoupi. Les combats, sporadiques, se poursuivent toujours. Dernièrement, la croix rouge a essuyé des tirs sur ses véhicules, sans pouvoir en déterminer l’origine.

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    (source de l'image: Le Figaro)

     

    L'Unité Communiste de Lyon n'a pas voulu communiquer immédiatement après l'annonce par les médias de la prise de la ville.

     

    Plusieurs raisons à cela:

    Nous n'aimons pas le pathos et le sensationnalisme. Nous ne sommes pas des journalistes couvrant un événement, nous sommes des communistes essayant d'en fournir une analyse politique. Cela demande du recul, cela demande une réflexion. Cela demande aussi ne pas être guidé par ses sentiments, mais par sa raison.

    Cela ne signifie en aucun cas que, en tant qu'individus, nous ne soyons pas touchés par les malheurs atroces des peuples de Syrie, mais nous nous devons de lutter contre le subjectivisme dans nos analyses.

    Nous n'aimons pas ceux qui empilent les cadavres pour s'en faire des piédestaux et qui s'en servent pour vociférer leurs immondices. Nous voulons être prudents dans ce que nous avançons, ne pas nous jeter, comme des charognards, sur souffrance d'autrui. Certains ne s'en privent pas, nous signalons que ces opportunistes nous répugnent au plus haut point.

    Il est difficile de traiter un sujet aussi complexe que la Syrie. Beaucoup s'y sont essayés, beaucoup ont commis de lourdes erreurs en le faisant. Nombre d'organisations politiques se sont engluées dans des positions sottes ou dangereuses, mais qui sont souvent le reflet d'une conception binaire et manichéenne de la société. Après tout, c'est ce que l'Education Nationale, ce creuset que nous partageons tous, nous a enseigné. Nous devons briser ces jugements faux pour être capable d'avoir une approche plus approfondies des questions.

    Nous devons être capable de faire le tri dans le brouillard de guerre.

    Les agences de presse russophiles comme occidentales tirent la couverture vers eux. Nous ne sommes pas dans un échange, nous sommes dans une guerre qui présente les prémices de ce que pourrait donner un embrasement mondial.
    Comme cent ans auparavant, les enjeux justifient le mensonge éhonté.

    Que RT, Sputnik, les plates-formes de la Maskirovka russe trichent, c’est un fait avéré et démontré. Que les agences de presse occidentales mentent également, cela ne serait pas une nouveauté. Nous avons le devoir d’être capable de trier nos sources et nos informations.
     

    (Les menteurs traitent les autres de menteur. Raisonnement circulaire parfait)

     

    Que les pro-russes aient écrasé Alep sous les bombes est un fait indéniable. Elle correspond à la doctrine militaire des forces russes. Qu’il y aie des exactions après 5 ans de guerre est un fait indéniable.

    L’artillerie des opposants n’a pas fait dans le détail non plus, et il est vraisemblable qu’ils aient entravé l’évacuation de la ville. Les images d’une Alep dévastée sont porteuses médiatiquement.
     

    Qu’il y aie une Alep qui respire et qui eclate de joie est un fait tout aussi indéniable qu’il en existe une qui pleure et qui souffre. Cette guerre à plusieurs camps, et chacun de ces camps ont réussi à mobiliser leurs soutiens. Cette guerre n’est pas greffée sur une population “gentille” et passive. Elle tire ses racines de contradictions qui préexistaient en Syrie.

    Seulement, le problème est lorsqu’on essaie vainement et artificiellement de coller des ailes d’ange ou des cornes de démon à l’un ou l’autre des camps qui s’affrontent.

    C'est cette vision qui se heurte à la dure réalité quand on essaie de l'appliquer mécaniquement à la guerre en Syrie. Pourquoi n'est ce pas possible ? Pour la simple et bonne raison que ce n'est pas une révolution qui se déroule, c'est une guerre entre factions hostiles géopolitiquement . A l'exception des Kurdes et de leurs alliés, aucune faction n'est dirigée par des révolutionnaires et des progressistes authentiques.

    Ce n'est pas une guerre du peuple contre son oppresseur, c'est une guerre de clans d'oppresseurs qui essaient d'entraîner derrière eux des fractions du peuples. C'est un champ de bataille de la guerre impérialiste -à l'exception notable, encore une fois, des combattants et combattantes kurdes et de leurs alliés des Forces Démocratiques Syriennes.

     

    Choisir un camp contre un autre reviendrait à soutenir la France colonialiste contre l'Allemagne impériale du Kaiser Guillaume II.

    Ceux, ce sont les plus nombreux en France, qui soutiennent mordicus les opposants à Bachar Al-Assad pensent soutenir des démocrates, des révolutionnaires, des copies conformes de ce qu'ils penseraient voir dans les luttes menées par les masses populaires chez eux. Or, ces démocrates, ces progressistes, existent, mais ils ne sont nullement à la direction des affaires, ils sont minoritaires et dépendants d'une coalition dominée par certains des réactionnaires les plus virulents.

    En vérité, ils soutiennent une cohorte de réactionnaires en cheville avec les impérialistes occidentaux, au premier rang desquels trône la France. Ils soutiennent les prétentions de la Turquie d'Erdogan sur le Rojava.

    Ils soutiennent les futurs oppresseurs des populations de Syrie, les futurs clients de la France et des USA dans la région. Ils soutiennent les gardes-chiourmes d'Erdogan, les bourreaux des Kurdes.

    Pires encore sont ceux qui exigent l'intervention des USA et de la France, de manière accrue, dans ce conflit. Ils déversent de l'huile sur un feu ardent, tout en faisant mine de vouloir qu'il s'éteigne. Ces gens sont effrayés par la réalité de ce qu’ils découvrent, devant l’horreur. De fait, ils admettent que leur rébellion n’est qu’un jeu, en se ruant dans les bras de leurs propres bourreaux, les implorant à l’aide. Dès qu’une difficulté se montre, ils sont prêt à remballer leur drapeau pour aller quémander de l’aide auprès des institutions de l’Etat bourgeois, des impérialistes français.

     

    Ceux qui, au contraire, se mettent en opposition totale avec cette position ne font pas mieux.

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    Les idolâtres de Al-Assad, les admirateurs de Poutine sont légion, à l'extrême-droite et à l'extrême-gauche, pour des motifs, par ailleurs, complètement distincts les uns de autres.

    Al-Assad, il est vrai, s'inscrit dans une histoire dans laquelle les militants communistes peuvent se retrouver. Il représente l'héritage d'un nationalisme panarabe, socialisant, marxisant, laïc, issu des décolonisations. Hafez Al-Assad, le père de Bachar, avait représenté un symbole du monde Arabe moderne. Certains se retrouvent dans cette grille de lecture et voient toujours la République de Syrie comme un ersatz de démocratie populaire.

    Souvent, ces militants tombent dans le mirage des reliquats de cette période -accès à l'éducation, aux soins, à la culture- et croient y voir une mini-union soviétique. C'est aller vite en besogne. Dans les faits, la Syrie, après avoir été une cliente assidue de la France, à commis le crime de lèse-majesté de se tourner vers deux puissances montantes: la Chine et la Russie, comme l'a fait la Côte d'Ivoire de Laurent Bagbo. Même crime, même châtiment: la France est venue lui donner un leçon.

    Les fascistes français ont, pour une grande partie d'entre eux, beaucoup d'admiration pour Poutine. D'abord parce que dans leur analyse inconséquente du Monde -qu'ils partagent avec des social-chauvins de gauche- il n'existe qu'un seul vrai impérialisme: les USA. Donc chaque puissance montante est une force positive qu'il faut soutenir, une force de la renaissance du nationalisme. Poutine est leur idole pour plusieurs raisons: son ordre conservateur, moraliste, homophobe, arc-bouté à une Eglise Orthodoxe réactionnaire. Dans son sillage, ils retrouvent une ligne qu'à un moment des années 80, certains ont pu tenir: l'URSS Brejnévienne contre la décadence occidentale.

     

    Par un parcours complètement différent, mais amenant à des conclusions similaires, la trajectoire campiste.

    Ses suiveurs espèrent déceler, au fond des yeux de Poutine, la flamme rouge de la révolution. Beaucoup de ceux qui ont été humiliés par la chute de l'URSS, répugnés par l'anticommunisme d'hier et les positions antirusses d'aujourd'hui peuvent être pris d'une faiblesse bien humaine, qui est de souhaiter la revanche de la Russie contre l'occident. l'Antiaméricanisme, la répugnance vis-à-vis de l'UE, l'hostilité à l'OTAN nourrit également cette position. Comment, quelque part, ne pas la comprendre ? L'occidentalisme, son miroir, à tant fait pour humilier et combattre l'URSS, tant fait pour imposer une propagande fausse et mensongère.
    Mais Poutine n'est pas l'URSS. L'URSS elle même n'est pas la même en 1980, sociale-impérialiste, que lorsqu'elle fut celle de 1950, fer de lance de la lutte révolutionnaire.

    Pour les benêts comme Mélenchon, c'est l'affirmation des BRICS qui se joue. Factuellement cette analyse n'est pas intégralement fausse, mais elle débouche, comme tout le programme du drôle, sur une impasse.

    Les bourgeoisies n'ont que deux destins: Devenir impérialistes ou devenir compradores.

    Celle des BRICS se lancent dans l'aventure, pour trouver leur place au soleil. Faut-il les soutenir ? Entre un impérialisme naissant et un pourrissant, sommes-nous en face d’un choix valable ?

    De plus, ces individus restent dans une vision sotte, niant un facteur essentiel: la France n'est pas un pays inféodé à une alliance, elle est une puissance impérialiste elle-même. Ils crachent sur l'OTAN et sur l'UE, mais nient le fait que la France soit une puissance. Ils assument, d'une manière autre, le même discours éploré sur la faiblesse de leur pays.

     

    L'un et l'autre des soutien d'Assad / Poutine fantasment sur le tonnerre de feu et de flammes déversés sur les villes. Ils se voient dans quelque chose de grand, de fort, dans lequel ils sont les nouveaux champions de la liberté. Que les fascistes soient en admiration béate devant ceux qui se présentent comme les massacreurs de Daesh, c'est un fait.
    Pourtant, en vérité, aucun des deux camps soutenu par les impérialistes ne se bat avec sincérité contre l'hydre de l'E.I. . Daesh est une créature monstrueuse, assoiffée de sang et de carnage, que les partisans d'Assad comme ses opposants nourrissent. L'un et l'autre tentent de lancer cette bête malade à l'assaut de l'autre, de s'en servir. Les impérialistes n'avaient pas fait autrement avec le régime nazi dans les années 30, l'animant et l'excitant pour le lancer à l'attaque de l'URSS.

     

    Mais notre côté de la barricade serait-il devenu fou et naïf ?

    Qu'en est-il de l'impérialisme ? Qu'en est il de la volonté de paix entre les peuples et de guerre entre les classes ?

    Tout ce qui bouge n'est pas rouge ! Contrairement à ce que clament ceux qui justifient toute opposition à un gouvernement comme étant, par essence, progressiste. Ceux qui saluent tout mouvement de masse sans considération pour son contenu idéologique ne sont que des zélateurs des fascistes. Il sont de la même veine que ceux qui saluaient les pogromistes tout comme les "révolutionnaires anti-bureaucratiques" de la Brigade SS Kaminski -ukrainiens antisoviétiques-. En bref, ce sont les paillassons de la réaction.

     

    Certains se défaussent en affirmant soutenir des groupes secondaires, obscurs, mais nullement capables d’être dirigeants dans la situation actuelle. En somme, leur soutien se porte vers des cautions “démocratiques” des cautions “révolutionnaires”, mais qui sont, de fait, des suiveurs derrière les groupes les plus influents: les nouvelles moutures d’Al Qaïda et les agents de la Turquie.

    D'autres critiquent jusqu'aux Kurdes, qui obtiennent quelques armes de l'occident, qui nouent des trêves avec les forces "loyalistes". Bel hommage que de critiquer la tactique de ceux qui meurent. Bel hommage que de chercher la pureté absolue si chère à ceux qui la trahissent pourtant sans peine dans une démocratie bourgeoise.

    Derrière un odieux chantage à la radicalité, à l’opposition à tous les gouvernements et tous les Etats, pas grand chose ne tient debout.

     

    Quand bien même, les cris de soutien à Alep ne sont que de tristes cris dans le désert.

    Que pouvons nous faire, nous communistes, mais également progressistes et anti-impérialistes en général, dans cette guerre qui se déroule sous nos yeux ?

    Ceux qui poussent des cris stridents et “sensibilisent” à coup de like sur Facebook expriment une détresse de vouloir aider. De vouloir stopper ce qu’il se passe. Leur amour de la paix, leur volonté de faire ce que cela cesse est sincère. Qu’ils accablent de reproche ceux qui ne sont pas de leur côté, à coup de longues tirades, se comprend. Mais hélas, ce n’est pas cela que la lutte internationaliste fonctionne.

     

    Dans sa réponse aux trotskistes chinois, le poète Lou Sin écrivait, le 9 juin 1936:

    Les faits remportent sur l’emphase ;(…). Votre « théorie » est certainement plus sublime que celle de M. Mao Tsé-toung et d’autres : la vôtre plane haut dans le ciel, la leur est terre à terre.

    Mais tout admirable que soit cette sublimité, elle est malheureusement la chose même à laquelle les agresseurs japonais feront bon accueil.

    Partant, je crains que lorsqu’elle tombera du haut du ciel, elle n'atterrisse à l’endroit le plus répugnant du globe.

     

    C’est, hélas, trois fois hélas, ce qui se produit.

     

    Que signifie le mot d’ordre de demander à l’ONU d’intervenir: Il signifie demander aux impérialistes occidentaux d’entrer en guerre contre les impérialistes orientaux.

    Que signifie “soutenir Alep”: Il signifie demander à la France d’intervenir d’avantage, alors qu’elle n’a fait que jeter de l’huile sur le feu.

    Que signifie soutenir des groupes obscurs et secondaires: Cela signifie soutenir la politique de la Turquie et la politique d’agression de l’occident.

    Les soutiens à Bachar Al-Assad n’ont en tout et pour tout qu’un seul avantage sur ceux qui soutiennent les opposants, ils ne flattent pas -directement-le plan de l’impérialisme français. Mais que signifie le mot d’ordre de Mélenchon, mais aussi d’un grand nombre d’ouralistes, d’ouvrir des discussions avec la Russie ? Il signifie lier l’impérialisme français d’un pacte avec la Russie, contre le “grand Satan” US. A aucun moment il ne signifie lutter contre l’impérialisme français.

     

    Est-ce là la seule tâche que s’attribuent ces militants, crier avec l’impérialisme ? Non. Si le mot d’ordre des internationales -s’attaquer en priorité à notre propre impérialisme- est un mot d’ordre valable et nécessaire, ce n’est pas pour une question de principe. C’est parce que c’est ce que nous pouvons faire de plus efficace pour combattre l’impérialisme mondial. Car c’est sur notre propre impérialisme que nos coups portent.
    Ceux qui mettent au premier plan l’impérialisme américain nient la tâche primordiale de lutter contre notre propre impérialisme.

    Ceux qui mettent au premier plan l’impérialisme russe nient aussi la tâche primordiale de lutter contre notre propre impérialisme.

    Ceux qui ciblent l’Allemagne, l’UE, la Chine, les rivaux -réels ou fantasmés- de la France nient la tâche primordiale de lutter contre notre propre impérialisme.

    Soutenir la lutte légitime des peuples de Syrie pour la liberté passe par briser les ailes de notre propre impérialisme, non d’adouber son action. Notre impérialisme s’est comporté comme la pire vermine, en Syrie. Elle a soufflé sur les braises, soufflé pour que les balles sifflent, soufflé jusqu’à ce que la tornade de feu soit ouverte.

    Aucun impérialiste n’a le moindre sentiment humain, la moindre compassion. La Syrie est un enjeu géostratégique, et chaque acteur se repaît des dégâts causés. Notre impérialisme n’a jamais apporté la moindre once d’humanité, et aucun Etat entre leurs main ne s’est jamais mué en démocratie -même bourgeoise.

     

    Les seules forces du progrès sont coalisées autour des Kurdes. Ce sont les seuls qui se battent contre les impérialistes et pour l’avènement d’un Kurdistan Indépendant, mais également pour que la Syrie soit Indépendante des impérialistes. Au sein de cette coalition se trouvent les seules forces qui luttent pour le socialisme.

    Ces forces du progrès, qui luttent contre les appétits des rapaces, sont nos véritables amis sur place. C’est vers eux que nos actions doivent se porter, vers eux que notre soutien positif doit s’articuler.

    Nous, communistes, nous battons pour que notre impérialisme, au premier chef, meure. Nous souhaitons sa défaite la plus large et la plus totale. C’est la pierre, la seule, que nous pouvons à l’heure actuelle apporter à la lutte du peuple Syrien pour sa survie.

    Ce n’est pas un jeu qui se déroule, c’est une guerre. Les belligérants ne se soutiennent pas comme on soutient une équipe de football ou un personnage de téléréalité.

    Notre impérialisme est toujours notre premier ennemi.
    Mort à l’impérialisme français, mort à l’impérialisme mondial !

    Vive la lutte des révolutionnaires des Forces Démocratiques Syriennes!

  • Pas d’unité avec les agents de la bourgeoisie !

    Travailler unitairement ou être un serviteur ?

    En ces temps difficiles, il est plus que légitime de vouloir serrer les rangs. Il est plus que légitime de vouloir faire bloc pour se défendre. La caporalisation de la société, l'offensive débridée de la bourgeoisie, aiguillonnée par la crise, mais aussi les tensions internationales sont autant de facteurs qui concourent à ce que les forces du progrès et de la révolution soient en difficulté.

    L'avancée de mots d'ordres réactionnaires, la montée en puissance des fascistes, qui découle directement de cette situation se traduit par un impact direct sur la manière dont nous pouvons mener nos luttes.

    L'autodéfense militante, mais aussi populaire, n'est pas un vain mot. Ou du moins ne doit pas l'être. Elle demande une mise en commun de nos forces, de nos énergies, de nos capacité de lutter. Des différences existent entre toutes les organisations voulant lutter pour la révolution. Des différences idéologiques, des différences d'analyse, des différences de stratégie… Ces différences font que nous ne portons pas le même message  "positif", "affirmatif", le même programme politique.

    Pour autant, elles n'empêchent pas une union "négative", défensive, laquelle doit nous permettre de résister aux attaques de nos ennemis, bourgeoisie, réactionnaires, appareil d'Etat. Cette logique de front uni, de front défensif à toujours animé le mouvement révolutionnaire et le mouvement ouvrier.

    Aujourd'hui, alors que nous sommes au creux de la vague, cette logique doit nous animer.

    L'unité est notre but.

    Mais il n'est pas possible de faire d'unité sans ligne de démarcation.

    L'opportunisme n'est pas une exception, il est même une règle générale. Certes nous sommes dans un temps difficile, mais également dans un temps d'élection. Et c'est là que nous voyons les rapaces se ruer sur tout ce qu'ils peuvent dépecer. Dans le but de pouvoir aspirer les forces vives de la lutte, de siphonner tout leur travail et leur énergie, ces traitres ne reculent devant aucune manœuvre, aussi basse soit-elle.

    Camouflant leur drapeau, passant par le truchement d'organisations, d'associations "présentables", ils vampirisent les luttes, vampirisent le travail acharné, et écrasent notre discours politique.

    Tous les prétextes sont bons pour détourner les mots d'ordres politiques défendus, pour les ramener vers la platitude, vers le moralisme, vers leurs intérêts et leurs mots d'ordres réformistes. Que cela soit la volonté d'être "large", que cela soit la volonté "d'avoir des relais", que cela soit la volonté "d'être présentable", à chaque pas ils sèment des embûches et des entraves pour saper la lutte et le développement d'une ligne qui ne se finisse pas par un bulletin dans une urne.

    Et lorsque toute vie, toute énergie à été aspirée, ils jettent l'emballage, vidé, aux ordures. Lorsque les élections sont passées, ils et elles les lâchent comme un kleenex usagé.

    Le Parti Socialiste s'est fait une spécialité, grâce à son héritage trotskiste, de ces méthodes. Il parasite, vampirise, s'accapare tout ce qu'il peut, et écrase le reste. Il transforme, par le chantage, les militants honnêtes en serviteurs zélés, en échange de promesses que ce parti ne tiendra jamais.

    Nous ne pouvons pas travailler avec ces gens qui sont nos ennemis, qui sont les ennemis du peuple.

    Notre bataille est autour de la constitution d'une force en toute indépendance de classe.

    Sans cette indépendance, nous sommes les serviteurs de la stratégie de partis bourgeois. De partis, d'organisation dont le seul but est d'occuper la tête de l'Etat impérialiste français, de le diriger, de cogérer avec la bourgeoisie l'exploitation des travailleurs et des néo-colonies.

    Nous ne pouvons pas accepter d'agents de l'impérialisme parmi nous. Cela serait trahir ceux qui luttent pour leur indépendance, pour leurs droits, qui luttent pour couper une à une les têtes de l'hydre de l'impérialisme de notre propre Etat. Nous ne pouvons accepter dans nos rangs les sociaux-chauvins, qui rêvent de "la place de la France dans le Monde", qui parlent de la Guyane comme d'un joyau, non d'une terre colonisée. Nous ne pouvons accepter ceux qui refusent de reconnaître l'artificialité du "roman national", et qui s'arc-boutent à la position d'une France "unie et indivisible."

    Ces gens sont des négationnistes de la lutte des classes. Ils nient le fait qu'il n'existe pas de compromis possible entre la bourgeoisie et les exploités. Parler de "France" c'est parler de la bourgeoisie de France. La "France dans le Monde", c'est la place de la bourgeoisie de France dans le Monde.

    Ces organisations sont des serviteurs de la bourgeoisie la plus réactionnaire et la plus chauvine, qu'ils se camouflent derrière un vernis "de gauche" ne change rien. Nous ne pouvons croire à de la bêtise de leur part, connaissant leur parcours politique. Or, si ce n'est pas de la bêtise, c'est donc du mensonge conscient. Enver Hohxa, en 1960, avait prononcé à Moscou les mots suivants: « Qui ne voit pas cela est aveugle, qui le voit mais le cache est un traître au service de l'impérialisme. » C'est bien ce à quoi nous avons à faire aujourd'hui.

    Nous ne pouvons accepter d'organisation qui sont à la tête de l'appareil d'Etat, ni leurs succursales. Nous ne pouvons serrer la main de nos bourreaux, de ceux qui sont les premiers responsables de cette situation politique, de ce marasme. De ceux qui nous ont matraqués, de ceux qui ont ordonné à la police de tuer, à l'armée d'écraser, au sein de l'Etat Français ou dans les néo-colonies.

    De même que nous ne pouvons travailler avec nos bourreaux de l'appareil d'Etat, de la Police, de la Justice, au service de la classe bourgeoise, au service de leur ordre injuste. Se mettre à leur remorque, c'est se changer en auxiliaires du pouvoir bourgeois, non en agent de la lutte populaire. C'est tirer en arrière la lutte, la dépolitiser, la ravaler au rang de supplique demandant l'intervention des pouvoirs publics, demandant aux candidats des gages, bref, c'est être inféodé.

    Ayons foi en nos forces !

    Nous sommes peu nombreux. Nous sommes faibles. Nous sommes isolés. La tentation pourrait être grande de signer ce marché de dupes, de mettre nos forces au service de nos ennemis, en espérant y gagner quelques miettes.

    Mais le propre des marchés de dupes, c'est qu'ils sont fait pour duper.

    Quelle ironie que de vouloir renverser l'ordre bourgeois, mais d'être effrayé dès les premiers obstacles. Quelle ironie d'être si ambitieux, mais de se réfugier dans les bras rassurants du réformisme le plus plat, dès que les choses tournent un tant soi peu au vinaigre. Ne surestimons pas l'ennemi ! Il se gonfle, montre les muscles, mais il n'est pas invincible !

    Aujourd'hui, la promotion de la peur, de l'effroi, fait le jeu des réformistes et de ceux qui ne voient comme forme de lutte que le bulletin. Effrayer, c'est mobiliser pour voter. Effrayer et gonfler la taille de l'ennemi, c'est une manœuvre pour ramener les militants, les masses, derrière la bannière ensanglantée du réformisme.

    Tant que nous cautionneront l'opportunisme et sa présence néfaste, tant que nous nous mettrons à sa remorque , nous ne grandirons jamais. Nous serons un paillasson sur lequel les opportunistes s'essuierons les pieds.

    Les réformistes sont nos ennemis, ils ne seront jamais nos alliés. Il est inutile d'inviter ces loups dans la bergerie.

    Nous ne sommes pas seuls, nous avons le pouvoir et le devoir de gagner les larges masses, de rassembler, de mobiliser et de les organiser. Nous devons avoir foi en notre capacité à être moteur, en toute indépendance, à nous massifier, à grandir, sur nos forces propres. Nous avons le devoir d'être confiant en notre capacité à surmonter les obstacles, à dépasser et à combattre par nous même par les masses nos ennemis.

    Pas d'unité sans démarcation !

    Pas de place dans nos rangs pour les agents de la bourgeoisie et de l'impérialisme !

    Unité populaire !

  • Mélenchon, Entre l’absentéisme, la métapolitique et l’impérialisme.

    Cela fait déjà quelques années que les zélateurs de Mélenchon nous rebattent les oreilles des prétendus exploits de leur leader. Il serait, en somme, la réincarnation de tous les grands leaders révolutionnaires, leur synthèse la plus poussée. 
     

    Etrangement, ces adeptes du culte de Mélenchon copient certains de travers les plus déplaisants du personnage, dont une agressivité à outrance, camouflant mal un manque d'assurance idéologique. Car il existe des zones d'ombres terribles autour du personnage. 
    Nous souhaitons ouvrir un début d'explication avec ceux qui s'alignent sur ses déclarations, qui citent ses ouvrages comme un nouvel évangile. Un début d'explication qui, nous en sommes certains, nous sera bénéfique à tous et toutes.

    Par exemple, pourquoi existe-il si peu d'écho des déclarations de Mélenchon au Parlement Européen ? Parce qu'il n'y en a qu'une d'orale. Toutes les autres sont des notes écrites, griffonnées, et remises en séance pour faire gonfler les chiffres d'activité.

    Ainsi, le journal Le Monde écrivait le 16 avril 2014,
    "Jean-Luc Mélenchon siège dans plusieurs commissions. Il est notamment le 4e vice-président de la Commission des affaires étrangères de l’UE, qui n’est pas la plus marginale.

    Nous avons examiné l'intégralité des procès-verbaux de présence qui figurent sur le site de cette commission. Elle s'est réunie au total 33 fois en un an, à un rythme quasi hebdomadaire.

    M. Mélenchon n'a été présent à aucune de ces réunions. Il n' a donc tout simplement jamais siégé en commission durant l'année écoulée."
    "Mais comment M. Mélenchon peut-il être aussi actif durant les séances et avoir un si mauvais classements aux votes ? C’est très simple : grâce à l’article 170 du règlement du Parlement européen. Voici ce qu’il prévoit :

    « Lorsque la discussion générale est achevée, chaque député peut émettre, sur le vote final, une déclaration orale qui ne peut excéder une minute, ou une déclaration écrite de 200 mots au maximum, laquelle est reprise dans le compte rendu in extenso des séances. Lorsqu'une proposition d'acte législatif ou un rapport sont inscrits à l'ordre du jour du Parlement conformément à l'article 138, les députés peuvent donner des explications de vote par écrit, conformément au paragraphe 1.

    Les explications de vote, orales ou écrites, doivent avoir un lien direct avec le texte qui fait l'objet du vote. »

    En clair, chaque eurodéputé a la possibilité de déposer une déclaration écrite courte à propos des votes, expliquant sa position, et qui sera inscrite au procès-verbal de séance. Et les données du Parlement européen ne distinguent pas entre intervention orale et écrite."

    Voilà un regard sur l'activité de M. Mélenchon au Parlement. En place et lieu de faire amende honorable, notre ami nie et calomnie ceux qui le prenne en défaut.

    Plutôt que de tenter d'importer des "memes" maladroits tels que "can't stenpchon the Melenchon", reprise malhabile de "Can't stump the Trump", ses militants seraient plus avisés d'expliquer certains mystères dans les positions du candidat.

    Actuellement, nous préparons une critique de "l'ère du peuple", le dernier pamphlet de l'ancien membre de l'OCI [Organisation Communiste Internationaliste], ouvrage particulièrement illustratif sur les positions politiques sociale-chauvines de l'auteur.

    Les militants de JLM seraient ainsi bien avisés d'expliquer cette pratique particulièrement aigue du crétinisme parlementaire.

    Mais ils seraient aussi bien avisés d'expliquer certaines thèses curieuses de la part de leur leader, notamment ces positions plus qu'ambivalentes sur l'impérialisme français.

    Résultats de recherche d'images pour « l'ère du peuple »

    Ils et elles seraient ainsi bien avisés de nous expliquer certains passages de son ouvrage:

    "Dès lors, quel crève-coeur de voir la France rabougrie ! À cette heure notre République devrait se  dresser de toute la hauteur de son peuple sur la scène du monde. Elle ne devrait pas être enfermée dans la servile allégeance aux États-Unis d’Amérique et à leur dangereuse politique impériale. Elle ne devrait pas être cette pauvre chose ballottée par les événements, tenue en laisse par Mme Merkel." Voilà une France dominée et battue qui n'est pas conforme à la réalité de l'impérialisme français. Et encore, notre héros exige un sursaut de sa part !

    "Elle ne devrait pas vivre dans la gêne et sous le fouet d’une poignée de déclinistes payés pour la démoraliser et la faire douter d’elle. Au contraire elle devrait marcher aux avant-postes du nouvel âge de l’humanité qui se dessine sous nos yeux, être la cheville ouvrière d’une nouvelle alliance des peuples."  Cette nouvelle alliance des peuples, M. Mélenchon ne la voit que comme sous l'ombre du drapeau tricolore, sous la même bannière qui a ensanglanté l'Afrique et l'Asie, qui l'ensanglante toujours, qui l'étrangle, qui l'étouffe. Mais rien de cela ne transparait, n'est-ce-pas, puisque "la France" s'humilie et se soumet à l'OTAN et aux Allemands.

    Où sont les bases de l'OTAN dans l'Etat Français, M. Mélenchon ? Où sont les M1A1 américains ? Où sont les troupes d'occupation que vous pensez voir à chaque coin de rue ? Dassault, Nexter, Areva, Total, sont elles des firmes du complexe militaro-industriel US ?

    Certes il est écrit: " Et même qu’il partagerait les chars Leclerc avec une famille de capitalistes allemands ?" Une horreur sans commune mesure. Nous sacrifierions notre patrimoine militaire au profit d'autres Etats. La fusion de Rheinmetall-Borsig et de Nexter pourrait-elle inquiéter M. Mélenchon ? Pourtant, d'après lui ne serions nous pas déjà une pauvre nation dominée ?

    Les militants et militantes de M. Mélenchon pourraient ils expliquer ceci ?

    Autre exemple. En Europe. Récemment la réunification de l’Allemagne en 1990 lui a donné la première population. Sa prééminence s’exerce au profit de cette part de la population nantie mais vieillissante : c’est la clientèle essentielle du parti de Mme Merkel.

    Mais la démographie allemande est déclinante. D’ici peu les Français seront les plus nombreux.

     Une force.

     La servilité de François Hollande face à Mme Merkel, qui lui impose une politique de l’euro fort et de restriction de la dépense publique, n’empêchera pas l’heure de vérité d’arriver. La loi du nombre fera son œuvre. Comment pouvons nous interpréter cela ? Comment ne pas comprendre qu'il ne s'agit que de la thèse d'un individu hypnotisé par la phobie de l'Allemagne, qu'il insulte copieusement, comme quelqu'un d'obnubilé par la rivalité impérialiste, et qu'il ne traite pas en internationaliste, mais bien en social-chauvin, en agent et en promoteur de son propre impérialisme.

     

    Pourraient-ils, pourraient-elles expliquer les joies morbides de leur héraut, qui se gargarise de la grandeur impériale de la France -bien qu'il la nie-

    "Et avec 11 millions de kilomètres carrés, il dispose du deuxième territoire maritime du monde, juste derrière les États-Unis d’Amérique ! Cet espace représente plus de 16 fois notre territoire terrestre. La France continentale étale mille kilomètres de côtes. Mais 97 %  territoire maritime se situe dans les pays d’outre-mer si souvent regardés de haut ou délaissés par d’ignorants prétentieux.

    Je suis consterné par l’indifférence qui règne face au potentiel que cette situation contient. La France a le quarante et unième territoire terrestre du monde. Mais en l’additionnant à son espace maritime, notre pays est un géant. Le sixième du monde, juste derrière le Brésil mais devant la Chine ou l’Inde ! Ce territoire s’est encore accru de 10%   dans les années 2000 sans tirer un coup de fusil. Cela parce que notre pays a pu remettre à temps à l’ONU les preuves scientifiques de la continuité physique des nouveaux territoires maritimes connus avec ceux déjà attribués aux Français !

    Dès lors, sur cette nouvelle mappemonde, la France n’est pas la petite nation « occidentale » qu’a fait d’elle François Hollande en s’intégrant servilement aux politiques de l’empire nord-américain. C’est une puissance à vocation universaliste, présente sur les cinq continents dans leur contexte maritime. Mais la présidence actuelle ne connaît rien au sujet et ne s’y intéresse pas."

    "En ce sens c’est une « nation universaliste ». La France l’est d’une  façon très physique. Elle est présente sur les cinq continents. Sa plus longue frontière est avec le Brésil, ce que l’on oublie car on néglige l’existence de l’immense et magnifique Guyane française." -Et vive l'Empire !-

    Autant de questions auquel nous ne pouvons pas ne pas exiger de réponse. La question de l'impérialisme n'est pas qu'une question de principe, elle est un fossé entre le camp du peuple et son ennemi. Elle est un fossé insondable entre les serviteurs de la bourgeoisie et ceux du prolétariat.

    Chaque fois qu'on promet monts et merveilles aux habitants "de France", mais qu'on omet que cela provient de la surexploitation des néo-colonies, que cela provient du sang et de la guerre, on agit en social-chauvin.

    Chaque fois qu'on omet de parler de combattre cet impérialisme, on se comporte comme son valet de chambre. Chaque fois qu'on nie le caractère criminel et terroriste de l'occupation militaire que notre pays fait subir, on soutient ces opérations.

    Nous ne considérons pas Mélenchon comme étant dans notre camp. Si une partie des masses tend l'oreille à son discours social, cela n'est pas une mauvaise chose en soi, en effet. Mais nous ne sommes pas dans un environnement d'école, il ne s'agit pas d'avoir 10/20 en terme de niveau social pour être du bon coté. Etre un agent de l'impérialisme français, qu'on soit social comme M. Mélenchon, ou libéral, cela reste le fait d'agir pour la bourgeoisie française, pour son emprise criminelle sur le Monde. Avant de regarder outre-Rhin et outre-Atlantique, balayons devant notre porte !

    L'Impérialisme français est l'ennemi N°1 des masses de l'Etat Français. Il est son premier bourreau, et notre première cible.

  • Pollution à Lyon: les intérêts privés responsables !

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    (Source de l'image: Lyon Capitale)

    "Le préfet a demandé à Gérard Collomb de prendre des mesures afin que les TCL soient gratuits vendredi. Pour l'heure, aucune suite positive n'a été donnée à cette demande du côté de la Métropole." (Source le Progrès)

    En plein pic de pollution, la mairie et Lyon Métropole, ainsi que les acteurs qui bénéficient de la "délégation de service public" -manière discrète de privatiser- préfèrent ne pas renoncer à leurs bénéfices, surtout avec la manne considérable du 8 décembre. Qu'importe la santé, tant que les actionnaires des TCL conservent leur argent. Aucun étonnement à avoir, de la part d'un soutien fervent d'Emmanuel Macron.

    Pour autant, les charognards ne rechignent pas à se servir de ce pic de pollution pour attaquer la lutte des travailleurs "Problème, la CGT appelle depuis quelques jours les employés de TCL à faire grève ce jour-là. Une prise de position qui exaspère Pascal Blache, le maire du 6e arrondissement. [Participant, par ailleurs, à la mascarade fascisante et pseudo-putschiste de "jour de colère"] Selon lui, les grévistes ont leur part de responsabilité dans ce pic de pollution rencontré actuellement. Les faibles températures limitent, pour le moment, l’utilisation des cyclos et autres modes doux." (Source Lyon People)

    Opportunisme de bas étage qui cherche à faire endosser la responsabilité du pic aux travailleurs et travailleuse des TCL. Et qui exige que la CGT "prenne ses responsabilités." Même discours que pendant l'Euro de Football, argument cassant la mobilisation contre la loi El-Khomri.

    Si quelqu'un doit prendre ses responsabilités, c'est la direction des TCL, qui doit cesser de faire obstacle aux revendications des travailleurs et des travailleuses des TCL. C'est à eux d'assumer l'intégralité de la responsabilité de la situation. A travers elle, ce sont les actionnaires qui sont la chape de plomb qui bloque toute résolution positive de cette situation.

    Les bourgeois, les bourgeoises et leurs intérêts de classe ne sont que des freins au développement d'une société capable de prendre en compte l'environnement. Tant que ce sont ces intérêts qui la dirige, la Loi du profit régnera.

     

    Organisons nous pour les chasser !

  • Manuel Valls candidat aux primaires.

     

    L'annonce est tombée. 

    Dans son fief d'Evry, Manuel Valls, actuellement premier ministre, à annoncé sa candidature à la primaire de la gauche, qui se tiendra à la mi-janvier. 

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    (Manuel Valls lors de l'anniversaire du SPD en Allemagne)

    Après avoir brocardé, durant l'été, la "gauche de la gauche" sur l'affaire du Burkini, la déclarant "inassimilable", le voilà qui tient un discours à l'opposé totale:  «Je constate la division. Mais jusqu'à quand allons-nous subir ce spectacle? Il y a une exigence de rassemblement.» Après la ligne dure, Valls serait sur une position de synthèse ? Dans le fond, sa position est très pragmatique: «Je ne veux pas que la France revive le traumatisme de 2002. L'extrême droite est aux portes du pouvoir. Son programme ruinerait les petites gens et les retraités. Il nous ferait sortir de l'Europe, et de l'Histoire. À nous tous de la renvoyer dans les cordes», à lire entre les lignes: "je suis le seul espoir contre Le Pen, ralliez-vous à mon panache." Pour autant, n'est ce pas, la position sur l'Europe mise de côté, précisément le bilan du PS au pouvoir que le candidat énonce ? De même: «Je veux me battre contre la droite, son candidat, son programme, ses vieilles recettes des années 80, qui nous présente comme une avancée un recul social généralisé. Je ne veux pas que les fonctionnaires travaillent plus pour gagner moins. Je ne veux pas que nos enfants aient moins de professeurs. Je ne veux pas que l'on casse notre sécurité sociale», pour autant, c'est là encore le bilan du Parti Socialiste. Qu'il n'y aie pas eu trop de saccage dans les rangs des enseignants est certes une vérité partielle, après tout, ne sont-ils pas une des catégories sociale qui votent le plus PS ?

    Ironique combat, hormis cela, que celui d'un Manuel Valls redevenu subitement de gauche, après le passage au 49.3 d'une loi El-Khomri qui liquide l'existence du code du travail.

     Dans tous les cas de figure, le Parti Socialiste à déjà jeté l'idée de faire un programme par dessus-bord. La primaire ne se résumera donc qu'a des affrontements de personnalités. Dans celle des candidats en lice, celle de Valls apparaît comme glaçante. Apôtre du tout sécuritaire, incarnant une ligne dure contre les immigrés et les mouvements sociaux, l'homme à la mâchoire perpétuellement crispée sera t'il le candidat contre Fillon ? 

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    ( Manifestation de soutien à des sans-papiers de Lille en grève de la faim pour demander leur régularisation le 7 janvier 2013 rue de Solférino, Paris.)

    Si c'est le cas, les élections promettent d'être un spectacle particulier, où il est à craindre que les débats et l'agitation ne jettent de l'huile sur le feu de la réaction. Qu'elle soient une bataille alignée sur l’extrême-droite.
    Les élections ne changent guère de choses. Mais le racolage populiste fait par les candidats laisse des séquelles. Pour eux c'est un jeu, pour d'autre ce sont des tracas, des difficultés, des vies brisées par la xénophobie, le racisme, le sexisme, l'homophobie et bien d'autres.

    Tous les candidats se comportent en laquais de la démocratie bourgeoise, du pouvoir des capitalistes, tous se comportent en agents de l'impérialisme français.

    Nous n'allons pas appeler à voter. Le débat et la lutte ne se trouvent pas là. Nous devons reconstruire le camp du peuple, le camp des progressistes. Lutter, ce n'est pas mettre un bulletin dans une urne pour "le moins pire", c'est avant tout construire les outils de combat qui apporteront, non pas la promesse, mais la garantie d'un avenir meilleur.

    Pas une seule voix pour les partis bourgeois !
    Ne donnons aucun crédit à ces mythes électoraux !
    Le pouvoir n'est pas dans l'urne, il est dans le combat !

     

  • L’ère du post-réel et la guérilla informationnelle. Partie 5: Apprendre de l’ennemi

    Apprendre de nos ennemis

    En 1932, Dimitrov, dirigeant la IIIe internationale, écrivait, dans Pour l'unité de la classe ouvrière contre le fascisme:

    « Il faut tenir compte du fait que l’assimilation de nos décisions par les grandes masses est impossible si nous n’apprenons pas à parler une langue intelligible aux masses. Nous ne savons pas toujours, loin de là, parler simplement, concrètement, en nous servant des images familières et compréhensibles aux masses. Nous ne savons pas encore renoncer aux formules abstraites et apprises par cœur.
     Regardez de plus près nos tracts, nos journaux, nos résolutions et nos thèses et vous verrez qu’ils sont souvent rédigés en un langage tellement lourd que même nos militants ont de la peine à les comprendre et, à plus forte raison, les simples ouvriers. Si l’on songe que les ouvriers qui diffusent et lisent ces tracts, surtout dans les pays fascistes, risquent leur vie, on se rend mieux compte encore de la nécessité d’écrire pour les masses en une langue qui leur soit compréhensible, pour qu’ainsi les sacrifices consentis ne le soient pas en pure perte.

    Cette remarque ne s’applique pas à un moindre degré à notre agitation et à notre propagande orales. A cet égard, il faut reconnaître en toute sincérité que les fascistes sont souvent plus habiles et plus souples que beaucoup de nos camarades.

    Je me souviens, par exemple, d’une réunion de chômeurs tenue à Berlin avant l’arrivée de Hitler au pouvoir. C’était pendant le procès des fameux accapareurs et spéculateurs, les frères Sklarek, procès qui durait depuis plusieurs mois. L’orateur national-socialiste qui parla à cette réunion, utilisa ce procès pour ses buts démagogiques. Il cita les spéculations, les affaires de corruption et les autres crimes commis par les frères Sklarek ; il souligna que le procès intenté contre eux traînait depuis des mois ; il calcula combien de centaines de milliers de marks ce procès avait déjà coûté au peuple allemand et, aux vifs applaudissements des assistants, il déclara qu’il fallait, sans tarder, fusiller des bandits comme les Sklarek et verser au profit des chômeurs l’argent dépensé pour le procès.

    Un communiste se lève et demande la parole. Le président refuse d’abord ; mais, sous la pression des assistants qui voulaient entendre le communiste, celui-ci obtient enfin la parole. Lorsque le communiste monta à la tribune, tous les assistants dressèrent l’oreille dans l’attente de ce qu’il allait dire. Eh bien, que dit-il : Camarades, déclare-t-il d’une voix ferme et puissante, l’assemblée plénière de l’Internationale communiste vient de terminer ses travaux. Elle a indiqué la voie du salut pour la classe ouvrière. La tâche essentielle qu’elle pose devant vous, c’est, camarades, la « conquête de la majorité de la classe ouvrière ». L’assemblée plénière a indiqué qu’il est nécessaire de « politiser » le mouvement des chômeurs. L’assemblée plénière vous invite à élever ce mouvement à un degré supérieur.

    Et l’orateur continua à parler dans le même sens, convaincu apparemment qu’il « expliquait » les décisions authentiques de l’assemblée plénière. Un tel discours pouvait-il émouvoir les chômeurs ?

    Pouvaient-ils être satisfaits qu’on s’apprêtât d’abord à les politiser, puis à les révolutionnariser et ensuite à les mobiliser pour élever leur mouvement à un degré supérieur ?

    Assis dans un coin, j’observais avec amertume comment les chômeurs présents, qui avaient tant voulu entendre le communiste pour apprendre de lui ce qu’il leur fallait faire concrètement, se mettaient à bâiller et à manifester une déception bien claire. Et je ne fus pas du tout étonné qu’à la fin, le président retirât brutalement la parole à notre orateur sans aucune protestation dans les rangs de l’assemblée… »

    La voie du mensonge nous est fermée. La voie de la calomnie également. Ces voies desserviraient notre cause. Pour autant, la capacité d’initiative, le sens pratique dont ont fait preuve les alt-right, de même que leur maîtrise parfaite des nouveaux moyens de communications, sont autant d’aspects que nous devons étudier. Etant capable de frapper partout, d’être présent et d’occuper tout l’espace, les fascistes réussissent à mener une guérilla contre les médias mainstream et à la gagner.

    Cette capacité à identifier des points faibles dans la cuirasse ennemie doit nous servir. Les fascistes ont appliqué une ligne de masse réactionnaire, mais efficace, or c’est précisément ce qui manque à de nombreuses organisations communistes à l’heure actuelle, qui pêchent ou par leur niveau politique trop bas, ou par leur difficulté a transcrire leurs analyses justes en mot d’ordre compréhensibles.
    C’est également une maîtrise à conquérir, celle de l’espace numérique et des moyens de l’occuper.

    La démonstration de force qui vient d’avoir lieu doit nous donner matière a réfléchir, et matière à penser. La prédominance des idées réactionnaires sur Internet risque d’être une défaite terrible pour les forces progressistes, et, de fait, une défaite terrible pour l’Humanité.