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  • Les communistes ne rampent pas devant la parodie de démocratie des bourgeois.

    Les communistes ne rampent pas devant la parodie de démocratie des bourgeois.

    Dans nos vœux d’une année de lutte, nous avons mentionné que 2017 serait une année où bien des masques tomberaient.

    Nous maintenons cette affirmation, nous la maintenons et nous la considérons même déjà confirmée à plusieurs reprises.

    Il est aisé, pour un grand nombre d’organisations, de se réclamer révolutionnaires. Cela, en temps normal, ne demande qu’une simple déclaration d’intention. Il est même certain qu’un grand nombre de militants d’organisations réformistes pensent sincèrement qu’elles forment un fer de lance contre le pouvoir de la bourgeoisie.

    Seulement, les façades s’effondrent vite lorsqu’elles ne sont pas étayées. Souvent, il suffit d’une pression qui s’intensifie pour que les drapeaux se rangent, pour que la fierté teintée d’arrogance soit ravalée et transformée en soumission.

    Que cela soit précisé, nous ne sommes pas opposés par principe à participer à des élections. Nous pensons qu’elles peuvent être un baromètre de l’Etat d’esprit des masses, une manière de tester quelle est notre influence dans la société.

    Cependant, cette participation ne peut être que tactique, subordonnée à un objectif tout autre : celui de préparer la révolution.

    Nous ne souffrons pas de la schizophrénie propre aux pseudo-révolutionnaires. Comment pourrions nous clamer que nous allons mettre telle ou telle avancée en place, si de l’autre nous clamons que la bourgeoisie l’empêchera par la force ?

    Certaines tentent de concilier ces deux points de vue en optant pour un moyen terme bancal: le programme de transition. Cela consiste à exiger des choses impossibles à satisfaire sous le capitalisme, soi-disant pour en montrer l’inanité, et pousser les masses à adopter les positions révolutionnaires.

    C’est surtout une manière de ne PAS poser la question de la révolution, de la dictature de la bourgeoisie contre celle du prolétariat. Irréalisable, cette ligne conduit sans rémission à la désespérance face à un échec inévitable.

    Réclamer des assemblées ouvrières, réclamer l’interdiction des licenciements, réclamer des nationalisations forcées sous contrôle populaire, un salaire universel et suffisant pour tous… en somme exiger de la bourgeoisie des concessions qui formeraient un casus belli, voilà l’alléchant programme. Cependant, bien qu’admettant à demi-mot que celui-ci serait impossible à satisfaire, jamais ses promoteurs n’expliquent publiquement comment il sera possible de le surmonter. Tout cela par mépris pour les masses populaires, que ces intellectuels jugent incapables de se saisir des questions politiques et, surtout, de celle de la révolution.

    Les exploités, les opprimés, les masses sont parfaitement conscientes de la réalité de la dictature capitaliste. Elles sont pleinement à même de se saisir des enjeux et des questions politiques.

    « Les masses sont les véritables héros, alors que nous-mêmes, nous sommes souvent d’une naïveté ridicule. Faute de comprendre cela, il nous sera impossible d’acquérir les connaissances même les plus élémentaires. » [Préface et postface aux Enquêtes à la campagne, 1941] voilà ce qu’écrivait Mao Zedong.

    Seulement, au lieu de réaliser les tâches de Parti, les organisations opportunistes et économistes briment l’avancée politique. Au lieu de parler politiquement du pouvoir, ces organisations ne posent que  revendications économiques.

    Si une organisation comme L.O. mène souvent un travail d’enquête faramineux dans les usines, qu’en fait elle ? Elle s’en sert pour parler aux travailleurs, aux travailleuses, non pas de politique, non pas de révolution, mais uniquement des problèmes concrets qu’ils peuvent connaître. Problèmes que les ouvriers connaissent déjà, étant ceux qui les ont transmis aux militants.

    La boucle est désormais bouclée.

    Au lieu d’être des partis, ils sont des super-syndicats.

    Au lieu de briser le 4ème mur de la pièce de théâtre de la démocratie bourgeoise, ces mouvements la confortent, la dote d’une crédibilité renforcée. ne pas indiquer la nature de dictature de classe du système politique actuel, ne pas promouvoir la nécessité de le briser, c’est s’en faire son agent.

    Prétendre que le pouvoir se conquiert par les urnes, lorsqu’on brandit le marteau et la faucille, c’est mentir. C’est trahir son camp et passer avec armes et bagages pour celui de l’ennemi.

    C’est donner des leçons d’histoire alternative. Dans les faits, la bourgeoisie ne cède pas un pouce, insulte, menace, frappe et tue.

    Dans le monde magique où  vivent ces ignares et ces doux rêveurs, il semble que la bourgeoisie soit une chose morte, une chose statistique, et non cette force sociale capable de mener la guerre, l’exploitation, avide de richesses et -surtout- très consciente de sa nécessité de se maintenir au pouvoir.

    Dès qu’une force anticapitaliste crédible montre le bout de son nez, la bourgeoisie se déchaîne: où par la moquerie, si la menace est faible, tournant en ridicule les tentatives de pouvoir s’exprimer ; ou par la calomnie, par le mensonge, par le matraquage d’images bien imprégnées dans le cerveau, grâce à l’Education Nationale et aux magazines « historiques » : « Le Communisme a fait 100 000 000 de morts ; Staline est un dictateur; Mao était un être méchant. » Si jamais ce candidat persistait malgré tout, que d’intimidations, que de menaces aurait-il à braver.

    Mais une fois au pouvoir, dans le monde rêvé, comment serait-il crédible de penser que la bourgeoisie céderait le sien ?

    Au mieux, un refus poli serait envoyé. Au pire…gare au fascisme ! La bourgeoisie ne s’embarrasse guère de lois et d’éthique quand il s’agit d’accroitre son profit. Faut-il être un incorrigible naïf pour croire qu’elle cédera l’intégralité de son pouvoir, de son statut social, de ses privilèges de classe, par respect des « règles du jeu » ?

    Mais la bourgeoisie ne s’inquiète guère, et pour cause ! Au mieux les programmes de la gauche, pour les élections, sont chauvins, nationalistes et partisans de l’impérialisme, au pire, ils sont ceux de syndicats : ils exigent des euros en plus, des heures en moins, mais ne posent jamais la question du pouvoir.

    Il est important d’acter ce fait : La démocratie bourgeoise, c’est la démocratie de la bourgeoisie, pour elle seule, pour gérer ses intérêts. L’Etat bourgeois n’est pas une chose inerte, il est l’outil conçu, forgé, mis en œuvre par la bourgeoisie pour la bourgeoisie.

    Vouloir changer ce jeu de l’intérieur reviendrait à vouloir lutter un tenancier de casino à une table de blackjack.

    A nos yeux, seule la lutte révolutionnaire peut fonctionner.

    Les organisations politiques se revendiquant de la révolution, mais se présentant, montrent ainsi un visage bien triste :

    Lutte Ouvrière dénonce le fait de ne pas être invité sur les plateaux, par les médias, de ne pas être mentionné par la bourgeoisie. Devrions-nous nous en étonner ? N’y a t’il pas une contradiction fondamentale entre le fait de se dire communiste et celui de s’étonner que la bourgeoisie ne soit pas jouasse à l’idée de diffuser ces idées ? Voilà bien une manière de se rouler au sol, de pleurnicher, de prendre à témoin les masses, non pas en pourfendeur de la bourgeoisie, mais bien en se ridiculisant.

    Quant au N.P.A., il parvient à faire pire. Nous ne reviendrons pas sur l’humiliation subie par Philippe Poutou, au demeurant humiliation répugnante de la part d’animateurs d’un divertissement réactionnaire. Nous reviendrons sur la triste pétition lancée par ce parti, pour demander la participation de leur candidat.

    2017 Poutou doit en être, pétition signée actuellement par 5900 soutiens, n’est non seulement pas une humiliation de plus, elle est révélatrice du rapport du N.P.A. aux élections. Quoiqu’ils s’en défendent, les militants et militantes de cette organisation implorent les élus de parrainer leur candidat, pour respecter la « démocratie. »

    « Nous nous adressons à vous pour que vous permettiez à Philippe Poutou d’être candidat.
    Il a toute légitimité pour cela et il serait antidémocratique qu’il soit victime de la censure des grands partis institutionnels. »
    Mais, n’est-ce pas justement là, précisément, que le bât blesse ? La démocratie bourgeoise se caractérise par une démocratie creuse, de façade, conçue pour duper l’électeur et maintenir l’ordre.

    « En 2002 et 2007 avec Olivier Besancenot, en 2012 avec Philippe Poutou son courant politique a été présent et entendu dans les débats des présidentielles, son absence serait un recul démocratique. » Son courant politique, au contraire, s’est cantonné à une participation aux élections de la bourgeoisie, en a respecté les règles et les principes, et s’est couché platement.

    « Nous ne partageons pas nécessairement ses idées mais nous pensons qu’il doit pouvoir participer au débat de la présidentielle de 2017. » Cette phrase est révélatrice, en bloc, du fond du discours de cette organisation. Elle s’adresse au petit bourgeois démocrate, lequel soutiendra l’accès du N.P.A. à la grande foire aux élections -et aux remboursements de frais de campagnes.

    Le N.P.A. démasque son opportunisme en ces quelques lignes. Il ne fait pas même appel aux travailleurs et aux travailleuses, en leur clamant : « votre parti est censuré, mobilisez vous pour le défendre ! » ; il ne s’en sert pas pour dénoncer la mascarade que sont les élections, pour mobiliser les masses, mais bien pour quémander, au nom d’une illusoire démocratie, une place aux côtés des exploiteurs et des vermines.

    C’est là, un point qui révèle que les élections sont pour le N.P.A., comme pour Lutte Ouvrière, une fin en soi, l’aboutissement de leur stratégie, de leur programme. Nul part l’esprit révolutionnaire n’est autant absent.

    De deux choses l’une, chacune étant, de part et d’autre, une position fausse :

    Ou les naïfs découvrent la censure de la bourgeoisie et ils agissent en doux rêveurs.

    Ou ce sont des cris de fausse révolte, de fausse surprise, et ils agissent en menteurs en ne révélant pas la supercherie des élections.

    Nous ne devons jamais mentir aux masses quant aux étapes et à la difficulté d’avancer, pas à pas, vers la construction d’un monde plus juste.

    Nous ne mentons pas sur les parodies de démocratie, sur le jeu truqué de la bourgeoisie, sur sa censure.

    Nous ne mentons pas sur le fait que seule une révolution prolétarienne est à même de renverser l’ordre établi et de mettre en œuvre celui de la justice, du droit, celui de la liberté pour les opprimés et les exploités.

    Ce ne sont pas les quémandages électoraux, qui nous trainent dans la boue, dont nous avons besoin.

    C’est celui d’un camp du peuple, d’un Parti, qui ne s’abaisse pas à quémander à la bourgeoisie des droits, mais qui les saisit, par la mobilisation des masses, qui impose son contre-pouvoir à celui des bourgeois.

    Un camp qui n’agit pas dans les parlements, sauf tactiquement, mais qui agit dans la rue, dans les usines, dans les lieux d’éducation, de socialisation et même de détention.

    Nous voulons créer l’opposition extra-parlementaire pour lutter contre les attaques de la bourgeoisie, créer ce bouclier politique.

    Mais nous voulons plus, nous voulons à l’échelle de ce que représente les exploités, les opprimés.

    Les travailleurs sont le monde, et le monde est à eux !

  • Construisons l’opposition extra-parlementaire.

    Construisons l’opposition extra-parlementaire.

    Boycottons les élections !

    2017 ne doit pas être une année électorale comme une autre. Elle est bien trop symbolique pour rester ainsi, dans l’Etat Français, une année où la bourgeoisie peut boucler son tour de passe-passe sans le moindre problème. Ce serait non seulement une défaite politique, mais également une insulte à l’Histoire de la lutte des classes, à l’Histoire de l’humanité.

    Quelque soient les arguments avancés par les différents concurrents au pouvoir, ceux-ci ne sont que -au mieux- de la naïveté, au pire de la mauvaise foi totale.

    Nous devons apprendre de l’histoire, la dépoussiérer et retransmettre ses enseignements.

    La Commune de Paris, les Spartakistes, mais aussi le Chili de Allende nous montrent que les bourgeois ne respectent aucune règle. Chaque semaine sanglante nous démontre que cette classe parasitaire ne voudra pas être chassée, ne voudra pas même concéder une seule miette, sans être contrainte et forcée.

    Il y a cent ans, la bourgeoisie a subi une leçon qu’elle tente de faire oublier, bien qu’elle même ne l’oubliera jamais. La Révolution d’Octobre a démontré que, face à cette mascarade, la seule alternative était le pouvoir du peuple, imposé aux exploiteurs.

    Ce n’est pas la tâche ni le rôle des élus d’une élection bourgeoise. Même si elle prétend fonder une illusoire VIème République.

    Nous savons que les élus seront des laquais, des profiteurs, des opportunistes qui siègeront dans les salons, mais qui, pour conserver l’ordre, manieront bien aisément la matraque, quand cela ne sera pas le fusil. Leurs promesses ne sont que des aménagements marginaux, mais la grande majorité ne sont que des appâts destinés à ferrer le votant.

    Les candidats de cette masse informe et pourrissante, nommée la gauche, ne sont que des menteurs invétérés, des sociaux-chauvins, des sociaux-impérialistes. Cependant, nous respectons la candidature de Oscar Temaru, candidat de l’indépendance de la Polynésie, nous jugeons qu’il s’agit d’un individu sincère. Sa volonté d’utiliser les élections comme tribune pour plaider la cause de l’indépendance est juste. Elle doit probablement gêner aux entournures plus d’un chauvin, clamant que les colonies sont des « joyaux. » Respecter cette position ne signifie nullement cautionner le jeu truqué de la bourgeoisie. Le jour où M. Temaru menacera le pouvoir des impérialistes et des bourgeois, il n’aura pas l’occasion de le dire sur les ondes.

    Alors que les candidats nous vendent les plus beaux habits du capitalisme, nos pensées vont ailleurs.

    Nous pensons à nos quartiers, où l’ordre le plus brutal règne.

    Nous pensons aux colonies détenues par l’Etat Français, où la misère la plus noire règne, dans les jungles de Guyane comme dans les bidonvilles de Mayotte.

    Nous pensons aux pays que notre impérialisme écrase, pille, opprime. Les méthodes coloniales ont encore de beaux jours devant elles.

    Ne pas voir cela est être aveugle, mais le voir et se mentir est pire.

    Allons-nous, comme tous ces inconséquents, courber l’échine ? Allons-nous gentiment nous mettre en rang derrière une candidature ou une autre ? Allons-nous, ridicule suprême, accorder un « soutien critique », faire « barrage », tandis que nous avons pertinemment que, quelque fut le résultat des urnes, la bourgeoisie dicte son ordre ?

    Sommes-nous donc ainsi de ceux qui rangent leur drapeau, leur idéologie, et qui, discrètement, vont aller voter dans la honte de l’isoloir ?

    Non. Nous ne sommes pas de ce bois pourri.

    Nous appelons, en premier lieu, au boycott des élections. Pas une seule voix ne doit cautionner le jeu des bourgeois.

    Nous appelons à constituer une opposition extra-parlementaire.

    Le crétinisme parlementaire règne. Le camp du peuple a été disloqué. Nous avons, au cours des années, vu la démocratie être stérilisée, réduite, enchaînée à ces seules élections.

    C’est la ligne de l’Etat, celle qui est enseignée dans l’Education Nationale, matraquée à coup de slogans : la Démocratie ce n’est QUE les élections. Tout le reste serait illégitime.

    Nous dénonçons ceci. L’opposition extra-parlementaire doit s’exprimer partout : dans les organisations politiques de terrain, dans les syndicats, dans les organisations de la jeunesse, dans la société civile, dans la culture. Chaque terrain est un terrain de lutte politique et idéologique, contre les positions réactionnaires, obscurantistes, réformistes.

    Nous ne sommes pas seuls à promouvoir cette construction : Boycott 2017 ; Génération Ingouvernable défendent l’abstention et le rejet du parlementarisme bourgeois. Ces mouvements posent la question de ce qu’est la démocratie véritable : directe et populaire.  Nous voulons aller plus loin : la création d’une opposition hors des salons, hors des assemblées; hors des cadres décidés et encadrés par les ennemis du peuple.

    L’opposition extra-parlementaire doit former le centre de gravité du refus, de refus de la mascarade, du refus de l’exploitation, du refus de la corruption et du compromis.

    Cette opposition combattra résolument tous les agents de la bourgeoisie, que ceux-ci soient ses pions fascistes ou sociaux-impérialistes.

    Nous voulons reconstruire le camp du peuple, le camp de la paix, le camp du progrès, le camp de la liberté. Contre le premier bourreau des classes populaires de l’Etat Français, qui n’est ni Merkel, ni Poutine, ni Trump, mais bien sa propre bourgeoisie.

    Contre la mainmise de l’impérialisme français, contre ses agents, contre ses crimes, contre son ordre néocolonial.

    Contre la politique truquée des salons, contre la politique de l’institution, pour une démocratie populaire, directe et contrôlée par le peuple.

    Contre les pantins de la bourgeoisie, ses laquais, ses pions !

    Nous ne voulons pas de chef du conseil d’administration de la bourgeoisie, nous ne voulons pas de VIème République bourgeoise. Nous voulons une république socialiste !

    Abstention, boycott & opposition !

  • A propos d’Oscar Temaru

    A propos d’Oscar Temaru

    Une fois n’est pas coutume, nous avons quelque chose à écrire de positif par rapport à un des candidats à la course à l’Elysée.

    Nous ne dérogeons pas de notre ligne, boycott et construction d’une opposition hors des fauteuils de l’assemblée. Pourtant, nous considérons que les déclarations de M. Oscar Temaru sont respectable et doivent être répercutées.

    (suite…)

  • Colonialisme et crime contre l’humanité. 2/2

    Colonialisme et crime contre l’humanité. 2/2

    Partie 1 ici

    Le colonialisme, non seulement, est un crime contre l’humanité, mais également le capitalisme, l’impérialisme et le néo-colonialisme. L’impérialisme français, bien que se drapant dans le mensonge des Lumières, n’en a pas moins été l’un des plus féroce, l’un des plus sauvage, l’un des plus criminel.

    Ces formes de rapports économiques portent en eux, dans leurs gênes même, le crime, la barbarie, la brutalité. Cela, pour une simple raison : car ils se basent avant tout sur l’exploitation. Cette exploitation est ce qui permet à la bourgeoisie -qu’elle fût au stade pré-impérialiste comme néo-colonial- de faire ses profits.

    Or, dans sa recherche du taux de profit maximal, peu de choses peuvent entraver la marche en avant des bourgeois et des bourgeoises. Certainement pas l’éthique, car un marché est un marché, et si ce n’est pas lui -ou elle- qui s’y implante, cela sera son concurrent.

    Lorsque Lénine écrivit L’impérialisme : stade suprême du capitalisme, il avait situé qu’il était à une période charnière. La saturation progressive des marchés nationaux, désormais entre les mains de grands trusts, la baisse tendancielle du taux de profit, tout ceci exigeait un grand bond dans la conquête de nouveaux marchés. Cela s’est fait, non plus comme à l’époque du commerce triangulaire, par le commerce, les comptoirs, l’exportation de marchandises, mais bien par celle des capitaux. Les banques et les groupements industriels se sont partagés le monde. Les armées nationales, à la solde de ces groupes, ont imposé l’ordre colonial. L’accord des populations colonisées n’était pas nécessaire.

    Les obstacles, la bourgeoisie s’en est affranchie à l’aide de la violence. Les réticences et les oppositions sont balayées, quelque soit le moyen employé. Le patron, la patronne, ne s’est jamais embarrassé pour créer des syndicats jaunes, pour faire pression sur les travailleurs et travailleuses, pour menacer, pour intimider, pour faire matraquer dans la métropole. Dans les colonies, cela s’est réglé par la corruption des élites traditionnelles, mais aussi, lorsque cela ne suffisait pas au fouet, à la machette, au fusil, au gaz moutarde.

    Déjà, lorsque les terres sont prises, ce n’est pas une scène poétique. Il n’y a nullement, par la douceur d’un beau matin, de bons sauvages qui sortent de leurs huttes, et qui se tournent soudain vers la mère patrie française. Si les soldats, comme le colonel de Montagnac annoncent que l’objectif est d’« anéantir tout ce qui ne rampera à nos pieds comme des chiens » [tiré du livre noir du colonialisme], où encore « Pour chasser les idées qui m’assiègent, je fais couper des têtes, non pas des têtes d’artichauts, mais bien des têtes d’hommes. » ; les grands esprits, eux mêmes, ne font pas preuve d’un « humanisme » particulier. Le grand Alexis de Tocqueville, ainsi, en 1841, déclare :«  Je crois que le droit de la guerre nous autorise à ravager le pays et que nous devons le faire soit en détruisant les moissons à l’époque de la récolte, soit dans tous les temps en faisant de ces incursions rapides qu’on nomme razzias et qui ont pour objet de s’emparer des hommes ou des troupeaux. », dans le même article, il poursuit: « Je dirai aussi que les grandes expéditions me paraissent de loin en loin nécessaires :

    1° Pour continuer à montrer aux Arabes et à nos soldats qu’il n’y a pas dans le pays d’obstacles qui puissent nous arrêter ;

    2° Pour détruire tout ce qui ressemble à une agrégation permanente de population, ou en d’autres termes à une ville. Je crois de la plus haute importance de ne laisser subsister ou s’élever aucune ville dans les domaines d’Abd-el-Kader. »

    Cela n’est nullement éloigné du Kommissarbefehl d’Alfred Jodl, sur la conduite à tenir de l’armée Allemande en URSS pendant la Seconde Guerre mondiale. Rien d’étonnant en cela. Après tout, les Allemands également considéraient leur action vers l’est comme un colonialisme. Dans le même ordre d’idée, le Sanko Sakusen « tue tout, brûle tout, pille tout » des Japonais en Chine, est une illustration de comment un colonisateur anéantit toute résistance. Ce n’est nullement un hasard. Le nazisme n’est ni plus ni moins qu’une application stricte, doublée de croisade antibolchevique, du colonialisme à l’Europe et aux Slaves. Ainsi, en 1950, dans le Discours sur le colonialisme, Aimé Césaire écrivit: « Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXème siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est que l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique. » Mais aussi « on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’œil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens ; que ce nazisme là, on l’a cultivé, on en est responsable »

    Même lorsque l’économie d’une région dominée se développe, lorsque des infrastructures sont construites, lorsqu’est mise en œuvre cette « civilisation » vantée par le colon, routes ; ponts ; canaux d’irrigation ; voies de chemin de fer ; etc. ce n’est pas par grandeur d’âme. C’est la sueur du colonisé qui coula, lorsque ce ne fut pas son sang.

     Au procès de Klaus Barbie, puisque nous évoquons d’ailleurs les crimes contre l’humanité, l’avocat Jean-Martin Mbemba, venu du Congo, s’était d’ailleurs exprimé sur la construction du chemin de fer Congo-Océan, supervisée par la France. 20 000 morts d’épuisement, de coups de fouets, de maladie pour une ligne de 900km de long. Cette ligne, construite par les colonisés pour le colonisateur, mais qui est considérée comme un apport de civilisation : « la colonisation a introduit une modernité par effraction. » Elle l’a surtout introduite par la violence la plus brutale.

    Chaque culture, chaque usine, chaque champ cultivé sous les coups de fouet n’a été qu’au bénéfice du colonisateur. On peut chanter les louanges du progrès économique, mais jamais les colonisés n’en ont bénéficié, si ce n’est par inadvertance.

    Quant aux « dizaines de milliers d’instituteurs, de médecins, de fermiers [qui] ont beaucoup donné à l’Algérie », parmi les rares grandes âmes, venues d’elles-mêmes, souvent pour des motifs d’évangélisation, combien se sont contentées de spolier les terres, d’en chasser les habitants ? La civilisation, la culture du colonisateur, quelle fut-elle, en vérité ?

    Comment ne pas revenir au discours sur le colonialisme, d’Aimé Césaire, lequel écrit : »Il faudrait d’abord étudier comment la civilisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au Viêt-Nam une tête coupée et un œil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tout ses traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et « interrogés », de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent. »

    Nous ne pouvons que conseiller de lire cet ouvrage dans son ensemble, de le méditer, d’y réfléchir, pour comprendre que l’Europe -et au premier rang l’Etat colonialiste Français- a perdu son droit de donner des leçons de civilisation le jour où  ses soldats ont pris pied sur un autre continent.

    La culture ? L’instruction ? Aimé Césaire poursuit: « Sécurité ? Culture ? Juridisme ? En attendant, je regarde et je vois, partout où il y a, face à face, colonisateurs et colonisés, la force, la brutalité, la cruauté, le sadisme, le heurt et, en parodie de la formation culturelle, la fabrication hâtive de quelque milliers de fonctionnaires subalternes, de boys, d’artisans, d’employés de commerce et d’interprètes nécessaires à la bonne marche des affaires. » La culture coloniale est une culture de l’exécution des tâches exigées, une culture de la soumission mêlée de sadisme de caserne. Une culture de camp de la mort.

    « Entre le colonisateur et le colonisé, il n’y a de place que pour la corvée, l’intimidation et la pression, la police, l’impôt, le vol, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance, la muflerie, des élites décérébrés [la fameuse bourgeoisie compradore], des masses avilies. » Les religions locales écrasées pour imposer celle du colonisé. Leur histoire, souvent orale, ramenée au rang de mythe et de légende, tandis que le « roman national » devenait la norme. Une culture écrasée dans une tempête de flamme, pour que ne reste que ce qui peut intéresser le colonisateur : la chair du travailleur.

    C’est un des aspects qui rendent l’impérialisme pourrissant et déliquescent. D’une part, se gavant de superprofits, les bourgeoisies n’investissent que peu, restent sur « la tonte des coupons ». Le monopole égale le pourrissement. C’est là une ironie suprême : les richesses accumulées par les impérialistes ont plus contribué à ralentir le développement économique de la métropole, à maintenir une grande part de la population dans l’agriculture jusque dans l’après guerre.  

    Lénine a plus que raison de qualifier ce stade de pourrissant. Dans leur recherche du profit maximal, les capitalistes ont fini par creuser leur tombe. Le besoin d’une main d’œuvre plus formée, d’élites locales, a entrainé l’apparition, là aussi, d’un prolétariat conscient de son rôle. Il a également donné naissance à une bourgeoisie nationale, hostile à la présence du colonisateur. En investissant pour développer ces régions, le colonisateur leur a donné les clés de leur libération. En supplément, celui-ci leur a appris la guerre.

    Cette chair du travailleur s’est parfois muée en chair à canon, bien utile également, pour libérer la « patrie », occupée par le miroir Européen du colonialisme : le nazisme. L’ironie de l’histoire se joue en partie ici, car ces combattants aguerris formèrent les cadres, l’ossature, du dispositif militaire qui brisa celui des colonialistes.

    Pour gagner la liberté, pour gagner ce simple droit d’être libre, d’être une nation souveraine et indépendante, bien des sacrifices ont été faits. Les guerres d’Indochine, du Viêt-Nam, tout comme la guerre d’Algérie, pour ne citer qu’elles, ont combiné les formes les plus atroces de conflit. Les armées occidentales, coloniales, n’ont reculé devant aucun moyen, aucune torture, pour tenter de faire plier les combattants.

    En Indochine, cela s’est traduit par un demi-million de morts dans les rangs des forces de la Liberté. Un autre demi-million de blessés, de mutilés.  Celle d’Algérie, entre 250 et 400 000 morts, certaines sources allant jusqu’à évoquer un million. Des villages rasés, des hommes, des femmes, des enfants écrasés sous les bombes, brûlés au napalm, torturés et déportés. Mais une défaite totale.

    Est-ce à cause d’une méchanceté maladive, d’une pathologie terrible qui ronge tout sens moral, que cela arrive ? Même pas. Cela pourrait donner une excuse. Mais la raison est ultimement cynique : ce n’est que la logique capitaliste.

    La bourgeoisie s’est simplement penchée sur ses intérêts, et a considéré que cela était la manière la plus efficace de les défendre.

    Dominer un espace, c’est en faire un marché de monopole pour les manufactures de son Etat. Dominer un espace, s’est s’accaparer intégralement ses matières premières, c’est s’en assurer l’accès sans concurrence et librement.  C’est également se doter de la possibilité de pouvoir créer cet échange inégal qui rapporte tant à une poignée de grands bourgeois, bouffis de la graisse de leurs superprofits.

    Même malgré les indépendances formelles des Etats, le lien néocolonial poursuit cette logique. Ces Areva, ces Total, ces marchands d’armes qui sont autant de barbares avides de gros sous. Tout cela accompagné des éternels soldats coloniaux, pilleurs, violeurs, engoncés dans leur racisme savamment dosé. Cette « mission civilisatrice » se poursuit.

    Cette mainmise, toujours présente dans les Etats dominés africains, mais également dans les territoires toujours colonisés, toujours accaparés par un Etat Français colonial. Ces « joyaux » défendus par Mélenchon, cette présence sur tous les océans, vantés comme une grandeur. Grandeur bâtie sur le sang.

    Cette culture qui dégouline dans la métropole, pour se mêler à la culture policière, aux troupes de terreur envoyées dans les banlieues et les quartiers pauvres, nourries à la même imagerie de croisés hérauts de la « civilisation. »

    Nous souhaitons la défaite la plus totale de notre impérialisme, et considérons qu’entraver chacune de ses actions est une de nos tâches les plus brûlantes. Nous n’accorderons aucun soutien politique, aucun vote aux promoteurs de l’impérialisme français.

    Nous, communistes, nous condamnons, en « pesant nos mots », le crime contre l’humanité du colonialisme. Nous condamnons le néo-colonialisme tout comme l’impérialisme.

    Nous nous réclamons de l’application stricte du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, à s’ériger en nation, y compris sur le territoire métropolitain. De même, nous revendiquons le droit à la libre séparation et la libre association entre les nations.

    Nous voulons un procès de Nuremberg de la colonisation. Les bouchers de la colonisation n’ont pas leur place sur les plaques de nos rues. Nous devons reconnaître une bonne fois pour toute la nature criminelle de l’entreprise coloniale.

    A bas le capitalisme, à bas l’impérialisme !

    Vive le communisme !

  • Colonialisme et crime contre l’humanité. 1/2

    Colonialisme et crime contre l’humanité. 1/2

    La colonisation est un crime contre l’humanité.

    Ces derniers temps, les propos sur la colonisation du candidat libéral, Emmanuel Macron, ont déclenché une levée de bouclier. En effet, devant la télévision Algérienne, celui-ci a déclaré que « la colonisation est un crime contre l’humanité. »

    Immense tollé à droite, silence gêné à gauche.

    D’un côté François Fillon, adepte du Roman National, riposta immédiatement, vociférant que « cette détestation de notre histoire » disqualifiait Emmanuel Macron comme un candidat valable. Lors d’un déplacement à Toulon, se sont les anciens combattants et les pieds noirs qui s’en sont pris à lui, pour le menacer et l’insulter sous le regard placide de la police. « Y a-t-il quelque chose de plus grave, quand on veut être président de la République, que d’aller à l’étranger pour accuser le pays que l’on veut diriger de crime contre l’humanité ? », s’est ainsi exprimée, quant à elle, la candidate frontiste. « Il n’y a rien de plus grave. » A-t-elle martelé. « C’est la justification utilisée par les voyous de banlieue pour agir, lutter, combattre contre la France et tout ce qui représente la France et notamment, évidemment, nos forces de l’ordre », a-t-elle ajouté. « Nous, la France, nous l’aimons d’une manière inconditionnelle. »

    Difficile, lorsqu’une perche aussi belle est tendue, de ne pas s’en saisir. L’inconditionnel amour de la France, après tout, n’a-t-il pas emmené les camarades des fondateurs de ce parti à la défendre, dans les décombres d’un Berlin assiégé par l’Armée Rouge ? Nous connaissons le sens de cet amour inconditionnel, toxique, révisionniste et criminel. Mais soit, qu’avons-nous à attendre d’individus de ce genre? Qu’avons-nous à attendre d’individus et d’organisations dont la compréhension du monde qui les entourent ne dépasse pas celle d’un Lavisse, qui, au XIXe siècle, déclarait « Tu dois aimer la France, parce que la Nature l’a faite belle, et parce que l’Histoire l’a faite grande. » Laissons-les vivre dans le roman national, dans leurs mythes et leurs inventions. Qu’ils polissent encore leurs dagues SS en criant leur amour à Jeanne d’Arc.

    De l’autre côté d’une barrière bien amoindrie, nous supposions que l’expression politique prendrait un tour intéressant. Face à une déclaration aussi percutante, nous pourrions nous attendre à une surenchère de la part des candidats de la gauche. Nous pourrions nous attendre à ce que les Hamon et Mélenchon rivalisent d’excuses et de condamnation envers les pages les plus criminelles de l’Histoire de France. Or, ce ne fut pas le cas. Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon ont déclaré qu’il n’était pas possible de parler de « crime contre l’humanité. »

    L’excuse du candidat PS est la suivante : « Parce que cela veut donc dire que l’on envisage qu’une cour pénale internationale puisse juger des Français pour crime contre l’humanité d’une part, et d’autre part que nous hissons cette blessure-là au niveau de la Shoah, du génocide rwandais, du génocide arménien. Je ne veux pas rentrer dans une forme de concurrence mémorielle. » Belle esquive. Belle manière de ne pas poser la question du caractère criminel de l’impérialisme français. Difficile, là aussi, de s’attendre à autre chose, de la part du membre d’un parti, qui reste un des grands acteurs de la Françafrique.

    Celle de Mélenchon ne manque pas de saveur ; pour un peu, elle aurait l’apparence d’une définition de dictionnaire du terme « néant. » Incapable, comme souvent avec les trotskistes, de prendre position, le candidat de la France Insoumise s’est borné à déclarer « qu’un Français doit peser ses mots quand il parle de l’Algérie », « Nous condamnons tous la colonisation. C’est un sujet très douloureux, on ne doit pas dire de bêtises, il faut peser ses mots ». Or, déclarer ceci, qu’est-ce si ce n’est ne rien déclarer ?  « La colonisation est un fait qui doit concerner les historiens », voilà bien comment ne rien en dire. « Sur les sujets centraux de l’histoire de France, Emmanuel Macron devrait beaucoup réfléchir » et s’exprimer « avec beaucoup de délicatesse ». Inviter à la délicatesse, mais ne pas prendre de position, voilà une entourloupe typique de cette engeance centriste, incapable de prise de position.

    Pourtant, le record dans l’aveuglement est décerné à Emmanuelle Cosse, de EELV. Celle-ci a indiqué qu’elle «n’utiliserait pas le terme de crime contre l’humanité», elle estime toutefois que «la colonisation fait partie des erreurs» de l’Etat français. C’est donc « une erreur», le fait d’avoir sciemment orchestré la domination, l’asservissement, la surexploitation d’une large partie du Monde. Un ridicule achevé. Une erreur est une condamnation d’un innocent. Une erreur est une manœuvre catastrophique. Une erreur est une mécompréhension tragique. La colonisation n’est pas une bourde, elle fut un système cohérent.

    Tempête dans un verre d’eau, pourtant, tant les propos d’Emmanuel Macron furent nuancés. Véritable professionnel du double-face, il fut capable tant de parler de crime contre l’humanité que d’y trouver des aspects positifs.

    Ainsi, dire «La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes. » est une position que nous ne saurions critiquer. Mais le fait de tenir la rhétorique suivante: « Alors oui, en Algérie il y a eu la torture, mais aussi l’émergence d’un Etat, de richesses, de classes moyennes, c’est la réalité de la colonisation. Il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie. » apporte un autre regard.

    Devant les pieds noirs et les anciens combattants, le candidat de « En Marche ! » à ainsi nuancé : « Mes propos n’étaient pas destinés contre vous, en rien. C’était simplement reconnaître une responsabilité de l’Etat français, et nous ne devons pas nous dérober. » A la lecture de ceci, il serait difficile de ne pas opiner -quelque peu- du chef, et d’accorder que ceci n’est pas intégralement faux. Mais la vision nuancée de l’ex-ministre ne s’arrête pas là : « la colonisation a introduit une modernité par effraction »; « des dizaines de milliers d’instituteurs, de médecins, de fermiers ont beaucoup donné à l’Algérie ». En revanche, c’est notre interlocuteur qui, là, par effraction, tente de faire voir le colonisateur sous un beau jour. Nous allons y revenir.

    Nous savons rendre à César ce qui revient à César. Les libéraux, comme Macron, n’ont généralement pas été des soutiens farouches de la colonisation. Cette forme d’économie protectionniste rentrait en contradiction avec leurs conceptions économiques. Possible qu’ils soient également humainement choqués par les crimes commis lors de ces années de répression et de surexploitation.

    Il n’est pas rare d’entendre ou de lire certains de ces libéraux s’offusquer des propos réactionnaires, sexistes, racistes. Ainsi Laurence Parisot, ex-présidente du MEDEF, s’était emportée contre Eric Zemmour, que cela soit par rapport au sexisme du chroniqueur, tout comme à son racisme ouvert.

    Il n’est pas impossible qu’Emmanuel Macron ne soit pas empreint d’un « amour intégral » à l’idée d’un pays torturant et massacrant allégrement les « indigènes ».  Cela dit, ce qu’il s’abstient de dire, ce que s’abstient de dire chacun des candidats qui font mine de cracher sur la colonisation, c’est une chose terrible. Simple, mais terrible. C’est qu’elle fut une chose logique et cohérente.

    La colonisation française n’est pas fille d’une mission divine, d’un « accident de parcours », elle est le fruit d’une logique.

    L’Impérialisme français, ce terme que se refusent à employer chacun des candidats, de Jean-Luc Mélenchon le chauvin à Le Pen la fasciste, est la racine même de l’explication de tous ces crimes. (La suite ici)

  • Que révèlent les sanctions prises par la Chine contre la Corée du Nord ?

    Le 19 février, le gouvernement de la République Populaire de Chine a annoncé sa décision de cesser toutes se importations de charbon en provenance de la Corée du Nord. Le ministère du commerce a ainsi indiqué que cette suspension provisoire sera maintenue jusqu’au 31 décembre.

    La raison de cette sanction contre le régime de Pyongyang trouve sa source dans le nouveau test, effectué quelques jours auparavant, d’un missile balistique Pukguksong-2. Ce test à suscité un vif émoi au sein des Etat-majors Japonais et Américains.

    Résultats de recherche d'images pour « Pukguksong-2 »

    Bien que la Chine maintienne une position de négociation à six [Les deux Corées, le Japon, la Russie, la Chine et les USA] autour de la question du nucléaire nord-coréen, elle a pour la première fois accepté d’appliquer des sanctions directes contre la RPDC.

    Les échanges commerciaux entre la RPC et la RPDC représentent les liens économiques le plus importants, en terme de volume, pour l’Etat du Juche. L’embargo contribue à étrangler une économie déjà anémiée par des années de sanctions internationales.

    Nous n’avons pas, au sein de l’Unité Communiste de Lyon, de position précisément définie sur le régime Nord Coréen. D’une part car ce régime est difficile à analyser, faute d’informations fiables, d’autre part car nous n’en avons simplement pas eu le temps ou les moyens. La Corée du Nord ne fait pas partie des pays envers lesquels nous exprimons un soutien positif. Nous considérons qu’a l’heure actuelle, ce régime apparait globalement comme un régime de nationalisme bourgeois social.

    Résultats de recherche d'images pour « mass games north korea 2016 »

    Nous restons également circonspects sur ce régime, dans le sens où nous nous méfions du fait de crier avec la meute déchaînée de loups, avide de rumeurs sur cet Etat. Nous regardons avec une certaine répugnance la campagne d’acharnement, d’autant qu’elle est orchestrée par des Etats impérialistes, portant la mort, la misère et le crime partout sur leur passage. Dans le sens également où il nous paraît bien plus pressant de condamner d’autres régimes avant celui dirigé par Kim Jong-Un.

    Présentée comme l’archétype de l’Etat « méchant », la Corée du Nord est pourtant avant tout un état qui lutte contre l’impérialisme, qui tente d’exister indépendamment de toute vassalité et assujettissement face à un autre Etat. C’est également un Etat qui essaie d’obtenir la légitime réunification de la péninsule. Le régime Sud-Coréen, dans lequel les sectes anticommunistes et obscurantistes tirent les ficelles du pouvoir, apparaît comme un havre de paix.
    Etrange havre ou les militants pour la réunification, les communistes et les syndicalistes sont menacés et torturés par la police.

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    La réunification elle-même est un casus belli pour les USA, qui se doutent bien qu’une Corée unifiée et indépendante aurait plus tendance à balancer -dans la rivalité entre la Chine et le Japon- du côté de la première, tant le sentiment anti-japonais est encore présent. Rien qu’à titre d’exemple, participante au malheureux programme F-35 soutenu par les USA, la Corée du Sud fait pourtant le choix d’entretenir ses appareils en Australie plutôt qu’au Japon tout proche, tant la défiance est fort.

    Dans ce cadre, comment comprenons nous les sanctions ?

    La Corée du Nord, hormis une rectification de frontière maritime demandé au Sud, source de conflits depuis la partition, ne fait pas partie des pays les plus agressifs de la planète. Elle ne lance pas d’opérations à l’étranger, ne déploie pas d’armée dans des bases militaires extérieures, ne revendique pas de territoire. En revanche, elle est une cible géopolitique récurrente.

    Le budget militaire consomme une quantité astronomique de ressources, quant on songe au PIB relativement faible de l’Etat.

    Le développement de la bombe atomique, ainsi que de missiles longue portée, est dans ce cadre un choix rationnel, permettant de sanctuariser le territoire tout en limitant le format des forces conventionnelles.

    L’opposition et les sanctions que subit la Corée du Nord quant à ce programme révèlent, non pas de la sûreté de la paix mondiale, mais bien d’une punition contre ces Etats cherchant à se soustraire à l’autorité des « grands ». C’est la sanctuarisation du territoire qui est condamnée.

    L’arme atomique, dans l’esprit des grandes puissances impérialistes, doit rester l’apanage des arbitres de ce monde. En sanctuarisant son territoire, la Corée fait fondamentalement un doigt d’honneur à ceux qui voudraient la transformer en régime croupion, Chine y compris.

    Car tel est ce que nous pouvons déterminer de la position chinoise. Un aveu du fait que ce sont les rapports de suzeraineté et de vassalité quoi doivent décider de la sécurité des Etats, et non pas leur propre capacité à pouvoir assurer leur protection. Cette attitude est digne de celle de la France, lorsqu’elle sabote tout projet d’armée Africaine, pour maintenir les états dans son giron, par la dépendance militaire.

    La RPC se démasque comme un Etat impérialiste, voulant satelliser et rendre tributaire les Etats qu’elle domine.

    Bien que nous puissions formuler des critiques fondamentales vis-à-vis de la République Populaire et Démocratique de Corée, nous ne saurions renier son droit à l’indépendance vis-à-vis des grande puissances militaires. Nous considérons que la paix mondiale n’est pas garantie par la dissuasion, cette dernière ne garantit que la sécurité des impérialistes.

    Nous réclamons le fait que les sanctions contre la RPDC soient levées intégralement. Elles sont hypocrites et criminelles. Nous considérons qu’un débat sur le désarmement général, et nucléaire en particulier, ne peut avoir lieu sans une bonne volonté générale. Or cette bonne volonté se heurte aux intérêts des capitalistes et des impérialistes. Ces intérêts forment un infranchissable Himalaya, que seule la lutte des classes peut franchir.

    Quelle erreur de croire que les armes nucléaires protégerons les impérialistes de la lutte des classes. Elle n’est, comme l’écrit Mao Zedong, qu’un « Tigre de Papier ». Jamais la bourgeoisie ne pourra échapper au fait qu’elle creuse sa tombe, jour après jour.

    Tout comme le mouvement communiste s’opposera aux guerres contre les peuples, il organisera celle contre les classes !

  • l’Unité Communiste de Lyon a un an.

     

    Le 18 février 2016, nous avons fondé l'Unité Communiste de Lyon. Nous en célébrons aujourd'hui le premier anniversaire.

    A nos yeux, cet anniversaire est l'aboutissement d'un travail important, intense, et efficace.

     

    Avant, cette date, Lyon était exempt, depuis plusieurs années, d'organisation politique constituée défendant ouvertement le marxisme-léninisme, le maoïsme, en somme défendant l'héritage des Etats prolétariens et des démocraties populaires. Cette éclipse est désormais terminée, et il existe, de nouveau, ici, une organisation travaillant à la construction d'un Parti Communiste Marxiste-léniniste sur l'Etat Français.

    C'est la tâche principale que doivent se fixer les communistes. C'est à cette tâche que s'attelle notre organisation. Nous rassembler, resserrer nos rangs, nous unifier, pour que soit affûtée notre théorie, notre idéologie, mais aussi que naisse l'outil qui nous manque.

    L'année qui s'est écoulée fut une année d'offensive ouverte, sauvage, d'une bourgeoisie qu'aucun frein n'entrave. Ce fut une année sous le signe de l'attaque massive contre les droits sociaux, à travers la loi El-Khomri, contre les droits démocratiques, à travers l'Etat d'urgence, mais aussi contre les peuples en lutte pour leur émancipation. A travers les agressions directes menées par l'impérialisme français, par le soutien aux mercenaires opérant en Syrie, au régime fasciste d'Erdogan… Pour ne citer que la face émergée de l'iceberg.

    La répression et les exactions contre les travailleurs, contre les travailleuses, mais également contre les masses populaires, a été intense. Elle s'est traduite, à travers la violence de la police, à travers le double visage de la justice -féroce pour les nôtres, douce pour la bourgeoisie- par les morts, les viols, les blessures et la prison dans les rangs du peuple. Elle s'est traduite, à l'inverse, par les acquittements, les non-lieux, les peines symboliques pour la bourgeoisie et ses laquais.

    2016 fut, toute entière, une année sous le signe de la réaction. Les discours xénophobes, chauvins, antisociaux, se sont déversés. Le catalyseur de la course à l'Elysée a agi massivement, poussant les candidats à rivaliser de putréfaction.

    Nous décrivions l'année 2017 comme une année dialectique, une année "centrifugeuse", où les contradictions éclatent au grand jour. En face de l'élection présidentielle, les masques tombent. Sous la pression, les organisations révèlent chacune leur vraie nature. Les masques tombent.

    C'est dans ce cadre difficile que nous avons relancé notre activité et notre organisations. Non pas parce qu'il était aisé de le faire, mais bien car cela est nécessaire.

     

    Former – Unifier – Lutter, tel est notre triptyque. Tels sont nos objectifs.

     

    Nous n'avons pas à rougir de notre bilan d'un an d'activité.

    Pour former nos camarades et diffuser notre idéologie, nous avons repris et republié des brochures sur des sujets essentiels -Le Socialisme ; le Maoïsme- ainsi que des dossiers d'analyse sur des sujets aussi vastes que les relations internationales, les médias ou l'état d'urgence. En un an d'activité, nous avons ainsi écrit 75 articles sur divers sujets, sans compter tracts et brochures. Tout ces documents et bien d'autres dossiers seront disponibles sur notre nouveau site internet.

    Surtout, nous avons mené à bien notre premier travail de fond, Pour en terminer avec le mythe du P.C.F., qui, bien que présentant quelques erreurs de jeunesse, a été pour notre organisation une grande source d'expérience. Elle nous a démontré que, malgré un capital humain -capital le plus précieux- peu abondant, nous avons la possibilité de produire un travail long et complexe. Nous comptons poursuivre dans cette voie et, ainsi, produire d'autres ouvrages traçant les lignes de démarcation de ce que doit être le communisme d'aujourd'hui.

    Nous publions notre journal, UNITE, autant que nous permettent nos moyens temporels, pour propager nos positions, défendre notre ligne, mais également susciter le débat. Bien que le rythme aie été entravé par notre manque de moyen humains, nous disposons largement de quoi noircir bien des pages.

     

    Dans le cadre de l'unification, notre participation à la construction d'une Unité de Cercles Communistes représente pour nous un projet important. Nous considérons que les militants et militantes communistes sincères -mais un ou une communiste "non-sincère" est-il, ou est-elle, communiste ?- doivent se regrouper, s'organiser, communiquer et travailler en commun à ce qu'il n'existe, au final, plus qu'une seule organisation politique réunissant les communistes.

    A ceux qui clament que celle-là existe déjà, qu'elle est le P.C.F., nous leur répondrons que nos lignes de démarcation ne sont pas les mêmes.

    Selon nous, ce qui doit former la base de l'unité ne peut-être que ceci:

    • L'adhésion à la théorie matérialiste-dialectique, sans laquelle toute analyse est impossible.
    • L'adhésion au concept de la lutte des classes et ses implication.
    • La reconnaissance de l'Etat Français comme d'une puissance impérialiste et la nécessité de combattre cet impérialisme en priorité.
    • L'adhésion à la nécessité de la révolution comme forme d'accession au pouvoir et de la dictature du prolétariat.
    • La volonté de construire le socialisme.
    • Le fait de se retrouver dans l'héritage de l'histoire du communisme et de vouloir travailler à son analyse.

    Voilà quels traits minimaux doit avoir une organisation communiste. Le P.C.F. ne s'y retrouve pas, pas plus que les organisations trotskistes. Ceux qui, à l'heure actuelle, se parent des oriflammes de la révolution, mais ne cherchent que des issues réformistes, n'ont rien à voir avec les communistes.

     

    Nous avons lutté, au cours de notre première année d'activité, sur plusieurs fronts.

    Nous avons participé, tout en faisant naître notre organisation, aux mouvement contre le loi El-Khomri. Nous avons défendu notre position auprès de la classe ouvrière : celle d'une abrogation pure et simple de cette loi, laquelle est une bataille d'anéantissement contre le C.D.I. et le code du travail. A cette occasion, nous n'avons nullement cherché à cacher le fait qu'aucun changement majeur n'est possible sous capitalisme. Seul le fait de porter sa négation, par la révolution et le pouvoir populaire, peut permettre de placer, entre les mains du peuple, le contrôle de l'économie.

    Nous avons participé, aux côtés de nos camarades Kurdes, aux rassemblements pour exiger du régime fasciste d'Erdogan la libération des députés du HDP, emprisonnés dans les geôles d'Ankara. Pour dénoncer la suppression des libertés démocratiques et le soutien de notre impérialisme à ce régime. Nous sommes fiers de pouvoir écrire que nous sommes parmi les initiateurs de la campagne Kurdistan : choisir son camp, lettres ouvertes à nos camarades, laquelle pose clairement la question du double-jeu de nombreuses organisations politiques et médias dans l'Etat Français. Nous saluons chaleureusement tous les co-signataires et les soutiens avec lesquels nous participons à cette campagne.

    Aux cotés de nos camarades de la GALE, d'Alternative Libertaire, des Jeunes Communistes de Lyon, nous avons appelé au rassemblement antifasciste pour dénoncer l'existence des locaux néo-nazis, sur des bases essentielles d'indépendance vis-à-vis des institutions, d'opposition frontale contre les chauvins et les organisations bourgeoises. L'existence de cette rupture avec la social-démocratie est une chose importante.

    Toujours au côté de nos camarades de la GALE ainsi que d'individus non-organisés, nous avons contribué à initier le rassemblement anti-électoral du 4 février, appelant non seulement à boycotter les élections de manière franche, mais également à constituer une opposition extra-parlementaire contre le pouvoir de la bourgeoisie.

     

    Il nous reste un très long chemin à parcourir.

    Après un an d'activité, nous considérons qu'un travail immense est a accomplir. La lutte des classes est un tonneau des Danaïdes, plus nous disposons de moyens pour l'effectuer, plus le champ d'activité dans lequel nous agissons s'élargit.

    Nous nous fixons plusieurs objectifs pour les mois qui viennent.

    Nous préparons notre premier congrès, lequel définira notre ligne quant à l'actualité et aux perspectives d'évolution au sein de l'Etat Français. Ce travail important, nous le menons pour permettre également aux organisations extérieures de connaître nos positionnement. Que cela fusse pour évaluer des possibilités de travail commun comme pour permettre une juste critique nous permettant de corriger nos erreurs.

    Nous préparons un nouveau site internet, permettant de pouvoir diffuser non seulement des articles, mais également des versions numérisées des brochures que nous éditons. Nous jugeons qu'un point important de notre travail théorique est celui de pouvoir redonner accès tant aux classiques du marxisme-léninisme qu'aux écrits actuels. La démocratisation de la théorie communiste est essentielle. Sans la formation la plus poussée possible, il est impossible de voir une nouvelle génération de cadres émerger.

    Nous poursuivons une tâche que nous nous sommes fixés: celle de mener la bataille d'anéantissement idéologique. Celle de combattre sans relâche les positions fausses, erronées des organisations et partis. Celle aussi de ne pas faire de compromis quant à l'hypocrisie de certains milieux, lesquels jouent régulièrement un double jeu. Nous n'avons aucunement l'intention de passer sous silence ces thèses et de les laisser se développer. La faiblesse idéologique militante est le fruit de ce libéralisme, de ces copinages qui font taire les idées fausses contre les idées justes. Ceci paralyse depuis longtemps l'avancement idéologique de la lutte. Ceci la ramène en arrière et l'entrave.

    Contre tout ceux qui, par anticommunisme, veulent nous encercler par un cordon sanitaire, nous les avertissons qu'il ne seront pas épargnés par nos attaques. Nous n'aurons aucune indulgence pour le trotskisme et les révisionnisme.

    L'arrivé des élections va intensifier le processus de décantation des organisations militantes, et nous ne doutons pas qu'un effet de centre de gravité va broyer nombre d'organisations pseudo-révolutionnaires, les pousser à mettre cartes sur table et a révéler leur vraie nature.

    Notre ambition, quant à nous, est de dénoncer cette mascarade et l'illusion réformiste. Le camp du refus, le camp du rejet de la mascarade des bourgeois est notre camp.

     

    Nous menons un travail de longue haleine.

     

    Notre objectif est de dépasser l'étape des cercles, étape dans laquelle se trouve le mouvement communiste dans l'Etat Français, et d'entamer d'une manière conjointe et sérieuse l'unification des communistes dans l'Etat Français. Nous appelons de nos vœux plus de dialogue, plus de travail commun, plus d'avancée commune pour tous les militants, les militantes, et organisations communistes de l'Etat Français.

    Nous voulons, sans prétendre être le centre, apporter notre pierre dans la construction de cet édifice.

    Nous appelons également les militants et militantes voulant travailler sur le front théorique, travailler à l'unité, jeter les bases des moyen de combattre le pouvoir de la bourgeoisie, à nous rejoindre.

    Nous voulons avancer en commun, nous doter des moyens pour que renaisse à Lyon, pour que renaisse dans l'Etat Français, une grande organisation, puissante, liée aux travailleurs et aux masse, combative et révolutionnaire.

  • Contre les manigances de la bourgeoisie, défendre le journalisme d’investigation.

    La situation ne date pas d'hier, mais l'ampleur que celle-ci prend est plus qu'inquiétante. La révélation, par le journal le Canard Enchaîné, du Penelopegate a entrainé une réaction virulente. Celle-ci est particulièrement révélatrice de l'état d'esprit, inquiétant, dans lequel se trouve la bourgeoisie de France.

    L'attitude de crier à la théorie du complot, au lynchage médiatique, de crier à l'invention de faits était, auparavant, un apanage plutôt réservé à l'extrême-droite. Combien de fois les fascistes et consorts ont-ils déversé leur haine sur les "journalopes" ?

    Nous aurons, par ailleurs, l'occasion de revenir sur ce mot-valise et sur tant d'autres, mais le propos, pour le moment, n'est pas ici.

    La presse n'est pas étrangère à la lutte des classes. Un tour d'horizon des publications suffit pour s'en convaincre. La carte tracée par le Monde Diplomatique / Acrimed l'illustre parfaitement. Il n'est nullement étonnant que nous ne trouvions guère de publications favorables aux idées communistes, que nous ne trouvions que peu de médias luttant contre l'influence des conceptions et des idées bourgeoises. Nous en prenons bien-sûr acte. Nous ne tarissons pas de critiques à l'égard de certains journaux, de certains médias. Ce n'est pas un hasard si, au classement de la liberté de la presse, l'Etat Français arrive 45ème.

    Encore faut-il être capable de pouvoir discerner deux choses différentes : ce qui est du ressort de la retranscription de faits à travers une grille de lecture réactionnaire et l'invention pure et simple de faits. C'est une ligne de démarcation qui devient majeure, en ces temps de faits alternatifs. C'est celle que nous posons entre une presse bourgeoise du type du Figaro, du Point, de BFM-TV ou autres, et celles issues de la fachosphère, les F.Desouche, les Minute, les Dreuz, les La Gauche m'a tuer, mais aussi les Infowars des USA… etc. C'est dans cette catégorie également que nous classons les médias de la Maskirovka [le camouflage / la tromperie] en commande directe depuis le Kremlin: Russia Today; Russia beyond the headlines et Sputnik.

    Cette distinction est essentielle, car c'est ce qui permet de poser les bases d'une activité militante, le fait de disposer d'informations factuelles. Nous ne comptons pas sur les médias bourgeois pour l'analyser, mais bien sur nos propres forces. Cependant, sans informations, sans intelligence, aucun travail n'est possible.

    Nous même, dans nos propres rangs, devons combattre la tendance qui peut exister à la déformation des faits, à l'invention, laquelle est en infraction complète avec la phrase de Lénine "Seule la vérité est révolutionnaire." Nous avons, nous aussi, notre lot de censeurs, d'adeptes de Dame Anastasie parmi ceux qui se disent dans nos rangs.

    Les journalistes d'investigation jouent un rôle important, en faisant éclater les scandales que la bourgeoisie tente d'enterrer. Le Canard Enchaîné est critiquable sur un certains nombres de points, par ailleurs soulevés dans plusieurs publications  [Le Vrai Canard ; Un délicieux canard laquais…], mais un simple coup d'œil au nombre d'affaires révélées par celui-ci nous montre combien il peut être une épine dans le pied d'une bourgeoisie qui, en plus d'établir les règles, n'hésite pas à les transgresser. 

    Le scandale Stavinsky, l'affaire des diamants de Giscard d'Estaing, l'affaire Maurice Papon, les faux électeurs de Tibéri, mais encore le scandale du sang contaminé ou les tractations, les arrangements, les manigances de nombreux hommes et femmes politiques de ces dernières années… Ce journal a plusieurs fois été au centre de l'actualité.

    Plusieurs fois, le Canard Enchaîné a été attaqué pour ses publications, pour ses révélations. C'est une chose logique. La bourgeoisie, prise la main dans le sac, ne fait généralement pas œuvre de contrition et d'autocritique. Comme un enfant capricieux, elle trépigne, elle accuse, elle rejette la faute. Nombre de fois, elle ne s'exprime pas sur le fond de l'affaire, mais se contente d'attaquer le fait qu'elle soit révélée.

    Ainsi, lorsque cet homme, auprès du journaliste de Quotidien, pourtant émission de TF1, comparait le fait de révéler un scandale et celui de conduire un train pour Auschwitz. Difficile de ne pas voir, dans les propos de ce militant, une pointe d'agressivité mal placée. Rien de neuf.

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    Sauf qu'une terrible lame de fond réactionnaire, alimentée par les tensions internationales, par l'aggravation de la lutte des classes en période de crise, déferle. Elle donne naissance à ce fruit vénéneux, celui de la traque aux journalistes, celui de l'affrontement entre les médias et les politiques, notamment initié par Donald Trump.

    Historiquement fond de commerce de l'extrême-droite, l'acharnement médiatique, même autour de faits indubitables, est devenu une ligne comme une autre. Aux USA, la campagne de Trump s'est déroulée dans une ambiance d'opposition aux médias, y compris ceux -comme Fox News- marqués pour leur sympathie pour les Républicains.

    Comptant sur les médias alternatifs et sur les faits alternatifs, cette campagne -comme nous le développions dans notre dossier sur la guérilla informationnelle– a surpris tous les observateurs pour sa capacité à déborder les facultés d'analyse des spécialistes.

    Dès lors, quelle raison reste-t-il pour ne pas employer cet argument ? Aucune. Ainsi, quand Jean-Pierre Raffarin, ancien premier ministre, ouvre le meeting de François Fillon, il fait huer les journalistes par les militants présents. Quand Fillon prend la parole, il ouvre le feu directement contre eux, les accusant d'avoir voulu le salir.

    Le ton est donné, la campagne se fera contre les journalistes, contre la vérité, contre les faits.

    C'est une brèche ouverte, elle avalise le fait que la tricherie, le mensonge frontal, sont désormais une ligne comme une autre. Les faux existent depuis longtemps, comme armes de la réaction. Pensons ainsi au Protocole des sages de Sion, créé de toutes pièces par l'Okrhana. Pensons aux fausses accusations, aux inventions, de la propagande anticommuniste. Les exemples ne mentent pas. Mais ce qui marque une nouvelle étape, c'est le caractère ouvert et l'aplomb considérable des menteurs.

    Dans les années 1940, avant d'être parmi les victimes du Mont Valérien en 1942, le philosophe communiste Georges Politzer publia un ouvrage: Révolution et contre révolution au XXe siècle.  Cet ouvrage caractérise pleinement la conception de la vérité qu'ont les bourgeois en période de crise.

    En citant ceci, nous ne sommes pas en train de considérer que la bourgeoisie de France est devenue ouvertement fasciste. Nous considérons, en revanche, qu'elle utilise des méthodes qui s’apparentent à celles utilisées par les réactionnaires et les chauvins de toute espèce. Seulement, les fascistes n'ont pas hésité à clamer qu'ils avaient comme ambition de déformer la vérité, chose que la bourgeoisie se défend de faire.

    Dans cette conférence, intitulée : « la liberté de la science », M. Rosenberg a fait la déclaration suivante :" Il y a une conception catholique et une conception protestante de l'histoire. A côté des conceptions religieuses de l'histoire apparaissent les conceptions nationalement teintées. Nous croyons qu'il est temps d'annoncer une façon allemande de considérer l'histoire" (M. Rosenberg, "Blut und Ehre", tome 2 ; page 210).

    M. Rosenberg constate donc qu'il y a une déformation ecclésiastique et une déformation chauvine de l'histoire. Il en tire la conclusion qu'il est temps d'ajouter aux déformations déjà existantes une déformation nouvelle, la déformation « allemande », c'est-à-dire, selon lui, national-socialiste.

    Déformer ainsi les faits, c'est ce que M. Rosenberg appelle « la liberté national-socialiste de la science ».

    Déformer l'histoire, c'est refaire l'histoire du passé selon les besoins du présent ; c'est subordonner l'histoire aux exigences d'une propagande.

    (…)

    Dans "Mein Kampf", M.Hitler établit la comparaison entre la propagande politique et la réclame.

    "Que dirait-on, écrit-il, d'une affiche destinée à vanter un nouveau savon et qui dirait qu'il y a aussi d'autres bons savons ? On secouerait la tête. Il en est exactement de même en ce qui concerne la réclame politique" ("Mein Kampf", édition allemande de 1 935, page 200).

    M.Hitler montre lui-même qu'il conçoit la propagande politique comme une réclame politique, conduite selon les principes de la publicité commerciale. Il soutient que la propagande vraie est, comme la publicité vraie, celle qui réussit, et que la propagande n'a pas à chercher la vérité objective dans la mesure où elle est favorable à d'autres pour l'exposer ensuite avec sincérité doctrinale aux masses."

    Mais la réalité ne se truque pas éternellement. Les faits reviennent au galop quand ils sont chassés. Il n'est pas possible d'abolir la lutte des classes par le mensonge, ni d'abolir aucun des faits issus de lois objectives de l'économie et de la société.

    Si nous savons que la presse bourgeoise ne nous sera jamais favorable, nous savons aussi que la vérité teintée par la réaction est préférable au mensonge et à l'analyse complotiste. Inutile de s'offusquer de l'inégalité de traitement qui nous est accordée, à nous qui voulons défendre le camp du peuple.

    C'est une des fautes des candidats de la gauche réformiste radicale, tels que Jean-Luc Mélenchon, dont les militants ont dénoncé l'inégalité de couverture de son meeting de Lyon. En rentrant dans ce jeu dangereux de l'attaque contre les médias, non de l'explication de la place de ceux-ci dans la lutte des classes, le candidat de la gauche insoumise dérape. Ce dérapage est le miroir de la grande faiblesse stratégique de cette candidature : sa négation de cette lutte.

    La question médiatique est une question centrale dans la diffusion de l'idéologie communiste. Nous savons que dans ce cadre précis, la presse bourgeoise nous sera résolument verrouillée et hostile. Nous ne pouvons compter que sur nos propres médias pour cette tâche essentielle.

    Cependant, indépendamment de ce but positif, nous considérons qu'il est essentiel que la liberté d'enquête et de révélation des journalistes soit défendue. Nous avons pu voir, avec la révélation de nombreuses pratiques de la Police, combien le droit démocratique à l'information est un droit précieux.

    Le fait de pouvoir contrer les fausses nouvelles, les rumeurs, est une chose essentielle. Lorsque la Police ment pour prétendre qu'elle sauve des enfants de voitures en feu, nous devons le savoir.

    Les attaques des réactionnaires, des bourgeois, des fascistes et de la police, contre ceux qui viennent fouiller dans leurs affaires, sont révélatrices. Elles sont une illustration du fait que ceux qui cherchent à faire éclater la vérité sont des alliés objectifs des progressistes dans la lutte des classes.

    Nous ne pouvons que saluer le travail des journalistes d'investigation honnêtes, et nous ne pouvons qu'espérer que les scandales, que peuvent révéler ces travaux, servent de catalyseur à une colère populaire juste.

    Contre les falsificateurs, les révisionnistes et les menteurs !

    Encore une fois, la vérité seule est révolutionnaire.

  • La police est elle encore convenable ?

    Dernièrement, le porte-parole de Unité SGP-Police – Force Ouvrière a défrayé la chronique. Déclarant publiquement qu'appeler quelqu'un "bamboula" est "à peu près convenable", Luc Poignant a ouvert une boîte de Pandore, celle de la tolérance face au racisme.

    Considérer, en tant que représentants de l'ordre bourgeois, que l'infraction raciste "bamboula" puisse être "convenable" est révélatrice d'une mentalité particulière.  Elle est le reflet de la mentalité de bête assoiffée de sang, entretenue par l'administration, que peut avoir, régulièrement, la Police.

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    Adama, Théo, Wissam, Medhi, Rémi, Alexandre, mais aussi Umut, victime de la police Suisse, la liste s'allonge à un rythme insoutenable, entre les violences, les crimes et les meurtres. Une police qui n'hésite pas, lorsqu'il faut briser, à aller jusqu'à anéantir physiquement ses victimes.

    Nous clamons rarement A.C.A.B. [All Cops Are Bastards] car nous ne pensons pas que notre regard doive se porter individuellement sur les policiers, qui, au final, présentent un kaléidoscope fascinant de parcours et de personnalités, avec cependant des relents réactionnaires bien réels, mais bien sur l'administration elle-même.

    Mais qu'importe.

    Certains soldats profitent des guerres pour se servir des populations civiles comme exutoires. Certains se comportent en parfaits gentleman. Mais c'est principalement sur le fond que se jugent les affaires. Or, la Police, quelque soit l'attitude des policiers -même s'il faut dénoncer chaque crime- se caractérise par le fait qu'elle soit une force en guerre contre les masses populaires.

    Non pas du fait individuel des policiers, mais bien parce que c'est sa tâche.

    Dans un monde magique où la Police respecterait à la lettre le code de la déontologie, où elle respecterait les règlements, où il n'y aurait aucunes exactions de sa part contre les masses, elle n'en resterait pas moins un obstacle à la lutte contre l'exploitation, contre la bourgeoisie, contre le capitalisme.

    Cela ne suffit pas.

    La Police est un corps détaché des masses. Elle n'en fait pas partie. Si ses membres peuvent être issus des classes populaires, ils et elles n'en font pour autant plus partie. Ils sont arrachés par la bourgeoisie, tout comme les membres de la Gendarmerie, de l'armée, à leur classe, à leur milieu social. Ils et elles sont mis dans un cocon, dans ces centres où on leur inculque leur mission. Dans ces centres, ils et elles apprennent, parfois avec en sus le sadisme de caserne, l'esprit de corps, l'esprit d'obéissance. Cela sera d'autant plus efficace que la hiérarchie favorise les plus féroces, les plus haineux.

    Lancés, dans leurs uniformes, face aux classes populaires, ils et elles découvrent combien les laquais des bourgeois sont haïs par celles-ci. La Police n'est pas aimée par ceux qui subissent l'exploitation la plus noire.

    Surfant sur cette détestation, la hiérarchie n'entrave nullement la formation d'une carapace de haine dans l'esprit du membre des forces de l'ordre. Haine alimentée par des préceptes racistes, par des pensées, des conceptions, directement issus de l'ordre colonial. Si "Bamboula" apparaît "encore convenable" à notre Syndicaliste de Force Ouvrière, imaginons ce qui ne l'est pas. Cela illustre pleinement cette continuité.

    La jeunesse des quartiers populaires est, dans les yeux de nombreux policiers, peuplée d'animaux sauvages, de semi-humains qu'il faut mater. Il faut blesser ceux et celles qui se rebellent, par les injures, les coups, les viols. Nul étonnant que dans ces croisés autoproclamés, le FN rafle les suffrages. Marine Le Pen est par ailleurs allée faire les yeux doux à la police, en étant la seule politicienne à défendre bec et ongles les policiers inculpés, au mépris des preuves au mépris des évidences. Pour une fois, chose rare à moins qu'il ne s'agisse de ses membres mis en examen, le Front National évoque la présomption d'innocence. Pour un parti réclamant la peine de mort pour les violeurs, la contradiction est flagrante. Il est par ailleurs bien rare de voir le FN prendre position pour condamner les actes de la Police, même lorsque la justice les condamne.

    Or  cette Police, nous n'en avons pas besoin. Elle ne défend pas les intérêts du peuple, pas plus que la justice bourgeoise. Elle défend prioritairement, essentiellement l'ordre social.

    Nous n'avons pas besoin de cette police et nous voulons, par notre projet politique communiste, apporter sa négation ainsi que celle de l'ordre injuste qu'elle sert, celui de la bourgeoisie.

    En cela, nous nous opposons à la pensée réformiste, du type de celle du social-chauvin Mélenchon, considérant qu'il suffit de purger la Police de ses éléments gangrénés pour la sauver.

    Mélenchon pose une énigme à chaque pas. Il est d'une délicatesse d'ange que de parvenir à déterminer la fine barrière entre la bêtise et le mensonge, lorsqu'on s'intéresse à ce qu'il écrit. Or, lorsque Mélenchon ne comprend pas, ou feint de ne pas comprendre la nature de classe de la police, qu'il résume ça à quelque chose de personnel et non de structurel, il est délicat de savoir si nous avons à faire à un doux idiot ou à un menteur.

    Etant donné son parcours, ex-membre de l'organisation Trotsko-chauvine OCI avec son laquais Alexis Corbière, il est difficile pour ce politicien d'ignorer, la place de la police dans la domination de la bourgeoisie. S'il ne l'ignore pas et qu'il cache cette nature, il agit comme tous les autres politiciens bourgeois, sans exception. Il agit en prêtre du capitalisme et de la bourgeoisie, en grand mage chargé d'entretenir auprès des masses l'illusion démocratique. S'il agit ainsi, actons le fait qu'il soit de ce côté-là de la barricade et cessons d'en parler.
    S'il l'ignore complètement, c'est un benêt et n'en parlons plus non plus.

    Cependant, il porte en lui les gênes d'une position que nous retrouvons sous de nombreuses déclinaisons dans l'extrême-gauche officielle, ce patrimoine génétique trotskiste qui se retrouve aussi chez L.O.

    Cette position est platement économiste, platement ouvriériste. C'est une vision en rase-motte, sans la moindre hauteur et la moindre compréhension politique.  Elle considère que la police est "un travailleur en uniforme." Le policier ou la policière travaille, c'est donc un travailleur ou une travailleuse, et à ce titre, il est essentiel de le ou la défendre. Point final. Nulle analyse de classe, nulle compréhension. Cette vision dépolitisante et dépolitisée de la société se retrouve y compris chez F.O. Police, qui lutte contre les caméras piétons sur les agents, "car cela pourrait servir disciplinairement contre eux."

    N'importe quel quart-de-gauchiste, n'importe quel démocrate au rabais trouverait cela bénéfique que la police soit surveillée et contrôlée. Mais pour F.O., pour L.O., c'est inacceptable ! C'est une atteinte aux droits des travailleurs !

    Même la "légitime défense" controversée des policiers est défendue avec une énergie sans bornes. 

    Leur position, que nous avions déjà ardemment critiquée pour son caractère particulièrement douteux, est presque plus proche de celle du Front National que de celle, doucereuse mais non néfaste, de Mélenchon. Sans crier à l'hitlero-trotskisme, il est difficile cependant, de ne pas pointer du doigt le caractère profondément réactionnaire du soutien à la Police accordé par la "candidate des communistes." Au moins, reconnaissons le, Mélenchon ne se pare pas du marteau et de la faucille pour la traîner dans la boue.

    D'une manière générale, hors la position syndicale sectaire et corporatiste, hors de la position réformiste "humaniste",  les candidats de gauche aux élections ne présentent rien.

    Et pour cause.

    Dans le cadre étroit du capitalisme, rien de cela n'est possible. La bourgeoisie ne peut tolérer l'organisation armée du peuple pour sa défense, cela tombe sous le sens.

    La police, les forces de la coercition bourgeoise ne s'amendent pas, ne se conquièrent pas, elles doivent être démantelées.

    Si une propagande doit être tournée vers eux, car les communistes s'adressent à toutes les classes, même les catégories les plus réactionnaires, cette propagande ne peut se fonder que sur la dénonciation et la démoralisation. Dénonciation des contradictions entre la visions de leur idéal de mission et la réalité; démoralisation de ceux et celles qui s'en rendent compte.

    Nous communistes, nous avons appris de la Commune de Paris une leçon essentielle: c'est uniquement l'organisation indépendante du peuple, l'autodéfense populaire, qui est la clé de la sécurité du peuple. Nous savons que, même après une révolution socialiste, des contradictions économiques, des contradictions politiques, des contradictions au sein des masses populaires font que le jour ne se lèvera pas spontanément sur une aube rose et de paix perpétuelle.

    Des délits, des infractions, des crimes existeront toujours après la révolution.

    Mais là où les bourgeois détachent des forces de répression, des unités de combat spécialisées pour imposer un ordre de fer, basé sur les sanctions et les tribunaux, nous, nous croyons en la capacité du peuple à lutter contre ces travers. Nous croyons à la nécessité des milices populaires, contrôlées démocratiquement par les comités populaires, et entretenant les rapports les moins judiciarisés possibles avec les masses. Le rôle premier de ces forces est éducatif, est de corriger les attitudes néfastes par la conviction, par l'explication, non par la répression.

     Si les crimes, si les délits sérieux -bien que, le socialisme avançant, leur base matérielle soit peu à peu sapée- si ces affaires demandent des scientifiques capable d'enquête, la sécurité de tous les jours ne doit pas être la tâche d'organisations spéciales, mais bien celle du peuple, le plus à même de veiller à sa sécurité.

    Cependant, certains, et d'une bonne foi totale, déclareront qu'il est temps que la justice soit rendue uniquement sur la base d'une justice populaire et expéditive. Nous nous méfions de ceci. Après tout le "sain sentiment populaire" a excusé de nombreux abus, à commencer par les lynchages de noirs dans un Sud des Etats-Unis où les juges et les shérifs étaient pourtant mandatés.

    Nous savons que les idées réactionnaires, y compris les idées fascisantes, les tendances mafieuses -qui existent même là où règnent les intentions les plus louables- seront toujours fortes. Cette justice ne peut être que politique. Sa forme ne suffit pas à mécaniquement la prémunir contre toutes dérives. Ce n'est que parce que des militants bien formés et sincères s'y investiront qu'elle pourra ne pas sombrer dans une variante de néo-féodalisme ou de mafia au service d'une clique.

    Le droit lui-même doit changer. Le droit bourgeois sanctionne, à un instant T, un rapport de force entre les masses populaires et la bourgeoisie. Il est un outil qui sert à normaliser l'exploitation odieuse et criminelle. S'il pose des limites à l'arbitraire et aux exactions de la bourgeoisie, et qu'en cela il peut être un outil positif, la bourgeoisie dernière n'hésite pourtant pas à régulièrement en outrepasser les limites.

    Notre droit est un droit transformant. Il n'est pas là pour sanctionner le rapport de force, il est là pour faire avancer la transformation de la société bourgeoise, de la société de classe, en une société sans classe ni Etat. Ceci ne se fait pas en un décret, mais bien en une lutte progressive, avec ses moments de calme et ses moments de lutte aigüe. Cet outil doit servir à  raffermir la dictature du prolétariat contre ses ennemis de classe, et également à faciliter la transformation de la société.

    Nous Communistes, ne prenons pas les choses à la légère, et nous savons qu'il ne suffira pas d'incantations et de phrases chocs pour gagner. Nous sommes loin de pouvoir mettre en œuvre ces objectifs de manière complète. Nous sommes loin d'avoir fait la révolution. Elle est l'étape par laquelle ceci devient possible.

    Nous n'avons pas vocation à rester dans une critique passive de la Police, même s'il n'existe pas encore  de force de défense autonome. Nous n'avons pas, pour le moment, de vaste camp du peuple, capable d'exercer une justice de classe, de protéger les masses populaires, d'être leur bouclier mais aussi leur épée. En un mot, il n'existe pas encore de double-pouvoir. Certains, à raison, mentionnent que, que nous le voulions ou non, la Police détient le monopole de la violence légale, et la justice bourgeoise celui de la condamnation. Pourtant à l'heure actuelle, nous pratiquons déjà, à notre échelle, certains ferments de ces principes. Dans les collectifs antifascistes, dans la lutte contre la répression, nous défendons, mais aussi pratiquons les principes d'autodéfense populaire, d'organisation indépendante de la bourgeoisie. Nous pratiquons cette défense, ce soutien collectif, sur des bases politiquement progressistes.

    Le chemin est encore long jusqu'à ce qu'une force politique cohérente, organisée, qu'un Parti Communiste de l'Etat Français, soit en mesure de pouvoir, de nouveau, aligner ses milices populaires pour protéger les masses de la bourgeoisie et des fascistes.

    A bas la police bourgeoise ! Vive l'autodéfense populaire !

    Vive la lutte pour l'émancipation du peuple !

  • Crimes policiers à Aulnay-Sous-Bois

    Cité des 3000, jeudi 2 février vers 17h. Un contrôle de police effectué par la brigade spécialisée de terrain [BST] de Aulnay-Sous-Bois prend une tournure dramatique. Les quatre policiers font une descente dans le quartier, en profitent pour rouler des mécaniques, pour montrer les muscles et -semble-t-il – se livrer à des intimidations et de menues violences contre les jeunes habitant ce quartier.

    Les policiers auraient ainsi giflé de jeunes adolescents, entraînant la réaction de Théo, un jeune homme de 22 ans. Mal lui en a pris.

     

    Omar, dont les propos ont été relatés par le parisien, explique:
    « Ils [les policiers] sont arrivés sur place, ils ont giflé un petit. Par la suite le petit Théo a voulu s’interposer pour défendre son pote (…) et les flics ont pas aimé. Par la suite il a été violemment agressé par la police. »
    Frappé, brutalisé, emmené dans un angle mort des caméras, Théo est véritablement massacré par les agents dépositaire de la force publique, allant jusqu'à -ce qui n'est plus un cas isolé- le violer à l'aide de leurs matraques télescopiques. Filmée par des habitants, la vidéo de l'interpellation ne souffre d'aucune ambiguïté : c'est un déchaînement de bêtes féroces.

    Le jeune homme est emmené par les policiers, et transféré à l'hopital. Difficile, pour les proches de reconnaître le jeune homme au visage tuméfié par les coups. A l'heure actuelle, il est toujours en traitement et a été opéré. Une ITT de 60 jours lui a été délivrée. Une plainte a été déposée et, signe de la gravité de l'évenement, le parquet de Bobigny s'est saisi de l'affaire, sous l'accusation de "viol en réunion."

    L'IGPN s'est également saisie de l'affaire et les quatre policiers ont été placé en garde-à-vue, par ailleurs prolongée de 24h00. Ils nient les faits.

    Passé un moment où le ministre de l'intérieur, lui-même, s'est exprimé sur les faits, les qualifiant d'une "extrême gravité", la protection de l'Etat et le corporatisme se sont mis en branle. Les charges étant requalifiées en "violences volontaires avec arme par des personnes dépositaires de l'autorité publique", un véritable désaveux pour ceux qui espéraient, pour une fois, que justice serait faite.

    Bruno Beschizza, maire Les Républicains de Aulnay-Sous-Bois, a dénoncé la requalification des faits reprochés aux policiers, indiquant un "détournement de la vérité." M. Beschizza, pourtant, est bien loin d'être un agitateur gauchiste, lui même étant un ancien policier membre d'un parti de droite.

    Quelle période étrange vivons-nous, où un maire LR tient des positons moins réactionnaires que les communiqués de Lutte Ouvrière, dénonçant la "haine anti-flics."

    Est récolté ce qui est semé. Les exactions de la police de France sont régulièrement dénoncées par les associations de protection des droits de l'homme à l'échelle internationale, mais passées sous silence ici.

    La police, dans les quartiers populaires, agit avec une férocité que la justice peine à étouffer. Les meurtres qu'elle peut commettre sont tus, dans une omerta formant une chape de plomb. Les Wissam, les Adama, les Medhi, perdent la vie. Leur proches n'obtiennent jamais justice.

    Aux yeux de nombreux policiers, les classes populaires, la jeunesse des cités est déshumanisée. La police, à de nombreuses reprises, se comporte avec des méthodes inspirées directement par l'expérience coloniale. Un héritage de l'Empire. Cette attitude est un fait également encouragé, dans une certaine mesure, par les instructeurs et la hiérarchie.

    Qu'existent, dans les rangs de la police, un certain nombre d'individus sincères, pensant agir pour protéger la veuve et l'orphelin, ceci est indéniable. Mais il ne suffit pas de quelques bonnes volontés pour contrebalancer les deux lourdes masses qui rejettent la police dans le camp de la réaction et de l'oppression.

    La première est que la police de l’État bourgeois est l'arme de l'oppression, du maintien de l'exploitation et du contrôle des masses. Quelque soit la rigueur et la déontologie de quelques individus, la mission de base elle-même implique d'écraser toute opposition, de contrecarrer tout changement de société, de maintenir le pouvoir de la bourgeoisie.

    Le corollaire de ceci est que les masses en ont conscience. Elles ont conscience de ce que représente l'uniforme dans la société et du rôle fondamental de ce que Marx nommait "les détachements spéciaux terroristes de la bourgeoisie." Les regards de haine et de colère, envers ceux qui incarnent un ordre injuste, sont légion. Cela entraîne un détachement total de la part des policiers du reste de la société. Ce n'est pas une milice populaire, c'est un ordre spécial, isolé, hors du monde. Dans l'esprit de ces individus, les masses sont un océan de haine, un océan d'hostilité envers lui. Un océan déshumanisé, animalisé, qu'il combat par la violence de son langage, par ses provocations, par ses armes, par ses crimes.

    Il ne peut exister, en régime capitaliste, de "bonne police." De fait, le bras armé de l'ordre établi ne peut qu'être réactionnaire et hostile aux masses. Par la nature même de l'institution, elle est ennemie des travailleurs et des progressistes et ce, abstraction faite de la morale personnelle des individus.

    Certains s'échinent pourtant à faire couler le plus de sang, à commettre méfaits et crimes dans leur exercice de l'ordre arbitraire. Nous devons réclamer justice. Nous devons réclamer justice pour tout ceux et celles qui ont été tués. Pour tout ceux et celles qui ont été violés. Pour tout ceux et celles qui ont subit les foudres injustes du bras armé de l’État bourgeois.

     

    Justice et Vérité pour Adama !

    Justice et Vérité pour Medhi !

    Justice et Vérité pour Théo !