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  • Macron et la bourgeoisie foutent le bordel.

    Macron et la bourgeoisie foutent le bordel.

    Macron et la bourgeoisie foutent le bordel.

    La communication de Macron s’envase. Chassez le mépris naturel du bourgeois et il revient au galop. En déclarant, en aparté certes, « il y en a certains, au lieu de foutre le bordel, il feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas » à propos des ouvriers de GM&S en lutte, le président Macron dérape de nouveau.

    Un dérapage qui le démasque. En campagne, les prises de parole de Macron furent soignées, lissées par un staff aux aguets. Mais dès lors que ses propres mots lui viennent à la bouche, le pauvret ne sait plus où donner de la tête, ne sais plus ce qui est convenable et ce qui ne l’est pas.

    Ce n’est pas sa première bourde.

    Le 17 septembre 2014, il déclarait : « Les salariées de l’abattoir sont pour beaucoup des illettrées. »

    En mai 2016, face à des militants de la CGT, « Vous n’allez me faire peur avec votre tee-shirt, la meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler. »

    Après son élection, il s’est de nouveau fendu de beautés du type : « Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent » , le 3 juin 2017, crachant au passage à la figure d’entre 7 000 et 10 000 morts noyés depuis 1995.

    Le 29 du même mois, il apportait une nouvelle pierre à son édifice : « Dans une gare, on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien. »

    Dernier exemple du florilège, le 20 septembre : « Je serai d’une détermination absolue et je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes. »

    Si ses soutiens se sont empressés de clamer que les polémiques autour de ces propos étaient infondées et construites de toutes pièces, il est difficile de tout mettre sur le dos de l’inexpérience du président, ou sur des volontés de nuire à son image.

    Macron ne reçoit que la juste rétribution de ce qu’il sème.

    Mais il réside une part de vrai dans ce qui est dit par ses zélotes. Effectivement, le président manque d’expérience. Il manque d’expérience pour cacher le mépris de sa classe de bourgeois pour celles des masses populaires.

    C’est là son tort, il ne parvient pas à camoufler habilement, à maquiller -malgré les frais engagés- le fait que, d’une part, il ne connaît pas le vécu des masses, et que, de l’autre, il les méprise au plus haut point.

    Car il est le digne fils de sa classe. Une classe plaquée d’or, la bourgeoisie. Il est le  digne fils de ces parasites sociaux, vampirisant les richesses produites par les travailleurs, les saignant à blanc au sens propre comme au figuré pour alimenter leurs comptes bancaires, leurs vies de luxe, leurs partage du monde.

    Les masses n’intéressent, in fine, la bourgeoisie que lorsqu’il s’agit de maintenir le vernis de démocratie qui fait tenir l’ensemble de cette pièce de théâtre. Leur politiciens, comme Macron, sont de professionnels de la prestidigitation, des professionnels de la démagogie.

    La bourgeoisie voit les masses, dans une certaine mesure, comme les colonisateurs voyaient les colonisés : des semi-humains, grouillants, répugnants, stupides, incapables de comprendre la beauté et la grandeur de la vie, incapable de quitter leur fange et de s’élever vers la transcendance. C’est ce qui pousse Macron à déclarer, alors ministre de l’économie : « Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires ». Car, la sociologie le démontre, l’ascenseur social est d’une équité et d’une justice sans pareille.

    Non seulement la bourgeoisie méprise les travailleurs et les travailleuses, mais elle vit dans une sphère intégralement différente, dans un autre monde, un autre univers. Un ouvrier d’Iran, du Nigeria ou de France partage un vécu commun, un fond commun : celui de l’exploitation, celui du travail de production, celui de la misère -plus ou moins acérée. Une culture commune, une culture de classe : une culture ouvrière et prolétarienne.

    Les bourgeoisies, elles-aussi, partagent un certain fond culturel de classe. Un immense gouffre les séparent des masses, indépendamment de l’appartenance à la même nation, malgré que la rhétorique nationaliste soit, bien souvent, un levier dont elles usent et abusent jusqu’à la nausée.

    Mais lorsqu’un Copé parlait de pains au chocolat, ou de chocolatines, à 0.15 €, cela prête à rire, mais cela dévoile une réalité certaine.

    Dans un article intitulé « comment compte la bourgeoisie », nous écrivions la chose suivante : « Cette situation est révélatrice d’un décalage complet entre la bourgeoisie et le reste de la population, même le reste du Monde. Madame Fillon et Monsieur Copé sont loin, très loin, d’être les seuls. Ils ne sont probablement pas les pires.

    La bêtise crasse de l’un, la rapacité de l’autre ne sont que des symptômes.

    Rappelons nous des pleurs de Guaino et de Gérard Collomb, quant à leurs indemnités de misère. Le pire, le plus affreux, est qu’ils sont probablement sincères dans leurs cris, horrifiés et terrorisés. Ils et elles se croient au bord de la misère et dans la précarité la plus totale. C’est cette peur qui les rend hargneux et haineux.

    Ces individus qui sont en lice pour le pouvoir ne sont nullement des hérauts du peuple. Ils n’ont rien en commun avec les travailleurs. Eux-mêmes, elles-mêmes, n’ont jamais travaillé, jamais produit, jamais apporté quoique ce soit comme richesse à l’humanité. Ils et elles ne sont que les gestionnaires des intérêts de la bourgeoisie.

    Ils et elles sont les agents zélés et corvéables des parasites néfastes qui grouillent et ponctionnent le sang, le travail des travailleurs et des travailleuses, que ce soit au sein de l’Etat Français comme des néo-colonies et des régions dominées.

    L’attitude de Mme Fillon, est typique de celle de la bourgeoisie. Celle-ci est dans la peau du mauvais joueur, tricheur invétéré. Bien qu’elle pose les règles elle-même, elle ne peut s’empêcher de transgresser ses lois. Sa gloutonnerie est sans limite et, lorsque quelque chose lui résiste, elle n’hésite pas à se remémorer la maxime de Otto von Bismarck « la force prime le droit », de même que celle de la Fontaine « Selon que vous serez puissant ou misérable, – Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » Lagarde, Cahuzac, Guéant et tant d’autres sont la preuve d’une justice qui ne condamne que d’une tape sur les mains ceux de sa classe. »

    La bourgeoisie ne connaît nullement la vie des masses. Chaque entrée dans le métro parisien est un safari exotique et dangereux. Chaque poignée de main avec un prolétaire est un moment de communication doublé d’un danger sanitaire.

    La bourgeoisie ne connaît nullement l’enfer des fins de mois qui ne se bouclent pas. Ne connaît pas la précarité, les emplois à mi-temps, sous payés, les jobs absurdes. Emmanuel Macron déclarant qu’ayant été étudiant avec 1000€ par mois, il connaissait les terreurs des étudiants précaires. Ont-ils, ont-elles jamais travaillé de manière productive, ces membres de la bourgeoisie, ces politiciens, ces politiciennes ? De gauche ou de droite, la plus grande majorité s’est incluse dans les réseaux de piston, dans l’appareil des organisations politiques ou syndicales. Rien n’est plus étranger que le fait de produire des richesses, de bâtir, de construire ou d’élever.

    Macron, en tant que chef du conseil d’administration de la bourgeoisie française, est une illustration pleine et entière des sourires de façade et des coups de poignards dans le dos.

    C’est ce qui fait qu’elle n’a aucune vergogne à faire abattre l’ISF. Ce qui fait qu’elle n’a pas de pitié à fracasser le code du travail, à broyer les conquêts sociales. Ce qui fait qu’elle agit avec un cynisme sans pareil, sans honte et sans bornes.

    Car elle méprise les masses, ignore leurs maux. Elle n’est axée qu’autour de l’accumulation du profit, qu’autour de la spoliation de la richesse. Mais jamais, au grand jamais elle ne cherche à répondre aux besoins de l’humanité. Tricher, mentir, empoisonner et assassiner -vite ou à petit feu- elle ne recule devant rien.

    Le bordel, qui le met, si ce n’est cette classe sans scrupule, toujours prête à broyer des vies, à détruire des richesses, à gaspiller, à instituer l’anarchie de la production. Qui met et maintient le chaos dans le monde, si ce n’est elle et son jeu ?

     La bourgeoisie connaît certes des angoisses, mais qui lui sont propres, qui sont ceux de sa classe. Ces angoisses sont celles de la concurrence qui règne entre les membres de celle-ci, de la baisse de sa plus-value, de ses rendements… mais également d’autres, plus cruciales. Peur des grèves, peur des syndicats, peur des mouvements politiques anticapitalistes, peur, surtout, du spectre qui hante toujours l’Europe : le communisme.

    Il y a cent ans, les masses se mettaient en mouvement, sous la direction du Parti Bolchevique, pour mettre fin à cette exploitation, à cette misère, à ces ténèbres. Le phare qui s’illumina alors doit toujours nous servir de guide : nous n’avons pas besoin de la bourgeoisie pour produire. Nous n’avons pas besoin de ses politiciens pour diriger la société.

    L’avenir de l’humanité n’est pas seulement sans la bourgeoisie, sans ce cadavre social putréfié, mais bien contre elle, contre son pouvoir, contre ses laquais !

  • Le séisme catalan.

    Le séisme catalan.

    Le séisme catalan.

    Hier, le 1er octobre 2017, la Catalogne a voté par référendum. Hier, les urnes ont parlé en faveur de l’indépendance. Hier, une faille s’est ouverte dans l’oppression nationale que subissent les peuples de l’Etat espagnol, depuis la mise en œuvre de la dictature franquiste.

    Hier, le gouvernement du Parti Populaire, les héritiers de Franco, a montré une fois de plus son visage de bourreau et de criminel, blessant près d’un millier de personnes par ses forces armées. Il faut dire que ce parti, tout comme le PSOE de « gauche », sont des pourfendeurs des volontés indépendantistes. Quand ce ne sont pas les Catalans qui sont matraqués, ce sont les Basques qui subissent mandats d’arrêts, torture, et meurtres extrajudiciaires.

    Aujourd’hui, ces chauvins sentent le sol se dérober sous leurs pieds.

    Quelques chiffres : 42.3% de participation. Un taux loin d’être ridicule, qui s’approche presque de la participation aux législatives dans l’Etat français. 2.26 millions de personnes ont voté, dont 2.02 millions pour le oui à l’indépendance.

    Les partis opposés à l’indépendance ont appelle au boycott du référendum. Au delà de la manœuvre visant à tenter de diminuer sa valeur, il s’agit d’un aveu de faiblesse. Une lame de fond indépendantiste traverse la Catalogne, une lame de fond que nul ne peut nier.

    D’une manière prévisible, les porte-paroles officiels des autres états ont exprimé leur solidarité avec le gouvernement de l’Etat espagnol, tout en essayant de maintenir une parodie de démocratisme et de rejet de la violence policière.

    Emmanuel Macron s’est exprimé, quant à lui, en déclarant qu’il n’avait pas à juger de l’attitude du premier ministre de l’Etat espagnol. Une belle manière de dire qu’il ne s’oppose pas a ce que le sang coule. Une belle manière de s’inscrire dans une tradition très française du « botter en touche » pendant que la répression frappe. Manière aussi d’éviter que les yeux se tournent vers un Etat français où l’état d’urgence rentre peu à peu dans le droit commun et où la police nasse et écrase les manifestations.

    Nul doute que dans 10 ans, dans 20 ans, les mêmes clameront leur soutien à sans faille à la liberté et leur loyauté vis-à-vis des aspirations populaires. Les partis bourgeois, la bourgeoisie en général, ne se gêne nullement pour mentir et falsifier la réalité. L’essentiel est, pour elle, maintenir son pouvoir et de se prétendre du côté du peuple.

    Cette attitude ne peut qu’évoquer 2011, où Michèle Alliot-Marie, alors ministre des affaires étrangères, proposa à Ben Ali, en Tunisie, l’aide des CRS français pour écraser le printemps arabe. A ce moment là, cette attitude de solidarité entre les ennemis des masses était générale. Aujourd’hui, tous et toutes font mine d’avoir soutenu, en secret, les volontés de liberté.

    Quoiqu’il en soit, quelque soit, aujourd’hui, l’Etat espagnol est à la croisée de chemins.

    Sa répression a creusé un fossé sanglant entre le pouvoir de Madrid et les masses catalanes. Elle a démasqué sa direction, aux yeux du monde comme étant un ordre arbitraire, anti-démocratique, se retranchant derrière des lois scélérates et antipopulaires. Cette répression, dans un sens clausewitzien, entraîne une montée aux extrêmes. Elle ne fait que renforcer le sentiment d’arbitraire et le désir d’émancipation, tant des masses catalanes que des autres composantes de l’Etat espagnol.

    Les indépendantistes sont politiquement les gagnants. Ils sont les gagnants du référendum, les gagnants en termes d’image, les gagnants en termes de gains moraux. Les seules voies qui reste à Madrid sont celles, d’une part de l’aveu d’échec, de prendre le chemin du démantèlement d’un Etat espagnol juridiquement construit sur le franquisme. L’autre est celle du sang. Celle d’une nouvelle guerre civile, celle de l’écrasement de la Catalogne.

    Car se séisme ne se limite pas à la simple question de la perte de la Catalogne -et de 20% de son PIB- pour l’Etat espagnol. Elle est plus vaste. Elle est plus profonde. Elle met fin au paradigme des frontières de l’Europe occidentale, immuables et intangibles.  Aujourd’hui, la Catalogne est un point d’ancrage. Elle créé un précédent. Un précédent qui peut conduire d’autres nations opprimées à lever leur drapeau et a  réclamer, elles aussi, leur droit à l’autodétermination. Nous songeons à toutes ces colonies que les défenseur de l’impérialisme français nomment « ses joyaux. » Nous songeons à toutes ses possessions issues de l’époque coloniale. Nous songeons aux nations oubliées et muselées au sein de l’hexagone. Nous saluons, par ailleurs, l’initiative de Breizhistance d’avoir organisé un meeting commun, en solidarité.

    Un large consensus entoure, dans les milieux de gauche radicale, la question du vote catalan. Il est clair que lorsque les frontières de l’Etat français seront concernées, les visages souriants vont se décomposer. Les alliés de la veille se trouveront mille excuses pour refuser que la Réunion, la Guyane, la Polynésie et, encore pire, d’autres comme la Bretagne, entre autres, puissent poser la même question que les Catalans.

    Nombre de sophismes sont assénés pour justifier cela, et faire du droit des peuples un mot creux et vide de sens. Peur de faire tomber des zones dans l’escarcelle de l’impérialisme américain, peur de l’impossibilité pour ces régions de se gouverner elles-mêmes, rejet absolu de tout « nationalisme ». Tout ces arguments ne font que marquer la peur du démantèlement des Etats impérialistes, d’une tendance à préférer son propre impérialisme à celui des autres, d’un déni de celui-ci.

    L’Unité Communiste de Lyon ne présente pas le référendum de Catalogne comme une révolution démocratique, encore moins comme une révolution prolétarienne. Tout ce qui bouge n’est pas rouge. Mais cela n’ôte en rien le fait que sortir des entraves du parasitisme de la bourgeoisie madrilène, le vaste mouvement populaire, l’immense espoir que représente ce vote et la mobilisation qu’il suscite sont des aspects positifs.

    La bourgeoisie catalane s’attend à ce que la Catalogne lui revienne de droit. Mais elle pourrait bien déchanter, car les organisations populaires et anticapitalistes de Catalogne se sont, plus que toutes les autres, renforcées dans l’affrontement avec le pouvoir madrilène.

    Les organisations populaires et révolutionnaires de Catalogne sont la véritable porte de sortie de la domination et de l’expression libre de la nation catalane. Aujourd’hui Madrid est l’ennemi, lointain et dans sa forteresse. Demain, ce sera probablement la bourgeoisie barcelonaise. Mais elle ne trouvera pas une masse apathique en face d’elle. Elle trouvera des masses populaires qui ont, dance cette lutte, fait l’expérience de la victoire, l’expérience de la libération et de la mise en place d’un autre pouvoir. Espérons que cette étape mène vers d’autres victoires, plus grandes et prolétariennes !

    Aujourd’hui, nos regards sont vers la Catalogne et vers son combat !

    Visca Catalunya ! Som un sol front ! Catalunya al cor !

  • Biji Kurdistan !

    Biji Kurdistan !

    Victoire du référendum pour d’indépendance du Kurdistan Irakien

    Le 27 septembre dernier ont été annoncés les résultats définitifs du référendum qui s’est tenu dans la région autonome du Kurdistan d’Irak, et questionnant les kurdes sur leur volonté d’indépendance. Le résultat parle de lui même, sur 3 305 952 votants (72% de participants), 92,73% ont voté en faveur du oui contre 7,27% de non. Un véritable cri de victoire a retenti au sein du peuple kurde, une victoire sur le papier, pour le moment, mais non encore transcrite dans les faits.

    Si le résultat de ce référendum est une véritable onde de choc dans le Moyen-Orient et dans le monde, le combat pour l’indépandance et l’unification n’est pas terminé pour autant. Le Kurdistan Irakien n’est pas au bout de ses peines, et sa direction politique ne lui facilite pas la tâche. Cette part du Kurdistan est jusqu’ici province de l’État irakien,, bien que bénéficiant d’une certaine autonomie. Elle est dirigée par une clique ambiguë, mi-bourgeoisie compradore, mi-appels à l’indépendance.Le le chef de file de celle-ci est l’héritier d’une lignée de seigneurs féodaux, Massoud Barzani. Barzani, au cours des dernières années, ne s’est guère montré un allié fiable pour ses frères et sœurs. Ainsi, ses forces combattantes, les Peshmergas, on eu un rôle plus que douteux dans la guerre. Ils ont cédé sans combattre le terrain à Daesh, mais, en revanchen s’en sont déjà pris aux YPG dans le Rojava, jouant un rôle d’allié objectif des Turcs dans le secteur.

    Par ailleurs, le président du Kurdistan irakien a déclaré, suite à la victoire du oui, que celle-ci n’impliquerait pas une déclaration d’indépendance immédiate, laquelle ne serait effective qu’après négociation avec Bagdad. Une rétractation qui ne surprend guère, pour un représentant d’un parti qui s’est montré, à de nombreuses reprises, empêtré dans un jeu de double-face. N’oublions, pas en effet, que la lutte concrète contre l’impérialisme, contre le fasciste Erdogan et ses alliés et contre les obscurantistes de Daesh, s’est passée de l’appui de Barzani. Elle est menée depuis le début par les troupes du PKK, par les forces révolutionnaires kurdes et les troupes du TKP/ML – TIKKO. Plus qu’une volonté d’indépendance, c’est un projet de société, d’égalité et de justice qui est porté par ces organisations. Il s’agit du projet que nous soutenons.

    La volonté de Barzani d’obtenir l’indépendance par la négociation, en plus de trahir volonté populaire des Kurdes, est le reflet d’un réalité dramatique. Aucune des forces présentes dans la région ne souhaite entendre parler d’un Kurdistan indépendant. En Irak, Bagdad a d’ores et déjà réclamé le contrôle sur les aéroports. Dans la théocratie voisine, près d’une centaine de militants et militantes kurdes ont été arrêtées depuis lundi pour avoir osé exprimer leur soutien à la victoire du oui. Jeudi dernier, Binali Yildirim, le bras droit de Erdogan, a demandé la tenue d’un sommet Ankara-Téhéran-Bagdad, pour coordonner les actions contre la partition irakienne et contre la guérilla. Trois pays dont les antagonismes restent vivaces -gardons en mémoire le conflit meurtrier Iran/Irak entre 1980 et 1988- tombent soudain d’accord sur cette pierre d’achoppement qui réunit les ennemis d’hier : pas d’Etat pour les kurdes.

    Le risque d’une croisade antikurde est fort. Le camouflet que représente le référendum passe pour une véritable provocation, une véritable défiance face aux frontières héritées du démantellement de l’Empire Ottoma.

    Face à la menace, la réponse des Kurdes est invariablement la même, la résistance populaire. Ainsi, les forces présentes dans le Rojava ont déjà annoncé qu’elles interviendraient en Irak en cas de conflit ouvert. Face à ses bourreaux, le peuple kurde continuera de mener son combat exemplaire, jusqu’à la victoire finale.

    Nous, communistes, soutenons inconditionnellement la lutte héroïque du peuple kurde. Nous soutenons les organisations révolutionnaires qui, chaque jour, œuvre non seulement pour la liberté et la justice, mais aussi, contre la réaction, le fascisme, l’obscurantisme et l’impérialisme.

    Cette victoire du référendum, et l’opposition qu’elle sucite, ne peut que faire écho à la situation qui se profile en Catalogne. Les volontés populaires sont systématiquement broyées, bannies, et écrasées quant elle vont à l’encontre des interêts des bourgeoisie.

    Vive la lutte de libération nationale et vive le Kurdistan libre, indépendant et unifié ! Halte aux menées des réactionnaires et aux trahisons !

  • Un plat de couscous, une rue et des nazis. Partie finale – des nazis à la rue ?

    Un plat de couscous, une rue et des nazis. Partie finale – des nazis à la rue ?

    Des nazis à la rue ?

    Le coup de force du 23 septembre a suscité de nombreuses critiques et de nombreuses réactions, fort variées. Celles-ci ont formé un véritable tir d’artillerie, encadrant de critiques de gauche et de critiques de droite l’opération menée par la France Insoumise. Nous avons nous-mêmes formulé les nôtres plus en amont dans ce texte ainsi que dans notre article sur le dangereux solo de Mélenchon. Mais nous considérons que toutes les critiques n’ont pas la même valeur, ne sont pas forcément justifiées.  Nous nous devons de rendre à César ce qui revient à César, quant à cette manifestation, tout comme de faire la critique des critiques.

    Le désaccord de fond que nous avons avec la France Insoumise, quant aux fondements théoriques de ce mouvement, quant à la stratégie générale, quant au programme, quant à la ligne défendue jusqu’à présent dans le mouvement social, ne doit pas, pour autant, obscurcir notre jugement. Le désaccord est politique et doit rester politique. Certains vouent une haine viscérale au mouvement de Mélenchon, à chacun de ses membres, à chacun de ses militants et militantes. Cela donne naissance à des commentaires basés uniquement sur de l’affect, sur un rapport viscéral, mais non sur une critique de fond.

    Les critiques de droite ont tenté de jouer sur deux lignes : Celle de la minimisation du rassemblement en premier lieu. C’est celle de Marianne par exemple, titrant qu’il n’y avait que 57 000 personnes à la Bastille, lorsque la FI en revendiquait le triple. Cette bataille de chiffres n’est pas significative pour analyser l’influence politique de cette manifestation. Elle est du domaine de l’acte de foi. Mais elle fut utilisée par certains détracteurs pour réduire l’importance de la mobilisation ou de qualifier d’échec cette opération. Indépendamment de ce qu’il est possible de penser du fond de l’affaire, le nombre d’individus présent n’était pas suffisamment ridicule pour que cela puisse être une humiliation.

    Le président Macron, lui-même, l’a reprise. Il l’a mêlée a un autre argument : la menace Mélenchon. En aparté, dans des propos reportés par le Canard Enchaîné, le ton se fait plus agressif. Mélenchon serait un « président Africain battu » refusant de reconnaître sa défaite. Il serait dans une « démarche séditieuse » et il est heureux qu’il n’ait pas « l’armée derrière lui ».

    Dans le même ordre d’idée, Valeurs Actuelles a ainsi illustré sa couverture d’un montage du Che et du visage de Mélenchon. Une manière de surfer, pour ce journal d’extrême-droite, sur l’anticommunisme, sur la peur du rouge, la peur du bolchevisme.

    Si la bourgeoisie a bel et bien raison de redouter qu’un parti communiste léniniste naisse et grandisse, Mélenchon, n’en déplaise à ses détracteurs comme à ses adulateurs, n’a rien d’un révolutionnaire. Si l’attaque laisse transparaître le fait que son existence est déplaisante aux yeux de la bourgeoisie, cela n’en fait pas, pour autant, un émule de Lénine ni même d’un président de gauche sud-américain.

    Au cours de son débat avec le Premier ministre, Edouard Philippe, Mélenchon l’a illustré à plusieurs reprises : « Je suis un Républicain, la loi est au-dessus de tout le reste » a-t-il dit. L’attachement républicain de Mélenchon fut d’ailleurs salué par son contradicteur. Dans les faits, il s’est limité à attaquer le « mauvais prince » au pouvoir, sans jamais revenir sur les fondements de l’inégalité et de la pauvreté au sein de l’Etat français : la bourgeoisie, parasite exploiteur, vampire des masses populaires. Difficile de faire moins marxiste et moins bolchevique.

    Il s’agit d’un aspect que ses détracteurs de gauche connaissent bien. Il s’agit par ailleurs du fondement de la critique contre Mélenchon : le caractère social-chauvin et réformiste du programme de leur leader.

    Le problème, dans la critique portée par de nombreux groupes de gauche n’est pas le fond, mais bien souvent la méthode.

    L’intervention de la part de militants et militantes d’ultra-gauche lors de la manifestation du 23 s’est faite sur un fond valable. Elle s’est faite sur une opposition de fond aux travers de la FI. Mais celle-ci fut inaudible. Elle le fut car elle s’est faite en traitant les militants de la FI comme des ennemis, en les attaquant -parfois physiquement- tout en ne pouvant expliquer les fondements des critiques portées contre ce mouvement. S’en prendre à la tribune et aux militants, dans ce contexte, agit de manière contreproductive, en solidarisant les militants FI avec leur direction, en les faisant former un front unique contre ceux qui apportent la contradiction, le chaos, le malheur de la discorde.

    Cette erreur est typiquement gauchiste, elle se base sur une surestimation de la difficulté de débattre avec les militants et militantes de la FI, de les faire avancer politiquement, de les faire évoluer par rapport aux positions de Jean-Luc Mélenchon et des réformistes qui trustent sa direction. Elle se base sur une idée que la pensée de ces militants est déjà figée et sclérosée. Ne voulant pas porter la contradiction politique, mais ne portant que l’antagonisme, ils et elles ne sont pas parvenu a faire bouger d’un iota les lignes. Cela n’enlève rien à leur bonne volonté, mais a fait de leur apparition un échec total au lieu d’une occasion de lutter contre les idées fausses au sein du mouvement de la FI.

    Nous ne prétendons pas avoir la solution parfaite quant au dialogue et au débat, mais nous considérons que traiter en ennemis ceux qui militent et luttent honnêtement, même dans un mouvement criblé de défauts, est une impasse complète, qui ne mène qu’au sectarisme. Si le Parti de Gauche représente une force politique fondamentalement et irrémédiablement constituée de chauvins et de réformistes, la FI est bien trop nébuleuse et vaste pour qu’il en soit tiré un jugement aussi clivant.

    Le social-chauvinisme et les tendances réactionnaires de certains militants de la FI, ainsi que de certains éminents membres de sa direction est indéniable, tel Djorge Kuzmanovic -le barbouze de service, qui faisait de « l’humanitaire au Rwanda pendant le génocide »- cependant, de là à faire de la FI un groupe de néo-nazis à la rue, un océan existe. Certains n’hésitent pas à le franchir allégrement.

    La page Facebook de Conspiracy Watch – Observatoire du conspirationnisme avait ainsi épinglé une pancarte, présente à la manifestation, représentant Macron en pieuvre assoiffée de sang et d’argent. Celle-ci était titrée « Macron, le monstre au service de l’argent-roi ! » Cette affiche a déclenché un malaise certain sur les réseaux sociaux. Conspiracy Watch a eu raison de l’épingler, du fait du contenu et des références douteuses à l’argent-roi, formulation qui se retrouvait régulièrement dans les publications d’extrême-droite d’avant guerre.

    Certains militants, notamment liés à des organisations légèrement paranoïaques dont nous avons longuement parlé plus tôt, ce sont empressés de se saisir de cette pancarte pour déclarer que celle-ci illustrait pleinement l’antisémitisme et le complotisme de la FI. D’une pancarte, ils en font une profession de foi, laquelle leur sert à jeter au bûcher les militants et militantes de la FI.

    Nous ne pensons pas que la FI soit un mouvement antisémite, complotiste, crypto-fasciste. Nous pensons que sa direction suit une stratégie qui est celle d’un mouvement sectaire et d’un mouvement essentiellement chauvin et réformiste. Mais les masses de gens qui le composent n’en sont pas moins, bien souvent, des individus voulant lutter avec sincérité, avec dévouement, avec, également une capacité à se corriger et à repérer les erreurs.  Les ostraciser, les isoler, les attaquer ne fait que renforcer l’emprise d’une direction antidémocratique et anticommuniste.

    Nous, comme bien d’autres, sommes issus d’une culture politique particulière, d’une tradition, d’une formation longue. Mais cela représente une minorité, d’une part. De l’autre, cette culture et cette compréhension politique peut nous pousser à agir avec présomption et jugement à l’emporte-pièce, ce qui est non seulement faux mais contre-productif. Le plus souvent, cette faute de sectarisme est justement révélateur de la faiblesse idéologique de nos propres rangs, non de sa force.

    Un travail de dialogue, basé sur le raisonnement, sur le débat, sur la persuasion et non sur la contrainte et l’attaque doit être fait en direction des militants et militantes de la FI. Mais il doit être fait en les considérant comme des alliés dans l’erreur, non comme des ennemis. Il existe de véritable fascistes qui sont nos ennemis. Il existe une bourgeoisie qui l’est tout autant.

    Ce qui nous sépare, ce sont des lignes de démarcation. Celles-ci doivent être tracées soigneusement.

    Les malheurs de l’extrême-droite ne peuvent que nous réjouir et nous remplir d’aise. Mais la tendance que peuvent avoir certain à voir du fascisme partout, à le flairer comme une menace immédiate et irréductible est une faute stratégique terrible, laquelle pousse certains et certaines à aller jusqu’à faire alliance avec les bourreaux des classes populaires sous prétexte de défendre la « démocratie » et la « république » au lieu de travailler à construire les outils de la révolution.

  • Un plat de couscous, une rue et des nazis. Partie 2. Une rue et des nazis.

    Un plat de couscous, une rue et des nazis. Partie 2. Une rue et des nazis.

    Une rue et des nazis.

    De l’autre côté de l’échiquier politique, le 23 septembre, Mélenchon a tenu son rassemblement. Dans un sens, il est un indéniable succès. Que ce soit 55 000 ou 150 000 personne ne change, au final, pas tant de choses. Mélenchon tente de faire enfler son aventure en solo pour en faire une vague qu’il souhaiterait déferlante.

    Souvent nous mentionnons Mélenchon et nous apportons une critique, parfois acerbe, sur les initiatives et le fond politique de l’affaire. De fait, lui et la France Insoumise sont devenus des acteurs incontournable du mouvement social et du mouvement politique de gauche. Les erreurs et les inconséquences qui peuvent émailler le parcours de cette force politique ne se paient pas de la même manière que les paroles en l’air de certains. Les dangers de l’aventure en solo de Mélenchon risquent d’avoir un impact terrible sur l’évolution de la mobilisation.

    Le sens politique de cette marche contre le « coup d’Etat social » fleure toujours bon la rhétorique populiste du peuple trahit par ses élites, usurpés par ses mauvais princes. Elle fleure bon la rhétorique d’ancien régime, où les masses doivent souhaiter qu’un bon prince arrive et prenne le contrôle des affaires.

    Nous ne sommes pas dans un équivalent des soviets de Petrograd, mais bien dans un mouvement chargé de porter au pouvoir l’homme providentiel. Un mouvement ne s’appuyant pas sur des bases solides, sur des appuis de long terme, sur une unité idéologique et une unité organisationnelle, mais bien sur un flux. Au final, Jean Luc Mélenchon fonctionne comme un cavalier de la steppe.

    Karl Von Clausewitz expliquait que ce type de fonctionnement impliquait, en français dans le texte, le fait de toujours fonctionne en vedette, c’est à dire de rester porté par le flux, toujours le maintenir croissant, sans quoi tout s’effondrera.

    Mélenchon en est conscient, et sait que le temps, au final, joue contre lui, joue en défaveur du manque de cohérence de son programme, de son caractère social-chauvin. Si il veut que sa vague se transforme en succès, il doit réaliser plusieurs tours de force.

    D’une part, maintenir un flou idéologique savamment orchestré autour de son programme. Le pire ennemi de son mouvement, c’est la décantation idéologique, c’est l’approfondissement politique, c’est le fait qu’éclosent des questions quant à l’impérialisme français, quant à la « place de la France dans le monde », quant au système politique et à la démocratie bourgeoise.

    De l’autre, pour se renforcer en valeur relative, il doit faire en sorte que les autres échouent et soient éclipsés par lui. Mélenchon ne peut pas phagocyter la CGT ou le PCF, ils doivent donc périr pour qu’il ne reste plus que lui, seul survivant de la bataille, au milieu des ruines. Il est gênant que l’unité ne fut pas au centre des discours, mais que ce ne fut qu’une ode à la France Insoumise.

    D’où un mythe qui se construit. Un mythe qui se construit à coup d’inventions, dont celle-ci, teintée de spontanéisme et d’hostilité aux organisations politiques.

    « C’est la rue qui a abattu les nazis »

    D’emblée la phrase est fausse. Elle est en contradiction avec la réalité de comment s’est construit le nazisme, sur quoi il s’est appuyé pour avancer et comment il fut terrassé.  Le nazisme s’est appuyé sur une compréhension de la psychologie des foules, de la démagogie et du populisme.

    Cependant, elle est cryptique. Jean-Luc Mélenchon parle t-il du vrai nazisme, ou parle t-il de la montée de l’extrême-droite au sein de l’Etat français ? La question reste en suspens.

    Sans aller jusqu’à dire que le nazisme est « issu de la rue », il s’est greffé sur la spontanéité des masses, laquelle peut tout à fait prendre des tournures réactionnaires, s’en est emparée pour la tourner vers les pogroms, les lynchages, vers tout ce qui était viscéral et haineux. C’est dans les rues, dans le chaos, que les SA saccageaient les magasins juifs, s’en prenaient aux communistes et aux syndicalistes.

    Cela est relié au fait que le nazisme s’est appuyé en partie sur les lumpenprolétaires, sur les chômeurs, les déclassés, les atomisés, les laissés pour compte.

    A l’inverse, le mouvement communiste et syndical allemand s’était construit dans les usines, dans les lieux de socialisation, dans les lieux de travail. Cela ne s’est pas construit autour de mouvements, mais de partis, d’organisations.

    Le fascisme et le nazisme ont été deux lames de couteau employés pour assassiner le mouvement ouvrier et le mouvement révolutionnaire. Le fascisme et le nazisme portaient l’anticommunisme comme fondement de leur pensée politique, tout en le maquillant d’un verbiage populaire, chargé de faire illusion.

    Quant à qui a abattu le nazisme, Mélenchon commet une erreur d’appréciation historique, et tente de créer un roman.

    Le premier vecteur de défaite du nazisme provient de la force de ses adversaires. En premier lieu celle de l’URSS, laquelle paya chèrement sa victoire au prix du sang. Les 24 millions de citoyens soviétiques tombés sous les balles, sous les obus, sous les coups et les privations méritaient un peu mieux que ce raccourci historique.

    Les alliés, Américains et Anglais, ont participé à l’effort de combat direct tout comme au front antifasciste international, au sein duquel ils soutinrent, non sans arrières pensées, l’URSS. La Bataille de Berlin fut une bataille de rue, mais elle ne fut pas une bataille de « la rue ».

    N’allons pas occulter les souffrances et le rôle des nations alliées, par plus que celui des pays qui ont cédé face à la puissance militaire nazie.

    L’autre pan est celui des résistances des différentes nations occupées et au sein des Etats agresseurs eux-mêmes. Cette résistance intérieure s’est manifestée sous diverses formes, mais elle est demeurée clandestine, secrète, camouflée. Elle est fort éloignée de la rue, car les droits démocratiques sont abolis, car les Gestapo veillent. Lorsque les insurrections éclosent, elles sont le fruit de travaux en amont, réalisés par des État-majors improvisés. Parfois, dans de rares cas, la rue se réveille, assoiffée de vengeance, sur les talons de l’occupant, s’en prenant aux arrières gardes, rejoignant les rangs des résistants de la 11ème heure.

    L’ironie de la chose est que le courant politique dont sortent Mélenchon et Corbière ne s’est pas particulièrement illustré par son résistantialisme durant l’occupation. A l’époque, les lambertistes optaient pour une stratégie d’entrisme dans la Résistance, dans le but d’y développer des mots d’ordre de fraternisation. L’action, notamment syndicale, fut limitée au fait d’organiser des grèves dans l’industrie de guerre des pays alliés et a applaudir la « révolution anti-bureaucratique ukrainienne », dont les figures de proue étaient Stepan Bandera et la Brigade SS Kaminsky. Peut mieux faire comme cohérence, que de se prétendre l’incarnation de l’antifascisme.

    Mais cet appel à la mobilisation spontanée des masses comme sanction de l’histoire n’est pas sans danger. Une nouvelle fois, en prétendant qu’il n’existe que lui, le mouvement et les masses, Mélenchon nie l’importance des organisations. Cette négation sert ses objectifs, est logique dans la poursuite de sa stratégie, mais revient à jouer avec le feu, à un moment où les organisations, notamment syndicales, sont le principal rempart contre les ordonnances.

    Quantité de militants et de militantes sincères ont suivi cette mobilisation, voyant dans celle-ci l’aube de quelque chose de nouveau, de quelque chose de grand, de quelque chose de fort, qui bouleverserait l’ordre social. Ce sont à ces individus que nous pensons, lorsque nous écrivons ces lignes.

    L’aventure Mélenchon est un projet qui peut séduire, qui peut rafler des suffrages, mais qui se heurte à des impasses, qui se heurte au fait que la question de l’Etat, la question de l’impérialisme et du capitalisme ne sont que traitées à moitié. Or, la moitié manquante est ce qui fait la distinction entre le succès et l’échec.

    Et cet échec, à quel prix sera-t-il payé ? Au prix de l’effondrement de toutes les lignes de défense des travailleurs ?

    Non, la rue n’a pas chassé les nazis. Non, la rue seule ne chassera pas les ordonnances. Non, la rue seule n’obtient pas de victoires tactiques et encore moins stratégiques. Organisées, les masses peuvent tout, elles sont la force créatrice de toutes les richesses, elles sont la force qui peut balayer des empires. Mais atomisées, les masses sont la proie des démagogues, des opportunistes et des populistes.

    Certains ont tenté d’intervenir au sein de cette démonstration de force, de se faire l’écho d’un rejet du social-chauvinisme et du réformisme de Mélenchon. Cette mobilisation, sous l’égide de l’ultragauche, partait d’une logique cohérente. Seulement, entre la stratégie et l’application, un océan existe. Et cet océan mérite d’être sondé.

  • Un plat de couscous, une rue et des nazis. Partie 1.

    Un plat de couscous, une rue et des nazis. Partie 1.

    Un plat de couscous, une rue et des nazis.

    Partie 1 – Un plat épicé.

    L’actualité concernant l’extrême-droite est particulièrement ombrageuse ces jours-ci.

    Depuis les élections législatives, et un certain dégonflement de la « bulle » FN, l’actualité a tendu à oublier quelque peu ces sombres personnages, et à se recentrer sur les questions sociales. Au sein de la lutte contre les ordonnances, le FN n’a guère de place, guère de tribune pour s’exprimer.

    D’une manière générale, par ailleurs, les fascistes et l’extrême-droite sont bien en peine de trouver un promontoire, de se créer un piédestal, pour s’exprimer. Ou ils s’opposent aux grèves sous la forme de mobilisation autour de « Liberté Chérie » et de « Stop la grève », ou ils font des mobilisations contre « les débordements » ou les « casseurs », ou ils s’attaquent carrément aux manifestations, comme le GUD durant la loi travail en 2016, à Lyon.

    En face de la question de la lutte des classes, leurs arguments idéalistes et métaphysiques se brisent face au prisme de la réalité. Empêtrés dans des théories sur « l’intérêt de la nation « , à comprendre, « de la bourgeoisie », ils ne peuvent réellement avoir les coudées franches pour s’exprimer. Lorsqu’ils essaient, ils se couvrent généralement de ridicule.

     Discrètement, Florian Philippot s’est aventuré, le 12 septembre, dans la cabine du « roi des forains », pour y exprimer son soutien à la lutte. Piètre manœuvre qui n’a guère trompé. Piètre manœuvre qui ne l’a guère sauvé du couperet fatal. Cela faisait un moment que celui-ci ne tenait plus qu’à un brin.

    Après les élections, dans une brochure intitulée « Fin de Partie », nous évoquions la situation du Front National : « Le concept du Front National semble avoir atteint ses limites objectives, en termes de capacité à accroître sa base électorale, à gagner en influence, à devenir un parti présidentiel. » (…)

    « Le Front National devenant une force centrale dans la vie politique, cela cause des contraintes terribles, des dissensions internes. L’outil n’est plus adapté à la tâche. Le Front National est victime de son succès.

    Tant qu’il était une puissance montante, arc-boutée à l’opposition, à porter la contradiction, à attaquer de toutes ses forces, les problématiques liées à sa cohérence interne restaient secondaires. Un palier a été franchi cette année et, avec lui, se posent des débats stratégiques importants.

    De plus, la possibilité d’alliance avec d’autres forces, dont Debout La France de Nicolas Dupont-Aignan, sort le FN de son isolement politique.

    Trois lignes émergent :

    Celle de Florian Philippot, celle des nouveaux arrivés, celles et ceux qui ne sont pas des membres de longue date du Front National, qui ne tolèrent pas forcément la primauté « génétique » du clan Le Pen et de ses vassaux. Ceux-ci s’alignent sur une position d’alliance, de coalition, avec les autres forces de la droite « forte » mais « propre. » Cette ligne place le professionnalisme avant tout, place l’idée de devenir un parti présidentiable, non plus une simple force d’opposition.

    Cette ligne est probablement celle qui poussera le plus rapidement à l’éclatement du Front National pour rompre avec son histoire, son passé, ses affaires. Les informations dont nous disposons à l’heure actuelle laissent entendre que Florian Philippot l’axera autour d’une charte rejetant « le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie « , tout en recherchant à faire bloc avec les forces quittant Les Républicains, si ceux-ci ne survivent pas aux législatives en tant que force constituée.

    A l’opposé, la ligne « gauchiste » de Marion Maréchal-Le Pen, héritière idéologique des provocations de Jean-Marie. Elle représente le rejet de la « dédiabolisation », le rejet du lissage. Elle joue, au contraire, sur un lien maintenu avec les fascistes, les néofascistes et autres groupuscules agressifs. Contrairement aux autres, la conquête de places fortes, de députés, reste un aspect secondaire. Dans leur esprit, la question de l’accès au pouvoir ne passe pas forcément par la conquête de l’appareil d’Etat, mais par la mise en œuvre de mouvements de masse réactionnaires, de mouvements d’action.

    Cette ligne est celle dans laquelle l’idée de révolution nationale, l’idée de prise du pouvoir, est la plus forte. Elle est une ligne radicale qui n’accepte plus le style de direction « petit-bourgeois » de Marine Le Pen, son caractère boutiquier et son absence d’ambition.

    Si les premiers veulent lisser leur image pour devenir présidentiables, ceux-ci sont dans l’optique d’une opposition frontale avec le pouvoir d’Etat, jusqu’à ce qu’il les appelle à restaurer l’ordre. L’éclipse de Marion Maréchal-Le Pen, se retirant « définitivement, pour le moment » de la vie politique, est illustrative : rupture avec la ligne majoritaire, le temps de rallier des forces nouvelles, d’unifier les courants dispersés du fascisme, pour revenir en force, dans cinq ans, et prendre le contrôle de l’appareil.

    La dernière est celle de Marine Le Pen. Elle se caractérise par un esprit boutiquier, petit-commerçant, petit gestionnaire. Elle est une ligne du confort, des rentrées d’argent par le triangle institutions – Riwal – Bleu Marine. Le clan autour de Marine Le Pen, les Lousteau, les Chatillon, les petites mafias, ne peuvent qu’entretenir des rapports complexes, brutaux, au sein de l’organisation. L’incompétence, fruit du népotisme, grève cette ligne et l’empêche de faire de substantiels progrès.

    Si elle est cramponnée autour de l’appareil, ce clan, ce groupe interne n’en est pas moins menacé. L’approche du congrès du Front National, dans le courant de l’année, risque de se muer en nuit des longs couteaux.

    Dans un sens, un éclatement du Front National est une chose positive. Elle neutraliserait provisoirement cette organisation, la forcerait à se recomposer. »

    Mais nous nous empressions d’ajouter la chose suivante ; sa mutation peut le rendre in fine plus dangereux, car plus adapté aux question actuelles et à la place grandissante de l’extrême-droite tant dans l’Etat français que en Europe.

    Ce couscous avec lequel Florian Philippot s’est étouffé a été une manière de pouvoir purger le FN de son aile modérée, de son aile « douce », en bref de son aile compatible avec les institutions. La construction du micro-parti « les patriotes » fut un casus belli : Philippot et sa clique devenaient une puissance qu’il fallait étrangler. Cette nuit des longs couteaux, inversée, s’est faite en douceur, mais avec tranchant. Exclusion pour Philippot.

    Celui-ci s’est empressé de se rapprocher des ailes FN-compatibles de la droite traditionnelle, aile dans laquelle Philippot verrait bien sa carrière se jouer.

    Toujours est il qu’une des lignes au sein du FN vient d’être décapitée.

    Reste des questions : dans quelle mesure Florian Philippot et ses suiveurs peuvent se raccrocher à la droite institutionnelle et parvenir à faire s’agglomérer des forces autour d’eux ? Dans quelle mesure peuvent-ils réussir à se doter d’un véritable perchoir politique et d’une véritable influence ? Tout cela reste une énigme.

    Enigme aussi la question de la boutique de Marine Le Pen. Peut-elle encore tourner, privée d’une partie de sa chair, privée de ses cadres les plus compétents, privés de certaines de ses figures de proues les plus efficaces.

    Enigme, finalement, le rôle qui reviendra à Marion Maréchal et ses disciples, lesquels peuvent également se saisir de cette opportunité pour refaire surface et ramener des forces de l’ « ultra-droite » au sein du FN.

    Temporairement, le FN apparaît quelque peu aux prises avec des problèmes qui, sans être insurmontables, n’en sont pas moins quelque peu paralysants. L’organisation d’extrême-droite joue là un passage particulièrement épineux de son existence : muter pour se hisser à la hauteur des tâches auquel il prétend répondre, ou échouer et s’effondrer comme un château de carte.

    La menace que certains, que nous citons bien trop, ne s’est pas concrétisée telle qu’ils l’espéraient secrètement, pour justifier leurs discours apocalyptiques.

    Mais l’actualité politique de l’extrême-droite ne s’arrête pourtant pas là. Jean-Luc Mélenchon la propulse aussi au devant de la scène, au travers d’une phrase : « C’est la rue qui a abattu les nazis »

  • Le spectre du Franquisme frappe en Catalogne. Som un sol front! Catalunya al cor!

    Le spectre du Franquisme frappe en Catalogne. Som un sol front! Catalunya al cor!

    Le spectre du Franquisme frappe.

    Som un sol front! Catalunya al cor!

    La situation au sein de l’Etat espagnol tend à prendre un tournant dramatique. Le régime de Madrid, échaudé, frappe la generalitat catalane. Comptes bancaires gelés, amendes infligées, dignitaires arrêtés, bâtiments officiels pris d’assaut par l’armée… l’Etat espagnol cherche à conserver à tout prix son intégrité territoriale.

    Quel est le casus  belli ? Un référendum lancé par le parlement catalan quant à son indépendance.

    Ce parlement, au sein duquel les indépendantistes sont majoritaires, a émis la volonté de demander aux Catalans de trancher cette question. La société catalane est divisée sur la question de l’indépendance, mais une chose est sûre: que ce soit en faveur ou contre, la société catalane veut pouvoir décider si oui ou non, elle va s’ériger comme nation.

    Ce cas est particulièrement illustratif, car il surgit des blessures encore ouvertes de la guerre civile qui déchira la péninsule ibérique dans les années 1930. La Catalogne est aujourd’hui une nation aux grandes entreprises au capital florissant. Très développée économiquement, il est normal que la bourgeoisie catalane soutienne elle aussi le sentiment populaire indépendantiste, bien que pour des raisons différentes du prolétariat catalan.

     Par le passé, d’autres tentatives avaient été faites au sein de la région autonome.

    Avant le coup d’Etat et la guerre civile, la Catalogne bénéficiait d’une situation particulière au sein de la République. Elle disposait d’une souveraineté concernant ses affaires propre, et le Gouvernement de la generalitat fonctionnait comme un Etat dans l’Etat.

    Sous Franco, la répression fut particulièrement accentuée dans cette région. D’une part du fait de son particularisme national, de l’autre du fait de sa combativité d’une fermeté sans pareille. Interdit, la langue catalane, interdit le drapeau, interdit les hymnes.

    Avec la transition démocratique, à la suite de la mort de Franco en 1975, l’étau se desserre quelque peu. En 1978, la constitution Espagnole accorde une certaine forme d’autonomie. Concession temporaire. Dans les année 90, le retour aux affaires des héritiers du Franquisme, au sein du Parti Populaire, recentrent autour de Madrid le pouvoir. Pour les catalans, le souvenir des années noires, la méfiance vis-à-vis des fils spirituels des bouchers fascistes, tout concourt à les pousser à la rupture.

    De chaque côté le pouvoir ce renforce. Pouvoir centrifuge de Barcelone -un des poumons économiques du pays- pouvoir centripète de Madrid, qui ne veut pas perdre un pouce de terrain.

    Depuis les référendums se suivent et s’interdisent. Entre 2006 et 2017, une longue joute s’engage.

    En mars 2006, d’un côté le Parlement Espagnol adopte un nouveau statu de la Catalogne, la reconnaissant comme une nation. De l’autre main, Rajoy, président du P.P. [le parti héritier de Franco] le conteste vivement devant la Cour Constitutionnelle. Il le dépeint comme l’antichambre du démembrement de l’Espagne.

    En 2010, la Cour Constitutionnelle rend son verdict : le terme « nation » est vide de valeur juridique. Le catalan comme langue « préférentielle » est rejeté. Des centaines de milliers manifestent contre cette décision.

    En 2012, Rajoy, arrivé au pouvoir entre temps, mène une politique d’austérité drastique, qui touche notamment le Catalogne. S’en suit, lors de l’annuelle fête du 11 septembre, une manifestation monstre de plus d’un million de personnes. Quelques jours après, le 20, Rujoy refuse d’accorder à la Catalogne la même autonomie fiscale que la Navarre ou même que le pays Basque.

    Les élections anticipées, cette année là, renouvelle le mandat de M. Mas, qui fit campagne autour du fait d’imposer un référendum.

    En 2014, une consultation symbolique, à laquelle 1.8 million de Catalans participent, propulse l’indépendance à 80%. L’année suivante, un bloc coalisé d’indépendantiste obtient 47.6% des voix, et la majorité des places au parlement catalan. L’ire de Madrid est totale. Elle enfle encore, le 9 novembre 2015, à la suite de la prise par Barcelone d’une résolution sur une stratégie d’indépendance. Celle-ci prend la forme de la volonté de créer « un Etat catalan indépendant prenant la forme d’une République » prévu pour fin 2017. La Cour Constitutionnelle l’annula dans la foulée.

    2016, M. Pugdemont, séparatiste, accède à la présidence de la région. En juin 2017, il annonce la mise en place du référendum d’autodétermination pour le 1er octobre. Madrid annonce que le référendum n’aura pas lieu.

    Le 6 septembre 2017, le parlement régional adopte la loi relative à la tenue du référendum. La Cour Constitutionnelle suspens la loi.

    13 septembre 2017, le parquet catalan, aux ordres de Madrid, ordonne à la police d’empêcher le référendum. Ordre est donné de saisir les urnes, les bulletins, les affiches. Egalement, la mesure s’accompagne de la possibilité d’arrêter les maires disposés à organiser ce référendum. Perquisitions et saisies se poursuivent jour après jour.

    Le 20 septembre, 14 hauts responsables catalans sont arrêtés et des millions de bulletins saisis. De nombreuses manifestations spontanées partout dans l’Etat Espagnol se multiplient pour soutenir les droits démocratiques des catalans.

    Le lendemain, le gouvernement madrilène annonce des amendes de 6 000 à 12 000 € / jours pour les 24 organisateurs du référendum. Les amendes seront maintenues jusqu’à ce qu’ils « respectent les résolutions de la cour. »

    Le gouvernement catalan annonce sa volonté de mener jusqu’au bout ce référendum.

    Le tension monte d’heures en heures, où la mise sous tutelle et le gel de comptes de la Catalogne l’empêche de pouvoir effectuer des dépenses relatives au référendum. La police et l’armée Espagnole se concentre également, réquisitionnant des navires et installant des camps.

    Le gouvernement catalan, par la voix de Oriol Junqueras, vice-président, reconnaît que les « règles du jeu ont changé. » Mais maintient la tenue pour le 1er octobre du référendum.

    Le gouvernement madrilène brandit la Constitution. Le gouvernement Catalan le droit civil et l’expression populaire et souveraine du référendum. La bataille juridique fait rage, mais la bataille politique également.

    Perdre la Catalogne, pour Madrid, c’est perdre un poumon. Mais c’est également envoyer un signal particulièrement fort auprès des Basques, auprès des Asturiens, auprès des habitants de l’Andalousie, des Baléares,  des Canaries. C’est envoyer le signal de la fin de l’Etat Espagnol hérité de Franco, hérité du fascisme, maintenu par la force et par la torture. C’est mettre fin à un arc narratif teinté de sang, entamé avec le coup d’Etat de 1936.

    Nous, communistes, ne voyons pas dans l’émergence d’une indépendance catalane une révolution prolétarienne bis. Elle n’est pas comparable à cela. Cependant, au nom du droit des peuples à s’ériger en nation indépendante, au nom du droit à la libre séparation, au nom de la lutte contre la bourgeoisie pourrie de Madrid, nous ne pouvons que soutenir cette initiative de référendum. Nous pensons, cependant, que l’issue et le règlement des maux qui assaillent les Catalans de classe populaire ne se trouve que dans leur union, dans leur organisation indépendante et sous la direction d’un Parti Communiste.

    Nous ne pouvons également que condamner le réveil de l’hydre franquiste, le réveil de la méthode de gestapo qu’emploie le gouvernement de Madrid. Nous ne pouvons que souligner le fait que cela démasque la véritable nature de la « démocratie » espagnole : une farce qui se moque de la souveraineté populaire et du droit à l’expression politique.

    Une nouvelle fois, le PSOE et le PP forment un front uni contre toutes les volontés indépendantistes.

    Cette farce est celle de toutes les démocraties bourgeoises, de toutes ces parodies de pouvoir populaire. Elle est ce qui sous-tend la répression des mouvements sociaux et politiques populaires.

    La démocratie est un jeu dont les règles sont celles des bourgeois. Ses règles et sa légalité ne s’appliquent que lorsque cela sert leurs intérêts.

    Aujourd’hui, la Catalogne vit au chant de son hymne, des rues aux stades, Visca Catalunya résonne.

    L’Unité Communiste de Lyon soutient les indépendantistes Catalans, Basques, Asturiens, Galiciens… Elle soutient ceux et celles qui luttent dans les prisons des peuples que sont ces Etats tortionnaires.

    Dans l’Etat Espagnol, dans l’Etat Français, toujours colonial, halte à la répression contre les minorités nationales ! Halte au carcan imposé par Madrid et Paris.

    Solidaires de la Catalogne ! Visca Catalunya !

  • L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? – Partie finale.

    L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? – Partie finale.

    L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste et révisionniste ?

    Alors que nous publions au fur et à mesure ce texte, le 19 septembre une première réponse des matérialistes vient d’émerger. Une nouvelle fois, rien n’est démontré et tout est asséné. Asséné le fait qu’il faille s’isoler. Asséné le fait qu’il faille rester discret. Asséné le fait de ne pas militer dans les syndicats, dans les masses. Asséné le fait qu’ils détiennent la ligne parfaite, mais qu’ils ne sont pas en mesure de la partager.

    C’est bien là une manière erronée et idéaliste de voir les chose, de croire qu’il faille s’isoler des masses et de leurs luttes, de leurs forces et de leurs travers, pour s’instruire. C’est bien là, encore, la preuve que les Matérialistes sont des alchimistes d’alcôves, non des chercheurs.

     C’est là la marque de l’absence complète de matérialisme de la part de la secte.  Qu’écrivait, à ce sujet, le philosophe Georges Politzer: Etre matérialiste en pratique, c’est agir conformément à la philosophie en prenant pour facteur premier et le plus important la réalité, et, pour facteur second, la pensée.

    Nous allons voir quelles attitudes prennent ceux qui, sans s’en douter, tiennent la pensée pour le facteur premier et sont donc à ce moment idéalistes sans le savoir.

    Comment appelle-t-on celui qui vit comme s’il était seul au monde ? L’individualiste. Il vit replié sur lui-même ; le monde extérieur n’existe que pour lui seul. Pour lui, l’important, c’est lui, c’est sa pensée. C’est un pur idéaliste, ou ce qu’on appelle un solipsiste. (Voir explication de ce mot, première partie, chap. II.)

    L’individualiste est égoïste, et être égoïste n’est pas une attitude matérialiste. L’égoïste limite l’univers à sa propre personne.

    Celui qui apprend pour le plaisir d’apprendre, en dilettante, pour lui, assimile bien, n’a pas de difficultés, mais garde cela pour lui seul. Il accorde une importance première à lui-même, à sa pensée.

    L’idéaliste est fermé au monde extérieur, à la réalité. Le matérialiste est toujours ouvert à la réalité ; c’est pourquoi ceux qui suivent des cours de marxisme et qui apprennent facilement doivent essayer de transmettre ce qu’ils ont appris.

    Celui qui raisonne sur toutes choses par rapport à lui-même subit une déformation idéaliste.

    Il dira, par exemple, d’une réunion où il a été dit des choses désagréables pour lui : « C’est une mauvaise réunion ». Ce n’est pas ainsi qu’il faut analyser les choses ; il faut juger la réunion par rapport à l’organisation, à son but, et non pas par rapport à soi-même.

    Le sectarisme n’est pas non plus une attitude matérialiste. Parce que le sectaire a compris les problèmes, qu’il est d’accord avec lui-même, il prétend que les autres doivent être comme lui. C’est donner encore l’importance première à soi ou à une secte.

    Le doctrinaire qui a étudié les textes, en a tiré des définitions, est encore un idéaliste lorsqu’il se contente de citer des textes matérialistes, lorsqu’il vit seulement avec ses textes, car le monde réel disparaît alors. Il répète ces formules sans les appliquer dans la réalité. Il donne l’importance première aux textes, aux idées. La vie se déroule dans sa conscience sous, forme de textes, et, en général, on constate que le doctrinaire est aussi sectaire.

    Croire que la révolution est une question d’éducation, dire qu’en expliquant « une bonne fois » aux ouvriers la nécessité de la révolution ils doivent comprendre et que, s’ils ne veulent pas comprendre, ce n’est pas la peine d’essayer de faire la révolution, c’est là du sectarisme et non une attitude matérialiste. (Principes élémentaires de philosophie)  Pourtant, malgré les démonstration de sa vacuité politique, de son absence de pratique, de ses prises de position inconséquentes, elle persiste. Elle persiste à mordre tout ce qui est un miroir de son inutilité. Ainsi le « PCF(mlm) »  nous attaque comme étant des « réformistes » et des « révisionnistes. » A cela, nous répondons.

    L’Unité Communiste de Lyon est une organisation jeune. Elle l’est doublement. Elle est jeune car elle n’a qu’un an et demi de vie active derrière elle. Elle n’a donc pas eu le temps de trancher toutes les questions qui se posent à elle. Elle est jeune car les militants et les militantes qui la composent sont, eux aussi, en grande partie, jeunes.

    Pourtant, nous avons essayé d’avancer certaines thèses générales, certains positionnements, en somme, nous avons tracé des lignes de démarcation qui font notre physionomie politique. Si nous les comparons avec celles que nous avons précité chez le « PCF(mlm) », nous ne trouverons guère de points de jonction. Il est vrai que notre soutien va à la Palestine -même si nous ne soutenons pas forcément le programme politique de toutes les composantes de la résistance ; que nous condamnons les revendications -passées et présentes- des manifestations de policiers ; que nous avons appelé à la constitution progressive d’une opposition extra-parlementaire plutôt que de voter pour Emmanuel Macron. Il est vrai aussi que nous appelons aux manifestations contre la Loi Travail. Cela nous démarque de nos détracteurs.

    Nous avons également formulés nos bases politiques dans divers textes, lesquels nous servent de références et nous serviront jusqu’au congrès. Ces textes sont disponibles sur notre site. Dans les brochures sur la question du socialisme, des bases du communisme, du maoïsme, sur la question de la dictature du prolétariat, nous avons, nous le pensons, bien établi nos bases théoriques. Celles-ci sont inspirée de l’expérience de la Commune de Paris, de la Révolution d’octobre, de la guerre civile chinoise. Celles-ci rejettent les conceptions réformistes de Karl Kautsky tout comme celles des trotskistes et des anarchistes.

    Nous reconnaissons la nécessité d’une organisation révolutionnaire, le Parti Communiste, bâtie autour d’un objectif : la révolution prolétarienne, la destruction du pouvoir de la bourgeoisie ainsi que la construction du socialisme, fut-ce sur une seule portion de la Terre.

    Nous reconnaissons la nécessité de la dictature du prolétariat et le fait que cette dictature du prolétariat soit l’outil principal de la lutte contre la restauration du capitalisme, mais également pour la construction du socialisme.

    Cela pourrait n’être que des leçons bien apprises, et rester de papier. Après tout, malgré leur fonds documentaire immense et richement doté, les matérialistes ne sont pas capable de faire d’autres choses que d’ânonner des textes pour se légitimer. Bien qu’il soit probablement difficile de trouver des textes de Mao défendant la police de l’Etat bourgeois.

    Dans nos prises de position publiques, ainsi que dans nos communiqués, nous avons défendu un embryon de programme, limité, temporaire, comprenant des étapes, dans le but de partir de la situation actuelle et de tenter de pouvoir avancer -politiquement et organisationellement. Ces mots d’ordre ne pouvaient se contenter d’être des appels à la révolution. Ils se devaient d’avoir un caractère intermédiaire -même très basique- et transitoire. Cela n’empêche pas que nous pensons que la stratégie générale est celle de préparer la Révolution Prolétarienne, non un bloc défensif autour de la démocratie bourgeoise.

    Effrayés par le fantasme du fascisme, le « PCF(mlm) » s’obstine à avoir comme stratégie un front uni, une ligue défensive. Il n’a décidemment pas compris le fait que la bourgeoisie et le capitalisme ne se dirige pas immanquablement vers cela. Que la nécessité du fascisme correspondait, au moment de sa mise en place, au moment où la bourgeoisie lui a ouvert grand les bras, à la répression du mouvement révolutionnaire.

    Dans la situation de l’enfant effrayé par l’ombre de l’homme qui a vu l’ombre du loup, la secte est tellement obnubilée par cette peur du fascisme qu’elle est prête à toutes les alliances, à tous les compromis, à toutes les reptations. Pour eux, être straight edge est une condition sine qua non  pour être quelqu’un de fréquentable -d’où leurs crachats sur les merguez-pastis CGT, ou encore sur le Kebab-bière des autonomes- mais en revanche, il est possible de marcher avec Gattaz.

    Nous ne partageons pas cela. Nous pensons que nous sommes effectivement faibles, nous sommes dispersés, nous sommes atomisés et éclatés en sectes. Mais nous devons avancer avec cette stratégie générale : l’heure n’est pas à la compromission avec le patronat et la bourgeoisie, mais bien à la construction d’une force indépendante, offensive, révolutionnaire.

    Nous ne sommes pas le parti communiste qui dirigera la révolution, nous sommes une organisation qui demeure au niveau du cercle, laquelle a pour vocation de s’unifier, d’avancer, de disparaître. Nous ne sommes donc pas sur un pied d’égalité, au niveau organisationnel, avec le Grand Parti qu’est le « PCF(mlm) », nous n’avons pas sa grandiose influence sur les masses non plus. Pourtant, nous ne considérions pas que des appels à la révolution, de but en blanc, soient le mot d’ordre de 2016, ni celui des élections de 2017, ni celui du mouvement qui vient. Sans outils adaptés, il nous est impossible de pouvoir faire autre chose que des sauts de cabri en l’air en criant « révolution. » C’est là un fait. Il faut mentionner que, pour lui, le Parti est achevé, le Parti est prêt, il est construit et architecturé pour sa mission : diriger les masses pour la révolution. Seulement, entre inscrire « Parti » partout et entre en assumer d’une manière réelle les tâches, un océan se forme, océan que les courtes jambes du « PCF(mlm) » l’empêchent de franchir. Nous reviendrons là dessus, mais toujours est-il que nous ne prenons pas de leçons de la part de ceux qui s’isolent et se coupent des masses, jours après jours.

    Durant les élections, tandis que les révolutionnaires du « PCF(mlm ») appelaient à voter pour Emmanuel Macron -comme si leur influence changerait un tant soit peu la donne- nous développions le mot d’ordre d’opposition extra-parlementaire. Opposition qui se caractérise, effectivement, par un contenu réformiste – il s’agit d’une mesure transitoire – mais permettant une prise de parole, une prise de position, un gain d’influence de conceptions extra et anti parlementaires. Il s’agissait également de la possibilité d’initier des embryons de débat et de démocratie populaire, dans la mesure des moyens et de l’influence des forces politiques hostiles à la démocratie bourgeoise. Il s’agit, également, pour nous, de politiser les questions qui peuvent être développées dans des groupes comme Front Social, et de quitter la sphère de lutte économiste pour aller vers le politique.

    De ce point de vue, tactique, nous avons agit d’une manière réformiste. Mais le fond de l’affaire se juge sur la stratégie. La nôtre est d’avancer dans le but de forger les organisations révolutionnaires. Le PCF(mlm) a également eu, durant les élections, une ligne réformiste. A la différence que ce dernier, après avoir vomi son communiqué, a replié son drapeau et est rentré paisiblement dans ses pénates. Nous avons, de notre côté, participé aux mobilisations antiparlementaires, tels que le rassemblement du 4février 2017 à Lyon, pour rejeter les candidatures de Le Pen, de Macron et de Mélenchon. L’Unité Communiste de Lyon à un bilan d’activité qui est le reflet de ses forces encore naissantes, mais qui n’a pas de leçon à recevoir d’un monde virtuel animé par des gourous, suivi par des zélotes.

    Quant à l’accusation de révisionnisme, elle mérite d’être creusée. Nous avons expliqué plus haut que nous rejetons les conceptions de la seconde internationale, que nous rejetons celles des anarchistes et des trotskistes. Nous avons, dans plusieurs publications, attaqué les conceptions issues du XXème congrès du PC(b)US, de même que celles défendues par le PCF aujourd’hui. Nous pensons que l’attaque de « révisionnisme », chez le PCF(mlm), est un automatisme que ne sous-tend aucune recherche ou aucune logique. Dès que quelque chose rentre en contradiction avec ses délires de secte, il s’y attaque avec rage.

    Peut-être s’empressent-t-ils d’attaquer le fait que nous ne tracions pas une ligne dans le sable entre Mao Zedong et Enver Hoxha. Nous ne l’avons pas tracé, non pas par volonté d’éclectisme, mais bien parce que nous considérons que ceux et celles qui, parfois hâtivement, tracent cette ligne dans le sable ne la tracent que se réfugier confortablement dans une case, la défendre avec fétichisme et dogmatisme, et être incapable de pouvoir faire un travail scientifique, un travail de chercheur, pour déterminer ce qui est juste et ce qui est faux. Nous pensons que ceux qui opèrent ainsi opèrent dans le dogme et non dans la réalité.

    Dans notre brochure intitulée Fin de partie, nous abordions cette question. « Même parmi ceux et celles qui rejettent les thèses idéalistes, réformistes, trotskistes -ou crypto-trotskistes- et révisionnistes, le plus grand désaccord règne. Nous le comprenons dans un sens. Nombre d’organisations portent un héritage important, portent une tradition et une histoire. Elles sont nées à une époque où choisir la ligne pro-albanaise ou prochinoise avait une implication concrète, directe, réelle.

    Ces décisions suivaient une logique, fille du temps d’alors.

    Aujourd’hui, nous considérons que -même si elles ont un sens- ces questions n’ont pas le caractère d’urgence qu’elles pouvaient avoir auparavant. Nous considérons que considérer le traitement de celles-ci comme des préalables à toute unification est une fausse route. Nous pensons qu’elles ne peuvent trouver, au contraire, une issue positive uniquement à travers le débat dans un cadre unique et non par l’invective et le rejet.

    Du fait de ce traitement sectaire, fétichiste, et nullement fait en direction des masses, le travail d’unification, de construction du parti, végète.

    Combien maîtrisent réellement le marxisme ? le léninisme ? le maoïsme ? une poignée sinon moins.

    Une tâche s’ouvre, pour les communistes de l’Etat français : celle d’avancer. D’avancer sur le terrain de l’idéologie, dans la lutte contre le sectarisme.

    Un grand nombre de processus d’unification ont été menés jusqu’à présent. Il est essentiel d’en tirer un bilan critique et de saisir quelles sont les erreurs, les fautes commises. »

    Bien des individus qui se revendiquent pas forcément de Mao Zedong sont prêts à reconnaître la nécessité de la lutte des classes sous le socialisme, de manière également aigue et révolutionnaire, sans pour autant adhérer à la forme du concept de la Révolution Culturelle. Pourtant, ils adhérent au fond de ce concept. Faut-il les vouer aux flammes ? Faut-il les exclure sans rémission ? Faut-il avancer avec eux et progresser, sur la base d’un travail commun, vers une analyse commune ? Nous pensons qu’on ne peut faire l’économie de ce travail. Ainsi, nous comptons inclure, au sein de notre congrès prochain, les thèses suivantes dans nos textes de référence.

    « Nous nous revendiquons de l’expérience du mouvement communiste international, de son histoire, de son héritage. Certains de nos membres sont maoïstes, d’autres ne le sont pas. Notre organisation, au stricto sensu, ne l’est pas. Pourquoi ?

    Nous considérons, dans notre majorité, que le maoïsme, que l’expérience de la Chine, mais également que les expériences qui sont menées par les groupes communistes révolutionnaires, à travers le monde, représentent les expériences les plus poussées, les plus abouties idéologiquement parlant.

    Seulement, nous sommes dans un contexte qui n’est pas le même, nous sommes dans un niveau de développement organisationnel et idéologique dix crans en dessous de ce qu’illustrent les philippins, les afghans, les indiens ou bien d’autres encore.

    Suffit-il ne s’en revendiquer comme d’un fétiche, de prétendre importer leur modèle dans l’Etat français pour parvenir à leur niveau ? Il s’agit d’une incompréhension de comment les choses fonctionnent, de comment la dialectique et l’organisation avance. Il s’agit d’une incompréhension de comment un parti se construit et de comment sa construction se manifeste par des bonds qualitatifs.

    Il ne suffit pas de se retrancher derrière une adhésion, derrière un sponsor de radicalité, il reste à faire la démonstration d’une ligne juste.

    Nous, dans notre grande majorité, considérons que la Révolution Culturelle est le pinacle de la lutte pour le socialisme, pour le communisme. Nous nous en revendiquons. Seulement l’événement en tant que tel n’a pas de sens si il est réduit à sa dimension historique, s’il n’est pas analysé pour son sens idéologique, politique, sa transcription pratique. 

    Quand nous nous revendiquons de cette révolution, nous nous revendiquons d’une certaine conception de la lutte des classes au sein de l’organisation et du lien actif des communistes avec les masses, de leur mise en mouvement pour mener la lutte contre les déviationnistes. 

    Des individus ou des groupes qui méconnaissent la Révolution Culturelle ne peuvent-ils pas adhérer cependant aux conclusions politiques que nous tirons de cet événement ? Nous n’en doutons pas.

     

    Nous voulons mener la bataille d’anéantissement idéologique. Nous voulons croiser le fer et pourfendre les idées fausses. Nous voulons tirer à boulet rouge sur les défauts de la cuirasse des autres forces, tandis qu’elles fassent de même. Non par amour de la joute, mais bien car les plantes vigoureuses ne poussent pas sous serre.

    Nous écoutons nos ennemis pour ces raisons. Nos ennemis nous apprennent beaucoup de nos faiblesses, cherchent et trouvent les failles, les erreurs, les manques. Ils sont nos éducateurs les plus dévoués.

    Nous voulons pouvoir faire de même avec nos camarades. Nous voulons créer un espace de débat dans lequel les questions peuvent être exposées, les raisonnements illustrés et expliqués en détail, avec patience. Cet espace manque cruellement.

    Ce n’est que dans cet espace que l’unification idéologique peut se faire.

    Cette bataille se fait dans nos rangs comme hors de nos rangs.

     

    Régénérer l’idéologie communiste passe par la démonstration de la véracité de celle-ci, de la véracité des apports de ses continuateurs. Certains camarades commettent une faute terrible, compréhensible, mais terrible tout de même, qui est de sauter directement aux conclusions et d’invalider tout processus de pensée, sous prétexte que sa conclusion est fausse. Certains camarades apportent des raisonnements justes, aux conclusions tronquées. Les communistes ont un travail de maïeutique à mener, faire accoucher les idées justes, lesquelles pointent souvent derrière des raisonnements incomplets ou trop étroits. Rejeter en bloc ce qui n’est pas parfait revient à s’enterrer dans un utopisme sans fin, comme le font les anarchistes.

    N’oublions jamais nos propres failles, n’oublions jamais qu’aucun d’entre nous n’est né communiste. Nous avons appris la théorie, l’idéologie, l’histoire. Elle n’est pas innée, elle n’était pas métaphysiquement en nous. Certaines personnes, certaines organisations ont eu la patience de nous aiguiller, de débattre, de nous aider à nous débarrasser de nos idées fausses. Notre tâche n’est pas de faire tomber des couperets, sauf dans des cas où une ligne rouge serait franchie, mais de faire avancer et progresser l’ensemble de nos camarades.

    Comme nous l’avons mentionné plus haut, nous comprenons des maoïstes dans notre organisation. Pourtant, nous ne rejetons pas comme un bloc les apports faits par Enver Hoxha, en les jugeant hérétiques, nuls et sans intérêt. De même que nous ne rejetons pas certains écrits de Plekhanov. La déviation de Hoxha après la mort de Mao Zedong rend elle caduque les apports du PTA à la lutte contre le révisionnisme soviétique ? La trahison de Plekhanov rend elle fausse la théorie sur la conception moniste de l’Histoire ? A l’inverse, ceux qui se plaisent à évoquer la rencontre Mao-Nixon ; celle-ci rend elle intégralement faux tout ce que Mao a pu produire, tout ce que l’expérience chinoise peut avoir développé comme matériaux à étudier ? »

    Bien des attaques sur le « révisionnisme » servent en fait à camoufler une chose. Le Parti Communiste est un parti politique, l’adhésion y est sur la base de la politique défendue. Il n’est pas possible d’attendre et d’espérer que les adhérents maîtrisent de A à Z l’idéologie pour adhérer. Souvent, cet argument sert à maintenir dans des rangs subalternes, non-décisionnels, ad vidam eternam les nouveaux adhérents. Souvent, cela sert à faire du groupe dirigeant un référentiel ultime, en terme de pureté et de perfection idéologique. Souvent, cela sert à justifier l’existence d’une secte supplémentaire.

    Pourquoi ? Parce que certains sont dans la terreur d’avoir à perdre leur petit royaume, parce qu’ils ont peur de la remise en cause, peur de la bataille idéologique, peur de devoir lutter pour défendre des conceptions idéologiques et pour faire progresser les individus. Ils capitulent devant la difficulté – ils capituleront devant la bourgeoisie -, ils capitulent devant l’angoisse, ils capitulent devant leurs propres lacunes, comblées à coup de dogmes, comblées à coup de folklore.

    Nous avons construit l’Unité dans un but : faire l’unité. Nous l’avons construite dans une stratégie, celle de la faire fusionner -et non pas d’être phagocyté !- avec d’autres organisations, sur la base d’un débat franc et ouvert, bâti sur l’idée d’un accord stratégique minimal. Nous l’avons construite pour qu’elle meure, mais qu’elle engendre des descendants moindres, mais plus forts et plus influents.

    Une base minimale qui soit celle à partir de laquelle il est possible de travailler conjointement, dans le cadre d’une seule organisation, pour avancer en commun. Cette base d’organisation n’a pas besoin d’être immense, elle n’a pas besoin d’être suraffûtée, elle à besoin d’être nécessaire et critique. Elle doit correspondre aux besoins de l’heure actuelle, doit correspondre aux attentes du moment, doit permettre d’initier la nouvelle machine de lutte et d’organisation.

    Les groupuscules comme ‘Les Matérialistes’ et leur prétendu PCF(mlm) peuvent très bien choisir de poursuivre leur chemin idéaliste, leur volonté de pureté et de se placer sur un piédestal. Ils peuvent continuer leur chemin vers les cimes de la pensée, mais ils demeureront des cerveaux en bocal, isolés, rejetant tout.

    Ce sont, après tout, pour ces raisons que personne ne les a jamais vu faire de diffusion, de manifestation, d’événement publics, d’intervention vers la classe ouvrière. Car ils ne sont que des sages de la montagne, ces même sages que nous évoquions dans notre brochure sur la dictature du prolétariat.

    Nous avons expliqué, dans ce texte, les raisons de nos désaccords. Nous ne doutons pas qu’ils vont, à la lecture de ces lignes, bouillir de rage, se mettre dans une colère noire, répondre par un déversement d’injures, d’insultes, par un flot continuel de critiques et de menaces voilées. Ils ont d’ores et déjà commencé à fourbir leurs armes, blessés qu’ils sont dans leur orgueil.

    Mais nous n’en avons cure. Nous nous adressons aux masses, aux militants, aux militantes, qui, les deux pieds dans la réalité, rencontrent la vie. Nous laissons la poussière prendre encore la poussière. Nous les laissons décanter, fermenter, et finalement rejoindre un humus de groupes en décomposition.

    Nous ne répondrons plus à ces alchimistes dans leur tour d’ivoire, étant donné qu’ils rejoignent, par leurs prises de position, le camp des réactionnaires, des exploiteurs. Nous en avons fini avec eux.

    Peut-être commettons-nous des erreurs, peut-être en commettrons-nous d’autres, des graves et des moins graves. Mais nous les ne les commettons que car nous nous confrontons à la réalité, au terrain, à ses évolutions. Que car tous travaillons, justement, dans la matière et non dans l’idée.

    Nous continuerons à avancer, avec des erreurs et des manques, mais nous avancerons, notamment pour briser l’esprit de secte et de cercle qui parasite le mouvement communiste de l’Etat français.

    Pour briser les chapelles et les ministères de prêtres qui se parent de rouge, mais ne savent qu’être les bergers de la bourgeoisie.

    Sommes-nous, alors des acharnés, à vouloir répondre de la sorte ? Probablement. Mais, malgré son jeune âge, malgré ses faiblesses, malgré ses erreurs, l’Unité Communiste de Lyon ne tolérera jamais d’être conspuée de la sorte. Elle ne tolérera jamais qu’une secte d’adulateurs de la police, de crypto-fascistes, de petits intellectuels bas de gamme émette des injures à son encontre.

    Nous leur avons rendu la politesse, en leur faisant l’honneur de les citer, d’apporter des preuves. Nous avons tracé une ligne de démarcation entre eux et nous, entre les philosophes et les alchimistes de l’idéalisme et ceux qui veulent avancer, combattre, et non se placer dans une tour d’ivoire.

    Non un dogme, mais un guide pour l’action, voilà ce qu’est censé être le communisme. Les Matérialistes en ont fait un fétiche et un dogme de l’inaction.

    Nous portons toujours haut le drapeau de la révolution prolétarienne, celui-là même que le PCF(mlm) rejette et salit.

    En avant vers la construction d’un vrai Parti !

    Le communisme est la jeunesse du monde !

  • L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? – Quatrième partie : La faillite de l’attaque contre l’UCL.

    L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? – Quatrième partie : La faillite de l’attaque contre l’UCL.

    La faillite de l’attaque contre l’UCL

    Dans ce communiqué, si empressés qu’ils soient d’apporter des épithètes malsonnantes, les immatérialistes ont oublié une chose essentielle. Ils ont oublié de prendre une position politique sur la situation de conflit latent entre la Corée du Nord et les USA.

    Rappelons la phrase qui nous incrimine : « Ainsi, voilà ce que nous trouvons : Il n’y a, ici, du point de vue maoïste, rien à sauver. Il faut avoir le romantisme le plus délirant d’Alain Soral ou Dieudonné pour y voir des vertus (ils y seront d’ici quelques jours pour un voyage organisé), et il est vrai qu’un tel « anti-impérialisme » totalement national-révolutionnaire se retrouve également chez des gens se voulant de gauche (comme « Unité Communiste de Lyon » et autres révisionnistes et réformistes du genre). » (7 septembre 2017)

    Ils se sont rués sur le fait d’insinuer que l’Unité Communiste de Lyon soutiendrait un gouvernement « fasciste », de déclarer ce gouvernement digne d’être cloué au pilori, de dire que « d’un point de vue maoïste, rien n’est à sauver », uniquement pour apporter une contradiction vis-à-vis de notre communiqué.

    Mais ce communiqué n’est pas constitué uniquement de cela. « Il n’y a, ici, du point de vue maoïste, rien à sauver.  » disent-ils. Rien, même pas les masses Coréennes. Même pas la paix. Plus fort que les interventionnistes les plus virulents, plus fort que les trotskistes et les « humanitaristes », le « PCF(mlm) » nous offre sa science : Le gouvernement et les masses de Corée sont un tout, une même bouillie infâme.

    Or, en clamant que rien n’est à sauver, ces maîtres de la rhétorique insinue que « tout est à jeter. » Partant de ce constat, le feu peut bien descendre sur la Corée du Nord, peu leur en chaut. Mais qu’en est-il de l’argument principal que nous développions dans ce communiqué, argument que leurs yeux glissants, cherchant la faille à exploiter, n’ont pas vu ? Nous avons insisté, dans ce communiqué, que nous étions opposés au bombardements, à la guerre, à l’invasion de la Corée.

    Qu’elle soit, nous ne le nions pas, un croupion de la Chine, qu’elle soit son flanc garde, qu’elle soit son glacis, la question ne se pose pas. Que sont gouvernement n’aie -une nouvelle fois nous ne désirons pas prendre de position à l’emporte-pièce- pas grand chose de prolétarien, nous sommes prêts à l’admettre. Mais qu’on nous attaque sur la position -principe important- d’opposition à la guerre impérialiste, laquelle est payée par les masses, par leur sang, un Rubicon est franchi.

    Voilà ce que disent les « Matérialistes » de la situation de la Corée et de sa quête de l’arme nucléaire : « C’est l’expression d’une incapacité à aller dans le sens de la réunification de la nation coréenne par la mobilisation démocratique, tel que c’était l’objectif dans les années 1950. Au lieu des masses, on a les bombes atomiques qui sont censées apporter la solution « miracle ». » Plus fort, là, que le Livre noir du communisme. La Corée du Nord a décidé unilatéralement de se mettre en butte avec sa voisine du sud. Elle décide seule de s’encercler de bases US, de se positionner sur un pivot géopolitique. Elle est seule et unique responsable de son destin, d’après le « PCF(mlm) »

    Quant au fait de mordre dans les articles des tabloïds Sud-Coréens, le « PCF(mlm) » s’y adonne avec une joie sans bornes : « À cela s’ajoute bien entendu l’idéologie raciste paranoïaque du régime, forçant les masses à la soumission la plus servile et infantile, avec des manuels expliquant que la Nature s’est littéralement arrêtée à la naissance de chaque dirigeant d’une véritable dynastie. » Encore échappons-nous aux licornes auxquels les nord-coréens sont censés croire.

    Mais cela éclaire sur ‘l’enquête’ que peuvent faire les « Matérialistes. » Utilise-t-elle comme source le Daily Mirror ? Rivarol ? Gala et Voici ? Des références bibliographiques auraient été les bienvenues.

    Quant au positionnement… Comment comprendre celui position du « PCF(mlm) » autrement que comme une manière de se placer au dessus de ce conflit, de refuser de prendre position, et, ironie pour des matérialistes, de ne guère vouloir mettre le nez dans la transcription pratique de ce que signifie la guerre qui couve entre la Corée du Nord et les USA.

    Au fond, les matérialistes se considèrent au dessus des questions géopolitiques, au dessus des questions d’impérialisme, au dessus de tout cela. En ce sens, ils sont dans un centrisme particulier, se disant « nous ne prenons pas position quand l’impérialisme américain frappe. » « Nous nous contentons de cible le fait que la Corée du Nord fait de la drogue, qu’elle est fasciste et qu’elle n’est pas à sauver, mais nous ne parlerons pas du fond de l’affaire. »

    Si nous pêchons par « révisionnisme » et par « réformisme », voilà devant nous des prétendus maoïstes qui agissent à la manière d’adolescents boudeurs dans leur manière de voir les choses. Nos positions, nous les avons en rapport à l’impérialisme américain, russe et français, nous les avons développées dans divers brochures, mise à disposition du public. Nous invitons nos lecteurs à être juge. Mais nous les invitons aussi à se questionner sur la position du prétendu PCF maoïste.

    Auraient-ils agit de la même manière pour applaudir l’invasion d’Irak par les USA en 2003, d’Afghanistan en 2001, mais également -pourquoi pas- les interventions françaises en Afrique ou en Asie.

    Tout est possible avec l’idéalisme des « matérialistes ». Y compris d’affubler de tous les noms les militants et militantes, les organisations… Mais n’est-ce pas autre chose qu’une volonté d’injurier ?

    Les accusations que profèrent le quotidien de la bêtise et de l’idéalisme mériteraient d’être écartées d’un revers de la main. Mais pourtant, nous pensons qu’il n’est pas inutile, qu’il est même souhaitable de revenir sur celles-ci. Nous pensons qu’il est important de se saisir de l’opportunité de s’exprimer sur notre positionnement politique, sur notre contenu idéologique.

    Voilà où nous voulons en venir, sommes-nous des réformistes et des révisionnistes comme le clament des « Matérialistes » ?

  • L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? – Un « parti » contre les masses. Troisième partie.

    L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? – Un « parti » contre les masses. Troisième partie.

    Le « PCF(mlm) » un « parti » contre les masses.

    Difficile de ne pas attaquer ces drôles, lorsque de telles positions ridicules sont proférées, salissant le drapeau rouge de la révolution, salissant le maoïsme, salissant le marxisme-léninisme, salissant l’intégralité et l’ensemble du mouvement révolutionnaire, l’ensemble de son héritage, l’ensemble de ses figures et de ses acteurs.

    Le « PCF(mlm) » a beau publier des communiqués sur le Président Gonzalo et sur la Guerre Populaire Prolongée, difficile de voir la moindre trace de combativité dans ses écrits. Les dix points de son programme feraient rougir de honte et de rage tout membre actif du mouvement communiste international, tant ils sont du domaine du ridicule. Mais la suite vaut le détour. Quant à sa Guerre Populaire Prolongée, le « PCF(mlm) » la transcrit de la manière suivante dans ses écrits : Soutenir la police, soutenir la bourgeoisie, soutenir Emmanuel Macron, mais attaquer les communistes et les syndicats.

    Difficile, là aussi, de ne pas citer leur dernière vomissure, derrière quels arguments la secte justifie sa non-participation aux manifestations du 12 septembre : « Il y a deux manières de voir les manifestations contre la réforme du code du travail qui ont eu lieu hier à l’appel de la CGT.

    Soit on y voit une expression d’un mouvement social de secteurs protégés au sein d’un pays capitaliste développé, porté par un syndicat recevant un financement très important de la part des institutions dont il est à considérer d’ailleurs comme une composante. Soit on y voit une expression de la lutte des classes.

    Il va de soi que c’est la première manière de voir les choses qui est juste, et il faut relever de la petite-bourgeoisie pour s’imaginer que la seconde interprétation puisse avoir un sens.(…) Et les travailleurs en général savent très bien que les syndicalistes sont des corrompus et des opportunistes, doublés d’un culture de beauf les rendant insupportables. Qui va se mettre en grève un mardi du côté des masses pour participer à un tel folklore totalement inutile ? (…) C’est une insulte à notre époque, aux défis de notre temps. De près comme de loin, il n’y a rien à sauver, c’est entièrement condamné par l’Histoire : c’est une preuve que face au réchauffement climatique, pour la défense de la Biosphère, pour l’instauration d’une économie planifiée, pour la relance de la culture et des valeurs de civilisation, il faut un travail de fond dans les masses, avec les masses, et non se mettre à la remorque des syndicats, des cogestionnaires, des manifestations ritualisées. »

    Derrière la phraséologie gauchiste, une nouvelle fois, point le droitisme. Puisque rien n’est à sauver maintenant, ne faisons rien ! Voilà le mot d’ordre de celles et ceux qui ont déserté la rue et les masses depuis belle lurette, si tant est qu’ils s’y soient jamais aventurés. Nous aurions pu écoper cent mouvements, cent luttes, que nous n’aurions jamais pu les rencontrer pour nous expliquer avec eux. La pureté n’est pas de ce monde, et les Matérialistes non plus.

    Un exemple même de raisonnement fallacieux. Puisque la solution n’est pas parfaite, ils la rejettent en bloc, ils l’écartent et refusent de mener la lutte de ligne. Ils replient leur drapeau et retournent « embrasser des flics. » Ils ne tracent aucune ligne de démarcation entre ce qui est « à améliorer » et ce qui est « à combattre. » Ils rejettent la CGT dans les rangs de l’ennemi. Gauchisme, toujours, prétexte à la ligne de droite : ne rien faire.

     Nous aurions pu leur rappeler cette citation de Mao : « Les masses sont les véritables héros, alors que nous-mêmes nous sommes souvent d’une naïveté ridicule. Faute de comprendre cela, il nous sera impossible d’acquérir les connaissances même les plus élémentaires. »

    La culture du « il faut », la culture du « un jour » la culture de l’utopisme et du crachat facile. Si nous suivions leur ligne, il nous faudrait rentrer dans nos chaumières et attendre. Ne pas participer aux grèves, ne rien faire. Espérer qu’un messie naisse, espérer toujours et sans fin, comme dans n’importe quelle religion, comme dans n’importe quelle secte.

    L’Unité Communiste de Lyon est fière d’avoir dans ses rangs des militants et des militantes de la CGT. Elle est fier de savoir qu’ils mènent une lutte de ligne contre les tendances opportunistes et réformistes de ce syndicats. Elle est consciente que cet outil n’est pas parfait. Mais il existe. Et, contrairement à la « ligne de masse » liquidatrice du « PCF(mlm) », cet outil possède une action sur la société, une action sur les événements. Leur culture de « beauf », ciblée par le prétendu-parti leur sert d’argument massue.

    L’argument culturel sert ici de justification à tout et n’importe quoi. « Mais une telle alliance de la CGT et de l’ultra-gauche, des merguez et des kebabs, du pastis et de la cannette qui est lancée sur la police, est totalement hors-jeu historiquement. » Comment comprendre cette phrase ? Tout lecteur objectif ne peut que se demander si nous ne rentrons pas dans une performance littéraire plus qu’un texte militant. Au loin, point même une lueur de racisme, qui flamboie.

    Si les masses n’ont pas une pratique parfaite, si les organisations syndicales ont une direction droitière et bourgeoise, à qui peut-on en imputer la responsabilité, si ce n’est à notre faiblesse dans la lutte ? Si la CGT dévie, c’est au communistes de combattre cette déviation, non de se mettre en retrait et de cracher leur venin.

    Mais les masses, les travailleurs et les travailleuses, eux-mêmes, elles-mêmes, ne sont pas à la hauteur des désirs du « PCF(mlm). »

    Cette même ligne qui crache sur les ouvriers, les insulte, les injurie, sans vouloir prendre part aux organisations de masse de la classe ouvrière, en restant à l’orée des usines. Cette ligne leur a fait écrire ceci le 27 avril 2017 : « Les ouvriers de l’usine Whirlpool d’Amiens n’ont pas été à la hauteur du mot d’ordre «¡No pasarán!»

    En acceptant hier la présence de Marine Le Pen sur le parking de l’usine Whirlpool d’Amiens, les ouvriers de cette usine qui va fermer ont été en-dessous de tout. Quelle honte ! » Belles et sages paroles. Est-ce là leur vision du maoïsme ? Est-ce là leur regard sur les masses ?

    Lorsque nous lisons leurs communiqués, comment ne peut pas penser au communiqué qui nous cible, et appliquer à eux-mêmes leur propre médecine : « Il n’y a, ici, du point de vue maoïste, rien à sauver. »

    Chaque position du « PCF(mlm) » est à l’avenant. Dès que l’opportunité de présenter une position répugnante se présente, ils s’en saisissent. Dès que quelque action que ce soit est faite, dès qu’un mouvement naît, il est immédiatement conspué par cette secte, car imparfait. Incapable de se saisir de la réalité, incapable de proposer quoique ce soit de correct, cette organisation agit comme le Renard dans la fable de la Fontaine, ne pouvant trouver à portée de main les fruits mûrs, qu’il envie : « Mais comme il n’y pouvait atteindre :

    « Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. «  « 

    Voilà la base de leur aigreur contre notre organisation, voilà pourquoi, dans un même paragraphe, ils nous associent à Soral et Dieudonné. Rouges de honte d’être pris la main dans le sac de leur inconséquence, ils s’aigrissent et injurient leurs détracteurs.

    Voilà pourquoi nous avons donc eu l’honneur de leurs colonnes au travers d’un article sur la Corée du Nord.

    Parce que cette secte est un conglomérat qui essaie de justifier par sa peur panique du fascisme des positions réactionnaires. Elle traite la police comme un rempart pour défendre la République, alors qu’elle est l’outil premier de l’écrasement des masses. Elle traite les bourgeois comme des alliés dans un front uni, alors qu’ils sont les premiers bourreaux des exploités. Eux, trouvent grâce à leurs yeux.

    Mais en revanche, des ouvriers, des travailleurs, des exploités qui ne seraient pas assez révoltés, assez révolutionnaires, assez végan, assez straight edge. Comble du comble, ils n’auraient pas assez la culture prolétarienne pour être digne d’être dans le grand parti « PCF(mlm) ».

    Voilà pourquoi nous les avons cités. Nous maintenons ce choix. Eux nous ont répondu, avec leur coprolalie habituelle. Mais à frapper trop vite, le paladin de la pureté dérape et tombe.

    Dans leur attaque contre l’UCL, dans leur tentative de nous faire endosser la tunique de Nessus et de nous faire passer pour des réformistes, le « PCF(mlm) » échoue. Il échoue même à faire un communiqué correct sur la Corée !