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  • 75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 2

    75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 2

    75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 2

    Stalingrad

    En été 1942, les fascistes tentent de reprendre l’avantage. Mais ils ont perdu une grande partie de leur allant, de leur entrain, de leur vigueur. La victoire se recherche dans le sud, dans le Caucase, dans la jonction avec la Volga, dans les champs de pétrole de Bakou. Les Allemands prennent finalement Sébastopol, après 8 mois de siège. Ils avancent et prennent Rostov-sur-le-Don en juillet. La ville, minée, explose littéralement sous leurs yeux.

    Rostov-sur-le-Don est une ville discrète, mais importante. Importante car sa perte entraine une vague de réforme en URSS. Une vague de réformes qui entame un relâchement de la bride des généraux, dont les tendances bonapartistes suscitaient une légitime méfiance. Des réformes concédées par l’urgence de la situation, donnant plus de liberté aux ingénieurs en chef, aux dirigeants d’usine, aux directeurs de camps de travail, aux officiers, aux généraux. Une concession terrible, dans un pays marqué par la lutte des classes aigüe, une concession faite au monde pour le protéger du fascisme. Surtout, le célèbre Ordre du Jour N° 227 est édicté. Plus un pas en arrière ! L’Armée Rouge raidit sa résistance, se prépare à l’affrontement le plus important, le plus stratégique.

    Des concessions qui seront payées par le pouvoir bolchevik, bien des années plus tard, par sa propre perte.

    Hitler fait une erreur monumentale, en croyant l’ennemi en déroute. Lorgnant sur deux lièvres stratégiques en même temps, il découpe ses forces entre la VIème armée de Paulus et la IV armée blindée de Hoth. Le premier fonce vers Stalingrad et la Volga, le second vers Bakou et son pétrole. Les deux échouent, mais ne le savent pas encore.

    Stalingrad suscite, bien qu’il s’en défende, l’obsession du Führer. La ville est placée sur la charnière entre le Caucase et le reste de l’Union, elle est un noud de communication important, un axe fluvial essentiel. Elle est la dernière grande barrière qui sépare l’hitlérisme des immenses plaines, à l’est, mais également de la jonction avec l’Iran, l’Irak, avec Rommel au loin. Prendre la ville revient à priver l’URSS de son potentiel énergétique. Prendre la ville revient à la couper en deux. Prendre la ville revient à gagner une position de force inestimable, à se doter d’une base de départ pour prendre également Moscou à revers.

    Mais Stalingrad est plus que ça, elle est aussi un symbole. La ville, auparavant Tsarytsine, est une ville qui est entrée dans l’Histoire lorsque, en janvier 1920, Simon Boudienny ; Kliment Voroshilov et le jeune Joseph Staline reprennent la ville aux blancs. Cette victoire mit un coup d’arrêt aux opérations des tsaristes dans le secteur, permit de gagner Astrakan et l’embouchure, permit de consolider la jeune république soviétique. La ville hypnotise les nazis, qui y voient en coup fatal porté au prestige du gouvernement soviétique et de sa direction.

    Hitler insiste pour faire de la prise de Stalingrad un bain de sang, un massacre, un holocauste. Hitler mobilise la Luftwaffe pour frapper fort. 600 bombardier frappent la ville le 23 août 1942. Ce raid a le douteux privilège d’être le premier à déclencher une tornade de flamme. Cette tempête ravage la ville, tuant environ 40 000 citoyens soviétiques. Cependant, les monceaux de ruines n’avantageront pas les envahisseurs. Chaque mètre carré de la cité est un piège, chaque immeuble une forteresse. Le silo à grain de Stalingrad, ainsi, eut à subir un siège en règle avant de tomber. Une colline, le Kourgane de Mamaï, devient un enjeu aussi important qu’un sommet himalayen.

    L’Usine Barrikady tout comme l’usine Octobre Rouge continuèrent à produire leurs chars T-34, les meilleurs chars du monde, jusqu’à ce que les nazis l’assiègent. Là encore, les ouvriers rejoignirent les milices au combat, compensant leur inexpérience par leur courage.

    Les navires de la Volga réussirent à ravitailler les armées acculées au fleuve, en faisant preuve d’une obstination sans faille, tandis que les faucons rouges disputaient au Stukas et aux Focke-Wulf la supériorité aérienne au dessus de la ville. Le meilleur de l’armée Allemande se heurte aux moujiks et aux ouvriers et ouvrières soviétiques.

    La guerre est cruelle, elle est impitoyable. Les soldats allemands découvrent la terreur du combat urbain. Chaque fenêtre peut héberger un camarade de Vassili Zaitsev, le plus célèbre tireur d’élite de la RKKA. Chaque pan de mur peut cacher le soldat armée d’un pistolet-mitrailleur qui emmènera l’envahisseur au Walhalla. Chaque pas emmène sur une mine. L’armée Allemande s’use, se fragilise. 

    Les soviétiques, à ce moment là, étaient en infériorité numérique. Souvent, les anticommunistes, appuyés sur les documents issus de la propagande fasciste, les représentent comme une force immense, grouillante, amorphe et atone. Souvent, l’imagerie représente l’armée rouge comme attaquant vagues après vagues pour submerger l’ennemi sous le nombre. Cette métaphore insectoïde ne sert qu’a avilir les combattants soviétiques. Stalingrad se déroule du fort au faible, et ce n’est que par son extraordinaire force, sa mobilisation exemplaire, que le peuple soviétique pu remonter la pente, quantitativement et qualitativement. Le prêts-bails commençait à peine, bien qu’il joua un rôle dans la capacité de résistance soviétique que seuls les dogmatiques peuvent exclure.

    Tandis que la 62ème armée et la 64ème se battaient pour chaque pouce de terrain, la Stavka prépara une opération pour bousculer le cours de la guerre. C’est là une réunion qui est restée célèbre dans les mémoires de Joukov, dans lesquelles il démontre ainsi la manière dont le gouvernement soviétique dirige la guerre. La décision est collégiale, le débat est sincère, les désaccords ne débouchent pas sur des sanctions. Le haut-commandement soviétique se professionnalise, tandis que celui des nazis s’enfonce dans l’irréel.

    Joukov lui-même en parle ainsi, pour répondre aux accusations de Khrouchtchev :

     « Il faut dire, comme je m’en suis convaincu au cours des longues années de la guerre, que J. Staline n’était pas du tout un homme devant qui les problèmes difficiles ne pouvaient être évoqués ; avec qui on ne pouvait discuter et même défendre énergiquement son point de vue. Si certains affirment le contraire, je dirai simplement que leurs assertions sont fausses. »

     Aux séances du Comité d’Etat à la Défense qui se tenaient à n’importe quel moment de la journée, en règle générale au Kremlin ou bien dans la villa de Staline, les problèmes les plus importants étaient étudiés et résolus. Très souvent, aux séances du Comité d’Etat à la Défense, éclataient de vives discussions, au cours desquelles les opinions s’exprimaient de manière précise et tranchée. D’habitude, J. Staline allait et venait autour de la table, écoutant attentivement ceux qui discutaient. Lui-même était peu loquace, et n’aimait pas la prolixité des autres. Souvent, il arrêtait ceux qui parlaient par un « soyez plus brefs » ou « soyez plus clairs ».

     Il ouvrait les séances sans mot d’introduction. Il parlait bas, avec aisance uniquement de la question. Il était laconique et formulait clairement ses pensées. J. Staline était un homme volontaire qui, comme on dit, n’avait pas froid aux yeux.

    Une seule fois, je l’ai vu assez abattu. Ce fut à l’aube du 22 juin 1941, sa conviction en la possibilité d’éviter la guerre venait d’être détruite.

    Après le 22 juin 1941, et pendant la durée de la guerre, J. Staline de concert avec le Comité Central du Parti et le Gouvernement soviétique, assura la ferme direction du Pays, de la guerre et de nos relations internationales » (Mémoires, 1970)

    Obligés d’accentuer de jours en jours leurs efforts pour tenter de prendre la ville, les nazis s’enferrent dans un piège. Persuadés d’être les maîtres, ils négligent leurs flancs et leurs protections. Ils se persuadent que l’arrivée de l’hiver sera leur victoire, car les Soviétiques devront se battre sur deux fronts : eux et la Volga impraticable, charriant des blocs de glace.

    Ils croient la victoire a portée de main. Chaque jour, les journaux nazis trépignent de ne pouvoir sortir la manchette « Stalingrad gefallen ! » Stalingrad est tombé. Hitler se justifie, disant qu’il ne veut pas d’un nouveau Verdun, qu’il faut réduire petit à petit la poche. Italiens et Roumains, alliés méprisés, gardent leurs arrières, dans le froid, la misère, les privations.

    L’offensive soviétique est méticuleusement préparée par Joukov. Il visite lui-même les secteurs du front. L’idée est la suivante : encercler la VIème armée Allemande dans Stalingrad, l’écraser et foncer vers l’ouest, rejeter les hordes d’envahisseurs le plus loin possible.

  • 75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 1

    75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 1

    75 ème anniversaire de la bataille de Stalingrad.

    N’oublions jamais celles et ceux qui sont tombés pour la liberté !

    Nous publions en plusieurs parties cet article, mais il est intégralement disponible, ainsi que son annexe ici :

    Il y a 75 ans, le 2 février 1943, le Feldmarshall  Paulus capitulait à Stalingrad, se rendant à Mikhail Shumilov, commandant de la 7e armée de la Garde.

    Une onde de choc traversa le monde.

    De New York à Tokyo, de Berlin à Sydney, les yeux et les oreilles du monde étaient tournés vers ce qui était, naguère, la belle petite ville prospère, aux immeubles blancs, dans le creux de la puissante Volga. Dans les ruines fumantes, dans les carcasses de chars, dans les épaves d’avion écrasés, dans les tranchées et les bunker, les hommes et les femmes entendaient le silence. Pour la première fois depuis le 23 août 1942, la ville était calme.

    Partout dans le monde libre, la liesse s’est déchaînée, sous les hourras de victoire. Même sous le poids de la botte nazie, les peuples gémissants découvraient l’expérience de la victoire. Pour la première fois depuis le début de la guerre, une armée nazie capitulait.

    A Berlin, la stupéfaction l’emporta sur la rage. Le prince Otto von Bismarck, descendant de celui qui préconisait de ne jamais s’en prendre à la Russie, reçu un coup de fil urgent de l’ambassade d’Allemagne à Berne : « Arrêtez de danser ! Stalingrad est tombé. »! Hitler écumait de rage devant le fait que les généraux et maréchaux préféraient la captivité à la mort pour la grandeur de l’impérialisme Allemand.

    Dans l’histoire de la guerre, il y avait désormais un avant et un après Stalingrad.

    Nous rendons hommage, aujourd’hui, aux hommes et aux femmes qui s’y sont battues, qui y ont vécu, qui y sont tombées.

    Qui peut oublier qu’au milieu d’un été 1942 de peur, de terreur, d’un été d’horreur, Stalingrad est apparu comme un espoir.

    Le 22 juin 1941, en violation complète des traités internationaux, l’Allemagne nazie déverse sa horde de criminels sur une Union Soviétique en paix. Après avoir ravagé l’Europe, les fascistes se tournent vers l’Est, pour y imposer un colonialisme criminel, pour y imposer une société structurée par la race, par le sang, par l’asservissement. Hitler avait dit « le monde retiendra son souffle ». Il le retint pendant quatre ans.

    Les fascistes déferlèrent et ravagèrent l’URSS, après avoir tentés en vain de la déstabiliser, d’utiliser des agents pour l’affaiblir. Contre toute attente, la Blitzkrieg s’enlise. Contre les prémonitions de génies de renseignement, la « structure pourrie » ne s’effondre pas. La société soviétique fait bloc autour de son gouvernement, autour de son Parti, autour d’une direction politique Timochenko le présida le comité de défense, avec Staline, Molotov, Vorochilov, Boudienny et Kouznetsov. Si les pertes sont terribles, si les encerclements sont immenses, les arrières de l’ennemi sont fragiles. L’axe ne connaît pas de répit. Les fascistes rencontrent l’hostilité de la population. Aucune nuit sur ce front ne fut une nuit de répit.

    Pour la première fois sur le continent Européen, la machine de guerre nazie connaît des revers. Les espaces conquis sont immenses, mais vides. Les hommes, les femmes, les machines, se replient. Tout ce qui ne peut l’être est détruit. Les pillards sont amers, leur proie est coriace. Les soldats Allemands sont ivres de victoires, mais les pertes s’accumulent. L’usure aussi. Au bout de cinq semaine, aucune ville d’importance n’est prise.

    Le plan nazi était classique, sans grande inspiration. Alors que d’autres privilégiaient l’audace, le GröFaZ ‘Größter Feldherr aller Zeiten’ (le plus grand chef de guerre de l’Histoire, surnom ironique donné à Hitler par ses généraux), privilégie une approche en éventail, qui disperse les forces, qui affaiblit les coups. Le « génie » hitlérien joue une farce à son camp. Le mépris pour le prédécesseur Napoléonien pousse à ignorer Moscou pour frapper Leningrad et le Caucase. Deux cibles que les Allemands prirent jamais.

    Pendant ce temps, côté soviétique, la société sort de la paix en sursaut. L’industrie se met en marche, la population, résignée à livrer un combat imposée, se mobilise pour résister à l’envahisseur. Les prodigieuses avancées issue de la sueur de tout un peuple ne doivent pas être perdues. Hommes et femmes se préparent au conflit, se préparent à faire face à la plus grande épreuve de l’histoire de l’humanité. Les fascistes, méprisants, s’attendaient à trouver des bêtes sauvages, armés de lances de de pierres. Ils se heurtent aux armes les plus modernes du monde -mais trop peu, et trop dispersées- les Kliment Voroshilov, les T-34, les BM-13 Katiouchas, les Yak-1, les MiG-3, les Il-2 Shturmoviks. Ils se heurtent à un peuple qui résiste, qui se bat stoïquement, qui se contente de peu, qui est dur. Un peuple appuyé par des militants et des militantes communistes qui montrent l’exemple, qui n’hésitent pas à se battre. Un Parti qui paie aussi le prix fort son engagement. Staline perd lui-même un fils, qu’il refusera d’échanger contre des généraux. Certains le lui reprochent. Ils lui reprocheraient également s’il l’avait fait.

    Leningrad est encerclée le 8 septembre, avec l’aide des Finlandais, qui, ironiquement, empêcheront en partie sa prise, en renâclant à avancer plus. Elle tint 872 jours avant d’être libérée, en faisant le second siège le plus long de l’histoire contemporaine.

    Moscou est approchée en décembre, sous les neiges et les tempêtes. Heinz Guderian, l’un des concepteurs de l’armée blindée Allemande, voit les tours du Kremlin dans ses jumelles. Et fait demi-tour. L’heure de la contre-offensive a sonné. Lancée par Joukov et Vassilievski, la contre offensive repousse les fascistes loin de la capitale. Ils n’approcheront plus jamais. Aidés par les excellents services de renseignement, les soviétiques savent que le Japon ne bougera pas. Richard Sorge, l’espion le plus précieux du monde, tient cette confidence de l’ambassadeur d’Allemagne au Japon lui-même.

    Rassemblant en hâte une armée fraîche, les Soviétiques stupéfient le monde entier. L’invincible armée Allemande chancelle, vacille. Elle chasse les fasciste de la région de la capitale, elle libère la Crimée, où Sébastopol était encerclée. Elle brise le mythe de l’invincibilité de la Wehrmacht.  Elle ne rompt hélas pas. La contre-offensive s’essouffle, s’arrête. L’URSS vient d’empêcher une victoire totale de l’Allemagne. Elle n’est pas encore assez forte pour rendre les coups. Elle n’est pas prête encore à reprendre ce qu’elle a perdu. Mais elle a effrayé les généraux allemands, qui ont voulu reculer. Hitler non. Il ne voudra plus les écouter, et n’écoutera plus que lui-même et ses stratèges de chambre. Cela se paya très cher.

     

  • La France et la trouée de Suwałki – partie 2 – La lente montée en pression entre la Russie et l’occident.

    La France et la trouée de Suwałki – partie 2 – La lente montée en pression entre la Russie et l’occident.

    La lente montée en pression entre la Russie et l’occident.

    Dans notre brochure sur la géopolitique américaine, nous avons eu l’occasion d’évoquer les problématiques particulières du rapport entre les USA et la Russie. Les Etats-Unis ne peuvent fondamentalement pas accepter une expansion incontrôlée de la Fédération de Russie, de même que de la part de la Chine, du fait d’un antagonisme géopolitique « génétique ».

    Pour résumer brièvement : Dans la conception géopolitique américaine, la Chine et la Russie font partie d’une zone du monde nommée heartland : le pays du cœur. Cet espace continental, à mille lieues de toute mer, formerait un bastion imprenable, une forteresse inexpugnable, qui permettrait à la puissance qui la contrôle d’être à l’abri de tout débarquement de troupes ennemies, de tout raid d’importance, de toute conquête de long terme.

    Les exemples militaires ne manquent pas. Les « courtes jambes » de la Luftwaffe, pendant la Seconde Guerre mondiale, n’ont pas permis de frapper les grands centres industriels de l’Oural, laissant intact le potentiel militaire soviétique évacué vers l’est. Dans le même ordre d’idée, l’immensité de la Chine l’a rendue impossible à conquérir par les envahisseurs japonais pendant la guerre de  1931 à 1945.

    La grande terreur des USA serait de se retrouver face à une Chine et une Russie ayant un accès illimité au commerce international, capable de concurrencer l’Amérique, économiquement parlant, tout en ne pouvant être contraint militairement.

    La chute de l’URSS avait, provisoirement, écarté cette menace. La victoire définitive du libéralisme et du libre-échange, dans l’esprit des tenant de la « fin de l’Histoire », devait conjurer définitivement le risque d’une nouvelle guerre mondiale.

    Or, il n’en fut rien. Les Etats capitalistes n’ont que deux destins : devenir impérialistes ou finir par être sous domination d’un autre. La Russie ne déroge pas à cette règle.

    Ieltsine était un bon agent, pour l’occident. Il en avait fini avec une URSS chancelante, avait livré l’économie à la prédation des investisseurs, avait livré les populations de la Russie à la misère noire. Sans qu’il soit possible de faire de lui un compradore, il n’en représentait pas moins une assurance d’une Russie faible et vulnérable.

    Son dauphin, Vladimir Poutine, a imposé une autre ligne. Depuis son arrivée au pouvoir, en tant que président du gouvernement (premier ministre) le 9 août 1999, la ligne défendue par le nouvel homme fort fut une constante : une mission de restauration de la puissance et de l’influence géopolitique de la Russie dans le monde. Le discours impérial, nourri d’un mélange de nostalgie brejnévienne et tsariste, a trouvé un auditoire et un électorat. L’idée-maître était donc la suivante : La Russie ne sera plus jamais humiliée.

    L’arrivée de Poutine

    Malgré le fait que les observateurs occidentaux tendent systématiquement à présenter l’élection de Poutine comme le fait d’un coup d’Etat, il est indéniable que l’ancien agent du KGB dispose d’un appui important dans une population russe qui a vu son niveau de vie pulvérisé par la fin de l’Union. L’image présidentielle, virile, solide, dirigiste, plaît. L’attitude face à des questions sociales, vis-à-vis des oligarques, des nouveaux-russes tant haïs, lui a accordé une image de dirigeant sévère mais juste.

    Les changements de frontières ont créé un sentiment de mutilation. Celui-ci s’est doublé d’un sentiment d’encerclement : les anciennes démocraties populaires passant dans l’Alliance Atlantique ou rejoignant l’UE, les conflits sur les anciennes marches… L’application, notamment sous la houlette de

    Zbinew Bzrezinski, du roll back, a été perçue par les russes comme une volonté de les refouler hors d’Europe. L’installation de régimes antirusses et réactionnaires, en Pologne, en Ukraine, dans les Etats Baltes est apparue comme un retour du « cordon sanitaire » conçu pour  isoler la Russie.

    L’attitude des membres de l’Union Européenne, sans être aussi agressive frontalement, s’est traduite par la volonté de maintenir un équilibre géopolitique en Europe. Ainsi, au gré des rapports de forces, la Russie à vu se réchauffer et se refroidir tour à tour l’attitude des différents membres de l’UE.

    La fin de la guerre de Tchétchénie, réglée par l’usage de la force brute, a redonné à la Russie la maîtrise de son territoire. L’arrêt des combats, malgré la poursuite d’attentats spectaculaires -mais ponctuels- fut le signal de la fin de la reconquête intérieure. Malgré le fait que la région reste en proie a une situation conflictuelle, la poigne de fer des Kadyrov père et fils a étouffé toute révolte d’ampleur.

    En 2001, Chine ; Russie ; Kazakhstan ; Kirghizistan ; Tadjikistan et Ouzkekistan, initie une politique de travail commun et de coopération militaire entre ces différents Etats. Elle a été rejointe en 2017 par l’Inde et le Pakistan (!) renforçant l’influence de celle-ci. Cependant, dès sa création, elle est analysée comme une défiance face à l’occident et aux USA. Pire, elle incarne, géographiquement parlant, un avatar du Heartland unifié tant redouté.  

    Dès cette période un climat de Guerre Froide-bis est apparu. La Russie est revenue sur le devant de la scène comme un adversaire important. Il est apparu au grand jour que l’affaiblissement relatif des USA et de l’occident, à la suite de la crise économique avait permis à la Russie de pouvoir mener de nouveau une politique offensive. Signe avant-coureur, le 7 juin 2007, lors du G8, le président français fraîchement élu, Nicolas Sarkozy, avait été mis « K.O. debout » par son homologue Russe. Après que le premier ait voulu évoquer « des sujets qui fâchent », le second lui aurait rétorqué « C’est bon t’as fini là ? […] Alors maintenant de deux choses l’une, ou bien tu continues sur ce ton et je t’écrase ou alors tu arrêtes de parler comme ça et tu verras. » Une manière de marquer le terrain d’emblée.

    La même année, au mois de décembre, la Russie annonce le retour des patrouilles de bombardiers stratégiques autour de son territoire, impulsant ainsi une volonté de frapper les esprits. Les Tu-95 et Tu-22M, capables de faire effectuer des frappes nucléaires, ont ainsi repris l’air de manière régulière.

    Un étape a été franchie avec la guerre de Géorgie, en 2008, dans laquelle la Russie est intervenue militairement sur le territoire d’un autre Etat souverain, la Géorgie, dans le but, manifestement cynique, d’appuyer l’indépendance de l’Ossétie du sud. Cette intervention a été la démonstration d’une maîtrise renouvelée de l’art opératif, pour une armée sous-estimée systématiquement, mais également de la faiblesse de l’OTAN et de l’occident, incapable de venir en aide au régime de Saakatchvili, pourtant allié.

     

    Il s’agit d’un moment où une nouvelle dimension apparaît dans les discours. Tout comme à la grande époque du panslavisme, la ligne du Kremlin s’enrichit d’une rhétorique du rôle de la Grande Russie : celle d’être la protectrice des Slaves et de ses peuples.

    Aujourd’hui, la Russie communique fortement sur la question des minorités nationales russes présentes -et maltraités- dans les Etats Baltes. Il est vrai que ces immenses populations (près de 40% de la population de la Baltique) sont traité d’une manière particulièrement dure, en particulier en Lettonie, où elles forment des cohortes de citoyens de seconde zone.

    La Russie mène désormais une politique d’irrédentisme grand-russien, souhaitant récupérer et intégrer au sein d’un même espace national toutes les communautés russes situées hors de ses frontières nationales. Cet argument a été mis en avant dans l’invasion de la Crimée de 2014 tout comme dans les opérations de protection dans le Donbass au cours de la même année.

    Fort logiquement, cette attitude a entraîné une réaction en retour. Les tentatives de la Russie de sortir de l’étau formé par des Etats hostiles se heurtent désormais à une réaction de plus en plus vive.

  • La France et la trouée de Suwałki – partie 1

    La France et la trouée de Suwałki – partie 1

    La France et la trouée de Suwałki.

    Partie 1

    Que vient faire la France dans les Etats Baltes ?

    La France vient d’annoncer qu’elle dépêchait un contingent de 300 hommes et d’une poignée de blindés dans les Etats Baltes. Aux côtés de bataillons de la Bundeswehr dépêchés par la chancelière Angela Merkel, ce contingent contribue à renforcer la présence de l’OTAN dans la région. Le 5e régiment de Dragons, régiment de combattants sur chars, et le 7e régiment de chasseurs alpins ont ainsi été déployés en Lituanie, dans le cadre d’une coalition internationale visant à protéger les Etats Baltes.

    Dans le même temps, en Norvège, le patron de l’USMC –United States Marines Corps- déclarait le 16 janvier : «J’espère me tromper mais une guerre approche» tout en appelant un renforcement de la présence militaire US en Scandinavie, tout comme des forces militaires propres de ces pays. Ainsi la Norvège a acheté 52 F-35, improprement appelés F-52 par le président Donald Trump.

    Quelle inquiétude secoue donc l’occident ?

    Elles sont, de fait, obsédées par un nom, par un lieu : Suwałki et sa trouée.

     

    Rfi notait le 22 janvier : « En Lituanie, trois cents militaires français de la mission Lynx prennent officiellement leur fonction aujourd’hui au sein du bataillon multinational de l’Otan. Ils serviront pendant 8 mois sous commandement allemand, aux côtés de Croates, Belges et Norvégiens, pour un total de 1 200 militaires. »

    Suwałki, c’est le graal de la région. Il s’agit d’une petite ville polonaise, à mi-chemin entre la frontière Biélorusse et celle de l’enclave de Kaliningrad. Sa trouée, 50 km, est une minuscule meurtrière, avec deux routes dont une autoroute, qui rattache les Etats Baltes au reste de l’Europe. Tenir la trouée de Suwałki revient à tenir les Etats Baltes dans une poigne d’acier.

    Cet espace a donné des sueurs froides à l’occident en Septembre dernier. Et pour cause !

    En septembre 2017 l’exercice militaire de la Russie, nommé Zapad-2017 (ouest-2017) a été mis en œuvre. Cet exercice avait pour objectif de simuler une invasion de la part de l’OTAN de la Biélorussie. D’après les estimations fournies et publiées par les différentes agences de presse spécialisées, cet exercice s’est déroulé dans des proportions hors normes.

    En 2013, ainsi, 200 wagons de chemin de fer avaient été mis en œuvre pour transporter le matériel. En 2015, ce nombre avait même décru à 125. Pour l’exercice prévu, ce ne sont pas moins de 4 162 qui sont déployés, laissant entendre une quantité au moins 20 fois supérieures de troupes et de matériel.

    Le terrain envisagé n’était pas anodin : les forces sont concentrées devant les Etat Baltes. Pour l’occident, les perspectives étaient relativement angoissantes : la géographie des Etats Baltes les rend particulièrement vulnérables à une opération surprise, étant quasiment encerclés par l’alliance -parfois orageuse- entre la Biélorussie et le Russie.

    La région est extraordinairement vulnérable à une opération de déstabilisation, aux pressions diplomatiques et militaires de la part de la Russie, d’autant que le climat politique et géopolitique indiquait -et indique toujours- une possibilité de crise non négligeable.

    Cet article vise à pouvoir analyser cette situation delà manière qui nous paraît la plus juste possible. L’Unité Communiste de Lyon cherche à éviter les biais de raisonnement nommés campisme et anticampisme. L’un consiste à accorder une nature particulière à l’impérialisme russe, aux BRICS ou à d’autres acteurs géopolitiques, en les couvrant d’un angélisme naïf. Il se marie d’une certaine nostalgie soviétique, qui tente de voir dans le regard de Poutine un reflet rouge.

    L’autre, en revanche, est directement issu de la position géopolitique tenue pendant la Guerre Froide par les organisations qui la mettent en avant. Si l’une est nourrie de nostalgie, l’autre est nourrie d’anticommunisme viscéral. Elle se teinte également d’un occidentalisme de bon aloi, qui, In fine, trouve l’impérialisme de ces pays plus doux et plus civilisé que celui des autres.

    Nous voulons éviter ces écueils pour pouvoir analyser les choses avec rigueur et justice. A nos yeux, il s’agit de la seule manière de pouvoir, par la suite, se positionner d’une manière juste et rationnelle. Cette brochure est ainsi faite sans procès d’intention, sans accuser de perfidie quiconque. Elle est conçue comme une analyse s’intéressant à la manière dont la Russie se comporte en fonction de ses intérêts. Il s’agit d’actions logiques et cohérentes, rentrant dans un plan établi par la  bourgeoisie de cet Etat.

    La Russie ne se laisse pas faire.

    L’un des avantages stratégiques de la Russie dans le secteur est la possession de l’enclave de Kaliningrad. Elle est le Berlin-ouest contemporain. Une épine fichée profondément dans le pied de l’adversaire. L’ancienne Prusse Orientale, partagée avec la Pologne en 1945, est un bastion, un avant poste et un point d’interdiction.

    D’un point de vue géopolitique, la possession de la base navale de Kaliningrad est un atout considérable pour la Russie. Bastion installé de l’autre coté du cordon sanitaire, balcon sur la mer Baltique et forteresse verrouillant celle-ci. L’ancienne Prusse-Orientale est également un garrot autour des états Baltes, les étranglant tant du côté de la terre que d’un point de vue terrestre.

    Sur l’échiquier Russe, ce petit territoire est une pièce maîtresse. Même sans confrontation chaude avec l’adversaire occidental, la présence de missiles antinavires Kalibr ou Bastion / Onyx ainsi que de batteries antiaériennes S-300 ou S-400 permet d’opter pour instaurer un déni d’accès aux forces navales de l’OTAN.

    Les Kalibr font peur. Ces missiles à longue portée (entre 300 et 2 600 km) sont équipés pour approcher furtivement leur cible, à une vitesse subsonique et au ras de l’eau. Une fois à proximité, ils prennent de la vitesse pour frapper leur cible avant qu’elle n’ait eu le temps de réagir. Les missiles peuvent même effectuer des manœuvres évasives contre les défenses visant à les abattre. Ils peuvent être lancés à partir de sous-marin, de navires, ou même de simple conteneurs accrochés au châssis d’un camion, donc sont très simples à faire opérer.

    Les missiles tirés depuis les navires russes, en Caspienne ou dans la mer Noire, sur les cibles syriennes, étaient un avertissement lancé à l’OTAN sur la possibilité pour la Russie de menacer leurs positions terrestres, mais aussi de montrer la capacité de frappe actuelle contre les forces maritimes américaines.

    Cette obsession de faire échec aux groupes aéronavals et de développer une capacité de frappe antinavire prend le pas sur le besoin d’armes stratégiques, déjà disponibles en grand nombre. La création et l’installation, sur de nombreux sous-marins, de lanceurs universels de missiles à changement de milieu, donne du poids à la force de frappe conventionnelle russe, ambitionnant d’arriver à faire jeu égal avec celle de l’OTAN.

    Le renouvellement en termes de missiles hypersoniques antinavires russes laisse présager une nouvelle période de vulnérabilité pour les forces de l’OTAN. Tirés depuis des avions de combat, la nouvelle gamme de missiles Zircon est destinée à briser la capacité de projection de forces des USA : sa flotte de guerre.

    Les défenses antimissiles et les défenses à courte portée comme les Phalanx peuvent certainement stopper, en créant un écran d’acier, certains missiles. Or, les simulations d’attaque ne mettent pas en jeu un seul appareil lanceur d’engin, mais bien un nombre massif. Le coût financier et humain d’une attaque de saturation resterait toujours inférieur au coût opérationnel et politique de la perte d’un seul porte avion de l’US Navy. Les marges de manœuvres liées à la supériorité navale se réduisent.

    Les missiles S-400 Triumph sont l’autre bête noire de l’OTAN. Ces missiles sont conçus pour abattre les appareils furtifs B-2 ou F-22, et donc verrouiller les cieux. Ils peuvent frapper à 60 km depuis le sol, tandis que la version aéroportée, n’ayant pas la montée à effectuer, peut liquider toute cible aérienne à 400 km de distance, atteinte en à peu près 4 minutes, du fait de la vitesse foudroyante du missile.

    Une mise en alerte de la base de Kaliningrad et de son système de missile signifierais une paralysie de la flotte de l’OTAN, pourtant pilier essentiel des possibilité de projection de force.

    De plus, la Russie dispose d’une défense stratégique importante, qui la met dans un relatif abri vis-à-vis des pressions extérieures. La Russie déploie une centaine d’Anti Ballistic Missiles autour de la région de Moscou, et probablement en protection des zones stratégiques. Dans le cas d’une neutralisation mutuelle au niveau de la force de frappe nucléaire, ce sont les forces conventionnelles qui seront déterminantes.

    La nouvelle doctrine Russe sur l’emploi des forces nucléaires est moins agressive que celle de la période de l’invasion de la Géorgie. La guerre dans le Caucase était une réelle prise de risque, à l’époque. Il n’était pas forcément évident de connaître la réaction occidentale. En 2008, les déclarations russes tendaient à insister lourdement sur l’usage de l’arme atomique de manière préemptive en cas de menace sur la sécurité nationale.

    Aujourd’hui, et ce malgré l’invasion de la Crimée, la doctrine russe s’est montrée plus souple, n’indiquant plus qu’un usage « en cas d’une agression massive à l’arme conventionnelle mettant en danger l’existence même de l’Etat. » Dans le cas de figure Criméen, l’invasion rapide a été doublée d’une dissuasion de toute tentative de faire barrage à celle-ci, par la menace de l’arme nucléaire. D’une manière particulièrement intelligente, la Russie a immédiatement opté pour une désescalade après son coup de force ukrainien. Cet effort important s’est immédiatement doublé d’une attitude pacifique envers les autres acteurs, d’une absence de poursuite en nouvelle-Russie, en somme d’une mise en œuvre d’une politique d’attente que soit acté le fait accompli.

    La dissuasion nucléaire occidentale apparaît comme faiblarde comparativement à celle de la Russie. Politiquement, il paraît invraisemblable de voir la France utiliser l’arme nucléaire contre un acteur, aussi menaçant soit-il. Cela exigerait une unité de volonté qui n’apparaît pas, à l’heure actuelle.

    Appliquée au cas de la trouée de Suwałki, un coup de force suivi d’une désescalade pourrait aboutir, le précédent ukrainien l’indiquant, à une politique d’acceptation doublée de sanctions symboliques et temporaires.

    D’autant que l’OTAN est faible dans le secteur et que sa marge de manœuvre est drastiquement limitée.

    Une OTAN Faible tactiquement.

    La grande majorité des armées de l’OTAN sont des armées bâties sur le modèle d’une intervention expresse. Elles ne sont pas conçues pour un affrontement symétrique entre deux forces possédant un gabarit globalement similaire. De plus, les forces de l’OTAN et Russes sont construites autour de philosophies diamétralement opposées.

    A la suite de la crise ukrainienne, l’OTAN a organisé une campagne de réassurance en direction des Etats Baltes et de la Pologne. De l’aveu même de Antoni Mancierwiecz, les forces occidentales ne pourraient absolument pas être en mesure de stopper une offensive militaire de la part de l’armée russe. Ce n’est par ailleurs pas son but, qui serait uniquement de la dissuader. Par ailleurs, le même interlocuteur semble être convaincu qu’un seul bataillon de l’OTAN présent serait un danger suffisant pour faire renoncer la Russie à tout projet. Le risque d’un entraînement paraît suffisamment dissuasif.

    L’OTAN a déployé un certain nombre de forces, hétéroclites et relativement faibles en prévision de l’exercice ZAPAD – 2017 : Une brigade US composée de 84 blindés Abrams. Un petit millier de britanniques, équipés en Challenger 2 ; Une poignée de chars Leclerc (4) ; ainsi qu’un contingent multi national dirigé par le Canada, comprenant des unités espagnoles, italiennes polonaises, slovènes et albanaises. Pour une des rares fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Allemands sont également mobilisés, armés d’obusiers mobiles et de chars de combat Léopard 2.

    Les forces de l’OTAN sont dans une triple situation d’infériorité : Militairement, ils ne représentent rien face aux troupes russes et biélorusses qui pourraient être engagées dans une épreuve de force. Ils disposent, en outre, d’un matériel tout terrain déficient, inadapté aux conditions des Etats Baltes. Si jamais les états occidentaux souhaitent intervenir, le format de leur armée le permet difficilement et ne leur permet pas d’espérer une supériorité quelconque. Géographiquement, ils sont pris au piège dans une poche facile à isoler par la voie terrestre. Politiquement, l’unité de volonté russe apparaît comme relativement forte comparée à celle des pays occidentaux. La Russie peut politiquement accepter des pertes humaines et matérielles, chose difficile à tolérer pour l’OTAN.

    Pour saisir d’une manière globale la situation géopolitique sous-jacente, l’Unité Communiste de Lyon propose de faire un retour dans le passé.

  • Afrin – le crime se prépare !

    Afrin – le crime se prépare !

    Solidaire d’Afrin – Symbole de la liberté !

                Depuis trois jours, l’armée Turque bombarde l’enclave d’Afrin. Ses forces au sol se rassemblent et se préparent à franchir la frontière, pour tenter de prendre en étau ce secteur, sous le contrôle des forces kurdes de l’YPG, bras armé du PYD, la branche syrienne du PKK.

                Erdogan présente -tous les agresseurs le font ainsi- cette opération comme défensive, visant à liquider les bases arrières du PKK, situées en Syrie. Le régime fasciste a ainsi bombardé nuit et jour, avec des raids de terreur frappant les civils, les enfants comme les vieillards. Erdogan saisit l’occasion de détruire cette épine dans son pied, au mépris de toutes les lois de la guerre. Le régime d’Ankara ne tolère aucune opposition à son ordre, ni à l’intérieur, ni à l’extérieur.

                Mais d’autres raisons sous-jacentes expliquent cette opération.

           Ces bombardements annoncent l’entrée dans une nouvelle phase du conflit en Syrie, celle du partage. Les fascistes-obscurantistes de Daesh, après des années de guerre, de destructions, de souffrances, sont maintenant en déroute, réduit à quelques poches de résistance. Elles ne tarderont pas à tomber.

                L’évolution de la situation internationale, l’évolution des rapports entre Moscou et Ankara laisse présager une possibilité de sortie négociée du conflit, avec une Syrie marchandée pour obtenir la ralliement de la Turquie à l’orbite Russe. L’Etat turque ambitionne de restaurer un sorte d’Empire Ottoman-bis, tandis que la Russie que veut consolider sa position en Syrie et disposer d’une façade méditerranéenne.

                La ligne de partage dépendra du rapport de force à la fin des hostilités.  Une course contre la montre s’engage à qui possèdera les zones les plus étendues. Turquie et régime veulent se placer le plus favorablement. Voulant s’affirmer de manière indépendante, les forces du PYD, les YPG et YPJ sont pris entre le marteau et l’enclume. Les territoires kurdes ne sont vus que comme des zones à contrôler pour l’un où l’autre des camps. La Russie à ainsi proposé de mobiliser ses troupes pour sécuriser Afrin, en l’échange du ralliement des kurdes au régime. Cette offre a été courageusement refusée.

    Car dans la logique de course, l’enclave d’Afrin est une zone essentielle.

    Pourquoi la Turquie cible Afrin ?

    Afrin est une enclave sous l’autorité des forces Kurdes, au sein du Rojava. Cette enclave a joué un rôle très important dans la fermeture des voies de communication entre l’Etat Islamique et son allié objectif Turc lors des opérations militaires qui se sont déroulées l’an dernier. Elle a contribué a étrangler l’organisation obscurantiste-fasciste.

    Afrin et Kobané prennent en étau une poche de résistance tenue par les opposants à Bachar Al-Assad financés par la Turquie. Cette poche est isolée, encerclée, et privée de voies de communications importantes, ce qui la rend tactiquement comme stratégiquement négligeable. La Turquie veut permettre à ses alliés de reprendre l’offensive vers Alep. Or, la route du ravitaillement, pour redonner une valeur opérationnelle à ces troupes, tout comme la route d’Alep passe par la liquidation de la poche d’Afrin.

    Sur la carte des fronts, on peut voir le fait que cette poche est un point de passage essentiel, elle est vitale pour que les agents de la Turquie puisse poursuivre leur campagne militaire. La Turquie procède en ce moment même à des bombardements, qui sont des préalables à une opération au sol menée par l’armée Turque. Cette opération au sol tentera probablement de prendre en étau la ville, pour l’assiéger.

    Non seulement la situation est critique, mais elle n’est qu’un préalable à une autre série d’opérations visant à écraser le Rojava. « Ensuite ça sera Manbij » a annoncé Erdogan, qui veut reprendre l’offensive en Syrie.

    Manbij, futur objectif.

    Le deuxième objectif de l’armée Turque est de forcer le verrou du barrage Tishrin, et ensuite de prendre le contrôle de la « Syrie utile », cette région agricole et pétrolière. Voilà les objectifs que veulent atteindre les réactionnaires turcs en Syrie.

    Un nouvel Empire Ottoman, bâti autour d’une Turquie devenue puissance régionale dominante dans la région. Mais un Empire Ottoman construit autour de l’intolérance, du nettoyage ethnique et de l’obscurantisme.

    Toute personne un tant soit peu sincère et éprise de paix ne peut que trembler devant la nuit qui tombe sur le Rojava. Toute notre solidarité va à celles et ceux qui luttent pour leur survie et pour la Révolution.

    Soyons solidaires de la lutte !

    Certains, certains, individus comme organisations font les gorges chaudes. Ils et elles ricanent sans vergogne de la situation des Kurdes, acculés dans la poche d’Afrin. Pourquoi ? Parce que les Forces Démocratiques Syriennes auraient bénéficié de l’aide extérieure.

                Parce que, un temps, les FDS se sont appuyées sur les forces gouvernementales.

                Parce qu’un autre, elles ont reçu l’aide tactique des forces spéciales US.

    L’Unité Communiste de Lyon considère que ces critiques érigées en lignes de démarcation ne sont que l’œuvre de révolutionnaires de papier, pour qui rien n’est jamais assez pur, jamais assez parfait, pour qu’ils veuillent bien y prêter leur soutien.

    Ils et elles reprochent aux kurdes et à leurs alliés de ne pas s’être laissés massacrés pour l’honneur et pour la grandeur de l’Histoire, mais bien d’avoir noué des alliances tactiques.

                 Des alliances avec des forces qui n’essayaient pas de les liquider, contre les agents d’Ankara.

                Des alliances tactiques avec les USA contre la bête fasciste Daech.

    Nous disons au contraire qu’il est légitime que les FDS aient joué sur les contradictions entre les différentes forces pour parvenir à survivre et à prendre l’offensive.

                Qui, dans l’histoire révolutionnaire, n’a pas fait un moment ce choix ? Qui oublie le fait que l’Allemagne a aidé Lénine à rentrer dans l’Empire Russe lors de la révolution ?

                Qui oublie le traité de Brest-Litovsk, terrible concession ?

                Qui oublie la diplomatie du premier Etat prolétarien du monde, laquelle fut parfois confrontée à des choix atroces ?

                Qui oublie les liens entre le Guomintang et le PCC ?

                Qui oublie la loi prêts-bails, pourtant orchestrée par des Etats impérialistes ?

                Qui oublie que l’OSS a fourni au Viet-Minh un encadrement et de l’armement, dont des bazookas, qui lui permirent de triompher des chars français.

                Ce qui a expliqué cela, c’est le fait que les contradictions n’ont pas toujours la même intensité, qu’elles ne sont pas toujours avec le même antagonisme. Débattre de cela avec les organisations révolutionnaires sur place est possible. Mais s’en servir comme point d’appui pour nier leur lutte revient à trahir.

                Il n’y a pas de grand camp du peuple, pas de grand camp du prolétariat qui puisse aider en tout indépendance la lutte de ces forces. Certains, en sous-main avancent le fait que la Russie de Poutine serait cette force. Nous les laissons à leurs illusions.

                 L’aide fournie par les organisations révolutionnaires dans le monde entier est magnifique, mais elle reste symbolique. Non, hélas les Kurdes et leurs alliés, notamment révolutionnaires Turcs, sont bel et bien isolés.

                Croire qu’une alliance tactique signifie compromis stratégique est une grossière erreur. La Turquie demeure dans l’OTAN, et le PKK, dont le PYD est un parti frère, demeure sur la liste des organisations terroristes.

                Le projet de société, porté par les révolutionnaires kurdes, ne peut être accepté par Washington, pour qui l’indépendance, politique et économique, des autres peuple, signifie un recul. Il ne peut être soutenu par Damas ou Moscou.

                Soutenir le PKK, et le PYD, c’est soutenir le projet kurde, celui de l’indépendance, de la liberté, et de la démocratie populaire, ennemie du capitalisme et de l’impérialisme.

                L’Unité communiste de Lyon, et tant qu’organisation présente en France, considère que sa cible première demeure les liens que notre Etat entretient avec ces régimes criminels et ces opérations de terreur. Nous dénonçons le soutien tacite de notre gouvernement à ces crimes de guerre ! Que les impérialistes le sachent ! Leur règne n’est qu’une éclipse dans l’histoire de l’Humanité ! Jamais ils ne triompheront des peuples !

                Nous appelons à rejoindre et renforcer les organisations de soutien à la cause des révolutionnaires Kurdes et de leurs alliés, notamment Turcs. Nous appelons à venir aux événements organisés et à en faire la promotion.

                Nous appelons à l’unité devant cette nuit qui tombe sur le Rojava !

  • La dictature du prolétariat : La ligne de démarcation principale.

    La dictature du prolétariat : La ligne de démarcation principale.

    La dictature du prolétariat

    La ligne de démarcation principale.

    Pour aller plus loin : 

    L’Unité Communiste de Lyon est une organisation se revendiquant du communisme. Elle est une organisation s’inscrivant dans une tradition et dans un héritage. Non pas un héritage mort et fétichisé, mais un héritage vivant et dynamique. Elle se revendique, fondamentalement, de l’intégralité de l’histoire du mouvement révolutionnaire et du mouvement ouvrier.

    Elle se revendique de la synthèse de l’expérience du mouvement ouvrier et révolutionnaire. D’une synthèse critique, capable de distiller les éléments justes de cette expérience. Cette synthèse est plus large que la seule existence des organisations communistes, que leur seul rôle. Elle doit embrasser l’ensemble de l’expérience, y compris celles qui ont été avortées, inachevées, perdues.

    Selon nous, cette synthèse de l’expérience ne se limite pas à tracer la physionomie d’une organisation à coup de citations, de galeries de portraits, de folklore et de mythes. Bien souvent, il nous est adressé la question de savoir si nous nous revendiquons de Staline, de Mao ou de Hoxha. Ce type de question est révélateur d’un certain état d’esprit qui prend les questions à l’envers. Se revendiquer d’un individu est, à notre sens, caduc et inintéressant dans la situation actuelle. Ces individus ont fait partie de l’histoire du mouvement révolutionnaire, du mouvement ouvrier. Nier leur existence ou n’embrasser que leur figure n’aurait pas plus de sens l’un que l’autre. Analyser leurs apports, en intégrer les aspects justes, en ôter les aspects faux, voilà comment nous comptons procéder pour avancer idéologiquement.

    D’autant que certains butent sur ces questions. La bourgeoisie à bien fait son travail, elle aiguille sciemment, au travers de sa propagande, au travers de l’Education Nationale, vers des formes stratégiquement inoffensives de contestation. L’importance de l’anarchisme et du trotskisme comme  mouvements dans les pays impérialistes est révélateur de cela. Cependant, bien souvent, la sympathie pour Trotski ne signifie pas une adhésion à ses thèses ni a ses pratiques. A l’inverse, combien de marxistes-léninistes autoproclamés orthodoxes se usent de l’entrisme, du fractionnisme, du liquidationnisme ?

    Il de s’agit pas de faire pour autant de l’éclectisme, et de brasser large pour se diluer idéologiquement, pour faire du centrisme, pour concilier l’inconciliable. Au contraire, il s’agit de progresser sans laisser la moindre zone d’ombre, sans laisser la moindre trace de poussière. Cacher l’inconsistance politique en se réfugiant dans une case, en se réfugiant sous une étiquette dont le contenu n’est pas maîtrisé n’est pas permis.

    L’adhésion n’est pas sur un branding d’image et de tableaux, mais bien sur une adhésion au contenu politique. Ce contenu politique que nous définissons comme ligne de démarcation principale, à l’heure actuelle, dans la poursuite de la construction d’un Parti Communiste Révolutionnaire efficace, est la dictature du prolétariat. Dans la situation actuelle, nous considérons que cette ligne est celle qui correspond à l’état actuel du militantisme au sein de notre Etat, mais également qu’elle est une question politique accessible aux plus larges masses, tout en étant profonde et complète.

    Pourquoi la dictature du prolétariat comme ligne de démarcation ?

    Le choix de la dictature du prolétariat comme ligne de démarcation est lié à un constat. Trop souvent, les organisations se revendiquant du communisme dressent une liste de points préalables sans fin à l’adhésion et au travail commun, ou à l’inverse évitent soigneusement cette question. Bien souvent, ces lignes de démarcations sont tracées dans le désert, et ne correspondent pas à des modalités pratiques ou politiques. Elles sont érigées en fétiches. Admirables ou non, justes ou non, elles n’en sont pas moins tout autant de barrières absconses car n’ayant pas de transcriptions concrètes dans la réalité ou dans la pratique, hors de l’iconographie.

    Nous avons voulu choisir une autre voie que celle de l’amoncellement de barrières qui ne font que recroqueviller les organisations autour d’un cristal de pure vérité autoproclamée, mais qui les privent de l’espace, de la marge de manœuvre permettant de débattre de la véracité de ce cristal, de le forger au fer de la critique, de la heurter au prisme de la science. Cette attitude sectaire de repli sur une vérité affirmée mais indémontrée, nous l’avons eue nous même, nous l’avons expérimentée et nous en avons, par le passé, éprouvé les limites.

    Nous voulons expérimenter une autre voie, plutôt que celle de la lame de rasoir, affûtée mais fragile, maniée d’une main incertaine, nous optons pour celle du creuset, de l’instance centrale de débat, dans lequel les diverses organisations doivent se fondre pour que naisse, par le travail et l’effort commun une organisation communiste pouvant déboucher sur un parti communiste. Tout n’a pas besoin d’être préalablement aplani avant d’avancer ainsi. De toute manière la dialectique et la vie font surgir chaque jour de nouvelles questions, de nouvelles luttes de ligne.

    Jamais le PC(b)US soviétique, jamais le PCC chinois, jamais le PTA albanais n’ont été monolithiques. Ces organisations ont certes tendu vers toujours plus d’unité, toujours plus d’efficacité, mais n’ont jamais été des blocs homogènes à 100%. Elles ont toujours connu une lutte de ligne intérieure. Nous considérons que l’unification n’est pas équivalente à la résolution immédiate de la lutte de ligne. La résolution de la lutte de ligne ne saurait être préalable au fait d’avancer, cela reviendrait à emplir un tonneau percé. Une base minimale simple, claire, et suffisante doit être dessinée comme préalable. Le reste des questions peut et doit se traiter dans le cadre du débat commun.

    Nous mêmes, faisons le choix d’avancer en commun.

    L’Unité Communiste de Lyon est une organisation qui rassemble des communistes ayant une perception différente de leur idéologie. Certains sont marxistes, d’autres se perçoivent léninistes, d’autres maoïstes. Nous pensons que les questions idéologiques sur ces distinctions sont légitimes. Elles sont légitimes et doivent faire l’objet d’un débat scientifiquement argumenté. Seulement, l’Unité Communiste de Lyon considère que ces questions peuvent être résolues au sein d’une organisation unique. Leur résolution n’est pas un préalable au travail commun et à l’unification. Leur résolution en est même une conséquence, puisqu’elle créé le cadre scientifique qui permet de faire la démonstration claire et nette de la supériorité de telle thèse sur telle autre thèse. Elle permettra de rejeter les conceptions arriérées et périmées et de systématiser celles qui sont justes.

    Dans l’état actuel des choses, certaines questions ne sont pas non plus un préalable à l’adhésion. Bien souvent, la maîtrise du matérialisme-dialectique, du matérialisme-historique, de l’ensemble des facettes de l’idéologie a été placée comme une nécessité pour devenir adhérent. Comme l’exigence était trop élevée par rapport à ce que des néo-adhérents, des statuts intermédiaires artificiels étaient mis en œuvre. Des stagiaires ad vidam eternam, parfois, qui attendaient d’être considérés comme digne de devenirs des égaux.

    Bien souvent, du fait de l’organisation en sectes, refermées autour d’une vérité autoproclamée, la progression vers le centre de ces organisations cloisonnées ne se faisait pas en fonction de la progression dans la maîtrise de la théorie et de l’idéologie, mais bien uniquement en fonction du degré de mimétisme des positions du centre. Dans ces conditions là, la dégénérescence ne pouvait que se manifester tôt ou tard, la présomption et le procès d’intention remplaçant l’analyse, l’attaque et l’agression le débat, l’assénement de dogmes la démonstration de la justesse des thèses défendues.

    Nous voulons une progression en commun, vivante, critique et encourageant l’autocritique.

    Nous pensons que la question de la dictature du prolétariat est suffisante et constitue une ligne de démarcation suffisante pour adhérer. Elle n’a pas besoin d’être même formulée selon cette expression consacrée. Le fait de vouloir la constitution d’un pouvoir populaire où le prolétariat et ses alliés dirigent l’Etat contre les exploiteurs, est suffisant.

    Pourquoi est-il suffisant ? Parce qu’elle est la condensation de l’objectif politique stratégique du mouvement communiste à l’heure actuelle. Elle conditionne tout et est la condition de tout.

    La question de la dictature du prolétariat est le nœud gordien de la lutte. L’atteindre impacte la forme de l’organisation et la question des rapports qui se nouent en son sein. Elle explique le fait qu’une organisation politique communiste ne peut atteindre cet objectif que sous la forme d’un parti de type nouveau, tel que défini par Lénine. Elle conditionne le fonctionnement interne, la nécessité d’avoir un centralisme démocratique, le fait de devoir lutter contre le fractionnisme, contre l’entrisme. Elle conditionne le fait qu’un Parti Communiste n’est pas une clique, une bande, une coterie, mais une organisation conçue, organisée, architecturée pour renverser le pouvoir de la bourgeoisie et créer l’Etat prolétarien. Elle explique que les organisations de ce type ne sont pas des salons de discussion, ni de plaisant clubs, mais des outils conçu pour la plus grande efficacité.

    Sommes-nous pour de meilleurs salaires, pour de meilleurs horaires de travail, pour une meilleure couverture santé, pour une défense des droits des chômeurs ? , oui, nous le sommes. Mais limiter là notre revendication politique revient, au final, à demeurer au niveau de l’économisme. Il s’agit du travail des organisations syndicales, du travail des organisation de masse, de défense des masses populaires et de ses intérêts.

    La question de la dictature du prolétariat politise la question. Elle pose la question du pouvoir de la bourgeoisie, de la nature de son Etat, de la nature de ses institution, de la nature du rapport que peuvent avoir les exploités avec celle-ci. Vouloir défendre ce projet, c’est comprendre le fait que l’Etat n’est pas amendable, qu’il n’est pas possible de négocier sa forme, de se contenter du cadre étriqué de sa prétendue démocratie. La question de la dictature du prolétariat pose de manière concrète la question de la révolution. Elle le pose d’une manière non-abstraite, non comme un but final, non dans une perspective messianique, millénariste, mais comme un moyen concret. Un moyen concret de disposer des outils pour ériger et construire le socialisme puis le communisme. Elle redonne ainsi au marxisme sont caractère fondamental de guide pour l’action, et non d’un fétiche.

    La question de la dictature du prolétariat pose également la question du programme. De construire le socialisme dès qu’une zone est sous le contrôle du pouvoir populaire. La question de la dictature du prolétariat pose également celle de la démocratie populaire. La dictature du prolétariat implique deux aspects insécables : celui de la démocratie pour les masses, celui de la dictature contre les ennemis du peuple.

    En elle, elle pose la question des soviets, du contrôle populaire sur l’économie, de l’organisation démocratique de celle-ci. Elle pose la question de l’économie politique, de la planification, de la question du rapport avec la nature et avec l’écologie. Elle pose la question d’une économie non plus au service du profit d’une poignée de parasites, mais bien pour répondre à des besoins.

    La dictature du prolétariat pose également la question de la difficile gestion de la question des experts, de la bureaucratie d’Etat, du besoin de spécialistes. Elle pose la question de la liquidation en tant que classe de la bourgeoisie, par le fait d’éliminer le besoin social de ces catégories de population.

    Elle pose la question de la contrainte ou de la répression contre celles et ceux qui y sont hostiles et qui veulent s’organiser contre le pouvoir populaire. A la fois contre les irréductibles ennemis du peuple, mais également contre les menées intérieures qui peuvent être faites par certains individus, voire par des corps sociaux entiers comme ceux des experts bourgeois, qui peuvent tenter de se constituer leurs royaumes personnels au sein de l’Etat prolétarien, et, de ce fait, le ronger peu à peu. Elle pose la question de l’éducation des masses, de l’accès à la culture et au savoir, pour résoudre la dépendance vis-à-vis de ces experts, pour avancer vers la résolution de la contradiction entre travail manuel et intellectuel.

     Elle pose la question de la capacité à rallier les larges masses populaires, à les convaincre du bienfondé de l’Etat populaire par la mise en œuvre d’une politique qui donne des résultats. Elle pose la question de comment se met en œuvre ce ralliement, qui ne peut se faire -et ne s’est pas fait- par la contrainte, mais bien par un lent travail d’éducation des masses sur ce que signifiait cette étape du socialisme, y compris après la conquête du pouvoir par les bolcheviks ou par les organisations révolutionnaires. Elle pose la question des cadres du débat démocratique au sein d’une république soviétique.

    Elle pose la question de son affermissement, de la résolution des contradictions non-antagoniques par le débat, le dialogue, l’explication ou la conviction. Elle pose les bases de la résolution de la question de la structure patriarcale de la société, du sexisme, du racisme, des maux qui sont tout autant  de fléau dans la société pourrissante dans laquelle nous vivons.

    Elle pose la question de la défense et des relations internationales, de la volonté de soutien aux opprimés croulant sous le joug d’autres Etats capitalistes, de l’impérialisme, du colonialisme…

    Elle ouvre la voie vers une société sans classe ni Etat, vers une société communiste.

    A l’inverse la dictature du prolétariat démarque les communistes du réformisme, du révolutionnarisme romantique, de l’opportunisme. Elle est ce qui démarque des partis qui ne comprennent pas la nature de classe de l’Etat, son caractère profond de force d’oppression d’une classe contre une autre. Elle est ce qui démarque, fondamentalement de celles et ceux qui sont inconséquents, qui rêvent d’un grand soir sans en assumer les implication. Elle est ce qui forme une démarcation entre le messianisme, l’utopisme, l’idéalisme et la volonté d’avancer de manière cohérente, construite, organisée, structurée et efficace. Elle est la distinction entre le vœux pieux et la victoire.

    La question de la dictature du prolétariat porte chacun de ses aspects en son sein. Comme dans la création d’un dictionnaire, nous considérons qu’elle est une réponse nécessaire et suffisante, simple et accessible à tous et à toutes à la question de quelle est notre ligne de démarcation.

  • 2017 : Le bilan – partie 2 : Bilan de l’Unité Communiste de Lyon

    2017 : Le bilan – partie 2 : Bilan de l’Unité Communiste de Lyon

    Bilan de l’Unité Communiste de Lyon

    L’année passée fut riche en expérience, en luttes, mais également en avancées pour l’Unité Communiste de Lyon, qui doit faire décanter cette somme d’expérience pour lui permettre de s’adapter à sa tâche : être une des pierres de la création d’un Parti Communiste révolutionnaire.

    A la conférence de Bottrop, nous camarades présents expliquaient ainsi nos tâches :  Actuellement, essayant de régler nos problèmes les uns après les autres, nous tentons avec tous les camarades de France représentés ici, en suivant l’exemple du groupe « l’Emancipation du travail » de Plekhanov, tout en participant aux luttes, de renforcer notre capacité à diffuser plus largement les idées marxistes-léninistes. Nous le faisons par la rédaction de brochures, par l’édition, par la diffusion, par la formation. Par ce travail, nous cherchons à contribuer à accroitre l’influence du marxisme-léninisme et à l’étendre à de nouveaux milieux. Ces milieux, formés dans la lutte des classes, contribuerons à former la base d’un tel congrès d’unification.

    Pour remplir ces tâches, l’Unité Communiste de Lyon à fondé son site internet, sur lequel, entre le 1er janvier 2017 et aujourd’hui, plus de 150 articles ont été publiés, ainsi que 21 brochures de notre plume et 37 ouvrages numérisés dont des inédits en français. Ce site internet à ainsi connu près de cent mille visites depuis avril 2017, permettant de diffuser l’idéologie marxiste-léniniste ainsi que les positions et la ligne politique de l’Unité Communiste de Lyon.

    Nous avons de grands chantiers.

    L’Unité Communiste de Lyon travaille, tout d’abord, au sein de son congrès, à son propre développement. Celui-ci doit nous permettre de développer notre stratégie d’unification, de déterminer quelles en sont les modalités, quelles en sont les lignes de démarcation.

    Nous travaillons toujours à la constitution de notre Centre de Recherche Marxiste, dont l’un des pans les plus importants est la constitution du Centre de Documentation Révolutionnaire. Bien qu’ayant subit des retards, le développement de ce centre ce poursuit toujours.

    Son but demeure de cataloguer l’ensemble de la documentation révolutionnaire disponible, sous chacune de ses formes, et de la mettre le plus largement possible – au travers d’une interface efficace- à la disposition du plus large nombre. Plus largement, son but consiste à pouvoir disposer d’un pool de talents, de traducteurs, de correcteurs, pour permettre la mutualisation la plus poussée et pratiquer l’économie des forces au sein du mouvement communiste francophone.

    A terme, nous maintenons la volonté de proposer des collaborations transorganisationelles sur les différentes questions idéologiques, politiques ou même pratiques, dans le but de contribuer à briser l’esprit de secte, malheureusement toujours aussi puissant dans notre Etat.

    Nous voulons régénérer notre idéologie par ce travail, lui redonner vie et profondeur, permettre de l’adapter à la réalité concrète, mais également d’ouvrir de débat pour que chacun en tire profit.

    Nous avons lancé, dans le même ordre d’idée, une plate-forme de médias, encore embryonnaire, nommée Planète Rouge. Celle-ci a pour volonté de libérer la parole et la capacité d’expression des militants et militantes communistes, en s’ouvrant aux contributions individuelles de manière large. Tant que la publication reste dans le cadre du débat prolétarien, de l’apport, mais également dans le cadre de la défense de la dictature du prolétariat et de ses implications logiques, la parole est ouverte.

    L’Unité Communiste de Lyon fut présente au meeting de l’ICOR, où elle a pris par ailleurs la parole. Cette conférence a été l’occasion de nouer des liens internationaux, mais également de pouvoir s’inscrire dans une dynamique de travail hors du cadre restreint de notre Etat. Nous ne considérons pas l’ICOR comme un outil parfait, il est plus que nécessaire qu’un travail sérieux soit fait en son sein, mais cependant, elle représente une étape, elle répond à un besoin, une nécessité de l’heure actuelle : celle d’un cadre de débat et d’unification.

    Nous voulons impulser une politique d’unité et d’unification dans l’ensemble de notre Etat. Cette politique d’unification doit rompre avec ce qui a été tenté avant. A l’issue de notre congrès nous formulerons nos thèses sur la question de l’unité au sein et à l’extérieur de notre Etat. Pour autant, nous confirmons notre constat, exprimé à la conférence de l’ICOR: « nous n’avons qu’un milieu Marxiste-léniniste minuscule, morcelé. Morcelé par un sectarisme de groupes qui se voient chacun comme un Etat-major et qui ne créent pas de cadre de discussion qui permette d’apporter une solution scientifique aux problèmes, qui n’apporte aucune mutualisation des expériences de lutte. » Ce sont à ces problèmes immenses que l’Unité veut s’attaquer.

    L’Unité Communiste de Lyon avance sur ces chantiers stratégiques essentiels. Cela ne l’empêche pas de travailler au jour le jour auprès des masses et d’être présente dans les luttes. Lutte contre la loi travail, antifascisme, syndicalisme, solidarité internationale… L’Unité Communiste de Lyon, dans la mesure de ses moyens, s’est impliquée dans chacun de ces combats.

    Aujourd’hui, l’Unité Communiste de Lyon avance et se transforme.

    L’Unité Communiste de Lyon demeure une organisation jeune. En presque deux ans d’existence, bien des vicissitudes restent à traiter. Cependant l’Unité Communiste de Lyon considère qu’elle a franchi le stade la plus critique de son existence, à savoir le fait de s’inscrire dans la durée. Nous avons acquis la certitude que ce que nous construisons, même si il est voué à disparaître dans une unification, n’est pas un simple feu de paille, mais bien le fait de construire un outil qui nous manquait.

    Une étape, à nos yeux, à été franchie. L’Unité Communiste de Lyon est désormais une organisation reconnue, tant à l’échelle de notre Etat qu’internationalement. Elle est une organisation possédant une physionomie politique, déterminée par des lignes de démarcation. Elle est une organisation ayant un contenu, une pratique.

    Mais nous ne nous laissons pas gagner par la fièvre du succès, et nous nous devons d’être vigilants et critiques.

    Nous avons un devoir d’autocritique sur le fait que nous n’ayons pas tenus tous nos engagements, que nous n’ayons pas répondu de manière convenable à tous les appels au devoir, à tous les appels de nos camarades.

    C’est un fait indéniable. C’est un fait que nous ne saurions escamoter, il est l’incarnation de nos faiblesses et de nos manques. Nous travaillons à les éliminer pour progresser. Eliminer le libéralisme et les tendances petite-bourgeoises qui nuisent à son activité. Eliminer les tendances au dogmatisme comme à l’empirisme, au folklorisme… La liste est longue et la lutte, constante.

    Mais il ne s’agit pas d’espérer que la perfection naisse d’elle même. Nous partons d’un monde dominé par l’idéologie bourgeoise, par ses pratiques, par ses failles. Nous ne voulons pas être de ceux qui se déclarent parfaits et au dessus de tous reproches. Mais nous voulons tendre vers l’amélioration, vers le progrès, en s’inspirant de ce qui fut réalisé par le passé.

    Nous nous inspirons de l’expérience chinoise et des 5 Haos qu’elle a initié :

    ·         « 1. Avoir une correcte pensée politique.

    ·         2. Pratiquer l’entraide entre camarades pour renforcer l’unité du collectif

    ·         3. Apprendre des plus avancés et apprendre aux retardataires

    ·         4. Savoir innover et économiser en travaillant

    ·          5. Remplir les normes de production. »

    L’Unité Communiste de Lyon avance. Elle est dans sa phase de congrès, laquelle doit lui permettre de pouvoir clarifier ses positions et sa stratégie. Elle avance vers plus d’efficacité, plus d’influence. Elle avance en luttant contre ses propres tendances au sectarisme et au localisme. Elle progresse et s’enrichit de son expérience.

    Elle forme un nouveau creuset dans lequel ses militants avancent, derrière des principes de camaraderie, derrière une volonté de débat prolétarien, pour contribuer efficacement au combat politique. Elle doit réussir à ne pas devenir une secte parmi d’autres, à être ouverte, tout en ne sombrant pas dans la démagogie et dans le centrisme.

    Ce sont là les tâches assignées à ce congrès, étape essentielle dans la vie d’une organisation. Ce sont là les passages obligés pour partir d’un bilan et se tourner vers l’avenir.

    2018 sera une année, elle aussi, de lutte et de combats. Une année critique à plus d’un titre, tant en termes de politique intérieure que de situation internationale. Les immenses tendances au conflit mises en branle l’année passé seront pas stoppées par les vœux pieux annoncés lors des fêtes de fin d’année. 2018 démarre sous le signe de l’incertitude, de la tension et de l’attention. Au milieu de ce maelstrom guerrier et antisocial, les communistes doivent faire front contre les projets de la bourgeoisie.

  • 2017 : Le bilan – partie 1 : Le bilan de l’année politique.

    2017 : Le bilan – partie 1 : Le bilan de l’année politique.

    2017 : Le bilan

    L’année 2017 s’achève.

    2017, année centenaire de la Grande Révolution d’Octobre, a été une année riche, complexe, éreintante. Elle fut intense en termes de calendrier politique et en termes d’offensives de la part de la bourgeoisie. Elle fut une année intense en termes d’activités militante.

    L’Unité Communiste de Lyon en dresse un bilan, tout comme un bilan de son activité.

    Partie I : Le bilan de l’année politique

    L’année 2017 a été une année en trident. Une année marquée, au sein de l’Etat français, par trois aspects majeurs.

    Le premier fut celui des présidentielles, dans lesquelles l’Unité Communiste de Lyon a adopté une position de boycott et de rejet, appelant conjointement avec le Groupe Antifasciste de Lyon et Environs, ainsi que des individus, à un rassemblement le 4 février, dans le but de dénoncer la mascarade présidentielle.

    Les élections présidentielles ont ramené au centre du débat toute la putréfaction politique. Le barycentre du débat fut, in fine, la question de l’immigration, la question de l’Islam, la question du terrorisme. Des sujets qui furent autant de tremplins pour l’expression des fascistes.

    Nous considérions alors, et nous considérons toujours, que les positions de soutien critique -en particulier au second tour- que la position trotskiste de « ni boycott, ni vote » ou, pire, que le soutien sans faille à Macron étaient des positions erronées. Cette élection a été une formidable cuve de décantation pour les mouvements politiques. Elle a permis de voir le poids terrible du réformisme et des conceptions parlementaristes de la lutte, même au sein des mouvements communistes ou anarchistes. Ce poids est logique et compréhensible, il n’est pas réellement possible de le blâmer tant qu’une issue révolutionnaire, par le truchement d’une organisation capable de la diriger, n’existe pas.

    A notre sens, et nous le maintenons, la seule possibilité de sortir « par en haut » de cette mascarade, dans l’état actuel des choses, était l’idée d’impulser une ligne d’opposition extra-parlementaire. Cette opposition extra-parlementaire demeure à construire, conjointement, sans esprit de cercle ou de secte. Elle demeure la possibilité de pouvoir réclamer une légitimité à l’expression politique issue de l’extérieur de l’Assemblée, du Parlement, ou des organisations traditionnelles et institutionnelles.

    Ces élections ont débouché, au final, non pas sur un raz-de-marée Bleu Marine, comme certains prophètes l’annonçaient, mais sur une victoire hégémonique du centre, sur une victoire de la lance la plus affûtée de la bourgeoisie : Macron. Cette victoire à eu deux effets.

    ·         D’une part la bourgeoisie à les mains libre pour faire ce qu’elle veut. Et, depuis elle ne s’en prive pas. Chemin faisant, le centre s’attire la haine des classes populaires et même d’une partie de la petite bourgeoisie, laissant supposer son effondrement aux prochains enjeux électoraux.

    ·         D’autre part le concept du FN est arrivé à bout de souffle, s’est effondré sous son propre poids. Mais, derrière la difficulté tactique et passagère, se consolident les bases pour une poussée nettement plus puissante d’ici les prochaines élections.

    Ces deux effets laissent présupposer des élections particulièrement glaçantes. Si Laurent Wauquiez, l’autoproclamé Trump français, parvient à réussir son opération, il sera le centre d’un coalition redoutable, d’autant que, à gauche, l’opposition, si elle parvenait au second tour, se heurterait à une levée de boucliers sans précédent. Même un Mélenchon parvenant à fédérer et à rassembler très largement se heurterait à une croisade sans précédent de la part du patronat et de la bourgeoisie.

    La classe des exploiteurs, dès les élections passées, s’est mise en marche -sans jeu de mot – avec brusquerie et brutalité. Tous les fronts sociaux ont été attaqués.

    ·         Le Droit du Travail, avec une poursuite de l’ANI (Accord National Interentreprises) de la Loi El-Khomri, devenue la Loi Travail finale. Son but est toujours le même, liquider le contrat de travail, baisser les salaires, donner le contrôle absolu au patronat. Sa finalité : un contrat unique, conçu comme le mix parfait entre CDI et CDD, c’est à dire déterminé uniquement par les tâches à effectuer, et non plus par une durée.

    ·         Des attaques contre l’éducation, contre l’enseignement primaire, secondaire et supérieur, avec une ligne réactionnaire vers le premier (uniformes, rigidité, programme nationaliste) , et libérale vers les seconds (fin du bac comme examen, appel aux contractuels, autonomie de gestion et de frais d’inscription…). L’objectif final : privatiser en catimini l’enseignement et briser le cadrage des diplômes, ce qui leur donne leur valeur aux yeux de conventions collectives agonisantes.

    ·         Des attaques sur le système d’imposition, permettant de pouvoir casser l’alimentation des caisses de cotisation. Systèmes de cotisation sociales d’ailleurs directement en ligne de mire, avec une offensive plein tubes contre la Sécurité Sociale, contre les Retraites, contre l’Assurance Chômage. Une offensive qui a déjà écrasé les APL, menaçant ainsi les parts les plus précarisées de la société, et qui vise à s’étendre et se poursuivre.

    ·         Des attaques contre les collectivités locales, en ayant pour ambition de supprimer leur autonomie et de recentrer la forme de l’Etat en un état de type gaullien, ultra-vertical et hyper-concentré, tout en développant à l’extrême la Révision Générale des Politiques Publiques, cette entreprise de purge des services.

    ·         Des lois sécuritaires qui visent à briser la capacité combative des travailleurs et des travailleuses. Elles permettent un répression à tout va, sans la moindre retenue. Elles se sont accompagnées d’un discours visant à les justifier, discours dont Manuel Valls fut le porte-étendard, véritable agent-provocateur, visant à stigmatiser sans cesse les musulmans et à faire naître une composante politique, véritable ennemi-intérieur : l’islamo-gauchiste.

    ·         Une politique anti-migrants scélérate et criminelle, sans la moindre pitié, chassant les réfugiés, détruisant leurs biens, semant la terreur… Tout cela, avec, en fond, l’omniprésence de l’opportuniste en chef : Gérard Collomb, grand clientéliste et bras armé de la répression.

    ·         Une poursuite et une volonté d’intensification de la politique impérialiste de la France. Notamment au travers d’opérations militaires de grande envergure, mais également en maintenant le diktat du Franc CFA sur une Afrique chaque jour plus étranglées par l’impérialisme et le néo-colonialisme.

    ·         En revanche, un regard plus que conciliant sur les méfaits et les abus commis par la bourgeoisie. Malgré les cadeaux, malgré les offrandes, fiscales ou légales, sa soif de richesse n’est toujours pas assouvie. Dernière offre en date, une hausse de 40% du salaires des maires des grandes villes.

    Ce qui mène au dernier point, la lutte contre les attaques de la bourgeoisie. Cette lutte, marquée par les journées d’actions, n’a pas, pour le moment, été à la hauteur de la tâche qui lui incombe. Cependant, elle avance toujours. Front Social est une expérience qui a porté certains fruits, malgré la défiance qui existe -et qui n’a pas lieu d’être- entre les syndicats et ce front. De même, une certaine étape dans le rapport à la violence à été franchie. Les cortèges de tête » ont matérialisé une radicalité dans l’action, auparavant diffuse. Cela ne les a pas empêchés de chercher à mener une difficile politique d’unité avec les organisations plus traditionnelles. Cette combativité et cette conflictualité au sein de chacune des manifestation a été le reflet d’une montée en tension sans cesse aggravée avec la police.

    La misère sociale qui se profile risque d’être terrible. Les grands gagnants, dans la situation actuelle, sont les fascistes, tant ils sont appuyés sans cesse par des provocateurs tels Valls, Onfray, Finkielkraut, Zemmour et autres. 2017 est une année que les fascistes peuvent saluer.

    Dans ce cadre, nous avons, par ailleurs participé à la mise en place d’une mobilisation antifasciste sur Lyon. Une lutte importante s’est engagée, durant la première partie de l’année, contre le Bastion Social. Ce squat détenu par les fascistes servait à instrumentaliser la misère des sans domiciles fixes pour la tourner contre les réfugiés. Par la mobilisation, ce « bastion » a été contraint à fermer. Cependant, lorsqu’un appel à la mobilisation pour une manifestation antifasciste internationale s’est lancé, la préfecture s’est empressée de l’interdire. Lorsqu’un rassemblement a tout de même été lancé, la police s’est empressée de l’encercler.

    L’Etat s’est montré, une fois nouvelle, sous son jour le plus sombre.

    Le centenaire de la Révolution d’Octobre a occupé un grand nombre d’esprits. Combien ont pu avoir l’espoir qu’un sursaut grandiose en naîtrait ? Cet anniversaire à été l’occasion de tirer des conclusions sur la situation et la stratégie des forces communistes dans le monde, dont ferons, plus tard, le bilan. Mais elle fut l’occasion de remettre sur le devant de la scène la question de la révolution et celle de la dictature du prolétariat. Elle fut également un marqueur, par les réaction qu’elle a suscité, de la véritable nature politique de certains courants et de certaines organisations, lesquelles se sont empressées d’attaquer ce contenu politique et de ne rester que sur des questions démocratiques.

    Elle fut l’occasion, cependant d’une campagne d’affichage de notre part, ainsi que de la participation à la conférence de l’ICOR, à laquelle nous avons participé au côtés de nos camarades de l’UPML, mais également d’une galaxie d’organisations politiques internationales, unis autour d’un but : unifier le mouvement communiste.

    En effet, l’année politique ne serait être complète sans évoquer les questions internationales.

    Celle du Moyen-Orient, tout d’abord, où la situation Syrienne prend de manière sans cesse croissante la tournure d’une répétition générale avant un conflit inter-impérialiste de grande ampleur. Où l’Etat turc joue un billard à plusieurs bandes, faisant monter les enchères entre occident et Russie, pour tenter de s’imposer comme la puissance du secteur, en face de l’Iran.

    La réapparition du conflit israélo-palestinien, à la suite des provocations de l’Etat colonialiste, au travers du nouvel emprisonnement de Salah Hamouri, mais également avec la tentative conjointe de Netanyahou et de Trump de faire de Jérusalem la capitale de l’Etat hébreux.

    Enfin, surtout celle de nos camarades Kurdes, qui, pris en étau entre Daesh et les Etats interventionnistes, se battent dos au mur pour construire un espace de liberté entre les mâchoires de l’ennemi. L’écrasement du Kurdistan Irakien et de sa tentative d’indépendance ont révélé un fois de plus que les papiers, les traités, les votes, les lois ne protègent pas. Seule la mobilisation populaire et le peuple en arme sont la garantie effective de l’indépendance.

    Dans cet ordre d’esprit, la Catalogne a vu les regards se plonger vers elle. La question de l’indépendance d’une partie de l’Etat espagnol est intervenue à plusieurs reprises. Elle prouve là aussi que les votes et les référendums ne sont nullement des garanties pour l’exercice de la souveraineté nationale. Aujourd’hui, un nouveau gouvernement indépendantiste à été élu, mais il n’existe nulle preuve que l’Etat espagnol puisse tolérer la moindre velléité d’indépendance.

    De l’autre côté de la Terre, les menaces de guerre couvent. Entre les USA et la Corée du Nord, la tension monte sans cesse. Les provocateurs américains semblent jouer un jeu dangereux, pour tenter de soumettre le régime Nord Coréen. Au cour de l’année, nous avons à plusieurs reprise rappelé les raisons de ce conflit, notamment après la victoires aux élections d’une ligne pacifiste en Corée du Sud. Aujourd’hui, la Corée du Nord déclare que les sanctions de l’ONU représentent un acte de guerre, la situation est donc loin de la désescalade.

    2017, d’un point de vue politique, fut une année brûlante. Elle le fût tout autant d’un point de vue diplomatique. 2018 offre une promesse d’être une année tout aussi cruciale, tant à l’intérieur qu’a l’internationale.

    Il reste aux organisations communistes à donner leur réponse à ces défis, à trouver la voie pour les surmonter.

    L’Unité Communiste tiendra sa place à côté d’elles, dans cette lutte à l’échelle de la planète pour constituer un nouveau front révolutionnaire.

  • Victoire en Catalogne !

    Victoire en Catalogne !

    Victoire en Catalogne !

                    Dure semaine pour le régime de Madrid. Le Parti Populaire, héritier des organisations franquistes, subit deux humiliations coup sur coup. Premier événement, l’anniversaire, toujours présent dans les mémoires, de la mise en orbite de Carrero Blanco, dauphin de Francisco Franco, par l’organisation indépendantiste Basque Euskadi Te Askatasuna. Anniversaire dont la célébration et la mention ont valu à plusieurs reprises des condamnations par la justice de l’Etat Espagnol.

                    Deuxième événement, la Catalogne a voté. Elle a voté avec une majorité absolue en faveur de l’Indépendance, contrebattant les plans des loyalistes. Elle accorde un soutien vif, renouvelé, aux résultats du référendum du 1er octobre.

                    Le gouvernement de Madrid, pour mémoire, avait tenté de saboter la tenue de ce référendum sur la question de l’indépendance. Arrestations, violences, sang et os brisés avaient parsemé cette journée. La victoire des indépendantistes fut contestée. Les dirigeants de la Généralité furent inquiétés pénalement, tandis que le Roi vomissait un torrent d’injure sur l’infidélité de ses sujets. Une situation ténue et angoissante s’était installée, tandis que tous les gouvernements d’Europe se préparaient à soutenir un écrasement de la Catalogne. Cyniques, ricanant, les réactionnaires et les fascistes agitaient l’image de Lluis Companys, assassiné par leurs soins, après avoir déclaré l’indépendance de la Catalogne.

                    Alors que la tension était à son comble, Puigdemont a reculé. Ce recul fut une déception pour beaucoup, pour d’autres un recul tactique. Toujours est-il que de sont côté, le gouvernement madrilène, lui, n’a pas hésité. Il a frappé par l’article 155, prenant le contrôle de toutes les institutions, se démasquant une nouvelle fois pour ce qu’il est, constitutionnellement parlant : une monarchie absolue maquillée en démocratie. Cependant, pour conserver cette image de brave démocrate, il fallait promettre un vote, celui-ci a pris pour date le 21 décembre.

                    Mal lui en a pris. Echaudés par leur victoire, les indépendantistes ont mis les bouchées doubles pour gagner des voix. Les hésitants, horrifiés par la main de fer de l’Etat, se sont ralliés à eux, dans cette volonté de pouvoir se protéger contre les exactions d’une police descendant tout droit du fascisme.  Les unionistes ont été marginalisés.

                    Les urnes ont parlé, ce 21 décembre, accordant 72 sièges aux indépendantistes sur les 135 en jeu. Pire humiliation pour Rajoy et sa formation, elle arrive toute dernière et ne dispose que de trois sièges. Un score minable et une gifle magistrale. Rajoy est marginalisé, pour sa stratégie, au sein de son parti. Son parti est marginalisé au sein de la Catalogne. Même selon ses règles, le gouvernement de Madrid sombre.

    Source : Le Figaro

                    Le camp de l’indépendance exulte. Malgré son caractère hétérogène, la coalition a remporté la passe d’arme la plus difficile de son existence, celle de battre l’adversaire sur son propre terrain. Certains, comme Podemos, à la charnière des deux camps, tentent de jouer les conciliateurs pour tirer leur épingle du jeu. Une stratégie qui arrive trop tard, dans un climat de rupture déjà consommé.

                    Ayant perdu la partie, le gouvernement Espagnol tente la stratégie du torpilleur. Il a fait voter une loi facilitant le déménagement des sièges sociaux des compagnies hors de la Catalogne. Comme la victoire ne peut être acquise, il pratique la politique de la terre brûlée. Vider la Catalogne de son intérêt économique. Ironie de la chose, cette manœuvre à contribué à la défaite des unionistes, dont les soutiens furent horrifiés de perdre leur travail par la faute du gouvernement central.

                    La réaction du Roi Felipe VI fut une explosion de colère, tandis que Rajoy fut mis en accusation au sein même de son parti pour sa stratégie désastreuse. Toujours est-il que leur réaction politique tarde à se faire sentir, celle-ci se limitant pour le moment à refuser de rencontrer le Président Puigdemont. Nul doute que les choses ne seront pas simples, que l’Etat espagnol de cédera pas sans combattre. Nul doute qu’il ne se laissera pas diviser ainsi, ni que le roi n’accepte de renoncer à la possession de cette partie si riche de son territoire. Nul doute non plus que si conflit il y a, l’Etat espagnol sera appuyé par ses voisins, au premier chef desquels trône notre Etat.

                    L’Unité Communiste de Lyon accorde son soutien à la volonté indépendantiste, dans la mesure où celle-ci est le reflet de la volonté populaire du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Nous saluons la victoire des indépendantistes, voulant briser la tutelle de Madrid, avec l’espoir que ce précédent ouvre la voie vers d’autres combats.

                    Nous espérons que cette victoire ouvre les yeux sur un certains nombre de sujets concernant notre propre Etat, notamment le fait que les possessions d’outre-mer, tout comme l’existence du Franc CFA, sont une perpétuation d’une logique colonialiste et impérialiste.

                    Vive la Catalogne !

  • FISC et lutte des classes – Partie Finale – Macron le royaliste.

    FISC et lutte des classes – Partie Finale – Macron le royaliste.

    Macron le royaliste

    Partie finale. 

    Macron, au final, se montre particulièrement radical dans son rapport à l’impôt.  Son but est de faire une réforme particulièrement profonde du système d’imposition, pour le ramener à celui préconisé par le bâtisseur de forteresse qu’était Vauban.

    D’une part, il liquide déjà l’impôt sur la fortune, en ne l’appliquant plus que sur les possessions immobilières, mais sans que le patrimoine ou le capital ne soient touchés.

    De l’autre, il initie un vaste mouvement de réforme par rapport à l’impôt sur le revenu, en faisant réduisant les cinq tranches d’imposition  -qui déterminent le pourcentage des revenus taxés- pour les faire passer à trois. Au lieu d’avoir un lissage de la courbe de progression de l’impôt, ce sont de véritables cataractes qui se forment. Des marches de géants. Cela signifie que sur le seuil de la marche, la taxation est terriblement vécue, tandis qu’au sommet, elle est ridicule. Pour peu que les revenus soient tout juste au dessus du début de la marche, le taux est astronomique. A l’heure actuelle, déjà, passer de l’exemption à la première tranche se ressent vivement. Cette marche est, pour les ménages modestes, une véritable marche, dans laquelle les impôts représentent une charge lourdement vécue. Moins de tranches, c’est moins de progressivité. C’est une inégalité nettement creusée.

    Moins de taxe pour les riches, tout pour les pauvres ! Tel est le slogan de la fiscalité Macron.

    Un aspect très important se profile également, la question de la Cotisation Sociale Généralisée.

    Un grand nombre de cotisations vont être transférées sur la CSG. Or, cet impôt est prélevé sur les comptes épargnants par les banques. D’une part, c’est une hausse injuste, la bourgeoisie ne fait pas dormir son argent sur ses comptes, mais investit, donc cela se répercute sur les petits épargnants et les Plans Epargne-Logement, d’autre part, cela accroît le contrôle des banques sur leurs clients. Les banques sont en cooptation avec l’Etat pour devenir un organisme de perception, ce qui lui donne un regard sur les entrées et les sorties de revenus de ses clients. Donc sur leur santé financière d’ensemble.

    La CGS remplacera, notamment, la taxe d’habitation. Tout d’abord en augmentant la CSG, puis en baissant cette dernière.

    La taxe d’habitation, nous l’avions mentionné plus en amont, est une taxe qui est généralement haïe par les locataires. Elle est épouvantablement lourde, et représente un vrai budget pour les ménages, surtout les plus modestes. Pourtant, cette taxe est une garantie de la possibilité de disposer d’une autonomie financière pour les mairies. Le fait de tout faire fusionner dans un grand pool fiscal, entre les mains de l’Etat, lui permet de pouvoir ventiler comme bon lui semble son budget.

    Cela signifie, fondamentalement, que l’Etat peut mettre fin aux autonomies locales, lesquelles représentaient une démocratisation. Il lui est possible de réduire les salaires, de réduire le nombre de postes, de pouvoir brider certaines fonctions. Au lieu d’un impôt maitrisé, l’Etat peut étrangler les mairies qui déplaisent ou qui n’ont pas un poids politique suffisant. Cela se sent déjà avec la réduction de 320 millions de la dotation pour les collectivités locales. Cela s’accentuera par la suite.

    Gérard Collomb, ex-maire de Lyon, ministre de l’Intérieur, s’est ainsi fait épingler pour le fait d’avoir capté la quasi intégralité du budget des métropoles de Rhône-Alpes Auvergne, privant de subsides Saint-Etienne et Clermont-Ferrand.

    Plus grave encore, la Sécurité Sociale :

    La suppression de la Sécurité Sociale est un doux rêve de marchand de mutuelles. Une nouvelle fois, Macron fait preuve d’un immense sens de la démagogie. Il promet une suppression d’une très large partie des charges sociales, salariales ou patronales –in fine, elles sont les mêmes, car toujours issues du salaire- en échange d’un petit peut plus de salaire net. Au final, parce qu’une incompréhension de ce qu’est le salaire brut existe chez une large partie des masses, il existe une adhésion à ce projet.

    Il est vécu comme une augmentation de salaire, mais il est, en vérité, une baisse de celui-ci.

    Mieux encore, cette hausse de salaire provoquera une inflation, et sera donc absorbée au sein de celle-ci. Mais, et c’est là la joie des patrons et des patronnes, cet argent ne sera plus immobilisé par des cotisation, mais circulera, créant du PIB, de la croissance, de la richesse en plus pour leur classe sociale de parasites. Le pouvoir d’achat promis est bel et bien fourni, mais auprès des patrons et des patronnes.

    Mais l’objectif est atteint, l’autonomie financière de la sécurité sociale sera tuée, et elle sera rattachée au budget général de l’Etat, lequel pourra ventiler, là aussi, comme bon lui semble l’argent des travailleurs et des travailleuses.

    Le ministère de la santé a indiqué, pour rassures les inquiets et les inquiètes, que aucune médicalement ou soin important ne serait déremboursé. Nous soulignons ce terme, car, en raisonnant par opposition, il offre une très grande possibilité d’action pour détruire le remboursement d’un très vaste panel de soins.

    Cette logique se retrouvera très certainement dans la réforme des retraites qui se préparent.

    Retraites : secret défense.

    Ce point souffre d’une très grande vacuité, pour une raison éloquente : très peu de choses ont filtré sur la réforme des retraites.

    Autant, sur les réformes du code du travail, des éléments ont été portés à la connaissance du public, autant, dans la démocratie bourgeoise de Macron, les masses sont interdites de connaître leur sort.

    Cependant, il est évident que l’intention de Macron, lorsqu’on jette un regard sur sa ligne politique, ne peut être que liquidatrice.

    Une finalité bien sombre.

    Fondamentalement, Macron semble avoir l’intention d’intégrer et d’associer les mutuelles ainsi que les assurances au fonctionnement du système de soin et de protection. Cela pousse à penser que nous serons bientôt confrontés à un mode de gestion à l’Américaine, avec, par ailleurs un regard inquisitorial de ces organismes privés.

    A savoir que les assurances, les mutuelles, les banques achètent des données aux réseaux sociaux, au « big data », dans le but de proposer des contrats individualisés. l’idée est que plus vous risquez d’avoir besoin de soin, plus la facture sera lourde. Belle mentalité.

    Dans l’ensemble, après une mise en perspective au regard de l’histoire du fonctionnement du système d’imposition, quelque chose saute aux yeux. Les impôts et le système d’imposition sont le reflet de la lutte des classes. La forme d’imposition, qui paie et pour quoi sont indexé sur la lutte que se mènent la bourgeoisie et le prolétariat. Après une montée en puissance et des avancées, sous l’angle des luttes, sous l’angle de l’organisation syndicale et politique, une lente descente aux enfers se produit. L’affaiblissement des organisations de lutte et de masse suit parfaitement l’accroissement de la charge que font peser les bourgeois et les bourgeoises sur les épaules de celles et ceux qu’elles exploitent.

    Tout cela amène de l’Ancien Régime à une forme rénovée de celui-ci.

    Macron ne s’attaque pas de manière directe aux systèmes de protection sociales, mais, comme un disciple de sir Basil Lidell-Hart, il privilégie l’approche indirecte. En attaquant par le financement, il fait d’abord pourrir l’arbre entier, avant de scier la branche. En détruisant leur financement, il le met à mort à plus ou moins brève échéance . Bien que camouflée, c’est une attaque d’une ampleur jamais vue. Même de Gaulle, avec les pleins pouvoirs d’avait pas réussi à mettre en place un tel dispositif de retour en arrière, un tel transfert de la plus grande majorité des coûts auprès des classes populaires et d’une partie de la petite bourgeoisie.

    Tout ceci se paie cher. Il ne fait aucun doute que le niveau de vie de la population, d’une manière générale, en particulier pour les classes populaires, va plonger d’une manière inédite. De fait, cela se traduira immanquablement par des troubles, par des tensions. Macron, qui est mandaté par la bourgeoisie pour briser les protections sociales, fait son travail avec une grande efficacité. Il est l’agent du chaos et de la destruction sociale.

    Toujours est-il que, en détruisant le centre de l’échiquier politique, en créant une situation inédite et à forte entropie, il ouvre une voie à l’arrivée, dans quatre ans, d’une vague réactionnaire d’une intensité particulièrement forte, invitée au pouvoir par la bourgeoisie pour écraser les masses, pour  imposer par la force l’ordre dans une France où la colère populaire sera explosive.