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  • Les prochaines attaques.

    Les prochaines attaques.

    Les prochaines attaques.

    Le mouvement des Gilets Jaunes, qui dure depuis bientôt quinze semaines, est une véritable bataille de Verdun sociale. Elle fixe et focalise toutes les attentions du moment, monopolise véritablement les esprits et les pensées. Elle est le centre de gravité de la bataille contre les assauts du gouvernement.

    Faute de pouvoir juguler le mouvement des Gilets Jaunes, toute la gamme de manœuvres habituelles ont été mises en branle par le gouvernement et différentes fractions de la bourgeoisie. Laisser passer du temps, en espérant que les choses se tassent d’elles-mêmes ; utiliser la force brute pour décourager les manifestants et les manifestantes de s’exposer au danger ; arrêter préventivement les « meneurs » ; faire appel à des agents provocateurs d’extrême-droite, coordonnés avec la police, pour semer la division… Cela n’a pas fonctionné.

    Mais également, nos ennemis de classe ont manié la carotte : saluer la création de listes européennes pour faire rentrer dans le giron de la démocratie bourgeoise le mouvement ; promettre un référendum scélérat qui servira à faire passer des réformes structurelles… en somme tout est tenté. Il est à souligner que le référendum était déjà mentionné en juillet dernier comme moyen envisageable pour faire passer en force les modifications décidées par le gouvernement (« Si cela est nécessaire, je recourrai au vote de nos concitoyens par voie de référendum. » )

    Depuis quelque temps, des discours faisant glisser la question des Gilets Jaunes d’une question sociale et politique à une question ethnico-religieuse. En prenant appui sur des actes isolés commis ces derniers temps, dont certains sans lien avec les Gilets Jaunes, une frange réactionnaire de la bourgeoisie tente une manœuvre dangereuse. Il existe, de fait, une présence et une influence de certaines thèses réactionnaires et conspirationnistes chez les Gilets Jaunes comme dans la société dans son ensemble. Des luttes sont menées constamment pour les juguler.

    Au lieu de souligner ces contradictions, ces agents provocateurs, tels que BHL et Finkielkraut, ont choisi sciemment d’instiller le poison de « l’ethnicisation du conflit ». Ils ont été repris en cœur par Grievaux (entre deux hommages à Pétain, toutefois), par Castaner, avec la bénédiction de l’Elysée. Le PS, désespéré de sa propre inutilité, a impulsé un front commun contre l’antisémitisme, permettant même au RN, à Zemmour et à Ciotti de vomir leur haine des musulmans, présentée comme un antidote à l’antisémitisme. Nombre d’organisations se sont couchées devant cet ultimatum. A l’inverse, les rassemblements dénonçant cette instrumentalisation, à l’initiative de l’UJFP (Union Française des Juifs pour la Paix) ont permis à des discours douteux et tout aussi ethnicisant, comme celui du PIR, de se propager.

    Parallèlement à cela, le gouvernement à non seulement utilisé le mouvement des Gilets Jaunes pour faire avancer son propre agenda politique et répressif (lois anti-manifestations, lois sur la presse…), mais également il a pu poursuivre son travail sur d’autres fronts d’attaque, profitant de l’accaparement de l’attention.

    Le gouvernement a prévu un ordre du jour particulièrement chargé en termes d’offensives contre les droits sociaux. Le rapport Cap 2022, qui avait fuité durant l’été, donnait une idée générale de quelles étaient les ambitions de la direction de l’Etat.

    L’analyse du rapport est disponible ici dans son intégralité. Résumer ce plan de bataille est simple : anéantir la fonction publique ; donner un coup d’accélérateur à la privatisation de pans énormes des services publics (éducation, santé, mais également les ex-nationales, qui pourront être administrées par des sociétés privées) ; traquer les moindres dépenses et « responsabiliser » ceux qui usent des aides sociales. Il est important, essentiel, de garder ce terme de « responsabiliser » à l’esprit. Il va devenir central.

    Malgré la lutte intense actuelle, le gouvernement n’a pas renoncé à poursuivre ces projets. Il les a même amplifiés. Il est revenu sur chaque promesse, sur chaque concession. L’offensive continue.

    L’offensive non-stop

    La grande entourloupe orchestrée par le gouvernement se joue là : ceux qui ont besoin de ces aides sont vus comme des irresponsables, qui coûtent cher, qui sont oisifs, inutiles, contre-productifs. Il faut donc les « dresser ». « Mais protéger les plus faibles, ce n’est pas les transformer en mineurs incapables, en assistés permanents de l’Etat, de ses mécanismes de vérification et de contrôle (…) C’est de leur redonner, et à eux seuls, les moyens de peser efficacement sur leur destin. »

    Par exemple, la mise en place du jour de carence, pour lutter contre l’absentéisme. Ces journées sans salaires peuvent maintenant s’étendre jusqu’à une durée de trois jours. Or, limiter les absences ne contribue pas à améliorer la santé de ceux et de celles qui en font usage. Au contraire, elle tend à rendre non seulement l’accès aux soins plus compliqués mais également à accroître l’usure des travailleurs et des travailleuses, dont les absences perlées sont le plus souvent un révélateur essentiel. Mais cette donnée n’a aucune importance aux yeux des ceux qui vivent du rendement produit par le travail des autres.

    Dans ses discours de Versailles et devant le Parlement, en juillet dernier, Macron dévoilait une partie de son plan de guerre contre les intérêts des classes populaires du pays. La très grande majorité des individus, dès lors qu’elle entend parler de fiscalité, ne peut s’empêcher de bailler fortement et de détourner son attention. Or, dans ce cadre-là, la question de l’impôt est centrale.

    Les cotisations sociales, qui ne sont pas des impôts à l’origine, mais une participation à des caisses de solidarité. L’Etat n’avait, à l’origine, pas sont mot à dire sur leur contenu ou sur leur redistribution. Ces aides étaient des droits.

    Or, en changeant le financement de ces caisses, en passant d’une cotisation à un impôt, l’Etat, et donc la bourgeoisie, s’est arrogée le droit de donner non seulement son opinion sur cette question, mais directement d’en prendre le contrôle.

    « La solidarité nationale est de plus en plus financée par l’impôt, ce que vous avez voté en matière d’Assurance Chômage a ainsi supprimé toute cotisation salariale remplacée par la CSG mais il faut bien expliquer l’ensemble de cette réforme, ne pas voir que la CSG qui augmente d’un côté, en oubliant que ce sont toutes les cotisations sociales salariales qui ont baissé de l’autre. »

    Ce jeu de passe-passe paraît ne rien changer. Mais il bouleverse tout ! Il donne tout pouvoir à l’Etat sur l’argent récolté. Non seulement la CSG est inégalitaire, mais, en supplément, l’Etat peut la ventiler comme bon lui semble.

    Leur nature de droit n’est plus, dès lors, garantie. « il n’y a plus un droit au chômage, au sens où l’entendait classiquement, il y a l’accès à un droit qu’offre la société mais sur lequel on ne s’est pas garanti à titre individuel, puisque tous les contribuables l’ont payé. »

    En somme, comme ce n’est plus une cotisation, mais un impôt, l’Etat s’arroge le droit de dire qui le mérite ou qui ne le mérite pas.

    Dès lors, il exige des contreparties. Devant l’Assemblée, Edouard Philippe a déclaré :«Il n’est pas scandaleux, je le dis comme je le pense, de poser la question des droits et des devoirs. […] Lorsque l’Etat crée des systèmes de solidarité ou d’accompagnement ou d’encouragement, la logique de droits et de devoirs est impérative.» Il est fascinant de constater que le Premier ministre considère que la création des aides sociales est issue de l’Etat. Cette falsification de l’histoire est malheureusement typique. Même le RSA est géré par les départements. En réalité, l’Etat, pour le compte de la bourgeoisie, s’est invitée dans la gestion des aides sociales dans le but d’en prendre le contrôle et de, à terme, les réduire à néant.

    Cela rentre dans le cadre de la longue guerre fiscale entre les exploiteurs et les exploités, que nous résumons ici.

    Déjà, des affiches fleurissaient dans certaines régions, parlant du bénévolat pour sortir du RSA. L’idée que ceux qui bénéficient d’aides sociales puissent faire du travail « d’intérêt général » est, en dernière analyse, la première étape vers le fait qu’ils doivent en faire, pour conserver ces aides.

    Cela illustre une certaine mentalité qui confond chômage, inactivité professionnelle avec une oisiveté, une fainéantise, qui doivent être corrigée par le travail. Elle contribue à donner une impression du fait que les chômeurs sont responsables de leur sort. Cette morale, somme toute assez huguenote, s’accompagne aussi de certains appétits féroces et sous-jacents.

    Du travail gratuit, à la pelle, voilà le rêve qui s’incarne dans ce genre de mesures. Petit paradoxe : s’il est possible de faire travailler ceux qui n’ont pas de travail, c’est qu’il existe des postes non-pourvus. Donc cette mesure est, somme toutes, hypocrite. Si des chômeurs occupent gratuitement un poste, ils contribuent à empêcher les embauches et donc à perpétuer une situation de chômage. Qui plus est, en étant payé au niveau des aides sociales, ils contribuent également à tirer les salaires vers le bas, en dévaluant les postes qu’ils occupent. Dans un sens, ce travail gratuit ne contribue nullement à enrichir la société. Au contraire. Il contribue à l’appauvrir. Les seuls qui peuvent se réduire de cela sont ceux qui verront leurs taxes diminuer par le fait que les « travaux d’intérêts généraux » soient faits par des personnels surexploités. Et encore, même pour les capitalistes, ce n’est pas forcément une si bonne nouvelle que ça.

    Pourquoi ?

    Dans un sens, cette mesure se rapproche de la loi sur l’alimentation. Celle-ci partait initialement, quant à elle, d’un constat juste : une grande partie des petits et moyens agriculteurs et des petits et moyens producteurs sont dans des situations financières extrêmement précaires. Ces catégories sociales touchent, en particulier depuis la grande distribution, des bénéfices anorexiques du fait des prix bas. La loi alimentation est censée répondre à cela en garantissant une hausse des rentrées d’argent, par l’augmentation des prix et la mise en œuvre de certaines contraintes concernant les grands magasins. L’idée peut paraître sympathique.

    Mais, pour ne pas s’aliéner les grands cartels de la distribution, Macron ne touche pas à leurs marges sur les ventes. La loi est faite pour que ce soit une hausse des prix intégralement répercutée sur les consommateurs. Cela lui a néanmoins permis de ricaner en disant que « ce n’est pas open bar », si les Français et les Françaises veulent que les agriculteurs soient mieux payés, à eux de le faire.

    Mais cette loi est contre-productive. Elle est déflationniste, ce qui, en régime capitaliste, n’est pas un bon signe. Elle impacte le niveau de vie et le pouvoir d’achat d’une très grande partie des habitants et des habitantes de France. Comme la part du budget des ménages dédiés à la consommation est de plus en plus grande, celle-ci atteindra des limites. A l’arrivée, les supermarchés et hypermarchés auront beau avoir l’impression d’avoir remporté une victoire sur leur taux de rendement, leur chiffre d’affaires n’en grandira pas pour autant. Il finira même probablement par se contracter. Somme toutes dans cette loi, les agriculteurs, les consommateurs et même la bourgeoisie sont perdants.

    Il en est de même pour le travail gratuit, il contribue à faire baisser le niveau de vie, à jeter dans la misère toujours plus d’individus, et à tirer les salaires vers le bas. Il fait, certes, baisser les impôts de ceux qui en paient, mais au prix d’une déflation qui peut s’avérer dangereuse même pour les capitalistes.

    Certes, Macron et ses sbires veulent augmenter le salaire net pour permettre plus de consommation. Mais ce que les cotisations sociales ne couvriront plus devra être compensé. Les mutuelles vampiriseront une partie conséquente de ces sommes « libérées », tandis que les mauvais jours devront être prévus par la constitution de bas de laine, comme dans l’ancien temps. En dernière instance, le jeu de presser au maximum les larges masses populaires pour tout leur prendre se heurte à des logiques économiques qui se retournent contre ses auteurs.

    En fait de période de faste, nous nous dirigeons à tout petit pas vers des crises économiques toujours plus brutales.

    Cela illustre certaines contradictions du capitalisme, lequel ne mène plus qu’à l’accaparement de richesses par une poignée, tandis que les crises reviennent inlassablement. Dans tous les cas, l’avenir est bien sombre, économiquement et, par voie de conséquence, politiquement.

    Le gouvernement, malgré le mouvement intense, poursuit donc ses objectifs. Nous devons poursuivre les nôtres. La lutte des Gilets Jaunes préfigure une série de luttes intenses qui naîtront mécaniquement de la misère croissante. Plus la situation s’aggrave, plus celles-ci prendront un caractère explosif.

    L’échec des diversions réformistes est patent. Il n’existe plus d’issue électorale évidente, malgré les agitations de LFI ou du RN. Cela créé une situation où les mouvements se politisent par leur confrontation directe avec la dictature capitaliste et l’appareil d’Etat. Cette politisation est une force immense.

    Le rejet de prétendues institutions démocratiques, le rejet du régime de dictature du capital, pose des questions inédites. Les communistes ont un rôle immense à jouer dedans pour permettre à ce que mature la conscience politique des masses populaires, mais également pour les organiser et les rassembler.

    Il y aura de facto un reflux dans le mouvement de masse, par la fatigue, l’épuisement, la lassitude. Ce reflux déterminera qui sera le gagnant et qui sera le perdant de la grande lutte. Le gouvernement mènera une contre-offensive sociale, sans le moindre doute. Si les forces qui se sont levées ne sont pas plus organisées et plus structurées qu’avant, celui-ci aura gagné. Si les fascistes remportent la bataille pour l’hégémonie politique du mouvement, celui-ci sera perdu. Si nous parvenons -et cela ne dépend que de nous, un nous au sens large- à faire que le camp du peuple est plus unis, plus politisé, plus solide, plus solidaire, alors nous aurons gagné. Cela formera un pas, mais un pas immense, vers d’autres victoires, plus stratégiques et plus cruciales encore.

  • Halte à l’instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme !

    Halte à l’instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme !

    Halte à l’instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme !

    L’antisémitisme est un problème réel qui doit être considéré avec sérieux et avec gravité. Le Parti Socialiste a, ces derniers jours, lancé un large appel à un front uni contre l’antisémitisme. Nous considérons qu’il est, effectivement, nécessaire de lutter contre ce fléau. Cependant, nous ne pouvons pas prendre au sérieux la manœuvre initiée par le PS. Elle ne peut être considérée comme un acte sincère, mais uniquement comme une opération de communication.

    La période que nous vivons est marquée par les difficultés économiques, par l’accaparement des richesses par la grande bourgeoisie et ses monopoles. Il en résulte des tensions sociales importantes, explosives, qui se manifestent de différentes manières. Certaines de ces manières sont saines et justes, comme les luttes, comme la remise en cause de l’ordre bourgeois et de son régime despotique.

    D’autres, attisées par l’extrême-droite et une sphère conspirationniste et confusionniste à son service, détournent la colère des exploités. Leurs vomissements de haine attisent les braises du racisme, de l’islamophobie, de l’antisémitisme, mais également du sexisme ou de toute une série de -phobies qui permettent de fragmenter toute idée d’unité contre les exploiteurs.

    Récemment, l’un de ces vieux démons assoupis, celui de l’antisémitisme, est revenu sur le devant de la scène. Les inscriptions « Juden », les tags antisémites, les croix gammées (devant le PCF de Vienne par exemple), les publications racistes… ont été légion.

    Elles ont culminé, selon les médias et les ténors de la politique, avec l’agression du « philosophe » Finkielkraut. Durant l’acte XIV des Gilets Jaunes, Alain Finkielkraut, comme durant Nuit Debout, a déclenché un incident. Il est venu agir en agent provocateur. Si son cinéma est le même qu’il y quelques années, la réaction n’est plus la même. Les invectives dont il a fait l’objet étaient, pour certaines, porteuses de sous-entendus particulièrement douteux. Elles ont été montées en épingle par de nombreuses forces politiques. Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, a ainsi apporté un soutien public à Alain Finkielkraut, dénonçant ceux et celles qui l’auraient traité de « sale juif ». Légitime. A ceci près que le terme n’a jamais été prononcé, de l’aveu même de la victime.

    C’est là où le bât blesse et où le manque total de sérieux dans le traitement de l’antisémitisme apparaît publiquement. Ce sont ces déclarations qui déforment la réalité et instrumentalisent les faits qui démasquent ceux qui les profèrent. Ce ne sont pas des alliés des Juifs et des Juives qui subissent l’antisémitisme. Ce sont, au contraire, des vautours qui n’ont d’autre hâte que de trouver des sujets à utiliser pour attaquer les masses populaires. Griveaux, qui a rendu hommage à Pétain et qui a confondu dans ses citations l’antisémite Charles Maurras avec le résistant Marc Bloch, représente-t-il l’avant-garde de la lutte contre le racisme ?

    Qu’irions-nous faire, nous, communistes, révolutionnaires, dans des rassemblements impulsés par le PS ? Comment pourrions-nous accepter de serrer les mains des Wauquiez, des Collomb, des bourreaux des masses populaires, de ceux qui écrasent les exploités ? Qu’irions-nous dire, aux côtés de ceux qui pratiquent le colonialisme et le néocolonialisme. Qu’irions-nous faire auprès de ceux qui vomissent la haine et la division, qui instrumentalisent les souffrances, et qui, dans le même temps, ne se privent pas de faire commerce avec les pires régimes du monde.

    La proposition du Parti Socialiste, en vérité, n’est ni plus ni moins qu’un piège.

    Le choix n’en était pas un. Signer signifiait accepter d’être tout sourire aux côtés des agents de la régression sociale et politique. Cela signifiait également avaliser un discours qui décale le débat public des questions économiques et sociales vers des questions identitaires, ethnico-raciales. Un discours qui alimente les tensions entre les communautés, ce qui est le jeu favori des politiciens et des politiciennes depuis les 30 dernières années.

    Ce discours qui occulte les revendications des Gilets Jaunes, qui occulte le mouvement social et politique, et qui l’enferme dans une grille de lecture, par ailleurs suggérée par BHL, par l’antisémitisme.

    Nous ne pouvons pas accepter ce discours. Nous ne pouvons pas accepter ces attaques ouvertes ou détournées contre le mouvement social. Or, ne pas signer cet appel prête le flanc à l’accusation de collusion avec les réactionnaires, avec les racistes, avec les fascistes.

    Ainsi, LFI a choisi au départ, d’ignorer l’offre de signature, tandis que le RN n’a pas été invité. Nous ne pensons pas que LFI soit un nid d’antisémites camouflés et conspirant contre les Juifs et les Juives. Nous pensons que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a été placé au pied du mur par cette offre : choisir entre une crédibilité politique d’opposition et entre un réel antiracisme, il a ployé le genou sous la pression. Le PCF a poursuivi sa logique propre : après une interview dans laquelle Fabien Roussel indiquait dénoncer les « casseurs » à la police, après des déclarations demandant plus de policiers pour « encadrer » les manifestations, le PCF accepte de serrer les mains des bourreaux. Les grands succès du congrès du PCF sont payés aujourd’hui, par la ligne Brossat-Roussel.

    Quant au RN, nous pensons au contraire que le mouvement fasciste aurait été bien trop heureux de signer cet appel pour continuer son processus de dédiabolisation.

    Que penser de tout cela ? Nous ne pouvons comprendre cet appel, qui est une véritable injure à ceux et celles qui souffrent du racisme, que comme une manœuvre visant à constituer un centre « démocratique » contre des ailes « populistes ». Or, assimiler, derrière le mot de « populisme », extrême-droite et extrême-gauche, dans le but évident de diaboliser cette dernière, donne des conséquences funestes. Elle créée le corollaire de rendre l’extrême-droite fréquentable, banalise ses thèses, popularise ses analyses, et lui décerne la couronne d’alternative convenable à l’échec du système. Voici, fondamentalement, le travail de pompier pyromane que la « macronie » et ses médias, mènent.

    Les perspectives des organisations politiques du « centre » ne sont pas réjouissantes. Le travail qu’elles ont fait pour le compte de la grande bourgeoisie les ont démasquées, les unes après les autres, comme travaillant contre les intérêts populaires. A force de servir d’interface pour les directives des exploiteurs, elles ne paraissent plus des portes de sorties politiques crédibles aux yeux des masses.

    D’une part, ce qui est condamné aujourd’hui, par une ligue allant de la « gauche » issue ou inféodée du PS à la droite qui drague lourdement sa voisine extrême, est à géométrie variable. S’ils sont prêt à disséquer avec ferveur les lourds sous-entendu lancés contre Finkielkraut, ils se sont montrés eux-mêmes de grands adeptes du sous-entendu quand celui-ci pouvait leur servir d’arme. Ils ont avalisé qu’il était acceptable de traiter certaines populations, Rroms, musulmans… comme des individus de second ordre. En somme, ils ont autorisé le racisme larvé comme un argument politique contemporain.

    Dans le fond, aux yeux de ces individus, même inconsciemment, la question du racisme ne prend qu’une dimension tactique. Elle est une manœuvre qui permet de marquer des points, qui permet de s’afficher, qui permet de faire parler de soi. Le FN/RN, montant les homosexuels contre les musulmans pendant des élections, puis faisant l’inverse pendant la Manif Pour Tous. Valls proclamant une fidélité inconditionnelle à la « communauté » juive et à Israël « je suis lié (…), de manière éternelle, à la communauté juive et à Israël », proclamant les juifs comme étant « à l’avant-garde de la République » et aujourd’hui défilant avec la droite Franquiste en Espagne. Valls , par ses propos, a insinué qu’il existerait une élite auquel il faudrait prêter allégeance.

    Or, les Juifs et Juives de France, qui n’avaient rien demandé de plus que le fait qu’on les laisse tranquille et de ne pas être assimilés de force à la politique d’Israël, se sont vus impliqués, à leur corps défendant dans les propos d’un premier ministre qui fait appel à un inconscient antisémite. En dernière analyse, ces propos ont nettement plus contribué à mettre en danger les Juifs et les Juives de France qu’a leur apporter le moindre réconfort. Voilà à quoi mène la loyauté « éternelle » de ces agitateurs.

    Les responsabilités sont écrasantes !

    Car il existe une part de responsabilité terrible d’un certains discours politique dans la montée de l’antisémitisme. Il existe bien sûr, celui, direct, qui vise les juifs en les parant de tous les traits les plus néfastes, en inventant des mensonges et des calomnies, en déclenchant des attitudes pogromistes. C’était celui des fascistes, des nazis, de l’Okhrana, cette sinistre police du Tsar.

    Il existe un autre, vicieux, insidieux, qui utilise le rejet et la répulsion que procure la politique d’Israël à de grandes parties de la population française comme mondiale, et de s’en emparer, pour tenter de justifier les crimes passés, de les légitimer a posteriori et, en dernier lieu, de réhabiliter les régimes qui les ont commis. C’est celui de Soral, par exemple.

    Mais il en existe une autre forme, tout aussi perverse, qui consiste à s’emparer de la mémoire de ceux qui ont perdu la vie ou qui ont été persécutés. Qui consiste en une prise en otage des souffrances de millions de personnes pour servir des projets politiques, économiques ou géopolitiques. Cette manière de créer un ensemble artificiel, déniant aux juifs et aux juives leur opinions, leurs positionnements politiques, considérant que toute critique politique du sionisme et d’Israël devient un acte antisémite, est une manœuvre qui n’apporte qu’un climat de haine et de crainte.

    C’est la politique qu’a suivi Manuel Valls, en considérant que le rejet du sionisme en tant qu’idéologie politique est l’antichambre de l’antisémitisme. C’est la politique du gouvernement israélien, qui expose aux violences sa propre population, pour ensuite les instrumentaliser en en faire une justification d’une politique colonialiste.

    Lorsque le député LREM Sylvain Maillard justifie un projet de loi assimilant antisionisme et antisémitisme en déclarant : « On peut critiquer le gouvernement d’Israël, mais pas remettre en cause l’existence même de cet État« , il ne rend pas service aux juifs et juives de France ou d’ailleurs. Figer la critique de l’existence d’un ensemble juridique ne présume pas d’une haine contre ses habitants, ou contre les Juifs et Juives. En revanche il adoube une politique douteuse qui consiste à assimiler l’un à l’autre.

    Qu’importe les conséquences dramatiques pour la vie de ceux et de celles que ces déclarations, qui n’ont jamais été demandées, impliquent. Ce qui importe, c’est le gain politique. Quitte à surfer, comme l’a fait Valls, sur un inconscient antisémite, qui assimile, comme l’écrivait l’antisémite Soral, les Juifs à une « communauté organisée ». L’un est le miroir de l’autre.

    En s’exprimant ainsi, Valls a placé la question du débat au-delà de la politique, mais sur le terrain ethnico-confessionnel. Il a enfermé le débat dans le bourbier de l’antisémitisme, chose par ailleurs confortée par son rejet de toute analyse sur les attentats. « Expliquer, c’est justifier », avait-il clamé. Au lieu d’interdire réellement les spectacles antisémites de Dieudonné et les logorrhées du même acabit de Soral, ce qui était non seulement possible, mais nécessaire, il les a monté en épingle. Il les a utilisées pour appuyer son image, sa communication, et non seulement a fait une publicité immense autour de ceux-ci, mais les a également légitimés. Ils sont devenus des points de repères pour ceux et celles que la politique coloniale et impérialiste d’Israël pouvaient révolter, grandissant leur audience. Soral, Dieudonné, Valls, furent de grands gagnants dans l’affaire. Les perdants et perdantes furent les victimes de racisme.

    Le bal des hypocrites.

    Nous condamnons l’antisémitisme sous toutes ses formes, mais nous en condamnons également une instrumentalisation par des forces sans vergogne. Nous avons également une difficulté considérable à considérer comme des alliés valables des organisations qui arrivent à défendre des lois vouant à la mort les réfugiés qui fuient les guerres. Nous ne pouvons prendre au sérieux ces groupes qui paient uniquement de formules creuses ou dangereuse un engagement antiraciste dissonant. Nous ne pouvons marcher ou serrer les mains de ceux qui utilisent le racisme pour faire avancer leur propre agenda.

    Leurs larmes sont des larmes de crocodiles. Elles sont superficielles et hypocrites. Devrons-nous avoir à tolérer, demain, ces mêmes pleurnicheries sur le sort qui attend ceux qui meurent aujourd’hui par leur faute ?

    Comme nous le mentionnions en introduction, l’antisémitisme est un sujet sérieux. Nous le prenons au sérieux. C’est pour cette raison que nous rejetons l’appel lancé par Olivier Faure en direction d’agitateurs dangereux.

    C’est également pour cette raison que nous nous rallierons aux appels à lutter contre l’antisémitisme faites par ceux qui ont à cœur de lutter réellement contre celui-ci. Pour Macron, Grivaux, le PS et les autres, l’ennemi ce n’est pas l’antisémitisme. L’ennemi, ce sont les « classes dangereuses » incarnées par les Gilets Jaunes. Pour les combattre, ces derniers n’hésitent pas, avec un cynisme absolu, à les jeter dans les bras de l’antisémitisme, au risque de renforcer ce dernier.

    La grande majorité des Gilets Jaunes, comme ceux qui, à Lyon se sont recueillis lors de la commémoration de la libération des camps de la mort, n’ont rien à voir avec l’antisémitisme. Pour le reste, la lutte contre l’extrême-droite et contre les préjugés réactionnaires qui lui servent de terreau, reste pour nous un combat quotidien, sur lequel nous n’acceptons aucune leçon de la part des politiciens. Nous ne baissons pas notre garde sur cette question, mais nous dénonçons la politique de l’amalgame avec l’extrême-droite, politique d’autant plus cynique que les fascistes sont l’as caché dans la manche de la bourgeoisie.

  • Liste Gilet Jaune aux européennes : une arnaque !

    Liste Gilet Jaune aux européennes : une arnaque !

    Liste Gilet Jaune aux européennes : une arnaque !

    Dernièrement, plusieurs listes estampillées « Gilets Jaunes » se sont constituées pour participer aux élections européennes. Elles se sont agglomérées autour de personnalités issues du mouvement des Gilets Jaunes, comme Ingrid Levavasseur. L’Unité Communiste de Lyon considère que cette constitution est négative et contribue à poignarder le mouvement des Gilets Jaunes dans le dos, en usurpant son nom.

    Ces listes sont le résultat de la corruption par les exploiteurs !

    La corruption prend différentes formes, et nos ennemis, les exploiteurs, sont toujours prêts à l’utiliser. Les agents du gouvernement et de la grande bourgeoisie ont fait miroiter à ceux qui animent les listes une belle carrière. Nul doute qu’il leur a été certifié qu’ils auraient tout à y gagner, peut-être même en mettant en avant l’intérêt du mouvement. Nous ne faisons pas de procès d’intention, peut-être sont ils, peut-être sont elles, de bonne foi.

    Mais la bonne foi ne suffit pas face à la fourberie ! Ceux qui sont tombés dans ce piège ont été tués par les « balles sucrées » de la bourgeoisie ! Ces balles sont enrobées de miel, semblent douces, mais tuent tout autant que les vraies. Elles tuent la combativité, elles tuent l’unité, elles tuent l’espoir, pour l’enfermer dans les urnes.

    Griveaux, le porte-parole du gouvernement, considère que la liste des Gilets Jaunes est un processus intéressant. Et pour cause !

    Quoi de mieux que d’enfermer la contestation contre l’exploitation et contre le régime dans des cadres étroits, étriqués, de la campagne électorale ? Quoi de mieux que de liquider les manifestations, les assemblées populaires, la colère, pour la claquemurer ?

    La constitution de cette liste à de quoi faire bondir de joie Macron et ses sbires. Elle signerait la fin de ce qui fait la force centrale de ce mouvement : son opposition extra-parlementaire non seulement à la politique du gouvernement, mais à tout le système pseudo-démocratique. Il leur est insupportable que des assemblées générales se tiennent, que les Gilets Jaunes fassent de la vraie politique, une politique du débat démocratique et de la prise de décision commune, en toute transparence, dans l’intérêt le plus large !

    Cette opposition extra-parlementaire les effraie au plus haut point ! Elle se montre incorruptible, résiste aux intimidations comme aux fausses promesses.

    La naissance de listes aux européennes serait le signal du retour dans les cadres étroits de la prétendue démocratie, dans ses espaces cloisonnés, dans ses débats stériles et dans son crétinisme parlementaire. Il s’agirait d’une victoire stratégique pour la bourgeoisie.Elle est prête à fournir toute l’aide et toute l’assistance logistique pour que ces pièges grandissent. Pour semer la division, la corruption, elle est prête à couvrir de cadeaux ceux qu’elle espère faire travailler pour elle.

    Certains disent : ne luttez que dans les entreprises ! D’autres disent : votez ! Mais nous pouvons faire plus, nous devons faire plus ! Nous revendiquons le fait que, hors des salons, des fauteuils, hors de Matignon, de l’Elysée, chacun, dans nos villes, sur nos rond-points, nous sommes une fraction du pouvoir réel ! Nous sommes légitimes, nous sommes la vraie démocratie.

    La vraie démocratie, celle de la lutte contre les exploiteurs, celle du combat contre l’oppression.

    Certains affirment que cette liste divise l’opposition à Macron aux européennes. Qu’elle lui accordera la victoire. Ceux-là tombent dans le piège de croire que ces élections peuvent apporter un changement quelconque, autrement que de fournir des fauteuils confortables à des politiciens et des politiciennes qui ne font que trahir les intérêts des exploités ? Ces élections n’ont aucun intérêt.

    Dénonçons-les !

    Moins nous serons à jouer le jeu pourri des exploiteurs, moins leur légitimité sera grande. Pas un seul bulletin dans l’urne doit être notre mot d’ordre ! Si nous votons, nous cautionnons un jeu dans lequel nous savons que nous serons perdants.

    Si les listes Gilets Jaunes font 10%, demain, le gouvernement pourra dire « vous ne faites que 10%, vous ne valez que ça ! ».Or, nous sommes ceux qui produisons les richesses, qui sommes la force motrice de la société, la forme créatrice de tout ce qui sort des usines, de toutes les marchandises. Nous laissera t-on être enfermé dans une minorité ? Ou allons-nous faire voler en éclat ces cadres pourris, qui ne représentent plus que les barreaux d’une prison, pour nous lancer à l’assaut du monde ?

    Aujourd’hui, nous écrivons une page d’histoire.

    Le combat que nous menons est juste et légitime !

  • La révolution d’octobre – texte du Parti Communiste du Togo-ICOR

    La révolution d’octobre – texte du Parti Communiste du Togo-ICOR

    La révolution d’octobre: victoire et vérité scientifique du marxisme-léninisme

    PCT (parti communiste du togo), Lomé, le 7 novembre 2017

    C’est avec un grand enthousiasme et une grande confiance que nous nous joignons à tous les communistes du monde et à l’ensemble du prolétariat révolutionnaire international, pour célébrer le centième anniversaire de la grande Révolution socialiste d’octobre 1917. Nous sommes convaincus que la grande Révolution d’octobre 1917, qui reste un événement majeur du XX siècle malgré tous les efforts entrepris par la réaction mondiale pour la déformer et pour l’enterrer, continuera d’être une source d’inspiration irremplaçable pour les millions de communistes de révolutionnaires et de prolétaires qui partout dans le monde, luttent pour un monde meilleur.

    Il y a cent ans, en effet, le 25 octobre 1917 (le 7 novembre selon le calendrier actuel), la classe ouvrière de Russie, sous la direction du Parti communiste (b), déclencha l’insurrection armée qui mit à terre le gouvernement bourgeois et réactionnaire de Kerenski et installa à sa place le gouvernement des soviets. Les premières années furent pour la Révolution des années de confrontations militaires acharnées avec les forces contre révolutionnaires des armées blanches épaulées par l’intervention des armées et de la marine des puissances impérialistes (Allemagne, France, Grande-Bretagne Etats-Unis, Japon..), qui entendaient ainsi l’étouffer dans l’œuf. Mais elle a fini par vaincre ses ennemies grâces son Armée rouge, l’armée de la dictature du prolétariat, la matérialisation concrète de l’alliance de la classe ouvrière, de la paysannerie pauvre et des masses exploitées. Ainsi s’instaurait pour la première fois dans l’histoire à travers le gouvernement des soviets, un état de type nouveau celui de la dictature du prolétariat, fondée sur l’alliance de la classe ouvrières, de la paysannerie pauvre et des masses laborieuses. Cette victoire ouvrait la voie à l’instauration du socialisme, prélude à la société sans classes, la société communiste.

    Marx et Engels en élaborant la théorie du communisme scientifique, avaient débarrassé le socialisme des rêveries et errements des socialistes utopistes: en analysant l’évolution des sociétés sur la base du matérialisme historique, ils avaient montré scientifiquement l’inéluctabilité de la révolution socialiste et du communisme; ils avaient su faire la démonstration qu’il revenait à la classe ouvrière, produit du capitalisme et «qui n’a à perdre que ses chaînes et un monde à gagner», la mission historique de détruire par la révolution violente le régime capitaliste, de construire la société socialiste pour aboutir à la société sans classes, la société communiste. Mais cette démonstration scientifique n’était encore que de la théorie.

    En 1871, avec la Commune de Paris, la classe ouvrière parisienne avait bien tenté d’établir son propre pouvoir; mais cette tentative avait duré à peine plus de deux mois, la Commune de Paris ayant été écrasée dans le sang par la bourgeoisie réactionnaire.

    Les mérites de Lénine et du léninisme

    Avec la Révolution d’Octobre, l’idéal rêvé par la classe ouvrière, et brièvement entrevu pendant la Commune de Paris, se voyait réalisé de manière concrète. Le système socialiste comme nouveau système social devenait une possibilité tangible. Incontestablement, la Révolution d’octobre 1917 confirmait la justesse des analyses et des enseignements du marxisme. Elle apportait de manière éclatante la preuve vivante de la capacité de la classe ouvrière, la classe révolutionnaire jusqu’au bout, la classe d’avenir, à renverser l’ordre capitaliste, à édifier son propre Etat, l’Etat de la dictature du prolétariat et des masses exploitée, à défendre son pouvoir, à instaurer une société nouvelle, la société socialise, première étape de la société sans classes, la société communiste.

    La Révolution d’Octobre a aussi démontré de façon concrète que cette victoire n’est possible que si la classe ouvrière est dirigée par un parti de type nouveau, par son parti d’avant-garde à l’instar du parti bolchevik, un parti qui réponde aux exigences de l’époque nouvelle.

    Cette époque nouvelle c’est celle de l’impérialisme et de la révolution prolétarienne, dont Lénine a su mettre en lumière les principales caractéristiques: c’est l’époque où capitalisme ayant atteint son stade suprême, est devenu un système agonisant, c’est-à-dire l’époque où les contradictions du système capitaliste telles que Marx et Engels les ont entrevues à leur époque, se sont exacerbées, rendant nécessaire et inéluctable la révolution prolétarienne mondiale et l’émergence d’un nouveau système, le système socialiste; l’époque où le capitalisme s’est érigé en un système de domination mondiale, et où la lutte de libération des peuples asservis, coloniaux et dépendants, rejoint par conséquent la lutte du prolétariat pour le socialisme dans le combat commun contre la domination mondiale du capital; l’époque où la révolution peut éclater à n’importe quel maillon faible de la chaîne de domination mondiale du capital, où la construction du socialisme peut commencer seulement dans un pays ou dans un groupe de pays. Bref, l’époque des affrontements ouverts de classes, l’époque où la révolution prolétarienne est devenue une activité pratique face à une bourgeoisie devenue réactionnaire sur toute la ligne, et où la violence révolutionnaire est à l’ordre du jour.

    Le mérite de Lénine et du léninisme c’est d’avoir saisi et analysé les caractéristiques fondamentales de cette l’époque de l’impérialisme, et démontré la nécessité de la révolution prolétarienne et de la dictature du prolétariat; c’est d’avoir en conséquence forgé le parti capable de diriger la classe ouvrière et le processus révolutionnaire dans ces conditions: un parti solidement armé sur les plans idéologique, théorique, politique, organisationnel, et pourvu des capacités stratégiques et tactiques requises pour garder le cap dans toutes les situations, dans tous les tournants dans les avancées et dans les reculs, dans l’offensive comme dans la défensive, capable de marier le travail légal et le travail illégal.

    C’est d’avoir accompli cette tâche à travers de rudes batailles idéologiques, théoriques, politiques organisationnelles, menées et gagnées contre les divers courants opportunistes et liquidateurs qui constituaient autant d’entraves à la lutte; le marxisme légal, les populistes, les économistes, les mencheviks, les otzovistes, les kauskystes et autres trotskystes. La Révolution d’octobre, c’est la démonstration concrète de la vérité scientifique du marxisme-léninisme en tant que science de la révolution prolétarienne et de la dictature du prolétariat, fondée sur l’alliance de la classe ouvrière, de la paysannerie pauvre et des masses exploitées. Cette vérité s’est vérifiée par la victoire de l’Armée rouge, bras armé de la dictature du prolétariat, matérialisation concrète de cette alliance, sur les forces impérialistes (allemandes, américaines, françaises japonaises…) et contre révolutionnaires qui s’étaient coalisées pour abattre et liquider le nouveau pouvoir.

    La Révolution d’octobre c’est aussi la victoire du marxisme-léninisme en tant que théorie et pratique de l’internationalisme prolétarien réel et conséquent: en 1912, devant les menaces de guerre impérialiste, les partis sociaux démocrates, membres de la IIème Internationale réunis à Bâle (Suisse), avaient pris l’engagement de refuser de voter les crédits militaires et de s’opposer à la guerre par tous les moyens y compris par la grève générale. Bref, ils s’étaient promis de «faire la guerre à la guerre». Mais en 1914, à la déclaration de la guerre, la plupart de ces partis (qui se réclamaient encore du marxisme !), gangrénés par l’opportunisme, trahissant leur engagement s’étaient ralliés à leur bourgeoisie au nom de «l’union sacré» en votant les crédits militaires. Mais le parti bolchevik quant à lui est resté fidèle à son engagement internationaliste; il a fidèlement appliqué le mot d’ordre de transformer la guerre impérialiste en révolution et s’y est fermement tenu malgré l’ambiance belliciste entretenue par l’autocratie et par la bourgeoisie réactionnaire.

    La victoire de la Révolution montre bien que le mot d’ordre bolchevik sur la paix, la terre et le pain n’était pas seulement juste parce que conforme à cet engagement internationaliste, mais aussi parce qu’il répondait effectivement aux intérêts et aux aspirations des masses laborieuses notamment paysannes, qu’il a contribué à cimenter l’alliance de la classe ouvrière, de la paysannerie pauvre, et des masses exploitées, et a fait de cette alliance un socle capable de résister aux offensives de la contre-révolution et de la réaction. Elle confirmait ainsi les liens indissolubles entre la révolution bolchevique et la révolution prolétarienne mondiale.

    D’ailleurs, Lénine n’a jamais cessé de placer la Révolution d’octobre dans la perspective de la révolution prolétarienne mondiale. C’est bien pour cela et pour marquer la rupture définitive avec l’opportunisme et avec la IIème Internationale que fut mise en place dès 1919 à Moscou la III Internationale dont l’accès était soumis à l’acceptation de 21 conditions, confirmant la rupture avec l’opportunisme et l’adhésion à la ligne de la révolution prolétarienne mondiale; c’est aussi dans la perspective d’un soutien effectif aux mouvements de libération des peuples coloniaux et dépendants, que s’est tenu à Bakou en septembre 1920, le premier congrès des peuples d’Orient.

    Il est vrai que le feu de la révolution n’a pas réussi à embraser l’Europe comme l’espérait Lénine et les bolcheviks. Les mouvements révolutionnaires insurrectionnels suscités en écho à la Révolution d’Octobre (notamment en Allemagne, en Hongrie, en Italie) n’ont pas, en effet, réussi à tenir face à la répression féroce menée par la réaction; mais la victoire de la révolution n’a pas manqué d’ouvrir des brèches au sein de la social-démocratie opportuniste, entraînant parfois des scissions l’émergence de partis se réclamant désormais de la ligne de la IIIème Internationale. C’est le cas de la France avec le Congrès de Tours et la naissance du Parti communiste «Section française de l’Internationale communiste».

    Dans les colonies et pays dépendants soumis au joug de l’impérialisme, la Révolution a soulevé un immense espoir et a contribué à l’essor des mouvements d’émancipation notamment en Chine, en Indochine, en Afrique du Nord -Horizon rouge- vers lequel se tournaient le regard des prolétaires et es masses opprimées du monde.

    Comme le dit Staline: «en ébranlant l’impérialisme, la Révolution d’Octobre a créé en même temps, la première dictature prolétarienne une base puissante et ouverte du mouvement révolutionnaire mondial, base qu’il n’avait jamais eue auparavant et sur laquelle il peut maintenant s’appuyer. Elle a créé un centre puissant et ouvert du mouvement révolutionnaire mondial centre qu’il n’avait jamais eu auparavant et autour duquel il peut maintenant se grouper en organisant le front révolutionnaire unique des prolétaires et des peuples opprimés de tous les pays contre l’impérialisme».

    «La Révolution d’octobre a ainsi fait de la Russie, de l’Union Soviétique le bastion de la lutte pour la libération nationale et pour le socialisme, et non seulement par le soutien internationaliste qu’elle apportait aux luttes du prolétariat international et des peuples du monde, mais aussi par l’exemple qu’elle représentait à travers ses succès foudroyants tant dans l’édification d’une puissante économie que dans la promotion du progrès social»

    Ainsi selon les spécialistes capitalistes eux-mêmes la production industrielle s’élevait en 1939 à 10 fois celle de 1914, à 5 fois celle de 1928 et ce, rappelons-le, après quatre années de destructions immenses entraînées par la guerre civile et les interventions étrangères, et malgré l’encerclement impérialiste, sans avoir à exploiter à piller d’autres peuples et sans exploiter la classe ouvrière, puisque dans le même temps on enregistrait des avancées sociales aussi incontestables, notamment dans l’éducation et la santé entièrement gratuites, dans la promotion de l’égalité femme-homme…Justement parce que la classe ouvrière à travers les diverses organisations de la dictature du prolétariat tenait entre ses propres mains la gestion de l’économie et de la société. Incontestablement, l’Union soviétique par son existence même et par ses victoires dans l’édification de la société socialiste apportait la preuve de la supériorité du socialisme.

    Plus que jamais la Révolution d’Octobre était devenue la source d’inspiration pour le prolétariat international et pour les peuples opprimés du monde. Le rôle majeur et décisif de l’Union soviétique dans l’écrasement de la barbarie fasciste avait encore accru la sympathie à son égard: des pays d’Europe de l’Est libérés de l’occupation nazie, s’étaient engagé dans la voie socialiste; les peuples des pays coloniaux et dépendants donnaient un nouvel élan à leurs luttes émancipatrices, notamment en Asie (Chine Indochine) en Afrique du Nord (manifestation de Sétif en Algérie, et en Afrique subsaharienne). Un pan important de la planète constituait désormais le camp socialiste et échappait ainsi à la domination impérialiste.

    Du révisionnisme à l’effondrement du camp socialiste.

    Mais aujourd’hui cent après la Révolution d’Octobre, le mouvement révolutionnaire connaît un recul certain. En effet le camp socialiste s’est effondré, le capitalisme a été restauré en Russie consacré par la contre révolution comme dans les démocraties populaires d’Europe; la Chine, ouvertement impérialiste participe effrontément au pillage des peuples.

    La raison principale de cette situation, c’est le développement du révisionnisme qui a fini par s’emparer du parti et de l’Etat après la mort de Staline; ce cours nouveau, révisionniste officiellement inauguré par le 20ème Congrès du PCUS, s’est traduit par l’abandon, sous prétexte de retour à Lénine, des principes cardinaux du marxisme-léninisme, et de tous les enseignements de la Révolution d’Octobre. Ainsi au principe de la dictature du prolétariat, on a substitué la notion de l’Etat du peuple tout entier et du passage au socialisme sans révolution prolétarienne; au principe du parti de la classe ouvrière on a substitué la notion du parti du peuple tout entier; le principe de la contradiction fondamentale antagonique, et donc de la lutte implacable entre socialisme et capitalisme a été remplacé par la notion de compétition pacifique, de coexistence pacifique et du passage pacifique au socialisme.

    Dans les pays coloniaux, néocoloniaux et dépendants, le principe de la révolution démocratique sous la direction de la classe ouvrière, comme étape vers le socialisme, a fait place à la notion d’Etat de démocratie nationale qui, au nom d’un prétendu «développement non capitaliste», invite la classe ouvrière à se mettre à la remorque de la bourgeoisie. Ajoutons la théorie non moins funeste venant de Chine, selon laquelle les peuples des «deuxième et troisième mondes» doivent s’unir à leur bourgeoisie contre «le premier monde».

    Ainsi la restauration du capitalisme dans les pays socialistes n’a pas seulement privé le prolétariat international d’un bastion et d’un point d’appui; elle s’est accompagnée de développements, de théories et de doctrines qui n’ont abouti qu’à semer la confusion, à désarmer le prolétariat international et les peuples opprimés du monde face à la bourgeoisie.

    Des développements, des théories qui ont entraîné des partis se réclamant du communisme dans des politiques de collaboration de classe, laissant de ce fait sans défense le prolétariat et les peuples qui vont subir d’horribles massacres, notamment en Indonésie, au Soudan, au Chili. Dans le même sens dans de nombreux pays coloniaux, néocoloniaux, ou dépendants comme le nôtre, ces théories ont même abouti à nier la nécessité de la direction de la révolution démocratique par le prolétariat, et à laisser le prolétariat et les masses populaires déboussolés, sans la direction du Parti communiste dont la création se trouvait indéfiniment reportée, celle-ci n’étant plus considérée comme une tâche urgente. Ceux qui alors osaient encore se réclamer du marxisme, pouvaient ainsi justifier leur intégration dans des gouvernements bourgeois et leur participation aux régimes néocoloniaux et dépendants.

    C’est le cas de notre pays où dans les années 1960, quand les éléments se réclamant du marxisme-léninisme en fait des révisionnistes khrouchtchéviens, se sont fondu dans le parti nationaliste petit bourgeois la JUVENTO, avant de se rallier du moins pour certain d’entre eux au parti national-réformiste le PUT; d’autre sous l’influence du révisionnisme chinois se sont contentés de gérer le mouvement étudiant. C’est donc ce recul momentané subi par le socialisme qui, en leur laissant le champ libre, a permis à la bourgeoisie impérialistes, plus arrogante que jamais, aux opportunistes et aux révisionnistes de tout poil, de mener une propagande effrénée pour présenter à coups de contre vérités, le socialisme comme une monstrueuse barbarie, ou au mieux comme un rêve impossible, et pour tenter de faire passer la Révolution d’Octobre, pour un simple accident de l’histoire, comme une simple parenthèse dans un monde voué éternellement au règne du capitalisme.

    Mais nous sommes convaincus qu’il ne peut pas en être ainsi.

    Car nous savons que la réalité matérielle est un perpétuel changement, que tout ce qui existe se développe et meurt, qu’il s’agisse de la nature ou de la société, indépendamment de la volonté des hommes qui peuvent tout au plus accélérer ou ralentir un processus, mais qui ne peuvent pas empêcher son déroulement. C’est ce que nous enseigne le matérialisme dialectique. Ainsi, la bourgeoisie et le capitalisme, n’ont pas existé de tout temps. Ils sont apparus et se sont développés au sein de la société féodale, qu’ils ont fini par détruire et remplacer renverser. Ils sont donc appelés à disparaître eux aussi; qu’ils soient donc appelés à disparaître, c’est pour nous une certitude.

    En France par exemple il s’est écoulé plusieurs siècles entre l’apparition de la bourgeoisie et la révolution bourgeoise, et plusieurs décennies entre la révolution bourgeoise et la victoire définitive de la bourgeoisie. Les voies de la révolution ne sont pas forcément linéaires.

    Qu’on l’appelle mondialisation, globalisation ou autre , l’époque actuelle reste toujours celle de la concentration du capital, des monopoles du capitalisme financier, de la domination du monde par un petit nombre de puissance, bref c’est toujours l’époque de l’impérialisme et les contradictions de l’impérialisme, telles que Lénine les a perçues et analysées, sont non seulement toujours présentes mais ne font que s’exacerber et que le socialisme apparaît plus que jamais comme la solution nécessaire et inévitable.

    En effet, jamais la production n’a été autant socialisée, et jamais le capital n’a été détenu en si peu de mains. La crise du capitalisme est devenue une réalité permanente.

    Dans les pays impérialistes, la classe ouvrière et les masses laborieuses connaissent une misère grandissante par suite du chômage endémique et de la remise en question des droits sociaux acquis dans la lutte. Face à leur légitime mécontentement, la bourgeoisie recours à la militarisation accrue de la société à la remise en cause des libertés, à des mesures de fascisation sous la poussée de groupes fascistes de plus en plus légitimés qui ne cessent de s’affirmer sur la scène politique. Plus que jamais l’affirmation de Lénine selon laquelle l’impérialisme c’est la réaction sur toute la ligne reste d’actualité.

    Dans les pays néocoloniaux et dépendants comme le nôtre l’emprise du capital monopoliste a abouti à une dépendance accrue de l’Etat néocolonial, et même à une forme de recolonisation. Ce qui a pour conséquence plus de misère pour le peuple et notamment pour la jeunesse qui parfois ne voit d’autre issue que dans le recours à l’émigration; mais aussi plus de sentiment de révolte qui peut parfois aboutir au terrorisme mais aussi renforcer la volonté d’indépendance.

    Les rivalités inter-impérialistes se sont aggravées notamment avec l’affirmation de nouveaux pays impérialistes. Elles ont multiplié les conflits, aggravé la course aux armements et mis le monde en état de guerre quasi permanent.

    Seul le socialisme peut instaurer la paix entre les peuples

    Ajoutons à tout cela les désastres écologiques conséquence de l’exploitation capitaliste des ressources de la terre.

    Seul le socialisme peut sauver l’humanité.

    L’exacerbation de ces contradictions rend la révolution socialiste inéluctable. La chaîne de domination de l’impérialisme finira par se rompre quelque part. D’ailleurs les événements qui se sont déroulés ces derniers temps dans divers pays montrent bien que les peuples ne sont pas disposés à supporter la situation qui leur est faite, que ce soit notamment en Tunisie, en Egypte et au Burkina Faso.

    La grande leçon que nous pouvons retenir de tous ces événements c’est la nécessité de la révolution prolétarienne, et c’est aussi la confirmation de la nécessité du Parti Communiste qui seul peut conduire la classe ouvrière pour rendre cette révolution possible. C’est ce parti qui en s’inspirant de l’exemple du Parti Bolchevik, et de la Révolution d’octobre, et avec toute l’expérience acquise depuis lors peut conduire à la victoire. Il nous appartient donc de renforcer nos partis, en nous inspirant de l’exemple du parti Bolchevik et de la Révolution d’octobre mais aussi des expériences accumulées depuis lors d’échanger nos expériences en nous apportant un soutien mutuel internationaliste.

    GLOIRE A LA GRANDE RÉVOLUTION D’OCTOBRE 1917

    GLOIRE AU PARTI BOLCHEVIQUE DE LÉNINE ET DE STALINE

    VIVE L’INTERNATIONALISME PROLÉTARIEN !

    Le Parti Communiste du Togo

    Site internet : www.pctogo.org

    Contact : contact@pctogo.org

  • La nuit tombe sur la France.

    La nuit tombe sur la France.

    La nuit tombe sur la France.

    Macron est un missile a usage unique, conçu pour frapper de plein fouet la protection sociale et le niveau de vie des travailleurs et des travailleuses. Pour le moment, il est impossible de nier qu’il remplit parfaitement sa mission.

    Seulement, toute régression économique a un impact sur la société. Une société plus précaire, plus pauvre, écrasée de taxes et d’impôts, est une société fatalement plus explosive. La baisse du niveau de vie se traduit donc également par une attaque contre les droits politiques.

    Le mouvement des Gilets Jaunes a été une explosion, un embrasement général. Il a effrayé le pouvoir politique, qui n’a pu faire autrement que choisir la voie de la répression pour le faire taire, pour lui ôter toute parole, pour l’enfermer.

    La lutte ne s’éteint pas, la colère se mue en une rage profonde. Les croyances dans la démocratie bourgeoises, dans le respect des droits de l’Homme, dans le respect des libertés « inaliénables » sont balayées. La publicité présentée à l’école sur la France comme pays des Libertés s’est décomposée. La lutte des Gilets Jaunes est en train de donner naissance à une nouvelle étape ans la vie politique du pays. Elle sera marquée par la défiance envers la police, envers les institutions, envers l’Etat.

    Faute de pouvoir calmer les choses, à l’heure actuelle, le gouvernement veut imposer une mise au pas de la société. Les projets se succèdent et ne peuvent que susciter l’inquiétude. Le sentiment général est que la nuit tombe, sombre et sinistre. La répression à déjà été massive. Des centaines de personnes encourent des peines de prison tandis que des milliers sont sous contrôle judiciaire. Mais cela n’est toujours pas assez !

    La loi contre les manifestations.

    Nous avons communiqué déjà sur la loi dite « anti-casseurs ». Nous invitons à consulter ce document ici.  Ce qui est à retenir, fondamentalement, est que celle-ci poursuit une politique d’état d’urgence permanent. Elle permet d’utiliser l’administration pour réprimer, tout en contournant le judiciaire. Si la séparation des pouvoirs est nettement plus un mythe qu’une réalité, le fait que les lettres de cachet soient de retour représente néanmoins une aggravation considérable de la situation.

    D’expérience, les attaques de ce type, présentées comme s’attaquant à une menace précise, deviennent rapidement des moyens opératoires contre toutes et tous. Le fichage proposé par l’article 3 de la loi sera probablement utilisé pour créer des dossiers d’opposants.

    Quant à l’interdiction de se masquer, elle revient à exiger que les manifestants doivent s’exposer en toute vulnérabilité en face de tireurs qui agissent en toute impunité. Cette loi ne peut être interprétée autrement que comme une loi de terreur contre les manifestations présentes et à venir.

    La loi sur la presse.

    Macron souhaite également mettre au pas la presse. La presse est déjà, en France, largement sous la coupe d’immense monopoles et cartels dépendant directement de la grande bourgeoisie. Seul échappent certains journaux indépendants, dont la situation financière n’est pas toujours très brillante ou qui sont des officines réactionnaires financées par l’argent d’autres Etats.

    Malgré cet étranglement, cela ne suffit pas. L’affaire Benalla, dont les rebondissements ahurissants ont été répercutés par les médias, a été particulièrement mal vécue par le gouvernement. Les révélations de Médiapart ont même déclenché une telle ire au sein des cercles du pouvoir que ceux-ci ont saisi la justice et demandé des perquisitions.

    L’anonymat des sources journalistiques, une des composantes importante de sa capacité à pouvoir mener des enquêtes, est depuis longtemps dans le collimateur des gouvernements successifs. L’arguement, une nouvelle fois, est celui de la lutte anti-terroriste, mais dans les faits, celui de la dénonciation des turpitudes des dirigeants et la grande bourgeoisie est également dans le viseur.

    Au sein du Grand Débat, Macron a démontré que sa conception de l’enquête et de la vérité était de coller le plus possible aux intérêts du grand patronat. En Guadeloupe, son attitude par rapport aux plaintes du fait des dégâts liés à l’usage de chlordécone est démonstrative. Il a imposé sa vérité face aux récriminations des médecins. Les Gilets Jaunes ont pu être écoutés et entendus avec un poids égal aux experts et aux ministres. Cette démocratisation de l’information et du débat répugne profondément notre président aux accents de plus en plus royalistes. Cette hérésie lui paraît si néfaste qu’il veut laver l’affront et empêcher qu’il se reproduise.

    A quoi s’attendre alors avec la presse ? Certes les fake news ont pris une ampleur démesurée, capable de pouvoir semer l’intoxication dans les esprits, mais quid des « vérités » gouvernementales ? Le fait qu’il y ait un contrôle étatique sur la notion de vérité informationnelle avait déjà été dénoncée comme une menace gravissime par le passé.

    Là Macron voudrait « renationaliser les journaux » selon la formulation employée par « le Point ». Cette renationalisation, qui pourrait réjouir certains réformistes démasque au contraire le caractère de classe de l’Etat. Cette prétendue nationalisation est justifiée ainsi : « Le bien public, c’est l’information. Et peut-être que c’est ce que l’État doit financer. Le bien public, ce n’est pas le caméraman de France 3. Le bien public, c’est l’information sur BFM, sur LCI, sur TF1, et partout. Il faut s’assurer qu’elle est neutre, financer des structures qui assurent la neutralité. Que pour cette part-là, la vérification de l’information, il y ait une forme de subvention publique assumée, avec des garants qui soient des journalistes. Cette rémunération doit être dénuée de tout intérêt. Mais quelque part, cela doit aussi venir de la profession. » En somme le gouvernement paierait des journalistes « mouchards » chargés de contrôler l’information pour qu’elle soit « neutre » et « vérifiée ».

     « Prenant conscience de la sagesse infinie de notre infaillible Jupiter, les journaux décideront spontanément de lui confier la détermination de la vérité via un système financé par lui, et ce, pour le plus grand bonheur du peuple » ironise ainsi Le Point.

    La lutte contre les fake news sert, comme dans celle contre les « casseurs » à justifier un contrôle a priori sur la société et à limiter la possibilité d’expression politique de la part des masses.

    Nous dénonçons cette tentation ultra-réactionnaire !

    Le référendum ?

    Macron a annoncé que le Grand débat serait clôturé par un référendum qui synthétisera les positions majoritaires. Ce référendum est censé sonner le glas du mouvement des Gilets Jaunes et faire taire définitivement la contestation de son programme. Il représente une arme immense qui peut modifier jusqu’à la constitution. Ce qu’un référendum fait, seul un autre peur le défaire.

    Cette proposition n’est qu’une diversion de plus. Un simple coup d’œil au contenu du Grand Débat donne le ton. Tout est mis en œuvre pour surfer sur la colère et les revendications légitimes des Gilets Jaunes pour nourrir et appuyer la politique d’anéantissement des droits sociaux de Macron.

    Ainsi, les questions posées dans le Débat sont dignes de celles que poserait un démarcheur commercial, enfermant le participant ou la participante dans des faux choix qui, in fine, sont des soutiens à la politique de prise d’assaut des droits sociaux et politiques. En réalité ce Grand Débat est un choix entre peste et choléra.

    Macron et la classe sociale qu’il sert, ce cartel de grands bourgeois, ne sont pas stupides. Au contraire, ils sont particulièrement retors et cyniques. Ils sont capables de prendre toute revendication progressiste et de la retourner complètement pour en faire une arme contre ceux qui souffrent.

    « Vous voulez que les producteurs soient payés plus ? – Élevons les prix tout en protégeant les bénéfices des grandes surfaces ! »

    « Vous voulez plus d’écologie ? – Vous paierez des taxes injustes pour que Total continue d’engraisser ses actionnaires ! »

    « Vous n’êtes pas content ? Il faut savoir ce que vous voulez ! »

    Qui sait quelle question tordue et perverse sera posée lors de ce référendum.Une question comme « voulez-vous une administration plus efficace ? » peut se traduire n’importe comment. « Voulez-vous réduire le nombre d’élus » peut servir de prétexte à concentrer tous les pouvoirs dans les mains d’un seul parti.

    Même répondre « non » est une arme. « Vous ne voulez plus de cette revendication ? De quoi vous plaignez-vous alors ? »

    Mais quand bien même quelque chose de positif pourrait sortir de cela, la décision serait enterrée, tout comme l’a été le « non » à la Constitution Européenne en 2005. Voilà à quoi ressemble leur conception de la démocratie !

    Ce référendum tomberait le même jour que les élections européennes.

    Ce choix est étrange. Il est fort possible que, malgré les sondages, LREM subisse une cinglante défaite lors de ce scrutin, étant donné le désaveu de la politique menée par Macron – Philippe – Castaner. Mais le référendum éclipserait tout. Si Macron pose sa question d’une manière intelligente, non seulement il pourrait laver l’affront de la défaite de son organisation, mais également il pourrait transformer cela en véritable victoire structurelle.

    Etant donné la conjoncture actuelle, nous pensons qu’il nous faut agir avec la plus grande méfiance vis-à-vis de cette manœuvre. En temps normal nous considérerions qu’il faudrait boycotter ce scrutin et le dénoncer comme étant une manœuvre infâme, mais les risques sont élevés. Nous pensons qu’il faut faire obstacle de toutes nos forces face à cette tentative d’adouber la liquidation de nos droits sociaux ou politiques. En dernière analyse, nous ne pouvons comprendre la présence de l’extrême-droite chez les Gilets Jaunes : après tout, leur programme social et économique est d’ores et déjà en train d’être mis en place. Ces lois rappellent ce que pouvait écrire Dimitrov : Camarades, on ne saurait se faire de l’arrivée du fascisme au pouvoir l’idée simpliste et unie qu’un comité quelconque du capital financier déciderait d’instaurer à telle date la dictature fasciste. En réalité, le fascisme arrive ordinairement au pouvoir dans une lutte réciproque, parfois aiguë, avec les vieux partis bourgeois ou une portion déterminée d’entre eux, dans une lutte qui se mène même à l’intérieur du camp fasciste et qui en arrive parfois à des collisions armées, comme nous l’avons vu en Allemagne, en Autriche, et dans d’autres pays.

    Tout cela sans affaiblir cependant l’importance du fait qu’avant l’instauration de la dictature fasciste, les gouvernements bourgeois passent ordinairement par une série d’étapes préparatoires et prennent une série de mesures réactionnaires contribuant à l’avènement direct du fascisme. Quiconque ne lutte pas, au cours de ces étapes préparatoires, contre les mesures réactionnaires de la bourgeoisie et le fascisme grandissant, n’est pas en état d’entraver la victoire du fascisme, mais au contraire la facilite.

    Au moment de l’élection de Macron, nous avions émis la thèse selon laquelle sa politique détruirait le centre de l’échiquier politique et créerait une situation particulièrement dangereuse pour les prochaines élections présidentielles. En dernière instance, c’est le cartel des grands bourgeois qui détermine qui sera élu, en appuyant sa campagne de toutes ses forces.

    Ni RN ni les groupuscules fascistes, si gênants dans les manifestations, ne sont des forces capables en tant que tel de recevoir un soutien de la part de cette clique de grands bandits. Cependant, les thèses de la Droite Nouvelle ou de la Droite Elargie, autour du fond de LR ou même de Debout la France font leur chemin. Dans une hypothèse d’un face à face avec les organisations autour de LFI, même réunies autour d’une candidature commune, il faut s’attendre à ce que la grande bourgeoisie appuie de toutes ses forces pour une victoire de la Droite Dure.

    Ce qui est à redouter, fondamentalement, c’est qu’après le gouvernement liquidateur des droits sociaux -que nous n’aurons plus d’ici 2022- nous fassions face à celui qui liquiderait nos droits politiques.

    L’Unité Communiste de Lyon considère que les organisations communistes doivent impérativement ressortir renforcées et plus soudées de l’épreuve de force actuelle. Ce qui déterminera in fine si le mouvement des Gilets Jaunes est une victoire ou une défaite, c’est de savoir quel camp ressortira agrandi de cette lutte : celui de la bourgeoisie ou celui du peuple.

  • Loi « anti-casseurs » une loi anti-populaire.

    Loi « anti-casseurs » une loi anti-populaire.

    Loi « anti-casseurs » une loi anti-populaire.

    Les gouvernements savent saisir la balle au bond. Ils savent utiliser des moments de crise pour réussir à faire avancer leurs projets réactionnaires. En l’occurrence, les manifestations des Gilets Jaunes et les affrontements qui ont pu avoir lieu servent d’alibis à accroître un arsenal répressif destiné à mater les mobilisations dans leur ensemble.

    La gauche rend de grands services, mais pas toujours à ceux qu’on croit. En 2016, à la suite des attentats, sous prétexte de devoir réagir rapidement, le gouvernement de l’époque, dirigé par Valls, a mis en place un système qui court-circuite la justice pour placer au centre de l’action le préfet. Les décisions d’interdiction de manifester sont désormais entre les mains d’une autorité administrative, directement sous tutelle de l’Etat, et outrepassant régulièrement ses prérogatives.

    A partir du 1er novembre 2017, l’état d’urgence est entré dans la constitution, le transformant de facto en Etat d’urgence. Gérard Collomb, lui aussi membre et ex-membre du Parti Socialiste, a été l’architecte de cette mesure. Cette inscription dans la durée d’un régime d’exception a eu pour conséquences de banaliser l’usage d’une répression à caractère préventif. Autrement dit, il est né une conception qui ne peut être résumée autrement que par le « délit d’intention ». En somme, le soupçon d’un passage à l’acte est suffisant pour qu’il puisse être retenu comme une charge.

    L’usure des forces de police, à la suite de la mobilisation inefficace des forces de l’ordre pendant la période de l’état d’urgence, a servi, là aussi, de prétexte à accorder des largesses juridiques. La police s’est blindée contre les accusations d’abus et de bavures, tout en accroissant son arsenal répressif.

    La fabrique du « casseur ».

    Hier, c’est cet arsenal qui a permis de réprimer les luttes contre la loi travail ou contre la réforme de la SNCF. Aujourd’hui, ce sont celles-ci qui permettent d’écraser le mouvement des Gilets Jaunes dans le sang.

    L’argument qui revient sans cesse est celui de la présence dans les rangs des manifestations de « casseurs ». Cet argument mérite qu’on s’y attarde un petit instant. Ces « casseurs » servent d’alibi à des lois répressives qui, en dernière analyse, mettent en péril le droit à manifester. Il est un terme qui revient sans cesse dans les rhétoriques du gouvernement pour dire aux Gilets Jaunes « ne manifestez pas », pour décourager les familles, les personnes vulnérables ou qui redoutent la violence.

    Or, cette rhétorique ne sort pas de nulle part. La fabrique du casseur, d’une image mentale de celui-ci, est en grande partie le fruit de l’influence des médias, au service des exploiteurs. Le pouvoir de l’image tout comme le pouvoir de la dénomination ont permis à ceux-ci, qui ne sont pas neutres, de forger dans l’esprit de la population une représentation de ce que peuvent être les « casseurs ». Ils ont ainsi créé une représentation de cette nébuleuse comme constituée d’individus opportunistes, utilisant les manifestations uniquement comme bouclier humain pour commettre des dégradations et des actes de violence, sans lien avec le mouvement, avec sa lutte, avec ses revendications.

    Les images des médias, même pour des individus qui se méfient de ceux-ci, frappent l’imagination. Même parmi les organisations politiques de gauche ou d’extrême-gauche, ce vocabulaire revient. Or, les vidéos qui passent en boucle sur les médias sont le fruit d’un travail d’édition. Elles ne montrent pas ce qui s’est passé avant un événement, après, ou hors champ.

    L’expérience des manifestations nous indique que, oui, il y a parfois de la casse et de la violence. Mais que dans la très large majorité des cas, celle-ci est à l’initiative des agents provocateurs des forces de l’ordre. Le plus souvent, les manifestations deviennent brutales après que la police soit passée à l’action, le plus souvent sans sommation et sans raison, autre que les ordres de semer le chaos.

    Ce qui se produit est une réaction d’autodéfense qui vise à se protéger de la police, voire parfois à répondre, du fait de la colère et du sentiment d’injustice, à la violence policière. Et ce, malgré l’immense disproportion de moyens physiques, matériels et juridiques entre les deux forces en présence. La tendance au conflit est constante, notamment vis-à-vis de la jeunesse populaire, qui ne connaît que les contrôles constants, la privation de perspectives et d’avenir, et la violence de la part de l’Etat. Mais là, également, l’origine est dans le fait que la société française génère une violence majeure.

    Il existe également des individus, politisés, qui s’attaquent à des banques, des vitrines de grands magasins, des symboles du capitalisme. Cela dans le but de générer une « propagande par le fait » et de stimuler la combativité des masses. Il ne s’agit là, encore, pas d’une violence aveugle. Les « blacks blocs » sont des individus présents dans les mouvements de luttes et qui opèrent ainsi dans le cadre de la lutte. Et, d’une manière générale, leur modus operandi répond au caractère répressif de la police.

    Il est possible d’être en désaccord avec ces pratiques, de les trouver inadaptées. C’est un débat. Nous ne justifions pas ce choix tactique, nous l’expliquons comme découlant d’une logique. En revanche, nous n’acceptons pas l’injonction de la condamnation qui est régulièrement posée par le gouvernement, les réactionnaires et les médias. Nous ne ferons pas comme Fabien Roussel, dirigeant du PCF, qui a déclaré qu’il demandait à la police d’intervenir lorsqu’il repérait des « casseurs ». Ce n’est pas notre rôle.

    En revanche, nous maintenons que, d’expérience, l’initiative de la provocation, de la violence, du conflit est dans une majorité écrasante déclenchée par la police. Chaque manifestation, ce qui est vu régulièrement, aussi pacifique soit-elle, finit sous les nuées de lacrymogènes.

    Par ailleurs, les « casseurs » ne sont qu’un alibi. Ce que vise ces lois, le cœur de leur cible, ce sont les manifestants en général, les mobilisés et mobilisées en général. Il ne s’agit pas de cibler ces chimères, mais bien de réprimer les masses populaires dans leur ensemble, et de les enfermer. 

    Quelles mesures dans la loi ?

    Cette « fabrique du casseur » à permis de justifier un très grand nombre de lois qui mettent en cause la liberté de manifester. Mais ces lois ne suffisent pas encore ! Il faut pouvoir réprimer plus, aller plus loin, frapper plus fort.

    La majorité parlementaire propose alors d’accroître ces possibilités de broyer le mouvement de contestation.

    Première mesure : le grand retour des interdictions administratives de manifester. Le préfet peut interdire une manifestation, mais également interdire à des individus précis de participer à un événenement déclaré. Cerise sur le gâteau, il est possible également d’interdire « sur la base de (…) relations régulières ». Si les fréquentations d’une personne paraissent suspectes, elle aussi peut donc être mise à l’index. Amnesty International indique que cela revient à « donner tout pouvoir aux autorités politiques ou policières pour déterminer si une personne a le droit de manifester ou pas, sur la base de suspicions extrêmement faibles ». Déja l’article 222-14-2 du code pénal, qui punit « le fait de participer sciemment à un groupement en vue de la préparation de violences ou de dégradations » est utilisé de manière extrêmement large par la répression. Le « sciemment » devient un enjeu majeur. Dans un sens, ce genre de procédure rejette à la défense la responsabilité de trouver des preuves de l’innocence ou de l’inconscience de l’interpellé.

    Il convient de rappeler que, d’ores et déjà, des Gilets Jaunes présumés passent en jugement et risquent de la prison sur la base d’interpellation arbitraires. Comme tout ou presque peut servir de pièce à conviction, il est facile de justifier à postériori les interpellations. Cela vise tout simplement à semer la terreur dans les rangs de ceux et celles qui se mobilisent, pour casser toute dynamique d’élargissement du mouvement.

    Deuxième aspect particulièrement redoutable, c’est l’aggravation de mesures déjà votées et appliquées. L’une d’entre elle est le fait de se dissimuler le visage. Elle se mue de dissimulation totale en dissimulation partielle. Elle pourrait être sanctionnée d’un an d’emprisonnement ainsi que de 15 000 euros d’amende. Amnesty International déclare :« Beaucoup de personnes se dissimulent partiellement le visage parce qu’elles souhaitent se protéger ». Tenter de se protéger contre les gaz peut donc faire l’objet de poursuites judiciaires.

    Pour peu que des manifestants souhaitent ne pas être asphyxiés, éborgnés, perdre des mains… ceux-ci peuvent être désormais arrêtés. Il faut offrir uniquement des chairs tendres, des peaux nues, aux armes des policiers.

    En somme, il faut rester chez soi et maugréer en attendant de prochaines élections. Faire le dos rond pendant que les droits sociaux partent en fumée, pendant que les salaires s’effondrent.

    Dernière mesure : l’article 3 de la loi prévoyait de créer un fichier de « casseurs ». Si cette disposition semble désormais caduque, elle est remplacée par une « inscription provisoire » des personnes interdites de manifestation dans le « fichier des personnes recherchées ».

    Tout comme les fichiers des empreintes ADN ne devaient être utilisées que pour identifier les délinquants et criminels sexuels, et sont maintenant appliqués à tous, ce système de fichier ne peut que laisser pensif.

    La loi de la terreur.

    Cette loi a déclenché l’ire de certaines forces politiques, de droite comme de gauche. L’extrême-droite, elle, a joué la carte d’une position très révélatrice : « Oui, probablement on le votera, en assurant qu’il n’est pas utilisé pour être une entrave au droit de manifester pacifiquement dans ce pays » (Marine Le Pen).

    Or, c’est littéralement le but de cette loi. Le RN a toujours été en faveur des lois qui permettent l’écrasement des mouvements sociaux ou de contestation, pour la simple et bonne raison qu’il s’agit de leur programme. Au lieu de hurler hypocritement, les apprentis-fascistes devraient applaudir Macron et ses laquais.

    Il est difficile d’accorder aux partis de droite le moindre crédit et la moindre sincérité dans leur protestation. Cependant, des exclamations extrêmement vigoureuses ont été prononcées.  « Mais où sommes-nous, mes chers collègues ? » a-t-il lancé. « C’est la dérive complète ! On se croirait revenu sous le régime de Vichy ! » a ainsi déclaré Charles de Courson, député centriste. Jacques Toubon, défenseur des droits, a également attaqué cette loi pour son caractère liberticide.

    Sur les rangs de l’Assemblée, la France Insoumise a également protesté, déclenchant un conflit entre députés, du fait d’insultes de la part d’une députée LREM.

    Le fait que cette loi passe ne fait que confirmer une sombre constatation que nous avions faite dès avant l’élection de Macron. La politique kamikaze de Macron jette dans la rue des pans entiers de la société. Cela s’aggravera encore avec l’application de la « loi alimentation » qui frappera les ménages les plus précaires. Ne pouvons céder un pouce de terrain, tenus par les injonctions de ses donneurs d’ordres de la grande bourgeoisie, le gouvernement ne peut que tenter d’étouffer la colère sous les coups et les tirs.

    En empêchant les manifestations de se tenir, en usant de la répression à tout va, la direction politique de l’Etat produit, au contraire, une tendance au conflit encore plus marquée. D’une part car la colère populaire trouvera toujours un échappatoire sous une forme ou une autre, de l’autre car la police et la justice seront réduit à user toujours plus de la violence.

    Déja, des armes à feu classiques et des blindés ont été déployés. Déja, des policiers ont sorti leurs armes de service pour viser la foule. Fatalement, si cette logique se poursuit, cela se traduira non seulement par plus de blessés, mais également par une hausse du nombre de morts, tués par balles, comme cela pouvait être le cas jusqu’au début des années 1960.

    L’Unité Communiste de Lyon dénonce cette loi dangereuse et criminelle. Elle considère en revanche que celle-ci démasque intégralement la nature du régime dans lequel nous vivons : antidémocratique, antipopulaire, réactionnaire. Nous ne cesserons pas notre présence aux manifestations et nous appelons les Gilets Jaunes ainsi que les autres mobilisés à ne pas céder à cette politique de terreur.

    Soyons soudés, unis, solidaires, et nous triompherons de tout !

  • Venezuela : le basculement.

    Venezuela : le basculement.

    Venezuela : le basculement.

    Le régime social-démocrate de Nicolas Maduro vient de subir un coup très dur. Juan Guaido, président du Parlement et opposant à Nicolas Maduro, s’est autoproclamé président de la République du Venezuela.

    Il a immédiatement bénéficié de l’appui inconditionnel des États-Unis, puis du Canada, de la Colombie, du Pérou et du Brésil. Au matin, Emmanuel Macron, sans la moindre vergogne, a apporté son soutien au putschiste, accompagnant son tweet d’un salut à ceux qui « marchent pour la liberté ». Cela ne s’invente pas. Désormais de Juan Guaido un personnage central diplomatiquement, politiquement et géo-politiquement.

    La Russie, par la voix de Vladimir Poutine, a apporté en revanche son soutien à son allié d’outre-Atlantique. Cependant, ce n’est nullement par sympathie pour le progressisme que cette déclaration a été faite. C’est uniquement pour des raisons primordiales de géopolitique. La Chine, autre partenaire du Venezuela, s’est fendue d’une communiqué indiquant qu’elle s’opposait aux ingérences étrangères au sein du pays.

    La carte des Etats et de leurs positions sur la question dessine un monde clivé. Un bloc eurasiatique qui soutien majoritairement Maduro, et un monde « des îles » pour reprendre la terminologie de Brzezinski, qui soutient Juan Guaido.

    Le Venezuela est désormais en situation de double-pouvoir. Reste à savoir qui l’emportera, sachant que les USA ont précisé que toutes les options étaient sur la table en cas d’utilisation de la force par l’armée. Malgré le fait que Nicolas Maduro ait pu prêter serment devant la cour suprême, malgré que l’armée lui soit fidèle, il n’est pas dit qu’un coup de force, qu’une guerre, ne soit pas envisageable dans les heures ou les jours qui suivent.

    D’un côté comme de l’autre, les deux camps mobilisent dans le but d’apporter leur soutien à leur dirigeant. Des affrontements ont éclaté, avec des morts et des blessés des deux côtés.

    Comment en est-on arrivé là, après la période de consensus apparent du régime de Chavez ?

    En vérité, en 20 ans de direction « bolivarienne », le Venezuela n’a été que peu transformé dans sa structure économique. La manne financière du pétrole s’est simplement un peu plus ouverte à l’ensemble de la population, entretenant une économie de rente, qui satisfaisait les besoins immédiats de la population, sans toutefois permettre une véritable transformation économique. En résumé, peu a été investi pour faire du Venezuela un État indépendant.

    La direction sociale-démocrate n’a pas touché à ce qui faisait l’essentiel des forces des grands trusts, des grands groupes de la bourgeoisie. Ces bastions sont restés intactes. La presse et les industries sont en grande partie entre les mains d’une poignée de grands bourgeois, qui n’ont jamais abandonné le fait d’espérer récupérer leur paradis perdu. Tant que les prix du pétrole étaient hauts, tant que le mouvement populaire soutenait la direction de l’État, cette bourgeoisie était limitée dans ses marges de manœuvre. Elle a mené des luttes contre le gouvernement, elle a conspiré pour détacher les masses de leur soutien au gouvernement, elle a toujours poursuivi ses ambitions de retour.

    Elles ont trouvé une oreille attentive à Washington, qui n’apprécie guère la présence d’un allié géopolitique de la Russie sur sa chasse gardée. Or, malgré les discours des chavistes et des proches de Maduro, le pays est dans une cruelle dépendance vis-à-vis des USA. Assis sur les plus grands réserves mondiales de brut, le pays n’a aucune industrie qui lui permette d’en tirer directement profit. Tout le raffinage est fait au pays de l’oncle Sam, d’autant que, très lourds, les hydrocarbures vénézuéliens demandent des moyens considérables en termes d’infrastructures.

    Pour maintenir le consensus avec la population et garder la bourgeoisie calme, le gouvernement du Venezuela a dilapidé l’argent du pétrole. Sans politique d’industrialisation ambitieuse, permettant un contrôle sur toute la chaîne de production du pétrole, le Venezuela a été pris au piège.

    Avec la baisse des cours du brut, avec un détachement d’une partie de la base populaire, la direction du Venezuela est vulnérable à un coup de force. Les bourgeoisies réactionnaires d’Amérique du Sud ont senti le vent tourner et font des pieds et des mains pour chasser les gouvernements progressistes.

    Les USA ont également imposé des sanctions particulièrement cruelles. Ils peuvent le faire grâce à leur arme la plus terrible : l’extra-territorialité de leur droit. En somme, il suffit qu’une entreprise utilise des dollars ou commerce avec une entreprise US pour qu’elle soit obligée de respecter la loi américaine ou qu’elle puisse être jugée aux USA. Ces méthodes d’étranglement expliquent le fait qu’il n’est pas possible, pour aucun pays, d’ignorer les embargos US.

    Le Venezuela a été ainsi consciencieusement étouffé, affamé. Et le gouvernement de Maduro, prisonnier de son deal social-démocrate, prisonnier du « moindre mal » et des « demi-mesures », s’est finalement retrouvé à combattre son propre peuple. Tel est le lot de tous ceux qui, comme le disait Saint-Just « font les révolutions à moitié » et qui creusent en fait leur tombeau.

    Nous ne disons pas que Maduro est un communiste. Il ne l’est pas. Le Venezuela n’était pas un État socialiste. C’est précisément cela qui l’a rendu si vulnérable, si fragile, si isolé. La demi-mesure n’a finalement pas permis d’amadouer la bourgeoisie, au contraire, elle lui a permis de fourbir ses armes et de préparer sa contre-offensive.

    En fait d’un dictateur, Maduro est au contraire un démocrate empêtré dans ses contradictions. Il est empêtré par un respect des libertés démocratiques, dont ses opposants ont su profiter.

    Certains, certaines, ici ou ailleurs, se sont empressés de soutenir l’opération faite par l’opposition. Au nom d’une conception abstraite de la « liberté », portée au-dessus de tout, ils et elles applaudissent aux côtés de Trump, de Bolsonaro et de Macron. Ils et elles réclament l’intervention de forces extérieures pour « restaurer la démocratie ». Comme si celle-ci pouvait naître sous les chenilles des chars US ou sous les balles des escadrons de la mort !

    Leur « liberté » à ces individus, est la liberté des tyrans de réclamer leur trône. Est une liberté bourgeoise, d’opprimer et d’exploiter. Et ils sont prêts à lutter jusqu’à la mort pour lutter contre les abominables autoritaristes qui veulent empêcher cette liberté de s’exercer.

    Par ailleurs, quelques drôles, goguenards, se sont empressés de tacler Mélenchon sur le soutien qu’il a apporté à Maduro. De pointer la contradiction entre réclamer la chute du gouvernement en France et dénier aux putschistes leur légitimité. Il nous est rare de défendre Mélenchon, mais nous ne pouvons que lui donner raison dans sa démarche. Il est logique que face à une agression de ce type, un gouvernement puisse se défendre, tandis que le gouvernement français est un oppresseur complet des droits démocratiques et sociaux.

    Cependant, qu’on ne soit pas dupe. Si Mélenchon était élu, il ferait au maximum la même chose que Maduro. Du fait de son réformisme, il finirait, par la politique du moindre mal, mais la politique de conciliation de classe, à jouer, pour ne pas rompre avec la bourgeoisie, le bourreau des exploités pour le compte des exploiteurs. Une répression « de gauche » certes, une répression de VIème République, mais une répression féroce, comme à pu avoir été celle du SPD contre les Spartakistes.

    Nous, communistes, savons que la bourgeoisie n’hésite pas pour reprendre son pouvoir, pour maintenir ou accroître ses profits. Elle ne recule devant aucune bassesse, devant la violation de n’importe quelle loi, y compris les siennes. Nous savons qu’elle ment, qu’elle instille la détresse et le désarroi chez les masses populaires, qu’elle est prête à faire envahir les pays par tous les Hitler possibles pour reprendre sont paradis perdu. Elle est prête à tuer, assassiner, pratiquer le terrorisme et la guerre civile pour ne pas être éjectée de l’histoire.

    La question du pouvoir n’est pas un choix. Elle se heurte à un terrible prisme : celui de la confrontation avec la réalité. Or, dans l’expérience de la lutte des classes, une seule forme de pouvoir a pu triompher. Un pouvoir organisé autour de la démocratie la plus large pour les travailleurs, les exploités, les opprimés. Un pouvoir organisé de la manière la plus ferme contre les exploiteurs, les opportunistes, les ennemis du peuple. Ce pouvoir est la dictature du prolétariat, fer de lance tant pour remettre entre les mains des masses populaires les leviers du pouvoir, que pour l’ôter des mains de la bourgeoisie.

    La menace qui pèse sur le Venezuela pose des question et des inquiétudes. Le risque d’une guerre civile n’est pas exclu, tout comme celui d’une intervention étrangère. L’attitude générale des puissances mondiales ou régionales dénote une tendance à la surinfection des tensions internationales et infra-nationales. Cette tendance générale à la guerre, nous, communistes, devons-nous y opposer de toutes nos forces, en mettant dans la balance, face aux chauvinismes et aux impérialismes, l’internationalisme prolétarien !

  • Contre la destruction de l’environnement, détruisons le capitalisme !

    Contre la destruction de l’environnement, détruisons le capitalisme !

    Contre la destruction de l’environnement, détruisons le capitalisme !

    Une nouvelle fois, un appel international à marcher pour protester contre la destruction du climat et de l’environnement a été lancé. Ces appels font écho à l’urgence dans laquelle nous sommes. Malgré les promesses des politiciens, la dégradation de l’environnement et le dérèglement du climat se poursuivent toujours et s’intensifient.

    Les températures continuent de monter, du fait des rejets de gaz à effet de serre.

    La biodiversité, en particulier dans les océans, subit de plein fouet la pêche intensive, qui transforme les océans en désert.

    Des espaces immenses sont rasés pour être transformés en pâture pour l’élevage extensif, tandis que les sols et les eaux sont rendus toxiques par les déchets de l’industrie porcine.

    Des forêts sont détruites pour accéder aux richesses en sous-sol, ou pour faire place à des plantations commercialement porteuses….

    En moyenne 280kg de nourriture sont gaspillés par ans et par personnes en Europe, dont 190kg durant la production et la vente. Cela représente presque 1/3 de la production de nourriture. Cette surproduction est organisée par les capitalistes pour s’assurer que leurs produits sont bien en rayon dans les supermarchés… même si personne ne les achète.

    Car la nature est, en système capitaliste, une marchandise dont il faut tirer le plus de profit possible et le plus rapidement possible. Et pour cause ! Hésiter reviendrait à courir le risque de voir un concurrent s’emparer du dernier thon rouge, de la dernière goutte de pétrole, de la dernière parcelle de forêt vierge. L’importance des rendements des investissements et des taux de profit est telle qu’elle justifie tout. Elle justifie notamment les expéditions militaires de l’impérialisme, dans le but de prendre le contrôle des zones de ressources. Elle justifie la domination coloniale et néo-coloniale dans le but d’imposer un développement économique uniquement centré sur les intérêts de la métropole. Elle crée une division internationale du traitement des déchets, dans laquelle ce sont les pays les plus pauvres qui se retrouvent noyés sous les flux de produits toxiques.

    Les grands capitalistes s’en moquent. Ils ne subissent pas directement les méfaits de leurs affaires. Le plus souvent, ce sont les quartiers pauvres des villes qui sont dans les nuées de pollution, comme à Mumbai, où on estime que celle-ci fait perdre jusqu’à 10 ans d’espérance de vie.

    Ils sont en revanche prompts à s’en prendre au mode de vie des classes populaires, exigeant qu’elles se serrent la ceinture, qu’elles paient des taxes lourdes, pendant qu’eux peuvent continuer à mener un train de vie sans commune mesure.

    Le mouvement des Gilets Jaunes a démontré l’hypocrisie des gouvernements capitalistes. Les « taxes carbone » ne sont en réalité qu’une pénalité imposée aux plus pauvres. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une manière de leur faire assumer les coûts d’une possible « transition écologique » sans toucher aux bénéfices des grands pollueurs.

    Les ressources renouvelables et les nouvelles technologies ne sont, pour les capitalistes, que de nouveaux marchés comme les autres, qui n’attirent les investissements que dans la mesure où ils peuvent rapporter gros. Greenwasher (maquiller d’écologie) est un argument commercial, rien de plus. Bien souvent, ces produits cachent des méthodes de production polluantes, car il est toujours plus rentable de ne pas respecter les règles que de les suivre !

    Ce n’est pas une fatalité ! Nous pouvons enrayer la catastrophe avant qu’il ne soit trop tard !

    Il existe un grand nombre de personnes, qui, individuellement, font des efforts immenses pour réduire leur impact personnel sur l’environnement. Ces efforts sont à saluer. Mais la seule possibilité qui permette de mettre fin au gaspillage des ressources, à leur surexploitation, à la destruction de l’environnement de manière globale, c’est par un changement radical d’économie. Aujourd’hui, le marché dicte sa loi. Le seul critère est la rentabilité des productions, au mépris de toute projection dans l’avenir.

    C’est autour des besoins que doit s’axer la production, non du profit !

    Nous avons besoin d’une nouvelle économie, d’une nouvelle politique, non pas avec les profiteurs, avec les capitalistes, mais bien contre eux ! L’attrait du gain, la rapacité, ne peuvent être négociés. Le capitalisme, basé sur la recherche du profit maximal, ne peut être le système économique qui permettra de surmonter le terrible obstacle que nous rencontrons.

    Nous avons besoin d’une économie organisée, planifiée, permettant de connaître les besoins matériels de la population et d’y répondre avec efficacité, économie et en éliminant le gaspillage. Des productions basées sur la durabilité, sur la possibilité de réparation, de recyclage, de réutilisation. Une production alimentaire basée sur les capacités de la Terre à produire et à se régénérer, non sur le fait d’extraire au plus vite, à marche forcée, la richesse du sol.

    Une lutte pour la recherche de nouvelles sources d’énergie qui ne dépendent pas des ressources fossiles, qui se détruisent pas l’environnement. Un urbanisme nouveau, capable de mettre fin à la fragmentation des écosystèmes et de résoudre les contradictions entre les villes et les campagnes. Une possibilité de débattre démocratiquement de ce qu’on produit et de comment cela est produit, pour mettre fin à la dictature des corporations de l’agro-alimentaire et à la division internationale de la production agricole.

    Nous savons que les exploiteurs et les exploiteuses, ceux qui font des fortunes sur le fait de saigner la terre et de la ravager, n’acceptent pas de renoncer à leurs fortunes et leurs trains de vie. Nous savons toute la puissance de ces firmes. Nous savons comment elles traitent ceux qui s’opposent à elles.

    Nous savons que pour cela, il nous faudra être forts et fortes, nombreux et nombreuses, organisés, ensemble. Nous savons que ce changement ne peut provenir des urnes, qui ne servent qu’à élire de nouveaux exécutants de l’ordre du jour de ces immenses conglomérats.

    Aujourd’hui en France, comme partout dans le monde, de plus en plus d’individus mettent en cause le régime dans lequel nous sommes. Pour sa soumission intégrale aux désirs des patrons. Pour le fait que les grands monopoles ont fusionné depuis longtemps avec l’État. Cette remise en cause est légitime et nécessaire !

    La Terre est bien assez riche pour nourrir dignement l’humanité entière. Assez riche pour offrir un avenir radieux. Mais celui-ci ne peut émerger que si la réalité du pouvoir est assurée par ceux et celles qui produisent ces richesses. Que si ce sont les travailleurs et les travailleuses de l’industrie, de l’agriculture, des services, qui définissent les besoins auxquels l’économie doit répondre, dans le respect de l’environnement.

    Ensemble, défendons l’environnement et le climat : abattons le capitalisme ! Construisons le socialisme !

  • La farce du « Grand Débat »- Partie 2

    La farce du « Grand Débat »- Partie 2

    Le gouvernement propose que chacun puisse organiser ses propres débats, que des feuillets puissent être remplis par tous ceux et celles qui veulent s’exprimer. La charte est minime. Pour un peu il serait possible de croire que ce débat pourra être réellement un débat. Mais le fond de l’affaire, expliqué dans la lettre de Macron, indique le contraire. À quelques mois des élections européennes, le but est de calmer l’affaire des Gilets Jaunes, de souder autour de la politique réactionnaire du gouvernement et de sauver ce qui peut l’être en termes d’eurodéputés pour LREM.

    Macron ne veut pas seulement employer ce « grand débat » pour permettre de calmer les choses et de revenir au statu quo quo ante bellum mais il veut s’en servir comme tremplin pour lancer une nouvelle série d’offensives. Le gouvernement de Macron-Philippe n’est pas dénué de sens tactique. Il a sur flairer une opportunité et s’en saisit. Il sait vers quoi drainer les colères pour les mettre à son service et les instrumentaliser.

    « Pour moi, il n’y a pas de questions interdites. Nous ne serons pas d’accord sur tout, c’est normal, c’est la démocratie. Mais au moins montrerons-nous que nous sommes un peuple qui n’a pas peur de parler, d’échanger, de débattre. »

    L’ordre du jour est déjà défini. Le cap ne changera pas. Macron ne fait pas de mystère à ce sujet. « Je n’ai pas oublié que j’ai été élu sur un projet, sur de grandes orientations auxquelles je demeure fidèle. Je pense toujours qu’il faut rendre à la France sa prospérité pour qu’elle puisse être généreuse. » Il n’est pas nécessaire d’être un devin pour savoir que Macron sous-entend par cela. Rendre la « prospérité » à la France, pour les gens de son espèce, cela ne passe que par détruire toutes les protections sociales, tout ce qui empêche la bourgeoisie d’abaisser les salaires et le niveau de vie des exploités au minimum, pour accaparer le maximum de richesses. Et accaparer est le terme juste, car ces richesses ne « ruissellent » pas. Les réformes de Macron, au contraire, réussissent exactement l’inverse. Elles font reposer la production, les services, sur un nombre sans cesse plus réduit de travailleurs, surmenés, exploités jusqu’au suicide, tout en conservant une armée de réserve immense, et des précaires comme ajustement. Même le très libéral FMI préconise l’inverse : « l’augmentation de la part du revenu des pauvres et de la classe moyenne augmente la croissance, tandis qu’une augmentation de la part de revenu des 20 % les plus riches entraîne une croissance plus faible. »

    Quel que soit ce qui ressort du débat, la messe est dite. Le Grand Débat ne peut pas remettre en cause le cœur de l’action publique : liquider les droits des salariés, liquider la Sécurité Sociale, liquider l’assurance chômage, liquider les retraites par répartition. Il ne peut également pas revenir sur l’ISF. Quant aux questions sur les engagements militaires de la France, cela reviendrait à franchir une ligne rouge. L’impérialisme français et ses chasses gardées, cela ne se débat pas.

    La forme du débat promet d’être rocambolesque. Au commencement est le scandale. Chatal Jouanno, ex-sarkozyste, devait diriger celui-ci, et toucher pour cela la somme coquette de 176 000€ bruts annuels. Devant le tollé, celui-ci sera finalement conduit par Emmanuelle Wargon et Sébastien Lecornu.

    Emmanuelle Wargon est une lobbyiste industrielle et rattachée au groupe Danone, comme Muriel Pennicaud. Aujourd’hui, elle est secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique.

    Sébastien Lecornu est un transfuge des Républicains, passé du côté de LREM. Il est président d’une société de conseil en relations publiques et communication. Il est à noter qu’il a été le chef de peloton d’Alexandre Benalla. Dans ses activités politiques « de terrain », il a été un excellent exemple de la politique de chasse aux pauvres. Dans l’Eure, il a mis en avant la traque aux fraudeurs du RSA. Toujours dans le même département, il a fait fermer deux collèges REP+, sous prétexte qu’ils n’étaient pas assez remplis. Il a été également directeur de campagne adjoint de « rend l’argent » Fillon.

    Une lobbyiste et un spécialiste de la communication. Voilà quel encadrement dirigeant est donné au « Grand Débat ».

    Des « garants de l’indépendance » ont été nommé pour surveiller le fonctionnement. Deux ont été oints par le gouvernement. Un par la présidence de l’Assemblée nationale. Un par celle du Sénat. Un dernier par le président du CESE (Conseil économique, social et environnemental). Ce dernier, peu connu, est un conseil consultatif corporatiste, représentant les différents secteurs de la société.

    Les choisis sont donc : Jean-Paul Bailly. L’ancien président de la Poste, un des agents liquidateurs de ce service public ; Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de la CNIL ; Pascal Perrineau, politologue ; Guy Canivet, ancien président de la Cour de Cassation et membre du Conseil constitutionnel ;Nadia Bellaoui, secrétaire générale de la Ligue de l’enseignement. Reste à voir ce qu’il peut y avoir à surveiller dans un pré carré entouré de barrières.

    La démocratie participative : une arnaque.

    Faire débattre largement les masses populaires, voilà quelque chose de louable. Mais la question qui revient est celle du résultat. La bourgeoisie présente la démocratie sous des angles idéalistes et poétiques : liberté de conscience, liberté de pensée, liberté de parole… Mais dans les faits, la « possibilité d’agir », le « pouvoir » au sens le plus strict, le fait de « pouvoir faire », est escamoté. La démocratie bourgeoise, c’est le droit magique de lancer des paroles en l’air, avec le devoir d’accepter ce qui en retombe, une fois remanié par les dirigeants.

    L’illusion de la démocratie à « portée de clic », l’illusion des plates-formes internet, l’illusion de ce type de débat est là. Tout ce qui peut être dit ou proposer passe, sans le moindre contrôle démocratique, par le prisme du programme politique de ceux qui tiennent les rênes. Celui qui rédige la synthèse, finalement, à tous les pouvoirs pour prétendre avoir scrupuleusement respecté les désirs de tous les acteurs, tout en adoubant simplement ce qui était déjà prévu. Et comme il existe des positions contradictoires, il est toujours facile de faire triompher, grâce au flou, la ligne la plus libérale, la plus droitière. C’est même le but premier. Mais LREM n’est pas une championne dans le domaine. Le Parti Socialiste en est un exemple pionnier. D’autres aussi. Ainsi, le programme d’un certain mouvement gazeux, défini par internet, arrive à ressembler comme une copie carbone aux livres de son principal animateur, bien qu’écrits largement en amont. De là à considérer que « ce qui compte n’est pas le clic, mais comment on compte les clics…. » il n’y a qu’un pas.

    Or, les questionnaires sont déjà particulièrement orientés vers une destination : faire appliquer le programme de Macron. Ecrire « Quelles dépenses faut-il réduire ? » sans poser la question de savoir s’il faut les réduire, c’est déjà borner strictement le débat dans la direction choisie en amont.

    Nous plaignons les tirés au sort, pauvres idiots utiles, tenus par la main, envoyés au casse-pipe devant des experts et des professionnels de la rhétorique. Nous pensons que ceux et celles qui sont de bonne volonté devraient se tenir à l’écart comme de la peste de ces pièges. Leur parole leur sera usurpée pour ne servir qu’à appuyer une transformation réactionnaire de la société. Leurs désirs de liberté et d’égalité seront instrumentalisés pour servir à réduire les salaires, les protections sociales, les services publics. Quant aux organisations qui acceptent d’y participer, elles seront engluées dans cette manœuvre. Elles se souilleront elles-mêmes de cette participation.

  • Le grand débat ou la farce de la démocratie participative. Partie 1

    Le grand débat ou la farce de la démocratie participative. Partie 1

    Le grand débat ou la farce de la démocratie participative.

    Emmanuel Macron a annoncé le lancement du Grand Débat. Il a annoncé qu’il enverrait une lettre à tous les Français et toutes les Françaises pour leur en expliquer les tenants et les aboutissants. Le but est de débloquer une situation qui demeure toujours congestionnée.

    La lutte des Gilets Jaunes se poursuit inlassablement. Or, la stratégie de l’ignorance et du pourrissement choisie par le gouvernement tend à se retourner contre ses promoteurs. Le temps entame certes les forces mobilisées, mais il a surtout poussé à l’amorce d’une décantation politique de la mobilisation.

    Le mépris, la surdité, la négation de la légitimité du mouvement a nourri en retour une négation de celle du régime politique actuel. Le rejet de l’État, des institutions, de la démocratie bourgeoise devient une norme dans le mouvement. Et cela déplaît.

    Cela déplaît tant au gouvernement, qui veut certes écraser les masses, mais les maintenir dans le giron d’une démocratie truquée et pacifiée, mais également aux électoralistes, pour qui le rejet de la démocratie bourgeoise est tout aussi détestable, car il est ce qui fait vivre leur business. In fine, il existe une alliance sacrée contre l’extra-parlementarisme, qui se base sur les attaques contre le mouvement des Gilets Jaunes, contre leurs assemblées, contre leurs revendications. Elle se base aussi sur un soutien à cette idée de « Grand débat démocratique » dans le but de calmer les esprits et de mettre un point finale à la brouille intense, qui pourrait nuire à l’élection d’euro-députés PS, LR, LREM ou autres encore dans les mois à venir. La pression grandissante des élections européenne poussera les organisations politiques à se démasquer.

    Emmanuel Macron a donc écrit une lettre aux français et aux françaises. Il faut bien poser les limites du débat. En démocratie bourgeoise, on ne débat pas de tout n’importe comment ! Entre deux insultes faites aux exploités et aux exploitées, mentionnant leur absence de goût pour l’effort, le fait qu’il y ait de la « déconn[ade] » avec les minimas sociaux, notre tribun trouve le temps de coucher une lettre d’amour sur le papier.

    Une belle lettre d’amour se cache derrière des formules propres à flatter l’amour-propre des Français et des Françaises, sur l’exceptionnalisme français, son caractère unique en termes de démocratie pure et parfaite, son histoire de moteur de l’avancée de la civilisation. « La France n’est pas un pays comme les autres. Le sens des injustices y est plus vif qu’ailleurs. L’exigence d’entraide et de solidarité plus forte. »

    Nous voudrions interpeller le Président de la République pour savoir quels sont les « autres » qui sont cités ? Où l’exigence d’entraide et de solidarité est-elle moins forte ? « C’est pourquoi la France est, de toutes les nations, une des plus fraternelles et des plus égalitaires. » Il est amusant de savoir que, si on se base sur le coefficient de GINI qui marque les écarts de richesses dans le pays, la France n’est pas particulièrement bien placée, et dégringole de plus en plus. Elle est derrière le Tadjikistan, l’Afghanistan, l’Ukraine, le Bélarus, l’Allemagne, et à peine devant le Bangladesh. Le Timor-Oriental pourrait donner des leçons.

    Les tentatives pitoyables de tordre l’histoire de France ne résistent pas à un examen un tant soit peu sérieux. Elles ne font illusion que dans la mesure ou elles sont servies par des années d’enseignement d’un roman national putréfié. La fraternité de la bourgeoisie, les Gilets Jaunes ont pu la voir aujourd’hui. Les habitants des quartiers défavorisées la vivent pleinement depuis des décennies. Les habitants des colonies et des néo-colonies la sentent toujours dans leur chair.

    La Liberté en France, même selon des critères libéraux, est faible. On est loin de l’apologie faite par Macron, qui la caractérise comme « une des [sociétés les] plus libres, puisque chacun est protégé dans ses droits et dans sa liberté d’opinion, de conscience, de croyance ou de philosophie. » En réalité, au niveau des droits humains, la France se classe 31ème, et divorce jour après jours du podium. En cause : les violences policières, le monopole de la presse et des médias par une poignée de milliardaires, les infractions aux libertés religieuses… Un bilan peu reluisant. « Chaque citoyen a le droit de choisir celles et ceux qui porteront sa voix dans la conduite du pays, dans l’élaboration des lois, dans les grandes décisions à prendre. » Ce que Emmanuel Macron omet de mentionner, c’est que, par exemple, son élection n’a été possible que grâce aux largesses immenses de ses financeurs, qui lui ont permis (avec des rabais illégaux) de pouvoir faire sa campagne électorale. Dopé par les investisseurs, qui ont, avec clairvoyance vu en lui leur fer de lance, mais également par la médiocrité de ses concurrents, il n’a pas eu tant de difficultés que ça à s’imposer. Il en est toujours ainsi lorsqu’on reste dans la droite ligne des intérêts de la bourgeoisie.

    Le gouverneur de la Banque de France, représentant du cartel des banques, doit valider le budget de l’État pour permettre à celui-ci de pouvoir être financé. Pour peu que le programme ne plaise pas, il est retoqué. Chaque fois que des gouvernements ont voulu se heurter à cette émanation du capitalisme financier -à l’exception du Front populaire, un temps seulement, et grâce à une immense mobilisation populaire- les gouvernements ont cédé. Edouard Herriot président du Conseil, en 1924, s’est ainsi retrouvé sans le sou et à du céder. Même Vichy, qui avait voulu donner aux nazis l’or des réserves de la Banque de France, à reçu un niet ferme et indiscutable.

    Le MEDEF et les entreprises qui forment le capitalisme monopolistique d’État sont une deuxième barrière à la démocratie. Le pouvoir du patronat est immense, mais celui d’une partie d’une aristocratie d’État également. Les deux, de toute manière, sont si intimement imbriqués qu’ils forment un ensemble insécable. Après tout, le premier client et promoteur de Thalès, Dassault, Sagem, Matra, Alstom, Areva… c’est l’État.

    Dans les faits, le bulletin de vote à si peu de valeur face à l’énergie immense que mettent ces forces sociales à défendre leur intérêt qu’il ne sert qu’a choisi la couleur du laquais servile qui exécutera leurs commandes.

    Il est souvent point du doigt la propension qu’ont les Américains à avoir la conviction que leur pays est le n°1 en tout. Pour un peu, la lettre de Macron est tout aussi imbue d’une vision mythifiée de la France. L’une des expressions de cette autosatisfaction est celle-ci : « Notre pays a toujours su accueillir ceux qui ont fui les guerres, les persécutions et ont cherché refuge sur notre sol. » Comprendre la référence est pénible. La France a le plus souvent entassé les persécutés d’ailleurs dans des camps de concentration qui ne disaient pas leur nom. Les Juifs fuyant le nazisme, les Espagnols le franquisme, ont été traité par la IIIème République avec une suspicion de chaque instant…avant d’être remis à leurs bourreaux, pour une grande partie d’entre eux. En revanche, elle s’est donné à cœur joie une mission de soutien aux régimes les plus corrompus, les plus réactionnaires, les plus obscurantistes. Elle-même s’est invitée largement sur près d’un quart de la planète, en enrichissant grandement l’histoire par une série de massacres commis sur les populations désarmées. Une série qu’elle s’évertue de poursuivre avec une assiduité sans faille.

    « Comment ne pas éprouver la fierté d’être Français ? »

    Belle question.