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  • Fake news et élections.

    Fake news et élections.

    Régulièrement, la notion de fake new vient sur le devant de la scène. Plus aucun événement, plus aucune catastrophe humaine ne se produit sans qu’un florilège d’interprétations douteuses ou farfelues affluent dans son sillage. 

    Interpréter de travers, commettre une erreur de bonne foi, même si celle-ci peut prêter le flanc à des thèses, cela forme un aspect de la question. Lorsque, sur une vidéo de l’incendie de Notre-Dame, un observateur zélé repère une silhouette qu’il juge suspecte, et en fait part, c’est une chose.

    Lorsqu’une personne, déjà convaincue par des thèses conspirationniste, retransmet cette vidéo avec des termes insidieux tels que « on nous cache des choses » ou « comme par hasard », cela reste dans la même gamme d’erreur. 

    Comme nous le mentionnions dans notre article sur Notre-Dame, nous sommes aisément vulnérables aux conceptions complotistes. Dans un article, Science et Avenir nous expose ainsi certaines raisons de cette vulnérabilité :

    4 raisons de la rupture entre opinion publique et faits scientifiques selon le Pr Bronner

    VIRALITE. La première condition pour convaincre, « c’est d’attirer l’attention ». Les contenus anxiogènes, surtout sur le thème de la santé, remplissent bien cet office.

    MOTIVATION. Le Pr Bronner souligne une « asymétrie de motivation » entre les adeptes de la théorie du complot, qui se sentent porteurs d’une croyance, et les rationnalistes. « Les croyances font partie de notre identité, contrairement aux non-croyances », explique le Pr Bronner. Les adeptes du complot, plus motivés, s’expriment beaucoup plus, se créant une visibilité « confondue par les indécis pour de la représentativité ».

    PRESSION CONCURRENTIELLE. Devant la masse d’informations à traiter, le principe de précaution est largement avantagé car nous n’avons pas le temps de tout vérifier.

    BIAIS DE CONFIRMATION. Ce biais cognitif désigne la tendance que nous avons tous à nous ouvrir plus facilement aux contenus qui trouvent déjà écho dans nos propres convictions qu’à ceux qui entraîneraient doutes et remise en question. Ce biais est amplifié d’une part par la masse d’informations disponibles, dans laquelle toute conviction peut trouver confirmation, ainsi que dans les algorithmes des sites internet qui nous proposent des contenus précisément basés sur ce qu’il a perçu de nos goûts.

    Ce sont donc des phénomènes qui peuvent arriver, qui sont relativement logiques, bien qu’il faille, là aussi les combattre.

    Mais, lorsque de fausses preuves sont créées de A à Z, dans un but politique conscient, affirmé, pour générer des mensonges, des troubles, des perturbations, là, un autre stade est atteint. Il s’agit du stade de la falsification. 

    Créer des faux documents, de fausses informations, générer des preuves mensongères pour appuyer un discours politique existe de longue date. Cependant, avec le développement d’internet, les légendes urbaines, les rumeurs, les canulars ont pris une ampleur démesurée. La possibilité d’invention de faits, de fabrication de preuves, de diffusion de celles-ci, explique que les fake news soient désormais omniprésentes. Omniprésentes et chaque jour plus ardues à déceler. 

    Les nouvelles technologies, notamment l’utilisation de l’intelligence artificielle à la place de la simple retouche d’image, rend la question de la véracité des images, des vidéos et des sons davantage sujette à question.
    Les deepfakes constituent désormais une véritable menace. Elles donnent la possibilité, d’une manière crédible, de faire dire un discours inventé à une personne qui ne l’a jamais prononcé. Si une analyse de la vidéo permet de voir le montage, les plus crédules ou ceux qui voient ce qu’ils voudraient voir peuvent s’y laisser prendre. Demain, les perfectionnements rendront même la différence entre l’invention et la réalité indiscernable. 

    Ces possibilités nouvelles rendent la bataille pour la vérité toujours plus féroce. 

    À la suite de l’élection de Donald Trump, fin 2016, nous avions publié un court dossier nommé La guérilla informationnelle, le nouveau brouillard de guerre. Dans ce document, nous revenions sur les buts et sur les moyens de cette guérilla. Les fake news profitent invariablement aux réactionnaires et aux fractions les plus réactionnaires des bourgeois. Leurs conceptions idéologiques, leurs « grands principes », entrent en contradiction avec la réalité.

    Ils ne peuvent prouver la réalité de leurs dires sur l’exploitation, alors ils mentent. Ils ne peuvent justifier leurs attaques contre les droits sociaux, alors ils mentent. Ils ne peuvent défendre scientifiquement leurs thèses sur l’immigration, sur le « grand remplacement », alors ils inventent des faits. 

    Ces mensonges sont orientés, la grande majorité du temps, pour semer la division et la colère entre les parties des masses populaires. Mais il arrive qu’une autre faction de la bourgeoisie, que son pouvoir, soit pris pour cible par des challengers. Alors la bourgeoisie fait appel à l’Etat pour statuer.

    L’Etat, dans cette lutte, s’est lui-même placé comme arbitre. Des lois contre les fake news ont été votées par le Parlement. Ainsi, entrée en application en avril de cette année, la loi contre la « manipulation de l’information ». Elle permet, trois mois avant des élections, au juge des référés de suspendre la diffusion d’une information, et ce, en moins de 48h.

    De quoi rassurer ? Pas tellement. 

    Premièrement, l’Etat n’est pas neutre dans son appréciation de la réalité. L’Etat, émanation de la lutte des classes, n’est pas un objet flottant, au-dessus des luttes sociales et politiques dans la société, mais est, au contraire, un outil qui les appuie dans un certain sens. Il est l’outil de la bourgeoisie pour maintenir et raffermir son ordre injuste.

    En second lieu, l’Etat, lui-même, est historiquement un grand pourvoyeur, ou un grand relayeur, de fake news. Pour justifier la politique qu’il mène pour le compte de la bourgeoisie. Pour justifier ses guerres. Pour justifier la répression. La vérité est, elle aussi, une question tactique pour l’Etat bourgeois. Au-dessus de l’importance des faits se trouve, d’une manière primordiale, la question de l’intérêt d’Etat. Et cet intérêt d’Etat est, en dernière instance, l’intérêt de la clique bourgeoise au pouvoir.

    Alors que nous approchons du 50e anniversaire du décès d’Ho Chi Minh, comment ne pas penser au bombardement du port d’Haiphong, le 23 novembre 1946, qui fut le point de départ de la guerre d’Indochine. Le gouvernement français avait alors menti pour justifier la guerre.
    Récemment, dans la répression contre les mouvements sociaux, l’Etat a menti à propos des manifestants entrés dans la Pitié-Salpêtrière. Aujourd’hui, le déni des violences policières ne peut être caractérisé autrement que comme un mensonge d’Etat. 

    Nous devrions donc leur faire confiance pour déterminer le vrai du faux et trancher ?

    Discerner le vrai du faux, sans parler de l’interprétation frauduleuse de véritables résultats, rejoint une lutte pour l’éducation. Donner le plus largement possible les clés qui permettent de déterminer ce qui est vraisemblable et ce qui est invraisemblable est fondamental. Croiser les sources, vérifier les informations, développer un esprit critique est un combat. L’Etat le fait-il ? Non.

    Marx écrivait :

    « Absolument à rejeter, c’est une « éducation populaire par l’Etat ». Déterminer par une loi générale les ressources des écoles primaires, la qualification du personnel enseignant, les disciplines enseignées, ect., et – comme cela se fait aux Etats-Unis – faire surveiller par des inspecteurs d’Etat l’exécution de ces prescriptions légales, voilà qui est tout à fait autre chose que de faire de l’Etat l’éducateur du peuple ! Bien au contraire, il faut, au même titre, refuser au gouvernement et à l’Eglise toute influence sur l’école. […] c’est, au contraire, l’Etat qui a besoin d’une éducation bien rude, administrée par le peuple. »

    Cela ne vise pas à jeter l’opprobre sur le corps des enseignants, qui, dans la très grande majorité des cas, tente comme il peut de fournir des clés d’analyse aux élèves, mais bien sur l’institution d’une manière générale, sur ses buts et sur ses moyens. L’Éducation Nationale n’est pas encore mise au pas, sa capacité de lutte interne fait qu’elle n’est pas un rouage docile, mais que ceux qui la constituent essaient avec sincérité de travailler à dispenser de véritables outils d’analyse. 

    Pour autant, l’utilisation de l’Éducation Nationale comme outil de propagande et d’endoctrinement n’est plus à démontrer. L’utilisation de l’enseignement de l’Histoire comme outil pour justifier les politiques actuelles l’illustre. Elle sert également, sans d’ailleurs lésiner sur les raccourcis, les escamotages ou les inventions, à dénigrer le mouvement anti-impérialiste, le mouvement ouvrier ou révolutionnaire. Depuis 2015, le retour de la « morale » dans l’enseignement illustre le fait que les gouvernements successifs bataillent pour accroître leur influence directe.

    De même, la mise en place de la loi sur « l’école de la confiance » va également dans cette voie : l’indépendance pédagogique et la liberté de critique des enseignants, concédée à une époque où les rapports de force étaient plus favorables aux masses populaires, sont en passe d’être réduite à néant. 

    Nous pensons que nous ne pouvons pas nous fier à l’Etat bourgeois pour défendre une éducation critique et populaire. Nous pensons que nous ne pouvons pas nous fier aux institutions et à leurs ordres pour permettre d’acquérir les véritables clés de compréhension du monde actuel.

    Nous soutenons les enseignants et les enseignantes qui le font, à leur échelle. Mais nous pensons que nous avons également un rôle à jouer dans la diffusion d’analyses, d’approches historiographiques, de moyens méthodologiques pour permettre que la jeunesse ne voie pas son esprit critique asséché, drainé, par les offensives réactionnaires organisées par les gouvernements successifs. 

    Nous refusons que la Vérité absolue puisse être édictée par un appareil d’Etat, à la fois juge et partie dans les affaires politiques. Nous pensons que nous devons nous-même, auprès des masses et contre la propagande bourgeoise, mener la lutte. Car nous pensons que la vérité sur l’exploitation, l’aliénation, le capitalisme et l’impérialisme est révolutionnaire. 

    Nous, communistes, regardons le développement des fake news comme une menace réelle et concrète. Nous nous plaçons au service des masses populaires et du peuple. C’est l’analyse de la réalité et sa retranscription politique qui doivent guider nos actions. Devoir tromper le peuple sur sa situation indiquerait que nous aurions franchi une ligne rouge. Nos intérêts et les intérêts populaires ne font qu’un.

    Luttons par nos moyens contre le développement des rumeurs, par le fait de proposer des analyses justes et scientifiquement établies !
    Luttons contre l’immixtion de l’Etat dans la notion de vérité ! 
    Dénonçons les mensonges des bourgeois et des fascistes !

  • Vive le 8 mai !

    Vive le 8 mai !

    La célébration de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe est une date importante. 

    Elle marque l’écrasement des puissances de l’Axe dans cette région du monde. Au yeux de millions de personnes, cette journée -ces journées en réalité- symbolisent la victoire de la Liberté, de l’Egalité, des droits humains contre la machinerie exterminatrice nazie.

    Il s’agissait également d’une étape fondamentale dans la mise à genoux du Japon militariste, lequel, depuis 1931, en Chine, avait mené une guerre d’une brutalité et d’une violence d’une ampleur jamais connue alors. L’absence de statistiques fiables, à l’époque, empêche de tirer un bilan humain complet.

    27 millions de citoyens et de citoyennes soviétiques, au minimum entre 20 et 25 millions de Chinois et de Chinoises, pour ne citer que les Etats les plus touchés, sont morts. Morts pour quoi ? Morts pour un repartage du monde voulu par des puissances montantes, qu’étaient alors le Japon et l’Allemagne, avec, dans une moindre mesure, l’Italie fasciste et les autres puissances engagées dans le camp des agresseurs.

    Cette date est a célébrer, pour que ne soient jamais oubliés les sacrifices immenses des forces combattantes, des civils, des résistants et résistantes. Nous n’oublions pas, et nous l’avions mentionné à plusieurs reprises dans certains articles, l’importance de l’URSS et de la Chine dans la guerre menée contre les tentatives d’asservissement par l’Axe.

    A lire sur notre site :

    N’oublions jamais l’Armée Rouge !
    75 ème anniversaire de la bataille de Stalingrad.

    Nous ne voulons pas non plus oublier celles des Alliés dans leur ensemble, indépendamment des choix, dans l’après-guerre, politiques et géopolitiques des Etats pour lesquels ils se sont battus. Si certains sont prompt à occulter le rôle immense de l’Armée Rouge et des militants et militantes communistes, nous ne voulons pas tordre le bâton dans l’autre sens et occulter le poids des autres. Nous ne pouvons pas nier l’importance de la loi prêt-bail, de la solidarité populaire, ni les souffrances des combattants et combattantes, qui, par exemple, sur le front normand, ont connu des pertes dignes du Front de l’Est. 

    Cette victoire est une victoire qui a été rendue possible par la coopération internationale contre l’hitlérisme et le militarisme Showa. Saluons ceux et celles qui l’ont rendu possible.

    Cette date est aussi importante que paradoxale.

    Le paradoxe saute aux yeux dès le jour même de la défaite nazie. Nous avons écrit, l’an passé, la brochure « la guerre ne s’est pas terminée en 1945 ». Elle revient sur les paradoxes de cette date.
    Dès le crépuscule de la guerre, alors que la victoire est une certitude, les jeux géopolitiques reviennent sur le devant de la scène. Les ambitions des vieilles puissances coloniales, de retrouver leurs empires, les ambitions anticommunistes, pour maintenir le cercle d’acier autour de l’URSS -cercle d’acier qui avait justifié tous les « apaisements » envers les fascistes. 
    La résistance communiste en Grèce a été poignardée dans le dos dès 1944 par l’Angleterre. Dès 1945, la France est revenue imposer l’ordre par la terreur dans ses anciennes colonies. Les services secrets occidentaux, principalement Allemands, ont continué à alimenter les ex-miliciens fascistes et nazi dans les Etats Baltes et en Ukraine jusqu’en 1956. Dès la fin du conflit, les intrigues se sont nouées pour empêcher l’indépendance réelle de la Corée, de l’Indochine, de Madagascar… Non, la guerre ne s’est pas arrêtée dès 1945.

    Ces ambitions méritent d’être dénoncés. Mérite, aussi, d’être dénoncé le fait que le patronat français, notamment, s’était très bien accommodé de la présence nazie. La collaboration économique entre les industries des deux pays était nettement plus avantageuse que le fait d’avoir à tolérer les syndicats et les partis ouvriers.

    Surtout, restait l’empire et ses immenses subsides, qui étaient la principale source de préoccupation de la haute bourgeoisie française. En vérité, la question de l’empire colonial et de la flotte qui devait servir à le protéger, étaient les deux seuls casus belli de la grande bourgeoisie française. L’occupation allemande, l’heure allemande, le nazisme, elle s’en est accommodée. 

    L’épuration a été faible, surtout dans les hautes sphères de l’Etat ou de l’industrie. Il fallait certes des exemples, comme Louis Renault, dont les usines ont été nationalisées. Mais cela n’a été qu’une éclipse dans leurs carrières.

    La vaste majorité des capitalistes ont préféré « Hitler au Front populaire. » Demain, si besoin est, la bourgeoisie en détresse appellera de ses vœux un autre Hitler pour balayer d’autres fronts populaires.


    Aujourd’hui qu’en est il ? Le monde est il vraiment passé à autre chose ? Le « plus jamais ça » est il de valable ?

    Il existe une tendance bien humaine à croire que les crimes contre l’humanité commis lors de la Seconde Guerre mondiale et par les régimes nazi et militaristes sont d’une seule époque, d’un seul lieu, voir, même, pour certains, d’un seul peuple.

    Nous ne pouvons oublier le fait que, dans la communauté juive d’Allemagne, à l’orée de la prise du pouvoir par Hitler, de nombreux individus croyaient que les discours nazis resteraient des discours. Beaucoup croyaient que l’antisémitisme n’irait pas plus loin que celui, endémique, déjà pratiqué avant par de nombreuses forces politiques.
    Les pogroms, pensaient-ils, étaient une affaire de « pays sauvages », de la Pologne, de la Russie Tsariste, mais pas de l’Allemagne de Goethe, de l’Aufklarung, une Allemagne civilisée.

    Aujourd’hui, face aux vieux démons concentrationnaires, c’est souvent le même regard qui est porté. Le même jugement. Cela n’est plus possible, ou, en tout cas, pas ici. Pourtant, rien ne garantit qu’en Europe, qu’en Allemagne, qu’en France, cela ne se reproduise pas à nouveau. La logique criminelle qui sous-tendait les camps d’extermination ne s’est pas évaporée.

    Elle préexistait avant le nazisme. Elle existe toujours, tapie dans l’ombre, attendant son heure. Elle se niche dans les discours du « grand remplacement », lequel sous-entend, implicitement, une « grande élimination » en réponse aux migrations. 

    La guerre, elle, est plus proche encore.

    Ici, en Europe occidentale, en particulier sous le « parapluie de la dissuasion nucléaire », elle nous paraît lointaine, improbable, impossible. Et pourtant. Il n’existe aucune muraille que le spectre de la guerre ne peut franchir. Tant qu’il existera des rapacités entre les grandes puissances, tant qu’il existera des terres à se partager, tant qu’il existera un jeu à rebattre entre les bourgeoisies, la guerre demeurera une épée de Damoclès au-dessus des peuples. Elle demeure, comme la qualifiait Clausewitz, la continuité de la politique par d’autres moyens.

    Les guerres entre puissances, par l’intermédiaire de marionnettes, d’agents, d’alliés, se poursuivent. Côte d’Ivoire, Soudan, Sri Lanka, Syrie, Libye, Venezuela, Ukraine… Derrière chaque conflit, se trame la main des grandes puissances. Entres elles, même, le ton monte. Les muscles se montrent. Chacun intimide l’autre. Chacun essaie de neutraliser les armes stratégiques de l’autre, pour bouleverser l’équilibre de la terreur.

    A lire sur notre site :

    Les USA et le monde.
    La Russie, l’occident, la France et la trouée de Suwalki.

    Les interventions directes, indirectes, ainsi que les sanctions économiques ne servent qu’une cause : accroître l’emprise d’une puissance sur le monde, mais aussi bloquer et neutraliser les autres. Ces guerres n’ont pas d’autres ambitions que de générer un nouveau partage des régions dominées par l’impérialisme. Entre les vieilles puissances colonisatrices et impérialistes et celles qui montent, Russie et Chine, la situation ne peut que devenir conflictuelle à plus ou moins long terme.

    Tant que l’impérialisme existe, tant que le capitalisme existe, les guerres sont inévitables. Tant que la bourgeoisie existera en tant que classe au pouvoir, il existera des systèmes politiques réactionnaires, militaristes, bellicistes ou fascistes prêts à sacrifier des millions de vies pour une hausse du taux de profit, pour des marchés, pour des ressources.
    Face à cette tendance aux conflits, il n’existe que deux issues. La première est la mobilisation des masses populaires, en particulier des pays impérialistes, pour entraver les volontés guerrières, pour lutter contre la propagande militariste, pour s’opposer aux projets réactionnaires.
    La seconde est la victoire des forces révolutionnaires sur la bourgeoisie et les impérialistes. C’est uniquement la victoire définitive des exploités et exploitées, des opprimés et opprimées, qui peut liquider les menaces de guerre. 

    Déjà, dans certaines parties du monde, les forces révolutionnaires ont pu créer des zones libérées de la tutelle directe de l’impérialisme. Mais elles sont constamment sous le feu de leurs agents, qui ne veulent pas renoncer à leurs possessions. Les impérialistes n’acceptent pas qu’on se soustraie à leur ordre. Ils ne reculent devant rien pour tenter d’étrangler les îlots de liberté. Nous appelons à les soutenir !

    L’ICOR, constituée d’organisations qui subissent la guerre, qui subissent l’impérialisme (et notamment l’impérialisme français, que sa cruauté ne démarque pas des autres), est un rappel à nos responsabilités en tant que militants et militantes communistes.

    A lire sur notre site :

    Résolutions de la 3ème conférence internationale.

    La question des risques de guerre est une question brûlante et concrète pour celles et ceux qui se retrouveront dans les régions disputées.
    En tant que communistes dans des Etats impérialistes, nous avons une tâche primordiale dans le fait de s’opposer aux massacres que commet notre propre Etat. Nous avons une lourde responsabilité en cela. 
    Nous devons cibler notre premier bourreau, le plus proche, le plus présent. Nous considérons que la tâche de chaque communiste dans le monde est de cibler en priorité l’impérialisme qui l’opprime directement.

    L’Unité Communiste de Lyon relaie l’appel de l’ICOR à un vaste front anti-impérialiste.

    L’Unité Communiste de Lyon appelle à ce que la solidarité internationale ne reste pas une solidarité de papier, mais puisse être une solidarité pratique, en aidant et en appuyant les forces anti-impérialistes, les forces anti-guerre.


    L’Unité Communiste de Lyon appuie l’idée que puissent se réunir en un front l’ensemble des forces qui luttent contre l’impérialisme français, notre premier ennemi. Que ces forces soient en métropole, dans les régions colonisées par la France ou dans les régions sous la tutelle du système néo-colonial.

    Halte à la guerre !
    Vive la solidarité internationale des peuples !
    Vive l’ICOR et vive la révolution !

  • Macron, l’incendiaire.

    Macron, l’incendiaire.

    Ce soir, une nouvelle fois, il y eut un incendie. Là aussi, un pan d’histoire vient d’être ravagé par les flammes. Mais, cette fois-ci, le pan d’histoire n’est pas culturel, religieux, historique, il est social. Ce qui se consume, ce sont les protections sociales, arrachées de haute lutte par le passé. 
    Macron s’est donc, finalement, exprimé devant les Français et les françaises, pour présenter ce qui, selon lui -ou plutôt selon ses commanditaires- est le bilan du Grand Débat et la porte de sortie de la crise de régime qui dure depuis 24 semaines sans discontinuer. 
    Certains ou certaines optimistes ont eu, un moment, l’espoir qu’Emmanuel Macron mettrait de l’eau dans son vin, qu’il arrondirait les angles, qu’il ferait en sorte que les choses se tassent. Nous-mêmes, nous nous attendions à des promesses payées de mots, qui n’engageaient rien ni personne, justes bonnes à démobiliser ceux et celles qui luttent.


    Mais il n’en fut rien. 


    Si le vernis du consensus a bien été appliqué consciencieusement, le fond des annonces transparaît nettement. En fait d’une pause, c’est une nouvelle charge.
    Macron n’a donné aucune précision sur les vraies mesures qui vont émerger à la suite de ce discours, mais les cibles sont claires : 
    -La promesse de « démocratisation », par une intégration de la proportionnelle (20%), maquille mal le fait que la réduction des parlementaires (25/30%) revient à augmenter la taille des circonscriptions, et donc renforce, en réalité, les organisations politiques les plus puissantes. Elle permet surtout aux successeurs de Macron de pouvoir mieux tenir l’appareil d’Etat entre leurs mains. 
    En revanche, les espoirs de prise en compte du vote blanc et du RIC ont été déçus. 
    -Le gouvernement ne renonce pas à son plan maître : Cap 2022, concernant les services publics et les fonctionnaires. Tout ce qui a pu être prononcé allait dans le sens de l’application stricte de cette liquidation en plusieurs actes. Certes, Macron a promis une nouvelle décentralisation, mais basé sur une rationalisation et une autonomisation des services publics. Certes, il promet de ne plus fermer d’hôpitaux ou d’écoles, mais les vide de leur contenu. Certes, il promet de revaloriser le travail des enseignants, mais il leur impose une charge de travail plus grande, et un système de recrutement plus précaire. 
    Il poursuit son ambition de liquider 120 000 postes d’ici 2022. Supprimer l’ENA fait figure de manœuvre dilatoire, pour prétendre s’attaquer à l’élitisme, tout en générant des passerelles vers ces fonctions encore plus sélectives. 


    Cela était déjà connu. 


    -En revanche, même si, dans une certaine mesure, ces attaques étaient prévisibles, le gouvernement ouvre officiellement le feu sur la question de la limitation du temps de travail, sur la question des retraites ou de l’assurance-chômage. 
    « Les Français veulent travailler plus », nous répètent en boucle les ténors de LREM, d’Aurore Berger à Macron lui-même. Nous ne sommes même plus à l’ère du « travailler plus pour gagner plus » de Sarkozy. Le temps où les attaques se limitaient à des coins enfoncés dans les limites légales est fini. Aujourd’hui, c’est une hausse obligatoire du temps de travail qui se profile, dans tous les secteurs et dans toutes les branches de travail. 
    De plus, s’annonce également une manœuvre pour allonger la durée de travail. Macron annonce qu’il sera toujours légalement possible de partir à la retraite à 62 ans, mais que le temps pour atteindre le taux plein sera plus allongé, pour « inciter à travailler plus longtemps ». Nous savons, par expérience, que les incitations sont des injonctions. 

    Pour faire avaler cet ensemble, Macron l’enrobe de déclarations douteuses, qui ressemblent forte à une véritable offensive réactionnaire sur toute la ligne. Sans la moindre raison, dans le contexte actuelle, il a sorti une grosse ficelle digne de Manuel Valls : l’Islam et l’immigration. Le programme de Mme Loiseau, ex-gudarde « repentie », pour les Européennes, flaire bon la rhétorique identitaire quant à la défense des frontières et l’Europe et de son identité. Même l’espace Schengen est visé.


    Encore que. 


    Nombreux et nombreuses sont ceux qui s’aventurent sur ce terrain marécageux, à gauche comme à droite. De Kuzmanovic jusqu’à Wauquiez, tous essaient d’engranger des voix chez l’extrême-droite en reprenant ses refrains. Sauf que cela ne marche pas. Chaque fois, c’est cette dernière qui s’est nourrie du soutien à ses thèses. 
    La tactique dangereuse d’alimenter le brasier réactionnaire ne sert qu’à détourner des questions économiques et sociales. Elle intoxique le débat publique, tout en permettant de faire passer, derrière un écran de fumée, les réformes exigées par le patronat. 
    Macron ne gagnera pas 2022. Il le sait et ses commanditaires aussi. Il s’agit donc de « bien » les perdre ! Or, pour cela, mieux vaut les perdre à droite qu’à gauche. Donc, faire monter l’extrême-droite, à laquelle Macron et ses laquais ressemblent de plus en plus, n’est pas une gêne. 
    LR/RN, ou un hybride, qu’importe. Ces cliques continueront à appliquer les réformes désirées par les grands capitalistes. C’est ce qu’a fait, ainsi, le gouvernement Autrichien, lequel vient de faire passer à 60h le plafond du travail hebdomadaire. 12H de plus que le maximum en France. 25 de plus qu’en 1997. 


    Nous sommes au pied du mur.


    Il n’est plus possible d’accepter que, pour des raisons X ou Y, de sectarisme, de méfiance, d’agenda conflictuel, les mouvements de masse, les luttes syndicales, les luttes sociales, les luttes écologistes… Restent séparés, divisés, battues et écrasées dans le détail. 
    Toute organisation politique conséquente doit placer le fait qu’il faille unir les forces combatives en premier lieu de son ordre du jour. 


    L’Unité Communiste de Lyon appelle à rejoindre, à soutenir, à renforcer et à développer les Assemblées Populaires de lutte, qui forment un noyau dur de résistance contre ces attaques. 
    Nous pensons qu’une nouvelle phase de lutte sociale, un nouvel acte, s’ouvre depuis quelques mois déjà. Cet acte peut se jouer sous la forme d’un solo funèbre, ou il peut, conjointement avec les autres forces en mouvement, former une véritable lame de fond. 
    Nous pensons qu’il est également fondamental que les organisations combatives soient renforcées. Nous appelons ceux et celles qui luttent et qui veulent inscrire cette lutte dans la durée, la faire passer de la défensive à l’offensive, à travailler avec nous, à avancer conjointement pour que nous puissions sauvegarder nos acquis sociaux.

  • Notre-Dame de Paris, une charité bien ordonnée.

    Notre-Dame de Paris, une charité bien ordonnée.

    La cathédrale de Notre-Dame a été ravagée par les flammes lundi 15 avril. Cet incendie, a ravagé les superstructures de la cathédrale, mais a permis de sauvegarder la majeure partie des murs. Il a profondément et sincèrement ému de nombreux individus et de nombreuses personnalités.

    L’importance symbolique du monument a dépassé son caractère purement historique, et, même, religieux. Cet incendie n’a pas été perçu comme ravageant un lieu de la chrétienté, mais comme détruisant quelque chose d’une importance transcendantale. Le bâtiment touché était vu comme une propriété nationale au sens populaire du terme, au delà de sa fonction première, au delà de son histoire.

    Il y eut des réactions sarcastiques et moqueuses, mais celles-ci sont restées extrêmement minoritaires. Nous les comprenons également, elles ont tenté de faire passer des messages politiques, parfois justes, mais d’une manière inadaptée, ce qui les ont rendus inaudibles.

    Emmanuel Macron devait, le soir même, intervenir pour présenter un bilan du Grand Débat, cette farce ridicule et sinistre. Il a renoncé à prendre la parole publiquement. Cependant, son intervention, enregistrée, a filtré vers les médias. Elle n’a rien révélé de surprenant. La politique gouvernementale conserve le même cap : liquidateur pour les droits sociaux et dans la veine d’une baisse des salaires. Cependant, il a, sans vergogne, tenté d’utiliser cet incendie pour annoncer la nécessite de « rallier la nation » et de faire « bloc autour de Notre-Dame ». Difficile d’être moins convainquant. Ses laquais ont également voulu mettre en avant que la moindre des choses serait que les Gilets Jaunes liquident leur mouvement, par « dignité ». Lorsque les arguments sont à sec, on use du sentiment.

    Dans le même ordre d’idées, l’extrême-droite a tenté de capitaliser sur cet évènement, comme à son habitude, pour essayer d’instiller des positions pogromistes dans la société, en cherchant la trace d’un attentat, d’un incendie volontaire. Elle a cherché une main imaginaire d’un islam radical, allant jusqu’à inventer des musulmans sautant de joie à l’annonce de l’incendie.

    Or, les réactions de la part des musulmans et des musulmanes de France ou d’ailleurs ont été, elles aussi, de la solidarité. Mais comme les prophéties de l’extrême-droite ne se réalisent pas, elle en est réduite à tordre la réalité et les faits.

    Macron incendie Notre-Dame.

    Les conspirationnistes sont allés jusqu’à dire que Macron a fait incendier volontairement Notre-Dame dans le but de pouvoir détourner l’attention et repousser sa prise de parole publique. Chacun est allé de sa théorie personnelle sur les raisons de cet incendie et les moyens par lesquels celui-ci s’est déclenché.

    Cela ramène à une chose importante à mentionner : nous sommes programmés, d’un point de vue du fonctionnement de notre cerveau, pour raisonner de manière associative et chercher des corrélation, même là où celles-ci sont absentes. Plus un événement nous paraît important, plus nous avons tendance à lui rechercher des causes à la hauteur de cette importance. Nous vous conseillons par ailleurs de lire cet article à ce sujet.

    Dans les faits, l’attitude des politiciens et des politiciennes pousse à confirmer ce biais de raisonnement, car, souvent, ils et elles exploitent des situations exceptionnelles pour faire avancer leurs agendas. Mais exploiter et générer ne sont pas des choses équivalentes ! Lorsqu’une personne utilise un malheur pour apitoyer sur son sort, il n’a pas généré son malheur à cette fin, il exploite -parfois cyniquement- une situation désavantageuse pour la tourner à son avantage. Les politiciens et politiciennes sont particulièrement adeptes de ceci.

    Macron n’a pas incendié Notre-Dame, mais, en revanche, il porte une part de responsabilité dans le fait que cet incendie se soit déroulé. Comment ?

    La politique menée depuis plus de dix ans envers les politiques publiques, condensée sous le nom de RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques), a étranglé le financement de très nombreuses officines publiques, administration, services… Dans le but de « rationaliser » l’usage de l’argent public, mais également dans le but d’ouvrir progressivement au privé ces marchés captifs -pour en constituer d’autres, mais entre les mains de la bourgeoisie!- l’Etat a peu à peu réduit les dotations. Ces baisses de budget se sont répercutées dans les services jugés les moins vitaux. Très souvent, ces baisses de budget ont impacté en priorité l’entretien et la maintenance. La suppression des dotations ne produit pas d’effet à court terme en termes d’activité, donc satisfait les donneurs d’ordre, mais, à long terme, produit des dégâts terrifiants.

    L’accident de train de Brétigny-sur-Orge, en 2011, illustre ceci : un matériel fatigué, non remplacé, usé et maintenu en service coûte que coûte, pour limiter les dépenses. Ces accidents se sont systématiquement multipliés dans les pays ayant adopté ce type de contraintes budgétaires.

    L’Incendie de Notre-Dame fait partie, aussi, de ces catastrophes qui naissent du fait de défauts d’entretien. Pourtant, dans le cadre d’une étude réalisée en 2016, le risque majeur d’incendie avait été pointé du doigt par Paolo Vannucci. Mais rien n’a été fait.

    Depuis, la question de la réfection de Notre-Dame dépend notamment des dons publics. Mais là encore, il existe des zones de trouble.

    Charité bien ordonnée.

    Les grandes fortunes de France ont ouvert leur bourse : près d’un milliard d’euros ont été promis pour reconstruire Notre-Dame. Des sommes colossales, inimaginables, lancées par les grands capitalistes. Même la ville de Paris, ville-monde, dont l’aire urbaine concentre près d’un cinquième des habitants et habitantes de France, n’a pu sortir qu’un dixième, un vingtième de ce qu’un individu seul a pu aligner.

    Cela révèle l’ampleur immense de la captation des richesses qui a été opérée par les capitalistes, et qui n’a fait que s’amplifier au cours des années. La très grande bourgeoisie concentre entre ses mains des sommes invraisemblables, digne de budgets d’Etats. Ces sommes prêtent d’autant plus à rêver qu’elles sont mises uniquement à contribution pour engranger d’autres profits, tout aussi colossaux. Nous pensons que ces dons dévoilent l’indécente opulence de cette classe sociale, parasitaire et spoliatrice.

    Cet argent sort, aujourd’hui, d’un coup de baguette magique, pour reconstruire Notre-Dame. Il est, d’une part, sorti avec une célérité empressée, montrant qu’il était disponible. D’autre part, il n’est pas sorti pour d’autres causes, ni pour la détresse réelle des plus pauvres, ni pour n’importe quelle autre cause. La philanthropie de ces fortunés n’est pas destinée à tous.

    Mais, au-delà de l’aspect symbolique important, du fait que ces donateurs soient peut-être empreints de sincérité, se trouve également des appétits qui se marient mal avec le monde du spirituel. « Charité bien ordonnée commence par soi-même », voilà qui pourrait être, en somme, le credo des généreux donateurs. Sans rentrer revenir sur le fait, pourtant fondamental, que ces richesses immenses et sans cesse grandissantes soient le fait de la captation et de la spoliation des travailleurs et des travailleuses, il est important de savoir comment ces dons généreux sont faits, en réalité, sans bourse délier.

    Si l’idée de faire une défiscalisation complète des dons a fait long feu, il ne faut pas, pour autant, croire que nos chers capitalistes nationaux se retrouvent, par le sacrifice de ces sommes, avec une couronne d’épines sur la tête. Certes, la grande bourgeoisie a sorti de ses caisses à peu près l’équivalent du PIB annuel des îles Samoa pour la reconstruction de Notre-Dame. Mais qu’en est il vraiment ?

    Premièrement, depuis la mise en place de la RGPP, le monde de la culture s’est retrouvé pauvre comme Job. Privés de financements publics, les musées -mais également les universités- dépendent de généreux mécènes. Cette dépendance permet un droit de regard de la part des fondations sur l’ensemble de l’activité, notamment au niveau des choix stratégiques comme des choix d’attributions de marché. Il s’agit d’une publicité et d’une image qui bénéficie à l’entreprise donatrice. Un investissement rentable.

    Deuxième aspect, la défiscalisation. Un don est défiscalisé à 60%. Les entreprises paient un impôt, donc, mais vers le secteur de leur choix. Et elles ne le paient qu’a 40%, le reste étant, donc, à la charge des contribuables. Cela fait donc que ces derniers paient pour les choix d’image de l’entreprise, à hauteur de 60%. Ainsi, en 2016, 369 millions d’euros ont été réellement versés par les entreprises, tandis que l’Etat a dû abonder de 990 millions d’euros. (selon les rapports de la Cour des comptes.) LVMH fait figure de grand pionnier, pompant à elle seule 61 600 000 € en 2018, loin devant les 8 suivantes, qui ne représentent que, cumulée, 21 000 000 €. Une manière de faire un bel effet levier sur les ambitions du peloton de tête des fortunes.

    Troisième aspect, le gonflement des dons en nature et le mécénat « de compétences ». Pour le premier, il s’agit de faire des dons qui sont défiscalisés, mais en ne prenant régulièrement pas comme base le prix de revient du produit donné, mais son prix de vente final, accompagné de la marge du distributeur. De plus, lorsque Auchan, Carrefour, Casino donnent des produits alimentaires, il arrive régulièrement que ceux-ci soient inexploitables (trop proches de la fin de la Date Limite d’Utilisation), et donc auraient été perdus. Il s’agit donc d’une manière de valoriser les pertes et de faire des dons qui peuvent même rapporter.

    Le mécénat de compétence, quant à lui, consiste à fournir de la main d’œuvre pour des travaux. Une manière d’ajuster l’activité de l’entreprise. En temps normal, la prestation est facturée uniquement du coût du salaire, mais des entreprises en profitent pour saler l’addition, sachant qu’elle est couverte par l’Etat. De plus, les « Établissements Administratifs Publics » peuvent offrir des prestations en nature à titre de dédommagement. Une nouvelle manière de rentrer dans les frais de l’entreprise.

    En dernière instance, la « charité très chrétienne » des donateurs ne leur octroie pas que des indulgences aux yeux des prélats, elle permet un magnifique retour sur investissement !

    Nous pensons que le patrimoine architectural, environnemental ou culturel mérite bien mieux que les sponsors de la bourgeoisie. Nous pensons qu’ils méritent d’être protégés, tout comme les trésors archéologiques que recèlent le sous-sol. Les capitalistes les voient comme des choses « rentables », ou en termes d’images, ou en termes de finance. Leur politique tend à les laisser pourrir sur pied, se dégrader, ou être transformés en supports publicitaires.

    Nous pensons que ces lieux, ces emplacements, ces paysages, appartiennent ou aux masses populaires, ou à la nature elle-même. Nous ne pouvons faire confiance dans des boutiquiers pour les protéger. Nous ne pouvons compter que sur les masses populaires elles-mêmes, et leur sincère attachement à ce patrimoine immense pour déterminer ce qu’il convient d’en faire.

    A la fois sur la sauvegarde de celui-ci, à la fois sur le mise en pièce de monuments et de symboles réactionnaires, furoncles imposées par un ordre injuste et oppressif.

    La chasse au profit est le brasier dévorant qui engloutit les monuments. Les fortunes dormantes dans les comptes en banque des bourgeois sont issues de notre sang, de notre sueur, de notre travail.

    Le patrimoine et les moyens de l’entretenir, les moyens de produire les richesses doivent nous revenir. Nous savons où ils sont. Il ne tient qu’a nous de nous organiser pour aller les chercher, les prendre et les protéger.

  • Contribution du Parti Communiste Prolétarien de Côte d’Ivoire.

    Contribution du Parti Communiste Prolétarien de Côte d’Ivoire.

    Nous publions cette contribution écrite par le PCPCI – ICOR sur la question du socialisme pour nourrir le débat sur ce sujet fondamental. Nous saluons le travail de cette organisation, qui lutte contre l’impérialisme en Côte d’Ivoire et plus particulièrement contre l’impérialisme français.

    Nous considérons que l’impérialisme français ne doit jamais passer au second plan dans nos ennemis, et lutte contre son influence ne doit pas être occulté, y compris par les questions des USA, de l’OTAN, de l’UE ou d’autres organisations.

    L’ennemi premier est dans nôtre pays !

    Qu’est ce que le socialisme ?

    La République dans un pays socialiste diffère radicalement des Républiques des vieux Etats capitalistes surannés, démodés qui résistent temps bien que mal à la loi historique de l’histoire: leur disparition pure et simple.

    En quoi consiste cette différence ? En premier lieu dans la base économique, dans la structure de la société et dans la superstructure que reflète cette base. La classe ouvrière, la paysannerie et les autres travailleurs exercent le pouvoir à travers les organes représentatifs et directement. Les ouvriers, les paysans, les autres travailleurs participent activement au gouvernement du pays qui est leur gouvernement; à la gestion de l’économie, à la discussion des lois, et des plans économiques, au contrôle de l’activité des organes du pouvoir, etc. Les ouvriers, les paysans, les autres travailleurs ont le droit d’exprimer librement leurs opinions sur tous les problèmes d’intérêt public ou personnel. Ces droits leur sont assurés par la constitution.

    En République socialiste de dictature du prolétariat et dans l’intérêt des ouvriers, des paysans et des autres travailleurs, le socialisme se construit dans les domaines économique, culturel, éducatif, scientifique etc. Tout le pouvoir d’Etat émane du peuple travailleur et lui appartient. Le Parti communiste œuvre, fait en sorte que la patrie socialiste soit pleinement indépendante de l’extérieur, qu’elle ne soit jamais mise en danger par les classes dépossédées de leur pouvoir économique, politique, militaire et moral.

    La société socialiste se distingue par le fait qu’elle est gouvernée par les lois de la dictature du prolétariat et de la démocratie socialiste. Les droits et les devoirs des citoyens sont définis de manière à concilier les intérêts de la société et ceux des individus avec pour priorité les premiers sur les seconds. La priorité de l’intérêt général est le principe sur lequel chacun se guide dans sa pensée et dans ses aspirations. Pour que le souci de l’intérêt général puisse tout primer et que les biens faits qu’apporte le système socialisme se réalisent pleinement, tous les travailleurs participent largement à la direction de l’Etat de dictature du prolétariat et de l’économie.

    En République socialiste, les citoyens sont réellement égaux devant la loi, la différence de salaire entre l’ouvrier et l’employé est réduite. Le rapport du salaire d’un ouvrier au traitement d’un haut fonctionnaire est de un à deux.Mais comment le traitement d’un haut fonctionnaire peut-être si peu supérieur au salaire de l’ouvrier ? La réponse est: s’il en est ainsi en République socialiste, c’est parce que l’Etat de dictature du prolétariat, avec ses lois justes a sanctionné, c’est-à-dire, applique les principes marxistes-léninistes sur les salaires.

    Voici ce que Lénine dit de ce problème «Le tournant de la démocratie bourgeoise à la démocratie prolétarienne consiste dans «la suppression… de tous les privilèges pécuniaires attachés au corps des fonctionnaires, (dans) la réduction des traitements de tous au niveau des salaires d’ouvriers. Lénine œuvres éd s t 25 p 496» Une des mesures prises par la Commune de Paris et que Marx a mise en lumière, a été la réduction des traitements des fonctionnaires. Raison pour laquelle, la République socialiste ne permet pas d’abus dans l’application du principe de la rémunération selon le travail.

    Cela, pour éviter qu’apparaissent de couches de travailleurs qui se mettent au dessus des autres, ce qui conduit au révisionnisme. Le Parti communiste œuvre par un travail d’éducation pour élever la conscience des hommes en sorte que chaque travailleur soit rémunéré selon la quantité et la qualité du travail fourni. Il fait en sorte que les membres de la société socialiste épurent leur conscience les survivances capitalistes. Il cultive l’amour et le respect de l’homme pour l’homme, chacun s’efforçant patiemment d’aider son camarade à corriger ses erreurs et à condamner lui-même son geste, lors qu’il enfreint les lois qui régissent les rapports juridiques et les normes socialistes de la société. La réalisation de cette situation révolutionnaire passe par la liberté de parole, la discussion large et approfondie des problèmes les plus divers par les ouvriers, les paysans et les autres travailleurs, en un mot, par le peuple: la véritable démocratie pour le peuple par le peuple est concrètement appliquée.

    En République socialiste de dictature du prolétariat, il existe sous des formes les plus appropriées et les plus démocratiques, la liberté complète pour le peuple, faute de quoi, le pays ne pourrait s’épanouir. Contrairement aux débats au sein des Assemblées des vieux pays capitalistes, les débats dans le Parlement de la République Socialiste ne se font pas pour le seul goût du débat. Un problème politique ou économique soumis à l’examen de l’Assemblée est préalablement l’objet de discussion et de débats passionnés ainsi que de propositions et de débats constructives au sein même des masses travailleuses et de leurs organisations, débats que les députés suivent pour entendre la voix des masses, en y participant activement.

    Rien ne se fait selon le désir des uns et des autres, ni par diktat d’en haut, tout est regardé à travers le prisme de l’intérêt général. Les problèmes sont débattus et examinés soigneusement avant d’être soumis à l’approbation de l’organe suprême du pouvoir d’Etat, chose impossible dans les vieux Parlements bourgeois surannés des pays capitalistes où le peuple est tenu à l’écart, n’est ni consulté régulièrement dans les questions importantes, même le référendum mentionné dans les Constitutions de ces pays n’est pas utilisé correctement de peur des sanctions du peuple contre la bourgeoise capitaliste.

    Le socialisme n’admet qu’un seul parti: le Parti Communiste reconnu par la constitution. C’est une situation nouvelle propre à une démocratie d’un nouveau type supérieur, comme un phénomène de la démocratie socialiste. Pourquoi ? Parce que, le parti unique du système d’Etat socialiste correspond au fait historique caractérisé par l’absence de capitalistes, de propriétaires fonciers et de propriété privée des moyens de production et de la terre.

    Suivant la loi fondamentale d’un Etat d’un pays socialiste, l’Etat est un Etat des ouvriers et des paysans qui constituent la majorité. Il n’y existe aucun motif de lutte des classes entre exploiteurs et exploités. Il ne saurait non plus y exister d’opposition des partis. C’est la vie même. Le peuple du pays où est instauré le socialisme ignore la lutte intestine des partis. Le peuple est uni tant dans ses tâches pacifiques que dans la défense de sa patrie. Comment concevoir dans ce cas deux, trois, ou plusieurs partis au pays du socialisme ? Le pouvoir appartient au peuple et au peuple seul qui est le maître de toutes les richesses de la terre. C’est dans l’intérêt exclusif du peuple que travaillent l’industrie et l’agriculture socialistes. Seuls les représentants des ouvriers, des paysans, des soldats, des intellectuels, les élus du peuple, exercent le pouvoir. Et les intellectuels socialistes constituent une partie intégrante de la classe ouvrière et de la paysannerie.

    La démocratie socialiste: la démocratie prolétarienne est en vérité, le pouvoir du peuple par le peuple, c’est-à-dire la vraie démocratie qui est reflétée dans le parti Communiste, par l’État prolétarien. La nature même de la démocratie socialiste où il n’existe pas de chômage, où la santé est gratuite pour tous, le transport gratuit, l’école gratuite, le logement gratuit etc., où il n’existe pas de classes hostiles, mais des classes amies: le prolétariat et la paysannerie, où il n’y a plus des classes qui exploitent et oppriment, ne laisse pas de place à un deuxième parti politique, dans la mesure où, les causes qui font surgir au cours de l’évolution historique plusieurs partis n’existent plus. On ne peut pas inventer artificiellement un deuxième ou plusieurs partis pour faire plaisir aux adorateurs de la vielle démocratie bourgeoise de la vieille société bourgeoise capitaliste renversée.

    L’Etat prolétarien est une formation d’un type nouveau; c’est un Etat socialiste. De même, sa démocratie est d’un type nouveau. Sa nouveauté réside dans le fait que c’est une démocratie authentique. L’unité de la démocratie socialiste et le système du parti unique qui en est la base constituent le résultat d’un processus historique et non une vue d’esprit de qui que ce soit. Quand les ouvriers et les paysans prennent le pouvoir et instaurent le socialisme, le capitalisme ne disparait pas en un jour.

    Certaines entreprises privées continuent à exister. Les classes capitalistes demeurent y compris des partis d’opposition. Mais comme les conditions qui sont à la base de la naissance des partis: le capitalisme, la bourgeoisie, les trusts; la propriété privée des moyens de production, l’oppression et l’exploitation ont disparu, il n’y a plus des hommes qui exploitent d’autres hommes comme dans la vieille société capitaliste. C’est le socialisme qui l’emporte dans la vie à travers la dictature du prolétariat: la démocratie de la majorité du peuple sur la minorité bourgeoise renversée pour l’empêcher de revenir au pouvoir. L’influence des partis bourgeois et petits bourgeois décline. Ce processus peut durer et nul ne peut dire combien de temps.

    Mais, l’accélération de sa disparition totale est fournie par les débris des classes bourgeoises, des partis bourgeois et petits bourgeois en décomposition. Ils déclenchent tôt ou tard, la guerre civile pour reprendre le pouvoir aider en cela, par leurs alliés extérieurs: la contre-révolution. C’est cela qui met fin à la lutte d’opposition légale dans le pays devenu socialiste, par la guerre civile. La bourgeoise prendra les armes contre la classe ouvrière et la paysannerie : contre la majorité du peuple.

    Le socialisme doit se défendre les armes à la main pour écraser la contre-révolution, défaire les partis bourgeois contre-révolutionnaire, leurs alliés intérieurs et extérieurs, les puissances impérialistes. C’est un tel processus qui s’est passé dans les pays anciennement socialistes. À la contre-révolution, il faut la révolution et ainsi de suite jusqu’à la victoire complète, définitive de la révolution sur les exploiteurs et oppresseurs du peuple comme cela c’est passé en Europe avec l’avènement de plusieurs révolutions bourgeoises avant que la bourgeoisiene s’impose définitivement contre la féodalité.

    La lutte de classes du prolétariat et de son avant-garde le parti communiste n’est jamais linéaire, en ligne droite. Elle a des hauts et des bas. Des zigs gaz, mais obligatoirement victorieuse quelque soit le temps. Les efforts de la bourgeoisie pour la freiner, la retarder, la rayer de l’histoire sont sans espoir. L’humanité ne peut revenir en arrière. La contre-révolutiondans les pays anciennement socialistes n’est qu’un des passages momentanés des hauts et des bas de la lutte de classe du prolétariat pour accomplir sa mission historique et aucune force au monde ne pourra l’arrêter dans l’accomplissement de cette mission: renverser l’ordre bourgeois au moyen de la révolution socialiste.

    Construire sur ses ruines les bases de la construction de la société socialiste, puis communiste au moyen de la dictature du prolétariat, de l’alliance de la classe ouvrière et de la paysannerie. Mettre fin à l’exploitation de l’homme par l’homme; à l’existence des classes et de la lutte des classes dans la société communiste sans État: l’État s’éteint, rangé au musée de l’antiquité selon l’expression d’Engels, pour une vie radieuse de haut niveau de liberté véritable et de développement de la société toute entière.

    Abidjan, le 7 novembre 2016

    Le Comite central du PCPCI

  • Le grand débat : l’effet levier de la réaction. (I)

    Le grand débat : l’effet levier de la réaction. (I)

    Partie I

    Le Grand Débat est terminé. Les conclusions de celui-ci vont être rendues dans les jours prochains. Après près de 80 jours de réunions publiques -ou de shows de stand up selon les points de vue, de collecte de questionnaires et d’envois libres, les résultats vont être annoncés.

    L’Etat a tenté de présenter cet exercice comme étant le nec plus ultra de la démocratie délibérative, capable de pouvoir aplanir tous les maux, toutes les contradictions au sein de la population. L’idée finale étant de « restaurer l’unité de la nation », alors que le conflit social et politique n’a jamais été aussi profond. Mais, loin de satisfaire, ce Grand Débat a échoué dans son objectif affiché de calmer la situation. 

    79 % des Français, selon l’institut de sondage ELABE, considèrent que le grand débat n’a pas convaincu. « Pour 79% des Français, le « grand débat national » ne résoudra pas la crise politique que traverse le pays (+9 points par rapport au mois de mars), 68% que les points de vue exprimés lors de celui-ci ne seront pas pris en compte (+5 points) et 62% que le « grand débat national » permettra d’améliorer la participation des citoyens aux décisions (+7 points).»

    Il ne s’agit donc pas d’un succès de ce point de vue là pour Emmanuel Macron et pour la classe sociale qu’il sert. Cependant, sans être une sortie de crise, le Grand Débat contribue à agir négativement contre les luttes. Miroir aux alouettes dans lequel certains ont pu être pris, procédé décourageant, méthode dilatoire… Le Grand Débat s’est surtout voué à occuper le terrain mental et moral, et à tenter de remettre entre les mains du pouvoir et de la grande bourgeoisie monopoliste les leviers de l’expression. Ces « débats » accaparent la légitimité, dans le but de la dénier aux Assemblées Populaires, dont la fédération progresse.

    Il s’agit d’une des branches de la tenaille contre les mouvements sociaux, l’autre étant constituée de la répression policière, judiciaire, des injures constantes lancées par les tribuns de la presse bourgeoise et réactionnaire, à laquelle s’adjoint, sans s’en rendre parfois compte, des liquidateurs qui pensent qu’il faut solder le mouvement au profit de leur clique, leur groupe, leur organisation.

    Le Grand Débat n’échoue pas, finalement, par son contenu, mais dès sa conception, il a été architecturé comme une manœuvre devant permettre que LREM puisse faire sa publicité pour les élections européennes -autour de leur campagne réactionnaire-catastrophiste nommée « renaissance »- mais également de faire un effet levier pour légitimer leur action politique.

    Sa méthodologie a été conçue uniquement dans ce but, en employant une interprétation de la démocratie, étriquée et tronquée, pour écraser celle qui est réelle et concrète : la démocratie populaire.
    L’utilisation de la « démocratie délibérative » correspond à cet objectif. Cette pseudo-démocratie consiste dans le fait de soumettre des questions à un auditoire, sans préparation ni discussion sur le contenu, et de noter à la volée leurs réactions pour en faire, sans contrôle, une synthèse. 
    Dans le cas du Grand Débat, des votes ont été faits sur l’importance de certaines thématiques imposées. En l’occurrence, les questions étaient déjà orientées pour faire émerger les réponses. Mais, en sus, la manière d’interpréter les résultats est largement soumise à caution. 
    Dans des questionnements à choix multiples, 10 % d’individus trouvant qu’un sujet et important peuvent permettre de justifier que celui-ci soit retenu. En revanche, 49,99% s’opposant à quelque chose ne représentent pas la majorité. D’une manière générale, ce procédé ouvre la porte à toutes les manipulations. 

    Dans ce genre de débats, qui détermine ce qui est écarté ou ce qui est retenu ? En théorie, un arbitre neutre. Dans les faits, l’arbitre neutre, ici, est précisément l’organisation mise en place par la bourgeoisie pour exécuter ses ordres : l’Etat.
    Le bourreau premier des classes populaires serait donc le garant d’une expression de celles-ci ? 

    Le contenu du Grand Débat : 

    Le contenu du Grand Débat a été dicté en amont par les stratèges de LREM dans l’unique but de fournir un soutien à leur politique, voir même de pouvoir appuyer des percées plus profonde dans la mise au pas du pays.
    Le choix de cette carte de la démocratie n’a donc comme buts que de tenter, d’une part, de ressouder un pays divisé profondément par le caractère aigu de la lutte des classes actuelle, mais également de faire un effet levier pour appuyer sa transformation dans le cadre des choix stratégiques de la grande bourgeoisie.

    Au sein des Grand Débat, plusieurs sujets ont été abordés, dont certains particulièrement candides et naïfs. La question de l’écologie, par exemple, fait partie de celles qui ne sont payées -au mieux- que de mots. Le gouvernement à ainsi déclaré : « C’est un très grand défi que nous adressent les Français, avec de très grandes attentes et de très grandes exigences, il nous appartiendra d’être à la hauteur de ces attentes. » Le journal 20 minutes avait résumé ça dans sa Une, pleine de saveur : « Grand débat : Le teasing sans annonce d’Edouard Philippe, tout un art. » Nous ne saurions leur donner tort. Edouard Philippe a prévenu qu’Emmanuel Macron fera des annonces « puissantes et concrètes ». De quoi trembler d’avance.

    Des propositions sur la «vie publique moralisée » sont également de celles qui se paient de mots. « Lutter contre l’action des lobbies » est typique. La démocratie bourgeoise n’est pas une démocratie malade de l’action des lobbies. Elle est une dictature, au travers d’une interface plus ou moins démocratique, de la grande bourgeoisie monopoliste. Les lobbies ne sont que, in fine, des remous de surface et une expression de contradiction entre différentes cliques de bourgeois. Mais dans les faits, le système politique est déjà dans sa nature profonde un outil de la domination sociale. « Lutter contre l’action des lobbies. » est de ces genres de propositions qui n’ont aucun fondement.
    « Rendre obligatoire un casier judiciaire vierge pour être élu. » Le système démocratique bourgeois organise la corruption, organise le népotisme, organise l’apparition de chefferies. Dans les faits, au lieu de condamnations symboliques, ces élus ne seront juste, simplement, plus condamnés. 
    « Organiser des débats citoyens ». Un débat est une chose positive. Mais les débats citoyens ont surtout démontré qu’ils étaient creux et vides. Ils ne servent que de moyen de faire diversion.

    En dernière analyse, les propositions sonnent creux, sauf celles qui facilitent le travail de sape des droits sociaux. Là, elles sont prises au sérieux. Et, là encore la méthode interpelle.

    Il existe un art de l’ambiguïté dans le fait d’interroger les inquiétudes populaires. Cet art de l’ambiguïté permet de partir de cette inquiétude légitime, mais d’en tirer des conséquences complètement contradictoires.
    Macron a érigé cet art sous la forme d’un credo, le fameux « en même temps ». 

    Ainsi, le Parisien le résume ainsi : 

    Lors du grand meeting du 17 avril 2017 à Paris-Bercy, il s’amusait de sa formule, retournant à son avantage ce qui est d’ordinaire considéré comme une faiblesse linguistique. « Excusez-moi, vous avez dû le noter, j’ai dit en même temps. Il paraît les amis que c’est un tic de langage », lançait le futur chef d’État alors que les militants se mettaient à scander cette rhétorique macronienne. Et, dans une promesse de campagne (qui sera respectée) d’annoncer : « Je continuerai de le dire dans mes phrases et dans ma pensée, car ça signifie que l’on prend en compte des principes qui paraissaient opposés. »1

    Cette conception est résumée par Michel Séac’h : « les « en même temps » du président renvoient à « une résolution des contradictions » et « seraient représentatifs d’un mode de gouvernement ». « Ils font le lien entre la thèse et l’antithèse, c’est une sorte de synthèse ».

    Une synthèse à l’exclusif avantage de la classe sociale pour laquelle œuvre Macron. Ainsi, Edouard Philippe notait que l’inquiétude quant aux menaces sur le niveau de vie des travailleurs et des travailleuses devait se traduire par un « choc fiscal » de baisse des dépenses immédiates et de liquidation des taxes et impôts. 
    Donc, derrière cela, un coup d’accélérateur à la campagne de liquidation des services publics et à la privatisation de tout ce qui peut être considéré comme un « poste dépensier ». Nous rappellerons que le projet de LREM va jusqu’à envisager la privatisation de certaines routes nationales. 

    « En même temps », cette interprétation des résultats permet aussi de justifier que les « dépenses sociales » soient placées sous l’angle de la responsabilisation. Voici ce qui en est retenu : 

    « Pour financer les dépenses sociales, 52% des participants estiment qu’il faut instaurer des contreparties aux différentes allocations de solidarité, augmenter le temps de travail (24%) et reculer l’âge de départ à la retraite (22%). Pour réduire le déficit, il faudrait réduire la dépense publique, estiment 75% des répondants, et notamment les dépenses de l’Etat (56%). »

    Toute ressemblance avec le programme réactionnaire de LREM ne serait qu’une amusante coïncidence. Donc, en partant d’une réelle et cruciale demande, Emmanuel Macron provoque une aggravation de la situation sociale et prépare le terrain à une nouvelle offensive contre la retraite, contre les salaires, contre les minimas sociaux. Mais, il pourra prétexter qu’elle est adoubée par les masses populaires. 

    Nous avons mentionné à plusieurs reprise le sens sournois de cette responsabilisation. Face à la détresse de ceux qui n’ont rien, le pouvoir bourgeois répond en aggravant encore leur situation.

    Et, derrière cela, se niche également une réforme parlementaire d’ampleur : Un possible passage vers un système à la proportionnelle et une réduction du nombre de parlementaires.

    Pourquoi un tel choix ?

    1http://www.leparisien.fr/societe/tics-de-langage-en-meme-temps-le-peche-mignon-de-macron-21-04-2018-7676160.php

  • Quelle situation pour le mouvement des Gilets Jaunes ?

    Quelle situation pour le mouvement des Gilets Jaunes ?

    Depuis maintenant 21 semaines, le mouvement des Gilets Jaunes se poursuit et continue d’être le centre de gravité des luttes sociales en France.Il s’agit d’un mouvement d’ampleur d’une durée incomparable avec ce qui a pu être connu sous la Cinquième République.

    Ce mouvement possède une double nature : il est un mouvement social, un mouvement possédant des revendications économiques, relatives au niveau de vie, au salaire, aux impôts et aux taxes. 
    Mais il est également un mouvement politique au sens premier du terme, en ce sens qu’il porte des revendications qui concernent le fonctionnement du régime, de la démocratie bourgeoise, du pouvoir d’Etat. 

    À ce titre, il s’inscrit dans une continuité avec d’autres mouvements politisants, tel que les indignés, ou nuit debout. Cependant, la classe sociale qui l’anime n’est pas la même. Les premiers mouvements étaient surtout organisés par la petite bourgeoisie urbaine, intellectuelle. Les Gilets Jaunes, quant à eux, possèdent une base populaire, prolétarienne et ouvrière.

    Les 21 semaines de lutte ont été pour des pans entiers de la population, un véritable bassin révélateur. Elles ont démasqué le caractère dictatorial du régime dans lequel nous vivons, régime au service de la grande bourgeoisie monopolistique.

    Elles ont démasqué la nature de l’Etat, nature de classe au service des exploiteurs et des oppresseurs.Ces semaines de lutte ont également démasqué le rôle de la police, comme agent de la répression des masses, comme agent de la protection des intérêts des puissants. Elles ont pour, finir, démasqué le rôle des médias bourgeois comme fer de lance de la propagande anti-populaire.

    Ce mouvement a brisé les mythes d’un « exceptionnalisme » démocratique dont la France serait championne.

    À l’inverse, les tendances réactionnaires, fortes au départ, appuyées par certaines organisations -comme le Bastion Social ou l’Action Française- ou par des tribuns réactionnaires -à l’exemple de Wauquiez- ont progressivement renoncé, été mis en minorité ou éjectés. 
    Il est aussi une fantastique expérience politique et démocratique. Les ronds-points, les assemblées populaires, les assemblées des assemblées forment une expérience de la démocratie populaire, une expérience de la prise de décision, de l’application de celle-ci. Une expérience de la liberté, fondamentalement. À l’inverse, ce mode de fonctionnement à permis de détacher les opportunistes, les électoralistes, les parasites-sectaires du mouvement, qui voulaient le détourner, l’enfermer vers des voies électoralistes, ou même le solder pour compte dans l’intérêt de leur organisation. Cette expérience immense doit décanter pour renforcer la capacité des mouvements de lutte à avancer et à être plus efficaces. 

    Certaines organisations -y compris parmi celles se revendiquant du communisme- ont été dépassées par la question politique au sein du mouvement.Ou elles ne l’ont pas comprise, en ne voyant dans ce mouvement qu’une simple force d’appui des luttes économistes et syndicales, ou elles ont carrément été effrayées par le développement politique interne, essayant même de le combattre. Dans les deux cas, même à leur corps défendant, ces organisations ont joué un rôle réactionnaire : elles ont lutté contre l’approfondissement du mouvement et ont travaillé à freiner la conscientisation politique. 

    Les organisations sont passées également par un processus de décantation. Celles qui sont restées à l’écart du point central de la lutte des classes ont été marginalisées, tandis que celles qui se sont investies dans ces questions en ressortent renforcées, au minimum en termes d’expérience.

    Nous considérons que notre rôle est, au contraire, l’inverse : permettre un approfondissement politique, en appuyer les tendances du mouvement qui défendent la nécessite de la faire sur des bases progressistes, et, au contraire, mener une lutte -avec elle- contre le développement de tendances réactionnaires et liquidatrices.

    Notre position est synthétisée dans le Manifestedu Parti communiste.

    Les communistes ne forment pas un parti distinct opposé aux autres partis ouvriers.

    Ils n’ont point d’intérêts qui les séparent de l’ensemble du prolétariat.

    Ils n’établissent pas de principes particuliers sur lesquels ils voudraient modeler le mouvement ouvrier.

    Les communistes ne se distinguent des autres partis ouvriers que sur deux points : 1. Dans les différentes luttes nationales des prolétaires, ils mettent en avant et font valoir les intérêts indépendants de la nationalité et communs à tout le prolétariat. 2. Dans les différentes phases que traverse la lutte entre prolétaires et bourgeois, ils représentent toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité.

    Pratiquement, les communistes sont donc la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui stimule toutes les autres; théoriquement, ils ont sur le reste du prolétariat l’avantage d’une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien.

    La fin générale, nous, nous ne la percevons pas comme devant être guidée vers les urnes, vers la soumission à un autre laquais de la bourgeoisie, qui n’aurait comme avantage par rapport à Macron que l’unique fait d’être un peu plus consensuel.


    Notre fin générale, elle est dans l’avancée vers le pouvoir populaire.

    Le poids de l’usure. 

    Après autant de temps, cependant, il est indéniable qu’une certaine usure est apparue dans le mouvement des Gilets Jaunes. D’une manière générale, deux tendances apparaissent au sein du mouvement 
    Une tendance au découragement, du fait de la brutalité avec laquelle répond le gouvernement, du fait de son absence de réaction face aux revendications qui ont été avancées par ceux et celles qui combattent et qui manifestent depuis 150 jours.

    De l’autre, une tendance à l’approfondissement du mouvement, à sa structuration, impulsée notamment par Commercy hier, par Saint-Nazaire aujourd’hui. Lyon a été également parmi les pionniers, en impulsant les Assemblées Populaires. 

    Le gouvernement fait tout pour que la première tendance soit dominante. Il veut liquider au plus vite le mouvement des Gilets Jaunes. Par la propagande mensongère, par le déni de l’existence du mouvement, mais aussi par la force brute et l’intimidation. Mais cette brutalité n’est pas un signe de force, mais bien de faiblesse, pour un gouvernement qui doit recourir au mensonge constamment. 

    En revanche, il fera également tout pour que la deuxième soit marginale. Il veut liquider ce mouvement, car il prévoit d’autres attaques, terribles, contre tous les secteurs de la société. Il sait que ces attaques entraîneront des réactions vives, mais qu’il espère canaliser, en comptant sur le fait qu’elles restent isolées, tandis que les forces mobilisables seront épuisées et usées par un conflit de grande durée. 

    Le gouvernement est sommé par ses commanditaires de la grande bourgeoisie d’avancer dans les réformes à marche forcée. Cet empressement, reflet notamment de l’angoisse de la crise qui étreint cette grande bourgeoisie, fait qu’il ne peut attendre patiemment que les luttes s’éteignent avant d’allumer un nouvel incendie. Et ses objectifs sont immenses. Ils sont synthétisés dans le document CAP 2022. 

    Déjà, la réforme Blanquer est en marche, ayant pour objectif de rationaliser le nombre d’établissements scolaires et de réduire le nombre de personnels enseignants. Elle prépare également la voie à la privatisation générale de l’enseignement, maternelle, primaire et secondaire. 

    À sa suite s’accumulent un grand nombre de projets dans la même veine : réduire les services publics, réduire les dispositifs de solidarité, faire de la santé, de l’éducation, du transport des marchés offerts à leurs commanditaires. Et, comble, certaines ont été intégrées comme proposition du grand débat ! Une manière de faire plébisciter aux masses l’instrument même de l’aggravation de leur situation. 

    Il est certain que des luttes syndicales vont naître prochainement du fait de la mise en place de ce programme. Il se pose la question cruciale de savoir s’il sera possible d’unifier les forces qui luttent ou si elles continueront à rester séparer les unes des autres. Il se pose la question cruciale de savoir s’il sera possible d’unifier les forces qui luttent ou si elles continueront à rester séparer les unes des autres. C’est une question dont la réponse n’est pas définie. 

    En tant qu’organisation politique, nous appelons à ce que les barrières entre les luttes soient abolies, qu’elles puisse -non pas seulement « converger »- mais faire naître une synthèse, marcher ensemble, comme un seul front, un seul rang. 

    Nous pensons qu’à l’heure actuelle, il existe le cadre qui permette de pouvoir réaliser cette synthèse des luttes. Ce cadre est celui des Assemblées Populaires. Toutes les forces combattant avec résolution et sincérité contre la politique gouvernementale ont leur place en son sein.

    Déjà, des liens se tissent grâce à son activité, elle a permis, sur Lyon, plusieurs actions communes et concrètes depuis le début du mouvement. Que ce soit des actions rassemblant écologistes, syndicats, étudiants et étudiantes, membres du corps enseignant… Elles se poursuivent et se systématiseront.

    Les lieux de débat et de prise de décisions communes doivent être renforcés. L’Unité Communiste de Lyon considère que l’accroissement de l’influence des Assemblées Populaires est fondamental dans la poursuite d’une lutte de longue durée contre la politique du gouvernement. 

    L’Unité Communiste de Lyon appelle également à renforcer les organisations combatives qui luttent politiquement, syndicalement, mais également par l’autodéfense, contre les attaques des exploiteurs et de leurs agents provocateurs fascistes. 

    La contre-offensive qui vient.


    Pour le moment, la mobilisation demeure stable. Elle incarne une véritable lame de fond qui secoue les masses populaires. Nous pensons que ceux et celles qui veulent l’utiliser pour leurs intérêts électoraux, qui essaient de la subordonner en catimini seront engloutis par le torrent que la colère populaire représente. 

    Il n’est pas possible, cependant, de ne pas évoquer la question de l’avenir et d’un reflux possible du mouvement des Gilets Jaunes. Nous devons prendre en considération l’approche des élections européennes, qui forment, comme toutes les élections, une diversion et une chape de plomb, mais aussi de l’été.

    Le mouvement des Gilets Jaunes a généré, de fait, une opposition aux différentes formes d’expression de l’idéologie bourgeoise et petite-bourgeoise. Cet espace gagné aux idées de pouvoir populaire et prolétarien est intolérable pour la bourgeoisie. Il n’est pas possible pour elle de laisser, même dans le reflux, les choses en l’état. Elle doit regagner cet espace perdu par une contre-offensive idéologique.

    Au reflux fera suite la répression, sous des formes potentiellement encore plus aigües qu’aujourd’hui, notamment dans les réquisitions des procureurs. Mais à la répression fera également suite une phase de réaction. 

    Cette phase de réaction avait été déjà tentée au travers de l’affaire Finkielkraut, qui, derrière le vernis louable de la lutte contre l’antisémitisme, ouvrait, en réalité, une boîte de Pandore. La boîte de Pandore de l’opposition entre musulmans et juifs, permettant aux discours les plus réactionnaires et les plus agressifs de s’exprimer. Discours qui se traduisent également par des intégrations de thèses ultra-réactionnaires dans les programmes électoraux. 

    Ainsi, nous avons pu constater que les thèses identitaires sont maintenant répercutées dans le programme des Républicains, mais, également, même, dans des organisations issues de la gauche. La création de « République Souveraine » par l’ancien porte-parole de la France Insoumise, Djordje Kuzmanovic, illustre cela. Nous reviendrons d’ailleurs sur cette création à l’occasion d’une autre publication.

    L’affaire Finkielkraut à fait long feu, mais il est impensable que la bourgeoisie ne relance pas un coup de boutoir réactionnaire. Car, au-delà de la question des mouvements se pose également une question politique fondamentale. Il est clair que la destruction des droits économiques se traduira également, mécaniquement, par des attaques sur les droits démocratiques et politiques. 

    A moyen-long terme, il se profile une question, derrière le gouvernement LREM, qui ne sera jamais réélu, qui est un gouvernement à usage unique, missile téléguidé contre les droits sociaux. Cette question est celle du successeur qui sera adoubé par la grande bourgeoisie pour parachever le travail de liquidation de tout ce que les luttes du XIXe et du XXe siècle ont arraché. 

    Au travers des appels du pied que se font les uns et les autres, des tractations, des imitations de programme, ce qui apparaît, à l’horizon, est la question de la droite élargie. Ce cartel des droites, réunissant les notables des Républicains, les orateurs du RN/FN, les nervis fascistes du Bastion Social, de Génération Identitaire ou de l’Action Française, se dessine. Il est ce qui semble être la réponse la plus cohérente de la part de la grande bourgeoisie au climat de tension sociale prévisible à la suite de la destruction du niveau de vie, mais également des risques de conflits internationaux. 

    Nous avons pu voir des ponts se lancer, déjà, d’un côté à l’autre des deux rives de la droite.

    La grande bourgeoisie monopoliste a toujours choisi comme héraut des groupes qu’elle jugeait les plus aptes à défendre cet intérêt le mieux possible. Cependant, avec l’aggravation des tensions, il n’est pas exclu qu’elle fasse un choix plus dur, plus brutal pour les protéger au mieux.

    L’Unité Communiste de Lyon considère qu’il faut regarder avec sérieux l’apparition de ce pôle politique ultra-réactionnaire. Même la dissolution possible de Génération Identitaire, qui peut être perçue comme une victoire, peut paradoxalement permettre à celle-ci de renaître sous une forme compatible avec une ligue ultra-réactionnaire.

    Nous considérons que face au triptyque Reflux-Répression-Réaction nous devons développer la nôtre : Organiser-unifier-consolider qui permette de transformer la victoire morale du mouvement des Gilets Jaunes et des luttes sociales et écologiques en victoire durable. 

    La meilleure manière de conjurer cette menace est par le renforcement des luttes, mais également par le renforcement du camp populaire et des organisations communistes révolutionnaires partout où elles sont. Nous appelons à l’unité et au travail commun pour être préparés à faire face aux questions qui s’imposeront à nous dans les années futures.


    Ensemble, construisons la réponse politique aux projets de la bourgeoisie !

  • Bastion social n’est plus.

    Bastion social n’est plus.

    Bastion Social n’est plus. Les dirigeants locaux du groupe issu du GUD ont reçu, le 13 mars, une lettre indiquant la dissolution de leur organisation. Le délai maximal pour faire appel étant le 21 mars, la dissolution sera donc actée par le Conseil des ministres. 
    Cette dissolution avait été annoncée par Emmanuel Macron à la suite de plusieurs actes antisémites et racistes commis par des membres de l’extrême-droite. Mais, cette dissolution, tout comme d’une manière générale les fermetures administratives des locaux fascistes, ne font que sanctionner le fait que ces groupes sont considérés comme ayant dépassé certaines bornes, mais jamais une condamnation sur le fond de leur activité et de leur discours idéologique.

    À Lyon, comme dans d’autres villes, les luttes contre l’implantation des Bastion Sociaux ont pesé dans la balance. Elles ont contribué à démasquer aux yeux de tous et toutes la collusion entre les autorités locales, municipale ou préfectorales, avec l’extrême-droite. L’Unité Communiste de Lyon considère que ce travail, sans pour autant être forcément la raison première de la dissolution de Bastion Social, a permis de limiter ses capacités à s’implanter et ont contraint les mairies à opérer des fermetures administratives. Mais il n’y a jamais eu de condamnation explicite formulée par les pouvoirs publics. Cette absence de condamnation est le vernis de la collusion.
    Celle-ci s’est également manifestée dans les larges facilités avec lesquelles les groupes fascistes ont pu mener des opérations contre les milieux progressistes et révolutionnaires, en témoigne ainsi, pour mémoire, l’affrontement du Pont Lafayette, en février dernier. 

    Lyon a été une illustration de la manière dont les notables considèrent les fascistes. Certes, il existe des franges qui sont sincèrement choquées de leur existence, de leur présence, de leur implantation, mais, dans l’ensemble, les autorités se sont montrées conciliantes et n’ont jamais rien organisé pour entraver leur développement.
    Au contraire, les discours de la bourgeoisie contribuent à avaliser les thèses réactionnaires défendues par les fascistes. Ce n’est pas accidentel, par ailleurs, cela correspond à une stratégie de la part de la bourgeoisie de répondre à la situation de crise et aux troubles sociaux par l’emploi de méthodes chaque fois plus musclées. 

    Bastion Social, pris isolément, est un point insignifiant. Ceux qui le constituaient étaient des apprentis Sturmabteilungen ne possédant que des conceptions politiques d’un niveau extrêmement bas. Cependant, Bastion Social n’est pas un point isolé. Il représente un des aspects de l’enchevêtrement des réseaux et des liens réactionnaires, au même titre que les autres groupes du même type. 
    Bastion Social est nourri, alimenté et protégé par certaines franges de la bourgeoisie le plus réactionnaire, qui voit dans ces groupes la possibilité de répondre à un besoin pour elle : celui de nervis et de bas exécutants.
    Bastion Social représente une des faces d’une construction naissante, qui porte les mêmes positions politiques, celle d’une droite élargie, appelée par les vœux de nombreux ténors de la politique. Un élargissement qui entremêlerait les réseaux de notables de LR, les orateurs du RN et les bras des groupes fascistes. 

    Étant donné la situation sociale -et par voie de conséquence politique- dans laquelle se trouvent les masses populaires ; étant donné la situation géopolitique et géoéconomique dans laquelle nous nous trouvons, il est clair que le capital recherche une issue politique qui lui permette de se maintenir face aux troubles, de briser les mobilisations sociales, qui seront davantage explosives au fur et à mesure de l’aggravation économique ; mais aussi de pouvoir mobiliser en soutien à l’impérialisme français.

    Le projet avance, tissant sa toile. La réaction vive qui a suivi l’attaque, dans la nuit du 27-28 mars, de l’école de Marion Maréchal Le Pen, a montré les relais importants dont dispose l’ex-députée du Vaucluse. Elle peut se permettre, désormais, dans ses communiqués, de se présenter, sans que cela choque, comme un rempart contre la violence : « L’extrême gauche montre un visage, une fois de plus, violent, totalitaire et sectaire qui doit indigner tous les défenseurs de la liberté. » Le tout en choisissant comme parrain de promotion le général antisémite Georges Loustaunau-Lacau, suffisamment controversé pour que Saint-Cyr, qui l’avait choisi également, soit obligé de rebaptiser sa promotion.

    Du côté de la droite « traditionnelle », les actes trahissent les pensées profondes sur le désir d’évolution politique. Ainsi, il n’est pas possible d’isoler cela du fait que, également, des individus comme Nicolas Sarkozy et Eric Zemmour aillent soutenir Viktor Orbàn alors que son parti est sous le coup de sanctions de la part de son propre camp ! Sarkozy a ainsi déclaré : « Quelqu’un qui est capable de gagner les élections trois fois de suite, dans une époque aussi instable et difficile, pour moi ça force le respect, a déclaré l’ex-président à propos de Viktor Orban.Tu as fait ce que je n’ai pas été capable de faire.C’est peut-être ça qu’on te reproche, d’avoir gagné.Mais moi j’aime bien avoir des amis qui gagnent.Je ne veux pas avoir que des amis qui perdent. », tandis que Zemmour pris la parole sur le « grand remplacement ».

    Mais aussi que Laurent Wauquiez, ténor des Républicains, puisse adjoindre dans son projet de programme des points qui feraient pâlir d’envie les plus réactionnaire. Aux côtés de François-Xavier Bellamy, qualifié de Steeve Bannon français « C’est donc un programme contenant pas moins 75 propositions qui a été présenté.Frontières, civilisation, immigration constituent les priorités du parti.Il s’agit de « lutter contre l’immigration illégale » mais aussi d’ »arrêter l’immigration de masse ».

    Il faudrait que :

    traiter les demandes d’asiles « en dehors de la France »

    Ramener les « bateaux de migrants sur les côtes africaines »

    « Multiplier les vols groupés organisés par Frontex pour expulser les immigrés illégaux »

    « Dénoncer le pacte de Marrakech » qui « encourage l’immigration et promeut le multiculturalisme » »

    Cette sémantique n’est donc plus l’apanage unique des fascistes, mais devient celui d’une droite « classique ». Son programme aussi.

    Ces rapprochements programmatiques entre différentes factions de droite et d’extrême-droite laissent planer la possibilité que ces forces n’en forment qu’une au moment des élections de 2022, lesquelles feront date, par la configuration exceptionnelle qu’elle proposeront. Un centre anéanti, une gauche knock-out, et une pression sociale immense.

    En dernière analyse, la question du Bastion Social n’est pas insécable de celle d’une situation générale, dans laquelle il joue un rôle visible, de surface, mais néanmoins intimement lié aux choix stratégiques du grand capital. La dissolution du Bastion Social est une victoire limitée, mais une victoire qui doit servir d’appui pour accroître la capacité à couper les tentacules des officines de recrutement de l’extrême-droite. 

    L’Unité Communiste de Lyon appelle au rassemblement et à la coopération entre les forces qui luttent contre le capitalisme et le fascisme. Elle appelle à la participation aux mouvements de lutte, dans un esprit combatif et d’élévation du niveau politique. Elle appelle également au fait de renforcer la lutte antifasciste dans le but de former une véritable réponse politique correspondante à la situation dans laquelle nous nous trouvons. 

  • De l’ONU à Grenoble.

    De l’ONU à Grenoble.

    De l’ONU à Grenoble.

    « Il faut, je le dis, s’étonner tout de même de se retrouver, cité dans une liste entre le Vénézuéla et Haïti, où il y a eu des morts » a déclaré Benjamin Grievaux, lors du compte-rendu du conseil des ministres. Le pays des droits de l’Homme, une nouvelle fois, est dans le collimateur des instances internationales.

    Après le Conseil de l’Europe, qui, le 26 février, appelait à un moratoire sur l’usage du LBD40 et qui dénonçait les arrestations contraires au droit1, c’est au tour de l’ONU de porter la question.

    Michelle Bachelet, ancienne opposante au régime du dictateur anticommuniste Pinochet, ex-présidente du Chili, s’est exprimée sur la question. Elle a cité la France aux côtés du Venezuela, du Soudan et de Haïti, indiquant que, « en France, les « Gilets jaunes » ont protesté contre ce qu’ils considèrent comme leur exclusion des droits économiques et d’une participation à la vie publique » et ont subi une répression féroce. Elle demande donc une « enquête approfondie sur tous les cas rapportés d’usage excessif de la force ».

    Les recommandations du Conseil de l’Europe avaient été écartées d’un revers de la main. La police n’a pas fait évoluer son comportement d’un iota, tandis qu’elle a également été prise en flagrant délit de mensonge, notamment sur le contenu des additifs utilisés dans les canons à eau. («la base moussante de ces émulseurs [protéiniques] est constituée de protéines hydrolysées. Les matières premières principalement utilisées ont des origines diverses : poudre de cornes et sabots de bovins, plume broyée, sang, protéine de pétrole.»2 )

    Mais la déclaration de l’ONU ne pouvait pas ne pas provoquer une réponse. Celle-ci a été laconique. Le gouvernement français a simplement indiqué qu’il respectait le droit, et s’est ému de se trouver cité dans une liste qui contient plus généralement ses clients en termes d’armes que lui-même.

    Le sentiment d’exceptionnalisme français, en termes de droits de l’Homme, a ressenti le fait d’être mentionné comme un camouflet. Jean-Michel Apathie, journaliste aussi omniprésent que politique détestable, s’est exprimé ainsi : « À lire le titre, on croirait que c’est le Conseil de sécurité de l’ONU qui réclame une enquête sur la police et les #giletsjaune Renseignements pris, c’est une sous secrétaire désœuvrée qui s’est exprimée un jour ou elle s’ennuyait. Étonnant, non? »

    A la suite de ce tweet méprisant, qui a entraîné un grand nombre de réponses, J-M Apathie a dû rétropédaler. « Je sais très bien qui est Michelle Bachelet. Elle a un passé émouvant et fort. C’est une femme qui a payé cher ses engagements« . Il a cependant maintenu : « La justice enquête, l’État, par le biais de l’IGPN enquête« , « Michelle Bachelet parait négliger ce qu’est la société française« .

    Pourtant pour le moment, malgré 116 enquêtes ouvertes par l’IGPN depuis le début du mouvement, aucune n’a donné lieu à une suspension, y compris sur des cas où il est extraordinairement difficile de trouver des circonstances atténuantes. Mais indépendamment des lenteurs de l’administration française -et de la justice, dont les multiples vitesses sont toujours une source sans fin d’étonnement- ce qui a irrité notre journaliste est le fait qu’on ose affiche la France pour ce qu’elle est réellement, un Etat répressif et réactionnaire. D’autres ont emboîté le pas, allant jusqu’à des prises de position qui frisent le conspirationnisme. Serge Raffy indique «il y a une instrumentalisation de l’ONU». «D’ailleurs, on ne sait pas qui a saisi l’ONU sur ces questions-là et ce serait intéressant de savoir qui a susurré à l’oreille de cette commission le fait que la France puisse être un pays qui ne respecte pas les droits de l’homme.»3

    Comment blâmer ces journalistes pour leur stupeur ? Tous et toutes, nous sommes constamment exposés à une propagande qui nous vante les mérites et la grandeur d’âme de notre Etat. L’école nous a raconté une histoire mythifiée, dans laquelle il nous a été attribué un rôle positif, un rôle de vecteur de progrès, une place particulière. Même si notre grandeur est parfois écornée par certains de ses actes (esclavage, colonisation, collaboration…) elle est toujours sauvée et réhabilité. Elle abolit l’esclavage, offre les indépendances, résiste. Surtout, elle est exceptionnelle et unique. Ainsi dans La fabrique scolaire de l’Histoire: illusions et désillusions du roman national (2009) de Laurence De Cock, il est rapporté ce fait significatif : « La France est le seul exemple de démocratie qui figure dans les contenus enseignés en histoire (mais aussi en éducation civique), ce qui contribue, de manière implicite, à forger l’image d’un exceptionnalisme politique français. »

    Dommage que la vérité soit plus complexe. Nous le relations notamment dans nos évocations des massacres d’Indochine, de Sétif, de Madagascar4, tout comme dans les coups d’Etat orchestrés par l’impérialisme français.5 Cette négation des violences policières est partout dans l’Etat. Macron, dans une de ses déclarations proférée dans sa tournée de propagande électorale, a ainsi dit qu’il est « inacceptable » dans un Etat de droit » de parler de « violences policières »6. Castaner, devant des preuves évidentes, refusait de reconnaître qu’elles puissent avoir déjà eu lieu.

    Il est facile de se moquer des Américains et de leur chauvinisme dévorant. Mais cependant, il est difficile de ne pas faire l’impasse sur le nôtre, qui nous aveugle parfois autant. Notre image aux yeux de l’étranger et notre perception de nous-mêmes, au travers de notre histoire ou plutôt de comment elle est raconté sont en décalage complet. Seulement, cette perception de la répression féroce devient aujourd’hui générale, car elle s’est démasquée aux yeux de toutes et tous, tandis qu’elle était, auparavant, réservée à certaines franges de la population.

    Aujourd’hui, une grande partie de la population, qui a participé ou sympathisé avec les Gilets Jaunes, une part importante de la jeunesse, a été directement confrontée aux violences policières ou en a été le témoin. Avant, beaucoup de ceux et de celles qui dénoncent l’attitude de la police avaient eu plutôt tendance à l’excuser à la justifier, lorsqu’elle était employée contre le mouvement social, contre les banlieues ou dans les régions dominées par l’impérialisme français.

    Il existait une croyance dans les discours médiatiques réactionnaires sur les « casseurs » et la « racaille ». Sauf que la confrontation avec la réalité du terrain a démasqué la politique de répression pour ce qu’elle est : une volonté d’écraser le mouvement social, une volonté de maintenir sous la domination la plus stricte -et elle sera chaque fois davantage stricte, plus nos droits économiques sont attaqué!- les « classes dangereuses ».

    Ce que subissent aujourd’hui les Gilets Jaunes illustre la norme d’opération des forces de police, résultat d’années d’expérimentations dans des zones à l’ombre de la grande lumière des droits de l’Homme.

    Les banlieues, les mouvements sociaux et les régions dominées par l’impérialisme ont été les terrains d’essai de modes opératoires brutaux. Le LBD-40, remplaçant le premier modèle de flashball, a ainsi fait son banc d’essai au pays Basque, contre les manifestations de soutien aux prisonniers politiques.

    Les mouvements sociaux -et en particulier lycéens ou étudiants- ont fait les frais des méthodes de nassage-encerclement par les forces de police, avec des contrôles ou des arrestations systématiques.

    Mais cela n’a rien, encore, de commun, avec les situations dans les banlieues et en outre-mer, où les caméras ne vont pas, où les réseaux de solidarité n’ont pas toujours la force de dénoncer les actions de la police. La répression d’une manifestation, à Mayotte, est ainsi une opération coloniale, menée tambour battant. Il y a eu une école française de la torture, mais il existe aussi une école française du maintien de l’ordre, exportée à l’étranger, servant de modèle aux Etats réactionnaires.

    Ainsi, Europe 1 mentionnait : « La police française est un modèle à l’étranger. Vrai ou Faux ?

    C’est vrai. Au point que les polices du monde entier font appel à la France, pour se former. En 2017, pas moins de 40 formations ont eu lieu, dans 30 pays différents. Nos CRS ont initié 1.500 stagiaires aux techniques d’intervention en montagne, à la sécurité routière, mais surtout au maintien de l’ordre, à la gestion, sans violence (sic.), des manifestations. La liste de ces pays reste confidentielle, mais on sait que la Jordanie, l’Afrique du Sud, le Canada ont fait appel dans le passé, à nos services, dont le savoir-faire, en terme d’émeutes notamment, est vraiment reconnu. »7

    Dans les banlieues, le mépris de la vie humaine, entretenu par une politique interne aux brigades, qui stimulent l’esprit raciste et xénophobe, s’est traduit par l’utilisation de méthodes telles que le parchocage, qui consiste à percuter les deux-roues avec un véhicule pour le stoppe. Méthode entraînant nombre de blessés et de morts. Un climat de terreur face aux exactions de la police s’est abattu. Et pour cause !

    Théo, violé par la police, Wissam, Adama, Medhi…une liste de blessés et de morts, plus que suspecte, s’allonge sans cesse. Cela dans une impunité angoissante -même lorsqu’il y a des procès, les peines ou leur application sont insignifiantes. Ainsi, les policiers condamnés pour le viol d’une jeune touriste suédoise dans les locaux du 36 sont déjà ressortis de prison, à peine un mois après leur condamnation8 ! Cette situation explique la peur qui règne face à la présence policière. Elle explique que, dans leur fuite, Zyeb et Bouna, en 2005, se réfugient dans un transformateur et meurent.

    Elle explique aussi, qu’à Grenoble, deux jeunes, en scooter, s’enfuient et soient tués, percutés par un bus. Adam et Faith ont ainsi été pris en chasse et poursuivis par la police, laissant deux morts et beaucoup de zones d’ombre. Des émeutes ont éclaté, criant la colère contre un schéma qui ne se répète que trop souvent.

    Nous pensons qu’il faut le clamer : les émeutes de Grenoble et la colère contre la répression contre les Gilets Jaunes ne sont pas deux faits séparés. Elles sont la même expression d’un sentiment d’être broyé par une machinerie d’Etat dont le travail fondamental est de maintenir l’exploitation et l’oppression.

    L’extrême-droite, qui, jusque là, grognait contre la police, se trouve prise au piège de ses contradictions. Elle essaie de sauver la répression en banlieue et de condamner celle contre les Gilets Jaunes. Ses manœuvres de division du mouvement social, de trahison la lutte des classes populaires, ne passent pas inaperçues.

    Eric Drouet, figure du mouvement des Gilets Jaunes, a ainsi appellé a la jonction entre la colère des cités et celle des Gilets Jaunes. 9 Il appelle à « soutenir les familles, peu importe ce qu’ils ont fait. » Nous soutenons cette déclaration. En dernière analyse, la politique de fragmentation organisée par le gouvernement et appuyée par l’extrême-droite semble échouer. Gilets Jaunes, chasubles rouges, K-Way noirs et survêtements Lacoste ne se font pas la guerre. Ils manifestent ensemble, avec la conscience de lutter contre le même oppresseur, le même bourreau.

    Les morts des banlieues sont les morts de l’exploitation et de l’oppression capitaliste !

    Intensification de la répression policière, judiciaire et politique et offensive contre les droits sociaux sont des symétriques. Elles vont de pair. Elles sont les deux faces d’une seule et même pièce : la guerre que mène la grande bourgeoisie monopoliste aux classes populaires.

    Elle n’est pas, pour autant, un signe de force. Le gouvernement ne fait qu’enfermer la colère, mais il ne parvient pas à en liquider les bases. Elle enfle démesurément et l’absence d’issue la rend explosive.

    Nous pensons qu’il n’existe qu’un seul véritable creuset à la possibilité que ces colères fusionnent, décantent, puisse s’articuler autour d’une analyse. Ce sont dans les Assemblées Populaires, qui doivent devenir les centre de commandement des luttes sociales. Nous appelons à les renforcer pour qu’elles soient en mesure d’assurer leur fonction et de faire de ce mouvement exceptionnel une victoire politique.

    1https://www.coe.int/fr/web/commissioner/-/maintaining-public-order-and-freedom-of-assembly-in-the-context-of-the-yellow-vest-movement-recommendations-by-the-council-of-europe-commissioner-for-

    2Cité in https://www.liberation.fr/checknews/2018/12/15/que-contiennent-les-canons-a-eau-utilises-par-les-forces-de-l-ordre-lors-des-manifestations_1697496

    3https://francais.rt.com/france/59769-gilets-jaunes-qui-susurre-oreille-onu-interrogent-commentateurs-lci

    4https://unitecommuniste.com/histoire/la-guerre-ne-sest-pas-arretee-en-1945-partie-3/

    5https://unitecommuniste.com/wp-content/uploads/2017/02/Colonisation-1.pdf

    6https://actu.orange.fr/politique/videos/gilets-jaunes-macron-juge-inacceptable-dans-un-etat-de-droit-de-parler-de-violences-policieres-CNT000001dxsyb.html

    7https://www.europe1.fr/emissions/Le-vrai-faux-de-l-info2/a-t-on-une-veritable-culture-du-maintien-de-lordre-et-un-modele-qui-sest-impose-a-la-plupart-des-forces-de-securite-etrangeres-3642062

    8http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2019/03/07/01016-20190307ARTFIG00304-viol-au-36-les-deux-ex-policiers-condamnes-ont-ete-remis-en-liberte.php

    9http://www.francesoir.fr/societe-faits-divers/eric-drouet-annonce-le-soutien-des-gilets-jaunes-aux-jeunes-morts-genoble-video

  • Le 8 mars et notre organisation.

    Le 8 mars et notre organisation.

    Le 8 mars et notre organisation.

    Ce n’est pas une tâche évidente, pour une organisation dont la composition est essentiellement masculine, de pouvoir s’exprimer sur le 8 mars sans porter un regard autocritique sur soi-même. Ce regard, nous avons pourtant tenté de l’avoir depuis que nous nous sommes fondés, en février 2016. Nous faisons le choix, en prélude du 8 mars, de ne pas produire un texte généraliste. Nos positions sont résumées, globalement, par le communiqué produit par l’ICOR dont nous sommes signataires. 

    Au fur et à mesure du temps, au fur et à mesure de notre expérience, nous avançons, nous le pensons, sur ces questions. Même si la réalité nous rappelle à l’ordre, même si l’actualité peut, régulièrement, nous signifier tout le chemin qu’il reste à parcourir chez nous, dans les organisations progressistes, comme dans la société dans son ensemble.

    D’une manière générale, l’évolution de la crise économique, l’augmentation des tensions nationales et internationales, la déferlante réactionnaire… Tous ces facteurs concourent à entraver l’émancipation des femmes, à réduire leurs droits, à s’opposer à l’égalité réelle.

    Pourtant, les luttes menées contre les oppressions se poursuivent. Ainsi, le mouvement initié par #metoo, mouvement salutaire, a continué à agir comme une onde de choc dans la société d’une manière générale.

    Mais cette vague de dazibaos antisexistes ne s’est pas limitée à la « société civile ». Elle a frappé également les organisations politiques y compris celles se revendiquant du communisme, faisant voler en éclat une chape de plomb qui maintenait de sombres et dramatiques affaires sous silence.

    Dans le « milieu » militant, il est indéniable que des avancées ont été réalisées. Des pratiques, des modes d’organisation, des attitudes, acceptées il y a dix ans encore, ne le sont plus. Cela révèle une évolution de la conscience politique sur ce sujet. Cette avancée générale ne s’est pas faite au même rythme partout, y compris à l’intérieur des organisations elles-mêmes. Elle a donc généré des contradictions et des tensions, entre éléments avancés et éléments politiquement retardés.

    D’autant que des organisations se sont emparées de la question des violences faites aux femmes et en ont fait un sujet de campagne comme un autre, sans prendre en considération -parfois parce qu’elles n’en avaient pas connaissance- de l’existence de pratiques et d’actes de ce type en leur sein même. Parfois les éléments les plus retardés au sein de leur organisation propre, par opportunisme, ont voulu être les fers de lance de ces campagnes. Cette hypocrisie peut être illustrée, au sein du gouvernement, par le fait que l’égalité hommes-femmes soit considérée comme la « grande cause » du quinquennat d’Emmanuel Macron, la confiant aux mains bien peu progressistes de Marlène Schiappa, tandis que Christophe Castaner se retrouve à couvrir des abus sexuels au sein de la police.

    Le milieu militant

    Dans le « milieu militant », la mise en avant de ces questions a été l’élément déclencheur de #metoo internes, secouant de fond en comble certains groupes. Les milieux d’extrême-gauche comme la sociale-démocratie ont été touchés par ces questions. Aujourd’hui, cette onde de choc touche le Mouvement des Jeunes Communistes de France et gagne le PCF.

    Le congrès du MJCF a, ainsi, été marqué par cette question centrale : celle des agressions qui ont ou qui ont eu lieu au sein de l’organisation de jeunesse du PCF. Les réactions ont été vives, ou de solidarité, pour réclamer l’exclusion des individus ayant commis des agressions, les autres pour imposer le silence dans l’organisation. Le PCF répond aujourd’hui d’une manière on ne peut plus paradoxale. Sans affirmer de solidarité directe avec les victimes, il propose de mettre en place des cadres permettant à celles-ci de s’exprimer, tout en dénonçant les dazibaos contre les agresseurs, au nom de la présomption d’innocence, quitte à porter plainte contre les lanceurs et lanceuses d’alerte.

    Nous affirmons, de notre côté, notre solidarité avec les victimes de ces agressions et de ces crimes. Mais cette solidarité est facile, aisée, à proclamer. N’importe quelle organisation peut la mentionner, sans que cela n’engage à rien. Une véritable solidarité n’est pas si évidente à mettre en œuvre.

    De même, la révélation de ces actes a été utilisée, par des courants et des organisations politiques comme charge contre le MJCF en tant que tel. Ils ont été utilisés comme illustration de sa révision du marxisme, comme d’une illustration de sa dégénérescence idéologique. En prenant cet argument, ces organisations se sont placées « au-dessus » de ces questions, en prétendant, en somme, ne pouvoir être atteintes par ces maux. Nous pensons que ce raisonnement est faux et dangereux, car il occulte la possibilité de prévenir le risque que des agressions et des crimes soient commis.

    Le MJCF est-il plus enclin qu’une autre organisation à couvrir ces crimes ? Là, encore la réponse n’est pas si évidente. Il existe ainsi, même dans l’ultra-gauche, des groupes qui justifient théoriquement, au nom de la « rupture avec la morale bourgeoise » la négation du consentement, vu comme un vestige de réflexes individualistes petits-bourgeois. Pour certains de ces groupes, la « déconstruction » passe par la soumission aux caprices sexuels des leaders implicites de ces nébuleuses.

    Nous pensons que la situation interne au Mouvement des Jeunes Communistes de France tout comme d’autres situations qui touchent ou ont pu toucher des organisations politiques progressistes montrent que ces questions ne sont pas si simples à résoudre. Elles sont complexes car il n’est pas possible de se contenter de déclarations d’intention pour les résoudre. Il n’est pas possible de se placer en dehors de ces questions, comme sur un piédestal, en proclamant le fait d’être au-dessus de cela.

    D’une manière générale, les contradictions de la société capitaliste se répercutent dans les organisations politiques. Contradictions idéologiques, contradictions de classe, contradiction liées aux origines, contradictions liées au genre ou au sexe.

    Et, de fait les rapports de genre constituent un pan important, incontournable, de la vie des individus et des sociétés. Il n’est pas possible de se contenter de formules creuses et incantatoire, de clamer son antisexisme pour que celui-ci soit réel. Les pratiques et les rapports de genres ne restent pas dans le vestiaire lors de l’adhésion à une organisation.

    Nous sommes tous nés et nées dans une société patriarcale et sexiste, où les influences réactionnaires sont puissantes. Nous traînons avec nous des habitudes, des pratiques, des divisions des tâches, des rôles, du travail. Ces problèmes ne se résolvent pas d’un coup de baguette magique. Même au sein des milieux LGBT, ces problématiques existent. Elles ne sont pas l’apanage des organisations mixtes ou de l’hétérosexualité. Fondamentalement, les rapports de domination, sans lutte menée contre eux, tendent mécaniquement à se reproduire : la domination sociale est un fondement de la société de classe.

    Dans de nombreuses organisations, nous avons régulièrement entendu l’expression « construire son organisation comme un castor », sous-entendu « avec sa queue .» Non seulement nous considérons que cette position est dangereusement réactionnaire, mais nous pensons qu’elle est mensongère. Le plus souvent, ceux qui la défendent et disent la pratiquer font, en vérité, l’inverse. Ils construisent leur cercle pour constituer un harem. Heureusement, ces propos tendent à disparaître. Mais par forcément les pratiques sous-jacentes.

    Depuis la répartition des tâches dans l’organisation, depuis la manière dont la prise de parole est faite, jusqu’aux relations interpersonnelles qui se nouent, il n’est pas possible de se placer en surplomb de ces questions et de se déclarer comme étant parfaits, incorruptibles, au-dessus de tout soupçons et hors d’atteinte de ces dangers.

    Nous ne prétendons pas avoir les réponses et la recette miracle de comment juguler ces crimes. Nous avons pu observer des situations différentes. Dans le cas du MJCF, le problème a été nié. Il a été caché sous le tapis, au nom de l’intérêt suprême de l’unité de l’organisation. Il est devenu une bombe à retardement qui, sous nos yeux, explose, secouant l’ensemble de la structure et faisant remonter toujours plus d’autres affaires toutes aussi sordides. Les révélations ne sont probablement pas terminées.

    Personne n’est à l’abri

    Le MJCF s’est retrouvé aux prises avec cette situation. Dans un sens, elle a pu émerger, malgré l’opposition parfois brutale de certains de ses membres, car il existait un cadre dans lequel ces crimes pouvaient être dénoncés publiquement. Ils pouvaient être dénoncés avec suffisamment de vigueur pour qu’ils ne puissent pas être tus ou ignorés après leur révélation.

    Toutes les organisations, quelque soit leur taille, peuvent héberger en leur sein des pratiques de cet ordre. Cependant, force est de constaté que plus l’organisation est petite, coupée des autres, sectaire, plus elle est vulnérable à ce que ces actes soient couverts et, même, deviennent une norme de fonctionnement. L’absence d’espace permettant à la parole de se libérer, le contrôle systématique de celle-ci, peut permettre à ces actes de perdurer longtemps. Mais, même dans de grandes organisations, des « cercles du silence » existent. Ces cercles prennent au piège, de manière concertée et coordonnée -ce qui forme une distinction extrêmement importante par rapport à des actes criminels mais isolés- des militants et -surtout- des militantes, pour entretenir des réseaux.

    Certaines réponses pour juguler ces agressions ont été faites sous la forme de règlements stricts, des protocoles chirurgicaux. Ils ont été mis en œuvre pour éviter que des cas de ce type se produisent. Ils ont montré, cependant, qu’ils n’étaient pas une barrière, car les règlements sont régulièrement transgressés, et car ils posent le problème par l’asepsie. « Supprimons les relations entre camarades pour supprimer le problème ». Or, le problème des agressions n’est pas un problème de « relations », il est un problème d’agression. De plus, des relations, des idylles, des histoires d’amour naissent de la camaraderie, d’une manière indépendante de la volonté des organisations elles-mêmes. Nous les déconseillons, mais pouvons-nous les interdire ? Nous pensons que cela ne marcherait pas, et mènerait, au contraire, à l’existence du secret, qui facilite l’irruption de problèmes graves.

    Certains et certaines ont voulu faire de la maîtrise parfait de ces questions un critère nécessaire pour le recrutement et l’intégration dans les organisations. Nous avons pu voir que cela, non seulement, tuait les organisations mais ne prémunissait contre rien. Maîtriser un discours ou une rhétorique n’empêche pas de commettre des abominations. Exiger la perfection, taire les conceptions erronées, taire les déclarations parfois retardées, ne faisait que créer une chape de plomb qui empêchait la résolution profonde de celles-ci, ainsi que le fait de pouvoir progresser pour ceux et celles qui les défendaient.

    Les recrues des organisations militantes ne sont pas parfaites, mais les directions non plus !, de plus, nous qui voulons travailler à vers les masses, nous devons prendre en considération que l’hégémonie est encore aux mains des positions sexistes et patriarcales, chez les hommes comme chez les femmes. Il est possible cependant, d’avancer, de tendre vers une amélioration. Ce n’est qu’ensemble, avec prudence, mais avec rigueur, que nous pouvons avancer. Avancer pour parvenir à corriger les failles et les conceptions erronées.

    Cela ne signifie pas qu’il n’existe pas de ligne rouge, de casus belli qui justifie l’exclusion et la publicité autour de celle-ci. Mais nous nous rendons souvent compte que sa définition est souvent plus facile à proclamer qu’à exécuter.

    Nous pensons qu’il faut acter qu’aucun cadre formel ne peut prémunir contre ce genre de risques. Que ceux-ci existent tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de nos organisations. Nous voulons créer un nouveau monde, mais nous sommes issus d’un ancien, et nous portons ses tares. Nous pensons que la parole puisse être libre, pour permettre que les risques, les inquiétudes, les malaises puissent être évoqués avant que des événements graves n’arrivent et qu’un travail de rectification puisse être effectué. Mais même cela ne peut prémunir contre tout.

    Nous avons, dans notre parcours militant, commis des erreurs dans le traitement de situations graves. Nous avons essayé des voies qui nous paraissaient être justes, avec des succès et des échecs. Nous courrons à chaque pas le risque d’en commettre d’autres. Petite ou grande, les organisations politiques sont confrontés à la difficulté de pouvoir mener l’enquête sur ces questions, de pouvoir aussi créer les cadres qui permettent non seulement l’expression des victimes que le jugement des coupables.

    Un grand nombre d’organisations, de fait, sont obligées de recourir au pis-aller de l’intervention de la justice bourgeoise pour trancher ces questions. C’est là une démonstration du chemin qui nous reste à parcourir pour permettre de ne plus être des spectateurs passifs de ces situations, mais bien d’éviter qu’elles puissent se produire, et, surtout, se reproduire.

    Lors du congrès du MJCF, des accusations ont été lancées contre les porte-paroles des victimes, les accusant de fragmenter l’organisation et de faire un jeu de division. Nous pensons que cette accusation est fausse. Ce n’est pas le fait de traiter les problèmes graves qui nuit à l’unité de l’organisation, comme ont pu le déclarer certains membres -pas tous et toutes heureusement du MJCF. C’est au contraire le bon traitement de ces questions, la capacité d’écouter et d’entendre les victimes, la capacité de trancher la question des agresseurs -et des agresseuses, même si les premiers sont très largement majoritaires qui permet de pouvoir créer cette unité et de lui donner un sens. La très grande masculinité des milieux militants en témoigne. Celle-ci ne pourra être résorbée sans un consciencieux travail permettant liquider les fonctionnements machistes de la grande majorité des organisations politiques -y compris dans la nôtre.