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  • Barbarossa 2/2 Une guerre différente.

    Barbarossa 2/2 Une guerre différente.

    Barberousse est une guerre d’un nouveau genre. Contrairement à la guerre sur le front de l’Ouest, qui s’est déroulée assez classiquement, la guerre à l’Est est une transposition de la guerre coloniale et raciale choisie par les nazis. Sur ce front, il n’y a eu aucune convention de Genève, aucune cible taboue, aucune limite à la violence. C’est une croisade, une Sainte-Alliance internationale contre le bolchevisme.

    Center sheds light on unknown details of Babyn Yar massacre - South Florida  Sun-Sentinel
    Le ravin de Babi Yar, lieu d’extermination.

    Les ordres de l’État-major sont clairs : les soldats russes sont keine kameraden. Ils ne sont pas des camarades. Ils sont des ennemis. Les intellectuels, les fonctionnaires, les membres du Parti sont traqués et éliminés. Le Kommissarbefehl, l’ordre d’éliminer les Commissaires politiques et les communistes, vise a éliminer les Juifs et les bolcheviques – ce qui, pour les nazis revient au même. Sur les arrières de la Wehrmacht, les redoutables Einsatzgruppen sont envoyés pour éliminer ceux et celles que le régime nazi considère comme indésirables. Dans les régions où les communautés Juives sont importante, ils suscitent des pogroms avec l’appui des nationalistes Ukrainiens. Ces pogroms décousus se muent en extermination systématique. La Shoah par balle commence.

    Le dilemme du traitement des Slaves.

    File:Bundesarchiv Bild 146-1979-113-04, Lager Winnica, gefangene Russen.jpg  - Wikimedia Commons
    Prisonniers soviétiques dans des camps Allemands.

    L’arrogance des Allemands leur joue des tours. Des collaborateurs sont recrutés sur place. Mais finalement peu, seuls les ultras rejoignent les rangs de la SS. Dans les régions agricoles au sein desquelles la collectivisation de 1929-1932 s’était mal passée, la présence des occupants est, au départ, prise pour une bonne nouvelle. Mais la population se rend compte que les nazis ne sont pas là pour privatiser les terres et restaurer les structures paysannes d’avant la révolution. Ils sont là pour exploiter à mort. Les populations Slave n’ont pas d’autre destin, au sein du Generalplan Ost, que d’être des esclaves voués à la misère et à la faim. Pour nourrir leur pays, les Allemands estiment que 30 ou 40 millions de soviétiques doivent mourir de faim. Pour les gouverneurs locaux, comme Alfred Rosenberg, théoricien nazi, c’est une catastrophe. Mais rien ne peut faire reculer Hitler et la SS.

    Les populations envoyées travailler en Allemagne sont traitées comme du bétail. Alors que les Polonais, pourtant ennemis génétiques des aryens, peuvent espérer « un salaire et du pain », les soviétiques sont considérés comme des danger bactériologiques. Ils doivent être traités avec une dureté d’un autre ordre. Quant à ceux qui restent, leur avenir est de préparer le terrain à la colonisation, puis d’être refoulés au-delà de l’Oural. Ce pillage permet à l’Allemagne nazie de maintenir l’illusion d’un niveau de vie élevé : les objectifs sociaux-impérialistes de l’Allemagne sont là : piller pour ne pas faire payer le prix de la guerre par la population Allemande. Pour l’instant !

    A Vladivostok, la paix demeure.

    L’Allemagne, en dépit de son accord avec le Japon, ne lance guère de pression pour que celui-ci intervienne. Les nazis sont persuadés de pouvoir en finir par eux-mêmes en peu de temps, et ne veulent pas partager le butin avec un allié qu’ils méprisent. Les japonais, de leur côté, accaparés par la Chine, lorgnant sur le butin facile de l’Asie du Sud Est, n’insistent pas. De plus, en 1939, ils se sont frottés à l’Armée Rouge avec pertes et fracas. Leur tentative d’attaque sur la Mongolie les a confrontés à un nom que les Allemands apprirent par la suite à craindre : Joukov.

    Bataille de Khalkhin Gol — Wikipédia
    Tankistes soviétiques à Khalkin Gol (1939)

    D’ailleurs, la guerre ne se passe pas précisément comme prévu. Dans les opérations terrestres, l’URSS est la première résistance sérieuse que rencontre l’Allemagne. Et elle ne cesse pas. La résistance acharnée de la part de l’Armée Rouge, en dépit des déroutes de la première période, se mue en guerre des partisans. Il n’existe plus alors de différence entre le front et les arrières. Les nazis considèrent désormais que tout soviétique est un suspect. Si, en France, il existe des villages martyrs, comme Oradour, en Russie, il y en eu plus de 5000. Les massacres commis par les Allemands à l’Ouest sont d’ailleurs souvent une transposition de la violence exercée à l’Est.

    Deux fronts.

    De plus, il ne faut pas l’occulter, l’URSS est de moins en moins isolée. L’Angleterre lui fournit un peu d’aide, symbolique, en 1941. Mais avec l’entrée en guerre des USA, le prêt-bail permet progressivement à l’occident de venir en aide à son bien étrange allié. Cela serait faire preuve de mauvais goût en oubliant des efforts conjoints de la coalition antifasciste mondiale, aussi éphémère fut elle. Mais il s’agissait aussi de ne pas laisser à l’Allemagne le loisir de devenir une puissance invulnérable, si elle s’imposait sur les steppes.

    27 millions de citoyens soviétiques sont morts durant cette guerre. Un nombre difficile à visualiser. Cela correspond à un gros tiers de la population française, engloutie dans la tourmente d’une guerre dont elle voulait se tenir éloignée. Une guerre qui s’est payée de sang et qui a bouleversé l’URSS. Celle-ci a du reprendre, complètement désarticulée, son œuvre de construction du socialisme.

    Les purges & la guerre.

    Il faut là faire une courte parenthèse pour traiter un point : celui du poids des purges dans l’armée. On sait aujourd’hui, grâce aux archives et aux travaux réalisés notamment par J. Arch Getty, que les purges ont bien moins tué que ce qu’on pouvait penser (en 1940, 80% des officiers avaient récupéré leurs postes). La plupart du temps, elles se sont traduites par des relégations loin des régions frontalières. C’est le cas par exemple à Smolensk, où les généraux de cette région vitale étaient jugés trop compromis avec des les potentats locaux, tels que Rumiantsev et Shil’man, qui dirigeaient d’une main de fer la région. Cependant, l’armée inspire au gouvernement une crainte d’un coup bonapartiste. Crainte à laquelle contribuent les oppositionnels en exil, lesquels répètent sans cesse que la Révolution Française se répète. L’armée est donc fille d’un compromis néfaste : elle est organiquement conçue pour ne pas être en mesure de faire des coups d’État.

    • Donc elle n’est plus dotée des grandes divisions blindées autonomes de l’époque de Toukhatchevski.
    • Elle est très étroitement contrôlée par des commissaires politiques qui doivent contresigner chaque ordre.
    • Elle est commandée plus par des « rouges » que par des experts, (Voroshilov, Boudienny), qui étaient d’ailleurs des membres de « l’opposition militaire », donc des militants se méfiant des officiers.
    • Il existe une surestimation politique des problèmes militaires, qui se traduit, comme pendant la guerre d’Espagne, par des offensives « de prestige », chargés de remonter le moral aux civils. Mais elles se traduisent par des pertes extrêmement lourdes .
    • Il existe une responsabilité de la part du gouvernement soviétique et de Staline dans les défaites du début de la guerre. Mais elle doit être tempérée. Des scénarios uchroniques existent, mais ils sont précaire : les choix terribles des années 1930-1940 ont peut-être été la seule voie pour qu’une hégémonie Allemande sur l’Europe ne se matérialise pas.

    Le rapport de force politique / armée change au cours de la guerre. Tandis que Hitler se sépare de Hadler et prend le commandement complet de la Wehrmacht, le gouvernement soviétique délègue de plus en plus à l’armée le rôle de gérer les opérations. A partir de mi-1942, et surtout après Stalingrad, le vent souffle en faveur de l’armée, avec notamment la restauration des officiers. Ce n’est qu’a la fin de la guerre que le Parti tente de reprendre l’ascendant. Mais la situation est déséquilibrée. L’armée est devenue un des principaux points de recrutement du Parti. Cela contribue à changer sa physionomie profonde.

    Le coût politique de la guerre.

    Les concessions, les compromis, rendus nécessaires par la guerre ont pesé lourd sur ses choix politiques et stratégiques. Surtout que la paix est aussi précaire que la précédente. Dès 1947, la guerre froide s’impose. Les communistes d’URSS ont payé un prix fort cette guerre. La nouvelle génération, effrayée par ce risque, se réfugie dans des positionnements toujours plus modérés et droitiers, isolant la génération précédente, celle de la Révolution. Les changements survenus dans les années 1950 & 1960 sont directement liés aux souffrances de la guerre et à la montée des ingénieurs, des directeurs

    Aleksandr Vasilevsky quotes (5 quotes) | Quotes of famous people
    Une image qui est devenue familière : le général bardé de médailles à la place du militant bolchévique.

    et des militaires dans l’appareil d’État. Toute une génération de militants politiques formés est engloutie par le conflit. Son absence se fait durement sentir après la guerre.

    Aujourd’hui, certains rêvent d’une guerre avec la Russie. Les rivalités géopolitiques, qui n’ont pas changé, amènent aux mêmes résultats. Nous n’avons pas de sympathie pour le gouvernement Russe. Mais nous rejetons absolument toute idée d’une nouvelle guerre sur ces terres, pour des motifs de piraterie.

    Nous ne pouvons pas non plus oublier que les raisons qui ont amené un peuple moderne, cultivé, comme celui des Allemands à lancer une croisade génocidaire existent toujours. Elles ne sont d’aucun lieu ou d’aucun temps !

    Les millions de morts de cette guerre nous regardent. Qu’ils ne soient pas morts en vain !

  • Barbarossa 1/2 « Le monde entier retiendra son souffle. »

    Barbarossa 1/2 « Le monde entier retiendra son souffle. »

    Le 22 juin 1941 commençait l’opération Barbarossa. L’une des plus grandes opérations militaires de l’histoire. Après avoir vaincu la Pologne, l’Europe de l’Ouest, après avoir vaincu les Balkans, la machine de guerre nazie se lance sur l’URSS. La guerre la plus meurtrière de l’histoire démarre.

    Les Allemands alignent alors trois groupes d’armées, soit 153 divisions, dont 17 blindées et 13 motorisées. Ils réunissent quatre groupes de Panzern, soit 3 500 chars et étaient appuyés par 2 800 avions divisés eux aussi en quatre flottes distinctes. Au total 5,5 millions d’hommes prennent part à l’opération. Ils viennent d’Allemagne ; de Finlande ; de Hongrie ; de Roumanie et Italie. Tous se lancent à l’assaut de la forteresse bolchévique.

    Contrairement à une idée répandue, ils possèdent une supériorité numérique écrasante. En face d’eux, l’Armée Rouge alignait 3 millions de soldats, répartis dans 132 divisions, dont 34 blindés. Si elle possède un nombre d’avions équivalent, et bien plus de chars, elle manque d’expérience et de commandants aguerris.

    La veille de la guerre.

    Étant donné les liens diplomatiques qu’entretenaient URSS et Allemagne nazie, certains, non sans cynisme, voient cette opération comme l’addition finale de choix douteux. Nous ne reviendrons pas en détail ici sur cette question, à laquelle nous avons dédié une longue brochure en 2019. Pour résumer rapidement :

    • Le caractère abominable du régime nazi n’était pas connu à l’époque. Il ne se démarquait pas spécifiquement des autres régimes réactionnaires, tant par l’inégalité raciale (que les USA pratiquaient), par la présence de camps de concentration (La France en avait), ou par sa politique antisémite (comme celle de la Pologne). Les spécificités du nazisme, notamment son caractère génocidaire, sont apparues après l’invasion de l’URSS.
    • L’URSS (et le Komintern) comprenait la guerre à venir comme inter-impérialiste. Il fallait donc en rester à l’écart.
    • La diplomatie des années 30 s’apparente à un jeu d’échec dans laquelle les puissances capitalistes veulent à la fois éliminer l’URSS mais également protéger leurs intérêts propres.
    • De ce fait, ils ont refusé toute politique de sécurité collective qui aurait pu donner un sens à la Société des Nations. Ils ont joué la carte de l’encouragement des agressions Allemandes, tout en essayant de se mettre l’URSS dans la poche.
    • Cette politique à double face a renforcé l’Allemagne nazie tout en irritant l’URSS. L’occident lui demandait de rentrer en guerre contre l’Allemagne sans garantie d’une assistance.
    • L’Allemagne nazie lui a demandé l’inverse : ne rien faire. En échange, elle permettait à l’URSS de se doter d’un glacis défensif. (Glacis dont la méthode d’acquisition est critiquable, mais qui a contribué à la sauver).
    • L’absence d’empressement à aider la Pologne au moment de l’invasion Allemande et la précipitation dans le fait d’échafauder des plans invraisemblables pour attaquer l’URSS après son intervention ont montré quelles étaient les priorités des démocraties occidentales.

    L’URSS et l’Allemagne nazie vivent donc dans une bien étrange paix entre 1939 et 1941. Elle est une parenthèse anxieuse. Chacun a conscience du caractère temporaire de la situation, et du fait que la guerre éclatera tôt ou tard. Mais la question qui se pose, dans le fond, est « pourquoi ? ». Plusieurs raisons à cela :

    • La conquête d’un Lebensraum (souvent mal traduit en Français par « un espace vital » alors que la connotation est plus anxieuse pour les Allemands, chez qui cela signifie plus « espace nécessaire à la vie ») aux dépends de l’Est était le but géopolitique principal de l’Allemagne nazie depuis le départ. Le Generalplan Ost, définit les limites des objectifs à atteindre à la ligne Arkhangelsk / Astrakhan. Pour les nazis, cette limite définit celle dans laquelle leur race peut vivre sans être altérée. Il s’agit de la zone de répartition de leur arbre symbole : le hêtre.
    • Cette guerre possède des buts idéologiques : refoulement des Slaves, élimination des Juifs, élimination du bolchevisme… L’ensemble est là pour assurer à la fois un espace et une sécurité à la race aryenne.
    • Au delà de ces ambitions de long terme, les nazis analysaient le fait que l’Angleterre ne se rende pas comme étant une manifestation d’un soutien secret de la part de l’URSS. Paradoxalement, pour conjurer la menace d’une guerre sur deux fronts, il fallait la prévenir par l’attaque surprise. Pour les nazis, cette ruse était acceptable dans le sens où les populations de cette partie du monde étaient racialement en guerre contre leur propre race.
    • De plus l’URSS avait manifesté, lors des rencontres d’octobre 1940, un désintérêt total pour un partage du monde promis par les nazis. L’attitude de V. Molotov, qui exigeait des garanties de paix et le retrait des troupes Allemandes des régions proches de l’URSS (Finlande ; Etats Baltes ; Roumaine…), avait exaspéré Hitler. De plus, l’opinion publique et les publications de la Pravda prenaient une tournure largement pro-anglaise.
    • L’Allemagne nazie était largement dépendante, pour ses matières premières, de l’URSS. Cette dépendance allant croissant au fur et à mesure de la guerre, il lui fallait frapper pour éviter de devenir plus faible que son allié de circonstance, mais également pour pouvoir s’emparer de ces régions.
    • La guerre devenant plus longue, et les nazis étant très sensibles à l’attitude de la population Allemande, il fallait organiser un pillage en règle pour pouvoir maintenir ou élever le niveau de vie de la population et ainsi conserver une adhésion aux réalisations du régime.
    • Enfin, les nazis pensaient que l’URSS était beaucoup plus faible et moins cohérente que ce qu’elle n’était. Hitler pensait que « la construction pourrie » s’effondrerait. Mais elle a tenu bon !

    Une guerre terrible.

    Lorsque l’opération commence, elle est catastrophique pour l’URSS. Même si, contrairement à ce qu’on a pu proférer pendant une longue période, la direction soviétique ne s’est pas laissée surprendre. D’ailleurs, la fameuse semaine d’absence de Staline, supposé terrassé par l’annonce de l’invasion, est remise en cause par l’ouverture des archives du Politburo. Aussitôt l’invasion est annoncée que les rendez-vous se multiplient. La décision est prise : il n’y aura pas de paix de compromis. Dès avant l’invasion, l’armée mobilise – ce qui demande du temps – et la défense antiaérienne est mise en alerte. Cependant, il est clair que le gouvernement soviétique, et notamment Staline, ne voulaient pas donner le moindre prétexte pour que les Allemands attaquent.

    Les Allemands avancent très vite, après avoir détruit l’aviation soviétique au sol. Ils évitent les poches de résistance et réalisent des encerclements immenses, qui privent l’Armée Rouge de plus d’un million de soldats. L’immensité du pays permet au coin blindé de Guderian de se faufiler partout. L’Armée Soviétique est en pleine réorganisation après les leçons de la guerre contre la Finlande. La méfiance envers le risque bonapartiste avait poussé à dissoudre les corps blindés autonomes. Ils sont dispersés et ne peuvent s’opposer aux charges de Panzern.

    Carte des étapes de l'opération Barbarossa jusqu'au 5 ( Moscou ) et 9  décembre ( pour le secteur Sud et Rostov ) 1941. - Blog de  Carnets-de-Guerre-39-45
    Les trois secteurs de l’attaque.

    Mais lorsque les Allemands tombent sur des poches de résistance, la lutte est extrêmement âpre. La forteresse de Brest-Litovsk, encerclée le 22 juin, tombe le 29, tandis que les combats continuent sur les arrières. Les villes ne sont abandonnées qu’en ruine. La bataille de Kiev les retient de début Aout jusqu’au 26 septembre. Smolensk, verrou de Moscou, tient deux mois (10 juillet – 10 septembre). Odessa du 8 août au 16 octobre. Sébastopol tient du 24 septembre au 4 juillet…1942. Léningrad, deuxième ville du pays, n’est jamais prise. Ces opérations sont horriblement coûteuses en vies humaines et en matériel, mais elles permettent de gagner du temps. Les Allemands sont aussi épouvantés par la découverte des chars T-34 et KV-1, par la qualité de l’artillerie, des Orgues de Staline, et de l’équipement du soldat de base. De plus, la combativité individuelle est importante. A plusieurs reprises, les aviateurs soviétiques percutent volontairement les avions Allemands pour les détruire. Cette pratique du Taran, le bélier, connaît ses spécialistes. Certains ont jusqu’à trois Taran à leur actif. Surtout, les soviétiques avaient mis en place un minutieux plan d’évacuation des usines, lesquelles sont réinstallées dans l’Oural. Si les régions agricoles sont ravagées, l’URSS n’est pas vaincue.

    Les problèmes des Allemands.

    Plus les Allemands avancent, plus les problèmes surgissent.

    1. Le plan Allemand choisi par Hitler et par Hadler fonctionne en éventail. Les forces se dispersent progressivement. Hitler ne voulait pas non plus suivre la route la plus directe, utilisée par Napoléon, pour prendre Moscou. Au lieu de frapper ce centre logistique, économique et politique, il impose une série d’étapes.
    2. Les pertes sont plus lourdes que prévu et l’insécurité est totale sur les arrières du front. Les soldats s’épuisent sur les distances, alors que la motorisation de l’armée est très incomplète.
    3. Les réseaux routiers sont médiocres et permettent aux soviétiques, lors des périodes de Raspoutista, les pluies d’automne et de printemps, de reprendre leur souffle.
    4. Le temps se dégrade rapidement, tandis que les forces manquent pour clore certaines batailles comme la prise de Leningrad et de Sébastopol.
    5. L’Armée Allemande ne possède pas d’aviation à long rayon d’action qui lui permette de frapper les zones industrielles et hydro-électriques soviétiques.

    Finalement, en dépit de succès constants, les Allemands arrivent aux portes de Moscou dispersés et épuisés. L’opération Typhon, qui doit permettre de prendre la Capitale, échoue en vue de son objectif. Avec l’Hiver, les soviétiques reprennent l’offensive et dégagent la capitale, qui ne sera plus menacée. La guerre-éclair vient d’arriver à ses limites. La victoire totale lui échappe désormais, tandis que l’URSS a survécu. Mais à quel prix ?

  • Papacito et le fascisme internet. (2/2)

    Papacito et le fascisme internet. (2/2)

    Mais cette faiblesse est apparente !

    Les fascistes en sont conscients. D’où cette curieuse dissonance cognitive quand ils parlent de l’extrême-gauche. D’un côté, ils soulignent sa faiblesse, son apathie, sa supposée fragilité. De l’autre, ils piochent allègrement dans le répertoire de la Guerre Froide pour souligner sa nature supposément criminelle, totalitaire, dictatoriale. Cette dissonance renforce d’ailleurs l’impression d’un discours pleurnichard de leur part, dans lequel les surhommes semblent bien embêtés par cette poignée de gauchistes.

    Mais cette dissonance est aussi un reflet intéressant : celle de l’imbrication entre tactique et stratégie, mais aussi entre court terme et temps long. Pour le moment, pour les fascistes, le mouvement de gauche extra-parlementaire n’est pas forcément en mesure de les entraver dans l’immédiat. Mais sur le long terme, et dans la stratégie d’ensemble, elle est la grande menace pour eux, notamment car elle veut bouleverser la société, tandis que les fascistes s’arc-boutent vers le passé.

    D’ailleurs, ce constat est partagé par la bourgeoisie. C’est en pleine conscience de ces faits qu’elle réagit. Elle a tiré elle même ses conclusions des mouvements révolutionnaires, et s’y adapte. La campagne de persécution contre l’islamo-gauchisme ressemble à s’y méprendre à une attaque à la fois de diversion, mais aussi à un travail préventif.

    • Une diversion dans le sens où les gouvernements réactionnaires ont toujours tiré un très grand bénéfice de l’inégalité de traitement et de la division de ceux qui subissent l’exploitation. En appuyant des campagnes racistes, mais aussi en les initiant (nous n’oublions pas qu’un provocateur comme Hortefeux avait organisé un débat sur l’identité nationale… à Vichy!), les exploiteurs peuvent jouer les uns contre les autres. Et faire ainsi perdre tout le monde.
    • Une prévention dans le sens où rien n’est réellement figé. Si, à l’heure actuelle, la gauche extra-parlementaire est fragile et divisée, il n’en reste pas moins qu’elle possède, dans l’ensemble, une volonté de faire ce que personne d’autre ne peut faire : défendre l’intérêt politique des exploités et des exploitées. Plus le temps passe, plus la situation économique est délétère, donc plus les possibilités que les discours de ce type (Révolution, Commune, Démocratie Populaire) fraient leur chemin sont grandes.
    • Il est clair que des luttes importantes vont naître ces prochaines années, et qu’elles seront bien plus féroces et bien plus politiques que celles qui ont existé avant. Dans ce cadre, s’en prendre aux « gauchistes » est une bonne manière de pouvoir stériliser un terrain dangereux, et détourner les luttes sociales vers des issues sociales-chauvines ou sociales-impérialistes : c’est à dire vers l’accompagnement de la bourgeoisie dans ses projets impérialistes, en espérant en tirer des miettes.
    • On retrouve alors une pratique à plusieurs niveaux :
      • Se moquer ou dénigrer les mouvements révolutionnaires (notamment par le matraquage anti-communiste). Dans le même temps intégrer leurs réalisations dans une narration républicaine-libérale (comme le PS avec la Commune de Paris).
      • Limiter les possibilités d’expression de ces courants dans les médias.
      • Utiliser la corruption et intégrer dans le jeu républicain les éléments les plus influents pour les affaiblir.
      • Utiliser la répression et l’intimidation au dessus de cela lorsque les choses prennent une tournure moins favorable… etc.
      • En fin de compte, faire appel à une répression extra-judiciaire et extra-légale : c’est le rôle des fascistes.

    La bourgeoisie ne fait pas cela parce qu’elle est méchante, mais bien parce qu’elle a des intérêts, qu’elle en est très consciente, et qu’elle se mobilise pour les défendre.

    Il est clair que les fascistes sentent, flairent, que le vent souffle en leur faveur.

    Nous ne pouvons pas écarter que des risques existent, et qu’ils faut les prendre au sérieux. L’extrême-droite est décomplexée. Elle a raison de l’être : c’est elle qui dicte les mots d’ordre de la campagne présidentielle et législative : sécurité, immigration, terrorisme… Elle est parvenue à glisser sa présence tentaculaire dans l’ensemble des compartiments de la société et à polariser l’ensemble de l’échiquier politique.

    En somme, elle est parvenue à imposer une certaine hégémonie au sens où Gramsci l’entend. Ainsi, des partis comme le PCF, qui n’ont pas la capacité de proposer eux-même un projet de société, se positionnement par rapport aux mots d’ordres de l’extrême-droite, en leur accordant un certain bien-fondé du même coup.

    Elle se heurte aussi à un phénomène : celui de la longue transition libérale. Cette longue transition est l’aboutissement d’un processus entamé avec les Lumières et 1789, qui vise à établir une égalité juridique entre les citoyens et les citoyennes d’un même pays. Dans les faits, les mouvements LGBT+, les mouvements féministes, antiracistes… s’inscrivent dans ce processus d’instauration de l’égalité juridique. Ils ne sont pas révolutionnaires en soi, ils sont des processus démocratiques.

    Mais ces processus démocratiques mettent en exergue des limites : le lien entre discrimination raciale et sociale, le lien entre féminisme et patriarcat, le poids de la tradition, du passé, de la culture du viol…etc. Et s’en est déjà trop pour certains, notamment pour les fascistes, qui exigent deux choses :

    • Le retour à une société d’avant les lumières : c’est à dire le rejet des principes d’universalité de l’Homme en tant qu’espèce, les principes d’égalité juridique… etc. Ils s’opposent donc au projet universel dans lequel s’inscrit un large spectre allant des libéraux aux anarchistes, et lui opposent des particularisme : raciaux, identitaires, traditionnels… qui doivent servir à cloisonner les peuples entre eux, et à sanctionner, au nom de leur identité, leur droit à la domination.
    • Le retour à une société organique, d’ordre, dans laquelle la communauté est placée au dessus de tout, et dans laquelle les rapports sociaux sont noués autour de ce principe premier. Mais par communauté, par cette conception étroite de la Nation, les réactionnaires n’entendent rien d’autre que l’intérêt suprême de la bourgeoisie.

    Et c’est leur seul projet : un projet d’enfermement, d’incarcération de la population. Un projet de soumettre et d’écraser la population pour la mouler dans un rôle : celui de laquais de la bourgeoisie.

    Se regarder en face :

    Il y a un contre-discours à construire et à développer, un contre-discours qui soit capable d’expliquer les évolutions du monde. Non pour les défendre, mais bien pour tracer des perspectives de succès. Si la gauche parlementaire s’est réfugiée toujours plus dans les compromis et dans la soumission au contrat républicain avec la bourgeoisie, la gauche extra-parlementaire subit aussi des influences néfastes. Il ne faut pas écarte un certain conspirationnisme de gauche, qui s’est affirmé cette dernière année, notamment en réaction aux politiques confuses de lutte contre la pandémie.

    Mais il y a aussi cet insupportable renoncement à regarder la réalité en face, à rester dans un sentiment d’irréalité. Mise au défi de tracer des perspectives, l’extrême-gauche ne parvient pas à s’imposer. Elle est prisonnière de sa faiblesse, de ses divisions, de ses luttes de chefferie. C’est là un obstacle que chacun connaît, mais que, par peur, personne ne veut traiter sérieusement. Même nous, nous avons ces germes entre nous. Même nous, nous avons aussi peur. Mais il nous faut accepter cela: avancer ou bien accepter de disparaître.

    Zemmour a apporté son soutien à Papacito, tout comme toute une partie de l’extrême-droite. Mais les fascistes ont beau fantasmer sur les muscles puissants, les armes, les « helicopter rides »… Il n’en reste pas moins que nous avons quatre choses à leur dire :

    1. S’il est vrai que le gauchisme ne protège pas des balles, les balles n’assassinent pas la mémoire. Tandis que les nôtres sont morts au mont Valérien et vivent toujours dans les luttes, les leurs sont tombés sous les balles des cours martiales d’après guerre, et leur nom n’inspire plus que la réprobation.
    2. S’il est vrai aussi que l’extrême-gauche n’est pas islamophobe, elle contribue à lutter contre les pratiques réactionnaires dans l’ensemble de la société, y compris dans les quartiers populaires. En revanche, on ne peut que noter que les fascistes ont le même programme que Daech en terme de société. Ils sont peut-être simplement jaloux ?
    3. Il est assez amusant de voir que, en dehors de twitter et des réseaux sociaux, leur action se limite à des ratonnades et à des agressions de bas étage. Et tandis que nous avons des camarades, des connaissances, des amis qui sont tombés dans les batailles illustres du Rojava, eux sont ceux qui signaient des contrats pour Lafarge, ou qui vendaient des armes aux terroristes.
    4. Leurs régimes, fascistes ou d’inspiration fascistes, sont tous tombés. Et ils ne sont même pas toujours tombés du fait de l’action populaire, même si elle joue un rôle plus que central dans l’effondrement de certains d’entre eux. Ils sont aussi tombés car ils étaient devenus inutiles, et que leurs frasques dispendieuses n’étaient plus nécessaires pour stabiliser les marchés et pour satisfaire la bourgeoisie.

    « La bataille de l’Internet, on est en train de la gagner, peut-être la bataille électorale, regardez Zemmour (…), nous sommes la nouvelle hype ». C’est vrai, ils sont une mode. Une mode temporaire, un bouche trou, un fusible pour restaurer un ordre exploiteur. Mais même leur succès cause leur propre perte. Car, pour l’ordre capitaliste, la gauche extra-parlementaire est une menace stratégique. A l’inverse, pour nous, les fascistes sont plus une division tactique des réactionnaires, une branche de la tenaille capitaliste, mais ils restent des marionnettes et des outils des exploiteurs. Quand ils sont parvenus à leurs fins, alors, la bourgeoisie les a tout simplement congédiés. Les jetant comme de vulgaires kleenex. Car telle est aussi la dure conclusion de leur existence, en tant que paillasson des exploiteurs.

  • Papacito et le fascisme internet. (1/2)

    Papacito et le fascisme internet. (1/2)

    Dans une vidéo Youtube, depuis retirée, le youtubeur d’extrême-droite « Papacito » et Code Reinho, un fanatique d’armes, se sont mis en scène. Dans une parodie d’exécution, ils ont tiré sur un mannequin vêtu d’un T-shirt avec des inscriptions telles que « Je suis communiste » ou « Dhimmi ».

    Cette vidéo n’est en soit qu’une élucubration de plus. Si elle va un peu plus loin dans la décomplexion de la violence, elle n’en est pas moins une simple vidéo de plus. Elle n’est pas la première opération du provocateur « Papacito », qui s’est fait contraire pour plusieurs appels à la violence. On peut ainsi se rappeler de son #monteuneéquipe qui appelait à organiser des agressions contre les militantes et militants d’extrême-gauche.

    Il y a deux choses dans cette vidéo : d’une part, la bouffonnerie, de l’autre le sérieux.

    • Ugo Gil Jimenez, alias Papacito, est un bouffon au sens premier du terme. C’est un producteur de divertissement réactionnaire. Il a beau porter « le même treillis que mettaient les types qui allaient faire des crimes de guerre dans les villages vietnamiens », il n’en demeure pas moins que nous savons très bien qui a remporté cette guerre. Et les siens se sont rendus.
    • Cette culture Youtube, cette mise en scène virile, guerrière, est effectivement porteuse pour un certain public désœuvré, frustré, perdu devant un monde qui semble dénué de repères et de sens. Car le public auquel s’adresse cette rhétorique n’est guère le surhomme Nietzschéen.
    • Il ne produit pas des discours particulièrement construits, particulièrement intelligents, mais sa bouffonnerie contribue à alimenter un espace culturel. Et cet espace culturel, nébuleux, prend de l’importance. Elle draine inlassablement de nouvelles personnes vers les réseaux d’extrême-droite, notamment en jouant sur quelque chose que la très grande majorité de la gauche ne sait pas faire. Le « franc-parler », gouailleur, de l’extrême-droite est quelque chose qui reste sa chasse gardée.
    • Il n’y a pas de mystère à cela : les organisations de gauche proposent des modèles théoriques et des déclinaisons idéologiques de celui-ci, tandis que la droite se contente d’une weltanschauung, une vision du monde. Elle n’a pas besoin d’être cohérente, elle n’a pas besoin d’être logique, mais elle a besoin d’être vendeuse. Ce n’est pas un hasard, d’ailleurs, si des champions du marketing, comme le Dr. Franz Alfred Six, Brigadeführer-SS et chef du marketing de Porsche. Offrir à un public vulnérable, esseulé, ce qu’il veut entendre, un discours calibré pour l’individualisme et la vengeance, est une grande spécialité de la droite radicale.
    • Le format Youtube et les vidéos aux montage hachuré, les argumentaires mille-feuille, sont des supports qui correspondent parfaitement aux moyens et aux fins des fascistes : ils ne sont pas dans l’explication de fond, mais sont dans une agitation/propagande basique, énergique, mobilisatrice. D’ailleurs, l’importance de ces médias n’a pas échappé aux cercles du pouvoir. Le concours d’anecdote de Mcfly et Carlito et le concert d’Ultravomit dans le jardin de l’Élysée rentre dans ce cadre une apothéose du spectacle politicien, basé uniquement sur l’image, et niant totalement le fond politique.
    • Il faut prendre avec sérieux l’influence croissante et la capacité de diffusion des idées de personnage aussi ridicules que le boutiquier Soral ou que le clown Papacito. La sous-estimation de leur portée est un véritable danger. Ils le sont, car, contrairement à ce que leur posture de dissident ou d’outsider laisse supposer, ils bénéficient d’une complaisance et d’une complicité tacite de la part des autorités et des institutions. Même le gratin des intellectuels et des philosophes français (Onfray, Finkielkraut, Enthoven) est derrière eux. Ils adoubent ce programme de « régénération » du pays. Ce n’est pas qu’ils soient particulièrement intelligents, bien au contraire, c’est qu’ils représentent des options qui pourraient être utiles si jamais une crise de régime s’installaient.

    La vidéo en tant que tel est à l’image de l’extrême-droite française : une exacerbation d’une virilité qui camoufle mal sa fragilité, son inquéitude devant un monde qu’elle ne comprend plus, qui lui échappe. Un monde dans lequel sa vision pétrifiée du passé, un passé inventé, fantasmé, ne trouve pas prise. Déjà, c’est cet univers sombre, de peur, d’anxiété, guidait les Akadamikern nazis. Aujourd’hui, les bas de plafond fascistes emboîtent le même pas : celui de la crainte de l’effacement. Rien de neuf sous le Soleil Noir en somme.

    Si nous devons déterminer qui est « le fragile », posons-la question ? Est-ce que ce sont ceux et celles qui mettent leur confiance dans la grande majorité de la population, qui mettent leur confiance dans la possibilité de s’émanciper autour d’un projet universel, de résoudre les maux, les problèmes, d’aller vers l’espace ? Ou est-ce que ce sont les nostalgiques des Wisigoths, qui veulent se replier sur leurs fiefs, leurs terres, leurs paroisses, en étant terrifiés d’un peu trop de mélanine ?

    Mais ce qui est par contre révélateur, c’est l’inégalité de traitement.

    Lorsque la police commet des crimes, lorsque des tueurs à gage sont embauchés pour liquider un syndicaliste, ou lorsque des clowns fascistes font ce genre de vidéos, les réactions sont ténues. Dès que l’extrême-droite organise une action brutale, tout est mis en œuvre pour minimiser les faits. Les mobiles politiques, idéologiques, racistes… sont systématiquement minimisés, la dimension individuelle, psychologique est exacerbée. Quant aux responsabilités extérieures, à l’encouragement de la part d’agitateurs et de provocateurs, elles ne débouchent sur rien.

    Imaginer l’inverse paraît fou. Imaginons le symétriques de ces actions et de ces discours, tenus par des minorités ou par l’extrême-gauche : cela serait un déferlement de haine et de brutalité.

    Un exemple : En 1972, la gauche propose un programme commun. C’est un programme réformiste assez basique et celui-ci est d’ailleurs une grande défaite stratégique pour le PCF. Pourtant, il condense certains espoirs dans la population, et la bourgeoisie, contrairement à l’élection de Hollande, n’a pas besoin de l’alternance. Elle initie un immense mouvement de fond au sein de la société pour lutter contre l’influence des idées de gauche dans la société. Cela se traduit pas un soutien sans failles à toutes les tendances anticommunistes, à tous les penseurs réactionnaires, pseudo-gauchistes, mais en réalité de droite. Si une élection suffit, qu’en sera t’il du jour où les révolutionnaires seraient en force.

    Pour le moment, que représente le mouvement gauchiste ?

    Que pèse le mouvement gauchiste en France ? Est-il une menace pour l’État ? Pour le moment non. La grande majorité des groupes politiques ont des audiences restreintes. Ceux qui ont su s’accroître restent dans le flou stratégique ou se divisent, comme le NPA, qui connaît une série de crise internes. Tactiquement, les groupes autonomes peuvent donner du fil à retordre à la police. Mais la menace gauchiste, le risque d’un nouveau 1871 est pour le moment assez faible.

    Nous pensons que cette vidéo est à la fois une insulte, mais aussi un miroir tendu vers nous-mêmes et vers l’image que renvoient la gauche parlementaire et extra-parlementaire. Cette image est déformée, brouillée par une grille de lecture abjecte, mais elle est néanmoins un miroir.

    Les « gauchistes seront démunis si quelque chose de pas prévu se passe dans les années prochaines» déclare « Papacito ». Il y a du vrai. Les mouvements révolutionnaires ne se sont pas forcément renforcés ces dernières années. Elle nous renvoie à nos propres faiblesses, notamment le fait de courber l’échine sous les injonctions morales exigées par la bourgeoisie. Injonctions qui ont été dictées au nom de l’anti-totalitarisme et de l’anti-communisme. Ce sont des injonctions à ne rien entreprendre de sérieux, de menaçant, à essayer d’être les gentils de l’histoire.

    Plus le temps passe, plus ces injonctions morales deviennent des poisons qui entravent le but des mouvements révolutionnaires : remporter la victoire définitive contre le capitalisme, l’impérialisme et les formes d’exploitation et de colonialisme.

  • Pensionnats de l’horreur au Canada

    Pensionnats de l’horreur au Canada


    Une plaie encore ouverte du génocide des Indigènes.

    215 corps d’enfants ont été retrouvés enterrés discrètement sous le pensionnat de Kamloops, en Colombie-Britannique. Cette nouvelles effroyable révèle une réalité qui n’a rien de secret pour les indigènes d’Amérique, mais qui passe sous le nez des colons Canadiens, masqué et maquillé pendant des siècles.

    Les « Pensionnats Résidentiels Indiens » sont une institution publique canadienne crée dans les années 1820 par le « Département des Affaires Indiennes », et dont le dernier camp a fermé ses portes en 1997, gérée par l’église catholique canadienne et financée par l’état. On peut déjà s’exaspérer du titre de ce département et de ce programme, mais ce n’est que la surface de l’ampleur de ce programme de nettoyage ethnique.

    Leur but est simple, arracher à leurs parents et communautés les enfants indigènes (Premières Nations, Métis et Inuit), et les emprisonner dans des camps de torture et de lavage de cerveau, pour les conformer à la culture coloniale Canadienne, effacer leurs racines, donc pour citer les coupables « tuer l’indien dans le coeur de l’enfant ». Les « écoles » étaient suffisamment distancées géographiquement des réserves pour empêcher tout contact entre les enfants et leur communauté. Les réserves existent évidemment toujours, et sont des prisons en plein air pour les Indigènes.

    Un bilan terrible :

    Le bilan est accablant, des centaines et centaines de milliers d’enfants soumis à la torture, aux abus physiques, psychologiques, et sexuels, à l’hygiène déplorable du pensionnat, à la privation de nourriture, aux maladies, et privés de leur identité (voir le Gradual Civilization Act de 1857, qui efface littéralement le nom des Indigènes soumis à cette loi, pour le changer en un nom anglo-saxon ou francophone), et des milliers d’enfants massacrés à travers le pays, morts de maladie ou assassinés directement par leur geoliers. Les survivants, subissant les effets dévastateurs du traumatisme se sont organisés dans des structures associatives, mais font face a une relative indifférence, jusqu’à ce que les cadavres surgissent, littéralement.

    Justin Trudeau, le premier ministre libéral au visage de poupon, s’est indigné de la nouvelle, renvoyant la balle de la culpabilité vers l’église, oubliant que ces pensionnats sont le fait non seulement de l’état et de l’église, mais surtout du Canada en tant qu’entité coloniale. Trudeau s’est fait connaitre pour sa plastique avantageuse et sa langue de bois, faisant rêver les libéraux du monde occidental comme un gendre progressiste idéal, oubliant que sa politique reflète la déshumanisation totale des indigènes dans une société coloniale d’installation. On pense à la révélation navrante des costumes racistes qu’il a pu porter dans sa jeunesse, mais surtout le soutien de l’état à l’établissement de pipelines sur les territoires des natifs pour engraisser les géants du pétrole et du gaz. On ne sera pas dupe sur les excuses ou larmes versées par l’état colonial canadien devant l’état de fait. N’oublions pas non plus la responsabilité directe de la France dans cette campagne continue de nettoyage ethnique des autochtones, qui a commencé lorsque le territoire de l’actuel Canada était un dominion français.

    Un pays trop poli pour être honnête :

    Le Canada, est souvent peint stéréotypiquement comme un pays moderne, propre et utopique, ou tout le monde est poli et généreux, à contrario de son voisin plus bruyant, les Etats Unis, dont les plaies béantes de l’impérialisme et de l’esclavage sont plus difficiles à ignorer. La réalité est que le Canada a toujours été un empire colonial brutal et génocidaire, dont les campagnes d’assimilation et conquêtes contre les Indigènes sont à discuter au présent.

    Au fil des années, des commissions étatiques ont établi des bilans des conséquences de ces écoles, en terme de morts, enfants disparus, suicides et effets traumatiques, des efforts maigres de réconciliation et compensation ont été proposés. Mais la véritable victoire n’est pas une réconciliation, car il n’y a pas de réconciliation possible entre colonisés et colons. On ne peut pas parler d’excuses publiques et passer à autre chose quand le système en place qui propose réconciliation est celui qui est né directement de ce génocide, et dont ces pensionnats, réserves, pipelines sont des phases parmi d’autres. La victoire c’est la fin des colonies, la fin du Canada comme entité, la libération et l’émancipation véritable des peuples autochtones, le droit des peuples de disposer d’eux même, de vivre leur identité et faire vivre leur culture et leurs enfants, la mort de l’impérialisme. On ne peut pas recevoir un pardon sous forme monétaire lorsque l’immense territoire que représente le Canada est une terre arrachée et qui, elle, n’est pas l’objet de cette restitution et de réconciliation.

  • Le bac de l’enfer.

    Le bac de l’enfer.

    Après une année marquée par le chaos, le bac se profile à l’horizon.
    En 2019, nous titrions déjà que le bac de cette année était celui de « tous les dangers ». Et ces dangers se concrétisent !

    Nous ne pouvons que comprendre les élèves qui sont en colère en étant jetés devant un bac qui semble sortir du chapeau du ministère. C’est une colère juste. Mais ce bac-catastrophe est rempli de contradictions. Il est à la fois l’enfant de la crise sanitaire, mais il est aussi l’aboutissement d’une transformation de cet examen.

    Le bac de l’urgence.

    Le 17 juin, les terminales et les premières vont être confrontés aux seules épreuves maintenues : celles de Français et celle de Philosophie. Après plusieurs mois d’hésitation, le gouvernement s’est décidé à les maintenir, mettant élèves et personnel enseignant devant le fait accompli.

    Le SNES note, dans son communiqué du 7 juin, que ce bac est marqué par « la désorganisation, les ruptures d’égalité et le mépris pour le travail des correcteurs/trices et des élèves décidément la marque de fabrique de ce ministre ! ». Il faut ainsi souligner que, à 10 jours des examens : « Les informations arrivent au compte goutte : […] rien n’est vraiment calé (les convocations ne sont pas toutes arrivées par exemple) la gestion du grand oral, notamment, se révélant être une véritable usine à gaz. Plus que jamais le travail des enseignant∙e∙s est méprisé : les professeur∙e∙s de philosophie vont crouler sous les copies numériques, les professeur∙e∙s de lettres sous les tâches diverses et les examinateurs/trices du grand oral sous la perplexité. » Le SNES demande ainsi la neutralisation du Grand Oral, épreuve inégalitaire au possible. Nous les rejoignons dans cette demande.

    Cette annonce, qui s’inscrit dans une longue liste de changements effectués de manière autoritaire par le Ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, a suscité la colère. D’une part car l’annonce a été faite par les médias avant qu’une circulaire interne soit rédigée : le monde éducatif est le dernier à apprendre ces changements. De l’autre, car ce choix tardif a entraîné la panique : il fallait se poser la question de ce qui allait être examiné, de comment il allait l’être, et de comment parvenir à remplir les objectifs… Surtout qu’il n’y a pas eu d’unité dans les gestions de la pandémie : chaque proviseur était capitaine de son navire.

    Il y a eu aussi, du côté des élèves, des stratégies pour le bac. Les épreuves ne s’affrontent pas de la même manière que le travail en classe, qui peut être ventilé sous des formes différentes. Alors, certes, dans le cadre de cette épreuve, la note la plus élevée (entre contrôle continu et examen) sera retenue. Mais cela contribue encore à renforcer le caractère imbécile de cette épreuve.

    Donc, de dépit et de colère, des blocages ont eu lieu. Mais si la colère est légitime, il nous faut aussi comprendre quelque chose : le maintien de cette épreuve est un ultime clou qui empêche que ne s’effondre complètement la mascarade du bac.

    Le bac de la dernière chance .

    Fait étonnant : ce bac est en réalité le fruit d’une négociation. Une négociation qui est parvenue à arracher que ce ne soit pas un second bac au contrôle continu. Car le bac – ou plutôt la liquidation du bac – est à l’ordre du jour du gouvernement.

    L’objectif stratégique de Blanquer est de mettre fin au baccalauréat en tant qu’examen national. Plusieurs raisons à cela :

    • Pour réduire les budgets déjà ténus de l’Université en favorisant un « contrôle des flux » d’élèves. Sans bac, les résultats sont plus prévisibles et sont plus aisément lissés par l’intervention des chefs d’établissement, dont le pouvoir est renforcé.
    • Pour préparer l’autonomie des lycées, déjà dans les cartons de la droite en 2004-2005. Cette autonomie signifie deux choses :
    ◦ Un recrutement local des enseignants, sous la forme d’entretiens d’embauche. Moins de fonctionnaires, cela donne des économies et des professeurs plus malléables.
    ◦ Des diplômes d’établissement et non plus nationaux, avec des effets terribles sur leur reconnaissance et leur qualité.

    Alors, faut-il dire que le bac est absolument parfait ? Non, loin de là !

    Les diplômes du bac sont déjà de facto des diplômes inégalitaires.

    • Cela du fait de la nature du bac, qui met en avant une norme culturelle : bourgeoise et petite-bourgeoise. Les examens désavantagent les classes populaires.
    • Du fait également de Parcoursup, qui permet de poser des critères géographies, et donc sociaux, du fait de la ségrégation politico-sociale présente en France.

    Il ne s’agit pas de défendre le bac en tant que tel, mais de regarder avec lucidité quelle est la situation s’il est supprimé : dans ce cas, il devient de jure un diplôme inégalitaire.

    • Si le contrôle continu peut bénéficier aux classes populaires, avec des modalités d’évaluation plus adaptées, il s’agit d’un cadeau empoisonné.
    • La fin des filières créé des bacs à la carte, donc avec une valeur impossible à étalonner. Dans les faits, ils servent surtout, sous prétexte d’offrir plus d’options, à rationaliser les établissements et à créer des établissements « S », des « ES » et des « L ».
    • La valeur du baccalauréat devient alors indexée sur la valeur supposée de l’établissement. Un 15/20 de lycée populaire n’est pas le même que le 15/20 d’un lycée privé hors de prix.
    • Si le contrôle continu soumet les enseignants et les enseignantes à une pression immense : celle des parents, qui les considèrent non plus comme des personnes préparant leurs enfants aux examens, mais comme des prestataires de service. La pression des chefs d’établissement, qui ont la haute main sur Pronote et sur les appréciations, et qui ne se privent pas, parfois de les changer. C’est une porte ouverte aussi au développement de la corruption.
    • Il affaiblit aussi les conventions collectives : les élèves qui sortent du bac auront un diplôme d’établissement, qui ne sera pas toujours reconnu. Une raison de plus pour les employeurs pour baisser les salaires et mettre en concurrence cette « génération sacrifiée » avec ceux d’avant. Le tout en nivelant par le bas les conditions de travail.

    Le monstre Parcoursup

    Plus en amont, le problème se situe aussi dans les conseils de classe : ils ont été transformés en instances consultatives chargées du traitement de flux. C’est là aussi le fruit d’une alliance malheureuse entre les visées gouvernementales et les attentes des parents. Le gouvernement a manœuvré avec intelligence pour écraser l’indépendance et l’autorité de ce conseil en jouant la carte du clientélisme et de la démagogie. Et derrière cela, c’est un problème

    Si le bac est par nature inégalitaire, Parcoursup l’est aussi. Et c’est là quelque chose de gravissime. Parcoursup n’est pas une plate-forme d’orientation, c’est une plate-forme de sélection. Les candidats se mettent à disposition des recruteurs.

    Parcoursup est une création à double visage :
    • L’un, « égalitaire », est la façade de candidature : chaque candidat est supposé être traité également, au travers d’un algorithme confus, mais a priori juste.
    • L’autre, « cynique » est la plate forme du recruteur : il peut y mettre un peu tout ce qu’il veux, dont des critères géographiques (et donc aussi sociaux!), mais aussi des modalités de déroulement de cette année chaotique.

    Il en résulte donc que le nouveau bac comme Parcoursup accroissent encore davantage la sélection sociale. Et parfois, cela frise le délit d’initié ! L’INSA1 de Lyon, par exemple, a posé comme condition le fait que les Terminales qu’elle recrute aient été en 100 % présentiel ! C’est à dire environ 40 % des établissements.

    40 % qui, pour respecter la demi-jauge, l’ont intégralement répercutée sur les Secondes et les Premières. Et dans ces établissements, nous retrouvons les prestigieux lycées du Parc et Édouard Herriot. En revanche, nous ne verrons pas de lycéens ou de lycéennes des quartiers les plus populaires.

    L’offensive est générale.

    Dans l’ensemble, les syndicats enseignants ont traité le problème sous un angle « économiste ». C’est à dire sous l’angle de leurs conditions de travail et, il faut le reconnaître, en prenant en compte aussi l’intérêt des élèves. Mais ce cloisonnement corporatiste pose problème : le lien avec le monde du travail est souvent oublié. Car ces réformes ne sont pas uniquement des réduction des moyens alloués aux élèves et à leurs conditions d’études : elles sont aussi une offensive contre le contrat de travail, contre les conditions de travail, et contre les cadres juridiques qui ont été arrachés au prix du sang.

    Nous pensons qu’il est fondamental que les élèves puissent s’organiser pour défendre leur droits. Nous saluons à ce titre le travail de la CGT-SELA pour la construction d’un syndicat des travailleurs et des travailleuses en formation. Il est important aussi que ce travail de lutte soit réalisé en coopération avec les organisations syndicales des enseignants et enseignantes, ainsi que du personnel.

    Mais au-delà de ça, c’est une perspective politique qui est à dessiner. La question n’est pas que sur l’augmentation des moyens, ou leur attribution, elle est sur le sens même de l’enseignement, et sur le fait qu’il soit de plus en plus traité comme une excroissance des entreprises. Dans le projet d’autonomie des lycées, comme des facultés, c’est l’intégration de l’enseignement dans le capitalisme local qui pose question : c’est donc une manière de faire payer par les contribuables la formation pour les entreprises. C’est aussi une manière de créer de la main d’œuvre ad hoc qui ne pourra travailler ailleurs.

    En définitive, l’éducation est un point crucial. Nous voudrions qu’elle soit émancipatrice plus que normative, qu’elle permettre de faire émerger les talents et les aspirations, qu’elle puisse ne pas être une simple succursale de l’entreprise, mais qu’elle soit aussi un lieu d’apprentissage de la Culture avec une majuscule : politique, économique, médicale, technique… qui puisse former des élèves complets et autonomes dans leurs choix de vie.

    Mais cette transformation ne peut être réalisée qu’au prix d’un bouleversement politique : le fait que le pouvoir soit arraché aux mains des boutiquiers qui le détiennent. Des boutiquiers qui, eux, ont placé leurs rejetons dans les réseaux privilégiés, dans cet entre-soi qui les couve, les protège, et qui permet de reproduire sans cesse ce schéma de domination.

    Aujourd’hui, battons nous pour défendre la valeur des diplômes, mais organisons nous pour transformer le monde !

  • Hubert Védrine et le naufrage des co-responsables du génocide des Tutsis.

    Hubert Védrine et le naufrage des co-responsables du génocide des Tutsis.

    Le cadre du PS et ancien complice de Mitterrand, Hubert Védrine, s’est exprimé dans les colonnes du journal identitaire Éléments. Au centre de l’interview, la question du génocide des Tutsis. Védrine, qui jouait un rôle important dans le clan Mitterrand, s’est offusqué qu’on puisse ainsi s’en prendre à l’action de la France à cette époque.

    En ligne de mire : les «  gauchistes » : «  Le Rwanda est devenu le prétexte pour tous les gauchistes de la place de Paris de régler leur compte avec François Mitterrand, la Ve République, la France comme puissance…  ». À ses yeux, mettre la France et son impérialisme devant le fait accompli revient à ouvrir une terrible boîte de Pandore. En effet, elle délégitime largement l’action de l’ensemble des partis institutionnels, lesquels sont tous mouillés dans ces sinistres affaires, et lesquelles ont tous partagé un consensus sur l’action de la France en Afrique.

    Pour lui, «Accuser la France pour son rôle au Rwanda, dit-il à Éléments, c’est un peu comme si l’on accusait les pompiers qui ont tenté d’arrêter l’incendie de Notre-Dame en leur disant qu’il fallait arriver la veille ». C’est là un tour de passe-passe qui consiste à résumer l’action de la France à la simple opération Turquoise, laquelle a exfiltré les criminels Hutus. Il revient à escamoter le rôle structurel de celle-ci dans la construction du processus génocidaire. Il va jusqu’à oser, il faut le faire, dire :  « La France est le seul pays au monde au sujet duquel on ne peut faire aucun reproche, sauf celui d’avoir sous-estimé l’intelligence tactique de Paul Kagame. »

    Génocide au Rwanda: Mitterrand, un président aveuglé, selon un rapport - Le  Point
    Mitterrand : une légende dorée pour certains, un bien sombre maître de l’Afrique pour d’autres !

    Il fustige également « Ce débat empoisonné [qui] est un bon révélateur du degré de masochisme atteint dans notre pays». Là encore, nous avons un amalgame : celui de l’action de l’État et celui du peuple. Pour Védrine, les deux sont la même chose. Ce débat est masochiste car il consisterait à une autoflagellation de la part de la population française, pleurnichant sur ses propres actions. Mais c’est là un fait dérangeant : l’État n’est pas le peuple. L’État est le conseil d’administration, l’interface entre la bourgeoisie et les autres classes. La politique impérialiste fait partie de ces fonctions qui sont tellement centrales pour elle qu’elles ne sont jamais soumises aux votes, ni débattues publiquement.

    Nous sommes pour livrer les responsables de cette politique à la justice. Ce sont des bourreaux, des exploiteurs, des organisateurs de génocides. Mais il est vrai que la population française a bénéficié des retombées directes ou indirectes de l’impérialisme et de la colonisation. Se pose donc des questions liées à ce « recel » des fruits de celle-ci. Question qui sera tranchée lorsque les masses populaires seront en mesure d’exercer leur pouvoir et leur contrôle sur l’ensemble de l’appareil d’un État nouveau.

    La France face au génocide rwandais — La Libre Afrique

    Mais Hubert Védrine n’aime pas qu’on vienne fouiner dans ses affaires. Il regrette terriblement l’époque où l’omerta régnait, celle où «  Ces têtes folles étaient auparavant tenues par le Parti communiste, puis englobées dans la stratégie Mitterrand. Mais aujourd’hui, plus rien ne les retient ». Effectivement, il existe aujourd’hui des forces politiques qui veulent regarder en face la vérité.

    Pour Védrine, il faudra remettre de l’ordre : « Si les journaux étaient tenus comme autrefois, ça ne durerait pas une minute ». Cette phrase a provoqué un tollé ! Il a dû donc rétropédaler à la suite de l’interview, clamant : « Jamais je n’ai eu en tête qu’il faudrait revenir à une forme de censure ». «  Quand j’emploie cette formule contractée, je veux dire qu’à l’époque du numérique, n’importe qui peut écrire un peu n’importe quoi. Ce qui n’était pas le cas quand des rédacteurs en chef, des directeurs de journaux, contrôlaient les informations avec une véritable hiérarchie de la responsabilité.  » Finalement, grattez le vernis démocratique, et vous retrouvez rapidement le Parti de l’Ordre.

    Et pourtant quels gauchistes ! Glucksmann, membre lui aussi du PS, est visé. En voilà un bolchevique redoutable, fils d’un des chantres de l’antitotalitarisme et du réformisme. Pourtant, nous lui donnons largement raison lorsqu’il s’écrie : «  C’est un immense progrès qu’un tel entretien soit abrité par Éléments […] Le mensonge officiel se déplace vers les marges complotistes et d’extrême droite. C’est une victoire pour la France et pour ceux qui ont combattu pour la vérité. On tourne la page de 27 années de mensonge d’État ou les idées de Védrine avaient pignon sur rue. »

    Génocide au Rwanda : un rapport d'historiens pointe les "responsabilités  accablantes" de la France

    Car la réalité est là : Védrine est un de ces agents zélés de l’impérialisme, qui ne supporte pas qu’on lui renvoie au visage ses actions et les conséquences de celle-ci. En donnant cette interview, il a illustré pleinement l’alliance sacrée autour de l’impérialisme et du colonialisme français. Une alliance qui traverse l’ensemble des courants politiques institutionnels : car pour avoir accès au pouvoir, il faut montrer patte blanche aux grands cartels économiques. Une alliance qui unit jusqu’aux fascistes autour de deux axes : la négation de l’impérialisme français, présenté comme une victime de la domination atlantique, ou la nécessité de son existence pour être une grande puissance.

    L’impérialisme français, non seulement est un monstre assoiffé de profits, mais il est également le bourreau de ceux et celles qui habitent en France. Il est un double ennemi, le premier, le principal. Ceux qui prennent comme argument la richesse qui procure pour renoncer à l’attaquer oublient que le capitalisme bride l’accès aux richesses, l’accès au développement, tant ici que dans les pays dominés. Il n’est pas une source de richesse, mais uniquement de misère, d’inégalité, de parasitisme. Sa fin sera un formidable accélérateur pour le développement général des masses populaires partout dans le monde !

    À bas les laquais de l’impérialisme et vive le communisme !

  • Rwanda : les assassins reviennent sur les lieux de leurs crimes.

    Rwanda : les assassins reviennent sur les lieux de leurs crimes.

    Le 27 mai 2021, Emmanuel Macron est venu en visite au Rwanda. Cette visite a été l’occasion pour le Président de la République de revenir le rôle de la France dans le génocide des Tutsis. Les archives de cette période commencent à s’entrouvrir et le voile opaque qui entourait les activités militaires françaises se déchire progressivement. Nous saluons cette ouverture comme quelque chose qui peut permettre de faire éclater la vérité, comme sur la Guerre d’Algérie, avec la commission Stora.

    Mais nous ne pouvons que nous associer à la déception des Rwandais et des Rwandaises devant les déclarations en demi-teinte du Président.

    Celui-ci a reconnu un rôle de la France dans ce génocide. Il a admit une responsabilité « politique, institutionnelle, intellectuelle, morale et cognitive ». Il a également annoncé que « en s’engageant dès 1990 […] la France n’a su entendre la voix de ceux qui l’avaient mise en garde ». Il faut « regarder l’histoire en face et […] reconnaître la part de souffrance qu’elle a infligée au peuple rwandais en faisant trop longtemps prévaloir le silence. » Mais il a refusé de parler de complicité et de présenter des excuses aux habitants et habitantes du Rwanda, bien qu’il ait demandé qu’elles leur accordent le pardon :« Seuls ceux qui ont traversé la nuit peuvent peut-être pardonner, nous faire le don alors de nous pardonner. »

    Ces aveux en demi-teinte, dans la droite ligne du « responsable mais pas coupable », ne peuvent que laisser un goût amer. La France, une nouvelle fois, se distancie de ses responsabilités et des conséquences de ses choix politiques. Elle se distancie aussi d’une condamnation sur le fond de l’impérialisme et du colonialisme, en dépit des discours de 2017, dans lesquels le candidat-Macron parlait de crime contre l’humanité.

    Car c’est bien le colonialisme qui est à l’origine du génocide des Tutsis du Rwanda.

    Le génocide du Rwanda n’est pas un acte complètement isolé. Il n’est pas un instant de folie meurtrière qui s’est emparée d’un pays. Il s’agit d’un acte brutal, criminel, qui vient parachever une montée en tension.

    L’Afrique a été découpée comme un gâteau par les colonisateurs. Au moment de la conférence de Berlin, les tracés qui ont été définis ne l’ont pas été sur la base des peuples, des ethnies, des aires civilisationnelles. Elles ne l’ont pas même été sur les bases d’une géographie naturelle. Le plus souvent elles ont été le fruit de négociations âpres, au rapport de force, entre les puissances. Les peuples d’Afrique n’ont pas été consultés, ils n’ont pas été pris en compte. Pire : le fait de fragmenter ces populations entre les États a été un choix : celui du diviser pour mieux régner. Il fallait pouvoir appuyer une ethnie (ou un clan) contre un autre. L’un devenant client (Lénine parle de Compradore) l’autre étant dominé. Ce petit jeu a exacerbé les tensions à plusieurs reprises : entre communautés, entre peuples, entre familles. Que des rancœurs se muent en haine n’avait pas d’importance pour le colonialiste. Tout ce qui importait était le fait de pouvoir continuer à faire des affaires tranquillement.

    Au Rwanda, les colonisateurs, Allemands, puis Belges, ont consciemment monté les ethnies les unes contre les autres. Les Belges, qui possédaient le pays, ont ainsi choisi de faire des Tutsis une aristocratie. Ils ont racialisé les rapports entre les habitants en créant des documents spécifiant l’ethnie et attisé les tensions pour maintenir le pays divisé. Mais la naissance d’une bourgeoisie nationale Tutsi, indépendantiste, pousse les colonisateurs à changer leur fusil d’épaule : ils vont s’appuyer sur les Hutus, en retournant comme une chaussette leur argumentaire raciste1. Dès 1959, une politique d’exclusion et d’exil des Tutsis se met en route. Les premiers massacres commencent dès 1963. Dans le même intervalle de temps, la France prend le pas sur la Belgique, comme au Congo. Elle contribue à installer certaines des plus cruelles dictatures.

    Au Burundi, en 1972, l’inverse se produit : l’armée du Burundi, majoritairement Tutsie, massacre les Hutus du pays, causant 200 000 morts. Ce massacre terrifie le pouvoir en place, qui renforce les mesures d’exclusion, polarisant encore davantage la société. Les tentatives de retour des exilés Tutsis débouchent finalement sur la Guerre Civile Rwandaise, qui débute en 1990 et se termine fin 1994. A ce moment là, les violences sont quotidiennes. La Radio Libre des Mille Collines, surnommée « Radio Machette » lance ses appels à la haine quotidien.

    Le Rwanda occupe une place particulière : il est une tête de pont francophone dans un secteur charnière. A l’est, les autres pays sont dans la sphère d’influence anglo-saxonne. Les rivalités sont fortes entre les puissances coloniales.

    La vie politique Africaine des années 1950-1990 n’échappe pas à la guerre froide. Le but de l’occident, à ce moment, est d’empêcher à tout prix la mise en place de gouvernements affiliés à l’URSS. A ce moment, la France contribue à soutenir et à organiser les gouvernements les plus réactionnaires. Même l’infréquentable gouvernement de l’Apartheid, sous embargo,est un de ses partenaires privilégiés.

    Après la chute du Mur et la fin de l’Union Soviétique, la politique change. La France s’est maintenue dans presque toutes ses possessions. Elle a remplacé le direct rule par une domination rénovée. Les Africains peuvent « choisir » leurs présidents. Si une ligne rivale triomphe, elle intervient pour dompter ou renverser celui qui voudrait changer les choses. De toute manière, la France contrôle la monnaie, l’économie, la formation des élites, et possède des bases militaires pour « aider ». La rivalité anglophones / francophone devient de plus en plus forte. Les Tutsis étant reliés aux anglophones, notamment au Burundi proche, la France appuie les factions les plus radicales du mouvement Hutu.

    1994 : les cent jours du génocide.

    Le 6 avril, l’avion présidentiel, qui transporte le Président Rwandais Juvénal Habyarimana et son homologue du Burundi Cyprien Ntaryamira est abattu. Les enquêtes semblent cibler une fraction ultra-radicale Hutu, mais c’est le Front patriotique rwandais qui est accusé officiellement. Dès le lendemain les leaders Hutus modérés sont assassinés et la RLMC lance un appel à « abattre les grands arbres ». Pendant 100 jours, plusieurs centaines de milliers d’assassinats sont commis. Le but : exterminer les Tutsis présents au Rwanda.

    Le 22 juin 1994, l’Opération Turquoise, lancée par la France, impose une zone de sécurité. En réalité, cette zone de sécurité sert à refouler les forces Tutsi du FPR, qui déferlent sur le pays. Dans ce havre de paix, protégé par l’État suzerain, les massacres continuent. La France assure l’évacuation des génocidaires vers le Zaïre. Une dizaine d’entre eux ont pu vivre paisiblement pendant plus d’une dizaine d’année, couverts par leurs anciens maîtres. Parmi eux Félicien Kabuga, homme d’affaire puissant, qui était le financeur du génocide. Il avait organisé l’achat d’armes, notamment de machettes. Il n’est arrêté qu’en mai 2020.

    Macron et la mémoire sélective.

    Dans son discours, Macron s’est défaussé sur la politique menée par François Mitterrand. C’est un ingénieux tacle fait à la gauche parlementaire, laquelle célèbre le 40 anniversaire de son élection, et où elle rêverait d’un Mitterrand-bis pour 2022. C’est une petite entorse à la réalité : si Macron se défausse sur Mitterrand, il occulte le fait que Giscard a signé, en 1975, l’Accord particulier d’Assistance Militaire qui va fournir en armes les génocidaires. Il est vrai que c’est entre 1987 et 1994 que les livraisons atteignent des sommets, mais les réseaux de la Françafrique ne peuvent être laissés au monopole du PS : ils préexistaient, et impliquaient d’ailleurs un très grand nombre de personnalités de droite ou extrême-droite. Jacques Foccart, le Monsieur Afrique du gaullisme, est ainsi resté immuablement en place. Ce haut fonctionnaire, ex-résistant, avait monté ses cellules de renseignement-action partout sur le continent africain, et exerçait une influence considérable.

    Les réseaux Foccart quadrillent encore l’Afrique. S’ils ont été affaiblis, ils n’en sont pas moins un des points essentiels de ce que nous pouvons nommer les « fonctions neurovégétatives de l’impérialisme français ». C’est à dire tout cet ensemble politico-économique qui est plusieurs cran « au-dessus » de la démocratie. Sont existence est trop vitale pour être soumise au débat, même dans le cadre feutré et cossu de la démocratie parlementaire. Ils sont intouchables. Ce n’est pas un hasard si une personne ambitieuse comme Marion Maréchal-Le Pen est allée travailler quelques temps en Afrique : pour envisager la question du pouvoir, il faut avoir ces noms dans son carnet d’adresse : ceux qui dirigent les ramifications de l’impérialisme français.

    Mais au-delà de ça, Macron fait aussi une impasse sur un point important : la France n’a pas changé de politique. Avant, elle s’est positionné sur tous les marchés les plus sanglants et les plus répugnants. Même ceux que les USA jugeaient trop coûteux politiquement. Les Mirages ont porté les cocardes de l’Apartheid, tandis que les Exocets iraniens ont terrifié la Navy.

    Aujourd’hui, elle continue à jouer la carte de l’intolérance, de la montée en tension, de la fragmentation des pays. Total arrose d’argent la Junte Birmane pour bénéficier des concessions sur le pétrole. Orena paie l’ensemble de l’échiquier politique du Niger (terroristes inclus) pour acheter la paix. Lafarge signait des contrats avec les fanatiques de Daesh. Quant au régime monarchique saoudien, il est un excellent client de la France. L’argent n’a pas d’odeur, même celle du sang.

    L’impérialisme français : notre ennemi.

    L’impérialisme français, en dépit de son déclin relatif, reste l’ennemi premier.

    Il est celui qui nous enferme : tant qu’il existe, le capitalisme et l’exploitation en France existeront continuellement. La bourgeoisie continuera sa vie parasitaire, redistribuant quelques miettes pour assurer le soutien de la plupart des organisations politiques. Ce ne sont pas des capitalistes étrangers, ou un capitalisme mondialisé, apatride, thèse d’extrême-droite, qui nous opprime. Ce sont les « bien de chez nous » : nos bourgeois.

    Il est celui qui écrase une partie du monde : nous avons une responsabilité internationaliste, celle de lutter contre l’ensemble des bourreaux. Il est celui sur lequel nous pouvons avoir une action directe et concrète. Il y a un sens à lutter contre lui, plus que dénoncer hypocritement les violations sur les droits dans des pays concurrents.

    Nous n’avons que faire des discours qui le présente comme étant souffrant devant la concurrence internationale, comme vacillant devant la Chine et les USA. Certains courants, dans le fond, prennent fait et cause pour lui. Ils déclarent que sa faiblesse fait le jeu des autres. Qu’il est plus poli, plus civilisé, que celui des autres. Ce rappel sur le Rwanda montre qu’il n’en est rien. Il est d’un cynisme glaçant et d’une sévérité de fer. Rien ne le sépare des autres.

    Si son affaiblissement profite aux autres impérialismes, et c’est un fait, il n’en profite pas moins aux peuples qui vivent sous son joug. C’est dans l’effondrement des impérialismes que naissent les espaces de liberté qui permettent aux peuples de s’émanciper, de ses libérer. Plus l’impérialisme français s’affaiblit, plus la vie économique et politique est dure, il est vrai. C’est une époque difficile. Mais plus les chances de voir une société meilleure, plus juste, libératrice, émancipatrice, grandissent.

    Nous exigeons toute la lumière sur les crimes de notre État, ou plutôt de celui de notre bourgeoisie. Nous exigeons que soient reconnus ses crimes, et que soient trouvés les moyens de les compenser. Nous le faisons non pas en flagellation, non pas pour tirer des larmes de crocodile, mais bien pour tracer une route : une route qui se débarrasse d’une bourgeoisie criminelle et parasitaire, une route d’émancipation et de liberté.

    1Il existe des parallèles intéressants d’ailleurs : pour la noblesse française, le « sang bleu » était d’ascendance germanique, tandis que la population était gauloise. Cela devait légitimer le « rôle social » de celle-ci. Mais l’argumentaire s’est inversé pendant et après la Révolution Française, laquelle a fait de la noblesse un « corps étranger »

  • La Sainte-Alliance policière.

    La Sainte-Alliance policière.

    La police manifeste. C’est devenu un rituel d’avant-période électorale. Plusieurs décès récents de policiers en fonction ont poussé ces derniers à manifester. Ouvertement, c’est une marche citoyenne pour le peuple. Mais comme souvent, le vernis craquelle et laisse entrevoir une autre réalité. Si nous ne réjouissons d’aucune mort, d’aucune souffrance, ce que nous avons entendu aujourd’hui dans la rue est inquiétant.

    Certains discours sont digne d’être tirés de l’Inspecteur Harry : des policiers qui regrettent l’obstacle que forme la loi, l’obstacle de la Constitution, qui réclament des peines minimales, en contradiction flagrante avec la notion d’indépendance de la justice et d’individualisation des peines. En somme, la police souhaite la fin de l’État de droit et le passage à une répression réalisée directement par les policiers eux-mêmes, en se fiant à leur jugement. D’autres se plaignent que la police « ne fasse plus peur » aux gens. C’est une façon de concevoir le métier.

    Du RN au PCF : la Sainte-Alliance atour de la matraque.

    Ce qui est nouveau, cependant, c’est la Sainte-Alliance qui a défilé autour d’elle. Gouvernement, extrême-droite, droite, gauche parlementaire. Les élections arrivent.

    Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, est venu dans la manifestation de police. Il s’agit d’une originalité peu commune : un ministre qui manifeste contre sa propre politique. Même la police a trouvé la farce un peu trop grosse et l’a éconduit sans ménagement. Cela montre tant l’absence quasiment proverbiale de vergogne de ce personnage politique tout comme une acceptation qu’une gradation dans la répression est à l’ordre du jour. Il n’est d’ailleurs pas étonnant que la Police (et même le gouvernement) soient irrités par la Justice et par la constitution.

    Le Conseil Constitutionnel bien en effet (le 20 mai) de retoquer le fameux article 24 de la Loi de Securité Globale, tant exigé par la police. Cet article devait censurer la publication de photos et des vidéos de la Police « dans un but malveillant ». C’est un revers cinglant, lancé sur un ton acerbe. Le CS déclare que le législateur ; « méconnaît le principe de la légalité des délits et des peines ». En somme qu’il a travaillé n’importe comment, laissant à la libre appréciation que la photo soit à l’intention de nuire ou d’informer. D’autres dispositions, telles que l’usage des drones ont également été censurées par les Sages.

    C’est certes un revers, mais cela montre aussi que l’intention d’origine était de transgresser la Constitution et d’imposer un système répressif basé sur le soupçon et la méfiance envers la population.

    Que l’extrême-droite soit présente, rien de surprenant. Elle s’y trouve à son aise. Nous avons pu y voir, bras dessus, bras dessous, Bigard, Lassalle,

    Eric Zemmour, interviewé par le site du « philosophe » Onfray.

    Zemmour, Messiah… Mais cela présente un grand avantage. Cela clarifie les choses : elle avait fait mine d’être du côté du peuple pendant les Gilets Jaunes, et maintenant demande plus de moyens pour éborgner. Finalement, elle est toujours la même extrême-droite, héritière du Parti de l’Ordre.

    Les discours tenus par une certaine gauche ont de quoi laisser pantois. PS, EELV, PCF ont défilé avec la Police. C’est honteux. Elle a renoncé intégralement à aller à contre courant des discours démagogiques. Olivier Faure, secrétaire du PS, avait lancé à la volée que les policiers devraient « avoir un droit de regard sur la justice ». Il s’agit d’une déclaration dont nous pensons qu’il faut peser la dangerosité. Même le PCF – là, c’est un naufrage ! – est allé

    Peut être une image de texte qui dit ’Le communiste Fabien Roussel, le socialiste Olivier Faure, l'écologiste Yannick Jadot y seront Le candidat communiste à l'élection présidentielle Fabien Roussel sera aussi là. । de la sécurité son principal thème de campagne. en effet fait Fabien Roussel @Fabien_Roussel _Roussel Les 10 000 postes de policiers prevus vont à peine permettre de retrouver ce que Sarkozy avait supprimé. Nous n'arriverons même pas au niveau de 2007. Je veux creer 30 000 postes supplémentaires et les former. @franceinfo 8:50 AM 13 mai 2021 356 262 Partager ce Tweet’

    dans la surenchère : demander plus d’emplois policiers, sans jamais expliquer à quel tâche ils sont voués. C’est pourtant l’un des points fondateurs du marxisme : s’intéresser à la nature de l’Etat et comprendre qu’il est l’expression de la dictature d’une classe sur une autre.

    Nous saluons l’attitude de LFI, parmi les organisations de la gauche parlementaire, dans le fait de refuser de se prêter à cette mascarade. De même, nous ne pouvons que saluer aussi l’évolution du positionnement de Lutte Ouvrière, qui avait soutenu en 2016 les manifestations de police, et qui aujourd’hui les dénonce. Dans l’ensemble, la gauche extra-parlementaire n’a pas mordu à l’hameçon, hormis certains ovnis qui se sont évertués à défendre l’État tel qu’il est : bourgeois, réactionnaire, répressif.

    Le fait que des confédérations syndicales nombreuses aient participé et soutenu cette manifestation pose question : si le syndicalisme est une nécessité pour les travailleurs et les travailleuses, doit-il défendre les intérêts de ceux qui sont payés pour l’écraser ? L’ambiguïté de cette question montre une chose importante : les limites de l’action économique et le besoin d’une action politique, qui soit « au dessus de l’horizon professionnel ».

    Il est indéniable que le gouvernement cherche aussi à fragmenter le camp de la lutte. Nous voyons qu’une pression forte est exercée, comme au premier mai, pour essayer de pousser les uns à valider l’intervention de la police contre les autres. Et cette pression marche.

    La réalité est là : le nombre de policiers tués en service n’est pas forcément plus fort qu’avant. Le nombre de délits et de crimes n’est pas plus élevé. Les statistiques de l’INSEE le prouvent. Ce qui augmente, c’est le sentiment. Et ce sentiment est un enjeu politique et sociétal important. Il nourrit les campagnes des réactionnaires tandis qu’il anesthésie les esprits des exploités et des exploitées en les laissant dans la peur. C’est pour cela que Darmanin s’est fendu d’une déclaration disant qu’il préférait le « bon sens du boucher-charcutier de Tourcoing ». En somme, une réalité alternative.

    Notre voix : celle de la lutte.

    Nous le disons toujours : oui, la société est violente et il faut effectivement des moyens pour avoir accès à la justice et vivre en sécurité. C’est un fait. Mais la question de la gestion de ces violences et de leur résolution est ce qui nous différenciera. Certains voient cela au travers d’une gestion quasiment coloniale, par l’expédition punitive et l’écrasement des « classes dangereuses », par des forces spéciales. Elle est construite pour cette fonction, et elle a constamment été améliorée pour y parvenir. Elle n’est pas « dévoyée » ou « détournée de sa fonction », au contraire : nous reconnaissons qu’elle l’exerce efficacement.

    Nous, nous croyons à l’expérience des révolutions, de la Commune et de la construction du socialisme : le fait que le maintien de l’ordre soit le fait du peuple directement, comme l’était le Garde de la Commune, tandis que les crimes sur du ressort d’enquêteurs professionnels. Surtout, nous pensons que la très écrasante majorité des délits et des crimes naissent d’un contexte : celui d’une société de classe, oppressive, écrasante, broyant les individus et les maintenant dans les ténèbres.

    Un vent mauvais souffle, et gonfle les voiles de ceux et de celles qui rêvent d’un État policier, d’un Etat dans lequel la justice est dirigée par la Police et l’administration. D’un État carcéral, qui maintient son ordre par la force, puis qu’il ne peut plus le faire accepter.

    Nous ne savons pas de quoi demain sera fait. Mais nous devons envisager les pires scénarios et être prêts et prêtes. Cela signifie constituer un camp du peuple, uni unitaire, fort, capable de se protéger, de défendre, de remporter des victoires. Nous ne pouvons laisser le sectarisme et les vaines querelles diriger la gauche extra-parlementaire, tandis que nos ennemis de classe, eux, s’allient et se préparent.

  • La Palestine brûle et le monde regarde.

    La Palestine brûle et le monde regarde.

    Depuis plusieurs jours la Palestine subit des frappes terribles. Des images de villes éventrées arrivent. A peine extirpé de la pandémie de COVID, grâce à une politique de vaccination d’ampleur, l’Etat hébreux s’est relancé à corps perdu dans l’assujétissement et la colonisation de la Palestine. Des centaines de morts côté Palestinien et une dizaine côté Israélien. Ces morts sont ceux d’une politique coloniale, criminelle, menée par un Etat qui bénéficie, sinon du soutien, au moins de l’assentiment des autres puissances.

    Nous avons construit ce communiqué avec un temps de recul et de réflexion. Il nous paraissait important de ne pas simplement apporter une condamnation morale, pour lesquels quelques lignes auraient pu suffire. Mais il nous appartient aussi d’apporter des éléments d’analyse et de compréhension de la situation. D’une part pour la replacer dans le contexte plus large de l’affrontement géopolitique, mais aussi dans le cadre d’un système économique qui n’est hélas pas exceptionnel : celui de la colonisation et de la surexploitation.

    Nous condamnons la politique menée par l’État d’Israël au Moyen-Orient.

    S’il semble que des Palestiniens aient agressé des Israéliens, dans un mouvement de colère, nous ne pouvons jouer au jeu puéril du « qui a commencé » sans prendre en compte l’ensemble du contexte ni sans mettre dans la balance la disproportion énorme entre la violence d’un camp et de l’autre.

    Partant de l’annulation des élections Palestiniennes, qui ne se sont pas tenues depuis 10 ans, un mouvement de colère grondant s’est emparé du pays. L’impossibilité d’avoir une expression politique a été un des déclencheurs. Mais les projets israéliens en ont été un autre.

    Un des objectifs est d’effacer purement et simplement le quartier de Sheikh Jarrah, quartier Arabe de Jérusalem-est. A travers cette conquête, l’État d’Israël souhaite réaliser un de ces fantasmes : faire de Jérusalem sa capitale « une et indivisible ». Pour les plus radicaux, elle ne se partage pas. Qu’importe que ceux qui vivent sur terres soient là depuis des siècles : cette prophétie est placée au dessus de la valeur de la vie humaine.

    Le 9 mai, les forces Israéliennes ont mené une opération dans la Mosquée de Al-Aqsa. Elle a été en partie incendiée. Devant l’esplanade de la Mosquée, lieu saint de l’Islam, les ultra-nationalistes israéliens ont chanté et dansé.

    Comme toute situation de conflit, elle est tragique, et cause des souffrances de toutes part. Mais nous ne pouvons ôter le fait primordial que les Palestiniens sont chassés de leurs terres et subissent les frappes d’une des grandes puissances militaires, tandis que leurs villes sont devenus des prisons à ciel ouvert. Ils sont les agressés, tandis qu’Israël est l’agresseur. Ils manquent de tout, d’eau potable, de nourriture, de soins, de perspectives économiques. Ils manquent même d’espoir.

    L’ONU montre une fois de plus son incapacité totale à pouvoir traiter cette question sérieusement. Et pour cause : les enjeux dépassent le cadre simple de l’agression sur un peuple.

    Israël représente un pivot géopolitique. Il est une tête de pont occidentale dans le Moyen-Orient, un balcon sur Suez, une base militaire fortifiée pour contrôler le pétrole. Il s’inclut donc dans un jeux cynique qui ne se limite pas au cadre étroit du Levant, ni même du Moyen-Orient, mais dans le cadre d’un affrontement mondial entre camp hostiles. Et, dans ce jeu, les Palestiniens sont sacrifiés, et les Juifs eux mêmes, qui cherchaient là un havre de paix après l’enfer, sont aussi voués à vivre dans un camp retranché.

    Et, injure suprême, nous voyons des imbécilités proférées en solidarité avec Israël : des tweets, des communiqués, des actes symboliques. L’Autriche s’est permise de hisser le drapeau à l’étoile de David au dessus de son parlement, en solidarité. Estrosi a fait de même à Nice. Valls, quant à lui, parvient une fois de plus à décrocher la palme de la génuflexion : il a publié une photo des frappes israéliennes, en prétendant qu’il s’agissait de celles du Hamas. On croit rêver : l’agresseur est encensé, protégé, défendu politiquement et militairement.

    Manuel Valls a-t-il affiché son soutien à Israël en partageant une image  d'une frappe sur Gaza ? – Libération
    Tweet supprimé par la suite.

    Heureusement, à l’inverse, la solidarité s’est exprimée. Les dockers de Livourne ont bloqué les exportations d’armes vers la Palestine. Des centaines de manifestations ont défilé partout dans le monde. Les masses populaires se montrent solidaires de la Palestine et de ces souffrances. Ce n’est pas pour rien que les slogans disent qu’au travers d’elle « c’est l’humanité qu’on assassine ».

    La répression s’emballe.

    Bertrand Heilbronn, président de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), a été mis en garde à vue ce mercredi 12 mai vers 19H, à sa sortie du Quai d’Orsay. Cette arrestation est une étape importante dans une répression des soutiens aux mouvements de lutte internationaux. N’oublions pas non plus que le soutien au Kurdistan ne tient qu’a un fil, et que, du jour au lendemain, l’Etat peut révoquer sa tolérance vis-à-vis de ceux qui sont liés à la lutte pour un Kurdistan libre et appliquer la politique antiterroriste. Quelle ironie que Darmanin, ardent admirateur de Napoléon et de sa politique d’assimilation forcée, soit l’exécutant de cette politique.

    Nous ne parvenons pas à comprendre le choix de réprimer de manière aussi forte un mouvement de protestation qui existe depuis des décennies.

    A nos yeux, il existe trois raisons possibles qui peuvent motiver une répression d’une ampleur supérieure et cette censure médiatique. Nous excluons d’emblée les conception antisémites et les thèses qui feraient d’Israël un empire tentaculaire, ou d’autres fantasmes sur un quelconque complot juif. Ce sont donc d’autres motivations qui doivent entrer en ligne de compte. Elles ne s’excluent d’ailleurs pas mutuellement.

    La première possibilité est celle d’une hausse des enjeux géopolitiques dans la région, ce qui expliquerait un alignement plus fort de la France derrière Israël, et justifierait de réprimer les voix dissonantes.

    La seconde est possiblement liée au calendrier électoral français. Durcir le ton est une manière de pouvoir draguer un électorat pro-israélien et de faire un appel du pied -tout en piochant dans un inconscient antisémite : celui de la « communauté organisée »- aux juifs et juives de France.

    La troisième est celle de la poursuite d’une politique arabophobe et islamophobe en France. Elle est une méfiance toute particulière envers cette lutte, populaire, en particulier dans les quartiers, considérée comme une porte d’entrée dans l’hypothétique nébuleuse « islamo-gauchiste ».

    Nous ne confondons pas le racisme avec la critique politique.

    Nous redisons ce que nous avons dit par le passé : nous ne pouvons qu’exprimer notre plus vif mépris pour deux positions répugnantes qui peuvent exister sur ce conflit : La première est cette d’amalgamer cyniquement la Shoah, l’antisémitisme et Israël pour rendre inattaquable la politique de cet État. La seconde, l’inverse, est d’utiliser la politique criminelle d’Israël pour justifier l’antisémitisme et la Shoah.

    L’assimilation perverse des Juifs et des Juives du monde entier à l’existence d’Israël et à la politique du gouvernement de cet état est une escroquerie qui nourrit l’antisémitisme et prend en otage les Juifs et les Juives. Nous écrivions ainsi, le 18 février 2019 :

    « Dans le fond, aux yeux de ces individus, même inconsciemment, la question du racisme ne prend qu’une dimension tactique. Elle est une manœuvre qui permet de marquer des points, qui permet de s’afficher, qui permet de faire parler de soi. Le FN/RN, montant les homosexuels contre les musulmans pendant des élections, puis faisant l’inverse pendant la Manif Pour Tous. Valls proclamant une fidélité inconditionnelle à la « communauté » juive et à Israël « je suis lié (…), de manière éternelle, à la communauté juive et à Israël », proclamant les juifs comme étant « à l’avant-garde de la République » et aujourd’hui défilant avec la droite Franquiste en Espagne.

    Valls , par ses propos, a insinué qu’il existerait une élite auquel il faudrait prêter allégeance.

    Or, les Juifs et Juives de France, qui n’avaient rien demandé de plus que le fait qu’on les laisse tranquille et de ne pas être assimilés de force à la politique d’Israël, se sont vus impliqués, à leur corps défendant dans les propos d’un premier ministre qui fait appel à un inconscient antisémite. En dernière analyse, ces propos ont nettement plus contribué à mettre en danger les Juifs et les Juives de France qu’a leur apporter le moindre réconfort. Voilà à quoi mène la loyauté « éternelle » de ces agitateurs.« 

    Dans ceux et celles qui soutiennent la Palestine, il existe des antisémites. Nous n’avons aucune tolérance pour ces personnages et pour leurs thèses. Nous les avons toujours dénoncées et nous les dénoncerons toujours.

    Notre position politique est de traiter Israël comme n’importe quel autre État. Et comme dans n’importe quel autre État, nous considérons que nous avons le droit de critiquer son fonctionnement et sa politique, qu’elle soit intérieure ou extérieure.

    Les tenants de l’exceptionnalité de cet État attisent en réalité le feu de l’antisémitisme. Ils font le travail d’amalgame qu’ils prétendent dénoncer : en assimilant antisionisme (au sens d’opposition à l’attitude d’Israël vis-à-vis de son environnement, mais aussi de l’existence d’une entité juridique pratiquant une séparation ethnico-confessionnelle.) à l’antisémitisme, ils étranglent l’espace qui permet à une critique politique dépassionnée d’exister.

    Le colonialisme est un crime contre l’humanité.

    Si la politique Israélienne choque tant, c’est qu’elle est l’expression ultra-localisée de la politique colonialiste et de la domination d’un État sur un autre. Contrairement à l’impérialisme français, où la métropole est à plusieurs milliers de kilomètres, là dans le cas du colonialisme Israélien, ils se font face.

    Mais peut-on parler de nettoyage ethnique ? Cette question est complexe, notamment parce que ne pas participer à l’escalade sémantique, le fait d’employer des mots toujours plus forts, est parfois vu comme une trahison. Occupation devient colonisation, colonisation devient épuration ethnique, et épuration ethnique devient génocide. Pourtant, lorsqu’on analyse froidement la politique israélienne, on se rend compte qu’elle est bien plus complexe que prévu.

    L’État d’Israël mène une politique parfois contradictoire envers le peuple Palestinien. A plusieurs reprise, les colons se sont montrés beaucoup plus radicaux et extrémistes que le Parti Likoud, qui est majoritaire à la Knesset. Ces colons ont placé l’Etat devant le fait accompli, l’obligeant à intervenir pour les protéger et pour sécuriser les zones autour de leurs habitations. Ces colons veulent chasser les Palestiniens des terres, et dans ce cadre là, on peut parler en effet, d’une politique de déplacement forcée, par la violence.

    Mais dans l’ensemble, l’État d’Israël tire un profit important de la présence des Palestiniens et de leur assujétissement. Prisonniers d’une enclave économique intégralement dépendante de l’Etat Hébreux, ces palestiniens sont complètement intégrés dans un espace économique, une sphère économique unique, unissant de chaque côté des miradors. Les lois qui s’appliquent au marché du travail Palestinien font qu’ils travaillent pour une bouchée de pain dans les secteurs les moins rentables de l’économie israélienne. La bourgeoisie de l’État d’Israël en tire un grand nombre de surprofits typiques du mode d’échange colonial. En redistribuant une partie de ces surprofits à la population, l’Etat d’Israël entretien un niveau de vie élevé et une adhésion de la population à ce mode de fonctionnement économique.

    A ces considérations bassement économiques s’adjoignent des considérations idéologiques : l’Etat d’Israël joue largement la carte de la peur et de la prophétie auto-réalisatrice. Il crie à l’encerclement par des forces hostiles, mais dans le même temps contribue à maintenir cette situation de conflit par ses méthodes de fonctionnement. Il rend impossible une résolution pacifique, mais est du même coup voué à lutter pour son existence, rendant toujours plus compliqué une normalisation. Il est ainsi l’Etat qui a le plus pratiqué l’assassinat commandé, avec plusieurs milliers de personnalités tuées, et ses « frappes », en réalité des bombardements de police, matraquent les civils innocents. Difficile de mettre sur le même plan les roquettes artisanales et les bombes guidées. La violence des victimes, violence certes, ne saurait être comparée à celle de l’agresseur.

    Sortir de la crise.

    Quelque soient les raisons de fond, et quelques soient les justifications de celles-ci, notre position est simple : nous voulons que ce conflit prenne fin ! Nous n’avons pas la prétention d’être des experts capable de fournir clé en main une solution. Celles-ci ne sont pas légion.

    Dans l’immédiat, il nous paraît vital que la Palestine puisse avoir un État souverain, avec des frontières garanties, et dont l’intérieur (s’il en reste encore un !) soit sanctuarisé. Mais ce partage, ou plus cette fin du dépeçage, n’est qu’une étape.

    Certains ont pu défendre à un moment l’idée que l’absorption totale de la Palestine par Israël signifierait la fin du problème. Mais c’est mal comprendre l’attitude très particulière de cet Etat ; il maintien des statuts juridiques différents en fonction des origines et des confessions. Une seule entité avec deux populations reviendrait à recréer l’Afrique du Sud d’avant 1994, l’Algérie française d’avant 1945, ou les USA de la ségrégation. Cette « victoire par la défaite » est donc impossible. La résistance palestinienne est donc vouée à poursuivre sa lutte.

    Cependant, nous avons confiance dans les forces progressistes Palestiniennes, notamment les organisations communistes telles que le FPLP, et dans les forces progressistes israéliennes – qui existent et qui luttent contre la colonisation – pour la dessiner et la porter d’une seule voix : un Etat dans lequel pourront vivre sans discrimination chacun de ceux qui veulent y vivre. Dans une Palestine laïque, démocratique et socialiste.