Auteur/autrice : unitecommuniste

  • Le P.S. tombe les masques sur l’inutilité de son programme

    "Notre parti n'a aucun intérêt à rejouer la pièce des élections précédentes, où le temps passé à discuter et à se disputer pour élaborer un programme est inversement proportionnel au temps que le candidat passe à le lire et à le reproduire."

    Le Parti Socialiste, enfin, cesse de se mentir. Après l'adoption d'une motion par le Conseil National du Parti Socialiste, il renonce officiellement à présenter un programme.

    L'explication est simple: Les programmes ne sont pas appliqués. Le PS quitte donc la tradition des partis issus du mouvement ouvrier -où le programme est le point central, et le candidat secondaire- pour rejoindre la tradition gaulliste: une clique, une coalition, qui s'unit pour porter un candidat pour les élections, mais sans synthèse programmatique.

    C'est un double aveu qui est fait:
    Le premier est que le PS s'effondre peu à peu, et que son unité de façade s'est complètement fracturée. Le sauve-qui-peut de la fin du mandat du président le plus impopulaire de la Vème République a effrayé la bande d'opportunistes qui composent le PS. Les rats quittent le navire, et l'hémorragie de cadres ne fait que commencer.

    Pour se sauver, le PS joue la carte de la primaire large, de la candidature unique du plus populaire. Le PCF, larbin du PS, son croupion, sera là pour donner l'impression qu'il s'agit d'un front uni large, en échange il conservera quelques mairies et élus aux législatives. Les logos se feront plus discrets, le PS en à l'habitude, le no-logo lui a toujours permis de s'infiltrer et de se faire servir la soupe. Ainsi, les cadres du PS espèrent conserver leurs sinécures, leurs privilèges, et échapper à la destruction totale du parti Socialiste.

    La deuxième raison qui pousse à ne pas faire de programme est plus systémique. 
    Un débat de fond sur des idées ne sert à rien, en effet, car le pouvoir réel n'est pas à l'Elysée. Les promesses du candidat Hollande, tout comme celles de chaque candidat, étaient automatiquement invalides dès qu'elle touchaient un tant soit peu aux intérêts de la bourgeoisie. A quoi bon faire un programme quand les grands capitalistes, la bourgeoisie donnent les ordres ? Pourquoi s’embêter ? Les transnationales françaises déterminent la politique diplomatique de la France, pourquoi donc s'en faire ? Et si nous n'obéissons pas, gare ! La dette d'Etat nous étoufferait, et nous perdrions le soutien de nos braves créanciers !

    C'est ce double aveu, de la part du PS, qui est à saluer: L'élection présidentielle est une farce, une farce dans laquelle les partis réformistes sautent à pied joint, avec joie et enthousiasme. Une farce qui se base sur l'opportunisme, la démagogie, le populisme.
    Une farce qui vise à présenter des choses irréalisables pour glaner des voix, à faire croire que demain le soleil brillera toujours.

    Une farce d'autant plus ridicule que le bout de piste n'est qu'un bureau. Le président n'est que le chef du conseil d’administration de la bourgeoisie française. Qu'importe pour qui les votes pencheront, ce ne sera qu'une saveur légèrement différente pour votre exploitation. Saveur marine, hollandaise, ou autre. Mais le fond sera le même.

     

    Nous, communistes, considérons que cette farce, cette blague de mauvais goût -en particulier pour les victimes de l'impérialisme français- a assez duré. Nous rejetons le Parti Socialiste comme nous rejetons toutes les vermines opportunistes, tous les traîtres et les ennemis. Le Jour où une élection sera en mesure de mettre en péril le pouvoir de la bourgeoisie, gare au fascisme !

    Lénine écrivait, dans Le renégat Kautsky et la révolution prolétarienne:
    « Jamais, si ce n'est dans l'imagination doucereuse du doucereux benêt Kautsky, les exploiteurs ne se soumettront à la volonté de la majorité des exploités, sans avoir fait jouer dans une bataille suprême, désespérée, dans une série de batailles leur avantage. »
    Pour liquider le capitalisme, il ne faut pas un bulletin de vote. Il faut une armée: celle du peuple !

  • Prolétaires sous l’uniforme ?

    L'organisation trotskiste Lutte Ouvrière s'est fendue d'un communiqué sur les manifestations des policiers qui est plus que révélateur de ses conceptions idéologiques. 

    Niant la violence de classe de la part de la bourgeoisie, elle prend le parti de soutenir la police, gémissant sur le fait que les attaques contre les policiers soient des actes condamnables. "On ne peut évidemment qu’être choqué des agressions gratuites répétées à l’encontre des policiers."

    La violence du peuple répond à la violence de la bourgeoisie. A la violence de l'exploitation, à la violence de la discrimination, à la violence du racisme institutionnalisé.

    Que nous puissions débattre des moyens par lesquels elle s'est exprimé est une possibilité, en effet, mais en nier le fond de classe, s'est être un allié de la bourgeoisie. 

    "Leur hiérarchie les dépêche contre des locataires s’opposant à une expulsion ou des parents d’élèves à une fermeture de classe et contre les travailleurs en grève et les manifestations ouvrières." Est un fait indéniable. Cependant, bien qu'ils en soient le bras armé, parfois contre leur gré, leurs revendications, ainsi que celle de leur mobilisation ne sont pas des revendications progressistes. 

    Les policiers ne dénoncent pas, en gentils hommes et femmes empreints d'amour, "La dégradation de la situation (…) subie dans toutes les cités, dans tous les quartiers. " Non, ils réclament plus d'armes, plus de libertés, plus de moyen pour mener à bien leur mission d'oppression. Ils réclament des moyens pour servir plus efficacement la bourgeoisie et écraser plus efficacement le peuple.

     "l'une des premières revendications porte sur le matériel. Les policiers se plaignent souvent d'avoir des locaux vétustes, du matériel informatique hors d'usage ou des véhicules et des protections qui ne sont pas adaptées." Selon le journaliste Hakim Abdelkhalek , "Bernard Cazeneuve promet d'accélérer la modernisation de tous ces équipements. Sur ce point, Manuel Valls avait déjà promis des véhicules anticaillassage ainsi que des protections antifeu."

     

    Une des revendication "porte sur les missions. Les policiers se disent fatigués, épuisés moralement et physiquement. Au total ils ont accumulé 18 millions d'heures supplémentaires." D'ailleurs, le journaliste ajoute que ce mercredi 19 octobre au soir, "Bernard Cazeneuve promet de recentrer le travail des policiers sur leur cœur de cible. Les policiers demandent par exemple à être déchargés de certaines missions comme la protection de certains bâtiments publics."

    C'est une erreur de conception que de croire que la bourgeoisie " s’intéresse aussi peu à la vie des quartiers populaires qu’à celle de leurs forces de répression sur le terrain. " Bien au contraire, l'utilisation de l'Etat d'urgence, les méthodes inspirées par l’expérience coloniale sont autant de moyens mis en oeuvre pour contrôler ces quartiers. Ce qui ne leur importe pas le moins du monde, en revanche, c'est la misère qui y règne. Tant qu'elle n'explose pas. 

    "Les possédants ont besoin d’une police pour protéger leurs biens et leur ordre social, cette police largement utilisée par exemple lors du mouvement contre la loi El Khomri." Voilà une vérité bien assénée. Une vérité qui devrait pousser l'organisation trotskiste à réfléchir à deux fois avant de pleurer sur les malheurs des agents de la bourgeoisie. 

    "L’espoir, aussi lointain puisse-t-il paraître aujourd’hui, réside dans plus de conscience, plus d’organisation, plus de solidarité, plus dans confiance dans la classe ouvrière et le combat pour changer le monde." Encore une fois, Lutte Ouvrière effleure la vérité pour ensuite s'enfoncer dans la bêtise. 

    Lino, du groupe de musique Arsenik, écrivait que "si l'espoir fait vivre, ceux qui vivent d'espoir meurent de faim." Poser les questions en terme d'espoir est un bien piètre vœu. Communistes, nous posons les questions non en terme d'espoir mais en terme de tâches à remplir. Et lutter contre les détachements armés de la bourgeoisie, les démoraliser, instiller le défaitisme chez eux est une tâche. Non soutenir leurs revendications et leurs rêves fascisants, tremplin de l'extrême-droite. 

    Que les manifestations de policiers soient le reflet d'une aggravation des contradiction dans la société française est un fait. Cependant, ramper devant les factions idéologiquement les plus réactionnaires, fussent-ils simples agents de la bourgeoisie, est une position fausse. Fustiger ceux qui ne tolèrent plus la présence de l'Etat, de la Police, de l'Armée dans leurs quartiers est révélateur de la tendance fondamentalement réactionnaire qui réside dans l'idéologie de L.O.

    Le discours du "prolétaire sous l'uniforme", déjà tenté par les trotskistes durant la seconde guerre mondiale, cherchant a saboter la Résistance, se reproduit aujourd'hui de nouveau.

    Nier le contenu réactionnaire de ces manifestations, c'est croire que "tout ce qui bouge est rouge", c'est saper le lien avec les classes populaires, qui subissent l’oppression de la police et de la justice chaque jour. 

    Aujourd'hui comme demain, nous n'oublions pas qui nous tire dessus, qui nous arrête et qui nous opprime. Et nous n'allons pas soutenir leur quête pour faciliter cela!

  • La police manifeste.

    Chose rare, la police manifeste. Armée, équipée, de nuit, elle lance des manifestations sauvages. Pourquoi ? Parce qu'elle se sent haïe.

    Ce soir, la police manifestera à Lyon, à la suite d'une altercation à Vénissieux.

    Il n'est pas surprenant que les policiers et les policières aient confusément conscience du fait que leur rôle est celui de gardiens de la bourgeoisie et de l'exploitation pacifique des travailleurs et des travailleuses. Il n'est pas non plus surprenant qu'ils aient conscience de la haine que leur voue les classes populaires, qu'ils répriment sans remords, tout en étant méprisés également par la bourgeoisie.

    Cependant, contrairement a certains qui se ruent sur l'aubaine pour saluer leur "frères et soeurs sous l'uniforme", qui souhaitent une renaissance de l'unité "Charlie", nous regardons les choses avec recul.

    Qu'il puisse y avoir, dans les rangs de la police, quelques idéalistes authentiquement persuadés d’œuvrer pour le "bien", nous n'en doutons pas. Cependant, ils ne restent guère, dégoûtés de la réalité de leurs tâches, ou sombrent dans la dépression, le cynisme, voire le suicide.

    Mais l'institution, elle-même, n'est née que pour maintenir par la force l'ordre bourgeois. Marx les appelait les détachements spéciaux de la bourgeoisies, ses détachements terroristes.

    C'est d'ailleurs pour cela que les policiers et les policières se sont mobilisés cette nuit.

    Leur discours n'était pas pour un sou un discours de fraternité avec le peuple, ce n'était pas un "nous sommes dans le même camp", non. Au contraire, c'était un appel à plus de moyens pour écraser les masses. Un appel à plus de mobilisation, plus de liberté d'action pour continuer leur mission d'oppression contre le peuple.

    A ceux qui saluent et embrassent ces manifestations, nous leur répondrons qu'ils embrassent des mots d'ordres réactionnaires, sécuritaires, visant à caporaliser la société.

    Les réactionnaires de tout poil se sont engouffrés dans la brèche, pour offrir les promesses les plus mirobolantes aux forces de l'ordre, prêts à tout pour vomir des messages réactionnaires, stupides et -qui plus est- hypocrites.

    Le père Sarkozy multipliant les caresses, alors que le fils est lui-même en conflit avec la police est un exemple.

    Que la police soit démoralisée et épuisée est une bonne et non une mauvaise chose. Nous ne souhaitons pas une police bourgeoise heureuse. Nous souhaitons se démoralisation et sa désorganisation, laquelle ouvre la voie à des victoires pour les masses populaires !

    Tant que la police bourgeoise sera puissante, l'ordre bourgeois le sera également.

     

     
  • Sur la situation politique au Brésil.

    La chute de Dilma Rousseff de la présidence du Brésil représente les intérêts de la bourgeoisie, et pas ceux de la classe ouvrière. Certes, la politique de conciliation de classes menée par la Parti des Travailleurs à travers les mandats consécutifs de Lula Ignácio da Silva et de Dilma Rousseff a davantage servi les intérêts de la bourgeoisie, ce qui a inévitablement mené à la crise financière qui a caractérisé le second mandat de la présidente fraîchement destituée.


    Le Parti des Travailleur, à la tête du Brésil depuis 2002, n’est rien de plus qu’un simple parti réformiste. Ceux et celles qui attendait mieux se sont ou bien emplis d’illusions, ou bien se sont mal informés. Le PT n’est pas un parti révolutionnaire, il est un parti de cogestion, de coalition, parfaitement intégré à la démocratie bourgeoise car il en est sa jambe gauche, et s’alliant depuis toujours avec la droite dans un souci purement électoraliste.

    Alors certes, les réformes sociales menées par Lula puis par Dilma dans le maigre cadre que leur laissait la démocratie bourgeoise ont sorti le Brésil de la situation de famine et de misère dans laquelle il se trouvait jusqu’au début des années 2000. Avant eux, personne n’avait fait quelque-chose de semblable. Certes, le PT a défendu la classe ouvrière à de nombreuses reprise, en particulier à travers la Centrale Unique des Travailleurs (CUT), premier syndicat ouvrier de l’Histoire du Brésil, qui a permis l’établissement d’un rapport de force face au patronat, ce dernier s’est retrouvé obligé de concéder au prolétariat le minimum vital: des droits. Certes encore, le PT a promu la science en créant des universités publiques, en ouvrant l’accès à l’université publique pour les enfants de prolétaires, jusqu’alors exclus de toute éducation supérieure. Enfin, pour rendre au PT ce qui est au PT, il a toujours endossé la bannière des minorités, à travers le mariage homo-affectif, à travers les lois pour la protection des femmes, à travers les cotas raciaux nécessaire pour mettre fin à la marginalisation des afro-brésiliens.

    Accusé de corruption par ses propres alliés droitiers, le gouvernement de Dilma Rousseff a commencé à mener la plus vaste campagne anti-corruption de tout l’Histoire du Brésil, permettant ainsi de faire un ménage nécessaire. Cependant, cette bourgeoisie à la tête du Brésil depuis plus de 500 ans n’a pas vu d’un bon œil cette politique anti-corruption, et a commencé à avoir peur pour ses propres intérêts, car la corruption est très récurrente dans les partis de droite, liés de très près aux mafias organisant le trafic de drogue dans les quartiers défavorisés. Dans un soulèvement visant le maintien des pratiques corruptrices, les partis de droite ont commencé un travail de destruction systématique et de stigmatisation du gouvernement de Dilma Rousseff, afin d’empêcher la tenue de tout procès anti-corruption, ce qui a abouti à une escalade politique qui a mené, fin avril, à la destitution provisoire de la présidente de la République.

    Ce 31 août dernier, un sénat composé très majoritairement de politiciens corrompus, a voté pour la destitution officielle de la présidente Dilma, au nom de la lutte contre la corruption, ironiquement.

    Aujourd’hui le Parti des Travailleurs paie pour les alliances toxiques qu’il a réalisé avec la bourgeoisie corrompue, avec les chefs mafieux, avec ces colonels prêts à tout pour asservir la classe ouvrière, avec ces politiciens putschistes. Et il n’est qu’un exemple supplémentaire de l’échec prévisible et inexorable de la sociale démocratie. L’impossibilité de la conciliation de classe, de vouloir à la fois servir le peuple tout en ne froissant pas la bourgeoisie, est symptomatique de la politique du PT. Même une fois le putsch consommé, Lula dans ses derniers discours en septembre 2016, qui est encore très fort d’une base populaire large, confirmait la continuation de la conciliation de classe. Le Parti des Travailleurs se prend a son propre piège: il continue de s’allier avec les mêmes partis de droite dans des coalitions électoralistes pour les élections municipales qui auront bientôt lieu au Brésil: comme si toute cette débandade ne lui avait pas servi de leçon.

    Le retour de la grande bourgeoisie au pouvoir officiel est marqué par un virage à droite: destruction systématique de la santé, de l’éducation et plus généralement du service publique, répression toujours plus forte des mouvement ouvriers, fin des allocations sociales, libéralisation à l’extrême de toute l’économie, vente des moyens de production, en particuliers dans l’industrie lourde et le domaine pétrolier.

     Peu d'options sont ouvertes aux forces révolutionnaires et progressistes brésiliennes. Pour en finir avec la bourgeoisie, elle sera confrontée à la lourde tâche de se recomposer et de former ou d'intégrer un parti de masse, lequel sera en mesure de mener une lutte révolutionnaire. La conciliation de classe n’amènera qu'a l'impasse, seule la lutte frontale contre la bourgeoisie peut amener à la victoire. Cette effort gigantesque, dans des conditions terribles que doivent entamer les communistes brésilien doit recueillir notre soutien politique, partout dans le Monde.

  • Mobilisation contre la loi El-Khomri L’ouverture du second round.

    Mobilisation contre la loi El-Khomri

    L’ouverture du second round.

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    Ce 15 septembre, la mobilisation contre la loi « El-Khomri » reprend, après une pause estivale, laquelle à grandement profité au gouvernement. Malgré une lutte longue et ardue, début 2016, malgré des centaines de milliers de mobilisés, aucun recul sensible n’a été perçu de la part du gouvernement.

                Malgré des journées de grève d’importance, suivies et soutenues,

                Malgré une opinion très fortement défavorable à la loi,

                Malgré des manifestations et des actions massives,

    Le gouvernement PS / EELV / PRG s’est montré sourd. Il s’est, en revanche, démasqué comme étant le plus fidèle laquais de la bourgeoisie et du patronat. Il incarne la faillite complète et intégrale du socialisme réformiste, prétendument du coté du peuple, mais objectivement du coté des patrons et des bourgeois .

                Ceci nous devons en tirer les conclusions qui s’imposent.

                La lutte contre cette loi n’est pas une simple épreuve de force.

    Elle touche des aspects stratégiques de l’organisation du travail, et cela, la bourgeoisie en a conscience. Pour les patrons et les patronnes, le passage de cette loi leur donne l’impression qu’ils et elles touchent du doigt leur rêve: liquider le code du travail. Et, de ce fait, cette classe sociale, pressurée par la crise, voit en cette loi un Eldorado et l’exploitation. Que ce paradis soit un pas de plus dans la crise, peu leur importe, car seule la survie à court terme est la loi du capitalisme.

                La bourgeoisie ne recule que si elle est contrainte.

    La mobilisation a connu un succès important en terme de volume, en terme quantitatif. Mais cela ne suffit, hélas pas. Ce qui peut permettre de remporter la lutte est un bond qualitatif. Seule l’organisation politique des travailleurs et des travailleuses peut peser dans la balance, car elle ne pointe pas du doigt simplement la manière dont le capitalisme exploite, mais pose la question de sa destruction en tant que système politique et économique.

                C’est cela que la bourgeoisie redoute, la politisation des luttes.

    Tant que l’échéance la plus importe reste l’élection présidentielle,  rien à craindre. Mais la construction d’organisations politiques visant à frapper directement le capitalisme, sans en respecter les règles truquées, les terrifie. Elles mettent en péril l’illusion réformiste, allié principal du pouvoir de la bourgeoisie.

     

     

    FAISONS GRANDIR LA CONTRE-ATTAQUE.

    NOUS DEVONS RECONSTRUIRE LE CAMP DU PEUPLE

  • Francois Fillon promeut la révision de l’Histoire

    François Fillon et le lycée, c’est une longue histoire. Partisan et promoteur de leur autonomisation -leur privatisation rampante- en 2005, lorsqu’il fut ministre de l’Education Nationale, il développe, dans la course à l’Elysée, une conception particulièrement intéressante du rôle de l’enseignement. Intéressante, car révélatrice du contenu politique réactionnaire de ce personnage.

    Ces quelques tweets, fragments de son dernier discours, donnent ainsi un portrait fascinant de ce à quoi devrait-elle ressembler.

     

     

     

    La diatribe réactionnaire sur les uniformes, devant faire de l’éducation un moule, est une vieille rengaine. Une manière d’abolir cosmétiquement les différences de classes sociales, de cultures, dans les établissements, mais surtout une manière de les nier, de prétendre qu’elle n’existeraient plus des lors. Un cache-sexe hypocrite, en somme, mais qui reste un fantasme de caporalisation -au sens de militarisation des rapports- de la société.

     

    Dans cet ordre d’idée, la suppression des enseignements de « langues et cultures d’origine »  est aussi une manière de vouloir donner l’idée d’un creuset chauvin. Cependant, personne n’est dupe.

    Quand il est mentionné « de langue et culture d’origine »,  il est évident que ce qui est sous-entendu est « de langue et du culture d’origine Arabe », voir peut-être même les autres cultures ou langues mal-connotées, tel le Roumain, le Bulgare, le Turc ou d’autres encore… C’est aussi une manière d’imposer une nouvelle brimade injustifiée, une nouvelle stigmatisation, jetant de l’huile sur le feu.

    Lorsque notre ami François Fillon s’en prend aux dangereux pédagogues, aux dangereux syndicats, c’est aussi une attaque visant à soutenir l’idée d’un caporalisation de la société. L’école ne devrait pas être aux mains de ces gens-là, pour notre présidentiable, elle devrait être tenue d’une main de fer par l’Etat, être au service de ses ambitions impérialistes et chauvines.

     

    Ce qui nous amène au dernier aspect de ces tweets issus de son discours. Francois Fillon, annonce sans rougir, sans honte, qu’il désire forcer l’enseignement de l’Histoire à se travestir pour épouser un chauvinisme mensonger. Un Roman National, lequel n’est pas sans rappeler le « nos ancêtre les gaulois » si bien connu.

    Sans vergogne, l’annonce d’une réécriture de l’Histoire lui apparaît comme justifiée.

    Car pour François Fillon, comme pour les chauvins de toute espèce, l’histoire n’est pas une science, mais elle est encore au stade des « belles lettres » de Jules Michelet. Elle est un point d’appui, non pas pour comprendre le présent, mais pour appuyer une construction artificielle.

    Nous ne saurions ne pas faire de parallèle avec le livre de Georges Politzer, lequel évoque la manière dont Alfred Rosenberg, théoricien du national-socialisme, concevait l’histoire:

    « Dans cette conférence, intitulée : « la liberté de la science », M. Rosenberg a fait la déclaration suivante : « Il y a une conception catholique et une conception protestante de l’histoire. A côté des conceptions religieuses de l’histoire apparaissent les conceptions nationalement teintées. Nous croyons qu’il est temps d’annoncer une façon allemande de considérer l’histoire (M. Rosenberg, « Blut und Ehre », tome 2 ; page 210) ».

     

    M. Rosenberg constate donc qu’il y a une déformation ecclésiastique et une déformation chauvine de l’histoire.

    Il en tire la conclusion qu’il est temps d’ajouter aux déformations déjà existantes une déformation nouvelle, la déformation « allemande », c’est-à-dire, selon lui, national-socialiste.

    Déformer ainsi les faits, c’est ce que M. Rosenberg appelle « la liberté national-socialiste de la science ».

    Déformer l’histoire, c’est refaire l’histoire du passé selon les besoins du présent ; c’est subordonner l’histoire aux exigences d’une propagande. »

    Nous ne sommes pas en train d’annoncer que M. Fillon est un nazi camouflé, nous ne cherchons pas à faire un parallèle entre son tweet et le nazisme, mais  bien le fait qu’il se pose une question de méthode, lorsqu’est promu le fait de déformer sciemment l’Histoire, et même de réclamer ce droit.

    Les chauvins, les impérialistes et les bourgeois, en vérité, haïssent l’Histoire. Elle leur donne tort. Elle enregistre leurs crimes, leurs méfaits. Elle donne la possibilité aux masses de se situer dans le temps, dans les régimes politiques, et de se rendre compte que le capitalisme n’est qu’une étape, qu’un grain de sable qui sera vite balayé par le vent de l’avancée de l’humanité et du développement de celle-ci.

    Pour eux, elle doit rester un outil, servir leurs ambitions, être modelée pour répondre à leurs besoins. Vouloir un Roman National, c’est préparer le nationalisme débridé, le chauvinisme agressif. Vouloir cette histoire réécrite, c’est pour qu’elle soit une propagande, rien de plus. La réécrire comme le veut François Fillon, c’est chercher à noyer sous la propagande la plus agressive les jeunes générations, c’est chercher à inculquer de nouveau une culture militariste et chauvine. C’est faire de l’histoire de l’Etat Français un mythe, un fantasme positiviste, qui aboutit à une idée d’une place méritée -de droit divin- de la France dans le Monde.
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    Nous, communistes, malgré le torrent d’immondice que la bourgeoisie et ses alliés déversent sur notre histoire, malgré les falscifications grossières qui sont inscrites dans les manuels scolaires, nous ne redoutons jamais la vérité historique. Pour nous l’histoire est une science qui doit nous éclairer, non un conte pour enfant. Nous dénonçons cette manipulation grossière. Nous dénonçons ce projet dangereux, et d’une manière générale nous dénonçons ces élections, qui sont une mascarade, et qui soufflent, de plus, sur les braises de la xénophobie et du chauvinisme.

    Nous défendons l’histoire comme matérialiste et dialectique, comme devant être scientifique et non un roman. Nous défendons une histoire de la vérité, nescessaire pour que soient connues et critiquées les erreurs du passé. Nous revendiquons une histoire de l’humanité, de la lutte des classes, non une histoire de portraits et de mythes.

    Méfions nous toujours de la falscification ! 

     

     

  • Mettre dos à dos l’extrême droite française et Daesh ?

    CET ARTICLE A ÉTÉ RÉDIGÉ EN NOVEMBRE 2015 A LA SUITE DES ATTENTATS DE PARIS ET NE PREND DONC PAS EN COMPTE LES ÉVOLUTIONS DEPUIS CONCERNANT LA SITUATION POLITIQUE ET MILITAIRE. 

     

    Mettre dos à dos l’extrême droite française et Daesh ?

     

    L’extrême-droite est coutumière des grands écarts et des sauts périlleux de la pensée. Cela n’est pas une nouveauté. Cependant, quand elle n’est pas en train de vendre les armes qui ont servi à la tuerie de Charlie Hebdo, elle trouve quand même le moyen de faire le jeu des forces réactionnaires qui opèrent au Moyen-Orient.

    Soyons d’une claire et cruelle honnêteté : Les forces politiques qui la composent sont les seuls qui ont à se réjouir des attentats, qu’ils voient comme une démonstration par le fait de la véracité de leur thèses sur le caractère intrinsèquement terroriste de l’Islam. Démonstration d’un fausseté nette, mais qui pour autant est en vogue et est portée par un véritable raz-de-marée idéologique.

     

    « Refugees not welcome » : comment cette phrase renforce Daesh

     

     

    « Refugees not welcome » scande t’elle sur tous les toits, ceci de manière tout aussi figurative que littérale. L’extrême-droite tente d’agir comme un lobby en faveur de la fermeture des frontières, cela n’est pas nouveau.

    Les arguments employés ne servent qu’une politique démagogique, et recyclent médiocrement des thèses employées pour chaque vague migratoire. Cependant, ils ont un écho gênant à l’heure actuelle.

    Une des choses que redoute Daesh, c’est le vide. C’est même quelque chose qui tend à les terrifier. Cet exode massif de personnes qui quittent le prétendu califat, ou qui fuient la guerre civile, privent en effet Daesh d’une main d’œuvre, d’une source de revenu, bref de force vitales dont l’organisation à cruellement besoin.

    Dabiq, le journal de Daesh, le mentionne d’ailleurs de manière quasiment explicite. A travers leurs réseau de presse, ils cherchent à attirer des spécialistes ou des techniciens qualifiés pour permettre à leurs infrastructures de fonctionner de manière efficaces. Et pour cause, ils en manquent cruellement.

    La fuite massive de ces personnes qualifiées, qui pouvaient financièrement assumer les copieux pots-de-vin, ou les frais de départ de leur pays, met l’EI dans l’embarras. Une fuite encore plus massive la mettrait rapidement à genoux, incapable de réparer les dégâts des frappes.

     

    Gêner de quelque manière que ce soit l’exil des personnes fuyant l’EI, ne pas encourager les défections dans ses rangs, c’est lui offrir un cadeau certain. C’est lui offrir une durée de vie plus longue.

    Au lieu de placer de la méfiance dans ceux qui fuient la guerre civile ou le régime de terreur du prétendu califat, la logique voudrait, qu’au contraire, il faille tout faire pour faciliter l’évacuation du secteur, faciliter une espèce d’opération d’évacuation, en transformant les régions contrôlées par Daesh en désert aride.

     

    Daesh et l’extrême-droite se réjouissent en commun de chaque fermeture de frontière, de l’accroissement de la méfiance envers ceux qui fuient leur pays. La propagande anti-arabe et antimusulman menée par de nombreux groupes politiques ne peut que faire éclater de joie l’EI.

    Daesh ne cherche pas, pour le moment, à imposer un ordre hégémonique sur le monde. Il se contente d’ambitions bien moindre. Donc, contrairement à des mouvements de type insurrectionnel que nous avons pu connaître durant le 20e siècle, ils ne cherchent pas à constituer une cinquième colonne ou à s’implanter politiquement dans les pays occidentaux. Son objectif n’est donc pas de convertir à sa cause des résidents. Il n’y a pas d’ambition de créer des espèces de « no go zones » ou de « zones libérées » à l’image de la théorie de la guerre populaire prolongée de Mao Zedong.

    Non, Daesh table sur une théorie simple et accessible à tous : L’occident rejette l’Islam viscéralement et il n’y a aucun espoir pour les musulman dans ces pays. Daesh encourage donc au départ pour la région sous son contrôle.

    Cependant on peut voir là où la théorie de Daesh et les thèses de l’extrême-droite se rejoignent : Bien que n’ayant pas toujours été islamophobe, l’extrême-droite à fait que la question musulmane un cheval de bataille particulièrement efficace. Adhérant dans une certaine mesure à l’idée du « choc des civilisations » de Samuel Huntington, l’extrême-droite défend une thèse symétrique de celle de Daesh : Les musulmans ne pourraient avoir leur place dans les pays de civilisation judéo-chrétienne, et seraient donc condamnés à les quitter.

     

    Comment les thèses de l’EI et de l’extrême-droite se renforcent mutuellement ?

     

    Cette symbiose prend la forme d’une prophétie auto réalisatrice : Daesh théorise que l’occident est l’ennemi par essence de l’Islam, et qu’il doit être détruit. L’extrême droite théorise que l’Islam est l’ennemi par essence de l’occident et qu’il doit être détruit également.

    A chaque acte raciste ou islamophobe, l’extrême-droite valide la thèse de Daesh, la renforce, accroit son influence sur des personnes isolées et vulnérables. A chaque action, Daesh cherche à faire la même chose, en cherchant particulièrement à jeter la suspicion sur les réfugiés, renforçant ainsi les positions d’extrême-droite dans les pays occidentaux, et donc permettant un effet d’entrainement qui jette dans les bras de la réaction de plus en plus d’individus.

    L’idéologie réactionnaire trouve facilement prise sur des éléments fragilisés. L’individualisation de plus en plus forte qui peut s’opérer, malgré l’illusion donnée par les réseaux sociaux, permet à ces idées de frayer de plus en plus aisément leur chemin. Il n’existe pas de solution miracle bien entendu, mais la socialisation, le fait de tisser des liens et de vivre en communauté protège de ce poison.

    Le fait de céder à la panique, aux idées effrayantes véhiculées par l’extrême-droite n’offrirait rien de tout cela. Bien que ce soit indépendant de leur volonté, ces idées entretiennent un feu couvant qui pourtant mérite d’être désamorcé.

    Aider les réfugiés, aider ceux qui sortent de cet enfer, faciliter leur possibilité de vivre dans de bonnes conditions est une manière bien plus concrète de lutter contre l’EI que de répandre des rumeurs, des discours destinés à effrayer ou à diviser. 

     

     

    Le fait de céder à la panique, aux idées effrayantes véhiculées par l’extrême-droite n’offrirait rien de tout cela. Bien que ce soit indépendant de leur volonté, ces idées entretiennent un feu couvant qui pourtant mérite d’être désamorcé.

    Aider les réfugiés, aider ceux qui sortent de cet enfer, faciliter leur possibilité de vivre dans de bonnes conditions est une manière bien plus concrète de lutter contre l’EI que de répandre des rumeurs, des discours destinés à effrayer ou à diviser. 

  • Massacre de Nice : Refuser que l’on piétine la mémoire des disparus.

    A Nice, le soir du 14 juillet, à la suite du feu d’artifice, un camion frigorifique loué a servi d’arme pour assassiner 84 personnes et en blesser gravement bon nombre d’autres. Nos pensées vont vers les proches des victimes, leurs familles, leurs amis, et nous leur accordons tout notre soutien dans ces moments cruels et difficiles.

     

    L’émotion est certaine, compréhensible, et nous la respectons.

    En revanche, ce que nous ne respectons pas, c’est la cohorte de charognards qui, sentant l’occasion trop belle, s’empressent et se précipitent sur cette aubaine, pour répandre leur discours de haine raciste.

    Faire cela, c’est faire offense à la mémoire de ces victimes, c’est se servir de leur corps comme d’un marchepied, d’une tribune, pour instiller un climat de peur et de haine dans l’Etat français.

     

     

    C’est assassiner une nouvelle fois les victimes de ce massacre.

    En invoquant, dès les événements, le terrorisme islamiste, le président François Hollande se joint aux vautours et s’en fait d’ailleurs le chef de file.

    En se ruant, au mépris des faits, sur l’occasion de conspuer et de charger les musulmans de France, l’extrême-droite méprise la mémoire des victimes et se sert de leur mort à son compte.

    En parlant d’attentat terroriste, la réalité de cet événement est niée, et en refusant de vouloir élucider la trajectoire qui a amené cet individu à commettre cet acte, on le rejette au rang des monstres de foire, des anomalies, et on s’interdit de comprendre que cet acte est le fruit pourri de notre société malade.

    Terrorisme ou Spree killing ?

    Le dictionnaire Larousse définit le terrorisme ainsi: Ensemble d’actes de violence (attentats, prises d’otages, etc.) commis par une organisation pour créer un climat d’insécurité, pour exercer un chantage sur un gouvernement, pour satisfaire une haine à l’égard d’une communauté, d’un pays, d’un système.

    Or, dans ce cas précis, nous ne retrouvons nullement les termes employés. Nous sommes en face d’un situation toute autre.

    Le cas de Mohamed Lahouaiej Bouhlel n’évoque en rien le parcours d’un agent de Daesh. Il s’agit plutôt de celui, typique, de ces spree killers américains ou coréens, ces individus rongés par le mal-être et la dépression, et qui se sont lancés dans une folie meurtrière, indistincte, dans le seul but de faire un maximum de mort.

    Buvant, ne pratiquant pas de religion, ayant été condamné à des peines légères pour des délits de droit commun, instable psychologiquement, Mohamed Bouhlel ressemble plus à quelqu’un du lumpenprolétariat, atomisé, désocialisé, en perte complète de repère.

    De même le dictionnaire Larousse définit le terme attentat ainsi : Atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation, acte de violence de nature à mettre en péril les institutions de la République ou l’intégrité du territoire national.

     

    Nous ne sommes pas en face d’un acte qui est à visée de destabiliser, de menacer les institution, de créer un climat de terreur, non, nous sommes en face d’un individu qui a frappé, par la haine aveugle, tout un ensemble d’individus, dans le but d’en tuer un maximum.

    Quand BFM-TV évoque une « radicalisation rapide » de quelqu’un qui a changé de discours, c’est prendre le problème à l’envers. Lorsqu’un individu tombe entre les griffes d’organisations réactionnaires terroristes, il est d’abord embrigadé, broyé, détruit, pour devenir un outil docile entre les mains de ses commanditaires. C’est ainsi qu’il finit par accepter, de gré ou de force -par le conformisme du groupe, par la menace, par l’exhortation- à sacrifier sa vie pour causer la mort.

    Dans le cas de Nice, nul parcours de ce type n’est observable, juste une volonté aveugle de causer la mort. Ce n’est nullement par religion, ou alors par justification à postériori. Cela ne s’inscrivait nullement dans la logique de Daesh, à qui les médias rendent d’ailleurs service, lui attribuant un attentat qu’il n’a ni commis, ni revendiqué immédiatement, et accroissant donc son influence.

    Daesh s’est permis de le revendiquer à postériori, dans un saut périllieux de l’esprit, se permettant d’attribuer des intentions, qui concordaient parfaitement avec ses désir, à un acte qui n’avait d’autre sens que la destruction.

     

    Deux poids, deux mesures.

     

    Le traitement médiatique et politique de cette affaire fait l’oeuvre de deux poids, deux mesures, autant une promptitude s’est faite à assimiler cet acte au terrorisme islamique, autant dans d’autre cas de figure, de longs méandres se suivent avant d’arriver à une conclusion. Anders Breivik , qui a commis un attentat visant les instances gouvernementales de la Norvège, et qui a assassiné 77 membre du Parti Travailliste Norvégien, est classé, selon Wikipédia, dans les mass murderer et dans les spree killer, mais le caractère idéologique de son acte est nié. Pourtant, lui, correspond très précisément aux définitions de dictionnaire de terrorisme et d’attentat.

    D’autres tueurs de l’extrême-droite sont ainsi classés dans les personnes souffrant de maladie mentales, étant des « fous », des monstres incorrigibles, mais niant le fait que leur choix idéologique était conscient et revendiqué.

    Cette tolérance face aux meurtriers d’extrême-droite ne date pas d’hier, et la justice leur a toujours réservé la plus grande clémence. Pourquoi ? Parce qu’ils sont issus de la petite-bourgeoisie ou de la bourgeoisie, qu’ils ne sont pas d’une minorité ethnique ou culturelle, et en somme qu’ils nous ressemblent -façon de parler bien sûr- et que donc, on peut les comprendre et comprendre leur mal-être, alors qu’ils sont mus par leur idéologie.

    A l’inverse, lorsque nous avons Mohamed Lahouaiej Bouhlel, celui-ci est rejeté dans la nébuleuse tentaculaire de l’ennemi intérieur, de la Vème colonne, et de la menace permanente, qu’entretiennent, en jetant de l’huile sur le feu, tous les ténors du racisme. Rien ne justifie, rien ne peut excuser ces crimes, mais il est impératif, pour pouvoir en comprendre les causes, de les expliquer.

    L’explication, contrairement à ce qu’a pu dire Valls lors des discours suivant le 13 novembre, n’est pas l’excuse. Cette dangereuse pente qui tend à exclure la sociologie, la criminologie, l’anthropologie ou même la politique des actes commis est une manière de refuser de voir la réalité en face.

    Même les pires actes sont le fruit d’une trajectoire sinistre, mais réelle.

     

    « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres » Gramsci

     

     

    Pourtant, l’auteur du massacre de Nice n’est que le fruit de la société. Il en est le reflet, le miroir. Il est le fruit pourri d’une société pourrissante. Comme l’écrivait, en prison, Gramsci « La crise consiste justement dans le fait que l’ancien meurt et que le nouveau ne peut pas naître : pendant cet interrègne on observe les phénomènes morbides les plus variés », ce qui n’est que la stricte vérité.

    Le système capitaliste pourrit peu à peu, et engendre la réaction, l’obscurantisme, la misère et la souffrance. Et de ce monde naisse ces « phénomènes morbides », ces mass murderers, ces spree killers. Ils sont les symptômes d’un monde finissant, mais qui n’en finit plus de mourir.

    Le pilote de la German Wings Andreas Lubitz, avait été ainsi défini par les psychiatres comme un meurtrier-altruiste, entraînant dans la mort les 150 passagers et membres d’équipage pour les « protéger de la souffrance. »

    De même que d’autres, pris au piège des dettes, étranglés, se donnent la mort, certains la transforment en rage et en haine aveugle et meurtrière, souhaitant anéantir tout ceux qui, confusément, ils associent à leur souffrance.

    Pour autant les racines de ces maux sont connues, elles sont l’exploitation, l’aliénation, la misère. Elles sont l’impossibilité que nous avons, en régime capitaliste, de nous réaliser nous même, d’être autre chose qu’une marchandise vendue, d’être autre chose qu’une force de travail.

    Dans ce Titanic qui sombre, les bourgeois et les capitalistes s’accrochent de toutes leurs forces pour se maintenir, alors qu’ils ne sont que des parasites. Qu’importe si le sang coule, s’il faut faire appel aux réactionnaires, qu’ils fussent religieux ou fascistes, tant que leur ordre tient.

    Qu’importe si, pour cela, il faut utiliser sans vergogne la mort de 84 personnes, un soir, à Nice, tant que cela permet de mobiliser de manière réactionnaire les masses, si cela leur permet d’instiller la haine qui détourne de la lutte juste.

    Qu’importe, pour eux, ces morts. Leur ordre injuste en produit partout sur la planète, à chaque instant.

    Ce sont leurs guerres, ce sont nos morts. Ce sont nous qui subissons la folie meurtrière de leurs fruits pourris.

    Ce sont les monstres du capitalisme pourrissant qui engendrent d’autres monstres qui s’en prennent au peuple.

    Nous ne le pardonnerons pas, nous ne l’oublierons jamais.

     

  • "BREXIT"

     

    BREXIT a eu lieu.

    Il existe des étapes dans l’histoire où il n’est pas possible de voir les choses uniquement en terme de victoire / défaite dans la lutte des classes entre la bourgeoisie et le prolétariat.

    La victoire de BREXIT marque en effet une défaite pour une partie de la bourgeoisie, pro-européenne, du Royaume-Uni.

    La victoire du BREXIT marque une défaite pour l’Union Européenne, et marque un précédent dans son histoire, jugée auparavant comme un mythe positiviste.

    Cette victoire marque un coup d’arrêt à cette union, qui ne pouvait être que temporaire, entre les impérialismes européens, que cela soit l’Anglais, le Français, l’Allemand …etc.

    Elle marque une revirement face à ceux qui défendaient les Etats-Unis d’Europe, à ceux qui pensaient que les impérialismes européens peuvent fusionner en un seul impérialisme, qui exploiterait dans la paix et l’amour les populations d’Europe et les régions inféodées aux différents impérialismes.

    Cependant, la défaite de l’ennemi ne signifie pas forcément la victoire du peuple.

    Les Tories et UKIP, sont, sur la scène médiatique, les grands gagnants de ce vote, renforçant leur influence, renforçant leurs positions là où les votes Exit ont été majoritaires, les campagnes ouvrières.

    Globalement, Londres, l’Irlande du Nord et l’Ecosse sont les régions où le In  fut majoritaire.

    Demandé depuis 2013, avec l’entrée au parlement de la formation d’extrême-droite UKIP, le référendum sur le départ de l’Union Européenne a finalement été mis en œuvre le 23 juin 2016, aboutissant à une victoire de la part du camp du départ.

    La campagne a été émaillée d’incident de gravité et de nature variés, entre l’affrontement des flottilles « In » et « Out » sur la Tamise, mi-juin, et culminant jusqu’au meurtre, par un néo-nazi, de Jo Cox, députée à la chambre de Communes, favorable au maintient du Royaume-Uni dans l’Union Européenne.

    Cependant, malgré l’image sulfureuse de Nigel Farrage, dirigeant du UKIP, malgré les cries de joie des partisans du out, qui apparaissent plus forts que jamais, le Royaume-Uni ne l’a jamais été aussi peu. Ainsi, si les grands centres urbains, le sud de l’Angleterre et les grandes villes universitaires, fiefs des conservateurs, mais aussi l’Irlande du nord, et l’Écosse, ont été partisans du in, ce sont les campagnes ouvrières et l’est de l’Angleterre, anciens bastions des forces de gauches, qui ont choisi la sortie de l’UE. Cet impact des discours réactionnaires sur les classes populaires anciennement de gauche peut s’expliquer partiellement par cette citation de Staline, en date de 1934 et évoquant le IIIe Reich :

    « Il faut regarder la victoire du fascisme en Allemagne, non seulement comme un signe de faiblesse de la classe ouvrière, et le résultat des trahisons perpétrées contre celle-ci par la social-démocratie qui a frayé la route au fascisme.» 

    Sans aller jusqu’à caractériser le régime anglais de fasciste, des similitudes structurelles dans le succès d’une faction aussi réactionnaire et chauvine de la bourgeoisie permettent d’effectuer un certain parallèle. Les forces sociale-démocrates juraient par l’UE, et que par l’UE, et elles ont échoué. D’où le fait qu’une clique dont les intérêts économiques ne se trouvent pas dans cette zone puisse avoir pignon sur rue.

    Au niveau de l’UE, c’est la première fois que l’union doit faire face à une « sécession » depuis le début de son histoire. Outre la démission annoncée du premier ministre David Cameron, d’ici trois mois, la sortie du Royaume-Uni entraine des bouleversements d’ordre pratique.

    Au niveau de la gouvernance européenne, le départ du Royaume-Uni implique un changement dans l’équilibre des pouvoirs au sein du Conseil européen. Selon les règles de vote introduites en novembre 2014, une minorité de blocage est possible si elle est prise par quatre Etats membres, et si elle représente au moins 35% de la population totale de l’UE. Avec le BREXIT, le bloc libéral dont le Royaume-Uni était l’un des piliers va perdre en influence.

    L’UE perd également l’un de ses principaux moteurs économiques avec l’Allemagne et la France. Le jeu d’influence à trois va dès lors se changer en un duel franco-allemand dans lequel l’Allemagne ne pourra plus compter sur l’allié tactique qu’était Londres. Une bonne nouvelle pour M. Mélenchon, qui va voir l’influence de la France potentiellement s’accroître au sein de l’UE (selon l’analyse du Monde).

    La question écossaise se pose également. En 2014, les écossais avaient majoritairement refusé leur sortie du Royaume-Uni. Le peuple d’Écosse a cependant voté à près de 60% pour le maintien au sein de l’UE. La première ministre écossaise, et leader du SNP (le parti national écossais), Nicola Sturgeon, a ainsi déclaré que l’Écosse « envisageait son avenir au sein de l’UE », et parle d’une Écosse « tirée en dehors de l’Union Européenne contre sa volonté ». Cette situation se retrouve également dans l’Irlande du Nord, le Pays de Galles, au sein desquels les nationalistes veulent utiliser ce précédent pour tirer leur épingle du jeu, et -qui sait- obtenir leur indépendance, ou leur rattachement pour le cas de l’Irlande du Nord, avec leur pays d’origine.

     

    Le BREXIT a soumis les marché à un choc.

    Selon France 24:

    « La victoire du camp favorable à une sortie de l’Union européenne pourrait conduire la Réserve fédérale à s’abstenir de toute hausse des taux d’intérêt cette année, voire entraîner de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire de la part des grandes banques centrales.

    La livre sterling, qui avait atteint jeudi soir un pic de six mois face au dollar après des sondages publiés peu après la fermeture des bureaux de vote annonçant au contraire une victoire du « Remain », perdait vers 4 h 30 GMT près de 11 % par rapport au billet vert – sa plus forte baisse sur un jour jamais enregistrée – revenant à son plus bas depuis 1985. »

    Cependant, selon Stéphane Boujnah, président d’Euronext:

    « L’Europe et la zone euro sont des zones de stabilité par rapport à des autres grandes zones d’investissements sur la planète. Un certain nombre d’investisseurs du reste du monde regarde l’Europe comme étant un excellent rapport entre risques et rendements »

    L’avenir seul peut permettre de donner une réponse quant à la capacité que peuvent avoir les marchés financiers de faire acte de résilience, et de remonter le cours des échanges. Toujours est il qu’un coin est enfoncé dans la zone d’échange de l’Europe, coin qui tend à la fragiliser, autant par rapport à sa solidité politique que financière.

    Notre analyse demeure la suivante: Tactiquement, la victoire du Out ne peut être regardée autrement que comme une défaite en rase-campagne de la part des pro-UE. Elle lance un séisme tant au sein de l’UE que dans le Monde, lequel regarde la situation avec attention. Elle lance également une lame de fond chez nombre d’Euroseptiques timorés, lesquels s’empressent de revenir vers l’UE comme refuge, tant il est redouté qu’elle ne s’effondre complètement.
    Jean-Luc Mélenchon, habitué de la phraséologie gauchiste, mais du droitisme en action, est ainsi l’auteur d’un billet magnifique: « L’Europe on la change ou on la quitte. »

    Cette belle tournure de phrase ne peut-être interprétée que comme une volonté, au final, de voir l’UE comme une structure amendable, permettant de respecter ce qui terrifie notre bonhomme: que l’impérialisme français soit lésé par celui de l’Allemagne.

    « L’heure du plan B va sonner. Ma candidature pour l’élection présidentielle est celle de la sortie des traités européens. Plus que jamais l’intérêt de notre pays est celui d’une politique de coopération sur le vieux continent et avec le monde plutôt que le libre-échange et la concurrence libre et non faussée »

    L’intérêt de notre pays, c’est, dans la bouche de M. Mélenchon, l’intérêt de sa bourgeoisie, dans une Europe protectionniste, à l’avantage du plus fort, là encore, plutôt qu’une concurrence libre et non faussée, que notre auteur devrait pourtant savoir lire comme étant un mythe dans le capitalisme monopolistique, dans l’impérialisme.

     « Bien sûr, la caste des eurolâtres ne tiendra aucun compte de ce qui vient de se passer et continuera de fustiger les « extrêmes », le « repli sur soi » et l’amour des peuples pour leurs libertés et dignité sociale. Plus dure sera leur chute. L’élection présidentielle de 2017 en France en est l’occasion »

    Empruntant une novlangue faite de mot-valises, qu’on croyait réservée à l’extrême-droite, notre ami reste dans la négation de ce qui est le fondement principal de la structure économique de notre pays: Son premier bourreau n’est pas l’hypothétique union super-impérialiste de Bruxelles, elle est principalement la clique de parasites sociaux qui à ses quartiers à Neuilly-sur-Seine, la bourgeoisie « bien de chez nous. »

    Cette peur et ces hésitations se sont répandues comme une trainée de poudre, montrant que derrière le vernis gauchisant et la lutte Don-quichottesque contre les moulins à vent de l’Europe, se cache une certaine peur de faire face à ses responsabilités. La positions de ces individus ne peut se résumer qu’en une phrase: « Vive une Europe faisant la part belle à l’impérialisme français. »

    Heureusement, entre le fait de considérer que l’Europe est amendable et les crie d’orfraie face au BREXIT, se trouve une position qui ne reste pas uniquement sur un temps cours, mais qui replace cela dans la durée.

    Selon le CPGB-ML, Communist Party of Great-Britain – Marxist-Leninist cette victoire des réactionnaires restera tactique:

    « Despite the best efforts of these misleaders, the British bourgeoisie is in real danger of being hoist with its own petard. It has encouraged xenophobia as a way of rallying mass support for its wars and brigandage abroad, and as a means of dividing the working class at home. But now this carefully inculcated racism is impeding our rulers’ ability to secure cooperation with other imperialist powers. »

    « Malgré les efforts de ces séducteurs , la bourgeoisie britannique est en danger réel d’être pris en otage par son propre piège  Elle a encouragé la xénophobie comme un moyen de rallier le soutien de masse pour ses guerres et brigandages à l’étranger, et comme un moyen de diviser la classe ouvrière à la maison . Mais maintenant, ce racisme soigneusement inculquée entrave la capacité de nos dirigeants pour assurer une coopération avec d’autres puissances impérialistes. »

    Pourquoi cette victoire de la part de la frange la plus chauvine et la plus réactionnaire de la bourgeoisie est-elle tactique ?

    La bourgeoisie à pu se défausser sur l’Europe. Elle s’en est servie comme d’un bouc émissaire. Avec l’immigration, la haine de l’UE a servi de fond de commerce à un UKIP fascisant, réactionnaire. Cependant, ce jeu de poker menteur n’a qu’un temps, celui du bluff et de l’esbroufe.

    Avec la rupture, la bourgeoisie chauvine du Royaume-Uni se trouve pied au mur, son fusible ayant fondu. Elle a promis un monde nouveau, promis, derrière le cri Britain First, à un retour à la gloire du vieil empire. Cependant, elle ne peut tordre les lois objective du capitalisme. Elle promet les travailleurs à la misère et à l’exploitation. Rejeter encore la faute sur l’UE ne tiendra pas éternellement; cette zone tampon contre le mécontentement légitime des masses n’absorbera plus les coups pour leurs maîtres.

    Le spectre de la guerre hante toujours l’Europe.

    « Without Britain, it would be harder for the EU to pull its global weight – a big loss to the west in a troubled neighbourhood, from Russia through Syria to north Africa. It is little wonder that Russia’s Vladimir Putin is keen on Brexit – and that America’s Barack Obama is not.” (The Economist cité in CPGB-ML)

    Sans l’Angleterre, il sera plus dur pour l’UE de peser un poids global- une grosse perte pour l’Ouest dans un voisinage troublé, de la Russie, en passant par la Syrie, jusqu’à l’Afrique du Nord. Ce n’est pas une énigme que le Russe Vladimir Poutine fais les yeux doux au BREXIT– et que l’Américain Barack Obama non.

    Il est clair que les jeux géopolitiques sont extrêmement sensibles aux modifications dans les rapports de forces entre et au sein des alliances. L’affaiblissement de l’UE, déjà poreuse aux influences extérieures, est plutôt un bon signe pour la Russie, et un mauvais pour les USA.

    Les géopolitologues américains, dans la lignée de Zbinew Bzrezinski, voyaient dans la solidité de l’UE une sécurité -avec l’Otan- contre tout risque d’irrédentisme russe.

    Cette fragilisation de l’UE, cette menace sur son intégrité, facilite ainsi les avancées des influences pro-russes. Dans une vision extrèmement pessimiste, la fragmentation de l’Europe accroitrait le poids géopolitique relatif de la Russie, quitte à inféoder certains états dans son orbite.

     

    De même, un spectre ressurgit: celui d’un risque de guerre inter-européenne.

    M. Mélenchon semble être hypnotisé par l’Allemagne. Il la voit comme une menace permanente, comme un marionnettiste qui instrumentaliserait l’UE. Sa vision sociale-chauvine se teinte d’un soupçon de vérité: Elle est le reflet d’une compréhension du fait qu’il y aie effectivement des rivalités au sein de l’UE. Là où le chauvin voit l’Allemagne, et pleure sur la France soumise, nous, communistes, ne voyons qu’une conjonction d’intérêts temporaires entre deux impérialismes tactiquement alliés, mais stratégiquement antagonistes.

    Car c’est une loi inéluctable du capitalisme, il ne peut exister de super-impérialisme qui exploite le monde dans la paix et la douceur. L’alliance temporaire que forme l’UE a ainsi du plomb dans l’aile. Si elle a servi de terrain de négociation, de compromis, de répartition des aires d’influence, sa déstabilisation rendrait caduque ceux-ci.

    Un effondrement de l’Europe peut signifier un retour à des lois à caractère protectionniste, appellées de leurs vœux par une grande frange des souverainistes de tous poils, de gauche comme de droite. Ce protectionisme est vu comme un retour à une souveraineté économique, à une meilleure maitrise du tissu industriel, bref, il est présenté comme la panacée à tous les maux.

    Or, plusieurs conséquences en découlent : D’abord, une cristalisation et une ossification des rapports économiques internationaux. Les zones d’influences -déja existantes cependant- seraient plus nettemenent marquées et deviendraient moins poreuses. Même si les dés sont déjà pipés à ce niveau là, les entraves à l’exportations des produits manufacturés et des capitaux tenderaient à un accroissement des tensions internationales, et à des risques de guerre de repartage du Monde.

    L’autre aspect principal est que cette solution miracle n’en est nullement une. Cette vieille idée du fait que le capitalisme mondial puisse être contrôlé, réorienté pour le bonheur de la population est un mythe. L’objectif des communistes n’est pas de brider le capitalisme, de le faire revenir à un hypothétique « capitalisme industriel », à un « bon capitalisme », à un « capitalisme national ». Lénine ainsi écrivait : Ainsi est organisée, à l’époque du développement supérieur du capitalisme, la spoliation par une poignée de grandes puissances, de près d’un milliard d’habitants du globe. Et en régime capitaliste, toute autre organisation est impossible. Renoncer aux colonies, aux « zones d’influence » à l’exportation des capitaux ? Y songer serait descendre au niveau d’un petit pope qui, tous les dimanches, prêche aux riches la grandeur du christianisme et leur recommande de donner aux pauvres… sinon quelques milliards, du moins quelques centaines de roubles par an. (A propos du mot d’ordre des Etats-Unis d’Europe)

    Au contraire, l’objectif des progressistes authentiques, les communistes, est de le dépasser intégralement, en mettant en œuvre le système qui correspond à l’avenir : le socialisme, par la révolution prolétarienne.

  • Raffineries et farce de la démocratie

    Manuel Valls a annoncé récemment que les raffineries, les ports, les axes routiers, bloqués par les travailleurs en lutte, pourraient être débloquées par la force, si nécessaire, avec l’usage des forces de l’ordre.

    Il ne faudrait pas que la menace de la pénurie puisse semer le doute dans les esprits, nuire aux automobilistes, tout comme le blocage des ports risquerait –horreur- de nuire quelque peu à l’économie.

    Valls, ainsi, déclarait : « L’accès aux ports, l’accès aux centres névralgiques économiques, l’accès aux aéroports doit être possible et on ne peut pas tolérer ces barrages, même si c’est une difficulté supplémentaire pour les forces de l’ordre ».

    Aujourd’hui, 20 avril, les forces de l’ordre ont entamé le déblocage du terminal pétrolier de Lorient, illustrant parfaitement les paroles de Manuel Valls. Les gendarmes ont ainsi chargé les piquets de grève et les barrages formés par les travailleurs en lutte.

    Les gendarmes mobiles ont repris l'entrée du dépôt pétrolier.

    Cette intervention n’est pas sans rappeler le déblocage de la raffinerie de Feyzin (69) durant la lutte contre la réforme des retraites. A ce moment, l’armée est intervenue pour disperser les barrages, et remettre manu militari –c’est le cas de le dire- en route les machines distillant le précieux or noir.

    Pourtant, nous sommes bien obligés de nous interroger naïvement, le droit de grève n’est-il pas un droit démocratique reconnu ? Ne fait-il pas partie de ces « libertés fondamentales » dont on nous rebat les oreilles, tant elles incarnent la grandeur et la perfection de la République ?

    Soyons sérieux. Tant que la grève ne gêne pas réellement, tant qu’elle ne menace pas de manière un tant soit peu sérieuse le bon fonctionnement de l’économie, elle est tolérée. Tolérée ne signifiant, bien sûr, pas « aimée », il suffit de voir la propagande anti-gréviste déversée contre tout mouvement.

    Cependant, pour peu qu’elle sorte de ces cadres tolérés, bien que restant dans le cadre légal, elle est immédiatement combattue avec force, quitte à ce que l’Etat viole ses propres cadres légaux.

    Gênante, entrainant des pertes, entrainant une action sur l’économie, la grève « dure » n’est pourtant pas un danger pour l’ordre établie, pour l’Etat. Mais qu’à cela ne tienne, ceci est suffisant pour justifier le fait qu’elle soit brisée.

    « L’Etat opprime et la Loi triche »[i]

    L’Etat, bras armé de la bourgeoisie, n’est nullement un arbitre.  Il n’est pas une émanation qui flotte au-dessus de la société, qui en est coupée, et qui serait neutre. Au contraire, l’Etat est là pour maintenir l’exploitation dans un cadre légal favorable à la bourgeoisie. Les maigres libertés gagnées de haute lutte ne sont que temporaires dans les faits.

    L’Etat, la loi, nous garantissent pourtant des « libertés fondamentales ». « Fondamentales », ce mot signifierait qu’elles formeraient le fondement de notre société. Beau et pieux mensonge. 

    Il n’est pas de Liberté en régime capitaliste.

    Il n’existe rien qui soit une « liberté fondamentale » en régime capitaliste, juste des droits formels. Formellement nous avons le droit de lutter, formellement nous avons le droit de manifester, formellement nous avons le droit à beaucoup de choses. Mais la confrontation avec la réalité révèle que ces droits n’existent que tant qu’ils ne gênent pas l’exploitation, qu’ils ne la remettent pas en cause.

    Ces droits sont une boîte, un bac à sable, dans lequel –grand seigneur- l’Etat nous autorise à nous ébattre et à jouer. Gare cependant lorsque les travailleurs essaient d’en sortir, la matraque, le gaz, le fusil, la prison les attendent.

    Marx ne se trompait pas quand il écrivait que la démocratie bourgeoise n’est que la démocratie des bourgeois, tout comme la démocratie Athénienne était celle des propriétaires d’esclaves.  Cette démocratie n’est que la dictature de la bourgeoisie sur les travailleurs, tout comme la « belle » démocratie athénienne était la dictature contre les esclaves.

     

    Quand l’illusion réformiste se brise face à la réalité.

    Aux rêveurs, aux naïfs qui croient que la bourgeoisie ne se rebellera pas, qu’elle discutera, qu’elle posera les armes lors de la révolution, voire même qu’elle acceptera de céder face à la « volonté de la majorité », face à la « mobilisation citoyenne », regardez la réalité en face.

    Si, pour un si petit enjeu, la réaction de l’Etat, la réaction de la bourgeoisie, est telle ; comment imaginer un seul instant qu’elle puisse ne pas se battre avec la dernière énergie lorsque ses intérêts seront menacés directement, ou même que le pouvoir lui échappera.

    Comment croire qu’elle puisse accepter de laisser les rênes du pouvoir à un gouvernement « ouvrier » sans être brisée avant ? Comment croire qu’elle puisse accepter d’être taxée sur ses bénéfices ? Comment croire qu’elle acceptera de verser sur ses deniers –issus de la sueur de notre travail en fait- un salaire à vie, cette chimère réformiste ?

     Car la dictature de la bourgeoisie, ce n’est pas une chose en l’air, une idée, c’est une réalité concrète. Une réalité faite de violence et de répression.

    La bourgeoisie veut tenir son ordre par le fer et le feu. Le fait-elle par méchanceté ? Non. Elle le fait car c’est son intérêt de classe de le faire, qu’elle en est vivement consciente, et qu’elle est vivement intéressée par le protéger. Elle n’hésite pas un instant, pour se faire, pour satisfaire ses appétits, pour se défendre, à violer sa propre légalité. Par le passé, lorsqu’elle s’est sentie menacée, elle n’a pas hésité a appeller les fascistes au pouvoir, pour écraser dans le sang le mouvement ouvrier.

    Nous le savons. L’histoire a enseigné que la bourgeoisie ne s’encombre guère d’états d’âme. Et à raison.

    Car dans un monde socialiste, ils n’auront plus de place, plus de privilèges, plus de rangs, plus rien. Et comme l’écrivait Lénine : « Et si vous, exploiteurs, tentez de résister à notre révolution prolétarienne, nous vous réprimerons impitoyablement, nous vous enlèverons vos droits politiques; bien plus nous vous refuserons le pain, car dans notre république prolétarienne, les exploiteurs n’auront pas de droits, ils seront privés d’eau et de feu, car nous sommes des socialistes pour de bon. » [ii]

    La bourgeoisie nous réprime parce qu’elle se sait pourrissante et aux abois. Elle n’a plus de place dans ce Monde. Elle n’est plus qu’un parasite vivant sur le dos des travailleurs.

    Sa dictature, les travailleurs la briseront !

     

     


    [i] Couplet de l’internationale.

    [ii] Lénine : Le Renégat Kautsky et la révolution prolétarienne.